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	<title>Albert Ghitescu - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 29 Nov 2022 22:00:43 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Allô, au feu!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/allo-au-feu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Albert Ghitescu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Horaires à l'envers]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue]]></category>
		<category><![CDATA[pompier]]></category>
		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec un pompier de la grande région de Montréal.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La nuit, on aimerait que le feu reste dans les briquets ou sous la plaque chauffante de la cuisine. Mais une main alcoolisée qui allume sa cigarette suffit pour mettre de l’huile sur le feu et causer un incendie. Les seuls qui peuvent remédier à cette perte de contrôle sont les pompiers, quelle que soit l’heure à laquelle on les sollicite. Cette semaine, j’ai eu la chance de m’entretenir avec un homme qui vit au son des alarmes et toujours sur un pied d’alerte, car l’urgence peut appeler à toute heure du jour ou de la nuit. Voici son expérience.</p>



<p><strong><em>Le Délit&nbsp;</em>(LD)</strong> :&nbsp;<em>Qu’est-ce qu’il y a exactement dans une caserne? Avez-vous un poteau en métal comme dans les films?</em></p>



<p><strong>Pompier (<strong>P</strong>)</strong> : Une caserne, c’est comme une maison adaptée avec des camions, des espaces pour les outils, des espaces de décontamination et des laveuses industrielles. Généralement, en bas, on trouve un garage pour les camions, des casiers, des toilettes et des douches. Les douches sont généralement en bas parce qu’en cas de contamination, il faut se laver avant d’aller au deuxième étage. Si la caserne a un seul étage, elle sera séparée entre une aire de travail et une aire de repos. Dans l’aire de repos, il y a une cuisine standard avec un four, un frigo et un garde-manger. Et oui, on a vraiment un poteau en métal! Je dirais même que c’est plus sécuritaire d’utiliser le poteau que l’escalier pour descendre, car si on est pressé, on a moins de chances de tomber ou de se fouler la cheville.</p>



<p><strong>LD:&nbsp;</strong><em>Combien d’appels recevez-vous généralement dans une journée?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Ça dépend généralement des secteurs, de l’évolution de la population et de la construction, parce que plus il y a de gens, plus il y a de chances qu’il y ait des feux et des accidents. Il y a des journées où on n’a pas d’appel, mais c’est assez rare. On a tout le temps à peu près le même nombre d’appels par année. Donc si une journée on n’a pas eu d’appel, une autre journée on en aura plus que la moyenne, ça s’équilibre toujours. Une caserne moyenne peut recevoir six à sept appels en 24 heures. Et ça peut aller jusqu’à 30 appels. Mais il faut aussi prendre en considération les appels d’alarme. Un appel d’alarme, ça veut dire que ce n’est pas une personne qui appelle pour dire qu’il y a un feu chez elle, mais bien un système de sécurité qui se déclenche. Ça arrive qu’on vienne en soutien à d’autres secteurs pour une alarme, et qu’avant même d’arriver sur les lieux, on découvre que c’est une fausse alarme et qu’il faut faire demi-tour. Ça compte tout de même comme un appel.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>À quoi ressemble une journée régulière dans la vie d’un pompier?</em></p>



<p><strong>P</strong>: La première chose qu’il faut savoir, c’est qu’on travaille des journées de 24 heures consécutives, généralement deux fois par semaine. On commence donc vers sept heures du matin et on termine à la même heure le lendemain. En réalité, on arrive toujours entre 30 à 40 minutes à l’avance pour vérifier notre matériel personnel: les masques, la salopette, le manteau. Sur le camion, on vérifie aussi la bombonne d’air parce qu’on ne veut pas entrer dans un bâtiment et découvrir qu’elle est défectueuse. Ça peut prendre environ une heure. Quelques fois par semaine, on doit aussi faire un inventaire rigoureux qui peut prendre jusqu’à deux heures. Le chauffeur, lui, doit faire un examen visuel du véhicule avant de vérifier le système de freins, la direction, les roues, etc.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Quelle idée reçue fausse se fait-on souvent de votre travail?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Quand on pense aux pompiers, on pense souvent aux émissions à la télé. Mais la vérité est que, dans un feu, généralement, on ne voit rien. De façon générale, lorsqu’on arrive dans une maison, la fumée ne sort pas, elle s’accumule à l’intérieur. Au début, la fumée monte au plafond. Ensuite, elle s’accumule là-bas et elle descend jusqu’au plancher. Il peut donc faire vraiment noir à notre arrivée. Après, notre uniforme est anti-flammes, mais seulement pour quelques secondes, pour nous donner le temps de réagir. Il va résister à une haute chaleur, oui, mais il ne peut pas résister à un feu de longue durée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ce qui reste le plus difficile, c’est de voir la réaction des proches et des amis des victimes que nous n’avons pas pu sauver»</p></blockquote>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Et vous faites comment pour vous déplacer?</em></p>



<p><strong>P</strong>: On se fie aux murs et au tuyau d’eau qui est connecté au camion. On tient toujours le tuyau d’une main, on ne le lâche pas. Si jamais on tombe du plancher jusqu’au sous-sol, si on a une main sur le tuyau, on sera capable de revenir à notre camion dehors. Sinon, on a aussi une caméra thermique qui nous indique les différents points de chaleur. Le pompier qui a la caméra sera donc en mesure de faire une vérification rapide: est-ce qu’on peut voir quelqu’un couché à terre? La chaleur provient d’où principalement? Mais la pire erreur qu’on puisse faire, c’est de suivre la caméra thermique sans suivre le mur et sans suivre le jet d’eau. Parce qu’en huit pas, on peut être complètement désorienté. La dernière chose importante à noter est qu’on ne rentre jamais tout seul.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Quels sont les traits de personnalité nécessaires pour devenir pompier?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Oh, il y en a beaucoup! Pour t’en citer quelques-uns, je dirais que le travail d’équipe, c’est important. Se soucier de ceux avec lesquels on vit – autant sur un appel que dans la caserne. À la caserne, on est comme une famille, et s’il y en a un qui n’en fait qu’à sa tête, ça peut causer des frictions. C’est important d’avoir une bonne communication avec les autres. Il faut aimer aider les autres, avoir une bonne tolérance physique au froid, au chaud, à la fatigue, et être capable de supporter de longues heures sans manger, par exemple. Il faut être prêt à faire des sacrifices: s’il fait ‑30°C et qu’il y a un incendie majeur, on ne va pas aller se réchauffer les mains! Il faut savoir se détacher de ses besoins personnels pour le besoin des autres parce que sinon, les autres vont travailler en double à notre place. Il faut que tout le monde persévère même quand c’est difficile. Et finalement, je dirais qu’il faut avoir une grande force psychologique.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Quel est votre appel ou expérience la plus difficile sur le terrain?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Je n’irai pas trop dans les détails, mais je dirais que c’est quand il y a un décès. Vu que nous sommes les premiers répondants, des accidents de véhicules, des gens noyés ou des personnes qui font un malaise cardiaque chez elles, ça arrive assez souvent qu’on en soit témoin. Et même dans un incendie, ça nous arrive de voir des morts. Les gens vont généralement mourir par intoxication à cause de la fumée: en deux ou trois minutes, ils sont déjà inconscients. C’est sûr que ça choque, surtout au début. Par contre, ce qui reste le plus difficile, c’est de voir la réaction des proches et des amis des victimes que nous n’avons pas pu sauver.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Est-ce que vous avez quelqu’un qui vous soutient dans ces expériences difficiles?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Il y a des lignes téléphoniques qu’on peut contacter. Tous les employés des services d’urgence ont accès à ces numéros-là. Mais de façon générale, ce qui aide vraiment, c’est l’esprit de caserne. Ce qui va régler un problème à 90%, c’est d’être avec l’équipe après un appel. On en discute, on décompresse. Si je parle de l’événement avec quelqu’un qui ne l’a pas vécu, la personne a beau essayer de comprendre, elle ne comprendra pas complètement.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Vu que vous travaillez 24 heures consécutives: est-ce que vous trouvez qu’il y a des différences entre le jour et la nuit en poste?</em></p>



<p><strong>P</strong>: La nuit, quand ça sonne, on saute hors du lit. C’est comme si tu te réveillais chez toi en plein milieu de la nuit parce que quelqu’un est en train de cogner fort à ta porte. Notre cœur, il bat comme ça chaque fois qu’il y a un appel. À long terme, ce n’est pas bon pour notre santé parce qu’on n’est pas supposé avoir des si grandes fluctuations de rythme cardiaque à répétition. Mais la nuit aussi, on n’aura pas de formation ni d’inventaire à faire. On peut se reposer si on en ressent le besoin.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Si ce style de vie peut être mauvais pour la santé à long terme, est-ce que les pompiers prennent leur retraite plus tôt généralement?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Généralement, les pompiers servent une trentaine d’années. En termes d’âge, je dirais que la limite est environ 55 ans, pas parce que la loi l’oblige, mais plutôt parce que passé un certain âge, l’effort physique que l’emploi requiert devient trop difficile. Les chauffeurs peuvent faire un peu moins d’effort physique, mais il y a un minimum qu’ils doivent être capables d’endurer.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Quel est l’appel le plus drôle que vous avez eu?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Parfois, il arrive que quelqu’un nous appelle parce qu’il voit des flammes dans un bâtiment, mais finalement ce n’est que le reflet d’un lampadaire dans une fenêtre. Il faut comprendre que tout appel est pris au sérieux. La personne à la répartition ne peut pas se permettre de juger si c’est vrai ou pas, mais des fois ça résulte en des appels comme celui-ci. Des appels non fondés, il y en a partout.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Quelle est une pièce d’équipement que vous avez et qui pourrait impressionner le public?</em></p>



<p><strong>P</strong>: C’est une bonne question. Je dirais les coussins de sauvetage. C’est un grand coussin qui se gonfle et qui permet à une personne de sauter d’une certaine hauteur, disons d’un balcon, en toute sécurité. Ça fonctionne aussi lorsqu’une personne menace de sauter d’un édifice. Une fois que la personne entre en contact avec ce coussin, l’air s’évacue et amortit l’impact.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Pour finir, quelle est votre plus grande fierté?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Ce n’est pas relié à un feu de bâtiment, mais je dirais que c’est de réanimer quelqu’un, quand on fait un massage et qu’on donne un choc, et que la personne reprend conscience. C’est la chose la plus gratifiante parce qu’on est directement responsable d’avoir sauvé la vie de cette personne.</p>
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		<item>
		<title>Cinq jours au sein de l’escouade anti-terroriste</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/05/cinq-jours-au-sein-de-lescouade-anti-terroriste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Albert Ghitescu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Festival du nouveau cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Analyse du nouvel opus de Cédric Jimenez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Novembre&nbsp;</em>est le nouveau film dirigé par le réalisateur français Cédric Jimenez, également connu pour&nbsp;<em>La french&nbsp;</em>(2014),&nbsp;<em>HHhH&nbsp;</em>(2017) et&nbsp;<em>BAC Nord&nbsp;</em>(2021). Le titre fait référence au mois de novembre 2015, lorsque sont survenus les attentats de Paris, les plus meurtriers de France. Le long-métrage nous plonge au cœur de l’escouade anti-terroriste de la capitale française dans les cinq jours suivant les attentats du 13 novembre 2015, qui ont mené à 131 décès et 413 hospitalisations. On suit le personnage de Fred, interprété par Jean Dujardin, à la tête de cette division de la police, ainsi que ses collègues, incarnés notamment par Anaïs Desmoustier, Sandrine Kiberlain, Jérémie Renier, et Sami Outalbali, dans leur quête pour arrêter tous ceux impliqués dans ces attaques. Le film place le spectateur à la place de ces enquêteurs qui traversent un mélange de détermination, colère, stress et désespoir à la suite de ces actes tragiques. Présenté pour la première fois le 22 mai dernier lors du Festival de Cannes, où il était projeté hors compétition, le film sera présenté pour la première fois en Amérique du Nord à Montréal le 6 octobre prochain dans le cadre de la 51e édition du Festival du Nouveau Cinéma (FNC).</p>



<p>Le film débute en avertissant le public que malgré le fait qu’il soit basé sur des faits réels, il est important de se rappeler qu’« il s’agit d’une fiction qui n’offre pas de commentaire sur une affaire juridique». Par contre, force est d’admettre que le film joue beaucoup avec le réel en incluant des discours du président Hollande et plusieurs extraits vidéos des chaînes télévisées françaises commentant les évènements en arrière-plan. Par ailleurs, le film semble tenter de se rapprocher de la réalité de par l’utilisation délibérément minimaliste de la musique et du bruit de fond.</p>



<p><strong>Silence, on tourne!</strong></p>



<p>Alors que dans de nombreux films, le son n’est qu’un élément banal à travers lequel le récit est transmis au public, ici, il s’agit plutôt d’un élément fondamental qui est instrumentalisé de par son intensité, sa quantité et sa synchronisation pour arriver à diverses fins. Pendant toute la durée du long-métrage, l’ambiance est étrange, ce qui peut amener le spectateur à ressentir un certain inconfort. Parfois, il règne un calme troublant considérant le récit qui est raconté alors qu’à d’autres moments, le film semble manquer de sons pour accompagner les images à l’écran. Plusieurs conversations semblent également dépouillées de tout effet sonore de fond, alors que l’on entend que les voix des acteurs. Il y a si peu de bruit de fond par moments que l’on peut entendre des pas, voire même des respirations. Loin d’être un manque d’assiduité au montage, ce sentiment de vide, d’absence sonore, est délibéré et semble avoir pour intention de placer le spectateur dans la peau des enquêteurs en rapprochant les scènes de la réalité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Parfois, il règne un calme troublant considérant le récit qui est raconté, alors qu’à d’autres moments, le film semble manquer de sons pour accompagner les images à l’écran»</p></blockquote>



<p>Un autre aspect que l’on ne peut s’empêcher de remarquer dans&nbsp;<em>Novembre</em>, c’est l’alternance répétée et brusque entre bruit et silence. Le silence est utilisé à plusieurs fins. Il est premièrement invoqué par le président Hollande, qui invite à commémorer les victimes de ces tueries en observant une minute de silence. Le silence dans ce cas-ci invoque le respect et la réflexion. Le silence est également invoqué alors que les enquêteurs vont recueillir le témoignage des victimes blessées dans les hôpitaux. Une des victimes dans le long-métrage dit: «Je m’étais caché derrière une table, je ne voyais que leurs pieds, il y en a un qui avait des baskets orange flashy. Et après, le silence.» Pour le public, dans les jours suivant ces attaques, le son s’intensifie à travers la grande couverture médiatique, mais pour les victimes dans le long-métrage, le silence s’intensifie. Lorsqu’on perd un être cher, son absence est un silence. Lorsqu’une ville est prise d’assaut et que les gens ont peur de se rassembler, de retourner sur des terrasses ou au théâtre, c’est le silence qui l’emporte. De plus, lorsqu’on s’interroge sur la cause de ces attentats et que l’on n’obtient pas de réponses, c’est le silence qui occupe tout l’espace. En outre, le silence semble aussi être utilisé dans&nbsp;<em>Novembre&nbsp;</em>pour augmenter l’effet de choc. Si tout au long de la projection, l’auditoire est habitué à peu de bruit, alors il sera encore plus ébranlé d’entendre une explosion retentir. À plusieurs reprises dans le long-métrage, le silence prépare le terrain pour le bruit, qui n’est jamais bon signe. Enfin, le silence peut également être interprété comme étant une référence au silence radio en ce qui a trait à l’enquête en cours dans le film. Alors que la projection se concentre sur les cinq jours qui ont suivi les attaques, l’investigation qu’elle relate durera plusieurs années et s’étendra sur quatre continents dans 25 pays différents.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Si tout au long de la projection, l’auditoire est habitué à peu de bruit, alors il sera encore plus ébranlé d’entendre une explosion retentir»</p></blockquote>



<p><strong>La pression monte</strong></p>



<p>Le film fait vivre à son auditoire une multitude d’émotions, en explorant notamment la psychologie des policiers, des suspects ainsi que des collaborateurs de l’enquête présentée dans&nbsp;<em>Novembre</em>. Si certains décident de se mettre à l’écart de l’enquête en raison de la charge émotionnelle qu’elle implique, d’autres ont du mal à contenir leur colère. C’est notamment le cas du personnage de Fred, le chef de cette division policière, qui s’emporte envers un suspect en le frappant au visage. De manière générale, on peut également observer que l’équipe d’enquêteurs entretient une méfiance vis-à-vis de la population. Dans&nbsp;<em>Novembre</em>, tous peuvent être perçus comme suspects, ce qui amène les investigateurs sur de nombreuses fausses pistes. Sous forte pression et en manque de temps, des tensions font éruption entre les différentes branches du système des forces de l’ordre. Certains personnages manifestent à maintes reprises leur mécontentement face aux procédures bureaucratiques qui freinent et compliquent le processus de recherche. Ce sont des défis qui s’ajoutent les uns par-dessus les autres et qui vont compliquer la découverte et l’arrestation des terroristes, alors que la France entière attend des résultats.</p>



<p><strong>Difficile de plaire à tous</strong></p>



<p>D’une part, le spectateur est placé dans la position des équipes d’escouade anti-terroriste, ce qui est fort intéressant, mais d’autre part, il y a certains moments du film où le récit semble s’éterniser et tourner en rond au fur et à mesure que l’on interroge des suspects qui ne mènent à rien de concret. Malgré le fait qu’il s’agisse d’une fiction, on peut tout de même accorder à Jimenez le fait qu’il ne fait pas usage de sensationnalisme ou d’exagération des faits. Par contre, il faut souligner que, par moments, le film semble encore nécessiter du travail au montage dû au choix stylistique sonore. L’utilisation modeste du son est bien réussie dans la mesure où elle apporte l’effet escompté et concentre l’attention de l’assistance sur le récit principal, mais force est d’admettre que cet élément ne plaira pas nécessairement à tout le monde. Par conséquent, ce qui fera la singularité de ce film pour certains sera considéré comme sa faiblesse pour d’autres. Ultimement,&nbsp;<em>Novembre&nbsp;</em>replonge l’auditoire dans un épisode douloureux mais essentiel à se remémorer de l’histoire française.</p>
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		<title>Scruter le mode de scrutin</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/09/28/scruter-le-mode-de-scrutin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Albert Ghitescu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Sep 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[mode de scrutin]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Enquête sur la réforme du système électoral québécois.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le jeudi 22 septembre dernier, à l’occasion du deuxième débat des chef·f·es, avait lieu un rassemblement d’une trentaine de personnes devant la nouvelle Maison de Radio-Canada pour réclamer un système électoral représentatif au Québec. Organisée par le Mouvement Démocratie Nouvelle (<a href="https://www.chaquevoixcompte.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">MDN</a>) et la <a href="https://www.csd.qc.ca/actualite/une-large-coalition-pour-la-reforme-electorale-maintenant/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Coalition</a> pour la réforme électorale maintenant!, la manifestation visait à exiger des chef·fe·s des partis politiques une réforme du mode de scrutin en place dans un prochain mandat.</p>



<p>En date du 26 septembre dernier, selon le modèle du site de projections électorales <a href="https://qc125.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Qc125</a>, la Coalition avenir Québec (CAQ) pourrait récolter jusqu’à 98 sièges sur 125 le 3 octobre, soit près de 80% des sièges à l’Assemblée nationale. Or, selon les projections, la CAQ ne récoltera pas plus de 40% du vote populaire. Cet écart entre volonté électorale populaire et représentation parlementaire, appelé distorsion, est engendré par le système électoral actuel au Québec, soit le scrutin majoritaire uninominal à un tour. Selon le MDN et la Coalition pour la réforme électorale maintenant!, les résultats des élections 2022 pourraient être les plus distordus de l’histoire. Pour ces mouvements pro-réforme, le changement du mode de scrutin devrait être une priorité pour les Québécois·es.&nbsp;<em>Le Délit&nbsp;</em>vous présente cette enquête afin d’inviter la réflexion sur les enjeux liés à la réforme du mode de scrutin au Québec.</p>



<p><strong>Le débat d’un siècle</strong></p>



<p>Même si la question de réforme du mode de scrutin est débattue dans les milieux politiques depuis plus de <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/assemblee-nationale/15-4/introduction-historique.html?retourVersHistoire=oui" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">100 ans</a>, elle a commencé à susciter un plus grand engouement vers la fin des années 1960. «On vient juste de célébrer les 100 ans de René Lévesque, qui a déjà qualifié notre mode de scrutin comme étant “démocratiquement infect”», a déclaré Jean-Pierre Charbonneau, président du MDN lors de la manifestation jeudi dernier.</p>



<p>Au Québec, les résultats des élections provinciales de novembre 1998 avaient ranimé un intérêt pour l’enjeu du mode de scrutin. Le Parti libéral (PLQ) avait à l’époque subi une défaite malgré un pourcentage de voix plus élevé que le Parti québécois (PQ). En effet, le PLQ avait obtenu 43,5% des voix avec 38% des sièges tandis que le PQ avait obtenu 42,9% des voix avec 61% des sièges. C’est ainsi qu’en 1999 est né le Mouvement Démocratie Nouvelle, un organisme citoyen non partisan militant pour la réforme du mode de scrutin. La Coalition pour la réforme électorale maintenant!, formée notamment de groupes environnementaux, féministes, syndicalistes et communautaires, a vu le jour en 2019, à la suite de la victoire de la CAQ aux élections provinciales de 2018.</p>



<p>«Nous n’avons pas l’intention de lâcher le morceau et allons suivre le prochain gouvernement sur cette question», a affirmé Mario Beauchemin, vice-président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) devant le siège de Radio-Canada jeudi dernier. La CSQ, une organisation regroupant travailleur·se·s des secteurs public et parapublic québécois, est l’une des dix organisations impliquées dans le MDN.</p>



<p>Katherine Girard et Anne-Marie Boudreault-Bouchard, des manifestantes présentes au rassemblement, se sont impliquées au MDN dès qu’elles ont «compris comment le système électoral fonctionnait au Québec», ont-elles expliqué au&nbsp;<em>Délit</em>. «Le mouvement m’a beaucoup rejointe au niveau du message véhiculé», a ajouté Anne-Marie Bouchard, ancienne vice-présidente du MDN entre 2015 et 2018.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les distorsions créent de l’injustice. Il y a des partis qui sont surreprésentés, il y en a qui sont sous-représentés, il y en a qui ne sont pas représentés»</p><cite>Jean-Pierre Charbonneau, président du Mouvement Démocratie Nouvelle</cite></blockquote>



<p>Jean-Pierre Charbonneau, ancien député péquiste et ancien président de l’Assemblée nationale, est l’actuel président du MDN. «Le système électoral actuel est un système qui a été conçu par les Britanniques en 1792 et qui favorise l’alternance de pouvoir entre deux partis», remarque-t-il en entrevue avec&nbsp;<em>Le Délit</em>. <a href="https://pivot.quebec/2022/09/24/les-resultats-de-la-prochaine-election-pourraient-etre-les-plus-tordus-de-lhistoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Selon</a> Raphaël Canet, le coordonnateur du MDN, le scrutin uninominal majoritaire à un tour est inadapté à la réalité d’aujourd’hui, car il favorise un système bipartisan, soit «une réalité sociale bien différente de celle d’aujourd’hui».</p>



<p>En effet, le mode de scrutin en vigueur au Québec et au Canada est un système dit «majoritaire» puisque les candidat·e·s sont élu·e·s à majorité relative. Il est donc possible qu’un·e candidat·e soit élu·e même s’il·elle n’obtient pas plus de la moitié des voix. </p>



<p>Dans chaque circonscription définie, le·a gagnant·e est la personne qui obtient le plus de votes. À l’échelle provinciale, le parti qui fait élire le plus de candidat·e·s forme le gouvernement, tandis que celui qui arrive second devient le parti d’opposition . Selon le MDN, les distorsions sont le principal problème causé par ce système de vote: le mode de scrutin actuel ne tiendrait pas compte du vote populaire des électeur·rice·s.</p>



<p>Prenons par exemple les résultats des élections de 2018: la CAQ avait gagné avec 37,42% du vote populaire, mais avait fait élire 74 des 125 élu·e·s à l’Assemblée nationale, soit 59,2% des sièges. En contrepartie, le PQ avait obtenu 17,06% des voix mais uniquement 10 sièges à l’Assemblée nationale, soit 8% du total.</p>



<p>«Les distorsions créent de l’injustice. Il y a des partis qui sont surreprésentés, il y en a qui sont sous-représentés, il y en a qui ne sont pas représentés», a déploré M. Charbonneau en entretien avec&nbsp;<em>Le Délit</em>. «Le résultat est que la gouvernance de la société ne se fait pas comme elle devrait se faire», a‑t-il ajouté. Une des conséquences de ces distorsions est le manque de représentativité à l’échelle régionale. C’est là une des critiques les plus virulentes du mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour. Par exemple, seulement deux des 27 député·e·s élu·e·s en 2018 sur l’île de Montréal sont caquistes. Il est donc plus difficile pour les élu·e·s de l’île de Montréal, à majorité libérale, d’influencer les politiques gouvernementales en fonction des intérêts des personnes de leur circonscription.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le résultat est que la gouvernance de la société ne se fait pas comme elle devrait se faire»</p><cite>Jean-Pierre Charbonneau, président du Mouvement Démocratie Nouvelle</cite></blockquote>



<p>En entretien avec&nbsp;<em>Le Délit</em>, Éric Bélanger, professeur de science politique à l’Université McGill, a souligné les tensions causées par le manque de proportionnalité et de représentativité du mode de scrutin actuel: «Les maires et mairesses ont commencé à s’opposer de manière plus vocale aux positions de la CAQ dû au fait que le gouvernement à Québec ne fait pas face à une opposition très forte [au sein même de l’Assemblée nationale,&nbsp;<em>ndlr</em>]. Les débats sont devenus verticaux, c’est-à-dire entre le provincial et le municipal, au lieu d’avoir lieu dans l’Assemblée nationale.»</p>



<p>Selon un <a href="http://www.reseautablesfemmes.qc.ca.heb5c.sogetel.net/wp-content/uploads/2015/01/MODE-DE-SCRUTIN-PROPORTIONNEL-UN-ATOUT-POUR-LES-FEMMES-2014.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">document</a> publié en 2014 par le Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec, le mode de scrutin uninominal actuel au Québec «tend à exclure certaines catégories de personnes». La représentation des femmes, des communautés autochtones ainsi que de la communauté LGBTQ+ dépend «du hasard et des volontés politiques changeantes», comme indiqué dans le document. «La parité de représentation pour les femmes est un principe de justice qui doit s’incarner formellement dans l’exercice de notre démocratie et donc dans son mode de scrutin», a scandé Nelly Dennene, présidente du Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec lors de la manifestation jeudi soir. Même si lors des élections de 2018, on a observé une hausse de la représentation des femmes à l’Assemblée nationale, avec la délégation féminine représentant 42% de l’ensemble des personnes élues <a href="https://statistique.quebec.ca/vitrine/egalite/dimensions-egalite/pouvoir/personnes-elues-assemblee-nationale" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">selon</a> l’Institut de la statistique au Québec, le Québec n’atteint toujours pas la parité hommes-femmes à l’Assemblée nationale.</p>



<p>Une autre conséquence des distorsions électorales serait qu’elles contribuent au déclin du taux de participation aux élections, selon Pr Bélanger. «C’est certain qu’en voyant que le parti qu’on préfère est condamné à une place très minoritaire sur l’échiquier politique, ça pourrait décourager certains électeurs à se déplacer pour voter», a‑t-il expliqué. Le taux de participation aux élections de 2018 était le deuxième plus bas dans les 49 dernières années, une tendance qui, selon Raphaël Canet, pourrait résulter d’une perte progressive de la confiance en notre système démocratique. Lors d’une entrevue avec&nbsp;<em>Pivot</em>, il utilise les électeur·rice·s du Parti conservateur du Québec comme exemple: «[Le Parti conservateur du Québec a] réussi à rassembler beaucoup de gens qui souvent n’allaient même pas voter. S’ils se retrouvent avec aucun député, que vont-ils dire? Ça va alimenter leur rancœur et faire grandir leur cynisme et, au final, c’est ce qui est le plus dangereux avec le système actuel», illustre le coordonateur du MDN.</p>



<p>«Si on valorise une stabilité politique et des gouvernements majoritaires, c’est-à-dire qui ont le contrôle d’une majorité des sièges à l’Assemblée, c’est sûr que le mode de scrutin actuel est préférable», a nuancé le Pr Bélanger. Depuis 1970, seulement deux gouvernements minoritaires ont été formés. Au cours des 50 dernières années, PLQ et le PQ ont alterné au pouvoir durant toutes les élections sauf une. En effet, la simplicité relative du système de scrutin majoritaire uninominal à un tour lui aura permis de survivre à plusieurs tentatives de réformes.</p>



<p><strong>L’échec de 2018</strong></p>



<p>Le 9 mai 2018, quelques mois avant les dernières élections provinciales, la CAQ, le PQ, Québec solidaire et le Parti vert du Québec s’étaient engagés à changer le système électoral en introduisant un mode de scrutin proportionnel mixte s’ils étaient élus. Cette entente transpartisane avait été initiée en 2016 par le MDN mais, à l’approche de sa conclusion, les libéraux de Philippe Couillard s’étaient retirés. Une des grandes promesses électorales de la CAQ était en effet le relancement de la réforme entamée en 2008 par le gouvernement libéral de Jean Charest, plus tard abandonnée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Si on valorise une stabilité politique et des gouvernements majoritaires, c’est-à-dire qui ont le contrôle d’une majorité des sièges à l’Assemblée, c’est sûr que le mode de scrutin actuel est préférable»</p><cite>Éric Bélanger, professeur de sciences politiques à l’Université McGill</cite></blockquote>



<p>L’entente contraignait le parti élu à déposer un projet de loi dans la première année de son mandat. Ce projet de loi aurait reflété «le plus possible le vote populaire de l’ensemble des Québécois et Québécoises», comme l’avait annoncé Jean-Sébastien Dufresne, l’ancien directeur du MDN lors de la signature en 2018. Arrivée au pouvoir il y a quatre ans, la CAQ avait effectivement déposé le projet de loi 39. Or, en décembre 2021, le gouvernement caquiste a annoncé l’abandon du projet de loi, même si celui-ci était rendu à l’avant-dernière étape avant son adoption. «On met ça de côté définitivement», avait <a href="https://lactualite.com/politique/legault-abandonne-la-reforme-du-mode-de-scrutin/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">confirmé</a> une source du cabinet du premier ministre. Le contexte pandémique avait été évoqué pour justifier l’abandon. «On s’est rendu compte que ce n’est pas du tout une priorité pour la population», avait ajouté la source. Questionné sur la possibilité de ressusciter le projet de loi il y a quelques semaines, François Legault <a href="https://www.ledevoir.com/depeches/753099/abandon-de-la-reforme-du-mode-de-scrutin-legault-veut-tous-les-pouvoirs-dit-berube?utm_source=recirculation&amp;utm_medium=hyperlien&amp;utm_campaign=corps_texte" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">avait déclaré</a> que la réforme du mode de scrutin était un enjeu peu intéressant pour la population, à l’exception de «quelques intellectuels».</p>



<p>Le projet de loi 39, intitulé Loi établissant un nouveau mode de scrutin, aurait modifié la <a href="https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/e-3.3" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Loi électorale</a> afin de mettre en place un nouveau système de scrutin avec compensation régionale. Ce nouveau système visait à réduire les distorsions, en assurant que le nombre de sièges obtenus par un parti politique corresponde à son pourcentage du vote populaire. La réforme aurait implanté un système dit «mixte», qui aurait produit une Assemblée nationale composée en partie de député·e·s élu·e·s dans les circonscriptions et en partie de député·e·s issu·e·s d’une liste de candidat·e·s présentée par chaque parti.</p>



<p>Pour le Pr Éric Bélanger, le mode de scrutin proportionnel mixte «est une proposition intéressante, car il permettrait d’aller chercher les avantages de la proportionnalité tout en gardant certaines caractéristiques du mode actuel». Pour Françoise David, co-présidente du Mouvement Démocratie Nouvelle et ancienne députée de Québec solidaire, le mode proportionnel mixte «a été choisi, car c’est vraiment ce mode de scrutin-là qui permet à la fois d’avoir des députés de circonscription, ce que les Québécois veulent, et d’avoir ce qu’on appelle des députés régionaux, sur la base de listes qui sont faites par les partis. C’est donc un peu le meilleur des deux mondes», a‑t-elle expliqué au <em>Délit</em>. En effet, cette solution hybride proposée par le MDN, inspirée des systèmes en place en Nouvelle-Zélande et en Écosse, aurait proposé aux électeur·rice·s de s’exprimer deux fois à chaque élection. Le premier bulletin aurait permis d’élire 80 député·e·s de circonscriptions de la même façon qu’actuellement, alors que le deuxième vote aurait permis d’attribuer les 45 sièges restants aux différents partis en fonction des votes exprimés par chaque région, ce qui aurait permis de réduire l’effet de distorsion.</p>



<p>Selon Jean-Pierre Charbonneau, l’abandon du projet de loi 39 par la CAQ représente «un reniement et un non-respect de la parole donnée». Il ajoute que le retrait du projet de loi donne un avantage disproportionné à la CAQ pour les élections qui viennent. «François Legault ne devait pas faire un Justin Trudeau de lui-même, il ne devait pas encourager le cynisme, et il l’a fait», déplore-t-il. En effet, en février 2017, le premier ministre canadien <a href="https://www.ledevoir.com/politique/canada/490596/justin-trudeau-renonce-a-sa-promesse-de-reformer-le-mode-de-scrutin" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">avait renoncé</a> à sa promesse électorale de réformer le mode de scrutin. Pour Raphaël Canet, le coordonnateur de MDN, «leur seule option pour bloquer le projet de loi était de le faire disparaître entre deux sessions parlementaires, ce qu’ils ont fait», a‑t-il affirmé dans une entrevue avec&nbsp;<em>Pivot</em>.</p>



<p><strong>Y a‑t-il de l’espoir pour la réforme?</strong></p>



<p>Le 20 septembre dernier, lors d’une conférence de presse, Dominique Anglade, la cheffe du PLQ, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1917039/mode-de-scrutin-lettre-plq-contredit-propos-dominique-anglade-ouverte-reforme-quebec" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a affirmé </a>qu’elle serait ouverte à l’idée de réformer le mode de scrutin. «Ça fait partie des choses qu’il faudrait regarder», a‑t-elle dit. Pour Françoise David, l’annonce de la cheffe libérale est «une grande nouvelle», mais elle peine à voir une motivation autre que l’opportunisme derrière cette déclaration, a‑t-elle confié au&nbsp;<em>Délit</em>. Quant au PQ et à Québec solidaire, les deux partis ont indiqué au MDN qu’ils mettront en place un nouveau mode de scrutin avant 2026 s’ils sont portés au pouvoir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«J’ai l’impression que les Québécois vont se réveiller avec une sorte de gueule de bois en se disant: Non, mais attends-là, une fois de plus, le gouvernement majoritaire gouverne avec beaucoup de député·e·s mais il n’a même pas la majorité des voix»</p><cite>Fracnçoise David, vice-présidente du MDN</cite></blockquote>



<p>Questionné·e·s par&nbsp;<em>Le Délit</em>, Jean-Pierre Charbonneau et Françoise David ont signalé que les résultats des élections «risquent de secouer les citoyens et d’éveiller les consciences». En effet, selon eux·lles, la distorsion électorale risque d’être «tellement scandaleu[se]», déplorent-il·elle·s. «Il va être choquant de voir un parti qui domine outrageusement la scène politique alors qu’il n’a même pas la moitié des votes», ajoutent-il·elle·s. En effet, en 2018, la CAQ a pu obtenir 59% des sièges à l’Assemblée nationale avec 37% du vote populaire mais avec uniquement 25% des électeur·rice·s, selon les <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/resultats-et-statistiques/resultats-generales/2018-10-01/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">données</a> d’Élections Québec. Cette distorsion «va être plus forte cette fois-ci», prévient Raphaël Canet, en ajoutant qu’on s’attend à un taux de participation faible pour ces élections. </p>



<p>« J’ai l’impression que les Québécois vont se réveiller avec une sorte de gueule de bois en se disant: Non, mais attends-là, une fois de plus, le gouvernement majoritaire gouverne avec beaucoup de député·e·s, mais il n’a même pas la majorité des voix», a affirmé Françoise David au&nbsp;<em>Délit</em>. Elle a souligné également que cette conscientisation des citoyen·ne·s pourrait ajouter une pression aux partis politiques, et ces derniers n’auront pas d’autre choix que la réforme du mode de scrutin. «Il faut que les partis et les médias aussi s’emparent de cette question et en fassent un enjeu majeur», a ajouté Jean-Pierre Charbonneau.</p>



<p>Selon le Pr Éric Bélanger, une tendance se construit, puisque ce sont les partis d’opposition, les plus désavantagés par les distorsions, qui demandent activement une réforme. «Une fois au pouvoir et étant avantagés par ce système, ils ne sont plus si favorables à l’idée de réforme», note-t-il. Une autre approche serait de procéder par référendum populaire, mais le Pr Bélanger note que plusieurs provinces canadiennes «ont tenté le coup au cours des 20 dernières années mais sans succès». Par exemple, à l’Île-du-Prince-Édouard, 51.85% des électeur·rice·s ont voté en faveur du changement de mode de scrutin, mais vu que la réforme nécessitait l’appui de 60% des électeur·rice·s, le mode de scrutin est resté inchangé.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Il va être choquant de voir un parti qui domine outrageusement la scène politique alors qu’il n’a même pas la moitié des votes»</p><cite>Jean-Pierre Charbonneau, Président et Françoise David, Vice-Présidente du MDN</cite></blockquote>



<p>Le <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1316440/caq-presente-projet-loi-reforme-electorale" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">référendum</a> faisait notamment partie de la démarche prévue par le gouvernement Legault en 2019 lors du dépôt du projet de loi 39. Selon le Pr Bélanger, la population serait réceptive à l’idée de réforme, mais un effort de pédagogie significatif reste à faire, car il s’agit d’un enjeu complexe. En effet, un sondage Léger Marketing pour le MDN en mai 2019 avait conclu que près de 70% Québécois·es tenaient à ce que la CAQ respecte son engagement de réformer le mode de scrutin actuel et il·elle·s estimaient qu’il serait important d’aller de l’avant. Selon le même sondage, 84% souhaitaient refléter le plus possible le vote populaire de l’ensemble des Québécois·e·s.</p>



<p>Pour Jean-Pierre Charbonneau, il est aussi important de noter qu’il ne s’agit pas ici uniquement d’une réforme du mode de scrutin mais d’un enjeu plus large. «Que ce soit l’enjeu de l’environnement, de l’inflation, de notre système d’éducation ou celui de la santé, de la langue, de l’identité, de la crise du logement, des droits des femmes, tous ces enjeux passent et s’expriment à travers l’Assemblée nationale».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/09/28/scruter-le-mode-de-scrutin/" data-wpel-link="internal">Scruter le mode de scrutin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>L’itinérance en temps de COVID à Montréal</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/02/16/litinerance-en-temps-de-covid-a-montreal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Albert Ghitescu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Feb 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[Gestion de la pandémie]]></category>
		<category><![CDATA[inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[itinérance]]></category>
		<category><![CDATA[pandémie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=47238</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Délit s'est entretenu avec des intervenant·e·s du milieu pour en apprendre davantages sur l'impact de la pandémie sur les plus démuni·e·s.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/02/16/litinerance-en-temps-de-covid-a-montreal/" data-wpel-link="internal">L’itinérance en temps de COVID à Montréal</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La pandémie de la COVID-19 amplifie les inégalités, qu’elles soient raciales, économiques ou sociales. Alors que certaines personnes ont le privilège d’éviter les risques de contracter le virus, d’autres y sont disproportionnellement exposées. Les personnes défavorisées ou marginalisées sont également celles qui vivent les plus graves conséquences de la pandémie pour leur sécurité et leur bien-être. De ce fait, le nombre de personnes en situation d’itinérance a subi une forte hausse durant la pandémie. En effet, à <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2022-01-15/itinerance/les-refugies-du-froid.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Montréal</a>, ce nombre serait passé de 3000 à 6000 dans la période entre 2018 et septembre 2020 au début de la pandémie. <em>Le Délit</em> s’est entretenu avec un intervenant du milieu des organismes d’intervention auprès des sans-abris pour en apprendre davantage sur les nouveaux obstacles qu’a amené la pandémie pour les personnes en situation d’itinérance et les organismes qui leur viennent en aide.</p>



<p><strong>Pandémie, personnes sans-abris et organismes communautaires</strong></p>



<p>Le directeur général de la Mission Old Brewery<em>, </em>James Hughes, explique que «la pandémie a changé de façon très significative les opérations des organismes» comme le sien qui offrent des hébergements ainsi que des services pour réintégrer à la société les personnes en situation d’itinérance. Il ajoute qu’il y a eu des impacts «tangibles et intangibles». Tout d’abord, il a fallu diminuer la capacité d’accueil pour respecter les protocoles de distanciation. L’établissement est passé d’une capacité de 300 à 150 personnes dans la bâtisse pour hommes. Cette réduction des places disponibles survient alors que le nombre de places nécessaires a augmenté. Pour tenter de limiter cette contrainte, il a fallu trouver de nouveaux emplacements et engager de nouveaux employé·e·s, ce qui n’a pas été de tout repos, a affirmé James Hughes au <em>Délit</em>. La Ville de Montréal a également dû investir dans des plexiglas, des masques et des gels désinfectants.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;La distanciation sociale a eu comme effet psychologique de créer une plus grande distance entre les itinérant·e·s&nbsp;»</p></blockquote>



<p>Un aspect plus difficilement observable selon James Hughes est que la pandémie a renforcé la perception négative à l’endroit des itinérant·e·s. Le directeur général explique que, de manière générale, certaines personnes entretiennent des préjugés envers les sans-abris, mais qu’en temps de pandémie, les craintes entourant les risques de contagion augmentent la stigmatisation des personnes sans-abris. Au sein même du refuge, la distanciation sociale a eu comme effet psychologique de créer une plus grande distance entre les itinérant·e·s. Cette distance rend les échanges plus compliquées, ce qui a un impact sur la santé mentale. James Hughes a confié que les deux dernières années ont été «parmi les plus difficiles» de sa carrière de 18 ans à la tête de divers programmes sociaux.</p>



<p>James<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong> Hughes affirme que si la pandémie a apporté quoi que ce soit de positif, c’est qu’elle aura permis à la population générale, aux politicien·ne·s ainsi qu’aux fonctionnaires de voir à quel point ces populations sont disproportionnément plus vulnérables à une crise de santé publique en raison de l’aspect communautaire de la vie en refuge. Il est très reconnaissant que des fonctionnaires de la Santé publique se soient déplacé·e·s sur les lieux pour effectuer les dépistages ainsi que pour administrer les vaccins. Ces actions ont contribué à la protection de la population des sans-logis ainsi que des employé·e·s des organismes qui les côtoient.</p>



<p>Voir aussi: <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/itinerance-pendant-ce-temps-que-fait-montreal/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">L’itinérance à Montréal avant la pandémie</a></p>



<p><strong>Les 3 types d’itinérance</strong></p>



<p>Le directeur général de la Mission Old Brewery affirme que l’itinérance est plus complexe qu’on ne le pense et prend plusieurs formes. Elle peut ainsi être classée en trois catégories malgré un certain degré de fluidité. La première catégorie désigne des personnes qui passent la majorité de leur temps à l’extérieur; elles sont qualifiées comme étant en situation d’itinérance absolue. La deuxième catégorie, les personnes en situation d’itinérance en refuge, est constituée d’individus qui fréquentent les établissements tels que la Mission Old Brewery. La troisième catégorie regroupe les personnes sans adresse fixe qui dorment sur le canapé d’ami·e·s, par exemple. Les gens de cette dernière catégorie font partie de ce que l’on appelle l’itinérance invisible. D’autant plus que le nombre réel de personnes en situation d’itinérance serait beaucoup plus élevé que ce que les données suggèrent. En effet, Annie Savage, la directrice du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), soutient «qu’on sous-estime largement l’ampleur de l’itinérance à Montréal».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Notre vocation, ce n’est pas juste de gérer l’itinérance mais de solutionner l’itinérance&nbsp;»</p><cite>James Hughes, directeur général de la Mission Old Brewery</cite></blockquote>



<p>De son côté, la Mission Old Brewery vient principalement en aide aux personnes en situation d’itinérance en refuge en offrant plus de 500 lits. Par contre, «notre vocation, ce n’est pas juste de gérer l’itinérance mais de solutionner l’itinérance», affirme son directeur général. Pour y arriver, il faut avoir des lieux d’hébergement ouverts 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, avec une équipe professionnelle et des conseiller·ère·s qui accompagnent les gens vers leur réintégration dans la société, a‑t-il affirmé. Plus récemment, l’organisme tente également de venir en aide aux personnes en situation d’itinérance absolue.</p>



<p>Depuis décembre 2020, un <a href="https://www.lapresse.ca/societe/2020-12-21/solidaribus/le-service-humanitaire-sur-roues.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">service</a> de navette pour la ville de Montréal, en collaboration avec la STM, nommé le «Solidaribus» a été mis en place. Cette initiative vise à cibler les personnes en situation d’itinérance absolue et à les emmener dans un des refuges présents sur l’île pour y passer la nuit. Dans le cas où tous les refuges seraient pleins une certaine nuit, James Hughes affirme que «nous, on ne laisse jamais personne à l’extérieur, c’est certain». Ainsi, en dernier recours, les personnes sans-abris peuvent dormir la tête couchée sur la table de la cafétéria pour éviter de passer la nuit dehors dans des températures glaciales. Malgré ces mesures en place, <a href="https://www.ledevoir.com/societe/662781/une-itinerante-meurt-par-temps-froid-a-montreal#:~:text=Le%20bureau%20du%20coroner%20enqu%C3%AAtera,%2DDame%2Dde%2DGr%C3%A2ce" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">deux personnes</a> en situation d’itinérance absolue à Montréal ont perdu la vie au cours du mois de janvier.</p>



<p>Selon une étude de 2018, entre 600 et 1000 personnes passeraient la nuit dehors chaque soir à Montréal, partage James Hughes. Comme la pandémie a exacerbé ce problème, il est fort probable que ce chiffre ait augmenté. James<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong> Hughes affirme que les organismes font leur possible pour s’attarder à l’itinérance absolue, mais qu’il s’agit d’un processus qui prend du temps car il faut bâtir des liens de confiance avec les gens. Il ajoute qu’en tant que collectivité, on pourrait en faire encore plus et adopter des approches plus novatrices. Il cite notamment <a href="https://www.toronto.ca/community-people/housing-shelter/homeless-help/streets-to-homes-street-outreach-support-program/#:~:text=Streets%20to%20Homes%20(S2H)%20and,someone%20in%20need%2C%20call%20311" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une initiative</a> de la ville de Toronto, <em>Streets to Homes</em>, qui selon lui «a réussi son coup». En 2020, <em>Streets to Homes</em> a permis à plus de 300 personnes vivant dans les rues de Toronto d’obtenir un logement permanent. Il aimerait voir des initiatives similaires à Montréal. Toutefois, il n’y a pas assez d’attention accordée à l’itinérance absolue à l’heure actuelle, déplore-t-il. James<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong> Hughes estime qu’il faut améliorer l’identification de cette sous-catégorie de personnes et s’assurer que les investissements nécessaires soient faits auprès des programmes de rue pour qu’ils puissent mieux cibler les besoins de ces personnes.</p>



<p>Voir aussi : <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/10/27/litinerance-probleme-neglige/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Qu’est-ce qui caractérise l’itinérance à Montréal?</a></p>



<p><strong>Personnes en situation d’itinérance ayant été testées positives à la COVID-19</strong></p>



<p>En janvier de cette année, il y avait 1 450 places d’hébergement et d’accompagnement pour les personnes en situation d’itinérance à Montréal. C’est un baisse comparativement aux 1 650 places disponibles à la même période en 2021, affirme James<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong> Hughes au <em>Délit</em>. Afin de combler ce manque et de répondre au nombre croissant de personnes sans-abris ayant été testées positives à la COVID-19, la Ville de Montréal a mobilisé un stade de soccer dans le quartier Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension pour les placer en isolement. Le <a href="https://www.journaldemontreal.com/2022/01/13/le-stade-de-soccer-accueillera-ses-premiers-clients-1" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">stade</a>, aménagé avec plus de 300 lits, a ouvert ses portes le jeudi 13 janvier. L’installation prise en charge par l’organisme Mission Old Brewery a été bien accueillie<strong><span class="has-inline-color has-societe-color">, </span></strong>car elle a permis de déplacer les personnes infectées dans un bâtiment séparé, ce qui a diminué les risques d’être exposé au virus pour les employé·e·s ainsi que pour les personnes en refuge. James Hughes affirme que le déplacement d’un lieu à un autre a été difficile autant pour les employé·e·s que pour les itinérant·e·s. Malgré tout, un service de taxi a été mis en place pour y amener les sans-abris ayant été testé·e·s positif·ve·s à la COVID-19. Il a également fallu développer un système informatique pour documenter les personnes ayant contracté le virus et faire un suivi, mentionne-t-il au <em>Délit</em>. L’ouverture de ce stade<strong><span class="has-inline-color has-societe-color"> </span></strong>aura permis de répondre aux besoins d’isolement encadré de toutes les personnes en situation d’itinérance atteintes de la COVID et d’offrir un total de 1 800 places pour les sans-abris dans la métropole. Le 11 février dernier, <a href="https://www.missionoldbrewery.ca/fr/nouvelles/situation-de-covid-chez-les-personnes-en-situation-ditinerance-le-stade-de-soccer-de-montreal-cesse-detre-une-zone-disolement-covid-itinerance/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">le stade a cessé d’être un refuge</a> pour les itinérant·e·s infecté·e·s à la COVID-19. Ces dernier·ère·s seront maintenant dirigé·e·s vers la zone COVID de l’hôtel Abri du Voyageur ayant une capacité de 70 lits.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/02/16/litinerance-en-temps-de-covid-a-montreal/" data-wpel-link="internal">L’itinérance en temps de COVID à Montréal</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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