Le Délit http://www.delitfrancais.com Le seul journal francophone de l'Université McGill Sat, 25 Mar 2017 20:37:00 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.7.3 Le nouveau visage de l’indépendance http://www.delitfrancais.com/2017/03/22/le-nouveau-visage-de-lindependance/ Thu, 23 Mar 2017 00:04:50 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28289 Élue comme chef du Bloc Québécois, sans opposition, ce samedi lors d’un rassemblement à Montréal, Martine Ouellet est la première femme à obtenir ce poste. Avant son arrivée, le Bloc était aux mains de Rhéal Fortin, qui assurait la chefferie par intérim, suite à la démission de Gilles Duceppe le 22 octobre 2015, qui avait repris les rênes du parti dans le but de solidifier sa place lors des élections fédérales. Bien que son rôle à la tête du Bloc ne fasse que commencer, Mme Ouellet est déjà bien ancrée dans le paysage politique québécois, puisqu’elle a été ministre des ressources naturelles dans le gouvernement provincial de Pauline Marois entre 2012 et 2014, en plus des fonctions de députée qu’elle occupe depuis 2010.

Quels sont les enjeux?

Comme le chef du Bloc Québécois précédent avait démissionné, il était important d’organiser des élections pour consolider l’avenir du parti. Or, de nombreux désaccords surgirent autour de ces élections. Certains disent que son élection ne traduit pas réellement une légitimité populaire. En effet, Martine Ouellet, en plus de son nouveau rôle au sein du Bloc, représente la circonscription de Vachon à l’Assemblée nationale. Or, M. Duceppe n’était pas favorable à ce qu’elle exerce les deux fonctions. De plus, ces élections ont été précipitées, favorisant ainsi l’ascension de Martine Ouellet. Par ailleurs, son adversaire dans cette course, Félix Pinel, s’est retiré de la course avant la ronde finale, libérant complètement la voie à la députée. Cet accès au pouvoir semble un peu trop aisé pour certains. Est-ce que cette situation pourrait nuire à l’allure du Bloc Québécois? Est-ce que la nouvelle cheffe du parti sera en mesure de s’occuper à la fois des enjeux du Québec et de ceux du Bloc? Même si son ascension a pu sembler plutôt aisée, elle ne peut pas se permettre de s’asseoir sur son trône sans rien faire. Il est indispensable qu’elle gagne la confiance de ses partisans en tant que cheffe du parti, tout en affirmant son rôle au Parlement.

Que peut-elle apporter au parti?

En bonne indépendantiste, son but principal est maintenant de défendre les intérêts des Québécois, en tant que nation. Son principal champ d’action semble être son engagement très prononcé contre le projet Oléoduc Énergie Est, qui, selon elle, est une menace importante par rapport à l’eau potable du Québec. Dans l’intérêt du confort de la population, ce problème doit donc être résolu au plus vite. Aussi, il est indispensable de restaurer la prestance de la province, en tant que région ouverte sur le monde, qui mériterait d’être considérée comme un pays à part entière. Pour ce faire, il faut montrer que le parti est fort. Pour cela, elle est prête à tenir tête aux fédéralistes. Il sera donc important pour elle d’unifier le Bloc Québécois si elle espère se faire entendre. Il faut aussi considérer l’importance de l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain, ndlr) au Québec: est-ce que les renégociations concernent uniquement le Canada? Il est important de donner une voix à la province lors de la prise de décision d’une telle envergure. Ce genre de consultation lui permettrait de consolider sa place sur la scène internationale.

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Désormais, le ciel n’est plus proche (seulement moi) http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/desormais-le-ciel-nest-plus-proche-seulement-moi/ Tue, 21 Mar 2017 16:20:59 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28269 Désormais, le ciel n’est plus proche (seulement moi)  2016, Huile sur Toile, 27 x 60″ et 27 x 27″

– Par Alejandra Morales

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Entre journalisme et urbanisme http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/entre-journalisme-et-urbanisme/ Tue, 21 Mar 2017 13:40:02 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28272 Chroniqueur à La Presse, journaliste spécialiste des affaires urbaines, municipales et environmentales, François Cardinal a toujours nourri une forte passion à l’égard de la ville de Montréal. Chroniqueur engagé à la Première chaîne de Radio-Canada et lauréat du Prix de la présidence pour les médias et l’architecture de l’Institut royal d’architecture du Canada en 2015, François Cardinal est aussi l’auteur de nombreux livresdont Le Mythe du Québec vert et Perdus sans la nature. Enfin, François Cardinal s’est vu décerner le prix Blanche Lemco van Ginkel, par l’Ordre des urbanistes du Québec pour sa contribution significative lors des débats sur les enjeux urbains. Rencontre avec un journaliste engagé.


Le Délit (LD): Quel lien faites-vous entre le journalisme et l’urbanisme?

François Cardinal (FC): C’est un lien de vulgarisation. Le journalisme est le canal par lequel un sujet aussi pointu que l’urbanisme peut être compris par le grand public. En soi, le simple mot «urbanisme» ne dit pas grand chose au commun des mortels. Le journaliste, avec des mots qui lui sont propres et qui ne sont pas ceux des urbanistes ou des spécialistes de la chose, doit expliquer ce qu’est la ville, en quoi son développement est important pour chacun, en quoi ça concerne les non-initiés, en quoi ça nous touche au jour le jour, etc. Le journalisme est le meilleur vecteur pour faire comprendre l’urbanisme et son importance.

LD: Est-ce-que c’est un sujet dont on parle assez dans la presse québécoise aujourd’hui?

FC: Non pas du tout. Contrairement à d’autres pays, il n’y a pas ici de culture d’architecture et d’urbanisme. Il y a un réveil récent d’appétit et d’intérêt pour l’urbanisme et les questions urbaines, mais malheureusement, les journalistes et les médias n’ont parlé de la chose urbaine que par l’entremise de la politique municipale. En regardant l’enjeu par le plus petit côté de la lorgnette, on fait en sorte qu’on n’intéresse pas les lecteurs par le sujet.

Le journalisme est le meilleur vecteur pour faire comprendre l’urbanisme et son importance.

Contrairement aux anglo-saxons, même ici au Québec, on n’a jamais développé cet intérêt pour la chose urbaine. On n’a pas non plus d’intérêt pour la communauté dans le sens anglais du terme, the community. On a malheureusement comme un bras de distance avec ces sujets là. Le résultat en est que très peu de journaux au Québec parlent d’urbanisme.

LD: Est-ce qu’il y a une architecture propre à Montréal?

FC: Historiquement, oui. Il y a une architecture, si l’on regarde par exemple les triplexes du plateau avec les escaliers à l’extérieur. Il y a une architecture vernaculaire, quand on regarde le vieux Montréal aussi, avec les pierres grises qui sont utilisées dans les vieux bâtiments… Il y a là une architecture typique de Montréal.

Malheureusement, ça s’est perdu en chemin. On a simplement embarqué dans le courant d’architecture et d’urbanisme nord américain au fil des ans, de telle sorte qu’aujourd’hui, à part exception, on ne peut distinguer l’architecture moderne de Montréal de celle des autres villes d’Amérique.

LD: Pourquoi?

FC: Simplement parce que le Québec, contrairement à ce qu’on aime se faire croire, est davantage nord-américain qu’européen. On est un territoire nord-américain où on parle français. Il y a évidemment des différences culturelles importantes avec le reste du continent, mais pour ce qui est du développement d’infrastructures, de l’urbanisme, d’architecture, nos habitudes de conduite, notre penchant pour la voiture… Tout ça est ancré dans une culture nord-américaine solide. Tout ceux qui prétendent qu’on a un caractère latin se trompent complètement. C’est tout à fait faux.

Notre architecture est un résultat de ce que nous sommes profondément, c’est à dire des nord-américains qui parlons français.

LD: Il y a un an, vous avez écrit  dans une chronique que la ville est sexiste car la majorité du nom des rues étaient masculins, peut-on étendre ça pour dire que la ville n’est pas multiculturelle et ne représente pas ses habitants?

FC: Je ne veux pas prendre la question de manière trop large, mais si on regarde seulement la toponymie oui c’est vrai qu’il y a tout un pan de la population qui est complètement oublié, les femmes sont sous-représentées dans la toponymie même si on considère que dans le passé, il y a eu des habitudes qui ont fait en sorte que les hommes ont été davantage mis en avant dans la toponymie. Quand on voit aujourd’hui les décisions qui se prennent encore on est loin de réparer cette lacune là.

Regardez la dernière décision de toponymie de remplacer le nom de Crémazie pour la circonscription avec celui de Maurice Richard. Ce qu’on fait c’est donner un autre nom d’homme pour remplacer un nom d’homme. On n’a pas de volonté collective de redonner de place aux femmes qui ont fait la ville, à Montréal plus qu’ailleurs vu que les deux co-fondateurs de Montréal sont un homme et une femme.

LD: Donc ce qui est important c’est que la ville soit à l’image de ces habitants?

FC: Oui tout à fait, il faut que la ville soit à l’image de ses citoyens, il faut que la ville soit aussi représentative, qu’adaptée à ses habitants.

LD: Quels sont les défis selon vous pour Montréal dans les années à venir en général?

FC: Je pense que le premier défi étant une mobilité, c’est vraiment le talon d’Achille de Montréal la mobilité, voyez juste l’exemple de la tempête de l’autoroute treize. Mais il est évident qu’aujourd’hui le plus grand défi de Montréal est de circuler plus facilement en ville, en auto, on le voit bien mais aussi en transports en commun.

Le réseau du métro, notamment la ligne orange est saturée aux heures de pointes. Les autobus sont pris dans le trafic car il n’y a pas assez de voies réservées. Le réseau cyclable avance à pas de tortue et les piétons sont mieux servis à Montréal qu’ailleurs en Amérique du Nord mais sont pas encore servis comme ils devraient l’être car il n’y a pas de signalisation lumineuses pour les piétons pour rappeler la priorité dans plus de la moitié des intersections de Montréal.

Ensuite, il y a évidement plein d’autres défis, le simple fait de s’intéresser d’avantage à l’architecture de mettre de côté les soumissionnaires qui font des dégâts monstres à Montréal, l’architecture scolaire qui fait défaut, il y a plein d’autres défis mais tant que la mobilité on ne s’y attaque pas de manière assez importante, tout le reste va être secondaire.

Le fait de décider que (Montréal) est une ville «refuge» officiellement, c’est surtout un geste symbolique et politique.

LD: Dans ce qui est secondaire, diriez-vous que c’est important d’avoir une ville verte?

FC: Oui, je pense que oui, mais la ville verte ça peut être une intention, ça peut être un objectif, ça peut être un des critères dans notre réflexion sur la mobilité par exemple, dans notre réflexion sur l’architecture. Mais ce n’est pas un défi en soi. Le défi c’est de profiter des occasions qui vont se présenter dans les prochaines années ou décennies et se faisant de faire de Montréal une ville verte.

Quand vous choisissez d’améliorer la mobilité en voiture à Montréal, ça ne veut pas simplement dire  rendre plus fluide le déplacement des voitures. Ça veut aussi dire de mettre l’accent sur l’auto-partage, l’auto en libre service et ces compagnies là, de leur donner de plus en plus de place, de plus en plus d’infrastructures pour faire en sorte que les gens changent d’eux-même leurs habitudes de conduite.

LD: Récemment, on a qualifié Montréal de «ville refuge». Quel est le rôle politique d’une métropole comme Montréal?

FC: Dans le cas que vous me citez de la «ville refuge», je pense que c’est davantage un geste politique qu’autre chose, puisque Montréal est déjà une ville accueillante. C’est ici que les l’écrasante majorité des immigrants, des demandeurs d’asile ou des réfugiés se retrouvent. Le fait de décider qu’elle est une ville «refuge» officiellement, c’est surtout un geste symbolique et politique.

Il n’en est pas moins important pour autant. C’est en posant ce genre de gestes qu’on en vient à avoir une ville ouverte. Pour moi c’est une confirmation de ce qu’est déjà la ville, mais ça consolide aussi le rôle de ville accueillante et inclusive. 

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Falaise souple http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/falaise-souple/ Tue, 21 Mar 2017 13:30:22 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28267 Falaise souple
courbes étranglées

la chute fige l’étendue
sans étendre sa démesure

Avalanche corporelle

il ruisselait
vers ce monstrueux abris

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Je viens d’un monde en charbon http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/je-viens-dun-monde-en-charbon/ Tue, 21 Mar 2017 13:29:25 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28263 Je viens d’un monde en charbon
Où les murs ont froid
Il n’enrobe que les mirages
Les étreintes presque soumises ne sont qu’élixirs qui les étranglent
Statues fanées
Où le plâtre ne se verra que décor
Où l’on épouse les cintres de la raison
Qui pendent comme un corps encore chaud

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Récit d’échange, sur les planches http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/recit-dechange-sur-les-planches/ Tue, 21 Mar 2017 13:28:37 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28262 À l’âge de 21 ans, Nia Evans, étudiante en échange du Pays de Galles, est devenue metteuse en scène d’une pièce de théâtre majeure. The Original de Daniel Galef, une comédie musicale atypique, qui va être présentée pendant le festival de Théâtre de McGill (McGill Drama Festival, ndlr) à la fin du mois de mars. Evans nous parle de ses difficultés, ses expériences et son amour pour la scène qu’elle a découvert en faisant son premier pas dans le monde du théâtre.


LD (Le Délit): Les gens étaient-ils réticents à t’accepter comme metteuse en scène, étant donné que tu n’as pas beaucoup d’expérience et que tu viens d’ailleurs?

NE (Nia Evans): Non, en fait, mon accent gallois m’aide beaucoup à me faire entendre. L’équipe aime bien mon accent, ça me donne une impression d’autorité et je crois que ça les alarme un peu (rire)! Je ne pense pas que le manque d’expérience m’empêche non plus. Je n’étais pas contrainte par les coutumes et traditions du théâtre, ce qui m’a beaucoup aidé avec cette comédie musicale qui est très absurde, pleine d’improvisation et profondément drôle.

LD: Je suis quand même étonné qu’une étudiante en échange arrive à mettre en scène une pièce de théâtre! Comment as-tu eu l’opportunité de remplir un tel rôle?

NE: Plus tôt pendant mes études ici, j’étais ingénieure de son de la production «Superior Donuts». C’était un rôle très détendu, avec peu de responsabilités, donc j’ai eu le temps de rencontrer des gens. C’était là où je me suis crée mon réseau de collègues qui m’a aidé à devenir metteuse en scène. C’est aussi grâce au soutien de l’équipe du McGill Drama Society, le groupe produisant le festival, que j’ai rencontré pendant la semaine de Frosh en janvier.

LD: L’absurdité joue-t-elle un rôle très grand sur scène?

NE: Oui, tout à fait. D’après moi, c’est une des pièces les plus bizarres qui existent. Daniel [Galef, l’auteur] est un vrai geek de la littérature anglaise classique. Il aime bien l’idée de l’amour fou qui pénètre dans beaucoup de grands œuvres shakespeariennes. C’est aussi l’idée des gens qui veulent mourir pour quelqu’un qu’ils viennent de rencontrer qu’on trouve marrante. C’est pour cela, je crois, que l’histoire est aussi absurde. L’absurdité provient d’une tendance anglaise de blagues pourries et bizarres. Mais chez nous, on aime bien ça.

LD: Et à ton avis, ta distribution est-elle prête à jouer dans une pièce aussi déjantée?

NE: Bien sûr! Je ne m’attendais pas à une équipe si prête en fait. Ils ont tous fait de l’impro — dès le début ils étaient tous tellement prêts à jouer en pleine forme. Mes préjugés du rôle de metteur en scène ont aussi changé dès le début. Avec une équipe aussi compétente, je ne peux pas être la leader. Si je l’avais été, on n’aurait pas vu l’humour qu’on a produit. J’ai besoin de laisser les blagues venir toutes seules et ne pas empêcher la créativité qui existe sur cette scène. Au début, je m’attendais à un rôle autoritaire et je vois maintenant que j’étais mal avisée. La créativité est tellement forte dans notre équipe!

LD: Par ailleurs, est-ce que tu es la seule étudiante internationale qui joue dans la pièce?

NE: Oui. Et je crois que c’est normal. Il n’y a pas beaucoup d’étudiants internationaux qui veulent s’impliquer dans un engagement aussi lourd, mais pour moi, c’est l’occasion de connaître du monde. Et j’ai eu de la chance bien sûr. Il y a tout un monde théâtral qui s’est ouvert à moi, je suis donc ravie. Même si ce n’est pas tout à fait «normal» d’avoir une étu-diante en échange s’occupant des vrais mcgillois, je suis ravie que cela m’arrive. 

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Où ça? Où ça? http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/ou-ca-ou-ca-3/ Tue, 21 Mar 2017 13:24:41 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28258 Bibliothèque Mordecai-Richler

Montréal compte plus d’une quarantaine de bibliothèques publiques réparties à travers la ville. Ces dernières s’avèrent bien pratiques lorsque l’on recherche un lieu tranquille pour travailler loin des cafés surpeuplés et des allées encombrées de McLennan. La bibliothèque Mordecai-Richler en fait partie.

Située sur l’avenue du Parc au coin de la rue Saint-Viateur elle a trouvé refuge en 1992 dans les murs de l’ancienne église de l’Ascension. Il y règne donc une ambiance studieuse sous ses boiseries et ses vitraux datant du début du 20ème siècle où des étudiants et des habitants du quartier se partagent l’espace.

Non loin des cafés du Mile End les plus distraits pourront aisément prendre une pause bien méritée et profiter de tout ce dont les alentours ont à offrir tandis que les plus studieux se satisferont de la zone café se trouvant au rez-de-chaussée.

Mais plus qu’un espace d’étude la bibliothèque Mordecai-Richler est aussi un élément clé de la vie communautaire du quartier: au premier étage sa salle polyvalente se transforme régulièrement en un point de rassemblement grâce à l’organisation de conférences et d’activités diverses. Ainsi dans les semaines à venir vous pourrez, par exemple, assister à Mémoires du Mile End, une série de conférence qui revient sur l’histoire mais aussi les enjeux du quartier ou encore au Projet de Ruche d’art, une initiative montréalaise qui vise à créer des endroits où l’art est utilisé comme un moyen d’inclusion selon l’identité des quartiers et leurs communautés.

– Dior Sow


Café Aunja

Si vous souhaitez changer un peu d’air et expérimenter un nouveau café et des nouvelles saveurs, vous devez vous rendre au Café Aunja. Situé sur la rue Sherbrooke, à deux pas du Musée des Beaux Arts des Montréal, cet endroit est idéal tant pour retrouver vos amis que pour aller étudier. C’est un café iranien, où l’ambiance est apaisante et jeune. Le luminaire, avec ses petites guirlandes d’ampoules, disposé sur le plafond fait de l’effet et nous plonge dans une atmosphère chaleureuse.

Le meilleur dans tout ça, c’est que régulièrement le café tient des expositions d’artistes. Cela ajoute à la décoration et orne très joliment l’endroit. Vous pourrez même en acheter si l’une d’entre elles vous tape dans l’œil. Des petits bijoux originaux d’artistes sont également disposés dans le café, qui tentent notre porte-monnaie. Côté boisson, leurs thés sont exceptionnels. Ils sont présentés dans des pots Mason, avec des doses généreuses de pétales des fleurs, de véritables bouts de fruits, des herbes aromatiques et autres en fonction du thé que vous choisissez. Si leur goût ne vous suffit pas, cela vous fera tout de même une très belle photo pour votre Instagram.

Café Aunja propose également une belle sélection de pâtisseries faites maison, avec des changements quotidiens en fonction du gâteau du jour. Le café propose également régulièrement des événements ou des ateliers. Récemment, ils nous invitaient à fêter avec eux le nouvel an perse, ou alors à venir peindre des œufs de Pâques. L’ambiance, le dynamisme et leurs produits vous charmeront à coup sûr.

– Louise Kronenberger


Les Puces St-Michel

On parle souvent des boutiques de vêtements vintage dont Montréal regorge, mais plus rarement de ses marchés aux puces. Le Délit a profité de sa semaine de relâche pour s’aventurer au bout de la ligne bleue du métro, terminus Est, et déambuler au marché aux puces St-Michel. Il s’agit d’un des plus grands de la région, avec plus de cent stands, où l’on se perd facilement dans ce qui est assurément la caverne d’Ali Baba du quartier St-Michel.

Ces stands, pour la majorité tenue par des soixantenaires, offrent bricoles en tout genre. Des simples étalages de bijoux de grand-mères aux stands emplis de jeux vidéos et des game boys de notre enfance, il faut prendre son temps pour découvrir les singularités de chaque étalage. Il y a aussi l’embarras du choix si on désire re-décorer son condo style rétro et décalé. On va également aimer parcourir de vieilles revues — politiques mais pas que… — des années 60. Côté lecture, un kiosque est consacré aux livres, recueils et bibliothèque de la Pléiade et offre un large éventail de choix.

Quand faut-il venir? Le marché est ouvert le vendredi, samedi et dimanche mais l’on vous recommande de venir la fin de semaine car certains stands sont fermés le vendredi. Si vous comptez y aller lors de votre pause procrastination, prévoyez-vous une plage conséquente et chargez-vous de patience pour trouver la perle rare parmi certains étalages un peu sans dessus dessous. Enfin, dernier conseil: n’hésitez pas à marchander! 

– Chloé Mour


La Société Textile

Vous avez sûrement entendu parler du concept d’anti-café, comme celui de Place des Arts, un des premiers à s’être installé à Montréal. Le principe est simple et innovant: on paye à l’heure (en moyenne trois dollars et jamais plus de dix dollars la journée) et bénéficie ainsi d’un espace de travail plus «comfy»  que les cafés réguliers, de wifi illimitée, ainsi que de boissons chaudes et froides, et voir même de petits snacks.

Au coin de l’avenue du Parc et du boulevard St-Joseph, au cœur du quartier du Mile End, trois amies ont décidé de mettre à profit leur passion du tricot pour ouvrir un anti-café dédié à la couture et aux travaux textiles. Les habitué-e-s du quartier ont déjà pu entrevoir les grands plans de travail au travers des larges devantures vitrées du café, nommé «La Société Textile», qui permet également d’achever des ouvrages non nécessairement textiles. L’endroit parfait donc pour les étudiant-e-s lassés des cafés traditionnels.

Sont également à disposition trois machines à coudre pour cinq dollars de l’heure et une autre machine pour les personnes plus expérimentées pour dix dollars de l’heure. Ce café chaleureux se veut un espace de co-travail et de partage, est aussi un magasin où trouver laine, fils, tissus et autre matériel de couture que les gérantes obtiennent de divers artisans engagés. Enfin, des évènements sont organisés régulièrement: ateliers de couture 101, projets de broderie ou encore création de mitaines à partir de vieux chandails de laine (ce mercredi 22 mars)… il y en a pour tous les goûts! 

– Chloé Mour

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La nudité mise en scène http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/la-nudite-mise-en-scene/ Tue, 21 Mar 2017 13:15:15 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28252 Quoi de mieux en ce temps glacial qu’un bon cabaret érotique pour se réchauffer le temps d’une soirée. À quoi s’attendre de la nudité? Sans aucun doute, mais encore? Le cabaret érotique présenté à la Wiggle Room surprend ses spectateurs à chaque numéro avec les talents quelque peu inattendus de ses artistes et leur capacité à développer de vraies personnalités à travers les rôles qu’ils jouent tout au long du spectacle.

Un show rythmé par l’effet de    surprise

Tout commence dès l’entrée; il suffit de grimper des escaliers pour se retrouver dans un univers complètement différent de celui laissé en bas. L’érotisme est déjà au rendez-vous avant même que le cabaret ait commencé grâce aux serveuses et leurs déhanchés sexy et décolletés plongeants et aux mannequins nus qui posent aux coins de la pièce. Puis les rideaux se ferment et le spectacle débute avec des seins, tout simplement. Ils sont tripotés, malaxés, tapotés par des mains gantées au rythme de la musique et des encouragements du public. Après cette entrée en matière surprenante, mais plutôt comique, admettons-le. Les numéros s’enchaînent jusqu’à l’entracte. Certains semblent plus classiques comme la danse et le chant, mais d’autres n’auraient leur place nulle part ailleurs. Comme ce numéro où l’une des artistes ainsi que directrice artistique du cabaret, lady «Cœur de Lyon», imite un orgasme le plus naturellement du monde. Ou encore cette autre performance où deux autres femmes, mangent un  cupcake en se séduisant mutuellement et se dévorant du regard. Ce genre de numéro choque certainement les âmes sensibles du public, mais crée aussi un effet de surprise qui ne se retrouve pas dans n’importe quel spectacle et rend le cabaret d’autant plus fascinant.

Et derrière toute cette nudité

Cependant le cabaret érotique de la Wiggle Room ce n’est pas seulement quelques paires de fesses et des orgasmes à volonté; c’est aussi un vrai travail de personnage. Le public fait la connaissance, assez intime, de Valentin le lapin coquin, Bob Lollipop et son slip vert, une rockstar plutôt sexy et lady  «Cœur de Lyon» qui dirige toute la petite troupe. Ces personnalités originales donnent la preuve que le cabaret érotique n’est pas un  strip tease amélioré, mais représente un vrai travail d’acteur. Les spectateurs gloussent quand le sourire charmeur et coquin de Valentin apparaît et sont captivés par les expressions de plaisir intense que les artistes arrivent à exprimer. Finalement, ce cabaret ne serait pas possible ou même imaginable sans la nudité qu’il implique et cette nudité fait partie des raisons pour lesquelles le spectacle est à voir. Il est tellement inhabituel de pouvoir voir un homme ou une femme à moitié nu·e·s sans gêne ni honte, que le public ne peut qu’apprécier et en redemander. Nudité, talent et surprise forment donc un trio d’exception pour ce cabaret érotique et fera vivre, à qui ira, une expérience nouvelle et à raconter autour de soi. 

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De l’art dans les hôpitaux http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/de-lart-dans-les-hopitaux/ Tue, 21 Mar 2017 13:15:07 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28251 L’art a-t-il sa place dans les hôpitaux?

C’est le sujet de la discussion ayant eu lieu entre Alain Parent, Jonathan Meakins et Tamar Tem-beck ce jeudi 16 mars autour de l’exposition  Passages. Chacun ayant une formation en médecine et en art ou architecture, les perspectives abordées touchaient surtout à l’aménagement de l’espace artistique au sein des hôpitaux, ainsi qu’à l’exploitation de ce dernier, et enfin le rôle qu’il joue auprès de ses occupant·e·s.

En effet, les centres hospitaliers ont beau être vus comme étant des endroits fréquentés par des patients venant recevoir des soins médicaux en tous genres, sont-ils les seuls à utiliser ces bâtiments? Pourquoi l’art ne serait-il pas profitable à l’ensemble du personnel occupant les lieux?

Entre médecin et patients

L’hôpital n’est pas seulement un lieu où des médicaments sont administrés, où la vie de gens est sauvée et où d’autres la perdent. L’hôpital est aussi un lieu rempli d’interactions humaines. C’est ce que Alain Parent a voulu montrer dans son exposition qui représente 48 semaines dans le quotidien des médecins. Adoptant le point de vue de l’un d’eux, ses œuvres restent très protocolaires: d’un côté 48 trajets journaliers, de l’autre 48 journées de notes sur des dossiers anonymes, ce qui reste très minimaliste, avec une esthétique très réglementée. La présentation finale de l’exposition suivant la présentation chronologique classique. Sauf que cette chronologie se perd dans chaque unité: impossible de connaître l’ordre des passages montrés par rapport au déroulement d’une journée. C’est ce qui permet à l’œuvre de sortir du médical institutionnel pour rentrer dans une dimension artistique intemporelle plus abstraite.

Une guérison artistique?

En réponse à  Passages, la discussion s’est portée sur la fonction de l’art dans les hôpitaux. Ce genre d’endroit n’étant pas un musée, comment déterminer quelles productions artistiques y exposer? Impossible de déterminer une audience spécifique, puisque les affinités artistiques sont trop disparates chez le public concerné. Certains penseront que l’art abstrait n’a pas sa place le long des corridors lugubres. Est-ce justifiable? Le but principal est d’en faire une distraction. Pas seulement pour les patients (principalement les patients ponctuels), mais aussi pour les infirmièr·e·s, et le personnel. Personne ne va à l’hôpital pour admirer de l’art, mais cela n’empêche pas de tenter de dynamiser l’expérience hospitalière.

Que retient-on de l’expérience?

Il existe une différence entre l’art fait dans les hôpitaux et celui fait pour les hôpitaux. Alain Parent tente de brouiller cette frontière, en laissant des traces de médicaments, des restes d’une expérience personnelle vue sous la loupe d’un artiste. Ses œuvres sont intimement liées au médical, justifiables dans ces lieux car à la fois rassurantes et pertinent. Cela permet d’apporter une touche esthétique dans les hôpitaux, montrant les interactions humaines sous l’œil conceptuel médical. Passages pourrait dévoiler le quotidien de n’importe quelle personne au sein de n’importe quel hôpital: les gens vont et viennent, les mêmes gestes sont répétés, comme des procédures médicales calculées. L’art peut donc donner une nouvelle perspective sur l’environnement guérisseur qu’est l’hôpital, qui touche chacun d’une manière différente. 

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Vision et visibilité montréalaises http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/vision-et-visibilite-montrealaises/ Tue, 21 Mar 2017 13:09:35 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28248 Nüvü est une entreprise montréalaise, dont la technologie devient de plus en plus reconnue à l’échelle internationale. Elle est connue pour sa caméra, déclarée comme étant la plus sensible du monde. Celle-ci est capable de voir l’invisible et de capturer jusqu’à la moindre particule de lumière. C’est donc une découverte majeure pour les domaines de l’astronomie et du médical, qui pourrait notamment permettre aux médecins d’affiner leurs diagnostics.

L’histoire de Nüvü

Marie-Ève Ducharme et Olivier Daigle fondent Nüvü Cameras en 2010, et ont depuis ce temps développé le produit phare de l’entreprise qu’est la caméra. Aujourd’hui, la caméra Nüvü est capable de capturer ce qui n’a jamais pu l’être, et de voir une image 10 à 100 fois moins polluée que les meilleures caméras concurrentes. Les caméras peuvent alors observer une infime particule de lumière dans tous les domaines, que ce soit l’astronomie ou encore le biomédical. Les co-fondateurs espèrent faire profiter les chercheurs du diagnostic médical, de leur innovation pour que ceux-ci puissent trouver plus rapidement et précisément la source du mal-être de l’individu et de le soigner au plus vite. En effet, une image plus nette du problème d’un patient permettera de pouvoir en trouver la source. Avec Nüvü, Marie-Ève Ducharme et Olivier Daigle souhaiteraient sauver le plus de vies possible.

De grandes ambitions

Les caméras ne sont pas vendues en grande surface et sont destinées à des particuliers, comme les chercheurs universitaires et scientifiques. De plus en plus populaire, l’entreprise Nüvü reçoit des demandes des géants mondiaux de l’astronomie terrestre et spatiale comme la NASA ou encore l’Agence Spatiale Canadienne, plus connue sous l’acronyme ASC. Les produits Nüvü pourraient aider de nombreux projets astronomiques, car leur capacité de détecter la moindre parcelle de lumière à une très grande distance permettrait de détecter des étoiles ou planètes jusqu’alors inconnues. Les caméras sont également convoitées par des chercheurs locaux, comme ceux de l’Hôpital Sainte-Justine et l’Institut de cardiologie de Montréal.

Pour les prochaines années, l’entreprise prévoit de prendre part aux recherches et projets de l’ASC et de la NASA et de développer sa technologie d’imagerie médicale afin d’établir des diagnostics encore plus précis que ceux effectués à l’heure actuelle. La concurrence reste toutefois un défi pour les Nüvü Cameras et les deux fondateurs cherchent à garder cet avantage comparatif sur le marché. L’entreprise a d’ailleurs été choisie par la ville de Montréal pour rejoindre la cohorte 2017 du Parcours d’Innovation et ainsi amener à de nouveaux sommets la force de commercialisation de leurs caméras.

Nüvü Caméras a choisi de s’installer dans le Quartier de l’innovation de Montréal pour profiter de tous les avantages du centre-ville et de la proximité avec le centre universitaire de l’École de Technologie Supérieure. Et pour continuer de créer? Il est nécessaire de «bien s’entourer, innover et foncer!» concluent les fondateurs.  

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Montréal, ville intelligente et numérique http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/montreal-ville-intelligente-et-numerique/ Tue, 21 Mar 2017 13:07:36 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28242 Infographie par Louisane Raisonnier et Arno Pedram.

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Montréal, l’intelligente http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/montreal-lintelligente/ Tue, 21 Mar 2017 13:05:37 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28239 L’année 2017 marque le 375e anniversaire de la métropole. Alors que l’année est consacrée à la célébration du passé de Montréal, le regard semble également tourné vers le futur. Depuis son arrivée en poste, le maire Denis Coderre travaille afin de faire de la plus grande ville du Québec une ville «intelligente». Alors que quelques défis demeurent, les progrès de Montréal sont notoires.

Comprendre la ville intelligente

Le qualificatif «intelligent» ou «intelligente» a été utilisé dans les dernières années pour décrire plusieurs nouvelles innovations. Notamment, on peut penser au téléphone intelligent, popularisé en 2007 avec l’iPhone. «L’intelligent» s’est aussi incrusté dans le monde de la mode, alors que les textiles semblent avoir acquis le qualificatif. Voilà maintenant que le concept de ville intelligente, ou de smart city a est entrée dans la conscience collective. Dans son essence, ce terme désigne une ville qui est à la fine pointe des technologies de l’information et de la communication, et qui les utilise à des fins de développement économique, pour régler des problèmes sociaux et pour augmenter la qualité de vie de ses citoyens. C’est ce à quoi aspire l’administration montréalaise actuelle.

Des efforts reconnus

Denis Coderre ne fait pas l’unanimité chez la population métropolitaine. Ce géant politique, qui a été député fédéral pendant 20 ans avant de se lancer comme capitaine du bateau montréalais, est une figure polarisante, tout comme son homologue Régis Labeaume à Québec. Ces deux maires sont qualifiés par les politologues comme étant des maires «entrepreneurs», qui centralisent le pouvoir entre leurs mains. Malgré tout, on ne peut nier que de par son expérience politique, Coderre est ambitieux. Parmi ses ambitions, on peut noter le développement de Montréal comme ville intelligente.

Depuis son élection en 2013, Denis Coderre a entrepris plusieurs projets afin d’atteindre ce but. Notamment, un plan d’action 2015-2017 a été élaboré, et la ville a mis sur pied un «Bureau de la ville intelligente et numérique», dirigé par l’homme d’affaire Stéphane Goyette. Puis, le maire a également nommé Harout Chitillian, conseiller municipal de Bordeaux-Cartierville, en charge des dossiers concernant la ville intelligente. 4 ans plus tard, des progrès clefs ont été effectués. Notamment, du réseau Wi-Fi est disponible à plusieurs nouveaux endroits, grâce au programme «MtlWiFi». De plus, l’accélérateur de startups «Innocité Mtl» a été mis sur place pour aider les PME de la métropole. Enfin, plus de 100 personnes seront ou ont été embauchées par le Bureau de la ville intelligente et numérique. Ces efforts ont été récompensés en juin 2016, alors que la ville québécoise a reçu la désignation de la «communauté intelligente de l’année» du Intelligent Community Forum.

Encore du travail à faire

Malgré les réussites, Montréal n’a toujours pas atteint son plein potentiel, et l’administration municipale continue de travailler pour atteindre les objectifs fixés. Notamment, le réseau de la STM a connu une année difficile en 2016, faisant même l’objet d’une demande de recours collectif le mois dernier. Aussi, sur l’économie du partage, le maire Coderre a révélé son côté un peu plus conservateur. Dans le dossier d’Uber, le maire a lancé «Bye Bye! Salut! Ça me fait pas de peine du tout», face à la possibilité que la compagnie de transport disparaisse. En contrepartie, le conseiller de Rosemont-La-Petite-Patrie Guillaume Lavoie, s’est fait un fervent défenseur de l’économie du partage, supportant des initiatives telles Uber, AirBnB et CityParking. Ceci met en lumière les visions opposées du maire Coderre et de M. Lavoie, qui a été candidat à la direction du parti d’opposition «Projet Montréal». Par contre, tous peuvent s’entendre sur l’importance d’innover et de développer Montréal en ville intelligente. La ville semble aller dans la bonne direction et, si tous les partis travaillent pour un objectif commun, le progrès continu est inévitable. 

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un Regard sur… http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/un-regard-sur-2/ Tue, 21 Mar 2017 13:03:34 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28232 Jules Tomi | Le Délit
Jules Tomi | Le Délit
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Mystérieusement vôtre http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/mysterieusement-votre/ Tue, 21 Mar 2017 12:55:12 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28229 Au début du 20e siècle, Montréal affirme son statut de métropole provinciale et nationale avec une extension urbaine rapide et une croissance économique soutenue, mais c’est surtout pour sa vie nocturne que Montréal va devenir célèbre. Dès les années 1920, la prohibition, qui est en vigueur aux États Unis, s’étend progressivement à tout le Canada. Seule une exception demeure, le Québec, qui crée en 1921 la Commission des Liqueurs du Québec (ancêtre de la SAQ) afin de régulariser la production et la consommation d’alcool dans la province.

La cité du vice

Montréal attire alors des touristes de tous les horizons, combinant animation newyorkaise et glamour parisien. Les Américains sont sous le charmes et lui donnent le surnom de «petit Paris d’Amérique». La ville devient alors la capitale de la fête, des jeux, du jazz, de la luxure et autres plaisirs interdits. On y croise des vedettes de tout le continent telles que Louis Armstrong, la chanteuse Alys Robin, le pianiste Oscar Peterson, le chanteur Jacques Normand ou encore la sulfureuse Lili Saint-Cyr, célèbre stripteaseuse et sacrée «reine de Montréal».

Avec plus de trois cents clubs, ouverts pratiquement vingt-quatre heures sur vingt-quatre, la ville, sous la plume du journaliste Al Palmer, gagne sa réputation de Las Vegas nord-américain, ce dernier écrivant dans son livre Montreal Confidential: «Officiellement, le couvre-feu à Montréal débute à deux heures du matin… Mais n’y prêtez pas trop attention.» La rue Sainte-Catherine brille de milles feux grâce aux enseignes néons des boîtes de nuits, les speakeasy locaux surnommés «Bling pigs» pullulent et la prostitution explose. Bien sûr, Montréal ne tarde pas à attirer gangsters et autres mafiosi, à l’image du gangster new-yorkais Vincenzo «Vic» Cortoni. Rackets, paris clandestins et règlements de compte sont monnaie courante, alors que les autorités policières et municipales paraissent impuissantes ou trop heureuses de fermer les yeux.

Scandales et déclin

Cependant, cette inaction finit pas agacer l’opinion publique qui appuie la création de «l’escouade de la moralité» au sein de la police de Montréal. Dans sa lutte sans relâche contre les criminels l’unité est dirigée par l’avocat Pacifique Pax Plante. Ce dernier sera toutefois démis de ses fonctions par le chef de la police Albert Langlois en 1947.

Devenu journaliste au Devoir, c’est donc à coup d’articles sensationnels, dénonçant le crime organisé et la corruption que l’avocat continue sa croisade contre le vice.

Cela conduira l’administration provinciale à créer, en 1950, la Commission d’enquête sur le vice commercialisé à Montréal présidée par le juge Caron. Après trois ans d’enquête, la commission condamne dix-huit policiers dont le directeur Langlois.

Jeune procureur lors du procès, Jean Drapeau sera élu maire en 1954 sur la promesse de nettoyer la ville et réformer l’administration. Ainsi s’achève l’époque des folles nuits de Montréal et de ses nombreux divertissements nocturnes. 

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L’analyse d’un vieux couple http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/lanalyse-dun-vieux-couple/ Tue, 21 Mar 2017 12:53:33 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28226 Les Montréalais entretiennent une relation particulière — imprégnée d’un mélange singulier de passion et de nostalgie — avec leur ville, avec toi. Ils se souviennent, amers, de cette époque où tu étais la capitale culturelle et économique du Canada et rêvent encore de l’Exposition universelle et des Jeux olympiques; lorsque tous les regards du monde étaient rivés sur eux, sur toi. Aujourd’hui, tu leur sembles éteinte et continuellement dans l’ombre des grandes métropoles qui t’entourent. Comme pour ces vieux couples que l’on aperçoit, assis silencieusement au fond des restaurants de quartier, il y a toujours de l’amour entre vous, mais le romantisme et la fébrilité naïve des premiers instants ont disparu. Les défauts se sont, au fil du temps, accaparés de l’esprit des Montréalais et ont altéré ta beauté, ton éclat. Ils peinent à voir au-delà des travaux interminables et des cônes orange qui pullulent en ton centre-ville. Tu leur deviens purement fonctionnelle: qu’un banal décor pour la routine. Métro, boulot, dodo, et ça recommence. C’est triste, car tu as tant à offrir. Tu es si spéciale, si belle.

Il ne faut pas sombrer dans le pessimisme: il n’est pas trop tard pour se débarrasser de cette morosité, de cet aveuglement néfaste qui s’est imposé entre vous au fil du temps. S’ils ouvrent les yeux et prennent, finalement, le temps de t’apprécier, de te vivre, les Montréalais ne pourront que succomber à ton charme; ils redeviendront follement amoureux de toi.

Tu es l’une des rares villes UNESCO du design de ce monde, mais cela, ils l’ignorent. En t’observant un peu, les Montréalais s’apercevront peut-être enfin de l’omniprésence de l’art public que tu leur offres jusqu’aux profondeurs de tes quais du métro; celle qui a le pouvoir de rendre leurs matins moins gris, moins ternes. Ils contempleront peut-être pour la première fois ta verrière de Marcelle Ferron à la station Champ-de-Mars, ou ton œuvre «Pic et Pelle» de Germain Bergeron à la station Monk. Ils lèveront peut-être les yeux vers le ciel pour remarquer la complexité architecturale de ton complexe olympique, ou l’esthétique du Westmount Square, conçu par l’architecte de renommée internationale Mies Van der Rohe. Curieux, ils redécouvriront peut-être ton square Saint-Louis si cher à Michel Tremblay ou tes rues qui n’en finissent pas que chantait Robert Charlebois. Il semble que les Hommes aient ce besoin inévitable de payer pour comprendre que ce qu’ils ont devant leurs yeux vaut la peine d’être vu, d’être admiré: la beauté accessible et gratuite s’oublie facilement et finit par passer inaperçue, c’est absurde, ne trouves-tu pas?

L’habitude a probablement collaboré à corrompre la perception que les Montréalais ont de toi. L’ubiquité de la créativité, de l’originalité et de la vitalité mène nécessairement à une prise pour acquis, à une certaine banalité de la chose. Alors que tu es célébrée et récompensée partout dans le monde pour tes artistes, tes festivals, ta qualité de vie et tes universités, les Montréalais, eux, ont les cônes orange pour sujet de prédilection lorsqu’ils ne parlent pas de la météo. C’est affligeant.

Cinquante ans se sont passés. Vous en avez vécu des hauts et des bas, mais tu n’as pas changé, tu es toujours cette ville qui faisait battre la chamade au cœur des Montréalais. Tu es toujours resplendissante. Et si ce vieux couple, votre vieux couple, cessait enfin d’être silencieux et renouait avec la passion de son jeune temps? 

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Tempête dans un verre d’eau http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/tempete-dans-un-verre-deau/ Tue, 21 Mar 2017 12:50:47 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28223 Étant une collectivité territoriale française, l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon, situé au large des côtes terre-neuviennes, est doté d’un statut particulier. En effet, l’archipel est géré en partie par le Conseil territorial, composé de dix-neuf membres élus pour cinq ans, et mené par un président. Il intervient directement auprès de l’État français sur les questions de l’économie locale et de son développement. C’est ce conseil que les Saint-Pierrais et Miquelonnais ont dû élire ce dimanche.

Deux listes en lice

Compte tenu de la population peu nombreuse de l’archipel, deux listes étaient présentées à ces élections. Celle d’Archipel Demain, menée par le président sortant Stéphane Artano, s’inscrit dans la continuité de la politique menée sur ces îles depuis maintenant onze ans. Il s’agit là de continuer les projets entrepris, en mettant l’accent sur le développement maritime, nécessaire au développement économique.

De l’autre côté, Cap sur l’Avenir a la volonté d’apporter un vent de fraîcheur à l’archipel, avec à sa tête Matthew Reardon (qui se présente pour la première fois). Est-ce que ce renouveau pourrait faire avancer les îles après onze ans sous la présidence d’Artano?

Quelles sont les différences?

En surface, les programmes des deux partis sont très similaires: accent principal sur le développement maritime, la jeunesse, l’attractivité culturelle, sportive et touristique, liée au développement des infrastructures prévues à cet effet, en sont les principaux enjeux. En revanche, force est de constater que c’est au niveau des composantes des listes que la divergence se crée: Archipel Demain est fièrement menée par Stéphane Artano en tant que leader, alors que celle de Cap sur l’Avenir semble moins hiérarchique. De plus, la jeunesse semble plus s’intéresser aux propos de Cap sur l’Avenir, qui a fait de cet électorat une priorité.

Comment choisir?

Toute la semaine, les campagnes ont battu leur plein. Le problème de l’archipel est que tout le monde se connaît:dès qu’il est question de voter, il est clair que les affinités jouent un rôle clef. De toute évidence, la population tenterait à voter Archipel Demain grâce aux actions faites lors du mandat précédent, sécurisant certaines garanties d’emploi (notamment grâce à la politique des transports maritimes).

Cap sur l’Avenir, n’ayant pas encore eu sa chance sur la scène politique saint-pierraise, n’a pas ce soutien de la part des locaux. Cap sur l’Avenir a donc fait campagne en mettant l’accent sur les divergences avec le programme d’Archipel Demain, tout en proposant aussi un programme plus accessible: moins chiffré que celui de Stéphane Artano, il est donc moins abstrait pour une partie de la population, notamment la jeunesse, qui entre peu à peu dans la sphère politique par l’intérim de ce parti.

À la veille des élections présidentielles françaises, l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon a donc choisi le ton à prendre quant aux questions de gestion locale du territoire, en élisant Archipel Demain  avec plus de 70% des voix, pour guider le développement des cinq années à venir. 

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La démocratie selon McLachlin http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/la-democratie-selon-mclachlin/ Tue, 21 Mar 2017 12:49:08 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28220 Le programme Workshops on Social Science Research (WSSR, Ateliers sur la recherche en sciences sociales en français, ndlr) mené par l’Université Concordia organise des ateliers portant sur divers sujets, tels que la gouvernance démocratique ou la philosophie politique. Il permet aux étudiants de faire de la recherche en utilisant des méthodes des sciences sociales. Le WSSR se penche aussi sur la question de l’état de la démocratie au Canada dans le cadre du 150e anniversaire de la confédération canadienne. Le 17 mars, la Juge en Chef à la Cour suprême, Beverley McLachlin, était présente à l’Université Concordia afin de partager son opinion sur l’état de la démocratie du pays.

Une analyse historique

Elle a entamé son discours en nommant les cinq moments décisifs qui ont formé la démocratie canadienne, telle qu’elle est aujourd’hui. Évidemment, la création de la confédération sous l’Acte de l’Amérique du Nord britannique en 1867, stipulant des valeurs de démocratie, de fédéralisme, de diversité et de respect des minorités, fut les fondations mêmes du Canada. C’est à ce moment décisif que le Canada est devenu une démocratie et que ses citoyens sont devenus ceux qui gouvernent, via leurs représentants élus.

Elle continue avec le deuxième moment qui, pour elle, a été l’affaire «personne» (1929). Celle-ci a établi que tous les citoyens sont égaux, donnant le droit aux femmes de siéger au Sénat. En troisième lieu, l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés (1982) qui a établit l’indépendance du pays et a réaffirmé les valeurs stipulées dans l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, fut un moment important pour notre démocratie. Le quatrième moment a été la reconnaissance des droits des autochtones qui est toujours en cours jusqu’aujourd’hui, selon la juge McLachlin, via de multiples traités ainsi que la Commission de vérité et de réconciliation (2008-2015).

Enfin, le cinquième moment définitif a été le renvoi relatif à la sécession du Québec, la Cour suprême jugeant que la sécession unilatérale du Québec serait légale, si une majorité claire de Québécois votaient pour se séparer du Canada. La juge McLachlin affirme que cette décision a été examinée par plusieurs pays qui eux aussi ont fait face à la même problématique interne.

Simone McLachlin

La conférence s’est ensuite prolongée par une séance de question-réponse. Juge McLachlin a affirmé que l’état de la démocratie canadienne s’est grandement amélioré depuis son début. Elle stipula que le Canada a désormais une démocratie plus juste qu’au moment de la création de la confédération. Cependant, elle admet qu’il y a place à amélioration. C’est pourquoi, elle indiqua que si elle pouvait offrir un cadeau à la démocratie canadienne aujourd’hui, ce serait une plus grande représentation pour les femmes, les autochtones, et les personnes appartenant à un groupe minoritaire. Quand on lui a posé une question concernant le prochain «sujet chaud» en droit, qui préoccuperait la Cour suprême dans les années à venir, elle répondit que l’avancement exponentiel de la technologie, une nouveauté pour le système juridique, posera sans doute un défi pour ce dernier. Sur une note un peu  personnelle, Beverley McLachlin détentrice d’un baccalauréat ainsi que d’une maitrise en philosophie, admet que la philosophe qui l’a inspiré et qui a influencé et continue d’influencer sa vision du monde est Simone de Beauvoir. Son œuvre lui a permis de trouver le courage et la confiance suffisante pour oser dans le monde du travail en tant que femme.

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Revue de presse étudiante http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/revue-de-presse-etudiante/ Tue, 21 Mar 2017 12:41:21 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28216 Impact Campus: Université Laval – Grève prolongée pour les employé·e·s de soutien

En grève depuis le 21 février dernier, le Syndicat des employé·e·s de l’Université Laval (SEUL) a une nouvelle fois prolongé cet effort jusqu’au 9 avril prochain à 23h59. Les négociations avec l’administration sont à l’arrêt depuis un mois, mais les deux partis envisagent de les rouvrir prochainement, alors qu’une procédure de conciliation s’était soldée par un échec, peu avant le début de la grève. Les sujets de contention concernent la nouvelle convention collective entre le syndicat et l’université, ainsi que les régimes de retraites.

Depuis plusieurs semaines, cette grève fédère de nombreux soutiens, associations et syndicats étudiant·e·s, mais aussi de syndicats provinciaux et fédéraux tels la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Le SCFP soutient aussi le Syndicat des employé·e·s occasionel·le·s de l’Université McGill (SEOUM, ou AMUSE en anglais, ndlr), et avait notamment épaulé sa grève d’une semaine début novembre passé. Le syndicat mcgillois s’était mis en grève pour des raisons similaires à celle du SEUL, ses négociations d’une nouvelle convention collective avec l’administration étant arrivées au point mort. Quelques semaines après, cette convention collective avait été parachevée, après 18 mois de négociations.

Le SEUL maintient ainsi la pression sur l’administration, et a rassemblé autour de 2000 manifestants devant la résidence du recteur Denis Brière ce lundi 13 mars dernier. Un coup de force qui ajoute à un campus dysfonctionnel en l’absence des 1900 membres du SEUL. De très nombreux services aux étudiant·e·s sont actuellement indisponibles, l’Université fait la liste sur son site des services maintenus.

C’est le futur proche de l’Université Laval qui est aussi menacé, alors que plus de 1500 subventions de recherche dues ce 31 mars prochain, ne pourront peut-être pas être traitées. Eric-Jan Zubrzycki, meneur du SEUL, indique aussi qu’une grève provoque typiquement une baisse des admissions de 10% l’année suivante, un important manque à gagner pour l’Université Laval, alors qu’il affirme que les demandes du SEUL ne coûteraient que 300 000 dollars à l’Université.

The Western Gazette: King’s University College – BDS soumis au vote

Les étudiant·e·s du King’s University College, un établissement rattaché à l’Université Western, London, Ontario, ont cette semaine voté en faveur du désinvestissement «des entreprises liées à Israël». 355 scrutins en faveur (75.9%), 113 contre (24.1%), et 165 abstentions n’ont réussi qu’à faire grimper le taux de participation à 17%, bien en-deçà du quorum requis de 30% de participation électorale. Le résultat de ce référendum n’est ainsi que symbolique.

La question posée aux étudiant·e·s leur proposait de soutenir ou s’opposer au lobby par leur association étudiante de l’administration, en faveur du «boycott et désinvestissement de toutes entreprises et produits complices de l’occupation israélienne». Il n’y ainsi pas qu’à McGill que le mouvement Boycott, Désinvestissement, et Sanctions (BDS), s’invite dans la politique étudiante.

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L’indifférence globale pour le Yemen http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/lindifference-globale-pour-le-yemen/ Tue, 21 Mar 2017 12:39:05 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28213 Alors que les Nations Unies annoncent la pire crise humanitaire depuis la fin de la dernière guerre mondiale, les pays qui en font l’objet restent sous-médiatisés, pour ne pas dire complétement oubliés. Pour essayer de réajuster la balance, les étudiants de McGill pour UNICEF (McGill Students for UNICEF, en anglais, ndlr.) organisaient une table ronde sur le conflit qui ravage l’un des pays les plus pauvres du Moyen Orient: le Yémen.

Consensus des intervenants

Les intervenants viennent de tous horizons et témoignent pourtant d’un consensus quant à la situation du pays. Dans leur présentations, la journaliste Nawal Al-Maghafi, les étudiants yéménites de McGill, Rachel Kiddell Monroe (représentante de Médecin sans frontières, MSF) et Mehri Ghazanjani (docteure en Conflit Ethniques du Moyen Orient) nous transmettent le même message. La situation yéménite ne fait qu’empirer d’année en année, et les répercussions se font sentir dans les populations civiles. Kiddell Monroe nous résume cette crise humanitaire en trois points: malnutrition, manque de services médicaux, et déplacement intérieur des populations.

De ces trois points, c’est peut-être le premier qui affaiblit le plus les populations locales. De fait, le Yémen dépend à 90% d’imports pour sa nourriture. Or, l’Arabie Saoudite imposant un blocus sur les ports du pays, la population se voit forcée en état de siège, prise au piège entre le conflit opposant les rebelles Houthis du nord et les forces gouvernementales du sud. Al-Maghafi, journaliste yéméno-britanqiue pour la BBC nous informe qu’au Yémen, un enfant meurt toutes les 10 minutes, et qu’un tiers de ceux qui survivent souffrent déjà de dégâts corporels sévère dus à la malnutrition.

Une guerre par procuration

Le Yémen, nous explique Ghazanjani, est un pays fabriqué artificiellement depuis l’unification en 1990 de la de la République Yéménite Arabe (nord) et la République populaire du Yémen (sud).

Saleh, président à l’époque, monte les différentes factions du pays entre elles en déployant un jeu politique de mécénat envers ces dernières. La marginalisation continue de la population du sud expliquerait en partie le conflit actuel, lesdites tensions ayant déjà amené une guerre civile en 1994, ainsi que différents conflits en 2004 et 2011.

Cependant, le clivage géographique et religieux (chiisme contre sunnisme) n’explique pas entièrement l’étendue du conflit. Pour Kiddell Monroe, ce conflit est bien une «guerre par procuration» entre l’Iran et l’Arabie Saoudite. Cette dernière nation mène en effet une coalition aérienne touchant et tuant souvent les civils (locaux et membres des ONG, comme par exemple lors du bombardement d’un hôpital de MSF).

«S’en préoccuper n’est pas suffisant»

C’est ce que nous exhorte dit la représentante de MSF. Alors que les perspectives de paix gouvernementales semblent enterrées, la guerre servant à légitimer le rôle protecteur des acteurs locaux, ce sont les citoyens qui pourrons altérer le statu quo. En effet, c’est en augmentant la visibilité du conflit, en demandant à nos représentants parlementaires de plaider en faveur de la paix, même si ces crises «ne nous touchent pas directement. Alors que 64 millions de personnes fuient la guerre pour vivre, survivre, il est temps de se demander pourquoi nous n’agissons pas avec plus de ferveur, de se demander quand nous retrouverons notre boussole morale. 

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Coran et parité http://www.delitfrancais.com/2017/03/21/coran-et-parite/ Tue, 21 Mar 2017 12:37:18 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=28210 L’Association des étudiant·e·s musulman·e·s (AÉM) de McGill organisait ce vendredi 17 mars une conférence sur «Les femmes dans le Coran». Raazia Najafi, professeure en études islamiques, était invitée à venir s’adresser à la centaine d’étudiants présents. Raazia Najafi a commencé par relativiser le sujet du jour, expliquant que «le corps est comme une robe, une robe-femme ou une robe-homme, la vraie personne est notre âme, notre âme ne peut être divisée entre homme et femme, le débat est terminé».

Égalité formelle

Le cadre de la conférence donné, Raazia Najafi a discouru sur l’égalité formelle entre homme et femme dans le Coran, recourant à de nombreux versets pour appuyer son propos. «Dieu s’adresse aux femmes et aux hommes dans le Coran, c’est son extraordinaire beauté» a-t-elle affirmé, avant d’en appeler au verset 4:32 du Coran: «Ne convoitez pas ce qu’Allah a attribué aux uns d’entre vous plus qu’aux autres; aux hommes la part qu’ils ont acquise, et aux femmes la part qu’elles ont acquise. Demandez à Allah de Sa grâce. Car Allah, certes, est Omniscient.» Raazia Najafi s’est aussi arrêtée sur l’institution du mariage, qui consacre l’homme et la femme comme compléments l’un de l’autre, citant alors cet extrait du verset 2:187: «On vous a permis, la nuit d’as-Siyâm, d’avoir des rapports avec vos femmes; elles sont un vêtement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles.»

Ainsi, a-t-elle expliqué, le Coran raisonne en terme de «structure familiale, et jamais de femme et d’homme». Questionnée sur le verset 4:34 du Coran, Raazia Najafi a voulu expliquer le «sens pur» de cet écrit controversé, qui affirme entre autres que «les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les.»

S’il est correct que le mari est le «gardien» de la famille, s’il en «a la charge financière» et s’il en édicte les règles, ce n’est que parce qu’il est de son devoir de protéger, guider, sa famille, explique Raazia Najafi, sans répondre explicitement à la question du public portant sur la violence conjugale.

Revenir au texte

Elle a aussi tenu à insister sur la distinction entre culture et religion, que l’«on mélange aujourd’hui» selon elle. «Nous sommes tous musulmans, mais nous avons tant de différences», a-t-elle continué en faisant référence aux musulmans de par le monde. Ces différences sont culturelles et sociétales, et naissent de l’ignorance, «source de tout ce qui est mauvais».

Ainsi, «les barrières et frontières sont le résultat de l’ignorance», non de la connaissance des textes religieux.

Outre conférences et discussions, l’AÉM maintient un espace de prière au sous-sol du bâtiment Shatner, et organise des évènements pour la communauté mcgilloise, musulmune ou non. Ce vendredi 24 mars se tiendra la journée annuelle «Découvrez l’Islam» de l’association, pour faire mieux connaître les nombreuses facettes de cette foi. Sont prévues des discussions sur la culture et l’Islam ou le prophète Mohamed ainsi que des stands éducatifs sur le Hajj, le Ramadan, ou l’écoute du Coran. 

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