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	<title>Archives des Monde - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 23 Sep 2026 02:14:19 +0000</lastBuildDate>
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	<item>
		<title>Arrestations visant les LGBTQ+ en Turquie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/arrestations-visant-les-lgbtq-en-turquie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
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		<category><![CDATA[LGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[queer]]></category>
		<category><![CDATA[turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De la « protection des enfants » à la criminalisation de la communauté.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/arrestations-visant-les-lgbtq-en-turquie/" data-wpel-link="internal">Arrestations visant les LGBTQ+ en Turquie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le dimanche 13 septembre 2026, la police turque a lancé une vague d’arrestations dans 15 provinces du pays. Cette opération cible spécifiquement la communauté LGBTQ+, et s’en prend à des bars, des boîtes de nuit queer, ainsi qu’à des associations LGBTQ+ et à leurs membres, dont certains sont arrêtés à leur domicile. Parmi ces associations, on retrouve notamment <a href="https://www.fugues.com/2026/09/14/vaste-operation-en-turquie-contre-les-militants-lgbtq-au-nom-de-la-protection-de-la-famille/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Kaos GL</a>, l’un des plus anciens et influents groupes de défense des droits LGBTQ+ de Turquie, faisant désormais l’objet d’une enquête pour « <em>obscénité</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au total, <a href="https://www.franceinfo.fr/monde/turquie/en-turquie-le-pouvoir-poursuit-sa-repression-contre-la-communaute-lgbt-et-incarcere-plusieurs-dizaines-de-personnes_8195711.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de 80 personnes</a> ont été placées en détention provisoire. Le ministère de la Justice turc annonce par ailleurs l’ouverture de poursuites judiciaires contre 162 suspects, 9 associations et 13 entreprises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réponse à cette vaste opération de répression, des manifestants se sont <a href="https://www.rtbf.be/article/la-police-turque-arrete-150-personnes-lors-d-une-manifestation-pro-lgbtqia-11785672" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rassemblés</a> devant le tribunal de Çağlayan, dans le nord d’Istanbul, pour dénoncer les arrestations. La mobilisation a toutefois été réprimée à son tour : au moins 150 personnes, parmi lesquelles des journalistes et des avocats, ont été arrêtées selon les médias locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La répression de la communauté LGBTQ+ n’a rien de nouveau en Turquie. Une cinquantaine de personnes avaient déjà été <a href="https://www.franceinfo.fr/societe/lgbt/en-turquie-au-moins-50-personnes-ont-ete-arretees-au-cours-de-la-marche-des-fiertes-d-istanbul_8084000.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">arrêtées</a> lors de la dernière marche des fiertés d’Istanbul en juin. Mais les récentes opérations s’inscrivent dans le cadre de la « <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/15/en-turquie-la-vague-d-arrestations-dans-la-communaute-lgbt-se-poursuit_6774480_3210.html?srsltid=AU7gw4U4IcNzpIPgRlhgWIe_sG7oyjiZWv4A_mRzI8VTRaxZonHhhdeo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">décennie de la famille</a> » défendue par le gouvernement turc. Ce programme politique cherche à « protéger l’institution de la famille et des générations futures », tout en augmentant la natalité. Dans ce contexte, le gouvernement turc dépeint la communauté LGBTQ+ comme un danger. L’opération policière a d’ailleurs été nommée « ma famille en sécurité », sous-entendant que la communauté LGBTQ+ constitue une menace pour la famille. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a qualifié les membres de la communauté LGBTQ+ de « pervers ». Bien qu’être queer ne soit pas illégal en Turquie, cette rhétorique portée par l’État nourrit une stigmatisation bien plus large dans la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette offensive du gouvernement turc suscite de l’inquiétude au sein de la communauté LGBTQ+ locale et annonce une réelle escalade dans les mesures visant les personnes queers. Dans un communiqué publié le 15 septembre, <em><a href="https://www.amnesty.org/en/latest/news/2026/09/turkiye-authorities-must-end-escalating-crackdown-on-lgbti-rights-groups-and-immediately-release-detained-activists/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Amnesty International</a></em> explique que « <em>cette répression massive s’inscrit dans une attaque plus vaste et continue contre les droits des personnes LGBTQ+ et de celles qui défendent ces droits (tdlr)</em> ». La Turquie n’est toutefois pas le premier pays à invoquer la protection de la famille pour légitimer des mesures restrictives envers la communauté LGBTQ+. Une interrogation demeure alors : en quoi l’existence d’une minorité queer pourrait-elle vraiment mettre en « danger » la famille?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un danger pour la famille?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ses détracteurs, l’existence même de la communauté LGBTQ+ remet en question le modèle familial traditionnel. En s’éloignant du modèle classique composé d’un père, d’une mère et de leurs enfants, les personnes queers proposent d’autres formes de relations et de structures familiales, ce qui est parfois perçu comme une remise en cause de cette institution en tant que norme sociale. Au-delà de ce qu’elle représente pour la famille traditionnelle, la communauté queer est également perçue comme étant dangereuse pour les enfants. Cette idée se manifeste notamment dans les controverses autour de la « propagande <em>woke</em> » et les accusations selon lesquelles les personnes LGBTQ+ chercheraient à influencer ou à <a href="https://news.sky.com/story/the-parents-who-say-their-kids-are-being-indoctrinated-by-uk-schools-11720871" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">endoctriner</a> les jeunes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rhétorique n’est pas nouvelle, et des idées similaires avaient déjà été utilisées par des activistes anti-gais dans les <a href="https://www.npr.org/2022/05/11/1096623939/accusations-grooming-political-attack-homophobic-origins" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">années 1970</a> avec des campagnes comme <em>Save our Children</em>, qui présentait les personnes homosexuelles et trans comme des dangers pour les enfants. Ces accusations de « <em>grooming</em> » (terme anglais qui désigne le processus par lequel un adulte aborde intentionnellement des mineurs et les manipule à des fins sexuelles) continuent d’ailleurs d’être mobilisées à ce jour afin de discréditer ou restreindre les discours en faveur de la communauté LGBTQ+. Une technique très efficace, puisqu’elle présente l’intolérance sous l’angle de la protection des enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aux États-Unis, de nombreux scandales ont éclaté cette dernière décennie autour de cette panique morale. Évoquer la communauté queer à l’école ou dans les livres de cours est décrié comme une forme de propagande susceptible de corrompre l’innocence des enfants. C’est donc cette même logique, utilisée dans les années 1970, qui est reprise aux États-Unis aujourd’hui, afin non seulement de présenter la communauté comme perverse, mais également afin d’empêcher toute discussion sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre dans les écoles. La Floride a d’ailleurs adopté<a href="https://www.npr.org/2022/03/28/1089221657/dont-say-gay-florida-desantis" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> en mars 2022</a> la loi « <em>Don’t Say Gay</em> », « Ne dites pas “gai” » afin de limiter les discussions sur la communauté LGBTQ+ dans le milieu scolaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Une technique très efficace, puisqu’elle présente </p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">l’intolérance sous l’angle de la protection des enfants »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, si les défenseurs de cette loi utilisent la protection des enfants comme argument principal, cette idée ne prend pas en compte les effets néfastes que peut avoir le manque de représentation ou de discussion. Tout d’abord, cette loi donne l’impression qu’être queer est quelque chose d’inapproprié, qui ne devrait pas être évoqué, renforçant ainsi les stigmates associés à la communauté. De plus, en empêchant d’évoquer ces sujets à l’école, ces mesures participent à invisibiliser la communauté LGBTQ+, ce qui peut aggraver le <a href="https://www.npr.org/2022/03/30/1089462508/teachers-fear-the-chilling-effect-of-floridas-so-called-dont-say-gay-law" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mal-être</a> des jeunes personnes queers, une population déjà touchée de façon disproportionnée par des problèmes de santé mentale. C’est d’ailleurs ce qu’explique Clinton McCracken, un professeur en Floride, dans un article de NPR : « <em>Je n’apprends pas aux enfants à être homosexuels […] j’essaie de toutes mes forces de leur apprendre à s’accepter tels qu’ils sont.</em> » Ici, ce genre de discussion n’est pas vu comme une propagande pour rendre les jeunes queers, mais simplement comme une manière d’aider les personnes queers à s’accepter.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De protection à criminalisation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La Russie a pris des mesures similaires en adoptant en 2013 <a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2013/06/11/la-russie-reprime-propagande-homosexuelle-et-offenses-aux-croyants_3428182_3214.html?srsltid=AU7gw4VOimtKR76y4bsFI5auTEECgyycH0dSSs4RXEpoKhEEbJUY897g" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">deux lois</a> punissant les actes de « propagande » homosexuelle auprès de mineurs, avec des sanctions allant de l’amende à 90 jours d’emprisonnement lorsque cette « propagande » est diffusée sur Internet. À l’époque, ce sont les mêmes arguments mettant en avant la protection des enfants qui ont été utilisés pour défendre la loi. Mais celle-ci visait seulement les mineurs, une autre loi a été <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2022/11/24/la-russie-durcit-sa-legislation-contre-la-propagande-homosexuelle_6151480_3210.html?srsltid=AU7gw4XnM2gIVXkYzBjMXxYZghgaBf0b5YMdFyFSwehH90XDOTDllv8l" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">adoptée</a> en novembre 2022 qui interdit la « propagande des relations sexuelles non traditionnelles » et étend donc cette interdiction à l’intégralité du champ public. En novembre 2023, la Cour suprême russe a tout simplement banni le mouvement « international LGBTQ+ », considéré comme « extrémiste ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Ce genre de discussion n’est pas vu comme une propagande pour rendre les jeunes queers, mais simplement comme une manière d’aider les personnes queers à s’accepter »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, d’un discours sur la protection des enfants et de la famille découlent des atteintes de plus en plus importantes à la liberté d’expression qui finissent par s’étendre à l’ensemble de la société. Il devient non seulement difficile d’aborder ces sujets avec les enfants, mais tout simplement impossible de les évoquer dans la sphère publique de la société. En Russie, ces lois ont ouvert la porte à la simple criminalisation du mouvement. Reste à voir comment la situation en Turquie évoluera.</p>
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		<item>
		<title>Le drapeau arc-en-ciel retiré de Stonewall</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/le-drapeau-arc-en-ciel-retire-de-stonewall/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
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		<category><![CDATA[administration trump]]></category>
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		<category><![CDATA[new york]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’instrumentalisation des symboles LGBTQ+ dans l’espace public américain.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/le-drapeau-arc-en-ciel-retire-de-stonewall/" data-wpel-link="internal">Le drapeau arc-en-ciel retiré de Stonewall</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le lundi 9 février, le grand drapeau arc-en-ciel qui marquait le monument national de Stonewall Inn à New York, a été retiré de son mât par l’administration Trump. Cela s’est déroulé dans une grande discrétion : un jour, le drapeau flottait au vent dans le parc, le lendemain, il n’y était plus. Le représentant des Services des parcs nationaux (NPS) affirme avoir agi conformément aux directives gouvernementales : selon un <a href="https://home.nps.gov/subjects/policy/upload/Flag_Guidance_Memorandum_1-21-2026.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mémorandum de politique générale</a> publié par le département de l’Intérieur en janvier 2026, il est interdit d’afficher des drapeaux autres que celui des États-Unis et celui du département de l’Intérieur. La communauté LGBTQ+ de New York n’est pas restée sans réagir. <a href="https://www.advocate.com/politics/advocacy/stonewall-flag-removal-protest#google_vignette" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">En moins de 24 heures</a>, plusieurs centaines de personnes se mobilisent et affluent pour protester dans le parc de Stonewall. Le retrait du drapeau arc-en-ciel du monument suscite un énorme mouvement de contestation, et <a href="https://www.nytimes.com/2026/02/12/nyregion/stonewall-flag-protest-nyc.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un le drapeau LGBTQ+ est de nouveau levé le 12 février.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le symbolisme de Stonewall</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1969, une <a href="https://amnistie.ca/sinformer/communiques/international/2019/etats-unis/cinquante-ans-apres-emeutes-stonewall-fierte" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">série d’émeutes</a> ont éclaté à la suite d’un raid mené par un groupe de policiers au Stonewall Inn – un bar queer de New York. Ce qui n’était à l’origine qu’une réaction spontanée de la part des clients du bar se transforme en un véritable mouvement de contestation nationale et donne naissance aux premières marches des fiertés. <em>« Stonewall est très important dans l’histoire queer (tdlr) »</em>, explique la Dre Alex Ketchum, membre du département d’Études sur le genre, la sexualité, le féminisme et la justice sociale à McGill<em>. « C’est un lieu lourd en symbolisme, donc un choix stratégique à cibler. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas non plus la première fois que Stonewall se retrouve dans le viseur de l’administration Trump. <a href="https://www.advocate.com/news/bisexual-rights-stonewall-national-monument" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Plus tôt dans son mandat</a>, le président américain a effacé toute mention se rapportant aux communautés trans, puis quelques mois plus tard aux personnes bisexuelles. <em>« Il faut comprendre que, même avant l’intervention de Trump, le mémorial de Stonewall n’existait pas dans un vide politique »,</em> rappelle Dennis Ohm, doctorant en anthropologie à McGill. Il explique comment les droits et les conditions de vie des groupes les plus marginalisés de la communauté LGBTQ+ sont menacés depuis bien plus longtemps. Il poursuit en affirmant : <em>« Dans la politique LGBTQ+ – surtout dans une société libérale – on met beaucoup l’accent sur les symboles, sur les drapeaux ; mais qu’en est-il des réalités économiques, de l’accès aux soins pour ces communautés marginalisées? »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Politiques d’effacement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réforme s’inscrit dans un contexte de répression politique de plus en plus inquiétant. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump n’a cessé d’invisibiliser les personnes, et les communautés, jugées « radicales » de l’espace public. <em>« Le moins ces communautés sont visibles, plus il est facile de les opprimer sans que cela devienne un sujet de débat public »,</em> explique Naomi Fleeger, étudiante américaine à McGill.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques semaines après son arrivée au pouvoir, Trump commence déjà à effacer les communautés marginalisées de l’espace public. L’organisme PEN America, qui mesure la liberté de la presse, a compilé en fin d’année dernière une <a href="https://pen.org/banned-words-list/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">liste</a> toujours croissante de mots à retirer des plateformes web et documents officiels du gouvernement américain<em>. « J’ai beaucoup de collègues, des historiens queer qui ont écrit des articles pour ces sites, et leurs articles ont été modifiés sans les prévenir »</em>, raconte Dre Ketchum. <em>« C’est tellement grave, et ça se passe partout. Dans l’éducation, les milieux professionnels et même académiques »</em>, déplore-t-elle. <em>« C’est très décourageant, même s’il y a des efforts au sein de la communauté pour pallier ce problème. Plus le temps passe, et plus le processus de reconstruction sera difficile. »</em> Du Canada, tout cela peut paraître distant, mais il est important de noter la montée de la transphobie et de l’homophobie ici aussi. Dre Ketchum avertit contre l’ignorance délibérée : <em>« À une échelle plus locale, l’Université McGill a beaucoup coupé d’initiatives d’équité. Nous sommes attaqués par notre propre administration. Même si on ne retire pas de drapeau arc-en-ciel en ce moment, ce qui se passe aux États-Unis nous montre que ça pourrait toujours arriver. »</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/le-drapeau-arc-en-ciel-retire-de-stonewall/" data-wpel-link="internal">Le drapeau arc-en-ciel retiré de Stonewall</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Entre progrès et criminalité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/entre-progres-et-criminalite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
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		<category><![CDATA[queer]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quel bilan tirer des droits LGBTQ+ en 2025?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/entre-progres-et-criminalite/" data-wpel-link="internal">Entre progrès et criminalité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Dans cette nouvelle section tournante, Le Délit a pour objectif de mettre en lumière la communauté LGBTQ+ dans toute sa beauté et sa diversité, en évoquant son histoire, sa culture et sa présence à Montréal. S’il nous tient à cœur de dédier une section sur toute la richesse qu’apporte cette communauté, il est néanmoins important de dresser un état des lieux des droits des personnes LGBTQ+ dans le monde. En effet, pour avoir la possibilité de parler et de célébrer cette communauté, il faut encore que l’existence de ses membres ne soit ni menacée ni criminalisée. Ainsi, avant de se pencher sur l’ensemble de ses contributions à la société, ce premier article tient à faire un point sur l’année 2025 en termes d’avancées et de reculs de ses droits.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des millions de personnes encore dans l’illégalité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la légalité de l’homosexualité au Canada ne fait aujourd’hui plus l’objet de débats – celle-ci ayant été <a href="https://www.canada.ca/fr/patrimoine-canadien/services/droits-personnes-lgbti.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dépénalisée en 1969</a> – la persécution légale des personnes LGBTQ+ demeure un enjeu encore très actuel à l’échelle mondiale. En 2025 encore, des millions de personnes étaient contraintes de vivre dans l’illégalité et dans la peur de poursuites judiciaires : <a href="https://www.equaldex.com/issue/homosexuality" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">62 pays</a>, soit près de 31 % des États du monde, considèrent l’homosexualité comme un crime. Ces condamnations peuvent aller d’une amende à l’emprisonnement à perpétuité. Ce constat devient encore plus accablant quand on considère que dans <a href="https://www.equaldex.com/issue/homosexuality" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sept de ces 62 pays</a>, l’homosexualité est passible de peine de mort. Le changement de genre est également un droit à l’accès très limité ; il n’est légal de changer de genre sans avoir recours à des opérations médicales que dans 32 pays. Ces chiffres nous rappellent que, malgré d’importantes avancées, la réalité pour un grand nombre de personnes LGBTQ+ est souvent complexe, voire violente.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Ce constat devient encore plus accablant quand on considère que dans sept de ces 62</p>



<p class="wp-block-paragraph">pays, l’homosexualité est passible de peine de mort »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un climat de plus en plus hostile</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Même dans les pays où l’homosexualité et le changement de genre ne sont pas juridiquement condamnables, l’année 2025 a vu planer un climat de plus en plus hostile à l’égard des personnes LGBTQ+. Cette hostilité a pu se traduire par la mise en place de nombreuses lois visant à limiter la visibilité et les libertés de la communauté. Ces mesures sont souvent justifiées par une prétendue volonté de « <a href="https://x.com/PM_ViktorOrban/status/1902014390083133875" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">protéger les enfants</a> » de ce qui est considéré comme de la « propagande woke ». En Hongrie, une loi a été adoptée pour <a href="https://www.amnesty.fr/actualites/interdiction-marches-fiertes-hongrie/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">interdire la Pride de 2025</a>, quelques jours seulement après l’inscription dans la Constitution de l’existence exclusive des genres féminin et masculin. Cet événement ne constitue qu’un exemple parmi d’autres de l’augmentation des attaques contre les droits de la communauté LGBTQ+, en particulier leurs droits de manifester, d’être représentés, et de changer de genre légal.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="780" height="1008" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Gay2-1.jpeg" alt class="wp-image-59913" style="aspect-ratio:0.7738152107664684;width:559px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Gay2-1.jpeg 780w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Gay2-1-650x840.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Gay2-1-150x194.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Gay2-1-768x992.jpeg 768w" sizes="(max-width: 780px) 100vw, 780px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/julietteaviat/?media=1" data-wpel-link="internal">Juliette Aviat</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ces tentatives de marginalisation de la communauté s’inscrivent dans une tendance anti-woke plus globale, incarnée par le mandat de Donald Trump. Depuis son retour au pouvoir, le président des États-Unis a promis de freiner ce qu’il qualifie de « <a href="https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20241223-donald-trump-d%C3%A9lire-transgenre-retour-premier-jour-%C3%A0-la-maison-blanche-phoenix-panama" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">délire transgenre</a> ». Cela a pu s’illustrer par  l’adoption de mesures les excluant de l’armée et des compétitions sportives  féminines. Cette politique a également  donné lieu à d’importantes coupes budgétaires dans les hôpitaux proposant des soins médicaux de transition ainsi que du <a href="https://www.lemonde.fr/en/international/article/2025/08/21/supreme-court-lets-trump-administration-cut-783-million-of-research-funding-in-anti-dei-push_6744592_4.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">programme de diversité</a> DEI (Diversity, Equity, Inclusion). Face à ces récentes mesures et à la montée de l’intolérance à l’égard des personnes transgenres, certains experts en étude sur le génocide et l’institut Lemkin pour la prévention de génocide ont alerté sur les signes avant-coureurs de <a href="https://www.lemkininstitute.com/single-post/experts-warn-u-s-in-early-stages-of-genocide-against-trans-americans" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">potentielles violences de masse</a> contre ces personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces exemples de reculs des droits LGBTQ+ démontrent que, même dans les pays où les membres de la communauté ne sont pas directement soumis à des poursuites pénales, ils ne sont pas pour autant assurés d’être protégés contre des lois répressives, mais aussi contre la discrimination ou les crimes haineux. En effet, seuls <a href="https://www.equaldex.com/issue/hate-crime-protections" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">52 pays protègent les personnes LGBTQ+ contre les crimes haineux</a> et <a href="https://www.equaldex.com/issue/discrimination" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">43 contre la discrimination</a>. Dans la grande majorité des pays, les personnes LGBTQ+ vivent dans la peur constante d’agression et de discrimination, sans même évoquer l’intolérance à laquelle elles sont confrontées au quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des avancées à ne pas négliger</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce triste constat ne doit cependant pas voiler les avancées réalisées en matière d’égalité cette année. Malgré un sentiment de durcissement généralisé des politiques à l’encontre des personnes LGBTQ+, 2025 a aussi eu son lot de bonnes nouvelles. En janvier 2025, la Thaïlande est ainsi devenue le troisième pays d’Asie à <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/01/23/thailande-le-mariage-pour-tous-entre-en-vigueur_6511167_3210.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">légaliser le mariage pour les couples homosexuels</a>, leur conférant les mêmes droits en matière d’héritage, de propriété et<br>d’adoption. La promulgation de cette loi est un progrès majeur pour la communauté LGBTQ+ en Asie, et elle a été vivement célébrée en Thaïlande. Dans un continent où la moitié des pays criminalisent encore l’homosexualité, cette réforme offre un souffle d’espoir et permet à des milliers de personnes d’enfin se marier. Le deuxième pays à avoir légalisé le mariage pour tous en 2025 était le micro-État du Liechtenstein, qui s’ajoute à une liste de près d’une quarantaine de pays qui reconnaissent le mariage entre citoyens du même sexe.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Dans un continent où la moitié des pays criminalisent encore l’homosexualité, cette réforme offre un souffle d’espoir »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’année 2025 a également été marquée par une mobilisation importante de la communauté face à cette répression. En Hongrie, <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/06/28/en-hongrie-a-la-marche-des-fiertes-de-budapest-interdite-par-viktor-orban-une-mobilisation-record-et-des-tensions-attendues_6616284_3210.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">près de 200 000 personnes</a> – une affluence jamais vue auparavant – ont fait le choix de défiler dans les rues de Budapest, et cela malgré les menaces d’amende et d’emprisonnement du gouvernement hongrois. Aux États-Unis, <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/06/08/a-washington-une-mobilisation-massive-pour-les-droits-lgbt-face-aux-menaces-de-l-administration-trump_6611126_3210.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">des milliers de personnes ont défilé</a> à l’occasion de la WorldPride (un mouvement international pour la protection des personnes LGBTQ+), dans un esprit de défiance face aux attaques de l’administration républicaine. Ces manifestations de soutien illustrent la résilience de la communauté LGBTQ+ qui, au cours de son histoire, a constamment dû se battre pour obtenir et préserver ses droits. Elle nous rappelle également l’importance de rendre cette communauté visible, ainsi que les enjeux auxquels elle fait face.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/entre-progres-et-criminalite/" data-wpel-link="internal">Entre progrès et criminalité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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