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	<title>Emmanuel Prince-Thauvette - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/author/emmanuel-prince-thauvette/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sun, 22 Nov 2020 03:24:09 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Élections américaines : Des réponses à vos dernières questions</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/elections-americaines-des-reponses-a-vos-dernieres-questions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emmanuel Prince-Thauvette]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2020 13:12:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[analyse politique]]></category>
		<category><![CDATA[donald trump]]></category>
		<category><![CDATA[élections américaines]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=38631</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans cette série d’articles sur les élections américaines, Philippe Granger et Emmanuel Prince-Thauvette apportent des réponses à vos questions. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/elections-americaines-des-reponses-a-vos-dernieres-questions/" data-wpel-link="internal">Élections américaines : Des réponses à vos dernières questions</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Après avoir répondu à vos questions sur les rouages du processus électoral et sur les enjeux amenés dans le tourbillon électoral par la pandémie, nous terminons cette série spéciale sur les élections américaines de 2020 en abordant le cas du candidat démocrate Joe Biden. À ce moment de la campagne, Donald Trump tire assez solidement de l’arrière dans les sondages. En dehors de leurs différends sur les politiques publiques à mettre en place, qu’est-ce qui pourrait désavantager Joe Biden le 3 novembre prochain?</p>



<hr class="wp-block-separator">



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce qui joue en la défaveur de Joe Biden?</strong></h2>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réponse très (très) courte</strong></h4>



<p>Beaucoup de choses que l’on reproche aussi à Donald Trump.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réponse courte</strong></h4>



<p>Pour ses rivaux, Biden est considéré comme trop vieux et trop désarçonné pour devenir président. De surcroît, des scandales de racisme, d’agression sexuelle et de népotisme ont refait surface durant la campagne.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réponse longue</strong></h4>



<p>Les élections américaines, et plus particulièrement celles de cette année, reposent énormément sur les apparences. Ainsi, cette réponse ne cherchera pas à approfondir les failles des promesses du <em>politicien</em> Biden, mais se concentrera plutôt sur les défauts les plus partagés et ostentatoires du <em>candidat</em> Biden. Il faut aussi noter que l’issue d’une élection aux États-Unis est le résultat de nombreuses stratégies géographiques, comme le découpage électoral partisan (<em>gerrymandering</em>), qui permet aux législatures des États américains de redécouper les circonscriptions électorales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Il est vieux, bègue et maladroit.&nbsp;</strong></h2>



<p>Surnommé «<em>Sleepy Joe</em>» par son rival, Joe Biden deviendrait le plus vieux président de l’histoire des États-Unis s’il était élu le 3 novembre, atteignant les 78 ans lors de son investiture.</p>



<figure class="wp-block-embed-twitter wp-block-embed is-type-rich is-provider-twitter"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true"><p lang="und" dir="ltr"><a href="https://t.co/wJN4zv0y8O" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">pic.twitter.com/wJN4zv0y8O</a></p>— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) <a href="https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1316194625405751296?ref_src=twsrc%5Etfw" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">October 14, 2020</a></blockquote><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>
</div><figcaption><em>Tweet </em>du Président Trump datant du 13 octobre. <br>On peut y lire «BIDEN COMME <s>P</s>RÉSIDENT».</figcaption></figure>



<p>De plus, Joe Biden a souffert toute sa vie de bégaiement, ayant même été surnommé «tête de bègue» («<em>Stutterhead</em>») durant son enfance. Le président Trump, par son attitude intimidatrice lors des débats présidentiels et sur les réseaux sociaux, semble montrer peu d’indulgence face à cette situation. En 2019, l’ancienne porte-parole de la Maison-Blanche <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.nytimes.com/2019/12/20/us/politics/sarah-sanders-biden-stuttering.html" target="_blank" data-wpel-link="external">Sarah Huckabee Sanders s’était moquée</a> du bégaiement de Biden sur Twitter, mais s’est ensuite excusée et a retiré la publication. Aujourd’hui, le bégaiement commence graduellement à être souligné <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.nytimes.com/2020/09/25/opinion/joe-biden-stutter.html" target="_blank" data-wpel-link="external">comme une force</a> et une preuve de la persévérance du candidat.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed-twitter wp-block-embed is-type-rich is-provider-twitter"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true"><p lang="en" dir="ltr">Brayden — you have heart, courage, and maturity beyond your years. You have unlimited potential — and I can’t wait to see what your future holds. <a href="https://t.co/7t2mHOXNMa" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">pic.twitter.com/7t2mHOXNMa</a></p>— Joe Biden (@JoeBiden) <a href="https://twitter.com/JoeBiden/status/1315437021570248704?ref_src=twsrc%5Etfw" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">October 11, 2020</a></blockquote><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>
</div><figcaption><em>Tweet </em>de Joe Biden datant du 11 octobre. <br>On peut y lire « Brayden – tu as du coeur, du courage et de la maturité qui dépasse ton âge. Tu as un potentiel illimité – et j’attend avec impatience de voir ce que ton futur te réserve. »</figcaption></figure>



<p>De surcroît, l’aspect maladroit de Joe Biden, remarqué depuis de <a href="https://www.theguardian.com/us-news/2019/apr/25/joe-biden-2020-public-gaffes-mistakes-history" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">nombreuses années</a>, n’aide pas la situation. Entre autres gaffes, Joe Biden a déjà invité en 2008 un sénateur <a href="https://www.youtube.com/watch?v=C2mzbuRgnI4&amp;feature=emb_logo" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">à se lever</a> afin que la foule puisse le voir. Seul problème: le sénateur est paraplégique. En 2010, en racontant <a href="https://www.youtube.com/watch?v=DOaQeGFYysA&amp;feature=emb_title" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une anecdote</a> en présence du premier ministre irlandais, Biden a confondu lequel des parents du premier ministre est mort, adressant un «Dieu bénisse son âme» par rapport à sa mère, alors que le défunt était le père.&nbsp;</p>



<p>Joe Biden se considère lui-même comme une «machine à gaffes», mais <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.theguardian.com/us-news/2019/apr/25/joe-biden-2020-public-gaffes-mistakes-history" target="_blank" data-wpel-link="external">affirme</a> que c’est une «une chose incroyable comparativement à un gars qui ne peut pas dire la vérité». Or, il va sans dire que l’addition de l’âge, de la situation de bègue et de la maladresse de Joe Biden multiplie les attaques qu’effectuent les rivaux du candidat à son égard.</p>



<figure class="wp-block-embed-twitter wp-block-embed is-type-rich is-provider-twitter"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true"><p lang="en" dir="ltr">Sleepy Joe Biden had a particularly bad day today. He couldn’t remember the name of Mitt Romney, said again he was running for the U.S. Senate, and forgot what State he was in. If I did any of this, it would be disqualifying. With him, he’s just Sleepy Joe!</p>— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) <a href="https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1315761783177576450?ref_src=twsrc%5Etfw" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">October 12, 2020</a></blockquote><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>
</div><figcaption><em>Tweet </em>du Prédisent Trump datant du 12 octobre. <br>On peut y lire : «Le maladroit Joe Biden a eu une journée particulièrement mauvais aujourd’hui. Il ne pouvait plus se rappeler du nom de Mitt Romney, a annoncé qu’il se présentait de nouveau au Sénat américain et a oublié dans quel État il était. Si j’avais fait cela, ce serait disqualifiant. Avec lui, c’est juste Joe le maladroit!»</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Biden, un «idiot raciste»?</strong></h2>



<p>Le long passé politique de Joe Biden, et plus particulièrement sa vice-présidence de 2008 à 2016 sous Obama, peut à certains égards être considéré comme un grand avantage pour sa candidature. Or, ce long passé se voit miné par des déclarations et prises de position pouvant affecter sa candidature aujourd’hui, notamment en ce qui a trait à <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.bbc.com/news/world-us-canada-51803885" target="_blank" data-wpel-link="external">l’avortement et à la guerre d’Irak</a>. De toutes ses déclarations controversées, ce sont celles sur la question du racisme anti-noir qui hantent le plus Joe Biden.</p>



<p>Il y a une cinquantaine d’années, Biden s’est exprimé <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.nytimes.com/2019/07/15/us/joe-biden-busing-timeline.html" target="_blank" data-wpel-link="external">en faveur, puis en défaveur</a> du «<em>busing</em>», une méthode de «déségrégation raciale» qui consiste à intégrer des élèves noirs dans les écoles publiques urbaines afin de trouver une «balance raciale» dans les classes. Cette mesure s’est avérée inefficace et sa logique largement critiquée, les parents blancs décidant d’envoyer leurs enfants dans des écoles privées ou déménageant dans les banlieues, qui à cette époque étaient en grand développement.</p>



<p>En s’opposant finalement au <em>busing</em>, Biden s’est joint à deux sénateurs connus pour leurs positions ségrégationnistes. Lors des débats à la chefferie démocrate, <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.youtube.com/watch?v=J1OvDB_wavI" target="_blank" data-wpel-link="external">ce revirement a été critiqué</a> par la candidate démocrate Kamala Harris, qui a vécu le processus de <em>busing</em> lors<strong> </strong>de son enfance. Il faut croire que cette attaque a porté fruit pour Harris, qui est désormais candidate à la vice-présidence.&nbsp;</p>



<p>La déclaration à laquelle se colle le camp Trump est plutôt celle en lien avec la soumission d’une loi anti-criminalité en 1994. Trump prétend que Biden aurait qualifié les Américains noirs de «superprédateurs». </p>



<figure class="wp-block-embed-twitter wp-block-embed is-type-rich is-provider-twitter"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true"><p lang="en" dir="ltr">Biden made another big mistake. He totally mixed up two Crime Bills. Didn’t have a clue (as usual!). Also, he freely used the term SUPER PREDATOR!!!</p>— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) <a href="https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1317140754733543424?ref_src=twsrc%5Etfw" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">October 16, 2020</a></blockquote><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>
</div><figcaption><em>Tweet </em>du Président Trump datant du 16 octobre. <br>On peut y lire : «Biden a commis une autre grosse erreur. Il a totalement mélangé deux projets de loi sur la criminalité. Il n’avait aucune idée (comme d’habitude!). En outre, il a librement utilisé le terme SUPER PRÉDATEUR!!!»</figcaption></figure>



<p>Selon de <a href="https://www.nbcnews.com/politics/2020-election/live-blog/first-presidential-debate-trump-biden-n1241282/ncrd1241486#blogHeader" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">nombreux médias</a>, le terme «superprédateurs» est attribuable à Hillary Clinton, candidate aux présidentielles de 2016, et ne désignait pas explicitement les Américains noirs. Biden aurait plutôt utilisé le terme «<a href="https://www.cnn.com/2019/03/07/politics/biden-1993-speech-predators/index.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">prédateurs</a>», encore une fois sans viser spécifiquement un groupe sociodémographique.</p>



<p>Cette loi est une fierté pour Biden, qui souligne qu’elle a permis de remettre de l’ordre dans les zones urbaines. Or, elle se voit <a href="https://www.vox.com/policy-and-politics/2019/6/20/18677998/joe-biden-1994-crime-bill-law-mass-incarceration" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">largement critiquée aujourd’hui</a>, puisqu’elle aurait permis l’incarcération de masse aux États-Unis, et plus particulièrement à l’égard des Américains noirs.</p>



<p>Biden s’est longtemps vu assez confiant d’obtenir les faveurs de l’électorat noir, ayant même déjà déclaré cette année que les Noirs votant pour Trump «ne sont pas noirs», une déclaration pour laquelle il s’est plus tard excusé. Ironiquement, cette situation a joué en sa défaveur et a mené à une dépréciation de sa candidature.</p>



<p>La revue <em>The Economist</em> <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.economist.com/democracy-in-america/2007/01/31/joe-biden-moron-racist-or-poorly-transcribed" target="_blank" data-wpel-link="external">se questionne ainsi</a> en 2007: «Joe Biden: idiot raciste, ou médiocrement retranscrit?»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des relations entre l’Ukraine et son fils?</strong></h2>



<p>Dans l’horizon politique depuis de nombreuses décennies, Joe Biden est fustigé par de nombreux rivaux pour de supposées actions népotiques, et plus particulièrement envers <a href="https://www.vox.com/policy-and-politics/2019/10/1/20891510/hunter-biden-burisma-ukraine-shokin" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">son fils Hunter Biden</a>. Une histoire révélée il y a quelques semaines est au cœur des attaques des Républicains.</p>



<p>À la mi-octobre, le tabloïd <em>The New York Post</em> dévoile avoir mis la main sur des courriels et documents appartenant à Hunter Biden. Dans son article sur le sujet, le <em>New York Post</em> avance notamment qu’un cadre de Burisma, une compagnie pétrolière et gazière basée en Ukraine, aurait remercié Hunter Biden de l’avoir invité à une rencontre à Washington en présence de son père. Le <em>Post</em> aurait mis la main sur ces documents par le truchement de l’avocat de Trump, Rudolph W. Giuliani, qui aurait reçu une copie du disque dur de Hunter Biden par un réparateur d’ordinateur<strong> </strong>s’étant occupé de l’ordinateur de Hunter.&nbsp;</p>



<p>Cet article se voit critiqué pour de nombreuses raisons. Il n’est pas du tout clair selon le reportage du <em>Post</em> si la rencontre a bel et bien eu lieu et, si oui, quand. De surcroît, des employés du <em>Post</em> remettent eux-mêmes en question l’authenticité des documents, <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.nytimes.com/2020/10/18/business/media/new-york-post-hunter-biden.html" target="_blank" data-wpel-link="external">selon le <em>New York Times</em></a>. Le camp Biden rejette le fait qu’une rencontre ait eu lieu tel que mentionné par le journal et rappelle par ailleurs que deux comités sénatoriaux (dirigés majoritairement par des Républicains) ont évalué qu’il n’y avait pas eu de manipulations de Joe Biden à l’égard de l’Ukraine. Finalement, Giuliani est peu reconnu pour son honnêteté et sa rigueur intellectuelle et a été accusé à de nombreuses reprises par le passé d’avoir menti aux médias.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Allégation d’agression sexuelle et attouchements inappropriés&nbsp;</strong></h2>



<p>Plus d’une fois, Joe Biden a effectué <a href="https://www.youtube.com/watch?v=DAUOurZIVfI" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">de manière publique</a> des attouchements inappropriés envers des femmes de tous âges de manière publique, parfois accompagnés de «blagues de mononc’» souvent reçues avec un rire jaune.</p>



<p>Or, il est allégué qu’il soit allé encore plus loin en 1993: une ancienne employée du bureau sénatorial de Biden accuse le candidat de l’avoir agressée sexuellement.</p>



<p>Biden, qui a pourtant longtemps témoigné de son soutien aux dénonciations d’inconduite sexuelle, nie ces allégations. Souvent perçu comme possible colistière de Biden, la représentante Stacey Abrams a, à l’instar de plusieurs démocrates, défendu Joe Biden. Une étude plus approfondie de la situation a été effectuée par le <em>New York Times</em>. Puisque le sujet est épineux, nous vous suggérons la lecture de <a href="https://www.nytimes.com/2020/04/12/us/politics/joe-biden-tara-reade-sexual-assault-complaint.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">cet article</a>, afin que vous puissiez vous faire votre propre idée.</p>



<p>Accusé lui aussi de nombreuses agressions sexuelles, Donald Trump s’est avéré <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.theguardian.com/us-news/2020/may/25/joe-biden-sexual-assault-allegation-why-trump-quiet-tara-reade" target="_blank" data-wpel-link="external">assez silencieux</a> sur le sujet. Or, l’histoire a largement fait écho sur les réseaux sociaux et à l’international.</p>



<p></p>



<p><em>Pour en savoir encore plus sur les élections américaines du 3 novembre, nous vous invitons vivement à consulter ce <a rel="noreferrer noopener external" href="https://dandurand.uqam.ca/wp-content/uploads/2020/10/Guide-elections-americaines-2020_FINAL.pdf" target="_blank" data-wpel-link="external">document récapitulatif</a> effectué par l’équipe de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques.</em> <em>Nous vous invitons également à, si ce n’est pas déjà fait, aller consulter nos deux premiers articles sur les élections américaines parus les <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/29/elections-americaines-des-reponses-a-vos-questions/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">29 septembre</a> et <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/elections-americaines-encore-plus-de-reponses-a-vos-questions/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">6 octobre</a> derniers. Vous y trouverez, on l’espère, de plus amples réponses à vos questions! </em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/elections-americaines-des-reponses-a-vos-dernieres-questions/" data-wpel-link="internal">Élections américaines : Des réponses à vos dernières questions</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Élections américaines – Encore plus de réponses à vos questions</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/elections-americaines-encore-plus-de-reponses-a-vos-questions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emmanuel Prince-Thauvette]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 13:58:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les campagnes présidentielles américaines nous réservent toujours des surprises inattendues. Cette année, la pandémie de COVID-19 vient encore plus brasser les cartes&#160;: les discussions de coulisses deviennent des appels téléphoniques, la course effrénée aux quatre coins du pays est réduite à son strict minimum et plusieurs électeurs et électrices voteront depuis le confort de leur&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/elections-americaines-encore-plus-de-reponses-a-vos-questions/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Élections américaines – Encore plus de réponses à vos questions</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/elections-americaines-encore-plus-de-reponses-a-vos-questions/" data-wpel-link="internal">Élections américaines – Encore plus de réponses à vos questions</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les campagnes présidentielles américaines nous réservent toujours des surprises inattendues. Cette année, la pandémie de COVID-19 vient encore plus brasser les cartes&nbsp;: les discussions de coulisses deviennent des appels téléphoniques, la course effrénée aux quatre coins du pays est réduite à son strict minimum et plusieurs électeurs et électrices voteront depuis le confort de leur foyer. Dans cet article, nous aborderons les effets de cette pandémie sur le processus électoral américain.&nbsp;&nbsp;</p>


<div class="wp-block-ultimate-post-heading ultp-block-3db6d3"><div class="ultp-block-wrapper"><div class="ultp-heading-wrap ultp-heading-style9 ultp-heading-left"><h2 class="ultp-heading-inner"><span><strong>Question</strong>&nbsp;1&nbsp;: Quelles ont été les répercussions de la pandémie sur les rassemblements politiques<strong> ?</strong></span></h2></div></div></div>


<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/61/COVID-19_Untitled_%2849855751961%29.jpg" alt><figcaption>Un homme manifeste seul et masqué devant l’hôtel de ville de San Francisco (<a href="http://Je fais tellement de théâtre que je ne sais plus quand je joue ou non" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Ken Walton – Wikimedia</a>)                                                                                         </figcaption></figure>



<p>Lors d’une élection normale, les candidat·e·s, accompagné·e·s d’une armée d’employé·e·s politiques et de journalistes, parcourent les États-Unis pour parler devant des foules compactes et pour serrer la main des électeurs et des électrices. Vous comprendrez que cette année, c’est un peu différent.</p>



<p>À partir du 10&nbsp;mars, le candidat démocrate Joe Biden s’est isolé dans son domicile de Wilmington, au Delaware, pour suivre les consignes sanitaires et donner l’exemple. Jusqu’à la convention démocrate de la mi-août, il s’est adressé aux Américain·e·s et a critiqué au quotidien la gestion de la crise de la COVID-19 de Trump, depuis un studio improvisé dans son sous-sol. Malgré tout, il peinait à se faire remarquer à travers l’éclipse médiatique du coronavirus. Depuis, il semble être sorti de sa torpeur et a voyagé dans quelques États à la fin de l’été, notamment à Houston, dans la foulée des funérailles de Georges Floyd, à Kenosha, en marge des soulèvements suivants l’affaire Jacob Blake. Depuis la mi-septembre, il multiplie les voyages dans les États clés pour l’élection, comme celui qu’il a fait à Cleveland, en Ohio, dans le cadre du premier débat présidentiel.&nbsp;</p>



<p>De son côté, Donald Trump a été, comme tous les dirigeants et dirigeantes de la planète au cours des derniers mois, à l’avant-scène, car il devait informer sa population de l’évolution de la pandémie. Malgré les mesures sanitaires et l’interdiction des rassemblements dans plusieurs États, le clan Trump a décidé d’organiser des rallies politiques, semblables aux événements précédant la pandémie. On peut penser notamment au rassemblement du 20&nbsp;juin à Tulsa (Oklahoma) où il s’est présenté devant un auditorium aux deux tiers vide, probablement à la suite d’une ruse de milliers d’utilisateurs et d<a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.nytimes.com/2020/06/21/style/tiktok-trump-rally-tulsa.html" target="_blank" data-wpel-link="external">’utilisatrices de TikTok</a>, qui ont réservé des billets (gratuits) sans jamais avoir eu l’intention de s’y présenter. Après avoir pris une pause pendant l’été, les rassemblements partisans se multiplient depuis la convention républicaine de la fin août. Souvent, les mesures sanitaires y ont été quasi-absentes, et le président ne semble pas s’en soucier.&nbsp;</p>



<p>D’ailleurs le président Trump et de nombreu·ses·x membres de son entourage ont reçu un résultat positif à des tests de dépistage de la COVID-19 dans les derniers jours. L’absence du port du masque et le non-respect des mesures de distanciation sociale sont dénoncés par plusieurs experts et expertes de santé publique comme un facteur peut-être déterminant dans cette éclosion à la Maison-Blanche.</p>


<div class="wp-block-ultimate-post-heading ultp-block-956031"><div class="ultp-block-wrapper"><div class="ultp-heading-wrap ultp-heading-style9 ultp-heading-left"><h2 class="ultp-heading-inner"><span>Question&nbsp;2&nbsp;: Qu’est-ce que le vote par la poste<strong> ?</strong></span></h2></div></div></div>


<figure class="wp-block-image is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/trinity-nguyen-0h-Kc2-wZt4-unsplash-1-1000x667.jpg" alt class="wp-image-37866" width="1000" height="667" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/trinity-nguyen-0h-Kc2-wZt4-unsplash-1-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/trinity-nguyen-0h-Kc2-wZt4-unsplash-1-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/trinity-nguyen-0h-Kc2-wZt4-unsplash-1-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/trinity-nguyen-0h-Kc2-wZt4-unsplash-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/trinity-nguyen-0h-Kc2-wZt4-unsplash-1-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/trinity-nguyen-0h-Kc2-wZt4-unsplash-1-930x620.jpg 930w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/trinity-nguyen-0h-Kc2-wZt4-unsplash-1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://unsplash.com/photos/0h-Kc2-wZt4" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Trinity Nguyen – Unsplash</a></span> Le petit fourgon blanc du United States Postal Service est omniprésent dans l’imaginaire collectif américain (<a href="https://unsplash.com/photos/0h-Kc2-wZt4" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Trinity Nguyen – Unsplash</a>)</figcaption></figure>



<p class="has-normal-font-size"><strong>La réponse très (très) courte</strong></p>



<p>On vote par la poste.</p>



<p><strong>La réponse courte</strong></p>



<p>Le vote par la poste, pratique effectuée dans quelques États américains depuis plusieurs années, se voit favorisé en raison de la pandémie actuelle.</p>



<p><strong>La réponse plus longue</strong></p>



<p>La pandémie actuelle a mis sur la touche le processus de vote traditionnel, jugé trop dangereux et pouvant conséquemment mener à un haut taux d’abstention. Le vote à distance est ainsi promu, même si le vote en personne est toujours possible dans tous les États.</p>



<p>Le concept est très facile et assez explicite&nbsp;: tu pratiques ton droit de vote à partir de chez toi, grâce à un formulaire fourni à l’avance, que tu soumets ensuite à la poste ou dans une boîte spéciale prévue à cet effet. Le processus d’identification passe par différents critères selon chaque État, mais la personne votant a toujours, au minimum, besoin de donner son nom complet et ses coordonnées, en plus de signer son bulletin de vote. D’autres précautions sont parfois ajoutées. Par exemple, certains États demandent une copie d’une pièce d’identification, d’autres les derniers chiffres de l’assurance sociale.</p>



<p><a rel="noreferrer noopener external" href="https://youtu.be/I6biQ_2RK3k" target="_blank" data-wpel-link="external">Cette mesure présente de nombreux avantages</a>, le principal étant de favoriser l’exercice du droit de vote et donc d’augmenter le taux de participation. L’électeur ou l’électrice peut prendre le temps de voter et n’a pas le stress que peut engendrer le vote en personne. Rappelons que dans près de la moitié des États, aucune loi n’oblige les employeurs et les employeuses à accorder du temps à leurs salarié·e·s pour aller voter le jour de l’élection.&nbsp;</p>



<p>Le vote postal permet de prendre le temps de réfléchir et de faire tes recherches dans le confort de ta maison. Tu n’as pas à faire la file et attendre sous la pluie ou à te perdre en cherchant le bureau de scrutin. Pour les ainé·e·s et personnes à mobilité réduite, cela représente un coup de pouce considérable. Bref, cette mesure est vue comme un moyen de contrer de nombreux problèmes liés à l’abstention.</p>



<p>Alors que la majorité des États se prépare à effectuer à la fois des élections en <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/2020-08-16/presentiel-ce-mot-pestilentiel.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">présentiel</a> et à distance, certains vont effectuer majoritairement leurs élections à distance, alors que d’autres vont interdire le vote à distance (sauf pour des raisons exceptionnelles).</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh5.googleusercontent.com/5fX_uCLuWPNbEw69BwuZXYOPGDhVW-3p_ZzY4iBdR0lWL4ANulrsqZnNQokNr_ceAb3GyyEgzK68G9y1_qPkYy_3G2I4zHFY3yuaqEsHoYAAUJ4gmUQMinR6xVso918LuEOxruj7" alt><figcaption>Le vote par la poste a déjà été adopté par une multitude d’états, tandis que d’autres sont toujours réticents (Infographie par Emmanuel Prince-Thauvette)                                                                                                 </figcaption></figure>



<p>Les Américain·e·s accueillent de manière mitigée le vote à distance, comme le montre ces données de juillet dernier.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5b/2020_absentee_and_postal_US_voting_chart_by_COVID19_CONSORTIUM_REPORT_7_VBM_JULY_2020.png" alt><figcaption>Les Américain·e·s accueillent de manière mitigée le vote à distance, comme le montre ces données de juillet dernier — (Infographie par David Lazer – Wikimedia)           </figcaption></figure>



<p>Évidemment, puisque l’on parle de politique américaine, il n’y a rien d’uniforme et donc rien de<em> </em>facile à comprendre. Afin de vous éviter toute sortie dangereuse et inutile pour vous procurer du Tylenol, sachez seulement que des méthodes de vote à distance différentes sont déployées selon l’État.</p>



<p><br>Aux États-Unis, le service postal est ancré dans le quotidien des Américain·e·s. L’histoire du <em>United States Postal Service</em> est intrinsèquement liée au développement de la nation et à la conquête de l’Ouest. <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.pewresearch.org/politics/2020/04/09/public-holds-broadly-favorable-views-of-many-federal-agencies-including-cdc-and-hhs/" target="_blank" data-wpel-link="external">Une étude du Pew Research Center</a> en avril dernier annonçait un taux d’approbation de 91&nbsp;% pour le USPS, plus que toute autre agence gouvernementale. Malgré cela, dans les dernières années, les coupes budgétaires ont été nombreuses, ce qui a bien sûr fragilisé le système de gestion du courrier et ralenti la distribution de celui-ci. Ce phénomène a fait en sorte que de nombreux États ont annoncé qu’ils allaient accepter les bulletins reçus en retard, ce qui pourra retarder conséquemment les résultats du vote.</p>


<div class="wp-block-ultimate-post-heading ultp-block-8270af"><div class="ultp-block-wrapper"><div class="ultp-heading-wrap ultp-heading-style9 ultp-heading-left"><h2 class="ultp-heading-inner"><span><strong>Question</strong>&nbsp;3&nbsp;: Pourquoi les élections sont-elles déjà contestées<strong> ?</strong></span></h2></div></div></div>


<p><strong>La réponse courte</strong></p>



<p>Le président a répété à de nombreuses reprises qu’il n’acceptera pas les résultats des élections, à cause d’une supposée fraude généralisée du vote postal.</p>



<p><strong>La réponse longue</strong></p>



<p>La pandémie, le contexte politique et social particulièrement tendu et l’impossibilité de prédire les résultats ne sont que trois exemples qui font que l’élection de 2020 est différente des précédentes.</p>



<p>Tout d’abord, il est certain que le contexte de la pandémie de COVID-19 transformera le processus démocratique. Tel qu’expliqué dans la question précédente, le vote postal est privilégié par plusieurs en cette ère de minimisation des contacts physiques. Cette (pas si) nouvelle façon de voter compte plusieurs détracteurs aux États-Unis, au premier chef le président Trump lui-même, qui n’a pas hésité à qualifier cette élection de frauduleuse, avant même qu’elle ne commence. Déjà en mai, il partageait ses craintes sur Twitter, <a rel="noreferrer noopener external" href="https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1264558926021959680?s=20" target="_blank" data-wpel-link="external">en disant que cela mènerait à « la plus grande fraude électorale de l’histoire » et que l’on « utilisait la COVID comme prétexte pour cette arnaque »</a>. Ainsi, Trump a fait du vote postal une question partisane et un enjeu électoral de premier plan. Or, cela fait abstraction du fait que le vote postal est déjà en place dans plusieurs États depuis des années déjà. De plus, les déclarations de Trump sur une fraude massive du vote sont généralement considérées comme <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.nytimes.com/article/mail-in-voting-explained.html" target="_blank" data-wpel-link="external">infondées</a>. D’ailleurs, contrairement à la croyance populaire, <a rel="noreferrer noopener external" href="https://fivethirtyeight.com/features/there-is-no-evidence-that-voting-by-mail-gives-one-party-an-advantage/" target="_blank" data-wpel-link="external">le vote par la poste ne favorise pas un parti en particulier</a>.</p>



<p>Ce que le vote postal risque aussi de transformer est le <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.brennancenter.org/our-work/research-reports/how-election-night-2020-will-be-different" target="_blank" data-wpel-link="external">processus de dévoilement des résultats</a>. Normalement, à la fermeture des bureaux de vote, on ouvre les boîtes de scrutin et on commence à compter, puis à transmettre les résultats. Très souvent, on connaît l’identité du gagnant en cours de soirée, alors que des États de l’Ouest sont encore en train de voter, décalage horaire oblige. Bien entendu, tous les grands réseaux de télévision en profitent pour analyser à chaud les résultats avec un joyeux panel de journalistes, de chroniqueu·r·se·s et d’ex-politicien·ne·s.</p>



<p>Or, cette année, la pandémie vient encore une fois changer les choses. En effet, puisqu’on attend une quantité astronomique de bulletins postaux, et que les nombreuses petites administrations locales ne sont pas habituées à un si haut volume de courrier, on ne saura probablement pas qui de Biden ou de Trump remporte l’élection que plusieurs jours, voire semaines, plus tard. C’est que dans plusieurs États, on accepte que les bulletins soient postés jusqu’au 3&nbsp;novembre, la date du vote en personne, ce qui veut donc dire qu’on ne les recevra probablement que quelques jours plus tard. De plus, dans certains États, on ne peut commencer à ouvrir les enveloppes contenant les bulletins de vote que le jour même des élections, peu importe la quantité reçue.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.unsplash.com/photo-1595265616827-2cbbd0c39418?ixlib=rb-1.2.1&amp;auto=format&amp;fit=crop&amp;w=1000&amp;q=80" alt="red textile on white paper"><figcaption>Le dépouillement du vote postal risque de ralentir le dévoilement des résultats (Tiffany Tertipes – Unsplash)                                                                                                </figcaption></figure>



<p>Si les résultats électoraux tardent à sortir, il n’est pas garanti que le président calmera le jeu. Trump s’est fait demander à de nombreuses reprises s’il allait accepter sans rechigner les résultats électoraux du 3&nbsp;novembre prochain, mais est resté évasif sur sa réponse. Au débat de la semaine dernière, il a encore une fois refusé de répondre à la question, en expliquant que de « mauvaises choses » se préparent. Bien sûr, nul ne sait comment Trump agira en cas de défaite, mais le rapprochement, volontaire ou non, entre le clan Trump et des groupuscules armés d’extrême droite nous laisse craindre le pire.&nbsp;</p>



<p>Pour les constitutionnalistes, ce scénario est de la pure science-fiction, tellement il semble impossible que le « leader du monde libre » conteste des élections démocratiques, mais dans les faits, personne ne sait réellement où cette histoire nous mènera. Rappelons qu’à sa dernière élection, en 2016, qu’il avait pourtant remportée aux dépens d’Hillary Clinton, il avait tout de même contesté les résultats. En effet, malgré le fait qu’il ait gagné le collège électoral, il a perdu le vote populaire par plus de 2,5&nbsp;millions de votes. À la suite de cela, il a déclaré avoir en fait gagné le vote populaire, « si l’on déduit les millions de personnes qui ont voté illégalement<a rel="noreferrer noopener external" href="https://twitter.com/realDonaldTrump/status/802972944532209664?s=20" target="_blank" data-wpel-link="external"> »</a>. Dans les faits, tous les experts et expertes s’entendent sur le fait qu’il n’y a pas eu d’irrégularités lors de ce scrutin. Un <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.brennancenter.org/our-work/research-reports/truth-about-voter-fraud" target="_blank" data-wpel-link="external">rapport du Brennan Center for Justice</a> démontre que la fraude électorale est si rare aux États-Unis que l’Américain·e moyen·ne est plus à risque de se faire frapper par la foudre que de commettre une fraude le jour du scrutin.</p>



<p>Un candidat déchu pourrait aussi se tourner vers des contestations judiciaires. La compétition s’annonce très serrée dans certains États clés, ce qui amènera fort probablement des demandes de recomptage électoral devant les tribunaux. Un cas d’école en la matière, le jugement Bush v. Gore peuvent nous éclairer sur ce qui est peut-être à venir. Lors des élections de 2000, de nombreuses irrégularités dans l’État de la Floride avaient amené une requête de ce type devant la Cour Suprême. Les résultats officiels ne furent connus que plus d’un mois après l’élection générale, et firent pencher la balance du côté du républicain George W. Bush plutôt que du côté du démocrate Al Gore. Bush remporta les 25&nbsp;grands électeurs associés à cet État à l’époque, ce qui l’amènera à un cumul total de 271, soit un de plus que requis pour remporter la présidence. Au final, on estime qu’environ 500&nbsp;votes séparaient les deux candidats, et que c’est donc cette poignée d’électeurs et d’électrices qui a influencé la direction que la nation a prise pour les années suivantes.</p>



<p>Nul besoin de dire que si un scénario semblable se répétait en 2020, peut-être dans plusieurs États en simultané, en plus du fait que le vote postal risque de ralentir le dépouillement des bulletins, et que la Cour suprême penche majoritairement du côté républicain avec les trois nominations de Trump, nous avons un cocktail explosif pour la démocratie américaine et son unité nationale. Ces délais pourraient enflammer les complotistes, plus bruyant·e·s que jamais dans l’espace public, et ainsi compromettre l’intégrité des élections. Tout cela n’est que spéculation, mais l’on comprend bien comment le résultat de ces élections pourrait être déterminant pour le futur de la plus puissante démocratie au monde.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/elections-americaines-encore-plus-de-reponses-a-vos-questions/" data-wpel-link="internal">Élections américaines – Encore plus de réponses à vos questions</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Élections américaines – Des réponses à vos questions</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/29/elections-americaines-des-reponses-a-vos-questions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emmanuel Prince-Thauvette]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Sep 2020 13:17:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37615</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans cette série d'articles sur les élections américaines, Philippe Granger et Emmanuel Prince-Thauvette apportent des réponses à vos questions. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/29/elections-americaines-des-reponses-a-vos-questions/" data-wpel-link="internal">Élections américaines – Des réponses à vos questions</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le premier débat présidentiel opposant Joe Biden à Donald Trump aura lieu ce mardi 29 septembre. Dans le cadre de cette étape importante de la campagne électorale américaine, nous avons demandé aux lecteurs du <em>Délit </em>de nous soumettre leurs questions sur le fonctionnement des élections, par le biais de <a href="https://www.instagram.com/le.delit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">notre compte Instagram</a>. Dans cette série de trois articles, nous tenterons de répondre à vos questions sur les éléments rudimentaires du processus électoral américain. Au menu aujourd’hui : collège électoral, <em>swing states (États pivots) </em>et bipartisme.&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator">



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Question 1 : Comment fonctionnent les élections américaines?</strong></h3>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réponse très (très) courte</strong></h4>



<p>Les Américains votent pour dire à 538 personnes qui choisir comme président.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réponse courte</strong></h4>



<p>On attribue un nombre de « grands électeurs » à chaque État, en fonction de sa population (par exemple, la Californie en compte 55 pour 39,5 millions d’habitants, alors que le Wyoming en compte 3 pour environ 600 000 habitants). En tout, il y a 538 grands électeurs. Lorsqu’un candidat obtient le plus grand nombre de votes dans un État, il récolte TOUS les grands électeurs associés à cet État. Le premier qui en obtient 270 (soit la moitié de 538 + 1) devient président des États-Unis.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réponse longue</strong></h4>



<p>Attachez vos tuques parce que c’est un peu compliqué tout ça!</p>



<p>Le 3 novembre prochain, lorsque les électeurs se rendront aux urnes (ou, plus vraisemblablement, enverront leurs bulletins de vote par la poste), ils choisiront certes leur président, mais aussi leurs représentants et certains sénateurs au Congrès de Washington, D.C. La même journée, ils éliront aussi plusieurs autres élus locaux, tels que des gouverneurs, des représentants au Capitole de leur État, des maires et même des juges.</p>



<p>Les élections les plus couvertes par les grands médias nationaux sont celles concernant les élus au Congrès (Chambre des représentants et Sénat) et à la Maison-Blanche, et c’est donc sur celles-ci que nous nous concentrerons ici.</p>



<hr class="wp-block-separator">


<div class="wp-block-ultimate-post-image ultp-block-46ef4d animated fadeIn slow"><div class="ultp-block-wrapper"><figure class="ultp-image-block-wrapper"><div class="ultp-image-block ultp-image-block-none"><img decoding="async" class="ultp-image" alt="Image" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/09/Capitole-des-États-Unis.jpeg"></div></figure></div></div>


<p class="has-small-font-size"><em><a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:US_Capitol_east_side.JPG" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Image tirée de Wikimedia</a></em></p>



<hr class="wp-block-separator">



<h5 class="wp-block-heading">Le Congrès</h5>



<p>Les 435 représentants à la Chambre (l’équivalent des députés au Québec et au Canada) ont des mandats d’une durée de deux ans et tous les sièges feront l’objet d’une élection en 2020. Les États se voient attribuer un nombre de représentants relatif à leur population. Par exemple, la Californie et le Texas, les deux États les plus populeux, ont respectivement 53 et 36 représentants, alors que les six États les moins populeux, soit l’Alaska, le Dakota du Nord, le Dakota du Sud, le Delaware, le Montana, le Vermont et le Wyoming, n’ont chacun qu’un seul représentant à la Chambre.</p>



<p>Les représentants sont élus dans leurs districts lors de courses locales, de la même manière que les députés sont élus dans des circonscriptions lors des élections canadiennes et québécoises. À ce jour, les démocrates contrôlent cette Chambre, avec 232 sièges, contre 198 pour leurs adversaires républicains. Vous remarquerez qu’il manque cinq sièges pour arriver au total de 435. De ces cinq sièges manquants,&nbsp;quatre sont vacants et l’autre est tenu par un ex-républicain du Michigan devenu libertarien qui ne se représentera pas aux prochaines élections. Pour obtenir une majorité à la Chambre des représentants, un parti doit donc être élu dans 218 districts électoraux.</p>



<p>Les sénateurs, eux, ont des mandats de six ans, avec des élections intercalées tous les deux ans&nbsp;; le tiers des sièges seront donc en jeu en 2020. Chacun des 50 États compte deux sénateurs, peu importe la taille de sa population. 35 sièges seront en jeu en novembre, dont 23 qui étaient précédemment tenus par des républicains et 12 par des démocrates. Les républicains contrôlent présentement le Sénat, avec 53 sièges, alors que les démocrates en détiennent 45. La différence est comblée par deux sénateurs indépendants, qui appuient généralement les démocrates, dont un certain Bernie Sanders du Vermont. Pour obtenir une majorité des sièges en 2020, et donc le contrôle du Sénat, les démocrates se doivent donc de remporter trois ou quatre sièges supplémentaires, en plus de conserver ceux qu’ils ont déjà.</p>



<h5 class="wp-block-heading">La présidence et le collège électoral</h5>



<p>Les présidents sont choisis tous les quatre ans. 2020 est une année d’élection présidentielle. Joe Biden, candidat démocrate, a été sénateur du Delaware pendant 36 ans, puis vice-président sous Barack Obama pendant l’entièreté de ses 8 ans au pouvoir. Il sera opposé à Donald Trump, magnat de l’immobilier new-yorkais, vedette télévisuelle et plus récemment 45<em>e</em> président des États-Unis d’Amérique (en avez-vous entendu parler ?). Il est candidat républicain pour une deuxième élection consécutive.</p>



<p>Aux États-Unis, le système pour élire le président est construit autour du « collège électoral ». Essentiellement, les électeurs (monsieur et madame Tout-le-Monde) ne votent pas directement pour le président, mais indiquent plutôt à des « grands électeurs » comment ils devront voter lors du scrutin « officiel », qui se tient quelques jours plus tard à Washington, D.C. Le « collège électoral » désigne de ce fait l’ensemble des grands électeurs. Généralement, ce protocole n’est qu’une formalité administrative et relève plus de la relique historique que de la vraie prise de décision.</p>



<p>Ce système remonte à la fondation du pays, au 18<em>e</em> siècle, alors que les moyens de transport et de communication étaient pour le moins rudimentaires. Ainsi, il était plus facile de tenir des élections locales, puis d’envoyer un représentant à cheval vers la capitale pour transmettre le résultat. Malgré les progrès technologiques accomplis depuis cette époque lointaine, cette façon rocambolesque et ardue de procéder persiste à ce jour.</p>



<p>Les grands électeurs sont au nombre de 538, et sont répartis selon les sièges qu’un État compte au Congrès. Par exemple, la Californie, qui cumule 53 représentants et deux sénateurs, a donc 55 votes pour choisir le prochain président. À l’opposé, un État comme le Wyoming obtient trois grands électeurs, car il a deux sénateurs, comme tous les autres États, mais un seul représentant à la Chambre. Autrement dit, pour obtenir les 55 votes associés à la Californie, il faut être la personne ayant récolté le plus de votes dans l’État.</p>



<p>À noter qu’il arrive souvent que le gagnant de l’État n’ait même pas obtenu la majorité des votes. Par exemple, lors de la dernière élection présidentielle, en 2016, Trump a obtenu 47,50% des votes au Michigan, alors que Hillary Clinton en a récolté 47,27%, une différence de moins de 11 000 électeurs. Le Parti libertarien (environ 3,6%), le Parti vert (environ 1%) et certains indépendants se sont séparés le reste des votes. Malgré tout, Donald Trump a remporté l’entièreté des 16 grands électeurs de cet État, ce qui a contribué à sa victoire.</p>



<p>Si vous additionnez le nombre de sièges à la Chambre des représentants (435) et au Sénat (100), vous remarquez qu’il nous manque trois pour arriver au nombre de 538 cité plus haut. C’est que, depuis 1964, le District de Columbia, où est située la capitale Washington, compte trois grands électeurs. En conclusion, vous comprendrez que pour gagner la présidence, un candidat doit obtenir le vote de la moitié de ces 538, soit&nbsp; 270, chiffre magique à retenir tout au long de la course.</p>



<hr class="wp-block-separator">


<div class="wp-block-ultimate-post-image ultp-block-832741"><div class="ultp-block-wrapper"><figure class="ultp-image-block-wrapper"><div class="ultp-image-block ultp-image-block-none"><img decoding="async" class="ultp-image" alt="Image" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/09/US_President_Donald_Trump._75th_anniversary_of_the_landing_of_Allied_forces_in_Normandy.jpg"></div></figure></div></div>


<p class="has-small-font-size"><em><a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:US_President_Donald_Trump._75th_anniversary_of_the_landing_of_Allied_forces_in_Normandy.jpg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Image tirée de Wikimedia</a></em></p>



<hr class="wp-block-separator">



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Question 2 : Pourquoi est-ce que les élections américaines sont aussi compliquées?</strong>&nbsp;</h3>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réponse courte</strong></h4>



<p>Chez notre voisin du Sud, chaque État est libre de choisir comment se déroulent les élections sur son territoire. Les élections de novembre sont donc en fait de multiples petites élections simultanées.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réponse un peu plus longue</strong></h4>



<p>Organiser une élection à la grandeur des États-Unis est une tâche colossale, qui nécessite des milliers d’espaces de vote, d’employés et de bénévoles, ainsi qu’une orchestration logistique incroyable. Contrairement à la situation au Québec ou au Canada, où une seule organisation centrale gère le processus électoral, ce sont près de 8000 organisations qui gèrent les élections en suivant des lois différentes dans les 50 États américains.&nbsp;</p>



<p>C’est que chaque État a le pouvoir de légiférer sur la façon dont se déroule le vote sur son territoire, par exemple sur l’admissibilité des électeurs, la façon d’attribuer les grands électeurs pour l’élection présidentielle, la façon de désigner le candidat d’un parti (lors de ce que l’on appelle les « primaires »), le financement des partis politiques, etc. Forcément, toutes ces règles différentes, adoptées par des États qui ne se concertent pas, <a href="https://ideas.ted.com/why-is-voting-in-the-us-so-difficult/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">complexifient grandement le processus électoral</a>.</p>



<hr class="wp-block-separator">



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Question 3 : On entend souvent parler des </strong><strong><em>swing states</em></strong><strong>, c’est quoi?</strong></h3>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réponse très (très) courte</strong></h4>



<p>C’est des États pour lesquels l’issue du vote est plus imprévisible.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réponse un peu plus longue</strong></h4>



<p>Maintenant que vous savez comment fonctionne le système électoral américain, il est plus simple de vous expliquer ce qu’est un <em>swing state</em> (plusieurs préfèrent les termes « État clé » ou « État pivot » en français).</p>



<p>Élection après élection, la plupart des États votent toujours pour le même parti. Or, certains États votent parfois bleu (démocrate) et parfois rouge (républicain), d’où une autre appellation : <em>purple state.</em> La course présidentielle se joue dans cette poignée d’États clés, car les résultats électoraux de ceux-ci déterminent de quel côté penchera la balance. Or, puisque la course présidentielle est généralement très serrée, <a href="https://www.nytimes.com/interactive/2020/us/elections/election-states-biden-trump.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">c’est dans ces États que se joue toute l’élection</a>. Pour 2020, on mentionne généralement l’Arizona, la Caroline du Nord, la Floride, le Michigan, l’Ohio, la Pennsylvanie, et le Wisconsin. Il faudra aussi surveiller la Géorgie et le Texas, deux États avec une forte tradition républicaine, mais que le démocrate Joe Biden, présentement en avance dans les sondages nationaux, a dans sa mire.</p>



<p>Il va sans dire que la campagne sera concentrée dans cette poignée d’États clés, d’autant plus que la pandémie limite le nombre de rassemblements et les déplacements. Plus que jamais, les <em>swing states</em> seront l’objet de convoitise.</p>



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<div class="wp-block-ultimate-post-image ultp-block-806617"><div class="ultp-block-wrapper"><figure class="ultp-image-block-wrapper"><div class="ultp-image-block ultp-image-block-none"><img decoding="async" class="ultp-image" alt="Image" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/09/Red_and_Blue_States_Map_Average_Margins_of_Presidential_Victory.svg-1.png"></div></figure></div></div>


<p class="has-small-font-size"><em><a href="http://Wikimedia - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Red_and_Blue_States_Map_(Average_Margins_of_Presidential_Victory).svg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Image tirée de Wikimedia</a></em></p>



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<h3 class="wp-block-heading"><strong>Question 4 : Pourquoi y a‑t-il seulement deux partis? Pourquoi n’y en a‑t-il pas plus?</strong></h3>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réponse très (très) courte</strong></h4>



<p>Parce que le système politique américain pousse naturellement vers la formule du bipartisme.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réponse courte</strong></h4>



<p>Puisqu’il serait très difficile, voire impossible, pour un candidat issu d’un troisième parti de remporter la présidence, les électeurs se rabattent nécessairement sur un des deux partis principaux pour que leur vote ne soit pas « gaspillé ». Les tentatives de mise en place d’un tiers parti solide et crédible ont été nombreuses au fil des ans, mais ont toujours fini par être infructueuses.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réponse longue</strong></h4>



<p>En vérité, aucune loi n’oblige quiconque à voter pour un des deux grands partis, soit le Parti républicain et le Parti démocrate. Il existe d’ailleurs plusieurs tiers partis, nommément le Parti libertarien et le Parti vert, mais tous les deux ne peuvent pas se comparer, autant en nombre de membres qu’en votes exprimés, aux deux géants.</p>



<p>C’est en fait la nature du système électoral américain qui favorise la mise en place de deux grands partis. Aux États-Unis, ce sont les États qui choisissent individuellement les modalités du vote sur leur territoire. Ainsi, 48 des 50 États ont adopté un système dit <a href="https://open.spotify.com/track/2HeTmGTjl870ucJ8mF7zl5?si=Tf8rwRCyRr2kPaR9ElM38g" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>winner-take-all</em></a>, c’est-à-dire qu’un candidat qui obtient la majorité (plus de 50%) des votes exprimés gagne en pratique la totalité des grands électeurs associés.&nbsp;</p>



<p>Ainsi, pour qu’un tiers parti remporte un État, il faudrait qu’il dépasse à la fois les démocrates et les républicains, ce qui ne semblera pas arriver de sitôt. Puis, il faudrait répéter ce scénario dans plus d’une dizaine d’autres États pour avoir ne serait-ce qu’une mince chance de remporter la présidence. Autant dire que les embûches seraient nombreuses sur la route de la victoire.</p>



<p>De plus, les élections américaines sont un grand cirque et le billet de participation est très dispendieux. Aussi bien dire que seuls les deux grands partis, avec des centaines de milliers de petits et grands donateurs, une machine électorale bien huilée dans toutes les régions du pays et des milliers de bénévoles, peuvent envisager de mener à bien cette course.</p>



<p>Le jour du vote, un électeur se dit probablement qu’il vaut mieux se rallier à un des deux grands partis, même si aucun ne partage ses positions sur tous les enjeux, plutôt que d’appuyer un candidat émergent qui le représente sous tous les aspects, car ce dernier n’a aucune chance d’être élu. Les détracteurs diront que l’on vote donc souvent par dépit, en choisissant le moins pire parmi les candidats, alors que les apologistes diront que cela démontre la force du compromis qui caractérise l’Amérique.</p>



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<div class="wp-block-ultimate-post-image ultp-block-47a860"><div class="ultp-block-wrapper"><figure class="ultp-image-block-wrapper"><div class="ultp-image-block ultp-image-block-none"><a href="https://unsplash.com/photos/be2fzaB_EJk" target="_blank" data-wpel-link="external" rel="external noopener noreferrer"><img decoding="async" class="ultp-image" alt="Image" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/09/stephen-leonardi-be2fzaB_EJk-unsplash-1.jpg"></a></div></figure></div></div>


<p class="has-small-font-size">C’est à Cleveland, en Ohio, sur le campus de la Case Western Reserve University que se déroulera le premier débat présidentiel. L’Ohio est un swing state: en 2016, Trump avait remporté l’État par une marge plus de 8%, et a donc récolté les 18 votes de grands électeurs associés à cet État, alors que cette année, les deux candidats sont à égalité statistique. -<em><a href="https://unsplash.com/photos/be2fzaB_EJk" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> Image par Stephen Leonardi sur Unsplash</a></em></p>



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<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/29/elections-americaines-des-reponses-a-vos-questions/" data-wpel-link="internal">Élections américaines – Des réponses à vos questions</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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