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	<title>Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Huîtres, drogues et les tournants de la vie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/huitres-drogues-et-les-tournants-de-la-vie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Austin Witter]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 15:13:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La jeunesse audacieuse de Tony</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/huitres-drogues-et-les-tournants-de-la-vie/" data-wpel-link="internal">Huîtres, drogues et les tournants de la vie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Et si on pouvait tout d’un coup s’évader de notre vie actuelle et entamer un nouveau parcours? C’est ce qu’a fait Anthony Bourdain au début des années 70 à Provincetown, au Massachusetts, une période de sa vie décrite dans son livre <em>Kitchen Confidential</em>, duquel Tony tire son inspiration. Sorti en août, le film laisse apercevoir de manière délicate et intime la mélancolie du jeune homme, tout en suivant à grande échelle la structure d’une histoire classique d’apprentissage (ou, comme le dit Tony en allemand incorrect dans une vaine tentative de se montrer intellectuel, « <em>buildings roman</em> »). Réalisé par le Canadien Matt Johnson, connu pour <em>BlackBerry</em> et <em>Nirvanna the Band the Show the Movie</em>, Tony ne met en scène qu’une petite partie de la vie de Bourdain : l’été formateur où le cuisinier a commencé sa brillante carrière de façon imprévue en tant que plongeur. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cet article risque de divulgâcher l’intrigue du film Tony (2026). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Courtisant une belle fille qu’il connaît à peine, le jeune Tony (Dominic Sessa) prétend avoir reçu une bourse d’écriture et se rend à Provincetown pour trouver de l’inspiration pour un roman qu’il n’a aucune intention d’écrire. Bien qu’il se croie écrivain apprenti, le jeune homme fauché a vite besoin d’un emploi véritable. Au début, selon Tony, son détour à Provincetown et dans la cuisine n’était qu’un interlude avant son premier roman et la montée fulgurante de sa renommée littéraire. Finalement, l’emploi qu’il trouve au restaurant local <em>The Flagship</em> va le propulser sur le chemin d’une carrière qui deviendra, selon son aveu dans <em>Kitchen Confidential</em>, « la seule vie […] [qu’il] connais[se] vraiment » : celle d’un cuisinier. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À la recherche de la belle vie</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film sème ainsi un doute chez ceux qui planifient et qui connaissent leur chemin dès un très jeune âge sans jamais l’abandonner, risquant peut-être de rater une vie qui leur conviendrait mieux. La vie de Tony, plongeur, est principalement définie par la misère, presque toujours visible dans les yeux perçants de Sessa. Cependant, malgré le travail monotone, les collègues rudes et la consommation d’un éventail de drogues, on voit de temps en temps des rayons de lumière. Il y a une certaine camaraderie au <em>Flagship</em>, renforcée par de beaux moments comme la « <em>course des bars rayés</em> » (« striper run »), quand la mer déborde de poissons de cette espèce particulière et rassemble tout le monde pour en profiter. Cette bonté maritime enchante Tony. Au fur et à mesure du temps passé à exercer son emploi, il développe une vraie passion pour la nourriture, encouragé par le sage « Chef », incarné par Antonio Banderas. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Le langage cinématographique de Johnson représente l’addiction et les enjeux de santé mentale avec une délicatesse surprenante »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Bourdain, cette passion était difficile à séparer des autres plaisirs de la vie : le sexe, l’alcool et les drogues. Dans <em>Kitchen Confidential</em>, il écrit, « <em>je me souviens de [ma première huître] comme je me souviens de la perte de ma virginité (tdlr)</em> ». Ces connotations sexuelles sont également présentes dans le film. Quand Tony et Sal vont à une fête organisée par son coup de cœur Nancy, Sal écaille habilement des huîtres et drague facilement des filles, tandis que Tony échoue sur les deux plans. Le succès avec la mer impliquerait le succès auprès des femmes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le mollusque luisant symbolise aussi pour B ourdain une tendance psychologique générale : sa première huître représente le début de la poursuite risquée du plaisir éphémère, la « prochaine chose », sans jamais vraiment le satisfaire. Tony adopte vite la toxicomanie répandue dans le milieu, dont l’exemple principal est son collègue Sal, un « mangeur de péchés », selon Chef. Une figure presque angélique par rapport au diabolique Sal, Chef apprend à Tony la cuisine et la discipline. Toutefois, celui qui veille sur Tony souffre aussi à cause de lui. Le jeune homme obtient la position au <em>Flagship</em> après avoir menti sur son expérience dans une cuisine. Ce mensonge originel détruit non seulement l’amitié entre Chef et lui, mais aussi le restaurant lorsqu’il provoque un incendie par accident. Chef quitte Provincetown, plongé dans le désespoir. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les visages multiples de Bourdain </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les contraintes temporelles de l’histoire permettent à <em>Tony</em> d’éviter le piège dans lequel tombent tant de films biographiques trop ambitieux qui essaient de raconter une vie entière en deux heures. Cela n’empêche pourtant pas le réalisateur de faire allusion à d’autres parties de la vie de Bourdain. Certes, le « jeune rustre gâté, misérable, narcissique, autodestructeur et malpoli » décrit par Bourdain dans Kitchen Confidential ne ressemble guère à l’animateur et écrivain célébré que le monde connaît; Johnson trouve d’ailleurs que sa focalisation sur l’adolescence du cuisinier l’a libéré de la perception publique de cet homme parfois qualifié de « saint mort ». Cela dit, des échos de la tragédie s’infiltrent tout de même dans le film, notamment à travers Chef. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Les contraintes temporelles de l’histoire permettent à Tony d’éviter le piège dans lequel tombent tant de films biographiques trop ambitieux qui essaient de raconter une vie entière en deux heures »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le mur de la cuisine de <em>The Flagship</em>, un tableau de François Vatel est accroché. Chef explique que ce dernier s’est suicidé à cause d’un retard de livraison de poisson, ce qui a gâché le banquet. Après que le rêve culinaire de Chef est anéanti, il semble possible pendant un moment dans le film qu’il fasse de même. On ne peut que penser au Bourdain de 61 ans, qui a mis fin à sa vie dans une chambre d’hôtel en France. D’une certaine manière, Tony et Chef sont ainsi tous les deux des représentations d’Anthony Bourdain; le film parvient à dépeindre à la fois le jeune plongeur sur le plan réel et le cuisinier plus âgé sur le plan figuratif. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un film soigneusement construit </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le langage cinématographique de Johnson représente l’addiction et les enjeux de santé mentale avec une délicatesse surprenante, facilitée par la beauté du décor de la Nouvelle-Angleterre. Johnson s’exprime avec retenue, ce qui lui permet de relever un portrait subtil à partir d’une histoire qui se déroule de manière assez conventionnelle. Les archétypes sont familiers : le jeune arrogant et impulsif, le mentor sage, la fille coquine, Méphistophélès; malgré cela, les performances nuancées et la réalisation méticuleuse de Johnson provoquent des réflexions profondes. Vu le ton sombre de la majorité du film, le dénouement a l’air d’un pansement plutôt que d’une solution aux incertitudes de la vie de Bourdain. Chef pardonne le jeune homme, qui se lance dans le monde de la cuisine au <em>Culinary Institute of America</em>. Il choisit un métier qu’il a trouvé par hasard et il y trouve un succès extraordinaire, car il a osé se détourner de la voie qu’il imaginait et se jeter dans l’inconnu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Aux urnes!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/aux-urnes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 14:58:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[election]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aux urnes! Ou pas. Enfin, comme vous le sentez. C’est votre choix. Laissez-nous au moins tenter de vous convaincre. La saison électorale a déjà débuté, et c’est un véritable défilé de scrutins que nous promettent les prochains mois. Après l’Allemagne et la Russie le mois dernier, le spectacle démocratique dresse son chapiteau au Brésil, pour&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/aux-urnes/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Aux urnes!</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Aux urnes! Ou pas. Enfin, comme vous le sentez. C’est votre choix. Laissez-nous au moins tenter de vous convaincre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> La saison électorale a déjà débuté, et c’est un véritable défilé de scrutins que nous promettent les prochains mois. Après l’Allemagne et la Russie le mois dernier, le spectacle démocratique dresse son chapiteau au Brésil, pour les élections générales, puis chez nous, au Québec, avant de terminer sa tournée du continent américain aux États-Unis, pour les législatives de mi-session. Il traversera le Pacifique pour se rendre en Nouvelle-Zélande, en Israël, puis à Taïwan. Petit passage sur le continent africain, au Nigéria, et un retour explosif en Europe, pour de nouvelles élections présidentielles et régionales en Allemagne et aux Pays-Bas, avant sa dernière grande représentation de la saison, en France. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Une véritable tournée mondiale pour ce spectacle qui perdure depuis plusieurs millénaires. Pourtant, les critiques lui ont rarement été tendres. La pratique démocratique a dû surmonter toutes les épreuves pour déboucher aujourd’hui sur sa pleine reconnaissance. Mais elle est loin d’être parfaite – très, très loin… </p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun pays du monde, autant démocratique qu’il prétende être, n’échappe à l’inégalité d’accès au vote, révélatrice d’une forme de discrimination fondée sur l’origine ethnique, la classe sociale, l’orientation sexuelle, la religion… </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Québec, en 2022, <a href="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6a01f9c8725f0/DGE-6414.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la participation électorale autochtone</a> est enregistrée à 14,66 %, soit environ 4,5 fois moins que le taux moyen de la province de 66,15 %. <a href="https://usafacts.org/articles/how-many-americans-vote-and-how-do-voting-rates-vary-state/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Lors des présidentielles de 2024 aux États-Unis</a>, le taux de participation franchit 70 % pour la population blanche; il ne dépasse pas les 60 % chez les Afro-Américains (59,6 %), chez les Asiatiques (57,1 %) et chez les Hispaniques (50,6 %). Ne pensez surtout pas que ces chiffres sont symptomatiques d’une absence de volonté et de responsabilité civique; la tragédie démocratique est d’ailleurs là. Les mécanismes ancrés dans nos démocraties, même les plus libérales, ont été stratégiquement placés à ces fins : favoriser une reproduction de la classe politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne parlons même pas des démocraties illibérales. Quel oxymore! Bon, c’est peut-être la jalousie qui parle. En même temps, qui ne rêve pas de vivre dans un État comme la Biélorussie, où 86,82 % des électeurs, dans une si belle démonstration d’unité nationale, se sont accordés pour réélire Lukashenko pour la septième fois consécutive depuis 1994? Qui ne rêve pas de s’installer sur les îles turques de la mer Égée alors que le gouvernement d’Erdogan lance <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/arrestations-visant-les-lgbtq-en-turquie/" data-wpel-link="internal">une opération d’arrestation de masse de la communauté LGBTQ+</a>?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne croyez pas non plus que dans notre confort démocratique, rien de cela ne pourra jamais nous atteindre. Il suffit de se déplacer à quelques dizaines de kilomètres au sud de Montréal pour comprendre combien nos normes chéries de justice, de liberté et d’humanisme peuvent disparaître en un cycle électoral. Les États-Unis, l’Argentine, le Brésil, le Nigéria, l’Allemagne, le Pérou, l’Égypte… Voilà une liste bien raccourcie de pays qui ont un jour fait le choix de l’illibéralisme et du rejet de l’État de droit. Certains attendent encore patiemment avant d’entamer la marche arrière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne faisons pas ce choix. Résistons aux acteurs qui soutiennent que le pessimisme est l’ordre de notre ère. Oui, la démocratie libérale subit. Oui, nos systèmes sont imparfaits et certains groupes en sont les victimes récurrentes. Mais rejeter la seule institution de gouvernance qui tire sa légitimité dans la protection des droits et des libertés, ainsi que dans la représentation du peuple, tout le peuple, reviendrait à laisser nos États tirer fierté de leurs propres failles. La démocratie est une forteresse face à l’autoritarisme. Ses murailles sont certes criblées de trous, mais devrions-nous pour autant l’abattre plutôt que de la renforcer? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les dictateurs nous ont déjà formulé leurs réponses. L’interférence du Kremlin dans les élections allemandes, françaises, hongroises, roumaines, américaines, moldaves, géorgiennes et tant d’autres révèle l’insécurité de Poutine. L’ancien agent du KGB, qui a appris la chute du mur de Berlin depuis son poste à Dresde, connaît bien la puissance de la volonté populaire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les tactiques de Donald Trump pour faire élire ses sympathisants à la tête des nations du monde sont tout aussi indignes. Milei, AfD (<em>Alternative für Deutschland</em>), Farage, Bolsonaro, chaque atteinte à la souveraineté démocratique démontre à quel point Trump a conscience de la capacité des peuples du monde à résister, par leurs votes, au cartel qu’il a bâti autour de sa personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’apathie démocratique est la grande alliée des illibéraux. Alors que <a href="https://www.oecd.org/fr/publications/panorama-de-la-societe-2024_6af21682-fr/full-report/component-39.html#figure-d1e708-806d1d39a4" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">les taux de participation en Europe et en Amérique chutent à vue d’œil</a>, le plus grand outil de résistance reste le vote et le forum démocratique. De droite, de gauche, du centre ou même avec un vote blanc – le suffrage collectif et compétitif rappelle aux ennemis de l’État de droit et à nous-mêmes que notre force se source dans le peuple et non pas dans une élite et ses soldats. C’est cela, le combat d’une génération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De l’Assemblée générale de l’AÉUM, dont le déroulement est à découvrir à la page 3, aux élections du Conseil de première année, dont les candidats sont à rencontrer aux pages 4 et 5; des élections provinciales, dont les enjeux sont révélés à la page 6, aux élections de mi-session américaines, jusqu’aux présidentielles en France que nous couvrirons dans les éditions à venir, chaque vote compte. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Surtout le vôtre.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Qui est l’artiste préféré de ton artiste préféré ?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/qui-est-lartiste-prefere-de-ton-artiste-prefere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Leïla Van Glabeke]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 14:27:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61182</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les politiques et avantages du sampling à l’ère du digital</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/qui-est-lartiste-prefere-de-ton-artiste-prefere/" data-wpel-link="internal">Qui est l’artiste préféré de ton artiste préféré ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Cet été, j’ai assisté à un DJ set de Kaytranada, et à chaque fois, je me suis fait avoir par les chansons qu’il mixait. Je pensais entendre <em>Hotline Bling</em> de Drake, avant de me rendre compte, une seconde plus tard, qu’il s’agissait de la chanson originale de 1971, <em>Why Can’t We Live Together,</em> samplée par Drake. Ce soir-là, Kaytranada a joué beaucoup de musique qui me disait vaguement quelque chose, et je suis rentrée chez moi en ayant très envie qu’il m’envoie sa playlist. T’es-tu aussi déjà demandé quelle musique écoutaient tes artistes préférés?</p>



<p class="wp-block-paragraph">De façon plus évidente qu’on ne le pense, les goûts musicaux de chacun se reflètent dans leurs créations. En effet, la pratique du <em>sampling</em>, devenue populaire grâce à l’avènement du hip-hop dans les années 80, s’est démocratisée avec l’essor du numérique. Grâce aux <em>samples</em>, aux interpolations et autres reprises, chaque artiste peut se réapproprier des musiques existantes et y ajouter sa patte. De plus, les <em>samples</em> peuvent permettre à l’auditoire d’élargir ses horizons à de nouvelles musiques, parfois passées aux oubliettes. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une petite histoire du <em>sample</em></strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">La pratique du <em>sample</em> en musique est assez moderne. Utilisée pour la première fois dans <a href="https://www.newyorkaudioinstitute.com/blog/the-evolution-of-sampling-in-music-production-from-experimentation-to-mainstream?utm_source=google.com&amp;utm_medium=organic&amp;landing_page=https%3A%2F%2Fwww.newyorkaudioinstitute.com%2Fblog%2Fthe-evolution-of-sampling-in-music-production-from-experimentation-to-mainstream&amp;referrer_domain=google.com&amp;first_referrer=google.com&amp;last_referrer=google.com&amp;submitted_page=https%3A%2F%2Fwww.newyorkaudioinstitute.com%2Fblog%2Fthe-evolution-of-sampling-in-music-production-from-experimentation-to-mainstream&amp;google_ads_order_id=9c95d0e0-08ad-4a42-89c9-4042fa40f5f3" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">les années 1940–1950</a>, elle peut prendre plusieurs formes. Le <em>sampling</em> désigne le fait de prendre un fragment d’un enregistrement audio existant (comme au laboratoire, où l’on utilise un <em>sample</em> ou un échantillon) pour le réutiliser dans une nouvelle composition. Par exemple, la chanson <em>Hung Up</em> de Madonna, parue en 2004, reprend la mélodie d’un classique de ABBA, <em>Gimme Gimme Gimme</em>. De façon similaire, une interpolation désigne la pratique de réutiliser un élément d’une chanson – que ce soit une partie de la mélodie ou une parole – dans une autre chanson. Ainsi, le classique d’Amy Winehouse, <em>Tears Dry on Their Own</em>, <a href="https://www.billboard.com/media/lists/best-interpolations-9651682/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">reprend les percussions et la mélodie</a> du hit <em>Ain’t No Mountain High Enough </em>de Marvin Gaye et Tammi Terrell, accompagnées de paroles complètement différentes. Le <em>sample</em> s’est répandu dans le milieu du hip-hop au début des années 1980 grâce au développement de nouvelles techniques de <em>sampling</em> numériques. Au milieu des années 1970, le rôle des <a href="https://blackamericaweb.com/2023/11/27/pillars-of-hip-hop-the-emcee/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>emcees</em></a> était d’animer la foule pour assister les DJ faisant passer leurs vinyles. Le hip-hop est né de cette union, lorsque les <em>emcees</em> ont commencé à faire des rimes sur de la musique, d’où l’utilisation majoritaire de <em>samples</em> dans le hip-hop. Le <em>sample</em> est ainsi devenu un élément essentiel du hip-hop, principalement utilisé à l’époque pour emprunter un rythme sur lequel les <em>emcees</em> pouvaient rapper.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Grâce aux avancées technologiques et à l’essor de nouveaux genres musicaux, il existe de plus en plus de musiques susceptibles de devenir des samples »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, pour se distinguer des autres, les producteurs de hip-hop devaient maîtriser <a href="https://hangout.fm/blog/posts/what-is-crate-digging" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’art du <em>crate-digging</em></a><em> </em>: fouiller les caisses de vinyles pour trouver des <em>samples</em> uniques, parfois pendant des heures. Aujourd’hui, <a href="https://www.wipo.int/en/web/economics/w/blogs/music-sampling-in-the-digital-age" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">grâce à l’abondance d’outils numériques</a>, le <em>sampling</em> est une activité d’autant plus créative que les possibilités de <em>sample</em> sont infinies. Par exemple, rien que pour créer un rythme de percussion, un artiste peut couper un extrait de voix (<em><a href="https://routenote.com/blog/sampling-culture-how-has-it-evolved-and-how-much-of-modern-music-uses-samples/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vocal chop</a></em>) ou une mélodie et les remanier pour imiter une percussion ou une basse. Au début de sa carrière dans les années 2000, <a href="https://www.revolt.tv/article/the-masterclass-kanye-west-soul-samples-to-cinematic-storytelling" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Kanye West</a> est devenu un pionnier du <em>sample</em> avec son style baptisé <em>chipmunk soul</em>, qui consistait de <em>samples</em> tirés de classiques de la soul, accélérés et rendus aigus, servant d’arrière-plan pour ses chansons. L’incorporation de <em>samples</em> du soul ajoutait une autre dimension à sa musique, non seulement en contribuant au rythme mais aussi à l’histoire qu’il racontait. Son titre phare, <em>Gold Digger</em>, reprend ainsi le chant de Ray Charles dans <em>I Got a Woman</em>, créant une conversation entre l’originale et les paroles presque satiriques de la reprise. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le <em>sampling</em> à l’ère du digital : un choix risqué pour les artistes? </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, le <em>sampling</em> est une pratique très répandue. Toutefois, <em>sampler</em> n’est pas nécessairement à la portée de tous. En 2026, l’accès à la musique n’a jamais été plus simple; grâce aux plateformes de streaming comme Spotify, Apple Music ou Deezer, nous pouvons accéder à des millions de titres et d’artistes différents en un simple clic. Grâce aux avancées technologiques et à l’essor de nouveaux genres musicaux, il existe de plus en plus de musiques susceptibles de devenir des <em>samples</em>. En 2018, <a href="https://www.tracklib.com/blog/tracklib-presents-state-of-sampling" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une chanson sur cinq</a> dans le Billboard contenait un<em> sample</em>. Les artistes peuvent ainsi choisir de s’ancrer dans la tradition du genre musical auquel ils appartiennent en choisissant des classiques de leur propre genre, ou de s’inspirer d’autres genres musicaux et les remanier dans un autre genre musical. <em>Sampler</em> une chanson déjà reconnue en tant que classique peut constituer une stratégie commerciale, car un air familier a davantage de chances de plaire à l’auditoire. À cet égard, l’hymne caribéen <em>Murder She Wrote</em> de Chaka Demus &amp; Pliers, sorti en 1992, a été samplé un nombre incalculable de fois, inspirant des artistes tels que Hamza, Daddy Yankee ou encore Young Thug.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, le <em>sample</em> peut être un jeu à double tranchant, car il peut avoir des conséquences légales importantes. En eket, le processus pour obtenir l’autorisation d’utiliser un <em>sample</em> (<em>clear</em> un <em>sample</em>) est souvent onéreux et chronophage. Pour <em>clear</em> un <em>sample</em>, les artistes font face à <a href="https://fordhampoliticalreview.org/the-legal-limits-of-creativity-sampling-copyright-and-the-future-of-music-law/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">deux types de droits d’auteur </a>: ceux liés à la composition et à la production, ainsi que les droits d’auteur d’enregistrement. Contacter tous les compositeurs ainsi que leurs maisons d’édition n’est pas une mince affaire, surtout lorsqu’il s’agit d’artistes très connus. Par conséquent, seuls les musiciens représentés par les labels les plus riches peuvent se permettre de les utiliser sans craindre un procès potentiel. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un outil d’exploration musicale</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’auditoire, les <em>samples</em> de nos artistes préférés constituent une opportunité d’élargir ses horizons à de nouvelles musiques, en sortant du cercle algorithmique et des chansons du Billboard. Début 2026, Spotify lançait son nouvel outil, <a href="https://techcrunch.com/2026/03/24/spotifys-songdna-feature-lets-you-explore-the-connections-behind-your-favorite-songs/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">SongDNA</a>, une fonctionnalité permettant d’accéder à « l’ADN » de la chanson : les différents compositeurs, quels titres ont été samplés ou interpolés dans la chanson, mais aussi dans quels autres titres la chanson a pu être reprise à son tour. Bien qu’elle ne soit pas toujours complètement correcte, cette fonctionnalité reste très pratique si une partie d’une chanson semble familière ou si l’on souhaite connaître les compositeurs d’une chanson qui nous plaît. La plupart des artistes utilisant des samples s’inspirent çà et là, et chaque genre musical <a href="https://www.wipo.int/en/web/economics/w/blogs/music-sampling-in-the-digital-age" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">s’influence lui-même et en influence d’autres</a>, avec plus ou moins d’affinités entre certains d’entre eux. Par exemple, le hip-hop et le RnB tirent majoritairement leurs influences du soul, du funk et du disco, mais aussi du jazz et du blues. Ainsi, les artistes que l’on connaît déjà peuvent être un tremplin pour découvrir une abondance de nouvelles musiques, rien qu’en remontant l’arbre généalogique des samples.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Néanmoins, le sample peut être un jeu à double tranchant, car il peut avoir des conséquences légales importantes »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Une « <em>sampleuse</em> » très en vogue ces derniers temps est <a href="https://www.billboard.com/music/pop/pinkpantheress-women-in-music-producer-of-the-year-interview-1235619828/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">PinkPantheress</a>, une musicienne anglaise qui a lancé sa carrière sur TikTok et qui joue maintenant dans les plus grands festivals du monde et a plus de 30 millions d’écoutes par mois sur Spotify. Sa musique et son esthétique s’inspirent par exemple de la K‑pop et de la pop des années 2000. Fidèle à ses goûts musicaux éclectiques, elle utilise des<em> samples</em> et des interpolations dans la plupart de ses morceaux. De la <em>Gymnopédie n°1</em> d’Erik Satie dans son premier single <em>Pain</em>, au hit pop anglais de 2007 <em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Starz_in_Their_Eyes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Starz in Their Eyes</a></em> de Just Jack dans <em>Stars</em>, les influences de PinkPantheress sont une façon pour elle d’établir son identité musicale, mais aussi d’ouvrir nos horizons aux chansons des décennies passées!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>sampling</em> est une pratique moderne, qui s’est démocratisée au XXIe siècle grâce aux multiples outils numériques. Utiliser un sample n’est pas sans obstacle pour les artistes, qui peuvent se heurter à plusieurs types de problèmes légaux, si la procédure n’est pas faite correctement. Toutefois, si le <em>sample</em> est bien fait, un artiste a davantage de chances de voir sa chanson devenir populaire en reprenant un air familier déjà apprécié. Enfin, les<em> samples</em> utilisés par nos artistes préférés peuvent être une bonne façon de découvrir de nouveaux titres, si l’on est assez curieux pour aller les chercher!</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/qui-est-lartiste-prefere-de-ton-artiste-prefere/" data-wpel-link="internal">Qui est l’artiste préféré de ton artiste préféré ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Nooran Rezayi : un an plus tard</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/nooran-rezayi-un-an-plus-tard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camilo Durocher-Camacho]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:02:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[homicide]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[minorités]]></category>
		<category><![CDATA[violence policière]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61151</guid>

					<description><![CDATA[<p>Tué par un policier de Longueuil, dont l’identité reste secrète.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/nooran-rezayi-un-an-plus-tard/" data-wpel-link="internal">Nooran Rezayi : un an plus tard</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 21 septembre 2025, la mort de Nooran Rezayi, 15 ans, lors d’une intervention policière a ravivé au Québec les dénonciations de la violence policière et des préjugés qui persistent dans notre société à l’égard des minorités visibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que l’adolescent, d’origine afghane, était dans la rue avec un groupe de jeunes, une personne a appelé la police en signalant la présence de jeunes armés et masqués. L’appel, qui a duré environ dix minutes, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2195542/armes-police-longueuil-intervention-nooran-rezayi" data-type="link" data-id="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2195542/armes-police-longueuil-intervention-nooran-rezayi" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mentionnait à quatre reprises qu’ils avaient des armes à feu</a> ainsi que du poivre de Cayenne et des bâtons de baseball en métal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinquante-huit secondes après l’arrivée de la première voiture-patrouille, un policier a ouvert le feu. L’agglomération de Longueuil n’a pas commenté les circonstances du tir, l’enquête ayant été confiée au BEI (Bureau des enquêtes indépendantes). Selon des témoins, Nooran aurait mis sa main dans son sac pour montrer qu’il n’était pas armé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fait qu’il ne possédait aucune arme à feu a été confirmé par la suite par le <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2025-09-24/mort-de-nooran-rezayi/il-n-etait-pas-arme.php" data-type="link" data-id="https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2025-09-24/mort-de-nooran-rezayi/il-n-etait-pas-arme.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">BEI </a>: la seule arme à feu trouvée était celle du policier. En revanche, des bâtons de baseball et des cagoules ont été saisis. Son décès a été constaté à l’hôpital, trente minutes plus tard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un an plus tard, aucune accusation criminelle n’a été déposée contre le policier et son identité n’a pas été révélée, afin de protéger sa sécurité et celle de sa famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des poursuites toujours en cours</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La famille de Nooran continue de poursuivre en justice la Ville de Longueuil et les policiers impliqués. <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/justice/962883/bei-confie-resultats-enquete-mort-nooran-rezayi-dpcp" data-type="link" data-id="https://www.ledevoir.com/actualites/justice/962883/bei-confie-resultats-enquete-mort-nooran-rezayi-dpcp" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Le BEI a déposé son rapport</a> auprès du DPCP (Directeur des poursuites criminelles et pénales) afin de déterminer si le policier sera accusé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rapport, remis en mars, était toutefois incomplet : les dernières expertises ne sont parvenues aux procureurs qu’à la fin du mois de juillet. À la différence du policier, 11 adolescents âgés de 13 à 17 ans ont été accusés à la suite d’une enquête de police de la Ville de Montréal portant sur les événements ayant précédé la mort de Nooran. <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2276246/nooran-rezayi-dpcp-suspension-procedures-11-jeunes" data-type="link" data-id="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2276246/nooran-rezayi-dpcp-suspension-procedures-11-jeunes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Le DPCP a décidé de suspendre les procédures.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le BEI a été institué en 2013, à la suite de la mort de Fredy Villanueva, 18 ans, abattu par un policier à Montréal-Nord en 2008. Jusque-là, les enquêtes sur les interventions policières étaient confiées à d’autres corps de police, une pratique critiquée pour son manque d’impartialité. Sur les 467 enquêtes menées par le BEI depuis 2016, <a href="https://ici.radio-canada.ca/en-bref/90-14093/bei-historique-confiance-independance-nooran" data-type="link" data-id="https://ici.radio-canada.ca/en-bref/90-14093/bei-historique-confiance-independance-nooran" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">deux se sont conclues par des procédures judiciaires, soit 0,43 %</a>, mais aucune condamnation n’a été prononcée pour le moment dans un cas de mort causée par un policier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une mémoire forte</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 21 septembre 2026, des centaines de personnes ont marché à St-Hubert pour se réunir devant un poste de la police de Longueuil pour dénoncer le manque d’action autour des circonstances de la mort de Nooran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mme Virginie Dufresne-Lemire, l’une des avocates de la famille, <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/justice/1010564/vigile-aura-lieu-lundi-soir-longueuil-an-apres-mort-nooran-rezayi" data-type="link" data-id="https://www.ledevoir.com/actualites/justice/1010564/vigile-aura-lieu-lundi-soir-longueuil-an-apres-mort-nooran-rezayi" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a déclaré</a> : «La famille de Nooran peine à obtenir la moindre réponse quant à ce qui s’est passé le 21 septembre 2025. Elle est maintenue dans le néant et ses demandes d’informations sont vigoureusement contestées dans le cadre des procédures judiciaires. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les membres de la famille de Nooran ont rappelé le cauchemar qu’ils traversent depuis un an. Sa mère a évoqué une douleur encore intacte et dénoncé la « lâcheté » du policier. La famille attend toujours et ne sait pas quand elle apprendra si le DPCP portera ou non des accusations contre le policier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux dates, au moins, sont connues : <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2285855/nooran-rezayi-longueuil-mort-police-anniversaire" data-type="link" data-id="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2285855/nooran-rezayi-longueuil-mort-police-anniversaire" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">les 8 et 9 octobre</a>, la Cour supérieure doit entendre sa demande pour connaître l’identité des policiers impliqués. La Ville de Longueuil et le procureur général s’y opposent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/nooran-rezayi-un-an-plus-tard/" data-wpel-link="internal">Nooran Rezayi : un an plus tard</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Affaire Thélyson Orélien : une chasse aux sorcières?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/affaire-thelyson-orelien-une-chasse-aux-sorcieres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[accusation]]></category>
		<category><![CDATA[ambiguité]]></category>
		<category><![CDATA[Écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[IA]]></category>
		<category><![CDATA[plagiat]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61117</guid>

					<description><![CDATA[<p>Réflexion sur la dénonciation de l’IA dans le milieu littéraire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/affaire-thelyson-orelien-une-chasse-aux-sorcieres/" data-wpel-link="internal">Affaire Thélyson Orélien : une chasse aux sorcières?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Thélyson Orélien. Aujourd’hui, même ceux qui ignorent tout de la littérature connaissent son nom. En quelques instants, la carrière prometteuse de cet auteur québécois a basculé pour le reléguer au rang de paria du milieu littéraire. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand les problèmes commencent </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Thélyson Orélien est un écrivain québécois : il a à son actif un essai, quatre recueils de poésie et trois romans, en plus d’un grand nombre de chroniques dans divers journaux québécois et français. Son tout dernier roman, <em>C’était ça ou mourir</em>, raconte la fuite forcée d’un homme haïtien dont le pays natal est ravagé par les guerres de gangs de rue. Aussi actuel et nécessaire dans le contexte géopolitique d’aujourd’hui, ce récit a connu un grand succès, au point d’obtenir une place sur la liste des <a href="https://www.ledevoir.com/lire/1005794/roman-thelyson-orelien-lice-prix-goncourt?rc_source=recirculation&amp;rc_medium=hyperlien&amp;rc_campaign=corps_texte" data-type="link" data-id="https://www.ledevoir.com/lire/1005794/roman-thelyson-orelien-lice-prix-goncourt?rc_source=recirculation&amp;rc_medium=hyperlien&amp;rc_campaign=corps_texte" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">16 livres en lice au prix Goncourt</a> cette année. <em>C’était ça ou mourir</em> est également sélectionné pour le Renaudot, le <a href="https://www.lapresse.ca/arts/litterature/2026-09-08/c-etait-ca-ou-mourir/thelyson-orelien-dans-la-course-au-prix-femina.php" data-type="link" data-id="https://www.lapresse.ca/arts/litterature/2026-09-08/c-etait-ca-ou-mourir/thelyson-orelien-dans-la-course-au-prix-femina.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">prix Décembre et le Femina. </a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la dernière semaine, des allégations d’usage d’intelligence artificielle pour la rédaction du roman commencent à surgir. Sur la plateforme X, le compte Balance ton Claude, qui vise à dénoncer l’usage d’IA dans des œuvres littéraires, a accusé Thélyson Orélien. <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2287304/thelyson-orelien-samuel-fitoussi-balance-ton-claude-explications" data-type="link" data-id="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2287304/thelyson-orelien-samuel-fitoussi-balance-ton-claude-explications" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Samuel Fitoussi</a>, l’un des responsables du compte, a expliqué que les chapitres de C’était ça ou mourir ont été donnés au logiciel Pangram, un détecteur d’intelligence artificielle, qui assurait qu’entre 90 % et 100 % de ceux-ci étaient générés par l’IA. Une enquête se met en branle et, bientôt, le dossier s’alourdit : des accusations de plagiat tombent. Orélien, chroniqueur pour différents journaux français et québécois, voit ses écrits passés au peigne fin. Certains relèvent une nette ressemblance entre une chronique de l’auteur québécois sur la chute de stars sportives et celle d’<a href="https://www.lapresse.ca/arts/litterature/2026-09-23/thelyson-orelien-rattrape-par-un-passe-de-plagiaire.php" data-type="link" data-id="https://www.lapresse.ca/arts/litterature/2026-09-23/thelyson-orelien-rattrape-par-un-passe-de-plagiaire.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Andy Bautista</a>, un chroniqueur pour le quotidien <em>The Philippine Star</em>. Certains passages sont presque identiques et un coup d’œil suffit pour déterminer qui des deux auteurs est plagiaire — Orélien a publié sa chronique le 28 février 2013 et Bautista, le 23 février 2013. Plusieurs autres exemples de plagiat de la part d’Orélien sont découverts. Les événements ont un véritable effet domino : en seulement quelques jours, l’auteur qui était la coqueluche du Québec se retrouve en chute libre. Les <a href="https://www.journaldemontreal.com/2026/09/25/affaire-thelyson-orelien-un-de-ses-accusateurs-dit-avoir-agi-pour-eviter-la-disparition-de-lecriture" data-type="link" data-id="https://www.journaldemontreal.com/2026/09/25/affaire-thelyson-orelien-un-de-ses-accusateurs-dit-avoir-agi-pour-eviter-la-disparition-de-lecriture" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">éditions Boréal</a>, qui ont publié <em>C’était ça ou mourir</em>, suspendent les activités de promotion du roman, <a href="https://www.lapresse.ca/arts/litterature/2026-09-24/controverse-autour-de-thelyson-orelien/le-casse-tete-des-libraires.php" data-type="link" data-id="https://www.lapresse.ca/arts/litterature/2026-09-24/controverse-autour-de-thelyson-orelien/le-casse-tete-des-libraires.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Renaud-Bray</a> retire sa fameuse étiquette « coup de cœur » des exemplaires, le <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2287164/academie-goncourt-supprime-roman-thelyson-orelien-selection" data-type="link" data-id="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2287164/academie-goncourt-supprime-roman-thelyson-orelien-selection" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Goncourt </a>retire le livre de sa liste de nominations et le <a href="https://www.journaldemontreal.com/2026/09/25/affaire-thelyson-orelien-un-de-ses-accusateurs-dit-avoir-agi-pour-eviter-la-disparition-de-lecriture" data-type="link" data-id="https://www.journaldemontreal.com/2026/09/25/affaire-thelyson-orelien-un-de-ses-accusateurs-dit-avoir-agi-pour-eviter-la-disparition-de-lecriture" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Salon du livre de l’Estrie</a> révoque l’invitation d’Orélien, qui devait participer à l’événement en tant qu’invité d’honneur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message est on ne peut plus clair : Thélyson Orélien est maintenant <em>persona non grata</em>. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Détecter l’IA </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pangram, le logiciel utilisé pour évaluer <em>C’était ça ou mourir</em>, a déclaré que le roman était fait par l’IA à <a href="https://www.tf1info.fr/high-tech/videos/video-info-infox-pangram-le-programme-a-l-origine-des-accusations-de-thelyson-orelien-est-il-fiable-51326-2466571.html" data-type="link" data-id="https://www.tf1info.fr/high-tech/videos/video-info-infox-pangram-le-programme-a-l-origine-des-accusations-de-thelyson-orelien-est-il-fiable-51326-2466571.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">97 %</a>. Les autres romans en lice pour le Goncourt ont aussi été testés et révèlent un taux d’IA très faible ou nul. De plus, Pangram est reconnu pour être le logiciel de détection d’IA le plus fiable – son taux de faux positifs est de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2286476/thelyson-orelien-pangram-test-roman-ia" data-type="link" data-id="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2286476/thelyson-orelien-pangram-test-roman-ia" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1 sur 10 000.</a> Le hic? Les deux études qui en viennent à cette conclusion ont fait l’expérience en utilisant seulement des textes en anglais. Il est également à noter qu’un poème de Victor Hugo, dont une seule ligne avait été retirée, a été évalué par Pangram comme utilisant l’IA à 100 %. À cela s’ajoute un autre grain de sable dans l’engrenage : le logiciel de détection d’IA utilisé par l’<a href="https://www.tf1info.fr/high-tech/videos/video-info-infox-pangram-le-programme-a-l-origine-des-accusations-de-thelyson-orelien-est-il-fiable-51326-2466571.html" data-type="link" data-id="https://www.tf1info.fr/high-tech/videos/video-info-infox-pangram-le-programme-a-l-origine-des-accusations-de-thelyson-orelien-est-il-fiable-51326-2466571.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">AFP </a>conclut que C’était ça ou mourir est 100 % humain. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pangram se base sur des textes humains et des textes modifiés par l’IA pour effectuer la détection. Cet entraînement avec deux types de textes lui permet de repérer les formulations typiques de l’IA, ainsi que la ponctuation généralement utilisée. Cela dit, il ne faut pas oublier qu’un logiciel est un logiciel, et qu’il comporte inévitablement un risque d’erreur. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des accusations biaisées </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si Samuel Fitoussi, qui a dénoncé <em>C’était ça ou mourir</em> par l’entremise de Balance ton Claude, a affirmé que cette accusation n’était nullement motivée par des biais racistes, l’entreprise n’est peut-être pas complètement dénuée de discrimination – et ce, sans que les dénonciateurs ne le souhaitent. Selon Thibault Celier, cofondateur de <a href="http://usuel.ai" data-type="link" data-id="http://usuel.ai" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">usuel.ai</a> au micro de RTL, les détecteurs d’IA peuvent avoir un biais. Ces derniers sont entraînés à reconnaître les tics de langage des natifs d’une langue : un francophone qui écrit en anglais aura une tournure de phrase « <a href="https://www.rtl.fr/actu/sciences-tech/c-est-quoi-pangram-le-detecteur-d-ia-a-l-origine-de-l-affaire-thelyson-orelien-et-peut-on-lui-faire-confiance-7900676490" data-type="link" data-id="https://www.rtl.fr/actu/sciences-tech/c-est-quoi-pangram-le-detecteur-d-ia-a-l-origine-de-l-affaire-thelyson-orelien-et-peut-on-lui-faire-confiance-7900676490" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus prévisible qu’un anglais natif</a> ». Même si le rédacteur est complètement à l’aise dans la langue d’écriture, le fait que ce ne soit pas sa langue natale a tout de même une incidence sur les tics de langage adoptés : ces derniers diffèrent selon le paysage culturel. Un Français et un Québécois n’auront pas les mêmes tics de langage entre eux, de même pour un Algérien et un Haïtien. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, Thélyson Orélien, dont la langue maternelle est le <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-jeudi-03-septembre-2026-5280607" data-type="link" data-id="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-jeudi-03-septembre-2026-5280607" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">créole haïtien</a>, aurait pu induire le détecteur d’IA en erreur à cause de tics de langage adoptés lors de l’apprentissage de cette langue seconde qui ne correspondent pas parfaitement au français natif étudié par l’IA. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre phénomène est à ne pas négliger : la suspicion « <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2286341/thelyson-orelien-reactions-milieu-litteraire" data-type="link" data-id="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2286341/thelyson-orelien-reactions-milieu-litteraire" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">disproportionnée</a> sur des auteurs plutôt que d’autres. » Dave Anctil, professeur de philosophie au Collège Jean-de-Brébeuf, auteur et chercheur à l’Obvia (Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique), souligne le cas similaire de Jamir Nazir, un auteur trinidadien qui avait été accusé à tort d’utilisation d’IA pour la rédaction de sa nouvelle <em>The Serpent in the Grove</em>, qui a reçu un prix littéraire de la <em>Commonwealth Foundation</em>. Il a par la suite été conclu qu’aucun des lauréats du prix littéraire n’avait utilisé d’IA. L’ironie? Les accusations se basaient sur les résultats de Pangram. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un appui de la communauté </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si Thélyson Orélien nie l’utilisation de l’intelligence artificielle pour la rédaction de son roman et s’abstient de commenter sur ces <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2287164/academie-goncourt-supprime-roman-thelyson-orelien-selection" data-type="link" data-id="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2287164/academie-goncourt-supprime-roman-thelyson-orelien-selection" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">accusations</a>, plusieurs auteurs ont défendu le romancier. <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2286341/thelyson-orelien-reactions-milieu-litteraire" data-type="link" data-id="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2286341/thelyson-orelien-reactions-milieu-litteraire" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Laura-Ève Lambert</a>, autrice notamment de <em>Que notre joie demeure</em>, apporte son soutien à Orélien en mentionnant que « c’est une accusation dont il est impossible de se défendre. » India Desjardins, connue pour la série <em>Le journal d’Aurélie Laflamme</em>, lui a aussi témoigné son soutien, tout comme la poète Pascale Cormier et l’écrivain Stéphane Dompierre. Un vent de solidarité semble souffler sur le milieu littéraire québécois.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong> Une chasse aux sorcières en 2026</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’on ait un avis tranché sur le cas de Thélyson Orélien ou non, une chose reste certaine : il est impossible de savoir avec une certitude absolue si l’auteur a utilisé ou non de l’intelligence artificielle pour rédiger son roman. Peut-être en a‑t-il utilisé un peu pour corriger certaines tournures de phrases, peut-être a‑t-il tout écrit avec ChatGPT, peut-être a‑t-il ignoré totalement l’IA dans tout le processus d’écriture. À moins d’une confession de l’auteur, nous n’aurons jamais réellement le fin mot de l’histoire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas est suspect, bien sûr, d’autant plus lorsqu’on tient compte des accusations de plagiat pour diverses chroniques. Mais être plagiaire de quelques textes signifie-t-il nécessairement être utilisateur d’IA? Pas du tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème avec toute cette histoire, c’est qu’il n’y a aucun moyen catégorique pour nous de trancher. Nous devons nous en remettre à des logiciels, qui décideront ensuite de la carrière, de la vie d’un auteur. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« L’IA est en train de créer une véritable chasse aux sorcières dans notre société en nous poussant à nous méfier de ceux autour de nous, à dénoncer les coupables au moindre signe suspect »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La carrière de Thélyson Orélien vient presque assurément de se terminer. Rares seront les prix littéraires qui oseront le remettre sur une liste de nominations. Beaucoup de gens seront hésitants à lire ses œuvres. Chaque fois qu’Orélien sera mentionné, les mots « plagiat » et « intelligence artificielle » ne seront pas loin derrière. La supposée « détection » d’IA est un jeu dangereux. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Devrait-on, selon moi, bannir de la littérature l’usage de l’IA générative? Absolument. Devrait-on limiter l’exposition des auteurs qui utilisent ladite IA? Bien sûr! Le milieu littéraire en est un de rencontres entre des auteurs et des lecteurs, un espace communautaire où nous pouvons partager ce qui fait de nous des humains, dans tout ce que cette condition a de plus splendide et de déchirant. Mais nous ne devrions, sous aucun prétexte, partir à la chasse à l’IA. Nous ne devrions pas banalement accuser des auteurs d’usage d’intelligence artificielle pour partir en croisade contre des maisons d’édition et des individus qui ne veulent que mettre leur expérience de vie en mots. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IA est en train de créer une véritable chasse aux sorcières dans notre société en nous poussant à nous méfier de ceux autour de nous, à dénoncer les coupables au moindre signe suspect. Si nous continuons, en tant que communauté, à ignorer que des balises sont nécessaires pour l’IA dans un milieu où la créativité et l’expérience humaine règnent en maître, nous nous dirigeons droit dans un mur. Qui sait si vous ne serez pas le prochain à être lancé pieds et poings liés dans la rivière? </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/affaire-thelyson-orelien-une-chasse-aux-sorcieres/" data-wpel-link="internal">Affaire Thélyson Orélien : une chasse aux sorcières?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Moitié moins cher, mais pour qui?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/moitie-moins-cher-mais-pour-qui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Cherifi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[élections québec]]></category>
		<category><![CDATA[étudiants]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Promesses politiques]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61118</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les promesses électorales des partis politiques québécois pour les étudiants.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/moitie-moins-cher-mais-pour-qui/" data-wpel-link="internal">Moitié moins cher, mais pour qui?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">À McGill, deux étudiants inscrits aux mêmes cours ne paient pas nécessairement le même prix. Pour l’année 2026–2027, le tarif de base affiché par l’Université est de <a href="https://www.mcgill.ca/student-accounts/tuition-fees/general-tuition-and-fees-information/tuition-fees-2026-27" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">103,92 $</a> par crédit pour une personne reconnue comme résidente du Québec. Pour une personne canadienne venue d’une autre province, il atteint <a href="https://www.mcgill.ca/student-accounts/tuition-fees/general-tuition-and-fees-information/tuition-fees-2026-27" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">432,85 $</a> par crédit. Cet écart s’explique par un <a href="https://www.concordia.ca/students/financial/tuition-fees/rates/frais-scolarite-2024.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">supplément imposé </a>par le gouvernement de la CAQ aux étudiants canadiens hors Québec depuis l’automne 2024. Bien que la Cour supérieure ait jugé la hausse <a href="https://www.concordia.ca/ucactualites/central/nouvelles/2025/04/24/la-cour-superieure-du-quebec-donne-raison-a-luniversite-concordia-sur-la-question-des-droits-de-scolarite-et-de-la-francisation.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déraisonnable</a> en 2025, elle <a href="https://www.concordia.ca/cunews/main/stories/2026/02/16/board-of-governors-and-senate-highlights-february-2026.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">demeure appliquée</a>. Une session de 15 crédits représente ainsi environ 1 558,80 $ de frais de scolarité de base dans le premier cas, contre 6 492,75 $ dans le second, avant les autres frais.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Il serait donc trompeur de conclure que tous les </p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">étudiants de McGill verraient leur facture coupée en deux»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sur ce campus aux factures inégales que résonne la promesse faite le 22 septembre par Québec Solidaire (QS). Le parti s’engage à <a href="https://quebecsolidaire.net/nouvelle/elections-2026-quebec-solidaire-reduira-les-frais-de-scolarite-de-moitie-au-cegep-et-a-luniversite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">réduire de moitié les frais de scolarité universitaires</a> durant un premier mandat. Il promet la même <a href="https://quebecsolidaire.net/nouvelle/elections-2026-quebec-solidaire-reduira-les-frais-de-scolarite-de-moitie-au-cegep-et-a-luniversite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">réduction</a> pour les frais d’inscription au cégep et dit viser, à plus long terme, la gratuité scolaire. À cinq jours du scrutin provincial, l’annonce attire l’attention sur le coût des études. Elle laisse aussi une question centrale pour McGill : la moitié de quels frais, et pour qui?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une promesse dont la portée reste à préciser</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://quebecsolidaire.net/calculatrice" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">calculatrice électorale de QS</a> apporte une première réponse : elle décrit une réduction de 50 % des frais universitaires pour « les étudiantes et les étudiants québécois ». Elle ne précise pas, dans cette explication, ce qu’il adviendrait du montant supplémentaire facturé aux Canadiens hors Québec, ni des tarifs payés par les étudiants internationaux. Il serait donc trompeur de conclure que tous les étudiants de McGill verraient leur facture coupée en deux. Il reste également à savoir à quel rythme la baisse serait appliquée au cours du mandat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La distinction compte particulièrement à McGill. Si seul le tarif québécois de base était réduit, une personne venue d’une autre province pourrait profiter d’une baisse sur cette portion de sa facture tout en continuant de payer le montant supplémentaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Pour McGill, les choix électoraux pourraient toucher autant le recrutement et les revenus de l’université que les factures individuelles»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, QS n’a pas détaillé cette application dans la documentation publiée par le parti : ce calcul demeure une hypothèse, et non une économie qu’on peut promettre aux étudiants. Pour ceux qui viennent de l’étranger, les règles de tarification et les exemptions possibles ajoutent d’autres distinctions à éclaircir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une réduction des frais de scolarité ne réglerait pas non plus toutes les dépenses liées aux études. Le logement, l’épicerie et le transport continueraient de peser sur le budget étudiant. C’est sur ces besoins, ainsi que sur le revenu perdu pendant certains stages, que d’autres propositions électorales cherchent à agir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>D’autres réponses au coût des études</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres formations proposent d’aider les étudiants sans annoncer une réduction générale des frais de scolarité. Le Parti libéral du Québec (PLQ) promet de <a href="https://plq.org/communique/entrepreneuriat-remuneration-des-stages-et-aide-financiere-aux-etudes-charles-milliard-prend-des-engagements-envers-la-jeunesse-quebecoise/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rémunérer certains stages</a> actuellement non payés dans le réseau public. Il souhaite aussi revoir l’aide financière aux études, notamment la façon dont celle-ci tient compte du coût du logement et de la contribution parentale. Ces engagements visent des difficultés bien réelles, mais le parti n’a pas chiffré, dans son annonce d’août, la bonification que pourrait recevoir un étudiant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Parti québécois (PQ) cible lui aussi les stages. Il promet <a href="https://pq.org/nouvelles/un-gouvernement-du-parti-quebecois-remunerera-des-stages-pratiques-de-formation/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">de rémunérer</a> au salaire minimum des stages obligatoires de fin d’études, dans des domaines comme les soins infirmiers, le travail social et l’enseignement, lorsqu’ils sont effectués dans des institutions publiques. Le parti s’engage en outre à ajouter 10 millions $ par année au soutien en santé mentale dans les cégeps et les universités. QS, de son côté, propose la rémunération des stages obligatoires au cégep et à l’université. Derrière une promesse commune de stages rémunérés se trouvent donc des groupes d’étudiants potentiellement différents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Coalition avenir Québec (CAQ) mise plutôt, dans l’un de ses engagements de campagne touchant les études postsecondaires, sur l’épargne à long terme. Elle promet de <a href="https://coalitionavenirquebec.org/fr/blog/2026/09/01/lequipe-christine-frechette-investira-davantage-dans-lavenir-de-nos-enfants/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déposer 1 000 $ dans le régime enregistré d’épargne études</a> des enfants nés au Québec à compter de l’automne 2027, sous réserve qu’un compte soit ouvert dans les trois années suivant leur naissance. La mesure pourrait aider de futurs étudiants, mais ne réduirait pas la facture des personnes actuellement inscrites à l’Université McGill.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et les étudiants internationaux?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat sur les frais mène aussi à une autre question : celle du financement des universités anglophones. Dans un <a href="https://pq.org/nouvelles/le-parti-quebecois-presente-son-plan-pour-un-modele-viable-en-immigration/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plan sur l’immigration</a>, publié en 2024 et toujours en vigueur, le PQ propose de revoir la façon dont les frais payés par les étudiants internationaux sont perçus et répartis entre les universités. Il avançait également une cible d’environ 50 000 étudiants internationaux au Québec, en liant cette proposition à l’équité entre établissements francophones et anglophones. Ces positions montrent que, pour McGill, les choix électoraux pourraient toucher autant le recrutement et les revenus de l’université que les factures individuelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les partis proposent donc des aides de nature différente : payer moins cher ses cours, recevoir un salaire durant un stage, obtenir davantage d’aide financière ou préparer les études d’un enfant. Pour juger de leur effet à McGill, il manque encore des réponses précises sur les étudiants canadiens hors Québec et internationaux, ainsi que sur le financement des universités anglophones. Une promesse peut être attrayante à l’échelle du Québec sans avoir la même portée pour toutes les personnes assises dans une salle de cours du campus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/moitie-moins-cher-mais-pour-qui/" data-wpel-link="internal">Moitié moins cher, mais pour qui?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Une épidémie de solitude masculine, vraiment?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/une-epidemie-de-solitude-masculine-vraiment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dalia Djazouli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décodage]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[décodage]]></category>
		<category><![CDATA[incels]]></category>
		<category><![CDATA[Manosphère]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61124</guid>

					<description><![CDATA[<p>La manosphère, vecteur de radicalisation.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Une épidémie de solitude se serait abattue sur la population masculine… Le symptôme d’une crise identitaire au cœur d’une société où tout est sens dessus dessous, la faute aux féministes!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce phénomène purement médiatique a été popularisé en 2023, à la suite d’un <a href="https://wou.edu/westernhowl/the-male-loneliness-epidemic/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rapport</a> émis par le gouvernement américain alertant sur un recul généralisé des liens sociaux. Justifiée par des <a href="https://wou.edu/westernhowl/the-male-loneliness-epidemic/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">données sélectionnées</a> de manière tendancieuse, la « <em>Male Loneliness Epidemic</em> » s’apparente davantage à une panique morale qu’une réalité sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Foyer initial de l’épidémie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vindicte populaire trouve son origine au sein de la manosphère, un nom pour le moins risible, on l’admettra, mais aux conséquences plus que fâcheuses. Point de départ et d’amplification de ces discours, la manosphère est un réseau informel de communautés poreuses et masculines réunies sous la même bannière pour parler de sujets typiquement « masculins ». Ces communautés en ligne se répartissent dans différents forums et réseaux sociaux, et peuvent s’identifier en allant du libertarisme jusqu’au <em>alt right</em> – mouvement politique informel d’extrême droite et de nationalisme blanc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les idées de ces communautés ont gagné en popularité, propulsant des influenceurs masculinistes sur le devant de la scène, avec Andrew Tate pour n’en citer qu’un. Ne se limitant pas à l’espace virtuel, ces discours sont aussi portés par la classe dirigeante, avec des oligarques comme <a href="https://www.vox.com/technology/2023/12/27/24011198/bezos-zuckerberg-musk-buff-mma-masculine&lt;" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Jeff Bezos ou Elon Musk</a> qui adhèrent massivement à cette esthétique d’hypermasculinité. Sous l’impulsion de Donald Trump, le parti républicain américain les a très rapidement intégrés pour <a href="https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/823317/virilisme-campagne-trump-convaincu-bien-jeunes-hommes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mobiliser un électorat</a> jeune et masculin, séduit par une rhétorique viriliste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La manosphère : site de radicalisation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La manosphère est devenue cet espace de confort et de valorisation pour de nombreux jeunes hommes isolés, aux sentiments de décalage ou de malhabileté sociale. Un espace de soutien, ou plutôt d’endoctrination : il mène fréquemment à la <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12351222/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">radicalisation</a> de ses internautes, nourris par des idées et dis cours nauséabonds, suintant la misogynie et le racisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les promoteurs de cette crise sont empreints de nostalgie. Nostalgie des rapports genrés, plus rigides et traditionnels; regret d’un temps où l’on reléguait les femmes et personnes racisées au rang de citoyen·ne·s de seconde zone… C’est qu’avec les différentes vagues de féminisme et l’autonomisation des femmes au sein de nos sociétés industrielles, nombreux sont ces hommes qui ont vu leur « dividendes patriarcaux » se déliter. Les dividendes patriarcaux, c’est l’ensemble des avantages économiques et sociaux obtenus collectivement par les hommes. Conceptualisés par la sociologue <a href="https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/14443058.2025.2476406" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Raewyn Connell</a>, il s’agit d’avantages structurels qui bénéficient avant tout aux hommes blancs, cisgenres et hétérosexuels. Que ces privilèges soient remis en cause au profit d’une société plus égalitaire, aux yeux des incels, c’est impardonnable.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Il y a effectivement une crise de solitude; seulement,<br>elle n’est ni nouvelle ni proprement masculine »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ces incels (« <em>involuntary celibates</em> »), situés dans la branche alt-right de la manosphère, participent largement à la propagandisation de cette prétendue crise. L’apologie et la promotion d’actes préjudiciables au sein de cette communauté a ouvert la marche à de nombreux actes terroristes masculinistes : Elliot Rodger en est la figure de proue. Auteur du massacre d’Isla Vista, il a laissé derrière lui un manifeste, <em><a href="https://www.documentcloud.org/documents/1173808-elliot-rodger-manifesto/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">My Twister World</a></em>, devenu un texte fondateur au sein des milieux incels et masculinistes : « <em>Les femmes ne devraient pas avoir le droit de choisir leur partenaire. Ce choix devrait être fait à leur place par des hommes civilisés et intelligents (tldr).</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une crise non-genrée, une gestion genrée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais alors, que disent les chiffres de cette crise de solitude? La solitude des hommes a augmenté au cours de ces dernières années, c’est une certitude. Sont-ils pour autant plus seuls que les femmes? <em>Pew Research</em> le dément : <a href="https://www.pewresearch.org/social-trends/2025/01/16/men-women-and-social-connections/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">16 %</a> des Américain·e·s déclarent se sentir seul·e·s tout le temps ou la plupart du temps. C’est le cas de <a href="https://www.pewresearch.org/social-trends/2025/01/16/men-women-and-social-connections/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">16 %</a> des hommes et <a href="https://www.pewresearch.org/social-trends/2025/01/16/men-women-and-social-connections/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">15 %</a> des femmes. C’est lorsqu’on se penche sur la gestion de cette solitude que les proportions diffèrent d’un genre à l’autre : les femmes sont plus susceptibles de chercher du soutien auprès de proches ou de professionnels de la santé mentale – <a href="https://www.pewresearch.org/social-trends/2025/01/16/men-women-and-social-connections/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">22 %</a> des femmes contre <a href="https://www.pewresearch.org/social-trends/2025/01/16/men-women-and-social-connections/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">16 %</a> des hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les taux de suicides constituent, dans la manosphère, une preuve de mal-être dont les hommes auraient le seul monopole. Si les hommes demeurent surreprésentés dans les statistiques – environ <a href="https://cams-care.com/resources/educational-content/the-gender-paradox-of-suicide/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">76 %</a> des morts par suicide aux États-Unis chaque année –, on compte environ <a href="https://cams-care.com/resources/educational-content/the-gender-paradox-of-suicide/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">trois tentatives</a> de suicide chez les femmes pour chaque tentative chez les hommes. Des chiffres qui s’expliquent notamment par les <a href="https://cams-care.com/resources/educational-content/the-gender-paradox-of-suicide/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">méthodes utilisées.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a effectivement une crise de solitude; seulement, elle n’est ni nouvelle ni proprement masculine. L’âge, l’origine sociale et ethnique ou encore la sexualité sont des facteurs plus déterminants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat d’une population en proie à la solitude devrait, plutôt que de nourrir des contenus problématiques, ouvrir la porte à la remise en question des normes de genre nocives : les hommes devraient s’autoriser aussi une vulnérabilité, un lien émotionnel, et chercher l’aide dont ils ont besoin. Reconnue comme une <a href="https://globalnews.ca/news/10095898/loneliness-global-public-health-concern-who/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">urgence sanitaire</a> internationale, la solitude a, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), des effets délétères : ce phénomène augmenterait le risque de démence, les accidents vasculaires cérébraux et les décès prématurés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si cette solitude généralisée présente un danger sanitaire sérieux, la panique morale autour de cette « épidémie » est tout aussi inquiétante : les idées relayées au sein de la manosphère ne restent plus cantonnées aux marges d’Internet. Elles sont désormais largement diffusées, atteignant une démographie masculine plus jeune, plus susceptible donc de voter pour des partis d’extrême droite que des femmes dans la même tranche d’âge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ayant autant de prise sur les discours médiatiques, les milieux masculinistes sont capables d’influencer la culture populaire pour le pire. Et quand les plus hautes sphères de pouvoir s’en emparent, elles ne peuvent que servir et exacerber un <a href="https://academic.oup.com/sp/advance-article/doi/10.1093/sp/jxag012/8671579" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">retour de bâton</a>, conduisant fatalement au recul des droits des minorités.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/une-epidemie-de-solitude-masculine-vraiment/" data-wpel-link="internal">Une épidémie de solitude masculine, vraiment?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>408 – 9 : Les étudiants ont parlé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/408-9-les-etudiants-ont-parle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Matteo Fracassi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[AEUM]]></category>
		<category><![CDATA[boycott]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[motion]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61131</guid>

					<description><![CDATA[<p>La motion pour arrêter le programme d'échange avec HUJI passe.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/408-9-les-etudiants-ont-parle/" data-wpel-link="internal">408 – 9 : Les étudiants ont parlé</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 28 septembre 2026 s’est tenue l’assemblée générale de l’AÉUM. À l’ordre du jour, la motion portant sur un potentiel boycott de l’Université hébraïque de Jérusalem. Sous une pluie d’applaudissements, avec 408 pour, 9 contre et 2 abstentions, la motion est adoptée. Celle-ci arrive quelque temps avant l’expiration du contrat de l’université israélienne en 2028 pour l’organisation d’échanges académiques avec McGill. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Assemblées générales sont des congrès organisés par l’AÉUM au moins une fois par semestre, ouverts à tous les étudiants en baccalauréat de l’université pour débattre et voter sur des régulations de l’AÉUM et la vie étudiante organisée par celle-ci. La pétition, signée par plus de 500 étudiants, demande que McGill ne renouvelle pas son contrat avec l’université. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’AÉUM dispose déjà de politiques et d’engagements concernant la technologie militaire nocive et contre la participation au génocide à Gaza, qui obligent l’AÉUM à préconiser un boycott académique envers des institutions qui rentreraient dans cette catégorie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les demandes de boycott en lien avec la crise au Moyen-Orient ne sont par ailleurs pas nouvelles : l’année dernière et en 2024, <a href="https://montrealgazette.com/news/pro-palestinian-student-strikes-at-mcgill/" data-type="link" data-id="https://montrealgazette.com/news/pro-palestinian-student-strikes-at-mcgill/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plusieurs étudiants et professeurs avaient</a> manifesté pour, entre autres, cesser tout partenariat avec des entreprises ou institutions en lien direct ou indirect avec le genocide en cours à Gaza. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La motion, si ratifiée, viendrait alors renforcer ces politiques et obligerait l’AÉUM à demander officiellement l’arrêt du programme d’échange avec l’Université hébraïque de Jérusalem auprès du sénat de McGill.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un partenariat problématique </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Université hébraïque de Jérusalem est en partie construite sur des terrains <a href="https://www.un.org/unispal/document/auto-insert-178161/" data-type="link" data-id="https://www.un.org/unispal/document/auto-insert-178161/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">reconnus par l’ONU</a> comme étant obtenus illégalement par l’État israélien. De plus, elle entretient un partenariat régulier avec l’armée israélienne, notamment à travers l’accueil d’entraînements des forces de l’IDF ainsi que des formations universitaires destinées à former des futurs membres de l’armée israélienne. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://austfhu.org.au/when-duty-calls-the-hebrew-university-is-always-there/" data-type="link" data-id="https://austfhu.org.au/when-duty-calls-the-hebrew-university-is-always-there/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">programme Havatzalot</a>, par exemple, combine un diplôme universitaire à l’Université hébraïque avec une formation d’officier, de combat et de renseignement militaire pour des membres du corps du renseignement de l’IDF.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pétition rappelle la décision de l’université McGill, en 1985, de couper ses liens avec des entreprises ou établissements complices pour condamner l’apartheid en place à cette époque. Une première au Canada. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, aujourd’hui, aucune institution d’éducation supérieure canadienne n’a cessé ses partenariats avec des entreprises ou universités israéliennes. McGill aurait encore une fois l’occasion de marquer l’histoire des établissements canadiens. La motion précise que cette décision risque « que les étudiants issus de certains groupes ethniques ou linguistiques puissent [la, ndlr] percevoir comme discriminatoire » mais qu’elle ne sert qu’à « viser l’Université hébraïque de Jérusalem en tant qu’institution – en raison de ses liens avec l’armée israélienne. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel impact? </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La motion devra être ratifiée par au moins 10 % des membres de l’AÉUM. Si ratifiée, la motion sera effective le jour suivant et l’AÉUM devra mobiliser ses ressources et son personnel pour s’opposer au renouvellement du partenariat. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le chemin est encore incertain avant quelconque impact concret, selon Hamza Abu-Alkhair, président de l’AÉUM: «<em> la motion devra passer devant plusieurs comités avant d’être présentée au sénat pour être votée </em>(<em>tdlr</em>). »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Summaya Kheireddine, l’initiatrice de la motion, s’est dite « réjouie et fière du résultat ». Interrogée sur ses attentes, elle répond qu’elle n’était pas « surprise du résultat, car elle sait que les étudiants sont du bon côté de l’histoire ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, les étudiants se sont alors exprimés une énième fois, faisant connaître à l’université et l’administration leur position sur le sujet, laissant les cartes dans leurs mains.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/408-9-les-etudiants-ont-parle/" data-wpel-link="internal">408 – 9 : Les étudiants ont parlé</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Votre argent dort peut-être chez Revenu Québec</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/votre-argent-dort-peut-etre-chez-revenu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Miton]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décodage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[finances]]></category>
		<category><![CDATA[Premières Nations]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Réclamations]]></category>
		<category><![CDATA[Revenu Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61134</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un registre public et gratuit recense plus de 400 millions de dollars non réclamés.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/votre-argent-dort-peut-etre-chez-revenu/" data-wpel-link="internal">Votre argent dort peut-être chez Revenu Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Quelque part dans les serveurs de Revenu Québec dorment <a href="https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1858057/registre-biens-non-reclames-autochtones-barriere-langue" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de 400 millions de dollars</a>. Cette somme n’a rien d’anonyme : elle réunit une ancienne paie, un compte bancaire oublié, un héritage jamais réclamé… Toujours en attente de ses bénéficiaires, elle vaut le budget annuel de Trois-Rivières (<a href="https://www.v3r.net/wp-content/uploads/2025/12/Communique-Budget2026.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">401,6 millions de dollars</a> en 2026). Le <a href="https://www.revenuquebec.ca/fr/biens-non-reclames/rechercher/registre-des-biens-non-reclames/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">registre existe</a>, il est public, on peut le consulter sans compte ni mot de passe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son <a href="https://portail-assurance.ca/article/produits-financiers-non-reclames-quebec-compte-rapatrier-1-g/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">budget 2021–2022</a>, Québec prévoyait rapatrier dans ses coffres un milliard de dollars en produits financiers non réclamés, alors encore détenus par les banques et les assureurs. Sur ce milliard, le gouvernement estimait que 450 millions seraient réclamés par leurs détenteurs au cours des cinq années suivantes. En droit, cet argent n’est pas perdu, puisqu’il reste rattaché à son propriétaire, identifié par un nom et parfois une adresse. Pourquoi une telle somme demeure-t-elle non réclamée? Et pourquoi certaines personnes ont-elles nettement moins de chances de récupérer leur argent que d’autres?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un mécanisme vieux de vingt-sept ans</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/B-5.1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Loi sur les biens non réclamés</a> existe depuis 1999 (modernisée en 2011, RLRQ c. B‑5.1). Une banque, un employeur, un assureur ou une succession qui détient un bien inactif depuis trois ans doit le remettre à Revenu Québec plutôt que de le garder indéfiniment. Concrètement, cela touche un compte bancaire oublié après un déménagement, un chèque de paie jamais encaissé, le contenu d’un coffre-fort dont le loyer n’est plus payé, ou une police d’assurance-vie dont personne n’a réclamé le capital.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« En centralisant ces sommes dans un registre unique, </p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Revenu Québec joue le rôle qu’on attend d’un bon gardien »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois transférés à Revenu Québec, ces actifs sont inscrits au registre public des biens non réclamés. L’organisme tente alors d’en retrouver les propriétaires, sans toutefois y être tenu : la responsabilité de réclamer les sommes revient d’abord aux titulaires. Les biens de moins de 500 $ peuvent encore être réclamés pendant une période de dix ans. Ensuite, ils sont liquidés et <a href="https://www.revenuquebec.ca/fr/biens-non-reclames/sinformer/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">versés au Fonds des générations,</a> mis en place en 2006 pour réduire la dette publique du Québec. Les biens de 500 $ et plus, quant à eux, demeurent réclamables sans limite de temps – encore faut-il que leurs propriétaires sachent qu’ils existent. Récupérer son bien a un prix : pour un produit financier, <a href="https://www.revenuquebec.ca/fr/biens-non-reclames/sinformer/delais-et-honoraires-relatifs-aux-biens-non-reclames/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Revenu Québec retient 10 % de sa valeur</a>, jusqu’à concurrence de 1 211 $, avec un minimum de 60$ en 2026–2027.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres administrations appliquent un mécanisme semblable. Une étude sur la gestion des biens non réclamés par les gouvernements d’États américains parle même d’un « <em><a href="https://www.emerald.com/insight/content/doi/10.1108/jpbafm-03-2018-001/full/html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">trésor caché</a></em> » pour les finances publiques. Une logique comparable est à l’œuvre au Québec. L’État agit à la fois comme gardien et bénéficiaire de ces avoirs : il prélève des frais lorsqu’un bien est réclamé et conserve les sommes de moins de 500 $ qui demeurent sans propriétaire après dix ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’État, ce bon gardien</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, la lecture officielle est celle d’un État prudent. Sans cette loi, l’argent disparaîtrait : les banques n’ont aucune obligation de retrouver des héritiers, les successions se perdent dans les méandres administratifs. En centralisant ces sommes dans un registre unique, Revenu Québec joue le rôle qu’on attend d’un bon gardien. Sans ce registre, retrouver un compte oublié pourrait exiger de communiquer individuellement avec chaque banque ou employeur du Québec, une démarche pratiquement impossible pour un particulier. <a href="https://www.blakes.com/fr-ca/perspectives/introduction-a-la-legislation-canadienne-sur-les-biens-non-reclames/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cinq provinces canadiennes sont arrivées à la même conclusion</a> et ont adopté une loi du même genre, dont la Colombie-Britannique depuis 1999 et l’Alberta depuis 2008.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Ontario, à l’inverse, a fait un choix différent. La province ne possède toujours pas de régime général sur les biens non réclamés. Une consultation publique lancée en 2012 n’a jamais abouti à l’adoption d’un projet de loi, tandis que l’<em><a href="https://www.canlii.org/en/on/laws/stat/so-2015-c-38-sch-4/latest/so-2015-c-38-sch-4.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Escheats Act</a></em> de 2015 n’impose aux détenteurs aucune obligation de remise ni d’avis. Hors des comptes bancaires, <a href="https://www.canada.ca/fr/agence-consommation-matiere-financiere/services/activites-bancaires/soldes-non-reclames.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">qui relèvent d’une règle fédérale,</a> les sommes restent donc dans les coffres de leurs détenteurs, sans qu’aucun mécanisme ne garantisse que leurs propriétaires en soient informés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à son voisin ontarien, le Québec a choisi d’imposer un registre public accessible à partir d’un simple nom. Tant qu’un bien est réclamable, le droit de le récupérer ne s’éteint jamais. Vu sous cet angle, le système n’est pas conçu pour dépouiller qui que ce soit. Il vise à empêcher que l’argent s’évapore dans les failles du secteur privé. Un assureur qui ne retrouve pas le bénéficiaire, un employeur qui ferme ses portes, un dossier jamais numérisé : sans cette loi, cet argent aurait fini par disparaître pour de bon, sans laisser de trace.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une égalité de façade?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Canada dans son ensemble, Banque du Canada et provinces confondues, détient collectivement plus d’un milliard de dollars en biens non réclamés. Une étude publiée en 2025 dans le <em><a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0047272725001471" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Journal of Public Economics</a></em>, menée par les économistes Alejandro Zentner et Justin Holz auprès d’environ 100 000 titulaires de biens non réclamés au Texas, montre que le taux de réclamation spontané plafonne à environ 1 %. Cette moyenne cache un écart racial marqué : les propriétaires hispaniques ont 64 % moins de chances de réclamer leur bien que les propriétaires blancs. Même lorsqu’ils reçoivent une lettre expliquant comment récupérer l’argent, l’écart persiste : 49 % des visiteurs blancs du site réclament finalement leur argent, contre seulement 26 % des visiteurs hispaniques. La difficulté ne se limite donc pas à « ne pas savoir » : elle touche aussi les documents à fournir et la confiance envers l’institution. Rien n’indique que l’écart soit identique au Québec : c’est le mécanisme, et non la mesure, qui se transpose. Les professeurs de politique publique Pamela Herd et Donald Moynihan, de l’Université du Michigan, ont nommé cela le «<a href="https://www.jstor.org/stable/10.7758/9781610448789" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> <em>fardeau administratif</em> </a>». C’est un coût invisible, fait de temps, de tracasseries et parfois d’humiliation, que certains portent seuls.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’héritage qui coûte cher</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de 600 000 $ appartenant à des membres de la Nation crie dorment dans le registre de Revenu Québec, selon une enquête de Radio Canada. Plusieurs familles cries ne rédigent pas de testament selon les pratiques que présuppose le droit civil québécois, ce qui complique la reconnaissance des héritiers. Le registre lui-même soulève certaines limites. Les avis sont publiés presque exclusivement en français, dans la Gazette officielle du Québec, alors que le français n’est pas la langue de nombreux Cris. Jonathan Kitchen et ses cinq frères et sœurs tentent de réclamer 63 000 $ laissés par leur père, mort en 2005 sans testament. Leur démarche demeure toutefois bloquée à l’étape de départ : ils doivent d’abord réunir les certificats de naissance des six enfants, aujourd’hui dispersés à travers le Québec. Selon Jonathan, le gouvernement devrait contacter les familles directement plutôt que de publier une liste que personne ne consulte. Madeleine Kawapit, pour sa part, n’a découvert l’existence des 15 000 $ qui lui revenaient qu’après avoir été contactée par des journalistes de CBC. Revenu Québec ne lui en a jamais fait part. Dans chacun des deux cas, les frais déjà déduits de la succession s’élèvent à 1 254,38 $, prélevés à même l’argent que les familles tentent de récupérer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Une étude sur la gestion des biens non réclamés par les gouvernements d’État américains parle même d’un «&nbsp;trésor caché&nbsp;» pour les finances publiques »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les Cris ne sont qu’un exemple parmi d’autres. Pensons aux personnes âgées peu à l’aise avec les outils numériques : elles doivent d’abord parvenir à naviguer sur un site gouvernemental avant même de découvrir qu’un bien leur appartient. Un nouvel arrivant dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais se heurte au même obstacle, puisque le registre et ses avis sont presque exclusivement publiés en français. Puis vient l’étape de la réclamation elle-même, qui exige de rassembler des preuves et documents. Naviguer sur un site gouvernemental, franchir la barrière de la langue, rassembler des documents : ce sont exactement les obstacles qui ont ralenti la réclamation des Kitchen et des Kawapit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’<a href="https://www.rsfjournal.org/content/rsfjss/9/5/1.full.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">introduction d’un numéro spécial</a> paru en 2023, Herd et Moynihan soutiennent que ceux qui subissent ces frictions, délibérées ou non, finissent par perdre confiance dans l’État. Qu’on y voie la prudence d’un bon gardien ou un fardeau administratif, le résultat est le même pour ceux qui n’ont pas les moyens de réclamer : leur argent reste hors de portée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/votre-argent-dort-peut-etre-chez-revenu/" data-wpel-link="internal">Votre argent dort peut-être chez Revenu Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Rouge d’une part, blanche de l’autre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/rouge-dune-part-blanche-de-lautre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61139</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le succès d’une première production théâtrale en mandarin de McGill As If Student Drama Society.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/rouge-dune-part-blanche-de-lautre/" data-wpel-link="internal">Rouge d’une part, blanche de l’autre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Les lumières s’allument sur la scène et éclairent quatre silhouettes en <em>qipao</em> (robe traditionnelle chinoise pour femme, moulante et d’une seule pièce). La musique de fond nous transporte dans le Shanghai des années 1940. Le personnage de Yanli A, interprété par Skadi Yan, dépose son ouvrage de broderie pour chercher sa nouvelle robe, alors que de l’autre côté, Sylvia Sun (Jiaorui A) change le disque du phonographe en arrière-scène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Huit mois après sa fondation, la <em>Mcgill As If Student Drama Society</em> présente sa première pièce : <em>Rose rouge et rose blanche</em>. Deux soirées vendues à guichets fermés, la production marque aussi une première à McGill : jamais une pièce entièrement en mandarin n’y avait été présentée auparavant. Le public n’a pas besoin de comprendre le mandarin pour y assister : des sous titres en anglais sont également projetés sur scène.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Avis de non-responsabilité : ce texte contient des divulgâcheurs.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La reprise d’un classique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La pièce <em>Rose rouge et rose blanche</em> est une adaptation réalisée en 2008 par la metteuse en scène Tian Qinxin, qui reprend le roman éponyme de la célèbre Eileen Chang. Au cœur de l’intrigue se trouvent Tong Zhenbao, sa maîtresse Wang Jiaorui et son épouse Meng Yanli. D’un côté, la passionnée « rose rouge »; de l’autre, la sage « rose blanche ». Pris entre les deux, Zhen bao peine à trouver sa place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À première vue, le récit semble reposer sur un triangle amoureux plutôt conventionnel et sur des conceptions du mariage et du désir qui appartiennent à une autre époque. Pourtant, selon Amy Xia, codirectrice de <em>Rose rouge et rose blanche</em> et interprète de Yanli B, c’est précisément cet aspect qui incite la réflexion: <em>« Les hésitations et le conflit intérieur de Tong Zhenbao – tiraillé entre amour et désir, idéaux et réalité – trouvent toujours un écho en nous aujourd’hui. </em>(<em>tdlr</em>)<em> »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Deux Zhenbao et quatre roses</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la version de Tian, reprise par la troupe, la metteuse en scène dédouble la distribution pour créer « <em>deux Zhenbao et quatre roses</em> ». Sur scène, les trois protagonistes sont chacun joués par deux interprètes (différenciés par A et B), afin de livrer au public à la fois l’extériorité (A) et l’intériorité (B) des personnages. Le procédé est ambitieux, tant pour la mise en scène que pour les comédiens. Chaque duo doit ainsi incarner un même personnage tout en distinguant clairement ses deux facettes. Le pari s’avère réussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce sujet, Amy Xia, la codirectrice de la pièce, confie que plutôt que de voir cette configuration comme un défi, elle y voit un dispositif qui laisse aux comédiens une grande liberté dans l’appropriation de leurs personnages. « <em>Par exemple, pour Yanli B, elle est beaucoup plus consciente de ses désirs et les assume pleinement </em>», explique-t-elle. « <em>Ainsi, alors que Yanli A baisse souvent la tête et évite de croiser le regard du jeune tailleur (son amant), Yanli B soutient son regard pendant qu’il prend ses mesures</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les talents sur scène</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que la troupe soit formée de membres aux parcours variés, le niveau de professionnalisme dont elle fait preuve est remarquable. Je dois toutefois un coup de cœur à Sylvia, dans le rôle de Jiaorui A. Son ton candide, la manière dont elle tend la main, le rouge de sa robe… pas étonnant que Zhenbao ait succombé à son charme. Assise à l’avant-dernière rangée de la salle, je ne suis pas certaine que j’aurais mieux résisté que lui. Moi aussi, j’ai été complètement séduite par son interprétation.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="2000" height="1334" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-2000x1334.jpg" alt class="wp-image-61141" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-2000x1334.jpg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-150x100.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-650x433.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-2048x1366.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-930x620.jpg 930w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit">Tan YiYang</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Crédit photo: Scott Tan</p>



<p class="wp-block-paragraph">Owen Luo (Zhenbao A) mérite également une mention. Contrairement à Zhenbao B, qui cède davantage à ses élans passionnels, Zhenbao A incarne la raison et l’ordre social. À la lecture de l’œuvre, je me suis toujours représenté ce personnage comme un homme hypocrite et profondément égoïste. L’interprétation d’Owen Luo m’a toutefois amenée à revoir ce jugement. Son maintien impeccable, son dos constamment droit et ses brèves hésitations laissent plutôt entrevoir un homme qui tente sincèrement de faire le « bon choix ». Sans lui conférer le rôle d’un héros tragique, Owen Luo parvient à faire de Zhenbao un personnage plus humain qu’il n’y paraît à la lecture.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans les coulisses</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour finir, <em>Le Délit</em> aimerait vous partager quelques mots de la part d’Amy Xia, également cofondatrice et directrice des affaires externes et des finances de <em>McGill As If Student Drama Society.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cette entrevue est une retranscription entièrement traduite du chinois.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Délit (LD)</strong> : <em>On dit souvent que les grandes œuvres ne s’érodent pas dans le temps. En mettant en scène l’histoire de </em>Rose rouge et rose blanche <em>82 ans après la parution du roman d’Eileen Chang, y voyez-vous des éléments encore révélateurs aujourd’hui?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Amy Xia (AX)</strong> : Je pense que le conflit dramatique central de cette pièce est le suivant : existe-t-il une « bonne » réponse unique à la vie? Pour Zhenbao A, dans la pièce, la réponse est l’obéissance et le respect des règles, symbolisés par la rose blanche; pour Zhenbao B, c’est la passion et la fougue de la rose rouge. Quelle est la bonne réponse?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question reste sans réponse autant dans le roman d’Eileen Chang que dans son adaptation théâtrale, et je pense qu’elle l’est aussi pour nous aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quel genre de personne est digne d’amour? Quel genre de personne est digne de se marier? Quelle vie est considérée comme respectable? Face à ces questions, peut-être sommes-nous, comme Zhenbao, prisonniers de nos propres peurs, désirs et obsessions, prisonniers des attentes de la société et des « larmes de nos mères ». Que faire? L’incertitude demeure… J’espère que les spectateurs de cette pièce continueront à chercher leurs propres réponses, poursuivant ainsi l’histoire de Zhenbao et des roses rouges et blanches.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>(LD) :</strong> <em>Si vous ne pouviez choisir qu’un seul passage, lequel aimeriez-vous voir marquer durablement les esprits du public? Pourquoi donc?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>(AX) :</strong> Je pense que le moment le plus marquant a été le monologue final de Zhenbao A. Pendant les 90 minutes précédentes, la pièce avait dépeint le conflit intérieur de Zhenbao, tiraillé entre deux relations et deux amours, insistant surtout sur son comportement méprisable et irresponsable envers les deux femmes. Or, ce monologue final révèle le reste de la vie de Zhenbao et sa vraie nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les épisodes précédents étaient comme un petit trou dans une fenêtre, nous offrant un aperçu de sa vie, alors le monologue final ouvre cette fenêtre en grand. On y découvre son ambition de réussite scolaire et professionnelle, ses amitiés profondes et sa détermination à subvenir aux besoins de sa famille, malgré son infidélité sordide, les violences conjugales et le recours à la prostitution dans son mariage (il ne s’agit ici, en aucun cas, de minimiser ses erreurs).</p>



<p class="wp-block-paragraph">On voit Tong Zhenbao comme un être complexe, entier et humain. Bien sûr, ce monologue pourrait n’être qu’un procédé narratif subjectif employé par Zhenbao, mais, à mon avis, la manière dont la pièce utilise cette fin pour révéler le « vrai visage » de Tong Zhenbao est indéniablement puissante. J’espère aussi que le public pourra, à la lumière de cette fin qui invite à la réflexion, reconsidérer les confessions et les actions passées de Zhenbao et se faire une opinion sur la façon dont il faut percevoir Zhenbao et sa relation avec les deux femmes les plus importantes de sa vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>(LD) :</strong> <em>Avez-vous d’autres choses à partager avec le public?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>(AX) :</strong> Le succès de cette pièce est indissociable du travail acharné de tous ceux qui y ont contribué, sur scène comme en coulisses. Les acteurs ont étudié leurs rôles avec soin et les membres de l’équipe ont accompli leurs tâches avec diligence, se soutenant mutuellement pour parvenir à ce résultat<em>. Rose rouge et rose blanche</em> n’est pas seulement un spectacle apprécié du public, mais aussi une occasion pour toute notre troupe de théâtre de briller. Je tiens à exprimer ma sincère gratitude à chaque spectateur qui est venu assister à la représentation. Sans vous, la troupe n’existerait pas; c’est grâce à vous qu’elle est ce qu’elle est. Tel est le message que la troupe de théâtre <em>As If</em> veut faire passer au public.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/rouge-dune-part-blanche-de-lautre/" data-wpel-link="internal">Rouge d’une part, blanche de l’autre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Quand l’art fait frémir l’âme</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/quand-lart-fait-fremir-lame/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[MBAM]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'ouverture de l'exposition de Chiharu Shiota au MBAM le 26 septembre.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Accumulation – en quête de la destination</em>. Tel est le titre de la première installation dans le passage souterrain en direction du pavillon Michal et Renata Hornstein, où se trouve le reste de l’exposition de Chiharu. Composée d’innombrables valises de toutes sortes, cette œuvre annonce le début du voyage vers <em>Les frémissements de l’âme.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une quête de l’art</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Samedi dernier a eu lieu l’ouverture au public de la première présentation nord-américaine de l’exposition <em>Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme</em> au Musée des Beaux-Arts de Montréal (MBAM). L’exposition, à ce jour la plus importante et la plus complète consacrée à l’œuvre de cette artiste de renommée mondiale, livre les réflexions les plus crues sur la condition humaine – à la fois physique, sociale et spirituelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Née en 1972 dans la préfecture d’Osaka, au Japon, Shiota a un parcours artistique qu’on peut retracer dès son plus jeune âge. En effet, on retrouve, dans l’exposition même, une peinture qu’elle a réalisée à cinq ans. Une fleur dessinée en maternelle dont elle garde peu de souvenirs.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Shiota vêtue d’un immense drap blanc, recouverte de peinture rouge,</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"> comme une hémorragie qui fleurit sur une toile »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, la poursuite de l’art n’est pas toujours une chose facile. Pour suivre son cœur en tant qu’artiste, Shiota abandonne les techniques traditionnelles, telles que le dessin et la peinture. Cette décision n’est pas sans conséquence : peu de temps après, elle a rêvé, une nuit, qu’elle devenait elle-même peinture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Recouverte de toute cette peinture, j’avais du mal à respirer. Cette nuit-là, j’étais devenue une partie de l’œuvre », raconte l’artiste. C’est ainsi que naît <em>Becoming Painting</em> (Devenir peinture), une performance et installation réalisée en 1994. On y voit, dans les photographies exposées au MBAM, Shiota vêtue d’un immense drap blanc, recouverte de peinture rouge, comme une hémorragie qui fleurit sur une toile. C’est la première œuvre de Shiota qui ne relève pas d’une forme d’art « académique ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une quête du monde</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En poursuivant la visite, il n’est pas difficile de remarquer l’élément qui relie différentes pièces de l’exposition : le fil. La pièce où est installé <em>Uncertain Journey</em> (Voyage incertain) présente sans doute le plus grand choc visuel. D’infinis fils rouges passent d’un recoin à l’autre de la salle depuis les bateaux métalliques au sol, formant d’énormes toiles d’araignée complexes. « Les fils s’emmêlent, s’entrelacent, se cassent, se défont », comme des artères dans nos corps, comme les relations qu’on entretient avec le monde. Au cours de notre vie, on en rencontre certains, on en quitte d’autres, tissant des liens partout où on passe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est aussi intéressant de noter qu’il s’agit d’une installation unique. Un employé du musée présent dans la salle témoigne que les techniciens ont travaillé pendant trois semaines pour recréer l’œuvre de Shiota à partir de zéro.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une quête de l’âme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre le rapport avec le monde extérieur, Shiota explore également la place que l’individu occupe dans le monde. À travers ses œuvres, elle questionne le sens de la vie, ainsi que le concept de la mort. D’où vient-on? Et vers où va-t-on? Pour Shiota, c’est peut-être la Terre mère. De là, elle a incorporé l’élément de la terre dans une série de travaux. « La vie souterraine est beaucoup plus profonde et plus riche que la vie en surface », explique l’artiste. La terre cache des milliards d’années d’histoire; elle nous nourrit de notre vivant et nous enterre après la mort. Ces réflexions, transposées en art, font frémir l’âme de ceux qui regardent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme<em> est présentée jusqu’au 14 février 2027 et l’entrée au Musée des Beaux-Arts de Montréal est gratuite pour les moins de 26 ans.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/quand-lart-fait-fremir-lame/" data-wpel-link="internal">Quand l’art fait frémir l’âme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Parler ou se taire, lorsque le langage divise</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/parler-ou-se-taire-lorsque-le-langage-divise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[division]]></category>
		<category><![CDATA[exclusion]]></category>
		<category><![CDATA[language]]></category>
		<category><![CDATA[vocabulaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61152</guid>

					<description><![CDATA[<p>L'exclusion ressentie lorsqu’on ne maîtrise pas la langue dominante.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/parler-ou-se-taire-lorsque-le-langage-divise/" data-wpel-link="internal">Parler ou se taire, lorsque le langage divise</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Nommée <em>argot des cités, langage des jeunes ou parler banlieue</em>, cette façon de parler souvent considérée peu riche en termes de vocabulaire n’est pas qu’un dialecte volontairement choisi. Elle est le résultat d’une exclusion sociale. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Si ce langage constitue un marqueur d’appartenance pour certains, il peut aussi être source de division : lorsqu’une personne ne possède pas les codes linguistiques attendus pour parler et commercer dans d’autres milieux – scolaires ou professionnels –, la langue devient un facteur d’exclusion. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Exclu par un manque de vocabulaire </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Être confronté à des problèmes d’expression marginalise. Lorsqu’on passe du temps avec des personnes qui ont la même façon de parler, on ne s’en rend pas compte. Mais, une fois qu’on se heurte au monde extérieur, manquer de vocabulaire peut exclure. Comment comprendre ou se faire comprendre quand on possède des mots et expressions différents, voire inconnus, d’une classe à l’autre? Comme l’explique le<a href="https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/03/18/vivre-avec-400-mots_402088_3208.html?srsltid=AU7gw4UM2wIYhGhvRHYdYSrVcP2BF8KjW-_55kvm8PvGCBWVzp8Jr-Zt" data-type="link" data-id="https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/03/18/vivre-avec-400-mots_402088_3208.html?srsltid=AU7gw4UM2wIYhGhvRHYdYSrVcP2BF8KjW-_55kvm8PvGCBWVzp8Jr-Zt" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> linguiste Alain Bentolila</a>, chercher du travail ou ouvrir un compte en banque quand on ne possède que « 350 à 400 mots » de vocabulaire, alors que le reste de la population en utiliserait 2500, devient compliqué. Bien que ces chiffres restent contestés, cette langue que les classes supérieures méprisantes qualifient de « pauvre » isole les personnes qui la parlent – <a href="https://information.tv5monde.com/international/certains-jeunes-francais-nont-ils-vraiment-que-400-mots-de-vocabulaire-vrai-dire" data-type="link" data-id="https://information.tv5monde.com/international/certains-jeunes-francais-nont-ils-vraiment-que-400-mots-de-vocabulaire-vrai-dire" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">principalement des jeunes</a>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En vivant avec un entourage qui utilise principalement le même vocabulaire, il devient compliqué de l’enrichir et de le développer. D’autant plus que lorsque des <a href="https://www.immigration.interieur.gouv.fr/lintegration-des-etrangers/dispositifs-de-lintegration-en-france/formations-pour-apprendre-francais" data-type="link" data-id="https://www.immigration.interieur.gouv.fr/lintegration-des-etrangers/dispositifs-de-lintegration-en-france/formations-pour-apprendre-francais" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">initiatives </a>telles que des applications créées par le gouvernement français ou des cours gratuits proposés par le gouvernement québécois pour apprendre la langue et approfondir son vocabulaire sont mises en place pour intégrer les jeunes en difficulté, elles sont souvent peu connues, renforçant ce cercle vicieux d’exclusion. Alain Bentolila dénonce régulièrement les inégalités sociales, ainsi que les difficultés qu’ont les institutions comme les écoles à effacer ces lacunes. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Inquiétude sémantique </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, le problème ne résiderait pas tant dans le nombre de mots connus, mais dans la possibilité de les mobiliser selon les situations. Une autre forme d’exclusion apparaît donc : celle de ne pas se sentir légitime à prendre la parole. Certains jeunes, souvent issus de l’immigration et dont la première langue n’est parfois pas celle du pays habité, pourraient endurer un sentiment de non-appartenance. Annette Boudreau, sociolinguiste à l’université de Moncton au Nouveau-Brunswick, utilise le terme d’« <a href="https://langmusecad.wordpress.com/2015/05/24/combattre-le-sentiment-dinferiorite-linguistique/" data-type="link" data-id="https://langmusecad.wordpress.com/2015/05/24/combattre-le-sentiment-dinferiorite-linguistique/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">insécurité linguistique</a> ». Lorsque les individus des classes sociales défavorisées sentent que leurs pratiques linguistiques ne sont pas adéquates, une appréhension à aborder la société, à socialiser, ou même juste à demander de l’aide peut se développer. <a href="https://langmusecad.wordpress.com/2015/05/24/combattre-le-sentiment-dinferiorite-linguistique/" data-type="link" data-id="https://langmusecad.wordpress.com/2015/05/24/combattre-le-sentiment-dinferiorite-linguistique/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Pierre Bourdieu</a>, sociologue français, a montré que les détenteurs de la langue « légitime » peuvent développer un pouvoir symbolique lorsqu’ils sont en contact avec des locuteurs en position d’insécurité linguistique. Ces derniers ont potentiellement du mal à s’exprimer selon un modèle imaginé ou attendu et peuvent donc ressentir un sentiment d’illégitimité. Les sensations d’exclusion et de non-appartenance se voient donc renforcées. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Pierre Bourdieu, sociologue français, a montré que les détenteurs de la langue “légitime” peuvent développer un pouvoir symbolique lorsqu’ils sont en contact avec des locuteurs en position d’insécurité linguistique »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Langage à la mode? </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, ce qui peut être vécu comme un handicap dans certains espaces devient, d’une certaine façon, à la mode. En effet, ces usages trouvent leur <a href="https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/03/18/vivre-avec-400-mots_402088_3208.html?srsltid=AU7gw4UM2wIYhGhvRHYdYSrVcP2BF8KjW-_55kvm8PvGCBWVzp8Jr-Zt" data-type="link" data-id="https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/03/18/vivre-avec-400-mots_402088_3208.html?srsltid=AU7gw4UM2wIYhGhvRHYdYSrVcP2BF8KjW-_55kvm8PvGCBWVzp8Jr-Zt" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">succès en dehors des communautés dans lesquelles ils sont nés,</a> et s’établissent dans les quartiers des centres-villes. Des accentuations ou des expressions particulières deviennent une façon de parler enviable pour la jeune population de la ville et même pour les classes moyennes. Puisqu’une langue est en perpétuelle évolution, l’émergence de nouveaux termes issus d’un langage différent – et réutilisés par des jeunes de différentes classes sociales – pourrait alors être considérée comme un ajout à la langue et non pas un appauvrissement. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Construire, pas assimiler </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette circulation du langage montre donc qu’il ne faut pas simplement opposer un « bon » à un « mauvais » français. Plusieurs façons de parler peuvent coexister et même s’enrichir mutuellement. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu apparaît plutôt lorsque le seul idiome maîtrisé est le minoritaire, empêchant de passer d’un monde à un autre. Il ne s’agit donc pas de critiquer la façon de parler, les expressions ou les accents de cette langue. Le but n’est pas d’assimiler la façon de parler de ces jeunes, qui ont potentiellement grandi en parlant une autre langue natale et qui possèdent leur propre style phonétique, à un français purement académique. Il faut seulement mettre en garde sur le danger de l’exclusion. Connaître deux langues, deux dialectes, est possible. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Multiculturalisme ou assimilation </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Justement, cette distinction se retrouve dans des sociétés confrontées à la coexistence de plusieurs langues. En effet, au Québec, bien que presque la <a href="https://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/quebecdrtlng2.htm" data-type="link" data-id="https://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/quebecdrtlng2.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">moitié de la population soit bilingue</a>, la loi 101, souvent appelée la Charte de la langue française, fait du français la seule langue officielle de la province. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ce statut officiel, dans un pays et un monde où la langue dominante est l’anglais, la question de la protection de leur langue minoritaire est devenue primordiale pour beaucoup de Québécois. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, le choix du <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/900049/idees-anglicisation-quebec-canada-est-probleme-imperatif-regler?" data-type="link" data-id="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/900049/idees-anglicisation-quebec-canada-est-probleme-imperatif-regler?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bilinguisme</a>, considéré comme un choix équitable, tend en fait plus vers l’assimilation du groupe moins nombreux. La solution imparable pour beaucoup d’habitants de la province : promouvoir son <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/900049/idees-anglicisation-quebec-canada-est-probleme-imperatif-regler?" data-type="link" data-id="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/900049/idees-anglicisation-quebec-canada-est-probleme-imperatif-regler?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">indépendance</a> afin d’assurer l’avenir culturel et linguistique du peuple québécois. Cette peur de l’assimilation – ressentie chez les Québécois et les immigrants vis-à-vis de la langue dominante du pays dans lequel ils résident – est donc légitime. Lorsque ces populations doivent laisser leur culture et langue d’origine dans la sphère privée et utiliser le langage majoritaire dans leurs échanges au sein de la société, la limite entre multiculturalisme et assimilation n’est-elle pas à son apogée? </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La difficulté à comprendre les programmes politiques</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, derrière cette question linguistique se joue aussi une question sociétale. Si la participation aux échanges sociaux ou professionnels doit se faire dans la langue dominante, la question de l’accès à ces informations et milieux devient difficile à comprendre. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème n’est plus que quotidien ou interactionnel, mais se répercute dans l’accès à l’information politique et à la compréhension des informations qui nous entourent. Par exemple, les programmes politiques, souvent rédigés dans un vocabulaire plus soutenu, deviennent incompréhensibles. Les plateformes électorales des partis semblent ainsi réservées à une certaine élite : ceux qui les consultent et, parmi eux, ceux qui les comprennent. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, ces plateformes étant peu sollicitées, le nouveau médium pour les partis et les candidats pour attirer l’attention et récolter les votes passe par les réseaux sociaux. Pour un jeune qui possède un vocabulaire peu développé, il est bien plus simple de voir et de comprendre une vidéo sur TikTok dans laquelle un leader captivant déclame des bêtises et galvanise les foules, que de lire un long programme désorientant. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Publier beaucoup de contenu – posts, vidéos, stories – est devenu pour certains candidats un moyen d’atteindre un auditoire qui maîtrise moins bien la langue soutenue. Cette simplification du discours devient alors un outil politique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le cas de Donald Trump, sur son réseau social <em>Truth Social</em> ou sur <em>X </em>(anciennement <em>Twitter</em>) : en utilisant un vocabulaire élémentaire, grossier et émotionnel, il arrive à atteindre plus de gens, surtout ceux qui n’en savent pas beaucoup sur ses intentions. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Via ce langage, mésinformation, désinformation, et malinformation pullulent sur les réseaux, et, sans s’en rendre compte, le public touché va devenir crédule. Plus accessibles, plus frappantes et plus assimilables, les déclarations communiquées via ces médiums atteignent l’auditoire souhaité du candidat. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, se présentant d’abord comme vecteur d’inclusion sociale, le manque de vocabulaire et la difficulté à s’exprimer dans la langue dominante sont en fait utilisés par les élites pour manipuler les minorités. Est-ce pour cette raison que davantage de programmes ne sont pas mis en place pour améliorer le dialecte et inclure ces jeunes dans la société?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/parler-ou-se-taire-lorsque-le-langage-divise/" data-wpel-link="internal">Parler ou se taire, lorsque le langage divise</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Quand utilisation devient appropriation</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/quand-utilisation-devient-appropriation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[appropriation culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[argot queer]]></category>
		<category><![CDATA[expressions]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[vocabulaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61158</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’usage commun de l’argot queer afro-américain.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/quand-utilisation-devient-appropriation/" data-wpel-link="internal">Quand utilisation devient appropriation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Slay, clock it, spill the tea, yass queen</em>, sont des termes que vous avez déjà entendus lors d’une conversation avec vos ami·e·s, sur internet, ou que vous avez peut-être même utilisés. Si&nbsp; ces expressions semblent aujourd’hui assez répandues – elles font&nbsp; partie du langage courant –, ces mots ont, en réalité, une histoire complexe et peu évoquée. Issu de la&nbsp; communauté queer afro-américaine et latinx, l’argot queer est désormais utilisé par le grand public,&nbsp; ce qui reflète une démocratisation plus globale de ces termes, même en dehors de la communauté&nbsp; LGBTQ+. Toutefois, cela crée également des tensions quant à une possible appropriation culturelle,&nbsp; surtout quand les personnes qui utilisent ces mots ne connaissent pas le&nbsp; contexte dans lequel ils ont émergé. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des <em>ballrooms </em>à TikTok </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des termes qu’on pourrait qualifier d’argot queer, et&nbsp; qui sont utilisés aujourd’hui, proviennent de la culture <em>ballroom </em>des&nbsp; années 1970. Ces espaces ont&nbsp; émergé en réaction au <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/voguing-de-harlem-a-montreal/" data-type="link" data-id="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/voguing-de-harlem-a-montreal/" data-wpel-link="internal">racisme </a>présent dans les concours de drag traditionnels, qui étaient donc&nbsp; surtout fréquentés par des personnes afro-américaines et latinx&nbsp; trans. Des compétitions s’y déroulaient, avec différents types&nbsp; d’épreuves qui opposaient des&nbsp; <em>houses </em>– des familles de substitution pour les personnes queer rejetées. C’est au sein de cet&nbsp; <a href="https://pridepalace.lgbt/blogs/news/gay-slang?srsltid=AU7gw4Uwh8qG9Fv4yQ9ZpqSWfTBt9esxcvCWEDdXfhFChjQkIqBCUJxV" data-type="link" data-id="https://pridepalace.lgbt/blogs/news/gay-slang?srsltid=AU7gw4Uwh8qG9Fv4yQ9ZpqSWfTBt9esxcvCWEDdXfhFChjQkIqBCUJxV" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">environnement </a>que de nombreux termes, et les significations qu’on leur attribue aujourd’hui, ont vu le&nbsp; jour. Le terme <em><a href="https://www.burnettfoundation.org.nz/articles/culture/popular-queer-slang-and-their-origins/" data-type="link" data-id="https://www.burnettfoundation.org.nz/articles/culture/popular-queer-slang-and-their-origins/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">slay</a></em>, par exemple, signifiait originellement qu’on avait&nbsp; tué quelque chose, mais dans les <em>ballrooms</em>, sa signification a évolué&nbsp; pour dire que quelqu’un avait vraiment réussi sa performance.&nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres mots, tels que le terme <em><a href="https://www.dictionary.com/culture/slang/periodt" data-type="link" data-id="https://www.dictionary.com/culture/slang/periodt" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">periodt</a></em>, peuvent être plus largement&nbsp; associés à l’anglais vernaculaire afroaméricain. C’est ce qu’on appelle&nbsp; l’<a href="https://www.britannica.com/topic/African-American-Vernacular-English" data-type="link" data-id="https://www.britannica.com/topic/African-American-Vernacular-English" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">AAVE </a>(<em>African-American Vernacular English</em>), un vernaculaire qui&nbsp; s’est développée aux États-Unis aux&nbsp; <em>17e et 18e </em>siècle et qui a été influencée par le contact de l’anglais britannique et des langues africaines.&nbsp; Ainsi, cet argot n’est pas uniquement issu des communautés queer, mais&nbsp; également de la culture et des pratiques linguistiques <a href="https://newsone.com/6854992/gen-z-slang-deeply-rooted-in-black-culture-linguistic-experts-say/" data-type="link" data-id="https://newsone.com/6854992/gen-z-slang-deeply-rooted-in-black-culture-linguistic-experts-say/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">afro-américaines</a> de manière plus générale.&nbsp; </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Le langage spécifique à une communauté […] contribue également à verbaliser certaines expériences spécifiques et créer ainsi un sentiment d’appartenance »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Si la communauté queer qui utilisait ces expressions était à l’origine très minoritaire, il existe plusieurs facteurs qui peuvent expliquer son utilisation&nbsp; commune aujourd’hui. Dans un premier temps, la sortie du film documentaire <em>Paris is Burning</em> de Jennie&nbsp; Livingstone en 1991, qui se concentre&nbsp; sur la scène des <em>ballrooms </em>new-yorkais, a contribué à populariser cette&nbsp; culture très peu connue du grand public. Mais c’est surtout dans les années 2010 que l’utilisation de ces&nbsp; termes connaît son plus gros développement, notamment grâce à&nbsp; l’émergence des émissions télévisées qui mettent ouvertement en&nbsp; avant la culture LGBTQ+, telles que <a href="https://gcn.ie/queer-language-social-media/" data-type="link" data-id="https://gcn.ie/queer-language-social-media/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">RuPaul’s Drag Race</a>, lancée en 2009, ou&nbsp; encore Queer Eye, sortie en 2018. La popularisation du hip hop à aussi participé&nbsp; à l’essor de certains termes issus de l’AAVE et également utilisés dans la&nbsp; culture des <em>ballrooms</em>. Enfin, la popularisation de ces mots à un niveau global&nbsp; n’a été possible que grâce aux réseaux&nbsp; sociaux, qui ont fait circuler ces expressions. Cela explique également pourquoi&nbsp; ce vocabulaire est surtout adopté par la génération Z. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le polari : une langue secrète </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au 20e siècle, en Angleterre, les hommes homosexuels parlaient un&nbsp; langage « secret » : le <a href="https://www.bbc.com/culture/article/20170726-the-secret-language-that-broke-taboos" data-type="link" data-id="https://www.bbc.com/culture/article/20170726-the-secret-language-that-broke-taboos" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">polari</a>. Initialement, cet argot était utilisé par&nbsp; diverses communautés marginalisées. Il finit par être parlé dans les&nbsp; <em>music halls</em> et progressivement adopté par la communauté homosexuelle.&nbsp; Composé d’une centaine de mots de vocabulaire et d’expressions, il avait un rôle identificateur et sécuritaire, l’homosexualité étant criminalisée à l’époque en Angleterre. Il permettait&nbsp; aux gens qui le parlaient de se reconnaître entre eux sans être forcément&nbsp; compris par d’autres. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà de l’aspect purement pratique, le fait d’avoir un langage commun avait également un rôle&nbsp; unificateur au sein d’une communauté extrêmement discriminée.&nbsp; L’utiliser dans l’espace public était également une façon d’exister et de prendre de la place dans des lieux où&nbsp; l’homosexualité était fortement réprimée. De plus, certains mots utilisés&nbsp; servaient à nommer des expériences spécifiques à la sous-culture gaie qui n’avaient pas d’équivalents exacts en anglais. Dans un article pour la <a href="https://www.bbc.com/culture/article/20170726-the-secret-language-that-broke-taboos" data-type="link" data-id="https://www.bbc.com/culture/article/20170726-the-secret-language-that-broke-taboos" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">BBC</a>, le sociologue Paul Baker explique que le&nbsp; « polari n’était pas seulement une langue secrète, c’était une autre façon de voir le monde ».&nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire du polari met en avant l’importance pour une communauté&nbsp; marginalisée d’avoir son propre vocabulaire. Aujourd’hui, cette langue n’est&nbsp; presque plus parlée – en 2010, Cambridge l’a déclarée comme une langue&nbsp; en <a href="https://www.advocate.com/news/daily-news/2010/12/10/polari-gay-code-language-faces-extinctionhttps://www.advocate.com/news/daily-news/2010/12/10/polari-gay-code-language-faces-extinction" data-type="link" data-id="https://www.advocate.com/news/daily-news/2010/12/10/polari-gay-code-language-faces-extinctionhttps://www.advocate.com/news/daily-news/2010/12/10/polari-gay-code-language-faces-extinction" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">voie de disparition,</a> notamment&nbsp; parce que sa fonction première a disparu suite à la dépénalisation de&nbsp; l’homosexualité en Angleterre. Cependant, son histoire nous rappelle qu’un&nbsp; langage spécifique à une communauté n’a pas uniquement pour but&nbsp; de communiquer, mais contribue également à verbaliser certaines expériences spécifiques et créer ainsi un sentiment d’appartenance.&nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Utilisation et appropriation&nbsp; </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cas de l’argot queer contemporain, son utilisation en dehors de la&nbsp; communauté noire LGBTQ+ n’est pas toujours bien accueillie, surtout quand ces termes sont repris sans aucune&nbsp; connaissance du contexte dans lequel&nbsp; ils ont émergé. L’appropriation du vocabulaire d’une communauté&nbsp; historiquement discriminée a pour risque d’effacer l’histoire et les expériences qui ont conduit à l’émergence de ces expressions. Ces mots sont parfois repris parce&nbsp; qu’ils sont considérés comme « cool » ou populaires, sans que leurs origines ou significations&nbsp; ne soient réellement bien comprises. C’est ce que souligne&nbsp; <a href="https://newsone.com/6854992/gen-z-slang-deeply-rooted-in-black-culture-linguistic-experts-say/" data-type="link" data-id="https://newsone.com/6854992/gen-z-slang-deeply-rooted-in-black-culture-linguistic-experts-say/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Jamaal Muwwakkil</a>, un sociologue, anthropologue et linguiste&nbsp; qui explique, en parlant des expressions AAVE : « Je ne comprends&nbsp; pas comment on peut entendre un mot et se dire : “Ce mot sonne bien ou il est intéressant; je ne vais pas me renseigner”, et commencer à le dire tout simplement. » </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« L’utilisation de ces termes est souvent marquée par un manque de connaissance quant à leur histoire »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, le manque de connaissances autour de ces mots signifie qu’ils sont parfois utilisés dans un sens différent&nbsp; de celui originellement attribué. L’expression <em><a href="https://www.them.us/story/clock-it-how-ballroom-coined-the-internets-new-catchphrase" data-type="link" data-id="https://www.them.us/story/clock-it-how-ballroom-coined-the-internets-new-catchphrase" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">clock it</a></em> est, par exemple,&nbsp; souvent utilisée comme une façon&nbsp; d’acquiescer ou d’approuver les propos d’une personne. Cependant, elle&nbsp; était initialement utilisée dans les ballrooms afin de faire comprendre à une personne queer ou trans qu’on&nbsp; avait compris qui elle était « réellement ». Son utilisation actuelle&nbsp; semble avoir complètement séparé&nbsp; le terme de ces différents sens et&nbsp; contribue d’une certaine manière à invisibiliser les expériences auxquelles&nbsp; cette expression était liée.&nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait alors se dire que la popularisation de cet argot marque au&nbsp; moins une forme d’acceptation de la&nbsp; communauté noire LGBTQ+ et de sa culture. Toutefois, comme évoqué précédemment, l’utilisation de ces termes est souvent marquée par un manque de connaissance quant à leur&nbsp; histoire. L’appropriation de cet argot ne se limite d’ailleurs pas&nbsp; seulement aux personnes non queer. Au sein même de la communauté&nbsp; LGBTQ+, l’utilisation par des personnes blanches de l’argot queer&nbsp; afro-américain est <a href="https://www.wussymag.com/all/new-slang-for-gay-white-people-to-use-instead-of-appropriating-black-slang" data-type="link" data-id="https://www.wussymag.com/all/new-slang-for-gay-white-people-to-use-instead-of-appropriating-black-slang" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">critiquée</a>, car elle contribue à invisibiliser les origines et la culture d’où ont émergé ces mots.</p>
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		<title>La sursaturation de l’imaginaire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/la-sursaturation-de-limaginaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 18:47:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Série]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61109</guid>

					<description><![CDATA[<p>Microsérie : une fournisseuse de dopamine qui tue le vide</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/la-sursaturation-de-limaginaire/" data-wpel-link="internal">La sursaturation de l’imaginaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Raccourcissez vos phrases. Limitez vos métaphores. Ne gardez que l’essentiel. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Voici la recette idéale pour les minimalistes et les adeptes de la productivité. Or, ces ingrédients ne suffisent pas à séduire les algorithmes. Il faut être accrocheur, percutant. Alors, exagérez : stimulez vos spectateurs avec un shot d’adrénaline dans le peu de temps dont vous disposez. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous ce mécanisme, vous retrouvez ainsi dans vos <em>feeds</em> des hommes misérables se transformant en CEO après avoir été rejetés par leur fiancée, des héritages de milliardaires tombant du ciel, des « derniers de classe » recevant la plus grande bourse d’excellence académique. Ici, les arrogants goûtent l’amertume de la chute, les intimidateurs paient le prix de leurs actions et les agresseurs subissent une vengeance sans merci. Ici, c’est le monde des microséries – ou le « mélodrame style TikTok ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong> Les « microséries » </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Né dans l’économie des plateformes chinoises vers la fin des années 2010, ce format de vidéo courte avait déjà généré des revenus de <a href="https://www.researchgate.net/publication/394435103_Micro-Drama_From_Chinese_Phenomenon_to_Global_Trend_-_Preprint_Version" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">37,39 milliards de yuans</a> en 2023 (équivalent d’approximativement 7,13 milliards $CAN), soit une augmentation de <a href="https://www.researchgate.net/publication/394435103_Micro-Drama_From_Chinese_Phenomenon_to_Global_Trend_-_Preprint_Version" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">267,65 %</a> par rapport à l’année précédente. Cette année, Media Partners Asia (MPA) estime que ce chifre devrait passer de <a href="https://www.screendaily.com/news/microdrama-revenue-outside-china-to-hit-36bn-in-2026-says-report/5219165.article" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2,7 milliards</a> à <a href="https://www.screendaily.com/news/microdrama-revenue-outside-china-to-hit-36bn-in-2026-says-report/5219165.article" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">3,6 milliards</a> $USD pour les microséries à l’extérieur de la Chine continentale. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>ReelShort</em>, une plateforme de micro- série lancée à Los Angeles en 2022, a pour objectif de diffuser <a href="https://filmustage.com/blog/vertical-drama-explained-what-you-need-to-know-in-2026/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de 400</a> nouvelles séries en 2026, soit <a href="https://www.yahoo.com/entertainment/tv/articles/full-list-netflix-shows-confirmed-134320050.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">environ huit fois</a> le nombre d’émissions confirmées par Netflix pour la même année. Sans surprise, l’origine de cet écart se trouve dans le budget. Le coût de production d’un épisode de série en streaming premium sur Netflix varie <a href="https://c-istudios.com/how-much-does-it-cost-to-produce-a-tv-show/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">entre 8 et 30 millions</a> $USD alors qu’une microsérie complète – comptant de 60 à 100 épisodes – ne coûte typiquement qu’<a href="https://lens.streaming-radar.com/micro-drama-production-costs" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">autour de 15 000 à 300 000</a> $USD.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Ce montant s’effondre une fois de plus depuis l’entrée en jeu de l’intelligence artificielle (IA). Selon une analyse de la banque HSBC, l’utilisation de l’IA dans la fabrication de ces microséries en Chine a permis une réduction jusqu’à 90 % des coûts de production. Ces formats règnent désormais en maîtres sur les réseaux sociaux, bien au-delà de la Chine. Allant des <a href="https://www.pixartprinting.co.uk/blog/italian-braionrot-origins/?srsltid=AU7gw4VWAmfhDkBGIq9zWo55IZSH2DOPzpKx8TuE6vkkVOOlQLwE6zr0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">brainrots</a> devenus viraux sur TikTok début 2025 aux « <a href="https://tribune.com.pk/story/2599111/cheating-fruit-ai-trend-gains-millions-of-tiktok-views" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">fruits trompeurs</a> » du printemps 2026, la prolifération rapide de ces contenus expose autant la nature dérisoire du coût de fabrication que la standardisation d’une esthétique absente de tout sous-texte. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Toujours plus de drame </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’industrie de la microsérie connaît une croissance exponentielle, la grande majorité de ces histoires demeurent assez clichées. Des « Cendrillons » rencontrent des « Edmond Dantès », des répliques d’Orgueil et Préjugés et de <em>Twilight</em> se dispersent dans tous les univers possibles. Ces vidéos prennent la forme verticale et durent généralement d’une à deux minutes. Le nombre d’épisodes varie d’une série à une autre, mais une chose est sûre : tout est conçu pour que vous puissiez – et surtout, vouliez – les consommer à toute vitesse. Pour suivre le rythme de l’intrigue, les accroches s’enchaînent sans répit : si un conflit n’éclate pas au cours des 30 premières secondes d’un épisode, la série est essentiellement un échec. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>Des « Cendrillons » rencontrent des « Edmond Dantès », des répliques d’Orgueil et Préjugés et de Twilight se dispersent dans tous les univers possibles.</em></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Tout est condensé pour maximiser les récompenses émotionnelles dans l’immédiat. Selon <a href="https://www.youngpostclub.com/yp/trending/entertainment/article/3341846/insidious-impact-micro-dramas-cliffhangers-auto-play-addictive-dopamine-hits" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le psychologue Ken Fung</a>, les microséries créent des pics de dopamine très vite, ce qui satisfait le cerveau assoiffé. Mais tout a aussi un prix. Ces décharges constantes de dopamine ne laissent pas le temps au cerveau de se réguler, créant ainsi un cercle vicieux de dépendance. Comme on pouvait s’y attendre, de nombreux téléspectateurs rapportent avec un certain remords qu’ils « <a href="https://www.researchgate.net/publication/394435103_Micro-Drama_From_Chinese_Phenomenon_to_Global_Trend_-_Preprint_Version" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>ne pouvaient simplement pas s’arrêter</em> </a>(tdlr) ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici que se trouve le vrai danger. À force de micro-stimulations ultra-rapides, le cerveau s’habitue : incapable d’y retrouver la même intensité, il en vient à rejeter la lenteur et les récits longs. Dans cet océan de micro-chocs, la profondeur narrative s’apparente désormais à un trésor englouti. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le protagoniste représente le bien absolu; par déduction, quiconque s’oppose à lui est relégué au rang de « méchant ». Afin d’optimiser la prochaine dose de dopamine, les créateurs accentuent brutalement l’oppression subie par le héros afin de rendre sa vengeance d’autant plus spectaculaire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La quête frénétique de dramatisation propre aux microséries ne se contente pas d’accentuer le manichéisme des personnages : elle altère subtilement la perception que l’on a du monde réel. En rupture avec l’univers que les microséries mettent en scène, le nôtre ne fonctionne pas selon un principe binaire de noir ou blanc. Dans la réalité, un « je t’aime » peut revêtir mille significations invisibles, tout comme un retard n’est pas forcément une trahison et un refus ne témoigne pas toujours d’une haine personnelle. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La peur du vide </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre la construction binaire des personnages, le format de cette culture émergente de microséries joue aussi sur la relation entre l’individu et son environnement. Contrairement aux grands écrans, qui privilégient l’ampleur et la profondeur des images, la vidéo verticale offre une expérience plus intime et resserrée, se rapprochant d’un appel FaceTime plus que de la télévision. Les acteurs en gros plan, des expressions faciales exagérées, des répliques familières : tout est au service des émotions véhiculées auprès du public. Ici, le décor est sans importance, sauf pour montrer le luxe ou la misère aux extrémités. Un format qui correspond bien à ces thèmes – vengeance, désir, pouvoir – dans la conception : un format plus égocentrique que jamais. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, c’est efficace, non? Plus besoin de se casser la tête avec des détails comme la signification d’un panier de bananes sur la table à manger ou un garçon qui pédale à vélo dans la neige pendant trois minutes. Tout nous y est donné sans détour; quel est le problème? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, supprimer ces scènes n’aura pas d’impact sur le schéma narratif. Toutefois, cette suppression anéantit le hors-champ – l’espace d’interprétation laissé aux spectateurs. À court terme, elle soulage nos cerveaux fatigués après de longues journées de travail comme un sac de chips qui satisfait une fringale immédiate. C’est à long terme que les conséquences de surconsommation s’accumulent au détriment de notre santé et de la santé de la société. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle nous entraîne à ne plus regarder hors de nos fenêtres, et un jour, nous ne verrons plus. Cette réalisation me fait penser à <a href="https://www.cbc.ca/news/world/blank-pages-china-protest-1.6668661" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une manifestation qui a eu lieu en Chine en novembre 2022</a> contre la politique de censure du pays. Les manifestants de Beijing tenaient chacun une feuille blanche A4. Rien n’y était inscrit, pourtant tout le monde comprenait. Ils cachaient leur revendication dans l’espace négatif, le vide qui donne à la forme tout son sens. Cette « blancheur » épouvante l’autorité comme celle de Moby Dick épouvantait Ismaël : c’est le vertige devant le non-dit. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pouvoir autocratique, tel celui de l’algorithme, craint ce qui ne peut pas être classifié et exige l’explicite. Il nous prive du vide alors que nous sommes constitués de vide à l’échelle atomique. En saturant le cadre de vérités mâchées et de réponses immédiates, l’industrie du micro-contenu nous entraîne à craindre l’absence de signal. Or, la liberté ne naît pas dans les solutions instantanées, mais dans nos parcours de questionnements. Face à cette sursaturation générale, c’est dans l’espace négatif que nous devons récupérer notre humanité.</p>
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		<title>Remettre un classique au goût du jour</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/remettre-un-classique-au-gout-du-jour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Renaud Levesque]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 16:04:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra]]></category>
		<category><![CDATA[opéra]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61105</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Montréal réinvente Turandot pour le 21e siècle</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Dans <em>Turandot</em>, opéra de Giacomo Puccini composé à partir de 1920, on retrouve trois ministres chinois nommés Ping, Pang et Pong… Cent ans plus tard, cette composante du texte fait partie de nombreux éléments – particulièrement les stéréotypes sur la Chine ou sur les femmes – qui font grincer des dents. Et pourtant, <em>Turandot</em>, œuvre canonique du répertoire opératique, continue et continuera d’être jouée. Alors, que faire d’un classique qui a mal vieilli? Adapter l’œuvre au 21e siècle, c’est le défi que s’est lancé l’Opéra de Montréal, en collaboration avec Washington et Dallas, dans cette nouvelle production de <em>Turandot. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une fin réimaginée </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Turandot</em> raconte l’histoire de la princesse chinoise éponyme, qui règne d’une main de fer sur son royaume. Pour l’épouser, ses prétendants doivent résoudre trois énigmes, et l’échec signifie la mort. Fasciné par la princesse dès le premier regard, le mystérieux prince Calaf relève le défi… </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est toutefois le dénouement de l’histoire qui nous intéresse ici. Puccini meurt en 1924 en laissant cet opéra, son dernier, inachevé. Ses notes et croquis seront repris par Franco Alfano, qui composera en 1926 la fin « traditionnelle » de l’œuvre. Dans celle-ci, Calaf arrache un baiser forcé à <em>Turandot</em>, qui tombe soudainement amoureuse de lui et devient une reine bienveillante. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec une toute nouvelle fin signée par la dramaturge américaine Susan Soon He Stanton et le compositeur Christopher Tin – surtout connu pour sa musique de jeux vidéo, qui lui a valu deux Grammys –, l’Opéra de Montréal propose de réimaginer cette oeuvre pour le 21e siècle. Anna Maria Bruzzese, metteuse en scène associée, en explique la genèse : « la musique prend beaucoup de ce que Puccini avait laissé ». Surtout, le nouveau livret redonne son agentivité à <em>Turandot</em> : « c’est elle qui va décider […] – maintenant je suis prête à être une femme, à être une nouvelle leader pour ce peuple, à faire quelque chose de plus beau ». </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une mise en scène intemporelle </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La fin n’est pas le seul élément transformé par cette production contemporaine de <em>Turandot </em>: Ping, Pang et Pong deviennent respectivement le chancelier, l’intendant et le cuisinier en chef. La mise en scène est elle aussi réinventée. Au lieu d’une Chine antique, on nous propose un univers rétrofuturiste dystopique non sans rappeler les régimes autoritaires du 20e siècle. Bruzzese explique : « c’est un endroit qui n’a pas d’identité, c’est-à-dire un endroit qui peut être partout dans le monde. Il n’y a pas de caractérisation. » La mise en scène révèle les conséquences de ce régime: au fil de la pièce, les familles de prétendants défunts, venues de partout dans le monde, errent dans ce royaume hostile. Bruzzese compare cet univers à un « centre de réfugiés ». </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sur scène </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai eu la chance d’assister à une répétition, destinée aux médias, de trois extraits de l’œuvre. Je n’étais qu’à quelques mètres seulement des chanteurs. À l’opéra, aucun microphone n’est utilisé; d’aussi près, la puissance des voix est donc percutante, presque physique. Mais ce qui m’a le plus frappé est l’incroyable douceur dont ils ont su faire preuve. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Kirsten MacKinnon, soprano qui interprète Liù, une esclave amoureuse de Calaf, est particulièrement convaincante. Son interprétation de <em>Tu che di gel sei cinta </em>(« <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tu_che_di_gel_sei_cinta" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Toi qui es ceinte de glace</a> »), dernier air composé par Puccini avant sa mort, est empreinte d’une tristesse qui surmonte la barrière de la langue, portée par sa voix veloutée et son remarquable contrôle. Le puissant ténor Andrea Shin, dans le rôle de Calaf, sera également très attendu, ne serait-ce que pour son interprétation de <em>Nessun dorma </em>(« <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nessun_dorma" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Que personne ne dorme</a> »), possiblement la plus célèbre aria d’opéra. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout pousse à croire que cette mise en scène de Francesca Zambello relèvera le défi de remettre <em>Turandot</em> au goût du jour sans dénaturer ce qui en fait un classique. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Quatre représentations auront lieu à la Salle Wilfrid-Pelletier les 26 et 29 septembre et les 1er et 4 octobre.Remettre un classique au goût du jour</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/remettre-un-classique-au-gout-du-jour/" data-wpel-link="internal">Remettre un classique au goût du jour</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Manifestation anti-IA à Montréal</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/manifestation-anti-ia-a-montreal-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Matteo Fracassi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 15:16:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61101</guid>

					<description><![CDATA[<p>Des manifestants dénoncent les risques liés à l'intelligence artificielle</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/manifestation-anti-ia-a-montreal-2/" data-wpel-link="internal">Manifestation anti-IA à Montréal</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 16 septembre dernier, devant le Palais des congrès de Montréal a eu lieu une manifestation contre l’intelligence artificielle (IA). La manifestation avait lieu car au même moment se déroulait la convention <em><a href="https://allinevent.ai/?srsltid=AU7gw4Vl77cjj9GJKO2-fYolb57NGI-IU5Hjl1DelK5Upz16Rgdp9-9O" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ALL IN</a></em>, un sommet sur l’intelligence artificielle rassemblant plus de 6 500 experts du milieu. La manifestation a, selon <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/2026-09-16/conference-all-in/une-manifestation-anti-ia-degenere-au-centre-ville-de-montreal.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">La Presse</a>, « dégénéré », aboutissant à l’interpellation et l’arrestation de plusieurs personnes. Cette manifestation a pris place dans un contexte très tendu, alors que la question de l’IA reprend une place conséquente dans le débat public, notamment après les déclarations très médiatisées de plusieurs employés de <em>OpenAI </em>et <em>Anthropic</em>, comme Jacob Coxon, qui a annoncé sa démission et déclaré que «<a href="https://www.theguardian.com/global/2026/sep/15/ai-doomsday-warning-jacob-coxon-anthropic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> les gens qui construisent l’IA croient réellement qu’elle pourrait tous nous tuer</a> ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette déclaration apocalyptique ne sort pas de nulle part et est appuyée par des prédictions qui existent depuis longtemps. Le projet AI 2027, publié en 2025, tente d’établir depuis quelques années des trajectoires détaillées – au mois près – sur le développement de l’IA. Il prévoit une explosion des technologies d’ici 2027, avec la création de superintelligences artificielles qui serviraient la recherche et la programmation même de ces intelligences, sachant qu’à l’heure actuelle, <a href="https://af.net/realtime/anthropic-reports-claude-ai-now-contributes-to-26-of-rd-efforts/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">26 % des efforts de R&amp;D (recherche et développement) d’<em>Anthropic</em> sont réalisés par l’intelligence artificielle</a>, avec une supervision humaine, mais avec une autonomie qui s’accélère. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La possibilité qui revient le plus est celle d’une extinction humaine après le développement d’une superintelligence dont on perdrait le contrôle et qui serait capable de prendre des décisions stratégiques par elle-même en vue d’un certain objectif. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des incidents récurrents</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.theguardian.com/technology/2026/aug/29/sharp-rise-in-incidents-of-ai-escaping-users-control-research-finds" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Plusieurs enquêtes et recherches</a> de ces derniers mois ont mis en lumière l’existence d’incidents de perte de contrôle lors d’entraînements et de simulations. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains de ces incidents ont même été rapportés par les entreprises elles-même : <a href="https://www.nytimes.com/2026/09/16/technology/openai-model-safety-guardrails.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>OpenAI</em> a par exemple déclaré</a> il y a quelques jours six incidents où elle aurait perdu le contrôle de l’IA, qui aurait adopté des comportements inquiétants. Plus tôt cette année, en juillet, certains modèles avaient piraté <a href="https://www.bbc.com/news/articles/cmpq0wj5g899o" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Hugging Face</em>, une plateforme de partage d’IA</a>, déviant ainsi de leur mission originale. Les modèles étaient confinés dans un espace informatique restreint et devaient réaliser des missions dans cet environnement. Cependant, pour maximiser leurs résultats, les agents ont infiltré <em>Hugging Face</em> pour trouver les réponses au défi. Ils démontrent alors une capacité d’autonomie inquiétante. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Aaron Erlich, professeur en Sciences politiques à l’Université McGill, confie au Délit que l’intelligence artificielle « <em>illustre un cas intéressant où les politiciens n’ont aucune idée de ce qu’il se passe </em>(tdlr) », car les modèles se développent trop rapidement, mais aussi parce que énormément de ces modèles dits « multiagents », qui peuvent collaborer et communiquer ensemble afin de réaliser des tâches, ne sont pas « <em>publics </em>». Les seuls à pouvoir évaluer le risque des modèles et communiquer dessus sont les personnes qui les développent. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogé sur une possibilité de ralentissement des recherches et expérimentations, Aaron Elrich répond que «la pression est trop grande », faisant notamment référence aux <a href="https://www.nbcnews.com/politics/trump-administration/trump-rejects-ai-guardrails-rcna597700" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déclarations de Trump</a> et à la compétition avec la Chine. Il parle notamment du problème de distillation des modèles où des modèles plus larges entraînent des modèles nouveaux ou plus petits, ce qui peut amener à une propagation incontrôlée augmentant le risque de non-alignement. Le projet 2027 imagine notamment un scénario ou des IA pourraient créer des IA elles-mêmes hors de portée des humains. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un Espoir </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Manolis Daris-Becote, militant chez <em>Pause AI Canada</em>, un mouvement pacifique non partisan qui suggère aux gouvernements l’instauration d’une pause dans le développement de certains modèles d’IA, insiste sur l’importance de ne pas « paniquer ». Il faut, selon lui, « ne pas tomber dans le défaitisme et réaliser que l’on peut encore agir ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Des projets de régularisation ont déjà été mis en place, comme le <em>AI Act</em> en Europe ou le <em>Frontier Act</em> aux États-Unis, qui, entre autres, obligent les organisations à fournir des rapports sur les risques ou d’effectuer des évaluations des modèles avant l’entrée sur le marché. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La perception du risque d’extinction est donc bien réelle. La situation pourrait rappeler, à certains égards, le dilemme auquel Robert Oppenheimer faisait face il y a 70 ans. La question n’est désormais plus seulement de savoir ce que les humains feront de l’IA, mais aussi de déterminer si nous saurons suffisamment nous mobiliser pour l’encadrer et la contrôler avant que ses capacités ne dépassent nos mécanismes de régulation et causent une potentielle extinction.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/manifestation-anti-ia-a-montreal-2/" data-wpel-link="internal">Manifestation anti-IA à Montréal</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>S.O.S. Huîtres menacées</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/s-o-s-huitres-menacees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Minola Grent]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Espèces menacées]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[pêche]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les huîtres prince-édouardiennes décimées par des parasites.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">La vie d’une huître est, en règle générale, assez simple. Le naissain – c’est-à-dire une huître qui n’a pas encore atteint la majorité – nécessite près de trois ans de croissance calme et stable avant de pouvoir être récolté et commercialisé sous la forme avec laquelle la plupart des usagers sont <a href="https://www2.gnb.ca/content/dam/gnb/Departments/10/pdf/Publications/Aqu/oyster.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">familiers</a>. À cause de leur cycle de croissance, les huîtres ne sont considérées adultes que lors de leur troisième été et ne sont habituellement pas mises en marché avant leur <a href="https://www2.gnb.ca/content/dam/gnb/Departments/10/pdf/Publications/Aqu/oyster.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">quatrième</a> afin qu’elles mûrissent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Canada, la pêche de ces mollusques marins occupe une place importante dans l’économie des provinces maritimes. L’Île-du-Prince-Édouard, en particulier, participe grandement à cette dernière en <a href="https://princeedwardislandseafood.com/annual-statistics/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">produisant 26 % des huîtres canadiennes</a>. Après les moules et le homard, les huîtres de la petite province forment la <a href="https://lactualite.com/actualites/un-parasite-menace-les-parcs-a-huitres-de-lile-du-prince-edouard/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">troisième industrie de fruits de mer</a> la plus conséquente au Canada. En 2023, plus de 27 millions de dollars d’huîtres étaient en circulation, ce qui représente un secteur valorisé à environ 54 millions de dollars pour l’économie <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2260114/maladies-huitres-msx-dermo-restaurants" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">canadienne</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, depuis 2024, les récoltes d’huîtres de l’Île-du-Prince-Édouard ont chuté subitement. En effet, la maladie de la sphère X multinuclée inconnue (MSX) et la maladie dermo, deux maladies parasitaires, se sont emparées des eaux prince-édouardiennes et emportent avec elles de plus en plus d’huîtres chaque année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de la première détection de ces parasites dans la baie de Badeque, les vétérinaires provinciaux espéraient pouvoir contenir les deux maladies à cet endroit. Pourtant, quelques mois ont suffi pour que la MSX et la dermo soient détectées dans la majorité des baies, rivières et autres cours d’eau de la province.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que le taux de survie général pour une récolte est de <a href="https://www2.gnb.ca/content/dam/gnb/Departments/10/pdf/Publications/Aqu/oyster.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">95 %</a>, l’ostréiculteur prince-édouardien Kyle Hardy a eu la mauvaise surprise cette année de ne faire remonter à la surface <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2249593/msx-dermo-huitres-pertes-ipe" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">que des huîtres mortes</a> après l’hiver. Tyler Hardy, un autre ostréiculteur dans le métier depuis ses dix ans, a quant à lui confié à ICI Radio-Canada qu’il a subi des pertes de près de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2249593/msx-dermo-huitres-pertes-ipe" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">100 000 $ en une seule journée</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les exportateurs d’huîtres et les restaurateurs sont également touchés par ces hauts taux de mortalité. L’entreprise <em>East Cape Oysters</em> souligne son inquiétude de voir une pénurie survenir, notamment en raison de la <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2260114/maladies-huitres-msx-dermo-restaurants" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">demande grandissante</a> qu’elle a observée au cours des dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un communiqué de presse datant d’août dernier, le gouvernement fédéral a réagi en implantant le Programme de subventions pour le retrait volontaire de permis de pêche aux huîtres. <a href="https://www.canada.ca/fr/peches-oceans/nouvelles/2026/08/proteger-les-populations-dhuitres-sauvages-et-soutenir-les-pecheurs-au-moyen-du-programme-de-subventions-pour-le-retrait-volontaire-de-permis-de-pe.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cette aide fournirait 40 000 $</a> aux pêcheurs qui en feraient la demande en échange du retrait permanent de leur permis de pêche, lequel ne pourra être restitué qu’après une période de dix ans. Le but d’un retrait de permis de pêche est de permettre à la population d’huîtres de se régénérer durant ces dix ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En avril, de nouveaux naissains d’huîtres américaines ont été introduits au Canada pour essayer de requinquer la population. Cependant, il faudra s’armer de patience, car les résultats de cette nouvelle implantation ne pourront être constatés que dans trois à cinq ans. Il n’est pas garanti que ces huîtres survivront aux parasites, ni même qu’elles ne perturberont pas l’écosystème de l<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2249593/msx-dermo-huitres-pertes-ipe" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">’Île-du-Prince-Édouard</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs pêcheurs de l’industrie craignent pour la subsistance des futures générations de pêcheurs. Il y a également une peur de l’arrivée de grandes corporations sur un marché qui, jusque-là, était très <a href="https://www.cbc.ca/radio/thecurrent/oyster-farmers-msx-dermo-9.7337251" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">indépendant.</a> Pêcheurs, exportateurs et restaurateurs demandent plus de considération de la part du gouvernement fédéral face au danger qui guette leur industrie. Ils demandent des aides qui leur permettraient de rester sur le marché sans avoir à se battre pour garder la tête hors de l’eau. « Si toutes les huîtres meurent à l’île, ça va être catastrophique, les gouvernements ne semblent pas prendre cela au sérieux », a déclaré <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2249593/msx-dermo-huitres-pertes-ipe" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Gordon Jeffrey, un ostréiculteur, à ICI Radio-Canada.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les maladies frappant les huîtres n’étant aucunement dangereuses pour les humains, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2260114/maladies-huitres-msx-dermo-restaurants" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Robert Pendergast</a>, écailleur et traiteur, encourage les consommateurs canadiens à continuer d’acheter les huîtres prince-édouardiennes : « Si on vous présente de belles huîtres, achetez-en. Ça va montrer votre soutien. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/s-o-s-huitres-menacees/" data-wpel-link="internal">S.O.S. Huîtres menacées</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Quand la fiction banalise les traumatismes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/quand-la-fiction-banalise-les-traumatismes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[dark romance]]></category>
		<category><![CDATA[new romance]]></category>
		<category><![CDATA[traumatismes]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre toxicité et réalité, où trouver la limite dans la « new romance »?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Quel est le point commun entre la série<em> Off campus</em>, le livre <em>Captive</em>, et <em>Jamais plus</em>? Outre leur notoriété sur TikTok – ce qui en dit long – ils partagent tous un thème central : la jeune femme victime de viol, généralement au secondaire ou à l’université, qui tente de se reconstruire dans un environnement hostile, continuellement rattrapée par cet événement traumatisant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces récits de « nouvelle romance » (« <em>new romance</em> »), le schéma est prévisible. Après l’agression, la protagoniste rencontre inévitablement un beau jeune homme athlétique, souvent marqué par un passé sombre (un deuil familial, une violence subie…). Leurs traumatismes, loin de les éloigner, vont devenir les vecteurs de leur relation. Presque comme si chacun utilisait la vulnérabilité de l’autre pour se rapprocher et créer un lien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une structure de roman commune et pourtant dérangeante</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Trop souvent dans ces romans, le viol ou l’agression sexuelle subi par la jeune fille va être ensuite utilisé pour la rendre plus fragile et sensible. Alors forcément, les victimes sont affectées, changent et développent une plus grande appréhension dans leurs futures interactions. Mais dans ces récits, cet événement traumatisant est utilisé comme un ressort narratif (<em>plot device</em>) nécessaire pour rapprocher les personnages. Et ce mécanisme littéraire pose problème. En effet, cette dynamique suggère que la douleur et la fragilité sont des conditions <em>sine qua non</em> pour aimer. Or, en réalité, cette approche banalise la violence. Elle transforme un traumatisme en une étape romantique, effaçant la complexité de la reconstruction et la difficulté réelle de la guérison.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dark romance</em> : cautionner un monde ultra-violent </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce phénomène s’accentue dans les<em> dark romance</em>, où le protagoniste masculin est souvent un mafieux, sombre, violent et égoïste. L’intrigue classique met en scène une jeune femme, parfois captive de celui-ci, qui fera chavirer le cœur de l’homme au caractère grave et ténébreux. Leur amour surpassera ces relations de pouvoir qui les divisent et se révélera absolu. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Romancer ces crimes crée un décalage avec la réalité vécue par les victimes »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Mais parle-t-on vraiment d’amour ou plutôt du syndrome de Stockholm, selon lequel un prisonnier développe de l’affection pour son oppresseur? En effet, ces récits se déroulent souvent dans le monde des cartels de drogue extrêmement violent, qui, de plus, est illégal. Trop souvent, on oublie la réalité de ces milieux : la présence massive d’armes, des jeunes recrutés en raison de leur situation précaire, enrôlés dans un monde où les règlements de compte, les exécutions compulsives et les mauvaises conditions de vie sont quotidiennes. Romancer ces environnements, en rendant le chef de cette mafia sensible et amoureux, c’est cautionner indirectement un système criminel qui détruit des vies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un exemple pour le jeune public </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autant plus que ces livres s’adressent à un public jeune, voire très jeune. Bien que la majorité de ces récits soit consommée via des livres physiques, ces derniers sont aussi souvent accessibles sur téléphone. L’âge moyen de l’obtention de celui-ci se situe à 10 ans dans les pays de l’<a href="https://observatoirenumerique.fr/un-premier-smartphone-a-quel-age/" data-type="link" data-id="https://observatoirenumerique.fr/un-premier-smartphone-a-quel-age/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">OCDE</a>. Les sites gratuits comme Wattpad permettent à n’importe qui de publier et lire des histoires. Ne nécessitant aucune <a href="https://www.youtube.com/watch?v=HPAEqO_n4Mo&amp;t=82s" data-type="link" data-id="https://www.youtube.com/watch?v=HPAEqO_n4Mo&amp;t=82s" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vérification</a> éditoriale sur ce site, la liberté d’écrire est certes garantie, mais avec cela, ses défauts aussi. Chacun peut écrire et lire ce qu’il veut. Les parents ne peuvent donc pas vérifier à quel contenu leur jeune enfant accède – il est plus facile de savoir à quoi s’attendre en regardant la couverture du livre et le synopsis sur la quatrième de couverture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’on admet que le désir romantique et sexuel est naturel et intime à chacun, l’associer à des scénarios de captivité ou de violence chez ces lecteurs jeunes ou inexpérimentés pose un risque majeur. La croyance que les relations amoureuses seraient seulement basées sur des relations de pouvoir et des traumatismes passés pourrait devenir potentiellement l’unique référence de ces jeunes lectrices. La découverte et la compréhension des désirs sexuels pourront être associées à tort à une relation basée sur la coercition. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La différence par rapport à la réalité judiciaire </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait penser que dans un monde où près d’<a href="https://www.who.int/fr/news/item/19-11-2025-lifetime-toll--840-million-women-faced-partner-or-sexual-violence" data-type="link" data-id="https://www.who.int/fr/news/item/19-11-2025-lifetime-toll--840-million-women-faced-partner-or-sexual-violence" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une femme sur trois</a> est victime de violences conjugales ou sexuelles, utiliser un viol comme fil conducteur d’une histoire d’amour serait considéré comme une volonté d’inclusion. Les auteurs aborderaient ces sujets malheureusement universels afin de permettre à toutes les jeunes filles et femmes de s’identifier à une héroïne. Cependant, dans ces récits, l’agresseur ou la personne violente finit par être puni, ou bien l’ennemi initial devient l’intérêt amoureux : une résolution simpliste garantissant une fin heureuse aux amoureux. Or, la réalité judiciaire est beaucoup plus sombre : rappelons qu’en France « <a href="https://www.leclubdesjuristes.com/justice/classement-sans-suite-non-lieu-relaxe-ou-acquittement-est-on-innocent-lorsque-la-justice-ne-condamne-pas-16467/" data-type="link" data-id="https://www.leclubdesjuristes.com/justice/classement-sans-suite-non-lieu-relaxe-ou-acquittement-est-on-innocent-lorsque-la-justice-ne-condamne-pas-16467/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">entre 65% et 70% des affaires de violences sexuelles sont classées sans suite et près de 25% se soldent par un non-lieu. Seuls 10 % des dossiers aboutissent à un procès, à l’issue duquel 3 % des personnes mises en cause sont condamnées. Ce chiffre tombe même à 1 % lorsqu’il s’agit d’inceste.</a> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Romancer ces crimes en promettant une justice rapide et un amour salvateur crée un décalage avec la réalité vécue par les victimes. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pas une censure, mais une critique </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors oui, une histoire d’amour romantique et sexuelle est naturellement attrayante et le choix revient à chaque individu de lire ce qu’il désire. Et réjouissons-nous aussi que la lecture ne soit pas morte ni irrécupérable chez la nouvelle génération. Après tout, cela n’est peut-être qu’une question de goût. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème ne réside donc pas dans les récits actuels qui incluent un viol ou une agression, mais plutôt dans la manière dont ceux-ci sont traités. Ce qui est dérangeant, c’est la fétichisation du viol, cette normalisation de la violence où l’emprise est sexualisée et banalisée, plutôt qu’utilisée pour avertir. Comme si l’unique possibilité de trouver l’amour serait de vivre un traumatisme. Mais n’en restons pas là. Il est possible de trouver des alternatives. Des romans adaptés en série comme <em>Bridgerton </em>prouvent qu’on peut écrire une romance passionnante sans violence. D’autres publics, comme la communauté LGBTQ+, sont aussi peu à peu inclus dans des histoires intenses qui peuvent captiver sans glorifier le crime, comme avec <em>Heated Rivalry</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’inclusion ne signifie pas reproduire des schémas toxiques. Il est temps de promouvoir des histoires où l’amour naît du respect, et non de la domination.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/quand-la-fiction-banalise-les-traumatismes/" data-wpel-link="internal">Quand la fiction banalise les traumatismes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Faire compter sa voix</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/faire-compter-sa-voix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Cherifi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[accessibilité]]></category>
		<category><![CDATA[Barrière Linguistique]]></category>
		<category><![CDATA[Indigenous Awareness Week]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Participation Electorale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre sensibilisation et élections, quelle place pour les voix autochtones?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/faire-compter-sa-voix/" data-wpel-link="internal">Faire compter sa voix</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Du 18 au 30 septembre, l’Université McGill accueille la 15e édition de ses <a href="https://www.mcgill.ca/indigenous/news-events/indigenous-awareness-weeks-2026" data-type="link" data-id="https://www.mcgill.ca/indigenous/news-events/indigenous-awareness-weeks-2026" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Semaines de sensibilisation aux cultures autochtones</a> (<em>Indigenous Awareness Weeks</em>), qui mettent à l’honneur les <a href="https://www.mcgill.ca/indigenous/news-events/indigenous-awareness-weeks-2026" data-type="link" data-id="https://www.mcgill.ca/indigenous/news-events/indigenous-awareness-weeks-2026" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">voix et les savoirs autochtones</a> à travers conférences, projections et ateliers. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette initiative fait écho à un autre enjeu d’actualité : à l’approche des élections provinciales du 5 octobre, la participation électorale autochtone demeure particulièrement faible dans plusieurs des communautés. Élections Québec déploie cette année de nouvelles mesures pour réduire les obstacles au vote, notamment dans ces secteurs éloignés. À différentes échelles, ces initiatives interrogent la place accordée aux voix autochtones au sein des institutions. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des voix au premier plan </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En quinze ans, les<em> Indigenous Awareness Weeks</em> (IAW) sont devenues un espace de « dialogue, de rapprochement et de célébration » où peuvent également être abordées des conversations difficiles, explique <a href="https://reporter.mcgill.ca/phyllis-webstad-fondatrice-de-la-journee-du-chandail-orange-prononcera-le-discours-principal-des-semaines-de-sensibilisation-aux-cultures-autochtones/" data-type="link" data-id="https://reporter.mcgill.ca/phyllis-webstad-fondatrice-de-la-journee-du-chandail-orange-prononcera-le-discours-principal-des-semaines-de-sensibilisation-aux-cultures-autochtones/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Brittanny Janvier</a>, directrice du <a href="https://www.mcgill.ca/indigenous/" data-type="link" data-id="https://www.mcgill.ca/indigenous/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Bureau des initiatives autochtones de McGill</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La<a href="https://www.mcgill.ca/indigenous/channels/event/indigenous-awareness-weeks-2026-374136" data-type="link" data-id="https://www.mcgill.ca/indigenous/channels/event/indigenous-awareness-weeks-2026-374136" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> programmation</a> de cette année témoigne de cette ambition. Parmi les invitées figurent notamment <a href="https://reporter.mcgill.ca/phyllis-webstad-fondatrice-de-la-journee-du-chandail-orange-prononcera-le-discours-principal-des-semaines-de-sensibilisation-aux-cultures-autochtones/" data-type="link" data-id="https://reporter.mcgill.ca/phyllis-webstad-fondatrice-de-la-journee-du-chandail-orange-prononcera-le-discours-principal-des-semaines-de-sensibilisation-aux-cultures-autochtones/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Phyllis Webstad</a>, survivante des pensionnats et fondatrice de la Journée du chandail orange, ainsi que l’aînée crie <a href="https://reporter.mcgill.ca/phyllis-webstad-fondatrice-de-la-journee-du-chandail-orange-prononcera-le-discours-principal-des-semaines-de-sensibilisation-aux-cultures-autochtones/" data-type="link" data-id="https://reporter.mcgill.ca/phyllis-webstad-fondatrice-de-la-journee-du-chandail-orange-prononcera-le-discours-principal-des-semaines-de-sensibilisation-aux-cultures-autochtones/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Betty Ross</a>. À travers ces rencontres, les <em>Indigenous Awareness Weeks </em>abordent des enjeux tels que les pensionnats, la réconciliation, la Rafle des années 1960 et les femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées. Les IAW s’achèveront le 30 septembre, Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. La professeure nēhiyaw Jarita Greyeyes y présentera notamment ses recherches sur le <a href="https://www.mcgill.ca/indigenous/channels/event/national-day-truth-and-reconciliation-presentation-how-indigenous-academic-leaders-think-academy-can-374159" data-type="link" data-id="https://www.mcgill.ca/indigenous/channels/event/national-day-truth-and-reconciliation-presentation-how-indigenous-academic-leaders-think-academy-can-374159" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">leadership autochtone et la transformation des institutions universitaires</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais tandis que McGill cherche à créer des espaces où les voix autochtones peuvent être entendues, la question de leur participation aux institutions politiques québécoises demeure complexe. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une participation électorale très inégale </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’existe pas un <a href="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6a01f9c8725f0/DGE-6414.pdf" data-type="link" data-id="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6a01f9c8725f0/DGE-6414.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">taux de participation autochtone</a> unique. Élections Québec souligne qu’il varie considérablement d’une communauté à l’autre : certaines enregistrent des taux supérieurs à 50 %, tandis que d’autres votent très peu, voire pas du tout. En 2022 tout de même, la moyenne dans les communautés autochtones s’élevait à <a href="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6a01f9c8725f0/DGE-6414.pdf" data-type="link" data-id="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6a01f9c8725f0/DGE-6414.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">14,66 % contre 66,15 % dans l’ensemble du Québec.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces écarts sont particulièrement visibles dans le <a href="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6a01f9c8725f0/DGE-6414.pdf" data-type="link" data-id="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6a01f9c8725f0/DGE-6414.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Nord du Québec</a>, où l’éloignement et l’isolement de certaines communautés compliquent aussi matériellement l’accès au vote. Ils ne peuvent toutefois pas être réduits à un simple « désintérêt » pour les élections : le sentiment d’exclusion du système politique, le manque de représentation ou l’impression que le vote aura peu d’effet peuvent également éloigner certains électeurs des urnes. Élections Québec pointe par ailleurs plusieurs <a href="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6978ebe0eb44f/Communautes-autochtones_Feuille-de-route_VF.pdf" data-type="link" data-id="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6978ebe0eb44f/Communautes-autochtones_Feuille-de-route_VF.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">difficultés concrètes</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, depuis les dernières élections provinciales, l’institution dit avoir <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-type="link" data-id="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rencontré une trentaine de communautés</a> inuites, cries et atikamekw afin de mieux comprendre leurs réalités. Plusieurs obstacles ont été identifiés : inscription sur la liste électorale, accès aux pièces d’identité requises, réception de l’information électorale et barrières linguistiques. L’institution souhaite également développer des relations plus durables avec les communautés, recruter localement du personnel électoral et sensibiliser davantage les jeunes au processus électoral. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand le scrutin se déplace </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le scrutin de 2026, ces réflexions se traduisent par plusieurs <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-type="link" data-id="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mesures concrètes</a>. Entre le 25 septembre et le 1<sup>er</sup> octobre, des équipes d’Élections Québec se rendront directement dans certains <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/voter/autres-options-pour-voter/vous-etes-dans-un-secteur-eloigne-ou-isole/" data-type="link" data-id="https://www.electionsquebec.qc.ca/voter/autres-options-pour-voter/vous-etes-dans-un-secteur-eloigne-ou-isole/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">secteurs éloignés ou isolés</a>. Les électeurs pourront y mettre à jour leur adresse ou s’inscrire sur la liste électorale, puis voter lors du même déplacement. Les équipes retourneront également sur place le 5 octobre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ampleur du défi logistique est particulièrement frappante dans Ungava : des équipes devront se déplacer en <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-type="link" data-id="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">avion dans une vingtaine de communautés autochtones éloignées</a>. Des <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-type="link" data-id="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mesures particulières</a> sont également prévues dans plusieurs autres circonscriptions, dont Duplessis, Abitibi-Est et Pontiac.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Rendre les urnes accessibles suffit-il à susciter la participation? »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Élections Québec cherche aussi à réduire les barrières linguistiques. Son <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/notre-institution/communautes-autochtones/" data-type="link" data-id="https://www.electionsquebec.qc.ca/notre-institution/communautes-autochtones/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">guide électoral</a> est disponible dans plusieurs langues et dialectes autochtones, dont l’atikamekw, l’algonquin, le cri, l’innu ouest-central, l’inuktitut, le micmac, le mohawk et le naskapi. Dans les communautés inuites, cries et naskapies, un document supplémentaire dans la langue locale sera distribué directement dans les cases postales. Des messages seront également diffusés sur des radios locales et sur le Web. L’institution prévoit même des solutions lorsque l’<a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-type="link" data-id="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">identification</a> pose problème : une personne ne disposant d’aucune des pièces d’identité normalement acceptées peut, sous certaines conditions, faire confirmer son identité par un proche ou présenter deux autres documents et prêter serment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mesures répondent cependant principalement aux obstacles pratiques à l’exercice du vote. Elles laissent ouverte une question plus difficile : rendre les urnes accessibles suffit-il à susciter la participation? </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une voix qui ne se résume pas au vote </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les onze nations autochtones présentes au Québec ont des <a href="https://fnp-ppn.aadnc-aandc.gc.ca/fnp/Main/index.aspx?lang=fra" data-type="link" data-id="https://fnp-ppn.aadnc-aandc.gc.ca/fnp/Main/index.aspx?lang=fra" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">histoires, des structures politiques et des rapports</a> aux gouvernements provincial et fédéral distincts. Réduire l’abstention à un problème d’accessibilité risquerait donc d’ignorer une partie de cette complexité. Élections Québec reconnaît elle-même la nécessité de poursuivre ses <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/notre-institution/recherches-projets-et-sondages/" data-type="link" data-id="https://www.electionsquebec.qc.ca/notre-institution/recherches-projets-et-sondages/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">recherches</a> sur la participation autochtone et affirme vouloir construire des relations de confiance avec les communautés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici que le parallèle avec les IAW prend son sens. Les deux initiatives ne poursuivent pas le même objectif : l’Université McGill ne cherche pas à accroître la participation électorale, pas plus qu’Élections Québec ne mène un programme de sensibilisation culturelle. Mais toutes deux se confrontent, à leur manière, à la question de la place accordée aux voix autochtones. Au sein de l’établissement, cela passe par le partage des savoirs, des expériences vécues et par une réflexion sur la transformation de l’institution elle-même. Élections Québec, de son côté, tente d’adapter certaines de ses pratiques aux réalités des communautés qu’elle dessert. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 5 octobre permettra d’observer si ces nouvelles mesures réduisent certains obstacles à l’exercice du vote. Mais la participation politique autochtone ne saurait se mesurer uniquement au nombre de bulletins déposés dans les urnes. Les événements organisés à l’Université McGill en témoignent : avant de chercher à faire entendre davantage les voix autochtones, encore faut-il créer les conditions permettant de les écouter.</p>
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		<title>Prochaine station: technosurveillance</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/prochaine-station-technosurveillance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dalia Djazouli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[IA]]></category>
		<category><![CDATA[personnes en situation d'itinérance]]></category>
		<category><![CDATA[STM]]></category>
		<category><![CDATA[surveillance]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61052</guid>

					<description><![CDATA[<p>La STM couple l’IA aux caméras de surveillance.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">La Société de transport de Montréal (STM) a recours à l’emploi de l’intelligence artificielle pour détecter les flâneurs dans le métro. Couplée aux caméras de surveillance, cette technologie permettrait de détecter plus rapidement les personnes s’éternisant pendant la fermeture pour les guider vers la sortie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce projet, déjà implanté aux stations Papineau et Place-Saint-Henri, est encore dans sa phase de test, et la STM ambitionne de l’étendre à quatre stations de métro supplémentaires d’ici <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2279976/stm-intelligence-artificielle-flaneurs?fbclid=IwRlRTSAUXZuxwZG9mAWZkaWQWUOhMayWGgNxU_1kAcXgow6kne_u-fGV4dG4DYWVtAjExAHNydGMGYXBwX2lkCjY2Mjg1NjgzNzkAAR4qeg09iOG1_-pg_bQgsja2x7EhXrQbNC6pgT6xpXt6RyN8vcT_V3onkRlS0A_aem_LhfPb83NEffSCJNdagVptQ" data-type="link" data-id="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2279976/stm-intelligence-artificielle-flaneurs?fbclid=IwRlRTSAUXZuxwZG9mAWZkaWQWUOhMayWGgNxU_1kAcXgow6kne_u-fGV4dG4DYWVtAjExAHNydGMGYXBwX2lkCjY2Mjg1NjgzNzkAAR4qeg09iOG1_-pg_bQgsja2x7EhXrQbNC6pgT6xpXt6RyN8vcT_V3onkRlS0A_aem_LhfPb83NEffSCJNdagVptQ" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">avril 2027</a>. L’<a href="https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2026-09-04/metro-de-montreal/l-ia-pour-detecter-plus-rapidement-les-flaneurs.php" data-type="link" data-id="https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2026-09-04/metro-de-montreal/l-ia-pour-detecter-plus-rapidement-les-flaneurs.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">objectif </a>affiché par la STM : faciliter et accélérer les opérations de fermeture, décrites comme un exercice fastidieux tant les stations regorgent de couloirs et de recoins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intelligence artificielle (IA) n’utilise pas de reconnaissance faciale, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2279976/stm-intelligence-artificielle-flaneurs?fbclid=IwRlRTSAUXZuxwZG9mAWZkaWQWUOhMayWGgNxU_1kAcXgow6kne_u-fGV4dG4DYWVtAjExAHNydGMGYXBwX2lkCjY2Mjg1NjgzNzkAAR4qeg09iOG1_-pg_bQgsja2x7EhXrQbNC6pgT6xpXt6RyN8vcT_V3onkRlS0A_aem_LhfPb83NEffSCJNdagVptQ" data-type="link" data-id="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2279976/stm-intelligence-artificielle-flaneurs?fbclid=IwRlRTSAUXZuxwZG9mAWZkaWQWUOhMayWGgNxU_1kAcXgow6kne_u-fGV4dG4DYWVtAjExAHNydGMGYXBwX2lkCjY2Mjg1NjgzNzkAAR4qeg09iOG1_-pg_bQgsja2x7EhXrQbNC6pgT6xpXt6RyN8vcT_V3onkRlS0A_aem_LhfPb83NEffSCJNdagVptQ" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">assure la STM</a> : elle identifie uniquement des présences humaines, qu’elle notifie ensuite à la centrale de répartition de visio opérationnelle. Les constables spéciaux, agents de sûreté dans les transports collectifs, interviennent directement sur place, invitant la personne repérée à regagner la sortie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Depuis janvier, le projet est déployé en étroite collaboration avec la firme <a href="https://lisplogics.com/" data-type="link" data-id="https://lisplogics.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Lipslogics</em></a>. Aucun communiqué public n’a été fait à son lancement, suscitant des <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/lettres/1009628/ia-metro-c-est-trop?" data-type="link" data-id="https://www.ledevoir.com/opinion/lettres/1009628/ia-metro-c-est-trop?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">critiques </a>en raison du manque de transparence, en plus des risques associés à l’utilisation de l’IA. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Renee Sieber, professeure agrégée du Département de géographie, est spécialisée dans l’utilisation des technologies de l’information par les communautés marginalisées. Dans le cadre de ce projet, la question suivante se pose : « <em>Est-ce humain d’utiliser l’IA? (tdlr)</em>» Pour Sieber, l’IA ne porte pas une valeur intrinsèquement nocive. Elle prend l’exemple d’une personne en train de dormir dans le métro : « <em>Si on la détecte, et si les ressources sont disponibles, nous pouvons effectuer une visite de contrôle – non pas par la police, mais par les travailleurs sociaux! Il y a donc une chance que cela débouche sur quelque chose de positif</em>. » Mais, couplée à un corps répressif – ici les constables spéciaux –, elle pourrait ouvrir la porte à des dérives et à des pratiques d’exclusion impactant avant tout les personnes en situation d’itinérance. «<em> Il y a fort à parier que ce système serve surtout à mettre à la porte les personnes en situation précaire</em> », conclut-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce projet se déroule notamment dans le contexte de l’interdiction de flâner, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2249751/stm-interdiction-flanage-metro-reconduction" data-type="link" data-id="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2249751/stm-interdiction-flanage-metro-reconduction" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">prolongée par la STM jusqu’en avril 2027.</a> Des associations telles que la <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2249751/stm-interdiction-flanage-metro-reconduction" data-type="link" data-id="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2249751/stm-interdiction-flanage-metro-reconduction" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Ligue des droits et libertés </a>craignent l’utilisation d’une intelligence artificielle qui ne se limiterait pas aux temps de fermeture. Ce logiciel pourrait selon elles être utilisé en tout temps, dans le cadre de la mise en application de son interdiction de flâner. Une mesure également largement critiquée, notamment par le <a href="https://rapsim.org/" data-type="link" data-id="https://rapsim.org/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal</a> (RAPSIM). Le réseau déplorait dans son <a href="http://google.com/url?q=https://rapsim.org/2026/06/04/face-a-lurgence-pour-une-reponse-globale-et-humaine-a-litinerance/&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1790011593556614&amp;usg=AOvVaw21LeB7cUynn6cB2K8mxCJi" data-type="link" data-id="http://google.com/url?q=https://rapsim.org/2026/06/04/face-a-lurgence-pour-une-reponse-globale-et-humaine-a-litinerance/&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1790011593556614&amp;usg=AOvVaw21LeB7cUynn6cB2K8mxCJi" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mémoire </a>de juin 2026 un « rétrécissement des espaces accessibles aux personnes en situation d’itinérance ainsi qu’une intensification des réponses coercitives à leur égard », et ce, particulièrement par le biais de la surveillance. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intervention de l’IA risquerait donc d’accentuer ce phénomène d’exclusion, d’autant plus face à des <a href="https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2026-09-18/itinerance/frechette-promet-250-millions-d-urgence-aux-villes.php" data-type="link" data-id="https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2026-09-18/itinerance/frechette-promet-250-millions-d-urgence-aux-villes.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">compressions budgétaires</a> qui touchent les centres de jour et les structures d’urgence dédiées aux personnes en situation d’itinérance. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Sieber, une approche plus humaine devrait se faire sans l’intervention du Service de police de la Ville de Montréal, en étroite collaboration avec les services sociaux : « <em>On parle de plus en plus d’une IA susceptible de détruire notre humanité. Eh bien, notre devoir moral est alors de rester humains. </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/prochaine-station-technosurveillance/" data-wpel-link="internal">Prochaine station: technosurveillance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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