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1 novembre 2011
L’Association étudiante de l’Université McGill lance un concours: qui seront les créateurs du café dirigé par et pour des étudiants?

Omer Dor est fébrile depuis le lancement de l’Inter-Faculty Case Competition in Sustainability. En tant que responsable du projet, l’étudiant en dernière année de son baccalauréat en biologie est très enthousiaste à l’idée de participer à la sélection de ceux qui élaboreront le premier café étudiant complètement indépendant de McGill, profitable sur le long terme et vert. Le concours implique la participation étudiante de toutes les facultés à tous les niveaux en les invitant à joindre leurs idées afin de créer un business bien à eux.

Aux yeux de l’Association étudiante (AÉUM), le café devra remplir trois exigences: il devra être un endroit où il fait bon s’asseoir et se détendre, mais aussi une plateforme d’apprentissage et de réseautage où toutes les facultés pourront y trouver leur compte, le tout dans une optique de développement durable.

Alice Des | Le Délit

Une idée sur mesure

Avant de parler du café lui-même, il est important de construire une base solide. C’est pourquoi l’AÉUM lance un concours pour recueillir les idées des étudiants intéressés. L’application au concours est en fait un court formulaire à remplir, ciblant les plus motivés. En 400 mots, les participants doivent décrire ce qui les passionne à l’idée de participer au premier café étudiant vert et durable sur le campus.

Des étudiants de toutes les facultés seront à la tête de ce projet, qu’ils soient familiers ou non avec le concept de développement durable, de marketing, d’architecture ou d’ingénierie. «Ce qu’on veut, soutient Omer, ce sont des étudiants qui sont motivés, qui sont prêts à porter des idées originales.»

Une fois les candidatures recueillies (date limite étendue au 18 novembre), le comité de travail les évaluera, et sélectionnera soixante-douze participants qui se démarquent. Ces derniers seront répartis en groupes de six personnes qui élaboreront ensemble la vision qu’ils ont d’un café durable et, surtout, en quoi leurs idées se démarquent des autres groupes. Les membres du comité permanent choisiront les six propositions les plus intéressantes qui passeront en phase deux du projet.

En janvier, les groupes seront reformés pour concrétiser leurs idées, notamment en créant un plan financier. Ils seront alors encadrés par des mentors. «Nous sommes très chanceux de pouvoir compter sur des leaders en développement durable. Ils sont d’ailleurs extrêmement enthousiastes à l’idée de partager leur expérience avec des jeunes!» soutient Omer.

Mentors et juges, voilà ce à quoi se sont engagés Henry Sauvagnat, vice-président du département de développement durable pour Cascades Inc., Amélie Piché, en charge des relations communautaires et de la fondation TD des Amis de l’environnement pour le Groupe Banque TD et Jean-Philippe Renaut, conseiller senior de la firme Dessau pour le développement durable et la responsabilité sociale de l’entreprise. Ils seront rejoints par trois autres juges qui restent encore à déterminer.

Du neuf avec du vieux

Une telle idée ne date pas d’hier. Shyam Patel, le vice-président aux finances de l’AÉUM, rêvait d’un café étudiant avant même d’être élu. Maintenant que l’initiative est annoncée, il pense déjà à la postérité du projet. «Je prépare déjà un dossier pour celui ou celle qui me succédera. Nous nous donnons deux ans, mais je veux m’assurer que le café étudiant se réalisera.» Pour Omer non plus, il ne fait aucun doute que le projet connaîtra une fin heureuse. «Nous sommes extrêmement enthousiastes à l’idée de bâtir un lieu de rencontre pour tous les étudiants, quelle que soit leur faculté» s’exclame-t-il.

Comment peuvent-ils être aussi sûrs de leur réussite? Comment y croire après la mort de Haven Books et la débandade entourant l’Architecture Café qui a lui aussi cessé d’exister l’an dernier sous les pressions de l’administration?

«Le Haven Books était dirigé par des étudiants mais n’était pas bien géré» rappelle Shyam Patel. Comme de fait, la librairie étudiante a dû fermer boutique lorsqu’elle a perdu toute profitabilité. Même son de cloche à l’Arch Café, un lieu de rencontre sympathique qui ne rapportait rien à l’école. L’université avait d’ailleurs trop de pouvoir sur l’Arch Café soutient le VP finances. Il clarifie la situation: «Le café étudiant ne sera pas une réponse au Arch Café, mais plutôt une réponse à la demande étudiante».

De plus, contrairement à l’Arch Café qui aurait pu être vu comme un compétiteur du service de restauration de McGill, le nouveau café étudiant misera plutôt sur un échange d’idées et une collaboration à long-terme avec les cafétérias mcgilloises. En effet, le service de restauration de McGill a fait un virage vert ces dernières années (voir «Certifié Vert», édition du 27 septembre dans le Délit) et le nouveau salon étudiant pourra certainement en profiter. Lorsqu’il a discuté avec Maggie Knight, au sujet du futur café étudiant, Olivier de Volpi, Chef exécutif des Services de restauration McGill a manifesté son enthousiasme: «Je suis très heureux de leur initiative. Nous sommes d’accord avec leur vision et avec les changements qu’ils veulent apporter. Ce ne sera pas une collaboration, car c’est vraiment leur projet, mais nous serons prêts à les soutenir.» Le chef cuisinier donne en exemple que les services de restauration pourrait offrir des formations à Midnight Kitchen, la popotte végétalienne du campus.

«Ça fait longtemps que McGill critique l’AÉUM de ne pas avoir ce genre d’endroit. Maintenant que nous avons les fonds, les plans, les idées, il n’y a aucune raison de nous empêcher d’aller de l’avant.» L’homme aux finances de l’Association ajoute toutefois que certaines frictions pourraient survenir entre les autres locataires et le propriétaire du bâtiment Shatner. Ainsi, l’emplacement du café reste encore inconnu.

La date limite du concours est repoussée jusqu’au 18 novembre. 

Info: ssmucasecomp.com