Quand monsieur va voir ailleurs
15 novembre 2011
Ce mois-ci, dans le Cosmopolitan, Andréa nous fait part de son désarroi: son petit copain lui a été infidèle. Comme beaucoup dans la même situation, elle s’inquiète des raisons de cette infidélité.

Serait-ce dû à manque de communication dans leur couple? À un écart de désir entre les partenaires? À une propension naturelle chez l’homme de tromper ses compagnes? Une chose est sûre, l’infidélité soulève la controverse.

L’idée que ce comportement serait plus fréquent chez la gent masculine est grandement débattue dans la communauté scientifique. Par exemple, certains chercheurs ont suggéré que l’effet Coolidge, observé chez plusieurs mammifères, pourrait se transposer à l’homme. En bref, il s’agit d’un phénomène biologique par lequel la réponse sexuelle du mâle se montre inépuisable lorsqu’une nouvelle partenaire lui est présentée. Chez les rats, par exemple, il est normal pour le mâle de témoigner de l’intérêt envers une femelle pendant un certain temps, puis de s’en lasser. Cela dit, l’effet Coolidge se manifeste au moment où l’on introduit une autre partenaire dans la cage; le désir du mâle se renouvelle instantanément, lui permettant de s’accoupler, et ce jusqu’à ce qu’une nouvelle compagne lui soit offerte.

Pour en revenir à Andréa, le Cosmo lui offre une explication à la sauce psycho-pop dans le but de clarifier sa situation. En bref, selon les «sexperts» de la revue, tromper prendrait un sens différent selon le sexe. Les hommes, qui «séparent aisément sentiments amoureux et jouissance physique», ne percevraient donc pas l’infidélité du même œil que les femmes «dont le désir est relationnel».  Cette conception populaire des désirs masculins et féminins a été, à de multiples reprises, réfutée par des résultats d’études scientifiques. Par exemple, en contestant l’idée que les femmes sont sexuellement plus complexes, une étude a récemment révélé que le désir masculin est également multifactoriel et influencé par de nombreux éléments.  En fait, la question demeure: est-ce la biologie ou la psychologie qui doit venir en aide à Andréa, lorsqu’elle se questionne sur son copain infidèle?

Le discours des évolutionnistes, par exemple, rappelle que les hommes seraient plus tentés d’aller voir ailleurs en raison d’une «incertitude paternelle», une théorie développée en 1993. Un homme n’est jamais vraiment sûr que la progéniture qu’il garde sous son aile soit la sienne puisqu’il ne lui donne pas lui-même naissance. Voulant à tout prix une descendance, l’homme préhistorique préférait donc éparpiller sa semence chez diverses compagnes. La femme, au contraire, aurait une forte tendance à demeurer fidèle au même homme car elle contrôle sa descendance, en autant qu’elle lui trouve un protecteur. Encore aujourd’hui, la femme a intérêt à aimer et se faire aimer d’un seul homme, préférant la qualité à la quantité.

Finalement, Monsieur qui trompe Madame, voilà bien un sujet qui tient une place importante dans les bouquins de psychologie. Peut-être que les sexperts du Cosmopolitan devraient s’y pencher plus souvent? En fait, on aurait intérêt à s’attarder plus en détails sur ce que les hommes et les femmes partagent, plutôt que d’accentuer ce qui les différencie.