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	<title>Archives des Aller danser - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Sortir de sa boîte</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/02/sortir-de-sa-boite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Agathe Nolla]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Nov 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aller danser]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[aller danser]]></category>
		<category><![CDATA[boîte de nuit]]></category>
		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une expérience marquante en boîte de nuit.</p>
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<p class="has-drop-cap">Dimanche soir, en faisant les courses pour l’Action de grâce, un de mes colocataires a soupiré d’ennui et s’est plaint qu’il aimerait aller en boîte de nuit. Il voulait y aller tout de suite. Je n’avais jamais mis les pieds sur une piste de danse montréalaise. Je m’étais déjà retrouvée, pendant l’été, à passer la nuit dans des bars dansants pour mineurs. Mais une vraie boîte de nuit, jamais. À vrai dire, le concept de s’entasser dans un espace restreint, bruyant, suffocant pour danser et boire à un prix exorbitant ne m’intéressait pas. J’avais systématiquement refusé. J’avais toujours trouvé que je pouvais très bien égayer l’espace et m’amuser, seule dans ma chambre. Un verre de mauvais rouge à la main et des chansons plus commerciales que ma boisson dans les oreilles, j’avais l’impression que je pouvais passer des heures en dépensant sept fois moins. J’avais déjà essayé de comprendre les raisons pour lesquelles les jeunes sortent en boîte de nuit. Pour moi, on y allait par manque d’imagination : c’était un acte idiot de conformisme. Finalement, j’ai cédé ; je sortirais ce soir. </p>



<p>Nous sommes arrivés au Café Campus vers 22h30. Après avoir tiré vingt dollars, l’ébriété m’a invitée à danser sur cet immense tapis de sol stratifié. J’ai dansé seule pendant presque une demi-heure, au fur et à mesure que l’endroit se remplissait d’artistes éphémères. Quand j’ai voulu reprendre mon souffle, j’ai commandé un verre au bar. J’ai fait un sourire séducteur à la serveuse lorsqu’elle m’a tendu mon verre de vodka-Redbull. Puis j’ai dansé, encore et encore. Je donnais des coups de pied et de tête lors des temps forts des chansons, je tournoyais sur les flaques de bière, je suivais en discorde les lumières fluorescentes. Le DJ a lancé <em>Hot Stuff</em> de Donna Summer. Je suis montée sur l’estrade ; un groupe de six jeunes hommes dansaient. Je feignais de ne pas les remarquer, alors qu’en réalité, tout ce spectacle leur était dédié. En quelques instants, j’ai compris l’espace et calculé tous les mouvements permis. Je n’allais pas leur montrer une jeune fille discrètement sexy, mais une femme  impressionnable : c’était de cette manière que je m’offrais. Pour me remercier du spectacle, l’un d’entre eux m’a payé une Smirnoff Ice au nom du groupe. Puis, j’ai disparu pour fumer. Je courais dans les escaliers en sautant quelques marches. En sortant, l’air frais d’octobre a agrandi mon sourire euphorique. Après, je l’ai coiffé d’une cigarette. J’apercevais la très longue queue qui s’était formée à l’entrée de la boîte. Soudain, ce plaisir inexpliqué s’est transformé en légère frustration. J’avais été piégée. J’avais pris du plaisir dans ce lieu qui pour moi n’avait su provoquer que mépris et ennui. Je me suis énervée : l’idée même de partir ne m’avait pas traversé l’esprit avant ce moment précis. Je me suis énervée davantage : impuissante, je savais que j’allais en vouloir plus. J’ai écrasé ma cigarette, décidée à annoncer mon départ à mes amis. Pourtant, la musique m’a charmée et de nouveau, j’étais déchaînée parmi tous ces spectres de sueur. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«J’étais parmi les êtres solitaires, à la recherche de la jouissance»</p></blockquote>



<p>Les chansons se sont suivies et mes pas étaient maladroits. Je ne savais plus vraiment ce que je faisais. Ce dont j’étais certaine, c’est que tout le monde m’aimait et m’admirait. La foule était composée de ce qui semblait être un millier d’humains ridicules et naïfs que je contrôlais avec mon charme. J’ai fini par monter à l’étage. En haut, il y avait des tables isolées, où les danseurs ivres trouvaient refuge, ainsi qu’un balcon qui surplombait la piste de presque trois mètres. Je regardais de haut cette masse de corps entassés, qui s’entrechoquaient sur les contretemps de la musique. Lorsqu’un rayon de lumière les éclairait, ils effectuaient de superbes gestes grotesques comme pour garder l’attention du projecteur. Lorsqu’un couple s’embrassait sur la bouche, il était convaincu que ses voisins le jalousaient. Et lorsqu’une chanson connue retentissait dans les enceintes, chacun se pensait chanteur acclamé et récompensé. Mes amis m’ont traînée dans la foule pour danser sur <em>Dancing Queen</em> d’ABBA. Je me suis retrouvée entourée de personnes grandies par des talons effrayants, à peine discernables. Je pensais être au centre de la piste, mais en réalité j’étais à l’extrémité, près des toilettes. Tout aurait dû être désagréable. J’aurais dû être sensible à l’odeur nauséabonde et vomitive des toilettes, à la circulation constante du monde, à la pression de mon corps frêle contre ceux d’hommes âgés. Mais je ne l’étais pas. Le sentiment de supériorité avait été remplacé par une compassion conviviale. J’étais parmi les êtres solitaires, à la recherche de la jouissance. La nuit finirait dans trois heures : trois heures de séduction, trois heures de danse, trois heures de fausse compagnie, trois heures de lutte contre le goût amer et oppressif du reste des heures du jour.</p>



<p>«<em>Bring the action!</em>», ces paroles indécemment banales de la chanson <em>Scream &amp; Shout</em>, vibraient d’un sens nouveau. Les paroles demandaient que toute l’attention soit portée sur ceux qui les chantent afin qu’ils guident la foule dans une chorégraphie conventionnelle : l’individualisme communautaire… Tous criaient « oh weeh oh weeh oh weeh oh » en choeur. La soirée durant, ils chantaient des sons absurdes, des mots approximatifs, et des interjections stupides, tout en gardant le plus fier des sourires. Après ce moment de plaisir, tous les éléments festifs commençaient à se dégrader, la musique devenait moins agréable, les corps moins beaux, les cigarettes moins reposantes. Seul l’alcool palliait cette dégringolade. Il était à présent maître de moi, maître des autres, et plus généralement, maître de la situation. Et puis, je fus soudainement prise d’une puissante fatigue produisant une sensation trompeuse de lucidité. Les gens sortaient essorés et vidés avec une orgueilleuse sensation d’accomplissement. Sur le chemin du retour à la maison, moi, je me confrontais à mes pensées et je cogitais pour donner du sens à cet épisode. Et durant ce trajet, j’ai eu l’impression d’avoir trouvé l’amour pour les autres, l’amour propre, l’amusement temporaire : tout devenait sensé. Je me suis endormie, alors avec cette épiphanie, que mon sommeil égarerait. Et donc, la semaine prochaine, je retournerai en boîte pour ressentir de nouveau ce moment de vérité illusoire.</p>
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		<title>Sortir, c’est décevoir</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/19/sortir-cest-decevoir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dilara Bhuiyan]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aller danser]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[alcool]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[fête]]></category>
		<category><![CDATA[jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[nuit]]></category>
		<category><![CDATA[soirée]]></category>
		<category><![CDATA[sortir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Récit d’une rupture culturelle: une soirée pour endormir les codes parentaux.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>C’est un vendredi soir. Je suis au Second Cup sur le boulevard Saint-Laurent en train de contempler le reste de ma soirée. Je reçois des messages de mes parents. Ils sont inquiets: mon couvre-feu de vingt-deux heures approche. Je ne réponds pas. Où suis-je ? Que fais-je ? Avec qui suis-je ? Ce sont des questions qui les tracassent. Toutefois, ce soir, je ne compte pas rentrer chez moi. Ils ne le savent pas. J’ai des plans avec mes ami·e·s pour aller à une fête dans deux heures et je n’ai aucune intention d’aviser mes parents, car ils ne me le permettraient pas. «Tu ne peux pas boire d’alcool. Tu ne peux pas aller en boîte. Tu ne peux pas sortir trop tard. Tu ne peux pas porter une jupe trop courte. Tu ne peux pas être attirante. Tu ne peux pas avoir de relations sexuelles. Tu ne peux pas choisir ton partenaire. Tu ne peux pas transgresser les règlements, et tu ne peux surtout pas faire ce que tu veux.» </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ils étaient prisonniers de la conformité culturelle. Cela étant dit, je ne veux pas répéter ce cycle. Je veux me rebeller»</p></blockquote>



<p>J’ai grandi dans une famille d’immigrant·e·s conservateur·rice·s. Or, toute ma vie est dictée par des règlements et des normes à suivre. Ces règlements sont soutenus par la peur, la honte, la culpabilisation, les menaces d’abandon, les punitions, la manipulation émotionnelle et l’abus physique. C’est une dure réalité à laquelle plusieurs femmes dans ma situation sont confrontées à cause de valeurs culturelles strictes et arriérées. Dès qu’elles se rebellent, elles déraillent du «droit chemin» et sont perçues comme des fardeaux. Que ce soit de choisir de ne pas suivre sa religion ou de ne pas vouloir se marier, lorsque leur autonomie devient incompatible avec les normes traditionnelles, elles deviennent une honte pour leurs familles. Ainsi, dans ma communauté, l’idée d’une femme qui sort pendant la nuit est mal vue, car elle serait plus disposée à enfreindre les règles: la nuit représente l’intimité, l’immoralité, le danger. Mes parents craignent ma découverte de la nuit, ils essaient d’imposer des limites à ce que je peux faire. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je me maquille dans les toilettes et je change ma tenue pour porter des vêtements qui feraient retourner mes ancêtres dans leurs tombes»</p></blockquote>



<p>Lorsque j’étais plus jeune, je répugnais la sévérité et l’intolérance de mes parents, mais, avec le temps, j’ai développé une pitié pour eux depuis que j’ai réalisé que leur façon rigoureuse d’encadrer leurs enfants est une conséquence du conditionnement de leurs propres parents. Ils ont subi les mêmes restrictions et les mêmes abus. Ainsi, le traumatisme intergénérationnel devient inévitable puisque mes parents, comme plusieurs immigrant·e·s, n’ont pas eu le courage de renoncer face à leurs parents lorsqu’ils étaient jeunes, et ont dû accepter leur état de soumission. Ils étaient prisonniers de la conformité culturelle. Cela étant dit, je ne veux pas répéter ce cycle. Je veux me rebeller. Il est vingt-deux heures passées. Je me maquille dans les toilettes et je change ma tenue pour porter des vêtements qui feraient se retourner mes ancêtres dans leurs tombes. J’ai cinq appels manqués de mes parents, et je ressens une insouciance flagrante. Je devrais me sentir égoïste de ne pas les avoir confrontés et d’avoir mis mes désirs avant leurs attentes. Cependant, je me sens libre. Je rejoins mes ami·e·s et je me rends à la fête. Le dernier métro est passé avec minuit. Mes parents ont perdu espoir, car ils ont cessé de me contacter. Le reste de la soirée est comme un rêve: plus le temps passe, moins je m’en souviens. Pourtant, je me souviens de l’extase et de ma désobéissance motrice avant de m’endormir sur le canapé. À l’aube, je me réveille pour aider mon ami à ranger son appartement. Je me dirige ensuite au travail sans penser à la déception de mes parents, et, finalement, je rentre chez moi à vingt-deux heures, le lendemain.</p>
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