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	<title>Rachel Lamoureux - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Délit et la poésie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/24/delit-et-la-poesie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rachel Lamoureux]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Nov 2020 13:52:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[concours]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quelques poèmes de la première édition du concours de poésie du Délit.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/24/delit-et-la-poesie/" data-wpel-link="internal">Délit et la poésie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans le cadre du concours de poésie<em style="user-select: auto;"><strong style="user-select: auto;"> </strong>Délit et la poésie</em>, en partenariat avec la librairie <em style="user-select: auto;">Zone Libre</em>, l’équipe du <em>Délit</em> est particulièrement fière de vous présenter les trois poèmes retenus cette semaine sur le thème de la résilience. Les autrices et l’auteur publié·e·s cette semaine sont, sans plus attendre, Rachel Lamoureux, Maya Gauvreau et Éliot Forget! </p>



<pre class="wp-block-verse has-text-align-center">***</pre>



<p><strong style="user-select: auto;">Rachel Lamoureux</strong><br><em style="user-select: auto;"><strong style="user-select: auto;">Douceur atavique dans l’œil</strong></em><br><br>les lunettes noires, pour faire jolie et énigmatique, la vision<br>qui ne porte pas au loin, qui s’embrouille, pas de lignes entre les objets<br>sans limites, un monde de masses concomitantes faisant pression les unes<br>sur les autres, entassées, pesantes, des choses à nommer, à perdre, à oublier<br>pas de sens, de centre, de thème, de problématique, juste<br>la fatigue d’être et de dire, l’envie de s’élever, échouer, ne pas<br>savoir par où commencer, choisir un point dans l’horizon, en faire le centre,<br>la focale, une photo pour plus tard, un souvenir pour hier, une note pour laisser<br>des traces d’un chemin qui repasse sur lui-même, qui s’entortille autour d’un fil <br>rouge qu’il faudra couper ou enrouler autour de son cou, les lunettes noires pour <br>cacher ses larmes, pour faire profond pour faire grave, et ces lignes qui demeurent <br>s’enfoncent toute une vie sur le nez, le poids de la légèreté sur les plis d’un visage <br>qui tombe en pièces, les paupières d’en bas qui s’affaissent et les lignes d’un sourire <br>qui se creusent, à trop s’exprimer, rire d’un rien de tout, la vie s’use,<br>en est-il de même de la parole, on<br>se fait donner une peau et un langage, on les manie comme on peut,<br>ça fatigue,<br>                           </p>



<p class="has-text-align-left"><span class="has-inline-color has-blanc-color">______________________</span>ça fatigue,                                                                                               <span class="has-inline-color has-blanc-color">     _</span></p>



<p><span class="has-inline-color has-blanc-color">______________________________________________</span>ça parle</p>



<p class="has-text-align-center">                     <span class="has-inline-color has-blanc-color"> _</span>                    <span class="has-inline-color has-blanc-color">    ___________</span>de quoi ?</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Maya Gauvreau</strong><br><strong><em>Être-pièce</em></strong><br><br>J’ai l’impression<br>Que l’attente fait du bien<br>Mes membres se détachent<br>Vont se cacher<br>Dans les recoins de la lenteur<br>La solitude<br>Porte mon corps<br>Jusqu’au lac qui dégèle<br>Entre deux vides<br>Je suis couchée sur le brouillard</p>



<p class="has-text-align-right">Par moments<br>Cette brume se dissipe<br>Et délicatement me dépose<br>Sur le plancher de ma chambre<br>Alors<br>Tous mes membres<br>Humectés par le souvenir<br>De cette bruine élévatrice<br>Se retrouvent assoiffés</p>



<p class="has-text-align-right">Ma peau sèche<br>Longe les murs<br>Arrache le plafond<br>Mes doigts saignent<br>À force de grafigner le sol<br>Mes fenêtres<br>Imperturbables<br>Témoins de la crise<br>Créent une embrasure,<br>Face à mon saccage<br>Elles m’offrent le Dehors</p>



<p class="has-text-align-right">Du haut de mon 2e étage<br>De ma rue passante<br>De mes trottoirs vides<br>De ma façade de brique</p>



<p class="has-text-align-right">Si je ne peux sortir<br>Je deviens édifice</p>



<p class="has-text-align-right">Et je ressens<br>Dans mes pores-mortier<br>Le silence<br>Du Dehors</p>



<p class="has-text-align-right">Je souhaiterais<br>Être daltonienne<br>Ne voir<br>Que des nuances de blanc<br>De noir<br>De gris</p>



<p class="has-text-align-right">De rouge<br>Je me sentirais mieux<br>Si la vue que la vitre m’offrait<br>Était à l’image de ma chambre<br>Ravagée.</p>



<p class="has-text-align-right">C’est dans ces instants,<br>Bouillonnements incontrôlés,<br>Que je m’allonge<br>Sur mon plancher détruit<br>Que je ferme les yeux<br>Jusqu’au lendemain.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p><strong style="user-select: auto;">Éliot Forget</strong><br><strong style="user-select: auto;"><em style="user-select: auto;">À partir de demain</em></strong><br><br>11 aout*<br>à partir de demain<br>plus de repas silencieux<br>où les visages décollés<br>tombent avec un grand splash<br>dans la sauce à spag<br>les taches sur la nappe<br>deviendront des continents<br>à la dérive<br>qui feront naufrage<br>au lave-vaisselle</p>



<p>14 aout*<br>à partir de demain<br>d’un instant à l’autre<br>il y a moi<br>qui s’entend commencer<br>à exister<br>qui déboule<br>dans la trame narrative<br>d’un été raconté<br>par la pluie sur les feuilles de peuplier<br>placé tout juste avant<br>l’élément déclencheur</p>



<p>18 aout*<br>à partir de demain<br>la forêt qui se construit à l’aube<br>en amoncellements de bruits<br>de feuilles sèches qui froissent<br>de brindilles qui craquent<br>de tracés agiles d’écureuils<br>qui se répondent en échos<br>viendra baignée de naissance<br>la lisière du monde connu<br>viendra nouée en baluchon<br>les quatre coins d’horizon fripé<br>pour le grand voyage<br>d’une vallée de résilience et d’eau<br>veinée de ruisseau<br>pour la marche organique<br>d’un instant à l’orée du temps<br>où brame la puissance d’un matin</p>



<p>19 aout*<br>à partir de demain<br>tu seras resté quelque part<br>au pied des amélanchiers<br>à bout de regard de prairie et de baies<br>je te regarderai au coin de moi<br>naitre au fond du froid<br>sous un hiver exténué<br>je te regarderai naitre par les yeux<br>comme une partie complète<br>de tout ce qui te reste</p>



<p>20 aout*<br>à partir de demain<br>au réveil boréal<br>nos ferrailles d’oubli et de sous-bois<br>cent ans d’hiver à froid<br>sur nos sommeils raqués<br>on se lève<br>en étincelle<br>debout<br>dos à dos<br>neuf pas<br>on tire</p>



<p>25 aout*<br>à partir de demain<br>le bord de route<br>sera mon lieu de naissance<br>et je recoudrai<br>mon existence empaillée<br>avec de longs points de suture<br>point tillée<br>d’asphalte<br>point final</p>



<p>27 aout*<br>à partir de demain<br>je me perdrai sur la terre<br>je ne saurai plus quoi faire<br>ici<br>à la fine pointe de la technologie<br>je feuillète des lieux<br>plis l’horizon<br>pour ne pas perdre la page</p>



<p>14 septembre<br>à partir de demain<br>à l’ambre tombé<br>il y aura l’heure des fenêtres ouvertes<br>des ombres qui s’enroulent<br>à l’air assoupi<br>du miel doré de l’après-midi</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p>Vous avez jusqu’au 27 novembre pour participer au concours. Pour tous les détails, rendez-vous sur l’évènement <a style="user-select: auto;" href="https://www.facebook.com/events/424295951916127" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Facebook</a>. De nombreux recueils de poésie sont à gagner!</p>
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