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	<title>Archives des Slider - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 01 Apr 2026 15:40:05 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Le retard et les bienfaits du temps long</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/le-retard-et-les-bienfaits-du-temps-long/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dalia Djazouli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décodage]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[accélération]]></category>
		<category><![CDATA[anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[temps]]></category>
		<category><![CDATA[Utilitarisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Imposer sa propre subjectivité temporelle.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/le-retard-et-les-bienfaits-du-temps-long/" data-wpel-link="internal">Le retard et les bienfaits du temps long</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le retard est rarement reçu positivement : c’est un état des choses non désirable, une anomalie. Dans le langage courant, il renvoie à une situation négative à laquelle il faut absolument remédier, à un écart par rapport à la norme, ou par rapport à un idéal de développement à atteindre. Au <em>Délit</em>, il est préférable de ne pas rendre son article un dimanche soir – autrement dit, en retard –, au risque de s’attirer les foudres de notre rédactrice en chef : un décret qui me place dans l’embarras, en tant que retardataire pas tout à fait réformée, et dont la notion du temps est complètement détraquée. Sans chercher à faire l’apologie d’un comportement qui confine à l’irrespect de l’autre, j’ose émettre l’idée que nous voyons peut-être trop souvent le retard d’un mauvais œil.</p>



<p>L’imposition de la ponctualité comme norme suprême ne se cantonne pas à notre journal étudiant : elle est propre à nos sociétés industrialisées, dont la conception du temps est particulièrement rigoureuse et utilitariste. La temporalité est perçue comme un objet tangible, que l’on peut et doit rentabiliser autant que possible. Les journées sont compartimentées, et chaque heure doit être mise à profit.</p>



<p>Pour l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, l’extrême fragmentation du temps s’est accentuée en même temps que l’accélération technologique, laquelle caractérise la révolution industrielle du 20e siècle. L’accumulation de ces innovations a permis l’accroissement de notre efficacité et la rationalisation du travail – ou taylorisme. Mais cette conception s’est aussi étendue à notre rapport au temps : la logique capitaliste de fragmentation des tâches s’est appliquée au domaine temporel, et a remplacé les rythmes organiques. On se trouve désormais entraîné dans une course folle, où tout est urgent, les 24 heures d’une journée étant devenues un véritable compte à rebours.</p>



<p>Cet impératif absolu de performance est pourtant contre-productif. À vouloir à tout prix accroître la productivité au travail, on en oublie le bien-être des travailleurs. Ces exigences réduisent la qualité du bien produit, et nous aliènent par la même occasion. Il dévore l’oisiveté, pourtant indispensable au temps long du vivant.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="2000" height="1338" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-2000x1338.jpeg" alt class="wp-image-60602" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-2000x1338.jpeg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-650x435.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-150x100.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-768x514.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-1536x1028.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-2048x1370.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felix-fournier/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix Fournier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>C’est une logique qui nous interdit les temps morts, l’ennui, le vide. On ne se laisse plus aller à divaguer dans les transports et dans les files d’attente ; on ne se laisse plus habiter par le temps… Les idées meurent dans l’œuf, et nos réflexions sont étouffées par les distractions numériques.</p>



<p>Pour Hélène L’Heuillet, le retard devient une micro-victoire au milieu de journées éreintantes et hautement compartimentées. Tous les retards ne sont pas pour autant bons à prendre, notamment celui qui permet d’exercer une forme de contrôle, et de faire attendre celui soumis au temps de l’autre. Aux yeux de la philosophe et psychanalyste, le retard doit être accidentel. Dans notre contexte de malaise temporel, il nous offre un moyen de nous échapper des normes de rendement et de l’aliénation qui en découle. Le retard nous offre une marge de liberté.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Rassembler pour mieux diviser</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/rassembler-pour-mieux-diviser/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[constitution]]></category>
		<category><![CDATA[droit]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Analyse critique du projet de loi 1 sur la Constitution québécoise.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/rassembler-pour-mieux-diviser/" data-wpel-link="internal">Rassembler pour mieux diviser</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Cela fait maintenant presque </em><a href="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/constitution-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>six mois</em></a><em> que notre cher ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a présenté aux Québécois·e·s son fameux projet de loi 1, la Constitution québécoise. Six mois à discuter d’une constitution illégitime, issue d’un processus de non-consultation flagrant et d’un manque d’écoute évident de la part du gouvernement.</em></p>



<p><em>Ce n’est que pour vous, cher·ère·s lecteur·rice·s, que j’ai pris le temps de lire intégralement chacun des napperons présentés par le ministère, ainsi que les quarante pages de cette magnifique constitution censée représenter les désirs de tous·tes les Québécois·e·s, afin de vous produire cette charmante analyse critique.</em></p>



<p><strong>Des inquiétudes juridiques graves</strong></p>



<p>Habituellement, dans le cadre du <a href="https://www.assnat.qc.ca/fr/abc-assemblee/projets-loi.html#CheminementPublic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">processus législatif</a>, le gouvernement organise des consultations générales afin de recueillir l’avis de plusieurs instances avant de procéder à la rédaction et à l’adoption de lois. Ce qui rend toutefois ce cas particulier – et ce processus classique insuffisant –, c’est qu’il ne s’agit aucunement d’un document législatif ordinaire, disposant d’une portée limitée. On parle ici d’une <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">constitution</a> qui modifiera l’interprétation et la portée de la Charte canadienne des droits et libertés et qui influencera l’interprétation de nombreuses lois provinciales. S’attaquer à des enjeux constitutionnels déterminants nécessite plus qu’une consultation minimale, il faut que le ministre prenne ses responsabilités pour réellement représenter la nation québécoise.</p>



<p>Si le but du ministre est réellement de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/Napperon_Mesures_pharesVF.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rassembler</a> les Québécois·e·s autour de valeurs prétendument universelles, pourquoi n’a‑t‑il même pas pris la peine de <a href="https://liguedesdroits.ca/des-ressources-pour-comprendre-et-combattre-le-pl-1/#:~:text=Des%20ressources%20pour%20comprendre%20et,1%2C%20Loi%20constitutionnelle%20du%20Qu%C3%A9bec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">consulter</a> davantage la population ? Cela crée un immense <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-12-16/replique/constitution-pour-des-echanges-constructifs.php#:~:text=Le%20ministre%20de%20la%20Justice,Barrette%2C%20souhaite%20pr%C3%A9senter%20sa%20perspective." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déficit de légitimité</a> pour un document disposant d’une portée juridique aussi considérable. Une constitution doit exister pour le peuple et représenter ses désirs ; or, voyant les nombreuses <a href="https://amnistie.ca/sinformer/2026/canada/pres-de-800-organisations-quebecoises-rejettent-le-projet-de-constitution-du" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vagues de contestations</a>, ça ne semble absolument pas le cas ici.</p>



<p>Bien que la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Constitution québécoise</a> soit subordonnée à la Constitution canadienne, elle dispose tout de même du pouvoir d’influencer l’interprétation des lois québécoises et de la Constitution canadienne. Il s’agit donc loin d’un projet anodin.</p>



<p>Le projet de la loi 1 comporte notamment des dispositions qui <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">affaiblissent les contre‑pouvoirs</a>, en empêchant plusieurs organisations – dont les ordres professionnels – d’utiliser des fonds publics afin de contester en justice des dispositions législatives lorsque celles‑ci portent la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">désignation</a> « <em>protège la nation québécoise ainsi que l’autonomie constitutionnelle et les caractéristiques fondamentales du Québec </em>». Évidemment, le ministre a été frustré par la contestation de sa <a href="https://www.lapresse.ca/elections-federales/2025-03-31/loi-96-sur-la-langue-francaise/un-droit-est-un-droit-insiste-mark-carney.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi 96</a> sur le renforcement des mesures de protection de la langue française et veut éviter que des lois similaires soient remises en question.</p>



<p>Inscrire une disposition visant à entraver la capacité de contester des lois, c’est affaiblir les contre-pouvoirs et mettre en péril l’état de droit. C’est purement inacceptable.</p>



<p>Le ministre établit des <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">balises claires</a> quant à l’interprétation de la Constitution en affirmant que, <em>de facto</em>, certains droits doivent primer sur d’autres. Créer une hiérarchie générale des droits sans procéder à une analyse au cas par cas revient à écarter les nuances juridiques propres à des contextes précis et à imposer des balises rigides. Or, le système de justice et la notion même des droits et libertés ne reposent pas sur un modèle à taille unique doté de paramètres par défaut ; établir une règle générale stricte en cette matière peut s’avérer extrêmement dangereux. La force du droit s’inscrit dans ces nuances et les lui retirer peut laisser place à des jugements injustes et à une suppression de la complexité de certaines situations.</p>



<p>Comme si ce n’était pas suffisant, le ministre <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2026-02-05/projet-de-constitution-quebecoise/un-processus-d-assimilation-denoncent-des-chefs-autochtones.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">s’attaque</a> également aux <a href="https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/2226131/projet-constitution-caq-apnql-verreault-paul-autochtones" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Premières Nations</a>. Non seulement leur a‑t‑il accordé très peu de temps pour s’exprimer sur le projet de Constitution, mais le seul et unique passage traitant de leurs droits a été ajouté sans leur consentement – au point que plusieurs nations ont affirmé ne pas avoir été réellement consultées. L’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador le décrit d’ailleurs comme étant « colonial, centralisateur et incompatible avec les droits fondamentaux des Premières Nations ». Cette Constitution, qui ne représente aucune avancée juridique pour ces peuples, contribue plutôt à invisibiliser leurs traditions juridiques et peut même – en raison de l’absence de reconnaissance claire – flouter les recours auxquels ils ont accès. Alors que le gouvernement avait l’occasion de poursuivre les démarches de réconciliation avec les Premières Nations, il a choisi de s’inscrire dans une logique coloniale en imposant un passage ne représentant aucun gain réel et occultant leurs principes juridiques.</p>



<p>J’aimerais toutefois aborder l’immense victoire que représente le retrait de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’article 29,</a> qui « <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">garantissait</a> » le droit des femmes d’avoir accès à une interruption volontaire de grossesse (IVG). Alors que le ministre présentait cet article comme un moyen idéal de protéger définitivement ce droit au Québec, de nombreux experts – dont le <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Barreau du Québec</a> et le <a href="https://www.cmq.org/fr/actualites/pl1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Collège des médecins</a> – lui ont rappelé, lors des consultations publiques, qu’il constituait une réouverture dangereuse du débat sur l’avortement. Ainsi, si cet article venait à être renversé en cour, il existerait un document juridique invalidant le droit à l’IVG. Le droit à l’avortement aurait alors été plus en péril que jamais. Comme le souligne la Dre Élise Girouard‑Chantal dans son <a href="https://share.google/movD9sh8NYXqqxIGR" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mémoire</a>, c’est précisément ce flou juridique qui fait du Québec « l’une des juridictions les plus pro‑choix au monde ».</p>



<p><strong>Une autre manière de nous faire avaler la loi 21</strong></p>



<p>Peu importe ce que vous pensez du projet de <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-10-09/projet-de-loi-1/une-constitution-adoptee-d-ici-les-elections.php#:~:text=Que%20fait%20cette%20nouvelle%20loi,%C3%A0%20recourir%20%C3%A0%20l&#039;avortement." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi 21 sur la laïcité de l’État</a> – interdisant notamment le port de signes religieux ostensibles –, ou le fait que celui-ci sera contesté devant la <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/justice/939450/cour-supreme-va-entendre-contestation-loi-21-fin-mars" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cour suprême du Canada</a> ce mois‑ci, ce n’est pas grave ! Le ministre l’inclut discrètement dans la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Constitution</a> dès les notes explicatives. Que vous l’aimez ou non, elle sera désormais imbriquée dans « la <em>Loi des lois »</em>, comme il aime si aimablement l’appeler. Non, le ministre n’attend pas le verdict du plus haut tribunal avant d’inclure ses mesures très controversées dans la Constitution même de l’État du Québec. La laïcité des services publics est loin de faire consensus au Québec, comme l’ont démontré les importantes vagues de contestation entourant la loi 21. Prétendre que cette question fait aujourd’hui consensus est tout simplement faux.</p>



<p><strong>Oui, je m’enfarge peut-être dans les fleurs du tapis, mais…</strong></p>



<p>L’un des « détails » qui m’a sauté aux yeux lors de ma lecture du projet de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi</a> est l’apparition, dès les notes explicatives, de la notion d’égalité homme‑femme. Parce qu’aujourd’hui, en 2026, il est évident qu’il existe plus de deux genres, et qu’il est essentiel de garantir à toute personne issue de la diversité de genre une protection constitutionnelle explicite et adéquate.</p>



<p>Voyant l’amour que la CAQ porte à l<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2194793/politique-linguistique-quebec-etat-ecriture-inclusive" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">’écriture inclusive</a> – en cessant purement et simplement son usage dans le cadre des communications officielles –, cela ne me surprend évidemment pas. Toutefois, considérant que l’objectif de la Constitution est avant tout de rassembler la nation québécoise et de la représenter, et que la formulation « égalité des genres » aurait permis non seulement de remplir ces deux objectifs, mais aussi d’alléger la formulation, je trouve le choix des termes plutôt curieux.</p>



<p><strong>En fin de compte</strong></p>



<p>Nous avons, selon moi, probablement besoin d’une constitution au Québec. Toutefois, elle ne doit pas être rédigée par un seul individu dans son sous‑sol, qui prétend « rassembler les Québécois·e·s » autour de valeurs qu’il considère lui‑même comme universelles. Il faut inclure tout le monde ; il faut consulter le peuple avant d’affirmer que l’on parle en son nom. Alors que la CAQ tente de <a href="https://inroadsjournal.ca/quebecs-proposed-constitution-a-sword-turned-inward/#:~:text=The%20CAQ&#039;s%20electoral%20calculus,force%20by%20June%2024%2C%202026." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">faire adopter</a> sa Constitution avant la fin de la législature, malgré toute la controverse qu’elle suscite, il est essentiel d’écouter les juristes et les quelque <a href="http://ledevoir.com/politique/quebec/964521/pres-800-groupes-demandent-jeter-projet-constitution-poubelles#:~:text=%C2%AB%20Ce%20qu&#039;on%20a%20devant,presse%20non%20loin%20du%20parlement." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">800 organismes </a>qui ont demandé, la semaine dernière, le retrait du projet de loi. Une constitution ne doit pas être adoptée dans la précipitation : elle exige prudence et réflexion.</p>



<p>C’est en prétendant rassembler la nation québécoise, tout en la divisant davantage, que le ministre a déposé ce projet de loi illégitime, au processus opaque, qui menace les droits et libertés, l’état de droit et qui affaiblit les contre‑pouvoirs. C’est tout simplement aberrant.</p>



<p>On colle l’étiquette « nationaliste » à une grande diversité de mesures présentant des dérives potentielles qui portent atteinte à des droits et libertés garantis par la Charte canadienne.</p>



<p>Je me décris comme étant nationaliste, mais le portrait du Québec que dépeint le ministre dans sa Constitution me repousse. Elle me fait même éprouver une certaine honte à me dire « nationaliste ». Mon Québec de demain n’exclut personne : il est accueillant. Je comprends l’ambition de protéger la langue et la culture – cela me préoccupe tout autant –, mais je ne crois pas que l’on s’attaque ici aux véritables enjeux.</p>



<p>Surtout, je veux un Québec qui respecte les droits et libertés, qui exerce une justice équitable, qui respecte les Premières Nations et qui reconnaît pleinement leurs droits.</p>



<p>Refuser cette Constitution, ce n’est pas refuser le Québec, c’est refuser un avenir qui ne nous ressemble pas et qui met en péril notre démocratie.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Au revoir!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/au-revoir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eugénie St-Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[au revoir!]]></category>
		<category><![CDATA[dernière édition]]></category>
		<category><![CDATA[éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette semaine marque la dernière édition du semestre – déjà. Ça passe vite, huit éditions! Cette année, comme toutes les années depuis 1977, Le Délit a travaillé fort pour vous offrir une couverture au plus près de vous ; de vos enjeux, de ce qui vous intéresse, de ce qui vous touche et de ce&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/au-revoir/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Au revoir!</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Cette semaine marque la dernière édition du semestre – déjà. Ça passe vite, huit éditions! Cette année, comme toutes les années depuis 1977, <em>Le Délit</em> a travaillé fort pour vous offrir une couverture au plus près de vous ; de vos enjeux, de ce qui vous intéresse, de ce qui vous touche et de ce qui vous fâche. En tant que journal étudiant, nous restons toujours bien conscients de notre mandat : produire du contenu pertinent, en français, pour tout le corps étudiant. Cela signifie, malheureusement, qu’on ne peut pas toujours parler de tout – 12 pages, c’est bien peu pour tout ce qu’on aimerait écrire.</p>



<p>Une des forces du <em>Délit</em> est sa constante évolution. Chaque semestre, de jeunes recrues intègrent l’équipe, et de vieux sages (nos <em>super seniors</em>) se lancent dans d’autres aventures. Ce renouvellement permet au journal de ne jamais stagner. S’il y a une chose que les journalistes du <em>Délit</em> font sans arrêt – à part écrire, éditer et trouver des sujets d’articles – c’est penser à toutes les manières possibles d’améliorer le journal. <em>Le Délit</em> est un travail d’équipe dont vous faites déjà partie. Il va sans dire que vous êtes les bienvenus à sauter le pas et à rejoindre l’équipe à l’automne.</p>



<p>Une presse libre et indépendante est un élément essentiel à un campus démocratique. Un journal qui interpelle et ressemble à ses lecteurs est essentiel à une communauté étudiante. Bien qu’on ne puisse pas mesurer exactement l’ampleur de l’influence du <em>Délit</em>, et que c’est parfois une tâche ingrate que d’écrire sans reconnaissance immédiate, on donne le meilleur de nous-mêmes à chaque édition, sans exception.</p>



<p><em>Le Délit </em>est fier de la place qu’il occupe dans la communauté francophone de l’Université McGill. Et pas seulement pour les 20 % d’étudiants francophones, mais aussi pour tous ceux qui nous lisent pour pratiquer leur français, ou même ceux qui utilisent nos éditions pour décorer les murs de leur appartement. C’est un privilège d’occuper une place, aussi petite soit-elle, dans vos quotidiens.</p>



<p>On arrive déjà à la fin de l’éditorial. Ça passe vite, un édito! Blague à part, merci d’avoir lu <em>Le Délit</em> cette année, ou d’avoir admiré nos couvertures, même si c’était en y déposant vos bottes mouillées dans le bâtiment Birks. Sachez que rien ne nous fait plus plaisir que d’entendre vos réactions – compliments comme critiques – à propos de notre travail. Engagez-vous! On se retrouve au mois d’août.</p>



<p></p>
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		<title>La cassette commence à être usée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-cassette-commence-a-etre-usee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réponse au journal <em/>The Concordian</em> et à l’économiste Moshe Lander.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Cette fois-ci, c’est la bonne. Je promets de quitter l’équipe éditoriale du Délit après cet article, qui contrevient à toutes les conditions ayant permis mon retour. Dommage. Mais je ne pouvais pas, en bonne conscience, m’empêcher de répondre aux âneries véhiculées dans le <a href="https://theconcordian.com/2026/03/costs-quebec-referendum-eric-girard-parti-quebecois/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Concordian</a> par un prétendu économiste à l’endroit des conséquences économiques d’un éventuel processus référendaire. Toujours la même cassette, le même discours fatigué, démystifié mille fois par de vrais intellectuels de toutes les époques. Je me demande comment cet article s’est échoué en Actualités, alors qu’il est dépourvu du moindre fait démontrable. Mon article a beau être classé comme une opinion, il est strictement factuel ; je voulais simplement avoir la liberté d’utiliser toutes les invectives nécessaires.</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-right">Montrez-moi un économiste qui pense que c’est [l’indépendance du Québec, ndlr] une bonne idée, et je vous montrerai un économiste au chômage.<br>-MOSHE LANDER</p>
</blockquote>



<p>Omettre de joindre des données concrètes à un argumentaire illégitime rend celui-ci intemporel.</p>



<p>Dans son entrevue, M. Lander, un habitué de la télévision de langue anglaise (et économiste à ses heures), recopie plus ou moins habilement le <em>modus operandi</em> d’une infinité de « dépendantistes » avant lui. L’épouvantail de la peur d’un effondrement économique d’un Québec souverain qu’il dresse sera toujours le plus imposant dans l’imaginaire collectif des électeurs. Il inspire un niveau d’incertitude tellement étouffant que nous nous en remettons à de supposés experts pour nous prédire le futur de notre nation, sans penser à remettre leurs sordides mensonges en question.</p>



<p><strong>La question de la décote</strong></p>



<p>Première gaffe intellectuelle (in)volontaire du <em>Concordian</em>. En trente secondes de recherches plus ou moins rigoureuses, il aurait pu comprendre les réelles causes de la décote du Québec par la Standard and Poor’s (S&amp;P) – qui n’a absolument rien à voir avec la recrudescence de l’intérêt des Québécois envers la souveraineté.</p>



<p>Le ministre Girard, avant de blâmer un potentiel référendum pour ses propres méfaits, avait affirmé sans gêne en avril 2025 que cette décote n’aurait aucun impact sur la population et qu’elle était parfaitement insignifiante.</p>



<p>La S&amp;P elle-même justifie la baisse en mentionnant la hausse fulgurante des dépenses publiques combinée à une croissance effarante de la dette sous la gouverne de la CAQ. Un journal incapable de lire les journaux, ça commence bien un article. Bien qu’il présente brièvement les récriminations du Parti québécois, le <em>Concordian</em> diffuse tout de même les propos complètement mensongers du ministre Girard, dans l’espoir peut-être que certains les méprennent pour la vérité.</p>



<p><strong>La question de l’économie</strong></p>



<p>Laisser planer le doute en présentant une fausseté comme une réalité ambivalente, soit. Pas très éthique, mais rien de réellement détestable. Cependant, le <em>Concordian</em> dépasse les bornes lorsqu’il rapporte, supposément de manière totalement objective, que les référendums ont plongé le Québec dans un marasme économique dont les effets diminuent à ce jour notre qualité de vie. Encore une fois, aucune donnée, rien d’empirique. Ce serait trop demander.</p>



<p>Il me faut contrecarrer les propos de M. Lander en deux temps. En premier lieu, absolument aucune donnée macroéconomique n’indique une crise financière d’une quelconque ampleur, le Québec ayant vu sa croissance économique se maintenir et même bondir dans la décennie suivant le référendum de 1995. Depuis cette date fatidique énoncée dans l’article, le <a href="https://policyoptions.irpp.org/fr/2025/10/le-quebec-depuis-1995-recul-ou-progres" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">PIB réel du Québec</a> a crû de 42 % (contre 34 % pour le reste du Canada), le <a href="https://www.stats.gov.nl.ca/Statistics/Topics/labour/PDF/UnempRate.pdf?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">taux de chômage</a> chutant de 6,1 % (contre 3,1 % pour le Canada), tout comme le <a href="https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/250501/dq250501b-eng.htm?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">taux de pauvreté</a>, ayant atteint 7,4 % en 2023 (contre 10,2 % pour le Canada). Qui plus est, le Québec n’a cessé de voir augmenter son taux d’alphabétisation et d’accès aux études supérieures, faisant de lui un point central d’innovation en Amérique du Nord pour une pléthore de secteurs technologiques de pointe (IA, aérospatial, biomédical, etc.).</p>



<p>Côté social, le Québec vient d’être nommé <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2026-03-19/les-quebecois-ont-ils-trouve-la-recette-du-bonheur.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">province la plus heureuse</a> par une marge considérable sur le reste du Canada. De plus, tous les indices <a href="https://www.csls.ca/reports/csls2025-03.pdf?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">(inégalités, développement humain, satisfaction de vie, etc.)</a> pertinents abondent dans le sens d’une supériorité du Québec pour ce qui est de la qualité de vie de ses habitants. La province-aspirante-pays peut aussi se targuer d’avoir un des systèmes sociaux (garderie, santé, assurance parentale/chômage) les plus développés dans le monde.</p>



<p>Aussi, absolument aucune donnée empirique ne corrobore l’affirmation présentant le Québec comme une destination abandonnée par l’immigration – surtout pour ce qui est des secteurs professionnels. Bien que les référendums aient causé un exode d’une certaine minorité linguistique vers les autres provinces canadiennes, le Québec n’a jamais cessé d’être une destination de choix pour la francophonie internationale.</p>



<p>J’ai l’impression que cet article devient une banale présentation de faits économiques simples, mais comment faire autrement? Je ne vois aucune autre façon de répondre à des mensonges pourtant archi-convenus, qui font de l’infériorité du Québec un fantasme et l’attribuent directement à la volonté du peuple à se libérer d’un oppresseur pétrolier néocolonial.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-left">« Rien de plus simple pour effrayer les masses que leur faire croire qu’on s’attaque à leur portefeuille, à leurs impôts, à leur stabilité. Le confort (et la menace de le perdre) sera toujours l’ennemi du changement »</p>
</blockquote>



<p><strong>La question du coût de la démocratie</strong></p>



<p>M. Lander présente ensuite son plus brillant argument en défaveur de l’indépendance du Québec. Supposément qu’il faudrait renoncer à l’autodétermination parce que la tenue d’un référendum engendrerait un coût supplémentaire exorbitant pour l’État; on parle de 144 millions de dollars (selon moi, une surestimation bancale) provenant de l’argent des contribuables. Vraiment? Le coût de la démocratie comme argument contre la démocratie? Peut-être que, suivant cette logique, on pourrait organiser des élections tous les dix ans? Tous les 20 ans? Et pourquoi pas jamais! On épargnerait un beau petit pactole!</p>



<p>Franchement, on est sur de la propagande de bas étage. Même si on s’en tient à l’estimation de 144 millions, la dépense ne représente que 0,0865 % des revenus annuels de l’État québécois… une jolie aubaine pour une liberté convoitée depuis des siècles.</p>



<p><strong>La question des négociations</strong></p>



<p>Ne faites pas l’indépendance, c’est trop compliqué pour vous!</p>



<p>Une solution viable et libératrice pour plus d’une trentaine de nations depuis 1980, mais pas pour le Québec, bien sûr. L’article présente la province comme absolument dépourvue de tout pouvoir de négociation, attachée à sa dette et à des infrastructures fédérales coûteuses.</p>



<p>C’est à se demander qui a payé pour Valcartier, les autoroutes, les ports, les ponts… Le Québec est le deuxième plus important contributeur aux revenus fiscaux du Canada, et a financé une infinité d’initiatives contraires à ses intérêts (lire ici l’industrie gazière/pétrolière). Nous sommes une nation riche, éduquée, productive et progressiste, mais nous serions supposément incapables de mettre nos ressources de l’avant pour négocier avec le Canada (voie maritime du Saint-Laurent, ressources naturelles, industries et technologies). Je n’y crois pas un instant.</p>



<p>La vérité est que nous sommes – géographiquement et économiquement – absolument essentiels au Canada, et qu’il ne déploie ses honteuses fabrications que pour nous convaincre de notre petitesse et de notre incompétence. Le Québec n’aura aucun mal à pérenniser sa vitalité, enfin délesté de l’appareil fédéral qui l’enlise dans une dette monumentale. Il pourra contrôler sa politique fiscale, et démanteler une énième invention de M. Lander quant à l’augmentation des taux d’imposition sur les Québécois.</p>



<p>Rien de plus simple pour effrayer les masses que leur faire croire qu’on s’attaque à leur portefeuille, à leurs impôts, à leur stabilité. Le confort (et la menace de le perdre) sera toujours l’ennemi du changement.</p>



<p><strong>La question de l’emploi</strong></p>



<p>En plus d’être carrément impertinent, M. Lander fait preuve d’un impressionnant dédain envers les Québécois. Sa supposition selon laquelle tout économiste défendant la libération du Québec est un chômeur déguisé est vomitive. On ressent tout le dédain coutumier d’un détestable sujet de Sa Majesté, bien coiffé pour un segment à la CBC ou à CTV <em>in english only</em>.</p>



<p>Connaît-il Jacques Parizeau? Un économiste doctorant à la <em>London School of Economics </em>; ministre des Finances et ancien premier ministre du Québec? Il avait un plan clair, une vision économique fondée sur les chiffres et les faits, combinée à une réelle volonté de voir le Québec s’accomplir pleinement dans tous les domaines en accédant à son indépendance.</p>



<p>Il ne doit pas manquer de chômeurs chez les économistes, j’en conviens. Mais peut-être bien que certains mériteraient cette situation plus que d’autres.</p>
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		<title>La performance de l’homosexualité : un privilège?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-performance-de-lhomosexualite-un-privilege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Miton]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[2SLGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[expression]]></category>
		<category><![CDATA[performance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Blague innocente, signe d’ouverture ou nouveau costume?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Deux hommes hétéros imitent une voix, se prennent par la taille, font semblant d’être en couple pour une photo, puis éclatent de rire. L’un ajoute « <em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/No_homo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">no homo</a></em> » et tout rentre dans l’ordre. Pendant ce temps, un homme gai tient la main de son partenaire. Il surveille autour de lui, sonde le quartier, évalue le risque. Pour les uns, l’homosexualité est un prétexte pour rire. Pour les autres, c’est juste une vie.</p>



<p><strong>Entre violences et « <em>bromance</em> »</strong></p>



<p>Sur papier, le contexte semble plus apaisé. Un sondage du <a href="https://www.pewresearch.org/global/2020/06/25/global-divide-on-homosexuality-persists/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Pew Research Center</a> mené en 2019 dans 34 pays montre que 52 %, en médiane, des répondant·e·s estiment que l’homosexualité « <em>devrait être acceptée par la société </em>(<em>tdlr</em>) ». Dans plusieurs pays, l’acceptation a gagné plus de dix points depuis le début des années 2000. Le <a href="https://ressource.sos-homophobie.org/Rapports_annuels/rapport_LGBTIphobies_2025.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Rapport sur les LGBTIphobies 2025</a> décrit pourtant toujours l’école comme un des principaux lieux de violences, parlant d’une « police du genre » exercée entre élèves : moqueries, insultes, mises à l’écart de celles et ceux qui ne rentrent pas dans la bonne case de la masculinité ou de la féminité. En France, le <a href="https://www.education.gouv.fr/contre-l-homophobie-et-la-transphobie-l-ecole-40706" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ministère de l’Éducation nationale</a> rappelle lui aussi qu’il est « essentiel de ne pas banaliser, sous prétexte de jeu ou d’humour, ces comportements ». En parallèle, une partie de la recherche en sociologie montre l’émergence de nouvelles formes de masculinité où des hommes hétérosexuels rejettent plus clairement l’homophobie, se montrent plus tactiles entre eux et revendiquent une « <em><a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09589236.2016.1245605" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">masculinité plus douce</a></em> ».</p>



<p>Entre la brutalité toujours très réelle des LGBTIphobies et ces « <em><a href="http://bromances" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bromances</a></em> » : que penser d’un geste aussi banal que deux mecs qui « font les gais » pour rire? Blague innocente, signe de progrès ou nouveau costume qui maintient l’homosexualité à distance?</p>



<p><strong>Où le « jeu » apparaît</strong></p>



<p>Dans ces scènes, le scénario se répète. On imite une voix jugée « efféminée ». On exagère des gestes codés comme gais. On se présente comme « en couple » avec son meilleur ami, avant de dissiper tout malentendu. L’homosexualité devient un filtre comique, une intonation, une position du corps. Elle sert à cimenter la complicité du groupe, pas à parler de désir ni de violence.</p>



<p>Ce jeu n’est pas marginal. Il traverse les équipes sportives amatrices, les groupes d’amis urbains, les établissements scolaires et universitaires situés dans des milieux se considérant comme « ouverts » et éduqués. Cette présence est attestée à la fois dans une <a href="https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/15579883211061009" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">revue systématique</a> portant sur les masculinités contemporaines et dans <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/1468-4446.12055" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’ethnographie d’un lycée anglais</a> réalisée par Mark McCormack. Là, l’insulte frontale devient moins visible. Elle se fait plus rare dans les couloirs. On préfère le clin d’œil ironique, le « <em>no homo</em> » murmuré après un câlin de trop. Pourtant, les chiffres rappellent que la ligne n’est pas la même partout. En France, 41 % des personnes déclarent utiliser encore des insultes homophobes comme « pédé » ou « enculé », une proportion qui monte à 47 % chez les moins de 35 ans (<a href="https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2019/06/cp_fjr_250619.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">IFOP, 2019</a>). L’institut note que l’homophobie explicite reste plus fréquente dans les milieux peu diplômés et recule avec le niveau d’éducation. Autrement dit, la violence change de forme selon l’espace social : dans certains milieux, on insulte ; dans d’autres, on ironise.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« L’homosexualité devient un filtre comique, une intonation, une position du corps. Elle sert à cimenter la complicité du groupe, pas à parler de désir ni de violence »</p>
</blockquote>



<p><strong>La lecture du « progrès » : masculinité inclusive</strong></p>



<p>Certains chercheurs y voient une rupture réelle. Eric Anderson, dans son ouvrage <a href="https://www.taylorfrancis.com/reader/read-online/46ef3f94-4ae9-4efe-9fe2-53bdeb7d4b42/book/pdf?context=ubx" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Inclusive Masculinity: The Changing Nature of Masculinities</em></a> et dans <a href="https://www.tandfonline.com/doi/pdf/10.1080/09589236.2016.1245605?needAccess=true" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un article</a> coécrit avec Mark McCormack, propose la « théorie de la masculinité inclusive » . Elle repose sur un concept central : l’« homohysteria », non pas la peur d’être gai, mais la peur d’être vu comme tel par les autres. Tant qu’elle est forte, chaque geste est surveillé. On évite les câlins, les confidences, les larmes, tout ce qui pourrait être lu comme trop féminin. Quand l’homophobie culturelle recule, la peur d’être perçu comme gai perd de son pouvoir. Quand elle diminue, le terrain de jeu s’ouvre : les gestes de tendresse redeviennent possibles.</p>



<p>Les enquêtes ethnographiques sur des lycées et campus britanniques ou nord-américains décrivent des groupes de garçons hétérosexuels qui rejettent ouvertement l’insulte homophobe et incluent des camarades gais dans leur cercle. <a href="https://www.taylorfrancis.com/reader/read-online/46ef3f94-4ae9-4efe-9fe2-53bdeb7d4b42/book/pdf?context=ubx" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Anderson</a> documente aussi une tactilité accrue entre eux : étreintes prolongées, partage de lit, gestes de tendresse qui auraient été impensables dans les années 1980. Une <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8674484/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">revue systématique publiée dans l’<em>American Journal of Men’s Health</em></a> synthétise 33 études. Elle identifie quatre traits récurrents dans ces masculinités contemporaines : plus d’inclusivité, plus d’intimité émotionnelle et physique, plus de résistance aux normes virilistes classiques. Dans cette lecture, « jouer au gai » ne signifie pas forcément se moquer des gais. C’est aussi le signe qu’une partie des garçons ne construit plus son identité en fuyant à l’idée de « passer pour pédé ».</p>



<p><strong>La lecture du « costume » : masculinités hybrides</strong></p>



<p>Bridges et Pascoe parlent de « <em><a href="https://compass.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/soc4.12134" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">masculinités hybrides</a></em> » : une « <em>incorporation sélective d’éléments associés aux masculinités marginalisées </em>». Concrètement, des hommes, souvent blancs, hétéros, de classe moyenne ou supérieure, s’approprient la sensibilité, l’humour queer ou la douceur sans jamais céder leur position de pouvoir.</p>



<p>Appliquée à notre jeu de départ, cette grille change la question. « Jouer au gai » devient un marqueur de confort social : seul celui qui est sûr de sa place dans la hiérarchie, masculin, hétéro, légitime, peut se permettre la mise en scène sans craindre que l’étiquette reste. McCormack, qui est pourtant l’un des partisans d’une lecture optimiste de la masculinité inclusive, le reconnaît lui-même : dans son ethnographie d’un lycée de milieu populaire en Angleterre, les attitudes pro-gais et la tactilité existent, mais « <em>ces comportements sont <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/1468-4446.12055" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">moins prononcés que chez les garçons de classe moyenne</a>.</em> » Un constat que <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8674484/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Connor et al</a>. élargissent : ces nouvelles formes de douceur et d’inclusivité s’observent surtout chez de jeunes hommes hétérosexuels, de classe moyenne, dans des pays occidentaux riches.</p>



<p>Au final, ces deux lectures ne s’excluent pas : les mêmes garçons peuvent adopter des gestes plus doux et inclusifs tout en portant ce « nouveau costume de classe » qui les laisse en position dominante.</p>



<p><strong>Toujours le même gagnant</strong></p>



<p>Ce jeu rappelle qu’on peut imiter, surjouer et tourner en dérision l’homosexualité, alors que ceux qui sont réellement gais n’ont pas cette marche arrière. <a href="https://www.jean-jaures.org/publication/lgbtphobies-etat-des-lieux-2019/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">La Fondation Jean-Jaurès</a> documente leurs stratégies d’invisibilité au quotidien : éviter de se tenir la main, changer de quartier, taire son couple.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Il faut une certaine tranquillité pour se déguiser en ce que d’autres subissent »</p>
</blockquote>



<p>Certains hommes gais apprennent à y participer, à rire avec le groupe, parfois pour s’y fondre. Mais cette adaptation a un coût : ce que Meyer appelle la « <em><a href="https://psycnet.apa.org/fulltext/2003-99991-002.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dissimulation de soi</a></em> » , c’est-à-dire mettre à distance sa propre identité pour survivre socialement. Cette stratégie constitue en soi une charge psychologique à part entière. Plus largement, ses travaux sur le stress minoritaire montrent que ces signaux répétés — blagues, sous-entendus, caricatures — alimentent un stress chronique fait d’anticipation du rejet, d’autosurveillance et de honte intériorisée, même sans violences explicites. <a href="https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2021/6-7/2021_6-7_1.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Les recherches sur les microagressions</a> envers les jeunes minorités sexuelles le confirment : ce type de blagues est associé à davantage de symptômes dépressifs et d’anxiété chez les jeunes LGBTQ+.</p>



<p>Ce jeu n’est jamais neutre et est toujours inégal. La vraie question reste : qui peut jouer sans jamais perdre? Les hommes hétérosexuels, les plus légitimes, peuvent « faire les gais » pour une blague et revenir aussitôt à une identité jamais menacée. Il faut une certaine tranquillité pour se déguiser en ce que d’autres subissent. Ceux directement concernés n’ont pas ce luxe. Le costume, pour eux, n’a jamais été un déguisement.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-performance-de-lhomosexualite-un-privilege/" data-wpel-link="internal">La performance de l’homosexualité : un privilège?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’épidémie de la nonchalance</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lepidemie-de-la-nonchalance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elie Nguyen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[expression]]></category>
		<category><![CDATA[nonchalance]]></category>
		<category><![CDATA[relations humaines]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60594</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour en finir avec l’insouciance de façade et embrasser pleinement l’authenticité.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’un des travers de notre génération est la tendance à adopter une attitude indifférente face à la vie. La nonchalance est devenue une forme de protection, où on minimise tout ce que l’on ressent : on cache ce qui pourrait nous atteindre et on évite de trop s’exposer. En paraissant insouciant, on garde le contrôle, puisque personne ne peut utiliser contre nous ce dont il ne mesure pas l’importance.</p>



<p>On est devenus profondément préoccupés par le regard des autres, au point d’ajuster nos réactions en permanence. Même dans des situations anodines, comme trébucher dans la rue, il faudrait rester nonchalant pour paraître cool et maître de soi, comme si de rien n’était. Mais pourquoi ne pas simplement en rire? Pourquoi a‑t-on ce réflexe de tout lisser, de tout contrôler, au lieu d’assumer pleinement des réactions humaines?</p>



<p>La même logique s’applique aux relations : avec l’essor des réseaux sociaux et des applications de rencontre, nos interactions semblent devenir de plus en plus calculées, presque stratégiques. On hésite à exprimer ce que l’on ressent vraiment, parce qu’on ne sait jamais ce que l’autre pourrait en penser. On craint de se montrer vulnérable, donc on ajuste et on réécrit. Dans nos messages, on pèse chaque mot, on mesure chaque silence. On veut éviter d’en dire trop, de paraître trop investi, comme si le simple fait de ressentir pleinement était un risque.</p>



<p>À force de craindre d’être « trop » – trop sensible, trop sincère – on finit par se taire. Je me suis souvent repliée sur moi-même, par peur d’être trop intense, trop envahissante. Avec le temps, j’ai appris à garder mes pensées pour moi, à mettre de la distance avec les autres. Mais si tout le monde faisait pareil, que resterait-il de l’élan partagé, de la passion exprimée sans retenue?</p>



<p>Si une personne a changé votre vie en mieux, si elle vous rend plus heureux que vous ne l’ayez jamais été, si elle a fait preuve de patience et de bienveillance, elle mérite de le savoir, simplement, sincèrement. Et la même chose vaut pour d’autres aspects de la vie : ne soyez pas nonchalants à propos de ce qui vous passionne. Célébrez votre travail acharné, soyez fiers de vos réussites. Apprenons à dire ce que l’on ressent, à offrir des compliments et à exprimer notre amour. Ce n’est ni excessif ni honteux.</p>



<p>Le risque d’embarras ne devrait jamais nous réduire au silence. On ne perd rien à partager de l’affection et de la joie, mais on ne peut que regretter de ne pas l’avoir fait. Ne nous privons pas du bonheur pour nous protéger d’une douleur potentielle, et cessons de nous contenter de vivre dans des peurs inventées de toutes pièces.</p>



<p>Montrer ce que l’on ressent n’est pas une faiblesse. Être honnête n’est pas une marque de vulnérabilité.</p>



<p>Aimons sans retenue. Applaudissons ouvertement. N’ayons pas peur d’être sincères. Rejetons l’idée de rentrer dans le moule des tendances nonchalantes. Soyons fiers et reconnaissants de ce que nous avons la chance de recevoir.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lepidemie-de-la-nonchalance/" data-wpel-link="internal">L’épidémie de la nonchalance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Ce que nous devons&#160;aux femmes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/ce-que-nous-devons-aux-femmes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eugénie St-Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[combat]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Journée internationale des droits des femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Votre entourage, en tant qu’étudiantes et étudiants de l’Université McGill, est peut-être composé en majorité de personnes qui se revendiquent comme féministes. Certaines le sont, d’autres le prétendent, mais relativement rares sont les McGillois qui refusent ouvertement le féminisme. Sur le campus, il s’agit à tout le moins d’un sujet de conversation – cela constitue&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/ce-que-nous-devons-aux-femmes/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Ce que nous devons&#160;aux femmes</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Votre entourage, en tant qu’étudiantes et étudiants de l’Université McGill, est peut-être composé en majorité de personnes qui se revendiquent comme féministes. Certaines le sont, d’autres le prétendent, mais relativement rares sont les McGillois qui refusent ouvertement le féminisme. Sur le campus, il s’agit à tout le moins d’un sujet de conversation – cela constitue un privilège considérable, qui ne reflète en rien la réalité à l’échelle québécoise, canadienne, encore moins à l’échelle internationale. Ce privilège risque toutefois d’entretenir l’illusion selon laquelle le combat pour les droits des femmes appartient désormais au passé. Il est facile, depuis notre position, de se demander pourquoi <em>Le Délit</em> choisirait de dédier son édition spéciale du semestre aux droits des femmes. </p>



<p>Parce que rien n’est encore véritablement acquis. Les droits pour lesquels plusieurs générations de féministes se sont battues pourraient toujours être révoqués, au gré des opinions changeantes de nos politiciens. De <em>leurs</em> politiciens, plutôt – car trop souvent encore, ce sont des assemblées majoritairement masculines qui légifèrent sur le corps et la vie des femmes. Il suffit de regarder du côté des États-Unis pour comprendre à quel point les droits des femmes sont précaires. Depuis l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade en 2022, le droit à l’avortement n’est plus garanti par la Constitution américaine. Cette décision a conduit quatorze États des États-Unis à l’interdire presque complètement. Par ailleurs, leur président actuel, Donald Trump, était déjà visé par plusieurs accusations d’agression sexuelle quand il a été élu en 2016 – sans mentionner sa <a href="https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/828427/condamnation-5-millions-trump-suite-verdict-abus-sexuel" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">condamnation</a> en 2024, ou les allégations plus récentes qu’on trouve dans le dossier Epstein. Visiblement, cela n’affectait en rien le vote des électeurs américains. Et on se demande pourquoi les femmes sont en colère.</p>



<p>On n’est jamais véritablement à l’abri, même avec des politiciens bien intentionnés. Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice du Québec, mettait lui aussi en péril le droit à l’avortement au début de l’année. En promettant de l’inscrire dans la future Constitution québécoise, il ouvrait la porte à des contestations juridiques par des groupes anti-choix. Son idée n’aboutira pas, sous la pression de groupes de femmes, du Barreau et du corps médical, mais le constat reste le même ; les politiciens continuent de débattre et de légiférer sur le corps des femmes en faisant la sourde oreille à leurs demandes. </p>



<p>La situation québécoise est, sans aucun doute, enviable à l’échelle internationale. Il existe encore de nombreux pays où les femmes ne peuvent pas ouvrir de compte bancaire en leur nom propre, bénéficier d’une éducation, ni quitter leur foyer sans la permission d’un tuteur masculin. Mais rien n’empêche un retournement de situation, comme celui que les États-Unis subissent actuellement. En page 9, Catherine se penche justement sur les violences à caractère sexuel dans un contexte québécois, et sur le peu d’importance que le gouvernement leur accorde encore aujourd’hui. </p>



<p>La Journée internationale des droits des femmes est donc, avant tout, un rappel qu’il faut rester vigilant. Ce n’est pas parce qu’il existe pire ailleurs que l’on doit renoncer à critiquer ce qui persiste ici. </p>



<p>Pour naviguer dans une société qui demeure indubitablement sexiste, il faut être résolument et inconditionnellement féministe. Il ne suffit pas de ne pas être misogyne, ou de souhaiter vaguement l’égalité des genres. L’écrivain français La Rochefoucauld écrivait que la plupart des trahisons se font par « faiblesse ». Refuser de se dire féministe, ou se contenter d’un féminisme passif, revient bel et bien à trahir les femmes de son entourage. Je vous encourage donc à ne pas être faibles, et à refuser la complaisance que vous permet vos privilèges.</p>



<p>À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, <em>Le Délit</em> est fier de dédier son édition spéciale du semestre à toutes celles qui s’identifient comme femmes. Avec quelques jours de retard, peut-être – mais ce n’est pas parce que la journée est passée que les réflexions qui l’entourent doivent prendre fin. Cette édition se veut tout autant un appel à la vigilance qu’un hommage aux femmes, à tout ce qu’elles ont accompli, à tout ce qu’on leur doit. </p>



<p>Nous vous invitons, entre autres, à vous interroger sur la place des femmes en Iran (page 5), à vous pencher sur la culture des régimes (page 8), à découvrir les recommandations d’autrices de l’équipe (page 16) et à en apprendre davantage sur la misandrie dans la culture (page 19).</p>



<p>Bonne lecture!</p>
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		<title>Les femmes MAGA au service du patriarcat</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/les-femmes-maga-au-service-du-patriarcat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anonyme]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Arika Kirk]]></category>
		<category><![CDATA[Erika Kirk]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Kristi noem]]></category>
		<category><![CDATA[MAGA]]></category>
		<category><![CDATA[mysoginie]]></category>
		<category><![CDATA[sexisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Kristi Noem et Erika Kirk comme figures de proue du néo-fascisme américain.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/les-femmes-maga-au-service-du-patriarcat/" data-wpel-link="internal">Les femmes MAGA au service du patriarcat</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L a montée en puissance de l’idéologie du mouvement politique <em>Make America Great Again</em> (MAGA) n’est pas qu’un accident ou qu’une simple parenthèse dans l’histoire américaine. Au contraire, ce fléau populiste est l’aboutissement rationnel d’un mariage longuement mijoté entre le conservatisme social, le néolibéralisme économique, et le sensationnalisme médiatique. Quoi qu’elle se vêtisse d’un nouvel habillage moderne et d’une esthétique grossière, cette fusion macabre porte en elle les caractéristiques héréditaires du fascisme, tel que le monde l’a vécu au 20e siècle. </p>



<p>Parmi ces héritages idéologiques, la domination masculine occupe une place particulière. Malgré le changement de décor et de circonstances, l’hégémonie masculine en politique n’a jamais été réellement remise en question, ni par les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale ni par les mouvements sociaux dits « woke ». Au contraire, ces dernières années, il semblerait que cette tradition patriarcale connaisse une résurgence – cette fois-ci sous une forme spectaculaire, combinant violence, assujettissement et sexualisation des femmes. </p>



<p>Sous le régime idéologique du mouvement MAGA, la transgression semble devenir une norme politique. À l’échelle sociale, cette attitude se manifeste d’abord par une misogynie assumée, comme celle promue par certains créateurs de contenu, tels que Andrew Tate. Elle se traduit également par un renforcement des pressions de conformité aux normes de genre. C’est donc à travers un double registre, combinant une rhétorique violente et un discours plus consensuel, que se communique la vision patriarcale du rôle des femmes dans la société moderne. </p>



<p><strong>Erika Kirk : de quelle tradition s’agit-il? </strong></p>



<p>Une des capacités distinctives de ce système patriarcal est son habileté remarquable à se perpétuer en instrumentalisant certaines femmes pour reproduire les structures qui les subordonnent. C’est à travers ce mécanisme d’opacité que sa présence se resserre sur la société, et que ses contradictions se dissimulent sous le couvert de liberté individuelle, de traditions ou de choix personnels. </p>



<p>Erika Kirk, commentatrice politique et veuve de Charlie Kirk, sous-entend un besoin « naturel » de docilité chez les femmes lorsqu’elle déclare : « <em><a href="https://www.msn.com/en-us/health/wellness/maga-christians-want-wives-to-stay-at-home-but-theres-an-ironic-hypocrisy/ar-AA1NG1ls" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">C’est à ton mari de partir à la conquête du monde, de se battre et de rentrer à la maison. De conquérir (tdlr). </a></em>» Ce qui frappe dans cette citation est la récurrence du champ sémantique de la guerre et son association avec la « responsabilité » masculine. Lorsque l’on considère que cette même Erika Kirk est célèbre pour ses appels à ce que les femmes « retrouvent leur place » dans la sphère domestique, un schéma familier se dessine. </p>



<p>La vision binaire et hiérarchisée des normes de genre n’est pas nouvelle. En s’adressant à un congrès de femmes nazies, Adolf Hitler lui-même s’est permis l’expression : « <em>Nous rejetons la théorie libérale-juive-bolchévique de l’égalité des femmes, car elle les déshonore! Une femme, si elle comprend bien sa mission, dira à un homme : “Tu protèges notre peuple du danger, et je te donnerai des <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Gertrud_Scholtz-Klink" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">enfants</a></em>”. » Ainsi, quand Erika Kirk se permet de nous dire : « <em>Ne laisse personne te priver de tes droits simplement parce que tu es un jeune homme, surtout si tu es un jeune homme <a href="https://www.msn.com/en-us/politics/government/erika-kirk-blasted-for-her-bizarre-remarks-about-disenfranchised-white-men-she-should-shut-up/ar-AA1YzIZc" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">blanc</a></em> », il devient difficile de ne pas y voir la résurgence d’une vision patriarcale du monde, dans laquelle les hiérarchies sociales, de genre, de race, et d’idéologie, s’entrelacent. Cette logique illustre la dominance intersectionnelle, un système d’ordre politique où les marqueurs d’identités sont cumulés de sorte à former une pyramide sociale où l’homme blanc fasciste occupe l’apex. </p>



<p><strong>Kristi Noem, entre victime et complice </strong></p>



<p>Dans cette équation politique, il devient difficile de comprendre le rôle confus et multiforme des femmes dans l’administration américaine. Cependant, en examinant le style de visibilité qu’adopte l’ancienne secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, Kristi Noem, on peut apprécier comment certaines femmes parviennent à naviguer entre les attentes patriarcales et les possibilités politiques pour se positionner de manière stratégique dans le paysage MAGA. Cette approche peut être comprise comme l’aboutissement d’une négociation complexe entre les rôles de genre, le pouvoir politique et les attentes sociales qui encadrent la participation des femmes à la sphère publique. </p>



<p>Professeure en sciences politiques à l’Université Clark, Valerie Sperling nous explique : « <em>Tout homme politique a pour mission de séduire son électorat, et l’un des moyens les plus simples d’y parvenir […] consiste à jouer sur les normes de genre, car celles-ci sont très faciles à comprendre. Pour les hommes, il s’agit de montrer que l’on est un homme politique fort, déterminé, rationnel, hétérosexuel et séduisant. La tâche est relativement facile pour les hommes, car, dans la binarité des genres, ces caractéristiques […] correspondent à la fois à la masculinité et à notre idée de ce qu’est un bon homme politique dans le cadre du patriarcat </em>» Cependant, professeure Sperling précise: « <em>Les femmes en politique sont dans une situation bien plus délicate, elles doivent marcher sur une corde raide bien plus marquée par les stéréotypes de genre. Les femmes doivent donc montrer qu’elles sont fortes, dures, déterminées et rationnelles, et, ce faisant, elles doivent contrer tous les stéréotypes que nous avons déjà sur les femmes </em>». Dans le cas de Kristi Noem, cette tension perpétuelle entre identité politique et de genre est accentuée par le rôle militarisé qu’elle assume au sein du Département de la sécurité intérieure et de sa sous-agence, le service d’immigration et des douanes (ICE). </p>



<p>Ainsi, comme le souligne professeure Sperling : « <em>Les femmes doivent montrer qu’elles sont fortes, tenaces, déterminées et rationnelles, et, ce faisant, elles doivent aller à l’encontre de tous les stéréotypes que nous avons déjà sur elles. Elles n’ont donc pas d’autre choix. Elles doivent montrer qu’elles sont tenaces, et c’est pourquoi on voit ce genre de look militarisé.</em> » Elle poursuit : « <em>Mais le plus difficile pour les femmes, c’est que lorsqu’elles se comportent ainsi, elles ne sont pas des femmes “convenables”</em> ». <em>Il doit donc toujours y avoir un facteur modérateur, quelque chose pour rassurer ce public masculin sur le fait qu’elle n’a pas trop de pouvoir, qu’elle ne dépasse pas trop les normes de son genre. Donc, le Botox, les cheveux longs, le clone de Melania, vous voyez […] elle essaie vraiment de naviguer dans le couloir très étroit des comportements acceptables pour les femmes en politique.</em> » </p>



<p><strong>Le masculinisme débordant </strong></p>



<p>Le patriarcat est bel et bien vivant. L’inclusion des femmes dans le mouvement MAGA ne promulgue en rien plus d’égalité, et nourrit au contraire une propagande idéologique qui s’intensifie sans relâche. C’est ainsi que la politique étrangère des États-Unis adopte à la fois une rhétorique masculiniste, mais aussi une attitude belligérante, qui fait écho aux structures patriarcales qui caractérisent la politique domestique du pays. </p>



<p>Entre les débordements machistes du deux fois divorcé secrétaire de la guerre Pete Hegseth, et les mises en scène médiatiques d’une virilité politique associée à la force militaire, le discours officiel propose un imaginaire de domination et de puissance masculin. </p>



<p>Quand les États-Unis bombardent une école primaire pour filles de Minab en Iran, ce n’est pas pour défendre la cause des femmes.</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/les-femmes-maga-au-service-du-patriarcat/" data-wpel-link="internal">Les femmes MAGA au service du patriarcat</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Des initiatives qui rassemblent</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/des-initiatives-qui-rassemblent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[communauté étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[initiatives]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À McGill, des projets pour célébrer et soutenir les femmes.</p>
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<p></p>



<p></p>
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		<item>
		<title>Élections de l’exécutif de l’AÉUM</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/elections-de-lexecutif-de-laeum/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[candidats]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Présentation des candidats à l'exécutif de l'AÉUM.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center"><br><strong>Présidence</strong></p>



<p><strong>Laurence Desjardins</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" width="720" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/image000001.jpg" alt class="wp-image-60482" style="aspect-ratio:3/4;object-fit:cover;width:287px" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/image000001.jpg 720w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/image000001-650x1444.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/image000001-150x333.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/image000001-691x1536.jpg 691w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px"><figcaption><span class="media-credit">Laurence Desjardins</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Desjardins, candidate à la présidence, issue de la coalition S.T.A.N.D., promet de rendre l’AÉUM « plus politique ». L’étudiante de deuxième année en études sur le genre explique qu’elle ne se sentait pas représentée par les élus de l’AÉUM et que c’est ce qui a motivé sa décision de se présenter. « On [les candidats du S.T.A.N.D.] est là depuis deux, trois, quatre ans et on voit comment l’AÉUM n’est pas représentative pour nous, et on veut voir du changement. On a réalisé qu’on allait devoir faire le changement nous-mêmes », raconte-t-elle. Desjardins a pour projet de faire « plus d’assemblées générales, plus de <em>town halls</em> ». Elle veut également « s’assurer que les questions de référendum reflètent la totalité des options ». Au-delà de cette promesse de transparence, Desjardins compte défendre le projet BDS (<em>Boycott, Divestment, Sanctions</em>) devant le Conseil des gouverneurs ; le tout dans l’optique de « représenter les voix étudiantes ». « Il faut obliger l’administration à nous écouter ; c’est quelque chose qui n’a pas vraiment été fait », ajoute-t-elle. Sur la question de son manque d’expérience au sein de L’AÉUM, Desjardins déclare n’avoir « aucun souci » : « Je crois que comme n’importe quelle autre personne qui se candidate, je vais avoir beaucoup de choses à apprendre. Mais j’ai d’autres expériences qui font que je sais que je vais être compétente dans le rôle. » Elle cite notamment des expériences liées au leadership, à l’activisme, à la politique.</p>



<p><strong>Hamza Abu-Alkhair</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" width="1080" height="1080" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1.png" alt class="wp-image-60490" style="width:357px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1.png 1080w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1-650x650.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1-150x150.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1-768x768.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1-600x600.png 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1-120x120.png 120w" sizes="(max-width: 1080px) 100vw, 1080px"><figcaption><span class="media-credit">Hamza Abu-Alkhair</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Contacté à plusieurs reprises, Hamza Abu-Alkhair n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue. Sa plateforme repose sur trois piliers : l’accessibilité, la communauté et la stabilité financière. L’accessibilité consiste en des mises à jour régulières de la part de l’AÉUM, mais aussi une meilleure communication lors de moments clés comme l’orientation des étudiants de première année, et les périodes de stress comme lors des examens. Le sens de communauté passe, selon Abu-Alkhair, par une visibilité accrue de l’AÉUM sur le campus, et par la création d’évènements de communauté basés sur des idées d’étudiants. Enfin, la stabilité financière passe par plus de confiance et de responsabilité, alors que l’AÉUM gère des millions de dollars, selon le candidat. L’association doit ainsi maximiser son efficacité et réduire les dépenses inutiles, ajoute Abu-Alkhair.</p>



<p class="has-text-align-center"><br><strong>Vice-présidence (Clubs et services)</strong></p>



<p><strong>Acadia Knickerbocker</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="582" height="321" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Acadia-Knickerbocker.png" alt class="wp-image-60486" style="aspect-ratio:1.8131236917684856;width:503px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Acadia-Knickerbocker.png 582w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Acadia-Knickerbocker-150x83.png 150w" sizes="auto, (max-width: 582px) 100vw, 582px"><figcaption><span class="media-credit">Acadia Knickerbocker</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Acadia Knickerbocker, qui a siégé au sein de l’équipe exécutive de l’AÉUM en tant que porte-parole du Conseil législatif, se présente avec l’ambition de mener des réformes structurelles, notamment en enlevant les retards administratifs. Cela passe, selon elle, par l’embauche de nouveaux comptables, qui seraient employés par l’AÉUM. Elle assure aussi vouloir restructurer le <em>Students Group Committee</em>, qui gère les clubs de l’Université, ce qui passe par la formation d’un « <em>sous-comité athlétique (tdlr) </em>», pour que les clubs fonctionnent plus efficacement. Pour ce qui est des services de l’AÉUM, elle souhaite que chacun ait son propre compte en banque, ce qui n’est pas le cas actuellement et qui « <em>permettrait de limiter les retards administratifs et d’assurer un fonctionnement plus efficace </em>». Elle-même ancienne membre exécutive d’un club, elle dit « <em>comprendre les difficultés des clubs à faire fonctionner les évènements </em>». Enfin, elle souhaite remanier les locaux des clubs, souvent sous-utilisés à cause de dysfonctionnements administratifs. Cela faciliterait l’entreposage de matériel par ces derniers.</p>



<p><strong>Mars Gagawchuk</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1334" height="2000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-1334x2000.jpeg" alt class="wp-image-60479" style="aspect-ratio:0.6670017688304086;width:441px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-1334x2000.jpeg 1334w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-650x975.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-150x225.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-768x1151.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-1025x1536.jpeg 1025w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-600x900.jpeg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk.jpeg 1366w" sizes="auto, (max-width: 1334px) 100vw, 1334px"><figcaption><span class="media-credit">Mars Gagawchuk</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Mars Gagawchuk se présente en tant que membre de la coalition S.T.A.N.D., afin que ces derniers aient « <em>l’autonomie, les ressources et le support institutionnel pour continuer à développer la communauté mcgilloise </em>». Ses quatre priorités en tant que candidate à l’élection sont les suivantes : « <em>Lutter contre l’insécurité alimentaire grandissante sur le campus, grâce à la réinstauration de Midnight Kitchen </em>», « <em>effectuer un audit complet des espaces sous-utilisés du campus afin que les associations et les services disposent de lieux plus accessibles pour se réunir et organiser leurs activités</em> », « <em>adopter une position ferme contre le projet de loi 9 tout en plaidant en faveur de l’agrandissement des espaces de prière afin de répondre aux problèmes de capacité liés à l’augmentation des effectifs étudiants à McGill </em>» et finalement, « <em>travailler à la désinstitutionnalisation des services de santé mentale de l’Université </em>». Quant à la place du français dans l’association universitaire, elle assure que certaines de ses réunions et de ses heures de disponibilité seront menées en français.</p>



<p><strong>Kareem El Hosini</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1080" height="1080" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14.png" alt class="wp-image-60487" style="width:236px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14.png 1080w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14-650x650.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14-150x150.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14-768x768.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14-600x600.png 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14-120x120.png 120w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px"><figcaption><span class="media-credit">Kareem El Hosini</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Contacté à plusieurs reprises, Kareem El Hosini n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue. Dans une brochure publiée par l’AÉUM, il dit vouloir « <em>faciliter l’organisation de la vie étudiante et enrichir les expériences qu’elle offre </em>». Il ajoute vouloir créer des «<em> occasions de collaboration entre l’AÉUM et les clubs, afin d’offrir de plus grands et de meilleurs évènements </em>».</p>



<p></p>



<p></p>



<p></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Vice-présidence (Affaires universitaires)</strong></p>



<p><strong>Meghan Lai</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1333" height="2000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-1333x2000.jpg" alt class="wp-image-60478" style="aspect-ratio:0.666488981343041;width:272px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-1333x2000.jpg 1333w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-650x975.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-150x225.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-768x1152.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-1024x1536.jpg 1024w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-1365x2048.jpg 1365w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-600x900.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-scaled.jpg 1707w" sizes="auto, (max-width: 1333px) 100vw, 1333px"><figcaption><span class="media-credit">Meghan Lai</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Sénatrice de la faculté d’éducation cette année, Meghan Lai se présente au poste de vice-présidente aux affaires universitaires avec un programme composé de trois sections : le monde universitaire, le milieu associatif et la communauté étudiante. « <em>Je veux travailler vers une éducation utile aux étudiants », exprime-t-elle. Elle souhaite un « accès à un enseignement équitable </em>», notamment vis-à-vis du <em>Policy on Assessment of Student Learning</em> (PASL), que beaucoup d’étudiants ne connaissent pas. Lai avance qu’« <em>il faut que les étudiants s’épanouissent, pas seulement qu’ils soient en position de survie à l’Université</em> », et que leur « <em>expérience à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la classe soit soutenue et agréable </em>». Dans cet objectif, Lai compte travailler avec le Student Wellness Hub, qui fait face à un nombre toujours plus élevé d’étudiants en détresse chaque année, qui « <em>ne se sentent pas soutenus</em> ». Cela passerait par la création d’une plateforme de prise de rendez-vous en ligne pour qu’il y ait une accessibilité plus aisée au service. Enfin, elle veut « <em>reconstruire la relation entre l’AÉUM et les étudiants pour qu’ils aient confiance en nous en tant que leaders étudiants.</em> »</p>



<p><strong>Cecelia Callaghan</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1334" height="2000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-1334x2000.jpg" alt class="wp-image-60484" style="aspect-ratio:0.6670017688304086;width:319px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-1334x2000.jpg 1334w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-650x975.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-150x225.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-768x1151.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-1025x1536.jpg 1025w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-600x900.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan.jpg 1366w" sizes="auto, (max-width: 1334px) 100vw, 1334px"><figcaption><span class="media-credit">Cecelia Callaghan</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Candidate dans le groupe S.T.A.N.D., le programme de Cecelia Callaghan se résume en six points : l’anti-austérité, le boycottage, le désinvestissement et les sanctions, les soins adaptés au genre et la santé mentale. Elle souhaite aussi revoir la politique d’intelligence artificielle de l’Université et s’oppose à la nouvelle politique d’identification menée par McGill (page 6). À l’heure des coupes budgétaires, elle assure vouloir « <em>travailler dur, afin d’assurer que les fonds universitaires soient envoyés vers des initiatives et des services de soutien dont les étudiants ont besoin</em>». Cela passe par une meilleure rémunération des assistants d’enseignement, un campus avec des équipes sportives, ainsi que des produits d’hygiène menstruelle disponibles à travers le campus. « <em>Je défendrai de meilleurs soutiens à la santé mentale, les rendant plus accessibles pour les étudiants », </em>affirme Callaghan, qui décrit l’accès aux soins de santé mentale comme présentement inaccessibles. En ce qui concerne sa politique d’intelligence artificielle, elle promet d’établir une politique définitive contre l’utilisation de l’IA sur le campus, dont elle juge les effets dévastateurs sur le climat, qui <em>«impactent de manière disproportionnée les communautés racisées </em>».</p>



<p></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Vice-présidence (Affaires externes)</strong></p>



<p><strong>Justice Bongiovanni</strong></p>


<div class="wp-block-image is-style-default">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="574" height="618" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-18-at-2.47.18-PM.png" alt class="wp-image-60539" style="aspect-ratio:1.0989160743862298;width:322px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-18-at-2.47.18-PM.png 574w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-18-at-2.47.18-PM-150x161.png 150w" sizes="auto, (max-width: 574px) 100vw, 574px"><figcaption><span class="media-credit">Justice Bongiovanni</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Déjà avant sa candidature, Bongiovanni s’implique dans la politique, notamment auprès du parti Conservateur canadien et de Stand With Us, une organisation pro-israélienne. Son ambition pour le poste de VP externe se concentre autour du prix de la nourriture sur le campus. « Il n’y a pas assez de coopératives », affirme-t-il, « et c’est ce que je veux changer ». Pour faire cela, il souhaite que les coopératives déjà présentes sur le campus aient plus de liberté, dont le droit de vendre des produits avec de la viande et des produits laitiers. Il soulève aussi l’importance de ses capacités en français. Selon Bongiovanni, les étudiants de McGill ont besoin d’un représentant bilingue qui puisse faire la liaison avec le gouvernement.</p>



<p><strong>Harry Wang</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1066" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry.jpeg" alt class="wp-image-60483" style="aspect-ratio:0.6662472035794184;width:280px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry.jpeg 1066w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry-650x976.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry-150x225.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry-768x1153.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry-1023x1536.jpeg 1023w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry-600x900.jpeg 600w" sizes="auto, (max-width: 1066px) 100vw, 1066px"><figcaption><span class="media-credit">Harry Wang</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Actuel membre élu parlementaire à l’AÉUM, Wang se présente pour le poste de vice-président aux affaires externes. Cependant, ce n’est pas tant son rôle au sein de l’AÉUM qu’il met le plus en avant dans sa campagne, mais son identité en tant qu’immigrant de première génération, qui lui confère une empathie pour les étudiants nouveaux arrivants. Il ajoute que son expérience dans l’administration lui a aussi fait comprendre les limites du possible, et qu’il saura se concentrer sur ce qui est possible, de manière à être efficace et réussir ses projets. Un des points principaux de sa <a href="https://drive.google.com/file/d/1THLIGM7W2m5cs_OVJcn6--ZrDgXobBpP/view?fbclid=PAZXh0bgNhZW0CMTEAc3J0YwZhcHBfaWQMMjU2MjgxMDQwNTU4AAGnPqOJ2-_6VGewbt_IMsVeQ0J54LGg954ThFLKm7kTGUhbPchl9Z5PSd8FQjA_aem_BfJog_-NL0IOdCvx-cPyHg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plateforme</a> est la lutte contre la hausse des frais d’études, notamment en créant des programmes de subvention pour les étudiants dans le besoin. Un autre pilier important : la francophonie. Wang soutient l’importance de l’apprentissage du français et de la culture québécoise pour les étudiants étrangers. Il souhaite donc organiser avec le gouvernement québécois des cours de français décontractés qui n’auraient pas d’impact sur le GPA. Il déplore aussi le manque d’opportunités de stages en français, et propose d’augmenter les collaborations avec les universités et entreprises francophones de Montréal.</p>



<p><strong>Safia Haiboub</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1066" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia.jpeg" alt class="wp-image-60476" style="aspect-ratio:0.6662472035794184;width:343px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia.jpeg 1066w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia-650x976.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia-150x225.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia-768x1153.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia-1023x1536.jpeg 1023w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia-600x900.jpeg 600w" sizes="auto, (max-width: 1066px) 100vw, 1066px"><figcaption><span class="media-credit">Safia Haiboub</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Candidate S.T.A.N.D., Safia Haiboub souhaite apporter son expérience au sein du bureau des affaires externes de l’AÉUM et dans les mouvements militantistes populaires. Elle explique que son travail avec l’AÉUM, spécifiquement dans les affaires externes, lui ont permis de connaître les attentes du poste de VP externe. Selon elle, son engagement militant lui permet non seulement d’avoir des contacts avec de nombreuses organisations telles que les Mères Mohawks, mais aussi d’apporter au AÉUM une nouvelle perspective. Un de ses objectifs centraux : lutter contre la loi C‑12, qui vise à renforcer le système d’immigration et la frontière, et la loi 21 sur la laïcité. « <em>Beaucoup d’organisations sont déjà en train de faire campagne, et j’aimerais collaborer avec elles</em> », explique-t-elle. Elle ajoute vouloir mieux soutenir la Commission aux affaires francophones. « <em>Les précédents VP externes ne savaient pas parler français </em>», dit-elle, « <em>ce qui a engendré des malentendus et ralenti certaines initiatives. Ils ont tellement de bonnes idées, il leur faut juste une meilleure plateforme</em> ».</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Vice-présidence (Affaires internes)</strong></p>



<p><strong>Anna El Murr</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1080" height="715" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Anna-El-Murr.jpg" alt class="wp-image-60485" style="aspect-ratio:1.5105187319884725;width:493px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Anna-El-Murr.jpg 1080w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Anna-El-Murr-650x430.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Anna-El-Murr-150x99.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Anna-El-Murr-768x508.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px"><figcaption><span class="media-credit">Anna El Murr</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Actuelle représentante de la Faculté de génie au sein de l’AÉUM, El Murr porte l’emphase sur la sensibilisation et la fluide communication des évènements et des activités de l’AÉUM. Tout cela dans l’optique de rapprocher l’exécutif à la communauté étudiante. « <em>Il faut rendre la communication beaucoup plus claire, tout particulièrement pour la communauté francophone </em>», a‑t-elle expliqué, « <em>La communication sur les réseaux, par exemple, doit être faite dans les deux langues. Je m’assurerai aussi qu’il y ait des traducteurs à chaque événement </em>». Elle appelle aussi à approfondir le partenariat avec les associations étudiantes francophones, « <em>pour que la communauté ne se sente pas moins intégrée</em> ». Une meilleure communication générale remédiera, selon El Murr, le souci de transparence et de reconnaissance de l’AÉUM : « <em>Il existe une déconnexion entre l’exécutif de l’AÉUM et la communauté étudiante qu’il faut réparer en instaurant une confiance et en montrant qu’ils jouent le rôle pour lequel ils ont été élus</em>. »</p>



<p><strong>Sophie Smithson</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1178" height="1766" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson.jpg" alt class="wp-image-60475" style="aspect-ratio:0.66704421084782;width:244px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson.jpg 1178w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson-650x974.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson-150x225.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson-768x1151.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson-1025x1536.jpg 1025w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson-600x900.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 1178px) 100vw, 1178px"><figcaption><span class="media-credit">Sophie Smithson</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Actuelle vice-présidente aux affaires internes de l’Association des étudiants en génie de McGill (EUS), Sophie Smithson souhaite intégrer l’exécutif de l’AÉUM avec plusieurs objectifs en tête. Elle propose d’augmenter le nombre d’événements et leur accessibilité en les rendant soit gratuits, soit disponibles par un système de bourse, « de renforcer la collaboration entre les facultés les clubs et les groupes étudiants », et « d’améliorer la communication par l’entremise du Listserv et des réseaux sociaux de l’AÉUM ». Elle compte sur une communication plus approfondie avec la communauté étudiante, proposant « des systèmes de rétroaction plus structurés pour les événements, afin que les étudiants puissent partager leurs expériences et leurs idées d’amélioration ». En ce qui concerne la communauté francophone, Smithson met l’accent sur l’accessibilité, avec toutes les informations événementielles diffusées dans les deux langues : « La collaboration avec les groupes francophones est encouragée afin de soutenir une programmation qui célèbre la culture francophone sur le campus. »</p>



<p><strong>Maggie Tang</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="546" height="546" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Maggie-Tang.jpg" alt class="wp-image-60480" style="width:422px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Maggie-Tang.jpg 546w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Maggie-Tang-150x150.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Maggie-Tang-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 546px) 100vw, 546px"><figcaption><span class="media-credit">Maggie Tang</span></figcaption></figure>
</div>


<p>« <em>Inclusivité, sécurité, bonnes ondes</em> » : voilà les trois piliers du programme électoral de Maggie Tang. Ses promesses de campagne : « <em>Plus d’événements gratuits, plus d’options sans-alcool, et plus de partenariats entre les facultés. </em>» Dans le rôle qu’elle qualifie d’« <em>architecte de la culture du campus </em>», Tang entend surtout «<em>transformer l’AÉUM d’un corps bureaucratique éloigné à une présence centrée sur la communauté </em>». Elle souhaite aussi raviver certaines traditions comme le carnaval d’hiver, tout en introduisant de nouveaux événements comme le marché de nuit de McGill. Actuellement administratrice interne, Tang compte sur cette expérience pour « <em>assurer que les changements soient approuvés par l’administration dès le premier jour </em>». Pour la communauté francophone, la native de Toronto promet d’être accompagnée par un·e traducteur·rice dans ses discussions avec la communauté étudiante, « <em>afin de bien comprendre leurs besoins</em>».</p>



<p><strong>Mia Duddy-Hayashibara</strong></p>


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<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1080" height="1620" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia.jpg" alt class="wp-image-60477" style="aspect-ratio:0.6666624270251708;width:345px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia.jpg 1080w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia-650x975.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia-150x225.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia-768x1152.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia-1024x1536.jpg 1024w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia-600x900.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px"><figcaption><span class="media-credit">Mia Duddy-Hayashibara</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Représentante du parti S.T.A.N.D. dans les élections pour VP interne, Duddy-Hayashibara met l’accent sur la transparence et l’implication plus générale de la communauté étudiante. Elle explique : « <em>Mon but principal est de donner plus de pouvoir à la communauté étudiante, c’est ce que ma coalition, S.T.A.N.D., souhaite accomplir. C’est à dire plus d’assemblées générales, et rendre les activités de l’AÉUM plus transparentes. </em>» Elle rappelle aussi le rôle politique du poste : « <em>Il faut respecter les vœux démocratiques des étudiants. Cela veut dire, par exemple, ne pas inviter les opposants de BDS[Boycott, Divest, Sanction, ndlr] à nos salons de l’emploi. </em>» Enfin, sans oublier la communauté francophone, elle note : « <em>Il faut permettre à la Commission des affaires francophones de continuer à faire ce qu’ils font, tous leurs événements fantastiques. Il faut aussi s’assurer qu’il y ait les informations en français sur le compte Instagram.</em> »</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/elections-de-lexecutif-de-laeum/" data-wpel-link="internal">Élections de l’exécutif de l’AÉUM</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Pourquoi le L est en premier dans LGBTQ+</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pourquoi-le-l-est-en-premier-dans-lgbtq/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[2SLGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[lesbienne]]></category>
		<category><![CDATA[sida]]></category>
		<category><![CDATA[solidarité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le rôle des lesbiennes pendant l’épidémie du sida.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pourquoi-le-l-est-en-premier-dans-lgbtq/" data-wpel-link="internal">Pourquoi le L est en premier dans LGBTQ+</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">On peut observer en ce moment une montée des tensions et des divisions au sein même de la communauté LGBTQ+. Des groupes de personnes s’identifient comme gais, <a href="https://nypost.com/2023/11/18/opinion/why-its-time-for-lgb-to-divorce-tq/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">remettent en question</a> la légitimité de la présence du T (transgenre) dans l’acronyme LGBT, expliquant que, pour elles, la transidentité n’a pas de rapport avec leur sexualité. Ce genre de discours s’intègre dans un climat de plus en plus hostile aux personnes LGBTQ+, à la fois dans la société, mais également au sein de leur propre communauté. Avec l’avènement de tensions intracommunautaires, l’ordre actuel de l’acronyme LGBTQ+ nous renvoie à une période de solidarité entre les différentes identités.</p>



<p>L’ordre des lettres n’a pas toujours été celui que l’on connaît aujourd’hui. En effet, dans les années 60 et 70, le terme GLBT était le plus répandu. Cela reflétait la domination des hommes gais aussi bien par le nombre de bars et d’espaces qui leur étaient consacrés que par leur représentation relativement disproportionnée dans les milieux militants. Car, même si les différents groupes de la communauté partageaient des expériences d’oppression similaires, la question <a href="https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/26532478/intersectionnalite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">de l’intersectionnalité</a> – c’est-à-dire le cumul des différentes formes de domination ou de discrimination – peut expliquer un sentiment de supériorité que certains hommes homosexuels blancs pouvaient ressentir. Il existait notamment une <a href="https://www.huffpost.com/entry/aids-crisis-lesbians_n_5616867ae4b0e66ad4c6a7c4" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">hostilité</a> assez importante entre les hommes gais et les femmes lesbiennes, influencée en partie par un sexisme flagrant ancré dans les structures patriarcales de l’époque.</p>



<p>Cependant, l’épidémie du sida a modifié le rapport entre les deux groupes. Au cours de cette crise, les hommes homosexuels, qui en étaient les principales victimes, ont souvent été abandonnés, que ce soit par le gouvernement ou plus largement par la société. La stigmatisation et la marginalisation des homosexuels ont conduit certains professionnels de la santé à refuser de traiter les personnes atteintes du sida.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Cette solidarité inattendue symbolise la capacité […] </p>



<p class="has-text-align-center">de ces groupes à s’unir dans l’adversité »</p>
</blockquote>



<p><strong>Une solidarité en temps de crise</strong></p>



<p>C’est dans ce contexte de détresse importante que des groupes de lesbiennes se sont formés, notamment afin d’organiser des dons de sang. En effet, les patients atteints du VIH souffrent souvent d’anémies et nécessitent de nombreuses transfusions. Mais, dans l’objectif d’éviter la contamination des réserves, de nombreux gouvernements avaient décidé de <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5554671/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bannir</a> le don aux hommes qui avaient des relations sexuelles avec d’autres hommes, aggravant la pénurie de sang. Les femmes lesbiennes, n’ayant aucune restriction administrative du même style, ont décidé de s’organiser afin de mettre en place des récoltes. Une des organisations de Blood Sisters les plus connues est celle de <a href="https://www.teenvogue.com/story/san-diego-blood-sisters-lifesaving-care-during-the-aids-crisis" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">San Diego</a>, qui a réussi à organiser 12 collectes sur une décennie, témoignant d’un soutien indéfectible à la communauté.</p>



<p>Ce soutien ne se limitait pas aux dons de sang. Nombreuses étaient les femmes lesbiennes qui se portaient volontaires pour travailler en tant qu’infirmières dans les hôpitaux. Elles apportaient aussi un soutien psychologique en rendant visite aux hommes atteints du sida, qui étaient souvent délaissés par leur famille. Certaines de ces femmes allaient jusqu’à ouvrir des <a href="https://www.youthco.org/lesbian_solidarity_during_the_aids_epidemic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">hospices</a> dans leurs propres maisons afin d’offrir aux personnes mourantes la possibilité de finir leur vie dans un environnement plus paisible.</p>



<p><strong>Un symbole d’unité</strong></p>



<p>Cette solidarité inattendue de la part d’une communauté qui avait souvent été méprisée par les hommes gais symbolise la capacité de ces groupes à s’unir dans l’adversité. Si le terme LGBT était déjà quelque peu utilisé, la démocratisation de son emploi dans cet ordre précis témoigne d’une reconnaissance particulière envers la communauté lesbienne</p>
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		<title>Sois belle et tais-toi</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/sois-belle-et-tais-toi-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[inclusion]]></category>
		<category><![CDATA[intersectionnalité]]></category>
		<category><![CDATA[réflexion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Petit guide pratique pour écarter les femmes du canon littéraire. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/sois-belle-et-tais-toi-2/" data-wpel-link="internal">Sois belle et tais-toi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Un complexe de supériorité. C’est tout ce qu’il a fallu pour qu’un beau jour, l’homme devienne le sexe fort. Ce sexe fort auquel il faut obéir, devant lequel il faut baisser la tête. Le pouvoir masculin, en plus d’être considéré comme l’autorité suprême aux yeux de Dieu (mais quel misogyne, celui-là), se voit octroyer le droit exclusif d’écrire des chefs‑d’œuvre. La prose, les récits, les personnages de Balzac, Hugo, Tolstoï et Shakespeare ont bâti la littérature d’aujourd’hui. Nous sommes des nains perchés sur les épaules de géants, pour reprendre la métaphore de Bernard de Chartres. Heureusement pour nous, du haut de notre perchoir, nous pouvons corriger les erreurs de nos prédécesseurs.</p>



<p>Ne nous voilons pas la face, lorsqu’on songe aux grands noms de la culture avec une perspective eurocentrée, tout particulièrement en littérature ; ce sont des hommes et ils sont blancs. Et si notre esprit s’égare à tout hasard vers les femmes? Après Simone de Beauvoir, Mary Shelley et Virginia Woolf, bien des esprits sont vides. L’exercice est compliqué. Encore davantage si on s’attarde à tout ce qui précède le 19e siècle.</p>



<p>C’est la sécheresse totale dans le cerveau de bien des gens. Le vôtre, peut-être. Mais ne craignez rien, ce n’est pas de votre faute. Cette absence de figures féminines dans le canon littéraire tient à une multitude de facteurs qui se résument à l’oubli. Un oubli collectif. Un oubli volontaire.</p>



<p><strong>Un oubli qui remonte à l’Antiquité</strong></p>



<p>Les autrices féminines ont péniblement gagné leurs lettres de noblesse. Leurs œuvres ont quant à elles été rayées des cursus académiques depuis les écoles palatines de Charlemagne. Le problème ne tient pas à un manque d’autrices. En 1678, <em>La Princesse de Clèves</em> est publié anonymement par Madame de Lafayette. En 1807, Germaine de Staël publie Corinne ou l’Italie. Bien avant elles, vers l’an 120, Ban Zhao, la première historienne et écrivaine féminine chinoise, laisse sa trace. Et aux 7e et 6e siècles avant Jésus-Christ, Sappho de Mytilène, poétesse pionnière, est à l’origine du &nbsp;<a href="https://www.historia.fr/personnages-historiques/biographies/qui-etait-sappho-figure-de-lantiquite-et-pionniere-de-la-poesie-2078363" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lyrisme</a>. L’imaginaire collectif a l’audace de se souvenir d’elle seulement pour ses préférences amoureuses ô si scandaleuses. Réflexe du sexe barbare : placer la sexualité d’une femme avant l’intellect de ses écrits. Depuis des millénaires, des femmes écrivent, mais la mémoire collective les invisibilise. Si elles ont longtemps été exclues du cursus scolaire, leur travail a aussi été découragé. L’Histoire – lire ici les hommes blancs au pouvoir et l’Église – voudrait bien nous faire croire qu’aucune femme de la Renaissance n’était capable d’écrire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« L’Histoire – lire ici les hommes blancs au pouvoir et l’Église – voudrait bien nous faire croire qu’aucune femme de la Renaissance n’était capable d’écrire »</p>
</blockquote>



<p>Bien sûr, limiter l’éducation des femmes et décourager leur intérêt envers les sphères soi-disant « masculines » a considérablement contribué à priver la société d’aujourd’hui des plus grands esprits de l’époque. Malgré ces obstacles, il est nécessaire de préciser que les écrivaines prenaient quand même la plume et revendiquaient leur existence, faisant fi des volontés répugnantes de leurs comparses. Elles n’ont jamais été silencieuses. Louise Labé, Marguerite de Navarre et Pernette du Guillet ont bel et bien existé, tout autant que Christine de Pizan, Hélisenne de Crenne, Marie de France, Marie de Gournay ou Riccoboni. Sans compter celles poussées dans l’oubli, effacées et inatteignables, même pour les esprits les mieux intentionnés.</p>



<p>La société continue de voir d’un mauvais œil les publications féminines après la Renaissance. Ce n’est pas sans raison que certaines se cachent, comme Aurore Dupin, connue sous le nom George Sand, qui adopte un pseudonyme masculin. Être un homme n’est pas qu’un net avantage lors de la publication d’ouvrages, c’est la clé de la pérennisation d’une quelconque œuvre littéraire.</p>



<p><strong>Dans l’ombre des projecteurs</strong></p>



<p>Le proverbe « derrière chaque grand homme se cache une grande femme » est plus littéral qu’on aurait pu le croire. Sa formulation pourrait toutefois être améliorée : derrière chaque grand homme est cachée une femme. L’intelligence n’étant pas une qualité existant seulement chez les hommes, les femmes ont elles aussi produit des chefs-d’œuvre… sans toujours en récolter le crédit. Les femmes ne se cachaient pas toutes volontairement derrière le « talent » de leur mari sans broncher. Et c’est tant mieux.</p>



<p>Certaines femmes n’ont pas traversé l’enfer, mais ont tout de même été pénalisées. C’est le cas de Vera Nabokov, née Slonim, qui <a href="https://www.theatlantic.com/entertainment/archive/2014/04/the-legend-of-vera-nabokov-why-writers-pine-for-a-do-it-all-spouse/359747/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a abandonné sa propre carrière d’écrivaine</a> pour faire fleurir celle de son mari, Vladimir Nabokov. Bien que ce dernier l’ait remerciée avec maintes effusions de tendresse dans ses écrits, le monde a été privé de la prose de Vera Nabokov. Un sacrifice fait par maintes femmes, que l’Histoire continue de plonger dans le gouffre de l’anonymat. Gatsby le magnifique, ce classique racontant les années folles, est rédigé par F. Scott Fitzgerald. Ou plutôt, en collaboration avec Zelda Sayre Fitzgerald. Le roman serait fortement inspiré de lettres écrites par Zelda Sayre, que son mari <a href="https://theconversation.com/thanksfortyping-the-women-behind-famous-male-writers-75770" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">aurait plagiées</a>. De la même façon, William Wordsworth <a href="https://www.ripleys.com/stories/women-behind-male-writers" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a volé des descriptions</a> et des bribes de journaux intimes à sa sœur, Dorothy Wordsworth, et sa femme, Mary Wordsworth. Henry Gauthier-Villars, dit Willy, lui, usait d’une tactique plus directe : il <a href="https://archive.nytimes.com/www.nytimes.com/books/99/02/14/reviews/990214.14martint.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">enfermait sa femme</a>, Sidonie-Gabrielle Colette, jusqu’à ce qu’elle produise une quantité de prose qu’il jugeait suffisante. Colette est l’une des rares à obtenir une fin heureuse : elle laissera son mari, publiera sous son propre nom de famille et connaîtra enfin la renommée qu’elle mérite.</p>



<p><strong>L’intersectionnalité : le double désavantage</strong></p>



<p>Quelques noms féminins ont été retenus par le canon littéraire : Beauvoir, Woolf, Plath et Shelley entre autres. Mais il y a encore discrimination, effacement, silence. Ces femmes entrées dans le canon littéraire sont presque exclusivement blanches. Si la place faite aux femmes dans les « classiques » est mince, celle faite aux femmes d’une minorité visible est encore plus fine… presque risible.</p>



<p>L’imaginaire collectif se plaît à imaginer que, si de telles œuvres ne sont pas immensément connues, c’est qu’elles n’existent pas ou qu’elles ne le méritent pas. Nous tombons dans le piège classique de l’invisibilisation de la femme et du principe du mérite. Le rêve américain de la littérature, cette innocence et cette volonté de croire que tous sont égaux dans la quête de l’immortalité littéraire. L’heure des désillusions a sonné : dans le canon, les hommes, blancs, nagent dans le privilège. Dans la Bibliothèque de la Pléiade, collection prestigieuse des éditions Gallimard qui recèle une certaine autorité littéraire, <a href="https://biscuitsdefortune.com/2015/09/05/la-place-des-femmes-dans-la-pleiade/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">21 ouvrages</a> sont publiés par des femmes sur un total de 546. Les femmes constituent donc seuls 3,8 % de cette collection adulée. Mais dans cette grande course à la postérité, les femmes blanches suivent les hommes de près.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Il ne devrait pas y avoir un canon littéraire inclusif. </p>



<p class="has-text-align-center">Il devrait seulement y avoir un canon littéraire »</p>
</blockquote>



<p>À la croisée du sexisme et du racisme, les femmes de minorités visibles sont tirées vers le néant. Alice Walker, une Afro-Américaine qui a reçu le prix Pulitzer pour son ouvrage La couleur pourpre en 1983 devrait entrer sans plus de questions dans le canon. Toni Morrison, une femme afro-américaine, est la première femme racisée à gagner le prix Nobel de littérature. Le prix lui est décerné en 1993, il y a à peine 33 ans. An Antane Kapesh, avec son roman Je suis une maudite Sauvagesse, fonde la littérature autochtone au Canada. Les mentions de son œuvre marquante sont maigres. Même chose pour Ann Petry : elle est la première femme noire à vendre plus d’un million de copies avec son roman La rue. Mais bien sûr, ce n’est jamais Walker, Morrison, Kapesh ou Petry que nous avons sur le bout de la langue quand il est temps de parler de grands auteurs. Le canon littéraire a longtemps exclu et continue d’exclure les femmes des minorités visibles en admettant leurs œuvres de peine et de misère.</p>



<p><strong>Un double canon</strong></p>



<p>L’autorité des prix et récompenses littéraires a beau être biaisée et comporter plusieurs défauts, elle a finalement reconnu le talent d’écrivaines de minorités visibles. Pourquoi la société ne le reconnaît-elle pas, elle aussi? Il semble y avoir un double canon : un canon blanc, « traditionnel » – j’insiste sur ces guillemets – et un canon moderne, « inclusif ».</p>



<p>Il ne devrait pas y avoir un canon littéraire inclusif. Il devrait seulement y avoir un canon littéraire. Point.</p>



<p>Bien sûr, il faut acclamer les efforts de diversification des listes de lecture, qu’elles soient personnelles ou scolaires. Il faut encourager les défis littéraires qui poussent le lectorat à découvrir des œuvres asiatiques, africaines, autochtones. Célébrer la décentralisation de l’Occident dans le canon littéraire est essentiel, mais cela ne devrait pas être considéré comme un effort surhumain méritant nos louanges.</p>



<p>En 2026, diversifier ses lectures et ouvrir ses perspectives devrait être un acquis. L’intégration des femmes, de toutes les femmes méritantes, dans le canon littéraire devrait aller de soi. Et pourtant, un vent de masculinisme souffle sur notre société, s’acharnant vainement à nous faire croire que l’excellence humaine se trouve chez ce mythique mâle alpha.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/sois-belle-et-tais-toi-2/" data-wpel-link="internal">Sois belle et tais-toi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Qui sont les agents qui patrouillent notre campus?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/qui-sont-les-agents-qui-patrouillent-notre-campus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[GardaWorld]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60470</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une enquête sur Garda à McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/qui-sont-les-agents-qui-patrouillent-notre-campus/" data-wpel-link="internal">Qui sont les agents qui patrouillent notre campus?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">« L’Université McGill est à la recherche de patrouilleurs dynamiques et engagés pour assurer la sécurité de sa communauté universitaire », selon une <a href="https://jobs.garda.com/job/Montr%C3%A9al-Agent%28e%29-de-s%C3%A9curit%C3%A9-patrouilleur%2C-McGill-Qu%C3%A9b/1361873400/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">annonce</a> publiée sur le site web du Groupe de sécurité Garda S.E.N.C. (Garda), mieux connu sous le nom de GardaWorld. Cette entreprise canadienne de sécurité privée est <a href="https://www.mcgill.ca/senate/files/senate/d24-08_report_of_the_board_of_governors.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sous contrat avec McGill</a> depuis le 26 août 2024, et ce, jusqu’au 30 avril 2027. </p>



<p><strong>Qu’est-ce que Garda? </strong></p>



<p><a href="https://securitysystems.garda.com/fr/a-propos" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Garda </a>est l’une des plus grandes firmes de sécurité privée au monde. Elle offre des services de protection physique, de gestion de risque à l’international et de <a href="https://www.newswire.ca/news-releases/gardaworld-cash-services-building-the-secured-transportation-fleet-of-the-future-in-partnership-with-roshel-814850484.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">transport</a> de valeurs et d’espèces. Plus récemment, <a href="https://garda-federal.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Garda- World Federal</a>, une compagnie subsidiaire à Garda, <a href="https://www.theglobeandmail.com/world/article-canadian-gardaworld-immigration-emergency-detention-services-ice/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a conclu une série de contrats</a> avec l’<a href="https://news.azpm.org/p/news-articles/2026/3/13/228892-the-company-set-to-renovate-surprise-detention-center-has-ties-with-alligator-alcatraz-rep-stanton-says/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ICE</a> et l’État de la Floride pour gérer des centres de détention, dont celui d’<a href="https://www.nbcmiami.com/news/local/former-alligator-alcatraz-worker-describes-inhumane-conditions-inside/3673307/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Alligator Alcatraz</a>. Dans une <a href="https://amnistie.ca/sites/default/files/2026-01/Lettre%20Garda%20De%CC%81cembre%202025.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lettre ouverte</a> à Jean-Luc Meunier, président et chef d’exploitation de GardaWorld, France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone dénonce les conditions de détention du centre, jugées comme « <em>cruel[les], inhumain[es] et dégradant[es] et, dans certains cas, une torture</em> ». Lorsque <em>Le Délit</em> a contacté Garda pour leur demander des précisions sur leur contrat avec Alligator Alcatraz, ils ont répondu que « <em>l’entreprise GardaWorld Sécurité ne fournit pas de services à Alligator Alcatraz</em> (tdlr)». Le porte-parole de Garda a ensuite suggéré que l’on contacte plutôt « <em>la division de gestion des urgences de la Floride</em> ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Plus récemment, GardaWorld Federal, une compagnie subsidiaire à Garda, a conclu une série de contrats avec l’ICE et l’État de la Floride pour gérer des centres de détention, dont celui d’Alligator Alcatraz »</p>
</blockquote>



<p>Si, dans le contexte politique actuel, la potentielle association de Garda avec Alligator Alcatraz projette la compagnie sous le feu des projecteurs, cela fait déjà plusieurs années qu’elle se spécialise dans la gestion de centres de surveillance de l’immigration, aux <a href="https://www.ktsm.com/news/county-approves-2-7-million-for-migrant-transportation/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">États-Unis</a> comme au <a href="https://jobs.garda.com/job/Oakville-CBSA-Tactical-Guard-Full-Time-Onta/1356355400/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Canada</a>. De plus, Garda s’est déjà trouvé au cœur d’affaires jugées légalement et éthiquement ambiguës. En 2012, <a href="https://www.nytimes.com/2012/01/06/world/asia/afghanistan-shuts-down-gardaworld-a-canadian-security-firm.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">deux employés de Garda</a> ont été arrêtés en Afghanistan après avoir été retrouvés avec 30 AK-47, des fusils d’assaut considérés illicites par les autorités. Cet incident n’est pas isolé : des cas similaires se sont également produits à Kaboul en <a href="https://www.cbc.ca/news/politics/daniel-m%C3%A9nard-ex-canadian-general-released-from-afghan-prison-1.2543215" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2014</a>, et en <a href="https://libyaupdate.com/7-employees-of-canadian-security-firm-guarda-world-arrested-in-tripoli/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Libye</a> en 2023.</p>



<p><a href="https://www.canadiansecuritymag.com/gardaworld-announces-aegis-group-purchase-2906/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Aegis Group </a>(Aegis), subsidiaire de Garda, a aussi été accusé de <a href="https://www.nbcnews.com/news/world/private-contractors-are-accused-abusive-labor-practices-us-military-ba-rcna52110" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">trafic humain</a>. Lusambu Karim, employé par Aegis, <a href="https://ctip.defense.gov/Portals/12/Lusambu%20Karim%20Full%20Story_Final_1.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">raconte</a> dans un témoignage rapporté par le gouvernement étatsunien, les conditions de travail déplorables dans une base militaire en Afghanistan pour lui et ses collègues ougandais. Il explique qu’à l’échéance de leur premier contrat la compagnie a refusé de le renouveler; incapable de rentrer chez eux, ils se sont trouvés contraint de travailler sans contrat ni protection. Garda <a href="https://www.nbcnews.com/news/world/private-contractors-are-accused-abusive-labor-practices-us-military-ba-rcna52110" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a déclaré</a> que Karim avait mal compris son contrat et qu’il a pu ensuite démissionner de son poste.</p>



<p><strong>Un retour sur Garda à McGill </strong></p>



<p>Sur le campus de McGill, ce n’est pas la première fois que Garda fait parler. Le <a href="https://www.agsem.ca/news/statement-on-assault-of-agsem-member-on-dec-11-2024/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">11 décembre 2024</a>, environ quatre mois après le début du contrat de Garda avec l’Université, Asa Kohn, étudiante et membre de l’Association des étudiant.e.s diplomé.e.s employé.e.s de McGill, est impliquée dans une altercation avec un agent de Garda. Elle <a href="https://www.thetribune.ca/news/request-for-spvm-to-investigate-mcgill-securitys-alleged-assault-of-agsem-member-remains-ongoing-11032025/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">explique</a> en entrevue avec <em>The Tribune</em> que, dans le cadre de son travail pour l’AÉUM, elle avait pour charge de répertorier la présence accrue d’agents de sécurité sur le campus. Alors qu’elle prenait en photo un groupe d’agents, l’un d’entre eux l’aurait attrapée par le bras, plaquée contre une porte et empêchée de partir. Dans un <a href="https://www.youtube.com/watch?v=zvO79ZXmBLg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">documentaire</a> réalisé par <a href="https://www.youtube.com/watch?v=zvO79ZXmBLg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">The Rover</a>, des extraits vidéos montrent que l’agent en question arborait le badge de GardaWorld sur sa manche (15:44). On entend aussi une voix au téléphone : « Est-ce que quelqu’un peut venir au bâtiment 1–31, bureau du portier? Une étudiante filmait les Garda alors qu’ils remplissaient la machine bancaire. Garda l’a contre le mur » (17:22). Dans des courriels publiés par The Rover, l’Université McGill nie toute relation avec les individus impliqués dans l’incident, soutenant qu’il s’agit d’agents indépendants. Dans une entrevue avec <em>Le Délit</em>, Cecelia Callaghan, étudiante et activiste à McGill, partage ses interactions avec des agents de Garda. « <em>La plupart du temps, ils ne faisaient que m’attraper et me tirer de force hors de la ligne de piquetage </em>», raconte-t-elle, « <em>personnellement, je n’ai jamais été physiquement blessée </em>». Ce n’est pas le cas de tout le monde : l’une de ses amies aurait été amenée aux urgences après avoir été piétinée à la suite d’une altercation avec des gardes. « <em>Ce semestre d’automne, le comportement de Garda était nettement plus violent que l’année dernière </em>», estime Cecelia. Elle poursuit : « <em>Une autre de mes amies s’est retrouvée coincée dans une porte, et les gardes ont refusé de la rouvrir pour qu’elle puisse partir. Elle avait la jambe couverte d’hématomes.</em> »</p>



<p>En novembre 2025, de nombreux départements de l’Université ont déclaré la <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/nouvel-episode-de-greve-propalestinienne-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">grève</a> en soutien à la Palestine. Cette période a été marquée par une présence accrue de gardes et de policiers sur le campus. Des vidéos publiées sur le compte Instagram <a href="https://www.instagram.com/shutitdownstrikes?utm_source=ig_web_button_share_sheet&amp;igsh=ZDNlZDc0MzIxNw==" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">@shutitdownstrikes</a> (dont <em>Le Délit</em> n’a pas pu confirmer l’authenticité) révèlent le comportement violent et agressif des gardes de sécurité, qui invectivent les manifestants et à les déplacent de force. Si, à première vue, on peut observer deux types d’uniformes parmi les agents de sécurité – Garda et BEST – ces compagnies ne sont pas distinctes. BEST est en effet une <a href="https://www.newswire.ca/fr/news-releases/gardaworld-annonce-que-l-ensemble-de-ses-services-de-securite-evenementielle-agiront-desormais-sous-une-seule-marque-unifiee-best-gestion-de-foules-899735919.html?utm_source=chatgpt.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">compagnie subsidiaire à Garda</a> spécialisée dans la gestion de foule.</p>



<p>D’après Cecelia, le comportement des agents de Garda est parfois problématique : « <em>On est juste des étudiants. Ce ne sont pas des policiers.</em> » Elle raconte : « <em>Il y a eu plusieurs instances où ils nous suivaient hors du campus, jusque dans Milton Park. C’était assez effrayant.</em> »</p>



<p><strong>Des influences extérieures </strong></p>



<p>Les comportements de Garda s’inscrivent dans le cadre de leur contrat avec l’administration McGill. Dans un courriel adressé au président de l’Université, <a href="https://www.mcgill.ca/president/about-president" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Deep Saini</a>, et à la vice-rectrice principale aux études, <a href="https://www.mcgill.ca/provost/who-we-are/meet-provost" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Angela Campbell</a>, la professeure de philosophie à McGill Marguerite Deslauriers s’enquiert sur les raisons qui ont mené les gardes de sécurité à interrompre son cours PHIL 242, le 19 novembre 2025. <em>Le Délit</em> a obtenu une copie du courriel qui avait été partagé avec les étudiants inscrits, dont le cours avait été perturbé. La professeure Deslauriers y explique sa décision de maintenir son cours malgré la grève. Elle précise avoir suivi les conseils de l’administration de McGill en invitant certains étudiants manifestants « <em>à faire part brièvement de leurs points de vue à la classe et permettre un moment de discussion avec les étudiants présents</em> ». D’après Deslauriers, qui cite des courriels de l’administration, les agents de sécurité étaient censés intervenir seulement si « <em>l’instructeur demandait de l’aide</em> ». McGill avait garanti que « <em>le rôle des agents n’est pas d’interrompre, mais plutôt d’aider à préserver la sécurité de tous les partis </em>». La professeure affirme ne pas avoir fait appel aux gardes ; ces derniers étaient déjà présents dans la salle de classe à son arrivée. Malgré les demandes de Deslauriers, les gardes ont « retiré de force les manifestants invités », citant des directives de l’administration et l’opinion de « <em>certains parents qui objectent que les cours de leurs enfants soient perturbés</em> ».</p>



<p><strong>Les arguments de l’Université </strong></p>



<p>McGill reste toutefois constante dans sa position en faveur de Garda. Une porte-parole de l’Université explique : « Afin d’assurer la sûreté et la sécurité d’environ 40 000 étudiants, 12 800 employés, 218 bâtiments, deux campus et de nombreux visiteurs, l’Université McGill s’appuie sur des employés internes et un fournisseur externe.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Un plébiscite organisé par l’AÉUM en avril 2025 révèle que la majorité du corps étudiant, près de 65 %, se sentait déjà mal à l’aise avec la présence accrue des agents de sécurité sur le campus»</p>
</blockquote>



<p>Les besoins de McGill en matière de sécurité varient selon les activités récurrentes et les événements spéciaux. » Ce sont les mêmes arguments qu’emploie <a href="https://www.mcgill.ca/vpadmin/fr/le-vice-recteur" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Fabrice Labeau</a>, vice-recteur de l’administration et des finances, dans une <a href="https://www.mcgill.ca/senate/files/senate/d24-81_question_and_response_regarding_continued_security_presence_on_campus.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">réponse</a> aux questions du Sénat de l’AÉUM. Labeau adresse l’augmentation du budget total alloué aux salaires et équipements de sécurité, qui était de 5 849 493, 27$ en 2019, et est maintenant de 8 006 605, 27$. De cette somme, moins de deux millions de dollars sont alloués au salaire des employés de McGill, le reste (environ six millions) est réservé aux fournisseurs externes dont fait partie Garda. Labeau explique : « <em>Comme c’était le cas durant la pandémie de COVID-19, la communauté mcgilloise est en ce moment en train de vivre des circonstances exceptionnelles qui nécessitent une sécurité accrue. </em>» Il cite aussi l’inflation comme un facteur déterminant de cette augmentation de budget.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Même si Garda n’est directement responsable des violations aux droits de la personne et au droit international perpétrées par l’ICE, elle en bénéficie probablement »</p>
</blockquote>



<p>constances exceptionnelles qui nécessitent une sécurité accrue. » Il cite aussi l’inflation comme un facteur déterminant de cette augmentation de budget. </p>



<p>Sur la question éthique, la porte-parole affirme que, « conformément à son Code de conduite des fournisseurs, McGill exige que tous ses fournisseurs respectent les droits de la personne ». Elle précise que l’Université se conforme aux principes énoncés dans les <a href="https://can01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.iso.org%2Ffiles%2Flive%2Fsites%2Fisoorg%2Ffiles%2Fstore%2Fen%2FISO%252020400_Sustainable_procur.pdf&amp;data=05%7C02%7Cheloise.durning%40mail.mcgill.ca%7Cca622ef78e894a500bb108de8063724c%7Ccd31967152e74a68afa9fcf8f89f09ea%7C0%7C0%7C639089361725479622%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=1artSQw%2FAkOab72xvgBhJ74w1WzeBFejKZKKwWvO5rA%3D&amp;reserved=0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">cadres de référence</a> <a href="https://can01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.ohchr.org%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fdocuments%2Fpublications%2Fguidingprinciplesbusinesshr_en.pdf&amp;data=05%7C02%7Cheloise.durning%40mail.mcgill.ca%7Cca622ef78e894a500bb108de8063724c%7Ccd31967152e74a68afa9fcf8f89f09ea%7C0%7C0%7C639089361725521056%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=ZMBRXfsd7YutQEFJPBUg9rQGsvEhDlMXLP5%2Bnr1oP3U%3D&amp;reserved=0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">annexés</a> à la <a href="https://can01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.oecd.org%2Fcontent%2Fdam%2Foecd%2Fen%2Fpublications%2Freports%2F2018%2F02%2Foecd-due-diligence-guidance-for-responsible-business-conduct_c669bd57%2F15f5f4b3-en.pdf&amp;data=05%7C02%7Cheloise.durning%40mail.mcgill.ca%7Cca622ef78e894a500bb108de8063724c%7Ccd31967152e74a68afa9fcf8f89f09ea%7C0%7C0%7C639089361725545862%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=T%2FLAnO2HynHgUYKEDzi62ntBoMHnAYhU0RxnybsfGg4%3D&amp;reserved=0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déclaration</a>. </p>



<p><a href="https://can01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.ohchr.org%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fdocuments%2Fpublications%2Fguidingprinciplesbusinesshr_en.pdf&amp;data=05%7C02%7Cheloise.durning%40mail.mcgill.ca%7Cca622ef78e894a500bb108de8063724c%7Ccd31967152e74a68afa9fcf8f89f09ea%7C0%7C0%7C639089361725521056%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=ZMBRXfsd7YutQEFJPBUg9rQGsvEhDlMXLP5%2Bnr1oP3U%3D&amp;reserved=0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Le guide des Nations Unies</a>, l’un des documents servant de « cadre de référence » à l’Université McGill, indique qu’une entreprise est complice lorsqu’elle « contribue, ou paraît contribuer à des incidences négatives sur les droits de l’homme causées par des tiers » et si elle « bénéficie de l’atteinte [aux droits de la personne] commise ». Même si Garda n’est pas directement responsable des violations aux droits de la personne et au droit <a href="https://www.ohchr.org/en/press-releases/2026/01/usa-migrant-crackdown-un-human-rights-chief-decries-dehumanisation-harmful" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">international</a> perpétrées par l’ICE, elle en bénéficie probablement : avec des postes, des contrats, et des nouvelles opportunités. Comme l’affirme en 2012 <a href="https://www.theglobeandmail.com/globe-investor/garda-world-business-boosted-by-montreal-protests/article4209727/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Stéphan Crétier</a>, directeur général et fondateur de Garda : « Naturellement, les périodes de trouble sont […] très souvent bonnes pour les affaires. » </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="2000" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-2000x1600.jpeg" alt class="wp-image-60504" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-2000x1600.jpeg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-650x520.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-150x120.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-768x614.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-1536x1229.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-2048x1639.jpeg 2048w" sizes="auto, (max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixfournier/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix Fournier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>L’opinion des étudiants</strong> </p>



<p>Un <a href="https://www.mcgill.ca/senate/files/senate/d24-81_question_and_response_regarding_continued_security_presence_on_campus.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plébiscite</a> organisé par l’AÉUM en avril 2025 révèle que la majorité du corps étudiant, près de 65 %, se sentait déjà mal à l’aise avec la présence accrue des agents de sécurité sur le campus. Quand <em>Le Délit</em> a demandé à Cecelia si elle pensait que ce chiffre pourrait changer si un nouveau plébiscite était réalisé aujourd’hui, elle a acquiescé. « Cela dépend surtout de si les gens sont au courant de la polémique, » nuance-t-elle, « mais s’ils savaient, je pense que oui ». <em>Le Délit</em> a questionné plusieurs étudiants, et ce jugement semble se confirmer. Noor Alabed exprime d’abord sa surprise lorsqu’elle est mise au courant du lien présumé entre Garda et Alligator Alcatraz. Elle admet se sentir un peu mal à l’aise avec leur présence. </p>



<p>Pour Cecelia, une partie non négligeable de la communauté étudiante à McGill est impliquée, voire personnellement touchée : « Je discutais avec une amie latino-américaine l’autre jour. Certains membres de sa famille n’ont pas de papiers. Elle se sentait très mal à l’aise avec la présence de Garda sur le campus. » </p>



<p><a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/manifestation-anti-gardaworld/" data-wpel-link="internal">Le 13 février 2026</a>, un groupe d’étudiants mcgillois s’organise et crée son propre détachement pour se joindre à une manifestation anti-Garda à la Place Vertu. Hannah Marder-MacPherson, étudiante à McGill et manifestante, critique la complicité de Garda – et indirectement de McGill – au niveau des crimes commis par l’ICE. « <em>La même compagnie qui va commettre des violations des droits humains patrouille dans notre campus », déplore-t-elle. « Cela nous implique directement en tant qu’étudiants mcgillois : c’est bien possible que cesoit notre argent qui paie Garda-World, et donc, indirectement, qui aide l’ICE</em>. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Comme c’était le cas durant la pandémie de COVID-19, la<br>communauté mcgilloise est en ce moment en train de vivre des<br>circonstances exceptionnelles qui nécessitent une sécurité accrue »</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Fabrice Labeau</li>
</ul>
</blockquote>



<p>« <em>Ce ne sont pas les gardes individuels avec qui j’ai un problème, pas vraiment </em>», commente Cecelia lors de notre entrevue, « <em>ce sont juste des gens qui veulent un travail qui paie bien</em>. » Elle explique que c’est le système en lui-même qui lui pose souci, et les structures bureaucratiques qui dissimulent des crimes et empêchent toute véritable reddition de comptes. Le point presse de Garda affirme que l’entreprise «<em> respecte la capacité des individus à exprimer leurs opinions, mais refuse de commenter sur le sujet précis de ces opinions </em>». Il maintient : «<em>Notre priorité reste la sécurité de toutes les personnes et de tous les actifs sur les sites desservis par nos équipes. </em>» Quel futur pour Garda à McGill? Le rapport de d’ISO (organisation international de standardisation) sur l’approvisionnement responsable, l’un des documents procurés par la porte-parole de McGill, encadre les politiques d’acquisition de l’Université en y intégrant des régulations et recommandations éthiques. Le rapport explique que « ce qu’une organisation achète, à qui elle l’achète et la manière dont elle utilise les biens et services une fois acquis peuvent avoir une influence considérable […] sur sa réputation ». </p>



<p>Les <a href="https://can01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.ohchr.org%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fdocuments%2Fpublications%2Fguidingprinciplesbusinesshr_en.pdf&amp;data=05%7C02%7Cheloise.durning%40mail.mcgill.ca%7Cca622ef78e894a500bb108de8063724c%7Ccd31967152e74a68afa9fcf8f89f09ea%7C0%7C0%7C639089361725521056%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=ZMBRXfsd7YutQEFJPBUg9rQGsvEhDlMXLP5%2Bnr1oP3U%3D&amp;reserved=0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">principes directeurs des Nations Unies</a> auxquels souscrit McGill proposent la « diligence raisonnable » comme méthode pour examiner efficacement les problématiques éthiques et les enjeux qui y sont continus. Le guide précise les degrés de responsabilité variable, soulignant qu’une entreprise directement impliquée n’a pas le même devoir qu’une organisation « impliquée seulement […] par une relation commerciale ». Dans un tel cas, il admet que la situation est plus compliquée et déclare que « <em>si l’entreprise a le pouvoir de prévenir ou d’atténuer l’incidence négative, elle doit l’exercer </em>». Si cela n’est pas possible, le guide est clair : « <em>Elle devrait envisager de mettre un terme à la relation.</em> » Questionnée quant au futur de Garda sur le campus, Cecelia s’esclaffe, un peu amèrement : «<em> Je ne pense pas que ce soit une demande déraisonnable de réduire les contrats avec GardaWorld, mais je sais que ce n’est pas très réaliste si l’on se fie au comportement passé de McGill.</em> »</p>



<p>La position de Noor Alabed est plus modérée. Elle explique que McGill aura toujours besoin de gardes, et se demande s’il est vraiment possible de garantir l’intégrité d’une compagnie fournissant de tels services : « <em>L’industrie de sécurité privée sera toujours un peu controversée</em>. »</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/qui-sont-les-agents-qui-patrouillent-notre-campus/" data-wpel-link="internal">Qui sont les agents qui patrouillent notre campus?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>McGill détourne le regard du podium</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/mcgill-detourne-le-regard-du-podium/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Raheema Coquard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[jeux olympiques]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60222</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le prestige olympique de l'institution se heurte à la réalité des coupes budgétaires.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/mcgill-detourne-le-regard-du-podium/" data-wpel-link="internal">McGill détourne le regard du podium</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Alors que les épreuves olympiques appartiennent désormais au passé, l’heure est au bilan. Comme on peut le constater, les résultats de la délégation canadienne, et plus particulièrement de l’Université McGill, interrogent.</p>



<p></p>



<p><strong>Des prédictions déjouées</strong></p>



<p>À l’aube des compétitions sportives des JO, plusieurs observateurs prédisaient une récolte fructueuse pour le Canada. Earl Zukerman, responsable des communications sportives à McGill, avait <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/mcgill-a-les-yeux-rives-sur-milan/" data-wpel-link="internal">confié au <em>Délit</em></a> qu’il envisageait le Canada dans le top 5 du tableau des médailles avec peut-être un podium en vue. La réalité s’est avérée plus rude. La feuille d’érable a stagné au onzième rang avec <a href="https://www.olympics.com/fr/milano-cortina-2026/medals" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">21 médailles (cinq d’or, sept d’argent et neuf de bronze)</a>, loin derrière les puissances qui dominent le classement : la Norvège en premier, suivie des ÉtatsUnis, des Pays-Bas, de l’Italie et de l’Allemagne. Il s’agit d’un recul notable, représentant le plus faible palmarès canadien <a href="https://www.lapresse.ca/sports/chroniques/2026-02-22/milan-cortina/le-quebec-qui-gagne.php#:~:text=Les%20athl%C3%A8tes%20qu%C3%A9b%C3%A9cois%20ont%20particuli%C3%A8rement,%C3%A0%2012%20des%2021%20m%C3%A9dailles." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">depuis Salt Lake City en 2002</a>. À titre comparatif, lors des Jeux de Pékin en 2022, le pays occupait le quatrième rang avec <a href="https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/le-canada-aux-jeux-olympiques-d-hiver-2022" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un total de 26 médailles</a>. Les athlètes québécois se sont d’ailleurs démarqués, s’emparant de <a href="https://www.lapresse.ca/sports/chroniques/2026-02-22/milan-cortina/le-quebec-qui-gagne.php#:~:text=Les%20athl%C3%A8tes%20qu%C3%A9b%C3%A9cois%20ont%20particuli%C3%A8rement,%C3%A0%2012%20des%2021%20m%C3%A9dailles." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">12 des 21 médailles</a> de la délégation canadienne cette année. De Mikaël Kingsbury en ski acrobatique à Eliot Grondin en snowboard, en passant par l’équipe de patinage de vitesse courte piste menée par Steven Dubois et Kim Boutin, la province s’est imposée. Côté hockey, l’équipe féminine, propulsée notamment par Marie-Philip Poulin et Ann-Renée Desbiens, a décroché l’argent derrière les États-Unis.</p>



<p><strong>Le recul de la présence mcgilloise</strong></p>



<p>Si le Québec rayonne, la présence athlétique de McGill sur les podiums s’effrite. L’héritage demeure pourtant important : l’histoire des Jeux olympiques compte la participation de <a href="https://mcgillathletics.ca/sports/2021/4/27/olympians" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">158 athlètes mcgillois, récoltant au passage un total de 34 médailles</a>. À Pékin, l’Université comptait quatre représentants. L’ancienne capitaine des Martlets, Mélodie Daoust, avait d’ailleurs remporté l’or au hockey pour le Canada. Cette année, on ne compte plus que deux athlètes passées par le campus : Lilah Fear, porte-drapeau pour la Grande-Bretagne, en danse sur glace, et Kayla Tutino, ancienne entraîneuse adjointe de McGill, au sein de l’équipe féminine de hockey italienne. Elles n’ont d’ailleurs pas réussi à se hisser sur le podium. Aujourd’hui, l’impact de l’Université sur ces événements athlétiques se mesure davantage dans les coulisses, grâce à son personnel médical et ses entraîneurs, plutôt qu’au sommet des podiums.</p>



<p><strong>L’envers de la médaille : un modèle précaire</strong></p>



<p>Cette baisse du régime canadien met en lumière une fracture économique grandissante entre les différents modèles de financement olympique. La Norvège s’appuie sur un système étatique qui subventionne massivement le développement de ses athlètes, tandis que les États-Unis profitent du puissant levier financier de leur système universitaire. Au Canada, le sous-financement du sport de haut niveau contraint certains athlètes à <a href="https://epe.lac-bac.gc.ca/100/200/301/pwgsc-tpsgc/por-ef/canadian_heritage/2020/091-18-f/rapport.html?nodisclaimer=1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">contracter des dettes personnelles</a> pour couvrir les coûts d’entraînement et autres dépenses liées à leur parcours.</p>



<p>Historiquement, le sport universitaire canadien agissait comme un filet de sécurité financier pour cette relève. En amputant ses propres programmes, McGill colmate certes une brèche comptable, mais elle détruit ce bouclier. <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/quinze-equipes-competitives-sont-supprimees-des-centaines-detudiants-athletes-devastes/" data-wpel-link="internal">Face à un déficit de 15 millions de dollars annoncé en 2025</a>, l’Université a aboli de nombreuses équipes sportives pour l’année 2026–2027. Des disciplines olympiques phares disparaîtront, dont le patinage artistique, sport qui a d’ailleurs rapporté le bronze au Canada avec Piper Gilles et Paul Poirier, le ski de fond ou encore l’athlétisme en salle. En multipliant ses coupes, McGill risque de se priver de sa prochaine Mélodie Daoust.</p>



<p>Sur la patinoire milanaise, la défaite en prolongation de l’équipe canadienne de hockey masculin face aux États-Unis est venue clore les compétitions. Il faut désormais attendre 2030 pour une éventuelle revanche contre les Américains.</p>
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		<title>Le sport mcgillois sur le front pour sa préservation</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/le-sport-mcgillois-sur-le-front-pour-sa-preservation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[athlétisme]]></category>
		<category><![CDATA[coupes budgétaires]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’athlétisme fait ses preuves au championnat du RSEQ.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le complexe sportif Tomlinson de McGill a accueilli, ce 20 et 21 février, le championnat universitaire intérieur d’athlétisme du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). Sur deux jours, les meilleurs athlètes universitaires de la province se sont défiés sur une multitude d’épreuves. Alors que les résultats acquis et les records battus représentent un effort sans relâche pour les athlètes, cette édition des championnats a pris un tout autre sens dans le contexte actuel. Depuis l’annonce en novembre dernier de la suppression de plusieurs équipes sportives universitaires de McGill, l’équipe d’athlétisme mène une campagne de sensibilisation pour entretenir l’espoir d’être épargnée par les coupes budgétaires. C’est dans cette optique que, à la suite du championnat, s’est tenu le rassemblement <em>Legacy in Motion</em> à la Thomson House réunissant athlètes, anciens élèves et supporteurs. L’objectif : continuer à faire pression sur l’administration mcgilloise pour préserver l’athlétisme mcgillois.</p>



<p><strong>« Des suppressions sans bonne justification »</strong></p>



<p>Un total de 15 sports, représentant 25 équipes, <a href="https://mcgillathletics.ca/news/2025/11/20/general-results-of-the-mcgill-athletics-and-recreation-sports-program-review.aspx" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sont visés par les réductions.</a> Le volley-ball masculin, le rugby féminin, le tennis, le hockey sur gazon féminin, la crosse féminine, le golf, ou encore le baseball masculin rejoignent l’athlétisme sur la liste des sports qui ne reviendront pas pour la saison 2026–2027. McGill cite des contraintes budgétaires, notamment à cause de potentielles réparations de l’infrastructure sportive. Le complexe sportif Tomlinson, dans lequel s’est tenu le championnat d’athlétisme du RSEQ, nécessite d’ailleurs un remplacement de sa surface, qui coûtera <a href="https://montrealgazette.com/news/local-news/mcgill-flagged-50m-in-sports-facility-repairs-before-axing-teams" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2,7 millions de dollars</a>. Mais cela ne suffit pas pour convaincre les défenseurs du <em>track and field</em> mcgillois. Derek Covington, dirigeant de <em>Friends of McGill Track &amp; Field</em>, et l’un des principaux instigateurs de la campagne pour sauver l’athlétisme mcgillois, estime que le choix de mettre fin à l’athlétisme est illogique : « <em>Toutes les institutions québécoises et toutes les meilleures universités nord-américaines ont une équipe d’athlétisme. Ce n’est pas un sport qui disparaît. Au contraire, son accessibilité le rend de plus en plus populaire (tdlr).</em> »</p>



<p><strong>L’essentiel, c’est l’or</strong></p>



<p>Gustave Imbaud, coureur de longue distance au sein de l’équipe d’athlétisme, confie au <em>Délit</em> la déception qu’il partage avec ses coéquipiers : « Tout le monde est très triste. Pour les <em>rookies</em> comme moi, c’était notre première année et on est presque immédiatement coupés. » Pourtant, il ne désespère pas. Il ajoute, le jour avant le championnat : « On s’est dit que le principal moyen de leur faire regretter, c’est d’être extrêmement bons. Ça serait vraiment bien si on pouvait gagner parce que couper la meilleure équipe du Québec, ça aurait l’air encore plus ridicule ». Et c’est une réussite : l’équipe a remporté l’or au saut en longueur, au relais 4×400 masculin et féminin, ainsi qu’au 300 mètres masculin, parmi d’autres. De plus, de nouveaux records ont été atteints en relais 4×200 masculin et en saut à la perche. </p>



<p>Ces résultats ne font que renforcer l’argument des défenseurs de l’athlétisme mcgillois. Covington rappelle qu’«<em>un des critères de l’administration</em> [pour choisir quelles équipes seraient coupées, ndlr] <em>était la performance athlétique. Pourtant, l’athlétisme a récolté plusieurs podiums sur les cinq dernières années. L’exigence sportive est clairement respectée</em> ». Une contradiction qui accentue l’incompréhension des athlètes sur la décision de l’administration. </p>



<p><strong>Un sentiment « doux-amer » </strong></p>



<p>Le championnat de la RSEQ a donc été plongé dans une ambiance mixte. Covington explique qu’« <em>accueillir ces championnats provinciaux, même si c’est la dernière fois après plus de 125 ans, c’est un moment doux-amer. D’une part, on célèbre l’athlétisme à McGill, d’autre part, on est à la fin d’une ère </em>». C’est aussi une opportunité pour illustrer un soutien provincial pour l’athlétisme mcgillois. Le championnat RSEQ s’est terminé avec une chorale d’athlètes de toutes les universités présentes et de leurs supporteurs scandant « <em>Save McGill Track </em>»<em> </em>(«<em>Sauvez l’athlétisme mcgillois </em>») un geste de solidarité inter-universitaire, symbole de l’incompréhension générale autour de la décision de l’Université.</p>



<p>Le regard désormais tourné vers l’avenir, les athlètes n’ont pas l’intention d’abandonner leur sport et leurs coéquipiers. Imbaud affirme que « dans le pire des cas, on va continuer à être <em>McGill Track</em> mais on ne sera plus affiliés à l’Université. On ne pourra plus faire les compétitions universitaires ». Les succès de l’équipe ne participeront donc plus au prestige sportif de l’Université, mais l’héritage de l’institution du <em>Track and Field </em>pourra être assuré.</p>
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		<title>Quand tout est planifié pour mal tourner</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/quand-tout-est-planifie-pour-mal-tourner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un retour réjouissant de <em/>Players’ Theatre</em> avec <em/>La pièce qui tourne mal</em>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Faire rire à travers l’échec est un art délicat. Rédigée par Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields, <em>The Play That Goes Wrong</em> (<em>La pièce qui tourne mal</em>) a vu le jour en décembre 2012 à Londres. Celle-ci propose une comédie de mise en abyme, où chaque faux pas devient un ressort comique. Cet hiver, la troupe mcgilloise <em>Players’ Theatre</em> a repris l’œuvre en version abrégée. Les représentations de <em>La pièce qui tourne mal</em> ont eu lieu dans l’espace éponyme du club, au troisième étage du Centre universitaire de l’AÉUM, du 17 au 20 février dernier.</p>



<p><strong>Synopsis</strong></p>



<p>À la suite de nombreux enjeux financiers et de multiples difficultés de recrutement successives, la troupe de théâtre <em>Cornley Polytechnic Society</em> est enfin prête à lancer sa production du printemps : <em>Meurtre au manoir Haversham</em>. La pièce se déroule lors de la soirée de fiançailles de Charles Haversham et de Florence Colleymoore, où Charles – maître du manoir Haversham – est mystérieusement retrouvé mort sur le canapé du salon. Tout est cliché : la tempête de neige qui fait rage dehors, l’affaire adultère entre la fiancée et le frère cadet de la victime, la musique angoissante et l’éclairage rouge déclenché à chaque itération du mot « meurtre ». À cela s’ajoutent un décor bon marché, des répliques oubliées, des comédien·ne·s désorienté·e·s et deux actrices incarnant Florence Colleymoore successivement assommées par une porte – autant d’éléments qui font sombrer le projet de la <em>Cornley Polytechnic Society</em> dans un chaos total.</p>



<p><strong>En arrière-scène</strong></p>



<p>C’est précisément ce chaos que <em>Players’ Theatre</em> transforme en véritable succès scénique. Lors d’un entretien avec <em>Le Délit</em>, la metteuse en scène Odessa Rontogiannis explique que son objectif était de divertir le public. Une mission simple, pas toujours facile, mais bien réussie ; les rires fusent dans toute la salle et les spectateur·rice·s en sortent le sourire aux lèvres. Lauren Hodgins, qui incarne Sandra – elle-même interprète de Florence Colleymoore – confie que ce n’est qu’au moment de la représentation que tout s’est véritablement mis en place : « <em>Il y a une scène que nous pensions tous être la pire. Finalement, ce n’était pas le cas. Nous avons beaucoup travaillé dessus, mais c’est la présence du public qui lui a donné tout son sens (tdlr).</em> »</p>



<p>Si la troupe fictive de la <em>Cornley Polytechnic Society</em> se heurte à une série d’obstacles catastrophiques dans l’interprétation du <em>Meurtre au manoir Haversham</em>, les comédien·- ne·s du <em>Players’ Theatre</em> doivent, eux, camper ces ratés avec une extrême minutie. « <em>Il faut donner l’impression que certaines scènes relèvent de l’erreur, alors qu’elles sont en réalité très précisément répétées, le tout rendant ces scènes crédibles. Par exemple, lorsque la porte cogne Lauren ou Gemma, il faut absolument que cela ait l’air d’un accident</em> », explique Bennett Samberg, interprète de Dennis, à qui est attribué le rôle du majordome Perkins. Tout est planifié pour mal tourner. Même le message de bienvenue, qui annonce « <em>si quelqu’un trouve un coffret CD de Duran Duran dans la salle, j’en ai besoin</em> » fait partie du script original!</p>



<p>Pour clore l’échange, chacun·e des huit membres présents propose un mot pour résumer la pièce : « <em>silly</em> », « <em>fun »</em>, « <em>blast</em> », « <em>blessed</em> », « <em>chaotic</em> », « <em>calamity</em> », « <em>physical</em> », « <em>lighthearted </em>». Autant de qualificatifs qui décrivent une comédie où le chaos est maîtrisé avec précision. L’esprit du spectacle s’y retrouve bien : une célébration du désordre, portée par une troupe visiblement complice.</p>
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		<title>L’évolution du queerbaiting</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/levolution-du-queerbaiting/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Culture pop]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[2SLGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre revendications et accusations problématiques. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/levolution-du-queerbaiting/" data-wpel-link="internal">L’évolution du queerbaiting</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans le quatrième épisode de la série à succès <em>Heated Rivalry</em>, une reprise de la chanson des années 2000 « <em>All the Things She Said</em> » est utilisée pour illustrer un moment de tensions particulièrement intense entre les deux personnages principaux. Cela a permis à la chanson d’obtenir un regain de popularité assez inattendu, se hissant au <a href="https://ca.billboard.com/harrison-all-the-things-she-said-billboard-canada-charts-2675052140" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">55<em>e</em> rang</a> du classement <em>Billboard Hot 100</em> canadien. Cependant, l’intérêt renouvelé pour ce tube met également en lumière le passé problématique du groupe t.A.T.u, accusé de « <em>queerbaiting</em> ».</p>



<p>Le <em>queerbaiting</em>, ou, pseudo-représentation queer, désigne l’utilisation de références à la communauté LGBTQ+ dans les médias dans le but d’attirer un public queer, sans réelle intention de représenter la communauté. Ce terme s’applique souvent aux séries qui mettent de l’avant une tension romantique entre deux personnes du même sexe, suggérant une potentielle attirance, sans jamais rendre explicite l’homosexualité de leurs personnages. Cette ambiguïté volontaire est une manière d’attirer un public queer qui, par manque crucial de <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/la-representation-nest-quun-premier-pas/" data-wpel-link="internal">représentation</a>, va continuer à regarder la série dans l’espoir que ces sous-entendus deviennent réalité. Si ce terme est souvent utilisé pour dénoncer des séries, le <em>queerbaiting</em> peut également faire référence à d’autres œuvres culturelles, comme la musique, le cinéma ou la littérature.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Cette ambiguïté volontaire est une manière d’attirer un public <br>queer qui, par manque crucial de représentation, va continuer à<br>regarder dans l’espoir que ces sous-entendus deviennent réalité »</p>
</blockquote>



<p><strong>Le <em>queerbaiting</em> comme stratégie marketing</strong></p>



<p>Dans le cadre du groupe t.A.T.u, les accusations de <em>queerbaiting</em> émanent de la mise en scène des deux chanteuses. Elles sont souvent présentées dans leurs clips et sur scène en train de s’embrasser, ce qui crée une ambiguïté quant à la nature de leur relation. Si montrer deux femmes s’embrasser n’a en soi rien de problématique, une représentation lesbienne sincère n’a jamais été l’objectif du groupe russe. Les deux chanteuses ont continuellement nié être <a href="https://www.npr.org/2023/08/23/1195490245/all-the-things-she-said-queer-anthem-or-problematic-queerbait" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lesbiennes</a>, et ont même reconnu dans le documentaire <em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=9DEz8QArSQA&amp;list=PL5C03DB3431AC9337&amp;index=1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Anatomie de t.A.T.u</em></a></em>, que cette relation avait surtout un but marketing. En 2011, après la dissolution du groupe, l’une des chanteuses est allée plus loin en proférant dans une entrevue des propos ouvertement homophobes, expliquant qu’elle « <em><a href="https://www.starobserver.com.au/news/celebrity-news/t-a-t-u-singer-i-just-want-my-son-to-be-a-real-man-not-a-fag/128033" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">n’accepterait pas un fils homosexuel</a> (</em>tdlr<em>)</em> ». Ce groupe est un exemple flagrant de l’utilisation de l’imagerie LGBTQ+ à but purement financier et sans réel engagement ou représentation de la communauté.</p>



<p><strong>Une histoire de censure</strong></p>



<p>Bien que le terme <em>queerbaiting</em> ait émergé dans les années 2000, cette tendance s’inscrit dans une histoire plus longue de la représentation de personnages queer dans les œuvres culturelles. Jusqu’à 1968, le Code Hays régulait ce qui pouvait être montré à l’écran des films hollywoodiens, limitant notamment les scènes de nudité, les couples interraciaux et les représentations explicites de l’homosexualité. La seule manière pour les scénaristes de contourner ces restrictions était d’avoir recours à des sous-entendus – aussi nommés <em>queercoding</em> – et donc de faire comprendre par des détails qu’un personnage est LGBTQ+. Même une fois le <a href="https://www.backstage.com/magazine/article/hays-code-rules-history-77748/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Code Hays</a> abandonné, il restait assez rare qu’un personnage soit ouvertement queer.</p>



<p>Dans les années 2000, l’homosexualité devient plus acceptée, mais les médias restent réticents à mettre de l’avant des personnages ouvertement queer. Afin d’attirer un public LGBTQ+ sans risquer de se mettre à dos une partie de leur auditoire, certaines séries mettent en avant des personnages qui sont montrés de manière ambiguë et implicitement queer, sans que ces identités ne soient sérieusement développées. L’usage du terme <em>queerbaiting</em> est, dans ces cas, une manière de dénoncer ces pratiques opportunistes qui cherchent à tirer profit de l’espoir d’une communauté.</p>



<p><strong>Des accusations qui ne se limitent plus à la fiction</strong></p>



<p>Cependant, l’usage de ce terme devient plus controversé quand il cesse d’être appliqué à des œuvres culturelles, mais qu’il est employé pour dénoncer des personnalités publiques. Ces dernières années, plusieurs acteurs et artistes ont été accusés de <em>queerbaiting</em> dû au port de certains vêtements ou à l’adoption d’une certaine esthétique. En 2020, la couverture de Vogue où l’on voit Harry Styles porter une robe a été vivement <a href="https://www.theguardian.com/world/2023/jan/26/queerbaiting-accusations-harry-styles-cardi-b-taylor-swift" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">critiquée sur les réseaux</a>, car le musicien se serait approprié les codes de la communauté LGBTQ+ sans en faire ouvertement partie. Ces accusations sous-entendent qu’explorer son identité de genre ou simplement essayer d’autres styles n’est réservé qu’aux personnes publiquement LGBTQ+. Cela renforce les stéréotypes de genres, car ainsi, seuls les hommes queers pourraient avoir du vernis ou porter des robes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Ces accusations sous-entendent qu’explorer son identité de genre ou simplement essayer d’autres styles n’est réservé qu’aux personnes publiquement LGBTQ+ »</p>
</blockquote>



<p>L’ambiguïté entourant la sexualité de certains artistes est parfois qualifiée de <em>queerbaiting</em>. Des artistes ouvertement queers, comme Billie Eilish ou Fletcher, ont ainsi fait l’objet de critiques après avoir été aperçus en couple avec des hommes, alors même que leurs chansons expriment une attirance pour les femmes. Parce que ces artistes expriment clairement leur <em>queerness</em>, certains admirateurs disent se sentir « <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/veille-sanitaire/veille-sanitaire-du-lundi-16-juin-2025-9208676" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">trahis</a> » ou manipulés quand il est révélé que ces artistes sont dans une relation d’apparence hétérosexuelle. Ces réactions négligent la possibilité que la personne puisse être bisexuelle, et que sortir avec une personne du sexe opposé ne remette pas en cause son identité LGBTQ+. De plus, ces attentes enferment les artistes dans une case très précise, alors même que la sexualité peut être quelque chose de fluide.</p>



<p>Plus récemment, l’acteur vedette de la série <em>Heated Rivalry</em>, Hudson William, a également été la cible d’une <a href="https://www.thepinknews.com/2026/02/17/heated-rivalry-fans-defend-hudson-williams-over-queerbaiting-claims-after-showing-girlfriend/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vague de critiques</a> après avoir posté des photos de lui et sa petite amie sur Instagram, alors qu’il joue un personnage gay dans la série. Pour certains, le manque de clarté sur son orientation sexuelle durant la promotion de la série révèle une volonté de maintenir une ambiguïté, alors que d’autres affirment que ces acteurs n’ont en aucun cas l’obligation de révéler leurs orientations sexuelles.</p>



<p><strong>Des conséquences tangibles</strong></p>



<p>Ces dénonciations de <em>queerbaiting</em> ont parfois des conséquences réelles pour les membres de la communauté LGBTQ+. En 2022, l’acteur Kit Connor, qui interprète Nick dans la série <em>Heartstopper</em>, une histoire d’amour entre deux hommes, a expliqué s’être senti « <em><a href="https://www.bbc.com/news/entertainment-arts-63469444" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">forcé</a></em> » de faire son <em>coming out</em> à cause de la pression des réseaux sociaux.</p>



<p>Ainsi, si le terme de <em>queerbaiting</em> cherchait initialement à dénoncer l’exploitation commerciale de la communauté LGBTQ+ dans certaines œuvres de fiction, il s’est aujourd’hui étendu à des critiques de personnes réelles. De plus, la définition de <em>queerbaiting</em> reste fondamentalement subjective, car elle se base principalement sur notre perception d’intentions, souvent impossible à vérifier. Ainsi, ce qui est considéré comme <em>queerbaiting </em>pour une personne ne l’est pas forcément pour une autre, un flou qui contribue à renforcer les désaccords sur le sujet.</p>
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		<title>La fatigue politique du Canada français</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/la-fatigue-politique-du-canada-francais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Essoufflement et obsolescence programmée d’une liberté partisane.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>L’article qui suit est une humble proposition adressée au journal Le Devoir dans le cadre de son concours récompensant un texte d’opinion issu du milieu du journalisme étudiant. L’exercice proposé est simple : il demande aux aspirants-chroniqueurs de se prononcer sur la sagesse de 1976 dont le Québec devrait s’inspirer dans la construction de sa modernité. Je croyais rêver éveillé. En échange de la moitié du pactole promis advenant une victoire, Le Délit me laisse hanter ses pages de mes espoirs pour le tortueux périple du Québec vers la liberté. Le titre est emprunté (bien que retouché) à Hubert Aquin, un intellectuel saisissant et provocateur, et, tristement, suicidé notoire du peuple canadien-français. Le reste m’appartient entièrement, mais est en réalité la vérité collective de tout un peuple.</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">Pour moi, tout parti politique n’est au fond qu’un mal nécessaire, un de ces instruments dont une société démocratique a besoin lorsque vient le moment de déléguer à des élus la responsabilité de ses intérêts collectifs. – RENÉ LÉVESQUE</p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">La culture canadienne-française offre tous les symptômes d’une fatigue extrême: elle aspire à la fois à la force et au repos, à l’intensité existentielle et au suicide, à l’indépendance et à la dépendance. – HUBERT AQUIN</p>
</blockquote>



<p>La partisanerie est l’agonie de toute grande lutte de libération politique et sociale. De l’endoctrinement abrutissant de gauche ou de droite, maoïste ou franquiste, quelle importance! C’est le peuple qui en souffre. Si nous, Québécois et Québécoises, avons fait des progrès considérables dans les 50 dernières années en tant que société, n’en demeure pas moins que nous nous sommes embourbés dans une quête électoraliste paralysante, fatiguée et <em>fatigante</em>.</p>



<p>Je suis d’avis que la poursuite de l’indépendance du Québec est fondamentale au maintien de la nature distincte des peuples qui le composent et à la survie – optimalement, l’enrichissement – de la culture qui le définit. Prémisse de mon argumentaire dont la validité ne fait toutefois pas l’unanimité. Trop nombreux (et puissants, influents…) encore sont ceux qui s’affairent à régurgiter une rhétorique <em>dépendantiste</em> fondée sur des aménagements toujours plus déraisonnables au sein de la Confédération canadienne. La liberté, oui, mais pas à n’importe quel prix. Combien de temps devrons-nous attendre les concessions du gouvernement canadien? Combien de temps encore croirons-nous au mensonge de la Confédération et à ses promesses d’un fédéralisme renouvelé? Quel sera le prix de l’immobilisme?</p>



<p>Quel sera le prix de la naïveté? De la peur?</p>



<p>Personne, devant une liberté nouvellement acquise, ne songerait à redevenir captif, sous prétexte qu’il serait trop ardu de déterminer les conditions de son existence. Aucun peuple, aucune nation n’a regretté son indépendance. Aucun être n’a regretté sa liberté. Je nous supplie donc collectivement de cesser de la réduire à un calcul fiscal profane et invalide.</p>



<p>Mais la responsabilité pour notre soumission prolongée ne peut être simplement imputée à l’insipidité de la rhétorique fédéraliste. Le projet indépendantiste, tel qu’imaginé par Lévesque et ses contemporains, se voit vicié par l’institutionnalisation du parti qui se porte garant de son atteinte. Le même Parti québécois dont les fondateurs sont mythologisés par l’imaginaire collectif de notre peuple n’est maintenant qu’une banale structure du pouvoir, qu’un rouage dans l’appareil démocratique de notre nation.</p>



<p>L’indépendance devient un enjeu partisan et électoral, porté par un parti tantôt de gauche, tantôt de droite, et trop peu souvent orienté vers l’avant. Pathétique, cette régression horizontale systématique du Parti québécois qui fait fi de la nécessité catégorique de l’indépendance, se concentrant plutôt sur l’appâtage éhonté d’électeurs indécis. L’atteinte du pouvoir, bien que nécessaire pour le déclenchement d’un processus référendaire, ne doit pas se faire aux dépens de sa vocation constitutive, celle de donner enfin une nation souveraine au Québec. Le Parti québécois n’est pas maléfique pour autant ; il joue le jeu, il taille sa place dans un système qu’il voudrait voir complètement réformé…</p>



<p>Mais il est trop tard. L’idée est toujours aussi essentielle, mais son véhicule est usé, inadapté, trop polarisé pour pouvoir espérer rallier une majorité convaincante derrière le projet de société que représente l’indépendance. Le cynisme grandissant de la population face au Parti québécois mine le soutien pour la cause indépendantiste, qui en est à présent fonctionnellement indissociable. Voir autant de gens se refuser leur indépendance parce qu’ils n’apprécient pas les sautes d’humeur de Paul St-Pierre Plamondon ou qu’ils n’aiment pas sa plateforme sur les petites et moyennes entreprises (PME), l’immigration ou le retour des Nordiques, c’est déchirant et carrément délirant. L’indépendance n’est pas l’affaire d’un individu ou de son parti. Il est inutile de chercher en un élu une sorte de héros national, un Maurice Richard ou un Lucien-Bouchard-le-miraculé des temps modernes : notre libération sera la décision collective de tout un peuple. Nous sommes l’indépendance, pas le Parti québécois.</p>



<p>Toutes les avancées fulgurantes du dernier demi-siècle sont le fruit d’une prise de confiance généralisée des Québécois envers leurs propres capacités. Nous sommes à présent un peuple qui sait reconnaître sa grandeur, sans s’écraser dans le rôle de subalterne minuscule qui a longtemps fait notre opprobre. Mais nous avons encore peur, si ce n’est que d’une chose : nous sommes terrifiés à l’idée d’<em>être</em>.</p>



<p>Peut-être est-ce la peur de l’inconnu, du vide, du néant prétendument engendré par la formation d’une entité politique québécoise. Ou bien est-ce la peur d’un Québec totalitaire dominé par une sorte de clique fondatrice du pays, condamnant tout autre mouvement politique à l’impotence la plus totale. Des peurs profondément irrationnelles, mais ô combien efficaces dans leur dissuasion!</p>



<p>Voilà donc toute la pertinence de nous inspirer de 1976 (et de la décennie ayant précédé cette première victoire électorale du Parti québécois) pour achever la construction du Québec. Il faut repartir de zéro, non pas dans l’idée proposée, mais dans la structure qui l’accompagne. Nous devons nous délester de cette association systématique de l’indépendance au Parti québécois et faire renaître le mouvement sur une base nouvelle, ancrée dans la force de sa société civile. Il faut que ce soit le peuple qui dicte réellement sa vision pour le futur du Québec. Il ne fait aucun doute qu’une telle approche ne pourra que rallier davantage de Québécois de tous azimuts vers un projet de pays qui leur ressemble, et non pas à la promesse de conservation d’une nation figée dans une époque folklorique de survivance. Ce nationalisme réducteur est d’ailleurs un poison, répandu non pas par le Parti québécois, mais plutôt par le seul fait de son archaïsme structurel. Il a trop changé, trop dévié, trop bifurqué pour espérer déjouer la perception figée que s’en font quatre générations de Québécois.</p>



<p>Oui, nous avons besoin de porte-parole du projet indépendantiste, mais leur rôle doit se limiter à une application <em>stricto sensu</em> : ils ne doivent être que les porte-voix du peuple, sans chercher à marquer l’imaginaire collectif par des prouesses de charisme et de charme politique. L’amour qu’a un peuple pour ses politiciens est éphémère et immanquablement voué à s’effriter. Oui, nous avons besoin des institutions démocratiques pour mener le projet à terme, mais l’essentiel du travail doit être accompli, pour être d’une quelconque légitimité, par le peuple.</p>



<p>Le peuple ne cessera jamais de s’aimer, de vouloir son bien et son épanouissement, tout comme il ne cessera jamais de craindre et de remettre en question ceux qui le gouvernent. À l’instar de ces grands porte-parole du peuple que furent Lévesque, Chaput, Bourgault et Chartrand, nous devons aspirer à fonder un appareil politique dont l’unique objectif est l’atteinte de l’indépendance, par le peuple, pour le peuple. La fatigue politique des Canadiens français ne pourra se résorber que s’ils se décident à devenir enfin des Québécois, par la force de leurs actions. Ainsi, nous vivrons. Autrement, notre sommeil nous condamne à la disparition.</p>
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		<title>Une résilience passée, présente et future</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/une-resilience-passee-presente-et-future/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[animation]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Mois de l’Histoire des Noir·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[ONF]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur l’avant-première du film À nos futurs ancêtres à l’ONF.</p>
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<p class="has-drop-cap">Mercredi 11 février, 18 heures, Montréal. C’est dans une ambiance conviviale, voire festive, que nous pénétrons dans la salle Alanis-Obomsawin de l’Office national du film du Canada (ONF). À l’occasion de la programmation culturelle du Mois de l’histoire des Noir·e·s, l’ONF diffuse en avant-première son court-métrage d’animation, <em>À nos futurs ancêtres</em>, qui sortira plus tard en 2026. La projection se déroule en compagnie de ses coréalisateurs : Bogdan Anifrani-Fedach, cinéaste et illustrateur d’origine togolaise, ukrainienne et canadienne, et Ian Keteku, cinéaste, poète et éducateur d’origine ghanéenne et canadienne.</p>



<p><strong>Dans la salle</strong></p>



<p>« Au bout de ton voyage, une lueur. Mille bons matins et un doux souvenir ». C’est sur ces mots que s’ouvre le film <em>À nos futurs ancêtres</em>. À l’écran, un soleil se lève. Au pied d’un gigantesque baobab se tient une petite fille. Dans les branches, un oiseau observe un instant l’œuf suspendu derrière lui, puis s’envole. Sous l’effet des premiers battements d’ailes, l’œuf se détache, chute lentement, frôle les mains de l’enfant, avant de se retourner sur lui-même et de disparaître dans l’immensité nébuleuse de l’espace. Le court-métrage de six minutes présente le parcours de la jeune fille en traversant le temps et la mémoire, de la savane au cosmos, en quête de cet œuf mystérieux qui lui révélera son avenir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Sous l’effet des premiers battements d’ailes, l’œuf se détache, chute lentement, frôle les mains de l’enfant, avant de se retourner sur lui-même et de disparaître dans l’immensité nébuleuse de l’espace »</p>
</blockquote>



<p>« À nos futurs ancêtres <em>est une lettre d’amour (tdlr)</em> », commente Ian Keteku à la suite de la projection, « <em>c’est une lettre d’amour aux générations du passé, une lettre d’amour aux générations futures</em> » qui propose une allégorie de la résilience défiant les millénaires. En tant que cinéaste-poète, Keteku voit une synergie entre l’animation et la poésie pour amplifier la voix de sa communauté et de la diaspora noire. Il crée ainsi un univers magique qui dépasse les lois de la physique. Dans cet esprit, il entreprend le projet de <em>Dreams in Vantablack</em> en 2022, une courte série de poèmes animés présentant des œuvres de 12 jeunes Noir·e·s. C’est notamment grâce à ce projet que Keteku a fait la connaissance de Bogdan Anifrani-Fedach, le jeune artiste avec qui il collaborera plus tard pour créer <em>À nos futurs ancêtres.</em></p>



<p>Si Keteku privilégie une approche plus poétique du cinéma, AnifraniFedach se concentre davantage sur la conception visuelle et formelle de l’œuvre et sur la manière de lui donner vie à l’écran. Il affirme que <em>« ce qui [le, ndlr] fascine le plus au cinéma, c’est lorsqu’on accorde autant d’importance à la forme qu’au contenu ».</em> Avant de devenir artiste, il a toujours porté une grande attention aux différents comportements de son entourage, ce qui facilite grandement son processus de création. À son sens de l’observation s’ajoutent ses compétences à manier une panoplie de médiums, tels que l’animation en caméra multiplane, l’encre sur verre, la peinture sur papier, l’animation de sable, l’animation 3D numérique, et cetera, avec dix techniques différentes employées dans la réalisation de <em>À nos futurs ancêtres.</em></p>



<p><strong>Dans les coulisses</strong></p>



<p>Durant la séance, Keteku confie que le plus grand défi rencontré à l’étape de la conceptualisation a été la notion du temps : <em>« Nous avons essayé de créer un film qui semble non-linéaire, voire circulaire à l’intérieur du récit lui-même. »</em> Pour ce faire, ils ont joué avec le concept de palindrome – un mot ou un groupe de mots qui peut être lu indifféremment de gauche à droite ou de droite à gauche. Cette boucle est reflétée dans la structure, dans l’aspect visuel et dans le message central du film : « L’éternité embrasse le souvenir… le souvenir embrasse l’éternité. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Nous les concevons davantage comme sources d’influence ou d’inspiration générale pour les générations suivantes »<br>- Ian Keteku, cinéaste-poète et coréalisateur du film À nos futurs ancêtres</p>
</blockquote>



<p>Quand le projet a vu le jour en 2022, la <a href="https://www.un.org/fr/observances/decade-people-african-descent/background" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine</a> (2015–2024) touchait à sa fin. Il s’agit d’une initiative de l’Organisation des Nations unies (ONU) ayant pour but de sensibiliser au racisme anti-noir et aux droits humains des personnes d’ascendance africaine. Bien que l’ONU ait rapidement proclamé le début d’une <a href="https://www.ohchr.org/fr/node/110620" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">deuxième Décennie</a> peu de temps après , le 17 décembre 2024, les réalisateurs ne pouvaient pas prédire cette suite. Ils doutaient, questionnaient et voulaient fondamentalement contribuer à mettre en avant les voix de la population d’ascendance africaine. Or, au lieu d’accentuer les traumatismes vécus et la tribulation de l’histoire, Keteku et Anifrani-Fedach ont opté pour une narration qui fait appel à l’espoir tout en rappelant des moments réels du passé. On peut reconnaître des personnalités noires historiques, notamment lorsque la protagoniste se retrouve dans un autobus ou dans une navette spatiale. Keteku explique toutefois qu’ils ont volontairement omis de mentionner des noms. Bien que les noms de Rosa Parks et de Mae Jemison viennent immédiatement à l’esprit, le film convoque un ensemble plus large de figures historiques : « Nous les concevons davantage comme sources d’influence ou d’inspiration générale pour les générations suivantes. »</p>



<p><strong>À l’écran</strong></p>



<p>À nos futurs ancêtres est une œuvre visuellement, contextuellement et métaphoriquement riche. Dans le cadre de leurs recherches préliminaires, les deux cinéastes sont allés en Afrique de l’Ouest – Keteku au Ghana et Anifrani-Fedach au Togo – pour mieux connaître divers artefacts et produits d’artisanat locaux afin d’en offrir une meilleure représentation. Ils ont notamment emprunté des symboles Adinkra – symboles visuels représentant des concepts, des proverbes et des aphorismes originaires des peuples Akan au Ghana – comme le Sankofa, souvent illustré par un oiseau à la tête tournée vers l’arrière et aux pattes tournées vers l’avant. Ce symbole apparaît dès la première scène du film et revient à la fin ; il signifie littéralement « retourner et obtenir » et est associé au proverbe<em> « se wo were fi na wosankofa a yenkyi »,</em> qui se traduit par : « Il n’y a pas de mal à revenir sur ce que l’on a oublié. »</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="2000" height="1081" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Anosfutursancetres1-1-2000x1081.jpg" alt class="wp-image-60081" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Anosfutursancetres1-1-2000x1081.jpg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Anosfutursancetres1-1-650x351.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Anosfutursancetres1-1-150x81.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Anosfutursancetres1-1-768x415.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Anosfutursancetres1-1-1536x830.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Anosfutursancetres1-1-2048x1107.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Anosfutursancetres1-1-230x125.jpg 230w" sizes="auto, (max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit">Image tirée du film – Avec la permission de l’Office national du film du Canada</span></figcaption></figure>



<p>Le proverbe boucle l’idée de la circularité et rappelle la mission du Mois de l’histoire des Noir·e·s en Amérique du Nord. L’histoire et l’héritage des personnes noires au Canada sont souvent ignorés. Bien que le gouvernement canadien ait seulement reconnu ce mois comme moment de célébration et de souvenir en 1995, il n’est jamais <em>trop </em>tard pour reconnaître et valoriser cette histoire et réparer cet oubli.</p>



<p>Somme toute, <em>À nos futurs ancêtres</em> est une proposition qui s’inscrit pleinement dans l’esprit du Mois de l’histoire des Noir·e·s : une lettre ouverte de résilience, du passé au présent, tournée vers l’avenir.</p>
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		<title>Le Mois de l’histoire des Noirs</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/le-mois-de-lhistoire-des-noirs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eugénie St-Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Mois de l’Histoire des Noir·e·s]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l’Université McGill, le Mois de l’histoire des Noirs n’est célébré officiellement que depuis 2017 – tardivement, pourrait-on dire – alors même qu’il s’agit d’une commémoration nécessaire, hier comme aujourd’hui, et qu’elle existe depuis 1978. En tant qu’étudiants universitaires, nous disposons d’une chance que beaucoup n’ont pas : nous avons une multitude de ressources à&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/le-mois-de-lhistoire-des-noirs/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Le Mois de l’histoire des Noirs</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">À l’Université McGill, le Mois de l’histoire des Noirs n’est célébré officiellement que depuis 2017 – tardivement, pourrait-on dire – alors même qu’il s’agit d’une commémoration nécessaire, hier comme aujourd’hui, et qu’elle existe depuis 1978. </p>



<p>En tant qu’étudiants universitaires, nous disposons d’une chance que beaucoup n’ont pas : nous avons une multitude de ressources à portée de main. Des ressources qui nous permettent de célébrer le Mois de l’histoire des Noirs en bonne et due forme. Je vous encourage, en ce mois de février, à saisir cette chance. Les bibliothèques et les bases de données auxquelles McGill vous donne accès sont pleines d’ouvrages, d’archives et de travaux de recherche. À cela s’ajoutent les nombreuses activités proposées par la ville de Montréal, les musées et McGill en lien avec le Mois de l’histoire des Noirs. L’information est plus qu’accessible. Il suffit de faire le premier pas ; c’est peu demander.</p>



<p>Le Mois de l’histoire des Noirs représente ainsi une opportunité collective de s’informer sur notre passé, d’apprendre à connaître la société d’hier pour mieux comprendre celle d’aujourd’hui. Si vous ne savez pas par où commencer, je vous propose de regarder d’abord autour de vous. L’Université McGill – sans surprise – a été le cadre d’événements historiques, tant positifs que profondément négatifs, pour la communauté noire. Son fondateur, James McGill, était propriétaire d’esclaves, dont les noms de Sarah, Jack (ou Jacques), Marie-Louise et Marie Potamiane figurent dans les archives ; l’existence d’un jeune garçon autochtone non nommé y est également documentée. Pendant longtemps, McGill a refusé de mettre en lumière cette réalité historique. <a href="https://www.mcgill.ca/about/who-was-james-mcgill" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Elle reconnaît aujourd’hui</a> que la fortune ayant contribué à sa fondation provenait en partie de l’implication de James McGill dans le système économique colonial et l’esclavage atlantique, grâce aux protestations du corps étudiant.</p>



<p>S’intéresser à l’histoire de l’institution où l’on étudie, c’est aussi réfléchir à la place que l’on y occupe. En explorant cette histoire, vous apprendrez, par exemple, que la première personne noire à obtenir un diplôme de médecine au Canada, William Wright, l’a reçu à l’Université McGill en 1848. Vous découvrirez le nom de Juanita Corinne DeShield, première femme noire canadienne diplômée de McGill en 1936, ainsi que celui de Neville Linton, premier rédacteur en chef noir d’un média étudiant, le <em>McGill Daily</em>, en 1957. Vous saurez également que la première association noire à McGill, la <em>British West Indian Society</em>, a été fondée en 1940. Vous découvrirez une longue histoire de résistance et de résilience de la communauté noire dans un milieu qui lui était profondément inhospitalier. Aujourd’hui, c’est le <em>Black Student Network</em> (BSN) qui rassemble les étudiants noirs de l’Université. Selon un sondage démographique, les étudiants noirs représentaient <a href="https://www.mcgill.ca/senate/files/senate/09_d20-59_student_demographic_survey.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">4,6 %</a> du corps étudiant en 2021. Leur contribution à la vie culturelle, intellectuelle et politique a façonné l’identité de l’institution et continue de le faire.</p>



<p><em>Le Délit </em>vous propose cette semaine, entre autres, d’en apprendre davantage sur la communauté noire de Petite-Bourgogne et sur le sort que l’urbanisme lui a réservée (page 8) ; de réfléchir à l’impact de la représentation des personnes noires au cinéma (page 10) et à la nécessité de la prise de position (page 7) ; enfin, de découvrir, dans la section culture, le film <em>À nos futurs ancêtres</em> (page 14).</p>



<p>Je vous invite à profiter du Mois de l’histoire des Noirs pour remettre en question vos biais et privilèges, et approfondir vos connaissances en la matière, tout en gardant en tête que le devoir de mémoire n’est aucunement confiné au mois de février – il n’en est que le point de départ.</p>



<p></p>
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