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	<title>Samuel Pagé-Plouffe - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 25 Nov 2014 00:50:00 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Régime minceur pour l’État</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samuel Pagé-Plouffe]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Nov 2014 00:50:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Innovations]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur le plan comptable et<br />
idéologique du ministre des Finances.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/11/24/regime-minceur-pour-letat/" data-wpel-link="internal">Régime minceur pour l’État</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span>’Association des économistes québécois présentait une conférence le lundi 27 octobre, lors de laquelle le ministre des Finances Carlos Leitão (BA ès Sciences Économiques, McGill) a exposé sa vision des défis auxquels les finances publiques du Québec sont confrontées. Déficits chroniques, dette et service de la dette élevés (11% des dépenses publiques et 50,3% du PIB respectivement), croissance anémique de l’économie, population vieillissante: le diagnostic du ministre est sombre. À cela s’ajoute l’instabilité de l’économie mondiale. La croissance des économies émergentes ralentit et la zone euro menace de retomber en récession.</p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Déficit zéro</b></span></p>
<p class="p5">Pour résorber la dette, la stratégie est simple. La croissance des dépenses devra être maintenue sous celle des revenus. Les prévisions sont d’une croissance des revenus d’environ 3%, alors que la croissance des dépenses de programmes qui se situait autour de 4 % au cours des dernières années sera gardée sous la barre du 1%. Pour ne pas trop affecter l’allocation des services en santé et en éducation, les façons de faire devront être revues.</p>
<p class="p5"><span class="s1">Le ministre a rappelé la nécessité de l’atteinte du déficit zéro si le Québec veut éviter de se retrouver dans une situation similaire à celle du Portugal en 2011, son pays natal. Le Portugal avait été incapable d’emprunter sur les marchés internationaux pour financer sa dette et a dû accepter le plan de sauvetage proposé par Bruxelles adoptant ainsi des mesures d’austérité. Aux yeux du ministre, un tel scénario est possible au Québec si rien n’est fait. Ce diagnostic lui vaut de vives critiques de l’opposition à l’Assemblée nationale, telles celles venant de la recrue vedette du Parti Québécois, Pierre Karl Péladeau, qui n’hésite pas à qualifier le ministre d’alarmiste. </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Les agences de notation ont décrété le plan de réduction de la dette ambitieux, mais réalisable. Il y a quelques semaines, le Québec a notamment emprunté 1,6 milliard sur les marchés internationaux à des taux d’intérêt tout à fait appréciables ce qui, selon le ministre, reflète la crédibilité qu’accordent les agences financières internationales à son plan. </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Monsieur Leitão a souligné également l’importance du Fonds des générations géré par la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il a réitéré que le gouvernement n’utiliserait pas ce fonds pour rembourser la dette, car il offre un rendement supérieur au taux auquel les marchés prêtent des liquidités au Québec. Le fonds dispose de ses propres sources de revenus: une partie des redevances d’Hydro-Québec et des revenus miniers, ainsi que la taxe sur l’alcool.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Un problème structurel</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Monsieur Leitão a souligné à maintes reprises que les finances publiques font face à un problème structurel que l’on ne saurait régler avec des mesures ponctuelles. Selon lui, son prédécesseur, Nicolas Marceau, n’admettait certes pas cette situation avec le même volontarisme. </span></p>
<p class="p5"><span class="s2">Même en ignorant les dépenses en santé et en éducation, qui représentent le deux tiers du budget, il y a une énorme pression sur les dépenses publiques. L’introduction de nouveaux programmes, dans un mécanisme de stratification perpétuelle, et, dans une moindre mesure, l’augmentation de la masse salariale des employés de l’État, en sont les causes.</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Des mesures ont déjà été prises. Le gel des embauches dans la fonction publique en est un exemple. Mais c’est lors du dépôt des conclusions de la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise et de la Commission permanente de révision des programmes le mois prochain que nous en saurons plus.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Repenser l’État</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Le ministre a clairement ouvert la porte à ce que des groupes communautaires offrent des services actuellement rendus par des employés de l’État, ce qui a fait couler beaucoup d’encre dans les médias. Cette révélation n’est effectivement pas anodine. </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Le mois dernier, Antoine Robitaille du journal<i> Le Devoir</i> rapportait que Philippe Couillard s’inspire du livre de deux éditeurs de <i>The Economist: «The Fourth Revolution – The Global Race to Reinvent the State».</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Qu’est-ce que cette quatrième révolution? Dans les mots des auteurs, c’est plusieurs choses: «c’est se débarrasser des pratiques dépassées dans l’organisation du travail étatique. […] Et c’est aussi revitaliser l’esprit de la démocratie en allégeant la charge de l’État. S’il promet trop, il induit de l’insatisfaction et une dépendance aux services publics chez les citoyens; c’est seulement en revoyant ses promesses que la démocratie pourra de nouveau laisser libre cours à ses vertus de flexibilité, d’innovation et de résolution de problèmes.» (traduction libre des auteurs, J. Micklethwait &amp; A. Woolridge, 2014: 268). </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Cet ouvrage met en lumière l’exercice auquel se livre actuellement le ministre Leitão. Devant la crise actuelle, ce n’est qu’en révisant leur mission et manières de faire que nos gouvernements retrouveront leur légitimité et leur capacité d’agir. Difficile de ne pas penser à l’expression qu’avait utilisée Raymond Bachand en 2010. Le Québec avait besoin, selon lui, d’une «révolution culturelle». Coupe dans les dépenses; purge des idées. Ce sont en effet les idées qui, selon les auteurs de ce livre, ont permis à l’État de s’établir et de se maintenir comme modèle d’organisation sociale et politique dominant. Les trois principales se fondaient sur les idées de trois auteurs: L’État-nation de Thomas Hobbes, les principes libéraux de John Stuart Mill et l’État-providence de Beatrice et Sidney Webb. Pour sauver l’État, il faudrait aujourd’hui réduire son importance et fournir les services de manière plus efficiente, ce qui inclurait leur transfert vers le milieu communautaire et les acteurs privés.</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">L’équilibrage des finances publiques est beaucoup plus qu’une opération comptable. C’est </span><span class="s2">aussi un exercice idéologique. Il n’est donc pas complètement surprenant de constater que la lutte au déséquilibre fiscal (avec l’état fédéral) ne semble pas être une priorité du ministre Leitão. L’IREC rapporte que selon le ministère des Finances, le manque à gagner dû aux modifications apportées au calcul des transferts fédéraux en santé seulement se chiffre à dix milliards pour les dix prochaines années. Bien qu’il ait été corrigé par le premier ministre au Conseil de la fédération, le ministre des Finances était même allé jusqu’à nier l’existence du déséquilibre fiscal lors d’une commission parlementaire en juin dernier. Il s’était également engagé à ne pas occuper l’espace fiscal qui se créerait si le gouvernement fédéral venait à diminuer ses impôts. Ces revenus pourraient pourtant être très utiles pour atteindre le déficit zéro. </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">La mise à jour budgétaire aura lieu à la fin du mois de novembre. À ce moment, nous aurons une meilleure idée de ce que l’avenir nous réserve. Le volontarisme du ministre Leitão est cependant clairement affiché: non seulement la cure devrait être sévère pour l’exercice 2015–2016, mais celle-ci est vouée à durer. Un tournant pour le «modèle québécois»?<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></span></p>
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		<title>Récolter ce que l’on sème: le bio vu par un agriculteur</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/11/17/recolter-ce-que-l%e2%80%99on-seme-le-bio-vu-par-un-agriculteur/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Samuel Pagé-Plouffe]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2009 15:00:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Région]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Curieux de connaître l’effet de la vague bio du point de vue des agriculteurs, <em>Le Délit</em> s’est entretenu avec Mario Doré, président du groupe de relance de l’agriculture et de l’innovation (GRAIN) et producteur de céréales biologiques.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au tournant du millénaire, une nouvelle tendance s’est imposée dans l’industrie agroalimentaire: l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés (OGM). Depuis, les OGM ont été inclus à notre régime alimentaire quotidien, à un point tel qu’il semble difficile d’éviter d’en consommer. En réaction à ces changements controversés, grand nombre de consommateurs se sont tournés vers les produits authentiques et naturels. Propulsée par la forte demande, l’industrie de production biologique a ainsi connu un essor fulgurant, et il est maintenant en vogue de manger bio. Afin de faire la lumière sur l’envers de l’assiette bio, <em>Le Délit</em> a rencontré Mario Doré, président du groupe de relance de l’agriculture et de l’innovation (GRAIN) et producteur de céréales biologiques à Ferme-Neuve, dans les Hautes- Laurentides.</p>
<p>Mario Doré a travaillé à la Ferme Aventure, fondée par son père à la fin des années 50, pendant pratiquement toute sa vie. «Dès l’âge de 13 ans, je me levais tous les jours à cinq heures du matin pour aller faire le train [traire les vaches, NDLR]», se rappelle- t‑il. Quelques années après ses études en zootechnologie à l’Institut de technologie agroalimentaire à Saint-Hyacinthe, il est retourné à la ferme familiale, où il travaille à temps plein depuis 1983. Depuis trois ans, il participe activement au GRAIN, un regroupement d’agriculteurs mis sur pied par le centre local de développement à la suite d’une période de perturbation qu’a connu l’industrie agroalimentaire en 2005. Les membres du comité s’étaient alors donné pour mandat de réfléchir à un moyen de relancer l’industrie agroalimentaire régionale en se spécialisant dans un créneau qui permettrait de les différencier des autres producteurs québécois. La solution fixée afin de rétablir la rentabilité est novatrice: «On a décidé de produire des céréales bio dans la région».</p>
<p>S’enclenche alors un processus s’échelonnant sur quelques années afin d’obtenir les certifications bio, ce qui nécessite entre autres l’apprentissage de nouvelles techniques de travail. En effet, produire bio exige beaucoup de temps et d’efforts supplémentaires. Le principe, lui, est assez simple: n’utiliser aucun intrant [l’ensemble des produits incorporés aux terres et aux cultures, NDLR] chimique lors du traitement des semences. Les herbicides, pesticides, fongicides, engrais chimiques et OGM sont donc proscrits. Certaines des méthodes alternatives employées pour le travail du sol rappellent des techniques traditionnelles en agriculture: il n’y a qu’à penser au sarclage, aux champs en jachère, à la rotation des terres exploitées et à l’utilisation d’engrais verts. Selon M. Doré, «ces techniques sont clairement moins efficaces, particulièrement concernant le contrôle des mauvaises herbes, mais elles en valent la peine». Il ajoute d’ailleurs que même s’il n’était pas impliqué dans le GRAIN, il se serait éventuellement converti à ce type d’agriculture respectueux des cycles naturels de la terre. «C’est sûrement meilleur pour la santé de manger bio, mais je le fais aussi pour ma propre santé. Je ne suis plus exposé à toutes sortes de substances chimiques possiblement cancérigènes», affirme- t‑il. Le passage de l’agriculture conventionnelle au bio n’est pourtant pas si simple. En effet, c’est seulement dans quelques semaines que M. Doré devrait vendre son premier lot de céréales certifiées bio, ce qu’il a très hâte de faire!</p>
<p>Si la production de céréales naturelles va bon train, le GRAIN songe à un autre projet: fonder une petite meunerie dans la région. Cette initiative réduirait l’empreinte écologique des produits du groupe d’agriculteurs en éliminant presque le transport des céréales pour la transformation. Ce serait incontestablement une belle manière de conjuguer les aspects «bio et écolo». M. Doré est d’ailleurs conscient des critiques adressées à l’industrie agroalimentaire provenant de certains écologistes. Toutefois, il souligne que «les effets néfastes sont habituellement causés par la densité de population qui est trop élevée par rapport à ce que le sol peut supporter» et que «dans la région [des Hautes-Laurentides], on est bien moins pires qu’ailleurs; on respecte largement les normes environnementales».</p>
<p>S’il est fier du virage bio de la Ferme Aventure, M. Doré est clairement animé par une autre passion: les animaux. À l’étable, son troupeau de vaches laitières compte plus d’une centaine de têtes et, parallèlement à cela, il élève une cinquantaine de chèvres angoras. À sa retraite, il projette d’ailleurs d’exploiter la laine de ses chèvres et de se lancer dans le marché du mohair, une fibre de luxe permettant de concevoir des vêtements de qualité supérieure chauds et résistants. Plus que toute chose, ce projet unique lui permettra de préserver le plaisir du contact avec les animaux. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2009/11/17/recolter-ce-que-l%e2%80%99on-seme-le-bio-vu-par-un-agriculteur/" data-wpel-link="internal">Récolter ce que l’on sème: le bio vu par un agriculteur</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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