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	<title>Archives des Société - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Thu, 29 Oct 2026 18:36:25 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>La démocratie dans l’ombre des broligarques</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/10/28/la-democratie-dans-lombre-des-broligarques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 11:19:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61385</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le corporatisme intrinsèque aux nouvelles technologies menace-t-il notre futur?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/10/28/la-democratie-dans-lombre-des-broligarques/" data-wpel-link="internal">La démocratie dans l’ombre des broligarques</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Vendredi dernier, le 23 octobre, l’amphithéâtre Charles F. Martin de l’Université McGill a accueilli deux invités de prestige dans le cadre de la conférence internationale <em><a href="https://www.attentionconferences.com/conferences/2026-forum" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Attention: Democracy Rebuilt</a></em>. Comme tête d’auche, Ethan Zuckerman – chercheur spécialisé dans les médias et le numérique – et Maria Ressa – journaliste, récipiendaire du prix Nobel de la paix en 2021 et coprésidente du Groupe scientifique international indépendant de l’intelligence artificielle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Du 21 au 23 octobre, plus de 250 professionnels du monde médiatique et leaders mondiaux se sont réunis pour discuter de la place croissante de l’IA dans les institutions chargées de préserver la démocratie. La conversation entre Maria Ressa et Ethan Zuckerman, animée par Taylor Owens, portait spécifiquement sur les enjeux liés à l’information et à la presse – notamment sur les façons dont les grandes compagnies de technologie exploitent leurs utilisateurs pour faire des profits. L’échange n’était pas une simple conférence : il a également été enregistré pour le balado <em><a href="https://www.theglobeandmail.com/podcasts/machines-like-us/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Machines Like Us</a></em>, lancé par Owens en 2024 avec le <em>Globe and Mail</em>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Une situation affligeante « <em>J’ai l’impression d’être un mélange entre Cassandra et Sisyphe (tdlr) </em>», confie Ressa lorsque Owens lui demande son opinion sur l’IA – l’avenir s’annonce sombre, et constamment tenter d’en avertir la population peut sembler un exort vain. Elle explique que les géants de la technologie sont depuis longtemps une menace pour les démocraties, citant notamment comme exemple Mark Zuckerberg, cofondateur de Facebook. Selon elle, les nouvelles technologies telles que les réseaux sociaux et l’IA sont désormais profondément intégrées aux systèmes politiques et aux structures de gouvernance, ce qui les rend vulnérables à la manipulation des grosses corporations. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ethan Zuckerman souligne l’énormité des projections budgétaires que le gouvernement étasunien prévoit allouer à l’IA dans les cinq prochaines années : autour de 3,6 % de son PIB. « <em>Leur pari est de réduire la maind’oeuvre […] et tout miser sur l’IA, explique-t-il. Leur seul moyen de faire du bénéfice est si un tiers d’entre nous perdons notre emploi.</em> » </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les enjeux du journalisme </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur scène, le consensus est unanime : le journalisme traverse une période diucile. Les intervenants expliquent tour à tour comment l’intégrité de l’information est menacée par les grandes corporations, dont les impératifs économiques priment souvent sur l’intérêt du public. Les médias numériques sont plus que jamais victimes des extracteurs de données qui utilisent ensuite les informations pour nourrir leurs grands modèles de langages (GML). « <em>C’est comme payer quelqu’un pour qu’il vienne chez moi et vole toutes mes agaires</em> », ironise Ressa. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À ses yeux, le problème réside en partie dans le fait que les gouvernements se tournent principalement vers les entreprises qui développent ces technologies lorsqu’ils cherchent à mieux comprendre l’IA. La journaliste déplore également le manque de représentants du monde médiatique dans l’élaboration des politiques publiques. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IA et la presse, c’est un serpent qui se mord la queue. Plus l’IA gagne du terrain dans les salles de rédaction, plus le travail journalistique est perçu comme remplaçable, entraînant des compressions du personnel. Or, moins il y a de journalistes pour produire une information rigoureuse et vérifiée, plus les systèmes d’IA risquent de s’appuyer sur un système informationnel appauvri. À terme, les sources d’informations crédibles sont remplacées par du contenu dégénératif. « <em>On va mourir de divertissement</em> », lance Ressa. Elle poursuit en expliquant plus sérieusement les conséquences létales que ce phénomène peut avoir. La journaliste aborde notamment la situation des Philippines, le pays où elle habite : là-bas, les cyclones sont dévastateurs, mais à cause du manque de sources d’information fiable annonçant ces catastrophes naturelles, nombreux sont ceux qui risquent d’en payer de leur vie. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Prendre son futur en main </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>On doit arrêter l’impuissance acquise et juste avancer, déclare Ressa. Si on n’essaie pas, on laissera délibérément arriver la montée du fascisme </em>». Si la menace des géants de la technologie – ces <em>broligarques, leaders</em> de la tech très influents en politique – rend le futur incertain, il ne faut pas non plus sombrer dans le cynisme et se désengager de toute forme de technologie. Une des solutions proposées est de se réapproprier l’espace numérique : se créer ses propres outils, ses propres plateformes, programmes, GLM – mais de manière éthique, non exploitante et fondée sur des valeurs communes à tous. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/10/28/la-democratie-dans-lombre-des-broligarques/" data-wpel-link="internal">La démocratie dans l’ombre des broligarques</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Coalition contre la crise du logement</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/10/28/coalition-contre-la-crise-du-logement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catvy Tran]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[crise du logement]]></category>
		<category><![CDATA[loyer]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[revendications]]></category>
		<category><![CDATA[studantification]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61311</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le squat politique, un symbole de la lutte contre la hausse des loyers.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/10/28/coalition-contre-la-crise-du-logement/" data-wpel-link="internal">Coalition contre la crise du logement</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Statistique écœurante : <a href="https://ici.radio-canada.ca/rci/fr/nouvelle/2175494/loyers-augmentation-montreal-toronto-vancouver" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">entre 2019 et 2025, les loyers à Montréal ont bondi de 71 %.</a> Comment expliquer cette spirale inflationniste aux répercussions importantes sur le pouvoir d’achat? D’après le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (<a href="https://rclalq.qc.ca" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">RCLALQ</a>), cette crise est ni un fait isolé, ni un fait divers, mais bien un phénomène multiforme, et surtout politique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est en vue de ce constat que le groupe s’est mobilisé le 28 septembre dernier pour faire entendre ses revendications par moyen d’une action citoyenne inédite à Montréal depuis 2001 : un squat politique. Durant cet événement hautement médiatisé, quinze militant·e·s ont occupé un triplex vacant dans le quartier de Côte-Saint-Paul en marge des élections provinciales, avant d’être <a href="https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/les-militants-du-squat-sur-de-l-%C3%A9glise-ont-%C3%A9t%C3%A9-mis-dehors/ar-AA2dnqgT" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">expulsé·e·s</a> par le Service de police de la Ville de Montréal quatre jours plus tard.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En solidarité avec les habitants du quartier, Noémie Beauvais, organisatrice communautaire au sein du RCLALQ, nous raconte le récit d’une action collective se voulant perturbatrice, faite à visage découvert et dans un but clair : appeler le gouvernement à agir contre la hausse des loyers. Mais, avant de nous plonger dans le cœur de l’actualité, Beauvais fait le point sur les causes structurelles de la crise.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout d’abord, elle souligne un enjeu critique : la financiarisation du bien logement. Elle déplore la « logique de marchandisation », qui produit une « [incitation à] monter les prix ». S’ajoute à cela une trend, c’est-à-dire surenchère culturelle, qui incite à « <em>flipper </em>» (rénover pour revendre à un prix plus élevé) de l’immobilier pas cher. Sous ce régime de normalité, le logement passe d’un bien d’usage à un bien d’échange, qu’on appelle ironiquement « immobilier ». Quand de grands fonds d’investissement et des individus en quête d’argent facile s’emparent de cette norme économique, le marché se soumet à la spéculation et n’est plus gouverné par la demande économique.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Elle déplore la “logique de marchandisation”, qui produit une “[incitation à] monter les prix”. S’ajoute à cela une trend, c’est-à- dire surenchère culturelle, qui incite à “flipper” (rénover pour revendre à un prix plus élevé) de l’immobilier pas cher »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte Airbnb,la plateforme de location pour les particuliers, exclut de plus en plus de logements du marché locatif, la raréfaction des logements abordables accompagne l’augmentation artificielle de la demande. Le tout fait augmenter le prix du logement, et donc les loyers des habitants de Montréal. Face à la crise, le Tribunal administratif du logement du Québec s’est montré, selon la RCLALQ, faible ou, du moins, mal équipé. Manque de moyen ou manque de volonté, le débat reste ouvert, mais le constat, lui, est clair : « La population en a ras-le-bol. »&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est donc dans cette perspective que s’est déroulé le squat du 28 septembre. Au-delà de la pression politique que l’action génère, ce qui a marqué les esprits des participants a été la solidarité qu’ont montrée les habitants de Montréal, nous explique Beauvais. D’après cette dernière, des petits gestes comme des livraisons de nourriture ou même d’une toilette montrent que « les gens sont prêts à des actions un peu plus créatives et dérangeantes ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’appui populaire, l’aide mutuelle et la résistance pacifique sont des moyens de signaler l’ampleur de la crise. Pour être efficace, le mouvement doit porter un changement politique concret. C’est ainsi que le RCLALQ propose une première mesure tangible et accessible au gouvernement : un registre des loyers efficace et transparent – un premier pas vers la réduction du rapport de force entre propriétaires et locataires.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La crise du logement à McGill&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’Université McGill, la crise du logement est ressentie de manière variée au sein de sa population étudiante.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Malika Logossou, étudiante à la maîtrise en science politique à l’Université McGill, le prix des logements la décourage de trouver un appartement près du campus.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résidant sur la Rive-Sud de Montréal, près de Mercier, elle met environ une heure et quart pour se rendre sans trafic au campus. Avec le barrage de la voie de gauche du pont Mercier en direction de Montréal la semaine dernière, elle était forcée de partir jusqu’à deux heures trente avant son cours de 8 h 30 si elle voulait éviter le trafic de l’heure de pointe.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« L’appui populaire, l’aide mutuelle et la résistance pacifique sont des moyens de signaler l’ampleur de la crise »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ce long trajet nuit quelque peu à son expérience universitaire : « Je me retiens parfois de participer à certaines activités ou de suivre certains cours qui m’intéressent en raison de leur horaire et du trafic aux heures de pointe. »&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ces déplacements éreintants, elle n’envisage pas de s’installer plus près du campus. La crise du logement la dissuade « de vouloir y déménager dans un avenir proche lorsqu’[elle] voi[t] ce qui se passe aux nouvelles, notamment le manque de logements, leurs prix et les expériences de [s]es amis qui habitent à Montréal ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, Andalus Disparate, étudiante internationale au baccalauréat en science politique et en histoire à l’Université McGill, ne se dit pas particulièrement affectée par la crise du logement. Sa recherche d’appartement à Montréal s’est faite sans embûches : « <em>J’ai […] trouvé mon appartement sur Facebook Marketplace, où il y a beaucoup d’appartements [qui ciblent] spécifiquement […] les étudiants de McGill et de Concordia (tdlr).</em> »&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans le vouloir, cette dynamique s’inscrit dans un phénomène de <em><a href="https://www.jstor.org/stable/10.2307/26650832" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">studentification</a></em> (« étudiantisation »), une forme de gentrification entraînée par l’arrivée d’étudiants collégiaux ou universitaires dans un secteur. Ces derniers font généralement <a href="https://doi.org/10.70675/66096a6dz0bb5z46cfz88c0z9bfc4f5b05a0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">grimper la demande</a>, ce qui incite les propriétaires à <a href="https://doi.org/10.1080/02723638.2022.2073150" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">augmenter les prix des loyers.</a> Cela a pour effet de modifier la composition économique et socioculturelle du quartier : dans ce contexte, les habitants qui y vivaient précédemment sont fréquemment aux prises avec des déserts alimentaires et commerciaux, et beaucoup finissent par devoir quitter le quartier. Les étudiants contribuent ainsi, vraisemblablement sans le vouloir, à la crise du logement.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Elle était forcée de partir jusqu’à deux heures trente avant son cours de 8 h 30 si elle voulait éviter le trafic de l’heure de pointe »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, selon Andalus, la réalité des étudiants internationaux n’est pas sans obstacles : « <em>Les étudiants internationaux sont désavantagés par leur manque de connexions et, souvent, par leur manque de famille au Canada. Cela rend la navigation pour la recherche de logement plus difficile, et [rend] probablement ces étudiants plus vulnérables à la [pénurie de logement] et à des coûts élevés.</em> »&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’est donc pas surprenant que la plupart des étudiants mcgillois ne connaissent pas le passé militant du quartier où beaucoup s’installent lors de leurs études : le « ghetto McGill », soit le quartier de Milton-Parc. Alors même qu’ils en bénéficient au quotidien, beaucoup ignorent que ce quartier possède une <a href="https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/le-15-18/segments/rattrapage/2423872/combat-pour-milton-parc-et-saga-cite-nbsp-nbspmontreal-1976" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">riche histoire de résistance</a> contre des projets « immobiliers » comme La Cité. Avec la hausse fulgurante des loyers, il reste à voir si la lutte entamée par les anciens résidents du quartier saura être reprise par ceux qui l’habitent aujourd’hui. Une chose est claire : le squat politique dans Côte-Saint-Paul témoigne de l’esprit de contestation toujours vivant à Montréal.</p>
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		<title>Quand la mode va trop loin</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/10/28/quand-la-mode-va-trop-loin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Colorisme]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[mode]]></category>
		<category><![CDATA[tendances]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61320</guid>

					<description><![CDATA[<p>Est-il raisonnable de se blanchir l’anus?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Il y a des tendances qui s’imposent partout : le nouvel iPhone, les Adidas Samba, la coupe mullet, ou bien, en pleine <a href="https://www.santemagazine.fr/beaute-forme/chirurgie-esthetique/tout-savoir-sur-le-blanchiment-anal-1039201" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">expansion</a> ces dernières années, le blanchiment anal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Consistant à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Blanchiment_anal" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dépigmenter</a> la peau autour de l’anus, cette recherche d’<a href="https://www.topsante.com/medecine/problemes_dermatologiques/blanchiment-anal-methodes-douleurs-prix-tout-ce-quil-faut-vraiment-savoir-940525" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">uniformité</a> corporelle vient du colorisme, une forme de discrimination qui valorise les teints de peau plus clairs au détriment des plus foncés. Pourtant, cette zone présente naturellement un épiderme plus foncé, en raison d’une concentration élevée de <a href="https://www.topsante.com/medecine/problemes_dermatologiques/blanchiment-anal-methodes-douleurs-prix-tout-ce-quil-faut-vraiment-savoir-940525" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mélanine</a>. Celle-ci est influencée par des facteurs génétiques et hormonaux, par l’âge ou par les frottements quotidiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2017, la demande de blanchiment anal aurait explosé de <a href="https://steemit.com/story/@fatos/demand-for-anal-bleaching-soars-by-23-as-women-follow-in-the-footsteps-of-celebrities-including-sophie-kasaei-charlotte-crosby" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">23</a> % dans la clinique médicale londonienne HB Health après que certaines stars comme Kourtney Kardashian aient mentionné avoir eu recours à cette pratique. En uniformisant la couleur de leur peau, certaines femmes se sentiraient plus à l’aise dans leur corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce désir d’éclaircissement a pourtant des racines plus anciennes, d’abord <a href="https://www.santemagazine.fr/beaute-forme/chirurgie-esthetique/tout-savoir-sur-le-blanchiment-anal-1039201" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">culturelles</a> : au Moyen-Orient (notamment aux <a href="https://lejournaldemoncorps.fr/etes-vous-pret-pour-un-blanchiment-anal/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Émirats arabes unis</a>) et en Asie, la peau blanche est signe de richesse, et la dépigmentation des zones intimes peut être demandée en préparation de la nuit de noces. En effet, la peau plus claire se voit accorder une valeur sociale supérieure pour des raisons historiques et sociales. La peau bronzée a longtemps été associée aux paysans et aux ouvriers travaillant sous le soleil, et la peau pâle, étant un signe de noblesse ou d’aristocratie, était liée à l’élégance, à la propreté et à la réussite professionnelle. Elle est aujourd’hui devenue un attrait sur le marché du mariage et un idéal de beauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ceux qui ont lancé la mode, ce sont les acteurs de l’industrie du divertissement pour adultes (le porno), qui s’est progressivement <a href="https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/penelope/segments/rattrapage/1991040/discussion-nouvelle-serie-documentaire-sexe-inc" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">démocratisée</a> dans les années 1980 et 1990. C’est notamment à travers l’imagerie érotique du magazine <em><a href="https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/penelope/segments/rattrapage/1991040/discussion-nouvelle-serie-documentaire-sexe-inc" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Playboy</a></em>, normalisant le sexe imberbe, que la volonté d’esthétiser ces parties du corps nouvellement dévoilées a émergé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Désormais, de nombreuses <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Blanchiment_anal" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">méthodes</a> de blanchiment anal répondent aux nouveaux standards esthétiques des zones intimes et se conforment au colorisme. Des crèmes, des gels ou des sprays ont pour but d’annihiler la production de mélanine à un endroit précis. Les produits mal employés peuvent cependant comporter des risques d’inflammation. En effet, ils contiennent des actifs, tels que l’acide azélaïque, l’acide lactique ou l’acide salicylique, qui peuvent s’avérer irritants en cas de mauvais usage, ou encore de l’acide pyruvique, classé comme <a href="https://reptox.cnesst.gouv.qc.ca/Pages/fiche-complete.aspx?no_produit=138115" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">corrosif</a>, pouvant provoquer de graves brûlures cutanées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas étonnant que de telles crèmes à base d’hydroquinone – <a href="https://www.topsante.com/medecine/problemes_dermatologiques/blanchiment-anal-methodes-douleurs-prix-tout-ce-quil-faut-vraiment-savoir-940525" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ingrédient</a> aussi utilisé dans ces formules – soient <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Blanchiment_anal" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">interdites</a> en Europe et au Canada depuis 2001, au vu de leur toxicité (atteintes au foie, cancers et problèmes thyroïdiens).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le laser CO₂ est une autre méthode. Supervisée par un médecin dermatologue, elle permet de cibler spécifiquement la mélanine. Il faut tout de même être prêt à débourser près de 1000 $ CAD par <a href="https://www.topsante.com/medecine/problemes_dermatologiques/blanchiment-anal-methodes-douleurs-prix-tout-ce-quil-faut-vraiment-savoir-940525" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">séance</a>. Et attention, le résultat n’est pas garanti : un éclaircissement mal réalisé peut provoquer un <a href="https://www.topsante.com/medecine/problemes_dermatologiques/blanchiment-anal-methodes-douleurs-prix-tout-ce-quil-faut-vraiment-savoir-940525" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">assombrissement</a> de la zone traitée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un peu beaucoup d’argent pour une intervention plutôt totalement ridicule. Suivre les tendances du porno, relevant pourtant exclusivement d’une mise en scène, pour se sentir bien dans son corps, ne devrait pas être à la mode. Il est temps d’accepter ses formes, ses couleurs et ses singularités corporelles telles qu’elles le sont, sans les mettre en danger pour répondre à des standards fictifs, illusoires, inutiles et dangereux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prix exorbitant, dangers pour la santé, popularisation par des industries patriarcales et capitalistes qui objectifient et sexualisent les femmes et les hommes du porno : la pratique du blanchiment anal ne devrait-elle pas être vue comme démodée?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, avec sa popularisation par les réseaux sociaux et l’accroissement des demandes, cette pratique extrême semble prendre de la place dans un monde criblé par les problèmes non résolus. Aujourd’hui, les conflits géopolitiques et les guerres déchirent des pays et des vies, la crise climatique menace l’environnement, l’insécurité alimentaire et le coût de la vie pèsent, et la fragilité économique, ainsi que la crise de la gouvernance internationale sont des problèmes primordiaux. Est-il alors raisonnable et moral de s’offrir une petite mise en beauté de l’anus?</p>
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		<title>Un mouvement qui doit se faire tout petit</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/10/28/un-mouvement-qui-doit-se-faire-tout-petit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dalia Djazouli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61387</guid>

					<description><![CDATA[<p>Violence d'État : le bourgeois bien-pensant regarde les poubelles qui brûlent.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/10/28/un-mouvement-qui-doit-se-faire-tout-petit/" data-wpel-link="internal">Un mouvement qui doit se faire tout petit</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Personne dans le monde, personne dans l’histoire, n’a jamais obtenu sa liberté en faisant appel au sens moral de son oppresseur. » – Assata Shakur </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 17 octobre, entre <a href="https://www.franceinfo.fr/economie/greve/17-octobre-entre-550-000-et-800-000-manifestants-partout-en-france_8242129.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">550 000 et 800 000</a> manifestant·e·s se sont mobilisé·e·s dans toute la France contre le coût de la vie, après une décennie de politiques d’austérité portées sous le gouvernement de Macron. De l’autre côté de l’Atlantique, à Montréal, une manifestation s’est d’ailleurs organisée le même jour au square Phillips en soutien au mouvement français. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mouvement de contestation en France métropolitaine a débuté le 18 septembre à Créteil en Île-deFrance – car des blocus s’organisent dès la fin d’août à Mayotte, puis en Guyane. Ce mouvement, d’abord lycéen, a pris de l’ampleur, gagnant tout le territoire et s’étendant à des segments divers de la population française. Leurs <a href="https://www.amnesty.fr/actualites/france-mouvement-lyceens-blocus-lycees-point-sur-la-situation/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">revendications</a> ont convergé en un grief central : la précarisation croissante de la population, le délitement des services publics et les inégalités socio-économiques qui ne font que se creuser davantage. Les lycéen·e·s en particulier font état de salles de classe <a href="https://www.amnesty.fr/actualites/france-mouvement-lyceens-blocus-lycees-point-sur-la-situation/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">insalubres</a>, inutilisables en période de fortes chaleurs – qui vont par ailleurs se multiplier et s’aggraver – ou d’une pénurie de professeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un mouvement réprimé </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces blocus et ces manifestations voulues pacifiques, le gouvernement n’a su répondre que par la répression, déployant les forces de l’ordre contre des lycéen·e·s qui ne faisaient qu’exercer leur droit (fondamental) de manifester. Pire encore, ce mouvement compte déjà un mineur <a href="https://www.amnesty.fr/actualites/france-mouvement-lyceens-blocus-lycees-point-sur-la-situation/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">éborgné</a>, un autre ayant <a href="https://www.amnesty.fr/actualites/france-mouvement-lyceens-blocus-lycees-point-sur-la-situation/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">perdu l’usage de sa main</a>, arrachée par une grenade assourdissante. <em>Amnesty International</em> met en garde contre des pratiques « autoritaires ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré une prétendue volonté de <a href="https://www.lesechos.fr/politique-societe/emmanuel-macron-president/accule-par-les-violences-emmanuel-macron-tente-la-desescalade-2257617" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">désescalade</a> énoncée par le président Emmanuel Macron, les mesures sécuritaires mises en œuvre par l’exécutif se placent dans la continuité de ce refus de dialogue qui caractérise tant la macronie. <a href="https://www.tf1info.fr/international/video-la-democratie-ne-se-fait-pas-dans-la-rue-le-message-de-macron-a-ceux-qui-manifestent-dans-son-interview-a-cnn-2064937.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Aucune prise en compte</a> du peuple dans une gouvernance supposément démocratique. Couvre-feux partiels, interdiction de manifester dans plusieurs grandes métropoles, réponse disproportionnée des forces de l’ordre : quand les jeunes sont dépossédés de l’expression de leur citoyenneté, violentés et mutilés par la police pour avoir osé demander des conditions dignes d’enseignement, comment peuvent-ils encore se faire entendre?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« L’austérité est mortifère. […] Cette violence collective, pourquoi ne la condamne-t-on pas avec autant de fermeté que des violences individuelles? »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Amnesty International</em> fait également état de <a href="https://www.amnesty.fr/actualites/france-mouvement-lyceens-blocus-lycees-point-sur-la-situation/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">5 000</a> arrestations entre le 21 septembre et le 2 octobre : <a href="https://www.amnesty.fr/actualites/france-mouvement-lyceens-blocus-lycees-point-sur-la-situation/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">85</a> % des interpellés étaient mineurs. Clairement, cette criminalisation des manifestants et cette répression portée par la classe dirigeante n’ont qu’un but : faire taire la dissidence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Passivité face à la violence d’État </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après les manifestations du 17 octobre, les médias grand public se sont focalisés avant tout sur les casses et pillages engendrés par les mouvements lycéens, sur des violences matérielles donc, mais qu’en est-il de la violence collective, la violence d’État?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour reprendre l’anthropologue et sociologue Didier Fassin, il faut d’abord se pencher sur la définition que donne le sociologue Durkheim du crime : une action qui mène au châtiment de son auteur·ice. Le crime n’existe donc pas de manière fixe et objective : ce sont les sentiments collectifs qui décident ce qu’est un acte criminel ou non. De là, Fassin interroge cette hiérarchie morale : si le meurtre est considéré par nos sociétés modernes comme le crime de la plus haute gravité, alors pourquoi les acteurs responsables d’une crise économique – qui porte son lot de conséquences tragiques et potentiellement fatales pour nombre d’individus – suscitent une indignation moindre?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Ils doivent parader dans la rue tranquillement, et mener des actions qui ne dérangent et qui n’interpellent personne »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://shs.cairn.info/article/SAVA_025_0123/pdf?lang=fr" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">L’austérité est mortifère</a>. Elle tue. Elle empêche l’accès aux soins des plus démunis, au droit au logement, à la sécurité alimentaire. Cette violence collective, pourquoi ne la condamne-t-on pas avec autant de fermeté que des violences individuelles?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des manifestants rendus indéfendables?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les revendications lycéennes, ancrées dans les banlieues populaires, sont aussi révélatrices d’une inégalité structurelle qui vise avant tout les personnes racisées et précaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son ouvrage <em>Se défendre. Une philosophie de la violence</em>, Elsa Dorlin s’intéresse à l’autodéfense dans un contexte institutionnel hostile. Pourtant reconnu comme droit fondamental, l’autodéfense est avant tout l’apanage d’une classe blanche et bourgeoise. Dorlin s’appuie sur le cas <a href="https://ici.radio-canada.ca/ohdio/balados/7591/radio-histoire-personnalites-evenements-souvenirs/859834/racisme-emeutes-raciales-noirs-blancs-proces-los-angeles/transcription" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Rodney King</a> aux Etats-Unis, victime de bavure policière et dont le passage à tabac a été filmé et largement débattu durant le procès de 1992 intenté aux agents. Leur défense : analyser chaque acte d’autopréservation de King comme preuve d’agressivité et de danger potentiel pour les policiers, justifiant cette bavure comme simple acte d’autodéfense. Ces derniers sont acquittés à l’issue du premier procès : « En se défendant de la violence policière, Rodney King est devenu indéfendable », conclut Dorlin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’image d’une victime parfaite, les lycéen·e·s et les populations marginalisées doivent adopter une posture passive, seule posture jugée acceptable par le système judiciaire, pour ne pas être peints comme agresseurs. Ils doivent parader dans la rue tranquillement, et mener des actions qui ne dérangent et qui n’interpellent personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Difficile d’imaginer un tel mouvement devenir moteur d’avancées sociales, non?</p>
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		<title>« Tous les chemins mènent à Rome »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/10/07/tous-les-chemins-menent-a-rome-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Miton]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Oct 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décodage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[cuisine fantôme]]></category>
		<category><![CDATA[doordash]]></category>
		<category><![CDATA[hygiène]]></category>
		<category><![CDATA[restaurant]]></category>
		<category><![CDATA[uber eats]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61219</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sur les applis de livraison, tous les noms mènent à la même cuisine. Au profit de qui?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">D’où vient vraiment votre dernier repas commandé sur Uber Eats? Pas toujours du restaurant dont vous avez vu le logo. À l’hiver 2020, dans le centre-ville de Montréal, trois enseignes proposaient leurs plats sur l’application : Deville pour le burger, <a href="https://mikecohen.ca/2020/12/reuben-s-deli-steakhouse-makes-a-covid-19-comeback-for-take-out-and-delivery-via-deville/" data-type="link" data-id="https://mikecohen.ca/2020/12/reuben-s-deli-steakhouse-makes-a-covid-19-comeback-for-take-out-and-delivery-via-deville/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Reuben’s pour le <em>smoked meat</em></a> et <a href="https://themontrealeronline.com/2021/01/anton-james-returns-under-the-one-kitchen-format/" data-type="link" data-id="https://themontrealeronline.com/2021/01/anton-james-returns-under-the-one-kitchen-format/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Anton &amp; James pour la pizza</a>. Trois logos, trois menus, et une seule cuisine : celle de Deville, situé au 1425 rue Stanley. Reuben’s, deli tenu par la même famille <a href="https://mikecohen.ca/2020/12/reuben-s-deli-steakhouse-makes-a-covid-19-comeback-for-take-out-and-delivery-via-deville/" data-type="link" data-id="https://mikecohen.ca/2020/12/reuben-s-deli-steakhouse-makes-a-covid-19-comeback-for-take-out-and-delivery-via-deville/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">depuis plus de 40 ans</a>, n’avait pas rouvert sa salle; son nom restait sur l’application, mais ses sandwichs sortaient des fourneaux de Deville. Depuis, le deli a <a href="https://www.mtl.org/fr/quoi-faire/gastronomie/reuben-s-deli-steaks-desserts" data-type="link" data-id="https://www.mtl.org/fr/quoi-faire/gastronomie/reuben-s-deli-steaks-desserts" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rouvert</a> rue Sainte-Catherine, Anton &amp; James <a href="http://www.restomontreal.ca/resto/anton-james-montreal/2110/fr/" data-type="link" data-id="http://www.restomontreal.ca/resto/anton-james-montreal/2110/fr/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a fermé</a>, et Deville <a href="https://www.ubereats.com/ca-fr/store/deville-dinerbar/8_RVq4XAQMa0Xx6hxdeOAg" data-type="link" data-id="https://www.ubereats.com/ca-fr/store/deville-dinerbar/8_RVq4XAQMa0Xx6hxdeOAg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">est toujours</a> au 1425 Stanley.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« <em>Catfished by my sandwich</em> » </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un restaurant qui existe déjà, avec sa cuisine et ses cuisiniers, peut créer un deuxième nom, parfois un troisième, uniquement pour l’application. Pas de salle, pas d’enseigne dans la rue : un logo, un menu, quelques photos. On parle alors de marque virtuelle, ou de restaurant virtuel. Quand la cuisine elle-même n’a ni salle ni vitrine, c’est une <em>dark kitchen</em>, ou une « <a href="https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/26560782/cuisine-fantome" data-type="link" data-id="https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/26560782/cuisine-fantome" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">cuisine fantôme</a> » pour l’Office québécois de la langue française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas d’école nous vient des États-Unis. En 2020, une marque d’ailes de poulet baptisée <em>It’s Just Wings</em> apparaît sur DoorDash sans posséder le moindre établissement. Ses ailes sortent des cuisines d’un millier de Chili’s et de Maggiano’s, deux chaînes du même groupe, dont les noms <a href="https://www.restaurantbusinessonline.com/emerging-brands/chilis-adds-takeout-option-its-virtual-concept-its-just-wings" data-type="link" data-id="https://www.restaurantbusinessonline.com/emerging-brands/chilis-adds-takeout-option-its-virtual-concept-its-just-wings" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">n’apparaissent nulle part</a> sur l’application. Dès la première année, la marque atteint un rythme de ventes de <a href="https://www.restaurantdive.com/news/brinker-plans-more-off-premise-only-kitchens-virtual-brand-expansion/618304/" data-type="link" data-id="https://www.restaurantdive.com/news/brinker-plans-more-off-premise-only-kitchens-virtual-brand-expansion/618304/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">170 millions de dollars américains</a> par an. D’autres chaînes ont suivi, et certains clients finissent par s’en apercevoir. Un Américain, persuadé d’avoir commandé à un petit restaurant indépendant, a cherché l’adresse sur Yelp : elle menait à une chaîne bon marché. « <a href="https://www.nbcnews.com/data-graphics/virtual-restaurant-boom-uber-eats-data-rcna76532" data-type="link" data-id="https://www.nbcnews.com/data-graphics/virtual-restaurant-boom-uber-eats-data-rcna76532" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>J’ai l’impression de m’être fait catfisher par mon sandwich</em></a><em> (tdlr)</em> », a‑t-il confié à NBC News.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2023, NBC News a épluché les restaurants proposés sur Uber Eats à New York : plus d’une fiche sur cinq semblait être un restaurant virtuel. Le patron d’une pizzeria de Manhattan y gérait à lui seul plus de soixante marques. « <em>C’est le seul moyen de rester dans la course</em> », explique-t-il. À Montréal, <a href="https://tryduplika.com/" data-type="link" data-id="https://tryduplika.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’entreprise Duplika</a> vend aux restaurateurs des marques clés en main (ramen, fajitas, burgers) à cuisiner pendant les heures creuses, et dit travailler avec 47 restaurants au Québec et en Ontario. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cuisiner pour l’algorithme </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi un restaurant aurait-il besoin de trois noms? Parce que sur l’application, on ne cherche pas une adresse, on cherche une envie : burger, sushi, poulet frit… L’application répond par une liste de noms. Chaque nom supplémentaire ajoute une ligne à la liste, et une chance d’être choisi. Des chercheurs qui ont étudié plus de 13 000 cuisines fantômes en Chine résument ce paradoxe en une formule : « <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0969698926000469" data-type="link" data-id="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0969698926000469" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>visibilité numérique, obscurité physique</em></a> ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les noms ont fini par saturer l’application elle-même. Dès 2023, Uber Eats <a href="https://www.nrn.com/delivery-takeout-solutions/uber-eats-has-already-removed-8000-virtual-restaurants-its-system-amid" data-type="link" data-id="https://www.nrn.com/delivery-takeout-solutions/uber-eats-has-already-removed-8000-virtual-restaurants-its-system-amid" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a retiré 8 000 restaurants virtuels</a> de sa plateforme et exigé, sur le marché américain, qu’une marque propose un menu différent à au moins 50 % de ceux des autres marques installées à la même adresse. Les grandes chaînes, elles, sont les mieux placées : selon une <a href="https://ideas.repec.org/a/inm/ormnsc/v71y2025i7p5788-5804.html" data-type="link" data-id="https://ideas.repec.org/a/inm/ormnsc/v71y2025i7p5788-5804.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">étude publiée en 2025</a>, les applications de livraison font progresser les ventes des chaînes de restauration rapide quatre fois plus que celles des restaurants indépendants. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette stratégie a plus de cinquante ans, et elle n’est pas née dans la restauration. En 1972, l’agence américaine de la concurrence, la <em>Federal Trade Commission</em> (FTC), <a href="https://www.quimbee.com/cases/in-the-matter-of-kellogg-co" data-type="link" data-id="https://www.quimbee.com/cases/in-the-matter-of-kellogg-co" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">poursuivait déjà les géants des céréales</a>, Kellogg’s en tête, les accusant de saturer de marques les rayons des supermarchés, ne laissant aucune place aux concurrents. La plainte a été classée dix ans plus tard, mais l’économiste Richard Schmalensee <a href="https://econpapers.repec.org/RePEc:rje:bellje:v:9:y:1978:i:autumn:p:305-327" data-type="link" data-id="https://econpapers.repec.org/RePEc:rje:bellje:v:9:y:1978:i:autumn:p:305-327" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">en avait décrit le mécanisme</a> : une industrie qui, plutôt que de baisser ses prix, multiplie les marques. La différence : chaque boîte de céréales porte le logo Kellogg’s; sur l’application, rien ne relie <em>It’s Just Wings</em> à Chili’s. Il a suffi que la chaîne propose de venir chercher les ailes sur place pour que le secret tombe : <a href="https://www.restaurantbusinessonline.com/emerging-brands/chilis-adds-takeout-option-its-virtual-concept-its-just-wings" data-type="link" data-id="https://www.restaurantbusinessonline.com/emerging-brands/chilis-adds-takeout-option-its-virtual-concept-its-just-wings" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le client se retrouvait à pousser la porte d’un Chili’s</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« <em>Un petit cercueil en inox</em> » </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien n’empêche une cuisine mal notée de fermer une marque et d’en ouvrir une autre, sans historique ni mauvais avis. Abhishek Nagaraj, professeur à Berkeley, pose la question dans NBC News : « <em>Si l’on fait disparaître un restaurant pour en lancer un nouveau sous un autre nom, que veulent encore dire l’identité et la réputation? </em>» Et sans aller jusque-là : quand un même restaurant se présente sous vingt noms, note <a href="https://www.fox13now.com/news/fox-13-investigates/virtual-restaurants-operating-out-of-nationwide-chains-under-different-names" data-type="link" data-id="https://www.fox13now.com/news/fox-13-investigates/virtual-restaurants-operating-out-of-nationwide-chains-under-different-names" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Thomas Gremillion</a>, de la <em>Consumer Federation of America</em>, une association de défense des consommateurs, les avis s’éparpillent et ne disent plus rien de la qualité ni de l’hygiène. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Si l’on fait disparaître un restaurant pour en lancer un nouveau sous un autre nom, que veulent encore dire l’identité et la réputation? »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Or, l’hygiène se contrôle toujours à une adresse. À Manhattan, NBC News a cherché neuf marques virtuelles installées à la même adresse dans la base du service sanitaire de la ville. Aucune n’y figurait, alors que la cuisine qui les préparait avait, elle, été épinglée pour des mouches et des nuisibles. À Montréal, la Ville publie la <a href="https://donnees.montreal.ca/dataset/inspection-aliments-contrevenants" data-type="link" data-id="https://donnees.montreal.ca/dataset/inspection-aliments-contrevenants" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">liste des établissements condamnés</a> pour une infraction à la Loi sur les produits alimentaires, dans un format conçu par Yelp. Ce format sert précisément à ce que les plateformes affichent les résultats d’inspection à côté de chaque restaurant. Mais le fichier ne connaît que deux noms : celui de l’établissement et celui de son exploitant. Aucun champ n’est prévu pour l’enseigne affichée sur l’application. Pour y retrouver quelque chose, il faut donc déjà connaître le nom que l’application ne montre pas. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Un cuisinier anonyme, employé dans une cuisine fantôme d’une zone industrielle anglaise, a raconté son quotidien à la revue <em><a href="https://notesfrombelow.org/article/cooking-behind-closed-doors-dark-kitchen-inquiry" data-type="link" data-id="https://notesfrombelow.org/article/cooking-behind-closed-doors-dark-kitchen-inquiry" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Notes From Below</a></em> : des commandes qui tombent sur des écrans, des notes qui mesurent sa vitesse, l’impression d’être enfermé dans « <em>un petit cercueil en inox</em> ». « <em>Tout passait par les ordinateurs et les données, plutôt que par de vraies interactions </em>», résume-t-il. Entre la cuisine et le client, il n’y a plus que l’écran. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tables vides, écrans pleins </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il s’inquiéter de ce repas sans salle ni rencontre? <a href="https://www.worldhappiness.report/ed/2025/sharing-meals-with-others-how-sharing-meals-supports-happiness-and-social-connections/" data-type="link" data-id="https://www.worldhappiness.report/ed/2025/sharing-meals-with-others-how-sharing-meals-supports-happiness-and-social-connections/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Le <em>World Happiness Report </em>de 2025</a>, qui s’appuie sur des sondages menés dans 142 pays et territoires, montre que les gens qui partagent souvent leurs repas se disent plus heureux, et que cela compte autant qu’un bon revenu. Le restaurant a‑t-il pour autant déjà été le lieu de convivialité qu’on imagine? L’historienne <a href="https://www.rebeccalspang.org/invention-of-the-restaurant" data-type="link" data-id="https://www.rebeccalspang.org/invention-of-the-restaurant" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Rebecca Spang</a> rappelle qu’il a justement inventé, à Paris à la fin du XVIIIe siècle, les tables séparées et la carte individuelle, là où l’on mangeait jusque-là à la table d’hôte. Les cuisines fantômes n’ont donc rien inventé : elles ont simplement divisé le restaurant en deux sections distinctes – la cuisine qui produit et la salle qui réunit. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces marques peuvent très bien exister. Ce que le client ignore, c’est qui cuisine. Il suffirait d’ajouter, au nom de l’enseigne, celui de la cuisine qui la prépare, et aucune règle ne l’impose. Au Québec, <a href="http://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/P-40.1?code=se:228" data-type="link" data-id="http://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/P-40.1?code=se:228" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’article 228 de la Loi sur la protection du consommateur</a> interdit déjà à un commerçant de « passer sous silence un fait important ». Le nom de la cuisine, seul moyen de vérifier une inspection ou de retrouver de vrais avis, en est-il un?</p>
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		<item>
		<title>La laïcité dans les programmes aux élections</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/10/07/la-laicite-dans-les-programmes-aux-elections/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Oct 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[PQ]]></category>
		<category><![CDATA[quebec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61237</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les femmes musulmanes voilées discriminées par les lois sur la laïcité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/10/07/la-laicite-dans-les-programmes-aux-elections/" data-wpel-link="internal">La laïcité dans les programmes aux élections</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Alors que la visite du pape place de la Concorde à Paris a rassemblé plus de<a href="https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-09-26/france/le-pape-leon-xiv-poursuit-son-periple-apres-une-messe-geante-a-paris.php" data-type="link" data-id="https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-09-26/france/le-pape-leon-xiv-poursuit-son-periple-apres-une-messe-geante-a-paris.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> 800 000 personnes</a> selon le Vatican, la question de la relation entre la religion et les États laïques se pose. </p>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Laïcités québécoise et française </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, <a href="https://www.laicite.gouv.fr/quest-ce-que-laicite" data-type="link" data-id="https://www.laicite.gouv.fr/quest-ce-que-laicite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la loi du 9 décembre 1905</a> établissant la séparation de l’Église et de l’État assure la protection de la liberté de culte, le respect du pluralisme et la neutralité de l’État. La visite du pape, ainsi que sa <a href="https://www.bfmtv.com/politique/elysee/devant-le-pape-leon-xiv-emmanuel-macron-assure-que-la-laicite-francaise-n-est-nullement-la-negation-de-la-religion_AD-202609250453.html" data-type="link" data-id="https://www.bfmtv.com/politique/elysee/devant-le-pape-leon-xiv-emmanuel-macron-assure-que-la-laicite-francaise-n-est-nullement-la-negation-de-la-religion_AD-202609250453.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rencontre </a>à l’Élysée avec le président français Emmanuel Macron, se fait dans un cadre diplomatique officiel, et rappelle que la laïcité n’est pas la négation de la religion. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Québec, c’est <a href="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/laicite-etat/a-propos-loi-laicite" data-type="link" data-id="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/laicite-etat/a-propos-loi-laicite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la loi 21 sur la laïcité de l’État</a>, adoptée en juillet 2019, qui doit garantir quatre principes fondateurs : la séparation de l’État et des religions ainsi que la neutralité de celui-ci, l’égalité de tous les citoyens dans leur appartenance religieuse et la liberté de conscience et de religion. Cela faisait plus de 65 ans que le Québec cherchait à renforcer sa laïcité, contestant de plus en plus le conservatisme social mené par le gouvernement Duplessis ainsi que l’emprise disproportionnée de l’Église sur toutes les facettes sociales québécoises. C’est avec la <a href="https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/laicite-au-quebec-resume-en-langage-simple" data-type="link" data-id="https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/laicite-au-quebec-resume-en-langage-simple" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Révolution tranquille</a> des années 1960 que le gouvernement retire enfin l’éducation, la santé et les services sociaux de la tutelle de l’Église catholique, et crée le ministère de l’Éducation en 1964. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre scolaire, l’application de la laïcité diffère entre les deux pays : en France, les élèves ont l’interdiction stricte de porter des symboles religieux dans les écoles publiques. Au Québec, ce sont seulement les enseignants, en tant que représentants de l’État, qui ne peuvent pas en porter. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le projet de loi 21, interdisant le port de signes religieux pour les employés de l’État en position d’autorité ( juges, policiers, enseignants, etc.), est actuellement contesté devant la <a href="https://pivot.quebec/2026/04/07/quebec-impose-laicite-mepris-droits-fondamentaux/" data-type="link" data-id="https://pivot.quebec/2026/04/07/quebec-impose-laicite-mepris-droits-fondamentaux/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cour suprême</a> pour atteinte aux droits et libertés des minorités religieuses. Il est en effet présentement soumis à la <a href="https://educaloi.qc.ca/actualites-juridiques/la-clause-derogatoire-mais-quest-ce-que-cest/" data-type="link" data-id="https://educaloi.qc.ca/actualites-juridiques/la-clause-derogatoire-mais-quest-ce-que-cest/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">clause dérogatoire</a>, un mécanisme permettant au gouvernement fédéral ou aux législatures provinciales d’adopter et d’appliquer une loi malgré sa contradiction avec certains principes garantis par la Charte canadienne des droits et des libertés. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La laïcité dans les programmes </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2021/as-sa/fogs-spg/page.cfm?lang=F&amp;topic=10&amp;dguid=2021A000224" data-type="link" data-id="https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2021/as-sa/fogs-spg/page.cfm?lang=F&amp;topic=10&amp;dguid=2021A000224" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">En 2021</a>, 53,8 % de la population totale du Québec se revendiquait catholique, 5,6 % chrétienne, et 27,3 % sans religion ou avec des perspectives laïques. Une majorité croyante compose donc une grande partie de l’électorat québécois. Alors, qu’ont proposé les partis s’étant présentés aux élections générales provinciales en matière de laïcité? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/laicite-etat/a-propos-loi-laicite" data-type="link" data-id="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/laicite-etat/a-propos-loi-laicite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Parti libéral du Québec </a>(PLQ) a annoncé qu’il ne renouvellerait pas, en 2029, la clause dérogatoire protégeant la loi 21, ce qui la rendrait vulnérable aux contestations judiciaires. Il <a href="https://pivot.quebec/2026/04/07/quebec-impose-laicite-mepris-droits-fondamentaux/" data-type="link" data-id="https://pivot.quebec/2026/04/07/quebec-impose-laicite-mepris-droits-fondamentaux/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">maintient </a>aussi qu’il ne ferait pas de changement par rapport aux lois déjà adoptées par la CAQ, et son chef, Charles Milliard, s’est prononcé en faveur de l’interdiction des signes religieux pour les employées de l’État en position d’autorité. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Québec solidaire, de con côté, s’engage à « <a href="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/laicite-etat/a-propos-loi-laicite" data-type="link" data-id="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/laicite-etat/a-propos-loi-laicite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">abroger tous les articles de loi [de la loi 21] qui imposent une forme de discrimination fondée sur le port d’un signe d’appartenance religieuse</a> » avant de renouveler sa clause dérogatoire. Comme le PLQ, le parti se prononce contre l’interdiction des signes religieux pour les employés de l’État. Ruba Ghazal, députée de l’Assemblée nationale et porte-parole de Québec solidaire, s’est opposée à l’interdiction des signes religieux pour les éducatrices en garderie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Parti conservateur du Québec (PCQ), de son côté, a annoncé qu’il renouvellerait la clause dérogatoire de la loi 21, et appuie « <a href="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-type="link" data-id="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’interdiction</a> des signes religieux à l’ensemble du personnel visé dans les écoles ». </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>CAQ et PQ </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux partis étaient restés étonnamment silencieux à ce sujet pendant la campagne électorale. La CAQ avait pourtant <a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/937410/quoi-retenir-nouveau-projet-loi-laicite-caq?" data-type="link" data-id="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/937410/quoi-retenir-nouveau-projet-loi-laicite-caq?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">renforcé en avril 2026 la loi 21</a>, élargissant l’interdiction du port de signes religieux pour le nouveau personnel des Centres de la petite enfance, obligeant les employés à avoir le visage découvert dans tous les établissements d’enseignement, de la garderie jusqu’à l’université. La CAQ a introduit une <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2210146/projet-loi-laicite-quebec-roberge" data-type="link" data-id="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2210146/projet-loi-laicite-quebec-roberge" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">interdiction </a>des prières de rue, et ferme définitivement les salles de prière dans les cégeps et les universités. Dans la lignée de son prédécesseur, la nouvelle cheffe du parti, Christine Fréchette, s’est <a href="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-type="link" data-id="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">engagée </a>à « défendre la laïcité jusqu’au bout ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Parti québécois, désormais à la tête de la province, a annoncé de nouveaux engagements pour défendre « <a href="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-type="link" data-id="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le consensus québécois sur la laïcité </a>». En 2025, les membres du parti avaient révélé via un référendum un très fort appui à une interdiction, pour les élèves du primaire, des tenues et signes religieux ostensibles. Mais <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2026-09-26/la-laicite-ne-saurait-etre-ignoree-dans-cette-campagne.php" data-type="link" data-id="https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2026-09-26/la-laicite-ne-saurait-etre-ignoree-dans-cette-campagne.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">aucune annonce en matière de laïcité</a> n’a été faite lors de cette campagne électorale. C’est maintenant entre leurs mains que les lois sur la laïcité des quatre prochaines années demeurent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les femmes, principales discriminées de ces lois </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que la majorité des partis est prête à défendre les lois sur la laïcité, un groupe de femmes musulmanes voilées et leurs alliés idéologiques cherchent à se faire entendre. Touchées par ces lois, ces femmes se rassemblent toutes les semaines depuis juin dernier devant le bureau de la première ministre pour faire entendre leur cause. Nommé le collectif <a href="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-type="link" data-id="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Québécoises musulmanes tannées</em></a>, le groupe avait demandé à rencontrer cette dernière, sans réponse. Elles interpellent aussi tous les autres partis politiques quant à une loi qu’elles estiment injuste. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Certaines femmes témoignent se retrouvant sans travail à cause des lois sur la laïcité de l’État : « Je dois recommencer une vie à l’âge de 45 ans, je dois faire d’autres études, je dois trouver un milieu qui ne va pas juger mon apparence, mais plutôt mes compétences »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En soutien au collectif, plusieurs organismes de défense des droits, comme la Ligue des droits et libertés, la Fédération des femmes du Québec et l’Association canadienne des libertés civiles, ont depuis publié une <a href="https://liguedesdroits.ca/declaration-instrumentalisation-de-la-laicite/" data-type="link" data-id="https://liguedesdroits.ca/declaration-instrumentalisation-de-la-laicite/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déclaration </a>contestant les lois adoptées par le gouvernement de la CAQ depuis 2019. Protégées par les clauses de dérogation, elles cibleraient certaines communautés non catholiques, notamment les femmes de confession musulmane. Les lois appliqueraient une laïcité en réalité discriminatoire, ne protégeant pas véritablement les droits et libertés individuels. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Des faits alarmants découlent de ces lois : de plus en plus de femmes voilées se sont retrouvées sans <a href="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-type="link" data-id="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">emploi </a>du jour au lendemain, et des étudiantes n’arrivent pas à effectuer le stage obligatoire pour l’obtention de leur diplôme en raison de leur hijab. Certaines femmes se retrouvant sans travail à cause des lois sur la laïcité de l’État témoignent : « Je dois recommencer une vie à l’âge de 45 ans, je dois faire d’autres études, je dois trouver un milieu qui ne va pas juger mon apparence, mais plutôt mes compétences. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, souvent invoqué pour sa protection de l’égalité des genres, le collectif <a href="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-type="link" data-id="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dénonce </a>encore une fois cette loi, affirmant que la liberté des femmes, c’est aussi la liberté de choisir et porter ce qu’elles veulent. Sauf que ces lois privent les femmes de leur droit au travail et d’une sécurité financière. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« C’est maintenant dans [ les mains du Parti québécois ] que les lois sur la laïcité des quatre prochaines années demeurent »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’interdiction des signes religieux atteint donc en réalité les droits et libertés individuels, sans pour autant assurer la neutralité de l’État. D’autant plus que celui-ci a retiré seulement en 2019 le crucifix qui a longtemps orné le Salon bleu de l’Assemblée nationale, et protège le patrimoine culturel à caractère religieux en finançant des organisations chargées de la restauration de bâtiments, d’œuvres d’art ou d’orgues par exemple. Assez hypocrite, pour un gouvernement qui impose sa laïcité au mépris des droits fondamentaux. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces exemples justifient la colère de ces femmes : une laïcité oui, mais pas orientée vers la discrimination ou l’exclusion. Au lendemain de sa victoire électorale ce lundi 5 octobre, il revient au Parti québécois de déterminer s’il convient d’assouplir ou de renforcer ces lois.</p>
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			</item>
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		<title>Parler ou se taire, lorsque le langage divise</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/parler-ou-se-taire-lorsque-le-langage-divise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[division]]></category>
		<category><![CDATA[exclusion]]></category>
		<category><![CDATA[language]]></category>
		<category><![CDATA[vocabulaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61152</guid>

					<description><![CDATA[<p>L'exclusion ressentie lorsqu’on ne maîtrise pas la langue dominante.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Nommée <em>argot des cités, langage des jeunes ou parler banlieue</em>, cette façon de parler souvent considérée peu riche en termes de vocabulaire n’est pas qu’un dialecte volontairement choisi. Elle est le résultat d’une exclusion sociale. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Si ce langage constitue un marqueur d’appartenance pour certains, il peut aussi être source de division : lorsqu’une personne ne possède pas les codes linguistiques attendus pour parler et commercer dans d’autres milieux – scolaires ou professionnels –, la langue devient un facteur d’exclusion. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Exclu par un manque de vocabulaire </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Être confronté à des problèmes d’expression marginalise. Lorsqu’on passe du temps avec des personnes qui ont la même façon de parler, on ne s’en rend pas compte. Mais, une fois qu’on se heurte au monde extérieur, manquer de vocabulaire peut exclure. Comment comprendre ou se faire comprendre quand on possède des mots et expressions différents, voire inconnus, d’une classe à l’autre? Comme l’explique le<a href="https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/03/18/vivre-avec-400-mots_402088_3208.html?srsltid=AU7gw4UM2wIYhGhvRHYdYSrVcP2BF8KjW-_55kvm8PvGCBWVzp8Jr-Zt" data-type="link" data-id="https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/03/18/vivre-avec-400-mots_402088_3208.html?srsltid=AU7gw4UM2wIYhGhvRHYdYSrVcP2BF8KjW-_55kvm8PvGCBWVzp8Jr-Zt" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> linguiste Alain Bentolila</a>, chercher du travail ou ouvrir un compte en banque quand on ne possède que « 350 à 400 mots » de vocabulaire, alors que le reste de la population en utiliserait 2500, devient compliqué. Bien que ces chiffres restent contestés, cette langue que les classes supérieures méprisantes qualifient de « pauvre » isole les personnes qui la parlent – <a href="https://information.tv5monde.com/international/certains-jeunes-francais-nont-ils-vraiment-que-400-mots-de-vocabulaire-vrai-dire" data-type="link" data-id="https://information.tv5monde.com/international/certains-jeunes-francais-nont-ils-vraiment-que-400-mots-de-vocabulaire-vrai-dire" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">principalement des jeunes</a>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En vivant avec un entourage qui utilise principalement le même vocabulaire, il devient compliqué de l’enrichir et de le développer. D’autant plus que lorsque des <a href="https://www.immigration.interieur.gouv.fr/lintegration-des-etrangers/dispositifs-de-lintegration-en-france/formations-pour-apprendre-francais" data-type="link" data-id="https://www.immigration.interieur.gouv.fr/lintegration-des-etrangers/dispositifs-de-lintegration-en-france/formations-pour-apprendre-francais" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">initiatives </a>telles que des applications créées par le gouvernement français ou des cours gratuits proposés par le gouvernement québécois pour apprendre la langue et approfondir son vocabulaire sont mises en place pour intégrer les jeunes en difficulté, elles sont souvent peu connues, renforçant ce cercle vicieux d’exclusion. Alain Bentolila dénonce régulièrement les inégalités sociales, ainsi que les difficultés qu’ont les institutions comme les écoles à effacer ces lacunes. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Inquiétude sémantique </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, le problème ne résiderait pas tant dans le nombre de mots connus, mais dans la possibilité de les mobiliser selon les situations. Une autre forme d’exclusion apparaît donc : celle de ne pas se sentir légitime à prendre la parole. Certains jeunes, souvent issus de l’immigration et dont la première langue n’est parfois pas celle du pays habité, pourraient endurer un sentiment de non-appartenance. Annette Boudreau, sociolinguiste à l’université de Moncton au Nouveau-Brunswick, utilise le terme d’« <a href="https://langmusecad.wordpress.com/2015/05/24/combattre-le-sentiment-dinferiorite-linguistique/" data-type="link" data-id="https://langmusecad.wordpress.com/2015/05/24/combattre-le-sentiment-dinferiorite-linguistique/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">insécurité linguistique</a> ». Lorsque les individus des classes sociales défavorisées sentent que leurs pratiques linguistiques ne sont pas adéquates, une appréhension à aborder la société, à socialiser, ou même juste à demander de l’aide peut se développer. <a href="https://langmusecad.wordpress.com/2015/05/24/combattre-le-sentiment-dinferiorite-linguistique/" data-type="link" data-id="https://langmusecad.wordpress.com/2015/05/24/combattre-le-sentiment-dinferiorite-linguistique/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Pierre Bourdieu</a>, sociologue français, a montré que les détenteurs de la langue « légitime » peuvent développer un pouvoir symbolique lorsqu’ils sont en contact avec des locuteurs en position d’insécurité linguistique. Ces derniers ont potentiellement du mal à s’exprimer selon un modèle imaginé ou attendu et peuvent donc ressentir un sentiment d’illégitimité. Les sensations d’exclusion et de non-appartenance se voient donc renforcées. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Pierre Bourdieu, sociologue français, a montré que les détenteurs de la langue “légitime” peuvent développer un pouvoir symbolique lorsqu’ils sont en contact avec des locuteurs en position d’insécurité linguistique »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Langage à la mode? </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, ce qui peut être vécu comme un handicap dans certains espaces devient, d’une certaine façon, à la mode. En effet, ces usages trouvent leur <a href="https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/03/18/vivre-avec-400-mots_402088_3208.html?srsltid=AU7gw4UM2wIYhGhvRHYdYSrVcP2BF8KjW-_55kvm8PvGCBWVzp8Jr-Zt" data-type="link" data-id="https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/03/18/vivre-avec-400-mots_402088_3208.html?srsltid=AU7gw4UM2wIYhGhvRHYdYSrVcP2BF8KjW-_55kvm8PvGCBWVzp8Jr-Zt" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">succès en dehors des communautés dans lesquelles ils sont nés,</a> et s’établissent dans les quartiers des centres-villes. Des accentuations ou des expressions particulières deviennent une façon de parler enviable pour la jeune population de la ville et même pour les classes moyennes. Puisqu’une langue est en perpétuelle évolution, l’émergence de nouveaux termes issus d’un langage différent – et réutilisés par des jeunes de différentes classes sociales – pourrait alors être considérée comme un ajout à la langue et non pas un appauvrissement. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Construire, pas assimiler </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette circulation du langage montre donc qu’il ne faut pas simplement opposer un « bon » à un « mauvais » français. Plusieurs façons de parler peuvent coexister et même s’enrichir mutuellement. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu apparaît plutôt lorsque le seul idiome maîtrisé est le minoritaire, empêchant de passer d’un monde à un autre. Il ne s’agit donc pas de critiquer la façon de parler, les expressions ou les accents de cette langue. Le but n’est pas d’assimiler la façon de parler de ces jeunes, qui ont potentiellement grandi en parlant une autre langue natale et qui possèdent leur propre style phonétique, à un français purement académique. Il faut seulement mettre en garde sur le danger de l’exclusion. Connaître deux langues, deux dialectes, est possible. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Multiculturalisme ou assimilation </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Justement, cette distinction se retrouve dans des sociétés confrontées à la coexistence de plusieurs langues. En effet, au Québec, bien que presque la <a href="https://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/quebecdrtlng2.htm" data-type="link" data-id="https://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/quebecdrtlng2.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">moitié de la population soit bilingue</a>, la loi 101, souvent appelée la Charte de la langue française, fait du français la seule langue officielle de la province. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ce statut officiel, dans un pays et un monde où la langue dominante est l’anglais, la question de la protection de leur langue minoritaire est devenue primordiale pour beaucoup de Québécois. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, le choix du <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/900049/idees-anglicisation-quebec-canada-est-probleme-imperatif-regler?" data-type="link" data-id="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/900049/idees-anglicisation-quebec-canada-est-probleme-imperatif-regler?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bilinguisme</a>, considéré comme un choix équitable, tend en fait plus vers l’assimilation du groupe moins nombreux. La solution imparable pour beaucoup d’habitants de la province : promouvoir son <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/900049/idees-anglicisation-quebec-canada-est-probleme-imperatif-regler?" data-type="link" data-id="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/900049/idees-anglicisation-quebec-canada-est-probleme-imperatif-regler?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">indépendance</a> afin d’assurer l’avenir culturel et linguistique du peuple québécois. Cette peur de l’assimilation – ressentie chez les Québécois et les immigrants vis-à-vis de la langue dominante du pays dans lequel ils résident – est donc légitime. Lorsque ces populations doivent laisser leur culture et langue d’origine dans la sphère privée et utiliser le langage majoritaire dans leurs échanges au sein de la société, la limite entre multiculturalisme et assimilation n’est-elle pas à son apogée? </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La difficulté à comprendre les programmes politiques</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, derrière cette question linguistique se joue aussi une question sociétale. Si la participation aux échanges sociaux ou professionnels doit se faire dans la langue dominante, la question de l’accès à ces informations et milieux devient difficile à comprendre. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème n’est plus que quotidien ou interactionnel, mais se répercute dans l’accès à l’information politique et à la compréhension des informations qui nous entourent. Par exemple, les programmes politiques, souvent rédigés dans un vocabulaire plus soutenu, deviennent incompréhensibles. Les plateformes électorales des partis semblent ainsi réservées à une certaine élite : ceux qui les consultent et, parmi eux, ceux qui les comprennent. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, ces plateformes étant peu sollicitées, le nouveau médium pour les partis et les candidats pour attirer l’attention et récolter les votes passe par les réseaux sociaux. Pour un jeune qui possède un vocabulaire peu développé, il est bien plus simple de voir et de comprendre une vidéo sur TikTok dans laquelle un leader captivant déclame des bêtises et galvanise les foules, que de lire un long programme désorientant. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Publier beaucoup de contenu – posts, vidéos, stories – est devenu pour certains candidats un moyen d’atteindre un auditoire qui maîtrise moins bien la langue soutenue. Cette simplification du discours devient alors un outil politique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le cas de Donald Trump, sur son réseau social <em>Truth Social</em> ou sur <em>X </em>(anciennement <em>Twitter</em>) : en utilisant un vocabulaire élémentaire, grossier et émotionnel, il arrive à atteindre plus de gens, surtout ceux qui n’en savent pas beaucoup sur ses intentions. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Via ce langage, mésinformation, désinformation, et malinformation pullulent sur les réseaux, et, sans s’en rendre compte, le public touché va devenir crédule. Plus accessibles, plus frappantes et plus assimilables, les déclarations communiquées via ces médiums atteignent l’auditoire souhaité du candidat. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, se présentant d’abord comme vecteur d’inclusion sociale, le manque de vocabulaire et la difficulté à s’exprimer dans la langue dominante sont en fait utilisés par les élites pour manipuler les minorités. Est-ce pour cette raison que davantage de programmes ne sont pas mis en place pour améliorer le dialecte et inclure ces jeunes dans la société?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/parler-ou-se-taire-lorsque-le-langage-divise/" data-wpel-link="internal">Parler ou se taire, lorsque le langage divise</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Une épidémie de solitude masculine, vraiment?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/une-epidemie-de-solitude-masculine-vraiment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dalia Djazouli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décodage]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[décodage]]></category>
		<category><![CDATA[incels]]></category>
		<category><![CDATA[Manosphère]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61124</guid>

					<description><![CDATA[<p>La manosphère, vecteur de radicalisation.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/une-epidemie-de-solitude-masculine-vraiment/" data-wpel-link="internal">Une épidémie de solitude masculine, vraiment?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Une épidémie de solitude se serait abattue sur la population masculine… Le symptôme d’une crise identitaire au cœur d’une société où tout est sens dessus dessous, la faute aux féministes!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce phénomène purement médiatique a été popularisé en 2023, à la suite d’un <a href="https://wou.edu/westernhowl/the-male-loneliness-epidemic/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rapport</a> émis par le gouvernement américain alertant sur un recul généralisé des liens sociaux. Justifiée par des <a href="https://wou.edu/westernhowl/the-male-loneliness-epidemic/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">données sélectionnées</a> de manière tendancieuse, la « <em>Male Loneliness Epidemic</em> » s’apparente davantage à une panique morale qu’une réalité sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Foyer initial de l’épidémie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vindicte populaire trouve son origine au sein de la manosphère, un nom pour le moins risible, on l’admettra, mais aux conséquences plus que fâcheuses. Point de départ et d’amplification de ces discours, la manosphère est un réseau informel de communautés poreuses et masculines réunies sous la même bannière pour parler de sujets typiquement « masculins ». Ces communautés en ligne se répartissent dans différents forums et réseaux sociaux, et peuvent s’identifier en allant du libertarisme jusqu’au <em>alt right</em> – mouvement politique informel d’extrême droite et de nationalisme blanc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les idées de ces communautés ont gagné en popularité, propulsant des influenceurs masculinistes sur le devant de la scène, avec Andrew Tate pour n’en citer qu’un. Ne se limitant pas à l’espace virtuel, ces discours sont aussi portés par la classe dirigeante, avec des oligarques comme <a href="https://www.vox.com/technology/2023/12/27/24011198/bezos-zuckerberg-musk-buff-mma-masculine&lt;" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Jeff Bezos ou Elon Musk</a> qui adhèrent massivement à cette esthétique d’hypermasculinité. Sous l’impulsion de Donald Trump, le parti républicain américain les a très rapidement intégrés pour <a href="https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/823317/virilisme-campagne-trump-convaincu-bien-jeunes-hommes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mobiliser un électorat</a> jeune et masculin, séduit par une rhétorique viriliste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La manosphère : site de radicalisation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La manosphère est devenue cet espace de confort et de valorisation pour de nombreux jeunes hommes isolés, aux sentiments de décalage ou de malhabileté sociale. Un espace de soutien, ou plutôt d’endoctrination : il mène fréquemment à la <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12351222/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">radicalisation</a> de ses internautes, nourris par des idées et dis cours nauséabonds, suintant la misogynie et le racisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les promoteurs de cette crise sont empreints de nostalgie. Nostalgie des rapports genrés, plus rigides et traditionnels; regret d’un temps où l’on reléguait les femmes et personnes racisées au rang de citoyen·ne·s de seconde zone… C’est qu’avec les différentes vagues de féminisme et l’autonomisation des femmes au sein de nos sociétés industrielles, nombreux sont ces hommes qui ont vu leur « dividendes patriarcaux » se déliter. Les dividendes patriarcaux, c’est l’ensemble des avantages économiques et sociaux obtenus collectivement par les hommes. Conceptualisés par la sociologue <a href="https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/14443058.2025.2476406" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Raewyn Connell</a>, il s’agit d’avantages structurels qui bénéficient avant tout aux hommes blancs, cisgenres et hétérosexuels. Que ces privilèges soient remis en cause au profit d’une société plus égalitaire, aux yeux des incels, c’est impardonnable.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Il y a effectivement une crise de solitude; seulement,<br>elle n’est ni nouvelle ni proprement masculine »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ces incels (« <em>involuntary celibates</em> »), situés dans la branche alt-right de la manosphère, participent largement à la propagandisation de cette prétendue crise. L’apologie et la promotion d’actes préjudiciables au sein de cette communauté a ouvert la marche à de nombreux actes terroristes masculinistes : Elliot Rodger en est la figure de proue. Auteur du massacre d’Isla Vista, il a laissé derrière lui un manifeste, <em><a href="https://www.documentcloud.org/documents/1173808-elliot-rodger-manifesto/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">My Twister World</a></em>, devenu un texte fondateur au sein des milieux incels et masculinistes : « <em>Les femmes ne devraient pas avoir le droit de choisir leur partenaire. Ce choix devrait être fait à leur place par des hommes civilisés et intelligents (tldr).</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une crise non-genrée, une gestion genrée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais alors, que disent les chiffres de cette crise de solitude? La solitude des hommes a augmenté au cours de ces dernières années, c’est une certitude. Sont-ils pour autant plus seuls que les femmes? <em>Pew Research</em> le dément : <a href="https://www.pewresearch.org/social-trends/2025/01/16/men-women-and-social-connections/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">16 %</a> des Américain·e·s déclarent se sentir seul·e·s tout le temps ou la plupart du temps. C’est le cas de <a href="https://www.pewresearch.org/social-trends/2025/01/16/men-women-and-social-connections/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">16 %</a> des hommes et <a href="https://www.pewresearch.org/social-trends/2025/01/16/men-women-and-social-connections/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">15 %</a> des femmes. C’est lorsqu’on se penche sur la gestion de cette solitude que les proportions diffèrent d’un genre à l’autre : les femmes sont plus susceptibles de chercher du soutien auprès de proches ou de professionnels de la santé mentale – <a href="https://www.pewresearch.org/social-trends/2025/01/16/men-women-and-social-connections/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">22 %</a> des femmes contre <a href="https://www.pewresearch.org/social-trends/2025/01/16/men-women-and-social-connections/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">16 %</a> des hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les taux de suicides constituent, dans la manosphère, une preuve de mal-être dont les hommes auraient le seul monopole. Si les hommes demeurent surreprésentés dans les statistiques – environ <a href="https://cams-care.com/resources/educational-content/the-gender-paradox-of-suicide/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">76 %</a> des morts par suicide aux États-Unis chaque année –, on compte environ <a href="https://cams-care.com/resources/educational-content/the-gender-paradox-of-suicide/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">trois tentatives</a> de suicide chez les femmes pour chaque tentative chez les hommes. Des chiffres qui s’expliquent notamment par les <a href="https://cams-care.com/resources/educational-content/the-gender-paradox-of-suicide/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">méthodes utilisées.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a effectivement une crise de solitude; seulement, elle n’est ni nouvelle ni proprement masculine. L’âge, l’origine sociale et ethnique ou encore la sexualité sont des facteurs plus déterminants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat d’une population en proie à la solitude devrait, plutôt que de nourrir des contenus problématiques, ouvrir la porte à la remise en question des normes de genre nocives : les hommes devraient s’autoriser aussi une vulnérabilité, un lien émotionnel, et chercher l’aide dont ils ont besoin. Reconnue comme une <a href="https://globalnews.ca/news/10095898/loneliness-global-public-health-concern-who/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">urgence sanitaire</a> internationale, la solitude a, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), des effets délétères : ce phénomène augmenterait le risque de démence, les accidents vasculaires cérébraux et les décès prématurés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si cette solitude généralisée présente un danger sanitaire sérieux, la panique morale autour de cette « épidémie » est tout aussi inquiétante : les idées relayées au sein de la manosphère ne restent plus cantonnées aux marges d’Internet. Elles sont désormais largement diffusées, atteignant une démographie masculine plus jeune, plus susceptible donc de voter pour des partis d’extrême droite que des femmes dans la même tranche d’âge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ayant autant de prise sur les discours médiatiques, les milieux masculinistes sont capables d’influencer la culture populaire pour le pire. Et quand les plus hautes sphères de pouvoir s’en emparent, elles ne peuvent que servir et exacerber un <a href="https://academic.oup.com/sp/advance-article/doi/10.1093/sp/jxag012/8671579" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">retour de bâton</a>, conduisant fatalement au recul des droits des minorités.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/une-epidemie-de-solitude-masculine-vraiment/" data-wpel-link="internal">Une épidémie de solitude masculine, vraiment?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Votre argent dort peut-être chez Revenu Québec</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/votre-argent-dort-peut-etre-chez-revenu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Miton]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décodage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[finances]]></category>
		<category><![CDATA[Premières Nations]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Réclamations]]></category>
		<category><![CDATA[Revenu Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61134</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un registre public et gratuit recense plus de 400 millions de dollars non réclamés.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/votre-argent-dort-peut-etre-chez-revenu/" data-wpel-link="internal">Votre argent dort peut-être chez Revenu Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Quelque part dans les serveurs de Revenu Québec dorment <a href="https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1858057/registre-biens-non-reclames-autochtones-barriere-langue" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de 400 millions de dollars</a>. Cette somme n’a rien d’anonyme : elle réunit une ancienne paie, un compte bancaire oublié, un héritage jamais réclamé… Toujours en attente de ses bénéficiaires, elle vaut le budget annuel de Trois-Rivières (<a href="https://www.v3r.net/wp-content/uploads/2025/12/Communique-Budget2026.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">401,6 millions de dollars</a> en 2026). Le <a href="https://www.revenuquebec.ca/fr/biens-non-reclames/rechercher/registre-des-biens-non-reclames/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">registre existe</a>, il est public, on peut le consulter sans compte ni mot de passe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son <a href="https://portail-assurance.ca/article/produits-financiers-non-reclames-quebec-compte-rapatrier-1-g/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">budget 2021–2022</a>, Québec prévoyait rapatrier dans ses coffres un milliard de dollars en produits financiers non réclamés, alors encore détenus par les banques et les assureurs. Sur ce milliard, le gouvernement estimait que 450 millions seraient réclamés par leurs détenteurs au cours des cinq années suivantes. En droit, cet argent n’est pas perdu, puisqu’il reste rattaché à son propriétaire, identifié par un nom et parfois une adresse. Pourquoi une telle somme demeure-t-elle non réclamée? Et pourquoi certaines personnes ont-elles nettement moins de chances de récupérer leur argent que d’autres?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un mécanisme vieux de vingt-sept ans</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/B-5.1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Loi sur les biens non réclamés</a> existe depuis 1999 (modernisée en 2011, RLRQ c. B‑5.1). Une banque, un employeur, un assureur ou une succession qui détient un bien inactif depuis trois ans doit le remettre à Revenu Québec plutôt que de le garder indéfiniment. Concrètement, cela touche un compte bancaire oublié après un déménagement, un chèque de paie jamais encaissé, le contenu d’un coffre-fort dont le loyer n’est plus payé, ou une police d’assurance-vie dont personne n’a réclamé le capital.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« En centralisant ces sommes dans un registre unique, </p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Revenu Québec joue le rôle qu’on attend d’un bon gardien »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois transférés à Revenu Québec, ces actifs sont inscrits au registre public des biens non réclamés. L’organisme tente alors d’en retrouver les propriétaires, sans toutefois y être tenu : la responsabilité de réclamer les sommes revient d’abord aux titulaires. Les biens de moins de 500 $ peuvent encore être réclamés pendant une période de dix ans. Ensuite, ils sont liquidés et <a href="https://www.revenuquebec.ca/fr/biens-non-reclames/sinformer/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">versés au Fonds des générations,</a> mis en place en 2006 pour réduire la dette publique du Québec. Les biens de 500 $ et plus, quant à eux, demeurent réclamables sans limite de temps – encore faut-il que leurs propriétaires sachent qu’ils existent. Récupérer son bien a un prix : pour un produit financier, <a href="https://www.revenuquebec.ca/fr/biens-non-reclames/sinformer/delais-et-honoraires-relatifs-aux-biens-non-reclames/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Revenu Québec retient 10 % de sa valeur</a>, jusqu’à concurrence de 1 211 $, avec un minimum de 60$ en 2026–2027.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres administrations appliquent un mécanisme semblable. Une étude sur la gestion des biens non réclamés par les gouvernements d’États américains parle même d’un « <em><a href="https://www.emerald.com/insight/content/doi/10.1108/jpbafm-03-2018-001/full/html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">trésor caché</a></em> » pour les finances publiques. Une logique comparable est à l’œuvre au Québec. L’État agit à la fois comme gardien et bénéficiaire de ces avoirs : il prélève des frais lorsqu’un bien est réclamé et conserve les sommes de moins de 500 $ qui demeurent sans propriétaire après dix ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’État, ce bon gardien</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, la lecture officielle est celle d’un État prudent. Sans cette loi, l’argent disparaîtrait : les banques n’ont aucune obligation de retrouver des héritiers, les successions se perdent dans les méandres administratifs. En centralisant ces sommes dans un registre unique, Revenu Québec joue le rôle qu’on attend d’un bon gardien. Sans ce registre, retrouver un compte oublié pourrait exiger de communiquer individuellement avec chaque banque ou employeur du Québec, une démarche pratiquement impossible pour un particulier. <a href="https://www.blakes.com/fr-ca/perspectives/introduction-a-la-legislation-canadienne-sur-les-biens-non-reclames/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cinq provinces canadiennes sont arrivées à la même conclusion</a> et ont adopté une loi du même genre, dont la Colombie-Britannique depuis 1999 et l’Alberta depuis 2008.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Ontario, à l’inverse, a fait un choix différent. La province ne possède toujours pas de régime général sur les biens non réclamés. Une consultation publique lancée en 2012 n’a jamais abouti à l’adoption d’un projet de loi, tandis que l’<em><a href="https://www.canlii.org/en/on/laws/stat/so-2015-c-38-sch-4/latest/so-2015-c-38-sch-4.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Escheats Act</a></em> de 2015 n’impose aux détenteurs aucune obligation de remise ni d’avis. Hors des comptes bancaires, <a href="https://www.canada.ca/fr/agence-consommation-matiere-financiere/services/activites-bancaires/soldes-non-reclames.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">qui relèvent d’une règle fédérale,</a> les sommes restent donc dans les coffres de leurs détenteurs, sans qu’aucun mécanisme ne garantisse que leurs propriétaires en soient informés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à son voisin ontarien, le Québec a choisi d’imposer un registre public accessible à partir d’un simple nom. Tant qu’un bien est réclamable, le droit de le récupérer ne s’éteint jamais. Vu sous cet angle, le système n’est pas conçu pour dépouiller qui que ce soit. Il vise à empêcher que l’argent s’évapore dans les failles du secteur privé. Un assureur qui ne retrouve pas le bénéficiaire, un employeur qui ferme ses portes, un dossier jamais numérisé : sans cette loi, cet argent aurait fini par disparaître pour de bon, sans laisser de trace.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une égalité de façade?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Canada dans son ensemble, Banque du Canada et provinces confondues, détient collectivement plus d’un milliard de dollars en biens non réclamés. Une étude publiée en 2025 dans le <em><a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0047272725001471" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Journal of Public Economics</a></em>, menée par les économistes Alejandro Zentner et Justin Holz auprès d’environ 100 000 titulaires de biens non réclamés au Texas, montre que le taux de réclamation spontané plafonne à environ 1 %. Cette moyenne cache un écart racial marqué : les propriétaires hispaniques ont 64 % moins de chances de réclamer leur bien que les propriétaires blancs. Même lorsqu’ils reçoivent une lettre expliquant comment récupérer l’argent, l’écart persiste : 49 % des visiteurs blancs du site réclament finalement leur argent, contre seulement 26 % des visiteurs hispaniques. La difficulté ne se limite donc pas à « ne pas savoir » : elle touche aussi les documents à fournir et la confiance envers l’institution. Rien n’indique que l’écart soit identique au Québec : c’est le mécanisme, et non la mesure, qui se transpose. Les professeurs de politique publique Pamela Herd et Donald Moynihan, de l’Université du Michigan, ont nommé cela le «<a href="https://www.jstor.org/stable/10.7758/9781610448789" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> <em>fardeau administratif</em> </a>». C’est un coût invisible, fait de temps, de tracasseries et parfois d’humiliation, que certains portent seuls.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’héritage qui coûte cher</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de 600 000 $ appartenant à des membres de la Nation crie dorment dans le registre de Revenu Québec, selon une enquête de Radio Canada. Plusieurs familles cries ne rédigent pas de testament selon les pratiques que présuppose le droit civil québécois, ce qui complique la reconnaissance des héritiers. Le registre lui-même soulève certaines limites. Les avis sont publiés presque exclusivement en français, dans la Gazette officielle du Québec, alors que le français n’est pas la langue de nombreux Cris. Jonathan Kitchen et ses cinq frères et sœurs tentent de réclamer 63 000 $ laissés par leur père, mort en 2005 sans testament. Leur démarche demeure toutefois bloquée à l’étape de départ : ils doivent d’abord réunir les certificats de naissance des six enfants, aujourd’hui dispersés à travers le Québec. Selon Jonathan, le gouvernement devrait contacter les familles directement plutôt que de publier une liste que personne ne consulte. Madeleine Kawapit, pour sa part, n’a découvert l’existence des 15 000 $ qui lui revenaient qu’après avoir été contactée par des journalistes de CBC. Revenu Québec ne lui en a jamais fait part. Dans chacun des deux cas, les frais déjà déduits de la succession s’élèvent à 1 254,38 $, prélevés à même l’argent que les familles tentent de récupérer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Une étude sur la gestion des biens non réclamés par les gouvernements d’État américains parle même d’un «&nbsp;trésor caché&nbsp;» pour les finances publiques »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les Cris ne sont qu’un exemple parmi d’autres. Pensons aux personnes âgées peu à l’aise avec les outils numériques : elles doivent d’abord parvenir à naviguer sur un site gouvernemental avant même de découvrir qu’un bien leur appartient. Un nouvel arrivant dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais se heurte au même obstacle, puisque le registre et ses avis sont presque exclusivement publiés en français. Puis vient l’étape de la réclamation elle-même, qui exige de rassembler des preuves et documents. Naviguer sur un site gouvernemental, franchir la barrière de la langue, rassembler des documents : ce sont exactement les obstacles qui ont ralenti la réclamation des Kitchen et des Kawapit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’<a href="https://www.rsfjournal.org/content/rsfjss/9/5/1.full.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">introduction d’un numéro spécial</a> paru en 2023, Herd et Moynihan soutiennent que ceux qui subissent ces frictions, délibérées ou non, finissent par perdre confiance dans l’État. Qu’on y voie la prudence d’un bon gardien ou un fardeau administratif, le résultat est le même pour ceux qui n’ont pas les moyens de réclamer : leur argent reste hors de portée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/votre-argent-dort-peut-etre-chez-revenu/" data-wpel-link="internal">Votre argent dort peut-être chez Revenu Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le « self-care » : qui valide votre repos?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/le-self-care-qui-valide-votre-repos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Miton]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décodage]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[décodage]]></category>
		<category><![CDATA[repos]]></category>
		<category><![CDATA[self-care]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61011</guid>

					<description><![CDATA[<p>Tour à tour billet médical, arme politique et conseil d'employeur. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/le-self-care-qui-valide-votre-repos/" data-wpel-link="internal">Le « self-care » : qui valide votre repos?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Rester couché toute une journée, rideaux tirés, le téléphone à la main, porte désormais un nom : le <em><a href="https://www.today.com/health/news/bed-rotting-rcna108074" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bed rotting</a></em>. Le site américain <em>TODAY</em> le range parmi les gestes de <em>self-care</em> et convoque cinq cliniciens pour dire comment s’y prendre sans risque. Une médecin y voit un « <em>self-care moment</em> », pas plus d’une demi-journée. Interrogés sur le risque, ils fixent au passage la dose qui fait d’une journée au lit un soin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mot désigne pourtant, à l’<a href="https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/26574730/prise-en-charge-de-soi" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Office québécois de la langue française</a> comme à l’<a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK582359/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Organisation mondiale de la Santé</a>, la pratique par laquelle « une personne identifie ses besoins », « avec ou sans le soutien d’un professionnel ». La décision revient donc à celle qui se repose. Ici, ce sont cinq professionnels qui fixent les conditions. Chaque emploi du mot pose la même question : qui décide de ce qui compte comme repos légitime? Hier, le médecin; aujourd’hui, les objets connectés, l’employeur et l’État : jamais la personne fatiguée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le rôle de malade</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1873, le neurologue Silas Weir Mitchell met au point la <em><a href="https://branchcollective.org/?ps_articles=anne-stiles-the-rest-cure-1873-1925" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rest cure</a></em>, prescrite contre la neurasthénie – un épuisement nerveux alors diagnostiqué presque exclusivement chez des femmes. Pour elles : six semaines au lit, interdiction de lire et d’écrire. Selon le diagnostic, leur fatigue vient de leurs nerfs, pas des conditions dans lesquelles elles vivent. Ce qu’elles en disent ne compte pas. Le remède suit; Mitchell n’autorise pas seulement le repos, il en dicte les modalités. À <a href="https://hekint.org/2023/12/28/charlotte-gilman-weir-mitchell-and-the-yellow-wallpaper/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Charlotte Perkins Gilman</a>, il interdit précisément ce qui était son métier : écrire. L’écrivaine affirmera plus tard avoir retrouvé son équilibre en s’y remettant. De cette expérience naîtra <em><a href="https://theconversation.com/the-yellow-wallpaper-a-19th-century-short-story-of-nervous-exhaustion-and-the-perils-of-womens-rest-cures-92302" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">The Yellow Wallpaper</a></em>, une nouvelle dans laquelle une femme soumise à la même cure sombre progressivement dans la folie. Gilman n’était pourtant pas habilitée à dire ce dont elle avait besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’était pas une dérive isolée, mais une règle, que <a href="https://kar.kent.ac.uk/62743/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Talcott Parsons</a> nommera en 1951 : le « <em>rôle de malade</em> ». Se retirer de ses obligations est permis, à condition de chercher à guérir et de s’en remettre à l’autorité d’un professionnel reconnu. À une autre échelle, cette logique persiste : pour reporter un examen, il faut un billet du médecin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’auto-préservation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1975, Ivan Illich, penseur critique des institutions, publie <a href="https://archive.org/details/medicalnemesisex00illi" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Némésis médicale</em> : <em>l’expropriation de la santé</em></a>. Il reproche à la médecine, non de s’être trompée, mais d’avoir <a href="https://bjgp.org/content/75/750/26" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">confisqué aux familles</a> ce qu’elles savaient faire. Le <em>self-care</em> consiste alors à prendre en charge ensemble ce que l’institution néglige. Dès 1968, le Black Panther Party ouvre <a href="https://blackpast.org/african-american-history/black-panther-partys-free-medical-clinics-1969-1975/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">treize cliniques gratuites</a> dans les quartiers noirs de Chicago, Seattle ou Kansas City, et y dépiste la drépanocytose, maladie du sang fréquente chez les personnes d’origine africaine. <a href="https://www.presidency.ucsb.edu/documents/statement-signing-the-national-sickle-cell-anemia-control-act" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Washington</a> ne la finance qu’en 1972, après les cliniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mêmes années voient des groupes de femmes s’organiser hors de l’institution médicale et publier dès 1970 leur propre manuel de santé, devenu <em><a href="https://ourbodiesourselves.org/history-legacy" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Our Bodies, Ourselves</a></em>, écrit à partir de leurs propres expériences. Médical à l’origine, le mot devient politique : se soigner sans autorisation. En 1988, la poétesse et féministe noire <a href="https://archive.org/details/burstoflightessa00lord" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Audre Lorde</a>, alors atteinte d’un cancer, écrit : « <em>Prendre soin de moi n’est pas de la complaisance, c’est de l’auto-préservation, et c’est un acte de guerre politique. (tdlr)</em> » On cite abondamment cette phrase, toutefois <a href="https://english.ucla.edu/wp-content/uploads/Schalk-and-Kim_Reclaiming-the-Radical-Politics-of-SelfCare_SAQ-2021.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rarement avec ce qui l’entoure : la maladie</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La chercheuse <a href="https://feministkilljoys.com/2014/08/25/selfcare-as-warfare/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Sara Ahmed</a> distingue deux groupes, ceux dont on prend soin et celles dont on attend qu’elles prennent soin des autres, une charge qu’elle décrit comme revenant d’abord aux femmes. Dans son analyse, Lorde appartient d’office au second groupe, et la maladie ne l’en fait pas sortir. Prendre soin d’elle-même revenait donc à quitter ce rôle, et à s’exposer au reproche d’égoïsme. D’où la justification qui ouvre sa phrase – ce n’est pas de la complaisance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le <em>soi quantifié</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le médecin signe toujours les dispenses, mais un second juge s’y est ajouté, qui n’exempte de rien et note tout. Il tient dans un objet qu’on achète et dans une routine qu’on filme, une suite d’étapes à exécuter et à montrer – le « <em><a href="https://www.stylist.co.uk/fitness-health/wellbeing/sunday-reset-trend-how-to-create-a-routine/687148" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sunday reset</a></em> », un dimanche passé à remettre la semaine en ordre; la « <em><a href="https://knowledge.uchicago.edu/record/5989?ln=en" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">that girl</a></em> », levée à cinq heures. Le <em><a href="https://www.nationalgeographic.com/science/article/does-sleepmaxxing-work" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sleepmaxxing</a></em> en est la version chiffrée : ruban adhésif sur la bouche, score de sommeil affiché au réveil par une bague. Une routine a des étapes, et des étapes s’exécutent bien ou mal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, le billet du médecin et le score de la bague ne disent pas la même chose. Le billet atteste qu’on est inapte, dispense d’un examen ou d’une journée, et engage le professionnel qui le signe. Le score ne dispense de rien et n’engage personne : la norme qu’il applique est fixée par un fabricant, pas par une profession. En 2017, des cliniciens du sommeil se demandent si le <em><a href="https://jcsm.aasm.org/doi/10.5664/jcsm.6472" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">soi quantifié</a></em> ne va pas trop loin. Ils nomment orthosomnie, la quête du sommeil parfait qu’entretiennent ces appareils : des patients consultent pour un trouble lu sur leurs courbes, qu’ils tiennent pour plus fidèles que les examens validés. Le score ne remplace donc pas le billet; il en fabrique la demande. La médecine se retrouve ainsi à arbitrer un verdict qu’elle n’a pas rendu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le repos au service du rendement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une tribune du <em>Huffington Post</em>, en 2017 : « <em><a href="https://www.huffpost.com/entry/want-more-productive-employees-encourage-self-care_b_58a3763be4b0e172783aa19e" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Want More Productive Employees? Encourage Self-Care</a></em> ». Sept ans plus tard, une <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/irj.12418" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">étude</a> portant sur 46 336 salariés de 233 organisations britanniques constate que ces dispositifs – méditation, gestion du stress ou applications –, n’améliorent pas le bien-être de ceux qui les suivent. Le conseil survit à sa réfutation, et le terme est devenu, écrivent les universitaires <a href="http://read.dukeupress.edu/south-atlantic-quarterly/article-abstract/120/2/325/173307/Reclaiming-the-Radical-Politics-of-Self-CareA-Crip" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Jina B. Kim et Sami Schalk</a>, « <em>inextricable des impératifs du travail et de la productivité</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement du Québec ne poursuit pas le même but et aboutit au même ordre. Son programme de santé mentale s’intitule « <a href="https://cisss-outaouais.gouv.qc.ca/obtenir-un-service/obtenir-de-laide-pour-un-probleme-de-dependance-ou-de-sante-mentale/sante-mentale/programme-quebecois-pour-les-troubles-mentaux-pqptm/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">des autosoins à la psychothérapie</a> ». Une personne présentant des symptômes légers à modérés reçoit d’abord un guide d’exercices, qu’elle remplit à son rythme avec l’accompagnement d’un intervenant. Le nom officiel de l’étape dit le reste, ce sont des <a href="https://www.cisssca.com/soins-et-services/sante-mentale/autosoins-diriges" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">autosoins dirigés</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autour de ces conseils et de ces programmes, un marché. L’économie du bien-être pesait <a href="https://globalwellnessinstitute.org/press-room/press-releases/the-global-wellness-economy-hits-a-record-6-8-trillion-and-is-forecast-to-reach-9-8-trillion-by-2029/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">6 800 milliards</a> de dollars en 2024. Carl Cederström et André Spicer y lisent une « <a href="https://www.politybooks.com/bookdetail?book_slug=the-wellness-syndrome--9780745655604" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>biomoralité</em></a> », où « <em>celui qui se sent bien est quelqu’un de bien, celui qui se sent mal est quelqu’un de mauvais</em> ». Comment y arrive-t-on? En deux temps, répond le sociologue <a href="https://www.persee.fr/doc/caf_2431-4501_2019_num_131_1_3352" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Claude Martin</a>. On confie à des spécialistes le soin de dire comment vivre, puis on se tient pour responsable de ce qui arrive. C’est le billet, signé par un tiers, puis le score, rendu à soi seul.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur Instagram, l’algorithme trie. Les chercheuses canadiennes en communication Shana MacDonald et Brianna Wiens ont montré qu’il met en avant une version blanche et consumériste du <em><a href="https://necsus-ejms.org/living-whose-best-life-an-intersectional-feminist-interrogation-of-postfeminist-solidarity-in-selfcare/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">#selfcare</a></em> et laisse de côté les approches féministes noires et anticapitalistes, celles de Lorde. Elles n’ont pas disparu pour autant. Tricia Hersey, fondatrice de <em><a href="https://thenapministry.wordpress.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">The Nap Ministry</a></em>, écrit que son repos de femme noire américaine « <em>a toujours été un refus politique</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Justifier son repos</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il alors abandonner le mot? Une partie de la critique le juge perdu, devenu une façon de conseiller du repos à ceux qu’on continue d’épuiser. La chercheuse <a href="https://link.springer.com/article/10.1057/s41301-017-0131-8" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Inna Michaeli</a> reprend l’accusation dans le titre de son article, <em>Self-Care: An Act of Political Warfare or a Neoliberal Trap?</em> (<em>Self-care : acte de guerre politique ou piège néolibéral</em>), pour répondre que la question est mal posée. « <em>Respirer n’est pas néolibéral en soi.</em> » Ce qui compte, c’est ce qu’il y a autour. Le même repos peut s’acheter seul ou s’organiser ensemble, et c’est cette seconde forme qu’elle observe dans les mouvements féministes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et la personne qui tire ses rideaux à quinze heures? Le médecin décide si elle peut s’absenter, la bague note sa nuit, l’employeur lui conseille de se ménager pour revenir en forme. Aucun des trois ne lui demande ce dont elle a besoin. La phrase de Lorde n’a pas été écrite pour devenir un slogan, elle servait à une femme qui devait justifier son repos. Tant que d’autres décident quelle fatigue est légitime, chacun devra continuer à se justifier, et certains plus que d’autres.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/le-self-care-qui-valide-votre-repos/" data-wpel-link="internal">Le « self-care » : qui valide votre repos?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Est-ce que je dois un bébé à l’État?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/est-ce-que-je-dois-un-bebe-a-letat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
		<category><![CDATA[maternité]]></category>
		<category><![CDATA[natalité]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61017</guid>

					<description><![CDATA[<p>Questionnements à l’ère de la baisse démographique au Québec.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/est-ce-que-je-dois-un-bebe-a-letat/" data-wpel-link="internal">Est-ce que je dois un bébé à l’État?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Cet été, je suis tombée sur la <a href="https://www.instagram.com/reel/DasxiFDNhYG/?utm_source=ig_web_copy_link&amp;stkn=NTc4MTIwNjQ2YQ==" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vidéo</a> d’une jeune Française exprimant son choix de ne pas avoir d’enfants. Invoquant ses valeurs et présentant tout simplement ce choix comme celui d’une femme libre disposant de son propre corps, je comprenais parfaitement ses motivations. C’est lorsque j’ai eu le malheur de m’aventurer dans la section commentaires que le cauchemar a commencé. Entre les internautes qui se réjouissaient que « les gauchistes ne se reproduisent pas » et ceux qui la traitaient d’« égocentrique », j’en ai trouvé un qui a vraiment piqué ma curiosité : « tu brises le contrat social ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet ouvrage de Rousseau, <em>Du contrat social</em>, je l’ai lu, je l’ai étudié avec minutie, et jamais je n’aurais pensé que cet argument philosophique si connu puisse mettre en péril mon autonomie corporelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, pour mettre la table (ou faire un court commentaire éditorial), Jean-Jacques Rousseau n’est pas le personnage le moins controversé de l’histoire et, bien évidemment, il flirtait ouvertement avec la <a href="https://academicworks.cuny.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1245&amp;context=gc_pubs" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">misogynie</a>. Mais qu’est-ce que ce fameux contrat social a à voir avec mon utérus?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <a href="https://www.toupie.org/Dictionnaire/Contrat_social.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le contrat social</a>, les citoyens d’une société, en en faisant partie, acceptent tacitement de céder une part de leur liberté naturelle à l’État afin qu’il puisse veiller sur l’organisation harmonieuse de la société et mieux protéger les citoyens. L’État, gouverné par la volonté générale du peuple, peut alors entreprendre des actions qui briment la liberté de certains afin d’assurer le bon fonctionnement de la société. Ces violations de droits, selon Rousseau, sont légitimes, puisqu’elles proviennent de la volonté du peuple – qui a un pouvoir absolu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois cette logique poussée à l’extrême, advenant une baisse importante de la natalité, « la volonté générale » pourrait justifier l’imposition de la maternité à des femmes. En effet, dans ce scénario, cette baisse de natalité pourrait entraîner des problèmes sociétaux majeurs, comme un manque criant de main-d’œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En appliquant cette rhétorique au pied de la lettre, on se retrouverait littéralement dans <em><a href="https://lespetitesanalyses.com/resumes/la-servante-ecarlate-resume/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">La servante écarlate</a></em>, où le corps des femmes devient un instrument démographique appartenant exclusivement à l’État. Une réalité dégoûtante où les femmes sont réduites à leur utérus, de simples machines servant à apaiser l’inquiétude démographique de la patrie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis longtemps arrêtée devant ce constat alarmant – ma liberté et mon autonomie corporelle ne tiennent-elles qu’à un fil? Peut-on réellement me retirer mon droit de choisir comme l’on supprime une vulgaire virgule mal placée?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où cette application aveugle de Rousseau fait défaut, c’est qu’un État qui a la responsabilité de protéger réellement ses citoyens ne peut imposer une grossesse à qui que ce soit. Non seulement « la volonté générale » peut se tromper, mais lui accorder le pouvoir absolu revient à ne pas reconnaître l’existence même de droits et libertés individuels et inaliénables. Le contrat social est un accord bilatéral entre un citoyen et l’État et ce dernier se doit de protéger l’intégrité corporelle des citoyens et leur propriété. Ainsi, forcer une femme à porter un enfant viendrait littéralement briser cedit contrat social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que <a href="https://www.persee.fr/doc/dhs_0070-6760_1981_num_13_1_1346" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Rousseau</a> lui-même présente l’asservissement des femmes comme étant naturel, cela vient alors littéralement contredire ses prémisses principales quant à l’organisation et la légitimité du pouvoir politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puisqu’on dépoussière les philosophes des Lumières, et que nos chers amis indiscrets s’improvisent doctorants en la matière dans l’espace commentaires, j’aimerais aborder brièvement la pensée de John Locke sur le sujet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vie, la liberté et la propriété : ce sont les trois principes que l’État doit respecter pour fonder sa légitimité. Pour <a href="https://oll.libertyfund.org/quotes/john-locke-on-the-rights-to-life-liberty-and-property-of-ourselves-and-others-1689" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Locke</a>, cette propriété s’étend d’abord à son propre corps. C’est un cadre beaucoup plus concret et respectueux de la liberté humaine que celui de la « volonté générale ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.hrw.org/fr/news/2025/12/12/recul-de-letat-de-droit-en-france" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">France</a> comme le <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/communiques/barreau-craint-erosion-etat-droit-quebec/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Québec</a> sont des États de droit, où les libertés individuelles sont reconnues et protégées autant que les lois le permettent. Mais rien n’est garanti : toutes ces dispositions sont entièrement dépendantes de la volonté politique du moment.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De Galaad au Québec</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pourquoi vous parler de tout ça?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que le grand non-dit lors des prochaines élections provinciales, c’est la baisse démographique au Québec : l’an passé, la population de la province a connu un recul de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2253815/demographie-diminution-population-quebec-2025" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">0,1 %</a>, tandis que le nombre de décès a surpassé celui des naissances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que plusieurs partis politiques déclarent que la capacité d’accueil du Québec est saturée, on incite les jeunes Québécois à avoir plus d’enfants – bonjour la cohérence. C’est donc le retour des politiques natalistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sûr que dans un monde où l’on <a href="https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2026-09-17/5000-educatrices-de-plus-en-cpe-d-ici-quatre-ans-promet-ruba-ghazal.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">manque de places</a> en CPE, où nos <a href="https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2026-09-01/systeme-d-education/il-n-y-a-pas-vraiment-d-ecole-a-trois-vitesses-dit-frechette.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">écoles à trois vitesses</a> débordent, où le <a href="https://ici.radio-canada.ca/en-bref/90-17155/natalite-elections-quebec-politique" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">coût de la vie</a> atteint de nouveaux sommets, où l’on doit travailler à un rythme effréné et où l’on se fait avaler par les tensions géopolitiques pendant que notre planète brûle, la parentalité devient un défi complexe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, je suis en faveur de l’<a href="https://www.lesoleil.com/elections-provinciales-2026/2026/08/28/deux-semaines-de-conge-de-plus-pour-les-nouveaux-papas-promet-frechette-HXQUQVY735GALBZJWXVL5X45LE/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">allongement des congés parentaux</a> et de la <a href="https://www.noovo.info/nouvelles/politique/elections-quebec/promesses-electorales/plq/article/le-plq-propose-une-bonification-du-rqap-et-le-developpement-du-reseau-des-garderies/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">création de nouvelles places en CPE</a> – pourquoi condamner les jeunes qui décident de fonder des familles à le faire dans les pires des conditions? Nos familles méritent beaucoup mieux que ça. Là où le malaise s’installe, c’est à l’annonce des mesures natalistes proposées notamment par le <a href="https://www.journaldequebec.com/2026/09/03/eric-duhaime-promet-100--par-semaine-pour-garder-les-enfants-a-la-maison-et-mettrait-un-terme-a-lexpansion-du-reseau-de-cpe-et-des-garderies-subventionnees" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Parti Conservateur du Québec</a> (PCQ).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’Éric Duhaime, chef du PCQ, propose, c’est de geler le nombre de places en CPE et d’accorder une allocation de 100 $ imposables par semaine à chaque parent qui reste à la maison avec son enfant – à condition que son partenaire travaille à temps plein.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En bloquant l’accès au réseau public de garde, le PCQ crée une contrainte économique qui incite financièrement le retour des femmes au foyer. Pour rappel, ce <a href="https://cieufm.com/une-attaques-envers-les-cpe-et-les-femmes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">modèle québécois des CPE</a> a rendu possible l’éducation de générations entières, en plus de permettre à un nombre incalculable de femmes de revenir rapidement sur le marché du travail et de s’émanciper.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour ceux qui ne veulent s’en tenir qu’aux <a href="https://www.iedm.org/fr/38369-les-garderies-sont-elles-rentables-pour-le-gouvernement-/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">chiffres</a> : ces mères qui retournent au travail rapportent aujourd’hui à l’État – en taxes et en impôts – bien plus que ce que lui coûte ces places en garderies à moins de 10 $. Les CPE ne sont donc pas une vulgaire dépense, mais un investissement plus que rentable à tous les niveaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plutôt que d’offrir un choix délibéré, cette logique imposerait fatalement un mode de vie axé sur le parent unique au foyer, où l’un des deux parents est contraint de rester à la maison pour s’occuper des enfants, tandis que l’autre devient le soutien financier de la famille – et tout ça par manque de solutions de garde adaptées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le PCQ n’est pas le seul parti à s’aventurer sur cette pente glissante : le <a href="https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2026-09-20/natalite-en-baisse/le-pq-promet-une-prime-pour-un-troisieme-et-quatrieme-enfant.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Parti Québécois</a> (PQ) n’a pas tardé à suivre, avec sa logique de « bébé bonus ». Son chef Paul St-Pierre Plamondon promet une prime financière directe aux familles pour l’arrivée d’un troisième et d’un quatrième enfant. Ce genre de mesure vient littéralement mettre un prix sur la capacité reproductive des femmes, comme si l’État venait récompenser les naissances à la pièce. Les corps des femmes deviennent à nouveau des leviers démographiques, un outil transactionnel, de simples machines distributrices à la commande de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien qu’il y ait effectivement des conséquences importantes découlant du vieillissement de la population, je suis d’avis que la solution ne passe pas par la valorisation politique et monétaire de la maternité. Non seulement ces primes représentent des montants dérisoires pour les familles dans le contexte économique actuel, mais les mesures telles que les « bébé bonus » ont déjà prouvé leur<a href="https://cffp.recherche.usherbrooke.ca/wp-content/uploads/2026/08/cr_2026-09_fecondite_et_fiscalite_vf.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> inefficacité</a>. C’est comme si l’État donnait un dollar symbolique aux familles qui décidaient d’avoir des enfants – réduisant le tout à un geste purement politique. Ce sont des <a href="https://www.noovo.info/nouvelles/societe/article/inciter-la-natalite-bonne-ou-mauvaise-idee/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">politiques</a> que nous avons déjà vues passer au Québec et qui n’ont que <a href="https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2026-09-20/natalite-en-baisse/le-bebe-bonus-du-pq-braque-ses-adversaires.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">légèrement</a> et temporairement augmenté le taux de natalité, sans toutefois atteindre leurs cibles. Ce ne sont pas ces petites allocations qui nous permettront de survivre à la <a href="https://www.ledevoir.com/economie/1004363/cout-vie-logement-tarifs-economie-sommet-preoccupations-electeurs" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">crise du logement</a> ou à l’explosion du coût de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les jeunes Québécois ont le droit de choisir, il en est de leur liberté la plus fondamentale. Il faut leur donner tous les outils pour que chaque personne qui décide d’avoir un enfant ait toutes les ressources nécessaires. Ce n’est pas en gelant les places en garderie ni en monétisant la fertilité que l’on répondra aux aspirations de notre génération.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Est-ce que je dois un bébé à l’État</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis posé la question de long en large.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À entendre les chefs de certains partis politiques, on dirait presque qu’ils sont en train de scruter mes ovaires au microscope. Je sens cette pression de la société et des politiciens pour fournir un autre petit travailleur qui mettra l’épaule à la roue. On dirait que le seul fait de posséder un utérus nous contraint à mettre une vie au monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On parle de la grossesse comme si on parlait d’acheter des œufs à l’épicerie, comme si ça ne coûtait rien, comme si c’était banal. Mais c’est la décision d’une vie : celle de voir son corps changer de manière <a href="https://www.lapresse.ca/societe/sante/2025-04-21/nouvelle-etude/la-grossesse-a-des-impacts-a-long-terme.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">permanente</a>, de subir de <a href="https://naitreetgrandir.com/fr/grossesse/sante-bien-etre/grossesse-changements-physiques-maux-courants/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">violents bouleversements</a> hormonaux qui entraînent symptômes physiques et <a href="https://naitreetgrandir.com/fr/grossesse/sante-bien-etre/grossesse-depression-prenatale/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">détresse émotionnelle</a>, et c’est mettre sa <a href="https://www.24heures.ca/2022/11/15/enceintes-elles-ont-vecu-de-la-discrimination-au-travail--tu-penses-vraiment-que-cest-le-bon-moment-pour-tomber-enceinte" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">carrière en péril</a>. D’autant plus que les femmes portent encore aujourd’hui la majorité de la <a href="https://www.biron.com/fr/centre-du-savoir/parole-de-specialiste/charge-mentale-femmes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">charge mentale</a> relative au foyer et aux enfants : ce n’est donc pas une décision à prendre à la légère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avoir un enfant, c’est un don de soi qui se fait par choix et non par obligation ni par pression. Surtout lorsque cette pression provient de cette même société qui fait culpabiliser les femmes et qui les traite de mauvaises mères dès qu’elles demandent de l’aide.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« C’est notre choix (…) et personne ne doit faire ce choix-là à notre place »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Non, ni moi, ni personne ne doit d’enfant à l’État. Ce sont nos enfants, pas les leurs. Nous mettons au monde des êtres humains et non des futurs contributeurs fiscaux. C’est notre choix en bout de ligne, nos sacrifices, nos corps, nos vies, et personne ne doit faire ce choix à notre place. Ce ne sont pas eux qui prendront soin de nos enfants au quotidien, ce ne sont pas eux qui devront leur expliquer pourquoi les flammes ravagent nos forêts ou pourquoi la haine retentit à chaque coin de rue alors que nous peinons à mettre un souper sur la table.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le simple fait d’avoir un utérus ne nous oblige à rien, et ce n’est pas l’État ni les pseudo-philosophes de TikTok qui pourront en dire autrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne bâtit pas une société en faisant culpabiliser les femmes ou en monnayant leur retour au foyer : on le fait en respectant leur choix. Non, je ne dois aucun bébé à l’État, et aucune politique nataliste ni aucun contrat social ne fera de mon corps une propriété publique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/est-ce-que-je-dois-un-bebe-a-letat/" data-wpel-link="internal">Est-ce que je dois un bébé à l’État?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Outil d’émancipation ou vecteur d’exclusion</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/outil-demancipation-ou-vecteur-dexclusion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[automobiles]]></category>
		<category><![CDATA[dépendance]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[exclusion]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60874</guid>

					<description><![CDATA[<p>La dépendance à la voiture et son permis.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/outil-demancipation-ou-vecteur-dexclusion/" data-wpel-link="internal">Outil d’émancipation ou vecteur d’exclusion</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-left has-drop-cap wp-block-paragraph">Dans un monde valorisant l’individualité, le confort et l’efficacité personnelle, la voiture trouve toute sa place. Alors que près de <a href="https://www.transitionsenergies.com/combien-voitures-monde/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1,4 milliard d’automobiles</a> rouleraient sur le globe, il est devenu plus que nécessaire, par souci écologique et relationnel, de trouver un moyen alternatif de déplacement. Aussi, si importante soit-elle, son permis est même devenu un document d’identité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le délaissement du social au profit de l’individualisme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat d’une société surconsommatrice, la voiture, popularisée par <a href="https://www.vrm.ca/capsule-thematique-comprendre-la-dependance-a-lautomobile-facteurs-impacts-et-perspectives/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’Occident</a> comme symbole de liberté, a développé chez l’être humain une dépendance exagérée, ce dernier se confinant volontairement chaque jour dans une caisse de fer sur roues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’humain, pourtant essentiellement sociable, perd progressivement ses occasions de rencontres et s’enfonce dans son isolement. D’autant plus que le gouvernement n’aide pas : en France, le permis s’obtient maintenant à <a href="https://www.info.gouv.fr/actualite/le-permis-de-conduire-possible-a-partir-de-17-ans" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">17 ans</a>, au Canada à <a href="https://saaq.gouv.qc.ca/permis-conduire/obtenir-permis/auto-classe-5" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">16 ans</a> et au Dakota du Sud aux États-Unis, on peut apprendre à conduire <a href="https://www.sd.gov/cs?id=kb_article_view&amp;sysparm_article=KB0043705&amp;sys_kb_id=ac66f2f0874e0b54e0410f28cebb35c9&amp;spa=1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dès ses 14 ans</a>. En baissant l’âge de l’obtention du permis, l’isolement apparaît de plus en plus tôt. Démodés sont les transports en commun où l’on retrouvait ses camarades de classe, ses amis, ou même ses voisins, faites place au moyen de locomotion égocentrique et <a href="https://ressources-naturelles.canada.ca/sites/www.nrcan.gc.ca/files/oee/pdf/transportation/fuel-efficient-technologies/autosmart_factsheet_6_f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ultra-polluant</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Im</em>-permis de conduire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais bien que la voiture émancipe des millions de personnes chaque jour, le permis de conduire est devenu aujourd’hui un outil de discrimination sociale. Les catégories déjà minoritaires et exclues de la société sont – à nouveau – visées. En février 2026, par exemple, dans l’État du Kansas aux États-Unis, <a href="https://lactualite.com/actualites/deux-hommes-transgenres-poursuivent-le-kansas-pour-invalidation-de-leur-permis/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">deux hommes transgenres</a> se sont plaints face à une nouvelle loi invalidant le permis de conduire, car il reflèterait l’identité de genre et non pas le sexe attribué à la naissance. Cette mesure déshumanisante n’affecte sûrement pas seulement les États-Unis. <a href="https://www.theguardian.com/world/2015/jan/09/transgender-people-russia-banned-driving-legal-amendment-dmitry-medvedev" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">En Russie</a>, un amendement interdit aux personnes transgenres de conduire, et on pourrait s’attendre à voir de telles mesures prises par la <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/societe/905506/reculs-droits-personnes-lgbtq-denonces?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Hongrie ou le Ghana</a> par exemple, où les lois reculent, discriminant et harcelant davantage les personnes transgenres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non seulement, le refus d’accorder ou le non-renouvellement du permis de conduire restreint la liberté de mobilité de ces personnes-là, mais quelquefois, il représente le seul document d’identité qu’elles possèdent, les empêchant alors de voter. L’électorat est ainsi manipulé et transformé pour favoriser les candidats conservateurs et réactionnaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Choix capitaliste ou écologique ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, plus qu’un document administratif, le permis de conduire est perçu comme un rite de passage vers l’âge adulte dans les sociétés occidentales. Il est même souvent <a href="https://www.ohrc.on.ca/fr/foire_aux_questions/un-employeur-peut-il-me-demander-un-permis-de-conduire-lorsque-je" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">exigé pour postuler</a> dans de nombreux secteurs, devenant à <a href="https://www.le-code-dekra.fr/actualites/2020/12/30/le-permis-de-conduire-est-il-indispensable-pour-trouver-un-travail-/id/4" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">nouveau discriminant</a>. Surtout que les coûts de l’essence, des assurances, et simplement des écoles de conduite, ne cessent d’augmenter. Certaines personnes sont alors isolées involontairement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Se pose alors un dilemme quant aux pseudo-volontés des gouvernements : veulent-ils rendre la voiture réellement accessible à tous les marginalisés de la société (ruraux, familles à faibles revenus, transgenres) ou bien privilégier les transports en commun, pour renforcer les liens sociaux et réduire l’impact écologique, en mettant en place plus de lignes de bus, trains, vélos de ville publics?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est de notre devoir de trouver des alternatives et de ne pas se laisser avoir par la facilité du déplacement individuel. Et dans un monde où un outil présenté comme figure de l’affranchissement a finalement dominé et écrasé les interactions sociales, il faudrait repenser les systèmes pour favoriser les interactions sociales et continuer à sensibiliser la population vis-à-vis du danger du réchauffement climatique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/outil-demancipation-ou-vecteur-dexclusion/" data-wpel-link="internal">Outil d’émancipation ou vecteur d’exclusion</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>L’impact potentiel des élections québécoises sur McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/limpact-potentiel-des-elections-quebecoises-sur-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60883</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les quotas d'étudiants internationaux, une problématique politique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/limpact-potentiel-des-elections-quebecoises-sur-mcgill/" data-wpel-link="internal">L’impact potentiel des élections québécoises sur McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Dans un régime démocratique, les élections agissent comme un levier de renouvellement politique, économique et institutionnel. Avec les élections générales québécoises de 2026 à l’horizon, beaucoup de questions se posent quant au futur de la province : souveraineté, relations avec les États-Unis, itinérance… chaque parti a sa propre manière d’envisager le futur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les quotas de la CAQ</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant qu’établissement d’enseignement postsecondaire anglophone, c’est la question de l’éducation et de la francophonie qui concerne le plus l’Université McGill. Déjà sous la Coalition Avenir Québec (CAQ), des <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://www.barreau.qc.ca/fr/futurs-membres/demande-equivalence/quotas-admission-etudiants-internationaux-decret/&amp;ved=2ahUKEwjx4KTikeyWAxWqC3kGHdUoF-IQFnoECB0QAQ&amp;usg=AOvVaw2uJUIWMmHNhorHEH2X5ZzI" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">quotas</a> limitant le nombre d’étudiants étrangers avaient été mis en place. L’objectif de l’administration Legault : réduire de <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/education/2025-02-26/etudiants-etrangers/quebec-impose-un-plafond-aux-etablissements.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">20 %</a> le plafond de demandes pouvant être faites par des étudiants étrangers voulant fréquenter un établissement d’enseignement québécois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors ministre de l’éducation supérieure, Pascale Dery s’était <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/education/2025-02-26/etudiants-etrangers/quebec-impose-un-plafond-aux-etablissements.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">exprimée</a> sur cette décision, expliquant que le nouveau décret visait à « encourager et même pousser [les établissements universitaires, <em>ndlr</em>] à mieux recru ter des étudiants » afin de garantir qu’ils veuillent rester au Québec. Les deux décrets consécutifs diminuent progressivement le nombre de permis d’études accordés aux nouveaux étudiants mcgillois. Le premier, publié en <a href="https://www.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/fileadmin/gazette/pdf_encrypte/lois_reglements/2025F/85029.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">février 2025</a>, posait la limite à 5 131. Le <a href="https://www.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/fileadmin/gazette/pdf_encrypte/lois_reglements/2025F/86926.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">second</a>, déclaré en décembre 2025 – et en vigueur jusque fin 2027 – baisse encore le pallier, cette fois à 4 361.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’en disent les partis?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si c’est la CAQ qui a entamé ce processus anti-immigration visant les universités de la province, elle n’est pas la seule à vouloir restreindre le nombre d’étudiants étrangers. <a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/1005041/pspp-associe-immigration-debordement-ecoles-crise-logement" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Paul St-Pierre Plamondon</a>, chef du Parti québécois (PQ), affirme : « L’école déborde en raison d’un trop grand nombre de nouveaux élèves qui proviennent de l’immigration. » Si l’accusation vise d’abord les écoles du primaire et du secondaire, il serait surprenant qu’il épargne les universités dans sa croisade contre l’immigration. <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2280164/jour-7-campagne-electorale-universites-demandes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Sylvie Tanguay</a>, candidate du PQ à Saint-François, aborde la question avec davantage de nuances. Son discours reprend néanmoins les mêmes arguments déjà avancés par la CAQ à propos des étudiants étrangers, notamment lorsqu’elle affirme son objectif de « les garder chez nous et qu’ils restent intégrés au Québec ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre autres, le <a href="https://pq.org/nouvelles/le-parti-quebecois-sengage-a-renverser-le-declin-du-francais/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">PQ promet</a> « d’étendre la loi 101 aux cégeps », une réforme qui restreindrait l’accès aux collèges anglophones aux détenteurs du certificat d’admissibilité à l’enseignement en anglais – par exemple, si un parent a reçu une éducation anglophone au Canada. Des autres partis, seul le Parti libéral s’est à ce jour <a href="https://www.affairesuniversitaires.ca/actualites/elections-quebecoises-2026-ce-que-les-principaux-partis-proposent-pour-lenseignement-postsecondaire/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">exprimé sur la question</a>, déclarant une volonté de « maintenir la proportion actuelle des inscriptions entre les réseaux collégiaux francophone et anglophone ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les quotas introduits par la CAQ ont déjà eu des répercussions importantes sur le réseau universitaire québécois. D’après <a href="https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/universities-quebec-shortfall-1.7530586" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">CBC</a>, sept établissements d’enseignement postsecondaires anticipaient un déficit pour l’exercice 2025–26.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.google.com/url?q=https://www.concordia.ca/content/dam/concordia/services/financial/docs/BudgetSummaryPresentation-2025-26.pdf&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1789241274544070&amp;usg=AOvVaw1XTUWOMw2EOZ2nzc0Nehe2" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">L’Université Concordia,</a> notamment, a enregistré un déficit de plus de 30 millions de $ en juin 2026. Des cégeps comme <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/education/2026-09-03/malgre-ses-dettes-envers-le-gouvernement/le-college-lasalle-pourra-rouvrir-des-ce-vendredi.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">LaSalle </a>ont manqué de passer la clef sous la porte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nouveaux plafonds sur le nombre d’étudiants étrangers pourraient accentuer les difficultés financières auxquelles plusieurs universités québécoises sont déjà confrontées. Cela continuerait de les fragiliser.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le cas de McGill</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à d’autres établissements, l’Université McGill n’a pas été aussi sérieusement affectée par les limites imposées. La <a href="https://www.mcgill.ca/es/admissions-profile" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">proportion d’étudiants internationaux admis à McGill </a>reste relativement stable comparée aux années précédentes : 28,4 % d’étudiants étrangers en 2020, 28,04 % en 2024 et 28,84 % en 2025. De plus, le nombre de nouveaux arrivants en automne 2025, soit 2 108, demeure bien en deçà du quota autorisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’impact des quotas se sont révélés jusqu’ici moins marqués à l’Université McGill, son <a href="https://www.mcgill.ca/senate/files/senate/d25-70_presentation_on_the_university_budget.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">budget</a> prévoit une baisse de 8 % du nombre total d’étudiants internationaux non exemptés d’ici 2028. Les restrictions imposées aux étudiants étrangers n’expliquent toutefois qu’une partie des difficultés financières auxquelles l’établissement est confronté. L’Université <a href="https://reporter.mcgill.ca/video-available-for-those-who-missed-the-mcgill-budget-update/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">cite</a> une myriade de raisons pour les grosses coupes budgétaires de 2025–26, notamment une croissance des dépenses qui dépasse celle des re venus. L’Université McGill a donc implémenté une série de mesures jugées « nécessaires ». Parmi les plus ressenties, la coupe des auxiliaires d’enseignement – ou <em>teaching assistants</em> (TA) – dont le <a href="https://www.mcgill.ca/maut/files/maut/2025-02-19_maut_teaching_assistant_budget_cuts_hours.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">budget</a> pour la faculté des Arts a chuté de 17 %. Combinée à une hausse de 1,5 % du <a href="https://www.mcgill.ca/es/admissions-profile" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">nombre total d’étudiants admis,</a> cette décision contribue à détériorer le ratio entre étudiants et personnel de soutien pédagogique, soulignant l’écart grandissant entre les besoins de la communauté étudiante et les ressources que l’Université est en mesure de consacrer.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/limpact-potentiel-des-elections-quebecoises-sur-mcgill/" data-wpel-link="internal">L’impact potentiel des élections québécoises sur McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Il faut le voir pour le croire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/il-faut-le-voir-pour-le-croire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[banalisation]]></category>
		<category><![CDATA[déni]]></category>
		<category><![CDATA[réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
		<category><![CDATA[web]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60895</guid>

					<description><![CDATA[<p>La banalisation de la violence.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/il-faut-le-voir-pour-le-croire/" data-wpel-link="internal">Il faut le voir pour le croire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">J’ai visionné le meurtre d’une femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelques jours, entre deux vidéos de <em>lif</em>estyle, l’algorithme de TikTok m’a montré la vidéo d’une femme dans les rues de New York, deux couteaux en main. <a href="https://www.nytimes.com/2026/09/01/nyregion/victims-stabbing-times-square-nyc.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Pamela Cisneros</a> venait de poignarder deux personnes, dont Erin Piacenti, décédée de ses blessures. Des policiers encerclaient Cisneros et ré pétaient qu’elle devait lâcher ses armes. Ils ont utilisé deux pistolets à impulsion électrique, sans succès. La femme s’est rapprochée des policiers et deux coups de feu ont été tirés, la tuant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous avez peut-être vu passer la vidéo. Si ce n’est pas le cas, estimez-vous chanceux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Y’en a pas de problèmes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réseaux sociaux regorgent de vidéos en tous genres et, malheureusement, cela implique les vidéos violentes. Quiconque a un peu de curiosité morbide ou un algorithme terrible est facilement exposé à des vidéos d’agressions armées, de tireurs fous ou de règlements de compte. Bien sûr, pour alléger leur conscience et peut-être protéger un peu les utilisateurs, les réseaux sociaux ont bien souvent des règles de communauté (ces fameuses<em> community guidelines</em> rarement lues). Le contenu trop explicite est donc généralement retiré et les pires vidéos sont ornées d’un floutage sur les blessures ou les armes ainsi que d’un avertissement avant le visionnement. Certaines poussent même la sollicitude jusqu’à censurer les mots inappropriés, question de protéger les oreilles chastes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, la vidéo de la mort de Cisneros ne comportait aucun floutage et aucun avertissement. Pas une seule indication que ce que j’allais visionner pouvait être hautement perturbant. C’est donc assise sur un banc d’autobus, en retournant chez moi à la fin d’une longue journée, que j’ai innocemment vu une femme mourir sur mon téléphone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et apparemment, c’est devenu totalement normal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une ère de banalisation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Étant donné la grande quantité de contenu violent sur les réseaux sociaux, il est inévitable d’en voir de temps à autre. Pourtant, nous ne devrions jamais avoir à visionner ce genre de contenu. Comme nous vivons dans un monde qui est bien loin d’être idéal, nous sommes soumis au visionnement de la douleur d’individus de partout sur la planète. Mais ce visionnement a des conséquences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En étant forcés de consommer cette violence au minimum – après tout, il faut bien constater qu’il s’agit de violence avant de passer la vidéo – nous y devenons habitués. Qu’est-ce qu’on en a à faire du sang et de la douleur de quel qu’un alors qu’il s’agit de la troisième vidéo sur le sujet que nous voyons aujourd’hui? Pas grand-chose, et c’est précisément le problème.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes bien malgré nous assaillis d’images de souffrance chaque jour : en allant sur les réseaux sociaux, en regardant les nouvelles, en feuilletant le journal. Cette souffrance est parfois locale, parfois internationale, mais à force d’être exposés à tant de malheur, nous saturons. Nous devenons des êtres indifférents, qui se contentent de passer à la prochaine vidéo lorsqu’une femme se fait tirer dessus devant nos yeux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Collectivement, nous perdons le sens de l’empathie. On ne s’attriste plus du sort des autres, car à quoi bon? Nous voyons tant de souffrance qu’elle devient invisible, commence à faire partie du paysage. Avec les réseaux sociaux, l’exposition à la violence est faite de plus en plus jeune : il suffit de penser à tous les enfants qui ont un accès illimité à Internet et qui sont témoins de toutes sortes de contenu inapproprié. Cette banalisation a des conséquences : la gravité des crimes violents commis par des jeunes a augmenté de <a href="https://www.985fm.ca/audio/791368/hausse-des-crimes-violents-chez-les-jeunes-quebecois" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">70% entre 2015 et 2025</a>. Il est toujours réjouissant de constater que la violence est si banale qu’elle entre dans nos mœurs. Décidément, nous sommes en voie de former un monde pacifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La souffrance en direct</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La violence a toujours été assez accessible dans les médias. Depuis la nuit des temps, les nouvelles télévisées nous montrent des paysages désolants de pays déchirés par la guerre, le tout parfois relevé du témoignage d’un habitant et conclu par le ton grave d’un journaliste. Or, depuis peu, nous avons accès, en direct, à la souffrance de milliers de personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La promesse des réseaux sociaux, c’est que tout le monde puisse partager sa réalité. Alors, lorsque des Ukrainiens, des Soudanais et des Palestiniens ont accès à ces mêmes réseaux sociaux que nous, nous sommes témoins de leur réalité dans l’intimité de leur quotidien. Il ne s’agit plus de regarder le téléjournal exposer un conflit géopolitique en termes neutres et objectifs, mais bien de visionner la terreur de véritables individus. Nous sommes témoins comme eux du quotidien, rythmé par la violence, la mort et la souffrance, à la différence près que nous pouvons décider de fermer l’application afin de ne plus être confrontés à ces horreurs. Nous pouvons éteindre le téléphone et aller prendre une marche, aller à l’école, rire avec nos amis. Nous pouvons avoir un quotidien, une vie, que des milliers de personnes n’ont plus.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« On ne compte plus les morts par centaines ni par dizaines de milliers, nous avons besoin de chiffres avec tellement de zéros que nous perdons le sens des proportions »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Maintes et maintes vidéos d’internautes palestiniens ont été publiées. Des vidéos où on voit des villes entières réduites en décombres et en poussière. Des vidéos où on re garde des parents pleurer la mort de leurs enfants. Des vidéos où on voit des médecins sans ressources exécuter des opérations à froid, où on voit des hôpitaux complètement détruits par des frappes israéliennes. Des vidéos où on voit des journalistes et des enfants se faire braquer un fusil au visage sans raison apparente, où on entend des soldats leur hurler des menaces. Des vidéos où on voit des enfants orphelins morts de faim.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des vidéos qui cessent du jour au lendemain, des utilisateurs dont on n’a plus de nouvelles, car ils sont devenus une énième statistique, un énième décès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un de plus parmi tant d’autres, mais nous restons de marbre, car l’horreur est devenue si répandue qu’elle ne nous choque plus. On ne compte plus les morts par centaines ni par dizaines de milliers, nous avons besoin de chiffres avec tellement de zéros que nous perdons le sens des proportions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous regardons le génocide palestinien se dérouler en direct. Nous pouvons même interagir avec les victimes. Pourquoi ne sommes-nous pas davantage importunés, outrés, enragés? Pourquoi tant d’indifférence devant la souffrance, toujours plus vive et toujours plus près de nous?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de la Seconde Guerre mondiale, nombreux sont ceux qui ont découvert avec horreur l’Holocauste. À travers le monde, tout le monde retenait son souffle en entendant parler de ces gens qui avaient subi l’horreur des enfers sur Terre, tout le monde s’est demandé comment tant de gens avaient pu laisser ce cauchemar prendre place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque le génocide palestinien sera terminé, nous ne pourrons pas nous cacher derrière de telles excuses. Nous aurons tout vu, tout entendu. Le monde entier aura été témoin de ses propres yeux.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/il-faut-le-voir-pour-le-croire/" data-wpel-link="internal">Il faut le voir pour le croire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La tyrannie du silence : vous êtes tous complices</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/la-tyrannie-du-silence-vous-etes-tous-complices/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[inaction]]></category>
		<category><![CDATA[itinérance]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60898</guid>

					<description><![CDATA[<p>Déserter les urnes le jour des élections : le luxe de l’indifférence collective.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/la-tyrannie-du-silence-vous-etes-tous-complices/" data-wpel-link="internal">La tyrannie du silence : vous êtes tous complices</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Aujourd’hui, chers lecteurs, je veux briser le silence. Celui dans lequel vous vous complaisez, ce lui qui nourrit votre indifférence choisie. Non, ce ne sera pas confortable, mais si c’était le prix à payer pour qu’en fin vous regardiez en face les conséquences de vos actes?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense à toutes les personnes victimes de notre lâcheté collective, celles desquelles nous avons détourné le regard pour oublier leur souffrance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Choisir de ne pas agir, c’est choisir de devenir complice. C’est faire de l’inaction notre norme et pérenniser une ignorance choisie où la complicité passive devient la charpente de notre société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce qui m’est arrivé à moi. À petite échelle, c’est mon histoire. Celle de la jeune fille encore mineure qui se faisait crier des obscénités dans la rue en rentrant de l’école, celle de la jeune femme qui vivait du harcèlement sexuel et qui se cachait dans les salles de bain, celle de la femme qui apprenait à déceler les signes de violence tout en la vivant aux yeux de tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, il y avait des témoins. Il y en a toujours eu. Les signes étaient là, clairs, livides.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais vous savez ce qui était encore plus clair? L’abandon, la normalisation. Toutes ces personnes qui ont laissé ces choses m’arriver, qui n’ont jamais bronché devant mes appels à l’aide, ceux qui trouvaient normal de me voir trembler et de voir la peur voiler mon regard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai longtemps porté la culpabilité d’avoir subi. Aujourd’hui, c’est fini. Je pointe le doigt vers les réels coupables. Mon histoire, c’est aussi l’histoire de ma colère, une colère brute que je tente d’estomper tant bien que mal. Je ne mendierai pas votre pardon : je ne suis pas guérie et je refuse de faire semblant de l’être tant qu’une telle hypocrisie sera ancrée dans notre société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais mon histoire est aussi l’histoire de la survivante d’aujourd’hui, qui réapprend à habiter son corps, qui se reconstruit dans les ruines et qui refuse de se taire, pour que plus personne n’ait à subir ce que j’ai traversé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que moi-même, quand je criais à l’aide sous vos yeux, je criais dans le vide. Face au mur de votre indifférence, j’ai subi et j’ai survécu pour vous en parler aujourd’hui, pour qu’enfin mon cri ne tombe plus dans l’oreille de sourds.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que quand je vois des gens dans la rue, des femmes victimes de violence, du profilage racial, des enfants qui n’ont plus rien à manger, les forêts en flammes, des étudiants qui doivent choisir entre se loger et s’éduquer, le rejet perpétuel du blâme sur les immigrants, je ne peux pas rester passive. Je ne me donnerai jamais le luxe du silence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>J’ai mal à mon Québec</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de moi l’intention de vouloir devenir un nouveau véhicule du cynisme politique, mais j’aimerais que l’on regarde la vérité en face : notre société est à bout de souffle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, je n’éclipserai pas les quelques progrès sociaux et législatifs qui ont eu lieu au Québec dans les dernières années, mais je veux rendre à César ce qui appartient à César pour que personne n’oublie, à la veille de cette campagne électorale, les enjeux criants qui marquent notre quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense aux <a href="https://www.cqpi.ca/quelquesdonnees" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de 12 000 personnes</a> en situation d’itinérance au Québec aujourd’hui, à toutes ces personnes en situation d’extrême précarité que je croise chaque matin en me rendant à l’université. L’itinérance augmente en même temps que leur <a href="https://www.observatoiredesprofilages.ca/judiciarisation-de-litinerance-a-montreal/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">judiciarisation trop fréquente</a>, que le manque de ressources et que la construction d’<a href="https://a-id.org/the-growth-of-hostile-architecture-how-developments-in-urban-design-are-exacerbating-social-injustice/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">architecture inhospitalière </a>qui gangrène nos villes. Toutes ces fois où l’on détourne le regard pour ne pas voir la misère que nous avons acceptée de perpétuer. Les<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2232740/itinerance-rapport-quebec-repits-urgence" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> refuges débordent</a>, le <a href="https://ici.radio-canada.ca/info/long-format/2276467/courbes-cout-vie-quebec-aliments-logement-transport" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">coût de la vie augmente</a> et rien ne change.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense à la précarité étudiante, celle qui vit autour de moi à longueur de journée. On parle de presque <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/2025-10-27/bilan-des-banques-alimentaires/montreal-gruge-par-la-faim.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un jeune sur deux</a> qui a connu au moins une situation d’insécurité alimentaire, alors qu’on débat encore de la nécessité de <a href="https://unionetudiante.ca/fr/frau-front-pour-la-remuneration" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rémunérer les stages</a>. On parle des <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/education/960015/mcgill-concordia-abdiquent-hausse-frais-etudiants-hors-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">frais de scolarité</a> qui augmentent en même temps que <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/societe/950940/locataire-cinq-quebec-eu-difficulte-payer-loyer-2025" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">les loyers</a>, des étudiants qui grèvent et s’époumonent dans la rue avec leurs pancartes devant leurs facultés. D’autres voix qui tombent dans les oreilles de sourds alors que le gouvernement contemple le <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2119411/fecq-ueq-feuq-associations-stages" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">calcul restrictif </a>de l’Aide financière aux études (AFE) sans le réformer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sans mentionner l’<a href="https://unionetudiante.ca/News/Details/11" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Enquête sur les violences à caractère sexuel (VACS)</a> au postsecondaire, promise par le gouvernement en 2022, dont le financement a été retiré en douce. On refuse encore de voir l’ampleur de la violence sexiste et sexuelle chez les jeunes et encore moins l’efficacité du soutien et des services en cette matière. On refuse de me voir, moi, et toutes les autres personnes qui en ont vécues, alors que c’est ce genre de mesure qui aurait pu nous protéger. Et j’aimerais finir par parler de la <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/791578/violences-sexuelles-il-faut-aussi-une-loi-cadre-pour-le-primaire-et-le-secondaire" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">hausse de ce type de violence</a> au primaire et au secondaire. Des enfants. Ils vivent des situations inimaginables, qui brisent et marquent leurs âmes à vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense aux <a href="https://www.journaldequebec.com/2026/08/16/femme-tuee-dans-saint-michel-voici-ce-que-lon-sait" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">12 femmes</a> qui ont perdu la vie cette année dans le contexte de violence conjugale et aux refuges qui débordent jusqu’à devoir<a href="https://www.tvanouvelles.ca/2026/08/16/feminicides-a-montreal-une-demande-dhebergement-sur-deux-est-refusee" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> refuser une demande d’hébergement sur deux</a>. Je veux que vous pensiez à ces femmes qui prennent leur courage à deux mains pour quitter leur foyer violent, et qui se retrouvent à se faire claquer la porte au nez par manque de ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pas une de plus.</em> C’est devenu un slogan plus qu’une affirmation parce que peu importe à quel point je l’ai crié à m’en arracher les poumons, il y en a toujours eu une de plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me rappelle du gouvernement qui <a href="https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/2195488/mort-joyce-echaquan-bilan-racisme-systemique-autochtones" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">niait le racisme systémique</a> alors que Joyce Echaquan venait de perdre la vie dans un hôpital de Joliette sous une pluie d’insultes. Je pense au <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/989300/apres-poste-quartier-39-combien-preuves-faudra-il-encore" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">profilage racial</a> et au poste de quartier 39, où les citoyens que ce dernier avait le devoir de protéger et de servir sont devenus de réels trophées de chasse. J’ai également une pensée pour les <a href="https://www.tvanouvelles.ca/2024/10/25/abus-et-defaillances-voici-les-scandales-qui-ont-eclabousse-la-dpj-en-2024" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">scandales de la DPJ</a>, pour tous ces jeunes vulnérables qui se retrouvent dans des centres où ils se font abuser et maltraiter par des éducateurs. Parce qu’un système qui prétend protéger la jeunesse ne doit pas tolérer la présence d’abus physiques et sexuels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vous parle de la planète qui brûle et de la destruction de notre environnement au nom des <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/environnement/913746/northvolt-projet-avorte-evite-evaluation-environnementale" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Northvolt</a> et des <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/environnement/861391/cinq-enjeux-environnementaux-expliquer-dossier-stablex" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Stablex</a> de ce monde. Je vous parle des politiciens qui nous demandent de les «<a href="https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2022-09-02/troisieme-lien/lachez-moi-avec-les-ges-dit-drainville.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> lâcher avec les GES</a> », de ceux qui nous parlent de <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/environnement/993494/christine-frechette-est-prete-analyser-projet-pipeline-passerait-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">pipelines sur le territoire du Québec</a> ou de l’exploitation de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2281673/gaz-schiste-lotbiniere-exploration-elections" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">gaz de schiste</a> alors qu’ils renoncent à <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2026-01-22/reduction-des-emissions-de-ges/quebec-reporte-l-atteinte-de-sa-cible-a-2035.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">leurs cibles en matière d’émissions</a>. J’essaie de ne pas me dire qu’il est minuit passé pour la planète, mais j’ai dû me rendre à l’évidence : ce n’est pas moi qui vais réussir à la sauver avec ma pancarte et mon bac à compost.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aimerais vous parler du <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/communiques/barreau-craint-erosion-etat-droit-quebec/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déclin de l’état de droit</a> et de la rédaction d’un projet de constitution censé représenter les Québécois.e.s. Non seulement a t‑il été rédigé de manière non-inclusive, mais il fragiliserait également les contre-pouvoirs, le <a href="https://www.cmq.org/fr/actualites/pl1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">droit à l’avortement</a> et les droits des <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/2026-03-23/projet-de-constitution-du-quebec/le-comite-des-droits-de-l-homme-leve-un-drapeau-rouge.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Premières Nations et des Inuits</a>. Sans oublier l’utilisation persistante et répétée du <a href="https://www.lequotidien.com/actualites/politique/2025/06/06/un-baillon-quest-ce-que-cest-3W42S3UWFZEKJJZVICGQFFKJPE/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bâillon</a> par le gouvernement. Cette pratique permet de limiter le temps de débat et d’adopter plus rapidement les projets de loi, ce qui empêche d’analyser réellement les clauses et prive l’opposition de faire son travail démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vous parle du <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2221699/coupe-budgetaire-education-culture-ecole" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">définancement de l’accès à la culture</a> et de la <a href="https://www.journaldemontreal.com/2026/07/04/precarite-financiere-des-artistes-il-faut-trouver-des-solutions-viables-a-long-terme-face-a-la-detresse-humaine-plaide-florence-k" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">précarité de nos artistes</a>, de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2229650/infrastructures-hopitaux-vetuste-budget-caq" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">nos hôpitaux</a> et de <a href="https://www.journaldemontreal.com/actualite/education/outil-interactif-nos-ecoles-en-piteux-etat" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">nos écoles</a> qui tombent en ruine, du manque de soutien en <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/manque-de-ressources-en-sante-mentale/mon-fils-voulait-vivre/2025-10-08/personne-ne-l-a-aide.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">santé mentale</a>, du déni de la <a href="https://www.noovo.info/nouvelles/politique/elections-quebec/article/frechette-la-crise-du-logement-est-reglee-dans-plusieurs-regions/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">crise du logement</a> et de l<a href="https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2026-09-01/systeme-d-education/il-n-y-a-pas-vraiment-d-ecole-a-trois-vitesses-dit-frechette.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">’école à trois vitesses</a>. De tout ça jusqu’à la montée de l’intolérance envers la communauté <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2133099/intolerance-lgbtq-ecoles-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2SLGBTQI+</a>, envers des <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2026-08-22/le-droit-de-croire-sans-craindre.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">groupes religieux</a> et envers les <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2080600/immigration-immigrants-logement-politique#:~:text=%C3%87a%20veut%20dire%20que%20la,.&amp;text=intol%C3%A9rance%20envers%20les%20immigrants%20avec,ses%20propos%3F" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">immigrants</a>. Pour ne parler que de ces enjeux-là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me vois contempler les campagnes pour cesser le harcèlement de rue sur les bannières de la <a href="https://spvm.qc.ca/fr/PDQ9/Actualites/15598" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">STM</a> – « Témoins intervenez » – mais rien ne change. Ce ne sont que des belles pancartes fluo sur le bord d’un autobus. Lorsque les mots ne s’accompagnent pas de gestes concrets ou de promesses qui veulent réellement dire quelque chose, on nage dans l’immobilisme. Il faut passer à l’acte, il faut parler, il faut crier, il faut qu’ils nous voient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour moi, le Québec est un état de démocratie, d’avancement, de promesses tenues, un état de droit, qui respecte, inclut et écoute ses citoyens. C’est le Québec que j’aime, mais ce n’est pas le Québec que je vois.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Pourquoi, en tant que jeunes, ne pas laisser tomber ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme – moi – je tiens mes promesses, je ne serai pas cynique. Voyez la montagne de problèmes que je vous ai résumés? C’est une fraction des enjeux qu’il y a au Québec. Oui, il reste beaucoup à faire, mais l’implication des jeunes est cruciale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seuls <a href="https://statistique.quebec.ca/vitrine/15-29-ans/theme/citoyennete/participation-elections-provinciales" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">54 %</a> des jeunes de 18 à 34 ans votent alors que ce sont presque 80 % des aînés qui le font. Bien que nous soyons un bloc important de l’électorat et que nous allons devoir subir les impacts des décisions politiques, nous ne faisons pas assez sentir notre poids politique. En renonçant à être assis à la table, nous nous retrouvons sur le menu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne sommes pas représentés à l’<a href="https://ici.radio-canada.ca/info/long-format/2275357/evolution-profil-type-deputes-quebec-1923-2022" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Assemblée nationale</a>, certes. Mais nous avons, pour la première fois en quatre ans, la chance de choisir les gens en qui nous avons le plus confiance pour dé fendre nos intérêts et les projets qui nous parlent, ceux que l’on veut voir charpenter notre Québec de demain. Ne laissons pas d’autres personnes décider pour nous et façonner notre avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si vous êtes de ceux qui sombrent dans le cynisme et qui veulent que leur vote ait un impact concret, j’ai également quelque chose pour vous. Après chaque élection, les partis politiques, peu importe leur taille ou leur notoriété reçoivent une allocation d’<a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/comprendre/comprendre-le-financement-politique/valeurs-principes-et-caracteristiques-du-financement-politique/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Élection Québec</a> proportionnelle au nombre de votes qu’ils ont obtenus. Ceci vous permet alors de financer indirectement les idées que vous voulez voir davantage dans l’espace du débat public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aller voter, c’est simple, et vous avez toutes les raisons de le faire. J’espère que toutes les voix, comme la mienne, seront finalement entendues, que nous serons des visages plutôt que des statistiques. Parce que je suis plus que <a href="https://violsecours.qc.ca/statistiques/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la femme sur trois</a> et que l’<a href="https://www.ledevoir.com/actualites/education/1005644/cette-ecole-deborde-elle-raison-trop-grand-nombre-nouveaux-eleves-issus-immigration" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">immigrante de deuxième génération</a> qui <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2278866/pspp-immigration-milliard-ghazal-ecole-quebec-seuils" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sature notre système</a>. L’heure est à l’écoute, au respect et à la transparence. Si nous nous mobilisons nous pouvons réellement changer notre pronostic. Le vote est un privilège, mais aussi une responsabilité. Le bien-être de tant de personnes en dépend.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 5 octobre, ne vous murez pas dans le silence, laissez-les nous entendre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/la-tyrannie-du-silence-vous-etes-tous-complices/" data-wpel-link="internal">La tyrannie du silence : vous êtes tous complices</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Un droit accordé, mais jamais entretenu</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/un-droit-accorde-mais-jamais-entretenu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Owen Roberts]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[droits]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[vote]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le manque de représentation électorale pour les Américains qui vivent à l’étranger</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/un-droit-accorde-mais-jamais-entretenu/" data-wpel-link="internal">Un droit accordé, mais jamais entretenu</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Les élections de mi-mandat du Congrès américain arrivent vite. Si vous êtes un Américain qui habite à l’étranger, il est presque trop tard pour pouvoir voter à cette élection, qui aura lieu le 3 novembre 2026. En tant qu’Américain, ce sera la première fois que je peux voter. Ayant peur de manquer l’occasion, j’ai déjà entamé toutes les démarches il y a quelques mois. J’ai très vite découvert que la procédure est bien plus complexe qu’elle ne me semblait. Il existe un problème dans la relation des États-Unis avec leurs citoyens à l’étranger qui veulent voter: il n’y a personne au sein du gouvernement pour nous représenter. À cause de cela, le système électoral américain est trop compliqué et inefficace, ce qui diminue le taux de participation électorale à l’étranger, et réduit la représentation des expatriés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une mauvaise structure</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord, le problème se présente via le manque d’efforts de la part du gouvernement, qui conserve l’inscription électorale à l’étranger. Une procédure trop complexe – telle est la principale raison citée pour le manque de participation chez les citoyens à l’étranger. Pour voter de l’étranger, il faut d’abord s’inscrire avec le Formulaire 76, ou <em>Federal Post Card Application</em> (FPCA). Ce formulaire est à la fois une inscription et une demande de bulletin de vote qu’il faut renouveler chaque année dans de nombreux États. Or, comme le bulletin est reçu par courrier, il est possible qu’il arrive trop tard, voire jamais. Il est également possible qu’un Américain habitant à l’étranger oublie de renouveler sa demande de bulletin en présumant qu’il est toujours inscrit. Dans tous les cas, le citoyen perd sa chance de voter. De plus, ce dernier doit utiliser sa dernière adresse de résidence aux États-Unis, parce que c’est là que son vote est compté. En théorie, ces Américains ont un représentant – mais ce représentant est élu sur des enjeux locaux, par des électeurs qui vivent dans la circonscription. Éparpillés entre 435 circonscriptions, les Américains à l’étranger ne forment qu’une minorité négligeable dans une circonscription donnée, donc les représentants n’ont pas de motivation à entretenir leur engagement électoral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après un rapport au Congrès publié par le <em>Federal Voting Assistance Program</em> (<a href="https://www.fvap.gov/uploads/FVAP/Reports/RTC_2024.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">FVAP</a>) en 2024, seulement 11% des Américains éligibles à l’étranger ont voté à l’élection de 2024, alors que le taux de participation général était d’environ 65 %. Cela veut dire que le taux de participation américain est environ six fois moins élevé à l’étranger – un chiffre minuscule.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le droit de vote</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, les droits de vote pour les citoyens américains habitant à l’étranger sont particulièrement inclusifs comparés aux autres pays. Par exemple, l’<a href="https://www.aec.gov.au/overseas/enrolment.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Australie</a> élimine de ses listes électorales les citoyens ayant l’intention de partir pour plus de six ans. Quant à l’<a href="https://www.citizensinformation.ie/en/government-in-ireland/elections-and-referenda/voting/right-to-vote/#b1156e" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Irlande</a>, elle ne permet simplement pas aux citoyens à l’étranger de voter, avec certaines exceptions. C’est cette comparaison-là qui met en lumière le cœur du problème : les États-Unis accordent le droit de vote à <a href="https://www.usa.gov/who-can-vote" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">chaque citoyen – sauf </a>certains criminels –, mais le gouvernement ne met pas en place un système efficace pour entretenir ce droit. Il est important de noter que, contrairement à l’inscription au vote, l’obligation de déclarer ses revenus n’expire jamais chez les Américains, même s’ils habitent à l’étranger. Il existe donc une asymétrie entre la conservation de l’obligation fiscale et les droits électoraux, ce qui correspond ironiquement à la source de la revendication qui a fondé le pays : <em>« pas d’imposition sans représentation (tdlr) ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le système français et l’engagement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, il existe des pays qui réussissent à représenter les citoyens habitant à l’étranger, notamment la <a href="https://www.elections.interieur.gouv.fr/comprendre-elections/comment-je-vote/francais-de-letranger-comment-votent-ils" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">France,</a> qui a un registre des Français établis hors du pays. Il suffit de s’inscrire une fois pour apparaître sur la liste électorale consulaire, sans expiration. Il existe alors <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070239/LEGISCTA000020936532/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">11 circonscriptions</a> hors de France pour ces citoyens, qui élisent chacune un député à l’Assemblée nationale. La différence principale entre les deux systèmes se trouve là : aux États-Unis, le citoyen doit conserver une relation avec l’État, alors qu’en France, c’est l’État qui la conserve, étant donné que le citoyen est inscrit à un registre. Parmi les Français situés dans ces circonscriptions,<a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/le-ministere-en-action/accompagner-les-ressortissants-francais/la-communaute-francaise-a-l-etranger-en-chiffres" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> 1 617 523</a> étaient inscrits sur les listes électorales le 1er janvier 2025, alors que le nombre de Français à l’étranger s’élevait à environ 2,5 millions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les élections législatives françaises de 2024, le taux de participation parmi les inscrits était de <a href="https://www.archives-resultats-elections.interieur.gouv.fr/resultats/legislatives2024/ensemble_geographique/index.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">66,71 %</a> au premier tour des élections. Toutefois, parmi ceux inscrits au registre électoral consulaire en 2024, 36 % (<a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/files/files/services/demarches-a-letranger/legislatives-anticipee-resultats_globaux_t1.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">573 950</a>) ont voté aux élections législatives, selon le <a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/services-aux-francaises-et-aux-francais/vie-administrative-et-elections/elections-a-l-etranger/consulter-les-resultats-des-elections-vote-des-francais-de-l-etranger/elections-legislatives-anticipees-2024-resultats-du-1er-tour" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Ministère</a> de l’Europe et des Affaires étrangères. Par rapport à 65 % comme taux général et 11 % à l’étranger aux États-Unis, la France perd environ 46 % des électeurs à l’étranger, tandis que les États-Unis en perdent environ 83 %. Cette forte disparité de participation à l’étranger suggère qu’il existe une différence au niveau du système qui influence le comportement électoral des citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les solutions</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe déjà des propositions de loi jamais adoptées qui visent à améliorer la situation, comme <a href="https://www.govtrack.us/congress/bills/119/hr8561/text" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>The Commission on Americans Living Abroad Act</em>.</a> Cette législation a été proposée à plusieurs reprises depuis 2008 et créerait une commission chargée d’étudier comment les lois et politiques fédérales impactent les Américains à l’étranger. De plus, il existe un caucus – un groupement informel d’élus sans pouvoir législatif – qui a été fondé en 2007 afin de représenter les citoyens à l’étranger. Ce caucus soutient la proposition citée, mais il n’arrive pas encore à la faire adopter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, une solution idéale serait que les États-Unis adoptent la structure française dans sa totalité. Malheureusement, ce serait presque impossible à mettre en place, parce que pour ajouter de nouveaux représentants, il faudrait un amendement, ce qui est hautement improbable. Je pense qu’il faudrait d’abord proposer l’adoption d’une partie de la structure française – le registre des citoyens hors du pays –, permettant ainsi d’améliorer la communication et la cohésion avec les citoyens à l’étranger. Quant au gouvernement, il devrait ajouter un représentant sans droit de vote au Congrès, le même style de représentant qu’ont Porto Rico, Washington D.C., et les autres territoires américains sans statut d’État. Cette action pourrait mener à des changements dans la structure américaine et ne demanderait qu’une loi ordinaire. Même si ces types de représentants n’ont pas le droit de vote, ils pourraient au moins porter les intérêts des citoyens et élargir leur visibilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, si un droit est accordé, il faut que le gouvernement prenne des mesures pour l’entretenir, et si l’obligation fiscale n’expire jamais, il doit en être de même pour l’inscription électorale.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/un-droit-accorde-mais-jamais-entretenu/" data-wpel-link="internal">Un droit accordé, mais jamais entretenu</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Attention : virage à droite</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/attention-virage-a-droite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catvy Tran]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[polarisation]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[radicalisation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60906</guid>

					<description><![CDATA[<p>Atteintes aux mesures antidiscriminatoires et déradicalisation de la gauche radicale.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/attention-virage-a-droite/" data-wpel-link="internal">Attention : virage à droite</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 10 août 2026, <em>The Atlantic</em> publie un <a href="https://www.theatlantic.com/magazine/2026/09/elite-academia-leadership-hypocrisy/687969/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">article</a> de Tyler Austin Harper qui provoque des remous dans les milieux intellectuels américains de gauche. Dans cette longue diatribe justifiant sa démission, l’ancien professeur d’études environnementales à l’université Bates, dans le Maine, dénonce « <em>l’insupportable hypocrisie du monde académique d’élite (tdlr</em>) ». Au cœur de ses lamentations, le « racisme » occasionné par les mesures d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) dans les universités.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les mesures d’EDI sont-elles vraiment racistes?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lui-même une personne racisée, Tyler Austin Harper remet en question le processus d’embauche qui lui a permis d’accéder à la prétitularisation dès la fin de son doctorat : « <em>Je n’aurais probablement pas eu l’emploi si ce n’était pour la couleur de ma peau</em>. » Cette paranoïa autour des mesures d’EDI rejoint les inquiétudes de la droite américaine, qui <a href="https://abcnews.com/Politics/trumps-missing-point-dei-meritocracy-experts/story?id=117975699" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">voit</a> cette volonté de pallier aux injustices sociohistoriques comme une atteinte aux valeurs méritocratiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Adrien Peyrache, professeur agrégé à l’Université McGill et codirecteur de l’ancien comité d’EDI de l’Institut Hôpital neurologique de Montréal (<em>Neuro EDI committee</em>), trouve Tyler Austin Harper « très sévère ». Selon lui, même s’il a pu y avoir quelques erreurs au cours de leur implémentation, les mesures d’EDI demeurent «absolument nécessaires ». Il met en lumière le « biais implicite » qui s’introduit chez les étudiant·e·s qui côtoient, comme c’est souvent le cas, un corps professoral majoritairement composé « d’hommes blancs » et qui en déduisent implicitement que « ce corps de métier […] ne [leur] est pas accessible ». Il rappelle d’ailleurs l’importance de prendre en compte les perspectives étudiantes lors de prises de décisions de ce genre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, selon Harper, l’hypocrisie ne se limite pas au racisme des mesures d’EDI, mais englobe également la négligence de la direction à l’égard des enjeux économiques qui touchent les populations universitaires. Pour lui, les mesures antidiscriminatoires ne sont qu’une façade qui permet à Bates de maintenir une image progressiste sans s’attaquer aux « vrais » problèmes, tels que l’exploitation du personnel et l’augmentation des frais de scolarité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa vision s’inscrit dans la lignée marxiste qui <a href="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1859/critique-pol-economy/preface.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">distingue</a> la base économique – les modes et les relations de production – de la superstructure d’une société – ses idéologies, ses institutions, sa politique, sa culture, etc. À ses yeux, la superstructure est principalement la réflexion de la base économique. Par conséquent, les enjeux économiques constituent la force motrice des changements sociétaux et devraient donc être prioritaires par rapport aux paradigmes culturels. Ainsi, les mesures visant à réduire les inégalités structurelles au sein de l’université en changeant les curricula et en diversifiant la composition des employé·e·s sont considérées comme futiles si Bates ne s’attelle pas en premier lieu à l’exploitation économique de son corps étudiant et professoral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, le théoricien et sociologue Stuart Hall <a href="https://chooser.crossref.org/?doi=10.2307%2Fj.ctv1j9mjwm.7" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">met en garde</a> contre cette séparation entre la base économique et la superstructure d’une société, les considérant plutôt comme interreliées. Il conteste leur relation de cause à effet et les conçoit plutôt comme un tout complexe, au sein duquel les idéologies construisent elles-mêmes un cadre de pensée et peuvent ainsi, de manière autonome, contribuer à renverser les conditions matérielles d’une société. De cette façon, les changements de curricula, à Bates et ailleurs, ne devraient pas être considérés comme une cause distincte de la lutte pour une plus grande équité économique au sein de l’université. Ils peuvent au contraire eux-mêmes contribuer à des transformations structurelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tyler Austin Harper s’égare donc lorsqu’il démonise les mesures d’EDI et les définit comme des moyens de distraire des véritables enjeux économiques. Plutôt que de séparer ces deux combats, il gagnerait à percevoir ces luttes comme étant complémentaires et s’entretenant mutuellement pour mener à bien des changements sociétaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une déradicalisation de la gauche radicale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En critiquant ces mesures et en créant une distance avec la frange de la gauche qui les promeut et qui est considérée comme trop « <em>woke</em> » et performative, Harper s’inscrit dans la tendance actuelle de déradicalisation qui émerge au sein de la gauche radicale. En effet, il cherche clairement à se départir de ce qu’il voit comme les dérives du mouvement <em>woke</em> des dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette prise de distance par rapport au progressisme a également été adoptée par de nombreux politiciens historiquement de gauche qui préfèrent aujourd’hui se rapprocher d’idéaux et de préoccupations plus centristes. Par exemple, aux États-Unis, la politicienne Alexandria Ocasio-Cortez ne semble plus se positionner dans la mouvance radicale à laquelle elle s’identifiait précédemment. Elle est allée jusqu’à prendre ses distances avec la période des années 2020 caractérisée par l’essor du mouvement <em>Black Lives Matter</em>, aussi surnommée « <em>Woke 1.0</em> », la qualifiant de « <em><a href="https://www.nytimes.com/2026/08/12/style/woke-1-aoc-dsa.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">folle</a></em> ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Pour lui, les mesures antidiscriminatoires ne sont qu’une façade qui permet à Bates de maintenir une image progressiste sans s’attaquer aux “vrais” problèmes»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réserve face à un progressisme jugé trop radical est probablement due à sa volonté de modérer son discours pour attirer plus d’électeurs. En effet, alors que la prochaine course à la Maison-Blanche se rapproche, cette parlementaire dont on suppose des ambitions présidentielles <a href="https://www.nytimes.com/2026/08/12/style/woke-1-aoc-dsa.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">semble</a> voir un décalage vers le centre comme un moyen d’élargir sa base électorale. Le calcul est simple : après avoir gagné la confiance des électeurs de gauche plus radicaux, elle s’adresse vraisemblablement désormais à ceux plus dubitatifs face à son progressisme habituel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, le maire new-yorkais Zohran Mamdani, après avoir mené l’an dernier une campagne qui mettait de l’avant un socialisme démocratique radical et la primauté des services sociaux et communautaires, est désormais <a href="https://www.nytimes.com/2026/06/12/nyregion/dsa-mamdani-pushback.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">prêt à faire des concessions</a> en ce qui a trait à la police. Alors qu’il avait promis de révolutionner la sécurité publique et d’amorcer une réduction du budget de certaines franges du service de police de la ville de New York, plusieurs groupes militants sont déçus par sa décision récente de plutôt augmenter son effectif de 580 officiers et sa collaboration étroite avec la commissaire de police technocrate Jessica Tisch.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Canada, ce décalage vers le centre de la part de politicien·ne·s socialistes n’est pas une nouvelle affaire. La déradicalisation de la gauche canadienne avait déjà fait les manchettes lorsque le Nouveau Parti démocratique (NPD), sous Thomas Mulcair, s’était mis peu à peu à <a href="https://utppublishing.com/doi/10.3138/9781487554606.007" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">délaisser sa fibre progressiste</a> pour attirer plus d’électeurs dans le but de remporter les élections fédérales de 2015. Alors que le NPD siégeait auparavant en tant qu’opposition officielle et semblait par moments en voie de remporter les élections, ces mêmes élections relèguent ses députés au troisième rang, témoignant ainsi de l’importance de l’électorat de gauche radicale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il reste désormais à voir si Avi Lewis, <a href="https://www.npd.ca/nouvelles/avi-lewis-est-le-chef-elu-du-npd" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">gagnant de la course</a> à la chefferie du NPD au printemps dernier, saura tirer des leçons des erreurs passées de son parti et combler le vide actuel sur la scène politique canadienne en ce qui a trait à une véritable offre électorale de gauche. Un enjeu auquel il devra assurément faire face est celui de demeurer à la hauteur des attentes de ses électeurs, le tout à une heure où la gauche elle-même est de plus en plus divisée, entre les plus radicaux qui se sentent délaissés au profit de calculs électoraux et les plus méfiants qui, comme Tyler Austin Harper, craignent les dérives d’un projet trop progressiste.</p>
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		<title>Un hommage à la force de vivre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/un-hommage-a-la-force-de-vivre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[photo]]></category>
		<category><![CDATA[world press photo]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60926</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’exposition du World Press Photo dévoile les combats de notre ère.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Dehors, le ciel est sombre. La pluie tombe fortement et les souliers des visiteurs couinent contre le sol au fil de leur déplacement dans l’exposition du World Press Photo 2026. Cette exposition de photojournalisme présente une sélection de clichés provenant de partout à travers le monde. Conflits géopolitiques, catastrophes naturelles, enjeux d’égalité, tout y est. World Press Photo présente notre monde actuel à travers une série de photographies qui tantôt donnent espoir, tantôt attristent. La complexité de notre époque s’affiche devant nos yeux dans des images à couper le souffle. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un monde qui bascule </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’entrée, un panneau explique l’importance de la liberté de presse dans le monde. Une carte illustre à l’aide de couleurs la situation dans différents pays : vert pour une bonne situation, jaune pour une situation satisfaisante, orange pour une situation problématique, rouge pour une situation diffIcile et bourgogne pour une situation très grave. Malheureusement, la prédominance du rouge et du bourgogne ne me surprend pas. Ce qui me frappe, c’est la rareté du vert. Une rareté d’autant plus surprenante lorsque je me souviens de ma visite de l’exposition l’année dernière. La carte y présentait davantage de vert et beaucoup moins de rouge. Nos voisins du sud sont, sans surprise, colorés en orange: une situation problématique. Si la couleur ne me surprend pas, elle me bouleverse tout de même. Le Canada, lui-même, est en jaune: situation satisfaisante, mais pas nécessairement bonne. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus perturbant encore, le panneau à l’entrée indique que 2025 a été l’une des années les plus meurtrières pour les journalistes à l’échelle internationale. Ces journalistes, tués dans l’exercice de leur profession, ont dévoué leur vie à la vérité et l’information afin d’informer le monde entier de situations dangereuses. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une humanité (in)humaine </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Que ce soit de façon explicite ou implicite, les photos de l’exposition présentent toute l’humanité à leur manière. Certaines illustrent l’impact des changements climatiques sur une population, d’autres dépeignent une résistance politique, mais toutes se rassemblent autour de l’humain et de sa place dans le monde. Devant ces clichés impressionnants, nous nous sentons petits dans l’univers. Les enjeux sont remis en perspective et les mots sont délaissés pour faire place à l’émotion à vif. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La photo gagnante du prix World Press Photo de 2026 en est l’exemple : la détresse est à l’avant-plan, presque palpable. Impossible de détourner le regard face à cette famille déchirée par les lois sur l’immigration mises en place par l’administration Trump. Un homme est arrêté par l’ICE (Service de l’immigration et des douanes des États-Unis), laissant ses trois filles et sa femme dans l’incompréhension et le deuil. Le deuil de leur vie de famille, le deuil de la vie qu’ils avaient toujours connue ensemble. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1333" height="2000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/3_Finaliste-World-Press-Photo-of-the-Year-Finalist-Victor-J.-Blue-for-The-New-York-Times-Magazine-1333x2000.jpg" alt class="wp-image-60930" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/3_Finaliste-World-Press-Photo-of-the-Year-Finalist-Victor-J.-Blue-for-The-New-York-Times-Magazine-1333x2000.jpg 1333w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/3_Finaliste-World-Press-Photo-of-the-Year-Finalist-Victor-J.-Blue-for-The-New-York-Times-Magazine-149x224.jpg 149w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/3_Finaliste-World-Press-Photo-of-the-Year-Finalist-Victor-J.-Blue-for-The-New-York-Times-Magazine-767x1151.jpg 767w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/3_Finaliste-World-Press-Photo-of-the-Year-Finalist-Victor-J.-Blue-for-The-New-York-Times-Magazine-1024x1536.jpg 1024w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/3_Finaliste-World-Press-Photo-of-the-Year-Finalist-Victor-J.-Blue-for-The-New-York-Times-Magazine-649x974.jpg 649w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/3_Finaliste-World-Press-Photo-of-the-Year-Finalist-Victor-J.-Blue-for-The-New-York-Times-Magazine-1365x2048.jpg 1365w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/3_Finaliste-World-Press-Photo-of-the-Year-Finalist-Victor-J.-Blue-for-The-New-York-Times-Magazine-600x900.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/3_Finaliste-World-Press-Photo-of-the-Year-Finalist-Victor-J.-Blue-for-The-New-York-Times-Magazine-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 1333px) 100vw, 1333px"><figcaption class="wp-element-caption"><span class="media-credit">2025</span> Credit: © Victor J. Blue, for The New York Times Magazine<br><br>Caption: ​​Doña Paulina Ixpatá Alvarado stands with other Achi women outside a Guatemala City court. That afternoon, three ex-civil defense patrollers were found guilty of rape and crimes against humanity and sentenced to 40 years in prison each. Guatemala City, Guatemala, 30 May 2025.<br><br>Story: For four decades, a group of Indigenous Maya Achi women in Rabinal lived in the same communities as the men who had raped them, sometimes as neighbors. Guatemala’s civil war led to the genocide of thousands of Maya Achi people by the military and local state-backed paramilitary forces, who used sexual violence as a systematic weapon to subjugate Indigenous communities. In 2011, 36 women broke their silence, launching and winning a 14-year legal battle against their abusers. Their collective resilience is transforming a legacy of wartime impunity into a historic victory for justice.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La photo finaliste pour le prix World Press Photo de l’année est aussi marquante. On y retrouve un groupe de femmes autochtones maya achis, parmi lesquelles figure Doña Paulina Ixpatá Alvaro à l’avant-plan, qui se tiennent devant la caméra, affichant un visage sérieux. Après quarante ans à cohabiter avec des hommes les ayant violées lors de la guerre civile au Guatemala, elles peuvent finalement se sentir en sécurité : les agresseurs ont enfin été reconnus coupables de viols et de crimes contre l’humanité. Le combat de 36 femmes ayant dénoncé leurs agresseurs aura duré 14 ans avant qu’elles n’obtiennent justice. La photographie illustre leur courage et leur dignité, leur capacité à garder la tête haute face aux horreurs subies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avoir la force de continuer </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette année, la jeunesse est particulièrement présente dans l’exposition. La génération Z a mis le feu aux poudres dans plusieurs pays en refusant de continuer à tolérer plus longtemps l’oppression et les systèmes corrompus. Une photographie montre le Singha Durbar, le siège historique du gouvernement népalais, en flammes : il s’agit de l’œuvre de manifestants. En deux jours, 76 personnes ont perdu la vie dans les manifestations contre le gouvernement en place, la majorité de ces décès ayant été causés par la police. L’image est saisissante : une marée humaine assiste à l’incendie d’un monument national, symbole d’une révolte dont la réussite est due au courage et à la détermination d’un peuple. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Une situation similaire est représentée dans d’autres œuvres. Quatre photographies illustrent les manifestations de la génération Z à Madagascar, où des étudiants ont manifesté contre la corruption, la défaillance des services publics et les difficultés économiques. Des confrontations particulièrement violentes ont eu lieu lors des manifestations, notamment le 9 octobre 2025, lorsque 22 personnes sont mortes et plus de 100 ont été blessées. Ces soulèvements populaires ont finalement provoqué un changement de régime. C’est l’espoir d’une population en une génération qui refuse d’accepter les abus. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un petit changement, un grand pas pour l’humanité </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs séries de photographies montrent qu’un monde meilleur est juste au bout de nos doigts. Qu’il s’agisse de l’accès à des robots pour des personnes âgées afin de combattre en maison de retraite en Allemagne ou de jeunes enfants bénéficiant de cours de ballet gratuits en Afrique du Sud, l’espoir germe au sein de cette exposition. À travers les génocides, les feux de forêt ravageurs, les guerres destructrices et les soulèvements populaires violemment réprimés, l’humanité continue d’exister, de chercher le bonheur et le meilleur en elle-même. Des milliers et des milliers de gens font preuve de persévérance chaque jour en continuant à vivre malgré des situations précaires et même dangereuses. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À une époque où les conflits géopolitiques ne cessent de se multiplier, il est facile de perdre espoir et de se montrer pessimiste face à l’avenir. L’exposition du World Press Photo présente la détresse, la douleur et l’horreur du monde d’aujourd’hui, mais met également de l’avant le courage, la bonté et l’importance de la communauté dans la lutte pour un monde meilleur. À travers les récits touchants et déchirants, ces photographies capturent une petite parcelle de l’âme de ces gens qui luttent et qui résistent. C’est à notre tour, visiteurs privilégiés, d’être témoins de leurs réalités et de poursuivre la bataille pour s’assurer que toutes ces vies, toutes ces enfances et tous ces futurs n’ont pas été volés en vain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’exposition du World Press Photo 2026 est disponible jusqu’au 12 octobre au Marché Bonsecours. Entrée à 13,50$.</em></p>
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		<title>Questionner la réforme électorale au Québec</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/08/31/questionner-la-reforme-electorale-au-quebec/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Grégoire-Hubert Ducas]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 03:06:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[élection]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60794</guid>

					<description><![CDATA[<p>La recherche d'un système plus représentatif.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L’arrivée des élections provinciales replace la question de la réforme électorale au centre du débat québécois. Elle rappelle l’importance d’une démocratie saine, dont la transparence estompe les dérobades administratives de plusieurs élus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Québec fonctionne sur le mode de scrutin uninominal à un tour, fixé par l’acte constitutionnel de 1791 : le corps électoral ne vote qu’une fois, et ce, pour un seul candidat par circonscription. Cependant, ce système n’a pas pour autant subsisté sans contestation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première remise en question de ce système à l’Assemblée Nationale est une <a href="https://creqc.uqam.ca/wp-content/uploads/2019/06/Charbonneau-Texte-de-confe%CC%81rence-1.pdf" data-type="link" data-id="https://creqc.uqam.ca/wp-content/uploads/2019/06/Charbonneau-Texte-de-confe%CC%81rence-1.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">résolution</a> déposée en <a href="https://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/assemblee-nationale/15-3/journal-debats/19220317/91777.html" data-type="link" data-id="https://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/assemblee-nationale/15-3/journal-debats/19220317/91777.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1922</a>. Les résultats électoraux du PQ en 1970 mettent en lumière les failles de ce système : il gagne <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/quebec/elections/1970-04-29" data-type="link" data-id="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/quebec/elections/1970-04-29" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sept sièges sur 108 </a>pour <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/quebec/elections/1970-04-29" data-type="link" data-id="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/quebec/elections/1970-04-29" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">23% des voix</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/quebec/evenements/24194" data-type="link" data-id="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/quebec/evenements/24194" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1979</a>, Robert Burns, ministre d’État à la réforme électorale et parlementaire, propose trois alternatives : une représentation proportionnelle régionale par liste, et deux systèmes mixtes. S’affrontent alors deux visions au PQ qui forment l’acmé du débat <a href="https://spgq.qc.ca/2025/09/reforme-du-mode-de-scrutin-les-elections-de-2026-doivent-etre-les-dernieres-sous-lactuel-systeme/" data-type="link" data-id="https://spgq.qc.ca/2025/09/reforme-du-mode-de-scrutin-les-elections-de-2026-doivent-etre-les-dernieres-sous-lactuel-systeme/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">encore aujourd’hui</a>: le système majoritaire uninominal à un tour est synonyme pour certains d’un gouvernement stable et efficace, alors que d’autres soutiennent la proportionnalité comme porte-étendard d’une démocratie représentative.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des initiatives de réformes sont lancées en <a href="https://www.assnat.qc.ca/Media/Process.aspx?MediaId=ANQ.Vigie.Bll.DocumentGenerique_31117&amp;process=Default&amp;token=ZyMoxNwUn8ikQ+TRKYwPCjWrKwg+vIv9rjij7p3xLGTZDmLVSmJLoqe/vG7/YWzz" data-type="link" data-id="https://www.assnat.qc.ca/Media/Process.aspx?MediaId=ANQ.Vigie.Bll.DocumentGenerique_31117&amp;process=Default&amp;token=ZyMoxNwUn8ikQ+TRKYwPCjWrKwg+vIv9rjij7p3xLGTZDmLVSmJLoqe/vG7/YWzz" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2003</a> sous les libéraux de Charest puis en <a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/802210/politique-quebecoise-comment-caq-largue-reforme-mode-scrutin?" data-type="link" data-id="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/802210/politique-quebecoise-comment-caq-largue-reforme-mode-scrutin?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2019</a> sous les caquistes de Legault, mais échouent, faute de consensus et d’intellectuels. Des initiatives de réformes sont lancées en 2003 sous les libéraux de Charest puis en 2019 sous les caquistes de Legault, mais échouent, faute de consensus et <a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/802210/politique-quebecoise-comment-caq-largue-reforme-mode-scrutin?" data-type="link" data-id="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/802210/politique-quebecoise-comment-caq-largue-reforme-mode-scrutin?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">d’intellectuels</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette suite de déceptions laisse un sentiment d’impuissance à l’électorat québécois. À défaut d’un consensus, il faut trouver des alternatives. C’est ce qu’ont fait Holdum et Klausen dans un article publié en <a href="https://link.springer.com/content/pdf/10.1007/s10479-026-07344-1.pdf" data-type="link" data-id="https://link.springer.com/content/pdf/10.1007/s10479-026-07344-1.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2026</a>, dans lequel ils proposent un théorème d’impossibilité d’un système électoral à deux tours, comme celui utilisé au Danemark, puis concluent un système supposément mathématiquement viable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les élections danoises de 2022 ont révélé une faille dans le système en place : une différence d’un siège entre le vote populaire et proportionnel a été observée. Pour notre système québécois, ça n’est rien, mais beaucoup y voient la nécessité d’une amélioration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit d’une conséquence directe du théorème d’impossibilité : un système électoral ne peut satisfaire à la fois le principe de régionalité, une proportionnalité garantie, et une taille de parlement fixe : le nombre de sièges compensatoires requis pour assurer une proportionnalité augmente avec le nombre de partis. Un compromis doit donc être fait : conserver deux critères affaiblit le dernier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord, le nombre de sièges de chaque parti devrait être octroyé selon une répartition à proportionnalité faible : le nombre total de bulletins valides divisé par le nombre de circonscriptions. Ensuite, diviser le nombre de votes pour chaque parti par ce quota pour donner un nombre fractionnaire. La proportionnalité faible fait abstraction de ce reste et le nombre de sièges octroyés ne correspond qu’au nombre entier. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Un classement régional est ensuite construit avec la méthode de répartition de votre choix . Ce système garantit une proportionnalité ainsi qu’une taille de parlement fixe, mais pas le critère de régionalité; un candidat pourrait gagner dans sa circonscription mais perdre son siège si le quota de son parti était déjà atteint. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Une réforme du mode de scrutin ne garantit pas un système électoral parfait : ce système n’existe pas. Cependant il garantit une représentativité, favorise les coalitions, et donne une voix au plus grand nombre, des caractéristiques clés d’une démocratie saine et fiable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/08/31/questionner-la-reforme-electorale-au-quebec/" data-wpel-link="internal">Questionner la réforme électorale au Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Sommes-nous ingrats?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/08/31/sommes-nous-ingrats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 00:54:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[devoir]]></category>
		<category><![CDATA[ingratitude]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les étudiants doivent-ils quelque chose à leurs parents?</p>
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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Il est des étudiants qui attendent avec hâte de rentrer chez eux après une année épuisante de travail, d’activités et d’interactions sociales. Tant mieux pour eux. D’autres n’ont aucune appréhension vis-à-vis de ce retour, mais ne décomptent pas forcément les minutes jusqu’à ce moment-là. Mais il y a aussi des étudiants qui n’ont pas envie de rentrer passer quatre mois chez eux, de retourner vivre avec leurs parents, frères, sœurs, dans la routine qu’ils cherchaient tant à quitter. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs personnes de mon entourage, principalement les étudiants internationaux, redoutent la fin de l’année scolaire et le retour à la maison. Après avoir passé plus de huit mois loin de leurs parents et avoir découvert un nouveau monde, de nouvelles personnes, une nouvelle culture, et s’être enfin émancipés de leur famille, il peut sembler ennuyeux de rentrer. Comme si l’on régressait sur l’échelle de l’indépendance, que l’on revenait en arrière à un état plus familier, inférieur à celui dans lequel on avait évolué. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Et, une fois rentrés chez nous, on redécouvre notre chambre, les dynamiques familiales, les tâches quotidiennes… et on a tendance à les faire à contrecœur. Ayant moi-même vécu dans cette situation, je me suis observée, de mauvaise humeur, rechignant à aider ou à faire une quelconque besogne dont je m’étais enfin affranchie cette année. Alors, immédiatement, je me suis sentie ingrate. Ingrate, car l’année incroyable que je venais de passer, je pensais la leur devoir, presque la leur <em>rembourser</em>. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Rembourser</em> ses parents </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis donc demandé si nous, les <em>enfants</em>, devions quelque chose à nos parents. Pour beaucoup d’entre nous, c’est tout de même grâce à eux que nous sommes ici. La question économique de nos études, celle qui nous tracasse tant et nous fait ressentir le devoir de rembourser nos parents est un délire économique, elle n’a rien à voir avec l’objectif primordial universitaire qu’est l’apprentissage. Devons-nous être reconnaissants envers nos parents de nous avoir nourris? Car élever un enfant représente un coût financier. Alors, pourquoi les études devraient-elles être traitées différemment de l’alimentation, qui constitue la première fonction parentale? Le devoir d’éduquer son enfant est aussi fondamental que celui de le nourrir. Et c’est normal, nous ne leur devons rien de cela. Cependant, au Québec, à la suite de l’école obligatoire jusqu’à ses 16 ans, il est commun que les parents considèrent que l’enfant doive payer son éducation, grâce à un travail extrascolaire. Déjà considéré adulte, il serait de sa responsabilité de s’éduquer soi-même. Mais laisser à ses enfants la charge de s’autofinancer me semble plutôt inconscient et déraisonnable de la part des parents. L’éducation est le moyen maître de l’élévation de la conscience. Elle ne doit pas imposer une charge à l’enfant. Nous ne la devons pas à nos parents. Nous n’avons pas demandé à venir sur Terre. Le seul devoir qu’exige le rapport parent-enfant, c’est le respect et l’amour partagé. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Une éducation qui va servir à s’émanciper, à évoluer, à être artisan de sa vie, [ à ] se construire soi-même »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ressentir le devoir de rembourser ses parents signifie probablement que l’on a une gêne face à l’argent, et il faut s’en détacher, car il ne garantit en rien la réussite ou le bonheur. L’argent est un moyen, non pas une fin. La fin, soit l’objectif, c’est que nous soyons instruits et cultivés, et que nous puissions penser par nous-mêmes. Le moyen, cela peut être des études un peu coûteuses. Nous ne sommes donc pas dans la nécessité d’une reconnaissance matérielle, il n’est cependant pas étonnant que l’on puisse penser cela, car l’échange marchand est désormais au cœur des transactions sociales de la société. Je suis étudiante à McGill, et j’ai pu choisir l’institution dans laquelle j’ai décidé d’étudier, cela, je le reconnais. Mais il y a eu un contrat marchand sur lequel je n’ai pas eu de pouvoir, car ce n’est pas moi qui l’ai payé. Donc je le devrais à mes parents.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Appartenir à soi-même </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, ce n’est pas que l’enfant ne doive rien à ses parents, mais plutôt, qu’<em>il n’appartient qu’à lui-même</em>. Il va se construire dans son rapport au monde, mais au début, son monde, c’est sa famille, les gens qu’il fréquente tous les jours, et cela va l’influencer grandement. Alors, il croit devoir suivre un certain chemin que sa famille, qui est son premier groupe d’appartenance, aurait dessiné pour lui. Généralement, selon les mœurs et les coutumes spécifiques à chacune, il doit <em>ressembler</em> à celle-ci, l’enfant devenant le désir des parents. Mais une bonne éducation nous amène à être capables de nous distinguer et de ne pas nous conformer à ce que notre famille voulait faire de nous. Une éducation qui va servir à s’émanciper, à évoluer, à se prendre en main, à être artisan de sa vie; avec bien sûr des difficultés, des vicissitudes, des joies et des peines. Mais une éducation pour se construire soi-même. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne sommes donc pas produits par nos parents, mais nous nous construisons nous-mêmes. Nous sommes certes le fruit de leur copulation, et nous héritons de leurs traits génétiques, mais notre vie est la nôtre, pas la leur. Ils ont joué un rôle essentiel pour commencer notre vie, mais progressivement, nous sommes devenus des êtres réfléchissants et autonomes, en pleine capacité de construire nous-mêmes notre destin. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">On avait enfin commencé à sentir qu’on appartenait à nous-mêmes »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, en mai, après avoir passé une année libérée des contraintes familiales, nous, les étudiants affranchis, ne voulions plus rentrer chez nous. On s’était émancipés de notre famille : <em>On avait enfin commencé à sentir qu’on appartenait à nous-mêmes.</em> Jean Piaget, un biologiste et psychologue suisse, expliquait qu’un enfant n’est, ni un être inné, ni un être influençable, mais quelqu’un qui va se construire et progressivement dans le rapport aux autres et notamment dans la confrontation, dont celle avec ses parents. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, cette <em>croyance</em> trompeuse, dans laquelle un enfant pense devoir quoi que ce soit à ses parents, est inexacte. Nous devons nous <em>convaincre</em> que nous n’appartenons qu’à nous-mêmes. Mon grand-père disait souvent « Je ne suis pas dans la croyance, je suis dans la conviction » celle qu’on étaye par des lectures, des réflexions, et surtout par les études que l’on va suivre. Celle que nous ne devons pas à nos parents, si ce n’est en leur accordant une grande reconnaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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