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	<title>Elliott George Grondin - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Mon, 20 Jan 2025 20:21:23 +0000</lastBuildDate>
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	<item>
		<title>Notre Trudeau</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/01/15/notre-trudeau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elliott George Grondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jan 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Justin Trudeau]]></category>
		<category><![CDATA[parti libéral]]></category>
		<category><![CDATA[premier ministre]]></category>
		<category><![CDATA[trudeau]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un jeune libéral nous parle du futur de son parti.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">C’est lundi matin que ça s’est finalement fait. À Ottawa, devant la porte de Rideau Cottage, la résidence temporaire qu’occupe Justin Trudeau depuis que le 24 Sussex Drive est en construction, Trudeau a annoncé aux 41 millions de Canadiens qu’il quittait ses fonctions de premier ministre et de chef du Parti libéral du Canada. C’est après une lente agonie que le chef du gouvernement s’est finalement résigné à faire l’annonce de son départ. Pourtant, Justin Trudeau n’est pas le premier ni le dernier à prendre cette décision. Avant lui, son père avait aussi démissionné en 1982 et choisit de prendre le chemin de la retraite. Jean Chrétien a quitté les communes après que des tensions internes sont devenues trop importantes pour préserver l’intégrité de<br>son leadership. Dans le cas de Trudeau, c’est la démission fracassante de sa ministre des finances, ChrystiaFreeland, qui a été la goutte ayant fait déborder le vase. C’était le dernier coup de couteau que Brutus portait à César, celui qui fut fatal.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Monsieur Trudeau, vous avez inspiré une génération entière à la politique, nous nous sommes sentis vus, entendus et représentés »</p>
</blockquote>



<p>À la suite du départ de Freeland, plusieurs choses se sont bousculées sur le calendrier des communes. Premièrement, Trudeau a annoncé son choix de proroger le Parlement. En d’autres mots, le Parlement ne siégerait pas. Les comités, les périodes de questions, tout ça a été mis en pause jusqu’au 24 mars. Ne vous inquiétez pas, le pays ne cessera pas d’opérer durant cette période. Le cabinet des ministres continue de se rencontrer, Trudeau demeure notre premier ministre. Donc, pour ceux et celles, de bonne ou de mauvaise foi, qui craignaient que le Canada prenne une dérive dramatique au cours des prochains mois, il reste un capitaine à la barre du navire.</p>



<p>Deuxièmement, dans sa conférence de presse, le premier ministre a aussi fait l’annonce qu’une course à la chefferie sera tenue afin d’élire un nouveau chef du Parti libéral. Autrement dit, après que l’exécutif national du parti ait déterminé les règles et conditions, nous, les libéraux, nous trouverons un nouveau chef d’ici mars. Il s’agit d’un moment des plus cruciaux, puisqu’il marque la première course à la chefferie libérale depuis 2013. Ce sera donc un moment parfait pour nous rassembler en tant qu’entité politique, panser nos blessures et nous retrouver en famille pour discuter du futur du parti. Ce sera aussi l’occasion de choisir ce qui est favorable pour le futur de notre formation politique, forte de 158 ans d’histoire, et que l’on espère voir évoluer aussi gracieusement qu’auparavant.</p>



<p>Troisièmement, l’heure des réactions a sonné : elles ont été nombreuses. D’une part, il y a eu les antagonistes. La coutume veut qu’on salue nos opposants lorsqu’ils quittent leurs fonctions publiques, une manière de reconnaître les sacrifices familiaux et personnels auxquels un politicien s’est soustrait pour le bien du pays. C’est une simple formalité, une preuve de civisme dans une arène politique trop souvent sanguinaire.</p>



<p>Pourtant, certains – comme Paul St-Pierre Plamondon, Pierre Poilievre et Jagmeet Singh, à l’image de Trump – ont fait fi des traditions politiques qui maintiennent le bon entendement.</p>



<p>Ils ont opté pour des critiques gratuites et polarisantes envers le premier ministre sortant afin de faire de vulgaires points politiques. Ce faisant, ils nous ont prouvé une chose : que leur bassesse n’a d’égal que leur manque de savoir-vivre et de respect envers les institutions démocratiques. Dans ce genre de moment, je tente de me souvenir d’une <a href="https://www.youtube.com/watch?si=5c4lemSPX7Ak8x5A&amp;v=mu_hCThhzWU&amp;feature=youtu.be" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">phrase de Michelle Obama</a> ; « q<em>uand ils s’abaissent au plus bas, nous nous élevons</em>. (<em>tdlr</em>) » C’est ce que je choisis de faire aujourd’hui. Dans le futur, je les remercierai de leur service rendu le jour où ces trois charmants messieurs nous feront le plaisir de quitter la vie politique.</p>



<p>D’autre part, les membres du caucus libéral lui ont tous rendu hommage. Tous, sans aucune exception, les mutins comme les fidèles. À leur manière, beaucoup ont salué le travail du premier ministre dans ses fonctions de chef de gouvernement, chef de parti et finalement comme député de la circonscription de Papineau depuis 2008. En politique, de nos jours, la décence est rare, mais il est bon de voir qu’il y en a toujours.</p>



<p>Pour conclure sur une note plus personnelle, chers lecteurs, permettez-moi de m’adresser à celui qui m’aura tant inspiré. À cet idole qui, alors que j’avais tout juste 11 ans, m’a poussé à prendre part à la vie politique : Monsieur Trudeau, Justin, c’est avec le cœur lourd, mais le sentiment du devoir accompli que je vous dis merci. Merci d’avoir fait du Canada une place où il fait bon vivre. Avec le premier cabinet paritaire dans l’histoire du pays, vous avez commencé en force, démontrant que votre gouvernement refléterait la réalité des gens qu’il sert. C’est à vous, monsieur Trudeau, que l’on doit les avancements dans la réconciliation avec les peuples autochtones – les horreurs commises depuis la colonisation entachant toujours notre histoire nationale. On vous doit aussi la baisse de nos émissions de carbone, un enjeu de plus en plus important. On doit saluer votre travail qui a permis de sortir un million d’enfants de la pauvreté depuis 2015. Mais surtout, on a une dette envers vous, puisque vous avez su montrer à notre jeunesse que la différence n’est pas une faiblesse, mais bien la force du Canada. J’en suis la preuve. Je me souviendrai toujours de vous comme cet homme qui, avec joie, a hissé pour la première fois sur la colline parlementaire le drapeau arc-en-ciel, envoyant un message de tolérance et d’espoir à ceux qui, comme moi à l’époque, n’osaient pas parler de fierté.</p>



<p>Monsieur Trudeau, vous avez inspiré une génération entière à la politique, nous nous sommes sentis vus, entendus et représentés. Vous êtes la preuve que la promesse du Canada n’est pas brisée comme certains voudraient le faire croire. Au contraire, elle est vivante et pleine d’espoir. Merci pour ce que vous nous avez donné. Vous qui avez fait offrande de toutes ces années de vie en famille troquées pour des réceptions pas toujours si palpitantes ou encore cette jeunesse fougueuse par laquelle on vous reconnaît, contre quelques rides et des cheveux blancs. La vie politique est ingrate, personne n’en doute plus aujourd’hui, mais dans un monde rempli de cynisme, vous avez été pour plusieurs notre voie ensoleillée. À mon premier ministre, à mon chef, à mon Justin, je ne peux que vous serrer la main et vous dire un énorme merci.</p>
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		<item>
		<title>Nous, le Nord</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/11/13/nous-le-nord/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elliott George Grondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Nov 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[élection]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unies]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce qui restera au Canada après l’élection de Trump.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>C’est aux alentours de 22 heures lundi dernier que j’ai eu l’impression de revivre 2016 pour la première fois, et que les souvenirs de la dernière défaite démocrate ont commencé à me revenir à l’esprit. C’est à ce moment que je me suis revu âgé de tout juste 13 ans, regardant seul les résultats de l’élection présidentielle être annoncés, et comprendre que non, Hillary Clinton ne deviendrait pas la première femme présidente des États-Unis d’Amérique – et ne briserait ainsi pas le dernier plafond de verre en politique. Cette fois, Elliott, 21 ans, comprenait que non, Kamala Harris ne deviendra pas non plus la première femme présidente des États-Unis et que ce plafond de verre allait une fois de plus résister. Pourtant, malgré ses airs de famille avec la victoire républicaine de 2016, celle de 2024 est totalement différente. </p>



<p>Pour commencer, les femmes ont aujourd’hui moins de droits qu’elles en avaient il y a de cela huit ans déjà, lors de la première victoire du MAGA (Make America Great Again). En effet, si en 2016 une loi fédérale prévoyait et garantissait l’accès à l’avortement pour les femmes à l’échelle des États-Unis, aujourd’hui, ce sont les États qui décident s’ils vont offrir – ou non – ce service. Un service de santé que je juge essentiel et qui, je dois le rappeler, sauve la vie de femmes qui dans de nombreux cas doivent faire usage de la procédure à la suite de complications qui les mettent en danger. Maintenant que cette légalisation nationale de l’avortement est chose du passé, on n’a qu’une personne à remercier : Donald J. Trump. Il s’en est largement vanté d’ailleurs, disant à plusieurs reprises qu’il est le seul président à avoir réussi à renverser Roe v. Wade, le jugement de 1973 qui avait rendu légal l’avortement dans tout le pays.</p>



<p>Sous cette nouvelle administration Trump, on doit s’attendre à encore plus de réglementation entourant la santé et le corps des femmes. Au-delà du fait qu’il aura la charge de l’appareil exécutif, Trump risque d’enraciner la majorité conservatrice à la Cour Suprême et de remplir l’administration américaine de certains de ses collaborateurs tels que Elon Musk et Robert F. Kennedy Jr., deux hommes qui se sont déjà prononcé contre l’avortement. Bref, l’entièreté du gouvernement fédéral américain étant sous le joug de Trump et de ses alliés anti-choix, les femmes devront faire preuve de courage et de résistance alors que les droits fondamentaux et sacrés de leur personne sont sous-pression et qu’ils seront assurément attaqués. Deuxièmement, alors que Trump avait été élu en 2016 avec une plateforme qui ne disait pas grand-chose sur les droits des membres de la communauté LGBTQ2+, en 2024, son agenda y est fermement opposé. Les dernières semaines de la campagne nous l’ont démontré alors qu’à coup de millions de dollars, Trump menait une campagne médiatique axée sur un discours anti-trans dans les États pivots pour remporter la MaisonBlanche. De plus, le fameux projet 2025, un manifeste écrit par certains de ses plus proches collaborateurs et qui fait office de plateforme de campagne, nous fait comprendre dans quelle direction cette nouvelle administration compte se diriger, au détriment des minorités de genres et sexuelles. Si le projet 2025 est mis en application, nous risquons de voir une interdiction nationale des chirurgies de réassignement de sexe avant la majorité, la remise en application d’une interdiction pour les personnes trans d’entrer dans l’armée ou encore limiter leur capacité à joindre des équipes professionnelles de sport. Pour les minorités sexuelles, comme l’a affirmé le juge controversé et ultra-conservateur de la Cour Suprême, Clarence Thomas, c’est aussi la légalisation nationale du mariage entre conjoints de même sexe qui risque d’être renversée, à l’instar de l’arrêt Roe v. Wade. Un tel recul en arrière serait tout autant un crève-cœur pour les défenseurs de la cause du mariage pour tous, sachant qu’il a fallu attendre des décennies pour que la plus haute instance judiciaire du pays reconnaisse sa légalité à l’échelle du pays. En somme, avec Trump de retour dans le rôle de président, on doit s’attendre à ce que les droits des communautés sexuelles et de genre soient remis en question ou simplement supprimés.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Pourtant, malgré ses airs de famille avec la victoire républicaine de 2016, celle de 2024 est totalement différente »</p>
</blockquote>



<p>Avec ce rapide comparatif entre la première élection de Trump et sa réélection, on comprend que non seulement le contexte qui a permis au candidat républicain de devenir le président des ÉtatsUnis a changé, mais aussi que le candidat et la nature de ses politiques ont changé. Ceux et celles qui pensent que 2024–2028 sera une continuité avec le premier mandat de Trump se leurrent. Le septagénaire s’est radicalisé et il risque de faire encore plus de ravages pour les plus faibles. Cette fois-ci, Trump menace d’aller encore plus loin et de s’attaquer à des tranches de la population qui avaient jusqu’ici été épargnées.</p>



<p>En terminant, permettez-moi de m’adresser directement à vous, chers lecteurs du Délit. Les États-Unis ont fait leur choix la semaine dernière. Ils ont élu Trump. D’une incroyable manière, des États pourtant traditionnellement démocrates sont tombés dans le giron républicain et d’autres, comme la Virginie, ont failli eux aussi succomber à la marée rouge. Pour la première fois en 20 ans, le candidat républicain à gagné le vote populaire. Maintenant, le Canada devra aussi faire un choix, et ce rapidement. On devra décider comment se positionner face aux États-Unis dirigés par un extremiste et comment on fera la politique chez nous. Je ne sais pas ce qu’on décidera de faire. Je ne sais pas non plus ce qui nous attend. Ce que je sais, cependant, c’est qu’on devra serrer les dents et se tenir droit devant la Maison-Blanche. Parfois, ce qu’on va voir au sud de notre frontière choquera, ça fera mal au cœur. Plus d’une fois, on sera témoin de terribles injustices, mais on ne peut pas se permettre de sombrer avec eux. Nous, le nord, nous devrons faire preuve de force et de résilience. Nous, le Canada, nous devrons nous serrer les coudes pour nous assurer que ce genre de dérives totalitaires ne se rendent pas jusqu’à chez nous. On devra aussi renforcer nos autres alliances, parce qu’avec Trump à Washington, le Canada n’aura pas besoin de se chercher d’ennemi. Nous, le nord, nous devons leur faire face, ensemble.</p>
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		<item>
		<title>Les trois solitudes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/10/09/les-trois-solitudes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elliott George Grondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Oct 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Colonisé et colonisateur: le Québec ne célèbre pas la Journée de la Vérité et de la Réconciliation.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Depuis trois ans déjà, le Canada célèbre la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Il s’agit d’une initiative du gouvernement fédéral adoptée par les provinces, qui vise à honorer et commémorer les survivants des pensionnats autochtones, ainsi que les victimes des autres atrocités de la colonisation. Pour ceux et celles qui l’ignoreraient, c’est dans un contexte politique tendu que la journée dédiée aux peuples autochtones est apparue. Dès le début des années 2010, les différentes communautés autochtones des quatre coins du pays se sont rassemblées pour demander des actions concrètes à Ottawa. Cette mobilisation a mené à la publication des recommandations de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées en 2019. Cette commission avait pour mission de mettre en lumière les nombreux abus qui sévissaient dans les réserves autochtones, et ce, spécialement auprès des femmes. Elle se devait aussi de dénoncer l’aveuglement populaire, qui se présente souvent sous la forme d’un réflexe persistant à vouloir tout cacher sous le tapis et faire comme si la réalité troublante dans les réserves autochtones n’était que pure imagination. Pendant quelques années, Ottawa semblait résister à la pression, fermement déterminée à ignorer la triste réalité des peuples autochtones. Le coup de grâce frappa en 2021 avec la macabre découverte de lieux de sépulture non-marqués près d’anciens pensionnats, signe incontestable que de jeunes autochtones avaient été assassinés et maltraités dans ces lieux dits « destinés à leur éducation ». La découverte avait engendré un véritable scandale, ouvrant les yeux du public sur les abus que les autochtones dénonçaient depuis déjà plusieurs années. Ottawa a ainsi dû se résigner à les écouter et a changé son fusil d’épaule.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Après tout, les nations les plus fortes sont celles qui ne craignent pas de mettre un genou à terre et d’avouer leurs faiblesses »</p>
</blockquote>



<p>Alors, le matin du 30 septembre dernier, alors que je naviguais comme à mon habitude sur les réseaux sociaux, la majorité des publications qui apparaissaient sur mon fil d’actualité étaient naturellement liées aux commémorations. On pouvait notamment y voir le premier ministre Justin Trudeau, la gouverneure générale Mary Simon (elle-même autochtone) et divers chefs autochtones parler d’une seule et même voix. Dans leur discours, une profonde tristesse, une résilience et même une certaine confusion étaient palpables, comme si des années plus tard, on ne comprenait toujours pas pourquoi ni comment on s’était rendu jusque-là collectivement. </p>



<p>Comment nous, le Canada, la nation championne des droits de l’Homme, avait-elle pu se rendre non seulement complice d’atrocités, mais aussi instigatrice de telles horreurs ? Et j’ose affirmer ici que c’est exactement le but de ces journées commémoratives que l’impératif de se poser des questions sur notre passé et sur notre identité nationale. Parfois, comme nation, ce n’est pas toujours agréable de se regarder dans le miroir : on risque de ne pas aimer ce que l’on voit, on risque d’être déçue, mais parfois, c’est plus que nécessaire. Après tout, les nations les plus fortes sont celles qui ne craignent pas de mettre un genou à terre et d’avouer leurs faiblesses. </p>



<p>Alors que je continuais à faire défiler les publications sur X, j’ai aussi vu d’autres politiciens souligner la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, des politiciens provinciaux québécois cette fois-ci. Puis, alors que je les écoutais parler, j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose de bizarre dans leurs discours, quelque chose qui sonnait différemment en comparaison avec leurs homologues fédéraux. Leur analyse de la situation des peuples autochtones semblait teintée par un certain malaise, comme s’ils parlaient à demi-mot, qu’ils n’étaient pas prêts à prendre position sur la question, et qu’il y avait une sorte de déconnexion entre ce qu’ils avançaient et la réalité. Bien que cela m’ait semblé étrange à première vue, le constat y était : au Québec, on aborde différemment notre passé complexe avec les peuples autochtones. J’ai alors creusé la question. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Pour eux, il est donc dur d’admettre ou seulement de concevoir que le Québec ait pu être responsable de l’anéantissement d’un autre peuple, car une nation ne peut être à la fois victime et bourreau »</p>
</blockquote>



<p>La conclusion à laquelle je suis parvenu réside dans le nationalisme identitaire québécois qui s’est construit au cours des années. Les nationalistes d’ici ont de la difficulté à admettre que le Québec a été complice des atrocités commises à l’égard des autochtones, parce que ça ne suit pas le narratif qu’ils se sont construits. Après tout, l’histoire du Québec et des francophones partout au Canada demeure une histoire de résistance. Après avoir été assujettis par la couronne britannique, des lois injustes ont été mises en place contre l’intérêt des francophones afin de tenter de les assimiler. Pour eux, il est donc dur d’admettre ou seulement de concevoir que le Québec ait pu être responsable de l’anéantissement d’un autre peuple, car une nation ne peut être à la fois victime et bourreau. Comment un peuple conquis pourrait-il en conquérir un autre? Ailleurs dans le pays, cette admission n’est pas aussi compliquée parce que les citoyens ne perçoivent pas leur province comme ayant été contrôlée, ou encore malmenée par l’occupation coloniale. Dans l’esprit des gens, il n’existe donc pas cette dualité entre agresseur et agressé. Donc, lorsque l’on dit que le Québec a aussi pris part au génocide contre les peuples autochtones, la pilule est, pour plusieurs, plus difficile à avaler. </p>



<p>Même dans la couverture médiatique d’ici, la Journée fût soulignée différemment. Malheureusement, des nationalistes comme Sophie Durocher ou Rémi Villemure sont tombés dans le panneau du déni. Récemment, les deux personnalités ont mené une chronique à la radio, où ils remettaient en doute le simple fait que des autochtones aient été tués dans les pensionnats. Ils attribuaient la présence de tombes non marquées près des pensionnats à de simples maladies au lieu d’un système bien implanté de meurtres et d’abus d’enfants. </p>



<p>Bien que les francophones aient souffert comme les autochtones de la présence britannique, la différence fondamentale entre les deux peuples demeure que les francophones, contrairement aux autochtones, ont pu se construire une entité étatique, et s’assurer de la reconnaissance de leurs droits. Ils ont bénéficié d’une représentation politique et de pouvoirs constitutionnels. Ce ne fut jamais le cas des autochtones. Remettre en question le passé colonial du Québec ne nous fera pas avancer collectivement. Douter n’effacera pas les blessures du passé. Pointer du doigt ne nous réconciliera pas. Si l’on souhaite vraiment atteindre la réconciliation avec les peuples autochtones, nous nous devons d’être honnêtes vis-à-vis de qui nous sommes et envers le peuple que nous avons été. Comme je l’ai déjà dit, la vérité n’est pas agréable à entendre, mais c’est la seule manière d’avancer. Oui, le Québec et les francophones en général ont été victimisés par le régime britannique qui parfois nous aura maltraités. Non, le Québec n’est pas immunisé contre les abus parce qu’il fut lui aussi abusé.</p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Souffler : quand l’espoir renaît enfin</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/09/25/souffler-quand-lespoir-renait-enfin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elliott George Grondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Sep 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Elections présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trump, Biden et Harris nous en auront fait voir de toutes les couleurs.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">En matière de politique américaine, les consensus se sont fait rares au cours des deux dernières décennies. En effet, depuis le début des années 2000, la société américaine s’est fortement polarisée. De plus, n’importe qui s’intéressant un tant soit peu à ce qui se passe chez nos voisins du sud vous dira que cet été a été long, rempli de surprises et de rebondissements. Cette période aura certainement été insoutenable pour nos pauvres nerfs. En quatre mois seulement, on a été témoin des spéculations entourant Biden et de son pénible déclin, qui a culminé lors de sa désastreuse prestation au débat présidentiel. On a aussi connu deux tentatives d’assassinat contre Trump et l’avènement de la messe républicaine qui voyait déjà son candidat à la Maison-Blanche. Dans le camp démocrate, c’est l’abandon à a course présidentielle de Biden, la formation de l’unité démocrate autour de Kamala Harris et enfin l’espoir qui s’est établi lors de la convention démocrate. Bref, on en a vu beaucoup. Beaucoup à analyser, beaucoup à traiter, beaucoup à démystifier.</p>



<p><strong>Une année électorale rocambolesque </strong></p>



<p>Comme on le dit trop souvent, nous vivons des moments historiques sans précédent. Jamais auparavant un président en fonction n’avait décidé de se désister si tard dans le processus électoral. Jamais auparavant un délinquant criminel, maintes fois poursuivi en justice, n’avait obtenu la nomination de son parti. Jamais auparavant une femme de couleur n’avait été sélectionnée par la base partisane pour représenter son parti. Jamais une élection américaine s’est annoncée être si serrée. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"></blockquote>



<p>Comme beaucoup, toutes ces nouvelles variables inconnues dans l’équation des présidentielles américaines m’ont fait peur. J’ai passé plus d’heures que j’aimerais admettre sur X à regarder les sondages, à analyser les mille et unes façon dont Harris pourrait atteindre le chiffre magique de 270 grands électeurs (le nombre requis pour gagner la présidence) le 5 novembre prochain et à écouter les rallyes des deux candidats. Pour moi, toute bribe d’information, tous les détails étaient importants et devaient être analysés. Ils me permettaient de prendre le pouls du peuple américain, de voir dans quelle direction on s’en allait. Pourtant, quand j’y pense, c’est futile. Je ne suis pas Américain. Je ne pourrai pas voter. Je ne pourrai pas faire de dons à la campagne démocrate. </p>



<p>Comme beaucoup des lecteurs du <em>Délit</em>, la seule chose que je puisse faire, c’est prendre une grande inspiration et attendre. Attendre. Par contre, la seule idée de revoir Trump à la tête de l’appareil américain me rend malade et je ne peux m’y résoudre. Et là, quelque chose de concret est arrivé ; le débat du 10 septembre. On y a découvert une nouvelle dynamique, une nouvelle candidate; bref, une toute nouvelle campagne. On rebrasse les cartes et on recommence à zéro.</p>



<p class="has-text-align-center">« Jamais auparavant un délinquant criminel, maintes fois poursuivi en justice, n’avait obtenu la nomination de son parti. Jamais auparavant une femme de couleur n’avait été sélectionnée par la base partisane pour représenter les couleurs du parti. Jamais une élection américaine s’est annoncée être si serrée »</p>



<p><strong>Un débat réconfortant</strong> </p>



<p>J’ai écouté le débat avec mes deux meilleures amies à la soirée organisée par <em>Democrats at McGill</em>. J’avais le cœur serré et j’étais dans l’appréhension la plus totale. Un verre à la main, puis deux, pour calmer mon esprit, j’ai tout regardé. Le laid comme le plus beau. Après 90 longues minutes, pour la première fois depuis le début de l’été, j’ai soufflé. J’ai soufflé parce que Harris a été formidable et Trump, lui, a été pitoyable. </p>



<p>Bon, bon, bon… Je vous vois venir, me dire que je suis un maudit vendu, que je dirais n’importe quoi qui est dans le meilleur intérêt de Harris…Et moi je vous répondrais que ce que j’affirme ici, je tente de le dire au-delà de mon biais définitivement pro-démocrate. Je le dis parce que je tente de me mettre dans la peau d’un républicain et tout ce que je vois, c’est que Trump est mal paru. Ce n’est un secret pour personne, nous avons des attentes différentes pour les deux candidats. Pour Harris, on s’attend à ce qu’elle soit forte, qu’elle soit préparée, qu’elle soit intelligente, mais pas trop (elle ne doit pas faire comme Hillary Clinton), qu’elle soit souriante et qu’elle articule ses idées autour de projets rassembleurs pour faire avancer la démocratie américaine. Pour Trump, on veut qu’il soit un homme fort, on veut qu’il dise des petites folleries qui nous feront rire, qu’il dénonce le statu quo, qu’il nous fasse sortir du « vieux » modèle politique. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Après 90 longues minutes, pour la première fois depuis le début de l’été, j’ai soufflé. J’ai soufflé parce que Harris a été formidable et Trump, lui, a été pitoyable »</p>
</blockquote>



<p>Donc, quand on y pense, toute la pression était sur les épaules de la vice-présidente. Elle qui est moins connue que son adversaire devait prouver beaucoup plus à l’électorat que Trump. Dans cet esprit, on comprend que Harris a réussi à faire ce qu’elle avait à faire : elle est arrivée sur la scène en possession de ses moyens, lumineuse, ferme et préparée. Trump, lui, paraissait vieux, aigri et faible. Mais surtout, il n’a pas offert un spectacle drôle et original comme sa base en attendait de lui. Non, il était simplement ennuyeux et revanchard. Je pourrais vous dire toutes les choses folles qu’il s’est permis de dire, mais je m’y refuse. Je refuse de faire le messager, de continuer à lui donner de l’attention. Tout ce que je veux retenir de ce débat c’est que j’ai soufflé. Pas pour longtemps, juste un petit souffle ; mais tout de même un souffle de soulagement, d’encouragement pour ce qu’il y à venir. </p>



<p>En somme, le 5 novembre demeure encore loin aujourd’hui. Beaucoup de choses risquent de se passer d’ici là. Comme cet été nous l’aura appris, rien ne peut être tenu pour acquis. Si Harris veut gagner les clés de la Maison Blanche, elle devra travailler fort, elle devra bûcher, aller là où les démocrates ne sont pas allés depuis longtemps, visiter les sept états pivots (Caroline du Nord, Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin, Géorgie, Arizona et le Névada), montrer sa vision et serrer le plus de mains possible pour former la plus grande coalition possible. Trump, lui, s’il veut gagner, il devrait se taire un peu et se concentrer sur les faiblesses démocrates comme la frontière sud et l’économie chancelante, héritage de Biden, mais je crains pour lui que ce ne soit pas dans sa nature. Bien que je ne connaisse pas l’issue du 5 novembre, je me permets d’être résilient et quelque peu optimiste pour les chances de Kamala Harris. Elle n’est ni parfaite, ni ma politicienne favorite, mais elle n’est pas Donald Trump. Pour moi, c’est tout ce qui me faut. Juste assez pour souffler.</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/09/25/souffler-quand-lespoir-renait-enfin/" data-wpel-link="internal">Souffler : quand l’espoir renaît enfin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Aux femmes de ma vie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/03/27/aux-femmes-de-ma-vie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elliott George Grondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Mar 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=55334</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour la Journée internationale des droits des femmes, je fais l’éloge des femmes qui m’inspirent.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 8 mars dernier, nous avons célébré la Journée internationale des droits des femmes. À une époque où les inégalités basées sur le genre sont toujours présentes et où les droits des femmes sont constamment menacés, il y a autant de choses à souligner en cette journée qu’il y a de femmes sur la Terre. En tant qu’homme cisgenre, bien évidemment que j’ai une relation différente avec cette journée, mais loin de moi l’idée de faire du <em>mansplaining </em>sur son importance. Cependant, j’ai réfléchi à ce que cette journée signifiait pour moi. J’ai voulu comprendre ce qui rendait cette occasion si importante à mes yeux, et ce pourquoi j’avais eu autant envie d’en faire la promotion, de crier sur tous les toits que le 8 mars était la Journée internationale des droits des femmes.</p>



<p>D’abord, j’ai pensé aux suffragettes, à celles qui se sont battues pour faire reconnaître les droits politiques et sociaux des femmes. Je me suis dit que leur combat acharné était assez inspirant pour expliquer mon attachement au 8 mars. Leur courage, leur force de caractère, ainsi que leur détermination étaient monumentaux. C’était une partie de la réponse, mais pas toute.</p>



<p>Ensuite, j’ai pensé aux icônes féminines présentes dans la culture populaire, aux femmes artistes, politiciennes et athlètes. Celles qui nous font rêver, celles qui nous inspirent. Encore là, c’était un bout de la réponse sous-tendant<br>ma connexion à cette journée, mais il manquait toujours un morceau à ma réflexion.</p>



<p>Et j’ai compris. Ce qui rend cette journée si spéciale pour moi, ce qui me donne tant envie de parler de cette journée, ce sont les femmes de ma vie, celles qui marquent mon quotidien. Depuis tout jeune, les femmes de mon<br>entourage ont été mes plus grandes alliées. De par leur expérience de la vie, elles m’ont façonné, épaulé, et fait de moi qui je suis aujourd’hui. Sans les femmes de ma vie, il n’y aurait pas d’Elliott. Elliott George Grondin serait moins curieux, moins conscient du monde qui l’entoure, moins drôle, moins heureux, plus fade. Il faut dire que j’ai grandi entouré de modèles féminins inspirants, des personnes brillantes, fortes, des femmes d’opinion qui ne demandaient pas avant d’agir : elles le faisaient tout simplement. Des modèles pour moi et le monde entier. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai bénéficié de leur compagnie, de leurs conseils, de leurs histoires et de leur écoute. Aujourd’hui c’est à mon tour de leur rendre hommage et de les remercier pour le grand impact qu’elles ont eu et qu’elles continuent d’avoir sur ma personne.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« De par leur expérience de la vie, elles m’ont façonné, épaulé, et fait de moi qui je suis aujourd’hui. Sans les femmes de ma vie, il n’y aurait pas d’Elliott »</p>
</blockquote>



<p>Premièrement, il y a mes deux grands-mères. Aussi différentes soient-elles, toutes les deux sont féministes sans même le savoir. Elles sont féministes à leurs dépens, car tout au long de leur existence, elles auront repoussé les limites, elles se seront battues de manière différentes, mais leurs victoires auront bénéficié à toutes les femmes.</p>



<p>Ma grand-mère paternelle s’est divorcée à une époque où les divorces étaient peu communs. Avec deux fils à sa charge, elle a quitté le foyer pour trouver un emploi afin de subvenir aux besoins de la famille. Je ne crois pas qu’être une mère sans spécialisation professionnelle qui retourne sur le marché du travail a toujours été facile pour elle, mais elle ne s’en est jamais plaint. Elle a gardé la tête haute, relevé ses manches et fait le travail qui devait être fait. Elle ne s’est pas contenté d’offrir à ses enfants le minimum, elle leur offrait le meilleur, elle leur offrait le mieux d’elle. Encore aujourd’hui, ma grand-mère est une de ces femmes humbles, qui serait gênée de savoir que je parle d’elle. Non pas par fausse modestie, mais bien parce qu’elle me dirait qu’elle ne se considère pas comme étant particulièrement forte. Pour moi, ma grand-mère m’aura appris la force et la résilience. Merci.</p>



<p>Ma grand-mère maternelle est une femme qui s’est toujours impliquée dans le monde politique. Elle aura milité pour toutes les causes sociales. Elle a toujours refusé de voir les femmes comme des choses fragiles qui doivent être câlinées. Elle est entrée dans l’arène et a récupéré son dû, et par extension, celui de toutes les femmes. C’est le genre de femme qui me dit souvent : « Le monde actuel va mal Elliott, mais il a pourtant été créé par des hommes. Et si on essayait de voir comment les femmes s’y prenaient pour une fois? Ça peut difficilement être pire! » Elle est persuadée que le monde se porterait mieux avec des femmes à sa tête. Elle est devenue l’une des premières femmes élues au Conseil municipal de ma ville natale et elle en est fière, avec raison. J’en suis fier aussi, comment ne pas l’être? Ma grand-mère maternelle m’a montré la force des convictions et la conviction dans la force. Merci.</p>



<p>Ensuite, il y a ma mère. Mon premier grand amour, celle qui est devenue mère à seulement 21 ans parce qu’avoir des enfants était son plus grand rêve. C’est celle qui aura tout donné à ma fratrie et à moi-même : l’amour, la présence et tout son temps. Elle a même ouvert une garderie en milieu familial pour nous garder près d’elle, pour nous voir grandir, pour nous aimer du plus près possible. Tout tourne autour de la famille avec ma mère. J’ai longtemps eu de la difficulté à comprendre ses choix. Pour moi, le fait de rester à la maison était antiféministe ; une femme ne devrait pas rester à la maison comme dans les années 1950. Pour moi, c’était trop réducteur à l’égard des femmes et de la lutte pour l’égalité des genres. Pourtant, je crois que ma mère aura su me prouver le contraire. Le féminisme c’est l’égalité des genres et la possibilité de jouir de ses propres choix. Ma mère nous aura choisis. Toujours. C’est aussi le genre de mère qui a entamé et terminé un diplôme universitaire à distance, juste pour nous montrer que c’était possible, afin de nous prouver qu’elle en était capable, qu’on en était tous capables. Ma mère m’aura montré l’amour inconditionnel. Merci.</p>



<p>Il y a aussi ma petite sœur. Elle me fait beaucoup penser à moi, et parfois c’est dur de se voir comme dans un miroir. Pourtant, elle n’est pas exactement comme moi, ni comme mon frère. Elle est la meilleure version de nous deux. Elle a le meilleur de mon frère et le meilleur de moi. Elle est plus drôle, plus intelligente, plus fonceuse. Elle est tout simplement plus. Ma sœur m’aura appris l’art de la finesse. Merci.</p>



<p>Finalement, mes amies, mes plus vieilles alliées. À mon plus bas, tout comme à mon plus haut, elles ne se seront pas contentées d’être à mes côtés, elles m’auront guidé. Elles ont été les premières à me savoir perdu dans ma vie<br>pendant une époque plus tumultueuse, et les premières à me montrer un futur plus simple. Architectes de mes joies, elles sont l’épaule sur laquelle je peux me poser et la raison pour me relever. Ma plus grande tragédie c’est d’être incapable de les aimer comme je le voudrais ; romantiquement. Mes amies m’auront montrer comment aimer. Merci.</p>



<p>Ce que je vous souhaite, c’est d’avoir des femmes dans votre vie comme celles qui sont dans la mienne. Denise, Françoise, Marie, Sandrine, Valérie, mes amies : je vous souhaite une joyeuse Journée internationale des droits des femmes.</p>
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		<title>L’abandon de nos garçons</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/02/21/labandon-de-nos-garcons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elliott George Grondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Feb 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Masculinisme]]></category>
		<category><![CDATA[masculinité toxique]]></category>
		<category><![CDATA[modèle patriarcal]]></category>
		<category><![CDATA[Parti conservateur du Canada]]></category>
		<category><![CDATA[pierre poilièvre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pierre Poilièvre gagne en popularité chez les jeunes hommes à travers le pays</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Les sondages se multiplient et une tendance se dessine à l’horizon : la droite et son représentant fédéral, Pierre Poilièvre, sont premiers dans les sondages. Depuis plusieurs mois, le camp conservateur creuse son avance sur le gouvernement libéral. Là où Poilièvre semble gagner beaucoup de terrain, c’est au niveau du soutien marqué dont il bénéficie auprès des jeunes hommes. Comment se l’expliquer?</p>



<p><strong><em>MeToo</em> et nous</strong><br></p>



<p>Dans les dernières années, les hommes et le modèle patriarcal ont été mis sous la loupe. Le mouvement <em>MeToo</em> en est sûrement l’investigateur. Depuis son apogée, nous avons été témoins d’un mouvement international qui invitait les femmes à dénoncer leurs agresseurs sexuels. Grâce à la prise de parole de ces femmes, des discussions sur la place de la femme et de la manière dont elle est traitée se sont invitées dans nos foyers et dans le reste de la société. De plus en plus de parents ont tenu à initier une discussion sur le respect de la femme avec leurs fils. MeToo nous a confrontés à notre propre reflet dans la glace, et il va sans dire qu’il n’était pas toujours beau. </p>



<p><strong>La réponse masculiniste</strong><br></p>



<p>Comme à chaque fois qu’un mouvement émerge, son contre-mouvement lui emboîte le pas. Dans ce cas, il s’agit de l’apparition d’un mouvement réactionnaire masculiniste farouchement antiféministe. En effet, en réponse au mouvement <em>MeToo</em>, certains influenceurs utilisant une rhétorique machiste ont surgi dans notre quotidien. Ces influenceurs ayant pour figure de proue Andrew Tate prônent une vision forte de la masculinité en réponse au mouvement féministe, qui représenterait une menace pour les hommes occidentaux. Pour eux, l’homme parfait, c’est celui qui va au gym, qui souffre en silence, qui ne fait jamais preuve de faiblesse, de sentimentalisme, et surtout de considération envers les femmes. Tate et ses sbires se sont dotés d’une fixation maladive pour les années 50 et son paradigme représentant l’âge d’or de la masculinité et de l’homme guerrier. Toujours selon eux, les femmes seraient devenues des Marie-Madeleine à la recherche d’attention depuis la libération sexuelle et les enseignements égalitaires féministes. Celles-ci seraient animées par un ressentiment misandre, ce qui les pousserait à vouloir remplacer l’homme dans les hautes sphères de la société. Juste à écrire ces lignes, j’en ai un haut le cœur.</p>



<p>Malheureusement, pleins de garçons sont tombés dans le panneau. Ils voient le féminisme comme étant une mouvance fondamentalement anti-homme. Pour eux, si on accorde plus de pouvoir aux femmes à travers des politiques plus équitables, les hommes s’en trouvent forcément diminués. Au fond, c’est un raisonnement foncièrement enfantin. Comme si, lorsqu’on donne quelque chose  à un autre, c’est impérativement parce qu’on l’enlève à d’autres. En omettant d’enseigner à nos jeunes garçons qu’en redistribuant la force de pouvoir aux femmes c’est toute la société qui en bénéficiait, nous avons créé une horde de jeunes hommes qui se sentent perdus et dépossédés de leurs droits fondamentaux. C’est une souffrance qu’on se doit d’adresser et de rectifier à travers l’enseignement pour le bien de la cohésion sociale. Et c’est là que la politique entre en jeu. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Si Poilièvre peut compter sur un appui aussi considérable chez les jeunes hommes, c’est qu’il courtise une tranche extrémiste de cette partie de l’électorat. Le chef conservateur vient consoler ceux qui se sentent délaissés par les politiciens et la société en général, en écoutant et en validant leurs théories absurdes sur le genre »</p>
</blockquote>



<p><strong>Flirter avec le masculinisme</strong></p>



<p><br>Avec ce mouvement masculiniste, une communauté d’hommes qui se sentent désabusés par le système actuel est apparue de par la création de réseaux d’hommes partageant ce sentiment. Pierre Poilièvre l’a compris et l’utilise à son avantage. Poilièvre et son parti ont tiré bénéfice de cette réelle souffrance en utilisant des <a href="https://www.cbc.ca/news/politics/poilievre-youtube-tags-1.6608209" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>hashtags</em> cachés dans leurs publications sur les réseaux sociaux</a>. Ces hashtags permettaient aux conservateurs d’utiliser des codes et des normes présents dans ces groupes. Par exemple, en utilisant des mots connotés dans le milieu masculiniste comme <em>MGTOW</em>, ce qui signifie <em>men going their own way</em>, les conservateurs s’assurent d’apparaître sur le fil d’actualité de ces cercles misogynes. Poilièvre s’est créé un discours basé sur ces croyances pour faire écho à ses potentiels électeurs. De ce fait, il a attiré leur attention et a été le premier politicien au Canada à courtiser cette tranche de la population. Il offre un refuge politique à de jeunes hommes qui en veulent au système qui les auraient abandonnés.</p>



<p>De plus, afin de consolider son soutien au sein de cette démographie, Poilièvre a dépeint ses adversaires de manière à ce que les masculinistes se sentent interpellés. Il a présenté le premier ministre Trudeau comme étant un homme rose, un féministe enragé et déconnecté, bref un homme faible et soumis au mouvement féministe soi-disant extrémiste. De ce fait, Poilièvre dépeint Trudeau comme un activiste anti-homme, qui suit un agenda <em>woke</em>, un politicien qui voue une aversion aux hommes, les vrais, ceux qui vont au gym et qui ne pleurent jamais.</p>



<p>Si Poilièvre peut compter sur un appui aussi considérable chez les jeunes hommes, c’est qu’il courtise une tranche extrémiste de cette partie de l’électorat. Le chef conservateur vient consoler ceux qui se sentent délaissés par les politiciens et la société en général, en écoutant et en validant leurs théories absurdes sur le genre. Poilièvre vient cautionner une rhétorique qui menace la santé et la sécurité des femmes dans notre société par des hashtags ridicules, mais qui représentent une réelle menace. À mes yeux, c’est un jeu extrêmement dangereux qui n’en vaut certainement pas la chandelle. Il attise la haine envers les femmes et cautionne les sentiments de ces masculinistes, qui intrinsèquement en veulent à celles-ci. Pour un homme qui aspire à occuper la plus haute fonction de notre nation, c’est une honte, c’est un danger pour notre démocratie. Néanmoins, je pense qu’il est primordial d’écouter les souffrances de ces jeunes hommes, parce qu’elles traduisent une réelle aliénation. Bien que je me refuse à accorder quelque crédit que ce soit à ces théories antiféministes et profondément misogynes, certains y croient et en souffrent. Ces souffrances sont perçues comme étant réelles, mais je refuse de les valider. De ce fait, une partie de nos fils se sentent perdus et déboussolés. Il serait imprudent d’ignorer cette mouvance ; des gens mal intentionnés se feraient un malin plaisir à réconforter leurs maux et sauraient sans doute les pousser à l’extrémisme. En les ignorant, nous les poussons directement dans les bras de personnes cachant un agenda dangereux. Il faut donc les écouter pour déboulonner les mythes sur l’égalité des sexes et pour assurer la pérennité du tissu social.</p>
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		<title>Prédictions pour l’année 2024</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/01/17/predictions-pour-lannee-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elliott George Grondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jan 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[2024]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle année]]></category>
		<category><![CDATA[Prédictions]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que nous réserve la nouvelle année?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/01/17/predictions-pour-lannee-2024/" data-wpel-link="internal">Prédictions pour l’année 2024</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Chères lectrices, chers lecteurs, permettez-moi de vous souhaiter une joyeuse nouvelle année. Je vous souhaite – je nous souhaite – une magnifique année, marquée par la paix, la solidarité et le succès dans tout ce que nous pourrons entreprendre. Alors qu’une nouvelle année s’amorce, de nouveaux défis se dessinent déjà à l’horizon. Bien qu’il nous soit impossible de prédire ce que 2024 nous réserve, il est de notre ressort d’analyser l’actualité et d’en tirer des conclusions en ce qui a trait à l’année qui débute. En ce sens, laissez-moi vous partager mes hypothèses quant à ce que l’année 2024 nous réserve.</p>



<p></p>



<p><strong>LA FIN DE X</strong><br>Twitter ou X, appelez ce réseau social comme vous le voulez, mais sa fin approche. Hier une grande entreprise américaine évaluée à plusieurs milliards de dollars, aujourd’hui le dernier joujou d’Elon Musk ; la compagnie a certainement perdu ses lettres de noblesse. Autant au niveau de la valeur de son action à la bourse qu’à celui de la valeur sociale attribuée à X, la compagnie est en chute libre. Il faut dire que laisser un excentrique milliardaire libertarien gérer un réseau social n’est peut-être pas la meilleure des idées ; parlez-en à Trump et Truth Social.</p>



<p><strong>TAYLOR SWIFT : L’ICÔNE D’UNE GÉNÉRATION</strong><br>Plus de Taylor Swift, toujours plus.<br><br><strong>MCGILL : INSTITUTION FIÈREMENT QUÉBÉCOISE</strong><br>On l’entendra certainement davantage dans les mois à venir, mais McGill se positionnera assurément en tant que fière institution québécoise. En effet, après avoir été la cible de la CAQ, un gouvernement populiste devenu impopulaire, McGill tentera certainement de remettre les pendules à l’heure quant à sa place dans la société québécoise. Tantôt accusées à tort et à travers de contribuer au déclin du français dans la métropole par des individus qui favorisent un nationalisme identitaire faible et exclusif, les institutions mcgilloises – son administration, son corps enseignant et sa communauté étudiante – n’auront d’autre choix que de se faire les fiers ambassadeurs de notre Université. Il sera de notre responsabilité de rappeler à l’ensemble de la société que McGill est un vecteur de progrès, basée à Montréal depuis plus de 200 ans, et qui s’anime par l’interaction des Québécois avec le reste du monde.</p>



<p><strong>CE QUE TRUMP NOUS RÉSERVE</strong><br>Bien qu’en théorie les primaires républicaines n’aient pas encore désigné de vainqueur, dans les faits, je suis certain que Donald Trump remportera aisément la nomination de son parti pour affronter Joe Biden en novembre. Ainsi, une fois de plus, nous aurons une joute opposant Biden à Trump. Encore une fois, nos voisins du Sud devront se prononcer sur le futur de leur nation en choisissant entre deux options diamétralement opposées : un second mandat modéré signé Biden, ou un second mandat Trump, qui sera définitivement plus radical et dangereux que le premier. 2020 et ses blessures marquent toujours l’imaginaire collectif américain. Peu importe l’issue de l’élection présidentielle américaine, celle-ci représente pour Trump son chant du cygne, sa dernière chance. Il fera donc tout en son pouvoir pour faire parler de lui, au plus grand damne d’une saine culture politique et démocratique à travers l’Occident. Ce que je crains, c’est qu’une fois de plus, une fois de trop, nous risquons d’entendre des absurdités mensongères et vicieuses émanant du président déchu. La tribune qui sera offerte à Trump nous impactera sans aucun doute. Elle rappellera à tous ceux qui ne sont pas de la même base radicale le cauchemar que fut son premier mandat. Nous verrons et entendrons partout cet aspirant président aux allures parfois fascistes – voire dictatoriales – dire toutes sortes d’atrocités sur les autres, tous ceux qui ne sont pas des siens. Il méprisera nos principes démocratiques longuement polis dans l’unique but de reconquérir la Maison Blanche.</p>



<p><strong>REGAIN DE POPULARITÉ POUR JUSTIN TRUDEAU</strong><br>Malgré les sondages qui placent le parti du premier ministre au second rang derrière les Conservateurs, je suis convaincu que Justin Trudeau et son équipe libérale seront en mesure de reprendre une avance sur Pierre Poilièvre. Dans son entrevue de fin d’année, on a vu un Justin Trudeau serein et combatif, le même Justin Trudeau qu’en 2015. Il donnait une assurance guerrière dans sa candeur habituelle. Il était prêt à admettre ses fautes de la dernière année, mais plus important encore, il cherchait à poser son regard sur le futur comme s’il savait qu’il n’en avait pas terminé. Ce genre d’attitude gagnante saura regagner le cœur des Canadiens. Il faut dire aussi que Pierre Poilièvre, le principal adversaire du Premier ministre, a eu une fin d’année plus que rocambolesque. Après avoir sauté aux conclusions en nommant une attaque terroriste ce qui n’était en réalité qu’un triste accident à la frontière canado-américaine, son image en a pris un coup. À force de faire des déclarations aussi absurdes, un doute commencera à naître dans l’esprit des Canadiens, car il n’en demeure pas moins que Poilièvre ne jouit pas de l’appui indéfectible de l’électorat canadien. Aux yeux de la population votante, il demeure un électron libre, et rares sont les fois où les Canadiens ont fait confiance à un homme de ce type. Dans ce contexte, il ne faut donc pas sous-estimer Justin Trudeau.</p>



<p><strong>PAS DE COUPE STANLEY EN VUE</strong><br>Comme tout bon Canadien je n’ai d’autre choix que de commenter l’état de santé de notre belle équipe montréalaise. Pronostic : pas bon, pas bon du tout. Je suis forcé de constater que ce n’est pas cette année que je sortirai ma chaise de camping sur Ste-Catherine pour y voir la parade de la victoire. Les Canadiens de Montréal risquent de continuer à être quelque chose de décevant. Meilleure chance la prochaine fois à nos chers Habs!</p>



<p><strong>DE L’AMOUR</strong><br>Je ne sais pas si c’est une prédiction ou un souhait, mais pour cette année 2024 je souhaite voir plus d’amour. Dans un monde en proie à l’extrémisme, dans un monde en guerre, dans un monde inégal et parfois injuste, j’espère qu’il y aura de la place pour trouver un peu d’amour parce que l’amour, ça ne règle pas tout, mais c’est déjà un bon début.</p>



<p><em>*Cet article écrit par un contributeur ne reflète pas les opinions politiques du Délit.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/01/17/predictions-pour-lannee-2024/" data-wpel-link="internal">Prédictions pour l’année 2024</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Toutes mes sympathies</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/11/01/deuil-et-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elliott George Grondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Nov 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La guerre : une source de douleurs importantes, pour tous.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Je m’en souviendrai toujours : c’était le 27 octobre 2021, à 11h53. Dans un coup de vent, il est parti. Calmement, dans sa maison, entouré des siens, de sa femme des 40 dernières années, de la chair de sa chair, Denis Pierre Robert a entamé son grand voyage, l’ultime, celui qui nous sépare depuis. Mon grand-père nous a quittés, comme il a vécu, calmement, dans le plus grand des conforts, de la plus belle des manières et dans la grâce. Mon grand-père nous aura offert le cadeau d’un départ sobre et doux, et pour ça, je lui en serai éternellement reconnaissant. Dans la beauté de sa mort, il m’aura permis de garder la belle image que j’ai de lui, de l’homme bon, fort et fier qu’il était. Un luxe dont trop peu peuvent profiter.</p>



<p>Malgré la nature paisible de son départ et malgré le temps qui passe, encore aujourd’hui, son décès marque ma famille. Il nous marque dans les petites choses, dans le quotidien. Sans jamais crier gare, il s’agit de moments qui viennent et passent, de ces petites résurgences de peine, comme un amour qui se refuse à mourir. Encore aujourd’hui, deux ans plus tard, je vois mon grand-père dans les chansons de Ginette Reno et d’Andrea Bocelli, ses chanteurs favoris. Depuis, je ne peux m’empêcher de penser à tout ce qu’il a manqué : mon admission à McGill, mes amours, mes passions, ma vie. Je le vois dans le printemps et dans l’automne, partout dans les différents cycles de ma vie. Pour une rare fois, un évènement m’aura laissé sans mot. Bien que son départ était imminent, bien que les grands-parents ne sont que de passage dans une vie, il faut admettre qu’une mort, c’est la fin d’un monde. Ce n’est pas la fin du monde, mais la fin d’<em>un monde</em>. Dans mon cas, dans le cas de ma famille, c’est la fin d’un monde où mon grand-père était constamment présent.</p>



<p>Mon grand-père est mort dans un pays en paix, de causes naturelles. J’ai eu le temps de m’y préparer et j’ai pu lui dire que je l’aimais, une dernière fois. Il n’y a personne à accuser pour son décès, sauf peut-être le temps lui-même. En revanche, il s’agit d’un moment important dans ma vie, d’un marqueur de temps qui m’a forgé et qui continue de me façonner. Il y aura toujours un avant et un après. Aujourd’hui, j’essaie d’imaginer ce que représente la perte d’un proche dans des circonstances différentes. Aujourd’hui, je me mets à la place des personnes qui perdent des membres de leur famille dans un conflit armé. Je pense à ces autres, à ceux qui n’ont pas eu la même chance que moi, qui n’auront jamais eu le temps de s’y préparer ni de dire un dernier « je t’aime&nbsp;». Je pense à tous ces mondes chamboulés, à toutes ces réalités fracturées.</p>



<p>Vous l’aurez compris, au moment d’écrire ces lignes, je pense à un conflit en particulier. Une guerre qui nous divise, qui nous déchire, qui nous oblige à prendre un camp. Pour certains d’entre nous, prendre parti c’est tomber dans la démagogie. C’est expliquer pourquoi un tel a raison. C’est tenter de se dédouaner d’une action pour une cause ou une autre. C’est tenter d’expliquer la raison du combat par tel ou tel facteur historique. Pour eux, se ranger dans un camp, c’est comme supporter une équipe de hockey, sans rationalité, guidé par l’émotion.</p>



<p>Aujourd’hui, dans mon humanité, avec mon expérience du deuil, ma compréhension de ses ravages, j’ai de la difficulté à me positionner. Clausewitz, ce grand théoricien souvent mentionné en sciences politiques, disait que la guerre c’est la continuation de la politique à travers d’autres moyens. Je crois que la guerre, c’est l’échec ultime de la diplomatie et la fin de la fraternité humaine au détriment de la barbarie sanglante. Au fond, la guerre c’est l’atomisation de l’humanité et de sa bienveillance.</p>



<p>Je condamne le conflit sous toutes ses formes. Je condamne les souffrances qu’il impose. Partout où il y a une mort, il y a de la souffrance. Dans la mort, on enterre l’être aimé et cette version de nous qui vivait en lui. Dans la mort de l’autre, on meurt aussi un peu.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Je crois que la guerre, c’est l’échec ultime de la diplomatie et la fin de la fraternité humaine au détriment de la barbarie sanglante. Au fond, la guerre c’est l’atomisation de l’humanité et de sa bienveillance »</p>
</blockquote>



<p>Dans ce conflit, tout ce que je vois, c’est la peine des familles. En voyant les images qui nous viennent du Moyen-Orient, je repense impérativement à mon grand-père, à ce deuil qui m’habite. Je m’imagine, le perdre, sous les bombes. Mon cœur, il flanche. À toutes les fois, je ne peux m’empêcher de ressentir un coup dans mon ventre, ce fameux sentiment d’injustice. Je ne peux que compatir, que souffrir devant ces images qui me rappellent notre côté animal.</p>



<p>Ce que je sais, c’est que la mort et sa douleur ne connaissent ni les religions, ni les frontières, ni l’histoire et la politique. Le chagrin du deuil étend ses tentacules d’un camp à l’autre sans distinction pour les peuples, sans scrupule. Au fond, une mort, c’en est déjà une de trop. On ne peut pas expliquer la mort, elle n’a pas d’idéologie, pas d’excuse. Il n’y a aucune fierté dans le nationalisme qui tue. Lorsque le conflit se terminera, après que toutes les bombes auront sauté, après que les drapeaux seront retirés des cercueils, tout ce qui restera, c’est la séparation entre les vivants et les morts.</p>



<p>J’entends mes critiques, ceux qui prônent l’impératif de prendre une position, je les comprends aussi. Nous vivons un moment complexe, qui vient nous secouer dans nos identités, dans nos croyances. Lorsque j’ai expliqué mon point de vue à une de mes amies, elle m’a dit une phrase célèbre de Ginetta Sagan : « <em>Le silence face à l’injustice est une forme de complicité avec l’oppresseur</em>. » Je comprends et respecte son point de vue. Cependant, j’espère que ce que nous retiendrons dans ces prises de positions, c’est que l’Homme, dans toute sa complexité, n’est pas réductible à un campement idéologique ; il mérite et nécessite la nuance. Donc, dans cet esprit, je tente de nuancer mes propos. Ce n’est pas toujours facile, car personne ne peut rester de marbre devant la mort.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Le chagrin du deuil étend ses tentacules d’un camp à l’autre sans distinction pour les peuples, sans scrupule. Au fond, une mort, c’en est déjà une de trop. On ne peut pas expliquer la mort, elle n’a pas d’idéologie, pas d’excuse&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p>J’ose penser que dans la mort, il est possible pour les vivants de communier. Je crois fermement que deux personnes endeuillées peuvent se comprendre. J’ose espérer que deux humains qui auront perdu un être cher peuvent éprouver de la compassion l’un pour l’autre. Je ne demande même pas de l’empathie, je me suffis à de la compassion. J’ose croire en l’universalité de la douleur. À mes amis qui ont choisi un camp, sachez que l’autre vit du chagrin tout comme vous. Vous êtes liés, nous sommes liés, par notre peine.</p>



<p>Pendant que le monde souffre, pendant que des amis, des amours et des familles se font massacrer sous les bombes, j’ose espérer. J’ose espérer que le Canada, un pays en paix, un pays qui trouve sa force et sa richesse dans sa diversité, mon beau pays, saura ouvrir ses portes et ses bras aux réfugiés. J’espère que nous serons assez forts pour montrer notre faiblesse, que nous aurons assez confiance en nous pour faire confiance à l’autre. J’ose espérer que ma déception est légitime. Parce qu’au fond, la déception, c’est de savoir que nous sommes capables de plus, beaucoup plus. J’ose espérer que notre humanité nous unira, un jour et toujours. J’ose espérer que la paix est toujours possible, et toujours souhaitable. Aujourd’hui, dans le deuil et la déception, je continue d’espérer de notre bonté, parce qu’espérer, c’est tout ce qu’il nous reste. Mes sympathies à ceux qui souffrent, mes sympathies à nous tous, mes sympathies à notre humanité commune qui est en deuil.</p>
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		<title>Hommage à ceux qui ne peuvent qu’écouter</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/10/18/hommage-a-ceux-qui-ne-peuvent-quecouter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elliott George Grondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Oct 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[LGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Personne ne devrait se résoudre au silence afin de se protéger.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans les dernières semaines, Montréal et le Canada entier ont été témoins d’un vulgaire tsunami de haine, d’une avalanche d’hystérie inexpliquée et inexplicable, d’une triste tornade d’ignorance. En réalité, cette pitoyable tempête météorologique à laquelle je fais référence, c’est celle incarnée par toutes les manifestations organisées dans les grandes villes canadiennes par le groupe <em>1 Million March 4 Children</em>. Pour ceux qui ont la chance de ne pas connaître <em>1 Million March 4 Children</em>, il s’agit d’un groupe d’extrême droite qui milite pour mettre fin à la « propagation de l’idéologie de genre » dans les écoles. Bien qu’absurde, le groupe pancanadien affirme que certaines organisations scolaires tentent d’imposer un programme qui pousserait les jeunes à vouloir transitionner de genre ou « devenir» homosexuel. Le groupe base son existence sur la prémisse que les parents devraient avoir le contrôle sur ce qui est enseigné à leurs enfants dans les écoles. Si jamais l’odieux devait arriver, que par malheur leur enfant se trouvait à partager son désir de transitionner de genre à leur enseignant, ils devraient immédiatement être prévenus.</p>



<p>Ce faux débat sur l’identité de genre enseignée dans nos écoles et les demandes de ce groupe extrémiste sont totalement futiles à mes yeux. Je pourrais vous expliquer pourquoi le groupe a tort. Point par point, je pourrais défaire leur argumentaire. Je pourrais leur dire qu’en obligeant des enfants à sortir du placard, on brise une relation de confiance si précieuse. Je pourrais relater pourquoi sans même enseigner les différentes expressions de genre dans nos écoles, il y aura toujours des personnes trans. Je pourrais étayer mon argumentaire des multiples statistiques qui montrent la fragilité des jeunes dans la communauté LGBTQ2+ et le danger que ces manifestations posent à la sécurité de plusieurs. Calmement, avec toute ma retenue, je pourrais tenter de sensibiliser mes opposants, leur parler d’amour, d’acceptation et même d’empathie. Pourtant, ce n’est pas l’idée de mon article aujourd’hui. Je m’y refuse. Je ne débattrai pas de quelque chose qui n’est pas débattable, au même titre que je ne débattrai pas à savoir si le ciel est bleu : c’est un fait pas une opinion. Les jeunes de la communauté LGBTQ2+ existent.</p>



<p>Aujourd’hui, je veux rendre hommage à ceux qui ne peuvent qu’écouter ce que les autres disent. Je veux parler de ceux qui encaissent la haine ambiante sans jamais froncer un sourcil, sans jamais flancher. Je veux parler de ceux qui se font casser du sucre sur le dos, mais qui restent coincés dans le silence. </p>



<p>Au cours de ma vie, j’ai fait des rencontres fort intéressantes qui m’auront profondément bousculé, changé. J’ai eu la chance de rencontrer des chefs de gouvernements, des ministres, des acteurs, des personnes avec une certaine prestance et un charisme certain. Pourtant, les personnes qui m’auront toujours le plus marqué sont celles qui donnent sans compter, celles qui veulent tant faire plaisir à ceux et celles qu’elles aiment. Vous savez, ces personnes qui, à leur manière, changent le monde à grands coups de bonté, ces personnes qui ont une vision si douce de la vie, une gentillesse innée. De ces personnes sincèrement spéciales, une me revient en tête aujourd’hui. On l’appellera Clotaire. Clotaire, je ne l’ai vu qu’à deux reprises seulement. Pourtant, dès notre première rencontre, il s’est livré à moi sans complexe, sans orgueil. Après seulement trois quarts d’heure autour d’un verre, il s’était ouvert, parlant ouvertement de lui, de son passé, de son Tahiti natal, de sa famille, de son homosexualité et des défis qui viennent avec. Entouré de l’océan Pacifique, sur sa toute petite île, Clotaire avait grandi dans une famille très religieuse. Une famille aimante, mais une famille qui ne comprenait pas tout, et qui, disons-le, ne souhaitait pas tout comprendre. Donc, entre deux sermons méprisant l’homosexualité, Clotaire aimait en cachette, un autre homme, plus vieux. Ils se voyaient tous les deux sans que personne ne le sache, pour ne pas déplaire, pour apaiser sa famille, sa mère surtout. Pendant que sa famille et son temple religieux accusaient ces lointains homosexuels pour tous les maux du monde, sous leurs yeux, Clotaire, lui, aimait. Je lui ai demandé si un jour il comptait en parler à sa famille. Il m’a regardé, lancé un regard qui voulait tout dire. Non, jamais il n’en parlera. Il continue de choisir le silence dans le vacarme ignorant de sa famille. Il fait don de lui-même à des personnes qui ne le méritent pas. Il choisit de préserver la paix d’esprit de ses parents au détriment de sa guerre interne, bataille qui se déroule en lui et qui le secoue perpétuellement. Il se fait violence par amour de sa famille. Il est fort, plus fort que tous ceux qui brandissent une pancarte dans la rue avec un slogan anti LBGTQ2+. Sans rien demander, sans jamais se plaindre, il protège ses parents religieux qui eux, peuvent se permettre de fermer l’œil la nuit et de dire des choses épouvantables sur les homosexuels, comme leur propre fils. Sans parler, il ne peut qu’écouter, subir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Je veux parler de ceux qui encaissent la haine ambiante sans jamais froncer un sourcil, sans jamais flancher. Je veux parler de ceux qui se font casser du sucre sur le dos, mais qui restent coincés dans le silence »</p>
</blockquote>



<p><br>Là où je veux en venir, c’est que parmi nous, un peu partout, certains choisissent de s’ignorer, de se pervertir et de cacher leur vérité. Ils offrent la tranquillité d’esprit aux gens qu’ils aiment, qui peuvent se permettre de continuer leur vie tranquillement, de rester fermes dans leur jugement, et d’aller manifester contre les droits de leurs enfants, sans même le savoir. Leur ignorance haineuse est un cadeau offert par la chair de leur chair. Aujourd’hui, je pense à Clotaire. Je me demande s’il est passé par Sherbrooke et McGill College pendant les manifestations. Je me demande s’il a vu la haine, s’il a continué son chemin, le cœur secret, mais pur. Dans ce cas-ci, ce n’est pas parce que l’autre crie en plein jour qu’il a nécessairement raison. Il ne fait que crier des faussetés. Clotaire, lui, se contente de murmurer sa vérité dans l’ombre. La parole est d’argent, mais le silence est d’or. Clotaire n’est pas seul, on doit le reconnaître et faire attention. Tant que l’enfant de quelqu’un, à Beyrouth, Pékin, Nairobi, ou même Montréal, acceptera de se fermer à son potentiel amoureux pour que les autres projettent leur haine sur ses semblables, il y aura un problème. Tant que l’enfant de quelqu’un pensera qu’il est mieux mort que vivant et écoutant son cœur, il y aura un problème. Tant que l’enfant de quelqu’un cachera son amour à ses parents pour que ceux-ci continuent de détester un ennemi imaginaire, il y aura un problème. </p>



<p>Pendant que certains crient et crachent impunément leur haine, d’autres se taisent en cachant leur amour. En toute honnêteté, je me suis déjà tu aussi. Moi aussi, un jour dans ma vie, j’ai caché ma manière d’aimer, par peur. Une peur que je me suis créée moi- même. Maintenant, je parle. Tant que je parlerai, je tenterai d’être le porte-voix de ces personnes qui aiment tellement qu’elles oublient de s’aimer aussi. Je parlerai pour ceux qui préfèrent faire plaisir aux autres en se faisant guerre que de déranger pour se faire justice. J’aimerai pour ceux qui ne peuvent pas aimer au grand jour, et pour ceux qui ont oublié comment aimer son prochain. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/10/18/hommage-a-ceux-qui-ne-peuvent-quecouter/" data-wpel-link="internal">Hommage à ceux qui ne peuvent qu’écouter</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>À droite toute</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/09/27/a-droite-toute/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elliott George Grondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Sep 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[analyse politique]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Parti conservateur du Canada]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=52491</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le nouveau visage du Parti conservateur du Canada.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/09/27/a-droite-toute/" data-wpel-link="internal">À droite toute</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le Parti conservateur du Canada (PCC) est un parti avec une histoire riche. Après tout, c’est le parti derrière la Déclaration canadienne des droits (<em>Bill of Rights</em>) et de l’ALÉNA (Accord de libre-échange nord-américain). Pourtant, il se cherche une nouvelle identité, il courtise une partie de l’électorat qui se sent négligée à grand coup de slogans populistes et de mesquines attaques contre les minorités sexuelles et de genre. Ce changement populiste s’est incarné sous nos yeux tout récemment lors de la dernière convention du parti à Québec.</p>



<p><strong>Un parti en mutation</strong></p>



<p>Dernièrement, les membres conservateurs des quatre coins du pays se sont rassemblés à Québec dans le cadre de leur convention politique, qui se tient tous les deux ans. L’exercice démocratique avait pour but de laisser la parole à la base conservatrice afin de voter des politiques qui pourraient éventuellement se retrouver dans le programme du Parti conservateur du Canada lors du prochain scrutin général prévu pour 2025. Cependant, cette convention ne ressemblait en rien à ce à quoi les conservateurs nous avaient habitués dans les dernières années, témoin indéniable du changement s’opérant au cœur même du Parti conservateur.</p>



<p>Cette année, les membres se sont exprimés sur certaines politiques tout droit sorties des bas-fonds du Parti républicain américain : interdire aux personnes trans de participer aux compétitions sportives, empêcher les chirurgies de changement de sexe chez les mineurs, abolir les ateliers obligatoires de sensibilisation à la diversité et à l’inclusion en milieu de travail et abolir les obligations vaccinales en temps de crise. Voici certaines des politiques débattues et adoptées par les membres à Québec. Après des années de radicalisation, ces politiques se sont finalement frayées un chemin au centre de convention de Québec, allant jusqu’à se tailler une place sur les bulletins de vote. En gros, casser du sucre sur le dos des minorités de genres et sexuelles et répandre impunément de la désinformation à grand tour de bras sur les avancées médicales, c’est ça être conservateur en 2023. Être conservateur, c’est vouloir l’adoption de politiques d’extrême droite qui pourraient donner des sueurs froides à quiconque ayant une affection à l’État de droit.</p>



<p>Mais qu’est-ce que le chef conservateur répond à l’adoption de ces politiques par les participants au congrès, me direz-vous? Pierre Poilièvre affirme qu’il n’est tenu en rien d’incorporer ces politiques à sa future plateforme. En d’autres mots, voici une admission venant du chef conservateur qui n’est en rien anodine. Il s’agit ni plus ni moins d’une reconnaissance même de la fracture existant entre la base conservatrice et ses ambitions moralisatrices traditionnelles avec le reste de la population canadienne. Poilièvre, en affirmant qu’il risque de ne pas suivre la volonté de ses membres, reconnaît la nature extrémiste émanant des politiques votées par les membres conservateurs.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Être conservateur, c’est vouloir l’adoption de politiques d’extrême droite qui pourraient donner des sueurs froides à quiconque ayant une affection à l’État de droit »</p>
</blockquote>



<p><strong>Renier son passé</strong></p>



<p>Mais que se passe-t-il chez les conservateurs? Qu’est-il advenu des valeurs conservatrices qui prônent la rigueur économique? Qu’est-il advenu de ceux qui militent pour un État moins interventionniste? Où sont passés les conservateurs qui ont voté pour Clark, Mulroney, Campbell, et même Harper? Je vais vous le dire : ils ont disparu. Maintenant, c’est une nouvelle garde qui n’a rien à voir avec le style des anciens chefs du parti. Il s’agit aussi d’une nouvelle base qui a été attirée par le style populiste des conservateurs post-Harper. Je vous parle de tous ces législateurs néo-conservateurs qui vont manifester avec des groupes radicaux qui demandent la fin des mesures sanitaires devant le Parlement canadien, de ces parlementaires conservateurs tels que Leslyn Lewis, Dean Allison et Colin Carrie, qui vont souper avec des élus européens connus pour leurs positions antisémites et xénophobes. Les conservateurs d’aujourd’hui ont délaissé les questions économiques au détriment d’une bataille culturelle, pour une quête sans fin d’un retour aux belles vieilles valeurs traditionnelles. Ce sont des moralisateurs sans morale qui s’en prennent à ceux et celles qui sont sur la ligne de la marginalité au Canada.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Les conservateurs d’aujourd’hui ont délaissé les questions économiques au détriment d’une bataille culturelle, pour une quête sans fin d’un retour aux belles vieilles valeurs traditionnelles. Ce sont des moralisateurs sans morale qui s’en prennent à ceux et celles qui sont sur la ligne de la marginalité au Canada »</p>
</blockquote>



<p>Maintenant, les conservateurs et leurs élus s’intéressent davantage à la participation de certains jeunes marginalisés dans des sports qu’à des questions sérieuses et importantes aux yeux de l’électorat canadien. Ils accordent une plus grande importance aux questions morales qu’aux enjeux qui touchent Monsieur et Madame tout-le-monde. Comme preuve, lors de ladite convention, les membres ont à peine donné d’importance à la question qui prime actuellement à travers le pays : la crise du logement. Bien qu’en chambre, les élus de l’opposition se lèvent avec la plus grande des indignations pour dénoncer les mesures prises par le gouvernement libéral en matière de logement, aucune mention de la crise du logement n’est venue des membres conservateurs. Pourquoi ignorer une telle situation qui pourtant est bénéfique aux conservateurs, leur permettant de se démarquer des libéraux de Justin Trudeau? Parce que, comme je l’ai mentionné plus haut, les conservateurs ne sont plus intéressés par ces enjeux. Le problème avec cette stratégie – parce que oui, c’est une stratégie qui peut fonctionner pour ce parti – c’est le risque de se dissocier de ce qu’il reste des conservateurs du clan MacKay, dernier chef du Parti progressiste conservateur – l’ancêtre du Parti conservateur moderne qui changea au tournant des années 2000 – seul vestige du temps où les conservateurs se disaient encore progressistes En effet, le style incendiaire de Poilièvre aura déjà eu pour conséquence de lui mettre à dos deux des anciens chefs de son parti : Kim Campbell et Brian Mulroney. La première, seule femme qui aura occupé le poste de première ministre du pays en 1993, semble avoir tourné le dos à la crèche et quitté le bateau conservateur. Il est extrêmement rare qu’un ancien chef de parti quitte tout simplement son ancienne formation politique. Pourtant, plus tôt cette semaine, l’ancienne première ministre conservatrice a désavoué Poilièvre sur la plate- forme X en partageant un <em>tweet </em>du ministre libéral François-Philippe Champagne. Dans ce <em>tweet</em>, on y voit Jean Chrétien, l’ancien adversaire politique de Campbell qui l’a défait en 1993 lors des élections générales, qui dénonce la rhétorique défaitiste de Poilièvre. Campbell s’en est tenu d’un petit « Yep », qui semble tout dire. Pour sa part, Mulroney, incontestablement l’un des premiers ministres conservateurs les plus populaires de l’histoire canadienne, s’en est tenu à prendre la défense du premier ministre libéral, Justin Trudeau, affirmant que les attaques de Poilièvre étaient de simples « <em>trash, rumours, gossip </em>(déchets, rumeurs, ragots) ». Quand un conservateur se lance à la défense d’un libéral, c’est que quelque chose cloche. Ici, c’est le style populiste de Poilièvre qui dérange la vieille garde conservatrice.</p>



<p><strong>Une victoire conservatrice, une défaite canadienne</strong></p>



<p>En somme, le Parti conservateur moderne est devenu une insulte au conservatisme, un affront à la riche histoire<br>de ce parti qui a façonné le Canada, et il s’agit d’une claque à la figure de la population canadienne. Stephen Harper a un jour dit quelque chose de brillant (il fallait bien que cela arrive au moins une fois en neuf ans au pouvoir) : « Un bon chef de parti est au centre du parti, un bon chef de gouvernement est au centre du pays. » Malheureusement pour nous, partout où Pierre Poilièvre met les pieds, il n’est au centre de rien, mais bien à la droite. Très à droite, même.</p>
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