<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Philippe Gabriel Drolet - Le Délit</title>
	<atom:link href="https://www.delitfrancais.com/author/philippegabrieldrolet/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.delitfrancais.com/author/philippegabrieldrolet/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 02 Apr 2019 13:07:49 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>L’ironie de la culture du mème Internet</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/lironie-de-la-culture-du-meme-internet/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/lironie-de-la-culture-du-meme-internet/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Gabriel Drolet]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2019 13:07:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits de philosophe]]></category>
		<category><![CDATA[jankélévitch]]></category>
		<category><![CDATA[Vladimir Jankélévitch]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=33763</guid>

					<description><![CDATA[<p>Par l’essor de l’humour d’Internet et des « mèmes » qui la définissent, une nouvelle forme d’ironie est née. Les murs Facebook sont peints d’images qui se rapportent toutes à l’ironie, depuis les comportements individuels jusqu’aux machinations politiques internationales. L’importance du « mème » dans nos conceptions du monde s’est amarrée dans le dictionnaire Larousse&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/lironie-de-la-culture-du-meme-internet/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">L’ironie de la culture du mème Internet</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/lironie-de-la-culture-du-meme-internet/" data-wpel-link="internal">L’ironie de la culture du mème Internet</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">P</span><span class="s1">ar l’essor de l’humour d’Internet et des « mèmes » qui la définissent, une nouvelle forme d’ironie est née. Les murs Facebook sont peints d’images qui se rapportent toutes à l’ironie, depuis les comportements individuels jusqu’aux machinations politiques internationales. L’importance du « mème » dans nos conceptions du monde s’est amarrée dans le dictionnaire <i>Larousse</i> ; le « mème » y est défini en tant que « concept (texte, image, vidéo) massivement repris, décliné et détourné sur Internet de manière parodique, qui se répand très vite, créant ainsi le buzz&nbsp;». </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le phénomène est bien trop récent pour être parfaitement interprété, mais il peut être tout à fait intéressant de revisiter le merveilleux petit essai de Vladimir Jankélévitch intitulé <i>L’ironie</i> afin de tisser une toile entre cet ouvrage âgé de presque un siècle et nos réalités sociales qui évoluent quotidiennement, virtuellement ou non. Qu’est-ce que l’ironie? Quelles en sont les formes? Quels en sont les pièges? Le poids de ces questions se pèse aujourd’hui en octets.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Jankélévitch définit l’ironie en tant que « bonne conscience joyeuse »&nbsp;; il s’agit du fruit d’une introspection réussie et souvent légère. À son état pur, elle est cette main tendue vers soi et vers autrui qui ne saurait être défavorable aux partis impliqués. Elle se distingue de la simple blague du fait qu’elle est réfléchie, toujours plus chargée que cette dernière. Jankélévitch nous dit à ce sujet<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>: « Entre la traîtrise de l’ironie et la franchise du rire, il n’y a guère d’accord possible. Elle fait rire sans avoir envie de rire et elle plaisante froidement sans s’amuser ; elle est moqueuse, mais sombre. »</span></p>
<div class="mceMediaCreditOuterTemp alignleft" style="width: 600px;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-33780 alignleft" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/p-meme2.jpg" alt width="600" height="600" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/p-meme2.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/p-meme2-330x330.jpg 330w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px"></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="p2"><span class="s1">L’ironie peut traiter de sujets sérieux du fait que ses intentions ne sont pas le ricanement. Elle ne se moque jamais. C’est quelque chose comme une douce feinte de la conscience &nbsp;: l’ironiste faisant toujours comprendre quelque chose d’autre que ce qu’il dit. Globalement, elle mène à une ouverture. Les mots qu’emploie Jankélévitch pour conclure <i>Le mouvement de conscience ironique</i> l’illustre si bellement &nbsp;: « L’ironie c’est la gaieté un peu mélancolique que nous inspire la découverte d’une pluralité&nbsp;; nos sentiments, nos idées doivent renoncer à leur solitude seigneuriale pour des voisinages humiliants. Cohabiter dans le temps et dans l’espace avec la multitude. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Nous avons tous connu un jour cette brise féconde de nouvelles conceptions que Jankélévitch nommerait « ironie ». Souvent, justement, par les mèmes. Malheureusement, c’est&nbsp;précisément le caractère volatile de ceux-ci qui les rend si fragiles. Si, individuellement, chacun tend vers l’ironie, la quantité phénoménale de mèmes créés et partagés au quotidien combiné à la distance qui nous sépare depuis notre écran aux propos qui y sont traités ont vite fait de percer cette mince frontière entre ironie, sarcasme et simple moquerie. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Jankélévitch nous rappelle ces paroles que Robert Schumann, le compositeur allemand,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>écrit après avoir écouté les quatre <i>Scherzos </i>de Chopin. À trop rapprocher l’humour et la tragédie, on enfante une confusion&nbsp;; un flou surgit. Ultimement, c’est la frontière entre nos perceptions du tragique et du comique qui s’amincit absurdement, rendant le paysage inquiétant. Les blagues de mauvais goût se normalisent par leur répétition et le flou ironique empiète alors dangereusement sur nos conceptions éthiques de « la vie de tous les jours ». C’est ainsi que les premiers mèmes sur les actes commis par Bill Cosby et Harvey Weinstein furent partagés dès que la situation fut rendue publique et que l’on s’amuse toujours à « ironiser&nbsp;» constamment le piètre état de la politique internationale au fil des nouvelles. Je crois que s’il y a une prochaine guerre mondiale, je le </span><span class="s1">saurai par un mème. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le grand problème des « mèmes », Jankélévitch l’a vu venir il y a plus d’un siècle. C’est pourquoi il nous mit en garde : « L’ironie joue avec le feu et, en dupant les autres, se dupe quelquefois elle-même. […] Qui parodie imprudemment se laisse prendre à sa propre ruse. »<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>À tout déclarer ironiquement, plus d’ironie. Il n’y a qu’un voile derrière lequel on se moque de tout et tout devient une simple déclaration. Par le fait même, l’ironie partagée par les « mèmes » est tout sauf objective. Des réseaux d’ironie dégénérative se forment sur les réseaux sociaux. Des groupes s’agglomèrent, se motivant mutuellement à parodier (en signant le tout sous le nom de l’ironie) leur antonyme. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Qui de mieux pour nous parler de l’ironie que Jankélévitch, ce philosophe juif et musicologue, joyeux malgré son temps&nbsp;; malgré les horreurs de l’Occupation. Nous lui sommes donc gré de ce qu’il eut à nous dire concernant l’ironie. L’ouvrage qu’il nous laisse est tout aussi délectable que pertinent et s’il nous prévient du danger qu’engendre un usage périlleux de l’ironie, il nous offre également le souffle nécessaire afin de l’apprécier. L’habileté d’un livre précédent de plus d’un demi-siècle l’avènement de l’Internet à déchiffrer et à expliquer un phénomène social qui en est caractéristique est elle aussi </span><span class="s2">une belle ironie.</span></p>
<p></p>
<div class="mceMediaCreditOuterTemp alignleft" style="width: 600px;"><img decoding="async" class="size-full wp-image-33785" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/P-meme1.jpg" alt width="600" height="662" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/P-meme1.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/P-meme1-330x364.jpg 330w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px"></div>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/lironie-de-la-culture-du-meme-internet/" data-wpel-link="internal">L’ironie de la culture du mème Internet</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/lironie-de-la-culture-du-meme-internet/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Réparer le vol colonial ?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/11/26/reparer-le-vol-colonial/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2018/11/26/reparer-le-vol-colonial/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Gabriel Drolet]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Nov 2018 19:42:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de l'art]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[colonie]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[droit]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[musée]]></category>
		<category><![CDATA[oeuvres]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[postcolonial]]></category>
		<category><![CDATA[savoy-sarr]]></category>
		<category><![CDATA[vol]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=32739</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le rapport Savoy-Sarr préconise la restitution des œuvres d’art africaines exposées dans les musées français.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/11/26/reparer-le-vol-colonial/" data-wpel-link="internal">Réparer le vol colonial ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En date du vendredi 23 novembre 2018, le rapport Savoy-Sarr est déposé auprès du président de la République française, Emmanuel Macron. Le processus de restitution des œuvres africaines exposées dans les musées français, initié par le chef d’État l’année passée, a atteint un point critique avec la remise du document. L’économiste sénégalais Felwine Sarr et l’universitaire française Bénédicte Savoy furent employés pour rédiger un rapport sur sa planification et sur les détails de son exécution.</p>
<blockquote><p>90 000 objets d’art d’Afrique sub-saharienne seront restitués</p></blockquote>
<p>Des chiffres sont publiés&nbsp;: quelques 90 000 objets d’art d’Afrique sub-saharienne seront restitués dans un plan de trois phases dont la date finale reste encore à voir. Le document fait polémique et le président doit bientôt déclarer ses intentions face à celui-ci. En Europe, les débats seront ardents et l’atmosphère restera tendue jusqu’à ce que déclaration soit faite de la part du gouvernement français.</p>
<p><strong>Un problème d’ambiguïté</strong></p>
<p>Par le temps qui sépare l’acquisition des œuvres en question et leur situation actuelle, un problème linguistique se présente. Sarr et Savoy écrivent dans leur rapport &nbsp;: «&nbsp;L’une des questions à laquelle nous avons immédiatement dû faire face dès le début de la mission est le sens que nous devrions donner au terme ‘restitution’ ». La signification de certains mots et de certains concepts a visiblement été embrouillée par le temps, surtout ceux qui se rattachent aux possessions, tels que «&nbsp;patrimoine » ou « archives ». Les auteurs ont également dû réfléchir à ce que le président de la république insinuait par « restitutions temporaires » et « restitutions permanentes » lors de son discours au Burkina Faso en novembre 2017, où il déclara son intention de restituer à l’Afrique son patrimoine culturel en France. Savoy et Sarr semblent préconiser les restitutions pérennes avant tout. S’ajoute à l’ambigüité des concepts la fréquente impossibilité de retracer l’origine des œuvres en question. Il n’existe pas de registre sur l’origine exacte de plusieurs objets. C’est que le pillage de l’Afrique ne fut pas très méthodique.</p>
<p><strong>Une polémique</strong></p>
<p>« Macron a décidé de rendre des œuvres d’art au Bénin. C’est une faute qui met en péril ces œuvres mieux protégées en France et visibles par tous, mais c’est l’ouverture de revendications tous azimuts qui vont créer des crises y compris entre Européens.&nbsp;» Ce tweet écrit par Jacques Myard, membre honoraire du parlement français, représente une peur commune à plusieurs Français quant au sort des objets restitués. Il semble raisonnable d’avoir confiance en la capacité du gouvernement français à assurer la sécurité des objets remis. Mais même s’il fallait qu’ils soient détruits dans leur retour au bercail, l’art africain provient de mains africaines et c’est dans celles-ci qu’il devrait retourner. Au Quai Branly, il n’y a que l’Afrique morte, l’Afrique empaillée. Un art qui assouvit des regards curieux et distants.</p>
<p>Au lendemain d’une ère coloniale sanglante, les peuples des différents pays africains doivent se redéfinir; un œil rivé sur l’avenir et un sur le passé. Donner des repères à ce regard coincé, c’est rendre vie à l’art africain. Pour que l’Afrique puisse à nouveau puiser son identité de son art et pour que son art puisse puiser son identité de l’Afrique : un échange équitable. Un échange qui n’est pas colonial…</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/11/26/reparer-le-vol-colonial/" data-wpel-link="internal">Réparer le vol colonial ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2018/11/26/reparer-le-vol-colonial/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
