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	<title>Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 01 Apr 2026 15:40:05 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Au-delà de l’image</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/au-dela-de-limage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Matteo Fracassi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Cinema]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur la projection et discussion pour les 50 ans du Groupe Intervention Vidéo.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L e 18 février dernier, j’ai assisté à <a href="https://www.mirl.lab.mcgill.ca/events/desire-lines-50-years-of-groupe-intervention-vido" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Desire Lines: <em>Experimental Video as Social and Spatial Interventions</em></a>, un programme de courts métrages projeté dans la Cultural Studies House, suivi d’une discussion avec des artistes et des chercheuses.</p>



<p>L’événement était organisé par le <a href="https://www.givideo.org/pages/groupe-intervention-video" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Groupe Intervention Vidéo</a> (GIV), un organisme montréalais créé en 1975 dédié à la distribution, la production et la préservation du cinéma féministe indépendant. La projection réunissait également des chercheuses comme Alanna Thain, Ylenia Olibet, professeure à McGill et Dre Axelle Demus, co-éditrice du <em><a href="https://counterarchive.ca/educational-guides" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Educational Guides Counter Archives</a></em>. L’ensemble proposait bien plus qu’une simple projection : il s’agissait d’une immersion dans des pratiques artistiques et d’une discussion autour de celles-ci, qui interrogent les espaces sociaux, les identités et les formes mêmes du médium vidéo.</p>



<p><strong>Des projections engagées</strong></p>



<p>L’événement consistait en une projection de 90 minutes de plusieurs courts métrages réalisés par des artistes féministes et queers. Une discussion a suivi autour de l’intervention dans les espaces sociaux et de la notion du « risque incarné », c’est-à-dire lorsque les artistes se mettent en danger, physiquement ou émotionnellement, afin d’exprimer leurs idées et réflexions . Mes attentes face à cet événement étaient inexistantes ; je n’avais jamais entendu parler du GIV et le cinéma féministe indépendant ne m’était pas familier. Je ne savais donc pas comment me positionner face à des œuvres abordant des formes de marginalisation que je ne vis pas directement. Très vite, les films ont dépassé ces catégories.</p>



<p>Ils exploraient des sujets plutôt larges, tels que l’identité nationale et autochtone ainsi que la mémoire. Ce sont des thèmes auxquels nombreux s’identifient. À titre personnel, puisque la plupart des membres de ma famille sont immigrés et que j’ai moi-même vécu dans plusieurs pays, ce qui est le cas aussi de beaucoup d’autres étudiants à McGill, j’ai trouvé les réflexions sur l’identité extrêmement marquantes et intéressantes. Un court métrage qui m’a particulièrement marqué est <em>Au Canada</em> de kimura byol lemoine. Le film explore l’immigration et l’expérience de l’arrivée au Canada, plus particulièrement l’atterrissage à l’aéroport, à travers une caméra instable et un design sonore brut. Cela recrée l’anxiété du passage à la frontière et la précarité émotionnelle qui l’accompagne. Lors de la discussion, l’artiste a expliqué que l’œuvre s’inscrivait aussi dans une réflexion sur le départ, après une déportation vers la Belgique, faisant du film non seulement un récit d’arrivée, mais aussi d’attachement à une nation. Le Canada est présenté simultanément comme un espace d’opportunités et d’exclusion. L’usage de la caméra portée et du tournage en décors réels renforce cette dimension politique. Le court métrage utilisait également des sous-textes empruntés au site d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), pour illustrer les politiques d’immigration actuelle au Canada et les dénoncer.</p>



<p><strong>La technologie : un sujet qui n’est pas en reste</strong></p>



<p>L’événement abordait également des thèmes liés à la modernité et à l’évolution du paysage technologique. Certains artistes participaient en virtuel, et l’un des courts métrages, réalisé par la <a href="https://www.concordia.ca/faculty/dayna-mcleod.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Dre Dayna McLeod</a>, a été entièrement conçu à partir de la fonction « <em>Potato face</em> » du logiciel Zoom. Celle-ci consiste à remplacer le visage de quelqu’un par l’image d’une pomme de terre sur laquelle on vient placer la bouche et les yeux de l’individu en question. L’utilisation de Zoom illustre alors ce qu’écrit l’auteur et philosophe mexicain Carlos Monsiváis dans sa dissertation intitulée <em>Vino todo el pueblo y no cupo en la pantalla (Notas sobre el público del cine mexicano)</em> sur l’avancée des technologies cinématographiques et la popularisation du cinéma au Mexique au début du 20e siècle. En effet, il affirme que « <em>la révolution technologique a permis aux secteurs populaires de sortir de leur isolement culturel </em>(<em>tdlr</em>) ». La structure hybride de la projection témoignait de ces transformations, permettant aux artistes de se connecter au-delà de frontières géographiques et culturelles ainsi que de raconter des histoires de manière différente, innovant ainsi par rapport aux modalités de narration habituelles.</p>



<p>À l’image de <em>Chronique d’un été</em>, documentaire français de Jean Rouch et Edgar Morin, qui suit plusieurs personnes dans leur quotidien et se conclut par une scène où les participants se regardent à l’écran et discutent du film, le dialogue à la fin de l’événement prolongeait les films. Il a permis aux réalisateurs de revisiter leurs intentions tandis que les spectateurs réfléchissent à leurs propres expériences.</p>
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		<title>Une course serrée aux 98e Oscars</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/une-course-serree-aux-98e-oscars/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Austin Witter]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[animation]]></category>
		<category><![CDATA[Cinema]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’animation québécoise reconnue à la cérémonie.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 15 mars, l’Académie des arts et des sciences du cinéma a mis en lumière des talents marquants de l’année 2025 lors des récompenses de cinéma les plus importantes du monde anglophone. La cérémonie, qui se déroule toujours à Los Angeles, a été remplie comme d’habitude de discours touchants, de moments drôles et de commentaires politiques. <em>Pécheurs </em>(<em>Sinners</em>) et <em>Une bataille après l’autre </em>(<em>One Battle After Another</em>), les deux candidats en tête de liste, ont reçu des récompenses en alternance tout au long de la soirée, qui a culminé avec la victoire d’<em>Une bataille après l’autre</em> pour l’Oscar du meilleur film.</p>



<p><strong>L’animation québécoise </strong></p>



<p>Cependant, ce ne sont pas uniquement des films américains qui ont été reconnus ; parmi les lauréats triomphait le court-métrage québécois <em><a href="https://www.onf.ca/film/la-jeune-fille-qui-pleurait-des-perles/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">La jeune fille qui pleurait des perles</a></em>. Ce film <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2239442/jeune-fille-pleurait-perles-oscar" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a remporté l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation</a>. « Merci à la fantastique ville de Montréal. Merci, le Canada », a déclaré Maciek Szczerbowski, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=6Pqi0LkfG98" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">qui a accepté l’Oscar</a> avec son co-réalisateur Chris Lavis.</p>



<p><em>La jeune fille qui pleurait des perles</em> est un film de 17 minutes, disponible gratuitement sur le site de l’Office national du film (ONF). L’œuvre met en scène un garçon pauvre qui habite dans le quartier de Saint-Henri à Montréal, au début du 20e siècle. Il observe la famille qui habite à côté par un trou dans le mur. Souvent, la nuit, la souffrance de la jeune fille abusée par sa mère se manifeste en larmes solides et parfaitement rondes : des perles. Cette découverte donne au garçon une chance de s’échapper de la pauvreté extrême; il ressent pourtant de l’empathie pour la jeune fille. Lorsqu’il vend les perles, il a alors du mal à soulager sa mauvaise conscience.</p>



<p>Les réalisateurs ont travaillé pendant cinq ans pour créer <em>La jeune fille qui pleurait des perles</em>, dont l’animation image par image exigeait un travail méticuleux. James Hyndman, narrateur du film, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2239442/jeune-fille-pleurait-perles-oscar" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a décrit Szczerbowski et Lavis </a>à Radio-Canada comme deux hommes « qui, tous les matins, se pointent à la job et font : “Aujourd’hui, je vais faire un bout de tissu”, et ils passent la journée [à faire, <em>ndrl</em>] la manche d’un veston […] et le lendemain matin, ils recommencent. » Les réalisateurs <a href="https://www.ledevoir.com/culture/cinema/932577/jeune-fille-pleurait-perles-lettre-amour-magie-montreal-image-image" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ont révélé au <em>Devoir</em></a> que, dans la situation idéale, « une journée entière de travail produit peut-être trois secondes de film ».</p>



<p>Il s’agissait d’un honneur plutôt inattendu pour l’ONF. Suivant l’oscarisation du court-métrage, le site Web de l’ONF <a href="https://www.ledevoir.com/culture/cinema/964308/realisateurs-quebecois-maciek-szczerbowski-chris-lavis-remettent-emotions" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a subi une brève panne</a> causée par les nombreux internautes qui souhaitaient le visionner.</p>



<p><strong>Batailles, pécheurs, et ping-pong </strong></p>



<p>Pour d’autres lauréats aussi, la victoire n’a été obtenue qu’après de longues années de travail. Paul Thomas Anderson, sacré meilleur réalisateur pour <em>Une bataille après l’autre</em>, avait reçu 14 nominations aux Oscars précédents sans remporter une statuette. Cette année, l’Académie a mis fin à cette série de défaites. <a href="https://www.youtube.com/watch?v=-2s5hRjblDQ" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Anderson a expliqué</a> sur scène la subjectivité de telles récompenses, en remarquant : « <em>Il n’y a pas de meilleur film parmi ceux-ci. Ça dépend simplement de l’humeur du jour, mais nous sommes contents d’en faire partie </em>(<em>tdlr</em>). » Une bataille après l’autre est aussi le premier lauréat du nouvel Oscar de la meilleure distribution des rôles.</p>



<p>Si l’Académie décernait une deuxième place, le lauréat aurait presque certainement été <em>Pécheurs</em>, dont le succès est sans précédent. Ce film réalisé par Ryan Coogler a reçu 16 nominations cette année, ce qui constitue un record. Autumn Durald Arkapaw, directrice de la photographie pour <em>Pécheurs</em>, a été la première femme à recevoir un Oscar dans cette catégorie.</p>



<p>Quant à Timothée Chalamet, pourtant favori ces derniers mois, il a encore vu la statuette du meilleur acteur masculin lui échapper. En dépit de ses efforts considérables, sa performance éclatante comme joueur de tennis de table dans <em>Marty Supreme</em> n’a pas impressionné l’Académie autant que prévu. D’une certaine manière, c’est un retournement approprié, dans la mesure où la quête de Chalamet ressemble aux vaines tentatives de son personnage Marty Mauser. Il faut noter que la controverse qui entoure l’acteur à la suite de propos critiquant le ballet et l’opéra n’a pas pu contribuer à sa défaite, puisque l’incident a eu lieu après la date limite pour remettre des ballots des Oscars.</p>



<p>Cet Oscar, auquel Chalamet s’attendait peut-être, a été remporté par Michael B. Jordan. Dans <em>Pécheurs</em>, ce dernier incarnait des jumeaux qui font face à des obstacles comme le racisme et des personnages vampiriques dans l’État du Mississippi. L’actrice irlandaise Jessie Buckley a gagné l’Oscar de la meilleure actrice, ayant déjà reçu plusieurs autres récompenses pour sa performance d’une mère en deuil dans <em>Hamnet</em>. Comme de nombreux films attendus apparaissent au cinéma ce printemps, la planification des prochains Oscars s’amorce sans doute déjà dans le monde du cinéma.</p>



<p></p>
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		<title>Révélation de l’identité de Banksy</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/revelation-de-lidentite-de-banksy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[graffiti]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60658</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sa sortie de l’anonymat soulève des questions sur l'art du tag.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L ’identité de Banksy, également connu sous les surnoms de « l’homme au pochoir », de « l’entité artistique légendaire » ou encore de « justicier graffeur », a finalement été dévoilée par des journalistes de <a href="https://www.reuters.com/investigates/special-report/global-art-banksy/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Reuters</a>. L’artiste de rue britannique, que la presse n’a pas fini de surnommer avec force de fantaisie, possède un pouvoir culturel certain et un rôle dans le débat public aujourd’hui.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Si ce sont des graffiteurs, c’est du vandalisme ; si c’est Banksy, c’est de l’art »</p>
</blockquote>



<p>Il a effectivement été nommé parmi les 100 personnes les plus influentes par le Time Magazine en 2010. Derrière le pseudonyme de « Banksy » se cache Robin Gunningham, né à Bristol en 1973, et qui se fait appeler David Jones depuis quelques années. Cependant, cette révélation de l’identité de Banksy m’a interpellé sur la question du mérite d’une œuvre d’art. </p>



<p>Pourquoi certaines œuvres de Banksy sont-elles protégées par un panneau en plexiglass, ou déplacées dans des musées pour empêcher leur dégradation, alors que les auteurs de graffitis risquent parallèlement de lourdes amendes? En restant anonyme, Banksy ne craignait pas les sanctions liées aux graffitis sauvages, s’attendant souvent à ce que ses œuvres soient effacées. </p>



<p>Nous pouvons alors comprendre la colère des graffiteurs populaires qui dégradent certaines œuvres de Banksy. « Le Phare », à Marseille, apparu le 30 mai, a été vandalisé par l’ajout de testicules en peinture violette dès la première nuit. À ses côtés, un « Moi aussi ils vont me protéger? » signé « Banski » était inscrit. Pourquoi, alors qu’il était autrefois considéré comme un contestataire, l’artiste bénéficierait-il aujourd’hui d’un traitement de faveur de la part des autorités? Si ce sont des graffiteurs, c’est du vandalisme ; si c’est Banksy, c’est de l’art. </p>



<p>Pourtant, lui-même le dénonce, cité dans le LA Weekly en 2010 : « Je ne cherche pas tant à convaincre les gens du monde de l’art que ce que je fais est de “l’art”. Je tiens davantage à convaincre les membres de la communauté du graffiti que ce que je fais, c’est bel et bien du vandalisme (tdlr). » Il ne veut pas être perçu comme le favori parmi les graffiteurs populaires.</p>



<p>Ce qui est d’autant plus paradoxal, c’est l’exposition de graffitis dans des galeries et leur vente aux enchères pour des sommes considérables. En déplaçant ces œuvres, pourtant associées à leur « mur », dans des musées ou des expositions, on en change le sens. En effet, les graffitis, <a href="https://street-art-galerie.com/blogs/blog-street-art/lhistoire-du-tag-et-son-evolution-artistique?srsltid=AfmBOopPztliKALr3H1VXUyzLFOjUhg0dCQg_bY4D7-U58EUFiWeGg72" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">apparus dans les années 1960</a> à Philadelphie aux États-Unis, étaient une forme d’expression des jeunes désocialisés de la classe ouvrière, qui ont commencé à écrire leurs noms ou surnoms sur les murs de la ville pour laisser une trace, marquer leur passage sur cette Terre. Aujourd’hui, le graffiti a évolué pour devenir une véritable forme d’expression artistique. Symbole de résistance et de contre-culture, il peut faire passer des messages politiques, et surtout permet à tous, même aux voix marginalisées, de s’exprimer librement. C’est un art populaire, accessible à tous, et la sacralisation qu’en fait l’élite artistique en s’en emparant vient perturber cette dynamique communautaire. Un art de rue ne devrait pas être transféré dans des institutions.</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/revelation-de-lidentite-de-banksy/" data-wpel-link="internal">Révélation de l’identité de Banksy</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Dis-moi comment écrire, je te dirai qui tu es</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/dis-moi-comment-ecrire-je-te-dirai-qui-tu-es-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Changement]]></category>
		<category><![CDATA[Écriture inclusive]]></category>
		<category><![CDATA[langue française]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réflexion sur l’usage de l’écriture inclusive.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/dis-moi-comment-ecrire-je-te-dirai-qui-tu-es-2/" data-wpel-link="internal">Dis-moi comment écrire, je te dirai qui tu es</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">En septembre 2025, le ministre Jean-François Roberge <a href="https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/modifications-a-la-politique-linguistique-de-letat-quebec-met-fin-a-la-confusion-linguistique-dans-les-communications-de-letat-66000" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a interdit les nouvelles méthodes</a> d’écriture inclusive dans les communications de l’État : on parle ici de points médians, de doublets abrégés et de néologismes. En somme, tout langage inclusif qui n’est pas déjà établi dans nos habitudes linguistiques n’a pas sa place dans le langage officiel de l’État. M. Roberge dit prôner la clarté : l’écriture inclusive serait un cafouillis apportant davantage de confusion que d’inclusion – en bref, une tactique d’écriture inutile jusque dans ses fondements. </p>



<p>Il est vrai que l’écriture inclusive demande certaines acrobaties de langage, mais elles ne sont pas impossibles. La preuve : le premier paragraphe de cet article est écrit de façon neutre. Vos yeux saignent-ils? Le problème de l’écriture inclusive n’est pas la clarté. Il est pourtant bien trop facile pour les réfractaires de se justifier par cet argument. </p>



<p><strong>L’écriture inclusive : qu’est-ce que c’est? </strong></p>



<p>L’écriture inclusive est un ensemble de techniques d’écriture qui permettent l’inclusivité, particulièrement sur le plan du genre. Parmi les techniques les plus populaires, on compte le point médian (traducteur·ice), les doublets abrégés (réviseur[-euse]), les termes épicènes (personnel infirmier) et, parfois, des néologismes comme « iel ». L’usage de ces astuces d’écriture permet de visibiliser certains groupes marginalisés ou de neutraliser le genre pour souligner l’existence d’un spectre. La binarité n’est plus de mise et, n’en déplaise à ses adeptes, le masculin générique ne suffit plus. L’écriture inclusive reflète une réalité sociale. </p>



<p><strong>Changer la langue : une question de volonté </strong></p>



<p>Dans les années 70, une vague de féminisme pousse la société québécoise à féminiser plusieurs termes, notamment les titres de fonctions. Dans un monde où les femmes accèdent enfin à des emplois qui leur étaient précédemment hors d’atteinte, il devient impossible de conserver une langue axée sur le masculin des professions. Madame le directeur, madame l’écrivain, madame le docteur… Cette façon de parler est insensée et dépassée : maintes féministes ont revendiqué une féminisation des titres qui correspondait à la nouvelle réalité du Québec. Plusieurs tentatives, certaines plus fantaisistes que d’autres, ont contribué à rendre acceptable ce nouveau langage. De nos jours, pas même Mathieu Bock-Côté ne songerait à utiliser le titre masculin pour désigner une femme dans son poste de travail. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« On a tendance à penser, en français, que tout ce qui diverge de la norme est une faute. Le fondement même d’une langue est son évolution. Pourquoi ne pas célébrer ses variations? »</p>



<p><sub>Catherine Leclerc, professeure agrégée à l’Université McGill et sociolinguiste</sub></p>
</blockquote>



<p>Mais ce changement ne s’est pas opéré de façon universelle. Pensons notamment à la France où cette féminisation des titres s’est opérée beaucoup plus tardivement : l’Académie française <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1155773/academie-francaise-feminisation-noms-metiers" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’accepte enfin en 2019,</a> ce qui confirme que son usage est plus répandu. Les titres féminisés n’étaient pas assez courants et donnaient l’impression aux femmes occupant des postes convoités et traditionnellement masculins que leur existence dans cette sphère de travail était moindre. Tout est donc une question de normalisation. </p>



<p>Le principe est le même pour l’écriture inclusive. Il s’agit d’une révolution de la langue qui nous semble inhabituelle, perturbante. Mais étrange ne veut pas dire mauvais : tout comme la féminisation des titres a pu sembler anarchique à ses débuts avant de s’assagir, il est possible d’utiliser l’écriture inclusive sans pour autant faire scandale.  Un apprentissage du fonctionnement de la langue inclusive est vital. Les réfractaires, pour se convaincre que cette écriture est signe d’une apocalypse latente, prennent toujours en exemple les textes qui font un usage abusif des méthodes inclusives. Personne ne veut lire un texte picoté de points médians ou raturé de barres obliques confuses. Mais il faut savoir que ces textes sont écrits par des gens qui ne maîtrisent pas l’écriture inclusive. </p>



<p><strong>Une rédaction qui complique la vie </strong></p>



<p>Bien qu’elle ne soit pas impossible à utiliser, l’écriture inclusive peut poser quelques défis. Arnaud Bernadet, professeur agrégé à l’Université McGill et auteur du livre <em>L’Utopie de l’écriture inclusive</em>, souligne que ces techniques inclusives « peuvent présenter un enjeu de compréhension pour un public qui ne les connaît pas. C’est alors une question de la faisabilité de la pratique ». Il faut admettre que l’écriture inclusive peut être difficile à comprendre pour ceux qui n’y sont pas souvent exposés : les tactiques demandent une certaine connaissance de la langue et quelques habiletés rédactionnelles. M. Bernadet ajoute que, bien que la pratique prenne ses origines dans la communauté queer, elle est devenue un sujet de choix chez les universitaires : « Il y a un angle mort sociologique dans cette affaire. Ceux qui pratiquent le plus cette rédaction sont l’élite, on assiste donc au développement d’une pratique élitaire. » Mais au-delà de ces considérations sociologiques, il y a la faisabilité du projet par rapport à la langue : « L’écriture inclusive, c’est une série d’expérimentations et de pratiques, mais sont-elles faisables, réalisables? Plusieurs questions d’accords morphologiques sont inévitables : quelle forme leur donner? » Le professeur déplore que la langue ait été oubliée dans le débat entourant l’écriture inclusive. « On glisse très vite sur des considérations de genre en oubliant la langue. Il faut éviter de discriminer ou d’invisibiliser les personnes non binaires ; on ne nie pas leur existence, mais, dans la langue, certaines choses ne sont pas réalisables. Il faut remettre les choses dans l’axe de la langue », souligne-t-il. </p>



<p>Est-il vraiment possible de penser l’écriture inclusive en termes purement linguistiques? Après tout, la question d’inclusivité surgit parce qu’elle s’applique à des personnes. Une langue qui tend à invisibiliser, voire à nier, l’existence d’une portion de la société n’est pas une langue représentative des sociétés qui l’utilisent. </p>



<p><strong>Parler pour exister </strong></p>



<p>Lorsque nous parlons, nous exprimons notre réalité. Sans les mots justes, nous ne pouvons pas communiquer efficacement notre expérience du monde. Catherine Leclerc, professeure agrégée à McGill et sociolinguiste, admet que la question de l’écriture inclusive est complexe : « La langue inclusive est contagieuse, mais elle est déstabilisatrice. Du point de vue grammatical, ce n’est pas une si bonne affaire, mais du point de vue humain, il y a de bons côtés. » Elle explique que, même s’il y a un fort relais de la question par le milieu universitaire, la plupart des personnes non binaires ne font pas partie de cette élite face à la langue: ces deux réalités cohabitent. Mme Leclerc ajoute qu’on ne peut pas faire de pronostics face à la langue: « La morphologie dicte certains choix et la syntaxe est difficile à changer. Mais les humains font ce qu’ils veulent et, s’ils sont assez nombreux à faire quelque chose qui ne se fait pas, ça restera. » </p>



<p>Pour ceux qui perçoivent la forme inclusive comme une erreur de langue, Mme Leclerc clarifie : « On a tendance à penser, en français, que tout ce qui diverge de la norme est une faute. On a, par exemple, beaucoup plus de difficulté à intégrer et accepter les néologismes. Il y a énormément de guides de rédaction inclusive qui existent, illustrant un véritable besoin de définir et encadrer la pratique. Le fondement même d’une langue est son évolution. Pourquoi ne pas célébrer ses variations? »</p>



<p><strong>Une langue complexe pour célébrer la complexité de l’humain </strong></p>



<p>Bien que plusieurs personnes débattent de la légitimité de l’écriture inclusive, des auteur·es usent déjà de ces méthodes pour créer des œuvres littéraires complexes. Au Québec, le milieu littéraire commence peu à peu à intégrer cette écriture à des publications. </p>



<p>Et puis, contrairement à la croyance populaire, il ne s’agit pas toujours de présenter des personnages non binaires, mais aussi de proposer une expérience de lecture englobant tout le lectorat. Chaque personne qui lit, peu importe son identité, peut se sentir incluse dans le récit. </p>



<p><em>Tricératopcanon</em>, de Marc-André Lévesque, utilise couramment des points médians. <em>Fouolles</em> de Si Poirier suit la même logique pour parler de la réalité des personnes trans. Valérie Bah, use de tactiques inclusives plus visibles dans son roman <em>Les enragé·e·s</em> : le titre sur la couverture présente une graphie qui permet de mettre de l’avant ces choix inclusifs. L’écriture inclusive serait, en général, <a href="https://www.ledevoir.com/lire/806234/langue-ecriture-inclusive-entre-fiction-quebecoise" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un souhait des auteurs</a> respecté par leurs maisons d’édition. Onze maisons d’édition sur dix-neuf interrogées par <em>Le Devoir</em> auraient déjà publié des ouvrages en langue inclusive. La traduction n’est pas en reste : les éditions Béances mettent de l’avant des textes en langage inclusif dans leur langue d’origine, souvent l’anglais. La traduction permet de <a href="https://www.beanceseditions.com/qui" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">conserver ces textes dans leur contexte d’origine</a>, ces derniers étant souvent l’œuvre de personnes de la communauté LGBTQ+. </p>



<p>Si le débat sur la légitimité du langage inclusif fait encore rage, les techniques inclusives permettent à des gens et des artistes de s’exprimer librement et de se sentir bien dans leur identité. Le langage est la clé de l’existence, une clé qui permet à chacun de verbaliser sa réalité. Il est important que la langue se façonne par elle-même, et non par les directives d’institutions comme l’OQLF (Office québécois de la langue française) ou l’Académie française : ces institutions ne servent qu’à constater et cimenter les pratiques linguistiques en usage, pas à prescrire une façon de s’exprimer. La langue évolue au fil de la société et ne pourra jamais être cantonnée aux recommandations d’une vitrine linguistique.</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/dis-moi-comment-ecrire-je-te-dirai-qui-tu-es-2/" data-wpel-link="internal">Dis-moi comment écrire, je te dirai qui tu es</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Quand le deuil est chanté par des dessins animés</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/quand-le-deuil-est-chante-par-des-dessins-animes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benjamin Martel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Gorillaz]]></category>
		<category><![CDATA[nouvel album]]></category>
		<category><![CDATA[The Mountain]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le neuvième album studio de Gorillaz est paru à la fin février.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/quand-le-deuil-est-chante-par-des-dessins-animes/" data-wpel-link="internal">Quand le deuil est chanté par des dessins animés</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Gorillaz est un groupe de musique britannique virtuel créé par Damon Albarn et Jamie Hewlett en 1998. Tandis qu’Albarn s’occupe de la partie musicale, Hewlett est l’artiste derrière toute la partie visuelle. Le duo fondateur reste plutôt dans l’ombre, puisque les membres de Gorillaz sont présentés comme quatre personnages de dessin animé : 2‑D (chant), Noodle (guitare, clavier), Murdoch Niccals (guitare, basse) et Russel Hobbs (batterie). Un riche univers autour de la formation fictive s’est construit au fil des années à travers de nombreux vidéoclips, des courts-métrages et même des entrevues écrites à l’avance. </p>



<p><em>The Mountain</em> est le neuvième album studio de la formation, sorti 25 ans après leur premier projet. Il a été conçu durant une période de deuil pour le duo créatif, dont les membres ont tous deux perdu leur père en l’espace de deux semaines. Même si la mort est le filon conducteur de l’album, le ton est loin d’être mélancolique. La cinquième chanson, « <em>The Orange County </em>», s’attaque à la tristesse du deuil à l’aide d’une mélodie construite autour d’un sifflement jovial : « <em>Tu sais le plus difficile / C’est de dire au revoir à quelqu’un que tu aimes (tdlr) </em>»<em> </em>(<em>You know the hardest thing / Is to say goodbye to someone you love). </em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Même si la mort est le filon conducteur de l’album, le ton est loin d’être mélancolique»</p>
</blockquote>



<p>Albarn et Hewlett, durant la création de l’album et leur processus de deuil, ont effectué plusieurs voyages en Inde qui ont influencé les thématiques majeures abordées dans<em> The Mountain</em>. Cela se ressent notamment dans le côté spirituel de l’album. La mort est abordée à travers le spectre de la réincarnation, ce qui aide en partie à atténuer son côté tragique. Le choix des collaborations en témoigne parfaitement, car elles sont parfois prises d’anciens enregistrements d’artistes décédé·e·s, comme c’est le cas avec le rappeur Proof sur « <em>The Manifesto</em> », qui renaît temporairement le temps de quelques couplets. La structure même du projet rappelle la réincarnation, puisque la mélodie d’ouverture est la même que celle qui conclut l’album. Il est donc idéal d’écouter l’album dans son ordre chronologique, d’un bout à l’autre, pour en faire l’expérience optimale. Le projet se termine avec « <em>The Sad God</em>», qui met en scène un dieu découragé et déçu par l’humanité : « <em>Je vous ai donné des atomes, vous avez construit une bombe / Maintenant il n’y a plus rien et je suis parti </em>» (<em>I gave you atoms, you built a bomb / Now there is nothing and I have gone</em>). </p>



<p>Fidèle à ses habitudes, Gorillaz multiplie les collaborateur·ice·s et les genres musicaux dans lesquels il puise. <em>The Mountain</em> est influencé par le rap, le trip hop, la musique classique indienne, le rock alternatif et plus encore. Il est le résultat de plusieurs collaborations entre différents pays, ce qui crée une œuvre multiculturelle au son riche et singulier. Cette diversité se manifeste entre autres par les langues dans lesquelles chantent les artistes invité·e·s : l’anglais, l’arabe, l’hindi, l’espagnol et le yoruba. </p>



<p>Pour accompagner la sortie de l’album, Gorillaz a publié un court-métrage de huit minutes intitulé «<em> The Mountain, The Moon Cave and The Sad God</em> », titre qui fait allusion à trois chansons différentes. Véritable lettre d’amour à l’âge d’or de l’animation, le film s’inspire grandement du <em>Livre de la jungle</em>. Le projet dirigé par Hewlett et réalisé par des dizaines d’artistes s’est échelonné sur plusieurs mois, puisque le groupe tenait à ce qu’il soit entièrement dessiné et peint à la main. L’attention aux plus fins détails témoigne de la passion encore bien vivante d’Albarn et Hewlett. Grâce à cette passion, Gorillaz arrive à réaliser un album monumental qui se hisse parmi les meilleurs de la formation. </p>



<p>The Mountain <em>est disponible sur toutes les plateformes de diffusion en continu et en format physique. Gorillaz sera au Centre Bell le 3 octobre 2026, où l’on pourra voir de grands écrans diffuser des vidéos du groupe virtuel, tandis qu’Albarn et une dizaine de musiciens se produiront sur scène. Les billets sont déjà en vente sur evenko.ca.</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1094" height="1094" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-24-at-11.02.05-AM.png" alt class="wp-image-60652" style="width:225px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-24-at-11.02.05-AM.png 1094w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-24-at-11.02.05-AM-650x650.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-24-at-11.02.05-AM-150x150.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-24-at-11.02.05-AM-768x768.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-24-at-11.02.05-AM-600x600.png 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-24-at-11.02.05-AM-120x120.png 120w" sizes="(max-width: 1094px) 100vw, 1094px"><figcaption><span class="media-credit">Photo tirée de la page Instagram de Jamie Hewlett</span></figcaption></figure>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/quand-le-deuil-est-chante-par-des-dessins-animes/" data-wpel-link="internal">Quand le deuil est chanté par des dessins animés</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La performance de l’homosexualité : un privilège?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-performance-de-lhomosexualite-un-privilege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Miton]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[2SLGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[expression]]></category>
		<category><![CDATA[performance]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60646</guid>

					<description><![CDATA[<p>Blague innocente, signe d’ouverture ou nouveau costume?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-performance-de-lhomosexualite-un-privilege/" data-wpel-link="internal">La performance de l’homosexualité : un privilège?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Deux hommes hétéros imitent une voix, se prennent par la taille, font semblant d’être en couple pour une photo, puis éclatent de rire. L’un ajoute « <em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/No_homo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">no homo</a></em> » et tout rentre dans l’ordre. Pendant ce temps, un homme gai tient la main de son partenaire. Il surveille autour de lui, sonde le quartier, évalue le risque. Pour les uns, l’homosexualité est un prétexte pour rire. Pour les autres, c’est juste une vie.</p>



<p><strong>Entre violences et « <em>bromance</em> »</strong></p>



<p>Sur papier, le contexte semble plus apaisé. Un sondage du <a href="https://www.pewresearch.org/global/2020/06/25/global-divide-on-homosexuality-persists/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Pew Research Center</a> mené en 2019 dans 34 pays montre que 52 %, en médiane, des répondant·e·s estiment que l’homosexualité « <em>devrait être acceptée par la société </em>(<em>tdlr</em>) ». Dans plusieurs pays, l’acceptation a gagné plus de dix points depuis le début des années 2000. Le <a href="https://ressource.sos-homophobie.org/Rapports_annuels/rapport_LGBTIphobies_2025.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Rapport sur les LGBTIphobies 2025</a> décrit pourtant toujours l’école comme un des principaux lieux de violences, parlant d’une « police du genre » exercée entre élèves : moqueries, insultes, mises à l’écart de celles et ceux qui ne rentrent pas dans la bonne case de la masculinité ou de la féminité. En France, le <a href="https://www.education.gouv.fr/contre-l-homophobie-et-la-transphobie-l-ecole-40706" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ministère de l’Éducation nationale</a> rappelle lui aussi qu’il est « essentiel de ne pas banaliser, sous prétexte de jeu ou d’humour, ces comportements ». En parallèle, une partie de la recherche en sociologie montre l’émergence de nouvelles formes de masculinité où des hommes hétérosexuels rejettent plus clairement l’homophobie, se montrent plus tactiles entre eux et revendiquent une « <em><a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09589236.2016.1245605" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">masculinité plus douce</a></em> ».</p>



<p>Entre la brutalité toujours très réelle des LGBTIphobies et ces « <em><a href="http://bromances" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bromances</a></em> » : que penser d’un geste aussi banal que deux mecs qui « font les gais » pour rire? Blague innocente, signe de progrès ou nouveau costume qui maintient l’homosexualité à distance?</p>



<p><strong>Où le « jeu » apparaît</strong></p>



<p>Dans ces scènes, le scénario se répète. On imite une voix jugée « efféminée ». On exagère des gestes codés comme gais. On se présente comme « en couple » avec son meilleur ami, avant de dissiper tout malentendu. L’homosexualité devient un filtre comique, une intonation, une position du corps. Elle sert à cimenter la complicité du groupe, pas à parler de désir ni de violence.</p>



<p>Ce jeu n’est pas marginal. Il traverse les équipes sportives amatrices, les groupes d’amis urbains, les établissements scolaires et universitaires situés dans des milieux se considérant comme « ouverts » et éduqués. Cette présence est attestée à la fois dans une <a href="https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/15579883211061009" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">revue systématique</a> portant sur les masculinités contemporaines et dans <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/1468-4446.12055" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’ethnographie d’un lycée anglais</a> réalisée par Mark McCormack. Là, l’insulte frontale devient moins visible. Elle se fait plus rare dans les couloirs. On préfère le clin d’œil ironique, le « <em>no homo</em> » murmuré après un câlin de trop. Pourtant, les chiffres rappellent que la ligne n’est pas la même partout. En France, 41 % des personnes déclarent utiliser encore des insultes homophobes comme « pédé » ou « enculé », une proportion qui monte à 47 % chez les moins de 35 ans (<a href="https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2019/06/cp_fjr_250619.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">IFOP, 2019</a>). L’institut note que l’homophobie explicite reste plus fréquente dans les milieux peu diplômés et recule avec le niveau d’éducation. Autrement dit, la violence change de forme selon l’espace social : dans certains milieux, on insulte ; dans d’autres, on ironise.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« L’homosexualité devient un filtre comique, une intonation, une position du corps. Elle sert à cimenter la complicité du groupe, pas à parler de désir ni de violence »</p>
</blockquote>



<p><strong>La lecture du « progrès » : masculinité inclusive</strong></p>



<p>Certains chercheurs y voient une rupture réelle. Eric Anderson, dans son ouvrage <a href="https://www.taylorfrancis.com/reader/read-online/46ef3f94-4ae9-4efe-9fe2-53bdeb7d4b42/book/pdf?context=ubx" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Inclusive Masculinity: The Changing Nature of Masculinities</em></a> et dans <a href="https://www.tandfonline.com/doi/pdf/10.1080/09589236.2016.1245605?needAccess=true" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un article</a> coécrit avec Mark McCormack, propose la « théorie de la masculinité inclusive » . Elle repose sur un concept central : l’« homohysteria », non pas la peur d’être gai, mais la peur d’être vu comme tel par les autres. Tant qu’elle est forte, chaque geste est surveillé. On évite les câlins, les confidences, les larmes, tout ce qui pourrait être lu comme trop féminin. Quand l’homophobie culturelle recule, la peur d’être perçu comme gai perd de son pouvoir. Quand elle diminue, le terrain de jeu s’ouvre : les gestes de tendresse redeviennent possibles.</p>



<p>Les enquêtes ethnographiques sur des lycées et campus britanniques ou nord-américains décrivent des groupes de garçons hétérosexuels qui rejettent ouvertement l’insulte homophobe et incluent des camarades gais dans leur cercle. <a href="https://www.taylorfrancis.com/reader/read-online/46ef3f94-4ae9-4efe-9fe2-53bdeb7d4b42/book/pdf?context=ubx" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Anderson</a> documente aussi une tactilité accrue entre eux : étreintes prolongées, partage de lit, gestes de tendresse qui auraient été impensables dans les années 1980. Une <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8674484/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">revue systématique publiée dans l’<em>American Journal of Men’s Health</em></a> synthétise 33 études. Elle identifie quatre traits récurrents dans ces masculinités contemporaines : plus d’inclusivité, plus d’intimité émotionnelle et physique, plus de résistance aux normes virilistes classiques. Dans cette lecture, « jouer au gai » ne signifie pas forcément se moquer des gais. C’est aussi le signe qu’une partie des garçons ne construit plus son identité en fuyant à l’idée de « passer pour pédé ».</p>



<p><strong>La lecture du « costume » : masculinités hybrides</strong></p>



<p>Bridges et Pascoe parlent de « <em><a href="https://compass.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/soc4.12134" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">masculinités hybrides</a></em> » : une « <em>incorporation sélective d’éléments associés aux masculinités marginalisées </em>». Concrètement, des hommes, souvent blancs, hétéros, de classe moyenne ou supérieure, s’approprient la sensibilité, l’humour queer ou la douceur sans jamais céder leur position de pouvoir.</p>



<p>Appliquée à notre jeu de départ, cette grille change la question. « Jouer au gai » devient un marqueur de confort social : seul celui qui est sûr de sa place dans la hiérarchie, masculin, hétéro, légitime, peut se permettre la mise en scène sans craindre que l’étiquette reste. McCormack, qui est pourtant l’un des partisans d’une lecture optimiste de la masculinité inclusive, le reconnaît lui-même : dans son ethnographie d’un lycée de milieu populaire en Angleterre, les attitudes pro-gais et la tactilité existent, mais « <em>ces comportements sont <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/1468-4446.12055" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">moins prononcés que chez les garçons de classe moyenne</a>.</em> » Un constat que <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8674484/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Connor et al</a>. élargissent : ces nouvelles formes de douceur et d’inclusivité s’observent surtout chez de jeunes hommes hétérosexuels, de classe moyenne, dans des pays occidentaux riches.</p>



<p>Au final, ces deux lectures ne s’excluent pas : les mêmes garçons peuvent adopter des gestes plus doux et inclusifs tout en portant ce « nouveau costume de classe » qui les laisse en position dominante.</p>



<p><strong>Toujours le même gagnant</strong></p>



<p>Ce jeu rappelle qu’on peut imiter, surjouer et tourner en dérision l’homosexualité, alors que ceux qui sont réellement gais n’ont pas cette marche arrière. <a href="https://www.jean-jaures.org/publication/lgbtphobies-etat-des-lieux-2019/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">La Fondation Jean-Jaurès</a> documente leurs stratégies d’invisibilité au quotidien : éviter de se tenir la main, changer de quartier, taire son couple.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Il faut une certaine tranquillité pour se déguiser en ce que d’autres subissent »</p>
</blockquote>



<p>Certains hommes gais apprennent à y participer, à rire avec le groupe, parfois pour s’y fondre. Mais cette adaptation a un coût : ce que Meyer appelle la « <em><a href="https://psycnet.apa.org/fulltext/2003-99991-002.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dissimulation de soi</a></em> » , c’est-à-dire mettre à distance sa propre identité pour survivre socialement. Cette stratégie constitue en soi une charge psychologique à part entière. Plus largement, ses travaux sur le stress minoritaire montrent que ces signaux répétés — blagues, sous-entendus, caricatures — alimentent un stress chronique fait d’anticipation du rejet, d’autosurveillance et de honte intériorisée, même sans violences explicites. <a href="https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2021/6-7/2021_6-7_1.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Les recherches sur les microagressions</a> envers les jeunes minorités sexuelles le confirment : ce type de blagues est associé à davantage de symptômes dépressifs et d’anxiété chez les jeunes LGBTQ+.</p>



<p>Ce jeu n’est jamais neutre et est toujours inégal. La vraie question reste : qui peut jouer sans jamais perdre? Les hommes hétérosexuels, les plus légitimes, peuvent « faire les gais » pour une blague et revenir aussitôt à une identité jamais menacée. Il faut une certaine tranquillité pour se déguiser en ce que d’autres subissent. Ceux directement concernés n’ont pas ce luxe. Le costume, pour eux, n’a jamais été un déguisement.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-performance-de-lhomosexualite-un-privilege/" data-wpel-link="internal">La performance de l’homosexualité : un privilège?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>L’enseignement supérieur québécois profite d’une hausse budgétaire importante</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lenseignement-superieur-quebecois-profite-dune-hausse-budgetaire-importante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Aurélien Quéméner]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignement supérieur]]></category>
		<category><![CDATA[hausse budgétaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60642</guid>

					<description><![CDATA[<p>La sobriété budgétaire de Québec pour 2026-2027.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lenseignement-superieur-quebecois-profite-dune-hausse-budgetaire-importante/" data-wpel-link="internal">L’enseignement supérieur québécois profite d’une hausse budgétaire importante</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le ministre des Finances Éric Girard a déposé la semaine dernière le budget provincial pour l’exercice 2026–2027. Pour son huitième budget, le ministre caquiste garde dans l’optique l’équilibre budgétaire prévu à l’horizon 2030. Le déficit est notamment ramené à <a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/964917/eric-girard-regle-comptes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">8,6 milliards</a>, alors qu’il s’élevait à <a href="https://ici.radio-canada.ca/info/en-direct/1013598/budget-quebec-caq-girard-2026-2027#:~:text=Les%20finances%20du%20Qu%C3%A9bec%20s&#039;am%C3%A9liorent%2C%20malgr%C3%A9%20l&#039;incertitude&amp;text=Le%20d%C3%A9ficit%20pour%20l&#039;ann%C3%A9e%20financi%C3%A8re%20%C3%A0%20venir%20devrait%20donc,%C3%A0%2013%20h%2048%20HAP." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">9,9 milliards</a> pour l’année financière 2025–2026. Cette réduction du déficit s’inscrit dans le <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-04-18/retour-a-l-equilibre-budgetaire/quebec-revise-son-plan-apres-la-decote.php#:~:text=D%C3%A9penses%20:%20apr%C3%A8s%20l&#039;acc%C3%A9l%C3%A9rateur%2C,compressions%20qui%20font%20les%20manchettes." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plan de retour à l’équilibre budgétaire </a>datant de 2025. L’objectif ? Satisfaire les agences de notation, comme la <em>Standard &amp; Poor’s (S&amp;P)</em>, qui avait abaissé la note fiscale de Québec de AA- à A+, signal d’une plus forte instabilité économique. </p>



<p>Plusieurs mesures sont à signaler dans ce budget qualifié de « <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2238497/pre-papier-budget-girard-mars-2026" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sobre</a> », par Girard. </p>



<p><strong>Un budget qui soutient l’enseignement supérieur </strong></p>



<p>L’<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2240328/budget-quebec-education-cegep-universite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">augmentation du budget de 3,7 </a>% en enseignement supérieur était très attendue par les universités et les cégeps de la province. Selon Marie Montpetit, présidente-directrice générale de la Fédération des cégeps, ces derniers ont accueilli le budget « avec soulagement » ; celui-ci devrait permettre de « couvrir les coûts de système, dont les indexations salariales, ainsi que la croissance de la population étudiante ». L’enseignement supérieur québécois profite ainsi de « <a href="https://fedecegeps.ca/communiques/2026/03/reactions-budget-du-quebec-2026-2027/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la deuxième plus forte hausse</a> » dans ce budget. </p>



<p>Il s’agit d’une nouvelle qui concerne directement l’Université McGill, en partie financée par la province. L’an dernier, la politique budgétaire de Québec avait contraint l’Université à suspendre certaines activités en raison d’un déficit de <a href="https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/mcgill-45-million-budget-cut-1.7455165" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">45 millions de dollars</a>. L’Université n’a pas encore réagi aux hausses budgétaires de Québec. </p>



<p><strong>Des investissements à la hausse en infrastructures </strong></p>



<p><a href="https://www.finances.gouv.qc.ca/Budget_et_mise_a_jour/budget/documents/Budget2627_Communique1fr.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Selon un communiqué du ministère des Finances</a>, « le gouvernement rehausse de plus de 5 milliards de dollars sur six ans les investissements en infrastructures », notamment pour venir en aide à des secteurs prioritaires, «soit la santé et les services sociaux, l’éducation et l’enseignement supérieur, le transport collectif et le réseau routier, de même que dans la poursuite de la transformation numérique des organismes publics ». Le Plan québécois des infrastructures (PQI) s’élèvera à 167 milliards de dollars pour l’année financière à venir. </p>



<p>En termes d’infrastructures en éducation, les investissements supplémentaires pour l’année à venir s’élèvent à 370,2 millions de dollars, bien en deçà des 950 millions demandés par la Fédération des cégeps. « Ce budget ne permettra pas d’offrir l’oxygène nécessaire aux cégeps pour absorber la forte croissance des effectifs étudiants dans certains cégeps et moderniser les équipements pédagogiques », dénonce la Fédération <a href="https://fedecegeps.ca/communiques/2026/03/reactions-budget-du-quebec-2026-2027/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dans son communiqué.</a> </p>



<p><strong>D’autres points du budget </strong></p>



<p>Le Québec investira aussi <a href="https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2026-03-18/budget-du-quebec/six-choses-a-savoir-sur-le-budget-2026-2027.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">260,3 millions de dollars </a>sur cinq ans dans la lutte contre les violences sexuelles et conjugales, mais aussi 280,4 millions de dollars pour aider le secteur de l’audiovisuel et des télédiffuseurs privés, fragilisés par un déclin dans leurs revenus publicitaires. 75,4 millions de dollars sont alloués pour les médias d’information. </p>



<p>Le 31 mars, la dette nette du Québec s’élèvera à 38,8 % du PIB, soit une baisse de 4,1 points de pourcentage par rapport au niveau de la progression du PIB réel est par ailleurs estimée à <a href="https://www.finances.gouv.qc.ca/Budget_et_mise_a_jour/budget/documents/Budget2627_Communique1fr.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1,1 %</a> pour l’année 2026 par le gouvernement. En attendant une hausse attendue de 1,4 % en 2027.</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lenseignement-superieur-quebecois-profite-dune-hausse-budgetaire-importante/" data-wpel-link="internal">L’enseignement supérieur québécois profite d’une hausse budgétaire importante</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Une génération jetable</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/une-generation-jetable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Hannah Bigiolli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[consumérisme]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[individualisme]]></category>
		<category><![CDATA[nature humaine]]></category>
		<category><![CDATA[transaction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60638</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quel sera le prix d'une ère où chaque aspect de notre vie est jetable?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">N’avez-vous jamais rêvé de vivre à l’époque de vos grands-parents, quand la vie était plus simple et les journées plus lentes? C’est un sentiment assez compréhensible vu l’état de notre monde moderne, essoufflant et éphémère. En raison du capitalisme et du consumérisme, un retour à cette vie d’antan semble impossible : la mode jetable, des produits et des emballages à usage unique, et des relations fondées sur ce même mode de consommation.</p>



<p><strong>Une consommation coûteuse</strong></p>



<p>La mode, qui était auparavant une expression du style personnel, est maintenant contrôlée par une alliance de compagnies et d’influenceurs. Par le passé, l’achat des vêtements était un choix conscient; les tenues étaient fabriquées pour durer des dizaines d’années et étaient associées à des souvenirs et une certaine sentimentalité. Les tendances actuelles, notamment sur les réseaux sociaux, encouragent la production et l’achat de vêtements de mauvaise qualité. Aujourd’hui, les goûts culturels sont <a href="https://www.ellequebec.com/societe/reportages/quand-lintelligence-artificielle-redefinit-la-mode" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dictés par des algorithmes</a>. Il est devenu impossible de confirmer les taux de consommation et d’adoption des tendances, car ils changent trop rapidement. Les vêtements qu’on achète sont portés en moyenne sept à dix fois, puis sont jetés et remplacés par d’autres pièces à bas prix. Cela montre comment l’affirmation de soi est devenue une pratique insensée pour contribuer à la surconsommation effrénée.</p>



<p>Pire encore, chaque transaction commerciale à laquelle nous prenons part vient avec son lot d’emballages et de plastiques à usage unique. Pensez à la dernière fois que vous avez fait votre épicerie. Combien de déchets plastiques avez-vous créés? Seuls <a href="https://www.foodhero.com/fr/blogues/au-dela-des-pailles" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">20 %</a> des milliards de déchets plastiques produits dans le monde aujourd’hui sont vraiment recyclés. Cette statistique est certes choquante, mais n’est manifestement qu’une arrière-pensée lorsqu’on achète des produits emballés en plastique que nous jetterons aussitôt. C’est cette insouciance qui nous rend aveugles à la consommation et encourage une existence sans pensée critique ou une quelconque réflexion profonde.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Le consumérisme à court terme est impliqué dans tous les aspects de nos<br>vies, notamment par l’abandon du style personnel »</p>
</blockquote>



<p><strong>Quand l’amour devient consommable</strong></p>



<p>Même les rencontres amoureuses ne sont pas des occasions où on peut prendre notre temps et considérer les implications de nos actions! Pour les jeunes adultes de notre génération, il y a ce <a href="https://www.tf1info.fr/societe/qu-est-ce-que-la-dating-fatigue-qui-pousse-les-jeunes-a-deserter-les-applications-de-rencontre-2346881.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sentiment universel</a> qu’on peut toujours trouver quelqu’un de mieux parmi les milliards d’utilisateurs sur les applications de rencontre. On peut essayer de parler avec un ou une partenaire, décider qu’il ou elle n’est pas pour nous et s’en débarrasser comme un sac en plastique de l’épicerie. Nous ne serons pas capables de trouver de partenaire pour la durée de nos vies, et ce, à cause de nos croyances inconscientes que tout est facilement remplacé. Chaque aspect de la vie moderne est entouré par la surconsommation sans manière de pouvoir y échapper.</p>



<p>Le consumérisme à court terme est impliqué dans tous les aspects de nos vies, notamment par l’abandon du style personnel, les produits et leurs emballages jetés immédiatement et les relations romantiques qui encouragent un cycle d’usage inéluctable. Évidemment, nous sommes incroyablement détachés des vies paisibles de nos grands-parents, et il se peut que nous soyons incapables d’y retourner. Si ce mode de vie perdure, sera-t-il possible de l’enrayer pour les générations à venir? Sinon, le futur nous laissera-t-il ligotés à nos écrans, vivant des vies sans sentimentalité ni connexion hors des transactions en ligne? À nous d’agir.</p>
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		<title>Deuxième étoile aux Jeux de la traduction</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/deuxieme-etoile-aux-jeux-de-la-traduction/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Jeux de la traduction]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[victoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Individuellement comme en équipe, McGill domine les podiums.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Vingt ans après la première édition, les Jeux de la traduction 2026 se sont soldés par une victoire de l’équipe mcgilloise et plusieurs récompenses pour ses membres. Lors de cette compétition interuniversitaire canadienne, qui s’est déroulée du 13 au 15 mars à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), huit universités se sont défiées sur de multiples épreuves. Les universités de Montréal, Sherbrooke, Trois-Rivières, Moncton, Laval, Concordia, York et McGill, chacune accompagnée de sa mascotte en peluche, ont dû faire leurs preuves dans la traduction de textes, de chansons, de publicités et tant d’autres. Nouvelle addition de l’année : la participation des « <em>Hasbeens</em> » aux épreuves, des joueurs sans université, rendus admissibles par leur participation aux éditions précédentes. Du français à l’anglais et vice versa, l’équipe de McGill a dominé les Jeux, sans doute grâce à sa mascotte, le requin en peluche nommé Antoine Berman. Un hommage au théoricien de la traduction du même nom.</p>



<p><strong>Une fin de semaine sans relâche </strong></p>



<p>La cérémonie d’ouverture du vendredi 13 mars a lancé un week-end dense. Elle a été suivie d’une soirée de réseautage avec la présence de plusieurs professionnels de la traduction, puis d’un repas lors duquel chaque équipe a joué un petit sketch sur le thème de la traduction. Le lendemain, place aux Jeux. Le samedi commence par les épreuves individuelles qui occupent la matinée. Ensuite, en binôme ou en trinôme, les traducteurs se défient sur les épreuves audiovisuelles, de chansons, de BD, de publicités et de réseaux sociaux. Entraînée par Karolina Roman, doctorante au Département des littératures de langue française (DLLF), et les professeures Audrey Coussy et Catherine Leclerc, l’équipe de McGill s’est ensuite donnée à l’épreuve du relais le dimanche matin. C’était une épreuve intense : deux heures de traduction sur deux textes , un en français et un en anglais. Chaque membre de l’équipe avait 20 minutes pour traduire une partie de chaque texte avec une communication limitée avec ses coéquipiers. L’équipe ayant fourni les traductions correctes les plus cohérentes l’emporte. Sur cette épreuve comme sur tant d’autres, c’est McGill qui est sortie gagnante.</p>



<p><strong>Des médailles et encore des médailles </strong></p>



<p>Le palmarès : victoire de Rose Langlois sur l’épreuve individuelle (EN-FR), d’Austin Witter et Noah Bourdon sur l’épreuve BD (FR-EN), d’Alexandre Baraton et Jeanne Bergeon en réseaux sociaux (FR-EN), et d’Austin Witter, Noah Bourdon et Rose Langlois dans l’épreuve audiovisuelle (EN-FR). Rose Langlois et Raphael Schmieder-Gropen ont pris l’argent dans l’épreuve publicités (EN-FR), tandis que le trinôme Alexandre Baraton, Jeanne Bergeon et Raphael Schmieder-Gropen ont occupé la deuxième et troisième marche du podium sur les épreuves de chansons (FR-EN et EN-FR respectivement). Tout cela a permis de placer McGill fermement en haut du classement général, pour la deuxième fois depuis la création des Jeux.</p>



<p></p>
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		<title>Concours d’éloquence : place à la finale!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/concours-deloquence-place-a-la-finale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[concours éloquence]]></category>
		<category><![CDATA[finale]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La compétition francophone se conclura lors d’une épreuve ouverte au public.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le concours d’Éloquence francophone de McGill est dans sa dernière ligne droite. La compétition, dont la première épreuve a eu lieu le 20 février, tiendra sa finale le 2 avril prochain. Sasha El Baba Gomez, chargé des affaires externes de McGill Éloquence, promet une expérience « agréable, intéressante, amusante et intellectuellement stimulante » lors de l’événement ouvert au public. Créée par Salomé Bourdet-Menoreau l’année dernière, la compétition d’éloquence, accessible à vous, en est à sa deuxième édition.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Ce sont des personnes qui mettront en scène le sujet, qui vont le vivre. Ils te font vivre le sujet avec eux »</p>



<p><sub>Sasha Baba El Gomez, chargé des affaires externes de McGill Éloquence</sub></p>
</blockquote>



<p><strong>Un grand parcours </strong></p>



<p>La route vers la finale représente un parcours compétitif pour les orateurs. Le premier tour comprend 12 participants. Chacun reçoit une émotion une semaine avant l’épreuve et est mis au défi de l’incarner dans un discours de trois à cinq minutes. Le jury, composé de professeurs de lettres, de théâtre ou encore d’avocats, sélectionne les dix candidats qui avancent au deuxième tour, en évaluant les capacités d’improvisation des orateurs. Les sujets sont présentés aux candidats le jour de l’épreuve et ceux-ci disposent de 45 minutes pour se préparer avant de se défier en duel avec un discours de deux à quatre minutes. Les cinq gagnants sont qualifiés pour la finale. Le candidat perdant avec la meilleure performance est aussi repêché. C’est le cas de Martin Bergerault, qui explique : « Si tu tombes contre quelqu’un de très fort, mais que tu as une bonne performance quand même, cela te permet de rester en jeu. C’était mon cas l’année dernière aussi, j’ai eu un peu de chance. » D’ailleurs, Martin remarque une différence avec l’année dernière : « Le niveau. Les gens sont plus forts cette année. En écriture, en présence orale… Je crois que la finale va être vraiment très serrée. » Sasha El Baba Gomez partage cet avis. « Les six finalistes ont tous des styles assez différents, ajoute-t-il. Certains sont plus posés, d’autres plus expressifs, il y en a qui sont très théâtraux. À mon avis, ça va se jouer sur leur capacité à répondre à la question de manière développée tout en mettant en avant leur capacité orale. »</p>



<p><strong>Dernière ligne droite </strong></p>



<p>Pour la dernière épreuve, les finalistes doivent préparer un discours de six à huit minutes sur le sujet « Contez-nous l’amour ». Même si c’est le jury désignera le meilleur selon les critères d’évaluation, Sasha El Baba Gomez assure que chaque candidat fera vibrer le public : « Ce sont des personnes qui mettront en scène le sujet, qui vont le vivre. Ils te font vivre le sujet avec eux. » Rendez-vous donc le 2 avril au bâtiment Morrice pour vivre l’éloquence!</p>
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		<item>
		<title>En grève contre le pourboire!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/en-greve-contre-le-pourboire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Owen Roberts]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[commerces]]></category>
		<category><![CDATA[finances personnelles]]></category>
		<category><![CDATA[pourboire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60623</guid>

					<description><![CDATA[<p>Nous avons assez payé. Nous manifestons contre les pourboires – vous venez ?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/en-greve-contre-le-pourboire/" data-wpel-link="internal">En grève contre le pourboire!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Vous avez commandé un latté et il est temps de payer. Le barista tourne le terminal vers vous et vous êtes confronté à votre dilemme quotidien. Est-ce que vous donnez un pourboire? Si oui, combien? 5 %, 18 %? Pourquoi pas 25 %? Vous sentez la tension dans le regard du barista, qui ne vous empêche pas de penser que préparer votre latté, c’est son rôle. S’il ne le fait pas, il sera viré de toute façon! Il ne devrait pas s’attendre à ce que je paie son salaire, alors pourquoi le fait-il? Vous avez raison. Le pourboire est un système inefficace, et il n’est pas de notre responsabilité de payer les salaires des inconnus. C’est pour ça que je propose une manifestation contre les pourboires. Vous venez?</p>



<p>Le pourboire est une coutume presque exclusivement attribuable aux États-Unis et au Canada, adoptée après la prohibition à cause de faibles salaires dans le secteur du service. Le résultat est qu’aujourd’hui, nous sommes sous l’obligation morale de donner environ 18 % du prix de nos factures à nos serveurs. Les Européens qui arrivent à Montréal ne sont pas habitués à la coutume du pourboire. En général, ils n’en donnent pas au début (pensez à un McGillois britannique ou français). Mais, après avoir été harcelés et agressés par des barmans, des baristas et d’autres travailleurs de l’industrie, ils apprennent vite qu’il faut s’assimiler – ou être détesté. À cause des situations comme celles que je vous ai présentées, <a href="https://montreal.citynews.ca/2026/03/17/canada-survey-2026-tipping-culture-h-and-r-block/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">67 %</a> des Canadiens disent qu’ils veulent abolir le pourboire, selon un sondage réalisé par H&amp;R Block Canada.</p>



<p>La force qui nous fait payer le pourboire n’est pas policière, ni contractuelle ni légale : nous nous imposons à nous même ce jugement. Il existe une autre force inquiétante, soit l’influence qu’a le pourboire du consommateur sur le serveur. Dans notre système actuel, les serveurs ont intérêt à être gentils avec leurs clients, même quand les clients ne le méritent pas. La pression de l’argent sur le serveur pourrait le forcer à subir des abus, parce que s’il ose tenir tête à ses tortionnaires, il gagne moins d’argent. Dans notre système, n’importe qui pourrait s’asseoir et maltraiter un serveur. Ce dernier, sans ses pourboires, est forcé de voir le pouvoir financier rester dans les mains du propriétaire de l’entreprise. La destruction du système de pourboires obligatoires ne pourra qu’améliorer la sécurité et la santé des serveurs.</p>



<p>Nous pourrions défendre le pourboire aux États-Unis parce que le salaire minimum fédéral pour les serveurs y est risible, à <a href="https://www.dol.gov/agencies/whd/state/minimum-wage/tipped" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2,13</a> dollars américains l’heure. Au Québec, le minimum pour les serveurs est à <a href="https://www.cnesst.gouv.qc.ca/fr/conditions-travail/salaire-paye/salaire/salaire-au-pourboire" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">12,90</a> dollars l’heure, tandis que le salaire minimum général est de<a href="https://globalnews.ca/news/10610373/canada-tipping-culture-pressure/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">16,10</a> dollars. C’està-dire qu’aux États-Unis, les serveurs ont besoin des pourboires pour survivre, alors qu’au Canada, le besoin n’est pas tant existentiel. La plupart du monde occidental, notamment l’Europe et l’Australie, n’exige pas les pourboires. Il existe manifestement un système où les entreprises paient leurs employés assez pour assurer leur bien-être sans dépendre des pourboires – alors pourquoi ne pas l’introduire ici? La vie pourrait être plus simple, plus efficace, et surtout moins chère.</p>



<p>Enfin, il est regrettable que notre monde ne soit pas parfait ni toujours égal, mais il faut sans relâche viser à l’améliorer. Si nous arrêtions de payer les pourboires, nous pourrions avoir plus de transparence avec les entreprises, moins de tension dans notre quotidien et plus d’argent dans nos portefeuilles. Joignez-vous à moi, la manifestation commence dès aujourd’hui. Bon courage à tous!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/en-greve-contre-le-pourboire/" data-wpel-link="internal">En grève contre le pourboire!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>McGill face aux revendications de l’AÉÉDEM</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/mcgill-face-aux-revendications-de-laeedem/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[AÉÉDEM]]></category>
		<category><![CDATA[conditions de travail]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[revendications]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60621</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les travailleurs universitaires dénoncent une offre « <em/> insultante <em/> ».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/mcgill-face-aux-revendications-de-laeedem/" data-wpel-link="internal">McGill face aux revendications de l’AÉÉDEM</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Mercredi 18 mars, devant le bâtiment Leacock, plusieurs groupes d’étudiants et de travailleurs universitaires se sont rassemblés, drapeaux de l’Association des étudiant·e·s diplômé·e·s employé·e·s de McGill (AÉÉDEM) à la main, scandant des slogans en direction de l’administration de l’Université McGill. La manifestation visait à dénoncer leurs conditions de travail et à exiger de meilleurs contrats pour les travailleurs universitaires. Ni le jour ni l’endroit n’ont été choisis par hasard : plus tard dans la journée, une session du Sénat se tenait à Leacock, offrant aux étudiants mobilisés une occasion stratégique de faire entendre leurs revendications. </p>



<p><strong>Demandes et revendications </strong></p>



<p>Sur place, <em>Le Délit</em> s’est entretenu avec Emma Moore, membre du comité de négociation de l’assemblée des employés académiques contractuels par cours (unité 3) de l’AÉÉDEM. Cela comprend les correcteurs, tuteurs, assistants de cours et employés du Writing Centre. Moore explique : « <em>On veut un salaire clair et uniforme pour tous, et une parité salariale avec les auxiliaires d’enseignement (tdlr).</em> » Elle ajoute que les contrats actuels ne sont pas suffisamment clairs et n’offrent pas de protection suffisante contre la discrimination et les conflits d’intérêts. </p>



<p>Plus largement, les travailleurs dénoncent des conditions précaires et un manque de reconnaissance de leur rôle, pourtant essentiel au fonctionnement de l’Université. « <em>McGill se présente comme une institution offrant un niveau académique d’excellence. Mais sur quoi repose réellement ce niveau?</em> » Un des orateurs, représentant de l’AÉÉDEM, pose la question avant d’enchaîner : « <em>C’est nous qui faisons le travail qui permet d’atteindre ce niveau d’excellence à l’université ; et quels sont les standards d’emploi ici?</em> » Au cours de la dernière année, en particulier ces dernières semaines, raconte-t-il, de nombreux travailleurs ont déposé des témoignages dépeignant les conditions de travail précaires et l’austérité sur le campus. Il termine son discours sous les applaudissements des étudiants rassemblés : « <em>Nous déterminons les standards d’excellence de cette Université, mais qui détermine les standards de nos salaires et de nos conditions de travail?</em> » </p>



<p><strong>Une offre de McGill jugée insuffisante </strong></p>



<p>Dans le cadre des négociations en cours, l’Université McGill a récemment présenté une offre salariale qui a suscité une vive réaction de la part de l’AÉÉDEM et des syndicats. « <em>L’offre est non seulement insuffisante, mais elle est insultante, effroyable </em>», décrit Moore dans son discours. Celle-ci inclut notamment un salaire de départ d’environ 18,67 dollars l’heure pour certains postes, sans garantie d’augmentation significative ni de compensation rétroactive. « <em>L’option d’augmentation de paie est trop ambiguë et ne couvrira même pas l’inflation. À quoi bon? </em>» Pour les membres de l’AÉÉDEM, cette offre illustre un manque de volonté de la part de l’Université de répondre aux besoins fondamentaux de ses travailleurs. Selon l’association, l’Université fonctionne davantage comme une entreprise à but lucratif plutôt qu’une institution fondamentalement dédiée au partage et à la transmission du savoir. </p>



<p>À l’écart de la scène improvisée où se sont succédé les discours, un grand panneau en bois attire le regard. Il porte l’inscription : « <em>Que feriez-vous si vous étiez mieux payés</em> ». Des feuilles de papier épinglées révèlent ce que ces étudiants et employés ont en tête ; des variantes de « <em>payer mon loyer </em>» et « <em>acheter de quoi manger équilibré</em>» remplissent tout le cadre, donnant un aperçu de leurs préoccupations quotidiennes.</p>



<p></p>
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		<title>Au revoir!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/au-revoir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eugénie St-Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[au revoir!]]></category>
		<category><![CDATA[dernière édition]]></category>
		<category><![CDATA[éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette semaine marque la dernière édition du semestre – déjà. Ça passe vite, huit éditions! Cette année, comme toutes les années depuis 1977, Le Délit a travaillé fort pour vous offrir une couverture au plus près de vous ; de vos enjeux, de ce qui vous intéresse, de ce qui vous touche et de ce&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/au-revoir/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Au revoir!</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Cette semaine marque la dernière édition du semestre – déjà. Ça passe vite, huit éditions! Cette année, comme toutes les années depuis 1977, <em>Le Délit</em> a travaillé fort pour vous offrir une couverture au plus près de vous ; de vos enjeux, de ce qui vous intéresse, de ce qui vous touche et de ce qui vous fâche. En tant que journal étudiant, nous restons toujours bien conscients de notre mandat : produire du contenu pertinent, en français, pour tout le corps étudiant. Cela signifie, malheureusement, qu’on ne peut pas toujours parler de tout – 12 pages, c’est bien peu pour tout ce qu’on aimerait écrire.</p>



<p>Une des forces du <em>Délit</em> est sa constante évolution. Chaque semestre, de jeunes recrues intègrent l’équipe, et de vieux sages (nos <em>super seniors</em>) se lancent dans d’autres aventures. Ce renouvellement permet au journal de ne jamais stagner. S’il y a une chose que les journalistes du <em>Délit</em> font sans arrêt – à part écrire, éditer et trouver des sujets d’articles – c’est penser à toutes les manières possibles d’améliorer le journal. <em>Le Délit</em> est un travail d’équipe dont vous faites déjà partie. Il va sans dire que vous êtes les bienvenus à sauter le pas et à rejoindre l’équipe à l’automne.</p>



<p>Une presse libre et indépendante est un élément essentiel à un campus démocratique. Un journal qui interpelle et ressemble à ses lecteurs est essentiel à une communauté étudiante. Bien qu’on ne puisse pas mesurer exactement l’ampleur de l’influence du <em>Délit</em>, et que c’est parfois une tâche ingrate que d’écrire sans reconnaissance immédiate, on donne le meilleur de nous-mêmes à chaque édition, sans exception.</p>



<p><em>Le Délit </em>est fier de la place qu’il occupe dans la communauté francophone de l’Université McGill. Et pas seulement pour les 20 % d’étudiants francophones, mais aussi pour tous ceux qui nous lisent pour pratiquer leur français, ou même ceux qui utilisent nos éditions pour décorer les murs de leur appartement. C’est un privilège d’occuper une place, aussi petite soit-elle, dans vos quotidiens.</p>



<p>On arrive déjà à la fin de l’éditorial. Ça passe vite, un édito! Blague à part, merci d’avoir lu <em>Le Délit</em> cette année, ou d’avoir admiré nos couvertures, même si c’était en y déposant vos bottes mouillées dans le bâtiment Birks. Sachez que rien ne nous fait plus plaisir que d’entendre vos réactions – compliments comme critiques – à propos de notre travail. Engagez-vous! On se retrouve au mois d’août.</p>



<p></p>
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		<title>La cassette commence à être usée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-cassette-commence-a-etre-usee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réponse au journal <em/>The Concordian</em> et à l’économiste Moshe Lander.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-cassette-commence-a-etre-usee/" data-wpel-link="internal">La cassette commence à être usée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Cette fois-ci, c’est la bonne. Je promets de quitter l’équipe éditoriale du Délit après cet article, qui contrevient à toutes les conditions ayant permis mon retour. Dommage. Mais je ne pouvais pas, en bonne conscience, m’empêcher de répondre aux âneries véhiculées dans le <a href="https://theconcordian.com/2026/03/costs-quebec-referendum-eric-girard-parti-quebecois/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Concordian</a> par un prétendu économiste à l’endroit des conséquences économiques d’un éventuel processus référendaire. Toujours la même cassette, le même discours fatigué, démystifié mille fois par de vrais intellectuels de toutes les époques. Je me demande comment cet article s’est échoué en Actualités, alors qu’il est dépourvu du moindre fait démontrable. Mon article a beau être classé comme une opinion, il est strictement factuel ; je voulais simplement avoir la liberté d’utiliser toutes les invectives nécessaires.</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-right">Montrez-moi un économiste qui pense que c’est [l’indépendance du Québec, ndlr] une bonne idée, et je vous montrerai un économiste au chômage.<br>-MOSHE LANDER</p>
</blockquote>



<p>Omettre de joindre des données concrètes à un argumentaire illégitime rend celui-ci intemporel.</p>



<p>Dans son entrevue, M. Lander, un habitué de la télévision de langue anglaise (et économiste à ses heures), recopie plus ou moins habilement le <em>modus operandi</em> d’une infinité de « dépendantistes » avant lui. L’épouvantail de la peur d’un effondrement économique d’un Québec souverain qu’il dresse sera toujours le plus imposant dans l’imaginaire collectif des électeurs. Il inspire un niveau d’incertitude tellement étouffant que nous nous en remettons à de supposés experts pour nous prédire le futur de notre nation, sans penser à remettre leurs sordides mensonges en question.</p>



<p><strong>La question de la décote</strong></p>



<p>Première gaffe intellectuelle (in)volontaire du <em>Concordian</em>. En trente secondes de recherches plus ou moins rigoureuses, il aurait pu comprendre les réelles causes de la décote du Québec par la Standard and Poor’s (S&amp;P) – qui n’a absolument rien à voir avec la recrudescence de l’intérêt des Québécois envers la souveraineté.</p>



<p>Le ministre Girard, avant de blâmer un potentiel référendum pour ses propres méfaits, avait affirmé sans gêne en avril 2025 que cette décote n’aurait aucun impact sur la population et qu’elle était parfaitement insignifiante.</p>



<p>La S&amp;P elle-même justifie la baisse en mentionnant la hausse fulgurante des dépenses publiques combinée à une croissance effarante de la dette sous la gouverne de la CAQ. Un journal incapable de lire les journaux, ça commence bien un article. Bien qu’il présente brièvement les récriminations du Parti québécois, le <em>Concordian</em> diffuse tout de même les propos complètement mensongers du ministre Girard, dans l’espoir peut-être que certains les méprennent pour la vérité.</p>



<p><strong>La question de l’économie</strong></p>



<p>Laisser planer le doute en présentant une fausseté comme une réalité ambivalente, soit. Pas très éthique, mais rien de réellement détestable. Cependant, le <em>Concordian</em> dépasse les bornes lorsqu’il rapporte, supposément de manière totalement objective, que les référendums ont plongé le Québec dans un marasme économique dont les effets diminuent à ce jour notre qualité de vie. Encore une fois, aucune donnée, rien d’empirique. Ce serait trop demander.</p>



<p>Il me faut contrecarrer les propos de M. Lander en deux temps. En premier lieu, absolument aucune donnée macroéconomique n’indique une crise financière d’une quelconque ampleur, le Québec ayant vu sa croissance économique se maintenir et même bondir dans la décennie suivant le référendum de 1995. Depuis cette date fatidique énoncée dans l’article, le <a href="https://policyoptions.irpp.org/fr/2025/10/le-quebec-depuis-1995-recul-ou-progres" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">PIB réel du Québec</a> a crû de 42 % (contre 34 % pour le reste du Canada), le <a href="https://www.stats.gov.nl.ca/Statistics/Topics/labour/PDF/UnempRate.pdf?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">taux de chômage</a> chutant de 6,1 % (contre 3,1 % pour le Canada), tout comme le <a href="https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/250501/dq250501b-eng.htm?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">taux de pauvreté</a>, ayant atteint 7,4 % en 2023 (contre 10,2 % pour le Canada). Qui plus est, le Québec n’a cessé de voir augmenter son taux d’alphabétisation et d’accès aux études supérieures, faisant de lui un point central d’innovation en Amérique du Nord pour une pléthore de secteurs technologiques de pointe (IA, aérospatial, biomédical, etc.).</p>



<p>Côté social, le Québec vient d’être nommé <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2026-03-19/les-quebecois-ont-ils-trouve-la-recette-du-bonheur.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">province la plus heureuse</a> par une marge considérable sur le reste du Canada. De plus, tous les indices <a href="https://www.csls.ca/reports/csls2025-03.pdf?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">(inégalités, développement humain, satisfaction de vie, etc.)</a> pertinents abondent dans le sens d’une supériorité du Québec pour ce qui est de la qualité de vie de ses habitants. La province-aspirante-pays peut aussi se targuer d’avoir un des systèmes sociaux (garderie, santé, assurance parentale/chômage) les plus développés dans le monde.</p>



<p>Aussi, absolument aucune donnée empirique ne corrobore l’affirmation présentant le Québec comme une destination abandonnée par l’immigration – surtout pour ce qui est des secteurs professionnels. Bien que les référendums aient causé un exode d’une certaine minorité linguistique vers les autres provinces canadiennes, le Québec n’a jamais cessé d’être une destination de choix pour la francophonie internationale.</p>



<p>J’ai l’impression que cet article devient une banale présentation de faits économiques simples, mais comment faire autrement? Je ne vois aucune autre façon de répondre à des mensonges pourtant archi-convenus, qui font de l’infériorité du Québec un fantasme et l’attribuent directement à la volonté du peuple à se libérer d’un oppresseur pétrolier néocolonial.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-left">« Rien de plus simple pour effrayer les masses que leur faire croire qu’on s’attaque à leur portefeuille, à leurs impôts, à leur stabilité. Le confort (et la menace de le perdre) sera toujours l’ennemi du changement »</p>
</blockquote>



<p><strong>La question du coût de la démocratie</strong></p>



<p>M. Lander présente ensuite son plus brillant argument en défaveur de l’indépendance du Québec. Supposément qu’il faudrait renoncer à l’autodétermination parce que la tenue d’un référendum engendrerait un coût supplémentaire exorbitant pour l’État; on parle de 144 millions de dollars (selon moi, une surestimation bancale) provenant de l’argent des contribuables. Vraiment? Le coût de la démocratie comme argument contre la démocratie? Peut-être que, suivant cette logique, on pourrait organiser des élections tous les dix ans? Tous les 20 ans? Et pourquoi pas jamais! On épargnerait un beau petit pactole!</p>



<p>Franchement, on est sur de la propagande de bas étage. Même si on s’en tient à l’estimation de 144 millions, la dépense ne représente que 0,0865 % des revenus annuels de l’État québécois… une jolie aubaine pour une liberté convoitée depuis des siècles.</p>



<p><strong>La question des négociations</strong></p>



<p>Ne faites pas l’indépendance, c’est trop compliqué pour vous!</p>



<p>Une solution viable et libératrice pour plus d’une trentaine de nations depuis 1980, mais pas pour le Québec, bien sûr. L’article présente la province comme absolument dépourvue de tout pouvoir de négociation, attachée à sa dette et à des infrastructures fédérales coûteuses.</p>



<p>C’est à se demander qui a payé pour Valcartier, les autoroutes, les ports, les ponts… Le Québec est le deuxième plus important contributeur aux revenus fiscaux du Canada, et a financé une infinité d’initiatives contraires à ses intérêts (lire ici l’industrie gazière/pétrolière). Nous sommes une nation riche, éduquée, productive et progressiste, mais nous serions supposément incapables de mettre nos ressources de l’avant pour négocier avec le Canada (voie maritime du Saint-Laurent, ressources naturelles, industries et technologies). Je n’y crois pas un instant.</p>



<p>La vérité est que nous sommes – géographiquement et économiquement – absolument essentiels au Canada, et qu’il ne déploie ses honteuses fabrications que pour nous convaincre de notre petitesse et de notre incompétence. Le Québec n’aura aucun mal à pérenniser sa vitalité, enfin délesté de l’appareil fédéral qui l’enlise dans une dette monumentale. Il pourra contrôler sa politique fiscale, et démanteler une énième invention de M. Lander quant à l’augmentation des taux d’imposition sur les Québécois.</p>



<p>Rien de plus simple pour effrayer les masses que leur faire croire qu’on s’attaque à leur portefeuille, à leurs impôts, à leur stabilité. Le confort (et la menace de le perdre) sera toujours l’ennemi du changement.</p>



<p><strong>La question de l’emploi</strong></p>



<p>En plus d’être carrément impertinent, M. Lander fait preuve d’un impressionnant dédain envers les Québécois. Sa supposition selon laquelle tout économiste défendant la libération du Québec est un chômeur déguisé est vomitive. On ressent tout le dédain coutumier d’un détestable sujet de Sa Majesté, bien coiffé pour un segment à la CBC ou à CTV <em>in english only</em>.</p>



<p>Connaît-il Jacques Parizeau? Un économiste doctorant à la <em>London School of Economics </em>; ministre des Finances et ancien premier ministre du Québec? Il avait un plan clair, une vision économique fondée sur les chiffres et les faits, combinée à une réelle volonté de voir le Québec s’accomplir pleinement dans tous les domaines en accédant à son indépendance.</p>



<p>Il ne doit pas manquer de chômeurs chez les économistes, j’en conviens. Mais peut-être bien que certains mériteraient cette situation plus que d’autres.</p>
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		<title>Rassembler pour mieux diviser</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/rassembler-pour-mieux-diviser/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[constitution]]></category>
		<category><![CDATA[droit]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60610</guid>

					<description><![CDATA[<p>Analyse critique du projet de loi 1 sur la Constitution québécoise.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/rassembler-pour-mieux-diviser/" data-wpel-link="internal">Rassembler pour mieux diviser</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Cela fait maintenant presque </em><a href="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/constitution-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>six mois</em></a><em> que notre cher ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a présenté aux Québécois·e·s son fameux projet de loi 1, la Constitution québécoise. Six mois à discuter d’une constitution illégitime, issue d’un processus de non-consultation flagrant et d’un manque d’écoute évident de la part du gouvernement.</em></p>



<p><em>Ce n’est que pour vous, cher·ère·s lecteur·rice·s, que j’ai pris le temps de lire intégralement chacun des napperons présentés par le ministère, ainsi que les quarante pages de cette magnifique constitution censée représenter les désirs de tous·tes les Québécois·e·s, afin de vous produire cette charmante analyse critique.</em></p>



<p><strong>Des inquiétudes juridiques graves</strong></p>



<p>Habituellement, dans le cadre du <a href="https://www.assnat.qc.ca/fr/abc-assemblee/projets-loi.html#CheminementPublic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">processus législatif</a>, le gouvernement organise des consultations générales afin de recueillir l’avis de plusieurs instances avant de procéder à la rédaction et à l’adoption de lois. Ce qui rend toutefois ce cas particulier – et ce processus classique insuffisant –, c’est qu’il ne s’agit aucunement d’un document législatif ordinaire, disposant d’une portée limitée. On parle ici d’une <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">constitution</a> qui modifiera l’interprétation et la portée de la Charte canadienne des droits et libertés et qui influencera l’interprétation de nombreuses lois provinciales. S’attaquer à des enjeux constitutionnels déterminants nécessite plus qu’une consultation minimale, il faut que le ministre prenne ses responsabilités pour réellement représenter la nation québécoise.</p>



<p>Si le but du ministre est réellement de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/Napperon_Mesures_pharesVF.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rassembler</a> les Québécois·e·s autour de valeurs prétendument universelles, pourquoi n’a‑t‑il même pas pris la peine de <a href="https://liguedesdroits.ca/des-ressources-pour-comprendre-et-combattre-le-pl-1/#:~:text=Des%20ressources%20pour%20comprendre%20et,1%2C%20Loi%20constitutionnelle%20du%20Qu%C3%A9bec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">consulter</a> davantage la population ? Cela crée un immense <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-12-16/replique/constitution-pour-des-echanges-constructifs.php#:~:text=Le%20ministre%20de%20la%20Justice,Barrette%2C%20souhaite%20pr%C3%A9senter%20sa%20perspective." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déficit de légitimité</a> pour un document disposant d’une portée juridique aussi considérable. Une constitution doit exister pour le peuple et représenter ses désirs ; or, voyant les nombreuses <a href="https://amnistie.ca/sinformer/2026/canada/pres-de-800-organisations-quebecoises-rejettent-le-projet-de-constitution-du" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vagues de contestations</a>, ça ne semble absolument pas le cas ici.</p>



<p>Bien que la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Constitution québécoise</a> soit subordonnée à la Constitution canadienne, elle dispose tout de même du pouvoir d’influencer l’interprétation des lois québécoises et de la Constitution canadienne. Il s’agit donc loin d’un projet anodin.</p>



<p>Le projet de la loi 1 comporte notamment des dispositions qui <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">affaiblissent les contre‑pouvoirs</a>, en empêchant plusieurs organisations – dont les ordres professionnels – d’utiliser des fonds publics afin de contester en justice des dispositions législatives lorsque celles‑ci portent la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">désignation</a> « <em>protège la nation québécoise ainsi que l’autonomie constitutionnelle et les caractéristiques fondamentales du Québec </em>». Évidemment, le ministre a été frustré par la contestation de sa <a href="https://www.lapresse.ca/elections-federales/2025-03-31/loi-96-sur-la-langue-francaise/un-droit-est-un-droit-insiste-mark-carney.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi 96</a> sur le renforcement des mesures de protection de la langue française et veut éviter que des lois similaires soient remises en question.</p>



<p>Inscrire une disposition visant à entraver la capacité de contester des lois, c’est affaiblir les contre-pouvoirs et mettre en péril l’état de droit. C’est purement inacceptable.</p>



<p>Le ministre établit des <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">balises claires</a> quant à l’interprétation de la Constitution en affirmant que, <em>de facto</em>, certains droits doivent primer sur d’autres. Créer une hiérarchie générale des droits sans procéder à une analyse au cas par cas revient à écarter les nuances juridiques propres à des contextes précis et à imposer des balises rigides. Or, le système de justice et la notion même des droits et libertés ne reposent pas sur un modèle à taille unique doté de paramètres par défaut ; établir une règle générale stricte en cette matière peut s’avérer extrêmement dangereux. La force du droit s’inscrit dans ces nuances et les lui retirer peut laisser place à des jugements injustes et à une suppression de la complexité de certaines situations.</p>



<p>Comme si ce n’était pas suffisant, le ministre <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2026-02-05/projet-de-constitution-quebecoise/un-processus-d-assimilation-denoncent-des-chefs-autochtones.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">s’attaque</a> également aux <a href="https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/2226131/projet-constitution-caq-apnql-verreault-paul-autochtones" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Premières Nations</a>. Non seulement leur a‑t‑il accordé très peu de temps pour s’exprimer sur le projet de Constitution, mais le seul et unique passage traitant de leurs droits a été ajouté sans leur consentement – au point que plusieurs nations ont affirmé ne pas avoir été réellement consultées. L’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador le décrit d’ailleurs comme étant « colonial, centralisateur et incompatible avec les droits fondamentaux des Premières Nations ». Cette Constitution, qui ne représente aucune avancée juridique pour ces peuples, contribue plutôt à invisibiliser leurs traditions juridiques et peut même – en raison de l’absence de reconnaissance claire – flouter les recours auxquels ils ont accès. Alors que le gouvernement avait l’occasion de poursuivre les démarches de réconciliation avec les Premières Nations, il a choisi de s’inscrire dans une logique coloniale en imposant un passage ne représentant aucun gain réel et occultant leurs principes juridiques.</p>



<p>J’aimerais toutefois aborder l’immense victoire que représente le retrait de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’article 29,</a> qui « <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">garantissait</a> » le droit des femmes d’avoir accès à une interruption volontaire de grossesse (IVG). Alors que le ministre présentait cet article comme un moyen idéal de protéger définitivement ce droit au Québec, de nombreux experts – dont le <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Barreau du Québec</a> et le <a href="https://www.cmq.org/fr/actualites/pl1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Collège des médecins</a> – lui ont rappelé, lors des consultations publiques, qu’il constituait une réouverture dangereuse du débat sur l’avortement. Ainsi, si cet article venait à être renversé en cour, il existerait un document juridique invalidant le droit à l’IVG. Le droit à l’avortement aurait alors été plus en péril que jamais. Comme le souligne la Dre Élise Girouard‑Chantal dans son <a href="https://share.google/movD9sh8NYXqqxIGR" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mémoire</a>, c’est précisément ce flou juridique qui fait du Québec « l’une des juridictions les plus pro‑choix au monde ».</p>



<p><strong>Une autre manière de nous faire avaler la loi 21</strong></p>



<p>Peu importe ce que vous pensez du projet de <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-10-09/projet-de-loi-1/une-constitution-adoptee-d-ici-les-elections.php#:~:text=Que%20fait%20cette%20nouvelle%20loi,%C3%A0%20recourir%20%C3%A0%20l&#039;avortement." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi 21 sur la laïcité de l’État</a> – interdisant notamment le port de signes religieux ostensibles –, ou le fait que celui-ci sera contesté devant la <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/justice/939450/cour-supreme-va-entendre-contestation-loi-21-fin-mars" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cour suprême du Canada</a> ce mois‑ci, ce n’est pas grave ! Le ministre l’inclut discrètement dans la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Constitution</a> dès les notes explicatives. Que vous l’aimez ou non, elle sera désormais imbriquée dans « la <em>Loi des lois »</em>, comme il aime si aimablement l’appeler. Non, le ministre n’attend pas le verdict du plus haut tribunal avant d’inclure ses mesures très controversées dans la Constitution même de l’État du Québec. La laïcité des services publics est loin de faire consensus au Québec, comme l’ont démontré les importantes vagues de contestation entourant la loi 21. Prétendre que cette question fait aujourd’hui consensus est tout simplement faux.</p>



<p><strong>Oui, je m’enfarge peut-être dans les fleurs du tapis, mais…</strong></p>



<p>L’un des « détails » qui m’a sauté aux yeux lors de ma lecture du projet de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi</a> est l’apparition, dès les notes explicatives, de la notion d’égalité homme‑femme. Parce qu’aujourd’hui, en 2026, il est évident qu’il existe plus de deux genres, et qu’il est essentiel de garantir à toute personne issue de la diversité de genre une protection constitutionnelle explicite et adéquate.</p>



<p>Voyant l’amour que la CAQ porte à l<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2194793/politique-linguistique-quebec-etat-ecriture-inclusive" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">’écriture inclusive</a> – en cessant purement et simplement son usage dans le cadre des communications officielles –, cela ne me surprend évidemment pas. Toutefois, considérant que l’objectif de la Constitution est avant tout de rassembler la nation québécoise et de la représenter, et que la formulation « égalité des genres » aurait permis non seulement de remplir ces deux objectifs, mais aussi d’alléger la formulation, je trouve le choix des termes plutôt curieux.</p>



<p><strong>En fin de compte</strong></p>



<p>Nous avons, selon moi, probablement besoin d’une constitution au Québec. Toutefois, elle ne doit pas être rédigée par un seul individu dans son sous‑sol, qui prétend « rassembler les Québécois·e·s » autour de valeurs qu’il considère lui‑même comme universelles. Il faut inclure tout le monde ; il faut consulter le peuple avant d’affirmer que l’on parle en son nom. Alors que la CAQ tente de <a href="https://inroadsjournal.ca/quebecs-proposed-constitution-a-sword-turned-inward/#:~:text=The%20CAQ&#039;s%20electoral%20calculus,force%20by%20June%2024%2C%202026." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">faire adopter</a> sa Constitution avant la fin de la législature, malgré toute la controverse qu’elle suscite, il est essentiel d’écouter les juristes et les quelque <a href="http://ledevoir.com/politique/quebec/964521/pres-800-groupes-demandent-jeter-projet-constitution-poubelles#:~:text=%C2%AB%20Ce%20qu&#039;on%20a%20devant,presse%20non%20loin%20du%20parlement." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">800 organismes </a>qui ont demandé, la semaine dernière, le retrait du projet de loi. Une constitution ne doit pas être adoptée dans la précipitation : elle exige prudence et réflexion.</p>



<p>C’est en prétendant rassembler la nation québécoise, tout en la divisant davantage, que le ministre a déposé ce projet de loi illégitime, au processus opaque, qui menace les droits et libertés, l’état de droit et qui affaiblit les contre‑pouvoirs. C’est tout simplement aberrant.</p>



<p>On colle l’étiquette « nationaliste » à une grande diversité de mesures présentant des dérives potentielles qui portent atteinte à des droits et libertés garantis par la Charte canadienne.</p>



<p>Je me décris comme étant nationaliste, mais le portrait du Québec que dépeint le ministre dans sa Constitution me repousse. Elle me fait même éprouver une certaine honte à me dire « nationaliste ». Mon Québec de demain n’exclut personne : il est accueillant. Je comprends l’ambition de protéger la langue et la culture – cela me préoccupe tout autant –, mais je ne crois pas que l’on s’attaque ici aux véritables enjeux.</p>



<p>Surtout, je veux un Québec qui respecte les droits et libertés, qui exerce une justice équitable, qui respecte les Premières Nations et qui reconnaît pleinement leurs droits.</p>



<p>Refuser cette Constitution, ce n’est pas refuser le Québec, c’est refuser un avenir qui ne nous ressemble pas et qui met en péril notre démocratie.</p>
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		<title>Le fascisme : un suicide collectif</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/le-fascisme-un-suicide-collectif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marius Grieb]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nature humaine]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[iran]]></category>
		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[pétrole]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La catastrophe environnementale à l'arrière-plan de la guerre au Moyen-Orient.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Au moment d’écrire ces lignes, la guerre en Iran entre dans son vingt-troisième jour : la machine de guerre est en marche et rien ne semble capable de la ralentir. Chaque soir, Iraniens, Libanais, et autres habitants de la région s’endorment sous une pluie torrentielle de bombes, de drones et de missiles. Les images qui nous parviennent des immeubles en ruines, des gisements pétroliers enflammés et des foules affolées dépeignent un chaos aberrant, une sorte d’apocalypse.</p>



<p>Dans l’immédiat, notre désespoir et frayeur risquent de nous mener sur des chemins incongrus. L’un est la désensibilisation à la souffrance, et l’autre est l’esthétisation de la violence et de la tragédie. Comme l’a démontré Walter Benjamin dans son <em>essai L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique</em>, cette démarche esthétisante est la conséquence de la résurgence du fascisme dans la société contemporaine. Il explique : « l’état totalitaire aboutit nécessairement à une esthétisation de la vie politique. Tous les efforts d’esthétisation politique culminent en un point. Ce point, c’est la guerre <a href="https://ia802905.us.archive.org/14/items/BENJAMINWalterLoeuvreDartALeppoqueDeSaReproductiniliteTechnique/BENJAMIN%20Walter-L%27%C5%93uvre%20d%27art%20a%CC%80%20l%27e%CC%81poque%20de%20sa%20reproductinilite%CC%81%20technique.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">moderne</a>. »</p>



<p>C’est donc dans une perspective critique que je vous propose aujourd’hui un regard alternatif sur le conflit au Moyen-Orient, centré sur l’idée de la guerre en tant que processus intégral de destruction. En plaçant le climat, l’environnement et le vivant au cœur de l’analyse, on peut démêler les narratifs nationalistes et économiques qui réduisent si souvent les pertes humaines à de simples statistiques et dissimulent la souffrance derrière un rideau d’esthétisme.</p>



<p>Comme toute machine, la guerre a besoin d’énergie pour s’alimenter. Cette énergie, elle se la procure sous forme de mobilisation politique, mais aussi sous forme de matière première – le pétrole. Cet or noir qui pollue notre air et nos océans n’est plus simplement un objet de conquête, comme il le fut pendant les guerres du Golfe. Il est maintenant aussi une cible à embraser. C’est ainsi que le processus devient intégral : on fait décoller les avions de chasse pour faire exploser des gisements pétroliers ; on brûle du pétrole pour faire brûler le pétrole.</p>



<p>Ce qui nous restera après toute cette destruction, nous ne le ressentons pas encore, mais nous allons bientôt le découvrir. La semaine du 9 mars, les habitants de Téhéran se sont réveillés sous une pluie <a href="https://www.dw.com/en/iran-war-risks-long-term-toxic-legacy-for-people-and-nature-that-ripples-beyond-borders/a-76335587" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">acide noire</a>, produite par une contamination atmosphérique liée à la destruction des installations pétrolières au cœur de la capitale. Les conséquences d’un tel degré de pollution à l’échelle locale et planétaire sont pour l’instant difficiles à évaluer. Cependant, une chose est certaine : les <a href="https://www.dw.com/en/iran-war-risks-long-term-toxic-legacy-for-people-and-nature-that-ripples-beyond-borders/a-76335587" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">particules en suspension, les oxydes d’azote et le dioxyde de soufre qui pénètrent la nourriture</a>, la peau et les narines des civils iraniens sont les mêmes qui étouffent les forêts, empoisonnent les rivières et ravagent les écosystèmes. La guerre et l’exploitation de la nature ne sont pas simplement liées, elles suivent la même logique, et font partie du même processus.</p>



<p>Au centre de cette tentation suicidaire se cache le fascisme. Fidèle à son mariage avec la grande bourgeoisie, il sert les intérêts du complexe militaire-industriel tout en utilisant les médias comme outil de divertissement pour le grand public. L’anthologie d’images de feu et de violence que les médias nous proposent de consommer nous rend cyniques ; pris au piège, on oublie qu’il se refermera un jour sur nous. Personne n’ira sauver le pyromane qui met le feu à la forêt. Protégeons la Terre, vive la paix, et à bas le fascisme!</p>
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		<title>Le retard et les bienfaits du temps long</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/le-retard-et-les-bienfaits-du-temps-long/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dalia Djazouli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décodage]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[accélération]]></category>
		<category><![CDATA[anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[temps]]></category>
		<category><![CDATA[Utilitarisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Imposer sa propre subjectivité temporelle.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le retard est rarement reçu positivement : c’est un état des choses non désirable, une anomalie. Dans le langage courant, il renvoie à une situation négative à laquelle il faut absolument remédier, à un écart par rapport à la norme, ou par rapport à un idéal de développement à atteindre. Au <em>Délit</em>, il est préférable de ne pas rendre son article un dimanche soir – autrement dit, en retard –, au risque de s’attirer les foudres de notre rédactrice en chef : un décret qui me place dans l’embarras, en tant que retardataire pas tout à fait réformée, et dont la notion du temps est complètement détraquée. Sans chercher à faire l’apologie d’un comportement qui confine à l’irrespect de l’autre, j’ose émettre l’idée que nous voyons peut-être trop souvent le retard d’un mauvais œil.</p>



<p>L’imposition de la ponctualité comme norme suprême ne se cantonne pas à notre journal étudiant : elle est propre à nos sociétés industrialisées, dont la conception du temps est particulièrement rigoureuse et utilitariste. La temporalité est perçue comme un objet tangible, que l’on peut et doit rentabiliser autant que possible. Les journées sont compartimentées, et chaque heure doit être mise à profit.</p>



<p>Pour l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, l’extrême fragmentation du temps s’est accentuée en même temps que l’accélération technologique, laquelle caractérise la révolution industrielle du 20e siècle. L’accumulation de ces innovations a permis l’accroissement de notre efficacité et la rationalisation du travail – ou taylorisme. Mais cette conception s’est aussi étendue à notre rapport au temps : la logique capitaliste de fragmentation des tâches s’est appliquée au domaine temporel, et a remplacé les rythmes organiques. On se trouve désormais entraîné dans une course folle, où tout est urgent, les 24 heures d’une journée étant devenues un véritable compte à rebours.</p>



<p>Cet impératif absolu de performance est pourtant contre-productif. À vouloir à tout prix accroître la productivité au travail, on en oublie le bien-être des travailleurs. Ces exigences réduisent la qualité du bien produit, et nous aliènent par la même occasion. Il dévore l’oisiveté, pourtant indispensable au temps long du vivant.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="2000" height="1338" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-2000x1338.jpeg" alt class="wp-image-60602" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-2000x1338.jpeg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-650x435.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-150x100.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-768x514.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-1536x1028.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-2048x1370.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felix-fournier/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix Fournier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>C’est une logique qui nous interdit les temps morts, l’ennui, le vide. On ne se laisse plus aller à divaguer dans les transports et dans les files d’attente ; on ne se laisse plus habiter par le temps… Les idées meurent dans l’œuf, et nos réflexions sont étouffées par les distractions numériques.</p>



<p>Pour Hélène L’Heuillet, le retard devient une micro-victoire au milieu de journées éreintantes et hautement compartimentées. Tous les retards ne sont pas pour autant bons à prendre, notamment celui qui permet d’exercer une forme de contrôle, et de faire attendre celui soumis au temps de l’autre. Aux yeux de la philosophe et psychanalyste, le retard doit être accidentel. Dans notre contexte de malaise temporel, il nous offre un moyen de nous échapper des normes de rendement et de l’aliénation qui en découle. Le retard nous offre une marge de liberté.</p>
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		<title>L’épidémie de la nonchalance</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lepidemie-de-la-nonchalance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elie Nguyen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[expression]]></category>
		<category><![CDATA[nonchalance]]></category>
		<category><![CDATA[relations humaines]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour en finir avec l’insouciance de façade et embrasser pleinement l’authenticité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lepidemie-de-la-nonchalance/" data-wpel-link="internal">L’épidémie de la nonchalance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’un des travers de notre génération est la tendance à adopter une attitude indifférente face à la vie. La nonchalance est devenue une forme de protection, où on minimise tout ce que l’on ressent : on cache ce qui pourrait nous atteindre et on évite de trop s’exposer. En paraissant insouciant, on garde le contrôle, puisque personne ne peut utiliser contre nous ce dont il ne mesure pas l’importance.</p>



<p>On est devenus profondément préoccupés par le regard des autres, au point d’ajuster nos réactions en permanence. Même dans des situations anodines, comme trébucher dans la rue, il faudrait rester nonchalant pour paraître cool et maître de soi, comme si de rien n’était. Mais pourquoi ne pas simplement en rire? Pourquoi a‑t-on ce réflexe de tout lisser, de tout contrôler, au lieu d’assumer pleinement des réactions humaines?</p>



<p>La même logique s’applique aux relations : avec l’essor des réseaux sociaux et des applications de rencontre, nos interactions semblent devenir de plus en plus calculées, presque stratégiques. On hésite à exprimer ce que l’on ressent vraiment, parce qu’on ne sait jamais ce que l’autre pourrait en penser. On craint de se montrer vulnérable, donc on ajuste et on réécrit. Dans nos messages, on pèse chaque mot, on mesure chaque silence. On veut éviter d’en dire trop, de paraître trop investi, comme si le simple fait de ressentir pleinement était un risque.</p>



<p>À force de craindre d’être « trop » – trop sensible, trop sincère – on finit par se taire. Je me suis souvent repliée sur moi-même, par peur d’être trop intense, trop envahissante. Avec le temps, j’ai appris à garder mes pensées pour moi, à mettre de la distance avec les autres. Mais si tout le monde faisait pareil, que resterait-il de l’élan partagé, de la passion exprimée sans retenue?</p>



<p>Si une personne a changé votre vie en mieux, si elle vous rend plus heureux que vous ne l’ayez jamais été, si elle a fait preuve de patience et de bienveillance, elle mérite de le savoir, simplement, sincèrement. Et la même chose vaut pour d’autres aspects de la vie : ne soyez pas nonchalants à propos de ce qui vous passionne. Célébrez votre travail acharné, soyez fiers de vos réussites. Apprenons à dire ce que l’on ressent, à offrir des compliments et à exprimer notre amour. Ce n’est ni excessif ni honteux.</p>



<p>Le risque d’embarras ne devrait jamais nous réduire au silence. On ne perd rien à partager de l’affection et de la joie, mais on ne peut que regretter de ne pas l’avoir fait. Ne nous privons pas du bonheur pour nous protéger d’une douleur potentielle, et cessons de nous contenter de vivre dans des peurs inventées de toutes pièces.</p>



<p>Montrer ce que l’on ressent n’est pas une faiblesse. Être honnête n’est pas une marque de vulnérabilité.</p>



<p>Aimons sans retenue. Applaudissons ouvertement. N’ayons pas peur d’être sincères. Rejetons l’idée de rentrer dans le moule des tendances nonchalantes. Soyons fiers et reconnaissants de ce que nous avons la chance de recevoir.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lepidemie-de-la-nonchalance/" data-wpel-link="internal">L’épidémie de la nonchalance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Dis-moi comment écrire, je te dirai qui tu es</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/22/dis-moi-comment-ecrire-je-te-dirai-qui-tu-es/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Mar 2026 20:13:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60566</guid>

					<description><![CDATA[<p>Réflexion sur l’usage de l’écriture inclusive.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/22/dis-moi-comment-ecrire-je-te-dirai-qui-tu-es/" data-wpel-link="internal">Dis-moi comment écrire, je te dirai qui tu es</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">En septembre 2025, le ministre Jean-François Roberge a <a href="https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/modifications-a-la-politique-linguistique-de-letat-quebec-met-fin-a-la-confusion-linguistique-dans-les-communications-de-letat-66000" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">interdit les nouvelles méthodes</a> d’écriture inclusive dans les communications de l’État : on parle ici de points médians, de doublets abrégés et de néologismes. En somme, tout langage inclusif qui n’est pas déjà établi dans nos habitudes linguistiques n’a pas sa place dans le langage officiel de l’État. M. Roberge dit prôner la clarté : l’écriture inclusive serait un cafouillis apportant davantage de confusion que d’inclusion – en bref, une tactique d’écriture inutile jusque dans ses fondements.&nbsp;</p>



<p>Il est vrai que l’écriture inclusive demande certaines acrobaties de langage, mais elles ne sont pas impossibles. La preuve : le premier paragraphe de cet article est écrit de façon neutre. Vos yeux saignent-ils? Le problème de l’écriture inclusive n’est pas la clarté. Il est pourtant bien trop facile pour les réfractaires de se justifier par cet argument.&nbsp;</p>



<p><strong>L’écriture inclusive : qu’est-ce que c’est?</strong></p>



<p>L’écriture inclusive est un ensemble de techniques d’écriture qui permettent l’inclusivité, particulièrement sur le plan du genre. Parmi les techniques les plus populaires, on compte le point médian (traducteur·ice), les doublets abrégés (réviseur[-euse]), les termes épicènes (personnel infirmier) et, parfois, des néologismes comme «&nbsp;iel&nbsp;». L’usage de ces astuces d’écriture permet de visibiliser certains groupes marginalisés ou de neutraliser le genre pour souligner l’existence d’un spectre. La binarité n’est plus de mise et, n’en déplaise à ses adeptes, le masculin générique ne suffit plus. L’écriture inclusive reflète une réalité sociale.&nbsp;</p>



<p><strong>Changer la langue : une question de volonté</strong></p>



<p>Dans les années 70, une vague de féminisme pousse la société québécoise à féminiser plusieurs termes, notamment les titres de fonctions. Dans un monde où les femmes accèdent enfin à des emplois qui leur étaient précédemment hors d’atteinte, il devient impossible de conserver une langue axée sur le masculin des professions. Madame le directeur, madame l’écrivain, madame le docteur… Cette façon de parler est insensée et dépassée : maintes féministes ont revendiqué une féminisation des titres qui correspondait à la nouvelle réalité du Québec. Plusieurs tentatives, certaines plus fantaisistes que d’autres, ont contribué à rendre acceptable ce nouveau langage. De nos jours, pas même Mathieu Bock-Côté ne songerait à utiliser le titre masculin pour désigner une femme dans son poste de travail.&nbsp;</p>



<p>Mais ce changement ne s’est pas opéré de façon universelle. Pensons notamment à la France où cette féminisation des titres s’est opérée beaucoup plus tardivement&nbsp;: l’Académie française <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1155773/academie-francaise-feminisation-noms-metiers" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’accepte enfin en 2019</a>, ce qui confirme que son usage est plus répandu. Les titres féminisés n’étaient pas assez courants et donnaient l’impression aux femmes occupant des postes convoités et traditionnellement masculins que leur existence dans cette sphère de travail était moindre. Tout est donc une question de normalisation.&nbsp;</p>



<p>Le principe est le même pour l’écriture inclusive. Il s’agit d’une révolution de la langue qui nous semble inhabituelle, perturbante. Mais étrange ne veut pas dire mauvais : tout comme la féminisation des titres a pu sembler anarchique à ses débuts avant de s’assagir, il est possible d’utiliser l’écriture inclusive sans pour autant faire scandale.&nbsp;</p>



<p>Un apprentissage du fonctionnement de la langue inclusive est vital. Les réfractaires, pour se convaincre que cette écriture est signe d’une apocalypse latente, prennent toujours en exemple les textes qui font un usage abusif des méthodes inclusives. Personne ne veut lire un texte picoté de points médians ou raturé de barres obliques confuses. Mais il faut savoir que ces textes sont écrits par des gens qui ne maîtrisent pas l’écriture inclusive.&nbsp;</p>



<p><strong>Une rédaction qui complique la vie&nbsp;</strong></p>



<p>Bien qu’elle ne soit pas impossible à utiliser, l’écriture inclusive peut poser quelques défis. Arnaud Bernadet, professeur agrégé à l’Université McGill et auteur du livre <em>L’Utopie de l’écriture inclusive</em>, souligne que ces techniques inclusives «&nbsp;peuvent présenter un enjeu de compréhension pour un public qui ne les connaît pas. C’est alors une question de la faisabilité de la pratique&nbsp;». Il faut admettre que l’écriture inclusive peut être difficile à comprendre pour ceux qui n’y sont pas souvent exposés : les tactiques demandent une certaine connaissance de la langue et quelques habiletés rédactionnelles. M. Bernadet ajoute que, bien que la pratique prenne ses origines dans la communauté queer, elle est devenue un sujet de choix chez les universitaires : «&nbsp;Il y a un angle mort sociologique dans cette affaire. Ceux qui pratiquent le plus cette rédaction sont l’élite, on assiste donc au développement d’une pratique élitaire.&nbsp;» Mais au-delà de ces considérations sociologiques, il y a la faisabilité du projet par rapport à la langue : «&nbsp;L’écriture inclusive, c’est une série d’expérimentations et de pratiques, mais sont-elles faisables, réalisables? Plusieurs questions d’accords morphologiques sont inévitables : quelle forme leur donner?&nbsp;» Le professeur déplore que la langue ait été oubliée dans le débat entourant l’écriture inclusive. «&nbsp;On glisse très vite sur des considérations de genre en oubliant la langue. Il faut éviter de discriminer ou d’invisibiliser les personnes non binaires ; on ne nie pas leur existence, mais, dans la langue, certaines choses ne sont pas réalisables. Il faut remettre les choses dans l’axe de la langue&nbsp;», souligne-t-il.</p>



<p>Est-il vraiment possible de penser l’écriture inclusive en termes purement linguistiques? Après tout, la question d’inclusivité surgit parce qu’elle s’applique à des personnes. Une langue qui tend à invisibiliser, voire à nier, l’existence d’une portion de la société n’est pas une langue représentative des sociétés qui l’utilisent.&nbsp;</p>



<p><strong>Parler pour exister</strong></p>



<p>Lorsque nous parlons, nous exprimons notre réalité. Sans les mots justes, nous ne pouvons pas communiquer efficacement notre expérience du monde. Catherine Leclerc, professeure agrégée à l’Université McGill et sociolinguiste, admet que la question de l’écriture inclusive est complexe : «&nbsp;La langue inclusive est contagieuse, mais elle est déstabilisatrice. Du point de vue grammatical, ce n’est pas une si bonne affaire, mais du point de vue humain, il y a de bons côtés.&nbsp;» Elle explique que, même s’il y a un fort relais de la question par le milieu universitaire, la plupart des personnes non binaires ne font pas partie de cette élite face à la langue: ces deux réalités cohabitent. Mme Leclerc ajoute qu’on ne peut pas faire de pronostics face à la langue : «&nbsp;La morphologie dicte certains choix et la syntaxe est difficile à changer. Mais les humains font ce qu’ils veulent et, s’ils sont assez nombreux à faire quelque chose qui ne se fait pas, ça restera.&nbsp;»</p>



<p>Pour ceux qui perçoivent la forme inclusive comme une erreur de langue, Mme Leclerc clarifie&nbsp;: «&nbsp;On a tendance à penser, en français, que tout ce qui diverge de la norme est une faute. On a, par exemple, beaucoup plus de difficulté à intégrer et accepter les néologismes. Il y a énormément de guides de rédaction inclusive qui existent, illustrant un véritable besoin de définir et encadrer la pratique. Le fondement même d’une langue est son évolution. Pourquoi ne pas célébrer ses variations?&nbsp;»</p>



<p><strong>Une langue complexe pour célébrer la complexité de l’humain&nbsp;</strong></p>



<p>Bien que plusieurs personnes débattent de la légitimité de l’écriture inclusive, des auteur·es usent déjà de ces méthodes pour créer des œuvres littéraires complexes. Au Québec, le milieu littéraire commence peu à peu à intégrer cette écriture à des publications.&nbsp;</p>



<p>Et puis, contrairement à la croyance populaire, il ne s’agit pas toujours de présenter des personnages non binaires, mais aussi de proposer une expérience de lecture englobant tout le lectorat. Chaque personne qui lit, peu importe son identité, peut se sentir incluse dans le récit.&nbsp;</p>



<p><em>Tricératopcanon</em>, de Marc-André Lévesque, utilise couramment des points médians. <em>Fouolles</em> de Si Poirier suit la même logique pour parler de la réalité des personnes trans. Valérie Bah, elle, use de tactiques inclusives plus visibles dans son roman <em>Les enragé·e·s</em> : le titre sur la couverture présente une graphie intéressante qui permet de mettre de l’avant ces choix inclusifs. L’écriture inclusive serait, en général, un <a href="https://www.ledevoir.com/lire/806234/langue-ecriture-inclusive-entre-fiction-quebecoise" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">souhait des auteurs</a> respecté par leurs maisons d’édition. Onze maisons d’édition sur dix-neuf interrogées par <em>Le Devoir</em> auraient déjà publié des ouvrages en langue inclusive. La traduction n’est pas en reste : les éditions Béances mettent de l’avant des textes en langage inclusif dans leur langue d’origine, souvent l’anglais. La traduction permet de <a href="https://www.beanceseditions.com/qui" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">conserver ces textes dans leur contexte d’origine</a>, ces derniers étant souvent l’œuvre de personnes de la communauté LGBTQ+.&nbsp;</p>



<p>Si le débat sur la légitimité du langage inclusif fait encore rage, il permet à des gens et des artistes de s’exprimer librement et de se sentir bien dans leur identité. Le langage est la clé de l’existence, une clé qui permet à chacun de verbaliser sa réalité. Il est important que la langue se façonne par elle-même, et non par les directives d’institutions comme l’OQLF (Office québécois de la langue française) ou l’Académie française : ces institutions ne servent qu’à constater et cimenter les pratiques linguistiques en usage, pas à prescrire une façon de s’exprimer. La langue évolue au fil de la société et ne pourra jamais être cantonnée aux recommandations d’une vitrine linguistique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/22/dis-moi-comment-ecrire-je-te-dirai-qui-tu-es/" data-wpel-link="internal">Dis-moi comment écrire, je te dirai qui tu es</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Un jeu de perceptions</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/20/un-jeu-de-perceptions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Mar 2026 19:23:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60546</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour sur la pièce Réalités parallèles du Théâtre de la Pire Espèce.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>«&nbsp;Faites-vous réellement confiance à ce que vos yeux vous racontent?&nbsp;» : c’est sur cette question que s’ouvre la pièce <em>Réalités parallèles</em>, une création du&nbsp; Théâtre de la Pire Espèce présentée du 6 au 21 mars sur la scène du Théâtre Aux Écuries. Mise en scène par Francis Monty et Olivier Ducas, <em>Réalités parallèles</em> est un projet de longue haleine qui est enfin présenté au public avec un immense enthousiasme. L’œuvre plonge la salle dans trois univers narratifs qui séduisent autant par leur virtuosité visuelle qu’ils troublent par leur opacité. Les choses sont-elles réellement telles qu’on les voit? Peut-on se fier à nos yeux, à nos sens?</p>



<p>S’inspirant du théâtre de papier qui animait les salons bourgeois européens du 19<em>e</em> au début du 20<em>e</em> siècle, le Théâtre de la Pire Espèce réinvente l’art des marionnettes . Des caméras placées devant les deux castelets, au milieu de la scène, captent au plus près les manipulations en direct et projettent les images sur le grand écran derrière. Les images se superposent par moments ; les spectateurs sont invités à voir simultanément l’image finale et sa fabrication, comme si la production les amenait dans les coulisses ou dans un studio d’animation. Tous les mécanismes sont exposés, mais sans jamais dissiper complètement l’illusion. C’est ce qui fascine le plus.&nbsp;</p>



<p>Si les mains des comédiens donnent vie à la pièce sur le plan visuel, leurs voix imprègnent tout l’esprit de la pièce. Les trois segments explorent chacun, à leur manière, une forme d’instabilité du réel. Au moment où Alexandre Leroux s’approche du micro, dans le premier récit, la salle au complet retient son souffle&nbsp;:&nbsp;on se sent réellement dans les rues de Berlin avec Félix Mirbt, qui parcourt le pays avec son père en cherchant la raison pour laquelle les fusils des Allemands se sont tournés contre leur propre peuple. Puis, Étienne Blanchette incarne un écrivain obsédé, qui déambule dans le couloir d’un hôtel aux allures de <em>Shining</em>. Dans la troisième partie, les comédiens prennent la parole à tour de rôle. Cette fois, c’est Marcelle Hudon qui occupe davantage l’avant-scène, jonglant entre sa voix de femme adulte et celle du jeune garçon Robert, un astronaute à la recherche de son identité. Le pari est réussi&nbsp;:&nbsp;la narration s’harmonise avec les images, qui plongent les spectateurs dans des atmosphères tantôt mystiques, tantôt fantastiques, tantôt futuristes.&nbsp;</p>



<p>«&nbsp;Pour la deuxième histoire, j’ai tout de suite reconnu les éléments de <em>Shining</em> dans la composition, c’était clair. Cependant, pour la troisième, j’ai cherché pendant un bon bout… j’ai donc ben pas de références! Aidez-moi!&nbsp;», s’exclame une spectatrice aux artistes à la fin de la représentation. Sa réaction a suscité un écho dans la salle&nbsp;;&nbsp;plusieurs ont perdu le fil de l’histoire en tentant de retracer les sources d’inspiration du troisième récit&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Il assiège / La porte de la station / Le cosmos. » Loin d’y voir un défaut, l’équipe explique avoir volontairement brouillé les pistes en puisant dans divers archétypes du film d’astronaute et du récit de voyage, tout en poussant leur imaginaire vers l’absurde. Une démarche qui prolonge, jusque dans la réception du public, le pari central de <em>Réalités parallèle</em>s : faire vaciller les certitudes du regard.&nbsp;</p>



<p>En somme, <em>Réalités parallèles</em> propose une forme scénique singulière, à la croisée de la vidéo en direct, du théâtre de papier et du théâtre d’objets, portée par des interprètes manipulateurs-acteurs-bruiteurs. Une expérience aussi déroutante qu’envoûtante, dont le trouble – parfois frustrant, mais le plus souvent fascinant –&nbsp;fait toute la singularité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/20/un-jeu-de-perceptions/" data-wpel-link="internal">Un jeu de perceptions</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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