Le Délit http://www.delitfrancais.com Le seul journal francophone de l'Université McGill Tue, 17 Jan 2017 15:12:44 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.7.1 Un jeune oiseau et sa belle amie http://www.delitfrancais.com/2017/01/17/un-jeune-oiseau-et-sa-belle-amie/ Tue, 17 Jan 2017 15:12:44 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27192 Un jeune oiseau et sa belle amie

— Vittorio Pessin

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Créer pour respirer http://www.delitfrancais.com/2017/01/17/creer-pour-respirer/ Tue, 17 Jan 2017 15:10:03 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27189 Chaque dimanche, le Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) offre la possibilité, aux petits et grands, de venir exprimer leur talent lors d’ateliers de création. Ceux-ci sont en lien avec des œuvres disposées au même moment dans le musée, servant de source d’inspiration pour les participants. La Biennale, Le Grand Balcon, se terminant le 15 janvier, était l’occasion de se rendre à l’un de ces ateliers afin de pouvoir profiter une dernière fois de l’exposition et de travailler sur des thèmes qu’évoquent certaines des œuvres y figurant.

Le thème de ce dimanche était principalement  le temps, ainsi que les espaces et les mouvements. L’atelier commence par une visite de trente minutes, où une médiatrice nous met face à sept œuvres différentes, provenant à la fois de la collection permanente et de la Biennale. Elles traitent toutes du temps, que ce soit de manière directe ou par le processus de création. Celle de Roman Opalka impressionne de par sa méticulosité. Pendant 46 ans, il a réalisé une série de tableaux où il peint les chiffres de 1 à l’infini sur des toiles qui forment un dégradé allant du gris au blanc, retraçant à l’aide de la peinture et d’enregistrements audio le temps qui passe.

Les mains à la pâte

De retour dans l’atelier, une médiatrice nous donne les consignes et nous laisse avec de nombreux accessoires afin de créer une installation collective, sur le modèle de l’œuvre de Sarah Sze Measuring Stick (2015), œuvre principale mise en avant par cet atelier. C’est une installation composée de projections vidéo du site internet de la NASA, qui montrent la distance entre la planète Terre et une sonde envoyée dans les années 1960 ainsi que divers fruits et miroirs, évoquant à nouveau cette notion du temps avec une référence au genre de la nature morte.  À l’aide de tiges de plastique, le but est de construire une structure qui sera la base de l’installation. Puis, on tente de reproduire l’œuvre de Betty Goodwin, représentant un ciel avec un tourbillon pouvant rappeler le concept d’entropie. Avec une feuille aux motifs de ciel et une autre transparente, on tente, avec des craies grasses, de décalquer ce tourbillon. Finalement, on assemble le tout, et dispose les œuvres de chacun sur une zone de travail commune, afin de visualiser le résultat. C’est à ce moment-là que tout notre travail prend son sens. On comprend comment l’installation de l’artiste a été réalisée.

Un nouveau concept

Le musée a développé une nouvelle série de projets, Tableau(x) d’une exposition consistant à rassembler une vingtaine d’œuvres de la Collection. Le titre de l’exposition, conceptualisée par Marie-Eve Beaupré, est une citation de Tennessee Williams  Car le temps est la plus longue distance entre deux endroits (1934), et vise à exprimer «notre besoin de définir notre rapport au temps et à l’espace».

Ces ateliers sont une bonne occasion pour s’accorder une vraie pause dans la semaine, et déconnecter vraiment. On prend le temps de se balader dans les collections, ainsi que de se poser afin de créer et partager un moment convivial. Les ateliers de la fin de semaine sont conçus principalement pour les familles, mais le musée organise également des ateliers dédiés aux adultes, avec une série d’activités plus complexes. On a rarement le temps de faire des choses de ses mains, et cela fait du bien de pouvoir se retrouver avec l’art et soi-même. 

Tous les dimanches jusqu’au 19  février

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Révolution des perceptions http://www.delitfrancais.com/2017/01/17/revolution-des-perceptions/ Tue, 17 Jan 2017 15:05:16 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27183 Avec l’invitation du Centre Phi à profiter gratuitement de cette immersion nouvelle jusqu’au 12 mars, la réalité virtuelle se démocratise. Cette technologie de pointe fonctionne comme une extension de la conscience en proposant une infinité de mondes et d’environnements accessibles d’un mouvement de tête ou d’un regard. 

L’expérience est complète et l’on se laisse complètement sombrer dans ce nouvel univers. Les sens sont stimulés et provoquent des émotions intenses et inédites qui laissent émerveillé. En effet, la musique, le mouvement, les couleurs et le monde qui nous guide dans chaque voyage créent une ambiance complètement nouvelle à chaque fois.

Au cœur du récit

Le Centre Phi propose cinq expériences d’animation en réalité virtuelle. Elles permettent d’interroger la condition humaine par le récit, les personnages, les archétypes, l’aventure et le jeu. En effet, Henry, gagnant d’un Emmy et narré par Elijah Wood, raconte l’histoire d’un petit hérisson en quête d’affection et qui, après s’être retrouvé seul à son anniversaire, fait un vœu qui transformera le reste de sa vie.

Présenté au festival Sundance lors de l’édition 2016, The Rose and I, raconte l’histoire de la solitaire Rose dans univers poétique, flottant et inédit, qui  rappelle un peu Le Petit Prince.

Lost, présenté à l’édition 2015 de ce même festival, permet au spectateur de suivre les péripéties d’une main de robot à la quête de son propre corps tout en lui donnant la liberté d’interagir avec l’environnement.

Minotour, quant à lui, présente l’odyssée d’un héro à travers la vie, la mort et la renaissance. 

Finalement, Eagle Flight, permet au spectateur de se métamorphoser en aigle et de surplomber Paris après l’extinction de la race humaine le temps d’un vol incroyable.

Quel avenir pour la réalité virtuelle?

Au delà de la chance de pouvoir vivre ces cinq expériences aussi facilement, c’est peut-être aussi l’amorce d’une réflexion sur la place que la réalité virtuelle peut prendre dans nos vies, ou bien en tant qu’alternative à nos vies. Chacun a sa vision des révolutions technologiques, avec ce qu’elles entrainent de positif comme de négatif.  Néanmoins, il est certain qu’une transition est en marche et que c’est tout un nouveau monde qui ouvre ses portes à l’imagination, sans limites. 

Jusqu’au 12 mars au Centre Phi     

    

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Golden Globes: contes et décomptes http://www.delitfrancais.com/2017/01/17/golden-globes-contes-et-decomptes/ Tue, 17 Jan 2017 15:03:33 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27181 Dimanche 8 janvier dernier avait lieu à Los Angeles la 74e cérémonie de récompenses décernées par la Hollywood Foreign Press Association, mieux connue sous le nom de cérémonie des Golden Globes. Cette cérémonie est clé dans la conquête de récompenses pour un film, puisqu’elle fait office d’antichambre aux Oscars, la cérémonie la plus prestigieuse du circuit. Retour sur cet événement en chiffres.


VII 

Le film événement de la cérémonie, La La Land (Damien Chazelle), remporte 7 Golden Globes, battant ainsi un record historique (les films les plus titrés dans cette cérémonie étaient jusqu’alors Vol Au Dessus d’un Nid de Coucou (Milos Forman, 1975) et Midnight Express (Alan Parker, 1978) avec 6 récompenses). Le film remporte tous les prix dans les catégories dans lesquelles il était nominé, notamment celui de la meilleure comédie et du meilleur réalisateur. Emma Stone et Ryan Gosling remportent pour leur part les Golden Globes de la meilleure actrice et du meilleur acteur dans une comédie ou un film musical. Ce triomphe reste cependant à nuancer car il faut reconnaître que la concurrence dans leur catégorie respective n’était pas à la hauteur de celle qui régnait dans celles de meilleur acteur et actrice dans un film dramatique. Les performances de Gosling et Stone, bien que de qualité, devront maintenant convaincre le jury des Oscars. Pour cette prochaine cérémonie, les deux acteurs feront face aux acteurs dramatiques également, puisque l’Académie ne distingue pas les catégories comédie et drame.

Casey Affleck, primé pour son excellente et touchante performance dans l’émouvant Manchester by the Sea  (Kenneth Lonergan), et Isabelle Huppert qui a reçut avec surprise le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique pour sa très bonne interprétation d’une femme violée à la recherche de son agresseur dans Elle (Paul Verhoeven) sont notamment de sérieux concurrents.


XXI

C’est le nombre de récompenses gagnées par Meryl Streep tout au long de sa carrière. Détentrice du record du nombre d’Oscars de la meilleure actrice, la grande dame du cinéma a été récompensée par le Cecil B. De Mille Award lors de la cérémonie des Golden Globes. Il s’agit d’une des récompenses ultimes pour les artistes puisqu’elle célèbre l’ensemble de leur carrière cinématographique. Le nom de Meryl Streep vient donc s’ajouter au panthéon des grands du cinéma, tels que Walt Disney, Audrey Hepburn ou encore Jack Nicholson. C’est une Viola Davis très émue qui a remis le prix à Meryl Streep, offrant un des moments les plus touchants de la soirée. Lorsque Mme Streep est montée sur scène pour accepter sa récompense d’une voix chargée d’émotion, la caméra s’est baladée sur les visages pleins d’admiration des différents acteurs présents, soulignant l’impact que cette grande actrice a pu avoir sur ceux qui font le cinéma d’aujourd’hui.

Après avoir brièvement remercié la Hollywood Foreign Press,  Meryl Streep a décidé de consacrer son discours à un sujet qui lui tient visiblement très à cœur et s’est donc livrée à une critique fine et intelligente du nouveau président américain Donald Trump, sans jamais le mentionner. Devant un public conquis d’acteurs très hostiles à Trump, elle a déploré l’arrogance et la méchanceté de l’homme qui s’est moqué d’un journaliste handicapé, avant d’appuyer l’importance du multiculturalisme, soulignant notamment que l’industrie cinématique ne serait pas la même sans un métissage culturel. Si certains internautes ont critiqué cette initiative, arguant qu’il n’est pas du rôle de l’actrice de donner un avis politique, le geste de Meryl Streep reste très louable puisqu’elle n’a pas hésité à faire bon usage de son influence pour éveiller les consciences.


IX 

Cela fait maintenant 9 ans que Marion Cotillard a remporté le Golden Globes de la meilleure actrice dans un drame pour La Môme (Olivier Dahan, 2008) avant d’obtenir l’Oscar. Isabelle Huppert semble bien partie pour marcher dans les pas de sa compatriote puisqu’elle a remporté le Golden Globes de la meilleure actrice dans un drame dimanche dernier, coiffant au poteau de sérieuses concurrentes, telles que Amy Adams (Arrival, Denis Villeneuve), Jessica Chastain (Miss Sloane, John Madden) et surtout Nathalie Portman (Jackie, Pablo Larraín).


VIII

C’est le nombre de nominé·e·s de couleur pour les récompenses les plus importantes (meilleur acteur et actrice dans une comédie, meilleur acteur et actrice dans un drame, meilleur acteur et actrice dans un second rôle, meilleur réalisateur, sur 25 concurrents au total). Suivant la débâcle de «Oscar So White» de l’an dernier, on remarque une augmentation du nombre d’acteurs de couleur nominés. S’il reste tout de même des efforts à faire pour offrir à ces acteurs des rôles à la mesure de leur talent, cette augmentation reste tout de même encourageante. Plus encourageant encore, c’est l’importance des minorités dans les séries TV. Avec des beaux rôles et beaucoup de premiers rôles, notamment dans les séries Black-ish, Atlanta, The People VS O. J Simpson: American Crime Story, la saison télévisée 2016-2017 semble célébrer le talent des minorités. Si l’industrie du cinéma pouvait s’inspirer de sa cousine du petit écran, le rêve multiculturel de Meryl Streep gagnerait en consistance.

La cérémonie des Golden Globes de 2017 semble sur la bonne voie en ce qui concerne la célébration des minorités culturelles et des différences, et les grands du cinéma semblent plus engagés que jamais. Il est vrai qu’il est un peu facile pour ces êtres privilégiés aux costumes et robes de créateurs de luxe qui ont passé leur soirée du 8 janvier à siroter du Moët et Chandon de se permettre de faire des commentaires sur les inégalités. Il n’en reste pas moins que dans les moments difficiles que nous traversons, la note d’espoir insufflée par ces personnes influentes reste très inspirante. ξ

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Au clair de la lune, mon ami Chiron http://www.delitfrancais.com/2017/01/17/au-clair-de-la-lune-mon-ami-chiron/ Tue, 17 Jan 2017 15:00:47 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27178 Féliciter Moonlight pour le timing de sa sortie revient à faire ombrage à ses mérites cinématographiques. Il faut néanmoins reconnaître que le film permet à Hollywood de soulager sa conscience après la polémique #OscarsSoWhite datant d’il y a quelques mois, lorsque pour la deuxième année d’affilée furent sélectionné-e-s uniquement des acteur-trices blanc-he-s pour les quatre prix majeurs.

Réalisé par un jeune réalisateur afro-américain, Barry Jenkins, Moonlight prend place dans une communauté afro-américaine modeste, vivant dans des projects, là où le grand écran ne s’aventure que rarement. Il faut plutôt se tourner vers le petit écran pour voir cette Amérique représentée, comme dans The Wire cette décennie passée, ou Atlanta plus récemment.

Triptyque initiatique

Le film nous plonge dans le quotidien d’un jeune garçon, Chiron, en proie à des questionnements quant à sa sexualité. À travers trois tableaux, enfance, adolescence, et âge adulte, le spectateur suit le développement personnel d’un jeune homme sensible et effacé, qui n’ose découvrir son homosexualité. Son entourage, tant machiste qu’homophobe, l’en empêche. Barry Jenkins, qui double sa casquette de réalisateur de celle de scénariste, transpose à l’écran un tissu social où le mythe de l’homme virile et «dur» est prépondérant. Chiron, au lycée, se retrouve souffre-douleur car il n’externalise pas une telle image. Son attitude en retrait le laisse à la merci d’autres qui, bravaches, s’affirment avec force, au sens littéral.

Il faut saluer la distribution remarquable du film, dont la construction en triptyque a nécessité différents acteurs pour jouer certains personnages principaux à trois étapes de vie. Outre la ressemblance physique, le spectateur ne remet jamais en question le fait que les trois acteurs jouant Chiron ne font qu’un. Tous trois adoptent des attitudes, un parlé, une démarche même, similaires. Lorsque l’on retrouve Chiron transformé lors du troisième et dernier tableau, le Chiron-enfant refait surface sans peine, perçant un physique retravaillé pour se conformer aux attentes sociétales pesant sur le personnage.

Loi du silence

Aux côtés de ces acteurs «temporels» figurent Mahershala Ali (House of Cards, Luke Cage), en dealer paternel et protecteur, Janelle Monaé endossant le rôle de sa compagne, et Naomi Harris (Spectre, Skyfall), en tant que mère de Chiron. À noter que l’on retrouve Ali et Monaé dans le récent Hidden Figures de Theodore Melfi, co-produit par Pharell Williams et revisitant le rôle de trois mathématiciennes noires travaillant à la NASA dans les années 1960. Janelle Monaé, qui dans une récente entrevue accordée au magazine GQ, déclarait vouloir redéfinir ce qu’est être «jeune, noir·e, et libre» aux États-Unis. Barry Jenkins ne renierait peut-être pas cette épigraphe, il est certain qu’il ne s’interdit rien derrière la caméra. L’enfance est floutée et servie par des nombreux prises de vues subjectives ou intimistes, jusqu’à en donner le tournis. L’adolescence est l’âge d’une solitude subie, exprimée par plusieurs plans larges, et de la découverte d’un tabou, qui se retrouve hors-champs ou hors de notre regard. L’âge adulte est celui d’une lente réconciliation, le rythme y est ralenti, les dialogues s’y font plus longs et les silences aussi.

Moonlight est un film où le silence est tout autant éloquent que la parole, à l’instar d’une écriture minimaliste, et d’un Chiron taiseux. C’est un film qui met au grand jour la culture du non-dit, ces sentiments réprimés, une sexualité refoulée et une nature de soi enfouie avant d’être acceptée, tout en douceur. 

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Les vertus du rideau http://www.delitfrancais.com/2017/01/17/les-vertus-du-rideau/ Tue, 17 Jan 2017 14:59:05 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27174 En me connectant ce matin sur Facebook, mon fil d’actualités me propose de commenter une photo datant d’il y a quelques années. Ce rappel du passé s’accompagne de tous les messages de l’époque, archivés à la minute près avec leur lot de «J’aime». Pourtant, je n’en garde aucun souvenir. Cette impossibilité de l’oubli, maladie contemporaine transmise par les médias, est décortiquée dans le plus récent livre de Rafaële Germain, Un présent infini. Dans cet essai, l’auteure explore notre rapport à la mémoire à travers des adresses et réflexions à l’intention de son père, mort il y a quelques années des suites d’une tumeur au cerveau.

Comment penser cette chose qu’est la mémoire ? Pour Rafaële Germain, il s’agissait tout d’abord d’une «entreprise essentielle à qui voulait survivre dans un monde imprévisible». Puis, peu à peu, l’Homme s’est distancié de la simple mémoire sensorielle, car faillible, pour se doter de technologies lui permettant une plus grande précision (rouleau de cire, ensuite papier et maintenant l’ordinateur). Ce deus ex machina contemporain qu’est le web et tous ses dérivés archive les informations et il devient «impossible qu’ils soient oubliés». La conservation de nos données et photographies croît exponentiellement: il suffit de comparer le nombre de photos prises durant l’entièreté de notre enfance et celui de notre actuel compte Instagram. Cela crée une surabondance de souvenirs et extériorise, par le fait même, notre mémoire. À cet effet, elle note l’un des constats de son père, dans lequel il se vante presque de posséder «cette chose qui allait devenir de plus en plus rare, un passé presque entièrement intérieur».

Sans être alarmiste – comme peuvent l’être certains épisodes de la série Black Mirror – l’auteure se questionne sur cette nouvelle réalité, où «tout le monde a maintenant des squelettes […] dans le placard». En soulevant ce questionnement, elle explore les nouvelles relations sociales qui semblent marquées par la disparition du vrai dans la représentation, tel que l’a théorisé Guy Debord. Notre plus récente photo aura-t-elle assez de «J’aime», devrait-on commenter le plus récent fait politique au risque de provoquer, etc. (je me permets un renvoi à l’épisode «Nosedive» de la série mentionnée précédemment pour pimenter votre prochaine soirée). L’essayiste formule un constat clair: il va falloir s’adapter à la technologie. Ces ajustements se produisent déjà à notre insu; elle constate, par exemple, que plus personne ne mémorise les numéros de téléphone d’autrui.

La réflexion qui traverse cet essai appréhende de manière légère, mais néanmoins structurée et pertinente, le concept de la mémoire et comment celle-ci se modifie aux vues des technologies contemporaines. Rafaële Germain offre aussi un texte touchant sur la faillibilité du souvenir, en réfléchissant sur son propre passé et celui de son père. Dans notre société technologique où la distance qui sépare le passé du présent se résume à un clic, devrions-nous penser notre époque comme un présent infini?  

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L’iPad à l’école: une mauvaise idée? http://www.delitfrancais.com/2017/01/17/lipad-a-lecole-une-mauvaise-idee/ Tue, 17 Jan 2017 14:57:08 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27171 Depuis plusieurs années, de nombreuses écoles québécoises (L’Arpège, Le Sommet, etc.) ont adopté l’utilisation d’iPads dans les salles de classes du secondaire. Cet appareil permettrait de contenir l’ensemble des manuels scolaires dans une légère boite métallique, ainsi allégeant le sac à dos des élèves. En outre, celle-ci faciliterait également l’apprentissage de l’élève via plusieurs applications interactives.

Cette mode de munir les élèves d’un iPad se propage rapidement et séduit de plus en plus d’établissements québécois. Cependant, si certains ont tout de suite été conquis par cette initiative au goût du jour, d’autres l’accusent au contraire d’être un frein à la véritable éducation de l’enfant, qui se fait «d’abord et avant tout par l’interaction humaine et l’écriture sur papier». Quant aux élèves concernés, trois mots sont revenus pour décrire leur sentiment : «cool» à 56.7%, «utile» à 30.6% et «inutile» à 12.8%.

Selon Thierry Karsenti et Aurélien Fiévez, deux chercheurs de l’Université de Montréal, l’introduction de tablettes électroniques dans le milieu scolaire est «une prise de risque nécessaire». Leur projet de recherche se base sur 18 écoles secondaires et primaires du Québec, comptant plus de 8000 élèves et 420 enseignants. De cette étude on apprend, entre autres, que la tablette permet d’augmenter les résultats scolaires pour 83% des cas et augmente aussi la motivation des élèves pour 95% des cas. Quelles raisons se cachent derrière ces résultats?

Entre motivation et distraction

Ils affirment que cette technologie permettrait de diversifier les stratégies d’enseignement et d’individualiser l’apprentissage de l’élève. Elle offre en effet l’opportunité de personnaliser son expérience scolaire et de libérer son enseignant, qui pourra alors s’occuper du cas par cas. La tablette faciliterait aussi l’édition et le partage de l’information, ainsi que de l’évaluation des apprenants. L’économie de papier est également mentionnée ainsi que l’avantage apportés aux élèves à besoins éducatifs particuliers.

Cependant, bien que les étudiants aient la possibilité de travailler à leur rythme et de développer leurs compétences informatiques, ils ont aussi la possibilité de tomber proie aux innombrables distractions qu’apporte un outil intelligent.

En effet, parmi les désavantages que les élèves soulèvent, le plus important est bien le risque de distraction en classe qui est souligné par plus de 99% des répondants. On mentionne aussi une difficulté à utiliser l’écran tactile pour les tâches qui nécessitent l’écriture de longs textes.

De plus, étant donné que ceci est un concept nouveau, le nombre de manuels adaptés est limité. Pareillement, tous les cours sont maintenant dépendants du matériel électronique et les problèmes techniques en classe se multiplient. Finalement, des experts en psychologie de l’éducation craignent que cette innovation éducationnelle entraîne une chute du nombre d’interactions sociales en classes, ce qui nuirait au développement cognitif d’un enfant.

Apparemment, les inconvénients qui découlent de cette réforme pédagogique ne proviennent pas forcément de la technologie elle-même mais plutôt de la manière de l’utiliser et d’un manque de recul. Une solution serait peut-être de former les élèves et enseignants à utiliser les tablettes correctement dans un cadre d’enseignement.

Les résultats que l’on trouve chez les primo adoptants sont donc prometteurs, mais il est clair que d’importantes améliorations sont encore nécessaires avant que l’on puisse introduire cette méthode d’enseignement à l’échelle provinciale. 

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L’entrepreneuriat à McGill avec S!MVO http://www.delitfrancais.com/2017/01/17/lentrepreneuriat-a-mcgill-avec-smvo/ Tue, 17 Jan 2017 14:55:49 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27167 Le 1er janvier, les étudiants de la Faculté de génie de McGill ont eu accès à un tout nouvel outil pour les aider à prévoir et organiser leurs études: le planificateur de degré S!MVO. S!MVO est le produit du travail de John Nnamchi et Thomas Karatzas, deux étudiants de troisième année. Au fur et à mesure, cette idée s’est transformée en projet concret grâce aux efforts des deux fondateurs et de leurs collaborateurs ayant participé à son élaboration. Ce parcours illustre comment des étudiants peuvent bénéficier des ressources offertes par l’Université pour développer leur startup.

Le planificateur de diplôme S!MVO est une application web permettant à l’utilisateur de visualiser ses cours sur toute la durée de ses études. Cela permet à chaque étudiant de se connecter sur son compte et à travers une interface intuitive, d’organiser ses cours semestre par semestre. Le logiciel se chargera d’indiquer si les cours pris sont valides en vérifiant s’ils sont offerts au semestre désiré et que les prérequis ont été remplis. Cela offre ainsi une vision de tous les cours pris par l’étudiant du début à la fin de ses études et permet d’enlever toutes les incertitudes inhérentes au système actuel qu’est Minerva.

Le rôle de l’administration

Ce projet a bénéficié des ressources présentes à McGill pour les étudiants souhaitant développer leurs propres initiatives. Tout d’abord, l’administration, et en particulier le bureau du Vice-recteur adjoint aux études et à la vie étudiante Ollivier Dyens, a toujours été un soutien majeur lors des décisions clés du projet tout comme un soutien financier pour leur permettre de se développer sereinement. Au fur et à mesure que le projet commençait à prendre forme, les relations avec l’administration de la Faculté de génie se sont développées, en particulier avec les conseillers académiques. Ces derniers, étant au quotidien confrontés aux problématiques des étudiants, ont joué un rôle clé dans l’optimisation du logiciel. Leurs commentaires sur le produit furent tous positifs. Par exemple, Prema Menon, conseillère dans la faculté de génie électrique déclarait que «Ces étudiants ont fait un travail fantastique. Nous étions très impressionnés par le logiciel et pensons qu’il sera très utile à nos étudiants» (traduit de l’anglais, ndlr). S!MVO a aussi été invité par l’université à des événements leur permettant de rencontrer des étudiants.

Des étudiants conquis

Les premiers événements auxquels S!MVO a participé furent les Campus-Connect, où les étudiants nouvellement admis ont eu l’occasion de découvrir les facultés et la vie étudiante à McGill. Grâce à un kiosque dédié à S!MVO, il a été possible de  discuter directement avec ces futurs étudiants et les laisser essayer le logiciel. L’utilisation de ce produit a permis de déceler la présence de bogues dans le logiciel, participant ainsi à le rendre presque parfaitement fonctionnnel.

S!MVO fut aussi invité aux journées portes ouvertes où de nombreux étudiants ont aussi pu tester le logiciel et donner leur avis. Lors de ces rencontres nous avons aussi pu discuter avec des étudiants actuels comme Oussama Zebiri, étudiant en génie chimique, qui a décrit S!MVO comme «nécessaire aux étudiants et surprenant que cela n’ait pas été déjà fait». Ainsi grâce à toutes ces ressources offertes par McGill, ce projet a pu être développé et pourra bénéficier à l’entièreté de la communauté mcgilloise. À long terme, S!MVO espère servir d’exemples pour que les étudiants puissent eux aussi se lancer dans leur propres projets d’entrepreneuriat. ξ

nées portes ouvertes où de nombreux étudiants ont aussi pu tester le logiciel et donner leur avis. Lors de ces rencontres nous avons aussi pu discuter avec des étudiants actuels comme Oussama Zebiri, étudiant en génie chimique, qui a décrit S!MVO comme « nécessaire aux étudiants et surprenant que cela n’ait pas été déjà fait ». Ainsi grâce à toutes ces ressources offertes par McGill, ce projet a pu être développé et pourra bénéficier à l’entièreté de la communauté mcgilloise. À long terme, S!MVO espère servir d’exemples pour que les étudiants puissent eux aussi se lancer dans leur propres projets d’entrepreneuriat. ξ

Des étudiants conquis

Les premiers événements auxquels S!MVO a participé furent les **Campus-Connect**, où les étudiants nouvellement admis ont eu l’occasion de découvrir les facultés et la vie étudiante à McGill. Grâce à un kiosque dédié à S!MVO, il a été possible de discuter directement avec ces futurs étudiants et les laisser essayer le logiciel. L’utilisation de ce produit a permis de déceler la présence de bogues dans le logiciel, participant ainsi à le rendre presque parfaitement fonctionnnel.  S!MVO fut aussi invité aux journées portes ouvertes où de nombreux étudiants ont aussi pu tester le logiciel et donner leur avis. Lors de ces rencontres nous avons aussi pu discuter avec des étudiants actuels comme Oussama Zebiri, étudiant en génie chimique, qui a décrit S!MVO comme « nécessaire aux étudiants et surprenant que cela n’ait pas été déjà fait ». Ainsi grâce à toutes ces ressources offertes par McGill, ce projet a pu être développé et pourra bénéficier à l’entièreté de la communauté mcgilloise. À long terme, S!MVO espère servir d’exemples pour que les étudiants puissent eux aussi se lancer dans leur propres projets d’entrepreneuriat.

]]> Mieux vaut en rire qu’en pleurer http://www.delitfrancais.com/2017/01/17/mieux-vaut-en-rire-quen-pleurer/ Tue, 17 Jan 2017 14:52:38 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27163 Il y a quelques semaines un compte de memes mcgillois «@spicymartletmemes» a fait son apparition sur la plateforme Instagram. Il y diffuse publiquement du contenu original et humoristique via un assemblage d’images et de textes sur la thématique de l’université. On y retrouve par exemple des photographies de Suzanne Fortier tout sourire, avec juste en dessous une mention de la date à laquelle sont publiées les notes des partiels sur MyCourses. Mais il y a aussi d’autres références moins légères soulignant la détresse de certains étudiants. Une de leurs publications reprend le meme assez répandu des «bingo de la dépression», ici sur le thème des examens, alors intitulé «le bingo des finals». Ce type de meme est sur le modèle des cases d’un bingo mais contenant des références à des expériences liées au problème de santé mentale: si on coches toutes les cases, on gagne le bingo. Ici, il inclut des cases comme «pleurer dans un endroit public» ou des références à la détresse: « menacer de dropout ».

Le contenu de ce compte est donc essentiellement ce que la génération Y ou Z, les millennials désignent comme des memes. Malgré leur grande variété, l’objet de cet article sera plus précisément ces mèmes que l’on peut désigner comme objectivement tristes.

Des memes qui ne sont pas tous les mêmes

Les memes sont originellement des versions «culturelles» d’un pan de l’ADN. Le biologiste Richard Dawkins institua d’ailleurs ce terme en 1976 comme une idée, un comportement ou un style qui se répand de personne en personne, au sein d’une culture.

Toute image peut, à peu près être un meme, puisqu’il s’agit avant tout de créer du contenu sur la base d’une culture, d’un ton, d’un humour ou d’un savoir en particulier.

Ils sont plus précisément l’utilisation de tendances célèbres sur Internet dans le but d’exprimer une sorte d’affect, par le bais d’une photo, d’un tweet, ou de nouvelles.

C’est particulièrement le moyen des dits individus de la génération de ceux entre 18 et 25 ans de se réapproprier les normes et codes de la culture populaire. Ils les adaptent ainsi à leurs formes d’expression sur les différentes plateformes d’Internet.

Un peu à la manière d’un journal intime d’un autre temps, les memes laissent une trace des préoccupations de cette génération.

Les memes circulent ainsi sur Twitter, Facebook, Instagram, Reddit: partout où cette génération est en contact et peut se permettre l’utilisation de médias visuels.

Cependant le principe de la création d’un meme et de son existence est qu’il fera écho aux préoccupations d’amis, de connaissances, de followers, et qu’il sera ainsi partagé: personne ne fait des memes pour soi-même. Par nature, ceux-ci sont en compétition au sein de notre fil d’actualité pour notre attention. On ne retient souvent que ceux qui nous évoque quelquechose de particulier et auxquels l’on peut s’identifier.

Le stress, sujet de prédilection

Les sujets des memes peuvent donc différer. On voit cependant à travers l’exemple de ce compte mcgillois, ou plus largement des grands comptes de diffusion de contenus possédant des millions d’abonnés sur Facebook, que les sujets du stress, de la dépression et la négativité en général sont devenus des sujets dominants dans les memes. Ils témoignent d’une détresse collective, particulière, personnelle ou impersonnelle — estudiantine par exemple.

Nous sommes dans une décennie, et venons de passer une année particulièrement difficile au niveau politique, social, médiatique et culturel, générant un sentiment d’impuissance et d’incertitude. Des nouvelles que l’on ne peut éviter considérant l’hyper connectivité ambiante, et pour cette génération en particulier.

Les memes se nourrissent de toutes ces sources: ils produisent donc des sujets qui reflètent le mal-être ambiant. Mais pourquoi tout un chacun peut-il s’y identifier de manière aussi intense et partager, répandre, ainsi, ces memes aussi négatifs et tristes plutôt que d’autres positifs?

Une explication anthropologique

Chris Chesher, professeur en cultures digitales à l’Université de Sydney, explique la place de ces mèmes dans la société comme étant une répétition du concept du punctum, au sens du sociologue Roland Barthes. Dans ses propres mots «Le punctum d’une photo est ce hasard qui me point (mais aussi me meurtrit, me poigne)» explique-t-il dans La Chambre Claire en 1980.

Les memes ne sont évidemment pas tous des photos, mais se rapportent toujours à quelque chose de visuel. C’est cela qui touche le spectateur en son cœur en lui présentant des expériences communes, des situations quotidiennes que la plupart d’entre nous affrontent dépendamment de la communauté à laquelle ils appartiennent. Par exemple, pour des étudiants mcgillois, ce seront les 3 examens finaux en deux jours, ou des exigences de GPA impossibles à atteindre.

Un meme révèle en fait quelque chose que des individus peuvent déjà avoir ressenti sans pouvoir véritablement l’articuler. De c ette manière, ils s’y identifient et cherchent à ce que d’autres fassent de même.

Ainsi les sujets potentiellement à l’origine de ce stress pour chacun sont extériorisés et exprimés sur les réseaux sociaux via les memes. Ce processus s’applique à tout un chacun, mais aussi aux célébrités qui assument publiquement d’annuler leurs tournées, ou présences publiques pour raison de santé mentale et non plus simple «fatigue»: c’est en définitive aussi un processus de vulgarisation de ce sujet tabou.

Un mode d’expression au bilan finalement positif ou plus mitigé?

En rapport avec le stress et la dépression, cela peut d’abord être un moyen d’identifier, puis d’exprimer et d’extérioriser pour soi-même ce qui cause ces expériences. Faire sortir au grand jour, publiquement et avec l’aussi grande audience que chacun peut avoir sur les réseaux sociaux, ce qui a besoin de l’être. Pouvoir s’exprimer sur le stress dont on est atteint est une bonne chose. Se reconnaître dans ces memes-là est-il cependant inquiétant et doit-il être un sujet de préoccupation pour sa propre santé mentale?

Toutes les maladies et problèmes de santé mentale ne peuvent évidemment être analysés aussi simplement que par une réduction à de simples memes. Cependant, il faut considérer avec précaution l’utilisation aussi simpliste et fréquente de ce média: la vulgarisation est positive mais aussi souvent ironique, suivie de lol ou d’émoticônes rieurs.

Le ton et le format viennent aussi souvent de la frustration, et cela peut avoir un impact différent selon les personnes visées. Appliquer l’ironie à soi-même, est-ce vraiment au bénéfice de ces troubles? Pourrait-on alors attribuer à Internet en général le titre de catalyseur de soutien social moral via ces memes

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Le moment de tirer sa révérence http://www.delitfrancais.com/2017/01/17/le-moment-de-tirer-sa-reverence/ Tue, 17 Jan 2017 14:50:26 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27160 Selon diverses sources, inéluctablement influencées de diverses manières, les estimations des coûts reliés à la monarchie canadienne varient considérablement. Alors que quelques inconditionnels de la maison Windsor estiment que les dépenses qu’elle sollicite sont annulées par les revenus qu’elle entraîne, ses critiques les plus intransigeantes lui attribuent un coût avoisinant 1,85$ par citoyen canadien. En toute humilité, il me semble superficiel, voire faible, d’articuler un débat aussi important que celui du statut constitutionnel du Canada autour d’une vulgaire question monétaire.

Nous devrions, avant tout, nous questionner sur la nature et la pertinence du patrimoine culturel en lequel nous investissons avant de contester le nombre de millions de dollars que nous lui attribuons chaque année. La monarchie est-elle, aujourd’hui, à l’aube du 150e anniversaire de la fédération canadienne, une source de fierté pour notre peuple? Est-elle rassembleuse, pertinente ou positive?

En s’attardant sur ces questions, on s’aperçoit que, sans équivoque, le moment de tirer sa révérence est venu pour la monarchie. Cette dernière n’a, en effet, plus sa place au sein de notre société actuelle. Sans négliger l’appui indéniable que la famille royale reçoit, principalement au Canada anglais, on ne peut que douter de sa réelle capacité à générer de la fierté d’un océan à l’autre. Elle ne dérange pas, mais ne mobilise pas non plus. N’est-il pas paradoxal, pour un pays se targuant d’être ouvert, moderne et libre, d’avoir, à titre de chef d’État, un monarque nommé uniquement en raison de son hérédité? Pouvons-nous être fiers que les nouveaux Canadiens, lors du serment de citoyenneté, prêtent allégeance à Élisabeth II, reine du Canada, à ses héritiers et à ses successeurs?

Donner un sens à la symbolique

Ce n’est que symbolique, certes. La reine, le gouverneur général et les multiples lieutenants-gouverneurs n’ont que des pouvoirs de jure ne s’appliquant pas en pratique, et bien qu’un souverain puisse refuser de reconnaître un gouvernement élu, il n’y a pratiquement aucune chance que cela arrive. Néanmoins, la symbolique ne doit, en aucun cas, être prise à la légère, comme cela est trop souvent le cas. La symbolique, c’est un message, une marque de commerce, qui se doit d’avoir un sens, assurément, mais un sens adapté à qui nous sommes et à ce dont nous aspirons. Nous sommes loin, ici, du pays d’«avant-garde» que nous tentons de vendre à l’international depuis 1980.

De toute évidence, la monarchie n’arrive pas à rassembler et à représenter les divers peuples fondateurs du Canada. Bien que la souveraine actuelle s’exprime mieux en français que plus de la moitié des ministres du gouvernement canadien actuel, la monarchie n’incarne, en aucun cas, l’héritage des Québécois et des Canadiens francophones. L’affront aux cultures autochtones est encore plus odieux.

Est-ce moi qui idéalise en étant persuadé que la succession au trône sera le moment idéal pour créer un poste de chef d’État qui saura représenter à la fois les valeurs, la culture, le passé et le présent de tous les Canadiens et les Canadiennes? Peut-être. Comme à l’habitude, nous voulons éviter de nous questionner sur qui nous sommes et sur ce à quoi nous aspirons comme peuple. Cela ne fait élire aucun gouvernement et ne risque que de vous faire passer pour un rabat-joie insatiable. Le confort et l’indifférence, comme le disait Denys Arcand…

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Des actrices de l’entrepreneuriat http://www.delitfrancais.com/2017/01/17/des-actrices-de-lentrepreneuriat/ Tue, 17 Jan 2017 14:45:39 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27157 Alors que l’inégalité des sexes fait partie intégrante de notre société, elle est d’autant plus présente dans les pays en voie de développement. La violence, la pauvreté et le manque d’éducation sont autant de raisons empêchant les femmes d’avancer, et de poursuivre une carrière professionnelle. Un phénomène nouveau découle de ces circonstances atténuantes, appelé la «féminisation de la pauvreté». De nos jours, 70% des 1,3 milliard de personnes vivant avec un budget de 1 dollar par jour sont des femmes. De plus, si les femmes occupent 66% du marché mondial du travail, elles n’en reçoivent que 10% des revenus. Une solution innovante commence à se répandre dans de nombreux pays pour lutter contre cette disparité: l’entrepreneuriat féminin.

Réduire la disparité entre les sexes

L’entrepreneuriat féminin consiste en la création et le développement d’entreprises avec des femmes à leur tête  présidées par des femmes de manière à leur attribuer un rôle plus actif dans la société. Ayant tout d’abord une visée éducative, l’entrepreneuriat féminin permet d’enseigner des compétences pratiques aux femmes leur permettant de s’autogérer. Grâce à une meilleure éducation, les femmes seront plus compétentes et plus facilement capables de rivaliser avec les hommes sur le marché du travail. Ayant aussi l’ambition de rendre les femmes plus autonomes, l’entrepreneuriat féminin cherche à améliorer leur place dans la société. Comme le dit Ouafae Sananes, docteur en anthropologie sociale, «Avoir un salaire, c’est aussi avoir un statut social et un pouvoir».

Les femmes tiennent un rôle essentiel dans l’économie. L’entrepreneuriat féminin permettrait d’optimiser ce potentiel jusqu’alors inexploité pour éventuellement augmenter la croissance économique et pour obtenir une répartition plus équitable des richesses. En créant des emplois et en générant plus de revenus, les femmes auront un rôle plus actif dans le développement économique de leur pays, qui deviendra alors plus prospère.

Quelques exemples

En effervescence depuis quelques années, l’entrepreneuriat féminin dans les pays en développement a déjà fait ses preuves et a vu de nombreux résultats positifs grâce à certaines associations caritatives visant à promouvoir les droits des femmes. Artistri Sud, une association montréalaise, fait partie de ces associations et travaille présentement avec de nombreux pays tel que l’Inde, le Mali, le Niger, le Pérou et le Cambodge. À travers des ateliers ludiques dans ces pays, l’association apprend l’artisanat et finance le développement de création d’entreprises locales pour aider les femmes à obtenir une source de revenus régulière. Un de leur projet les plus fructueux fut un projet mis en place en 2014 en Bolivie. Au cours des deux dernières années, ce projet permis une augmentation de 57% des revenus réguliers des femmes boliviennes ayant participé au programme. Une belle preuve que l’entrepreneuriat féminin promet un futur avenant pour les pays en voie de développement. 

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Obama: entre paroles et actions http://www.delitfrancais.com/2017/01/17/obama-entre-paroles-et-actions/ Tue, 17 Jan 2017 14:43:21 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27154 Mardi 10 janvier a marqué le dernier discours d’Obama sur l’état de l’Union, comme le veut la tradition. En un peu moins d’une heure, le 44e président des États-Unis a délivré un message optimiste pour les années à suivre et a encouragé les citoyens à défendre les valeurs de la démocratie. Le bilan de ses huit dernières années qu’il présente est positif, tout en étant conscient des progrès qui restent à atteindre. Comme on s’y attendait, Obama appelle les Américains à accepter l’élection de Donald Trump, et assure que la transition du pouvoir présidentiel se fera «sans accrocs». Il finit ses adieux larmoyants en prononçant les mots «Yes we did», clin d’œil au slogan qui l’avait élu en 2008, «Yes we can», et montrant son impression d’accomplissement. Mais alors, cette référence est-elle véridique? Obama a-t-il réellement accomplit ses promesses? Retour sur ses huit ans au pouvoir.

Des avancées considérables

L’élection de cet ancien avocat, devenu sénateur et membre du Parti démocrate, est un événement historique. Il donne pour la première fois dans l’histoire politique américaine la fonction présidentielle à un homme Afro-Américain. Mais ce n’est pas le seul élément qui a rendu les deux mandats du président atypiques; plusieurs événements, qui ont eu lieu entre 2009 et 2017, y ont aussi contribué.

Son premier mandat débute au lendemain de la crise économique de 2008. Barack Obama entreprend alors un plan de relance le 17 février 2009, impliquant des centaines de milliards de dollars d’allègements fiscaux et d’investissements publics. Le taux de chômage des États-Unis est alors à 7,6%, et grâce à une croissance de 3% en 2010, il baisse jusqu’à atteindre environ 5% en 2016. D’un point de vue économique, le bilan est positif grâce à la reprise de l’industrie automobile américaine.   

Un an après son élection, Obama se lance dans la création d’un système d’assurance de santé: le «Patient Protection and Affordable Care Act», surnommé «Obamacare». Malgré de nombreuses critiques, principalement de la part des Républicains, cette réforme sociale entre en vigueur le 23 mars 2010. En quoi consiste-t-elle réellement? Contrairement à une mécompréhension courante, ce n’est pas une version américaine de la sécurité sociale française. Le système mis en place vise à réduire le nombre d’Américains non-couverts et à contrôler la croissance des dépenses publiques de santé. En effet, l’«Obamacare» s’adresse aux Américains «trop riches» pour bénéficier du système «medicare» accordé aux plus démunis, mais «trop pauvres» pour avoir accès à des systèmes privés. Ainsi, l’État subventionne ces personnes pour qu’ils puissent avoir accès aux soins du privé. En conséquence, le taux d’Américains non assurés est passé de 16 pourcent en 2010, à 9,1 pourcent en 2015. Un grand pas dans le domaine de la santé, qui reste néanmoins à être amélioré.

Sur le plan diplomatique, après avoir passé plus d’une décennie à négocier avec l’Iran, les États-Unis participent avec la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne à un accord historique le 14 juillet 2015. En échange de la levée des sanctions dans les secteurs de la finance, de l’énergie et du transport imposées à l’Iran par la communauté internationale, ce dernier s’engage à ralentir son programme nucléaire et accepte le renforcement des inspections de ses centrifuges. Cet événement reflète un grand pas vers la réconciliation entre l’Iran et l’Occident, bien que des tensions persistent. Le 2 décembre 2016, l’Iran a fait savoir qu’il ne resterait pas sans réponse face à la prolongation des sanctions américaines, pourtant non liées à l’accord sur le nucléaire.

Suite à 50 ans de rupture entre les États-Unis et Cuba, Barack Obama a rencontré Raul Castro, le président cubain, le 21 mars 2016. Aussi attendues qu’historiques, ces retrouvailles cubano-américaines constituent la première visite d’un président américain en exercice à Cuba depuis 88 ans. Ceci amène Obama à demander la fin de l’embargo au Congrès, ce qui est concrétisé le 26 octobre 2016 à l’ONU. Cette résolution est toujours en cours d’application aujourd’hui, et les effets ne se verront réellement que dans le long terme. De plus, ils dépendront des décisions du nouveau président élu, Donald Trump, qui reste flou sur le sujet.

Une autre grande réussite des mandats présidentiels d’Obama se rapporte au retrait des troupes américaines d’Irak. Le 18 décembre 2011, après 8 ans de guerre en Irak, le dernier soldat est rapatrié aux États-Unis. Cette guerre a été menée par Georges W. Bush, le prédécesseur d’Obama, en mars 2003 avec l’opération «Irak Freedom» dite opération «Liberté irakienne» en français. Cette dernière était justifiée par une supposée présence d’armes de destruction massive qui n’ont en réalité jamais existé. Malgré cela, les troupes américaines sont de nouveau présentes en Irak depuis 2014, cette fois motivés par la lutte contre le terrorisme dûe à l’émergence de Daesh. D’autre part, Obama n’a pas su retirer les troupes d’Afghanistan, présentes depuis 2001, comme il l’avait promis à ses électeurs.

Le 2 mai 2011, Obama annonce victorieusement la mort d’Oussama Ben Laden, chef d’Al-Qaïda. L’ennemi public numéro un des États-Unis et commanditaire des attentats du 11 septembre 2001 est abattu par des forces spéciales américaines, et représente donc une victoire du premier mandat d’Obama dans la lutte contre le terrorisme.

Enfin, en poste présidentiel lorsque la Cour suprême légalise le mariage homosexuel dans tous les États-Unis le 26 juin 2015, Barack Obama a toujours prôné son soutien pour la communauté LGBT.

Guantanamo Bay absent des mandats

Obama n’a cependant pas respecté toutes les promesses qu’il a faites lors de ses campagnes présidentielles en 2008 puis 2012.

Effectivement, une des ses promesses lors de sa campagne présidentielle en 2008 était la fermeture de Guantanamo Bay, à Cuba. Huit ans plus tard, le centre de détention militaire sous haute sécurité, et où les règles du droit international ne sont pas respectées, est toujours fonctionnel. Il est connu que le Congrès américain a entravé à plusieurs reprises à la fermeture de la prison. Faute de pouvoir la fermer, Obama a pris part à la décision de libérer de nombreux prisonniers, de sorte qu’aujourd’hui Guantanamo compte une soixantaine de détenus.

Vivre dans son temps

Barack Obama aura été le président des États-Unis le plus présent sur les réseaux sociaux et les talk-shows, désormais considérés comme un nouveau moyen de communication dans la classe politique. Jimmy Fallon, Stephen Colbert et Ellen DeGeneres représentent les animateurs de télévision qui ont régulièrement accueillis le président.

De plus, une autre particularité perceptible est la vie de famille que les Obama ont choisi d’exposer. On retiendra notamment l’implication de la première dame des États-Unis dans la sphère politique. Michelle Obama est très connue pour son combat contre l’obésité avec le programme «Let’s move».

Pour conclure, certains considèrent que la présidence de Barack Obama a été une réussite et a participé au développement de nombreux services sociaux aux Etats-Unis, tandis que d’autres restent sceptiques face à ses décisions. Ceci dit, il est indéniable qu’il a su raviver certaines relations diplomatiques auparavant enterrées, et qu’il a œuvré pour l’égalité de traitement entre les Américains, que ce soit avec la création de «l’Obamacare» ou avec son soutien pour le mariage gai. Son héritage restera gravé dans la politique américaine.  

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«Coup de chaud» pour McGill http://www.delitfrancais.com/2017/01/17/coup-de-chaud-pour-mcgill/ Tue, 17 Jan 2017 14:41:38 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27150 La brume est encore dense lorsque Judith, étudiante en neuroscience de 3ème année, sort de son appartement rue Aylmer pour aller en cours. Comme chaque mardi et jeudi, elle se demande pourquoi elle s’est inscrite à un cours qui commence à 8h30. Elle resserre son manteau — nous sommes en plein mois de janvier . Par habitude, elle sait que le froid ne lui sera pas clément. Judith continue d’avancer, fait quelque pas et se rend soudain compte que quelque chose ne tourne pas rond.

Là, devant elle, une personne marche avec son manteau ouvert, parlant au téléphone «J’ai même pu prendre mon petit dej’ dehors ce matin. En plein soleil, il fait assez chaud». Un peu plus loin, elle aperçoit même son ancienne colocataire Jeanne, la Parisienne, portant un simple petit caban noir, «elle qui pourtant se jette sur sa Canada Goose dès que le mercure tombe en dessous de -3°C. Ça ne va pas s’affole Judith en son for intérieur ». Elle persiste toutefois, et continue d’avancer en direction de McMed, observant les étranges phénomènes qui l’entourent.

Tout à coup, un frisson lui parcours l’échine —et il n’est pas causé par le froid, bien au contraire. Judith se rend compte qu’elle peut sentir son visage. «Je pouvais le sentir, et même ouvrir ma bouche sans résistance de mes joues. C’était terrifiant» avouera-t-elle plus tard au Délit.  Prise de panique, elle court se réfugier dans le souterrain le plus proche. «Là au moins, je serai à l’abri» se dit-elle. Elle se saisit de son téléphone avec détermination.

Les premières réactions

Interrogée par Le Délit, Judith revient sur le coup de téléphone qu’elle a passée à Chloé, son amie.

«C’est vraiment l’appel qui a tout confirmé. J’avais déjà un mauvais pressentiment. Quand j’ai demandé à Chloé de regarder la météo sur son téléphone j’ai entendu qu’elle l’avait lâché. Je me suis dit, là on est vraiment mal. Puis elle a repris le téléphone, elle pleurait. Je lui ai demandé combien il faisait et elle m’a dit +4°C. Une température positive! En janvier! Je ne savais pas quoi faire, j’étais terrorisé. Je me suis dit qu’il fallait avertir les autres avant que ce ne soit trop tard. J’ai contacté Le Délit immédiatement.»

Quelques minutes plus tard la nouvelle fait la une:

Flash Info: Les températures seraient positives. Suzanne Fortier doit s’exprimer en direct d’ici quelques minutes. 

Arrivée dans le bureau, elle aperçoit la principale, sobre et déterminée. Les caméras s’allument, et sa voix résonne bientôt dans tout le campus.

«Mes chers élèves, certains d’entre vous aurons déjà remarqué que les températures sont positives. J’ai le regret de vous annoncer qu’il en sera de même demain. L’heure est grave, et je vous demande à tous de rester soudés en ces temps de crises. C’est au travers de notre réaction que nous jugerons les générations à venir. Soyez aussi fort que les idéaux que vous incarnez.  Toutefois, tout espoir n’est pas perdu. Après avoir consulté mes collègues au Département de météorologie, il semblerait que, dès vendredi, nous pourrions retomber en négatif, peut être même jusqu’à -10°C. Gardez courage!»

À ces mots, un hurlement d’espoir s’éleva du campus, les élèves en liesse jetant en l’air les Course Packs fraichement achetés. «Là, on a compris qu’il fera froid»  nous dit Judith, une larme de joie à l’œil, «tout n’était pas perdu, nous pouvions vivre normalement à nouveau.» 

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Nouvelle année, nouveau cabinet http://www.delitfrancais.com/2017/01/17/nouvelle-annee-nouveau-cabinet/ Tue, 17 Jan 2017 14:40:04 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27147 Tandis que les États-Unis se préparent à accueillir un nouveau président Républicain, Justin Trudeau, prévoyant, adapte son cabinet de ministres en vue des changements majeurs qu’apportera cette transition aux relations entre les deux pays. Ces ajustements, qui ne font certainement pas l’unanimité, sont principalement stratégiques. Le but est de montrer à l’administration Trump qu’elle pourra compter sur ses voisins canadiens.

Les grands bouleversements

Le changement majeur de ce remaniement a eu lieu au sein des Affaires étrangères. En effet, Stéphane Dion, figure emblématique du Québec dans la politique canadienne depuis plus de vingt ans, a été écarté du gouvernement et remplacé par Chrystia Freeland, précédemment ministre du Commerce international. Le premier ministre justifie ce choix par l’expertise de la nouvelle ministre des Affaires étrangères pour toutes les affaires touchant à la Russie, un domaine crucial vis-à-vis des relations à venir avec nos voisins américains. Ensuite, dans le domaine de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et du Travail, Patty Hadju a quitté son prestigieux poste à la Condition féminine pour venir remplacer MaryAnn Mihychuck, apparemment consternée de son éviction du gouvernement Trudeau. Maryam Monsef, précédemment aux Institutions démocratiques, va donc succéder à Patty Hadju à la Condition féminine.

Les petits nouveaux

Justin Trudeau apporte également un vent de fraîcheur au gouvernement avec de nouvelles têtes au sein de son cabinet. C’est désormais Ahmed Hussen qui se chargera de l’immigration. Un changement plutôt bien accueilli puisqu’il s’agit du premier réfugié somalien au Canada à occuper un poste au gouvernement. Il prend donc la place de John McCallum. D’autre part Karina Gould remplace Maryam Monsef aux Institutions démocratiques et se démarque. En effet, à l’âge de 29 ans, elle est la plus jeune ministre de l’histoire du Canada. Enfin, c’est François-Philippe Champagne, qui remplacera Chrystia Freeland au Commerce international.

Un avenir pour ceux qui partent?

Stéphane Dion, John McCallum et MaryAnn Milychuck se sont tous trois fait montrer la porte du gouvernement Trudeau. Tous ont eu un impact important sur l’évolution de la société canadienne. Stéphane Dion, très apprécié des Canadiens, et plus particulièrement des Québécois, a annoncé son retrait de la vie politique, mais on en sait que très peu pour le moment quant à son avenir. John McCallum s’est vu proposé un poste d’ambassadeur en Chine et MaryAnn Milychuck retournera à son rôle de députée.

Même si ces choix ne font pas l’unanimité, il faut tout de même admettre qu’ils sont judicieux, puisque chaque nouveau ministre a des qualifications pour le rôle qui lui a été assigné, ce qui n’a pas toujours été le cas dans l’histoire du Canada. Est-ce suffisant pour faire face au gouvernement de Trump? C’est une question à laquelle nous pourrons répondre à partir du 20 janvier prochain. 

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God save the queen! http://www.delitfrancais.com/2017/01/17/god-save-the-queen/ Tue, 17 Jan 2017 14:36:15 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27133 L’ambiance était pourtant au rendez-vous, ce vendredi 13 janvier! Une foule de près de 1200 personnes, certains déguisés à l’occasion du Carnival, s’était déplacée pour l’affrontement des deux meilleures équipes de la ligue Est. Le tout accompagné d’une fanfare déchainée qui a fait vibrer l’assistance… Ce dévouement n’a pas suffi à vaincre les superstitieux et ce vendredi 13 a connu la première défaite de l’année des Redmen.

En première période, l’aisance habituelle des Redmen a surpris l’adversaire pendant les dix premières minutes, jusqu’à ce que le Gael  Eric Ming avise sa crosse à l’issue d’un retournement efficace et enfonce le galet dans les profondeurs du but mcgillois. La tension est tout de suite montée et les fautes se sont accumulées d’un côté comme de l’autre. On ne citera pas les accrochages et les chocs de la seconde période, tellement ceux-ci ont été nombreux et distribués d’un côté comme de l’autre. La fougue des Gaels a résisté jusqu’à l’éclair féroce de Guillaume Gauthier, venant récompenser avec un geste de génie la résistance acharnée du bloc des Redmen s’étant retrouvé de nombreuses fois en infériorité.

Une défaite amère

L’issue fut donnée lors d’une dernière période dantesque, où McGill tenta de briser la couronne avec une agressivité et une férocité inhabituelles. Queen’s a su gérer cette période et, au final, ce fut dans le duel des gardiens que Louis-Philippe Guindon, pourtant très solide, céda à la 18ème minute face à la crosse armée de Eric Margo, alors que la foule commençait à se préparer pour une de ces fameuses périodes supplémentaires caractéristiques des grands soirs. On notera le sang-froid de Kevin Bailie, gardien adverse et auteur de 30 arrêts.  Le point tardif a été âprement disputé auprès des arbitres pendant plusieurs minutes, et ceux-ci n’ayant pas accès à l’arbitrage vidéo en ligue étudiante, ont finalem ent décidé d’accorder un point si controversé.

Les assauts désespérés de la nuée rouge et blanche n’ont alors pas pu, en moins de deux minutes, retourner la tendance. La foule s’est alors dispersée sans bruit, tranchant avec la furie ayant secoué les lieux pendant près de deux heures. En témoignent les commentaires amers d’après match de l’entraîneur principal de McGill Kelly Nobes,  qui soulignait avoir rarement vu une telle confrontation que ce Carnival Game.

Queen’s prolonge ainsi une période dorée en signant  face aux Redmen de McGill, qui les tenaient en échec depuis la saison 2003-04, une cinquième victoire d’affilée.  

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L’ambiguïté du temps http://www.delitfrancais.com/2017/01/17/lambiguite-du-temps/ Tue, 17 Jan 2017 14:12:30 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27127 2016 vient à peine de tirer sa révérence que déjà tout le monde semble s’accorder pour dire que 2017 sera une année marquante. Une année remplie de populisme, de fausses-nouvelles, de désastres écologiques, de peur, de célébrités qui meurent et d’enfants dans le monde qui ne mangent pas à leur faim. Alors que tout semble aller trop vite, jamais les heures ne se seront écoulées aussi lentement à McGill. Les jours laissent place aux suivants et une année avale l’autre sans faire trop de bruissements. Si la terre entière semble être vouée au chaos, le hâvre mcgillois perdure et donne presque l’impression que tout n’est pas si mal après tout.

En effet, à force d’entendre que tout va mal, que le monde est sans cesse sur le point d’imploser et que tout n’a jamais été aussi mal on oublie trop facilement que bien au contraire, tout n’a jamais été aussi bien. Ces dernières années, le taux de mortalité infantile a chuté de façon drastique, l’accès à l’éducation n’a jamais été aussi facile, la pauvreté, bien qu’encore présente, recule de plus en plus. Malheureusement, bien que les statistiques semblent nous prouver le contraire, le moral des êtres humains semblent avoir atteint des fonds abyssaux. Mais, est-ce là la preuve de l’ingratitude de l’Homme, ou plutôt une preuve d’un pessimisme lucide et éclairé? 2016 s’est éteint en emportant avec elle une certaine lueur d’espoir et a fait place à une année 2017 résignée qui ne sait plus vraiment vers quel saint se tourner pour mettre fin à ses tourments. Du Brexit à l’élection américaine en passant par les nombreux attentats, 2016 nous a démontré que l’Histoire qui se déroule sous nos yeux est une bête capricieuse et parfois égoïste. Nul n’aurait pu prédire ceci ou cela. Est-ce là la faute aux messagers, voire aux médias? Ou plutôt aux Hommes résignés qui ont misé sur une bonne fortune illusoire sans prêter attention au monde qui se déroulait devant eux, et sans eux.

Notre rapport à l’Histoire

«Ce que raconte l’Histoire n’est en fait que le long rêve, le songe lourd et confus de l’humanité» écrivait Arthur Schopenhauer. Depuis peu, ce rêve confus dans lequel nous vivons semble filer à toute allure. Le monde autour de nous semble faire fi de nos envies et de nos espoirs. L’Homme se retrouve alors condamné à vivre cette histoire sans savoir comment réagir. 2017 vient de commencer et on se demande déjà si l’on va se réveiller encore plus perdu en 2018. Cependant, quel est notre rapport réel à l’histoire? Sommes-nous réellement capable de reconnaître les faits marquants qui changeront l’Histoire lorsque nous la vivons? Aurons-nous des regrets quant à ce que nous vivons? Avons-nous réellement le pouvoir de changer les choses ou ne serait-ce là qu’une mince illusion que l’on entretient mutuellement afin de donner un sens à nos existences? À partir de quel moment l’Histoire devient-elle irréversible? Le deviendra-t-elle? Les générations suivantes diront-elles de nous que nous avons été un peuple complice? Les héros existent-ils encore? Est-il raisonnable de croire que l’on peut encore faire changer les choses sans y perdre sa raison?

Le déchaînement de la peur

En vérité, l’année 2017 s’annonce être celle de la peur. Celle où l’on saute dans le vide sans savoir s’il y aura un filet pour nous rattraper au final de notre chute. Ce serait cependant trop facile. Succomber à cette peur, c’est déclarer forfait avant même d’avoir commencé. Pour d’autres, 2017 sera aussi l’année de l’espoir, ce mince filet de hardiesse naïve que l’on peut se résoudre à abandonner. Nos luttes peuvent parfois paraître comme étant des coups d’épée dans l’eau, certes. Et l’impression de peur qui accompagne ce début d’année cache le fait que, sans doute, ça n’a jamais été aussi bien. Ça, il ne faut pas l’oublier, en traçant quelques pas dans la neige des allées sauves de notre campus.

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Quod licet Iovi, non licet Bovi http://www.delitfrancais.com/2017/01/11/quod-licet-iovi-non-licet-bovi/ Wed, 11 Jan 2017 23:03:49 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27113 visueldoublepage

Untitled

— Vincent Catel

VisuelDoublepage4Jules Tomi | Le Délit

Pouvoir du partriarcat dans l’espace public

AUTOBUS 24/7

— Jules Tomi

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Pouvoir.
Pouvoir de m’approprier mon corps en tant qu’Homme.
Pouvoir de me réapproprier mon corps en tant que femme
Pouvoir l’aimer, pouvoir m’aimer
Pouvoir être moi
Pouvoir être femme.

Self-Portrait I & II

Léa Incorvaia

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Crise humanitaire à Alep: comment agir? http://www.delitfrancais.com/2016/12/16/crise-humanitaire-a-alep-comment-agir/ Sat, 17 Dec 2016 00:36:05 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27106 Près de six ans après le début de la guerre civile syrienne et alors que la situation des civils se dégrade rapidement à Alep, plusieurs initiatives ont été mises en place par des associations montréalaises et internationales afin de venir en aide à la population civile. Ces organisations offrent plusieurs options pour ceux souhaitant agir à leur échelle afin de faire face à la crise humanitaire que traversent en ce moment les civils syriens restés sur place, et ceux déplacés par le conflit.

Plusieurs pétitions ont été lancées par des organisations non gouvernementales. Médecins du Monde a notamment écrit une pétition appelant la communauté internationale à réagir afin de protéger la population civile.

Amnesty International a également lancé une pétition demandant l’autorisation d’entrée en Syrie d’observateurs indépendants afin d’enquêter sur les conditions de détention des civils.

Une mobilisation internationale…

Il est également possible de faire des dons, notamment aux Casques Blancs. Créée en 2013, cette organisation neutre regroupe des civils venant au secours des personnes touchées par les bombardements.

D’autres organisations, comme International Rescue Committee (IRC), ont lancé des appels aux dons. L’IRC intervient depuis 2012 auprès de la population syrienne en fournissant une aide d’urgence. Syria Relief offre quant à elle des soins médicaux à la population civile. Elle soutient également des écoles et travaille à la facilitation de l’accès à l’eau potable et à la nourriture de la population.

…comme locale

A Montréal, un concert-bénéfice aura lieu le vendredi 16 décembre à 19h30, au Oscar Peterson Concert Hall. Organisé par le Centre Culturel Syrien, il a pour but de récolter des fonds pour les personnes déplacées et touchées par le conflit syrien. Un rassemblement de solidarité avec les civils syriens aura également lieu dimanche au Parc Percy-Walters, à partir de midi.

A McGill, la McGill Syrian Students’ association (l’association des étudiants syriens de McGill, ndlr) a pour mission de promouvoir la culture syrienne dans tous ses aspects. Elle collabore également avec des associations humanitaires soutenant les civils syriens, et organise régulièrement des collectes de fond. Dernièrement, l’association recueillait des vêtements et des livres destinés aux réfugiés. L’association HANY lancera quant à elle dès janvier des cours de langue anglaise et française destinés aux réfugiés syriens afin de promouvoir leur intégration à Montréal. L’association organise également des causeries, la dernière en date portant sur la xénophobie en Europe et en Amérique du Nord dans le contexte des réfugiés, et les moyens d’y faire face.

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Trip-hop surprise http://www.delitfrancais.com/2016/12/12/trip-hop-surprise/ Tue, 13 Dec 2016 00:06:45 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27102 Les premières parties de concert, c’est bien. Quand elles sont réussies, c’est mieux. En revanche, lorsqu’elles prennent le dessus sur l’intérêt que l’on témoigne à l’artiste phare de la soirée, on ne sait plus vraiment quoi penser. C’est ce qui est arrivé, alors que l’artiste torontois Daniel Caesar se présentait sous les projecteurs de la salle du Centre Phi, le samedi 26 novembre.

On croyait s’être déplacé seulement pour se trémousser sur son tube «Get You», mais l’artiste Canadien considéré par certains comme le «nouveau Drake» s’est fait attendre. Peut-être un petit peu trop: le deuxième groupe présent avant son arrivée en a mis plein la vue à un public peu préparé. Ce qui est commode avec les artistes invités pour réchauffer une foule avant la fête, c’est que l’on est rarement déçu car on ne s’attend pas à grand-chose.

En avril dernier, le rappeur irakien The Narcycist avait volé la vedette aux calibres du duo Mobb Deep à l’Olympia de Montréal. En ce soir de novembre, le duo de rap-trip-hop Heartstreets suit son exemple et fait preuve d’une énergie très contagieuse. Originaires de Montréal, Emma Beko et Gabrielle Godon viennent tout juste de sortir leur premier ep You and I. Pourtant, elles occupent la scène comme des championnes sur un ring de boxe, conservent leur gravité scénique jusqu’aux dernières notes de morceaux dont le mélange chant et rap surfe sur des rythmes planants.

Comme il est bon d’entendre une voix de rap féminine ! Dans ce monde où les meilleurs M.C parviennent à nous faire croire qu’il te faut quelque chose entre les jambes pour être capable de poser un flow digne de ce nom. Savoureusement parlant, les lignes d’Emma sont  le morceau de pain dont la voix de Gabrielle est le fromage. Sur le plan musical, une harmonie nouvelle se dévoile, de «Cruising with you» à «How I got over», la justesse des mots ne nous donne plus aucune raison de douter. Derrière Heartstreets se cache une véritable envie de raconter, et devant nous : un trou de mémoire quant à qui on était venu écouter en premier lieu.

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L’accablante banalité de l’existence http://www.delitfrancais.com/2016/12/06/laccablante-banalite-de-lexistence/ Tue, 06 Dec 2016 19:34:01 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=27044 Trois ans après sa création, Franc-Jeu présente Exil(s), une pièce écrite et mise en scène par Léa Frydman, Clémence Lepic, Victor Gassmann et Max Bouchaud. À travers ce spectacle, la troupe de théâtre francophone de McGill prend plaisir à déconstruire le fantasme de la solitude en nous immergeant dans un univers que l’on croyait comprendre.


La pièce est un tableau authentique de la société actuelle qui semble étouffer sous le poids des inanités de la vie mondaine. À son cœur on retrouve un homme, Alceste, interprété par le talentueux Samuel Ferrer, qui est rongé par un mal de vivre exacerbé par son entourage. Les amis d’Alceste, des diseurs de bonnes paroles dont l’absence d’esprit n’a d’égal que la grandeur de leurs égos, sont le reflet de cette jeunesse conformiste et centrée sur elle-même. Lors d’un repas d’anniversaire, Alceste réalise ce vide et souhaite s’isoler afin de mettre de l’ordre dans ses idées.

Le vocabulaire riche et nuancé met en valeur le jeu complexe et recherché des acteurs.

Ainsi débute la quête d’Alceste qui part à la rencontre de misanthropes afin d’élucider les causes de leur isolement. On se laisse emporter par les questionnements des personnages qui nous guident à travers les différents tableaux. Le vocabulaire riche et nuancé met en valeur le jeu complexe et recherché des acteurs. À tour de rôle, ils critiquent l’hypocrisie et le vide des habitudes sociales actuelles. Delphine Khoury, qui incarne une hurluberlue esseulée, est une véritable révélation. Pierre Gugenheim brille par sa maîtrise du comique et du dramatique en alternant entre le rôle de Fred, cet ami passionné de foot incapable de conversations sérieuses et le rôle d’un misanthrope qui en cherchant la lumière s’est retrouvé prisonnier d’une caverne. La misanthropie forcée des deux amantes, Bénédicte et Valentine, pose un regard critique sur l’actualité récente. Ces rôles sont interprétées par Chloé Leys et Ines Thiolat, qui dénoncent avec éloquence le mouvement de La Manif pour tous qui a contraint leurs personnages à s’exclure de la société. Lyna Khellef et Grégoire Collet viennent compléter la distribution de cette première partie à travers des personnages attachants et comiques.

Mieux vaut être mal accompagné que seul

Paradoxal et complexe, le personnage d’Alceste concilie avec acuité les contradictions de la jeunesse actuelle. L’Homme est un animal social qui rêve de solitude pour se réconcilier avec lui-même et pour s’abandonner à ses rêveries.  Alceste ne veut pas être seul, il veut être laissé seul. En faisant grief de ses amitiés, le jeune homme tente de se convaincre de sa répulsion pour l’espèce humaine qui s’avère fausse. Sa quête se termine donc dans le repentir et nous fait réaliser que les solutions extrêmes ne sont jamais les bonnes. Choisir sa solitude est un luxe que les vrais solitaires ne peuvent se permettre.

FJVittorio Pessin | Le Délit

La célébration du vide  

Après avoir exploré en profondeur la misanthropie, le spectacle nous met face à nos contradictions durant la deuxième partie en laissant place à un show survolté qui exploite l’exubérance du divertissement-spectacle. Pierre-Olivier Avezou nous démontre ensuite l’étendue de ses talents en jouant à la perfection le rôle de Dieu. Nicolas Fisch prends ensuite le relais et excelle dans le rôle d’un maître de cérémonie adepte de la superficialité et des sourires figés. La scène est ensuite cédée à la troupe enflammée du Small Talk Show qui fait honneur aux performances de Marco Panatella, Mathilde Delabie et Chloé Rinaldi. Cependant, la saynète suivante sur «l’andouillette» (saucisse, ndlr) viens jeter de l’ombre au spectacle. Le personnage de l’agriculteur a un très fort accent du sud de la France qui peut être difficile à comprendre pour un spectateur non Français. Enfin, Sara Maria Moubarak maîtrise parfaitement la tragédie et conclut le spectacle par une interprétation mélodramatique haute en couleur qu’elle partage avec Océane Bouhier. La célébration du vide n’aura jamais été aussi drôle.

img_4614Mahaut Engérant | Le Délit

Le rendez-vous du vendredi soir

Pari risqué, le choix de Fonzie pour monter ce spectacle s’est avéré une véritable réussite. En présentant la pièce dans cet espace non conventionnel, les metteurs en scène ont désacralisé la rigidité du cadre théâtrale en l’exportant dans ce lieu unique et enchanteur. La mise en scène est ingénieuse et s’adapte aux contraintes de l’espace restreint. La proximité est au rendez-vous. Le spectateur est un témoin direct qui doit parfois se retenir de se lever de son siège pour se joindre au jeu convaincant des acteurs.

Fonzie charme par son élégance et sa simplicité. Les décors sont intimes et permettent une ambiance graduelle qui ne sombre jamais dans l’excès ou l’extravagance. À chaque semaine, l’endroit se réinvente au gré des artistes exposés et des événements organisés. Véritable espace de convergence artistique, Fonzie permet de découvrir les artistes émergents de la scène montréalaise tout en se laissant emporter par le rythme enivrant de la musique.

La pièce arrive à jeter un doute sur nos illusions et à nous faire réfléchir.

Exil(s) s’articule avec force dans les zones troubles de la tragi-comédie. La pièce permet d’effectuer une réflexion approfondie sur la nature de nos relations personnelles et la nature humaine. Rousseau disait que la société corrompt l’âme humaine. La pièce nous démontre que la réconciliation de l’homme solitaire avec la société est possible pour peu qu’il soit conscient de son état. Cependant l’homme doit-il renoncer à sa sincérité pour sauver son âme? La pièce arrive à jeter un doute sur nos illusions et à nous faire réfléchir. On s’extirpe de ce rêve avec l’envie de se retrouver et de revenir dans ce lieu magique.

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