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	<title>Victor Constant - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Ouroboros cybernétique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/10/23/ouroboros-cybernetique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor Constant]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Oct 2012 08:23:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pensées Corsaires</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Internet, télévision,</p>
<p></p><figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 526px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/10/S-Louis-du-Mont.jpg" data-wpel-link="internal"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-15196" title="Ordi" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/10/S-Louis-du-Mont.jpg" alt width="526" height="326" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/10/S-Louis-du-Mont.jpg 526w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/10/S-Louis-du-Mont-325x200.jpg 325w" sizes="(max-width: 526px) 100vw, 526px"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Louis du Mont</span>		</figcaption>
	</figure>
<em>Smartphones</em>; les individus d’aujourd’hui sont hyper-connectés. L’information est à la portée de tous et traverse la planète en un clin d’œil. N’importe qui peut saisir une image en passant avec son téléphone qui sera relayée partout dans le monde dans les minutes qui suivent. Des flux d’information circulent en permanence et sillonnent le globe, se noyant finalement eux-mêmes.
<p>Ce monde hyper-connecté, rêvé par les mondialistes et les internationalistes, par les individualistes tout comme les humanistes, a ses limites. Ce monde-cerveau, où les individus sont imaginés comme autant d’éléments de matière cérébrale connectés entre eux, se heurte à la réalité biologique du cerveau.</p>
<p>Le cerveau n’est pas qu’un amas de cellules individuelles interconnectées; il est aussi un tout unifié avec un dessein commun: faire fonctionner le corps qu’il dirige.</p>
<p>Le cerveau-monde médiatique, tel qu’il a été façonné jusqu’ici, ne peut continuer à être viable.</p>
<p>À force de connections virtuelles, globales, déniées de fondement organique, les individus ne sont plus que cela: des individus, reliés entre eux par tout un tas de câbles enchevêtrés qui n’ont ni début, ni fin, ni aucune organisation précise. Ce cerveau-monde hyper-connecté flotte dans un néant créé par&nbsp; la dynamique autophage de la connexion permanente. Puisque tout est devenu information à la portée de n’importe quel quidam avec une caméra sur son téléphone et une connexion satellite/Internet, la notion même d’information est dénaturée.</p>
<p>Une déclaration de guerre et les photos de débauche d’une célébrité font le tour du monde à la même allure et par les mêmes voies.</p>
<p>Noyé dans ces torrents boueux d’information, les relations cybernétiques post-humaines se fraient tant bien que mal un chemin pour venir ranimer artificiellement un court instant les coquilles de plus en plus vides accrochées à leurs claviers et rivées à leurs écrans. Ces connexions, ce sont les 300 «amis» Facebook que tu n’as rencontré qu’une fois dans ta vie et que tu ne reverras peut-être jamais, ce sont ces anonymes avec qui tu «débats» sur Internet et avec qui tu ne partageras sûrement jamais un café ou une bière, et encore moins un échange poussé et signifiant. Ces <em>fixs</em> de connexion humaine que l’on vient chercher quotidiennement du bout d’un clic, comme des junkies grattant le fond d’un pochon, c’est ce qu’il nous reste dans un monde où, au nom du global et de l’ouverture, on s’est tourné vers tout le monde pour au final ne se retrouver en personne.</p>
<p>Bien sûr que le fait de pouvoir tout partager avec de parfaits étrangers à des vitesses phénoménales est profondément exaltant, mais c’est aussi un poison dangereux qui ronge les sociétés de l’intérieur. En poussant les individus à s’épanouir dans la toile globale, dans les connexions cybernétiques, on a facilité leur retrait progressif des relations organiques et du domaine local. Les sociétés, les communautés se décousent et sont aspirées dans le grand&nbsp; serpent autophage, l’ouroboros, du monde virtuel.</p>
<p>Pour la survie du monde et des sociétés en tant que masses organiques et non en tant qu’individus isolés, il faut se faire violence et s’extraire du cycle sans fin, dénaturant un peu plus la nature des individus et des connexions organiques à chaque passage.</p>
<p>Comme Guy Montag dans le roman <em>Farenheit 451</em> il faut brûler ce qui nous empêche de continuer à nous épanouir et&nbsp; à fonctionner en tant qu’organisme, il faut <em>étendre le domaine de la lutte</em>.</p>
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		<title>En Aston Martin nous mourrons</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/10/02/en-aston-martin-nous-mourrons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor Constant]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Oct 2012 14:04:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[après-guerre]]></category>
		<category><![CDATA[aston martin]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[hussards]]></category>
		<category><![CDATA[indignés]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[roger nimier]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 28 septembre 1962, sur l’autoroute de l’Ouest, sur le pont de la Celle-Saint-Cloud, une Aston Martin DB4 lancée à pleine vitesse quitte la route. Deux vies s’achèvent ce jour-là, celle de Roger Nimier, écrivain de 36 ans, et celle de son amante, Sunsiaré de Larcône, écrivain de 27 ans. Mais pourquoi donc se pencher&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2012/10/02/en-aston-martin-nous-mourrons/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">En Aston Martin nous mourrons</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 28 septembre 1962, sur l’autoroute de l’Ouest, sur le pont de la Celle-Saint-Cloud, une Aston Martin DB4 lancée à pleine vitesse quitte la route. Deux vies s’achèvent ce jour-là, celle de Roger Nimier, écrivain de 36 ans, et celle de son amante, Sunsiaré de Larcône, écrivain de 27 ans. Mais pourquoi donc se pencher sur la mort de ce jeune couple en ce &nbsp;maudit septembre 6? C’est avant tout parce que c’est  la mort et la sacralisation d’une certaine idée de la jeunesse dont nous commémorons les 50 ans cette année. Pour comprendre ce qui me motive à revenir sur cet événement ainsi que pour saisir son importance, il faut se pencher sur le personnage de Roger Nimier.</p>
<p>Né en 1925 à Paris, il grandit dans la capitale de l’entre-deux-guerres, puis dans une Europe en guerre. Élève brillant, il obtient son baccalauréat en 1942 et entame ses études à la Sorbonne. En 1945, à l’âge de 20 ans, au 2e régiment de hussards il participera à la fin de la guerre. Cet épisode guerrier, à l’aube de sa vie de jeune adulte, marquera profondément son œuvre et sa vie. </p>
<p>Après-guerre, il entame une carrière prolifique en tant qu’écrivain, journaliste, critique, éditeur et scénariste. Il en vient à représenter une certaine jeunesse insolente, dynamique et anticonformiste, en nette opposition esthétique et idéologique avec les existentialistes et les&nbsp;«intellectuels engagés» comme Jean-Paul Sartre, ainsi qu’avec les gaullistes. Roger Nimier se pose donc, à l’époque, comme l’alternative jeune aux politiques rances du moment. Il n’est pas seul, un courant littéraire dont il sera désigné comme chef de file naît dans les années 50. </p>
<p>Les Hussards, nommés d’après le livre le plus connu et sans doute le plus emblématique de Nimie, Le Hussard Bleu, réunissent plusieurs jeunes écrivains dans un ensemble assez hétéroclite qui ne converge que sur un point, leur opposition au nouveau roman, aux existentialistes et aux gaullistes. Une jeunesse anticonformiste de droite naît, dans la foulée de certains écrivains d’avant-guerre comme Drieu la Rochelle, Rebatet ou Brasillach et apporte un vent de fraîcheur à la France d’après-guerre. </p>
<p>C’est ce vent de fraîcheur, insufflé par Roger Nimier et immortalisé par son accident, que nous commémorons aujourd’hui pour les 50 ans de sa mort. Dans une époque trouble, en crise, où la jeunesse peine à trouver ses repères, il est bon de se tourner vers ce qui nous a été transmis de l’expérience d’autres jeunesses en crise. Que cela soit la génération de 14–18 ou la génération de 39–45, ces jeunes, leur insolence et leurs combats, ne peuvent que nous encourager à avancer à pleine vitesse et avec le sourire, à tracer notre chemin et rompant avec celui des générations périmées qui continuent à s’accrocher au peu qui leur reste. </p>
<p>Nous, la génération des &nbsp;«Indignés» qui prenons comme exemple et mentor Stéphane Hessel qui, à 94 ans, prétend donner des leçons à une jeunesse qu’on empêche de suivre son chemin, nous devons assumer notre jeunesse, notre insolence, et les leur jeter au visage. Non monsieur Hessel je ne &nbsp;m’indignerai pas parce que vous me le dites, il y beaucoup de choses qui ne vont pas dans le monde, mais vous n’êtes pas la solution, vous êtes même une partie du problème.</p>
<p>Cinquante ans plus tard, le problème de l’immobilisme rance contre lequel vivaient les jeunes d’après-guerre est toujours présent. La même intelligentsia squatte le pouvoir et la culture depuis 50 ans et l’heure est au renouveau. Nous serons les Hussards de notre époque, baroques et romantiques, insolents et rieurs, tournés vers le futur et bien décidés à le prendre par les rênes. Jeunes et indomptables, nous nous rappellerons de Roger et des autres, jeunes à tout jamais.</p>
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		<title>Tradition 2.0</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/09/18/tradition-2-0/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor Constant]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Sep 2012 11:39:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[baby boomer]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Drôle d’époque que celle dans laquelle nous vivons, perdue entre un passé tombant dans l’oubli et un futur incertain, mais plein de promesses incroyables.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Notre génération, la «génération Y», fille de l’électronique et de l’héritage de 1968, se trouve dans la position inconfortable de toutes les générations coincées entre deux siècles, deux époques. On se rappellera du mal-être de Châteaubriand et des autres écrivains, nés au moment de la Révolution française et qui se sont retrouvés écrasés entre deux époques que tout oppose, ne trouvant leur place ni dans l’une, ni dans l’autre.<br>
Nous, jeunes hommes et jeunes femmes nés de parents ayant, pour la plupart, connu mai 68, nous retrouvons pris dans une époque confuse dont les repères ont été inversés, où «du passé a été fait table rase», où les flux migratoires n’ont jamais été aussi élevés et aussi normalisés, où les identités ont été digérées par la machine globale.</p>
<p>Nous sommes la génération des «citoyens du monde» rêvés par les baby-boomers et c’est loin d’être le paradis qu’ils avaient prophétisé. A l’époque du McDonald et du kebab omniprésent, à l’époque des grands magasins et du <em>made in China</em>, à l’époque des OGM et de la crise pétrolière, beaucoup d’entre nous se battent pour retrouver un sentiment d’appartenance, pour revenir à l’essentiel, à la tradition.</p>
<p>Mais notre génération, c’est aussi la génération Internet, la génération des ordinateurs de plus en plus performants, des <em>smart phones</em>, de la fibre optique, des nouveaux moyens de communication et des progrès scientifique, la génération du futur en soi. Nous avons vu apparaître ces innovations, nous avons grandi avec, nous les connaissons et elles doivent devenir nos armes pour combattre le monde périmé des baby-boomers. </p>
<p>Ce qui incarnait notre malaise doit devenir notre force, et notre place entre le vieux monde et le futur doit se sublimer dans une symbiose entre tradition et futurisme. Au tournant du siècle dernier, dans les années 1920, une génération de jeunes artistes désabusés par la guerre ont embrassé le futur pour rompre avec la stagnation malsaine de leur époque, et on transcendé le domaine de l’Art pour rentrer dans l’universel, dans le métapolitique. </p>
<p>Nous devons être les futuristes du XXIème siècle, nous devons profiter des technologies à notre disposition pour rompre avec l’héritage des baby-boomers et nous ré-enraciner dans une tradition qui, pour Dominique Venner, «n’est pas le passé», mais «ce qui ne passe pas». Ce caractère essentiel de la tradition, chacun doit le retrouver et le célébrer pour le jeter, par tous les moyens à sa disposition, à la face d’un monde périmé qui avait tout fait pour l’enterrer. Le futur doit devenir vecteur de tradition, il faut renouer et s’ancrer dans un certain archaïsme pour pouvoir espérer naviguer les possibilités infinies du futur sans dériver sans but. </p>
<p>Un arbre ne peut pas pousser sans racine ni sans soleil, un bateau ne peut pas naviguer sans quille ni sans vent, un homme ne peut pas vivre sans tradition ni sans futur. Alors, tous à vos ordinateurs! Tous à vos livres! Tous à vos musées et à votre Histoire! Tous à vos falaises, vos montagnes, vos lacs et vos forêts! Ils ont été la «génération 68» nous seront la «génération <em>archéofuturiste</em>»!</p>
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		<item>
		<title>Décroissance et enracinement</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/09/11/decroissance-et-enracinement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor Constant]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Sep 2012 12:22:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
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		<category><![CDATA[mondialisation]]></category>
		<category><![CDATA[vert]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il existe une légende, tenace, que nous perpétuons tous les jours par nos paroles et par nos actes.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous la perpétuons quand nous achetons un kilo de mangues importées du Burkina Faso en plein mois de février juste parce que cela nous tente bien, dans le fond, de manger des mangues quand il neige dehors. C’est encore elle qui nous pousse à acheter le gadget dernier cri alors que nous avions fait l’acquisition de son prédécesseur quelques mois auparavant. C’est toujours elle qui nous pousse à acheter plus de produits moins onéreux et par conséquent de qualité moindre, ce qui a pour conséquence de pousser les producteurs à produire de plus en plus pour des coûts minimisés.</p>
<p>Cette légende qui a bercé notre génération, c’est celle qui raconte que, non seulement l’on peut, mais aussi que l’on doit produire de manière infinie dans un monde dont les ressources naturelles et humaines sont finies. Ce cycle de la consommation et de la production sans bornes est validé et encouragé quotidiennement au nom des sacro-saints principes de la croissance, du développement et du progrès.&nbsp;Il existe peu de personnes, surtout en période de crise, pour remettre en cause cette folle doctrine, peu d’hérétiques pour s’opposer au dogme dominant de la croissance à tout prix. Il est pourtant capital pour nous, en tant que jeunes, de réaliser que le système actuel n’est pas durable et de travailler pour trouver une alternative qui nous permettra d’optimiser les ressources naturelles et humaines à notre disposition pour retrouver un mode de vie sain.</p>
<p>L’alternative à ce système existe déjà, elle se nomme décroissance et transcende les clivages traditionnels gauche-droite pour venir farouchement s’opposer à une vision du monde partagée par les deux «camps». Les décroissants avancent à contre-courant face au rouleau compresseur du monde moderne, mais que préconisent-ils pour arrêter ce bulldozer? Pour eux, la solution commence par la relocalisation des biens, des activités et des personnes. C’est-à-dire? C’est-à-dire, si l’on a l’honnêteté de suivre le raisonnement jusqu’à son paroxysme logique: encourager la production locale et ainsi réduire considérablement les flux commerciaux, limiter les flux migratoires et re-sédentariser les populations dans leurs patries charnelle, ainsi que travailler à l’inversion de l’exode rural. À ces points majeurs on peut ajouter une critique plus générale de la société de consommation et de l’homme-consommateur d’aujourd’hui. Pour eux, l’homme, esclave de la publicité, doit s’émanciper d’un système qui perpétue la course aux profits au mépris de l’écosystème dans lequel nous évoluons. Rappelez-vous en effet: il ne s’agit pas simplement ici de «sauver le grand panda ou le ouistiti tacheté des forêts équatoriales», il s’agit de préserver les peuples en préservant l’environnement dans lequel ils vivent. Je ne me fais pas de soucis pour la planète, elle a survécu à beaucoup de catastrophes et elle perdurera j’en suis sûr, je me fais du souci pour nous, habitants de nos patries qui dépendons de la santé et des ressources d’une planète qui n’aura pas les moyens, à ce rythme, de nous soutenir.</p>
<p>Dès aujourd’hui, il faut rejeter le dogme de la croissance et du progrès à tout prix dans lequel nous avons été élevés. Cela baissera-t-il ponctuellement notre niveau de vie&nbsp;? Certainement, mais c’est le prix à payer pour assurer une vie décente à nos enfants. Pas besoin de vivre en ermite dans les bois pour aller dans le sens de la décroissance, c’est possible pour chacun, tous les jours, de commencer à inverser la tendance consumériste et mondialiste actuelle. Pour commencer, consommez des fruits et légumes de saison, achetés localement et si possible directement à l’agriculteur (donc fréquenter les marchés Atwater et Jean-Talon). Consommez, en quantités raisonnables, de la viande élevée localement, de préférence en plein air, et évitez à tout prix les fast-foods et les viandes produites de manière industrielle. De manière générale, achetez le plus souvent possible des choses produites localement (ou au moins produites au Canada ou en Amérique du Nord) et encouragez par des courriers, des pétitions ou votre portefeuille, le rapatriement d’entreprises délocalisées. Limitez votre consommation au nécessaire et tentez de viser la durabilité. Enfin, renouez avec votre vie de quartier, votre identité locale, régionale et nationale. Ré-enracinez-vous, votre vie et votre consommation, reconnectez-vous avec votre histoire et vos compatriotes, reconnectez-vous avec votre terre, votre patrie charnelle.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Europa, zona belli</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/04/03/europa-zona-belli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor Constant]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Apr 2012 12:14:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spéciaux]]></category>
		<category><![CDATA[cahier création 2012]]></category>
		<category><![CDATA[céline]]></category>
		<category><![CDATA[cyberpunk]]></category>
		<category><![CDATA[dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[europe]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La pluie ruisselle le long des carreaux du métro aérien. Ligne 6, direction Nation. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Bercé par les ballotements de la rame filant à pleine vitesse sur les rails –ça fait longtemps qu’elle ne s’arrête plus dans les quartiers «corrects»– je regarde les gens qui m’entourent. Une bande de «jeunes» ricane bruyamment en détachant à coups de pieds ce qu’il reste d’un strapontin tout en lâchant des interjections dans une langue que je ne reconnais pas. Ailleurs dans le wagon ce ne sont que des visages las ou apeurés.</p>
<p>Le train ralenti et une voix robotisée annonce «<em>Southwest district, station two; promptly exit the train</em>». Je jette un coup d’œil par la fenêtre, La Motte-Picquet-Grenelle, c’est ici que je descends. Je quitte le wagon au milieu d’une foule informe de gens, la tête baissée, traînant des pieds sous la pluie sale. Ce crachin permanent arrose Paris et la plonge dans une sorte de brouillard étouffant, entrecoupé de halos blafards qui accompagnent les passants à travers les rues encombrées jusqu’à leurs piaules merdiques.</p>
<p>Trop occupé par mes rêveries, je traîne dans les couloirs du métro jusqu’à ce qu’un agent de la milice m’interpelle, matraque au poing, et me prie aimablement de me dépêcher: «<em>Move your fucking ass!</em>». Je sors de la station et, relevant le col de mon caban, je me dirige vers un bistrot que je connais rue du Commerce, rare vestige «autochtone» que les autorités surveillent d’un regard amusé et méprisant.</p>
<p>Je pousse la porte du Ker Gwenn et je salue le patron et sa femme. On est du même endroit. Enfin du temps où ça existait encore.</p>
<p>-«Salut Yvan, salut Gwenn.»</p>
<p>-«Salut mon gars.»</p>
<p>-«Des nouvelles de l’Ouest? Vous y retournez?»</p>
<p>-«Ah il y a plus rien là-bas pour nous! Ils ont bien fait leur boulot les enfoirés! Qu’est-ce que j’te sers?»</p>
<p></p><figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 740px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/04/s-dessin4.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-large wp-image-12688" title="s - dessin4" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/04/s-dessin4-740x598.jpg" alt width="740" height="598"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/alice-des/?media=1" data-wpel-link="internal">Alice Des</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>
Je commande ma bolée de cidre habituelle et, comme d’habitude, il me sort une bouteille sans étiquette d’un compartiment sous le bar, fruit du marché noir. Autour de moi d’autres anonymes, des hommes, quelques femmes, accoudés au zinc délabré ou affalés à des tables minuscules les coudes posés sur les toiles cirés dégueulasses. Tous ces gens sans avenir, maintenant sans histoire, condamnés à vivre dans leur présent merdique et routinier, sirotant l’infâme vinasse d’Eurocorp destinée aux citoyens de classe ‘A’.
<p>Je me sens pris d’un malaise que j’ai du mal à identifier. Ne tenant plus à rester dans ce cloaque entouré de loques je finis ma bolée d’un trait et, saluant le patron et sa femme, je me casse le plus vite possible.<br>
Me revoilà rue du Commerce, sous la pluie qui a redoublé. Je prends quelques instants pour laisser la pluie me rafraîchir. Je lève la tête et à travers les gouttes et les rafales de vent je distingue une de ces putains de réclames d’Eurocorp. «<em>Trust us! Eurocorp, ensuring a better future for every Euro-citizen.</em>» Quel foutage de gueule! C’est certainement pas pour nous qu’ils assurent le futur, nous les «autochtones», les pauvres diables sans passé ni futur sur ce continent. Et ils nous foutent ça sous le nez, essaient encore de nous y faire croire. Debout sous la pluie et les lumières blafardes de ces panneaux à la con, je me rends compte qu’on va nulle part, que je vais nulle part.</p>
<p>Le klaxon d’une voiture qui passe me ramène à moi. Je me remets en marche sur la rue du Commerce d’un pas pressé, ils se sont pas donné la peine de renommer les rues par ici. Je tourne sur l’avenue Émile Zola et je remonte vers l’ancienne station Charles Michels sur la ligne 10 aujourd’hui désaffectée. La pluie tourne à l’orage, le ciel noir pèse comme une chape de plomb sur la ville. Les bâtiments haussmanniens à l’abandon sont les spectateurs silencieux de l’existence sordide des malheureux que je croise. En passant devant une devanture de magasin j’aperçois mon reflet à la lumière d’un éclair, et je réalise que j’ai les mêmes yeux vides, la même mine hagarde que toutes les loques que je côtoie. Pris d’une trouille pas possible je me mets à courir. Arrivé au coin de la rue Saint Charles je tourne vers la rue de Javel. Bientôt chez moi! Zigzaguant entre les flaques les plus grosses, je me dépêche. Sortir d’ici, vite! Enfin j’arrive sur la rue de Javel et je tombe nez à nez avec une patrouille de la milice… Merde!</p>
<p>-«<em>Stop right there! Identification!</em>»</p>
<p>-«Citoyen d’Euroland région Ouest de catégorie A: Loïc Kervern. Numéro d’identification: 260304206. Chef de chaîne dans les usines du secteur banlieue Nord-Ouest.» Je répète ces mots que je connais par cœur d’une façon machinale.</p>
<p>-«<em>What? Oh… ‘A’ category citizen… I see. Alright, go on.</em>»</p>
<p>En m’éloignant je les entends se marrer, parler du cul-terreux, du sous-homme s’obstinant à utiliser une langue obsolète. J’enrage, mais ça serait trop con de crever en bas de chez soi pour une histoire de miliciens rigolards… Alors je me la ferme et je continue jusqu’à ma piaule qui est plus très loin.</p>
<p>Le 90 rue de Javel. Bâtiment banal s’il en est. Porte cochère verte, cour intérieure. Je passe le portique en jetant un coup d’œil au 92, il y avait un bar là autrefois, les gars qui tenaient ça ont fini en prison ou ont disparu après avoir été raflés par les miliciens pour «dissidence». Je traverse la cour où brûle un brasero dans un vieux bidon d’huile, et me lance dans les escaliers de service. Je grimpe les marches quatre à quatre jusqu’au quatrième et pousse la porte de mon appart’ trois pièces avec fenêtre sur rue. Petit, sombre, mal rangé, il est pourtant bien comparé aux piaules sordides de certains de mes camarades. Je me jette sous la douche, le jet d’eau tiédasse peine à me réchauffer après la pluie glaciale. En enfilant un vieux jean délavé et un polo –nous autres citoyens de catégorie ‘A’, on n’est pas obligés de porter l’uniforme de la Compagnie– j’allume la télé.</p>
<p>Rien, comme d’habitude. Toujours leurs infos approuvées par le bureau des Médias, où ils nous vendent leurs rêves bidons, le tout entrecoupé de pubs et d’émissions débilitantes. Je me sers un kir et coupe un saucisson récupéré au marché noir. Je sors de ma torpeur alcoolisée au bruit des sirènes de flics et d’une sorte de rumeur provenant de sous mes fenêtres. Tel le spectateur d’un guignol grotesque je me mets au balcon pour voir ce qu’il se passe. En bas je vois un de mes voisins, un ancien punk actif dans les premières années de la Réaction, se faire traîner sur le bitume. Les salopards se mettent à lui buriner la tronche à coups de matraque, là, au milieu de la rue. Et moi comme un con, comme tous les autres connards à leurs fenêtres je regarde ça sans broncher. Quand il cesse enfin de se débattre –il aura pas gueulé une seule fois– les miliciens le balancent dans la caisse du panier à salade. Hébété je me rassoie dans mon canapé devant cette putain de télé, devant cet enfoiré de présentateur qui raconte ses mensonges aux spectateurs. La télé, encore un des seuls trucs fournis par la Compagnie, même aux citoyens ‘A’; c’est-à-dire qu’ils en ont bien besoin pour nous ressasser leurs conneries. Et encore, c’est rien comparé à ce à quoi les citoyens de catégorie ‘E’ (Eurocitoyens, ou citoyens réguliers) ont droit; à ceux-là ils réservent une «vie meilleure» –«a better life» comme ils disent– et ils les assomment à coups de programmes télé, de vacances holographiques, de nano-drogues, et toutes autres sortes de connexions virtuelles. Petit à petit en les déconnectant, en nous déconnectant de la réalité, de la société, ils nous ont abruti et ont assis leur régime pourri.</p>
<p>J’avais lu dans un bouquin de mon père, un truc d’un gus Antique –un certain Aristote– que l’Homme était ce qu’il appelle un «animal politique». Moi la politique j’en sais vraiment que ce que j’ai pu glaner dans mes vieux bouquins, mais c’est déjà plus que tous les autres abrutis qui m’entourent. Ce que je sais en tout cas c’est qu’en nous déconnectant de la putain de réalité ils ont tué la politique. Je suis pris d’un vertige en pensant aux merdes sans but qu’on est tous devenus, qu’on soit de catégorie ‘A’ ou de catégorie ‘E’. Des êtres apathiques, des putains de loques égocentriques et abruties qui vivent pour manger, dormir, chier, prendre leur pied et se dire qu’ils servent encore à quelque chose dans leurs réseaux virtuels. Je suis au bord d’un putain de gouffre, le néant, je suis devenu qu’une simple machine à servir les intérêts de la Compagnie. Je me dis que c’est pas ma faute, je suis né trop tard, c’est comme ça… Non! Je peux pas me mentir putain! J’ai vu les choses tourner au vinaigre autour de moi, j’ai vu cette merde arriver. Et aujourd’hui je regarde ceux qui ont eu plus de courage que moi se faire réduire au silence à grands coups de trique dans la gueule puis disparaître sans rien faire, je suis devenu un putain de spectateur tout comme les connards qui m’entourent et que je méprise. Je revois le corps inanimé de mon voisin la gueule dans le caniveau, j’entends les coups sourds des matraques et des bottes qui font craquer les os, et moi… Moi qui fait rien, qui regarde ça, hypnotisé. Je sens une vague de haine au goût aigre de bile remonter en moi, je me dégoute, les êtres apathiques qui m’entourent à longueur de journée me dégoûtent. Dans un élan de rage je me lève et j’entreprends de déloger ma télé de son socle à coups de latte. L’image frémis, la gueule du trou du cul assis dans sa boîte à déblatérer ses conneries à longueur de journée tressaute à chaque coup de pompe. Enfin elle se décroche dans un grésillement électrique et, toujours emporté par ma colère, je la jette de toutes mes forces par la fenêtre. Elle se fracasse sur les pavés en contrebas à l’endroit où, plus tôt, j’avais vu le crâne du punk frapper le sol. Haletant, je contemple la scène depuis mon balcon, la pluie ruisselant sur mon visage.</p>
<p>Je referme la fenêtre et je m’affale sur le futon de mon salon, plongé dans une sorte de léthargie. J’attrape une bouteille de gnôle dégueulasse qui traîne sur une table basse et m’en envoie une rasade brûlante dans la gorge. Je sens le liquide racler mon œsophage et venir me réchauffer les tripes. J’attrape un bouquin qui traînait là –c’est une copie cornée du <em>Voyage au Bout de la Nuit</em> de Céline– puis l’ayant feuilleté machinalement je me lève pour le remettre à sa place sur l’étagère. Ma bibliothèque, seul lien que j’ai avec mon semblant de passé. Souvenirs de mon père, je chéris ces bouquins parmi lesquels on peut trouver aussi bien Aristote, saint Thomas D’Aquin ou Machiavel que Nietzsche, Proudhon, Marx, Céline, Nimier, Mishima, Drieu La Rochelle et des écrivains plus récents comme Maurice Dantec et Robert Merle, sans oublier l’intégrale des Tintin. Les livres sont une denrée rare de nos jours, ils sont devenus obsolètes, comme les idiomes nationaux, aujourd’hui remplacés par un anglais simplifié. Les internationalistes doivent bander. Ah ça pour le coup ils ont bien réussi. Transferts de populations autochtones vers d’autres régions, destruction du passé de ces régions pour embrasser un «passé commun», poussée vers une homogénéité métissée, brassage des races qui sous couvert de tolérance et de diversité a fini par détruire la diversité. Ça demandait la création d’un nouveau calendrier. Selon eux, on est en l’an 25 après Lisbonne. Ça a été facile pour Eurocorp de prendre les rênes à ce moment-là. Organisation de toutes les institutions autour de la Compagnie, importation de main d’œuvre allogène moins chère et destruction de ce qui avait été l’Europe pour créer Euroland. Euroland cette entité faisant face aux autres grandes corporations telles que l’Americon (englobant tout, des cercles polaires de la région nord, jusqu’aux tropiques). Les enjeux politiques et économiques ont fini par s’entremêler, au détriment des populations et des cultures. Et moi je suis là dans mon putain d’appart’, individu sans passé et sans avenir, pion dans les mains des cons à la tête de ce merdier. Condamné à mener une existence de fantôme, chef de chaîne dans la plus grosse usine du secteur Nord-Ouest; remplaçable, simple numéro sur une liste qu’un autre numéro viendra remplacer s’il vient à disparaître. Et pendant ce temps-là, assis confortablement dans leurs salons, les loques qui ont accepté de vendre leur âme à ces enfoirés se marrent, s’empiffrent et prêchent le mélange de tous les individus, de toutes les identités. Ils travaillent depuis chez eux cette nouvelle bourgeoisie, mélangée, sans passé autre que «l’héritage de Lisbonne»; ils dépendent de notre main d’œuvre les enflures… Au fond, ils l’auraient bien profond si on décidait tous de plus vouloir êtres leurs larbins, si on leur rentrait dans la gueule un bon coup. Ouais, ça les mettraient mal ces enflures si nous, les autochtones du vieux Paris, on marchait sur leurs grattes ciels, on dynamitait leurs usines, on butait leurs dirigeant –ces vieux charognards repliés dans leur nid au 100ème étage de l’E‑Tower– qu’ils finissent tous la gueule dans le caniveau à se vider de leur sang en gueulant comme des gorets. C’est à portée de main, si les merdes qui m’entourent se secouaient un peu, ouvraient leurs yeux. En tout cas, moi le citoyen de catégorie ‘Autochtone’, moi le numéro 260304206, moi le chef de chaîne, je ne supporterais plus leur merde!</p>
<p>Je me lève d’un bond de mon canapé, prend une douche froide en pensant à ce que je vais bien pouvoir faire. Je me reprends en main! Je me rase et entreprend de me couper les cheveux. Je jette un coup d’œil dans le miroir, je reconnais pas le mec qui est dedans. Les côtés du crâne et la nuque bien ras, le dessus peigné et propre, le menton glabre. Ça change du barbu aux cheveux ternes qui me faisait face il y a à peine une heure. Plus jamais je n’aurais l’air d’un clochard traînant les pieds devant ces raclures! Je renfile un polo propre, mon jean délavé, une paire de baskets, un blouson et quitte mon appartement. L’heure est venue de réagir.</p>
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		<item>
		<title>The Hunger Games, comme un air de déjà-vu</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/03/27/the-hunger-games-comme-un-air-de-deja-vu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor Constant]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Mar 2012 14:31:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[battle royale]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[jennifer lawrence]]></category>
		<category><![CDATA[panem]]></category>
		<category><![CDATA[suzanne collins]]></category>
		<category><![CDATA[the running man]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À mi-chemin entre Battle Royale et The Running Man, The Hunger Games nous plonge à son tour dans sa version édulcorée de la «tuerie-spectacle».</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’évènement cinématographique de la semaine dernière en Amérique du Nord était sans nul doute la sortie très attendue de l’adaptation du roman de 2008 de Suzanne Collins, <em>The Hunger Games</em>. Dimanche, on annonçait que le film avait généré un total de 155 millions de dollars d’entrées en seulement trois jours, ce qui le place en troisième position du classement général du box-office, juste derrière <em>The Dark Knight</em> et le dernier volet de la série des<em> Harry Potter</em>. Cet engouement pour le film s’explique sans doute par la popularité des livres de Suzanne Collins, mais un cinéphile ne les ayant pas lus risque de repartir sur sa faim.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 740px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/03/c-hunger-games.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-large wp-image-12258" title="c - hunger games" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/03/c-hunger-games-740x492.jpg" alt width="740" height="492"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gracieuseté d’Alliance Films</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>En effet, rien de nouveau sous le soleil pour <em>The Hunger Games</em>. Dans une Amérique post-apocalyptique et dystopique, rebaptisée Panem, le pouvoir est centralisé dans la mégapole prospère du Capitole qui règne sur les douze Districts –en état de paupérisation provoquée– qui l’entourent. En gage de «tribut», le Capitole choisit un garçon et une fille, entre 12 et 18 ans, dans chaque District pour participer aux «Hunger Games», un combat à mort entre les 24 participants retransmit à travers le pays sur les écrans de télévision et duquel un seul «tribut» peut sortir vainqueur et riche. Ils bénéficient tous de sponsors ainsi que de cotes utilisées pour orienter les paris.</p>
<p>Quelque chose qui cloche? Une impression de déjà-vu? Si vous avez vu l’excellent <em>Battle Royale</em> ou encore le film <em>The Running Man</em>, c’est normal. Pour ceux qui ne les auraient pas vus, <em>Battle Royale</em> se passe dans un Japon contemporain où la violence et la délinquance foisonnent et le gouvernement, par mesure de répression, envoie chaque année une classe de troisième d’un lycée à problèmes sur une île avec des armes et du matériel, sous la supervision de l’armée, pour se livrer à un combat jusqu’à la mort duquel seul un seul élève pourra sortir vivant.</p>
<p><em>The Running Man</em>, quant à lui, se déroule dans des États-Unis dystopiques, dans un futur proche, où un large gouvernement centralisé et totalitaire règne d’une main de fer et où certains condamnés peuvent choisir de participer à l’émission télévisée du «Running Man». Les prémices de cette émission font que le condamné doit survivre dans un terrain délimité tout en étant poursuivi par une équipe de chasseurs cherchant à le tuer et le public de l’émission place des paris quant à la survie du candidat. S’il survit à l’émission, il est alors gracié.</p>
<p>On voit donc l’apparition d’un thème récurrent, surtout quand on sait que <em>Battle Royale</em> date de 2000 (le roman date de 1999) et que <em>The Running Man</em> date de 1987 (le roman de Stephen King datait lui de 1982). De ce point de vue-là,<em> The Hunger Games</em> est plutôt décevant car il présente une vision beaucoup plus édulcorée et moralisatrice. La «gentille» Katniss (Jennifer Lawrence), malgré son incroyable talent d’archère, ne tue presque jamais les «méchants»&nbsp;qui sont, rappelons-le, obligés tout comme elle de participer à l’épreuve. Une histoire d’amour impossible entre les deux participants du même District (Katniss et Peeta) vient aussi s’entremêler à l’action et, au lieu de la renforcer, comme on pouvait le voir dans<em> Battle Royale</em>, la dénature et la ralentit. Ce sentiment de déjà-vu et le frein mis sur le rythme de l’action au profit de considérations manichéennes, qui ont tendance à faire oublier que tous les participants sont ensemble dans la même galère et qui rappellent que «la violence, c’est mal», rendent le film décevant.</p>
<p>Malgré tout, force est de constater que la trame ainsi que la réalisation présentent des éléments novateurs qui viennent rajouter au film un certain intérêt. La métaphore filée de l’Empire romain (à travers les personnages de Caesar, Seneca, Claudius et Cato notamment) et le parallèle avec les gladiateurs et les jeux du Cirque restent savoureux. Enfin, la réalisation et le jeu d’acteur restent satisfaisants et nous donnent deux heures et demie esthétiquement très agréables et au cours desquelles on ne s’ennuie pas.</p>
<p><em>The Hunger Games</em> est donc un film à aller voir, même si il reste dans l’ombre de ses prédécesseurs et laisse sur leur faim les gens n’ayant pas lu le livre. On attend avec un peu plus d’impatience le deuxième volet de cette trilogie, promettant de s’écarter d’un registre dans lequel il ne brille pas pour, espérons-le, approfondir et développer l’histoire de Katniss et de son combat contre le Capitole.</p>
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		<item>
		<title>La DPS baillonnée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/03/13/la-dps-baillonnee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor Constant]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Mar 2012 12:35:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[donateur]]></category>
		<category><![CDATA[fuite]]></category>
		<category><![CDATA[injonction]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[mcgilldaily]]></category>
		<category><![CDATA[mcgillleaks]]></category>
		<category><![CDATA[partenaire industriel]]></category>
		<category><![CDATA[wikileaks]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des documents administratifs de McGill qui fuitent sur Internet entraînent une vive réaction de la part de l’Université.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 3 mars dernier, un site Internet fonctionnant selon le système des lanceurs d’alerte anonymes a été mis en ligne. Ce site, prenant exemple sur le désormais célèbre WikiLeaks, agissait sous l’intitulé McGillLeaks. Il avait comme mission avouée de publier, lors des trois semaines à venir, des centaines de documents plus ou moins confidentiels traitant des donateurs et des partenaires industriels de l’Université et de leur rôle dans le financement et l’orientation de la recherche à McGill.</p>
<p>D’après McGillLeaks, la publication de ces documents aurait pour but de rétablir une plus grande transparence administrative, ainsi que d’informer la communauté étudiante quant à la nature des recherches (et de leur financement) entreprises à McGill, notamment dans les domaines épineux de la défense, de la pharmacie et de la biotechnologie.</p>
<p>L’administration a réagi promptement. Dès mardi, les documents publiés sur McGillLeaks avaient été mis hors ligne et le vice-principal aux relations externes, Olivier Marcil, annonçait que les documents avaient été obtenus de manière illégale, que cela constituait donc un crime et que, par conséquent, la police avait été contactée tandis que l’administration conduirait une enquête interne.</p>
<p>La réaction de l’Université ne s’est malgré tout pas arrêtée là. Le McGill&nbsp; Daily s’est retrouvé face à une lettre d’avocat les menaçant de poursuite au civil suite à la publication d’un article sur leur site Internet le lundi 5 mars dans la soirée. L’article en question, rédigé par Erin Hudson, rapportait les faits en précisant le lien URL du site.</p>
<p>Il aurait été difficile de justifier l’absence d’articles sur un sujet aussi sensible que celui-ci dans l’une des plus grosses publications étudiantes du campus. Il aurait surtout été déplorable que la communauté étudiante n’en soit pas informée. Le 5 mars au soir, la Daily Publication Society (DPS) –organe de presse étudiant et indépendant– et Erin Hudson ont reçu un courrier du cabinet McCarthy Tétrault qui les informait que l’Université McGill les enjoignait de modifier leur article en ligne, sous peine de poursuites au civil.</p>
<p>D’après la lettre de l’avocat, les documents publiés auraient été «volés et obtenus illégalement par McGillLeaks» et leur publication représenterait un délit. Le courrier exige donc que le Daily «retire tout lien sur le site Internet <em>mcgilldaily.com</em> qui redirigerait les utilisateurs vers le site [de McGillLeaks] » et les «somme de ne pas publier de tel lien sur le site <em>delitfrancais.com</em>».<br>
En plus de cette injonction visant à réduire le trafic vers le site de McGillLeaks et empêcher une pratique déclarée illégale, la lettre demande aussi à la DPS de «supprimer immédiatement toute référence faite à ces documents et informations, ainsi que d’effacer tout commentaires faits sur ceux-ci». L’Université a donc tenté d’utiliser les moyens mis à sa disposition afin d’empêcher l’organisme de publication indépendant de rapporter des faits relatifs à la vie sur le campus et aux relations entre les étudiants et leur administration.</p>
<p>Suite à la réception de cette lettre, la DPS s’est concertée avec Maître Bergman (son avocat depuis 1989) pour voir comment gérer la situation de manière appropriée. De cette concertation, il est ressorti plusieurs réponses aux problématiques posées par ce courrier, ainsi qu’une lettre de Maître Bergman à l’encontre de Maître Michel Gagné , qui représente l’Université McGill au sein du cabinet McCarthy Tétreault.</p>
<p>Dans le communiqué officiel de la DPS, publié le 12 mars, la direction de la société de publication explique que cette dernière «s’abstiendra de publier l’adresse internet, un hyperlien ou n’importe quel autre lien internet donnant accès aux documents de McGillLeaks», s’abstiendra de «rapporter les faits ou d’exprimer une opinion quant au contenu des documents McGillLeaks et se réfrènera de reproduire lesdits documents», mais que, malgré tout, la DPS «continuera à rapporter, commenter et exprimer son opinion quant aux faits relatifs à l’existence de McGillLeaks, ainsi que sur la réaction de l’Université McGill par rapport à la publication de ces documents&nbsp; et sur l’enquête de l’Université relative à McGillLeaks et la fuite de ces documents».</p>
<p>La DPS a donc choisi de se soumettre aux injonctions directes de l’équipe légale de l’administration de McGill concernant la publication de liens directs vers McGillLeaks ou les documents publiés par McGillLeaks, et à l’interdiction de commenter directement le contenu des documents qu’elle aurait obtenu dans le domaine public (Internet).</p>
<p>Malgré tout, la DPS refuse d’être réduite au silence total par l’administration mcgilloise de laquelle, par ailleurs, elle ne dépend pas et a choisi de continuer à rapporter les faits relatifs à cette affaire qui reste d’une haute importance pour la vie des étudiants sur le campus, ainsi que pour leur relation vis-à-vis de l’administration.</p>
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