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	<title>Antoine Proulx - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 01 Apr 2026 15:40:05 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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		<title>La cassette commence à être usée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-cassette-commence-a-etre-usee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réponse au journal <em/>The Concordian</em> et à l’économiste Moshe Lander.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-cassette-commence-a-etre-usee/" data-wpel-link="internal">La cassette commence à être usée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Cette fois-ci, c’est la bonne. Je promets de quitter l’équipe éditoriale du Délit après cet article, qui contrevient à toutes les conditions ayant permis mon retour. Dommage. Mais je ne pouvais pas, en bonne conscience, m’empêcher de répondre aux âneries véhiculées dans le <a href="https://theconcordian.com/2026/03/costs-quebec-referendum-eric-girard-parti-quebecois/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Concordian</a> par un prétendu économiste à l’endroit des conséquences économiques d’un éventuel processus référendaire. Toujours la même cassette, le même discours fatigué, démystifié mille fois par de vrais intellectuels de toutes les époques. Je me demande comment cet article s’est échoué en Actualités, alors qu’il est dépourvu du moindre fait démontrable. Mon article a beau être classé comme une opinion, il est strictement factuel ; je voulais simplement avoir la liberté d’utiliser toutes les invectives nécessaires.</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-right">Montrez-moi un économiste qui pense que c’est [l’indépendance du Québec, ndlr] une bonne idée, et je vous montrerai un économiste au chômage.<br>-MOSHE LANDER</p>
</blockquote>



<p>Omettre de joindre des données concrètes à un argumentaire illégitime rend celui-ci intemporel.</p>



<p>Dans son entrevue, M. Lander, un habitué de la télévision de langue anglaise (et économiste à ses heures), recopie plus ou moins habilement le <em>modus operandi</em> d’une infinité de « dépendantistes » avant lui. L’épouvantail de la peur d’un effondrement économique d’un Québec souverain qu’il dresse sera toujours le plus imposant dans l’imaginaire collectif des électeurs. Il inspire un niveau d’incertitude tellement étouffant que nous nous en remettons à de supposés experts pour nous prédire le futur de notre nation, sans penser à remettre leurs sordides mensonges en question.</p>



<p><strong>La question de la décote</strong></p>



<p>Première gaffe intellectuelle (in)volontaire du <em>Concordian</em>. En trente secondes de recherches plus ou moins rigoureuses, il aurait pu comprendre les réelles causes de la décote du Québec par la Standard and Poor’s (S&amp;P) – qui n’a absolument rien à voir avec la recrudescence de l’intérêt des Québécois envers la souveraineté.</p>



<p>Le ministre Girard, avant de blâmer un potentiel référendum pour ses propres méfaits, avait affirmé sans gêne en avril 2025 que cette décote n’aurait aucun impact sur la population et qu’elle était parfaitement insignifiante.</p>



<p>La S&amp;P elle-même justifie la baisse en mentionnant la hausse fulgurante des dépenses publiques combinée à une croissance effarante de la dette sous la gouverne de la CAQ. Un journal incapable de lire les journaux, ça commence bien un article. Bien qu’il présente brièvement les récriminations du Parti québécois, le <em>Concordian</em> diffuse tout de même les propos complètement mensongers du ministre Girard, dans l’espoir peut-être que certains les méprennent pour la vérité.</p>



<p><strong>La question de l’économie</strong></p>



<p>Laisser planer le doute en présentant une fausseté comme une réalité ambivalente, soit. Pas très éthique, mais rien de réellement détestable. Cependant, le <em>Concordian</em> dépasse les bornes lorsqu’il rapporte, supposément de manière totalement objective, que les référendums ont plongé le Québec dans un marasme économique dont les effets diminuent à ce jour notre qualité de vie. Encore une fois, aucune donnée, rien d’empirique. Ce serait trop demander.</p>



<p>Il me faut contrecarrer les propos de M. Lander en deux temps. En premier lieu, absolument aucune donnée macroéconomique n’indique une crise financière d’une quelconque ampleur, le Québec ayant vu sa croissance économique se maintenir et même bondir dans la décennie suivant le référendum de 1995. Depuis cette date fatidique énoncée dans l’article, le <a href="https://policyoptions.irpp.org/fr/2025/10/le-quebec-depuis-1995-recul-ou-progres" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">PIB réel du Québec</a> a crû de 42 % (contre 34 % pour le reste du Canada), le <a href="https://www.stats.gov.nl.ca/Statistics/Topics/labour/PDF/UnempRate.pdf?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">taux de chômage</a> chutant de 6,1 % (contre 3,1 % pour le Canada), tout comme le <a href="https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/250501/dq250501b-eng.htm?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">taux de pauvreté</a>, ayant atteint 7,4 % en 2023 (contre 10,2 % pour le Canada). Qui plus est, le Québec n’a cessé de voir augmenter son taux d’alphabétisation et d’accès aux études supérieures, faisant de lui un point central d’innovation en Amérique du Nord pour une pléthore de secteurs technologiques de pointe (IA, aérospatial, biomédical, etc.).</p>



<p>Côté social, le Québec vient d’être nommé <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2026-03-19/les-quebecois-ont-ils-trouve-la-recette-du-bonheur.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">province la plus heureuse</a> par une marge considérable sur le reste du Canada. De plus, tous les indices <a href="https://www.csls.ca/reports/csls2025-03.pdf?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">(inégalités, développement humain, satisfaction de vie, etc.)</a> pertinents abondent dans le sens d’une supériorité du Québec pour ce qui est de la qualité de vie de ses habitants. La province-aspirante-pays peut aussi se targuer d’avoir un des systèmes sociaux (garderie, santé, assurance parentale/chômage) les plus développés dans le monde.</p>



<p>Aussi, absolument aucune donnée empirique ne corrobore l’affirmation présentant le Québec comme une destination abandonnée par l’immigration – surtout pour ce qui est des secteurs professionnels. Bien que les référendums aient causé un exode d’une certaine minorité linguistique vers les autres provinces canadiennes, le Québec n’a jamais cessé d’être une destination de choix pour la francophonie internationale.</p>



<p>J’ai l’impression que cet article devient une banale présentation de faits économiques simples, mais comment faire autrement? Je ne vois aucune autre façon de répondre à des mensonges pourtant archi-convenus, qui font de l’infériorité du Québec un fantasme et l’attribuent directement à la volonté du peuple à se libérer d’un oppresseur pétrolier néocolonial.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-left">« Rien de plus simple pour effrayer les masses que leur faire croire qu’on s’attaque à leur portefeuille, à leurs impôts, à leur stabilité. Le confort (et la menace de le perdre) sera toujours l’ennemi du changement »</p>
</blockquote>



<p><strong>La question du coût de la démocratie</strong></p>



<p>M. Lander présente ensuite son plus brillant argument en défaveur de l’indépendance du Québec. Supposément qu’il faudrait renoncer à l’autodétermination parce que la tenue d’un référendum engendrerait un coût supplémentaire exorbitant pour l’État; on parle de 144 millions de dollars (selon moi, une surestimation bancale) provenant de l’argent des contribuables. Vraiment? Le coût de la démocratie comme argument contre la démocratie? Peut-être que, suivant cette logique, on pourrait organiser des élections tous les dix ans? Tous les 20 ans? Et pourquoi pas jamais! On épargnerait un beau petit pactole!</p>



<p>Franchement, on est sur de la propagande de bas étage. Même si on s’en tient à l’estimation de 144 millions, la dépense ne représente que 0,0865 % des revenus annuels de l’État québécois… une jolie aubaine pour une liberté convoitée depuis des siècles.</p>



<p><strong>La question des négociations</strong></p>



<p>Ne faites pas l’indépendance, c’est trop compliqué pour vous!</p>



<p>Une solution viable et libératrice pour plus d’une trentaine de nations depuis 1980, mais pas pour le Québec, bien sûr. L’article présente la province comme absolument dépourvue de tout pouvoir de négociation, attachée à sa dette et à des infrastructures fédérales coûteuses.</p>



<p>C’est à se demander qui a payé pour Valcartier, les autoroutes, les ports, les ponts… Le Québec est le deuxième plus important contributeur aux revenus fiscaux du Canada, et a financé une infinité d’initiatives contraires à ses intérêts (lire ici l’industrie gazière/pétrolière). Nous sommes une nation riche, éduquée, productive et progressiste, mais nous serions supposément incapables de mettre nos ressources de l’avant pour négocier avec le Canada (voie maritime du Saint-Laurent, ressources naturelles, industries et technologies). Je n’y crois pas un instant.</p>



<p>La vérité est que nous sommes – géographiquement et économiquement – absolument essentiels au Canada, et qu’il ne déploie ses honteuses fabrications que pour nous convaincre de notre petitesse et de notre incompétence. Le Québec n’aura aucun mal à pérenniser sa vitalité, enfin délesté de l’appareil fédéral qui l’enlise dans une dette monumentale. Il pourra contrôler sa politique fiscale, et démanteler une énième invention de M. Lander quant à l’augmentation des taux d’imposition sur les Québécois.</p>



<p>Rien de plus simple pour effrayer les masses que leur faire croire qu’on s’attaque à leur portefeuille, à leurs impôts, à leur stabilité. Le confort (et la menace de le perdre) sera toujours l’ennemi du changement.</p>



<p><strong>La question de l’emploi</strong></p>



<p>En plus d’être carrément impertinent, M. Lander fait preuve d’un impressionnant dédain envers les Québécois. Sa supposition selon laquelle tout économiste défendant la libération du Québec est un chômeur déguisé est vomitive. On ressent tout le dédain coutumier d’un détestable sujet de Sa Majesté, bien coiffé pour un segment à la CBC ou à CTV <em>in english only</em>.</p>



<p>Connaît-il Jacques Parizeau? Un économiste doctorant à la <em>London School of Economics </em>; ministre des Finances et ancien premier ministre du Québec? Il avait un plan clair, une vision économique fondée sur les chiffres et les faits, combinée à une réelle volonté de voir le Québec s’accomplir pleinement dans tous les domaines en accédant à son indépendance.</p>



<p>Il ne doit pas manquer de chômeurs chez les économistes, j’en conviens. Mais peut-être bien que certains mériteraient cette situation plus que d’autres.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-cassette-commence-a-etre-usee/" data-wpel-link="internal">La cassette commence à être usée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>La religion, ennemie éternelle de la femme</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/la-religion-ennemie-eternelle-de-la-femme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[inégalité]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60398</guid>

					<description><![CDATA[<p>Démasquer dans l’irrationnel les mécanismes d’une oppression réelle.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/la-religion-ennemie-eternelle-de-la-femme/" data-wpel-link="internal">La religion, ennemie éternelle de la femme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Dans l’espoir d’osciller toujours entre la pertinence et la provocation, je vous propose cette semaine une critique des détestables conséquences de l’ésotérisme (lire ici la religion) sur l’avancement de la condition féminine. Cette chronique, curieusement, n’est en fait que l’extension d’un argumentaire étayé au cours d’une discussion tendue dans le local du Délit, elle-même déclenchée par un fait divers impliquant l’Université Concordia. Il était alors question d’une salle de prière dans un de ses bâtiments, dont l’accès était interdit aux femmes. Un bâtiment public, ségrégué. J’étais consterné.</em></p>



<p class="has-text-align-right">Les hommes font les dieux et les femmes les adorent – JAMES GEORGE FRAZER</p>



<p class="has-text-align-right">Entre autres chez les juifs, les musulmans, les chrétiens, l’homme est le maître par droit divin : la crainte de Dieu étouffera chez l’opprimée toute velléité de révolte – SIMONE DE BEAUVOIR</p>



<p>Étant moi-même issu d’un milieu particulièrement croyant, je comprends l’attrait de la béquille intellectuelle que représente la dévotion à une entité imaginaire. Un joyeux mélange de déni et de paresse. L’inexplicable trouve son sens dans la volonté incompréhensible d’un être invisible et omniscient. Et nos naïves réflexions existentialistes? Nos questions sur la misère, la souffrance et la mort? Rabrouées par une sorte d’alliage institutionnel entre pédophiles et mégalomanes-investis-du-Saint-Esprit. <em>Repentez-vous, mes enfants, le salut approche.</em></p>



<p>Une société domestiquée et aveuglée par le mysticisme est condamnée d’office à une stagnation socio-intellectuelle qui ne bénéficie toujours qu’aux tributaires du pouvoir.</p>



<p>C’est donc pourquoi je crois que la sécularisation du Québec est l’un de nos plus formidables accomplissements du dernier siècle. Nous sommes passés, en 30 ans à peine, d’un peuple abruti par des curés bien dressés à une nation refusant de voir en son existence une simple antichambre de la mort (et son ô combien désirable vie éternelle). Trente ans, c’est long, mais un cancer, c’est tenace.</p>



<p>Qui furent les grandes gagnantes socioculturelles de cette chimiothérapie sociale? Une évidence, pour les plus perspicaces : chaque fois qu’un système construit et dominé entièrement par des hommes s’effondre, ce sont les femmes qui en tirent profit.</p>



<p><strong>La poursuite de l’indémontrable</strong></p>



<p>Les plus dévots verront en moi une sorte d’hérétique qui ne voit que le mal au sein de cultes faisant la promotion de valeurs merveilleuses, comme la miséricorde, la générosité ou l’entraide. Merci, tartuffes, mais votre errance n’apporte rien de pertinent à mon analyse du piège religieux. Le vitriol qu’il répand n’émane pas simplement de l’existence de la religion elle-même, mais plutôt de son interprétation, son institutionnalisation et sa marchandisation, qui en font une farce présentée comme la supposée ligne directrice de notre existence. Ce que je condamne dans le catholicisme québécois, je le condamne aussi dans les manifestations des autres religions (surtout monothéistes) au sein de notre société. Elles ne sont après tout que l’extension d’un système patriarcal millénaire dont l’objectif unique est la domination de l’homme sur la femme.</p>



<p>Pourquoi m’acharner sur la religion, quand tant d’autres formes d’oppressions s’entrelacent pour étouffer la pleine existence de la femme dans notre monde? Peut-être (incontestablement) à cause de son petit côté buisson ardent, son aspect complètement incontestable qui en fait l’arme dialectique par excellence contre l’atteinte de l’égalité des genres.</p>



<p>La religion exige de son sujet une croyance aveugle, une foi inébranlable à l’épreuve de toute explication rationnelle. Autant dire qu’elle exige une remarquable malléabilité des esprits, doublée d’une admirable crédulité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« En subtilisant sa propre faiblesse d’esprit pour la transposer sur les envies d’une figure toute-puissante, l’homme a réussi à socialiser le concept d’inégalité des genres tout en l’imperméabilisant contre les attaques les plus logiques des injustices en découlant inévitablement »</p>
</blockquote>



<p>Notre modernité nous confère désormais une compréhension profonde et précise de la pensée, des êtres et de leur substance, si bien qu’il est à présent impossible de présenter un argument rationnel plaçant la femme comme inférieure à l’homme. Alors quand, au nom de la religion, on exige de la femme la modestie, la serviabilité et la docilité dont le patriarcat raffole, il s’agit de la plus évidente démonstration de la lâcheté de ceux qui en font la promotion. S’ils avaient au moins le courage d’avouer qu’ils veulent que la femme leur soit subalterne, le problème serait déjà à moitié résolu. Il ne s’agirait alors que du banal jugement d’un homme, d’un groupe d’hommes, d’un monde d’hommes. Une alliance tordue des esprits certes très puissante, mais basée sur une incompréhension humaine, non pas un jugement divin.</p>



<p>En subtilisant sa propre faiblesse d’esprit pour la transposer sur les envies d’une figure toute-puissante, l’homme a réussi à socialiser le concept d’inégalité des genres tout en l’imperméabilisant contre les attaques les plus logiques des injustices en découlant inévitablement.</p>



<p><strong>L’obsession laïque</strong></p>



<p>Je ne veux surtout pas que vous associiez mon dédain pour la religion à de l’intolérance pour sa simple pratique. Bien que je ne croie pas souhaitable pour notre avancement collectif la pratique d’une quelconque croyance centrée sur autre chose que l’humain, libre à chacun de croire ce qu’il veut. Libre à chacun de me juger et de me condamner à la géhenne éternelle. </p>



<p>Mais je ne crois pas avoir tort en disant que toute croyance, religieuse ou pas, qui fait de la femme un outil pour l’homme ne devrait pas polluer une société se voulant égalitaire. Peut- être trouvez-vous mon exégèse inexacte? Peut-être alors que je ne sais pas lire, que j’interprète mal la Bible, le Coran ou la Torah? Peut-être que c’est mon esprit malade de cynique qui fabule des passages (écrits par des hommes-aspirants Dieux) qui lapident des femmes, qui les confinent à la vie privée, qui les persécutent pour l’exercice simple de leur volonté? </p>



<p>Le Québec, j’ose le croire, aspire à réduire toujours plus le fossé séparant les genres, lui-même un héritage de nos systèmes socio-religieux. Je ne vous parle bien sûr pas des dérives électoralistes misogynes de la CAQ, qui voient dans les signes religieux une abomination doublée d’un outil d’endoctrinement démoniaque. </p>



<p>Ce gouvernement intolérant (et intolérable) se contente de hiérarchiser par ses décrets les religions et empêcher d’autres croyances de prendre la place de l’héritage dégoûtant du christianisme. Il prône non pas l’égalité, mais la xénophobie, le refus de l’autre et l’hypocrisie la plus totale. </p>



<p>Permettez-moi simplement de formuler le raisonnement suivant. Peut-être le trouverez-vous simpliste. Moi, je lui trouve une franche simplicité. </p>



<p>Si, comme martelé avec conviction par le féminisme, l’homme est le principal catalyseur des inégalités entre les genres par l’intermédiaire des structures du patriarcat ; </p>



<p>Et que l’homme, créateur des religions, a construit la société autour de ces croyances pour consolider sa supériorité factice ; </p>



<p>Alors, la religion créée, peu importe la forme qu’elle prend, vise foncièrement à soumettre les femmes à son autorité, ce qui la rend fondamentalement incompatible avec l’atteinte de l’égalité des genres au sein de la société. </p>



<p>Tout système fondé par l’homme ne fait que réifier sans relâche la femme : pourquoi la religion serait-elle l’exception? Pourquoi nous permettons-nous encore d’opprimer les femmes en invoquant l’autorité d’un Dieu chimérique? </p>



<p>Les inégalités sont difficiles à enrayer, mais elles sont impossibles à effacer si elles continuent de prendre appui sur une hallucination collective qui en fait la vérité de milliards de personnes sur Terre. Délaissons cette dépendance maladive à l’invérifiable pour enfin nous focaliser sur une réalité véritablement empirique ; celle selon laquelle nous sommes tous et toutes égaux dans notre humanité. Et, n’en déplaise aux vendeurs d’indulgences et aux amoureux de soutanes en tous genres, nous ne sommes que notre humanité. Rien d’autre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/la-religion-ennemie-eternelle-de-la-femme/" data-wpel-link="internal">La religion, ennemie éternelle de la femme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La fatigue politique du Canada français</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/la-fatigue-politique-du-canada-francais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60230</guid>

					<description><![CDATA[<p>Essoufflement et obsolescence programmée d’une liberté partisane.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/la-fatigue-politique-du-canada-francais/" data-wpel-link="internal">La fatigue politique du Canada français</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>L’article qui suit est une humble proposition adressée au journal Le Devoir dans le cadre de son concours récompensant un texte d’opinion issu du milieu du journalisme étudiant. L’exercice proposé est simple : il demande aux aspirants-chroniqueurs de se prononcer sur la sagesse de 1976 dont le Québec devrait s’inspirer dans la construction de sa modernité. Je croyais rêver éveillé. En échange de la moitié du pactole promis advenant une victoire, Le Délit me laisse hanter ses pages de mes espoirs pour le tortueux périple du Québec vers la liberté. Le titre est emprunté (bien que retouché) à Hubert Aquin, un intellectuel saisissant et provocateur, et, tristement, suicidé notoire du peuple canadien-français. Le reste m’appartient entièrement, mais est en réalité la vérité collective de tout un peuple.</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">Pour moi, tout parti politique n’est au fond qu’un mal nécessaire, un de ces instruments dont une société démocratique a besoin lorsque vient le moment de déléguer à des élus la responsabilité de ses intérêts collectifs. – RENÉ LÉVESQUE</p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">La culture canadienne-française offre tous les symptômes d’une fatigue extrême: elle aspire à la fois à la force et au repos, à l’intensité existentielle et au suicide, à l’indépendance et à la dépendance. – HUBERT AQUIN</p>
</blockquote>



<p>La partisanerie est l’agonie de toute grande lutte de libération politique et sociale. De l’endoctrinement abrutissant de gauche ou de droite, maoïste ou franquiste, quelle importance! C’est le peuple qui en souffre. Si nous, Québécois et Québécoises, avons fait des progrès considérables dans les 50 dernières années en tant que société, n’en demeure pas moins que nous nous sommes embourbés dans une quête électoraliste paralysante, fatiguée et <em>fatigante</em>.</p>



<p>Je suis d’avis que la poursuite de l’indépendance du Québec est fondamentale au maintien de la nature distincte des peuples qui le composent et à la survie – optimalement, l’enrichissement – de la culture qui le définit. Prémisse de mon argumentaire dont la validité ne fait toutefois pas l’unanimité. Trop nombreux (et puissants, influents…) encore sont ceux qui s’affairent à régurgiter une rhétorique <em>dépendantiste</em> fondée sur des aménagements toujours plus déraisonnables au sein de la Confédération canadienne. La liberté, oui, mais pas à n’importe quel prix. Combien de temps devrons-nous attendre les concessions du gouvernement canadien? Combien de temps encore croirons-nous au mensonge de la Confédération et à ses promesses d’un fédéralisme renouvelé? Quel sera le prix de l’immobilisme?</p>



<p>Quel sera le prix de la naïveté? De la peur?</p>



<p>Personne, devant une liberté nouvellement acquise, ne songerait à redevenir captif, sous prétexte qu’il serait trop ardu de déterminer les conditions de son existence. Aucun peuple, aucune nation n’a regretté son indépendance. Aucun être n’a regretté sa liberté. Je nous supplie donc collectivement de cesser de la réduire à un calcul fiscal profane et invalide.</p>



<p>Mais la responsabilité pour notre soumission prolongée ne peut être simplement imputée à l’insipidité de la rhétorique fédéraliste. Le projet indépendantiste, tel qu’imaginé par Lévesque et ses contemporains, se voit vicié par l’institutionnalisation du parti qui se porte garant de son atteinte. Le même Parti québécois dont les fondateurs sont mythologisés par l’imaginaire collectif de notre peuple n’est maintenant qu’une banale structure du pouvoir, qu’un rouage dans l’appareil démocratique de notre nation.</p>



<p>L’indépendance devient un enjeu partisan et électoral, porté par un parti tantôt de gauche, tantôt de droite, et trop peu souvent orienté vers l’avant. Pathétique, cette régression horizontale systématique du Parti québécois qui fait fi de la nécessité catégorique de l’indépendance, se concentrant plutôt sur l’appâtage éhonté d’électeurs indécis. L’atteinte du pouvoir, bien que nécessaire pour le déclenchement d’un processus référendaire, ne doit pas se faire aux dépens de sa vocation constitutive, celle de donner enfin une nation souveraine au Québec. Le Parti québécois n’est pas maléfique pour autant ; il joue le jeu, il taille sa place dans un système qu’il voudrait voir complètement réformé…</p>



<p>Mais il est trop tard. L’idée est toujours aussi essentielle, mais son véhicule est usé, inadapté, trop polarisé pour pouvoir espérer rallier une majorité convaincante derrière le projet de société que représente l’indépendance. Le cynisme grandissant de la population face au Parti québécois mine le soutien pour la cause indépendantiste, qui en est à présent fonctionnellement indissociable. Voir autant de gens se refuser leur indépendance parce qu’ils n’apprécient pas les sautes d’humeur de Paul St-Pierre Plamondon ou qu’ils n’aiment pas sa plateforme sur les petites et moyennes entreprises (PME), l’immigration ou le retour des Nordiques, c’est déchirant et carrément délirant. L’indépendance n’est pas l’affaire d’un individu ou de son parti. Il est inutile de chercher en un élu une sorte de héros national, un Maurice Richard ou un Lucien-Bouchard-le-miraculé des temps modernes : notre libération sera la décision collective de tout un peuple. Nous sommes l’indépendance, pas le Parti québécois.</p>



<p>Toutes les avancées fulgurantes du dernier demi-siècle sont le fruit d’une prise de confiance généralisée des Québécois envers leurs propres capacités. Nous sommes à présent un peuple qui sait reconnaître sa grandeur, sans s’écraser dans le rôle de subalterne minuscule qui a longtemps fait notre opprobre. Mais nous avons encore peur, si ce n’est que d’une chose : nous sommes terrifiés à l’idée d’<em>être</em>.</p>



<p>Peut-être est-ce la peur de l’inconnu, du vide, du néant prétendument engendré par la formation d’une entité politique québécoise. Ou bien est-ce la peur d’un Québec totalitaire dominé par une sorte de clique fondatrice du pays, condamnant tout autre mouvement politique à l’impotence la plus totale. Des peurs profondément irrationnelles, mais ô combien efficaces dans leur dissuasion!</p>



<p>Voilà donc toute la pertinence de nous inspirer de 1976 (et de la décennie ayant précédé cette première victoire électorale du Parti québécois) pour achever la construction du Québec. Il faut repartir de zéro, non pas dans l’idée proposée, mais dans la structure qui l’accompagne. Nous devons nous délester de cette association systématique de l’indépendance au Parti québécois et faire renaître le mouvement sur une base nouvelle, ancrée dans la force de sa société civile. Il faut que ce soit le peuple qui dicte réellement sa vision pour le futur du Québec. Il ne fait aucun doute qu’une telle approche ne pourra que rallier davantage de Québécois de tous azimuts vers un projet de pays qui leur ressemble, et non pas à la promesse de conservation d’une nation figée dans une époque folklorique de survivance. Ce nationalisme réducteur est d’ailleurs un poison, répandu non pas par le Parti québécois, mais plutôt par le seul fait de son archaïsme structurel. Il a trop changé, trop dévié, trop bifurqué pour espérer déjouer la perception figée que s’en font quatre générations de Québécois.</p>



<p>Oui, nous avons besoin de porte-parole du projet indépendantiste, mais leur rôle doit se limiter à une application <em>stricto sensu</em> : ils ne doivent être que les porte-voix du peuple, sans chercher à marquer l’imaginaire collectif par des prouesses de charisme et de charme politique. L’amour qu’a un peuple pour ses politiciens est éphémère et immanquablement voué à s’effriter. Oui, nous avons besoin des institutions démocratiques pour mener le projet à terme, mais l’essentiel du travail doit être accompli, pour être d’une quelconque légitimité, par le peuple.</p>



<p>Le peuple ne cessera jamais de s’aimer, de vouloir son bien et son épanouissement, tout comme il ne cessera jamais de craindre et de remettre en question ceux qui le gouvernent. À l’instar de ces grands porte-parole du peuple que furent Lévesque, Chaput, Bourgault et Chartrand, nous devons aspirer à fonder un appareil politique dont l’unique objectif est l’atteinte de l’indépendance, par le peuple, pour le peuple. La fatigue politique des Canadiens français ne pourra se résorber que s’ils se décident à devenir enfin des Québécois, par la force de leurs actions. Ainsi, nous vivrons. Autrement, notre sommeil nous condamne à la disparition.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/la-fatigue-politique-du-canada-francais/" data-wpel-link="internal">La fatigue politique du Canada français</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Les bienfaits d’être un lâche</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/les-bienfaits-detre-un-lache/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[contribution]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[ignorance]]></category>
		<category><![CDATA[inaction]]></category>
		<category><![CDATA[moralité]]></category>
		<category><![CDATA[savoir]]></category>
		<category><![CDATA[volonté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La neutralité au service des injustices.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Le titre de cet article évoque une de mes tentatives vaines à motiver nos lecteurs dans l’espoir de faire d’eux des contributeurs du Délit. Au cours de ma pseudo-carrière au sein du journal, j’ai essayé la provocation, l’attrition et les supplications, me butant toujours à l’inaction. Compréhensible, pour une pléthore de raisons, parmi les- quelles mon côté abrasif et légèrement détestable doit figurer en tête du classement. Mais j’ose ici formuler l’idée que c’est surtout parce qu’écrire en Opinion exige d’accepter une part de risque et d’aller au-delà du simple recel d’informations exécuté mille fois par les troubadours du quatrième pouvoir. Il faut réfléchir pour soi ; une entreprise des plus vertigineuses lorsqu’on s’est habitué à répéter ce qui a été réfléchi pour nous. </em></p>



<p>La neutralité est une affliction dont l’inaction est le plus virulent symptôme. Ça en jette, non, comme première phrase? Ça fait apprenti-philosophe-frais-chié-arriviste-intellectuel-light. Ça me mérite amplement le statut de dignitaire de la glorieuse McGill University – ne manque plus que ma conversion à l’anglais. Continuons. </p>



<p>Loin de moi l’idée de tous vous traiter de pestiférés intellectuels pour cause de votre refus d’écrire, je dois cependant vous confier que votre inaction me frustre. Mais, soyez sans crainte, vous n’êtes pas seuls. Nous sommes tous tributaires d’un écosystème politico-médiatique qui dévoue tout son savoir-faire à une création de sa neutralité, de son objectivité feinte. Si la neutralité m’est vomitive, c’est bien parce qu’elle cache une sorte de dissimulation systémique et systématique de la vérité. On nous vend l’importance de médias purement factuels, d’une presse libre complètement illusoire, de gouvernements bienveillants et démocratiques… il faut bien que quelqu’un soit le détenteur de la vérité! Je ne veux pas osciller entre cynisme et complotisme, étant moi-même un (minuscule) (microscopique) engrenage de ce système, mais force est d’admettre que chaque action, décision et reportage a un objectif bien plus large que celui d’informer. </p>



<p>Ne sont apolitiques que les annonceurs de numéros de loterie et les diseuses de bonne aventure météorologique. Et encore! Toute action que nous posons est politique, et toute action que nous refusons de poser l’est tout autant. Nous devrions avoir infiniment plus de reproches pour l’inaction réfléchie que pour l’action réfléchie. Et nous devrions carrément monter aux barricades contre ceux qui prétendent être passifs et impartiaux, mais modulent la réalité pour mieux se l’approprier. De toute façon, l’impartialité est un choix en soi, et donc forcément partial, puisqu’il implique notre jugement. Un peu métaphysique comme début d’article, je le concède. Je vous bombarde de concret sous peu, promis. </p>



<p>Innombrables sont les hypocrites qui se donnent bonne conscience en restant objectifs, neutres, impassibles devant toute la misère et la souffrance du monde. </p>



<p>La formule est si efficace. Maquillés et savamment entraînés, les colporteurs de vérité nous vendent leur objectivité de téléjournal. Quand on parle d’Israéliens, d’Américains ou du monde pseudo-développé, les morts sont des victimes, les gens sont tués, assassinés, massacrés. Quand un Gazaoui ou un Soudanais meurt, il existe deux ingénieuses façons de nous le présenter. Soit il meurt, sans plus, d’une mort étymologiquement naturelle, soit c’est un dangereux terroriste, une menace à l’aseptisation générale de notre monde. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Quel intérêt de diffuser ou dénoncer la souffrance si elle ne déstabilise pas notre précieux quotidien? Vaut mieux donner du temps d’antenne à la marmotte qui annonce le printemps ou aux concours pour chiens savants »</p>
</blockquote>



<p>Combien de temps a mis Radio-Canada à enfin utiliser le terme « génocide » après les constats alarmants de l’ONU (déjà 79 ans en retard)? Et La Presse? Et Le Devoir? Et nos gouvernements? Et nous-mêmes? Combien de temps avons-nous prétendu voir dans le meurtre de civils un conflit ambivalent? Combien de temps avons-nous réellement cru que des enfants étaient en réalité des soldats du Hamas? Et le dévoilement de la vérité n’a été rendu possible que par l’énormité du mensonge collectif : 67 000 morts, ça commence à faire tout un tas. Visible depuis la Lune, certainement. Mais pas sur nos écrans. </p>



<p>Faisons un moment abstraction de ce que nos diffuseurs du savoir absolu se plaisent à appeler un conflit. Ce n’est, après tout, qu’un exemple parmi tant d’autres. Au Rwanda, au nom des principes de non-ingérence et de neutralité, 800 000 personnes sont mortes en 100 jours. Même sort pour les peuples du Biafra, du Congo, du Timor, du Myanmar, du Cambodge… Notre penchant pour l’évitement semble motivé par notre niveau d’intérêt envers les victimes. Peut-être qu’elles ne sont tout simplement pas assez blanches pour que l’on s’intéresse à elles de manière désintéressée. Une perte de temps, selon nos régisseurs, de défendre concrètement TOUS les peuples marginalisés et en voie d’extermination. Encore quelques milliards pour l’Ukraine? </p>



<p>Allons plutôt instaurer la démocratie en Irak et au Venezuela, et tant mieux si le pétrole y coule à flots! Allons en Afrique du Sud mettre fin à l’apartheid, si cela nous facilite l’accès aux diamants et aux émeraudes qui y pullulent! Si seulement la Palestine produisait des semi-conducteurs et le Soudan du lithium : on ne parlerait que d’eux. Les grandes puissances se bousculeraient pour les sauver, histoire de leur faire goûter les délices de la démocratie. Adieu l’inaction! </p>



<p>Dommage pour eux de ne pas pouvoir saisir l’opportunité. Les nations en ruine ne peuvent être des victimes aux yeux du monde que si elles sont utiles. Une belle leçon de néo-post-libéralisme-mercantiliste-humanitaire. </p>



<p>Quel intérêt de diffuser ou dénoncer la souffrance si elle ne déstabilise pas notre précieux quotidien? Vaut mieux donner du temps d’antenne à la marmotte qui annonce le printemps ou aux concours pour chiens savants. Du pain tranché et des jeux vidéo. Soyons bêtes. Restons-le. </p>



<p>Je ne suis bien sûr aucunement qualifié pour faire figure de moralisateur de nos institutions. Je ne détiens pas un sens absolu du bien et du mal. Mais faut-il vraiment être parfaitement noble, informé et omniscient pour oser défier les adeptes du vide?</p>



<p>Faut-il vraiment attendre les rapports de l’ONU ou les condamnations en cour internationale pour identifier un crime? Sommes-nous incapables de voir dans la souffrance de l’autre une injustice suffisante pour briser enfin ce sacro-saint attachement à la neutralité journalistique et étatique? Je ne fais pas ici l’apologie de l’ingérence ou d’interventions illégales, évidemment. Je ne fais que m’opposer vertement à l’oisiveté universelle qui nous empoisonne. </p>



<p>Je ne veux cependant pas donner l’impression que je m’oppose à l’information qui pourrait être véhiculée de manière réellement objective. J’argue simplement qu’elle n’existe pas. Il est impossible pour les médias, pour nos élites et autres tortionnaires de nous transmettre la vérité. Il ne s’agira toujours que d’une histoire. Racontée avec brio et en moult détails, mais une histoire quand même. Une histoire pleine de vérité, filmée de manière mensongère. Un montage. Un canular. Une preuve à conviction absolument irréfutable de la complicité de nos systèmes dans la pérennisation des maux de l’humanité. </p>



<p>Cessons donc de prétendre que nous sommes neutres. Ce serait déjà un bon début. Acceptons que tous nos gestes aient un sens idéologique, et que notre inaction soit encore plus condamnable que l’exercice de notre jugement. Rester passif, c’est consentir et collaborer, et l’Histoire ne donne que très peu souvent raison aux collabos. Il en vaudra toujours mieux de défendre ses convictions que de courtiser sans cesse l’appréciation de tous en abandonnant nos combats les plus fondamentaux.</p>



<p>La lâcheté n’est pas génétique ni congénitale ; elle est apprise, acquise, internalisée. Elle n’est heureusement pas incurable. À force de volonté, on peut en venir à bout. Je vous supplie de trouver quelque chose qui saura vous indigner. Et, si vous vous en sentez capables, je vous exhorte de l’écrire. Mais bon, chaque chose en son temps.</p>



<p></p>
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		<title>La poursuite maladive de l’exotisme</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/la-poursuite-maladive-de-lexotisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[ONF]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Enjeux de découvrabilité dans la recherche de notre identité.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Mon départ ayant permis un court (mais, à mon sens, suffisant) répit à notre département juridique, il m’a été proposé par ma nouvelle patronne de reprendre du service au Délit. Elle m’a promis une faramineuse augmentation salariale, en échange de laquelle je ne lui ai promis qu’une seule chose : je mets une croix sur mon sujet de prédilection. Je ne parle plus du Québec ni de libération nationale ; plus jamais! Tout le monde a son prix… Allez, Eugénie, encore 100$ par mois et je deviens fédéraliste!</em></p>



<p>J’ai récemment visionné pour une énième fois Voir Miami…, magnifique court-métrage documentaire de Gilles Groulx, un maître bien dissimulé du cinéma québécois. Il y expose avec une remarquable candeur cette fascination que nous avons pour une vie qui semble si paradisiaque, loin de notre pays polaire, mais dont nous sommes vite désillusionnés. Peut-être parce que cette oisive perfection devient inévitablement fade. Ou bien parce que nous sommes un peuple éternellement insatisfait.</p>



<p>Mais d’autres s’y plaisent, s’y sentent repus, dignes. Comme s’ils avaient atteint l’apex de l’existence humaine, depuis lequel ils peuvent à présent toiser leurs subalternes (anciennement, leurs semblables). Supérieurs, ils ne sont plus ce qu’ils ont jadis été.</p>



<p>Il existe au Québec une affliction qui doit être l’affaire de tous les petits peuples, minables sous-cultures qui auraient clairement tout à gagner de devenir des copies de l’impérialisme culturel de notre temps. Ce syndrome n’a qu’un seul symptôme : le refus catégorique d’être soi.</p>



<p>Je ne prétends pas être davantage qu’un simple observateur perplexe de ce phénomène, néanmoins il me semble qu’il crève les yeux. Surtout dans le domaine du cinéma, secteur culturel à mon sens le plus centralisé, dominé par la sacro-sainte culture de l’hollywoodisme.</p>



<p>On ne mesure la réussite de nos cinéastes que par les opinions des autres sur leur travail (rendu déjà bien difficile par les bonzes de Téléfilm Canada et al.). Il faudrait les voir pirouetter sur le tapis rouge de Cannes, se gorger de caviar à la Mostra et embaucher des escortes aux Oscars pour être certains de la qualité de leurs œuvres. Le marché québécois est trop petit, trop insignifiant – ses consommateurs incapables de discerner un grand film d’une annonce pour le lait.</p>



<p>Alors, nos cinéastes en deviennent eux-mêmes convaincus (Xavier Dolan et son ridicule accent français, par exemple) et veulent graduer, histoire de devenir de véritables génies. Des génies américains, français, italiens, japonais… Pour devenir un « grand-maître », il faut être Godard, Kurosawa, Fellini ou Bergman. On ne peut se contenter d’être Groulx, Perrault, Falardeau ou Arcand.</p>



<p>Un problème d’identité qui ne se limite pas au cinéma.</p>



<p>Il pourrait être dit que le cinéma québécois n’est simplement pas aussi bon que les autres. Si c’est par la loi de la popularité et des recettes au box-office que sont jugées nos productions, cette accusation devient une certitude.</p>



<p>Le système tout entier n’est qu’une gargantuesque machine à profit, une optimisation des ressources des grands studios. Une chambre d’écho perfectionnée abritant critiques, publicistes et autres génies autoproclamés qui se font les gardiens du bon goût. Leurs opinions et leurs campagnes publicitaires guident nos choix, déterminent nos préférences et nous condamnent éventuellement à être incapables de décider pour nous-mêmes la réelle qualité de l’œuvre que nous pensons consommer. On nous fait comprendre ce que l’on devrait voir, et on applaudit le tout bêtement, bien domptés que nous sommes.</p>



<p>Dans ce zoo pseudo-intellectuel, une lueur d’espoir. Une faible lueur, que seul l’intérêt pour qui nous sommes réellement peut raviver. Si nous voulons sortir de cette hébétude, cette stupeur béate dans laquelle le monde nous plonge, il faut faire le choix d’arrêter d’imaginer la supériorité des autres sur nous. Il faut arrêter de chercher Miami à Blanc-Sablon, Hollywood à Québec et New York à Tadoussac.</p>



<p>Pour ce faire, je propose une cure de désintoxication. Un régime intensif alliant Groulx et O’Bomsawin, Brault et Nguyen. Les Anciens comme les Nouveaux, non pas dans une futile opposition des styles, mais dans un effort de compréhension de l’histoire cinématographique québécoise. Le récit de nos peuples, racontés par nos peuples, sans avoir la prétention de rafler des prix vides de sens, attribués au plus offrant. Je suis persuadé que vous trouverez un génie sans pareil dans Pour la suite du monde ; et si vous en êtes incapables, je suis persuadé qu’un critique-mercenaire engagé à gros prix saura le faire pour vous.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Je suis persuadé que vous trouverez un génie sans pareil dans<br>Pour la suite du monde ; et si vous en êtes incapables, je suis<br>persuadé qu’un critique-mercenaire engagé à gros prix saura le<br>faire pour vous »</p>
</blockquote>



<p>Pour que nous – et par extension, nos cinéastes – ne souhaitions plus jamais être autre chose que ce que nous sommes, il faut impérativement encourager davantage de découvrabilité de nos contenus. L’ONF, Éléphant Films et d’autres organisations accomplissent un travail honorable de diffusion et de catalogage de nos archives québécoises, mais le résultat est imparfait, incomplet, et, opprobre ultime (dans certains cas), payant.</p>



<p>Notre culture, notre histoire et notre présent: introuvable ou à vendre.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Si nous voulons sortir de cette hébétude, cette stupeur béate<br>dans laquelle le monde nous plonge, il faut faire le choix d’arrêter<br>d’imaginer la supériorité des autres sur nous. Il faut arrêter de<br>chercher Miami à Blanc-Sablon, Hollywood à Québec et New<br>York à Tadoussac »</p>
</blockquote>



<p>Quelle différence avec les autres productions cinématographiques internationales? Nos films, nos documentaires, nos courts-métrages… une immense partie de nos contenus sont (ou ont été) financés par l’État. Et nous finançons l’État. Donc, ces films sont à nous. Ils sont nous. Ils portent sur notre passé, sur notre histoire et sur nos peuples. Il est vrai qu’on ferait mieux de vivre pour le présent, et encore plus pour le futur. Mais bon, tant qu’à ne plus refouler qui nous sommes, autant savoir ce que nous avons pu être. Avec un peu de chance, nous en aurons moins honte.</p>



<p>Moins de la moitié des films financés par l’Office national du film du Canada (ONF) sont accessibles au grand public, pour ne compter que ceux-là. Pareil pour les archives de Radio-Canada, Téléfilm Canada et d’autres plateformes dont la responsabilité impute évidemment au gouvernement fédéral. Je vous épargne le commentaire politique, mais je crois qu’il serait essentiel de procéder à un rapatriement, sinon de nos compétences, de notre cinématographie. Il est impératif que nous cessions toujours d’aspirer à être autre chose que nous sommes, et cette transformation du rapport à notre identité ne peut passer que par une réappropriation de nos grands maîtres. Et, bien sûr, la réalisation qu’ils ne sont pas moins grands qu’ailleurs.</p>



<p>Il est évident qu’une telle entreprise de valorisation, si vertueuse qu’elle soit, ne viendra pas à bout de l’ordre mondial et à la hausse exponentielle du coût du baril de popcorn. Mais nous en ressortirons assurément moins dédaigneux, moins arrivistes, moins enclins à traiter tout ce qui se fait de grandiose au Québec comme une production folklorique régionale. Peut-être serons-nous même admiratifs, dégoûtés d’avoir si longtemps cherché la gloire dans l’autre.</p>



<p>Viendra un jour où des cinéastes du monde entier en quête d’identité aspireront à être Groulx ou Barbeau Lavalette… ce sera à leur tour d’apprendre à n’être qu’eux-mêmes.</p>
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		<title>L’article qui fait comprendre le Oui</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/larticle-qui-fait-comprendre-le-oui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[indépendance]]></category>
		<category><![CDATA[Indépendantiste]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[revendications]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Raconter le Québec à ceux qui ne le connaissent pas.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/larticle-qui-fait-comprendre-le-oui/" data-wpel-link="internal">L’article qui fait comprendre le Oui</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Lorsque j’ai proposé pour une énième fois de faire du Québec et de l’indépendance le sujet de ma chronique hebdomadaire, on m’a demandé en quoi cette dernière saurait être différente des autres. Un questionnement louable. Bien que je ne crois pas avoir été trop redondant au cours de la dernière année, j’ai été particulièrement borné. C’est peut-être le mot qui décrit le mieux mon passage au </em>Délit<em>, qui s’achève par l’écriture de cet article. Je propose donc à l’équipe éditoriale (et, bien sûr, nos lecteurs) une manière différente de raconter ce qui pour moi, est une vérité inéluctable, l’avènement inévitable du peuple québécois : son indépendance. </em></p>



<p><em>Au revoir, Vincent et Layla, vous manquerez terriblement à mes élans révolutionnaires.</em></p>



<p><strong>Indépendantiste, pas séparatiste </strong></p>



<p>Il y a un besoin, dans la lutte pour la libération du peuple québécois, de corriger certaines bavures étymologiques qui banalisent l’objectif qu’il poursuit depuis la réalisation de son identité distincte. Il n’est pas simplement question de se séparer chirurgicalement, mécaniquement, de l’appareil coercitif canadien, mais plutôt de s’en affranchir. Nuance. Car le désir d’indépendance n’est pas un caprice. Il n’émane pas forcément d’une détestation profonde du Canada et des autres provinces qui le composent : il est le résultat de l’amour profond que les Québécois éprouvent pour qui ils sont. Mais surtout, d’un besoin de continuer à exister. </p>



<p>Le Québec d’aujourd’hui n’est pas la Nouvelle-France d’antan, massacrée en 1760 par l’Empire britannique de Georges III. Ni le Bas-Canada des héroïques Patriotes, dont les révoltes ont été réprimées dans le sang et l’exil par la reine Victoria. Mais il en garde les cicatrices, les marques indélébiles d’une domination impériale prônant son effacement total et la destruction de son identité par l’assimilation la plus pernicieuse. </p>



<p>L’histoire de ce qu’est devenu le Québec est criblée d’efforts inlassables pour qu’il disparaisse. </p>



<p><strong>Les revendications d’un peuple</strong></p>



<p>Le démantèlement progressif de l’Empire britannique aura permis au Québec de se doter d’une démocratie parlementaire et d’acquérir davantage de compétences quant à sa gouvernance. Mais le pouvoir décisionnaire central est toujours demeuré dans les mains d’Ottawa, gouvernant pour les intérêts des Canadiens – ces derniers s’opposant bien souvent aux intérêts des Québécois. L’avènement d’un réel nationalisme indépendantiste québécois est d’ailleurs le fruit d’une frustration s’étendant sur des décennies de dédain pour les requêtes provinciales. </p>



<p>À tous ceux qui attribuent ce désir de liberté à un idéal exclusionnaire, il faudrait expliquer l’histoire socio-économique de l’écrasante majorité francophone du Québec. Un peuple appauvri par le capitalisme dégoûtant des élites anglo-saxonnes, relégué au rang de main-d’œuvre servile pour les industrialistes. Condamnés à travailler dans les usines pour un salaire de crève-faim, insultés, intimidés, réprimés dans leurs revendications : les Québécois s’avilissent pour survivre. </p>



<p>Malgré des gouvernements formés par une majorité de francophones devant, de prime abord, avoir les intérêts de leur population à cœur, le Québec demeure une chasse gardée du patronat et du milieu des affaires au sein duquel tout se fait en anglais. Il faut travailler en anglais, obéir en anglais, fermer sa gueule en anglais. <em>Speak white goddamnit!</em> Il ne faut donc pas s’étonner qu’à cause de Durham, Molson et Hershorn (et j’en passe!), les Québécois conspuent cette langue qui n’a été utilisée que pour les convaincre de leur petitesse. </p>



<p>Des quelques francophones qui accèdent à un statut supérieur à celui de galériens du régime, certains se métamorphosent en valets du pouvoir, persuadés de la justesse du système qui a fait leur confort. Les Trudeau, Pelletier et Marchand de ce monde, des néo-aristocrates pour qui le sort du peuple québécois devient subalterne à l’obtention du contrôle ultime sur celui-ci. </p>



<p>Dans le Québec des années 60, le peuple se mobilise pour acquérir son indépendance, à laquelle il souhaite pour la première fois parvenir de manière démocratique. Naissent entre autres le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), le Mouvement souveraineté-association (MSA) et le Parti québécois (PQ), des initiatives visant à octroyer au Québec sa souveraineté et sa liberté. Après quelques siècles interminables d’oppression et de désillusion collective quant à la volonté réelle d’Ottawa, la province veut enfin asseoir son statut de nation et contrôler son sort économique. </p>



<p>C’est d’ailleurs le point focal de l’argumentation indépendantiste. Oui, il fallait protéger la langue française et rapatrier les compétences fédérales. Il le faut encore, d’ailleurs. Mais surtout, il fallait que la majorité francophone québécoise parvienne enfin à gouverner sur tous les paliers et que cesse sa servitude aux intérêts voraces d’un reliquat de l’Empire britannique. Le projet n’a jamais été motivé par une haine pure de l’anglais, ni même d’aucune autre langue : il est simplement porté par les opprimés, dont l’idiome unificateur est le français.</p>



<p><strong>Gouverner par la peur </strong></p>



<p>Quand suffisamment de Québécois se sont sentis appelés par un projet social-démocrate voulant les affranchir, il ne restait pour le <em>Quebec Liberal Party</em> qu’une seule solution pour assurer sa pertinence dans l’esprit meurtri du peuple. La peur. Le <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/287902/les-40-ans-du-coup-de-la-brink-s-les-liberaux-federaux-sont-coupables?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">coup de la Brinks</a>, les menaces de fin abrupte des relations commerciales avec le Canada, le retrait des pensions de vieillesse : toutes les tactiques les plus sales ont été utilisées pour faire de la souveraineté un projet en tous points similaire à un suicide collectif. </p>



<p>Le Canada, auquel aucune réelle identité nationale ne peut vraiment être attribuée, voulait garder en sa confédération une nation distincte par cupidité, pour continuer à y extraire les richesses intarissables qu’elle abritait. Qu’elle abrite toujours. Un Québec libre serait la nation ayant obtenu son indépendance la plus riche, la plus éduquée… la mieux outillée pour tenir tête au système anarchique international. </p>



<p>On ne peut blâmer les Québécois pour leur refus (bien que 60 % des francophones aient voté Oui au premier référendum de 1980) : la peur était justifiable. Se jeter dans l’inconnu, c’est terrifiant. Outre jouer à merveille son rôle d’épouvantail, le gouvernement fédéral avait fait moult promesses aux Québécois : réformes constitutionnelles, aménagements et concessions étaient au programme advenant la défaite du Oui. La suite est tristement célèbre, ponctuée de <a href="https://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/canada-const-2.5-reformes.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">débâcles constitutionnelles à Meech puis Charlottetown</a>, et de promesses dans le vent dont les Québécois n’ont jamais pu être les bénéficiaires. </p>



<p>En 1995, tout était aligné pour enfin permettre au Québec d’accéder à son indépendance. Chrétien, fidèle laquais de Trudeau, opte encore pour la peur et les tactiques électorales déloyales dont Ottawa a le secret. Les francophones se rangent en nombre encore plus grand pour le Oui, mais le mal est fait, et l’argent illégalement dépensé par Ottawa fait son œuvre. Une deuxième défaite in extremis, dont la souffrance culminera à une déclaration avinée malhabile de Jacques Parizeau sur l’argent et le vote « ethnique ». Malgré l’historique indubitablement inclusif et progressiste du projet indépendantiste, ses détracteurs en profiteront pour lui coller une visée raciste et xénophobe. Un opportunisme dégueulasse. Le clou dans le cercueil tant espéré par les fédéralistes et autres défenseurs avides d’un statu quo qui n’est en fait qu’un lent déclin du Québec vers sa disparition. </p>



<p><strong>Pour que le prochain soit le dernier </strong></p>



<p>L’indépendance n’est pas la chasse aux anglophones. L’indépendance n’est pas un rejet des minorités, qui enrichissent par leur seule présence l’identité québécoise. L’indépendance, c’est la seule manière pour le peuple québécois de pérenniser son existence, de garder sa langue en vie et de s’affirmer pleinement comme ce qu’il est déjà depuis bien longtemps. C’est la seule façon pour un peuple de s’affirmer sur les plans culturels, politiques et économiques, nous disait René Lévesque. Les années qui passent ne font que lui donner raison. </p>



<p>Peut-être qu’en échange de quelques brownies, le moins qu’Honorable Pablo comprendra qu’effrayer les gens en parlant de référendum (en anglais!) est une stratégie d’un autre siècle. Contrairement à l’idéal de libération des Québécois, qui gagne en pertinence au fil des années et des affronts de notre système à deux vitesses. Car l’indépendance et la liberté ne sont pas des concepts archaïques : ils sont le fondement de la nature humaine, l’aboutissement logique de notre être. </p>



<p>L’indépendance est inévitable. </p>



<p>Vive le Québec libre!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/larticle-qui-fait-comprendre-le-oui/" data-wpel-link="internal">L’article qui fait comprendre le Oui</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Pour passer enfin de la parole aux actes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/12/pour-passer-enfin-de-la-parole-aux-actes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[élection]]></category>
		<category><![CDATA[élection municipale]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[vote]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59274</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comprendre les comportements paradoxaux des électeurs montréalais.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/12/pour-passer-enfin-de-la-parole-aux-actes/" data-wpel-link="internal">Pour passer enfin de la parole aux actes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’indifférence de la majorité de la population montréalaise face à son obligation démocratique municipale tient de l’idiotie la plus pure. Les chialeux dispersés un peu partout sur le spectre politique s’époumonent sans relâche pour cracher sur l’administration, mais quand vient le temps d’exprimer leur désapprobation démocratiquement, silence radio. La plus récente élection a vu voter seulement 37,1 % des électeurs enregistrés, un pourcentage carrément famélique. Mais pas inhabituel. Pire encore, Ensemble Montréal, grand vainqueur (regrettablement) de ce processus à peine démocratique, a obtenu une majorité grâce à l’appui de seulement 15,7 % des électeurs. 43,4 % des voix. Même pas la majorité de la minorité. Minable.</p>



<p>Dans l’objectif de ne pas être totalement hypocrite, je ne ferai pas de cet article une colonne de vitriol. Du moins, pas totalement. Vous serez obligés de subir quelques paragraphes de plus de ma frustration, mais je vous promets en échange des propositions constructives. Des avenues pour mobiliser la population de manière durable et la conscientiser sur l’importance de l’implication politique au niveau municipal.</p>



<p><strong>Une autre complainte…</strong></p>



<p>Oui, j’ai voté Projet Montréal. Oui, je suis déçu de voir que la métropole du Québec fera du surplace pour les années à venir. En plus, il fallait que ce soit une ressortissante du Parti libéral du Canada. Une Coderre 2.0. Et, bien pire encore, une candidate qui a comme réels intérêts ceux de ses donateurs et des Montréalais les plus riches, réalité qui semble échapper à son électorat de frustrés.</p>



<p>Pour un Montréalais vivant dans le confort et l’indifférence, quelle importance de pouvoir déterminer qui siègera au conseil municipal. Les compétences de l’appareil gouvernemental local sont limitées, si bien que les impacts de sa gouvernance ne sont pas toujours les plus criants. Le triumvirat des enjeux sociétaux majeurs actuels – la santé, l’éducation et l’énergie – sont pris en charge ailleurs, par nos tortionnaires caquistes de l’Assemblée nationale. Pareil pour des compétences en apparence plus locales, comme l’habitation ou le travail, à qui l’influence et surtout le budget incombe aux ministres provinciaux.</p>



<p>Restent quand même les projets d’habitation en partenariat, la voirie et l’urbanisme, le développement économique local, l’entretien des infrastructures publiques, les services de sécurité locale…</p>



<p>Malgré l’influence dissimulée (mais évidente et essentielle) de l’appareil municipal, les plaignards trop paresseux pour agir n’y voient qu’une sorte de génératrice de nuisances. Les routes sont pleines de trous, les maudits cyclistes sont partout, les itinérants encombrent l’entrée de leur tour à condos! Je ne nierai pas que tous ces enjeux sociétaux représentent des problèmes importants de l’agglomération montréalaise, mais la réponse suscitée tient du non-sens le plus frustrant. On conspue les initiatives de mobilité durable, on refuse la construction de logements transitifs… franchement, décidez-vous! Voulez-vous chialer pour chialer, ou souhaitez-vous vraiment un quelconque changement? À en voir les taux de participation, la première option me semble plus plausible.</p>



<p>Étant un gars de l’est de Montréal, je ne peux vous répéter suffisamment à quel point l’absence d’un réseau de transport en commun développé a compliqué et allongé tous mes trajets d’adolescent. À quel point le sous-investissement en infrastructures communautaires et sportives me rendait jaloux des autres arrondissements! La réalité, c’est que là où la Ville peut avoir le plus d’impact, c’est auprès des plus démunis, des classes populaires et moyennes. Elle peut améliorer un système de transport abordable, favoriser le déplacement à vélo et injecter des fonds dans des secteurs sous-développés de Montréal. Je ne prétends à aucun moment avoir fait partie – dans mon enfance – d’une classe économique modeste ni même moyenne, mais j’ai vécu dans un milieu clairement ignoré, peu importe la personne au pouvoir à l’Hôtel de ville.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« À force de ne rien comprendre, on tombe dans la complaisance, et on nourrit une détestation pour le système, qui réduit encore davantage notre envie d’y participer »</p>
</blockquote>



<p>Mais bon, quand on est riche, on se fiche éperdument des bienfaits qu’un HLM peut prodiguer. Ou bien de l’impact d’une piste cyclable sur la mobilité des travailleurs. Tout ce qui importe, c’est que la suspension de la Porsche ne soit pas trop affectée par les trous dans la chaussée en route vers le chalet sur le lac Memphrémagog. Je caricature peut-être, mais force est d’admettre qu’Ensemble Montréal propose un programme orienté vers les propriétaires en tout genre, du logement au véhicule motorisé, qui se sentent lésés quand on les empêche de régner en rois sur le reste de la population. Un programme par et pour les riches, un programme prônant une stagnation du progrès social et le développement d’infrastructures qui pourront bénéficier à la multitude. Un programme qui s’adresse aux geignards nantis frustrés par l’administration Plante. Un programme pour ceux qui préfèrent pérenniser la maudite culture du char plutôt que de rendre la route accessible à tous. Un programme favorisant les propriétaires plutôt que ceux qui peinent à se loger et maintenir une qualité de vie décente.</p>



<p>Et bon, ceux qui sont le plus affectés ne votent pas non plus. Personne ne vote, c’est terrifiant. Presque aussi débile que les amerloques qui votent pour un président qui se fout éperdument d’eux.</p>



<p>Mais tout le monde continuera à se plaindre sans but, peu importe ce qui adviendra de notre ville.</p>



<p>Maudits chialeux!</p>



<p><strong>…mais pas sans substance</strong></p>



<p>Je ne suis pas simplement aigri par la défaite du parti pour lequel j’ai voté. Je suis aigri par le mutisme de la majorité montréalaise quand vient le temps de passer à l’acte. Le gros problème de mon argumentaire, c’est que même ceux qui gagneraient à voir des changements sociaux positifs être effectués ne votent pas. Ou du moins ils ne votent pas « du bon bord » pour que ces changements se matérialisent. Bien que cette apathie électorale puisse être partiellement expliquée par une débilisation du débat autour d’enjeux tenant davantage de l’irritant que de l’essentiel, le blâme est attribuable à de multiples causes.</p>



<p>L’essentiel du problème? Un manque criant d’éducation citoyenne et médiatique, et un accès au vote trop limité compte tenu de l’intérêt minimal accordé à la politique municipale. À force de ne rien comprendre, on tombe dans la complaisance, et on nourrit une détestation pour le système, qui réduit encore davantage notre envie d’y participer.</p>



<p>Pour stimuler les endormis, il faudrait faire du vote une obligation. À mon sens, il l’est déjà : pour protéger la démocratie, il faut en faire l’exercice. Sauf qu’imposer le vote, sous peine de pénalité pécuniaire, par exemple, ne pourrait que désavantager les personnes les plus vulnérables que je défends. Donc, il faut rendre le vote plus accessible. Solution : allonger la période de scrutin et permettre le vote virtuel. Rien de très révolutionnaire en théorie, mais en pratique, cette méthode tarde à être adoptée par les régimes politiques du monde.</p>



<p>Si les gens ne veulent pas se déplacer pour une élection qui leur semble trop futile et trop peu déterminante, il faut amener l’élection à eux. Je comprends les nombreuses difficultés découlant de l’adoption d’un mode de scrutin virtuel, mais je crois sérieusement que les gains démocratiques pouvant en résulter en valent la peine. 37,1 % de participation, c’est risible! Il faut donner un grand coup dans le système : l’heure de la fin des demi-mesures a sonné depuis bien longtemps déjà.</p>



<p>Le vote virtuel, s’il est fait de manière complètement désintéressée, n’est pas une victoire à lui seul pour la politique municipale. Les gens – moi, y compris – connaissent mal les structures du pouvoir et les divisions des responsabilités, qui détonnent avec le système électoral classique provincial et fédéral. Une meilleure éducation, par le biais des médias et des institutions académiques, ne pourrait qu’améliorer la compétence électorale des citoyens. Ce n’est pas normal qu’après 16 ans de scolarité, aucun de mes cours obligatoires n’ait abordé le pouvoir municipal.</p>



<p>Si on n’est pas informé, on n’est pas intéressé. Et si on n’est pas intéressé, on n’ira pas voter.</p>



<p>Et si on ne va pas voter, l’éternelle plainte de la population ne cessera de prendre en ampleur, sans pour autant que son action citoyenne y fasse écho. Si les gens ne veulent pas se déplacer ou s’informer, il faut prendre les rênes et préparer notre démocratie en amont. Il faut en prendre soin, sans quoi le système municipal continuera de péricliter vers un système régi par la minorité.</p>



<p>Sortez voter, maudits paresseux!</p>
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		<title>Le passage de l’insouciance à l’impuissance</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/le-passage-de-linsouciance-a-limpuissance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[age adulte]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
		<category><![CDATA[tournments]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tourments et constats sur le vieillissement inévitable de nos parents.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Être un enfant, c’est avoir le droit à une merveilleuse désinvolture quant aux réalités de sa propre existence. Avec un peu de chance, l’enfance est pour un instant une existence dictée, dirigée et ordonnée. Vient ensuite une certaine conscience par rapport à soi-même, un regard interne qui résulte de la socialisation imposée par le milieu scolaire, terreau fertile de la comparaison.&nbsp;</p>



<p>Tout le monde se met à parler de sa fin de semaine, de ses vacances à Disney et d’autres anecdotes plus ou moins pertinentes… jusqu’ici, rien de plus anodin, me direz-vous. Mais derrière toutes ces péripéties puériles, un élément commun : les parents. Ils ont beau remplir à peu près tous la même fonction, ils sont loin de former un bloc social homogène. Au fil des années, l’enfant se lance immanquablement dans une comparaison quelque peu malsaine entre les parents qu’il a et ceux qu’il côtoie par l’intermédiaire de ses relations sociales. L’enfant devient critique du manque de laxisme de ses propres parents ou bien des différences pécuniaires qu’il remarquera inévitablement… Il construit ses parents idéaux en amalgamant toutes sortes de traits tirés d’une multitude de personnes.&nbsp;</p>



<p>Je ne prétends pas avoir énoncé ici une vérité universelle, mais c’est du moins la mienne et celle de bon nombre de personnes dans mon entourage. Nous sommes peut-être tous névrosés, remarque. Mais la comparaison que j’infligeais à mes parents n’était pas strictement fondée sur ce que mon esprit adolescent immature percevait comme une attaque à mes libertés individuelles. Je m’adonnais bien souvent à des divagations morbides, déprimantes. Voyez-vous, j’ai de vieux parents. Un vieux père surtout : il vient d’avoir 69 ans.&nbsp;</p>



<p>Je me suis récemment plongé dans mes archives prépandémiques pour constater que l’image que j’ai de mon père n’a presque pas changé en plus de 20 ans. Il est pour moi pris dans le temps, figé dans son rôle de père, sans jamais voir s’abattre sur lui le poids des années. Et pourtant, il est loin d’avoir été épargné par la vie. Il a vieilli, mais je me refuse à l’accepter. Il n’est plus aussi fringant qu’autrefois, lui qui a toujours été un féru des sports en tous genres, mais je peine à le laisser perdre de ses réflexes, de sa souplesse… Heureusement que le temps n’a eu aucun effet sur son intelligence acérée et son humour un peu déjanté. Je pense mettre le doigt sur un phénomène qui ne m’est pas exclusif : le déni. Le déni face aux cheveux gris et aux maux de dos, le déni face à la fatigue qui les consume lentement.&nbsp;</p>



<p>Je ne suis certainement pas le seul à avoir des parents plus âgés que la moyenne, mais je n’ai comme réelle expérience que mon enfance à vous partager. Que de tristes calculs, peinant à trouver le sommeil, pour voir combien de temps il me restait avec mon père. Je me disais que s’il se gardait en bonne santé, il pourrait bien me voir graduer, m’épanouir, peut-être fonder une famille comme la sienne… C’est pénible, toutes ces réflexions délétères.&nbsp;</p>



<p>Le lien parental a beau souffrir périodiquement des affres de la vie, il demeure bien souvent l’ancrage le plus solide de notre existence. Contrairement aux désaccords sur l’application des règles familiales internes, cette angoisse existentielle précoce se révèle bien plus difficile à vocaliser. Comment exprimer toutes ces peurs qui se mettront à gouverner chacun de nos choix? Comment diriger sa frustration, son mal-être face à l’injustice forcée de notre venue au monde plus tardivement orchestrée?</p>



<p>Vous me direz que je ne suis pas très bon dans la gestion de mes émotions. Si j’ai peur de la mort et de la menace qu’elle pose pour mon père, pourquoi ne pas lui en parler? Sauf que la solution n’est pas aussi binaire. Même si son âge constitue un avantage indéniable quand vient le temps de m’initier à la musique de toutes les époques ou bien quand il se fait le raconteur de son enfance sur une ferme laitière, il distancie nos réalités et notre rapport à la vie. Il y a une sorte de fossé générationnel creusé d’avance, un lien non pas moins fort, mais différent. Mon lien avec lui tient davantage de la déférence, d’un certain respect pour cette expérience de vie si riche dont j’ai la chance d’être le bénéficiaire, qui complique cependant l’expression d’une certaine fragilité.&nbsp;</p>



<p>Pour moi, il est un personnage plus grand que nature, invincible, un modèle de résilience que je serais chanceux de pouvoir pâlement imiter. Plutôt que de lui partager mes craintes par rapport à l’avancée inexorable du temps, je lui lance des boutades. Des conneries de coin de table. On s’échange les moqueries les plus ridicules, et il m’arrive parfois d’y glisser un petit commentaire sur son âge. Maladroitement. Un grand classique des tourments psychologiques, cette obsession de faire de nos plus grandes peurs la risée de notre discours.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Maintenant que je n’habite plus chez mes parents, je dois avouer que ça me manque. La familiarité de la vie. La banalité d’un souper de famille. Et puis, tous ces moments contribuaient à rendre mon père plus proche de moi, non pas purement relationnellement parlant, mais simplement plus proche de ma vie. De mon quotidien. Essayer de lui expliquer comment fonctionne son téléphone, comment connecter son ordinateur à l’imprimante ou bien le mettre au fait des dernières tendances linguistiques… Toutes ces choses ont parfois été une source d’exaspération pour moi, et je m’en veux de ne pas avoir su en profiter quand je le pouvais. J’aurais voulu, j’aurais dû, j’aurais pu. À quoi bon dire ça maintenant, à part pour les effets cathartiques que ça pourrait me prodiguer.&nbsp;</p>



<p>Loin de moi l’idée de faire de cet article une sorte de journal intime de mes émotions refoulées. Sauf que le thème de notre édition, l’enfance, est de manière inhérente un sujet introspectif, surtout pour un banal journaliste d’opinion tel que moi. Quand je vous parle de fossé et d’angoisse, je ne peux donc que me fier à mon vécu, mais j’ai un espoir quelque peu sadique de ne pas être tout seul à me morfondre.&nbsp;</p>



<p>Les ravages de la vieillesse sont décuplés par le fait que nous la percevons trop tard. On ne réalise pas que l’on a de vieux parents un peu fragiles lorsqu’on est enfant ; on l’apprend, brutalement, quand commencent à poindre des signes de leur faiblesse. Mais surtout, quand on est assez vieux pour comprendre ce que ces signes impliquent. Ce qu’ils prophétisent.&nbsp;</p>



<p>Chaque famille vit des tragédies, mais nulle n’est plus communément terrifiante que celle de la souffrance anticipée. De la certitude presque mathématique que l’on sera le premier à perdre ceux qui ont façonné notre existence. Une douleur étirée dans le temps, étalée sur les années, une marque indélébile sur le quotidien fragile d’un enfant en plein développement. Les accidents, eux, tout aussi injustes qu’ils soient, ont au moins la décence de nous surprendre, de ne pas trop nous faire languir. Leur caractère imprévu est presque souhaitable devant l’agonie pernicieuse à laquelle nous condamnent les effets des années.&nbsp;</p>



<p>Quand on a de vieux parents, on doit longuement se faire à l’idée qu’on ne les aura pas pour longtemps.<br></p>
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		<title>Les fantômes de 1995</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/29/les-fantomes-de-1995/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59075</guid>

					<description><![CDATA[<p>Réflexions désordonnées sur l’avenir du Québec-pays.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’idée d’une troisième campagne référendaire aura à peine eu le temps de germer dans les esprits déconfits des Québécois que, déjà, les colonisés de service dressent avec empressement les épouvantails usés de l’asservissement volontaire. Dissimulés par des façades pragmatiques et fédératrices, les Chrétien, Trudeau et Ryan de ce monde ont su empoisonner le Québec grâce à une rhétorique malsaine, un vitriol de peur et de petitesse dont seul le Canada a le secret.</p>



<p>L’idée d’un Québec souverain est certainement polarisante, mais la mauvaise foi dont a fait preuve le camp du Non depuis maintenant 45 ans contribue à une débilisation du débat qui tient de l’absurde.</p>



<p>Et donc, 30 ans après la dernière mobilisation de notre peuple pour sa liberté et son indépendance, que nous reste-t-il vraiment de notre esprit combatif ? À en croire les sondages, il faudra placer notre espoir dans la génération nouvellement habilitée à décider de son destin. Il faudra rallier les jeunes Québécois.</p>



<p>Si ces mêmes jeunes expriment, par leur appui à la souveraineté, un désir de se départir d’une entité coloniale et pétrolière régressant dans un conservatisme social navrant, pourquoi leur refuser l’occasion de s’exprimer? Pourquoi refuser à la moitié de la population québécoise l’opportunité de décider de son avenir, son identité et son existence pour la première fois?</p>



<p>Je l’ai déjà écrit, mais l’idéal de l’indépendance québécoise n’est pas un délire nationaliste populiste exclusionnaire. Vous n’aimez pas ce que raconte le Parti québécois dans les dernières années? Moi non plus! Heureusement que l’indépendance n’a rien à voir avec lui… Il sera peut-être le parti qui la proposera à la population, mais il ne demeurera qu’une courroie, un vaisseau vers l’atteinte de notre souveraineté. Il est dit depuis toujours que le Québec-pays sera construit par une consultation diligente et démocratique de la population, pas par une entité despotique. Vous ne seriez tout de même pas assez idiots pour croire que le Québec perdra son multipartisme au profit d’un totalitarisme péquiste! Et, si vous l’êtes, je connais un parti qui serait ravi de vous compter parmi ses membres…</p>



<p>Il est évident que toute la hiérarchie du PLQ, de l’aile jeunesse à la tête (creuse) du parti, se mobilise pour démoniser les motivations réelles du projet indépendantiste. On associe liberté et xénophobie, intolérance et autodétermination. On nous fait peur avec les tarifs de Trump, alors que Carney (supposé Christ incarné de l’économie) est incapable d’en faire une gestion quelconque. C’est trop compliqué, cette histoire d’indépendance, et de toute façon, ça n’intéresse personne.</p>



<p>L’incompétence apparente du chef libéral Pablo Rodriguez, qui formule des idées au rythme de l’écriture de ses discours par ses publicistes, est peut-être (ironiquement) un catalyseur éventuel du support à l’indépendance.</p>



<p>Si les jeunes (et les moins jeunes!) le démasquent pour ce qu’il est réellement, ils constateront peut-être enfin toute l’hypocrisie d’Ottawa. Un ministre fédéral déchu, inutile, qui n’attend même pas de siéger à l’Assemblée pour parler de ratification de la Constitution de 1982. Quelle injure pour tout Québécois qui connaît son histoire! Au moins, le camp du Oui pourra se conforter dans le fait qu’il est bien loin d’avoir le charisme bourgeois de Trudeau ou l’expérience momifiante de Chrétien. Il n’a comme seul avantage qu’une coupe de cheveux relativement réussie et un site Web assez bien foutu.</p>



<p>Ne vous laissez pas rire au nez par les infâmes politiciens du <em>Rest of Canada </em>(et du <em>Rest of Québec</em>) qui réduisent l’indépendance à un projet farfelu, un idéal duquel on peut se moquer allègrement. Ne laissez personne tourner vos convictions au ridicule, et n’allez surtout pas imaginer que vous êtes seuls. Mais votre soumission, votre infériorité ne dépend que de vous. Elle résulte de votre choix ou de votre indifférence face à ce projet de liberté. Il vous paraît trop colossal, et le régime à abattre trop imposant.</p>



<p>« Ils ne sont grands que parce que vous êtes à genoux » , disait de La Boétie.</p>



<p>Vous n’avez jamais été aussi nombreux à être unis pour la liberté de votre pays.</p>



<p>Il faut continuer à rêver à un Québec inclusif, une nation francophone unique en Amérique du Nord, un joyau culturel richissime de par sa diversité. Une nation hydroélectrique, durable et bardée de ressources naturelles. Mais avant tout, une nation libre, un pays reconnu par ses pairs, un gouvernement réellement souverain.</p>



<p>Et elle ne se fera pas dans un Canada en dérive.</p>



<p>Cette fois-ci sera la bonne. Vive le Québec libre!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/29/les-fantomes-de-1995/" data-wpel-link="internal">Les fantômes de 1995</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>« Le processus administratif ne fait que nous mettre des bâtons dans les roues »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/08/le-processus-administratif-ne-fait-que-nous-mettre-des-batons-dans-les-roues/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[administration]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[bureaucratie]]></category>
		<category><![CDATA[délais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand l’impotence bureaucratique de l’AÉUM paralyse les comités étudiants.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Peu nombreux sont ceux qui comprennent les ramifications administratives complexes de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM). Formée d’une multitude d’assemblées démocratiques, de comités et de sous-comités, elle assure une <a href="https://ssmu.ca/wp-content/uploads/2024/12/SSMU-October-2024-Revised-Operating-Budget-Public-Report.pdf?x74610" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">gouvernance de quelque</a> trois millions de dollars sur une base annuelle. Outre une simple gestion des frais qu’elle perçoit de la population étudiante, elle coordonne bien des aspects de la vie mcgilloise, notamment en ce qui a trait à la formation de comités étudiants. Mais force est d’admettre que l’AÉUM est fragile, et que la lourdeur (perçue et réelle) de ses processus administratifs complique la tâche aux universitaires entreprenants en quête de reconnaissance officielle pour leurs comités. </p>



<p>Cette fragilité ne tient pas de l’opinion, mais bien du fait. En effet, de nombreux scandales et conflits internes ont récemment entaché la réputation de l’AÉUM, qui a même vu son accord avec McGill être <a href="https://www.mcgill.ca/studentlifeandlearning/article/termination-ssmu-mcgill-memorandum-agreement" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">interrompu l’été dernier</a>. Les démissions subséquentes de certains des membres de son exécutif ont mis à l’arrêt forcé bon nombre de ses opérations, si bien que <em>Le Délit</em> a reçu la demande formelle, de la part de certains étudiants, d’enquêter sur les irrégularités criantes des procédures de reconnaissance d’un comité étudiant. </p>



<p>Il est question, dans les récriminations du corps étudiant, d’un temps d’attente pour une reconnaissance (même temporaire) s’étirant sur plusieurs années – attente jugée prohibitive à la pérennisation d’initiatives étudiantes. On déplore aussi des bris de communications, un manque de continuité des procédures et l’absence d’une personne-ressource stable pour assurer le suivi des dossiers actifs. </p>



<p>Pour mettre toutes ces critiques au clair, <em>Le Délit</em> s’est entretenu avec Hamza Abu Alkhair, vice-président des comités et services aux étudiants de l’AÉUM. </p>



<p><strong>Enjeux institutionnels systémiques </strong></p>



<p>Depuis les nouveaux bureaux luxueux et modernes de l’AÉUM au 3501 rue Peel, M. Abu Alkhair se lance dans une explication des attentes de son organisation envers tous les aspirants-fondateurs. Pour créer un comité étudiant, il faut « <em>amender une constitution, créer un budget temporaire, une prévision des activités qui seront organisées, recueillir des appuis</em> (<em>tdlr</em>) » et remplir le formulaire prévu à cet effet sur le site de l’AÉUM. Le processus, en apparence simple, est cependant complexifié par ce que M. Abu Alkhair appelle « <em>un dédoublement fréquent des missions des aspirants-comités</em> » – qui se produit lorsque les étudiants souhaitent obtenir une approbation pour un club qui existe déjà ou qui ressemble fortement au leur.</p>



<p>Le blâme revient-il donc plutôt aux étudiants, qui n’effectuent pas de vérifications préalables? Dans les faits, pas vraiment. </p>



<p>La liste des comités existants fournie par l’AÉUM par le biais de son site Internet n’est pas à jour, et ce « <em>depuis plusieurs années</em> ». Pire, « <em>plusieurs des comités qui y figurent n’existent même plus</em> », me confie M. Abu Alkhair. Ce retard dans la mise à jour des données s’explique selon lui par le fait que « <em>le processus de mise à jour prend du temps </em>[…]<em> il faut créer une nouvelle page pour chaque comité, et nous en avons 200 à 300 au total </em>». Mais au moins, «<em> les données internes sont à jour</em> », me dit-il, d’un ton se voulant rassurant. La réalité l’est cependant beaucoup moins. Avant même que leur candidature ne soit consultée par l’appareil bureaucratique de l’AÉUM, les aspirants-fondateurs se butent à une base de données incomplète et désuète, ankylosant des démarches déjà compliquées.</p>



<p>Une fois la candidature complétée, cette dernière est évaluée par le <em>Clubs Committee</em> – une instance «<em> sans laquelle les comités ne pourraient être approuvés</em> », poursuit M. Abu Alkhair. Ce sous-comité, composé d’une variété de représentants de l’AÉUM et de la population étudiante, tient deux rencontres par mois. Il prend en charge l’évaluation, la révision et la coordination des différentes candidatures, et émet « <em>ses recommandations au Conseil législatif, qui autorise par la suite la création des comité</em>s ». M. Abu Alkhair m’assure que « <em>la décision est basée sur une grille de critères objectifs, et tout comité qui se conforme aux règles de l’AÉUM et qui est suffisamment novateur devrait éventuellement être approuvé</em> ». En somme, personne ne peut voir sa requête être strictement refusée, mais l’aspirant-comité peut être enjoint à « <em>modifier sa mission ou adapter les documents fournis</em> » par des membres du sous-comité du Conseil législatif. </p>



<p>Il est aussi pertinent de se questionner sur le volume des demandes qui peut être traité par le sous-comité, qui détient le monopole décisionnel initial en ce qui a trait à la fondation d’un comité. Lorsque questionné sur le nombre de candidatures actuellement en attente d’une décision, M. Abu Alkhair estime que « <em>50 à 60</em> » comités patientent toujours, sans pour autant savoir si leur dossier est recevable. Il se donne comme objectif d’avoir révisé toutes ces candidatures avant la fin de la session d’automne, une tâche qui semble herculéenne étant donné les maigres résultats du sous-comité au cours des dernières années. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Lorsque interrogé sur le nombre de nouvelles demandes faites chaque année, M. Abu Alkhair réplique simplement : “Bomboclaat, mon vieux, je n’en ai aucune idée” »</p>
</blockquote>



<p>Ce régime d’évaluation décevant est expliqué par « <em>la démission de membres de l’exécutif et une certaine instabilité institutionnelle</em> » – problèmes récents endémiques à l’AÉUM, répétés maintes fois au cours de notre échange. M. Abu Alkhair déplore des mois et des sessions entières sans capitaine à la barre du navire, dont la conséquence directe est ce retard qui cause la grogne populaire. </p>



<p>Admettons cependant que le sous-comité se mette à tourner à plein régime pour le reste de la session, tenant environ cinq à six rencontres d’une heure chacune. Ce seraient donc 10 candidatures par rencontre, à raison de six minutes par dossier, qui devraient être évaluées pour maintenir le rythme escompté. Même M. Abu Alkhair concède que « <em>la révision de 10 dossiers par rencontre est irréaliste </em>». Elle est aussi très précipitée, compte tenu des efforts des étudiants dans la préparation de documents constitutifs complexes et dans la collecte d’appuis de leurs pairs.</p>



<p>Un simple calcul nous montre que, malgré le bon vouloir du vice-président des comités et services aux étudiants, ses objectifs sont impossibles à réaliser. Surtout si l’on ajoute aux 60 candidatures en attente les dépôts assez nombreux qui s’ajoutent continuellement. Lorsque interrogé sur le nombre de nouvelles demandes faites chaque année, M. Abu Alkhair réplique simplement : «<em> Bomboclaat, mon vieux, je n’en ai aucune idée. </em>»</p>



<p>Cette réponse parsème notre entretien : il est évident que de nombreuses incertitudes planent quant à l’avenir nébuleux des aspirants-comités. Mais le cauchemar administratif ne s’arrête pas là. L’approbation d’un comité se fait en deux étapes : en premier lieu, un statut temporaire, et ensuite, l’obtention d’un statut permanent, si certaines conditions sont respectées. La patience inébranlable exigée durant l’attente d’obtention du statut (temporaire ou permanent) a tout de même ses avantages : « <em>Tarifs de réservation réduits, adresse courriel et site Internet fournis, accès au fonds des clubs de l’AÉUM (statut permanent seulement)… </em>» Comme quoi le jeu en vaut peut-être la chandelle. Ce dédoublement est cependant particulièrement frustrant pour certains gestionnaires de comité, qui se voient obligés de «<em> tout renvoyer pour mettre à jour leurs listes de membres</em> » – les délais d’approbation s’étant étirés au-delà de la graduation de certains signataires. </p>



<p>Si les retards et les délais ne résultent certainement pas d’une quelconque malice de la part de l’AÉUM, n’en demeure pas moins qu’elle est coupable d’une indéniable incompétence, sinon d’une négligence, à l’égard de ses étudiants. Pour vous prouver les méfaits réels d’une telle déresponsabilisation, <em>Le Délit</em> s’est également entretenu avec deux organisations qui peinent à obtenir le statut tant désiré de comité de l’AÉUM. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="901" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/P1160052-1200x901.jpeg" alt class="wp-image-58975" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/P1160052-1200x901.jpeg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/P1160052-650x488.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/P1160052-150x113.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/P1160052-768x577.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/P1160052-1536x1153.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/P1160052-2048x1538.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/toscaneralaimongo/?media=1" data-wpel-link="internal">Toscane Ralaimongo</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>La grogne populaire des étudiants </strong></p>



<p>La frustration a atteint son paroxysme pour David Luzzatto et Héloïse Puit, respectivement président et vice-présidente aux affaires internes de l’Association des étudiants français de McGill (AÉFM). Près de trois ans maintenant que ce comité attend de recevoir son statut permanent de l’AÉUM. Idem pour Maxime Rouhan, membre fondateur de McGill Eloquence, qui n’a toujours pas réussi à obtenir un statut temporaire après deux ans d’efforts continus! </p>



<p>Si l’attitude adoptée par M. Abu Alkhair pour traiter de la situation borde sur la nonchalance, le ton est beaucoup plus critique chez les étudiants. Pour David, le travail de l’AÉUM est tout simplement inacceptable : « Le suivi n’est pas assuré par l’AÉUM, et tout ce processus administratif ne fait que nous mettre des bâtons dans les roues. » Réapparue après la pandémie, l’AÉFM peine depuis à faire de quelconques progrès au-delà de l’obtention d’un frêle statut temporaire. Les procédures de l’AÉUM sont si bancales, surtout à la suite des « nombreux scandales et suspensions de services », que le comité s’est fait octroyer une « prolongation de son statut temporaire bien au-delà des limites prévues par le règlement ». Une énième preuve du caractère dysfonctionnel du processus d’approbation, selon David. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Alors que, plus que jamais, les étudiants sont victimes d’une précarité financière étouffante, voilà que l’indolence de l’AÉUM en rajoute : par son inaction, elle force les étudiants à débourser eux-mêmes les frais de leurs passions »</p>
</blockquote>



<p>« Les avantages d’être un comité de l’AÉUM? Outre ne pas payer 20 dollars d’inscription pour <em>Activities Night</em>, je ne saurais en donner », me rétorque David, moqueur, alors que je lui demande pourquoi quiconque voudrait souffrir au travers des tergiversations de l’AÉUM. Maxime, lui, a une réponse sidérante : en attendant l’obtention d’un statut temporaire, McGill Eloquence défraie elle-même absolument tous les coûts relatifs à son fonctionnement. Le comité paie le prix fort : 300 $, selon Maxime, pour effectuer des réservations de locaux, si bien qu’il est forcé d’utiliser quelques stratégies créatives. </p>



<p>« Parfois, j’attends la fin des cours et je m’infiltre dans un local, en espérant que personne ne l’aura déjà réservé », me dit-il, dépité de devoir recourir à cette solution plutôt que d’effectuer une simple réservation comme tout autre comité accrédité. Difficile selon lui de pérenniser les activités si les membres actuels savent d’emblée qu’ils devront financer eux-mêmes les opérations du comité : « Nous n’avons pas accès à un compte en banque, et chacun doit contribuer de sa poche. » </p>



<p>Alors que, plus que jamais, les étudiants sont victimes d’une précarité financière étouffante, voilà que l’indolence de l’AÉUM en rajoute : par son inaction, elle force les étudiants à débourser eux-mêmes les frais de leurs passions. Cette réalité va complètement à l’encontre de sa mission et des objectifs de son existence. Comme le rappelle M. Abu Alkhair, « l<em>’AÉUM dispose d’un important </em>Club Fund<em>, destiné aux comités pleinement accrédités</em> » : mais à quoi sert-il, si autant d’embûches se dressent devant ceux qui veulent enrichir la vie étudiante? </p>



<p>L’enjeu n’est pas uniquement monétaire. David a l’impression d’être ignoré par les responsables du destin de l’AÉFM, et il prend les grands moyens pour qu’on lui rende des comptes. « Si le <em>club coordinator</em> ne me répond pas, je passe au <em>VP</em> comités, puis au président de l’AÉUM lui-même! » me dit-il. Il arrive fréquemment à Héloïse « d’attendre plusieurs semaines pour obtenir une réponse », ce qui est jugé « terrible » par David. Et pour cause : les membres de l’exécutif sont sommés d’être au service de la population étudiante, et perçoivent pour ce faire un salaire de près de 40 000 $ par année. Leur silence est le symptôme d’un « manque de responsabilisation, d’une absence de comptes rendus » – il est clair que les aspirants-fondateurs pensent que l’AÉUM peut en faire plus. Qu’elle doit en faire plus. Surtout lorsque l’on apprend que sa <a href="https://ssmu.ca/wp-content/uploads/2023/11/SSMU-Operating-Budget-2023-2024-Presentation-2023-05-11-1.pdf?x74610" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">masse salariale a triplé</a> depuis 2017–18, passant d’1 M$ à 3,1 M$ lors de l’exercice financier de 2024. Les salaires versés aux membres de l’exécutif connaissent eux aussi une croissance systématique, basée sur des indices de performance. L’AÉUM semble disposer de davantage de ressources et de main-d’œuvre, mais, dans les faits, elle stagne. Elle place supposément la création de comités au <a href="https://ssmu.ca/wp-content/uploads/2023/11/SSMU-Operating-Budget-2023-2024-Presentation-2023-05-11-1.pdf?x74610" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sommet de sa liste des priorités</a>, mais se révèle incapable de concrétiser sa volonté : les interminables listes d’attente en sont la preuve. C’est à se demander à quoi elle sert véritablement, si elle est incapable de « gérer efficacement les demandes d’approbation » – son principal secteur d’activité en ce qui a trait aux étudiants, tout en étant rémunérée à leurs frais.</p>



<p>Les deux aspirants-comités se plaignent aussi en long et en large de multiples échecs administratifs : disparition du formulaire de candidature, dédoublement des demandes documentaires, silence radio de la part de la personne-ressource. Notre entretien est plutôt négatif : on sent que les étudiants en ont assez, qu’ils sont frustrés d’avoir à « tout recommencer pour se plier aux échecs de l’AÉUM ». Enfin, David me présente ses récriminations face au processus lui-même : il lui paraît complètement incohérent que chaque aspirant-comité doive « soumettre les mêmes documents alors que leurs missions et leurs moyens sont drastiquement différents ». Malgré cette simplification clairement incohérente, le processus demeure alambiqué, tortueux, presque sans issue. Décidément, peu de choses semblent satisfaire les étudiants quant à l’offre de services de l’AÉUM. Compte tenu des témoignages, il semblerait que la population étudiante se doit également de s’intéresser davantage à l’organisation qui a le contrôle total sur l’approbation des comités qui la composent. </p>



<p><strong>Que feront les étudiants? </strong></p>



<p>Alors, que retenir de cette enquête? Tout d’abord, toutes les parties impliquées reconnaissent que l’AÉUM a échoué dans son devoir de vérification et d’approbation des aspirants-comités dans un délai raisonnable. Les raisons évoquées varient : du côté de l’AÉUM, on déplore des années difficiles, gangrenées par un manque de personnel et un laxisme des vice-présidents précédents. Les étudiants, eux, sont plus critiques : l’administration actuelle ne fait que « pelleter les problèmes vers l’avant » et place le blâme de ses propres échecs sur d’autres circonstances. Elle échoue dans ses devoirs de communication et de reddition de comptes, et force parfois les étudiants à subir des délais prohibitifs à la création et au maintien des comités. </p>



<p>Alors que l’AÉUM devrait servir d’organe permettant aux comités de s’épanouir et de se faire connaître par la population étudiante, la réalité est tout autre : McGill Eloquence, l’AÉFM et bien d’autres comités auront énormément de difficulté à pérenniser leurs activités s’ils n’obtiennent pas le statut tant espéré. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Si les retards et les délais ne résultent certainement pas d’une quelconque malice de la part de l’AÉUM, n’en demeure pas moins qu’elle est coupable d’une indéniable incompétence, sinon d’une négligence, à l’égard de ses étudiants »</p>
</blockquote>



<p>Les étudiants soumettent tous les documents demandés et se plient docilement aux exigences de l’AÉUM. Le problème : on ne leur rend pas la pareille. Les modifications des constitutions prennent « plusieurs mois » à être approuvées, malgré la simplicité des changements effectués, et leurs listes de membres souffrent du roulement inhérent qu’engendre une attente de plusieurs années. La mission première du comité devient donc l’obtention d’un statut plutôt que la planification et l’organisation d’activités, ce qui, pour David, est insensé : « Comment peut-on savoir ce qu’on va faire si l’on ne sait même pas quel genre de financement on va recevoir? » </p>



<p>C’est donc à se demander si l’AÉUM accorde un quelconque avantage aux comités qui veulent l’intégrer. Avec l’avènement des rencontres en distanciel et la numérisation croissante du quotidien des étudiants, il est clair que les bienfaits d’être un comité accrédité sont en baisse, surtout s’il est de plus en plus difficile d’être reconnu. Les étudiants sont proactifs et prennent en charge leurs « propres activités de financement » – signe qu’ils se refusent à abandonner leurs projets et passions simplement parce que l’AÉUM est trop incompétente ou désintéressée pour donner suite à leurs demandes.</p>



<p>Le<em> Clubs Committee</em> aura énormément de travail dans les mois qui suivront : plus de 60 demandes en attente depuis l’année passée seront évaluées. Selon M. Abu Alkhair, tout cela sera bouclé avant décembre 2025 – espérons qu’il saura tenir parole – afin que les aspirants-comités puissent avoir accès à tous les avantages auxquels ils cotisent chaque année par le biais de leurs frais de scolarité. </p>



<p>Il n’est certainement pas souhaitable que, dans leur processus, les étudiants aient pour réponse à leurs interrogations cette phrase ridicule, prononcée avec désinvolture : « <em>Bomboclaat mon vieux, je n’en ai aucune idée. </em>» </p>



<p>Le Délit<em> est ravi d’apprendre que, moins d’une semaine après son entretien avec Hamza Abu Alkhair, le comité McGill Eloquence a enfin reçu une réponse de suivi concernant l’obtention de son statut de comité temporaire de l’AÉUM. Pas encore une accréditation, mais au moins un pas dans la bonne direction. Bien qu’il ne pourrait s’agir là que d’une coïncidence, il est clair qu’un contact direct avec les entités décisionnelles responsables ne peut être que bénéfique à l’avancement des candidatures en attente.</em></p>



<p></p>
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			</item>
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		<title>McGill veut vous réduire au silence</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/mcgill-veut-vous-reduire-au-silence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[droit de manifester]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58802</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’agonie préméditée du droit de manifester à McGill.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:italic;font-weight:500">[Mise à jour du 01/10/25 à 00:20]&nbsp;La demande d’injonction mentionnée dans cet article a finalement été refusée par la Cour supérieure du Québec, le 30 septembre 2025 en fin d’après-midi. Cet article a été rédigé et mis en page un jour avant cette décision.&nbsp;</p>



<p class="has-drop-cap"><em>Par simple coïncidence spatiale, vous avez le malheur de jeter votre dévolu sur cet article, qui suit une excellente explication des faits entourant l’injonction demandée par McGill pour se débarrasser des manifestants sur son campus. Une explication mesurée et impartiale, une analyse réfléchie d’un enjeu crucial pour tout étudiant de McGill. Un fier exemple de neutralité institutionnelle. Rien de tout ça ici, je vous en assure. </em></p>



<p>Il y a à peine une semaine, je m’échinais à écrire une tirade enflammée contre la censure politique et les bourreaux de nos libertés individuelles. Je condamnais Trump, Netanyahou et tous les autres tyrans qui font de la sphère publique le canevas de leurs fabrications immondes. De leurs mensonges. De leurs abus. De leurs crimes. Un article braqué sur une réalité lointaine, sur des despotes qui sont heureusement tenus loin de moi (pour l’instant) par les frontières rassurantes de ce satané Canada. Un article essentiellement sans intérêt général ; une page de défoulement, de catharsis, de gestion de la colère. </p>



<p>Le sujet d’aujourd’hui? J’y arrive ; ça me démange. Et en plus, c’est pertinent, pour faire changement. </p>



<p>En me concentrant sur une condamnation justifiée des dérives à l’international, j’en suis presque venu à omettre l’attaque vicieuse des libertés individuelles qui se produit au sein de l’Université McGill. Il y a de cela quelques semaines, elle a déposé, dans sa grande sagesse, une demande d’injonction visant à interdire les manifestations sur son campus pour une durée indéterminée, citant une crainte de la montée d’incidents violents à l’approche du 7 octobre. </p>



<p>Si l’on fait abstraction de l’écœurante langue de bois administrative si chère à notre institution autocratique, on comprend qu’elle recherche avant tout un prétexte pour empêcher toute démonstration subséquente pouvant altérer le déroulement voulu de ses activités. On comprend qu’elle instrumentalise malhabilement un événement tragique pour limiter les libertés individuelles de ses étudiants. Franchement, c’est dégueulasse.</p>



<p>C’est presque hilarant de voir les bonzes de l’administration pleurnicher devant les tribunaux et s’épancher sur les supposés dangers imminents qui planent sur les précieux bâtiments de McGill. Presque. Le rire vire au rictus quand on réalise que nos droits sont entre les mains de quelques fonctionnaires peureux et malléables. Des employés obéissants, à la solde d’intérêts bien plus importants que ceux des misérables étudiants, qui sont supposément le cœur de l’identité mcgilloise. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Mais les pires des injustices, parmi lesquelles le génocide à Gaza fait office d’apex de la souffrance télédiffusée, ne méritent-elles pas que l’on s’époumone pour elles? »</p>
</blockquote>



<p>Sachant qu’il est impossible d’être volontairement aussi idiot (quoi que, cela s’est déjà vu), il faut se demander quelles sont les visées réelles de l’administration. Que veut-elle accomplir en suspendant les droits des étudiants? Pense-t-elle que son recours à une sorte de stalinisme éhonté va faire rentrer dans le rang les plus dissidents de ses étudiants? Franchement! Réfléchissez un peu! Les étudiants sont avant tout des humains, et les humains ont des droits inaliénables, fondamentaux. Parmi ceux-ci, le droit de manifester figure comme une extension directe du droit à la liberté d’expression, complète- ment bafoué par McGill, qui décrète que ses intérêts priment sur ceux de la collectivité. </p>



<p>Ses réels intérêts, ils sont nébuleux, mais surtout, ils nous sont complètement dissimulés. On nous répétera, par le biais de courriels soigneusement polis, que toute cette charade judiciaire n’a comme seul objectif la protection des étudiants. Leur sécurité. Piètre subterfuge. </p>



<p>Tout ce qu’elle veut vraiment, cette Université, c’est vous aseptiser. Vous endormir. Vous faire perdre de vue l’ampleur des enjeux que vous défendez. Elle veut vous faire croire qu’en vous exprimant, vous vous placez dans une situation dangereuse. Qu’en vivant dans un milieu qui s’exprime librement, une épée de Damoclès vous pend juste au-dessus du nez. On dirait qu’il faut absolument que vous deveniez de bons rouages dociles d’un monde qui vous gave de platitudes dégoûtantes jusqu’à vous en faire oublier votre raison d’être. Dans un milieu qui se devrait d’incarner le savoir et la liberté de pensée, vous vous retrouvez enchaînés aux mêmes intérêts qui gouvernent réellement l’administration de l’Université. </p>



<p>Mais nous avons su montrer, nous, les jeunes, les universitaires, que nous résistions aux maintes tentatives des détenteurs du pouvoir de nous faire taire. La lutte contre la guerre du Vietnam, l’apartheid en Afrique du Sud… et maintenant le combat contre les innombrables crimes d’Israël à l’égard du peuple palestinien. Et tant d’autres… Il y a autant de luttes qu’il y a d’injustices. </p>



<p>Mais évidemment, on utilise quelques événements violents isolés pour qualifier tout un mouvement. Pour délégitimiser tout un combat. On prend une décision en prétendant assurer la sécurité collective, mais dont les ramifications perverses et préméditées sont révulsantes. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Et si on m’enlève ce droit, eh bien je le ferai pareil! Et j’en souffrirai les conséquences, qui seront autrement moins importantes que le sentiment d’avoir abandonné mes convictions pour me conformer à une injustice »</p>
</blockquote>



<p>Tous les syndicats, les groupes militants ; toutes les causes humanitaires qui trouvent dans le milieu universitaire leurs plus ardents défenseurs se verraient muselées. On les contraint à l’effacement de la place publique si elles sont jugées intimidantes ou bien si elles font trop de vacarme. Mais les pires des injustices, parmi lesquelles le génocide à Gaza fait office d’apex de la souffrance télédiffusée, ne méritent-elles pas que l’on s’époumone pour elles? Je ne crois pas être moralisateur lorsque je vous réitère l’importance de l’action citoyenne pour dévier, ne serait-ce qu’un instant, l’attention des décideurs publics vers une réalité autre que celle de la ploutocratie qui nous gouverne. </p>



<p>Si vous suivez à peu près le fil de cet article, vous comprendrez que mes récriminations s’orientent autour de quelques problématiques majeures de la démarche de McGill. Entre autres, son hypocrisie et son totalitarisme inquiétant m’enragent profondément. Et vous pouvez penser que j’exagère. Vous avez le droit de croire que j’en fais trop, que mes images sont caricaturales, inexactes, dithyrambiques. Mais franchement! On parle quand même de votre liberté d’expression, votre liberté de manifester, votre liberté d’exister et d’être en désaccord avec le système que vous subissez. </p>



<p>Et pourquoi ne pas manifester en dehors des murs, me direz-vous? Quelle question! Déjà, McGill est souvent visée directement par certaines manifestations (notamment, les syndicats) et est donc le seul lieu pertinent pour la tenue de telles démonstrations. Mais aussi, parce qu’on doit avoir le droit de se faire entendre où on le souhaite. Parce que nul ne peut nous contraindre à nous confiner, à nous cacher pour faire entendre nos volontés. C’est là que se trace la ligne entre la soumission et la liberté. </p>



<p>Et puis, si moi, égoïste comme je pourrais décider de l’être, je veux protester contre le fait que McGill crache sur la fragile francophonie qui l’habite? Si je veux crier haut et fort, pacifiquement, que je trouve que l’AÉUM n’est qu’un gaspillage inefficace de nos ressources financières et administratives? J’ai le droit de le faire! Et si on m’enlève ce droit, eh bien je le ferai pareil! Et j’en souffrirai les conséquences, qui seront autrement moins importantes que le sentiment d’avoir abandonné mes convictions pour me conformer à une injustice.</p>



<p>Alors, syndiqués de McGill, manifestants pacifiques pour la Palestine, étudiants en médecine : plaignez-vous! Vous aurez toujours votre place au sein des pages du <em>Délit</em>, je vous le promets. Ne donnez pas raison à une administration qui vous caractérise comme violents et impertinents. Mais ne voyez aucunement en cet article un appel à la violence, politique ou civile : je me répète peut-être, mais j’en appelle à votre liberté. Ne laissez pas quelques pantins décider de vos droits et forcer votre silence. Car votre dissension n’affaiblit pas la cohésion de l’Université : elle la renforce. Elle donne tout son sens à ce milieu se devant d’être le terreau fertile de la pensée critique, mais dont la mission est gangrénée par quelques bien-pensants serviles. </p>



<p>Votre désir de justice sociale, humanitaire, écologique, féministe… il n’est que l’expression de votre liberté. Et votre liberté, personne ne pourra jamais vous l’enlever. Sauf si vous les laissez le faire. </p>



<p>Ne laissez pas McGill vous faire taire!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/mcgill-veut-vous-reduire-au-silence/" data-wpel-link="internal">McGill veut vous réduire au silence</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La liberté qu’il nous reste</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/24/la-liberte-quil-nous-reste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[censure]]></category>
		<category><![CDATA[censure politique]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[liberté d'expression]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58630</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’inquiétante recrudescence de la censure politique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/24/la-liberte-quil-nous-reste/" data-wpel-link="internal">La liberté qu’il nous reste</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">J’avais comme idée cette semaine d’écrire sur la nomination de Robert Leckey, ex-doyen de la Faculté de droit de McGill, à titre de juge à la Cour supérieure du Québec. J’aurais décrié une décision fédérale complètement inacceptable, et critiqué un juriste sous-qualifié, opposé aux lois 96 et 21 et fervent partisan du Parti libéral du Québec et du Canada. Je me serais vertement opposé à cet affront à l’autonomie législative québécoise, malgré mon désaccord avec les motivations parfois xénophobes du projet caquiste en ce qui a trait à la loi 21. Bref, une autre démonstration de mon mécontentement face aux incursions du fédéral dans notre démocratie québécoise, jamais tout à fait omnipotente.</p>



<p>Mais face aux affronts répétés à la liberté d’expression dans la dernière semaine, ma conscience me dicte de laisser la politique tranquille un moment. C’est franchement inquiétant, et en tant que (pseudo-) journaliste, je ne peux rester muet. C’est mon droit, ce l’est encore et ça doit le rester. Alors voilà. Ce n’est que partie remise pour Leckey.</p>



<p><strong>« Pour savoir qui vous dirige vraiment, il suffit de regarder ceux que vous ne pouvez pas critiquer »</strong><br><strong>- Voltaire</strong></p>



<p><em>Le propos qui suivra se veut simplement un regard critique sur les abus oppressifs de certaines nations dont la puissance inquiétante enraye la possibilité pour tous de s’exprimer librement. Il n’est pas une condamnation, mais plutôt un cri désespéré pour la liberté.</em></p>



<p>Difficile de braquer le regard ailleurs que sur les États-Unis et leur inquiétante ploutocratie. Une nation dirigée par une sorte de monstre bicéphale, alliance d’un tyran sénile et d’intérêts étrangers génocidaires. Une nation supposément obsédée par son archaïque <em>Bill of Rights </em>– mais qui en fait une écoute sélective. Une nation se croyant hégémonique, toute-puissante, invincible. Une nation en perdition.</p>



<p>Mais surtout, une nation dont on ne peut critiquer le pouvoir en place, sous peine d’exclusion de la sphère publique, d’une perte d’emploi sans sommation ou bien même d’attaque directe par un bonhomme orangé ayant oublié de désactiver le verrouillage des majuscules.</p>



<p>Donald Trump, que j’ai pu décrire comme sénile et orangé ci-haut, est tout de même un ingénieux propagandiste, un maître de la distraction et de la confusion. Un hypocrite de la pire espèce. Quand il s’agit de pleurer la mort d’un homme haineux, raciste et homophobe comme Charlie Kirk, on ne trouve pas en Trump un plus grand défenseur de la liberté d’expression et d’opinion. Il condamne toute violence politique et déifie un débatteur populiste somme toute médiocre, juste assez intelligent pour retenir et recracher les grandes lignes de la révulsante idéologie trumpiste.</p>



<p>Mais gare à celui qui oserait le critiquer! La liberté d’expression défendue par le Premier amendement se métamorphose en une obligation de complimenter. On ne peut plus critiquer Trump ou son administration et ses alliés : il n’aime pas ça. Ça l’offusque et ça le frustre, quand les journalistes parlent en mal de lui. Il use de son pouvoir pour <a href="https://www.ap.org/media-center/ap-in-the-news/2025/the-associated-press-banned-from-white-house-press-pool-renews-request-to-court-for-reinstatement/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bannir certains médias</a> de ses mêlées de presse, réduire au silence ses critiques médiatiques et se débarrasser de fonctionnaires qui osent se dresser contre lui.</p>



<p>Et on ne pourra pas dire que l’on ne s’y attendait pas! C’est un déjanté de la première heure, un malade à la tête de la nation la plus puissante au monde! L’élire une fois en 2016, je peux le comprendre. Une femme au pouvoir, pour nos voisins du Sud, c’était peut-être trop en demander. Mais le réélire? Quelle infamie! Un homme qui n’est loyal qu’envers lui-même, qui ne défend la Constitution que lorsqu’elle sert ses intérêts les plus égoïstes, et qui, en plus, est un criminel! C’est dystopique.</p>



<p>Fasciste, le Donald? Je n’irai pas jusque là, mais on n’en est pas très loin. On n’a pas non plus à se rendre bien loin pour en trouver un, un État fasciste, ethnonationaliste et génocidaire.</p>



<p>Le plus fidèle allié des États-Unis, Israël, est une autre nation qu’il semble impossible de critiquer sans s’exposer formellement à une panoplie d’accusations. Vous critiquez l’éradication du peuple palestinien? Antisémite! L’exécution d’enfants? Haineux! La famine orchestrée et planifiée? Menteur! Cette auto-victimisation est si efficace que les gens en oublient les images diffusées de massacres et de morts à longueur de journée, preuves directes des crimes israéliens. La famine devient un mensonge parce que quelques Gazaouis grassouillets existent. On transforme les enfants exécutés en apprentis terroristes. On parle du génocide des Palestiniens comme d’une guerre. Les mots et les images perdent leur sens, et les téléspectateurs y laissent leur raison.</p>



<p>À la lumière des discours remâchés cent fois truffés de mensonges éhontés, il est clair que la machine de guerre israélienne n’est pas qu’une puissance militaire financée par les États-Unis. Elle est passée maître dans l’art de nous flouer, de nous ensorceler et de nous aveugler. Elle est insidieuse, elle s’infiltre dans les rouages du pouvoir par l’intermédiaire d’organisations telles que l’<em>American Israel Public Affairs Committee </em>(AIPAC) et installe son narratif facétieux dans l’imaginaire collectif. Et l’argent, que dire de l’argent! Tout le monde a son prix, et chaque politicien un seuil d’intégrité.</p>



<p>Pour les vendus à l’entreprise israélienne, tout devient un affront. <a href="https://www.gov.il/en/pages/spoke-attack220525" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">On leur parle de Palestine libre, et on dirait qu’on vient de leur annoncer que l’on voudrait éliminer les Juifs de la surface de la Terre.</a> C’est absurde, toute cette gymnastique pour défendre ce que même l’ONU qualifie de génocide. J’ai de la difficulté à le mettre en mots, tellement c’est délirant. On ne peut plus rien dire, on ne peut plus critiquer, on n’est véritablement pas libres de s’exprimer.</p>



<p>Je n’incite personne à la haine ou à la violence en m’exprimant ainsi. Je ne franchis aucun seuil passible d’une sanction selon la loi canadienne. Et pourtant, la publication d’un article tel que celui-ci pourrait m’attirer bien des ennuis. Pourquoi? Parce qu’il existe de toute évidence, comme Voltaire a su le dire, une sphère du pouvoir que l’on ne peut se permettre de critiquer. Il existe réellement des entités qui peuvent moduler le sens des mots, qui peuvent réduire au silence les critiques à leur égard de manière systématique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« C’est en se lassant de défendre ses droits qu’on les perd pour de bon, et que l’on concède la victoire à ceux qui déploient tant d’efforts pour nous faire taire »</p>
</blockquote>



<p>Je n’accuse pas Israël de contrôler le monde, de contrôler nos intérêts et nos industries. Vous ne ferez pas une Elisa Serret de moi! Mais il est impossible d’ignorer qu’Israël a mainmise sur de nombreux enjeux de la politique américaine. C’est factuel, rapporté par des intellectuels comme Mearsheimer et Sachs et des politiciens comme Bernie Sanders, tous trois Juifs, mais capables d’un jugement critique. Ils ne sont pas antisémites mais anti-ingérence, anti-génocide, anti-apartheid!</p>



<p>Il est important que les mots conservent leur sens, sans quoi tout débat devient complètement inutile et dépourvu de rationalité. Une critique de Netanyahou et son régime génocidaire n’est pas antisémite parce qu’il gouverne un état à majorité juive. Une critique de Trump, un président despotique et antidémocratique, n’est pas illégale parce qu’il le décrète.</p>



<p>Il ne faut pas rester muet ou indifférent face à toutes ces entraves à la liberté d’expression. Il ne faut pas avoir peur de les défier, sans quoi on risque de les normaliser. C’est en se lassant de défendre ses droits qu’on les perd pour de bon, et que l’on concède la victoire à ceux qui déploient tant d’efforts pour nous faire taire.</p>



<p>Je pense réellement que, si vous ne devez retenir qu’une chose de cet article, c’est de ne pas craindre les conséquences de l’expression de votre liberté. Je n’ai pas dit l’expression de votre haine, ou de vos insultes sans fondement. J’en appelle à votre liberté. À notre liberté à tous. Si vous vous taisez maintenant, vous le regretterez lorsque vous n’aurez plus de choix à faire entre la parole ou le silence. Vous le regretterez pour toujours.</p>



<p>Et aux despotes de se réjouir de votre apathie.</p>
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		<title>Les impôts du contribuable n’ont pas été payés en vain…</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/17/les-impots-du-contribuable-nont-pas-ete-payes-en-vain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[commission]]></category>
		<category><![CDATA[SAAQclic]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Ranger]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58533</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quelles seront les conséquences du scandale SAAQclic?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>À noter que la plateforme SAAQclic s’est vu attribuer un budget de 638 millions de dollars en 2017, qu’elle aura dépassé de 462 millions en 2027 (1,1 milliard en coûts totaux), selon un rapport de la Vérificatrice générale du Québec.</em></p>



<p>Permettez-moi de vous proposer cette semaine un format quelque peu inusité : l’opinion-experte. Moins clivante, à défaut d’être véritablement innovante. À mes opinions cinglantes, vous préférerez sans doute des opinions cinglantes, éduquées. Ma cible aujourd’hui : le scandale SAAQclic, un marasme administratif et financier dans lequel se sont égarés près de 500 millions de dollars de fonds publics. Mon expert : Maître Vincent Ranger, spécialiste en droit civil et procureur nommé à la commission Gallant, chargée d’enquêter sur la gestion de la modernisation des services informatiques de la Société de l’assurance automobile du Québec. </p>



<p>Évidemment, il est tenu à l’impartialité. Personne ne comprend mieux que lui les rouages de cette commission d’enquête ; je m’en suis donc tenu à sa compréhension de la procédure pour bâtir mon opinion. Cet article sera scindé ainsi : une pure présentation de faits suivie d’une envolée cynique, pour laquelle je prends l’entière responsabilité. Je m’assagis, sans doute. Je vous laisse donc, en premier lieu, décortiquer notre échange. </p>



<p><strong>L’entrevue </strong></p>



<p><strong><em>Le Délit</em> (LD)</strong> : <em>Quelle forme de justice représente une commission d’enquête, et de quels pouvoirs est-elle investie? </em></p>



<p><strong>Vincent Ranger (VR)</strong> : Une commission relève du pouvoir exécutif et non de la branche judiciaire de l’État, et n’a donc pas pour objectif d’arriver à un verdict ou une condamnation. Elle ne tranche pas de litige. Elle s’apparente davantage à une enquête qu’à un procès, et le travail du procureur se fond davantage dans le rôle d’un enquêteur. </p>



<p><strong>LD</strong> : <em>Quelle est donc votre responsabilité en tant que procureur? À quoi êtes-vous tenu dans la défense des intérêts des Québécois?</em> </p>



<p><strong>VR</strong> : Les audiences de la commission et l’entièreté de son contenu sont disponibles pour consultation publique. C’est l’objectif même d’une commission. Mon travail, c’est de présenter les bons documents et de décider d’une ligne directrice des interrogatoires pour assurer de brosser le portrait le plus complet possible de la situation. </p>



<p><strong>LD</strong> : <em>Comme procureur, que pouvez- vous nous dire sur le déroulement de la commission? Dans les témoignages publics, quel semble être le message principal? </em></p>



<p><strong>VR</strong> : Je suis tenu à l’impartialité la plus stricte, et je ne peux donc formuler de commentaires sur la procédure en cours. Toute prise de position pourrait sembler éditoriale, et cela est strictement interdit d’un point de vue éthique. Je vous propose par contre d’aller consulter le <a href="https://www.cesis.gouv.qc.ca/accueil" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">site web officiel de la Commission</a>, qui regroupe tous les témoignages et les preuves déposées durant les commissions. </p>



<p><strong>LD</strong> : <em>Que risquent les acteurs impliqués du gouvernement à l’issue de la commission? Je pense notamment à des ministres très influents comme Geneviève Guilbault, François Bonnardel ou même notre premier ministre, François Legault. </em></p>



<p><strong>VR</strong> : Encore une fois, il est important de préciser que la commission ne prévoit pas de sanctions, pénales ou civiles. Son seul objectif est de dresser un rapport construit par les témoignages des acteurs impliqués et de formuler des recommandations. La commission est une demande du pouvoir exécutif, et son rapport pourra être décortiqué par des groupes d’opposition ou des organisations diverses. </p>



<p><strong>LD</strong> : <em>Quelles sont les dates clés dans le déroulement de la commission Gallant? Comment va se conclure cette saga quelque peu sensationnaliste? </em></p>



<p><strong>VR</strong> : Pour ce qui est des conclusions durapport, je ne peux rien divulguer. Par contre, je rappelle que la date du dépôt du rapport est fixée pour le 15 décembre 2025 – date qui devrait aussi signifier la dissolution de la commission d’enquête. La suite des choses dépendra de la réception du public et des acteurs de la société civile. Il faudra aussi voir ce qu’en dira le pouvoir exécutif qui a demandé cette commission, et ce qu’il fera des recommandations formulées. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« À quand un système politique au sein duquel nos élus n’oseraient jamais prélever ne serait-ce qu’un dollar appartenant au contribuable sans en justifier la raison? »</p>
</blockquote>



<p><strong>L’opinion</strong></p>



<p>Avouez qu’une entrevue avec ce procureur tenace et sympathique, ça crédibilise quelque peu mes opinions de frustré compulsif. Malgré son discours très neutre, on comprend que, pour qu’une situation fasse l’objet d’une commission telle que celle-ci, il faut quand même un scandale d’une certaine ampleur. J’admets que j’ai confiance en sa capacité à faire poindre la vérité des tréfonds de ce bourbier de partenariats public-privé truffé d’attributions de contrats à la valeur douteuse. Mais bon, là n’est pas la question. </p>



<p>Ils en on fait quoi de mon argent? De notre argent? C’est ce que chaque Québécois qui a financé cette initiative en payant ses impôts à reculons se demande. De ce que j’en comprends (et vous l’avez lu comme moi), la commission n’aboutira qu’à une suggestion, une humiliation publique de quelques figures emblématiques d’une administration caquiste de plus en plus impopulaire. Au lieu du bûcher, ce sera le pilori. On en fait quoi, de ce rapport? C’est enrageant de penser que les élus impliqués dans une négligence criminelle déprimante (ou un détournement volontaire) des finances de l’État s’en tireront sans aucune sanction tangible. </p>



<p>Cette immunité est un enjeu qui semble faire l’objet d’une considération cyclique, mais éternellement stérile. À l’occasion de la commission Charbonneau, en 2011, le public avait été sidéré par la corruption qui gangrenait alors le secteur québécois de la construction. Avait suivi un débat sociétal, politique et judiciaire qui s’était achevé par quelques sanctions financières, quelques destitutions, quelques démissions d’élus en disgrâce. Quelques emprisonnements anecdotiques. Mais c’est tout. Pas très cathartique. La preuve : on est aujourd’hui au même endroit, à quelques détails techniques près, qu’il y a quinze ans. Des élus qui contournent (plus ou moins habilement) les règles éthiques et les formalités d’attribution des contrats pour favoriser leurs amis. « Un chum, c’t’un chum », disait-on à l’époque. La formule est toujours d’actualité. </p>



<p>L’appât du gain y est certainement pour quelque chose. Mais enfin, combien d’Unités permanentes anticorruption (UPAC) allons-nous devoir créer pour empêcher nos élus de profiter de nous! Pourquoi est-ce que ça prend cinq, dix ou quinze ans avant que l’on se rende compte qu’on a été complètement floués! À quand un peu de responsabilisation? À quand un système politique au sein duquel nos élus n’oseraient jamais prélever ne serait-ce qu’un dollar appartenant au contribuable sans en justifier la raison? </p>



<p>De mon côté, je suis allé voir quelques extraits des témoignages de nos grands dignitaires démocratiques. Quelle honte! C’est à croire qu’on a élu une bande d’amnésiques aphasiques. Personne ne se parle, personne ne peut se rappeler exactement un échange ou une conversation, personne n’est au courant de rien. On ne se souvient pas des montants, des contrats, des courriels. On ne se souvient de <em>rien</em>. La devise du Québec en devient presque ironique. </p>



<p>Heureusement que les procureurs font un travail admirable. Ils sont le seul pont qui peut bien nous rattacher à une certaine vérité. Mais leur exemplarité a des limites. Leur travail herculéen ne produira qu’un rapport. Un maudit rapport. </p>



<p>Si vous me le permettez, je réponds d’office à ma propre interrogation. Quelles seront les conséquences du scandale SAAQclic? Si on se fie à notre modus operandi, un autre SAAQclic, dans quinze ans. Préparez-vous, pendant que vos futurs élus ourdissent déjà des plans pour contourner les réglementations factices proposées comme baume sur la plaie publique. Ne soyez pas surpris quand vous apprendrez que, pour une énième fois, les intérêts d’une caste dirigeante intouchable priment sur les vôtres. En 2039–40, si mes calculs se révèlent exacts.</p>



<p>462 millions. Quand même, il y a de quoi se laisser corrompre. Il y a de quoi trahir son peuple. </p>



<p>Et puis, comble de l’ironie, SAAQclic n’est pas foutue de fonctionner correctement!</p>
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		<item>
		<title>T.O.C. (Trouble d’opposition colonial)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/10/t-o-c-trouble-dopposition-colonial/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[francophone]]></category>
		<category><![CDATA[loi 96]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58449</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’illusion du désir d’un McGill en français.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Les opinions exprimées sur les retombées de la loi 96 (sur la langue officielle et commune du Québec) par la communauté mcgilloise sont pour le plus souvent articulées par des crétins, non-Québécois de surcroît. Je n’ai pas moi-même la prétention de ne pas être un crétin, mais au moins, je suis un Québécois. Francophone. Une précision quelque peu pléonastique, si vous voulez mon avis.</p>



<p>En premier lieu, je vous avertis. Ne vous avisez même pas de m’accuser frénétiquement d’être moi-même un avide colonialiste quant au sort linguistique des Premières Nations et des Inuit. Leur combat est le plus ardu de tous, et leur souveraineté se doit d’être une priorité étatique. Mais, par pitié, lisez la loi d’abord! Lisez le préambule! Elle n’est pas parfaite. Elle est même nettement insuffisante dans certains aspects. Mais elle vise à faire du français la seule vraie langue d’État québécoise. C’est tout. Il est carrément ignoble de démoniser les actions qu’un peuple prend pour assurer sa survie, et de présenter de manière malhonnête un projet de protection du français et de l’identité nationale. Un combat ne voit pas sa légitimité amoindrie par l’existence d’une autre injustice. </p>



<p>Il fallait bien sûr que la minorité anglophone y voie une tentative ethnonationaliste de les éradiquer, de faire de leur vie un calvaire, le français faisant office d’engin de torture moyenâgeux. Il en faudra davantage pour me soutirer des larmes. Ce sont ces mêmes geignards anglophones qui ont rendu nécessaires les mesures de protection démocratiques législatives de la langue officielle du Québec! Le français n’est parlé au Québec que grâce à la résistance, la survivance courageuse de nos ancêtres colonisés, rabroués, humiliés et vassalisés. Ils ont donné leurs vies pour se réapproprier les systèmes démocratiques et économiques du Québec, pour se retirer du joug étouffant d’une minorité d’aristocrates et de bourgeois voraces. </p>



<p>Vous avez encore le droit de parler en anglais, je vous rassure. Comme j’ai le droit de parler français en Hongrie. Ou bien de baragouiner quelques phrases d’italien en Indonésie. Mais ce n’est pas la langue d’État. On ne peut pas s’attendre à ce que toute une société se contorsionne et renie son identité pour accommoder nos caprices linguistiques. On doit bien être la seule nation qui doit se justifier de vouloir protéger sa langue! Au Québec, c’est en français que ça se passe. C’est en français que ça doit continuer de se passer. </p>



<p>Sauf à McGill, évidemment. </p>



<p>Le fier bastion du bilinguisme approximatif (on y alterne l’anglais et la langue de bois) mène des campagnes pour essayer de nous faire croire que le français lui importe. Qu’il faut <a href="https://vivreenfrancais.mcgill.ca" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vivre McGill en français</a>, ou du moins être capable de le faire. Soyons sérieux : il est impossible de vivre McGill dans une autre langue que l’anglais, exception faite de quelques facultés. J’ai rarement vu plus hypocrite. Mais, je vais donner raison à l’administration sur un point : les hausses des tarifs pour les étudiants hors Québec sont paralysantes et administrées de manière bancale par les législateurs de la Coalition Avenir Québec (CAQ). C’est complètement contre-productif d’induire des coupes budgétaires alors que l’on souhaite que l’Université amplifie la prestation de services de francisation. Colossale erreur de jugement, sans doute. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Vous avez encore le droit de parler en anglais, je vous rassure. Comme j’ai le droit de parler français en Hongrie. Ou bien de baragouiner quelques phrases d’italien en Indonésie. Mais ce n’est pas la langue d’État. On ne peut pas s’attendre à ce que toute une société se contorsionne et renie son identité pour accommoder nos caprices linguistiques</p>
</blockquote>



<p>Quand des mesures concrètes sont implantées par le gouvernement pour franciser la population étudiante, <a href="https://coursuperieureduquebec.ca/fileadmin/cour-superieure/Jugements_diffuses_sur_X/Universite_McGill_c._Ministre_de_l_enseignement_superieur_et_al.___Universite_Concordia_et_al._c._Ministre_de_l_enseignement_superieur_et_al..pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’Université s’oppose</a>. Et ça, il fallait s’y attendre. Pourtant, le seuil de francisation fonctionnelle des étudiants, établi à 80%, est bien loin d’être déraisonnable, <a href="https://coursuperieureduquebec.ca/fileadmin/cour-superieure/Jugements_diffuses_sur_X/Universite_McGill_c._Ministre_de_l_enseignement_superieur_et_al.___Universite_Concordia_et_al._c._Ministre_de_l_enseignement_superieur_et_al..pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">quoi qu’en dise la Cour supérieure du Québec</a> (dont les juges sont nommés, évidemment, par le fédéral). Ça pourrait même être 100%, quant à moi. Mais pour McGill, il n’en est pas question. Franciser, c’est trop cher, pas assez important, trop relatif, trop chronophage… franciser, ça les emmerde! </p>



<p>Et bon, pragmatisme oblige, les étudiants internationaux anglophones sont tellement plus lucratifs! </p>



<p>Je suis aussi tanné d’entendre régurgiter l’espèce d’adage débilitant qui affirme que « <em>si on force les gens à apprendre le français, ils ne s’en servent pas sur le long terme, ils ne seront pas motivés à le faire</em> ». Ils sont par contre assez motivés pour choisir consciemment de venir s’installer au sein d’une nation francophone, mais pas assez pour l’intégrer. Étrange. C’est sûr que la motivation tend à s’effacer quand on sait pertinemment que l’on peut s’établir dans une enclave unilingue anglophone et être parfaitement fonctionnel. </p>



<p>Si on veut s’installer au Québec, il faut apprendre à parler français. C’est enrageant de voir qu’une logique qui s’applique à absolument toutes les nations du monde (si on se refuse à appeler le Québec un pays) se bute à tellement de gens qui ignorent l’histoire et la réalité de l’endroit qu’ils habitent. Relisez (ou, pour la plupart, lisez) votre histoire québécoise : vous serez moins récalcitrants. Vous comprendrez pourquoi une multitude de gouvernements ont fait des efforts herculéens (et parfois maladroits) pour protéger la langue du peuple. Je me répète, me direz-vous, mais ça me paraît tellement simple! Tellement évident! </p>



<p>Un autre argument inventé pour s’opposer à la loi 96 repose sur un refus total de reconnaître le déclin du français au Québec. Refus complètement insensé : <a href="https://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/sociolinguistique/2024/rapport-evolution-situation-linguistique.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le français perd du terrain, surtout chez les jeunes</a>, et les Québécois francophones ont le poids démographique le plus faible de leur histoire, en comparaison au reste de la population canadienne. Les Québécois francophones ont beau être majoritaires sur leur territoire, ils perdent du terrain, confinés à leur protectorat néocolonial. Nier un déclin qui crève les yeux, c’est vraiment un non-sens. Dites-le, si vous ne voulez pas parler français, mais ne faites pas semblant que vous n’avez aucun impact sur l’existence de notre société. </p>



<p>Bon, et quel rapport avec l’Université? </p>



<p>Dans l’imaginaire collectif francophone, elle reste le symbole de l’Anglo-patroneux-arrogant. L’université du petit bourgeois qui fait son chemin du manoir de Westmount de son papa, le grand bourgeois, jusqu’au pied du <em>Mount Royal</em>. En saisissant la Cour supérieure du Québec pour s’opposer à la francisation de son corps étudiant, elle entretient soigneusement cette image. McGill veut éduquer ses étudiants en anglais, strictement en anglais, toujours en anglais. Elle continue d’asseoir sa supériorité sur le peuple québécois francophone, ne lui jetant que quelques miettes minables pour calmer son appétit. </p>



<p>Je suis très loin d’aimer la CAQ. Même que je l’abhorre. Mais la loi 96, malgré ses défauts, sera assurément un outil de protection et de promotion de la langue assez formidable. Tout devra être produit ou traduit en français, des documents légaux aux promesses d’affaires… et c’est normal! Le français, c’est encore notre langue, et en dépit des efforts d’une minorité qui a longtemps agi comme une majorité, j’ose espérer que ce le sera toujours.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/10/t-o-c-trouble-dopposition-colonial/" data-wpel-link="internal">T.O.C. (Trouble d’opposition colonial)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Je suis un lâche…</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/01/je-suis-un-lache/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[societe]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58268</guid>

					<description><![CDATA[<p>On vous attend dans la section Opinion.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Prise de conscience estivale : je suis un lâche. J’écris mes articles et je règne en despote sur la section Opinion. Je critique tout ce qui me déplaît et je défends farouchement mes convictions. Borné? Pas vraiment. Opiniâtre? Peut-être. Acharné? Résolument. Mais quel est l’intérêt de cette section, si personne n’en discute, ne s’y oppose ou n’exprime quoi que ce soit d’autre qu’une indifférence apathique?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Je me refuse à croire que, des 3 500 copies du Délit distribuées chaque semaine, aucune d’elles ne se trouve entre les mains d’une personne en désaccord avec le propos présenté! »</p>
</blockquote>



<p>J’ai fait mon entrée au sein du <em>Délit</em> en critiquant un article – disons-le – propagandiste. Lèche-bottes. Ma lecture initiale achevée, j’avais immédiatement contacté mon patron actuel (le moins despotique Vincent Maraval) pour formuler une réponse – un peu dithyrambique, je l’avoue. Mais pas lèche-bottes. On peut m’accuser de bien des choses, mais on ne peut pas dire que je vis sur les genoux. Je suis certain de ne pas être le seul.</p>



<p>C’est là tout l’intérêt d’une section Opinion! Je ne veux pas vivre dans une chambre d’écho, comme les éditorialistes insipides de <em>La Presse</em> ou les loyaux sujets de Sa Majesté à <em>Radio-Canada</em>. Je veux que vous, les étudiants, donniez libre cours à vos idées, à vos argumentaires et à vos critiques.</p>



<p>Je veux bien me faire traiter d’imbécile, de petit provincial et d’impertinent, tant que c’est par le biais d’un argumentaire minimalement bien ficelé, pertinent et structuré. Je ne suis pas masochiste, quand même.</p>



<p>Je me refuse à croire que, des 3 500 copies du <em>Délit</em> distribuées chaque semaine, aucune d’elles ne se trouve entre les mains d’une personne en désaccord avec le propos présenté. Exprimez-vous! Écrivez, ça déniaise. Comme éditeur d’opinion, je m’engage à deux choses : ne pas être insignifiant et vous laisser la place que vous méritez au <em>Délit</em>. En retour, vous devez me laisser le droit de vous répondre. C’est de bonne guerre. Si vous y consentez, on s’engage, vous et moi, dans une entente tacite. Pas une guerre ou un conflit, mais un dialogue.</p>



<p>Voilà que, quelques paragraphes plus tard, je me suis délesté de ma lâcheté. Au sens journalistique du terme, à la rigueur. À vous de jouer.</p>
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		<title>Le temps des bouffons</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/04/02/le-temps-des-bouffons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Apr 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[administration]]></category>
		<category><![CDATA[indépendance]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[réflexions]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58104</guid>

					<description><![CDATA[<p>Réflexions sur la soumission volontaire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/04/02/le-temps-des-bouffons/" data-wpel-link="internal">Le temps des bouffons</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Dans une lettre ouverte publiée le 11 janvier dernier, Jean Chrétien, laquais</em> <em>loyal de sa Majesté Charles III des Rocheuses, défend son illustrissime pays, le Canada, contre des menaces d’annexion proférées par Donald Trump. Un monument poussiéreux des hautes sphères du Canadian Establishment qui fait la promotion des vertus de la souveraineté et de l’indépendance – mais quelle farce!</em></p>



<p>Les sparages incohérents du président des États-Unis ont l’effet pernicieux de rallier les pleurnichards fidèles à l’unifolié. L’union fait la force! <em>Long Live the King! </em>On veut nous voir ramper en rang docilement vers l’idéal d’une nation canadienne qui refuse de plier l’échine face au monstre américain. Moi, ramper, ça me fait mal aux genoux, je préfère m’abstenir. Pourtant, je l’avoue, je partage la complaisance fédéraliste pour nos arrogants voisins du sud. Leur cirque d’illuminés ploutocrates ne fait plus rire personne. Ce que j’abhorre, c’est plutôt l’utilisation canadienne des conjectures <em>trumpiennes </em>pour marteler d’éternelles tentatives hypocrites de suppression de l’identité québécoise.<br><br>L’ex-premier-ministre libéral Jean Chrétien (ministre de l’In-Justice sous Trudeau père, illustre mentor!) en profite pour jouer de sa réputation, nous rappelant dans sa lettre son fort goût pour les pirouettes politiques à l’intégrité douteuse. L’épouvantail de l’indépendance aura passé sa carrière à faire de l’ingérence son <em>modus operandi</em>, effrayant les Québécois pour mieux les assimiler à une confédération restrictive et abusive. Le <a href="https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/scandale-des-programme-de-commandites" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Scandale des commandites</a>? C’est lui. Le <em>love-in </em>du Non quelques semaines avant le référendum? Encore lui. Chrétien ne recule devant rien pour frauduleusement dilapider les fonds publics et détruire le projet indépendantiste <em>– </em>apportant des contributions déterminantes aux défaites du Oui en 1980 puis en 1995. Effronté tout de même de faire la leçon à qui que ce soit sur l’importance de l’autodétermination d’un peuple quand on a dédié sa vie politique à l’éradiquer systématiquement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Avides de pouvoir et d’influence, ils s’entretuent pour gravir les échelons de l’administration néocoloniale. Premier-bouffon. Bouffon-général. Bouffon-gouverneur. Quand on est tanné de se battre, mieux vaut se vautrer dans une lâcheté aseptisée et défendre une ribambelle d’enjeux minables »</p>
</blockquote>



<p>La quête pour l’indépendance n’est pas un caprice. La frayeur fédéraliste actuelle, ironiquement, le démontre parfaitement. La campagne de propagande pro-Canada orchestrée par les élites du pouvoir martèle que jamais le pays ne cédera sa terre, son pouvoir, sa culture et son identité – peu importe les bienfaits socio-économiques proposés par l’envahisseur. Voilà qui est curieux. La menace hypothétique auquelle fait face le Canada s’avère étrangement similaire au traitement que celui-ci réserve aux Québécois depuis 265 ans déjà. On redoute ce que l’on sème. Destruction de la langue et de la culture, partage des pouvoirs inéquitable, chantage économique… toutes les méthodes sont bonnes pour bâillonner le peuple québécois et le priver de son identité distincte. On réduit le passé de notre glorieux pays francophone à quelques allusions folkloriques dont les souvenirs s’effacent graduellement de la mémoire collective. Le gouvernement canadien résiste à « l’envahisseur » tout en servant d’exemple aux États-Unis quant à l’assimilation répugnante d’une nation souveraine. Pathétique. À des fossiles néo-colonialistes comme Trudeau (le père, le fils et le Saint-Esprit) et Chrétien, l’Histoire ne donne que très peu souvent raison.</p>



<p>Pour faire oublier à un peuple qu’il existe, il faut lui faire oublier qu’il a pu exister. Chrétien et ses sbires sont les artisans de cette identité canadienne illusoire, un nationalisme artificiel financé par les bénéficiaires du fédéralisme néocolonial. Les grands aristocrates du <em>Beaver Club</em>, les <em>quartermasters </em>et autres voraces <em>WASPs (White Anglo-Saxon Protestants) </em>se liguent depuis des siècles pour faire des Québécois un petit peuple, un bassin de <em>cheap labor </em>insignifiant. Quand il s’agit d’exploiter les ressources québécoises, l’amour canadien est sans mesure. Même chose quand un référendum s’annonce.</p>



<p>On est exploités par nos geôliers, jusqu’à ce que leurs chaînes nous meurtrissent trop et que par la force du nombre on gagne la volonté d’aspirer à la libération absolue de notre peuple.</p>



<p>Nous sommes les victimes inféodées d’un Canada hypocrite, profiteur, menteur, assimilateur <em>– </em>un Canada bâti sur les larmes et la sueur des Québécois francophones. Un pays de Frobisher, de Molson et de McGill, aidés<br>dans leur funeste entreprise par quelques déserteurs opportunistes trahissant leur peuple. On me dira que ces temps sont révolus, que le patronat anglo-protestant n’est plus une menace à l’épanouissement de notre Québec, que le combat pour l’indépendance est un vestige archaïque dans un système de mondialisation frénétique. Voilà une belle pensée d’adorateur du Commonwealth, qui frémit d’excitation quand on aligne statu quo, oppression et assimilation dans un plan de société. Quand on profite de la misère de l’autre, il suffit de le nourrir juste assez pour ne pas qu’il crève de faim. Les <em>boss </em>sont peut-être bien morts, mais leur héritage gruge encore la détermination des Québécois. L’enjeu de la libération du Québec, tout comme sa culture et son identité, n’est pas un combat statique, monolithique. Par la montée de mouvements de valorisation de l’identité québécoise et de la nécessité de son indépendance au 20<em>e </em>siècle, le peuple condamné à se prostrer pour l’éternité prend son destin en main. Ainsi naissent le Rassemblement pour l’indépendance nationale, le Front de libération du Québec, le Parti Québécois <em>– </em>déterminés à octroyer une souveraineté chèrement payée et amplement méritée aux Québécois.</p>



<p>Le sabotage fédéral s’amorce aussitôt que le mouvement se démocratise et gagne en importance <em>– </em>pas question de laisser un petit peuple réaliser qu’il peut devenir grand. On nous menace de refuser le résultat du référendum, de nous soutirer nos maigres pensions, de faire du Québec le paria miteux de l’Amérique. Le Québec, étouffé par un Canada qui dépend de lui, ne trouve pas la force de se séparer. Les chaînes sont rouillées mais on se refuse à s’en débarrasser, on y est trop habitués.</p>



<p>À l’incertitude, certains préfèrent la servitude.</p>



<p>L’internalisation de l’oppression canadienne donne naissance à un infect regroupement de bouffons fédéralistes obsédés par l’unité d’un pays dysfonctionnel depuis sa création. Avides de pouvoir et d’influence, ils s’entretuent pour gravir les échelons de l’administration néocoloniale. Premier-bouffon. Bouffon-général. Bouffon-gouverneur. Quand on est tanné de se battre, mieux vaut se vautrer dans une lâcheté aseptisée et défendre une ribambelle d’enjeux minables. Pour essayer d’oublier qu’on trahit son peuple, rien de plus efficace que se liguer avec ceux qui affirment qu’il n’existe pas. Le pire dans tout ça? L’oppresseur fédéraliste originel cède sa place à une confrérie de bouffons qui se portent volontaires pour assujettir leurs frères québécois contre un titre, médaille de l’Ordre du Canada en option.</p>



<p>Les Québécois libéraux fédéralistes comme Chrétien, ils pullulent. Ils empestent la petite bourgeoisie (ou la grande aristocratie) et les idées de grandeur opportunistes. Par leurs manigances, ils corrompent la pureté<br>du débat identitaire québécois. Ils s’appliquent minutieusement à rendre le statu quo alléchant, indispensable. Ils rendent l’indépendance partisane, ils profanent l’idéal de liberté, ils crachent sur l’identité québécoise.</p>



<p>L’indépendance, je le répète, ce n’est pas une idéologie qu’on peut placer bêtement sur un spectre. C’est une évidence, un instinct, une nécessité à la condition humaine.</p>



<p>Sont Québécois tous ceux qui aiment la culture québécoise et veulent s’en faire les bâtisseurs.</p>



<p>Sont Québécois tous ceux qui désirent l’avancement collectif de la société qu’ils intègrent.</p>



<p>Sont Québécois tous ceux qui veulent voir la nation prospérer loin du joug abusif d’une confédération qui ne voit en nous qu’une vache à lait gouvernée par une assemblée de bouffons.</p>



<p>Sont Québécois tous ceux qui rêvent d’indépendance.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/04/02/le-temps-des-bouffons/" data-wpel-link="internal">Le temps des bouffons</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La survie et l’épanouissement de la francophonie à McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/03/19/la-survie-et-lepanouissementde-la-francophonie-a-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Mar 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=57764</guid>

					<description><![CDATA[<p>Regard sur 200 ans de résistance.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/03/19/la-survie-et-lepanouissementde-la-francophonie-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">La survie et l’épanouissement de la francophonie à McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La tumultueuse histoire de la langue française à McGill s’inscrit dans un débat endémique à la société québécoise. L’institution académique, héritage d’un controversé marchand de fourrures écossais, est une destination majeure de l’innovation intellectuelle québécoise — et ce, en anglais, depuis 1821. La majorité francophone de la province n’a pas toujours vu d’un œil favorable la présence de l’université sur son territoire, lui attribuant un tort irréparable à la cause de la protection de la francophonie et à l’accès universel à l’éducation universitaire. Chef-lieu tantôt du colonialisme britannique, puis de l’intelligentsia anglo-saxonne, l’Université McGill est aujourd’hui un lieu où règne une impressionnante diversité au sein de laquelle le français a laissé une trace indélébile. Naviguant au travers des remous politiques et de l’évolution culturelle et linguistique de notre province, apprenons ensemble l’histoire de notre langue officielle à McGill. Retour sur 200 ans de combats, de négociations et d’apprentissages grâce aux archives de la BANQ et de McGill.</p>



<p><strong>Siméon Pagnuelo – Assujettir McGill aux institutions québécoises (1886)</strong></p>



<p>La défense du français hors des murs de McGill précède bien entendu sa valorisation au sein de l’établissement. Dans un Canada nouvellement formé, le Québec tente d’asseoir l’utilisation systématique du français — par exemple dans ses ordres professionnels — ce qui est loin de faire l’unanimité chez les administrateurs et diplômés de l’Université McGill. </p>



<p><a href="https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3081878?docref=yEE5bTs5MmcurXAec8RXxA&amp;docsearchtext=pagnuelo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Une lettre ouverte</a> publiée en mars 1886 par Siméon Pagnuelo, en réponse à Sir William Dawson et James Ferrier, critique l’attaque de ces derniers sur l’examen du Barreau québécois — institution francophone à laquelle tous les avocats sont assujettis. Dans ce document d’archives, Pagnuelo défend la pertinence de l’examen obligatoire et raffermit la dominance du français dans la société québécoise — alors que MM. Dawson et Ferrier reprochent au Barreau de persécuter la minorité anglophone. On observe dès lors une mise en opposition des communautés linguistiques majoritaires de Montréal, un combat bien plus profond que celui de l’accréditation professionnelle : la tension est palpable. Pagnuelo défend le français et sa place dans le Québec alors que MM. Dawson et Ferrier revendiquent la souveraineté éducative de leur établissement, et, par le fait même, la langue qui le sous-tend.</p>



<p><strong>Opération McGill Français : rendre McGill et l’éducation universitaire accessibles aux Québécois (1969)</strong></p>



<p>La montée d’un certain nationalisme francophone québécois de l’éducation atteint son paroxysme en 1969, simultanément à la Crise de Saint-Léonard (<em>Bill 63</em>). À l’époque, de nombreux débats de société font rage quant au financement et à l’encouragement d’une éducation primaire et secondaire en anglais, notamment chez les immigrants d’origine italienne peuplant Saint-Léonard, quartier de l’est de l’île de Montréal. La majorité québécoise francophone défend l’adoption d’un système unilingue, toujours dans un objectif de valorisation de la langue et de protection de l’identité québécoise. Le ressentiment exprimé par les Québécois francophones n’ayant pas un accès équitable à l’éducation universitaire est le miroir d’un combat social opposant une classe gouvernante anglophone aux travailleurs francophones. Les textes d’époque relatent la montée d’un sentiment d’injustice, qui culmine en la cruciale (mais trop souvent oubliée) Opération McGill Français. Cette manifestation prônant l’accès des francophones à l’Université McGill est la plus importante enregistrée au Québec depuis la Seconde Guerre mondiale. Il faut savoir qu’à l’époque, les Montréalais francophones n’ont accès qu’à une seule université offrant un cursus dans leur langue, — l’Université de Montréal — et comptent pourtant plus de diplômés des études postsecondaires que leurs homologues anglophones. C’est donc pour démocratiser l’éducation universitaire et déloger la mainmise de l’anglais sur l’Université que plus de 10 000 Québécois (<a href="https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/aujourd-hui-l-histoire/segments/entrevue/111653/operation-mcgill-francais-universites-quebec-francophones-anglophones" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">15 000 </a>selon les sources francophones, 7 000 selon l’Université) prennent d’assaut les rues. Résultat? Un an plus tard, McGill accepte enfin la remise de travaux en français, permettant donc le système de remise bilingue qui bénéficie à un pourcentage conséquent d’élèves d’hier et d’aujourd’hui. Côté gouvernemental, l’Université du Québec (UQAM, UQAC et toutes autres déclinaisons) voit le jour, répondant aux requêtes des cégépiens victimes de la raréfaction des places universitaires. Cette période marque le début d’une série d’accommodements raisonnables de McGill envers les manifestation prônant l’accès des francophones à l’Université McGill est la plus importante enregistrée au Québec depuis la Seconde Guerre mondiale. Il faut savoir qu’à l’époque, les Montréalais francophones n’ont accès qu’à une seule université offrant un cursus dans leur langue, — l’Université de Montréal — et comptent pourtant plus de diplômés des études postsecondaires que leurs homologues anglophones. C’est donc pour démocratiser l’éducation universitaire et déloger la mainmise de l’anglais sur l’université que plus de 10 000 Québécois (15 000 selon les sources francophones, 7 000 selon l’Université) prennent d’assaut les rues. Résultat? Un an plus tard, McGill accepte enfin la remise de travaux en français, permettant donc le système de remise bilingue qui bénéficie à un pourcentage conséquent d’élèves d’hier et d’aujourd’hui. Côté gouvernemental, l’Université du Québec (UQAM, UQAC et toutes autres déclinaisons) voit le jour, répondant aux requêtes des cégépiens victimes de la raréfaction des places universitaires. Cette période marque le début d’une série d’accommodements raisonnables de McGill envers les francophones de la province — une lente évolution vers l’égalité des chances dans l’éducation supérieure.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1200" height="273" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/frise-1200x273.jpg" alt class="wp-image-57862" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/frise-1200x273.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/frise-650x148.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/frise-150x34.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/frise-768x175.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/frise-1536x349.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/frise-2048x465.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"> </span></figcaption></figure>



<p><strong>Création du Délit et Loi 101 : le français prend de la place (1977)</strong></p>



<p><em>Le Délit</em>, unique journal francophone de l’Université McGill, est publié pour la première fois en 1977 — année coïncidant avec la ratification de la Loi 101 faisant du français la langue d’usage protégée du Québec. Depuis sa création, <em>Le Délit</em> donne une voix aux étudiants francophones et permet une presse réellement libre et représentative de la population étudiante mcgilloise. En effet, au courant des années 1970, McGill voit le nombre de francophones inscrits croître pour atteindre 20% du corpus — statistique similaire aux informations divulguées par l’université pour l’année <a href="https://www.mcgill.ca/undergraduate-admissions/fr/etudiants-quebecois#:~:text=Vivre%20en%20français%2C%20ici,autre%20de%20Montréal%2C%20bien%20sûr." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2024–25</a>. Cette année-là, 20% des étudiants affirment parler le français comme langue maternelle et plus de la moitié révèlent être capable de parler et de comprendre le français. Une nette amélioration depuis les années 1970, alors que la Loi 101 exclut McGill de son champ d’application et donc ne peut forcer l’établissement à adopter le français comme langue d’enseignement.</p>



<p>Néanmoins, plusieurs balises et règles relatives à l’emploi sont mises en application, interdisant par exemple la discrimination à l’embauche de quelqu’un pour sa compétence en anglais. Au fil des années, cette mesure bénéficie certes aux francophones, mais aussi aux professeurs de partout dans le monde voulant contribuer à la richesse intellectuelle de l’université. Armé à présent d’un journal hebdomadaire tiré à plusieurs milliers d’exemplaires et d’une protection de son droit à l’emploi et à l’étude en français, l’étudiant francophone peut à présent survivre et prospérer à McGill.</p>



<p><strong>Création du portail « Vivre McGill en français » (2015)</strong></p>



<p>Maintenant qu’une équité — du moins dans la Charte constitutive de McGill — est atteinte, l’Université se lance dans des activités de valorisation du français. L’idée novatrice de l’administration? Amener le français à la communauté anglophone montréalaise et internationale par le biais d’activités diverses et de programmes d’attestation d’apprentissage du français. Les francophones semblent avoir gagné énormément de terrain depuis 1821, tellement qu’il est maintenant question de faire du français une langue attirante pour les étudiants partout dans le monde. L’université, très loin de son passé discriminatoire, abrite notamment la Commission des affaires francophones (CAF), organisation s’occupant de la protection des droits des francophones à McGill. D’un point de vue éducatif, plusieurs facultés offrent des cours ou des programmes disponibles en français. C’est le cas notamment de la Faculté de droit, fait qui rendrait sûrement Siméon Pagnuelo très fier d’avoir résisté à l’opposition à l’institution francophone du Barreau! Le portail se consacre aussi à la création de capsules linguistiques, culturelles et touristiques sur le français et la ville de Montréal, prenant l’initiative de présenter avec précision l’importance du français hors du microcosme mcgillois. Une récente campagne publicitaire illustre également le bon vouloir de McGill, valorisant son « French side » et voulant montrer hors de tout doute la réelle inclusion de la francophonie entre ses murs.</p>



<p><strong>Francofête 2025!</strong></p>



<p>Ce bref résumé historique de quelques passages marquants de la francophonie à McGill vise à démontrer toute l’importance de la Francofête organisée par l’université dans l’intégration des francophones, mais aussi du français dans son quotidien. 200 ans d’histoire, de querelles, de manifestations… et pourtant, le français a réussi à se frayer une place dans le monde anglophone de McGill, faisant d’elle une université réellement bilingue. Continuez d’exercer vos droits et de collaborer avec l’université dans ses activités de valorisation de la langue officielle!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/03/19/la-survie-et-lepanouissementde-la-francophonie-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">La survie et l’épanouissement de la francophonie à McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Pour la prochaine fois…</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/02/26/pour-la-prochaine-fois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Feb 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Proposition pour la libération d’un Québec souverain.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’acharnement, si la cause est juste, on appelle ça de la persévérance. On dira peut-être que je m’acharne contre la servilité libérale et sa détestable propension à faire de la politique un risible culte de la personnalité. Pouvez-vous vraiment m’en vouloir? À peine débarrassés du fanatisme frénétique pro-Trudeau, les Québécois vont devoir subir une énième campagne de séduction importée cette fois-ci au provincial. Les dignitaires et attachés (pour ne pas dire ligotés) de presse du Parti libéral du Québec (PLQ) ont jeté leur dévolu sur Pablo Rodriguez – ancien ministre de l’Assimilation québécoise (plus formellement, du Patrimoine canadien) et ministre des Transports sous Trudeau. Moi, l’Honorable Pablo Rodriguez, je le trouve parfaitement correct, parfaitement libéral. Il est aussi parfaitement digne de s’incliner devant un Parti Québécois renaissant de ses cendres. Mais de là à déclencher la <em>Pablomania</em>, à faire de moi (ou quiconque de minimalement sagace) un Pablophile : il y a tout de même des limites!</p>



<p>L’insipide et artificielle partisanerie dont est affublée la politique québécoise paralyse toute possibilité pour le Québec de s’arracher à l’emprise de l’oppresseur fédéral par mesure référendaire. Chaque minuscule enjeu fait l’objet d’une décortication chirurgicale suivie d’une prise de position plus ou moins cohérente, contribuant à la polarisation toujours plus excessive de l’électorat québécois. En voulant faire des gains modérés au prix de pertes mineures, chacun des partis se crée une base militante toujours plus radicale et intolérante au message d’autrui. On veut nous voir voter pour la meilleure politique migratoire, économique, socio-développementale – secteurs essentiels, mais voués à une éphémérité dépendante des allégeances politiques du parti au pouvoir. La plateforme caquiste (CAQ) devient alors complètement incompatible avec les valeurs promulguées par le Parti québécois (PQ) ou Québec Solidaire (QS) – les Québécois reléguant l’idéal indépendantiste au rang d’enjeu secondaire, minable, inatteignable.</p>



<p>Aux charognards fédéralistes de se pourlécher devant la carcasse que devient le camp du <em>OUI</em>. La mort de l’identité québécoise passe par une incompréhension de ce qui la garde réellement en vie. Les trois partis dont la plateforme n’exige pas une soumission humiliante à un Canada néocolonial anglophone sont incapables de délaisser leurs différends idéologiques dans la poursuite de l’indépendance. Un Québec socialiste, dadaïste, anarchiste ou gaulliste : quelle importance s’il est placé sous le joug étouffant d’un Poilièvre ou d’un Carney – deux maudits « francophones » de téléprompteur! La valorisation du Québec comme une nation francophone et identitairement détachée du Canada est une partie intégrante (à des degrés variables) de l’idéologie de la CAQ, du PQ et de QS – comment orienter leurs électorats vers la souveraineté?</p>



<p><strong>Dépolitiser l’indépendance</strong></p>



<p>Ma hantise de la partisanerie factice m’amène à présenter une solution focalisée sur la simple formation d’un Québec par un parti dont c’est le seul objectif. Pas de plateforme compliquée et orchestrée par le désir du plus offrant : un message, une promesse de poursuite acharnée de l’indépendance. Un parti qui, si élu démocratiquement, prévoit le déclenchement d’un référendum – permettant à un éventuel Québec souverain de décider de ses propres fondations par la suite. Il ne faut pas s’imaginer qu’en gagnant son indépendance, le Québec perdrait l’immense richesse politique qui le compose, mais plutôt qu’il serait enfin maître de toutes les facettes de son existence. La protection de la langue, de la culture et de l’autodétermination ne peut se faire autrement que par un référendum, pouvant n’être gagné que par l’union idéologique des Québécois pour la survie de leur identité.</p>



<p>Les fédéralistes dotés d’une capacité pour la lecture insisteront sur le fait qu’une telle initiative est un gaspillage de temps, l’appui référendaire étant d’à peine 34% en date de février 2025. Si seulement ils savaient interpréter ce déclin, forcé par la politisation de l’enjeu de l’indépendance! Si le PQ est encore le meilleur vaisseau disponible pour la sauvegarde du Québec, il reste imparfait, étant donné son incapacité à faire de l’indépendance son unique objectif. Il gagne de précieux votes en se prononçant sur différents enjeux pour gagner une bataille, l’élection de 2026 : en agissant ainsi, est-il en train de perdre la guerre pour la souveraineté du Québec? De ce questionnement émane la pertinence de proposer une alliance nationaliste, souverainiste, indépendantiste (peu importe la désignation de notre libération) : le futur du Québec en dépend. Peu importe le nom qu’elle porte ou le poids idéologique qu’elle sous-tend, notre nation doit prioriser le rejet de l’opprobre fédéral et la création d’un pays francophone.</p>



<p><strong>Le réel combat</strong></p>



<p>Il pourrait m’être proposé qu’être un fédéraliste n’empêche pas d’aimer le Québec, de vouloir son bien par sa présence dans un Canada fort et uni. Quelle manifestation épouvantable du syndrome de Stockholm! Quelle idée insensée de suggérer que le Québec s’épanouit au sein de la <em>Royal Colonial Administration</em> : toutes les mesures prouvent le contraire! Son identité s’effrite, sa langue disparaît inexorablement et sa richesse est partagée avec des profiteurs canadiens qui ne professent leur amour pour le Québec que pendant les campagnes référendaires. Les adorateurs commandités du système fédéral assurent que l’unité est la seule manière de résister à des despotes comme Donald Trump, mais ils plient lâchement l’échine dès la première confrontation! Comment oser prétendre que le Canada ferait mieux que le Québec alors que sa gestion étouffante le détruit de l’intérieur?</p>



<p>Nous, Québécois et Québécoises, plions l’échine depuis 265 ans face au colonialisme, tantôt britannique, depuis canadien. Non pas par lâcheté, mais à cause de l’influence pernicieuse qu’ont exercée le Doric Club, le PLQ et leurs sous-fifres dans la répression des Québécois nés pour la libération de leur peuple. Il est primordial de le constater et de passer outre les divisions artificielles créées dans des efforts de gain en capital politique. Qu’on ne me dise pas que je soutiens un Québec gouverné de manière totalitaire, par une idéologie monolithique! Je veux simplement l’alliance de la multitude pour un objectif qui va permettre la survie de la nation, qui continuera de voir sa politique fluctuer d’un côté à l’autre du spectre politique. L’indépendance, ce n’est pas une idée de droite, de gauche, du centre : c’est une valeur fondamentale de l’existence humaine.</p>



<p>Ce que les Québécois doivent comprendre lorsqu’ils exercent leurs droits démocratiques, c’est que la survie du Québec qu’ils aiment dépend de son indépendance, de sa libération de l’assujettissement fédéral anglophone. La disparition de la culture et de l’identité nationale serait la pire catastrophe dont notre peuple pourrait être la victime : elle est déjà solidement enclenchée. Battons-nous pour l’indépendance, envers et contre tous les opposants fédéralistes qui veulent étouffer la volonté d’exister d’un peuple francophone! La prochaine fois approche… saurons-nous enfin nous unir?</p>



<p></p>
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		<title>Le Français: un atout?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/02/20/le-francais-un-atout/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Feb 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Enquête sur l’accès à une correction paritaire bilingue à McGill.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le Québec peut se vanter d’être la seule province officiellement et véritablement francophone du Canada — muni de maintes lois et chartes visant à protéger l’intégrité de sa langue officielle. Le français est mis de l’avant comme un pilier de sa culture fondatrice, de ses institutions et de ses services : comment se porte-t-il réellement? En vérité, tous ces efforts législatifs semblent se buter à un <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2074599/declin-francais-jean-francois-roberge-reseau-sociaux-anglais-travail" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">inexorable déclin de l’utilisation du français</a> comme langue principale au travail et dans les milieux académiques, tous groupes d’âges confondus. Cette détérioration de la langue nationale est sans doute attribuable à une pléthore de facteurs complexes que la présente enquête ne prétend pas identifier, préférant se concentrer sur des enjeux plus pertinents au quotidien des étudiants francophones mcgillois. L’Université McGill, microcosme anglophone au statut protégé, est tenue d’assurer la protection des droits de ses étudiants francophones de naissance, composant le <a href="https://vivreenfrancais.mcgill.ca/mcgill-en-francais/sur-le-campus/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">cinquième de sa population inscrite</a>, toutes facultés confondues. Elle redouble d’initiatives et de campagnes publicitaires, faisant la promotion d’activités valorisant la francophonie ou bien l’usage du français sur le campus — efforts louables dont <em>Le Délit</em> est un des principaux bénéficiaires.</p>



<p>Cette enquête passe outre les engagements parascolaires de l’Université et se penche davantage sur l’expérience académique concrète de ceux qui font le choix de remettre leurs travaux universitaires en français. Cette option, un droit acquis et protégé par la Charte de l’Université, est-elle réellement garantie? Les professeurs (et autres professionnels du milieu académique) engagés par McGill sont-ils réellement capables de fournir une correction paritaire, peu importe la langue utilisée par l’étudiant? La Faculté des arts — ses quelque 8 000 étudiants en faisant la plus fréquentée — est le point focal de cette enquête, choisie pour la diversité des disciplines qui y sont enseignées et pour l’importance de la rédaction dans la remise de travaux académiques. Le statut d’université de prestige qu’arbore fièrement l’Université McGill la rend particulièrement attrayante pour les étudiants internationaux, alors que plus de <a href="https://www.mcgill.ca/undergraduate-admissions/international-students" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">150 pays</a> sont représentés au sein de sa population étudiante. Cette diversité s’étend à son corps professoral, qui attire des académiciens des quatre coins du monde, permettant une richesse d’expertise inégalable bonifiant certainement l’enseignement offert. Malgré son statut bien défini d’institution unilingue, le recrutement de professionnels hors Québec expose la Faculté des arts à un dilemme quant à sa promesse de parité linguistique de correction.</p>



<p><strong>Le corps professoral se prononce</strong></p>



<p>Considérant la responsabilité de McGill quant à l’embauche d’employés capables d’assurer la correction (ou du moins une supervision de la correction) de travaux en français aussi qualitative qu’en anglais, quelles sont les attentes de l’institution quant au niveau linguistique initial de ses professeurs? Alain Farah, professeur agrégé du Département de littérature française, affirme que « le processus d’embauche n’exige pas du candidat de maîtriser le français — ni l’anglais! » Lui-même professeur de certains des rares cours pouvant exiger la soumission d’un travail dans une langue spécifique, il déclare ne pas se considérer suffisamment compétent en anglais pour corriger des travaux en cette langue à un niveau universitaire. C’est une chose de comprendre une langue et d’en avoir des compétences conversationnelles, mais c’en est clairement une autre d’analyser la pertinence d’un raisonnement complexe dans un domaine souvent très précis. Il révèle que, dans bien des cas, les professeurs sont unilingues anglophones, évidemment incapables de réaliser une quelconque correction autonome d’un travail en français. Sachant cela, quelles sont les ressources mises à la disposition de ces sommités par l’Université pour assurer un respect des mesures sur la protection des droits des francophones du Québec et d’ailleurs? Professeur Farah dit ne pas être au courant d’un tel système, et il n’est pas le seul.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« La question est de savoir si les travaux en français seront corrigés avec la même compétence et considération que leur contrepartie anglophone »</p>
</blockquote>



<p>Dr Judith Szapor, professeure agrégée du Département d’histoire, abonde en ce sens. Citant les exigences du contenu de chaque programme de cours de la Faculté des arts, elle insiste sur le fait que la remise de travaux en français est un droit accordé aux étudiants par l’intermède d’une politique interne obligatoire. Cette déclaration, vous la trouverez formellement dans tout document de ce type transmis aux étudiants par les professeurs — qu’en est-il de son application? Bien qu’elle soit elle-même francophone de naissance, elle affirme ne « plus pouvoir corriger de travaux en français au même niveau qu’en anglais », faisant par exemple ses commentaires de correction en anglais sur les copies francophones. Elle nie cependant un quelconque laxisme quant à la correction, affirmant s’armer « d’un dictionnaire et d’outils grammaticaux lorsqu’elle ne comprend pas certaines tournures de phrase » — travail exemplaire dont elle est très fière. Cette fierté professionnelle et académique, me dit-elle, devrait être le standard du corps professoral, mais elle comprend que sa maîtrise du français n’est pas partagée par l’ensemble de ses collègues. De surcroît, elle n’a pas connaissance d’un centre d’aide à la correction pour les professeurs ou les auxiliaires d’enseignement unilingues et cite une problématique supplémentaire encore plus criante. En effet, dans des cours de niveau 300, 400 et 500, le sujet se raffine, la méthodologie individuelle d’enseignement se précise et les perspectives peuvent changer radicalement selon le chargé de cours. Comment alors déléguer la correction et assurer non pas uniquement une bonne compréhension du français, mais simplement une bonne compréhension du sujet?</p>



<p><strong>Une conformité imparfaite</strong></p>



<p>La question de la parité refait surface dans la barrière que peut causer la langue dans l’accès direct au professeur expert. Si les étudiants savent pertinemment que le professeur ne maîtrise pas le français, vont-ils réellement prendre le risque de soumettre leurs travaux en cette langue? Leurs droits sont-ils bafoués non pas par une mauvaise correction, mais plutôt par la seule crainte d’un manque de parité? Selon la Charte de McGill, le droit pour les étudiants d’être unilingues francophones serait protégé par leur droit de remise en français — aucune mention n’est faite des mécanismes pouvant assurer le respect de ce droit fondamental. Il en va de même pour la Charte de la langue française du Québec, qui prévoit aux articles 45–47 des mesures qui empêchent la mise en danger du français dans les processus d’embauche, sans pour autant garantir les droits des francophones. C’est cette nuance qui crée une zone grise, garantissant par exemple qu’on ne peut pas engager quelqu’un sur la seule base de la maîtrise de l’anglais, mais n’exigeant pas qu’elle sache s’exprimer en français — surtout dans une institution anglophone comme McGill.</p>



<p>Dans ces conversations avec les professeurs de différents départements, difficile d’ignorer la tendance du « don’t ask, don’t tell [ne pose pas des questions, ne dit rien, ndlr] » — alors que Dr Szapor avoue ne pas vraiment savoir comment ses collègues unilingues accomplissent une correction paritaire des travaux reçus. Professeur Farah est encore plus sceptique, sans pour autant mettre en question l’intégrité du corps professoral, alors qu’il affirme ne pas connaître à McGill une quelconque instance assurant une correction paritaire. Personne ne semble savoir ni vouloir s’informer sur les pratiques de ses collègues. Après tout, la correction et le contrôle de la qualité de celle-ci relèvent uniquement du professeur titulaire du cours, m’explique Dr Szapor : le silence règne dans les couloirs de la Faculté. La correction paritaire du français n’est pas un sujet de discussion entre collègues. On ne veut pas froisser ou offusquer, en questionnant la compétence d’un professeur, d’un ami.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="900" height="1200" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/02/McGill-Francais-2.png" alt class="wp-image-57537" style="width:422px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/02/McGill-Francais-2.png 900w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/02/McGill-Francais-2-650x867.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/02/McGill-Francais-2-150x200.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/02/McGill-Francais-2-768x1024.png 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/stu-dore/?media=1" data-wpel-link="internal">Stu Doré</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
</div>


<p><strong>L’expérience francophone étudiante à McGill</strong></p>



<p>Outre les témoignages des professeurs, une recherche de la base de services confirme l’absence d’une quelconque instance rendue directement accessible par les chargés de cours des différentes facultés. On relève l’existence des Services linguistiques de McGill — œuvrant dans la correction et la révision de textes en français —, mais une lecture approfondie montre que ce service s’adresse principalement à l’administration pour ses mémos institutionnels et autres documents officiels. Encore une fois, rien n’est rendu disponible aux étudiants ou aux professeurs pour assurer une correction réellement paritaire lorsque le français est utilisé. Malgré l’absence d’un quelconque système d’encadrement de la correction ou d’une vérification de la compétence linguistique des professeurs, certains étudiants persistent à remettre leurs travaux en français.</p>



<p>Éloïse, étudiante de troisième année en sciences politiques, est de ces irréductibles : <em>Le Délit</em> a donc voulu chercher à connaître son expérience quant à la correction de ses travaux. Il n’est pas question pour elle de juger de la capacité des professeurs à comprendre et à corriger en français : elle n’a aucune attente envers ceux-ci, étant donné leur présence dans une institution anglophone. Elle reconnaît également la variabilité indue causée par les différents professeurs, leurs différents barèmes de correction et les autres modalités de leurs cours. Essentiellement, il semble très difficile selon elle d’évaluer proprement le niveau de français du professeur ou de ses auxiliaires. Éloïse défend l’opinion selon laquelle cette correction en français est un droit qui ne lui est jamais refusé ; elle se questionne cependant sur les méthodes utilisées pour assurer le respect de ce droit. Elle ajoute : « je ne serais pas du tout étonnée si les professeurs ou leurs TAs [auxiliaires d’enseignement, ndlr] utilisent Google Translate (ou une autre plateforme similaire) pour faciliter la correction » — relevant une fois de plus la subtilité de l’enjeu dont cette enquête fait état. La question n’est pas de savoir si les travaux en français seront corrigés, mais bien s’ils seront corrigés avec la même compétence et considération que leur contrepartie anglophone. La correction est faite, la note est acceptée par l’étudiant et le cours est complété : justice est-elle donc rendue? Éloïse affirme n’avoir jamais eu de réel problème avec la correction de ses travaux ; pourtant, l’utilisation potentielle d’un logiciel de traduction n’est-elle pas un signe d’iniquité? Cette affirmation fait écho au message des professeurs Szapor et Farah, comme quoi aucune réelle ressource professionnelle n’est mise à la disposition des membres unilingues anglophones du corps professoral.</p>



<p>Comment prétendre à la parité de la correction si une pluralité de professeurs ne peut corriger ou superviser des travaux en français au niveau universitaire et que l’Université ne possède aucune exigence de maîtrise du français à l’embauche? Il semble donc que, malgré une multitude de politiques mises en place pour assurer le respect des droits des étudiants francophones, ceux-ci sont bien souvent soumis à des conditions de correction inégalitaires. Cela dit, le témoignage d’Éloïse ne se veut pas accusateur ni n’a‑t-il pour objectif de se plaindre : sa perception d’étudiante ne décèle pas l’inégalité recensée par les professeurs interrogés. Pas surprenant, selon Dr Szapor, étant donné l’opacité omniprésente au sein du corps professoral quant aux méthodes utilisées pour la correction : il serait difficile de percevoir une inégalité si l’on n’a même pas conscience du système qui la sous-tend.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Je ne serais pas du tout étonnée si les professeurs ou leurs auxiliaires d’enseignement utilisent Google Translate pour faciliter la correction »</p>
<cite>— Éloïse, étudiante de troisième année</cite></blockquote>



<p><strong>Comment responsabiliser l’institution</strong></p>



<p>Que doit retenir la communauté francophone de cette enquête sur la réelle parité des services linguistiques rendus par McGill? Selon Professeur Farah, il faut chercher à plonger plus profondément dans le système et à exiger davantage de comptes des professeurs et de leurs assistants. Le réel problème en soi n’est pas l’intégrité ou le professionnalisme ; il s’agit simplement d’inciter l’Université à fournir toutes les ressources nécessaires pour faire appliquer les politiques qu’elle rend obligatoires. Comme l’affirme le Dr Szapor, si l’Université et sa Faculté des arts obligent les professeurs à inclure ce droit fondamental dans leur programme de cours, elle doit contribuer à son application. Elle croit fermement que c’est la richesse linguistique — pas seulement du bilinguisme mcgillois — qui donne toute sa valeur à l’Université : il s’agit simplement de laisser tous les étudiants s’exprimer et être considérés équitablement.</p>



<p>Il existe tout de même différentes manières de faire valoir les droits des francophones à McGill. Les étudiants peuvent bien sûr, comme conseillé par Professeur Farah, assurer un suivi plus poussé de leurs travaux remis en français, surtout lorsqu’on « ne sait pas exactement qui corrige la copie », comme le souligne Éloïse. Si cette première mesure s’avère insatisfaisante, l’étudiant peut se tourner vers la Commission des affaires francophones (CAF) et plaider sa cause envers cet organe visant à faire valoir les enjeux de la francophonie sur le campus mcgillois. Bien que la population francophone soit minoritaire, la CAF s’assure qu’elle ne soit pas invisible et que ses intérêts soient défendus — incluant bien entendu la promesse de parité linguistique présente à l’article 19 de la Charte constitutive de McGill.</p>



<p>Cette enquête expose la principale faille des promesses faites par McGill à sa population étudiante francophone, mais montre également le bon vouloir de l’Université à assurer la survie du français en ses murs. Il s’agira simplement de rendre plus accessibles des ressources pour assister les professeurs dans leurs corrections et, surtout, d’imposer davantage de transparence quant aux processus individuels de correction. Le français, comme le dit Éloïse, est un droit. Pas une option, pas un privilège, mais bien un droit pour quiconque est inscrit au sein de cette Université — ceux qui l’utilisent ne devraient pas voir leurs résultats être déterminés arbitrairement ou différemment des autres. Comment protéger ce droit sans pour autant heurter l’immense richesse d’expertise contenue dans la Faculté? À vous de jouer, McGill…</p>
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		<title>Les gardiens de la démocratie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/01/29/les-gardiens-de-la-democratie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jan 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Lobbyisme]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Démystifier la pratique et l’encadrement du lobbyisme québécois.</p>
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<p>Le lobbyisme a un problème de personnalité. L’évocation seule du terme rappelle une pléthore de scandales pharmaceutiques (Purdue Pharma), financiers (Crise financière de 2008) ou tabagiques (Affaire Dalli) ; il est, dans l’imaginaire commun, une gangrène sociale cupide. Les reportages sensationnalistes qui vilipendent cet instrument démocratique se concentrent sur un marché dérégulé, voire anarchique – celui des ÉtatsUnis. La mondialisation à laquelle la sphère médiatique est soumise place donc l’ensemble des lobbys et leurs représentants dans une catégorie artificiellement homogénéisée, ignorant les efforts des différents régimes pour l’encadrement de la pratique. Au sein d’une société majoritairement méfiante de la légalité et l’intégrité du lobbyisme et des titulaires de charges publiques (TCP), comment scinder le Québec de l’exemple américain? Présenter le cadre réglementaire québécois – en opposant ses modalités à la perception négative de jeunes universitaires – peut permettre de mettre en lumière le paysage du lobbyisme d’ici. Ainsi, nous saurons si la haine viscérale envers le lobbyisme est justifiée.</p>



<p><strong>Comprendre le système québécois</strong></p>



<p>Si l’on se penche sur les statistiques avancées québécoises, il va sans dire que ce marché parapolitique représente un paradis du plus offrant de par sa nature purement entrepreneuriale. Il ne faut pourtant pas confondre cette flagrante iniquité pour un abus de pouvoir, de confiance ou bien un manquement des élus à leur promesse d’intégrité. L’industrie du lobbyisme est rigoureusement encadrée par Lobbyisme Québec (LQ) – sous-division de l’Assemblée nationale – depuis 2002. Le mot d’ordre : transparence. S’il se révèle sociétalement impossible de combler l’écart des richesses et son influence dans l’accès aux élus, LQ s’assure d’une divulgation complète de toutes les tentatives de lobbyisme effectuées dans la province. Le commissaire au lobbyisme, Jean-François Routhier, œuvre sans cesse pour mettre à jour, réformer, populariser et perfectionner la Loi sur la transparence et l’intégrité en matière de lobbyisme (LTEML). La plateforme de divulgation Carrefour Lobby Québec est primée, moderne, facile d’accès, mais honteusement inconnue. Il semble donc que le problème ne repose pas dans un laxisme législatif, mais plutôt dans une méconnaissance des mécanismes mis en place pour la protection de l’État de droit québécois. Il s’agit donc de comprendre si les jeunes universitaires impliqués en politique sont insatisfaits et trouvent l’effort législatif trop faible ou bien s’ils basent leurs jugements du lobbyisme sur des perceptions injustifiées et externes au Québec.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« La tendance universitaire identifie non pas un manque de transparence, mais plutôt un partage imparfait des pouvoirs et une méconnaissance des ressources de divulgations comme étant la problématique principale »</p>
</blockquote>



<p><strong>L’encadrement législatif</strong></p>



<p>La transparence n’est-elle donc que factice si son existence reste inconnue par les masses? À quoi bon la divulgation du moindre murmure d’un lobbyiste envers un élu si personne ne sait comment l’entendre? Selon Eloïse, étudiante en développement international et en environnement à McGill, le problème est bifocal : l’accès à l’information est imparfait et les visées du lobbyisme ne mènent pas à une amélioration des conditions sociales de la population générale. Elle avance que « même si des mécanismes de contrôle existent, le fait même qu’ils soient inconnus du public rend leur efficacité risible », affirmant elle même n’avoir jamais consulté les ressources de transparence telles que CLQ. De plus, « des milieux sous-subventionnés ou moins financés, comme les organisations non gouvernementales et autres organisations environnementales, sociales, communautaires » voient leur accès aux élus complexifié à cause de lobbyistes qui accaparent l’agenda démocratique. Bogdan, étudiant en sciences politiques à McGill, soulève le problème suivant face au lobbyisme : « l’influence des lobbys [américains, <em>ndlr</em>] ne cesse d’augmenter depuis l’arrêt Citizens United v. FEC (2010) et a pris des proportions hallucinantes dans les dernières années. »</p>



<p>Il supporte ainsi l’idée que le lobbyisme américain est endémique au système, parfois à son détriment. Cependant, il note une lueur d’espoir pour le Québec, alors qu’il explique que la province se débrouille assez bien, citant des outils comme « un registre public assez complet […] et un système de vérification rigoureux. » </p>



<p>La tendance universitaire identifie non pas un manque de transparence, mais plutôt un partage imparfait des pouvoirs et une méconnaissance des ressources de divulgations comme étant la problématique principale. Bien que le modèle législatif québécois soit incroyablement avancé et muni de multiples organes de vérification de la conformité du lobbyisme, ce dernier garde sa réputation négative en raison des objectifs qu’il poursuit. Il paraît impossible d’enrayer l’attitude négative face au lobbyisme – même auprès de jeunes universitaires dont les intérêts académiques s’alignent avec des questions d’administration gouvernementale. Sachant que, comme le dit Eloïse : « le lobbyisme est inhérent, et dans une certaine mesure souhaitable dans le démocratie ; le réel problème, ce sont les manigances et autres actes frauduleux », il faut se pencher sur des façons de rendre le processus toujours plus paritaire et transparent. </p>



<p><strong>Le futur d’un lobbyisme transparent</strong></p>



<p>L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) – organisme œuvrant dans l’avancement dans la recherche socio-économique et la compilation statistique – recommande une multitude d’ajustements réglementaires qui pourraient faire toute la différence pour ce qui est de la confiance envers le processus démocratique. Ils proposent un meilleur encadrement des normes d’après-mandat – empêchant l’effet des « portes tournantes » chez les TCP et les abus de pouvoir et d’influence. L’organisation fait également la promotion de l’empreinte législative, qui divulgue publiquement et au sein de chaque projet de loi l’influence exacte de chaque groupe de représentation d’intérêts. Après avoir été informée de ces recommandations, Eloïse a semblé plus réceptive, affirmant que : « la meilleure visibilité et transparence ne peut qu’être bénéfique, » ajoutant qu’il fallait rester le plus loin possible du « modèle américain ».</p>



<p><strong>Des leçons à tirer?</strong></p>



<p>Que faut-il donc retenir de cette consultation étudiante? Il semblerait que le lobbyisme soit craint non pas pour sa seule pratique, mais pour les écarts éthiques qui y sont souvent attribués. En renforçant le cadre normatif et législatif actuel, il serait possible de rassurer la population sans pour autant que cette dernière ait l’impression d’être dupée. Malgré l’effritement de la confiance envers les institutions démocratiques, force est de constater que tout n’est pas perdu. Bien que le lobbyisme souffre d’un problème de personnalité, on le tolère, on le comprend et éventuellement on l’adoptera pleinement. Le Québec est sur la bonne voie en ce qui a trait à sa réforme de la LTEML : il doit continuer de surveiller et punir les contrevenants ainsi que s’assurer de divulguer de manière accessible et beaucoup plus publique les activités de lobbyisme. La méfiance est un problème d’accès. Il suffira de donner aux Québécois ce qu’ils désirent, ce qui les aidera à comprendre le côté essentiel du lobbyisme et la représentation d’intérêts. Les étudiants ont parlé : c’est au tour du Québec de se rendre digne de son titre de démocratie fonctionnelle et véritablement transparente!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/01/29/les-gardiens-de-la-democratie/" data-wpel-link="internal">Les gardiens de la démocratie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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