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	<title>Benoit Gauthier - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>L’euro, c’est grave docteur?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/02/07/leuro-cest-grave-docteur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benoit Gauthier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 15:52:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[crise financière]]></category>
		<category><![CDATA[dette]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[économie mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[endettement]]></category>
		<category><![CDATA[euro]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique internationale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que s’enchaînent le forum économique mondial de Davos (Suisse) et le Sommet de Bruxelles cette semaine, retour sur la crise de l’euro qui paralyse son continent</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2012/02/07/leuro-cest-grave-docteur/" data-wpel-link="internal">L’euro, c’est grave docteur?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Qu’est ce qui a bien pu se passer pour que la zone euro, que l’on prétendait être il y a encore cinq ans comme l’égal des États-Unis, puisse être aujourd’hui autant dans la m****? Le dernier terme est certes fort et volontiers grossier mais c’est très probablement ce que se disent les politiciens et les économistes européens.</p>
<p>Tous les jours on nous abreuve de chiffres, de notes et de titres très alarmistes, voire fin-du-mondistes comme «la faillite de l’euro» ou même «l’explosion de l’euro». Pourquoi donc? Que s’est-il passé pour que subitement une puissance mondiale devienne le cancre absolu? Est-ce d’ailleurs vraiment le cas? Tout a l’air d’aller très vite, les ministres et autres dirigeants économiques surfant de réunions de crise en réunions anticrises, sans que l’on nous explique clairement ce qui se passe. <em>Le Délit</em> et le professeur Jagdish Handa analysent la situation. Monsieur Handa est professeur à McGill depuis 1966 et se spécialise en économie des politiques monétaires et en microéconomie.</p>
<p></p><figure class="wp-caption alignright" style="max-width: 225px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/02/Images_of_Money-2.jpg" data-wpel-link="internal"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-10999" title="Images_of_Money 2" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/02/Images_of_Money-2-225x300.jpg" alt width="225" height="300"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Crédit photo: Images_of_Money</span>		</figcaption>
	</figure>
Afin de comprendre la crise actuelle, il faut d’abord se pencher sur celle qui l’a précédé, la crise des <em>subprimes</em> déclenchée en 2007, qui a fait trembler l’économie mondiale. Sans revenir sur les causes de celle-ci, il est essentiel d’analyser les politiques de relance instaurées par les gouvernements occidentaux à l’époque. Ceux-ci, avec l’aide du G20 et du Fond monétaire international (FMI), avaient décidé d’accroitre très fortement leurs dépenses afin de stimuler l’emploi et l’investissement et de racheter aux entreprises et individus certains titres boursiers qui s’étaient effondrés. Il y avait alors eu le fameux Plan de Bruxelles, d’un coût total de 200 milliards d’euro, qui s’ajoutait aux différents plans nationaux. En effet, les États de la zone euro s’étaient autorisés à s’affranchir de la limitation du déficit fiscal à 3% du Produit Intérieur Brut, à cause du caractère exceptionnel de la crise. Cette politique de relance, dite «par la demande», semblait être la solution au problème permettant d’atténuer une forte baisse de l’emploi, de la consommation et de l’investissement. Cependant, elle a également soulevé un problème épineux à l’origine de la crise de l’euro: le surendettement des États.
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/02/c0incidence.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-large wp-image-11001" title="c0incidence" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/02/c0incidence-595x396.jpg" alt width="595" height="396"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Crédit photo: c0incidence</span>		</figcaption>
	</figure>

<p><strong>Le surendettement&nbsp;fait plonger la zone euro</strong></p>
<p>Comment va-t-on payer? C’est la question que les marchés ont commencé à se poser au fur et à mesure que les États européens dépensaient alors que l’activité économique peinait à redémarrer. Le monde s’est alors réveillé en 2011 en se posant la question: et si un État ne pouvait plus rembourser ses dettes?</p>
<p>Cet électrochoc, une première pour un pays occidental, a eu lieu lorsque la Grèce a commencé à plonger. La Grèce, à l’instar de l’Irlande et du Portugal, avait été très touchée par la crise des <em>subprimes</em> et avait dû fortement creuser son déficit budgétaire, ce qui faisait grimper automatiquement sa dette souveraine. Athènes, comme tous les autres gouvernements, finançait sa dette en émettant des obligations et des titres de créance, à court et long terme, sur les marchés financiers. Concrètement, la Grèce revendait des parts de sa dette sur les marchés en échange de liquidités. Par conséquent, la Grèce, et tous les États en général, comptent énormément sur la confiance qu’ont les marchés financiers vis-à-vis de leur stabilité économique.</p>
<p>Malheureusement ces marchés ont commencé à se bloquer lors de la crise de 2007, faisant moins confiance aux États qui étaient susceptibles de ne pas être en mesure de rembourser leur dette et ses intérêts. Selon le professeur Handa, cette relation de confiance s’est évanouie totalement lorsque le précédent gouvernement grec a annoncé en 2010 que la Grèce avait réussi à dissimuler l’emprunt d’immenses quantités d’argent pendant dix ans &nbsp; grâce à l’intervention d’institutions financières américaines, dont Goldman Sachs.</p>
<p>Difficile alors pour le monde entier de croire qu’elle serait en mesure de rembourser sa dette. L’incertitude a atteint des niveaux inégalés, faisant exploser les taux d’intérêt qui sont corrélés positivement aux niveaux de risque. On commençait alors à penser que la Grèce pourrait être en situation de défaut de paiement (i.e. refus de payer sa dette) ou devrait du moins les retarder. A partir de 2011, alors que sa dette s’accentuait, plus personne n’a fait confiance à la Grèce.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/02/Terra-Nova-Fondation.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-large wp-image-11003" title="Euro currency concept illustration" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/02/Terra-Nova-Fondation-595x470.jpg" alt width="595" height="470"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Crédit photo: Terra Nova Foundation</span>		</figcaption>
	</figure>

<p><strong>La perte de confiance des marchés financiers</strong></p>
<p>Cependant en quoi cela menace-t-il le reste de la zone euro? C’est une question de méfiance. Les marchés financiers commencent à douter en 2011 de la solidité de la dette irlandaise et portugaise car les deux pays sont également dans une impasse économique où le chômage monte en flèche. Ce manque de confiance est parfaitement illustré par l’exemple des agences de notation financière. Ces agences, révélées au grand jour il y a un an, sont entre autres chargées d’évaluer la solidité des dettes des pays et de les noter. C’est alors que les noms de Moody’s, Standard &amp; Poor’s et Fitch Ratings ont envahi les médias, devenant les bouc-émissaires des hommes politiques. Le professeur Handa souligne le fait que «&nbsp;ces agences reflètent finalement le sentiment général du monde financier, tout étant une question de confiance&nbsp;». Celles-ci ont eu peur que la crise se propage dans le reste des pays de la zone euro du fait de leur monnaie commune et de la période de stagnation économique. Les notes des pays ont alors baissé au point où des pays comme l’Italie et la France ont vu leur note dégradée en décembre dernier.</p>
<p>Qu’est ce que cela signifie? Que ces pays auront plus de difficultés à financer leur dette qui, en période de crise, ne fait qu’augmenter. Cela pénalise davantage ces États qui doivent alors faire d’importants efforts pour réinstaurer la confiance des marchés et réduire leur déficit budgétaire. Cela se traduit par «des plans d’austérité», dont le nom veut tout dire. Il s’agit d’importantes coupes dans les dépenses de l’État (i.e. baisse des budgets des différents ministères et privatisation d’industrie) et/ou d’accentuer les recettes de l’État en augmentant les taxes. C’est le cas presque partout en Europe à l’heure actuelle (à part en Suisse et au Luxembourg). Cependant nul n’est convaincu de l’efficacité de ces plans qui sont susceptibles à court terme de créer du chômage et de faire reculer l’activité économique, tout dépend de la structure de ceux-ci par rapport aux pays.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/02/Yoshi-2000.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-11005" title="Yoshi 2000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/02/Yoshi-2000-595x568.jpg" alt width="595" height="568"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Crédit photo: Yoshi 2000</span>		</figcaption>
	</figure>

<p><strong>La crise de l’euro&nbsp;: un défi politique existentiel</strong></p>
<p>Une autre solution a fait son chemin ces derniers mois dans les journaux: est-ce que la Grèce devrait quitter la zone euro?&nbsp; Là réside toute la complexité du défi auquel fait face l’Union européenne.&nbsp; Jusqu’à quel point est-ce que l’Europe devrait aider son malade? C’est une question extrêmement politique qui a pour enjeu l’union même de ce continent. Ce modèle d’union politique qui était montré en exemple dans les années&nbsp; 2000 serait-il sur le point d’imploser? Car si l’UE abandonne la Grèce, n’y aurait-il pas un effet domino dont l’Irlande et le Portugal seraient les prochaines victimes? Ce serait une défaite inimaginable pour l’Europe dont l’union avait pour objet de rassembler les nations et favoriser leur développement politique et économique. Financièrement cela pourrait se traduire par la fin de l’euro, comme le demandent certains partis d’opposition (le Front National en France). Cette monnaie, qui ambitionnait de devenir l’égal du dollar américain, a d’ailleurs vu sa valeur chuter en 2011 tant les spéculateurs et les marchés croyaient en un éventuel déclin de l’euro. Cependant, ce scénario catastrophe n’a pas encore abouti et l’on sent d’ailleurs dans les milieux décisionnaires une certaine vague d’optimisme depuis la semaine dernière.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/02/Images_of_Money-3.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-11007" title="Images_of_Money 3" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/02/Images_of_Money-3-595x446.jpg" alt width="595" height="446"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Crédit photo: Images_of_Money</span>		</figcaption>
	</figure>

<p><strong>Davos&nbsp;2012: la fin de la tempête?</strong></p>
<p>En effet, même si la situation reste toujours très préoccupante, les différents observateurs présents au forum de Davos ont pu voir Mario Draghi, le nouveau président de la Banque centrale européenne, montrer des signes de satisfaction quant à l’évolution de l’euro. Vendredi dernier, il annonçait lui-même «des avancées remarquables dans la zone euro». Selon lui, les pays de la zone euro seraient véritablement unis, ce qui est une belle avancée politique, alors que les marchés financiers seraient moins contractés depuis quelques semaines. C’est ce que confirme le ministre français de l’Économie, François Baroin, en expliquant que «la dégradation de la France n’a eu aucune conséquence: les taux d’emprunts sont même plus faibles qu’avant pour les pays sanctionnés par une agence», faisant allusion à la perte pour la France de la note maximale. Cela signifie que la confiance des marchés dans l’Europe et sa monnaie se réinstaurent tranquillement, une avancée vitale pour les pays qui cherchent à financer leur dette.&nbsp; 2012&nbsp; s’annonce potentiellement comme une année plus positive que 2011 même si, comme le rappelle Mario Draghi, il faut continuer les réformes structurelles de la zone euro pour retrouver une croissance stable. En effet, si on observe actuellement une certaine phase d’optimisme,&nbsp; il faut que cela se reflète dans l’économie réelle avec une baisse du chômage et une hausse des investissements. Le professeur Handa rappelle que c’est aux banques de favoriser l’accès au crédit pour les entreprises et particuliers. Les banques doivent jouer leur rôle de moteur de l’investissement et non être un frein&nbsp; pour l’activité économique en se créant des réserves pour elles-mêmes. Cette année s’annonce ainsi cruciale quant au développement des évènements, que ce soit au niveau politique ou financier, et il faut espérer que Davos ne sera pas qu’un simple écran de fumée pour rassurer temporairement les marchés.</p>
<p><strong>Qu’en est-il pour les canadiens?</strong></p>
<p>Comment réagit l’économie canadienne face à la crise européenne? Selon TNS Canada, l’indice&nbsp; de confiance des consommateurs&nbsp; a pour la première fois depuis six mois très légèrement augmenté, passant de 95.2 en octobre à 96 en novembre.&nbsp; Si cette statistique ne rassure pas totalement, elle montre que, au plus fort de la tempête, les Canadiens n’étaient pas complètement terrorisés par la situation. Il faut quand même rappeler que dans une économie mondialisée, le système bancaire sera forcément influencé alors que les exportations vers le vieux continent diminueront forcément, ce qui peut entraîner une hausse du chômage. Selon les analystes, on se rapprocherait alors davantage des États-Unis à long terme, là où la situation a l’air relativement plus stable. Douglas Porter, économiste en chef à BMO expliquait à CTV que l’économie canadienne continuera de progresser en 2012, tout comme aux États-Unis, même si il y aura quelques turbulences sur les marchés financiers. Il y aurait même, selon le patron de RBC, une occasion pour les banques canadiennes, réputées plus solides car moins enclines au risque, de se développer davantage alors que les concurrents européens sont affaiblis par cette crise.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’Ouest rencontre l’Est</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/10/25/louest-rencontre-lest/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benoit Gauthier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Oct 2011 12:50:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[échange]]></category>
		<category><![CDATA[Gautier]]></category>
		<category><![CDATA[Hong Kong]]></category>
		<category><![CDATA[occident]]></category>
		<category><![CDATA[orient]]></category>
		<category><![CDATA[parfums]]></category>
		<category><![CDATA[voyage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hong Kong: La plus occidentale des villes orientales sous la loupe d’un étudiant en échange dans la ville aux mille parfums</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On a souvent du mal à décrire, à chaud, une expérience. On se perd dans nos impressions, nos sentiments; on peine à prendre suffisamment de recul. Pourtant, à propos de Hong Kong, que l’on aime ou pas, un mot ressort sans cesse pour la qualifier: Grandiose! N’est-ce pas trop? Certainement pas.</p>
<p></p><figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/10/S-Hong-Kong-4-couleurs.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-9280" title="S - Hong Kong 4 couleurs" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/10/S-Hong-Kong-4-couleurs-595x235.jpg" alt width="595" height="235"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/benoit-gauthier/?media=1" data-wpel-link="internal">Benoit Gauthier</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>
Dès l’atterrissage, il suffit de jeter un œil à travers le hublot pour constater. À flanc de montagne et à l’orée de forêts se dresse une véritable jungle urbaine. Montréalais, je me croyais habitué à la ville. Hong Kong n’a rien à voir! De colossales tours, toutes plus illuminées et hautes les unes que les autres, s’élèvent le long de la côte. Imaginez plus de sept millions d’habitants sur un minuscule morceau de littoral, la concentration urbaine atteignant les 30&nbsp;000 personnes par km2 en moyenne [la densité est d’environ 25&nbsp;000 habitants par km2 à Manhattan, NDLR]. De jour comme de nuit, un flot extraordinaire de personnes dévale les rues des différents quartiers. C’est alors que la dimension internationale de Hong Kong prend tout son sens. Le cantonais, l’anglais, l’hindi, le mandarin et l’espagnol envahissent vos oreilles. Le monde entier se donne rendez-vous ici, à Hong Kong, microcosme mondial.
<p>Hong Kong se définit elle-même comme étant la métropole where East meets West. Je m’aperçois tous les jours davantage combien cela est vrai. Il suffit de se promener dans les rues de l’île centrale et de Kowloon pour apprécier cet intense mélange des cultures. Colonie anglaise entre 1842 et 1997, Central, le cœur économique de Hong Kong, reste très occidental. Entre ces immenses buildings toujours plus modernes et abritant aujourd’hui le siège des plus grandes compagnies, certains vestiges de l’ère britannique demeurent encore. En effet, il y a toujours ces fameux trams impériaux sillonnant les quelques bâtiments restants de l’administration coloniale ainsi que les pubs, chers aux 20&nbsp;000 Britanniques vivant sur l’île. Il y règne une atmosphère que l’on retrouve souvent dans les différentes grandes villes d’Europe et d’Amérique du Nord. Cependant, Hong Kong n’est pas comme les autres. Située sur la côte sud de la Chine, elle se «ré-orientalise» tous les jours un peu plus. C’est en cela que le «Port aux Parfums» est unique. Il suffit de se rendre à Kowloon pour comprendre.</p>
<p>En effet, sur l’autre rive, un autre monde s’offre à nous. Kowloon, partie continentale et chinoise de Hong Kong est l’une des aires les plus densément peuplées au monde. C’est l’antithèse parfaite de Central. Ici, on se perd avec bonheur dans cette foule sans fin qui nous entraîne le long des marchés de rue et autres petits restaurants de Mong Kok et de Temple Street. À chaque carrefour, on découvre de nouvelles odeurs, des produits jamais vus auparavant. Les fruits, les poissons, les grigris sont alors étalés fièrement devant nous. Tout paraît si différent. On reste volontiers des heures entières à contempler ces choses si simples qui pourtant soudainement nous fascinent. On se prend alors à vouloir tout essayer, tout goûter, comme des enfants. Même si les gens parlent moins bien anglais que sur l’île, on se sent plus proches d’eux lorsqu’on doit imaginer les signes pour communiquer. On rit, on négocie, on s’étonne. C’est ce Kowloon authentique qui rend Hong Kong si spéciale.</p>
<p></p><figure class="wp-caption alignright" style="max-width: 200px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/10/S-Hong-Kong-2-couleurs.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-9282" title="S - Hong Kong 2 couleurs" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/10/S-Hong-Kong-2-couleurs-200x300.jpg" alt width="200" height="300"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/benoit-gauthier/?media=1" data-wpel-link="internal">Benoit Gauthier</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>
<strong>Mille et une merveilles</strong><br>
Un véritable sentiment d’infini nous envahit lorsqu’on arrive ici. C’est aussi ça Hong Kong. En tant qu’étudiant en échange, on ne sait même plus où donner de la tête. Il y a tellement à faire! Cette ville regorge d’attractions et d’événements, cachés ou non du grand public. Même le guide Lonely Planet ne pourrait tout répertorier. La première semaine, comme tout le monde, on fonce tête baissée vers ce qu’on croit être l’essentiel de Hong Kong. On fait alors le tour de Central en bateau, puis on se rend sur l’île de Lantau pour voir le big Buddha, la deuxième plus grande statue de Bouddha au monde. On enchaîne ensuite avec le pic de Victoria qui surplombe l’île et offre une vue panoramique unique sur l’ensemble de Hong Kong. Difficile alors de ne pas être bouche bée. Cependant, ce n’est que le début. C’est une ville où l’on doit marcher, se promener de rue en rue, de quartier en quartier afin de pouvoir pleinement l’apprécier. Si les touristes sont souvent pris par le temps et doivent faire des sacrifices, j’ai le luxe de pouvoir en profiter pendant tout un semestre.
<p>Chaque quartier a ses propres événements qui forgent leur identité. On les découvre peu à peu, suivant les directions de ses amis locaux, toujours enthousiastes lorsqu’il s’agit de guider. Il y en a pour tous les goûts, tous les budgets. Il y a par exemple un événement absolument incontournable pour tous: les courses de chevaux du mercredi soir, à Causeway Bay. Pour moins de deux dollars, vous assistez à un véritable spectacle pour les sens. Dans cette immense enceinte, tout le monde se retrouve pour parier, dîner, boire et rire ensemble. Chaque course devient la course de votre vie. Vous n’avez foi plus qu’en votre cheval alors que la clameur des tribunes envahit vos oreilles. Dans un autre registre, les passionnés de nature et de marche peuvent quant à eux partir en randonnée aux alentours de la ville et accéder à de magnifiques plages désertes comme celle de Tai Long Wan. Tous ces grands moments défilent au rythme des festivals et autres célébrations, choses auxquelles les Chinois restent très attachés. Il y a toujours un air de fête à ces moments-là. Par exemple, lors du festival de la mi-automne, d’immenses lanternes illuminent le ciel alors que les dragons de toutes les couleurs traversent la ville de bout en bout. Tout le monde jubile. C’est cet ensemble qui fait une ville extraordinaire et pleine de surprises.</p>
<p></p><figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/10/S-Hong-Kong-6-couleurs.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-9284" title="S - Hong Kong 6 couleurs" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/10/S-Hong-Kong-6-couleurs-595x258.jpg" alt width="595" height="258"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">David Iliff</span>		</figcaption>
	</figure>
<strong>Un paradis pour étudiant</strong><br>
N’y allons pas par quatre chemins, Hong Kong est l’endroit idéal pour les étudiants qui cherchent à profiter pleinement de leurs années d’université. Tout d’abord, par son héritage historique et son emplacement géographique, c’est un bonheur pour tout amateur de cuisine. La diversité culinaire offerte est extraordinaire; les cuisines du monde entier se côtoient ici pour satisfaire tous les appétits. La nourriture sud-asiatique est évidemment à l’honneur. Pour sortir, Hong Kong est considérée comme l’une des plus belles scènes d’Asie, que cela soit pour les concerts ou les clubs. Il y en a pour tous les goûts et tous les budgets. Enfin, sa multitude de bars de toutes nationalités en fait un excellent repère pour les étrangers. Sur la même Elgin Street, les bars anglais, espagnols, canadiens, japonais et français se font face, ce qui crée, en pleine coupe du monde de rugby par exemple, une ambiance très festive. Mais par-dessus de tout ce cela, ce sont toutes les perspectives de voyage qui font rêver les étudiants.
<p><strong>La porte d’entrée de l’Extrême-Orient</strong><br>
Il ne m’a fallu que quelques jours pour mesurer toutes les opportunités de voyage qu’offre Hong Kong. Pékin, Thaïlande, Tokyo, Malaisie, Shanghai, tant de noms qui défilent et qui vous ont fait rêver. Hong Kong vous l’offre sur un plateau. Tous les jours, à n’importe quelle heure de la journée, vous voyez des étudiants en échange, sac au dos et sourire aux lèvres, prêts pour le départ. Certains, comme Éric, étudiant québécois à HEC Montréal, profitent pleinement de l’occasion et vont de pays en pays en faisant, parfois, un détour par l’université si cela est vraiment nécessaire. Si ces voyages ont un prix, il existe mile et une manières de le faire baisser au minimum. C’est devenu un jeu entre les étudiants en échange, quitte à faire 24 heures de train jusqu’à Pékin ou dormir sous la tente dans un port de pêche. Cela en vaut tellement le coup. Ces possibilités de découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux paysages et d’aller à la rencontre des différentes populations sont une source d’enrichissement personnel sans fin. Grâce à un positionnement géographique idéal, c’est ce que Hong Kong nous offre, pour notre plus grand bonheur.</p>
<p><strong>The place to be?</strong><br>
Tout au long de cet article, j’ai dressé un portrait élogieux de Hong Kong en essayant de mettre ses atouts en avant. Pour beaucoup d’entre nous, les étudiants en échange, après seulement sept semaines, une si bonne impression de cette ville commence à déteindre sur notre avenir. Finalement, pourquoi ne pas rester et vivre ici? Il y a tellement d’avantages, pourquoi ne pas s’y établir? Certains étudiants, comme Alex de Brisbane, ont déjà décidé de prolonger leur échange à l’université. Partout dans le monde, on ne cesse de nous dire, à nous étudiants, que le XXIe siècle se joue en Asie. Hong Kong pourrait être alors une parfaite destination…</p>
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		<item>
		<title>La gouvernance mondiale à la dérive</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/11/10/la-gouvernance-mondiale-a-la-derive/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benoit Gauthier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Nov 2010 02:57:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À la veille du prochain sommet du G20, état des lieux d’une gouvernance mondiale qui ne fonctionne pas. Dans moins de deux jours, dix-neuf des États les plus puissants au monde, ainsi que l’Union européenne, se retrouveront à Séoul dans le cadre du G20. L’objectif est de poursuivre les réformes du système financier mondial et l’élaboration d’une nouvelle organisation du G20 afin de prendre en compte les États émergents. Vaste programme. Cet événement dont on ne parle finalement que très peu soulève tout de même des questions fondamentales: peut-on coopérer ensemble à long terme pour favoriser le développement de tous, ceci étant l’essence d’une bonne gouvernance mondiale? En avons-nous les moyens? La motivation? L’envie?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Aux grands maux, les grands remèdes</p>
<p style="text-align: justify;">C’est un fait, les États ont souvent réussi à se mobiliser tous ensemble au lendemain des grandes crises mondiales. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Organisation des Nations Unies voit le jour, ainsi que le plan Marshall, vaste plan américain de reconstruction européenne, le Fond Monétaire International et le GATT, l’ancêtre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). De même, en 2008, alors que le monde sombre dans la pire crise économique et financière depuis des décennies, toutes les grandes puissances actuelles et émergentes pour relancer la machine économique par des emprunts colossaux. Qu’en sera-t-il à long terme lorsque la crise sera passée? En effet, depuis la création de l’ONU il y a 65 ans, n’y a‑t-il plus de guerres et de pauvreté?</p>
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</p><figure class="wp-caption alignnone" style="max-width: 580px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-4364" title="Pages-centrales-ONU" src="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/11/Pages-centrales-ONU.png" alt width="580" height="580">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Jimmy Lu</span>		</figcaption>
	</figure>

<p style="text-align: justify;">La gouvernance mondiale, dans un contexte de mondialisation, a pour but d’instaurer, par le biais d’institutions internationales, des règles d’organisation pour tous les États. À une époque où les pays sont tous interdépendants, cela est nécessaire, en théorie, afin&nbsp; de faciliter et réguler les interactions. Cette gouvernance est également fondamentale pour mettre en place une action collective des États face aux problèmes globaux comme le réchauffement climatique ou le développement économique durable. Fareed Zakaria, journaliste et auteur américain, expliquait au quotidien français Les Échos que cette gouvernance ne peut évoluer qu’à travers le G20. Cependant, est-ce qu’un ensemble d’États et de banques centrales, ayant tous des intérêts divers et parfois opposés est capable de cela? Le G20 souhaite mettre l’accent sur la coopération politique pour consolider les bases de la croissance économique internationale à moyen et long termes, mais le peut-il vraiment?</p>
<p style="text-align: justify;">Faillite de la gouvernance mondiale</p>
<p style="text-align: justify;">Le système de gouvernance mondiale actuel est-il efficace? Il semble que non. Dans un monde sans autorité exécutive supranationale, chaque État est d’abord guidé par son propre intérêt. De ce constat, chaque interaction entre États n’est qu’une suite de compromis menant rarement à la fin espérée. Un des derniers échecs en date est celui, en décembre dernier, de la conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique. Censée révolutionner la lutte contre cette menace croissante, celle-ci s’est achevée sur un accord tout de suite décrié et qui n’apporte que peu de solutions. Cela n’est pas un épisode isolé de la vie politique mondiale et illustre bien le décalage qui peut exister entre différents pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui peut être un sujet dominant pour les pays occidentaux s’avère souvent n’être qu’un souci mineur pour les pays émergents comme la Chine ou l’Inde. L’objectif de ces derniers consiste à continuer de se développer le plus rapidement possible, la préoccupation du changement climatique n’étant, selon eux qu’un luxe de pays riches. Cette différence majeure de perception sur un enjeu mondial ne peut que ralentir sa résolution. Il s’agit de regarder la situation telle qu’elle est et non telle que chacun aimerait qu’elle soit. Chacun a des intérêts et des objectifs différents et un compromis à l’échelle mondiale ne peut être considéré comme une solution efficace à un problème donné.&nbsp; Les solutions dont l’impact est positif&nbsp; en temps de crise ne sont jamais que le fruit d’une situation exceptionnelle dans laquelle les pays se mobilisent pour leur survie. En des temps plus tranquilles, chaque État se préoccupe d’abord de ses intérêts propres.</p>
<p style="text-align: justify;">La question financière pour la gouvernance mondiale est d’autant plus cruciale: lui en donne-t-on assez, et ce de manière durable? Là encore la réponse ne fait que refléter la situation actuelle; l’ONU, l’organisation qui, à défaut de ne pas être un gouvernement mondial, se devrait d’être l’outil principal de la gouvernance mondiale, ne connaît qu’un très pâle succès. Et ce ne sont pas les bonnes intentions qui font défaut, mais plutôt la limite de moyens qui lui sont accordés. On blâme fréquemment l’organisation mondiale pour son absence d’action et d’efficacité. La réalité est qu’elle se révèle tout simplement impuissante face à des États défendant leur intérêt propre, ces mêmes États qui l’ont fondée il y a soixante-cinq ans et qui ont refusés de lui accorder trop de pouvoirs de peur de perdre leur souveraineté. Ne pouvant exercer aucune pression financière, ayant perdu un peu de sa légitimité du fait de son inactivité et du système de veto, l’ONU ne peut accomplir sa tâche pour la gouvernance mondiale.</p>
<p style="text-align: justify;">La loi du plus fort</p>
<p style="text-align: justify;">Qui définit alors véritablement l’établissement de régulations à l’échelle mondiale? Qu’est-ce qui influence le processus de prise de décision à l’échelle mondiale? Pour certains, le processus de gouvernance mondiale n’a rien de démocratique, car il ne tient compte que d’une poignée de pays. En première ligne, règnent les deux superpuissances de ce début de XXI<sup>e</sup> siècle: les États-Unis et la Chine qui ont tous deux droit de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU. Puis, viennent les puissances occidentales, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France en tête, ainsi que la Russie, le Brésil et l’Inde qui peinent malgré tout à éclore sur la scène internationale. Le monde n’est que le théâtre de leurs prises de position; il en va de même au sein du G20. Tous les autres pays sont au second plan, constituant une sorte de majorité silencieuse à l’échelle internationale.</p>
<p style="text-align: justify;">Du groupuscule régissant les affaires internationales se détache le duo sino-américain. Par leur pouvoir de dissuasion économique, leur influence sur le monde est sans égale. Le très sérieux journal britannique The Economist s’inquiète justement de savoir si le monde ne dépend pas trop de l’économie chinoise. En novembre 2009, elle détenait plus de 680 milliards de dollars en bons du Trésor américain, faisant d’elle le premier détenteur de la dette américaine. Cela lui permet d’avoir un grand contrôle sur les États-Unis et leur prise de décisions. L’inverse est tout aussi vrai, les États-Unis étant garants de la bonne forme de l’activité chinoise en tant que premier importateur mondial de produits made in China. Cette très forte interdépendance se reflète dans les décisions mondiales. En effet, alors qu’approche le G20 dans la capitale sud-coréenne, Timothy Geithner, le secrétaire d’État au Trésor américain, a accepté de ne pas remettre en cause la sous-évaluation de la monnaie chinoise, le yuan. Cela pourtant est pointé du doigt par le reste de la communauté internationale comme favorisant les exportations chinoises aux dépends de celles des autres pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Les États sont-ils les seuls à pouvoir influencer la gouvernance mondiale? Lors du G20, les pays membres souhaitent favoriser leur coordination au niveau économique, budgétaire et monétaire. Seulement, le peuvent-ils vraiment? Ce sont les banques centrales qui sont chargées de la politique monétaire d’un pays ou d’une zone monétaire dans le cas de la Banque Centrale Européenne. Or, ces institutions sont pour la plupart indépendantes, leurs intérêts et objectifs pouvant ainsi être différents de ceux du gouvernement. Par leur contrôle des taux d’intérêts et de la circulation des volumes de monnaie, elles ont un véritable impact dans leur pays mais également dans le reste du monde du fait des innombrables transactions internationales.</p>
<p style="text-align: justify;">Gouvernance mondiale: une nécessité?</p>
<p style="text-align: justify;">Cette remise en cause de l’efficacité de la gouvernance mondiale et de sa nature même nous pousse à nous interroger: a‑t-on besoin d’une gouvernance mondiale? Si cela peut interpeller, voir choquer, le Professeur Saideman, professeur en relations internationales à l’Université McGill, répond très clairement que non: «Il parait normal que des pays ayant des intérêts conflictuels» ne puissent coopérer selon lui. L’ONU en est l’illustration parfaite. Il explique que cette institution est limitée, ce qui est une bonne chose&nbsp;car «aucune organisation donnant à la Chine et la Russie le droit de veto ne devrait être considérée comme ayant les tenants et aboutissants de la coopération internationale.» Pourquoi? Les intérêts et les valeurs de ces deux pays sont si différents des autres que cela gèle le processus de coopération. L’inefficacité de l’ONU et de ses États membres à résoudre les conflits et problèmes socio-économiques peut être expliquée ainsi.</p>
<p style="text-align: justify;">Est-ce pour autant que chaque pays ne doit compter que sur lui-même, en plein essor du phénomène de mondialisation? «Nous pouvons avoir quelques éléments de gouvernance», continue le Professeur Saideman. «&nbsp;Par exemple, des pays peuvent accepter de coopérer sur des questions spécifiques et dans des régions spécifiques.» Depuis déjà des dizaines d’années, se développent des organisations par groupe de pays se concentrant sur certains secteurs. L’exemple le plus élaboré étant l’Union Européenne et sa politique économique commune. Même si ses acteurs peuvent rencontrer des divergences d’intérêts, la collaboration économique entre les États-membres s’inscrit dans la dynamique de mondialisation et favorise son essor, l’UE étant maintenant la première puissance économique mondiale en termes de Produit Intérieur Brut selon le Fonds Monétaire International. Le Professeur Saideman explique que «ces éléments de gouvernance sont plus que nécessaires et significatifs&nbsp;pour rendre les relations internationales et les échanges internationaux plus fructueux et moins conflictuels.»</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, doit-on déjà enterrer le G20? Personne ne peut se prononcer là-dessus. Cependant, du fait de divergences post-crise croissantes entre les États, on ne peut attendre de grandes annonces du coté de Séoul, la Chine refusant toujours, par exemple, de changer son taux de change. Au-delà de ce G20, le processus de gouvernance mondiale doit laisser d’avantage de place au développement d’organisations aux objectifs plus spécifiques et entre pays sur une longueur d’onde similaire. C’est par ce type de changement dans la nature de la coopération internationale que le développement à long terme et la résolution de problèmes mondiaux verra le jour.</p>
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