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	<title>Juliette Aviat - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Quand la mode va trop loin</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/10/28/quand-la-mode-va-trop-loin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Est-il raisonnable de se blanchir l’anus?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/10/28/quand-la-mode-va-trop-loin/" data-wpel-link="internal">Quand la mode va trop loin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Il y a des tendances qui s’imposent partout : le nouvel iPhone, les Adidas Samba, la coupe mullet, ou bien, en pleine <a href="https://www.santemagazine.fr/beaute-forme/chirurgie-esthetique/tout-savoir-sur-le-blanchiment-anal-1039201" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">expansion</a> ces dernières années, le blanchiment anal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Consistant à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Blanchiment_anal" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dépigmenter</a> la peau autour de l’anus, cette recherche d’<a href="https://www.topsante.com/medecine/problemes_dermatologiques/blanchiment-anal-methodes-douleurs-prix-tout-ce-quil-faut-vraiment-savoir-940525" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">uniformité</a> corporelle vient du colorisme, une forme de discrimination qui valorise les teints de peau plus clairs au détriment des plus foncés. Pourtant, cette zone présente naturellement un épiderme plus foncé, en raison d’une concentration élevée de <a href="https://www.topsante.com/medecine/problemes_dermatologiques/blanchiment-anal-methodes-douleurs-prix-tout-ce-quil-faut-vraiment-savoir-940525" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mélanine</a>. Celle-ci est influencée par des facteurs génétiques et hormonaux, par l’âge ou par les frottements quotidiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2017, la demande de blanchiment anal aurait explosé de <a href="https://steemit.com/story/@fatos/demand-for-anal-bleaching-soars-by-23-as-women-follow-in-the-footsteps-of-celebrities-including-sophie-kasaei-charlotte-crosby" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">23</a> % dans la clinique médicale londonienne HB Health après que certaines stars comme Kourtney Kardashian aient mentionné avoir eu recours à cette pratique. En uniformisant la couleur de leur peau, certaines femmes se sentiraient plus à l’aise dans leur corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce désir d’éclaircissement a pourtant des racines plus anciennes, d’abord <a href="https://www.santemagazine.fr/beaute-forme/chirurgie-esthetique/tout-savoir-sur-le-blanchiment-anal-1039201" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">culturelles</a> : au Moyen-Orient (notamment aux <a href="https://lejournaldemoncorps.fr/etes-vous-pret-pour-un-blanchiment-anal/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Émirats arabes unis</a>) et en Asie, la peau blanche est signe de richesse, et la dépigmentation des zones intimes peut être demandée en préparation de la nuit de noces. En effet, la peau plus claire se voit accorder une valeur sociale supérieure pour des raisons historiques et sociales. La peau bronzée a longtemps été associée aux paysans et aux ouvriers travaillant sous le soleil, et la peau pâle, étant un signe de noblesse ou d’aristocratie, était liée à l’élégance, à la propreté et à la réussite professionnelle. Elle est aujourd’hui devenue un attrait sur le marché du mariage et un idéal de beauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ceux qui ont lancé la mode, ce sont les acteurs de l’industrie du divertissement pour adultes (le porno), qui s’est progressivement <a href="https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/penelope/segments/rattrapage/1991040/discussion-nouvelle-serie-documentaire-sexe-inc" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">démocratisée</a> dans les années 1980 et 1990. C’est notamment à travers l’imagerie érotique du magazine <em><a href="https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/penelope/segments/rattrapage/1991040/discussion-nouvelle-serie-documentaire-sexe-inc" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Playboy</a></em>, normalisant le sexe imberbe, que la volonté d’esthétiser ces parties du corps nouvellement dévoilées a émergé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Désormais, de nombreuses <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Blanchiment_anal" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">méthodes</a> de blanchiment anal répondent aux nouveaux standards esthétiques des zones intimes et se conforment au colorisme. Des crèmes, des gels ou des sprays ont pour but d’annihiler la production de mélanine à un endroit précis. Les produits mal employés peuvent cependant comporter des risques d’inflammation. En effet, ils contiennent des actifs, tels que l’acide azélaïque, l’acide lactique ou l’acide salicylique, qui peuvent s’avérer irritants en cas de mauvais usage, ou encore de l’acide pyruvique, classé comme <a href="https://reptox.cnesst.gouv.qc.ca/Pages/fiche-complete.aspx?no_produit=138115" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">corrosif</a>, pouvant provoquer de graves brûlures cutanées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas étonnant que de telles crèmes à base d’hydroquinone – <a href="https://www.topsante.com/medecine/problemes_dermatologiques/blanchiment-anal-methodes-douleurs-prix-tout-ce-quil-faut-vraiment-savoir-940525" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ingrédient</a> aussi utilisé dans ces formules – soient <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Blanchiment_anal" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">interdites</a> en Europe et au Canada depuis 2001, au vu de leur toxicité (atteintes au foie, cancers et problèmes thyroïdiens).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le laser CO₂ est une autre méthode. Supervisée par un médecin dermatologue, elle permet de cibler spécifiquement la mélanine. Il faut tout de même être prêt à débourser près de 1000 $ CAD par <a href="https://www.topsante.com/medecine/problemes_dermatologiques/blanchiment-anal-methodes-douleurs-prix-tout-ce-quil-faut-vraiment-savoir-940525" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">séance</a>. Et attention, le résultat n’est pas garanti : un éclaircissement mal réalisé peut provoquer un <a href="https://www.topsante.com/medecine/problemes_dermatologiques/blanchiment-anal-methodes-douleurs-prix-tout-ce-quil-faut-vraiment-savoir-940525" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">assombrissement</a> de la zone traitée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un peu beaucoup d’argent pour une intervention plutôt totalement ridicule. Suivre les tendances du porno, relevant pourtant exclusivement d’une mise en scène, pour se sentir bien dans son corps, ne devrait pas être à la mode. Il est temps d’accepter ses formes, ses couleurs et ses singularités corporelles telles qu’elles le sont, sans les mettre en danger pour répondre à des standards fictifs, illusoires, inutiles et dangereux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prix exorbitant, dangers pour la santé, popularisation par des industries patriarcales et capitalistes qui objectifient et sexualisent les femmes et les hommes du porno : la pratique du blanchiment anal ne devrait-elle pas être vue comme démodée?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, avec sa popularisation par les réseaux sociaux et l’accroissement des demandes, cette pratique extrême semble prendre de la place dans un monde criblé par les problèmes non résolus. Aujourd’hui, les conflits géopolitiques et les guerres déchirent des pays et des vies, la crise climatique menace l’environnement, l’insécurité alimentaire et le coût de la vie pèsent, et la fragilité économique, ainsi que la crise de la gouvernance internationale sont des problèmes primordiaux. Est-il alors raisonnable et moral de s’offrir une petite mise en beauté de l’anus?</p>
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		<item>
		<title>La laïcité dans les programmes aux élections</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/10/07/la-laicite-dans-les-programmes-aux-elections/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Oct 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[PQ]]></category>
		<category><![CDATA[quebec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les femmes musulmanes voilées discriminées par les lois sur la laïcité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/10/07/la-laicite-dans-les-programmes-aux-elections/" data-wpel-link="internal">La laïcité dans les programmes aux élections</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Alors que la visite du pape place de la Concorde à Paris a rassemblé plus de<a href="https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-09-26/france/le-pape-leon-xiv-poursuit-son-periple-apres-une-messe-geante-a-paris.php" data-type="link" data-id="https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-09-26/france/le-pape-leon-xiv-poursuit-son-periple-apres-une-messe-geante-a-paris.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> 800 000 personnes</a> selon le Vatican, la question de la relation entre la religion et les États laïques se pose. </p>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Laïcités québécoise et française </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, <a href="https://www.laicite.gouv.fr/quest-ce-que-laicite" data-type="link" data-id="https://www.laicite.gouv.fr/quest-ce-que-laicite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la loi du 9 décembre 1905</a> établissant la séparation de l’Église et de l’État assure la protection de la liberté de culte, le respect du pluralisme et la neutralité de l’État. La visite du pape, ainsi que sa <a href="https://www.bfmtv.com/politique/elysee/devant-le-pape-leon-xiv-emmanuel-macron-assure-que-la-laicite-francaise-n-est-nullement-la-negation-de-la-religion_AD-202609250453.html" data-type="link" data-id="https://www.bfmtv.com/politique/elysee/devant-le-pape-leon-xiv-emmanuel-macron-assure-que-la-laicite-francaise-n-est-nullement-la-negation-de-la-religion_AD-202609250453.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rencontre </a>à l’Élysée avec le président français Emmanuel Macron, se fait dans un cadre diplomatique officiel, et rappelle que la laïcité n’est pas la négation de la religion. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Québec, c’est <a href="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/laicite-etat/a-propos-loi-laicite" data-type="link" data-id="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/laicite-etat/a-propos-loi-laicite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la loi 21 sur la laïcité de l’État</a>, adoptée en juillet 2019, qui doit garantir quatre principes fondateurs : la séparation de l’État et des religions ainsi que la neutralité de celui-ci, l’égalité de tous les citoyens dans leur appartenance religieuse et la liberté de conscience et de religion. Cela faisait plus de 65 ans que le Québec cherchait à renforcer sa laïcité, contestant de plus en plus le conservatisme social mené par le gouvernement Duplessis ainsi que l’emprise disproportionnée de l’Église sur toutes les facettes sociales québécoises. C’est avec la <a href="https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/laicite-au-quebec-resume-en-langage-simple" data-type="link" data-id="https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/laicite-au-quebec-resume-en-langage-simple" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Révolution tranquille</a> des années 1960 que le gouvernement retire enfin l’éducation, la santé et les services sociaux de la tutelle de l’Église catholique, et crée le ministère de l’Éducation en 1964. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre scolaire, l’application de la laïcité diffère entre les deux pays : en France, les élèves ont l’interdiction stricte de porter des symboles religieux dans les écoles publiques. Au Québec, ce sont seulement les enseignants, en tant que représentants de l’État, qui ne peuvent pas en porter. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le projet de loi 21, interdisant le port de signes religieux pour les employés de l’État en position d’autorité ( juges, policiers, enseignants, etc.), est actuellement contesté devant la <a href="https://pivot.quebec/2026/04/07/quebec-impose-laicite-mepris-droits-fondamentaux/" data-type="link" data-id="https://pivot.quebec/2026/04/07/quebec-impose-laicite-mepris-droits-fondamentaux/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cour suprême</a> pour atteinte aux droits et libertés des minorités religieuses. Il est en effet présentement soumis à la <a href="https://educaloi.qc.ca/actualites-juridiques/la-clause-derogatoire-mais-quest-ce-que-cest/" data-type="link" data-id="https://educaloi.qc.ca/actualites-juridiques/la-clause-derogatoire-mais-quest-ce-que-cest/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">clause dérogatoire</a>, un mécanisme permettant au gouvernement fédéral ou aux législatures provinciales d’adopter et d’appliquer une loi malgré sa contradiction avec certains principes garantis par la Charte canadienne des droits et des libertés. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La laïcité dans les programmes </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2021/as-sa/fogs-spg/page.cfm?lang=F&amp;topic=10&amp;dguid=2021A000224" data-type="link" data-id="https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2021/as-sa/fogs-spg/page.cfm?lang=F&amp;topic=10&amp;dguid=2021A000224" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">En 2021</a>, 53,8 % de la population totale du Québec se revendiquait catholique, 5,6 % chrétienne, et 27,3 % sans religion ou avec des perspectives laïques. Une majorité croyante compose donc une grande partie de l’électorat québécois. Alors, qu’ont proposé les partis s’étant présentés aux élections générales provinciales en matière de laïcité? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/laicite-etat/a-propos-loi-laicite" data-type="link" data-id="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/laicite-etat/a-propos-loi-laicite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Parti libéral du Québec </a>(PLQ) a annoncé qu’il ne renouvellerait pas, en 2029, la clause dérogatoire protégeant la loi 21, ce qui la rendrait vulnérable aux contestations judiciaires. Il <a href="https://pivot.quebec/2026/04/07/quebec-impose-laicite-mepris-droits-fondamentaux/" data-type="link" data-id="https://pivot.quebec/2026/04/07/quebec-impose-laicite-mepris-droits-fondamentaux/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">maintient </a>aussi qu’il ne ferait pas de changement par rapport aux lois déjà adoptées par la CAQ, et son chef, Charles Milliard, s’est prononcé en faveur de l’interdiction des signes religieux pour les employées de l’État en position d’autorité. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Québec solidaire, de con côté, s’engage à « <a href="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/laicite-etat/a-propos-loi-laicite" data-type="link" data-id="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/laicite-etat/a-propos-loi-laicite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">abroger tous les articles de loi [de la loi 21] qui imposent une forme de discrimination fondée sur le port d’un signe d’appartenance religieuse</a> » avant de renouveler sa clause dérogatoire. Comme le PLQ, le parti se prononce contre l’interdiction des signes religieux pour les employés de l’État. Ruba Ghazal, députée de l’Assemblée nationale et porte-parole de Québec solidaire, s’est opposée à l’interdiction des signes religieux pour les éducatrices en garderie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Parti conservateur du Québec (PCQ), de son côté, a annoncé qu’il renouvellerait la clause dérogatoire de la loi 21, et appuie « <a href="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-type="link" data-id="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’interdiction</a> des signes religieux à l’ensemble du personnel visé dans les écoles ». </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>CAQ et PQ </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux partis étaient restés étonnamment silencieux à ce sujet pendant la campagne électorale. La CAQ avait pourtant <a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/937410/quoi-retenir-nouveau-projet-loi-laicite-caq?" data-type="link" data-id="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/937410/quoi-retenir-nouveau-projet-loi-laicite-caq?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">renforcé en avril 2026 la loi 21</a>, élargissant l’interdiction du port de signes religieux pour le nouveau personnel des Centres de la petite enfance, obligeant les employés à avoir le visage découvert dans tous les établissements d’enseignement, de la garderie jusqu’à l’université. La CAQ a introduit une <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2210146/projet-loi-laicite-quebec-roberge" data-type="link" data-id="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2210146/projet-loi-laicite-quebec-roberge" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">interdiction </a>des prières de rue, et ferme définitivement les salles de prière dans les cégeps et les universités. Dans la lignée de son prédécesseur, la nouvelle cheffe du parti, Christine Fréchette, s’est <a href="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-type="link" data-id="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">engagée </a>à « défendre la laïcité jusqu’au bout ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Parti québécois, désormais à la tête de la province, a annoncé de nouveaux engagements pour défendre « <a href="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-type="link" data-id="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le consensus québécois sur la laïcité </a>». En 2025, les membres du parti avaient révélé via un référendum un très fort appui à une interdiction, pour les élèves du primaire, des tenues et signes religieux ostensibles. Mais <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2026-09-26/la-laicite-ne-saurait-etre-ignoree-dans-cette-campagne.php" data-type="link" data-id="https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2026-09-26/la-laicite-ne-saurait-etre-ignoree-dans-cette-campagne.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">aucune annonce en matière de laïcité</a> n’a été faite lors de cette campagne électorale. C’est maintenant entre leurs mains que les lois sur la laïcité des quatre prochaines années demeurent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les femmes, principales discriminées de ces lois </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que la majorité des partis est prête à défendre les lois sur la laïcité, un groupe de femmes musulmanes voilées et leurs alliés idéologiques cherchent à se faire entendre. Touchées par ces lois, ces femmes se rassemblent toutes les semaines depuis juin dernier devant le bureau de la première ministre pour faire entendre leur cause. Nommé le collectif <a href="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-type="link" data-id="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Québécoises musulmanes tannées</em></a>, le groupe avait demandé à rencontrer cette dernière, sans réponse. Elles interpellent aussi tous les autres partis politiques quant à une loi qu’elles estiment injuste. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Certaines femmes témoignent se retrouvant sans travail à cause des lois sur la laïcité de l’État : « Je dois recommencer une vie à l’âge de 45 ans, je dois faire d’autres études, je dois trouver un milieu qui ne va pas juger mon apparence, mais plutôt mes compétences »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En soutien au collectif, plusieurs organismes de défense des droits, comme la Ligue des droits et libertés, la Fédération des femmes du Québec et l’Association canadienne des libertés civiles, ont depuis publié une <a href="https://liguedesdroits.ca/declaration-instrumentalisation-de-la-laicite/" data-type="link" data-id="https://liguedesdroits.ca/declaration-instrumentalisation-de-la-laicite/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déclaration </a>contestant les lois adoptées par le gouvernement de la CAQ depuis 2019. Protégées par les clauses de dérogation, elles cibleraient certaines communautés non catholiques, notamment les femmes de confession musulmane. Les lois appliqueraient une laïcité en réalité discriminatoire, ne protégeant pas véritablement les droits et libertés individuels. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Des faits alarmants découlent de ces lois : de plus en plus de femmes voilées se sont retrouvées sans <a href="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-type="link" data-id="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">emploi </a>du jour au lendemain, et des étudiantes n’arrivent pas à effectuer le stage obligatoire pour l’obtention de leur diplôme en raison de leur hijab. Certaines femmes se retrouvant sans travail à cause des lois sur la laïcité de l’État témoignent : « Je dois recommencer une vie à l’âge de 45 ans, je dois faire d’autres études, je dois trouver un milieu qui ne va pas juger mon apparence, mais plutôt mes compétences. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, souvent invoqué pour sa protection de l’égalité des genres, le collectif <a href="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-type="link" data-id="https://pivot.quebec/2026/10/01/femmes-lois-laicite-partis-politiques/?utm_campaign=linkinbio&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=later-linkinbio" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dénonce </a>encore une fois cette loi, affirmant que la liberté des femmes, c’est aussi la liberté de choisir et porter ce qu’elles veulent. Sauf que ces lois privent les femmes de leur droit au travail et d’une sécurité financière. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« C’est maintenant dans [ les mains du Parti québécois ] que les lois sur la laïcité des quatre prochaines années demeurent »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’interdiction des signes religieux atteint donc en réalité les droits et libertés individuels, sans pour autant assurer la neutralité de l’État. D’autant plus que celui-ci a retiré seulement en 2019 le crucifix qui a longtemps orné le Salon bleu de l’Assemblée nationale, et protège le patrimoine culturel à caractère religieux en finançant des organisations chargées de la restauration de bâtiments, d’œuvres d’art ou d’orgues par exemple. Assez hypocrite, pour un gouvernement qui impose sa laïcité au mépris des droits fondamentaux. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces exemples justifient la colère de ces femmes : une laïcité oui, mais pas orientée vers la discrimination ou l’exclusion. Au lendemain de sa victoire électorale ce lundi 5 octobre, il revient au Parti québécois de déterminer s’il convient d’assouplir ou de renforcer ces lois.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/10/07/la-laicite-dans-les-programmes-aux-elections/" data-wpel-link="internal">La laïcité dans les programmes aux élections</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Parler ou se taire, lorsque le langage divise</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/parler-ou-se-taire-lorsque-le-langage-divise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[division]]></category>
		<category><![CDATA[exclusion]]></category>
		<category><![CDATA[language]]></category>
		<category><![CDATA[vocabulaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61152</guid>

					<description><![CDATA[<p>L'exclusion ressentie lorsqu’on ne maîtrise pas la langue dominante.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/parler-ou-se-taire-lorsque-le-langage-divise/" data-wpel-link="internal">Parler ou se taire, lorsque le langage divise</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Nommée <em>argot des cités, langage des jeunes ou parler banlieue</em>, cette façon de parler souvent considérée peu riche en termes de vocabulaire n’est pas qu’un dialecte volontairement choisi. Elle est le résultat d’une exclusion sociale. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Si ce langage constitue un marqueur d’appartenance pour certains, il peut aussi être source de division : lorsqu’une personne ne possède pas les codes linguistiques attendus pour parler et commercer dans d’autres milieux – scolaires ou professionnels –, la langue devient un facteur d’exclusion. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Exclu par un manque de vocabulaire </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Être confronté à des problèmes d’expression marginalise. Lorsqu’on passe du temps avec des personnes qui ont la même façon de parler, on ne s’en rend pas compte. Mais, une fois qu’on se heurte au monde extérieur, manquer de vocabulaire peut exclure. Comment comprendre ou se faire comprendre quand on possède des mots et expressions différents, voire inconnus, d’une classe à l’autre? Comme l’explique le<a href="https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/03/18/vivre-avec-400-mots_402088_3208.html?srsltid=AU7gw4UM2wIYhGhvRHYdYSrVcP2BF8KjW-_55kvm8PvGCBWVzp8Jr-Zt" data-type="link" data-id="https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/03/18/vivre-avec-400-mots_402088_3208.html?srsltid=AU7gw4UM2wIYhGhvRHYdYSrVcP2BF8KjW-_55kvm8PvGCBWVzp8Jr-Zt" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> linguiste Alain Bentolila</a>, chercher du travail ou ouvrir un compte en banque quand on ne possède que « 350 à 400 mots » de vocabulaire, alors que le reste de la population en utiliserait 2500, devient compliqué. Bien que ces chiffres restent contestés, cette langue que les classes supérieures méprisantes qualifient de « pauvre » isole les personnes qui la parlent – <a href="https://information.tv5monde.com/international/certains-jeunes-francais-nont-ils-vraiment-que-400-mots-de-vocabulaire-vrai-dire" data-type="link" data-id="https://information.tv5monde.com/international/certains-jeunes-francais-nont-ils-vraiment-que-400-mots-de-vocabulaire-vrai-dire" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">principalement des jeunes</a>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En vivant avec un entourage qui utilise principalement le même vocabulaire, il devient compliqué de l’enrichir et de le développer. D’autant plus que lorsque des <a href="https://www.immigration.interieur.gouv.fr/lintegration-des-etrangers/dispositifs-de-lintegration-en-france/formations-pour-apprendre-francais" data-type="link" data-id="https://www.immigration.interieur.gouv.fr/lintegration-des-etrangers/dispositifs-de-lintegration-en-france/formations-pour-apprendre-francais" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">initiatives </a>telles que des applications créées par le gouvernement français ou des cours gratuits proposés par le gouvernement québécois pour apprendre la langue et approfondir son vocabulaire sont mises en place pour intégrer les jeunes en difficulté, elles sont souvent peu connues, renforçant ce cercle vicieux d’exclusion. Alain Bentolila dénonce régulièrement les inégalités sociales, ainsi que les difficultés qu’ont les institutions comme les écoles à effacer ces lacunes. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Inquiétude sémantique </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, le problème ne résiderait pas tant dans le nombre de mots connus, mais dans la possibilité de les mobiliser selon les situations. Une autre forme d’exclusion apparaît donc : celle de ne pas se sentir légitime à prendre la parole. Certains jeunes, souvent issus de l’immigration et dont la première langue n’est parfois pas celle du pays habité, pourraient endurer un sentiment de non-appartenance. Annette Boudreau, sociolinguiste à l’université de Moncton au Nouveau-Brunswick, utilise le terme d’« <a href="https://langmusecad.wordpress.com/2015/05/24/combattre-le-sentiment-dinferiorite-linguistique/" data-type="link" data-id="https://langmusecad.wordpress.com/2015/05/24/combattre-le-sentiment-dinferiorite-linguistique/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">insécurité linguistique</a> ». Lorsque les individus des classes sociales défavorisées sentent que leurs pratiques linguistiques ne sont pas adéquates, une appréhension à aborder la société, à socialiser, ou même juste à demander de l’aide peut se développer. <a href="https://langmusecad.wordpress.com/2015/05/24/combattre-le-sentiment-dinferiorite-linguistique/" data-type="link" data-id="https://langmusecad.wordpress.com/2015/05/24/combattre-le-sentiment-dinferiorite-linguistique/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Pierre Bourdieu</a>, sociologue français, a montré que les détenteurs de la langue « légitime » peuvent développer un pouvoir symbolique lorsqu’ils sont en contact avec des locuteurs en position d’insécurité linguistique. Ces derniers ont potentiellement du mal à s’exprimer selon un modèle imaginé ou attendu et peuvent donc ressentir un sentiment d’illégitimité. Les sensations d’exclusion et de non-appartenance se voient donc renforcées. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Pierre Bourdieu, sociologue français, a montré que les détenteurs de la langue “légitime” peuvent développer un pouvoir symbolique lorsqu’ils sont en contact avec des locuteurs en position d’insécurité linguistique »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Langage à la mode? </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, ce qui peut être vécu comme un handicap dans certains espaces devient, d’une certaine façon, à la mode. En effet, ces usages trouvent leur <a href="https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/03/18/vivre-avec-400-mots_402088_3208.html?srsltid=AU7gw4UM2wIYhGhvRHYdYSrVcP2BF8KjW-_55kvm8PvGCBWVzp8Jr-Zt" data-type="link" data-id="https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/03/18/vivre-avec-400-mots_402088_3208.html?srsltid=AU7gw4UM2wIYhGhvRHYdYSrVcP2BF8KjW-_55kvm8PvGCBWVzp8Jr-Zt" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">succès en dehors des communautés dans lesquelles ils sont nés,</a> et s’établissent dans les quartiers des centres-villes. Des accentuations ou des expressions particulières deviennent une façon de parler enviable pour la jeune population de la ville et même pour les classes moyennes. Puisqu’une langue est en perpétuelle évolution, l’émergence de nouveaux termes issus d’un langage différent – et réutilisés par des jeunes de différentes classes sociales – pourrait alors être considérée comme un ajout à la langue et non pas un appauvrissement. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Construire, pas assimiler </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette circulation du langage montre donc qu’il ne faut pas simplement opposer un « bon » à un « mauvais » français. Plusieurs façons de parler peuvent coexister et même s’enrichir mutuellement. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu apparaît plutôt lorsque le seul idiome maîtrisé est le minoritaire, empêchant de passer d’un monde à un autre. Il ne s’agit donc pas de critiquer la façon de parler, les expressions ou les accents de cette langue. Le but n’est pas d’assimiler la façon de parler de ces jeunes, qui ont potentiellement grandi en parlant une autre langue natale et qui possèdent leur propre style phonétique, à un français purement académique. Il faut seulement mettre en garde sur le danger de l’exclusion. Connaître deux langues, deux dialectes, est possible. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Multiculturalisme ou assimilation </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Justement, cette distinction se retrouve dans des sociétés confrontées à la coexistence de plusieurs langues. En effet, au Québec, bien que presque la <a href="https://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/quebecdrtlng2.htm" data-type="link" data-id="https://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/quebecdrtlng2.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">moitié de la population soit bilingue</a>, la loi 101, souvent appelée la Charte de la langue française, fait du français la seule langue officielle de la province. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ce statut officiel, dans un pays et un monde où la langue dominante est l’anglais, la question de la protection de leur langue minoritaire est devenue primordiale pour beaucoup de Québécois. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, le choix du <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/900049/idees-anglicisation-quebec-canada-est-probleme-imperatif-regler?" data-type="link" data-id="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/900049/idees-anglicisation-quebec-canada-est-probleme-imperatif-regler?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bilinguisme</a>, considéré comme un choix équitable, tend en fait plus vers l’assimilation du groupe moins nombreux. La solution imparable pour beaucoup d’habitants de la province : promouvoir son <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/900049/idees-anglicisation-quebec-canada-est-probleme-imperatif-regler?" data-type="link" data-id="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/900049/idees-anglicisation-quebec-canada-est-probleme-imperatif-regler?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">indépendance</a> afin d’assurer l’avenir culturel et linguistique du peuple québécois. Cette peur de l’assimilation – ressentie chez les Québécois et les immigrants vis-à-vis de la langue dominante du pays dans lequel ils résident – est donc légitime. Lorsque ces populations doivent laisser leur culture et langue d’origine dans la sphère privée et utiliser le langage majoritaire dans leurs échanges au sein de la société, la limite entre multiculturalisme et assimilation n’est-elle pas à son apogée? </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La difficulté à comprendre les programmes politiques</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, derrière cette question linguistique se joue aussi une question sociétale. Si la participation aux échanges sociaux ou professionnels doit se faire dans la langue dominante, la question de l’accès à ces informations et milieux devient difficile à comprendre. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème n’est plus que quotidien ou interactionnel, mais se répercute dans l’accès à l’information politique et à la compréhension des informations qui nous entourent. Par exemple, les programmes politiques, souvent rédigés dans un vocabulaire plus soutenu, deviennent incompréhensibles. Les plateformes électorales des partis semblent ainsi réservées à une certaine élite : ceux qui les consultent et, parmi eux, ceux qui les comprennent. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, ces plateformes étant peu sollicitées, le nouveau médium pour les partis et les candidats pour attirer l’attention et récolter les votes passe par les réseaux sociaux. Pour un jeune qui possède un vocabulaire peu développé, il est bien plus simple de voir et de comprendre une vidéo sur TikTok dans laquelle un leader captivant déclame des bêtises et galvanise les foules, que de lire un long programme désorientant. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Publier beaucoup de contenu – posts, vidéos, stories – est devenu pour certains candidats un moyen d’atteindre un auditoire qui maîtrise moins bien la langue soutenue. Cette simplification du discours devient alors un outil politique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le cas de Donald Trump, sur son réseau social <em>Truth Social</em> ou sur <em>X </em>(anciennement <em>Twitter</em>) : en utilisant un vocabulaire élémentaire, grossier et émotionnel, il arrive à atteindre plus de gens, surtout ceux qui n’en savent pas beaucoup sur ses intentions. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Via ce langage, mésinformation, désinformation, et malinformation pullulent sur les réseaux, et, sans s’en rendre compte, le public touché va devenir crédule. Plus accessibles, plus frappantes et plus assimilables, les déclarations communiquées via ces médiums atteignent l’auditoire souhaité du candidat. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, se présentant d’abord comme vecteur d’inclusion sociale, le manque de vocabulaire et la difficulté à s’exprimer dans la langue dominante sont en fait utilisés par les élites pour manipuler les minorités. Est-ce pour cette raison que davantage de programmes ne sont pas mis en place pour améliorer le dialecte et inclure ces jeunes dans la société?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/parler-ou-se-taire-lorsque-le-langage-divise/" data-wpel-link="internal">Parler ou se taire, lorsque le langage divise</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Quand la fiction banalise les traumatismes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/quand-la-fiction-banalise-les-traumatismes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[dark romance]]></category>
		<category><![CDATA[new romance]]></category>
		<category><![CDATA[traumatismes]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61038</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entre toxicité et réalité, où trouver la limite dans la « new romance »?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/quand-la-fiction-banalise-les-traumatismes/" data-wpel-link="internal">Quand la fiction banalise les traumatismes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Quel est le point commun entre la série<em> Off campus</em>, le livre <em>Captive</em>, et <em>Jamais plus</em>? Outre leur notoriété sur TikTok – ce qui en dit long – ils partagent tous un thème central : la jeune femme victime de viol, généralement au secondaire ou à l’université, qui tente de se reconstruire dans un environnement hostile, continuellement rattrapée par cet événement traumatisant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces récits de « nouvelle romance » (« <em>new romance</em> »), le schéma est prévisible. Après l’agression, la protagoniste rencontre inévitablement un beau jeune homme athlétique, souvent marqué par un passé sombre (un deuil familial, une violence subie…). Leurs traumatismes, loin de les éloigner, vont devenir les vecteurs de leur relation. Presque comme si chacun utilisait la vulnérabilité de l’autre pour se rapprocher et créer un lien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une structure de roman commune et pourtant dérangeante</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Trop souvent dans ces romans, le viol ou l’agression sexuelle subi par la jeune fille va être ensuite utilisé pour la rendre plus fragile et sensible. Alors forcément, les victimes sont affectées, changent et développent une plus grande appréhension dans leurs futures interactions. Mais dans ces récits, cet événement traumatisant est utilisé comme un ressort narratif (<em>plot device</em>) nécessaire pour rapprocher les personnages. Et ce mécanisme littéraire pose problème. En effet, cette dynamique suggère que la douleur et la fragilité sont des conditions <em>sine qua non</em> pour aimer. Or, en réalité, cette approche banalise la violence. Elle transforme un traumatisme en une étape romantique, effaçant la complexité de la reconstruction et la difficulté réelle de la guérison.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dark romance</em> : cautionner un monde ultra-violent </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce phénomène s’accentue dans les<em> dark romance</em>, où le protagoniste masculin est souvent un mafieux, sombre, violent et égoïste. L’intrigue classique met en scène une jeune femme, parfois captive de celui-ci, qui fera chavirer le cœur de l’homme au caractère grave et ténébreux. Leur amour surpassera ces relations de pouvoir qui les divisent et se révélera absolu. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Romancer ces crimes crée un décalage avec la réalité vécue par les victimes »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Mais parle-t-on vraiment d’amour ou plutôt du syndrome de Stockholm, selon lequel un prisonnier développe de l’affection pour son oppresseur? En effet, ces récits se déroulent souvent dans le monde des cartels de drogue extrêmement violent, qui, de plus, est illégal. Trop souvent, on oublie la réalité de ces milieux : la présence massive d’armes, des jeunes recrutés en raison de leur situation précaire, enrôlés dans un monde où les règlements de compte, les exécutions compulsives et les mauvaises conditions de vie sont quotidiennes. Romancer ces environnements, en rendant le chef de cette mafia sensible et amoureux, c’est cautionner indirectement un système criminel qui détruit des vies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un exemple pour le jeune public </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autant plus que ces livres s’adressent à un public jeune, voire très jeune. Bien que la majorité de ces récits soit consommée via des livres physiques, ces derniers sont aussi souvent accessibles sur téléphone. L’âge moyen de l’obtention de celui-ci se situe à 10 ans dans les pays de l’<a href="https://observatoirenumerique.fr/un-premier-smartphone-a-quel-age/" data-type="link" data-id="https://observatoirenumerique.fr/un-premier-smartphone-a-quel-age/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">OCDE</a>. Les sites gratuits comme Wattpad permettent à n’importe qui de publier et lire des histoires. Ne nécessitant aucune <a href="https://www.youtube.com/watch?v=HPAEqO_n4Mo&amp;t=82s" data-type="link" data-id="https://www.youtube.com/watch?v=HPAEqO_n4Mo&amp;t=82s" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vérification</a> éditoriale sur ce site, la liberté d’écrire est certes garantie, mais avec cela, ses défauts aussi. Chacun peut écrire et lire ce qu’il veut. Les parents ne peuvent donc pas vérifier à quel contenu leur jeune enfant accède – il est plus facile de savoir à quoi s’attendre en regardant la couverture du livre et le synopsis sur la quatrième de couverture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’on admet que le désir romantique et sexuel est naturel et intime à chacun, l’associer à des scénarios de captivité ou de violence chez ces lecteurs jeunes ou inexpérimentés pose un risque majeur. La croyance que les relations amoureuses seraient seulement basées sur des relations de pouvoir et des traumatismes passés pourrait devenir potentiellement l’unique référence de ces jeunes lectrices. La découverte et la compréhension des désirs sexuels pourront être associées à tort à une relation basée sur la coercition. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La différence par rapport à la réalité judiciaire </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait penser que dans un monde où près d’<a href="https://www.who.int/fr/news/item/19-11-2025-lifetime-toll--840-million-women-faced-partner-or-sexual-violence" data-type="link" data-id="https://www.who.int/fr/news/item/19-11-2025-lifetime-toll--840-million-women-faced-partner-or-sexual-violence" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une femme sur trois</a> est victime de violences conjugales ou sexuelles, utiliser un viol comme fil conducteur d’une histoire d’amour serait considéré comme une volonté d’inclusion. Les auteurs aborderaient ces sujets malheureusement universels afin de permettre à toutes les jeunes filles et femmes de s’identifier à une héroïne. Cependant, dans ces récits, l’agresseur ou la personne violente finit par être puni, ou bien l’ennemi initial devient l’intérêt amoureux : une résolution simpliste garantissant une fin heureuse aux amoureux. Or, la réalité judiciaire est beaucoup plus sombre : rappelons qu’en France « <a href="https://www.leclubdesjuristes.com/justice/classement-sans-suite-non-lieu-relaxe-ou-acquittement-est-on-innocent-lorsque-la-justice-ne-condamne-pas-16467/" data-type="link" data-id="https://www.leclubdesjuristes.com/justice/classement-sans-suite-non-lieu-relaxe-ou-acquittement-est-on-innocent-lorsque-la-justice-ne-condamne-pas-16467/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">entre 65% et 70% des affaires de violences sexuelles sont classées sans suite et près de 25% se soldent par un non-lieu. Seuls 10 % des dossiers aboutissent à un procès, à l’issue duquel 3 % des personnes mises en cause sont condamnées. Ce chiffre tombe même à 1 % lorsqu’il s’agit d’inceste.</a> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Romancer ces crimes en promettant une justice rapide et un amour salvateur crée un décalage avec la réalité vécue par les victimes. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pas une censure, mais une critique </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors oui, une histoire d’amour romantique et sexuelle est naturellement attrayante et le choix revient à chaque individu de lire ce qu’il désire. Et réjouissons-nous aussi que la lecture ne soit pas morte ni irrécupérable chez la nouvelle génération. Après tout, cela n’est peut-être qu’une question de goût. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème ne réside donc pas dans les récits actuels qui incluent un viol ou une agression, mais plutôt dans la manière dont ceux-ci sont traités. Ce qui est dérangeant, c’est la fétichisation du viol, cette normalisation de la violence où l’emprise est sexualisée et banalisée, plutôt qu’utilisée pour avertir. Comme si l’unique possibilité de trouver l’amour serait de vivre un traumatisme. Mais n’en restons pas là. Il est possible de trouver des alternatives. Des romans adaptés en série comme <em>Bridgerton </em>prouvent qu’on peut écrire une romance passionnante sans violence. D’autres publics, comme la communauté LGBTQ+, sont aussi peu à peu inclus dans des histoires intenses qui peuvent captiver sans glorifier le crime, comme avec <em>Heated Rivalry</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’inclusion ne signifie pas reproduire des schémas toxiques. Il est temps de promouvoir des histoires où l’amour naît du respect, et non de la domination.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/quand-la-fiction-banalise-les-traumatismes/" data-wpel-link="internal">Quand la fiction banalise les traumatismes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Outil d’émancipation ou vecteur d’exclusion</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/outil-demancipation-ou-vecteur-dexclusion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[automobiles]]></category>
		<category><![CDATA[dépendance]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[exclusion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La dépendance à la voiture et son permis.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/outil-demancipation-ou-vecteur-dexclusion/" data-wpel-link="internal">Outil d’émancipation ou vecteur d’exclusion</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-left has-drop-cap wp-block-paragraph">Dans un monde valorisant l’individualité, le confort et l’efficacité personnelle, la voiture trouve toute sa place. Alors que près de <a href="https://www.transitionsenergies.com/combien-voitures-monde/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1,4 milliard d’automobiles</a> rouleraient sur le globe, il est devenu plus que nécessaire, par souci écologique et relationnel, de trouver un moyen alternatif de déplacement. Aussi, si importante soit-elle, son permis est même devenu un document d’identité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le délaissement du social au profit de l’individualisme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat d’une société surconsommatrice, la voiture, popularisée par <a href="https://www.vrm.ca/capsule-thematique-comprendre-la-dependance-a-lautomobile-facteurs-impacts-et-perspectives/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’Occident</a> comme symbole de liberté, a développé chez l’être humain une dépendance exagérée, ce dernier se confinant volontairement chaque jour dans une caisse de fer sur roues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’humain, pourtant essentiellement sociable, perd progressivement ses occasions de rencontres et s’enfonce dans son isolement. D’autant plus que le gouvernement n’aide pas : en France, le permis s’obtient maintenant à <a href="https://www.info.gouv.fr/actualite/le-permis-de-conduire-possible-a-partir-de-17-ans" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">17 ans</a>, au Canada à <a href="https://saaq.gouv.qc.ca/permis-conduire/obtenir-permis/auto-classe-5" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">16 ans</a> et au Dakota du Sud aux États-Unis, on peut apprendre à conduire <a href="https://www.sd.gov/cs?id=kb_article_view&amp;sysparm_article=KB0043705&amp;sys_kb_id=ac66f2f0874e0b54e0410f28cebb35c9&amp;spa=1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dès ses 14 ans</a>. En baissant l’âge de l’obtention du permis, l’isolement apparaît de plus en plus tôt. Démodés sont les transports en commun où l’on retrouvait ses camarades de classe, ses amis, ou même ses voisins, faites place au moyen de locomotion égocentrique et <a href="https://ressources-naturelles.canada.ca/sites/www.nrcan.gc.ca/files/oee/pdf/transportation/fuel-efficient-technologies/autosmart_factsheet_6_f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ultra-polluant</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Im</em>-permis de conduire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais bien que la voiture émancipe des millions de personnes chaque jour, le permis de conduire est devenu aujourd’hui un outil de discrimination sociale. Les catégories déjà minoritaires et exclues de la société sont – à nouveau – visées. En février 2026, par exemple, dans l’État du Kansas aux États-Unis, <a href="https://lactualite.com/actualites/deux-hommes-transgenres-poursuivent-le-kansas-pour-invalidation-de-leur-permis/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">deux hommes transgenres</a> se sont plaints face à une nouvelle loi invalidant le permis de conduire, car il reflèterait l’identité de genre et non pas le sexe attribué à la naissance. Cette mesure déshumanisante n’affecte sûrement pas seulement les États-Unis. <a href="https://www.theguardian.com/world/2015/jan/09/transgender-people-russia-banned-driving-legal-amendment-dmitry-medvedev" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">En Russie</a>, un amendement interdit aux personnes transgenres de conduire, et on pourrait s’attendre à voir de telles mesures prises par la <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/societe/905506/reculs-droits-personnes-lgbtq-denonces?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Hongrie ou le Ghana</a> par exemple, où les lois reculent, discriminant et harcelant davantage les personnes transgenres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non seulement, le refus d’accorder ou le non-renouvellement du permis de conduire restreint la liberté de mobilité de ces personnes-là, mais quelquefois, il représente le seul document d’identité qu’elles possèdent, les empêchant alors de voter. L’électorat est ainsi manipulé et transformé pour favoriser les candidats conservateurs et réactionnaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Choix capitaliste ou écologique ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, plus qu’un document administratif, le permis de conduire est perçu comme un rite de passage vers l’âge adulte dans les sociétés occidentales. Il est même souvent <a href="https://www.ohrc.on.ca/fr/foire_aux_questions/un-employeur-peut-il-me-demander-un-permis-de-conduire-lorsque-je" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">exigé pour postuler</a> dans de nombreux secteurs, devenant à <a href="https://www.le-code-dekra.fr/actualites/2020/12/30/le-permis-de-conduire-est-il-indispensable-pour-trouver-un-travail-/id/4" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">nouveau discriminant</a>. Surtout que les coûts de l’essence, des assurances, et simplement des écoles de conduite, ne cessent d’augmenter. Certaines personnes sont alors isolées involontairement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Se pose alors un dilemme quant aux pseudo-volontés des gouvernements : veulent-ils rendre la voiture réellement accessible à tous les marginalisés de la société (ruraux, familles à faibles revenus, transgenres) ou bien privilégier les transports en commun, pour renforcer les liens sociaux et réduire l’impact écologique, en mettant en place plus de lignes de bus, trains, vélos de ville publics?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est de notre devoir de trouver des alternatives et de ne pas se laisser avoir par la facilité du déplacement individuel. Et dans un monde où un outil présenté comme figure de l’affranchissement a finalement dominé et écrasé les interactions sociales, il faudrait repenser les systèmes pour favoriser les interactions sociales et continuer à sensibiliser la population vis-à-vis du danger du réchauffement climatique.</p>
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		<title>Sommes-nous ingrats?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/08/31/sommes-nous-ingrats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 00:54:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[devoir]]></category>
		<category><![CDATA[ingratitude]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les étudiants doivent-ils quelque chose à leurs parents?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Il est des étudiants qui attendent avec hâte de rentrer chez eux après une année épuisante de travail, d’activités et d’interactions sociales. Tant mieux pour eux. D’autres n’ont aucune appréhension vis-à-vis de ce retour, mais ne décomptent pas forcément les minutes jusqu’à ce moment-là. Mais il y a aussi des étudiants qui n’ont pas envie de rentrer passer quatre mois chez eux, de retourner vivre avec leurs parents, frères, sœurs, dans la routine qu’ils cherchaient tant à quitter. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs personnes de mon entourage, principalement les étudiants internationaux, redoutent la fin de l’année scolaire et le retour à la maison. Après avoir passé plus de huit mois loin de leurs parents et avoir découvert un nouveau monde, de nouvelles personnes, une nouvelle culture, et s’être enfin émancipés de leur famille, il peut sembler ennuyeux de rentrer. Comme si l’on régressait sur l’échelle de l’indépendance, que l’on revenait en arrière à un état plus familier, inférieur à celui dans lequel on avait évolué. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Et, une fois rentrés chez nous, on redécouvre notre chambre, les dynamiques familiales, les tâches quotidiennes… et on a tendance à les faire à contrecœur. Ayant moi-même vécu dans cette situation, je me suis observée, de mauvaise humeur, rechignant à aider ou à faire une quelconque besogne dont je m’étais enfin affranchie cette année. Alors, immédiatement, je me suis sentie ingrate. Ingrate, car l’année incroyable que je venais de passer, je pensais la leur devoir, presque la leur <em>rembourser</em>. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Rembourser</em> ses parents </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis donc demandé si nous, les <em>enfants</em>, devions quelque chose à nos parents. Pour beaucoup d’entre nous, c’est tout de même grâce à eux que nous sommes ici. La question économique de nos études, celle qui nous tracasse tant et nous fait ressentir le devoir de rembourser nos parents est un délire économique, elle n’a rien à voir avec l’objectif primordial universitaire qu’est l’apprentissage. Devons-nous être reconnaissants envers nos parents de nous avoir nourris? Car élever un enfant représente un coût financier. Alors, pourquoi les études devraient-elles être traitées différemment de l’alimentation, qui constitue la première fonction parentale? Le devoir d’éduquer son enfant est aussi fondamental que celui de le nourrir. Et c’est normal, nous ne leur devons rien de cela. Cependant, au Québec, à la suite de l’école obligatoire jusqu’à ses 16 ans, il est commun que les parents considèrent que l’enfant doive payer son éducation, grâce à un travail extrascolaire. Déjà considéré adulte, il serait de sa responsabilité de s’éduquer soi-même. Mais laisser à ses enfants la charge de s’autofinancer me semble plutôt inconscient et déraisonnable de la part des parents. L’éducation est le moyen maître de l’élévation de la conscience. Elle ne doit pas imposer une charge à l’enfant. Nous ne la devons pas à nos parents. Nous n’avons pas demandé à venir sur Terre. Le seul devoir qu’exige le rapport parent-enfant, c’est le respect et l’amour partagé. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Une éducation qui va servir à s’émanciper, à évoluer, à être artisan de sa vie, [ à ] se construire soi-même »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ressentir le devoir de rembourser ses parents signifie probablement que l’on a une gêne face à l’argent, et il faut s’en détacher, car il ne garantit en rien la réussite ou le bonheur. L’argent est un moyen, non pas une fin. La fin, soit l’objectif, c’est que nous soyons instruits et cultivés, et que nous puissions penser par nous-mêmes. Le moyen, cela peut être des études un peu coûteuses. Nous ne sommes donc pas dans la nécessité d’une reconnaissance matérielle, il n’est cependant pas étonnant que l’on puisse penser cela, car l’échange marchand est désormais au cœur des transactions sociales de la société. Je suis étudiante à McGill, et j’ai pu choisir l’institution dans laquelle j’ai décidé d’étudier, cela, je le reconnais. Mais il y a eu un contrat marchand sur lequel je n’ai pas eu de pouvoir, car ce n’est pas moi qui l’ai payé. Donc je le devrais à mes parents.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Appartenir à soi-même </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, ce n’est pas que l’enfant ne doive rien à ses parents, mais plutôt, qu’<em>il n’appartient qu’à lui-même</em>. Il va se construire dans son rapport au monde, mais au début, son monde, c’est sa famille, les gens qu’il fréquente tous les jours, et cela va l’influencer grandement. Alors, il croit devoir suivre un certain chemin que sa famille, qui est son premier groupe d’appartenance, aurait dessiné pour lui. Généralement, selon les mœurs et les coutumes spécifiques à chacune, il doit <em>ressembler</em> à celle-ci, l’enfant devenant le désir des parents. Mais une bonne éducation nous amène à être capables de nous distinguer et de ne pas nous conformer à ce que notre famille voulait faire de nous. Une éducation qui va servir à s’émanciper, à évoluer, à se prendre en main, à être artisan de sa vie; avec bien sûr des difficultés, des vicissitudes, des joies et des peines. Mais une éducation pour se construire soi-même. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne sommes donc pas produits par nos parents, mais nous nous construisons nous-mêmes. Nous sommes certes le fruit de leur copulation, et nous héritons de leurs traits génétiques, mais notre vie est la nôtre, pas la leur. Ils ont joué un rôle essentiel pour commencer notre vie, mais progressivement, nous sommes devenus des êtres réfléchissants et autonomes, en pleine capacité de construire nous-mêmes notre destin. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">On avait enfin commencé à sentir qu’on appartenait à nous-mêmes »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, en mai, après avoir passé une année libérée des contraintes familiales, nous, les étudiants affranchis, ne voulions plus rentrer chez nous. On s’était émancipés de notre famille : <em>On avait enfin commencé à sentir qu’on appartenait à nous-mêmes.</em> Jean Piaget, un biologiste et psychologue suisse, expliquait qu’un enfant n’est, ni un être inné, ni un être influençable, mais quelqu’un qui va se construire et progressivement dans le rapport aux autres et notamment dans la confrontation, dont celle avec ses parents. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, cette <em>croyance</em> trompeuse, dans laquelle un enfant pense devoir quoi que ce soit à ses parents, est inexacte. Nous devons nous <em>convaincre</em> que nous n’appartenons qu’à nous-mêmes. Mon grand-père disait souvent « Je ne suis pas dans la croyance, je suis dans la conviction » celle qu’on étaye par des lectures, des réflexions, et surtout par les études que l’on va suivre. Celle que nous ne devons pas à nos parents, si ce n’est en leur accordant une grande reconnaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Révélation de l’identité de Banksy</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/revelation-de-lidentite-de-banksy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[graffiti]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60658</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sa sortie de l’anonymat soulève des questions sur l'art du tag.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L ’identité de Banksy, également connu sous les surnoms de « l’homme au pochoir », de « l’entité artistique légendaire » ou encore de « justicier graffeur », a finalement été dévoilée par des journalistes de <a href="https://www.reuters.com/investigates/special-report/global-art-banksy/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Reuters</a>. L’artiste de rue britannique, que la presse n’a pas fini de surnommer avec force de fantaisie, possède un pouvoir culturel certain et un rôle dans le débat public aujourd’hui.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Si ce sont des graffiteurs, c’est du vandalisme ; si c’est Banksy, c’est de l’art »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Il a effectivement été nommé parmi les 100 personnes les plus influentes par le Time Magazine en 2010. Derrière le pseudonyme de « Banksy » se cache Robin Gunningham, né à Bristol en 1973, et qui se fait appeler David Jones depuis quelques années. Cependant, cette révélation de l’identité de Banksy m’a interpellé sur la question du mérite d’une œuvre d’art. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi certaines œuvres de Banksy sont-elles protégées par un panneau en plexiglass, ou déplacées dans des musées pour empêcher leur dégradation, alors que les auteurs de graffitis risquent parallèlement de lourdes amendes? En restant anonyme, Banksy ne craignait pas les sanctions liées aux graffitis sauvages, s’attendant souvent à ce que ses œuvres soient effacées. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous pouvons alors comprendre la colère des graffiteurs populaires qui dégradent certaines œuvres de Banksy. « Le Phare », à Marseille, apparu le 30 mai, a été vandalisé par l’ajout de testicules en peinture violette dès la première nuit. À ses côtés, un « Moi aussi ils vont me protéger? » signé « Banski » était inscrit. Pourquoi, alors qu’il était autrefois considéré comme un contestataire, l’artiste bénéficierait-il aujourd’hui d’un traitement de faveur de la part des autorités? Si ce sont des graffiteurs, c’est du vandalisme ; si c’est Banksy, c’est de l’art. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, lui-même le dénonce, cité dans le LA Weekly en 2010 : « Je ne cherche pas tant à convaincre les gens du monde de l’art que ce que je fais est de “l’art”. Je tiens davantage à convaincre les membres de la communauté du graffiti que ce que je fais, c’est bel et bien du vandalisme (tdlr). » Il ne veut pas être perçu comme le favori parmi les graffiteurs populaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est d’autant plus paradoxal, c’est l’exposition de graffitis dans des galeries et leur vente aux enchères pour des sommes considérables. En déplaçant ces œuvres, pourtant associées à leur « mur », dans des musées ou des expositions, on en change le sens. En effet, les graffitis, <a href="https://street-art-galerie.com/blogs/blog-street-art/lhistoire-du-tag-et-son-evolution-artistique?srsltid=AfmBOopPztliKALr3H1VXUyzLFOjUhg0dCQg_bY4D7-U58EUFiWeGg72" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">apparus dans les années 1960</a> à Philadelphie aux États-Unis, étaient une forme d’expression des jeunes désocialisés de la classe ouvrière, qui ont commencé à écrire leurs noms ou surnoms sur les murs de la ville pour laisser une trace, marquer leur passage sur cette Terre. Aujourd’hui, le graffiti a évolué pour devenir une véritable forme d’expression artistique. Symbole de résistance et de contre-culture, il peut faire passer des messages politiques, et surtout permet à tous, même aux voix marginalisées, de s’exprimer librement. C’est un art populaire, accessible à tous, et la sacralisation qu’en fait l’élite artistique en s’en emparant vient perturber cette dynamique communautaire. Un art de rue ne devrait pas être transféré dans des institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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