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	<title>Archives des Concours d’écriture de chroniques journalistiques - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sat, 02 May 2026 16:55:55 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>En grève contre le pourboire!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/en-greve-contre-le-pourboire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Owen Roberts]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours d’écriture de chroniques journalistiques]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[commerces]]></category>
		<category><![CDATA[finances personnelles]]></category>
		<category><![CDATA[pourboire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous avons assez payé. Nous manifestons contre les pourboires – vous venez ?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/en-greve-contre-le-pourboire/" data-wpel-link="internal">En grève contre le pourboire!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Vous avez commandé un latté et il est temps de payer. Le barista tourne le terminal vers vous et vous êtes confronté à votre dilemme quotidien. Est-ce que vous donnez un pourboire? Si oui, combien? 5 %, 18 %? Pourquoi pas 25 %? Vous sentez la tension dans le regard du barista, qui ne vous empêche pas de penser que préparer votre latté, c’est son rôle. S’il ne le fait pas, il sera viré de toute façon! Il ne devrait pas s’attendre à ce que je paie son salaire, alors pourquoi le fait-il? Vous avez raison. Le pourboire est un système inefficace, et il n’est pas de notre responsabilité de payer les salaires des inconnus. C’est pour ça que je propose une manifestation contre les pourboires. Vous venez?</p>



<p>Le pourboire est une coutume presque exclusivement attribuable aux États-Unis et au Canada, adoptée après la prohibition à cause de faibles salaires dans le secteur du service. Le résultat est qu’aujourd’hui, nous sommes sous l’obligation morale de donner environ 18 % du prix de nos factures à nos serveurs. Les Européens qui arrivent à Montréal ne sont pas habitués à la coutume du pourboire. En général, ils n’en donnent pas au début (pensez à un McGillois britannique ou français). Mais, après avoir été harcelés et agressés par des barmans, des baristas et d’autres travailleurs de l’industrie, ils apprennent vite qu’il faut s’assimiler – ou être détesté. À cause des situations comme celles que je vous ai présentées, <a href="https://montreal.citynews.ca/2026/03/17/canada-survey-2026-tipping-culture-h-and-r-block/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">67 %</a> des Canadiens disent qu’ils veulent abolir le pourboire, selon un sondage réalisé par H&amp;R Block Canada.</p>



<p>La force qui nous fait payer le pourboire n’est pas policière, ni contractuelle ni légale : nous nous imposons à nous même ce jugement. Il existe une autre force inquiétante, soit l’influence qu’a le pourboire du consommateur sur le serveur. Dans notre système actuel, les serveurs ont intérêt à être gentils avec leurs clients, même quand les clients ne le méritent pas. La pression de l’argent sur le serveur pourrait le forcer à subir des abus, parce que s’il ose tenir tête à ses tortionnaires, il gagne moins d’argent. Dans notre système, n’importe qui pourrait s’asseoir et maltraiter un serveur. Ce dernier, sans ses pourboires, est forcé de voir le pouvoir financier rester dans les mains du propriétaire de l’entreprise. La destruction du système de pourboires obligatoires ne pourra qu’améliorer la sécurité et la santé des serveurs.</p>



<p>Nous pourrions défendre le pourboire aux États-Unis parce que le salaire minimum fédéral pour les serveurs y est risible, à <a href="https://www.dol.gov/agencies/whd/state/minimum-wage/tipped" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2,13</a> dollars américains l’heure. Au Québec, le minimum pour les serveurs est à <a href="https://www.cnesst.gouv.qc.ca/fr/conditions-travail/salaire-paye/salaire/salaire-au-pourboire" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">12,90</a> dollars l’heure, tandis que le salaire minimum général est de<a href="https://globalnews.ca/news/10610373/canada-tipping-culture-pressure/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">16,10</a> dollars. C’està-dire qu’aux États-Unis, les serveurs ont besoin des pourboires pour survivre, alors qu’au Canada, le besoin n’est pas tant existentiel. La plupart du monde occidental, notamment l’Europe et l’Australie, n’exige pas les pourboires. Il existe manifestement un système où les entreprises paient leurs employés assez pour assurer leur bien-être sans dépendre des pourboires – alors pourquoi ne pas l’introduire ici? La vie pourrait être plus simple, plus efficace, et surtout moins chère.</p>



<p>Enfin, il est regrettable que notre monde ne soit pas parfait ni toujours égal, mais il faut sans relâche viser à l’améliorer. Si nous arrêtions de payer les pourboires, nous pourrions avoir plus de transparence avec les entreprises, moins de tension dans notre quotidien et plus d’argent dans nos portefeuilles. Joignez-vous à moi, la manifestation commence dès aujourd’hui. Bon courage à tous!</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Une génération jetable</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/une-generation-jetable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Hannah Bigiolli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours d’écriture de chroniques journalistiques]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[consumérisme]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[individualisme]]></category>
		<category><![CDATA[nature humaine]]></category>
		<category><![CDATA[transaction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quel sera le prix d'une ère où chaque aspect de notre vie est jetable?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">N’avez-vous jamais rêvé de vivre à l’époque de vos grands-parents, quand la vie était plus simple et les journées plus lentes? C’est un sentiment assez compréhensible vu l’état de notre monde moderne, essoufflant et éphémère. En raison du capitalisme et du consumérisme, un retour à cette vie d’antan semble impossible : la mode jetable, des produits et des emballages à usage unique, et des relations fondées sur ce même mode de consommation.</p>



<p><strong>Une consommation coûteuse</strong></p>



<p>La mode, qui était auparavant une expression du style personnel, est maintenant contrôlée par une alliance de compagnies et d’influenceurs. Par le passé, l’achat des vêtements était un choix conscient; les tenues étaient fabriquées pour durer des dizaines d’années et étaient associées à des souvenirs et une certaine sentimentalité. Les tendances actuelles, notamment sur les réseaux sociaux, encouragent la production et l’achat de vêtements de mauvaise qualité. Aujourd’hui, les goûts culturels sont <a href="https://www.ellequebec.com/societe/reportages/quand-lintelligence-artificielle-redefinit-la-mode" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dictés par des algorithmes</a>. Il est devenu impossible de confirmer les taux de consommation et d’adoption des tendances, car ils changent trop rapidement. Les vêtements qu’on achète sont portés en moyenne sept à dix fois, puis sont jetés et remplacés par d’autres pièces à bas prix. Cela montre comment l’affirmation de soi est devenue une pratique insensée pour contribuer à la surconsommation effrénée.</p>



<p>Pire encore, chaque transaction commerciale à laquelle nous prenons part vient avec son lot d’emballages et de plastiques à usage unique. Pensez à la dernière fois que vous avez fait votre épicerie. Combien de déchets plastiques avez-vous créés? Seuls <a href="https://www.foodhero.com/fr/blogues/au-dela-des-pailles" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">20 %</a> des milliards de déchets plastiques produits dans le monde aujourd’hui sont vraiment recyclés. Cette statistique est certes choquante, mais n’est manifestement qu’une arrière-pensée lorsqu’on achète des produits emballés en plastique que nous jetterons aussitôt. C’est cette insouciance qui nous rend aveugles à la consommation et encourage une existence sans pensée critique ou une quelconque réflexion profonde.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Le consumérisme à court terme est impliqué dans tous les aspects de nos<br>vies, notamment par l’abandon du style personnel »</p>
</blockquote>



<p><strong>Quand l’amour devient consommable</strong></p>



<p>Même les rencontres amoureuses ne sont pas des occasions où on peut prendre notre temps et considérer les implications de nos actions! Pour les jeunes adultes de notre génération, il y a ce <a href="https://www.tf1info.fr/societe/qu-est-ce-que-la-dating-fatigue-qui-pousse-les-jeunes-a-deserter-les-applications-de-rencontre-2346881.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sentiment universel</a> qu’on peut toujours trouver quelqu’un de mieux parmi les milliards d’utilisateurs sur les applications de rencontre. On peut essayer de parler avec un ou une partenaire, décider qu’il ou elle n’est pas pour nous et s’en débarrasser comme un sac en plastique de l’épicerie. Nous ne serons pas capables de trouver de partenaire pour la durée de nos vies, et ce, à cause de nos croyances inconscientes que tout est facilement remplacé. Chaque aspect de la vie moderne est entouré par la surconsommation sans manière de pouvoir y échapper.</p>



<p>Le consumérisme à court terme est impliqué dans tous les aspects de nos vies, notamment par l’abandon du style personnel, les produits et leurs emballages jetés immédiatement et les relations romantiques qui encouragent un cycle d’usage inéluctable. Évidemment, nous sommes incroyablement détachés des vies paisibles de nos grands-parents, et il se peut que nous soyons incapables d’y retourner. Si ce mode de vie perdure, sera-t-il possible de l’enrayer pour les générations à venir? Sinon, le futur nous laissera-t-il ligotés à nos écrans, vivant des vies sans sentimentalité ni connexion hors des transactions en ligne? À nous d’agir.</p>
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		<item>
		<title>Concours d’écriture de chroniques journalistiques</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/03/19/concours-decriture-de-chroniques-journalistiques-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Centre d'enseignement du français]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Mar 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bien-être]]></category>
		<category><![CDATA[Concours d’écriture de chroniques journalistiques]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit]]></category>
		<category><![CDATA[centre d'enseignement français]]></category>
		<category><![CDATA[chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[concours d'écriture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette semaine, Le Délit vous présente le fruit de la troisième édition de son projet collaboratif avec le Centre d’enseignement du français à McGill (CEF). Dans le cadre du cours « FRSL 449 : Le français des médias », les étudiant·e·s en apprentissage du français comme langue seconde ont été invité·e·s à soumettre des chroniques&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2025/03/19/concours-decriture-de-chroniques-journalistiques-3/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Concours d’écriture de chroniques journalistiques</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Cette semaine, <em>Le Délit </em>vous présente le fruit de la troisième édition de son projet collaboratif avec le Centre d’enseignement du français à McGill (CEF). Dans le cadre du cours « FRSL 449 : Le français des médias », les étudiant·e·s en apprentissage du français comme langue seconde ont été invité·e·s à soumettre des chroniques au sein de la section Bien-être. Les textes ont en commun d’explorer les thèmes de la santé physique et mentale, ainsi que ce qui influence leur quotidien en tant qu’étudiant·e·s à McGill. Ces textes, préalablement révisés dans un contexte de cours par la professeure Élisabeth Veilleux, ont par la suite été sélectionnés pour être publiés dans <em>Le Délit</em>. Nous vous présentons notre sélection des deux chroniques qui nous ont le plus marqué.</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Une page par jour</strong><br>Les bénéfices d’écrire dans un journal intime en tant qu’étudiant·e·s<br>Jade Thomas, Contributrice</p>



<p class="has-text-align-left">Vous rappelez-vous de ce que vous avez fait le 1<em>er </em>janvier 2020? Pour beaucoup, ce jour marquait le début d’une nouvelle décennie. Mais, pour moi, il signifiait encore plus. En effet, ce fut le jour où j’ai écrit la première page de mon journal intime. Je voulais ancrer l’occasion spéciale du commencement des années 2020, alors je me suis emparée d’un stylo pour noter ce que j’ai fait ce 1<em>er </em>janvier. Je me disais qu’une ou plusieurs années plus tard je pourrais ainsi relire la page et me rappeler ce point important de mon adolescence. Aujourd’hui, j’ai 12 journaux remplis, soit plus de 2 000 pages couvertes de mes pensées et aventures! Curieusement, au fil du temps, mon objectif d’écriture a évolué d’une simple description de ma journée à une réelle réflexion. Mon journal est devenu une manière de me libérer à la fin de chaque longue journée.</p>



<p>L’idée d’écrire dans un journal intime évoque souvent le stéréotype d’une petite fille rêvant de son amoureux. Pourtant, en tant qu’être humain, chacun·e est capable de ressentir des émotions fortes et puissantes. Nous portons indéniablement des pensées plus lourdes et compliquées que toute autre espèce. Ainsi, avoir un endroit sécurisé pour déposer ce poids est indispensable et, selon James Pennebacker – chercheur et psychologue renommé – la page blanche d’un journal intime est un lieu parfait pour démêler nos sentiments.</p>



<p>À l’instar du psychologue Daryl Bem, je suis d’avis que nous en apprenons beaucoup sur nous-mêmes en observant nos propres actions, émotions et décisions. Cet apprentissage contribue à un gain de connaissance de soi-même qui peut affecter profondément notre vie. Connaître ses valeurs personnelles mène à être plus efficace au travail, dans les relations interpersonnelles et dans les projets créatifs. Ainsi, en comprenant mieux nos procédés cognitifs, nous devenons plus investi·e·s, de manière positive et constructive, dans notre vie quotidienne.</p>



<p>En tant qu’étudiante, prendre un peu de temps chaque jour pour noter mes expériences et pensées m’aide surtout à gérer mon stress. Pendant la semaine, le travail s’accumule et, comme vous tous·tes, je sens de temps en temps qu’un devoir est impossible à compléter. Or, dès que je remplis une autre page dans mon journal, j’ai une impression de contrôle et une nouvelle perspective sur ce qui se passe dans ma vie. D’ailleurs, cette impression n’existe pas seulement dans ma tête. En effet, d’après le psychologue David Lieberman, l’activité dans notre complexe amygdalien (région de notre cerveau associée aux sentiments comme la peur et l’inquiétude) se calme lorsqu’on écrit dans un journal. Si nous ne prenons pas le temps de reconnaître notre stress et nos sentiments troublants, ils risquent de sortir par la porte et de revenir par la fenêtre!</p>



<p>Pour conclure, tenir un journal comme étudiant·e est un acte simple pour chacun, mais s’avère extrêmement puissant. À travers les mots écrits, on démêle nos sentiments, on apprend à mieux se connaître, on gère notre stress et, en somme, on garde une trace de notre développement personnel. Alors, qu’attendez-vous pour vous jeter à l’encre? Allez chercher un stylo et du papier et voyez ce que vous pouvez apprendre sur vous-mêmes!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="901" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/ArticleCinema-1200x901.jpg" alt class="wp-image-57746" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/ArticleCinema-1200x901.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/ArticleCinema-650x488.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/ArticleCinema-150x113.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/ArticleCinema-768x577.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/ArticleCinema-1536x1153.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/ArticleCinema-2048x1538.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/toscaneralaimongo/?media=1" data-wpel-link="internal">Toscane Ralaimongo</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="has-text-align-center"><strong>Une soirée ciné : À vivre une fois par semaine</strong><br>Charlotte Livingston, Contributrice</p>



<p class="has-text-align-left">Cela fait maintenant un an que je dédie mes mardis soirs aux sorties cinéma. L’idée d’aller regarder un film sur grand écran n’est pas révolutionnaire. Nous avons toutes et tous déjà passé des soirées au cinéma. Peut-être entre amis pour profiter d’un programme double de <em>Barbenheimer </em>ou lors d’un premier rendez-vous en allant voir <em>Challengers</em>. Depuis mon arrivée à McGill, j’ai vu plus de 30 films. Plusieurs m’ont impressionnée, certains m’ont émue aux larmes, d’autres m’ont déçue. Pourtant, ce n’est pas (juste) parce que je suis cinéphile que j’y vais autant. Pour moi, ces soirées sont devenues plus que de simples moments de divertissement : elles sont devenues une manière de stabiliser ma santé mentale en m’offrant un moyen de déstresser et de faire partie d’une communauté.</p>



<p>En octobre dernier, alors que je venais de commencer ma deu-xième année à McGill, j’ai vécu une période de stress intense. Je naviguais à travers de multiples sources d’angoisses : les notes, les amitiés et mon avenir en général. À l’époque, je me suis retrouvée complètement bloquée par ce stress quotidien. Je ne suis néanmoins pas la seule à vivre de telles périodes : selon une étude réalisée par l’<a href="https://www.usherbrooke.ca/etudiants/sante-et-aide-a-la- personne/psychologie/ressources-thematiques-en-psychologie/apprivoiser-la- solitude#acc-461-235" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Université de Sherbrooke</a>, environ 40% des étudiants universitaires ont des sentiments d’angoisse et de solitude plus élevés qu’avant d’arriver à université. De plus, cette statistique augmente chaque année.</p>



<p>Un jour, après avoir appris que les billets ne coûtaient que 8$ le mardi, une amie m’a proposé d’aller regarder le film <em>Past Lives </em>au Cinéma du Parc. Je me souviens à quel point le film m’avait captivée et la sensation d’être apaisée que j’ai éprouvé après la séance. Je me suis sentie libérée du stress et de l’anxiété de ma journée.</p>



<p>La semaine suivante, j’ai donc proposé à mon amie d’y retourner. C’est ainsi qu’aller au cinéma est devenu une nouvelle habitude. Durant les mois suivants, on a découvert une nouvelle communauté : celle des habitués du Cinéma du Parc. Pendant l’entracte de <em>The Brutalist</em>, réalisé par Brady Corbet, on a par exemple rencontré des étudiants de l’Université de Montréal, avec qui on a pu sympathiser et discuter du film. C’est avec eux que j’ai pu, la semaine suivante, débattre du film <em>Queer </em>sur le chemin du retour du cinéma. Ainsi, c’est à travers ces courtes – mais passionnantes – discussions inspirées par les films, que j’ai ressenti ce sentiment de communauté, et que nous en sommes devenues des membres.</p>



<p>Aujourd’hui, avoir cette pause de stress et voir ce groupe régulièrement m’aide à éviter de rester bloquée dans des situations de stress et d’anxiété interminables, comme je le faisais quelques mois plus tôt. Je ne souhaite pas donner l’impression qu’aller au cinéma est la solution pour vaincre tous les sentiments de solitude et de stress en tant qu’étudiante. À mon avis, cette échappatoire et ce sentiment de communauté que le Cinéma du Parc m’apporte peut se retrouver dans n’importe quel passe-temps. Alors je t’encourage, toi aussi, à trouver ton Cinéma du Parc!</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Concours d’écriture de chroniques journalistiques</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/11/13/concours-decriture-de-chroniques-journalistiques-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Centre d'enseignement du français]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Nov 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours d’écriture de chroniques journalistiques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Centre d'enseignement du français]]></category>
		<category><![CDATA[chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=56578</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cette semaine, Le Délit vous présente le fruit de la deuxième édition de son projet collaboratif avec le Centre d’enseignement du français à McGill (CEF). Dans le cadre du cours « FRSL 449 – Le français des médias », les étudiant·e·s en apprentissage du français comme langue seconde ont été invité·e·s à soumettre des chroniques&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2024/11/13/concours-decriture-de-chroniques-journalistiques-2/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Concours d’écriture de chroniques journalistiques</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/11/13/concours-decriture-de-chroniques-journalistiques-2/" data-wpel-link="internal">Concours d’écriture de chroniques journalistiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Cette semaine, <em>Le Délit </em>vous présente le fruit de la deuxième édition de son projet collaboratif avec le Centre d’enseignement du français à McGill (CEF). Dans le cadre du cours « FRSL 449 – Le français des médias », les étudiant·e·s en apprentissage du français comme langue seconde ont été invité·e·s à soumettre des chroniques qui portent sur des faits marquants de l’actualité, culturelle ou politique, d’ici ou d’ailleurs. Ayant pour thème commun « Une image vaut mille mots », les chroniques développent les points de vue personnels des auteur·rice·s sur les enjeux sociaux illustrés dans des œuvres d’art ou des photos journalistiques qui ont attiré leur attention. Ces textes, préalablement révisés dans un contexte académique par la professeure Élisabeth Veilleux, ont par la suite été sélectionnés pour être publiés dans <em>Le Délit. </em>Nous vous présentons donc notre sélection des quatre meilleures chroniques.</p>



<p class="has-text-align-center"><br><strong>Khudadadi : une réfugiée qui incarne l’esprit des Jeux</strong><br>Jacob Shannon, Contributeur</p>



<p class="has-text-align-left">Voilà bien une image qui illustre la joie immense d’un rêve enfin réalisé. C’est Zakia Khudadadi, la paralympienne qui a marqué l’histoire en remportant la première médaille de l’équipe des réfugiés à Paris, en taekwondo. À ses côtés, son entraîneuse Haby Niare, la porte triomphalement. Lorsque la nouvelle de sa médaille de bronze a été annoncée, Niare a soulevé la championne dans un geste de soutien qui a fait le tour des réseaux sociaux.</p>



<p>Pour l’équipe olympique des réfugiés, ce podium est un premier, mais pour Khudadadi, il représente une plateforme de visibilité qu’elle peut utiliser pour sensibiliser à la situation des femmes afghanes opprimées. Les Jeux ont fait de Khudadadi une icône paralympique, et à juste titre : elle incarne l’esprit de persévérance de ces femmes en luttant à la fois pour elle-même et pour leur droit à l’égalité.</p>



<p>Devenir paralympienne était un rêve pour Khudadadi, mais à l’origine, elle voulait représenter son pays natal, l’Afghanistan. Elle s’était préparée à Kaboul pour les Jeux de 2021, mais elle a dû fuir le pays lors de la prise de pouvoir des Talibans. Désormais en sécurité en France, elle concourt pour l’équipe des réfugiés tout en restant engagée dans la cause des femmes afghanes. Alvin Koualef, journaliste pour <em>Ouest France</em>, souligne que Khudadadi est une inspiration non seulement pour les personnes en situation de handicap, mais aussi pour les réfugiés. En effet, son accomplissement est déjà porteur d’une grande signification pour cette nouvelle équipe.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1200" height="900" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Illu_JO_2-1200x900.png" alt class="wp-image-56563" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Illu_JO_2-1200x900.png 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Illu_JO_2-650x488.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Illu_JO_2-150x113.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Illu_JO_2-768x576.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Illu_JO_2-1536x1152.png 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Illu_JO_2-2048x1536.png 2048w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/eileendavidson/?media=1" data-wpel-link="internal">Eileen Davidson</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Ceci étant dit, la vie n’est pas toujours idyllique pour une réfugiée. Sophie Hienard, journaliste pour <em>Le Point</em>, explique que Khudadadi a risqué non seulement sa vie, mais aussi sa participation aux Jeux de Tokyo en fuyant l’Afghanistan. Soutenue dans sa fuite par plusieurs pays, elle n’a pu rester en France que deux semaines avant de devoir repartir pour les Jeux de Tokyo. Même face à une situation nécessitant du repos, le choix de Khudadadi de participer souligne un dilemme pour les athlètes réfugiés qui doivent trouver l’équilibre entre leur bien-être et la reconnaissance du public.</p>



<p>Aujourd’hui, l’athlète profite de sa liberté pour vivre pleinement et pour s’exprimer sur la situation en Afghanistan. Dans une entrevue accordée à France 24, la paralympienne a déclaré croire que sa notoriété découlait de son histoire unique, dans laquelle ses sympathisants se reconnaissaient. En effet, son parcours atypique s’inscrit dans les valeurs des Jeux : elle est admirée pour avoir surmonté des difficultés considérables afin d’obtenir une vie meilleure. Ses supporteurs n’acclament pas qu’elle : ils soutiennent toutes les femmes afghanes qui ne connaîtront peut-être jamais une telle liberté.</p>



<p>Les Jeux paralympiques nous émeuvent parce qu’ils nous rappellent l’importance de persévérer. La réponse du public à la victoire de Khudadadi démontre la nécessité d’avoir une équipe de réfugiés et démontre que ses athlètes incarnent véritablement l’esprit des Jeux. Le handicap de Khudadadi la définit comme paralympienne, mais c’est sa capacité à devenir un phare d’espoir qui fait d’elle un symbole si puissant des Jeux paralympiques.</p>



<p class="has-text-align-center"><br><strong>Votre cinquième tasse Stanley ne protège pas la planète<br></strong>Claire Ambrozic, Contributrice</p>



<p>En décembre 2023, une vidéo publiée sur TikTok a récolté des millions de mentions « j’aime » et des centaines de milliers de partages, tout en attirant l’attention des journaux. La vidéo montrait l’agitation provoquée par la mise en vente des fameuses bouteilles d’eau réutilisables de la marque Stanley dans un magasin Target. La collection vendue exclusivement dans cette chaîne de grande surface a disparu en moins de quatre minutes. Selon Statista, les ventes annuelles de la compagnie Stanley ont atteint 750 millions de dollars américains en 2023. Ce succès s’explique par une véritable frénésie pour ces produits réutilisables, publicisés comme « écologiques ». Pourtant, il semble que les bouteilles Stanley font plus de mal que de bien : l’obsession qu’elles ont suscité chez les acheteurs illustre notre société de surconsommation.</p>



<p><strong>La surconsommation</strong></p>



<p>Selon Jessica Katz, journaliste d’Analyst News, l’engouement face aux bouteilles Stanley provient de l’incitation à collectionner plusieurs couleurs et styles différents. Les fanatiques de la marque accumulent des dizaines de bouteilles même s’ils n’en utilisent véritablement qu’une seule à la fois. Ceci démontre une tendance à choisir le plaisir immédiat d’avoir ce qui est à la mode et ce que l’on considère beau, plutôt que de considérer l’utilité du produit à long terme. De plus, bien que les bouteilles soient composées à 90% d’acier inoxydable recyclé, une entrevue publiée dans un article de Radio-Canada a révélé que Stanley n’a pas de programme de reprise ou d’options de recyclage en fin de vie pour ses propres produits. La production d’un si grand nombre de bouteilles réutilisables en acier inoxydable détruit la planète de sa propre manière, ce qui remet en question les véritables motifs de ceux qui achètent une cinquième Stanley « pour la planète ».</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1200" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Article_Adele_2-1200x1600.jpg" alt class="wp-image-56559" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Article_Adele_2-1200x1600.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Article_Adele_2-650x867.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Article_Adele_2-150x200.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Article_Adele_2-768x1024.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Article_Adele_2-1152x1536.jpg 1152w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Article_Adele_2-1536x2048.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Article_Adele_2-scaled.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/eileendavidson/?media=1" data-wpel-link="internal">Eileen Davidson</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>Une bouteille en vogue</strong></p>



<p>La bouteille réutilisable est devenue un accessoire de mode, ce qui indique que son usager la remplacera un jour par une bouteille considérée plus tendance. Une journaliste de Radio-Canada remarque que ce qu’on observe actuellement avec les Stanleys s’est déjà produit plusieurs fois avec d’autres marques, notamment Yeti, Hydro flask, S’well, Nalgene, et Owala. Ainsi, les Stanley accumuleront de la poussière au fond de nos placards, pour qu’on puisse les remplacer par la prochaine bouteille attrayante.</p>



<p><strong>Un discours d’écoblanchiment</strong></p>



<p>La vidéo virale contraste avec le discours d’écoblanchiment de la compagnie Stanley. Selon ses dirigeants, la compagnie se veut construire un monde plus durable, adoptant le slogan « <em>Built for Life </em>» (<em>Conçu pour la vie, tdlr</em>). Cependant, un article du Frontier Group révèle qu’en janvier dernier, la compagnie a sorti 17 nouvelles couleurs, encourageant les fans de la marque à acheter plus d’une bouteille. De plus, les bouteilles d’eau sont vendues en édition limitée, créant un sentiment de rareté qui incite les consommateurs à acheter une nouvelle couleur avant qu’elle ne soit plus disponible. « Stanley » est une entreprise et conséquemment, sa priorité est le profit et l’efficacité de production. Malgré son slogan, les produits de Stanley sont principalement fabriqués en Chine et au Brésil, ce qui entraîne un transport sur de longues distances, contribuant ainsi à une empreinte carbone importante avant d’atteindre leur principal marché en Amérique du Nord. Même si son produit est « écologique », le fonctionnement de l’entreprise ne l’est pas.</p>



<p>En somme, la vidéo nous oblige à réévaluer notre perception des bouteilles d’eau Stanley, ainsi que les produits « réutilisables » en général. Acheter une autre bouteille simplement parce qu’elle est à la mode perpétue un cycle de surconsommation. Enfin, en dépit des belles promesses écologiques de Stanley, l’entreprise est bien consciente du fait que son succès dépend de notre surconsommation. Aussi faudra-t-il se satisfaire des belles bouteilles d’eau qui se trouvent déjà chez nous.</p>



<p class="has-text-align-center"><br><strong>Quand la liberté d’expression artistique suscite l’indignation de l’Église<br></strong>Emilie Fry, Contributrice</p>



<p>Madonna, Lady Gaga, Lil Nas X, Sabrina Carpenter : chacun de ces artistes a choqué l’Église avec son choix de clip vidéo. Les démonstrations sexuelles dans les espaces sacrés et les représentations irrespectueuses des figures religieuses dans ces clips ont suscité une réaction brutale de la part des communautés religieuses. Cela dit, les critiques sont-elles justifiées, ou devrions-nous reconnaître la liberté d’expression artistique de ces chanteurs?</p>



<p><strong>Un clip vidéo controversé</strong></p>



<p>Le 31 octobre 2023, la chanteuse pop américaine Sabrina Carpenter a sorti un clip pour sa chanson « <em>Feather </em>», dans laquelle elle marque la fin d’une relation amoureuse toxique en chantant qu’elle se sent « <em>légère comme une plume</em>, (<em>tdlr</em>) ». Dans la scène qui a fait réagir, la chanteuse porte une robe noire aguichante et danse de manière provocatrice sur l’autel d’une église, en évoquant la métaphore de l’enterrement de sa relation toxique. Suite à ce clip vidéo, la communauté chrétienne a critiqué l’utilisation inappropriée d’un lieu de culte allant à l’encontre des valeurs catholiques de chasteté et de pureté. En dépit des critiques, le clip a été visionné plus d’un million de fois en moins de 24 heures suivant sa publication et, depuis lors, ce nombre a augmenté à 88 millions. De plus, la chanteuse continue à gagner en popularité avec son nouvel album « <em>Short n’ Sweet </em>» et sa tournée internationale qui vient de passer à Montréal le 11 octobre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Article_Adele-1200x1600.jpg" alt class="wp-image-56560" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Article_Adele-1200x1600.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Article_Adele-650x867.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Article_Adele-150x200.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Article_Adele-768x1024.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Article_Adele-1152x1536.jpg 1152w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Article_Adele-1536x2048.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Article_Adele-scaled.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/eileendavidson/?media=1" data-wpel-link="internal">Eileen Davidson</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>En plus des critiques qui ciblent Sabrina Carpenter, l’Église catholique a démis de ses fonctions le pasteur Monseigneur Jamie Gigantiello comme administrateur de l’Église Annunciation of the Blessed Virgin Mary à New York, qui a permis le tournage du clip à cet endroit. Dans une lettre d’excuses, Gigantiello a expliqué que, faute de détails communiqués par les réalisateurs du clip, il a donné son aval au projet en vue de renforcer les liens entre l’Église et la communauté artistique. De façon à se faire pardonner, les 5 000 dollars reçus par l’église pour le tournage du clip seront donnés à la fondation <em>Bridge to Life</em>, qui offre des services aux femmes vivant des grossesses non planifiées.</p>



<p><strong>Liberté d’expression</strong></p>



<p>En explorant l’histoire de clips controversés, on découvre qu’il en existe plusieurs qui ont suscité une réaction comparable à celle de la vidéo de Sabrina Carpenter. Le mélange d’érotisme et de religion dans le clip « <em>Like a Prayer</em> » de Madonna a suscité la même polémique, et continue de le faire encore 25 ans après sa sortie. En 2011, Lady Gaga a scandalisé l’Église avec son titre « <em>Judas </em>», de façon similaire au clip de Lil Nas X sorti cette année dans lequel il incarne Jésus Christ. Les motivations de ces artistes varient : elles vont de messages sur les enjeux sociaux, comme le racisme abordé dans le clip de « <em>Like a Prayer </em>», aux critiques des normes religieuses, en particulier concernant l’exclusion des personnes LGBTQIA+. Mais les artistes font aussi appel à l’illustration métaphorique de leurs expériences, comme celle employée par Lil Nas X à travers la réincarnation de Jésus pour approfondir son message de retour sur la scène musicale. Bien qu’ils aient été parfois condamnés, ces artistes ont conservé leur popularité, puisque leurs admirateurs se reconnaissent dans leurs messages. On pourrait donc penser que Sabrina Carpenter, à travers ses clips, tente de critiquer la sensibilité religieuse de la société ou de se distancer de ses débuts plus innocents de façon à développer sa carrière.</p>



<p>Quelles que soient les motivations des artistes qui attisent ce type de controverse, cela remet en question les limites de la liberté d’expression à laquelle les artistes ont droit. Les clips vidéos permettent aux membres de la société d’exprimer leurs opinions de manière créative sous forme artistique. L’encadrement du contenu artistique, sous prétexte d’éviter les offenses ou les critiques, s’avère fâcheux, puisqu’il contreviendrait à la liberté d’expression. Voilà pourquoi, plutôt que d’établir des contraintes aux sujets sur lesquels portent les arts, il vaudrait mieux comprendre les motivations des artistes afin d’apprécier leur art sans y trouver offense.</p>



<p class="has-text-align-center"><br><strong>La laïcité française est-elle en contradiction avec l’esprit des JO?<br></strong>Momoka Chosa, Contributrice</p>



<p>Alors que le monde entier se prépare à célébrer la diversité aux Jeux Olympiques (JO), une controverse éclate : l’interdiction du port du hijab pour les athlètes françaises. Cette décision, perçue par certains comme une atteinte à la liberté religieuse, a rapidement enflammé le public. Elle a également mis en lumière le fossé entre les idéaux du pays et la diversité de sa société. En mettant en place cette interdiction, la France défend sa conception de la laïcité, mais à quel prix? Est-ce une mesure nécessaire à la mise en œuvre de la laïcité ou est-ce une exclusion injuste qui travestit l’esprit des JO? En tant que pays qui valorise l’égalité, la liberté et la fraternité, l’imposition de cette règle pose une question fondamentale : la France est-elle en train de compromettre ses propres valeurs au nom d’une laïcité inflexible? Cette interdiction repose sur un plan rigide de la laïcité, concept hérité de la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905.</p>



<p>Comme événement international, les JO représentent un espace dans lequel le respect des valeurs universelles doit prévaloir. En ce sens, la France va à contre-courant de l’esprit-même des JO. Bien qu’il soit légal et compatible avec les règles du Comité International Olympique d’imposer un code vestimentaire aux JO selon un article du <em>Figaro </em>(2023) : « JO 2024 : l’interdiction de porter le hijab pour les Françaises est compatible avec les règles olympiques », le pays risque de marginaliser les athlètes musulmanes qui ne devraient pas avoir à choisir entre leur foi et leur passion pour le sport. D’un autre côté, certains soutiennent cette interdiction, car elle promeut la neutralité religieuse des athlètes. Cependant, je pense qu’il ne faut pas que la neutralité devienne un synonyme de l’uniformité imposée où chacun est obligé de sacrifier son identité pour se conformer.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="900" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Illu_JO-1200x900.png" alt class="wp-image-56564" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Illu_JO-1200x900.png 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Illu_JO-650x488.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Illu_JO-150x113.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Illu_JO-768x576.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Illu_JO-1536x1152.png 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Illu_JO-2048x1536.png 2048w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/eileendavidson/?media=1" data-wpel-link="internal">Eileen Davidson</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Le sport est un vecteur puissant pour l’intégration sociale. Notamment, les athlètes voilées sont des modèles pour de nombreuses jeunes filles à travers le monde, qui montrent qu’il est possible de concilier la foi et le sport. En les excluant, nous envoyons un message de rejet à toute une génération. Par exemple, un incident lors de la cérémonie d’ouverture a créé une vive polémique. Sounkamba Sylla, coureuse de relais de l’équipe française, a participé à la cérémonie en portant une casquette après que le port de son voile ait été interdit. Cet acte, perçu comme une forme de défiance par la société, a capté l’attention de divers médias et souligné l’absurdité de l’interdiction. Par exemple, Amnistie internationale, une organisation pour la défense des droits humains, dénonce la discrimination flagrante à l’égard des athlètes musulmanes. Pour les athlètes voilées, cette interdiction représente non seulement une violation de la liberté religieuse, mais aussi une exclusion injustifiée qui vise à effacer une partie de leur identité.</p>



<p>Selon moi, cette interdiction est une manière de contrôler l’expression de la foi sous le prétexte de neutralité. Il n’est donc plus seulement question de sport, mais plutôt d’un débat sur l’acceptation de la diversité dans les espaces publics. En empêchant les athlètes voilées de participer aux JO, la France rate une opportunité unique de montrer que la laïcité peut être un cadre d’inclusion et non d’exclusion. Si l’objectif est de maintenir un environnement où chacun se sens respecté dans ses croyances personnelles, ne devrions-nous pas accepter les croyances des athlètes, quelles qu’elles soient? Il faut que nous réfléchissions à la manière dont nous appliquons nos principes, car une société tolérante doit faire place à tous et toutes, sans exception.</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/11/13/concours-decriture-de-chroniques-journalistiques-2/" data-wpel-link="internal">Concours d’écriture de chroniques journalistiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Chroniques en collaboration avec le Centre d’enseignement du français de McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/03/27/chroniques-en-collaboration-avec-le-centre-denseignement-du-francais-de-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Haiqi Zhou]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Mar 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Concours d’écriture de chroniques journalistiques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[centre enseignement français]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette semaine, Le Délit vous présente le fruit de la deuxième édition de son projet collaboratif avec le Centre d’enseignement du français à McGill (CEF). Dans le cadre du cours « FRSL 449 – Le français des médias », les étudiant·e·s en apprentissage du français comme langue seconde ont été invité·e·s à soumettre des chroniques&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2024/03/27/chroniques-en-collaboration-avec-le-centre-denseignement-du-francais-de-mcgill/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Chroniques en collaboration avec le Centre d’enseignement du français de McGill</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Cette semaine,<em> Le Délit</em> vous présente le fruit de la deuxième édition de son projet collaboratif avec le Centre d’enseignement du français à McGill (CEF). Dans le cadre du cours « FRSL 449 – Le français des médias », les étudiant·e·s en apprentissage du français comme langue seconde ont été invité·e·s à soumettre des chroniques qui portent sur des faits marquants de l’actualité, culturelle ou politique, d’ici ou d’ailleurs. Ayant pour thème commun « Une image vaut mille mots », les chroniques développent les points de vue personnels des auteur·rice·s sur les enjeux sociaux illustrés dans des œuvres d’art ou des photos journalistiques qui ont attiré leur attention. Ces textes, préalablement révisés dans un contexte académique par la professeure Élisabeth Veilleux, ont par la suite été sélectionnés pour être publiés dans <em>Le Délit</em>. Nous vous présentons donc notre sélection des deux meilleures chroniques.</p>



<p><br><em>** Les illustrations qui figurent ci-dessous ont été créées par les illustrateur·ice·s du Délit et s’inspirent librement des images originales.</em></p>



<p><strong>Lorsque le <em>Deepfake</em> n’est plus amusant</strong></p>



<p>« Quand le pape est-il devenu si stylé? » C’était la question qui tournait dans toutes nos têtes lorsque nous avons vu circuler cette image du pape dans son manteau blanc. Nous avons vite réalisé que l’image n’était pas véritable, mais quand même, nous avons été choqués par le réalisme de cette photo générée par <em>Mid-journey</em>, un programme d’intelligence artificielle (IA) générative. Même Chrissy Teigen, célébrité américaine, a tweeté qu’elle pensait que le manteau du pape était vrai, sans avoir pris un moment pour y réfléchir. « Il n’y a aucune chance que je survive au futur de la technologie », a‑t-elle écrit. Alors, Chrissy, le sentiment est partagé.   </p>



<p>L’année 2023 est sans aucun doute l’année de l’IA. On a assisté à l’émergence de nombreuses applications et sites web d’IA tels que DALL‑E et <em>Mid-journey</em>, qui ont la capacité de créer des images selon des instructions. Cette fonction a fasciné le monde entier, et tous veulent maintenant tester cette créativité facile. Il suffit d’entrer une description simple et l’IA fera le travail pour vous.</p>



<p>Néanmoins, l’IA est également apte à estomper la frontière entre la réalité et la fiction, ce qui a été le cas pour l’image du pape. Bien que celle-ci ait été destinée à faire rire, il y a plusieurs risques et dangers liés à l’usage de l’IA générative. D’abord, il y a le risque d’une réécriture de l’histoire. Selon William Audureau, journaliste pour <em>Le Monde</em>, depuis le lancement de la cinquième version de <em>Mid-journey</em> en mars 2023, et avec la démocratisation de l’IA générative, il n’a jamais paru aussi facile de changer l’histoire à travers des illustrations factices. Audureau a illustré son propos avec une photo de Rosalind Franklin générée par l’IA. La photo montre Franklin recevant le prix Nobel, alors qu’en réalité, elle ne l’a jamais reçu. Que se passet-il quand on ne se souvient plus de l’histoire? Cette question devient plus importante lorsqu’on parle des pays autoritaires dans lesquels le gouvernement tente de falsifier l’histoire pour son propre bénéfice. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Bien que celle-ci ait été destinée à faire rire, il y a plusieurs risques et dangers liés à l’usage de l’IA générative&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p>De plus, on a le problème des hypertrucages modernes (« <em>deepfakes</em> » en anglais), qui sont des images,<br>des vidéos, ou des audios comportant une modification de l’apparence ou de la voix d’êtres humains. Peut-être avez-vous déjà vu les hypertrucages de Taylor Swift sur X qui montrent la chanteuse soutenant Donald Trump? Les hypertrucages sont aussi beaucoup utilisés en pornographie. Par exemple, pendant une diffusion en continu, Brandon « Atrioc » Ewing, un <em>streamer</em> sur la plateforme Twitch, a accidentellement révélé qu’il regardait une vidéo pornographique « <em>deepfake</em> » d’une streameuse. À cause de la facilité à créer un hypertrucage, de plus en plus de personnes sont devenues victimes de cette technologie, et beaucoup d’entre elles sont des femmes.</p>



<p>À l’inverse, les gens sont également de plus en plus susceptibles de voir une image réelle (par exemple, de la guerre) sans pour autant y croire. Cette tendance deviendra plus évidente à mesure que nous nous habituons à la désinformation. Cela peut être dangereux, car nous mettrons beaucoup de temps à reconnaître les personnes qui ont besoin d’aide.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Il n’a jamais été aussi important d’avoir un raisonnement analytique et de vérifier la source des informations qu’on lit »</p>
</blockquote>



<p>En conclusion, l’ère de l’IA en est une qui suscite l’enthousiasme, mais représente aussi un moment où il faut être plus prudent. Il n’a jamais été aussi important d’avoir un raisonnement analytique et de vérifier la source des informations qu’on lit. En même temps, quand on voit des hypertrucages qui circulent en ligne, il faut les signaler. Je suis certaine que nous allons avoir plus de lois pour nous protéger contre la désinformation. Pendant ce temps, restez vigilants et assurez-vous d’utiliser l’IA avec prudence et bienveillance!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="900" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/trucage-1200x900.jpg" alt class="wp-image-55392" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/trucage-1200x900.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/trucage-650x487.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/trucage-150x112.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/trucage-768x576.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/trucage-1536x1151.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/trucage-2048x1535.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/c-veysset/?media=1" data-wpel-link="internal">Clément Veysset</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>Coupe du monde féminine de football</strong> : <strong>comment une publicité a permis de revoir les points de vue biaisés du grand public</strong></p>



<p>Le football est un sport largement connu qui compte des millions de supporteurs à travers le monde. Par contre, ce sport adoré est sujet à beaucoup de misogynie. En juillet 2023, une vidéo publicitaire a fait sensation dans les médias lors de la Coupe du monde féminine de football. Celle-ci a été diffusée par l’entreprise française Orange FR avec le but de briser les barrières de la misogynie. Elle consistait en une compilation de vidéoclips impressionnants de l’équipe masculine de football française, les Bleus, incluant le joueur Kylian Mbappé, et terminait avec le message « Il n’y a que les Bleus pour nous procurer ces émotions ». La vidéo publicitaire disait ensuite « Et pourtant, ce n’est pas eux que vous venez de voir », et a fait la transition vers les éditeurs, qui utilisaient l’intelligence artificielle, pour montrer que ces vidéoclips étaient en réalité des moments de jeu exceptionnels de l’équipe féminine de football de France, les Bleues, incluant la joueuse Wendie Renard. En faisant cela, ils ont voulu démontrer que les filles sont aussi bonnes que les garçons.</p>



<p class="has-drop-cap"><br>Les médias sociaux sont fréquemment utilisés de nos jours, et les équipes féminines de football ont une présence importante sur les réseaux comme Instagram. Quand vous regardez les commentaires, il est fréquent de retrouver des commentaires négatifs comme « Qui va regarder cela? » ou « C’est meilleur chez les hommes ». Pour appuyer mon argument, Cristiano Ronaldo, joueur de l’équipe de football portugaise, a remporté le titre du plus grand nombre de buts marqués au niveau international, avec 110 buts. En réalité, sept femmes, dont Christine Sinclair de l’équipe canadienne avec 190 buts marqués, avaient déjà remporté ce titre, mais n’ont pas reçu de reconnaissance publique.</p>



<p>Après la création de cette vidéo publicitaire, beaucoup de choses ont changé. L’équipe d’Orange FR a créé la vidéo pour montrer son soutien à la Coupe du monde féminine de football, mais elle n’avait pas imaginé que cette vidéo allait avoir de telles répercussions. La publicité a attiré l’attention d’environ cent millions de spectateurs à travers le monde, et une pluie de réactions positives. « C’est bon! », a tweeté en français l’ancien capitaine de football anglais Gary Lineker. De plus, une station de radio australienne, le Sydney Morning Herald, a affirmé que la vidéo publicitaire avait aidé à « déconstruire les stéréotypes de genre ». Avec d’autres réactions positives de joueurs professionnels, les joueuses de football ont finalement eu un important moment de reconnaissance.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« En réalité, sept femmes, dont Christine Sinclair de l’équipe canadienne avec 190 buts marqués, avaient déjà remporté ce titre, mais n’ont pas reçu de reconnaissance publique »</p>
</blockquote>



<p>Je joue au football depuis mon enfance, mais j’ai toujours été très sensible aux commentaires négatifs et au traitement de faveur reçu par les garçons. Des actes aussi simples qu’acheter des uniformes de garçons, qui ne vont pas aux filles, ou empêcher les filles de jouer au football avec les garçons mettent en relief les perceptions biaisées d’un grand nombre d’individus. La vidéo m’a vraiment touchée et je sais que je ne suis pas la seule. J’espère qu’il y aura d’autres vidéos comme celle-là, et que les femmes et les hommes seront un jour vus comme égaux dans le monde du sport.</p>



<p>Pour conclure, cette publicité a brisé les barrières de la misogynie, et pour preuve, la Coupe du monde féminine de football a attiré près d’un milliard de spectateurs en 2023, dépassant les niveaux atteints les années précédentes. On continue à combattre la discrimination de genre, mais malheureusement, il y a des expériences négatives tous les jours envers les footballeuses et d’autres sportives. Cependant, les vidéos publicitaires de ce genre ont, et continueront d’avoir un grand impact sur ce sport magnifique!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/03/27/chroniques-en-collaboration-avec-le-centre-denseignement-du-francais-de-mcgill/" data-wpel-link="internal">Chroniques en collaboration avec le Centre d’enseignement du français de McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Concours d’écriture de chroniques journalistiques</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/11/22/concours-decriture-de-chroniques-journalistiques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Centre d'enseignement du français]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Nov 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours d’écriture de chroniques journalistiques]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette semaine, Le Délit vous présente le fruit de son tout premier projet collaboratif avec le Centre d’enseignement du français à McGill (CEF). Dans le cadre du cours « FRSL 449 – Le français des médias », les étudiant·e·s en apprentissage du français comme langue seconde ont été invité·e·s à soumettre des chroniques sur des&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2023/11/22/concours-decriture-de-chroniques-journalistiques/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Concours d’écriture de chroniques journalistiques</span></a></p>
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<p class="has-drop-cap">Cette semaine, <em>Le Délit </em>vous présente le fruit de son tout premier projet collaboratif avec le Centre d’enseignement du français à McGill (CEF). Dans le cadre du cours « FRSL 449 – Le français des médias », les étudiant·e·s en apprentissage du français comme langue seconde ont été invité·e·s à soumettre des chroniques sur des faits marquants de l’actualité, culturelle ou politique, d’ici ou d’ailleurs. Ayant pour thème commun « Une image vaut mille mots », les chroniques développent les points de vue personnels des auteur·rice·s sur les enjeux sociaux illustrés dans des œuvres d’art ou des photos journalistiques qui ont attiré leur attention. Ces textes, préalablement révisés dans un contexte académique par la professeure Élisabeth Veilleux, ont par la suite été sélectionnés pour être publiés dans <em>Le Délit</em>. Nous vous présentons donc notre sélection des trois meilleures chroniques.</p>



<p><em>Les illustrations qui figurent ci-dessous ont été créées par les illustrateur·ice·s du </em>Délit <em>et s’inspirent librement des images originales.</em><br><br><br></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Le droit de propager la haine</strong><br>Emma Custer, Contributrice</p>



<p>Le 21 janvier 2022, un homme dans la quarantaine se tient devant l’ambassade de Turquie à Stockholm. Portant une casquette sur laquelle on peut lire « Stram Kurs », il tient un livre entre ses mains. Bien que la manifestation à laquelle il participe soit assez restreinte, avec une foule modeste de spectateurs tenus à distance par la police, les images de ce qui est sur le point de se produire vont faire le tour du monde. Avec quelques caméras fixées sur lui, l’homme prend un briquet et met le livre – une traduction en anglais du Coran – en feu.</p>



<p>L’homme s’appelle Rasmus Paludan, et ce n’est pas la première fois qu’il brûle un Coran. Il est le fondateur du parti politique danois de l’extrême droite  Stram Kurs, dont les membres sont connus pour avoir brûlé des Corans à plusieurs reprises, en Suède comme au Danemark, dans le but d’exprimer leur opposition à l’Islam, explique un <a href="https://www.tiktok.com/@miseajour/video/7088346425121180934?_t=8geo2xF3vQ6&amp;amp%3B_r=1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">TikTok publié par <em>Mise à Jour</em></a><em> </em>en avril 2022. Dès le moment où ces images ont été diffusées dans les médias, elles ont suscité de vives réactions des partisans comme des critiques de Stram Kurs. « <em>Vive la Suède il faut qu’on se défendent </em>(<em>tdlr</em>) », écrit un internaute pour montrer son soutien à Stram Kurs dans les commentaires du TikTok. « Les flammes de l’enfer se régaleront de leur chair pour leurs méfaits », écrit un autre pour critiquer les auteurs de ces autodafés.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« L’homme prend un briquet et met le livre – une traduction en anglais du Coran– en feu»</p>
</blockquote>



<p>La question qui s’impose à la suite de cette polémique est la suivante : est-ce que la liberté d’expression s’étend aux autodafés de livres saints? Les autorités suédoises affirment que oui ; tout en dénonçant l ́islamophobie, le ministre suédois des Affaires étrangères <a href="https://www.rfi.fr/fr/europe/20230702-coran-br%C3%BBl%C3%A9-%C3%A0-stockholm-l-oci-appelle-%C3%A0-des-mesures-collectives-pour-pr%C3%A9venir-de-tels-actes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rappelle</a> que la Constitution protège le droit d’expression. En revanche, selon un article de <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2023/07/31/suede-un-nouveau-coran-pietine-et-brule-dans-un-contexte-de-tensions-avec-des-pays-du-moyen-orient_6184000_3210.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’Agence France- Presse </a>(AFP) et du Monde, les 57 États membres de l’Organisation de la coopération islamique se sont dits déçus que la Suède n’ait rien fait sur le plan juridique pour prévenir ces actes. Après tout, c’est ce qu’a fait le Danemark face à des incidents similaires, proposant une loi qui interdirait ces autodafés, a rapporté l’AFP dans un <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2005975/danemark-interdiction-autodafes-coran-islam" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">article relayé par Radio-Canada</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="900" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/coran-1200x900.jpg" alt class="wp-image-53603" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/coran-1200x900.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/coran-650x487.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/coran-150x112.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/coran-768x576.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/coran-1536x1151.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/coran-2048x1535.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/c-veysset/?media=1" rel="nofollow" data-wpel-link="internal">Clément Veysset</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><em>Cette illustration de Clément Veysset est une création dérivée d’une photographie de Fredrick Sandberg.</em><br></p>



<p>Tandis que le débat semble se centrer sur la question de la liberté d’expression, une question plus importante se noie dans les voix énervées : celle de l’islamophobie. Il suffit de regarder les effets virulents de l’islamophobie dans notre société pour comprendre que ces autodafés ne sont pas une cause, mais un symptôme d’un phénomène répandu à travers le monde occidental. <a href="https://www.nccm.ca/islamophobiasummit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Selon le Conseil national des musulmans Canadiens</a>, le Canada était le pays parmi les états du G‑7 avec le plus de musulmans tués en raison de l ́islamophobie entre 2016 et 2021, ce qui n ́est pas choquant quand on considère <a href="https://angusreid.org/wp-content/uploads/2023/03/2023.03.13_Islam_QC_FR.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un sondage mené cette année par l’Institut Angus Reid</a>, qui révèle que 39% des Canadiens ont une opinion défavorable à l’égard de l’Islam.</p>



<p>Comme ces autodafés ne sont qu’une des nombreuses conséquences de l’islamophobie, modifier une loi ne changera rien aux mentalités populaires. La question qui aurait dû être posée depuis le début est plus difficile à résoudre que celle de la liberté d’expression : comment peut-on éliminer les racines de l’islamophobie en Occident?<br><br><br><br></p>



<p></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>De bonnes clôtures font des voisins précaires</strong><br>Genny Plumptre, Contributrice</p>



<p>Clôturer et déposséder : c’est une pratique encore plus ancienne que le Canada. Dans les premiers temps de la colonisation du Nouveau Monde, les colons anglais et français s’appuyaient sur des signes de <a href="https://www.google.ca/books/edition/Ceremonies_of_Possession_in_Europe_s_Con/bw9xPM3o_GwC?hl=en&amp;gbpv=1&amp;dq=Patricia+Seed,+Ceremonies+of+Possession&amp;printsec=frontcover" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">possession</a>, tels que les clôtures et le développement agricole, pour manifester leur droit au territoire et l’exclusion conséquente des Premières Nations. Encore aujourd’hui, les clôtures sont une expression du contrôle exclusif dont les propriétaires bénéficient. Mais si clore son terrain est un droit de propriété privé <a href="https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/version/lc/ccq-1991?code=se:1002&amp;historique=20221003" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">reconnu</a> au Québec, il ne faut pas oublier que cet acte physique et symbolique peut faire violence. C’est ce que nous apprend le court-métrage <a href="https://www.nfb.ca/film/neighbours_voisins/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">classique</a> de Norman McLaren, qui documente une rupture des relations de voisinage à la suite de l’installation d’une clôture entre deux propriétés. Les clôtures peuvent faire du mal. Elles peuvent même tuer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Contrairement à ce que la Ville souhaite nous faire croire, les droits de propriété privée ne sont pas impénétrables ; ils doivent parfois céder aux droits et libertés constitutionnels. Au Québec, la Charte des droits et libertés de la personne affirme que nul ne peut empêcher autrui d’avoir accès aux lieux publics ou commerciaux sur une base discriminatoire telle que leur condition sociale, y compris l’absence de domicile fixe. Le partage d’espace figure donc parmi les valeurs fondamentales d’une société démocratique »</p>
</blockquote>



<p>Telle est la réalité que vivent les habitants du secteur Milton- Parc, particulièrement les personnes en situation d’itinérance qui ont été <a href="http://schoolschmool.com/article/our-neighbours/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">expulsées</a> du terrain vague situé à l’angle de l’avenue du Parc et de la rue Milton en 2020. Goldmanco Inc, la société immobilière à laquelle appartient le terrain, aurait installé une première grille pour apaiser des voisins qui se plaignaient du bruit, entre autres nuisances. En conséquence, la zone bétonnée qui servait autrefois de plaque tournante pour plusieurs personnes en situation d’itinérance – principalement issues des communautés inuites — leur est maintenant inaccessible. Malgré les efforts de certains <a href="https://ccmp-mpcc.com/en/statement-goldmancos-fence-at-milton-parc-must-stay-down/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">organismes communautaires</a> tels que le Comité des citoyen·ne·s Milton Parc, une deuxième clôture permanente a été érigée en juillet 2021.</p>



<p>Face à cette expulsion, la Ville de Montréal prétend avoir les mains liées. Dans un <a href="https://journalmetro.com/local/le-plateau-mont-royal/2672347/une-nouvelle-cloture-au-coin-milton-parc-inquiete-la-communaute/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">courriel</a> envoyé au journal <em>Métro</em>, le Cabinet de la mairesse a indiqué que la municipalité ne peut pas intervenir quand il est question de propriété privée. Au lieu de se prononcer sur les actions de Goldmanco Inc, la Ville espère étendre les options de logements sécuritaires et abordables pour la communauté autochtone. Bien que louable, la solution proposée est inadéquate et esquive le cœur du problème. Lorsque l’exercice des droits de propriété met activement en danger un groupe défavorisé, ces droits devraient-ils toujours prévaloir?</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="834" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Main-fleur-jpeg-1200x834.jpg" alt class="wp-image-53607" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Main-fleur-jpeg-1200x834.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Main-fleur-jpeg-650x452.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Main-fleur-jpeg-150x104.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Main-fleur-jpeg-768x534.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Main-fleur-jpeg-1536x1067.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Main-fleur-jpeg-2048x1423.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/r-chedid/?media=1" data-wpel-link="internal">Rose Chedid</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><em>Cette illustration de Rose Chedid est une création dérivée d’un extrait du film de Norman McLaren, </em>Voisins.<br><br><br>Le coût humain de la clôture est déjà manifeste. En 2020, Kitty Kakkinerk, une femme inuite, a été <a href="https://urbania.ca/article/milton-et-parc-une-nouvelle-grille-de-la-honte" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">heurtée</a> par un camion à quelques mètres de la grille. Des témoins de l’accident, dont son frère, ont affirmé que la clôture avait joué un rôle <a href="https://www.ledevoir.com/non-classe/583298/montreal-unie-inuite-sans-abri-happee-mortellement" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déterminan</a>t dans sa mort. Dans un <a href="https://ombudsmandemontreal.com/lombudsman-de-montreal-depose-son-18e-rapport-annuel/7120" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rapport</a> publié l’année dernière, Nadine Mailloux, l’ombudsman de Montréal, affirme que l’itinérance autochtone dans le quartier Milton-Parc constitue une « crise humanitaire ». Les <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1924918/itinerance-autochtone-inuit-inuk-nord-nunavut-nunavik" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">relations</a> au sein de la communauté semblent également s’être détériorées depuis l’installation de la clôture. En effet, la fermeture du terrain vague a contraint les sans-abri du quartier à s’établir sur le trottoir, ce qui engendre des frictions avec les établissements commerciaux.</p>



<p>Contrairement à ce que la Ville souhaite nous faire croire, les droits de propriété privée ne sont pas impénétrables; ils doivent parfois se soumettre aux droits et libertés constitutionnels. Au Québec, la <a href="https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/c-12" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Charte des droits et libertés de la personne</a> affirme que nul ne peut empêcher autrui d’avoir accès aux lieux publics ou commerciaux sur une base discriminatoire telle que leur condition sociale, y compris l’<a href="https://cdpdj.qc.ca/fr/nos-services/a-propos/outil-traitement-condition-sociale" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">absence de domicile fixe. </a>Le partage d’espace figure donc parmi les valeurs fondamentales d’une société démocratique. Norman McLaren avait raison de dévoiler la brutalité des clôtures. Il est temps de revoir notre déférence inconditionnelle à l’égard de cet élément naturalisé du paysage urbain.<br><br><br><br></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>L’itinérance autochtone : une crise humanitaire</strong><br>Molly Kines, Contributrice</p>



<p>Que diriez-vous si une crise humanitaire se déroulait au cœur même de votre ville? Comment réagiriez-vous? C’est une réalité regrettable qui a cours à Montréal actuellement, comme le montre une photo de Jacques Nadeau publiée dans <em>Le Devoir</em>. L’itinérance autochtone est un grave problème qui devrait tous nous préoccuper. En 2022, l’ombudsman de Montréal a publié un rapport avec cinq recommandations à la ville sur l’urgence d’agir pour les peuples autochtones dans le besoin. Depuis lors, malgré certaines avancées, l’itinérance au sein de la population autochtone à Montréal reste endémique. À mon avis, nous pouvons et devons en faire plus pour soutenir cette population vulnérable. Afin d’avancer vers une solution, il faut établir des logements à long terme pour les itinérants autochtones, ainsi qu’un meilleur programme d’accueil pour les personnes inuites qui s’installent à Montréal.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="985" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Screen-Shot-2023-11-21-at-5.35.16-PM-1200x985.png" alt class="wp-image-53617" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Screen-Shot-2023-11-21-at-5.35.16-PM-1200x985.png 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Screen-Shot-2023-11-21-at-5.35.16-PM-650x534.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Screen-Shot-2023-11-21-at-5.35.16-PM-150x123.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Screen-Shot-2023-11-21-at-5.35.16-PM-768x631.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Screen-Shot-2023-11-21-at-5.35.16-PM.png 1526w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/r-chedid/?media=1" data-wpel-link="internal">Rose Chedid</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><em>Cette illustration de Rose Chedid est une création dérivée d’un</em>e <em><a href="https://www.ledevoir.com/politique/montreal/792836/encore-beaucoup-a-faire-pour-l-itinerance-autochtone-dans-milton-parc" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">photo</a> de Jacques Nadeau parue dans </em>Le Devoir.<br><br><br>Tout d’abord, il faut mettre en place des logements sûrs, stables et disponibles à long terme pour ces peuples à Montréal. En 2022, l’Hôtel des Arts, un refuge qui accueille les personnes autochtones 24 heures sur 24,<br>a été construit dans l’arrondissement de Ville-Marie. Selon un article de Radio-Canada, cet hébergement ne compte que 50 chambres et a été conçu comme une solution temporaire pour les périodes de grand froid. D’après moi, ces refuges sont un pansement sur une artère coupée : insuffisants et lacunaires par rapport au vrai problème. Ainsi, la Ville de Montréal doit proposer un plan d’action solide, qui inclut une solution permanente à la question du logement.</p>



<p>Par ailleurs, la situation de la population inuite à Montréal est particulièrement préoccupante. Selon le recensement canadien de 2021, la population de Montréal comptait 1 130 personnes inuites. D’après un article de Radio-Canada, de nombreux Inuits déménagent à Montréal pour obtenir des soins de santé ou pour échapper à des situations précaires, mais se retrouvent ensuite à la rue. La psychiatre Marie-Ève Cotton, qui soigne la population autochtone à Montréal, affirme que cette dernière se heurte souvent à différentes formes de discrimination et à la difficulté de trouver un emploi et un logement. Des services sociaux, des ressources et des logements abordables doivent donc être fournis après leur arrivée, afin d’éviter qu’elle se retrouve en situation d’itinérance. Tout ceci devrait se faire dans les langues autochtones et en tenant compte des besoins psychosociaux liés aux traumatismes intergénérationnels qu’ils pourraient avoir vécus. Avec des ressources d’accueil culturellement sensibles, les personnes inuites seront plus à même de s’établir à Montréal.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Le passé de cette population au Canada est chargé de racisme, de discrimination et d’abus. Bien que nous ne soyons pas les auteurs directs de ces mauvais traitements, nous occupons une position privilégiée en tant que membres du groupe dominant. Cette position implique une certaine responsabilité, malgré la gêne que nous pouvons ressentir face à ces vérités troublantes. Je vous laisse donc avec la question suivante : vous sentez-vous responsable? Et si oui, comment comptez-vous agir? »</p>
</blockquote>



<p>De toute évidence, l’itinérance autochtone à Montréal est un problème qui persiste en dépit de nombreux appels à l’action. Malheureusement, le passé de cette population au Canada est chargé de racisme, de discrimination et d’abus. Bien que nous ne soyons pas les auteurs directs de ces mauvais traitements, nous occupons une position privilégiée en tant que membres du groupe dominant. Cette position implique une certaine responsabilité, malgré la gêne que nous pouvons ressentir face à ces vérités troublantes. Je vous laisse donc avec la question suivante&nbsp;:&nbsp;vous sentez-vous responsable? Et si oui, comment comptez-vous agir?</p>



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<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/11/22/concours-decriture-de-chroniques-journalistiques/" data-wpel-link="internal">Concours d’écriture de chroniques journalistiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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