Le Délit http://www.delitfrancais.com Le seul journal francophone de l'Université McGill Thu, 17 Aug 2017 12:23:09 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.8.1 Démission d’Anuradha Mallik, vice-présidente de l’AÉUM http://www.delitfrancais.com/2017/08/17/demission-danuradha-mallik-vice-presidente-de-laeum/ Thu, 17 Aug 2017 12:23:09 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28926 Par le biais d’un communiqué de presse, l’Association des étudiant·e·s en premier cycle de l’Université McGill (AÉUM ou SSMU en anglais, ndlr) a annoncé avant hier la démission de la vice-présidente (v.-p.) aux opérations Anuradha Mallik pour des «raisons personnelles». Le communiqué précise plus loin que ses attributions seraient momentanément «déléguées» aux autres membres de l’équipe exécutive.

Au sein de l’association, la v.-p. aux opérations est responsable de gérer tout ce qui se passe à l’intérieur du bâtiment Shatner, du bar étudiant Gerts au Salon des étudiant·e·s en passant par les initiatives liées au développement durable. Seule candidate pour ce poste lors des dernières élections, Anuradha Mallik avait été élue avec le reste de la nouvelle équipe exécutive le 16 mars dernier.

Joint par Le Délit, la présidente de l’AÉUM, Muna Tojiboeva, a déclaré que la manière dont le poste de la vice-présidence aux opérations serait comblé sera déterminée «dans les prochaines semaines».

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Entretien avec Kiev Renaud, écrivaine mcgilloise http://www.delitfrancais.com/2017/08/05/entretien-avec-kiev-renaud-ecrivaine-mcgilloise/ Sat, 05 Aug 2017 15:21:46 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28913 Le Délit : Est-ce que tu peux te présenter rapidement ?

Kiev Renaud : Je suis étudiante au doctorat à McGill au département de langue et littérature françaises et, à côté de ma thèse, je fais aussi de la création littéraire. J’ai publié un roman chez Leméac en 2016, Je n’ai jamais embrassé Laure et je travaille pour la revue Contre-jour : cela me permet différentes approches de la littérature, c’est le bonheur!

 

LD : Dans Pratique d’incendie [le texte finaliste pour la nouvelle Radio-Canada 2016], ce qui est marquant, c’est que tu parles de l’angoisse de la banalité. La protagoniste a peur de n’avoir rien à dire. C’est paradoxal pour quelqu’un qui est auteure et qui, justement, raconte des histoires. Est-ce que c’est quelque chose que tu ressens toi ? Comment fais-tu pour combattre l’angoisse de la feuille blanche ?

KR : Je n’ai jamais eu de problème de « page blanche », je ne peux pas dire que j’ai ce type d’angoisse. Avant, j’attendais l’inspiration. Maintenant, j’ai compris qu’il faut s’assoir et travailler, qu’il n’y a pas de secret. La nouvelle « Pratique d’incendie » est un peu une métaphore de ça : la narratrice est comme une écrivaine qui a peur de n’avoir rien à raconter; pour elle, si sa maison n’a jamais brûlé, sa vie n’est pas intéressante. Alors elle fabule sur des trucs et invente des histoires, elle n’attend pas que les événements surviennent.

 

LD : Pour toi, l’angoisse de la feuille blanche c’est quelque chose de faux, si on travaille assez. Est-ce que, du coup, être auteur comme toi, c’est juste une question de boulot ou il y a une part de talent aussi ?

KR : Je viens de complètement rejeter l’idée de la page blanche, mais je la vis aussi d’une certaine façon : quand on a un projet de texte en tête, on le gâche nécessairement en l’écrivant. Ce n’est plus le projet idéal, parce qu’il est vrai : alors que ce qu’on avait imaginé, c’était le roman de notre vie. J’ai passé des années à ne pas écrire Je n’ai jamais embrassé Laure! Au début, c’était un roman de science-fiction ! Un jour, je me suis lancée et c’est en l’écrivant que je suis parti à la découverte du projet. J’essaie d’avoir confiance. J’ai déjà été bloquée des semaines sur un projet sans savoir ce qui allait se passer, mais j’ai aussi compris que les réflexions, les idées demandent du temps. Je peux porter une idée longtemps et avoir tout à coup une illumination qui me fait tout dénouer : l’illumination ne vient pas des muses mais du temps, simplement, de la macération – comme on trouve plus facilement nos clés quand on ne les cherchait plus.

 

LD : Comme tu es une auteurE, crois que ça fait une différence dans le monde littéraire ? Est-ce que les œuvres sont plus acceptées, moins acceptées ?

KR : Je ne sais pas trop comment répondre à cette question. Marguerite Duras dit quelque chose de tellement beau à ce sujet : « Tous les hommes font de la littérature qui se ressemble. La seule différente c’est la littérature féminine.  C’est comme si c’était une maladie locomotrice. Ils ne peuvent plus aller à droite, ils ne peuvent plus aller à gauche, ils sont obligés de suivre. Tandis que nous, nous n’étions pas sur la route. »

J’ai choisi de parler des relations entre femmes parce qu’il s’agit d’un point aveugle en littérature, qui offre très peu de représentations simplement normalisées, qui ne passent pas par le regard des hommes. Je n’ai jamais embrassé Laure parle de relations humaines, le fait que ce soit deux femmes qui s’aiment n’est qu’un détail.

 

LD : Par rapport à Je n’ai jamais embrassé Laure, est-ce que tu peux expliquer ce que c’est un « roman par nouvelles »?

KR : C’est un recueil de nouvelles, mais à un tel point unifié qu’elles peuvent être lues comme un seul et même roman. Le fil chronologique n’est pas important, cela peut être dans le désordre, mais il y a nécessairement un fil entre les textes, un début et une fin. C’est drôle parce que j’ai d’abord été portée vers cette forme par instinct : j’ai écrit plusieurs nouvelles avec les mêmes personnages qui revenaient et je me suis rendue compte que je situais de cette façon différents moments de leur vie. En les mettant tous ensemble et en travaillant la chronologie, ça se lisait comme un roman et cela faisait une histoire.

 

LD : Pourquoi as-tu choisi ce modèle d’écriture par rapport au roman ?

KR : Il ne se passe pas grand-chose dans Je n’ai jamais embrassé Laure. Et, surtout, il ne se passe pas grand-chose dont on soit certain : toute la tension se construit autour des non-dits, des différents points de vue qui se confrontent. Ce que j’ai voulu travailler, c’était la finesse des relations. C’est un peu comme regarder un album photo : différents moments croqués dans la vie de ces femmes. La forme du roman par nouvelles m’est donc venue naturellement et m’a permis de travailler différentes voix : pour moi, ça a presque été un exercice d’écriture.

 

LD : Il y a des histoires chouettes par rapport aux contextes dans lesquels se mettent les auteur.e.s pour écrire. Par exemple, Hemingway avait un bar à Cuba où il allait et se mettait debout pour écrire. Est-ce que tu as une histoire semblable ?

KR : Je n’ai vraiment pas d’histoire! Ça va dans ma démystification du travail d’écriture : avant j’écrivais la nuit, pour ne pas me faire déranger; alors que maintenant… J’écris quand je peux, toujours au même endroit, à mon bureau. C’est surtout une histoire de routine. En se mettant dans un tel contexte, qui a déjà marché, on dirait que ça appelle l’inspiration. Ça n’a rien d’exotique. Ce n’est pas définitivement pas un bar à Cuba.

 

LD : Comment fais-tu pour conjuguer études et écriture ? Est-ce que ce sont des choses qui se font en parallèle ou est-ce qu’elles se croisent ?

KR : J’ai eu mon idée de thèse en travaillant sur Je n’ai jamais embrassé Laure : j’essayais de décrire mon personnage de Laure, qui est très belle, et il ne me venait que des clichés. Elle est « blonde et pulpeuse »; je te dis ça et je suis mal à l’aise. C’est vraiment difficile à décrire. J’ai décidé de creuser la question et je fais ma thèse sur le portrait de la beauté en littérature contemporaine, à savoir comment s’inscrire dans une tradition littéraire, la réitérer ou la renouveler. Ces questions de recherches m’aident à mieux comprendre ma pratique.

 

LD : Le fait que tu aies passé d’un contexte où tu écrivais seule à un contexte où c’est ton boulot a-t-il enlevé un certain romantisme ?

KR : C’était le romantisme qu’il me fallait quand j’étais adolescente. Je me disais : « voilà, j’écris des textes et je suis un être passionné. » Je me suis calmée. C’est vraiment libérateur de traiter la littérature comme un travail, la langue comme un matériel.

 

LD : Ça t’a pris combien de temps écrire Je n’ai jamais embrassé Laure ?

KR : C’est un projet que j’ai porté quatre ans, mais ça m’a pris un an de travail acharné pour l’écrire, en retravaillant sur de vieilles versions. Jusqu’aux dernières épreuves, je révisais et coupais. Une chance qu’ils l’ont envoyé chez l’imprimeur, car j’aurais continué de couper. Il aurait resté trois lignes.

 

Le dernier livre de Kiev Renaud est disponible ici.

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Le visage d’une paix entravée http://www.delitfrancais.com/2017/07/28/le-visage-dune-paix-entravee/ Fri, 28 Jul 2017 07:37:28 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28904 Vous avez tous déjà probablement entendu parler d’Aung San Suu Kyi, femme d’État reconnue pour ses actions pro-démocratiques en Birmanie. Puisque ces dernières mettaient le régime à mal, le gouvernement l’a placée sous résidence surveillée pendant près de quinze ans. Cela n’a pas empêché la Dame d’obtenir le prix Nobel de la paix en 1991, mais aussi de gagner une reconnaissance internationale. Elle est ainsi devenue un modèle, un emblème de la lutte en faveur de la démocratie. Ce labeur a fini par payer, puisque la Ligue nationale pour la démocratie (LND), dont Aung San Suu Kyi est secrétaire générale, a accédé au pouvoir en novembre 2015. Cette élection l’a néanmoins placée de facto à la tête du pays, lui permettant d’accéder aux postes de ministre des Affaires étrangères, de conseillère spéciale de l’État et de porte-parole de la Présidence. Cet évènement n’a pas pour autant signé le retour de la paix en Birmanie. La situation semble en effet s’aggraver depuis que la LND est au pouvoir. Comment expliquer qu’une héroïne ait pu prendre des mesures faisant plonger son pays plus bas qu’il ne l’était déjà?

«Faites ce que je dis, pas ce que je fais»

Pour beaucoup, Aung San Suu Kyi est une figure à admirer. Il n’y a qu’à constater la multitude d’hommages qui lui ont été rendus au fil du temps, que cela soit sous forme de films, d’événements ponctuels ou de discours. L’acclamer semble un devoir. Mais est-ce mérité? Depuis le début de sa gouvernance, les bavures ne font que se succéder. La minorité musulmane des Rohingya se retrouve fortement opprimée. Cette situation va à l’encontre des droits de l’homme, qui pourtant Cette dernière est même allée jusqu’à nier la tenue d’un génocide à l’encontre de cette population ayant eu lieu à l’automne passé. En juin dernier, notre héroïne a également refusé que l’ONU enquête sur ce génocide, et est même allée jusqu’à empêcher une mission onusienne d’avoir lieu dans son pays. En faisant l’addition, le résultat semble bien être un refus de coopérer à l’international. Serait-ce donc là le vrai visage de notre héroïne?

Personne n’est parfait

Il serait hâtif que de conclure que «l’orchidée de fer» aurait fait volte-face aussi brutalement. Il y a forcément une raison à ses actions. Pour commencer, la perception de la minorité Rohingya a toujours été négative en Birmanie, ces derniers étant souvent en proie à des tensions avec les Arakanais bouddhistes formant la majorité ethnique de la population. Suu Kyi étant elle-même issue de cette ethnie, on peut craindre un conflit d’intérêt. La Dame s’est d’ailleurs déjà montrée dédaigneuse à l’encontre de musulmans. En 2013, le fait d’avoir été interrogée par la célèbre journaliste anglo-pakistanaise Mishal Husain (BBC) l’avait profondément dérangée. Est-ce cependant suffisant pour aller à l’encontre de la volonté internationale? Se conformer aux mœurs de son ethnie est une chose aller à l’encontre des droits de l’Homme au sein du pays que l’on dirige en est une autre. L’origine du geste est pourtant la même. C’est une question de perspective. Il est clair que l’on n’attend pas d’un prix Nobel de la paix de passer sous silence l’oppression d’une minorité dans son pays. Néanmoins, c’est devenu une réalité dans la Birmanie d’Aung San Suu Kyi, si bien que la communauté internationale s’en retrouve offusquée. Est-ce que ces réactions suffiront à faire changer d’avis la meneuse du pays, et à redonner au monde l’icône qu’il pensait connaître?

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Entretien avec Deluxe http://www.delitfrancais.com/2017/07/15/entretien-avec-deluxe/ Sat, 15 Jul 2017 21:48:21 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28881 Le 4 juillet dernier, le groupe français Deluxe est venu faire danser le public du Festival international de jazz de Montréal. Devant le Club Soda, une longue queue s’étendait jusqu’au coin de la rue, tournait et allait se terminer quelques dizaines de mètres plus loin. Visiblement, le groupe d’Aix-en-Provence a des fans au Canada.

Quand les six musiciens sont montés sur scène, arborant moustaches et costumes comme à leur habitude, ils ont trouvé un public conquis qui chantait volontiers leurs chansons avec eux. Seul volet canadien du Stache Tour, Montréal a eu droit à une soirée déchaînée.

Le lendemain, Le Délit a pu parler au groupe.

 

Le Délit : Qu’est ce que ça fait pour vous de jouer au Québec ?

Deluxe : C’est trop bien ! C’est la deuxième fois qu’on vient et c’est un plaisir à chaque fois. L’accueil est top, c’est vraiment sympa.

 

LD : Comment est-ce-que vous qualifiez votre musique ?

Deluxe : C’est un peu un melting-pot. Je pense que chacun s’y retrouve : on fait un peu de chanson française, de hip hop, en passant par le jazz et l’électro. Du coup, c’est un peu compliqué à définir mais nous on aime dire qu’on fait du jazz-soul-hip-hop-funk.

 

LD : Comment est-ce-que vous avez construit votre style ?

Deluxe : On l’a construit par des années de collaboration et de travail entre nous. On a beaucoup joué dans les rues du sud de la France, ça nous a permis de nous construire un background assez solide avec le groupe.

 

LD : Est-ce-que vous avez évolué depuis vos débuts ?

Deluxe : Oui ! Au début c’était beaucoup plus énervé. Aujourd’hui on essaye de faire des choses un peu plus calmes mais qui parlent plus. Il y a eu plusieurs passages.

 

LD : Est-ce-que vous éprouvez une forme de nostalgie en repensant à cette époque où vous jouiez dans la rue ?

Deluxe : Carrément, d’ailleurs on y retourne souvent ! Pour le délire, on a sorti un DVD il y a un an pour une tournée qu’on a improvisée dans toutes les grandes villes de France. On prévenait les gens au dernier moment qu’on allait jouer à tel endroit, et on se retrouvait à 2000 dans les rues. C’était vachement drôle.

 

LD : Pourquoi la moustache ?

Deluxe : C’est un ralliement de groupe, c’est ce qui nous lie d’une certaine manière. C’est un peu un porte-bonheur.

 

LD : Et vos costumes ?

Deluxe : Les costumes ont toujours été très importants pour nous. On s’est toujours dit que si on avait l’occasion de monter sur scène, on serait costumés. Du coup, on bosse régulièrement avec notre costumière Louanna. D’ailleurs, on travaille sur une nouvelle série de costumes en ce moment. On change de costume à chaque tournée.

 

LD : Comment avez-vous appris l’anglais ?

Deluxe : C’est grâce à notre chanteuse, Liliboy, qui est franco-américaine et qui parle donc très bien anglais. Du coup, on parle essentiellement anglais entre nous, même dans les répètes, ou en studio. Pour elle, c’est très important qu’on fasse ça.

 

LD : Pourquoi est-ce-que vous avez choisi d’utiliser cette langue dans vos textes ?

Deluxe : C’est à l’image des musiques qu’on écoute et parce qu’on aime cette langue qui est plus facilement musicale.

 

LD : Vous avez collaboré avec M et IAM—des grands noms de la musique française. Si vous pouviez faire une collaboration avec n’importe quel artiste, vous choisiriez qui ?

Deluxe : On aime bien Prince, Amy Winehouse, Michael Jackson… voilà, si on devait choisir, ce serait sûrement parmi ces trois-là.

 

LD : Vous avez des projets pour le futur dont vous pouvez nous parler ?

Deluxe : D’abord, on termine le Stache tour. Après on va s’arrêter pendant un bon moment, en attendant d’avoir un album qui nous plaise. On ne sait pas trop ce qui nous attend, là.

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Une vieille star frémit au loin http://www.delitfrancais.com/2017/07/11/une-vieille-star-fremit-au-loin/ Tue, 11 Jul 2017 08:22:45 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28876 Le 30 juin, une star comme on en fait rarement était de passage à Montréal. Devant un Centre Bell quasi-rempli, Robert Zimmerman, dit Bob Dylan, est venu chanter quelques chansons pour le public du Festival international de jazz, conquis d’avance.

 

Le billet indiquait un début de spectacle à 20h. Tant pis pour les retardataires, Dylan et son groupe ont commencé avec une précision militaire. Les huit coups de l’horloge n’avaient pas fini de retentir que déjà, les musiciens commençaient la première chanson.

De derrière son piano—dont il se détachera qu’à l’occasion pour se mettre au devant de la scène avec un micro—Bob Dylan a chanté des chansons puisées tant dans son large répertoire qu’ailleurs. Don’t think twice, it’s all right, Highway 61, ou Blowin’ in the wind, autant de piliers de la chanson folk américaine, côtoyaient des compositions plus récentes ainsi que de reprises de Sinatra.

Musicalement, Dylan sait s’entourer. À six sur scène, les musiciens ont fait une performance sans faute. Ils se connaissent, visiblement. Pas une parole, un regard de côté, pour les mélomanes : ils savent ce qu’ils doivent faire, quand, et comment. Le résultat est bluffant. On dirait un vinyle qui joue.

Dylan, lui, de haut ses 76 ans, n’est plus tout jeune. Pas d’acrobaties—ça n’a jamais été son style et puis ça risquerait de froisser son costard blanc—ni de guitare ou d’harmonica. Mise à part les cordes vocales, ses seules armes sur seine son les touches en ivoire. Sa voix, autrefois claire, s’est aggravée. Roque, il fait trembler la salle avec son ton de ténor. Et pourtant, il maîtrise son art : à la Tom Waits, son chant n’est pas obscurcie mais enrichie, à pris du corps, avec les années.

 

Malgré la qualité de la musique, un doute plane sur la salle durant tout le concert : serions-nous entrain de l’emmerder ? Est-ce-que Bob Dylan, qui n’en est plus à sa première tournée, en aurait marre ?

Dans la queue pour rentrer dans la salle, nous sommes informés du fait que nous ne pourrons pas prendre de photos, même sans flash. Pourquoi ? « Monsieur Dylan n’aime pas ça » s’explique la dame, sympathique par ailleurs, qui oriente la foule. Allons bon. Et comment Monsieur Dylan imagine-t-il que je vais nourrir ma story Snapchat ? Bref, passons. De toutes façons, à l’âge des smartphones, il en faudra plus pour nous empêcher d’immortaliser la scène : the times they are a-changin’.

Mise à part cela, le chanteur a économisé sa salive pour ses chansons. Pas un mot ne lui a été décroché par la salle qui avait pourtant d’yeux que pour lui. Pas un « bonjour » en montant sur scène, pas une amitié entre les chansons, pas un « merci » à la fin. En guise d’au revoir, Dylan se place au milieu de la scène, avec ses musiciens, fixe le public… et part.

 

Vu le prix du billet—qui dépassait la centaine de dollars—on aurait pu espérer un accueil plus chaleureux et une mise en scène un peu plus travaillée. La scène, peu illuminée, n’était pas rediffusée sur un grand écran: tant pis pour ceux qui n’ont pas déboursé les gros billets et qui se sont donc retrouvés au fond.

Étudiants, étudiantes, vous qui avez de petits moyens, si l’envie vous prend de voir Dylan, peut-être feriez vous mieux de garder vos sous pour vous acheter un de ses disques, un bon truc à boire, et d’écouter ça tranquillement affalés sur votre canapé !

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Politique contre la violence genrée de l’AÉUM: Précisions http://www.delitfrancais.com/2017/07/09/politique-contre-la-violence-genree-de-laeum-precisions/ Sun, 09 Jul 2017 17:13:37 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28871 Avertissement: mention de violence sexualisée et genrée

Dans un communiqué publié le 5 juillet dernier, l’Association des étudiants en premier cycle de l’Université McGill (AÉUM, SSMU en anglais, ndlr) dévoile son plan quant à la mise en place prochaine d’une nouvelle Politique contre la violence genrée et sexualisée (Gendered and Sexualized Violence Policy en anglais, ndlr) interne à l’organisation.

Cette mesure fait suite aux démissions, le semestre dernier, du vice-président aux Affaires externes David Aird, accusé de violences sexuelles et genrées et du président Ben Ger, accusé de violences genrées. Par la suite, il était apparu que certains membres exécutifs de l’AÉUM avaient été mis au courant de certains comportements inappropriés de David Aird dès septembre 2016, et avaient alors décidé d’organiser des ««check-ins» hebdomadaires avec lui.

Des associations mcgilloises avaient alors pointé du doigt les graves dysfonctionnements de la part de l’association ainsi que le manque de procédures internes pour faire face à ce genre de situation.

Un rapport décisif

Le communiqué fait aussi état de la publication d’un rapport émanant du Community Disclosure Network (CDN, ou Réseau communautaire de divulgation en français, ndlr), qui avait joué un rôle majeur dans la démission des deux membres de l’équipe exécutive et qui a désormais pour but d’assister l’AÉUM dans l’écriture de ladite politique.

Ce rapport, écrit après diverses consultations de la communauté mcgilloise, contient une liste d’une vingtaine de recommandations allant de la «formation de l’équipe exécutive (et d’autres postes clés tels que les commissaires à l’Équité ou le directeur des Ressources Humaines) à recevoir des témoignages de survivant·e·s.» à «l’élaboration d’un guide qui complémenterait la politique.» afin de fournir aux étudiant·e·s de plus amples informations sur les différentes ressources mises à leur disposition.

Le rapport préconise par ailleurs la possibilité pour les survivant·e·s de pouvoir signaler un événement sans aucune «contrainte de temps spécifique» et ce contrairement par exemple à l’actuelle Politique sur l’équité (Equity Policy, en anglais, ndlr) de l’AÉUM qui impose que les incidents rapportés aient eu lieu dans l’année en cours.

De nouvelles consultations prévues

Le rapport inclut aussi une frise chronologique détaillant les actions prévues au cours des prochains mois. Ainsi, le 7 juillet dernier, une première version de la future politique a été envoyée à un nombre restreint de groupes mcgillois du fait de leur engagement contre les violences sexuelles, afin qu’ils y apportent des modifications.

Dans un courriel au Délit, la vice-présidente aux Affaires internes de l’AÉUM, Maya Koparkar, a précisé que ces groupes sont les suivants: «Le Sexual Assault Centre of the McGill Students’ Society (SACOMSS ou centre d’agressions sexuelles de l’association étudiante de l’université mcgill en français, ndlr), l’Union for Gender Empowerment, le Black Students Network, l’Indigenous Students Network, Queer McGill, GRIP McGill (QPIRG McGill en anglais, ndlr), le Community Disclosure Network, le Peer Support Centre et l’association Silence is Violence

Cette dernière a aussi ajouté que l’association «espérait […] créer une seconde version de la politique d’ici la fin de l’été». Cette version consolidée du texte sera alors présentée à la communauté en septembre afin d’entamer un processus de consultation plus large.

Ainsi, si l’AÉUM respecte la chronologie détaillée dans le rapport du CDN, la nouvelle politique devrait être présentée à l’assemblée générale le 23 février prochain afin d’être ratifiée par le corps étudiant et pouvoir entrer en vigueur.

 

 

 

 

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À Montréal, le jazz arrive en fanfare http://www.delitfrancais.com/2017/06/28/a-montreal-le-jazz-arrive-en-fanfare/ Wed, 28 Jun 2017 19:15:21 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28862 La période des festivals bat son plein à Montréal. Après les Francofolies, c’est au tour du Festival international de jazz d’occuper la Place des Arts. Entre le mercredi 28 juin et le samedi 8 juillet, vous allez pouvoir assister à une rafale de concerts de choix.

 

Une fierté montréalaise

Depuis 1980, année de sa première manifestation, le Festival international de jazz de Montréal attire les foules par la diversité impressionnante de concerts et la renommée des têtes d’affiche. Sacré «plus grand festival de jazz» par le livre des records Guinness, l’événement attire quelques deux millions de visiteurs par an qui viennent de partout pour apprécier les plus de 600 concerts proposés.

Malgré son nom, le festival ne se limite pas au jazz, loin s’en faut. Aux côtés d’Alain Caron, de Miles Davis ou d’Oscar Peterson se sont produits des noms rarement associés au jazz. Prince, Steve Wonder, Bob Dylan ou encore Paul Simon sont parmi les nombreux à avoir fait raisonner la Place des Arts. Ben Harper a même enregistré un album live appelé Live from the Montreal International Jazz festival.

 

Édition 2017

Cette année encore, nous sommes gâtés. Les dix jours du festival vont permettre aux Montréalais de voir des artistes de renommée mondiale.

Parmi les événements gratuits, on peut citer les concerts de Cœur de Pirate, de Walk off the Earth, ou de Anderson Paak. Ceux-ci auront lieu en plein air, sur la scène TD.

Les concerts payants, eux, sont encore plus intéressants. Pour les amateurs de jazz, Alain Caron, la vedette québécoise des années 1990 reforme son groupe UZEB pour l’occasion. Les nostalgiques des années 1960 auront l’occasion de voir Buddy Guy ou Bob Dylan, fraîchement titulaire de son prix Nobel. Ceux qui ont plus d’affinités avec la décennie suivante pourront passer une soirée avec les membres du groupe King Crimson.

Ceux qui ont des goûts musicaux plus modernes ne seront pas déçus non plus. Les Strumbrellas, Fieste et Joey Bada$$ seront aussi au rendez-vous. Les amis de l’électro-swing pourront aller voir Caravan Palace ou le groupe français Deluxe.

 

Tout ceux qui le souhaitent trouveront, à coup sûr, un événement à leur goût. Vous pouvez consulter l’intégralité des événements ainsi qu’acheter les billets ici.

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Mais t’es où? http://www.delitfrancais.com/2017/06/27/mais-tes-ou/ http://www.delitfrancais.com/2017/06/27/mais-tes-ou/#respond Wed, 28 Jun 2017 02:05:40 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28852 Mercredi dernier, le réseau social Snapchat a lancé une nouvelle mise à jour. Il s’agit de la Snap Map : une fonctionnalité qui permet de localiser ses amis ou toute personne ajoutée par le biais de l’application. Cette nouveauté est introduite par une vidéo exposant de manière enthousiaste les dits avantages de cette Map, à savoir  trouver les évènements à proximité, savoir où sont/vont vos amis, même s’ils ne se trouvent pas dans la même ville que vous. Cependant, ce que la vidéo omet de mentionner est qu’à chaque fois que vous ouvrez l’application, celle-ci rend publique votre position exacte.

Fuis moi, je te suis

Intriguée et plutôt sceptique quant à la précision de la géolocalisation proposée par l’application, je me suis intéressée à effectuer plusieurs essais. D’abord, avec un ami qui habite à une distance plutôt raisonnable de chez moi, soit une dizaine de kilomètres. A l’aide de la SnapMap, j’ai pu le localiser au croisement de deux quartiers résidentiels, et ce, pour une bonne partie de la journée. J’ai pu également distinguer très clairement le nom des rues en question, et savoir avec une impressionnante netteté le numéro de l’habitation. Après cette petite enquête, j’ai demandé à cet ami s’il était bien resté pendant X temps à cette adresse. Déconcerté, il m’a répondu qu’effectivement, il avait bien passé l’après-midi chez un ami, et qu’il n’était pas sorti pendant quelques heures. L’application m’a permis également de voir qu’il avait écouté de la musique, et ce à plusieurs reprises. Je lui ai donc demandé confirmation, qu’il m’a donnée. Assez désemparé et interloqué face aux questions posées, et manifestement pas au courant de la dernière mise à jour de l’application, je me résous à lui expliquer comment marche la SnapMap, notamment comment celle-ci m’a permis de suivre ses allées et venues.

Autre test, cette fois-ci plus impressionant, ou inquiétant, dépendemment de comment vous percevez cet update ; quelques jours plus tard, j’entreprends la même démarche, mais avec une distance plus considérable : avec ma cousine, habitant de l’autre côté du Pacifique. Les résultats ont été tout aussi concluants : ma cousine avait passé l’après-midi en bordure de mer, et le degré de précision me laissait voir jusqu’au nom de la plage en question.

Entre nouveauté et continuité

Snapchat n’est pas la première application à avoir développé cette idée de tracking. Avant elle, Twitter a également fait l’objet de controverse quant à son système de géolocalisation de tweet, chose qui avait provoquée de vives réactions au sein de la tweetosphère. Facebook et Instagram, plus prudents sur la question, ont décidé d’opter pour un système de check in, qui permet à ses utilisateurs d’indiquer, s’ils le souhaitent, l’endroit où ils se situent. Il y a quatre mois, Messenger lançait quant à elle sa « Live Location », système offrant la possibilité de préciser votre localisation à vos contacts et de leur permettre de suivre votre parcours pendant une durée d’une heure.

SnapMap ou SnapTrack

Bien que cela puisse être pratique pour justifier un retard ou appuyer un motif d’absence, si l’on regarde la question d’une manière plus globale, nous pouvons rapidement nous rendre compte des dangers de ce genre de mises à jour.

Elles peuvent tout d’abord participer au sentiment d’exclusion au sein de groupes d’amis, phénomène assez difficile à vivre, notamment chez les plus jeunes. Voir que ses proches sont rassemblés autour d’une soirée à laquelle vous n’êtes pas convié, savoir où se trouve son ex partenaire en tout temps peu après une rupture, se sentir obligé de sortir parce que l’on se sent rabaissé d’être le seul à aimer rester se reposer sur son canapé : telles sont des sensations peu agréables.

Ajoutées au fait que des yeux mal intentionés pourraient se servir de cette géolocalisation, la mise à jour pose problème. Elle suscite l’inquiétude des parents, mais aussi de manière plus générale de la police, et de nombreux militants pour la jeunesse comme Childnet International, organisme de bienfaisance qui vise à rendre le Web un endroit sûr pour les jeunes. Au sujet de la SnapMap, l’organisation encourage à ne pas l’utiliser et « de rester très prudent parce que sa précision est telle que n’importe qui peut suivre vos moindres mouvements ».

Une solution ?

Pour les plus prudents, une solution est offerte. Ceux qui ne veulent pas disposer de cette mise à jour le peuvent et ainsi se mettre en « mode fantôme », rendant la localisation de l’utilisateur invisible aux yeux de ceux qui utilisent la SnapMap. Pour ce faire, il suffit d’ouvrir les Réglages et de cliquer sur l’option « Mode Fantôme » ou Ghost Mode.

Snapchat a tenu à rassurer ses abonnés en précisant que le data de la localisation disparaissait après une courte période. En effet, une localisation d’un utilisateur de la Map ne peut-être retenue que pour 8 heures d’affilée si celui-ci n’ouvre pas l’application au cours de cette période. Si 8 heures s’écoulent sans activité sur Snapchat de la part de l’utilisateur, sa géolocalisation disparait complètement de la carte.

Entre FYI et FBI

La frontière est fine entre le divertissement et la surveillance. Sur les réseaux sociaux on affiche nos opinions, on partage nos intérêts, on précise nos déplacements, autant d’informations sont offertes aux yeux de n’importe qui. Alors dans quel monde vit-on : celui de la surveillance des réseaux ou celui des réseaux de surveillance ?

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De nouvelles perspectives autochtones à McGill http://www.delitfrancais.com/2017/06/26/de-nouvelles-perspectives-autochtones-a-mcgill/ Mon, 26 Jun 2017 13:06:55 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28842  

«L’approche du deux-centième anniversaire de McGill offre une importante occasion pour réfléchir au passé de notre université ainsi qu’à son avenir. Comme le pointe la Commission de vérité et de réconciliation du Canada, la réconciliation doit commencer avec la vérité. McGill doit promouvoir une complète vérité à propos de ses relations historiques et contemporaines avec les Premières Nations, les Métis et les Inuits pour contribuer de manière significative aux objectifs de réconciliation» peut-on lire dès les premières pages du récent rapport du Groupe de travail sur les études et l’éducation autochtones de McGill. Le rapport se concentre sur deux thèmes centraux: la reconnaissance de l’histoire, de la présence contemporaine et des modes d’apprentissage autochtones, et la réconciliation. Pour y arriver, les membres du groupe ont tenu de nombreuses discussions avec les gens concernés, discussions qui ont suscité un vif enthousiasme à travers le campus. De ces entretiens sont ressortis cinq grands axes, sous lesquels se rejoignent divers points. Ces derniers sont classés sur une échelle d’échéance: court terme (1-2 ans), moyen terme (2-5 ans) ou long terme (plus de 5 ans).

Tout d’abord, les initiatives autochtones doivent être plus visibles et reconnues sur le campus. «L’indigénéité doit être intégrée dans toutes les facettes de la vie universitaire: l’enseignement et l’apprentissage, le développement des cursus, la gestion, la vie étudiante, le recrutement et le développement des facultés, les ressources humaines, l’espace sur le campus et son organisation, les recherches et les innovations.» Le groupe propose, entre autres, d’offrir des résidences pour des conseillers ou des artistes autochtones ainsi que d’établir un fond dédié à l’achat d’art spécifique.

Le rapport fait aussi état de la nécessité de reconnaissance des territoires ancestraux sur lesquels sont établis les campus de l’Université McGill. Ceci, associé à des efforts de recrutement, rendront «McGill un endroit accueillant, hospitalier et attentionné pour les peuples autochtones». Cette reconnaissance devrait aussi passer par la création de lieux dans lesquels les étudiants se sentiraient à l’aise.

Pour augmenter et faciliter le recrutement, McGill doit se prévaloir de systèmes s’adressant plus spécifiquement aux étudiants des milieux autochtones. Des demandes de bourses particulières, une prolongation du temps alloué pour compléter son baccalauréat et le transfert de crédits d’études de collèges ontariens ne sont que quelques cibles visées par ce rapport.

«Les efforts devront permettre aux étudiants de se reconnaître dans l’université et que leurs expériences se reflètent dans le personnel, le campus et son environnement, les approches d’enseignement, d’apprentissage et de recherche.» L’embauche de personnel de ces milieux sociaux est dans la ligne de mire du programme. Ceci inclut un processus de recrutement qui résonne avec les potentiels candidats autochtones. McGill tentera également de s’assurer que le corps étudiant et le personnel soient bien informés au sujet des problématiques, des réalités et des cultures autochtones environnantes.

Le rapport propose finalement de mieux encadrer les enfants de ces milieux pour que ceux-ci se sentent préparé·e·s et confiant·e·s par rapport à leur entrée dans le milieu universitaire. Cet encadrement devra aussi se poursuivre pendant et après leur passage à l’université, de sorte à «confronter et dépasser les expériences d’isolation et d’aliénation, ainsi que bâtir une communauté à McGill qui cultivera un sentiment d’appartenance et de citoyenneté parmi les étudiants autochtones de l’université».

 

Le rapport complet est disponible ici.

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L’art contemporain débarque à McGill (il y a même un loup) http://www.delitfrancais.com/2017/06/23/lart-contemporain-debarque-a-mcgill-il-y-a-meme-un-loup/ Fri, 23 Jun 2017 20:43:57 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28821 Depuis quelques semaines, des installations artistiques décorent le campus de McGill. Ces installations, ainsi que plusieurs autres, ornent le parterre de l’université McGill. Elles font partie de l’exposition d’art public «La balade de la paix», qui célèbre les valeurs humanistes et de paix en intégrant des œuvres d’un peu partout dans le monde. Cette exposition se tient jusqu’au 29 octobre, débutant au coin Sherbrooke et Mackay et se terminant au coin Sherbrooke et Robert-Bourassa.

Fautes de plaques officielles décrivant chacune de celles-ci, je me permets d’en faire ici ma propre interprétation.

Avertissement: j’ai déjà gagné le concours de dessin de mon salon de coiffure.

Winter is Coming

Joe Fafard, Mahihkan, 2015.

Nous ne sommes pas les seuls à attendre la nouvelle saison de Game Of Thrones. Avec cette immense statue en bronze peint, le campus de McGill annonce fièrement ses couleurs dans la guerre pour Westeros. Et d’après mes recherches, il semblerait bien que l’artiste s’est inspiré de Grey Wind, le loup de Robb Stark. Espérons qu’aucun nouveau du frosh n’aura à porter la tête de la statue sur ses épaules !

 

Ma vie pixelisée

Jonathan Borofsky, Structures humaines, 2010.

Peut-être étiez vous parmi les fervents à faire la file devant un EB Games l’automne dernier pour obtenir votre Nintendo Entertainment System (NES) mini. Si, comme moi, vous n’avez pas réussi à mettre votre main sur l’une de ces consoles de notre enfance, ne vous en faites pas. Vous pourrez toujours consoler votre mélancolie d’un univers 8-bit avec cette installation. Casquette rouge, salopette et moustache non inclus.

 

Des quadriceps de feu

Wang Shugang, L’Assemblée, 2007.

Pour réduire les dépressions reliées aux études, l’université McGill a investi dans une série de memes grandeur nature. Le premier de ce catalogue, les squatting slavs. Ces huit figures portent des survêtements de la couleur de l’université, faute d’une commandite d’Adidas. La position ouverte des mains encourage d’ailleurs l’étudiant modèle à faire un don de vodka à ces idoles memetiques. L’arrangement floral devant le Arts sera, quant à lui, refait pour représenter Pepe la grenouille.

 

Vous avais-je dit que j’ai manqué tous mes cours d’histoire de l’art, préférant boire au Gerts ?

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Trois villes, un questionnement http://www.delitfrancais.com/2017/06/23/trois-villes-un-questionnement/ Fri, 23 Jun 2017 20:41:26 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28831 Depuis quelques années, la question de l’immigration est devenue l’une des priorités des milieux politiques. En Europe, l’arrivée massive de réfugié·e·s, la plupart fuyant la guerre de Syrie, a entraîné une véritable crise dans la gestion et l’intégration de ces hommes et femmes venu·e·s trouver refuge dans l’Union européenne. Cependant, d’autres pays, comme le Canada et l’Argentine, ont accepté d’accueillir des réfugié·e·s.

C’est dans cette ambiance chargée de questionnements que la fondation Friedrich Ebert a organisé une discussion entre le maire de Montréal, Denis Coderre, le chef du gouvernement de la ville de Buenos Aires, Horacio Rodriguez Larreta, et le bourgmestre régnant de Berlin, Michael Müller. Cette conférence publique, intitulée «Le développement social et économique des métropoles par l’intégration réussie des immigrants», s’est déroulée à McGill le 19 juin, sous la modération de la professeure de droit Angela Campbell.

Le maire Denis Coderre a commencé sa présentation en décrivant une distinction qui lui semble pertinente dans le domaine de l’immigration: celle en Europe serait liée à un mouvement temporaire, alors qu’au Canada cela serait plutôt dans le but de s’installer et de refaire leur vie. En ce sens, le maire s’est félicité d’avoir implanté un agenda de vigilance promouvant des infrastructures de prévention de la radicalisation ainsi qu’un Observatoire international des maires sur le vivre-ensemble. Le statut de Montréal comme métropole, en voie d’obtention avec le projet de loi 121, devrait aussi faciliter l’intégration d’immigrants.

Les trois figures politiques se sont entendues sur le besoin de reconnaissance des diplômes dans leur pays d’accueil. Le bourgmestre de Berlin a aussi fait valoir qu’il fallait aussi s’attaquer à la situation inverse: de nombreux réfugiés ne possèdent pas de qualifications professionnelles particulières. Michael Müller a soulevé ce problème en expliquant qu’il faudrait un programme spécialisé pour ces individus, en partenariat avec des entreprises. Pour sa part, Horacio Rodriguez Larreta à détailler le désir de son gouvernement d’offrir des services plus appropriés aux commerces en les officialisant. Il ne considérait pas que l’intégration d’immigrants dans le milieu du travail proposait un réel enjeu en Argentine.

Sur la question de la discrimination en milieu de travail, Horacio Rodriguez Larreta et Michael Müller ont déclaré que les lois anti-discriminations mises en place dans leur pays respectif jouent un rôle important dans la réduction de ce problème. Müller a aussi fait valoir un projet de candidature anonyme. Pour sa part, Denis Coderre a évoqué le Bureau d’intégration des nouveaux arrivants à Montréal (BINAM) et son but, de faciliter l’intégration sociale et économique des immigrants.

En réponse aux actes terroristes et l’influence que ceux-ci peuvent avoir avec l’immigration, les trois maires se sont fait rassurants. La prévention et le dialogue constituaient leurs points de vue sur le sujet. De plus, ils condamnaient tous la montée du populisme ambiant, quoique le maire de Buenos Aires ne semblait pas considérer que sa capitale était affectée par les mouvements nationalistes.

Le présent événement fut l’occasion pour ces trois maires de défendre leur bilan et leurs initiatives. En se prononçant chacun sur leurs politiques, ils n’ont néanmoins pas interagi entre eux ou réfléchit collectivement aux problèmes, optant plutôt pour un rapport unilatéral avec le public. En l’absence de réfugié·e·s pour confirmer ou infirmer ces propos, il semble difficile de se prononcer sur les effets réels de ces pratiques gouvernementales.

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Un loyer, mais à quel prix? http://www.delitfrancais.com/2017/06/23/un-loyer-mais-a-quel-prix/ Fri, 23 Jun 2017 20:34:46 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28833 Avec le 1er juillet qui approche, nous sommes nombreux à déménager dans un nouvel appartement. C’est aussi l’occasion pour de nombreux propriétaires de modifier les prix de leurs logements, profitant du changement de locataires pour les monter. Afin de diminuer ces éventuels abus, un organisme à but non-lucratif a lancé le projet monloyer.quebec.

«Le site permet de répondre à une question principale: combien coûte réellement un logement dans mon quartier?» explique Luis Nobres, l’un des instigateurs du projet. «Notre but est de permettre au locataire de faire des choix éclairés en matière de logement, mais aussi de faire avancer l’état des connaissances au bénéfice de tout le monde» continue son collègue Julien Fortier. Pour y arriver, le site propose aux utilisateurs d’enregistrer le coût mensuel de leur logement, auquel ils peuvent ajouter des détails comme les frais d’électricité et de gaz, le droit aux animaux et l’ameublement fourni.

Avec l’aide de la coopérative numérique Caravan, les fondateurs de monloyer.quebec ont créé une carte interactive sur laquelle apparaissent des points bleus. En cliquant sur ceux-ci, des informations spécifiques concernant le logement sélectionné et des statistiques générales s’ouvrent à l’écran. «Nous voulions une plateforme simple et ludique pour que des utilisateurs de toutes les générations puissent consulter des logements sans difficulté.»

Rappelons qu’à Montréal, plus du tiers des ménages consacre au moins 30% de leurs revenus à se loger. «Comment se fait-il qu’on puisse comparer les prix d’à peu près tous les produits, sauf la dépense la plus importante — et qui est récurrente chaque mois» explique Nobres. C’est afin de répondre à ce manque de transparence dans le milieu immobilier que ce site fut conçu. À noter qu’avec la Régie du logement, il est présentement possible de renégocier un bail dans les dix jours suivant l’installation dans un nouveau logement si le locataire se rend compte que son loyer est trop élevé.

Hans Brouillette de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) a déclaré que l’archivage et le partage d’informations quant aux coûts du logement étaient illégaux. «Ce site fournit des informations personnelles et confidentielles à propos de nos baux, de nos loyers et de nos revenus» a-t-il dit à CTV. D’autres propriétaires pointent aussi l’impossibilité de s’assurer de la véracité des informations disponibles sur ce site. Les responsables de monloyer.quebec ont déclaré travailler sur une méthode de vérification plus sérieuse que celle présentement en place — seule une adresse courriel valide suffit —, par preuve de bail notamment.

Le rapide succès du site monloyer.quebec laisse néanmoins penser que cette initiative répond à une demande forte dans le milieu du logement. Avec plus de deux mille loyers étaient déjà inscrits, le site pourrait rapidement devenir un incontournable au moment de se chercher un nouvel endroit où vivre.

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De la contestation à bicyclette http://www.delitfrancais.com/2017/06/21/de-la-contestation-a-bicyclette/ Wed, 21 Jun 2017 18:41:48 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28808 Une cinquantaine de cyclistes ont déferlé sur la rue Maisonneuve et les environs vendredi le 9 juin pour manifester contre le Grand Prix. Organisé par Virginie Nanchang et Renaud Poupart, l’événement reprenait le concept de la masse critique, cette rencontre plus ou moins spontanée entre individus voulant manifester à bicyclette pour dénoncer divers problèmes écologiques. «La masse critique rejoint trois groupes: les activistes/écologiques, les cyclistes de tous types et tout ce qui à trait aux dénonciations de l’objectivation des femmes en lien avec la course automobile» dit l’organisatrice, en parlant plus spécifiquement de cette manifestation. Cela se veut aussi une occasion de festivités pour la plupart, qui y voient une rencontre amicale entre passionné·e·s de vélo.

Cette initiative citoyenne s’attaquait au «véritable culte de la voiture, un culte du moteur à essence» que l’on retrouve dans les rencontres automobiles. Avec cette dénonciation précise en tête, les cyclistes plaidaient en faveur d’une réévaluation de cet événement touristique. «Nous sommes en faveur du plaisir du Grand Prix, mais les gens qui sont attirés autour de ces événements ne participent pas d’une conscience écologique» explique Virginie Nanchang. Montréal participe déjà à cette dynamique plus écologique, en organisant cette année une course de formule E (électrique). La ville a toutefois dû débourser des montants de vingt-quatre millions de dollars pour l’événement, comparativement aux autres grandes villes participantes qui n’ont eu aucune dépense.

La masse critique se prononce aussi sur l’exploitation des femmes, qui «sont présentées et utilisées comme un objet de consommation et de promotion dans le cadre du Grand Prix.» Avec l’appui de l’organisme Stella, l’événement se prononce en faveur d’un choix libre et éclairé du travail du sexe: «Il est important qu’il y ait des organismes, des groupes, une discussion autour du fait qu’on doit aider les personnes qui veulent sortir du travail du sexe. Ceux qui veulent y rester, ou ceux qui y sont encore mais qui veulent le quitter, sont aussi des êtres humains qui ont droit au respect.» D’autres organismes ont, quant à eux, dénoncé toute forme d’exploitation sexuelle. L’augmentation de l’offre de ce genre de service coïncide avec le fort nombre de touristes en ville durant ce week-end.

Le dernier point soulevé par l’événement est économique. En effet, les chiffres du Grand Prix seraient gonflés par trois, selon les organisateurs. «En comparant notre événement avec le Grand Prix de Melbourne, qui est de la même ampleur, on remarque que les retombés de Melbourne sont autour de 32,6 millions de dollars, alors que Tourisme Montréal parle de 89,3 millions.» Considérant le nombre important de subventions gouvernementales déposées dans ce projet — une somme totale 219 millions de dollars pour la période 2014-2024, provenant de contributions de divers paliers gouvernementaux et de Tourisme Montréal —, la masse critique cherche à dénoncer ces dépenses faramineuses pour ce seul événement.

Somme tout moins agressif que sa version de l’été 2012, «On va vous l’organiser votre Grand Prix!», la masse critique à vélo du 9 juin 2017 s’est déroulé dans une ambiance festive et contestataire. Les rues prises d’assaut par les cyclistes ont résonnées sous leurs revendications, offrant une vue prenante sur les problèmes entourant le Grand Prix de Montréal.

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Les amants sous le Molotov http://www.delitfrancais.com/2017/06/20/les-amants-sous-le-molotov/ Tue, 20 Jun 2017 14:31:21 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28764 Dans son Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations (1967), le belge Raoul Vaneigem déclare que «ceux qui parlent de révolution et de lutte de classes sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu’il y a de subversif dans l’amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre».

Cinquante ans plus tard, la québécoise Catherine Dorion publie l’essai Les luttes fécondes, dans lequel elle propose de «parler de ce désir qui explose lors des soulèvements populaires ainsi que de celui qui prend feu dans la passion amoureuse, parce que les deux participent d’une chimie très semblable.» Il semblerait bien que le discours de Vaneigem ait rejoint le public québécois post-Printemps érable.

Ainsi, l’intime et le collectif s’unissent tout au long de l’essai. Cette alternance bien maniée dans les exemples et le contenu nous fait comprendre que les deux n’agissent jamais en vase clos; ils sont reliés, enchevêtrés en nous et s’influencent réciproquement. «On n’a pas suffisamment compris que l’instinct politique des gens va aussi profond et est sujet aux mêmes lois psychologiques que leur libido sexuelle. Comme tous les instincts vitaux, il est irrationnel et imperméable aux arguments de la raison», écrit d’ailleurs Arthur Koestler, qui est cité en exergue. Et les pulsions libidinales, ici, se doivent d’être contestataires. En effet, elles ne peuvent s’emprisonner dans le moule arbitraire de la société, sous peine de devenir une corvée: «Si je suis libre et que je suis mes désirs, tu me trouveras plus pleine, plus impressionnante, plus belle. Plus déstabilisante. Tu m’aimeras et me respecteras encore davantage. Pourquoi me demander de rendre les armes et d’abandonner la force que j’ai de te bouleverser?»

Cette conclusion, elle y arrive en développant une analogie avec la révolution cubaine, qui se voulait une libération de l’impérialisme américain avant que Fidel Castro, «par la peur de perdre le pouvoir, de ne pas être à la hauteur de la force du peuple, [préfère] mettre sous clé et exploiter pour lui seul cette force qui l’avait porté au zénith dans une effusion magnifique de désir collectif.» Ce contre-exemple illustre parfaitement le sentiment malsain qui nous pousse à réduire le présent en une série de règles pour s’assurer d’un futur. Sauf qu’une telle relation restera stérile. «L’amour n’est pas là pour rassurer. L’amour met en danger. Une lutte féconde, oui. Sinon, c’est une paix inféconde, une paix obligée qui tient par la contrainte.»

Si l’amour est lutte, le désir lui est révolutionnaire. Et si la politique en est inséparable, elle doit subir une remise en question semblable: «[la politique] a été imaginée pour que notre vie commune puisse devenir un espace de luttes ouvertes et décomplexées, un espace de sincérité. Elle n’a rien à voir avec ces injonctions d’ordre et ces promesses de stabilité, avec ces mensonges que nous répétons en masse».

Les luttes fécondes de Catherine Dorion lie donc deux facettes de notre société sous le thème commun de la révolution. Cet essai se veut ainsi à la fois un plaidoyer pour la libération sexuelle – la vraie, non celle proposée par l’industrie de la pub – et politique, visant à libérer «cette libido que nous avons écrasée sous toutes sortes d’anesthésiants – workaholism, télévision, pilules, Facebook, alcool, magasinage.»

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Les graffiteurs prennent Montréal http://www.delitfrancais.com/2017/06/19/les-graffiteurs-prennent-montreal/ Mon, 19 Jun 2017 17:34:34 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28803 Le boulevard Saint-Laurent a vibré sous les festivités du festival Mural au cours des derniers jours. Cet événement célébrant l’art public et la créativité a transformé la rue en véritable tableau gigantesque. Des artistes graffiteurs locaux et internationaux se sont côtoyés pour faire vivre l’art urbain, offrant une expérience de musée sur près d’un kilomètre et demi.

Charles Gauthier-Ouellette
Charles Gauthier-Ouellette
Charles Gauthier-Ouellette
Charles Gauthier-Ouellette
Charles Gauthier-Ouellette
Charles Gauthier-Ouellette
Charles Gauthier-Ouellette
Charles Gauthier-Ouellette
Charles Gauthier-Ouellette
Charles Gauthier-Ouellette
Charles Gauthier-Ouellette
Charles Gauthier-Ouellette
Charles Gauthier-Ouellette
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Bruxelles à Montréal http://www.delitfrancais.com/2017/06/18/bruxelles-a-montreal/ Sun, 18 Jun 2017 15:16:15 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28777 On le sait déjà, Montréal est le carrefour des artistes francophones en Amérique du Nord. À l’occasion des nombreux festivals qui ont lieu à Montréal au mois de juin, comme le Festival Mural et les Francofolies, ce sont nos compatriotes belges qui sont de passage au Québec. Tout juste un an après leur première performance au Québec en juin 2016, ces artistes représentatifs de cette nouvelle vague du rap belge affirment ainsi leur influence au-delà des frontières de leur royaume.

La venue de plusieurs d’entre eux a été rendue possible grâce à la coordination de la maison de production Smoking Camel, et de l’émission Hip Hop Café radio. 

On y retrouve notamment le duo Caballero et JeanJass, après la sortie de leur dernier projet Double Hélice 2, mais aussi Roméo Elvis et le Motel, ou encore le plus belge des parisiens, Lomepal.

La Poutine, meilleure avec des frites belges?

Tout d’abord, le 9 juin dernier, l’événement « Bruxelles arrive » présentait le duo Caballero et JeanJass partageant la tête d’affiche avec Lomepal. Ces derniers étaient précédés par le rappeur québécois La Hes et le groupe Clay and Friends. Une première partie agréable, bien que tirant relativement sur le long qui a donné naissance à une impatience latente du public. Dès la demie-heure se rapprochant de l’arrivée sur scène de Lomepal, la foule s’est faite plus compacte. L’énergie de celui qu’on peut désigner comme un performer s’est dès lors transmise à la fosse, ne la quittant plus jusqu’à la fermeture de l’établissement. Jean Jass et Caballero ont donc fait leur arrivée devant un public chauffé à blanc, et en ont bien bénéficié. Le public semblait être connaisseur des morceaux du premier et second volet de leur projet « Double Hélice ». Un accueil plaisant et étonnant pour ces derniers, qui ne se produisent que très peu outre atlantique et peuvent aujourd’hui se targuer d’y avoir des fans fidèles.

Ce soir, c’est Roméo Elvis et Le Motel, ainsi que l’Or du Commun qui se produiront dans la même salle. La frite sera t-elle de qualité?

Du rap français au rap francophone

Au programme donc, rap belge, rap québécois, et rap français. Est-ce le début d’un réel dialogue entre les différentes scènes de rap francophones? Dans une entrevue avec le Devoir, Caballero précise « Je pense qu’il y a des parallèles à faire entre la scène rap du Québec et celle de la Belgique» » 

Le duo qu’il forme avec Jean Jass se distingue en effet des grands pans du rap Francais — au sens national du terme. Plus ou moins proches des thèmes abordés par les rappeurs de l’hexagone ( l’argent, le succès, la marijuana en quantité, et les filles), ces derniers l’abordent tout comme Roméo Elvis avec un certain second degré, apportant ainsi leur touche belge. L’accent est réellement mis sur la musicalité et la dimension divertissante du morceau narratif. La langue française est en effet chez certains rappeurs belges mise au service d’un récit: au-delà de leur simple beauté, les rimes ont aussi ici une réelle utilité. A voir, par exemple, le couplet du rappeur Le Dé dans le Grunt 33, spécial bruxelles élaborant sur une sombre altercation finalement amusante entre poissons humanisés.

Cette dimension du rap belge rejoint le travail de certains artistes québécois, à l’image de Dead Obies ou de Fouki, qui usent de la même impression narrative tout en utilisant le slang québécois ou même l’anglais.

Ici, le géant français ne semble plus faire de l’ombre à des jeunes scènes aux talents en expansion.

Pour creuser le sujet, consultez notre édition spéciale rap du 7 Février 2017, en version papier digitalisée,  ou sur notre site internet directement :

http://www.delitfrancais.com/2017/02/07/27543/

http://www.delitfrancais.com/2017/02/08/la-guerre-des-mots/

http://www.delitfrancais.com/2017/02/07/le-rap-cetait-mieux-avant/

http://www.delitfrancais.com/2017/02/07/nouvelle-vague-du-rap-montrealais/

http://www.delitfrancais.com/2017/02/08/comprendre-notre-monde-par-le-rap/

…et beaucoup d’autres!

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Une ouverture tout en crescendo http://www.delitfrancais.com/2017/06/13/une-ouverture-tout-en-crescendo/ Tue, 13 Jun 2017 18:09:05 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28766 L’événement d’ouverture de la 29e édition des FrancoFolies a eu lieu jeudi dernier en soirée, sur la scène Ford.

Première artiste à monter sur scène, Lydia Képinski, gagnante des dernières Francouvertes. Artiste multi-instrumentaliste, elle offrit une prestation dans laquelle se mêla des accents de rock et d’indie. Accompagnée d’un violoniste/claviériste et d’un batteur, elle réussit à capter l’attention d’une foule assez distraite avec ses paroles aux accents poétiques. Lydia Képinski incarne assez bien cette jeunesse passionnée de musique, mais mal à l’aise lors de ses interventions entre les chansons. Heureusement, ce stress disparaît complètement lorsqu’elle chante.

Pierre Kwenders s’est, par la suite, installé sur scène. Mêlant la musique traditionnelle congolaise à l’électro, le chanteur a proposé des rythmes qu’on classifie comme du World 2.0. Même si la foule semblait plus encline à participer, l’ambiance générale restait frigide – malgré la chaleur accablante.

Il a fallu l’arrivée de Dumas pour que les spectateurs se réchauffent. Malgré quelques problèmes techniques, le chanteur et guitariste, accompagné de choristes, d’un bassiste et d’un batteur, a joué succès sur succès pendant son concert. Il mélangea des titres plus dansants, notamment une réinterprétation de Je ne sais pas frôlant le disco, à d’autres plus rock alternatif, comme la célèbre Au gré des saisons. « On va vous apprendre le YMCA de Matane », a lancé le chanteur. Cet effort risible de faire bouger une foule déjà gagnée par la musique a calmé les ardeurs de plusieurs. Si ce n’était de cet écart, le reste de la prestation fut un succès.

Le clou de la soirée fut sans contredit le spectacle des Trois accords. Commençant en force, le groupe a enchainé les titres avec une efficacité surprenante, n’intervenant que sporadiquement avec des blagues biens placées. «Cette chanson porte sur un des sujets qui nous tient le plus à cœur… la géographie», dit le chanteur avant de débuter St-Bruno – et plus tard, de revenir sur la blague pour Saskatchewan. À chaque chanson on entendait une nouvelle clameur du public; naturellement, le public dansait sur ces titres connus. Et je reste encore déstabilisé d’avoir entendue une foule de tous âges entonnée en chœur Je me touche dans le parc.

 

Quelques artistes à (re)découvrir

15 juin : Grunge. Éclaté. Apocalyptique. Si ces mots vous parlent, vous apprécierez la concert de Violett Pi, artiste surprenant qui offrira une performance solo en début de soirée. (La Zone Coors Light)

16 juin : Pour les fans de Jimmy Hunt, Chocolat (un projet parallèle) mérite une écoute attentive. Très difficile de catégoriser ce groupe qui alterne entre le prog, le rock alternatif, le folk et le punk. Une chose est sûre, c’est un plaisir presque culinaire. (Scène Ford)

18 juin : L’événement de clôture sera certainement la cerise sur le sundae. Avec neuf heures de concert, le rap côtoiera l’électro et la pop dans un cocktail sublime. Les Cowboys Fringants, Marie-Pierre Arthur, Safia Nolin, Philippe Brach et plusieurs autres se passeront le flambeau à partir de 15h sur la scène Ford.

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La Bohème héroïque http://www.delitfrancais.com/2017/06/07/la-boheme-heroique/ http://www.delitfrancais.com/2017/06/07/la-boheme-heroique/#respond Wed, 07 Jun 2017 15:30:53 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28755 La Bohème est de ces œuvres où la critique s’accorde rarement avec le public. Opéra écrit par Puccini en 1895, il s’inspire du roman Scènes de la vie de bohème d’Henri Murger: un groupe de jeunes artistes parisiens remplis d’autant d’espoirs que de dettes, se voit balloté entre vie quotidienne de «Bohème» et passions tragiques.

Alliant jeunesse et passion, vie d’artiste et vie parisienne, amour et amitié, — « triple cocktail idéal » — La Bohème est l’un des opéras les plus appréciés du public nord-américain. L’œuvre est si populaire qu’elle fut l’une des inspirations majeures de Baz Lurhmann pour son blockbusterMoulin Rouge.
La critique, à l’inverse, semble généralement agacée par ses représentations tombant souvent dans le «déjà vu» et cette triste facilité à se laisser aller au cliché ou au manque d’émotion.
La dernière production de l’Opéra de Montréal, à la salle Wilfried Pelletier du 20 au 27 mai, réussira-t-elle à être l’exception à la règle?


Critique tapie dans l’ombre

Lors de la répétition générale de La Bohême présentée par l’Opéra de Montréal le 18 mai, le public n’a pas masqué son appréciation habituelle pour Puccini: il a crié à chaque apparition du chef d’orchestre et applaudi bruyamment. Notons que la présence de centaines d’élèves du secondaire en sortie scolaire semble être un facteur important de cet enthousiasme plus propre au Centre Bell qu’à la Salle Wilfried Pelletier…
Qu’en est-il du critique? Est-il tout autant exalté ou cherche-t-il la petite bête là où chacun de ses lecteurs aurait passé un moment magique? Nous dirons qu’il «nuance» — terme précieux qui a malheureusement parfois manqué dans cette représentation.

Une émotion surprenante

On ressort bien de La Bohême bercé, les joues humides, la musique et les dernières paroles flottant encore. La distribution jeune et entièrement canadienne a su livrer une représentation d’une rare émotion. Une intensité qui monte crescendo, inattendue lors d’une répétition générale où les chanteurs auraient pu s’abstenir de chanter à pleine voix.
L’orchestre dirigé par James Meena est impeccable. Le chef a su tenir les notes, sublimer les silences et la distinction des instruments à vent si chers à Puccini, pour accompagner magistralement les chanteurs. Chargé d’émotion sans jamais prendre le devant de la scène, à la manière d’une grande musique de film américain, l’orchestre reste sans doute la force de cette production.

Une équation incomplète…

Il s’agirait d’un véritable sans faute si l’équation qui fait la singularité du chef d’œuvre de Puccini avait été mieux respectée : «passion et vie de bohème». La Bohème a certes tout d’un opéra classique et tragique, mais il dépeint aussi la vie quotidienne de jeunes artistes insouciants et débraillés. C’est de ce contraste entre classique et romantique, permis par l’ironie et le talent, qu’émane le génie de Puccini. Or ici, l’insouciante «Bohème» meurt sous le poids des passions.
Cette absence marque particulièrement le premier acte. Dans leur mansarde, les quatre amis artistes, Rodolfo, Marcello, Colline et Schaunard scandent des vers humoristiques sur cette vie quotidienne dénuée d’argent et de lendemains certains. Les décors ressemblent bien trop aux images Walt Disney des Aristochats pour parvenir à nous plonger dans la réalité poétique de la vie de bohème. «C’est d’un kitch!»

L’interprétation des chanteurs ne parvient pas non plus à transmettre le regard ironique — quasi cynique — de Puccini vis-à-vis des artistes ratés de son temps. Le chant est déjà trop passionnel et sérieux.
Quant au jeu, il plonge dès l’amorce dans la facilité du gag ridicule. Serions-nous dans un vaudeville pour ténors? Car oui, il faut bien parler de «jeu» chez Puccini, où les chanteurs se doivent d’être des acteurs polyvalents et précis pour marquer le contraste entre la musique de virtuose et le texte souvent décalé.
La seule qui se détache alors — et qui continuera de nous impressionner tout au long des deux heures suivantes — c’est la jeune France Bellemare qui interprète Mimi. En voisine frigorifiée qui va chercher de l’aide auprès de Rodolfo resté seul dans la mansarde, elle nous montre déjà une véritable intériorité et une amplitude tant dans la voix que dans la palette de jeu. La soprano, lauréate du Concours musical international de Montréal nous livre un «Mi Chiamano Mimi» qui lance enfin l’opéra sur un rythme et une émotion qui ne cessera de monter lors des autres tableaux.

… mais qui tombe parfaitement juste

À la manière de ces recettes ratées qui parviennent à créer un produit délicieux, La Bohème de l’Opéra de Montréal omet certains ingrédients mais nous livre, par un coup de maître, une des plus belles productions de l’année.
Le second acte, au Café Momus, est un spectacle captivant et joyeux tel un «tableau final», comme l’avait lui-même écrit Puccini. Le troisième acte nous replonge dans la tragédie et la souffrance dans un quatuor d’une justesse exemplaire.
Comme le cycle quotidien de la vie de bohème, pour le quatrième acte les personnages retrouvent leur état initial. L’apogée de l’histoire est passée et la nostalgie prend place. Mimi et Rodolfo se souviennent de leur première rencontre alors que Mimi, malade, est à l’article de la mort. «Sono andati» chantent-ils dans un duo qui captive le public et transforme cette production en chef d’œuvre.
L’intensité et l’émotion de la partition sont démultipliées par une interprétation d’une rare beauté. Luc Robert, ténor du prestigieux Metropolitan Opera de New York nous démontre son talent par sa voix grave, homogène et sonore.
L’effet est quasi automatique: cette larme, signe d’un opéra réussi, ne cesse d’en appeler d’autres à couler jusqu’à la commissure de nos lèvres. Mimi meurt, Rodolfo crie son nom; la salle entière sort de cette hypnose magnifique qu’est le dernier acte. On est abasourdis, vidés, jeunes et romantiques.

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«Démocratiser le côté caché de la restauration» http://www.delitfrancais.com/2017/06/06/democratiser-le-cote-cache-de-la-restauration/ Tue, 06 Jun 2017 14:33:55 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28749 Situé à un jet de pierre du signe lumineux d’Hochelaga, côté ouest, le café Rond-point ouvrait ses portes le vendredi 2 juin. Du café sous toutes ses déclinaisons, servi dans des tasses typiques aux vaisseliers de nos grand-mères, se jumelle à des grilled-cheese à bas prix. «On décline le grilled-cheese de plusieurs façons», proposant un style qui se rapproche de la cuisine fusion. Des options végétaliennes et sans gluten se retrouvent aussi sur le menu, de sorte que tou·te·s peuvent y trouver le repas approprié.

Installé dans le local de l’ancien café Bobby McGee, le Rond-point est le résultat d’efforts continus de ses trois membres fondatrices, Chanel, Héloïse et Caroline. «On a bien réfléchi, on a pris du temps pour rêver à ce projet. On aimait le décor de l’ancien café, la façon dont il était divisé et l’emplacement. Quand il a été mis en vente, ça a propulsé notre rêve».

Le café Rond-point propose une ambiance salon, avec ses divans et une aire de jeux pour enfants. Des jeux de société sont aussi mis à la disponibilité de tous. Les grandes aires vitrées à l’avant, avec vue sur la rue Ontario et l’impressionnante église en face, offrent un joli contrepoint aux luminaires rustiques qui illuminent l’intérieur. Désormais un classique des cafés hip, les murs sont truffés de peintures, qui agrémentent bien le look.

En entrant, un tableau mensuel où sont épinglés divers événements mensuels surplombe un piano droit. «On collabore avec des organismes communautaires du quartier. On veut partager les savoirs, abolir les préjugés». Au menu, des soirées en partenariat avec des organismes communautaires du quartier, des ateliers culturels et, éventuellement, des soirées musicales.

Le modèle financier de ce café le distingue de ses compétiteurs. En effet, il suit le modèle de l’autogestion. «Nous ne voulions pas hiérarchiser les positions, pour que tout le monde puisse prendre part dans les tâches du café et dans celles de gestion». Les décisions sont donc prises aux suites d’une réflexion collective des enjeux, assurant une transparence et légitimant les actions entreprises. «Cela permet d’avoir une vision réelle du travail. Un jour, on peut faire la vaisselle et, le suivant, s’impliquer dans la comptabilité. C’est plus facile dans la gestion des tâches, tout en participant à l’esprit d’équipe».

Un tel concept existe déjà dans d’autres commerces montréalais, dont le café coop Touski, qui existe depuis 2003. Pourtant, il est difficile de percer dans le milieu: «La restauration est un milieu qui fait peur aux investisseurs, surtout à Montréal. Il a fallu qu’on se distingue dès le début.» C’est que le concept de coopérative fait peur aux investisseur·se·s, car il implique une séparation de la responsabilité entre plusieurs membres, considéré·e·s comme une entité morale au sens économique, plutôt qu’à un·e seul·e investisseur·se. Heureusement, les membres du café Rond-point assurent qu’elles visent la pérennité avec leur projet, le considérant comme la réalisation d’un rêve de plusieurs années.

 

Le café Rond-point est situé au 3213 rue Ontario Est, Montréal.

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Le neuvième art en fête http://www.delitfrancais.com/2017/06/05/le-neuvieme-art-en-fete/ Mon, 05 Jun 2017 18:14:47 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28732 Tout au long du mois de mai, les bibliothèques montréalaises offraient des activités pour fêter le mois de la bande dessinée. À l’honneur cette année, la bande dessinée historique. Des bédéistes comme Jean-Paul Eid, connu entre autres pour sa sublime La femme aux cartes postales (qui tourne autour des clubs de jazz des années 50), discutèrent de l’importance de la bande dessinée dans le milieu québécois.

Au cours de la fin de semaine dernière eut lieu le Festival de la BD de Montréal (FBDM), événement conjoint aux autres festivités où se rejoignirent pour une sixième année de nombreux exposants au parc Lafontaine. Ce fut l’occasion de partager leur passion du neuvième art avec un large public à travers des ateliers, des quizz et des conversations avec des auteurs. Ce fut aussi l’occasion pour différents membres du milieu (artistique, éditorial, professoral, événementiel) de discuter des divers enjeux de la bande dessinée québécoise. Bonne nouvelle, la BD québécoise se porte magnifiquement bien!

 

Comment se définit la bande dessinée québécoise?

La bande dessinée québécoise apparaît avant tout comme une bande dessinée d’auteur·e, marquée par une touche personnelle. On retrouve assez peu de franchises, sur le modèle américain DC ou Marvel, alors que foisonnent les œuvres hétéroclites aux sujets tout aussi variés. Comme le thème de cette année est la bande dessinée historique, ne nommons que La petite patrie (qui reprend la télésérie de Claude Jasmin), de Julie Rocheleau, le très récent Lénine de Denis Rodier et Louis Riel, de Chester Brown.

Le neuvième art est encore jeune au Québec, ne possédant pas de tradition aussi forte que la Belgique (Tintin) ou la France (Astérix). Plutôt qu’un mal, les bédéistes québécois perçoivent cette faible filiation d’un point de vue libérateur: ils n’ont pas de cadre préétabli par le milieu à respecter. Cela se traduit par une grande exploration des limites éditoriales, dont l’un des meilleurs exemples se trouve dans Le fond du trou, de Jean-Paul Eid. Dans cette œuvre atypique, le bédéiste s’est contraint à dessiner chaque planche en prenant en compte qu’un trou traverserait littéralement la page. Le résultat: une histoire rocambolesque où chaque page joue avec la matérialité du livre.

Sur le plan financier, la bande dessinée québécoise produit un véritable engouement dans la province. Les tirages se chiffrent régulièrement entre deux mille et cinq mille copies par titre, ce qui nous rapproche de nos cousins français (qui environnent les cinq à dix mille copies) alors que notre bassin de population est pourtant presque dix fois inférieur. Parmi les plus grands vendeurs québécois, la série Paul de Michel Rabagliati, qui raconte différentes tranches de vie avec une simplicité et une beauté touchantes, s’est vendue à plus d’un demi-million de copies. Les bibliothèques recensent aussi une augmentation palpable des prêts d’oeuvres issues de ce médium, qui constituent aujourd’hui environ 13% des titres empruntés.

 

Y a-t-il une place pour la bande dessinée anglophone dans le milieu québécois?

Principalement concentrée à Montréal, la bande dessinée anglophone est déjà bien ancrée dans le milieu québécois. La librairie Drawn & Quarterly en est certainement l’exemple le plus probant.

Quoique la plupart des bandes dessinées anglophones vendues au Québec proviennent des Etats-Unis ou du Canada anglais, certains auteurs québécois publient dans les deux langues. C’est le cas de Michel Hellman qui, après avoir publié Iceberg et Mile End en français, lance Nunavik en version originale anglaise.

Chez les éditeurs, on remarque aussi un intérêt de plus en plus important pour la traduction d’œuvres, que ce soit du français vers l’anglais (l’incontournable Coquelicots d’Irak de Brigitte Findakly et Lewis Trondheim sortira en anglais en septembre) ou l’inverse (le nouvellement traduit Titan de François Vigneault). Ce phénomène reste, quoiqu’en hausse, encore marginal et symbolique plutôt que financier.

 

Le numérique est-il en voie de remplacer le format papier?

Le constat qui ressort de la discussion est simple: non. Il s’agit d’un non-marché, c’est-à-dire que les ventes aux particuliers n’existent presque pas, dans sa transposition directe du moins. Des projets comme Tout garni, de la maison d’édition La Pastèque, cherchent à donner vie à la bande dessinée numérique en réfléchissant au médium autrement. Le but visé: opter pour l’interactivité propre aux nouvelles technologies pour inclure le lecteur dans l’histoire.

L’option de la bande dessinée pour téléphone, très populaire en Orient, mérite d’être envisagée au Québec. Cette forme, qui consiste en une suite de vignettes présentées verticalement (pour faciliter le défilement), s’est développée ailleurs dans le monde par moyen de micro-abonnement; en échange d’un montant mensuel fixe, les usagers reçoivent quotidiennement du contenu exclusif.

Il est aussi à noter que le festival de bande dessinée d’Angoulème a récemment créé un prix pour la meilleure création numérique.

 

Avec des festivals de plus en plus importants au Québec, le neuvième art s’intègre lentement dans notre quotidien. La bande dessinée québécoise reste le fruit d’un travail de passionné·e·s, empreint d’une touche bien personnelle la distinguant de ses contemporains français ou américains, qui mérite d’être explorée!

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