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	<title>Alice Tabarin - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 04 Feb 2014 07:34:52 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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		<title>Humour noir</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/02/04/humour-noir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice Tabarin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2014 06:00:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Martin Crimp mis en scène par Denis Marleau.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>La Ville</em>, pièce du dramaturge britannique Martin Crimp, est en représentation à l’Espace Go jusqu’au 22 février. Mise en scène avec habilité par Denis Marleau et Stéphanie Jasmin, l’œuvre entraîne le spectateur dans le quotidien en apparence banal d’un couple de citadins. Au rythme des saisons et en cinq volets, il voit se dérouler la vie de Clair (Sophie Cadieux), de son mari Christopher (Alexis Martin) et de Jenny (Evelyne Rompré), une voisine intrusive qui vient leur livrer ses angoisses. Clair exerce son métier de traductrice avec lassitude, frustrée de ne pouvoir qu’effleurer le monde des écrivains. Christopher vient de perdre son emploi et par la même occasion son dynamisme de père de famille. Enfin Jenny, infirmière insomniaque, est poursuivie par son obsession pour la guerre, cette guerre secrète d’où son mari, parti en tant que médecin, lui donne des nouvelles.</p>
<p>Dès les premières minutes, le public comprend qu’il n’assistera pas à un théâtre de l’espace où le mouvement, dans sa fréquence et son extravagance, constitue une part entière de l’action. Il se trouve, à l’inverse, face à un théâtre où les déplacements sont restreints et les personnages souvent figés. La sobriété du jeu des acteurs ainsi que de leurs gestes laisse se développer pleinement un théâtre de langage où le texte tient une place prépondérante.</p>
<p>Les trois protagonistes, tour à tour, s’expriment par tirades pour rapporter des histoires au caractère anecdotique. Le dramaturge vient de cette façon soulever la question de la fonction de l’interlocuteur. Celui qui écoute peut-il véritablement être perméable au discours de celui qui parle? Celui qui parle accorde-t-il une valeur à celui qui l’écoute ou n’est-il qu’un pantin qui vient alimenter un procédé introspectif? À travers ce triangle relationnel et les échanges verbaux qui s’y déroulent, se dessine une frontière hermétique entre l’être et la réalité qui l’entoure. Au-delà d’une réflexion sur la primauté de notre intériorité par rapport à l’existence de l’autre, la pièce soulève également des interrogations sur une variété de thèmes tout aussi ambitieux.</p>
<p>Le personnage de Jenny aborde, pour sa part, le thème de la guerre; cette guerre à laquelle participe son mari et dont on ignore l’origine autant que le lieu. Ce que l’on sait en revanche, c’est que comme toutes les guerres, il faut tuer, tuer «ceux qui s’accrochent à la vie [car ils sont] les plus dangereux de tous». Christopher, quant à lui, soulève plus particulièrement la question de l’importance du travail dans notre société. Sans emploi, il se retrouve être homme sans dignité ni virilité, méprisé par sa femme. Cette dernière vient introduire le thème des relations de couple où l’homme comme la femme ont des rôles bien définis dont il n’est pas bienvenu de se détourner. Si la gravité des sujets évoqués laisse planer un malaise par lequel le spectateur est happé, l’humour noir cinglant de l’auteur vient rompre avec la tension dès qu›elle devient insoutenable. Dans la salle, des rires sonores témoignent du soulagement. Cette pièce de théâtre, marquée par le cynisme cru pour lequel Martin Crimp est réputé, invite le public à des réflexions sociétales concrètes tout en lui offrant un spectacle où s’entremêlent réel et imaginaire.</p>
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		<item>
		<title>Fragments de vie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/10/29/fragments-de-vie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice Tabarin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Oct 2013 06:53:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le théâtre d’Évelyne de la Chenelière à l’Espace GO.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Si vous êtes amateurs de levers de rideaux rouges formels; si vous aimez que les corps soient parés de costumes riches en formes, en coupe et en matières; si vous vous délectez du jeu de la pluralité des décors et des accessoires, il est temps de goûter à autre chose. Ici, rien ne subsiste que la rugueuse réalité. Celle qui vous fera rire aux larmes avant de changer ces larmes en pleurs. Un théâtre intime vient déchaîner, dans la toute aussi intime salle de l’Espace GO, un véritable tourbillon d’émotion.&nbsp; <i>Une Vie Pour Deux</i>, d’Évelyne de la Chenelière, est une pièce adaptée du roman de Marie Cardinal, qui révèle sans fards les dédales amoureux d’un couple à la dérive.</p>
<p>À partir d’un incident simple, la découverte d’un cadavre sur une plage irlandaise, Simone et Jean procèdent à l’autopsie de leur relation amoureuse qui dure depuis vingt ans. Cette situation provoque une heure et quart d’échanges brûlants de justesse. Le dialogue, axé autour de la reconstitution de l’histoire hypothétique de la morte, se désaxe rapidement vers un dialogue autour du passé, du présent et du futur des deux amants. Ensemble, ils abordent le thème du sentiment amoureux, bien sûr, mais aussi celui de la peur que suscite la vieillesse, la maladie et la mort. De la condition de la femme face à l’homme et à sa famille, de la démesure de l’amour passionnel et des pics émotionnels qui l’accompagnent. Et bien d’autres thèmes encore, toujours avec le propos vrai, qui vient vous frapper en plein cœur pour s’y casser comme du bois sec.</p>
<p>Les répliques qui développent ces sujets fondamentaux parviennent à toucher la sensibilité du spectateur grâce à un langage qui n’est ni châtié ni trivial, mais dépouillé d’artifice. Les mots sont nus et les formulations poétiques: «En revanche, ses doigts étaient comme des génies autonomes, délicieux et pervers, que j’ai vite encouragé par de petits soupirs.» La dimension littéraire de la pièce s’impose autant que la dimension théâtrale. Ceci est permis par un parti pris esthétique réaliste qui se manifeste par une épuration visible de la scénographie. Sur les planches: huit chaises, une table massive en béton et trois comédiens. Alice Ronfard, metteure en scène, mais aussi fille de Marie Cardinal, fait un choix minimaliste qui contribue à la mise en valeur du texte. En choisissant un décor sobre, elle laisse également aux comédiens l’opportunité d’incarner pleinement leurs personnages. Ils s’en emparent héroïquement.</p>
<p>Violette Chauveau, aperçue dans <i>Laurence Anyways </i>de Xavier Dolan<i> </i>mais qui s’est avant tout démarquée au théâtre, est saisissante dans le rôle de Simone. Capable de déployer trois sentiments différents sur une seule et même réplique, sa performance est bouleversante. Elle est secondée par Jean-François Casabonne, qui interprète un mari tendrement ironique, un peu las et détaché des excès passionnels de sa femme qu’il décrit comme «éloquente, persuasive, pittoresque, poignante, incontestable».&nbsp; Enfin, le trio se complète avec Évelyne de&nbsp; la Chenelière en cadavre décharné, dont la présence corporelle ainsi que la voix retouchée offrent un troublant goût d’au-delà. Les critiques de presse avaient déjà encensé la pièce de théâtre à sa première sortie l’année passée. Du côté du public, l’enthousiasme semble être le même. Les comédiens quittent la scène sous les applaudissements bruyants d’une foule en <i>standing ovation</i>. Ils ont raison, les artistes ont accompli la prouesse de capturer, ne serait-ce que le temps d’une représentation, cette chimère qu’est la réalité.</p>
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		<title>Filmer le temps qui passe</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/10/21/filmer-le-temps-qui-passe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice Tabarin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Oct 2013 23:46:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>365 days project, l’œuvre du cinéaste Jonas Mekas, exposée au Centre Phi.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Centre Phi, situé sur la rue Saint-Pierre, au cœur du Vieux-Montréal, accueille jusqu’au 26 octobre l’exposition de Jonas Mekas: «Éloge de l’ordinaire». Il y présente son projet élaboré en 2007, année au cours de laquelle il a réalisé un court-métrage par jour. Il n’est pas ici question de fiction. Ses courts-métrages, longs d’une à vingt minutes, retracent des moments de vie quotidienne saisis caméra au poing par l’artiste.</p>
<p>Ces enregistrements sont dévoilés dans leur ordre chronologique sur douze écrans matérialisant chacun un mois de l’année. Il suffit qu’on s’attarde un peu dans la pièce rectangulaire où sont disposés canapés, télévisions et casques audio pour que s’installe doucement l’émotion chez le spectateur. En filmant un port et ses allées et venues, son chat, un repas entre amis ou même un bout de tapisserie à fleur, Jonas Mekas parvient à déployer et transmettre toute la poésie de l’existence. Le visiteur, s’il accepte de prendre le temps de s’imprégner des images et des sons diffusés, peut se rendre compte de la beauté, invisible au jour le jour, des détails de la vie.</p>
<p>Quand bien même l’auteur filme son propre quotidien, le caractère ordinaire des scènes déclenche chez chacun une prise de conscience. La véritable splendeur de notre existence sommeille dans ces tableaux souvent à peine remarqués: le vin rouge qui coule lentement dans notre verre, servi par la main affectueuse d’un ami, un groupe de danseurs croisés au hasard d’une rue lors d’une performance en plein-air;,la paire de pieds gonflés d’une grand-mère assise au bord de son lit. En somme, des fragments du quotidien auxquels on ne prête plus attention depuis longtemps, parce que les situations se sont trop souvent produites, qu’elles se sont déroulées trop vite, se sont effacées trop rapidement. Heureusement, ces moments ont été compilés et mis sous nos yeux par un vieil homme et sa caméra, désireux d’en souligner l’importance&nbsp;et la magie. La formule fonctionne. Ses vidéos ne sont pas de simples courts métrages dont on admire la valeur esthétique. Ce sont de réels poèmes animés qui révèlent les charmes de la vie dans ses instants les plus quelconques.</p>
<p>Cette sensibilité aux belles choses qui nous entourent est innée chez Jonas Mekas. Il explique au <i>Délit</i>, lors du vernissage de l’exposition, qu’il se considère comme un fermier qui se contente de cultiver instinctivement son potager avant d’en partager les récoltes.&nbsp;Cette méthode n’a pas échappé à la composition d’<i>Éloge de l’ordinaire</i>. Le créateur explique: «Un jour j’ai été suffisamment fou pour me lancer le défi de tenir un journal, en filmant tous les jours sans exception, et aujourd’hui mon œuvre est là». Toutefois, lorsqu’en cette année 2007 Jonas Mekas s’empare quotidiennement de sa caméra, il ne pense pas à ce projet de 365 jours qu’il a initié. Il ne pense ni aux internautes qui pourront visionner ses clips presque instantanément sur son site, ni aux curieux qui iront voir ses films dans différents musées du monde. Il n’est réellement guidé que par son amour inconditionnel de la vie, des gens et des situations que ceux-ci produisent. Lorsqu’il est interrogé sur la source de ce goût inébranlable pour la vie, il répond qu’il n’a pas fait d’autre choix que celui de l’aimer dans son intégralité. Ceux pour qui ce n’est pas le cas ne l’intéressent d’ailleurs pas; il estime que ce sont des idiots. Cette passion pour l’existence nous est rappelée lors de son bref discours d’inauguration au cours duquel il n’oublie pas de remercier la commissaire, mais qu’il clôt néanmoins par un remerciement étonnamment plus sincère au Mont-Royal. Jonas Mekas, à travers cette année de courts-métrage, nous présente un quotidien nous rappelant que l’infime peut être la source d’un art et d’une vision du monde.</p>
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		<item>
		<title>Drôles de drones</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/10/08/droles-de-drones/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice Tabarin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Oct 2013 05:33:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trevor Paglen présente une exposition à la galerie SBC d’art contemporain.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un drone, c’est une abeille mâle qui ne pique pas et qui ne fabrique pas de miel. Il a pour seule mission de féconder la reine avant d’en mourir. L’emploi de ce mot est cependant plus utilisé pour désigner ces engins militaires qui volent haut et loin, commandés au sol, afin d’espionner ou d’exécuter. C’est ce thème qui a été retenu pour le mois de la photo à Montréal. Du 5 septembre au 5 octobre, plusieurs artistes exposaient, à divers endroits de la ville, des photographies sur le sujet <i>Drone : L’image automatisée</i>.</p>
<p>L’exposition de Trevor Paglen reste, cependant, à la galerie SBC d’art contemporain jusqu’au 9 novembre. Mondialement reconnu pour ses travaux journalistiques et notamment pour son travail d’enquête sur les activités clandestines de l’armée américaine, il présente à la galerie sept œuvres, une vidéo et six photographies qui analysent l’esthétique du drone. On y voit principalement trois ciels aux couleurs remarquables dans lesquels sont dissimulées très discrètement ces machines de guerre. On peut également admirer trois drones à terre dont les fameux modèles <i>Predator</i> et <i>Reaper</i>. Enfin, la visite se clôt par le visionnage d’un bref enregistrement d’écran de commande.</p>
<p>Le public est partagé, les avis divergent. Certains s’enthousiasment («Fantastique, ça me rappelle la guerre froide… Mais en pire») quand d’autres crient à l’imposture («On se fout de notre gueule, encore une fois»). Cette exposition ne fait pas l’unanimité et pour cause, elle soulève la réelle question de ce qui est artistique et ce qui ne l’est pas.</p>
<p>En explorant le concept de l’image automatisée, le programme du mois de la photographie place l’artiste dans une position ambigüe. Celui-ci se retire presque entièrement du procédé de réalisation de l’œuvre, pour laisser l’appareil, seul, produire sa propre photographie. Peut-être aurait-il fallu prêter plus d’attention aux propos de Baudelaire lorsqu’il écrivait que «l’industrie, faisant irruption dans l’art, en [devenait] la plus mortelle ennemie». Laisser l’objet prendre en main le procédé de création, c’est effectivement signer la mise à mort de l’artiste.</p>
<p>C’est cependant l’homme derrière l’œuvre qui est la condition nécessaire de l’art. C’est l’interprétation de la réalité qu’il offre qui permet de réveiller une émotion chez le spectateur. En l’absence de marque personnelle et d’humanité, sous-jacentes à la photographie, le spectateur n’accède à aucune dimension immatérielle.</p>
<p>Des machines qui photographient d’autres machines est un concept qui tue le rêve, la réflexion et le rapport entre l’auteur et le spectateur, pourtant cruciaux. Au fil de l’exposition, le public se promène, observe et constate. Point. Il n’est touché ni par une idée, ni par un message, ni par une sensation. L’exposition de Trevor Paglen est en ce sens similaire à l’abeille mâle, elle ne pique pas, ne produit pas de miel.</p>
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		<item>
		<title>Don Jon sur les écrans</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/10/01/don-jon-sur-les-ecrans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice Tabarin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Oct 2013 07:14:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une comédie romantique de Joseph Gordon-Levitt sortie le 27 septembre.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>«L’amour à la Don Juan est un sentiment dans le genre du goût pour la chasse» écrivait Stendhal. Deux siècles plus tard, cette espèce n’est pas en voie de disparition. Don Jon, personnage éponyme du premier film de Joseph Gordon-Levitt, en est la preuve. Il traque sans relâche de nouvelles proies, fin de semaine après fin de semaine, et ce avec un certain succès. Le procédé est simple. Jon et ses deux acolytes arrivent en boîte. Ils notent sur une échelle de 1 à 10 les femelles présentes. Lorsque l’une d’elle obtient un score suffisamment élevé, Don Jon lui lance un regard chargé de tension sexuelle. S’en suit une danse à corps rapprochés, un retour en taxi dans la précipitation et une nuit torride. Très rapidement après le rapport, Don Jon rallume son ordinateur et va traîner sur <i>pornhub.com</i>, la seule véritable façon qu’il a de «s’abandonner».&nbsp; Cette mécanique bien rôdée fonctionne jusqu’à ce qu’il rencontre Barbara, interprétée par Scarlett Johansson. Cette bombe, d’une certaine vulgarité, se refuse un temps à lui, juste assez longtemps pour qu’il en tombe amoureux.</p>
<p>Avec ce scénario simple, Joseph Gordon-Levitt a un but, et il l’a martelé sur tous les plateaux télévisés et radios qui l’ont invité: faire un film sur le sentiment éprouvé quand quelqu’un te traite plus comme un objet que comme une personne. L’idée est intéressante, mais pour notre génération, «les gens ne sont pas des objets» est un discours moralisateur que l’on connaît trop bien. En revanche, ce que le réalisateur propose avec beaucoup d’exactitude, c’est un portrait du Don Juan moderne. Ce dernier, contrairement à celui dont Stendhal dépeignait le mode de vie, a accès au porno rapide, gratuit et anonyme (comme pour le dépistage). Il parle de <i>blowjob</i>, de <i>tits</i> ou encore de <i>money shot</i> et affirme que les actrices porno <i>don’t pretend</i>. Le libertin plein d’assurance va également au <i>gym</i>, porte des débardeurs blancs, aime conduire de belles voitures et sévit en boîte de nuit. Un portrait donc très familier. Le premier long métrage de Joseph Gordon-Levitt explore le cas intéressant de ces jeunes hommes qui ont grandi avec le porno à disposition et qui peinent à s’en passer. Il présente ce symptôme comme un véritable handicap dès qu’il s’agit&nbsp; d’aimer et de faire l’amour. Malgré l’interdiction formelle de regarder des films X qu’il reçoit de sa copine, Jon continue secrètement à le faire. C’est une femme plus âgée qui finira par le défaire de cette addiction et lui permettra de découvrir réellement l’acte amoureux.</p>
<p>Le message sur la différence entre la réalité pratique et celle qu’offrent les films est asséné de manière plutôt didactique au spectateur, ce qui peut être gênant dans la mesure où cela lui ôte l’opportunité de tirer des leçons par lui-même. Cette morale simple est amenée par des dialogues tout aussi simples qui auraient pu présenter un peu plus de relief. D’autre part, le montage de l’œuvre, fondé sur une répétition de séquences courtes telles que celle de la messe, des insultes en voiture ou encore des repas de famille, peut finir par agacer. Au quatrième passage au confessionnal du personnage principal, on se demande si l’on doit rire ou pleurer. Il n’en demeure pas moins que le rythme «<i>zapping</i>» du film permet d’échapper à l’ennui. Quelques répliques bien senties et quelques gags sont aussi là pour divertir les spectateurs. Cette comédie romantique, en dépit de son manque de profondeur, remplit sa fonction efficacement. D’autant plus qu’elle est servie par un <i>casting</i> de qualité parmi lequel figurent donc Joseph Gordon-Levitt lui-même, Scarlett Johansson, Julianne Moore et Tony Danza. Ces belles gueules sont certainement l’argument le plus convaincant du film. Pas forcément anodin, quand on y pense.</p>
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		<item>
		<title>Pour la Charte</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/09/23/pour-la-charte/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alice Tabarin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Sep 2013 04:42:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au tour des partisans de la Charte des Valeurs de prendre la rue.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Surplombant les centaines de manifestants rassemblés en ce dimanche 22 septembre dans le parc Émilie-Gamelin, des banderoles affichent des slogans tels que «La religion c’est dans le cœur et non pas sur la tête» ou encore «La beauté féminine ne doit pas être cachée». La foule est venue témoigner de son soutien au gouvernement dans son projet de Charte des Valeurs québécoises. Cette dernière, proposée par le Parti Québécois (PQ) de Pauline Marois, vise à réaffirmer le traitement égal et équitable des citoyens du Québec, ainsi que la neutralité religieuse de l’État. Elle comporte cinq propositions clairement exposées sur le site du gouvernement.</p>
<p>Ce projet de loi, officiellement présenté le 10 septembre dernier, divise les Québécois. Preuve en est qu’une semaine après la manifestation contre la Charte à Montréal, un rassemblement en sa faveur prenait place au même endroit. Parmi les personnes présentes et interrogées, les discours tenus varient mais s’articulent essentiellement autour de deux axes. Les uns défendent les droits des femmes tandis que les autres rejettent une montée de l’Islam dans la société. Quel que soit le principe sur lequel les manifestants fondent leur opinion, tous sont là pour condamner le port du voile avec vigueur.</p>
<p>Fatima et Louise, deux manifestantes, font part de leur aversion pour le port du voile, vêtement qu’elles caractérisent de «très réducteur pour la femme, qui incarne la soumission et l’infériorité face aux hommes». Pour la première, le voile reflète une volonté de différenciation culturelle vis-à-vis de la société québécoise, ne devant en aucun cas être affichée publiquement. Fatima affirme qu’ «afficher [le voile] c’est se renier et renier ses libertés, que des femmes meurent au Moyen-Orient dans leur combat contre le port du voile». Pour Louise, féministe engagée depuis des années dans des luttes pour l’égalité hommes-femmes au travail, pour le droit à l’avortement, le port du voile représente une régression des libertés de la femme dans la société. Ces féministes assurent ainsi respecter toutes cultures et religions, mais refusent le port de signes religieux ostentatoires, particulièrement le voile, aussi bien dans les lieux publics qu’au sein du gouvernement.</p>
<p>Sylvie et Pierre, quant à eux, manifestent pour cette Charte afin de prévenir et d’empêcher l’islamisation du Québec. Un problème, comme ils l’assurent, qui est de plus en plus mondialisé. Le panneau brandi par Sylvie est une image qui résume sa pensée&nbsp;générale. Différents voiles musulmans y sont barrés d’une croix rouge. Hijab, niqab et burqa sont pour elle de véritables «prisons portatives», matérialisant la charia. Elle soutient que le port du voile est une provocation et qu’en aucun cas, les musulmans vivant au Québec ne devraient l’afficher. «Ils se doivent de respecter les valeurs de laïcité québécoise et de s’adapter à la culture du pays où ils vivent. Si ça ne leur convient pas qu’ils aillent ailleurs!», dit-elle au <i>Délit. </i>Partageant cette même peur de la propagation de l’Islam, Pierre, accompagné de sa famille, défend qu’en adoptant cette Charte et en empêchant l’Islam de prendre place au sein de l’État, il prévient le risque d’instauration de lois religieuses nuisant au statut de la femme qu’il considère comme son égale. «C’est un traitement dégueulasse de la femme», explique-t-il.</p>
<p>Ainsi, pour ces divers manifestants en faveur de la Charte des Valeurs québécoises, c’est le voile qui dérange. C’est le point le plus brûlant de cette Charte qui crée une véritable agitation politique et se trouve être une source de désaccord entre les Québécois.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Il y a 40 ans</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alice Tabarin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Sep 2013 05:29:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un concert en commémoration du 40e anniversaire du coup d’État au Chili.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le centre de créativité du Gesù, situé au coin de la rue Saint-Catherine et de la rue Bleury, accueillait, le 11 septembre 2013, un concert présenté par des organisations et artistes chiliens de Montréal. Ce spectacle musical était une commémoration des quarante ans du coup d’État au Chili. Ce putsch a mené à la mort du président alors en fonction: Salvador Allende. Ainsi, une partie de la communauté latino-américaine de Montréal, ce soir-là une centaine d’individus, se sont réunis pour écouter des musiciens chiliens interpréter des classiques musicaux de leur pays. Instruments et costumes typiques étaient au rendez-vous.</p>
<p><b>11 septembre 1973</b></p>
<p>Le 11 septembre ne marque pas uniquement l’attentat du World Trade Center et l’effondrement des tours jumelles. Il y a quarante ans exactement, le 11 septembre 1973, le général Pinochet&nbsp; entreprend un coup d’État au Chili et s’empare du pouvoir par la force. Il est alors aidé de l’armée, mais également soutenu par le gouvernement de Nixon. Le renversement du président socialiste Allende, élu démocratiquement, signe ce jour-là le début d’une dictature sanglante qui durera dix-sept longues années. Ses débuts à la présidence du Chili laissent déjà présager une fin chaotique. À peine élu, il est haï de la droite pour son idéologie et de l’extrême gauche qui désavoue le procédé électoral en contradiction avec l’idéal révolutionnaire. Cette hostilité politique se conjugue par la suite à une crise économique et sociale à laquelle les États-Unis participent gracieusement en finançant les grèves des camionneurs. Dans ces conditions, Salvador Allende a peu de chance de mener à bien ses projets de «socialisme intégral, scientifique et marxiste». La suite des événements est tristement célèbre: le Président refuse de céder aux pressions des militaires qui, l’arme au poing, le contraignent à la démission. La raison de sa mort demeure toujours floue. Une version dit qu’Allende a prononcé un ultime discours pour ensuite se suicider et se tirer deux balles dans le crâne, le canon du fusil placé entre ses jambes. Une autre avance qu’Allende a été assasiné par ses opposants. Au final, Pinochet réussit son putsch, prend le pouvoir et instaure une dictature caractérisée par la torture, l’exécution et la disparition de citoyens chiliens.</p>
<p><b>Le Chili aujourd’hui</b></p>
<p>L’héritage de Pinochet est toujours lourd et très présent au Chili. Aux plus âgés, le Général a légué le douloureux souvenir d’une ère de crimes et de violations des droits humains. Aux plus jeunes, il a légué un système éducatif qui répond aux lois du marché. Comme les rapports de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) le montrent, les frais de scolarité chiliens, lorsqu’ils sont rapportés au coût de la vie dans le pays, s’avèrent être les plus chers des pays membres de l’OCDE. Les étudiants n’ont pas d’autre choix que de contracter des dettes astronomiques pour accéder à un enseignement, qui plus est de pauvre qualité. Toujours selon les données de l’OCDE, la politique ultra-libérale du dictateur a certes permis à l’économie chilienne d’être la plus compétitive de la région, mais cela s’est fait aux dépens de la justice sociale. Tout comme l’économie, la pauvreté et les inégalités sont en pleine croissance.</p>
<p><b>L’éducation aux élections</b></p>
<p>À l’approche des élections présidentielles du 17 novembre, une nouvelle vague de manifestations étudiantes vient rappeler aux candidats qu’une réforme de l’éducation est cruciale. L’ampleur de la mobilisation fait du système éducatif un thème central de la campagne électorale nationale. La candidate socialiste, Michelle Bachelet, qui affrontera la candidate conservatrice Evelyn Matthei, a d’ores et déjà déclaré qu’elle prendrait des mesures aboutissant, sous six ans au plus, à la gratuité scolaire.</p>
<p>Comme l’explique lors de l’entracte du concert Zaida Nuñez, vice-présidente de la fondation Salvador Allende de Montréal: «L’important pour étudier, c’est d’avoir un cerveau et de la motivation, pas de l’argent.» Une réforme du système d’éducation permettrait au Chili d’accéder à l’enseignement sans discrimination financière.</p>
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