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	<title>Vincent Lafortune - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Est-il possible de ne pas croire ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Vincent Lafortune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Feb 2018 17:08:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[croyance]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La croyance fut historiquement importante, mais peut-être devrions-nous la dépasser. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/02/20/est-il-possible-de-ne-pas-croire/" data-wpel-link="internal">Est-il possible de ne pas croire ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">I</span><span class="s1">l va de soi que de répondre à une telle interrogation est un défi de taille qui ne saurait trouver une courte réponse. Ce n’est pas en deux pages que cette question sera bien entendu résolue et donc révolue. En fait, et je le dis tout de suite, m’attarder à ce genre de question m’entraîne à offrir une réponse nécessairement incomplète; est-il même vraiment concevable d’atteindre une exhaustivité en ce qui concerne la croyance? Pourtant, se prêter à un exercice de condensation des pensées est toujours très formateur, alors pourquoi ne pas tenter le jeu?</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Avant toute chose, prêtons-nous à la décortication de notre question afin de nous assurer d’en capter pleinement le sens. Peut-on ne pas croire? La forme que prend cette question est révélatrice. Elle nous demande s’il est <i>possible</i> de ne pas croire, sous-entendant qu’il y ait une sorte de prédisposition naturelle de l’humain à la croyance qu’il faudrait combattre ou refouler afin d’envisager la <i>possibilité</i> de ne pas croire, mais aussi que la croyance serait l’issue inévitable de l’individu, celui-ci faisant face aux insoutenables et inexplicables complexités de son monde. Il est donc question de la croyance, non pas en tant que <i>croyance instituée</i>, mais plutôt en tant que <i>mode de connaissance</i>. Nonobstant une telle délimitation, le sujet de la croyance nous soumet à quelques inévitables renvois à la religion.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">La croyance est une malbouffe certes délicieuse et réconfortante, mais qui au bout du compte nous laisse sur notre appétit: de la brièveté des glucides naît le besoin de protéines </span></p>
</blockquote>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Croire: la genèse racontée</b></span></p>
<p class="p3">Quand, comment, mais surtout pourquoi un jour prit naissance dans l’esprit d’un humain la notion d’une dimension autre que celle à laquelle il appartiendrait? Cette question ouvre la porte à d’innombrables réponses qui sont encore longuement débattues à notre époque. À mon avis, il existe chez l’humain un besoin tout à fait naturel <span class="s1">—</span>instinctif même<span class="s1">—</span> d’expliquer ce qu’il n’est pas en mesure de comprendre grâce à des démonstrations directes. Le besoin de pourvoir l’<i>inexpliqué</i> d’une explication est central chez l’individu. Il s’agit même de l’essence de sa nécessité de croire en des forces surhumaines et il me semble que ce besoin prend plusieurs formes.</p>
<p class="p3"><span class="s1">Pour comprendre ce besoin, il nous faut convenir que l’humain possède avant toute chose la faculté de ressentir son environnement, c’est-à-dire d’emmagasiner l’information que les stimulis qui foisonnent à proximité lui confèrent. Évidemment, la perception humaine est criblée d’imperfections, mais force est de constater que celle-ci nous donne un compte-rendu plutôt fidèle de la réalité qui nous entoure sans quoi nous ne serions pas en mesure d’interagir avec notre environnement avec l’aisance quotidienne dont nous témoignons. Cette sensorialité nous permet, entre autres, de prendre la mesure de la complexité de la nature à l’intérieur de laquelle opère une symbiose qui dépasse l’entendement que nous octroient nos sens primaires. Or, qui dit symbiose dit aussi perfection des rapports et commande la présence d’une entité intermédiaire orchestrant ces interactions harmonieuses. Il y a donc là l’idée d’un grand architecte. Sans les connaissances scientifiques qui sont aujourd’hui à notre disposition, il est possible de reconnaître que la vaste majorité de l’humanité, historiquement parlant, a eu recours à des explications tenant du surnaturel afin de combler le vide laissé par des phénomènes jadis inexplicables.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ensuite, toujours dans cette tentative d’élucidation de notre besoin de croire, il faut mentionner que la mort fut sans aucun doute une notion préoccupante pour l’humain, surtout (et peut-être uniquement) lorsque celui-ci se regroupa en société. En effet, c’est en entrant dans la socialité que l’individu prit conscience de lui-même, résultat immédiat des rapports réciproques qui s’organisèrent dès lors. Les liens qui se sont donc formés au sein des sociétés primitives ont favorisé le développement du <i>désir</i> d’immortalité chez l’humain. De ce désir est invariablement né le concept de l’âme, chose qui transcende le corps physique et qui est impérissable. Une telle conception des choses aurait agi en réconfort absolu pour l’humain qui se vit donc attribuer par le fait même une intemporalité. Cette intemporalité remédia au besoin rongeant de donner un sens à une vie bornée par la naissance et la mort: il en découla que le passage sur terre n’est qu’un constituant éphémère d’une existence illimitée qui se poursuit dans une autre dimension.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Finalement, cette socialisation fut le berceau de multiples questions métaphysiques: D’où venons-nous? Comment sommes-nous arrivés sur cette terre? Mais surtout: qui créa notre monde? Dans les derniers siècles, l’humanité n’a pas eu le choix d’avoir recours à des explications surnaturelles pour répondre à toutes les questions évoquées précédemment. Sans les notions fondamentales telles que celle de la théorie de l’évolution, qui aujourd’hui prime plus que jamais, quels autres recours avaient nos ancêtres, hormis celui du divin? Sans savoir que cet intermédiaire, ce chef d’orchestre des perfections naturelles était en fait la Science, comment faire autrement que de conclure l’existence d’une force supérieure à celle de l’homme? </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Faisant face à ces multiples incertitudes, l’humain, dans un effort tout de même rationnel si l’on considère les moyens qui étaient jadis à sa disposition, en déduit l’existence d’une force qui transcendait sa réalité physique. Une certitude émerge toutefois de ces observations: nous avons une faim insatiable de savoir. Le problème est que la croyance est une malbouffe certes délicieuse et réconfortante, mais qui au bout du compte nous laisse sur notre appétit: de la brièveté des glucides naît le besoin de protéines.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"> D’où venons-nous? Comment sommes-nous arrivés sur cette terre? Mais </span><span class="s1">surtout: qui créa notre monde?</span></p>
</blockquote>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Croire: une notion révolue</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Il semble donc que l’humain éprouve un profond malaise devant l’inconnu et y remédie en invoquant des forces surnaturelles qui comblent le vide rencontré. Je ne tiens pas à contredire ce malaise, mais bien à critiquer virulemment le recours à l’explication paresseuse d’une puissance surnaturelle. Que l’humain primitif qui cherchait d’abord à survivre puis ensuite à questionner le monde puisse s’arrêter à&nbsp;</span><span class="s1">des explications surnaturelles </span><span class="s1">certes, mais depuis l’avènement de l’esprit scientifique au 18<i>e</i> siècle, il n’y a, selon moi, plus aucune excuse concevable pour évoquer la possibilité d’une puissance surhumaine. La faute commise est précisément de ne pas saisir le caractère transitoire de ce vide qui n’est tout simplement pas perpétuel comme nous l’ont démontré les incommensurables découvertes scientifiques. Face à cela, pourquoi l’esprit scientifique devrait-il primer?</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">En somme, nous sommes aujourd’hui armés d’une méthode, d’un protocole qui nous permet de laisser de côté l’intangible afin de privilégier le tangible: les postulats et les hypothèses continuent de se multiplier, mais leur acceptation est régie par un cadre précis, soit la méthode scientifique. Cette méthode découle à vrai dire de l’esprit scientifique. Sa grande force, selon moi, tient dans le fait que cet esprit cherche toujours à s’invalider et ce faisant, il confirme davantage ce qui est vrai et remédie à ce qui est faux. La science est une discipline en perpétuelle investigation, qui érige en méthode le scepticisme et utilise un raisonnement <i>a posteriori</i> afin de tirer des conclusions factuelles sur le monde. Cette méthode manipule quelque chose de tangible, soit la preuve, qu’elle soit directe ou indirecte, et ne diverge jamais de ce qui relève de l’évidence. La méthode est donc, en quelque sorte, l’<i>esclave</i> de la preuve: elle n’est rien en elle-même et est entièrement dépendante de l’objet qu’elle manipule.</span></p>
<blockquote><p><span class="s1">La croyance demande en quelque sorte à l’individu de mettre sur pause sa pensée critique et ainsi de s’accrocher à une doctrine qui fonctionne uniquement sur un principe mystérieux qui s’apparente fortement à de la pure imagination</span></p></blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">La croyance, au contraire, demande en quelque sorte à l’individu de mettre sur pause sa pensée critique et ainsi de s’accrocher à une doctrine qui fonctionne uniquement sur un principe mystérieux qui s’apparente fortement à de la pure imagination, là même où aucune preuve n’a besoin d’être avancée afin d’établir des vérités. Cette méthode, en l’occurrence la croyance, ne manipule rien du tout de tangible et est donc en mesure d’opérer son fin subterfuge en sophistiquant une approche qui n’a guère de fondations. Où la science émet des hypothèses qu’elle tente ensuite d’infirmer par une démarche liée au doute systématique, la croyance opère une sorte de manipulation perverse en cristallisant des <i>croyances</i> en <i>vérités</i> grâce au concours, de nos jours, du pouvoir de certaines institutions telles que la religion. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Conséquemment, je pense que l’approche scientifique nous montre qu’il est possible de vivre avec des incompréhensions face à notre monde. Quotidiennement, les avancées en science parviennent à éclaircir ce qui était naguère incompris et il ne fait plus aucun doute que demain lèvera le voile sur ce qui est aujourd’hui encore ténébreux. Les vides qu’on croyait autrefois insurmontables sont comblés par les découvertes scientifiques qui annulent la nécessité de l’explication surnaturelle. Pourquoi certains concepts devraient encore relever du surnaturel si pour une majorité croissante d’autres notions une explication scientifique peut être donnée? C’est ce que le philosophe australo-écossais J.J.C Smart appelait des <i>nomological danglers</i>, c’est-à-dire des énoncés qui ne correspondent pas à l’ensemble des lois établies et acceptées et qui pendillent seuls, à l’écart de la réalité. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Dans un monde où la science n’a plus besoin de faire ses preuves, pourquoi alors recourir au surnaturel pour expliquer les choses qui échappent encore à cette première? Certes, la science est un processus lent qui ne satisfait pas toujours nos besoins pressants de savoir, mais c’est justement grâce à ce processus lent et méthodique qu’on extirpe des vérités objectives. À défaut d’avoir des réponses pour tout, nous avons aujourd’hui la méthode afin d’y parvenir sans requérir l’hypothèse surnaturelle. À cet égard, j’affectionne particulièrement la fine répartie du scientifique français Laplace en réponse à l’incrédulité de l’empereur Napoléon. En effet, ce dernier s’exclama un jour: «Comment, Laplace,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>vous faites tout le système du monde, vous donnez les lois de toute la création, et dans tout votre livre vous ne parlez pas une seule fois de l’existence de Dieu!», ce à quoi Laplace répondit<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>qu’il «n’avait pas besoin de cette hypothèse.»</span></p>
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			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/prune21/?media=1" data-wpel-link="internal">Prune Engérant</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<blockquote>
<p class="p1">Pour accéder au dialogue entre croyance et science, [ … ] il faudrait aujourd’hui percer le bastion de la religion</p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s2"><b>Croyance vs. religion</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ainsi donc, la vraie question à se poser semble être la suivante: pourquoi, si la science incarne la méthode par excellence afin d’assouvir nos désirs de connaissances, existe-t-il aujourd’hui des milliards de personnes qui croient ouvertement (mais peut-être pas consciemment) en des forces surnaturelles? La réponse ne peut qu’être étroitement liée à l’institution profondément ancrée de la croyance en ce que nous appelons communément la religion. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La religion, c’est avant toute chose une affaire de communauté et non d’individualité, bien qu’elle dise autrement. La religion est une institution qui opère une emprise redoutable par l’entremise d’une peur endémique qui plane sur ses disciples et qui ne permet aucune divergence du caractère individuel. Il n’est donc pas question, dans le monde religieux, de la «recherche de la vérité», celle-ci étant simplement son slogan, sa publicité. Il est plutôt question d’une soumission aveugle à des règles qui se sont constituées avec le temps par ouï-dire et dont personne, à l’interne, n’oserait contester l’essence. La religion s’est accaparé la croyance comme outil de légitimation, mais celle-ci n’est en aucun cas l’objet de ses préoccupations premières. Pour accéder au dialogue entre croyance et science —soit la conversation que nous voudrions vraiment avoir— il faudrait aujourd’hui percer le bastion de la religion, chose qui est infiniment difficile, voire impossible à faire.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Outre la façade religieuse, je pense aussi qu’il existe dans notre société actuelle une peur d’importuner en matière de croyance, une peur de bousculer les valeurs les plus profondément engravées chez les gens. Une pudeur de la méthode scientifique. Cette peur, néanmoins, est compréhensible. Elle relève du fait qu’il semblerait cruel de remettre en question les idées mêmes qui donnent du sens à la vie d’une personne. L’empathie est naturelle et est extrêmement dissuasive. On se dit : «À quoi bon?». En effet, quelle est l’utilité réelle de chambouler les croyances fondamentales d’une personne? Pourquoi ne pas éviter la confrontation et ainsi éviter les peines? Cette question soulève de multiples enjeux qui ne pourront être discutés ici, mais je dirai simplement qu’il est tout à fait légitime d’opérer ce chamboulement sur les bases du progrès intellectuel et social, moyennant que nous souscrivions à une société de progrès qui valorise la vérité avant tout.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">En ce sens, il me semble que ce refus de la confrontation est la conséquence d’une société qui n’est en quête que du progrès de surface, soit un progrès des commodités; elle délaisse le progrès individuel comme sanctuaire intouchable au nom de la liberté. Bien entendu, il ne faut pas croire que je suis contre toute forme de liberté, mais plutôt que j’en favorise une en particulier, soit une liberté informée. La croyance instituée sous forme de religion est une instance de la liberté de choix qu’on pourrait qualifier de désinformée. Elle est à l’origine, dans ses manifestations les plus extrêmes, de ces fanatiques qui, avec une conviction éblouissante, sacrifient leur intégrité et celle des autres en tuant aveuglément au beau milieu d’une place publique où foisonne la vie humaine.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Mes mots ne sont pas une invective à l’endroit de tout croyant, loin de là, mais je crois qu’il est impératif d’engager un discours, qui n’opposerait non pas religion et science, mais croyance et science. Qui opposerait donc les deux interprétations épistémologiques possibles. Opposer religion et science serait inutile, car il s’agit de deux entités complètement différentes qui ne tentent même pas de répondre à la même question. Cependant, faire croiser le fer entre croyance et science permettrait, je pense, d’arriver à des conclusions intéressantes. Pour cela, par contre, il faudrait une dissociation entre croyance et religion. Est-ce chose possible? Peut-on y croire? C’est un tout autre sujet riche en réflexions.</span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Merci, polémiste!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/01/23/merci-polemiste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vincent Lafortune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jan 2018 17:15:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[polémiste]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[rhétorique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les polémistes sont nécessaires à toute société se voulant au-devant du progrès.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">S</span><span class="s1">ouvent vus d’un œil noir et réprobateur, les polémistes font partie intégrante de toute société où le discours public jouit d’une entière — ou presque — liberté. Bien qu’étant un terme couramment utilisé, définissons tout d’abord ce que nous entendons par «polémiste» afin de dresser un portrait fidèle de ces maîtres de la controverse qui nous permettra ensuite de préciser davantage l’utilité sociétale de cette figure emblématique de la périphérie intellectuelle.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Un polémiste est, le plus souvent, un écrivain ou un journaliste —ou les deux— qui tient des convictions sociales, politiques ou idéologiques en marge de celles qui forment l’opinion publique. Le polémiste opère souvent avec panache et finesse en publiant des textes provocateurs habilement écrits et, parfois, en s’exprimant ouvertement sur la place publique par l’entremise, entre autres, de différents réseaux sociaux aujourd’hui à notre disposition. Le polémiste se doit, pour sa propre survie intellectuelle, de maîtriser de fond en comble l’art de la rhétorique et de soutenir ce qu’il avance par l’usage adroit de preuves qu’il sélectionne souvent avec une forte dose de <i>cherry-picking</i>. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le polémiste est donc une figure de l’extrême, qui se retrouve aux plus lointaines extrémités de la droite ou de la gauche sans jamais —ou très rarement — concéder quoi que ce soit à ses adversaires idéologiques.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Pour se faire une idée concrète du polémiste par excellence, voyons l’exemple d’un personnage dont le Québec a fait la charmante<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>rencontre —c’est le cas de le dire— il y a de cela trois années.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">« Car oui, la polémique vend. Elle vend beaucoup. Et tant mieux » </span></p>
</blockquote>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Éric Zemmour, polémiste par excellence</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Bien que toute société occidentale ait son lot de penseurs des lisières, la France, tout particulièrement, compte parmi ses rangs des figures aussi uniques que fascinantes. Éric Zemmour est difficilement contournable en la matière, et son introduction au public québécois restera longtemps dans les annales. Rappelez-vous, il y a trois ans, Anne Dorval et Xavier Dolan se retrouvaient sur le plateau d’<i>On n’est pas couchés</i> lors de leur tournée médiatique pour la promotion de <i>Mommy</i>. Quelle fut la réaction de Dorval en entendant les quelques propos de Zemmour, également invité ce soir-là<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>— et ancien chroniqueur de l’émission même —, sur le mariage homosexuel! L’actrice n’a pas hésité à partager sa consternation avec le polémiste et s’en est suivi une brève, mais retentissante altercation lors de laquelle Zemmour n’a pas manqué d’insulter sans gêne Anne Dorval en lui confirmant, entre autres, que «logorrhée» était bel et bien «français» faisant allusion, on le suppose, à la qualité du discours oral de l’actrice —qui était à ce moment, on le comprend, abasourdie.</span></p>
<p class="p3">Même s’il s’agissait — à ma connaissance — de la première victime québécoise de Zemmour, la France est «choyée» de la «poésie» de Zemmour depuis plusieurs années déjà. Éric Zemmour est le polémiste par excellence. Réactionnaire, antiféministe, contre le mariage homosexuel, il incarne une certaine droite dure et <span class="s1">le fait avec une rhétorique des plus malignes. Excellent orateur, habile écrivain et muni d’une implacable confiance: tout est de mise pour un des plus fervents représentants d’une certaine droite intellectuelle en France. Et malgré des condamnations judiciaires et des réprimandes fusant de toute part, Zemmour est régulièrement invité sur les plateaux de télévision, est journaliste au <i>Figaro</i> et est auteur de plusieurs essais et romans <i>best-seller</i>. Car oui, la polémique vend. Elle vend beaucoup. Et tant mieux.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Certes, ce qui diverge de la normalité a toujours fasciné les esprits, même si ce n’est que par pur divertissement, mais il y a beaucoup plus bénéfique à la polémique que la simple enflure des coffres. Le polémiste est, en effet, l’infirmier qui administre le vaccin contre le dogme. Voyons ensemble pourquoi.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">« Le polémistes est, en effet, l’infirmier qui administre le vaccin contre le dogme »</span></p>
</blockquote>
<p class="p5"><span class="s2"><b> Un <i>mal</i> nécessaire?</b></span></p>
<p class="p3">Il est tout à fait normal de se demander quel est l’apport réel du polémiste à notre société actuelle. Est-il vraiment nécessaire de s’exposer à tant de propos controversés sur les sujets les plus sensibles qui constituent les enjeux contemporains auxquels les sociétés font face? Ne s’agit-il pas d’une simple distraction nuisible qui n’a pas lieu d’être?</p>
<p class="p3">Bien que ce ne soit pas chose plaisante, le polémiste est d’une importance de premier plan pour une société qui arbore le progrès comme raison d’être. Il soulève des questionnements et des enjeux souvent bien dissimulés derrière une autocensure sociale qui, pourtant, n’est pas garante d’un consensus universel. En sacrifiant en quelque sorte son statut social, le polémiste enflamme la scène publique et la fait réagir grâce à ses déclarations souvent choquantes et déconcertantes. Même si la réaction première se veut en être une de colère et de lynchage public comme c’est souvent le cas, le polémiste nous offre cependant un précieux cadeau sous forme de tâche: il requiert une réponse argumentée et raisonnée sur les raisons de son égarement — si tel est le cas, bien sûr.</p>
<p class="p3">Ainsi, le polémiste bouscule le processus de banalisation des valeurs sociales et remet constamment en question nos idées préconçues des normes et des règles sociétales. Conséquemment, l’exercice de réfutation qui s’organise en réponse aux propos du pamphlétaire permet de combattre les dogmes et de renforcer et justifier les croyances déjà établies si celles-ci s’avèrent, évidemment, vraies et justes. Outre cette possible solidification des valeurs communément acceptées, le polémiste n’a pas nécessairement tort sur tous les fronts et alors, par la loi qui régit le progrès, il incombe au discours populaire de modifier ses arguments et ses conclusions sur le sujet débattu.</p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">« L’exercice de réfutation qui s’organise en réponse aux propos du pamphlétaire permet de combattre les dogmes [… ] »</span></p>
</blockquote>
<p class="p5"><span class="s3"><b>Comment lire un polémiste?</b></span></p>
<p class="p2">Il est possible de repérer rapidement un polémiste si l’on se fie aux quelques caractéristiques mentionnées plus haut. Après quelques articles, essais ou prises de parole, il est assez clair qui des chroniqueurs en porte l’étiquette.Mais comment faire pour s’approprier les propos d’un polémiste? Évidemment cet article n’a pas pour but d’être prescriptif, mais voici quelques idées tout de même.</p>
<p class="p3">À la lecture d’un polémiste, le discernement semble être un prérequis indispensable. Déjà, être conscient de la nature du texte et de son auteur est un bon point de départ et permet de faire la part des choses. La polémique, et en l’occurrence le polémiste, peut créer un effet rassembleur puissant comme on le voit ces jours-ci avec, par exemple, l’<i>alt-right</i> et les Milo Yiannopoulos de ce monde. Il est important, je pense, de ne pas céder à la tentation d’adopter la rhétorique, aussi convaincante qu’elle soit, du polémiste. La vie sociale est une collection de compromis et de nuances et il me semblerait plus légitime que les propos des polémistes altèrent la teinte de vos propres idées qu’elles les remplacent complètement par un arrêté catégorique sur des enjeux sensibles et complexes. Il serait bien triste de succomber à ce que le polémiste décrie lui-même: le fanatisme.</p>
<p class="p3"><span class="s1">Évidemment, chacun est propriétaire de son opinion et si l’intégralité des propos des polémistes résonne avec vous, il est en votre droit de les adopter. Par contre, l’histoire nous montre que l’humain ne s’est jamais, à quelques exceptions près et souvent temporaires, contenté d’une position extrême et qu’un milieu balancé, mais conscient des extrêmes, est le plus souvent favorisé. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Par ailleurs, l’indignation est une réponse naturelle à tout propos qui se veut diamétralement à l’encontre des valeurs que nous chérissons le plus. Toutefois, cette indignation se doit d’être passagère, car éblouissante et incapacitante, elle devient un outil de plus pour l’auteur des dires que vous aurez jugés controversés et lui <span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; </span>permettra tout simplement d’enfoncer le tison dans la plaie que vous lui présentez. En somme, il semble davantage adéquat de privilégier une approche nuancée et conciliante. Bien qu’elle puisse sembler arborer des allures utopiques, il m’apparaît qu’elle offre une ligne directrice efficace qui permettrait une optimisation bien nécessaire du discours public. </span></p>
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		<title>Imposture et balivernes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/11/15/imposture-et-balivernes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vincent Lafortune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Nov 2016 14:51:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Innovations]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’organisation Peintres Étudiants contourne les règles à McGill. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">I</span><span class="s1">l y a quelques jours paraissait un article d’Isabelle Ducas dans <i>La Presse Plus</i> avec pour titre un avertissement: <a href="http://plus.lapresse.ca/screens/edd499e2-7ebb-40e3-9232-8e1c0e8eed07%7CkeT766qbdfFC.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">«Peintres Étudiants, à vos risques.»</a> Le billet faisait écho aux multiples désillusions vécues par plusieurs jeunes étudiants s’enrôlant dans des programmes d’entrepreneuriat strictement encadrés, comme celui offert par Peintres Étudiants, filière francophone de <a href="http://studentworks.com/" target="_blank" data-wpel-link="external" rel="external noopener noreferrer"><i>Student Works Painting</i> </a>(<i>SWP</i>), une compagnie d’origine ontarienne. En démystifiant cette organisation et en prenant compte l’appel à la conscientisation émis par Isabelle Ducas, on découvre des faits pour le moins alarmants prenant place sur le campus mcgillois. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Peintres Étudiants: qu’est-ce?</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Peintres Étudiants est une compagnie originaire de Toronto qui a connu de très modestes, mais honnêtes débuts. Selon les propos récoltés lors des rencontres de recrutement, il s’agirait de deux amis étudiants qui, afin d’éviter les emplois au salaire minimum, ont décidé de se lancer en affaire pour combler leur été 1981. Le modèle était bien simple: offrir de revigorer les maisons de leur voisinage en grand besoin de coups de pinceau à un prix des plus compétitifs. </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">La légende veut que leur succès fut tel que très rapidement, il releva de l’impossible de s’acquitter seul des contrats emmagasinés. Ils embauchèrent alors leurs amis en tant que peintres et endossèrent le rôle de gestionnaires. Peu à peu, leur projet prit de l’ampleur et ils divisèrent les rôles de gestion parmi leurs employés par voisinage, puis par région. Depuis, Peintres Étudiants dit avoir servi des centaines de milliers de propriétaires à travers le Canada, ainsi qu’être la source de plusieurs franchises à succès. Ceci étant dit, les débuts modestes et honnêtes des deux amis entrepreneurs ne semblent pas avoir été en mesure de donner le ton moral et éthique à l’organisation.&nbsp;</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Aujourd’hui, il existe deux moyens d’intégrer les rangs de Peintres Étudiants: premièrement, on peut être embauché par une franchise en tant que peintre et travailler sous contrat l’été durant. L’autre alternative, qui concerne davantage McGill, est d’être franchisé, tout comme on le peut chez <i>McDonald’s</i>, en achetant un droit d’exercice et en assumant les divers coûts liés à l’exploitation de la franchise. Si rien ne sort de l’ordinaire sur la forme, c’est une tout autre histoire sur le fond.</span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Contourner les règles</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s4">Avant d’en venir aux spécificités douteuses d’un tel programme, voici un exemple commun des techniques de recrutement utilisées par l’organisation: des méthodes qui sont ironiquement auto-incriminantes. À McGill, il est interdit pour toute compagnie de ce genre, dite «à la commission», de faire de la publicité directement auprès des étudiants. C’est à travers <a href="http://plus.lapresse.ca/screens/edd499e2-7ebb-40e3-9232-8e1c0e8eed07%7CkeT766qbdfFC.html" target="_blank" data-wpel-link="external" rel="external noopener noreferrer"><i>MyFuture</i> McGill</a>, une plateforme de recherche d’emploi réservée aux étudiants de McGill, que les employeurs et les organisations peuvent légalement offrir des opportunités d’emplois à la population étudiante, selon Mme Marie-Josée Beaudin, directrice du centre de placement de Desautels rencontrée la semaine dernière par <i>Le Délit</i>. Toute autre forme de sollicitation est proscrite sur le campus et l’Université interdit explicitement aux entreprises comme <i>SWP</i> de recruter à McGill.</span></p>
<p class="p5"><span class="s4"> Néanmoins, au début de la session d’automne 2016, des dizaines de formulaires ont circulé pendant deux semaines dans les amphithéâtres et classes du campus. Ces formulaires incitaient les élèves, peu importe leur programme, à inscrire leur nom et leur numéro de téléphone afin d’être invités à une réunion ultérieure. Cette opportunité se nommait le <i>Summer Management Program</i> (<i>SMP</i>), un titre qui, aux premiers abords, semble presque évoquer une collaboration avec l’Université McGill. Une expérience inégalée qui développerait compétences de <i>leadership</i> et d’entrepreneuriat est promise aux étudiants avec, en gras, la somme tape-à‑l’œil de 17 000$. Premier doute: c’est normalement l’opposé qui a lieu, soit l’étudiant qui sollicite l’opportunité et non le contraire</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Une rencontre avec Gabriel</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"> Pour en savoir plus, <i>Le Délit</i> s’est rendu au luxueux <i>McGill Faculty Club</i>, où nous attendait Gabriel, l’exemple parfait du succès. Rapidement, le voile tombe:<a href="http://summermanagementprogram.ca/" target="_blank" data-wpel-link="external" rel="external noopener noreferrer"> le <i>SMP</i> est (vous l’aurez compris) synonyme du <i>SWP</i>.</a> La présentation est minutée, tellement l’affluence est forte. Inquiétant. Gabriel nous fait rêver avec ses chiffres venant d’une autre dimension: 100 000$ de chiffre d’affaire pour Gabriel en un été, une somme dont il récupère environ 30%. Il<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>demande aux gens présents s’ils savent combien cela fait. Les cinq personnes présentes se sont plutôt demandé si la question était sérieuse, plutôt que d’être imprssionés par les profits potentiels. Bref, une opportunité en or. On peut déjà s’inscrire pour la prochaine réunion, cette fois-ci avec le <i>regional manager </i>(directeur régional, <i>ndlr</i>). Gabriel est insistant. Serait-il payé par tête recrutée? </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Ce genre de rencontre a une odeur de régime pyramidal dès la première minute. Récapitulons: des dizaines d’étudiants de McGill ont déclaré un intérêt envers le <i>SMP</i>, qui s’avère être en fait être un voile pour le S<i>WP</i>, une organisation qui a non seulement des allures pyramidales, mais qui est bannie de recrutement sur le campus. Doutes confirmés. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Le risque et la pression </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">L’aventure est à vos risques. Bien que le potentiel de revenu soit réel, celui d’échouer l’est tout autant, sinon plus. On demande des frais de démarrage pouvant dépasser les 5000$, et on suggère même de prendre une marge de crédit. Certains entrepreneurs ont été poursuivis par leurs entrepreneurs pour salaire non-payé, et ont même poursuivi Peintres Étudiants pour fausse représentation et support inadéquat. </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Toutefois ce qui est réellement alarmant, c’est l’hypocrisie de Peintres Étudiants qui envoie des émissaires comme Gabriel pérorer que «<i>SWP</i> fait partie des meilleurs stages selon <i>Forbes</i>» (ce qui est faux) et qui se cache derrière des masques comme <i>Summer Management Program</i>. Les risques ne sont jamais stipulés formellement et la pression<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>poussant à continuer le processus est des plus pernicieuses (quatre appels après une première rencontre et aucun temps de réflexion n’est alloué). On pousse pour une signature rapidement du contrat et à foncer tête baissée dans le monde exploiteur des organisations pyramidales.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Alors, il faut prendre du recul et se questionner sur la nature de cette organisation. Peintres Étudiants cible les masses universitaires, car ils ont tout à gagner à ce que ce public s’engage dans leur programme. Point principal à de ce texte: tout formulaire de sollicitation qui circule dans les classes n’est, sauf si explicitement mentionné, pas autorisé ni endossé par McGill. Avec cet avertissement en tête, les étudiant·e·s sont, heureusement, libres de faire leurs choix!&nbsp;</span></p>
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		<title>La fibre entrepreneuri-elle</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/11/08/la-fibre-entrepreneuri-elle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vincent Lafortune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Nov 2016 15:03:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Innovations]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ton avenir en main et Femmessor montrent l’exemple.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">R</span><span class="s1">endus en 2016, nous sommes forcés de faire un constat: le monde de l’entrepreneuriat devient de plus en plus mixte. À titre d’exemple, la sphère entrepreneuriale aux États-Unis, longtemps associée à la figure patriarcale, compte aujourd’hui environ 11,3 millions d’entreprises ayant comme propriétaire·s majoritaire·s une ou plusieurs femmes, une augmentation faramineuse de 45% depuis 2009. Il est également surprenant que plus de 36% de tous les propriétaires d’entreprises aux États-Unis sont des femmes, et que ce chiffre, datant de la plus récente étude en 2012, sera sans équivoque revu à la hausse lors des prochains recensements.&nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Des défis toujours d’actualité</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Malgré ces statistiques encourageantes, les femmes sont néanmoins encore désavantagées lorsque vient le temps de mettre pied dans le monde de l’entrepreneuriat. Qu’elles soient révolutionnaires ou non, les <i>startups</i> dirigées par les femmes trouveront généralement la quête au financement plus ardue que les hommes, lorsque vient le temps de cette phase cruciale au développement de toute nouvelle compagnie. Ceci est dû en majeure partie à un monde de l’investissement dominé par la gente masculine, les femmes n’en constituant qu’un faible 6% aux États-Unis. Outre cet obstacle à l’accumulation de capital, une réalité davantage pernicieuse freine réellement l’établissement des femmes dans le milieu de l’entrepreneuriat. Celle-ci repose dans la réception sociale de la femme dans le monde des affaires. Malgré l’abolition quasi-exhaustive des règles de nature sexiste, la mentalité n’est pas un reflet immédiat de ces changements législatifs. C’est pourquoi, encore aujourd’hui, plusieurs femmes se voient rebuter leurs ambitions par une multitude de facteurs qui, certes en décroissance, continuent néanmoins de perpétrer la tradition masculine du monde entrepreneurial.&nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Montréal: la terre promise </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s4">Cet «entrepreneuriat au féminin» émergent n’est pas uniquement le fruit d’une prise de conscience autonome de la société du 21<i>e </i>siècle. Au contraire, il est le résultat d’actions tangibles qui ont façonné une nouvelle génération de femmes aux convictions bien supérieures à celles des prisonniers du statu quo. À Montréal, <i>Ton avenir en main</i> est un exemple scintillant de cette vocation qui prend de plus en plus d’ampleur. Institué en 2005, l’organisme à but non lucratif se décrit comme un «incubateur de leadership pour jeunes filles de 15 à 20 ans» et a pour mission de donner les outils nécessaires aux participantes afin qu’elles entreprennent d’elles-mêmes des projets de taille. L’année dernière, les projets réalisés témoignaient non seulement de l’impact que peuvent avoir ces jeunes femmes tant sur leur communauté directe que sur le plan international. Collecte de livres envoyée au Cameroun, construction de serres visant à la récolte<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>de légumes à l’année longue, organisation de conférences de sensibilisation sur l’intimidation dans différentes locations de Montréal-Nord ne sont qu’une partie d’une panoplie de projets d’entrepreneuriat social. Les répercussions sont nécessairement bénéfiques, tant pour les destinataires que les destinatrices. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Un futur prometteur</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Cette initiation au <i>leadership </i>et à l’entrepreneuriat réservé aux femmes est un concept qui ne cesse de croître. Il existe aujourd’hui quelques firmes de financement et de parrainage vouées exclusivement aux projets conduits par des femmes, comme <i>Femmessor</i> dont l’administration est située à Montréal. Un peu plus tôt au mois de septembre, en collaboration avec le ministère de l’Économie, <i>Femmessor</i> a dévoilé un fonds environnant les 19 millions de dollars pour les femmes entrepreneures, <i>Femmessor Québec (FQ, ndlr)</i>. Cette somme considérable servira au financement d’une multitude de projets sélectionnés par <i>FQ</i> et permettra sans aucun doute à plusieurs <i>startups</i> de voir le jour. Advenant que la tendance se maintienne, nous devrions sous peu voir une nette augmentation de l’influence des femmes dans le monde de l’entrepreneuriat au Québec. Une influence qui, une fois établie, perdurera.&nbsp;</span></p>
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