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	<title>Archives des 2026-01-28 - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2026-01-28/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sat, 31 Jan 2026 20:08:38 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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		<title>McGill fait ses preuves aux Jeux de la science politique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/31/mcgill-fait-ses-preuves-aux-jeux-de-la-science-politique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Parent]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 Jan 2026 20:08:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[étudiant]]></category>
		<category><![CDATA[JDSP]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une 15e édition des JDSP bien réussie pour la délégation mcgilloise. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/31/mcgill-fait-ses-preuves-aux-jeux-de-la-science-politique/" data-wpel-link="internal">McGill fait ses preuves aux Jeux de la science politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Du 8 au 12 janvier, les Jeux de la science politique (JDSP) se sont déroulés à l’Université Laval, à Québec. Cette compétition francophone oppose des universités canadiennes et leur permet de démontrer leur savoir-faire et leur expertise dans le domaine de la politique. McGill était de la partie et la délégation a affronté neuf autres universités pendant la fin de semaine. Pour cette quinzième édition des Jeux, une épreuve de marketing politique a été ajoutée aux huit épreuves académiques déjà connues : quiz, relations gouvernementales, négociations, journalisme politique, gestion de crise, politique active, coopération internationale et cas académique. Le traditionnel défi sportif était représenté cette année par le pickleball. En plus de la compétition académique et sportive, les délégations étaient évaluées aux Jeux et durant leur préparation sur des critères d’écoresponsabilité, de dynamique sociale et de qualité du français.&nbsp;</p>



<p><strong>Des Jeux en préparation depuis l’automne</strong></p>



<p>Les JDSP représentent bien plus que quatre jours de compétition. Les délégations se préparent pour les Jeux depuis le début de la session d’automne et la fin de semaine à Québec n’est que le point culminant de nombreuses semaines de travail. Tout au long du semestre, les représentants de chaque épreuve ont développé leurs habiletés à l’aide des co-chefs et mentors de la délégation. L’innovation est de mise lors de la préparation, puisque les sujets et crises autour desquels les délégués doivent travailler changent à chaque édition des Jeux. Comme le résume Loriane Chagnon, qui participait à l’épreuve de marketing politique pour la délégation de McGill, les Jeux sont une expérience exigeante et très gratifiante : « Ça m’a vraiment fait sortir de ma zone de confort, mais j’ai adoré l’expérience. »</p>



<p>La délégation de McGill peut se féliciter de ses accomplissements aux Jeux : elle s’est hissée au cinquième rang du classement final derrière l’UQAM, l’UdeS et ULaval à égalité avec l’UdeM en première position. L’Université McGill s’est particulièrement démarquée dans les épreuves de gestion de crise et de relations gouvernementales en décrochant la première place. Les délégués de l’épreuve de quiz ont aussi offert une belle performance qui leur a permis de se classer en troisième position. En plus de ces distinctions dans les épreuves académiques, la délégation de McGill a mérité la troisième place dans l’épreuve d’écoresponsabilité.</p>



<p><strong>Une compétition qui donne lieu à de belles rencontres</strong></p>



<p>Les participants ont régulièrement pris part à des défis sociaux durant leur préparation, qui leur permettaient de socialiser au-delà de leurs épreuves. Les Jeux ont ainsi été pour plusieurs délégués une occasion de former des liens étroits avec les membres de leur cohorte et d’agrandir leur réseau social au sein de leur programme d’étude, comme l’explique Laurie Ruel, déléguée de cas académique pour McGill : « On a pu développer de grandes amitiés, […] ça devient une petite famille. »&nbsp; Les valeurs de compétition saine et de coopération qui animent les Jeux donnent aussi lieu à des amitiés entre délégués de différentes universités. Bref, les Jeux permettent aux délégués de faire de belles rencontres autant durant la compétition que dans les mois qui la précèdent.</p>



<p>Ils offrent aussi maintes occasions aux participants de rencontrer des professionnels établis du milieu politique. Ces experts sont sur le campus toute la fin de semaine en tant que juges des épreuves académiques et leur présence constante permet à de nombreux participants de s’informer sur des opportunités professionnelles et d’acquérir de nouveaux contacts dans leur domaine d’avenir, notamment lors de la soirée de réseautage organisée durant les Jeux.</p>



<p><strong>Une expérience mémorable</strong></p>



<p>Les Jeux de la science politique ont certainement été un événement marquant pour tous les participants. Grâce aux Jeux, les délégués ont pu développer de nouvelles habiletés et acquérir des connaissances dans un contexte extrascolaire. Les JDSP ont aussi permis aux participants de faire de belles rencontres durant leur préparation et lors de la compétition. Les Jeux de la science politique ont été une réussite, et ce peu importe la position au classement final.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/31/mcgill-fait-ses-preuves-aux-jeux-de-la-science-politique/" data-wpel-link="internal">McGill fait ses preuves aux Jeux de la science politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>La fécondité chute, les gouvernements s’inquiètent</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/la-fecondite-chute-les-gouvernements-sinquietent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[démographie]]></category>
		<category><![CDATA[fécondité]]></category>
		<category><![CDATA[fertilité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59732</guid>

					<description><![CDATA[<p>Devenir parent intéresse de moins en moins.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">De la Chine au Canada, en passant par l’Europe, des rapports sur les faibles taux de natalité en 2025 sonnent l’alarme sur le futur économique et sociétal de certaines régions. Pour combattre les risques que cela accompagne – stagnation économique, perte de main-d’œuvre, vieillissement de la population – les pays concernés adoptent des stratégies variées. Les gouvernements s’appuient notamment sur des incitations financières, des mesures sociales et sur l’immigration. Les résultats sont pour l’instant variés et flous.</p>



<p><strong>Regret chinois</strong></p>



<p>Si la Chine reste un géant de la population mondiale, <a href="https://www.nytimes.com/2026/01/18/business/china-population-data.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">elle a subi un avertissement démographique en 2025</a>. 11,3 millions d’habitants du pays sont décédés, contre seulement 7,92 millions de naissances, soit 1,62 million de moins qu’en 2024. C’est la quatrième année d’affilée que la population chinoise diminue, et son taux de fécondité extrêmement faible, à la hauteur d’un enfant par femme, est <a href="https://www.bbc.com/news/articles/c79r7v7qr53o" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">inquiétant pour le futur</a>. En effet, un taux de 2,1 est nécessaire pour éviter un déclin démographique. Le gouvernement chinois se trouve alors face à l’impasse, et plusieurs estiment que c’est la faute de certaines politiques du passé. Entre 1979 et 2015, le Parti communiste chinois (PCC) avait en effet mis en place la politique de l’enfant unique, limitant chaque famille à un seul enfant. Cette stratégie a non seulement mené à un bouleversement social d’une terrible violence – plusieurs enfants ont été abandonnés et de nombreuses filles cachées de la société – mais est aujourd’hui grandement <a href="https://abcnews.go.com/Health/wireStory/experts-question-chinas-child-policy-place-129375265" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">responsable de la tendance démographique inquiétante en Chine</a>.</p>



<p>La baisse du taux de fécondité est autant un enjeu politique que sociétal. Si moins d’enfants naissent, c’est aussi parce que de moins en moins de Chinois veulent devenir parents. Le coût monétaire, ainsi que les sacrifices sociaux et professionnels, rendent la perspective d’élever un enfant plus pesante. Les habitants, notamment dans les grandes villes, témoignent d’un coût tout simplement trop élevé, les subventions semblant alors dérisoires. Pour combattre la décroissance démographique, le gouvernement emploie plusieurs moyens. La déclaration par le PCC de l’accouchement comme un acte patriotique résume l’aspect existentiel de ces enjeux. En parallèle, le gouvernement s’engage également dans l’accompagnement familial et <a href="https://www.theguardian.com/world/2025/dec/18/china-to-raise-tax-condoms-boost-birth-rate" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">augmente les taxes sur les préservatifs</a>. Ensemble, ces mesures cherchent à encourager les jeunes Chinois à fonder une famille. Un effort qui, pour l’instant, n’a pas porté ses fruits.</p>



<p><strong>L’Occident : mêmes tendances, mêmes enjeux</strong></p>



<p>Le vieillissement de la population est pour l’Europe une tendance qui persiste. L’Italie, l’Allemagne ou encore le Royaume-Uni sont depuis longtemps confrontés à cette dynamique, et demeurent sans bonne réponse. Dans l’Union européenne, <a href="https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Fertility_statistics" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le taux de fécondité était de 1,38 en 2023</a>. Aucun de ses pays membres n’a enregistré un taux supérieur à 1,81, encore loin des 2,1 nécessaires pour une reproduction démographique.</p>



<p>La France, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a observé <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/01/13/la-france-a-enregistre-plus-de-deces-que-de-naissances-en-2025-une-premiere-depuis-la-fin-de-la-seconde-guerre-mondiale_6661812_3224.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de morts que de naissances sur son territoire</a> : 651 000 décès contre 645 000 nouvelles naissances. Jusqu’à récemment, la France se distinguait en Europe par sa population dynamique, grâce à des politiques sociales avant-gardistes incitant ses citoyens à fonder de nouvelles familles. Depuis 1932, <a href="https://www.vie-publique.fr/eclairage/20144-la-politique-de-la-famille-depuis-1932-chronologie" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une politique sociale destinée au renouvellement des générations</a> porte cet élan familial dans l’hexagone. Un élan, donc, qui perd son impulsion. Le Canada n’est pas mieux placé, <a href="https://www.ctvnews.ca/canada/article/canadas-fertility-rate-has-reached-a-new-low/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">avec 1,25 naissance par femme</a>, et se retrouve donc confronté aux mêmes enjeux.</p>



<p><strong>Enjeux sociétaux et mcgillois</strong></p>



<p>En Europe comme au Canada, cette évolution démographique transforme les rapports entre les générations. Au Canada, la tranche d’âge de 60 à 64 ans est <a href="https://www.populationpyramid.net/canada/2024/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1,43 fois plus peuplée</a> que celle de zéro à quatre ans. Au fil des années, on risque alors d’observer <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/01/13/le-vieillissement-de-la-population-se-poursuit-selon-l-insee-et-l-adaptation-des-politiques-publiques-tarde_6661809_3224.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une dépendance plus importante</a> de la population âgée sur la jeunesse, pourtant de moins en moins nombreuse. Le financement de la retraite, la productivité du travail ou encore la nécessité de l’immigration comptent parmi les nombreuses questions que soulève l’évolution négative des taux de fécondité. L’immigration maintient actuellement la croissance démographique et la main‑d’œuvre dans plusieurs de ces pays, mais elle suscite de vives controverses politiques.</p>



<p>L’enjeu de l’éducation supérieure est tout aussi central. La <a href="https://www.ctvnews.ca/montreal/article/quebec-women-are-having-fewer-kids-and-having-them-later-in-life/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">population de jeunes nés au Québec diminue</a>, conséquence d’un taux de fécondité de 1,33. Pour renouveler continuellement sa population étudiante, l’Université McGill devra potentiellement changer son modèle de recrutement. Dans un contexte où <a href="https://montrealgazette.com/news/quebec-unveils-caps-on-international-students-for-2025-26-academic-year" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le gouvernement québécois décourage l’arrivée d’étudiants internationaux</a>, moins de jeunes québécois signifie un marché universitaire favorable à l’acheteur. <a href="https://www.npr.org/2025/01/08/nx-s1-5246200/demographic-cliff-fewer-college-students-mean-fewer-graduates" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Ce phénomène</a> implique plus de compétitivité entre les universités, et donc davantage de choix pour les étudiants.</p>



<p>À l’échelle internationale, en Chine comme en Occident, les dynamiques de pouvoir sont bouleversées par le déclin de la population. Les pays du Sud deviennent alors l’engin de la croissance démographique et peuvent y voir une occasion de renverser les structures de pouvoir économique, en proposant le marché et la main‑d’œuvre du futur.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/la-fecondite-chute-les-gouvernements-sinquietent/" data-wpel-link="internal">La fécondité chute, les gouvernements s’inquiètent</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>À Minneapolis, la colère des habitants face à la police de l’immigration</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/a-minneapolis-la-colere-des-habitants-face-a-la-police-de-limmigration/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Aurélien Quéméner]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[ICE]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La mort d’un deuxième manifestant, tué par ICE, fait encore monter la tension.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/a-minneapolis-la-colere-des-habitants-face-a-la-police-de-limmigration/" data-wpel-link="internal">À Minneapolis, la colère des habitants face à la police de l’immigration</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Los Angeles, Memphis, Chicago, Washington, La Nouvelle-Orléans et maintenant Minneapolis. Depuis plusieurs mois, ces métropoles sont devenues les cibles de Donald Trump, qui y a déployé la garde nationale, ou de nombreux agents de la police de l’immigration, connue sous l’acronyme ICE (<em>Immigration and Customs Enforcement</em>). Minneapolis, ville démocrate du Minnesota, abrite une large population immigrée d’origine africaine, en particulier de Somalie et d’Éthiopie. Elle est critiquée par l’administration Trump pour son laxisme face au crime.</p>



<p>Fin 2025, l’administration américaine a lancé dans le Minnesota l’opération <em>Metro Surge</em>, qualifiée par <a href="https://www.pbs.org/newshour/politics/2000-federal-agents-sent-to-minneapolis-area-to-carry-out-largest-immigration-operation-ever-ice-says" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Todd Lyons</a>, directeur par intérim de l’ICE, comme la « <em>plus grande opération anti-immigration jamais réalisée </em>(<em>tdlr</em>) »<em>. </em>Elle vise en particulier les immigrés somaliens de la ville, accusés par l’administration républicaine de fraude durant la pandémie de COVID-19. Ils auraient, selon lui, volé des <a href="https://www.nytimes.com/2025/11/29/us/fraud-minnesota-somali.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">centaines de millions de dollars</a> destinés à nourrir des enfants dans le cadre d’un programme gouvernemental. Entre <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/17/minneapolis-nouvel-epicentre-de-la-revolte-contre-donald-trump-l-ice-ne-s-attendait-pas-a-ca_6662719_3210.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2 000 et 3 000 policiers</a> de l’immigration seraient déployés dans le cadre de cette opération.</p>



<p>Dans une entrevue accordée au <em>Délit</em>, Brendan Szendrő, professeur de sciences politiques à l’Université McGill et spécialiste en politique américaine, explique qu’il y a une perception commune chez les républicains que les villes démocrates permettent aux extrémistes politiques (de gauche, <em>ndlr</em>) de pratiquer des activités illégales. Ainsi, « Trump veut déporter autant de personnes qu’il peut pour montrer à la base républicaine qu’il combat le crime dans les villes démocrates ». Cela intervient à un moment où il est confronté, y compris au sein du parti républicain, à des dossiers comme l’affaire Epstein et le Groenland.</p>



<p>La focalisation de l’administration Trump sur Minneapolis ne doit rien au hasard : c’est dans cette même métropole qu’avait été tué George Floyd en juin 2020 par un policier, durant le premier mandat du président républicain, rappelle Szendrő. Ce <a href="https://www.cnn.com/2023/06/16/politics/minneapolis-police-department-justice-george-floyd" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">meurtre</a> avait mené à d’importantes manifestations et émeutes à travers le pays, et avait déclenché le mouvement BLM (<em>Black Lives Matter</em>), qui continue de résonner aujourd’hui.</p>



<p><strong>Une population en colère</strong></p>



<p>Szendrő nous explique ainsi que la relation entre Minneapolis et les forces de l’ordre a toujours été conflictuelle : <em>« Les gens ne font pas confiance à la police et vice versa. » </em>Le meurtre de Renee Nicole Good le 7 janvier avait causé l’émoi à l’échelle nationale et des milliers de personnes avaient manifesté pour que l’ICE quitte Minneapolis. Malgré le froid extrême qui touche le continent américain ces derniers jours, des dizaines de milliers de manifestants se rassemblent <a href="https://www.cbc.ca/news/world/minneapolis-clergy-arrest-protest-9.7058754" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">quotidiennement</a> pour exiger le départ de la police de l’immigration de leur ville.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Trump veut déporter autant de personnes qu’il peut pour montrer à la base républicaine qu’il combat le crime dans les villes démocrates »</p>



<p class="has-text-align-center"><sup>Brendan Szendrő, professeur de sciences politiques à McGill</sup></p>
</blockquote>



<p>Sur les réseaux sociaux, de nombreux comptes appellent aussi à la résistance contre ICE. <a href="https://www.instagram.com/stopicenet/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">@stopicenet</a>, un compte Instagram qui cumule plus de cent mille abonnés, relaye les arrestations commises par l’ICE, dont <a href="https://www.cnn.com/2026/01/23/us/liam-conejo-ramos-ice-wwk" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">celle d’un enfant de cinq ans</a>, qui a suscité l’indignation dans tout le pays. Un site web du même nom, <a href="http://stopice.net" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">stopice.net</a>, permet, grâce à une carte interactive et un forum de discussion, de repérer des agents de l’immigration et d’en alerter les sans-papiers.</p>



<p><strong>L’impunité des agents de ICE</strong></p>



<p>Moins de trois semaines après le meurtre de Renee Good, la police de l’immigration a tué un deuxième manifestant à Minneapolis. Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/25/que-sait-on-de-la-mort-d-alex-pretti-tue-par-la-police-de-l-immigration-a-minneapolis_6663980_3211.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a été abattu</a> alors qu’il était au sol, désarmé, et que de nombreux agents le maintenaient immobile. Alors que Donald Trump a déjà traité l’homme de <em>« <a href="https://www.nytimes.com/live/2026/01/25/us/minneapolis-shooting-ice" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">terroriste domestique</a> »</em>, de nombreux sénateurs des partis républicain et démocrate ont demandé l’ouverture d’une enquête indépendante sur les circonstances entourant la mort de l’homme. Il est traité de terroriste par l’administration pour son port d’arme, un droit pourtant garanti par le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis. Comme dans le cas de l’enquête autour de la mort de Renee Good, le département de la Sécurité intérieure empêche les enquêteurs locaux du Minnesota d’accéder aux preuves. Avant ce nouvel homicide, Szendrő avançait déjà que les agents de l’ICE ont « <em>le sentiment de pouvoir agir en toute impunité </em>»<em>. </em>Le cadre légal entourant cette police est très flou, et ne sera pas modifié tant que Trump sera au pouvoir, ajoute le professeur.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« ICE dit ne chercher que les criminels, mais ça n’est pas vrai du tout »</p>



<p class="has-text-align-center"><sup>Jalis, étudiant mcgillois originaire de Minneapolis</sup></p>
</blockquote>



<p>Tim Walz, le gouverneur démocrate du Minnesota, a accusé l’ICE de « <em><a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/25/barack-obama-appelle-a-un-sursaut-contre-les-atteintes-aux-valeurs-americaines-apres-la-mort-d-alex-pretti-a-minneapolis_6664079_3210.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">semer le chaos et la violence</a> </em>» à la suite du meurtre d’Alex Pretti. Dimanche, Barack Obama, ancien président des États-Unis, a quant à lui appelé à un « <em><a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/25/barack-obama-appelle-a-un-sursaut-contre-les-atteintes-aux-valeurs-americaines-apres-la-mort-d-alex-pretti-a-minneapolis_6664079_3210.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sursaut</a> </em>» contre les atteintes aux valeurs démocratiques américaines menées par l’administration républicaine.</p>



<p>Les sans-papiers ne sont pas les seuls à être visés par cette police. Jalis, un étudiant américain à McGill originaire de Minneapolis a accepté de témoigner pour <em>Le Délit</em>. Il nous explique que les agents de l’ICE utilisent le profilage racial pour mener leurs arrestations : « <em>Ils s’en fichent, ils voient ta couleur de peau, ils ne vont pas te croire si tu dis que tu es un citoyen. Ils embarquent même ceux avec un passeport pour vérifier leur statut légal. </em>» Il explique que les membres de sa communauté d’origine étrangère ne peuvent rien faire : « <em>Ils ne peuvent même plus aller au supermarché. C’est ma mère qui va faire les courses pour les employés mexicains de son entreprise. </em>» Il nous raconte ensuite le choc qu’il a eu lorsqu’un de ses amis du soccer a été arrêté par l’ICE, il y a à peine dix jours : « <em>Les agents l’attendaient à la sortie de l’école, ils ont emmené sa sœur et lui, ils n’ont que 14 et 16 ans. ICE dit ne chercher que les criminels, mais ça n’est pas vrai du tout,</em> <em>il n’a rien fait, et là, on ne sait même pas où il est. </em>»</p>



<p><strong>Une population qui réprouve l’ICE?</strong></p>



<p>Dans un sondage <a href="https://www.nytimes.com/2026/01/23/us/politics/poll-ice-immigration.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>The New York Times</em>/Siena</a> mené après la mort de Renee Good, 61 % des répondants (démocrates, républicains et indépendants confondus) estimaient que la police de l’immigration « <em>allait trop loin </em>». Chez les sondés démocrates, ce chiffre augmentait à 94 %, mais dégringolait à 19 % chez les électeurs républicains. Un sondage qui reflète une fois de plus l’extrême polarisation de la politique américaine. Un fait confirmé par Szendrő : « <em>Il y a très peu de sujets sur lesquels il existe un consensus global au sein de la société américaine. </em>»</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/a-minneapolis-la-colere-des-habitants-face-a-la-police-de-limmigration/" data-wpel-link="internal">À Minneapolis, la colère des habitants face à la police de l’immigration</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Le compte est-il vraiment bon?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/le-compte-est-il-vraiment-bon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurence Drouin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Cindy_16]]></category>
		<category><![CDATA[honte]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<category><![CDATA[Louis-Daniel Godin]]></category>
		<category><![CDATA[relation complexe]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59780</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour sur le nouveau livre de Louis-Daniel Godin.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Après le franc succès de son premier livre, Le compte est bon, Louis-Daniel Godin revient en force avec la publication de <em>Cindy_16</em> en octobre 2025. </p>



<p></p>



<p><strong>Derrière la plume</strong> </p>



<p>Louis-Daniel Godin est un jeune auteur émergent dans la littérature québécoise. Professeur de création littéraire à l’UQAM, son premier livre Le compte est bon a été nommé pour de nombreux prix en France et au Canada. L’auteur a notamment reçu le prix Ringuet en 2024, décerné par l’Académie des lettres du Québec. S’inspirant de la psychanalyse dans ses textes, sa plume est reconnue pour recréer la trajectoire libre et vagabonde de la pensée humaine. Bien qu’on puisse y percevoir des échos de Proust, Louis-Daniel Godin met de l’avant une voix qui lui est propre.</p>



<p><strong>Le roman en bref</strong></p>



<p>Lorsque le narrateur apprend la mort de Marc-Alain dans le journal, il se met à rédiger cette histoire datant de vingt ans. Qui est Marc-Alain? À l’époque, c’est un homme de trente-sept ans, le premier partenaire du narrateur, alors âgé de dix-sept ans. Bien après leur rupture, Marc-Alain est envoyé en prison et accusé de nombreux crimes sexuels, l’un d’eux étant d’avoir utilisé le pseudonyme « Cindy_16 » pour leurrer de jeunes adolescents. Le roman revient sur cette période complexe de la vie du narrateur. Connaissait-il la vraie nature de son partenaire? Était-il lui-même une victime? L’auteur se promène dans sa mémoire avec « deux pas en arrière et trois pas en avant, en espérant arriver quelque part ».</p>



<p>Ce n’est pas une suite à son livre <em>Le compte est bon</em>, mais plutôt une continuation de l’introspection de l’auteur et du travail de sa mémoire. On retrouve tout de même plusieurs références à son premier livre ; l’auteur constatant que le compte n’est pas bon, qu’une dissonance persiste, appelant à une reprise de l’écriture.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Cindy_16 est un roman bouleversant, mais profondément mémorable. C’est un texte qui dresse un portrait complexe de la relation amoureuse »</p>
</blockquote>



<p><strong>Écrire pour déconstruire la honte</strong></p>



<p><em>Cindy_16</em> a une narration plutôt unique. Le roman se déploie en trois pronoms narratifs. L’auteur le met de l’avant dès les premières pages de son livre : « Il faut raconter au “on” ce qu’on n’arrive pas à raconter au “je”. Il faut parfois dire “nous” au lieu de “soi”. Il faut y aller comme ça vient, trouver les mots pour le dire. » Cette multiplicité des pronoms narratifs exprime à la fois une mise en distance pour se protéger, un désir d’aller jusqu’au bout de l’introspection et l’acceptation de sa propre vulnérabilité. L’auteur crée sa propre voix narrative et se lance dans l’exploration de cette période de sa vie pour déconstruire petit à petit la honte y étant associée.</p>



<p>La force de l’écriture réside dans l’identification qu’elle produit chez le lecteur. Autant dans la forme que dans le contenu, Louis-Daniel Godin fait preuve d’une grande authenticité dans son roman. Comme il l’explique lors d’une entrevue avec le journal Urbania : « On écrit souvent à partir de notre petite affaire qui nous apparaît unique […]. Si un livre résonne et que d’autres gens s’y retrouvent, ça me fait plaisir. Ça me confirme que c’était pas juste ma petite affaire ». Son nouveau roman s’inscrit dans cette continuité, transformant un récit intime en un récit collectif. Comme dans <em>Le compte est bon</em>, plusieurs lecteurs pourront se reconnaître dans ce qui n’était qu’au début qu’une « petite affaire ».</p>



<p><em>Cindy_16</em> est un roman bouleversant, mais profondément mémorable. C’est un texte qui dresse un portrait complexe de la relation amoureuse. En jouant entre les lignes du toxique et du sain, de l’absence et du silence, de la fiction et de la réalité, de la victime et du témoin, Godin aborde la honte sous ses multiples formes. Ce  sentiment se dresse comme un personnage à la fois invisible et omniprésent, guidant la progression du texte. Le livre agit comme un processus de libération du fardeau qu’est cette honte. Le sentiment continue d’habiter le lecteur bien après la dernière page.</p>
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		<title>L’espoir en suspens de la diaspora vénézuélienne de Montréal</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/lespoir-en-suspens-de-la-diaspora-venezuelienne-de-montreal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pema Tournadre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité internationale]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Venezuela]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59758</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une communauté qui suit avec prudence les récents développements politiques.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/lespoir-en-suspens-de-la-diaspora-venezuelienne-de-montreal/" data-wpel-link="internal">L’espoir en suspens de la diaspora vénézuélienne de Montréal</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">J’ai de l’espoir, parce qu’en réalité, je pense qu’on ne le perd jamais vraiment », dit Maria de Lourdes Fermin Miranda, réfugiée politique vénézuélienne installée au Québec. Elle traverse une période d’attente prudente depuis l’été 2025, coïncidant avec l’intensification des pressions américaines sur le Venezuela.</p>



<p>Arrivée en 2016, Maria, aussi appelée Malula par les personnes qu’elle côtoie au Québec, n’est jamais retournée dans son pays. Ferme opposante du régime depuis l’époque de Hugo Chávez, elle a choisi de quitter le Venezuela après que sa fille a été blessée par une bombe lacrymogène lors d’une série de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/655651/venezuela-manifestations-crise-analyse" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">manifestations en 2014</a>.</p>



<p>Dans la nuit du 3 janvier 2026, l’opération américaine « <em>Absolute Resolve </em>» a été menée sous les ordres du président Donald Trump afin de capturer Nicolás Maduro et sa femme, Cilia Flores. Au pouvoir depuis presque 13 ans, Maduro est&nbsp;<a href="https://www.justice.gov/opa/media/1422326/dl" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">accusé d’avoir transporté des tonnes de cocaïne vers les États‑Unis</a> et d’avoir collaboré avec des groupes terroristes. Le couple est actuellement détenu au Centre de détention métropolitaine de Brooklyn et a depuis <a href="https://www.npr.org/2026/01/05/nx-s1-5667078/venezuela-maduro-trump-court-hearing" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plaidé non coupable</a>. Bien que l’intervention du président Trump soit dénoncée par plusieurs gouvernements comme une violation du droit international, elle a été accueillie par Maria avec soulagement et joie : elle raconte avoir fêté l’événement en ouvrant une bouteille de champagne. Après près de 26 années marquées par la peur, Maria apporte son soutien aux mesures prises par le gouvernement américain et son président.</p>



<p><strong>« <em>C’est le diable dont on ignorait avoir besoin</em> »</strong></p>



<p>D’autres membres de la diaspora partagent également ce mélange d’espoir et de surprise. Eros Greatti est arrivé bien avant la révolution bolivarienne lancée par Chávez en 1999. Il ne se doutait pas, en quittant son pays, que les bouleversements politiques l’empêcheraient d’y retourner. Bien qu’il ne soutienne pas Trump, il se dit également heureux des derniers événements qui ont secoué son pays d’origine : « <em>C’est le diable dont on ignorait avoir besoin </em>(<em>tdlr</em>)<em>.</em> »</p>



<p>Pour autant, le ressenti des <a href="https://cnnespanol.cnn.com/2026/01/23/venezuela/video/venezuela-actualidad-protestas-presos-politicos-maduro-perspectivas-mexico-tv" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Vénézuéliens à Caracas est nuancé</a> : d’importantes manifestations ont eu lieu dans la capitale en soutien à Nicolás Maduro, réclamant sa libération, tandis que des universitaires et des familles ont appelé à la libération de prisonniers politiques encore détenus dans le pays.</p>



<p>La porte-parole du Haut Commissaire des Nations Unies, Ravina Shamdasani,&nbsp;<a href="https://news.un.org/en/story/2026/01/1166707" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a fait valoir</a> que l’action de la part des États-Unis a compromis « la sécurité de tous les États à travers le monde ». « Loin d’être une victoire pour les droits humains, cette intervention militaire, qui contrevient à la souveraineté du Venezuela et à la Charte des Nations Unies, affaiblit l’architecture de la sécurité internationale… Et c’est un point que le Secrétaire général a également souligné », ajoute-t-elle. </p>



<p>Rappelons que depuis 2014, <a href="https://www.unrefugees.org/emergencies/venezuela/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">7,9 millions de Vénézuéliens</a> ont quitté leur pays, ce qui équivaut à 23 % de la population. Il s’agit du plus grand exode de l’histoire récente de l’Amérique latine et l’une des plus grandes crises de déplacement de population au monde. Alors que Maduro reste détenu et que le Venezuela continue de traverser cette tempête politique, la diaspora observe : pleine d’espoir, mais consciente que l’avenir reste imprévisible.</p>
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		<title>Conjuguer sa vie au passé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/conjuguer-sa-vie-au-passe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59764</guid>

					<description><![CDATA[<p>Critique de la pièce <em/>Boîte noire</em>, présentée au Théâtre Jean-Duceppe.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>La Boîte, imposante et inquiétante, trône au milieu de la scène. Un projecteur s’allume. Éliza Williams, femme d’affaires, s’avance pour donner son discours. La pièce <em>Boîte noire</em> débute.</p>



<p><strong>La beauté de la Boîte</strong></p>



<p>En entrant dans la salle, le premier élément qui attire l’œil du spectateur est la boîte géante qui sépare la scène en deux : une partie supérieure et une partie inférieure. L’intrigue de la pièce est elle-même scindée en deux trames narratives qui cohabitent. D’une part, Éliza et David, cofondateurs d’Essor, présentent leur nouvelle invention : la Boîte, une technologie qui permet à chacun d’obtenir la vie de ses rêves en prévenant les comportements nocifs. D’autre part, Andrés, Tendaji et Laïla, des réfugiés, traitent des données toute la journée pour un salaire de misère afin d’entraîner l’IA à l’origine de la Boîte. Les deux trames narratives ont lieu en parallèle, jusqu’à ce qu’un accident sur vienne et entremêle la destinée de tous les personnages.</p>



<p>Si le personnage d’Éliza, joué par Catherine-Anne Toupin, privilégie la prospérité et les investissements, son frère David, interprété par Vincent-Guillaume Otis, se préoccupe plutôt des enjeux éthiques : peut-on réellement mettre en vente un produit censé améliorer la vie des gens s’il y a des risques mortels pour les consommateurs? La discorde éclate entre les génies de la technologie et se propage, plus bas sur la scène, aux réfugiés employés par la firme. Comment améliorer sa situation lorsque les autorités profitent de l’exploitation des plus faibles? À une époque où nos voisins du Sud connaissent des moments houleux avec ICE, les mots du personnage de Laïla lorsque les agents frontaliers s’en prennent à elle sans raison résonnent: « Le camp, c’est une prison. Je veux une vie à moi. » Les enjeux mis en scène dans la pièce sont on ne peut plus actuels.</p>



<p><strong>Bienvenue au pays des possibilités</strong></p>



<p>Ce que promet la Boîte, c’est une vie meilleure, un moyen simple et rapide d’atteindre la version de soi idéale. Mais dans une société qui en demande toujours plus, est-il réellement souhaitable d’atteindre la perfection? L’obsession pour cette dernière tue notre société à petit feu. Les exigences et l’intolérance au bonheur de la société pour rissent la vie des individus et empêchent chacun de faire son cheminement personnel. La Boîte ne fait qu’empirer les traumatismes que les individus ressassent. Catherine-Anne Toupin, créatrice de la pièce, dénonce clairement ce besoin déraisonnable pour la perfection ainsi que les abus des multinationales qui, sans que nous nous en rendions compte, s’emparent de nos vies. « C’est devenu une obsession », confie une utilisatrice de <em>la Boîte</em>. Nous devenons des spectateurs de notre propre existence, incapables d’agir sans l’influence des plus riches et des plus puissants qui contrôlent notre consommation et nos habitudes. La pièce dénonce à cor et à cri les abus des autorités, qu’il s’agisse des entreprises ou des gouvernements, qui considèrent les plus vulnérables de notre société comme du bétail, bon seulement à enrichir les plus forts.</p>



<p><em>Boîte noire</em> est une pièce coup de poing. À plusieurs reprises, mes yeux se sont remplis de larmes et je me suis sentie impuissante face aux horreurs de l’humanité. Le futur qui se présente devant nous n’est pas reluisant, et cette pièce de théâtre déborde de son cadre divertissant pour nous secouer au fond de notre âme. C’est à nous de conserver l’humanité de notre monde. <em>Boîte noire</em> est une pièce de 1h35 sans entracte qui aborde des sujets sensibles, dont le suicide. Elle sera présentée jusqu’au 22 février 2026 au <em>Théâtre Jean-Duceppe</em>.</p>
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		<item>
		<title>Davos 2026 : champ de bataille diplomatique?&#160;</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/davos-2026-champ-de-bataille-diplomatique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elena Montefiori]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Carney]]></category>
		<category><![CDATA[conflits]]></category>
		<category><![CDATA[davos]]></category>
		<category><![CDATA[europe]]></category>
		<category><![CDATA[Forum économique mondial]]></category>
		<category><![CDATA[Lobbyisme]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59763</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les déclarations choc éclipsent les discussions économiques.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’actualité du Forum économique mondial (FEM) de Davos n’a pas pu passer inaperçue. Cette 56e édition, tenue la semaine dernière, s’est distinguée par une virulence particulière, signe d’un contexte géopolitique explosif. Celui-ci apparaît saturé par les conflits persistants au Moyen-Orient, les affrontements sur le sol européen, et l’escalade de la violence aux États-Unis. Ajoute à cela une posture internationale de Donald Trump de plus en plus offensive. De ce fait, les questions économiques du forum semblent avoir cédé sous le poids des fractures politiques. Du 19 au 23 janvier, les grands acteurs économiques et politiques, tels que Donald Trump, Emmanuel Macron, Mark Carney, Volodymyr Zelensky, ou encore Bill Gates et Elon Musk, ont participé au caractère électrique de Davos 2026. </p>



<p>Depuis sa création en 1971, le forum de Davos se <a href="https://www.weforum.org/about/world-economic-forum/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">définit</a> comme une fondation à but non lucratif et une organisation de lobbyisme, ayant pour mission « <a href="https://www.weforum.org/about/world-economic-forum/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>d’améliorer l’état du monde</em></a> (<em>tdlr</em>) ». Les réunions annuelles donnent lieu à la publication de rapports, la création de partenariats et le lancement d’initiatives dans des domaines tels que l’innovation, le climat, ou la santé. Son importance médiatique n’est toutefois pas à sous-estimer. En effet, c’est précisément sur ce facteur que les participants semblent avoir joué cette année. Ces derniers ont tiré avantage de la nature provocatrice de leurs discours pour susciter un grand relais médiatique. C’est notamment le cas du discours de <a href="https://youtu.be/kDJ4w3dNBTI?si=yKXLsZExb19l2IuO" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Mark Carney</a>, qualifié par Anil Wasif, alumni en politiques publiques de McGill, de « <a href="https://www.policymagazine.ca/end-of-an-era-the-reckoning-at-davos/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">discours le plus cité de la semaine, voire de la décennie</a> ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Les puissances moyennes doivent agir de concert, car si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu! »</p>



<p><sub>Mark Carney, premier ministre du Canada</sub></p>
</blockquote>



<p>En effet, le thème du forum, « A Spirit of Dialogue » (Un esprit de dialogue), a été devancé par un flot de déclarations, toutes plus fracassantes les unes que les autres. L’Europe a été l’une des principales cibles des critiques. Zelensky, après avoir passé en revue la scène internationale – allant de la guerre sur son propre sol aux revendications impérialistes sur le Groenland – livre ses réclamations à l’Europe. Il demande une Europe qui serait « à l’initiative d’actions qui définissent le type d’avenir que nous aurons ». Donald Trump, dans un <a href="https://youtu.be/I5bREHuR0Fc?si=NJyz4PjYeyoYHCyk" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">discours</a> d’autocongratulation, déclare quant à lui que « certaines parties de l’Europe ne sont plus reconnaissables&nbsp;», et critique les politiques européennes sur l’énergie et la migration. Le président américain n’a pas manqué de se féliciter de l’ordre économique et politique mondial : « Le Canada existe grâce aux États-Unis&nbsp;», répond-il au discours de Mark Carney. Le premier ministre canadien avait appelé à la vigilance et à l’union des puissances moyennes face à l’hégémonie étasunienne. Par un discours qualifié d’historique par la presse internationale, il a également rappelé tant les positions du Canada en cette période de « rupture de l’ordre mondial » que ses intentions pour l’avenir.</p>



<p>« <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2221931/carney-vision-monde-puissances-moyennes-davos" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Les puissances moyennes doivent agir de concert, affirme Carney, car si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu!</a> » Il propose ainsi une alternative pour les états ne pouvant pas se permettre d’agir seuls, restreints dans leurs options par « la taille de leur marché, leur capacité militaire, et leur capacité à imposer leur volonté ». Carney ouvre une porte aux pays du Sud, qui, tandis que l’Europe traverse une crise économique et politique, pourraient connaître une croissance soutenue au cours des prochaines années. L’innovation pourrait devenir un levier de cette croissance, le premier ministre canadien mettant l’accent sur l’intelligence artificielle et appelant à une coopération entre démocraties pour s’affranchir des puissances hégémoniques dans ce domaine. </p>



<p>Cette approche consistant à « <a href="https://www.pm.gc.ca/fr/nouvelles/discours/2026/01/20/principes-et-pragmatisme-la-voie-canada-choisie-allocution-du-premier" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">établir des coalitions efficaces, en fonction des enjeux, entre partenaires qui partagent suffisamment de points communs pour agir ensemble</a> » se profile alors comme un pas de plus vers cette « amélioration de l’état du monde », mission officielle du forum de Davos.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/davos-2026-champ-de-bataille-diplomatique/" data-wpel-link="internal">Davos 2026 : champ de bataille diplomatique?&nbsp;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Les revirements de Trump concernant le Groenland</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/les-revirements-de-trump-concernant-le-groenland/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[Groenland]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59774</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après Davos, la question du Groenland toujours plus incertaine.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/les-revirements-de-trump-concernant-le-groenland/" data-wpel-link="internal">Les revirements de Trump concernant le Groenland</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Depuis 2019, il n’est pas rare d’entendre Donald Trump réaffirmer tous les quelques mois son souhait d’acquérir le Groenland. Ses remarques n’ont, par le passé, pas toujours été prises au sérieux, d’autant plus que le président américain a l’habitude des remarques provocatrices. Ces dernières semaines ont cependant marqué une accélération inquiétante des ambitions américaines vis-à-vis du Groenland. Le 3 janvier 2026, au lendemain de l’intervention américaine au Venezuela, Katie Miller, ancienne conseillère politique MAGA et épouse du chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche Stephen Miller, <a href="https://x.com/KatieMiller/status/2007541679293944266" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">publie sur X</a> une image du Groenland aux couleurs des États-Unis avec pour seule légende « <em>BIENTÔT </em>» (<em>tdlr</em>).</p>



<p>Au cours des semaines suivantes, la rhétorique de Trump adopte un ton de plus en plus agressif : il promet d’acquérir le Groenland « <em><a href="https://www.tvanouvelles.ca/2026/01/12/trump-promet-encore-de-semparer-du-groenland-dune-maniere-ou-dune-autre?utm_source=chatgpt.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">d’une manière ou d’une autre</a> </em>» et refuse de se prononcer sur la possibilité de s’emparer de l’île par la force. Tout cela rend son revirement soudain au forum de Davos surprenant. Donald Trump assure dans <a href="https://abcnews.go.com/Politics/trump-nation-secure-greenland-us-davos-speech/story?id=129417816" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">son discours le 21 janvier</a> ne pas envisager d’intervention militaire pour s’emparer du Groenland : « <em>Nous n’obtiendrons probablement rien sans user de la force, auquel cas nous sommes franchement inarrêtables, mais nous n’allons pas le faire. </em>» Il annonce aussi ne <a href="https://www.touteleurope.eu/l-ue-dans-le-monde/donald-trump-fait-marche-arriere-sur-les-menaces-douanieres-suite-a-un-futur-accord-sur-le-groenland/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">pas imposer de droits de douane supplémentaires</a> aux pays européens qu’il avait ciblés précédemment.</p>



<p><strong>Pourquoi le Groenland?</strong></p>



<p>L’intérêt de Trump pour le Groenland provient, selon lui, principalement d’un enjeu de sécurité nationale. Selon lui, « <em>les États-Unis sont les seuls capables de protéger</em> <em>cette immense étendue de glac</em>e ». Personne d’autre – le Danemark compris – n’a les capacités militaires nécessaires pour protéger le Groenland des menaces russes et chinoises. La communauté internationale est moins convaincue. En vue de cet article, <em>Le Délit </em>a interrogé Maria Popova, professeure au département de sciences politiques à l’Université McGill. Celle-ci balaye les excuses du président américain et affirme que « <em>ce ne sont que des prétextes pour justifier le comportement agressif des États-Unis. Les arguments de Trump ne sont pas crédibles </em>». Elle souligne que le rapport de <a href="https://www.whitehouse.gov/wp-content/uploads/2025/12/2025-National-Security-Strategy.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">stratégie de défense nationale des États-Unis</a>, publié par l’administration Trump en novembre 2025, ne fait aucune mention du Groenland. La problématique sécuritaire est plutôt un enjeu récent et instrumentalisé pour satisfaire les intérêts du président.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« <em>J’ai appris à ne plus être surprise par ce que dit Trump. La seule chose à laquelle</em></p>



<p class="has-text-align-center"><em>on peut s’attendre, c’est l’inattendu </em>» </p>



<p class="has-text-align-center"><sup>Rowan Hargreaves, étudiante américaine à McGill</sup></p>
</blockquote>



<p>Certains experts estiment que la menace de Trump pourrait s’inscrire dans la continuité stratégique de ses <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/14/frappes-au-venezuela-entre-fermete-et-confusion/" data-wpel-link="internal">frappes sur le Venezuela</a>. Lors de l’intervention militaire du 3 janvier 2026, les forces américaines ont capturé le président Nicolás Maduro. Trump a, ce jour-là, clairement indiqué que les États-Unis entendaient <a href="https://www.theguardian.com/us-news/2026/jan/09/trump-oil-company-executives-meeting-venezuela" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">tirer parti des ressources pétrolières du pays</a>. Pour sa part, le Groenland possède de nombreuses <a href="https://www.journaldemontreal.com/2026/01/12/infographie--pourquoi-trump-veut-il-le-groenland" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ressources naturelles</a>, telles que des terres rares.</p>



<p><strong>Réactions</strong></p>



<p>Face aux menaces américaines, les États européens ont affiché un soutien clair au Danemark. Copenhague <a href="https://www.journaldequebec.com/2026/01/23/les-militaires-danois-prets-au-combat-au-groenland" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a engagé un réarmement du Groenland</a> afin de réduire sa dépendance envers les États-Unis, désormais perçus comme une source d’incertitude stratégique. <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2221130/danemark-groenland-mission-militaire-europeenne" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Parallèlement</a>, la France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège, rejointes par les Pays-Bas, la Finlande et le Royaume-Uni, ont envoyé du personnel dans le cadre d’un exercice militaire, <em>Arctic Endurance</em>.</p>



<p><a href="https://youtu.be/HsVKgEN4leg?si=EGO1N6WkpJESkE2H" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cette initiative divise les analystes.</a> Pour certains, il s’agit surtout d’un geste symbolique : un coup de <em>bluff </em>au déploiement trop limité pour avoir un réel impact opérationnel. D’autres y voient, au contraire, une décision stratégique. Selon Mikaa Blugeon-Mered, spécialiste du Groenland à l’Université du Québec à Trois-Rivières, cette présence signale une préparation du théâtre d’opérations dans l’éventualité d’une intervention militaire américaine. Même modeste, le déploiement servirait ainsi la planification, la coordination entre alliés et la signalisation stratégique.</p>



<p>Du côté groenlandais, la réaction populaire est marquée par un refus explicite de toute logique néocoloniale. On observe notamment une <a href="https://www.nytimes.com/2026/01/20/us/make-america-go-away-hats-greenland-trump.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">popularisation satirique du slogan trumpiste MAGA</a>, détourné en « <em>Make America Go Away </em>» (« Que l’Amérique s’en aille »). Cette séquence <a href="https://www.tvanouvelles.ca/2026/01/24/face-a-donald-trump-danemark-et-groenland-se-serrent-les-coudes-malgre-un-passe-complexe" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a renforcé une solidarité entre Groenlandais et Danois</a> face aux États-Unis, malgré une relation historiquement tendue.</p>



<p>Certains citoyens américains se sentent résignés par le comportement imprévisible de leur président. Une étudiante américaine de McGill, Rowan Hargreaves, résume cet état d’esprit : « <em>J’ai appris à ne plus être surprise par ce que dit Trump. La seule chose à laquelle on</em> <em>peut s’attendre, c’est l’inattendu. Prévoir l’imprévisible. </em>» Cette posture reflète un fatalisme politique désormais bien installé, où l’imprévisibilité présidentielle est devenue la norme.</p>



<p><strong>Implications pour l’ordre international</strong></p>



<p>Maria Popova précise que ce n’est pas le premier exemple d’intervention et d’occupation américaine ; elle mentionne, par exemple, l’invasion de l’Irak en 2003. Pourtant, aucune de ces instances n’impliquait une annexion totale à long terme. Néanmoins, selon Popova, le comportement de Trump ne constitue pas une rupture totalement inédite avec le système international en place depuis la guerre froide. C’est pour elle l’annexion illégale de la Crimée par la Russie en 2014, puis l’invasion de l’Ukraine en 2022, qui ont fait s’effondrer l’ordre international contemporain. Ce sont de fait ces événements qui ont érodé les normes fondamentales de souveraineté et d’intégrité territoriale, et frayé le chemin pour les États-Unis. « <em>Ce n’est pas Trump qui a établi le précédent ; la Russie l’a déjà fait en 2014 </em>».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Que se passe-t-il lorsque l’État censé garantir la sécurité de ses alliés devient lui-même source de menace? »</p>
</blockquote>



<p>Ce qui rend la situation actuelle particulièrement préoccupante, selon elle, est le fait que ce type de logique émane désormais des États-Unis. Les implications sont nombreuses, notamment à propos de l’OTAN. La question se pose alors : que se passe-t-il lorsque l’état censé garantir la sécurité de ses alliés devient lui-même source de menace? Pour Popova, « <em>l’OTAN est essentiellement terminée </em>». Elle explique que l’organisation repose sur un principe de promesse, plus précisément de promesse de protection mutuelle. Même si rien n’est officiel, il ne peut plus y avoir de confiance entre les membres de l’OTAN et les États-Unis.</p>



<p>Bien que la menace des États-Unis plane toujours au-dessus du Groenland, la professeure Popova souligne un point important : il ne faut pas oublier les étapes concrètes nécessaires pour annexer une région. « <em>En Crimée, </em>rappelle-t-elle, <em>les Russes ont envoyé des forces armées, ils ont pris d’assaut le Parlement et tenu des élections sous la menace des armes. Est-ce que les États-Unis sont prêts à faire ça? Je n’en suis pas si sûre…</em> » La situation au Groenland n’est pas encore conclue, et il est difficile de prévoir les prochaines actions de Donald Trump.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/les-revirements-de-trump-concernant-le-groenland/" data-wpel-link="internal">Les revirements de Trump concernant le Groenland</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Natasha, Pierre &#038; la comète de 1812</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/natasha-pierre-la-comete-de-1812/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eugénie St-Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[AUTS]]></category>
		<category><![CDATA[comédie musicale]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre et paix]]></category>
		<category><![CDATA[orchestre]]></category>
		<category><![CDATA[talent]]></category>
		<category><![CDATA[Tolstoi]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59788</guid>

					<description><![CDATA[<p>La nouvelle production de la AUTS est un tour de force.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/natasha-pierre-la-comete-de-1812/" data-wpel-link="internal">Natasha, Pierre &amp; la comète de 1812</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Un an après son adaptation de <em>Company</em>, la <em>Arts Undergraduate Theater Society</em> (AUTS) revient sur le devant de la scène avec <em>Natasha, Pierre &amp; The Great Comet of 1812.</em> Dotée d’une équipe de 46 étudiants – dont 17  interprètes et un orchestre en direct – la troupe disposait de tous les éléments nécessaires à la réussite du projet. Et le pari est relevé. Plus de 180 billets ont été vendus pour la première représentation, suivie de plusieurs soirs à guichets fermés. Difficile d’imaginer qu’un seul spectateur soit ressorti déçu de la salle du Théâtre Plaza.</p>



<p>Dès le numéro d’ouverture, le spectateur est transporté dans le Moscou du 19e siècle à travers cette comédie musicale inspirée du volume deux, tome cinq de <em>Guerre et paix</em> de Léon Tolstoï. Lors de la première chanson, le public est mis en garde : il y a beaucoup de personnages et ils possèdent chacun « <em>neuf noms différents</em> (tdlr) », mais on se prend vite au jeu. Selon Milan Miville-Dechene, metteur en scène de la production, <em>The Great Comet of 1812</em> trouve une résonance toute particulière chez le corps étudiant, ce qui a motivé son choix. « Le mélange de pop, techno, <em>folk</em>, a de quoi convertir n’importe quel étudiant aux comédies musicales. On trouve dans la pièce des enjeux très actuels et de nombreux parallèles avec l’expérience universitaire », explique-t-il. Natasha et Sonya arrivent en effet à Moscou avec des rêves et des aspirations personnelles, tout comme les étudiants de première année à l’Université McGill. Et si les personnages paraissent insouciants sur scène, la pièce demeure pourtant plongée dans l’ombre d’une guerre qui sévit à l’extérieur du huis clos : « <em>Il y a une guerre qui fait rage / Quelque part, là-bas / Et Andrey n’est pas là</em> ».</p>



<p>La passion de la troupe crève les yeux. Sourires aux lèvres et regards brillants, les interprètes dégagent un enthousiasme hautement communicatif. Le public se prend lui aussi à sourire en les regardant. Tout au long du spectacle, leur professionnalisme est indéniable : le jeu est impeccable, les chorégraphies parfaitement réglées, le tout étant le fruit de plusieurs mois de travail acharné. Milan confie avoir étudié attentivement <em>Guerre et paix</em> afin d’informer sa mise en scène. Les comédiens sont en mouvement constant et exploitent l’espace scénique de manière particulièrement réussie – la scène déborde jusque dans la salle et les interprètes interagissent directement avec le public. Milan rappelle que le théâtre est avant tout « un moment partagé » : « L’énergie du public et des interprètes s’alimentent mutuellement ». Le tout est étourdissant, mais juste assez.</p>



<p>Certaines performances individuelles, particulièrement remarquables, viennent solidifier l’ensemble. Claire Latella est splendide dans le rôle de Natasha – ingénue par excellence, elle incarne à la perfection la jeune femme fraîchement arrivée de la campagne, fascinée par le monde scintillant de Moscou. Sam Snyders, quant à lui, excelle dans le rôle de Pierre et apporte au récit la gravité qu’il requiert. Un immense coup de cœur pour la performance de Miranda De Luca dans le rôle de Sonya. Sa prestation de « Sonya Alone », extrêmement touchante, a été couronnée par un tonnerre d’applaudissements – et ce, malgré une salle relativement clairsemée pendant l’avant-première.</p>



<p>Natasha, Pierre &amp; The Great Comet of 1812 <em>est présentée au Théâtre Plaza le 29, 30 et 31 janvier.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/natasha-pierre-la-comete-de-1812/" data-wpel-link="internal">Natasha, Pierre &amp; la comète de 1812</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>« Nous existons, nous résistons »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/nous-existons-nous-resistons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[communautés autochtones]]></category>
		<category><![CDATA[culture autochtone]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[MBAM]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Futurités autochtones : dépasser les solitudes des mondes franco-américains.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">À la suite de près de deux ans de travail, le projet de collabo ration entre le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) et le Groupe de recherche et de réflexion CIÉCO, <em>Entre nos archipels : Dialogues autochtones en contextes francophones</em>, se concrétise finalement. Les 22 et 23 janvier derniers, le public s’est réuni dans l’auditorium Maxwell-Cummings et en ligne pour assister aux discussions avec douze personnalités autochtones du monde de la culture, sur leurs pratiques et sur les enjeux liés à leurs identités.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Nous pensons, donc nous sommes, mais certaines personnes oublient que nous avons toujours existé » </p>



<p class="has-text-align-center"><sub>Jeffery Darensbourg, écrivain et interprète (Atakapa-Ishak)</sub></p>
</blockquote>



<p>Vendredi 23 janvier, 13 h, le comité organisateur ouvre la seconde journée de l’événement en compagnie de l’animateur·rice Camille Larivée (Innu·e, Montréal) et des trois panélistes : Jeffery Darensbourg (Atakapa-Ishak, Bulbancha), Keywa Henri (Kali’na Tɨlewuyu, Paris/ Cayenne) et Marie-Anne Redhead (Nêhiyaw, Winnipeg).</p>



<p><strong>Le nom, porteur de pouvoir</strong></p>



<p>Visages graves, quatre personnes autochtones se figent devant le soleil couchant à l’horizon, de l’autre côté de la rivière déjà condamnée. C’est ce qu’illustre le tableau <em>The Dakota Boat</em> (1875) du peintre W. Frank Lynn. Marie-Anne Redhead, conservatrice adjointe de l’art autochtone et contemporain à la Galerie d’art de Winnipeg (WAG), aime débuter ses présentations avec cette toile, car elle révèle des réalités concernant les peuples autochtones en Amérique : un étouffement des voix, une tendance à disparaître. Comme Jeffery Darensbourg le souligne : « Nous pensons, donc nous sommes, mais certaines personnes oublient que nous avons toujours existé. » Selon Marie-Anne Redhead, il faut agir et renforcer la solidarité entre les peuples pour contrer cette disparition. Dès son premier projet après son entrée en fonction, elle est chargée de vérifier les titres des œuvres de la collection. Le nom est profondément lié à l’identité, car, pour plusieurs nations autochtones, il s’agit d’un porteur de pouvoir qui les relie au monde des esprits. Celui-ci permet de fournir un contexte à l’œuvre ; or parmi sa collection, Redhead a identifié 57 titres erronés ou à connotation raciste. Elle a alors consulté des aîné·e·s autochtones pour en trouver de nouveaux. Cette action mène les travaux à l’extérieur des murs de la galerie et forge un lien avec le reste de la communauté.</p>



<p>Dans le même ordre d’idée, l’artiste Keywa Henri s’explique : « M’identifier en tant que Kali’na Tɨlewuyu aujourd’hui, c’est un acte de résistance en soi. » Issu·e d’un père Kali’na Tɨlewuyu et d’une mère brésilienne, dont le père est autochtone, iel a grandi avec de nombreux questionnements identitaires. D’une part, le père de l’artiste, bien que vivant en Guyane – où le système français réprime complètement la présence des peuples autochtones – lui a toujours appris à s’exprimer, à crier pour la nation avec dignité. D’autre part, son grand-père a vécu sous la dictature militaire au Brésil et a fait vœu de silence. Plus jeune, iel préférait ne pas attirer l’attention sur son identité ethnique par peur de se « folkloriser » et d’alimenter l’image stéréotypée de l’autochtone, celle qui est soit invisible, soit fossilisée.</p>



<p>Aujourd’hui, Keywa Henri embrasse ce même trait qu’iel a longuement voulu cacher et le transforme en outil de résistance. «Je sais que même si je crie, ça sera du silence », confie-t-iel, « mais pouvoir crier en fait qu’une seule envie ». Et ce mot de fin résume d’innombrables voix de la communauté autochtone : « Nous existons, nous résistons. »</p>



<p></p>
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		<title>N’oubliez pas de jouer</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/noubliez-pas-de-jouer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[jouer]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59784</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le piège de la commodité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/noubliez-pas-de-jouer/" data-wpel-link="internal">N’oubliez pas de jouer</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Depuis la nuit des temps, dans notre société, l’humain a cherché un meilleur sujet amené que celui-là. Au secondaire, on nous apprend à ne pas écrire la même chose que tout le monde, à personnaliser notre introduction. Mais c’est tellement simple de reprendre la formule… Aujourd’hui, je me rends compte que ce dilemme est un exemple parmi tant d’autres où l’on se retrouve face au piège de la commodité.</p>



<p>Le piège de la commodité, c’est choisir la voie facile, rapide, évidente, fluide, optimisée, au détriment de la qualité du résultat. Je ne parle pas juste de travaux d’école. Le piège de la commodité agit aussi sur quelque chose de plus discret : notre attention. Les outils qui nous facilitent la vie décident souvent à notre place de ce qui mérite d’être vu et entendu. L’itinéraire le plus rapide et la prochaine vidéo s’imposent, sans qu’on ait à y penser. Peu à peu, on ne choisit plus vraiment ce à quoi on porte attention. À force de déléguer nos décisions aux outils les plus pratiques, on désapprend à choisir, et quand ça arrive, une forme discrète de liberté s’efface. Or jouer exige exactement l’inverse.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Quand on essaie de tout optimiser, on perd quelque chose qui vaut beaucoup plus que le temps qu’on y gagne : l’occasion de ralentir »</p>
</blockquote>



<p>Jouer, c’est cultiver un émerveillement et choisir de chercher d’autres manières de voir le monde, notamment sous un angle différent de celui de la productivité. Ça peut être aussi simple que prendre un chemin différent pour se rendre à ses cours. Sortir de la routine habituelle, quoi. Le jeu introduit du hasard là où tout est planifié et oblige à s’arrêter, à remarquer ce qui se passe. C’est aussi une petite révolution de refuser que tout ait une fonction, et d’accepter que certaines expériences ne servent à rien d’autre qu’à être vécues. Dans une logique de commodité, tout moment inutile (non productif) devient suspect. Pourtant, ce sont souvent ces moments-là qui laissent une trace.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/01/articlejouer2.jpeg" alt class="wp-image-59856" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/01/articlejouer2.jpeg 1024w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/01/articlejouer2-650x488.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/01/articlejouer2-150x113.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/01/articlejouer2-768x576.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/eliejuliette/?media=1" data-wpel-link="internal">Juliette Elie</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Le téléphone cellulaire, suspect habituel, y est évidemment pour quelque chose. Il est bien plus divertissant de marcher en écoutant un balado plutôt que les bruits de la ville, ou de manger devant la télé plutôt qu’en silence. Il n’y a rien de mal à ça, sauf quand ça devient le choix par défaut. À force de se brancher lors de chaque battement entre deux plages de notre horaire réglé à la minute, on élimine le bac à sable du cerveau : l’ennui.</p>



<p>C’est pourtant dans ce vide essentiel que le temps ralentit, que la mémoire se consolide, que l’inventivité se réveille. Ce n’est pas pour rien que les solutions à nos problèmes semblent apparaître de nulle part quand on fait autre chose qu’essayer de les régler. Quand on essaie de tout optimiser, on perd quelque chose qui vaut beaucoup plus que le temps qu’on y gagne : l’occasion de ralentir.</p>



<p>La session d’hiver passe tellement vite. Il m’arrive encore d’écrire « 2025 » dans mes notes de cours et le mois de janvier est presque fini. On ne voit pas nos journées quand on a des tonnes de cases à cocher sur une liste de choses à faire. On fait tellement de trucs et on n’a pas l’impression d’avoir vécu grand-chose. On a de la difficulté à se rappeler ce qu’on a mangé pour déjeuner ce matin, ou encore les dix derniers <em>reels </em>qu’on vient tout juste de faire défiler. On avance vite, mais sans relief, c’est plat.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« C’est aussi une petite révolution de refuser que tout ait une fonction, et d’accepter que certaines expériences ne servent à rien d’autre qu’à être vécues »</p>
</blockquote>



<p>Ce n’est pas le temps qui passe trop vite. C’est plutôt à nous de saisir les occasions de ralentir et de jouer, au lieu de sauter d’une distraction à l’autre. Ovations et roses au sens du détail, au hasard, à la présence, aux temps morts, aux cinq sens. Merde au pilote automatique.</p>



<p>La vie est certainement plus simple grâce à tous les outils à notre disposition aujourd’hui, mais on peut se demander si elle n’est pas plus engourdissante. Je ne pense pas qu’on ait besoin de jeter son <em>cell </em>à la poubelle ou d’arriver en retard à ses cours en essayant de prendre un nouveau chemin chaque jour. Il faut simplement choisir de faire les choses différemment. Être conscient dans notre manière d’habiter (et non de meubler) le temps. Profiter de l’ennui. Ne pas oublier de jouer.</p>
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			</item>
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		<title>Le Groenland : les échos du passé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/le-groenland-les-echos-du-passe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marius Grieb]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Groenland]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[peuple]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59805</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les personnages changent, mais l’histoire se répète.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/le-groenland-les-echos-du-passe/" data-wpel-link="internal">Le Groenland : les échos du passé</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le Groenland est un territoire autonome du Danemark, habité depuis l’ère néolithique, c’est-à-dire près de quatre-mille-cinq-cents ans. Dans le contexte géopolitique actuel, on a tendance à oublier que cette île, peuplée d’environ <a href="https://stat.gl/publ/en/GF/2024/pdf/Greenland%20in%20Figures%202024.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">57 000 personnes</a>, a une histoire distincte, forgée par des hommes et femmes assez braves pour affronter son climat inhospitalier. Malheureusement, les discours belliqueux et impérialistes des pays qui l’entourent ont réduit la valeur de cette terre riche en culture et en traditions à un simple <a href="https://www.reuters.com/business/davos/determined-seize-greenland-trump-faces-tough-reception-davos-2026-01-21/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">levier économique et stratégique</a>. En dépit du chaos politique, une chose est claire : dans l’équation impérialiste, les désirs des peuples autochtones du</p>



<p>Groenland ne sont pas placés au premier plan. C’est par volonté mettre en valeur l’expérience unique et fascinante des personnes de cette région que <em>Le Délit </em>vous propose un aperçu des histoires des peuples du Groenland.</p>



<p><strong>L’épopée d’un voyage</strong></p>



<p>La <a href="https://www.nps.gov/articles/bering.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Béringie</a> était une épaisse couche de terre gelée qui servait de pont naturel entre l’Asie à l’Amérique. Bien avant l’époque des frontières et des passeports, l’être humain était libre de circuler sur cette surface entre deux continents, à ses risques et périls. Poussés par la quête de viande de mammouth, des groupes d’humains provenant de la Sibérie s’aventurent à traverser cette vaste étendue glacée, bravant la faim, le froid, et l’inconnu. Le danger d’une mort prématurée aux mains d’un hiver impitoyable ne suffit pas à décourager des générations successives de poursuivre leurs expéditions vers l’est.</p>



<p>Sitôt l’Alaska atteint, les peuples nomades multiplient leurs voyages sur le continent. Des siècles plus tard, les <a href="https://web.archive.org/web/20110419200203/http://www.natmus.dk/sw18632.asp" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Saqqaq</a> et les peuples qui leur ont succédé tentent de poursuivre leur migration vers l’est, vers l’île qu’on appelle maintenant le Groenland. Face à l’épreuve étourdissante d’une traversée du cercle polaire, ils doivent s’adapter à des températures glaciales, comparables au vent arctique qui balaye présentement la ville de Montréal. Sans anorak <em>Canada Goose </em>ni service de livraison à domicile, ces peuples se contentent de chasser des phoques et des caribous pour se nourrir et se maintenir au chaud. Faisant ainsi pleinement usage des rares ressources à leur portée, ils réussissent à s’implanter sur l’île du Groenland. Leur capacité à développer des modes de vie conditionnés par un climat hostile leur a permis de survire malgré un froid glacial.</p>



<p><strong>Des voisins vagabonds</strong></p>



<p>L’arrivée des Européens sur l’île du Groenland s’est effectuée en plusieurs phases. Ce sont d’abord des groupes de Vikings qui se sont établis dans le sud-ouest de l’île au 10<em>e </em>siècle, suite à la colonisation d’une partie du territoire par Erik le Rouge. Malgré certaines difficultés à s’adapter aux conditions extrêmes, les colons scandinaves réussissent à prospérer, grâce au pastoralisme et à leur accès à des ressources très demandées sur le marché norvégien, comme l’ivoire de morse. Une fois fermement implantées sur la côte, ces sociétés élargissent leur présence sur le territoire, en déboisant des forêts et en faisant pousser des champs de légumes pour agrandir leurs villages. Ce succès initial a toutefois été de courte durée. En effet, des fouilles archéologiques nous confirment que, moins de cinq cents ans après leur arrivée, les peuples vikings du Groenland se sont entièrement volatilisés de cette île enneigée.</p>



<p>Mais comment expliquer cette disparition si soudaine? La réponse est aussi fascinante qu’elle est prémonitoire…</p>



<p><strong>Un schéma bien connu</strong></p>



<p>Au centre de cette énigme se déploient plusieurs phénomènes qui nous sont malheureusement familiers : l’atrophie des ressources naturelles causée par un extractivisme croissant, une dépendance de la société sur les marchés internationaux et les changements climatiques.</p>



<p>Le recul historique et les apports de la science moderne nous apprennent que la politique viking de commerce et de subsistance, liée à l’extraction intensive des ressources naturelles, n’était tout simplement pas durable. Le déboisement des forêts, qui avait pour but la fabrication de charbon, a déraciné la terre. Cet acharnement a eu pour conséquence l’érosion de la terre et une perte de fertilité, accélérée par une <a href="https://archive.archaeology.org/online/features/greenland/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">exploitation</a> abusive des terres agricoles. À cela s’ajoute l’arrivée massive de l’ivoire d’éléphant africain sur les marchés internationaux, qui fait chuter la valeur de l’ivoire de morse, fragilisant davantage l’économie locale déjà précaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center"><strong>« </strong>Ces nouveaux colons semblent oublier le destin que les forces de la nature ont réservé aux Vikings »</p>
</blockquote>



<p>Ainsi, en manque de nourriture et graduellement appauvries, les sociétés vikings commencent à se décomposer. Le catalyseur ultime de cette implosion, on le connaît bien : le changement climatique. Dans ce contexte, un refroidissement progressif porte le coup de grâce aux Vikings du Groenland. Au fil du temps, les hivers deviennent plus rigoureux, les jours se raccourcissent, et tout signe de vie viking est étouffé sous la neige.</p>



<p>Pour les Vikings, ce déluge marque la fin, mais, pour les ancêtres des Inuit contemporains, ce n’est que le début. À la suite de cette vague de froid, les peuples thuléens venus du nord du Canada s’installent progressivement sur l’île, profitant de leurs technologies adaptées au froid extrême, telles que le kayak, le traîneau à chiens et les techniques de chasse maritime pour vivre en harmonie avec le climat. Un climat que les colons vikings n’ont jamais su dompter.</p>



<p><strong>Le destin incertain des nouveaux arrivants</strong></p>



<p>La conquête danoise du Groenland aux 18<em>e </em>et 19<em>e </em>siècles est un fait accompli. Cependant, les pressions militaristes de l’OTAN et des États-Unis risquent de faire basculer, une fois de plus, la souveraineté de ce territoire. La volatilité du statut d’autonomie, proclamé par les Groenlandais et accepté par le Danemark en 2008, s’illustre par un paradoxe politique . Les Groenlandais aspirent à l’indépendance, mais refusent d’être assujettis à de nouvelles puissances étrangères dans le cas d’une séparation avec le Danemark.</p>



<p>Dans le contexte d’une vague d’hubris américain et d’une réticence européenne, la voix des Groenlandais a été réduite au silence. Ils risquent maintenant d’être supplantés. En effet, d’après l’agence de presse <em>Reuteurs</em>, des partisans du président Donald Trump, tel que l’ambassadeur américain au Danemark, Ken Howery, ainsi que le fonds d’investissement Praxis, ont relayé leur vision pour <a href="https://www.reuters.com/world/europe/greenland-freedom-city-rich-donors-push-trump-tech-hub-up-north-2025-04-10/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’établissement de soi-disant <em>freedom cities </em>au Groenland</a>. Ce concept libertarien s’inscrit dans une logique impérialiste et hyper-capitaliste qui prône la dérégulation extrême et une forme de gouvernance largement soustraite. Pourtant, ces nouveaux colons semblent oublier le destin que les forces de la nature ont réservé aux Vikings. Leurs anciens habitats sont aujourd’hui en ruine, enfouis sous la neige, vestiges d’une civilisation disparue.</p>
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		<title>La fin d’une illusion collective</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/la-fin-dune-illusion-collective/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dalia Djazouli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[davos]]></category>
		<category><![CDATA[internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[relations internationales]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59810</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ce n’est pas à Davos que s’est révélée l’imposture de l’ordre mondial.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Enfin, on admet la faillite morale de l’Occident, et l’injustice de son deux poids deux mesures. Ce mardi 20 janvier, à Davos, Mark Carney a fait preuve d’une franchise inédite, reconnaissant un ordre mondial défaillant et une application conditionnelle des règles internationales. Les actualités parlent d’elles-mêmes. Car, tandis que Mark Carney réaffirme son soutien le plus ferme au Danemark en tant que pays souverain du Groenland, le président vénézuélien Nicolás Maduro est toujours détenu aux États-Unis, dans <a href="https://www.ledevoir.com/monde/945714/comment-chef-etat-etranger-peut-il-etre-juge-etats-unis" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’illégalité</a> la plus totale. Au Moyen-Orient, cette logique impérialiste continue : le <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/06/stephanie-latte-abdallah-historienne-le-plan-de-paix-de-trump-a-impose-une-vision-du-futur-de-gaza-fondee-sur-la-logique-coloniale_6652423_3232.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Conseil de paix</a> présidé par Trump poursuit l’effacement politique des Palestiniens, sans qu’aucune sanction ferme ne soit imposée à Israël.</p>



<p><strong>Un discours de rupture ?</strong></p>



<p>Le système international, tel qu’il a été conçu après 1945, devait être régi par les principes supposément universels de démocratie, de respect des droits de la personne et de souveraineté nationale. Or, ces valeurs ont été appliquées sélectivement, comme l’a si justement fait remarquer Mark Carney à Davos : « <a href="https://www.pm.gc.ca/fr/nouvelles/discours/2026/01/20/principes-et-pragmatisme-la-voie-canada-choisie-allocution-du-premier" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Nous savions que l’histoire de l’ordre international fondé sur des règles était en partie fausse […] et nous savions que le droit international était appliqué avec plus ou moins de rigueur selon l’identité de l’accusé ou de la victime.</a> » En prononçant ces paroles, le premier ministre canadien a joué la carte de l’honnêteté, admettant la supercherie de cet ordre mondial, et invitant les puissances moyennes à s’unir pour tracer une troisième voie.</p>



<p><strong>Un remaniement géopolitique ?</strong></p>



<p>On se doute que cette honnêteté cache des motivations plus larges. Son discours, sans être un mea culpa, reconnaît la participation du Canada à cette grande illusion. Faute avouée, à moitié pardonnée : Mark Carney cherche à gagner en crédibilité auprès des pays du Sud, et emprunte une rhétorique qui s’aligne davantage à la leur. Ses intérêts sont purement économiques : soucieux de diversifier son marché par-delà les États-Unis, le Canada a renforcé ses liens commerciaux avec la Chine, lors de sa <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2221219/mark-carney-accord-chine-vehicules-electriques-canola-fruits-mer" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">visite à Beijing</a> à la mi-janvier.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Ce que l’on reconnaît au premier ministre, c’est d’avoir amorcé une critique frontale de la politique d’intimidation déployée par le président Trump »</p>
</blockquote>



<p>Fait rare pour un politicien canadien, son allocution a attiré l’attention internationale et recueilli un soutien domestique multipartite. Cette <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/22/au-canada-le-discours-de-mark-carney-a-davos-dessine-une-nouvelle-doctrine-nationale_6663717_3210.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">réception positive</a> n’est pas le résultat d’une conscience éveillée, d’un monde occidental las des transgressions des règles internationales et décidé à rompre avec ses doubles standards. Ce que l’on reconnaît au premier ministre, c’est d’avoir amorcé une critique frontale de la politique d’intimidation déployée par le président Trump, au milieu de dirigeants européens réticents à contester l’hégémonie américaine.</p>



<p>Le système injuste dont parle M. Carney repose sur la coercition des grandes puissances sur les pays intermédiaires. Il fonctionnait pour les premiers relativement bien jusqu’ici. Mais maintenant que la menace d’une crise économique frappe à leur porte, le Canada et ses alliés occidentaux ne s’en accommodent plus vraiment… Guerres commerciales, <a href="https://www.journaldemontreal.com/2026/01/10/groenland-trump-brandit-la-maniere-forte-pour-accentuer-la-pression-selon-des-experts" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">menace d’intervention militaire</a> au Groenland : l’hypocrisie sous-jacente de cet ordre mondial, fondée sur le soutien inconditionnel à une puissance impérialiste, ne leur est apparemment plus si profitable.</p>



<p>Il aura donc fallu attendre que Trump menace d’annexer un territoire de l’Union européenne pour que l’indignation des démocraties occidentales se fasse entendre, et que l’on nous parle de « <a href="https://www.pm.gc.ca/fr/nouvelles/discours/2026/01/20/principes-et-pragmatisme-la-voie-canada-choisie-allocution-du-premier" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rupture</a> » de l’ordre mondial.</p>



<p><strong>Trop peu, trop tard</strong></p>



<p>Ces mêmes démocraties ne se sont pas mobilisées de la sorte pour faire appliquer le droit international à Gaza. Les armes provenant du Canada continuaient, en juillet 2025, à <a href="https://www.cbc.ca/news/politics/arms-ammunition-shipments-israel-canada-1.7596091" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">affluer</a> vers Israël. L’État hébreu poursuit encore ses attaques à l’encontre des civils palestiniens, <a href="https://www.aljazeera.com/news/2025/11/11/how-many-times-has-israel-violated-the-gaza-ceasefire-here-are-the-numbers" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">violant</a> ainsi l’accord du 10 octobre 2025. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le ministère de la Santé de Gaza recense <a href="https://news.un.org/fr/story/2026/01/1158277#:~:text=Au%20total%2C%20477%20personnes%20auraient,le%20cessez%2Dle%2Dfeu." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">477</a> Palestiniens tués, dont 80 par le Hamas. Et plus tôt dans la semaine, Mark Carney <a href="https://www.cbc.ca/news/politics/trump-board-of-peace-canada-uninvited-carney-letter-9.7057437" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">songeait</a> encore à accepter l’invitation au Conseil de paix, extension du projet colonial israélien. Rien sur le droit à l’autodétermination des Palestiniens ; rien non plus sur la question des responsabilités israéliennes et américaines.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Ce ne sont pas ses failles qui ont été exposées au grand jour, mais plutôt l’injustice profonde de l’ordre mondial »</p>
</blockquote>



<p>Complaisance occidentale qui s’est aussi observée en ce début de janvier, lorsque les États-Unis, sous prétexte de lutte contre le narcotrafic, sont intervenus militairement dans un pays souverain. Motivée par <a href="https://www.bbc.com/news/articles/cd9enjeey3go" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’exploitation</a> des gisements de pétrole du Venezuela, cette ingérence a suscité de tièdes réactions auprès de la communauté internationale. Mark Carney, notamment, s’est contenté d’un timide appel à « <a href="https://www.ledevoir.com/politique/canada/945345/canada-appelle-toutes-parties-respecter-droit-international-affirme-carney" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">toutes les parties à respecter le droit international</a> ».</p>



<p>Cela fait bien longtemps que l’Occident s’affaisse sous le poids de ses propres contradictions. Ce ne sont pas ses failles qui ont été exposées au grand jour, mais plutôt l’injustice profonde de l’ordre mondial, tel qu’il est. Le discours de Carney se contente d’enfoncer des portes ouvertes et d’énoncer des évidences, vécues depuis des décennies déjà par les pays du Sud.</p>
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		<title>Sensibilité à vendre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/sensibilite-a-vendre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catvy Tran]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[sensibilisation politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59813</guid>

					<description><![CDATA[<p>En pleine léthargie générale, la musique comme élan à une sensibilisation politique.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dès les premières secondes de <em>Sold Out</em>, les artistes Gracie Abrams, Bon Iver et Aaron Dessner nous plongent dans l’atmosphère anxiogène d’une fusillade dans une école secondaire. Cette chanson, parue il y a quelques semaines dans un effort de levée de fonds pour l’organisme <em>Everytown for Gun Safety</em>, nous prend de court par sa représentation crue des fléaux qui hantent le climat politique actuel. Des dirigeants indolents aux forces d’extrême droite, en passant par les patrons intéressés, Abrams et Dessner dépeignent un monde dirigé par des « vendus » et n’épargnent personne.</p>



<p>Cette désillusion rejoint le courant postmoderniste dans son rejet de la légitimité des discours étatiques dominants. En effet, l’art postmoderne est caractérisé par une remise en question d’un principe au cœur de la définition de l’État moderne formulée par Weber : le monopole de l’État sur l’emploi de la force. D’un côté, les images incessantes de la violence perpétrée par une bureaucratie flegmatique encouragent une apathie populaire ; de l’autre, l’art s’ancre dans un désir de chambouler cette apathie. Il devient donc une force revigorante pour se sensibiliser de nouveau et prendre conscience de la distance prise avec les événements alarmants qui semblent nous dépasser.</p>



<p>Bien plus qu’une simple représentation de la réalité, les œuvres d’art démantèlent donc le processus quotidien d’« habitualisation » examiné par le théoricien Viktor Shklovsky. Ce dernier voit l’art comme un excellent moyen de renverser l’automatisation de la perception qui nous rend insensibles. En effet, l’art permettrait de « <a href="https://fr.scribd.com/document/913759123/03-a-Shklovsky-L-art-en-tant-que-technique" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">retrouver la sensation de la vie ; [nous] faire ressentir des choses</a> ». Ainsi, la culture, ou, dans ce cas-ci, les chansons à caractère politique, font partie intégrante de la vie politique et permettent aux auditeurs d’être sensibilisés à des enjeux sociétaux, qu’ils soient internationaux ou domestiques.</p>



<p><strong>Politique interne</strong></p>



<p>À l’échelle interne, on peut, par exemple, penser à la chanson <em>True Believer </em>de l’artiste Hayley Williams. Dans ce morceau paru l’année dernière, Williams ne mâche pas ses mots et met en lumière les nombreuses incohérences des discours chrétiens et nationalistes dans le sud des États-Unis. Après avoir critiqué leurs fusils « <em>grands comme leurs enfants </em>» (<em>tdlr</em>), elle dénonce leur tendance à dépeindre Jésus avec un « <em>visage blanc </em>» pour ne pas avoir à « <em>prier quelqu’un qu’ils considèrent inférieur </em>». Grâce à cette chanson, l’artiste américaine parvient à mobiliser l’auditeur, à le sensibiliser à des enjeux concrets et même à lui fixer un but précis. En guise de touche finale, Hayley Williams nous fait une promesse : « <em>The South will not rise again / Til it’s paid for every sin </em>» (« Le Sud ne se relèvera pas tant qu’il n’aura pas payé pour tous ses péchés »).</p>



<p>L’autrice-compositrice-interprète Janelle Monáe livre quant à elle une critique acérée des États-Unis et de son système violent, sexiste et raciste avec <em>Americans</em>. Les couplets de cette chanson, aux paroles exhaustives, abordent entre autres les injustices du système carcéral, les inégalités salariales, l’appétit pour la guerre et la violence policière qui caractérisent les États-Unis. L’allégeance aveugle de la locutrice, qui scande en boucle « <em>I’m American </em>» (« Je suis américaine ») durant le refrain, crée un contraste saisissant avec l’énumération affligeante qui la précède et permet à l’auditeur d’entendre les contradictions ancrées dans l’État américain et de s’en désolidariser.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« D’un côté, les images incessantes de la violence perpétrée par une bureaucratie flegmatique encouragent une apathie populaire »</p>
</blockquote>



<p>Le plaidoyer de Monáe pour un pays plus juste s’inscrit dans une tradition de revendications de la population noire américaine, en ce qui a trait à son inclusion au sein de sa nation. Bien que la fondation de ce pays repose sur des idéaux démocratiques, la concrétisation de ces idéaux n’a eu lieu que grâce au combat incessant de la population noire américaine pour une démocratisation radicale des droits et libertés promus par la Déclaration d’indépendance. C’est d’ailleurs dans cette lignée que « <em>I’m American </em>» se transforme à la toute fin de <em>Americans </em>en « <em>This is not my America </em>» (« Ceci n’est pas mon Amérique »). Dans cette chanson, la remise en question de la fierté nationale se confronte également à la violence exercée par l’État américain à l’étranger. Ainsi, s’inscrivant dans un mouvement d’internationalisation prôné avant elle par W. E. B. Du Bois, Martin Luther King et Malcolm X, le regard de l’artiste se tourne vers les systèmes oppressifs reproduits par les États-Unis sur la scène mondiale. En témoignent les premières lignes de la chanson : « <em>War is old </em>[…]<em>; let’s play God </em>» (« La guerre est une vieille histoire […] ; jouons le rôle de Dieu »).</p>



<p><strong>Politique internationale</strong></p>



<p>Cette résistance à un système généralisé peut également faire penser à la chanson <em>Hypersonic Missiles </em>de Sam Fender. Parue en 2019 et faisant partie de l’album du même nom, elle dépeint un locuteur apathique et désensibilisé. Au beau milieu de bombardements à Gaza, d’un engrenage financier insatiable et de discours alarmistes promouvant un réarmement, il demeure « <em>blissfully unaware </em>» (« complaisant dans son ignorance ») et promet tout ce qu’il possède à sa patrie anglaise. Cette critique du système, saupoudrée de défaitisme, illustre la difficulté de se séparer, en tant qu’individu, d’un système opprimant et foncièrement injuste.</p>



<p>Dans une optique complémentaire, l’auteur-compositeur-interprète Hozier adopte dans <em>Eat Your Young </em>le point de vue de la classe dirigeante pour critiquer sa tendance à sacrifier les jeunes générations, et ce, à travers le globe. Cette chanson de 2023 est inspirée de l’essai satirique « <em>A Modest Proposal </em>» de Jonathan Swift, qui propose la consommation de la chair d’enfant comme échappatoire à la pauvreté pour leurs parents. Hozier reprend cette idée en incriminant une élite ostentatoire qui écorche les vies des enfants, au profit de guerres et de l’accumulation de ressources matérielles : « <em>Puttin’ food on the table, sellin’ bombs and guns / It’s </em>[…] <em>easier to eat your young </em>» (« Mettre du pain sur la table, vendre des bombes et des fusils / Il est […] plus facile de manger ses jeunes »).</p>



<p>Trois ans plus tôt, l’incomparable Taylor Swift faisait elle aussi une défense de la jeunesse. Dans <em>Only The Young</em>, elle soutenait que, alors que les jeunes sont confrontés à une course contre la mort durant les nombreuses fusillades qui rongent les États-Unis, eux seuls sont capables de courir. La course prend ici un sens double, puisqu’elle fait également référence au pouvoir de la jeune génération, qui pourra diriger le pays (« <em>run the country </em>») et ainsi contrer les politiques opprimantes de Donald Trump. Malgré les fusillades, les inégalités et un sentiment d’impuissance affligeant, Swift rappelle donc à la jeunesse qu’il lui faut persévérer et continuer à courir (« <em>Only the young / Can run </em>[…] <em>/ So run </em>»). Écrite avant la réélection de Donald Trump, cette chanson est ponctuée d’un certain optimisme qu’on ne retrouve pas, par exemple, dans la plus récente <em>Sold Out</em>. Cette dernière incarne plusieurs éléments plus sombres qui jalonnent la plupart des morceaux examinés dans cet article : élite vendue, jeunesse apathique et désillusionnée, rage et peur. Cependant, peu importe leur angle d’approche, toutes ces chansons nous rappellent, comme toute bonne œuvre d’art, l’importance de regarder la douleur en face et de ne pas oublier. Dans les mots de Gracie Abrams et Aaron Dessner, « <em>Pain is a souvenir / It’s a reminder </em>» (« La douleur est un souvenir / C’est un rappel »).</p>
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		<item>
		<title>Mots croisés</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/mots-croises-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elie Nguyen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Mots croisés]]></category>
		<category><![CDATA[mots croisés]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/mots-croises-3/" data-wpel-link="internal">Mots croisés</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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