Le Délit http://www.delitfrancais.com Le seul journal francophone de l'Université McGill Wed, 12 Nov 2014 18:33:02 +0000 fr-FR hourly 1 http://wordpress.org/?v=4.0.1 Une vie de referenda http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/une-vie-de-referenda/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/une-vie-de-referenda/#comments Tue, 11 Nov 2014 07:29:19 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21846 «Il y a deux ans à peine, il y a deux ans déjà. Ma mémoire est incertaine mais mon cœur lui n’oublie pas». Feu Mort Shuman avait les mots pour rappeler le référendum que nous tenions en 2012 sur l’existence de la Société des Publications du Daily, société qui comprend Le Délit mais aussi notre fausse jumelle: The McGill Daily. Ce référendum était le deuxième depuis 2003, année terrible où l’Université a décidé de soumettre au vote l’existence des associations étudiantes indépendantes tous les cinq ans. Nous l’avions remporté à 76%, 4% de moins qu’en 2008, mais 76% tout de même.

Cette semaine, c’est au McGill Tribune de vivre son premier référendum. Ce qu’il doit mettre en jeu, c’est les trois dollars perçus par étudiant chaque semestre. Moment clé dans la vie d’une association étudiante, ce vote traduit la confiance que le corps étudiant lui porte. En cas d’échec, sans autre forme de procès, les tabliers sont rendus et la clé mise sous la porte. 

Si nous ne considérons pas le Tribune comme l’arbitre des élégances et que, par bien des côtés, nous pourrions en médire, reste que nous sentons pour lui quelques sympathies à l’heure des grandes phrases. Bien entendu, nos lignes éditoriales, éthiques et esthétiques diffèrent en maints lieux mais voyez vous, nous vivons du même pain, celui des étudiants dans un premier temps, celui du reportage dans le second. Et quel temps celui-là! Insaisissable esprit de notre société! Combien de fois par jour tentons nous de te dire, de t’écrire, de t’expliquer?  L’étudiant-journaliste est semblable à Sisyphe, roulant sa pierre immense sur le flanc d’une butte. Arrivé au sommet, la pierre lui échappe et il faut repartir… Recommencer, tomber, recommencer, tomber, recommencer jusqu’à l’oubli du monde. Voilà ce que c’est que de déjouer la Mort! C’est parce que nous roulons la même pierre avec le Tribune que nous lui apportons notre soutien en vue de son référendum. La diversité des pratiques est une chose à laquelle nous tenons, n’oublions pas que c’est en son nom que nous sommes apparus un beau matin de 1977. 

Mais il se fait tard. Nous sommes déjà à la mi-novembre et ceci est la dernière publication du Délit pour l’année 2014. Les opportunistes que nous sommes en ont profité pour faire un numéro de 20 pages au lieu de 16. Bonne lecture donc, et bonne chance.

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Quels sont les termes du «traitement spécifique» pour les étudiants français? http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/traitement-specifique-pour-les-etudiants-francais/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/traitement-specifique-pour-les-etudiants-francais/#comments Tue, 11 Nov 2014 07:27:01 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21843 À la suite de la visite d’État du président de la République française, François Hollande, les 3 et 4 novembre derniers, plusieurs annonces ont été faites quant à la renégociation de l’entente signée en 1978 entre le Québec et la France. La nouvelle entente devrait être finalisée à la fin de l’année 2014, avant le dépôt du budget du gouvernement Couillard en mars 2015.

L’entente actuelle permet en ce moment à quelque 12 500 Français d’étudier au Québec en payant les frais de scolarité québécois, à savoir 2 224 dollars par an, contre 1 300 étudiants québécois en France. Avant la visite présidentielle, le gouvernement libéral avait annoncé qu’il comptait hausser ce tarif de plus de 180% en l’ajustant au prix payé par les étudiants des autres provinces du Canada, soit 6 234 dollars par an. 

Un système de quotas

Le ministère des Relations internationales comme le Quai d’Orsay semblent d’accord sur le maintien d’une «spécificité française» dans l’accueil des étudiants étrangers au Québec. Du côté français, le but est de préserver si possible les ententes pour les 2e et 3e cycles universitaires, aux droits de scolarité plus lourds. Pour les étudiants de 1er et 2e cycles, il est question d’un système de quotas à mettre en place en France, sur des critères de diversité, pour décider de qui pourrait être éligible au tarif préférentiel. Ce système de quotas est déjà utilisé par le Québec avec 39 pays différents dont les trois les plus importants sont la Chine (105 exemptions par an), le Maroc (90) et l’Algérie (83). Rappelons que les étudiants de 1er cycle composent 70% des étudiants français au Québec.

Ouverture des grandes écoles 

À la recherche d’un partenariat «plus équilibré», la France pourrait ouvrir les portes non plus seulement de ses universités, mais aussi de ses grandes écoles. Après le souhait formulé par Philippe Couillard lors de la conférence de presse conjointe du 4 novembre, et relayé par François Hollande lors de son adresse à la communauté française de Montréal, des places contingentées dans certaines grandes écoles françaises pourraient être accordées aux étudiants québécois. 

Statu quo pour les Français déjà au Québec

Les étudiants français qui sont en ce moment aux études, et probablement ceux qui y rentreront à l’automne 2015, ne seront pas concernés par la nouvelle entente. Ils pourraient par ailleurs, continuer leurs études aux seconds et troisièmes cycles avec les tarifs actuellement en vigueur. 

Pour 22 millions de dollars de plus

De 6 881 en 2007, les étudiants français sont aujourd’hui plus de 12 500. Avec 38,1%, ils représentent par ailleurs le premier groupe d’étudiants étrangers au Québec, loin devant la Chine (8,8%) et les États-Unis (8%). Si le gouvernement Couillard reproche aux étudiants français du Québec de coûter 120 millions de dollars par an aux contribuables québécois, Sylvie Beauchamp, présidente de l’Assemblée des gouverneurs de l’Université du Québec, ne l’entend pas de cette oreille. Dans une entrevue avec Le Soleil, elle rapporte tout d’abord ce coût à 71,9 millions de dollars, chiffre provenant d’une enquête menée par le réseau de l’UQ et publiée le 5 novembre dernier. Avec la hausse proposée, le manque à gagner est évalué à 22 millions. Mme Beauchamp ajoute qu’aujourd’hui, près de «deux tiers des français s’établissent au Québec après leurs études», cela sans compter les retombées économiques des étudiants installés au Québec (frais de vie et logements) évaluées à 380 millions de dollars par an selon une estimation de la Conférence régionale des élus de Montréal. 

Un point de vue de l’opposition

En entrevue avec Le Délit jeudi dernier, le député-candidat à la chefferie du Parti Québécois, Jean-François Lisée, a expliqué ce qu’il ferait s’il était toujours en poste au ministère des Relations internationales: «Je prends toute la somme, il y a à peu près 130 millions de dollars là-dedans, et j’offre à tous les francophones de la planète qui veulent venir étudier au Québec de postuler, et sous condition de ressources on leur paierait, soit rien si leur condition est très bonne, soit une partie ou la totalité de leurs droits de scolarité.»

Il affirme que ce système fonctionnerait «au mérite, donc évidemment beaucoup de Français viendraient, mais nous ne ferions pas en sorte de financer la bourgeoisie française qui n’en a pas besoin et qui viendrait de toute façon.» Le second pan de son projet vise à rembourser progressivement la différence payée aux étudiants qui resteraient au Québec, «pour les inciter à vivre ici et à devenir Québécois» affirme-t-il. Quant à l’entente de 1978, il n’est pas question qu’elle reste en place selon M. Lisée. «Moi, payer de ma poche, pour qu’un fils de millionnaire français vienne à McGill, je trouve ça un peu fort de café. Mais à partir du moment où c’est sur conditions de ressources et que je les incite à devenir des Québécois, cela ne me pose plus de problèmes.»

Les positions mcgilloises 

À McGill, Olivier Marcil, le vice-président aux communications affaires externes, a commenté la nouvelle des négociations dans The Montreal Gazette en se rangeant derrière la position gouvernementale. Au nom de l’administration, il affirme que «nous croyons que les étudiants français devraient conserver leur statut particulier au Québec mais nous pensons que cela serait raisonnable que leurs frais de scolarité rejoignent la moyenne canadienne, qui reste bien inférieure à ce que paient la plupart des étudiants internationaux».  

Le 7 octobre dernier, le McGill Tribune avait lui aussi pris cette position dans un éditorial, en urgeant l’Université de prendre des mesures pour retrouver au plus vite le top des palmarès universitaires, sa position sur la scène internationale étant en jeu. Sachant que les 1 500 étudiants français de McGill ne représentent qu’un léger dixième de la population étudiante française au Québec, et que ces étudiants sont pour la plupart capables d’assumer une éventuelle hausse, ces mesures n’auront que peu d’effets sur la réalité du fait Français à McGill, qui va croissant ces dernières années. 

Rappelons enfin que le 3 novembre dernier, Le Délit prenait ouvertement position en faveur du maintien de l’entente de 1978 en publiant un hors-série consacré aux relations entre le Québec et la France, dans un contexte plus large. Une série de témoignages d’étudiants et de professeurs issus de cette coopération en analysait notamment les apports positifs.  

Quand la littérature rapporte 

Peu d’étudiants le savent, mais la clause «f» de la «Politique relative aux droits de scolarité exigés des étudiantes et étudiants étrangers par les universités du Québec» datant de mai 2008 stipule que les exemptions concernent aussi «toute personne inscrite à des cours en langue et littérature françaises ou en études québécoises». Ces cours, selon le système de classification des disciplines CLARDER (Classification de la recherche et du domaine d’enseignement et de recherche), sont ceux de langue française générale, de français langue seconde, de littérature française catégorie générale et littérature canadienne-française et québécoise. Cette exemption se justifie avec un document prouvant «l’inscription à un ou des cours» énumérés plus haut. Autrement dit, avec au moins un cours de langue ou de littérature française à son programme, n’importe quel étudiant étranger inscrit dans une université du Québec peut demander à payer ses frais de scolarité au prix québécois. 

Au cas-où nulle entente ne saurait satisfaire les étudiants français du Québec, ils sauront désormais vers quels types de programmes se tourner pour bénéficier d’une exemption.

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Silence, on innove http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/silence-on-innove/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/silence-on-innove/#comments Tue, 11 Nov 2014 07:18:52 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21840 Le campus mcgillois a accueilli pour la deuxième fois la semaine de l’innovation de McGill du 3 au 8 novembre derniers. Cette deuxième rencontre du type visait à inciter la réflexion étudiante sur les différentes manières de concevoir l’innovation, à travers une série d’ateliers, de conférences ou de visites tout au long de la semaine. L’événement a été organisé par le QI Student Working Group (SWG), créé en février 2013 pour soulever la participation étudiante dans le Quartier de l’Innovation (QI), une plate-forme en pleine expansion destinée à fomenter la créativité à Montréal. Il concerne l’innovation dans tous ses sens, qu’elle soit entrepreneuriale, technologique ou encore artistique, comme on pouvait en débattre lors de la conférence de Standpoints: Art and Innovation Talk.

Asma Manssouri, la VP Externe du SWG, et qui s’occupe de l’organisation de la semaine de l’innovation depuis mai dernier, explique qu’avec cet événement, elle cherchait à inspirer les étudiants en mettant à leur disposition des gens «qui sont en train de bouillonner, qui ont plein de projets». Elle ajoute que cette semaine de l’innovation peut aussi ouvrir les esprits à des choix de carrières alternatifs: «Dans une institution qui reste assez traditionnelle, c’est intéressant d’avoir un point de vue sur d’autres moyens de réussir dans sa vie, pas seulement se focaliser sur ses études.»

C’est le vice-principal exécutif adjoint aux études et à la vie étudiante, Ollivier Dyens, qui a ouvert cette semaine de débats et d’échanges d’idées lundi lors de la conférence Enriching Student Experiences in the QI, qui traitait de l’impact des expériences d’apprentissage et des projets sur le Quartier de l’Innovation. Pour M. Dyens, la semaine de l’innovation de McGill est l’occasion rêvée pour les étudiants de se rendre compte des possibilités qui sont à leur portée quant il s’agît de la concrétisation de leurs idées et de leurs projets. Selon lui, il est trop facile de mettre ces derniers de côté face aux obligations plus immédiates: «Il est important de se forcer à  penser car on est tous pris dans le quotidien et parfois on oublie de regarder un petit peu plus loin.»

 Le Quartier de l’Innovation à l’honneur

Le Quartier de l’Innovation, plate-forme en pleine effervescence mais qui peine encore à s’assurer une visibilité sur le campus, était au cœur de cette semaine de l’innovation. Avec 3 évènements sur 11 qui lui ont été dédié, et le 4e Sommet de Montréal sur l’innovation du 6 novembre, consacré cette année à la collaboration entre les domaines de santé et les industries créatives, le QI a pu sortir de l’anonymat et être représenté sur la scène collective mcgilloise. En effet, selon M. Dyens, le QI est un aspect phare de la semaine de l’innovation car: «L’innovation à McGill se décline de plusieurs façon, mais au niveau des grands projets de McGill ça se décline surtout autour du QI». Julien Ouellet, membre du SWG, pense quant à lui qu’il est important que les étudiants s’impliquent dans ce vaste projet de coopération en plein essor: «QI vient d’entrer dans la phase la plus intéressante de son développement. Les idées se concrétisent et les opportunités se multiplient».

Le QI, situé au sud-ouest de Montréal, et dont la visite était une des activités proposées par la semaine de l’innovation, est basé sur quatre piliers (socio-culturel, formation et recherche, urbain et industriel). De là, plusieurs centre offrent différents services aux jeunes avec des idées mais sans capitaux. L’un d’entre eux, le Centre d’entreprises et d’innovation de Montréal (CEIM), constitue selon M. Ouellet l’exemple idéal de l’esprit du QI: «Concrètement, le CEIM est un très bel exemple de ce que le QI a à offrir. Ce centre qui procure des locaux, de l’expertise, et des opportunités de réseautage à très bas prix est un point de départ idéal pour démarrer une compagnie». Ce dernier a d’ailleurs été inauguré le lundi 9 novembre un partenariat avec le gouvernement fédéral. 

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Culture Shock: éveil garanti! http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/culture-shock-eveil-garanti/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/culture-shock-eveil-garanti/#comments Tue, 11 Nov 2014 07:16:42 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21838 L’événement initié à McGill par le Groupe de Recherche d’Intérêt Public (GRIP) en 2006, Culture Shock, s’est déroulé du 6 au 9 novembre dernier. Organisé autour d’une série d’ateliers ludiques, Culture Shock incitait les participants à repenser l’immigration et l’héritage historico-culturel nord-américain. Le concept au cœur de cette entreprise: faire valoir les droits autochtones sur les terres canadiennes «colonisées et volées» d’après les mots de M. Holden, coordinateur de Kanata, un groupe de soutien étudiant de la Communauté des études autochtones de McGill, qui a pris part au déroulement de Culture Shock.

Cette même question était à l’ordre du jour lors de l’atelier Oh Canada, Our Home on Native Land: Discussing Colonization, qui s’est déroulé le 6 novembre dans le bâtiment de l’AÉUM. Après un prélude en musique traditionnelle des Premières Nations, les participants se sont présentés un à un, souvent en reconnaissant l’héritage autochtone de leurs villes d’origine, comme Jacob Greenspon, un sénateur de l’AÉUM: «Je viens de Toronto, terre originelle des Mohawks.» Cet exercice de prise de conscience est maintenu tout au long de l’événement, par exemple en abordant le rôle du gouvernement canadien dans le système des écoles résidentielles. Entre 1860 et 1996, plus de 150 000 enfants autochtones ont été placés dans ces institutions réputées pour leurs conditions déplorables qui ont causé la mort de près de 4 000 d’entre eux.

Au second plan aussi, l’atelier cherche à stimuler les esprits sur l’éducation au Canada. Jusqu’au cégep, l’histoire des Premières Nations est maintenue en marge, en faveur de celle de la découverte de Jacques Cartier et de l’engagement auprès des Européens lors des Première et Seconde Guerres mondiales. Pour éduquer les participants sur cet aspect de l’histoire canadienne délaissé par les institutions publiques, des fiches informatives étaient placées en ordre chronologique à même le sol, relatant les faits d’une histoire marquée par la souffrance et la hantise des colons européens. Aujourd’hui encore, McGill demeure une des seules universités au Québec à ne pas avoir reconnu l’historicité des territoires traditionnels qu’elle occupe – mohawk dans son cas – pourtant établie par la Cour suprême en 1997, qui avait défini la portée de la protection accordée au titre autochtone avec l’arrêt Delgamuukw.

Espace sécuritaire ou espace fermé?

Si la politique de Culture Shock est d’«engager le dialogue autour des problèmes relatifs aux vies [des minorités] ainsi que d’éduquer les personnes non renseignées sur ces problèmes», l’atelier Giving Birth to Yourself: Revolutionary Storytelling for People of Colour était inaccessible aux personnes blanches. Ainsi, la description de l’événement soulignait: «veuillez noter que cet atelier est fermé, seulement les personnes autochtones, métisses ou de couleur peuvent y prendre part». Pourtant, Kira Page, coordinatrice externe du GRIP et membre de l’équipe à l’origine de cet atelier, note en entrevue avec Le Délit qu’«à McGill, en règle générale, il n’y avait pas d’espace pour discuter du racisme ou du colonialisme» soulignant: «voilà l’intérêt véritable de Culture Shock». Sur l’exclusion des personnes blanches à l’événement, elle justifie ce choix controversable en affirmant que «les personnes de couleur doivent avoir le droit à un espace où ils peuvent partager leurs expériences d’oppression». Durant l’entrevue, Kira fait analogie aux combats de féminisme radical où l’exclusion des hommes était d’ordre; mais elle rétracte finalement ses propos. 

Depuis le semestre d’automne 2014, une mineure en «Études autochtones» a été inaugurée à McGill. Une victoire pour les différentes associations dans la lutte pour la reconnaissance des Premières Nations et la promulgation d’idées antiracistes, antidiscriminatoires et pro-communautaires. Prochain rendez-vous: Culture Shock, prévu pour novembre 2015, pour assister à autant d’ateliers sur l’ouverture et le partage, pour la plupart, du moins.

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McGill en guerre http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/mcgill-en-guerre/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/mcgill-en-guerre/#comments Tue, 11 Nov 2014 07:14:33 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21835 Durant la Première Guerre mondiale, 3059 hommes de l’Université McGill se sont enrôlés dans les forces armées actives, 363 au-moins y laissèrent la vie. Cent ans plus tard, les 791 médailles distribuées après le feu sont oubliées. On ne sourcille qu’à peine en entendant que deux «victoria cross» faisaient partie du lot. Et pourtant, la mémoire officielle s’agite encore.

Aujourd’hui, comme à chaque 11 novembre, plusieurs coups de feux retentiront en l’honneur des soldats canadiens morts dans les champs de Flandres, ceux-là mêmes que chantaient John McRae – physicien et poète, invité d’un jour à l’Université McGill –, et qui sont entrés dans la postérité. 

Un bataillon pour McGill 

Bien que l’Université ne prenne pas la responsabilité directe d’un corps militaire, elle soutient activement la recherche, l’entraînement et le recrutement de troupes. Dès 1912, le Contingent de Corps d’Entraînement des Officiers est créé à McGill. Ce centre de formation pour officiers sera directement lié au 148e bataillon des forces expéditionnaires, bataillon composé principalement de Mcgillois et tenant ses quartiers sur le campus jusqu’au départ outremer en 1916. 

Par ailleurs, l’engagement historique de McGill auprès de l’armée canadienne n’est plus à prouver. Ce n’est pas un hasard si Sir Arthur Currie, commandant des forces expéditionnaires canadiennes et héros consacré de la célèbre bataille de la crête de Vimy, sera nommé principal de l’Université de 1920 à 1933. 

Il faut sauver le soldat Beullac

Quand on arpente le registre d’honneur des Mcgillois morts au combat, les patronymes anglophones abondent, McKenzie, McLeod, Metcalfe… Après ceux-ci, quelques Canadiens-français trainent çà et là mais que voulez-vous, McGill était à la couronne!

Un soldat, cependant, sort étrangement du lot. Il s’appelle Marcel Célestin Joseph Beullac et il est … Français! Né à Montpellier en 1872, il arrive à Montréal avec sa famille en 1874. Après un Certificat d’Études à l’Université Laval, Marcel Beullac entre à l’Université McGill et en sort en 1904 avec un bacc. en sciences appliquées. Les registres des diplômés des années suivantes indiquent qu’il travaille comme ingénieur pour une compagnie appelée Dom. Bridge à Westmount et qu’il est aussi «special lecturer» à McGill.

En 1914, Beullac s’enrôle non pas dans l’armée canadienne mais dans l’armée française, au 16e bataillon territorial du Génie basé à Montpellier. Si bien qu’il est le seul du registre d’honneur à paraître dans son uniforme de Maréchal des Logis! En 1918, il rentre blessé des combats à Montréal et meurt le 27 janvier.

Marcel Beullac était marié. Il laisse alors dans le deuil sa femme Alice Gravel et son fils, Georges Beullac, né avant la guerre en 1911. Ce dernier deviendra par la suite un important photographe et cinéaste des années 30 à 50, connu aujourd’hui pour les nombreux clichés du peintre et poète, Hector de Saint-Denys Garneau.

Notre Beullac avait par ailleurs un frère qui s’appelait Pierre, ami d’Honoré Beaugrand (maire de Montréal de 1885 à 1887) et membre fondateur, entre autres, de l’Association du Jeune Barreau de Montréal, toujours active à ce jour.

Les femmes pour l’effort de guerre

Si les femmes ne sont pas admises dans les forces armées, plus d’une «Donalda» – surnom donné aux étudiantes de l’Université, seulement admises depuis 1884! – participent à l’effort de guerre. 

Sous la direction du doyen de la Faculté de médecine, Dr. Herbert Stanley Birkett, elles vont en France fonder un hôpital général derrière la ligne de front. Après quelques déménagements, en 1916, Le N°3 Canadian General Hospital plante ses tentes et ses 1040 lits à Boulogne. De 1915 à 1919, les «anges blancs» de McGill accueilleront près de 143 762 soldats blessés et feront 11 395 opérations. 

La guerre fait parler, écrire, laisse des traces. Qu’en reste-t-il? Des symboles. Sur notre campus, on connaît peut-être ce vitrail de St-Georges terrassant le dragon, situé à l’entrée de la bibliothèque Blackadder et dédié aux membres de la fraternité Sigma Phi morts au combat. Exemple incontournable, le stade Molson, fruit de la volonté testamentaire de Percival Molson, riche héritier des brasseurs montréalais, étudiant mcgillois et surtout athlète vedette des années 1910. Bien d’autres vestiges existent et le fonds des archives de la bibliothèque McLennan a décidé d’en exhumer un certain nombre pour le centenaire de la guerre 14-18. Bien lui en a pris!

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Une bulle à faire éclater http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/une-bulle-a-faire-eclater/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/une-bulle-a-faire-eclater/#comments Tue, 11 Nov 2014 07:05:14 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21832 Malgré l’augmentation indéniable de la présence du français sur le campus depuis les années 1960, l’Université McGill continue d’être perçue comme une «bulle», résultat de sa spécificité linguistique. En effet, l’université anglophone détonne dans une province unilingue francophone. Tant que le français sera relayé à un rôle de second plan, l’effet de «bulle McGill» persistera.

En entrevue téléphonique avec Le Délit, Olivier Marcil, vice-principal aux communications et relations externes, refuse catégoriquement «l’affirmation de la bulle McGill»: «McGill a énormément de partenariats avec des universités [et des entreprises] québécoises». Il souligne l’importance du français dans ces relations, réitérant au passage le nouveau leitmotiv de l’Université: «McGill n’a jamais été aussi francophone qu’aujourd’hui». Ironiquement, en tentant de nier l’existence de la bulle mcgilloise, il la confirme: selon ses dires, Madame Fortier (qui n’a pas répondu à notre demande d’entrevue) s’étonne que le français soit plus présent ici qu’à Ottawa (où elle travaillait avant son entrée en fonction à McGill), ville pourtant située dans une province unilingue… anglophone! 

Combien de francophones?

La politique linguistique la mieux connue de l’Université McGill date officiellement de 1980: «À McGill, la langue d’enseignement est principalement l’anglais. Vous avez le droit de rédiger vos examens, vos travaux, vos thèses ou vos mémoires en français ou en anglais, sauf dans les cours où l’un des objectifs est la connaissance d’une langue».

 Malgré tout, certains professeurs avouent aujourd’hui encore ne pas maitriser le français et encouragent les étudiants à rédiger leurs travaux en anglais. Monsieur Marcil confirme qu’«on embauche des professeurs unilingues anglais [sic] […] [et] on les accompagne au niveau [sic] du français». Il nous explique que depuis moins de deux ans, McGill offre des cours de français gratuits pour les professeurs et leur conjoint dans l’optique de mieux les outiller, de leur permettre de se conformer à la politique linguistique mcgilloise… et de passer les examens de français des ordres professionnels auxquels ils souhaiteraient éventuellement adhérer. 

Du côté de l’effectif étudiant, le pourcentage d’étudiants francophones a dégringolé de 25,5% en 1987 à 17,7% en 2009, mais est remonté à 18,5% en 2013 puis à 19,1% en 2014, nous apprend Doug Sweet, directeur du service des communications internes. Olivier Marcil avance quant à lui que le nombre de Québécois qui forment l’effectif étudiant se maintient à environ 50% depuis les dix dernières années, tandis que le nombre de Français admis a augmenté de 150% dans les dernières années.

 Le vice-principal aux communications affirme qu’«on porte une attention particulière aux francophones», mais soutient que McGill n’a pas de politique de sélection à cet effet. Plutôt, «on cherche les meilleurs – c’est clairement une politique, on vise l’excellence». Effectivement, le premier des trois principes fondamentaux présentés dans La politique sur l’emploi et la qualité du français à l’Université McGill requise par l’art. 88.2 de la charte de la langue française du Québec stipule que «L’Université attire d’excellents étudiants et recrute des professeurs exceptionnels dans toutes les disciplines, sans égard à leur langue maternelle». On n’y fait aucune mention des étudiants francophones. 

Trop grande souplesse des politiques de service aux étudiants

Monsieur Marcil insiste sur l’importance qu’on accorde au français, notamment dans «l’interface avec les étudiants [qu’on souhaite] bilingue». De plus, le Services aux étudiants, le Services aux étudiants internationaux et la Gestion de l’effectif étudiant nous confirment (en anglais, en réponse à une question posée en français et dans le cadre d’un échange de courriels dans un excellent français avec Doug Sweet) que la maitrise du français est une exigence pour l’embauche de nouveau personnel qui travaillera en contact direct avec les étudiants. 

Cette politique ne semble toutefois pas très contraignante: Jason Kack, directeur général de la librairie (bookstore) de l’Université (qui relève du Services aux étudiants), affirme lors d’une entrevue téléphonique qu’on lui a demandé de s’assurer de la présence d’au moins un employé qui parle français sur le plancher en tout temps et de veiller à l’affichage bilingue. Il n’hésite pas à embaucher des employés unilingues anglophones pour des postes temporaires, mais souligne que les candidats aux postes permanents doivent répondre à des questions en français lors de l’entretien pour démontrer leur maitrise de la langue. 

Ce qui n’empêche pas la librairie de proposer un contrat de location pour les manuels qui contient une clause stipulant que l’étudiant a demandé à ce que le contrat soit rédigé uniquement en anglais! Lorsque Le Délit s’est rendu à la librairie pour demander à voir un exemplaire du contrat pour confirmer l’existence de la clause mentionnée, la réponse a été «I’m not getting involved in this crap. You can ask to see the manager» («Je ne veux pas être impliquée dans cette merde. Vous pouvez demander à voir le gérant»). En entrevue téléphonique, monsieur Kack confirme qu’il n’existe pas de version française du contrat et que la version anglaise contient bel et bien la clause mentionnée; si un étudiant venait à demander un contrat rédigé en français, le directeur général semble hésitant quant à la mesure à adopter, mais affirme que «l’Université a un service de traduction. J’imagine qu’on leur demanderait [de faire la traduction]».

Lorsque Le Délit a demandé à Olivier Marcil si les récentes coupes budgétaires risquent d’affecter la présence du français sur le campus, il a interrompu la question pour marteler un «non, non, non, non, non». McGill a, selon lui, l’«obligation», le «devoir» d’assurer la présence du français sur le campus. Il avoue toutefois que «la question est tout à fait pertinente», surtout qu’une des mesures prises par l’Université en réponse aux récentes compressions est le gel d’embauche de nouveau personnel, ce qui inclut les traducteurs, admet-il. 

Redéfinition du bilinguisme officiel de la politique étudiante 

Du côté de l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM) et de l’Association Étudiante de la Faculté des Arts (AÉFA) – dont la politique linguistique est entièrement interne, l’Université n’imposant aucune règle, nous révèle Ava Liu, présidente de l’AÉFA –, on déclare l’anglais et le français comme langues officielles. Sauf que de nombreux documents ne sont pas traduits, faute de moyens. Lola Baraldi, v.-p. aux affaires externes de l’AÉFA, reconnait qu’il y a présentement un problème d’accessibilité aux documents en français. Ava Liu admet que la traduction des documents pose problème: «on veut des traductions fidèles». Puisqu’on engage des étudiants mcgillois comme traducteurs, les risques d’erreurs sont là. La traduction actuelle de la constitution de l’AÉFA le confirme: on y déclare à l’article 25.2 de la section «Language [sic] de la Constitution» que «les textes en Anglais [sic] et en Français [sic] sous [sic] également autoritaires».Voilà qui invite à questionner l’autorité!

Phillippe Robichaud, commissaire aux affaires francophones de l’AÉUM, nuance un peu ce triste constat: «d’un côté pratique», déclare-t-il dans un échange de courriel, «la situation est compréhensible comme 100% de la population mcgilloise parle au moins un peu d’anglais».

De plus, «l’accessibilité [aux] documents publics» reste également à désirer du côté de l’AÉUM, selon Philippe Robichaud. Il nous confie toutefois qu’on y est conscients de la réalité francophone et qu’il y a une «réelle volonté» d’améliorer les choses. Bien que la situation soit «déplorable», selon la v.-p. aux affaires externes Amina Moustaqim-Barrette, les initiatives étudiantes semblent en voie de faire bouger les choses.

Concrètement, on a considérablement augmenté le budget de l’AÉUM accordé à la Commission des affaires francophones (CAF), créée en 2007 suite à l’initiative d’un étudiant francophone. De plus, l’association envisagerait l’embauche d’un(e) traducteur(trice) professionnel(le), selon les dires d’Amina Moustaqim-Barrette rapportées par Philippe Robichaud. Du côté de l’AÉFA, on a mis sur pied l’an dernier une commission aux affaires francophones sur le modèle de celle de l’AÉUM qui a le mandat de veiller à «l’inclusion du français dans les opérations et les politiques» de l’association, déclare Ava Liu.

Philippe Robichaud regrette «l’accès anglophone unilingue des documents de nos associations étudiantes [qui] les ampute de la discussion avec le reste du Québec». Dans le contexte actuel d’austérité qui mobilise les étudiants à l’échelle provinciale et de mouvements pro-environnement, par exemple, «le monde universitaire québécois gagne à communiquer à une plus grande échelle que celle des campus individuels afin de mieux saisir sa réalité socio-économique», reconnait le commissaire. Amina Moustaqim-Barrette affirme qu’«il est de [s]on devoir d’intégrer McGill dans la communauté québecoise, [ce qui est] impossible sans faire des efforts vers la francisation de notre propre association». Elle ajoute que la décision «d’intégrer le bilinguisme à la société [revient au conseil exécutif], de sorte que la situation change beaucoup d’une année à l’autre. J’espère trouver une façon d’institutionnaliser ce processus». 

Quand on considère que 40% des étudiants sur le campus sont bilingues, selon madame Fortier, tandis que plus de 55% affirment «bien parler français», selon monsieur Marcil, il est surprenant de constater que le français se fait encore aujourd’hui si discret sur le campus, et que les francophones soient très peu nombreux dans les rangs des associations étudiantes, qui détiennent pourtant le réel pouvoir de faire changer les choses.

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Conseil législatif de l’AÉUM. http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/conseil-legislatif-de-laeum-6/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/conseil-legislatif-de-laeum-6/#comments Tue, 11 Nov 2014 07:01:19 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21830 Le conseil législatif bimensuel de l’AÉUM s’est ouvert cette fois-ci avec une présentation par Alexandra Heim, coordinatrice du projet Green Building, sur l’état de la consommation d’énergie dans le bâtiment Shatner. Elle salue les progrès faits en comparaison des dernières années: «La bonne nouvelle, c’est que malgré l’augmentation du coût de l’énergie, notre consommation diminue et les dépenses diminuent!»

Amendement du portefeuille des Clubs et Services

Parmi les motions proposées figurait celle présentée par Stefan Fong, le vice-président aux clubs et services, qui visait à mieux définir l’utilisation des fonds discrétionnaires par les services de l’AÉUM. Les clauses spécifient que le versement de ces fonds sera uniquement dirigé vers des clubs dont les activités sont réservées exclusivement aux étudiants de McGill. Aussi, la condition de versement des fonds est que l’activité sera financée à condition qu’elle ne dépasse pas la durée réglementaire fixée à un an. Après près d’une heure et demie de débats, et de multiples amendements, la motion a été adoptée. 

Frais de scolarité

C’est actuellement plus un sujet de conversation qu’une réalité, mais l’administration a pour projet de regrouper les différents frais des factures aux étudiants sur Minerva. La présidente de l’AÉUM, Courtney Ayukawa, a donc décidé de consulter le conseil à ce sujet, lequel, deux abstentions mises à part, s’y oppose à l’unanimité. Kathleen Bradley intervient: «On a besoin de faire preuve de transparence! Cela bénéficie clairement à l’administration au détriment des étudiants.»

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ÉCO prend son envol face aux pétrolières. http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/eco-prend-son-envol-face-aux-petrolieres/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/eco-prend-son-envol-face-aux-petrolieres/#comments Tue, 11 Nov 2014 06:59:11 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21828 Fin octobre 2014, une nouvelle coalition d’associations étudiantes a pris forme sous le nom d’Étudiant(e)s Contre les Oléoducs (ÉCO). Le co-porte-parole d’ÉCO et vice-président du Concordia Student Union (CSU), Anthony Garougalis-Auger, voit ÉCO comme une coalition visant à mobiliser «le plus grand mouvement étudiant d’Amérique du Nord derrière une seule bannière» et contre l’industrie des sables bitumeux en pétrole acheminé au Québec mais destiné à l’exportation.

Un mois après sa création, ÉCO revendique plus de 70 000 étudiants représentés à travers le Québec. La Coalition appelle à des actions non violentes pour mettre un frein aux projets d’oléoducs et d’extraction des ressources, dont une manifestation le 15 novembre «contre les projets pétroliers et le Plan Nord». Amina Moustaqim-Barrette, vice-présidente aux affaires externes de l’AÉUM et membre de Divest McGill, a affirmé que si Divest McGill n’est pas admissible comme membre de la coalition étant donné son statut de «campagne», le groupe étudiant a néanmoins tenu à apporter son soutien par rapport à la «Motion portant sur l’action sur les changements climatiques» approuvée le 22 octobre dernier par l’AÉUM et qui vise à ce que cette dernière se joigne à la coalition ÉCO. 

Elle a aussi ajouté que l’AÉUM et Divest McGill participeront à la manifestation du 15 novembre, étant donné la forte opposition des étudiants aux projets d’oléoducs et le fait que le but ultime de Divest McGill est de se désinvestir des énergies fossiles. 

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Convergence à Montréal http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/convergence-a-montreal/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/convergence-a-montreal/#comments Tue, 11 Nov 2014 06:57:15 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21825 Venus du Québec, d’Ottawa, d’Ontario, de Colombie-Britannique ou encore du Nouveau-Brunswick et de Nouvelle-Écosse, 140 personnes, dont une grande majorité d’étudiants impliqués dans des associations environnementales ont participé à la Fossil Free Canada Convergence (Convergence pour un avenir sans énergies fossiles, ndlr), cette fin de semaine. Sous la supervision de la Coalition des Jeunes Canadiens pour le Climat (CYCC) [Canadian Youth Climate Coalition, ndlr]. Les associations étudiantes des universités McGill et Concordia, et les groupes de désinvestissement affiliés à ces institutions, ont accueilli et organisé un certain nombre d’activités et de conférences sur différents enjeux.

Les différents groupes de désinvestissement de Montréal et ailleurs ont proposé des tables rondes sur des sujets variés, comme les stratégies de désinvestissement elles-mêmes, les histoires de résistance, le rôle des médias et de la communication ou encore la justice climatique, la plupart ont eu lieu à McGill. Les participants étaient fortement encouragés à partager leurs idées et le parcours de leur organisation. Un autre aspect de la lutte climatique, mis de l’avant par la directrice de la CYCC Kelsey Mech lors de l’ouverture des activités le samedi 8 novembre, est la collaboration avec les communautés autochtones. La tendance qui s’accroît, notamment le long des lignes de pipelines projetées, sous forme de camps de résistants.

Réseautage

L’objectif de l’événement, en dehors des activités en elles-mêmes, était de renforcer les liens entre les différents membres du réseau de désinvestissement national, pour éviter à chacun de «s’enfermer dans sa bulle», d’après David Summerhays, membre de Divest McGill, en entrevue avec Le Délit. En plus de créer un sentiment d’unité, il permet d’échanger des idées et des conseils par rapport aux succès et aux échecs et groupes de désinvestissement dans leurs négociations avec leurs universités respectives. Megan Bowers, de la campagne de désinvestissement de l’Université d’Ottawa, explique également lors d’une entrevue qu’elle n’est pas simplement venue pour «faire du réseautage avec des gens directement impliqués, mais aussi pour apprendre […] et bénéficier du partage d’idées». Elle est plus particulièrement intéressée, par exemple, par la justice climatique. Au niveau des associations, la Convergence pour un avenir sans énergies fossiles permettrait de galvaniser et susciter l’intérêt de la communauté étudiante et de favoriser l’enrôlement dans les campagnes de désinvestissement.

Main tendue aux francophones

Il est à noter que plusieurs activités se sont déroulées en français. Kelsey Mech explique l’importance d’une telle mesure dans le contexte montréalais: bien que McGill et Concordia soient anglophones, limiter le public potentiel aux seuls partisans de la langue de Shakespeare est contradictoire au but du mouvement en lui-même: rassembler et partager. «Dans les écoles francophones, à part peut-être l’Université de Montréal (UdeM), il y a très peu de dotations [dans les énergies fossiles]. Le désinvestissement devient une technique plutôt anglophone», explique David Summerhays. «Mais il y a des jeunes qui font des choses au Québec, et on voulait que les gens sachent qu’au Québec on fait [un gros travail] contre les pipelines; […] et inversement, que les jeunes du Québec sachent ce qui se passe ailleurs au Canada.» 

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Cette semaine sur le campus. http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/cette-semaine-sur-le-campus/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/cette-semaine-sur-le-campus/#comments Tue, 11 Nov 2014 06:42:10 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21823 Six personnages en quête d’auteur

Non, il ne s’agit pas d’une petite annonce pour écrivain, mais bien d’un communiqué pour la prochaine pièce du Player’s Theater: Six Characters in Search of an Author. La troupe McGilloise présentera la pièce du 12 au 15 novembre et du 19 au 22 novembre à 20 h. Écrite en italien par Luigi Pirandello en 1921, traduite en anglais par Domenico Pietropaolo, le spectacle que les comédiens interprèteront sous la direction d’Anna Gordon raconte une histoire inachevée. Les personnages, coincés dans l’imagination de leur inventeur, le supplient de les laisser exister. On attend de voir la mise en abîme d’acteurs dans leur rôle de personnages issus de l’imagination du metteur en scène. Avis aux intéressés: ils prendront corps dès demain sur les planches du Player’s Theater dans le bâtiment Shatner. 

Exposition de la Fridge Door Gallery

Ephemera, l’exposition d’automne des artistes de McGill, aura lieu le 14 et 15 novembre. Le rendez-vous pour le vernissage est à 18 heures au #0-4164 boulevard Saint-Laurent. Pour les étudiants avides de peinture, de photographie et de performances diverses, c’est l’occasion de faire connaissance avec la fibre artistique, parfois discrète, de McGill. La Fridge Door Gallery est une galerie d’art gérée par des étudiants qui existe depuis 2007. Puisqu’il n’existe pas de programme d’art appliqué à McGill, elle permet tout de même aux étudiants d’exprimer et de partager leurs créations au moins une fois par session. Nouveauté de cette année: certaines œuvres seront mises en vente. 

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Hamlet métamorphosé http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/hamlet-metamorphose/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/hamlet-metamorphose/#comments Tue, 11 Nov 2014 06:40:42 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21819 La première représentation de The Tiger Lillies perform Hamlet aura lieu demain, à la Cinquième salle de la Place des Arts. On dit que c’est un cabaret déjanté, «brilliantly twisted», selon le journal britannique The Guardian, qui réunit un groupe de musique et une troupe de comédiens dont les performances physiques ont été qualifiées de sensationnelles. Trépignant d’impatience, Le Délit a eu la chance de recevoir, en avant-première, des réponses du metteur en scène de cette réinterprétation audacieuse du drame de Shakespeare par le Théâtre République de Copenhague.

Le Délit (LD): Pourquoi remettre Hamlet sur les planches aujourd’hui? 

Martin Tulinius (MT): Je pense qu’il est essentiel de raconter l’histoire existentielle d’Hamlet aujourd’hui parce qu’elle saisit l’essence de l’existence humaine et révèle la part obscure de nos vies que nous avons tendance à cacher dans notre subconscient lorsque nous n’arrivons pas à y faire face. Nous vivons à travers les médias sociaux comme Facebook, Instagram, Twitter, Snapchat, etc. qui nous incitent à afficher une surface lisse, une vie parfaite qui ne comporte aucune place pour l’échec. Cette vie est superficielle et n’a rien à voir avec la réalité. Le Hamlet de Shakespeare peut nous rappeler à quel point la vie est fragile, qu’elle a ses nuances et que tout n’est pas parfait. Notre réalité est aussi colère, poésie, pensées profondes, suicide, solitude, vieillesse, vie et mort.  

LD: Reprendre des classiques avec une nouvelle interprétation visuelle, pensez-vous que cela les rende plus accessibles ?

MT: Je souhaitais mettre en scène Hamlet de telle sorte que l’histoire soit racontée par un théâtre corporel avec de la musique et des effets visuels qui parlent à nos cœurs et ouvrent d’autres portes de la perception. Je pense que c’est la clé de l’ouverture d’esprit. Mettre en scène une version classique et historique d’Hamlet, ou de Shakespeare en général, distancie nos sentiments et donc la compréhension que nous pouvons avoir des personnages. Les plus fortes et belles performances sont celles qui créent une connexion avec le public; le théâtre n’est alors plus uniquement intellectuel mais aussi émotionnel. 

LD: Avez-vous l’impression qu’il y a un manque sur la scène culturelle que vous essayez de combler avec votre spectacle ? 

MT: Je pense que, trop souvent, on essaie de rester politiquement correct au théâtre. Mais à qui voulons-nous plaire? Aux critiques, à l’audience ou à Shakespeare? Shakespeare était lui-même un rebelle qui a passé sa vie à repousser les limites de son temps. Pourquoi ne ferions-nous pas la même chose aujourd’hui? Je pense que c’est le rôle de l’art contemporain et du théâtre; c’est pourquoi je travaille avec différentes formes d’art pour faire ressurgir les différents aspects de la communication et de l’histoire. Le personnage d’Ophélie, par exemple, s’est vu ajouté plusieurs scènes dans l’optique de souligner sa relation amoureuse avec Hamlet. Nous la montrons avec une force encore plus grande qui permet de comprendre comment son histoire peut avoir une fin aussi fatale. 

LD: Vous avez entrepris une aventure d’échelle internationale: pensez-vous que la réception en est facilitée par l’usage de musique, de vidéo et d’acrobaties? 

MT: Je ne crois pas qu’il soit possible d’exporter une pièce dans sa forme traditionnelle. Quand nous avons joué à Londres, j’ai été surpris de l’accueil favorable que nous avons reçu. L’idée d’apporter la pièce la plus célèbre de Shakespeare à Londres m’effrayait jusqu’au plus profond de mon âme. Mais je pense qu’il faut un regard étranger pour voir Hamlet sous un nouvel angle et je ne pense pas que nous aurions été invités si nous avions monté une version qui avait déjà été vue et revue. L’aventure internationale que nous entreprenons n’aurait jamais été si nous n’avions pas une interprétation unique d’Hamlet, une version avec de la musique, des vidéos et un théâtre corporel. 

LD: Pensez-vous que cette mise en scène dépasse les limites du langage, que l’impression qui accompagne l’expérience du public suffise à transmettre le message clé que vous avez perçu d’Hamlet?

MT: Je l’espère! Dans les différents pays où nous avons joué, les spectateurs avaient plus ou moins connaissance du texte anglais initial. Pourtant, la pièce semble avoir un grand impact même sur ceux qui ne comprennent pas chacun des mots. Je crois que la qualité de cette pièce repose sur l’interprétation du texte avec une telle diversité de formes artistiques que nous parvenons à toucher le public.

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«Grandescunt aucta labore»? http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/grandescunt-aucta-labore/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/grandescunt-aucta-labore/#comments Tue, 11 Nov 2014 06:37:15 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21816 La devise officielle de l’Université McGill: «tout s’accroît par le travail», est un détournement, pire, une usurpation idéologique. Car que dit Lucrèce – le passeur latin d’Épicure – au vers 1160 du livre II de son célèbre poème De Rerum Natura (De la Nature des Choses)?

Tout d’abord, transcrivons la proposition en entier: «quae nunc vix nostro grandescunt aucta labore». Selon le professeur Martin Sirois du Département d’histoire à l’Université McGill, cela veut dire littéralement: «qui maintenant ne grandissent que par notre labeur accru». 

La proposition fait référence aux bœufs, moissons et autres produits de la Terre que nous consommons. Mais attention, l’insistance sur l’accroissement par l’emploi des deux verbes est tout le contraire d’un superlatif valorisant; c’est en effet la marque d’une indignation face à la nécessité absolue du travail pour vivre. Ce carcan est d’autant plus inacceptable qu’il n’est que contemporain selon lui. En effet, Lucrèce contraste cette condition humaine avec celle d’un Âge d’Or sous le règne du titan Saturne (père de Jupiter) et à jamais révolu, où la Terre donnait spontanément ses richesses aux hommes. 

Ce déclassement – analogue à la Chute depuis le Jardin d’Eden – s’inscrit dans une théorie de la cosmologie autant matérialiste que sombre: de même que l’infinité des autres mondes, la Terre est née et mourra; la voici même toute proche de son fatal destin. Un visionnaire du désastre climatique? S’en est-il fallu de quelques siècles pour vérifier ses dires? En tout cas, Lucrèce, toi qui ne demande qu’à «cueillir le jour», justice t’est faite! 

Seulement il y a un autre hic: Lucrèce détourne lui-même le mythe de l’Âge d’Or à son gré. Le même professeur Sirois nous apprend que dans un poème fondateur (7e siècle avant J.-C.) de l’hellène Hésiode, ce dernier tire du déclassement de l’Homme le précepte contraire de Lucrèce, c’est à dire: «Travaille dur!». S’arroger la parole d’un auctor pour mieux en renverser les valeurs ne date donc pas d’hier. Alors, McGill, partisan d’Hésiode ou de Lucrèce?

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«TAFFARDER» http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/taffarder/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/taffarder/#comments Tue, 11 Nov 2014 06:35:02 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21812 Qu’est-ce que le mode de vie «TAFFARDER» ? C’est l’acronyme d’une série d’étapes dans la vie d’un homme (ou d’une femme): «Travaille A Fond, Fais s’Accumuler la Richesse, Donne En Retour». Quand j’imagine l’individu lambda du mode de vie TAFFARDER je vois un jeune requin de la finance, arpentant Wall Street dès que, sorti de son école de commerce prestigieuse, il gagne une fortune à travers ses longues heures de travail; puis, se retrouvant millionnaire à l’âge tendre de 32 ans, rentier des temps modernes, il partage le reste de sa vie entre vacances et philanthropie.

TAFFARDER est un acronyme qui rappelle le verbe «taffer» en argot; c’est vrai, ça implique de travailler dur. Mais il rappelle aussi «tarder». TAFFARDER, c’est tarder de redistribuer son bien à la communauté, c’est tarder de venir en aide à son prochain. Je pense que TAFFARDER c’est aussi et surtout se «farder»: maquiller la vérité au point de se mettre le doigt dans l’œil quand on trace le plan de sa vie. Je voudrais remettre ce mode de vie en question. Est-il viable pour l’être humain, pour la société, et pour l’environnement ? 

Sur l’être

Il est tentant de croire qu’une fois riches, nous serons heureux et que nous pourrons donc nous évertuer à partager cet heur. Malheureusement la recherche montre que plus d’argent ne rend pas les gens plus heureux: il y a une faible corrélation entre les revenus et le bonheur. C’est en tout cas ce qu’affirme Daniel Kahneman, le lauréat du prix Nobel d’économie en 2002, connu pour ses travaux de l’économie du bonheur, qui explique que l’argent ne fait le bonheur que jusqu’à une certaine limite qu’il fixe à 75 000 dollars (US$) par an. Beaucoup de gens se laissent tromper par cette illusion: nous sommes tellement habitués à mesurer notre performance par l’argent que nous oublions que des revenus plus élevés vont généralement de pair avec plus de stress, des heures de travail ou de trajet plus longues, qui peuvent par exemple empiéter sur notre vie familiale.  

Sur la société

Le sacrifice de la vie familiale ne se fait pas seulement au détriment de l’individu, mais aussi de la société. En effet, négliger l’éducation des enfants affecte le type de société que nous créons. Et l’éducation d’un enfant passe avant tout par ses parents. Plusieurs chercheurs en gestion, notamment le MIT 21st Century Manifesto Working Group (Le groupe de travail du MIT pour le manifeste du 21e siècle) , appellent à la  réorganisation des processus de travail «en considérant au premier abord comment les employés peuvent intégrer leur carrière et leur vie familiale, plutôt que de concevoir le processus de travail en premier, puis d’essayer de balancer sa famille et sa carrière plus tard». 

Outre les considérations familiales, TAFFARDER est aussi insoutenable dans un sens social plus large. Tout d’abord, la recherche de revenus si élevés afin de par la suite financer des activités philanthropiques, implique de consentir à une forte disparité des revenus. Or, d’après des rapports sur le bien être sociétal, comme celui de la Deutsche Bank, la disparité des revenus a tendance à réduire le bien-être économique d’une population. Ainsi, entrer dans un tel système, et même y participer compétitivement, me semble injustifiable. 

De plus, construire un système soit disant vertueux basé sur des disparités créé un manque de confiance de la population envers ces philanthropes. Et cette insuffisance de confiance a été désignée comme un frein important au développement  par divers organismes non-gouvernementaux. Point besoin d’aller chercher dans des contrées lointaines pour trouver un exemple concret à ce problème. D’après un employé de la Fondation Lucie et André Chagnon, l’organisation a dû faire face à beaucoup de scepticisme initial. Cette fondation a été créée en 2000 quand Mr. Chagnon revendit Videotron, et mit 1,4 milliards de dollars dans sa création, la rendant sur le champ la plus large fondation du Canada. D’après l’employé, les gens étaient réticents à travailler avec eux, pensant que la fondation servait d’évasion fiscale. 

Sur l’environnement

C’est en considérant l’environnement que TAFFARDER se révèle vraiment comme modèle non-durable. De commencer sa vie par une période de revenus élevés, c’est continuer sinon accroître sa consommation. Or, pour ma part, mes habitudes d’achats sont déjà trop élevés: d’après myfootprint.org, si tout le monde sur la planète adoptait le même mode de vie que moi, nous aurions besoin de «2,93 Terres».  Alors que dire des «taffardeurs»? 

L’état de l’environnement est un facteur fondamental, et donc qui devrait être servi par l’entreprise. Pourquoi compromettrait-t-on ses idéaux, pour travailler dans une firme insensible au réchauffement climatique, pour s’y pencher plus tard… quand on aurait le temps ? Illusion que tout cela!

Cette réflexion me donne espoir qu’un meilleur mode de vie que TAFFARDER  existe. Celui-ci verrait une plus grande intégration de la carrière et de la vie familiale, et la recherche d’un travail plus clairement et immédiatement impliqué dans l’impact social positif. J’espère que d’avoir commencé à réfléchir à la séquence «Travaille À Fond, Fais s’Accumuler la Richesse, Donne En Retour = TAFFARDER», nous poussera à éviter cet écueil.

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Bordeleau veut sauver le commun http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/bordeleau-veut-sauver-le-commun/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/bordeleau-veut-sauver-le-commun/#comments Tue, 11 Nov 2014 06:30:52 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21808 «L’Union soviétique se concevait bel et bien comme un État où seule la philosophie gouvernait». L’aventure communiste aujourd’hui finie a-t-elle eu le sort qu’elle méritait? C’est tout dû moins la question que se pose Erik Bordeleau, dans son essai Comment sauver le commun du communisme?. Docteur en littérature comparée, spécialiste des thèmes de l’anonymat et de la politique dans le cinéma chinois, Bordeleau dévoile un constat esthétique du communisme et entreprend de sortir le «commun» de celui-ci pour l’intégrer dans un monde où «l’individu est roi» Publié aux éditions Le Quartanier, divisé en 5 chapitres et long de 200 pages, cet essai propose une lecture dense, complexe et riche qui mérite (votre) lecture.

Afin de comprendre la pensée de Bordeleau, il faut tout d’abord dissocier «esthétique socialiste» des régimes communistes du siècle dernier. Cet essai ne vise absolument pas la réhabilitation des crimes perpétrés sous les régimes communistes. Il s’agit ici d’un bilan philosophique et artistique où l’art sert d’outil permettant la critique, la remise en question et le diagnostique du système-monde actuel. Bordeleau juge le capitalisme libéral malade ou du moins souffrant d’une «précarisation existentielle» où les valeurs étendards seraient celles de «la valorisation permanente de soi» et de la productivité. 

Ainsi, Bordeleau s’en va plonger le lecteur dans une immersion artistique plutôt rafraichissante au vu d’un sujet assez pondéreux. Il y met l’accent sur son domaine de prédilection, le cinéma chinois, effleure le théâtre avec Crisis in the Credit System de Melanie Gilligan, touche à Mai 68 et à l’émulsion critique qui en émane. Quant à l’art en lui-même, Bordeleau l’envisage comme «réfractaire aux enrôlements, qu’ils soient de gauche ou de droite». Celui-ci dénonce l’instrumentalisation de l’art comme outil politique pendant la Guerre Froide, où «la production culturelle est réduite au statut d’outil». Le but de cette guerre est de faire croire que son art est le plus libre. L’essence même de ce combat est philosophique, quel est l’art le plus libre? Le «réalisme socialiste» ou «l’expressionnisme»? 

Le problème du communisme c’est peut-être les communistes; «Sartre disait qu’il n’y a pas de différence entre un amour imaginaire et un amour vrai, parce que le sujet est par définition ce qu’il pense être, étant sujet pensant». L’humanité apparaît comme un simple matériau modulable sous n’importe quelle forme peu importe les antécédents historiques dont elle est sujette. «Tant que les communistes cultiveront l’idéal d’être détachés, ils ne sauront aborder la question des biens communs, ils ne seront pas communistes». 

Pendant ce temps-là, au sein du capital, l’humain devient un chiffre dans la matrice. Le «potentiel humain n’est jamais envisagé qu’en vue de son actualisation dans une vie productive et réussie», l’attrait réside dans la «multitude de possibilités existentielles qu’il laisse miroite». L’environnement devient «un espace jeu» où tout n’est plus qu’occasions à saisir et ressources à optimiser pour l’individu. 

Finalement, où se trouve ce commun? À la fin de son essai, Bordeleau nous raconte les ateliers philosophiques pour enfants qu’il a pu organiser pendant ses études doctorales. Il explique aux élèves d’une école primaire montréalaise que les cerveaux humains (comme les ordinateurs) «peuvent attraper des virus», la philosophie devient «l’antivirus du langage». Puis après quelques histoires il leur demande de trouver ensemble une définition de la philosophie. Un élève commence par «se concentrer», un autre ajoute «ensemble» puis un dernier s’écrie «mutuellement» Derrière les grandes débandades politiques, le commun est en chacun de nous, il s’entretient en philosophant tous les jours, peu importe où.

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Trébucher sur chaque prétexte http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/trebucher-sur-chaque-pretexte/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/trebucher-sur-chaque-pretexte/#comments Tue, 11 Nov 2014 06:27:18 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21805 À vous qui lisez ces lignes, je livre aujourd’hui le secret de mon impulsion. J’entends ici non pas seulement la cause de mes écrits, mais aussi la variation physique de la quantité de mouvement générée par les forces en application. Pour ne perdre personne en route, je m’exprimerai de la manière la plus méthodique et la plus simple dont je sois capable de faire usage – nous avons vu, lors de la dernière chronique, que les erreurs de transmission dans mes messages généraient un échec, un «aïe», un glissement de sens et une retombée navrante. «Se cacher est un plaisir, mais ne pas être trouvé est une catastrophe», merci Winnicott.

Je dois, avant tout, commencer par vous exposer mon prétexte. Il est indissociable de l’écriture (qui est le germe, le levain et le pain de la réflexion, rappelons-le) puisqu’il constitue la terre dans laquelle elle peut se former. Le prétexte, pour moi, c’est le Pourquoi. Pourquoi réagir à l’existence en écrivant? Pourquoi saisir le réel et le confiner à des lignes en n’en ayant extrait que le concentré alambiqué de certains instants? Pourquoi chercher un sens, au risque de se mettre en danger, de soulever des controverses, d’avoir l’air ridicule ou pire, de se froisser avec un être estimé?

Mon impulsion, dans le premier sens du terme – la cause de mes écrits – c’est le Parce Que. Lorsqu’il est seul, le Pourquoi se perd. Il n’y a que le Parce Que qui puisse lui permettre de résonner dans le réel. Attention, l’importance de la justesse du Parce Que n’est, à mes yeux, pas en cause. Ce qui compte, c’est la tentative de rassembler ses esprits pour répondre, surtout lorsque la question est délicate. Attention encore, un «Je ne sais pas» n’exclut pas un «Parce Que» pensé. 

J’ai parlé plus tôt de «l’impulsion comme variation physique de la quantité de mouvement générée par les forces en application». Décortiquons ce propos: le total des forces en application revient au prétexte dont je parlais à l’instant. Le contexte, la question, les implications, les potentielles répercussions, les outils que l’on rassemble pour répondre sont autant de forces qui, additionnées les unes aux autres, donnent un prétexte. Le prétexte génère un mouvement, celui de la pensée, de la tentative d’un Parce Que. Cette quantité de mouvement varie, c’est ce que j’appelle impulsion; en ayant, je vous l’accorde, remanié la définition à ma sauce afin d’ajouter «un soupçon de Gwenn», comme dirait Mme C***. Pour ma défense, je l’ai fait parce que je voulais exprimer quelque chose, j’ai donc créé un déplacement dans le sens du mot afin de l’adapter au contexte. C’était un prétexte, une variation en me mineur.  

Force est de constater que cette façon de manier les mots risque de m’éloigner de mon impulsion initiale, de mon Parce Que. Parce que quoi? Parce que je cherche à CQFD le langage. L’interdisciplinarité, c’est mon cheval de bataille et je manque encore parfois un peu de délicatesse dans la tenue des rênes. Pourquoi? Parce que j’ai encore le temps d’élimer mes idées jusqu’à ce qu’elles atteignent la pureté des messages. Enfin libre, puissent-ils se détacher de la langue. Por qué? Porque. 

Qui a dit: «plus on possède d’imagination, mieux il faut posséder le métier pour accompagner celle-ci dans ses aventures et surmonter les difficultés qu’elle recherche avidement»? Baudelaire, évidemment! N’a-t-il pas cherché un prétexte à son prétexte, le Pourquoi qui génère l’impulsion imaginative du Parce Que? Pourquoi choisir un métier juste qui recèlera d’expériences parlantes? Parce qu’il pourra accompagner les raisonnements, Parce qu’il permettra au Pourquoi de répondre au Parce Que, d’inverser le rapport qu’entretient la réponse avec la question, la réflexion avec le prétexte. Les conditions doublées par l’aventure inopinée des rencontres éclairées dégagent un nouveau bagage composé, c’est Pourquoi je parsème ma page de caractères à la lueur d’une loupiote, je reste éveillée par ce que je cherche: un mais tierce…

]]> http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/trebucher-sur-chaque-pretexte/feed/ 0 Les amours de Stéphanie Lapointe http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/les-amours-de-stephanie-lapointe/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/les-amours-de-stephanie-lapointe/#comments Tue, 11 Nov 2014 06:24:28 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21801 Mercredi 5 novembre, six heures du soir. Dans l’ambiance feutrée et agréablement rétro du Cabaret La Tulipe, la foule commence tranquillement à s’amasser jusqu’à finalement remplir la salle. Au-dessus de la scène encadrée d’épais rideaux rouges on voit, suspendus aux bouts de fils, de délicats luminaires de jardin qui dégagent une lumière dorée, alors que d’autres du même genre traînent un peu partout sur le sol ou sur des tabourets. L’effet qui s’en dégage sied bien à la chanteuse Stéphanie qui se présente alors sur scène, classique et délicate, pour lancer son album qui se pose à mi-chemin entre hier et aujourd’hui. Accompagnée de cinq musiciens et avec la chanteuse Émilie Laforest en guise de choriste, elle se lance à l’eau avec la chanson «La fuite», premier extrait lancé de son nouvel album Les amours parallèles. Dans la douceur enfantine de la voix de l’interprète perce une force et une stabilité qui affirment sa maturité accomplie depuis des années déjà. On note son style vestimentaire qui semble inspiré avec justesse des muses de Gainsbourg dans la France des années 60: frange éméchée qui encadre un joli visage de gamine, une petite robe de soie qui ferait office de chemise bien modeste chez d’autres, élégante veste noire, ainsi que des collants et de petits bottillons également noirs.

Sa première chanson achevée, elle accueille le public avec bonheur et reconnaissance, charmée de voir la salle du cabaret pleine. Elle explique alors que cet album qui vient cinq ans après son dernier, Donne-moi quelque chose qui ne finit pas, elle a eu la chance de le faire «entourée d’auteurs fabuleux». En effet, ses nombreux collaborateurs sont parmi ce qu’il se fait de mieux en termes d’écriture sur la scène musicale montréalaise en ce moment: Jimmy Hunt, le groupe Forêt, Philémon Cimon, ainsi que la poète Kim Doré. Ce sont donc les mots de Philippe B qu’elle incarne dans la chanson éponyme de l’album «Les amours parallèles», alors que les lampes au-dessus d’elle virent doucement au rose. 

Stéphanie Lapointe s’apprête alors à interpréter une autre de ses chansons dont elle dit avoir été vraiment touchée à la première écoute, mais invite d’abord son auteur Philémon Cimon à la rejoindre pour ce qui s’avère être un duo charmant. Nonchalamment et le verre de vin à la main, le chanteur vient la rejoindre et, installés côte à côte sur des tabourets, accompagnés seulement d’une guitare, ils chantent dans une harmonie complète du début à la fin la chanson «De mon enfance», empreinte de la nostalgie et de la fragilité de grandir. 

Elle poursuit alors seule avec «Nous revenons de loin» dont le texte et la musique ont été composés par Stéphane Lafleur, sa voix rehaussée de réverbérations profondes. Maintenant rendue à l’heure des remerciements, la chanteuse précise que cet album est «un projet qui s’est construit dans une totale intimité» et remercie chaleureusement sa maison de production Simone Records pour la confiance qui a permis une telle réalisation. Puis elle offre au public une reprise de «Un jour comme un autre», chanson qui faisait partie du répertoire de Brigitte Bardot, avec suffisamment d’arrangements nouveaux pour que la Québécoise parvienne à la faire sienne. Pour adorner la mélancolie des paroles, les lumières suspendues deviennent alors bleues. L’interprète n’hésite pas à osciller entre la note et le murmure pour bien transmettre l’émotion des mots que Gainsbourg a offert à son égérie d’autrefois.

Il apparait évident que la chanteuse prend un réel plaisir à ainsi renouer avec la scène, après une absence causée par d’autres projets, dont des apparitions au cinéma et l’écriture de romans jeunesse. Elle nous offre donc une autre performance, «même si un lancement, ça doit être court!» avoue-t-elle en souriant. Et elle clôt la soirée avec, quoi d’autre, une chanson de Jane Birkin, puisque les amantes de Serge sont à l’honneur en cette romantique soirée de novembre. Accompagnée de son réalisateur Joseph Marchand à la guitare, elle berce son public conquis des paroles de «Pourquoi» en lui disant sereinement et en douceur: « Je vais tenir ta tête/ Et dire comme une prière/ Pardonne les silences/ D’hier».

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Sils Maria, portrait d’actrices au sommet http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/sils-maria-portrait-dactrices-au-sommet/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/sils-maria-portrait-dactrices-au-sommet/#comments Tue, 11 Nov 2014 06:23:02 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21797 Alors qu’elles rejoignent Zurich en train, Maria  Enders (Juliette Binoche), actrice à la renommée internationale, et Valentine (Kristen Stewart), son assistante, apprennent la mort du célèbre dramaturge Wilhem Melchior. Ce dernier n’est autre que celui à qui Maria doit son premier grand rôle, son succès, sa reconnaissance mais c’est aussi et avant tout son grand ami. Forcée de vivre son deuil sous le feu des projecteurs, Maria rend hommage comme elle le peut à son mentor. C’est peut-être pour cette raison qu’elle accepte de jouer dans une nouvelle adaptation de la pièce de théâtre qui l’avait révélée à l’époque: Maloja Snake, histoire d’une passion entre deux femmes, la jeune et cruelle Sigrid et l’autodestructrice Helena. Cette fois-ci, Maria n’incarnera plus le rôle de la jeune adolescente libre et effrontée, mais celui d’Helena, femme d’âge mûr qui se consume d’amour pour cette dernière. C’est au tour de Jo-Ann Ellis (Chloë Grace Moretz), nouvelle star hollywoodienne, idole des jeunes et reine des tabloïds, d’incarner Sigrid. Afin de travailler le rôle d’Helena qu’elle accepte mal, Maria se retire avec Valentine dans le chalet isolé de Melchior, à Sils Maria, au sommet des montagnes suisses. Là, la relation ambiguë entre l’actrice et son assistante se révèle être le parfait miroir de celle d’Helena et Sigrid. C’est donc à partir d’une mise à abîme à plusieurs tiroirs – qui manque un peu de subtilité, je vous l’accorde – et sur fond de tensions intergénérationnelles qu’Olivier Assayas nous propose une réflexion sur le monde du cinéma et le métier d’actrice.

Malheureusement, le scénario se perd un peu dans toutes les facettes de ce métier qu’il cherche à évoquer et qui, finalement, nous laisse un peu sur notre faim. Assayas nous présente la relation complexe et destructrice d’une actrice et son assistante mais il aborde aussi de grandes questions comme celles de la célébrité aux temps du règne des médias, la posture artistique dans l’ère de la technologie, le statut du texte comme objet d’art et les différents problèmes d’interprétation qu’il peut poser.

Le programme est ambitieux pour un film de deux heures, vous en conviendrez, et le résultat nous donne une impression d’inachèvement. Pourtant, l’image est maitrisée à la perfection, les paysages sont d’une grande beauté, le montage très esthétisant – un peu trop même, on se serait volontiers passé des scènes en fondu kitsch à souhait. Et bien-sûr, les trois actrices sont épatantes. C’est là qu’est tout l’intérêt du film. Juliette Binoche nous livre une performance touchante et toute en finesse, Kirsten Stewart est très juste en assistante introvertie et mal dans sa peau (Bella Swan est définitivement mise au placard) et Chloë Grace Moretz incarne à merveille la starlette à la fois victime de la presse à scandales et passée maître dans l’art du buzz. Dans l’ensemble, le film vaut donc le détour; on passe un bon moment, on assiste à trois belles performances (voir très belle en ce qui concerne Juliette Binoche) et même si l’histoire est trop riche, des questions très intéressantes y sont posées. À voir le 14 novembre dans le cadre du festival Cinémania.

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Quel prochain pas pour la Catalogne? http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/quel-prochain-pas-pour-la-catalogne/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/quel-prochain-pas-pour-la-catalogne/#comments Tue, 11 Nov 2014 06:16:59 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21793 Au lendemain du vote symbolique de la Catalogne pour son indépendance, le gouvernement de Mariano Rajoy se trouve maintenant dans l’obligation de revoir sa stratégie quant à la question catalane. Le 9 novembre, les Catalans participaient à un «processus participatif», en répondant aux questions prévues dans le projet de référendum initial: «Voulez-vous que la Catalogne devienne un État?» En cas de oui: «Voulez-vous que cet État soit indépendant?» Avec 80,76% de vote «oui-oui», soit entre 1,6 et 1,8 million de votes selon les chiffres, le processus est considéré comme un «succès total» par Artur Mas, le président de la région du Nord-Est de l’Espagne.

Une vision discutée de la consultation

Cependant, quelques journaux pro-fédéralistes tentent de minimiser cette victoire. Le quotidien madrilène ABC, qui suit la ligne conservatrice du Partido Popular (parti actuellement au pouvoir), dénonce par exemple la consultation comme «une farce» et critique les résultats en publiant ce qu’il reconnaît être les «véritables chiffres» du scrutin.

Malgré cela, la majorité de la presse semble reconnaître l’impact que pourrait avoir la consultation sur la position du gouvernement espagnol sur la question catalane. En rapportant les paroles du président de la Generalitat, le quotidien français Le Monde parle d’un «échec de Rajoy». Celui-ci ne peut désormais plus ignorer un mouvement populaire qui s’est clairement prononcé. D’autres quotidiens comme le Guardian, le New-York Times, ou encore ici  Le Devoir vont dans le même sens. De la même manière, l’historien Joaquim Coll salue la performance d’Artur Mas dans El País du l0 novembre: «le président de la Generalitat a brillamment joué son jeu, et reprend ainsi la tête du processus souverainiste».

Quelle portée?

Maintenant que la voix du peuple s’est faite entendre, une nouvelle question se pose: Quelle va être la réponse du gouvernement espagnol? Le PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, actuellement à l’opposition) est un des partis à avoir parlé de réforme constitutionnelle. Si la question reste en suspens, le gouvernement Rajoy ne peut manifestement faire la sourde oreille plus longtemps. 

Comme l’Union Européenne ne s’engage pas dans le débat en plaçant le problème au niveau de l’organisation interne de l’État espagnol, Mariano Rajoy devra soit céder aux demandes de la Generalitat, soit proposer des alternatives ou bien suivre les idées de Rafael Catalá par exemple, le Ministre de la Justice espagnole, en continuant de d’ignorer la volonté du peuple catalan. 

Une aspiration démocratique en devenir 

Néanmoins, s’il y a quelque chose à retenir de ce scrutin, c’est le peu d’emprise que le gouvernement espagnol détient sur la nation catalane. Avec un nombre de votes aux alentours de 2 305000, plus d’un tiers de la population en âge de voter en Catalogne, la consultation aurait certes pu susciter plus de participation, mais elle intervient après que le projet de référendum ait été interdit par le tribunal constitutionnel espagnol le 29 septembre dernier. Ce qui devait être à l’origine un référendum a été transformé en consultation populaire sans conséquence légale. Comme de nombreux témoignages l’indiquent, la différence entre Catalans et Espagnols se trouve en grande partie au niveau culturel; une différence que les catalans s’escriment à cultiver à travers leur système éducatif qui promeut le catalanisme mais que l’on retrouve aussi dans les nombreuses fêtes de la région comme la Diada (Journée Nationale de Catalogne) où les velléités nationalistes s’illustrent. D’autres facteurs comme l’existence de la langue catalane et son ubiquité autrefois sévèrement réprimée sous la dictature franquiste interviennent quand il s’agit de comprendre les origines du nationalisme catalan. Une chose reste claire: de plus en plus près du but, le gouvernement de la Generalitat ne cessera de miser sur la presse internationale pour exposer sa cause.  

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Coderre à Montréal, un an déjà http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/coderre-a-montreal-un-an-deja/ http://www.delitfrancais.com/2014/11/11/coderre-a-montreal-un-an-deja/#comments Tue, 11 Nov 2014 06:11:33 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21789 Le 3 novembre 2013, voilà presque exactement un an, l’ex-député fédéral libéral Denis Coderre devenait le nouveau chef exécutif de l’Hôtel de Ville de Montréal. Depuis, le maire a su se faire remarquer malgré une équipe minoritaire. Le contraste avec ses prédécesseurs est sur toutes les lèvres. En effet, si Tremblay avait l’air timide et faible et qu’Applebaum, après seulement huit mois d’intérim, a été arrêté pour fraude et corruption, Coderre, lui, aboie et sur tous les fronts. S’attaquant à toutes les problématiques de la ville, notamment en ce qui a trait à la corruption, sa force de caractère et sa détermination plaisent à plus d’un. En revanche, on lui reproche parfois d’être «au travail sans vraiment en faire», dit Luc Ferrandez, chef par intérim de l’opposition officielle, dans La Presse. Rétrospective.

D’un côté, l’opinion générale sur Denis Coderre est presque unilatérale, et elle est positive. Cela tiendrait plus à son caractère qu’à ses décisions. En effet, même l’opposition salue son énergie. Décrit comme fonceur, soucieux de la ville sous tous ses angles et franc, le maire a aussi amorcé des réformes applaudies par plusieurs. D’abord en guerre contre la corruption et la collusion à Montréal, sa «réorganisation» de l’administration et, surtout, l’avènement de l’inspecteur général, bien que critiqués pour leur pensée magique, avancent dans une bonne direction et témoignent de sa bonne volonté. Sur l’éventualité d’un nouveau pont Champlain payant, projet proposé par Ottawa, le principal intéressé ne plie pas l’échine, bien que la décision finale relève du domaine du gouvernement fédéral. Notons aussi quelques propositions sociales et environnementales qui, loin d’être unanimes, trouvent pourtant preneur chez une part importante de la population montréalaise. C’est le cas, notamment, de la création de sites d’injections supervisées, de l’abolition des sacs de plastique dans la métropole ainsi que de l’amélioration de l’aide aux sans-abris. Là encore, M. Coderre doit d’abord obtenir l’approbation des gouvernements fédéral et provincial. Il décide cependant de prendre une longueur d’avance en organisant déjà ces projets.

Les cas problématiques

Maintenant, ses détracteurs ne se laissent pas emporter. Sa réforme du financement – d’ailleurs absente de sa campagne électorale – est sans doute la plus critiquée au sein du conseil municipal. De l’avis des autres élus de la ville, l’uniformité du financement des arrondissements, que Coderre se targue d’implanter, ne prend pas en compte leurs différences inhérentes, allant du nombre de citoyens aux diverses activités touristiques et commerciales. Les arrondissements craignent notamment que cela crée un écart important dans le coût de la vie entre le cœur de la métropole et ses périphéries, porté principalement par les taxes et les amendes.

Dans la foulée des mécontentements, sa vision sur les transports en commun est aussi remise en question. Spécifiquement pointé du doigt dans l’entrevue de Radio-Canada expliquant que «la STM a vu son budget diminuer cette année, en contresens total de ce qui se fait ailleurs sur la planète», le maire répond pourtant qu’on ne peut tout réaliser en un an et que cette question fait partie prenante de ses priorités à venir. 

Naturellement, après un an, les bilans se font pressants, mais «il faudra patienter avant de voir des résultats concrets» déclare la chef du Vrai changement pour Montréal, Lorraine Pagé, dans Le Devoir. Plusieurs projets sont d’ailleurs toujours en attente et dépendent des instances gouvernementales.

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Mais finalement au bout de deux heures et demies de film on ne peut que conclure que ces deux films sont incomparables. Certes ils peignent le même personnage qu’est le couturier parisien Yves Saint Laurent, artisan-révolutionnaire du style de la Femme moderne pendant la seconde partie du 20e siècle. Mais quand Lespert y allait à la gouache, Bonello y va à l’aquarelle. Contrairement au premier film qui nous racontait l’histoire d’Yves Saint Laurent et de sa relation avec Pierre Bergé, le Saint Laurent de Bonello nous projette dans l’univers tout en entier du styliste. Bonello est ici plus du ressort de l’exposition que du biopic: il nous plonge dans le monde et dans la dynamique d’un personnage et de son univers. Le film se déploie entre les décennies 1960 et 1980, une période clé dans la vie du couturier. Entre la création de la robe Mondrian et le célèbre défilé de la collection Opéra-Ballet russes, le génie de Saint Laurent s’illustre au milieu d’une époque formidable, mai 68 et l’émancipation de la femme. 

Cette beauté est partout, c’est un film d’ornement. 

D’un côté, le spectateur assiste à la monté de la maison YSL; et parallèlement il comprend la descente aux enfers et l’assombrissement du personnage d’Yves Saint Laurent. Par le biais de scènes courtes, qui ont l’air au premier abord sans intérêt, Bonello fait un clin d’œil au spectateur averti qui comprend que ces petites scènes de la vie professionnelle du couturier sont en fait les étapes décisives dans l’histoire de la maison de couture: la découpe de la robe trois trous Mondrian, le développement de la ligne prêt-à-porter Saint Laurent Rive gauche, le smoking, la saharienne, le rachat de la couture YSL par Berger, le vernis YSL, le parfum Opium… 

À coté, des scènes plus longues montrent un homme que la fragilité et le succès trop fulgurant ont rendu avide de sensations interdites. C’est peut-être au travers de ces scènes plus complexes que la force de Gaspard Ulliel se développe. L’acteur déploie dans tout le film un jeu précis, maniant parfaitement la diction si singulière du véritable Yves Saint Laurent. Mais souvent le charisme et la sensualité virile de l’acteur le détache de son personnage, sa gueule nous saute aux yeux et nous ne parvenons plus à la calquer sur l’image effacée et fragile du couturier. Or pendant les scènes de sexe, de défonce et de fêtes cet écart donne de la puissance: le visage fort de Gaspard Ulliel dénote avec la voix calme qu’il emprunte à Yves Saint Laurent, comme pour accentuer le fait que le couturier avait une face cachée plus sombre, plus folle, plus forte. 

Un film aux perspectives intéressantes donc. Mais est-ce véritablement un bon film, de ceux qu’on a envie de revoir et qu’on conseille? Il est vrai que pendant ces deux heures et demie de film certaines longueurs sont pesantes, le trop grand nombre d’ellipses perd le spectateur, et celui-ci en vient presque à s’ennuyer du fait d’un manque d’action linéaire. On ne s’accroche pas à l’histoire du personnage ni à celle de la maison de couture. Mais on ne peut s’empêcher de garder les yeux rivés sur l’écran, la bouche ouverte. Car à la fin de ce film on ne se souvient que d’une chose: sa beauté! Cette beauté est partout, c’est un film d’ornement. Elle est dans les habits crées par Yves Saint Laurent, dans ses costumes, dans les tenues flamboyantes de tous ceux qui l’entourent. La beauté est dans le choix des acteurs Gaspard Ulliel, Louis Garrel et Amira Casar. La beauté est dans les décors, le fameux appartement que le duo Saint Laurent-Berger partageait, leurs collections d’œuvres d’art, leur villa du jardin Majorelle à Marrakech. La beauté est dans les fêtes qui nous donnent envie de descendre les marches du club mythique Chez Régine avec eux. La beauté est dans le cadrage très rapproché et précis, le montage travaillé et la bande son. La beauté est dans chacune des répliques pleines de sens, de poésie et d’humour. Même les moments d’horreurs sont beaux: les orgies sont des ballets, les morts d’overdoses des peintures flamandes et les relations tumultueuses des tragédies. Que le lecteur m’excuse mais on ne peut que commenter Saint Laurent sans faire d’accumulations. Elles sont à l’image du film: chaque scène est comme une courte et belle proposition, bien délimités par deux virgules.

Un homme que la fragilité et le succès trop fulgurant ont rendu avide de sensations interdites.

Ainsi le spectateur pressé par un certain manque de rebondissement et une envie de champagne grandissante, reste quand même concentré sur l’œuvre de Bonello et se laisse bercer jusqu’à la fin du film. Et quelle fin! Une apothéose! On retient surtout l’avant dernière scène du film, celle du défilé des ballets russes. Cette collection 1976-1977, que Yves Saint Laurent lui-même a décrit comme son seul défilé de peintre. C’est une véritable prouesse cinématographique: tout est là. Le défilé et la musique de La Callas font déjà leur effet, mais Bonello réussi deux coups de maitre. D’une part, il a découpé l’écran comme un tableau de Mondrian, comme pour refermer le film avec une référence à ce par quoi il a commencé. D’autre part, avec ce jeu d’écrans il a «associé à chaque robe, une image du passé, un mort qu’il a côtoyé, afin de lier morbidité et créativité» (explique le réalisateur dans une interview donnée à L’Express). Cette scène clôture alors parfaitement le film car il nous montre l’acmé de la maison YSL en même temps que la descente finale du personnage vers son côté sombre. On a les larmes aux yeux devant ces mouvements de taffetas qui défilent en brillant. 

Un film géométrique et précis comme la robe Mondrian, chargé et détaillé comme les silhouettes des ballets russe; pour un homme à la fois révolutionnaire et sombre, comme un smoking pour femme.

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