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	<title>Juliette Cherifi - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 28 Oct 2026 21:05:34 +0000</lastBuildDate>
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	<item>
		<title>Affaire Ewert : qui savait quoi?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/10/28/affaire-ewert-qui-savait-quoi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Cherifi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
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		<category><![CDATA[affaire Ewert]]></category>
		<category><![CDATA[McGill Université]]></category>
		<category><![CDATA[meurtre]]></category>
		<category><![CDATA[réinsertion]]></category>
		<category><![CDATA[témoignage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l'Université McGill, l'accueil de Jeffrey Ewert laisse des questions sans réponse.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/10/28/affaire-ewert-qui-savait-quoi/" data-wpel-link="internal">Affaire Ewert : qui savait quoi?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Jeffrey Ewert est de retour en détention. Le Service correctionnel du Canada (SCC) a annoncé le 24 octobre la <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2295635/meurtrier-droit-mcgill-prison-ewert" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">suspension de sa semi-liberté</a>, dans l’attente d’un examen plus approfondi de sa situation. Sa présence à la Faculté de droit de McGill avait suscité des inquiétudes étudiantes et conduit l’Université à examiner ses propres pratiques. Si son retour en détention modifie la situation immédiate, les questions sur son accueil demeurent : quelles mesures concrètes avaient été prévues pour organiser sa présence sur le campus et comment l’Université McGill a‑t-elle répondu aux préoccupations de sa communauté? </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une présence qui suscite de nombreuses interrogations </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1984, Jeffrey Ewert a été reconnu <a href="https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/convicted-killer-mcgill-law-school-9.7382625" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">coupable </a>de meurtre au deuxième degré et de tentative de meurtre pour deux attaques commises contre une femme et une adolescente en Colombie-Britannique. Condamné à la prison à perpétuité, il avait obtenu depuis 2025 un régime de semi-liberté, prolongé de six mois en juin 2026. Il est important de noter que Ewert avait effectué une <a href="https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/convicted-killer-mcgill-law-school-9.7382625" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">demande de semi-liberté </a>en 2022, qui lui avait été refusée, son risque de récidive jugé trop élevé. Il a finalement obtenu ce statut après avoir contesté la décision, affirmant que les <a href="https://www.justice.gc.ca/fra/pr-rp/jr/gladue2/resume-summary.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">principes Gladue</a> – arrêt clé en droit autochtone – n’avaient pas été suffisamment pris en compte. La <a href="https://www.canada.ca/fr/commission-liberations-conditionnelles/services/liberation-conditionnelle/les-types-de-mise-en-liberte-sous-condition.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">semi-liberté</a>, accordée pour six mois au maximum et pouvant être renouvelée par périodes supplémentaires, permet de participer à des activités de réinsertion dans la collectivité tout en imposant de retourner chaque soir dans un établissement résidentiel communautaire ou un pénitencier. C’est dans ce cadre que Ewert a entrepris ses études à McGill, où il fréquentait les cours et les événements de la Faculté de droit depuis août. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les documents de libération conditionnelle, son <a href="https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/convicted-killer-mcgill-law-school-9.7382625" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">risque de récidive</a> se situait dans la catégorie modérée dans les conditions d’encadrement prévues. La Commission des libérations conditionnelles a toutefois exprimé des préoccupations concernant ses interactions avec les femmes et ses attitudes à leur égard. Ewert fait par ailleurs l’objet d’une <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/education/1018004/etudiants-mcgill-demandent-retour-meurtrier-condamne-bancs-ecole" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">exclusion temporaire du campus depuis le 6 octobre</a>. Dans une <a href="https://montrealgazette.com/news/mcgill-law-students-open-letter-murderer-jeffery-ewert/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lettre ouverte</a>, des étudiants en droit ont formulé des allégations de contacts physiques inappropriés avec des étudiantes et dénoncé certaines de ses interactions sur les réseaux sociaux. Son avocate, Nora Demnati, a <a href="https://www.ctvnews.ca/montreal/article/convicted-murderer-should-be-banned-from-mcgill-campus-for-rest-of-academic-year-students-say/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mis en garde</a> contre des conclusions fondées sur des informations partielles ou sorties de leur contexte. Les motifs précis de la décision de McGill n’ont pas été détaillés lors de son échange avec Le Délit. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La découverte de ses antécédents – des condamnations pour meurtre au deuxième degré et tentative de meurtre – a suscité des <a href="https://www.tvanouvelles.ca/2026/10/19/est-ce-que-vous-le-defendriez-sil-etait-blanc--la-controverse-eclate-autour-dun-meurtrier-admis-en-droit-a-mcgill" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">réactions divergentes</a> : la possibilité d’une réinsertion par l’éducation côtoie des inquiétudes concernant la sécurité des étudiants et le manque d’information à propos de ce sujet. L’affaire soulève ainsi une question qui dépasse la décision d’admission: comment l’Université prépare-t-elle, accompagne-t-elle et accepte-t-elle une telle situation? </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avant l’arrivée : un encadrement à préciser</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sollicitée par Le Délit, l’Office de la communication et des relations externes de McGill a décliné une entrevue et transmis une déclaration écrite. L’Université y indique que la vérification des antécédents judiciaires ne fait généralement pas partie des processus d’admission des universités canadiennes. Invoquant les lois québécoises sur la protection des renseignements personnels, elle refuse de commenter les circonstances individuelles du dossier. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« La possibilité d’une réinsertion par l’éducation côtoie des inquiétudes concernant la sécurité des étudiants et le manque d’informations à ce sujet. »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Sa réponse ne précise donc pas quels services connaissaient la situation d’Ewert avant son arrivée, ni si des dispositions particulières avaient été établies. <a href="https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/convicted-killer-mcgill-law-school-9.7382625" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Nora Demnati affirme</a> pourtant à CBC que McGill était consciente de ses antécédents et de son statut lors de sa candidature. L’absence de ces précisions ne démontre toutefois pas l’existence d’un encadrement prévu pour la situation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son communiqué écrit, McGill explique qu’elle collaborerait avec les organismes gouvernementaux concernés, notamment le SCC, si des renseignements préoccupants lui étaient signalés. Elle pourrait également utiliser les mécanismes prévus par ses politiques internes, dont son <a href="https://www.mcgill.ca/secretariat/files/secretariat/code_of_student_conduct_and_disciplinary_procedures_fr.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Code de conduite de la personne étudiante</a>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Université décrit ainsi les mesures qu’elle peut prendre, sans préciser comment elle s’était préparée à l’arrivée d’Ewert sur le campus. L’admission, les conditions de libération et l’accès aux espaces universitaires relèvent de décisions distinctes, dont la coordination reste à clarifier : qui était responsable du suivi et selon quels critères les mesures en place étaient elles évaluées? </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une réponse après le début de l’année </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un message adressé à la communauté mcgilloise le 16 octobre, Angela Campbell, provost et vice-rectrice principale aux études, indique que l’administration a reçu, seulement après la rentrée, des informations soulevant des inquiétudes pour la sécurité et le bien-être des étudiants. </p>



<p class="wp-block-paragraph">« Nous avons pris des mesures réfléchies et fermes », écrit-elle. Elle précise qu’Ewert n’est pas venu sur le campus depuis début octobre et que sa situation fait l’objet d’un examen, sans identifier les services responsables de ce dernier. McGill a également communiqué avec les corps gouvernementaux responsables de la surveillance des personnes en liberté conditionnelle, sans préciser lesquels, à quelle date, ni la teneur des échanges. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Angela Campbell reconnaît également que des membres de la communauté s’inquiètent et se demandent pourquoi ils n’ont pas été pleinement informés plus tôt. « Ces préoccupations sont légitimes, et nous les prenons très au sérieux », écrit-elle. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le manque d’information au cœur des préoccupations</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour une étudiante à la Faculté de droit qui a souhaité garder l’anonymat, l’information est d’abord venue d’une amie ayant lu des articles de presse. Elle côtoyait pourtant déjà Jeffrey Ewert dans un cours d’une quinzaine de personnes, s’asseyait à ses côtés et avait effectué des travaux d’équipe avec lui. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis que l’affaire a éclaté, l’étudiante explique s’être principalement renseignée par les médias et les échanges entre étudiants avant le message du 16 octobre. Elle aurait souhaité recevoir davantage de contexte pour décider de ses interactions en connaissance de cause lorsqu’il était encore présent sur le campus et pour comprendre la situation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Son témoignage met en lumière une attente envers le cadre universitaire : elle ne s’attendait pas à devoir envisager des précautions particulières avec une personne de sa classe. Bien que cette expérience individuelle ne permette pas de mesurer l’opinion de toute la faculté, elle illustre cependant la manière dont le manque d’information peut peser sur des relations quotidiennes jusque-là ordinaires. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les positions divergent parmi ses camarades. Selon l’étudiante, certains jugent injuste de priver Ewert d’une possibilité de réintégration dans la société, tandis que d’autres s’inquiètent de sa proximité quotidienne avec des jeunes femmes. Ces préoccupations ne constituent pas nécessairement un rejet de la réinsertion : elles portent aussi sur son encadrement dans un milieu universitaire. L’étudiante reste elle-même partagée. À ses inquiétudes s’ajoute un malaise face au changement d’attitude envers Ewert, auparavant perçu comme un camarade agréable. Cette mise à l’écart l’amène notamment à s’interroger sur les conséquences d’une aliénation plus générale tout au long de son parcours de réinsertion. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Confidentialité et transparence </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La demande de transparence couvre en réalité deux questions. La première concerne l’accès aux renseignements individuels, tandis que la seconde concerne les règles du jeu qui, dans l’administration, est chargé de faire le lien avec les organismes de surveillance? Comment un signalement circule-t-il entre les services? À partir de quel moment la communauté doit-elle être avertie? </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Université fait valoir que la confidentialité protège à la fois l’étudiant concerné et les personnes qui ont exprimé des inquiétudes. De leur côté, des membres de la communauté, dont l’étudiante interrogée par Le Délit, disent avoir souhaité davantage de contexte pour avoir la possibilité de décider de leurs interactions tout en étant conscients de la situation. Les deux positions ne s’excluent pas mutuellement, mais l’information disponible publiquement ne permet pas de dire où l’Université se positionne aujourd’hui entre les deux. Le retour d’Ewert en détention ne tranche pas cette question. Le SCC poursuit l’examen de sa situation, tandis que celui mené par l’Université n’a pas de calendrier ni de forme connus. </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Une rentrée sauvée, et après?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/10/07/une-rentree-sauvee-et-apres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Cherifi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Oct 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[collège LaSalle]]></category>
		<category><![CDATA[difficultés financières]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[subventions]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61203</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Collège LaSalle lutte pour sortir de l’impasse financière.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Pour commencer leur session, les étudiants du Collège LaSalle, un <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/education/2026-09-03/malgre-ses-dettes-envers-le-gouvernement/le-college-lasalle-pourra-rouvrir-des-ce-vendredi.php" data-type="link" data-id="https://www.lapresse.ca/actualites/education/2026-09-03/malgre-ses-dettes-envers-le-gouvernement/le-college-lasalle-pourra-rouvrir-des-ce-vendredi.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">établissement collégial privé subventionné</a> situé dans le&nbsp;centre-ville de Montréal, ont dû attendre une décision de justice. Le&nbsp;gouvernement québécois avait <a href="https://www.tvanouvelles.ca/2026/09/03/le-college-lasalle-pourra-rouvrir-des-demain-malgre-ses-dettes" data-type="link" data-id="https://www.tvanouvelles.ca/2026/09/03/le-college-lasalle-pourra-rouvrir-des-demain-malgre-ses-dettes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">suspendu ses subventions depuis juin</a>&nbsp;en raison des sommes qu’il lui réclame, compromettant la rentrée&nbsp;prévue le 27 août. Les cours ont&nbsp;finalement commencé le 4 septembre, après que le tribunal a ordonné la reprise des versements.&nbsp;Mais derrière ce retour à la normale, une question demeure : cette reprise marque-t-elle la fin de la crise ou un simple sursis?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://endroit.ca/wp-content/uploads/2026/09/2026-09-03-Odonnance-initiale-amendee-et-reformulee-500-11-067703-260.pdf" data-type="link" data-id="https://endroit.ca/wp-content/uploads/2026/09/2026-09-03-Odonnance-initiale-amendee-et-reformulee-500-11-067703-260.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Le 3 septembre</a>, le juge de la Cour supérieure Martin Castonguay a ordonné au gouvernement du Québec de verser les subventions prévues pour 2026–2027. Le ministère ne pouvait donc pas retenir une partie de cet argent pour récupérer les&nbsp;sommes qu’il réclame à l’établissement. Cette décision a permis&nbsp;aux <a href="https://collegelasalle.lcieducation.com/fr/nouvelles-et-evenements/nouvelles/penalite" data-type="link" data-id="https://collegelasalle.lcieducation.com/fr/nouvelles-et-evenements/nouvelles/penalite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">3 000 étudiant·e·s de commencer leurs cours dès le lendemain</a>.&nbsp;Elle n’a toutefois pas effacé les dettes du collège ni réglé ses difficultés financières.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une dette au cœur du conflit </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la facture reste lourde : au 23 septembre, le gouvernement réclamait encore <a href="https://www.tvanouvelles.ca/2026/09/23/difficultes-financieres-du-college-lasalle-le-gouvernement-inquiet-dou-vont-ses-subventions" data-type="link" data-id="https://www.tvanouvelles.ca/2026/09/23/difficultes-financieres-du-college-lasalle-le-gouvernement-inquiet-dou-vont-ses-subventions" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">47,2 millions de dollars</a>. Près de 30 millions correspondent à des pénalités pour avoir dépassé les&nbsp;plafonds d’inscription dans des formations en anglais. Les quelques 17&nbsp;millions restants concernent des subventions versées en trop, le nombre réel d’étudiants inscrits étant ces dernières années plus bas que le nombre ayant servi à calculer les subventions en début d’année. Le collège <a href="https://collegelasalle.lcieducation.com/fr/nouvelles-et-evenements/nouvelles/penalite" data-type="link" data-id="https://collegelasalle.lcieducation.com/fr/nouvelles-et-evenements/nouvelles/penalite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">conteste</a> les pénalités, qu’il juge disproportionnées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fin août, l’établissement a obtenu la <a href="https://www.insolvencies.deloitte.ca/en-ca/Documents/Coll%C3%A8ge%20Lasalle/Coll%C3%A8ge%20LaSalle%20-%20Troisi%C3%A8me%20rapport%20du%20Contr%C3%B4leur%2022-09-2026.pdf" data-type="link" data-id="https://www.insolvencies.deloitte.ca/en-ca/Documents/Coll%C3%A8ge%20Lasalle/Coll%C3%A8ge%20LaSalle%20-%20Troisi%C3%A8me%20rapport%20du%20Contr%C3%B4leur%2022-09-2026.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">protection du tribunal</a> en vertu de la <a href="https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/Lois/C-36/index.html" data-type="link" data-id="https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/Lois/C-36/index.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies</a>. Cette procédure suspend temporairement les recours des créanciers. Elle donne à l’établissement le temps de&nbsp;négocier avec eux et de réorganiser ses finances sous la supervision du&nbsp;tribunal. Il s’agit donc d’une démarche visant à éviter que ses difficultés financières l’obligent à cesser ses activités.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, la <a href="https://collegelasalle.lcieducation.com/fr/nous-joindre/faq" data-type="link" data-id="https://collegelasalle.lcieducation.com/fr/nous-joindre/faq" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">foire aux questions</a> publiée par le collège traduit&nbsp;des préoccupations étudiantes très concrètes : quand les cours commenceront-ils? Que deviennent les frais déjà payés? Un stage ou une diplomation pourraient-ils être&nbsp;retardés? Par ailleurs, le 3 septembre, des étudiants ont manifesté devant le palais de justice&nbsp;de Montréal pour réclamer le début des cours. « On veut juste rentrer à l’école, donc laissez-nous faire », plaidait Camille Dorivilier-Schell, étudiante au collège,&nbsp;au micro de <a href="https://www.tvanouvelles.ca/2026/09/03/le-college-lasalle-pourra-rouvrir-des-demain-malgre-ses-dettes" data-type="link" data-id="https://www.tvanouvelles.ca/2026/09/03/le-college-lasalle-pourra-rouvrir-des-demain-malgre-ses-dettes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">TVA Nouvelles</a>. Difficile de se concentrer sur ses études quand son collège lutte pour rester ouvert.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cours repris, avenir incertain&nbsp; </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère de l’Enseignement supérieur s’interroge aussi&nbsp;sur l’utilisation des subventions. Selon une <a href="https://www.tvanouvelles.ca/2026/09/23/difficultes-financieres-du-college-lasalle-le-gouvernement-inquiet-dou-vont-ses-subventions" data-type="link" data-id="https://www.tvanouvelles.ca/2026/09/23/difficultes-financieres-du-college-lasalle-le-gouvernement-inquiet-dou-vont-ses-subventions" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déclaration rapportée par TVA Nouvelles</a>, les échanges d’argent entre le collège et les autres entités du même groupe rendent difficile la vérification de leur usage. Le directeur général&nbsp;du collège, Claude Marchand, affirme de son côté que les fonds&nbsp;publics n’ont pas été utilisés de façon inappropriée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le financement qui a permis la rentrée reste également un <a href="https://www.insolvencies.deloitte.ca/en-ca/Documents/Coll%C3%A8ge%20Lasalle/Coll%C3%A8ge%20LaSalle%20-%20Troisi%C3%A8me%20rapport%20du%20Contr%C3%B4leur%2022-09-2026.pdf" data-type="link" data-id="https://www.insolvencies.deloitte.ca/en-ca/Documents/Coll%C3%A8ge%20Lasalle/Coll%C3%A8ge%20LaSalle%20-%20Troisi%C3%A8me%20rapport%20du%20Contr%C3%B4leur%2022-09-2026.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">point de&nbsp;désaccord.</a> Deloitte, le cabinet d’audit chargé par le tribunal de surveiller la restructuration financière&nbsp;du collège, indiquait dans son rapport du 22 septembre que le gouvernement québécois envisageait de contester la décision lui&nbsp;imposant de verser les subventions. Selon Deloitte, si ces versements étaient remis en cause, le collège pourrait ne pas maintenir ses activités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les étudiants ont donc retrouvé leurs salles de classe, sans que les problèmes financiers aient disparu. La reprise répond à l’urgence de septembre; la restructuration doit encore apporter une solution durable.&nbsp;Derrière les millions réclamés et les démarches judiciaires, pour les 3000 étudiant·e·s, l’enjeu reste simple : pouvoir poursuivre leurs études sans que l’avenir de leur&nbsp;établissement devienne une inquiétude de plus.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Moitié moins cher, mais pour qui?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/moitie-moins-cher-mais-pour-qui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Cherifi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Promesses politiques]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61118</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les promesses électorales des partis politiques québécois pour les étudiants.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">À McGill, deux étudiants inscrits aux mêmes cours ne paient pas nécessairement le même prix. Pour l’année 2026–2027, le tarif de base affiché par l’Université est de <a href="https://www.mcgill.ca/student-accounts/tuition-fees/general-tuition-and-fees-information/tuition-fees-2026-27" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">103,92 $</a> par crédit pour une personne reconnue comme résidente du Québec. Pour une personne canadienne venue d’une autre province, il atteint <a href="https://www.mcgill.ca/student-accounts/tuition-fees/general-tuition-and-fees-information/tuition-fees-2026-27" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">432,85 $</a> par crédit. Cet écart s’explique par un <a href="https://www.concordia.ca/students/financial/tuition-fees/rates/frais-scolarite-2024.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">supplément imposé </a>par le gouvernement de la CAQ aux étudiants canadiens hors Québec depuis l’automne 2024. Bien que la Cour supérieure ait jugé la hausse <a href="https://www.concordia.ca/ucactualites/central/nouvelles/2025/04/24/la-cour-superieure-du-quebec-donne-raison-a-luniversite-concordia-sur-la-question-des-droits-de-scolarite-et-de-la-francisation.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déraisonnable</a> en 2025, elle <a href="https://www.concordia.ca/cunews/main/stories/2026/02/16/board-of-governors-and-senate-highlights-february-2026.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">demeure appliquée</a>. Une session de 15 crédits représente ainsi environ 1 558,80 $ de frais de scolarité de base dans le premier cas, contre 6 492,75 $ dans le second, avant les autres frais.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Il serait donc trompeur de conclure que tous les </p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">étudiants de McGill verraient leur facture coupée en deux»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sur ce campus aux factures inégales que résonne la promesse faite le 22 septembre par Québec Solidaire (QS). Le parti s’engage à <a href="https://quebecsolidaire.net/nouvelle/elections-2026-quebec-solidaire-reduira-les-frais-de-scolarite-de-moitie-au-cegep-et-a-luniversite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">réduire de moitié les frais de scolarité universitaires</a> durant un premier mandat. Il promet la même <a href="https://quebecsolidaire.net/nouvelle/elections-2026-quebec-solidaire-reduira-les-frais-de-scolarite-de-moitie-au-cegep-et-a-luniversite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">réduction</a> pour les frais d’inscription au cégep et dit viser, à plus long terme, la gratuité scolaire. À cinq jours du scrutin provincial, l’annonce attire l’attention sur le coût des études. Elle laisse aussi une question centrale pour McGill : la moitié de quels frais, et pour qui?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une promesse dont la portée reste à préciser</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://quebecsolidaire.net/calculatrice" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">calculatrice électorale de QS</a> apporte une première réponse : elle décrit une réduction de 50 % des frais universitaires pour « les étudiantes et les étudiants québécois ». Elle ne précise pas, dans cette explication, ce qu’il adviendrait du montant supplémentaire facturé aux Canadiens hors Québec, ni des tarifs payés par les étudiants internationaux. Il serait donc trompeur de conclure que tous les étudiants de McGill verraient leur facture coupée en deux. Il reste également à savoir à quel rythme la baisse serait appliquée au cours du mandat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La distinction compte particulièrement à McGill. Si seul le tarif québécois de base était réduit, une personne venue d’une autre province pourrait profiter d’une baisse sur cette portion de sa facture tout en continuant de payer le montant supplémentaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Pour McGill, les choix électoraux pourraient toucher autant le recrutement et les revenus de l’université que les factures individuelles»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, QS n’a pas détaillé cette application dans la documentation publiée par le parti : ce calcul demeure une hypothèse, et non une économie qu’on peut promettre aux étudiants. Pour ceux qui viennent de l’étranger, les règles de tarification et les exemptions possibles ajoutent d’autres distinctions à éclaircir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une réduction des frais de scolarité ne réglerait pas non plus toutes les dépenses liées aux études. Le logement, l’épicerie et le transport continueraient de peser sur le budget étudiant. C’est sur ces besoins, ainsi que sur le revenu perdu pendant certains stages, que d’autres propositions électorales cherchent à agir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>D’autres réponses au coût des études</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres formations proposent d’aider les étudiants sans annoncer une réduction générale des frais de scolarité. Le Parti libéral du Québec (PLQ) promet de <a href="https://plq.org/communique/entrepreneuriat-remuneration-des-stages-et-aide-financiere-aux-etudes-charles-milliard-prend-des-engagements-envers-la-jeunesse-quebecoise/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rémunérer certains stages</a> actuellement non payés dans le réseau public. Il souhaite aussi revoir l’aide financière aux études, notamment la façon dont celle-ci tient compte du coût du logement et de la contribution parentale. Ces engagements visent des difficultés bien réelles, mais le parti n’a pas chiffré, dans son annonce d’août, la bonification que pourrait recevoir un étudiant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Parti québécois (PQ) cible lui aussi les stages. Il promet <a href="https://pq.org/nouvelles/un-gouvernement-du-parti-quebecois-remunerera-des-stages-pratiques-de-formation/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">de rémunérer</a> au salaire minimum des stages obligatoires de fin d’études, dans des domaines comme les soins infirmiers, le travail social et l’enseignement, lorsqu’ils sont effectués dans des institutions publiques. Le parti s’engage en outre à ajouter 10 millions $ par année au soutien en santé mentale dans les cégeps et les universités. QS, de son côté, propose la rémunération des stages obligatoires au cégep et à l’université. Derrière une promesse commune de stages rémunérés se trouvent donc des groupes d’étudiants potentiellement différents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Coalition avenir Québec (CAQ) mise plutôt, dans l’un de ses engagements de campagne touchant les études postsecondaires, sur l’épargne à long terme. Elle promet de <a href="https://coalitionavenirquebec.org/fr/blog/2026/09/01/lequipe-christine-frechette-investira-davantage-dans-lavenir-de-nos-enfants/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déposer 1 000 $ dans le régime enregistré d’épargne études</a> des enfants nés au Québec à compter de l’automne 2027, sous réserve qu’un compte soit ouvert dans les trois années suivant leur naissance. La mesure pourrait aider de futurs étudiants, mais ne réduirait pas la facture des personnes actuellement inscrites à l’Université McGill.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et les étudiants internationaux?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat sur les frais mène aussi à une autre question : celle du financement des universités anglophones. Dans un <a href="https://pq.org/nouvelles/le-parti-quebecois-presente-son-plan-pour-un-modele-viable-en-immigration/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plan sur l’immigration</a>, publié en 2024 et toujours en vigueur, le PQ propose de revoir la façon dont les frais payés par les étudiants internationaux sont perçus et répartis entre les universités. Il avançait également une cible d’environ 50 000 étudiants internationaux au Québec, en liant cette proposition à l’équité entre établissements francophones et anglophones. Ces positions montrent que, pour McGill, les choix électoraux pourraient toucher autant le recrutement et les revenus de l’université que les factures individuelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les partis proposent donc des aides de nature différente : payer moins cher ses cours, recevoir un salaire durant un stage, obtenir davantage d’aide financière ou préparer les études d’un enfant. Pour juger de leur effet à McGill, il manque encore des réponses précises sur les étudiants canadiens hors Québec et internationaux, ainsi que sur le financement des universités anglophones. Une promesse peut être attrayante à l’échelle du Québec sans avoir la même portée pour toutes les personnes assises dans une salle de cours du campus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/moitie-moins-cher-mais-pour-qui/" data-wpel-link="internal">Moitié moins cher, mais pour qui?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Faire compter sa voix</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/faire-compter-sa-voix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Cherifi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[accessibilité]]></category>
		<category><![CDATA[Barrière Linguistique]]></category>
		<category><![CDATA[Indigenous Awareness Week]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Participation Electorale]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61044</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entre sensibilisation et élections, quelle place pour les voix autochtones?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Du 18 au 30 septembre, l’Université McGill accueille la 15e édition de ses <a href="https://www.mcgill.ca/indigenous/news-events/indigenous-awareness-weeks-2026" data-type="link" data-id="https://www.mcgill.ca/indigenous/news-events/indigenous-awareness-weeks-2026" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Semaines de sensibilisation aux cultures autochtones</a> (<em>Indigenous Awareness Weeks</em>), qui mettent à l’honneur les <a href="https://www.mcgill.ca/indigenous/news-events/indigenous-awareness-weeks-2026" data-type="link" data-id="https://www.mcgill.ca/indigenous/news-events/indigenous-awareness-weeks-2026" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">voix et les savoirs autochtones</a> à travers conférences, projections et ateliers. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette initiative fait écho à un autre enjeu d’actualité : à l’approche des élections provinciales du 5 octobre, la participation électorale autochtone demeure particulièrement faible dans plusieurs des communautés. Élections Québec déploie cette année de nouvelles mesures pour réduire les obstacles au vote, notamment dans ces secteurs éloignés. À différentes échelles, ces initiatives interrogent la place accordée aux voix autochtones au sein des institutions. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des voix au premier plan </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En quinze ans, les<em> Indigenous Awareness Weeks</em> (IAW) sont devenues un espace de « dialogue, de rapprochement et de célébration » où peuvent également être abordées des conversations difficiles, explique <a href="https://reporter.mcgill.ca/phyllis-webstad-fondatrice-de-la-journee-du-chandail-orange-prononcera-le-discours-principal-des-semaines-de-sensibilisation-aux-cultures-autochtones/" data-type="link" data-id="https://reporter.mcgill.ca/phyllis-webstad-fondatrice-de-la-journee-du-chandail-orange-prononcera-le-discours-principal-des-semaines-de-sensibilisation-aux-cultures-autochtones/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Brittanny Janvier</a>, directrice du <a href="https://www.mcgill.ca/indigenous/" data-type="link" data-id="https://www.mcgill.ca/indigenous/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Bureau des initiatives autochtones de McGill</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La<a href="https://www.mcgill.ca/indigenous/channels/event/indigenous-awareness-weeks-2026-374136" data-type="link" data-id="https://www.mcgill.ca/indigenous/channels/event/indigenous-awareness-weeks-2026-374136" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> programmation</a> de cette année témoigne de cette ambition. Parmi les invitées figurent notamment <a href="https://reporter.mcgill.ca/phyllis-webstad-fondatrice-de-la-journee-du-chandail-orange-prononcera-le-discours-principal-des-semaines-de-sensibilisation-aux-cultures-autochtones/" data-type="link" data-id="https://reporter.mcgill.ca/phyllis-webstad-fondatrice-de-la-journee-du-chandail-orange-prononcera-le-discours-principal-des-semaines-de-sensibilisation-aux-cultures-autochtones/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Phyllis Webstad</a>, survivante des pensionnats et fondatrice de la Journée du chandail orange, ainsi que l’aînée crie <a href="https://reporter.mcgill.ca/phyllis-webstad-fondatrice-de-la-journee-du-chandail-orange-prononcera-le-discours-principal-des-semaines-de-sensibilisation-aux-cultures-autochtones/" data-type="link" data-id="https://reporter.mcgill.ca/phyllis-webstad-fondatrice-de-la-journee-du-chandail-orange-prononcera-le-discours-principal-des-semaines-de-sensibilisation-aux-cultures-autochtones/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Betty Ross</a>. À travers ces rencontres, les <em>Indigenous Awareness Weeks </em>abordent des enjeux tels que les pensionnats, la réconciliation, la Rafle des années 1960 et les femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées. Les IAW s’achèveront le 30 septembre, Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. La professeure nēhiyaw Jarita Greyeyes y présentera notamment ses recherches sur le <a href="https://www.mcgill.ca/indigenous/channels/event/national-day-truth-and-reconciliation-presentation-how-indigenous-academic-leaders-think-academy-can-374159" data-type="link" data-id="https://www.mcgill.ca/indigenous/channels/event/national-day-truth-and-reconciliation-presentation-how-indigenous-academic-leaders-think-academy-can-374159" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">leadership autochtone et la transformation des institutions universitaires</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais tandis que McGill cherche à créer des espaces où les voix autochtones peuvent être entendues, la question de leur participation aux institutions politiques québécoises demeure complexe. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une participation électorale très inégale </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’existe pas un <a href="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6a01f9c8725f0/DGE-6414.pdf" data-type="link" data-id="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6a01f9c8725f0/DGE-6414.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">taux de participation autochtone</a> unique. Élections Québec souligne qu’il varie considérablement d’une communauté à l’autre : certaines enregistrent des taux supérieurs à 50 %, tandis que d’autres votent très peu, voire pas du tout. En 2022 tout de même, la moyenne dans les communautés autochtones s’élevait à <a href="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6a01f9c8725f0/DGE-6414.pdf" data-type="link" data-id="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6a01f9c8725f0/DGE-6414.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">14,66 % contre 66,15 % dans l’ensemble du Québec.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces écarts sont particulièrement visibles dans le <a href="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6a01f9c8725f0/DGE-6414.pdf" data-type="link" data-id="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6a01f9c8725f0/DGE-6414.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Nord du Québec</a>, où l’éloignement et l’isolement de certaines communautés compliquent aussi matériellement l’accès au vote. Ils ne peuvent toutefois pas être réduits à un simple « désintérêt » pour les élections : le sentiment d’exclusion du système politique, le manque de représentation ou l’impression que le vote aura peu d’effet peuvent également éloigner certains électeurs des urnes. Élections Québec pointe par ailleurs plusieurs <a href="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6978ebe0eb44f/Communautes-autochtones_Feuille-de-route_VF.pdf" data-type="link" data-id="https://docs.electionsquebec.qc.ca/PRO/6978ebe0eb44f/Communautes-autochtones_Feuille-de-route_VF.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">difficultés concrètes</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, depuis les dernières élections provinciales, l’institution dit avoir <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-type="link" data-id="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rencontré une trentaine de communautés</a> inuites, cries et atikamekw afin de mieux comprendre leurs réalités. Plusieurs obstacles ont été identifiés : inscription sur la liste électorale, accès aux pièces d’identité requises, réception de l’information électorale et barrières linguistiques. L’institution souhaite également développer des relations plus durables avec les communautés, recruter localement du personnel électoral et sensibiliser davantage les jeunes au processus électoral. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand le scrutin se déplace </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le scrutin de 2026, ces réflexions se traduisent par plusieurs <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-type="link" data-id="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mesures concrètes</a>. Entre le 25 septembre et le 1<sup>er</sup> octobre, des équipes d’Élections Québec se rendront directement dans certains <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/voter/autres-options-pour-voter/vous-etes-dans-un-secteur-eloigne-ou-isole/" data-type="link" data-id="https://www.electionsquebec.qc.ca/voter/autres-options-pour-voter/vous-etes-dans-un-secteur-eloigne-ou-isole/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">secteurs éloignés ou isolés</a>. Les électeurs pourront y mettre à jour leur adresse ou s’inscrire sur la liste électorale, puis voter lors du même déplacement. Les équipes retourneront également sur place le 5 octobre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ampleur du défi logistique est particulièrement frappante dans Ungava : des équipes devront se déplacer en <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-type="link" data-id="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">avion dans une vingtaine de communautés autochtones éloignées</a>. Des <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-type="link" data-id="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mesures particulières</a> sont également prévues dans plusieurs autres circonscriptions, dont Duplessis, Abitibi-Est et Pontiac.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Rendre les urnes accessibles suffit-il à susciter la participation? »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Élections Québec cherche aussi à réduire les barrières linguistiques. Son <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/notre-institution/communautes-autochtones/" data-type="link" data-id="https://www.electionsquebec.qc.ca/notre-institution/communautes-autochtones/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">guide électoral</a> est disponible dans plusieurs langues et dialectes autochtones, dont l’atikamekw, l’algonquin, le cri, l’innu ouest-central, l’inuktitut, le micmac, le mohawk et le naskapi. Dans les communautés inuites, cries et naskapies, un document supplémentaire dans la langue locale sera distribué directement dans les cases postales. Des messages seront également diffusés sur des radios locales et sur le Web. L’institution prévoit même des solutions lorsque l’<a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-type="link" data-id="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2026-mesures-speciales-dans-certains-secteurs-eloignes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">identification</a> pose problème : une personne ne disposant d’aucune des pièces d’identité normalement acceptées peut, sous certaines conditions, faire confirmer son identité par un proche ou présenter deux autres documents et prêter serment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mesures répondent cependant principalement aux obstacles pratiques à l’exercice du vote. Elles laissent ouverte une question plus difficile : rendre les urnes accessibles suffit-il à susciter la participation? </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une voix qui ne se résume pas au vote </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les onze nations autochtones présentes au Québec ont des <a href="https://fnp-ppn.aadnc-aandc.gc.ca/fnp/Main/index.aspx?lang=fra" data-type="link" data-id="https://fnp-ppn.aadnc-aandc.gc.ca/fnp/Main/index.aspx?lang=fra" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">histoires, des structures politiques et des rapports</a> aux gouvernements provincial et fédéral distincts. Réduire l’abstention à un problème d’accessibilité risquerait donc d’ignorer une partie de cette complexité. Élections Québec reconnaît elle-même la nécessité de poursuivre ses <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/notre-institution/recherches-projets-et-sondages/" data-type="link" data-id="https://www.electionsquebec.qc.ca/notre-institution/recherches-projets-et-sondages/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">recherches</a> sur la participation autochtone et affirme vouloir construire des relations de confiance avec les communautés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici que le parallèle avec les IAW prend son sens. Les deux initiatives ne poursuivent pas le même objectif : l’Université McGill ne cherche pas à accroître la participation électorale, pas plus qu’Élections Québec ne mène un programme de sensibilisation culturelle. Mais toutes deux se confrontent, à leur manière, à la question de la place accordée aux voix autochtones. Au sein de l’établissement, cela passe par le partage des savoirs, des expériences vécues et par une réflexion sur la transformation de l’institution elle-même. Élections Québec, de son côté, tente d’adapter certaines de ses pratiques aux réalités des communautés qu’elle dessert. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 5 octobre permettra d’observer si ces nouvelles mesures réduisent certains obstacles à l’exercice du vote. Mais la participation politique autochtone ne saurait se mesurer uniquement au nombre de bulletins déposés dans les urnes. Les événements organisés à l’Université McGill en témoignent : avant de chercher à faire entendre davantage les voix autochtones, encore faut-il créer les conditions permettant de les écouter.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/faire-compter-sa-voix/" data-wpel-link="internal">Faire compter sa voix</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Antisémitisme : McGill, mauvaise élève?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/antisemitisme-mcgill-mauvaise-eleve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Cherifi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[antisémitisme]]></category>
		<category><![CDATA[climat étudiant]]></category>
		<category><![CDATA[communauté juive]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60873</guid>

					<description><![CDATA[<p>B'nai Brith évalue le climat vécu par les étudiants juifs sur le campus.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 4 septembre dernier, B’nai Brith Canada publiait <a href="https://bnaibrith.ca/les-bulletins-de-bnai-brith-evaluent-lantisemitisme-sur-les-campus-canadiens/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">son Bulletin Canadien sur l’expérience étudiante juive</a>. Ce projet pilote évalue le climat vécu par les étudiants juifs de quatre universités canadiennes : l’Université McGill, l’Université York, l’Université Queen’s et l’Université de Toronto. Organisation de défense des droits de la personne et de lutte contre l’anitsémitisme, B’nai Brith prend publiquement position en <a href="https://bnaibrith.ca/policy_positions/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">faveur d’Israël</a> et considère <a href="https://leagueforhumanrights.ca/demonization-of-zionism/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">certaines manifestations d’antisionisme comme relevant de l’antisémitisme</a>. Ce positionnement politique est à prendre en compte dans la lecture d’un bulletin qui évalue notamment la présence d’activités et de groupes antisionistes sur les campus. Selon l’organisation, les étudiants juifs de ces quatre établissements ont signalé à plusieurs reprises un <a href="https://www.jpost.com/diaspora/antisemitism/article-907729" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">environnement particulièrement tendu et difficile</a>. À l’issue de cette évaluation, l’Université McGill et l’Université York obtiennent la note globale de <em>F</em>, tandis que l’Université Queen’s et l’Université de Toronto obtiennent un <em>D</em>. Sur le papier, le verdict est sans équivoque. La réalité derrière cette lettre l’est beaucoup moins : que mesure réellement ce <em>F</em>, et dans quelle mesure reflète-t-il le climat actuel à l’Université McGill?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Publié dans un contexte <a href="https://www.canada.ca/en/canadian-heritage/services/canada-holocaust/antisemitism/campus-antisemitism-student-experiences.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">de fortes tensions autour du conflit israélo-palestinien sur les campus universitaires</a>, son bulletin cherche à mesurer à la fois l’expérience des étudiants juifs et la réponse des établissements face à l’antisémitisme. « L<em>’objectif n’est pas simplement d’attribuer des notes. Nous voulons donner aux étudiants, aux parents et à la communauté une meilleure compréhension de la réalité sur les campus » (tdlr),</em> <a href="https://bnaibrith.ca/les-bulletins-de-bnai-brith-evaluent-lantisemitisme-sur-les-campus-canadiens/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déclare</a> Simon Wolle, le directeur général de B’nai Brith Canada.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Encore faut-il définir ce que recouvre ici le terme d’antisémitisme. Au <a href="https://www.canada.ca/fr/patrimoine-canadien/services/canada-holocauste/antisemitisme/guide-definition-antisemitisme.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Canada</a>, la définition de travail de l’Alliance Internationale pour la mémoire de l’holocauste (IHRA), adoptée par le gouvernement fédéral en 2019, définit l’antisémitisme comme une « certaine perception des Juifs » pouvant notamment s’exprimer par la haine à leur égard. Bn’ai Birth <a href="https://bnaibrith.ca/all_levels_of_government_must_adopt_ihra_definition_of_antisemitism/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">s’appuie également sur cette définition</a>, selon laquelle certaines manifestations visant Israël peuvent, selon leur contexte, être antisémites. L’organisation considère ainsi que certaines formes d’antisionisme peuvent relever de l’antisémitisme, une conception qui se retrouve dans les critères de son bulletin.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La lettre F donne l’apparence d’un verdict simple. La méthode utilisée mérite d’être nuancée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Anatomie d’un F</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’évaluation repose sur <a href="https://bnaibrith.ca/les-bulletins-de-bnai-brith-evaluent-lantisemitisme-sur-les-campus-canadiens/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">28 critères, répartis en trois catégories</a> : les politiques et actions administratives, la conduite et le milieu de vie sur le campus, ainsi que l’expérience des étudiants juifs. Parmi eux, <a href="https://bnaibrith.ca/campusreportcard/mcgill-university/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">22 s’appuient sur les réponses des étudiants participants, tandis que six sont évalués à partir d’informations accessibles au public</a>. L’organisme reconnaît que <a href="https://bnaibrith.ca/campusreportcard/mcgill-university/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’échantillon étudiant est de petite taille</a> et que les résultats ne doivent pas être considérés comme statistiquement représentatifs de l’ensemble de la communauté universitaire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le bulletin permet donc de documenter les préoccupations des étudiants qui y ont participé, mais ne suffit pas, à lui seul, à dresser un portrait exhaustif de l’expérience de tous les étudiants juifs de l’Université McGill. Outre la taille de l’échantillon pas généralisable, il y a aussi un fort biais de sélection : le taux de participation des étudiants en désaccord avec les politiques de B’nai Brith serait moins élevé.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« La lettre F donne l’apparence d’un verdict simple. La méthode utilisée mérite d’être nuancée »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans la catégorie portant sur la conduite et le climat du campus que l’Université McGill affiche les plus faibles résultats. B’nai Brith y évalue les <a href="https://bnaibrith.ca/campusreportcard/mcgill-university/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">incidents qualifiés d’antisémites ou d’antisionistes</a>, relevant notamment les perturbations, les blocages de salles de classe et les actes de vandalisme survenus lors de mobilisations étudiantes. Le bulletin se montre également critique à l’égard de certaines <a href="https://bnaibrith.ca/campusreportcard/mcgill-university/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">réponses institutionnelles de l’Université</a>. Cette dernière ne disposerait pas d’un processus suffisamment clair et accessible pour signaler les incidents jugés d’antisémites, ni de programmes adéquats favorisant le dialogue autour de la situation en Israël et en Palestine. Il est également reproché à l’Université McGill l’absence d’une évaluation du climat vécu par la communauté juive depuis le 7 octobre 2023 et de formation obligatoire sur l’antisémitisme pour les étudiants, les professeurs et le personnel. Le portrait n’est toutefois pas uniformément négatif. B’nai Brith souligne <a href="https://bnaibrith.ca/campusreportcard/mcgill-university/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’importance de la vie juive à l’Université McGill</a>. L’établissement compte notamment plusieurs organisations étudiantes, des services religieux et un Département d’études juives.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’organisme, l’Université McGill présente un paradoxe : l’Université dispose d’une vie juive institutionnelle et académique importante, tandis que les étudiants ayant participé à son enquête décrivent un climat qu’ils jugent particulièrement difficile.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste alors une question que le F ne peut résoudre à lui seul : dans quelle mesure cette évaluation correspond-elle à l’expérience quotidienne des étudiants de McGill?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un F, plusieurs réalités</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un étudiant juif de l’Université McGill, qui a souhaité conserver l’anonymat, estime que la note attribuée par B’nai Brith ne correspond pas à son expérience : « <em>Pour ma part, cela ne reflète pas mon expérience à l’Université McGill, même si je ne souhaite pas nier le vécu des autres étudiants juifs ayant été confrontés à l’antisémitisme</em> ». Il souligne par ailleurs que son témoignage ne représente qu’une perspective parmi celles de la communauté juive de l’Université McGill.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son témoignage reste néanmoins nuancé. S’il affirme n’avoir été ni témoin ni victime d’actes antisémites majeurs sur le campus, il explique ne pas se sentir entièrement à l’aise d’afficher ouvertement son héritage. « <em>À McGill, je n’aurais pas peur d’afficher mon identité juive, mais je ne me sentirais pas non plus tout à fait à l’aise pour autant </em>», confie-t-il. Selon lui, cette identité peut conduire à des suppositions sur ses convictions politiques.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Le rapport s’est penché sur les tensions entourant la liberté d’expression,</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"> les manifestations et le sentiment de sécurité à l’Université McGill »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Il insiste notamment sur la nécessité de distinguer antisémitisme et antisionisme. Cette distinction lui paraît importante lorsqu’il est question de son identité sur le campus. Tout en reconnaissant que la critique d’Israël peut devenir antisémite lorsqu’elle reprend certains stéréotypes ou théories du complot visant les Juifs, il rappelle que « <em>tous les Juifs ne sont pas sionistes, tous les sionistes ne sont pas juifs, et l’antisionisme n’est pas nécessairement synonyme d’antisémitisme</em> ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Université McGill face à ces tensions</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2023, l’Université McGill a mis en place plusieurs initiatives visant à répondre aux préoccupations liées à l’antisémitisme et, plus largement, aux tensions qui traversent son campus. Parmi ces mesures figure la création, en octobre 2025, d’un <a href="https://www.mcgill.ca/provost/article/mcgill-establishes-working-group-antisemitism" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">groupe de travail sur l’antisémitisme</a>. Ce groupe a pour mandat d’examiner la manière dont l’antisémitisme est vécu au sein de la communauté mcgilloise, ainsi que les interactions entre antisémitisme et antisionisme. Le groupe poursuit actuellement ses travaux, à l’issue desquels il doit formuler des recommendations à l’Université sur la prévention et la lutte contre l’antisémitisme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette initiative s’inscrit par ailleurs dans des débats plus larges au sein de l’établissement montréalais. En janvier 2026, le Comité consultatif en matière d’expression sur le campus a publié son <a href="https://www.mcgill.ca/president/sites/president/files/2026-01/apce-final-report.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rapport final</a> après avoir consulté des étudiants, des professeurs, des membres du personnel et plusieurs associations étudiantes. Sans porter spécifiquement sur l’antisémitisme, le rapport s’est penché sur les tensions entourant la liberté d’expression, les manifestations et le sentiment de sécurité à l’Université McGill. Il recommandait notamment à l’administration de clarifier les règles encadrant l’expression et les manifestations sur le campus, tout en réaffirmant la nécessité de protéger la liberté d’expression et la contestation pacifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Université McGill dispose également d’un agent de liaison aux affaires étudiantes pour les étudiants juifs, chargé notamment de les soutenir et de transmettre leurs préoccupations à la haute direction.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le F de B’nai Brith met ainsi en lumière des préoccupations bien réelles, sans pour autant résumer à lui seul la diversité des expériences juives au sein de l’établissement. Cette note demeure tributaire des critères et de la conception de l’antisémitisme retenus par l’organisation. À l’Université McGill, le climat vécu par les étudiants juifs semble finalement difficile à réduire à une seule lettre.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/antisemitisme-mcgill-mauvaise-eleve/" data-wpel-link="internal">Antisémitisme : McGill, mauvaise élève?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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