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	<title>Archives des Société - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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	<item>
		<title>Le retard et les bienfaits du temps long</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/le-retard-et-les-bienfaits-du-temps-long/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dalia Djazouli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décodage]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[accélération]]></category>
		<category><![CDATA[anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[temps]]></category>
		<category><![CDATA[Utilitarisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Imposer sa propre subjectivité temporelle.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/le-retard-et-les-bienfaits-du-temps-long/" data-wpel-link="internal">Le retard et les bienfaits du temps long</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le retard est rarement reçu positivement : c’est un état des choses non désirable, une anomalie. Dans le langage courant, il renvoie à une situation négative à laquelle il faut absolument remédier, à un écart par rapport à la norme, ou par rapport à un idéal de développement à atteindre. Au <em>Délit</em>, il est préférable de ne pas rendre son article un dimanche soir – autrement dit, en retard –, au risque de s’attirer les foudres de notre rédactrice en chef : un décret qui me place dans l’embarras, en tant que retardataire pas tout à fait réformée, et dont la notion du temps est complètement détraquée. Sans chercher à faire l’apologie d’un comportement qui confine à l’irrespect de l’autre, j’ose émettre l’idée que nous voyons peut-être trop souvent le retard d’un mauvais œil.</p>



<p>L’imposition de la ponctualité comme norme suprême ne se cantonne pas à notre journal étudiant : elle est propre à nos sociétés industrialisées, dont la conception du temps est particulièrement rigoureuse et utilitariste. La temporalité est perçue comme un objet tangible, que l’on peut et doit rentabiliser autant que possible. Les journées sont compartimentées, et chaque heure doit être mise à profit.</p>



<p>Pour l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, l’extrême fragmentation du temps s’est accentuée en même temps que l’accélération technologique, laquelle caractérise la révolution industrielle du 20e siècle. L’accumulation de ces innovations a permis l’accroissement de notre efficacité et la rationalisation du travail – ou taylorisme. Mais cette conception s’est aussi étendue à notre rapport au temps : la logique capitaliste de fragmentation des tâches s’est appliquée au domaine temporel, et a remplacé les rythmes organiques. On se trouve désormais entraîné dans une course folle, où tout est urgent, les 24 heures d’une journée étant devenues un véritable compte à rebours.</p>



<p>Cet impératif absolu de performance est pourtant contre-productif. À vouloir à tout prix accroître la productivité au travail, on en oublie le bien-être des travailleurs. Ces exigences réduisent la qualité du bien produit, et nous aliènent par la même occasion. Il dévore l’oisiveté, pourtant indispensable au temps long du vivant.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="2000" height="1338" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-2000x1338.jpeg" alt class="wp-image-60602" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-2000x1338.jpeg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-650x435.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-150x100.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-768x514.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-1536x1028.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/retard-2048x1370.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felix-fournier/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix Fournier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>C’est une logique qui nous interdit les temps morts, l’ennui, le vide. On ne se laisse plus aller à divaguer dans les transports et dans les files d’attente ; on ne se laisse plus habiter par le temps… Les idées meurent dans l’œuf, et nos réflexions sont étouffées par les distractions numériques.</p>



<p>Pour Hélène L’Heuillet, le retard devient une micro-victoire au milieu de journées éreintantes et hautement compartimentées. Tous les retards ne sont pas pour autant bons à prendre, notamment celui qui permet d’exercer une forme de contrôle, et de faire attendre celui soumis au temps de l’autre. Aux yeux de la philosophe et psychanalyste, le retard doit être accidentel. Dans notre contexte de malaise temporel, il nous offre un moyen de nous échapper des normes de rendement et de l’aliénation qui en découle. Le retard nous offre une marge de liberté.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le fascisme : un suicide collectif</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/le-fascisme-un-suicide-collectif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marius Grieb]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nature humaine]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[iran]]></category>
		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[pétrole]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La catastrophe environnementale à l'arrière-plan de la guerre au Moyen-Orient.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Au moment d’écrire ces lignes, la guerre en Iran entre dans son vingt-troisième jour : la machine de guerre est en marche et rien ne semble capable de la ralentir. Chaque soir, Iraniens, Libanais, et autres habitants de la région s’endorment sous une pluie torrentielle de bombes, de drones et de missiles. Les images qui nous parviennent des immeubles en ruines, des gisements pétroliers enflammés et des foules affolées dépeignent un chaos aberrant, une sorte d’apocalypse.</p>



<p>Dans l’immédiat, notre désespoir et frayeur risquent de nous mener sur des chemins incongrus. L’un est la désensibilisation à la souffrance, et l’autre est l’esthétisation de la violence et de la tragédie. Comme l’a démontré Walter Benjamin dans son <em>essai L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique</em>, cette démarche esthétisante est la conséquence de la résurgence du fascisme dans la société contemporaine. Il explique : « l’état totalitaire aboutit nécessairement à une esthétisation de la vie politique. Tous les efforts d’esthétisation politique culminent en un point. Ce point, c’est la guerre <a href="https://ia802905.us.archive.org/14/items/BENJAMINWalterLoeuvreDartALeppoqueDeSaReproductiniliteTechnique/BENJAMIN%20Walter-L%27%C5%93uvre%20d%27art%20a%CC%80%20l%27e%CC%81poque%20de%20sa%20reproductinilite%CC%81%20technique.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">moderne</a>. »</p>



<p>C’est donc dans une perspective critique que je vous propose aujourd’hui un regard alternatif sur le conflit au Moyen-Orient, centré sur l’idée de la guerre en tant que processus intégral de destruction. En plaçant le climat, l’environnement et le vivant au cœur de l’analyse, on peut démêler les narratifs nationalistes et économiques qui réduisent si souvent les pertes humaines à de simples statistiques et dissimulent la souffrance derrière un rideau d’esthétisme.</p>



<p>Comme toute machine, la guerre a besoin d’énergie pour s’alimenter. Cette énergie, elle se la procure sous forme de mobilisation politique, mais aussi sous forme de matière première – le pétrole. Cet or noir qui pollue notre air et nos océans n’est plus simplement un objet de conquête, comme il le fut pendant les guerres du Golfe. Il est maintenant aussi une cible à embraser. C’est ainsi que le processus devient intégral : on fait décoller les avions de chasse pour faire exploser des gisements pétroliers ; on brûle du pétrole pour faire brûler le pétrole.</p>



<p>Ce qui nous restera après toute cette destruction, nous ne le ressentons pas encore, mais nous allons bientôt le découvrir. La semaine du 9 mars, les habitants de Téhéran se sont réveillés sous une pluie <a href="https://www.dw.com/en/iran-war-risks-long-term-toxic-legacy-for-people-and-nature-that-ripples-beyond-borders/a-76335587" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">acide noire</a>, produite par une contamination atmosphérique liée à la destruction des installations pétrolières au cœur de la capitale. Les conséquences d’un tel degré de pollution à l’échelle locale et planétaire sont pour l’instant difficiles à évaluer. Cependant, une chose est certaine : les <a href="https://www.dw.com/en/iran-war-risks-long-term-toxic-legacy-for-people-and-nature-that-ripples-beyond-borders/a-76335587" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">particules en suspension, les oxydes d’azote et le dioxyde de soufre qui pénètrent la nourriture</a>, la peau et les narines des civils iraniens sont les mêmes qui étouffent les forêts, empoisonnent les rivières et ravagent les écosystèmes. La guerre et l’exploitation de la nature ne sont pas simplement liées, elles suivent la même logique, et font partie du même processus.</p>



<p>Au centre de cette tentation suicidaire se cache le fascisme. Fidèle à son mariage avec la grande bourgeoisie, il sert les intérêts du complexe militaire-industriel tout en utilisant les médias comme outil de divertissement pour le grand public. L’anthologie d’images de feu et de violence que les médias nous proposent de consommer nous rend cyniques ; pris au piège, on oublie qu’il se refermera un jour sur nous. Personne n’ira sauver le pyromane qui met le feu à la forêt. Protégeons la Terre, vive la paix, et à bas le fascisme!</p>
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		<title>Rassembler pour mieux diviser</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/rassembler-pour-mieux-diviser/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[constitution]]></category>
		<category><![CDATA[droit]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Analyse critique du projet de loi 1 sur la Constitution québécoise.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Cela fait maintenant presque </em><a href="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/constitution-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>six mois</em></a><em> que notre cher ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a présenté aux Québécois·e·s son fameux projet de loi 1, la Constitution québécoise. Six mois à discuter d’une constitution illégitime, issue d’un processus de non-consultation flagrant et d’un manque d’écoute évident de la part du gouvernement.</em></p>



<p><em>Ce n’est que pour vous, cher·ère·s lecteur·rice·s, que j’ai pris le temps de lire intégralement chacun des napperons présentés par le ministère, ainsi que les quarante pages de cette magnifique constitution censée représenter les désirs de tous·tes les Québécois·e·s, afin de vous produire cette charmante analyse critique.</em></p>



<p><strong>Des inquiétudes juridiques graves</strong></p>



<p>Habituellement, dans le cadre du <a href="https://www.assnat.qc.ca/fr/abc-assemblee/projets-loi.html#CheminementPublic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">processus législatif</a>, le gouvernement organise des consultations générales afin de recueillir l’avis de plusieurs instances avant de procéder à la rédaction et à l’adoption de lois. Ce qui rend toutefois ce cas particulier – et ce processus classique insuffisant –, c’est qu’il ne s’agit aucunement d’un document législatif ordinaire, disposant d’une portée limitée. On parle ici d’une <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">constitution</a> qui modifiera l’interprétation et la portée de la Charte canadienne des droits et libertés et qui influencera l’interprétation de nombreuses lois provinciales. S’attaquer à des enjeux constitutionnels déterminants nécessite plus qu’une consultation minimale, il faut que le ministre prenne ses responsabilités pour réellement représenter la nation québécoise.</p>



<p>Si le but du ministre est réellement de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/Napperon_Mesures_pharesVF.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rassembler</a> les Québécois·e·s autour de valeurs prétendument universelles, pourquoi n’a‑t‑il même pas pris la peine de <a href="https://liguedesdroits.ca/des-ressources-pour-comprendre-et-combattre-le-pl-1/#:~:text=Des%20ressources%20pour%20comprendre%20et,1%2C%20Loi%20constitutionnelle%20du%20Qu%C3%A9bec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">consulter</a> davantage la population ? Cela crée un immense <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-12-16/replique/constitution-pour-des-echanges-constructifs.php#:~:text=Le%20ministre%20de%20la%20Justice,Barrette%2C%20souhaite%20pr%C3%A9senter%20sa%20perspective." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déficit de légitimité</a> pour un document disposant d’une portée juridique aussi considérable. Une constitution doit exister pour le peuple et représenter ses désirs ; or, voyant les nombreuses <a href="https://amnistie.ca/sinformer/2026/canada/pres-de-800-organisations-quebecoises-rejettent-le-projet-de-constitution-du" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vagues de contestations</a>, ça ne semble absolument pas le cas ici.</p>



<p>Bien que la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Constitution québécoise</a> soit subordonnée à la Constitution canadienne, elle dispose tout de même du pouvoir d’influencer l’interprétation des lois québécoises et de la Constitution canadienne. Il s’agit donc loin d’un projet anodin.</p>



<p>Le projet de la loi 1 comporte notamment des dispositions qui <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">affaiblissent les contre‑pouvoirs</a>, en empêchant plusieurs organisations – dont les ordres professionnels – d’utiliser des fonds publics afin de contester en justice des dispositions législatives lorsque celles‑ci portent la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">désignation</a> « <em>protège la nation québécoise ainsi que l’autonomie constitutionnelle et les caractéristiques fondamentales du Québec </em>». Évidemment, le ministre a été frustré par la contestation de sa <a href="https://www.lapresse.ca/elections-federales/2025-03-31/loi-96-sur-la-langue-francaise/un-droit-est-un-droit-insiste-mark-carney.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi 96</a> sur le renforcement des mesures de protection de la langue française et veut éviter que des lois similaires soient remises en question.</p>



<p>Inscrire une disposition visant à entraver la capacité de contester des lois, c’est affaiblir les contre-pouvoirs et mettre en péril l’état de droit. C’est purement inacceptable.</p>



<p>Le ministre établit des <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">balises claires</a> quant à l’interprétation de la Constitution en affirmant que, <em>de facto</em>, certains droits doivent primer sur d’autres. Créer une hiérarchie générale des droits sans procéder à une analyse au cas par cas revient à écarter les nuances juridiques propres à des contextes précis et à imposer des balises rigides. Or, le système de justice et la notion même des droits et libertés ne reposent pas sur un modèle à taille unique doté de paramètres par défaut ; établir une règle générale stricte en cette matière peut s’avérer extrêmement dangereux. La force du droit s’inscrit dans ces nuances et les lui retirer peut laisser place à des jugements injustes et à une suppression de la complexité de certaines situations.</p>



<p>Comme si ce n’était pas suffisant, le ministre <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2026-02-05/projet-de-constitution-quebecoise/un-processus-d-assimilation-denoncent-des-chefs-autochtones.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">s’attaque</a> également aux <a href="https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/2226131/projet-constitution-caq-apnql-verreault-paul-autochtones" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Premières Nations</a>. Non seulement leur a‑t‑il accordé très peu de temps pour s’exprimer sur le projet de Constitution, mais le seul et unique passage traitant de leurs droits a été ajouté sans leur consentement – au point que plusieurs nations ont affirmé ne pas avoir été réellement consultées. L’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador le décrit d’ailleurs comme étant « colonial, centralisateur et incompatible avec les droits fondamentaux des Premières Nations ». Cette Constitution, qui ne représente aucune avancée juridique pour ces peuples, contribue plutôt à invisibiliser leurs traditions juridiques et peut même – en raison de l’absence de reconnaissance claire – flouter les recours auxquels ils ont accès. Alors que le gouvernement avait l’occasion de poursuivre les démarches de réconciliation avec les Premières Nations, il a choisi de s’inscrire dans une logique coloniale en imposant un passage ne représentant aucun gain réel et occultant leurs principes juridiques.</p>



<p>J’aimerais toutefois aborder l’immense victoire que représente le retrait de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’article 29,</a> qui « <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">garantissait</a> » le droit des femmes d’avoir accès à une interruption volontaire de grossesse (IVG). Alors que le ministre présentait cet article comme un moyen idéal de protéger définitivement ce droit au Québec, de nombreux experts – dont le <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Barreau du Québec</a> et le <a href="https://www.cmq.org/fr/actualites/pl1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Collège des médecins</a> – lui ont rappelé, lors des consultations publiques, qu’il constituait une réouverture dangereuse du débat sur l’avortement. Ainsi, si cet article venait à être renversé en cour, il existerait un document juridique invalidant le droit à l’IVG. Le droit à l’avortement aurait alors été plus en péril que jamais. Comme le souligne la Dre Élise Girouard‑Chantal dans son <a href="https://share.google/movD9sh8NYXqqxIGR" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mémoire</a>, c’est précisément ce flou juridique qui fait du Québec « l’une des juridictions les plus pro‑choix au monde ».</p>



<p><strong>Une autre manière de nous faire avaler la loi 21</strong></p>



<p>Peu importe ce que vous pensez du projet de <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-10-09/projet-de-loi-1/une-constitution-adoptee-d-ici-les-elections.php#:~:text=Que%20fait%20cette%20nouvelle%20loi,%C3%A0%20recourir%20%C3%A0%20l&#039;avortement." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi 21 sur la laïcité de l’État</a> – interdisant notamment le port de signes religieux ostensibles –, ou le fait que celui-ci sera contesté devant la <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/justice/939450/cour-supreme-va-entendre-contestation-loi-21-fin-mars" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cour suprême du Canada</a> ce mois‑ci, ce n’est pas grave ! Le ministre l’inclut discrètement dans la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Constitution</a> dès les notes explicatives. Que vous l’aimez ou non, elle sera désormais imbriquée dans « la <em>Loi des lois »</em>, comme il aime si aimablement l’appeler. Non, le ministre n’attend pas le verdict du plus haut tribunal avant d’inclure ses mesures très controversées dans la Constitution même de l’État du Québec. La laïcité des services publics est loin de faire consensus au Québec, comme l’ont démontré les importantes vagues de contestation entourant la loi 21. Prétendre que cette question fait aujourd’hui consensus est tout simplement faux.</p>



<p><strong>Oui, je m’enfarge peut-être dans les fleurs du tapis, mais…</strong></p>



<p>L’un des « détails » qui m’a sauté aux yeux lors de ma lecture du projet de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi</a> est l’apparition, dès les notes explicatives, de la notion d’égalité homme‑femme. Parce qu’aujourd’hui, en 2026, il est évident qu’il existe plus de deux genres, et qu’il est essentiel de garantir à toute personne issue de la diversité de genre une protection constitutionnelle explicite et adéquate.</p>



<p>Voyant l’amour que la CAQ porte à l<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2194793/politique-linguistique-quebec-etat-ecriture-inclusive" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">’écriture inclusive</a> – en cessant purement et simplement son usage dans le cadre des communications officielles –, cela ne me surprend évidemment pas. Toutefois, considérant que l’objectif de la Constitution est avant tout de rassembler la nation québécoise et de la représenter, et que la formulation « égalité des genres » aurait permis non seulement de remplir ces deux objectifs, mais aussi d’alléger la formulation, je trouve le choix des termes plutôt curieux.</p>



<p><strong>En fin de compte</strong></p>



<p>Nous avons, selon moi, probablement besoin d’une constitution au Québec. Toutefois, elle ne doit pas être rédigée par un seul individu dans son sous‑sol, qui prétend « rassembler les Québécois·e·s » autour de valeurs qu’il considère lui‑même comme universelles. Il faut inclure tout le monde ; il faut consulter le peuple avant d’affirmer que l’on parle en son nom. Alors que la CAQ tente de <a href="https://inroadsjournal.ca/quebecs-proposed-constitution-a-sword-turned-inward/#:~:text=The%20CAQ&#039;s%20electoral%20calculus,force%20by%20June%2024%2C%202026." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">faire adopter</a> sa Constitution avant la fin de la législature, malgré toute la controverse qu’elle suscite, il est essentiel d’écouter les juristes et les quelque <a href="http://ledevoir.com/politique/quebec/964521/pres-800-groupes-demandent-jeter-projet-constitution-poubelles#:~:text=%C2%AB%20Ce%20qu&#039;on%20a%20devant,presse%20non%20loin%20du%20parlement." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">800 organismes </a>qui ont demandé, la semaine dernière, le retrait du projet de loi. Une constitution ne doit pas être adoptée dans la précipitation : elle exige prudence et réflexion.</p>



<p>C’est en prétendant rassembler la nation québécoise, tout en la divisant davantage, que le ministre a déposé ce projet de loi illégitime, au processus opaque, qui menace les droits et libertés, l’état de droit et qui affaiblit les contre‑pouvoirs. C’est tout simplement aberrant.</p>



<p>On colle l’étiquette « nationaliste » à une grande diversité de mesures présentant des dérives potentielles qui portent atteinte à des droits et libertés garantis par la Charte canadienne.</p>



<p>Je me décris comme étant nationaliste, mais le portrait du Québec que dépeint le ministre dans sa Constitution me repousse. Elle me fait même éprouver une certaine honte à me dire « nationaliste ». Mon Québec de demain n’exclut personne : il est accueillant. Je comprends l’ambition de protéger la langue et la culture – cela me préoccupe tout autant –, mais je ne crois pas que l’on s’attaque ici aux véritables enjeux.</p>



<p>Surtout, je veux un Québec qui respecte les droits et libertés, qui exerce une justice équitable, qui respecte les Premières Nations et qui reconnaît pleinement leurs droits.</p>



<p>Refuser cette Constitution, ce n’est pas refuser le Québec, c’est refuser un avenir qui ne nous ressemble pas et qui met en péril notre démocratie.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/rassembler-pour-mieux-diviser/" data-wpel-link="internal">Rassembler pour mieux diviser</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La cassette commence à être usée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-cassette-commence-a-etre-usee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60614</guid>

					<description><![CDATA[<p>Réponse au journal <em/>The Concordian</em> et à l’économiste Moshe Lander.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-cassette-commence-a-etre-usee/" data-wpel-link="internal">La cassette commence à être usée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Cette fois-ci, c’est la bonne. Je promets de quitter l’équipe éditoriale du Délit après cet article, qui contrevient à toutes les conditions ayant permis mon retour. Dommage. Mais je ne pouvais pas, en bonne conscience, m’empêcher de répondre aux âneries véhiculées dans le <a href="https://theconcordian.com/2026/03/costs-quebec-referendum-eric-girard-parti-quebecois/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Concordian</a> par un prétendu économiste à l’endroit des conséquences économiques d’un éventuel processus référendaire. Toujours la même cassette, le même discours fatigué, démystifié mille fois par de vrais intellectuels de toutes les époques. Je me demande comment cet article s’est échoué en Actualités, alors qu’il est dépourvu du moindre fait démontrable. Mon article a beau être classé comme une opinion, il est strictement factuel ; je voulais simplement avoir la liberté d’utiliser toutes les invectives nécessaires.</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-right">Montrez-moi un économiste qui pense que c’est [l’indépendance du Québec, ndlr] une bonne idée, et je vous montrerai un économiste au chômage.<br>-MOSHE LANDER</p>
</blockquote>



<p>Omettre de joindre des données concrètes à un argumentaire illégitime rend celui-ci intemporel.</p>



<p>Dans son entrevue, M. Lander, un habitué de la télévision de langue anglaise (et économiste à ses heures), recopie plus ou moins habilement le <em>modus operandi</em> d’une infinité de « dépendantistes » avant lui. L’épouvantail de la peur d’un effondrement économique d’un Québec souverain qu’il dresse sera toujours le plus imposant dans l’imaginaire collectif des électeurs. Il inspire un niveau d’incertitude tellement étouffant que nous nous en remettons à de supposés experts pour nous prédire le futur de notre nation, sans penser à remettre leurs sordides mensonges en question.</p>



<p><strong>La question de la décote</strong></p>



<p>Première gaffe intellectuelle (in)volontaire du <em>Concordian</em>. En trente secondes de recherches plus ou moins rigoureuses, il aurait pu comprendre les réelles causes de la décote du Québec par la Standard and Poor’s (S&amp;P) – qui n’a absolument rien à voir avec la recrudescence de l’intérêt des Québécois envers la souveraineté.</p>



<p>Le ministre Girard, avant de blâmer un potentiel référendum pour ses propres méfaits, avait affirmé sans gêne en avril 2025 que cette décote n’aurait aucun impact sur la population et qu’elle était parfaitement insignifiante.</p>



<p>La S&amp;P elle-même justifie la baisse en mentionnant la hausse fulgurante des dépenses publiques combinée à une croissance effarante de la dette sous la gouverne de la CAQ. Un journal incapable de lire les journaux, ça commence bien un article. Bien qu’il présente brièvement les récriminations du Parti québécois, le <em>Concordian</em> diffuse tout de même les propos complètement mensongers du ministre Girard, dans l’espoir peut-être que certains les méprennent pour la vérité.</p>



<p><strong>La question de l’économie</strong></p>



<p>Laisser planer le doute en présentant une fausseté comme une réalité ambivalente, soit. Pas très éthique, mais rien de réellement détestable. Cependant, le <em>Concordian</em> dépasse les bornes lorsqu’il rapporte, supposément de manière totalement objective, que les référendums ont plongé le Québec dans un marasme économique dont les effets diminuent à ce jour notre qualité de vie. Encore une fois, aucune donnée, rien d’empirique. Ce serait trop demander.</p>



<p>Il me faut contrecarrer les propos de M. Lander en deux temps. En premier lieu, absolument aucune donnée macroéconomique n’indique une crise financière d’une quelconque ampleur, le Québec ayant vu sa croissance économique se maintenir et même bondir dans la décennie suivant le référendum de 1995. Depuis cette date fatidique énoncée dans l’article, le <a href="https://policyoptions.irpp.org/fr/2025/10/le-quebec-depuis-1995-recul-ou-progres" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">PIB réel du Québec</a> a crû de 42 % (contre 34 % pour le reste du Canada), le <a href="https://www.stats.gov.nl.ca/Statistics/Topics/labour/PDF/UnempRate.pdf?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">taux de chômage</a> chutant de 6,1 % (contre 3,1 % pour le Canada), tout comme le <a href="https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/250501/dq250501b-eng.htm?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">taux de pauvreté</a>, ayant atteint 7,4 % en 2023 (contre 10,2 % pour le Canada). Qui plus est, le Québec n’a cessé de voir augmenter son taux d’alphabétisation et d’accès aux études supérieures, faisant de lui un point central d’innovation en Amérique du Nord pour une pléthore de secteurs technologiques de pointe (IA, aérospatial, biomédical, etc.).</p>



<p>Côté social, le Québec vient d’être nommé <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2026-03-19/les-quebecois-ont-ils-trouve-la-recette-du-bonheur.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">province la plus heureuse</a> par une marge considérable sur le reste du Canada. De plus, tous les indices <a href="https://www.csls.ca/reports/csls2025-03.pdf?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">(inégalités, développement humain, satisfaction de vie, etc.)</a> pertinents abondent dans le sens d’une supériorité du Québec pour ce qui est de la qualité de vie de ses habitants. La province-aspirante-pays peut aussi se targuer d’avoir un des systèmes sociaux (garderie, santé, assurance parentale/chômage) les plus développés dans le monde.</p>



<p>Aussi, absolument aucune donnée empirique ne corrobore l’affirmation présentant le Québec comme une destination abandonnée par l’immigration – surtout pour ce qui est des secteurs professionnels. Bien que les référendums aient causé un exode d’une certaine minorité linguistique vers les autres provinces canadiennes, le Québec n’a jamais cessé d’être une destination de choix pour la francophonie internationale.</p>



<p>J’ai l’impression que cet article devient une banale présentation de faits économiques simples, mais comment faire autrement? Je ne vois aucune autre façon de répondre à des mensonges pourtant archi-convenus, qui font de l’infériorité du Québec un fantasme et l’attribuent directement à la volonté du peuple à se libérer d’un oppresseur pétrolier néocolonial.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-left">« Rien de plus simple pour effrayer les masses que leur faire croire qu’on s’attaque à leur portefeuille, à leurs impôts, à leur stabilité. Le confort (et la menace de le perdre) sera toujours l’ennemi du changement »</p>
</blockquote>



<p><strong>La question du coût de la démocratie</strong></p>



<p>M. Lander présente ensuite son plus brillant argument en défaveur de l’indépendance du Québec. Supposément qu’il faudrait renoncer à l’autodétermination parce que la tenue d’un référendum engendrerait un coût supplémentaire exorbitant pour l’État; on parle de 144 millions de dollars (selon moi, une surestimation bancale) provenant de l’argent des contribuables. Vraiment? Le coût de la démocratie comme argument contre la démocratie? Peut-être que, suivant cette logique, on pourrait organiser des élections tous les dix ans? Tous les 20 ans? Et pourquoi pas jamais! On épargnerait un beau petit pactole!</p>



<p>Franchement, on est sur de la propagande de bas étage. Même si on s’en tient à l’estimation de 144 millions, la dépense ne représente que 0,0865 % des revenus annuels de l’État québécois… une jolie aubaine pour une liberté convoitée depuis des siècles.</p>



<p><strong>La question des négociations</strong></p>



<p>Ne faites pas l’indépendance, c’est trop compliqué pour vous!</p>



<p>Une solution viable et libératrice pour plus d’une trentaine de nations depuis 1980, mais pas pour le Québec, bien sûr. L’article présente la province comme absolument dépourvue de tout pouvoir de négociation, attachée à sa dette et à des infrastructures fédérales coûteuses.</p>



<p>C’est à se demander qui a payé pour Valcartier, les autoroutes, les ports, les ponts… Le Québec est le deuxième plus important contributeur aux revenus fiscaux du Canada, et a financé une infinité d’initiatives contraires à ses intérêts (lire ici l’industrie gazière/pétrolière). Nous sommes une nation riche, éduquée, productive et progressiste, mais nous serions supposément incapables de mettre nos ressources de l’avant pour négocier avec le Canada (voie maritime du Saint-Laurent, ressources naturelles, industries et technologies). Je n’y crois pas un instant.</p>



<p>La vérité est que nous sommes – géographiquement et économiquement – absolument essentiels au Canada, et qu’il ne déploie ses honteuses fabrications que pour nous convaincre de notre petitesse et de notre incompétence. Le Québec n’aura aucun mal à pérenniser sa vitalité, enfin délesté de l’appareil fédéral qui l’enlise dans une dette monumentale. Il pourra contrôler sa politique fiscale, et démanteler une énième invention de M. Lander quant à l’augmentation des taux d’imposition sur les Québécois.</p>



<p>Rien de plus simple pour effrayer les masses que leur faire croire qu’on s’attaque à leur portefeuille, à leurs impôts, à leur stabilité. Le confort (et la menace de le perdre) sera toujours l’ennemi du changement.</p>



<p><strong>La question de l’emploi</strong></p>



<p>En plus d’être carrément impertinent, M. Lander fait preuve d’un impressionnant dédain envers les Québécois. Sa supposition selon laquelle tout économiste défendant la libération du Québec est un chômeur déguisé est vomitive. On ressent tout le dédain coutumier d’un détestable sujet de Sa Majesté, bien coiffé pour un segment à la CBC ou à CTV <em>in english only</em>.</p>



<p>Connaît-il Jacques Parizeau? Un économiste doctorant à la <em>London School of Economics </em>; ministre des Finances et ancien premier ministre du Québec? Il avait un plan clair, une vision économique fondée sur les chiffres et les faits, combinée à une réelle volonté de voir le Québec s’accomplir pleinement dans tous les domaines en accédant à son indépendance.</p>



<p>Il ne doit pas manquer de chômeurs chez les économistes, j’en conviens. Mais peut-être bien que certains mériteraient cette situation plus que d’autres.</p>
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		<title>En grève contre le pourboire!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/en-greve-contre-le-pourboire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Owen Roberts]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[commerces]]></category>
		<category><![CDATA[finances personnelles]]></category>
		<category><![CDATA[pourboire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous avons assez payé. Nous manifestons contre les pourboires – vous venez ?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Vous avez commandé un latté et il est temps de payer. Le barista tourne le terminal vers vous et vous êtes confronté à votre dilemme quotidien. Est-ce que vous donnez un pourboire? Si oui, combien? 5 %, 18 %? Pourquoi pas 25 %? Vous sentez la tension dans le regard du barista, qui ne vous empêche pas de penser que préparer votre latté, c’est son rôle. S’il ne le fait pas, il sera viré de toute façon! Il ne devrait pas s’attendre à ce que je paie son salaire, alors pourquoi le fait-il? Vous avez raison. Le pourboire est un système inefficace, et il n’est pas de notre responsabilité de payer les salaires des inconnus. C’est pour ça que je propose une manifestation contre les pourboires. Vous venez?</p>



<p>Le pourboire est une coutume presque exclusivement attribuable aux États-Unis et au Canada, adoptée après la prohibition à cause de faibles salaires dans le secteur du service. Le résultat est qu’aujourd’hui, nous sommes sous l’obligation morale de donner environ 18 % du prix de nos factures à nos serveurs. Les Européens qui arrivent à Montréal ne sont pas habitués à la coutume du pourboire. En général, ils n’en donnent pas au début (pensez à un McGillois britannique ou français). Mais, après avoir été harcelés et agressés par des barmans, des baristas et d’autres travailleurs de l’industrie, ils apprennent vite qu’il faut s’assimiler – ou être détesté. À cause des situations comme celles que je vous ai présentées, <a href="https://montreal.citynews.ca/2026/03/17/canada-survey-2026-tipping-culture-h-and-r-block/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">67 %</a> des Canadiens disent qu’ils veulent abolir le pourboire, selon un sondage réalisé par H&amp;R Block Canada.</p>



<p>La force qui nous fait payer le pourboire n’est pas policière, ni contractuelle ni légale : nous nous imposons à nous même ce jugement. Il existe une autre force inquiétante, soit l’influence qu’a le pourboire du consommateur sur le serveur. Dans notre système actuel, les serveurs ont intérêt à être gentils avec leurs clients, même quand les clients ne le méritent pas. La pression de l’argent sur le serveur pourrait le forcer à subir des abus, parce que s’il ose tenir tête à ses tortionnaires, il gagne moins d’argent. Dans notre système, n’importe qui pourrait s’asseoir et maltraiter un serveur. Ce dernier, sans ses pourboires, est forcé de voir le pouvoir financier rester dans les mains du propriétaire de l’entreprise. La destruction du système de pourboires obligatoires ne pourra qu’améliorer la sécurité et la santé des serveurs.</p>



<p>Nous pourrions défendre le pourboire aux États-Unis parce que le salaire minimum fédéral pour les serveurs y est risible, à <a href="https://www.dol.gov/agencies/whd/state/minimum-wage/tipped" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2,13</a> dollars américains l’heure. Au Québec, le minimum pour les serveurs est à <a href="https://www.cnesst.gouv.qc.ca/fr/conditions-travail/salaire-paye/salaire/salaire-au-pourboire" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">12,90</a> dollars l’heure, tandis que le salaire minimum général est de<a href="https://globalnews.ca/news/10610373/canada-tipping-culture-pressure/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">16,10</a> dollars. C’està-dire qu’aux États-Unis, les serveurs ont besoin des pourboires pour survivre, alors qu’au Canada, le besoin n’est pas tant existentiel. La plupart du monde occidental, notamment l’Europe et l’Australie, n’exige pas les pourboires. Il existe manifestement un système où les entreprises paient leurs employés assez pour assurer leur bien-être sans dépendre des pourboires – alors pourquoi ne pas l’introduire ici? La vie pourrait être plus simple, plus efficace, et surtout moins chère.</p>



<p>Enfin, il est regrettable que notre monde ne soit pas parfait ni toujours égal, mais il faut sans relâche viser à l’améliorer. Si nous arrêtions de payer les pourboires, nous pourrions avoir plus de transparence avec les entreprises, moins de tension dans notre quotidien et plus d’argent dans nos portefeuilles. Joignez-vous à moi, la manifestation commence dès aujourd’hui. Bon courage à tous!</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Une génération jetable</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/une-generation-jetable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Hannah Bigiolli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[consumérisme]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[individualisme]]></category>
		<category><![CDATA[nature humaine]]></category>
		<category><![CDATA[transaction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60638</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quel sera le prix d'une ère où chaque aspect de notre vie est jetable?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">N’avez-vous jamais rêvé de vivre à l’époque de vos grands-parents, quand la vie était plus simple et les journées plus lentes? C’est un sentiment assez compréhensible vu l’état de notre monde moderne, essoufflant et éphémère. En raison du capitalisme et du consumérisme, un retour à cette vie d’antan semble impossible : la mode jetable, des produits et des emballages à usage unique, et des relations fondées sur ce même mode de consommation.</p>



<p><strong>Une consommation coûteuse</strong></p>



<p>La mode, qui était auparavant une expression du style personnel, est maintenant contrôlée par une alliance de compagnies et d’influenceurs. Par le passé, l’achat des vêtements était un choix conscient; les tenues étaient fabriquées pour durer des dizaines d’années et étaient associées à des souvenirs et une certaine sentimentalité. Les tendances actuelles, notamment sur les réseaux sociaux, encouragent la production et l’achat de vêtements de mauvaise qualité. Aujourd’hui, les goûts culturels sont <a href="https://www.ellequebec.com/societe/reportages/quand-lintelligence-artificielle-redefinit-la-mode" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dictés par des algorithmes</a>. Il est devenu impossible de confirmer les taux de consommation et d’adoption des tendances, car ils changent trop rapidement. Les vêtements qu’on achète sont portés en moyenne sept à dix fois, puis sont jetés et remplacés par d’autres pièces à bas prix. Cela montre comment l’affirmation de soi est devenue une pratique insensée pour contribuer à la surconsommation effrénée.</p>



<p>Pire encore, chaque transaction commerciale à laquelle nous prenons part vient avec son lot d’emballages et de plastiques à usage unique. Pensez à la dernière fois que vous avez fait votre épicerie. Combien de déchets plastiques avez-vous créés? Seuls <a href="https://www.foodhero.com/fr/blogues/au-dela-des-pailles" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">20 %</a> des milliards de déchets plastiques produits dans le monde aujourd’hui sont vraiment recyclés. Cette statistique est certes choquante, mais n’est manifestement qu’une arrière-pensée lorsqu’on achète des produits emballés en plastique que nous jetterons aussitôt. C’est cette insouciance qui nous rend aveugles à la consommation et encourage une existence sans pensée critique ou une quelconque réflexion profonde.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Le consumérisme à court terme est impliqué dans tous les aspects de nos<br>vies, notamment par l’abandon du style personnel »</p>
</blockquote>



<p><strong>Quand l’amour devient consommable</strong></p>



<p>Même les rencontres amoureuses ne sont pas des occasions où on peut prendre notre temps et considérer les implications de nos actions! Pour les jeunes adultes de notre génération, il y a ce <a href="https://www.tf1info.fr/societe/qu-est-ce-que-la-dating-fatigue-qui-pousse-les-jeunes-a-deserter-les-applications-de-rencontre-2346881.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sentiment universel</a> qu’on peut toujours trouver quelqu’un de mieux parmi les milliards d’utilisateurs sur les applications de rencontre. On peut essayer de parler avec un ou une partenaire, décider qu’il ou elle n’est pas pour nous et s’en débarrasser comme un sac en plastique de l’épicerie. Nous ne serons pas capables de trouver de partenaire pour la durée de nos vies, et ce, à cause de nos croyances inconscientes que tout est facilement remplacé. Chaque aspect de la vie moderne est entouré par la surconsommation sans manière de pouvoir y échapper.</p>



<p>Le consumérisme à court terme est impliqué dans tous les aspects de nos vies, notamment par l’abandon du style personnel, les produits et leurs emballages jetés immédiatement et les relations romantiques qui encouragent un cycle d’usage inéluctable. Évidemment, nous sommes incroyablement détachés des vies paisibles de nos grands-parents, et il se peut que nous soyons incapables d’y retourner. Si ce mode de vie perdure, sera-t-il possible de l’enrayer pour les générations à venir? Sinon, le futur nous laissera-t-il ligotés à nos écrans, vivant des vies sans sentimentalité ni connexion hors des transactions en ligne? À nous d’agir.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/une-generation-jetable/" data-wpel-link="internal">Une génération jetable</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’épidémie de la nonchalance</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lepidemie-de-la-nonchalance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elie Nguyen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[expression]]></category>
		<category><![CDATA[nonchalance]]></category>
		<category><![CDATA[relations humaines]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60594</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour en finir avec l’insouciance de façade et embrasser pleinement l’authenticité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lepidemie-de-la-nonchalance/" data-wpel-link="internal">L’épidémie de la nonchalance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’un des travers de notre génération est la tendance à adopter une attitude indifférente face à la vie. La nonchalance est devenue une forme de protection, où on minimise tout ce que l’on ressent : on cache ce qui pourrait nous atteindre et on évite de trop s’exposer. En paraissant insouciant, on garde le contrôle, puisque personne ne peut utiliser contre nous ce dont il ne mesure pas l’importance.</p>



<p>On est devenus profondément préoccupés par le regard des autres, au point d’ajuster nos réactions en permanence. Même dans des situations anodines, comme trébucher dans la rue, il faudrait rester nonchalant pour paraître cool et maître de soi, comme si de rien n’était. Mais pourquoi ne pas simplement en rire? Pourquoi a‑t-on ce réflexe de tout lisser, de tout contrôler, au lieu d’assumer pleinement des réactions humaines?</p>



<p>La même logique s’applique aux relations : avec l’essor des réseaux sociaux et des applications de rencontre, nos interactions semblent devenir de plus en plus calculées, presque stratégiques. On hésite à exprimer ce que l’on ressent vraiment, parce qu’on ne sait jamais ce que l’autre pourrait en penser. On craint de se montrer vulnérable, donc on ajuste et on réécrit. Dans nos messages, on pèse chaque mot, on mesure chaque silence. On veut éviter d’en dire trop, de paraître trop investi, comme si le simple fait de ressentir pleinement était un risque.</p>



<p>À force de craindre d’être « trop » – trop sensible, trop sincère – on finit par se taire. Je me suis souvent repliée sur moi-même, par peur d’être trop intense, trop envahissante. Avec le temps, j’ai appris à garder mes pensées pour moi, à mettre de la distance avec les autres. Mais si tout le monde faisait pareil, que resterait-il de l’élan partagé, de la passion exprimée sans retenue?</p>



<p>Si une personne a changé votre vie en mieux, si elle vous rend plus heureux que vous ne l’ayez jamais été, si elle a fait preuve de patience et de bienveillance, elle mérite de le savoir, simplement, sincèrement. Et la même chose vaut pour d’autres aspects de la vie : ne soyez pas nonchalants à propos de ce qui vous passionne. Célébrez votre travail acharné, soyez fiers de vos réussites. Apprenons à dire ce que l’on ressent, à offrir des compliments et à exprimer notre amour. Ce n’est ni excessif ni honteux.</p>



<p>Le risque d’embarras ne devrait jamais nous réduire au silence. On ne perd rien à partager de l’affection et de la joie, mais on ne peut que regretter de ne pas l’avoir fait. Ne nous privons pas du bonheur pour nous protéger d’une douleur potentielle, et cessons de nous contenter de vivre dans des peurs inventées de toutes pièces.</p>



<p>Montrer ce que l’on ressent n’est pas une faiblesse. Être honnête n’est pas une marque de vulnérabilité.</p>



<p>Aimons sans retenue. Applaudissons ouvertement. N’ayons pas peur d’être sincères. Rejetons l’idée de rentrer dans le moule des tendances nonchalantes. Soyons fiers et reconnaissants de ce que nous avons la chance de recevoir.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lepidemie-de-la-nonchalance/" data-wpel-link="internal">L’épidémie de la nonchalance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Extrême minceur, ou contrôle des corps</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/extreme-minceur-ou-controle-des-corps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dalia Djazouli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décodage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[excès]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[maigreur]]></category>
		<category><![CDATA[résistance]]></category>
		<category><![CDATA[standards]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60394</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un inquiétant regain de popularité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/extreme-minceur-ou-controle-des-corps/" data-wpel-link="internal">Extrême minceur, ou contrôle des corps</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’atteinte d’une maigreur excessive et malsaine comme idéal de beauté semble être revenue hanter la sphère publique et médiatique. Les corps maladifs sous-pondérés sont à nouveau esthétisés et massivement célébrés. Et nous qui pensions en être enfin sorties. Le mouvement de la positivité corporelle qui avait battu son plein dans les années 2010, avait marqué un tournant favorable dans l’émancipation des corps, en particulier féminins. Certes, le bilan de cette période reste quelque peu à nuancer, les corps fins, valides et sculptés demeurant la norme, mais, dans l’ensemble, on observait une inclusivité accrue des différentes corpulences au sein de l’espace public, et moins d’injonctions à rentrer dans une taille S.</p>



<p>Cette fenêtre d’égalité dans le traitement des corps semble s’être désormais refermée. La minceur est redevenue la norme toute-puissante. Les <a href="https://www.cbc.ca/news/world/celebrity-weight-loss-ozempic-9.6975758" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">influenceurs</a> qui avaient construit leur audience autour de l’acceptation de leur corps fondent à vue d’œil. Les célébrités à l’apparence squelettique et aux visages émaciés affluent sur les tapis rouges. Et les médias sociaux en rajoutent, <a href="https://www.dw.com/en/bye-bye-body-positivity-hello-heroin-chic/a-70026120" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">suggérant</a> incessamment la désirabilité des corps les plus fins. Cet éloge s’observe à travers différentes tendances absolument dangereuses qui normalisent la dépendance aux produits médicamenteux, notamment l’Ozempic, pour n’en nommer qu’un seul. </p>



<p>On dissimule l’obsession de la finesse derrière des termes de soin et de développement personnel, et s’opère une instrumentalisation du langage médical comme moyen de culpabilisation. La graisse est vilipendée, synonyme de mauvaise santé et de laisser-aller. C’est un acharnement rhétorique et bien-pensant qu’on retrouve moins autour de la consommation d’alcool, par exemple, mais mobilisé à l’excès lorsqu’il s’agit d’exercer une forme de contrôle sur les corps féminins. Les médecins sont souvent en première ligne pour véhiculer ces <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4381543/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">biais grossophobes</a> et établir des diagnostics erronés auprès de leurs patients en surpoids. En associant systématiquement des symptômes sérieux à leur corpulence, les causes profondes demeurent non traitées, tandis que le régime devient la solution toute trouvée. Les personnes minces sont rarement pathologisées, même lorsqu’elles présentent des habitudes de vie et de santé similaires à une personne en surpoids.</p>



<p><strong>Une contrainte genrée </strong></p>



<p>Les femmes sont les premières victimes de cette tendance particulièrement nocive : les troubles du comportement alimentaire affectent <a href="https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-619-m/2012004/sections/sectiond-fra.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dix fois</a> plus les femmes que les hommes. <a href="https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-619-m/2012004/sections/sectiond-fra.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">90%</a> des cas d’anorexie mentale se manifestent chez les femmes. Les effets psychologiques d’un individu en déficit calorique ne sont pas négligeables : irritabilité, difficulté de concentration, dépression, isolement social. </p>



<p>J’ai employé le mot « tendance » quelques lignes plus tôt, mais il est évident que les attentes et pressions sociétales exercées sur les corps féminins ne datent pas d’hier. La valeur des femmes et leur accès au bonheur a depuis longtemps été conditionnel à leur apparence et à leur capacité à supporter la faim.</p>



<p><strong>L’histoire sans fin </strong></p>



<p>Une autre dimension bien pernicieuse de ce standard : c’est un idéal inatteignable. Un idéal qui exclut toute approche équilibrée. Impossible de peser moins que son poids naturel sans, au passage, dégrader sa santé. Qui dit inatteignable dit recherche constante, qui n’aboutira jamais à un résultat fini et définitif. On doit s’employer continuellement à atteindre la taille parfaite, et il n’est pas question de se relâcher, au risque de rapidement regagner le poids si difficilement perdu. </p>



<p>Cette quête interminable est périodiquement récompensée par des compliments et encouragements qui motivent sa poursuite. L’approbation sociale justifie toutes les souffrances, toutes les privations. </p>



<p>La faim devient obsédante, et le champ d’intérêt des affamées ne dépasse plus celui de l’assiette. Comme une sonnette, constante, qui réclame que cette sensation négative soit apaisée et disparaisse. Elle monopolise l’esprit, matin, midi et soir, jour après jour, semaine après semaine. La faim devient paralysante. </p>



<p>Pour Naomi Wolf, essayiste et militante féministe, cette culture du régime est une stratégie retorse élaborée par les sociétés industrialisées, et e, afin d’imposer des normes punitives à un segment de la population enfin libéré par la deuxième vague du féminisme. Cette propagande bien huilée, qui idolâtre la minceur et devient une injonction avant tout féminine, revêt un enjeu politique. Elle veut qu’on soit petite, apathique, faible. Tout le contraire de ce qu’avance le mouvement féministe, lequel prône solidarité et vigueur. </p>



<p>La faim était révélatrice du statut social: le mieux nourri est le plus valorisé par sa société. Ainsi, dans la France médiévale, les femmes recevaient deux tiers des céréales allouées aux hommes. Mais, dans un contexte de surabondance alimentaire qui caractérise nos sociétés industrielles, la logique voudrait que nos assiettes soient remplies à parts égales. La culture du régime devient un outil efficace pour imposer la faim aux femmes et la normaliser. Elle devient un sédatif politique puissant afin de les neutraliser et freiner leur émancipation.</p>



<p><strong>Paradoxe d’une injonction libératrice </strong></p>



<p>Une femme amaigrie est une femme qui a su se discipliner, dominer ce sentiment tenaillant de faim pour atteindre une visée suprême et superbe. </p>



<p>Celles dévouées à cet objectif s’entourent de rituels, croyances et symboles, avec la promesse d’un salut que représente la perte de poids. Selon <a href="https://journals.openedition.org/aof/571" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Michelle Lelwica</a>, professeure de religion à l’Université de Concordia, ces femmes ont fini par prendre la forme d’un culte. </p>



<p>La faim, ou plutôt sa maîtrise procure un sentiment de contrôle, voire d’émancipation. On est responsable de son propre corps, on a le pouvoir de le sculpter, de le soumettre à toutes les carences. C’est à nous que revient la décision du lieu, du temps de prise de repas : dans ce contexte, « <em>une femme fait preuve d’une forme d’autonomie qui, historiquement, a toujours été l’apanage des hommes </em>(<em>tdlr</em>) ».</p>



<p>Ne vous méprenez pas, ce régime alimentaire est subi, non choisi. La grossophobie est une construction sociale néfaste qui ne profite aucunement aux femmes. Celles-ci ont d’ailleurs besoin d’une quantité plus importante de gras dans leur corps – <a href="https://us.humankinetics.com/blogs/excerpt/learn-why-women-carry-more-fat-than-men?srsltid=AfmBOoouPl0dOFkVgNj1HTH7zwFWVbJURQbPLDzmnwjrWFa3sV_be3EF" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">18 à 20 %</a> du poids corporel, contre <a href="https://us.humankinetics.com/blogs/excerpt/learn-why-women-carry-more-fat-than-men?srsltid=AfmBOoouPl0dOFkVgNj1HTH7zwFWVbJURQbPLDzmnwjrWFa3sV_be3EF" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">10 à 15%</a> pour les hommes – et son élimination complète peut entraîner de sérieux dérèglements hormonaux. </p>



<p>Aimer son corps et rejeter les standards de beauté constituent un acte militant et féministe. Un acte de résistance à l’encontre des normes tyranniques du patriarcat. La nourriture, c’est notre carburant, notre source de force et d’énergie. Alors, mangez, et mangez bien, d’abord pour affronter le rude hiver montréalais, mais aussi pour vous réapproprier votre corps.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/extreme-minceur-ou-controle-des-corps/" data-wpel-link="internal">Extrême minceur, ou contrôle des corps</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La religion, ennemie éternelle de la femme</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/la-religion-ennemie-eternelle-de-la-femme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[inégalité]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Démasquer dans l’irrationnel les mécanismes d’une oppression réelle.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/la-religion-ennemie-eternelle-de-la-femme/" data-wpel-link="internal">La religion, ennemie éternelle de la femme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Dans l’espoir d’osciller toujours entre la pertinence et la provocation, je vous propose cette semaine une critique des détestables conséquences de l’ésotérisme (lire ici la religion) sur l’avancement de la condition féminine. Cette chronique, curieusement, n’est en fait que l’extension d’un argumentaire étayé au cours d’une discussion tendue dans le local du Délit, elle-même déclenchée par un fait divers impliquant l’Université Concordia. Il était alors question d’une salle de prière dans un de ses bâtiments, dont l’accès était interdit aux femmes. Un bâtiment public, ségrégué. J’étais consterné.</em></p>



<p class="has-text-align-right">Les hommes font les dieux et les femmes les adorent – JAMES GEORGE FRAZER</p>



<p class="has-text-align-right">Entre autres chez les juifs, les musulmans, les chrétiens, l’homme est le maître par droit divin : la crainte de Dieu étouffera chez l’opprimée toute velléité de révolte – SIMONE DE BEAUVOIR</p>



<p>Étant moi-même issu d’un milieu particulièrement croyant, je comprends l’attrait de la béquille intellectuelle que représente la dévotion à une entité imaginaire. Un joyeux mélange de déni et de paresse. L’inexplicable trouve son sens dans la volonté incompréhensible d’un être invisible et omniscient. Et nos naïves réflexions existentialistes? Nos questions sur la misère, la souffrance et la mort? Rabrouées par une sorte d’alliage institutionnel entre pédophiles et mégalomanes-investis-du-Saint-Esprit. <em>Repentez-vous, mes enfants, le salut approche.</em></p>



<p>Une société domestiquée et aveuglée par le mysticisme est condamnée d’office à une stagnation socio-intellectuelle qui ne bénéficie toujours qu’aux tributaires du pouvoir.</p>



<p>C’est donc pourquoi je crois que la sécularisation du Québec est l’un de nos plus formidables accomplissements du dernier siècle. Nous sommes passés, en 30 ans à peine, d’un peuple abruti par des curés bien dressés à une nation refusant de voir en son existence une simple antichambre de la mort (et son ô combien désirable vie éternelle). Trente ans, c’est long, mais un cancer, c’est tenace.</p>



<p>Qui furent les grandes gagnantes socioculturelles de cette chimiothérapie sociale? Une évidence, pour les plus perspicaces : chaque fois qu’un système construit et dominé entièrement par des hommes s’effondre, ce sont les femmes qui en tirent profit.</p>



<p><strong>La poursuite de l’indémontrable</strong></p>



<p>Les plus dévots verront en moi une sorte d’hérétique qui ne voit que le mal au sein de cultes faisant la promotion de valeurs merveilleuses, comme la miséricorde, la générosité ou l’entraide. Merci, tartuffes, mais votre errance n’apporte rien de pertinent à mon analyse du piège religieux. Le vitriol qu’il répand n’émane pas simplement de l’existence de la religion elle-même, mais plutôt de son interprétation, son institutionnalisation et sa marchandisation, qui en font une farce présentée comme la supposée ligne directrice de notre existence. Ce que je condamne dans le catholicisme québécois, je le condamne aussi dans les manifestations des autres religions (surtout monothéistes) au sein de notre société. Elles ne sont après tout que l’extension d’un système patriarcal millénaire dont l’objectif unique est la domination de l’homme sur la femme.</p>



<p>Pourquoi m’acharner sur la religion, quand tant d’autres formes d’oppressions s’entrelacent pour étouffer la pleine existence de la femme dans notre monde? Peut-être (incontestablement) à cause de son petit côté buisson ardent, son aspect complètement incontestable qui en fait l’arme dialectique par excellence contre l’atteinte de l’égalité des genres.</p>



<p>La religion exige de son sujet une croyance aveugle, une foi inébranlable à l’épreuve de toute explication rationnelle. Autant dire qu’elle exige une remarquable malléabilité des esprits, doublée d’une admirable crédulité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« En subtilisant sa propre faiblesse d’esprit pour la transposer sur les envies d’une figure toute-puissante, l’homme a réussi à socialiser le concept d’inégalité des genres tout en l’imperméabilisant contre les attaques les plus logiques des injustices en découlant inévitablement »</p>
</blockquote>



<p>Notre modernité nous confère désormais une compréhension profonde et précise de la pensée, des êtres et de leur substance, si bien qu’il est à présent impossible de présenter un argument rationnel plaçant la femme comme inférieure à l’homme. Alors quand, au nom de la religion, on exige de la femme la modestie, la serviabilité et la docilité dont le patriarcat raffole, il s’agit de la plus évidente démonstration de la lâcheté de ceux qui en font la promotion. S’ils avaient au moins le courage d’avouer qu’ils veulent que la femme leur soit subalterne, le problème serait déjà à moitié résolu. Il ne s’agirait alors que du banal jugement d’un homme, d’un groupe d’hommes, d’un monde d’hommes. Une alliance tordue des esprits certes très puissante, mais basée sur une incompréhension humaine, non pas un jugement divin.</p>



<p>En subtilisant sa propre faiblesse d’esprit pour la transposer sur les envies d’une figure toute-puissante, l’homme a réussi à socialiser le concept d’inégalité des genres tout en l’imperméabilisant contre les attaques les plus logiques des injustices en découlant inévitablement.</p>



<p><strong>L’obsession laïque</strong></p>



<p>Je ne veux surtout pas que vous associiez mon dédain pour la religion à de l’intolérance pour sa simple pratique. Bien que je ne croie pas souhaitable pour notre avancement collectif la pratique d’une quelconque croyance centrée sur autre chose que l’humain, libre à chacun de croire ce qu’il veut. Libre à chacun de me juger et de me condamner à la géhenne éternelle. </p>



<p>Mais je ne crois pas avoir tort en disant que toute croyance, religieuse ou pas, qui fait de la femme un outil pour l’homme ne devrait pas polluer une société se voulant égalitaire. Peut- être trouvez-vous mon exégèse inexacte? Peut-être alors que je ne sais pas lire, que j’interprète mal la Bible, le Coran ou la Torah? Peut-être que c’est mon esprit malade de cynique qui fabule des passages (écrits par des hommes-aspirants Dieux) qui lapident des femmes, qui les confinent à la vie privée, qui les persécutent pour l’exercice simple de leur volonté? </p>



<p>Le Québec, j’ose le croire, aspire à réduire toujours plus le fossé séparant les genres, lui-même un héritage de nos systèmes socio-religieux. Je ne vous parle bien sûr pas des dérives électoralistes misogynes de la CAQ, qui voient dans les signes religieux une abomination doublée d’un outil d’endoctrinement démoniaque. </p>



<p>Ce gouvernement intolérant (et intolérable) se contente de hiérarchiser par ses décrets les religions et empêcher d’autres croyances de prendre la place de l’héritage dégoûtant du christianisme. Il prône non pas l’égalité, mais la xénophobie, le refus de l’autre et l’hypocrisie la plus totale. </p>



<p>Permettez-moi simplement de formuler le raisonnement suivant. Peut-être le trouverez-vous simpliste. Moi, je lui trouve une franche simplicité. </p>



<p>Si, comme martelé avec conviction par le féminisme, l’homme est le principal catalyseur des inégalités entre les genres par l’intermédiaire des structures du patriarcat ; </p>



<p>Et que l’homme, créateur des religions, a construit la société autour de ces croyances pour consolider sa supériorité factice ; </p>



<p>Alors, la religion créée, peu importe la forme qu’elle prend, vise foncièrement à soumettre les femmes à son autorité, ce qui la rend fondamentalement incompatible avec l’atteinte de l’égalité des genres au sein de la société. </p>



<p>Tout système fondé par l’homme ne fait que réifier sans relâche la femme : pourquoi la religion serait-elle l’exception? Pourquoi nous permettons-nous encore d’opprimer les femmes en invoquant l’autorité d’un Dieu chimérique? </p>



<p>Les inégalités sont difficiles à enrayer, mais elles sont impossibles à effacer si elles continuent de prendre appui sur une hallucination collective qui en fait la vérité de milliards de personnes sur Terre. Délaissons cette dépendance maladive à l’invérifiable pour enfin nous focaliser sur une réalité véritablement empirique ; celle selon laquelle nous sommes tous et toutes égaux dans notre humanité. Et, n’en déplaise aux vendeurs d’indulgences et aux amoureux de soutanes en tous genres, nous ne sommes que notre humanité. Rien d’autre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/la-religion-ennemie-eternelle-de-la-femme/" data-wpel-link="internal">La religion, ennemie éternelle de la femme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Les femmes MAGA au service du patriarcat</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/les-femmes-maga-au-service-du-patriarcat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anonyme]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Arika Kirk]]></category>
		<category><![CDATA[Erika Kirk]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Kristi noem]]></category>
		<category><![CDATA[MAGA]]></category>
		<category><![CDATA[mysoginie]]></category>
		<category><![CDATA[sexisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60402</guid>

					<description><![CDATA[<p>Kristi Noem et Erika Kirk comme figures de proue du néo-fascisme américain.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/les-femmes-maga-au-service-du-patriarcat/" data-wpel-link="internal">Les femmes MAGA au service du patriarcat</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L a montée en puissance de l’idéologie du mouvement politique <em>Make America Great Again</em> (MAGA) n’est pas qu’un accident ou qu’une simple parenthèse dans l’histoire américaine. Au contraire, ce fléau populiste est l’aboutissement rationnel d’un mariage longuement mijoté entre le conservatisme social, le néolibéralisme économique, et le sensationnalisme médiatique. Quoi qu’elle se vêtisse d’un nouvel habillage moderne et d’une esthétique grossière, cette fusion macabre porte en elle les caractéristiques héréditaires du fascisme, tel que le monde l’a vécu au 20e siècle. </p>



<p>Parmi ces héritages idéologiques, la domination masculine occupe une place particulière. Malgré le changement de décor et de circonstances, l’hégémonie masculine en politique n’a jamais été réellement remise en question, ni par les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale ni par les mouvements sociaux dits « woke ». Au contraire, ces dernières années, il semblerait que cette tradition patriarcale connaisse une résurgence – cette fois-ci sous une forme spectaculaire, combinant violence, assujettissement et sexualisation des femmes. </p>



<p>Sous le régime idéologique du mouvement MAGA, la transgression semble devenir une norme politique. À l’échelle sociale, cette attitude se manifeste d’abord par une misogynie assumée, comme celle promue par certains créateurs de contenu, tels que Andrew Tate. Elle se traduit également par un renforcement des pressions de conformité aux normes de genre. C’est donc à travers un double registre, combinant une rhétorique violente et un discours plus consensuel, que se communique la vision patriarcale du rôle des femmes dans la société moderne. </p>



<p><strong>Erika Kirk : de quelle tradition s’agit-il? </strong></p>



<p>Une des capacités distinctives de ce système patriarcal est son habileté remarquable à se perpétuer en instrumentalisant certaines femmes pour reproduire les structures qui les subordonnent. C’est à travers ce mécanisme d’opacité que sa présence se resserre sur la société, et que ses contradictions se dissimulent sous le couvert de liberté individuelle, de traditions ou de choix personnels. </p>



<p>Erika Kirk, commentatrice politique et veuve de Charlie Kirk, sous-entend un besoin « naturel » de docilité chez les femmes lorsqu’elle déclare : « <em><a href="https://www.msn.com/en-us/health/wellness/maga-christians-want-wives-to-stay-at-home-but-theres-an-ironic-hypocrisy/ar-AA1NG1ls" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">C’est à ton mari de partir à la conquête du monde, de se battre et de rentrer à la maison. De conquérir (tdlr). </a></em>» Ce qui frappe dans cette citation est la récurrence du champ sémantique de la guerre et son association avec la « responsabilité » masculine. Lorsque l’on considère que cette même Erika Kirk est célèbre pour ses appels à ce que les femmes « retrouvent leur place » dans la sphère domestique, un schéma familier se dessine. </p>



<p>La vision binaire et hiérarchisée des normes de genre n’est pas nouvelle. En s’adressant à un congrès de femmes nazies, Adolf Hitler lui-même s’est permis l’expression : « <em>Nous rejetons la théorie libérale-juive-bolchévique de l’égalité des femmes, car elle les déshonore! Une femme, si elle comprend bien sa mission, dira à un homme : “Tu protèges notre peuple du danger, et je te donnerai des <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Gertrud_Scholtz-Klink" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">enfants</a></em>”. » Ainsi, quand Erika Kirk se permet de nous dire : « <em>Ne laisse personne te priver de tes droits simplement parce que tu es un jeune homme, surtout si tu es un jeune homme <a href="https://www.msn.com/en-us/politics/government/erika-kirk-blasted-for-her-bizarre-remarks-about-disenfranchised-white-men-she-should-shut-up/ar-AA1YzIZc" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">blanc</a></em> », il devient difficile de ne pas y voir la résurgence d’une vision patriarcale du monde, dans laquelle les hiérarchies sociales, de genre, de race, et d’idéologie, s’entrelacent. Cette logique illustre la dominance intersectionnelle, un système d’ordre politique où les marqueurs d’identités sont cumulés de sorte à former une pyramide sociale où l’homme blanc fasciste occupe l’apex. </p>



<p><strong>Kristi Noem, entre victime et complice </strong></p>



<p>Dans cette équation politique, il devient difficile de comprendre le rôle confus et multiforme des femmes dans l’administration américaine. Cependant, en examinant le style de visibilité qu’adopte l’ancienne secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, Kristi Noem, on peut apprécier comment certaines femmes parviennent à naviguer entre les attentes patriarcales et les possibilités politiques pour se positionner de manière stratégique dans le paysage MAGA. Cette approche peut être comprise comme l’aboutissement d’une négociation complexe entre les rôles de genre, le pouvoir politique et les attentes sociales qui encadrent la participation des femmes à la sphère publique. </p>



<p>Professeure en sciences politiques à l’Université Clark, Valerie Sperling nous explique : « <em>Tout homme politique a pour mission de séduire son électorat, et l’un des moyens les plus simples d’y parvenir […] consiste à jouer sur les normes de genre, car celles-ci sont très faciles à comprendre. Pour les hommes, il s’agit de montrer que l’on est un homme politique fort, déterminé, rationnel, hétérosexuel et séduisant. La tâche est relativement facile pour les hommes, car, dans la binarité des genres, ces caractéristiques […] correspondent à la fois à la masculinité et à notre idée de ce qu’est un bon homme politique dans le cadre du patriarcat </em>» Cependant, professeure Sperling précise: « <em>Les femmes en politique sont dans une situation bien plus délicate, elles doivent marcher sur une corde raide bien plus marquée par les stéréotypes de genre. Les femmes doivent donc montrer qu’elles sont fortes, dures, déterminées et rationnelles, et, ce faisant, elles doivent contrer tous les stéréotypes que nous avons déjà sur les femmes </em>». Dans le cas de Kristi Noem, cette tension perpétuelle entre identité politique et de genre est accentuée par le rôle militarisé qu’elle assume au sein du Département de la sécurité intérieure et de sa sous-agence, le service d’immigration et des douanes (ICE). </p>



<p>Ainsi, comme le souligne professeure Sperling : « <em>Les femmes doivent montrer qu’elles sont fortes, tenaces, déterminées et rationnelles, et, ce faisant, elles doivent aller à l’encontre de tous les stéréotypes que nous avons déjà sur elles. Elles n’ont donc pas d’autre choix. Elles doivent montrer qu’elles sont tenaces, et c’est pourquoi on voit ce genre de look militarisé.</em> » Elle poursuit : « <em>Mais le plus difficile pour les femmes, c’est que lorsqu’elles se comportent ainsi, elles ne sont pas des femmes “convenables”</em> ». <em>Il doit donc toujours y avoir un facteur modérateur, quelque chose pour rassurer ce public masculin sur le fait qu’elle n’a pas trop de pouvoir, qu’elle ne dépasse pas trop les normes de son genre. Donc, le Botox, les cheveux longs, le clone de Melania, vous voyez […] elle essaie vraiment de naviguer dans le couloir très étroit des comportements acceptables pour les femmes en politique.</em> » </p>



<p><strong>Le masculinisme débordant </strong></p>



<p>Le patriarcat est bel et bien vivant. L’inclusion des femmes dans le mouvement MAGA ne promulgue en rien plus d’égalité, et nourrit au contraire une propagande idéologique qui s’intensifie sans relâche. C’est ainsi que la politique étrangère des États-Unis adopte à la fois une rhétorique masculiniste, mais aussi une attitude belligérante, qui fait écho aux structures patriarcales qui caractérisent la politique domestique du pays. </p>



<p>Entre les débordements machistes du deux fois divorcé secrétaire de la guerre Pete Hegseth, et les mises en scène médiatiques d’une virilité politique associée à la force militaire, le discours officiel propose un imaginaire de domination et de puissance masculin. </p>



<p>Quand les États-Unis bombardent une école primaire pour filles de Minab en Iran, ce n’est pas pour défendre la cause des femmes.</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/les-femmes-maga-au-service-du-patriarcat/" data-wpel-link="internal">Les femmes MAGA au service du patriarcat</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Pour que la honte change de camp</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pour-que-la-honte-change-de-camp/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Masculinisme]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[violence sexuelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60413</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le silence et l’inaction entourant les violences sexuelles.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pour-que-la-honte-change-de-camp/" data-wpel-link="internal">Pour que la honte change de camp</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Pourquoi parler de féminisme aujourd’hui, en 2026? Parce que l’illusion de la parité, de l’égalité et du respect est sans doute l’un des dangers les plus insidieux de notre époque. Tant que l’on refusera de regarder en face les réalités brutales de la condition des femmes, les violences continueront d’être banalisées, normalisées, et aucun changement réel ne pourra advenir.</p>



<p><strong>Quelques chiffres pour mettre la table</strong></p>



<p><a href="https://violsecours.qc.ca/statistiques/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Au Québec</a>, une femme sur trois sera victime d’une agression sexuelle après l’âge de 16 ans, et un homme sur huit en sera victime au cours de sa vie. Ce chiffre est déjà alarmant, mais il ne reflète qu’une infime partie de la réalité : lorsqu’on sait que seule <a href="https://violsecours.qc.ca/statistiques/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une agression</a> sur vingt est rapportée à la police, on peut raisonnablement penser que cette proportion est encore plus élevée.</p>



<p>Près de <a href="https://violsecours.qc.ca/statistiques/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">70 %</a> des agressions sexuelles sont commises dans des résidences privées, et <a href="https://www.inspq.qc.ca/violence-sexuelle/statistiques" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">81 %</a> des auteurs étaient connus de leur victime. On est donc bien loin du mythe qu’on nous vend, selon lequel les agressions seraient surtout commises par des inconnus, dans des ruelles sombres.</p>



<p><strong>Qu’est-ce que tu portais?</strong></p>



<p>C’est à 12 ans que j’ai pris conscience des mécanismes pervers d’une société qui objectifie les femmes et les contraint à se plier à des standards de beauté stricts pour être jugées dignes d’amour. Lors d’un atelier du Programme d’éducation intermédiaire (PEI), nous avions recensé ces critères supposément universels : taille fine, poitrine volumineuse, hanches larges…</p>



<p>C’est aussi à partir de ce moment-là que j’ai commencé à dissimuler un corps en pleine transformation. Je refusais d’être réduite à un objet. Je refusais les réalités dégradantes imposées à la féminité, et la peur constante des violences qu’elles charrient.</p>



<p>Mais vous savez quoi ? Cela ne m’a pas empêchée d’être suivie dans la rue à 15 ans ni de subir du harcèlement à répétition – une vingtaine de fois. Pas plus tard que samedi dernier, en plein jour, je me suis fait interpeller et suivre dans la rue alors que j’étais accompagnée d’un homme, vêtue d’un manteau d’hiver jusqu’aux genoux et d’un capuchon sur la tête.</p>



<p>Non, cela n’a jamais été une question de vêtements ni de corps. Ça n’a jamais été une question d’heure ou de quartier. Les salauds n’ont plus aucune gêne à proférer des obscénités aux femmes dans l’espace public, quelles que soient les circonstances.</p>



<p>Chaque fois qu’une femme dénonce une violence, tous les regards se tournent vers elle : « que faisais-tu dehors à cette heure-là? », « que portais-tu? », « pourquoi étais-tu seule? ». Les agresseurs, eux, ne sont jamais interrogés. « Pourquoi t’es-tu permis d’agresser quelqu’un? », cela, on ne l’entend jamais.</p>



<p>Non. Ce que l’on remet systématiquement en question, c’est la véracité de la dénonciation.</p>



<p>Laissez-moi déconstruire un autre mythe : <a href="https://www.inspq.qc.ca/violence-sexuelle/comprendre/faits" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">seules 5 %</a> des dénonciations s’avèrent infondées. Continuer à prétendre que les victimes cherchent à attirer l’attention ou à détruire la vie des puissants, c’est entretenir la culture du viol. C’est décourager les victimes de porter plainte, restreindre leur accès à la justice et retourner le système contre elles.</p>



<p><strong>Votre culture du viol</strong></p>



<p>Oui, contrairement à ce que plusieurs peuvent croire, la culture du viol est bien réelle. Ce n’est <a href="https://www.journaldemontreal.com/2024/03/27/le-sacrifice-de-nos-garcons-et-le-deni-des-neofeministes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une généralisation « néoféministe »</a>, comme le soutien Mathieu Bock-Côté, mais une réalité sociale bien tangible, qui continue d’avoir des impacts aujourd’hui.</p>



<p>Les statistiques sont claires, ce n’est pas une exagération, mais une réalité que l’on refuse trop souvent de voir. La culture du viol, je la vois, je la vis presque au quotidien. La nier ou la ridiculiser, c’est en assurer la pérennité et l’impunité. Or, cher Mathieu, les agressions sexuelles ne sont pas en hausse en raison de vagues migratoires et de l’« <a href="https://www.youtube.com/watch?v=I2iHpAFvUMo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">immigration conquérante</a> ». Les agresseurs ont plus d’un visage et souvent, ce sont des gens de chez nous. Blâmer encore les personnes migrantes pour une culture du viol bien occidentale, c’est se déresponsabiliser pour leurs impacts. Au lieu de lancer le blâme et de prôner des discours xénophobes, pourquoi ne pas utiliser cette passion à bon escient, et mettre fin à la culture du viol? Réduire cette culture à quelques « mauvais individus » est une illusion dangereuse. Cela déresponsabilise la société dans son ensemble et absout les témoins silencieux de l’horreur. En rejetant la faute sur quelques personnes, on permet aux autres personnes de se croire non concernées, d’éviter d’intervenir et d’assurer que le silence perdure. Se <a href="https://www.journaldemontreal.com/2024/03/27/le-sacrifice-de-nos-garcons-et-le-deni-des-neofeministes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déconstruire</a>, c’est refuser cette complicité passive. C’est aussi remettre en question des normes rigides de la masculinité – l’interdiction de montrer ses émotions, l’injonction à être fort et impassible – qui nuisent à tous et étouffent la parole. Ces normes enferment aussi les hommes victimes de violences à caractère sexuel (VACS), pris entre la culture du viol et des stéréotypes patriarcaux qui rendent leur souffrance invisible et leur parole illégitime.</p>



<p>La culture du viol perdure parce que ces structures sont tolérées et reproduites collectivement. La combattre exige d’aller au-delà de la responsabilité individuelle, de reconnaître notre responsabilité commune et d’agir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Être une femme, c’est en venir à préférer l’ours – parce que,<br>lui, la pire chose qu’il puisse faire, c’est tuer »</p>
</blockquote>



<p>Et, mon cher Mathieu, présenter le <a href="https://www.youtube.com/watch?v=I2iHpAFvUMo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">masculinisme</a> comme une réponse à l’appel à la fin des stéréotypes sexistes n’a tout simplement aucun sens. Certes, les hommes ne sont pas encouragés à demander de l’aide ou à exprimer leurs émotions – mais c’est précisément à cause des stéréotypes sexistes que l’on cherche à déconstruire. Plutôt que de s’attaquer aux structures qui perpétuent ces normes nocives, on en vient à rejeter la responsabilité sur les femmes. Cherche bien la logique, mon Mathieu, moi non plus, je ne la trouve pas.</p>



<p><strong>Où est la volonté politique là-dedans?</strong></p>



<p>Afin de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/education/publications-adm/soutien-etablissements/Plan-action-VCS.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">freiner la montée</a> des VACS dans les milieux postsecondaires, l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, avait promis en 2022 la tenue de <a href="https://unionetudiante.ca/News/Details/11" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’enquête VACS</a>. Cette enquête provinciale portait sur les mesures de prévention et les ressources offertes aux victimes dans les établissements. Au coût estimé de <a href="https://unionetudiante.ca/News/Details/11" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1,2 million de dollars</a>, cette enquête devait fournir des données cruciales pour mieux orienter la lutte contre les VACS.</p>



<p>Or, le gouvernement caquiste est revenu sur sa parole et a choisi d’en annuler la tenue. Pendant que plus de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2156898/etudiants-millions-bourses-perspective-abolies-stages#:~:text=Couper%20pendant%20qu&#039;on%20s&#039;enfonce%20%2C%20d%C3%A9noncent%20les%20signataires&amp;text=Une%20clause%20de%20droits%20acquis,pr%C3%A9carit%C3%A9%20et%20c&#039;est%20inacceptable.&amp;text=%C3%89tienne%20Par%C3%A9%2C%20pr%C3%A9sident%20de%20l&#039;Union%20%C3%A9tudiante%20du%20Qu%C3%A9bec%2C,en%20entrevue%20%C3%A0%20Radio%2DCanada." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">250 millions de dollars</a> ont été retranchés du financement de l’enseignement supérieur dans la dernière année, notamment avec l’abolition du programme de bourses Perspective Québec, aucune somme n’a été investie pour documenter et combattre ces violences. Face à cette inaction, l’UEQ (Union étudiante du Québec) et la FECQ (Fédération étudiante collégiale du Québec) <a href="https://unionetudiante.ca/News/Details/11" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">se mobilisent</a> pour exiger le retour de cette enquête, indispensable pour assurer la sécurité des étudiantes et étudiants et pour s’attaquer concrètement à la culture du viol sur les campus.</p>



<p>Sans données, il est impossible de mesurer l’ampleur réelle des VACS ni d’évaluer l’efficacité des mesures en place. Le rétablissement de cette enquête est donc non négociable. Il est temps que le gouvernement cesse les reculs, fasse preuve d’une réelle volonté politique et s’engage concrètement. Protéger les étudiant·e·s québécois·e·s n’est pas une option : c’est une responsabilité.</p>



<p><strong>Être une femme en 2026…</strong></p>



<p>Être une femme, c’est devoir prévoir son itinéraire, ses vêtements et son entourage pour éviter d’être blâmé si quelque chose de grave survient. C’est surveiller constamment son verre, acheter des produits pour vérifier si celui-ci a été drogué, refuser un verre par peur qu’il crée une dette implicite.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Parce que la peur n’est pas un mode de vie pour quiconque, parce que le silence n’a plus lieu d’être, et parce qu’il est temps que la honte change de camp »</p>
</blockquote>



<p>Être une femme, c’est en venir à préférer l’ours – parce que, lui, la pire chose qu’il puisse faire, c’est tuer. Non, ce ne sont pas tous les hommes. Mais ce sont trop d’hommes. Et trop souvent, ce sont ceux que l’on connaît : nos proches, nos partenaires intimes. Le coût de l’erreur est trop élevé. Alors, comme on nous l’a appris avec les armes à feu, on traite chaque situation comme si elle était chargée. Parce que si l’on se fait abattre, il n’y aura pas foule pour nous défendre – seulement des voix pour nous reprocher de ne pas avoir été assez prudentes.</p>



<p>Être une femme, ne devrait signifier rien de tout cela, et il est temps que ça change.</p>



<p>Les VACS nous concernent tous. Parce que la peur n’est pas un mode de vie pour quiconque, parce que le silence n’a plus lieu d’être, et parce qu’il est temps que la honte change de camp.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pour-que-la-honte-change-de-camp/" data-wpel-link="internal">Pour que la honte change de camp</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>« N’attendez pas le moment idéal, parce qu’il n’existe pas »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/nattendez-pas-le-moment-ideal-parce-quil-nexiste-pas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eugénie St-Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60455</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec Rachel Bendayan, secrétaire parlementaire et députée d’Outremont.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans le cadre de la Journée internationale de droits des femmes, Le Délit a eu l’occasion de s’entretenir avec Rachel Bendayan, députée de la circonscription d’Outremont et secrétaire parlementaire au sein du gouvernement de Mark Carney. Diplômée de l’Université McGill, Mme Bendayan évolue dans le monde politique depuis 2015. </p>



<p><strong>L<em>e Délit</em> (LD)</strong> :<em> Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous engager en politique? </em></p>



<p><strong>Rachel Bendayan (RB)</strong> : Quelques mois avant ma première année de droit à McGill, je me suis impliquée très activement au Centre du droit international du développement durable. J’ai préparé un voyage en Afrique du Sud afin de participer au sommet des Nations Unies à Johannesburg. Là-bas, j’ai rencontré Nelson Mandela. Évidemment, c’est quelqu’un qui m’a beaucoup inspirée dans mon parcours et qui m’inspire toujours, d’ailleurs. Pendant le sommet de l’ONU, je me suis faufilée dans les rencontres des associations ; j’ai vu de mes propres yeux que c’étaient des avocats qui étaient autour de la table en train de négocier, mais que leurs instructions venaient de leurs politiciens, dans leurs pays d’origine. J’ai compris que si on n’avait pas avancé autant qu’on l’aurait voulu au sommet, c’était à cause des gouvernements et des politiciens qui n’étaient pas prêts à faire le pas. J’ai poursuivi mes études en droit, mais c’est à ce moment que je me suis dit : le droit est important, mais il est tout aussi important d’avoir des politiciens engagés qui sont prêts à prendre des décisions difficiles. </p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Cette entrevue s’inscrit dans le cadre de notre édition spéciale sur la Journée internationale des droits des femmes. Comment décririez-vous votre expérience en tant que femme en politique fédérale ; pensez-vous que les femmes font encore face à des obstacles particuliers en politique au Canada? </em></p>



<p><strong>RB </strong>: Malheureusement, je pense que la réponse est courte : oui. Être une femme en politique, c’est occuper un espace qui n’a pas été accessible pendant longtemps. </p>



<p>Quand je parle à des femmes, j’essaie de les encourager parce que ça fait partie de mon mandat d’appuyer celles qui veulent se lancer en politique. Mais les obstacles sont là et bien réels. Souvent, c’est la conciliation du travail et de la vie de famille qui pose problème. Quand je me suis présentée à l’élection partielle, j’allaitais ma fille tous les jours, et je savais que j’allais devoir travailler dans une ville autre que Montréal, que je laisserais mon enfant à la maison. C’était quand même un obstacle. Je pense que c’est un obstacle pour plusieurs femmes. </p>



<p>Il y a aussi tout l’aspect de la haine en ligne.</p>



<p> Je suis quand même fière des avancées qu’on a faites, parce que quand je suis arrivée au Parlement, c’était moins de 30 % des députés qui étaient des femmes. Aujourd’hui, on est rendus à 40 %. Évidemment, il reste du travail à faire – 40 %, ce n’est certainement pas suffisant. On continue de faire des efforts, on essaie de montrer l’exemple. </p>



<p><strong>LD</strong> : <em>Comment vous y prenez-vous pour encourager des femmes à se lancer en politique? Quels conseils leur donneriez-vous? </em></p>



<p><strong>RB</strong> : Je dis toujours qu’il faut être présent et ne pas avoir peur. J’entends souvent des femmes dire qu’elles n’ont pas assez d’expérience, ou qu’elles n’ont pas encore développé l’expertise nécessaire. Ce n’est pas vrai.</p>



<p> Il y a aussi souvent une hésitation à savoir quand est le bon moment. N’attendez pas le moment idéal, parce qu’il n’existe pas. J’avais un bébé quand je me suis lancée, et on m’a souvent dit que ce n’était peut-être pas le moment, que je devrais attendre que ma fille soit à l’université ou que j’aie des cheveux gris. </p>



<p>C’est très important que nos élus reflètent la population, qu’ils puissent porter la voix de la communauté qu’ils représentent. Dans ma circonscription, il y a énormément de jeunes, et je pense que je suis mieux outillée pour représenter leurs voix parce que je n’ai pas attendu pour me lancer en politique. </p>



<p>Je ne veux pas minimiser, évidemment, le fait que, pour plusieurs, c’est difficile de faire l’entrée en politique. Mais je veux encourager les jeunes, et les femmes en particulier, à essayer.</p>



<p><strong>LD</strong> : <em>Votre circonscription comprend beaucoup d’étudiants, notamment de l’Université McGill ou de l’Université de Montréal. Quelles sont les préoccupations que vous entendez le plus souvent de la part des jeunes? </em></p>



<p>RB : Récemment, je dois vous dire que le prix du logement, que ce soit le loyer pour le logement étudiant ou pour acheter une première maison, revient de plus en plus souvent. Je pense que c’est quelque chose qu’on doit attaquer de front. </p>



<p>Dans les dernières semaines, j’ai pu travailler avec un organisme qui se dévoue exclusivement à la construction et à la gestion de résidences pour étudiants à prix abordables. </p>



<p>C’est très important pour moi de m’assurer de la construction de logements abordables, non seulement pour nos étudiants, mais pour la population en général. </p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Comment essayez-vous de rester en contact avec les étudiants et les jeunes de votre circonscription? </em></p>



<p><strong>RB</strong> : Je suis très souvent sur le terrain, dans le comté. Évidemment, je rencontre des jeunes et des étudiants en faisant du porte-à-porte. Je m’implique beaucoup auprès de l’Université de Montréal, quand ils font des événements ; je suis souvent invitée à m’adresser à leurs étudiants. </p>



<p>Sinon, on accueille souvent des jeunes au Parlement, des jeunes qui s’intéressent à la politique, qui veulent voir son fonctionnement interne et avoir un contact direct avec les élus. Je me rends toujours disponible pour ça. Je pense que c’est la relève, c’est l’avenir du Canada. Et ça me permet d’avoir des conversations directes. Ça me nourrit, aussi, ça me donne des idées. </p>



<p>J’ai travaillé avec des jeunes afin de mettre en place des programmes qui les intéressaient, particulièrement en matière d’environnement et de changement climatique. Je dirais aussi que le bureau est toujours intéressé à prendre des stagiaires : on aime donner une expérience concrète aux jeunes qui s’intéressent à la politique. </p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Y a‑t-il un moment dans votre carrière politique dont vous êtes particulièrement fière? </em></p>



<p><strong>RB</strong> : Il y en a plusieurs! Quand j’étais ministre de la Sécurité publique, j’ai pu faire avancer beaucoup de choses sur ce dossier. Nous avons actuellement un programme d’indemnisation des armes d’assaut afin de retirer les armes de style assaut et d’offrir une compensation aux détenteurs de ces armes. Ce programme comprend notamment l’arme qui a été utilisée lors de la tuerie de Polytechnique. J’habitais Côte-des-Neiges, jeune fille, à l’époque de cette tuerie, et c’est un événement qui m’a énormément marquée. </p>



<p>J’ai pu aussi travailler sur plusieurs autres programmes, peut-être en lien plus directement avec les jeunes. Lors de notre dernier budget, j’ai travaillé pour faire avancer le Corps jeunesse pour le climat. Les jeunes me disaient qu’ils ne pensaient pas qu’on allait financer un programme du genre, étant donné l’état de l’économie. Mais on l’a fait quand même. Je suis allée au front pour ce programme-là, et de voir ensuite son importance pour les jeunes a été très marquant. Cela montre aussi que lorsqu’on s’implique et qu’on travaille pour quelque chose, on peut réussir. </p>



<p>Ça a donné énormément de confiance et d’espoir aux personnes qui étaient impliquées. C’était un groupe vraiment génial, piloté par des jeunes. Je pense que c’est important de voir que, quand on a de bonnes idées, on peut les faire avancer.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/nattendez-pas-le-moment-ideal-parce-quil-nexiste-pas/" data-wpel-link="internal">« N’attendez pas le moment idéal, parce qu’il n’existe pas »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Qui sont les agents qui patrouillent notre campus?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/qui-sont-les-agents-qui-patrouillent-notre-campus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[GardaWorld]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60470</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une enquête sur Garda à McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/qui-sont-les-agents-qui-patrouillent-notre-campus/" data-wpel-link="internal">Qui sont les agents qui patrouillent notre campus?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">« L’Université McGill est à la recherche de patrouilleurs dynamiques et engagés pour assurer la sécurité de sa communauté universitaire », selon une <a href="https://jobs.garda.com/job/Montr%C3%A9al-Agent%28e%29-de-s%C3%A9curit%C3%A9-patrouilleur%2C-McGill-Qu%C3%A9b/1361873400/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">annonce</a> publiée sur le site web du Groupe de sécurité Garda S.E.N.C. (Garda), mieux connu sous le nom de GardaWorld. Cette entreprise canadienne de sécurité privée est <a href="https://www.mcgill.ca/senate/files/senate/d24-08_report_of_the_board_of_governors.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sous contrat avec McGill</a> depuis le 26 août 2024, et ce, jusqu’au 30 avril 2027. </p>



<p><strong>Qu’est-ce que Garda? </strong></p>



<p><a href="https://securitysystems.garda.com/fr/a-propos" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Garda </a>est l’une des plus grandes firmes de sécurité privée au monde. Elle offre des services de protection physique, de gestion de risque à l’international et de <a href="https://www.newswire.ca/news-releases/gardaworld-cash-services-building-the-secured-transportation-fleet-of-the-future-in-partnership-with-roshel-814850484.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">transport</a> de valeurs et d’espèces. Plus récemment, <a href="https://garda-federal.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Garda- World Federal</a>, une compagnie subsidiaire à Garda, <a href="https://www.theglobeandmail.com/world/article-canadian-gardaworld-immigration-emergency-detention-services-ice/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a conclu une série de contrats</a> avec l’<a href="https://news.azpm.org/p/news-articles/2026/3/13/228892-the-company-set-to-renovate-surprise-detention-center-has-ties-with-alligator-alcatraz-rep-stanton-says/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ICE</a> et l’État de la Floride pour gérer des centres de détention, dont celui d’<a href="https://www.nbcmiami.com/news/local/former-alligator-alcatraz-worker-describes-inhumane-conditions-inside/3673307/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Alligator Alcatraz</a>. Dans une <a href="https://amnistie.ca/sites/default/files/2026-01/Lettre%20Garda%20De%CC%81cembre%202025.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lettre ouverte</a> à Jean-Luc Meunier, président et chef d’exploitation de GardaWorld, France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone dénonce les conditions de détention du centre, jugées comme « <em>cruel[les], inhumain[es] et dégradant[es] et, dans certains cas, une torture</em> ». Lorsque <em>Le Délit</em> a contacté Garda pour leur demander des précisions sur leur contrat avec Alligator Alcatraz, ils ont répondu que « <em>l’entreprise GardaWorld Sécurité ne fournit pas de services à Alligator Alcatraz</em> (tdlr)». Le porte-parole de Garda a ensuite suggéré que l’on contacte plutôt « <em>la division de gestion des urgences de la Floride</em> ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Plus récemment, GardaWorld Federal, une compagnie subsidiaire à Garda, a conclu une série de contrats avec l’ICE et l’État de la Floride pour gérer des centres de détention, dont celui d’Alligator Alcatraz »</p>
</blockquote>



<p>Si, dans le contexte politique actuel, la potentielle association de Garda avec Alligator Alcatraz projette la compagnie sous le feu des projecteurs, cela fait déjà plusieurs années qu’elle se spécialise dans la gestion de centres de surveillance de l’immigration, aux <a href="https://www.ktsm.com/news/county-approves-2-7-million-for-migrant-transportation/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">États-Unis</a> comme au <a href="https://jobs.garda.com/job/Oakville-CBSA-Tactical-Guard-Full-Time-Onta/1356355400/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Canada</a>. De plus, Garda s’est déjà trouvé au cœur d’affaires jugées légalement et éthiquement ambiguës. En 2012, <a href="https://www.nytimes.com/2012/01/06/world/asia/afghanistan-shuts-down-gardaworld-a-canadian-security-firm.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">deux employés de Garda</a> ont été arrêtés en Afghanistan après avoir été retrouvés avec 30 AK-47, des fusils d’assaut considérés illicites par les autorités. Cet incident n’est pas isolé : des cas similaires se sont également produits à Kaboul en <a href="https://www.cbc.ca/news/politics/daniel-m%C3%A9nard-ex-canadian-general-released-from-afghan-prison-1.2543215" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2014</a>, et en <a href="https://libyaupdate.com/7-employees-of-canadian-security-firm-guarda-world-arrested-in-tripoli/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Libye</a> en 2023.</p>



<p><a href="https://www.canadiansecuritymag.com/gardaworld-announces-aegis-group-purchase-2906/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Aegis Group </a>(Aegis), subsidiaire de Garda, a aussi été accusé de <a href="https://www.nbcnews.com/news/world/private-contractors-are-accused-abusive-labor-practices-us-military-ba-rcna52110" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">trafic humain</a>. Lusambu Karim, employé par Aegis, <a href="https://ctip.defense.gov/Portals/12/Lusambu%20Karim%20Full%20Story_Final_1.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">raconte</a> dans un témoignage rapporté par le gouvernement étatsunien, les conditions de travail déplorables dans une base militaire en Afghanistan pour lui et ses collègues ougandais. Il explique qu’à l’échéance de leur premier contrat la compagnie a refusé de le renouveler; incapable de rentrer chez eux, ils se sont trouvés contraint de travailler sans contrat ni protection. Garda <a href="https://www.nbcnews.com/news/world/private-contractors-are-accused-abusive-labor-practices-us-military-ba-rcna52110" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a déclaré</a> que Karim avait mal compris son contrat et qu’il a pu ensuite démissionner de son poste.</p>



<p><strong>Un retour sur Garda à McGill </strong></p>



<p>Sur le campus de McGill, ce n’est pas la première fois que Garda fait parler. Le <a href="https://www.agsem.ca/news/statement-on-assault-of-agsem-member-on-dec-11-2024/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">11 décembre 2024</a>, environ quatre mois après le début du contrat de Garda avec l’Université, Asa Kohn, étudiante et membre de l’Association des étudiant.e.s diplomé.e.s employé.e.s de McGill, est impliquée dans une altercation avec un agent de Garda. Elle <a href="https://www.thetribune.ca/news/request-for-spvm-to-investigate-mcgill-securitys-alleged-assault-of-agsem-member-remains-ongoing-11032025/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">explique</a> en entrevue avec <em>The Tribune</em> que, dans le cadre de son travail pour l’AÉUM, elle avait pour charge de répertorier la présence accrue d’agents de sécurité sur le campus. Alors qu’elle prenait en photo un groupe d’agents, l’un d’entre eux l’aurait attrapée par le bras, plaquée contre une porte et empêchée de partir. Dans un <a href="https://www.youtube.com/watch?v=zvO79ZXmBLg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">documentaire</a> réalisé par <a href="https://www.youtube.com/watch?v=zvO79ZXmBLg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">The Rover</a>, des extraits vidéos montrent que l’agent en question arborait le badge de GardaWorld sur sa manche (15:44). On entend aussi une voix au téléphone : « Est-ce que quelqu’un peut venir au bâtiment 1–31, bureau du portier? Une étudiante filmait les Garda alors qu’ils remplissaient la machine bancaire. Garda l’a contre le mur » (17:22). Dans des courriels publiés par The Rover, l’Université McGill nie toute relation avec les individus impliqués dans l’incident, soutenant qu’il s’agit d’agents indépendants. Dans une entrevue avec <em>Le Délit</em>, Cecelia Callaghan, étudiante et activiste à McGill, partage ses interactions avec des agents de Garda. « <em>La plupart du temps, ils ne faisaient que m’attraper et me tirer de force hors de la ligne de piquetage </em>», raconte-t-elle, « <em>personnellement, je n’ai jamais été physiquement blessée </em>». Ce n’est pas le cas de tout le monde : l’une de ses amies aurait été amenée aux urgences après avoir été piétinée à la suite d’une altercation avec des gardes. « <em>Ce semestre d’automne, le comportement de Garda était nettement plus violent que l’année dernière </em>», estime Cecelia. Elle poursuit : « <em>Une autre de mes amies s’est retrouvée coincée dans une porte, et les gardes ont refusé de la rouvrir pour qu’elle puisse partir. Elle avait la jambe couverte d’hématomes.</em> »</p>



<p>En novembre 2025, de nombreux départements de l’Université ont déclaré la <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/nouvel-episode-de-greve-propalestinienne-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">grève</a> en soutien à la Palestine. Cette période a été marquée par une présence accrue de gardes et de policiers sur le campus. Des vidéos publiées sur le compte Instagram <a href="https://www.instagram.com/shutitdownstrikes?utm_source=ig_web_button_share_sheet&amp;igsh=ZDNlZDc0MzIxNw==" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">@shutitdownstrikes</a> (dont <em>Le Délit</em> n’a pas pu confirmer l’authenticité) révèlent le comportement violent et agressif des gardes de sécurité, qui invectivent les manifestants et à les déplacent de force. Si, à première vue, on peut observer deux types d’uniformes parmi les agents de sécurité – Garda et BEST – ces compagnies ne sont pas distinctes. BEST est en effet une <a href="https://www.newswire.ca/fr/news-releases/gardaworld-annonce-que-l-ensemble-de-ses-services-de-securite-evenementielle-agiront-desormais-sous-une-seule-marque-unifiee-best-gestion-de-foules-899735919.html?utm_source=chatgpt.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">compagnie subsidiaire à Garda</a> spécialisée dans la gestion de foule.</p>



<p>D’après Cecelia, le comportement des agents de Garda est parfois problématique : « <em>On est juste des étudiants. Ce ne sont pas des policiers.</em> » Elle raconte : « <em>Il y a eu plusieurs instances où ils nous suivaient hors du campus, jusque dans Milton Park. C’était assez effrayant.</em> »</p>



<p><strong>Des influences extérieures </strong></p>



<p>Les comportements de Garda s’inscrivent dans le cadre de leur contrat avec l’administration McGill. Dans un courriel adressé au président de l’Université, <a href="https://www.mcgill.ca/president/about-president" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Deep Saini</a>, et à la vice-rectrice principale aux études, <a href="https://www.mcgill.ca/provost/who-we-are/meet-provost" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Angela Campbell</a>, la professeure de philosophie à McGill Marguerite Deslauriers s’enquiert sur les raisons qui ont mené les gardes de sécurité à interrompre son cours PHIL 242, le 19 novembre 2025. <em>Le Délit</em> a obtenu une copie du courriel qui avait été partagé avec les étudiants inscrits, dont le cours avait été perturbé. La professeure Deslauriers y explique sa décision de maintenir son cours malgré la grève. Elle précise avoir suivi les conseils de l’administration de McGill en invitant certains étudiants manifestants « <em>à faire part brièvement de leurs points de vue à la classe et permettre un moment de discussion avec les étudiants présents</em> ». D’après Deslauriers, qui cite des courriels de l’administration, les agents de sécurité étaient censés intervenir seulement si « <em>l’instructeur demandait de l’aide</em> ». McGill avait garanti que « <em>le rôle des agents n’est pas d’interrompre, mais plutôt d’aider à préserver la sécurité de tous les partis </em>». La professeure affirme ne pas avoir fait appel aux gardes ; ces derniers étaient déjà présents dans la salle de classe à son arrivée. Malgré les demandes de Deslauriers, les gardes ont « retiré de force les manifestants invités », citant des directives de l’administration et l’opinion de « <em>certains parents qui objectent que les cours de leurs enfants soient perturbés</em> ».</p>



<p><strong>Les arguments de l’Université </strong></p>



<p>McGill reste toutefois constante dans sa position en faveur de Garda. Une porte-parole de l’Université explique : « Afin d’assurer la sûreté et la sécurité d’environ 40 000 étudiants, 12 800 employés, 218 bâtiments, deux campus et de nombreux visiteurs, l’Université McGill s’appuie sur des employés internes et un fournisseur externe.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Un plébiscite organisé par l’AÉUM en avril 2025 révèle que la majorité du corps étudiant, près de 65 %, se sentait déjà mal à l’aise avec la présence accrue des agents de sécurité sur le campus»</p>
</blockquote>



<p>Les besoins de McGill en matière de sécurité varient selon les activités récurrentes et les événements spéciaux. » Ce sont les mêmes arguments qu’emploie <a href="https://www.mcgill.ca/vpadmin/fr/le-vice-recteur" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Fabrice Labeau</a>, vice-recteur de l’administration et des finances, dans une <a href="https://www.mcgill.ca/senate/files/senate/d24-81_question_and_response_regarding_continued_security_presence_on_campus.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">réponse</a> aux questions du Sénat de l’AÉUM. Labeau adresse l’augmentation du budget total alloué aux salaires et équipements de sécurité, qui était de 5 849 493, 27$ en 2019, et est maintenant de 8 006 605, 27$. De cette somme, moins de deux millions de dollars sont alloués au salaire des employés de McGill, le reste (environ six millions) est réservé aux fournisseurs externes dont fait partie Garda. Labeau explique : « <em>Comme c’était le cas durant la pandémie de COVID-19, la communauté mcgilloise est en ce moment en train de vivre des circonstances exceptionnelles qui nécessitent une sécurité accrue. </em>» Il cite aussi l’inflation comme un facteur déterminant de cette augmentation de budget.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Même si Garda n’est directement responsable des violations aux droits de la personne et au droit international perpétrées par l’ICE, elle en bénéficie probablement »</p>
</blockquote>



<p>constances exceptionnelles qui nécessitent une sécurité accrue. » Il cite aussi l’inflation comme un facteur déterminant de cette augmentation de budget. </p>



<p>Sur la question éthique, la porte-parole affirme que, « conformément à son Code de conduite des fournisseurs, McGill exige que tous ses fournisseurs respectent les droits de la personne ». Elle précise que l’Université se conforme aux principes énoncés dans les <a href="https://can01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.iso.org%2Ffiles%2Flive%2Fsites%2Fisoorg%2Ffiles%2Fstore%2Fen%2FISO%252020400_Sustainable_procur.pdf&amp;data=05%7C02%7Cheloise.durning%40mail.mcgill.ca%7Cca622ef78e894a500bb108de8063724c%7Ccd31967152e74a68afa9fcf8f89f09ea%7C0%7C0%7C639089361725479622%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=1artSQw%2FAkOab72xvgBhJ74w1WzeBFejKZKKwWvO5rA%3D&amp;reserved=0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">cadres de référence</a> <a href="https://can01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.ohchr.org%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fdocuments%2Fpublications%2Fguidingprinciplesbusinesshr_en.pdf&amp;data=05%7C02%7Cheloise.durning%40mail.mcgill.ca%7Cca622ef78e894a500bb108de8063724c%7Ccd31967152e74a68afa9fcf8f89f09ea%7C0%7C0%7C639089361725521056%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=ZMBRXfsd7YutQEFJPBUg9rQGsvEhDlMXLP5%2Bnr1oP3U%3D&amp;reserved=0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">annexés</a> à la <a href="https://can01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.oecd.org%2Fcontent%2Fdam%2Foecd%2Fen%2Fpublications%2Freports%2F2018%2F02%2Foecd-due-diligence-guidance-for-responsible-business-conduct_c669bd57%2F15f5f4b3-en.pdf&amp;data=05%7C02%7Cheloise.durning%40mail.mcgill.ca%7Cca622ef78e894a500bb108de8063724c%7Ccd31967152e74a68afa9fcf8f89f09ea%7C0%7C0%7C639089361725545862%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=T%2FLAnO2HynHgUYKEDzi62ntBoMHnAYhU0RxnybsfGg4%3D&amp;reserved=0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déclaration</a>. </p>



<p><a href="https://can01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.ohchr.org%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fdocuments%2Fpublications%2Fguidingprinciplesbusinesshr_en.pdf&amp;data=05%7C02%7Cheloise.durning%40mail.mcgill.ca%7Cca622ef78e894a500bb108de8063724c%7Ccd31967152e74a68afa9fcf8f89f09ea%7C0%7C0%7C639089361725521056%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=ZMBRXfsd7YutQEFJPBUg9rQGsvEhDlMXLP5%2Bnr1oP3U%3D&amp;reserved=0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Le guide des Nations Unies</a>, l’un des documents servant de « cadre de référence » à l’Université McGill, indique qu’une entreprise est complice lorsqu’elle « contribue, ou paraît contribuer à des incidences négatives sur les droits de l’homme causées par des tiers » et si elle « bénéficie de l’atteinte [aux droits de la personne] commise ». Même si Garda n’est pas directement responsable des violations aux droits de la personne et au droit <a href="https://www.ohchr.org/en/press-releases/2026/01/usa-migrant-crackdown-un-human-rights-chief-decries-dehumanisation-harmful" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">international</a> perpétrées par l’ICE, elle en bénéficie probablement : avec des postes, des contrats, et des nouvelles opportunités. Comme l’affirme en 2012 <a href="https://www.theglobeandmail.com/globe-investor/garda-world-business-boosted-by-montreal-protests/article4209727/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Stéphan Crétier</a>, directeur général et fondateur de Garda : « Naturellement, les périodes de trouble sont […] très souvent bonnes pour les affaires. » </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="2000" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-2000x1600.jpeg" alt class="wp-image-60504" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-2000x1600.jpeg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-650x520.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-150x120.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-768x614.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-1536x1229.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/garda-2048x1639.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixfournier/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix Fournier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>L’opinion des étudiants</strong> </p>



<p>Un <a href="https://www.mcgill.ca/senate/files/senate/d24-81_question_and_response_regarding_continued_security_presence_on_campus.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plébiscite</a> organisé par l’AÉUM en avril 2025 révèle que la majorité du corps étudiant, près de 65 %, se sentait déjà mal à l’aise avec la présence accrue des agents de sécurité sur le campus. Quand <em>Le Délit</em> a demandé à Cecelia si elle pensait que ce chiffre pourrait changer si un nouveau plébiscite était réalisé aujourd’hui, elle a acquiescé. « Cela dépend surtout de si les gens sont au courant de la polémique, » nuance-t-elle, « mais s’ils savaient, je pense que oui ». <em>Le Délit</em> a questionné plusieurs étudiants, et ce jugement semble se confirmer. Noor Alabed exprime d’abord sa surprise lorsqu’elle est mise au courant du lien présumé entre Garda et Alligator Alcatraz. Elle admet se sentir un peu mal à l’aise avec leur présence. </p>



<p>Pour Cecelia, une partie non négligeable de la communauté étudiante à McGill est impliquée, voire personnellement touchée : « Je discutais avec une amie latino-américaine l’autre jour. Certains membres de sa famille n’ont pas de papiers. Elle se sentait très mal à l’aise avec la présence de Garda sur le campus. » </p>



<p><a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/manifestation-anti-gardaworld/" data-wpel-link="internal">Le 13 février 2026</a>, un groupe d’étudiants mcgillois s’organise et crée son propre détachement pour se joindre à une manifestation anti-Garda à la Place Vertu. Hannah Marder-MacPherson, étudiante à McGill et manifestante, critique la complicité de Garda – et indirectement de McGill – au niveau des crimes commis par l’ICE. « <em>La même compagnie qui va commettre des violations des droits humains patrouille dans notre campus », déplore-t-elle. « Cela nous implique directement en tant qu’étudiants mcgillois : c’est bien possible que cesoit notre argent qui paie Garda-World, et donc, indirectement, qui aide l’ICE</em>. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Comme c’était le cas durant la pandémie de COVID-19, la<br>communauté mcgilloise est en ce moment en train de vivre des<br>circonstances exceptionnelles qui nécessitent une sécurité accrue »</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Fabrice Labeau</li>
</ul>
</blockquote>



<p>« <em>Ce ne sont pas les gardes individuels avec qui j’ai un problème, pas vraiment </em>», commente Cecelia lors de notre entrevue, « <em>ce sont juste des gens qui veulent un travail qui paie bien</em>. » Elle explique que c’est le système en lui-même qui lui pose souci, et les structures bureaucratiques qui dissimulent des crimes et empêchent toute véritable reddition de comptes. Le point presse de Garda affirme que l’entreprise «<em> respecte la capacité des individus à exprimer leurs opinions, mais refuse de commenter sur le sujet précis de ces opinions </em>». Il maintient : «<em>Notre priorité reste la sécurité de toutes les personnes et de tous les actifs sur les sites desservis par nos équipes. </em>» Quel futur pour Garda à McGill? Le rapport de d’ISO (organisation international de standardisation) sur l’approvisionnement responsable, l’un des documents procurés par la porte-parole de McGill, encadre les politiques d’acquisition de l’Université en y intégrant des régulations et recommandations éthiques. Le rapport explique que « ce qu’une organisation achète, à qui elle l’achète et la manière dont elle utilise les biens et services une fois acquis peuvent avoir une influence considérable […] sur sa réputation ». </p>



<p>Les <a href="https://can01.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.ohchr.org%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fdocuments%2Fpublications%2Fguidingprinciplesbusinesshr_en.pdf&amp;data=05%7C02%7Cheloise.durning%40mail.mcgill.ca%7Cca622ef78e894a500bb108de8063724c%7Ccd31967152e74a68afa9fcf8f89f09ea%7C0%7C0%7C639089361725521056%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=ZMBRXfsd7YutQEFJPBUg9rQGsvEhDlMXLP5%2Bnr1oP3U%3D&amp;reserved=0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">principes directeurs des Nations Unies</a> auxquels souscrit McGill proposent la « diligence raisonnable » comme méthode pour examiner efficacement les problématiques éthiques et les enjeux qui y sont continus. Le guide précise les degrés de responsabilité variable, soulignant qu’une entreprise directement impliquée n’a pas le même devoir qu’une organisation « impliquée seulement […] par une relation commerciale ». Dans un tel cas, il admet que la situation est plus compliquée et déclare que « <em>si l’entreprise a le pouvoir de prévenir ou d’atténuer l’incidence négative, elle doit l’exercer </em>». Si cela n’est pas possible, le guide est clair : « <em>Elle devrait envisager de mettre un terme à la relation.</em> » Questionnée quant au futur de Garda sur le campus, Cecelia s’esclaffe, un peu amèrement : «<em> Je ne pense pas que ce soit une demande déraisonnable de réduire les contrats avec GardaWorld, mais je sais que ce n’est pas très réaliste si l’on se fie au comportement passé de McGill.</em> »</p>



<p>La position de Noor Alabed est plus modérée. Elle explique que McGill aura toujours besoin de gardes, et se demande s’il est vraiment possible de garantir l’intégrité d’une compagnie fournissant de tels services : « <em>L’industrie de sécurité privée sera toujours un peu controversée</em>. »</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/qui-sont-les-agents-qui-patrouillent-notre-campus/" data-wpel-link="internal">Qui sont les agents qui patrouillent notre campus?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>McGill contre les syndicats</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/mcgill-contre-les-syndicats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dalia Djazouli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Union]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60314</guid>

					<description><![CDATA[<p>Plus d’un million de dollars auraient été déployés dans cette lutte antisyndicale.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Ce n’est qu’au sortir de la pandémie que la <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/education/2022-11-08/universite-mcgill/un-premier-syndicat-de-professeurs-voit-le-jour.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">première union</a> syndicale de professeurs à McGill voit le jour : L’Association des professeurs de droit de McGill (AMPD). Formée en 2021, elle résulte de la mobilisation du corps professoral de droit. Parmi ses nombreux griefs figure le constat d’un modèle de gouvernance de plus en plus centralisé, qui prend peu, voire pas du tout, en compte les professeurs et employés dans son processus décisionnel. L’institution avait notamment stipulé, sans consultation, le retour à l’enseignement en présentiel à McGill lors du déconfinement. L’année de sa formation, l’union a déposé une demande d’accréditation au Tribunal administratif du travail, qu’elle a <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2108766/mcgill-suspension-greve-professeur-droit" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">obtenu </a>en 2022. </p>



<p><strong>Un processus de privatisation </strong></p>



<p>La syndicalisation des professeurs mcgillois est donc toute récente. Cette mobilisation tardive détonne face à la tradition de forte syndicalisation au sein des autres universités québécoises. Afin de bien comprendre les enjeux de syndicalisation à l’université, Le Délit a interrogé Barry Eidlin, professeur agrégé au Département de sociologie de l’Université McGill, et deuxième vice-président de l’Association mcgilloise des professeurs de la Faculté des arts (AMPFA). Ce dernier attribue cette récente union à une idée d’exception mcgilloise: « Au sein de la génération précédente, on s’accrochait à l’idée d’une gouvernance collégiale ou partagée, à l’idée que c’était des professeurs qui endossaient le rôle de doyen ou de chancelier », et ce, afin d’assurer le temps de quelques années la gestion de l’Université. «C’était comme une circulation », décrit-il. Une fois leur mandat terminé, les doyens ou chanceliers cédaient leur poste et « réintégraient le corps professoral », ce qui permettait de conserver l’essence d’une gouvernance collégiale. </p>



<p>Enfin, « historiquement, c’était le cas », affirme-t-il. Cette exception s’est progressivement érodée au cours des dernières décennies : « Ce qu’on a vu, c’est un processus de corporatisme. On a désormais une couche de gestionnaires qui ne sont plus vraiment des professeurs. Lorsque leur mandat est terminé, ils cherchent une position similaire dans d’autres universités, plutôt que de réintégrer le corps professoral dont ils étaient issus. » Eidlin s’appuie sur l’exemple du Dr. Deep Saini. Vice-chancelier de l’Université McGill depuis 2023, il occupait auparavant le poste de président de l’Université Dalhousie. « Les membres de l’exécutif se sont établis comme une couche séparée, composée de cadres et de la haute direction, et sont plutôt au service du gouverneur, et non plus des travailleurs et étudiants. » </p>



<p><strong>Des syndicats sous pression </strong></p>



<p>Ce corporatisme de McGill se traduit pour beaucoup par une lutte contre la syndicalisation. Même une fois leur accréditation obtenue en 2022, les membres de l’AMPD ont continué d’être entravés dans leur mobilisation, notamment parce que l’administration a longtemps <a href="https://therover.ca/mcgill-spent-over-1-million-fighting-unionization/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">contesté</a> l’existence de cette nouvelle entité. Déplorant un manque de bonne foi de la part de l’administration à la table des négociations, le syndicat a déclenché une <a href="https://www.caut.ca/fr/nouvelles/les-professeur-e-s-de-droit-de-mcgill-votent-en-faveur-dune-greve-illimitee/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">grève illimitée</a> en avril 2024. </p>



<p>Toujours en 2024, le Tribunal administratif du travail a <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2101507/tribunal-administratif-travail-tat-mcgill-professeurs-droit-greve" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sommé </a>McGill de cesser toute entrave à la syndicalisation de ses professeurs. Cette décision fait suite à deux courriels de l’administration envoyés aux professeurs de droit, et ce, à quelques jours de la grève. Dans ces courriels il était affirmé que le syndicat diffusait des informations factuellement incorrectes et omettait certains éléments. Le Tribunal a fait état d’une ingérence de la part de l’université, laquelle a tenté de miner la crédibilité de l’AMPD. </p>



<p>Jonathan Nehme, président de l’Association des employés de soutien de l’Université McGill (AMUSE), affirme que « <em>dans le cadre du petit rôle que nous jouons au sein du syndicat, McGill était réputée pour son hostilité, tant envers ceux qui tentaient de se syndiquer que ceux qui l’étaient déjà</em> (tdlr) ». Concernant les règlements des conflits syndicaux, McGill « <em>embauche pas mal de consultants externes qui font montre d’une attitude assez agressive</em> ». </p>



<p><strong>Des dépenses déraisonnables? </strong></p>



<p>Un article d’investigation publié par <em>The Rover </em>au début du mois de février révèle des <a href="https://therover.ca/mcgill-spent-over-1-million-fighting-unionization/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sommes vertigineuses</a> déboursées par l’administration, décidée à dresser des obstacles procéduraux face à ce processus de syndicalisation. </p>



<p>D’après des sources internes obtenues par le journal indépendant, McGill aurait dépensé au cours de ces cinq dernières années un peu plus d’un million de dollars en services juridiques extérieurs, bien qu’elle dispose a priori d’un service juridique interne. La somme avancée par <em>The Rover</em> n’est pas surprenante aux yeux de Jonathan Nehme : « <em>Ayant eu affaire à McGill et à ses avocats à maintes reprises, ça me semble logique qu’ils aient dépensé tant d’argent. Ils ne cessent de faire appel à des avocats, et de dresser des obstacles aux discussions. […] Cela s’inscrit aussi dans une logique de corporatisme de l’Université, qui est de moins en moins traitée comme un établissement d’enseignement public.</em> » </p>



<p>Le cabinet auquel McGill <a href="https://therover.ca/mcgill-spent-over-1-million-fighting-unionization/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">aurait eu recours </a>depuis cinq ans est celui de Borden Ladner Gervais, spécialisé en droit du travail et en négociations syndicales. Ses avocats sont notamment connus pour avoir représenté la multinationale américaine Walmart en 2005, menant au congédiement de 190 travailleurs après un vote favorable à la création d’un syndicat. Ces licenciements massifs ont été par la suite révoqués, ayant été jugés comme constituant une violation du Code du travail du Québec. </p>



<p><strong>Un écart qui se creuse entre gestionnaires et employés </strong></p>



<p>Cette somme d’un million de dollars <a href="https://therover.ca/mcgill-spent-over-1-million-fighting-unionization/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">aurait été puisée</a> à même les fonds publics de l’Université. Une dépense qui semble particulièrement incongrue, surtout dans un contexte de restrictions budgétaires accrues. </p>



<p>Accusant un déficit de <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/education/2025-02-10/l-universite-mcgill-annonce-des-coupes-en-reponse-aux-nouvelles-politiques-du-quebec.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">15 millions de dollars</a> à l’année 2025, l’institution avait été contrainte d’opérer des compressions importantes au niveau du personnel, dont la dotation représentait <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/education/2025-02-10/l-universite-mcgill-annonce-des-coupes-en-reponse-aux-nouvelles-politiques-du-quebec.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">80 %</a> des dépenses de McGill. Cette mesure incluait des licenciements et des gels d’embauche. Mais ces coûts que l’Université ne peut plus assumer sont redirigés vers le corps professoral, dont la charge de travail se voit particulièrement alourdie.</p>



<p> Dans ce même laps de temps, la classe gestionnaire a vu son salaire augmenter dramatiquement au cours de ces dix dernières années, creusant un écart de rémunération croissant entre l’exécutif et le reste des salariés. Alors que les fonds dédiés à la direction ont augmenté de <a href="https://therover.ca/mcgill-spent-over-1-million-fighting-unionization/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">118 %</a>, la paie du personnel académique n’a augmenté quant à elle que de <a href="https://therover.ca/mcgill-spent-over-1-million-fighting-unionization/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">6 %</a>. </p>



<p>Contactée au sujet de l’article de <em>The Rover</em>, une porte-parole de l’Université McGill a répondu au Délit : « Les frais juridiques engagés par McGill en matière de relations de travail concernent divers dossiers », sans apporter davantage de précisions. Elle ajoute que « McGill accueille favorablement les discussions avec l’ensemble de ses partenaires syndicaux et associatifs et apprécie le temps qu’ils consacrent aux négociations ».</p>
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		<title>La fatigue politique du Canada français</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/la-fatigue-politique-du-canada-francais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60230</guid>

					<description><![CDATA[<p>Essoufflement et obsolescence programmée d’une liberté partisane.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>L’article qui suit est une humble proposition adressée au journal Le Devoir dans le cadre de son concours récompensant un texte d’opinion issu du milieu du journalisme étudiant. L’exercice proposé est simple : il demande aux aspirants-chroniqueurs de se prononcer sur la sagesse de 1976 dont le Québec devrait s’inspirer dans la construction de sa modernité. Je croyais rêver éveillé. En échange de la moitié du pactole promis advenant une victoire, Le Délit me laisse hanter ses pages de mes espoirs pour le tortueux périple du Québec vers la liberté. Le titre est emprunté (bien que retouché) à Hubert Aquin, un intellectuel saisissant et provocateur, et, tristement, suicidé notoire du peuple canadien-français. Le reste m’appartient entièrement, mais est en réalité la vérité collective de tout un peuple.</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">Pour moi, tout parti politique n’est au fond qu’un mal nécessaire, un de ces instruments dont une société démocratique a besoin lorsque vient le moment de déléguer à des élus la responsabilité de ses intérêts collectifs. – RENÉ LÉVESQUE</p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">La culture canadienne-française offre tous les symptômes d’une fatigue extrême: elle aspire à la fois à la force et au repos, à l’intensité existentielle et au suicide, à l’indépendance et à la dépendance. – HUBERT AQUIN</p>
</blockquote>



<p>La partisanerie est l’agonie de toute grande lutte de libération politique et sociale. De l’endoctrinement abrutissant de gauche ou de droite, maoïste ou franquiste, quelle importance! C’est le peuple qui en souffre. Si nous, Québécois et Québécoises, avons fait des progrès considérables dans les 50 dernières années en tant que société, n’en demeure pas moins que nous nous sommes embourbés dans une quête électoraliste paralysante, fatiguée et <em>fatigante</em>.</p>



<p>Je suis d’avis que la poursuite de l’indépendance du Québec est fondamentale au maintien de la nature distincte des peuples qui le composent et à la survie – optimalement, l’enrichissement – de la culture qui le définit. Prémisse de mon argumentaire dont la validité ne fait toutefois pas l’unanimité. Trop nombreux (et puissants, influents…) encore sont ceux qui s’affairent à régurgiter une rhétorique <em>dépendantiste</em> fondée sur des aménagements toujours plus déraisonnables au sein de la Confédération canadienne. La liberté, oui, mais pas à n’importe quel prix. Combien de temps devrons-nous attendre les concessions du gouvernement canadien? Combien de temps encore croirons-nous au mensonge de la Confédération et à ses promesses d’un fédéralisme renouvelé? Quel sera le prix de l’immobilisme?</p>



<p>Quel sera le prix de la naïveté? De la peur?</p>



<p>Personne, devant une liberté nouvellement acquise, ne songerait à redevenir captif, sous prétexte qu’il serait trop ardu de déterminer les conditions de son existence. Aucun peuple, aucune nation n’a regretté son indépendance. Aucun être n’a regretté sa liberté. Je nous supplie donc collectivement de cesser de la réduire à un calcul fiscal profane et invalide.</p>



<p>Mais la responsabilité pour notre soumission prolongée ne peut être simplement imputée à l’insipidité de la rhétorique fédéraliste. Le projet indépendantiste, tel qu’imaginé par Lévesque et ses contemporains, se voit vicié par l’institutionnalisation du parti qui se porte garant de son atteinte. Le même Parti québécois dont les fondateurs sont mythologisés par l’imaginaire collectif de notre peuple n’est maintenant qu’une banale structure du pouvoir, qu’un rouage dans l’appareil démocratique de notre nation.</p>



<p>L’indépendance devient un enjeu partisan et électoral, porté par un parti tantôt de gauche, tantôt de droite, et trop peu souvent orienté vers l’avant. Pathétique, cette régression horizontale systématique du Parti québécois qui fait fi de la nécessité catégorique de l’indépendance, se concentrant plutôt sur l’appâtage éhonté d’électeurs indécis. L’atteinte du pouvoir, bien que nécessaire pour le déclenchement d’un processus référendaire, ne doit pas se faire aux dépens de sa vocation constitutive, celle de donner enfin une nation souveraine au Québec. Le Parti québécois n’est pas maléfique pour autant ; il joue le jeu, il taille sa place dans un système qu’il voudrait voir complètement réformé…</p>



<p>Mais il est trop tard. L’idée est toujours aussi essentielle, mais son véhicule est usé, inadapté, trop polarisé pour pouvoir espérer rallier une majorité convaincante derrière le projet de société que représente l’indépendance. Le cynisme grandissant de la population face au Parti québécois mine le soutien pour la cause indépendantiste, qui en est à présent fonctionnellement indissociable. Voir autant de gens se refuser leur indépendance parce qu’ils n’apprécient pas les sautes d’humeur de Paul St-Pierre Plamondon ou qu’ils n’aiment pas sa plateforme sur les petites et moyennes entreprises (PME), l’immigration ou le retour des Nordiques, c’est déchirant et carrément délirant. L’indépendance n’est pas l’affaire d’un individu ou de son parti. Il est inutile de chercher en un élu une sorte de héros national, un Maurice Richard ou un Lucien-Bouchard-le-miraculé des temps modernes : notre libération sera la décision collective de tout un peuple. Nous sommes l’indépendance, pas le Parti québécois.</p>



<p>Toutes les avancées fulgurantes du dernier demi-siècle sont le fruit d’une prise de confiance généralisée des Québécois envers leurs propres capacités. Nous sommes à présent un peuple qui sait reconnaître sa grandeur, sans s’écraser dans le rôle de subalterne minuscule qui a longtemps fait notre opprobre. Mais nous avons encore peur, si ce n’est que d’une chose : nous sommes terrifiés à l’idée d’<em>être</em>.</p>



<p>Peut-être est-ce la peur de l’inconnu, du vide, du néant prétendument engendré par la formation d’une entité politique québécoise. Ou bien est-ce la peur d’un Québec totalitaire dominé par une sorte de clique fondatrice du pays, condamnant tout autre mouvement politique à l’impotence la plus totale. Des peurs profondément irrationnelles, mais ô combien efficaces dans leur dissuasion!</p>



<p>Voilà donc toute la pertinence de nous inspirer de 1976 (et de la décennie ayant précédé cette première victoire électorale du Parti québécois) pour achever la construction du Québec. Il faut repartir de zéro, non pas dans l’idée proposée, mais dans la structure qui l’accompagne. Nous devons nous délester de cette association systématique de l’indépendance au Parti québécois et faire renaître le mouvement sur une base nouvelle, ancrée dans la force de sa société civile. Il faut que ce soit le peuple qui dicte réellement sa vision pour le futur du Québec. Il ne fait aucun doute qu’une telle approche ne pourra que rallier davantage de Québécois de tous azimuts vers un projet de pays qui leur ressemble, et non pas à la promesse de conservation d’une nation figée dans une époque folklorique de survivance. Ce nationalisme réducteur est d’ailleurs un poison, répandu non pas par le Parti québécois, mais plutôt par le seul fait de son archaïsme structurel. Il a trop changé, trop dévié, trop bifurqué pour espérer déjouer la perception figée que s’en font quatre générations de Québécois.</p>



<p>Oui, nous avons besoin de porte-parole du projet indépendantiste, mais leur rôle doit se limiter à une application <em>stricto sensu</em> : ils ne doivent être que les porte-voix du peuple, sans chercher à marquer l’imaginaire collectif par des prouesses de charisme et de charme politique. L’amour qu’a un peuple pour ses politiciens est éphémère et immanquablement voué à s’effriter. Oui, nous avons besoin des institutions démocratiques pour mener le projet à terme, mais l’essentiel du travail doit être accompli, pour être d’une quelconque légitimité, par le peuple.</p>



<p>Le peuple ne cessera jamais de s’aimer, de vouloir son bien et son épanouissement, tout comme il ne cessera jamais de craindre et de remettre en question ceux qui le gouvernent. À l’instar de ces grands porte-parole du peuple que furent Lévesque, Chaput, Bourgault et Chartrand, nous devons aspirer à fonder un appareil politique dont l’unique objectif est l’atteinte de l’indépendance, par le peuple, pour le peuple. La fatigue politique des Canadiens français ne pourra se résorber que s’ils se décident à devenir enfin des Québécois, par la force de leurs actions. Ainsi, nous vivrons. Autrement, notre sommeil nous condamne à la disparition.</p>
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		<title>Tchernobyl et l’accident intégral</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/tchernobyl-et-laccident-integral/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marius Grieb]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nature humaine]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[accident]]></category>
		<category><![CDATA[biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Tchernobyl]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60263</guid>

					<description><![CDATA[<p>La nature survivra au désastre écologique, pas nous.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/tchernobyl-et-laccident-integral/" data-wpel-link="internal">Tchernobyl et l’accident intégral</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le silence lugubre qui pèse sur la ville de Pripyat en Ukraine est le produit d’une rencontre macabre entre technologie et erreur humaine ; le 26 avril 1986, le réacteur numéro quatre de la centrale nucléaire de Tchernobyl fait l’objet d’une révision technique mal préparée, qui engendre un désastre irréparable. Les conséquences environnementales, sociales et politiques de cette tragédie lui confèrent une notoriété considérable au sein de la conscience collective. Pourtant, quarante ans plus tard, les lieux du désastre et les origines politiques et technologiques de l’accident semblent être tombés dans l’oubli. Qu’importe, les nouveaux habitants de Pripyat – les loups, les aigles, et bien d’autres – se réjouissent de cet isolement. L’absence d’intrusion humaine est un privilège pour la faune, mais cette liberté s’obtient au prix d’un habitat morcelé par les blessures environnementales et une radioactivité discrète, mais mortifère.</p>



<p>La série HBO <em>Chernobyl</em>, parue en 2019, raconte l’histoire de l’accident nucléaire du point de vue dramatique de ceux qui l’ont subi. Les images saisissantes de victimes agonisantes, de politiciens en panique et de réfugiés désespérés témoignent d’une terreur palpable qui s’était emparée du monde dès l’explosion. Cependant, cette représentation, forte en émotions, semble éviter une réalité provocante : l’accident était inévitable. </p>



<p><strong>La critique de Virilio </strong></p>



<p>Depuis que l’humain maîtrise le feu, la nature lui rappelle que le progrès technique s’accompagne toujours de risques et d’accidents. Prométhée, premier « transmetteur du feu » dans la mythologie grecque, est condamné par Zeus à rester enchaîné sur une montagne pour l’éternité, tandis qu’un aigle dévore chaque jour son foie. De même que l’humanité ignore son sacrifice et sa sordide punition, elle oublie aussi que le progrès se paie en larmes et en sang. </p>



<p>Dans cette ligne de pensée, Paul Virilio, auteur, architecte et philosophe, théorise que toute technologie contient intrinsèquement son accident. C’est à travers ce paradoxe qu’il explique que : « le progrès et la catastrophe sont l’avers et le revers d’une même médaille […] Inventer le train, c’est inventer le déraillement, inventer l’avion c’est inventer le crash […] il n’y a aucun pessimisme là-dedans, aucune désespérance, c’est un phénomène rationnel […], masqué par la propagande du <a href="https://www.lemonde.fr/vous/article/2009/01/15/paul-virilio-penser-la-vitesse_1142442_3238.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">progrès</a> ».</p>



<p>Cette propagande perverse du progrès, on s’y soumet quotidiennement. Le théâtre médiatique qui a entouré l’accident de Tchernobyl, mais aussi des faits contemporains, tels que la marée noire dans le golfe du Mexique, ou les feux de forêt au Canada, n’en sont qu’une infime représentation. Les films, les vidéos et les vidéos au format court qui abordent ces sujets ne font pas l’éloge des victimes oubliées, mais contribuent plutôt au fétichisme de la catastrophe. En visionnant ces images, on se laisse porter par le spectacle et on oublie que la destruction et l’accident sont inextricablement liés à nos modes de production et de consommation.</p>



<p><strong>Le mythe du progrès </strong></p>



<p>L’énergie atomique, tout comme l’intelligence artificielle (IA), nous est présentée comme un miracle. Pourtant, venue l’heure de l’accident qui en découle logiquement, on se proclame tous choqués et émus, comme s’il était impossible d’avoir pu anticiper la crise. Le pilier de cette absurdité est le culte de la technologie ; vénérée partout, elle ne connaît aucune modestie. C’est ainsi que les entreprises se permettent d’utiliser l’icône d’une étoile scintillante, représentative de la <em><a href="https://www.informaticsinc.com/blog/november-2024/press-magic-iconography-sparkles-ai-tools" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">magie</a></em>, pour inciter leur consommateur à exploiter leur IA. Pourtant, on est empiriquement conscient du désastre écologique qui nous attend. </p>



<p>Les analystes de la banque d’investissement Morgan <a href="https://green.org/2025/01/09/ai-water-and-electricity-usage-truths-and-myths/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Stanley</a> prédisent que, dès 2028, les centres de données d’IA pourraient consommer près d’un millier de milliards de litres d’eau par an. En vue de la menace imminente et existentielle du réchauffement climatique, il semble ridicule de dédier notre source de vie à des <em>chatbots</em>. Néanmoins, comme ce fut le cas pour les scientifiques nucléaires, ou Prométhée qui nous a porté le feu, notre obsession pour le progrès technologique nous rend aveugles à l’accident qu’il produit fatalement. On pense que la catastrophe environnementale ne nous atteindra pas, ou que ses ravages seront confinés aux peuples marginalisés. Inutile de se mentir à soi-même ; l’accident et la crise sont inévitables. La vraie question, c’est : qu’adviendra-t-il ensuite de nous? </p>



<p><strong>Les loups de Tchernobyl </strong></p>



<p>Il ne faut surtout pas confondre le silence de Pripyat avec une absence de vie. La forêt et la ville sont maintenant reconquises par un écosystème en résurgence. Malgré la radioactivité incroyablement dangereuse des lieux, on estime qu’il y a <a href="https://www.iflscience.com/40-years-after-the-chernobyl-disaster-wolves-are-thriving-how-did-they-do-it-82623" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sept</a> fois plus de loups gris par mètre carré à l’intérieur de la zone d’exclusion de Tchernobyl que dans d’autres zones protégées de la Biélorussie. Cette statistique témoigne à la fois de la résilience de la faune face à un changement dramatique de l’environnement, et de l’ampleur tout aussi dramatique de la destruction humaine. Ces loups, capables de s’adapter pour résister au cancer, sont plus vulnérables à l’intervention continuelle de l’humain qu’à la maladie et l’isolement produit par un accident nucléaire.</p>



<p>Ce qu’on peut déduire de cette réalité « post-accident », c’est que l’ignorance des circonstances et le délaissement de la nature sont des facultés proprement humaines. On se croit capable d’esquiver l’accident et, par conséquent, on ne cherche ni à s’adapter ni à le mitiger. Contrairement aux loups qui vivent en fonction des circonstances que leur offre la nature, nous nous croyons capables de dépasser ces contraintes grâce aux progrès technologiques. Si l’exemple de Tchernobyl nous sert de point de référence pour comprendre les effets potentiels des changements climatiques, il faut se rendre compte qu’il ne reste plus un seul humain à Pripyat : l’accident est final.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/tchernobyl-et-laccident-integral/" data-wpel-link="internal">Tchernobyl et l’accident intégral</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Dire adieu au bœuf, une solution viable?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/dire-adieu-au-boeuf-une-solution-viable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[polytechnique]]></category>
		<category><![CDATA[Services alimentaires]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60058</guid>

					<description><![CDATA[<p>Remplacement du bœuf aux services alimentaires de Polytechnique.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Voir notre planète dépérir est devenu une normalité, une routine inévitable, un phénomène hors de notre portée. Il n’est plus possible de dire qu’il est « minuit moins une », puisque l’horloge climatique semble déjà avoir sonné l’heure de notre condamnation. Mais ce qu’on oublie, c’est que de simples changements dans nos habitudes de vie peuvent avoir d’immenses impacts lorsqu’ils sont accompagnés par l’appui de toute une communauté. C’est en suivant une réflexion similaire qu’en automne dernier, l’association des services alimentaires de Polytechnique (l’ASaP) a décidé de remplacer le bœuf de son menu au profit d’une diversification accrue de l’offre alimentaire.</p>



<p><strong>Petit ingrédient, gros impact</strong></p>



<p>Il est important de savoir que ce changement s’inscrit dans la <a href="https://www.polymtl.ca/durable/sur-le-campus/carboneutralite-energie-et-ges" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">démarche de carboneutralité</a> de l’établissement, qui vise à réduire son empreinte écologique d’ici 2050. L’ASaP est un joueur-clé de cette transition. C’est en faisant le bilan de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) que les services alimentaires ont pris conscience de l’impact écologique que le bœuf représentait pour l’institution.</p>



<p>Selon Benoît Beauséjour-Savard, directeur général de l’ASaP, les repas contenant de la viande bovine représentaient seulement 8 % des revenus de l’entreprise, mais ils étaient responsables d’environ 50 % de ses émissions de GES.</p>



<p>Le secteur bovin est connu pour ses émissions très élevées de méthane provenant directement de l’élevage de ces ruminants. Il émet d’ailleurs <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/676997/boeuf-environnement-pollution-etude-proteine#:~:text=Prenez%20note%20que%20cet%20article,terres%2028%20fois%20plus%20vastes." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">cinq fois plus</a> de GES que les autres protéines animales. Cette industrie est également tristement célèbre pour l’<a href="https://www.greenpeace.fr/elevage-industriel-effet-environnement/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">importante déforestation</a> qu’elle encourage. Cela est dû à l’aménagement de pâturages et de terres agricoles dont les produits sont entièrement dédiés à nourrir les élevages bovins.</p>



<p>Demeurent aussi importants la pollution que représente le <a href="https://www.greenpeace.fr/elevage-industriel-effet-environnement/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">protoxyde d’azote</a> dans cette industrie et le fait que l’élevage bovin utilise <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/676997/boeuf-environnement-pollution-etude-proteine#:~:text=Prenez%20note%20que%20cet%20article,terres%2028%20fois%20plus%20vastes." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">11 fois plus d’eau</a> que l’élevage des autres protéines animales.</p>



<p>Bien que le bœuf demeure un aliment à l’empreinte carbone élevée, de nombreux efforts sont mobilisés par nos producteurs locaux vers une industrie plus verte. Que ce soit la révision de l’alimentation des bovins ou la diminution progressive de la quantité d’eau utilisée dans le cadre de ces activités, il est important de reconnaître que <a href="https://www.beefresearch.ca/fr/topics/environmental-footprint-of-beef-production/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plusieurs progrès</a> ont été réalisés au cours des 30 dernières années.</p>



<p><em>Le Beef Cattle Research Council</em> <a href="https://www.beefresearch.ca/fr/topics/environmental-footprint-of-beef-production/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">semble affirmer</a> que les émissions dues à ce secteur sont infimes, mais il est évident qu’au cœur d’une crise climatique, où le monde brûle et le temps manque, chaque effort compte.</p>



<p>Ce n’est pas parce que&nbsp;le gouvernement du Québec <a href="https://www.journaldequebec.com/2026/01/22/reduction-des-gespour-contrer-les-changements-climatiques--quebec-repousse-sa-cible-de-cinq-ans#:~:text=Contrairement%20aux%20recommandations%20des%20experts,l&#039;objectif%20pr%C3%A9vu%20pour%202030.&amp;text=Le%20ministre%20Bernard%20Drainville%20sait,chemin%20en%20seulement%20cinq%20ans.%C2%BB" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a abandonné ses cibles</a> de GES qu’il faut arrêter la lutte!</p>



<p><strong>Un geste à valeurs multiples</strong></p>



<p>Bien que la motivation de ce remplacement soit de nature écologique, la mesure amène également de nombreux bienfaits sur les plans de l’économie et de la santé.</p>



<p>Avec un prix moyen de <a href="https://www.lapresse.ca/affaires/2025-09-12/consommation/manger-du-boeuf-mais-a-quel-prix.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">14,78 dollars par kilogramme</a>, le bœuf est nettement plus dispendieux que le porc (<a href="https://www.porelia.com/wp-content/uploads/2025/08/echo-PORC-2025-08-11.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2,54$/kg</a>) et le poulet (<a href="https://volaillesduquebec.qc.ca/prix-du-poulet/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2,09$/kg</a>). Dans un contexte de précarité alimentaire assez marquée, où près d’<a href="https://unionetudiante.ca/Media/publicDocuments/c38f0b6b-8a6d-4b20-bc07-83ec796948bd.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un étudiant sur cinq</a> fréquente des banques alimentaires, l’ASaP s’engage à maintenir des prix abordables pour toute la communauté, soit sous la barre des dix dollars par repas. Clairement, afin de s’assurer de maintenir une facture sous ce seuil, il est important de revoir l’offre alimentaire.</p>



<p>De plus, selon la Société canadienne du cancer, il est <a href="https://cancer.ca/fr/cancer-information/reduce-your-risk/eat-well/limit-red-and-processed-meat" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déconseillé</a> de consommer de grandes quantités de viande rouge, telles que le bœuf et le porc, associés à une augmentation du risque de cancers et de <a href="https://observatoireprevention.org/2022/09/13/association-entre-la-consommation-de-viande-rouge-et-le-risque-de-maladies-cardiovasculaires-un-role-important-des-metabolites-de-la-l-carnitine/#:~:text=Une%20nouvelle%20%C3%A9tude%20prospective%20confirme,TMAO%20et%20autres%20m%C3%A9tabolites%20apparent%C3%A9s." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">maladies cardiovasculaires</a>.</p>



<p>Bien sûr, on parle d’une consommation importante de ce type de viande, mais, si l’ASaP tient réellement à présenter un menu proposant des alternatives plus saines, il est évident qu’un remplacement ou une réduction de ces produits s’impose.</p>



<p><strong>La mise en place</strong></p>



<p>Dans la foulée de son projet de carboneutralité, Polytechnique a fait appel au <a href="https://www.asap-polymtl.ca/231108_ASAP_Rapport%20CIRAIG_vi%20-1-.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">CIRAIG</a>, le Centre international de référence sur l’analyse du cycle de vie et de transition durable, afin d’évaluer l’empreinte carbone de l’ASaP et de ses autres activités. Puis, un système d’étiquetage a été mis en place sur les menus des services alimentaires, classant les repas selon leur impact environnemental afin de sensibiliser la communauté étudiante sur ses choix alimentaires.</p>



<p>En mars dernier, des groupes de discussion d’étudiants de Polytechnique ont exploré la réduction des GES, en considérant le remplacement du bœuf, avec une condition de diversification des menus par les services alimentaires. En mai, le conseil d’administration de l’ASaP a décidé d’adopter cette mesure. Depuis, selon le directeur général de l’organisation, l’achalandage à ses points de vente a augmenté de 14,8 % en janvier 2026 relativement au même mois de l’année précédente, alors que les prix des repas ont à peine augmenté de 1 %.</p>



<p><strong>Le revers de la médaille</strong></p>



<p>Évidemment, en tant que <a href="https://www.journaldemontreal.com/2026/01/28/le-buf-banni-des-menus-de-polytechnique-montreal-cest-une-premiere-au-canada-mais-ce-nest-pas-une-surprise#:~:text=Cette%20initiative%20fait%20de%20Polytechnique,des%20raisons%20bien%20s%C3%BBr%20environnementales.%C2%BB" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">première institution</a> à effectuer ce remplacement en Amérique du Nord, Polytechnique a été sujette à de nombreuses critiques. L’ASaP a notamment dû dialoguer avec plusieurs producteurs de bœuf québécois afin de justifier le remplacement de cette protéine dans leur menu. M. Beauséjour-Savard a cependant précisé que la majorité du bœuf utilisé par l’entreprise provenait de l’Ontario et non du Québec. Il a alors souligné que cette transition reflétait également l’importance d’acheter local et d’encourager nos producteurs.</p>



<p>Le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, s’est également <a href="https://www.facebook.com/ppopulaireca/videos/b%C5%93uf-banni-luniversit%C3%A9-de-montr%C3%A9al-sous-le-feu-des-critiques/1433789788376492/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">exprimé</a> sur le sujet en soulignant l’hypocrisie de la mesure et son « aspect non-scientifique » :<em> </em>«<em> Est-ce que les étudiants sont endoctrinés? Les élites mangent du bœuf à la COP 28, mais les jeunes doivent s’en priver? </em>». Bon… clairement, la mesure est basée principalement et presque exclusivement sur des données scientifiques, donc il est difficile de savoir où il veut en venir avec l’« endoctrinement » et le rejet de la science. Concernant l’hypocrisie, je pense effectivement que l’environnement relève d’une responsabilité collective et que tous, y compris les « élites » et les grands diplomates, doivent mettre la main à la pâte. Mais, peut-on réellement parler d’hypocrisie? La décision a été prise par la communauté étudiante dans un but purement environnemental, les « élites » n’ont vraiment rien à faire là-dedans.</p>



<p>Au-delà des dérives politiques et de l’apparition du <a href="https://www.instagram.com/p/DUs8y4XkXww/?img_index=3" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">#BringTheBeefBack</a> apparu sur certains comptes étudiants, plusieurs saluent le fond de la mesure, mais auraient préféré une meilleure mise en place. La diminution progressive du bœuf et non le retrait total, ainsi que la tenue d’une assemblée générale à l’automne permettraient une meilleure implémentation du remplacement.</p>



<p><strong>Ce qu’il reste de la vague</strong></p>



<p>Un <a href="https://www.journaldemontreal.com/2026/01/28/le-buf-banni-des-menus-de-polytechnique-montreal-cest-une-premiere-au-canada-mais-ce-nest-pas-une-surprise#:~:text=Cette%20initiative%20fait%20de%20Polytechnique,des%20raisons%20bien%20s%C3%BBr%20environnementales.%C2%BB" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mouvement</a> se développe au sein de la communauté universitaire pour réduire la consommation de bœuf dans des institutions comme Cambridge et Oxford, avec des efforts globaux pour diminuer le recours à l’industrie bovine.</p>



<p>La vague est bien réelle et elle prend de l’ampleur depuis les dernières années, mais déferlera-t-elle à McGill? Comme McGill est une université qui se distingue par ses considérations environnementales et qui possède un <a href="https://www.mcgill.ca/sustainability/commitments/carbon-neutrality" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">objectif de carboneutralité</a> d’ici 2040, je défends fermement l’avancement de cette proposition. Ses services alimentaires offrent déjà une <a href="https://www.mcgill.ca/foodservices/fr/locations" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">grande variété d’options</a> nutritives, mais, du moins, la diminution progressive de la quantité de bœuf utilisée pourrait contribuer à l’atteinte de ses cibles en matière de GES et permettre de moderniser ses pratiques.</p>



<p>Enfin, il est essentiel de souligner l’importance d’encourager nos producteurs locaux et, qu’évidemment, une telle mesure pourrait affecter leurs revenus, ce qui impacterait alors directement leur capacité à rendre leurs infrastructures plus vertes. C’est l’une des seules réelles impasses à la mise en place d’un remplacement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Le remplacement du bœuf à Polytechnique fait partie d’un<br>raz-de-marée plus large amenant avec lui un impératif de la<br>modernisation de l’élevage et des investissements en ce sens »</p>
</blockquote>



<p>C’est pourquoi il est essentiel d’investir davantage dans notre milieu agricole à l’aide de subventions destinées à la transition écologique. Cela permettra aux éleveurs de raffiner leurs pratiques et de conserver un revenu substantiel. Le remplacement du bœuf à Polytechnique fait partie d’un large raz-de-marée amenant avec lui un impératif de la modernisation de l’élevage et des investissements en ce sens.</p>



<p>Il ne reste qu’à attendre que les vagues atteignent les berges du campus de McGill.</p>
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		<title>Voguing : de Harlem à Montréal</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/voguing-de-harlem-a-montreal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[2SLGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60128</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une danse de contestation en plein essor.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le terme <em>voguing</em> peut paraître assez abstrait pour certains. Il évoque surtout le fameux magazine de mode <em>Vogue</em>, ou encore la chanson de Madonna. Pourtant, le <em>voguing</em> est avant tout une forme de danse née dans les années quatre-vingt dans les <em>ballrooms</em> de New York. L’histoire de cette danse est riche et possède une signification particulière pour la communauté LGBTQ+ noire et latino. Le <em>voguing </em>n’est pas simplement une danse, mais un véritable moyen d’expression et d’émancipation pour un groupe souvent mis à l’écart et discriminé.</p>



<p><strong>Une histoire complexe </strong></p>



<p>Cette danse a initialement vu le jour à New York, plus précisément à Harlem, un quartier où s’est développée une importante communauté afro-américaine LGBTQ+. C’est au cœur de <em>ballrooms</em> – des espaces de compétition créés par des personnes trans afro-américaines et latinos en réaction au racisme souvent présent dans les concours de drag traditionnels que cette danse a pris forme. Ces compétitions opposent différentes houses – des familles de substitution pour les personnes queer rejetées par leurs familles – à travers diverses épreuves, telles que le « <em>realness</em> » (passer comme une personne cisgenre ou hétérosexuelle), la « <em>face </em>» (concentré sur la beauté du visage) ou encore le « <em>voguing</em> ». Ainsi, le <em>voguing </em>est une danse compétitive où chacun cherche à faire rayonner sa house en remportant des trophées. Il s’agit également d’un geste éminemment politique, car il laisse libre cours aux expressions de genre et aux identités de ses participants.</p>



<p>Le <em>voguing</em> s’inspire des poses de mannequins – d’où son nom, emprunté au magazine de mode <em>Vogue </em>– en exagérant notamment les mouvements des mains et des bras. Ce terme recouvre toutefois plusieurs styles distincts. Le <em>Old Way</em>, d’abord, privilégie la linéarité et la droiture des mouvements. Le New Way ajoute ensuite des éléments de contorsion ainsi que le catwalk et le duckwalk. Enfin, le style de <em>voguing</em> le plus contemporain, le vogue fem, qui reprend beaucoup d’éléments du New Way tout en mettant l’accent sur la rapidité et la fluidité des mouvements ; un style qui cherche à célébrer la féminité. </p>



<p>Si, au départ, le <em>voguing</em> restait une pratique limitée à la communauté LGBTQ+ afro-américaine et latino, cette danse a bénéficié d’une exposition mondiale dans les années quatre-vingt-dix, et cela, notamment grâce à la chanson de Madonna, « <em>Vogue </em>». Celle-ci reprend de nombreux éléments de la culture <em>ballroom</em>. Le documentaire Paris Is Burning, mettant en avant la scène de <em>voguing</em> new-yorkaise, participe aussi à sa popularité croissante. Cette exposition médiatique a contribué à la diffusion du <em>voguing</em> à travers le monde, chaque ville développant ses propres styles, pratiques et dynamiques culturelles.</p>



<p><strong>Le <em>voguing</em> à Montréal </strong></p>



<p>Montréal possède aujourd’hui sa propre scène de <em>voguing</em>. Depuis une dizaine d’années, on observe un essor de la culture <em>ballroom</em>, notamment avec l’organisation, en 2017, de l’un des premiers <em>kiki balls</em> de la ville – un format de <em>ball</em> qui regroupe une population souvent plus jeune et pensée comme un espace de préparation aux grands <em>balls</em>. On trouve également de plus en plus de cours de <em>voguing</em> où chacun peut apprendre les rudiments de la danse. Des associations telles que <em>Ballroom For Community</em> proposent régulièrement des événements autour de la culture des <em>ballroom</em> et du <em>voguing</em>, offrant la possibilité au grand public de découvrir une facette importante de la culture LGBTQ+. Toutefois, même avec l’ouverture et la démocratisation de cette pratique, il demeure certains événements qui célèbrent les communautés noires et latinos et qui restent réservés à la communauté d’origine du <em>voguing</em>.</p>
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		<title>Les bienfaits d’être un lâche</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/les-bienfaits-detre-un-lache/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[contribution]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[ignorance]]></category>
		<category><![CDATA[inaction]]></category>
		<category><![CDATA[moralité]]></category>
		<category><![CDATA[savoir]]></category>
		<category><![CDATA[volonté]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60077</guid>

					<description><![CDATA[<p>La neutralité au service des injustices.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Le titre de cet article évoque une de mes tentatives vaines à motiver nos lecteurs dans l’espoir de faire d’eux des contributeurs du Délit. Au cours de ma pseudo-carrière au sein du journal, j’ai essayé la provocation, l’attrition et les supplications, me butant toujours à l’inaction. Compréhensible, pour une pléthore de raisons, parmi les- quelles mon côté abrasif et légèrement détestable doit figurer en tête du classement. Mais j’ose ici formuler l’idée que c’est surtout parce qu’écrire en Opinion exige d’accepter une part de risque et d’aller au-delà du simple recel d’informations exécuté mille fois par les troubadours du quatrième pouvoir. Il faut réfléchir pour soi ; une entreprise des plus vertigineuses lorsqu’on s’est habitué à répéter ce qui a été réfléchi pour nous. </em></p>



<p>La neutralité est une affliction dont l’inaction est le plus virulent symptôme. Ça en jette, non, comme première phrase? Ça fait apprenti-philosophe-frais-chié-arriviste-intellectuel-light. Ça me mérite amplement le statut de dignitaire de la glorieuse McGill University – ne manque plus que ma conversion à l’anglais. Continuons. </p>



<p>Loin de moi l’idée de tous vous traiter de pestiférés intellectuels pour cause de votre refus d’écrire, je dois cependant vous confier que votre inaction me frustre. Mais, soyez sans crainte, vous n’êtes pas seuls. Nous sommes tous tributaires d’un écosystème politico-médiatique qui dévoue tout son savoir-faire à une création de sa neutralité, de son objectivité feinte. Si la neutralité m’est vomitive, c’est bien parce qu’elle cache une sorte de dissimulation systémique et systématique de la vérité. On nous vend l’importance de médias purement factuels, d’une presse libre complètement illusoire, de gouvernements bienveillants et démocratiques… il faut bien que quelqu’un soit le détenteur de la vérité! Je ne veux pas osciller entre cynisme et complotisme, étant moi-même un (minuscule) (microscopique) engrenage de ce système, mais force est d’admettre que chaque action, décision et reportage a un objectif bien plus large que celui d’informer. </p>



<p>Ne sont apolitiques que les annonceurs de numéros de loterie et les diseuses de bonne aventure météorologique. Et encore! Toute action que nous posons est politique, et toute action que nous refusons de poser l’est tout autant. Nous devrions avoir infiniment plus de reproches pour l’inaction réfléchie que pour l’action réfléchie. Et nous devrions carrément monter aux barricades contre ceux qui prétendent être passifs et impartiaux, mais modulent la réalité pour mieux se l’approprier. De toute façon, l’impartialité est un choix en soi, et donc forcément partial, puisqu’il implique notre jugement. Un peu métaphysique comme début d’article, je le concède. Je vous bombarde de concret sous peu, promis. </p>



<p>Innombrables sont les hypocrites qui se donnent bonne conscience en restant objectifs, neutres, impassibles devant toute la misère et la souffrance du monde. </p>



<p>La formule est si efficace. Maquillés et savamment entraînés, les colporteurs de vérité nous vendent leur objectivité de téléjournal. Quand on parle d’Israéliens, d’Américains ou du monde pseudo-développé, les morts sont des victimes, les gens sont tués, assassinés, massacrés. Quand un Gazaoui ou un Soudanais meurt, il existe deux ingénieuses façons de nous le présenter. Soit il meurt, sans plus, d’une mort étymologiquement naturelle, soit c’est un dangereux terroriste, une menace à l’aseptisation générale de notre monde. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Quel intérêt de diffuser ou dénoncer la souffrance si elle ne déstabilise pas notre précieux quotidien? Vaut mieux donner du temps d’antenne à la marmotte qui annonce le printemps ou aux concours pour chiens savants »</p>
</blockquote>



<p>Combien de temps a mis Radio-Canada à enfin utiliser le terme « génocide » après les constats alarmants de l’ONU (déjà 79 ans en retard)? Et La Presse? Et Le Devoir? Et nos gouvernements? Et nous-mêmes? Combien de temps avons-nous prétendu voir dans le meurtre de civils un conflit ambivalent? Combien de temps avons-nous réellement cru que des enfants étaient en réalité des soldats du Hamas? Et le dévoilement de la vérité n’a été rendu possible que par l’énormité du mensonge collectif : 67 000 morts, ça commence à faire tout un tas. Visible depuis la Lune, certainement. Mais pas sur nos écrans. </p>



<p>Faisons un moment abstraction de ce que nos diffuseurs du savoir absolu se plaisent à appeler un conflit. Ce n’est, après tout, qu’un exemple parmi tant d’autres. Au Rwanda, au nom des principes de non-ingérence et de neutralité, 800 000 personnes sont mortes en 100 jours. Même sort pour les peuples du Biafra, du Congo, du Timor, du Myanmar, du Cambodge… Notre penchant pour l’évitement semble motivé par notre niveau d’intérêt envers les victimes. Peut-être qu’elles ne sont tout simplement pas assez blanches pour que l’on s’intéresse à elles de manière désintéressée. Une perte de temps, selon nos régisseurs, de défendre concrètement TOUS les peuples marginalisés et en voie d’extermination. Encore quelques milliards pour l’Ukraine? </p>



<p>Allons plutôt instaurer la démocratie en Irak et au Venezuela, et tant mieux si le pétrole y coule à flots! Allons en Afrique du Sud mettre fin à l’apartheid, si cela nous facilite l’accès aux diamants et aux émeraudes qui y pullulent! Si seulement la Palestine produisait des semi-conducteurs et le Soudan du lithium : on ne parlerait que d’eux. Les grandes puissances se bousculeraient pour les sauver, histoire de leur faire goûter les délices de la démocratie. Adieu l’inaction! </p>



<p>Dommage pour eux de ne pas pouvoir saisir l’opportunité. Les nations en ruine ne peuvent être des victimes aux yeux du monde que si elles sont utiles. Une belle leçon de néo-post-libéralisme-mercantiliste-humanitaire. </p>



<p>Quel intérêt de diffuser ou dénoncer la souffrance si elle ne déstabilise pas notre précieux quotidien? Vaut mieux donner du temps d’antenne à la marmotte qui annonce le printemps ou aux concours pour chiens savants. Du pain tranché et des jeux vidéo. Soyons bêtes. Restons-le. </p>



<p>Je ne suis bien sûr aucunement qualifié pour faire figure de moralisateur de nos institutions. Je ne détiens pas un sens absolu du bien et du mal. Mais faut-il vraiment être parfaitement noble, informé et omniscient pour oser défier les adeptes du vide?</p>



<p>Faut-il vraiment attendre les rapports de l’ONU ou les condamnations en cour internationale pour identifier un crime? Sommes-nous incapables de voir dans la souffrance de l’autre une injustice suffisante pour briser enfin ce sacro-saint attachement à la neutralité journalistique et étatique? Je ne fais pas ici l’apologie de l’ingérence ou d’interventions illégales, évidemment. Je ne fais que m’opposer vertement à l’oisiveté universelle qui nous empoisonne. </p>



<p>Je ne veux cependant pas donner l’impression que je m’oppose à l’information qui pourrait être véhiculée de manière réellement objective. J’argue simplement qu’elle n’existe pas. Il est impossible pour les médias, pour nos élites et autres tortionnaires de nous transmettre la vérité. Il ne s’agira toujours que d’une histoire. Racontée avec brio et en moult détails, mais une histoire quand même. Une histoire pleine de vérité, filmée de manière mensongère. Un montage. Un canular. Une preuve à conviction absolument irréfutable de la complicité de nos systèmes dans la pérennisation des maux de l’humanité. </p>



<p>Cessons donc de prétendre que nous sommes neutres. Ce serait déjà un bon début. Acceptons que tous nos gestes aient un sens idéologique, et que notre inaction soit encore plus condamnable que l’exercice de notre jugement. Rester passif, c’est consentir et collaborer, et l’Histoire ne donne que très peu souvent raison aux collabos. Il en vaudra toujours mieux de défendre ses convictions que de courtiser sans cesse l’appréciation de tous en abandonnant nos combats les plus fondamentaux.</p>



<p>La lâcheté n’est pas génétique ni congénitale ; elle est apprise, acquise, internalisée. Elle n’est heureusement pas incurable. À force de volonté, on peut en venir à bout. Je vous supplie de trouver quelque chose qui saura vous indigner. Et, si vous vous en sentez capables, je vous exhorte de l’écrire. Mais bon, chaque chose en son temps.</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/les-bienfaits-detre-un-lache/" data-wpel-link="internal">Les bienfaits d’être un lâche</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La représentation n’est qu’un premier pas</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/la-representation-nest-quun-premier-pas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dalia Djazouli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[égalité]]></category>
		<category><![CDATA[histoire des noirs]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[polarisation]]></category>
		<category><![CDATA[quotas]]></category>
		<category><![CDATA[représentation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60090</guid>

					<description><![CDATA[<p>Corrigeons l’invisibilité et corrigeons les inégalités socio-économiques.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Super aubaine pour les résidents canadiens en ce Mois de l’histoire des Noirs! Pour la modique somme de <a href="https://disneyworld.disney.go.com/en_CA/events-tours/celebrate-soulfully/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">392,69 $</a>, il est possible de s’offrir quatre jours d’émerveillement au Walt Disney World Theme Park, consacré à la célébration de la culture et de l’héritage noir. La facture est même allégée pour les heureux détenteurs d’un abonnement Disney+. Décidément, l’accessibilité et la diversité sont deux valeurs chères à la multinationale américaine…</p>



<p>Plus sérieusement, l’industrie du divertissement est depuis longtemps un enjeu de représentation. Si mon ironie dissimule mal la critique d’un <a href="https://www.la-croix.com/culture/disney-fait-volte-face-sur-sa-politique-d-inclusion-et-de-diversite-20250217" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">opportunisme éhonté</a>, elle ne se veut pas être un rejet catégorique des efforts dirigés vers une meilleure inclusivité. Le divertissement reste un outil clé d’intégration, capable de façonner l’imaginaire collectif, pour le meilleur comme pour le pire. Le même constat s’applique, d’ailleurs, à l’entièreté de l’espace médiatique.</p>



<p>Toutes les formes de représentation sont-elles pour autant bonnes à prendre? Même celles peu subtiles, qui relèvent davantage de la complaisance que d’un réel souci d’inclusivité? Suffit-il d’ajouter des personnages racisés et queers ici et là, façon de compléter son quota et de se donner bonne conscience? La réponse est non, bien sûr.</p>



<p><strong>Réaffirmer son droit d’exister</strong></p>



<p><a href="https://www.psychologytoday.com/us/blog/psychology-the-people/202112/why-representation-matters-and-why-it-s-still-not-enough" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">L’espace médiatique porte une conception du monde</a>. Celui qui le regarde <a href="https://www.ebsco.com/research-starters/communication-and-mass-media/cultivation-theory" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’internalise</a>. Il s’approprie les normes véhiculées par les médias qu’il consomme. Lorsqu’une personne racisée est exposée à des personnages auxquels elle ne peut s’identifier, et ne voit aucune minorité visible occuper un poste clé au sein du gouvernement, elle en déduira que certaines fonctions ne sont pas taillées pour elle. Un manque de représentation, ou alors une représentation déformée ou négative, instille le doute, entrave la confiance en soi et restreint le champ d’aspirations et d’agentivité. Car plus l’on augmente nos <a href="https://www.icesi.edu.co/blogs/antro_conocimiento/files/2012/02/Hacking_making-up-people.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">possibilités de descriptions</a>, plus l’on élargit nos possibilités de façon d’être et d’agir. Une personne homosexuelle, qui se soupçonnait de l’être, ou qui ne possédait pas toutes les clés de compréhension pour se réapproprier son identité, peut se découvrir à travers la représentation d’un personnage queer, donc, par la représentation d’une orientation sexuelle autre que celle dominante, reconnue par les médias traditionnels. Autrement, comment peut-on envisager d’emprunter une voie dont l’accès semble impensable, ou dont on ignore même l’existence ? </p>



<p>Il n’est donc pas anodin que l’administration Trump, dans le cadre de sa croisade contre le « wokisme », <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/867637/chronique-chasse-mots-interdits" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">proscrive ou considère comme suspecte</a> l’utilisation de termes tels que « trans-sexuels », « antiracisme », « noir», « femmes ». Ces interdictions, qui relèvent ni plus ni moins de la dystopie, traduisent une négation explicite de la diversité et, par extension, des multiples possibilités d’existence qu’elle rend visibles.</p>



<p><strong>Vers une société plus tolérante</strong></p>



<p>La représentation positive n’ouvre pas seulement la voie aux possibles, elle gomme aussi l’invisibilité des communautés marginalisées, devenant un moyen de lutter contre leur stigmatisation. Une exposition et un contact accru à des personnes, ou des personnages issus de différentes communautés permettent de déconstruire les stéréotypes et préjugés qui leur sont associés. À terme, cette <a href="https://www.ebsco.com/research-starters/sociology/contact-hypothesis#:~:text=The Contact Hypothesis posits that,between members of different groups" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">exposition</a> peut atténuer les attitudes discriminatoires et réduire la polarisation.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Le divertissement reste un outil clé d’intégration, capable de façonner l’imaginaire collectif »</p>
</blockquote>



<p>Il reste évidemment du travail à faire. Un sondage réalisé en 2023 mesurait les attitudes des personnes noires américaines vis-à-vis de leur couverture médiatique. Le rapport révèle que <a href="https://www.pewresearch.org/journalism/2023/09/26/black-americans-experiences-with-news/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">57% </a>des participants estiment que les médias d’information couvrent uniquement certains segments de la réalité des communautés noires. Et <a href="https://www.pewresearch.org/journalism/2023/09/26/black-americans-experiences-with-news/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">43% </a>considèrent que leur couverture véhicule largement des stéréotypes à leur égard.</p>



<p><strong>Les quotas : une représentation substantielle ?</strong></p>



<p>Les quotas sont perçus comme un moyen effectif pour réduire la discrimination à l’embauche et rééquilibrer les inégalités d’accès à l’emploi. Mais ces impositions peuvent aussi se révéler limitantes, conduisant à ce qu’on appelle le « <a href="https://globalnews.ca/news/2315588/do-diversity-quotas-work-symbol-vs-substance-in-canadas-cabinet/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plafond de quota</a> ». Une fois remplie, les employeurs n’ont pas d’intérêt à recruter davantage de personnes issues de minorités visibles, figeant ainsi la diversité à un seuil arbitraire.</p>



<p>Des quotas résident aussi l’idée que, si des personnes racisées grossissent les rangs, de la police ou de l’assemblée, elles seront plus à même de représenter les intérêts de leurs communautés et de mettre en œuvre des changements positifs en leur faveur. La réalité est toute autre. Une <a href="https://faculty.washington.edu/jdb/345/345%20Articles/Correll%20et%20al.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">étude</a> menée en 2002 sur les biais au sein des forces de l’ordre révèle que les participants, qu’ils soient noirs ou blancs, sont tous plus susceptibles de tirer sur une cible noire plutôt que l’inverse. Une diversité accrue au sein de la police n’effacera pas, en un claquement de doigts, le racisme systémique qui gangrène l’institution policière.</p>



<p>La représentation, même la plus fidèle à la réalité des communautés marginalisées, ne suffit pas à elle seule. Si l’on s’en contente, on se retrouve dans une impasse, permettant de <a href="https://journals.kent.ac.uk/index.php/klr/article/view/1091" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">disqualifier</a> des réflexions plus larges, celles des obstacles structurels à l’inclusivité. </p>



<p><strong>Politique de reconnaissance </strong></p>



<p>Le multiculturalisme est un pilier de l’identité canadienne. Promu par la Charte canadienne des droits et libertés (1982), il <a href="https://www.cambridge.org/core/journals/canadian-journal-of-political-science-revue-canadienne-de-science-politique/article/puzzling-persistence-of-racial-inequality-in-canada/E89DEFD1170245773E2CDDF23ACACE95" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">s’inscrit</a> dans une politique de reconnaissance permettant l’acceptation d’identités multiples et la facilitation de leur intégration au sein de la société canadienne. Mais sa valorisation, sans aucune forme de nuance, présente aussi le risque d’occulter la réalité des inégalités raciales, qui se traduisent à travers différentes dimensions économiques et sociales. En effet, <a href="https://www.torontomu.ca/content/dam/diversity/reports/state-of-black-economics/DI-FSC_Rapport-2025-sur-la-situation-economique-des-personnes-noires%20(1).pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">15%</a> des Canadiens noirs vivent dans des conditions de faible revenu ; la proportion de la population non racisée s’élève quant à elle à 10,3 %. </p>



<p>La reconnaissance et la redistribution constituent les deux faces d’une même pièce : celle de la <a href="https://journals.kent.ac.uk/index.php/klr/article/view/1091" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">justice sociale</a>. La première, sans la deuxième, entraîne la <a href="https://www.cambridge.org/core/journals/canadian-journal-of-political-science-revue-canadienne-de-science-politique/article/puzzling-persistence-of-racial-inequality-in-canada/E89DEFD1170245773E2CDDF23ACACE95" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">reproduction</a> des inégalités sociales et raciales. Car par sa nature, le racisme systémique se perpétue de lui-même. L’inaction politique est donc amplement suffisante pour reproduire ces inégalités. </p>



<p>Dans ce contexte, la reconnaissance peut devenir un outil de légitimation et d’absolution des politiques, permettant le maintien du statu quo. Elle excuse le manque d’actions concrètes et systématiques visant la réduction de ces inégalités raciales. </p>



<p>Pour Bruce McIvor, expert en droit autochtone, la reconnaissance des droits des Premières Nations dans la Constitution canadienne permet deux choses : la première étant de légitimer la poursuite du projet colonial ; la deuxième de souligner les progrès moraux des descendants des colonisateurs. La reconnaissance demeure purement symbolique. Parmi les <a href="https://www.ctvnews.ca/canada/article/its-going-to-take-us-150-years-canada-still-working-to-implement-truth-and-reconciliation-commission-recommendations/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">94 mesures</a> préconisées en 2015 par la Commission de vérité et de réconciliation du Canada, seules <a href="https://www.pewresearch.org/journalism/2023/09/26/black-americans-experiences-with-news/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">14</a> d’entre elles ont été effectivement réalisées. </p>



<p>Reconnaître le droit à un peuple de vivre dans la dignité, sans que cette reconnaissance soit suivie d’actions concrètes, est vide de sens. Les politiques redistributives doivent donc emboîter le pas. La représentation est essentielle, mais elle ne fait pas tout!</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/la-representation-nest-quun-premier-pas/" data-wpel-link="internal">La représentation n’est qu’un premier pas</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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