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	<title>Isabelle Sokolnicka - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 07 Feb 2012 16:06:45 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Overdose de rose</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/01/31/overdose-de-rose/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Sokolnicka]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 14:23:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[arnaque]]></category>
		<category><![CDATA[cancer du sein]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[léa pool]]></category>
		<category><![CDATA[ruban rose]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rose: cette couleur symbole de la lutte contre le cancer porte en fait le chapeau d’une industrie hypocrite et mensongère.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Léa Pool (Emporte-moi, Maman est chez le coiffeur) explore cette hypothèse controversée dans L’Industrie du ruban rose, la toute dernière production de l’Office National du Film. Il était temps. Malgré l’indignation que cette question soulève, se demander si les profits provenant de la lutte contre le cancer du sein (campagnes publicitaires, marches et produits dérivés à n’en plus finir) profitent réellement et directement à la cause. Quelle cause? Celle de la recherche d’un remède à la maladie ou celle d’une nouvelle avenue de profit pour plusieurs dizaines de compagnies?</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/C-ruban-rose-1.jpg" data-wpel-link="internal"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-10787" title="C - ruban rose 1" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/C-ruban-rose-1-595x395.jpg" alt width="595" height="395"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Photo: Léa Pool</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Chaque année, les levées de fonds en tous genres rapportent des millions de dollars, car la cause rassemble et mobilise, tout particulièrement aux États-Unis. Par la même occasion, toutes sortes de compagnies y trouvent leur compte. Il ne faut pas être un génie en économie pour s’apercevoir qu’un aspirateur portant le signe du ruban rose se vend nécessairement mieux qu’un même aspirateur sans prétentions philanthropiques.</p>
<p>Pourtant, alors que l’argent s’entasse, il semble ne pas y avoir de suivi, ni de données claires concernant l’allocation des fonds, ni de détails sur la coordination des recherches ou sur les résultats obtenus. La sensibilisation au fléau du cancer du sein part d’une bonne intention, certes, mais il n’en demeure pas moins qu’elle véhicule des propos mensongers. Cette campagne semble entre autres clamer haut et fort que plus il y aura de contributions, plus grandes seront les chances d’éliminer la maladie; elle pèche aussi par omission, car on mentionne rarement –sinon jamais– la nécessité d’investir dans la prévention d‘un des cancers les plus répandus et meurtriers.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/C-ruban-rose-2.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-large wp-image-10789" title="C - ruban rose 2" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/C-ruban-rose-2-595x395.jpg" alt width="595" height="395"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Photo: Léa Pool</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>En fait, la véritable hypocrisie des campagnes du ruban rose réside dans le fait que des compagnies telles qu’Avon, un des leaders en la matière, sont aussi les compagnies qui vendent des produits de beauté contenant des composants cancérigènes.<br>
L’exploitation d’une maladie à des fins lucratives ne cesse de prendre toutes les couleurs et toutes les formes (campagnes de lutte contre le VIH, les maladies cardiovasculaires, et j’en passe). C’est, dirait-on, le capitalisme… dans toute sa splendeur.</p>
<p>L’Industrie du ruban rose propose un pas dans la bonne direction, celle de la mise à jour d’une hypocrisie camouflée avec ruse, un documentaire qui nous mène très certainement à réfléchir, mais qui malheureusement ne creuse pas assez loin les problématiques qu’il soulève et ne réussit donc pas à fournir les réponses concrètes et satisfaisantes auxquelles le spectateur, intrigué, s’attend. Petit budget ou trop peu de capacité d’investigation? Sans narrateur, le film manque aussi de structure et de mouvement, son idée directrice est difficile à suivre, au point que l’on a parfois l’impression de regarder des séquences en pré-montage. Les idées excellentes finissent par se perdre dans un amas de banalités qui tendent à se répéter.</p>
<p><em><strong>L’Industrie du ruban rose</strong></em><br>
<strong>Où:</strong> Dans tous les bons cinémas<br>
<strong>Quand:</strong> À partir du 3 février</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La verte fée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/01/17/la-verte-fee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Sokolnicka]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 14:14:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[absinthe]]></category>
		<category><![CDATA[antiquité]]></category>
		<category><![CDATA[beaudelaire]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[hallucinogène]]></category>
		<category><![CDATA[hemmingway]]></category>
		<category><![CDATA[suisse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans cette série «Histoire occulte», Le Délit fouille les recoins obscures du passé, pour dénicher une histoire ignorée par les érudits de l’académie.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>«Le premier verre vous montre les choses comme vous voulez les voir, le second vous les montre comme elles ne sont pas; après le troisième, vous les voyez comme elles sont vraiment.»- Oscar Wilde</p>
<p></p><figure class="wp-caption alignright" style="max-width: 200px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/absinthe-1.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-10378" title="absinthe 1" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/absinthe-1-200x300.jpg" alt width="200" height="300"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/isabelle-sokolnicka/?media=1" data-wpel-link="internal">Isabelle Sokolnicka</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>
Elle fait rêver, elle fait peur, il faut la boire selon un rituel… L’absinthe, source de folie ou muse? On ne sait pas trop. En fait, les recherches scientifiques montrent que l’absinthe ne rend ni fou ni artiste: la thuyone, l’acore et la muscade –les ingrédients présumés psychotropes– sont présents en trop faible quantité pour avoir un réel effet sur nos capacités cognitives.
<p>L’absinthe ce ne sont que des herbes que l’on laisse macérer et que l’on distille par la suite: de l’anis vert, du fenouil, de la mélisse, de l’hysope, de la grande et de la petite absinthe. Rien d’exceptionnel en soi. Pourtant, de Rimbaud à Hemingway, de Toulouse-Lautrec à Van Gogh, de Gauguin à Manet, de nombreux grands créateurs du siècle ont vu en cette boisson une égérie aux pouvoirs multiples.</p>
<p>Dans les années 1900, un véritable rituel de «l’heure verte» se répand dans les cafés des grands boulevards parisiens; un équivalent anisé de notre 5 à 7 québécois. Elle plaît aux artistes, elle plaît aux bourgeois. La France entière adopte à la Belle Époque l’absinthe comme boisson nationale.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/absinthe-2.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10380" title="absinthe 2" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/absinthe-2-595x396.jpg" alt width="595" height="396"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/isabelle-sokolnicka/?media=1" data-wpel-link="internal">Isabelle Sokolnicka</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>L’absinthe est chic, l’absinthe a du style, la boire est un art: on verse de l’eau froide sur une cuillère en argent contenant un morceau de sucre; l’eau sucrée s’écoule dans un verre en cristal rempli d’absinthe.</p>
<p>Mais alors que les distilleries d’absinthe ne cessent de se multiplier (particulièrement en France au début du 20e siècle), les viticulteurs se rongent les sangs: incapables de faire face à cette nouvelle compétition, la vente de leur production est en chute libre. Les producteurs de vin français se mobilisent alors avec la Ligue Nationale contre l’alcoolisme et organisent des campagnes contre la fée verte.</p>
<p>Il leur faut bien trouver un coupable qui ternira pour de bon la réputation de l’absinthe: on pointe alors du doigt un cas (le seul) de Jean Lanfray qui en 1905 boit deux onces d’absinthe, puis tue sa femme, ses enfants et se suicide. L’affaire est close: l’absinthe rend fou, elle est dangereuse, en boire est une maladie. La boisson est bannie dans un certain nombre de pays d’Europe ainsi qu’aux États-Unis. En France, c’est depuis 1910 jusqu’à tout récemment que l’absinthe était illégale.</p>
<p>Après neuf décennies de châtiment, le crime n’est plus: seul le taux de thuyone dans l’absinthe est à présent régulé au Canada et aux États-Unis, tandis que la prohibition a été entièrement levée en 2005 pour la Suisse, et en avril 2011 pour la France.</p>
<p>Si la science ne trouve rien et que la loi ne condamne plus, pourquoi alors l’absinthe garde-t-elle son aura mystérieuse? Pourquoi demeure-t-elle démonisée?</p>
<p>Ce n’est peut-être au fond pas vraiment une liqueur comme les autres… N’a‑t-elle pas inspiré, depuis l’Antiquité les penseurs et les créateurs? N’a‑t-elle pas de pouvoir aphrodisiaque, enchanteur? N’y est-elle pour rien dans la floraison des mouvements impressionniste, surréaliste et moderniste?</p>
<p>Dans son essence bohémienne, sa couleur brumeuse et son goût épicé se cache nécessairement une entrée vers un monde d’idées inexploré.</p>
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		<title>Ce que valent mille mots</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/09/27/ce-que-valent-mille-mots/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Sokolnicka]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Sep 2011 12:13:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[Bibi Aïsha]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Jodi Bieber]]></category>
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		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique internationale]]></category>
		<category><![CDATA[world press photo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>World Press Photo: une manière de traverser les grands et les plus terribles moments de l’année dernière.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/09/27/ce-que-valent-mille-mots/" data-wpel-link="internal">Ce que valent mille mots</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Des yeux magnifiques, un visage résolu et un nez mutilé. Bibi Aïsha.</p>
<p>C’est son regard que l’on croise en premier en passant les portes du marché Bonsecours et qui nous frappe de plein fouet dans sa beauté et son horreur. On reste là, plantés devant cette photo gagnante du premier prix, silencieux, envahi d’une émotion que l’on ne comprend pas. Devant cette photographie, personne n’ose parler.</p>
<p></p><figure class="wp-caption alignright" style="max-width: 239px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/C-worldpress.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-8768" title="C- worldpress" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/C-worldpress-239x300.jpg" alt width="239" height="300"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Crédit photo: Jodi Bieber</span>		</figcaption>
	</figure>
Bibi Aïsha, c’est une jeune fille Afghane mutilée par sa belle-famille à 18 ans pour avoir fui la maison de son mari et prise ensuite en charge par l’organisation Afghan for Afghan Women. Jodi Bieber –une photographe Sud-Africaine– fait sa rencontre, la photographie. Le portrait est alors publié en couverture du Times, il fait le tour du monde en créant un véritable buzz médiatique et il remporte finalement le prix de la photo de l’année 2010.
<p>L’exposition World Press Photo nous fait parcourir, cliché par cliché, l’horreur du tremblement de terre en Haïti, les pires inondations de l’histoire du Pakistan ou bien le pétrole déversé dans le golfe du Mexique. On vit l’anxiété des clandestins Africains qui cherchent un nouveau refuge, le désespoir d’une mère narcomane et séropositive. On ressent le dégoût devant les photos de cadavres mutilés retrouvés au bord des routes du Mexique.</p>
<p>On se promène parmi les «Que c’est beau, regarde!» ou «Je n’ai jamais vu ça» ou bien encore «Oh, c’est horrible!» des visiteurs. Le beau et le laid s’entremêlent ici pour nous emporter dans un véritable moment d’hypnose, qui nous prend parfois au dépourvu, nous forçant à aimer ce qui peut être choquant et répugnant.</p>
<p>Pour Lolita Perez et Chloé Sincerny, étudiantes en cinéma au cégep de Lionel-Groulx, l’exposition est une forme d’initiation. «Ça nous permet de nous ouvrir les yeux sur d’autres horizons, pouvoir voir en face la misère du monde.»</p>
<p>La nouveauté cette année, que l’on doit à Matthieu Rytz, organisateur de l’édition 2011 du WPP à Montréal, ce sont deux nouvelles expositions à la mezzanine du marché Bonsecours.</p>
<p>C‑41 propose tout d’abord les photographies de la relève québécoise, à qui Monsieur Rytz souhaite ouvrir une vitrine, pour leur permettre de mieux se faire connaître au pays.</p>
<p>Et puis il y a AnthropoGraphia: des reportages sur les droits de l’Homme avec pour support visuel la photographie. Les sujets sont touchants, vivants, explorant le problème des avortements clandestins en Afrique de l’Est ou bien celui d’un système de justice corrompu en Ukraine.</p>
<p>La 54e édition du WPP sort assurément de l’ordinaire. «Ce qui est très important cette année, c’est que le WPP a nominé un portrait et le portrait n’est pas forcément une catégorie du photojournalisme», souligne Matthieu Rytz. Il est lui-même photographe et anthropologue visuel de formation, et a surtout travaillé sur le rapport Homme-Dieu dans la région de l’Himalaya. Il explique que de «raconter une histoire avec des images est extrêmement percutant» et c’est ce qui crée la portée humanitaire, informative du photoreportage ainsi que sa grande puissance narrative.</p>
<p>Quand on lui demande la photo qu’il préfère dans l’exposition de cette année, son choix se porte également sur le portrait de Bibi Aïsha fait par Jodi Bieber. Il fait remarquer avec justesse le contraste entre la photo de la jeune fille aux yeux verts du National Geographic, prise il y a 17 ans et qui présentait alors la beauté sauvage de l’Afghanistan, et le portrait de Bibi Aïsha, témoin d’un pays ravagé par la guerre qui détruit, mutile et torture. «Je la trouve extrêmement puissante en termes de symbolisme par rapport à l’agenda américain des États-Unis et toute la rhétorique de la reconstruction […] Ils sont partis la chercher en Afghanistan pour lui reconstruire son nez.»</p>
<p>C’est vrai que la photo a beaucoup fait parler d’elle et que c’est en fait grâce à cela, que Bibi Aïsha vit maintenant à New York où elle attend une opération chirurgicale qui lui permettra de retrouver son nez.</p>
<p>En sortant du marché Bonsecours, parce qu’il faut bien renter et qu’il fait déjà sombre dehors, on croise une dernière fois les yeux de Bibi Aïsha. On n’y voit plus une trace de laideur. Il y a quelque chose dans son regard qui est plus fort et qui captive d’avantage que son nez mutilé. Ses yeux parlent avec détermination et intensité de tout le combat d’un peuple déchiré par la violence. On y plonge notre regard une dernière fois et en sortant sur la rue de la Commune, on se dit que l’année prochaine, on reviendra.</p>
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