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	<title>Archives des 2026-03-18 - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sun, 22 Mar 2026 21:51:09 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Un jeu de perceptions</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/20/un-jeu-de-perceptions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Mar 2026 19:23:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur la pièce Réalités parallèles du Théâtre de la Pire Espèce.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>«&nbsp;Faites-vous réellement confiance à ce que vos yeux vous racontent?&nbsp;» : c’est sur cette question que s’ouvre la pièce <em>Réalités parallèles</em>, une création du&nbsp; Théâtre de la Pire Espèce présentée du 6 au 21 mars sur la scène du Théâtre Aux Écuries. Mise en scène par Francis Monty et Olivier Ducas, <em>Réalités parallèles</em> est un projet de longue haleine qui est enfin présenté au public avec un immense enthousiasme. L’œuvre plonge la salle dans trois univers narratifs qui séduisent autant par leur virtuosité visuelle qu’ils troublent par leur opacité. Les choses sont-elles réellement telles qu’on les voit? Peut-on se fier à nos yeux, à nos sens?</p>



<p>S’inspirant du théâtre de papier qui animait les salons bourgeois européens du 19<em>e</em> au début du 20<em>e</em> siècle, le Théâtre de la Pire Espèce réinvente l’art des marionnettes . Des caméras placées devant les deux castelets, au milieu de la scène, captent au plus près les manipulations en direct et projettent les images sur le grand écran derrière. Les images se superposent par moments ; les spectateurs sont invités à voir simultanément l’image finale et sa fabrication, comme si la production les amenait dans les coulisses ou dans un studio d’animation. Tous les mécanismes sont exposés, mais sans jamais dissiper complètement l’illusion. C’est ce qui fascine le plus.&nbsp;</p>



<p>Si les mains des comédiens donnent vie à la pièce sur le plan visuel, leurs voix imprègnent tout l’esprit de la pièce. Les trois segments explorent chacun, à leur manière, une forme d’instabilité du réel. Au moment où Alexandre Leroux s’approche du micro, dans le premier récit, la salle au complet retient son souffle&nbsp;:&nbsp;on se sent réellement dans les rues de Berlin avec Félix Mirbt, qui parcourt le pays avec son père en cherchant la raison pour laquelle les fusils des Allemands se sont tournés contre leur propre peuple. Puis, Étienne Blanchette incarne un écrivain obsédé, qui déambule dans le couloir d’un hôtel aux allures de <em>Shining</em>. Dans la troisième partie, les comédiens prennent la parole à tour de rôle. Cette fois, c’est Marcelle Hudon qui occupe davantage l’avant-scène, jonglant entre sa voix de femme adulte et celle du jeune garçon Robert, un astronaute à la recherche de son identité. Le pari est réussi&nbsp;:&nbsp;la narration s’harmonise avec les images, qui plongent les spectateurs dans des atmosphères tantôt mystiques, tantôt fantastiques, tantôt futuristes.&nbsp;</p>



<p>«&nbsp;Pour la deuxième histoire, j’ai tout de suite reconnu les éléments de <em>Shining</em> dans la composition, c’était clair. Cependant, pour la troisième, j’ai cherché pendant un bon bout… j’ai donc ben pas de références! Aidez-moi!&nbsp;», s’exclame une spectatrice aux artistes à la fin de la représentation. Sa réaction a suscité un écho dans la salle&nbsp;;&nbsp;plusieurs ont perdu le fil de l’histoire en tentant de retracer les sources d’inspiration du troisième récit&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Il assiège / La porte de la station / Le cosmos. » Loin d’y voir un défaut, l’équipe explique avoir volontairement brouillé les pistes en puisant dans divers archétypes du film d’astronaute et du récit de voyage, tout en poussant leur imaginaire vers l’absurde. Une démarche qui prolonge, jusque dans la réception du public, le pari central de <em>Réalités parallèle</em>s : faire vaciller les certitudes du regard.&nbsp;</p>



<p>En somme, <em>Réalités parallèles</em> propose une forme scénique singulière, à la croisée de la vidéo en direct, du théâtre de papier et du théâtre d’objets, portée par des interprètes manipulateurs-acteurs-bruiteurs. Une expérience aussi déroutante qu’envoûtante, dont le trouble – parfois frustrant, mais le plus souvent fascinant –&nbsp;fait toute la singularité.</p>
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		<item>
		<title>Pourquoi le L est en premier dans LGBTQ+</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pourquoi-le-l-est-en-premier-dans-lgbtq/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[2SLGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[lesbienne]]></category>
		<category><![CDATA[sida]]></category>
		<category><![CDATA[solidarité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le rôle des lesbiennes pendant l’épidémie du sida.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">On peut observer en ce moment une montée des tensions et des divisions au sein même de la communauté LGBTQ+. Des groupes de personnes s’identifient comme gais, <a href="https://nypost.com/2023/11/18/opinion/why-its-time-for-lgb-to-divorce-tq/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">remettent en question</a> la légitimité de la présence du T (transgenre) dans l’acronyme LGBT, expliquant que, pour elles, la transidentité n’a pas de rapport avec leur sexualité. Ce genre de discours s’intègre dans un climat de plus en plus hostile aux personnes LGBTQ+, à la fois dans la société, mais également au sein de leur propre communauté. Avec l’avènement de tensions intracommunautaires, l’ordre actuel de l’acronyme LGBTQ+ nous renvoie à une période de solidarité entre les différentes identités.</p>



<p>L’ordre des lettres n’a pas toujours été celui que l’on connaît aujourd’hui. En effet, dans les années 60 et 70, le terme GLBT était le plus répandu. Cela reflétait la domination des hommes gais aussi bien par le nombre de bars et d’espaces qui leur étaient consacrés que par leur représentation relativement disproportionnée dans les milieux militants. Car, même si les différents groupes de la communauté partageaient des expériences d’oppression similaires, la question <a href="https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/26532478/intersectionnalite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">de l’intersectionnalité</a> – c’est-à-dire le cumul des différentes formes de domination ou de discrimination – peut expliquer un sentiment de supériorité que certains hommes homosexuels blancs pouvaient ressentir. Il existait notamment une <a href="https://www.huffpost.com/entry/aids-crisis-lesbians_n_5616867ae4b0e66ad4c6a7c4" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">hostilité</a> assez importante entre les hommes gais et les femmes lesbiennes, influencée en partie par un sexisme flagrant ancré dans les structures patriarcales de l’époque.</p>



<p>Cependant, l’épidémie du sida a modifié le rapport entre les deux groupes. Au cours de cette crise, les hommes homosexuels, qui en étaient les principales victimes, ont souvent été abandonnés, que ce soit par le gouvernement ou plus largement par la société. La stigmatisation et la marginalisation des homosexuels ont conduit certains professionnels de la santé à refuser de traiter les personnes atteintes du sida.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Cette solidarité inattendue symbolise la capacité […] </p>



<p class="has-text-align-center">de ces groupes à s’unir dans l’adversité »</p>
</blockquote>



<p><strong>Une solidarité en temps de crise</strong></p>



<p>C’est dans ce contexte de détresse importante que des groupes de lesbiennes se sont formés, notamment afin d’organiser des dons de sang. En effet, les patients atteints du VIH souffrent souvent d’anémies et nécessitent de nombreuses transfusions. Mais, dans l’objectif d’éviter la contamination des réserves, de nombreux gouvernements avaient décidé de <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5554671/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bannir</a> le don aux hommes qui avaient des relations sexuelles avec d’autres hommes, aggravant la pénurie de sang. Les femmes lesbiennes, n’ayant aucune restriction administrative du même style, ont décidé de s’organiser afin de mettre en place des récoltes. Une des organisations de Blood Sisters les plus connues est celle de <a href="https://www.teenvogue.com/story/san-diego-blood-sisters-lifesaving-care-during-the-aids-crisis" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">San Diego</a>, qui a réussi à organiser 12 collectes sur une décennie, témoignant d’un soutien indéfectible à la communauté.</p>



<p>Ce soutien ne se limitait pas aux dons de sang. Nombreuses étaient les femmes lesbiennes qui se portaient volontaires pour travailler en tant qu’infirmières dans les hôpitaux. Elles apportaient aussi un soutien psychologique en rendant visite aux hommes atteints du sida, qui étaient souvent délaissés par leur famille. Certaines de ces femmes allaient jusqu’à ouvrir des <a href="https://www.youthco.org/lesbian_solidarity_during_the_aids_epidemic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">hospices</a> dans leurs propres maisons afin d’offrir aux personnes mourantes la possibilité de finir leur vie dans un environnement plus paisible.</p>



<p><strong>Un symbole d’unité</strong></p>



<p>Cette solidarité inattendue de la part d’une communauté qui avait souvent été méprisée par les hommes gais symbolise la capacité de ces groupes à s’unir dans l’adversité. Si le terme LGBT était déjà quelque peu utilisé, la démocratisation de son emploi dans cet ordre précis témoigne d’une reconnaissance particulière envers la communauté lesbienne</p>
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		<item>
		<title>L’art du drag et la liberté d’expression</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/lart-du-drag-et-la-liberte-dexpression/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Félix Fournier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Culture pop]]></category>
		<category><![CDATA[2SLGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[drag]]></category>
		<category><![CDATA[féminité]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[liberté d'expression]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La performance de genre comme vecteur de progrès social.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/lart-du-drag-et-la-liberte-dexpression/" data-wpel-link="internal">L’art du drag et la liberté d’expression</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans le canon populaire, l’art du drag est représenté par un homme cisgenre (assigné au sexe masculin à la naissance) qui se déguise en femme dans le but de divertir. Cette forme de drag est fréquemment &nbsp;<a href="https://shakespeare.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=2957" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">retracée à l’époque shakespearienne</a>, quand tous les rôles d’une pièce étaient joués par des hommes. Le drag dans cette forme anglo-saxonne trouve officiellement ses origines dans l’exclusion des femmes au théâtre. Cependant, le drag a été, et est encore un vecteur de libération et de progrès pour les femmes.</p>



<p><strong>Un problème de cadrage</strong></p>



<p>Réduit à cette présentation la plus connue, un homme déguisé en femme est perçu par certains comme une consommation de la féminité assimilée aux spectacles de ménestrels, aussi appelé Blackface. À Hollywood, ce déguisement de genre a pu être utilisé comme une manière de peindre une caricature exagérée de la femme ou bien représenter un dégoût envers les femmes trans. Dans le film culte <em><a href="https://www.imdb.com/fr/title/tt0381707/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">FBI : Fausses blondes infiltrées (White Chicks)</a> </em>de 2004, la performance des deux acteurs afro-américains Marlon Wayans et Shawn Wayans, en jeunes femmes riches et blanches, sert à articuler une critique du privilège blanc et économique tout en s’appuyant sur un humour misogyne qui rend le déguisement acceptable aux yeux du grand public. Malgré les nombreux problèmes qui émanent de ce jeu de scène qui puise dans un répertoire hétérosexuel et cisgenre, le drag apporte une opportunité de critique inaccessible dans d’autres contextes. Cependant, réduire l’art du drag à son itération construite par la majorité hétérosexuelle, parce qu’elle en est la forme la plus visible, revient à négliger entièrement l’art du drag dans les mains des minorités.</p>



<p><strong>Un outil de lutte</strong></p>



<p>Manié par des groupes marginalisés, le drag est un outil historique de transgression et d’opposition. Cette forme d’art vise à déconstruire les normes patriarcales de beauté, de genre et plus largement les structures de pouvoir en place, notamment raciales et capitalistes. Les artistes fondamentalement en dehors de ce qui était accepté socialement pour leur pauvreté, leur ethnie ou leur déviance, comme la troupe de drag des <a href="https://www.cockettes.com/history/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cockettes</a>, sont définis par une provocation politique et une remise en question totale des systèmes d’oppression. Un film plus connu et grand public,<em><a href="https://www.imdb.com/fr-ca/title/tt0114682/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> À Wong Foo, merci pour tout Julie Newmar</a></em> de 1995, peint l’image de drag queens qui apportent une créativité et une libération artistique à une petite ville rurale. Créées en collaboration avec des membres de différentes communautés souvent reléguées à l’arrière-plan sur la scène politique, ces instances de drag élargissent la définition, ainsi que la position de la femme dans la société. Ce film comique réussit à remettre en question les formes de violences et de répressions banalisées, notamment les violences domestiques et policières.</p>



<p><strong>Transidentité et drag</strong></p>



<p>De plus, le rapport entre la présentation de genre et l’identité est complexe et le drag offre un espace d’expression qui n’est autrement pas toléré dans la vie publique. L’expérience avec le genre sur scène accorde une certaine liberté, une place et une représentation de la beauté non conforme aux attentes d’un monde cisgenre.</p>



<p><strong>Le drag au masculin</strong></p>



<p>Le drag au masculin est beaucoup moins accepté et visible sur nos écrans. Dans un contexte patriarcal, les drag kings contredisent la compréhension de l’homme comme la figure par défaut de l’humanité en révélant ses artifices. De plus, l’art des drag kings est un moyen historique pour des artistes nées femmes de survivre et de se faire une place dans les domaines qui sont autrement inaccessibles. De Jeanne d’Arc au 15e siècle à <a href="https://nmaahc.si.edu/gladys-bentley" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Gladys Bentley</a> au 20e siècle, se déguiser en homme a pu permettre aux femmes, autant cis, hétéros, que queers, d’assurer leur indépendance et leur sécurité, notamment sur le plan économique.</p>



<p>Aujourd’hui la diabolisation du drag est l’un des points centraux du projet de l’<a href="https://www.lgbtqnation.com/2025/05/promised-no-more-drag-shows-at-kennedy-center-their-new-season-is-full-of-drag/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">administration Trump</a>, qui déclare mener une politique « antiwoke » dans le but de protéger les enfants. La réaction aussi violente au drag est un symptôme de problèmes sociaux plus larges. Si le drag, la représentation de la féminité, est perçu comme intrinsèquement sexuel, cela reflète une vision des femmes réduite à des objets de reproduction ou de plaisir sexuel. Le drag reste tout de même populaire et ancré dans nos médias, sa continuité garantit la liberté d’expression la plus radicale.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/lart-du-drag-et-la-liberte-dexpression/" data-wpel-link="internal">L’art du drag et la liberté d’expression</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Sois belle et tais-toi</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/sois-belle-et-tais-toi-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[inclusion]]></category>
		<category><![CDATA[intersectionnalité]]></category>
		<category><![CDATA[réflexion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Petit guide pratique pour écarter les femmes du canon littéraire. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/sois-belle-et-tais-toi-2/" data-wpel-link="internal">Sois belle et tais-toi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Un complexe de supériorité. C’est tout ce qu’il a fallu pour qu’un beau jour, l’homme devienne le sexe fort. Ce sexe fort auquel il faut obéir, devant lequel il faut baisser la tête. Le pouvoir masculin, en plus d’être considéré comme l’autorité suprême aux yeux de Dieu (mais quel misogyne, celui-là), se voit octroyer le droit exclusif d’écrire des chefs‑d’œuvre. La prose, les récits, les personnages de Balzac, Hugo, Tolstoï et Shakespeare ont bâti la littérature d’aujourd’hui. Nous sommes des nains perchés sur les épaules de géants, pour reprendre la métaphore de Bernard de Chartres. Heureusement pour nous, du haut de notre perchoir, nous pouvons corriger les erreurs de nos prédécesseurs.</p>



<p>Ne nous voilons pas la face, lorsqu’on songe aux grands noms de la culture avec une perspective eurocentrée, tout particulièrement en littérature ; ce sont des hommes et ils sont blancs. Et si notre esprit s’égare à tout hasard vers les femmes? Après Simone de Beauvoir, Mary Shelley et Virginia Woolf, bien des esprits sont vides. L’exercice est compliqué. Encore davantage si on s’attarde à tout ce qui précède le 19e siècle.</p>



<p>C’est la sécheresse totale dans le cerveau de bien des gens. Le vôtre, peut-être. Mais ne craignez rien, ce n’est pas de votre faute. Cette absence de figures féminines dans le canon littéraire tient à une multitude de facteurs qui se résument à l’oubli. Un oubli collectif. Un oubli volontaire.</p>



<p><strong>Un oubli qui remonte à l’Antiquité</strong></p>



<p>Les autrices féminines ont péniblement gagné leurs lettres de noblesse. Leurs œuvres ont quant à elles été rayées des cursus académiques depuis les écoles palatines de Charlemagne. Le problème ne tient pas à un manque d’autrices. En 1678, <em>La Princesse de Clèves</em> est publié anonymement par Madame de Lafayette. En 1807, Germaine de Staël publie Corinne ou l’Italie. Bien avant elles, vers l’an 120, Ban Zhao, la première historienne et écrivaine féminine chinoise, laisse sa trace. Et aux 7e et 6e siècles avant Jésus-Christ, Sappho de Mytilène, poétesse pionnière, est à l’origine du &nbsp;<a href="https://www.historia.fr/personnages-historiques/biographies/qui-etait-sappho-figure-de-lantiquite-et-pionniere-de-la-poesie-2078363" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lyrisme</a>. L’imaginaire collectif a l’audace de se souvenir d’elle seulement pour ses préférences amoureuses ô si scandaleuses. Réflexe du sexe barbare : placer la sexualité d’une femme avant l’intellect de ses écrits. Depuis des millénaires, des femmes écrivent, mais la mémoire collective les invisibilise. Si elles ont longtemps été exclues du cursus scolaire, leur travail a aussi été découragé. L’Histoire – lire ici les hommes blancs au pouvoir et l’Église – voudrait bien nous faire croire qu’aucune femme de la Renaissance n’était capable d’écrire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« L’Histoire – lire ici les hommes blancs au pouvoir et l’Église – voudrait bien nous faire croire qu’aucune femme de la Renaissance n’était capable d’écrire »</p>
</blockquote>



<p>Bien sûr, limiter l’éducation des femmes et décourager leur intérêt envers les sphères soi-disant « masculines » a considérablement contribué à priver la société d’aujourd’hui des plus grands esprits de l’époque. Malgré ces obstacles, il est nécessaire de préciser que les écrivaines prenaient quand même la plume et revendiquaient leur existence, faisant fi des volontés répugnantes de leurs comparses. Elles n’ont jamais été silencieuses. Louise Labé, Marguerite de Navarre et Pernette du Guillet ont bel et bien existé, tout autant que Christine de Pizan, Hélisenne de Crenne, Marie de France, Marie de Gournay ou Riccoboni. Sans compter celles poussées dans l’oubli, effacées et inatteignables, même pour les esprits les mieux intentionnés.</p>



<p>La société continue de voir d’un mauvais œil les publications féminines après la Renaissance. Ce n’est pas sans raison que certaines se cachent, comme Aurore Dupin, connue sous le nom George Sand, qui adopte un pseudonyme masculin. Être un homme n’est pas qu’un net avantage lors de la publication d’ouvrages, c’est la clé de la pérennisation d’une quelconque œuvre littéraire.</p>



<p><strong>Dans l’ombre des projecteurs</strong></p>



<p>Le proverbe « derrière chaque grand homme se cache une grande femme » est plus littéral qu’on aurait pu le croire. Sa formulation pourrait toutefois être améliorée : derrière chaque grand homme est cachée une femme. L’intelligence n’étant pas une qualité existant seulement chez les hommes, les femmes ont elles aussi produit des chefs-d’œuvre… sans toujours en récolter le crédit. Les femmes ne se cachaient pas toutes volontairement derrière le « talent » de leur mari sans broncher. Et c’est tant mieux.</p>



<p>Certaines femmes n’ont pas traversé l’enfer, mais ont tout de même été pénalisées. C’est le cas de Vera Nabokov, née Slonim, qui <a href="https://www.theatlantic.com/entertainment/archive/2014/04/the-legend-of-vera-nabokov-why-writers-pine-for-a-do-it-all-spouse/359747/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a abandonné sa propre carrière d’écrivaine</a> pour faire fleurir celle de son mari, Vladimir Nabokov. Bien que ce dernier l’ait remerciée avec maintes effusions de tendresse dans ses écrits, le monde a été privé de la prose de Vera Nabokov. Un sacrifice fait par maintes femmes, que l’Histoire continue de plonger dans le gouffre de l’anonymat. Gatsby le magnifique, ce classique racontant les années folles, est rédigé par F. Scott Fitzgerald. Ou plutôt, en collaboration avec Zelda Sayre Fitzgerald. Le roman serait fortement inspiré de lettres écrites par Zelda Sayre, que son mari <a href="https://theconversation.com/thanksfortyping-the-women-behind-famous-male-writers-75770" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">aurait plagiées</a>. De la même façon, William Wordsworth <a href="https://www.ripleys.com/stories/women-behind-male-writers" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a volé des descriptions</a> et des bribes de journaux intimes à sa sœur, Dorothy Wordsworth, et sa femme, Mary Wordsworth. Henry Gauthier-Villars, dit Willy, lui, usait d’une tactique plus directe : il <a href="https://archive.nytimes.com/www.nytimes.com/books/99/02/14/reviews/990214.14martint.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">enfermait sa femme</a>, Sidonie-Gabrielle Colette, jusqu’à ce qu’elle produise une quantité de prose qu’il jugeait suffisante. Colette est l’une des rares à obtenir une fin heureuse : elle laissera son mari, publiera sous son propre nom de famille et connaîtra enfin la renommée qu’elle mérite.</p>



<p><strong>L’intersectionnalité : le double désavantage</strong></p>



<p>Quelques noms féminins ont été retenus par le canon littéraire : Beauvoir, Woolf, Plath et Shelley entre autres. Mais il y a encore discrimination, effacement, silence. Ces femmes entrées dans le canon littéraire sont presque exclusivement blanches. Si la place faite aux femmes dans les « classiques » est mince, celle faite aux femmes d’une minorité visible est encore plus fine… presque risible.</p>



<p>L’imaginaire collectif se plaît à imaginer que, si de telles œuvres ne sont pas immensément connues, c’est qu’elles n’existent pas ou qu’elles ne le méritent pas. Nous tombons dans le piège classique de l’invisibilisation de la femme et du principe du mérite. Le rêve américain de la littérature, cette innocence et cette volonté de croire que tous sont égaux dans la quête de l’immortalité littéraire. L’heure des désillusions a sonné : dans le canon, les hommes, blancs, nagent dans le privilège. Dans la Bibliothèque de la Pléiade, collection prestigieuse des éditions Gallimard qui recèle une certaine autorité littéraire, <a href="https://biscuitsdefortune.com/2015/09/05/la-place-des-femmes-dans-la-pleiade/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">21 ouvrages</a> sont publiés par des femmes sur un total de 546. Les femmes constituent donc seuls 3,8 % de cette collection adulée. Mais dans cette grande course à la postérité, les femmes blanches suivent les hommes de près.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Il ne devrait pas y avoir un canon littéraire inclusif. </p>



<p class="has-text-align-center">Il devrait seulement y avoir un canon littéraire »</p>
</blockquote>



<p>À la croisée du sexisme et du racisme, les femmes de minorités visibles sont tirées vers le néant. Alice Walker, une Afro-Américaine qui a reçu le prix Pulitzer pour son ouvrage La couleur pourpre en 1983 devrait entrer sans plus de questions dans le canon. Toni Morrison, une femme afro-américaine, est la première femme racisée à gagner le prix Nobel de littérature. Le prix lui est décerné en 1993, il y a à peine 33 ans. An Antane Kapesh, avec son roman Je suis une maudite Sauvagesse, fonde la littérature autochtone au Canada. Les mentions de son œuvre marquante sont maigres. Même chose pour Ann Petry : elle est la première femme noire à vendre plus d’un million de copies avec son roman La rue. Mais bien sûr, ce n’est jamais Walker, Morrison, Kapesh ou Petry que nous avons sur le bout de la langue quand il est temps de parler de grands auteurs. Le canon littéraire a longtemps exclu et continue d’exclure les femmes des minorités visibles en admettant leurs œuvres de peine et de misère.</p>



<p><strong>Un double canon</strong></p>



<p>L’autorité des prix et récompenses littéraires a beau être biaisée et comporter plusieurs défauts, elle a finalement reconnu le talent d’écrivaines de minorités visibles. Pourquoi la société ne le reconnaît-elle pas, elle aussi? Il semble y avoir un double canon : un canon blanc, « traditionnel » – j’insiste sur ces guillemets – et un canon moderne, « inclusif ».</p>



<p>Il ne devrait pas y avoir un canon littéraire inclusif. Il devrait seulement y avoir un canon littéraire. Point.</p>



<p>Bien sûr, il faut acclamer les efforts de diversification des listes de lecture, qu’elles soient personnelles ou scolaires. Il faut encourager les défis littéraires qui poussent le lectorat à découvrir des œuvres asiatiques, africaines, autochtones. Célébrer la décentralisation de l’Occident dans le canon littéraire est essentiel, mais cela ne devrait pas être considéré comme un effort surhumain méritant nos louanges.</p>



<p>En 2026, diversifier ses lectures et ouvrir ses perspectives devrait être un acquis. L’intégration des femmes, de toutes les femmes méritantes, dans le canon littéraire devrait aller de soi. Et pourtant, un vent de masculinisme souffle sur notre société, s’acharnant vainement à nous faire croire que l’excellence humaine se trouve chez ce mythique mâle alpha.</p>
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		<title>« J’étais féministe, je le suis toujours »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/jetais-feministe-je-le-suis-toujours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[biographie]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur la projection spéciale de <em/>Varda par Agnès</em> au cinéma du Parc.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars dernier, l’équipe Cinéma Cinéma nous a proposé trois films mettant en lumière l’expérience des femmes. <em>Le Délit</em> en a profité pour s’infiltrer au Cinéma du Parc, où a eu lieu la projection du documentaire posthume de la cinéaste française et figure emblématique de la Nouvelle Vague, Agnès Varda – <em>Varda par Agnès</em> (2019). Le long-métrage retrace divers moments marquants de la carrière artistique de Varda et condense près de soixante ans de carrière en deux heures. La diffusion est suivie d’une discussion avec Viva Paci, professeure à l’École des médias de l’UQAM.</p>



<p>Le documentaire s’ouvre ; l’arrière-plan est flou. La musique baroque plonge le public dans une ambiance presque sacrée jusqu’à la mise au point sur une chaise sur laquelle est inscrit : AGNES V. Dos à la caméra, Agnès Varda, 90 ans, s’y installe. C’est le début d’un retour biographique de la « grand-mère » de la Nouvelle Vague française. Varda n’était pas seulement la seule femme parmi les figures fondatrices de ce mouvement anticonformiste né à la fin des années 1977 : elle en fut également un précurseur.</p>



<p><strong>Non à l’objectification</strong></p>



<p>« Elle se distingue dans la façon qu’elle s’inclut et narre dans ses films », affirme Viva Paci à propos de la démarche créative chez Agnès Varda. Malgré la domination masculine du domaine, la cinéaste ne s’est jamais laissée emporter. En tant qu’avant-gardiste féministe, elle résume sa pratique en trois mots : « Inspiration, création et partage. » Elle s’inspire de la vie, particulièrement de la vie des femmes, crée des œuvres à travers un regard critique et partage sa vision du monde. Sous sa caméra, les femmes sont belles, mais surtout fortes et résilientes. Tout comme leur réalisatrice, elles ne manquent jamais d’agentivité.</p>



<p>&nbsp;Dans l’un des films les plus connus de Varda, <em>Cléo de 5 à 7</em> (1962), la chanteuse Cléo attend avec inquiétude le résultat d’un examen médical. Face à l’insensibilité de son entourage qui réduit son angoisse face à la mort à de simples caprices devant une chanson macabre, Cléo s’insurge : « Mais c’est vous qui faites de moi une capricieuse! […] Vous vous servez de mes nerfs, vous m’exploitez! » En répliquant ainsi, Cléo refuse d’être prisonnière de l’image superficielle que les autres se font d’elle. Sa prise de conscience n’est pas un choix esthétique, mais une dénonciation de l’aplanissement social des femmes. De nos jours, on observe souvent la persistance du regard masculin qui objectifie les femmes, notamment dans l’industrie du cinéma. En réaction à l’omniprésence de ce regard sur les grands écrans, certains parlent des films féministes comme « contre-courant » au cinéma. Les œuvres de Varda correspondent parfaitement à ce profil.</p>



<p><strong>Et la lutte se poursuit</strong></p>



<p>Plus tard, des films comme <em>Black Panthers</em> (1968) et <em>L’une chante, l’autre pas</em> (1977) témoignent davantage des implications militantes de Varda dans la revendication des contraceptifs et de l’avortement chez les femmes. Dans L’une chante, l’autre pas, l’une des protagonistes, Pauline, chante : « Ce n’est pas plus papa, que le pape ou le roi, que le juge ou le docteur, ou le législateur qui me feront la loi. » En 2019, Varda parle de ces mouvements revendicateurs en France et aux États-Unis comme de « l’histoire ancienne » à la suite de la légalisation de l’avortement à l’échelle fédérale des deux pays en 1975. Mais depuis l’arrivée au pouvoir de Trump aux États-Unis, ce droit retombe dans une précarité que l’on croyait pourtant révolue.</p>



<p>« Je crois que l’œuvre d’Agnès Varda est toujours pertinente aujourd’hui, c’est pour cela que notre équipe a choisi de mettre de l’avant ce documentaire dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes », affirme l’agente sur place de Cinéma Cinéma. Et comme Varda le proclame : « J’étais féministe, je le suis encore », rappelant que la liberté des femmes est un combat de chaque instant.</p>
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		<title>Fennell se méprend sur Brontë – et sur le féminisme</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/fennell-se-meprend-sur-bronte-et-sur-le-feminisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elena Montefiori]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[male gaze]]></category>
		<category><![CDATA[théorie féministe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Emerald Fennell qualifie son cinéma de féministe. Ses films sont-ils au courant?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Le simple fait d’être une femme cinéaste est un acte féministe… qu’on le veuille ou non. […] Tout ce que je fais est féministe – c’est ma façon d’être au monde (tdlr) »</em> : voilà l’argumentaire avancé par la réalisatrice Emerald Fennell à l’occasion de la promotion de son film <em>Saltburn </em>(2023), pour le média <em>The Wrap</em>. Ces mots reviennent fréquemment chez Fennell : son regard sur le monde transperce ses films, son féminisme aussi. La formule est séduisante, un peu trop. Réalisatrice femme, cinéma féministe – l’équation est-elle si évidente? L’art féminin est-il systématiquement engagé? À l’issue des deux heures quarante de son dernier film à succès, <em>Les Hauts de Hurle-Vent</em> (Wuthering Heights), la question revient, insistante. L’intention féministe n’aboutit pas à un résultat féministe, malgré l’étiquette que s’auto-attribue la réalisatrice. Elle s’en réclame tant, de ce « cinéma féministe », qu’il finit par tenir lieu de preuve.</p>



<p>Mais alors, l’art ne se définit-il pas par celui ou celle qui le produit? Cette « continuité intention-résultat » convoque la théorie de l’auteur. Depuis Truffaut dans <em>les Cahiers du Cinéma</em>, on présuppose que le cinéaste imprime sa vision dans le film. Or, ceux tentant d’appliquer cette approche à l’art féminin semblent s’opposer à la critique féministe. Virginia Woolf, dans <em>Une chambre à soi</em>, met en garde contre l’écriture en conscience de son propre genre. Une femme qui écrit en tant que femme produirait une œuvre diminuée. Cette idée se répand largement dans le féminisme contemporain, par une revendication du droit des femmes à la « non-revendication ». Imposer le militantisme aux femmes, c’est les y enfermer. Woolf ne plaide pas pour le silence, elle dit qu’il faut le transcender. bell hooks, elle, va plus loin : dans De la marge au centre : <em>théorie féministe</em>, elle affirme que le féminisme n’est « <em>ni un style de vie ni une identité toute faite dans laquelle on peut entrer</em> ». Ce n’est pas l’identité qui compte, c’est l’engagement. Deux féminismes distincts, mais arrivant à une même conclusion : se proclamer féministe ne suffit pas – encore faut-il en faire la démonstration.</p>



<p>Le cinéma de Fennell a‑t-il démontré son engagement féministe? Concernant <em>Saltburn,</em> les avis sont mitigés, méritant sa qualification de « <em>film le plus controversé de l’année</em> » par <em>The Guardian</em>. La narration ne met pas les femmes, mais un homme en évidence : ses ambitions, ses amitiés, sa sexualité. Les personnages féminins, eux, ne semblent pas réussir le test de Bechdel. Elles n’agissent que sexuellement, ou en référence à l’un des personnages masculins. Même la complexité de leurs personnages ne paraît que partiellement développée. Fennell aurait pu s’appuyer sur Venetia, par exemple, pour saisir sa lucidité sur l’absurdité de son environnement et en faire un personnage central de l’histoire. Or, tout s’effondre lorsque Elspeth, sa mère, la décrit comme « <em>une masochiste avec un trouble alimentaire</em> ». Et cet effondrement, je l’ai revécu face à <em>Hurlevent</em>, lorsque Fennell choisit de faire du personnage d’Isabella une femme-enfant qui choisit la soumission, là où Brontë montrait une victime qui trouve la force de fuir. L’adaptation semble avoir desservi le personnage… paradoxal pour une œuvre <em>féministe</em> bénéficiant de près d’un siècle d’avancées sur la question! </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Sur ce point, difficile de lui donner tort : elle applique sur ses<br>acteurs le regard qu’on a toujours réservé aux femmes »</p>
</blockquote>



<p>Ce que la réalisatrice met en avant, c’est sa volonté de retourner le <em>male gaze</em> contre les hommes. Sur ce point, difficile de lui donner tort : elle applique sur ses acteurs le regard qu’on a toujours réservé aux femmes. En effet, elle filme le corps masculin comme objet de désir, et illustre les fantasmes auxquels leurs amantes les soumettent. Néanmoins, ce geste ne suffit pas. Le cinéma d’Emerald Fennell illustre des femmes, prend en considération ses spectatrices, mais cela suffit-il à le qualifier de féministe? Pour Fennell, apparemment oui. Mon école, celle de Virginia Woolf, désapprouverait probablement</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/fennell-se-meprend-sur-bronte-et-sur-le-feminisme/" data-wpel-link="internal">Fennell se méprend sur Brontë – et sur le féminisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>L’émotion et la rage, sans filtre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/lemotion-et-la-rage-sans-filtre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Manon Delacroix]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[féminité]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quatre films qui ont changé le regard sur les expériences féminines en 2025.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’automne dernier, un vent nouveau a soufflé sur nos salles de cinéma. Quatre réalisatrices ont mis les expériences féminines de l’avant de manière peu conventionnelle. Des femmes mises en scène par des femmes dans quatre récits se déroulant à différentes époques et qui, de prime abord, n’ont pas grand-chose en commun. Leur seul point de convergence : ils racontent tous, à leur manière, la maternité. Ces œuvres mettent en scène des femmes blanches, en Angleterre ou aux États-Unis, avec des grandes vedettes en tête d’affiche : Rose Byrne, Jennifer Lawrence, Jessie Buckley et Amanda Seyfried. Leurs personnages ne se dérobent pas à leurs émotions et se réapproprient leur propre corps. Et, dirigées par des femmes, ces actrices connues et reconnues dépassent leurs limites et élargissent leur registre de possibilités. Elles se consacrent à partager une expérience féminine qui, bien qu’elle inclue la maternité, ne se restreint pas à celle-ci. Ces quatre films suivent un même fil, celui de libérer les corps en misant sur les imperfections, les pulsions, la rage et la sensibilité. Gros plan sur le lien qui unit ces quatre histoires, et dessine peut-être un nouveau regard sur les femmes au cinéma.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Ces quatre films suivent un même fil, celui de libérer les corps en misant sur les imperfections, les pulsions, la rage et la sensibilité »</p>
</blockquote>



<p><em>If I Had Legs I’d Kick You </em>de Mary Bronstein, avec Rose Byrne</p>



<p>Salué par la critique dès ses premières projections dans les festivals internationaux et porté par la performance de Byrne, acclamée de toutes parts, le film a connu un beau parcours : sa première a eu lieu en janvier 2025 à Sundance et l’actrice a été nommée aux Oscars un an plus tard. L’histoire est celle de Linda, une psychothérapeute qui fait face à la maladie mystérieuse de sa fille alors que son mari, capitaine en mer, est absent pour une longue période. Confrontée à une relation de plus en plus difficile avec son propre thérapeute (Conan O’Brien), Linda voit son monde s’étioler à mesure que la charge mentale et les péripéties s’accumulent, notamment autour de sa fille, que la caméra ne filme jamais. Elle est rivée de bout en bout sur Rose Byrne, partageant sa sensation d’étouffement. Linda crie, s’effondre, se bat, commet des erreurs, est fatiguée, à bout de souffle, se sent coupable. Jouant sans arrêt avec les frontières du réel, le film explore le chaos vécu par une femme seule et dépassée malgré l’amour qu’elle porte à sa fille. La mise en scène oppressante et la vulnérabilité enragée de Linda ouvrent la discussion aux pensées intrusives. Mais ce que l’on pense être une exception fait en réalité partie du lot de la parentalité.</p>



<p><em>Die, My Love</em> de Lynne Ramsay, avec Jennifer Lawrence</p>



<p>Adaptée d’un roman d’Ariana Harwicz, cette œuvre réalisée et coécrite par Ramsay était en compétition pour la Palme d’Or du Festival de Cannes 2025. Et à l’instar de Byrne, la performance de Lawrence a été particulièrement remarquée. Œuvre expérimentale et cathartique, <em>Die, My Love</em> suit un pan de la vie de Grace, jeune mère qui affronte une dépression postpartum alors que son couple s’effrite. Du moment où elle et Jackson (Robert Pattinson) s’installent dans cette maison du Montana au début de sa grossesse et jusqu’à plusieurs semaines après l’accouchement, le monde intérieur de la jeune femme se décompose. Il devient flou, inconsistant et imprévisible.</p>



<p>Le film a suscité beaucoup de réactions, notamment parce qu’il aborde le post-partum d’une manière nouvelle, personnelle, mais surtout plus réaliste : on ne s’intéresse pas au bébé, mais plutôt à ce qui gravite autour de lui. Les nombreux changements causés par son arrivée, les absences et tromperies de Jackson, la communication difficile, l’aliénation de Grace, qui ne sait plus qui elle est… Dès lors, l’aspect organique est omniprésent : Grace marche à quatre pattes, danse librement, grogne, crie, griffe les murs, se masturbe dans l’herbe, hurle, devient cynique, joue avec les limites de la folie — par anticonformisme et aussi par fatigue. Elle étouffe, elle veut être libre. Les silences du film où l’image parle d’elle-même, les expressions faciales de Lawrence, la panique intérieure de Grace, nous donnent envie de hurler notre rage, de nous défaire de toute bienséance, de redevenir sauvages.</p>



<p><em>Hamnet </em>de Chloé Zhao avec Jessie Buckley</p>



<p>Son scénario est adapté de la pièce de théâtre de Maggie O’Farrell et la performance de Buckley, fraîchement auréolée d’un Oscar, est remarquable. Célébré pour sa mise en scène, <em>Hamnet</em> raconte le deuil réinventé des parents du jeune Hamnet : son père, William Shakespeare (Paul Mescal) et sa mère Agnès. Elle est une sorcière, une marginale profondément liée à la nature qui tombe amoureuse de William et donne naissance à une fille, puis à des jumeaux. La maternité est ici explorée par la perte : plusieurs années plus tard, son fils Hamnet est emporté par la peste. En deuil, William se réfugie dans l’alcool, la colère et le retrait. La caméra s’y intéresse au travers du regard d’Agnès, abandonnée avec le public dans cette douleur.</p>



<p>La force et la pudeur que Buckley infuse à son personnage provoquent une émotion viscérale. Son cri silencieux résonne encore dans nos oreilles, et l’engourdissement provoqué par le vertige de la mort cohabite en permanence avec une candeur et une lumière qui ne disparaissent jamais tout à fait. Hamnet est un choc corporel, une émotion brute qui nous attrape en silence, mais nous laisse pourtant libres d’en faire ce qui nous dira.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Hamnet est un choc corporel, une émotion brute qui nous attrape en<br>silence, mais nous laisse pourtant libres d’en faire ce qui nous dira »</p>
</blockquote>



<p><em>The Testament of Ann Lee</em>, de Mona Fastvold, avec Amanda Seyfried</p>



<p>Film musical retraçant la vie d’Ann Lee, fondatrice d’un mouvement religieux shaker au 18e siècle, l’œuvre de Mona Fastvold met l’accent sur la tension constante entre retenue et libération : la première causée par les conventions sociales de l’époque et la seconde permise par les danses. Ann Lee, désintéressée par les relations amoureuses, dégoûtée du sexe, se marie avec un homme et perdra ses cinq enfants. En prison, affamée et fatiguée, elle a une vision d’un monde dans lequel la chasteté devient la solution aux problèmes de l’humanité et fonde sa propre communauté. Se faisant appeler Mère Ann par ses membres, admirée et célébrée, celle qui a tant perdu se libère du carcan des relations normées. Elle laisse libre cours à son énergie en dansant pour expier les péchés de l’humanité, tout en travaillant à l’égalité et à l’entraide. Bruits et chansons sont interdépendants : les respirations saccadées, les pieds tapant le sol, les mains frappant les poitrines et les corps entrant en transe ne se départissent jamais de la musique. Cette dernière nous entraîne dans une valse cathartique où le corps devient l’outil de libération et la caméra se fond dans les chorégraphies, tourbillonne avec les personnages et suit leurs mouvements. Le film incarne l’idéologie d’Ann Lee et souligne implicitement les mécanismes de protection qu’elle a dû mettre en place pour survivre à la perte et aux normes sociétales. Elle a été oubliée par l’histoire, mais Seyfried et Fastvold lui font honneur en invoquant une intensité fourmillante et une compassion brute.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Elle a été oubliée par l’histoire, mais Seyfried et Fastvold<br>lui font honneur en invoquant une intensité fourmillante et une compassion brute »</p>
</blockquote>



<p>Ces quatre films, ainsi que leurs personnages et leurs interprètes, ont certainement marqué l’année 2025 en rendant visible l’invisible : les émotions si brutes qu’elles ne peuvent s’exprimer que par la libération des corps. En filmant la rage tremblante, la maternité imparfaite et la perte, ces œuvres posent peut-être la première pierre à l’édifice d’une tendance que l’on espère pérenne : celle d’un cinéma plus organique, plus sensible, où les femmes ne sont pas seulement « mises à l’honneur » dans un monde d’hommes, mais où elles sont capables de prendre leur place en choisissant les histoires qu’elles veulent raconter et, surtout, la manière dont elles veulent les raconter.</p>
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		<item>
		<title>Iran : le réveil du Lion et du Soleil</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/iran-le-reveil-du-lion-et-du-soleil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mojhan Abesque]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[contestation]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[iran]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60388</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une lutte courageuse menée malgré la répression et l'incertitude de la guerre.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Lors de leur match d’ouverture à la Coupe d’Asie le 2 mars 2026, les joueuses de soccer de l’équipe iranienne <a href="https://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/iran-womens-football-team-australia-b2936304.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">se sont tenues droites et silencieuses</a> pendant l’hymne de la République islamique d’Iran. Leur silence a retenti à travers le monde comme un rugissement de défi. Il s’agissait d’un acte politique risqué qui pouvait leur valoir l’exécution à leur retour au pays. L’Australie a depuis offert l’asile politique aux joueuses dont <a href="https://www.nytimes.com/athletic/7105262/2026/03/11/iran-football-australia-asylum/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">les familles se voient maintenant menacées d’être prises en otage par le régime. </a></p>



<p><strong>Une contestation qui perdure </strong></p>



<p>Le geste des joueuses n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une longue histoire de protestation du peuple iranien contre son gouvernement, dont les femmes comptent parmi les sujets les plus opprimés. Le clergé au pouvoir impose notamment le port obligatoire du voile, <a href="https://www.amnesty.org/en/latest/news/2024/12/iran-new-compulsory-veiling-law-intensifies-oppression-of-women-and-girls/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le non-respect duquel peut mener à la prison, à la flagellation, voire à la peine de mort.</a> Malgré ces risques et les violences qu’elles subissent, les femmes iraniennes ont toujours été à l’avant-plan de l’opposition.</p>



<p>Le mouvement Femme, Vie, Liberté, déclenché en septembre 2022 après la mort de Mahsa Amini (22 ans), décédée à la suite de son arrestation par la police des mœurs pour un voile jugé mal porté, a été l’un des soulèvements les plus importants en Iran depuis la révolution de 1979. Les femmes iraniennes menaient les manifestations, découvraient leurs cheveux, dansaient et chantaient dans les rues : des actes blasphématoires qui avaient mené à une <a href="https://www.amnesty.org/en/latest/news/2024/09/iran-two-years-after-woman-life-freedom-uprising-impunity-for-crimes-reigns-supreme/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">répression sanglante</a>.</p>



<p><strong>La situation aujourd’hui </strong></p>



<p>Plus récemment, en décembre dernier, le peuple s’est soulevé pour contester le <a href="https://www.euronews.com/business/2026/01/09/irans-revolutionary-guard-control-the-economy-heres-why-the-currency-suffers" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">coût de la vie devenu insoutenable</a> à la suite de la chute de la devise iranienne, due notamment à l’accaparement et à la mauvaise gestion des ressources par un gouvernement rongé par la corruption. Arborant le drapeau du Lion et Soleil, devenu symbole de l’identité nationale et du sécularisme, les protestataires réclamaient la fin du régime clérical. Les 8 et 9 janvier, le régime a ordonné à ses troupes d’ouvrir le feu sur les manifestants pacifiques avec des armes d’assaut. On estime que <a href="https://www.theguardian.com/global-development/2026/jan/27/iran-protests-death-toll-disappeared-bodies-mass-burials-30000-dead" type="link" id="https://www.theguardian.com/global-development/2026/jan/27/iran-protests-death-toll-disappeared-bodies-mass-burials-30000-dead" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de 30 000 manifestants ont été tués</a>. De plus, l’État iranien exigeait des familles une somme de <a href="https://www.bbc.com/news/articles/c4g5md1n1yxo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">700 millions à 1 milliard de tomans</a> (6800 à 9500 dollars dollars) pour la dépouille de leur proche – une rançon d’autant plus révoltante dans un contexte économique précaire.</p>



<p>Quarante jours après les massacres – une étape importante du deuil dans la tradition chiite – les familles iraniennes rompent le fil du récit. Elles refusent de pleurer leurs proches. Dans un geste de réappropriation, elles transforment les funérailles en célébrations défiantes, faisant de la musique et de la danse – des pratiques proscrites en Iran – leur langage de contestation. Les endeuillés se dissocient ainsi de l’État et de l’idéologie qu’il promeut. « Au lieu de lamentations religieuses, le peuple chante; au lieu de religion, il parle de patrie; et au lieu de martyrs, il appelle ses victimes javid-nam – ceux et celles dont le nom est éternel », <a href="https://www.iranintl.com/en/202602221577" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">explique Mohammad-Javad Akbarin</a>, un dissident iranien spécialiste de l’Islam. </p>



<p>Au vu de l’échec des soulèvements populaires à faire changer les choses, bon nombre d’Iraniens à l’intérieur et à l’extérieur du pays ont placé leurs espoirs dans une intervention militaire étrangère. <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/mar/01/celebration-or-grief-khameneis-death-brings-contrasting-emotions-in-iran" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">On les a vus jubiler</a> à l’annonce de la mort du guide suprême Ali Khamenei dans les frappes israélo-américaines le 28 février. Aujourd’hui, ils sont traversés de sentiments mitigés : la peur face au quotidien de la guerre et l’espoir à l’idée que le joug de la République islamique, après 47 ans de terreur, se relâche enfin.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/iran-le-reveil-du-lion-et-du-soleil/" data-wpel-link="internal">Iran : le réveil du Lion et du Soleil</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>L’art « misandre » existe-t-il vraiment?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/lart-misandre-existe-t-il-vraiment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Miton]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[Misandrie]]></category>
		<category><![CDATA[représentation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le mot « misandre » décrit-il un contenu ou un inconfort ?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/lart-misandre-existe-t-il-vraiment/" data-wpel-link="internal">L’art « misandre » existe-t-il vraiment?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans <em><a href="https://www.imdb.com/title/tt0266697/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Kill Bill</em></a></em>, une femme massacre des dizaines d’hommes au katana. Personne n’a parlé de misandrie. Ses victimes sont des yakuzas, des figures du mal dont personne ne se sent proche. Dans <em><a href="https://www.imdb.com/title/tt9620292/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Promising Young Woman</em></a></em>, l’héroïne ne tue personne. Elle fait semblant d’être ivre dans des bars. Quand des hommes la ramènent chez eux en pensant profiter de son état, elle révèle qu’elle est sobre et les force à faire face à ce qu’ils s’apprêtaient à faire. Ces hommes ne sont pas des monstres de cinéma. Ce sont des étudiants, des collègues, des « nice guys ». Le film a été qualifié de misandre dès sa sortie. D’un côté, une violence spectaculaire qui ne dérange personne. De l’autre, un malaise ordinaire mis en scène, et l’accusation tombe.</p>



<p><strong>Un mot qui dérange</strong></p>



<p>La <a href="https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/misandre/51743" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">misandrie</a> désigne, selon le <em>Larousse</em>, la haine ou le mépris des hommes. C’est le miroir étymologique de la <a href="https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/misogyne/51773" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">misogynie</a>. Le parallèle semble logique. Plusieurs chercheurs le contestent.</p>



<p>La philosophe <a href="https://www.katemanne.net/down-girl.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Kate Manne</a>, de l’Université Cornell, a consacré un ouvrage entier à redéfinir la misogynie. Dans <em>Down Girl : The Logic of Misogyny</em> (2018), elle montre que ce n’est pas un simple sentiment de haine envers les femmes, mais un système : un ensemble de mécanismes sociaux qui punit les femmes qui dévient de la norme. Marc Ouellette, dans <em>l’<a href="https://www.taylorfrancis.com/books/mono/10.4324/9780203413067/international-encyclopedia-men-masculinities-michael-flood-judith-kegan-gardiner-bob-pease-keith-pringle" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>International Encyclopedia of Men and Masculinities</em></a></em>, pose alors la question qui s’impose : si la misogynie est structurelle, la misandrie l’est-elle aussi? Sa réponse est non. Selon lui, « <em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Misandry" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’antipathie systémique, institutionnalisée et légiférée</a> </em>(<em>tdlr</em>) » de la misogynie manque à la misandrie. La misogynie s’appuie sur des siècles de lois et de structures sociales. La misandrie n’a pas d’équivalent. Les deux mots se ressemblent, mais ne pèsent pas le même poids.</p>



<p>Et le mot « misandrie » a une histoire particulière. <a href="https://xyonline.net/sites/xyonline.net/files/2019-12/Marwick,%20Drinking%20male%20tears%202018.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Dès les années 1890</a>, des journaux américains et britanniques qualifiaient les premières militantes féministes de « <em>man haters</em> ». Le mot disparaît ensuite pendant près d’un siècle avant de réapparaître dans la littérature masculiniste des années 1980, puis d’exploser en ligne dans les forums de « droits des hommes ». Plus d’un siècle plus tard, le mécanisme reste le même. <a href="https://actualites.uqam.ca/2016/en-classe-lantifeminisme-decortique-par-francis-dupuis-deri/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Francis Dupuis-Déri</a>, professeur de science politique à l’UQAM et auteur de <em><a href="https://journals.openedition.org/lectures/31663" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>La crise de la masculinité : autopsie d’un mythe tenace</em></a> </em>(2018), documente l’usage du mot comme outil central du discours masculiniste contemporain : il sert à dépeindre les hommes en victimes et à inverser le rapport de pouvoir. En février 2026, il affirme <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2026-02-26/prevention-des-violences-sexuelles/il-faut-deconstruire-le-discours-masculiniste.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">observer</a> une hausse de ces discours dans les écoles québécoises. Quand le même mot est ensuite appliqué à un film ou à un essai, il arrive chargé de cette histoire.</p>



<p>Trop radical? Pas assez?</p>



<p>Le réflexe n’est pas nouveau : <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Thelma_et_Louise#cite_note-vaevictis-51" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Thelma &amp; Louise</em></a></em> en 1991, le livre <em>King Kong Théorie</em> de Virginie Despentes en 2006, l’essai <em>Moi les hommes, je les déteste</em> de Pauline Harmange en 2020. À chaque génération, une femme exprime sa colère dans une œuvre et le mot ressurgit.</p>



<p>En 2020, Ralph Zurmély, conseiller au ministère de l’Égalité femmes-hommes français, <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/310820/un-livre-feministe-provoque-un-desir-de-censure-au-ministere-de-l-egalite-femmes-hommes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">menace</a> les éditeurs de « poursuites pénales » si l’ouvrage de Harmange n’est pas retiré de la vente. L’objet du scandale : un essai de 80 pages dont le titre ne laisse aucune ambiguïté. Le titre est provocateur, et Harmange <a href="https://www.lapresse.ca/arts/litterature/2020-11-06/essai/pourquoi-pauline-harmange-deteste-les-hommes.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le revendique</a> : elle dit l’avoir choisi pour « se réapproprier l’accusation de misandrie qu’on lance toujours aux féministes ». Le livre, lui, raconte autre chose. Le site du collectif féministe <em><a href="https://la-part-des-femmes.com/2020/10/les-ressorts-de-la-misandrie/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>La Part des Femmes</em></a></em> le décrit comme un texte « simple et sans aigreur », dont le vrai sujet n’est pas la haine des hommes, mais la solidarité entre femmes : « Consacrons notre temps à la moitié de l’humanité qui nous réjouit. » Le livre connaîtra un succès massif et sera traduit en 18 langues. Quatorze ans plus tôt, Despentes publiait <em>King Kong Théorie</em>, accueilli par <em>Le Figaro</em> Littéraire comme un essai « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/King_Kong_Th%C3%A9orie#cite_note-12" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plein de gros mots</a> ». La critique s’est arrêtée au ton. Le <a href="https://cefres.hypotheses.org/2184" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">CEFRES</a>, le Centre français de recherche en sciences sociales, a quant à lui regardé le fond : il note que Despentes s’adresse aussi aux hommes qui rejettent la virilité imposée. Sa phrase finale invite à « une aventure collective, pour les femmes, pour les hommes, et pour les autres ». Des œuvres qu’on réduit à de la haine, mais dont le contenu dit autre chose.</p>



<p>La réception de <em>Promising Young Woman</em> illustre quelque chose de plus subtil encore. La revue académique <em><a href="https://aestheticsforbirds.com/2021/08/27/what-promising-young-woman-gets-right-about-misogyny-and-male-violence/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Aesthetics for Birds</em></a></em> relève qu’Emerald Fennell refuse délibérément la scène de vengeance cathartique que le genre du rape-revenge promet habituellement. Son choix de distribution, des acteurs associés à des rôles de « <em>nice guys</em> », vise, selon la revue, à montrer que le problème n’est pas le monstre évident, mais le système qui protège l’homme ordinaire. C’est une illustration directe de ce que Manne appelle la « <em><a href="https://www.katemanne.net/down-girl.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">himpathy</a></em> » : cette sympathie disproportionnée envers les agresseurs qui, écrit-elle, « exonère les hommes privilégiés qui dominent, menacent et réduisent les femmes au silence ». D’un côté, le hashtag #NotAllMen et l’accusation d’être anti-hommes. De l’autre, des critiques féministes tout aussi sévères. La revue <em><a href="https://www.anothergaze.com/yes-girls-love-corpses-emerald-fennells-promising-young-woman/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Another Gaze</em></a></em> juge le féminisme de Fennell superficiel. Mary Beth McAndrews, survivante de violences sexuelles, écrit que Cassie s’approprie le trauma de son amie plutôt que de le respecter. Le film la laisse, dit-elle, « <em><a href="https://www.rogerebert.com/features/on-the-disempowerment-of-promising-young-woman" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vide</a></em> ».</p>



<p>Le même film est donc simultanément trop radical et pas assez. Quand un détracteur dit « ce film déteste les hommes », il demande que l’œuvre n’existe pas. Quand une critique féministe dit « ce film ne va pas assez loin », elle demande qu’elle soit meilleure. Ce n’est pas le même reproche, mais le mot « misandrie » écrase les deux positions, et le débat disparaît.</p>



<p><strong>Une sélectivité qui interroge</strong></p>



<p>Le paradoxe posé en ouverture n’est pas un cas isolé. <em><a href="https://www.imdb.com/title/tt1392190/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Mad Max: Fury Road</em></a></em>, dénoncé comme « <a href="https://www.franceinfo.fr/culture/cinema/pourquoi-mad-max-fury-road-enerve-les-anti-feministes_908481.html#:~:text=Mad%20Max%20%3A%20Fury%20Road%20%2C%20presque,Road%20%22%20(en%20anglais)." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">propagande féministe</a> » par des militants masculinistes, est signé George Miller, 70 ans. Quand un homme filme une femme en colère, la critique parle de « personnage complexe ». Le traitement n’est pas tout à fait le même quand l’œuvre est signée par une femme. Le constat vaut aussi en littérature. Lorsque Michelle Houellebecq écrit avec rage, la critique &nbsp;<a href="https://slate.com/culture/2015/10/submission-by-michel-houellebecq-reviewed.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mentionne sa misogynie en passant</a>, puis s’attarde sur son style, sa lucidité, sa capacité à « prédire » le monde. Virginie Despentes <a href="https://liverpool.universitypressscholarship.com/view/10.5949/liverpool/9781846318610.001.0001/upso-9781846318610-chapter-2" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a pointé du doigt ce décalage</a> : si une femme avait écrit l’équivalent de ses romans, on aurait surtout parlé de son physique et de sa vie sexuelle. La colère masculine passe pour du style. La colère féminine passe pour un problème.</p>



<p>Les données empiriques vont dans le même sens. <a href="https://www.researchgate.net/publication/375424142" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Hopkins-Doyle, Peterson et Leach</a> ont mené six études auprès de près de 10 000 participants dans neuf pays. Leur question était simple : les féministes sont-elles réellement plus hostiles aux hommes que le reste de la population? Résultat : non. Leurs attitudes envers les hommes ne sont pas plus négatives que celles des non-féministes, ni même que celles des hommes envers eux-mêmes. Autrement dit, si l’étiquette « misandre » devait s’appliquer aux féministes, elle devrait tout aussi bien s’appliquer aux hommes. Les chercheurs en concluent que le stéréotype n’a aucune valeur descriptive. Ils appellent ça « <a href="https://www.psychologytoday.com/us/blog/compassionate-feminism/202403/debunking-the-myth-of-the-man-hating-feminist" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le mythe de la misandrie</a> ».</p>



<p>Ce que ces œuvres partagent n’est peut-être pas la haine, mais le refus de rassurer leur public. On peut les trouver réussies ou ratées. Les critiques féministes elles-mêmes ne s’accordent pas. Réduire ce débat à un seul mot, c’est peut-être passer à côté de ce qu’il révèle : non pas que ces œuvres détestent les hommes, mais qu’elles posent des questions auxquelles le mot « misandre » évite de répondre.</p>
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		<title>Ce que nous devons&#160;aux femmes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/ce-que-nous-devons-aux-femmes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eugénie St-Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[combat]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Journée internationale des droits des femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Votre entourage, en tant qu’étudiantes et étudiants de l’Université McGill, est peut-être composé en majorité de personnes qui se revendiquent comme féministes. Certaines le sont, d’autres le prétendent, mais relativement rares sont les McGillois qui refusent ouvertement le féminisme. Sur le campus, il s’agit à tout le moins d’un sujet de conversation – cela constitue&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/ce-que-nous-devons-aux-femmes/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Ce que nous devons&#160;aux femmes</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Votre entourage, en tant qu’étudiantes et étudiants de l’Université McGill, est peut-être composé en majorité de personnes qui se revendiquent comme féministes. Certaines le sont, d’autres le prétendent, mais relativement rares sont les McGillois qui refusent ouvertement le féminisme. Sur le campus, il s’agit à tout le moins d’un sujet de conversation – cela constitue un privilège considérable, qui ne reflète en rien la réalité à l’échelle québécoise, canadienne, encore moins à l’échelle internationale. Ce privilège risque toutefois d’entretenir l’illusion selon laquelle le combat pour les droits des femmes appartient désormais au passé. Il est facile, depuis notre position, de se demander pourquoi <em>Le Délit</em> choisirait de dédier son édition spéciale du semestre aux droits des femmes. </p>



<p>Parce que rien n’est encore véritablement acquis. Les droits pour lesquels plusieurs générations de féministes se sont battues pourraient toujours être révoqués, au gré des opinions changeantes de nos politiciens. De <em>leurs</em> politiciens, plutôt – car trop souvent encore, ce sont des assemblées majoritairement masculines qui légifèrent sur le corps et la vie des femmes. Il suffit de regarder du côté des États-Unis pour comprendre à quel point les droits des femmes sont précaires. Depuis l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade en 2022, le droit à l’avortement n’est plus garanti par la Constitution américaine. Cette décision a conduit quatorze États des États-Unis à l’interdire presque complètement. Par ailleurs, leur président actuel, Donald Trump, était déjà visé par plusieurs accusations d’agression sexuelle quand il a été élu en 2016 – sans mentionner sa <a href="https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/828427/condamnation-5-millions-trump-suite-verdict-abus-sexuel" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">condamnation</a> en 2024, ou les allégations plus récentes qu’on trouve dans le dossier Epstein. Visiblement, cela n’affectait en rien le vote des électeurs américains. Et on se demande pourquoi les femmes sont en colère.</p>



<p>On n’est jamais véritablement à l’abri, même avec des politiciens bien intentionnés. Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice du Québec, mettait lui aussi en péril le droit à l’avortement au début de l’année. En promettant de l’inscrire dans la future Constitution québécoise, il ouvrait la porte à des contestations juridiques par des groupes anti-choix. Son idée n’aboutira pas, sous la pression de groupes de femmes, du Barreau et du corps médical, mais le constat reste le même ; les politiciens continuent de débattre et de légiférer sur le corps des femmes en faisant la sourde oreille à leurs demandes. </p>



<p>La situation québécoise est, sans aucun doute, enviable à l’échelle internationale. Il existe encore de nombreux pays où les femmes ne peuvent pas ouvrir de compte bancaire en leur nom propre, bénéficier d’une éducation, ni quitter leur foyer sans la permission d’un tuteur masculin. Mais rien n’empêche un retournement de situation, comme celui que les États-Unis subissent actuellement. En page 9, Catherine se penche justement sur les violences à caractère sexuel dans un contexte québécois, et sur le peu d’importance que le gouvernement leur accorde encore aujourd’hui. </p>



<p>La Journée internationale des droits des femmes est donc, avant tout, un rappel qu’il faut rester vigilant. Ce n’est pas parce qu’il existe pire ailleurs que l’on doit renoncer à critiquer ce qui persiste ici. </p>



<p>Pour naviguer dans une société qui demeure indubitablement sexiste, il faut être résolument et inconditionnellement féministe. Il ne suffit pas de ne pas être misogyne, ou de souhaiter vaguement l’égalité des genres. L’écrivain français La Rochefoucauld écrivait que la plupart des trahisons se font par « faiblesse ». Refuser de se dire féministe, ou se contenter d’un féminisme passif, revient bel et bien à trahir les femmes de son entourage. Je vous encourage donc à ne pas être faibles, et à refuser la complaisance que vous permet vos privilèges.</p>



<p>À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, <em>Le Délit</em> est fier de dédier son édition spéciale du semestre à toutes celles qui s’identifient comme femmes. Avec quelques jours de retard, peut-être – mais ce n’est pas parce que la journée est passée que les réflexions qui l’entourent doivent prendre fin. Cette édition se veut tout autant un appel à la vigilance qu’un hommage aux femmes, à tout ce qu’elles ont accompli, à tout ce qu’on leur doit. </p>



<p>Nous vous invitons, entre autres, à vous interroger sur la place des femmes en Iran (page 5), à vous pencher sur la culture des régimes (page 8), à découvrir les recommandations d’autrices de l’équipe (page 16) et à en apprendre davantage sur la misandrie dans la culture (page 19).</p>



<p>Bonne lecture!</p>
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		<title>Mots croisés</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/mots-croises-6/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eugénie St-Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Mots croisés]]></category>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Élections de l’exécutif de l’AÉUM</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/elections-de-lexecutif-de-laeum/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[candidats]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60392</guid>

					<description><![CDATA[<p>Présentation des candidats à l'exécutif de l'AÉUM.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/elections-de-lexecutif-de-laeum/" data-wpel-link="internal">Élections de l’exécutif de l’AÉUM</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center"><br><strong>Présidence</strong></p>



<p><strong>Laurence Desjardins</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="720" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/image000001.jpg" alt class="wp-image-60482" style="aspect-ratio:3/4;object-fit:cover;width:287px" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/image000001.jpg 720w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/image000001-650x1444.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/image000001-150x333.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/image000001-691x1536.jpg 691w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px"><figcaption><span class="media-credit">Laurence Desjardins</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Desjardins, candidate à la présidence, issue de la coalition S.T.A.N.D., promet de rendre l’AÉUM « plus politique ». L’étudiante de deuxième année en études sur le genre explique qu’elle ne se sentait pas représentée par les élus de l’AÉUM et que c’est ce qui a motivé sa décision de se présenter. « On [les candidats du S.T.A.N.D.] est là depuis deux, trois, quatre ans et on voit comment l’AÉUM n’est pas représentative pour nous, et on veut voir du changement. On a réalisé qu’on allait devoir faire le changement nous-mêmes », raconte-t-elle. Desjardins a pour projet de faire « plus d’assemblées générales, plus de <em>town halls</em> ». Elle veut également « s’assurer que les questions de référendum reflètent la totalité des options ». Au-delà de cette promesse de transparence, Desjardins compte défendre le projet BDS (<em>Boycott, Divestment, Sanctions</em>) devant le Conseil des gouverneurs ; le tout dans l’optique de « représenter les voix étudiantes ». « Il faut obliger l’administration à nous écouter ; c’est quelque chose qui n’a pas vraiment été fait », ajoute-t-elle. Sur la question de son manque d’expérience au sein de L’AÉUM, Desjardins déclare n’avoir « aucun souci » : « Je crois que comme n’importe quelle autre personne qui se candidate, je vais avoir beaucoup de choses à apprendre. Mais j’ai d’autres expériences qui font que je sais que je vais être compétente dans le rôle. » Elle cite notamment des expériences liées au leadership, à l’activisme, à la politique.</p>



<p><strong>Hamza Abu-Alkhair</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" width="1080" height="1080" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1.png" alt class="wp-image-60490" style="width:357px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1.png 1080w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1-650x650.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1-150x150.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1-768x768.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1-600x600.png 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/1-1-120x120.png 120w" sizes="(max-width: 1080px) 100vw, 1080px"><figcaption><span class="media-credit">Hamza Abu-Alkhair</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Contacté à plusieurs reprises, Hamza Abu-Alkhair n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue. Sa plateforme repose sur trois piliers : l’accessibilité, la communauté et la stabilité financière. L’accessibilité consiste en des mises à jour régulières de la part de l’AÉUM, mais aussi une meilleure communication lors de moments clés comme l’orientation des étudiants de première année, et les périodes de stress comme lors des examens. Le sens de communauté passe, selon Abu-Alkhair, par une visibilité accrue de l’AÉUM sur le campus, et par la création d’évènements de communauté basés sur des idées d’étudiants. Enfin, la stabilité financière passe par plus de confiance et de responsabilité, alors que l’AÉUM gère des millions de dollars, selon le candidat. L’association doit ainsi maximiser son efficacité et réduire les dépenses inutiles, ajoute Abu-Alkhair.</p>



<p class="has-text-align-center"><br><strong>Vice-présidence (Clubs et services)</strong></p>



<p><strong>Acadia Knickerbocker</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" width="582" height="321" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Acadia-Knickerbocker.png" alt class="wp-image-60486" style="aspect-ratio:1.8131236917684856;width:503px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Acadia-Knickerbocker.png 582w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Acadia-Knickerbocker-150x83.png 150w" sizes="(max-width: 582px) 100vw, 582px"><figcaption><span class="media-credit">Acadia Knickerbocker</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Acadia Knickerbocker, qui a siégé au sein de l’équipe exécutive de l’AÉUM en tant que porte-parole du Conseil législatif, se présente avec l’ambition de mener des réformes structurelles, notamment en enlevant les retards administratifs. Cela passe, selon elle, par l’embauche de nouveaux comptables, qui seraient employés par l’AÉUM. Elle assure aussi vouloir restructurer le <em>Students Group Committee</em>, qui gère les clubs de l’Université, ce qui passe par la formation d’un « <em>sous-comité athlétique (tdlr) </em>», pour que les clubs fonctionnent plus efficacement. Pour ce qui est des services de l’AÉUM, elle souhaite que chacun ait son propre compte en banque, ce qui n’est pas le cas actuellement et qui « <em>permettrait de limiter les retards administratifs et d’assurer un fonctionnement plus efficace </em>». Elle-même ancienne membre exécutive d’un club, elle dit « <em>comprendre les difficultés des clubs à faire fonctionner les évènements </em>». Enfin, elle souhaite remanier les locaux des clubs, souvent sous-utilisés à cause de dysfonctionnements administratifs. Cela faciliterait l’entreposage de matériel par ces derniers.</p>



<p><strong>Mars Gagawchuk</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1334" height="2000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-1334x2000.jpeg" alt class="wp-image-60479" style="aspect-ratio:0.6670017688304086;width:441px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-1334x2000.jpeg 1334w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-650x975.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-150x225.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-768x1151.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-1025x1536.jpeg 1025w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk-600x900.jpeg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mars-Gagawchuk.jpeg 1366w" sizes="auto, (max-width: 1334px) 100vw, 1334px"><figcaption><span class="media-credit">Mars Gagawchuk</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Mars Gagawchuk se présente en tant que membre de la coalition S.T.A.N.D., afin que ces derniers aient « <em>l’autonomie, les ressources et le support institutionnel pour continuer à développer la communauté mcgilloise </em>». Ses quatre priorités en tant que candidate à l’élection sont les suivantes : « <em>Lutter contre l’insécurité alimentaire grandissante sur le campus, grâce à la réinstauration de Midnight Kitchen </em>», « <em>effectuer un audit complet des espaces sous-utilisés du campus afin que les associations et les services disposent de lieux plus accessibles pour se réunir et organiser leurs activités</em> », « <em>adopter une position ferme contre le projet de loi 9 tout en plaidant en faveur de l’agrandissement des espaces de prière afin de répondre aux problèmes de capacité liés à l’augmentation des effectifs étudiants à McGill </em>» et finalement, « <em>travailler à la désinstitutionnalisation des services de santé mentale de l’Université </em>». Quant à la place du français dans l’association universitaire, elle assure que certaines de ses réunions et de ses heures de disponibilité seront menées en français.</p>



<p><strong>Kareem El Hosini</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1080" height="1080" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14.png" alt class="wp-image-60487" style="width:236px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14.png 1080w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14-650x650.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14-150x150.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14-768x768.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14-600x600.png 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/14-120x120.png 120w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px"><figcaption><span class="media-credit">Kareem El Hosini</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Contacté à plusieurs reprises, Kareem El Hosini n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue. Dans une brochure publiée par l’AÉUM, il dit vouloir « <em>faciliter l’organisation de la vie étudiante et enrichir les expériences qu’elle offre </em>». Il ajoute vouloir créer des «<em> occasions de collaboration entre l’AÉUM et les clubs, afin d’offrir de plus grands et de meilleurs évènements </em>».</p>



<p></p>



<p></p>



<p></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Vice-présidence (Affaires universitaires)</strong></p>



<p><strong>Meghan Lai</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1333" height="2000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-1333x2000.jpg" alt class="wp-image-60478" style="aspect-ratio:0.666488981343041;width:272px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-1333x2000.jpg 1333w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-650x975.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-150x225.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-768x1152.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-1024x1536.jpg 1024w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-1365x2048.jpg 1365w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-600x900.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Meghan-L-Education-2-1-scaled.jpg 1707w" sizes="auto, (max-width: 1333px) 100vw, 1333px"><figcaption><span class="media-credit">Meghan Lai</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Sénatrice de la faculté d’éducation cette année, Meghan Lai se présente au poste de vice-présidente aux affaires universitaires avec un programme composé de trois sections : le monde universitaire, le milieu associatif et la communauté étudiante. « <em>Je veux travailler vers une éducation utile aux étudiants », exprime-t-elle. Elle souhaite un « accès à un enseignement équitable </em>», notamment vis-à-vis du <em>Policy on Assessment of Student Learning</em> (PASL), que beaucoup d’étudiants ne connaissent pas. Lai avance qu’« <em>il faut que les étudiants s’épanouissent, pas seulement qu’ils soient en position de survie à l’Université</em> », et que leur « <em>expérience à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la classe soit soutenue et agréable </em>». Dans cet objectif, Lai compte travailler avec le Student Wellness Hub, qui fait face à un nombre toujours plus élevé d’étudiants en détresse chaque année, qui « <em>ne se sentent pas soutenus</em> ». Cela passerait par la création d’une plateforme de prise de rendez-vous en ligne pour qu’il y ait une accessibilité plus aisée au service. Enfin, elle veut « <em>reconstruire la relation entre l’AÉUM et les étudiants pour qu’ils aient confiance en nous en tant que leaders étudiants.</em> »</p>



<p><strong>Cecelia Callaghan</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1334" height="2000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-1334x2000.jpg" alt class="wp-image-60484" style="aspect-ratio:0.6670017688304086;width:319px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-1334x2000.jpg 1334w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-650x975.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-150x225.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-768x1151.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-1025x1536.jpg 1025w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan-600x900.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Cecelia-Callaghan.jpg 1366w" sizes="auto, (max-width: 1334px) 100vw, 1334px"><figcaption><span class="media-credit">Cecelia Callaghan</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Candidate dans le groupe S.T.A.N.D., le programme de Cecelia Callaghan se résume en six points : l’anti-austérité, le boycottage, le désinvestissement et les sanctions, les soins adaptés au genre et la santé mentale. Elle souhaite aussi revoir la politique d’intelligence artificielle de l’Université et s’oppose à la nouvelle politique d’identification menée par McGill (page 6). À l’heure des coupes budgétaires, elle assure vouloir « <em>travailler dur, afin d’assurer que les fonds universitaires soient envoyés vers des initiatives et des services de soutien dont les étudiants ont besoin</em>». Cela passe par une meilleure rémunération des assistants d’enseignement, un campus avec des équipes sportives, ainsi que des produits d’hygiène menstruelle disponibles à travers le campus. « <em>Je défendrai de meilleurs soutiens à la santé mentale, les rendant plus accessibles pour les étudiants », </em>affirme Callaghan, qui décrit l’accès aux soins de santé mentale comme présentement inaccessibles. En ce qui concerne sa politique d’intelligence artificielle, elle promet d’établir une politique définitive contre l’utilisation de l’IA sur le campus, dont elle juge les effets dévastateurs sur le climat, qui <em>«impactent de manière disproportionnée les communautés racisées </em>».</p>



<p></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Vice-présidence (Affaires externes)</strong></p>



<p><strong>Justice Bongiovanni</strong></p>


<div class="wp-block-image is-style-default">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="574" height="618" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-18-at-2.47.18-PM.png" alt class="wp-image-60539" style="aspect-ratio:1.0989160743862298;width:322px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-18-at-2.47.18-PM.png 574w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-18-at-2.47.18-PM-150x161.png 150w" sizes="auto, (max-width: 574px) 100vw, 574px"><figcaption><span class="media-credit">Justice Bongiovanni</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Déjà avant sa candidature, Bongiovanni s’implique dans la politique, notamment auprès du parti Conservateur canadien et de Stand With Us, une organisation pro-israélienne. Son ambition pour le poste de VP externe se concentre autour du prix de la nourriture sur le campus. « Il n’y a pas assez de coopératives », affirme-t-il, « et c’est ce que je veux changer ». Pour faire cela, il souhaite que les coopératives déjà présentes sur le campus aient plus de liberté, dont le droit de vendre des produits avec de la viande et des produits laitiers. Il soulève aussi l’importance de ses capacités en français. Selon Bongiovanni, les étudiants de McGill ont besoin d’un représentant bilingue qui puisse faire la liaison avec le gouvernement.</p>



<p><strong>Harry Wang</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1066" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry.jpeg" alt class="wp-image-60483" style="aspect-ratio:0.6662472035794184;width:280px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry.jpeg 1066w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry-650x976.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry-150x225.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry-768x1153.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry-1023x1536.jpeg 1023w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Harry-600x900.jpeg 600w" sizes="auto, (max-width: 1066px) 100vw, 1066px"><figcaption><span class="media-credit">Harry Wang</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Actuel membre élu parlementaire à l’AÉUM, Wang se présente pour le poste de vice-président aux affaires externes. Cependant, ce n’est pas tant son rôle au sein de l’AÉUM qu’il met le plus en avant dans sa campagne, mais son identité en tant qu’immigrant de première génération, qui lui confère une empathie pour les étudiants nouveaux arrivants. Il ajoute que son expérience dans l’administration lui a aussi fait comprendre les limites du possible, et qu’il saura se concentrer sur ce qui est possible, de manière à être efficace et réussir ses projets. Un des points principaux de sa <a href="https://drive.google.com/file/d/1THLIGM7W2m5cs_OVJcn6--ZrDgXobBpP/view?fbclid=PAZXh0bgNhZW0CMTEAc3J0YwZhcHBfaWQMMjU2MjgxMDQwNTU4AAGnPqOJ2-_6VGewbt_IMsVeQ0J54LGg954ThFLKm7kTGUhbPchl9Z5PSd8FQjA_aem_BfJog_-NL0IOdCvx-cPyHg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plateforme</a> est la lutte contre la hausse des frais d’études, notamment en créant des programmes de subvention pour les étudiants dans le besoin. Un autre pilier important : la francophonie. Wang soutient l’importance de l’apprentissage du français et de la culture québécoise pour les étudiants étrangers. Il souhaite donc organiser avec le gouvernement québécois des cours de français décontractés qui n’auraient pas d’impact sur le GPA. Il déplore aussi le manque d’opportunités de stages en français, et propose d’augmenter les collaborations avec les universités et entreprises francophones de Montréal.</p>



<p><strong>Safia Haiboub</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1066" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia.jpeg" alt class="wp-image-60476" style="aspect-ratio:0.6662472035794184;width:343px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia.jpeg 1066w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia-650x976.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia-150x225.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia-768x1153.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia-1023x1536.jpeg 1023w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Safia-600x900.jpeg 600w" sizes="auto, (max-width: 1066px) 100vw, 1066px"><figcaption><span class="media-credit">Safia Haiboub</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Candidate S.T.A.N.D., Safia Haiboub souhaite apporter son expérience au sein du bureau des affaires externes de l’AÉUM et dans les mouvements militantistes populaires. Elle explique que son travail avec l’AÉUM, spécifiquement dans les affaires externes, lui ont permis de connaître les attentes du poste de VP externe. Selon elle, son engagement militant lui permet non seulement d’avoir des contacts avec de nombreuses organisations telles que les Mères Mohawks, mais aussi d’apporter au AÉUM une nouvelle perspective. Un de ses objectifs centraux : lutter contre la loi C‑12, qui vise à renforcer le système d’immigration et la frontière, et la loi 21 sur la laïcité. « <em>Beaucoup d’organisations sont déjà en train de faire campagne, et j’aimerais collaborer avec elles</em> », explique-t-elle. Elle ajoute vouloir mieux soutenir la Commission aux affaires francophones. « <em>Les précédents VP externes ne savaient pas parler français </em>», dit-elle, « <em>ce qui a engendré des malentendus et ralenti certaines initiatives. Ils ont tellement de bonnes idées, il leur faut juste une meilleure plateforme</em> ».</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Vice-présidence (Affaires internes)</strong></p>



<p><strong>Anna El Murr</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1080" height="715" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Anna-El-Murr.jpg" alt class="wp-image-60485" style="aspect-ratio:1.5105187319884725;width:493px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Anna-El-Murr.jpg 1080w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Anna-El-Murr-650x430.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Anna-El-Murr-150x99.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Anna-El-Murr-768x508.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px"><figcaption><span class="media-credit">Anna El Murr</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Actuelle représentante de la Faculté de génie au sein de l’AÉUM, El Murr porte l’emphase sur la sensibilisation et la fluide communication des évènements et des activités de l’AÉUM. Tout cela dans l’optique de rapprocher l’exécutif à la communauté étudiante. « <em>Il faut rendre la communication beaucoup plus claire, tout particulièrement pour la communauté francophone </em>», a‑t-elle expliqué, « <em>La communication sur les réseaux, par exemple, doit être faite dans les deux langues. Je m’assurerai aussi qu’il y ait des traducteurs à chaque événement </em>». Elle appelle aussi à approfondir le partenariat avec les associations étudiantes francophones, « <em>pour que la communauté ne se sente pas moins intégrée</em> ». Une meilleure communication générale remédiera, selon El Murr, le souci de transparence et de reconnaissance de l’AÉUM : « <em>Il existe une déconnexion entre l’exécutif de l’AÉUM et la communauté étudiante qu’il faut réparer en instaurant une confiance et en montrant qu’ils jouent le rôle pour lequel ils ont été élus</em>. »</p>



<p><strong>Sophie Smithson</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1178" height="1766" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson.jpg" alt class="wp-image-60475" style="aspect-ratio:0.66704421084782;width:244px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson.jpg 1178w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson-650x974.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson-150x225.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson-768x1151.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson-1025x1536.jpg 1025w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Sophie-Smithson-600x900.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 1178px) 100vw, 1178px"><figcaption><span class="media-credit">Sophie Smithson</span></figcaption></figure>
</div>


<p>Actuelle vice-présidente aux affaires internes de l’Association des étudiants en génie de McGill (EUS), Sophie Smithson souhaite intégrer l’exécutif de l’AÉUM avec plusieurs objectifs en tête. Elle propose d’augmenter le nombre d’événements et leur accessibilité en les rendant soit gratuits, soit disponibles par un système de bourse, « de renforcer la collaboration entre les facultés les clubs et les groupes étudiants », et « d’améliorer la communication par l’entremise du Listserv et des réseaux sociaux de l’AÉUM ». Elle compte sur une communication plus approfondie avec la communauté étudiante, proposant « des systèmes de rétroaction plus structurés pour les événements, afin que les étudiants puissent partager leurs expériences et leurs idées d’amélioration ». En ce qui concerne la communauté francophone, Smithson met l’accent sur l’accessibilité, avec toutes les informations événementielles diffusées dans les deux langues : « La collaboration avec les groupes francophones est encouragée afin de soutenir une programmation qui célèbre la culture francophone sur le campus. »</p>



<p><strong>Maggie Tang</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="546" height="546" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Maggie-Tang.jpg" alt class="wp-image-60480" style="width:422px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Maggie-Tang.jpg 546w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Maggie-Tang-150x150.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Maggie-Tang-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 546px) 100vw, 546px"><figcaption><span class="media-credit">Maggie Tang</span></figcaption></figure>
</div>


<p>« <em>Inclusivité, sécurité, bonnes ondes</em> » : voilà les trois piliers du programme électoral de Maggie Tang. Ses promesses de campagne : « <em>Plus d’événements gratuits, plus d’options sans-alcool, et plus de partenariats entre les facultés. </em>» Dans le rôle qu’elle qualifie d’« <em>architecte de la culture du campus </em>», Tang entend surtout «<em>transformer l’AÉUM d’un corps bureaucratique éloigné à une présence centrée sur la communauté </em>». Elle souhaite aussi raviver certaines traditions comme le carnaval d’hiver, tout en introduisant de nouveaux événements comme le marché de nuit de McGill. Actuellement administratrice interne, Tang compte sur cette expérience pour « <em>assurer que les changements soient approuvés par l’administration dès le premier jour </em>». Pour la communauté francophone, la native de Toronto promet d’être accompagnée par un·e traducteur·rice dans ses discussions avec la communauté étudiante, « <em>afin de bien comprendre leurs besoins</em>».</p>



<p><strong>Mia Duddy-Hayashibara</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1080" height="1620" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia.jpg" alt class="wp-image-60477" style="aspect-ratio:0.6666624270251708;width:345px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia.jpg 1080w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia-650x975.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia-150x225.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia-768x1152.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia-1024x1536.jpg 1024w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Mia-600x900.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px"><figcaption><span class="media-credit">Mia Duddy-Hayashibara</span></figcaption></figure>
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<p>Représentante du parti S.T.A.N.D. dans les élections pour VP interne, Duddy-Hayashibara met l’accent sur la transparence et l’implication plus générale de la communauté étudiante. Elle explique : « <em>Mon but principal est de donner plus de pouvoir à la communauté étudiante, c’est ce que ma coalition, S.T.A.N.D., souhaite accomplir. C’est à dire plus d’assemblées générales, et rendre les activités de l’AÉUM plus transparentes. </em>» Elle rappelle aussi le rôle politique du poste : « <em>Il faut respecter les vœux démocratiques des étudiants. Cela veut dire, par exemple, ne pas inviter les opposants de BDS[Boycott, Divest, Sanction, ndlr] à nos salons de l’emploi. </em>» Enfin, sans oublier la communauté francophone, elle note : « <em>Il faut permettre à la Commission des affaires francophones de continuer à faire ce qu’ils font, tous leurs événements fantastiques. Il faut aussi s’assurer qu’il y ait les informations en français sur le compte Instagram.</em> »</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/elections-de-lexecutif-de-laeum/" data-wpel-link="internal">Élections de l’exécutif de l’AÉUM</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Extrême minceur, ou contrôle des corps</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/extreme-minceur-ou-controle-des-corps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dalia Djazouli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décodage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[excès]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[maigreur]]></category>
		<category><![CDATA[résistance]]></category>
		<category><![CDATA[standards]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60394</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un inquiétant regain de popularité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/extreme-minceur-ou-controle-des-corps/" data-wpel-link="internal">Extrême minceur, ou contrôle des corps</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’atteinte d’une maigreur excessive et malsaine comme idéal de beauté semble être revenue hanter la sphère publique et médiatique. Les corps maladifs sous-pondérés sont à nouveau esthétisés et massivement célébrés. Et nous qui pensions en être enfin sorties. Le mouvement de la positivité corporelle qui avait battu son plein dans les années 2010, avait marqué un tournant favorable dans l’émancipation des corps, en particulier féminins. Certes, le bilan de cette période reste quelque peu à nuancer, les corps fins, valides et sculptés demeurant la norme, mais, dans l’ensemble, on observait une inclusivité accrue des différentes corpulences au sein de l’espace public, et moins d’injonctions à rentrer dans une taille S.</p>



<p>Cette fenêtre d’égalité dans le traitement des corps semble s’être désormais refermée. La minceur est redevenue la norme toute-puissante. Les <a href="https://www.cbc.ca/news/world/celebrity-weight-loss-ozempic-9.6975758" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">influenceurs</a> qui avaient construit leur audience autour de l’acceptation de leur corps fondent à vue d’œil. Les célébrités à l’apparence squelettique et aux visages émaciés affluent sur les tapis rouges. Et les médias sociaux en rajoutent, <a href="https://www.dw.com/en/bye-bye-body-positivity-hello-heroin-chic/a-70026120" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">suggérant</a> incessamment la désirabilité des corps les plus fins. Cet éloge s’observe à travers différentes tendances absolument dangereuses qui normalisent la dépendance aux produits médicamenteux, notamment l’Ozempic, pour n’en nommer qu’un seul. </p>



<p>On dissimule l’obsession de la finesse derrière des termes de soin et de développement personnel, et s’opère une instrumentalisation du langage médical comme moyen de culpabilisation. La graisse est vilipendée, synonyme de mauvaise santé et de laisser-aller. C’est un acharnement rhétorique et bien-pensant qu’on retrouve moins autour de la consommation d’alcool, par exemple, mais mobilisé à l’excès lorsqu’il s’agit d’exercer une forme de contrôle sur les corps féminins. Les médecins sont souvent en première ligne pour véhiculer ces <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4381543/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">biais grossophobes</a> et établir des diagnostics erronés auprès de leurs patients en surpoids. En associant systématiquement des symptômes sérieux à leur corpulence, les causes profondes demeurent non traitées, tandis que le régime devient la solution toute trouvée. Les personnes minces sont rarement pathologisées, même lorsqu’elles présentent des habitudes de vie et de santé similaires à une personne en surpoids.</p>



<p><strong>Une contrainte genrée </strong></p>



<p>Les femmes sont les premières victimes de cette tendance particulièrement nocive : les troubles du comportement alimentaire affectent <a href="https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-619-m/2012004/sections/sectiond-fra.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dix fois</a> plus les femmes que les hommes. <a href="https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-619-m/2012004/sections/sectiond-fra.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">90%</a> des cas d’anorexie mentale se manifestent chez les femmes. Les effets psychologiques d’un individu en déficit calorique ne sont pas négligeables : irritabilité, difficulté de concentration, dépression, isolement social. </p>



<p>J’ai employé le mot « tendance » quelques lignes plus tôt, mais il est évident que les attentes et pressions sociétales exercées sur les corps féminins ne datent pas d’hier. La valeur des femmes et leur accès au bonheur a depuis longtemps été conditionnel à leur apparence et à leur capacité à supporter la faim.</p>



<p><strong>L’histoire sans fin </strong></p>



<p>Une autre dimension bien pernicieuse de ce standard : c’est un idéal inatteignable. Un idéal qui exclut toute approche équilibrée. Impossible de peser moins que son poids naturel sans, au passage, dégrader sa santé. Qui dit inatteignable dit recherche constante, qui n’aboutira jamais à un résultat fini et définitif. On doit s’employer continuellement à atteindre la taille parfaite, et il n’est pas question de se relâcher, au risque de rapidement regagner le poids si difficilement perdu. </p>



<p>Cette quête interminable est périodiquement récompensée par des compliments et encouragements qui motivent sa poursuite. L’approbation sociale justifie toutes les souffrances, toutes les privations. </p>



<p>La faim devient obsédante, et le champ d’intérêt des affamées ne dépasse plus celui de l’assiette. Comme une sonnette, constante, qui réclame que cette sensation négative soit apaisée et disparaisse. Elle monopolise l’esprit, matin, midi et soir, jour après jour, semaine après semaine. La faim devient paralysante. </p>



<p>Pour Naomi Wolf, essayiste et militante féministe, cette culture du régime est une stratégie retorse élaborée par les sociétés industrialisées, et e, afin d’imposer des normes punitives à un segment de la population enfin libéré par la deuxième vague du féminisme. Cette propagande bien huilée, qui idolâtre la minceur et devient une injonction avant tout féminine, revêt un enjeu politique. Elle veut qu’on soit petite, apathique, faible. Tout le contraire de ce qu’avance le mouvement féministe, lequel prône solidarité et vigueur. </p>



<p>La faim était révélatrice du statut social: le mieux nourri est le plus valorisé par sa société. Ainsi, dans la France médiévale, les femmes recevaient deux tiers des céréales allouées aux hommes. Mais, dans un contexte de surabondance alimentaire qui caractérise nos sociétés industrielles, la logique voudrait que nos assiettes soient remplies à parts égales. La culture du régime devient un outil efficace pour imposer la faim aux femmes et la normaliser. Elle devient un sédatif politique puissant afin de les neutraliser et freiner leur émancipation.</p>



<p><strong>Paradoxe d’une injonction libératrice </strong></p>



<p>Une femme amaigrie est une femme qui a su se discipliner, dominer ce sentiment tenaillant de faim pour atteindre une visée suprême et superbe. </p>



<p>Celles dévouées à cet objectif s’entourent de rituels, croyances et symboles, avec la promesse d’un salut que représente la perte de poids. Selon <a href="https://journals.openedition.org/aof/571" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Michelle Lelwica</a>, professeure de religion à l’Université de Concordia, ces femmes ont fini par prendre la forme d’un culte. </p>



<p>La faim, ou plutôt sa maîtrise procure un sentiment de contrôle, voire d’émancipation. On est responsable de son propre corps, on a le pouvoir de le sculpter, de le soumettre à toutes les carences. C’est à nous que revient la décision du lieu, du temps de prise de repas : dans ce contexte, « <em>une femme fait preuve d’une forme d’autonomie qui, historiquement, a toujours été l’apanage des hommes </em>(<em>tdlr</em>) ».</p>



<p>Ne vous méprenez pas, ce régime alimentaire est subi, non choisi. La grossophobie est une construction sociale néfaste qui ne profite aucunement aux femmes. Celles-ci ont d’ailleurs besoin d’une quantité plus importante de gras dans leur corps – <a href="https://us.humankinetics.com/blogs/excerpt/learn-why-women-carry-more-fat-than-men?srsltid=AfmBOoouPl0dOFkVgNj1HTH7zwFWVbJURQbPLDzmnwjrWFa3sV_be3EF" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">18 à 20 %</a> du poids corporel, contre <a href="https://us.humankinetics.com/blogs/excerpt/learn-why-women-carry-more-fat-than-men?srsltid=AfmBOoouPl0dOFkVgNj1HTH7zwFWVbJURQbPLDzmnwjrWFa3sV_be3EF" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">10 à 15%</a> pour les hommes – et son élimination complète peut entraîner de sérieux dérèglements hormonaux. </p>



<p>Aimer son corps et rejeter les standards de beauté constituent un acte militant et féministe. Un acte de résistance à l’encontre des normes tyranniques du patriarcat. La nourriture, c’est notre carburant, notre source de force et d’énergie. Alors, mangez, et mangez bien, d’abord pour affronter le rude hiver montréalais, mais aussi pour vous réapproprier votre corps.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/extreme-minceur-ou-controle-des-corps/" data-wpel-link="internal">Extrême minceur, ou contrôle des corps</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La religion, ennemie éternelle de la femme</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/la-religion-ennemie-eternelle-de-la-femme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[inégalité]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60398</guid>

					<description><![CDATA[<p>Démasquer dans l’irrationnel les mécanismes d’une oppression réelle.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/la-religion-ennemie-eternelle-de-la-femme/" data-wpel-link="internal">La religion, ennemie éternelle de la femme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Dans l’espoir d’osciller toujours entre la pertinence et la provocation, je vous propose cette semaine une critique des détestables conséquences de l’ésotérisme (lire ici la religion) sur l’avancement de la condition féminine. Cette chronique, curieusement, n’est en fait que l’extension d’un argumentaire étayé au cours d’une discussion tendue dans le local du Délit, elle-même déclenchée par un fait divers impliquant l’Université Concordia. Il était alors question d’une salle de prière dans un de ses bâtiments, dont l’accès était interdit aux femmes. Un bâtiment public, ségrégué. J’étais consterné.</em></p>



<p class="has-text-align-right">Les hommes font les dieux et les femmes les adorent – JAMES GEORGE FRAZER</p>



<p class="has-text-align-right">Entre autres chez les juifs, les musulmans, les chrétiens, l’homme est le maître par droit divin : la crainte de Dieu étouffera chez l’opprimée toute velléité de révolte – SIMONE DE BEAUVOIR</p>



<p>Étant moi-même issu d’un milieu particulièrement croyant, je comprends l’attrait de la béquille intellectuelle que représente la dévotion à une entité imaginaire. Un joyeux mélange de déni et de paresse. L’inexplicable trouve son sens dans la volonté incompréhensible d’un être invisible et omniscient. Et nos naïves réflexions existentialistes? Nos questions sur la misère, la souffrance et la mort? Rabrouées par une sorte d’alliage institutionnel entre pédophiles et mégalomanes-investis-du-Saint-Esprit. <em>Repentez-vous, mes enfants, le salut approche.</em></p>



<p>Une société domestiquée et aveuglée par le mysticisme est condamnée d’office à une stagnation socio-intellectuelle qui ne bénéficie toujours qu’aux tributaires du pouvoir.</p>



<p>C’est donc pourquoi je crois que la sécularisation du Québec est l’un de nos plus formidables accomplissements du dernier siècle. Nous sommes passés, en 30 ans à peine, d’un peuple abruti par des curés bien dressés à une nation refusant de voir en son existence une simple antichambre de la mort (et son ô combien désirable vie éternelle). Trente ans, c’est long, mais un cancer, c’est tenace.</p>



<p>Qui furent les grandes gagnantes socioculturelles de cette chimiothérapie sociale? Une évidence, pour les plus perspicaces : chaque fois qu’un système construit et dominé entièrement par des hommes s’effondre, ce sont les femmes qui en tirent profit.</p>



<p><strong>La poursuite de l’indémontrable</strong></p>



<p>Les plus dévots verront en moi une sorte d’hérétique qui ne voit que le mal au sein de cultes faisant la promotion de valeurs merveilleuses, comme la miséricorde, la générosité ou l’entraide. Merci, tartuffes, mais votre errance n’apporte rien de pertinent à mon analyse du piège religieux. Le vitriol qu’il répand n’émane pas simplement de l’existence de la religion elle-même, mais plutôt de son interprétation, son institutionnalisation et sa marchandisation, qui en font une farce présentée comme la supposée ligne directrice de notre existence. Ce que je condamne dans le catholicisme québécois, je le condamne aussi dans les manifestations des autres religions (surtout monothéistes) au sein de notre société. Elles ne sont après tout que l’extension d’un système patriarcal millénaire dont l’objectif unique est la domination de l’homme sur la femme.</p>



<p>Pourquoi m’acharner sur la religion, quand tant d’autres formes d’oppressions s’entrelacent pour étouffer la pleine existence de la femme dans notre monde? Peut-être (incontestablement) à cause de son petit côté buisson ardent, son aspect complètement incontestable qui en fait l’arme dialectique par excellence contre l’atteinte de l’égalité des genres.</p>



<p>La religion exige de son sujet une croyance aveugle, une foi inébranlable à l’épreuve de toute explication rationnelle. Autant dire qu’elle exige une remarquable malléabilité des esprits, doublée d’une admirable crédulité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« En subtilisant sa propre faiblesse d’esprit pour la transposer sur les envies d’une figure toute-puissante, l’homme a réussi à socialiser le concept d’inégalité des genres tout en l’imperméabilisant contre les attaques les plus logiques des injustices en découlant inévitablement »</p>
</blockquote>



<p>Notre modernité nous confère désormais une compréhension profonde et précise de la pensée, des êtres et de leur substance, si bien qu’il est à présent impossible de présenter un argument rationnel plaçant la femme comme inférieure à l’homme. Alors quand, au nom de la religion, on exige de la femme la modestie, la serviabilité et la docilité dont le patriarcat raffole, il s’agit de la plus évidente démonstration de la lâcheté de ceux qui en font la promotion. S’ils avaient au moins le courage d’avouer qu’ils veulent que la femme leur soit subalterne, le problème serait déjà à moitié résolu. Il ne s’agirait alors que du banal jugement d’un homme, d’un groupe d’hommes, d’un monde d’hommes. Une alliance tordue des esprits certes très puissante, mais basée sur une incompréhension humaine, non pas un jugement divin.</p>



<p>En subtilisant sa propre faiblesse d’esprit pour la transposer sur les envies d’une figure toute-puissante, l’homme a réussi à socialiser le concept d’inégalité des genres tout en l’imperméabilisant contre les attaques les plus logiques des injustices en découlant inévitablement.</p>



<p><strong>L’obsession laïque</strong></p>



<p>Je ne veux surtout pas que vous associiez mon dédain pour la religion à de l’intolérance pour sa simple pratique. Bien que je ne croie pas souhaitable pour notre avancement collectif la pratique d’une quelconque croyance centrée sur autre chose que l’humain, libre à chacun de croire ce qu’il veut. Libre à chacun de me juger et de me condamner à la géhenne éternelle. </p>



<p>Mais je ne crois pas avoir tort en disant que toute croyance, religieuse ou pas, qui fait de la femme un outil pour l’homme ne devrait pas polluer une société se voulant égalitaire. Peut- être trouvez-vous mon exégèse inexacte? Peut-être alors que je ne sais pas lire, que j’interprète mal la Bible, le Coran ou la Torah? Peut-être que c’est mon esprit malade de cynique qui fabule des passages (écrits par des hommes-aspirants Dieux) qui lapident des femmes, qui les confinent à la vie privée, qui les persécutent pour l’exercice simple de leur volonté? </p>



<p>Le Québec, j’ose le croire, aspire à réduire toujours plus le fossé séparant les genres, lui-même un héritage de nos systèmes socio-religieux. Je ne vous parle bien sûr pas des dérives électoralistes misogynes de la CAQ, qui voient dans les signes religieux une abomination doublée d’un outil d’endoctrinement démoniaque. </p>



<p>Ce gouvernement intolérant (et intolérable) se contente de hiérarchiser par ses décrets les religions et empêcher d’autres croyances de prendre la place de l’héritage dégoûtant du christianisme. Il prône non pas l’égalité, mais la xénophobie, le refus de l’autre et l’hypocrisie la plus totale. </p>



<p>Permettez-moi simplement de formuler le raisonnement suivant. Peut-être le trouverez-vous simpliste. Moi, je lui trouve une franche simplicité. </p>



<p>Si, comme martelé avec conviction par le féminisme, l’homme est le principal catalyseur des inégalités entre les genres par l’intermédiaire des structures du patriarcat ; </p>



<p>Et que l’homme, créateur des religions, a construit la société autour de ces croyances pour consolider sa supériorité factice ; </p>



<p>Alors, la religion créée, peu importe la forme qu’elle prend, vise foncièrement à soumettre les femmes à son autorité, ce qui la rend fondamentalement incompatible avec l’atteinte de l’égalité des genres au sein de la société. </p>



<p>Tout système fondé par l’homme ne fait que réifier sans relâche la femme : pourquoi la religion serait-elle l’exception? Pourquoi nous permettons-nous encore d’opprimer les femmes en invoquant l’autorité d’un Dieu chimérique? </p>



<p>Les inégalités sont difficiles à enrayer, mais elles sont impossibles à effacer si elles continuent de prendre appui sur une hallucination collective qui en fait la vérité de milliards de personnes sur Terre. Délaissons cette dépendance maladive à l’invérifiable pour enfin nous focaliser sur une réalité véritablement empirique ; celle selon laquelle nous sommes tous et toutes égaux dans notre humanité. Et, n’en déplaise aux vendeurs d’indulgences et aux amoureux de soutanes en tous genres, nous ne sommes que notre humanité. Rien d’autre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/la-religion-ennemie-eternelle-de-la-femme/" data-wpel-link="internal">La religion, ennemie éternelle de la femme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Les femmes MAGA au service du patriarcat</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/les-femmes-maga-au-service-du-patriarcat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anonyme]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Arika Kirk]]></category>
		<category><![CDATA[Erika Kirk]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Kristi noem]]></category>
		<category><![CDATA[MAGA]]></category>
		<category><![CDATA[mysoginie]]></category>
		<category><![CDATA[sexisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Kristi Noem et Erika Kirk comme figures de proue du néo-fascisme américain.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L a montée en puissance de l’idéologie du mouvement politique <em>Make America Great Again</em> (MAGA) n’est pas qu’un accident ou qu’une simple parenthèse dans l’histoire américaine. Au contraire, ce fléau populiste est l’aboutissement rationnel d’un mariage longuement mijoté entre le conservatisme social, le néolibéralisme économique, et le sensationnalisme médiatique. Quoi qu’elle se vêtisse d’un nouvel habillage moderne et d’une esthétique grossière, cette fusion macabre porte en elle les caractéristiques héréditaires du fascisme, tel que le monde l’a vécu au 20e siècle. </p>



<p>Parmi ces héritages idéologiques, la domination masculine occupe une place particulière. Malgré le changement de décor et de circonstances, l’hégémonie masculine en politique n’a jamais été réellement remise en question, ni par les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale ni par les mouvements sociaux dits « woke ». Au contraire, ces dernières années, il semblerait que cette tradition patriarcale connaisse une résurgence – cette fois-ci sous une forme spectaculaire, combinant violence, assujettissement et sexualisation des femmes. </p>



<p>Sous le régime idéologique du mouvement MAGA, la transgression semble devenir une norme politique. À l’échelle sociale, cette attitude se manifeste d’abord par une misogynie assumée, comme celle promue par certains créateurs de contenu, tels que Andrew Tate. Elle se traduit également par un renforcement des pressions de conformité aux normes de genre. C’est donc à travers un double registre, combinant une rhétorique violente et un discours plus consensuel, que se communique la vision patriarcale du rôle des femmes dans la société moderne. </p>



<p><strong>Erika Kirk : de quelle tradition s’agit-il? </strong></p>



<p>Une des capacités distinctives de ce système patriarcal est son habileté remarquable à se perpétuer en instrumentalisant certaines femmes pour reproduire les structures qui les subordonnent. C’est à travers ce mécanisme d’opacité que sa présence se resserre sur la société, et que ses contradictions se dissimulent sous le couvert de liberté individuelle, de traditions ou de choix personnels. </p>



<p>Erika Kirk, commentatrice politique et veuve de Charlie Kirk, sous-entend un besoin « naturel » de docilité chez les femmes lorsqu’elle déclare : « <em><a href="https://www.msn.com/en-us/health/wellness/maga-christians-want-wives-to-stay-at-home-but-theres-an-ironic-hypocrisy/ar-AA1NG1ls" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">C’est à ton mari de partir à la conquête du monde, de se battre et de rentrer à la maison. De conquérir (tdlr). </a></em>» Ce qui frappe dans cette citation est la récurrence du champ sémantique de la guerre et son association avec la « responsabilité » masculine. Lorsque l’on considère que cette même Erika Kirk est célèbre pour ses appels à ce que les femmes « retrouvent leur place » dans la sphère domestique, un schéma familier se dessine. </p>



<p>La vision binaire et hiérarchisée des normes de genre n’est pas nouvelle. En s’adressant à un congrès de femmes nazies, Adolf Hitler lui-même s’est permis l’expression : « <em>Nous rejetons la théorie libérale-juive-bolchévique de l’égalité des femmes, car elle les déshonore! Une femme, si elle comprend bien sa mission, dira à un homme : “Tu protèges notre peuple du danger, et je te donnerai des <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Gertrud_Scholtz-Klink" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">enfants</a></em>”. » Ainsi, quand Erika Kirk se permet de nous dire : « <em>Ne laisse personne te priver de tes droits simplement parce que tu es un jeune homme, surtout si tu es un jeune homme <a href="https://www.msn.com/en-us/politics/government/erika-kirk-blasted-for-her-bizarre-remarks-about-disenfranchised-white-men-she-should-shut-up/ar-AA1YzIZc" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">blanc</a></em> », il devient difficile de ne pas y voir la résurgence d’une vision patriarcale du monde, dans laquelle les hiérarchies sociales, de genre, de race, et d’idéologie, s’entrelacent. Cette logique illustre la dominance intersectionnelle, un système d’ordre politique où les marqueurs d’identités sont cumulés de sorte à former une pyramide sociale où l’homme blanc fasciste occupe l’apex. </p>



<p><strong>Kristi Noem, entre victime et complice </strong></p>



<p>Dans cette équation politique, il devient difficile de comprendre le rôle confus et multiforme des femmes dans l’administration américaine. Cependant, en examinant le style de visibilité qu’adopte l’ancienne secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, Kristi Noem, on peut apprécier comment certaines femmes parviennent à naviguer entre les attentes patriarcales et les possibilités politiques pour se positionner de manière stratégique dans le paysage MAGA. Cette approche peut être comprise comme l’aboutissement d’une négociation complexe entre les rôles de genre, le pouvoir politique et les attentes sociales qui encadrent la participation des femmes à la sphère publique. </p>



<p>Professeure en sciences politiques à l’Université Clark, Valerie Sperling nous explique : « <em>Tout homme politique a pour mission de séduire son électorat, et l’un des moyens les plus simples d’y parvenir […] consiste à jouer sur les normes de genre, car celles-ci sont très faciles à comprendre. Pour les hommes, il s’agit de montrer que l’on est un homme politique fort, déterminé, rationnel, hétérosexuel et séduisant. La tâche est relativement facile pour les hommes, car, dans la binarité des genres, ces caractéristiques […] correspondent à la fois à la masculinité et à notre idée de ce qu’est un bon homme politique dans le cadre du patriarcat </em>» Cependant, professeure Sperling précise: « <em>Les femmes en politique sont dans une situation bien plus délicate, elles doivent marcher sur une corde raide bien plus marquée par les stéréotypes de genre. Les femmes doivent donc montrer qu’elles sont fortes, dures, déterminées et rationnelles, et, ce faisant, elles doivent contrer tous les stéréotypes que nous avons déjà sur les femmes </em>». Dans le cas de Kristi Noem, cette tension perpétuelle entre identité politique et de genre est accentuée par le rôle militarisé qu’elle assume au sein du Département de la sécurité intérieure et de sa sous-agence, le service d’immigration et des douanes (ICE). </p>



<p>Ainsi, comme le souligne professeure Sperling : « <em>Les femmes doivent montrer qu’elles sont fortes, tenaces, déterminées et rationnelles, et, ce faisant, elles doivent aller à l’encontre de tous les stéréotypes que nous avons déjà sur elles. Elles n’ont donc pas d’autre choix. Elles doivent montrer qu’elles sont tenaces, et c’est pourquoi on voit ce genre de look militarisé.</em> » Elle poursuit : « <em>Mais le plus difficile pour les femmes, c’est que lorsqu’elles se comportent ainsi, elles ne sont pas des femmes “convenables”</em> ». <em>Il doit donc toujours y avoir un facteur modérateur, quelque chose pour rassurer ce public masculin sur le fait qu’elle n’a pas trop de pouvoir, qu’elle ne dépasse pas trop les normes de son genre. Donc, le Botox, les cheveux longs, le clone de Melania, vous voyez […] elle essaie vraiment de naviguer dans le couloir très étroit des comportements acceptables pour les femmes en politique.</em> » </p>



<p><strong>Le masculinisme débordant </strong></p>



<p>Le patriarcat est bel et bien vivant. L’inclusion des femmes dans le mouvement MAGA ne promulgue en rien plus d’égalité, et nourrit au contraire une propagande idéologique qui s’intensifie sans relâche. C’est ainsi que la politique étrangère des États-Unis adopte à la fois une rhétorique masculiniste, mais aussi une attitude belligérante, qui fait écho aux structures patriarcales qui caractérisent la politique domestique du pays. </p>



<p>Entre les débordements machistes du deux fois divorcé secrétaire de la guerre Pete Hegseth, et les mises en scène médiatiques d’une virilité politique associée à la force militaire, le discours officiel propose un imaginaire de domination et de puissance masculin. </p>



<p>Quand les États-Unis bombardent une école primaire pour filles de Minab en Iran, ce n’est pas pour défendre la cause des femmes.</p>



<p></p>
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		<title>Nos autrices</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/nos-autrices/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L&#39;équipe du Délit]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[autrices]]></category>
		<category><![CDATA[écrivaines]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[opinion de l'équipe du délit]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’équipe vous partage ses recommandations de lecture.</p>
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<p><strong>Marius</strong> : Avocate, militante et autrice, Gisèle Halimi est une héroïne sans équivoque! Armée d’un talent d’éloquence et d’un caractère intransigeant, elle a confronté l’injustice partout où elle a osé se montrer. Que ce soit dans ses livres, dans ses discours ou devant un procureur, elle a défendu ses convictions humanistes et anticoloniales sans répit ni compromis. Je vous conseille de commencer avec son pamphlet <em>Plaidoirie pour l’avortement</em> et son roman <em>L’étrange Monsieur K.</em></p>



<p><strong>Timotée</strong> : Poète et romancière franco-égyptienne d’origine libanaise née au Caire, Andrée Chedid s’inspire de son identité plurielle dans ses textes. Ses poèmes réconcilient les cultures et racontent une humanité commune qui dépasse les frontières. Par un style simple et lumineux, Andrée Chedid fait émerger une compassion solidaire capable de surmonter les divisions.</p>



<p><strong>Aurélien</strong> : Romancière française d’origine algérienne, Alice Zeniter raconte extraordinairement l’Algérie de sa famille à partir des années 1930, dans son ouvrage <em>L’Art de perdre</em>. Un récit essentiel afin de comprendre la guerre d’Algérie du point de vue des harkis, ces Algériens qui travaillaient pour la France coloniale et qui se sont vus rejetés par leur société à l’issue du conflit. Il raconte enfin leur exil suivi de leur installation éprouvante en France, marquée par le racisme et une société désireuse d’oublier la guerre et ses acteurs. Un travail de mémoire réussi avec brio par Zeniter sur lequel il faut se pencher afin de comprendre la France moderne.</p>



<p><strong>Juliette A.</strong> : Mes sens de Méditerranéenne se sont réveillés sous les mots parfaits de Colette dans <em>Le blé en herbe</em>. Colette révèle à chaque page une nouvelle odeur, et m’a fait entendre les cigales grésiller même à des milliers de kilomètres de la côte bretonne où se déroule l’intrigue. Ses livres sont des odes à la nature, réalistes et poétiques, qui illustrent merveilleusement aussi son engagement féministe, elle qui a écrit sous le nom de son mari pendant de nombreuses années afin de pouvoir être publiée. Elle est à lire absolument.</p>



<p><strong>Antoine</strong> : Anne Hébert. Une femme grandiose, dont l’écriture troublante nourrit une dépendance quelque peu maladive pour tout ce qu’elle a produit. Pionnière de la littérature québécoise et du féminisme littéraire, et, n’en déplaise à Eugénie, l’autrice la plus importante du canon littéraire québécois. Vous serez hantés à jamais par <em>Le torrent</em> ou <em>Les Enfants du sabbat</em> – et vous en redemanderez.</p>



<p><strong>Héloïse</strong> : Les romans qu’on lit en grandissant nous construisent en tant que personnes, et c’est pour cette raison que je me dois de mentionner Evelyn Brisou- Pellen. Romancière prolifique, elle a plus de 130 ouvrages à son nom, notamment la saga <em>Le manoir</em> et la trilogie <em>Ysée</em>. Si l’on retrouve ces œuvres dans la section « jeunesse » en librairie, ce n’en sont pas moins des récits captivants qui s’inscrivent dans des univers historiques détaillés et envoûtants.</p>



<p><strong>Sixtine</strong> : Margaret Atwood est l’autrice canadienne de <em>La servante écarlate</em>. Ce roman de fiction spéculative est marquant, car il évoque nombre de dérives actuelles. Plongé dans un monde où les États-Unis sont devenus une théocratie et où le corps des femmes est réduit à une machine de reproduction, <em>La servante écarlate</em> n’est pas une simple histoire, mais un rappel qu’il faut rester vigilant, car nos droits ne sont jamais acquis.</p>



<p><strong>Dalia</strong> : Une autrice à lire absolument : Audre Lorde, essayiste, poétesse et militante. Ses œuvres sont des incontournables pour ceux et celles qui souhaitent se plonger dans la littérature féministe intersectionnelle. Ses différents essais et poèmes sont poignants d’humanité et d’empathie. Y figure l’impératif de développer une solidarité intercommunautaire, et de permettre l’autonomisation des femmes et des minorités visibles. Lorde ne mobilise pas uniquement le « <em>care</em> » dans ses recueils : on y perçoit parallèlement une colère. Une colère saine, nécessaire et humaine face aux violences constantes des structures étatiques et capitalistes, qui marginalisent toujours davantage les minorités visibles.</p>



<p><strong>Eugénie</strong> : Gabrielle Roy est, à mon sens, l’autrice la plus remarquable de la littérature québécoise. On la connaît surtout pour <em>Bonheur d’occasion</em> – avec raison, c’est un chef‑d’œuvre – mais vous gagneriez également à lire <em>Alexandre Chenevert</em>, ou <em>Rue Deschambault</em>. J’ai lu ces livres il y a trois ans et certaines phrases m’habitent encore aujourd’hui. Mention spéciale pour les pièces de théâtre de Yasmina Reza, que je recommande tout le temps, à tout le monde.</p>



<p><strong>Félix</strong> : La plupart des œuvres de Heather O’Neill se déroulent dans la ville de Montréal et mettent en scène des femmes et filles, dans des conditions économiques précaires. Entre contes de fées et réalités traumatisantes, les romans d’O’Neill ont trouvé une place respectée dans le canon littéraire canadien. L’écrivaine anglophone intègre systématiquement des mots français pour dépeindre son monde fictif, brutal et beau, car elle revendique sa présence dans la vie montréalaise. Elle a récemment travaillé avec l’autrice québécoise Dominique Fortier pour la traduction de ses livres.</p>



<p><strong>Catherine</strong> : Romancière, scénariste et réalisatrice québécoise, Anaïs Barbeau-Lavalette est une autrice incomparable. Ses écrits explorent en profondeur l’identité féminine et mettent en valeur la complexité du rôle de mère. C’est avec une plume extraordinaire qu’elle donne une voix à divers personnages invisibilisés et qu’elle dépeint les difficultés vécues par ces derniers avec justesse. Elle aborde notamment l’importance de la quête de liberté, de l’affranchissement de soi et du bris des normes sociales dans son roman<em> La femme qui fuit</em>, dans lequel une mère quitte sa famille dans l’espoir de vivre une vie insoumise.</p>



<p><strong>Catvy</strong> : Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens, Francesca Albanese est une voix qui refuse de se taire face au génocide en Palestine. Entre <em>Palestinian Refugees in International Law</em> (2020), <em>J’accuse. Gli attacchi del 7 ottobre, Hamas, il terrorismo, Israele, l’apartheid in Palestina e la guerra </em>(2023), et <em>Quand le monde dort : Récits, voix et blessures de la Palestine</em> (2025), Albanese mélange expériences personnelles et analyse juridique afin d’appeler à une résistance à l’hégémonie de l’ordre mondial actuel.</p>



<p><strong>Elie</strong> : Impossible de parler de littérature sans évoquer Marguerite Duras, ou plus particulièrement <em>L’Amant</em>, où l’intimité et la sensualité se mêlent dans une écriture délicate et profondément sensible. Son essai Écrire offre aussi une méditation lucide et inspirante sur l’acte de l’écriture. Sinon, je vous recommande également Shelley Saywell, cinéaste documentaire, qui vient tout juste de publier son mémoire <em>If Only Love</em>, un livre à la fois beau et déchirant, qui risque de vous faire pleurer tout en vous redonnant foi en l’amour.</p>



<p><strong>Jiayuan</strong> : Si je dois nommer une autrice qui m’a marquée au cours de la dernière année, c’est sans doute Leïla Slimani, sur qui j’ai même écrit un article. Dans son roman <em>Chanson douce</em>, qui a remporté le Prix Goncourt en 2016, elle trace des portraits psychologiques vifs et examine les questions de classe, de race et de la place des femmes dans le contexte du 21e siècle à travers une plume acérée.</p>



<p><strong>Juliette E. </strong>: Je ne peux pas en choisir une seule : Natasha Kanapé Fontaine, Dominique Fortier, Abla Farhoud, Naomi Fontaine, Jane Austen, Agatha Christie, Amélie Nothomb, Élise Gravel… La littérature est aussi orale, musicale, scénique, et bande dessinée, et les femmes en sont de plus en plus les voix essentielles.</p>



<p><strong>Rose</strong> : Annie Ernaux est lauréate du prix Nobel de littérature en 2022 et son œuvre à saveur autobiographique est un incontournable. Elle s’attaque à des sujets ayant marqué sa vie : les droits de la femme, dont l’avortement, le transfuge de classe, les relations parent-enfant et la place de l’individu dans la société. La plume d’Ernaux est percutante : elle sait se distancer des événements et en offre un rendu qui se veut objectif, descriptif, une simple évocation des faits. Une œuvre marquante qu’il faut lire (et relire).</p>



<p><strong>Salma</strong> : Fred Vargas, autrice française de romans policiers captivants, tels que <em>L’Homme à l’envers</em>.</p>



<p></p>
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		<title>Des initiatives qui rassemblent</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/des-initiatives-qui-rassemblent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[communauté étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[initiatives]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À McGill, des projets pour célébrer et soutenir les femmes.</p>
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<p></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pour que la honte change de camp</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pour-que-la-honte-change-de-camp/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Masculinisme]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[violence sexuelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le silence et l’inaction entourant les violences sexuelles.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pour-que-la-honte-change-de-camp/" data-wpel-link="internal">Pour que la honte change de camp</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Pourquoi parler de féminisme aujourd’hui, en 2026? Parce que l’illusion de la parité, de l’égalité et du respect est sans doute l’un des dangers les plus insidieux de notre époque. Tant que l’on refusera de regarder en face les réalités brutales de la condition des femmes, les violences continueront d’être banalisées, normalisées, et aucun changement réel ne pourra advenir.</p>



<p><strong>Quelques chiffres pour mettre la table</strong></p>



<p><a href="https://violsecours.qc.ca/statistiques/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Au Québec</a>, une femme sur trois sera victime d’une agression sexuelle après l’âge de 16 ans, et un homme sur huit en sera victime au cours de sa vie. Ce chiffre est déjà alarmant, mais il ne reflète qu’une infime partie de la réalité : lorsqu’on sait que seule <a href="https://violsecours.qc.ca/statistiques/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une agression</a> sur vingt est rapportée à la police, on peut raisonnablement penser que cette proportion est encore plus élevée.</p>



<p>Près de <a href="https://violsecours.qc.ca/statistiques/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">70 %</a> des agressions sexuelles sont commises dans des résidences privées, et <a href="https://www.inspq.qc.ca/violence-sexuelle/statistiques" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">81 %</a> des auteurs étaient connus de leur victime. On est donc bien loin du mythe qu’on nous vend, selon lequel les agressions seraient surtout commises par des inconnus, dans des ruelles sombres.</p>



<p><strong>Qu’est-ce que tu portais?</strong></p>



<p>C’est à 12 ans que j’ai pris conscience des mécanismes pervers d’une société qui objectifie les femmes et les contraint à se plier à des standards de beauté stricts pour être jugées dignes d’amour. Lors d’un atelier du Programme d’éducation intermédiaire (PEI), nous avions recensé ces critères supposément universels : taille fine, poitrine volumineuse, hanches larges…</p>



<p>C’est aussi à partir de ce moment-là que j’ai commencé à dissimuler un corps en pleine transformation. Je refusais d’être réduite à un objet. Je refusais les réalités dégradantes imposées à la féminité, et la peur constante des violences qu’elles charrient.</p>



<p>Mais vous savez quoi ? Cela ne m’a pas empêchée d’être suivie dans la rue à 15 ans ni de subir du harcèlement à répétition – une vingtaine de fois. Pas plus tard que samedi dernier, en plein jour, je me suis fait interpeller et suivre dans la rue alors que j’étais accompagnée d’un homme, vêtue d’un manteau d’hiver jusqu’aux genoux et d’un capuchon sur la tête.</p>



<p>Non, cela n’a jamais été une question de vêtements ni de corps. Ça n’a jamais été une question d’heure ou de quartier. Les salauds n’ont plus aucune gêne à proférer des obscénités aux femmes dans l’espace public, quelles que soient les circonstances.</p>



<p>Chaque fois qu’une femme dénonce une violence, tous les regards se tournent vers elle : « que faisais-tu dehors à cette heure-là? », « que portais-tu? », « pourquoi étais-tu seule? ». Les agresseurs, eux, ne sont jamais interrogés. « Pourquoi t’es-tu permis d’agresser quelqu’un? », cela, on ne l’entend jamais.</p>



<p>Non. Ce que l’on remet systématiquement en question, c’est la véracité de la dénonciation.</p>



<p>Laissez-moi déconstruire un autre mythe : <a href="https://www.inspq.qc.ca/violence-sexuelle/comprendre/faits" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">seules 5 %</a> des dénonciations s’avèrent infondées. Continuer à prétendre que les victimes cherchent à attirer l’attention ou à détruire la vie des puissants, c’est entretenir la culture du viol. C’est décourager les victimes de porter plainte, restreindre leur accès à la justice et retourner le système contre elles.</p>



<p><strong>Votre culture du viol</strong></p>



<p>Oui, contrairement à ce que plusieurs peuvent croire, la culture du viol est bien réelle. Ce n’est <a href="https://www.journaldemontreal.com/2024/03/27/le-sacrifice-de-nos-garcons-et-le-deni-des-neofeministes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une généralisation « néoféministe »</a>, comme le soutien Mathieu Bock-Côté, mais une réalité sociale bien tangible, qui continue d’avoir des impacts aujourd’hui.</p>



<p>Les statistiques sont claires, ce n’est pas une exagération, mais une réalité que l’on refuse trop souvent de voir. La culture du viol, je la vois, je la vis presque au quotidien. La nier ou la ridiculiser, c’est en assurer la pérennité et l’impunité. Or, cher Mathieu, les agressions sexuelles ne sont pas en hausse en raison de vagues migratoires et de l’« <a href="https://www.youtube.com/watch?v=I2iHpAFvUMo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">immigration conquérante</a> ». Les agresseurs ont plus d’un visage et souvent, ce sont des gens de chez nous. Blâmer encore les personnes migrantes pour une culture du viol bien occidentale, c’est se déresponsabiliser pour leurs impacts. Au lieu de lancer le blâme et de prôner des discours xénophobes, pourquoi ne pas utiliser cette passion à bon escient, et mettre fin à la culture du viol? Réduire cette culture à quelques « mauvais individus » est une illusion dangereuse. Cela déresponsabilise la société dans son ensemble et absout les témoins silencieux de l’horreur. En rejetant la faute sur quelques personnes, on permet aux autres personnes de se croire non concernées, d’éviter d’intervenir et d’assurer que le silence perdure. Se <a href="https://www.journaldemontreal.com/2024/03/27/le-sacrifice-de-nos-garcons-et-le-deni-des-neofeministes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déconstruire</a>, c’est refuser cette complicité passive. C’est aussi remettre en question des normes rigides de la masculinité – l’interdiction de montrer ses émotions, l’injonction à être fort et impassible – qui nuisent à tous et étouffent la parole. Ces normes enferment aussi les hommes victimes de violences à caractère sexuel (VACS), pris entre la culture du viol et des stéréotypes patriarcaux qui rendent leur souffrance invisible et leur parole illégitime.</p>



<p>La culture du viol perdure parce que ces structures sont tolérées et reproduites collectivement. La combattre exige d’aller au-delà de la responsabilité individuelle, de reconnaître notre responsabilité commune et d’agir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Être une femme, c’est en venir à préférer l’ours – parce que,<br>lui, la pire chose qu’il puisse faire, c’est tuer »</p>
</blockquote>



<p>Et, mon cher Mathieu, présenter le <a href="https://www.youtube.com/watch?v=I2iHpAFvUMo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">masculinisme</a> comme une réponse à l’appel à la fin des stéréotypes sexistes n’a tout simplement aucun sens. Certes, les hommes ne sont pas encouragés à demander de l’aide ou à exprimer leurs émotions – mais c’est précisément à cause des stéréotypes sexistes que l’on cherche à déconstruire. Plutôt que de s’attaquer aux structures qui perpétuent ces normes nocives, on en vient à rejeter la responsabilité sur les femmes. Cherche bien la logique, mon Mathieu, moi non plus, je ne la trouve pas.</p>



<p><strong>Où est la volonté politique là-dedans?</strong></p>



<p>Afin de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/education/publications-adm/soutien-etablissements/Plan-action-VCS.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">freiner la montée</a> des VACS dans les milieux postsecondaires, l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, avait promis en 2022 la tenue de <a href="https://unionetudiante.ca/News/Details/11" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’enquête VACS</a>. Cette enquête provinciale portait sur les mesures de prévention et les ressources offertes aux victimes dans les établissements. Au coût estimé de <a href="https://unionetudiante.ca/News/Details/11" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1,2 million de dollars</a>, cette enquête devait fournir des données cruciales pour mieux orienter la lutte contre les VACS.</p>



<p>Or, le gouvernement caquiste est revenu sur sa parole et a choisi d’en annuler la tenue. Pendant que plus de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2156898/etudiants-millions-bourses-perspective-abolies-stages#:~:text=Couper%20pendant%20qu&#039;on%20s&#039;enfonce%20%2C%20d%C3%A9noncent%20les%20signataires&amp;text=Une%20clause%20de%20droits%20acquis,pr%C3%A9carit%C3%A9%20et%20c&#039;est%20inacceptable.&amp;text=%C3%89tienne%20Par%C3%A9%2C%20pr%C3%A9sident%20de%20l&#039;Union%20%C3%A9tudiante%20du%20Qu%C3%A9bec%2C,en%20entrevue%20%C3%A0%20Radio%2DCanada." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">250 millions de dollars</a> ont été retranchés du financement de l’enseignement supérieur dans la dernière année, notamment avec l’abolition du programme de bourses Perspective Québec, aucune somme n’a été investie pour documenter et combattre ces violences. Face à cette inaction, l’UEQ (Union étudiante du Québec) et la FECQ (Fédération étudiante collégiale du Québec) <a href="https://unionetudiante.ca/News/Details/11" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">se mobilisent</a> pour exiger le retour de cette enquête, indispensable pour assurer la sécurité des étudiantes et étudiants et pour s’attaquer concrètement à la culture du viol sur les campus.</p>



<p>Sans données, il est impossible de mesurer l’ampleur réelle des VACS ni d’évaluer l’efficacité des mesures en place. Le rétablissement de cette enquête est donc non négociable. Il est temps que le gouvernement cesse les reculs, fasse preuve d’une réelle volonté politique et s’engage concrètement. Protéger les étudiant·e·s québécois·e·s n’est pas une option : c’est une responsabilité.</p>



<p><strong>Être une femme en 2026…</strong></p>



<p>Être une femme, c’est devoir prévoir son itinéraire, ses vêtements et son entourage pour éviter d’être blâmé si quelque chose de grave survient. C’est surveiller constamment son verre, acheter des produits pour vérifier si celui-ci a été drogué, refuser un verre par peur qu’il crée une dette implicite.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Parce que la peur n’est pas un mode de vie pour quiconque, parce que le silence n’a plus lieu d’être, et parce qu’il est temps que la honte change de camp »</p>
</blockquote>



<p>Être une femme, c’est en venir à préférer l’ours – parce que, lui, la pire chose qu’il puisse faire, c’est tuer. Non, ce ne sont pas tous les hommes. Mais ce sont trop d’hommes. Et trop souvent, ce sont ceux que l’on connaît : nos proches, nos partenaires intimes. Le coût de l’erreur est trop élevé. Alors, comme on nous l’a appris avec les armes à feu, on traite chaque situation comme si elle était chargée. Parce que si l’on se fait abattre, il n’y aura pas foule pour nous défendre – seulement des voix pour nous reprocher de ne pas avoir été assez prudentes.</p>



<p>Être une femme, ne devrait signifier rien de tout cela, et il est temps que ça change.</p>



<p>Les VACS nous concernent tous. Parce que la peur n’est pas un mode de vie pour quiconque, parce que le silence n’a plus lieu d’être, et parce qu’il est temps que la honte change de camp.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pour-que-la-honte-change-de-camp/" data-wpel-link="internal">Pour que la honte change de camp</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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