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	<title>Thomas Didier - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 15 Mar 2011 17:49:25 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Un débat explosif</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/03/08/un-debat-explosif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thomas Didier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Mar 2011 13:54:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[BAPE]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Gaz de schiste]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avant que ne soit rendu public le rapport du BAPE sur un cadre d’exploration et d’exploitation des gaz de schiste, regard sur les tenants et aboutissants de l’industrie qui fait jaser le Québec.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/03/08/un-debat-explosif/" data-wpel-link="internal">Un débat explosif</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le rapport du BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement), conclu le 28 février et destiné à proposer un cadre d’exploration et d’exploitation des gaz de schiste au Québec, a été transmis de façon confidentielle au Ministre du Développement Durable, de l’Environnement et des Parcs Pierre Arcand, qui a soixante jours pour le rendre public. En attendant la publication du rapport, Le Délit fait le point sur les enjeux des gaz de schiste au Québec avec deux participants aux consultations du BAPE, Marc-André Legault, coordonnateur du mémoire des étudiants de l’École Polytechnique de Montréal, et Pierre Batellier, citoyen de Saint-Marc sur Richelieu et coordonnateur développement durable à HEC&nbsp;Montréal.</p>
<p><strong>Gaz de schiste 101</strong><br>
Le débat sur les gaz de schiste faisant appel à des connaissances hautement techniques, un minimum de vulgarisation scientifique s’impose. Le mémoire des étudiants de Polytechnique nous apprend que les gaz de schiste sont composés de méthane emprisonné dans la formation rocheuse des shales de l’Utica s’étendant de Montréal à Québec, dans la vallée du Saint-Laurent. Ils se distinguent du gaz naturel par la difficulté technique de leur extraction. Pour libérer ces gaz emprisonnés en petits volumes sur une grande surface, un puits scellé doit être creusé verticalement jusqu’au shale, suivi d’un conduit perforé horizontal sur une longueur allant jusqu’à 3000 mètres. Les gaz sont libérés par fracturation de la formation rocheuse autour de la section horizontale du puits par l’injection d’eau sous pression contenant du sable et des additifs chimiques. Il y a un soudain intérêt pour cette ressource parce qu’«un saut technologique a permis l’atteinte d’un stade de rentabilité des gaz de schiste vers le début des années 2000», explique Pierre Batellier.</p>
<p>&nbsp;</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Gaz-Schiste-Société-2.jpg" data-wpel-link="internal"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-6969" title="Gaz Schiste (Société)" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Gaz-Schiste-Société-2-595x244.jpg" alt width="595" height="244"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">http://agentssanssecret.blogspot.com/</span>		</figcaption>
	</figure>

<p><strong>Un degré de pollution contesté</strong><br>
L’extraction des gaz de schiste est plus polluante pour l’eau et pour l’air que l’extraction du gaz naturel conventionnel. Les opinions sont toutefois partagées sur le degré et le niveau d’acceptabilité de cette pollution. La compagnie gazière Questerre déclare que l’industrie au Québec nécessite six milliards de litres d’eau, alors que les étudiants de Polytechnique estiment cette consommation à quarante-deux milliards de litres. Monsieur Legault précise qu’il a vu une vingtaine d’estimations différentes sur les volumes d’eau nécessaires, et a fondé son calcul sur certaines moyennes de l’industrie des gaz de schiste aux États-Unis. En comparaison, au Québec, l’industrie des pâtes et papiers consomme 507 milliards de litres d’eau, et l’industrie des mines, 186 milliards de litres. Monsieur Legault note que «cette comparaison n’est pas une excuse pour retirer plus d’eau. L’eau des gaz de schiste contient 0,5% d’additifs, dont certains sont toxiques, ce qui représente cinq tonnes métriques de produits chimiques par million de litres d’eau utilisé».</p>
<p>Un mémoire déposé au BAPE par la Société canadienne des gaz non conventionnels indique que plusieurs gaines d’acier et de béton scellent la partie verticale du puits, isolant le conduit des nappes phréatiques peu profondes. Selon le mémoire des étudiants de Polytechnique, alors que 25 à 50% de cette eau remonte à la surface, le processus de fracturation peut engendrer la migration du méthane dans les nappes d’eau sous-terraines. Marc-André Legault ajoute que «des métaux lourds et parfois des matières radioactives présents dans le sol sont délogés par la pression. En Pennsylvanie [où les gaz de schiste sont extraits], l’industrie doit pré-traiter cette eau elle-même, parce que la concentration de matières dissoutes, de métaux lourds et d’hydrocarbures dépasse la capacité des usines d’assainissement des eaux.»</p>
<p>Le débat sur la pollution de l’air est encore plus controversé. Le mémoire des étudiants de Polytechnique se fonde sur une étude de l’Université Cornell pour avancer que, de la production à la consommation, les gaz de schiste émettent autant de gaz à effet de serre (GES) que le charbon. Quoique la combustion du gaz naturel émette moins de GES que la majorité des énergies fossiles, le processus d’extraction et de transformation, les fuites de méthane dans l’atmosphère au moment de l’extraction et le transport de l’eau par camion rendent les gaz de schiste plus polluants que le pétrole conventionnel. Or, selon un expert en émission de GES de Ressources naturelles Canada, cette étude contient des erreurs de calcul et est fondée sur des choix méthodologiques discutables. La difficulté de statuer avec clarté sur l’émission de GES des gaz de schiste provient du choix du nombre d’années sur lequel l’impact climatique des fuites de méthane est réparti (un choix méthodologique arbitraire), ainsi que de l’absence d’information sur le taux réel d’échappement de méthane.</p>
<p><strong>Gains économiques incertains</strong><br>
Des prédictions encore plus contradictoires marquent le débat sur les retombées économiques de l’exploitation des gaz de schiste. Selon un rapport de la firme conseil Secor, réalisé pour l’Association pétrolière et gazière du Québec, dans un scénario conservateur, les gaz de schiste créeraient, au Québec, une richesse de près de 300 millions de dollars par an, auraient des retombées fiscales et parafiscales de 103 millions de dollars et soutiendraient 5000 emplois à partir de 2015. Au contraire, selon l’IRIS (l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques), l’exploitation des gaz de schiste coûterait un milliard de dollars à l’État québécois en vingt ans, à cause des crédits d’impôt remboursables et des frais d’infrastructures routières et d’épuration des eaux. La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) remet en question la validité du rapport de l’IRIS, jugeant qu’elle est fondée sur une méconnaissance de la mécanique fiscale et comporte des erreurs factuelles. En reprenant le même cadre financier que l’IRIS, la FCCQ calcule que le Québec s’enrichirait d’environ deux milliards de dollars sur la même période.</p>
<p>Dans le mémoire qu’il a soumis au BAPE, Pierre Batellier note la nécessité pour le gouvernement de réaliser une analyse rigoureuse et complète de la totalité des coûts, des revenus et des risques qu’engendre une telle entreprise. Le mémoire indique par ailleurs que le cadre fiscal de l’exploitation gazière n’est pas favorable à l’enrichissement de l’État québécois, avec des permis d’exploration nettement moins chers que dans d’autres régions. Ces permis sont octroyés au Québec pour 0,10 à 2,50 dollars par année par hectare, alors qu’en Colombie-Britannique, l’acquisition des permis par enchères a permis à la province de lever 2,5 milliards de dollars. Le taux de redevance québécois de 10% à 12,5% est plus près de ce qui se fait ailleurs, mais les méthodes comptables pourraient réduire les retombées réelles, comme dans le cas des mines dans lequel le vérificateur général, dans son rapport de 2009, a ramené à 1,5% les retombées fiscales pour le gouvernement, malgré un taux de redevance de 12%.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Gaz-Schiste-Société.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-large wp-image-6971" title="Puits de la région de St-Hyacinthe" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Gaz-Schiste-Société-595x373.jpg" alt width="595" height="373"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Annik MH de Carufel</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>&nbsp;</p>
<p>Monsieur Batellier explique que «la marge de manœuvre du gouvernement est très faible, parce que l’Alberta et d’autres régions productrices de gaz de schiste baissent leurs redevances. L’Alberta, qui possède déjà la main‑d’œuvre et le savoir-faire, a une longueur d’avance. De plus, l’industrie du gaz naturel étant en déclin, l’Alberta cherche de nouveaux débouchés pour recycler son industrie gazière et pour fournir l’énergie nécessaire à la production des sables bitumineux». Les retombées positives des investissements seraient également à mettre en perspective. Dans son mémoire, Pierre Batellier calcule que près des deux-tiers, à court terme, et plus de la moitié, à long terme, des 1,3 milliards de dollars d’investissements prévus, de même que les emplois spécialisés, iront à des fournisseurs de services albertains ou américains.</p>
<p>En plus des rêves de richesse, la perspective d’une production gazière québécoise a nourri l’argument nationaliste de la souveraineté énergétique. En particulier, le groupe «Maîtres chez nous – 21e siècle» voit avec nostalgie l’octroi de permis à des compagnies privées non québécoises comme la fin du projet de société québécoise des années 1960. Dans une perspective plus contemporaine, Pierre Batellier déconseille la nationalisation: «Le gouvernement pourrait être actionnaire, mais ce serait financièrement risqué. Les compagnies acquièrent des permis pour spéculer sur les réserves prouvées qui, intégrées à leur actif, augmentent la valeur de leurs actions.» De plus, l’indépendance énergétique est peu pertinente dans le contexte actuel du marché. «Il n’y a pas de problème d’approvisionnement. Il y a un surplus de gaz sur le marché, notamment à cause des gaz de schiste américains. Il n’y a pas de démonstration qui prouve que la production québécoise réduira le prix dans le contexte du marché intégré nord-américain.»</p>
<p><strong>Des communautés locales perdantes</strong><br>
Si les conséquences écologiques et économiques de l’exploitation des gaz de schiste pourraient difficilement être plus contentieuses, un constat se présente sans équivoque: les communautés avoisinant les sites d’extraction sont les grandes perdantes de l’aventure des gaz de schiste. Selon Philippe Faucher, professeur de sciencespolitique à l’Université de Montréal, «nous avons, il semble, un déséquilibre démesuré entre les coûts imposés aux propriétaires des terrains [où se produit l’activité de l’industrie gazière] et les bénéfices partagés entre les entreprises et le trésor public».</p>
<p>La liste des mémoires reçus par le BAPE abonde en lettres de citoyens incommodés par le bruit des camions et des dynamitages causés par les activités gazières, et inquiets de voir leur eau potable polluée, sans entrevoir les avantages qu’ils pourraient tirer de cette entreprise. Sans compter la dépréciation de leurs propriétés. Marc-André Legault juge que la distance réglementaire minimale de cent mètres entre les forages et les maisons, est insuffisante. Il ajoute que ce ne sont pas que les propriétaires terriens qui devraient toucher une compensation financière de la part des compagnies gazières, mais aussi les résidents de la zone qui subissent les mêmes désagréments. «On demande aux gens de signer un chèque en blanc!» s’inquiète Pierre Batellier, lui-même résident de la municipalité ayant organisé le bal de l’opposition citoyenne aux gaz de schiste. Pour lui, une compensation seule n’est pas suffisante; il faut un gain net pour ces communautés. Les lettres de citoyens soumises au BAPE témoignent du fait que le gain net est loin d’être acquis pour le moment.</p>
<p><strong>Une portée limitée</strong><br>
Le BAPE n’a pas l’opportunité de prendre position pour ou contre l’exploitation des gaz de schiste. Son mandat est plus restreint et repose sur le postulat de l’extraction de la ressource. Il s’agit de proposer un cadre de développement de l’exploration et de l’exploitation des gaz de schiste. Messieurs Legault et Batellier s’accordent pour dire que le temps alloué au BAPE était trop court et que sa procédure était tronquée par l’absence d’étude d’impact, la pièce maitresse de la procédure du BAPE qui décrit habituellement le projet à l’étude et ses impacts possibles sur l’environnement. Il est donc fort improbable que le BAPE suggère des mesures inconciliables avec la position du gouvernement, comme la tenue d’un moratoire.</p>
<p>Le BAPE pourrait toutefois contraindre le développement de cette industrie en recommandant des mesures qui réduisent la rentabilité des entreprises. Monsieur Legault souligne: «Si [l’exploitation du gaz de schiste] est rentable parce que la compagnie externalise les coûts, il y a un problème. Les coûts sont portés sur la population. Si ce n’est plus rentable lorsque les coûts sont internalisés [par la compagnie], ça ne devrait pas avoir lieu.»</p>
<p>Face au manque d’information et à la mobilisation des citoyens et de l’opposition à l’Assemblée nationale contre l’exploitation des gaz de schiste, comment expliquer l’entêtement du gouvernement libéral à aller de l’avant avec la promotion d’une industrie peu populaire? Pourquoi le gouvernement a‑t-il choisi une méthode de consultation peu contraignante, sous un mandat limité, pour résoudre un conflit dont les enjeux sont si complexes et si méconnus? «Le gouvernement ne peut pas balayer la création de 5000 à 10 000 emplois. De plus, tellement de garanties sont offertes aux compagnies [notamment à travers les permis d’exploration] qu’il est difficile de faire demi-tour. Derrière tout ça il y a un stigmate contre l’opposition, un refus de dialoguer», explique Pierre Batellier.</p>
<p>Stigmate ou pas, le Parti Québécois et Québec Solidaire ont leur part de responsabilité dans la polarisation du débat et la marge de manœuvre restreinte du gouvernement. En martelant que l’absence de moratoire est une faute du gouvernement libéral, la décision d’en adopter un serait maintenant une concession du gouvernement à une opposition triomphante. C’est un coût politique que n’importe quel gouvernement chercherait à éviter. Le BAPE est donc apparu comme une demi-mesure permettant de canaliser les demandes populaires tout en circonscrivant le moratoire. Dans un climat de polarisation causé en partie par le manque d’information, une contribution significative du BAPE serait de recommander une étude d’impact économique et écologique à partir de laquelle un débat mieux informé et plus constructif pourrait avoir lieu.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Peu de changement sous Obama.</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/11/23/peu-de-changement-sous-obama/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thomas Didier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Nov 2010 03:28:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le commerce reste le principal pilier de la relation bilatérale.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La continuité est la pierre angulaire de la stratégie du nouveau gouvernement américain au Canada. C’est du moins ce que sous-tendent les propos tenus par l’Ambassadeur des États-Unis au Canada, David Jacobson, lors de la conférence Fulbright Canada organisée par l’Institut d’études canadiennes de McGill le 16 novembre au Faculty Club.</p>
<p style="text-align: justify;">Les cinq fondements de la relation bilatérale sont, en ordre d’importance: le commerce, la sécurité à la frontière, la promotion des valeurs communes à l’étranger, l’Arctique, ainsi que l’énergie et l’environnement.</p>
<p style="text-align: justify;">Le commerce est le grand champion de ces objectifs. Il n’y a là rien de nouveau. L’Ambassadeur Jacobson citait le 29<sup><span style="font-size: small;"><span>e</span></span></sup> président des États-Unis, Warren G. Harding, pour avoir noté en 1923 que l’indépendance et l’interdépendance sont les principes clés de la relation entre les deux pays nord-américains. De plus, selon l’Ambassadeur, la majorité républicaine à la Chambre des représentants depuis les élections de mi-mandat du 2 novembre aura pour effet d’accentuer la pression du législatif en faveur du libre-échange.</p>
<p style="text-align: justify;">
</p><figure class="wp-caption alignleft" style="max-width: 300px">
			<a href="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/11/ambassadeur1.png" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-4762" title="Ambassadeur Jacobson" src="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/11/ambassadeur1-300x199.png" alt width="300" height="199"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Owen Egan</span>		</figcaption>
	</figure>

<p style="text-align: justify;">Les velléités protectionnistes des quelques élus républicains soutenus par le nouveau mouvement populiste-conservateur <span style="font-style: italic;"><span style="font-style: normal;">Tea Party </span></span>ont été durement critiquées par M. Jacobson, et ne trouveront selon lui aucun soutien au Congrès. La mission américaine à Ottawa devra donc se retrousser les manches pour honorer la promesse du président Obama de doubler les exportations nationales au cours des cinq prochaines années (oui, vous avez bien lu: une augmentation de 100%). Cet objectif fait partie de la National Export Initiative. Quant à la sécurité à la frontière, la collaboration à l’étranger, notamment en Haïti et en Afghanistan, et la souveraineté canadienne en Arctique, M. Jacobson s’est contenté de souligner le climat de sourires échangés et de bénéfices partagés dans lequel se déroule la coopération canado-américaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Si un enjeu pouvait être le théâtre d’un changement de cap dans la politique américaine au Canada, il s’agirait de l’énergie et de l’environnement. Se démarquant du gouvernement de George W. Bush, qui misait sur une politique de production énergétique domestique accélérée pour répondre à une demande croissante, Obama a promu dans les débuts de son mandat la réduction de la consommation et la diversification des sources d’énergie. Il espérait ainsi positionner les États-Unis comme tête de file des technologies vertes. Or, pour le premier président vert des États-Unis, les sables bitumineux de l’Alberta sont un sujet fort épineux.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut dire que le Canada est le plus important fournisseur des États-Unis pour pratiquement toutes les formes d’énergies: le pétrole, le gaz naturel et l’uranium. Alors que les États-Unis consomment plus de 20% du pétrole au monde et n’en contrôlent que 2%, l’énergie canadienne apparait comme une source exceptionnellement sûre. D’autant plus que rares sont les grands exportateurs de pétrole qui peuvent se targuer d’être des exemples de stabilité politique. Comment concilier cet incontournable avantage géostratégique avec une politique environnementale ambitieuse?</p>
<p style="text-align: justify;">L’Ambassadeur Jacobson reconnaît le défi du changement climatique et la responsabilité qu’ont les États d’y faire face, il y a peut-être là un changement en soi, du moins au niveau rhétorique. Il reconnait aussi que la faute est partagée, le Canada ayant à gérer ses sables bitumineux et les États-Unis son charbon. À son avis, le plafonnement et l’échange de crédits de gaz à effet de serre (<span style="font-style: italic;"><span style="font-style: normal;">cap and trade</span></span>) n’est pas une bonne solution à cause de l’effet négatif «très significatif» qu’il aurait sur l’économie. L’ambassade des États-Unis à Ottawa n’abonde toutefois pas en solutions innovatrices pour résoudre le problème entre dépendance énergétique et protection de l’environnement.</p>
<p style="text-align: justify;">L’ambassadeur Jacobson conclut sa présentation en déclarant: «<span style="font-style: italic;"><span style="font-style: normal;">We will not solve the problem overnight, but we’ll get there</span></span>». Si ce n’est pas le grand soir, de part et d’autre de la frontière les bons citoyens peuvent retourner dormir au gaz.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le savoir idéal</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/11/30/le-savoir-ideal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thomas Didier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Nov 2009 14:30:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Université inc.]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quels critères doivent guider l’université idéale dans le choix du savoir qui est enseigné et financé? Entrevue avec Vincent Pouliot, professeur adjoint au Département de science politique et expert en philosophie des sciences sociales.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’université a le rôle de préserver, de générer et de diffuser le savoir. Mais quel savoir? Qui choisit ce savoir? Serait-il pertinent remettre en question la connaissance placée sous le sceau de la consécration académique? L’université idéale devrait avoir une réponse idéale à ces questions. Mais la réalité complexe n’appelle pas une réponse simple.</p>
<h3>L’inertie de la science</h3>
<p>L’avancement de la science est un processus laborieux. Une fois qu’une idée est acceptée, il est particulièrement difficile de la remettre en question. Il fallu près de 2000 ans, entre Aristote et la révolution copernicienne, pour se défaire de l’idée que la Terre est le centre de l’univers. Le philosophe des sciences Thomas Kuhn qualifie un tel changement de révolution scientifique parce qu’il change la «science normale», c’est-à-dire la science fondée sur des accomplissements scientifiques passés, à laquelle une communauté scientifique adhère et qui définit quels problèmes et quelles méthodes de recherche sont légitimes. La science normale actuelle croit en l’objectivité de la recherche. Son but est de trouver des liens de causalité et des règles générales vérifiables, dans le monde naturel comme dans le monde social.</p>
<p>Dans la pratique de la recherche, les découvertes sont souvent contradictoires, et les chercheurs luttent non seulement pour démontrer la véracité de leurs hypothèses, mais également pour obtenir les ressources nécessaires à la continuation de leurs recherches. Le dilemme fondamental auquel est confrontée l’université dans la détermination du «bon» savoir, est de décider pour quoi, et à qui, sont allouées les ressources de la recherche.</p>
<p>Toutefois, le système d’allocation des ressources à la recherche scientifique offre peu d’opportunités à la remise en question. L’enseignement se limite au savoir considéré comme «scientifique». Les bourses et les publications sont octroyées selon des lignes directrices établies par la science normale, et mènent à l’obtention de postes de professeurs, plaçant les individus ayant le mieux intégré la science normale dans la position de diffuseurs du savoir et de juges de la connaissance acceptable pour quelques décennies, perpétuant le système. Certains étudiants se sentent même contraints d’adhérer à des approches conventionnelles pour s’assurer une place sur le marché hautement compétitif de l’emploi académique.</p>
<p>Que peut faire l’université idéale pour corriger cette dynamique? Pour répondre à ces questions, <em>Le Délit</em> a demandé l’opinion de Vincent Pouliot, professeur adjoint au département de science politique, expert en philosophie des sciences sociales et de la méthode interprétative, une méthode qui questionne le postulat d’objectivité de la science normale. Selon le professeur Pouliot, «la science doit poser des questions que d’autres acteurs de la société ne posent pas et être sceptique face au sens commun. Rien ne va de soi.» Ce professeur en poste à McGill depuis 2008, adepte d’une méthode qui, sans être marginale, n’est pas considérée comme conventionnelle, estime que la lutte des «ismes» est contre-productive, que les grands paradigmes ne se nuisent pas et que ces différences doivent être mises en sourdine pour favoriser un débat constructif.</p>
<h3>Spécialisation ou diversification?</h3>
<p>Pour le professeur Pouliot, «le progrès scientifique, c’est lorsqu’une idée éclaire un aspect du monde qui n’était pas compréhensible auparavant». Pour maximiser la recherche, certaines universités développent un avantage comparatif en concentrant leurs ressources dans des champs de recherche très spécialisés. Ce qui est considéré comme le savoir accepté devient alors relatif. La méthodologie interprétative qu’utilise le professeur Pouliot, par exemple, n’est pas conventionnelle par rapport aux méthodes des politologues de l’<em>Ivy League</em> américaine, mais est très courante en Europe. Premier adepte de cette méthode au département de science politique de McGill, le professeur Pouliot considère que «sur le plan méthodologique, McGill se fond bien aux courants nordaméricains, tandis que d’autres universités canadiennes ont une tradition plus critique».</p>
<p>La spécialisation, nonobstant ses bénéfices, ne devrait toutefois pas être l’unique objectif des universités; la diversification est également essentielle. «La diversification est une responsabilité de l’université envers les étudiants: celle de forger l’esprit critique», indique le professeur Pouliot. «McGill rempli ce mandat» ajoute-t-il, faisant référence à la diversité présente dans le département de science politique.</p>
<p>Il n’y a donc pas lieu de tracer une ligne nette entre le savoir scientifique et les idées non-scientifiques. Au contraire, c’est précisément pour garder un esprit critique aiguisé que l’université idéale doit savoir tirer profit des contributions intellectuelles d’une pluralité d’approches et d’opinions. Dans cette perspective, avec des ressources «idéales», illimitées, l’objectif devrait être de maximiser la diversité des points de vue. Mais les ressources sont évidemment limitées, et il est nécessaire de faire des choix. A qui appartient ce choix?</p>
<p>Selon le professeur Pouliot, «personne n’a bu à la fontaine du savoir. Les universitaires proposent un menu d’options, mais il appartient à la société de décider en fonction de ses valeurs. C’est un choix politique.» Si le menu d’options politiques est à la portée de la société, il est par contre à douter que tous comprennent la haute voltige intellectuelle des théories et méthodes qui soustendent ces options. Outre la diversification, l’université idéale doit donc faire un effort de vulgarisation et de diffusion du savoir au-delà du portail Roddick. Une nécessité dont l’université est bien consciente, mais qui mérite d’être rappelée souvent. </p>
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