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	<title>Valentin Pelouzet - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 26 Nov 2025 06:38:30 +0000</lastBuildDate>
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		<title>« Ils changent les règles du jeu en pleine partie »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/ils-changent-les-regles-du-jeu-en-pleine-partie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Pelouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Programme de l'expérience québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[restriction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Portraits : ces immigrants en colère face à l’arrêt du PEQ.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/ils-changent-les-regles-du-jeu-en-pleine-partie/" data-wpel-link="internal">« Ils changent les règles du jeu en pleine partie »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Un nouvel épisode dans les mesures de restriction de l’immigration au Québec. Le 19 novembre, le gouvernement provincial a officiellement mis fin au <a href="https://www.quebec.ca/immigration/permanente/travailleurs-qualifies/programme-experience-quebecoise" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Programme de l’expérience québécoise</a> (PEQ), après sa suspension en octobre 2024. Ce programme permettait aux étudiants étrangers diplômés au Québec et aux travailleurs étrangers temporaires de demander un Certificat de sélection du Québec (CSQ) afin de s’établir de manière permanente dans la province québécoise. </p>



<p>Le lundi 17 novembre, des centaines de personnes, dont notamment des immigrants frappés par cette mesure, ont participé à une manifestation dans le centre-ville. Partant de l’édifice du ministère de l’Immigration jusqu’au bureau du premier ministre québécois à Montréal, les manifestants demandaient principalement l’amendement de la <a href="https://www.ccmm-csn.qc.ca/evenements/manifestation-contre-la-fin-du-peq/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">« clause grand-père »</a>, qui permettrait à ceux déjà présents au Québec d’accéder à la résidence permanente. <em>Le Délit </em>est parti à leur rencontre, et vous présente les portraits d’hommes et de femmes qui pourraient être contraints de quitter le Québec dans les prochains mois. </p>



<p><strong>Karim </strong></p>



<p>Il est directeur adjoint dans une épicerie. Lui et sa conjointe sont arrivés de France il y a cinq ans, « dans l’espoir d’obtenir la résidence permanente via le PEQ ». Sur quelques minutes d’entrevue, le terme d’« espoir » revient d’ailleurs beaucoup dans ses paroles. Il m’explique son parcours : « Reprendre les études passé 40 ans n’était pas forcément dans nos plans, mais nous l’avons quand même fait pour rentrer dans les critères d’admissibilité. » Il est calme, mais ses paroles démontrent son ressentiment face à la décision du gouvernement Legault : « Ils viennent de changer les règles du jeu en pleine partie. » Comme beaucoup, Karim milite pour l’aménagement de la clause grand-père, sans laquelle il « serait logé à la même enseigne que ceux qui sont encore dans leur pays d’origine et ont espoir de venir au Québec » . « Il n’y aurait plus d’espoir du tout », conclut-il. </p>



<p><strong>Delphine et Yuto </strong></p>



<p>Ils ont tous deux immigré de Chine pour le Québec il y a un an, et se sont rencontrés en cours de français. Delphine m’explique qu’elle apprend la langue depuis un an, en parallèle de sa formation en technologie de l’information, mais qu’elle est plus à l’aise de me parler en anglais. Yuto est arrivé ici pour rejoindre ses enfants qui ont fait leurs études en Colombie-Britannique ; Delphine, pour sa fille graduée de McGill et pour trouver une « <em>nouvelle vie</em> (<em>tdlr</em>) ». Le PEQ représentait pour eux l’opportunité principale de rejoindre leurs proches : « Nous sommes assez âgés, et ne correspondons pas aux autres types de visa », m’explique Delphine. Yuto est moins bavard, mais il arbore fièrement sa pancarte : « <em>Les étudiants et les travailleurs ne sont ni des fusibles ni des boucs émissaires! </em>»</p>



<p><strong>Sofiane, Lounis et Areski </strong></p>



<p>Chez ces trois jeunes hommes, arrivés d’Algérie grâce au PEQ, c’est l’inquiétude qui domine. Après des études au Québec en administration des affaires, et deux ans d’expérience professionnelle, la décision du gouvernement pourrait bouleverser leur projet de vie : « Nous sommes tous stressés. Notre permis de travail expire dans dix mois. On ne sait pas où notre avenir va nous mener », m’expliquent Lounis et Areski. Pour Sofiane, la clause grand-père est avant tout une question de « respect » : « Il n’est pas normal d’annuler ce programme pour des gens qui sont venus payer des universités onéreuses, et qui ont déjà deux ans d’expérience dans un domaine qualifié. » Lounis insiste sur cette question du coût : « Certains d’entre nous ont vendu tous leurs biens chez eux, pour investir dans leur avenir ici. » Sofiane conclut en me répétant les mots inscrits sur sa pancarte : « Nous ne sommes pas de passage, nous faisons déjà partie du Québec! »</p>
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		<item>
		<title>Mark Carney à l’épreuve du budget</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/12/mark-carney-a-lepreuve-du-budget/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Pelouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comprendre et analyser le projet libéral dans un contexte de tension avec les États-Unis.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/12/mark-carney-a-lepreuve-du-budget/" data-wpel-link="internal">Mark Carney à l’épreuve du budget</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">« Bâtir un Canada fort » : c’est le titre du <a href="https://budget.canada.ca/2025/report-rapport/toc-tdm-fr.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">projet de budget</a> déposé par le premier ministre fédéral Mark Carney au Parlement mardi 4 novembre. Le titre est évocateur : bien que les États-Unis – premier partenaire commercial du Canada – soient rarement cités dans le texte, on comprend qu’il s’agit ici d’un budget de réaction au durcissement majeur de la politique douanière américaine sous la présidence de Donald Trump. Afin de mieux comprendre comment ce budget répond aux défis politiques, mais aussi écologiques auxquels fait face le Canada, <em>Le Délit</em> s’est entretenu avec Julian Karaguesian, conférencier en économie à McGill et ancien conseiller du ministère fédéral des Finances, et Amy Janzwood, professeure de science politique à McGill, spécialisée en politique environnementale.</p>



<p><strong>Un durcissement attendu de la frontière</strong></p>



<p>D’après Karaguesian, ce budget survient certes en réaction à la politique trumpiste – tarifs sur les automobiles <a href="https://www.pwc.com/ca/en/services/tax/publications/tax-insights/us-impose-tariffs-automobiles-parts-2025.html?.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">(25 %)</a>, l’aluminium, l’acier et certains produits en cuivre <a href="https://www.ivey.uwo.ca/media/qxsoeh1q/ivey_canada-us-trade-and-investment_final_june-2025.pdf?utm.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">(50 %)</a>, ainsi que le <a href="https://www.international.gc.ca/controls-controles/softwood-bois_oeuvre/recent.aspx?lang=eng" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bois</a> et <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2199642/tarifs-fabricants-armoires-cuisine-meubles-cabico-jaymar" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">certains meubles</a> – mais également dans un contexte plus large d’« isolationnisme » étasunien : « <em>Nous vivons actuellement une accélération du durcissement de la frontière étasunienne sous la présidence de Trump, mais c’est une tendance qui a commencé dès le lendemain du 11 septembre </em>(<em>tdlr</em>). » Il explique : « <em>Il y a évidemment des raisons sécuritaires, mais également économiques [derrière ce durcissement, ndlr]. Les États-Unis ont le sentiment de ne plus être compétitifs. Ils doivent également financer leur immense armée, et ne peuvent politiquement pas augmenter les impôts, donc ils utilisent les tarifs</em>. »&nbsp;</p>



<p>En réaction, Carney propose des investissements majeurs pour renforcer les exportations du Canada dans le reste du monde. Le budget prévoit notamment une dépense de 115 milliards de dollars dans la productivité, notamment dans les secteurs de l’énergie propre, de la manufacture et des <a href="https://www.canada.ca/fr/campagne/mineraux-critiques-au-canada/les-mineraux-critiques-une-occasion-pour-le-canada.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">« minéraux critiques »</a> définis comme les minéraux sur lesquels « repose la technologie moderne », comme le lithium ou le nickel. Le premier ministre souhaite également stimuler l’économie interne du Canada, notamment par une dépense de 115 milliards de dollars dans les infrastructures canadiennes – hôpitaux, universités, routes, logements, systèmes d’approvisionnement en eau, et d’autres. Ces choix soulignent la « vision » de Carney, d’après Karaguesian : « <em>Ce budget change la nature de notre modèle économique – historiquement basé sur le libre-échange avec les États-Unis – et l’oriente vers plus de croissance interne, et vers de nouveaux marchés étrangers, notamment l’Europe et l’Asie</em>. »</p>



<p><strong>Des dépenses, mais aussi des coupures</strong></p>



<p>Il s’agit donc d’un budget dépensier : le premier ministre annonce un déficit de 78 milliards de dollars, soit <a href="https://www.reuters.com/world/americas/carneys-first-budget-promises-generational-investments-tough-choices-canada-2025-11-04/?utm.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">116 % de plus</a> que l’année dernière. Selon Karaguesian, ce chiffre ne devrait pas inquiéter : « <em>Beaucoup d’économistes s’intéressent au montant du déficit, mais il ne représente que 2,5 % du PIB. En périodes de crise comme en 2008 ou lors de la pandémie de la COVID-19 – le déficit des États-Unis, par exemple, pouvait <a href="https://fred.stlouisfed.org/series/FYFSGDA188S" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dépasser les 10 %</a>.</em> » Il pointe, à l’inverse, les risques liés au manque d’investissement : « <em>Prenons l’Argentine, qui était l’un des pays les plus riches dans les années 1930, et qui est maintenant chroniquement en crise, car elle n’a pas investi. Le Canada est encore riche, et il a la capacité de faire des investissements ; s’il attend trop longtemps, il finira comme l’Argentine</em>. »</p>



<p>Pour pallier ses dépenses majeures, le budget prévoit néanmoins des coupures. Une de ses mesures principales prévoit la réduction du nombre d’employés de la fonction publique de 358 000 à 330 000 d’ici mars 2029, soit une réduction totale de 28 000 emplois à partir de l’année prochaine. Cette annonce a provoqué la colère des syndicats : Sharon DeSousa, présidente de l’Alliance de la Fonction publique du Canada, <a href="https://www.ctvnews.ca/ottawa/article/federal-unions-say-budget-calling-for-28000-public-service-job-cuts-is-pretty-short-on-details/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a prévenu</a> que la suppression de postes mènerait à « <em>des délais d’attente plus longs pour obtenir son passeport, l’assurance-emploi, les prestations pour la garde d’enfants et les pensions, davantage d’appels sans réponse à l’Agence du revenu du Canada, ainsi que des programmes de santé publique et de sécurité alimentaire affaiblis</em> ». Elle avertit le gouvernement : « <em>Nous savons comment riposter. Le premier ministre Carney parle beaucoup de sacrifices, mais qui les fait réellement? Ce ne sont ni les méga-entreprises ni les PDG. Non, une fois de plus, ce sont les gens ordinaires, les travailleurs, qui en paient le prix</em>. »</p>



<p>Karaguesian est plus optimiste quant au coût social de la mesure : « <em>Sur la dernière année, la fonction publique a déjà été réduite de 13 000 postes rien qu’avec les démissions et départs en retraite. Les 28 000 suppressions peuvent ainsi probablement être atteintes de la même manière, même si nous devrons également continuer à embaucher les nouvelles générations.</em> »</p>



<p><strong>Un volet climatique qui interroge&nbsp;</strong></p>



<p>Les mesures climatiques du budget font également réagir. D’un côté, le gouvernement libéral mise sur sa « compétitivité climatique » et compte mettre de l’avant certaines industries liées à la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Il prévoit, par exemple, des crédits d’impôt pour les entreprises pratiquant le captage de carbone. Le budget propose également un investissement de 2 milliards de dollars dans un <a href="https://lactualite.com/actualites/le-budget-federal-prevoit-un-fonds-de-2-milliards-pour-les-mineraux-critiques/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">« fonds souverain pour les minéraux critiques »</a>, parmi lesquels certains sont essentiels au développement des énergies dites « propres ».&nbsp;</p>



<p>De l’autre, Carney ouvre la possibilité d’abandon du projet de plafonds sur les émissions de gaz à effet de serre liées à l’extraction du pétrole et du gaz naturel, si les autres mesures de sobriété du gouvernement s’avéraient efficaces. Dre Janzwood, spécialisée en politique environnementale, regrette ce retrait : « <em>Les plafonds sur les émissions offrent beaucoup de certitudes et de clarté. En opposition, les technologies, comme le captage de carbone, en plus d’être très coûteuses en subventions, ont une efficacité très discutable d’après la littérature scientifique.</em>&nbsp;»</p>



<p>Plus généralement, Dre Janzwood se montre inquiète face au volet climatique du budget : « De nombreux éléments du budget étaient sur la liste de vœux de l’industrie du pétrole et du gaz. » Elle cite notamment la proposition de réouverture du débat autour de l’écoblanchiment (<em>greenwashing</em>), soit des déclarations floues ou malhonnêtes en matière d’engagements environnementaux des entreprises. La loi C‑59 de 2024, qui limitait très fortement cette pratique, est en effet jugée créatrice d’« incertitude à l’égard des investissements », et remise en cause par le budget.&nbsp;</p>



<p>La transformation de l’économie canadienne prévue par le budget semble ainsi passer par des sacrifices en matière environnementale. « <em>Nous sommes dans un contexte économique difficile, mais ces reculs en matière environnementale ne sont pas nécessaires</em> », déplore Dre Janzwood.</p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Universités : mission, admission!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/universites-mission-admission/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Pelouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><em>Le Délit</em> en aide aux futurs étudiants dans leurs choix d’université.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Alors que le mois de novembre rime pour beaucoup de Montréalais avec les premiers flocons de neige, les finissants du CÉGEP ont la tête dans leurs ordinateurs. Pour nombre d’entre eux, novembre sera le mois de leurs demandes d’admission aux universités. Rien qu’à lire ces mots, les étudiants de McGill replongent sans doute dans leurs angoisses passées, liées aux grandes questions que cette période implique : comment s’y prendre? Quelle université? Quel programme? Trop consciente de ces choix difficiles, mais déterminants, l’équipe du <em>Délit</em> propose cette semaine aux futurs étudiants en baccalauréat plusieurs ressources pour les guider dans le brouillard universitaire.&nbsp;</p>



<p><strong>Quelle université?&nbsp;</strong></p>



<p>C’est la première grande question. Pour vous aider à choisir l’endroit où vous passerez la plupart de votre temps durant les prochaines années, les universités offrent de nombreuses ressources. McGill propose, par exemple, très régulièrement des <a href="https://www.mcgill.ca/undergraduate-admissions/visit/campus-tours" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">visites guidées</a> du campus. Nicholas, étudiant en développement international, fait partie de l’équipe des guides. Depuis plusieurs années, il fait découvrir le campus aux futurs étudiants et parents d’étudiants, tout en leur expliquant les spécificités des processus d’admission, des résidences, des clubs, et autres.&nbsp;</p>



<p>Fort de son expérience, il conseille aux futurs étudiants hésitants de « <em>suivre leur instinct</em> (<i><em>tdlr</em></i>) » : « <em>Je pense que les visites du campus sont très utiles : elles peuvent donner aux futurs étudiants un aperçu de ce que cela pourrait être d’étudier à McGill. Mais encore une fois, ce n’est que le point de vue d’une seule personne. La manière dont chaque guide fait découvrir la ville est très différente : nous avons chacun nos propres personnalités, origines culturelles, identités, intérêts et habitudes.</em> »</p>



<p>McGill organise aussi, à l’occasion, des <a href="https://www.mcgill.ca/openhouse/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">journées « portes ouvertes »</a>, qui permettent une visite plus poussée des différents locaux et résidences universitaires, où chaque département est représenté par un stand. Mathilde, étudiante en science politique et membre de l’équipe, raconte son expérience : « Même si l’événement mettait moins en avant notre expérience étudiante que des questions plus techniques sur les programmes, j’ai l’impression que la journée a été très aidante pour les visiteurs. Ils étaient très nombreux à faire la queue pour nous poser des questions, l’événement avait un vrai rôle informatif. »</p>



<p><strong>Quel programme?&nbsp;</strong></p>



<p>Une fois que votre choix d’université est fait, un autre peut-être plus complexe encore vous incombe – celui du programme. Il y a de quoi s’y perdre ; au-delà du simple choix d’études, les universités requièrent une maîtrise de tout un jargon spécifique, entre les programmes coop pour les ingénieurs, les programmes <em>honours</em>, <em>joint honours</em>… Tout semble conçu pour vous démotiver dès l’arrivée. À ce moment où l’on aimerait un grand frère ou une grande sœur déjà inscrite pour nous conseiller, la <a href="https://www.youtube.com/@McGillInterviews" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">chaîne YouTube McGill Interviews</a> pourrait être d’une grande aide.</p>



<p>Étudiante de dernière année en informatique, Romane est à l’initiative de la chaîne, non affiliée à McGill. Elle y réalise très régulièrement des entrevues d’étudiants issus de chaque programme. Elle parcourt toutes les facultés, allant des arts aux sciences, en passant par le génie et la gestion. Elle nous explique : « Mon but est de retranscrire au mieux possible l’expérience d’être un étudiant dans tel ou tel domaine, pas seulement ce qu’on peut voir sur la page internet du programme. »&nbsp;</p>



<p>Pour Romane, cela passe à la fois par des informations sur les cours – conférences, laboratoires, tutoriels, entre autres – mais aussi par des éléments beaucoup plus concrets de la vie étudiante : « J’essaie de faire parler les étudiants des deux : le contenu des cours et l’expérience étudiante. Je leur demande, par exemple, ce qu’ils pensent de l’ambiance dans leurs cours, ce à quoi on ne réfléchit pas forcément au premier abord, mais qui a évidemment son importance. »&nbsp;</p>



<p>Ce projet est né de l’intérêt de Romane pour l’audiovisuel, mais aussi de sa propre expérience d’étudiante internationale : « Quand mon frère et moi cherchions sur YouTube des informations, on s’est rendu compte qu’il n’y avait rien de très précis, que des éléments très globaux sur le campus. Vu que cela nous avait manqué, je me suis dit que ça pourrait aider les futurs étudiants. » Une intuition validée par les retours qu’elle reçoit : « Les personnes avec qui je m’entretiens se font parfois reconnaître par des étudiants plus jeunes qui leur confient que nos vidéos les ont soutenus dans leur choix. Si elles peuvent déjà aider quelques personnes, l’objectif est accompli! »</p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>« Pas de roi, pas de dictateur aux USA! »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/29/pas-de-roi-pas-de-dictateur-aux-usa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Pelouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[new york]]></category>
		<category><![CDATA[No kings]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Immersion dans la manifestation « No Kings » de New York.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Samedi 18 octobre, New York. Une véritable nuée d’affiches colorés illumine Times Square ; il ne s’agit pas ici des célèbres <em>billboards </em>de la place, mais des milliers de pancartes dressées par les manifestants du mouvement « <em>No Kings </em>» (pas de roi, <em>tdlr</em>) en opposition à Donald Trump. À travers le pays, sept millions d’Américains sont descendus dans les rues pour marquer leur opposition à la politique du 47<em>e </em>président des États-Unis, marquant l’une des plus <a href="https://www.theguardian.com/us-news/2025/jun/19/no-kings-how-many-protesters-attended" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">grandes journées de manifestations</a> de l’histoire étasunienne. Contournements de la constitution, déploiements militaires, ingérence dans la politique locale… Les manifestants avaient de quoi attaquer ce qu’ils estiment être un tournant autoritaire de la démocratie américaine.</p>



<p><strong>« Notre démocratie est en train d’être détruite »</strong></p>



<p>On aurait pu écrire un roman avec les milliers de messages brandis par les <a href="https://www.bbc.com/news/articles/c93xgyp1zv4o" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de cent mille</a> manifestants new-yorkais, inquiets de la trajectoire politique de leur pays. Victoria, travailleuse sociale retraitée, arbore une grande affiche « <em>We, the People </em>» (nous, le peuple) entre les mains. Elle témoigne de cette inquiétude : « <em>Je suis ici, car je suis horrifiée par ce que Trump et ses hommes de main font à notre pays. Je pense que notre démocratie est en train d’être détruite devant nos yeux, et cela me terrifie. </em>»</p>



<p>Cette analyse est partagée par les experts interrogés par <em>Le Délit</em>. Graham G. Dodds, professeur de science politique à l’Université Concordia, nous l’explique : « <em>Il y a de nombreuses raisons de s’inquiéter. Dès son premier mandat, Trump s’est attaqué à certains des piliers d’une démocratie</em> <em>constitutionnelle : la liberté de la presse, l’indépendance de la justice, les procédures démocratiques… Tout cela fait partie du mode d’emploi d’un gouvernement autoritaire. </em>»</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« <em>Je pense que notre démocratie est en train d’être détruite devant nos yeux, et cela me terrifie </em>» </p>



<p class="has-text-align-center"><sup>Victoria, travailleuse sociale retraitée</sup></p>
</blockquote>



<p>Dans l’actualité récente, les multiples opérations militaires de la police de l’immigration et des douanes (ICE) visant les immigrés illégaux ont particulièrement ému les manifestants. Parmi les slogans criés par la foule, on pouvait régulièrement entendre « <em>ICE, ICE, go away! </em>» (ICE, ICE, va-t-en!). Martha et Rémi, mère et fille, sont originaires de Californie, un État particulièrement touché par ces opérations. Elles témoignent : « <em>Le cours actuel des choses est abominable. Les immigrés sont la raison pour laquelle ce pays est ce qu’il est. Sans les immigrants, nous perdrons une partie de ce que nous sommes. </em>»</p>



<p>D’après David Grondin, professeur en communication à l’Université de Montréal, cette émotion est principalement ce que recherche Trump : « Beaucoup de ce qu’il fait est du ressort du spectacle, de la démonstration. Les actions de l’ICE, mais aussi de la garde nationale, visent à intimider, à faire peur. Trump utilise presque l’ICE comme un groupe paramilitaire qui intervient majoritairement dans des villes où il n’y a pas de problème lié à l’immigration pour créer de la résistance et du chaos, qui lui servent ensuite à justifier ses actions. » Deux jours après la manifestation du 18 octobre, l’ICE a mené une <a href="https://abcnews.go.com/US/nyc-residents-increase-ice-arrests-after-crackdown-canal/story?id=126763379" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">opération dans les rues du Chinatown new-yorkais</a>, arrêtant 13 personnes, dont quatre citoyens américains relâchés après 24 h, selon le membre du Congrès des États-Unis, Dan Goldman.</p>



<p><strong>Résister par la rue, par les urnes</strong></p>



<p>Le mouvement « <em>No Kings </em>», malgré sa popularité, peut-il réellement avoir un impact sur le cours de la politique américaine? Pour les manifestants interrogés par <em>Le Délit</em>, c’est une certitude. D’après Victoria, « <em>lorsque plus de 1 % de la population résiste, elle peut combattre un régime autoritaire. Nous ne céderons pas </em>», conclut-elle en référence à l’hymne du mouvement des droits civiques <em><a href="https://balladofamerica.org/we-shall-not-be-moved/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">We Shall Not Be Moved</a></em>.</p>



<p>Dr Grondin, auteur de travaux sur les mouvements sociaux américains, insiste également sur le potentiel politique du mouvement : « La contestation invalide la tentative d’accroissement du pouvoir par Trump. Le fait qu’il y ait autant de personnes dans les rues, même dans des États où l’on ne s’y attendrait pas, est très parlant. Même si les mouvements sociaux ne rassemblent que rarement la majorité d’une population, ils montrent qu’il n’y a pas d’acceptation et donnent de l’appui aux acteurs politiques d’opposition. »</p>



<p>De nombreux acteurs politiques démocrates, notamment à l’échelle locale, se réclament ainsi de l’opposition à l’administration Trump, comme le gouverneur de Californie <a href="https://www.gov.ca.gov/2025/10/21/governor-newsom-to-trump-were-suing-immediately-if-you-send-troops-into-san-francisco/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Gavin Newsom</a> ou le candidat démocrate à la mairie de New York, Zohran Mamdani. Ce dernier se place en adversaire principal au président américain parmi les candidats à la mairie, notamment concernant les activités de l’ICE, et l’a même invité à <a href="https://www.youtube.com/watch?v=UvG9KrIQi_0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">débattre en face-à-face</a>. Trump, de son côté, a remis en question la citoyenneté américaine du candidat né en Ouganda, le <a href="https://abcnews.go.com/Politics/trump-threatens-arrest-mamdani-nyc-ice/story?id=123382676" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">menaçant même de déportation</a>.</p>



<p>Dans les rues de New York, de nombreux manifestants montrent leur soutien à Mamdani, et leur rejet de son principal concurrent, Andrew Cuomo, pour les élections du 4 novembre. D’après Ryan et Rochelle, tous deux volontaires dans la campagne du candidat démocrate : « <em>Cuomo est aligné avec Trump, qui cherche à le faire gagner. Mamdani, lui, n’est pas financé par ceux qui ont aidé Trump à accéder au pouvoir. Il fera tout ce qu’il peut pour le combattre – il a</em> <em>par exemple évoqué d’offrir de <a href="https://www.msnbc.com/the-weekend/watch/momentum-for-mamdani-zohran-racks-up-dem-endorsements-leads-cuomo-by-double-digits-248029253533" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’assistance juridique</a> à des New-Yorkais sur le point d’être déportés. </em>»</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="900" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/IMG_5776-Large-1200x900.jpeg" alt class="wp-image-59129" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/IMG_5776-Large-1200x900.jpeg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/IMG_5776-Large-650x488.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/IMG_5776-Large-150x113.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/IMG_5776-Large-768x576.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/IMG_5776-Large.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/valentinpelouzet/?media=1" data-wpel-link="internal">Valentin Pelouzet</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Dr Dodds, auteur d’un livre sur le pouvoir exécutif étasunien, est plus sceptique quant à la capacité des élus locaux à faire face à Trump : « <em>Les gouverneurs locaux peuvent résister légalement, notamment lorsque le président tente d’envoyer</em> <em>des troupes dans leur État, mais le président est bien plus puissant qu’eux, ce qui limite leurs options. </em>» Son analyse s’étend au niveau fédéral : « <em>Dans le système américain, il n’y a pas vraiment de leader de l’opposition. Lorsqu’un parti contrôle toutes les branches du gouvernement – l’exécutif et les deux Chambres législatives – cette opposition est fragmentée, et il est dur pour elle de s’organiser. </em>»</p>



<p>La rue et les élus démocrates pourront-ils faire trembler Trump, ou faudra-t-il attendre les élections de mi-mandat, qui auront lieu en 2026, pour peut-être voir un rééquilibrage du pouvoir? La question reste entière, mais les millions d’Américains présents dans la rue le 18 octobre ont prouvé qu’une opposition nombreuse et engagée se tient prête à tenir tête au président.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/29/pas-de-roi-pas-de-dictateur-aux-usa/" data-wpel-link="internal">« Pas de roi, pas de dictateur aux USA! »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>« Sans vérité, il ne peut pas y avoir de réconciliation »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/08/sans-verite-il-ne-peut-pas-y-avoir-de-reconciliation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Pelouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[excavation]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital Royal Victoria]]></category>
		<category><![CDATA[Mères mohawks]]></category>
		<category><![CDATA[réconciliation]]></category>
		<category><![CDATA[vérité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hôpital Royal Victoria : les Mères mohawks toujours en lutte contre l’excavation des terres.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le mardi 30 septembre est la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, une date ayant pour but de commémorer « l’histoire tragique et douloureuse des pensionnats [autochtones, <em>ndlr</em>] et de leurs séquelles durables », selon le <a href="https://www.canada.ca/fr/patrimoine-canadien/campagnes/journee-nationale-verite-reconciliation.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">site officiel du gouvernement</a> canadien. La faculté de médecine de McGill a publié pour l’occasion <a href="https://lebulletel.mcgill.ca/journee-nationale-de-la-verite-et-de-la-reconciliation-2/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un communiqué</a> rendant hommage « aux victimes et aux survivants du système des pensionnats », et rappelant par la même occasion ses engagements « dans la voie de la réconciliation », notamment en « développant les effectifs autochtones dans les professions de la santé ».</p>



<p>Pourtant, au moment où étaient publiés ces mots, se tenait de l’autre côté du campus un rassemblement portant un tout autre discours. Devant l’Institut Allan Memorial, à quelques pas du chantier du projet « Nouveau Vic » cogéré par McGill et la Société québécoise des infrastructures (SQI), les Mères mohawks (ou <em>Kanien’kehá: ka Kahnistensera</em>), avaient alors appelé à un rassemblement de la presse et des militants dans le cadre de leur lutte contre l’excavation des terres environnant l’hôpital. Pour l’occasion, une cinquantaine de militants étaient réunis vêtus d’un <a href="https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/la-journee-du-chandail-orange" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">chandail orange</a>, symbole de commémoration des victimes et survivants des pensionnats.</p>



<p><strong> La bataille juridique se poursuit </strong></p>



<p>Durant le rassemblement, les Mères mohawks ont notamment annoncé le dépôt d’une motion à l’encontre de la SQI, visant à la protection juridique de trois zones « où des preuves de restes humains ont été trouvées », nous explique Philippe Blouin, doctorant en anthropologie à McGill affilié au collectif. La motion repose sur différentes preuves de la présence de restes humains autour de l’Institut Allan Memorial. Dans une fiche distribuée aux médias, le collectif cite un rapport d’<em>Askîhk Research Services</em>, une société autochtone de conseil en archéologie employée par McGill et la SQI dans le cadre du projet. Le rapport, non public, mais cité dans la fiche, conclurait que «<em> la combinaison de trois lignes de preuves séparées</em> [<a href="https://easterndoor.com/article/mohawk-mothers-cadaver-dogs-find-evidence" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">chiens renifleurs</a>, géoradar et plus récemment une sonde spécialisée] <em>soutenait la présence de restes humains</em> (<em>tdlr</em>) ».</p>



<p>Ce combat juridique n’est pas nouveau : les Mères mohawks cherchent à ralentir l’expansion de McGill sur le terrain de l’ancien hôpital Royal Victoria depuis 2022. Elles affirment que ces « restes humains » appartiennent probablement à des corps d’enfants autochtones issus des pensionnats et victimes des expérimentations du <a href="https://thecanadianencyclopedia.ca/en/article/mkultra" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">projet MK-Ultra</a>. Dans les années 1950 et 1960, l’hôpital, déjà affilié à McGill, s’est en effet rendu coupable d’expérimentations psychiatriques illégales, notamment sur des enfants, dans le cadre de recherches militaires. </p>



<p><strong>En quête de vérité</strong> </p>



<p>Pour les Mères mohawks, il s’agit là d’un combat pour la vérité historique sur les pratiques du gouvernement canadien. « <em>Sans vérité, il ne peut pas y avoir de réconciliation</em> », a expliqué Kahentinetha, l’une des Mères présentes. « <em>La terre a déjà été maltraitée il y a deux ans, nous ne pouvons pas les laisser le refaire</em> ». Elle fait ici référence aux méthodes employées par la SQI, que Blouin a détaillées au <em>Délit</em> : « Ils viennent avec des machines, détruisent tout – des tombes non protégées par des cercueils, des os en décomposition – c’est extrêmement fragile, seuls des professionnels du domaine devraient gérer ces éléments. » Il précise : « La SQI n’a pas de plan de construction précis [dans les zones concernées par la motion], mais affirme qu’elle reviendra excaver dès qu’ils recevront les prochains rapports des sondes. »</p>



<p>Malgré la difficulté de leur lutte juridique, les représentantes autochtones restent déterminées : «<em> La SQI et McGill cherchent à nous épuiser avec la paperasse, mais nous sommes déterminées à découvrir la vérité</em> », affirme Kwetiio, autre porte-parole du collectif. Kahentinetha, encore pleinement engagée dans ce combat à l’âge de 86 ans, le démontre par sa résilience : « <em>Nous ne cesserons jamais de lutter. S’ils pensent que nous nous lasserons, ils ne connaissent pas les femmes mohawks.</em> »</p>



<p></p>
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		<title>« Ce n’est pas Poly de nous faire payer plus! »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/ce-nest-pas-poly-de-nous-faire-payer-plus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Pelouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[grève]]></category>
		<category><![CDATA[polytechnique]]></category>
		<category><![CDATA[stage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Journée de grève historique à Polytechnique.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Vendredi 26 septembre, 9h45. Aux quatre entrées de l’Université Polytechnique se font entendre le son des enceintes vrombissantes des étudiants. En approchant de plus près, on aperçoit des dizaines de futurs ingénieurs déjà installés, dans une ambiance solidaire, mais festive. Chaises, tables, pancartes, nourriture… tout est prévu, depuis six heures du matin, pour leur permettre de rester la journée entière devant les portes ; il n’y aura pas cours aujourd’hui.</p>



<p><strong>« Je ne suis pas un portefeuille » </strong></p>



<p>Cela fait presque un mois que le corps étudiant proteste face à une <a href="https://www.polymtl.ca/salle-de-presse/communiques/precisions-de-polytechnique-montreal-sur-le-retrait-progressif-de-la-bourse-compensatoire-liee-aux" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mesure du conseil d’administration</a> visant au « retrait progressif de la bourse compensatoire liée aux crédits de stages obligatoires ». Polytechnique impose en effet un stage à tous ses étudiants, qui n’est « pas imposé par le Bureau canadien d’agrément des programmes de génie », comme le rappelle Gabriel Comby, président de l’Association étudiante de Polytechnique (AEP). En 2013, ce stage est passé de 3 à 9 crédits, augmentant largement les <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/education/918915/etudiants-polytechnique-montreal-preparent-greve-deux-jours" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">frais d’étude associés</a> (de 704 $ à 1 275 $ pour les étudiants québécois, et de 1 345 $ à 3 201 $ pour les Canadiens non-québécois, Français et Belges francophones). Pour pallier cette augmentation, l’Université a mis en place une bourse compensatoire, qu’elle prévoit maintenant retirer progressivement sur une période de deux ans.</p>



<p>Les polytechniciens craignent que cette réforme ne les mette en forte difficulté financière. Gabriel Comby affirme : « La population étudiante n’est pas un portefeuille, elle n’a pas des ressources infinies ; il y a beaucoup d’insécurité alimentaire, de difficultés à payer les loyers… Les étudiants en arrachent et ne peuvent pas payer ces frais supplémentaires. » Anaïs, étudiante française en année préparatoire, a confié ses inquiétudes au <em>Délit</em> : « J’avais déjà prévu tout mon budget, avec la bourse. Cette réforme nous met en difficulté, moi et mes parents qui m’assurent derrière. »</p>



<p><strong>Retour sur les négociations </strong></p>



<p>L’administration n’a pas manqué de réagir à la mobilisation étudiante. D’après Pierre Langlois, directeur des affaires académiques et de l’expérience étudiante de Polytechnique, « [l’Université, <em>ndlr</em>] a fait énormément de <a href="https://www.polymtl.ca/salle-de-presse/communiques/precisions-de-polytechnique-montreal-sur-le-retrait-progressif-de-la-bourse-compensatoire-liee-aux" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">concessions</a> : rendre la réforme graduelle, maintenir la bourse sur les deuxième et troisièmes stages dans les programmes où ils sont obligatoires, ramener le montant payé par les étudiants internationaux à celui des canadiens non-québécois… ». Langlois explique que la mesure « a pour but de dégager des fonds, et d’améliorer l’expérience étudiante avec des projets structurants. On veut également réaligner les revenus [de Polytechnique] avec la réalité des coûts de la formation d’ingénieur. Personne n’aime voir sa facture augmenter ; c’est normal et compréhensible. Mais c’est une augmentation d’environ 4 % pour les étudiants québécois, qui doit être mise en perspective avec les très grands revenus que peuvent apporter les stages, allant parfois jusqu’à vingt mille dollars au total ». </p>



<p>La dernière tentative de négociation date du mercredi 24 septembre. Le conseil d’administration a alors proposé de repousser le retrait de la bourse aux futurs étudiants de Polytechnique, à condition que la grève soit annulée. Le soir même, l’AEP a décidé d’annuler la journée de grève initialement prévue jeudi sans explications, provoquant la <a href="https://www.instagram.com/p/DPAUZh1ElNw/?img_index=1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">colère de nombreux étudiants</a> sur les réseaux sociaux. Gabriel Comby l’explique : « On a obtenu l’autorisation de diffuser la proposition qu’à 13h11 jeudi. On a pris la décision de négocier pour voir ce que l’administration était prête à faire en gardant la menace de faire la grève vendredi. On sait que certaines personnes ont pu se sentir abandonnées et on s’en excuse sincèrement. » </p>



<p>Soumise au vote <a href="https://www.instagram.com/p/DPCTxyNicDN/?img_index=6" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">jeudi après-midi</a> par l’AEP, la communauté étudiante a décidé, <a href="https://www.instagram.com/p/DPCpnUzjQ3Y/?img_index=2" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">à 70,25 % sur presque 2 500 votants</a>, de soutenir la grève de vendredi. « Le <em>deal</em> proposé ne protège pas les étudiants de la mesure et de la précarité qui l’accompagne », selon Comby. En effet, la proposition ne couvre ni les futurs étudiants de Polytechnique ni les actuels étudiants en classe préparatoire. Camille Monnier, directrice du Comité étudiant à l’année préparatoire, l’explique : « les “prépas” n’ont pas commencé le baccalauréat. Nous ne serons pas concernés par la bourse et allons devoir payer plein pot les frais de stage. »</p>



<p>D’après Comby, le message de la grève est très clair : « Il faut plus protéger les étudiants de la mesure, voire même l’annuler entièrement.» Une ligne tenue depuis le début du mois, et jugée « très dure » par Langlois, encore prêt à la négociation : « Les discussions sont prêtes à être poussées. » « Sans engager personne », il a également précisé que « tout était sur la table », refusant de définitivement condamner la proposition de mercredi, comme initialement prévu. Les étudiants de Polytechnique, de leur côté, restent mobilisés ; suite à la journée de vendredi, ils ont décidé de <a href="https://www.instagram.com/p/DPKRF6jEhaf/?img_index=1&amp;igsh=ZXdjN25xbjJna2hq" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">reconduire la grève</a> le lundi 29 septembre à 64,80 % (2 835 votes). « Si les étudiants souhaitent faire la grève lundi, je serai là. Je pense qu’il faut se mobiliser plusieurs fois pour être pris au sérieux », nous expliquait alors Patricia, étudiante en cinquième année.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/ce-nest-pas-poly-de-nous-faire-payer-plus/" data-wpel-link="internal">« Ce n’est pas &lt;em&gt;Poly&lt;/em&gt; de nous faire payer plus! »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Débat municipal : comment améliorer la vie démocratique à Montréal?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/24/debat-municipal-comment-ameliorer-la-vie-democratique-a-montreal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Pelouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[débat municipal]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La saison des débats pour la mairie s’est ouverte le 16 septembre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/24/debat-municipal-comment-ameliorer-la-vie-democratique-a-montreal/" data-wpel-link="internal">Débat municipal : comment améliorer la vie démocratique à Montréal?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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<p class="has-drop-cap"><a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/10/course-a-la-mairie-de-montreal-qui-pour-succeder-a-valerie-plante/" data-wpel-link="internal">Trois candidats</a> : Luc Rabouin (Projet Montréal – le parti de Valérie Plante, l’actuelle mairesse), Soraya Martinez Ferrada (Ensemble Montréal – l’opposition principale) et Craig Sauvé (Transition Montréal – le parti naissant). Un chiffre : 39 %, c’est la proportion de Montréalais ayant voté lors des élections municipales de 2021. C’est à partir de ce constat inquiétant que les représentants de l’Institut du Nouveau Monde et de Transition en commun, organisateurs de ce débat dans l’auditorium de la Grande Bibliothèque, ont présenté le thème de la rencontre : la démocratie municipale. Une heure durant, les trois prétendants au poste ont défendu leur bilan et leurs propositions pour améliorer la participation citoyenne à Montréal en répondant à une question chacun. Un format sans échange qui a permis aux Montréalais présents d’en apprendre plus sur les ambitions de leur futur maire ou future mairesse.</p>



<p><strong>Un rappel des bilans</strong></p>



<p>Peu de propositions claires ont été articulées lors du débat ; les candidats ont plutôt pris soin de rappeler leur expérience et attachement à la cause démocratique. Martinez Ferrada, par exemple, a évoqué son travail de fond en tant que conseillère municipale dans l’arrondissement Saint-Michel, notamment son effort d’implication des citoyens dans les négociations avec les investisseurs et dans la construction d’une agora dans le quartier : « Il faut s’assurer que la démocratie ne consiste pas à voter qu’une fois, et que les points de vue des citoyens soient intégrés dans chaque projet par des processus de consultation. » En lien avec le thème, la candidate s’est également décrite comme une « victime » du « dialogue démocratique extrêmement polarisé » au conseil municipal, particulièrement sur la question des pistes cyclables : « On ne peut pas avoir une conversation sur le sujet sans être traité d’anti-vélo. On ne peut pas juste être pro-mobilité inclusive et fluide? »</p>



<p>Rabouin a contesté cette prise de position en mêlée de presse : « Le premier engagement de Martinez Ferrada a été de dire qu’il faudrait défaire des pistes cyclables, en affirmant que Projet Montréal ne s’occupait pas des infrastructures, et mettait l’argent dans les pistes cyclables. Qui polarise alors? ». L’héritier de Valérie Plante a lui-même rappelé son attachement à la démocratie en insistant sur son opposition aux « idées populistes de droite radicale », son implication passée dans l’organisation de sommets citoyens, ainsi que la publication de son livre <em>Démocratiser la ville </em>en 2009.</p>



<p><strong>Un nouveau mode de scrutin</strong></p>



<p>Sauvé, quant à lui, a expliqué que « Transition Montréal existe justement pour renforcer la démocratie à Montréal » en tentant de mettre fin au bipartisme du Conseil municipal, qui mènerait aujourd’hui à des « débats stériles ». En lien avec cette critique, Sauvé a pu évoquer l’une de ses propositions principales : une « réelle réforme démocratique » vers un scrutin proportionnel. Selon lui, l’abstention croissante aux élections s’explique d’abord par un sentiment de non-représentation : « Beaucoup d’électeurs se disent qu’il ne sert à rien de voter, car l’autre candidat gagne toujours leur arrondissement […] la proportionnelle force les élus à la collaboration et permet une meilleure représentation. »</p>



<p><strong>Comment impliquer les jeunes ?</strong></p>



<p><a href="https://elections.montreal.ca/wp-content/uploads/2022/06/Bilan_EG2021_20220607.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">L’abstention des jeunes</a> est particulièrement frappante à Montréal : 75% des 18–35 ans n’ont pas voté en 2021. Un diagnostic partagé par Dominique, tout juste diplômée de McGill et présente au débat : « Je trouve que les jeunes ne s’intéressent pas assez à la politique, particulièrement la politique municipale. »</p>



<p><em>Le Délit </em>a pu demander aux candidats leur diagnostic et leurs solutions à cet enjeu démocratique. D’après Rabouin, « pour intéresser les gens, il faut aller vers eux. Dans le conseil d’arrondissement du Plateau Mont-Royal, dont je suis maire, on tient une fois par année une séance à l’école secondaire Jeanne-Mance avec les étudiants. Plus que de simplement leur laisser la parole, il faut écouter les besoins des jeunes ». Selon Sauvé, « le projet de réforme électoral aiderait à attirer l’intérêt des jeunes en multipliant les voix et les points de vue ». Le candidat s’est également dit « vraiment ouvert à l’idée d’un vote à 16 ans ». Nous n’avons pas pu interroger Martinez Ferrada sur la question.</p>



<p>Qu’ont pensé les quelques jeunes présents au débat? Juan, de son côté, en est sorti sceptique : « J’ai eu du mal à dégager les idées uniques des candidats, mis à part l’idée de réforme de Craig Sauvé. Pour autant, je ne suis pas sûr que ce sera l’initiative qui décidera mon vote ».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/24/debat-municipal-comment-ameliorer-la-vie-democratique-a-montreal/" data-wpel-link="internal">Débat municipal : comment améliorer la vie démocratique à Montréal?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Blocage du projet de loi 97</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/10/blocage-du-projet-de-loi-97/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Pelouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Loi 97]]></category>
		<category><![CDATA[Première Nation MAMO]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58417</guid>

					<description><![CDATA[<p>La colère des communautés autochtones face au gouvernement Legault.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Depuis le début de l’été, la forêt boréale du Saguenay–Lac-Saint-Jean, à 600 kilomètres au nord de Montréal, est au cœur d’une lutte politique de taille. En témoignent les nombreux <a href="https://www.liberation.fr/international/amerique/au-quebec-le-combat-des-autochtones-pour-leurs-terres-ancestrales-la-foret-ne-se-defendra-pas-seule-20250824_S6CGFVG5RRBBBJH7HP4JNNOIQ4/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">barrages routiers</a> érigés par des membres du collectif Première Nation MAMO (« ensemble », en atikamekw). Ce dernier est mené par les gardiens du territoire et chefs héréditaires de différents groupes autochtones, qui marquent leur opposition au <a href="https://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-97-43-1.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">projet de loi 97</a> poussé par la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette Vézina. Le projet, « visant principalement à <a href="https://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-97-43-1.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">moderniser le régime forestier</a> » prévoit notamment une répartition stricte du territoire forestier public québécois, aujourd’hui partagé en trois : un tiers de territoires protégés, un tiers demeurant « partagé » entre les différents acteurs (chasseurs, pêcheurs, producteurs de bois), et, surtout, un tiers principalement réservé à l’industrie forestière. Un nouvel épisode dans l’histoire des conflits territoriaux entre le gouvernement québécois et les Premières Nations.</p>



<p><strong>Un manque de considération des peuples autochtones</strong></p>



<p>Selon Martin Papillon, professeur de sciences politiques autochtones à l’Université de Montréal, le désaccord des Premières Nations ne tient pas principalement à l’extraction forestière par l’industrie en tant que telle : « Les revendications sont très variées, mais beaucoup de communautés participent au développement économique forestier, et ne sont pas opposées à l’extraction forestière. L’enjeu principal est que les communautés qui occupent le territoire et y ont des droits ancestraux ne peuvent pas suffisamment participer à la décision quant au lieu et au moment de cette extraction. » À l’heure actuelle, le projet de loi prévoit uniquement une « concertation passive » des communautés autochtones, sans possibilité de participation active ni de contrainte sur l’industrie forestière.</p>



<p><strong>La difficulté du dialogue</strong></p>



<p>Le manque de considération des revendications autochtones par le gouvernement s’explique par un héritage historique, selon le Dr Papillon : « Le gouvernement fédéral a imposé aux communautés, via la Loi sur les Indiens (1876), le mécanisme de gouvernance des conseils de bande pour détruire la gouvernance traditionnelle, dans un but d’assimilation. Dans plusieurs communautés, la gouvernance traditionnelle – gardiens du territoire, gouvernance par clans – a cependant persisté en parallèle. Les gouvernements se retrouvent à ne plus savoir à qui s’adresser. » Encore aujourd’hui, <a href="https://www.google.com/search?q=le+gouvernement+qu%C3%A9b%C3%A9cois+refuse+de+s%27adresser+au+collectif+Premi%C3%A8res+Nations+Mamo&amp;oq=le+gouvernement+qu%C3%A9b%C3%A9cois+refuse+de+s%27adresser+au+collectif+Premi%C3%A8res+Nations+Mamo&amp;gs_lcrp=EgZjaHJvbWUyBggAEEUYOdIBBzIzOWowajSoAgCwAgA&amp;sourceid=chrome&amp;ie=UTF-8#:~:text=Qu%C3%A9bec%20n%27a%20pas,barrage%2Dmamo%2Da..." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le gouvernement québécois refuse</a> de s’adresser au collectif Première Nation MAMO, préférant s’entretenir avec les conseils de bande. Ces derniers ont eux-mêmes claqué la porte aux discussions <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2180954/autochtones-regime-forestier-foret-gouvernement" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">fin juillet</a>, faute de résultats.</p>



<p>Ces lacunes dans la communication avec les communautés autochtones ne sont plus envisageables, comme l’explique le professeur : « Depuis 30 ans, il est de moins en moins possible pour le gouvernement d’agir ainsi. Le projet de loi 97 est le dernier exemple d’une longue liste de projets ayant provoqué une forte mobilisation des communautés. » Cette mobilisation coûte à l’industrie forestière, elle-même prête à des concessions. Selon le Dr Papillon, « la demande principale de l’industrie est la stabilité et la certitude sur le long terme, ce qui passe par une bonne entente avec les communautés locales. L’imposition d’une vision dans le conflit n’a pas été historiquement payante ».</p>



<p>Du reste, le projet de loi est pour l’instant bloqué par l’opposition frontale des Premières Nations. Initialement déposé « dans l’urgence, il risque dans les prochaines semaines d’être fortement amendé, ou tout simplement retiré », selon le Dr Papillon.</p>
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		<title>« Le néolibéralisme est un échec »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/03/26/le-neoliberalisme-est-un-echec/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Pelouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Mar 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Conférence]]></category>
		<category><![CDATA[Joseph Stiglitz]]></category>
		<category><![CDATA[neoliberalisme]]></category>
		<category><![CDATA[prix Nobel d'économie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=57886</guid>

					<description><![CDATA[<p>Conférence avec Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le mercredi 12 mars, à l’hôtel InterContinental de Montréal, se tenait une conférence autour de Joseph Stiglitz, récipiendaire du prix Nobel d’économie en 2001 et économiste en chef de la Banque mondiale de 1997 à 2000. Il est maintenant professeur à Columbia. L’économiste Christopher Ragan s’est entretenu avec lui pour discuter de son nouveau livre intitulé <em>Les routes de la liberté </em>(<em>The Road to Freedom : Economics and the Good Society</em>). Durant cet événement organisé par McGill, Stiglitz a pu réitérer ses thèses majeures et plus récentes, en relief avec l’actualité politique nord-américaine.</p>



<p><strong>L’échec du néolibéralisme</strong></p>



<p>L’auteur de <em>La grande désillusion </em>(<em>Globalization and its Discontents</em>) a d’abord exprimé sa farouche opposition au capitalisme néolibéral, qu’il définit comme « <em>le retrait de toutes les régulations économiques et environnementales de l’État, et la libéralisation totale du commerce et de la finance </em>(<em>tldr</em>) ». Notamment promu par des économistes tels que Milton Friedman ou Friedrich Hayek, cet ensemble de directives économiques vise à « <em>rendre l’économie prospère </em>» via « <em>l’effet de ruissellement </em>», grâce auquel l’accroissement des grandes richesses permises par la libéralisation finirait par bénéficier à l’ensemble de la société.</p>



<p>Cette politique, implantée dans la majorité des pays du monde depuis les années 1980, est largement un échec, selon Stiglitz. Prenant l’exemple des États-Unis, pionniers de la doctrine, il explique : « <em>L’accroissement majeur des inégalités de revenu, la crise financière de 2008 et le manque de couverture médicale prouvent que les marchés ne sont pas la solution à tout </em>». Sur ce dernier exemple, il développe : « <em>20% du PIB américain correspond à des dépenses de santé. C’est quatre fois plus par habitant que Singapour, mais nous figurons parmi les derniers sur de nombreux indicateurs de santé parmi les pays développés.</em>»</p>



<p><strong>Une question d’idéologie</strong></p>



<p>Comment expliquer, dans ce contexte, que les politiques économiques néolibérales restent en vigueur aujourd’hui? D’après Stiglitz, l’une des raisons principales est idéologique. L’économiste estime que les défenseurs du néolibéralisme ont mal interprété la notion de liberté : « <em>Le terme “libéralisme” est dérivé de “liberté” […] cependant, la liberté que crée le néolibéralisme est d’abord celle d’exploiter les individus. </em>» Il ajoute que « <em>de manière générale, la liberté des uns peut être la non-liberté des autres. […] Par exemple, la liberté de polluer pour une entreprise restreint celle d’un asthmatique à vivre. […] Les néolibéraux agissent, à tort, comme si la liberté était un absolu, alors qu’il s’agit d’un compromis </em>».</p>



<p>Sur la question des inégalités, il explique : « <em>D’un point de vue économique, la liberté consiste en l’ensemble des possibilités d’un individu. Si vous n’avez aucune opportunité, comme cela arrive dans nos sociétés inégalitaires, vous n’êtes pas libre. […] C’est aux politiques publiques d’offrir des opportunités à tous, au moyen de l’éducation publique et des soins de santé. </em>» Ces politiques devraient être collectivement déterminées, selon lui, comme si « <em>nous étions ignorants de toutes nos conditions de vie, d’où nous sommes placés dans la société. Si c’était le cas, nous serions tous en faveur de cette action publique, même si elle nécessite des taxes </em>».</p>



<p><strong>Dans l’ère de Trump et de Musk</strong></p>



<p>Comment raisonner à l’ère Trump-Musk, alors que les partisans de ces derniers érigent régulièrement la liberté, plus particulièrement notamment la liberté d’expression, comme un absolu justifiant leurs propos et positions? L’ancien prix Nobel étend alors son raisonnement : « <em>La même logique de compromis s’applique ici. La dérégulation de la pluralité des médias dans les années 70, par exemple, a en réalité partiellement limité la parole publique aux opinions de leurs propriétaires. </em>» En fin de conférence, nous avons pu l’interroger sur le rachat de Twitter (devenu X) par Elon Musk : « <em>L’objectif plus large de Musk est la destruction totale de l’État pour</em> <em>prévenir toute entrave à ses opérations. Son influence majeure sur l’administration et l’opinion publique montre la nécessité de freiner l’enrichissement excessif, car il mène inévitablement à une influence politique démesurée. </em>» Malgré la mise en place progressive de ce projet, les voix comme celles de Joseph Stiglitz proposent une vision du monde différente, et demeurent un contre-pouvoir important face à l’influence du milliardaire américain.</p>
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		<title>Déclarations incendiaires de J.D. Vance à Munich</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/02/26/declarations-incendiaires-de-j-d-vance-a-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Pelouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Feb 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[J.D. Vance]]></category>
		<category><![CDATA[Munich]]></category>
		<category><![CDATA[russophilie]]></category>
		<category><![CDATA[ukraine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un tournant diplomatique dans la guerre en Ukraine.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/02/26/declarations-incendiaires-de-j-d-vance-a-munich/" data-wpel-link="internal">Déclarations incendiaires de J.D. Vance à Munich</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">V endredi 14 février, à la Conférence de Munich sur la sécurité, réunissant des dirigeants mondiaux, des ministres et d’autres responsables politiques de premier plan, J.D. Vance a créé le choc. Alors que l’on pouvait s’attendre à ce que le vice-président américain s’exprime sur la guerre en Ukraine, les États-Unis demeurant leur <a href="https://www.lesechos.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-europe-ou-etats-unis-qui-depense-le-plus-pour-soutenir-kiev-2149268" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">principal soutien militaire face à l’invasion russe</a>, il a surpris en ne prononçant pas un mot sur le sujet. Vance a plutôt choisi de donner une leçon aux représentants européens sur leur gouvernance démocratique : « <em>la menace qui m’inquiète le plus vis-à-vis de l’Europe n’est ni la Russie, ni la Chine, ni aucun autre acteur externe. Ce qui m’inquiète, c’est la menace de l’intérieur : le recul de l’Europe sur certaines de ses valeurs les plus fondamentales. […] Dans toute l’Europe, je crains que la liberté d’expression ne recule</em> (<em>tdlr</em>). » Je me suis entretenu avec Juliet Johnson, politologue et professeure de science politique à l’Université McGill spécialiste de la Russie, pour tenter de comprendre cette déclaration.</p>



<p><strong>Un choix diplomatique (in)conscient</strong></p>



<p>L’angle de l’attaque, la liberté d’expression, peut d’abord surprendre. Cette déclaration survient néanmoins à la suite de l’annulation du premier tour des élections présidentielles roumaines dans laquelle Călin Georgescu, candidat d’extrême droite pro-russe, est arrivé en tête, à la surprise générale, avec 22% des suffrages. La Cour constitutionnelle roumaine a pris cette décision sous <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2125014/roumanie-elections-annulees-pourquoi" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">suspicion d’interférence russe</a> dans la campagne éclair du candidat sur les réseaux sociaux, en particulier sur TikTok.</p>



<p>Ignorant ces éléments de contexte, J.D. Vance a interprété cette décision comme un signe de recul démocratique en Europe : « <em>si vous avez peur de vos propres électeurs, il n’y a rien que les États-Unis puissent faire pour vous. </em>» Au sujet de la Roumanie spécifiquement, il a déclaré : « <em>lorsque nous voyons des cours européennes annuler des élections […] nous devons nous demander si nous nous tenons à des normes assez élevées. </em>» Selon la Dre Johnson, l’utilisation de la notion de « liberté d’expression » n’est alors pas à prendre au premier degré : «<em> J.D. Vance comprend la liberté d’expression comme la liberté pour lui et les partisans de Trump de dire ce qu’ils désirent sans être critiqués.</em> » Un choix de mots qu’elle juge témoin « d’ignorance » alors que Trump prévoit d’<a href="https://reporterre.net/Femme-climat-Trump-interdit-des-mots-dans-les-articles-scientifiques" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">interdire l’usage de quelque 120 mots</a> dans les travaux universitaires américains, comme « préjugé » ou « climat » sous la menace de retraits de financement. « <em>Leur partisanisme les empêche de voir cette décision-ci comme une attaque contre la liberté d’expression</em> », indique-t-elle.</p>



<p>Plusieurs pistes peuvent être établies pour expliquer les déclarations de J.D. Vance : volonté de déstabilisation des démocraties libérales? Une envie de plaire à la Russie? Ou encore de créer le choc pour ne pas avoir à se positionner sur le sujet sensible de l’Ukraine? Dre Johnson, de son côté, est formelle : « <em>l’objectif de ces déclarations est d’affirmer la dominance américaine et de semer la division en Europe.</em> » Néanmoins, elle précise que « <em>ces déclarations montrent surtout l’étendue du manque de culture de J.D. Vance vis-à-vis de l’Europe, et des relations internationales en général. […] C’est un novice à la confiance démesurée par rapport à ses connaissances.</em> » Elle rappelle également que cette stratégie n’est pas forcément efficace : « <em>un retour de flamme s’opère clairement ; les dirigeants européens ont remis sur la table la question des efforts de défense paneuropéens pour la première fois depuis longtemps.</em> » Depuis une semaine, l’Europe multiplie en effet les sommets. Ses dirigeants étaient à <a href="https://www.tvanouvelles.ca/2025/02/17/sommet-sur-la-securite-a-paris-les-europeens-appellent-a-la-protection-des-etats-unis" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Paris le lundi 17 février</a> pour convenir de l’élaboration et du financement d’une politique commune de défense. Une réaction qui s’inscrit dans le contexte plus large de la non-fiabilité des États-Unis de Trump, qui sont « <em>connus pour ne pas respecter les accords qu’ils signent</em> », explique Dre Johnson.</p>



<p><strong>Europhobie… et russophilie</strong></p>



<p>Les propos du vice-président s’inscrivent dans une stratégie diplomatique plus large du camp de Trump vis-à-vis la guerre en Ukraine : celle de s’éloigner de l’Europe et de se rapprocher de la <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-esprit-public/trump-se-rapproche-de-poutine-une-menace-pour-l-ukraine-pour-l-europe-pour-l-allemagne-7771560" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Russie</a>. Le président américain s’est ainsi <a href="https://www.google.com/url?q=https://www.tf1info.fr/international/guerre-ukraine-russie-donald-trump-et-vladimir-poutine-echangent-par-telephone-une-conversation-prolongee-et-tres-productive-2350483.html&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1740502387829765&amp;usg=AOvVaw3xWG3VGMlAHpI3Kt2QF_XA" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">longuement entretenu</a> au téléphone mercredi dernier avec son homologue russe Vladimir Poutine, sans la présence de l’Union européenne ni de l’Ukraine, dans la quête d’un plan de paix. Une discussion préliminaire de laquelle Poutine sort grand gagnant, selon Dre Johnson : « <em>l’équipe de Trump a déjà concédé à tout ce que Poutine veut : la non-intégration de l’Ukraine à l’OTAN, l’abandon de plus d’un cinquième du territoire du pays, l’idée du besoin d’élections en Ukraine… ce sont les principales demandes du Kremlin!</em> »</p>



<p>Comment comprendre alors ce revirement? Similairement à son analyse de J.D. Vance, Dre Johnson blâme « <em>l’absence de compétences diplomatiques</em> » de Trump : « <em>l’auteur de The Art of the Deal commet deux fautes majeures : la relâche de tous ses leviers de négociations dès le début, et l’exclusion de partis clés. Ce sont des erreurs d’amateur.</em> » En effet, l’absence de l’Ukraine des négociations, qui témoigne selon la professeure de « <em>la vision du monde simpliste de Trump, concentrée seulement sur les grandes puissances</em> », pourrait mener à l’échec de l’entreprise. « <em>L’Ukraine, surtout supportée par l’UE, n’acceptera jamais ces termes, et les États-Unis ne peuvent pas les y forcer </em>», explique-t-elle.</p>



<p>Volodymyr Zelensky, de son côté, commence à pointer du doigt ses désaccords avec la méthode Trump. Interrogé au lendemain du discours de Vance, il réclamait <a href="https://www.instagram.com/reel/DGN-r_oMwvZ/?utm_source=ig_web_copy_link&amp;igsh=MzRlODBiNWFlZA==" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la présence de l’Europe et de l’Ukraine aux négociations</a> : «<em> nous sommes très reconnaissants à l’égard des États-Unis. Ils nous ont beaucoup donné et soutenu […] et nous sommes également très reconnaissants à l’égard de l’UE, un partenaire stratégique important. C’est pourquoi il faut que l’on soit au même niveau, côte à côte, et à la table des négociations.</em> » D’abord diplomate, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2142036/zelensky-trump-vit-desinformation-russe" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le président ukrainien a changé de ton mercredi</a>, après que Trump a accusé l’Ukraine d’avoir « <em><a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2141942/trump-blame-ukraine-guerre-russie" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">commencé la guerre </a></em>», il a déclaré : « <em>le président américain vit malheureusement dans un espace de désinformation [russe].</em> » Des propos soutenus par Dre Johnson : « <em>Trump en sait très peu au sujet de l’Ukraine, et ment énormément, souvent par ignorance. Il a par exemple déclaré que la cote de popularité de Zelensky était de 4%, alors qu’elle est <a href="https://www.ladepeche.fr/2025/02/20/vrai-ou-faux-guerre-en-ukraine-la-cote-de-popularite-de-zelensky-est-elle-vraiment-de-4-comme-lavance-donald-trump-12524648.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">en réalité de 57%</a>. C’est un grand consommateur de la propagande russe.</em> » L’heure semble donc à l’escalade entre les deux leaders. Quelques minutes après notre entrevue avec Dre Johnson mercredi 19 février, Trump a qualifié Zelensky de « <em><a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2142036/zelensky-trump-vit-desinformation-russe" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dictateur sans élections</a> </em>». Le lundi suivant, les États-Unis ont voté <a href="https://www.removepaywall.com/search?url=https://www.washingtonpost.com/national-security/2025/02/24/united-nations-ukraine-russia-trump/?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR0E038_CakMIP0OpN4XsYRFHJliYbKxEysO4oOrC-iru4zAbqnuv48pOVM_aem_s1d09mAsvIpNmyuGQhdF9A" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">contre une résolution de l’ONU</a> condamnant la Russie pour la guerre, aux côtés de Moscou et de ses soutiens. L’administration Trump s’est également abstenue de voter sur sa propre résolution appelant simplement à une négociation pour mettre fin à la guerre. Les États-Unis ont ainsi confirmé leur rupture diplomatique avec l’UE et l’Ukraine à travers les organisations internationales.</p>



<p><strong>Que doit-on attendre de la suite de la guerre?</strong></p>



<p>Ainsi, malgré la tentative de diplomatie éclair du président américain, un accord de paix durable semble encore loin, selon Dre Johnson. Elle explique : « <em>Vladimir Poutine, comme Trump, n’est pas connu pour respecter les accords qu’il passe. […] Pourquoi les Russes s’arrêteraient-ils, ils gagnent! Ils contrôlent un cinquième du territoire ukrainien, et n’ont aucune raison d’interrompre les hostilités.</em> » Interrogée sur les difficultés militaires russes, elle répond : « <em>ils traversent en effet des difficultés, notamment de conscription. Ils ont été obligés de promettre des bonus, d’appeler des soldats nord-coréens et des sociétés militaires privées. Mais tout est relatif ; ils restent moins en danger que l’Ukraine, qui risque des carences de ravitaillement militaire et de soldats. L’Ukraine demeure en effet un pays bien moins peuplé que la Russie, ce qui signifie que, malgré le nombre supérieur de pertes russes, chaque perte ukrainienne compte plus. </em>» L’analyse de Dre Johnson nous permet d’y voir plus clair dans la diplomatie agressive de Trump et son administration. Quelques jours après le troisième anniversaire de l’invasion russe, l’arrêt des hostilités ne semble pas être facilité par l’arrivée au pouvoir des républicains. En ignorant les demandes et positions de l’Union européenne et de l’Ukraine tout en se rapprochant de celles de la Russie, Trump pousse l’Europe à une réorganisation stratégique.</p>
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		<title>Montréal en marche pour le climat</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/10/04/lmontreal-en-marche-pour-le-climat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Pelouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Oct 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[manifestatin]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=52680</guid>

					<description><![CDATA[<p>La manifestation de la rage climatique à la croisée des combats.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/10/04/lmontreal-en-marche-pour-le-climat/" data-wpel-link="internal">Montréal en marche pour le climat</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le vendredi 29 septembre dernier, à 14h au parc Jeanne-Mance, plus d’un millier de personnes, en grande majorité des étudiants, ont entonné des chants aux thèmes désormais familiers : « Et 1, et 2, et 3 degrés, c’est un crime contre l’humanité! » La Semaine de la Rage Climatique, organisée par le collectif du même nom dans les villes de Québec, Sherbrooke et Montréal, s’est achevée avec succès avec la manifestation de la Rage Climatique, qui a su rassembler la jeunesse pendant plus de trois heures à travers les rues de Montréal. <em>Le Délit </em>s’est rendu sur place pour vous rendre compte du déroulé de la manifestation.</p>



<p><strong>Un écologisme radical?</strong></p>



<p>L’événement était marqué par des revendications écologiques radicales. Rage Climatique affirme, sur son <a href="https://www.rageclimatique.org/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">site Internet</a>, que la semaine avait pour but de « mettre en avant une écologie radicale, anti-oppressive, anticoloniale et anticapitaliste ». Fini l”« éco-anxiété », les organisateurs de la marche ont appelé à transformer la peur du bouleversement climatique en « écofureur ». Cette colère idéologique se retrouvait dans les cortèges, notamment par la présence de plusieurs groupes anarchistes et communistes, comme <a href="https://www.marxist.ca/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Fightback</em>.</a> <em>Le Délit </em>s’est entretenu avec plusieurs manifestants, dont Justin, jeune militant indépendant, qui nous a expliqué ses motivations : « Le système économique dans lequel on vit nous mène droit dans le mur. La logique d’accumulation continue est en train de détruire la planète et de tous nous tuer. C’est aux riches de payer pour la crise qu’ils ont créée. » Les sensibilités politiques variaient, mais elles étaient réunies vendredi autour du combat climatique. Pour Joanie, manifestante du Front commun pour la transition énergétique, il s’agit de la meilleure stratégie : « L’important, c’est de multiplier les tactiques et d’être ensemble, au-delà des idéologies de chacun. »</p>



<p><strong>La jeunesse (mais pas que) au rendez-vous</strong></p>



<p>Hormis les groupes activistes, beaucoup de petits groupes d’étudiants du secondaire ou d’université étaient présents, participant à l’atmosphère gaie et bon enfant du cortège. Avant 15h, la foule réunie autour de la statue George-Étienne Cartier s’adonnait à la danse, aux chants et à la discussion. Côté pancartes, les militants allaient du plus direct « <em>Capitalisme = Cancer de la planète (tdlr)</em>&nbsp;» au plus décalé « <em>La Terre devient plus chaude que Timothée Chalamet </em>».</p>



<p>Les motivations étaient également variées, entre lutte idéologique et revendications locales. Ludovic, étudiant originaire de Rouyn- Noranda, l’une des<a href="https://ici.radio-canada.ca/info/dossier/1003437/arsenic-rouyn-noranda-fonderie-horne-cancer-enfants" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> villes</a> les plus polluées dans l’air du Canada, nous a raconté son combat : « J’allais à l’école à côté de la <a href="https://ici.radio-canada.ca/info/dossier/1003437/arsenic-rouyn-noranda-fonderie-horne-cancer-enfants" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">fonderie Horne</a>. Chaque mercredi, une alarme sonnait et on devait se confiner et fermer les fenêtres en prévention d’une fuite de produits toxiques. […] J’ai envie, un jour, de pouvoir revenir fonder ma propre famille sans avoir peur de mettre en danger la vie de mes enfants. » Rappelons que la fonderie Horne rejette des tonnes de contaminants chimiques, dont l’arsenic, sur Rouyn-Noranda, si bien que la population de la ville court un risque accru de cancer du poumon.</p>



<p>Il reste néanmoins à préciser que les étudiants n’étaient pas seuls. Nous avons pu échanger avec Catherine et Isabelle, du groupe <a href="https://meresaufront.org/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Mères au front</a> : « On marche, on travaille avec les jeunes pour l’environnement. Les jeunes sont possiblement plus intéressés par le combat ; c’est leur avenir, ils ont peur et je les comprends. Mais leurs parents sont là aussi! » Mères au front est un groupe activiste spécialement dédié aux adultes révoltés face à la crise climatique. Le combat rassemble, à travers les générations.</p>



<p>Que faire de la convergence des luttes anticapitalistes et écologistes? Est-elle inévitable, ou contingente à l’inaction des gouvernements? La question reste ouverte. Pour les manifestants que nous avons interrogés, l’insuffisance des politiques environnementales canadiennes était claire. L’urgence climatique inquiète, à mesure que ses effets se font ressentir par les Québecois : des records absolus de température ont encore été battus en ce mois de septembre ( <a href="https://www.journaldemontreal.com/2023/09/05/meteo-au-quebec-nouveau-record-de-chaleur-absolu-pour-un-mois-de-septembre#:~:text=VILLES%20AVEC%20DES%20RECORDS%20DE%20CHALEUR%20POUR%20UN%205%20SEPTEMBRE%202023%3A&amp;text=Shawinigan%3A%20Nouveau%20record%20de%2032,%2C5%20%C2%B0C%20(1983)" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">jusqu’à 35,8 °C à Waskaganish, </a>au Nord-du-Québec). Au-delà des considérations idéologiques, cette manifestation a ainsi permis aux Montréalais engagés d’exprimer leur désir de réaction politique ferme et imminente, à l’échelle de la province, et du Canada.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/10/04/lmontreal-en-marche-pour-le-climat/" data-wpel-link="internal">Montréal en marche pour le climat</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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