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	<title>Dilara Bhuiyan - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Dieu alias l’antidépresseur le plus efficace</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/09/dieu-alias-lantidepresseur-le-plus-efficace/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dilara Bhuiyan]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[antidépresseur]]></category>
		<category><![CDATA[dieu]]></category>
		<category><![CDATA[imam]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La foi est-elle un remède à la santé mentale?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/09/dieu-alias-lantidepresseur-le-plus-efficace/" data-wpel-link="internal">Dieu alias l’antidépresseur le plus efficace</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Il y a quelques semaines, dans une mosquée, j’ai assisté à un discours d’un imam qui portait sur l’importance de la foi et de sa relation avec Dieu. L’imam insistait sur l’idée d’avoir une foi si puissante qu’elle serait immunisée contre le doute, la remise en question et le sentiment de détachement vis-à-vis de Dieu, puisque l’islam, comme le christianisme, proclame que Dieu est toujours avec soi. Il insistait sur l’importance de la religion comme ligne directrice pour la vie, un guide à suivre qui structure nos valeurs, nos pratiques et nos croyances. La religion est un manuel qui comporte les réponses à toutes nos questions et qui nous encadre lors de chaque péripétie qu’on rencontre dans notre vie. Ainsi, des restrictions existent au sein de la religion institutionnalisée pour nous protéger des conséquences que la liberté absolue peut engendrer. Par exemple, dans l’islam, l’alcool est interdit, puisque l’ivresse nous fait perdre le contrôle, ce qui peut nous mener à des situations défavorables, voire dangereuses. Une contrainte religieuse particulière est donc mise en place pour éviter de se retrouver dans cet état mentalement et spirituellement ténébreux.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Puisque Dieu n’est pas disponible par rendez-vous sur Zoom, tandis que le Cipralex est accessible par prescription, le choix semble assez simple»</p></blockquote>



<p>L’imam a ensuite souligné l’importance de la religion pour la santé mentale. Il a observé une corrélation entre le manque de foi, ou d’affiliation à une religion, et une plus grande chance de souffrir d’anxiété ou de dépression. Selon l’imam, une majorité d’athées qui souffrent de dépression majeure attribuent la cause de leur abattement perpétuel au manque de sens de la vie et à l’absence d’espoir qu’il existe une solution permanente à leur état mental. Les athées considèrent la religion comme un faux prétexte du sens de la vie. Pour l’imam, les athées pensent que les croyant·e·s sont faibles, puisqu’il·elle·s ne peuvent pas accepter qu’on est maître de notre propre destin et qu’il n’y a pas de vie après la mort. Puisque Dieu n’est pas disponible par rendez-vous sur Zoom, tandis que le Cipralex est accessible par prescription, le choix semble assez simple.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La foi d’un individu n’est pas en péril si il·elle cherche de l’aide en dehors de sa religion»</p></blockquote>



<p>Ceci étant dit, l’imam critiquait ces individus athées, puisque d’après lui, la foi est un remède aux pensées obscures. L’imam proclame que si la foi d’un individu est assez forte, il devrait reconnaître l’insignifiance du monde matériel, puisqu’il est entre les mains de Dieu. Si l’on se sent perdu·e ou confus·e, il est conseillé de prier Dieu pour se réorienter. Or, la croyance en Dieu, un être infini orchestrant ce monde limité, protège-t-elle réellement les croyant·e·s contre la dépression et l’anxiété? Pas nécessairement, puisque l’état de notre santé mentale n’est pas le résultat d’un choix conscient. Souffrir de dépression ou d’anxiété est hors de notre contrôle. Tout comme avoir le cancer ou souffrir d’une maladie cardiaque, la dépression est soudée à notre biologie et ne peut pas forcément être soignée par une prière. Il est certain qu’avoir un système de valeurs et de croyances peut nous orienter vers un chemin qui nous aide mentalement et moralement; cependant, on ne peut pas négliger les limites de la foi. Je ne condamne pas le soutien religieux pour remédier à des problèmes de santé mentale, au contraire! Si cela aide certain·e·s, c’est optimal. Mais il est aussi important de reconnaître la possibilité d’être un·e croyant·e dévoué·e tout en étant atteint de troubles de santé mentale. La foi d’un individu n’est pas en péril si il·elle cherche de l’aide en dehors de sa religion. Qui sait, peut-être même que la décision d’aller en thérapie est une intervention cachée de Dieu…</p>
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		<title>Sortir, c’est décevoir</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/19/sortir-cest-decevoir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dilara Bhuiyan]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aller danser]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[alcool]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[fête]]></category>
		<category><![CDATA[jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[nuit]]></category>
		<category><![CDATA[soirée]]></category>
		<category><![CDATA[sortir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Récit d’une rupture culturelle: une soirée pour endormir les codes parentaux.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>C’est un vendredi soir. Je suis au Second Cup sur le boulevard Saint-Laurent en train de contempler le reste de ma soirée. Je reçois des messages de mes parents. Ils sont inquiets: mon couvre-feu de vingt-deux heures approche. Je ne réponds pas. Où suis-je ? Que fais-je ? Avec qui suis-je ? Ce sont des questions qui les tracassent. Toutefois, ce soir, je ne compte pas rentrer chez moi. Ils ne le savent pas. J’ai des plans avec mes ami·e·s pour aller à une fête dans deux heures et je n’ai aucune intention d’aviser mes parents, car ils ne me le permettraient pas. «Tu ne peux pas boire d’alcool. Tu ne peux pas aller en boîte. Tu ne peux pas sortir trop tard. Tu ne peux pas porter une jupe trop courte. Tu ne peux pas être attirante. Tu ne peux pas avoir de relations sexuelles. Tu ne peux pas choisir ton partenaire. Tu ne peux pas transgresser les règlements, et tu ne peux surtout pas faire ce que tu veux.» </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ils étaient prisonniers de la conformité culturelle. Cela étant dit, je ne veux pas répéter ce cycle. Je veux me rebeller»</p></blockquote>



<p>J’ai grandi dans une famille d’immigrant·e·s conservateur·rice·s. Or, toute ma vie est dictée par des règlements et des normes à suivre. Ces règlements sont soutenus par la peur, la honte, la culpabilisation, les menaces d’abandon, les punitions, la manipulation émotionnelle et l’abus physique. C’est une dure réalité à laquelle plusieurs femmes dans ma situation sont confrontées à cause de valeurs culturelles strictes et arriérées. Dès qu’elles se rebellent, elles déraillent du «droit chemin» et sont perçues comme des fardeaux. Que ce soit de choisir de ne pas suivre sa religion ou de ne pas vouloir se marier, lorsque leur autonomie devient incompatible avec les normes traditionnelles, elles deviennent une honte pour leurs familles. Ainsi, dans ma communauté, l’idée d’une femme qui sort pendant la nuit est mal vue, car elle serait plus disposée à enfreindre les règles: la nuit représente l’intimité, l’immoralité, le danger. Mes parents craignent ma découverte de la nuit, ils essaient d’imposer des limites à ce que je peux faire. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je me maquille dans les toilettes et je change ma tenue pour porter des vêtements qui feraient retourner mes ancêtres dans leurs tombes»</p></blockquote>



<p>Lorsque j’étais plus jeune, je répugnais la sévérité et l’intolérance de mes parents, mais, avec le temps, j’ai développé une pitié pour eux depuis que j’ai réalisé que leur façon rigoureuse d’encadrer leurs enfants est une conséquence du conditionnement de leurs propres parents. Ils ont subi les mêmes restrictions et les mêmes abus. Ainsi, le traumatisme intergénérationnel devient inévitable puisque mes parents, comme plusieurs immigrant·e·s, n’ont pas eu le courage de renoncer face à leurs parents lorsqu’ils étaient jeunes, et ont dû accepter leur état de soumission. Ils étaient prisonniers de la conformité culturelle. Cela étant dit, je ne veux pas répéter ce cycle. Je veux me rebeller. Il est vingt-deux heures passées. Je me maquille dans les toilettes et je change ma tenue pour porter des vêtements qui feraient se retourner mes ancêtres dans leurs tombes. J’ai cinq appels manqués de mes parents, et je ressens une insouciance flagrante. Je devrais me sentir égoïste de ne pas les avoir confrontés et d’avoir mis mes désirs avant leurs attentes. Cependant, je me sens libre. Je rejoins mes ami·e·s et je me rends à la fête. Le dernier métro est passé avec minuit. Mes parents ont perdu espoir, car ils ont cessé de me contacter. Le reste de la soirée est comme un rêve: plus le temps passe, moins je m’en souviens. Pourtant, je me souviens de l’extase et de ma désobéissance motrice avant de m’endormir sur le canapé. À l’aube, je me réveille pour aider mon ami à ranger son appartement. Je me dirige ensuite au travail sans penser à la déception de mes parents, et, finalement, je rentre chez moi à vingt-deux heures, le lendemain.</p>
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