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	<title>Christopher John Chanco - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 06 Apr 2021 12:55:15 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>L’année prochaine à Jérusalem</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/04/05/lannee-prochaine-a-jerusalem/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christopher John Chanco]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Apr 2021 00:20:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[Francofête]]></category>
		<category><![CDATA[Philippines]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Premier prix du concours d’écriture créative de la Francofête 2021 - volet français langue seconde.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/04/05/lannee-prochaine-a-jerusalem/" data-wpel-link="internal">L’année prochaine à Jérusalem</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">«Un Philippin!» s’est-t-il exclamé. Sa voix vibrait avec la joie d’avoir retrouvé un vieil ami, ou plutôt une espèce rare.&nbsp;</p>



<p>– Bah… oui, je crois. Au fait, je cherchais…</p>



<p>– T’as des pièces de monnaie?!»</p>



<p>Je lui ai répondu que j’avais des shekels et même quelques dollars américains<em>.</em></p>



<p>«Ça ne m’intéresse pas. Tu vois&nbsp;mon petit trésor? J’ai des rupiahs, des euros, des yens et encore, la monnaie de la Zambie: savais-tu qu’elle s’appelait le kwacha? Quel nom bizarre! Tous les touristes qui viennent me voir, ils me donnent la monnaie de leur pays. De l’Asie, il ne me manque que celle des Philippins», a‑t-il prononcé avec fierté.</p>



<p>Dans un coin de sa boutique, Dian a retiré une tapisserie poussiéreuse sous laquelle se cachait sa collection internationale d’unités monétaires. Effectivement, il avait recueilli des pièces de monnaie représentant presque une cinquantaine de pays. Un véritable pactole, m’a‑t-il assuré.&nbsp;</p>



<p>Dian était palestinien d’une famille arabo-musulmane. Divisés entre Jérusalem et Ramallah, dans les territoires occupés, ses proches ne se sont jamais revus depuis les années 60. Et lui? Le beau jeune homme de vingt ans s’occupait de ce petit magasin dans la Vieille Ville où il vendait des souvenirs aux pèlerins.&nbsp;</p>



<p>J’examinais le bordel sacré autour de moi: des rosaires en bois d’olive, des icônes de saintes, des ménorahs d’or terni, de vieilles mezouzahs et des croix en argent rouillé accrochées sur le mur. Je ne voyais que des souvenirs chrétiens et hébraïques.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>J’ai repéré une espèce de crèche, dissimulée par un drap noir. Captivé, je contemplais cette scène de nativité qui s’est dévoilée devant moi. Dian me regardait curieusement. Paumé et privé de sommeil, je lui aurais paru, en toute apparence, comme un enfant perdu. J’avais quitté l’hôtel minable où j’étais resté la veille au soir. Tout seul, valise en main, je cherchais un meilleur hébergement quand je suis tombé sur lui ce matin-là. Il avait du mal à déplacer une table, alors je l’ai aidé. Il m’a convaincu de rester pour lui rendre service en aménageant la vitrine juste avant l’heure d’ouverture. Puis, on s’est mis à bavarder.</p>



<p>&nbsp;Je lui ai remis un billet de cent pesos, en lui expliquant qu’il ne valait rien.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><em>– </em>Le peso: comme le truc des Mexicains!</p>



<p><em>– </em>Oui, c’est ça! Au fait, je cherchais un endroit où dormir pendant quelques jours. Par hasard, connais-tu une auberge sympa, et pas très chère, quelque part?&nbsp;</p>



<p>– Mon ami, tu as de la chance. Le meilleur gîte de la vieille ville appartient à mon oncle! Suis-moi!</p>



<div class="wp-block-image is-style-default"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/quartier-arabe-2.jpg" alt class="wp-image-43655" width="565" height="843" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/quartier-arabe-2.jpg 402w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/quartier-arabe-2-330x493.jpg 330w" sizes="(max-width: 565px) 100vw, 565px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/christopher-chanco/?media=1" data-wpel-link="internal">Christopher John Chanco</a> | Le Délit</span></figcaption></figure></div>



<p>Je l’ai suivi. La lumière de l’aube nous a guidés, le soleil se levant quand on se dirigeait vers le quartier arabe. À cette heure-là, les cloches des églises sonnaient et les muezzins chantaient en parfait synchronisme. Ça me donnait envie de pleurer, malgré mon propre agnosticisme.&nbsp;</p>



<p>On est arrivés à l’auberge dont l’affiche lisait: <em>Hebron Youth Hostel and Café.</em></p>



<p>Son oncle m’a accueilli chaleureusement. Cette soirée-là, il m’a invité à jouer aux échecs. Il m’a fait part de son vécu et la conversation s’est conduite forcément vers le conflit israélo-palestinien. Il m’a confié qu’il regrettait qu’il eût pris l’ampleur d’une guerre religieuse, voire d’une croisade. Pour lui, toute cette violence se justifiait toujours au nom de l’Histoire, autrement dit, des histoires parfois imaginées et souvent contradictoires. Quelle vérité va prévaloir entre celles de deux peuples déchirés? Je me suis dit que l’Histoire devait s’arrêter là où elle se heurte à la souffrance humaine tangible.</p>



<p>Il m’a demandé ce que je faisais en Terre sainte en cet été 2015. Est-ce que j’étais un pèlerin?&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Je lui ai répondu que j’assisterais à une conférence académique qui aurait lieu à Ramallah la semaine suivante. Peut-être que je n’étais que l’un des milliers de pèlerins académiques, soi-disant experts faisant une carrière sur les grandes questions géopolitiques, alors que rien n’a changé sur le terrain.</p>



<p>Je lui ai parlé des conflits interminables entre les chrétiens, la minorité musulmane et les autochtones qui sévissaient dans le sud des Philippines.</p>



<p>En effet, les histoires les plus tragiques se retrouvent souvent dans les pays les plus beaux.</p>



<p>«Qu’est-ce que vous cherchez? lui ai-je demandé.</p>



<p><em>– </em>La paix, c’est tout ce qu’on cherche.»&nbsp;</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’étudiant étranger au Québec</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/03/15/letudiant-etranger-au-quebec/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christopher John Chanco]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Mar 2021 02:33:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[étudiants internationaux]]></category>
		<category><![CDATA[finances]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec Dieudonné Ella Oyono, économiste et président du Parti Québécois.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Originaire du Gabon, Dieudonné Ella Oyono était lui-même étudiant étranger à Montréal au début des années 2000.&nbsp;Peu de temps après son arrivée, il a œuvré auprès du gouvernement québécois en tant qu’économiste. Il a milité au sein du Parti Québécois, parti politique dont il est devenu président en 2019.<em> Le Délit </em>s’est entretenu avec l’auteur de <em>Comment tomber en amour avec son nouveau pays? </em>(2018).</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p><strong><em>Le Délit </em>(LD)</strong>: <em>M. Oyono, votre parcours parle d’un engagement très fort dans votre société d’accueil, ce que vous racontez dans vos mémoires. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous engager politiquement au Québec?</em><strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong></p>



<p><strong>Dieudonné Ella Oyono (DO)</strong>: Comme beaucoup d’étudiants internationaux, j’ai débarqué à Montréal en me disant que j’allais retourner au Gabon. 20 ans plus tard, je suis toujours là parce que Montréal et Québec, c’est chez moi maintenant. L’accueil et tout le soutien que j’ai reçu me poussent à vouloir redonner et faire ma part pour que chacun, quelle que soit son origine, réalise ses rêves ici au Québec. Le Québec est une terre d’accueil formidable où tout n’est pas parfait, mais il a besoin des efforts de tous pour avancer et se tailler une place enviable en Amérique du Nord. Je suis fier et me sens privilégié de participer au développement économique du Québec.</p>



<p><strong>LD</strong>:<em>&nbsp;Quelles sont les stratégies que le Québec peut mettre en œuvre pour encourager les étudiants internationaux à s’y installer?</em></p>



<p><strong>DO</strong>: Basé sur mon expérience, je constate que l’intégration du marché du travail est plus facile pour des gens qui ont étudié ici. Je pense qu’il faudrait améliorer le succès de ceux qui n’ont pas eu cette chance en travaillant avec les ordres professionnels et en accélérant la reconnaissance des acquis et des compétences. Ceci dit, la position de Montréal comme ville universitaire reconnue mondialement est enviable, et on doit s’assurer de la conserver. En ce qui concerne les changements touchant l’accueil et la rétention des étudiants internationaux, il faut que tous les acteurs soient mis à contribution pour que Montréal continue de se démarquer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Quel qu’il soit, un système d’immigration ne sera jamais parfait, mais tenter d’arrimer l’immigration aux besoins du marché du travail est une approche responsable»</p></blockquote>



<p><strong>LD</strong>:<em> Certains disent que dans la «<a href="https://www.lapresse.ca/affaires/2020-03-02/le-quebec-perd-la-course-aux-etudiants-etrangers" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">course aux étudiants étrangers</a>»,<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>le Québec se trouve désavantagé par rapport au reste du Canada. Pourquoi? Est-ce que la pandémie, ou encore les changements récents portés aux programmes d’immigration visant les étudiants internationaux, risquent d’aggraver cette situation?</em></p>



<p><strong>DO</strong>: Je ne partage pas nécessairement cette analyse. C’est vrai qu’il y a eu une réforme des politiques d’immigration touchant les étudiants internationaux, mais la levée de boucliers à la suite de certaines décisions et le recul du gouvernement montrent que l’impact négatif appréhendé sera plus faible. Malgré les <a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/582154/le-peq-assoupli-pour-les-etudiants" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">changements récents</a> au Programme de l’expérience québécoise (PEQ), je suis optimiste pour l’avenir, car il y a une réelle volonté d’attirer et de retenir les étudiants internationaux. D’ailleurs, des organismes comme <a href="https://www.montrealinternational.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"><em>Montréal International</em></a> y travaillent et obtiennent des résultats intéressants.</p>



<p>Je crois personnellement que le Québec, ayant des ententes avec le gouvernement fédéral en matière d’accueil de certaines catégories d’immigrants, dont les étudiants internationaux, est bien positionné par rapport au reste du Canada. En matière d’accueil et de rétention d’étudiants internationaux, nous pouvons faire des choix adaptés à la situation du Québec. Quel qu’il soit, un système d’immigration ne sera jamais parfait, mais tenter d’arrimer l’immigration aux besoins du marché du travail est une approche responsable.</p>



<p>Quant à la pandémie, elle aura un impact similaire au Québec comme au Canada sur l’accueil d’étudiants internationaux. Plusieurs universités ont offert à ces derniers de suivre les cours à distance. L’expérience n’est pas très concluante, notamment à cause du manque d’accès à l’internet haute vitesse dans plusieurs pays. Comme dans le domaine du tourisme international, je crois que le Québec retrouvera dans quelques années le niveau d’étudiants internationaux qu’il accueillait avant la pandémie. Pour cela, il faut que les mesures sanitaires soient relâchées graduellement à partir de l’automne 2021, car si la situation actuelle perdure, il se pourrait que les étudiants choisissent d’autres destinations. La pandémie a accéléré l’adoption de certaines technologies dans le monde des études universitaires, mais je crois que, malgré tout, plusieurs milliers d’étudiants continueront à venir dans nos universités afin de vivre une expérience qui ne peut se vivre à distance. À ces étudiants, il faudra leur montrer nos avantages comparatifs tels que l’écosystème universitaire montréalais, la possibilité d’étudier en français en Amérique du Nord, la qualité de vie, la sécurité, etc.</p>



<p><strong>LD</strong>: <em>Prévoyez-vous un <a href="https://www.bci-qc.ca/donnees-preliminaires-relatives-aux-inscriptions-au-trimestre-dautomne-2020/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">décroissement </a>dans le nombre d’étudiants étrangers qui choisissent de venir à Montréal à l’avenir? Quels en seront les impacts sur l’économie montréalaise, et plus précisément, les revenus des universités qui dépendent de plus en plus de leurs <a href="https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/11-626-x/11-626-x2020003-fra.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">frais de scolarité</a>? </em></p>



<p><strong>DO</strong>: C’est clair que la fermeture des frontières depuis un an a un impact négatif sur le nombre d’étudiants qu’accueillent les universités montréalaises. Puisque les étudiants louent des appartements et achètent des biens et des services, moins d’étudiants signifie moins de dépenses, ce qui a un impact significatif sur l’économie de la métropole. Toutefois, une nuance s’impose: l’impact vient davantage de <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/education/2020-05-11/les-universites-et-les-cegeps-s-inquietent-pour-leurs-finances" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’absence des nouveaux étudiants</a>. Ceux qui étaient déjà à Montréal poursuivent techniquement leurs études et sont susceptibles de changer de statut pour demeurer plus longtemps au Québec. Lorsque la pandémie sera derrière nous, il sera intéressant de mesurer cet impact de façon plus précise.</p>



<p>Sur la question du financement des universités, je ne suis pas un expert. Je peux simplement dire que la baisse des revenus anticipés met certainement plus de pression sur les finances des universités. Pour les étudiants internationaux, je crois qu’il faudrait ajuster certains frais de scolarité qui ne devraient peut-être pas être payés par des étudiants qui ne sont pas sur le territoire.</p>



<p><strong>LD</strong>: <em>Pour ceux venant des pays en voie de développement, notamment, les restrictions de voyage s’ajoutent à d’autres problèmes de longue date liés à l’octroi des visas et permis d’études. Pensez-vous que la pandémie risque de creuser les inégalités croissantes entre pays?</em></p>



<p><strong>DO</strong>: C’est une préoccupation qu’il faut garder à l’esprit. Déjà en temps normal, il y a des délais plus longs pour l’octroi de visas canadiens et de permis d’études dans certains pays – je pense notamment à l’Afrique subsaharienne que je connais bien. Avant la pandémie, venir étudier au Canada était déjà réservé à des gens ayant les moyens financiers de le faire. Les restrictions de voyage et l’exigence d’un passeport vaccinal pourraient effectivement créer des inégalités, sachant que la vaccination contre la COVID-19 ne se déploie pas à la même vitesse dans tous les pays. Il faudra être vigilant dans les prochains mois pour surveiller cet enjeu.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Ça renvoie à un autre phénomène marquant: le déséquilibre entre les pays d’origine des étudiants internationaux à Montréal et au <a href="https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/81-604-x/2020001/ch/cha-eng.htm#a34" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Canada en général</a>. Du moins, <a href="https://www.mcgill.ca/internationalstudents/issoffice/international-mcgill" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">c’est le cas à McGill</a> où&nbsp; il y a une plus forte proportion venant par exemple de la Chine, des États-Unis et de la France par rapport à l’Afrique ou d’autres régions en voie de développement. Est-ce que le Québec doit mieux diversifier le recrutement des étudiants étrangers?</em></p>



<p><strong>DO</strong>: Sans avoir de chiffres précis, j’observe effectivement ce phénomène. On peut d’ailleurs le constater au niveau des immigrants économiques. Cela s’explique par le fait qu’il faut avoir les moyens financiers pour immigrer, quelle que soit la raison de cette immigration. On peut donc très facilement faire le lien entre les pays d’origine des étudiants internationaux plus présents au Québec et leur niveau de richesse, ou, plus particulièrement, le niveau de richesse de leurs parents. Comme la répartition de la richesse est inéquitable dans la plupart des pays en développement, cela veut dire qu’on se coupe de certains talents. La solution idéale serait une meilleure répartition des fruits de la croissance économique dans les pays en développement, ce qui donnerait des chances égales à tous. En attendant, il faut continuer à offrir des bourses d’études, mais en ciblant davantage les bénéficiaires. Actuellement, ce sont ceux qui ont les moyens de venir étudier qui bénéficient encore de ces incitatifs; c’est totalement inadmissible!</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Votre dernier point rappelle <a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20191110-dieudonne-ella-oyono-nouveau-president-origine-gabonaise-le-parti-quebecois" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">vos efforts</a> pour bâtir des ponts entre le Québec et l’Afrique dans le domaine du développement économique. Vous décrivez un continent d’une immense richesse humaine dont la diaspora africaine fait partie. Voyez-vous un rapport entre les étudiants étrangers venant du Sud et l’action du Québec sur le plan de coopération internationale?</em></p>



<p><strong>DO</strong>: J’aborde ce sujet dans mon livre. Pour faire court, le Québec ne semble pas conscient des transformations qui s’opèrent dans les pays en développement, particulièrement en Afrique. Les opportunités économiques, notamment en éducation, en transformation des matières premières, en énergie et en nouvelles technologies, y sont abondantes. Le Québec devrait accroître sa présence en Afrique avec une vraie «Politique Afrique», et l’un de ses atouts est la forte présence d’étudiants originaires du continent.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Il faut arrêter de voir seulement le côté économique des nouveaux arrivants; ils nous enrichissent économiquement, mais aussi sur tous les autres plans»</p></blockquote>



<p><em><strong>LD</strong>: Cette vision globale irait peut-être à l’encontre de la tendance à réduire la contribution sociétale des étudiants internationaux, et des migrants en général, à sa dimension économique. Y a‑t-il une manière de profiter autrement de la richesse de leurs capacités et de leurs vécus?</em></p>



<p><strong>DO</strong>: Bien sûr que l’immigration n’est pas juste économique. Pour le Québec, les étudiants internationaux et les immigrants lui permettent d’enrichir sa culture, de pérenniser sa langue et d’inspirer d’autres nations sur les questions de justice sociale. Il faut arrêter de voir seulement le côté économique des nouveaux arrivants; ils nous enrichissent économiquement, mais aussi sur <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/574355/a-quand-une-politique-nationale-d-accueil-et-d-integration" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">tous les autres plans</a>. Ce sont des citoyens à part entière et non simplement de la main‑d’œuvre.<strong><span class="has-inline-color has-societe-color"></span></strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’étranger en temps de pandémie : le monde d’après ?  (2e partie)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/03/09/letranger-en-temps-de-pandemie-le-monde-dapres-2eme-partie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christopher John Chanco]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Mar 2021 14:12:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<category><![CDATA[québecois]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=42681</guid>

					<description><![CDATA[<p>La crise sanitaire peut-elle nous faire réfléchir à notre accueil de l’étranger·ère?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/09/letranger-en-temps-de-pandemie-le-monde-dapres-2eme-partie/" data-wpel-link="internal">L’étranger en temps de pandémie : le monde d’après ?  (2e partie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Lors de son discours du trône en septembre dernier, Trudeau a souligné l’importance de l’immigration dans son plan de relance économique de l’après COVID-19. Pour des migrant·e·s, tiraillé·e·s entre <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/23/letranger-en-temps-de-pandemie-1ere-partie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">la fermeture des frontières et les restrictions de voyage</a>, c’est un message qui est le bienvenu. Une logique calculatrice se cache pourtant derrière la rhétorique d’ouverture et d’accueil.&nbsp;<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1767870/immigration-canada-residents-coronavirus-frontiere?fromApp=appInfoIos&amp;partageApp=appInfoiOS&amp;accesVia=partage%C3%A0" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Le plan</a> s’inscrit dans une perspective de mettre «à profit les retombées de l’immigration pour maintenir la compétitivité du Canada sur la scène mondiale».</p>



<p>Le moment actuel nous offre l’occasion de réfléchir à une vision plus éclairée et humaniste de l’étranger·ère.</p>



<p><strong>Une histoire d’accueil</strong></p>



<p>Revenons à une époque où l’immigration ne relevait pas uniquement d’une question technique ou économique, mais également du devoir de solidarité internationale.<strong> </strong>Au Canada, les bouleversements profonds de l’après Seconde Guerre mondiale ont entraîné une certaine ouverture sur le monde et, par conséquent, le réexamen de l’enjeu de l’immigration à une époque rythmée par des questions d’égalité raciale et de droits humains. Si, jadis, le pays privilégiait avant tout l’entrée des migrant·e·s d’origine européenne, tout commence à changer à partir des années 1960. Des réformes majeures du système d’immigration ont ouvert la voie aux migrant·e·s venant des pays en voie de développement. Alors que ces changements servaient à combler un besoin de main‑d’œuvre, mettant l’accent sur l’immigration économique, ils prenaient aussi une dimension humanitaire.&nbsp;</p>



<p>L’histoire d’accueil des réfugié·e·s indochinois·es et cambodgien·ne·s est bien connue. Toutefois, on connaît moins son rapport avec l’évolution de l’identité nationale au Québec. Rappelons que les programmes de parrainage et d’asile actuels voient le jour au moment où les revendications nationales des Québécois·es atteignent une forte ampleur, incarnées par l’élection du premier gouvernement ouvertement indépendantiste sous René Lévesque. Preuve que le souverainisme et l’hospitalité ne s’opposent pas forcément, les moyens pour accueillir les exilé·e·s sud-asiatiques ont été conçus et soutenus par les souverainistes au pouvoir à l’époque, en collaboration avec le gouvernement conservateur minoritaire de Joe Clark au niveau fédéral.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Vers la fin des années 1970, les programmes de parrainage ont été <a href="https://www.canada.ca/fr/immigration-refugies-citoyennete/nouvelles/2019/04/le-canada-celebre-les-40-ans-du-programme-de-parrainage-de-refugies.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">mis en place</a>. C’est Jacques Couture, père jésuite et ministre de l’Immigration du Parti Québécois (PQ) de 1976 à 1980, qui a piloté <a href="https://jesuites.ca/stories/40-ans-de-parrainage-collectif-temoignages-et-un-regard-sur-lhistoire-du-programme-2/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’expansion du programme</a> afin de permettre aux groupes de citoyen·ne·s privés de parrainer des réfugié·e·s. Les Canadien·ne·s et Québécois·es s’engageaient dans le mouvement d’accueil avec enthousiasme. Au moins 10 000 personnes ont pu ainsi s’installer au Québec, dont les réfugié·e·s indochinois·es, des émigré·e·s haïtien·ne·s, ainsi que les Chilien·ne·s et Salvadorien·ne·s fuyant les dictatures de l’Amérique latine.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La SQSI avait pour but d’inciter les Québécois·es à une plus grande solidarité envers les pays en voie de développement»</p></blockquote>



<p>Élu en 1976, Couture s’était engagé dans le mouvement syndicaliste québécois avant de rejoindre la politique. Cette implication passionnée aurait eu un impact sur les convictions qui l’ont animé tout au long de sa vie, comme le souligne <a href="https://archipel.uqam.ca/1759/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’historien Martin Croteau</a>.</p>



<p>Le prêtre-ouvrier a également fondé la Société québécoise de solidarité internationale (SQSI) en 1980, donnant à l’organisation un rôle consultatif auprès du ministère de l’Immigration. La Société avait pour but d’inciter les Québécois·es à une plus grande solidarité envers les pays en voie de développement et les migrant·e·s et les réfugié·e·s qui en venaient. La SQSI soulignait l’importance du soutien des populations en détresse et agissait dans le domaine de l’aide internationale, notamment en Afrique et en Amérique centrale<sup>1</sup>.</p>



<p>Au devoir d’accueillir l’étranger·ère s’ajoute la nécessité de «corriger les situations qui amènent l’exode des réfugiés<sup>2</sup>». La corruption, la pauvreté et l’inégalité galopante, en passant par les dérives autoritaires et intégristes qu’elles suscitent, nourrissent le désespoir envers l’avenir, ce qui poussent de nombreux gens à quitter leur pays.&nbsp;</p>



<p>Couture et la SQSI se mobilisaient à une époque où l’idée de la décolonisation était toujours très vive, comme le constate <a href="https://muse.jhu.edu/article/482038/summary" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Sean Mills</a>. Si la Révolution tranquille avait éveillé une ferveur nationale, le ferment politique qui l’a suivie a également inspiré une réflexion critique sur les rapports de la province avec le monde extérieur. Certain·e·s imaginaient un internationalisme qui tisserait des liens entre le Québec et le tiers-monde, composé de pays qui avaient eux-mêmes lutté pour leur indépendance. On peut également déceler les aspirations d’une province qui commençait à se doter d’une politique étrangère propre à un État québécois.</p>



<p>Il en va de même pour le journaliste Jean-Marc Léger. Souverainiste convaincu et partisan infatigable de la langue française, il traitait la question de l’immigration au même titre que les problèmes démographiques et culturels sérieux auxquels le Québec faisait face. Pour Léger, une politique d’immigration devait reposer, avant tout, sur un souci de bâtir une nation à travers une langue et des valeurs partagées. Il souligna l’importance de veiller à ce que les capacités d’intégration de la province soient adéquates pour recevoir de nouveaux·elles immigrant·e·s. Toutefois, des facteurs économiques ne pouvaient pas l’emporter sur d’autres considérations. <a href="https://drive.google.com/drive/folders/1szxiUz89RUEp-jtvEgzmXx8S1LZWb-uM?usp=sharing" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Écrivant en 1986</a>, il a critiqué la tendance «à privilégier la dimension économique, voire mercantile, de l’immigrant (investisseur si possible, consommateur en tout cas) » qui témoignait «d’une sorte de mépris à son endroit comme d’indifférence à nos propres valeurs<sup>3</sup>».<sup> &nbsp; </sup>&nbsp;</p>



<p>Ce sont des valeurs – une notion plutôt galvaudée depuis quelque temps – qui vont réunir tous ceux et toutes celles qui appartiennent au collectif québécois. Léger a souligné que la volonté des immigrant·e·s de s’y intégrer pleinement et d’en faire partie dépendait également d’un peuple confiant et conscient de sa propre histoire. Ce n’est qu’avec cette confiance qu’il pourra devenir «plus accueillant à l’autre, plus ouvert et sensible au dialogue des cultures».&nbsp;30 ans après, le discours de l’ancien secrétaire-générale de la Francophonie, appelant à l’assimilation rapide des migrant·e·s au nom de la survie culturelle et à la mise en garde contre certains groupes culturels difficilement assimilables, semble aujourd’hui dépassé. On pourrait néanmoins apprécier le devoir d’ouverture qui s’impose – tant pour l’immigré·e que pour la société qui l’accueille, pour mieux se comprendre et s’engager dans un avenir partagé.</p>



<p>Le·la migrant·e pouvait ainsi se reconnaître dans une nation qui ne lui serait plus étrangère.</p>



<p><strong>Un regard sur l’avenir</strong></p>



<p>De cette histoire, peut-on tirer des leçons?&nbsp;Certes, elle marque un fort contraste avec la situation actuelle. Au Québec, comme ailleurs, on resserre les restrictions à la liberté de mouvement que subissaient déjà les migrant·e·s sur place. Si tout le monde se retrouve confiné, l’étranger·ère est <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/23/letranger-en-temps-de-pandemie-1ere-partie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">le·la plus confiné·e</a>.</p>



<p>Pire encore, la crise sanitaire pourrait entraîner une crise économique importante. D’un côté, il est fort probable que cela accélère la tendance des pays à se replier sur eux-mêmes, voire encourager des nationalismes extrêmes et intégristes. L’après-crise, d’un autre côté, pourrait renforcer l’hubris d’une <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/11/20/assassinat-de-samuel-paty-pour-edgar-morin-le-plus-dangereux-est-que-deux-france-se-dissocient-et-s-opposent_6060444_3232.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">globalisation rampante</a>, glaciale et déshumanisante qui a favorisé la propagation d’un virus au même titre que des inégalités croissantes, tout en gommant la richesse des cultures diverses, ce qui incite à des replis identitaires.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le système canadien a tendance à attirer ceux et celles qui viennent des couches sociales les plus aisées des autres pays»</p></blockquote>



<p>La crise sanitaire dévoile également les répercussions poignantes des inégalités extrêmes à l’échelle mondiale qu’explique, en partie, l’immigration vers des pays riches. Certaines sociétés s’en sont tirées plus facilement que d’autres. La politique d’immigration des pays occidentaux, où les étranger·ère·s ne sont jamais traité·e·s de manière égale, renforce ce déséquilibre.&nbsp;</p>



<p>À la dévalorisation du travail dit «non qualifié» s’ajoutent&nbsp;les coûts pénibles associés aux tests de langue et de santé, preuves financières, renouvellements interminables des permis et visas et même aux billets d’avion.&nbsp;Mur impénétrable pour la plupart des migrant·e·s venant des pays en développement, à un tel point qu’un doctorant en histoire et un étudiant en gestion à McGill pourraient plus facilement accéder à la résidence permanente qu’un travailleur agricole mexicain, une préposée haïtienne ou encore une domestique philippine. Éloigné·e·s de <a href="https://www.ledevoir.com/societe/592307/le-noel-des-travailleurs-agricoles-du-quebec" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">leurs propres familles</a>, attaché·e·s aux emplois peu désirables – à la fois fort essentiels et dévalorisés – mais ayant prodigué leur juste part aux sociétés québécoise et canadienne, entre l’un et l’autre, qui est plus «essentiel»?&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Le chemin n’est pas non plus évident pour les étudiant·e·s internationaux·ales, cette espèce d’immigrant·e apparemment la plus favorisée et privilégiée par le Canada. Au Québec, les changements controversés apportés au Programme de l’expérience québécoise (PEQ) nous promettent un accueil moins chaleureux que les politicien·ne·s ne le laissent croire.</p>



<p>Le système canadien, autrement dit, a tendance à attirer ceux et celles qui viennent des couches sociales les plus aisées des autres pays, déjà idéalement placé·e·s pour se faufiler dans le dédale migratoire, ce qui ne fait que reproduire les inégalités à l’échelle mondiale. C’est mieux, certes, que ce qu’on voit ailleurs. Il n’empêche qu’on peut en imagine<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">r une alternative qui ne r</span>éduit ni le·la migrant·e à une main‑d’œuvre bon marché, ni ne fait de l’accueil des réfugié·e·s un acte de charité. Un monde où l’étranger·ère serait accueilli·e comme l’être humain qu’il ou elle est, sinon le ou la citoyen·ne qu’il·elle pourrait devenir, plutôt qu’un chiffre à entrer dans un rapport trimestriel ou, pire encore, le bouc émissaire de la prochaine élection.</p>



<p><strong>Mon point de départ</strong></p>



<p>Avant de conclure, je tiens à souligner mon point de départ. Je viens d’un pays qui donne, en ce moment de pandémie, une nouvelle dimension au mot «confinement». Aux Philippines, la crise du coronavirus n’a fait que <a href="https://www.arte.tv/fr/videos/099973-000-A/philippines-a-l-ombre-du-virus/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">renforcer les dérives autoritaires</a> qui l’ont précédée: voilà les bidonvilles devenus zones de guerre, les barrières et couvres-feux qui confinent tant le virus que l’opposition politique, l’omniprésence des forces de l’ordre et la violence terrible qu’exerce le pouvoir contre nos propres citoyens.</p>



<p>Cela dit, mon parcours n’a pas été pénible, au contraire. En arrivant au Canada, il y a cinq ans à peine, puis au Québec, je pensais avoir trouvé une certaine paix. Je me tenais à distance de mes propres origines, à tel point que j’ai décidé d’étudier l’histoire du Canada et des peuples qui, de prime abord, n’avaient rien à voir avec le mien; et même d’écrire cet article en français, une langue d’adoption dotée d’une musique latine qui rime avec celle qui m’a habité depuis mon enfance. Je suis toujours frappé par la gentillesse et l’ouverture d’esprit des gens qui habitent ce pays, dont les valeurs sont parfois trahies par leurs politicien·ne·s.</p>



<p>Une tristesse indicible s’empare de moi ces derniers temps. La quête d’une vie stable, dans une société qu’on a appris à aimer, demeure une démarche kafkaïenne.</p>



<p>Pour moi, et pour beaucoup d’entre nous, tout est devenu flou et incertain.&nbsp;Reste à voir ce que l’avenir nous réserve.</p>



<p><strong>Références : </strong></p>



<ol class="wp-block-list"><li>Correspondances, documents variés (entre les années 80–90), P832, S1, SS1, Historique de la Société Québécoise de Solidarité Internationale, BANQ-Vieux Port.</li><li>Communiqué de Presse, Ministère de l’Immigration, Gouvernement du Québec, 17 juin 1980, Fonds de la Société québécoise de solidarité internationale, P832, S1, SS1, Historique de la Société Québécoise de Solidarité Internationale, BANQ-Vieux Port.</li><li>«&nbsp;Avenir du Québec et Immigration&nbsp;», 4 septembre 1986. P599 Fonds Jean Marc-Léger, 2001–01-001, Fonction publique internationale, BANQ-Vieux Port.</li></ol>



<hr class="wp-block-separator is-style-wide">



<p><em>L’auteur tient à remercier l’équipe de rédaction du </em>Délit<em>, ses professeur·e·s de français, Mme Sarah Anthony et M. Guillaume Gachet</em>,<em> et son copain, pour avoir corrigé ses textes.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/09/letranger-en-temps-de-pandemie-le-monde-dapres-2eme-partie/" data-wpel-link="internal">L’étranger en temps de pandémie : le monde d’après ?  (2e partie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’étranger en temps de pandémie (1ère partie)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/23/letranger-en-temps-de-pandemie-1ere-partie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christopher John Chanco]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Feb 2021 13:30:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[caq]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=42290</guid>

					<description><![CDATA[<p>Regard sur le vécu des étranger·ère·s – travailleur·se·s, étudiant·e·s, demandeur·se·s d’asile, voisin·e·s et ami·e·s – au temps de la pandémie.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>«Dans l’exil général, ils étaient les plus exilés».&nbsp;Dans ce passage de son roman <em>La Peste </em>(1947), Camus souligne l’angoisse que suscitait l’épidémie chez ceux et celles qui «se heurtaient sans cesse aux murs qui séparaient leur refuge empesté de leur patrie perdue»<span class="has-inline-color has-noir-color">. </span>Si tous·tes ressentaient un profond sentiment de désespoir face à la perte de repères temporels, pour l’étranger·ère, c’était l’espace même qui se rétrécissait: ne pouvant quitter sa société d’accueil, il·elle pouvait difficilement imaginer un retour dans son pays d’origine.</p>



<p>La fermeture des frontières, les restrictions de voyage et les couvre-feux qui interdisent la libre circulation même dans son propre quartier: en 2021, tout semble pointer vers un monde encore plus dur pour l’étranger·ère.</p>



<p>Bien avant la pandémie, pourtant, la porte avait déjà commencé à se refermer, et on a serré la vis depuis lors. Ces dernières années au Québec, les changements apportés aux programmes d’immigration ont embrouillé la situation pour ceux et celles voulant s’y installer de façon permanente. Ils ont fait peur aux sans-papiers et demandeur·se·s d’asile, tout en complexifiant les démarches à suivre pour les étudiant·e·s internationaux et travailleur·se·s temporaires.</p>



<p>Étant étudiant étranger, je ne suis pas, moi-même, un observateur désintéressé.</p>



<p><strong>Un double confinement</strong></p>



<p>La crise sanitaire n’a fait que dissimuler l’impasse que nous vivons, tous statuts et origines confondus.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Prenons le cas des «<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1729121/coronavirus-immigration-refugies-pandemie-regularisation-canada-quebec" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">anges gardiens</a>». Plusieurs d’entre eux·elles étaient des demandeur·se·s d’asile et des sans-papiers qui ont prêté main-forte au système de santé au Québec tout au long de la pandémie. Or, les anges se retrouvent dans les limbes<span class="has-inline-color has-noir-color">,<strong> </strong></span>et leur <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1753654/immigration-asile-ottawa-trudeau-legault-expulsion" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">statut d’immigration, déchiré</a> dans un débat opposant les autorités fédérale et provinciale quant à la définition des services dits «essentiels». Face au refus du gouvernement caquiste d’élargir le seuil d’admissibilité, le gouvernement canadien se montre réticent à accorder la clémence, sauf à ceux et celles qui ont travaillé auprès des patient·e·s, soit les infirmier·ère·s et les préposé·e·s. Sont notamment exclu·e·s de cet accord les agent·e·s de sécurité et de ménage qui eux·elles aussi occupaient des postes à fort risque de contamination dans des hôpitaux et des résidences de personnes âgées.</p>



<p>La controverse a refait surface en décembre dernier, lorsque l’Agence des services frontaliers du Canada a annoncé la reprise des renvois des migrant·e·s à statut précaire. Le ministre fédéral de l’Immigration tenait à rassurer les anges gardiens qu’ils·elles seraient épargné·e·s des expulsions, sans pour autant garantir de protection pour les personnes exclues de l’accord passé avec le Québec.</p>



<p>L’incertitude des anges gardiens rejoint celle des travailleur·se·s agricoles. La plupart venant d’Amérique latine, il·elle·s comblent le manque critique de main‑d’œuvre dans les fermes québécoises et canadiennes, surtout pendant la saison des récoltes. Si la crise sanitaire et les restrictions frontalières devaient se prolonger, on pourrait craindre <a href="https://newcanadianmedia.ca/no-canadians-to-replace-temporary-foreign-farm-workers/?doing_wp_cron=1613572965.9697990417480468750000" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">des répercussions importantes</a> pour le secteur agricole, faute d’ouvrier·ère·s étranger·ère·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Bien que la loi garantisse les mêmes droits du travail aux citoyen·ne·s canadien·ne·s qu’aux étranger·ère·s, on ne les protège pas toujours de manière égale»</p></blockquote>



<p>Les règles du confinement ont eu, sans aucun doute, des effets pervers sur cette situation, comme l’explique Michel Pilon, porte-parole du Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec (RATTMAQ). Les travailleur·se·s temporaires se sont retrouvé·e·s confiné·e·s, même pendant les jours de congé, à la suite des éclosions de COVID dans plusieurs fermes l’automne dernier.&nbsp;</p>



<p>Pilon espère que cela entraîne une remise en question de leurs conditions de travail. «Lorsqu’on confine une vingtaine de travailleur·se·s dans une même pièce dans des lits superposés… dans un immense dortoir avec très peu d’espace entre les gens, ça devient un problème.»&nbsp;</p>



<p>Bien que la loi garantisse les mêmes droits du travail aux citoyen·ne·s canadien·ne·s qu’aux étranger·ère·s, on ne les protège pas toujours de manière égale. Les travailleur·se·s agricoles sont soumis·es aux accords entre le Canada et leurs pays d’origine sous le Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS). Le PTAS est l’un des programmes fédéraux, établis dans les années 1970, qui gèrent le recrutement et la rétention de la main‑d’œuvre étrangère.&nbsp;</p>



<p>En temps normal, ces ouvrier·ère·s champêtres subissent des restrictions de mouvement liées à leur statut temporaire au Canada. Comme l’indique leur dénomination, les travailleur·se·s agricoles saisonnier·ère·s ne peuvent venir ici que pour une durée de quelques mois avant de devoir quitter le Canada. Il·elle·s sont également lié·e·s à un<span class="has-inline-color has-noir-color">·e </span>seul<span class="has-inline-color has-noir-color">·e </span>employeur<span class="has-inline-color has-noir-color">·se </span>par saison de travail, sans possibilité d’en chercher u<span class="has-inline-color has-noir-color">n·e </span>autre. De plus, les règlements du programme imposent aux employeur·se·s des règles trop contraignantes pour qu’il·elle·s puissent les parrainer. L’expérience du travail dans les champs ne compte pas non plus auprès des programmes fédéraux d’immigration, étant considérée comme des emplois «non qualifiés».&nbsp;</p>



<p>Cela ne leur laisse presque <a href="https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/canadas-temporary-foreign-worker-programs" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">aucune possibilité</a> d’accéder à la résidence permanente. Un·e ouvrier·ère saisonnier·ère pourrait être employé·e par la même entreprise et transiter entre le Guatemala et le Québec pendant des années, sans jamais voir son statut régularisé.</p>



<p><strong>L’accueil des réfugié·e·s remis en question</strong></p>



<p>À tout cela s’ajoutent finalement les difficultés qu’éprouvent les systèmes de parrainage. L’été dernier, le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) a <a href="https://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/immigrer-installer/immigration-humanitaire/parrainage-collectif/index.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">suspendu le programme de parrainage</a> jusqu’en novembre 2021. Alors que l’accueil des réfugié·e·s relève normalement de la compétence des autorités fédérales, le parrainage collectif représente une solution fiable pour ceux et celles voulant s’installer au Québec. La suspension vise tous les organismes impliqués dans leur accueil, la plupart étant des églises et des organismes sans but lucratif. Certains d’entre eux ont servi de parrains, sans financement public, depuis plus de 40 ans.&nbsp;</p>



<p>Les petits groupes de citoyen·ne·s et résident·e·s permanent·e·s au Québec peuvent toujours déposer des demandes, précise Neal Santamaria, coordinateur de volet parrainage à la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI). «Le problème, ajoute-t-il, c’est que sans accompagnement de la part des organismes – option que choisissaient beaucoup de parrains – beaucoup de demandes seront refusées.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Derrière la rhétorique nationaliste se dessinent les prémices d’un système où la sélection de migrant·e·s se réduit aux critères économiques»</p></blockquote>



<p>De son côté, le MIFI&nbsp;évoque la <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1744897/refugies-parrainage-quebec-legault-fraude-suspension-organismes" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">fraude et la corruption</a> au sein du programme pour en justifier la suspension. Les organismes de parrainage <a href="http://tcri.qc.ca/nouvelles/423-lettre-enjeux-avec-le-programme-de-parrainage-priv%C3%A9-des-personnes-r%C3%A9fugi%C3%A9es" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">se défendent</a> en soulignant qu’il s’agissait d’une minorité des cas et qu’ils avaient eux-mêmes porté plainte contre les failles du programme. Ils se lamentent d’avoir été tous mis <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/2020-06-15/des-organismes-de-parrainage-de-refugies-inquiets-du-silence-de-quebec" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dans le même panier</a>. Selon le Regroupement des organismes et groupes de parrainage de personnes réfugiées au Québec (ROGPRAQ), la suspension n’a pas de justification claire, rappelant que les organismes n’ont jamais reçu de soutien du ministère pour assurer l’intégrité du programme. Ils critiquent les règles établies qui ont affaibli le programme de parrainage ces dernières années, et ce, peu importe le parti politique au pouvoir. C’étaient les libéraux, par exemple, qui avaient imposé un plafond aux réfugié·e·s admis·es par la province. Depuis août 2018, le seuil se limite à <a href="https://www.ledevoir.com/societe/534187/refugies-nouvelles-normes-de-parrainage" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">750&nbsp;demandes par année</a>. Alors que les candidat·e·s risquent de subir des délais d’attente de plusieurs années, certains organismes parrains ont eu recours à des coursier<span class="has-inline-color has-noir-color">·ère·s </span>entre eux·<span class="has-inline-color has-noir-color">elles </span>et le ministère. Ces intermédiaires se sont répandu<span class="has-inline-color has-noir-color">·e·s </span>sous les caquistes. La brèche qui s’est installée dans la filière bureaucratique aurait pu favoriser, ironiquement, l’échange de pots-de-vin pour faire avancer certaines demandes.</p>



<p>Pour l’instant, l’ancien système de parrainage se voit remplacé par un tirage au sort&nbsp;comparable au tri aléatoire des migrant·e·s économiques. Le ROGPRAQ s’indigne, dans une <a href="https://docs.google.com/document/d/1k2ujYanwMXbQezSKDeZ70Bjqrs8RS_-SxBBw0MlQDqo/edit#heading=h.4g0wavejva4o" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">lettre ouverte</a> diffusée en novembre, que le nouveau processus équivaille à une loterie «qui déciderait du destin de familles réfugiées, ce qui est en contradiction avec l’esprit même de l’immigration humanitaire.»</p>



<p>La pandémie a éclipsé un virage important dans l’orientation des politiques d’immigration du Québec. La province semble soucieuse de réduire, autant que possible, le nombre d’étranger·ère·s qui entrent sur son territoire, menant à bien des promesses électorales du parti politique au pouvoir. Derrière la rhétorique nationaliste se dessinent les prémices d’un système où la sélection de migrant·e·s se réduit aux critères économiques. En fait, tout est conforme à la conception strictement économiciste et technocratique de l’immigration qui s’affirme dans des pays occidentaux, au mépris des considérations humanitaires. Une vision bien incarnée chez l’ancien ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barette, pour qui l’Arrima, la nouvelle plateforme numérique chargée de sélectionner des migrant·e·s, serait le «<a href="https://www.tvanouvelles.ca/2019/02/07/le-tinder-de-limmigration" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Tinder</a>» de l’immigration.</p>



<p>Qu’attendent les réfugié·e·s, travailleur·se·s migrant·e·s et sans-papiers dans un monde post-COVID? La crise sanitaire ne peut qu’accentuer les soucis et les incertitudes de longue date.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/23/letranger-en-temps-de-pandemie-1ere-partie/" data-wpel-link="internal">L’étranger en temps de pandémie (1ère partie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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