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	<title>Archives des Cirque - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Fri, 29 Aug 2025 19:14:58 +0000</lastBuildDate>
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	<item>
		<title>Un voyage entre ciel et océan</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/01/un-voyage-entre-ciel-et-ocean/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cirque]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[cirque du soleil]]></category>
		<category><![CDATA[luzia]]></category>
		<category><![CDATA[Montreal]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur <em>Luzia</em> présenté par le Cirque du Soleil.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Un homme est en chute libre. Son parachute refuse de s’ouvrir, et malgré tous ses efforts, il s’écrase bientôt au sol. Lorsqu’il se relève, le monde qui l’entoure est tout autre que celui d’où il vient. C’est ainsi que commence le spectacle Luzia. Après des prestations à New York, c’est Montréal qui a la chance d’accueillir du 15 mai au 24 août 2025 le spectacle du Cirque du Soleil, compagnie circassienne québécoise fondée en 1984 et ayant depuis acquis une renommée mondiale en redéfinissant l’art du cirque.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« En quittant le chapiteau, il est difficile de dire quelle a été la meilleure partie »</p>
</blockquote>



<p>Le titre Luzia est parfaitement représentatif de la prestation : une fusion entre <em>luz</em> et <em>lluvia</em>, signifiant respectivement lumière et pluie en espagnol. Dès le début, la scène est balayée de lumière colorée qui s’ajuste aux différents sentiments que suscitent les numéros : la joie, la curiosité, l’angoisse, la mélancolie. La pluie commence à tomber sur les artistes, parfois par torrents, parfois par gouttes éparses créant des images de fleurs. Un trapéziste exécute des acrobaties au-dessus d’un bassin d’eau et crée des éclaboussures spectaculaires lorsqu’il frôle le sol. Les jeux de lumière et l’usage de l’eau à travers les différents numéros sont époustouflants. Il est fascinant de constater l’aisance des artistes à travailler avec les éléments.</p>



<p><strong>Hommage au Mexique</strong></p>



<p>Les numéros s’enchaînent, tous plus impressionnants que les autres, afin d’honorer la culture mexicaine centrale à ce spectacle. Les acrobates sautent à travers des cerceaux, costumés en oiseaux multicolores à long bec, pendant qu’un grand papillon virevolte au-dessus d’eux, symbolisant la grande migration des monarques. En hommage au cinéma mexicain des années 1920, une trapéziste s’élance sur fond de cactus et un équilibriste en tenue de sauveteur montre l’étendue de son talent. Pour représenter le Jour des morts, cette fête traditionnelle qui commémore les défunts, un artiste se contorsionne au milieu de dizaines de chandelles. Un jongleur s’empare de la scène, suivi d’un autre armé d’un ballon de soccer, sport tant apprécié dans ce pays d’Amérique. Sous une lune rouge, des acrobates exécutent un numéro impressionnant de balançoires russes.</p>



<p><strong>Se laisser transporter par la musique</strong></p>



<p>Une chanteuse entre en scène. Sa voix claire accompagne acapella les artistes, puis les projecteurs reviennent sur elle. Un groupe de musiciens la suit, faisant allusion au mariachi, un genre musical traditionnel mexicain. Tout au long du spectacle, la musique nous transporte. Elle accompagne chaque numéro, ne cesse que pour ces transitions efficaces où le clown, cet homme parachuté dans le monde de Luzia, interagit avec la foule. Le spectateur suit ce clown découvrant un nouveau monde et une multitude de personnages sans qu’il n’y ait de véritable trame narrative. Il suffit de se laisser porter par la beauté des numéros et de la musique. La trompette, le piano, la contrebasse, le tuba, les percussions : chaque instrument trouve sa place et fait vibrer le chapiteau par la force des notes. Les instruments sont même parfois incorporés dans les numéros d’acrobatie, comme cette danseuse qui glisse sur le couvercle du piano alors qu’on y joue une mélodie.</p>



<p><strong>Un spectacle qui marque par sa beauté</strong></p>



<p>En quittant le chapiteau, il est difficile de dire quelle a été la meilleure partie. Ce spectacle nous laisse sans mots par sa complexité. Que ce soit la chute d’eau, les notes résonnantes du tuba ou la hauteur au-dessus de la scène à laquelle se propulsent les artistes, chaque détail contribue à donner sa beauté à Luzia.</p>
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		<title>Le Forum LAB7 des 7 Doigts</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/11/27/le-forum-lab7-des-7-doigts/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cirque]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La technologie a-t-elle sa place chez les arts vivants?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 7 novembre dernier, le collectif de créateur·ice·s de cirque contemporain Les 7 Doigts, originaire de Montréal, a présenté sa deuxième édition du Forum LAB7. Cette journée était consacrée aux échanges professionnels sur le sujet de l’interdisciplinarité entre art vivant et technologie. A‑t-on de la difficulté à percevoir la technologie comme de l’art? Quels sont les défis d’une telle interdisciplinarité? C’est entre autres à ces questions que les discussions se sont attardées, à travers une série de cinq présentations et panels entrecoupés de périodes de réseautage et de démonstrations artistiques.</p>



<p><strong>Obsolescence programmée</strong></p>



<p>L’intérêt de l’utilisation des technologies dans les arts vivants se limite-t-il à la nouveauté? Et une fois qu’elles sont remplacées, est-ce que l’œuvre perd son sens? En réponse à cette question, Laurence Dauphinais, créatrice multidisciplinaire, a décrit les difficultés que rencontrent ces types de projets à trouver leur place. D’une part, le milieu du théâtre ne cherche pas à tout prix l’innovation, et d’autre part, puisque les productions ne reposent pas sur des technologies de pointe, elles ne s’adressent pas non plus au public des arts numériques. Sandra Rodriguez, artiste, chercheuse, directrice de création, productrice et chargée de cours XR+AI au Massachusetts Institute of Technology, ajoute que ces enjeux sont une réalité des arts vivants, mais aussi de plusieurs autres milieux culturels. Pía Balthazar, directrice du développement arts-sciences de la Société des arts technologiques, poursuit en clarifiant que « ce qui compte, ce n’est pas tellement qu’elle [la technologie, <em>ndlr</em>] soit nouvelle, mais que son utilisation corresponde à ce qu’on a besoin d’exprimer ».</p>



<p>C’est dans la relation que le créateur bâtit entre l’utilisation de la technologie et le public que réside la valeur de celle-ci. Isabelle Van Grimde, chorégraphe, fondatrice et directrice artistique de Van Grimde Corps Secrets, conclut en répondant que « c’est important qu’en tant qu’artistes, nous ne devenions pas des vecteurs de démonstration des nouvelles technologies. Elles doivent être au service de notre art, et non l’inverse ». Les arts vivants tirent leur valeur de la performance humaine, en repoussant les limites du corps et de l’espace, devant un public qui s’y reconnaît autant qu’il s’y découvre.</p>



<p><strong>Démonstrations artistiques</strong></p>



<p>Pour conclure la journée, sept numéros ont dévoilé une partie du travail réalisé au LAB7, un laboratoire d’exploration, combinant innovation technologique et performance humaine. Samuel Tétreault, cofondateur et directeur artistique des 7 Doigts et du laboratoire, orchestrait le tout. Les numéros ont été réalisés à l’aide d’un stagiaire programmeur et de quatre artistes finissants de l’École nationale de cirque, qui participaient à la recherche.</p>



<p>Les numéros, courts et improvisés, sont une étape préliminaire d’un projet prévu pour 2025. Alors que les artistes bougent dans l’espace, une caméra de suivi du corps (<em>body tracking</em>) capte leur silhouette, à une vitesse de quatre à dix images par seconde. Une requête faite à une intelligence artificielle générative détermine le contenu des vidéos projetées et la manière dont la silhouette de l’artiste y est intégrée. Je n’avais pas anticipé d’être touchée comme je l’ai été par l’interaction presque symbiotique entre humain et technologie. La vision sensible des 7 Doigts a transformé une simple ébauche en un véritable récit, où la technologie trouvait sa juste place.</p>



<p>Grâce aux artistes qui interrogent tout et transforment ensuite ces réflexions en créations, des innovations émergent. Un logiciel développé dans le cadre d’un petit projet créatif ayant des contraintes spécifiques peut par la suite être réutilisé dans un grand projet d’entreprise technologique. Il y a beaucoup à gagner de cette interdisciplinarité, qui mérite d’être davantage encouragée.</p>
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		<title>Rires sous le chapiteau</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/08/30/rires-sous-le-chapiteau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Aug 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cirque]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le nouveau spectacle de cirque Éclats des 7 Doigts, un pari gagné au Casino de Charlevoix.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">C’est dans le cadre des Fééries de Charlevoix que la troupe de cirque contemporain québécoise Les 7 Doigts présente cet été son nouveau spectacle-cabaret <em>Éclats. </em>Cette création a été<em> </em>montée en un temps record pour les familles et les adeptes de cirque venant des quatre coins du monde. Le collectif de créateurs nous épate une fois de plus, avec cette fois un voyage circassien à travers tout ce qui fait de Charlevoix un endroit magique.</p>



<p>C’est Isabelle Chassé, l’une des sept « doigts » (c’est ainsi que les sept cofondateurs se nomment eux-mêmes) qui a mis sur pieds le spectacle <em>Éclats</em>, une création où les artistes enchaînent acrobaties impressionnantes, chorégraphies aériennes et jeu comique. Un exploit d’organisation! En effet, selon l’article de Jean Siag dans La Presse, le spectacle a été conçu en moins de six mois et le chapiteau a fini d’être monté seulement une semaine avant la première. Même s’il est présenté au Casino de Charlevoix, ne vous attendez pas à des feux d’artifices.</p>



<p>Le nom «&nbsp;Éclats&nbsp;» peut être entre autres apparenté aux éclats de rire qui remplissent le petit chapiteau à chaque intermède comique d’Anthony Venisse, qui sait tisser à sa manière des numéros classiques de l’art clownesque. Les adultes comme les enfants se tordent de rire sur leur siège pendant ce spectacle adressé à un public intergénérationnel. Comme le monde circassien nous l’a cent fois prouvé, le geste le plus commun est souvent le plus riche en potentiel comique. Par exemple, dans <em>Humans</em> de la troupe australienne Circa, dix acrobates tentent de lécher leur coude dans une chorégraphie acrobatique cocasse. Dans le cas d’<em>Éclats</em>, on s’identifie au clown qui passe à travers tous les défis que peut poser le simple fait de manipuler un rouleau de ruban adhésif.</p>



<p><strong>Place aux femmes</strong></p>



<p>Le féminin l’emporte dans ce spectacle-cabaret. De la performance envoûtante de cerceau aérien par Alex Royer (qui remplaçait Laurence Racine-Choinière) à la danse vertigineuse de Marie-Christine Fournier, les artistes aussi fortes que gracieuses gardent les spectateurs sur le bout de leur siège. Toutefois, le numéro de roue allemande par Marilou Verschelden semblait entravé par le diamètre restreint de la scène. Le numéro n’a donc pas été présenté à son plein potentiel et a gardé le public sur sa faim.</p>



<p><strong>Une signature distinctive des 7 Doigts</strong></p>



<p>Lors d’un stage d’un jour aux 7 Doigts en novembre 2019, j’ai eu la chance de parler avec Gypsy Snider, cofondatrice de la compagnie, de ce que la troupe recherche chez les artistes qu’elle engage. Elle m’a expliqué que ce sont les parcours originaux, les talents inattendus et les personnalités affirmées qui font des 7 Doigts une compagnie aussi impressionnante, autant par ses prouesses physiques que par sa touchante humanité. En d’autres mots, ce qui assure le succès des spectacles montés par le collectif, c’est la touche personnelle innovante que les artistes y apportent. À titre d’exemple, dans leur spectacle <em>Cuisine et confessions</em>, chaque acrobate prenait la parole pour raconter une anecdote personnelle attendrissante.</p>



<p class="has-text-align-center"><br>« Après tout, le cirque est un art qui transforme l’imparfait et les défauts de chacun en ce qu’il y a de plus beau.&nbsp;»&nbsp;</p>



<p><em>Éclats</em> n’est pas une exception à cette signature distinctive. Dans le spectacle-cabaret, on retrouve un hommage au Québec, tout comme dans <em>Mon île, mon cœur </em>des 7 Doigts<em>,</em> où un membre de la troupe, originaire d’ailleurs, s’intègre à la culture québécoise par le biais de la musique. Dans <em>Éclats</em>, c’est la chanson <em>Les deux printemps</em> de Daniel Bélanger, interprétée par Joel Malkoff, un artiste anglophone né aux États-Unis, qui m’a touchée droit au cœur. C’est une chanson d’amour poignante, qui a marqué et rassemblé une génération de Québécois. Ce n’est pas ici la parfaite exécution musicale qui est recherchée, mais plutôt la reprise personnelle et assumée du véhicule émotif qu’est cette chanson. Après tout, le cirque est un art qui transforme l’imparfait et les défauts de chacun en ce qu’il y a de plus beau.&nbsp;&nbsp;</p>



<p> Si vous avez la possibilité d’aller voir <em>Éclats</em> des 7 Doigts, cet été ou dans les prochaines années, ne manquez pas cette occasion de combler (ou retrouver) votre cœur d’enfant.&nbsp;</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Uni·e·s sous le chapiteau</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/09/14/uni%c2%b7e%c2%b7s-sous-le-chapiteau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Malo Salmon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Sep 2022 11:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cirque]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[TISS cabaret]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=48771</guid>

					<description><![CDATA[<p>TISS Cabaret : invitation à tisser des liens.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/09/14/uni%c2%b7e%c2%b7s-sous-le-chapiteau/" data-wpel-link="internal">Uni·e·s sous le chapiteau</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Sous le chapiteau de cirque se trouve un lieu d’une profonde richesse fantaisiste, un monde libérant la pensée de toutes les contraintes de l’habitude. Dès que les lumières s’éteignent, l’auditoire est plongé dans un univers inconnu. Le samedi 3 septembre, c’était celui de TISS cabaret.</p>



<p>Un charabia hétéroclite s’empare de l’ouïe alors que les artistes amorcent le spectacle. Se fracasse chaotiquement une averse de dialectes épars qui sème l’incompréhension: anglais, français, espagnol et allemand s’entrelacent en guise de bienvenue.</p>



<p>Au sein de cette tempête de mots, un dialogue en français se forme mais se heurte bientôt à la réalisation de la différence. Cette différence se manifeste par un filet qui se balance entre les deux narratrices, et qui découpe la conversation au gré de ses allers-retours, soulignant les frontières qui séparent les individus: les narratrices prononcent toujours les mêmes phrases à l’exception du dernier mot.</p>



<p>Le récit progresse, mais les histoires des narratrices divergent. Le personnage de la petite Julia, la protagoniste de la première des deux histoires contées, se retrouve prisonnière du filet de ces divergences. Alors qu’elle jonglait initialement avec des pelotes de laine, on voit un filet qui se resserre autour d’elle petit à petit. Julia s’enfarge et trébuche en tentant d’échapper au nœud qui l’étreint.</p>



<p>Emprisonnée par le sentiment inconnu d’être pris dans un filet, Julia laisse place au récit de Timmy et c’est par son voyage que l’on cherche à comprendre l’essence même de ce qu’est le filet. Jongleries et acrobaties se confondent alors qu’il tâte aveuglément le nœud central de la toile qui le piège. Son exploration l’entraîne dans une ascension au terme de laquelle il paraît découvrir ce qui l’entrave: son individualité, sa différence, son soi est la barrière qui semble l’isoler. Pour traverser le fossé qui le sépare d’autrui, Timmy s’élance et se confie dans les bras de la narratrice en espérant qu’elle l’accueillera.</p>



<p>S’ensuit une série d’actes au travers desquels les artistes apprennent à se situer au sein d’un groupe. Chaque mouvement est partagé, chaque individu abandonne une partie de lui-même à la recherche d’un mouvement commun, mouvement plus grand que la somme des individus. Entre autres, l’harmonie naissante du rythme autant visuel qu’auditif de la troupe de danse percussive, où l’on voit chaque danseur·se se mouvoir sous une mesure claquée par ses compères, nous rappelle comment les formes les plus belles fleurissent d’un effort collectif.</p>



<p>Le spectacle prend alors une tournure nouvelle. Ce message d’unité et d’abandon de soi au sein de la multitude se transmet de manière participative aux spectateur·rice·s. Les membres du public se passent une pelote de laine, tenant le fil traînant derrière la pelote qu’ils·elles envoient à un·e voisin·e. La timidité de chaque spectateur·rice s’introduisant et s’ouvrant à ses voisin·e·s se transforme bientôt en émerveillement tandis que le chapiteau s’unit sous une toile de laine reliant tout un chacun.</p>



<p>Le public étant rassemblé et ne formant plus qu’un, les circassien·ne·s orchestrent une symphonie que seule la toile qui unit le chapiteau pourrait jouer. Chants aigus et graves, claquements de main et de doigts se confondent et se complimentent alors qu’une section sifflote un air et qu’une autre tambourine. L’espace même semble alors fredonner un air qui vient toucher le cœur du moment.</p>



<p>La symbolique du filet semble alors devenir autre; il n’est plus ce qui entrave les personnages du spectacle, mais bien ce qui les soutient et les élève vers leur épanouissement collectif. Il est l’étoffe cousue par les liens que les artistes individuel·le·s ont tissés entre eux·lles.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/09/14/uni%c2%b7e%c2%b7s-sous-le-chapiteau/" data-wpel-link="internal">Uni·e·s sous le chapiteau</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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