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	<title>Archives des Slider - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 16 Sep 2026 12:28:45 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Il faut le voir pour le croire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/il-faut-le-voir-pour-le-croire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[banalisation]]></category>
		<category><![CDATA[déni]]></category>
		<category><![CDATA[réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
		<category><![CDATA[web]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La banalisation de la violence.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/il-faut-le-voir-pour-le-croire/" data-wpel-link="internal">Il faut le voir pour le croire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">J’ai visionné le meurtre d’une femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelques jours, entre deux vidéos de <em>lif</em>estyle, l’algorithme de TikTok m’a montré la vidéo d’une femme dans les rues de New York, deux couteaux en main. <a href="https://www.nytimes.com/2026/09/01/nyregion/victims-stabbing-times-square-nyc.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Pamela Cisneros</a> venait de poignarder deux personnes, dont Erin Piacenti, décédée de ses blessures. Des policiers encerclaient Cisneros et ré pétaient qu’elle devait lâcher ses armes. Ils ont utilisé deux pistolets à impulsion électrique, sans succès. La femme s’est rapprochée des policiers et deux coups de feu ont été tirés, la tuant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous avez peut-être vu passer la vidéo. Si ce n’est pas le cas, estimez-vous chanceux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Y’en a pas de problèmes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réseaux sociaux regorgent de vidéos en tous genres et, malheureusement, cela implique les vidéos violentes. Quiconque a un peu de curiosité morbide ou un algorithme terrible est facilement exposé à des vidéos d’agressions armées, de tireurs fous ou de règlements de compte. Bien sûr, pour alléger leur conscience et peut-être protéger un peu les utilisateurs, les réseaux sociaux ont bien souvent des règles de communauté (ces fameuses<em> community guidelines</em> rarement lues). Le contenu trop explicite est donc généralement retiré et les pires vidéos sont ornées d’un floutage sur les blessures ou les armes ainsi que d’un avertissement avant le visionnement. Certaines poussent même la sollicitude jusqu’à censurer les mots inappropriés, question de protéger les oreilles chastes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, la vidéo de la mort de Cisneros ne comportait aucun floutage et aucun avertissement. Pas une seule indication que ce que j’allais visionner pouvait être hautement perturbant. C’est donc assise sur un banc d’autobus, en retournant chez moi à la fin d’une longue journée, que j’ai innocemment vu une femme mourir sur mon téléphone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et apparemment, c’est devenu totalement normal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une ère de banalisation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Étant donné la grande quantité de contenu violent sur les réseaux sociaux, il est inévitable d’en voir de temps à autre. Pourtant, nous ne devrions jamais avoir à visionner ce genre de contenu. Comme nous vivons dans un monde qui est bien loin d’être idéal, nous sommes soumis au visionnement de la douleur d’individus de partout sur la planète. Mais ce visionnement a des conséquences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En étant forcés de consommer cette violence au minimum – après tout, il faut bien constater qu’il s’agit de violence avant de passer la vidéo – nous y devenons habitués. Qu’est-ce qu’on en a à faire du sang et de la douleur de quel qu’un alors qu’il s’agit de la troisième vidéo sur le sujet que nous voyons aujourd’hui? Pas grand-chose, et c’est précisément le problème.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes bien malgré nous assaillis d’images de souffrance chaque jour : en allant sur les réseaux sociaux, en regardant les nouvelles, en feuilletant le journal. Cette souffrance est parfois locale, parfois internationale, mais à force d’être exposés à tant de malheur, nous saturons. Nous devenons des êtres indifférents, qui se contentent de passer à la prochaine vidéo lorsqu’une femme se fait tirer dessus devant nos yeux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Collectivement, nous perdons le sens de l’empathie. On ne s’attriste plus du sort des autres, car à quoi bon? Nous voyons tant de souffrance qu’elle devient invisible, commence à faire partie du paysage. Avec les réseaux sociaux, l’exposition à la violence est faite de plus en plus jeune : il suffit de penser à tous les enfants qui ont un accès illimité à Internet et qui sont témoins de toutes sortes de contenu inapproprié. Cette banalisation a des conséquences : la gravité des crimes violents commis par des jeunes a augmenté de <a href="https://www.985fm.ca/audio/791368/hausse-des-crimes-violents-chez-les-jeunes-quebecois" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">70% entre 2015 et 2025</a>. Il est toujours réjouissant de constater que la violence est si banale qu’elle entre dans nos mœurs. Décidément, nous sommes en voie de former un monde pacifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La souffrance en direct</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La violence a toujours été assez accessible dans les médias. Depuis la nuit des temps, les nouvelles télévisées nous montrent des paysages désolants de pays déchirés par la guerre, le tout parfois relevé du témoignage d’un habitant et conclu par le ton grave d’un journaliste. Or, depuis peu, nous avons accès, en direct, à la souffrance de milliers de personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La promesse des réseaux sociaux, c’est que tout le monde puisse partager sa réalité. Alors, lorsque des Ukrainiens, des Soudanais et des Palestiniens ont accès à ces mêmes réseaux sociaux que nous, nous sommes témoins de leur réalité dans l’intimité de leur quotidien. Il ne s’agit plus de regarder le téléjournal exposer un conflit géopolitique en termes neutres et objectifs, mais bien de visionner la terreur de véritables individus. Nous sommes témoins comme eux du quotidien, rythmé par la violence, la mort et la souffrance, à la différence près que nous pouvons décider de fermer l’application afin de ne plus être confrontés à ces horreurs. Nous pouvons éteindre le téléphone et aller prendre une marche, aller à l’école, rire avec nos amis. Nous pouvons avoir un quotidien, une vie, que des milliers de personnes n’ont plus.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« On ne compte plus les morts par centaines ni par dizaines de milliers, nous avons besoin de chiffres avec tellement de zéros que nous perdons le sens des proportions »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Maintes et maintes vidéos d’internautes palestiniens ont été publiées. Des vidéos où on voit des villes entières réduites en décombres et en poussière. Des vidéos où on re garde des parents pleurer la mort de leurs enfants. Des vidéos où on voit des médecins sans ressources exécuter des opérations à froid, où on voit des hôpitaux complètement détruits par des frappes israéliennes. Des vidéos où on voit des journalistes et des enfants se faire braquer un fusil au visage sans raison apparente, où on entend des soldats leur hurler des menaces. Des vidéos où on voit des enfants orphelins morts de faim.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des vidéos qui cessent du jour au lendemain, des utilisateurs dont on n’a plus de nouvelles, car ils sont devenus une énième statistique, un énième décès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un de plus parmi tant d’autres, mais nous restons de marbre, car l’horreur est devenue si répandue qu’elle ne nous choque plus. On ne compte plus les morts par centaines ni par dizaines de milliers, nous avons besoin de chiffres avec tellement de zéros que nous perdons le sens des proportions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous regardons le génocide palestinien se dérouler en direct. Nous pouvons même interagir avec les victimes. Pourquoi ne sommes-nous pas davantage importunés, outrés, enragés? Pourquoi tant d’indifférence devant la souffrance, toujours plus vive et toujours plus près de nous?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de la Seconde Guerre mondiale, nombreux sont ceux qui ont découvert avec horreur l’Holocauste. À travers le monde, tout le monde retenait son souffle en entendant parler de ces gens qui avaient subi l’horreur des enfers sur Terre, tout le monde s’est demandé comment tant de gens avaient pu laisser ce cauchemar prendre place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque le génocide palestinien sera terminé, nous ne pourrons pas nous cacher derrière de telles excuses. Nous aurons tout vu, tout entendu. Le monde entier aura été témoin de ses propres yeux.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/il-faut-le-voir-pour-le-croire/" data-wpel-link="internal">Il faut le voir pour le croire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Attention : virage à droite</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/attention-virage-a-droite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catvy Tran]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[polarisation]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[radicalisation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60906</guid>

					<description><![CDATA[<p>Atteintes aux mesures antidiscriminatoires et déradicalisation de la gauche radicale.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 10 août 2026, <em>The Atlantic</em> publie un <a href="https://www.theatlantic.com/magazine/2026/09/elite-academia-leadership-hypocrisy/687969/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">article</a> de Tyler Austin Harper qui provoque des remous dans les milieux intellectuels américains de gauche. Dans cette longue diatribe justifiant sa démission, l’ancien professeur d’études environnementales à l’uni ersité Bates, dans le Maine, dé nonce « <em>l’insupportable hypocrisie du monde académique d’élite (tdlr</em>)». Au cœur de ses lamentations, le « racisme » occasionné par les mesures d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) dans les universités.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les mesures d’EDI sont-elles vraiment racistes?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lui-même une personne racisée, Tyler Austin Harper remet en question le processus d’embauche qui lui a permis d’accéder à la prétitularisation dès la fin de son doctorat : « <em>Je n’aurais probablement pas eu l’emploi si ce n’était pour la couleur de ma peau</em>.» Cette paranoïa autour des me sures d’EDI rejoint les inquiétudes de la droite américaine, qui <a href="https://abcnews.com/Politics/trumps-missing-point-dei-meritocracy-experts/story?id=117975699" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">voit</a> cette volonté de pallier aux injustices sociohistoriques comme une atteinte aux valeurs méritocratiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Adrien Peyrache, professeur agrégé à l’Université McGill et codirecteur de l’ancien comité d’EDI de l’Institut Hôpital neurologique de Montréal (<em>Neuro EDI committee</em>), trouve Tyler Austin Harper « très sévère ». Selon lui, même s’il a pu y avoir quelques erreurs au cours de leur implémentation, les mesures d’EDI demeurent «absolument nécessaires ». Il met en lumière le « biais implicite » qui s’introduit chez les étudiant·e·s qui côtoient, comme c’est souvent le cas, un corps professoral majoritairement composé « d’hommes blancs » et qui en déduisent implicitement que « ce corps de métier […] ne [leur] est pas accessible ». Il rap pelle d’ailleurs l’importance de prendre en compte les perspectives étudiantes lors de prises de décisions de ce genre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, selon Harper, l’hypocrisie ne se limite pas au racisme des mesures d’EDI, mais englobe également la négligence de la direction à l’égard des enjeux économiques qui touchent les populations universitaires. Pour lui, les mesures antidiscriminatoires ne sont qu’une façade qui permet à Bates de maintenir une image progressiste sans s’attaquer aux « <em>vrais</em> » problèmes, tels que l’exploitation du personnel et l’augmentation des frais de scolarité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa vision s’inscrit dans la lignée marxiste qui <a href="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1859/critique-pol-economy/preface.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">distingue</a> la base économique – les modes et les relations de production – de la superstructure d’une société – ses idéologies, ses institutions, sa politique, sa culture, etc. À ses yeux, la superstructure est principalement la réflexion de la base économique. Par conséquent, les enjeux économiques constituent la force motrice des changements sociétaux et devraient donc être prioritaires par rapport aux paradigmes culturels. Ainsi, les mesures visant à réduire les inégalités structurelles au sein de l’université en changeant les curricula et en diversifiant la composition des employé·e·s sont considérées comme futiles si Bates ne s’attelle pas en premier lieu à l’exploitation économique de son corps étudiant et professoral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, le théoricien et sociologue Stuart Hall <a href="https://chooser.crossref.org/?doi=10.2307%2Fj.ctv1j9mjwm.7" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">met en garde</a> contre cette séparation entre la base économique et la superstructure d’une société, les considérant plutôt comme interreliées. Il conteste leur relation de cause à effet et les conçoit plutôt comme un tout complexe, au sein duquel les idéologies construisent elles-mêmes un cadre de pensée et peuvent ainsi, de manière autonome, contribuer à renverser les conditions matérielles d’une société. De cette façon, les changements de curricula, à Bates et ailleurs, ne devraient pas être considérés comme une cause distincte de la lutte pour une plus grande équité économique au sein de l’université. Ils peuvent au contraire eux-mêmes contribuer à des transformations structurelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tyler Austin Harper s’égare donc lorsqu’il démonise les mesures d’EDI et les définit comme des moyens de distraire des véritables enjeux économiques. Plutôt que de séparer ces deux combats, il gagne rait à percevoir ces luttes comme étant complémentaires et s’entre tenant mutuellement pour mener à bien des changements sociétaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une déradicalisation de la gauche radicale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En critiquant ces mesures et en créant une distance avec la frange de la gauche qui les promeut et qui est considérée comme trop « <em>woke</em> » et performative, Harper s’inscrit dans la tendance actuelle de déradicalisation qui émerge au sein de la gauche radicale. En effet, il cherche clairement à se départir de ce qu’il voit comme les dérives du mouvement <em>woke</em> des dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette prise de distance par rapport au progressisme a également été adoptée par de nombreux politiciens historiquement de gauche qui préfèrent aujourd’hui se rapprocher d’idéaux et de préoccupations plus centristes. Par exemple, aux États-Unis, la politicienne Alexandria Ocasio Cortez ne semble plus se positionner dans la mouvance radicale à laquelle elle s’identifiait précédemment. Elle est allée jusqu’à prendre ses distances avec la période des années 2020 caractérisée par l’essor du mouvement <em>Black Lives Matter</em>, aussi surnommée « <em>Woke 1.0</em> », la qualifiant de « <em><a href="https://www.nytimes.com/2026/08/12/style/woke-1-aoc-dsa.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">folle</a></em> ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Pour lui, les mesures antidiscriminatoires ne sont qu’une façade qui permet à Bates de maintenir une image progressiste sans s’attaquer aux “vrais” problèmes»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réserve face à un progressisme jugé trop radical est probablement due à sa volonté de modérer son discours pour attirer plus d’électeurs. En effet, alors que la prochaine course à la Maison-Blanche se rapproche, cette parlementaire dont on suppose des ambitions présidentielles <a href="https://www.nytimes.com/2026/08/12/style/woke-1-aoc-dsa.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">semble</a> voir un décalage vers le centre comme un moyen d’élargir sa base électorale. Le calcul est simple : après avoir gagné la confiance des électeurs de gauche plus radicaux, elle s’adresse vraisemblablement désormais à ceux plus dubitatifs face à son progressisme habituel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, le maire new-yorkais Zohran Mamdani, après avoir mené l’an dernier une campagne qui mettait de l’avant un socialisme démocratique radical et la primauté des services sociaux et communautaires, est désormais <a href="https://www.nytimes.com/2026/06/12/nyregion/dsa-mamdani-pushback.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">prêt à faire des concessions</a> en ce qui a trait à la police. Alors qu’il avait promis de révolutionner la sécurité publique et d’amorcer une réduction du budget de certaines franges du service de police de la ville de New York, plusieurs groupes militants sont déçus par sa décision récente de plutôt augmenter son effectif de 580 officiers et sa collaboration étroite avec la commissaire de police technocrate Jessica Tisch.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Canada, ce décalage vers le centre de la part de politicien·ne·s socialistes n’est pas une nouvelle affaire. La déradicalisation de la gauche canadienne avait déjà fait les manchettes lorsque le Nouveau Parti démocratique (NPD), sous Thomas Mulcair, s’était mis à peu à peu <a href="https://utppublishing.com/doi/10.3138/9781487554606.007" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">délaisser sa fibre progressiste</a> pour attirer plus d’électeurs dans le but de remporter les élections fédérales de 2015. Alors que le NPD siégeait auparavant en tant qu’opposition officielle et semblait par moments en voie de remporter les élections, ces mêmes élections relèguent ses députés au troisième rang, témoignant ainsi de l’importance de l’électorat de gauche radicale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il reste désormais à voir si Avi Lewis,<a href="https://www.npd.ca/nouvelles/avi-lewis-est-le-chef-elu-du-npd" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> gagnant de la course</a> à la chefferie du NPD au printemps dernier, saura tirer des leçons des erreurs passées de son parti et combler le vide actuel sur la scène politique canadienne en ce qui a trait à une véritable offre électorale de gauche. Un enjeu auquel il devra assurément faire face est celui de demeurer à la hauteur des attentes de ses électeurs, le tout à une heure où la gauche elle-même est de plus en plus divisée, entre les plus radicaux qui se sentent délaissés au profit de calculs électoraux et les plus méfiants qui, comme Tyler Austin Harper, craignent les dérives d’un projet trop progressiste.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Un an du Club DD’s</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/un-an-du-club-dds/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[inclusion]]></category>
		<category><![CDATA[LGBTQ+]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a maintenant un an, le 9 septembre 2025, le Club DD’s ouvrait pour la première fois ses portes à l’occasion de sa soirée de lancement – et la réponse de la communauté queer de Montréal ne s’est pas fait attendre. Une longue file s’est rapidement formée, remontant jusqu’à l’intersection entre Duluth et Saint-Laurent.&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/un-an-du-club-dds/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Un an du Club DD’s</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Il y a maintenant un an, le <a href="https://www.instagram.com/p/DOiwmaoEZT4/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">9 septembre 2025</a>, le Club DD’s ouvrait pour la première fois ses portes à l’occasion de sa soirée de lancement – et la réponse de la communauté queer de Montréal ne s’est pas fait attendre. Une longue file s’est rapidement formée, remontant jusqu’à l’intersection entre Duluth et Saint-Laurent. Cependant, malgré la longue attente, c’est la bonne humeur qui régnait ce soir-là : le Plateau retrouvait enfin une boîte de nuit queer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Situé au cœur du quartier du Plateau Mont-Royal, sur le boulevard Saint Laurent, le Club DD’s a remplacé le bar de musique en direct le Blue Dog. Ce bar précédemment très apprécié des habitants du quartier, a été <a href="https://cultmtl.com/2025/07/montreal-music-venue-blue-dog-to-close-due-to-pressure-imposed-by-noise-complaints/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">forcé</a> de fermer à la suite de problèmes financiers liés à des plaintes du voisinage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si sa fermeture a causé de nombreux émois, les nouveaux propriétaires de l’espace ont réussi en cinq semaines à transformer entièrement l’ancien bar en une boîte de nuit créée par et pour les personnes 2SLGBTQI+. Depuis son ouverture, le club est devenu un lieu incontournable pour la communauté queer du Plateau, particulièrement la communauté lesbienne. Les propriétaires du club l’expliquent dans un <a href="https://www.forgetthebox.ca/features/leclub-dds" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">article</a> de <em>Forget The Box</em> : leur idée était de recréer l’ambiance du <em>Drugstore</em>, un bar lesbien de six étages qui a fermé en 2013.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Plateau et son histoire queer</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si aujourd’hui le Club DD’s est la seule boîte de nuit destinée à un public <a href="https://dictionnaire.lerobert.com/definition/saphique" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">saphique</a>, cela n’a pas toujours été le cas à Montréal. En effet, à la suite de la <a href="https://ville.montreal.qc.ca/memoiresdesmontrealais/les-bars-lesbiens-du-plateau-mont-royal-durant-les-annees-1980" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">répression policière</a> qu’ont subi les bars queer au moment des Jeux Olympiques de 1976, les lieux de la communauté ont quitté le centre-ville. D’un côté, les hommes gais ont développé leurs bars et boîtes de nuit dans ce qu’on appelle maintenant le Village, et d’un autre, la communauté lesbienne s’est implantée dans le quartier du Plateau, où elles résidaient dans des logements communaux – moins chers –, adoptant souvent des modes de vie contre-culturels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, de nombreux espaces dédiés aux lesbiennes ont émergé, surtout sur la rue Saint Denis. On parle alors de « <em>l’âge d’or</em> » du lesbianisme à Montréal. Toutefois, cela n’a pas duré. Au fil des années, le nombre d’espaces qui leur sont dédiés a diminué, passant de sept en 1992 à un en 2003.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Club DD’s, un espace inclusif</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce tableau sombre, le Club DD’s apparaît comme une lumière pour la communauté lesbienne de Montréal. Cependant, cet endroit n’est pas uniquement un espace pour les femmes lesbiennes. Il se distingue par son inclusivité envers tous les membres de la communauté 2SLGBTQI+. S’il s’y déroule effectivement de nombreuses soirées saphiques, il y a également des événements pour d’autres groupes de la communauté queer. On peut penser aux soirées transmasc, drag, QTBIPOC (pour les personnes queer et trans, autochtones et racisées), aux soirées pour les plus de trente ans et même aux soirées de socialisation pour les personnes neurodivergentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, alors que beaucoup de clubs 2SLGBTQI+ à Montréal sont destinés principalement aux hommes gais cisgenres, le Club DD’s devient bien plus qu’un bar ou une boîte de nuit : un véritable espace communautaire où chacun.e peut exister en sécurité et sans peur d’être jugé.e pour ce qu’il ou elle est.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Victoire de l’AFD en Saxe-Anhalt</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/victoire-de-lafd-en-saxe-anhalt/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elena Montefiori]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[AFD]]></category>
		<category><![CDATA[allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême droite]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un symptôme de plus, ou une rupture historique?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/victoire-de-lafd-en-saxe-anhalt/" data-wpel-link="internal">Victoire de l’AFD en Saxe-Anhalt</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Dimanche 6 septembre, Saxe-Anhalt, Allemagne. Pour la première fois depuis l’entre-deux-guerres, l’extrême droite ne sonne plus à la porte des Allemands, elle la défonce. Le 6 septembre, l’Alternative pour l’Allemagne, ou <em>Alternative für Deutschland </em>(AFD), recueille<a href="https://www.afp.com/en/node/3837529" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> 43,8 % </a>des suffrages exprimés et pourrait, en cas d’alliance, devenir le premier parti d’extrême droite à diriger un État fédéré <em><a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2281487/election-allemagne-saxe-anhalt-loups-afd" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">(Land) depuis 1945</a></em>. Classé « parti extrémiste de droite » par le renseignement intérieur allemand, le contraste est frappant avec ses homologues européens. En effet, l<a href="https://www.letemps.ch/videos/actualite/en-video-pourquoi-et-comment-l-extreme-droite-fait-une-percee-en-allemagne" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">’AfD s’écarte de la stratégie de normalisation</a> et de « lissage d’image » menée par le Rassemblement national en France ou par <em>Fratelli d’Italia</em> en Italie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Montée des extrêmes telle que celle déjà observée et largement décrite ailleurs en Europe? Ou réel revers en Allemagne, celui d’un « <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/en-saxe-anhalt-le-cordon-sanitaire-contre-l-extreme-droite-a-saute-selon-un-specialiste-de-l-europe-9114515" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">cordon sanitaire contre l’extrême droite qui saute</a> »? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’<a href="https://ehne.fr/fr/node/22257/printable/print" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe (EHNE)</a>, L’Alternative pour l’Allemagne est un parti national-populiste radical fondé en 2013. Parmi ses dirigeants, on retrouve d’anciens membres de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU). L’AfD serait née de l’opposition à la politique de sauvetage de la Grèce, et est ainsi connue pour son orientation eurosceptique et nationaliste. Or, depuis la crise migratoire de 2015, le parti prend une nette tangente. Alors qu’il se rapproche de mouvements anti-immigration et anti-islam, un conflit interne éclate entre forces modérées et extrêmes, aboutissant à une droitisation de sa ligne politique. En somme, l’AfD est aujourd’hui accusée de porter une politique nationale-conservatrice, anti-islam, anti-immigration, xénophobe, et négationniste. Cette minimisation outrancière de l’existence des crimes contre l’humanité, en particulier de celle de la Shoah, a certainement amplifié l’onde de choc en Europe dimanche dernier. L’AfD n’est pas juridiquement le successeur du parti nazi allemand (NSDAP); cependant, elle fait l’objet de nombreuses analogies concernant sa rhétorique aux symboles ambigus et le profil de son électorat. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces électeurs proviennent en réalité d’un<a href="https://www.ledevoir.com/monde/europe/1007432/apres-victoire-afd-crainte-contagion-europe" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> transfert progressif </a>depuis le parti <em>Die Heimat</em>, <a href="https://www.courrierinternational.com/article/extreme-droite-l-afd-s-allie-a-un-parti-neonazi-dans-le-land-allemand-du-brandebourg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">fief historique des néonazis en Allemagne</a>. Néanmoins, l’AfD n’est ni le NSDAP ni <em>Die Heimat</em>, et l’Allemagne de 2026 n’est pas la République de Weimar. L’AfD se présente aujourd’hui à des élections dans un cadre démocratique structurellement solide – malgré les turbulences actuelles –, et nie toute implication antisémite. Le programme, lui, ne laisse aucun doute : fermeture stricte des frontières, sortie de l’espace Schenghen, expulsions, restriction de l’affichage public de l’islam. Toutes ces promesses tiennent sous le mot d’ordre « remigration ».<a href="https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-09-09/percee-lors-des-elections-regionales/le-chancelier-allemand-accuse-l-afd-de-vouloir-un-nettoyage-ethnique.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> La Presse</a> recueille les mots du chancelier Friedrich Merz mercredi dernier au <em>Bundestag</em>, où il a qualifié ce terme de synonyme de « nettoyage ethnique ». Il s’agit en effet d’un déplacement forcé de population, en écho à la théorie française du « grand remplacement ». Longtemps reléguée aux marges les plus radicales, la proposition de « remigration » semble avoir atteint le sommet du parti. Un glissement du marginal vers l’audible, que Fabian Wichmann, chercheur sur l’extrémisme, évoque comme symptôme d’un environnement politique en changement : <a href="https://www.cbc.ca/news/world/far-right-coded-clothing-germany-9.7323799" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">« ils sentent que la culture, la température d’une société est en train de changer ». </a></p>



<p class="wp-block-paragraph">En Allemagne, l’urne vient de confirmer ce climat. Cette température, on la retrouve aussi de ce côté-ci de l’Atlantique. Le Canada n’en est pas là, mais le réseau Diagolon, né en 2020 et dont la visibilité s’est accrue lors du convoi de la liberté de 2022, mobilise une esthétique comparable, entre humour potache et symboles détournés. <a href="https://www.noscommunes.ca/documentviewer/fr/44-1/SECU/rapport-6/page-48" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">La Chambre des communes</a> l’a qualifié d’organisation extrémiste violente. <a href="https://www.policymagazine.ca/ahead-of-the-quebec-election-conservative-leader-eric-duhaime-doubles-down-on-autonomy/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">La percée récente du Parti conservateur</a> du Québec d’Éric Duhaime relève d’un tout autre registre, mais témoigne de la même banalisation du discours anti-immigration dans le débat public. Dans <em><a href="https://www.policymagazine.ca/ahead-of-the-quebec-election-conservative-leader-eric-duhaime-doubles-down-on-autonomy/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Policy</a></em>, le sociologue politique canadien et enseignant à l’Université McGill Daniel Béland insiste sur l’aspect fulgurant de cette montée en force. La question posée par l’AfD dimanche dernier n’est donc pas seulement celle d’une droitisation allemande, mais celle d’un nouvel environnement politique global.</p>
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		<title>Nouvelle étape dans le parcours électoral</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/nouvelle-etape-dans-le-parcours-electoral/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse politique]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
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		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avant le 5 octobre, QS, PLQ et PVQ courtisent les étudiants de McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/nouvelle-etape-dans-le-parcours-electoral/" data-wpel-link="internal">Nouvelle étape dans le parcours électoral</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">La salle de bal du Centre universitaire de McGill a ouvert ses portes le jeudi 10 septembre pour un débat entre candidats aux élections provinciales. Vingt-cinq jours avant le passage aux urnes, Québec solidaire (QS), le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti vert du Québec (PVQ) ont chacun envoyé leurs émissaires pour rallier la centaine d’étudiants présents dans la salle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À cet évènement organisé par l’AÉUM, en collaboration avec l’association étudiante de la Faculté de droit et le Black Students” Network, impossible d’ignorer l’absence des deux partis en tête des sondages. Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ), qui, <a href="https://qc125.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">selon les derniers sondages</a>, représentent ensemble 52 % des intentions de vote, n’étaient pas présents sur la scène malgré l’invitation des organisateurs. Autre absence notable : celle du Parti conservateur du Québec, qui atteint 15 % dans les sondages. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les représentants présents étaient donc Olivier Sylvestre, candidat de QS dans la circonscription de Westmount-Saint-Louis, Alex Tyrrell, chef du PVQ et candidat pour Notre- Dame-de-Grâce, et Nada Boumeftah, candidate du PLQ dans la circonscription de Maurice-Richard. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La gauche s’entr’attaque, le PLQ observe </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un débat respectueux, avec des temps de paroles strictement régulés par les modérateurs, il aurait été difficile pour un seul des candidats de dominer la scène. Les interventions s’apparentaient à des discours préparés, un domaine dans lequel la candidate du PLQ, Nada Boumeftah, a su faire valoir son expérience d’avocate.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des brefs échanges entre candidats, l’écosocialiste Alex Tyrrell n’a pas hésité à s’attaquer aux politiques de QS, seul parti majeur de gauche dans ces élections. Sur les questions de la crise du logement, de l’indépendance et de la représentation des Premières Nations, le candidat de QS, Olivier Sylvestre, a peiné à se défendre face aux reproches du chef du PVQ. Ces séquences, qui ont ponctué la conversation tout au long de l’évènement, ont profité à la libérale Nada Boumeftah, qui a pu éviter un potentiel front uni des candidats de gauche. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Représentant une gauche plus radicale, Alex Tyrrell a montré une certaine assurance malgré des prévisions défavorables dans les sondages – une confiance qui a fait défaut à Olivier Sylvestre. Ce dernier a aussi dû défendre sa position souverainiste face au PLQ et au PVQ, tous deux fédéralistes. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Une culture » de racisme systémique au SPVM </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat s’est ouvert par la question du racisme systémique au sein des institutions policières et de leur rôle. Dans les plaidoiries initiales, chaque parti semble être unanime sur le sujet : une importante évolution est requise dans le rapport avec les forces de l’ordre. Pour y remédier, les propositions varient. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« En s’attaquant à des adversaires qui ne pouvaient pas répondre, les candidats présents ont souhaité souligner l’absence criante des deux favoris »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">QS revendique être un parti « fondamentalement antiraciste » et parle d’un « rapprochement avec les communautés noires », mais ne souhaite pas réduire les dépenses publiques pour les institutions policières. Au contraire, Olivier Sylvestre réaffirme sa volonté de créer un « État fort (tdlr) » en redistribuant le financement à des programmes sociaux menés par les forces de l’ordre. Le candidat ajoute : « <em>Il faudra même sûrement augmenter le financement pour pouvoir faire cela.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est tout l’inverse pour Alex Tyrrell, qui propose une réduction de 30 % du budget des forces policières. « <em>Il existe plein de problèmes que la police ne peut pas résoudre</em> », ajoute-t-il en citant l’abus de substances et les violences conjugales comme exemples. Il ajoute vouloir progressivement désarmer la police, notamment dans les patrouilles de rues. En ce qui a trait au racisme systémique, il déplore « une culture qui existe au sein de la SPVM ». Un constat partagé par Nada Boumeftah, qui appelle à reconstruire « les ponts qui ont été brûlés ». Pour cela, elle défend le port d’une caméra d’intervention « respectueuse de nos droits pour éviter les dérapages ». </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« De belles promesses » </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat s’est ensuite penché vers la question du coût de la vie, suscitant bien plus de confrontations sur scène. Alors que les trois candidats s’accordent pour rendre obligatoire la rémunération des stages, Nada Boumeftah ne propose aucune autre mesure pour réduire les coûts pour les étudiants, mais plutôt une augmentation des bourses pour compenser le retard. Alex Tyrrell classe les mesures du PLQ dans une continuation de l’austérité du gouvernement libéral de Philippe Couillard. Défenseur de l’éducation gratuite et d’un réseau étendu d’épiceries publiques, il soutient aussi une réduction annuelle des loyers de 5 % pendant quatre ans. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Olivier Sylvestre a aussi rappelé le plan de QS d’ouvrir des épiceries gratuites, poussant le chef du PVQ à lui demander de préciser les quantités prévues pour ce projet. Cela a créé un malaise chez le candidat de la circonscription Westmount-Saint-Louis, accusé de proposer une mesure uniquement symbolique – même si plutôt réalisable – et avec peu d’effets concrets sur la population générale. Sa proposition d’augmenter le salaire minimum à 20 $ de l’heure et de temporairement geler les loyers a, en revanche, reçu les applaudissements du public. Nada Boumeftah a conclu cette section du débat en accusant ses homologues de n’offrir que de « belles promesses ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les absents, grands perdants? </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors qu’Olivier Sylvestre se tenait seul à la défense de l’indépendance, il s’est retenu d’utiliser ce levier comme arme lors du débat. Il a tout de même profité de l’absence du PQ pour promouvoir l’idée d’un Québec indépendant sur les bases de l’inclusivité, a contrario selon lui de l’indépendance voulue par Paul St-Pierre Plamondon. « Nous sommes un parti indépendantiste, mais sans exclusion », a‑t-il affirmé, renforçant la notion d’une souveraineté québécoise de gauche. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Alex Tyrrell et Nada Boumeftah se sont attaqués à l’autre grande absente de la soirée, la CAQ. Tyrrell accuse cette dernière d’avoir retiré le financement destiné à l’apprentissage du français pour les étudiants internationaux. Il propose des cours de français gratuits et blâme dans le même souffle la loi 101 «d’empêcher les Québécois d’apprendre l’anglais ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">En s’attaquant à des adversaires qui ne pouvaient pas répondre, les candidats présents ont souhaité souligner l’absence criante des deux favoris de l’élection : le PQ et la CAQ, qui n’auront pas eu l’occasion de présenter leurs points aux étudiants.</p>
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		<title>L’Odyssée mcgilloise</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/08/31/lodysee-mcgilloise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 19:31:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que nous sommes heureux de vous retrouver, chers lecteurs, après un si long hiatus. Des quatre coins du monde, McGillois et McGilloises reposent leurs bottes sur l’île de Montréal, prêts à retrouver leurs amis, leurs cours, leurs associations, Gerts… Un véritable retour chez soi. Un sentiment singulier qui a d’ailleurs inspiré les plus grandes fables&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2026/08/31/lodysee-mcgilloise/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">L’Odyssée mcgilloise</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Que nous sommes heureux de vous retrouver, chers lecteurs, après un si long hiatus. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des quatre coins du monde, McGillois et McGilloises reposent leurs bottes sur l’île de Montréal, prêts à retrouver leurs amis, leurs cours, leurs associations, Gerts… </p>



<p class="wp-block-paragraph">Un véritable retour chez soi. Un sentiment singulier qui a d’ailleurs inspiré les plus grandes fables racontées par l’Homme : le Magicien d’Oz, Retour vers le futur, Voyage au bout de l’enfer, pour n’en citer que des contemporaines… La plus célèbre reste sans doute, et vous l’avez découverte ou redécouverte cet été grâce à Christopher Nolan, L’Odyssée d’Homère. </p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ose espérer que votre retour au campus de McGill n’ait pas été interrompu par des sirènes, une armée de géants ou des sorcières cherchant à vous métamorphoser en cochons. Ou encore que vous ayez subi moins de secousses que le navire d’Ulysse sur les mers de Poséidon que sur les rudes routes montréalaises. Mais si les périples de l’Odyssée regorgent d’aventures, d’exploits et de tragédie, le récit du voyage est relégué au second plan par rapport au thème principal : la loi de Zeus. « Traite tout étranger avec dignité, il pourrait être le roi des Dieux. » </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette loi, qui a depuis connu différentes formes – qu’il s’agisse de la loi du karma bouddhiste ou de l’Ancien Testament (Lévitique 19:34 : « Tu aimeras l’étranger comme toi-même, car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte ») – semble désormais vouée à disparaître. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La violence et l’injustice défilent chaque jour sur nos écrans. Génocide à Gaza, destruction du Liban, massacres civils en Ukraine, catastrophes naturelles au Venezuela et au Népal, traitement indigne des migrants et réfugiés… On pourrait être amené à croire les leçons d’Homère oubliées. Une apathie généralisée, aggravée par l’effet anesthésiant des réseaux sociaux, du <em>clickbait</em> et des forums extrémistes conspirationnistes, qui nous plongent chaque seconde un peu plus dans une ère obscure où la loi du plus fort l’emporte. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux populistes qui cherchent à diviser pour mieux régner, aux suprémacistes de tous types, aux nihilistes dont le défaitisme ne fait qu’accélérer la chute dans le néant, comment réinstaller cette foi en l’humanité, ce rapport bienveillant entre êtres humains? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe un remède aussi vieux que la loi de Zeus elle-même : l’écriture. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Des tablettes sumériennes jusqu’aux journaux étudiants, raconter une histoire, c’est tendre la main à l’autre. C’est par ce geste simple qu’on invite autrui au dialogue, à l’écoute et à la manifestation de ses valeurs – à l’échange. Contrairement aux réseaux sociaux de contenus qui défilent infiniment et sans modération, un texte long nous force à ralentir, à écouter une voix jusqu’au bout avant de porter un jugement. Écrire, pour un journal étudiant par exemple, c’est dialoguer avec un visage précis plutôt que de noyer son message dans un algorithme anonyme. Écrire, c’est retisser une page à la fois ce lien de confiance que les fils d’actualité s’acharnent à dissoudre. Peut-être est-ce là, humblement, notre façon de résister à une ère vide de rapports humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est donc pour rétablir la foi en cette humanité qu’invoquent la loi de Zeus et ses héritiers que je vous invite à lire et à contribuer dans nos pages. Je vous propose d’y venir vous et nous informer sans la cacophonie des réseaux sociaux et des médias de consommation qui brouillent tant la frontière entre provocations et informations. Je vous invite à partager dans un esprit d’ouverture, de dignité et de curiosité, le même qu’Homère nous implore d’accorder aux voyageurs étrangers égarés sur le seuil de nos portes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Bon retour à McGill et bonne lecture!</p>
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		<title>Un divorce plus si surprenant entre le Canada et les États-Unis</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/08/31/un-divorce-plus-si-surprenant-entre-le-canada-et-les-etats-unis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 19:07:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[négociations]]></category>
		<category><![CDATA[tarifs]]></category>
		<category><![CDATA[tensions]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nouvelle guerre commerciale suite à l’échec des négociations.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/08/31/un-divorce-plus-si-surprenant-entre-le-canada-et-les-etats-unis/" data-wpel-link="internal">Un divorce plus si surprenant entre le Canada et les États-Unis</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L’escalade des tensions entre voisins nord-américains s’est de nouveau accentuée cette semaine après l’échec des négociations entre le Canada et les États-Unis, et l’éclatement d’une nouvelle guerre commerciale. La Maison-Blanche a annoncé la mise en place de tarifs douaniers à hauteur de 50 % sur 20 milliards de dollars (USD) de produits canadiens <a href="https://www.wsj.com/economy/trade/whats-getting-hit-with-the-new-u-s-canada-tariffs-4cb8141c" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">variant de produits laitiers et d’automobiles aux crosses de hockey.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un enfreint à la souveraineté</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président américain Donald Trump avait annoncé de nouveaux tarifs à la fin du mois de juillet, suscitant des pourparlers de trois jours entre les deux pays. Ces derniers tarifs se sont écroulés alors que les responsables canadiens accusent leurs homologues américains d’ingérence et d’enfreint à la souveraineté du Canada. « Si à la table des négociations, [les États-Unis] agissent comme si le Canada était une succursale des États-Unis et souhaitent que l’industrie canadienne soit désavantagée face à l’industrie américaine, […] nous n’allons pas l’accepter. Et cela vient avant la volonté de nous empêcher de faire ce que le reste du monde veut faire, c’est-à-dire conclure des accords commerciaux avec le Canada, » a affirmé le premier ministre Mark Carney.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Ces derniers tarifs se sont écroulés alors que les responsables canadiens accusent leurs homologues américains d’ingérence et d’enfreint à la souveraineté du Canada »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Son gouvernement s’est montré intransigeant face aux efforts américains qui cherchent à affaiblir le soutien d’Ottawa vis-à-vis de la préservation du français et de sa politique de bilinguisme. De son côté, la première ministre québécoise Christine Fréchette n’a pas tardé à réagir sur <a href="https://x.com/CFrechette/status/2091664302734213583" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">X</a> avec le message « notre identité n’est pas à négocier ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un espoir, puis une rupture</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rupture avait pourtant failli être évitée. L’annonce d’un report de trois jours des tarifs américains le mardi 18 août ainsi que l’ouverture d’une session de pourparlers avaient suscité un léger espoir de ne pas voir débuter une nouvelle crise entre cet ancien couple. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’échec diplomatique s’est suivi d’une escalade rhétorique. Dans un communiqué, Mark Carney critique « la tempête [incontrôlable] qui s’abat depuis Washington », alors que Donald Trump accuse le Canada de « <em>vouloir profiter des avantages [d’être un État américain] sans en être un (tdlr) </em>» . </p>



<p class="wp-block-paragraph">Doug Ford, le premier ministre conservateur de l’Ontario, n’a pas maché ses mots, qualifiant le président américain de « <em>loser</em> » et lui demandant « <em>d’aller se faire voir </em>». Cette déclaration est subvenue à la suite de la suggestion du président américain de renommer le lac Ontario en lac Amérique, symbole des provocations de Washington envers la souveraineté du Canada. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L<a href="https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20260825-guerre-commerciale-entre-les-%C3%A9tats-unis-et-le-canada-carney-r%C3%A9pondra-%C3%A0-trump-mardi" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">’escalade des tarifs s’est accompagnée par une riposte canadienne proportionnelle</a> qui a rapidement annoncé des taxes douanières de représailles <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/aug/25/canada-retaliatory-tariffs-on-range-of-us-goods" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">visant en particulier</a> l’industrie de l’acier, des appareils électroménagers, des équipements agricoles et du papier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les événements de la semaine marquent une nouvelle page dans la relation entre les deux pays, la fosse avait déjà été profondément creusée depuis le début du second mandat de Donald Trump. La première guerre commerciale de 2025, puis la rhétorique du « 51e état » portée par la droite américaine et le soutien apporté par les alliés du président au mouvement sécessionniste de l’Alberta ont servi d’alerte pour le Canada. Puis vint le Forum économique mondial à Davos et le discours prononcé par Mark Carney devant la communauté internationale, appelant les puissances du milieu à se distancer des grandes puissances et déclarant un « <em>nouvel ordre mondial</em> ». Le premier ministre a de nouveau fait usage de cette expression suite à l’échec des négociations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/08/31/un-divorce-plus-si-surprenant-entre-le-canada-et-les-etats-unis/" data-wpel-link="internal">Un divorce plus si surprenant entre le Canada et les États-Unis</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Rassembler pour mieux diviser</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/rassembler-pour-mieux-diviser/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[constitution]]></category>
		<category><![CDATA[droit]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Analyse critique du projet de loi 1 sur la Constitution québécoise.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/rassembler-pour-mieux-diviser/" data-wpel-link="internal">Rassembler pour mieux diviser</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Cela fait maintenant presque </em><a href="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/constitution-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>six mois</em></a><em> que notre cher ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a présenté aux Québécois·e·s son fameux projet de loi 1, la Constitution québécoise. Six mois à discuter d’une constitution illégitime, issue d’un processus de non-consultation flagrant et d’un manque d’écoute évident de la part du gouvernement.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ce n’est que pour vous, cher·ère·s lecteur·rice·s, que j’ai pris le temps de lire intégralement chacun des napperons présentés par le ministère, ainsi que les quarante pages de cette magnifique constitution censée représenter les désirs de tous·tes les Québécois·e·s, afin de vous produire cette charmante analyse critique.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des inquiétudes juridiques graves</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Habituellement, dans le cadre du <a href="https://www.assnat.qc.ca/fr/abc-assemblee/projets-loi.html#CheminementPublic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">processus législatif</a>, le gouvernement organise des consultations générales afin de recueillir l’avis de plusieurs instances avant de procéder à la rédaction et à l’adoption de lois. Ce qui rend toutefois ce cas particulier – et ce processus classique insuffisant –, c’est qu’il ne s’agit aucunement d’un document législatif ordinaire, disposant d’une portée limitée. On parle ici d’une <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">constitution</a> qui modifiera l’interprétation et la portée de la Charte canadienne des droits et libertés et qui influencera l’interprétation de nombreuses lois provinciales. S’attaquer à des enjeux constitutionnels déterminants nécessite plus qu’une consultation minimale, il faut que le ministre prenne ses responsabilités pour réellement représenter la nation québécoise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le but du ministre est réellement de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/Napperon_Mesures_pharesVF.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rassembler</a> les Québécois·e·s autour de valeurs prétendument universelles, pourquoi n’a‑t‑il même pas pris la peine de <a href="https://liguedesdroits.ca/des-ressources-pour-comprendre-et-combattre-le-pl-1/#:~:text=Des%20ressources%20pour%20comprendre%20et,1%2C%20Loi%20constitutionnelle%20du%20Qu%C3%A9bec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">consulter</a> davantage la population ? Cela crée un immense <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-12-16/replique/constitution-pour-des-echanges-constructifs.php#:~:text=Le%20ministre%20de%20la%20Justice,Barrette%2C%20souhaite%20pr%C3%A9senter%20sa%20perspective." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déficit de légitimité</a> pour un document disposant d’une portée juridique aussi considérable. Une constitution doit exister pour le peuple et représenter ses désirs ; or, voyant les nombreuses <a href="https://amnistie.ca/sinformer/2026/canada/pres-de-800-organisations-quebecoises-rejettent-le-projet-de-constitution-du" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vagues de contestations</a>, ça ne semble absolument pas le cas ici.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Constitution québécoise</a> soit subordonnée à la Constitution canadienne, elle dispose tout de même du pouvoir d’influencer l’interprétation des lois québécoises et de la Constitution canadienne. Il s’agit donc loin d’un projet anodin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet de la loi 1 comporte notamment des dispositions qui <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">affaiblissent les contre‑pouvoirs</a>, en empêchant plusieurs organisations – dont les ordres professionnels – d’utiliser des fonds publics afin de contester en justice des dispositions législatives lorsque celles‑ci portent la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">désignation</a> « <em>protège la nation québécoise ainsi que l’autonomie constitutionnelle et les caractéristiques fondamentales du Québec </em>». Évidemment, le ministre a été frustré par la contestation de sa <a href="https://www.lapresse.ca/elections-federales/2025-03-31/loi-96-sur-la-langue-francaise/un-droit-est-un-droit-insiste-mark-carney.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi 96</a> sur le renforcement des mesures de protection de la langue française et veut éviter que des lois similaires soient remises en question.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Inscrire une disposition visant à entraver la capacité de contester des lois, c’est affaiblir les contre-pouvoirs et mettre en péril l’état de droit. C’est purement inacceptable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre établit des <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">balises claires</a> quant à l’interprétation de la Constitution en affirmant que, <em>de facto</em>, certains droits doivent primer sur d’autres. Créer une hiérarchie générale des droits sans procéder à une analyse au cas par cas revient à écarter les nuances juridiques propres à des contextes précis et à imposer des balises rigides. Or, le système de justice et la notion même des droits et libertés ne reposent pas sur un modèle à taille unique doté de paramètres par défaut ; établir une règle générale stricte en cette matière peut s’avérer extrêmement dangereux. La force du droit s’inscrit dans ces nuances et les lui retirer peut laisser place à des jugements injustes et à une suppression de la complexité de certaines situations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme si ce n’était pas suffisant, le ministre <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2026-02-05/projet-de-constitution-quebecoise/un-processus-d-assimilation-denoncent-des-chefs-autochtones.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">s’attaque</a> également aux <a href="https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/2226131/projet-constitution-caq-apnql-verreault-paul-autochtones" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Premières Nations</a>. Non seulement leur a‑t‑il accordé très peu de temps pour s’exprimer sur le projet de Constitution, mais le seul et unique passage traitant de leurs droits a été ajouté sans leur consentement – au point que plusieurs nations ont affirmé ne pas avoir été réellement consultées. L’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador le décrit d’ailleurs comme étant « colonial, centralisateur et incompatible avec les droits fondamentaux des Premières Nations ». Cette Constitution, qui ne représente aucune avancée juridique pour ces peuples, contribue plutôt à invisibiliser leurs traditions juridiques et peut même – en raison de l’absence de reconnaissance claire – flouter les recours auxquels ils ont accès. Alors que le gouvernement avait l’occasion de poursuivre les démarches de réconciliation avec les Premières Nations, il a choisi de s’inscrire dans une logique coloniale en imposant un passage ne représentant aucun gain réel et occultant leurs principes juridiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aimerais toutefois aborder l’immense victoire que représente le retrait de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’article 29,</a> qui « <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">garantissait</a> » le droit des femmes d’avoir accès à une interruption volontaire de grossesse (IVG). Alors que le ministre présentait cet article comme un moyen idéal de protéger définitivement ce droit au Québec, de nombreux experts – dont le <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Barreau du Québec</a> et le <a href="https://www.cmq.org/fr/actualites/pl1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Collège des médecins</a> – lui ont rappelé, lors des consultations publiques, qu’il constituait une réouverture dangereuse du débat sur l’avortement. Ainsi, si cet article venait à être renversé en cour, il existerait un document juridique invalidant le droit à l’IVG. Le droit à l’avortement aurait alors été plus en péril que jamais. Comme le souligne la Dre Élise Girouard‑Chantal dans son <a href="https://share.google/movD9sh8NYXqqxIGR" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mémoire</a>, c’est précisément ce flou juridique qui fait du Québec « l’une des juridictions les plus pro‑choix au monde ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une autre manière de nous faire avaler la loi 21</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu importe ce que vous pensez du projet de <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-10-09/projet-de-loi-1/une-constitution-adoptee-d-ici-les-elections.php#:~:text=Que%20fait%20cette%20nouvelle%20loi,%C3%A0%20recourir%20%C3%A0%20l&#039;avortement." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi 21 sur la laïcité de l’État</a> – interdisant notamment le port de signes religieux ostensibles –, ou le fait que celui-ci sera contesté devant la <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/justice/939450/cour-supreme-va-entendre-contestation-loi-21-fin-mars" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cour suprême du Canada</a> ce mois‑ci, ce n’est pas grave ! Le ministre l’inclut discrètement dans la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Constitution</a> dès les notes explicatives. Que vous l’aimez ou non, elle sera désormais imbriquée dans « la <em>Loi des lois »</em>, comme il aime si aimablement l’appeler. Non, le ministre n’attend pas le verdict du plus haut tribunal avant d’inclure ses mesures très controversées dans la Constitution même de l’État du Québec. La laïcité des services publics est loin de faire consensus au Québec, comme l’ont démontré les importantes vagues de contestation entourant la loi 21. Prétendre que cette question fait aujourd’hui consensus est tout simplement faux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oui, je m’enfarge peut-être dans les fleurs du tapis, mais…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des « détails » qui m’a sauté aux yeux lors de ma lecture du projet de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi</a> est l’apparition, dès les notes explicatives, de la notion d’égalité homme‑femme. Parce qu’aujourd’hui, en 2026, il est évident qu’il existe plus de deux genres, et qu’il est essentiel de garantir à toute personne issue de la diversité de genre une protection constitutionnelle explicite et adéquate.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voyant l’amour que la CAQ porte à l<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2194793/politique-linguistique-quebec-etat-ecriture-inclusive" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">’écriture inclusive</a> – en cessant purement et simplement son usage dans le cadre des communications officielles –, cela ne me surprend évidemment pas. Toutefois, considérant que l’objectif de la Constitution est avant tout de rassembler la nation québécoise et de la représenter, et que la formulation « égalité des genres » aurait permis non seulement de remplir ces deux objectifs, mais aussi d’alléger la formulation, je trouve le choix des termes plutôt curieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En fin de compte</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons, selon moi, probablement besoin d’une constitution au Québec. Toutefois, elle ne doit pas être rédigée par un seul individu dans son sous‑sol, qui prétend « rassembler les Québécois·e·s » autour de valeurs qu’il considère lui‑même comme universelles. Il faut inclure tout le monde ; il faut consulter le peuple avant d’affirmer que l’on parle en son nom. Alors que la CAQ tente de <a href="https://inroadsjournal.ca/quebecs-proposed-constitution-a-sword-turned-inward/#:~:text=The%20CAQ&#039;s%20electoral%20calculus,force%20by%20June%2024%2C%202026." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">faire adopter</a> sa Constitution avant la fin de la législature, malgré toute la controverse qu’elle suscite, il est essentiel d’écouter les juristes et les quelque <a href="http://ledevoir.com/politique/quebec/964521/pres-800-groupes-demandent-jeter-projet-constitution-poubelles#:~:text=%C2%AB%20Ce%20qu&#039;on%20a%20devant,presse%20non%20loin%20du%20parlement." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">800 organismes </a>qui ont demandé, la semaine dernière, le retrait du projet de loi. Une constitution ne doit pas être adoptée dans la précipitation : elle exige prudence et réflexion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est en prétendant rassembler la nation québécoise, tout en la divisant davantage, que le ministre a déposé ce projet de loi illégitime, au processus opaque, qui menace les droits et libertés, l’état de droit et qui affaiblit les contre‑pouvoirs. C’est tout simplement aberrant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On colle l’étiquette « nationaliste » à une grande diversité de mesures présentant des dérives potentielles qui portent atteinte à des droits et libertés garantis par la Charte canadienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me décris comme étant nationaliste, mais le portrait du Québec que dépeint le ministre dans sa Constitution me repousse. Elle me fait même éprouver une certaine honte à me dire « nationaliste ». Mon Québec de demain n’exclut personne : il est accueillant. Je comprends l’ambition de protéger la langue et la culture – cela me préoccupe tout autant –, mais je ne crois pas que l’on s’attaque ici aux véritables enjeux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Surtout, je veux un Québec qui respecte les droits et libertés, qui exerce une justice équitable, qui respecte les Premières Nations et qui reconnaît pleinement leurs droits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Refuser cette Constitution, ce n’est pas refuser le Québec, c’est refuser un avenir qui ne nous ressemble pas et qui met en péril notre démocratie.</p>
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		<title>Au revoir!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/au-revoir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eugénie St-Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[au revoir!]]></category>
		<category><![CDATA[dernière édition]]></category>
		<category><![CDATA[éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette semaine marque la dernière édition du semestre – déjà. Ça passe vite, huit éditions! Cette année, comme toutes les années depuis 1977, Le Délit a travaillé fort pour vous offrir une couverture au plus près de vous ; de vos enjeux, de ce qui vous intéresse, de ce qui vous touche et de ce&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/au-revoir/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Au revoir!</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Cette semaine marque la dernière édition du semestre – déjà. Ça passe vite, huit éditions! Cette année, comme toutes les années depuis 1977, <em>Le Délit</em> a travaillé fort pour vous offrir une couverture au plus près de vous ; de vos enjeux, de ce qui vous intéresse, de ce qui vous touche et de ce qui vous fâche. En tant que journal étudiant, nous restons toujours bien conscients de notre mandat : produire du contenu pertinent, en français, pour tout le corps étudiant. Cela signifie, malheureusement, qu’on ne peut pas toujours parler de tout – 12 pages, c’est bien peu pour tout ce qu’on aimerait écrire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une des forces du <em>Délit</em> est sa constante évolution. Chaque semestre, de jeunes recrues intègrent l’équipe, et de vieux sages (nos <em>super seniors</em>) se lancent dans d’autres aventures. Ce renouvellement permet au journal de ne jamais stagner. S’il y a une chose que les journalistes du <em>Délit</em> font sans arrêt – à part écrire, éditer et trouver des sujets d’articles – c’est penser à toutes les manières possibles d’améliorer le journal. <em>Le Délit</em> est un travail d’équipe dont vous faites déjà partie. Il va sans dire que vous êtes les bienvenus à sauter le pas et à rejoindre l’équipe à l’automne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une presse libre et indépendante est un élément essentiel à un campus démocratique. Un journal qui interpelle et ressemble à ses lecteurs est essentiel à une communauté étudiante. Bien qu’on ne puisse pas mesurer exactement l’ampleur de l’influence du <em>Délit</em>, et que c’est parfois une tâche ingrate que d’écrire sans reconnaissance immédiate, on donne le meilleur de nous-mêmes à chaque édition, sans exception.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Délit </em>est fier de la place qu’il occupe dans la communauté francophone de l’Université McGill. Et pas seulement pour les 20 % d’étudiants francophones, mais aussi pour tous ceux qui nous lisent pour pratiquer leur français, ou même ceux qui utilisent nos éditions pour décorer les murs de leur appartement. C’est un privilège d’occuper une place, aussi petite soit-elle, dans vos quotidiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On arrive déjà à la fin de l’éditorial. Ça passe vite, un édito! Blague à part, merci d’avoir lu <em>Le Délit</em> cette année, ou d’avoir admiré nos couvertures, même si c’était en y déposant vos bottes mouillées dans le bâtiment Birks. Sachez que rien ne nous fait plus plaisir que d’entendre vos réactions – compliments comme critiques – à propos de notre travail. Engagez-vous! On se retrouve au mois d’août.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>La cassette commence à être usée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-cassette-commence-a-etre-usee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60614</guid>

					<description><![CDATA[<p>Réponse au journal <em/>The Concordian</em> et à l’économiste Moshe Lander.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-cassette-commence-a-etre-usee/" data-wpel-link="internal">La cassette commence à être usée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Cette fois-ci, c’est la bonne. Je promets de quitter l’équipe éditoriale du Délit après cet article, qui contrevient à toutes les conditions ayant permis mon retour. Dommage. Mais je ne pouvais pas, en bonne conscience, m’empêcher de répondre aux âneries véhiculées dans le <a href="https://theconcordian.com/2026/03/costs-quebec-referendum-eric-girard-parti-quebecois/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Concordian</a> par un prétendu économiste à l’endroit des conséquences économiques d’un éventuel processus référendaire. Toujours la même cassette, le même discours fatigué, démystifié mille fois par de vrais intellectuels de toutes les époques. Je me demande comment cet article s’est échoué en Actualités, alors qu’il est dépourvu du moindre fait démontrable. Mon article a beau être classé comme une opinion, il est strictement factuel ; je voulais simplement avoir la liberté d’utiliser toutes les invectives nécessaires.</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">Montrez-moi un économiste qui pense que c’est [l’indépendance du Québec, ndlr] une bonne idée, et je vous montrerai un économiste au chômage.<br>-MOSHE LANDER</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Omettre de joindre des données concrètes à un argumentaire illégitime rend celui-ci intemporel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son entrevue, M. Lander, un habitué de la télévision de langue anglaise (et économiste à ses heures), recopie plus ou moins habilement le <em>modus operandi</em> d’une infinité de « dépendantistes » avant lui. L’épouvantail de la peur d’un effondrement économique d’un Québec souverain qu’il dresse sera toujours le plus imposant dans l’imaginaire collectif des électeurs. Il inspire un niveau d’incertitude tellement étouffant que nous nous en remettons à de supposés experts pour nous prédire le futur de notre nation, sans penser à remettre leurs sordides mensonges en question.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La question de la décote</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Première gaffe intellectuelle (in)volontaire du <em>Concordian</em>. En trente secondes de recherches plus ou moins rigoureuses, il aurait pu comprendre les réelles causes de la décote du Québec par la Standard and Poor’s (S&amp;P) – qui n’a absolument rien à voir avec la recrudescence de l’intérêt des Québécois envers la souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre Girard, avant de blâmer un potentiel référendum pour ses propres méfaits, avait affirmé sans gêne en avril 2025 que cette décote n’aurait aucun impact sur la population et qu’elle était parfaitement insignifiante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La S&amp;P elle-même justifie la baisse en mentionnant la hausse fulgurante des dépenses publiques combinée à une croissance effarante de la dette sous la gouverne de la CAQ. Un journal incapable de lire les journaux, ça commence bien un article. Bien qu’il présente brièvement les récriminations du Parti québécois, le <em>Concordian</em> diffuse tout de même les propos complètement mensongers du ministre Girard, dans l’espoir peut-être que certains les méprennent pour la vérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La question de l’économie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Laisser planer le doute en présentant une fausseté comme une réalité ambivalente, soit. Pas très éthique, mais rien de réellement détestable. Cependant, le <em>Concordian</em> dépasse les bornes lorsqu’il rapporte, supposément de manière totalement objective, que les référendums ont plongé le Québec dans un marasme économique dont les effets diminuent à ce jour notre qualité de vie. Encore une fois, aucune donnée, rien d’empirique. Ce serait trop demander.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il me faut contrecarrer les propos de M. Lander en deux temps. En premier lieu, absolument aucune donnée macroéconomique n’indique une crise financière d’une quelconque ampleur, le Québec ayant vu sa croissance économique se maintenir et même bondir dans la décennie suivant le référendum de 1995. Depuis cette date fatidique énoncée dans l’article, le <a href="https://policyoptions.irpp.org/fr/2025/10/le-quebec-depuis-1995-recul-ou-progres" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">PIB réel du Québec</a> a crû de 42 % (contre 34 % pour le reste du Canada), le <a href="https://www.stats.gov.nl.ca/Statistics/Topics/labour/PDF/UnempRate.pdf?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">taux de chômage</a> chutant de 6,1 % (contre 3,1 % pour le Canada), tout comme le <a href="https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/250501/dq250501b-eng.htm?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">taux de pauvreté</a>, ayant atteint 7,4 % en 2023 (contre 10,2 % pour le Canada). Qui plus est, le Québec n’a cessé de voir augmenter son taux d’alphabétisation et d’accès aux études supérieures, faisant de lui un point central d’innovation en Amérique du Nord pour une pléthore de secteurs technologiques de pointe (IA, aérospatial, biomédical, etc.).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté social, le Québec vient d’être nommé <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2026-03-19/les-quebecois-ont-ils-trouve-la-recette-du-bonheur.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">province la plus heureuse</a> par une marge considérable sur le reste du Canada. De plus, tous les indices <a href="https://www.csls.ca/reports/csls2025-03.pdf?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">(inégalités, développement humain, satisfaction de vie, etc.)</a> pertinents abondent dans le sens d’une supériorité du Québec pour ce qui est de la qualité de vie de ses habitants. La province-aspirante-pays peut aussi se targuer d’avoir un des systèmes sociaux (garderie, santé, assurance parentale/chômage) les plus développés dans le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, absolument aucune donnée empirique ne corrobore l’affirmation présentant le Québec comme une destination abandonnée par l’immigration – surtout pour ce qui est des secteurs professionnels. Bien que les référendums aient causé un exode d’une certaine minorité linguistique vers les autres provinces canadiennes, le Québec n’a jamais cessé d’être une destination de choix pour la francophonie internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai l’impression que cet article devient une banale présentation de faits économiques simples, mais comment faire autrement? Je ne vois aucune autre façon de répondre à des mensonges pourtant archi-convenus, qui font de l’infériorité du Québec un fantasme et l’attribuent directement à la volonté du peuple à se libérer d’un oppresseur pétrolier néocolonial.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">« Rien de plus simple pour effrayer les masses que leur faire croire qu’on s’attaque à leur portefeuille, à leurs impôts, à leur stabilité. Le confort (et la menace de le perdre) sera toujours l’ennemi du changement »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La question du coût de la démocratie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">M. Lander présente ensuite son plus brillant argument en défaveur de l’indépendance du Québec. Supposément qu’il faudrait renoncer à l’autodétermination parce que la tenue d’un référendum engendrerait un coût supplémentaire exorbitant pour l’État; on parle de 144 millions de dollars (selon moi, une surestimation bancale) provenant de l’argent des contribuables. Vraiment? Le coût de la démocratie comme argument contre la démocratie? Peut-être que, suivant cette logique, on pourrait organiser des élections tous les dix ans? Tous les 20 ans? Et pourquoi pas jamais! On épargnerait un beau petit pactole!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Franchement, on est sur de la propagande de bas étage. Même si on s’en tient à l’estimation de 144 millions, la dépense ne représente que 0,0865 % des revenus annuels de l’État québécois… une jolie aubaine pour une liberté convoitée depuis des siècles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La question des négociations</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne faites pas l’indépendance, c’est trop compliqué pour vous!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une solution viable et libératrice pour plus d’une trentaine de nations depuis 1980, mais pas pour le Québec, bien sûr. L’article présente la province comme absolument dépourvue de tout pouvoir de négociation, attachée à sa dette et à des infrastructures fédérales coûteuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à se demander qui a payé pour Valcartier, les autoroutes, les ports, les ponts… Le Québec est le deuxième plus important contributeur aux revenus fiscaux du Canada, et a financé une infinité d’initiatives contraires à ses intérêts (lire ici l’industrie gazière/pétrolière). Nous sommes une nation riche, éduquée, productive et progressiste, mais nous serions supposément incapables de mettre nos ressources de l’avant pour négocier avec le Canada (voie maritime du Saint-Laurent, ressources naturelles, industries et technologies). Je n’y crois pas un instant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vérité est que nous sommes – géographiquement et économiquement – absolument essentiels au Canada, et qu’il ne déploie ses honteuses fabrications que pour nous convaincre de notre petitesse et de notre incompétence. Le Québec n’aura aucun mal à pérenniser sa vitalité, enfin délesté de l’appareil fédéral qui l’enlise dans une dette monumentale. Il pourra contrôler sa politique fiscale, et démanteler une énième invention de M. Lander quant à l’augmentation des taux d’imposition sur les Québécois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien de plus simple pour effrayer les masses que leur faire croire qu’on s’attaque à leur portefeuille, à leurs impôts, à leur stabilité. Le confort (et la menace de le perdre) sera toujours l’ennemi du changement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La question de l’emploi</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus d’être carrément impertinent, M. Lander fait preuve d’un impressionnant dédain envers les Québécois. Sa supposition selon laquelle tout économiste défendant la libération du Québec est un chômeur déguisé est vomitive. On ressent tout le dédain coutumier d’un détestable sujet de Sa Majesté, bien coiffé pour un segment à la CBC ou à CTV <em>in english only</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Connaît-il Jacques Parizeau? Un économiste doctorant à la <em>London School of Economics </em>; ministre des Finances et ancien premier ministre du Québec? Il avait un plan clair, une vision économique fondée sur les chiffres et les faits, combinée à une réelle volonté de voir le Québec s’accomplir pleinement dans tous les domaines en accédant à son indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne doit pas manquer de chômeurs chez les économistes, j’en conviens. Mais peut-être bien que certains mériteraient cette situation plus que d’autres.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-cassette-commence-a-etre-usee/" data-wpel-link="internal">La cassette commence à être usée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La performance de l’homosexualité : un privilège?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-performance-de-lhomosexualite-un-privilege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Miton]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[2SLGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[expression]]></category>
		<category><![CDATA[performance]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60646</guid>

					<description><![CDATA[<p>Blague innocente, signe d’ouverture ou nouveau costume?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-performance-de-lhomosexualite-un-privilege/" data-wpel-link="internal">La performance de l’homosexualité : un privilège?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Deux hommes hétéros imitent une voix, se prennent par la taille, font semblant d’être en couple pour une photo, puis éclatent de rire. L’un ajoute « <em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/No_homo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">no homo</a></em> » et tout rentre dans l’ordre. Pendant ce temps, un homme gai tient la main de son partenaire. Il surveille autour de lui, sonde le quartier, évalue le risque. Pour les uns, l’homosexualité est un prétexte pour rire. Pour les autres, c’est juste une vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entre violences et « <em>bromance</em> »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur papier, le contexte semble plus apaisé. Un sondage du <a href="https://www.pewresearch.org/global/2020/06/25/global-divide-on-homosexuality-persists/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Pew Research Center</a> mené en 2019 dans 34 pays montre que 52 %, en médiane, des répondant·e·s estiment que l’homosexualité « <em>devrait être acceptée par la société </em>(<em>tdlr</em>) ». Dans plusieurs pays, l’acceptation a gagné plus de dix points depuis le début des années 2000. Le <a href="https://ressource.sos-homophobie.org/Rapports_annuels/rapport_LGBTIphobies_2025.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Rapport sur les LGBTIphobies 2025</a> décrit pourtant toujours l’école comme un des principaux lieux de violences, parlant d’une « police du genre » exercée entre élèves : moqueries, insultes, mises à l’écart de celles et ceux qui ne rentrent pas dans la bonne case de la masculinité ou de la féminité. En France, le <a href="https://www.education.gouv.fr/contre-l-homophobie-et-la-transphobie-l-ecole-40706" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ministère de l’Éducation nationale</a> rappelle lui aussi qu’il est « essentiel de ne pas banaliser, sous prétexte de jeu ou d’humour, ces comportements ». En parallèle, une partie de la recherche en sociologie montre l’émergence de nouvelles formes de masculinité où des hommes hétérosexuels rejettent plus clairement l’homophobie, se montrent plus tactiles entre eux et revendiquent une « <em><a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09589236.2016.1245605" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">masculinité plus douce</a></em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre la brutalité toujours très réelle des LGBTIphobies et ces « <em><a href="http://bromances" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bromances</a></em> » : que penser d’un geste aussi banal que deux mecs qui « font les gais » pour rire? Blague innocente, signe de progrès ou nouveau costume qui maintient l’homosexualité à distance?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Où le « jeu » apparaît</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces scènes, le scénario se répète. On imite une voix jugée « efféminée ». On exagère des gestes codés comme gais. On se présente comme « en couple » avec son meilleur ami, avant de dissiper tout malentendu. L’homosexualité devient un filtre comique, une intonation, une position du corps. Elle sert à cimenter la complicité du groupe, pas à parler de désir ni de violence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce jeu n’est pas marginal. Il traverse les équipes sportives amatrices, les groupes d’amis urbains, les établissements scolaires et universitaires situés dans des milieux se considérant comme « ouverts » et éduqués. Cette présence est attestée à la fois dans une <a href="https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/15579883211061009" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">revue systématique</a> portant sur les masculinités contemporaines et dans <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/1468-4446.12055" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’ethnographie d’un lycée anglais</a> réalisée par Mark McCormack. Là, l’insulte frontale devient moins visible. Elle se fait plus rare dans les couloirs. On préfère le clin d’œil ironique, le « <em>no homo</em> » murmuré après un câlin de trop. Pourtant, les chiffres rappellent que la ligne n’est pas la même partout. En France, 41 % des personnes déclarent utiliser encore des insultes homophobes comme « pédé » ou « enculé », une proportion qui monte à 47 % chez les moins de 35 ans (<a href="https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2019/06/cp_fjr_250619.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">IFOP, 2019</a>). L’institut note que l’homophobie explicite reste plus fréquente dans les milieux peu diplômés et recule avec le niveau d’éducation. Autrement dit, la violence change de forme selon l’espace social : dans certains milieux, on insulte ; dans d’autres, on ironise.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« L’homosexualité devient un filtre comique, une intonation, une position du corps. Elle sert à cimenter la complicité du groupe, pas à parler de désir ni de violence »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La lecture du « progrès » : masculinité inclusive</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains chercheurs y voient une rupture réelle. Eric Anderson, dans son ouvrage <a href="https://www.taylorfrancis.com/reader/read-online/46ef3f94-4ae9-4efe-9fe2-53bdeb7d4b42/book/pdf?context=ubx" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Inclusive Masculinity: The Changing Nature of Masculinities</em></a> et dans <a href="https://www.tandfonline.com/doi/pdf/10.1080/09589236.2016.1245605?needAccess=true" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un article</a> coécrit avec Mark McCormack, propose la « théorie de la masculinité inclusive » . Elle repose sur un concept central : l’« homohysteria », non pas la peur d’être gai, mais la peur d’être vu comme tel par les autres. Tant qu’elle est forte, chaque geste est surveillé. On évite les câlins, les confidences, les larmes, tout ce qui pourrait être lu comme trop féminin. Quand l’homophobie culturelle recule, la peur d’être perçu comme gai perd de son pouvoir. Quand elle diminue, le terrain de jeu s’ouvre : les gestes de tendresse redeviennent possibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enquêtes ethnographiques sur des lycées et campus britanniques ou nord-américains décrivent des groupes de garçons hétérosexuels qui rejettent ouvertement l’insulte homophobe et incluent des camarades gais dans leur cercle. <a href="https://www.taylorfrancis.com/reader/read-online/46ef3f94-4ae9-4efe-9fe2-53bdeb7d4b42/book/pdf?context=ubx" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Anderson</a> documente aussi une tactilité accrue entre eux : étreintes prolongées, partage de lit, gestes de tendresse qui auraient été impensables dans les années 1980. Une <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8674484/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">revue systématique publiée dans l’<em>American Journal of Men’s Health</em></a> synthétise 33 études. Elle identifie quatre traits récurrents dans ces masculinités contemporaines : plus d’inclusivité, plus d’intimité émotionnelle et physique, plus de résistance aux normes virilistes classiques. Dans cette lecture, « jouer au gai » ne signifie pas forcément se moquer des gais. C’est aussi le signe qu’une partie des garçons ne construit plus son identité en fuyant à l’idée de « passer pour pédé ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La lecture du « costume » : masculinités hybrides</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bridges et Pascoe parlent de « <em><a href="https://compass.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/soc4.12134" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">masculinités hybrides</a></em> » : une « <em>incorporation sélective d’éléments associés aux masculinités marginalisées </em>». Concrètement, des hommes, souvent blancs, hétéros, de classe moyenne ou supérieure, s’approprient la sensibilité, l’humour queer ou la douceur sans jamais céder leur position de pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Appliquée à notre jeu de départ, cette grille change la question. « Jouer au gai » devient un marqueur de confort social : seul celui qui est sûr de sa place dans la hiérarchie, masculin, hétéro, légitime, peut se permettre la mise en scène sans craindre que l’étiquette reste. McCormack, qui est pourtant l’un des partisans d’une lecture optimiste de la masculinité inclusive, le reconnaît lui-même : dans son ethnographie d’un lycée de milieu populaire en Angleterre, les attitudes pro-gais et la tactilité existent, mais « <em>ces comportements sont <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/1468-4446.12055" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">moins prononcés que chez les garçons de classe moyenne</a>.</em> » Un constat que <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8674484/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Connor et al</a>. élargissent : ces nouvelles formes de douceur et d’inclusivité s’observent surtout chez de jeunes hommes hétérosexuels, de classe moyenne, dans des pays occidentaux riches.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au final, ces deux lectures ne s’excluent pas : les mêmes garçons peuvent adopter des gestes plus doux et inclusifs tout en portant ce « nouveau costume de classe » qui les laisse en position dominante.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Toujours le même gagnant</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce jeu rappelle qu’on peut imiter, surjouer et tourner en dérision l’homosexualité, alors que ceux qui sont réellement gais n’ont pas cette marche arrière. <a href="https://www.jean-jaures.org/publication/lgbtphobies-etat-des-lieux-2019/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">La Fondation Jean-Jaurès</a> documente leurs stratégies d’invisibilité au quotidien : éviter de se tenir la main, changer de quartier, taire son couple.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Il faut une certaine tranquillité pour se déguiser en ce que d’autres subissent »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Certains hommes gais apprennent à y participer, à rire avec le groupe, parfois pour s’y fondre. Mais cette adaptation a un coût : ce que Meyer appelle la « <em><a href="https://psycnet.apa.org/fulltext/2003-99991-002.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dissimulation de soi</a></em> » , c’est-à-dire mettre à distance sa propre identité pour survivre socialement. Cette stratégie constitue en soi une charge psychologique à part entière. Plus largement, ses travaux sur le stress minoritaire montrent que ces signaux répétés — blagues, sous-entendus, caricatures — alimentent un stress chronique fait d’anticipation du rejet, d’autosurveillance et de honte intériorisée, même sans violences explicites. <a href="https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2021/6-7/2021_6-7_1.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Les recherches sur les microagressions</a> envers les jeunes minorités sexuelles le confirment : ce type de blagues est associé à davantage de symptômes dépressifs et d’anxiété chez les jeunes LGBTQ+.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce jeu n’est jamais neutre et est toujours inégal. La vraie question reste : qui peut jouer sans jamais perdre? Les hommes hétérosexuels, les plus légitimes, peuvent « faire les gais » pour une blague et revenir aussitôt à une identité jamais menacée. Il faut une certaine tranquillité pour se déguiser en ce que d’autres subissent. Ceux directement concernés n’ont pas ce luxe. Le costume, pour eux, n’a jamais été un déguisement.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-performance-de-lhomosexualite-un-privilege/" data-wpel-link="internal">La performance de l’homosexualité : un privilège?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>L’épidémie de la nonchalance</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lepidemie-de-la-nonchalance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elie Nguyen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[expression]]></category>
		<category><![CDATA[nonchalance]]></category>
		<category><![CDATA[relations humaines]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60594</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour en finir avec l’insouciance de façade et embrasser pleinement l’authenticité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lepidemie-de-la-nonchalance/" data-wpel-link="internal">L’épidémie de la nonchalance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L’un des travers de notre génération est la tendance à adopter une attitude indifférente face à la vie. La nonchalance est devenue une forme de protection, où on minimise tout ce que l’on ressent : on cache ce qui pourrait nous atteindre et on évite de trop s’exposer. En paraissant insouciant, on garde le contrôle, puisque personne ne peut utiliser contre nous ce dont il ne mesure pas l’importance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On est devenus profondément préoccupés par le regard des autres, au point d’ajuster nos réactions en permanence. Même dans des situations anodines, comme trébucher dans la rue, il faudrait rester nonchalant pour paraître cool et maître de soi, comme si de rien n’était. Mais pourquoi ne pas simplement en rire? Pourquoi a‑t-on ce réflexe de tout lisser, de tout contrôler, au lieu d’assumer pleinement des réactions humaines?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La même logique s’applique aux relations : avec l’essor des réseaux sociaux et des applications de rencontre, nos interactions semblent devenir de plus en plus calculées, presque stratégiques. On hésite à exprimer ce que l’on ressent vraiment, parce qu’on ne sait jamais ce que l’autre pourrait en penser. On craint de se montrer vulnérable, donc on ajuste et on réécrit. Dans nos messages, on pèse chaque mot, on mesure chaque silence. On veut éviter d’en dire trop, de paraître trop investi, comme si le simple fait de ressentir pleinement était un risque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À force de craindre d’être « trop » – trop sensible, trop sincère – on finit par se taire. Je me suis souvent repliée sur moi-même, par peur d’être trop intense, trop envahissante. Avec le temps, j’ai appris à garder mes pensées pour moi, à mettre de la distance avec les autres. Mais si tout le monde faisait pareil, que resterait-il de l’élan partagé, de la passion exprimée sans retenue?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si une personne a changé votre vie en mieux, si elle vous rend plus heureux que vous ne l’ayez jamais été, si elle a fait preuve de patience et de bienveillance, elle mérite de le savoir, simplement, sincèrement. Et la même chose vaut pour d’autres aspects de la vie : ne soyez pas nonchalants à propos de ce qui vous passionne. Célébrez votre travail acharné, soyez fiers de vos réussites. Apprenons à dire ce que l’on ressent, à offrir des compliments et à exprimer notre amour. Ce n’est ni excessif ni honteux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque d’embarras ne devrait jamais nous réduire au silence. On ne perd rien à partager de l’affection et de la joie, mais on ne peut que regretter de ne pas l’avoir fait. Ne nous privons pas du bonheur pour nous protéger d’une douleur potentielle, et cessons de nous contenter de vivre dans des peurs inventées de toutes pièces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Montrer ce que l’on ressent n’est pas une faiblesse. Être honnête n’est pas une marque de vulnérabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aimons sans retenue. Applaudissons ouvertement. N’ayons pas peur d’être sincères. Rejetons l’idée de rentrer dans le moule des tendances nonchalantes. Soyons fiers et reconnaissants de ce que nous avons la chance de recevoir.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lepidemie-de-la-nonchalance/" data-wpel-link="internal">L’épidémie de la nonchalance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Le retard et les bienfaits du temps long</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/le-retard-et-les-bienfaits-du-temps-long/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dalia Djazouli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décodage]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[accélération]]></category>
		<category><![CDATA[anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[temps]]></category>
		<category><![CDATA[Utilitarisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Imposer sa propre subjectivité temporelle.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le retard est rarement reçu positivement : c’est un état des choses non désirable, une anomalie. Dans le langage courant, il renvoie à une situation négative à laquelle il faut absolument remédier, à un écart par rapport à la norme, ou par rapport à un idéal de développement à atteindre. Au <em>Délit</em>, il est préférable de ne pas rendre son article un dimanche soir – autrement dit, en retard –, au risque de s’attirer les foudres de notre rédactrice en chef : un décret qui me place dans l’embarras, en tant que retardataire pas tout à fait réformée, et dont la notion du temps est complètement détraquée. Sans chercher à faire l’apologie d’un comportement qui confine à l’irrespect de l’autre, j’ose émettre l’idée que nous voyons peut-être trop souvent le retard d’un mauvais œil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’imposition de la ponctualité comme norme suprême ne se cantonne pas à notre journal étudiant : elle est propre à nos sociétés industrialisées, dont la conception du temps est particulièrement rigoureuse et utilitariste. La temporalité est perçue comme un objet tangible, que l’on peut et doit rentabiliser autant que possible. Les journées sont compartimentées, et chaque heure doit être mise à profit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, l’extrême fragmentation du temps s’est accentuée en même temps que l’accélération technologique, laquelle caractérise la révolution industrielle du 20e siècle. L’accumulation de ces innovations a permis l’accroissement de notre efficacité et la rationalisation du travail – ou taylorisme. Mais cette conception s’est aussi étendue à notre rapport au temps : la logique capitaliste de fragmentation des tâches s’est appliquée au domaine temporel, et a remplacé les rythmes organiques. On se trouve désormais entraîné dans une course folle, où tout est urgent, les 24 heures d’une journée étant devenues un véritable compte à rebours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet impératif absolu de performance est pourtant contre-productif. À vouloir à tout prix accroître la productivité au travail, on en oublie le bien-être des travailleurs. Ces exigences réduisent la qualité du bien produit, et nous aliènent par la même occasion. Il dévore l’oisiveté, pourtant indispensable au temps long du vivant.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="2000" height="1338" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-2000x1338.jpeg" alt class="wp-image-60602" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-2000x1338.jpeg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-650x435.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-150x100.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-768x514.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-1536x1028.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-2048x1370.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felix-fournier/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix Fournier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une logique qui nous interdit les temps morts, l’ennui, le vide. On ne se laisse plus aller à divaguer dans les transports et dans les files d’attente ; on ne se laisse plus habiter par le temps… Les idées meurent dans l’œuf, et nos réflexions sont étouffées par les distractions numériques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Hélène L’Heuillet, le retard devient une micro-victoire au milieu de journées éreintantes et hautement compartimentées. Tous les retards ne sont pas pour autant bons à prendre, notamment celui qui permet d’exercer une forme de contrôle, et de faire attendre celui soumis au temps de l’autre. Aux yeux de la philosophe et psychanalyste, le retard doit être accidentel. Dans notre contexte de malaise temporel, il nous offre un moyen de nous échapper des normes de rendement et de l’aliénation qui en découle. Le retard nous offre une marge de liberté.</p>
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		<title>Ce que nous devons&#160;aux femmes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/ce-que-nous-devons-aux-femmes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eugénie St-Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[combat]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Journée internationale des droits des femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Votre entourage, en tant qu’étudiantes et étudiants de l’Université McGill, est peut-être composé en majorité de personnes qui se revendiquent comme féministes. Certaines le sont, d’autres le prétendent, mais relativement rares sont les McGillois qui refusent ouvertement le féminisme. Sur le campus, il s’agit à tout le moins d’un sujet de conversation – cela constitue&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/ce-que-nous-devons-aux-femmes/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Ce que nous devons&#160;aux femmes</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Votre entourage, en tant qu’étudiantes et étudiants de l’Université McGill, est peut-être composé en majorité de personnes qui se revendiquent comme féministes. Certaines le sont, d’autres le prétendent, mais relativement rares sont les McGillois qui refusent ouvertement le féminisme. Sur le campus, il s’agit à tout le moins d’un sujet de conversation – cela constitue un privilège considérable, qui ne reflète en rien la réalité à l’échelle québécoise, canadienne, encore moins à l’échelle internationale. Ce privilège risque toutefois d’entretenir l’illusion selon laquelle le combat pour les droits des femmes appartient désormais au passé. Il est facile, depuis notre position, de se demander pourquoi <em>Le Délit</em> choisirait de dédier son édition spéciale du semestre aux droits des femmes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que rien n’est encore véritablement acquis. Les droits pour lesquels plusieurs générations de féministes se sont battues pourraient toujours être révoqués, au gré des opinions changeantes de nos politiciens. De <em>leurs</em> politiciens, plutôt – car trop souvent encore, ce sont des assemblées majoritairement masculines qui légifèrent sur le corps et la vie des femmes. Il suffit de regarder du côté des États-Unis pour comprendre à quel point les droits des femmes sont précaires. Depuis l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade en 2022, le droit à l’avortement n’est plus garanti par la Constitution américaine. Cette décision a conduit quatorze États des États-Unis à l’interdire presque complètement. Par ailleurs, leur président actuel, Donald Trump, était déjà visé par plusieurs accusations d’agression sexuelle quand il a été élu en 2016 – sans mentionner sa <a href="https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/828427/condamnation-5-millions-trump-suite-verdict-abus-sexuel" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">condamnation</a> en 2024, ou les allégations plus récentes qu’on trouve dans le dossier Epstein. Visiblement, cela n’affectait en rien le vote des électeurs américains. Et on se demande pourquoi les femmes sont en colère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On n’est jamais véritablement à l’abri, même avec des politiciens bien intentionnés. Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice du Québec, mettait lui aussi en péril le droit à l’avortement au début de l’année. En promettant de l’inscrire dans la future Constitution québécoise, il ouvrait la porte à des contestations juridiques par des groupes anti-choix. Son idée n’aboutira pas, sous la pression de groupes de femmes, du Barreau et du corps médical, mais le constat reste le même ; les politiciens continuent de débattre et de légiférer sur le corps des femmes en faisant la sourde oreille à leurs demandes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La situation québécoise est, sans aucun doute, enviable à l’échelle internationale. Il existe encore de nombreux pays où les femmes ne peuvent pas ouvrir de compte bancaire en leur nom propre, bénéficier d’une éducation, ni quitter leur foyer sans la permission d’un tuteur masculin. Mais rien n’empêche un retournement de situation, comme celui que les États-Unis subissent actuellement. En page 9, Catherine se penche justement sur les violences à caractère sexuel dans un contexte québécois, et sur le peu d’importance que le gouvernement leur accorde encore aujourd’hui. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La Journée internationale des droits des femmes est donc, avant tout, un rappel qu’il faut rester vigilant. Ce n’est pas parce qu’il existe pire ailleurs que l’on doit renoncer à critiquer ce qui persiste ici. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour naviguer dans une société qui demeure indubitablement sexiste, il faut être résolument et inconditionnellement féministe. Il ne suffit pas de ne pas être misogyne, ou de souhaiter vaguement l’égalité des genres. L’écrivain français La Rochefoucauld écrivait que la plupart des trahisons se font par « faiblesse ». Refuser de se dire féministe, ou se contenter d’un féminisme passif, revient bel et bien à trahir les femmes de son entourage. Je vous encourage donc à ne pas être faibles, et à refuser la complaisance que vous permet vos privilèges.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, <em>Le Délit</em> est fier de dédier son édition spéciale du semestre à toutes celles qui s’identifient comme femmes. Avec quelques jours de retard, peut-être – mais ce n’est pas parce que la journée est passée que les réflexions qui l’entourent doivent prendre fin. Cette édition se veut tout autant un appel à la vigilance qu’un hommage aux femmes, à tout ce qu’elles ont accompli, à tout ce qu’on leur doit. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous vous invitons, entre autres, à vous interroger sur la place des femmes en Iran (page 5), à vous pencher sur la culture des régimes (page 8), à découvrir les recommandations d’autrices de l’équipe (page 16) et à en apprendre davantage sur la misandrie dans la culture (page 19).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bonne lecture!</p>
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		<title>Les femmes MAGA au service du patriarcat</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/les-femmes-maga-au-service-du-patriarcat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anonyme]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Arika Kirk]]></category>
		<category><![CDATA[Erika Kirk]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Kristi noem]]></category>
		<category><![CDATA[MAGA]]></category>
		<category><![CDATA[mysoginie]]></category>
		<category><![CDATA[sexisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Kristi Noem et Erika Kirk comme figures de proue du néo-fascisme américain.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/les-femmes-maga-au-service-du-patriarcat/" data-wpel-link="internal">Les femmes MAGA au service du patriarcat</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L a montée en puissance de l’idéologie du mouvement politique <em>Make America Great Again</em> (MAGA) n’est pas qu’un accident ou qu’une simple parenthèse dans l’histoire américaine. Au contraire, ce fléau populiste est l’aboutissement rationnel d’un mariage longuement mijoté entre le conservatisme social, le néolibéralisme économique, et le sensationnalisme médiatique. Quoi qu’elle se vêtisse d’un nouvel habillage moderne et d’une esthétique grossière, cette fusion macabre porte en elle les caractéristiques héréditaires du fascisme, tel que le monde l’a vécu au 20e siècle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi ces héritages idéologiques, la domination masculine occupe une place particulière. Malgré le changement de décor et de circonstances, l’hégémonie masculine en politique n’a jamais été réellement remise en question, ni par les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale ni par les mouvements sociaux dits « woke ». Au contraire, ces dernières années, il semblerait que cette tradition patriarcale connaisse une résurgence – cette fois-ci sous une forme spectaculaire, combinant violence, assujettissement et sexualisation des femmes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous le régime idéologique du mouvement MAGA, la transgression semble devenir une norme politique. À l’échelle sociale, cette attitude se manifeste d’abord par une misogynie assumée, comme celle promue par certains créateurs de contenu, tels que Andrew Tate. Elle se traduit également par un renforcement des pressions de conformité aux normes de genre. C’est donc à travers un double registre, combinant une rhétorique violente et un discours plus consensuel, que se communique la vision patriarcale du rôle des femmes dans la société moderne. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Erika Kirk : de quelle tradition s’agit-il? </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une des capacités distinctives de ce système patriarcal est son habileté remarquable à se perpétuer en instrumentalisant certaines femmes pour reproduire les structures qui les subordonnent. C’est à travers ce mécanisme d’opacité que sa présence se resserre sur la société, et que ses contradictions se dissimulent sous le couvert de liberté individuelle, de traditions ou de choix personnels. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Erika Kirk, commentatrice politique et veuve de Charlie Kirk, sous-entend un besoin « naturel » de docilité chez les femmes lorsqu’elle déclare : « <em><a href="https://www.msn.com/en-us/health/wellness/maga-christians-want-wives-to-stay-at-home-but-theres-an-ironic-hypocrisy/ar-AA1NG1ls" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">C’est à ton mari de partir à la conquête du monde, de se battre et de rentrer à la maison. De conquérir (tdlr). </a></em>» Ce qui frappe dans cette citation est la récurrence du champ sémantique de la guerre et son association avec la « responsabilité » masculine. Lorsque l’on considère que cette même Erika Kirk est célèbre pour ses appels à ce que les femmes « retrouvent leur place » dans la sphère domestique, un schéma familier se dessine. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La vision binaire et hiérarchisée des normes de genre n’est pas nouvelle. En s’adressant à un congrès de femmes nazies, Adolf Hitler lui-même s’est permis l’expression : « <em>Nous rejetons la théorie libérale-juive-bolchévique de l’égalité des femmes, car elle les déshonore! Une femme, si elle comprend bien sa mission, dira à un homme : “Tu protèges notre peuple du danger, et je te donnerai des <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Gertrud_Scholtz-Klink" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">enfants</a></em>”. » Ainsi, quand Erika Kirk se permet de nous dire : « <em>Ne laisse personne te priver de tes droits simplement parce que tu es un jeune homme, surtout si tu es un jeune homme <a href="https://www.msn.com/en-us/politics/government/erika-kirk-blasted-for-her-bizarre-remarks-about-disenfranchised-white-men-she-should-shut-up/ar-AA1YzIZc" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">blanc</a></em> », il devient difficile de ne pas y voir la résurgence d’une vision patriarcale du monde, dans laquelle les hiérarchies sociales, de genre, de race, et d’idéologie, s’entrelacent. Cette logique illustre la dominance intersectionnelle, un système d’ordre politique où les marqueurs d’identités sont cumulés de sorte à former une pyramide sociale où l’homme blanc fasciste occupe l’apex. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Kristi Noem, entre victime et complice </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette équation politique, il devient difficile de comprendre le rôle confus et multiforme des femmes dans l’administration américaine. Cependant, en examinant le style de visibilité qu’adopte l’ancienne secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, Kristi Noem, on peut apprécier comment certaines femmes parviennent à naviguer entre les attentes patriarcales et les possibilités politiques pour se positionner de manière stratégique dans le paysage MAGA. Cette approche peut être comprise comme l’aboutissement d’une négociation complexe entre les rôles de genre, le pouvoir politique et les attentes sociales qui encadrent la participation des femmes à la sphère publique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Professeure en sciences politiques à l’Université Clark, Valerie Sperling nous explique : « <em>Tout homme politique a pour mission de séduire son électorat, et l’un des moyens les plus simples d’y parvenir […] consiste à jouer sur les normes de genre, car celles-ci sont très faciles à comprendre. Pour les hommes, il s’agit de montrer que l’on est un homme politique fort, déterminé, rationnel, hétérosexuel et séduisant. La tâche est relativement facile pour les hommes, car, dans la binarité des genres, ces caractéristiques […] correspondent à la fois à la masculinité et à notre idée de ce qu’est un bon homme politique dans le cadre du patriarcat </em>» Cependant, professeure Sperling précise: « <em>Les femmes en politique sont dans une situation bien plus délicate, elles doivent marcher sur une corde raide bien plus marquée par les stéréotypes de genre. Les femmes doivent donc montrer qu’elles sont fortes, dures, déterminées et rationnelles, et, ce faisant, elles doivent contrer tous les stéréotypes que nous avons déjà sur les femmes </em>». Dans le cas de Kristi Noem, cette tension perpétuelle entre identité politique et de genre est accentuée par le rôle militarisé qu’elle assume au sein du Département de la sécurité intérieure et de sa sous-agence, le service d’immigration et des douanes (ICE). </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, comme le souligne professeure Sperling : « <em>Les femmes doivent montrer qu’elles sont fortes, tenaces, déterminées et rationnelles, et, ce faisant, elles doivent aller à l’encontre de tous les stéréotypes que nous avons déjà sur elles. Elles n’ont donc pas d’autre choix. Elles doivent montrer qu’elles sont tenaces, et c’est pourquoi on voit ce genre de look militarisé.</em> » Elle poursuit : « <em>Mais le plus difficile pour les femmes, c’est que lorsqu’elles se comportent ainsi, elles ne sont pas des femmes “convenables”</em> ». <em>Il doit donc toujours y avoir un facteur modérateur, quelque chose pour rassurer ce public masculin sur le fait qu’elle n’a pas trop de pouvoir, qu’elle ne dépasse pas trop les normes de son genre. Donc, le Botox, les cheveux longs, le clone de Melania, vous voyez […] elle essaie vraiment de naviguer dans le couloir très étroit des comportements acceptables pour les femmes en politique.</em> » </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le masculinisme débordant </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le patriarcat est bel et bien vivant. L’inclusion des femmes dans le mouvement MAGA ne promulgue en rien plus d’égalité, et nourrit au contraire une propagande idéologique qui s’intensifie sans relâche. C’est ainsi que la politique étrangère des États-Unis adopte à la fois une rhétorique masculiniste, mais aussi une attitude belligérante, qui fait écho aux structures patriarcales qui caractérisent la politique domestique du pays. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre les débordements machistes du deux fois divorcé secrétaire de la guerre Pete Hegseth, et les mises en scène médiatiques d’une virilité politique associée à la force militaire, le discours officiel propose un imaginaire de domination et de puissance masculin. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand les États-Unis bombardent une école primaire pour filles de Minab en Iran, ce n’est pas pour défendre la cause des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Des initiatives qui rassemblent</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/des-initiatives-qui-rassemblent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[communauté étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[initiatives]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À McGill, des projets pour célébrer et soutenir les femmes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Élections de l’exécutif de l’AÉUM</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/elections-de-lexecutif-de-laeum/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[candidats]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Présentation des candidats à l'exécutif de l'AÉUM.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/elections-de-lexecutif-de-laeum/" data-wpel-link="internal">Élections de l’exécutif de l’AÉUM</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><br><strong>Présidence</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Laurence Desjardins</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" width="720" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/image000001.jpg" alt class="wp-image-60482" style="aspect-ratio:3/4;object-fit:cover;width:287px" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/image000001.jpg 720w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/image000001-650x1444.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/image000001-150x333.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/image000001-691x1536.jpg 691w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px"><figcaption><span class="media-credit">Laurence Desjardins</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Desjardins, candidate à la présidence, issue de la coalition S.T.A.N.D., promet de rendre l’AÉUM « plus politique ». L’étudiante de deuxième année en études sur le genre explique qu’elle ne se sentait pas représentée par les élus de l’AÉUM et que c’est ce qui a motivé sa décision de se présenter. « On [les candidats du S.T.A.N.D.] est là depuis deux, trois, quatre ans et on voit comment l’AÉUM n’est pas représentative pour nous, et on veut voir du changement. On a réalisé qu’on allait devoir faire le changement nous-mêmes », raconte-t-elle. Desjardins a pour projet de faire « plus d’assemblées générales, plus de <em>town halls</em> ». Elle veut également « s’assurer que les questions de référendum reflètent la totalité des options ». Au-delà de cette promesse de transparence, Desjardins compte défendre le projet BDS (<em>Boycott, Divestment, Sanctions</em>) devant le Conseil des gouverneurs ; le tout dans l’optique de « représenter les voix étudiantes ». « Il faut obliger l’administration à nous écouter ; c’est quelque chose qui n’a pas vraiment été fait », ajoute-t-elle. Sur la question de son manque d’expérience au sein de L’AÉUM, Desjardins déclare n’avoir « aucun souci » : « Je crois que comme n’importe quelle autre personne qui se candidate, je vais avoir beaucoup de choses à apprendre. Mais j’ai d’autres expériences qui font que je sais que je vais être compétente dans le rôle. » Elle cite notamment des expériences liées au leadership, à l’activisme, à la politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Hamza Abu-Alkhair</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" width="1080" height="1080" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1.png" alt class="wp-image-60490" style="width:357px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1.png 1080w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1-650x650.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1-150x150.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1-768x768.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1-600x600.png 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1-120x120.png 120w" sizes="(max-width: 1080px) 100vw, 1080px"><figcaption><span class="media-credit">Hamza Abu-Alkhair</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Contacté à plusieurs reprises, Hamza Abu-Alkhair n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue. Sa plateforme repose sur trois piliers : l’accessibilité, la communauté et la stabilité financière. L’accessibilité consiste en des mises à jour régulières de la part de l’AÉUM, mais aussi une meilleure communication lors de moments clés comme l’orientation des étudiants de première année, et les périodes de stress comme lors des examens. Le sens de communauté passe, selon Abu-Alkhair, par une visibilité accrue de l’AÉUM sur le campus, et par la création d’évènements de communauté basés sur des idées d’étudiants. Enfin, la stabilité financière passe par plus de confiance et de responsabilité, alors que l’AÉUM gère des millions de dollars, selon le candidat. L’association doit ainsi maximiser son efficacité et réduire les dépenses inutiles, ajoute Abu-Alkhair.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><br><strong>Vice-présidence (Clubs et services)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Acadia Knickerbocker</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="582" height="321" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Acadia-Knickerbocker.png" alt class="wp-image-60486" style="aspect-ratio:1.8131236917684856;width:503px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Acadia-Knickerbocker.png 582w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Acadia-Knickerbocker-150x83.png 150w" sizes="auto, (max-width: 582px) 100vw, 582px"><figcaption><span class="media-credit">Acadia Knickerbocker</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Acadia Knickerbocker, qui a siégé au sein de l’équipe exécutive de l’AÉUM en tant que porte-parole du Conseil législatif, se présente avec l’ambition de mener des réformes structurelles, notamment en enlevant les retards administratifs. Cela passe, selon elle, par l’embauche de nouveaux comptables, qui seraient employés par l’AÉUM. Elle assure aussi vouloir restructurer le <em>Students Group Committee</em>, qui gère les clubs de l’Université, ce qui passe par la formation d’un « <em>sous-comité athlétique (tdlr) </em>», pour que les clubs fonctionnent plus efficacement. Pour ce qui est des services de l’AÉUM, elle souhaite que chacun ait son propre compte en banque, ce qui n’est pas le cas actuellement et qui « <em>permettrait de limiter les retards administratifs et d’assurer un fonctionnement plus efficace </em>». Elle-même ancienne membre exécutive d’un club, elle dit « <em>comprendre les difficultés des clubs à faire fonctionner les évènements </em>». Enfin, elle souhaite remanier les locaux des clubs, souvent sous-utilisés à cause de dysfonctionnements administratifs. Cela faciliterait l’entreposage de matériel par ces derniers.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mars Gagawchuk</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1334" height="2000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-1334x2000.jpeg" alt class="wp-image-60479" style="aspect-ratio:0.6670017688304086;width:441px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-1334x2000.jpeg 1334w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-650x975.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-150x225.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-768x1151.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-1025x1536.jpeg 1025w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-600x900.jpeg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk.jpeg 1366w" sizes="auto, (max-width: 1334px) 100vw, 1334px"><figcaption><span class="media-credit">Mars Gagawchuk</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Mars Gagawchuk se présente en tant que membre de la coalition S.T.A.N.D., afin que ces derniers aient « <em>l’autonomie, les ressources et le support institutionnel pour continuer à développer la communauté mcgilloise </em>». Ses quatre priorités en tant que candidate à l’élection sont les suivantes : « <em>Lutter contre l’insécurité alimentaire grandissante sur le campus, grâce à la réinstauration de Midnight Kitchen </em>», « <em>effectuer un audit complet des espaces sous-utilisés du campus afin que les associations et les services disposent de lieux plus accessibles pour se réunir et organiser leurs activités</em> », « <em>adopter une position ferme contre le projet de loi 9 tout en plaidant en faveur de l’agrandissement des espaces de prière afin de répondre aux problèmes de capacité liés à l’augmentation des effectifs étudiants à McGill </em>» et finalement, « <em>travailler à la désinstitutionnalisation des services de santé mentale de l’Université </em>». Quant à la place du français dans l’association universitaire, elle assure que certaines de ses réunions et de ses heures de disponibilité seront menées en français.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Kareem El Hosini</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1080" height="1080" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14.png" alt class="wp-image-60487" style="width:236px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14.png 1080w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14-650x650.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14-150x150.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14-768x768.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14-600x600.png 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14-120x120.png 120w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px"><figcaption><span class="media-credit">Kareem El Hosini</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Contacté à plusieurs reprises, Kareem El Hosini n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue. Dans une brochure publiée par l’AÉUM, il dit vouloir « <em>faciliter l’organisation de la vie étudiante et enrichir les expériences qu’elle offre </em>». Il ajoute vouloir créer des «<em> occasions de collaboration entre l’AÉUM et les clubs, afin d’offrir de plus grands et de meilleurs évènements </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Vice-présidence (Affaires universitaires)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Meghan Lai</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1333" height="2000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-1333x2000.jpg" alt class="wp-image-60478" style="aspect-ratio:0.666488981343041;width:272px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-1333x2000.jpg 1333w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-650x975.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-150x225.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-768x1152.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-1024x1536.jpg 1024w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-1365x2048.jpg 1365w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-600x900.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-scaled.jpg 1707w" sizes="auto, (max-width: 1333px) 100vw, 1333px"><figcaption><span class="media-credit">Meghan Lai</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Sénatrice de la faculté d’éducation cette année, Meghan Lai se présente au poste de vice-présidente aux affaires universitaires avec un programme composé de trois sections : le monde universitaire, le milieu associatif et la communauté étudiante. « <em>Je veux travailler vers une éducation utile aux étudiants », exprime-t-elle. Elle souhaite un « accès à un enseignement équitable </em>», notamment vis-à-vis du <em>Policy on Assessment of Student Learning</em> (PASL), que beaucoup d’étudiants ne connaissent pas. Lai avance qu’« <em>il faut que les étudiants s’épanouissent, pas seulement qu’ils soient en position de survie à l’Université</em> », et que leur « <em>expérience à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la classe soit soutenue et agréable </em>». Dans cet objectif, Lai compte travailler avec le Student Wellness Hub, qui fait face à un nombre toujours plus élevé d’étudiants en détresse chaque année, qui « <em>ne se sentent pas soutenus</em> ». Cela passerait par la création d’une plateforme de prise de rendez-vous en ligne pour qu’il y ait une accessibilité plus aisée au service. Enfin, elle veut « <em>reconstruire la relation entre l’AÉUM et les étudiants pour qu’ils aient confiance en nous en tant que leaders étudiants.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cecelia Callaghan</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1334" height="2000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-1334x2000.jpg" alt class="wp-image-60484" style="aspect-ratio:0.6670017688304086;width:319px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-1334x2000.jpg 1334w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-650x975.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-150x225.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-768x1151.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-1025x1536.jpg 1025w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-600x900.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan.jpg 1366w" sizes="auto, (max-width: 1334px) 100vw, 1334px"><figcaption><span class="media-credit">Cecelia Callaghan</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Candidate dans le groupe S.T.A.N.D., le programme de Cecelia Callaghan se résume en six points : l’anti-austérité, le boycottage, le désinvestissement et les sanctions, les soins adaptés au genre et la santé mentale. Elle souhaite aussi revoir la politique d’intelligence artificielle de l’Université et s’oppose à la nouvelle politique d’identification menée par McGill (page 6). À l’heure des coupes budgétaires, elle assure vouloir « <em>travailler dur, afin d’assurer que les fonds universitaires soient envoyés vers des initiatives et des services de soutien dont les étudiants ont besoin</em>». Cela passe par une meilleure rémunération des assistants d’enseignement, un campus avec des équipes sportives, ainsi que des produits d’hygiène menstruelle disponibles à travers le campus. « <em>Je défendrai de meilleurs soutiens à la santé mentale, les rendant plus accessibles pour les étudiants », </em>affirme Callaghan, qui décrit l’accès aux soins de santé mentale comme présentement inaccessibles. En ce qui concerne sa politique d’intelligence artificielle, elle promet d’établir une politique définitive contre l’utilisation de l’IA sur le campus, dont elle juge les effets dévastateurs sur le climat, qui <em>«impactent de manière disproportionnée les communautés racisées </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Vice-présidence (Affaires externes)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Justice Bongiovanni</strong></p>


<div class="wp-block-image is-style-default">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="574" height="618" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-18-at-2.47.18-PM.png" alt class="wp-image-60539" style="aspect-ratio:1.0989160743862298;width:322px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-18-at-2.47.18-PM.png 574w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-18-at-2.47.18-PM-150x161.png 150w" sizes="auto, (max-width: 574px) 100vw, 574px"><figcaption><span class="media-credit">Justice Bongiovanni</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Déjà avant sa candidature, Bongiovanni s’implique dans la politique, notamment auprès du parti Conservateur canadien et de Stand With Us, une organisation pro-israélienne. Son ambition pour le poste de VP externe se concentre autour du prix de la nourriture sur le campus. « Il n’y a pas assez de coopératives », affirme-t-il, « et c’est ce que je veux changer ». Pour faire cela, il souhaite que les coopératives déjà présentes sur le campus aient plus de liberté, dont le droit de vendre des produits avec de la viande et des produits laitiers. Il soulève aussi l’importance de ses capacités en français. Selon Bongiovanni, les étudiants de McGill ont besoin d’un représentant bilingue qui puisse faire la liaison avec le gouvernement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Harry Wang</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1066" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry.jpeg" alt class="wp-image-60483" style="aspect-ratio:0.6662472035794184;width:280px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry.jpeg 1066w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry-650x976.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry-150x225.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry-768x1153.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry-1023x1536.jpeg 1023w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry-600x900.jpeg 600w" sizes="auto, (max-width: 1066px) 100vw, 1066px"><figcaption><span class="media-credit">Harry Wang</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Actuel membre élu parlementaire à l’AÉUM, Wang se présente pour le poste de vice-président aux affaires externes. Cependant, ce n’est pas tant son rôle au sein de l’AÉUM qu’il met le plus en avant dans sa campagne, mais son identité en tant qu’immigrant de première génération, qui lui confère une empathie pour les étudiants nouveaux arrivants. Il ajoute que son expérience dans l’administration lui a aussi fait comprendre les limites du possible, et qu’il saura se concentrer sur ce qui est possible, de manière à être efficace et réussir ses projets. Un des points principaux de sa <a href="https://drive.google.com/file/d/1THLIGM7W2m5cs_OVJcn6--ZrDgXobBpP/view?fbclid=PAZXh0bgNhZW0CMTEAc3J0YwZhcHBfaWQMMjU2MjgxMDQwNTU4AAGnPqOJ2-_6VGewbt_IMsVeQ0J54LGg954ThFLKm7kTGUhbPchl9Z5PSd8FQjA_aem_BfJog_-NL0IOdCvx-cPyHg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plateforme</a> est la lutte contre la hausse des frais d’études, notamment en créant des programmes de subvention pour les étudiants dans le besoin. Un autre pilier important : la francophonie. Wang soutient l’importance de l’apprentissage du français et de la culture québécoise pour les étudiants étrangers. Il souhaite donc organiser avec le gouvernement québécois des cours de français décontractés qui n’auraient pas d’impact sur le GPA. Il déplore aussi le manque d’opportunités de stages en français, et propose d’augmenter les collaborations avec les universités et entreprises francophones de Montréal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Safia Haiboub</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1066" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia.jpeg" alt class="wp-image-60476" style="aspect-ratio:0.6662472035794184;width:343px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia.jpeg 1066w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia-650x976.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia-150x225.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia-768x1153.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia-1023x1536.jpeg 1023w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia-600x900.jpeg 600w" sizes="auto, (max-width: 1066px) 100vw, 1066px"><figcaption><span class="media-credit">Safia Haiboub</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Candidate S.T.A.N.D., Safia Haiboub souhaite apporter son expérience au sein du bureau des affaires externes de l’AÉUM et dans les mouvements militantistes populaires. Elle explique que son travail avec l’AÉUM, spécifiquement dans les affaires externes, lui ont permis de connaître les attentes du poste de VP externe. Selon elle, son engagement militant lui permet non seulement d’avoir des contacts avec de nombreuses organisations telles que les Mères Mohawks, mais aussi d’apporter au AÉUM une nouvelle perspective. Un de ses objectifs centraux : lutter contre la loi C‑12, qui vise à renforcer le système d’immigration et la frontière, et la loi 21 sur la laïcité. « <em>Beaucoup d’organisations sont déjà en train de faire campagne, et j’aimerais collaborer avec elles</em> », explique-t-elle. Elle ajoute vouloir mieux soutenir la Commission aux affaires francophones. « <em>Les précédents VP externes ne savaient pas parler français </em>», dit-elle, « <em>ce qui a engendré des malentendus et ralenti certaines initiatives. Ils ont tellement de bonnes idées, il leur faut juste une meilleure plateforme</em> ».</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Vice-présidence (Affaires internes)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Anna El Murr</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1080" height="715" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Anna-El-Murr.jpg" alt class="wp-image-60485" style="aspect-ratio:1.5105187319884725;width:493px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Anna-El-Murr.jpg 1080w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Anna-El-Murr-650x430.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Anna-El-Murr-150x99.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Anna-El-Murr-768x508.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px"><figcaption><span class="media-credit">Anna El Murr</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Actuelle représentante de la Faculté de génie au sein de l’AÉUM, El Murr porte l’emphase sur la sensibilisation et la fluide communication des évènements et des activités de l’AÉUM. Tout cela dans l’optique de rapprocher l’exécutif à la communauté étudiante. « <em>Il faut rendre la communication beaucoup plus claire, tout particulièrement pour la communauté francophone </em>», a‑t-elle expliqué, « <em>La communication sur les réseaux, par exemple, doit être faite dans les deux langues. Je m’assurerai aussi qu’il y ait des traducteurs à chaque événement </em>». Elle appelle aussi à approfondir le partenariat avec les associations étudiantes francophones, « <em>pour que la communauté ne se sente pas moins intégrée</em> ». Une meilleure communication générale remédiera, selon El Murr, le souci de transparence et de reconnaissance de l’AÉUM : « <em>Il existe une déconnexion entre l’exécutif de l’AÉUM et la communauté étudiante qu’il faut réparer en instaurant une confiance et en montrant qu’ils jouent le rôle pour lequel ils ont été élus</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sophie Smithson</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1178" height="1766" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson.jpg" alt class="wp-image-60475" style="aspect-ratio:0.66704421084782;width:244px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson.jpg 1178w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson-650x974.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson-150x225.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson-768x1151.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson-1025x1536.jpg 1025w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson-600x900.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 1178px) 100vw, 1178px"><figcaption><span class="media-credit">Sophie Smithson</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Actuelle vice-présidente aux affaires internes de l’Association des étudiants en génie de McGill (EUS), Sophie Smithson souhaite intégrer l’exécutif de l’AÉUM avec plusieurs objectifs en tête. Elle propose d’augmenter le nombre d’événements et leur accessibilité en les rendant soit gratuits, soit disponibles par un système de bourse, « de renforcer la collaboration entre les facultés les clubs et les groupes étudiants », et « d’améliorer la communication par l’entremise du Listserv et des réseaux sociaux de l’AÉUM ». Elle compte sur une communication plus approfondie avec la communauté étudiante, proposant « des systèmes de rétroaction plus structurés pour les événements, afin que les étudiants puissent partager leurs expériences et leurs idées d’amélioration ». En ce qui concerne la communauté francophone, Smithson met l’accent sur l’accessibilité, avec toutes les informations événementielles diffusées dans les deux langues : « La collaboration avec les groupes francophones est encouragée afin de soutenir une programmation qui célèbre la culture francophone sur le campus. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Maggie Tang</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="546" height="546" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Maggie-Tang.jpg" alt class="wp-image-60480" style="width:422px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Maggie-Tang.jpg 546w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Maggie-Tang-150x150.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Maggie-Tang-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 546px) 100vw, 546px"><figcaption><span class="media-credit">Maggie Tang</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">« <em>Inclusivité, sécurité, bonnes ondes</em> » : voilà les trois piliers du programme électoral de Maggie Tang. Ses promesses de campagne : « <em>Plus d’événements gratuits, plus d’options sans-alcool, et plus de partenariats entre les facultés. </em>» Dans le rôle qu’elle qualifie d’« <em>architecte de la culture du campus </em>», Tang entend surtout «<em>transformer l’AÉUM d’un corps bureaucratique éloigné à une présence centrée sur la communauté </em>». Elle souhaite aussi raviver certaines traditions comme le carnaval d’hiver, tout en introduisant de nouveaux événements comme le marché de nuit de McGill. Actuellement administratrice interne, Tang compte sur cette expérience pour « <em>assurer que les changements soient approuvés par l’administration dès le premier jour </em>». Pour la communauté francophone, la native de Toronto promet d’être accompagnée par un·e traducteur·rice dans ses discussions avec la communauté étudiante, « <em>afin de bien comprendre leurs besoins</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mia Duddy-Hayashibara</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1080" height="1620" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia.jpg" alt class="wp-image-60477" style="aspect-ratio:0.6666624270251708;width:345px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia.jpg 1080w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia-650x975.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia-150x225.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia-768x1152.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia-1024x1536.jpg 1024w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia-600x900.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px"><figcaption><span class="media-credit">Mia Duddy-Hayashibara</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Représentante du parti S.T.A.N.D. dans les élections pour VP interne, Duddy-Hayashibara met l’accent sur la transparence et l’implication plus générale de la communauté étudiante. Elle explique : « <em>Mon but principal est de donner plus de pouvoir à la communauté étudiante, c’est ce que ma coalition, S.T.A.N.D., souhaite accomplir. C’est à dire plus d’assemblées générales, et rendre les activités de l’AÉUM plus transparentes. </em>» Elle rappelle aussi le rôle politique du poste : « <em>Il faut respecter les vœux démocratiques des étudiants. Cela veut dire, par exemple, ne pas inviter les opposants de BDS[Boycott, Divest, Sanction, ndlr] à nos salons de l’emploi. </em>» Enfin, sans oublier la communauté francophone, elle note : « <em>Il faut permettre à la Commission des affaires francophones de continuer à faire ce qu’ils font, tous leurs événements fantastiques. Il faut aussi s’assurer qu’il y ait les informations en français sur le compte Instagram.</em> »</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/elections-de-lexecutif-de-laeum/" data-wpel-link="internal">Élections de l’exécutif de l’AÉUM</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Pourquoi le L est en premier dans LGBTQ+</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pourquoi-le-l-est-en-premier-dans-lgbtq/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[2SLGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[lesbienne]]></category>
		<category><![CDATA[sida]]></category>
		<category><![CDATA[solidarité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60417</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le rôle des lesbiennes pendant l’épidémie du sida.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pourquoi-le-l-est-en-premier-dans-lgbtq/" data-wpel-link="internal">Pourquoi le L est en premier dans LGBTQ+</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">On peut observer en ce moment une montée des tensions et des divisions au sein même de la communauté LGBTQ+. Des groupes de personnes s’identifient comme gais, <a href="https://nypost.com/2023/11/18/opinion/why-its-time-for-lgb-to-divorce-tq/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">remettent en question</a> la légitimité de la présence du T (transgenre) dans l’acronyme LGBT, expliquant que, pour elles, la transidentité n’a pas de rapport avec leur sexualité. Ce genre de discours s’intègre dans un climat de plus en plus hostile aux personnes LGBTQ+, à la fois dans la société, mais également au sein de leur propre communauté. Avec l’avènement de tensions intracommunautaires, l’ordre actuel de l’acronyme LGBTQ+ nous renvoie à une période de solidarité entre les différentes identités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ordre des lettres n’a pas toujours été celui que l’on connaît aujourd’hui. En effet, dans les années 60 et 70, le terme GLBT était le plus répandu. Cela reflétait la domination des hommes gais aussi bien par le nombre de bars et d’espaces qui leur étaient consacrés que par leur représentation relativement disproportionnée dans les milieux militants. Car, même si les différents groupes de la communauté partageaient des expériences d’oppression similaires, la question <a href="https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/26532478/intersectionnalite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">de l’intersectionnalité</a> – c’est-à-dire le cumul des différentes formes de domination ou de discrimination – peut expliquer un sentiment de supériorité que certains hommes homosexuels blancs pouvaient ressentir. Il existait notamment une <a href="https://www.huffpost.com/entry/aids-crisis-lesbians_n_5616867ae4b0e66ad4c6a7c4" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">hostilité</a> assez importante entre les hommes gais et les femmes lesbiennes, influencée en partie par un sexisme flagrant ancré dans les structures patriarcales de l’époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, l’épidémie du sida a modifié le rapport entre les deux groupes. Au cours de cette crise, les hommes homosexuels, qui en étaient les principales victimes, ont souvent été abandonnés, que ce soit par le gouvernement ou plus largement par la société. La stigmatisation et la marginalisation des homosexuels ont conduit certains professionnels de la santé à refuser de traiter les personnes atteintes du sida.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Cette solidarité inattendue symbolise la capacité […] </p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">de ces groupes à s’unir dans l’adversité »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une solidarité en temps de crise</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce contexte de détresse importante que des groupes de lesbiennes se sont formés, notamment afin d’organiser des dons de sang. En effet, les patients atteints du VIH souffrent souvent d’anémies et nécessitent de nombreuses transfusions. Mais, dans l’objectif d’éviter la contamination des réserves, de nombreux gouvernements avaient décidé de <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5554671/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bannir</a> le don aux hommes qui avaient des relations sexuelles avec d’autres hommes, aggravant la pénurie de sang. Les femmes lesbiennes, n’ayant aucune restriction administrative du même style, ont décidé de s’organiser afin de mettre en place des récoltes. Une des organisations de Blood Sisters les plus connues est celle de <a href="https://www.teenvogue.com/story/san-diego-blood-sisters-lifesaving-care-during-the-aids-crisis" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">San Diego</a>, qui a réussi à organiser 12 collectes sur une décennie, témoignant d’un soutien indéfectible à la communauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce soutien ne se limitait pas aux dons de sang. Nombreuses étaient les femmes lesbiennes qui se portaient volontaires pour travailler en tant qu’infirmières dans les hôpitaux. Elles apportaient aussi un soutien psychologique en rendant visite aux hommes atteints du sida, qui étaient souvent délaissés par leur famille. Certaines de ces femmes allaient jusqu’à ouvrir des <a href="https://www.youthco.org/lesbian_solidarity_during_the_aids_epidemic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">hospices</a> dans leurs propres maisons afin d’offrir aux personnes mourantes la possibilité de finir leur vie dans un environnement plus paisible.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un symbole d’unité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette solidarité inattendue de la part d’une communauté qui avait souvent été méprisée par les hommes gais symbolise la capacité de ces groupes à s’unir dans l’adversité. Si le terme LGBT était déjà quelque peu utilisé, la démocratisation de son emploi dans cet ordre précis témoigne d’une reconnaissance particulière envers la communauté lesbienne</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pourquoi-le-l-est-en-premier-dans-lgbtq/" data-wpel-link="internal">Pourquoi le L est en premier dans LGBTQ+</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Sois belle et tais-toi</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/sois-belle-et-tais-toi-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[inclusion]]></category>
		<category><![CDATA[intersectionnalité]]></category>
		<category><![CDATA[réflexion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Petit guide pratique pour écarter les femmes du canon littéraire. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/sois-belle-et-tais-toi-2/" data-wpel-link="internal">Sois belle et tais-toi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Un complexe de supériorité. C’est tout ce qu’il a fallu pour qu’un beau jour, l’homme devienne le sexe fort. Ce sexe fort auquel il faut obéir, devant lequel il faut baisser la tête. Le pouvoir masculin, en plus d’être considéré comme l’autorité suprême aux yeux de Dieu (mais quel misogyne, celui-là), se voit octroyer le droit exclusif d’écrire des chefs‑d’œuvre. La prose, les récits, les personnages de Balzac, Hugo, Tolstoï et Shakespeare ont bâti la littérature d’aujourd’hui. Nous sommes des nains perchés sur les épaules de géants, pour reprendre la métaphore de Bernard de Chartres. Heureusement pour nous, du haut de notre perchoir, nous pouvons corriger les erreurs de nos prédécesseurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne nous voilons pas la face, lorsqu’on songe aux grands noms de la culture avec une perspective eurocentrée, tout particulièrement en littérature ; ce sont des hommes et ils sont blancs. Et si notre esprit s’égare à tout hasard vers les femmes? Après Simone de Beauvoir, Mary Shelley et Virginia Woolf, bien des esprits sont vides. L’exercice est compliqué. Encore davantage si on s’attarde à tout ce qui précède le 19e siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est la sécheresse totale dans le cerveau de bien des gens. Le vôtre, peut-être. Mais ne craignez rien, ce n’est pas de votre faute. Cette absence de figures féminines dans le canon littéraire tient à une multitude de facteurs qui se résument à l’oubli. Un oubli collectif. Un oubli volontaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un oubli qui remonte à l’Antiquité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autrices féminines ont péniblement gagné leurs lettres de noblesse. Leurs œuvres ont quant à elles été rayées des cursus académiques depuis les écoles palatines de Charlemagne. Le problème ne tient pas à un manque d’autrices. En 1678, <em>La Princesse de Clèves</em> est publié anonymement par Madame de Lafayette. En 1807, Germaine de Staël publie Corinne ou l’Italie. Bien avant elles, vers l’an 120, Ban Zhao, la première historienne et écrivaine féminine chinoise, laisse sa trace. Et aux 7e et 6e siècles avant Jésus-Christ, Sappho de Mytilène, poétesse pionnière, est à l’origine du &nbsp;<a href="https://www.historia.fr/personnages-historiques/biographies/qui-etait-sappho-figure-de-lantiquite-et-pionniere-de-la-poesie-2078363" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lyrisme</a>. L’imaginaire collectif a l’audace de se souvenir d’elle seulement pour ses préférences amoureuses ô si scandaleuses. Réflexe du sexe barbare : placer la sexualité d’une femme avant l’intellect de ses écrits. Depuis des millénaires, des femmes écrivent, mais la mémoire collective les invisibilise. Si elles ont longtemps été exclues du cursus scolaire, leur travail a aussi été découragé. L’Histoire – lire ici les hommes blancs au pouvoir et l’Église – voudrait bien nous faire croire qu’aucune femme de la Renaissance n’était capable d’écrire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« L’Histoire – lire ici les hommes blancs au pouvoir et l’Église – voudrait bien nous faire croire qu’aucune femme de la Renaissance n’était capable d’écrire »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, limiter l’éducation des femmes et décourager leur intérêt envers les sphères soi-disant « masculines » a considérablement contribué à priver la société d’aujourd’hui des plus grands esprits de l’époque. Malgré ces obstacles, il est nécessaire de préciser que les écrivaines prenaient quand même la plume et revendiquaient leur existence, faisant fi des volontés répugnantes de leurs comparses. Elles n’ont jamais été silencieuses. Louise Labé, Marguerite de Navarre et Pernette du Guillet ont bel et bien existé, tout autant que Christine de Pizan, Hélisenne de Crenne, Marie de France, Marie de Gournay ou Riccoboni. Sans compter celles poussées dans l’oubli, effacées et inatteignables, même pour les esprits les mieux intentionnés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La société continue de voir d’un mauvais œil les publications féminines après la Renaissance. Ce n’est pas sans raison que certaines se cachent, comme Aurore Dupin, connue sous le nom George Sand, qui adopte un pseudonyme masculin. Être un homme n’est pas qu’un net avantage lors de la publication d’ouvrages, c’est la clé de la pérennisation d’une quelconque œuvre littéraire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans l’ombre des projecteurs</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le proverbe « derrière chaque grand homme se cache une grande femme » est plus littéral qu’on aurait pu le croire. Sa formulation pourrait toutefois être améliorée : derrière chaque grand homme est cachée une femme. L’intelligence n’étant pas une qualité existant seulement chez les hommes, les femmes ont elles aussi produit des chefs-d’œuvre… sans toujours en récolter le crédit. Les femmes ne se cachaient pas toutes volontairement derrière le « talent » de leur mari sans broncher. Et c’est tant mieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines femmes n’ont pas traversé l’enfer, mais ont tout de même été pénalisées. C’est le cas de Vera Nabokov, née Slonim, qui <a href="https://www.theatlantic.com/entertainment/archive/2014/04/the-legend-of-vera-nabokov-why-writers-pine-for-a-do-it-all-spouse/359747/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a abandonné sa propre carrière d’écrivaine</a> pour faire fleurir celle de son mari, Vladimir Nabokov. Bien que ce dernier l’ait remerciée avec maintes effusions de tendresse dans ses écrits, le monde a été privé de la prose de Vera Nabokov. Un sacrifice fait par maintes femmes, que l’Histoire continue de plonger dans le gouffre de l’anonymat. Gatsby le magnifique, ce classique racontant les années folles, est rédigé par F. Scott Fitzgerald. Ou plutôt, en collaboration avec Zelda Sayre Fitzgerald. Le roman serait fortement inspiré de lettres écrites par Zelda Sayre, que son mari <a href="https://theconversation.com/thanksfortyping-the-women-behind-famous-male-writers-75770" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">aurait plagiées</a>. De la même façon, William Wordsworth <a href="https://www.ripleys.com/stories/women-behind-male-writers" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a volé des descriptions</a> et des bribes de journaux intimes à sa sœur, Dorothy Wordsworth, et sa femme, Mary Wordsworth. Henry Gauthier-Villars, dit Willy, lui, usait d’une tactique plus directe : il <a href="https://archive.nytimes.com/www.nytimes.com/books/99/02/14/reviews/990214.14martint.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">enfermait sa femme</a>, Sidonie-Gabrielle Colette, jusqu’à ce qu’elle produise une quantité de prose qu’il jugeait suffisante. Colette est l’une des rares à obtenir une fin heureuse : elle laissera son mari, publiera sous son propre nom de famille et connaîtra enfin la renommée qu’elle mérite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’intersectionnalité : le double désavantage</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques noms féminins ont été retenus par le canon littéraire : Beauvoir, Woolf, Plath et Shelley entre autres. Mais il y a encore discrimination, effacement, silence. Ces femmes entrées dans le canon littéraire sont presque exclusivement blanches. Si la place faite aux femmes dans les « classiques » est mince, celle faite aux femmes d’une minorité visible est encore plus fine… presque risible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’imaginaire collectif se plaît à imaginer que, si de telles œuvres ne sont pas immensément connues, c’est qu’elles n’existent pas ou qu’elles ne le méritent pas. Nous tombons dans le piège classique de l’invisibilisation de la femme et du principe du mérite. Le rêve américain de la littérature, cette innocence et cette volonté de croire que tous sont égaux dans la quête de l’immortalité littéraire. L’heure des désillusions a sonné : dans le canon, les hommes, blancs, nagent dans le privilège. Dans la Bibliothèque de la Pléiade, collection prestigieuse des éditions Gallimard qui recèle une certaine autorité littéraire, <a href="https://biscuitsdefortune.com/2015/09/05/la-place-des-femmes-dans-la-pleiade/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">21 ouvrages</a> sont publiés par des femmes sur un total de 546. Les femmes constituent donc seuls 3,8 % de cette collection adulée. Mais dans cette grande course à la postérité, les femmes blanches suivent les hommes de près.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Il ne devrait pas y avoir un canon littéraire inclusif. </p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Il devrait seulement y avoir un canon littéraire »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">À la croisée du sexisme et du racisme, les femmes de minorités visibles sont tirées vers le néant. Alice Walker, une Afro-Américaine qui a reçu le prix Pulitzer pour son ouvrage La couleur pourpre en 1983 devrait entrer sans plus de questions dans le canon. Toni Morrison, une femme afro-américaine, est la première femme racisée à gagner le prix Nobel de littérature. Le prix lui est décerné en 1993, il y a à peine 33 ans. An Antane Kapesh, avec son roman Je suis une maudite Sauvagesse, fonde la littérature autochtone au Canada. Les mentions de son œuvre marquante sont maigres. Même chose pour Ann Petry : elle est la première femme noire à vendre plus d’un million de copies avec son roman La rue. Mais bien sûr, ce n’est jamais Walker, Morrison, Kapesh ou Petry que nous avons sur le bout de la langue quand il est temps de parler de grands auteurs. Le canon littéraire a longtemps exclu et continue d’exclure les femmes des minorités visibles en admettant leurs œuvres de peine et de misère.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un double canon</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autorité des prix et récompenses littéraires a beau être biaisée et comporter plusieurs défauts, elle a finalement reconnu le talent d’écrivaines de minorités visibles. Pourquoi la société ne le reconnaît-elle pas, elle aussi? Il semble y avoir un double canon : un canon blanc, « traditionnel » – j’insiste sur ces guillemets – et un canon moderne, « inclusif ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne devrait pas y avoir un canon littéraire inclusif. Il devrait seulement y avoir un canon littéraire. Point.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, il faut acclamer les efforts de diversification des listes de lecture, qu’elles soient personnelles ou scolaires. Il faut encourager les défis littéraires qui poussent le lectorat à découvrir des œuvres asiatiques, africaines, autochtones. Célébrer la décentralisation de l’Occident dans le canon littéraire est essentiel, mais cela ne devrait pas être considéré comme un effort surhumain méritant nos louanges.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2026, diversifier ses lectures et ouvrir ses perspectives devrait être un acquis. L’intégration des femmes, de toutes les femmes méritantes, dans le canon littéraire devrait aller de soi. Et pourtant, un vent de masculinisme souffle sur notre société, s’acharnant vainement à nous faire croire que l’excellence humaine se trouve chez ce mythique mâle alpha.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/sois-belle-et-tais-toi-2/" data-wpel-link="internal">Sois belle et tais-toi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Qui sont les agents qui patrouillent notre campus?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/qui-sont-les-agents-qui-patrouillent-notre-campus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[GardaWorld]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60470</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une enquête sur Garda à McGill.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">« L’Université McGill est à la recherche de patrouilleurs dynamiques et engagés pour assurer la sécurité de sa communauté universitaire », selon une <a href="https://jobs.garda.com/job/Montr%C3%A9al-Agent%28e%29-de-s%C3%A9curit%C3%A9-patrouilleur%2C-McGill-Qu%C3%A9b/1361873400/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">annonce</a> publiée sur le site web du Groupe de sécurité Garda S.E.N.C. (Garda), mieux connu sous le nom de GardaWorld. Cette entreprise canadienne de sécurité privée est <a href="https://www.mcgill.ca/senate/files/senate/d24-08_report_of_the_board_of_governors.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sous contrat avec McGill</a> depuis le 26 août 2024, et ce, jusqu’au 30 avril 2027. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce que Garda? </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://securitysystems.garda.com/fr/a-propos" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Garda </a>est l’une des plus grandes firmes de sécurité privée au monde. Elle offre des services de protection physique, de gestion de risque à l’international et de <a href="https://www.newswire.ca/news-releases/gardaworld-cash-services-building-the-secured-transportation-fleet-of-the-future-in-partnership-with-roshel-814850484.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">transport</a> de valeurs et d’espèces. Plus récemment, <a href="https://garda-federal.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Garda- World Federal</a>, une compagnie subsidiaire à Garda, <a href="https://www.theglobeandmail.com/world/article-canadian-gardaworld-immigration-emergency-detention-services-ice/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a conclu une série de contrats</a> avec l’<a href="https://news.azpm.org/p/news-articles/2026/3/13/228892-the-company-set-to-renovate-surprise-detention-center-has-ties-with-alligator-alcatraz-rep-stanton-says/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ICE</a> et l’État de la Floride pour gérer des centres de détention, dont celui d’<a href="https://www.nbcmiami.com/news/local/former-alligator-alcatraz-worker-describes-inhumane-conditions-inside/3673307/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Alligator Alcatraz</a>. Dans une <a href="https://amnistie.ca/sites/default/files/2026-01/Lettre%20Garda%20De%CC%81cembre%202025.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lettre ouverte</a> à Jean-Luc Meunier, président et chef d’exploitation de GardaWorld, France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone dénonce les conditions de détention du centre, jugées comme « <em>cruel[les], inhumain[es] et dégradant[es] et, dans certains cas, une torture</em> ». Lorsque <em>Le Délit</em> a contacté Garda pour leur demander des précisions sur leur contrat avec Alligator Alcatraz, ils ont répondu que « <em>l’entreprise GardaWorld Sécurité ne fournit pas de services à Alligator Alcatraz</em> (tdlr)». Le porte-parole de Garda a ensuite suggéré que l’on contacte plutôt « <em>la division de gestion des urgences de la Floride</em> ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Plus récemment, GardaWorld Federal, une compagnie subsidiaire à Garda, a conclu une série de contrats avec l’ICE et l’État de la Floride pour gérer des centres de détention, dont celui d’Alligator Alcatraz »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Si, dans le contexte politique actuel, la potentielle association de Garda avec Alligator Alcatraz projette la compagnie sous le feu des projecteurs, cela fait déjà plusieurs années qu’elle se spécialise dans la gestion de centres de surveillance de l’immigration, aux <a href="https://www.ktsm.com/news/county-approves-2-7-million-for-migrant-transportation/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">États-Unis</a> comme au <a href="https://jobs.garda.com/job/Oakville-CBSA-Tactical-Guard-Full-Time-Onta/1356355400/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Canada</a>. De plus, Garda s’est déjà trouvé au cœur d’affaires jugées légalement et éthiquement ambiguës. En 2012, <a href="https://www.nytimes.com/2012/01/06/world/asia/afghanistan-shuts-down-gardaworld-a-canadian-security-firm.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">deux employés de Garda</a> ont été arrêtés en Afghanistan après avoir été retrouvés avec 30 AK-47, des fusils d’assaut considérés illicites par les autorités. Cet incident n’est pas isolé : des cas similaires se sont également produits à Kaboul en <a href="https://www.cbc.ca/news/politics/daniel-m%C3%A9nard-ex-canadian-general-released-from-afghan-prison-1.2543215" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2014</a>, et en <a href="https://libyaupdate.com/7-employees-of-canadian-security-firm-guarda-world-arrested-in-tripoli/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Libye</a> en 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.canadiansecuritymag.com/gardaworld-announces-aegis-group-purchase-2906/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Aegis Group </a>(Aegis), subsidiaire de Garda, a aussi été accusé de <a href="https://www.nbcnews.com/news/world/private-contractors-are-accused-abusive-labor-practices-us-military-ba-rcna52110" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">trafic humain</a>. Lusambu Karim, employé par Aegis, <a href="https://ctip.defense.gov/Portals/12/Lusambu%20Karim%20Full%20Story_Final_1.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">raconte</a> dans un témoignage rapporté par le gouvernement étatsunien, les conditions de travail déplorables dans une base militaire en Afghanistan pour lui et ses collègues ougandais. Il explique qu’à l’échéance de leur premier contrat la compagnie a refusé de le renouveler; incapable de rentrer chez eux, ils se sont trouvés contraint de travailler sans contrat ni protection. Garda <a href="https://www.nbcnews.com/news/world/private-contractors-are-accused-abusive-labor-practices-us-military-ba-rcna52110" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a déclaré</a> que Karim avait mal compris son contrat et qu’il a pu ensuite démissionner de son poste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un retour sur Garda à McGill </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le campus de McGill, ce n’est pas la première fois que Garda fait parler. Le <a href="https://www.agsem.ca/news/statement-on-assault-of-agsem-member-on-dec-11-2024/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">11 décembre 2024</a>, environ quatre mois après le début du contrat de Garda avec l’Université, Asa Kohn, étudiante et membre de l’Association des étudiant.e.s diplomé.e.s employé.e.s de McGill, est impliquée dans une altercation avec un agent de Garda. Elle <a href="https://www.thetribune.ca/news/request-for-spvm-to-investigate-mcgill-securitys-alleged-assault-of-agsem-member-remains-ongoing-11032025/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">explique</a> en entrevue avec <em>The Tribune</em> que, dans le cadre de son travail pour l’AÉUM, elle avait pour charge de répertorier la présence accrue d’agents de sécurité sur le campus. Alors qu’elle prenait en photo un groupe d’agents, l’un d’entre eux l’aurait attrapée par le bras, plaquée contre une porte et empêchée de partir. Dans un <a href="https://www.youtube.com/watch?v=zvO79ZXmBLg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">documentaire</a> réalisé par <a href="https://www.youtube.com/watch?v=zvO79ZXmBLg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">The Rover</a>, des extraits vidéos montrent que l’agent en question arborait le badge de GardaWorld sur sa manche (15:44). On entend aussi une voix au téléphone : « Est-ce que quelqu’un peut venir au bâtiment 1–31, bureau du portier? Une étudiante filmait les Garda alors qu’ils remplissaient la machine bancaire. Garda l’a contre le mur » (17:22). Dans des courriels publiés par The Rover, l’Université McGill nie toute relation avec les individus impliqués dans l’incident, soutenant qu’il s’agit d’agents indépendants. Dans une entrevue avec <em>Le Délit</em>, Cecelia Callaghan, étudiante et activiste à McGill, partage ses interactions avec des agents de Garda. « <em>La plupart du temps, ils ne faisaient que m’attraper et me tirer de force hors de la ligne de piquetage </em>», raconte-t-elle, « <em>personnellement, je n’ai jamais été physiquement blessée </em>». Ce n’est pas le cas de tout le monde : l’une de ses amies aurait été amenée aux urgences après avoir été piétinée à la suite d’une altercation avec des gardes. « <em>Ce semestre d’automne, le comportement de Garda était nettement plus violent que l’année dernière </em>», estime Cecelia. Elle poursuit : « <em>Une autre de mes amies s’est retrouvée coincée dans une porte, et les gardes ont refusé de la rouvrir pour qu’elle puisse partir. Elle avait la jambe couverte d’hématomes.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">En novembre 2025, de nombreux départements de l’Université ont déclaré la <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/nouvel-episode-de-greve-propalestinienne-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">grève</a> en soutien à la Palestine. Cette période a été marquée par une présence accrue de gardes et de policiers sur le campus. Des vidéos publiées sur le compte Instagram <a href="https://www.instagram.com/shutitdownstrikes?utm_source=ig_web_button_share_sheet&amp;igsh=ZDNlZDc0MzIxNw==" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">@shutitdownstrikes</a> (dont <em>Le Délit</em> n’a pas pu confirmer l’authenticité) révèlent le comportement violent et agressif des gardes de sécurité, qui invectivent les manifestants et à les déplacent de force. Si, à première vue, on peut observer deux types d’uniformes parmi les agents de sécurité – Garda et BEST – ces compagnies ne sont pas distinctes. BEST est en effet une <a href="https://www.newswire.ca/fr/news-releases/gardaworld-annonce-que-l-ensemble-de-ses-services-de-securite-evenementielle-agiront-desormais-sous-une-seule-marque-unifiee-best-gestion-de-foules-899735919.html?utm_source=chatgpt.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">compagnie subsidiaire à Garda</a> spécialisée dans la gestion de foule.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après Cecelia, le comportement des agents de Garda est parfois problématique : « <em>On est juste des étudiants. Ce ne sont pas des policiers.</em> » Elle raconte : « <em>Il y a eu plusieurs instances où ils nous suivaient hors du campus, jusque dans Milton Park. C’était assez effrayant.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des influences extérieures </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les comportements de Garda s’inscrivent dans le cadre de leur contrat avec l’administration McGill. Dans un courriel adressé au président de l’Université, <a href="https://www.mcgill.ca/president/about-president" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Deep Saini</a>, et à la vice-rectrice principale aux études, <a href="https://www.mcgill.ca/provost/who-we-are/meet-provost" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Angela Campbell</a>, la professeure de philosophie à McGill Marguerite Deslauriers s’enquiert sur les raisons qui ont mené les gardes de sécurité à interrompre son cours PHIL 242, le 19 novembre 2025. <em>Le Délit</em> a obtenu une copie du courriel qui avait été partagé avec les étudiants inscrits, dont le cours avait été perturbé. La professeure Deslauriers y explique sa décision de maintenir son cours malgré la grève. Elle précise avoir suivi les conseils de l’administration de McGill en invitant certains étudiants manifestants « <em>à faire part brièvement de leurs points de vue à la classe et permettre un moment de discussion avec les étudiants présents</em> ». D’après Deslauriers, qui cite des courriels de l’administration, les agents de sécurité étaient censés intervenir seulement si « <em>l’instructeur demandait de l’aide</em> ». McGill avait garanti que « <em>le rôle des agents n’est pas d’interrompre, mais plutôt d’aider à préserver la sécurité de tous les partis </em>». La professeure affirme ne pas avoir fait appel aux gardes ; ces derniers étaient déjà présents dans la salle de classe à son arrivée. Malgré les demandes de Deslauriers, les gardes ont « retiré de force les manifestants invités », citant des directives de l’administration et l’opinion de « <em>certains parents qui objectent que les cours de leurs enfants soient perturbés</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les arguments de l’Université </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">McGill reste toutefois constante dans sa position en faveur de Garda. Une porte-parole de l’Université explique : « Afin d’assurer la sûreté et la sécurité d’environ 40 000 étudiants, 12 800 employés, 218 bâtiments, deux campus et de nombreux visiteurs, l’Université McGill s’appuie sur des employés internes et un fournisseur externe.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Un plébiscite organisé par l’AÉUM en avril 2025 révèle que la majorité du corps étudiant, près de 65 %, se sentait déjà mal à l’aise avec la présence accrue des agents de sécurité sur le campus»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les besoins de McGill en matière de sécurité varient selon les activités récurrentes et les événements spéciaux. » Ce sont les mêmes arguments qu’emploie <a href="https://www.mcgill.ca/vpadmin/fr/le-vice-recteur" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Fabrice Labeau</a>, vice-recteur de l’administration et des finances, dans une <a href="https://www.mcgill.ca/senate/files/senate/d24-81_question_and_response_regarding_continued_security_presence_on_campus.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">réponse</a> aux questions du Sénat de l’AÉUM. Labeau adresse l’augmentation du budget total alloué aux salaires et équipements de sécurité, qui était de 5 849 493, 27$ en 2019, et est maintenant de 8 006 605, 27$. De cette somme, moins de deux millions de dollars sont alloués au salaire des employés de McGill, le reste (environ six millions) est réservé aux fournisseurs externes dont fait partie Garda. Labeau explique : « <em>Comme c’était le cas durant la pandémie de COVID-19, la communauté mcgilloise est en ce moment en train de vivre des circonstances exceptionnelles qui nécessitent une sécurité accrue. </em>» Il cite aussi l’inflation comme un facteur déterminant de cette augmentation de budget.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Même si Garda n’est directement responsable des violations aux droits de la personne et au droit international perpétrées par l’ICE, elle en bénéficie probablement »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">constances exceptionnelles qui nécessitent une sécurité accrue. » Il cite aussi l’inflation comme un facteur déterminant de cette augmentation de budget. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la question éthique, la porte-parole affirme que, « conformément à son Code de conduite des fournisseurs, McGill exige que tous ses fournisseurs respectent les droits de la personne ». Elle précise que l’Université se conforme aux principes énoncés dans les <a href="https://can01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.iso.org%2Ffiles%2Flive%2Fsites%2Fisoorg%2Ffiles%2Fstore%2Fen%2FISO%252020400_Sustainable_procur.pdf&amp;data=05%7C02%7Cheloise.durning%40mail.mcgill.ca%7Cca622ef78e894a500bb108de8063724c%7Ccd31967152e74a68afa9fcf8f89f09ea%7C0%7C0%7C639089361725479622%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=1artSQw%2FAkOab72xvgBhJ74w1WzeBFejKZKKwWvO5rA%3D&amp;reserved=0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">cadres de référence</a> <a href="https://can01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.ohchr.org%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fdocuments%2Fpublications%2Fguidingprinciplesbusinesshr_en.pdf&amp;data=05%7C02%7Cheloise.durning%40mail.mcgill.ca%7Cca622ef78e894a500bb108de8063724c%7Ccd31967152e74a68afa9fcf8f89f09ea%7C0%7C0%7C639089361725521056%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=ZMBRXfsd7YutQEFJPBUg9rQGsvEhDlMXLP5%2Bnr1oP3U%3D&amp;reserved=0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">annexés</a> à la <a href="https://can01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.oecd.org%2Fcontent%2Fdam%2Foecd%2Fen%2Fpublications%2Freports%2F2018%2F02%2Foecd-due-diligence-guidance-for-responsible-business-conduct_c669bd57%2F15f5f4b3-en.pdf&amp;data=05%7C02%7Cheloise.durning%40mail.mcgill.ca%7Cca622ef78e894a500bb108de8063724c%7Ccd31967152e74a68afa9fcf8f89f09ea%7C0%7C0%7C639089361725545862%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=T%2FLAnO2HynHgUYKEDzi62ntBoMHnAYhU0RxnybsfGg4%3D&amp;reserved=0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déclaration</a>. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://can01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.ohchr.org%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fdocuments%2Fpublications%2Fguidingprinciplesbusinesshr_en.pdf&amp;data=05%7C02%7Cheloise.durning%40mail.mcgill.ca%7Cca622ef78e894a500bb108de8063724c%7Ccd31967152e74a68afa9fcf8f89f09ea%7C0%7C0%7C639089361725521056%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=ZMBRXfsd7YutQEFJPBUg9rQGsvEhDlMXLP5%2Bnr1oP3U%3D&amp;reserved=0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Le guide des Nations Unies</a>, l’un des documents servant de « cadre de référence » à l’Université McGill, indique qu’une entreprise est complice lorsqu’elle « contribue, ou paraît contribuer à des incidences négatives sur les droits de l’homme causées par des tiers » et si elle « bénéficie de l’atteinte [aux droits de la personne] commise ». Même si Garda n’est pas directement responsable des violations aux droits de la personne et au droit <a href="https://www.ohchr.org/en/press-releases/2026/01/usa-migrant-crackdown-un-human-rights-chief-decries-dehumanisation-harmful" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">international</a> perpétrées par l’ICE, elle en bénéficie probablement : avec des postes, des contrats, et des nouvelles opportunités. Comme l’affirme en 2012 <a href="https://www.theglobeandmail.com/globe-investor/garda-world-business-boosted-by-montreal-protests/article4209727/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Stéphan Crétier</a>, directeur général et fondateur de Garda : « Naturellement, les périodes de trouble sont […] très souvent bonnes pour les affaires. » </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="2000" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-2000x1600.jpeg" alt class="wp-image-60504" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-2000x1600.jpeg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-650x520.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-150x120.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-768x614.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-1536x1229.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-2048x1639.jpeg 2048w" sizes="auto, (max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixfournier/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix Fournier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’opinion des étudiants</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Un <a href="https://www.mcgill.ca/senate/files/senate/d24-81_question_and_response_regarding_continued_security_presence_on_campus.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plébiscite</a> organisé par l’AÉUM en avril 2025 révèle que la majorité du corps étudiant, près de 65 %, se sentait déjà mal à l’aise avec la présence accrue des agents de sécurité sur le campus. Quand <em>Le Délit</em> a demandé à Cecelia si elle pensait que ce chiffre pourrait changer si un nouveau plébiscite était réalisé aujourd’hui, elle a acquiescé. « Cela dépend surtout de si les gens sont au courant de la polémique, » nuance-t-elle, « mais s’ils savaient, je pense que oui ». <em>Le Délit</em> a questionné plusieurs étudiants, et ce jugement semble se confirmer. Noor Alabed exprime d’abord sa surprise lorsqu’elle est mise au courant du lien présumé entre Garda et Alligator Alcatraz. Elle admet se sentir un peu mal à l’aise avec leur présence. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Cecelia, une partie non négligeable de la communauté étudiante à McGill est impliquée, voire personnellement touchée : « Je discutais avec une amie latino-américaine l’autre jour. Certains membres de sa famille n’ont pas de papiers. Elle se sentait très mal à l’aise avec la présence de Garda sur le campus. » </p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/manifestation-anti-gardaworld/" data-wpel-link="internal">Le 13 février 2026</a>, un groupe d’étudiants mcgillois s’organise et crée son propre détachement pour se joindre à une manifestation anti-Garda à la Place Vertu. Hannah Marder-MacPherson, étudiante à McGill et manifestante, critique la complicité de Garda – et indirectement de McGill – au niveau des crimes commis par l’ICE. « <em>La même compagnie qui va commettre des violations des droits humains patrouille dans notre campus », déplore-t-elle. « Cela nous implique directement en tant qu’étudiants mcgillois : c’est bien possible que cesoit notre argent qui paie Garda-World, et donc, indirectement, qui aide l’ICE</em>. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Comme c’était le cas durant la pandémie de COVID-19, la<br>communauté mcgilloise est en ce moment en train de vivre des<br>circonstances exceptionnelles qui nécessitent une sécurité accrue »</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Fabrice Labeau</li>
</ul>
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<p class="wp-block-paragraph">« <em>Ce ne sont pas les gardes individuels avec qui j’ai un problème, pas vraiment </em>», commente Cecelia lors de notre entrevue, « <em>ce sont juste des gens qui veulent un travail qui paie bien</em>. » Elle explique que c’est le système en lui-même qui lui pose souci, et les structures bureaucratiques qui dissimulent des crimes et empêchent toute véritable reddition de comptes. Le point presse de Garda affirme que l’entreprise «<em> respecte la capacité des individus à exprimer leurs opinions, mais refuse de commenter sur le sujet précis de ces opinions </em>». Il maintient : «<em>Notre priorité reste la sécurité de toutes les personnes et de tous les actifs sur les sites desservis par nos équipes. </em>» Quel futur pour Garda à McGill? Le rapport de d’ISO (organisation international de standardisation) sur l’approvisionnement responsable, l’un des documents procurés par la porte-parole de McGill, encadre les politiques d’acquisition de l’Université en y intégrant des régulations et recommandations éthiques. Le rapport explique que « ce qu’une organisation achète, à qui elle l’achète et la manière dont elle utilise les biens et services une fois acquis peuvent avoir une influence considérable […] sur sa réputation ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <a href="https://can01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.ohchr.org%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fdocuments%2Fpublications%2Fguidingprinciplesbusinesshr_en.pdf&amp;data=05%7C02%7Cheloise.durning%40mail.mcgill.ca%7Cca622ef78e894a500bb108de8063724c%7Ccd31967152e74a68afa9fcf8f89f09ea%7C0%7C0%7C639089361725521056%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=ZMBRXfsd7YutQEFJPBUg9rQGsvEhDlMXLP5%2Bnr1oP3U%3D&amp;reserved=0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">principes directeurs des Nations Unies</a> auxquels souscrit McGill proposent la « diligence raisonnable » comme méthode pour examiner efficacement les problématiques éthiques et les enjeux qui y sont continus. Le guide précise les degrés de responsabilité variable, soulignant qu’une entreprise directement impliquée n’a pas le même devoir qu’une organisation « impliquée seulement […] par une relation commerciale ». Dans un tel cas, il admet que la situation est plus compliquée et déclare que « <em>si l’entreprise a le pouvoir de prévenir ou d’atténuer l’incidence négative, elle doit l’exercer </em>». Si cela n’est pas possible, le guide est clair : « <em>Elle devrait envisager de mettre un terme à la relation.</em> » Questionnée quant au futur de Garda sur le campus, Cecelia s’esclaffe, un peu amèrement : «<em> Je ne pense pas que ce soit une demande déraisonnable de réduire les contrats avec GardaWorld, mais je sais que ce n’est pas très réaliste si l’on se fie au comportement passé de McGill.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">La position de Noor Alabed est plus modérée. Elle explique que McGill aura toujours besoin de gardes, et se demande s’il est vraiment possible de garantir l’intégrité d’une compagnie fournissant de tels services : « <em>L’industrie de sécurité privée sera toujours un peu controversée</em>. »</p>



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<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/qui-sont-les-agents-qui-patrouillent-notre-campus/" data-wpel-link="internal">Qui sont les agents qui patrouillent notre campus?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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