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	<title>Archives des International - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Fri, 20 Mar 2026 17:54:29 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Iran : le réveil du Lion et du Soleil</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/iran-le-reveil-du-lion-et-du-soleil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mojhan Abesque]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[contestation]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[iran]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une lutte courageuse menée malgré la répression et l'incertitude de la guerre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/iran-le-reveil-du-lion-et-du-soleil/" data-wpel-link="internal">Iran : le réveil du Lion et du Soleil</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Lors de leur match d’ouverture à la Coupe d’Asie le 2 mars 2026, les joueuses de soccer de l’équipe iranienne <a href="https://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/iran-womens-football-team-australia-b2936304.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">se sont tenues droites et silencieuses</a> pendant l’hymne de la République islamique d’Iran. Leur silence a retenti à travers le monde comme un rugissement de défi. Il s’agissait d’un acte politique risqué qui pouvait leur valoir l’exécution à leur retour au pays. L’Australie a depuis offert l’asile politique aux joueuses dont <a href="https://www.nytimes.com/athletic/7105262/2026/03/11/iran-football-australia-asylum/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">les familles se voient maintenant menacées d’être prises en otage par le régime. </a></p>



<p><strong>Une contestation qui perdure </strong></p>



<p>Le geste des joueuses n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une longue histoire de protestation du peuple iranien contre son gouvernement, dont les femmes comptent parmi les sujets les plus opprimés. Le clergé au pouvoir impose notamment le port obligatoire du voile, <a href="https://www.amnesty.org/en/latest/news/2024/12/iran-new-compulsory-veiling-law-intensifies-oppression-of-women-and-girls/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le non-respect duquel peut mener à la prison, à la flagellation, voire à la peine de mort.</a> Malgré ces risques et les violences qu’elles subissent, les femmes iraniennes ont toujours été à l’avant-plan de l’opposition.</p>



<p>Le mouvement Femme, Vie, Liberté, déclenché en septembre 2022 après la mort de Mahsa Amini (22 ans), décédée à la suite de son arrestation par la police des mœurs pour un voile jugé mal porté, a été l’un des soulèvements les plus importants en Iran depuis la révolution de 1979. Les femmes iraniennes menaient les manifestations, découvraient leurs cheveux, dansaient et chantaient dans les rues : des actes blasphématoires qui avaient mené à une <a href="https://www.amnesty.org/en/latest/news/2024/09/iran-two-years-after-woman-life-freedom-uprising-impunity-for-crimes-reigns-supreme/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">répression sanglante</a>.</p>



<p><strong>La situation aujourd’hui </strong></p>



<p>Plus récemment, en décembre dernier, le peuple s’est soulevé pour contester le <a href="https://www.euronews.com/business/2026/01/09/irans-revolutionary-guard-control-the-economy-heres-why-the-currency-suffers" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">coût de la vie devenu insoutenable</a> à la suite de la chute de la devise iranienne, due notamment à l’accaparement et à la mauvaise gestion des ressources par un gouvernement rongé par la corruption. Arborant le drapeau du Lion et Soleil, devenu symbole de l’identité nationale et du sécularisme, les protestataires réclamaient la fin du régime clérical. Les 8 et 9 janvier, le régime a ordonné à ses troupes d’ouvrir le feu sur les manifestants pacifiques avec des armes d’assaut. On estime que <a href="https://www.theguardian.com/global-development/2026/jan/27/iran-protests-death-toll-disappeared-bodies-mass-burials-30000-dead" type="link" id="https://www.theguardian.com/global-development/2026/jan/27/iran-protests-death-toll-disappeared-bodies-mass-burials-30000-dead" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de 30 000 manifestants ont été tués</a>. De plus, l’État iranien exigeait des familles une somme de <a href="https://www.bbc.com/news/articles/c4g5md1n1yxo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">700 millions à 1 milliard de tomans</a> (6800 à 9500 dollars dollars) pour la dépouille de leur proche – une rançon d’autant plus révoltante dans un contexte économique précaire.</p>



<p>Quarante jours après les massacres – une étape importante du deuil dans la tradition chiite – les familles iraniennes rompent le fil du récit. Elles refusent de pleurer leurs proches. Dans un geste de réappropriation, elles transforment les funérailles en célébrations défiantes, faisant de la musique et de la danse – des pratiques proscrites en Iran – leur langage de contestation. Les endeuillés se dissocient ainsi de l’État et de l’idéologie qu’il promeut. « Au lieu de lamentations religieuses, le peuple chante; au lieu de religion, il parle de patrie; et au lieu de martyrs, il appelle ses victimes javid-nam – ceux et celles dont le nom est éternel », <a href="https://www.iranintl.com/en/202602221577" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">explique Mohammad-Javad Akbarin</a>, un dissident iranien spécialiste de l’Islam. </p>



<p>Au vu de l’échec des soulèvements populaires à faire changer les choses, bon nombre d’Iraniens à l’intérieur et à l’extérieur du pays ont placé leurs espoirs dans une intervention militaire étrangère. <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/mar/01/celebration-or-grief-khameneis-death-brings-contrasting-emotions-in-iran" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">On les a vus jubiler</a> à l’annonce de la mort du guide suprême Ali Khamenei dans les frappes israélo-américaines le 28 février. Aujourd’hui, ils sont traversés de sentiments mitigés : la peur face au quotidien de la guerre et l’espoir à l’idée que le joug de la République islamique, après 47 ans de terreur, se relâche enfin.</p>
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		<title>Le retour de la rougeole aux États-Unis</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/le-retour-de-la-rougeole-aux-etats-unis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[rougeole]]></category>
		<category><![CDATA[vaccin]]></category>
		<category><![CDATA[vaccination]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59981</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les conséquences du mouvement antivax.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/le-retour-de-la-rougeole-aux-etats-unis/" data-wpel-link="internal">Le retour de la rougeole aux États-Unis</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 30 janvier 2026, le département de la santé publique de la Caroline du Sud a <a href="https://dph.sc.gov/news/friday-measles-update-dph-reports-58-new-measles-cases-upstate-bringing-outbreak-total-847" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déclaré</a> 58 nouveaux cas de rougeole, portant le total à 847 en l’espace d’un mois. Parmi ces personnes, 761 sont mineures, dont 222 ont moins de cinq ans, et 760 ne sont pas vaccinées. La <a href="https://msss.gouv.qc.ca/professionnels/maladies-infectieuses/rougeole" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rougeole</a> est une maladie respiratoire grave, virale et extrêmement contagieuse qui se caractérise entre autres par de la fièvre, une forte toux et des éruptions cutanées. La Caroline du Sud n’est pas le seul État touché par cette épidémie : <a href="https://www.azdhs.gov/preparedness/epidemiology-disease-control/measles/index.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’Arizona</a> et <a href="https://files.epi.utah.gov/Utah%20measles%20dashboard.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’Utah</a> connaissent également une résurgence des cas de rougeole. Dans une entrevue avec <em>Le Délit </em>au sujet de ces récentes épidémies, Dre Nicole Basta, experte en épidémiologie des maladies infectieuses, rappelle « <em>l’importance d’atteindre et de maintenir une couverture vaccinale élevée </em>(<em>tdlr</em>) ».</p>



<p><strong>Une petite histoire</strong></p>



<p>La rougeole est presque entièrement évitable grâce à un vaccin. Une première version du vaccin contre la rougeole est développée en 1963 par Dr John Franklin Enders. Ce dernier est ensuite utilisé pour la fabrication du vaccin MMR (<em>measles, mumps, rubella</em>), puis rendu obligatoire aux États-Unis en 1980. Ce vaccin est considéré comme celui ayant sauvé le plus d’enfants d’une mort prématurée, et a réduit les cas de rougeole de <a href="https://ourworldindata.org/vaccination" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">99,9 %</a>. C’est notamment grâce à lui qu’en 2000, les États-Unis <a href="https://www.kff.org/other-health/measles-elimination-status-what-it-is-and-how-the-u-s-could-lose-it/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ont obtenu le statut de pays</a> ayant éliminé la rougeole. Cela risque toutefois de ne pas durer : <a href="https://www.paho.org/fr" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’Organisation panaméricaine de la santé</a> a <a href="https://www.paho.org/en/news/16-1-2026-measles-elimination-status-united-states-and-mexico" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">invité</a> les États-Unis, le 13 avril 2026, à réexaminer leur statut. Ce ne sera pas le premier pays à perdre ce statut : ce fut le cas du <a href="https://sante-infobase.canada.ca/rougeole-rubeole/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Canada</a> en 2025, ou encore du <a href="https://www.who.int/europe/news-room/events/item/2025/09/15/default-calendar/14th-meeting-of-the-european-regional-verification-commission-for-measles-and-rubella-elimination-(rvc)" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Royaume-Uni</a> en 2026. Dre Basta souligne la gravité de la situation : « <em>Nous devons voir cette perte de statut dans des pays qui avaient obtenu un succès massif en matière de santé publique comme un sérieux signal d’alarme. </em>»</p>



<p><strong>Récapitulatif de la situation</strong></p>



<p>L’argument américain contre les vaccins ne date pas d’hier, mais depuis la crise du COVID-19, le mouvement antivaccination a pris beaucoup d’ampleur. D’après le chercheur <a href="https://www-sciencedirect-com.proxy3.library.mcgill.ca/science/article/pii/S0264410X25008540" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Gavin Yamey</a>, « <em>la nature universelle de la pandémie du COVID-19 a permis aux antivax d’atteindre un plus grand auditoire </em>». Au cours d’un échange avec <em>Le Délit, </em>Dr Shashika Bandara, chercheur post-doctoral et instructeur au département de santé publique de McGill, acquiesce. Il explique : « <em>les gens se sentaient personnellement et émotionnellement touchés par ces questions de santé publique, ce qui les a rendus plus susceptibles aux campagnes de désinformation. </em>»</p>



<p>On remarque dès cette période une recrudescence des cas de rougeole, avec <a href="https://www.cdc.gov/measles/data-research/index.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1274 cas en 2019</a>. Cela coïncide avec la première présidence de Trump. Bien que ce nombre diminue significativement l’année suivante (13 cas en 2020), le retour de Trump à la Maison-Blanche marque un nouveau virage dans les attitudes vis-à-vis des vaccins – notamment celui de la rougeole. Si, en 2024 on compte seulement 285 cas, plus de 2267 personnes attrapent la rougeole en 2025, et l’année 2026 ne s’annonce pas plus encourageante à cet égard.</p>



<p>Interrogé sur la question, Dr Bandara insiste sur l’importance de ne pas attribuer toute la responsabilité au président américain. « <em>Trump est important, </em>concède-t-il, <em>mais il ne faut pas oublier la machine politique derrière lui. Ce sont les hommes comme Robert Kennedy Jr. qui implémentent ces réformes </em>». Il souligne l’existence du <em><a href="https://project2025summary.org/kb/hhs/?keywords=vaccine" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Project 2025</a></em>, un manifeste conservateur de 900 pages élaboré avant la réélection de Trump. Le rapport recommande un grand nombre de réformes, dont une restructuration du système de vaccination. Aujourd’hui, ces ambitions se sont concrétisées avec la nomination de Kennedy Jr. – un fervent opposant à la vaccination – à la tête du département de la Santé et des Services sociaux.</p>



<p>Dr Bandara met également en garde contre le risque de tomber systématiquement dans une attitude condescendante à l’égard des antivax. Face aux campagnes de désinformation et aux infox sur les réseaux sociaux, « <em>tout est réuni pour semer le doute </em>», et il peut être difficile de savoir quoi et qui croire. En outre, « <em>de nombreuses communautés souvent marginalisées, comme les personnes de couleur aux États-Unis ou les autochtones au Canada, ont été victimes d’expériences immorales aux mains du système de santé </em>», explique-t-il, « <em>ils ont de bonnes raisons d’en être méfiants </em>».</p>



<p>Maintenant que cette dynamique est enclenchée, il peut être difficile d’en entrevoir l’issue, d’autant plus que la pression ne fait que grandir avec la résurgence de maladies évitables comme la rougeole. Pour inverser la tendance, Dr Bandara souligne l’importance d’un « <em>effort de communication continu, appuyé par des mesures politiques </em>». Il estime qu’aucun changement durable ne peut être engagé si ces deux aspects ne sont pas mis en œuvre conjointement.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/le-retour-de-la-rougeole-aux-etats-unis/" data-wpel-link="internal">Le retour de la rougeole aux États-Unis</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>La fécondité chute, les gouvernements s’inquiètent</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/la-fecondite-chute-les-gouvernements-sinquietent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[démographie]]></category>
		<category><![CDATA[fécondité]]></category>
		<category><![CDATA[fertilité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59732</guid>

					<description><![CDATA[<p>Devenir parent intéresse de moins en moins.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">De la Chine au Canada, en passant par l’Europe, des rapports sur les faibles taux de natalité en 2025 sonnent l’alarme sur le futur économique et sociétal de certaines régions. Pour combattre les risques que cela accompagne – stagnation économique, perte de main-d’œuvre, vieillissement de la population – les pays concernés adoptent des stratégies variées. Les gouvernements s’appuient notamment sur des incitations financières, des mesures sociales et sur l’immigration. Les résultats sont pour l’instant variés et flous.</p>



<p><strong>Regret chinois</strong></p>



<p>Si la Chine reste un géant de la population mondiale, <a href="https://www.nytimes.com/2026/01/18/business/china-population-data.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">elle a subi un avertissement démographique en 2025</a>. 11,3 millions d’habitants du pays sont décédés, contre seulement 7,92 millions de naissances, soit 1,62 million de moins qu’en 2024. C’est la quatrième année d’affilée que la population chinoise diminue, et son taux de fécondité extrêmement faible, à la hauteur d’un enfant par femme, est <a href="https://www.bbc.com/news/articles/c79r7v7qr53o" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">inquiétant pour le futur</a>. En effet, un taux de 2,1 est nécessaire pour éviter un déclin démographique. Le gouvernement chinois se trouve alors face à l’impasse, et plusieurs estiment que c’est la faute de certaines politiques du passé. Entre 1979 et 2015, le Parti communiste chinois (PCC) avait en effet mis en place la politique de l’enfant unique, limitant chaque famille à un seul enfant. Cette stratégie a non seulement mené à un bouleversement social d’une terrible violence – plusieurs enfants ont été abandonnés et de nombreuses filles cachées de la société – mais est aujourd’hui grandement <a href="https://abcnews.go.com/Health/wireStory/experts-question-chinas-child-policy-place-129375265" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">responsable de la tendance démographique inquiétante en Chine</a>.</p>



<p>La baisse du taux de fécondité est autant un enjeu politique que sociétal. Si moins d’enfants naissent, c’est aussi parce que de moins en moins de Chinois veulent devenir parents. Le coût monétaire, ainsi que les sacrifices sociaux et professionnels, rendent la perspective d’élever un enfant plus pesante. Les habitants, notamment dans les grandes villes, témoignent d’un coût tout simplement trop élevé, les subventions semblant alors dérisoires. Pour combattre la décroissance démographique, le gouvernement emploie plusieurs moyens. La déclaration par le PCC de l’accouchement comme un acte patriotique résume l’aspect existentiel de ces enjeux. En parallèle, le gouvernement s’engage également dans l’accompagnement familial et <a href="https://www.theguardian.com/world/2025/dec/18/china-to-raise-tax-condoms-boost-birth-rate" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">augmente les taxes sur les préservatifs</a>. Ensemble, ces mesures cherchent à encourager les jeunes Chinois à fonder une famille. Un effort qui, pour l’instant, n’a pas porté ses fruits.</p>



<p><strong>L’Occident : mêmes tendances, mêmes enjeux</strong></p>



<p>Le vieillissement de la population est pour l’Europe une tendance qui persiste. L’Italie, l’Allemagne ou encore le Royaume-Uni sont depuis longtemps confrontés à cette dynamique, et demeurent sans bonne réponse. Dans l’Union européenne, <a href="https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Fertility_statistics" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le taux de fécondité était de 1,38 en 2023</a>. Aucun de ses pays membres n’a enregistré un taux supérieur à 1,81, encore loin des 2,1 nécessaires pour une reproduction démographique.</p>



<p>La France, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a observé <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/01/13/la-france-a-enregistre-plus-de-deces-que-de-naissances-en-2025-une-premiere-depuis-la-fin-de-la-seconde-guerre-mondiale_6661812_3224.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de morts que de naissances sur son territoire</a> : 651 000 décès contre 645 000 nouvelles naissances. Jusqu’à récemment, la France se distinguait en Europe par sa population dynamique, grâce à des politiques sociales avant-gardistes incitant ses citoyens à fonder de nouvelles familles. Depuis 1932, <a href="https://www.vie-publique.fr/eclairage/20144-la-politique-de-la-famille-depuis-1932-chronologie" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une politique sociale destinée au renouvellement des générations</a> porte cet élan familial dans l’hexagone. Un élan, donc, qui perd son impulsion. Le Canada n’est pas mieux placé, <a href="https://www.ctvnews.ca/canada/article/canadas-fertility-rate-has-reached-a-new-low/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">avec 1,25 naissance par femme</a>, et se retrouve donc confronté aux mêmes enjeux.</p>



<p><strong>Enjeux sociétaux et mcgillois</strong></p>



<p>En Europe comme au Canada, cette évolution démographique transforme les rapports entre les générations. Au Canada, la tranche d’âge de 60 à 64 ans est <a href="https://www.populationpyramid.net/canada/2024/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1,43 fois plus peuplée</a> que celle de zéro à quatre ans. Au fil des années, on risque alors d’observer <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/01/13/le-vieillissement-de-la-population-se-poursuit-selon-l-insee-et-l-adaptation-des-politiques-publiques-tarde_6661809_3224.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une dépendance plus importante</a> de la population âgée sur la jeunesse, pourtant de moins en moins nombreuse. Le financement de la retraite, la productivité du travail ou encore la nécessité de l’immigration comptent parmi les nombreuses questions que soulève l’évolution négative des taux de fécondité. L’immigration maintient actuellement la croissance démographique et la main‑d’œuvre dans plusieurs de ces pays, mais elle suscite de vives controverses politiques.</p>



<p>L’enjeu de l’éducation supérieure est tout aussi central. La <a href="https://www.ctvnews.ca/montreal/article/quebec-women-are-having-fewer-kids-and-having-them-later-in-life/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">population de jeunes nés au Québec diminue</a>, conséquence d’un taux de fécondité de 1,33. Pour renouveler continuellement sa population étudiante, l’Université McGill devra potentiellement changer son modèle de recrutement. Dans un contexte où <a href="https://montrealgazette.com/news/quebec-unveils-caps-on-international-students-for-2025-26-academic-year" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le gouvernement québécois décourage l’arrivée d’étudiants internationaux</a>, moins de jeunes québécois signifie un marché universitaire favorable à l’acheteur. <a href="https://www.npr.org/2025/01/08/nx-s1-5246200/demographic-cliff-fewer-college-students-mean-fewer-graduates" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Ce phénomène</a> implique plus de compétitivité entre les universités, et donc davantage de choix pour les étudiants.</p>



<p>À l’échelle internationale, en Chine comme en Occident, les dynamiques de pouvoir sont bouleversées par le déclin de la population. Les pays du Sud deviennent alors l’engin de la croissance démographique et peuvent y voir une occasion de renverser les structures de pouvoir économique, en proposant le marché et la main‑d’œuvre du futur.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/la-fecondite-chute-les-gouvernements-sinquietent/" data-wpel-link="internal">La fécondité chute, les gouvernements s’inquiètent</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>À Minneapolis, la colère des habitants face à la police de l’immigration</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/a-minneapolis-la-colere-des-habitants-face-a-la-police-de-limmigration/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Aurélien Quéméner]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
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		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[minneapolis]]></category>
		<category><![CDATA[minnesota]]></category>
		<category><![CDATA[Police]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59750</guid>

					<description><![CDATA[<p>La mort d’un deuxième manifestant, tué par ICE, fait encore monter la tension.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/a-minneapolis-la-colere-des-habitants-face-a-la-police-de-limmigration/" data-wpel-link="internal">À Minneapolis, la colère des habitants face à la police de l’immigration</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Los Angeles, Memphis, Chicago, Washington, La Nouvelle-Orléans et maintenant Minneapolis. Depuis plusieurs mois, ces métropoles sont devenues les cibles de Donald Trump, qui y a déployé la garde nationale, ou de nombreux agents de la police de l’immigration, connue sous l’acronyme ICE (<em>Immigration and Customs Enforcement</em>). Minneapolis, ville démocrate du Minnesota, abrite une large population immigrée d’origine africaine, en particulier de Somalie et d’Éthiopie. Elle est critiquée par l’administration Trump pour son laxisme face au crime.</p>



<p>Fin 2025, l’administration américaine a lancé dans le Minnesota l’opération <em>Metro Surge</em>, qualifiée par <a href="https://www.pbs.org/newshour/politics/2000-federal-agents-sent-to-minneapolis-area-to-carry-out-largest-immigration-operation-ever-ice-says" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Todd Lyons</a>, directeur par intérim de l’ICE, comme la « <em>plus grande opération anti-immigration jamais réalisée </em>(<em>tdlr</em>) »<em>. </em>Elle vise en particulier les immigrés somaliens de la ville, accusés par l’administration républicaine de fraude durant la pandémie de COVID-19. Ils auraient, selon lui, volé des <a href="https://www.nytimes.com/2025/11/29/us/fraud-minnesota-somali.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">centaines de millions de dollars</a> destinés à nourrir des enfants dans le cadre d’un programme gouvernemental. Entre <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/17/minneapolis-nouvel-epicentre-de-la-revolte-contre-donald-trump-l-ice-ne-s-attendait-pas-a-ca_6662719_3210.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2 000 et 3 000 policiers</a> de l’immigration seraient déployés dans le cadre de cette opération.</p>



<p>Dans une entrevue accordée au <em>Délit</em>, Brendan Szendrő, professeur de sciences politiques à l’Université McGill et spécialiste en politique américaine, explique qu’il y a une perception commune chez les républicains que les villes démocrates permettent aux extrémistes politiques (de gauche, <em>ndlr</em>) de pratiquer des activités illégales. Ainsi, « Trump veut déporter autant de personnes qu’il peut pour montrer à la base républicaine qu’il combat le crime dans les villes démocrates ». Cela intervient à un moment où il est confronté, y compris au sein du parti républicain, à des dossiers comme l’affaire Epstein et le Groenland.</p>



<p>La focalisation de l’administration Trump sur Minneapolis ne doit rien au hasard : c’est dans cette même métropole qu’avait été tué George Floyd en juin 2020 par un policier, durant le premier mandat du président républicain, rappelle Szendrő. Ce <a href="https://www.cnn.com/2023/06/16/politics/minneapolis-police-department-justice-george-floyd" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">meurtre</a> avait mené à d’importantes manifestations et émeutes à travers le pays, et avait déclenché le mouvement BLM (<em>Black Lives Matter</em>), qui continue de résonner aujourd’hui.</p>



<p><strong>Une population en colère</strong></p>



<p>Szendrő nous explique ainsi que la relation entre Minneapolis et les forces de l’ordre a toujours été conflictuelle : <em>« Les gens ne font pas confiance à la police et vice versa. » </em>Le meurtre de Renee Nicole Good le 7 janvier avait causé l’émoi à l’échelle nationale et des milliers de personnes avaient manifesté pour que l’ICE quitte Minneapolis. Malgré le froid extrême qui touche le continent américain ces derniers jours, des dizaines de milliers de manifestants se rassemblent <a href="https://www.cbc.ca/news/world/minneapolis-clergy-arrest-protest-9.7058754" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">quotidiennement</a> pour exiger le départ de la police de l’immigration de leur ville.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Trump veut déporter autant de personnes qu’il peut pour montrer à la base républicaine qu’il combat le crime dans les villes démocrates »</p>



<p class="has-text-align-center"><sup>Brendan Szendrő, professeur de sciences politiques à McGill</sup></p>
</blockquote>



<p>Sur les réseaux sociaux, de nombreux comptes appellent aussi à la résistance contre ICE. <a href="https://www.instagram.com/stopicenet/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">@stopicenet</a>, un compte Instagram qui cumule plus de cent mille abonnés, relaye les arrestations commises par l’ICE, dont <a href="https://www.cnn.com/2026/01/23/us/liam-conejo-ramos-ice-wwk" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">celle d’un enfant de cinq ans</a>, qui a suscité l’indignation dans tout le pays. Un site web du même nom, <a href="http://stopice.net" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">stopice.net</a>, permet, grâce à une carte interactive et un forum de discussion, de repérer des agents de l’immigration et d’en alerter les sans-papiers.</p>



<p><strong>L’impunité des agents de ICE</strong></p>



<p>Moins de trois semaines après le meurtre de Renee Good, la police de l’immigration a tué un deuxième manifestant à Minneapolis. Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/25/que-sait-on-de-la-mort-d-alex-pretti-tue-par-la-police-de-l-immigration-a-minneapolis_6663980_3211.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a été abattu</a> alors qu’il était au sol, désarmé, et que de nombreux agents le maintenaient immobile. Alors que Donald Trump a déjà traité l’homme de <em>« <a href="https://www.nytimes.com/live/2026/01/25/us/minneapolis-shooting-ice" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">terroriste domestique</a> »</em>, de nombreux sénateurs des partis républicain et démocrate ont demandé l’ouverture d’une enquête indépendante sur les circonstances entourant la mort de l’homme. Il est traité de terroriste par l’administration pour son port d’arme, un droit pourtant garanti par le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis. Comme dans le cas de l’enquête autour de la mort de Renee Good, le département de la Sécurité intérieure empêche les enquêteurs locaux du Minnesota d’accéder aux preuves. Avant ce nouvel homicide, Szendrő avançait déjà que les agents de l’ICE ont « <em>le sentiment de pouvoir agir en toute impunité </em>»<em>. </em>Le cadre légal entourant cette police est très flou, et ne sera pas modifié tant que Trump sera au pouvoir, ajoute le professeur.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« ICE dit ne chercher que les criminels, mais ça n’est pas vrai du tout »</p>



<p class="has-text-align-center"><sup>Jalis, étudiant mcgillois originaire de Minneapolis</sup></p>
</blockquote>



<p>Tim Walz, le gouverneur démocrate du Minnesota, a accusé l’ICE de « <em><a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/25/barack-obama-appelle-a-un-sursaut-contre-les-atteintes-aux-valeurs-americaines-apres-la-mort-d-alex-pretti-a-minneapolis_6664079_3210.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">semer le chaos et la violence</a> </em>» à la suite du meurtre d’Alex Pretti. Dimanche, Barack Obama, ancien président des États-Unis, a quant à lui appelé à un « <em><a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/25/barack-obama-appelle-a-un-sursaut-contre-les-atteintes-aux-valeurs-americaines-apres-la-mort-d-alex-pretti-a-minneapolis_6664079_3210.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sursaut</a> </em>» contre les atteintes aux valeurs démocratiques américaines menées par l’administration républicaine.</p>



<p>Les sans-papiers ne sont pas les seuls à être visés par cette police. Jalis, un étudiant américain à McGill originaire de Minneapolis a accepté de témoigner pour <em>Le Délit</em>. Il nous explique que les agents de l’ICE utilisent le profilage racial pour mener leurs arrestations : « <em>Ils s’en fichent, ils voient ta couleur de peau, ils ne vont pas te croire si tu dis que tu es un citoyen. Ils embarquent même ceux avec un passeport pour vérifier leur statut légal. </em>» Il explique que les membres de sa communauté d’origine étrangère ne peuvent rien faire : « <em>Ils ne peuvent même plus aller au supermarché. C’est ma mère qui va faire les courses pour les employés mexicains de son entreprise. </em>» Il nous raconte ensuite le choc qu’il a eu lorsqu’un de ses amis du soccer a été arrêté par l’ICE, il y a à peine dix jours : « <em>Les agents l’attendaient à la sortie de l’école, ils ont emmené sa sœur et lui, ils n’ont que 14 et 16 ans. ICE dit ne chercher que les criminels, mais ça n’est pas vrai du tout,</em> <em>il n’a rien fait, et là, on ne sait même pas où il est. </em>»</p>



<p><strong>Une population qui réprouve l’ICE?</strong></p>



<p>Dans un sondage <a href="https://www.nytimes.com/2026/01/23/us/politics/poll-ice-immigration.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>The New York Times</em>/Siena</a> mené après la mort de Renee Good, 61 % des répondants (démocrates, républicains et indépendants confondus) estimaient que la police de l’immigration « <em>allait trop loin </em>». Chez les sondés démocrates, ce chiffre augmentait à 94 %, mais dégringolait à 19 % chez les électeurs républicains. Un sondage qui reflète une fois de plus l’extrême polarisation de la politique américaine. Un fait confirmé par Szendrő : « <em>Il y a très peu de sujets sur lesquels il existe un consensus global au sein de la société américaine. </em>»</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/a-minneapolis-la-colere-des-habitants-face-a-la-police-de-limmigration/" data-wpel-link="internal">À Minneapolis, la colère des habitants face à la police de l’immigration</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Les revirements de Trump concernant le Groenland</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/les-revirements-de-trump-concernant-le-groenland/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[Groenland]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59774</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après Davos, la question du Groenland toujours plus incertaine.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/les-revirements-de-trump-concernant-le-groenland/" data-wpel-link="internal">Les revirements de Trump concernant le Groenland</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Depuis 2019, il n’est pas rare d’entendre Donald Trump réaffirmer tous les quelques mois son souhait d’acquérir le Groenland. Ses remarques n’ont, par le passé, pas toujours été prises au sérieux, d’autant plus que le président américain a l’habitude des remarques provocatrices. Ces dernières semaines ont cependant marqué une accélération inquiétante des ambitions américaines vis-à-vis du Groenland. Le 3 janvier 2026, au lendemain de l’intervention américaine au Venezuela, Katie Miller, ancienne conseillère politique MAGA et épouse du chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche Stephen Miller, <a href="https://x.com/KatieMiller/status/2007541679293944266" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">publie sur X</a> une image du Groenland aux couleurs des États-Unis avec pour seule légende « <em>BIENTÔT </em>» (<em>tdlr</em>).</p>



<p>Au cours des semaines suivantes, la rhétorique de Trump adopte un ton de plus en plus agressif : il promet d’acquérir le Groenland « <em><a href="https://www.tvanouvelles.ca/2026/01/12/trump-promet-encore-de-semparer-du-groenland-dune-maniere-ou-dune-autre?utm_source=chatgpt.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">d’une manière ou d’une autre</a> </em>» et refuse de se prononcer sur la possibilité de s’emparer de l’île par la force. Tout cela rend son revirement soudain au forum de Davos surprenant. Donald Trump assure dans <a href="https://abcnews.go.com/Politics/trump-nation-secure-greenland-us-davos-speech/story?id=129417816" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">son discours le 21 janvier</a> ne pas envisager d’intervention militaire pour s’emparer du Groenland : « <em>Nous n’obtiendrons probablement rien sans user de la force, auquel cas nous sommes franchement inarrêtables, mais nous n’allons pas le faire. </em>» Il annonce aussi ne <a href="https://www.touteleurope.eu/l-ue-dans-le-monde/donald-trump-fait-marche-arriere-sur-les-menaces-douanieres-suite-a-un-futur-accord-sur-le-groenland/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">pas imposer de droits de douane supplémentaires</a> aux pays européens qu’il avait ciblés précédemment.</p>



<p><strong>Pourquoi le Groenland?</strong></p>



<p>L’intérêt de Trump pour le Groenland provient, selon lui, principalement d’un enjeu de sécurité nationale. Selon lui, « <em>les États-Unis sont les seuls capables de protéger</em> <em>cette immense étendue de glac</em>e ». Personne d’autre – le Danemark compris – n’a les capacités militaires nécessaires pour protéger le Groenland des menaces russes et chinoises. La communauté internationale est moins convaincue. En vue de cet article, <em>Le Délit </em>a interrogé Maria Popova, professeure au département de sciences politiques à l’Université McGill. Celle-ci balaye les excuses du président américain et affirme que « <em>ce ne sont que des prétextes pour justifier le comportement agressif des États-Unis. Les arguments de Trump ne sont pas crédibles </em>». Elle souligne que le rapport de <a href="https://www.whitehouse.gov/wp-content/uploads/2025/12/2025-National-Security-Strategy.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">stratégie de défense nationale des États-Unis</a>, publié par l’administration Trump en novembre 2025, ne fait aucune mention du Groenland. La problématique sécuritaire est plutôt un enjeu récent et instrumentalisé pour satisfaire les intérêts du président.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« <em>J’ai appris à ne plus être surprise par ce que dit Trump. La seule chose à laquelle</em></p>



<p class="has-text-align-center"><em>on peut s’attendre, c’est l’inattendu </em>» </p>



<p class="has-text-align-center"><sup>Rowan Hargreaves, étudiante américaine à McGill</sup></p>
</blockquote>



<p>Certains experts estiment que la menace de Trump pourrait s’inscrire dans la continuité stratégique de ses <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/14/frappes-au-venezuela-entre-fermete-et-confusion/" data-wpel-link="internal">frappes sur le Venezuela</a>. Lors de l’intervention militaire du 3 janvier 2026, les forces américaines ont capturé le président Nicolás Maduro. Trump a, ce jour-là, clairement indiqué que les États-Unis entendaient <a href="https://www.theguardian.com/us-news/2026/jan/09/trump-oil-company-executives-meeting-venezuela" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">tirer parti des ressources pétrolières du pays</a>. Pour sa part, le Groenland possède de nombreuses <a href="https://www.journaldemontreal.com/2026/01/12/infographie--pourquoi-trump-veut-il-le-groenland" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ressources naturelles</a>, telles que des terres rares.</p>



<p><strong>Réactions</strong></p>



<p>Face aux menaces américaines, les États européens ont affiché un soutien clair au Danemark. Copenhague <a href="https://www.journaldequebec.com/2026/01/23/les-militaires-danois-prets-au-combat-au-groenland" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a engagé un réarmement du Groenland</a> afin de réduire sa dépendance envers les États-Unis, désormais perçus comme une source d’incertitude stratégique. <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2221130/danemark-groenland-mission-militaire-europeenne" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Parallèlement</a>, la France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège, rejointes par les Pays-Bas, la Finlande et le Royaume-Uni, ont envoyé du personnel dans le cadre d’un exercice militaire, <em>Arctic Endurance</em>.</p>



<p><a href="https://youtu.be/HsVKgEN4leg?si=EGO1N6WkpJESkE2H" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cette initiative divise les analystes.</a> Pour certains, il s’agit surtout d’un geste symbolique : un coup de <em>bluff </em>au déploiement trop limité pour avoir un réel impact opérationnel. D’autres y voient, au contraire, une décision stratégique. Selon Mikaa Blugeon-Mered, spécialiste du Groenland à l’Université du Québec à Trois-Rivières, cette présence signale une préparation du théâtre d’opérations dans l’éventualité d’une intervention militaire américaine. Même modeste, le déploiement servirait ainsi la planification, la coordination entre alliés et la signalisation stratégique.</p>



<p>Du côté groenlandais, la réaction populaire est marquée par un refus explicite de toute logique néocoloniale. On observe notamment une <a href="https://www.nytimes.com/2026/01/20/us/make-america-go-away-hats-greenland-trump.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">popularisation satirique du slogan trumpiste MAGA</a>, détourné en « <em>Make America Go Away </em>» (« Que l’Amérique s’en aille »). Cette séquence <a href="https://www.tvanouvelles.ca/2026/01/24/face-a-donald-trump-danemark-et-groenland-se-serrent-les-coudes-malgre-un-passe-complexe" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a renforcé une solidarité entre Groenlandais et Danois</a> face aux États-Unis, malgré une relation historiquement tendue.</p>



<p>Certains citoyens américains se sentent résignés par le comportement imprévisible de leur président. Une étudiante américaine de McGill, Rowan Hargreaves, résume cet état d’esprit : « <em>J’ai appris à ne plus être surprise par ce que dit Trump. La seule chose à laquelle on</em> <em>peut s’attendre, c’est l’inattendu. Prévoir l’imprévisible. </em>» Cette posture reflète un fatalisme politique désormais bien installé, où l’imprévisibilité présidentielle est devenue la norme.</p>



<p><strong>Implications pour l’ordre international</strong></p>



<p>Maria Popova précise que ce n’est pas le premier exemple d’intervention et d’occupation américaine ; elle mentionne, par exemple, l’invasion de l’Irak en 2003. Pourtant, aucune de ces instances n’impliquait une annexion totale à long terme. Néanmoins, selon Popova, le comportement de Trump ne constitue pas une rupture totalement inédite avec le système international en place depuis la guerre froide. C’est pour elle l’annexion illégale de la Crimée par la Russie en 2014, puis l’invasion de l’Ukraine en 2022, qui ont fait s’effondrer l’ordre international contemporain. Ce sont de fait ces événements qui ont érodé les normes fondamentales de souveraineté et d’intégrité territoriale, et frayé le chemin pour les États-Unis. « <em>Ce n’est pas Trump qui a établi le précédent ; la Russie l’a déjà fait en 2014 </em>».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Que se passe-t-il lorsque l’État censé garantir la sécurité de ses alliés devient lui-même source de menace? »</p>
</blockquote>



<p>Ce qui rend la situation actuelle particulièrement préoccupante, selon elle, est le fait que ce type de logique émane désormais des États-Unis. Les implications sont nombreuses, notamment à propos de l’OTAN. La question se pose alors : que se passe-t-il lorsque l’état censé garantir la sécurité de ses alliés devient lui-même source de menace? Pour Popova, « <em>l’OTAN est essentiellement terminée </em>». Elle explique que l’organisation repose sur un principe de promesse, plus précisément de promesse de protection mutuelle. Même si rien n’est officiel, il ne peut plus y avoir de confiance entre les membres de l’OTAN et les États-Unis.</p>



<p>Bien que la menace des États-Unis plane toujours au-dessus du Groenland, la professeure Popova souligne un point important : il ne faut pas oublier les étapes concrètes nécessaires pour annexer une région. « <em>En Crimée, </em>rappelle-t-elle, <em>les Russes ont envoyé des forces armées, ils ont pris d’assaut le Parlement et tenu des élections sous la menace des armes. Est-ce que les États-Unis sont prêts à faire ça? Je n’en suis pas si sûre…</em> » La situation au Groenland n’est pas encore conclue, et il est difficile de prévoir les prochaines actions de Donald Trump.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/les-revirements-de-trump-concernant-le-groenland/" data-wpel-link="internal">Les revirements de Trump concernant le Groenland</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Iran : une répression brutale et un futur incertain</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/21/iran-une-repression-brutale-et-un-futur-incertain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[iran]]></category>
		<category><![CDATA[manifestations]]></category>
		<category><![CDATA[répression]]></category>
		<category><![CDATA[République islamique]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59645</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les manifestations face à l’impasse après de grandes violences.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/21/iran-une-repression-brutale-et-un-futur-incertain/" data-wpel-link="internal">Iran : une répression brutale et un futur incertain</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Depuis le 28 décembre 2025, la République islamique en Iran est confrontée aux plus grandes manifestations de son histoire. Les doléances économiques en sont l’élément déclencheur, le rial, la monnaie iranienne, ayant atteint sa <a href="https://www.cbc.ca/news/world/what-s-happening-iran-protests-9.7041951" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus faible valeur relative au dollar.</a> Une vague de sentiment anti-régime s’est emparée du pays totalitaire, où <a href="https://www.amnesty.org/en/location/middle-east-and-north-africa/middle-east/iran/report-iran/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plusieurs libertés et droits fondamentaux sont continuellement bafoués</a>. Depuis le début des événements, la répression brutale des manifestations par le régime théocratique est condamnée par la communauté internationale. Plusieurs ONG et gouvernements occidentaux situent <a href="https://www.cbsnews.com/news/iran-protest-death-toll-over-12000-feared-higher-video-bodies-at-morgue/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le bilan entre 2 000 et 20 000 morts</a>, une large fourchette qui s’explique notamment par la coupure d’Internet instaurée par le régime. À titre de comparaison, les manifestations de 2021–2022 avaient fait une douzaine de morts. Les États-Unis ont menacé d’intervenir aux côtés des manifestants, même si cette option est pour l’instant rejetée par les autres pays de la région. </p>



<p><strong>Un régime bousculé </strong></p>



<p>Pour comprendre les dynamiques complexes qui encadrent ces événements, un retour sur la révolution islamique est nécessaire. 1979 marque un tournant pour le pays : une révolution renverse le shah, le monarque perse allié de l’Occident, et la République islamique voit le jour. <a href="https://www.britannica.com/event/Iranian-Revolution/Aftermath" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Les acteurs de la révolution</a> varient en idéologies, du marxisme au libéralisme en passant par l’islamisme. Rapidement après son installation, la République islamique répète les maux du régime précédent (manipulation électorale, corruption) avec toutefois l’introduction d’une théocratie et d’un socle religieux comme outil de légitimation. Ce régime s’introduit aussi sur la scène internationale par une implication plus intense au Moyen-Orient. Le financement du terrorisme au-delà des frontières iraniennes, la suppression des droits des femmes ainsi que l’incarcération de journalistes et de dissidents politiques font partie des multiples accusations qu’on adresse à la République islamique. </p>



<p>Les manifestations qui secouent l’Iran ces dernières semaines ne sont certainement pas les premières depuis la révolution de 1979. Pourtant, elles semblent avoir pris des dimensions sans précédent. Michael Avanzato, étudiant doctoral à McGill, spécialiste du Moyen-Orient et de l’Islam politique, voit pour cause une dégradation du statut du pays en tant que grande puissance dans la région. Il note que « <em>les relations du pays avec ses alliés au Moyen-Orient se sont effondrées</em> (<em>tdlr</em>) ». L’affaiblissement du Hezbollah, du Hamas et des Houthis ainsi que la chute du régime de Bachar al-Assad en Syrie ont suivi l’assassinat en 2020 de Qassem Soleimani, « <em>le noyau de ce réseau</em> ». La combinaison de cet affaiblissement régional et de la fatigue sociétale envers une politique théocratique rigide forment une poudrière volatile. </p>



<p>Il aura suffi d’une étincelle économique pour que la poudrière s’enflamme et plonge le pays dans un mois de tumulte et de violence. La chute du rial a déclenché, le 28 décembre, une manifestation dans le bazar de Téhéran, cœur économique du pays. Plusieurs vidéos de ces événements ont circulé sur les réseaux sociaux à travers le pays, inspirant une vague de manifestations. La coupure d’Internet imposée par le régime à la suite de ces événements complique la diffusion d’informations à travers les frontières. Plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, puis récupérées par la presse, confirment toutefois que certaines villes et institutions du régime sont visées par les manifestants. Par exemple, <a href="https://www.nytimes.com/2026/01/13/world/middleeast/iran-protests-video-timeline.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une vidéo dont l’authenticité a été confirmée par Reuter</a>s montre une foule qui ouvre de force le portail d’un bâtiment officiel de la ville de Fasa, le visant de jets de pierre. </p>



<p>La confusion causée par le manque d’informations a ensuite laissé place à une sidération lorsque plusieurs ONG ont publié des bilans humains sur la répression du régime. Au moment de l’écriture de cet article, la situation semble s’être légèrement apaisée, alors que le gouvernement a annoncé la <a href="https://www.france24.com/en/live-news/20260118-iran-considers-gradually-restoring-internet-after-shutdown" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">réouverture progressive d’Internet</a>. La répression meurtrière semble donc avoir étouffé les contestations, tout en attisant la colère du peuple et de la communauté internationale. </p>



<p><strong>Complexité et pluralisme</strong> </p>



<p>Nous aurions tort de placer les différents acteurs de ces événements dans deux catégories idéologiques invariables. Il existe certes un mépris de la part d’une grande majorité pour un régime brutal, meurtrier et oppresseur, mais le régime bénéficie encore aujourd’hui d’un partisanat non-négligeable, <a href="https://www.uu.nl/en/news/support-for-protests-in-iran-significant-81-per-cent-of-iranians-do-not-want-an-islamic-republic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">même si largement minoritaire</a>. </p>



<p>Au sein des manifestants, il existe en effet une pluralité des voix. Cette diversité idéologique se reflète par exemple dans la réception d’une intervention américaine. Dans un entretien accordé au <em>Délit</em>, Rula Abisaab, professeure d’histoire islamique à l’Université McGill, explique qu’« <em>il y a encore beaucoup de critiques du régime (les laïques et les femmes qui ne portent pas le voile, par exemple), qui le soutiennent pleinement contre les États-Unis. Ce sont deux choses bien distinctes</em> ». La République islamique a d’ailleurs cherché à justifier sa répression brutale et meurtrière des manifestations en accusant Washington d’agitation, pour se libérer du fardeau des plusieurs milliers de morts qu’elle a entraînées. </p>



<p>De son côté, Abisaab craint que cette tension sociétale puisse mener à un conflit plus direct, qui ressemblerait plus à une guerre civile. Elle rappelle la nécessité d’un Iran uni, « <em>à la fois pour combattre le régime, mais aussi pour protéger la nation d’agression étrangère</em> ». </p>



<p><strong>Réaction à l’étranger</strong> </p>



<p>Les tensions qui bousculent l’Iran sont aussi présentes dans sa vaste diaspora. L’exode qui a suivi la révolution de 1979 a créé, aux États-Unis et au Canada notamment, une communauté perse importante et impliquée sur le plan politique. Malgré un dédain partagé pour la République islamique, des confrontations dans des métropoles comme Los Angeles ou Paris révèlent une vision divergente sur le futur du pays. D’un côté, les partisans du shah rêvent d’un retour de la dynastie Pahlavi au pouvoir, tandis qu’un mouvement plus populaire exige l’établissement d’un système entièrement démocratique. </p>



<p>À McGill, la Société des étudiants iraniens (MISA) a publié <a href="https://www.instagram.com/p/DTRT4jkjUJc/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un communiqué</a> conjointement avec ses confrères de l’UdeM, de Polytechnique, d’HEC Montréal et de Concordia, condamnant « <em>fermement toutes formes de violence et de répression</em> » et exprimant leur « <em>vive préoccupation face aux nombreuses violations des droits humains qui ont eu lieu lors de ces manifestations </em>». </p>



<p>Les événements en Iran ont aussi enflammé les débats dans la région, surtout autour de la <a href="https://www.ft.com/content/9147dadb-50ad-4778-ac01-9de859074879" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">possibilité d’une intervention américaine</a>. Israël et plusieurs pays arabes ont conjointement imploré la retenue de l’administration Trump sur quelconque attaque sur le territoire iranien. Abisaab y voit une crainte d’une escalade régionale, « <em>qui coûterait des milliards à ces pays, notamment par la potentiel de destruction d’infrastructure pétrolière</em> ».</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/21/iran-une-repression-brutale-et-un-futur-incertain/" data-wpel-link="internal">Iran : une répression brutale et un futur incertain</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Frappes au Venezuela : entre fermeté et confusion</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/14/frappes-au-venezuela-entre-fermete-et-confusion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[incertitude]]></category>
		<category><![CDATA[maduro]]></category>
		<category><![CDATA[motivations]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
		<category><![CDATA[Venezuela]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La capture du président Maduro par les États-Unis plonge le pays dans l’incertitude.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/14/frappes-au-venezuela-entre-fermete-et-confusion/" data-wpel-link="internal">Frappes au Venezuela : entre fermeté et confusion</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">D ans la nuit du 3 janvier 2026, les États-Unis ont mené une opération militaire sur le sol du Venezuela. De premières frappes se sont fait entendre dans Caracas à deux heures du matin. Une fois plusieurs infrastructures de défense démantelées, les forces spéciales américaines de l’unité Delta, appuyées par l’intelligence de la CIA, ont capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro, ainsi que sa femme, Cilia Flores. Ces derniers ont ensuite été rapatriés sur le territoire américain et font désormais face à des <a href="https://www.justice.gov/opa/media/1422326/dl" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">charges criminelles pour trafic de cocaïne, ainsi que pour collaboration avec des groupes terroristes</a>. L’opération, appelée « Absolute Resolve », aurait fait <a href="https://www.reuters.com/world/americas/venezuelas-interior-minister-says-100-people-died-us-attack-2026-01-08/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">100 morts civiles et militaires selon le gouvernement vénézuélien</a>. Les actions de l’administration Trump, réalisées sans le soutien formel de la Chambre des députés, sont <a href="https://www.independent.co.uk/news/world/americas/trump-illegal-venezuela-attack-international-law-maduro-b2894605.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">critiquées pour leur légalité</a>, leurs motivations, ainsi que leurs conséquences domestiques et géopolitiques. </p>



<p><strong>Un contexte déjà tendu </strong></p>



<p>Si l’hémisphère occidental s’est réveillé ce matin-là surpris par la nouvelle de l’opération, celle-ci se profilait à l’horizon depuis quelques semaines déjà. En effet, depuis août 2025, l’armée américaine renforce son dispositif militaire dans les Caraïbes. Depuis septembre, <a href="https://www.pbs.org/newshour/world/a-timeline-of-u-s-military-escalation-against-venezuela-leading-to-maduros-capture" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’administration Trump ordonne des frappes sur des bateaux suspectés de narcotrafic</a> en provenance du Venezuela. Malgré la légalité contestée de ces actions, D.C. continue l’escalade en saisissant des navires transportant du pétrole vénézuélien sanctionné, à partir du 10 décembre. Pour consolider la présence américaine dans la région, <a href="https://www.ctvnews.ca/world/article/trinidad-and-tobago-will-open-caribbean-nations-airports-to-us-military-as-venezuela-tensions-grow/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">les États-Unis signent, le 15 décembre, un accord avec Trinidad et Tobago</a> afin que l’armée puisse utiliser les infrastructures aéroportuaires au large du Venezuela. </p>



<p>Le pic de l’engagement américain est atteint lors de l’intervention militaire dans le cadre de l’opération <em>Absolute Resolve</em>. Au-delà des litiges géopolitiques et juridiques, l’opération est un succès militaire pour la puissance. Sans aucune perte humaine, l’armée américaine s’est infiltrée dans un pays lourdement défendu et a exfiltré son président, le tout en moins de deux heures et demie. Dans un entretien avec <em>Le Délit</em>, Juan Pablo Luna, professeur de sciences politiques à McGill, spécialiste de l’Amérique latine, note «<em> l’effet de démonstration</em> (<em>tdlr</em>) » qui permet aux États-Unis de « <em>définir les attentes américaines</em> » pour la région. </p>



<p><strong>Des motivations contestées </strong></p>



<p>Reste à connaître les véritables motivations derrière l’opération américaine, alors que Donald Trump avait candidaté sur une plateforme de non-interventionnisme en 2024. Après plusieurs engagements militaires portés, notamment en Iran et en Syrie, l’administration semble avoir fait demi-tour sur cette politique. Le Venezuela incarne plusieurs aspects de la politique internationale de la Maison-Blanche. La république bolivarienne possède notamment <a href="https://worldpopulationreview.com/country-rankings/oil-reserves-by-country" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la plus grande réserve de pétrole du monde</a>, avec plus de 300 milliards de barils, soit près d’un cinquième du total mondial. Si les intérêts économiques américains étaient dissimulés dans ses interventions militaires passées, le président businessman n’a pas caché ses ambitions <a href="https://www.cnn.com/2026/01/04/business/oil-us-companies-venezuela" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">d’exploitation de l’or noir vénézuélien</a>. Il cite d’ailleurs comme justificatif « <em>les infrastructures pétrolières gravement endommagées. [On va] commencer à générer des profits pour le pays </em>». </p>



<p>“Dans la défense de l’intervention par la Maison-Blanche, on trouve par ailleurs la question du narcotrafic. Les accusations criminelles envers Nicolás Maduro montrent bien l’intention de l’administration Trump de combattre le trafic de drogue sur le continent américain ; cependant, certaines critiques soulignent une hypocrisie du président. En effet, ce dernier avait <a href="https://www.bbc.com/news/articles/c9qewln7912o" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">pardonné Juan Orlando Hernandez</a>, ex-président hondurien, pour des crimes similaires, le 1<em>er</em> décembre. Cette grâce semble contredire la véracité des motivations de l’opération. Luna explique que « <em>pour les États-Unis, le trafic venant du Venezuela n’est pas la priorité dans le combat contre le narcotrafic. D’autant plus que le trafic s’est déplacé vers l’Équateur depuis que la dégradation des relations entre les États-Unis et le Venezuela s’accélère </em>». Quant à lui, Maduro a plaidé son innocence devant un tribunal de New York, où il a rappelé qu’il était encore président de son pays. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Nous vivons dans un monde, le vrai monde, qui est gouverné par la force, par le pouvoir! » </p>



<p class="has-text-align-center"><sup>Stephen Miller, conseiller américain à la sécurité nationale</sup></p>
</blockquote>



<p>Enfin, vis-à-vis des enjeux internationaux, le Venezuela joue un rôle singulier en tant qu’allié de la Russie et de l’Iran. Maillon faible de cette coalition non officielle, il offre une alternative à l’hégémonie régionale américaine dans l’hémisphère occidental. </p>



<p>Aucune de ces raisons ne semble convaincre la majorité des Américains sur la nécessité de cette intervention. <a href="https://www.reuters.com/world/americas/only-33-americans-approve-us-strike-venezuela-reutersipsos-poll-finds-2026-01-05/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Selon un sondage Ipsos pour Reuters</a>, seulement 33 % du pays y est favorable. </p>



<p><strong>Un avenir incertain </strong></p>



<p>Si l’opération est un succès pour la Maison-Blanche, elle plonge la région et la communauté internationale dans une période de doute. Au Venezuela, la confusion règne autour de la succession à la présidence et la direction générale du pays. Si Trump a annoncé son intention de « <a href="https://www.huffpost.com/entry/trump-says-were-going-to-run-the-country-after-venezuela-military-operation_n_69594c0ce4b048f68c303351" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>diriger [lui-même] le pays </em></a>», la nation sud-américaine continue pour le moment d’être dirigée par le parti de Nicolás Maduro. Sa vice-présidente et présidente par intérim, Delcy Rodriguez, se trouve désormais dans une position compliquée. Elle doit à la fois affirmer son soutien pour celui qu’elle considère encore président, tout en évitant de se mettre les États-Unis à dos. À noter que la crise politique précède l’intervention américaine. <a href="https://www.bbc.com/news/articles/cz5rj2mzgevo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Les élections présidentielles de 2024</a> ont vu Maduro maintenir sa présidence, malgré un scrutin contesté et une légitimité électorale remise en question. Sa présidence n’est pas reconnue par la majorité de la communauté internationale. Au-delà des frontières vénézuéliennes, l’intervention américaine se range dans la continuité de leur politique internationale, tout en y marquant un tournant. L’héritage de la doctrine Monroe, initialement conçue par les États-Unis comme une politique anticoloniale, se voit détournée comme justificatif d’interventionnisme. Dans sa réinvention trumpienne, la « doctrine Donroe », est pour Luna « <em>un retour idéologique de</em> Manifest Destiny », la politique d’expansionnisme et de mise en place de la sphère d’influence américaine du 19<em>e</em> siècle. Il explique que « <em>l’opération</em> Absolute Resolve <em>ouvre la porte à un interventionnisme croissant</em> ». Par exemple, « <em>Trump n’a pas dissimulé son rôle dans les élections de mi-session en Argentine, ainsi que dans la politique économique du pays</em> ». Cette évolution dans l’exercice de la diplomatie américaine montre le réalisme d’une certaine branche de l’administration Trump, pour qui la force brute définit la hiérarchie internationale. </p>



<p>Notamment, le conseiller proche du président, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=kLFkQbPWWDI" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Stephen Miller, s’est exprimé sur CNN</a>, affirmant : «<em> Nous vivons dans un monde, le vrai monde, qui est gouverné par la force, par le pouvoir!</em> » Pour Luna, c’est cette vague idéologique qui est derrière l’opération américaine, cette dernière étant « <em>symptomatique de la dégradation des normes internationales post-1945</em> ». </p>



<p><a href="https://www.epc.eu/publication/the-us-strikes-venezuela-consequences-for-ukraine-and-europe/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Plusieurs critiques craignent que ce réalisme légitime</a> les actions de la Russie en Ukraine, ou habilite la Chine dans ses ambitions taïwanaises, ouvrant ainsi des questions autour de la garantie du droit international. L’opération <em>Absolute Resolve</em> établit donc la nouvelle fermeté américaine dans l’hémisphère occidental, tout en invitant plusieurs interrogations sur l’avenir des relations internationales.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/14/frappes-au-venezuela-entre-fermete-et-confusion/" data-wpel-link="internal">Frappes au Venezuela : entre fermeté et confusion</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>COP30 au Brésil : entre espoir et désillusion</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/cop30-au-bresil-entre-espoir-et-desillusion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Parent]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[cop30]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59391</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une édition marquée par une forte mobilisation autochtone et des négociations difficiles.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/cop30-au-bresil-entre-espoir-et-desillusion/" data-wpel-link="internal">COP30 au Brésil : entre espoir et désillusion</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Du 10 au 21 novembre a eu lieu à Belém, au Brésil, la 30<em>e </em>édition de la « Conférence des Partis » (COP), une rencontre de grande envergure entre les délégations de nombreux pays portant sur les changements climatiques. Les COP permettent aux États d’échanger et de conclure des accords internationaux pour tenter de limiter les impacts du réchauffement climatique. Certaines des éditions passées ont mené à des ententes majeures, comme <a href="https://unfccc.int/fr/a-propos-des-ndcs/l-accord-de-paris" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’Accord de Paris</a>, un ambitieux plan de régulation climatique issu de la COP21 en 2015, qui visait notamment à limiter le réchauffement planétaire à +1,5 degré Celsius. Dix ans plus tard, la COP30 a elle aussi tenté de se démarquer, en particulier via l’inclusion des peuples autochtones de l’Amazonie. Pour en apprendre plus sur le déroulement des négociations, je me suis entretenue avec le Dr Robert Fajber, professeur du département des sciences atmosphériques et océaniques de McGill, qui se spécialise dans les modèles de prédiction des changements climatiques.</p>



<p><strong>Des pourparlers dans un climat déjà altéré</strong></p>



<p>Pour la première fois dans l’histoire des COP, il n’y avait pas de délégation américaine présente sur les lieux de la COP30. Ce choix s’explique par la <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2203791/etats-unis-boude-cop30-amazonie" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">position climatosceptique du président américain Donald Trump</a>, qui s’était par ailleurs retiré de l’Accord de Paris peu après son inauguration en janvier 2025. Malgré l’absence de cet acteur majeur, les <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2208556/lula-chevet-cop30-amazonienne" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">discussions</a> se sont poursuivies entre les délégations sous l’<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2208556/lula-chevet-cop30-amazonienne" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">insistance du président brésilien Lula</a>, qui souhaitait que cet événement sur le sol brésilien soit réussi et permette des avancées pour le climat. Les délégations ont principalement débattu de la réduction de l’usage des énergies fossiles, une idée adoptée en principe à la <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-11-19/cop30/lula-remet-les-energies-fossiles-au-centre-des-negociations.php#" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">COP de Dubaï en 2023</a>. Ils se sont également entretenus sur les sources de financement de la lutte contre le changement climatique.</p>



<p>Selon le Dr Fajber, les discussions aux COP sont graduellement en train de changer de cap en matière de stratégie pour le climat, notamment sur la question du financement : « Une chose qui est de plus en plus discutée est l’adaptation face au climat plutôt que l’atténuation du changement climatique. » Selon lui, cette nouvelle mentalité qui émerge s’explique par les impacts tangibles du changement climatique qui se font déjà ressentir dans plusieurs pays, dont les ouragans et inondations. Les gouvernements tendent ainsi à prioriser « un soulagement à court terme plutôt qu’un développement vert à long terme », explique le Dr Fajber. De plus, ce dernier maintient que les efforts climatiques doivent être tenus malgré le <a href="https://www.sciencepresse.qc.ca/vote-pour-science/2025/01/29/15-degre-plus" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dépassement du cap du 1,5 degré Celsius en 2024</a>, car les négociations internationales peuvent encore avoir un impact significatif et des bienfaits importants.</p>



<p><strong>Une présence accrue des communautés autochtones</strong></p>



<p>Le président brésilien <a href="https://reporterre.net/Quel-desastre-les-peuples-autochtones-vent-debout-contre-la-COP30-des-lobbies" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">avait annoncé</a> avant l’événement vouloir intégrer la société civile aux discussions, en particulier les peuples autochtones de l’Amazonie. Que ce soit pour répondre à cet appel ou par simple désir de faire entendre leurs revendications sur la scène internationale, un nombre fracassant de représentants des peuples autochtones s’est déplacé à Belém. Au moyen de <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-11-14/bresil/des-manifestants-autochtones-bloquent-l-entree-principale-de-la-cop30.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">manifestations pacifiques</a> ainsi que de blocages des entrées principales du site, ces représentants souhaitaient avant tout attirer l’attention des délégations internationales sur leur combat contre les grands projets de développement, qui <a href="https://ici.radio-canada.ca/rci/fr/nouvelle/2207955/cop30-bresil-belem-amazonie-autochtones-mines-climat#:~:text=%C3%80%20la%20COP30%2C%20les%20communaut%C3%A9s,Belo%20Sun%20bouleversent%20l&#039;Amazonie." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">nuisent aux modes de vie des populations autochtones en Amazonie</a> en polluant l’environnement naturel et exploitant les ressources nécessaires à leur survie.<br><br>La mobilisation importante de ces groupes lors de la COP30 marquera certainement les esprits. Les témoignages et points de vue de ces <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-11-14/bresil/des-manifestants-autochtones-bloquent-l-entree-principale-de-la-cop30.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">« gardiens de la biodiversité et du climat »</a> permettront peut-être une meilleure compréhension des enjeux climatiques. La conférence ne s’est pas conclue sur un accord historique comme le souhaitait le président brésilien Lula, mais ce dernier peut toutefois être satisfait que «sa» COP ait mené à une mobilisation si importante des peuples autochtones. Les manifestations ont d’ailleurs porté leurs fruits, puisqu’au cours de la conférence, le Brésil <a href="https://www.bbc.com/news/articles/c1d0vekq12ro" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a annoncé la création</a> de dix nouveaux territoires autochtones protégés.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/cop30-au-bresil-entre-espoir-et-desillusion/" data-wpel-link="internal">COP30 au Brésil : entre espoir et désillusion</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Au Soudan, les atrocités se multiplient face à l’indifférence du grand public</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/12/au-soudan-les-atrocites-se-multiplient-face-a-lindifference-du-grand-public/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pema Tournadre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59331</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les civils paient le prix d'une guerre de pouvoir meurtrière.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/12/au-soudan-les-atrocites-se-multiplient-face-a-lindifference-du-grand-public/" data-wpel-link="internal">Au Soudan, les atrocités se multiplient face à l’indifférence du grand public</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Frappé par une instabilité chronique depuis son indépendance en 1956, le Soudan a sombré dans une guerre civile en 2023. Selon l’ONU, <a href="https://unric.org/fr/crise-au-soudan-la-reponse-de-lonu/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de douze millions</a> de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit.&nbsp;</p>



<p>La prise de la ville d’El Fasher, dans la région du Darfour, le 26 octobre dernier, a marqué un tournant. Sous le contrôle des Forces de soutien rapide (FSR), dirigées par le général Mohamed Hamdan Dagalo, ces milices contrôlent désormais <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-le-debat/le-soudan-fait-il-face-a-une-indifference-internationale-8381219" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">près d’un tiers du pays</a> à l’ouest, exacerbant une crise humanitaire déjà fortement prononcée.</p>



<p>Deux chefs de guerre s’affrontent : d’un côté, le général Abdel Fattah al-Burhan, à la tête des Forces armées soudanaises (FAS) ; de l’autre, le général Mohamed Hamdan Dagalo, surnommé Hemedi, représentant les milices arabes du Darfour. Cette lutte pour le pouvoir, d’une extrême violence, fait des civils soudanais les premières victimes. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) rapporte avoir reçu des <a href="https://unric.org/fr/crise-au-soudan-la-reponse-de-lonu/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">« témoignages horribles »</a> décrivant « des exécutions sommaires, des massacres, des viols, des attaques contre des travailleurs humanitaires, des pillages, des enlèvements et des déplacements forcés ».</p>



<p>Cette région est difficile d’accès, ce qui limite les informations disponibles. Cependant, les paramilitaires des FSR publient eux-mêmes certaines de leurs exactions sur les réseaux sociaux. Ces vidéos choquantes montrent de graves violations du droit international, selon Seif Magango, porte-parole du HCDH. D’après l’<a href="https://www.who.int/fr/news/item/29-10-2025-who-condemns-killings-of-patients-and-civilians-amid-escalating-violence-in-el-fasher--sudan" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Organisation mondiale de la santé</a> (OMS), « plus de 260 000 personnes restent piégées à El Fasher ; elles n’ont pratiquement aucun accès à la nourriture, à l’eau potable ou aux soins médicaux ».</p>



<p><strong>Désintérêt de la communauté internationale&nbsp;</strong></p>



<p>« Le Soudan est le théâtre de la plus grande crise humanitaire au monde », déclare Ted Chaiban, directeur général adjoint de l’UNICEF. Au-delà de la violence, la famine et les maladies s’étendent rapidement. Pourtant, le pays demeure dans l’ombre, tandis que d’autres conflits retiennent l’attention. Particulièrement sous-médiatisé jusqu’aux massacres d’El Fasher, le Soudan a largement souffert d’un silence accablant de la part des médias et de la communauté internationale.</p>



<p>D’après le reporteur <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-le-debat/le-soudan-fait-il-face-a-une-indifference-internationale-8381219" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Christophe Ayad</a>, ce désintérêt s’explique par la taille du territoire, la complexité du conflit et l’implication de puissances étrangères à l’échelle régionale. Il avertit que les Européens ont tort de détourner le regard : les Soudanais chassés de leur pays fuient vers le Tchad, puis la Libye, avant de risquer la traversée vers l’Europe. Il s’agit de la conséquence inévitable d’un désengagement prolongé pour ce conflit.</p>



<p><strong>Des milices appuyées de l’extérieur</strong></p>



<p>Le Canada et d’autres pays, en particulier la France, entretiennent des relations commerciales avec les Émirats arabes unis, notamment dans le domaine militaire. Bien que ces derniers nient leur implication directe, ils soutiendraient les FSR et leur général Hemedi. « <a href="https://www.franceinfo.fr/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Les preuves de leur engagement au Soudan sont largement documentées</a> », a confirmé Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales. Plus récemment, des <a href="https://www.cbc.ca/news/world/sudan-rsf-massacres-canadian-rifles-sterling-cross-9.6969856" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">enquêtes de CBC</a> ont mis en lumière, à partir d’images et de vidéos, la présence d’armes portant le logo de Sterling Cross Defense Systems, une entreprise basée à Abbotsford, en Colombie-Britannique, entre les mains de combattants des FSR. De l’autre côté, les Forces armées soudanaises (FAS) <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/06/soudan-de-nombreux-pays-contribuent-a-la-perennisation-de-la-guerre_6652393_3232.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">reçoivent le soutien d’autres pays</a> de la région, tels que l’Égypte et le Tchad.&nbsp;</p>



<p>Alors que la situation continue de se détériorer, le manque d’actions de la communauté internationale soulève des interrogations. Entre intérêts géopolitiques et indifférence médiatique, le peuple soudanais demeure abandonné à son sort, dans une guerre dont la fin semble hors de portée.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/12/au-soudan-les-atrocites-se-multiplient-face-a-lindifference-du-grand-public/" data-wpel-link="internal">Au Soudan, les atrocités se multiplient face à l’indifférence du grand public</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Les enfants, premières victimes des conflits</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/les-enfants-premieres-victimes-des-conflits/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Matthieu Juge]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[conflit]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59174</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un rapport de l’ONU remet à l’ordre du jour un problème persistant.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/les-enfants-premieres-victimes-des-conflits/" data-wpel-link="internal">Les enfants, premières victimes des conflits</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Soudan, Congo, Palestine, Ukraine, Birmanie… Derrière ces conflits majeurs, un même dénominateur commun : les violences envers les civils. Et parmi eux, les enfants, <a href="https://fr.euronews.com/2023/07/06/les-enfants-premieres-victimes-des-conflits-armes-selon-lonu" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">qualifiés par l’ONU</a> de « premières victimes des conflits ». Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), <a href="https://www.unhcr.org/sites/default/files/2025-06/global-trends-report-2024.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">123 millions de personnes</a> ont été déplacées de force en 2024, dont 40 % d’enfants. <a href="https://www.unicef.org/media/172241/file/unicef-annual-report-2024-en.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">L’UNICEF sonne l’alerte</a> : « Les besoins humanitaires augmentent plus vite que les financements », dans un contexte où les conflits se multiplient.</p>



<p><strong>Des enfances volées</strong></p>



<p><em>Le Délit </em>s’est entretenu avec Pierre*, ancien fonctionnaire de l’UNICEF et du HCR, aujourd’hui cadre à l’ONUSIDA, qui a accepté de livrer son expérience de terrain à titre personnel sous le couvert de l’anonymat par devoir de réserve. Ayant travaillé en République du Congo auprès d’enfants réfugiés ayant fui la guerre dans le pays voisin, la République démocratique du Congo (RDC), il raconte des scènes d’une brutalité extrême : des jeunes « livrés à eux-mêmes, sans repères ni protection », ayant vu leurs villages incendiés et leurs parents tués. Leur vulnérabilité, explique-t-il, ne tient pas seulement à leur âge, mais aussi à leur incompréhension : « Ils ne comprennent pas pourquoi la guerre les frappe. »</p>



<p>Les conséquences de ces conflits sur les enfants sont multiples. Physiquement, les plus jeunes sont les premiers touchés par la faim et la maladie. Psychologiquement, ils subissent des traumatismes durables : anxiété, sentiment d’abandon, perte de confiance… Et lorsque la guerre éclate, les écoles sont les premières institutions à fermer, causant ainsi d’importants retards éducationnels. <a href="https://www.unicef.org/media/165156/file/SOWC-2024-full-report-EN.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Le dernier rapport de l’UNICEF</a> sur l’état de la jeunesse mondiale souligne que les conflits prolongés « brisent les structures sociales qui garantissent aux enfants stabilité et apprentissage ».</p>



<p><strong>Prévenir pour guérir</strong></p>



<p>Pour cet ancien humanitaire, la protection des enfants commence avant la guerre. Selon lui, il faut « enregistrer les naissances, éduquer, vacciner… Ce sont déjà des défenses contre la guerre. La solidité d’un pays protège ses enfants, même en temps de crise ». Cette réflexion rejoint <a href="https://www.unhcr.org/sites/default/files/2025-06/global-trends-report-2024.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">les constats du HCR</a> : 73 % des réfugiés sont aujourd’hui accueillis dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, souvent eux-mêmes fragiles. Cela souligne toute la complexité du maintien des services de base pour la population locale et les réfugiés.</p>



<p>Cela étant dit, des progrès ont été accomplis. <a href="https://www.unicef.org/media/172241/file/unicef-annual-report-2024-en.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">L’UNICEF indique</a> qu’en 2024, 6,2 millions d’enfants victimes de violences ont reçu un accompagnement psychosocial ou médical. L’ancien fonctionnaire du Fonds des Nations Unies pour l’enfance souligne l’importante progression réalisée sur le volet psychologique, auparavant plus délaissé au profit de la prise en charge physique et juridique.</p>



<p><strong>Un enjeu universel</strong></p>



<p>Dans un monde où la guerre tend vers l’asymétrie, les bombardements et les attaques de drones étendent sans limites le nombre de victimes civiles. Certaines tragédies, comme la guerre civile au Soudan, <a href="https://news.un.org/fr/story/2025/05/1155386#:~:text=Le%20conflit%20au%20Soudan%20a,pour%20les%20r%C3%A9fugi%C3%A9s%20(HCR).&amp;text=Un%20employ%C3%A9%20de%20l&#039;ONU,sont%20dans%20une%20situation%20d%C3%A9sesp%C3%A9r%C3%A9e." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">avec 13 millions de déplacés</a> depuis 2023, figurent pourtant parmi les urgences oubliées, où « les enfants et les adultes souffrent » dans un silence presque total. Face à cette réalité, l’ancien cadre insiste : il faudrait « commencer par appliquer le droit international de la guerre ainsi que les conventions internationales, dont la Convention relative aux droits de l’enfant, systématiquement et dans les faits ». Préserver les enfants des atrocités de la guerre constitue un enjeu universel. Assurer une éducation continue et des accès aux services essentiels, c’est donner à une génération la force de surmonter les blessures du conflit et d’en prévenir le retour.</p>



<p>*Nom fictif</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/les-enfants-premieres-victimes-des-conflits/" data-wpel-link="internal">Les enfants, premières victimes des conflits</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>« Pas de roi, pas de dictateur aux USA! »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/29/pas-de-roi-pas-de-dictateur-aux-usa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Pelouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[new york]]></category>
		<category><![CDATA[No kings]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59064</guid>

					<description><![CDATA[<p>Immersion dans la manifestation « No Kings » de New York.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/29/pas-de-roi-pas-de-dictateur-aux-usa/" data-wpel-link="internal">« Pas de roi, pas de dictateur aux USA! »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Samedi 18 octobre, New York. Une véritable nuée d’affiches colorés illumine Times Square ; il ne s’agit pas ici des célèbres <em>billboards </em>de la place, mais des milliers de pancartes dressées par les manifestants du mouvement « <em>No Kings </em>» (pas de roi, <em>tdlr</em>) en opposition à Donald Trump. À travers le pays, sept millions d’Américains sont descendus dans les rues pour marquer leur opposition à la politique du 47<em>e </em>président des États-Unis, marquant l’une des plus <a href="https://www.theguardian.com/us-news/2025/jun/19/no-kings-how-many-protesters-attended" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">grandes journées de manifestations</a> de l’histoire étasunienne. Contournements de la constitution, déploiements militaires, ingérence dans la politique locale… Les manifestants avaient de quoi attaquer ce qu’ils estiment être un tournant autoritaire de la démocratie américaine.</p>



<p><strong>« Notre démocratie est en train d’être détruite »</strong></p>



<p>On aurait pu écrire un roman avec les milliers de messages brandis par les <a href="https://www.bbc.com/news/articles/c93xgyp1zv4o" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de cent mille</a> manifestants new-yorkais, inquiets de la trajectoire politique de leur pays. Victoria, travailleuse sociale retraitée, arbore une grande affiche « <em>We, the People </em>» (nous, le peuple) entre les mains. Elle témoigne de cette inquiétude : « <em>Je suis ici, car je suis horrifiée par ce que Trump et ses hommes de main font à notre pays. Je pense que notre démocratie est en train d’être détruite devant nos yeux, et cela me terrifie. </em>»</p>



<p>Cette analyse est partagée par les experts interrogés par <em>Le Délit</em>. Graham G. Dodds, professeur de science politique à l’Université Concordia, nous l’explique : « <em>Il y a de nombreuses raisons de s’inquiéter. Dès son premier mandat, Trump s’est attaqué à certains des piliers d’une démocratie</em> <em>constitutionnelle : la liberté de la presse, l’indépendance de la justice, les procédures démocratiques… Tout cela fait partie du mode d’emploi d’un gouvernement autoritaire. </em>»</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« <em>Je pense que notre démocratie est en train d’être détruite devant nos yeux, et cela me terrifie </em>» </p>



<p class="has-text-align-center"><sup>Victoria, travailleuse sociale retraitée</sup></p>
</blockquote>



<p>Dans l’actualité récente, les multiples opérations militaires de la police de l’immigration et des douanes (ICE) visant les immigrés illégaux ont particulièrement ému les manifestants. Parmi les slogans criés par la foule, on pouvait régulièrement entendre « <em>ICE, ICE, go away! </em>» (ICE, ICE, va-t-en!). Martha et Rémi, mère et fille, sont originaires de Californie, un État particulièrement touché par ces opérations. Elles témoignent : « <em>Le cours actuel des choses est abominable. Les immigrés sont la raison pour laquelle ce pays est ce qu’il est. Sans les immigrants, nous perdrons une partie de ce que nous sommes. </em>»</p>



<p>D’après David Grondin, professeur en communication à l’Université de Montréal, cette émotion est principalement ce que recherche Trump : « Beaucoup de ce qu’il fait est du ressort du spectacle, de la démonstration. Les actions de l’ICE, mais aussi de la garde nationale, visent à intimider, à faire peur. Trump utilise presque l’ICE comme un groupe paramilitaire qui intervient majoritairement dans des villes où il n’y a pas de problème lié à l’immigration pour créer de la résistance et du chaos, qui lui servent ensuite à justifier ses actions. » Deux jours après la manifestation du 18 octobre, l’ICE a mené une <a href="https://abcnews.go.com/US/nyc-residents-increase-ice-arrests-after-crackdown-canal/story?id=126763379" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">opération dans les rues du Chinatown new-yorkais</a>, arrêtant 13 personnes, dont quatre citoyens américains relâchés après 24 h, selon le membre du Congrès des États-Unis, Dan Goldman.</p>



<p><strong>Résister par la rue, par les urnes</strong></p>



<p>Le mouvement « <em>No Kings </em>», malgré sa popularité, peut-il réellement avoir un impact sur le cours de la politique américaine? Pour les manifestants interrogés par <em>Le Délit</em>, c’est une certitude. D’après Victoria, « <em>lorsque plus de 1 % de la population résiste, elle peut combattre un régime autoritaire. Nous ne céderons pas </em>», conclut-elle en référence à l’hymne du mouvement des droits civiques <em><a href="https://balladofamerica.org/we-shall-not-be-moved/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">We Shall Not Be Moved</a></em>.</p>



<p>Dr Grondin, auteur de travaux sur les mouvements sociaux américains, insiste également sur le potentiel politique du mouvement : « La contestation invalide la tentative d’accroissement du pouvoir par Trump. Le fait qu’il y ait autant de personnes dans les rues, même dans des États où l’on ne s’y attendrait pas, est très parlant. Même si les mouvements sociaux ne rassemblent que rarement la majorité d’une population, ils montrent qu’il n’y a pas d’acceptation et donnent de l’appui aux acteurs politiques d’opposition. »</p>



<p>De nombreux acteurs politiques démocrates, notamment à l’échelle locale, se réclament ainsi de l’opposition à l’administration Trump, comme le gouverneur de Californie <a href="https://www.gov.ca.gov/2025/10/21/governor-newsom-to-trump-were-suing-immediately-if-you-send-troops-into-san-francisco/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Gavin Newsom</a> ou le candidat démocrate à la mairie de New York, Zohran Mamdani. Ce dernier se place en adversaire principal au président américain parmi les candidats à la mairie, notamment concernant les activités de l’ICE, et l’a même invité à <a href="https://www.youtube.com/watch?v=UvG9KrIQi_0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">débattre en face-à-face</a>. Trump, de son côté, a remis en question la citoyenneté américaine du candidat né en Ouganda, le <a href="https://abcnews.go.com/Politics/trump-threatens-arrest-mamdani-nyc-ice/story?id=123382676" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">menaçant même de déportation</a>.</p>



<p>Dans les rues de New York, de nombreux manifestants montrent leur soutien à Mamdani, et leur rejet de son principal concurrent, Andrew Cuomo, pour les élections du 4 novembre. D’après Ryan et Rochelle, tous deux volontaires dans la campagne du candidat démocrate : « <em>Cuomo est aligné avec Trump, qui cherche à le faire gagner. Mamdani, lui, n’est pas financé par ceux qui ont aidé Trump à accéder au pouvoir. Il fera tout ce qu’il peut pour le combattre – il a</em> <em>par exemple évoqué d’offrir de <a href="https://www.msnbc.com/the-weekend/watch/momentum-for-mamdani-zohran-racks-up-dem-endorsements-leads-cuomo-by-double-digits-248029253533" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’assistance juridique</a> à des New-Yorkais sur le point d’être déportés. </em>»</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="900" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/IMG_5776-Large-1200x900.jpeg" alt class="wp-image-59129" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/IMG_5776-Large-1200x900.jpeg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/IMG_5776-Large-650x488.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/IMG_5776-Large-150x113.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/IMG_5776-Large-768x576.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/IMG_5776-Large.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/valentinpelouzet/?media=1" data-wpel-link="internal">Valentin Pelouzet</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Dr Dodds, auteur d’un livre sur le pouvoir exécutif étasunien, est plus sceptique quant à la capacité des élus locaux à faire face à Trump : « <em>Les gouverneurs locaux peuvent résister légalement, notamment lorsque le président tente d’envoyer</em> <em>des troupes dans leur État, mais le président est bien plus puissant qu’eux, ce qui limite leurs options. </em>» Son analyse s’étend au niveau fédéral : « <em>Dans le système américain, il n’y a pas vraiment de leader de l’opposition. Lorsqu’un parti contrôle toutes les branches du gouvernement – l’exécutif et les deux Chambres législatives – cette opposition est fragmentée, et il est dur pour elle de s’organiser. </em>»</p>



<p>La rue et les élus démocrates pourront-ils faire trembler Trump, ou faudra-t-il attendre les élections de mi-mandat, qui auront lieu en 2026, pour peut-être voir un rééquilibrage du pouvoir? La question reste entière, mais les millions d’Américains présents dans la rue le 18 octobre ont prouvé qu’une opposition nombreuse et engagée se tient prête à tenir tête au président.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/29/pas-de-roi-pas-de-dictateur-aux-usa/" data-wpel-link="internal">« Pas de roi, pas de dictateur aux USA! »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Le cri d’une génération</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/08/le-cri-dune-generation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Matthieu Juge]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Gen Z]]></category>
		<category><![CDATA[Indonésie]]></category>
		<category><![CDATA[Madagascar]]></category>
		<category><![CDATA[Népal]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58968</guid>

					<description><![CDATA[<p>De l’Asie à l’Afrique, la colère d’une jeunesse oubliée s’organise.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/08/le-cri-dune-generation/" data-wpel-link="internal">Le cri d’une génération</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Maroc, Indonésie, Népal, Madagascar : depuis quelques mois, les mouvements menés par la jeunesse se multiplient et se répandent d’un continent à l’autre. Si chaque pays souffre de ses propres maux, le même vent semble traverser les sociétés : celui d’une génération connectée et désabusée face à la corruption, la précarité et l’immobilisme politique. </p>



<p><strong>Un vent de révolte </strong></p>



<p>Le premier soulèvement notable se déroule au <a href="https://www.bbc.com/news/articles/cr5n51ym19jo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Sri Lanka, en 2022</a>. Le pays, frappé par une crise économique sans précédent, est paralysé : pénuries de carburant, flambée des prix, chômage massif. «<em> Les prix sont fous, il n’y a pas d’emplois, et la plupart des jeunes n’ont plus confiance dans le gouvernement</em> (<em>tdlr</em>) », raconte un étudiant sri-lankais au <em>Délit</em>. Face à l’effondrement du tourisme et à la corruption persistante, les jeunes décident de se faire entendre. « <em>Nous voulons juste une chance de vivre une vie meilleure</em> », poursuit-il, évoquant une génération qui ne croit plus aux promesses des élites.</p>



<p>En Indonésie, la contestation reprend en 2024 autour de scandales de corruption et de <a href="https://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/en-indonesie-le-train-de-vie-des-deputes-attise-la-colere-sociale-2183724" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">privilèges accordés aux députés</a>. Les jeunes, particulièrement actifs en ligne, dénoncent un système politique jugé déconnecté et inéquitable. </p>



<p>Puis vient le Népal. En septembre 2025, des étudiants et jeunes manifestants <a href="https://www.ledevoir.com/monde/asie/915939/quelles-sont-raisons-derriere-revolte-nepal" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dénoncent la corruption</a>, le chômage et l’interdiction soudaine de plusieurs plateformes en ligne. Dans un élan de colère général, le Parlement est incendié et le premier ministre contraint de démissionner. Les images font le tour du monde, et ce moment devient un symbole, un point de bascule sur lequel les populations marginalisées peuvent s’appuyer en guise d’espoir. </p>



<p><a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2197208/madagascar-manifestations-violence-gen-z" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Le souffle atteint ensuite Madagascar</a>, où des élections contestées, la misère persistante et l’effondrement des services publics alimentent un profond sentiment d’injustice. Les jeunes réclament un État capable d’assurer l’accès à l’eau, l’électricité et la dignité. Visé par la colère citoyenne, le gouvernement est dissous. </p>



<p>Au Maroc, la mobilisation s’organise autour du mouvement « <a href="https://www.france24.com/fr/afrique/20251005-au-maroc-nouvelles-manifestations-du-collectif-genz-212-pour-le-8e-jour-cons%C3%A9cutif" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">GenZ 212</a> », né sur les réseaux sociaux. Les étudiants et jeunes travailleurs y dénoncent le coût de la vie, la corruption et l’absence de perspectives professionnelles. </p>



<p><strong>À McGill, des voix qui résonnent du monde entier </strong></p>



<p>Pour mieux comprendre cette effervescence, <em>Le Délit</em> s’est entretenu avec plusieurs étudiants de l’Université McGill originaires de ces pays. Tous décrivent, à leur manière, une colère partagée et une lassitude envers le système en place. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« La génération Z hurle son désarroi, défie les gouvernements, brave les violentes répressions pour faire entendre son message de détresse »</p>
</blockquote>



<p>Pour Nan, étudiant indonésien, « la situation actuelle en Indonésie devait finir par arriver ». Il dénonce une corruption généralisée et des institutions « minées depuis longtemps par le détournement des fonds publics ». Les récentes subventions accordées aux parlementaires ont, selon lui, dépassé les limites : « Cela a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. » Les réseaux sociaux ont aussi joué un rôle déterminant : « Ils ont permis aux jeunes partageant les mêmes idées de se retrouver, de s’organiser et de planifier des grèves et des manifestations. » Ce qui pousse la jeunesse à agir? « La peur de voir se répéter les erreurs du passé – les guerres civiles, la corruption – et le manque de confiance envers le gouvernement actuel. Beaucoup de jeunes préfèrent agir eux-mêmes plutôt que d’attendre un changement d’en haut », explique Nan. </p>



<p>Selon Tao, étudiant malgache, « ce n’est pas un soulèvement soudain : ce sentiment d’injustice a toujours existé ». <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/11/25/madagascar-andry-rajoelina-reelu-et-deja-conteste_6202281_3212.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Les élections contestées de 2023</a> et la répression militaire qui a suivi avaient déjà exacerbé les tensions. « Madagascar est l’un des pays les plus pauvres du monde : entre 75 et 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Dans le sud, des gens meurent littéralement de faim ». Il décrit des services publics à bout de souffle : « Les salles de cours des universités sont délabrées, les coupures d’électricité constantes. Le gouvernement ne croit pas en sa jeunesse et ne lui offre aucune perspective. » Les soulèvements au Népal ont, selon lui, servi d’exemple : « Ils ont été porteurs d’un message d’espoir, diffusé jusqu’à Madagascar grâce aux réseaux sociaux. » Tao plaide en faveur d’une rupture du modèle politique actuel, hérité de l’époque coloniale, pour un système plus enraciné dans la réalité du pays. « Nous avons hérité d’un système centralisé et rigide, explique-t-il. Ce qu’il nous faut, c’est une structure décentralisée, adaptée à nos spécificités et inspirée de nos traditions ». </p>



<p>Pour Alya, étudiante marocaine, les revendications de la jeunesse transcendent largement le cadre national : « Même si l’attention se porte sur le Maroc, la lutte dépasse les frontières. » Elle rappelle que les demandes de sa génération sont universelles : « La santé et l’éducation ne sont pas des faveurs qu’un État accorde à son peuple, ce sont des droits fondamentaux qui doivent être garantis à tous. » </p>



<p><strong>Une génération debout </strong></p>



<p>La <em>génération Z</em> hurle son désarroi, défie les gouvernements, brave les violentes répressions pour faire entendre son message de détresse. Les âmes ayant péri durant ces manifestations, en quête de justice, d’égalité et de dignité, seront commémorées comme des héros de la résistance. Au fil des dernières années, des millions de jeunes ont marché dans les rues aux quatre coins du monde, portant un message d’espérance, s’adressant implicitement à toutes les communautés marginalisées souffrant des heurts du colonialisme, du despotisme ou du népotisme. Malgré les in- nombrables différences structurelles entre ces révoltes, les manifestants interpellent les gouvernements : la jeunesse doit être maîtresse de son destin et doit avoir le droit de rêver de jours meilleurs.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/08/le-cri-dune-generation/" data-wpel-link="internal">Le cri d’une génération</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>ONU : la reconnaissance de l’État de Palestine divise</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/onu-la-reconnaissance-de-letat-de-palestine-divise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[l'État de Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[ONU]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58738</guid>

					<description><![CDATA[<p>La décision du Canada suscite de vives réactions au pays et à l'international.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/onu-la-reconnaissance-de-letat-de-palestine-divise/" data-wpel-link="internal">ONU : la reconnaissance de l’État de Palestine divise</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans une lettre livrée au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/07/25/emmanuel-macron-se-resout-a-reconnaitre-l-etat-de-palestine-devant-l-impasse-diplomatique-et-le-desastre-humanitaire-a-gaza_6623627_3210.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Emmanuel Macron annonçait le 24 juillet</a> son intention de reconnaître l’État de Palestine à l’Assemblée générale de l’ONU à New York. Ce geste, avant tout symbolique, a ensuite été imité par neuf États occidentaux&nbsp;–&nbsp;dont <a href="https://www.wsj.com/world/middle-east/in-historic-shift-u-k-australia-and-canada-recognize-a-palestinian-state-83598a66" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le Canada, l’Australie et le Royaume-Uni</a> – à la suite de <a href="https://www.rts.ch/info/monde/2025/article/l-onu-relance-le-debat-sur-la-solution-a-deux-etats-pour-israel-et-palestine-28954140.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la conférence sur la question palestinienne</a>, initiative conjointement présidée par la France et l’Arabie saoudite à l’ONU les 28 et 29 juillet 2025.</p>



<p>Les officialisations de ces multiples reconnaissances de l’État de Palestine ont eu lieu les 21 et 22 septembre, à l’occasion du sommet sur la question palestinienne lors de la <a href="https://news.un.org/fr/story/2025/09/1157538" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">80<em>e </em>session de l’Assemblée générale de l’ONU</a>. Emmanuel Macron a ouvert la session en <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2194157/france-reconnaissance-etat-palestine-onu" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">procédant à la reconnaissance de l’État de Palestine</a>, devant les délégations du monde entier qui comptait deux absences notables : Israël et les États-Unis. S’en est suivi le discours du premier ministre du Canada, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=aK7QOO21zPo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Mark Carney, qui a à son tour reconnu l’État de Palestine</a> : « <em>Le Canada reconnaît l’État de Palestine et offre de travailler en partenariat afin de porter la promesse d’un avenir pacifique pour l’État de Palestine et l’État d’Israël </em>(<em>tdlr</em>). »</p>



<p><strong>Les réactions de la communauté internationale</strong></p>



<p>Le tonnerre d’applaudissements qui a résonné dans la salle, en réponse aux divers discours de soutien envers la Palestine, n’a pourtant pas effacé les tensions marquant cette session de l’Assemblée générale. Celles-ci ont atteint leur sommet à l’apparition de Benjamin Netanyahu à la tribune de l’assemblée, lorsqu’une foule de <a href="https://www.ynetnews.com/article/hjclt2r3eg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">77 délégations ont quitté la salle en guise de protestation</a>.</p>



<p>Le discours du premier ministre d’Israël a <a href="https://www.reuters.com/world/middle-east/netanyahu-outlines-israeli-victories-over-hamas-iran-un-speech-2025-09-26/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vivement condamné les multiples reconnaissances de l’État de Palestine</a>. « <em>C’est une marque de honte </em>», a‑t-il déclaré, « <em>Vous savez quel message ceux qui ont reconnu l’État palestinien cette semaine ont envoyé aux Palestiniens? Tuez des Juifs et vous en serez récompensés </em>».</p>



<p>Interrogé à ce sujet, Rex Brynen, professeur de science politique à McGill spécialisé dans les conflits du Moyen-Orient, réfute cette conclusion. Il précise que « <em>le Canada a explicitement identifié l’Autorité palestinienne dans sa reconnaissance. Alors à bien des égards, la réaction d’Israël a en quelque sorte donné raison au gouvernement canadien </em>». Pourtant, cette interprétation n’est pas partagée par tous au Canada.</p>



<p><strong>À la maison, une réaction pas moins clivante</strong></p>



<p>Si <a href="https://www.ctvnews.ca/canada/article/majority-of-canadians-support-palestine-recognition-even-if-trump-objects-amid-trade-dispute-survey/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une majorité de la population canadienne est favorable à la reconnaissance de l’État de Palestine</a>, plusieurs la déplorent. Interrogé à ce sujet, le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA) a communiqué que « cette décision encourage le Hamas, sape les efforts de paix, prolonge les souffrances des Palestiniens sous le régime du Hamas et alimente l’incitation mondiale à la haine contre le peuple juif ». Les préoccupations internationales sont alors associées à la crainte de l’augmentation de l’antisémitisme au Canada. Sur ce point, la CIJA affirme que « depuis que le gouvernement a annoncé en juillet son intention de reconnaître l’État palestinien, les crimes haineux anti-juifs ont augmenté dans le pays » ; illustration des tensions qui traversent la société canadienne autour de la question palestinienne.</p>



<p>Si les reconnaissances de la Palestine sont tout d’abord un geste symbolique, elles ne sont tout de même pas anodines. Selon Brynen, « <em>cela exprime l’idée que le gouvernement israélien actuel tente de rendre impossible l’autodétermination palestinienne et que les États occidentaux n’apprécient pas cela </em>». On y voit donc une volonté de ces derniers d’agir comme frein au moteur expansionniste d’Israël, jouant le rôle de contre-pouvoir pour nuancer un soutien américain quasi inconditionnel. Pour Brynen, ce changement de politique internationale transmet que « <em>plus Israël parle d’annexion, plus il y aura une certaine résistance de la part des principaux pays occidentaux </em>».</p>



<p>Symbole politique controversé, la reconnaissance de l’État de Palestine par plusieurs puissances occidentales envoie alors un message d’avertissement envers Israël.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/onu-la-reconnaissance-de-letat-de-palestine-divise/" data-wpel-link="internal">ONU : la reconnaissance de l’État de Palestine divise</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>L’Europe face aux provocations russes : l’imminence d’un conflit armé?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/leurope-face-aux-provocationsrusses-limminence-dun-conflit-arme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Matthieu Juge]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58828</guid>

					<description><![CDATA[<p>Deux experts livrent leurs analyses.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/leurope-face-aux-provocationsrusses-limminence-dun-conflit-arme/" data-wpel-link="internal">L’Europe face aux provocations russes : l’imminence d’un conflit armé?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Depuis le début de ce mois de septembre, la Russie a multiplié ses manœuvres de déstabilisation envers l’Europe. Le 1<em>er</em> septembre, l’avion de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a été la cible d’un brouillage GPS alors qu’elle se rendait en Bulgarie. Les soupçons se sont alors tournés vers la Russie. Le 10 septembre, une vingtaine de drones russes ont survolé la Pologne, obligeant les forces polonaises et l’OTAN à les abattre, une première au-dessus du territoire de l’Alliance. Puis, le 19 septembre, trois avions de chasse russes MiG-31 sont entrés illégalement dans l’espace aérien estonien pendant une dizaine de minutes. Enfin, des infrastructures clés du Danemark, comme des aéroports et des bases militaires, ont été récemment survolées par des drones d’origine inconnue. Les soupçons se tournent une fois de plus vers la Russie, alors que Copenhague s’apprête à accueillir un sommet européen les 1<em>er</em> et 2 octobre.</p>



<p>Pour répondre aux nombreuses interrogations que soulèvent ces incidents, Le Délit s’est entretenu avec deux spécialistes : Julian Spencer-Churchill, professeur associé de science politique à Concordia, et Juliet Johnson, professeure de science politique à McGill. Leurs diagnostics convergent : ces récentes incursions visent à sonder la cohésion de l’OTAN. Johnson évoque des « provocations destinées à vérifier si l’OTAN est encore signifiante (tdlr) » et si ses membres « feront réellement front » avec une réponse collective.</p>



<p><strong>Les prises de décision au Kremlin</strong></p>



<p>Le professeur Spencer-Churchill estime que « Poutine n’est pas à l’origine de certaines de ces opérations. La décision se serait prise à des niveaux intermédiaires de l’appareil militaire russe ». Selon lui, l’objectif est de mesurer la réaction alliée, en particulier dans la zone des pays baltes, tout en permettant à Moscou de projeter sa puissance en jouant sur l’ambiguïté de la ligne rouge.</p>



<p>Pourquoi persister dans une voie qui a déjà coûté cher au Kremlin? La professeure Johnson attribue ces gestes à une évaluation erronée persistante depuis 2022 : « L’invasion a revitalisé l’Union européenne, étendu l’OTAN (Finlande, Suède), isolé et appauvri la Russie, et retourné l’opinion ukrainienne. » Elle explique ces erreurs de jugement par un système de décision fermé, centré sur un petit noyau de dirigeants où la logique néo-impériale prime.</p>



<p><strong>La sécurité européenne</strong></p>



<p>Selon le rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), tous les pays européens ont augmenté leurs dépenses militaires en 2024. Johnson voit dans cette tendance une réaction à la menace russe couplée à l’incertitude de la protection des intérêts européens par les États-Unis. Spencer Churchill explique quant à lui que cette remilitarisation « reste avant tout capacitaire » (production, entretien, réserves) et «&nbsp;politique&nbsp;». En somme, il ne faut pas s’attendre à un bond immédiat du nombre de chars et d’avions opérationnels dans l’arsenal européen.</p>



<p>Pour Johnson, la militarisation européenne ne dégradera pas la situation vis-à-vis de Moscou : « Ce n’est pas une Russie se sentant menacée, mais un gouvernement agressif et néo-impérial. Si l’on cède, il pousse, si l’on tient ferme, il s’ajuste. » Spencer Churchill insiste sur l’intention russe de « tester les failles de l’OTAN » et « la résilience des pays en première ligne ».</p>



<p><strong>Volte-face américaine</strong></p>



<p>En marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, Donald Trump a annoncé être en faveur de la destruction d’avions russes en cas de nouvelles violations de l’espace aérien. Cet énième revirement brouille toute lisibilité stratégique ; le professeur Spencer Churchill y voit une logique électoraliste : surprendre, contredire les attentes, montrer que nul n’est en mesure de commanditer ou de prédire la politique étrangère américaine – cela plaît à une partie de son électorat.</p>



<p><strong>L’Europe, à l’aube d’un conflit armé avec la Russie?</strong></p>



<p>Interrogés sur le risque d’un affrontement armé direct avec Moscou d’ici cinq à dix ans, les deux spécialistes restent prudents. Pour Spencer Churchill, le scénario est possible, avec tout de même plusieurs interrogations : intensité des combats, recours éventuel au nucléaire, volonté des jeunes soldats russes de continuer à se battre. Johnson juge l’option « stratégiquement aberrante, mais non impossible ». Si la guerre n’est pas inévitable, la paix, elle, n’est plus garantie. Et c’est peut-être là le plus grand défi posé à l’Europe. </p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/leurope-face-aux-provocationsrusses-limminence-dun-conflit-arme/" data-wpel-link="internal">L’Europe face aux provocations russes : l’imminence d’un conflit armé?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Mark Carney resserre les liens Canada-Mexique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/24/mark-carney-resserre-les-liens-canada-mexique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eugénie St-Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58667</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entrevue exclusive avec Cameron MacKay, ambassadeur du Canada au Mexique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/24/mark-carney-resserre-les-liens-canada-mexique/" data-wpel-link="internal">Mark Carney resserre les liens Canada-Mexique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le jeudi 18 septembre, Mark Carney foulait pour la première fois le sol mexicain en tant que premier ministre du Canada. Deux jours d’intenses discussions plus tard, il repartait de Mexico avec une <a href="https://www.pm.gc.ca/en/news/statements/2025/09/18/joint-statement-prime-minister-carney-and-president" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déclaration commune</a> de la présidente Claudia Sheinbaum et la promesse d’un « partenariat stratégique global ». Ce dernier s’articule autour de <a href="https://www.international.gc.ca/transparency-transparence/mexico-mexique/action-plan-2025-2028.aspx?lang=eng" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">quatre piliers principaux</a> : la prospérité économique, la mobilité, la sécurité et l’environnement. Cette annonce majeure a été faite dans le contexte d’une inquiétude grandissante face à l’instabilité de la politique américaine. Afin de clarifier les enjeux de la visite du premier ministre, <em>Le Délit </em>a pu s’entretenir avec Cameron MacKay, ambassadeur du Canada au Mexique et diplômé de l’Université McGill.</p>



<p><strong>Un moment décisif dans la relation bilatérale</strong></p>



<p>« <em>Le moment choisi pour cette visite était très stratégique. Il n’y a aucun doute qu’au cours de la dernière année, en raison des tarifs imposés par les États-Unis, la relation entre le Mexique et le Canada était très tendue </em>(<em>tdlr</em>) », explique l’ambassadeur MacKay. Lesdites tensions ne provenaient pas seulement de Washington – elles avaient également été alimentées par les <a href="https://www.cbc.ca/news/politics/ontario-ford-cusma-agreement-1.7380890" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déclarations du premier ministre de l’Ontario Doug Ford</a>, selon qui le Canada devrait exclure le Mexique de l’accord de libre-échange nord-américain (ACEUM).</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« <em>Le moment choisi pour cette visite était très stratégique. Il n’y a aucun doute qu’au cours de la dernière année, en raison des tarifs imposés par les États-Unis, la relation entre le Mexique et le</em> <em>Canada était très tendue </em>» </p>



<p class="has-text-align-center"><sub>Cameron MacKay, ambassadeur du Canada au Mexique</sub></p>
</blockquote>



<p>Dans ce climat crispé, la visite de Mark Carney apparaît comme une tentative de réconciliation, en vue non seulement de la renégociation prochaine de l’ACEUM, mais aussi de la <a href="https://www.canada.ca/en/canadian-heritage/campaigns/soccer-2026.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Coupe du monde de soccer 2026</a>, qui sera organisée conjointement par les trois pays. L’ambassadeur souligne que « <em>le premier ministre a pris une sage décision en choisissant de mettre fin à ces tensions dès maintenant </em>». Le geste est d’autant plus nécessaire que les économies des deux pays sont profondément liées – le Canada étant le <a href="https://www.tradecommissioner.gc.ca/en/market-industry-info/search-country-region/country/canada-mexico-export/distributed-energy-market.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">cinquième partenaire commercial</a> du Mexique, et le Mexique le <a href="https://www.tradecommissioner.gc.ca/en/market-industry-info/search-country-region/country/canada-mexico-export/distributed-energy-market.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">troisième</a> du Canada.</p>



<p><strong>Le spectre américain en arrière-plan</strong></p>



<p>Si le Canada et le Mexique ont intérêt à collaborer, la visite de Carney est toutefois partiellement dictée par la relation turbulente des deux pays avec les États-Unis. La présidence de Donald Trump, marquée par un très fort protectionnisme, a fragilisé l’équilibre nord-américain et incité ses partenaires à trouver d’autres alliances. « <em>Les deux gouvernements [canadien et mexicain] réalisent aujourd’hui qu’ils doivent diversifier leurs échanges commerciaux vers de nouveaux marchés. Du point de vue canadien, la plupart de nos échanges commerciaux se font avec les États-Unis, et nous devons intensifier nos échanges avec d’autres pays, notamment le</em> <em>Mexique ». </em>L’ambassadeur ajoute que « <em>le Canada estime qu’il peut encore apprendre à mieux connaître, à explorer le Mexique – et le Mexique a exactement la même conviction </em>».</p>



<p>Lors de leur <a href="https://www.youtube.com/watch?v=LXB11TjCvhs" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">conférence de presse conjointe</a>, Sheinbaum et Carney ont d’ailleurs été interrogés sur la possibilité qu’un accord plus avantageux avec les États-Unis les détourne de leur collaboration bilatérale. Un Carney catégorique a répondu que « <em>le Canada était absolument engagé à collaborer avec ses deux partenaires </em>». Sheinbaum, quant à elle, a affirmé que « <em>[le Canada et le Mexique] travailleront ensemble, sans l’ombre d’un doute</em>&nbsp;».</p>



<p>Au terme de cette visite, le Canada et le Mexique ont envoyé un message fort, celui d’une volonté commune de bâtir une relation stable et durable. Dans un environnement régional incertain, ce partenariat stratégique pourrait marquer un tournant décisif pour l’Amérique du Nord.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/24/mark-carney-resserre-les-liens-canada-mexique/" data-wpel-link="internal">Mark Carney resserre les liens Canada-Mexique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Au Texas, le vote latino pèse désormais trois fois moins que le vote blanc</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/17/au-texas-le-vote-latino-pese-desormais-trois-fois-moins-que-le-vote-blanc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vincent Maraval]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[charcutage électoral]]></category>
		<category><![CDATA[états unis]]></category>
		<category><![CDATA[gerrymandering]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[vote]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58482</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le redécoupage électoral : entre légalité et manipulation démocratique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/17/au-texas-le-vote-latino-pese-desormais-trois-fois-moins-que-le-vote-blanc/" data-wpel-link="internal">Au Texas, le vote latino pèse désormais trois fois moins que le vote blanc</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Redessiner les circonscriptions électorales pour s’assurer une victoire aux prochaines élections : c’est la stratégie adoptée le mois dernier par le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, <a href="https://www.aljazeera.com/news/2025/8/21/whats-the-texas-redistricting-fight-about-and-how-has-california-reacted" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sous l’impulsion de Donald Trump</a>. Ce procédé, connu sous le nom de gerrymandering ou « charcutage électoral », remet en cause la juste représentation des électeurs et devrait offrir aux républicains entre trois et cinq sièges supplémentaires à la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat de novembre 2026.</p>



<p>Mais qu’est-ce que le charcutage électoral? Est-ce une pratique légale et courante aux États-Unis? Pour comprendre ce phénomène, Le Délit s’est entretenu avec Benjamin Forest, professeur associé au département de géographie et de science politique à McGill. </p>



<p><strong>Rendre « inutiles » les voix du parti adverse</strong> </p>



<p>Aux États-Unis comme au Canada, les représentants politiques sont élus selon le modèle des circonscriptions. Le traçage de ces dernières – dont la responsabilité revient aux états – est déterminé par un certain nombre de règles assurant une juste représentation des citoyens : « <em>les circonscriptions doivent par exemple avoir des populations relativement égales, et être contiguës (tdlr)</em> », explique le professeur. </p>



<p>Le charcutage électoral, donc, consiste à « <em>jouer avec ces règles en identifiant la localisation des électeurs du parti opposé, et créer des circonscriptions offrant naturellement une majorité aux prochaines élections</em> ». </p>



<p>Il existe deux stratégies de charcutage, « l’empaquetage » et le « craquage ». « <em>L’empaquetage correspond à concentrer les sympathisants du parti adverse dans une seule circonscription, explique le professeur. Si cela leur assure de gagner la circonscription avec une très haute avance, cela crée beaucoup de voix dites « perdues », qui auraient pu permettre de gagner une deuxième circonscription</em> ». Pour obtenir une majorité, il suffit seulement d’avoir 50% des votes, plus une voix. Les voix supplémentaires n’affectent plus le vote : qu’un parti ait 51% ou 99% des voix, il ne recevra qu’un siège dans la circonscription. </p>



<p>Le craquage, poursuit le professeur, est l’inverse : « <em>C’est diluer les voix du parti adverse dans d’autres circonscriptions, ne leur permettant pas d’atteindre la majorité pour gagner</em> ». Dans les deux cas, si le charcutage est efficacement réalisé, il diminue significativement le poids du vote des sympathisants du parti adverse : leurs votes sont tout bonnement inutiles. </p>



<p><strong>Une pratique légale</strong> </p>



<p>Le découpage électoral est historiquement encadré par le « Voting Rights Act » de 1965. Le professeur explique que « <em>cette loi interdit notamment tout charcutage racial, c’est-à-dire discriminant et atténuant le poids électoral des minorités raciales et ethniques aux États-Unis. En revanche, elle n’impose pas de restrictions sur le charcutage partisan – favorisant un parti aux dépens de l’autre</em> ».</p>



<p>L’histoire montre néanmoins une forte corrélation entre vote « racial » et vote « partisan » aux États-Unis, rendant floue la frontière légale entre les deux. </p>



<p>Au Texas, par exemple, le projet de redécoupage des circonscriptions diminuera fortement le poids électoral des minorités latinos et noires : <a href="https://time.com/7310875/texass-map-racial-division/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la « valeur » du vote d’un Texan latino est désormais réduite à un tiers de celle d’un Texan blanc, et celle d’un Texan noir à un cinquième</a>. </p>



<p><strong>Un phénomène qui va s’accentuer</strong> </p>



<p>Même si le redécoupage électoral ne date pas d’hier, Forest estime qu’il y a eu une augmentation de la pratique au cours des dernières décennies : « <em>Avant les années 1990, le charcutage électoral était une opération complexe, exigeant de nombreux calculs et un temps considérable. Les données démographiques disponibles n’étaient quant à elle actualisées qu’une fois par décennie à la suite des recensements de population</em> ». </p>



<p>À partir des années 2000, l’arrivée des technologies SIG (système d’information géographique) et des ordinateurs modernes a changé la donne : « <em>Aujourd’hui, on peut découper des circonscriptions avec n’importe quel ordinateur portable, et les données démographiques sont bien plus précises. Les états peuvent redessiner leurs circonscriptions aussi fréquemment qu’ils le souhaitent. Il n’y a aucune raison de penser qu’ils ne vont pas redécouper pour l’élection de 2028, puis à nouveau pour celle de 2030</em>. »</p>



<p>À la suite de l’annonce de redécoupage électoral du gouverneur du Texas, plusieurs gouverneurs d’états, dont Gavin Newsom et Kathy Hochul, ont annoncé entamer des procédures similaires dans leurs états, afin de « répondre » à la procédure texane.</p>



<p>« <em>Il est clair que nous sommes dans une guerre de redécoupage électoral</em> », explique le professeur. Une guerre qui, quoi qu’il arrive, endommagera la juste représentation des électeurs américains sur le long terme.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/17/au-texas-le-vote-latino-pese-desormais-trois-fois-moins-que-le-vote-blanc/" data-wpel-link="internal">Au Texas, le vote latino pèse désormais trois fois moins que le vote blanc</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La France face à l’impasse politique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/17/la-france-face-a-limpasse-politique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eugénie St-Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[premier ministre]]></category>
		<category><![CDATA[Sébastien Lecornu]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58495</guid>

					<description><![CDATA[<p>À Matignon, un nouveau premier ministre pour tenter de briser l’instabilité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/17/la-france-face-a-limpasse-politique/" data-wpel-link="internal">La France face à l’impasse politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le mardi 9 septembre, dans une ambiance des plus tendues, l’Assemblée nationale française a voté la chute du gouvernement de François Bayrou. À 19h, ce dernier avait sollicité un vote de confiance sur la question du budget national, qui a été <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/09/09/chute-de-francois-bayrou-recit-d-une-fin-jugee-sans-panache_6640050_823448.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rejeté par une majorité écrasante</a> – 194 députés pour, et 364 contre. La nomination du nouveau premier ministre <a href="https://www.bbc.com/afrique/articles/cr5q3m50py3o" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Sébastien Lecornu</a> a été annoncée dès le lendemain, dans un contexte d’inquiétude grandissante sur le sort de la politique française. Au sein d’une Assemblée nationale divisée en trois depuis un an, les gouvernements successifs n’arrivent pas à légiférer de manière stable. Afin de mieux comprendre les mécanismes ayant mené à cette crise, le Délit s’est entretenu avec Julien Robin, doctorant en science politique à l’Université de Montréal.</p>



<p><strong>Élections législatives de 2022</strong> </p>



<p>En juin 2022 ont eu lieu les élections législatives françaises, au cours desquelles les citoyens élisent les députés qui forment l’Assemblée nationale. À cette occasion, Emmanuel Macron <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/legislatives-2022-emmanuel-macron-perd-sa-majorite-face-a-la-nupes-et-percee-historique-du-rn-1660950" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">perd la majorité absolue</a> qu’il détenait depuis 2017 ; une situation qui, selon Julien Robin, se préparait dès son premier mandat. Celui-ci avait été marqué par « une série de crises successives – mouvement des gilets jaunes, pandémie de la COVID-19, guerre en Ukraine – à laquelle s’étaient ajoutées des crises internes, comme l’affaire Benalla ». Robin souligne également la montée d’une tripolarisation de la vie politique française, processus qui a favorisé l’élection d’un <a href="https://www.franceinfo.fr/politique/front-national/resultats-des-legislatives-2022-de-8-a-89-deputes-visualisez-la-progression-historique-du-rassemblement-national-en-cartes_5209639.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">nombre inédit</a> de députés d’extrême droite lors de ces législatives. Privé de majorité, le gouvernement s’est retrouvé fortement fragilisé, mais tente malgré tout de gouverner, notamment par l’usage record de l’article 49.3* de la Constitution. Mais, comme le note Robin, « on a eu la mauvaise méthode pour former un gouvernement » : au lieu de construire un compromis sur des bases partagées entre les partis, l’exécutif a choisi de se focaliser sur la désignation des premiers ministres, qui se sont succédé rapidement. Dans un régime parlementaire affaibli, la logique voudrait d’abord que l’on négocie un socle d’accord politique, avant de désigner un chef de gouvernement capable d’incarner ce consensus. Macron a fait l’inverse : il a nommé des premiers ministres en espérant que l’Assemblée suivrait, une stratégie qui s’est révélée inefficace selon Robin.</p>



<p><strong>Dissolution de l’Assemblée nationale en 2024</strong> </p>



<p>En juin 2024, après la <a href="https://www.archives-resultats-elections.interieur.gouv.fr/resultats/europeennes2024/ensemble_geographique/index.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">victoire du Rassemblement national</a> – parti d’extrême droite – aux élections européennes, Emmanuel Macron décide de dissoudre l’Assemblée nationale, entraînant de nouvelles élections législatives. Il cite « la montée des nationalistes et des démagogues », qu’il considère comme « <a href="https://www.rtl.fr/actu/politique/resultats-europeennes-pourquoi-macron-a-annonce-dissoudre-l-assemblee-nationale-7900393014" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un danger pour notre nation</a> ». Robin rappelle que la dissolution est avant tout « un outil pour résoudre une crise » ; or, au moment où Macron dissout l’Assemblée en 2024, il n’y avait pas réellement de crise politique en France. Selon lui, le gouvernement de Gabriel Attal aurait tout à fait pu poursuivre sur sa lancée sans l’action « absurde » du président. « Au lieu de régler une crise, Macron en a créé une nouvelle », explique-t-il. En effet, la nouvelle configuration parlementaire, dominée par une opposition renforcée entre un bloc d’extrême droite en pleine ascension (<a href="https://www.lemonde.fr/resultats-elections/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">143 députés</a>), une gauche rassemblée autour du Nouveau Front populaire (<a href="https://www.lemonde.fr/resultats-elections/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">182 députés</a>) et une majorité présidentielle affaiblie (<a href="https://www.lemonde.fr/resultats-elections/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">168 députés</a>), rend désormais toute gouvernance stable extrêmement difficile.</p>



<p><strong>Chute du gouvernement Bayrou </strong></p>



<p>Le 9 septembre, François Bayrou, premier ministre depuis décembre 2024, demande la confiance de l’Assemblée nationale sur la question du budget prévisionnel de 2026. Il explique dans son discours que le déficit budgétaire de la France est <a href="https://www.touteleurope.eu/vie-politique-des-etats-membres/francois-bayrou-perd-le-vote-de-confiance-a-l-assemblee-nationale-une-premiere-dans-l-histoire-de-la-ve-republique/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">si catastrophique</a> qu’il faut agir au plus vite. Sa décision de déclencher le vote de confiance – qu’il finira par perdre – surprend de nombreux observateurs. Pour Julien Robin, la démarche de Bayrou est maladroite : « il voulait poser la question de confiance et discuter [du budget] après ; ce n’est pas la bonne manière de négocier. Normalement, on discute d’abord, puis on conclut par un vote. » Il ajoute que Bayrou avait conscience que le vote ne lui serait pas favorable. « C’était peut-être la meilleure, ou la “moins pire,” sortie possible : poser la question de confiance dès maintenant plutôt que risquer une censure en décembre », explique-t-il. </p>



<p><strong>Nomination du nouveau premier ministre Lecornu</strong> </p>



<p>Le mercredi 10 septembre, <a href="https://www.bbc.com/afrique/articles/cr5q3m50py3o" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Emmanuel Macron nomme Sébastien Lecornu</a> comme nouveau premier ministre. Lecornu est issu du camp macroniste ; ce choix s’inscrit donc « dans la continuité des choix de Macron, qui souhaite conserver la gouvernance dans le bloc central ». Cette décision a été <a href="https://x.com/JLMelenchon/status/1965475989015994798" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">fortement critiquée</a> par Jean-Luc Mélenchon, à la tête de la France Insoumise, qui reproche au président de ne pas avoir tenu compte de la composition de l’Assemblée nationale, où la gauche est la première force politique. Robin estime pourtant qu’on « peut comprendre son choix, parce que le groupe central serait plus à même de former un gouvernement – notamment au niveau du budget ». La prochaine étape sera de savoir si Lecornu cherchera à engager des négociations avec les autres forces politiques. L’enjeu essentiel, selon Robin, reste sa capacité à construire des compromis afin de faire adopter le budget de l’année prochaine. À défaut, s’il se contente de présenter un projet sans concertation – à l’image de ce qu’avait fait Bayrou – il s’expose à une censure dès le mois de décembre.</p>



<p>*L’article 49.3 permet au premier ministre de faire adopter un projet de loi sans vote par l’Assemblée nationale.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/17/la-france-face-a-limpasse-politique/" data-wpel-link="internal">La France face à l’impasse politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Suppression des contre-tarifs canadiens : Carney œuvre à la réconciliation</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/10/suppression-des-contre-tarifs-canadiens-carney-oeuvre-a-la-reconciliation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Mark Carney]]></category>
		<category><![CDATA[tarif]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58366</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cette mesure ouvre de nouvelles possibilités dans les négociations.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/10/suppression-des-contre-tarifs-canadiens-carney-oeuvre-a-la-reconciliation/" data-wpel-link="internal">Suppression des contre-tarifs canadiens : Carney œuvre à la réconciliation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’incertitude plane sur l’économie canadienne, les conséquences de la guerre commerciale avec les États-Unis se faisant de plus en plus ressentir. <a href="https://www.reuters.com/sustainability/sustainable-finance-reporting/canada-sheds-tens-thousands-jobs-tariffs-dent-hiring-plans-2025-08-08/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Le rapport sur l’emploi très décevant du mois d’août</a> n’a fait que renforcer l’inquiétude sur la santé économique du pays. C’est dans ce cadre que le premier ministre Mark Carney s’est engagé à rétablir des relations économiques plus stables avec son voisin du sud. <a href="https://www.cbc.ca/news/politics/most-retaliatory-tariffs-removed-1.7620036" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">La suppression de la quasi-totalité des tarifs de rétorsion</a> annoncée le 22 août et mise en vigueur au début du mois de septembre a été bien accueillie par Donald Trump, qui a qualifié le geste de « bien (tdlr) ». Un signe de réconciliation peut-être, mais qui ne préconise pas pour l’instant un allègement des taxes douanières américaines. À ce sujet, <a href="https://ici.radio-canada.ca/rci/en/news/2190030/carney-says-he-spoke-to-trump-on-monday-but-doesnt-expect-tariffs-to-be-lifted-in-immediate-future" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">les deux chefs d’État</a> auraient eu une « bonne conversation » au téléphone, selon Mark Carney. </p>



<p><strong>Le plus dur reste à faire </strong></p>



<p>La suppression des tarifs de rétorsion, symbole de la bonne volonté d’Ottawa, a été accompagnée d’une vague d’efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre commerciale. Parmi eux, <a href="https://ici.radio-canada.ca/rci/en/news/2190030/carney-says-he-spoke-to-trump-on-monday-but-doesnt-expect-tariffs-to-be-lifted-in-immediate-future" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la visite à Washington du greffier du Conseil privé, Michael Sabia</a>, ainsi que <a href="https://www.cbc.ca/news/politics/most-retaliatory-tariffs-removed-1.7620036" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">celle du ministre responsable du Commerce Canada–États-unis Dominic LeBlanc</a>, qui a rencontré son homologue américain Howard Lutnick. Les discussions avec Washington ont alors repris, sans pour autant aboutir à un accord. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Un signe de réconciliation peut-être, mais qui ne préconise pas pour l’instant un allègement des taxes douanières américaines »</p>
</blockquote>



<p>Reste à comprendre la motivation derrière cette nouvelle approche du premier ministre. Selon Francesco Amodio, professeur d’économie à l’Université McGill et spécialiste de l’économie politique, « cette manœuvre pourrait signifier que la guerre commerciale correspond à ce que l’on pouvait espérer ; une grosse agitation avant un retour à la norme. Sinon, il y aurait un aveu que la stratégie des tarifs de rétorsion a échoué ». Effectivement, si certains droits de douane sur le fer, l’automobile et l’aluminium restent en place, il est toutefois clair qu’Ottawa a abandonné cette stratégie. À la fois, car elle a été inefficace, mais aussi, car elle a créé un climat économique instable. Amodio explique que « la guerre commerciale et les tarifs mènent à un sentiment d’incertitude, et c’est cette incertitude qui est dévastatrice pour les entreprises ». C’est pour combattre l’incertitude responsable des soucis économiques que Mark Carney prend une nouvelle approche. </p>



<p><strong>Un espoir inattendu </strong></p>



<p>Il faudra alors attendre encore un peu pour un retour à la norme, même si les avancées les plus prometteuses peuvent se faire de l’autre côté de la frontière. Une cour d’appel fédérale a statué que <a href="https://www.cafc.uscourts.gov/opinions-orders/25-1812.OPINION.8-29-2025_2566151.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">les tarifs imposés par les États-Unis n’étaient pas conformes à la Loi</a> sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux. L’administration Trump réserve <a href="https://www.ctvnews.ca/world/trumps-tariffs/article/most-trump-tariffs-are-not-legal-us-appeals-court-rules/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le droit de faire appel de cette décision</a> jusqu’au 14 octobre. Ce revers pour Trump pourrait faire le bonheur du Canada, et solidifier un retour à la norme tant espéré par le premier ministre.</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/10/suppression-des-contre-tarifs-canadiens-carney-oeuvre-a-la-reconciliation/" data-wpel-link="internal">Suppression des contre-tarifs canadiens : Carney œuvre à la réconciliation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Trump est-il en train de « Make China Great Again »?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/10/trump-est-il-en-train-de-make-china-great-again/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexia Daher]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[chine]]></category>
		<category><![CDATA[Tianjin]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58444</guid>

					<description><![CDATA[<p>Tianjin : l’Indo-Pacifique en mouvement depuis la réélection du milliardaire à la Maison-Blanche.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/10/trump-est-il-en-train-de-make-china-great-again/" data-wpel-link="internal">Trump est-il en train de « Make China Great Again »?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">C’est dans un contexte où prévaut l’hégémonie politico-économique américaine qu’a eu lieu la réunion de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Tianjin, du 31 août au 1<em>er</em> septembre. Parmi la vingtaine de chefs d’État eurasiatiques conviés figuraient le premier ministre indien Narendra Modi, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président russe Vladimir Poutine.</p>



<p>Ces dirigeants partagent tous, à des degrés divers, une hostilité envers l’Occident en général, et les États-Unis en particulier.</p>



<p><strong>Réorientation radicale</strong></p>



<p>Lors de ce sommet, la communauté internationale a constaté un rapprochement étonnant entre Narendra Modi et Xi Jinping, dont les intérêts n’ont pas toujours été alignés. Yann Roche, expert en géopolitique de l’Asie du Sud à l’Université du Québec à Montréal, tient à souligner que « le rapprochement ne date pas d’hier et ne peut être réduit aux seuls agissements de Trump de ces dernières semaines. Il faut rappeler que l’Inde est membre de l’OCS – organisation présentée comme un front anti-occidental – depuis 2017 ».</p>



<p>Selon Roromme Chantal, spécialiste de la politique chinoise à l’Université de Moncton, les multiples tentatives de Donald Trump d’isoler la Russie et de punir l’économie indienne se révèlent contre-productives. Il estime qu’en « imposant des <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2188297/etats-unis-inde-taxes-commerce-russie-guerre-commerciale" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">droits de douane de 50%</a> à l’Inde, sous prétexte qu’elle achète du pétrole russe, Trump pousse en réalité New Delhi à se rapprocher de la Chine ». Il ajoute que « la donne vient de changer sur le nouvel échiquier Indo-Pacifique, et New Delhi l’a vite compris. L’autonomie stratégique de l’Inde cède la place à une soumission pragmatique à la Chine. À cet égard, il n’est pas exagéré de dire que Trump est en train de rendre <em>China great again</em>! » </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Ces dirigeants partagent tous, à des degrés divers, une hostilité envers l’Occident en général, et les États-Unis en particulier.</p>
</blockquote>



<p>Les frontières politiques, idéologiques et territoriales entre les deux géants ne sont néanmoins pas abolies, mais plutôt suspendues le temps du sommet. Chantal rappelle que la durabilité de leur entente reste incertaine : « La méfiance mutuelle risque de persister, notamment en raison du conflit frontalier non résolu au Ladakh et d’autres lignes de fracture anciennes ou nouvelles. » </p>



<p><strong>Influencer ou résister à l’influence?</strong></p>



<p>La réunion de l’OCS revêt un poids symbolique : elle vise à contrebalancer la prédominance persistante des États-Unis. La question est de savoir jusqu’à quel point les intérêts des pays concernés convergent, ou si leur coopération se limite à leur hostilité commune envers Washington. « <em>Ces pays sont réunis presque exclusivement par leur opposition à l’Occident ; il y a peu de substance supplémentaire dans leur relation. L’Inde et la Chine, pour leur part, affirment surtout leur autonomie vis-à-vis des États-Unis en accueillant Poutine</em> (<em>tdlr</em>) », observe Maria Popova, professeure de science politique à l’Université McGill. </p>



<p>Xi Jinping n’a jamais caché son ambition de positionner durablement la Chine comme acteur central de l’arène internationale. « La place croissante de la Chine est indéniable. Elle se drape d’un discours pacifiste, anticolonialiste et anti-impérialiste, mais quiconque se dresse sur son chemin risque de le regretter », rappelle Yann Roche.</p>



<p><strong>Et maintenant?</strong></p>



<p>Le sommet de Tianjin aura permis d’afficher une façade de coopération eurasiatique face à l’Occident. Mais au-delà des symboles, la question demeure : le rapprochement stratégique entre ces puissances historiquement divisées durera-t-il?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/10/trump-est-il-en-train-de-make-china-great-again/" data-wpel-link="internal">Trump est-il en train de « Make China Great Again »?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>De l’Alaska à Washington : la diplomatie américaine en première ligne</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/01/de-lalaska-a-washington-la-diplomatie-americaine-en-premiere-ligne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Matthieu Juge]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[alaska]]></category>
		<category><![CDATA[états unis]]></category>
		<category><![CDATA[russie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58252</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le directeur du département de science politique de l’UdeM livre son analyse.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/01/de-lalaska-a-washington-la-diplomatie-americaine-en-premiere-ligne/" data-wpel-link="internal">De l’Alaska à Washington : la diplomatie américaine en première ligne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 15 août, Donald Trump et Vladimir Poutine se sont rencontrés pour la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine, à Anchorage, en Alaska. Puis, le 18 août, Volodymyr Zelensky s’est entretenu, accompagné d’une délégation européenne, avec le président américain à la Maison-Blanche. Ces deux évènements avaient comme objectif affiché d’œuvrer en faveur de la paix.</p>



<p><strong>Un sommet plein de zones d’ombre</strong></p>



<p>Scrutée par le monde entier, la rencontre entre le président américain et le président russe n’a pas abouti à un accord de cessez-le-feu avec Moscou, malgré les « <a href="https://globalnews.ca/news/11336338/ukraine-trump-putin-summit-alaska-stakes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>importants progrès</em></a> (<em>tdlr</em>) » évoqués par le républicain. De plus, le sommet ne se serait pas déroulé comme prévu. En effet, huit pages « <em>produites par le bureau du chef du protocole</em> » des États-Unis ont été <a href="https://globalnews.ca/news/11336338/ukraine-trump-putin-summit-alaska-stakes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">retrouvées peu après le sommet par hasard dans une imprimante</a> de l’hôtel Captain Cook, à Anchorage. Elles décrivaient, heure par heure, le déroulé initialement prévu pour ce sommet. Elles font notamment état d’un cadeau du président Trump destiné à Vladimir Poutine, sans qu’il soit possible de confirmer si celui-ci a effectivement été offert. Un déjeuner commun, inscrit au programme, n’a finalement pas eu lieu, ainsi qu’une conférence de presse prévue pour durer une heure, a finalement duré une quinzaine de minutes.</p>



<p>Ces zones d’ombre laissent planer de nombreuses questions quant à la portée réelle de cette rencontre. Pour mieux en saisir les enjeux, <em>Le Délit</em> s’est entretenu avec le professeur Frédéric Mérand, directeur du Département de science politique de l’Université de Montréal – et collaborateur au <em>Délit</em> il y a 30 ans!</p>



<p><strong>Un succès symbolique pour Moscou</strong></p>



<p>Le professeur Mérand estime qu’il est nécessaire, avant tout, de prendre du recul sur ce sommet avant de le qualifier « d’historique », car rien n’a été signé. Une rencontre entre deux dirigeants de puissance mondiale n’est pas forcément synonyme de réussite. Il tient à rappeler que « la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un en 2018 n’a abouti à rien ». Selon lui, il faut donc attendre avant d’évaluer si cet évènement constituera un point de bascule dans la quête d’une paix durable en Ukraine. Le professeur Mérand ajoute également que « la simple tenue de ce sommet constitue une victoire diplomatique pour la Russie », qui s’est fait accueillir sur le sol américain. Ce geste s’inscrit dans la logique d’une réconciliation entre ces deux grandes puissances, conformément au narratif russe.</p>



<p>Interrogé sur la sincérité de l’objectif de paix poursuivi par ce sommet et sur le risque qu’il ne soit qu’un moyen pour gagner du temps, le professeur Mérand répond que la vérité se situe probablement « entre les deux ». Les deux parties souhaitent avancer, mais leurs intérêts divergent. Du côté russe, l’objectif est de s’affirmer à la table des grandes puissances, ainsi que d’ajouter à leur territoire quatre oblasts : Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson. Toutefois, le statu quo sert également les intérêts de Vladimir Poutine dans la mesure où les forces russes effectuent <a href="https://www.france24.com/fr/europe/20250813-guerre-ukraine-avanc%C3%A9e-record-arm%C3%A9e-russe-au-moment-o%C3%B9-europ%C3%A9ens-pressent-trump" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">des avancées record</a>. Quant aux États-Unis, « Trump a fait de la résolution de cette guerre une priorité dès sa campagne présidentielle et garde en tête le prix Nobel de la paix », une récompense <a href="https://www.lemonde.fr/en/international/article/2025/08/15/donald-trump-s-obsession-with-the-nobel-peace-prize_6744394_4.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">très convoitée par le président américain</a>, qui sera décernée le 10 octobre prochain.</p>



<p><strong>Washington : Zelensky et son escorte européenne</strong></p>



<p>Le caractère exclusivement bilatéral de cette rencontre a eu pour effet d’écarter de facto le président ukrainien et les Européens de la table des négociations. Un <a href="https://www.journaldemontreal.com/2025/08/18/cette-guerre-va-se-terminer-trump-promet-la-paix-apres-un-sommet-historique-avec-zelensky" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">second sommet</a> a donc eu lieu à la Maison-Blanche le 18 août en présence des autres parties prenantes, telles que le président ukrainien, le secrétaire général de l’OTAN, Emmanuel Macron, Keir Starmer, Ursula von der Leyen et d’autres dirigeants européens. Selon Frédéric Mérand, il serait trompeur de parler ici de « véritable coordination transatlantique ». Pour Donald Trump, la coordination signifie surtout que « les Européens paieront et constitueront la première ligne de défense ». La question de fond reste celle du degré d’implication américaine : jusqu’où Washington est-il prêt à aller alors que les Européens financent déjà une large partie de l’effort? De leur côté, les capitales européennes souhaitent régler le problème ukrainien selon leur conception, alignée sur Kiev, mais elles ne disposent pas des moyens suffisants pour y parvenir seules. Leur objectif est donc de pousser les États-Unis à partager le fardeau, qu’il soit économique, diplomatique ou militaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Leur objectif est donc de pousser les États-Unis à partager le fardeau, qu’il soit économique, diplomatique ou militaire »</p>
</blockquote>



<p>La présence de cette « escorte européenne » à Washington s’explique aussi par la volonté de ne pas laisser seul le président ukrainien, pris dans un <a href="https://www.cnn.com/2025/02/28/politics/trump-zelensky-vance-oval-office" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">guet-apens</a> en février dernier, dont les images avaient fait le tour du monde. Cette délégation visait autant à protéger le président ukrainien qu’à affirmer sa place dans le grand échiquier diplomatique.</p>



<p><strong>Le rôle limité du Canada</strong></p>



<p>Le Canada, de son côté, ne dispose pas d’une marge de manœuvre autonome. Pour le professeur Mérand, « Ottawa s’alignera, quoi qu’il arrive, sur les positions européennes ». Le pays partage les positions de Paris, de Berlin, de Londres et de Varsovie : soutenir le gouvernement ukrainien et la souveraineté de l’Ukraine. Malgré un effort remarquable envers Kiev, proportionnellement à son PIB, le Canada ne détient pas la solution : « Celle-ci réside entre les mains des États-Unis et des grandes puissances européennes », affirme le professeur.</p>



<p>Enfin, le professeur Mérand met en garde contre le risque d’usure médiatique. « Les conflits qui n’offrent pas de solution rapide finissent par lasser les médias et leurs publics », explique-t-il. Ce phénomène ne concerne pas seulement l’Ukraine, mais aussi la guerre à Gaza et d’autres conflits de même nature. Les médias et leurs auditoires préfèrent les crises claires, aux solutions rapides, alors qu’ici, aucun règlement n’est envisageable à court terme. « Il n’y aura pas de paix dans la région avant des années », prévient-il. Il conclut en affirmant que « maintenir l’attention sur ces conflits représente notre principal défi, et notre faiblesse à tous ».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/01/de-lalaska-a-washington-la-diplomatie-americaine-en-premiere-ligne/" data-wpel-link="internal">De l’Alaska à Washington : la diplomatie américaine en première ligne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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