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	<title>Archives des 2025-11-05 - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sun, 22 Mar 2026 21:23:38 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Enfance(s)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/enfances/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'Équipe Éditoriale]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 21:14:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[âge]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[grandir]]></category>
		<category><![CDATA[journée mondiale de l'enfance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette semaine, Le Délit vous invite à retomber un peu en enfance. À l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance, qui aura lieu le 20 novembre, l’équipe vous propose une édition spéciale sur cette période fondatrice. Des premiers mots aux premiers pas, des premières amitiés aux premiers chagrins, l’enfance dessine les contours de notre identité.&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/enfances/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Enfance(s)</span></a></p>
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<p>Cette semaine, <em>Le Délit</em> vous invite à retomber un peu en enfance. À l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance, qui aura lieu le 20 novembre, l’équipe vous propose une édition spéciale sur cette période fondatrice. </p>



<p>Des premiers mots aux premiers pas, des premières amitiés aux premiers chagrins, l’enfance dessine les contours de notre identité. Chaque épreuve ou frustration à laquelle se heurte un enfant peut s’avérer structurante pour l’adulte qu’il deviendra. Qui ne se souvient pas d’un refus de ses parents devant l’achat d’une glace, d’une chute dans la cour de récréation, ou d’une frayeur devant un dessin animé pourtant destiné aux enfants (oui, on parle bien de Coraline)? L’enfance est le terrain de l’expérimentation, de l’apprentissage ; on pardonne tout aux enfants, toutes les erreurs et tous les gros mots. Mais ce laissez-passer n’est pas éternel. </p>



<p>Au fil des années, les contraintes s’accumulent : l’université, les premiers emplois, le loyer, les impôts. Les responsabilités nous éloignent petit à petit de la légèreté, qui se transforme en nostalgie. </p>



<p>Pour autant, le passage à l’âge adulte ne se décrète pas du jour au lendemain. On continue souvent à se sentir comme un enfant qui joue à être grand, de manière plus ou moins convaincante. Et pour se rassurer, on revient à nos petits rituels : un plat d’enfance, un film familier, une chanson connue, ou un coup de fil à notre mère quand quelque chose va mal. </p>



<p>Bien qu’on ait parfois envie de le laisser derrière nous, notre enfant intérieur ne nous quitte jamais vraiment. Et soyons clair, ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose! Être enfant, c’est garder une innocence face au monde, un désir de mieux le comprendre, et une croyance indélébile que le meilleur est à venir. Finalement, l’étudiant aguerri, c’est celui qui parvient à cultiver cette part d’enfance en lui, et qui a gardé ce désir d’apprendre et de rendre le monde meilleur.</p>



<p>Il ne faut pourtant pas penser l’enfance comme un long fleuve tranquille ; pour beaucoup, c’est aussi une période de défis et d’épreuves majeures. Derrière les généralités de l’innocence et de l’insouciance se cachent des réalités plurielles. Les enfants sont eux aussi vulnérables aux aléas de la vie, et sont d’ailleurs les premières victimes des crises humanitaires, climatiques et sécuritaires. </p>



<p>Avoir une enfance, c’est aussi un privilège. L’idée même de l’enfant innocent a émergé dans des pays privilégiés où l’on a la chance de s’accorder l’oisiveté. Lorsqu’on grandit sous les bombes, le ciel n’inspire pas le rêve et l’infini, et plutôt la peur. Lorsqu’on grandit le ventre vide, on espère moins rendre le monde meilleur que pouvoir travailler pour nourrir les siens. </p>



<p>Cette édition aspire donc à dresser le portrait de l’enfance dans toutes ses dimensions, en abordant autant sa beauté que les épreuves qu’elle comporte. Malgré nos enfances différentes et nos difficultés personnelles, l’enfance a une portée commune pour chacun de nous : elle compose qui nous avons été, qui nous sommes, et qui nous serons à l’avenir.</p>
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		<title>Un deuil en images</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/un-deuil-en-images/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vincent Maraval]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[deuil]]></category>
		<category><![CDATA[grandir]]></category>
		<category><![CDATA[images]]></category>
		<category><![CDATA[oubli]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand grandir est une lutte contre l’oubli.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Perdre un parent lorsqu’on est enfant, c’est entrer dans une lutte quotidienne contre sa propre mémoire, pour préserver le peu de souvenirs qu’il nous reste. La jeunesse offre une forme d’amnésie protectrice : les choses vont vite, on ne comprend pas vraiment ce qu’il se passe, et encore moins ce que la mort signifie. Cette même jeunesse qui protège ne laisse en revanche pas beaucoup de place aux souvenirs. Je ne sais pas pour vous, mais les dix premières années de ma vie sont pour moi à un assemblage de souvenirs diffus. </p>



<p>À mes 14 ans, le décès de mon père a donc marqué le début d’un travail de mémoire, pour préserver mes souvenirs, mais aussi pour en savoir davantage sur qui il était, ce qu’il faisait, et quels étaient ses intérêts. Bref : pour découvrir tout ce qu’il ne pouvait pas vraiment raconter à un jeune adolescent. </p>



<p>Dans cette quête, les photos jouent un rôle important. Comme dans tout deuil, lorsque la personne s’en va, on rassemble le plus de photos possible, pour tenter « d’immobiliser » les souvenirs, et pour se dire que la personne « restera » toujours là. Pour un adolescent qui veut se construire et se comprendre, la valeur des photos est amplifiée : comme les indices d’un détective, chacune d’entre elles est une potentielle porte vers une meilleure compréhension de la figure parentale perdue. Les images deviennent des piliers dans le « récit » que l’enfant va construire autour de son parent imaginaire, un récit qui le suivra tout au long de sa vie. Les images sont donc loin d’être figées. Ce qu’elles disent et transmettent change profondément d’année en année, et permettent à l’endeuillé d’ajuster son récit en fonction de ses nouveaux besoins émotionnels et mémoriels. </p>



<p>Pourtant, malgré toutes les spéculations, les rires, les pleurs et les réflexions qu’elles peuvent générer, les photos ont des limites évidentes. Leur signification a beau évoluer, elles ouvrent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses. Et si les images permettent d’en apprendre un peu plus sur un père, elles ne représentent pas la réalité : un <em>selfie</em> avec un ami ne décrit pas l’amitié qu’on a pour lui ni les expériences qu’on a vécues avec. La frustration monte.</p>



<p>Parallèlement, le temps vient, comme une faucheuse, éroder chaque jour un peu plus notre mémoire. Un sentiment glaçant, et sans doute commun à toute personne endeuillée : on oublie. </p>



<p>Le soir, avant de s’endormir, on se rend compte qu’on ne se souvient plus de l’odeur de son père, et qu’on ne peut se remémorer que trois ou quatre de ses tenues. Alors on a honte d’oublier, et peur d’oublier encore. On commence à prendre des notes sur les souvenirs qu’on a, on les numérote… jusqu’à ce que l’on comprenne que mettre des chiffres sur ces moments risque surtout de mettre en lumière le peu de mémoire qu’il nous reste.</p>



<p><strong>Une bouffée d’oxygène </strong></p>



<p>Début janvier dernier, comme par miracle, mon frère me tend un disque dur au cours d’une discussion : « Tiens, c’est une sauvegarde complète de l’ordinateur de Papa. Principalement des photos et des vidéos. » J’accueille le disque religieusement. Pas la peine de vous faire un dessin : je passe trois jours à scanner des centaines de photos et des dizaines d’heures de vidéos. Tel un barrage qui cède sous la pression, les souvenirs se débloquent et coulent sans s’arrêter : je redécouvre ma vie passée. </p>



<p>Je comprends alors que mon père était un fou de la caméra, et qu’il avait l’habitude de nous filmer sans nous prévenir, pour avoir nos interactions les plus crues et les plus naturelles possibles. Les vidéos deviennent des extraits d’une pièce de théâtre dont mon père était le metteur en scène. </p>



<p>Je visionne plusieurs heures de séquences montrant des parties de soccer en famille, des parties d’échecs, et même des soupers complètement ordinaires… rien de palpitant, me direz-vous. C’est pourtant la richesse inestimable de ces vidéos inespérées : elles montrent sans filtre la vie banale de ma famille. Elles me montrent ce que j’ai tenté de me remémorer ces six dernières années, et ce que le temps commençait inexorablement à m’arracher.</p>



<p>Pourtant, après quelques semaines, une fois l’euphorie retombée, je comprends que la situation n’a pas changé : ce disque dur m’a donné un sursis, mais les souvenirs continueront à s’effacer. Il va falloir oublier. </p>



<p>C’est peut-être la dernière étape du train du deuil, mais je ne souhaite pas encore m’y arrêter. Alors je note et numérote mes souvenirs, je me creuse la tête, et je lutte chaque jour pour ne pas l’oublier.</p>
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		<item>
		<title>Trop d’écrans, pas assez de sport : le défi des futurs McGillois?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/trop-decrans-pas-assez-de-sport-le-defi-des-futurs-mcgillois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[activité physique]]></category>
		<category><![CDATA[adolescents]]></category>
		<category><![CDATA[écrans]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une étude alerte sur les faibles taux d’activité physique chez les adolescents canadiens.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/trop-decrans-pas-assez-de-sport-le-defi-des-futurs-mcgillois/" data-wpel-link="internal">Trop d’écrans, pas assez de sport : le défi des futurs McGillois?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Ce n’est pas toujours facile à entendre, mais il va falloir s’y faire. Nos parents avaient peut-être raison : « C’est la faute des écrans. » <a href="https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/251017/dq251017b-fra.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Une étude de Statistique Canada</a> parue le 17 octobre dernier semble le suggérer. Celle-ci s’intéresse à l’activité physique des jeunes adolescents canadiens (de 12 à 17 ans), sur la période de 2022 à 2024, ainsi qu’à leur temps sédentaire notamment consacré aux écrans, c’est-à-dire sans la moindre activité physique. La conclusion : il y a de quoi s’inquiéter. </p>



<p><strong>La sédentarité règne </strong></p>



<p>Tout d’abord, seulement 21 % des jeunes de 12 à 17 ans suivent les taux d’activité physique quotidiens recommandés par le gouvernement, un déclin considérable par rapport à la période entre 2018 et 2019, où ce chiffre atteignait 36 %. Claire LeBlanc, professeure au Département de pédiatrie de McGill, et co-auteure des recommandations canadiennes sur l’activité physique pour les enfants et les adolescents, explique ces chiffres : « <em>Les jeunes ont du mal à retrouver un rythme sportif depuis la pandémie. Plusieurs athlètes n’avaient plus la capacité mentale de se réintégrer dans leur sport, et cela a eu un grand impact </em>(<em>tdlr</em>). » </p>



<p>Dans cette tranche d’âge, le temps sédentaire, qui prend notamment en compte le temps de loisir consacré aux écrans, est également fortement en hausse. Il représente en moyenne 10,6 heures par jour, contre 9,3 heures pour les adultes, et 7,6 heures chez les enfants. Pour LeBlanc, ce sont encore les effets persistants de la pandémie qui en sont la cause : « <em>Les enfants de la COVID-19 se sont retrouvés avec toutes sortes de problèmes de santé mentale, limitant leur volonté de bouger. Mais c’est surtout le déclin dans la qualité du sommeil, avec pour cause le temps passé sur les écrans, barrière à l’activité physique, qui est à la source de la sédentarité croissante. </em>» </p>



<p><strong>Des conséquences graves </strong></p>



<p>La baisse de régime sportif dans cette tranche d’âge a des conséquences, notamment sur la santé physique. LeBlanc rappelle que «<em> le sport est nécessaire pour renforcer ses muscles, sa structure osseuse, son profil lipidique, éviter l’hypertension, et tant d’autres choses dans le domaine de la prévention et du bien-être physique </em>». Au-delà de cela, cette baisse présente des risques importants pour la santé mentale des jeunes : elle explique que « <em>le sport est la clé pour réduire la dépression et l’anxiété, et contribue aussi grandement à la performance académique</em> ». </p>



<p>Avec cette considération en tête, on comprend d’autant plus pourquoi les inégalités des genres dans cette tranche d’âge en matière d’activité physique peuvent avoir des conséquences sérieuses dans le monde académique et professionnel. En effet, alors que 33 % des jeunes garçons font suffisamment d’activité physique, ce chiffre se situe à 8 % pour les jeunes filles. LeBlanc explique que « <em>l’intérêt pour le sport chute à l’arrivée dans l’adolescence, et cela est particulièrement le cas pour les jeunes filles. Elles développent d’autres intérêts [ce qui diminue le temps qu’elles accordent aux activités sportives, </em>ndlr<em>], et c’est très dommage </em>». L’activité physique est fondamentale au développement d’une vie saine, à la fois pour le corps et pour la vie sociale et professionnelle. Un effort considérable est donc nécessaire pour l’encourager. </p>



<p><strong>Maintenant, il faut se bouger </strong></p>



<p>Il existe alors plusieurs solutions. Pour sa part, LeBlanc rappelle l’importance des comportements sociologiques dans le développement d’une vie plus active: « <em>Dès le jeune âge, il faut instaurer un aspect sportif dans la famille, en faisant du vélo ou des randonnées ensemble, par exemple. À l’adolescence, cela doit se transmettre dans les groupes d’amis.</em> » Elle ajoute que « balader ses enfants en poussettes les empêche de développer de bonnes habitudes physiques ». Certes, pour vous lecteurs cherchant à devenir plus actifs, il est peut-être trop tard pour demander à vos parents de ne pas vous balader en poussette. En revanche, il ne l’est pas pour se tourner vers le sport. À McGill, par exemple, la ligue intra-muros est faite pour cela. </p>



<p>Offrant une variété de sports individuels et collectifs, pour les débutants comme pour les habitués, la ligue intra-muros de l’Université cherche à promouvoir l’accès au sport pour tous. Ryne Bondy, directeur des sports récréatifs à McGill, rappelle que « <em>des ligues féminines, mixtes ou ouvertes rendent nos sports accessibles à tous </em>». Les ligues de niveau inférieur, ou les « <em>PLAY-FUN </em>» (juste pour le plaisir) existent d’ailleurs pour faciliter l’accès au sport. Pour Bondy, ce type de sport récréatif offre une opportunité aux McGillois, car pour les adolescents, «<em> le sport devient plus une affaire de compétition et d’hyper-spécialisation</em> ». Il présente donc la ligue intra-muros comme un lieu de réintégration sportive pour ceux à qui le sport a manqué pendant l’adolescence. Et c’est un succès. Selon Bondy, le nombre de participants continue d’augmenter, avec 6 515 participants ce semestre, contre 6 467 il y a un an. De quoi rester optimiste pour relancer la génération COVID-19.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/trop-decrans-pas-assez-de-sport-le-defi-des-futurs-mcgillois/" data-wpel-link="internal">Trop d’écrans, pas assez de sport : le défi des futurs McGillois?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>L’obésité n’épargne plus les jeunes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/lobesite-nepargne-plus-les-jeunes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Milan McCarthy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Omnivore]]></category>
		<category><![CDATA[insécurité alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[jeunes]]></category>
		<category><![CDATA[marketing]]></category>
		<category><![CDATA[obésité]]></category>
		<category><![CDATA[unicef]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une tendance inquiétante à l’échelle mondiale.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/lobesite-nepargne-plus-les-jeunes/" data-wpel-link="internal">L’obésité n’épargne plus les jeunes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">En regardant les parties de la Série mondiale cette semaine, j’ai remarqué un curieux paradoxe. Pendant les pauses publicitaires, Pepsi affichait fièrement sa boisson iconique, contenant une quantité astronomique de sucre par canette : 41 grammes! Durant les rencontres, c’était au tour des publicités Ozempic d’être visibles derrière le marbre. Voici donc un face à face de deux titans, acteurs omniprésents dans le discours sur l’obésité, chacun occupant un rôle distinct : le premier aggrave le problème, l’autre promet d’y remédier. L’obésité est un enjeu qui concerne la population entière, affectant autant les enfants que les adultes. </p>



<p>D’après un <a href="https://www.unicef.org/reports/feeding-profit" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rapport</a> publié par l’UNICEF, une division de l’ONU dédiée à la protection des enfants, l’année 2025 marque un tournant dans l’obésité infantile : pour la première fois, la forme dominante de malnutrition chez les jeunes est désormais l’obésité, éclipsant l’insuffisance pondérale. Aujourd’hui, dans la tranche d’âge des 5 à 19 ans, <a href="https://www.unicef.org/reports/feeding-profit" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un jeune</a> sur cinq est en situation de surpoids, un chiffre qui a doublé depuis le début du millénaire. Ce constat choquant démontre l’aboutissement d’une tendance échelonnée sur plusieurs décennies (voir le tableau ci-bas), et démontre un problème qui est de plus en plus mondialisé. L’agence onusienne ne propose pas de solution miracle dans cette lutte sur plusieurs fronts. Les génétiques partagées, les modes de vie (voir l’article de Timotée Allouch-Chantepie en page 4) et les facteurs de risques environnementaux sont tous des déterminants clés de l’obésité. </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="754" height="916" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/Capture-decran-2025-11-04-a-11.50.03.png" alt class="wp-image-59168" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/Capture-decran-2025-11-04-a-11.50.03.png 754w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/Capture-decran-2025-11-04-a-11.50.03-650x790.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/Capture-decran-2025-11-04-a-11.50.03-150x182.png 150w" sizes="(max-width: 754px) 100vw, 754px"><figcaption><span class="media-credit">UNICEF</span></figcaption></figure>



<p><em>Tendances des pourcentages d’enfants et d’adolescents âgés de 5 a 19 ans</em></p>



<p><strong>Le rôle du marketing </strong></p>



<p>L’une des causes de cette montée fulgurante de l’obésité infantile, selon l’UNICEF, est la dégradation de l’environnement alimentaire (l’endroit où les enfants mangent, vivent, apprennent, et jouent) à cause de l’industrie des boissons et des aliments ultra-transformés. « <em>Il y a une accessibilité accrue et un marketing actif des aliments très caloriques en sucre et en sels </em>(<em>tdlr</em>) », explique la Dre Kaberi Dasgupta, professeure à l’Université McGill et spécialiste de la recherche sur le diabète. D’après le rapport, cela se manifeste par des pratiques marketing qui contournent habilement les réglementations déjà jugées insuffisantes par les gouvernements. </p>



<p>Prenons le cas du marketing numérique, auquel les enfants sont le plus exposés. Ici, la distinction entre contenu et publicité est souvent brouillée, et la supervision parentale, minime. En ajoutant le fait que les enfants ont des cerveaux encore en développement, force est d’admettre qu’ils n’ont tout simplement pas toujours la capacité cognitive de distinguer l’information objective de la publicité corporative. Certains pays, tels que l’<a href="https://www.economist.com/britain/2025/09/29/britains-strict-new-curbs-on-junk-food-marketing?utm_content=ed-picks-image-link-4&amp;etear=nl_special_4&amp;utm_campaign=r.special-edition-newsletter&amp;utm_medium=email.internal-newsletter.np&amp;utm_source=salesforce-marketing-cloud&amp;utm_term=10/25/2025&amp;utm_id=2117413" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Angleterre</a>, espèrent diminuer cette influence en misant sur une réglementation plus stricte. Depuis le 1<em>er</em> octobre, les publicités faisant la promotion d’aliments et de boissons jugées malsaines sont interdites sur les plateformes numériques et à la télévision avant neuf heures du soir. Une mesure louable, dont seul l’avenir pourra révéler l’efficacité. </p>



<p><strong>Insécurité alimentaire </strong></p>



<p>À travers le monde, la lutte contre l’obésité infantile varie en fonction du contexte socio-économique du pays. Dans les pays en voie de développement, ce sont les populations autrement aisées les <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22764734/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus susceptibles</a> d’être affectées par cette forme de malnutrition. Cependant, on observe l’inverse dans les pays à plus haut revenu, alors que les milieux défavorisés sont davantage touchés. Au Canada, ce cas devient un sujet d’actualité lorsque l’on prend en compte que l’insécurité alimentaire est en hausse – un enjeu étroitement lié à l’obésité d’après la Dre Dasgupta. « Partout au Canada, surtout depuis la pandémie, environ 25 % des foyers sont en situation d’insécurité alimentaire », souligne la Dre Dasgupta. « Ce n’est pas anodin ». </p>



<p>« Si vous allez dans une épicerie dans le nord du Québec ou dans des communautés isolées, vous constaterez que le coût des aliments sains est très élevé alors que des aliments malsains sont beaucoup moins chers », relève la Dre Dasgupta. Ceci met en lumière l’un des éléments déterminants publiés dans le rapport par l’UNICEF : dans les pays à haut revenu, ce sont les quartiers pauvres qui sont exposés de manière disproportionnée à des aliments et boissons ultra-transformés. Pour les enfants, ces environnements peuvent être particulièrement néfastes. En effet, <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21508837/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">d’après des études révélées dans le rapport</a> de l’UNICEF, les enfants ont une préférence biologique pour les produits sucrés, surtout lorsqu’on les compare aux adultes. </p>



<p>Pourtant, la Dre Dasgupta va plus loin dans sa démarche. En effet, elle explique que c’est dans le ventre maternel que le métabolisme se forme, entraînant une variabilité d’un enfant à l’autre. « Si on est mal nourri et de faible poids pendant sa grossesse, son bébé se développe alors dans un environnement pauvre en nutriments. Son métabolisme s’adapte dès le ventre maternel pour devenir avide de calories et de sucre », précise-t-elle. « Ensuite, tu prends cette personne qui, dès la naissance, est programmée sur le plan physiologique à retenir les calories, à stocker la graisse et tu la plonges dans un environnement où la restauration rapide domine et où les aliments sains coûtent cher », note la Dre Dasgupta. « Ils vont voir leur poids augmenter beaucoup plus rapidement que quelqu’un dont la mère n’a pas été dans un environnement carencé». </p>



<p><strong>Intervention clinique </strong></p>



<p>Pour la première fois depuis 2007, le Canada a mis à jour sa ligne directrice clinique concernant les enfants et adolescents qui souffrent de l’obésité. Avec ce renouvellement, de nouvelles priorités ont été établies, notamment en ce qui a trait à la qualité de vie et la santé mentale. Certains jeunes en situation d’obésité et âgés de 13 ans et plus sont maintenant éligibles à une chirurgie. « Une fois que les enfants ont dépassé un certain seuil, s’ils développent déjà des complications liées à leur surpoids, ils peuvent être candidats à des interventions telles que la chirurgie bariatrique », dit la Dre Dasgupta. Elle souligne que ces chirurgies sont des cas d’exception alors qu’il existe d’autres voies de traitements, tels que les régimes alimentaires ou le suivi psychologique. </p>



<p>Difficile de parler de traitements sans évoquer également les agonistes GLP‑1, les médicaments commercialisés sous des noms comme Ozempic et Wegovy. Depuis leur introduction dans le marché, leurs qualités coupe-faim en ont fait la coqueluche du milieu hollywoodien. Chez les enfants, l’adoption de ces traitements progresse plus lentement, leur utilisation étant réservée seulement à ceux âgés de 13 ans et plus. « En ce qui concerne ces nouveaux médicaments, quels en seront les effets à long terme, on ne le sait pas encore. Mais on connaît les effets à long terme de l’excès de poids. Il faut donc trouver un certain équilibre entre les deux », conclut-elle.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/lobesite-nepargne-plus-les-jeunes/" data-wpel-link="internal">L’obésité n’épargne plus les jeunes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La littérature érotique chez les jeunes lectrices</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/la-litterature-erotique-chez-les-jeunes-lectrices/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[dark romance]]></category>
		<category><![CDATA[littérature érotique]]></category>
		<category><![CDATA[smut]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réflexion sur les impacts du <em>smut</em> et de la <em>dark romance</em>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La littérature jeunesse connaît une <a href="https://www.ledevoir.com/lire/827878/litterature-jeunesse-est-plus-populaire-jamais-quebec?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">croissance fulgurante</a> depuis 2016. En librairie, on trouve de plus en plus d’histoires pour les jeunes, tant les enfants que les adolescents. Avec une offre si large, chacun peut trouver le style qui lui plaît et plonger dans le bonheur de la lecture. Toutefois, tous les livres ne sont pas adaptés pour de jeunes lecteurs et, face à une offre abondante, les parents ne sont pas toujours en mesure de vérifier toutes les lectures de leurs enfants. C’est particulièrement le cas pour les adolescents, jugés aptes à choisir ce qui leur plait. Certaines tactiques commerciales des éditeurs sont parfois trompeuses, et exposent de trop jeunes lecteurs à des récits inappropriés pour leur âge. </p>



<p><strong>La popularisation de la lecture par les réseaux sociaux </strong></p>



<p>Bien qu’on pourrait penser le contraire, les réseaux sociaux ne sont pas complètement opposés à la lecture. Dans les communautés <em>Bookstagram</em> sur Instagram et <em>Booktok</em> sur TikTok, de nombreux influenceurs font des recommandations de lecture à leurs abonnés. Via l’algorithme de ces plateformes, plus un utilisateur interagit avec un certain type de contenu, plus il y sera exposé : la même logique s’applique aux suggestions de lecture. L’utilisateur qui aime les romans policiers, la <em>fantasy</em> ou la romance, et interagit avec du contenu qui y est relié en verra davantage. À travers ces algorithmes, certains livres, parfois publiés des années auparavant, jouissent d’une popularité énorme, faisant la une dans les librairies. Or, les créateurs de contenu qui font la promotion des livres sur les réseaux sociaux sont souvent plus âgés que le public qu’ils touchent. Leurs goûts de lecture sont donc façonnés par des expériences de vie et une certaine maturité que les jeunes lecteurs n’ont pas toujours. </p>



<p><strong>La montée en popularité du <em>smut</em> </strong></p>



<p>Si la communauté <em>Booktok</em> propose des recommandations de lecture diversifiées, elle met davantage en avant certains genres plus que d’autres. C’est le cas de la littérature érotique, couramment appelée « <em>smut</em> », qui est actuellement l’un des genres les plus représentés : le mot-clic est associé à <a href="https://www.7sur7.be/lire/les-lectrices-raffolent-de-ce-genre-litteraire-elles-preferent-ces-livres-a-du-porno~ae9c4a8c/?referrer=https://www.google.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1,1 milliard de vidéos</a> sur TikTok. La montée en popularité du genre littéraire n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Comme la romance, dont la littérature érotique est un sous-genre, a un public majoritairement féminin, elle permet aux femmes de lire des histoires qui se concentrent sur leur plaisir et leurs fantasmes contribuant à briser certains des tabous entourant la sexualité. Les histoires sont rédigées selon différents clichés, ce qui permet aux lectrices de choisir ce qu’elles préfèrent : romances avec des joueurs de hockey, personnages qui passent d’amis à amants ou même d’ennemis à amants. Chacune y trouve son compte. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« <em>La lecture du fameux </em>smut<em> peut contribuer à créer des attentes relationnelles et sexuelles irréalistes</em> »</p>
</blockquote>



<p><strong>L’accessibilité de la littérature érotique </strong></p>



<p>Les utilisateurs de TikTok sont, en majorité, de la génération Z : près de 70 % des utilisateurs de la plateforme aux États-Unis <a href="https://scholar.utc.edu/cgi/viewcontent.cgi?params=/context/honors-theses/article/1480/&amp;path_info=BookTok__The_Cultural_Phenomenon_Introducing_a_Stagnated_Industry_to_a_New_Generation__Daley_Culberson.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ont moins de 18 ans</a>. Cet auditoire très jeune est exposé à des recommandations de lecture qui sont donc parfois inappropriées pour leur âge. De plus, la mise en marché de ces livres est souvent très innocente : des couleurs vives ou pastel, des illustrations présentant les deux personnages principaux, un résumé assez conservateur de l’histoire… Les livres érotiques ne sont en apparence pas très différents des livres de romance classiques. Un lecteur qui ne connaît pas les titres érotiques populaires pourrait très bien en choisir un en croyant sélectionner une romance banale. Bien sûr, la plupart des librairies séparent leurs livres par genre, mais comme les deux genres se recoupent, les rangées sont souvent à proximité l’une de l’autre. </p>



<p><strong>Les dangers du <em>smut</em> </strong></p>



<p>La littérature érotique n’est pas adaptée à tous les âges. Bien sûr, chez des lectrices plus âgées, ce genre d’histoire peut présenter une bonne forme de divertissement et un espace d’exploration du désir. Toutefois, ce genre de lecture chez des adolescentes, et même parfois des préadolescentes, qui n’ont pas de connaissances sur la sexualité, peut être problématique. La littérature érotique, bien qu’elle dépeigne la plupart du temps des scénarios vraisemblables, reste de la fiction. Si les adultes peuvent différencier réalité et fiction, ce défi peut être de plus grande taille chez les jeunes, qui sont plus influençables et naïfs. </p>



<p>La lecture du fameux <em>smut</em> peut contribuer à créer des attentes relationnelles et sexuelles irréalistes. De plus, de telles histoires présentent souvent des protagonistes dans la vingtaine, si ce n’est dans la trentaine. Alors que la protagoniste est une femme, la lectrice est encore une fille. Des adolescentes peuvent désirer une histoire romantique comme celles qu’elles lisent et ensuite imiter les comportements d’une protagoniste dans la vingtaine, ce qui peut rapidement devenir inapproprié ou dangereux. </p>



<p><strong>La <em>dark romance</em> : là où les choses se corsent </strong></p>



<p>Un genre littéraire similaire gagne en popularité : la « <em>dark romance</em> » (« romance sombre »). Il s’agit de romans où l’histoire d’amour est moralement ambiguë ou malsaine, voire immorale ou illégale. Parmi les clichés les plus populaires, on retrouve la relation avec un chef de la mafia, l’enlèvement et la captivité. La plupart des romans de <em>dark romance</em> ont en commun un protagoniste masculin dominant auquel la protagoniste féminine doit se soumettre. Ce genre met directement en valeur des relations de pouvoir, parfois violentes, en restant strictement fictif. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Si les adultes peuvent différencier réalité et fiction, ce défi peut être de plus grande taille chez les jeunes, qui sont plus influençables et naïfs »</p>
</blockquote>



<p>Si les sujets peuvent être jugés problématiques, un élément l’est encore davantage : le manque de consentement. Si les personnages ne manifestent pas leur désaccord par rapport aux actes sexuels qui ont lieu, il est aussi bien rare que les femmes donnent leur accord de façon claire. Cette omission, déjà source de préoccupation pour tout lectorat, l’est d’autant plus lorsque les lectrices sont de jeunes adolescentes. Ces dernières pourraient idéaliser les relations décrites dans ces histoires et croire que ces dynamiques de pouvoir et ces relations malsaines sont tout à fait normales. Une telle perception des relations amoureuses et sexuelles est dangereuse, car elle peut forger une norme chez ces jeunes lectrices, qui pourraient rapidement chercher à faire « comme les grands ». </p>



<p>La normalisation des comportements manipulateurs et violents est un véritable enjeu qui mérite d’être pris au sérieux dans un monde où déjà <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-10-10/violence-conjugale/dix-jours-pour-changer-la-trajectoire-de-sa-vie.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">quinze féminicides</a> ont eu lieu au Québec depuis le début de l’année 2025, dont neuf dans un contexte de violence conjugale. La <em>dark romance</em>, bien qu’elle soit un genre divertissant, mérite d’obtenir une surveillance accrue afin d’éviter que le jeune lectorat, tant féminin que masculin, ne normalise des comportements abusifs. Le <em>smut</em>, de son côté, pourrait contribuer à une sexualisation précoce des jeunes filles et créer des attentes relationnelles irréalistes.</p>
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		<title>Les enfants, premières victimes des conflits</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/les-enfants-premieres-victimes-des-conflits/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Matthieu Juge]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[conflit]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59174</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un rapport de l’ONU remet à l’ordre du jour un problème persistant.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Soudan, Congo, Palestine, Ukraine, Birmanie… Derrière ces conflits majeurs, un même dénominateur commun : les violences envers les civils. Et parmi eux, les enfants, <a href="https://fr.euronews.com/2023/07/06/les-enfants-premieres-victimes-des-conflits-armes-selon-lonu" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">qualifiés par l’ONU</a> de « premières victimes des conflits ». Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), <a href="https://www.unhcr.org/sites/default/files/2025-06/global-trends-report-2024.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">123 millions de personnes</a> ont été déplacées de force en 2024, dont 40 % d’enfants. <a href="https://www.unicef.org/media/172241/file/unicef-annual-report-2024-en.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">L’UNICEF sonne l’alerte</a> : « Les besoins humanitaires augmentent plus vite que les financements », dans un contexte où les conflits se multiplient.</p>



<p><strong>Des enfances volées</strong></p>



<p><em>Le Délit </em>s’est entretenu avec Pierre*, ancien fonctionnaire de l’UNICEF et du HCR, aujourd’hui cadre à l’ONUSIDA, qui a accepté de livrer son expérience de terrain à titre personnel sous le couvert de l’anonymat par devoir de réserve. Ayant travaillé en République du Congo auprès d’enfants réfugiés ayant fui la guerre dans le pays voisin, la République démocratique du Congo (RDC), il raconte des scènes d’une brutalité extrême : des jeunes « livrés à eux-mêmes, sans repères ni protection », ayant vu leurs villages incendiés et leurs parents tués. Leur vulnérabilité, explique-t-il, ne tient pas seulement à leur âge, mais aussi à leur incompréhension : « Ils ne comprennent pas pourquoi la guerre les frappe. »</p>



<p>Les conséquences de ces conflits sur les enfants sont multiples. Physiquement, les plus jeunes sont les premiers touchés par la faim et la maladie. Psychologiquement, ils subissent des traumatismes durables : anxiété, sentiment d’abandon, perte de confiance… Et lorsque la guerre éclate, les écoles sont les premières institutions à fermer, causant ainsi d’importants retards éducationnels. <a href="https://www.unicef.org/media/165156/file/SOWC-2024-full-report-EN.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Le dernier rapport de l’UNICEF</a> sur l’état de la jeunesse mondiale souligne que les conflits prolongés « brisent les structures sociales qui garantissent aux enfants stabilité et apprentissage ».</p>



<p><strong>Prévenir pour guérir</strong></p>



<p>Pour cet ancien humanitaire, la protection des enfants commence avant la guerre. Selon lui, il faut « enregistrer les naissances, éduquer, vacciner… Ce sont déjà des défenses contre la guerre. La solidité d’un pays protège ses enfants, même en temps de crise ». Cette réflexion rejoint <a href="https://www.unhcr.org/sites/default/files/2025-06/global-trends-report-2024.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">les constats du HCR</a> : 73 % des réfugiés sont aujourd’hui accueillis dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, souvent eux-mêmes fragiles. Cela souligne toute la complexité du maintien des services de base pour la population locale et les réfugiés.</p>



<p>Cela étant dit, des progrès ont été accomplis. <a href="https://www.unicef.org/media/172241/file/unicef-annual-report-2024-en.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">L’UNICEF indique</a> qu’en 2024, 6,2 millions d’enfants victimes de violences ont reçu un accompagnement psychosocial ou médical. L’ancien fonctionnaire du Fonds des Nations Unies pour l’enfance souligne l’importante progression réalisée sur le volet psychologique, auparavant plus délaissé au profit de la prise en charge physique et juridique.</p>



<p><strong>Un enjeu universel</strong></p>



<p>Dans un monde où la guerre tend vers l’asymétrie, les bombardements et les attaques de drones étendent sans limites le nombre de victimes civiles. Certaines tragédies, comme la guerre civile au Soudan, <a href="https://news.un.org/fr/story/2025/05/1155386#:~:text=Le%20conflit%20au%20Soudan%20a,pour%20les%20r%C3%A9fugi%C3%A9s%20(HCR).&amp;text=Un%20employ%C3%A9%20de%20l&#039;ONU,sont%20dans%20une%20situation%20d%C3%A9sesp%C3%A9r%C3%A9e." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">avec 13 millions de déplacés</a> depuis 2023, figurent pourtant parmi les urgences oubliées, où « les enfants et les adultes souffrent » dans un silence presque total. Face à cette réalité, l’ancien cadre insiste : il faudrait « commencer par appliquer le droit international de la guerre ainsi que les conventions internationales, dont la Convention relative aux droits de l’enfant, systématiquement et dans les faits ». Préserver les enfants des atrocités de la guerre constitue un enjeu universel. Assurer une éducation continue et des accès aux services essentiels, c’est donner à une génération la force de surmonter les blessures du conflit et d’en prévenir le retour.</p>



<p>*Nom fictif</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/les-enfants-premieres-victimes-des-conflits/" data-wpel-link="internal">Les enfants, premières victimes des conflits</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La sélection d’actus du Délit</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/la-selection-dactus-du-delit-13/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eugénie St-Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[En bref]]></category>
		<category><![CDATA[droit de vote]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Québec Solidaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Laïcité renforcée dans les écoles québécoises et droit de vote à 16 ans.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/la-selection-dactus-du-delit-13/" data-wpel-link="internal">La sélection d’actus du Délit</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><strong>Laïcité renforcée dans les écoles québécoises : inquiétude et incompréhension chez le personnel enseignant</strong></p>



<p>Le jeudi 30 octobre, le gouvernement du Québec a fait adopter le projet de loi 94, visant à renforcer la laïcité dans le réseau de l’éducation. Cette réforme, qui s’adresse principalement aux écoles publiques de la garderie au secondaire, entraînera plusieurs changements majeurs au sein du système scolaire. Parmi les mesures prévues, on compte l’interdiction du port de signes religieux, la fin de l’adaptation des repas pour des motifs religieux, l’obligation de s’exprimer en français sur les lieux scolaires et la suppression des congés religieux. De plus, étudiants et membres du personnel n’auront plus accès à des locaux réservés à la pratique religieuse, même en dehors des heures de classe.</p>



<p>Ces nouvelles dispositions soulèvent des préoccupations au sein du milieu de l’éducation et des organismes de défense des droits humains. La Ligue des droits et libertés (LDL) a exprimé son désaccord dans un <a href="https://www.newswire.ca/fr/news-releases/adoption-du-projet-de-loi-94-la-ligue-des-droits-et-libertes-deplore-l-adoption-d-une-nouvelle-loi-attentatoire-aux-droits-800731556.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">communiqué</a>, estimant que « l’adoption du PL94 aggrave et élargit les atteintes aux droits et libertés subies par plusieurs communautés, en particulier par les femmes musulmanes ». L’organisme avertit également que la mesure pourrait accentuer la pénurie de main‑d’œuvre dans le réseau scolaire et forcer l’exil de nombreux employés. Du côté syndical, la <a href="https://www.newswire.ca/fr/news-releases/adoption-du-projet-de-loi-ndeg-94-une-tache-alourdie-par-l-evaluation-et-des-enseignants-museles-denonce-la-fse-csq-812983052.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Fédération des syndicats de l’enseignement</a> (FSE-CSQ) parle pour sa part d’une « dérive pour contrôler et museler le personnel enseignant ». Plusieurs enseignants s’inquiètent des effets concrets que cette réforme pourrait avoir sur le climat scolaire et sur l’attraction du personnel.</p>



<p><strong>Droit de vote à 16 ans : Québec solidaire veut donner la parole aux jeunes</strong></p>



<p>Ruba Ghazal, porte-parole de Québec solidaire (QS), a annoncé le 30 octobre que son parti s’engageait à abaisser le droit de vote à 16 ans s’il accédait au pouvoir. Dans un <a href="https://quebecsolidaire.net/nouvelle/qs-veut-abaisser-le-droit-de-vote-a-16-ans" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">communiqué</a>, Ghazal a expliqué que cette proposition s’inscrit dans la foulée de l’engouement souverainiste observé chez les jeunes. « Je veux que l’élection de 2026 soit la dernière où les 16–17 ans ne pourront pas voter. Advenant l’élection d’un gouvernement solidaire, il faut que les jeunes puissent se mobiliser en masse pour voter à un référendum pour la constitution d’un Québec indépendant. C’est de leur avenir qu’il est question, ils ont le droit d’avoir voix au chapitre », a‑t-elle affirmé.</p>



<p>Elle souligne que d’autres pays, tels que l’Autriche, ont déjà abaissé l’âge du vote à 16 ans, avec des résultats jugés positifs. « Non seulement les jeunes sont assez matures pour s’exprimer, ça aurait un effet bénéfique sur leur éducation et leur participation politique », a déclaré Ghazal.</p>



<p>Cette proposition intervient dans un contexte où le mouvement souverainiste semble regagner du souffle, notamment chez les nouvelles générations. Un <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-08-08/favorables-a-56/montee-spectaculaire-du-souverainisme-chez-les-jeunes.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sondage CROP</a> réalisé l’été dernier indiquait que 56 % des 18 à 34 ans se disent favorables à la souveraineté du Québec – un chiffre qui laisse entrevoir un renouveau nationaliste. Pour Québec solidaire, l’ouverture du droit de vote aux 16–17 ans serait donc une façon de donner corps à la voix d’une jeunesse engagée et souverainiste, consciente des enjeux environnementaux, sociaux et identitaires qui façonneront le Québec de demain.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/la-selection-dactus-du-delit-13/" data-wpel-link="internal">La sélection d’actus du Délit</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Grandir avec une identité plurielle</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/grandir-avec-une-identite-plurielle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marius Grieb]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[enfant]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[immigrant]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59190</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trois portraits d’étudiants issus de l’immigration.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/grandir-avec-une-identite-plurielle/" data-wpel-link="internal">Grandir avec une identité plurielle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Nouveau-né, à peine sorti de la maternité, on se retrouve face aux réalités d’un monde complexe et strictement ordonné. Sans préavis, on se voit attribuer prénom et nom de famille : les premiers marqueurs de notre identité. Inondé de sensations nouvelles et condamné à être un « enfant », on pleure, on crie, sans réussir à se libérer de notre prison à barreaux en bois. Heureusement, la voix angélique de notre mère est là pour nous bercer vers un sommeil profond. On ne le sait pas encore, mais cette douce chanson et ces paroles à syllabes rythmiques et codifiées nous imprègnent d’une marque communautaire et culturelle qui formera la base de notre <em>histoire </em>individuelle et servira de point de référence pour nous décrire au reste de la société.</p>



<p>L’enfance est une période complexe où l’on apprend à comprendre qui nous sommes et qui nous voulons devenir. Contraints à exister dans un système de règles qui nous précède, on lutte pour trouver notre propre agencement tout en cherchant à s’identifier de manière stable par rapport aux autres. Cette tension forge notre caractère, et – par procédé dialectique – influence ceux qui nous entourent.</p>



<p>Les milieux sociaux et culturels qu’on fréquente durant l’enfance ont un impact profond sur notre sens d’identité. Ils façonnent la manière dont on interprète le monde, la morale et les normes et participent à la construction de notre personnalité. Pour les enfants dont les parents sont immigrants, cette réalité est d’autant plus marquée, étant donné la pluralité des contextes culturels auxquels ils doivent s’intégrer.</p>



<p>Chercheur à McGill en matière d’éthique de l’enfance pour l’initiative intellectuelle collaborative <em>VOICE</em>, Ryan Kent, nous aide à comprendre les enjeux de cette tension identitaire : « <em>L’auto-determination des enfants est lié à la moralité. Ainsi, la manière dont les enfants issus de l’immigration naviguent à travers différents cadres normatifs, influencés par la culture, fait d’eux des agents normatifs à part entière. Ils le sont dans la façon dont ils interprètent les questions normatives en</em> <em>s’appuyant sur leurs propres références culturelles, et dans la manière dont ils réinterprètent la culture et la moralité, pouvant même contribuer à faire évoluer la culture selon cette dynamique </em>(<em>tdlr</em>). »</p>



<p>Dans un contexte aussi multiculturel que celui du Québec, ce mécanisme qui combine l’assimilation et l’agencement opère de façon à produire une identité québécoise nuancée, hybride et florissante. Cette semaine, <em>Le Délit </em>donne la parole à trois élèves dont la famille a immigré au Québec depuis divers pays dans l’optique de mieux comprendre comment cette identité plurielle se construit et se vit au quotidien.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center"><em>« La manière dont les enfants issus de l’immigration naviguent à travers différents cadres normatifs, influencés par la culture, fait d’eux des agents normatifs à part entière »</em></p>



<p class="has-text-align-center"><sup>Ryan Kent, chercheur à l’initiative <em>VOICE</em></sup></p>
</blockquote>



<p><strong>Yasmine, étudiante en droit</strong></p>



<p>Montréalaise et fille de parents algériens, Yasmine est fière de son héritage culturel et consciente des pressions conformistes qui pèsent sur elle et d’autres jeunes de la diaspora algérienne. Elle nous explique : « La [confusion identitaire, <em>ndlr</em>] est une conséquence à long terme du colonialisme [qui, par nécessité sociale et économique, produit un désir] de s’assimiler, qui se manifeste par un abandon de certains liens culturels, comme le fait d’arrêter de parler arabe à la maison. Moi, j’ai eu de la chance. Mes parents ont vécu cela dans leur famille à l’étranger et c’est devenu quelque chose qu’ils ont voulu éviter. J’ai grandi en allant chaque année en Algérie et en faisant des cours d’arabe. Pour mes parents ce n’était pas toujours économiquement viable, mais c’était un investissement dans ma culture. »</p>



<p>Parlant maintenant quatre langues, Yasmine est convaincue que cet investissement culturel en a valu la peine. D’un point de vue professionnel, elle reconnaît que grandir dans un milieu culturel distinct l’a « rendue plus sensible et plus empathique » face aux barrières légales auxquelles font face les personnes immigrées au Canada. D’autre part, au niveau social, entretenir un lien avec son héritage culturel lui a permis de maintenir une solidarité avec d’autres élèves maghrébins, qu’elle préserve à travers son rôle au sein de l’association des étudiants en droit nord-africains.</p>



<p><strong>Billy, étudiant en sciences humaines</strong></p>



<p>Même si Billy parle déjà anglais et français, il se trouve parfois frustré de ne pas encore maîtriser le créole haïtien. À l’aise avec son identité composée (haïtienne, américaine, québécoise), il reconnaît cependant que cette distance avec sa langue maternelle le mène parfois à se sentir exclu du cercle fermé des Haïtiens « de souche ».</p>



<p>Cela dit, Billy refuse de se laisser abattre par un côté de sa culture et affirme se sentir profondément ancré dans la culture haïtienne. Dans son constat, il confirme le rôle important que jouent les éléments culturels récurrents dans le maintien de ce lien identitaire. Par exemple, en ce qui concerne sa foi chrétienne baptiste, sa relation spirituelle avec le divin est aussi une manière d’entretenir son appartenance culturelle. Plus qu’un lieu de culte, l’Église baptiste lui offre un milieu convivial et communautaire qui lui permet d’entrer en contact avec d’autres membres de la diaspora et de célébrer ses traditions.</p>



<p>De même, Billy explique qu’il ressent un profond attachement à la nourriture haïtienne, car il a grandi en mangeant des plats traditionnels préparés par sa mère. Motivé par une envie de bien manger et de revivre de bon souvenir d’enfance, Billy espère apprendre à cuisiner lui-même certains plats emblématiques comme le Mayi Moulin : « C’est comme ma madeleine de Proust! »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Chaque matin, je me réveille en disant wow… je suis tunisienne »</p>



<p class="has-text-align-center"><sup>Mayassa, étudiante à McGill</sup></p>
</blockquote>



<p><strong>Mayassa, étudiante en sciences politiques et en études du Moyen-Orient</strong></p>



<p>Fortement enracinée dans sa culture, Mayassa se dit « vraiment contente d’être tunisienne ». Blaguant à moitié, elle me confie que « chaque matin, [elle se] réveille en disant : “wow… je suis tunisienne!” » ; une fierté palpable qu’elle croit due au fait qu’elle a « grandi entourée d’une communauté vraiment diverse », lui permettant d’assumer pleinement son identité composée.</p>



<p>Cependant, malgré cette fierté, Mayassa reconnaît que certains préjugés sociaux perdurent. Les expériences qu’elle a vécues avec le racisme dans son enfance et son quotidien l’ont menée à voir d’un œil critique les politiques actuelles des gouvernements fédéral et provincial. De son point de vue, le racisme institutionnel est au centre du problème, ayant pour conséquence la marginalisation sociale des minorités raciales du Québec. S’appuyant sur des anecdotes datant de son primaire et de son secondaire, elle explique qu’elle a l’impression que « même une personne blanche qui ne vient pas du Canada a plus sa place ici qu’une personne canadienne issue de l’immigration ». Pour elle, ce phénomène discriminatoire n’est pas inné, mais est plutôt la conséquence d’une politique identitaire qui embrase les tensions sociales et mène à l’apparence d’un racisme diffus. « Je suis très consciente que, quand [les politiciens], comme Legault, parlent à la télé de Canadiens ou de Québécois, dans leur portrait idéal, je n’en fais pas partie », confie-t-elle.</p>



<p>Pourtant, Mayassa explique qu’elle se sent très proche de la culture montréalaise, qu’elle apprécie pour sa diversité et qu’elle considère comme un terrain d’échange où son identité multiple peut pleinement s’exprimer. En fin de compte, ce qui reste le plus difficile de son point de vue est de « devoir toujours justifier sa présence quelque part ; autant physique, que culturelle, que morale ».</p>



<p>Ces témoignages nous démontrent que, malgré les contrastes entre différentes cultures et identités, elles restent compatibles, reliées, et même parfois imbriquées. Maintenant, il nous reste à trouver une moralité commune fondée sur la tolérance et la réciprocité.</p>
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		<title>Arrondir son don : oui ou non?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/arrondir-son-don-oui-ou-non/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stu Doré]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[enfant]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59194</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comment la pauvreté affecte les enfants au Québec.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Ces temps-ci, les magasins de seconde main sont extrêmement populaires chez les jeunes. Le <em>thrift store</em>, temple de la réutilisation et de la revente d’objets, semble en effet être un endroit de prédilection pour bien des gens. Leur but principal : aider les gens à faible revenu. Cependant, que ce soit celui qui ne peut s’acheter une canne de soupe ou celui qui possède la compagnie de ladite soupe, la friperie attire tout le monde et laisse toute honte de magasinage de matériel usagé à la porte. Il n’y a pourtant pas si longtemps de cela, l’idée de mettre le pied dans un tel endroit aurait fait « la honte à un chien ». La friperie était vue comme un établissement quasiment sous-humain ; personne n’osait s’y rendre par peur d’y croiser une connaissance.</p>



<p>C’est quelque chose que j’ai eu le <em>privilège </em>de vivre dans mon enfance : un air de mépris, des mots peu délicats dirigés vers ma mère et moi. Comme si cette simple action changeait notre valeur à leurs yeux. Le stigma, la rareté de ressources, l’angoisse constante des finances et de l’effritement du foyer : vivre la pauvreté dans l’enfance apporte bien des difficultés à celles et ceux qui la traversent à travers le pays.</p>



<p>Le changement d’avis concernant les friperies pourrait être lié à la diminution du taux de pauvreté au Canada et au Québec. En effet, selon <a href="https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2021/as-sa/98-200-X/2021009/98-200-x2021009-fra.cfm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Statistique Canada</a>, de 2015 à 2021, le taux de pauvreté canadien est passé de 14,5 % à 8,1 % alors que, selon <a href="https://statistique.quebec.ca/fr/produit/publication/indicateurs-progres-taux-pauvrete-selon-mesure-panier-consommation" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Statistique Québec</a>, celui de notre province a diminué de 13,5 % à 5,2 %. Pourtant, ce qui frappe le plus, c’est cette même statistique, chez les enfants, qui a diminué de plus de la moitié, et ne dépasse pas les 10 % dans toutes les tranches d’âges.</p>



<p>Malgré ces bonnes nouvelles, <em>Le Journal de Montréal </em>précise qu’au Québec, <a href="https://www.journaldemontreal.com/2025/04/30/pres-dun-menage-sur-cinq-vit-sous-le-seuil-du-revenu-viable" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">près d’un ménage sur cinq vivait sous le seuil du revenu viable</a>, soit un niveau situé entre 40 000 $ et 80 000 $ pour un foyer monoparental avec un enfant ou un foyer avec deux parents et deux enfants. En tout, cela représenterait 20 % des foyers ayant de la difficulté à finir l’année, tout en subvenant aux besoins de leur famille ; un portrait moins rose que celui présenté dans les données de 2021.</p>



<p>Selon <a href="https://childrenfirstcanada.org/fr/blog/child-poverty-the-facts-you-need-to-know/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Enfants d’abord Canada</a> et <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/751652/enfants-canada-pauvrete-rapport-campagne-2000-autochtones#:~:text=Prenez%20note%20que%20cet%20article,sans-abri%20est%20un%20enfant" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Radio-Canada</a>, environ 1,3 million d’enfants vivaient dans la pauvreté en 2021, contre 1,34 en 2015. Statistique Canada avance une explication possible à cette faible diminution de la pauvreté, en rappelant la création temporaire de prestations pendant la pandémie de COVID-19, ainsi que l’augmentation de l’allocation canadienne pour enfants, spécifiquement pour la période entre 2019 et 2021.</p>



<p>La pauvreté dans l’enfance englobe un large éventail de problèmes, notamment la négligence alimentaire, hygiénique et éducative, qui affectent profondément la croissance et le développement infantile. Cette négligence peut, dans certains cas, se métamorphoser en maltraitance physique et mentale. Le manque de stabilité dans le milieu familial peut ainsi entraîner non seulement des problèmes de santé et des difficultés financières, mais aussi une panoplie de problèmes mentaux qui, s’ils ne sont pas pris en charge, risquent de se prolonger à l’âge adulte.</p>



<p>Malgré tout, plusieurs organismes existent et viennent en aide aux familles dans le besoin, dont le <a href="https://carrefourfamilial.com/maison-de-la-famille-3/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Carrefour Familial Hochelaga</a>, <a href="https://www.centraide-mtl.org/vivre-en-situation-de-pauvrete/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Centraide du Grand-Montréal</a> et <a href="https://macommunaute.ca/bottin-des-organismes/avanttoutlesenfants/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">avant tout, les enfants – Montréal</a>. Si vous ou un proche avez besoin de soutien, ne craignez pas de prendre la main qui se tend vers vous ; tout le monde mérite une seconde chance.</p>
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		<title>Madeleines, magie et souvenirs</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/madeleines-magie-et-souvenirs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mets épluchés]]></category>
		<category><![CDATA[Omnivore]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[à la recherche du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[du côté de chez swann]]></category>
		<category><![CDATA[madeleine]]></category>
		<category><![CDATA[marcel proust]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire gustative]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment les goûts ravivent nos souvenirs d’enfance.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Il suffit parfois d’une bouchée, d’une saveur ou d’un parfum pour que s’éveille un monde oublié, et que le passé resurgisse avec une intensité presque magique. Cette expérience, immortalisée par Marcel Proust dans <em>Du côté de chez Swann</em>, continue de fasciner scientifiques, philosophes et écrivains.</p>



<p><em>« Je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé ramollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée de miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. […] Plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir. »</em></p>



<p>La madeleine trempée dans le thé du narrateur n’est pas seulement un symbole littéraire. Elle incarne un mécanisme profondément ancré dans la biologie et la psychologie humaines : <a href="https://www.serviceshuma.com/post/la-r%C3%A9miniscence-des-souvenirs-comme-marcel-proust-%C3%A0-travers-la-madeleine" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la mémoire involontaire</a>. Il s’agit du surgissement spontané d’un souvenir ancien, sans effort conscient. De tous les sens, ce sont surtout les odeurs et les saveurs qui sont le plus étroitement liées aux émotions, et donc aux souvenirs.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir »</p>



<p class="has-text-align-center"><sup>- Marcel Proust</sup></p>
</blockquote>



<p>Mais qu’est-ce que le goût, exactement? C’est en fait la combinaison de trois choses différentes : la gustation (les saveurs), l’olfaction (l’odeur), et l’expérience des sensations (le piquant du piment, la fraîcheur de la menthe, les bulles de soda…). C’est la combinaison de ces trois dimensions qui compose la richesse de l’expérience gustative. C’est précisément cette complexité multisensorielle qui explique la force du souvenir qu’elle peut déclencher. La part olfactive est notamment importante, car l’odorat est le seul de nos cinq sens connecté aux structures cérébrales impliquées dans les émotions et la mémoire. L’information olfactive ne passe pas par le thalamus (centre de tri des sensations), mais arrive directement à l’amygdale et l’hippocampe. Ces régions du cerveau gèrent les émotions, et permettent d’associer chaque saveur à un contexte – un repas de famille, un goûter au parc. Il suffit de retrouver cette même saveur pour que le souvenir reprenne vie.</p>



<p>Une <a href="https://univ-tlse2.hal.science/hal-04097976v1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">étude</a> réalisée par les chercheurs Vignolles et Pichon explique que « l’odorat associe très tôt des arômes à des lieux, des moments et des personnes, laissant des empreintes vivaces ». Si le goût nous ramène si puissamment à l’enfance, c’est aussi en raison d’un ancrage particulier. Le psychiatre <a href="https://www.odilejacob.fr/catalogue/sante-vie-pratique/forme-et-sante/bien-nourrir-son-cerveau_9782415010560.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Guillaume Fond</a> explique que l’enfance « concentre des nouveautés sensorielles, des routines réconfortantes et des personnages clés ». Durant l’adolescence et le début de l’âge adulte, ces souvenirs se fixent, puis se stabilisent. Chaque arôme devient ainsi un raccourci émotionnel prêt à s’activer au détour d’une senteur familière. L’importance de ces souvenirs et leur plasticité expliquent pourquoi les souvenirs gustatifs d’enfance persistent souvent toute la vie. La consommation alimentaire nourrit donc une forme de nostalgie. Les chercheurs identifient six types de nostalgie liés à l’acte de manger : celle de l’enfance, du regret, de la substitution (un produit disparu), du mal du pays, des occasions exceptionnelles et de la redécouverte. Parmi elles, la nostalgie de l’enfance reste la plus puissante.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« L’odorat associe très tôt des arômes à des lieux, des moments et des personnes, laissant des empreintes vivaces »</p>



<p class="has-text-align-center"><sup>- Alexandra Vignolles et Paul-Emmanuel Pichon</sup></p>
</blockquote>



<p>Le pouvoir évocateur du goût ne se limite pas aux souvenirs ; il peut aussi devenir un <a href="https://www.serviceshuma.com/post/la-r%C3%A9miniscence-des-souvenirs-comme-marcel-proust-%C3%A0-travers-la-madeleine" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">outil thérapeutique</a>. Recréer les saveurs de l’enfance permet aux personnes âgées de « se reconnecter à leurs racines et de revivre des souvenirs précieux, nourrissant leur corps et leur esprit ». Dans les maisons de retraite, certains programmes de soins utilisent désormais des repas d’époque ou des arômes familiers pour stimuler la mémoire et réduire l’anxiété.</p>



<p>Les <a href="https://www.slate.fr/boire-manger/pourquoi-la-nourriture-a-t-elle-le-pouvoir-d-invoquer-des-souvenirs-comment-les-souvenirs-s-accrochent-a-la-nourriture" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">entreprises agroalimentaires</a> ont également compris la puissance des souvenirs gustatifs. Les marques exploitent cette nostalgie pour susciter l’attachement et créer une relation de confiance, de dépendance, avec leurs produits. Par exemple, les confitures <em>Bonne Maman </em>ou les saucisses <em>Herta </em>misent sur une imagerie d’authenticité, rappelant « une autre époque », celle d’une enfance idéalisée et d’une simplicité perdue.</p>



<p>Au fond, chaque goût d’enfance compose une part de notre identité sensorielle. Derrière le sucre d’un gâteau, l’acidité d’un fruit ou le fumet d’un plat mijoté se cachent plus d’un fragment de vie.</p>
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		<title>Recettes d’enfance de l’équipe</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/recettes-denfance-de-lequipe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L&#39;équipe du Délit]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À table]]></category>
		<category><![CDATA[Omnivore]]></category>
		<category><![CDATA[enfant]]></category>
		<category><![CDATA[recette d'enfance]]></category>
		<category><![CDATA[recettes]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59200</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comment les goûts ravivent nos souvenirs d’enfance.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/recettes-denfance-de-lequipe/" data-wpel-link="internal">Recettes d’enfance de l’équipe</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Chacun a ses recettes et ses souvenirs qui remontent à la surface lorsqu’on pense à un certain plat. L’équipe du <em>Délit </em>a accepté de partager avec vous quelques-unes des recettes de son enfance.</p>



<p><strong>Héloïse – Clafoutis aux cerises</strong></p>



<p>Tous les étés je pars en vacances chez mes grands-parents en Normandie. Les vacances sont toujours merveilleuses. En plus d’habiter près de la mer, mes grands-parents ont un jardin – un <em>grand </em>jardin, avec un cerisier au bord de la terrasse. Marcher dehors devient une épreuve si l’on ne veut pas finir avec des fruits plein les chaussures. Ces cerises, des bigarreau Napoléon, grosses, aux couleurs dégradées entre jaunes et roses, sont légèrement amères, juste assez pour être encore meilleures cuites que crues.</p>



<p>S’il y a une recette qui symbolise cette période, c’est le clafoutis que ma grand-mère fait avec ces cerises.</p>



<p>Battre 1 gros œuf et 1 tasse à café sucre jusqu’à obtenir un mélange jaune pâle. Ajouter au fur et à mesure 1 tasse de farine, 1 cuillère de levure et enfin 1 petite tasse de lait. Beurrer et fariner le moule. Ajouter les cerises encore noyautées – pour le goût – puis verser la pâte par-dessus. Ajouter une noisette de beurre sur le dessus. Enfourner! Cuire en chaleur tournante à 180 °C (355 °F) pendant environ 30 minutes. Vérifier avec un couteau la consistance du gâteau avant de le retirer du four. Laisser refroidir (ou pas, pour les gourmands et impatients), et déguster!</p>



<p><strong>Stu – Tarte Tatin à Mumu</strong></p>



<p>Ingrédients : 8 pommes pelées, tranchées et évidées, 3 c. à s. de beurre non salé, un tiers de tasse de sucre blanc, un fond de pâte à tarte feuilletée, du jus de citron, 1 jaune d’œuf battu.</p>



<p>Préparation : Trancher les pommes pelées et évidées en sections d’un centimètre et les faire revenir dans un poêlon à basse température avec le beurre, le sucre et le jus de citron. Faire caraméliser les pommes jusqu’à ce qu’elles soient tendres, mais pas molles, et de couleur rousse. Retirer du feu. Utiliser un plat à tarte en verre allant au four d’environ 10 à 12 pouces et, en spirale, y déposer les tranches de pomme, comme une rose. Mettre la pâte au-dessus et enfourner.</p>



<p><strong>Antoine – Sandwich au Nutella</strong></p>



<p>Ma <em>nonna </em>Angela, la meilleure cuisinière du monde (du moins, du haut de mes huit ans), serait déçue de savoir que mon souvenir culinaire le plus mémorable est un simple sandwich au Nutella. Au moins, son sandwich au Nutella, qu’elle me préparait systématiquement. Dans mon jeune temps, je passais chaque journée pédagogique chez elle, à m’occuper de son jardin et écouter des cassettes VHS sur sa télévision des années 80.</p>



<p>La recette? Simple, mais il vous faut les bons ingrédients. Nutella importé acheté au marché italien (de préférence, chez Berchicci) dans un pot en verre et pain blanc Villagio – les tranches du milieu. Très important, sinon, c’est quelconque. Vous pouvez couper les croûtes, mais c’est optionnel… j’ai appris à les aimer. Surtout : ne pas griller le pain. C’est crucial.</p>



<p>Maintenant, je n’ai plus de <em>nonna</em>, mais je garde un souvenir indélébile de cette collation de l’après-midi, que je me prépare encore plusieurs fois par semaine. Une bouchée, et il me paraît la voir s’affairer dans la maison, me jetant un regard affectueux de marraine dont elle seule avait le secret.</p>



<p><strong>Valentin – Légumes farcis</strong></p>



<p>Marseille, 17 h, au téléphone : « Mamie, on peut venir manger ce soir? » On ne prévient pas toujours très en avance. Trois heures après, pourtant, nous sommes à table, mes sœurs, notre grand-mère, et moi, face à un plat de légumes farcis, si rapidement cuisiné et qui n’en finit pas. Des tomates, des courgettes, des poivrons vidés de leur chair, remplacée par une base de riz et par une délicieuse farce de viande.</p>



<p>Une recette de famille, vieille comme le monde, qui fait un peu partie de nous.</p>



<p><strong>Marius – Quiche lorraine</strong></p>



<p>Pendant mon enfance au Gabon, ma mère passait chaque matin à préparer une <em>lunch box </em>pour mes frères et moi. L’odeur du fromage fondu qui parfumait les couloirs de ma maison m’a beaucoup marqué, et je revois le sourire sur le visage de ma mère à chaque fois que je refais cette recette!</p>



<p>Ingrédients : pâte brisée, 250 g de lardons, 4 œufs, 20 cl lait, 20 cl de crème fraîche, beaucoup d’emmental, paprika, muscade, sel et poivre.</p>



<p>Préparation : Prendre une fourchette et faire des petits trous dans la pâte brisée. Faire revenir le lard dans une poêle jusqu’à ce qu’il soit bien croustillant. Dans un bol, fouetter les oeufs, le lait, la crème fraîche, le poivre, la muscade, le sel, et le paprika. Placer les lardons sur la pâte. Verser le mélange par-dessus et râper l’emmental sur le tout. Mettre au four à 180 °C pendant 30 à 35 minutes.</p>



<p><strong>Eugénie – Riz au lait</strong></p>



<p>Le riz au lait de ma grand-mère est une recette qui me fera toujours penser à mon enfance. J’ai habité dans plusieurs pays quand j’étais plus jeune (Chine, Japon), et je ne voyais pas souvent ma famille éloignée, qui vivait au Canada. Rien ne me faisait sentir à la maison comme les visites annuelles de ma grand-mère, qui me préparait toujours son riz au lait que j’adorais. J’ai découvert quelques années après sa mort que la recette est intitulée « riz au lait d’Eugénie » dans son cahier de recettes, que ma mère m’a photocopié quand je suis partie à l’université. Maintenant vous pouvez en profiter vous aussi.</p>



<p>Une demi-tasse de riz, 750 ml de lait, 50 g de sucre et une gousse de vanille. Amener le tout à ébullition, puis baisser le feu pour que le lait frémisse doucement, à découvert. Cuire environ 40 minutes en brassant de temps en temps, jusqu’à ce que le liquide soit presque absorbé.</p>



<p><strong>Juliette – Carrés magiques</strong></p>



<p>J’ai passé plusieurs étés de mon enfance dans un camp de vacances où l’on cuisinait le meilleur dessert du monde : les « carrés magiques ».</p>



<p>Biscuits Graham, pépites de chocolat, ingrédient secret. Mélanger le tout dans un chaudron au-dessus du feu. Accompagner d’une légende.</p>



<p><strong>Matthieu – Douceurs françaises</strong></p>



<p>Ayant passé la majorité de ma vie à l’étranger (Beyrouth, Abu Dhabi, Washington), les produits français, dans lesquels j’ai été bercé, furent souvent difficiles d’accès.</p>



<p>Lorsque je revenais, durant les grandes vacances d’été, un tour de France s’imposait pour rendre visite à ma famille dispersée aux quatre coins de l’Hexagone. Dans ce périple, le passage chez mes grands-parents maternels faisait – et fait toujours – partie de mes étapes préférées. Un immense jardin rempli d’orchidées colorées, un potager cultivé passionnément par mon grand-père, et une tranquillité absolue, contrastant avec mon quotidien.</p>



<p>Ma grand-mère savait que j’avais été privé de douceurs françaises pendant près d’un an, alors, dès mon arrivée, un plateau de fromages gigantesque accompagné de toutes sortes de charcuteries m’attendait systématiquement le premier soir. Un assortiment simple, mais si savoureux compte tenu de l’amour avec lequel il a avait été réalisé.</p>



<p>Enfin, mon grand-père m’emmenait à la cueillette des mûres, ces baies délicieuses poussant sur des ronces épineuses. Activité périlleuse, mais dont le jeu valait la chandelle. Il confectionnait ensuite, avec le plus grand soin, de délicieuses confitures maison. Mûres, groseilles, fraises, rhubarbe, tout finissait en confiture! Ces plats simples, préparés avec tendresse et empreints de souvenirs, sont mes madeleines de Proust.</p>



<p><strong>Layla – Les biscuits de Mamie</strong></p>



<p>J’ai eu la chance de grandir près de ma grand-mère maternelle. Je passais presque chaque dimanche chez elle avec mes frères et sœurs, mes parents et mes tantes. Chaque semaine, pour accompagner notre café, ma grand-mère nous préparait des gâteaux, allant des sucreries algériennes au gâteau à la vanille recouvert de Nutella. Mais une recette très simple reste mon coup de cœur : des biscuits à la vanille. Un souvenir d’enfance que je continue de retrouver en cuisine aujourd’hui.</p>



<p>Ingrédients : 4 à 5 œufs, sucre (légèrement moins que le volume des œufs), huile (moitié de la quantité des œufs), 1 c. à s. bien remplie de levure chimique, une demie c. à s. d’extrait de vanille, le zeste d’un citron, farine (quantité suffisante pour obtenir une pâte), moules à biscuits.</p>



<p>Préparation : Dans un grand bol, battre les œufs avec le sucre jusqu’à ce que le mélange soit homogène. Ajouter l’huile et mélanger. Incorporer la levure chimique et la vanille. Ajouter un peu de farine pour commencer, puis le zeste de citron. Mélanger le tout. Ajouter progressivement de la farine jusqu’à obtenir une pâte souple, mais non collante. Former des biscuits à l’aide des moules et les disposer sur une plaque. Cuire au four préchauffé à 180°C pendant 40 minutes, jusqu’à ce que le dessus soit doré.</p>



<p><strong>Jiayuan – Soupe de nouilles</strong></p>



<p>Il m’est difficile de dire quelle saveur me rappelle le plus l’enfance, moi qui ai passé les sept premières années de ma vie à Guangzhou, une ville où j’avais accès à tout. Mais les choses devenaient tout de même plus compliquées lorsque je tombais malade : je perdais l’appétit au moindre symptôme. Trop chaud, trop froid, trop dur, trop mou : aucune nourriture ne passait par ma bouche. Heureusement, ma mère avait une solution pour me nourrir malgré tout : une soupe de nouilles aux tomates et aux œufs. Rien d’extraordinaire en termes d’aliments, encore moins en termes de difficulté, mais la recette fonctionne toujours, même à ce jour. Lorsque l’eau bout, ajouter les tomates coupées, puis une poignée de nouilles. Laisser cuire trois à cinq minutes. Pendant ce temps, battre les œufs pour les verser ensuite dans la casserole, puis ajouter un peu de sel. Quand les nouilles sont cuites, servir dans un bol et ajouter quelques gouttes d’huile de sésame.</p>



<p><strong>Toscane – <em>Krouchtikis</em></strong></p>



<p>À l’approche des fêtes de fin d’année, quand l’odeur de sucre vanillé envahit la cuisine, il n’y a pas de doute : ma grand-mère, d’origine polonaise, entame son rituel annuel – la confection de <em>krouchtikis</em>. Tablier noué autour de la taille, manches retroussées, elle s’affaire. Et même avec toute la douceur du monde, le processus est militaire. Mélanger farine, œufs, sucre, levure, beurre fondu. Pétrir, puis fraiser. Étaler la pâte au rouleau et la couper en losanges. En fendre le centre et y passer une extrémité pour former un nœud. Faire frire. Rouler dans le sucre (l’œuvre de ma cousine). Déguster, tièdes (mon œuvre à moi). Elle transmet volontiers sa recette – quantités exactes, temps précis. Pourtant, personne n’en fait d’aussi bons. Je la soupçonne d’ajouter un ingrédient secret. Ou peut-être est-ce le goût de sa passion pour la cuisine à partager.</p>
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		<title>Davantage compréhensible… même pour les enfants</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/davantage-comprehensible-meme-pour-les-enfants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[accessibilité]]></category>
		<category><![CDATA[compréhension]]></category>
		<category><![CDATA[enfant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment la barrière de la langue exclut la jeunesse.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Les élections municipales québécoises ont finalement pris fin après des mois de campagne. Qui dit élections dit forcément droit de vote. Ce dernier, au Québec, est réservé aux citoyens de plus de 18 ans. Et si les enfants avaient un mot à dire? Dans son essai intitulé <em>Pour le droit de vote dès la naissance</em>, paru en septembre 2024, l’autrice et chercheuse Clémentine Beauvais nous invite à reconsidérer notre conception de l’enfance à travers un plaidoyer pour le droit de vote des enfants.</p>



<p><strong>Dé-hiérarchiser la langue</strong></p>



<p>L’un des arguments érigés contre l’inclusion des enfants dans la vie politique est la barrière de la compréhension. La langue y joue un rôle indéniable. Pour Clémentine Beauvais, ce n’est toutefois pas un obstacle incontournable : elle propose alors une simplification des communiqués. Elle mentionne le facile à lire et à comprendre (FALC), une traduction conçue pour un public vivant avec une déficience intellectuelle, ou encore les personnes en processus d’apprentissage de la langue, notamment les enfants. « Il faudrait apprendre à voir la simplicité comme une valeur, et non un échec de la pensée », écrit-elle. « Si trop de gens ne comprennent pas […], il faut faire différemment ».</p>



<p>En 2022, <a href="https://fondationalphabetisation.org/wp-content/uploads/2025/03/PEICA-Canada-2022-Analyse-des-nouvelles-donnees-pour-le-Quebec.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">22 %</a> de la population québécoise présentait un niveau de littératie entre ‑1 et 1 (sur une échelle allant jusqu’à 5, où –1 correspond à la lecture de textes très simples et 5 à la compréhension de textes complexes et argumentatifs). Ainsi, une telle traduction alternative s’avère nécessaire pour éviter d’exclure ces personnes non seulement de la vie politique, mais aussi de la vie culturelle. En Europe, c’est l’association <a href="https://www.inclusion-europe.eu/easy-to-read/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Inclusion Europe</a> qui assure la diffusion de l’outil, tandis qu’au Canada, <a href="https://accessibilite.canada.ca/elaboration-normes-accessibilite/can-asc-312025-langage-clair" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une norme</a> semblable – dite du « langage clair » – a été publiée en octobre dernier par Normes d’accessibilité Canada (NAC) sur le site officiel du gouvernement canadien. Même si ce système de traduction cible les personnes en situation de handicap, sa mise en œuvre bénéficie à tout le monde, y compris les enfants, grâce à sa simplicité.</p>



<p>Clara, étudiante en linguistique à McGill, y voit un potentiel pour l’enrichissement de la société. Plurilingue, elle est d’accord que « <em>l’exercice consistant à décomposer des textes complexes est essentiel dans le processus d’apprentissage et dans le développement de l’esprit critique et des capacités d’analyse et</em> <em>de compréhension </em>(<em>tdlr</em>)<em> </em>». Certes, sur le plan littéraire, certaines formulations risquent de perdre en partie leur richesse artistique dans cette simplification. Clara croit ainsi qu’il convient de « promouvoir l’équilibre et de présenter à la fois la version originale et simplifiée du texte ». Toutefois, l’implantation du FALC n’a pas pour but de remplacer le français (ou d’autres langues) standard, mais vise plutôt à encourager l’inclusion d’un plus grand public au sein de la société.</p>



<p><strong>Culture : droit ou privilège?</strong></p>



<p>La question du langage dépasse cependant largement celle de la compréhension : elle touche également à la légitimité. Clémentine Beauvais aborde une « exclusion universelle » des enfants dans la sphère politique par le langage. Cette exclusion, par ailleurs, ne touche pas uniquement les enfants. En tant qu’immigrante de première génération, je l’ai concrètement vécue dès mon arrivée à Montréal. Si la langue détermine qui peut comprendre un discours politique, elle détermine aussi qui peut accéder à une chanson, un poème ou une pièce de théâtre.</p>



<p>On dit souvent qu’une image vaut mille mots. Bien que certaines formes d’art ne nécessitent pas la langue pour passer leur message, cette dernière reste souvent l’intermédiaire entre une œuvre et son public. Je me souviens avoir regardé, avec mes parents, notre premier film de Noël. Les scènes étaient belles, mais l’intrigue tout à fait inintéressante. Nous avons passé 30 minutes devant la télévision sans comprendre ni les dialogues ni les sous-titres, à l’exception de quelques « bonjour » et « merci ». Ce moment m’a appris que la culture n’est pas universelle par essence ; elle le devient seulement quand tout le monde peut y accéder et comprendre ses codes.</p>



<p>En bref, l’idée d’accorder le droit de vote aux enfants n’est pas à prendre au pied de la lettre. C’est une expérience de pensée nous permettant de forger une meilleure démocratie. Si tel devenait la norme, nous serions poussés à rendre le langage – et, par extension, la culture – plus accessibles. Beauvais conclut qu’avec « le droit de vote dès la naissance, nous ne pourrions plus ignorer [les inégalités causées par l’incompréhension, <em>ndlr</em>] ». Après tout, être ici, « c’est déjà une forme d’expertise sur le monde ». Comprendre, c’est déjà participer.</p>
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		<title>Le passage de l’insouciance à l’impuissance</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/le-passage-de-linsouciance-a-limpuissance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[age adulte]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
		<category><![CDATA[tournments]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tourments et constats sur le vieillissement inévitable de nos parents.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Être un enfant, c’est avoir le droit à une merveilleuse désinvolture quant aux réalités de sa propre existence. Avec un peu de chance, l’enfance est pour un instant une existence dictée, dirigée et ordonnée. Vient ensuite une certaine conscience par rapport à soi-même, un regard interne qui résulte de la socialisation imposée par le milieu scolaire, terreau fertile de la comparaison.&nbsp;</p>



<p>Tout le monde se met à parler de sa fin de semaine, de ses vacances à Disney et d’autres anecdotes plus ou moins pertinentes… jusqu’ici, rien de plus anodin, me direz-vous. Mais derrière toutes ces péripéties puériles, un élément commun : les parents. Ils ont beau remplir à peu près tous la même fonction, ils sont loin de former un bloc social homogène. Au fil des années, l’enfant se lance immanquablement dans une comparaison quelque peu malsaine entre les parents qu’il a et ceux qu’il côtoie par l’intermédiaire de ses relations sociales. L’enfant devient critique du manque de laxisme de ses propres parents ou bien des différences pécuniaires qu’il remarquera inévitablement… Il construit ses parents idéaux en amalgamant toutes sortes de traits tirés d’une multitude de personnes.&nbsp;</p>



<p>Je ne prétends pas avoir énoncé ici une vérité universelle, mais c’est du moins la mienne et celle de bon nombre de personnes dans mon entourage. Nous sommes peut-être tous névrosés, remarque. Mais la comparaison que j’infligeais à mes parents n’était pas strictement fondée sur ce que mon esprit adolescent immature percevait comme une attaque à mes libertés individuelles. Je m’adonnais bien souvent à des divagations morbides, déprimantes. Voyez-vous, j’ai de vieux parents. Un vieux père surtout : il vient d’avoir 69 ans.&nbsp;</p>



<p>Je me suis récemment plongé dans mes archives prépandémiques pour constater que l’image que j’ai de mon père n’a presque pas changé en plus de 20 ans. Il est pour moi pris dans le temps, figé dans son rôle de père, sans jamais voir s’abattre sur lui le poids des années. Et pourtant, il est loin d’avoir été épargné par la vie. Il a vieilli, mais je me refuse à l’accepter. Il n’est plus aussi fringant qu’autrefois, lui qui a toujours été un féru des sports en tous genres, mais je peine à le laisser perdre de ses réflexes, de sa souplesse… Heureusement que le temps n’a eu aucun effet sur son intelligence acérée et son humour un peu déjanté. Je pense mettre le doigt sur un phénomène qui ne m’est pas exclusif : le déni. Le déni face aux cheveux gris et aux maux de dos, le déni face à la fatigue qui les consume lentement.&nbsp;</p>



<p>Je ne suis certainement pas le seul à avoir des parents plus âgés que la moyenne, mais je n’ai comme réelle expérience que mon enfance à vous partager. Que de tristes calculs, peinant à trouver le sommeil, pour voir combien de temps il me restait avec mon père. Je me disais que s’il se gardait en bonne santé, il pourrait bien me voir graduer, m’épanouir, peut-être fonder une famille comme la sienne… C’est pénible, toutes ces réflexions délétères.&nbsp;</p>



<p>Le lien parental a beau souffrir périodiquement des affres de la vie, il demeure bien souvent l’ancrage le plus solide de notre existence. Contrairement aux désaccords sur l’application des règles familiales internes, cette angoisse existentielle précoce se révèle bien plus difficile à vocaliser. Comment exprimer toutes ces peurs qui se mettront à gouverner chacun de nos choix? Comment diriger sa frustration, son mal-être face à l’injustice forcée de notre venue au monde plus tardivement orchestrée?</p>



<p>Vous me direz que je ne suis pas très bon dans la gestion de mes émotions. Si j’ai peur de la mort et de la menace qu’elle pose pour mon père, pourquoi ne pas lui en parler? Sauf que la solution n’est pas aussi binaire. Même si son âge constitue un avantage indéniable quand vient le temps de m’initier à la musique de toutes les époques ou bien quand il se fait le raconteur de son enfance sur une ferme laitière, il distancie nos réalités et notre rapport à la vie. Il y a une sorte de fossé générationnel creusé d’avance, un lien non pas moins fort, mais différent. Mon lien avec lui tient davantage de la déférence, d’un certain respect pour cette expérience de vie si riche dont j’ai la chance d’être le bénéficiaire, qui complique cependant l’expression d’une certaine fragilité.&nbsp;</p>



<p>Pour moi, il est un personnage plus grand que nature, invincible, un modèle de résilience que je serais chanceux de pouvoir pâlement imiter. Plutôt que de lui partager mes craintes par rapport à l’avancée inexorable du temps, je lui lance des boutades. Des conneries de coin de table. On s’échange les moqueries les plus ridicules, et il m’arrive parfois d’y glisser un petit commentaire sur son âge. Maladroitement. Un grand classique des tourments psychologiques, cette obsession de faire de nos plus grandes peurs la risée de notre discours.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Maintenant que je n’habite plus chez mes parents, je dois avouer que ça me manque. La familiarité de la vie. La banalité d’un souper de famille. Et puis, tous ces moments contribuaient à rendre mon père plus proche de moi, non pas purement relationnellement parlant, mais simplement plus proche de ma vie. De mon quotidien. Essayer de lui expliquer comment fonctionne son téléphone, comment connecter son ordinateur à l’imprimante ou bien le mettre au fait des dernières tendances linguistiques… Toutes ces choses ont parfois été une source d’exaspération pour moi, et je m’en veux de ne pas avoir su en profiter quand je le pouvais. J’aurais voulu, j’aurais dû, j’aurais pu. À quoi bon dire ça maintenant, à part pour les effets cathartiques que ça pourrait me prodiguer.&nbsp;</p>



<p>Loin de moi l’idée de faire de cet article une sorte de journal intime de mes émotions refoulées. Sauf que le thème de notre édition, l’enfance, est de manière inhérente un sujet introspectif, surtout pour un banal journaliste d’opinion tel que moi. Quand je vous parle de fossé et d’angoisse, je ne peux donc que me fier à mon vécu, mais j’ai un espoir quelque peu sadique de ne pas être tout seul à me morfondre.&nbsp;</p>



<p>Les ravages de la vieillesse sont décuplés par le fait que nous la percevons trop tard. On ne réalise pas que l’on a de vieux parents un peu fragiles lorsqu’on est enfant ; on l’apprend, brutalement, quand commencent à poindre des signes de leur faiblesse. Mais surtout, quand on est assez vieux pour comprendre ce que ces signes impliquent. Ce qu’ils prophétisent.&nbsp;</p>



<p>Chaque famille vit des tragédies, mais nulle n’est plus communément terrifiante que celle de la souffrance anticipée. De la certitude presque mathématique que l’on sera le premier à perdre ceux qui ont façonné notre existence. Une douleur étirée dans le temps, étalée sur les années, une marque indélébile sur le quotidien fragile d’un enfant en plein développement. Les accidents, eux, tout aussi injustes qu’ils soient, ont au moins la décence de nous surprendre, de ne pas trop nous faire languir. Leur caractère imprévu est presque souhaitable devant l’agonie pernicieuse à laquelle nous condamnent les effets des années.&nbsp;</p>



<p>Quand on a de vieux parents, on doit longuement se faire à l’idée qu’on ne les aura pas pour longtemps.<br></p>
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		<title>Le spectacle jeunesse contemporain : dans les coulisses d’un art nécessaire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/le-spectacle-jeunesse-contemporain-dans-les-coulisses-dun-art-necessaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alix Maksymjuk]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59217</guid>

					<description><![CDATA[<p>Bref aperçu de l’art de scène pour jeune public.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les lumières s’allument. Un chapiteau constitué d’un immense drap domine la scène, signant la fin de <em>L’après-midi tombe quand tes biscuits se ruinent</em>, production de La Croustade, qui s’est tenue il y a deux ans, en 2023<em>. </em>Les deux interprètes invitent les spectateurs, et pas que les petits, à venir sous le chapiteau choisir un biscuit à grignoter hors de la salle. Pourtant, peu de choses semblaient mener à cette conclusion alimentaire : tenant à la fois du clownesque et du cirque acrobatique, tout en intégrant l’usage du <em>skateboard</em> et d’objets du quotidien, cet univers artistique décalé représente bien ce à quoi on peut s’attendre avec les spectacles jeunesse d’aujourd’hui au Québec. Je me suis surprise à trouver cette performance mémorable, tant pour la diversité et la modernité des médiums utilisés que pour sa touche humoristique bien dosée.</p>



<p>Retomber en enfance, voilà ce que nous permettent des présentations telles que <em>L’après-midi tombe quand tes biscuits se ruinent.</em></p>



<p>&nbsp;Le spectacle jeunesse fait parfois moins bonne figure aux yeux du public adulte. On lui reproche souvent d’être trop « ludique » ou même niais, mais surtout de ne pas parler à la sensibilité d’un public plus âgé. Pourtant, les créations originales qui brisent cette catégorisation étroite se multiplient dans les centres culturels. Actuellement, il est tout à fait possible de toucher un jeune public tout en parlant de sujets de société avec une vision artistique pertinente.</p>



<p>La popularité de cet art de la scène est telle que des lieux de diffusion entiers concentrent leur programmation autour du spectacle jeunesse : on parle de l’Arrière Scène, située en Montérégie, ou de la Maison Théâtre, à Montréal, qui proposent des spectacles pour jeunes publics, mais s’adressant à tous les âges. À l’affiche&nbsp;: propositions «&nbsp; philosophico-pop », tendant vers la poésie ou même la métaphysique. Chaque spectacle défie les genres ou les mélange, oscillant entre danse-théâtre, conte musical, théâtre d’objet, et encore. Les maisons de la culture offrent aussi des productions jeunesse à bas prix. La proximité est la clé de ces lieux de diffusion, ce qui permet aux représentations de voyager dans plusieurs arrondissements pour trouver leur public cible.</p>



<p>La pertinence du spectacle jeunesse dépasse même sa simple adaptation aux enjeux de l’époque contemporaine ou son accessibilité. Qui ne se souvient pas d’une forme de média qui l’a profondément touché dans son enfance? La nostalgie gagne souvent, et il est observé qu’on a tendance à retourner vers ce que l’on connaît déjà. Proposer du contenu artistique original aux jeunes, c’est aussi développer leur sensibilité à des objets culturels insolites, une curiosité qui peut être nourrie tout au long d’une vie. Il s’agit d’une bonne première porte d’entrée dans un milieu qui apparaît parfois hors d’accès ou trop abstrait.</p>



<p>C’est là que la médiation culturelle entre en jeu. Le développement de la relation entre un jeune public et les acteurs culturels derrière le spectacle jeunesse se fait par le biais d’ateliers et d’animations où la bienveillance est de mise. Il est essentiel, pour plusieurs centres culturels, de considérer l’enfant comme un sujet comme un autre, activement présent dans la réception de l’œuvre. Cela lui permet de placer son point de vue dans un processus de création achevé et de faire ressortir sa propre sensibilité en tant que jeune public.&nbsp; L’art de la scène dédié aux enfants, en se tournant vers la réception de ses jeunes spectateurs, offre des propositions inusitées qui nous incitent tous à voir de nouveaux horizons, comme toute autre forme d’art nécessaire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/le-spectacle-jeunesse-contemporain-dans-les-coulisses-dun-art-necessaire/" data-wpel-link="internal">Le spectacle jeunesse contemporain : dans les coulisses d’un art nécessaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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