<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Julie Turcotte - Le Délit</title>
	<atom:link href="https://www.delitfrancais.com/author/julie-turcotte/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link></link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Nov 2009 21:19:40 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>Saint-Jean aux mille sculptures</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/11/17/saint-jean-aux-mille-sculptures/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julie Turcotte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2009 15:00:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Région]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=1837</guid>

					<description><![CDATA[<p>À mi-chemin entre Québec et Rivière-du-Loup, sur la rive sud du fleuve, la petite ville de Saint-Jean-Port-Joli a beaucoup à offrir aux amateurs d’activités culturelles. Coup d’oeil sur ce petit coin de Chaudières-Appalaches.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2009/11/17/saint-jean-aux-mille-sculptures/" data-wpel-link="internal">Saint-Jean aux mille sculptures</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsqu’on me demande d’où je viens et que je nomme mon village natal, neuf fois sur dix j’ai droit à la réponse à laquelle je m’attends. «Saint-Eugène? Non, connais pas.» C’est alors que j’ajoute : «C’est juste à côté de Saint- Jean-Port-Joli…» Et là, parfois, une petite lumière s’allume dans le regard de mon interlocuteur. «Ouais, ça me dit quelque chose.»</p>
<p>Ça vous dit quelque chose? C’est fort possible, car Saint- Jean-Port-Joli figure parmi les incontournables de la carte touristique et culturelle du Québec. Depuis plusieurs dizaines d’années, ce village fait mentir ceux qui soutiennent que la culture, ce n’est qu’en ville –pour ne pas dire qu’à Montréal– que ça se passe. Printemps, été, automne ou hiver, Saint-Jean-Port-Joli a toujours quelque chose à offrir à ses habitants et aux visiteurs qui s’y arrêtent.</p>
<h4>La capitale de la sculpture</h4>
<p>En 2005, Saint-Jean-Port-Joli a été désignée Capitale culturelle du Canada. On soulignait ainsi le dynamisme de cette petite communauté, hôte de nombreux artistes et artisans qui contribuent à faire de la région un pôle culturel important.</p>
<p>La spécialité du coin –s’il faut n’en nommer qu’une– c’est certainement la sculpture sur bois. Les origines de ce métier d’art remontent ici au début du siècle, lorsque les trois frères de la famille Bourgault (Médard, André et Jean-Julien) ont, grâce à leur talent, contribué à faire de ce petit village un haut-lieu de la sculpture. Cette tradition est encore bien vivante, et la réputation de Saint- Jean-Port-Joli en tant que capitale de la sculpture dépasse largement les frontières du Québec.</p>
<p>De fait, chaque année depuis un quart de siècle a lieu l’Internationale de sculpture (qui deviendra en 2010 la Biennale de sculpture), un événement qui rassemble des sculpteurs de tous les coins du monde pendant une dizaine de jours d’activités. Cette rencontre est l’occasion pour les artistes d’échanger sur leur art, et pour le public de voir ces artistes à l’oeuvre; certaines des sculptures sont ensuite exposées tout au long de la saison estivale dans le Parc des Trois Bérets, un joli site en bordure du fleuve.</p>
<h4>L’héritage maritime de la région… en chansons</h4>
<p>Saint-Jean-Port-Joli est un village côtier: le fleuve fait partie de la vie de ses habitants, passés, présents et futurs. Cet héritage a laissé des traces dans la mémoire collective, notamment sous la forme de légendes (celle, par exemple, de la Coureuse des grèves attendant les marins sur les berges du fleuve), mais également sous la forme de ces chansons fredonnées par les marins lors de leurs longs voyages en mer… C’est dans cet esprit qu’a été créé, il y a près de douze ans, le Festival des chants de marins, qui fait revivre chaque année la tradition musicale maritime de la région et d’ailleurs.</p>
<p>En plus des nombreux spectacles de musique et de danse folkloriques au programme, le Festival donne lieu à des activités variées, allant des ateliers d’histoire au repas gastronomique mettant en vedette les produits du terroir maritime. Cinq jours de fête bien remplis, c’est garanti!</p>
<h4>Les saisons en fête</h4>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignleft size-medium wp-image-1743" title="C-Sain-Jean-Port-Joli-hiver-2" src="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/C-Sain-Jean-Port-Joli-hiver-2-300x176.jpg" alt="C-Sain-Jean-Port-Joli-hiver-2" width="300" height="176"> Qui a dit que l’hiver était une saison ennuyante? Québec possède son Carnaval, Montréal sa Nuit Blanche et son Festival en Lumières. À Saint-Jean-Port- Joli, on célèbre la Fête d’hiver: en février, la sculpture sur bois fait place à la sculpture sur neige. Encore une fois, l’événement attire des sculpteurs locaux et étrangers, qui s’affrontent dans des compétions –amicales, bien sûr. Le parc des Trois Bérets se couvre alors de monuments blancs, et le visiteur qui s’y promène a de quoi oublier le froid pendant quelques heures…</p>
<p>L’automne et le printemps voient eux aussi défiler leur lot d’activités culturelles. Les violons d’automne, notamment, invitent les spectateurs à (re)découvrir cet instrument qu’est le violon, à travers une série de concerts et d’ateliers destinés au grand public. Les Printemps enchantés, quant à eux, sont l’occasion d’assister à une série de spectacles donnés par les ensembles vocaux Solaré (jeunes) et La Marée chante (adultes) au cours de la première fin de semaine de mai.</p>
<h4>Et le reste du temps…</h4>
<p>Pour tous ces jours où Saint- Jean-Port-Joli n’est pas «en fête», reste toujours de quoi se divertir en visitant l’un des nombreux musées ou boutiques d’artisanat dont regorge le village… ou encore en découvrant les bons petits restos du coin, tout aussi nombreux! Les amoureux de littérature de la Nouvelle-France parmi vous ne manqueront pas non plus d’aller visiter l’église du village, où repose, inhumé sous le banc seigneurial, notre cher Philippe Aubert De Gaspé, dernier seigneur de Saint-Jean-Port- Joli.</p>
<p>Alors, prêts à parcourir les quelque trois heures et demie de route qui séparent Montréal de ce charmant petit coin du Québec? Vous allez voir, ça passe vite, surtout en ayant un bon livre sous la main (ce pourrait être l’occasion de lire ou de relire les <em>Anciens Canadiens</em>, pourquoi pas?).</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2009/11/17/saint-jean-aux-mille-sculptures/" data-wpel-link="internal">Saint-Jean aux mille sculptures</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Flagrant délit de tendresse</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/11/10/flagrant-delit-de-tendresse-9/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julie Turcotte]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Nov 2009 01:51:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Roman feuilleton]]></category>
		<category><![CDATA[Flagrant délit de tendresse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=1724</guid>

					<description><![CDATA[<p>Épisode 9</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2009/11/10/flagrant-delit-de-tendresse-9/" data-wpel-link="internal">Flagrant délit de tendresse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Longueuil. 8:43 AM</em></p>
<p>Domicile du 1434, Rue Dollard, app. 6.</p>
<p>Il ouvre un oeil, puis l’autre. Il se rend compte tout de suite d’un changement subtil dans la composition de l’air. De l’électricité, pense-t-il. Oui, il y a de l’électricité dans l’air.</p>
<p>Dans la cuisine, son cousin est assis à la table et s’affaire à découper un bout de rideau rouge avec des ciseaux. Décidément, il se passe quelque chose de pas normal. Des dizaines de carrés rouges aux angles croches sont éparpillés partout. Steeve n’a jamais eu beaucoup de talent pour le découpage. Le voici qui lève vers lui des yeux écarquillés et qui lance : «<em>Man</em>, ça y est, c’est à matin que ça commence!»</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p><em>Montréal. 9:05 AM</em></p>
<p>7e étage du Leacock, McGill University. Un bureau.</p>
<p>Elle frissonne, pas à cause de la fraîcheur de l’air de novembre. Son directeur la dévisage, de ses yeux où luit une colère hagarde. «Vous avez eu vent de ce qui se passe, n’est-ce pas, <em>Miz</em>?» Elle acquiesce et retient sa respiration. Ne pas sentir son odeur, cette exécrable haleine de café moisi.</p>
<p>Elle ne l’a jamais vu dans un tel état. La veine de son front palpite si fort qu’elle menace d’exploser. «Je tiens à vous prévenir. Restez en dehors de ces histoires ridicules. Ne vous retrouvez pas mêlée à cette bande de babouins qui ne cherchent qu’à perturber le bon ordre social. Vous n’avez rien à faire avec cette populace inférieure… vous savez, certains ont pénétré les murs de cette vénérable institution à laquelle nous appartenons, vous et moi. <em>Vous et moi…</em>»</p>
<p>Partir. Au plus vite. S’enfuir de l’âtre nauséabond de cette brute sanguinaire. «Veuillez m’excuser, je… on m’attend.»</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p><em>Montréal, 11:29 AM</em></p>
<p>Coin Berri-Sainte-Catherine, place Émilie-Gamelin. Une foule.</p>
<p>L’électricité, ici, se sublime en énergie pure. La fièvre syndicaliste le gagne, et déjà il regarde avec une affection fraternelle tous ces manifestants qui, comme lui, arborent un carré de rideau rouge. Qu’importe qu’il ne sache pas exactement ce qu’il fait là, il a l’impression de trouver ici, dans cette foule disjonctée, une communauté prête à l’accueillir. Pas comme ces hostiles anglophones de McGill… Sauf, bien sûr…</p>
<p>Des slogans sont lancés. «À mort le capitalisme». «Soso- so, solidarité». «<em>Fuck</em> les chiens». Il gueule, lui aussi. Une caméra s’approche de lui et de son cousin. Un journaliste cherche à capter l’esprit de la manifestation. «Pourquoi êtes-vous ici aujourd’hui?» Trouver une réplique intelligente pour le monsieur de la télé. Son cousin le devance. «Pour faire la révolution, <em>man</em>! Le pouvoir au peuple, pis <em>fuck</em> la bourgeoisie!» Ne trouvant rien de mieux à ajouter, il répète bêtement: «Ouin, <em>fuck</em> la bourgeoisie!»</p>
<p>Le journaliste s’éloigne, l’air satisfait.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p><em>Québec. 2:45 PM</em></p>
<p>Colline parlementaire, cabinet du Premier Ministre.</p>
<p>L’attaché politique, nerveux comme à chaque fois qu’il s’adresse au Premier Ministre, ramasse tout son petit courage et ouvre la bouche. «Je viens d’avoir le chef de la police de Montréal au téléphone. La manifestation est sous contrôle, mais… Vous savez que les leaders syndicalistes et étudiants ont lancé un… appel à la <em>grève nationale</em>?»</p>
<p>Le Premier Ministre gratte sa tête bouclée, feignant l’indifférence. «Ne vous en faites pas, je commence à avoir l’habitude avec ces gens-là.» Une pointe d’inquiétude, malgré lui, a percé dans sa voix.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p><em>Outremont. 5:02 PM</em></p>
<p>Domicile du 6528, rue Van Horne.</p>
<p>Assise dans le fauteuil style voltaire restauré de son amie Emma, une tisane gingembre et eucalyptus fumante à la main, elle respire un peu mieux. Il lui semble qu’elle vient de passer ce qui pourrait bien avoir été l’une des pires journées de sa vie. D’abord la rencontre avec l’Affreux. Puis son séminaire, où Lui n’est pas venu. Finalement, les restes hostiles d’une manifestation qui l’avaient «accueillie» à sa sortie de McGill.</p>
<p>Emma tente de lui remonter le moral. À la télé, des images de la manifestation tournent en boucle. Distraite, elle se croit soudain prise d’hallucinations lorsqu’elle aperçoit à l’écran son Ovila, au beau milieu d’une jungle de malfamés, qui l’insulte, <em>elle</em>, la bourgeoise.</p>
<p>La voix d’Emma, au loin. «Hey, c’est pas ton étudiant à la télé?»</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p><em>Montréal. 7:51 PM</em></p>
<p>Café Chaos, rue Saint-Denis.</p>
<p>Épuisé, les cordes vocales à feu et à sang, il parvient tout de même au bar où s’est réuni le groupe de syndicalistes radicaux. Les plus modérés sont rentrés chez eux. Musique punk, bruit des bouteilles que l’on cogne sur la table. Ça parle de complot, de coup d’éclat.</p>
<p>«Moi j’pense qu’y faut fesser là où ça va faire le plusse mal, dit Steeve. Attaquer les bourgeois chez-eux!»</p>
<p>«Ouais, répond un autre. Y faut frapper à McGill. Pis y faut frapper fort.»</p>
<p>McGill. Le symbole de la bourgeoisie capitaliste anglophone. Merde, pense tout à coup Ovila.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2009/11/10/flagrant-delit-de-tendresse-9/" data-wpel-link="internal">Flagrant délit de tendresse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Flagrant délit de tendresse</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/10/06/flagrant-delit-de-tendresse-5/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julie Turcotte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2009 23:02:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Roman feuilleton]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=781</guid>

					<description><![CDATA[<p>ÉPISODE 5<br />
Résumé de l’épisode précédent:<br />
Au cours d’une rencontre aux relents désagréables dans le bureau de son directeur, notre T.A. découvre que ce dernier l’a bel et bien aperçue à la bibliothèque avec son bel étudiant. Juste comme elle vient de prendre la décision de redescendre sur terre, elle est surprise par la photo sur un autobus d’un visage qu’elle croit reconnaître…</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2009/10/06/flagrant-delit-de-tendresse-5/" data-wpel-link="internal">Flagrant délit de tendresse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4>Épisode 5</h4>
<p>Cinq heures de l’après-midi, le métro déverse son flot humain sur les quais de la station Longueuil-Université-de-Sherbrooke. Il suit la foule, pensif, oubliant même de chercher parmi les centaines de visages qui l’entourent celui d’une jolie jeune fille à laquelle il pourrait décocher son plus beau sourire, comme il s’amuse habituellement à le faire. Non, ce soir, alors qu’il rentre dans sa banlieue d’adoption, un seul visage occupe son esprit. «Aucune de ces filles ne lui arrive à la cheville», se surprend-il à penser, non sans une pointe d’orgueil. Les images de la scène torride à la bibliothèque lui reviennent en tête tandis qu’il franchit la porte de la station et que l’air frais lui fouette le visage. Elle l’avait désiré si soudainement, si fortement… Mais pourtant, il l’avait revue aujourd’hui, à la conférence, et son changement d’attitude l’avait déboussolé; elle l’avait tout bonnement ignoré, et à la fin du cours elle était sortie précipitamment sans même lui adresser ne serait-ce qu’un petit sourire complice. Après ce qui s’était passé entre eux!?</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p>Il ouvre la porte de l’appartement. Une odeur familière de «printemps» lui parvient aux narines, signe que son cousin est déjà rentré. Il tente de retrouver ses esprits, encore occupés dans la bibliothèque avec la belle rouquine. Une voix rauque lui parvient du salon, et il s’y dirige en se concentrant pour ne rien laisser paraître de son trouble. En vain.</p>
<p>«Mais qu’est-ce que t’as? T’as ben l’air bizarre!», lui lance son cousin, un éclat de curiosité dans ses yeux vitreux. «T’as revu ta belle Anglaise, hein, c’est ça?»</p>
<p>Il se laisse tomber dans le divan rugueux, regrettant presque d’avoir raconté cette histoire à son cousin. Mais après tout, se dit-il pour se redonner un brin de virile assurance, ce n’est qu’une fille! Ce n’est pas la première dans sa vie et ça ne sera pas la dernière!</p>
<p>«Ouin, je l’ai revue». Il prend un air détaché. Ses yeux se posent sur l’affiche du révolutionnaire obscur dont son cousin lui a si souvent parlé mais dont il n’arrive jamais à se souvenir du nom. Tchee Greva, ou quelque chose du genre. Quelques secondes s’écoulent avant qu’il n’ajoute: «Mais on n’a pas parlé. Je pense qu’elle veut pas trop que notre affaire continue… Mais de toute façon, ça me fait rien.»</p>
<p>Il n’en fallait pas plus pour que son cousin, rhéteur dans l’âme, se lance dans un discours passionné.</p>
<p>«C’est aussi bien de même, <em>anyway</em>. Cette fille-là, elle est pas faite pour toi: peut-être qu’elle est cute, mais quand même, c’est une Anglaise, <em>man!</em>»</p>
<p>Il soupire intérieurement et se cale un peu plus dans le divan, laissant son regard errer sur les miettes prises au piège entre les coussins.</p>
<p>«Si ça se trouve, son père est le gérant d’une grosse <em>business </em>qui refuse que ses employés se syndiquent, pis ça, tu veux pas ça. Moi, en tout cas, j’serais pas capable! Tu l’sais comment que c’est sacré pour moi, les syndicats. Ça sert à unir le monde, à empêcher qu’on se fasse<em> crosser </em>par les <em>big boss </em>des grosses compagnies qui veulent rien qu’faire de l’argent su’l’dos du monde. Ouin, j’voudrais pas avoir quelqu’un de même trop proche de moi, genre dans ma famille, là. Tsé quand t’étais avec Nathalie…»</p>
<p>Il sursaute tout à coup au nom de son ex. Il y a longtemps qu’il n’y a plus pensé, à Nathalie. Certaines images de lui et d’elle lui reviennent aussitôt à l’esprit… Ils avaient partagés de très bons moments ensemble… Une image mentale se dessine à partir d’un souvenir particulièrement agréable, où le visage de Nathalie s’efface pour laisser la place à celui, si délicat et oh combien envoûtant, de sa<em> T.A.</em> Un frisson lui parcourt l’échine et il ferme un instant les yeux pour se laisser submerger par cette plaisante vision. La voix de son cousin se fait plus distante, jusqu’à sembler venir de loin, d’un autre monde.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2009/10/06/flagrant-delit-de-tendresse-5/" data-wpel-link="internal">Flagrant délit de tendresse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
