Les sables bitumineux, un pétrole sécuritaire?
11 février 2014
Pétrocultures 2014

** Pétrocultures 2014: : le pétrole, l’énergie et l’avenir du Canada. Voici le titre de la conférence annuelle de l’Institut d’études canadiennes de McGill qui s’est déroulée les 6 et 7 février derniers sur le campus, au cercle universitaire de McGill. Événement souhaité par certains, critiqué par d’autres, Pétrocultures a attiré l’attention et soulevé les débats. Cette semaine, Le Délit offre une couverture en profondeur de cet enjeu et des diverses conférences qui ont eu lieu. **

Scène inusitée à l’issue des allocutions des trois personnes invitées à l’atelier intitulé: «Notre pétrole est-il sécuritaire?», alors que la modératrice de l’événement, Désirée McGraw, s’est permis un camouflet à l’endroit du controversé activiste conservateur albertain Ezra Levant et de la faible valeur scientifique de son propos.

«Oui, je suis biaisée en faveur de la science. Ainsi soit-il», a-t-elle lancé. Quelques minutes plus tôt, Levant avait tenté de convaincre la foule du caractère éthique de l’exploitation des sables bitumineux, qui, selon lui, équivaut au «café équitable» de la production de pétrole mondiale.

Pour sa part, le directeur d’Équiterre Steven Guilbeault y est allé de plusieurs pointes à l’endroit du gouvernement conservateur, rappelant qu’en 2012, le ministre canadien de l’Environnement Peter Kent avait rencontré des lobbyistes de l’industrie du pétrole à 48 reprises tandis qu’il n’avait accepté de rencontrer les militants écologistes qu’à une seule occasion. La cofondatrice et directrice de PowerUp Canada Tzeporah Berman a abondé dans le même sens, y allant également d’un vibrant plaidoyer pour la liberté de la presse, des activistes et des scientifiques qui œuvrent sur la question environnementale au Canada.

Les invités se sont aussi attardés sur la question du fardeau de la responsabilité en matière environnementale. «Nous sommes tous responsables collectivement, donc nous devons sortir de cette situation collectivement. Cependant, il est clair que les pays industrialisés portent davantage le fardeau», a avancé Steven Guilbeault. Comme pour faire écho à ce constat, Ezra Levant a souligné l’ironie de demander aux citoyens de pays émergents d’abaisser leur niveau de vie en deçà du nôtre alors même que les pays industrialisés ont profité de l’absence de réglementation pour accélérer leurs propres développements.

Se prononçant sur divers projets de pipelines (Keystone XL, Enbridge Northern Gateway, etc.), Steven Guilbeault et Tzeporah Berman ont rappelé les risques de désastres écologiques encourus et l’inutilité de ces projets pour les Canadiens. «La chose que les compagnies pétrolières et le gouvernement conservateur ne veulent pas que vous sachiez, c’est que la consommation de pétrole est en diminution. Le seul but de ces projets est de faire du profit en exportant», a affirmé Steven Guilbeault.

Finalement, Tzeporah Berman a conclu son allocution en lançant un message clair à l’Université McGill: «le désinvestissement n’est plus une idée marginale. Il n’est question que de 5% de vos investissements. Vous pouvez et vous devez le faire.»