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	<title>Archives des 2025-11-26 - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sun, 30 Nov 2025 18:02:03 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Vitória est un bulldozer émotionnel ne laissant point indifférent</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/30/emvitoria-em-est-un-bulldozer-emotionnel-ne-laissant-point-indifferent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Danny Al-Mashhoor]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Nov 2025 17:06:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Andrucha Waddington]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[vitoria]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Critique du film <em>Vitória</em> de Andrucha Waddington.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/30/emvitoria-em-est-un-bulldozer-emotionnel-ne-laissant-point-indifferent/" data-wpel-link="internal">&lt;em&gt;Vitória&lt;/em&gt; est un bulldozer émotionnel ne laissant point indifférent</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Réalisé par</em><a href="https://www.imdb.com/fr-ca/name/nm0905343/?ref_=tt_ov_1_1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em> Andrucha Waddington</em></a><em>, le long métrage brésilien </em>Vitória<em> raconte le parcours d’une aînée, Vitória (Fernanda Montenegro), dans le quartier Copacabana de Rio de Janeiro. La femme sera prête à remuer ciel et terre pour que cessent les coups de feu qui minent son quotidien. L’œuvre a été présentée durant le Festival du Film Brésilien de Montréal.&nbsp;</em></p>



<p>La trame narrative du film est inspirée de faits réels. Près de la demeure de la protagoniste, les tirs de feu sont quotidiens et fréquents. De la fenêtre de son appartement, elle mène une véritable lutte pour obtenir une meilleure quiétude, et ce, tout en étant accompagnée par l’aide d’un journaliste.&nbsp;</p>



<p>Rage et espoir innervent le fil conducteur de la trame narrative. L’impuissance de la protagoniste est palpable. Le désespoir qui s’installe scène par scène laisse progressivement naître un brin d’espoir qui foisonne, contre toute attente, telle une fleur poussant entre les roches les plus sèches. Caméra à la main, l’aînée documente les tirs qui nuisent à sa tranquillité pour constituer une preuve de ce qu’elle vit.&nbsp;</p>



<p>Vitória ne se laisse pas intimider. Elle est d’une résilience que nulle vague ne peut engloutir, aussi forte soit-elle. Face à l’injustice qu’elle vit, elle se retrousse les manches et déploie une impressionnante persévérance qui ne laisse point indifférent. L’aînée, qui a peu de moyens à sa disposition, documente ce qu’elle vit et devient une actrice du changement.</p>



<p>Le jeu de l’actrice est fort réaliste. Il est au service de la forte charge émotionnelle bien encapsulée par le film. Vitória est attachante et réussit à prendre une place significative dans le cœur des spectateurs.</p>



<p>La critique sociale dans le sous-texte de la narration est résolument réussie. Avec des images et des décors saisissants, Rio de Janeiro se matérialise. La simplicité du quotidien de l’aînée met en exergue une histoire qui, bien que brésilienne, a des aspects universels. Dans l’impuissance, que faire? Face à un système qui résiste, que faire?</p>



<p><em>Vitória</em> est un bulldozer émotionnel ne laissant point indifférent. Il souligne habilement les complicités et les alliances qui se forment dans les relations interpersonnelles de ses personnages. Des amitiés intergénérationnelles se tissent et ajoutent une couleur intéressante à l’œuvre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/30/emvitoria-em-est-un-bulldozer-emotionnel-ne-laissant-point-indifferent/" data-wpel-link="internal">&lt;em&gt;Vitória&lt;/em&gt; est un bulldozer émotionnel ne laissant point indifférent</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>McGill opère le plus grand remaniement sportif de son histoire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/quinze-equipes-competitives-sont-supprimees-des-centaines-detudiants-athletes-devastes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Matthieu Juge]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quinze équipes compétitives sont supprimées ; des centaines d’étudiants athlètes dévastés.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/quinze-equipes-competitives-sont-supprimees-des-centaines-detudiants-athletes-devastes/" data-wpel-link="internal">McGill opère le plus grand remaniement sportif de son histoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans une <a href="https://mcgillathletics.ca/news/2025/11/20/general-results-of-the-mcgill-athletics-and-recreation-sports-program-review.aspx" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">annonce tonitruante</a>, McGill a déclaré le 20 novembre qu’elle retirerait 15 équipes sportives du réseau universitaire dès la saison prochaine. Cette décision historique affecte des centaines d’athlètes, pour qui les bourses sportives sont menacées. Nombreux sont ceux qui envisagent même de changer d’université.&nbsp;</p>



<p>Les équipes sportives se divisent en deux catégories : les équipes universitaires (« <em>varsity</em> ») et les « clubs sportifs compétitifs ». Les premières, sous la tutelle de McGill, bénéficient de financements de l’Université et participent aux compétitions étudiantes classiques. Les clubs sportifs, eux, sont dirigés par les étudiants, s’autofinancent depuis près de 15 ans et participent eux aussi aux compétitions sous le nom de McGill.&nbsp;</p>



<p>À la suite d’un rapport de l’unité d’audit de McGill, puis à un audit externe mené par le cabinet de conseil KPMG, l’administration mcgilloise a décidé de mettre un terme aux clubs sportifs compétitifs, ainsi que de supprimer plusieurs équipes universitaires. Le badminton, le baseball, le triathlon, l’athlétisme, l’escrime, le ski nordique, le tennis, le squash, la voile, le volley masculin, le sport de bûcheronnage, le patinage artistique, le golf, la crosse féminine, le rugby féminin et le hockey sur gazon féminin ne pourront plus concourir sous le pavillon mcgillois dès la saison 2026–2027. Tout l’enjeu pour ces équipes est de savoir si leurs ligues respectives accepteront de les accueillir sans qu’elles représentent officiellement McGill. Le corps athlétique de l’Université gronde, l’indignation monte, l’inquiétude et la déception sont omniprésentes parmi les athlètes. Plusieurs pétitions circulent pour dénoncer cette décision ; celle proposée par le programme d’athlétisme a notamment recueilli près de 6 000 signatures en quelques jours.&nbsp;</p>



<p><strong>Un mandat visant « l’équilibrage »</strong></p>



<p><em>Le Délit</em> s’est entretenu avec Daniel Méthot, directeur des sports universitaires, afin de clarifier la situation.&nbsp;</p>



<p>Ce dernier affirme qu’il dispose d’un mandat visant le rééquilibrage entre tous les usagers des infrastructures sportives. Le directeur affirme : « Au fur et à mesure des années, le nombre d’étudiants s’est démultiplié, les infrastructures ne permettent plus de concilier les usagers réguliers et les sportifs de haut niveau. » M. Méthot justifie le choix des équipes écartées de la compétition en expliquant que la sélection s’est faite sur un grand nombre de critères, et assure une décision juste et équitable en ayant considéré la situation de chaque équipe. Interrogé sur l’éventuelle publication du coût et des conclusions du rapport de KPMG, M. Méthot a écarté cette possibilité en affirmant « qu’il s’agissait d’une propriété de l’Université ».&nbsp;</p>



<p>Dans le communiqué annonçant la suppression de 15 sports de la compétition, le département des sports réaffirme son « engagement et sa volonté inébranlable » dans l’excellence sportive. En 2010, McGill comptait 49 équipes universitaires. Aujourd’hui, il n’en reste plus que 13. Daniel Méthot confie : « Je suis un gars du sport, lorsqu’on prend des décisions comme ça, c’est toujours à contrecœur. » Il ajoute : «&nbsp;Je peux pas vous dire qu’on a été les plus performants sportivement […] il faut parfois faire moins pour faire mieux ». Le directeur des sports universitaires admet que la majorité des entraîneurs et de leurs équipes techniques ne pourront pas être reconduits au sein des activités sportives de l’Université.</p>



<p>Chaque année, les étudiants du premier cycle payent 340 $ en frais « d’athlétisme et de loisirs&nbsp;». Ces frais participent, entre autres, au soutien des équipes universitaires. Interrogé au sujet d’une possible baisse de ces frais, au vu de la suppression de plus de la moitié des équipes, M. Méthot a affirmé qu’aucune baisse n’était prévue.&nbsp;</p>



<p><strong>Des capitaines laissés au dépourvu</strong></p>



<p><em>Le Délit</em> s’est entretenu avec Gabrielle, capitaine de l’équipe universitaire de badminton, et Justin, un des capitaines de l’équipe d’athlétisme. Tous deux voient leur discipline figurer dans la liste des sports qui ne participeront plus à la compétition sous l’étendard mcgillois la saison prochaine.&nbsp;</p>



<p>Gabrielle témoigne : « <em>Notre coach a été le premier à informer l’équipe que nous allions être supprimés, et cela a été incroyablement choquant et décevant. Nous ne pensions pas que nous serions coupés, puisque nous obtenons de bons résultats depuis trois ans.(tdlr</em>) » Le badminton n’en est qu’à la mi-saison, la capitaine confie : « C’est très difficile de garder la tête haute, car nous avons le sentiment que, même si nous gagnons les prochains championnats, cela ne sera ni respecté ni apprécié par McGill. »</p>



<p>Justin est tout aussi déconcerté que Gabrielle : « Nous étions rassurés par les critères indiqués, l’annonce de la suppression de l’équipe d’athlétisme a été un choc. » Ce programme, vieux de 125 ans, porte des valeurs inclusives pour Justin : la mixité homme-femme, l’inclusion des para-athlètes. « Je ne comprends pas cette décision », confie-t-il.&nbsp;</p>



<p>Les deux capitaines se rejoignent sur la place centrale qu’occupe le sport dans leur vie et dans leur parcours académique. Justin dit « réfléchir à changer d’université » et affirme que nombreux sont les athlètes qui partagent sa réflexion. Gabrielle s’indigne de l’absurdité des mesures d’accompagnement mises en place par l’Université, se limitant à une psychologue du pôle bien-être. « C’est une blague », ajoute-t-elle.</p>



<p><em>Plusieurs entraîneurs ont été contactés, mais n’ont toutefois pas pu commenter en raison de leurs engagements contractuels avec McGill</em>.</p>



<p><em>Mise à jour</em></p>



<p>Depuis la publication initiale de cet article, plusieurs athlètes ont confirmé au <em>Délit</em> avoir reçu l’instruction de McGill de ne plus répondre aux médias et de rediriger toute requête vers le service central des communications.&nbsp;</p>



<p>Par ailleurs, un représentant des joueurs de l’équipe de Baseball a accepté de commenter la situation en exclusivité pour <em>Le Délit</em>.&nbsp;</p>



<p>Comme pour les autres athlètes dans leur situation, c’est avant tout l’incrédulité qui s’est emparée des joueurs lorsqu’ils ont pris connaissance de la décision de l’université. Le joueur déplore un « manque de transparence de McGill », ne comprenant pas les raisons ayant conduit à son écartement de la compétition. Il assure qu’un représentant de l’université a indiqué que le rapport de viabilité financière soumis par McGill Baseball « répondait à toutes les exigences administratives du point de vue de Sports et Loisirs McGill ». Le joueur ajoute : « la décision n’a clairement pas été motivée par les résultats sur le terrain », citant notamment les nombreux titres remportés par l’équipe au cours des dernières années.&nbsp;</p>



<p>Enfin, le joueur regrette que, malgré les lettres de soutien de Baseball Canada et de Baseball Québec pour appuyer l’avenir du programme, « nous avons eu l’impression que les communications suivantes du département n’ont pas été faites de bonne foi ».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/quinze-equipes-competitives-sont-supprimees-des-centaines-detudiants-athletes-devastes/" data-wpel-link="internal">McGill opère le plus grand remaniement sportif de son histoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>L’Institut Écho : un programme de formation contre les violences conjugales voit le jour au Québec</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/linstitut-echo-un-programme-de-formation-contre-les-violences-conjugales-voit-le-jour-au-quebec/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un programme de sensibilisation et de formation professionnelle pour combattre les violences conjugales a vu le jour au Québec le lundi 17 novembre. L’Institut Écho a été mis en place avec un objectif clair : soutenir les professionnels qui interviennent auprès de victimes de violence conjugale. Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violences&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/linstitut-echo-un-programme-de-formation-contre-les-violences-conjugales-voit-le-jour-au-quebec/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">L’Institut Écho : un programme de formation contre les violences conjugales voit le jour au Québec</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/linstitut-echo-un-programme-de-formation-contre-les-violences-conjugales-voit-le-jour-au-quebec/" data-wpel-link="internal">L’Institut Écho : un programme de formation contre les violences conjugales voit le jour au Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Un programme de sensibilisation et de formation professionnelle pour combattre les violences conjugales a vu le jour au Québec le lundi 17 novembre. L’Institut Écho a été mis en place avec <a href="https://institut-echo.ca/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un objectif clair</a> : soutenir les professionnels qui interviennent auprès de victimes de violence conjugale. Le <a href="https://maisons-femmes.qc.ca/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Regroupement des maisons pour femmes victimes de violences conjugales</a>, qui pilote cette initiative, souhaite cibler les milieux professionnels les plus présents auprès des victimes. L’Institut Écho offre des formations, prépare des ateliers et organise des conférences avec des experts pour que les victimes soient mieux appuyées sur le plan communautaire, judiciaire, de la santé et des services sociaux, ainsi que par les employeurs et syndicats. Une fois formés, les professionnels de ces milieux seront dotés d’une familiarité avec le sujet, leur permettant de mieux intervenir au service des victimes. Une piste encourageante pour mieux intégrer et adapter le monde professionnel au combat contre les violences conjugales.</p>



<p>Les violences domestiques sont en effet un fléau difficile à combattre. En 2023, au Québec, <a href="https://statistique.quebec.ca/vitrine/egalite/dimensions-egalite/violence/violence-contexte-conjugal" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">27 082 personnes ont été victimes d’infractions contre la personne en contexte conjugal</a>, dont 20 590 femmes et 6 492 hommes. Un chiffre d’autant plus conséquent lorsque l’on considère qu’il ne cesse de grimper. Entre 2005 et 2023, le nombre d’infractions susceptibles d’induire une blessure a augmenté de 46 % chez les femmes et de 169 % chez les hommes. Un triste constat auquel l’Institut Écho souhaite sensibiliser les professionnels.&nbsp;</p>



<p><a href="https://www.fm1047.ca/audio/737858/formation-en-violence-conjugale-un-nouvel-institut-voit-le-jour-a-montreal" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Sur les antennes de 104,7 Outaouais</a>, la présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Annick Brazeau, affirme que l’Institut est une première au Canada. Elle explique que «&nbsp;ce qui est particulier avec cet institut, c’est qu’il s’adresse directement aux professionnels dans leur milieu de travail&nbsp;». Contrairement aux autres formations, qui sont entièrement en ligne, Écho se distingue en se déplaçant à travers la province pour rencontrer les professionnels en personne dans leurs bureaux, tout en offrant une formule digitale. Alors que l’Institut Écho commence sa mission, on ne peut qu’espérer pour les victimes qu’elle aura un effet positif concret pour rendre un processus traumatisant plus navigable. Pour cela, le Regroupement <a href="https://ici.radio-canada.ca/rci/fr/nouvelle/2208101/lancement-institut-intervenants-violence-conjugale" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">continue de solliciter plus de financement</a> auprès du gouvernement québécois afin de renforcer le combat.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/linstitut-echo-un-programme-de-formation-contre-les-violences-conjugales-voit-le-jour-au-quebec/" data-wpel-link="internal">L’Institut Écho : un programme de formation contre les violences conjugales voit le jour au Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La « critique 2.0 »&#160;</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/la-critique-2-0/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Milan McCarthy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Omnivore]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Derrière la nouvelle génération de critique gastronomique. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/la-critique-2-0/" data-wpel-link="internal">La « critique 2.0 »&nbsp;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">On ne doit pas prendre un critique gastronomique à la légère. Jadis, leurs portraits ornaient les mûrs des cuisines, pour que tous les employés les identifient sans erreur. Leur plume implacable faisait grincer des dents les plus talentueux et réputés chefs cuisiniers, et pour cause : une critique virulente peut précipiter un restaurant vers la faillite, et même avoir raison de la carrière d’un chef. Toutefois, l’arrivée des réseaux sociaux vient brouiller les cartes. Une démocratisation de la critique gastronomique, notamment à travers les commentaires d’internautes et les avis Google, permet à la critique de s’évader des serres d’une poignée d’individus élitistes. On aperçoit aussitôt une nouvelle vague de critiques gastronomiques, où la grille d’évaluation s’est transformée, mais l’essence du métier demeure.&nbsp;<br><br>Tommy Dion, un critique gastronomique montréalais fondateur du guide Cuisinomane, fait partie de cette nouvelle génération de critiques. Parcourant chaque année au-delà de 220 restaurants, Dion se trouve entre deux mondes : à l’écrit pour des publications comme <em>Le Journal de Montréal</em> et <em>Le Devoir</em>, mais aussi de manière numérique avec son <a href="https://www.instagram.com/lecuisinomane/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">compte Instagram personnel</a>. En décrivant la nature de sa pratique, il cherche à se différencier de ceux qui sont venus avant lui. « Ce n’est plus la même chose que la critique des années 2000, qui peut détruire ou faire un restaurant », me dit-il. Tommy Dion parle de cette notion de <a href="https://www.lapresse.ca/techno/internet/201207/20/01-4557371-gourmands-20-des-critiques-qui-derangent.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">« critique 2.0 »</a> : « Je fais vraiment une critique davantage constructive. J’amène un côté compréhensif, un côté éducationnel quand j’écris&nbsp;», précise-t-il. « Je ne suis pas là pour détruire des vies ».&nbsp;<br><br>Chaque cheminement professionnel vers ce métier est unique et donne lieu à des récits distincts. Tommy Dion attribue son style à sa formation à la fois sportive et scientifique. Fort de deux participations aux championnats du monde du<em> Ironman</em>, son expérience lui est curieusement utile : « Avant, je m’entraînais le corps pour être meilleur dans mon sport. Aujourd’hui, je m’entraîne le palais, les sens et la compréhension pour être meilleur dans mon métier. » Idem pour son expérience dans le domaine des sciences. Ayant étudié en sciences de l’activité physique à l’Université de Sherbrooke, il raconte avoir « fait des recherches, écrit des articles scientifiques, et présenté des résultats un peu partout dans le monde ». Cela lui apporte une certaine rigueur scientifique dans son travail « tout en ayant un côté un peu plus ludique ».&nbsp;<br><br><br><strong>Agents secrets&nbsp;</strong><br><br>Une grande question demeure dans le monde de la critique : comment rester impartial lorsqu’on est susceptible de recevoir un service d’exception, un dessert offert, ou même un repas entier gracieusement pris en charge par l’établissement? Auparavant, certains critiques gastronomiques optaient pour l’anonymat, se donnant beaucoup de mal à rester dans l’ombre. Ruth Reichl, ancienne critique gastronomique du <em>New York Times</em> dans les années 1990, décrit en détail ce défi professionnel dans son livre <em>Garlic and Sapphires</em>. Une maquilleuse, un déguisement et même un coach d’acteur : elle est allée jusqu’à s’inventer des alter ego!&nbsp;<br><br>L’une d’entre elles, nommée Molly, est une professeure d’anglais modeste venue du Michigan. Sortie du placard pour une critique du restaurant <em>Le Cirque</em>, un établissement autrefois très réputé, Molly révéla une face cachée du restaurant. Sans tous les artifices de son alter ego, Reichl a reçu le traitement royal : un repas cinq étoiles. Avec Molly, ce fut une tout autre histoire. Cette femme qui détonne avec l’élitisme new-yorkais a reçu un accueil froid et des assiettes sans grand intérêt. L’histoire nous rappelle qu’un service reçu au restaurant peut varier d’une personne à l’autre.<br><br>De nos jours, on remarque que la plupart des critiques gastronomiques, comme Tommy Dion, ne choisissent pas la voie de l’anonymat. « Ce n’est pas nécessairement un choix. C’est un peu une nouvelle réalité », me dit-il. « Aujourd’hui, à l’ère des réseaux sociaux, c’est pratiquement impossible de rester anonyme. ». En résulte parfois un traitement d’exception quand le critique est reconnu. « Certaines fois, j’ai un service un peu plus privilégié », admet-il, « mais je ne m’en tiens pas qu’à ça ». Ainsi, il se force à prendre du recul en se posant des questions comme :&nbsp; « Est-ce que c’est au détriment de la table à côté de moi? »<br><br><strong>Sur nos écrans&nbsp;</strong><br><br>Avec les réseaux sociaux, de nouvelles voix de la critique peuvent émerger de n’importe quel milieu, à l’instar d’Ertan Bek, un chauffeur de taxi dans la ville de New York. Depuis quelques années, Bek publie des vidéos racontant ses expériences dans des restaurants haut de gamme pendant ses pauses du midi. Très sincère (révélant toujours le prix) et généreux avec ses pourboires, ce critique connaît le succès : chaque nouvelle publication accumule des millions de vues. Dans les restaurants, cette nouvelle notoriété ne passe pas inaperçue. Lors de son passage au restaurant La Tête d’Or en août dernier, Bek a eu l’honneur de se faire servir une entrecôte (offerte par la maison, bien évidemment) par nul autre que le chef étoilé Daniel Boulud. Aujourd’hui comme hier, c’est l’influence avant tout qui façonnera l’expérience.<br><br>La ville de Montréal n’est pas épargnée par ces influenceurs gastronomiques. L’une des figures reconnues dans la ville est Emilie Rossignol-Arts, ancienne étudiante à McGill et aujourd’hui créatrice de contenu. « <em>Au départ, je me suis concentrée sur des contenus visant à sensibiliser le public aux troubles alimentaires, mais une critique de restaurant que j’ai publiée est devenue virale du jour au lendemain, de manière tout à fait inattendue</em> (<em>tdlr</em>) », me dit-elle. Depuis, elle parcourt la ville en partageant les bonnes adresses sur son <a href="https://www.instagram.com/emilierossignolarts/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">compte Instagram</a>, qui rassemble aujourd’hui plus de 112 000 abonnés.&nbsp;<br><br>Avec son public, pourtant, une question revient souvent sur la nature de sa critique : pourquoi ne publie-t-elle jamais d’avis négatifs? « <em>En réalité, je me concentre sur les petits restaurants, souvent familiaux, dont les propriétaires ont consacré leur vie à leur établissement. Les goûts étant subjectifs, je préfère ne pas utiliser la plateforme pour critiquer leur cuisine</em> », explique-t-elle. « <em>La cuisine est un langage subjectif, et je préfère garder les critiques négatives sur mon disque dur, choisissant plutôt de diffuser des messages positifs.</em> »<br><br><strong>Trompe‑l’oeil&nbsp;</strong><br><br>De nos jours, chaque client de restaurant a un appareil photo dans sa poche. En conjuguant la tendance « <em>phone eats first</em> » – où c’est notre caméra qui a droit à la première part du gâteau –&nbsp; et cet insatiable besoin de tout partager, l’image et l’esthétique sont devenues primordiales pour les restaurants. Parfois au point de compromettre l’assiette. « Je trouve que l’évolution avec les réseaux sociaux, ça diminue la qualité de la restauration. Il y a trop de restaurants qui le font juste pour que ce soit beau, juste pour que ce soit visuellement plus délicieux, plus photogénique », reprend Tommy Dion. « Ça donne envie aux gens, mais, au final, la qualité n’est pas nécessairement là », regrette-t-il.&nbsp;<br><br>Cependant, Rossignol-Arts reconnaît l’influence favorable des réseaux sociaux, soulignant son impact extrêmement positif sur le secteur. « <em>Lorsqu’une vidéo devient virale, elle peut complètement changer la trajectoire d’un restaurant, en particulier pour les établissements mal situés ou qui ne disposent pas d’un budget suffisant pour faire de la publicité</em> », ajoute-t-elle. Même si elle considère que la bouche à oreille demeure pertinente, elle met en avant les nouvelles formes de partage, qui exercent davantage d’influence, comme les vidéos courtes sur Instagram. À nous de garder l’œil et le palais vigilants et maintenir notre sens critique.<br><br></p>



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		<title>Cuisiner sa mémoire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/cuisiner-sa-memoire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Omnivore]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment la nourriture permet de raconter ses origines.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Avant de rentrer chez soi après avoir passé beaucoup de temps à l’étranger, ou simplement loin de sa famille, on ressent souvent un sentiment de manque. Cette nostalgie du familier, du quotidien, se manifeste différemment pour chacun d’entre nous. Les plats réconfortants de notre enfance deviennent alors un moyen immédiat de retrouver un peu de ce foyer qui nous manque. En plus de remplir les estomacs, la nourriture agit comme un lien vivant entre nous, notre histoire familiale et la culture de laquelle elle a émergé. Elle nous permet de maintenir, de partager et de réactiver des récits – ceux de nos familles, de nos régions, de nos pays.</p>



<p>La cuisine n’apparaît jamais dans le vide : elle prend forme dans un contexte historique, géographique et social. Les plats que nous connaissons aujourd’hui sont le résultat d’événements, parfois très anciens, qui ont façonné les habitudes alimentaires d’une région ou d’un pays entier.<a href="https://l-express.ca/la-cuisine-canadienne-un-langage-en-perpetuelle-evolution/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> La cuisine canadienne</a> illustre parfaitement la manière dont l’histoire nationale modifie et enrichit les pratiques culinaires. L’influence des colons français et britanniques, des immigrants chinois dès le 19e siècle, des Italiens après 1940, ou encore des Vietnamiens dans les années 1970 a donné naissance à une mosaïque culinaire unique. On trouve, par exemple, des pierogis en Alberta, en Saskatchewan et en Ontario, introduits par les communautés d’Europe de l’Est. Chaque vague migratoire apporte ses techniques et ses saveurs, mais ces traditions se transforment toujours au contact des ingrédients locaux. Sous l’influence des colons britanniques, les colons français se sont, par exemple, mis à manger des pommes de terre, auparavant réservées aux animaux. Ce changement est entièrement lié au contexte colonial et donnera naissance, des générations plus tard, au célèbre pâté chinois.</p>



<p>Mais au-delà des grandes forces historiques, la cuisine s’inscrit aussi dans des récits beaucoup plus intimes : ceux de la famille. Préparer un plat, c’est souvent renouer avec les gestes des générations précédentes, se rappeler un parent, une voix, une odeur dans la maison. C’est examiner son héritage à travers des traditions culinaires que l’on perpétue, consciemment ou non. Dans son livre <a href="https://www.newyorker.com/culture/culture-desk/crying-in-h-mart" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Crying in H Mart</em></a>, Michelle Zauner raconte comment la nourriture devient un moyen de préserver son héritage coréen après la mort de sa mère. Elle écrit : «<em> Vous me trouverez en train de pleurer devant les réfrigérateurs à banchan, me rappelant le goût des œufs à la sauce soja de ma mère et sa soupe froide de radis. </em>[…]<em> Sanglotant près des produits secs, me demandant : “Suis-je encore vraiment coréenne si je n’ai personne à qui téléphoner pour demander quelle marque d’algues nous achetions?”</em>(<em>tdlr</em>) »&nbsp;</p>



<p>Raconter les histoires de nos plats, partager des anecdotes culinaires, transmettre des recettes, c’est partager un morceau de soi, de son entourage, de son passé. La tradition culinaire devient un fil qui ne rompt pas, une manière de rester connecté à ce que nous sommes et à ceux qui nous ont précédés.</p>
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		<title>La pensée, créatrice du récit</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/la-pensee-creatrice-du-recit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L&#39;équipe du Délit]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[récit]]></category>
		<category><![CDATA[storytelling]]></category>
		<category><![CDATA[the mcgill daily]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par nature, et pour sa survie même, l’humain a eu besoin de communiquer ses idées, d’informer les autres et de transmettre son expérience. Les récits, qu’ils soient oraux ou écrits, sont nés de ce besoin inné de créer des liens. Ils servent à préserver les connaissances au fil des générations, à renforcer les normes sociales&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/la-pensee-creatrice-du-recit/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">La pensée, créatrice du récit</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Par nature, et pour sa survie même, l’humain a eu besoin de communiquer ses idées, d’informer les autres et de transmettre son expérience. Les récits, qu’ils soient oraux ou écrits, sont nés de ce besoin inné de créer des liens. Ils servent à préserver les connaissances au fil des générations, à renforcer les normes sociales et à diffuser l’expression humaine.</p>



<p>Avant l’avènement de l’écriture, les premiers humains laissaient des peintures rupestres pour conserver leurs souvenirs sous forme matérielle. Les civilisations, de l’Antiquité à l’ère moderne, ont connu des périodes de prospérité et de déclin en fonction de leurs mythes fondateurs, qui leur ont souvent survécu.</p>



<p>Pour les Premières Nations de l’île de la Tortue, les récits constituent de véritables repères. Ces communautés, dans le passé comme aujourd’hui, se sont construites autour d’histoires de résilience et de spiritualité. Les gardiens du savoir autochtone enseignent des leçons morales, des savoir-faire essentiels à la survie et racontent des histoires transmises dans les langues ancestrales, liant étroitement les nouvelles générations à celles qui les ont précédées.</p>



<p>Cet échange ne serait pas possible sans les valeurs communes de respect cultivées par l’art de l’écoute et de l’échange mutuel. Il faut de la patience et de la confiance non seulement pour partager son histoire, mais aussi pour écouter celles des autres sans préjugés.</p>



<p>Aujourd’hui, les réseaux sociaux nous permettent de raconter, écouter, et partager des histoires beaucoup plus facilement et massivement que dans le passé. Nos téléphones nous donnent accès à un monde numérique aux données infinies, où l’information est inlassablement renouvelée.</p>



<p>Lorsque la parole se libère, de nouveaux récits émergent. En quelques clics, on se plonge dans une nouvelle réalité, celle qui touche et conditionne la vie d’individus de l’autre côté de la planète. Les petits créateurs et les artistes indépendants peuvent dorénavant diffuser leurs œuvres et histoires sans intermédiaire. Un espace ouvert se crée : ce qui était autrefois local devient mondial.</p>



<p>Plus que de simples amplificateurs de voix, les réseaux sociaux défient les narratifs dominants. Il devient désormais possible de mettre des visages sur les phrases et les chiffres. Le torrent d’information et les innombrables récits personnels qui sont à notre disposition nous placent devant des responsabilités simples, mais fondamentales: s’informer et nuancer.</p>



<p>Cependant, il serait naïf de croire que la parole authentique a été totalement libérée. Les conteurs ont du mal à cultiver un environnement où ils peuvent s’exprimer authentiquement. La domination des médias par les grandes entreprises isole les écrivains jusqu’au point où leur créativité est minimisée. Les médias contemporains sont largement dominés par les relances (« <em>reboots </em>»), les écrivains et les scénaristes ne sont plus suffisamment payés, et la microgestion des maisons de disques sur leurs artistes les dessaisit de leur métier.</p>



<p>Ces aspects ne sont pas des éléments isolés, mais les symptômes d’une crise à plus grande échelle. Bien que la création et l’accessibilité aux récits soient plus démocratisées que jamais, l’esprit culturel est toujours sous l’emprise de l’intérêt des plus puissants. L’art du récit est oublié : l’esthétique de la consommation devient leur seule et unique valeur. Au cinéma, comme dans la littérature, toute la beauté de la fiction ne devient qu’une autre poursuite de la gratification immédiate, nos sous jetés dans le puits à souhaits du capitalisme pour un rêve vendu à prix réduit. L’intelligence artificielle est devenue l’incarnation de ce processus ; le sacrifice de la raison d’être en faveur du profit. On a dénaturé le véritable objectif des récits. Ils ne constituent plus les annales de notre existence collective, destinées à être racontées, retenues et préservées pour les générations à venir.</p>



<p>Qui sait ce que demain apportera? Dans une ère où l’intelligence artificielle est omniprésente, où la polarisation politique est croissante, et où la démocratie recule, le récit peut prendre deux directions : celle de la destruction, du populisme, et de la haine ou celle de la préservation, du partage, de l’histoire et de la mémoire.</p>



<p>Dans un monde plus connecté que jamais, les interactions humaines semblent être au plus bas. Il en va de notre responsabilité générationnelle de reprendre les choses en main. Alors, arrêtons-nous un instant, et prenons le temps de partager, de discuter, de rire, de pleurer, de douter et d’être en désaccord.</p>
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		<title>« Un livre, c’est comme un album photo de notre vie »&#160;</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/un-livre-cest-comme-un-album-photo-de-notre-vie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louane Biquin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec Marie Laberge, autrice de la trilogie marquante Le goût du bonheur.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><br>À dix heures, lundi 17 novembre au matin, le téléphone sonne. La voix enjouée de Marie Laberge est au bout du fil. Elle m’explique assez vite que&nbsp; chez elle, la créativité remonte à l’âge de 11 ans, lorsqu’elle écrivait des histoires pour se divertir : « Je reconnaissais évidemment quelque chose en moi qui était une capacité émotive et une sensibilité et je me suis mise à faire du théâtre. » Peu à peu, le monde du théâtre l’a guidée vers l’écriture romanesque qui permet, selon elle, d’explorer une plus grande variété de sujets, comme le désir ou la sexualité&nbsp; : « Tout s’interpelle dans un être humain. Je suis le résultat de toutes mes expériences », me raconte-t-elle.&nbsp;</p>



<p>Le dernier roman de Marie Laberge, <em>Des nouvelles de Martha</em>, publié le 21 octobre dernier, regroupe un échange épistolaire s’étendant sur trois ans, de 2009 à 2011. Il suit une femme de 60 ans, Martha, qui redécouvre sa vie une fois que sa plus jeune fille quitte le domicile familial. L’autrice dit avoir eu recours à la forme épistolaire afin d’accompagner des gens très isolés à travers l’écriture. Toutes les deux semaines, les lecteurs recevaient une lettre de la part de Martha et suivaient son aventure à travers le temps : « Je voulais que le roman arrive chez les gens, pièce par pièce, à leur nom, à leur adresse : ils décachetaient leur roman. Pour moi, c’était comme leur permettre de gagner en proximité et en affinité avec le personnage. » Le genre épistolaire suppose un interlocuteur, mais comment faire face à la binarité de genre de la langue française? Marie a décidé d’écrire deux lettres à la place d’une : une adressée aux hommes, l’autre aux femmes. « Dès la première lettre, quand j’ai commencé à écrire la lettre des femmes pour accorder les participes passés et arranger les adjectifs pour les rendre au masculin, je me suis dit “ah, non, elle ne le dirait pas comme ça à un homme.” Si on s’adresse à un homme quand on est une femme, on n’ouvre pas son cœur de la même façon ».&nbsp;Marie Laberge explore souvent des personnages féminins sous différents angles dans ses œuvres littéraires, mais elle note que Martha, « comme beaucoup de femmes, a sacrifié sa vie privée et personnelle, ou ses propres désirs qu’elle n’avait même pas pris la peine d’identifier, pour se dévouer à élever trois enfants seule. Chez Martha, il y a une lucidité, une honnêteté qu’elle entretient. Je crois que ce fut ma surprise en l’écrivant, cette forme de courage quotidien de ne pas se leurrer avec des doux mensonges ». Selon sa créatrice, Martha est très résiliente face à la tendance des enfants devenus adultes de vouloir contrôler leurs parents vieillissants : « Elle est capable de mettre son pied par terre et dire “non, ça suffit. Vous ne me contrôlerez pas<em>”.</em> » Malgré l’importance de la trilogie <em>Le goût du bonheur</em> pour Marie Laberge à cause de son immense succès, l’autrice affirme que « tous les romans ont leur lot d’émotions, de souvenirs ; chacun est important pour des raisons différentes, je dis même quelques fois que chacun mène à l’autre ».</p>
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		<item>
		<title>Concert sur ordonnance : l’initiative inédite des médecins montréalais</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/concert-sur-ordonnance-linitiative-inedite-des-medecins-montrealais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[En bref]]></category>
		<category><![CDATA[concert]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[ordonnance]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lors de votre prochaine visite chez le médecin, il est bien possible que l’on vous prescrive des places pour un concert de l’Orchestre symphonique de Montréal – une initiative inédite de l’association Médecins francophones du Canada. Dans un communiqué de presse, l’association a annoncé s’associer avec l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) pour lancer le programme&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/concert-sur-ordonnance-linitiative-inedite-des-medecins-montrealais/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Concert sur ordonnance : l’initiative inédite des médecins montréalais</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Lors de votre prochaine visite chez le médecin, il est bien possible que l’on vous prescrive des places pour un concert de l’Orchestre symphonique de Montréal – une initiative inédite de l’association Médecins francophones du Canada. Dans un <a href="https://www.medecinsfrancophones.ca/bien-etre/lamusiquesurordonnance/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">communiqué de presse</a>, l’association a annoncé s’associer avec l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) pour lancer le programme « la musique sur ordonnance ». Celui-ci, entré en vigueur le 29 octobre 2025 et qui prendra fin le 28 octobre 2026, permettra aux membres de Médecins francophones du Canada exerçant à Montréal de prescrire gratuitement deux billets – un pour le patient et un pour l’accompagnant de son choix – pour un concert de l’OSM.</p>



<p>Les bienfaits de la musique ont été largement étudiés. Elle a pour effet de <a href="https://nouvelles.umontreal.ca/article/2021/04/14/la-musique-formidable-medicament-pour-aller-bien" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">diminuer le cortisol</a>, l’hormone du stress, et donc de réduire l’anxiété ainsi que la perception de la douleur grâce à son <a href="https://nouvelles.umontreal.ca/article/2021/04/14/la-musique-formidable-medicament-pour-aller-bien" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">effet analgésique</a>. De manière générale, la musique agit positivement sur <a href="https://www.canada.ca/en/health-canada/services/noise-your-health/effects-mental-health-well-being.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la santé mentale et le bien-être</a>. À ces bénéfices s’ajoutent ceux liés à l’aspect social du concert : assister à un concert favorise les interactions sociales et aide à diminuer l’isolement, souvent présent dans la vie quotidienne des personnes atteintes d’une maladie chronique.</p>



<p>Selon Médecins francophones du Canada, cette initiative s’inscrit plus globalement dans un contexte « où l’on cherche à diversifier les approches thérapeutiques et à promouvoir le bien-être ». En effet, même si cette initiative demeure unique pour le moment, d’autres projets du même genre ont déjà vu le jour. En 2018, par exemple, l’association des Médecins francophones du Canada a offert la possibilité à ses médecins de <a href="https://www.mbam.qc.ca/fr/actualites/prescriptions-museales/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">prescrire des visites gratuites</a> au Musée des beaux-arts de Montréal. À la suite du lancement de ce programme, la pratique de muséothérapie s’est popularisée et s’est, depuis, étendue en Europe.</p>



<p>Évidemment, ces expositions à la culture n’ont pas pour objectif de remplacer un véritable traitement médicamenteux, mais leur impact sur le bien-être des patients n’est pas négligeable.</p>
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		<item>
		<title>Au rythme des saisons</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/au-rythme-des-saisons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catvy Tran]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les artistes Avril Jensen et Erwan nous plongent dans une odyssée introspective au gré des solstices.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le meilleur remède au froid de l’automne montréalais se trouvait sous les lumières tamisées et l’ambiance enfumée du Verre Bouteille le 13 novembre dernier. En effet, dans le cadre du festival Coup de cœur francophone, les artistes Avril Jensen et Erwan sont montés sur la scène exiguë de ce bar de la rue Mont-Royal et nous ont raconté les saisons tout au long de performances de haut calibre.</p>



<p>L’auteur-compositeur-interprète Erwan a donné le coup d’envoi de la soirée en nous proposant une programmation musicale qui dépeint un récit initiatique au fil des solstices. Ainsi, au début du concert, ce véritable héritier de Vivaldi nous offre <em>Trop tard</em>, une chanson qui traite de la « lancée de fin d’été » et où l’on sent son désespoir de voir la période estivale s’étioler. Par la suite, il interprète des chansons hivernales, telles que <em>Mes larmes gèlent en hiver</em>, ballade mêlant désenchantement éthéré et blues glacé. Toutefois, il ne nous laisse pas nous complaire dans une froide mélancolie et nous dégivre instantanément avec <em>Un peu de paix</em>. Avant de l’interpréter, il décrit d’ailleurs cette chanson comme un aperçu du début d’été gaspésien, racontant ses grands espaces et ses veillées au bord du feu. Il clôt finalement sa performance avec des chansons inédites, dont une qui relate une soirée de camping estivale pleine d’espoir où les deux protagonistes «&nbsp;ont réalisé [leurs] vœux dans le noir ». Au cours de ce concert, Erwan parvient à nous raconter une année complète où, après des débuts automnaux maussades, on assiste à une décongélation progressive. L’artiste nous rappelle ainsi que « les jours plus sombres sont l’occasion / De préparer [ses]&nbsp;plus beaux bourgeons ».</p>



<p>Avril Jensen, qui monte sur scène après Erwan, exploite elle aussi le monde de la nature et des saisons pour alimenter son écriture. Ainsi, elle nous apprend que son dernier album, <em>Parfois, les jours de vent</em>, est inspiré d’un passage du roman <em>Soie</em> d’Alessandro Baricco&nbsp;: « Parfois, les jours de vent, Hervé Joncour descendait jusqu’au lac et passait des heures à regarder, parce qu’il lui semblait voir, dessiné sur l’eau, le spectacle léger, et inexplicable, qu’avait été sa vie ​​». Tout comme le protagoniste de <em>Soie</em>, Avril utilise la nature comme un reflet de son intériorité. Ainsi, les dissensions qui déchirent son âme sont souvent racontées et mises en mots grâce au relief des saisons : « En regardant la rivière / En attendant l’hiver / J’ai oublié mon nom. » Avril nous révèle par ces paroles que sa quête de sens et son ébranlement identitaire passent par un rapport à la nature. Elle entrelace ses chansons pour développer un fil narratif débouchant néanmoins sur une guérison de ses accablements introspectifs. En effet, le concert se dénoue avec la contemplation maintenant saine de la nature dans <em>Parfois, les jours de vent</em>, où Avril garde « tout l’été quelque part en dedans » et chante «&nbsp;on est sensationnels » en chœur avec le public.&nbsp;<br></p>



<p>Avril Jensen et Erwan rejoignent donc une tradition établie d’artistes québécois dont la trame narrative est inspirée par le fil des saisons. En effet, depuis Émile Nelligan et sa fameuse lamentation « Ah! comme la neige a neigé! », en passant par l’angoisse des tempêtes dans <em>Le poids de la neige </em>de Christian Guay-Poliquin ou encore les étés tumultueux des <em>Fous de Bassan </em>d’Anne Hébert, l’imaginaire québécois est préoccupé par les grisailles de l’hiver et les vents estivaux.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>COP30 au Brésil : entre espoir et désillusion</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/cop30-au-bresil-entre-espoir-et-desillusion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Parent]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[cop30]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59391</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une édition marquée par une forte mobilisation autochtone et des négociations difficiles.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Du 10 au 21 novembre a eu lieu à Belém, au Brésil, la 30<em>e </em>édition de la « Conférence des Partis » (COP), une rencontre de grande envergure entre les délégations de nombreux pays portant sur les changements climatiques. Les COP permettent aux États d’échanger et de conclure des accords internationaux pour tenter de limiter les impacts du réchauffement climatique. Certaines des éditions passées ont mené à des ententes majeures, comme <a href="https://unfccc.int/fr/a-propos-des-ndcs/l-accord-de-paris" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’Accord de Paris</a>, un ambitieux plan de régulation climatique issu de la COP21 en 2015, qui visait notamment à limiter le réchauffement planétaire à +1,5 degré Celsius. Dix ans plus tard, la COP30 a elle aussi tenté de se démarquer, en particulier via l’inclusion des peuples autochtones de l’Amazonie. Pour en apprendre plus sur le déroulement des négociations, je me suis entretenue avec le Dr Robert Fajber, professeur du département des sciences atmosphériques et océaniques de McGill, qui se spécialise dans les modèles de prédiction des changements climatiques.</p>



<p><strong>Des pourparlers dans un climat déjà altéré</strong></p>



<p>Pour la première fois dans l’histoire des COP, il n’y avait pas de délégation américaine présente sur les lieux de la COP30. Ce choix s’explique par la <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2203791/etats-unis-boude-cop30-amazonie" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">position climatosceptique du président américain Donald Trump</a>, qui s’était par ailleurs retiré de l’Accord de Paris peu après son inauguration en janvier 2025. Malgré l’absence de cet acteur majeur, les <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2208556/lula-chevet-cop30-amazonienne" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">discussions</a> se sont poursuivies entre les délégations sous l’<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2208556/lula-chevet-cop30-amazonienne" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">insistance du président brésilien Lula</a>, qui souhaitait que cet événement sur le sol brésilien soit réussi et permette des avancées pour le climat. Les délégations ont principalement débattu de la réduction de l’usage des énergies fossiles, une idée adoptée en principe à la <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-11-19/cop30/lula-remet-les-energies-fossiles-au-centre-des-negociations.php#" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">COP de Dubaï en 2023</a>. Ils se sont également entretenus sur les sources de financement de la lutte contre le changement climatique.</p>



<p>Selon le Dr Fajber, les discussions aux COP sont graduellement en train de changer de cap en matière de stratégie pour le climat, notamment sur la question du financement : « Une chose qui est de plus en plus discutée est l’adaptation face au climat plutôt que l’atténuation du changement climatique. » Selon lui, cette nouvelle mentalité qui émerge s’explique par les impacts tangibles du changement climatique qui se font déjà ressentir dans plusieurs pays, dont les ouragans et inondations. Les gouvernements tendent ainsi à prioriser « un soulagement à court terme plutôt qu’un développement vert à long terme », explique le Dr Fajber. De plus, ce dernier maintient que les efforts climatiques doivent être tenus malgré le <a href="https://www.sciencepresse.qc.ca/vote-pour-science/2025/01/29/15-degre-plus" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dépassement du cap du 1,5 degré Celsius en 2024</a>, car les négociations internationales peuvent encore avoir un impact significatif et des bienfaits importants.</p>



<p><strong>Une présence accrue des communautés autochtones</strong></p>



<p>Le président brésilien <a href="https://reporterre.net/Quel-desastre-les-peuples-autochtones-vent-debout-contre-la-COP30-des-lobbies" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">avait annoncé</a> avant l’événement vouloir intégrer la société civile aux discussions, en particulier les peuples autochtones de l’Amazonie. Que ce soit pour répondre à cet appel ou par simple désir de faire entendre leurs revendications sur la scène internationale, un nombre fracassant de représentants des peuples autochtones s’est déplacé à Belém. Au moyen de <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-11-14/bresil/des-manifestants-autochtones-bloquent-l-entree-principale-de-la-cop30.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">manifestations pacifiques</a> ainsi que de blocages des entrées principales du site, ces représentants souhaitaient avant tout attirer l’attention des délégations internationales sur leur combat contre les grands projets de développement, qui <a href="https://ici.radio-canada.ca/rci/fr/nouvelle/2207955/cop30-bresil-belem-amazonie-autochtones-mines-climat#:~:text=%C3%80%20la%20COP30%2C%20les%20communaut%C3%A9s,Belo%20Sun%20bouleversent%20l&#039;Amazonie." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">nuisent aux modes de vie des populations autochtones en Amazonie</a> en polluant l’environnement naturel et exploitant les ressources nécessaires à leur survie.<br><br>La mobilisation importante de ces groupes lors de la COP30 marquera certainement les esprits. Les témoignages et points de vue de ces <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-11-14/bresil/des-manifestants-autochtones-bloquent-l-entree-principale-de-la-cop30.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">« gardiens de la biodiversité et du climat »</a> permettront peut-être une meilleure compréhension des enjeux climatiques. La conférence ne s’est pas conclue sur un accord historique comme le souhaitait le président brésilien Lula, mais ce dernier peut toutefois être satisfait que «sa» COP ait mené à une mobilisation si importante des peuples autochtones. Les manifestations ont d’ailleurs porté leurs fruits, puisqu’au cours de la conférence, le Brésil <a href="https://www.bbc.com/news/articles/c1d0vekq12ro" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a annoncé la création</a> de dix nouveaux territoires autochtones protégés.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/cop30-au-bresil-entre-espoir-et-desillusion/" data-wpel-link="internal">COP30 au Brésil : entre espoir et désillusion</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Merci Le Délit</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/merci-le-delit-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L&#39;équipe du Délit]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[expériences]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme étudiant]]></category>
		<category><![CDATA[Le délit]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Éloge au journalisme étudiant (et aux bons amis).</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/merci-le-delit-2/" data-wpel-link="internal">Merci &lt;em&gt;Le Délit&lt;/em&gt;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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<p class="has-drop-cap">Lorsque cette édition sera publiée, cela voudra dire qu’une dizaine d’entre nous auront posé les stylos pour de bon. Les études sont finies, il est temps de quitter la rédaction, et de se dire au revoir. Si peu d’entre nous ne savaient réellement ce qu’ils allaient découvrir en poussant les portes du journal, nous faisons aujourd’hui tous le même constat : que nous restions à Montréal, ou que nous partions vivre à Toronto, Paris ou Hanoï, <em>Le Délit </em>fait désormais partie de notre identité. Où que nous soyons, quoi que nous fassions, nous continuerons à porter, ensemble, notre soif d’apprendre, de comprendre et d’éclairer la société qui nous entoure. Si notre amour pour notre journal est unanime, les enseignements que nous en tirons sont multiples. <em>Le Délit </em>vous propose ici le témoignage de quelques éditeurs et éditrices qui nous quittent.</p>



<p><strong>Toscane</strong><br>Si, en prenant une de nos éditions vous tombez sur une illustration ou un article signé d’un seul nom, détrompez-vous, chacune de nos 12 pages est en réalité le fruit d’un travail collectif, d’une réflexion de groupe au sein de laquelle chacun·e redouble de créativité. En mode <em>Suggestion </em>sur nos Google Docs ou autour de la grande table de la rédaction, tout est sujet à débat : un exergue, une tournure de phrase, la fameuse «<em> since line</em> », la couleur d’un titre. Mon passage au <em>Délit </em>m’a appris plus que je n’aurais pu l’imaginer. Avant tout, j’en retiens que la créativité est un processus endogène, qui s’auto-nourrit au sein d’une équipe qui ne cesse de se remettre en question.</p>



<p><strong>Milan</strong><br>Comme je prends du plaisir en écrivant pour <em>Le Délit</em>! Pour une fois, toute cette gymnastique pour inclure une citation afin de plaire aux demandes pédantes d’un prof est à laisser à la porte. Ici, on n’écrit pas pour des auxiliaires d’enseignement épuisés, mais pour des amis ; on n’est pas motivé par des notes, mais par une volonté commune. Demain je n’aurai pas à écrire, mais cela laissera malgré tout un grand vide.</p>



<p><strong>Valentin</strong><br>Lundi soir, début novembre. La météo annonce qu’il neigera toute la soirée, nous n’avons ni bottes, ni bonnet, ni manteau. Plusieurs d’entre nous ont des travaux à rendre et des examens plus tard dans la semaine – il serait plus sage de rentrer tôt, de passer une bonne nuit au chaud. Pourtant, à 23 heures, nous sommes tous encore là, enfermés dans un local sans fenêtre du centre universitaire, éclairé par la lumière bleue d’ordinateurs. On parle, on rigole, on réfléchit, on travaille (un peu). On entretient la croyance selon laquelle nous serions « obligés » de rester jusqu’au bout : en réalité, la moitié d’entre nous aurait pu partir il y a plusieurs heures. Bizarrement, aucun d’entre nous ne semble en avoir envie.</p>



<p><strong>Matthieu</strong><br>Alors voilà, l’heure est venue d’écrire mes derniers mots dans ces colonnes qui me sont tant familières. J’ai eu le privilège, lors de mes deux semestres passés au <em>Délit</em>, de mener des entrevues avec de brillants professeurs et des étudiants touchants. Dans ce monde en constante évolution, si une chose reste inébranlable, c’est la qualité du lien humain lors de ces échanges. Il va sans dire que l’expérience humaine qu’a été <em>Le Délit </em>sera ce qui me manquera le plus. Je tiens à remercier tous ceux qui ont pris part à mes articles, et toute l’équipe du journal, sans qui l’aventure n’aurait pas eu la même saveur.</p>



<p><strong>Layla</strong><br>Hors du travail typique de journaliste que l’on effectue chaque semaine, ce qui m’a profondément marquée après plus de trois ans au sein de ce journal, c’est la communauté qu’il m’a apportée. Chaque lundi et mardi soir, on retrouve la même équipe et on a de longues discussions sur le journal, certes, mais aussi des débats politiques, philosophiques et des conversations sur des choses des plus banales.<br></p>



<p>Dans un cadre universitaire où chacun doute de son futur professionnel, avoir une communauté comme celle-ci nous a été profondément bénéfique. Au fil du temps, on apprend à se connaître : on partage nos intérêts, nos doutes, nos rêves. Certaines personnes nous quittent, mais les souvenirs qu’elles nous laissent demeurent. On voit nos amis grandir professionnellement et personnellement : un nouveau stage, un nouveau sport, une nouvelle passion… Quand je repenserai à McGill, je reviendrai toujours à ces lundis passés, ensemble, jusqu’à deux heures du matin.</p>



<p><strong>Antoine</strong><br>Étrangement, ce ne sont pas mes balbutiements de journaliste qui auront l’impact le plus fort dans ma mémoire universitaire. <em>Le Délit </em>a été une façon pour moi de m’exprimer (presque) sans retenue sur les enjeux que je croyais les plus pertinents et les convictions qui m’habitent. Mais, une fois la dernière édition faite, la dernière mise en page un peu bancale réalisée, il ne restera plus rien que quelques articles et une myriade de souvenirs.<br></p>



<p>Je n’oublierai cependant jamais mes escapades avec Matthieu, bravant le froid pour ramener le souper de la semaine, mangé en dérangeant le plus possible le travail de notre rédacteur-en-chef-à-lunettes. Je serai certainement impossible à employer dans le monde du journalisme, et je ne compte pas y faire carrière… mais j’adore écrire, et ça ne changera jamais.</p>



<p><strong>Vincent</strong><br>On passe la porte de la rédaction, on se regarde dans le blanc des yeux, et on comprend que <em>Le Délit</em>, c’est fini. On ne s’enfermera plus dans la rédaction, on ne passera plus nos samedis matins à tourner en rond autour d’un texte ni nos dimanches soirs à faire des éditions sur les articles scandaleux d’Antoine. Même après trois ans à écrire chaque semaine, il est difficile de trouver les mots pour décrire l’expérience que j’ai pu vivre au <em>Délit</em>. Ce journal m’a tendu la main, tenu la main, fait découvrir des gens formidables, et fait explorer la société québécoise. Je quitte le journal avec une conviction : on a tous besoin d’un <em>Délit </em>dans sa vie.</p>



<p><strong>Lara</strong><br>C’est avec le cœur lourd, mais l’esprit léger, et une maîtrise de toutes les règles grammaticales du français que je quitterai ce journal qui a façonné non seulement tous mes lundis, mais aussi ma vision du journalisme étudiant et de l’amitié. Alors, à l’heure où je corrige les derniers mots de cette édition, je n’ai qu’une chose à ajouter sur les magnifiques paroles de mes camarades : merci <em>Le Délit.</em></p>
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		<title>La cantine du Tit Belœil</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/la-cantinee-du-tit-beloeil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sean Sadeghi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Omnivore]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Poutine]]></category>
		<category><![CDATA[Tit Belœil]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chasse à la meilleure poutine.</p>
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<p class="has-drop-cap">Alors que le Québec se refroidit progressivement, je vous propose cette semaine de partir vers l’un des classiques aliments réconfortants offerts ici : la poutine. J’aimerais vous emmener avec moi dans ma chasse pour la meilleure poutine au monde. J’aurais pu dire « la meilleure poutine de Montréal », mais, comme vous le verrez, la meilleure poutine se trouve à l’extérieur de la ville. Nous allons même débuter ce voyage à Belœil, à près de 40 km de Montréal.</p>



<p>Commençons par un petit résumé de l’histoire de ce fameux plat québécois, connu dans le monde entier. Une tâche facile? Pas exactement.</p>



<p>La poutine a été inventée vers la fin des années 1950 au centre du Québec, et trois restaurants principaux s’en disputent l’invention : le Roy Jucep à Drummondville, Le Lutin Qui Rit à Warwick, et La Petite Vache à Princeville. Il faut savoir que c’est le Roy Jucep qui, en 1964, a été le premier à servir le plat que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de « poutine » : avec des frites, du fromage en grain et de la sauce brune. La poutine est vite devenue populaire dans les casse-croûtes québécois. On ne sait pas exactement quand le plat est arrivé à Montréal, mais le restaurant La Banquise a commencé à le servir au début des années 1980.</p>



<p>Même en tant qu’Américain, j’ai toujours apprécié ce chef-d’œuvre de la cuisine québécoise. Je passais du temps sur le fil Reddit « r/poutine » lorsque j’ai vu une photo de la poutine de La Cantine du Tit Beloeil pour la première fois. C’était le coup de foudre. Le jour même, j’ai acheté une nouvelle carte OPUS zone ABC et j’ai commencé mon voyage du centre-ville jusqu’à Belœil. Une heure plus tard, j’étais arrivé dans cette petite ville charmante des Basses-terres du fleuve Saint Laurent. À mon arrivée, j’ai commandé une grande poutine et un hot-dog vapeur (<em>steamé</em>). Mes très hautes attentes ont encore été surpassées quand on m’a servi ce plat magnifique. Regardez l’illustration de l’article si vous ne me croyez pas. On commence par la sauce, la partie la plus importante d’une poutine, car sa saveur pénètre celle du plat entier. Elle était savoureuse, bien poivrée, très chaude, réconfortante, avec une saveur profonde de viande, d’oignon et d’épices. Vous pouvez même voir les petits morceaux de poivre moulu dans la sauce. Absolument impeccable. Poursuivons avec le fromage. C’est très facile d’en voir l’abondance. Mais la qualité n’a pas été compromise par la quantité. À l’exception d’une station-service dans les Cantons-de‑l’Est, il s’agit du meilleur fromage en grains que j’ai jamais goûté, et certainement le meilleur dans une poutine. On voit la fraîcheur du fromage dans une poutine à son bruit distinctif, le « skouik skouik », et à son apparence – un fromage frais ne fond jamais. Si, comme moi, vous êtes expert en poutine, vous pouvez remarquer que ce fromage est le plus frais possible par un simple coup d’œil. Finalement, les frites. L’élément le plus classique, incontournable et omniprésent d’une poutine. Bien que de mauvaises frites ne détruisent pas une poutine, de bonnes frites la subliment. Celles-ci étaient excellentes. Leur couleur, brun doré, légèrement ombré, indique une cuisson parfaite : elles étaient très croustillantes à l’extérieur, avec une saveur presque sucrée à l’intérieur. Ces frites-ci ont vraiment élevé le plat entier, et je dirais même que c’est pour elles que je reviendrais.</p>



<p>Et voilà, un bon exemple de plat où trois ingrédients simples, quand ils sont tous d’une grande qualité, peuvent être combinés de manière particulière afin de créer un plat incontournable et franchement incroyable. Le hot-dog vapeur mérite par ailleurs d’être mentionné ici ; ça, c’était ben correct.</p>
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		<title>Les gens du pays viennent aussi d’ailleurs</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/les-gens-du-pays-viennent-aussi-dailleurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[les gens du pays viennent aussi d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[ruba ghazal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur la sortie du livre de Ruba Ghazal.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/les-gens-du-pays-viennent-aussi-dailleurs/" data-wpel-link="internal">Les gens du pays viennent aussi d’ailleurs</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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<p class="has-drop-cap">Lundi 17 novembre, c’est à la librairie montréalaise Un livre à soi qu’a eu lieu le lancement du premier livre de Ruba Ghazal : <em>Les gens du pays viennent aussi d</em>’<em>ailleurs</em>. À 17 h, la salle est comble avec plus d’une centaine de curieux, de passionnés et de partisans de la députée et co-porte-parole de Québec solidaire. Comme chante le refrain de l’hymne national québécois non officiel, <em>Gens du pays </em>de Gilles Vigneault, dont le titre a inspiré celui du livre, Ghazal raconte son amour pour le Québec à travers son parcours en tant qu’immigrante d’origine palestinienne et « enfant de la loi 101 ».</p>



<p><strong>Là où tracer le début</strong></p>



<p>Nombre des gens d’ici viennent d’ailleurs, c’est une réalité incontestable au Québec. Pour Ruba Ghazal, même si elle a souvent raconté son parcours depuis qu’elle est devenue députée en 2018, cette histoire lui a toujours semblé bien banale. Au lancement, elle confie que c’est difficile de ne pas parler de politique, mais la rédaction de son livre lui a permis d’aborder l’humain derrière la politicienne. Elle a notamment eu la chance de répondre à une question qu’elle se pose souvent : « Par quel coup du sort une femme comme moi, née dans une famille musulmane plutôt traditionnelle, une fille de réfugiés palestiniens […] a pu se retrouver à la tête d’un parti politique de gauche indépendantiste et féministe? »</p>



<p>En effet, comme dans beaucoup de familles immigrantes, la politique n’était pas un sujet de discussion autour de la table chez les Ghazal. L’autrice affirme qu’arriver dans un nouveau pays pour y vivre, c’est se lancer dans une confrontation entre les valeurs familiales et celles de la nation. Celles et ceux qui arrivent plus jeunes ont l’avantage de mieux s’adapter à leur nouvel environnement, mais se retrouvent fréquemment avec un sentiment de culpabilité à devoir rejeter une partie de la famille pour davantage s’intégrer dans la société qui les entoure.</p>



<p>Si les parents et la grand-mère maternelle – la « <em>téta </em>» (« grand-mère » en arabe du Moyen-Orient) – de Ruba Ghazal ont immédiatement rejeté sa décision lorsque celle-ci s’est engagée dans la vie politique québécoise. Leur mépris se justifie par une peur chronique de l’instabilité qui remonte dans l’histoire de trois générations palestiniennes déracinées, marquée par une violence irréversible. Les grands-parents de l’autrice ont été victimes de la <em>Nakba</em>, l’exode forcé des Palestiniens au début de 1948, et figurent parmi les centaines de milliers de réfugiés qui se sont dirigés vers le Liban. Dans un récit, la crise devrait annoncer la fin. Or, cette crise se prolonge perpétuellement dans la réalité, dépassant le cadre narratif qu’on tente de lui imposer. Dans son livre, Ruba Ghazal mentionne sa <em>téta</em>, qui n’avait emporté qu’une petite valise avec elle le jour de son départ, convaincue qu’elle rentrerait bientôt chez elle. Mais, comme conclut l’autrice, « <em>Téta </em>ne remettra jamais les pieds en Palestine ».</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="2000" height="1125" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/1000010699-2000x1125.jpg" alt class="wp-image-59428" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/1000010699-2000x1125.jpg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/1000010699-650x366.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/1000010699-150x84.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/1000010699-768x432.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/1000010699-1536x864.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/1000010699-2048x1152.jpg 2048w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit">Jiayuan Cao</span></figcaption></figure>



<p><strong>Enfants de la loi 101</strong></p>



<p>En écrivant, Ghazal n’établit pas seulement un lien avec sa famille, mais également avec d’innombrables « petites Ruba », des « enfants de la loi 101 » qui arrivent au Québec, comme elle, sans connaître un mot de français. Pour clarifier, les « enfants de la loi 101 » font référence aux jeunes dont les parents ont immigré au Québec après l’adoption de la Charte de la langue française en 1977. La petite Ruba en fait partie lorsque, âgée de dix ans, elle s’installe au Québec en 1988.</p>



<p>Là, alors que leurs parents commencent à fréquenter les Centres d’orientation et de francisation des immigrants (COFI), réseaux malheureusement abolis en raison de coupes budgétaires en 2000, Ruba Ghazal et ses deux petites soeurs embarquent dans la classe d’accueil de francisation. Ces lieux sont des points d’échange culturel, où chacun porte en lui une graine d’histoire qu’il sèmera dans la terre commune des Québécois. Pour immerger les élèves dans la culture québécoise de plus près, ces programmes offraient souvent des sorties scolaires qui permettaient de pratiquer la communication en français, mais surtout de « découvrir un monde nouveau ».</p>



<p><strong>Double quête de la liberté</strong></p>



<p>« J’ai deux nations, mais pas de pays », dit Ruba Ghazal lors d’une entrevue en 2023. Souverainiste québécoise et descendante palestinienne, Ghazal voit souvent un parallèle entre ses deux héritages : deux peuples qui cherchent à préserver leur identité et à affirmer leur existence nationale.</p>



<p>Pour Ghazal, ces deux horizons politiques et identitaires ne sont pas contradictoires. Au contraire, ils se superposent et s’éclairent l’un l’autre. La première fois que cette idée – que le Québec ressemble à la Palestine – lui est montée à l’esprit, c’était pendant l’année scolaire 1988–1989. À l’école Cardinal-Léger, que Ghazal fréquentait, c’était « l’année Félix Leclerc » où tout le monde chantait ses chansons. Que ce soit le carême (le « ramadan des Chrétiens ») ou la culture « enracinée dans la ruralité et la force des liens familiaux », les écrits de Félix Leclerc sur le Québec ont permis à la jeune migrante de tisser des liens avec la vie et les mœurs en Palestine, tels que sa grand-mère les lui racontait.</p>



<p>Ce rapport entre les deux identités est sans doute à la base de ses engagements indépendantistes. Ghazal n’a jamais mis les pieds en Palestine, mais elle ne cessera jamais de se considérer palestinienne. Bien que la Palestine soit aujourd’hui finalement reconnue comme un État, la jeune Ruba Ghazal a grandi en entendant ses parents soupirer devant le sort de celle-ci, qui « ne deviendra jamais un pays ».</p>



<p>C’est pourquoi l’idée de l’indépendance du Québec intrigue la Ruba Ghazal de 15 ans, au moment des débats sur l’accord de Charlottetown en 1992. « C’est encore possible de devenir un pays, en 1992? » Si oui, pourquoi les Palestiniens n’avaient-ils toujours pas réussi, même après quarante ans de lutte? Si la Palestine ne le peut pas, le Québec, cette « société qui faisait place à la bonté et aux élans du coeur », dont l’hymne national a pour thème l’amour, pourrait-il? Alors que les discussions ont à nouveau alimenté la peur d’une instabilité chez ses parents , ces questionnements ont nourri l’intérêt de Ghazal pour un Québec libre, car, pour elle, « le désir d’un pays, pour un peuple, est l’aspiration la plus légitime qui soit ». Après seulement cinq ans au Québec, elle souhaitait déjà l’épanouissement de ce peuple qui l’a accueillie sur un territoire qui leur est propre, où leur identité puisse s’affirmer pleinement.</p>



<p>Somme toute, si Ruba Ghazal affirme avoir écrit son essai pour faire résonner son histoire chez les enfants d’immigrants comme elle, sa mission a bel et bien été accomplie. Pour reprendre l’une de ses phrases : « Migrer, c’est aussi découvrir la possibilité de cultiver de nouveaux jardins. » Après la lecture de <em>Les gens du pays viennent aussi d</em>’<em>ailleurs</em>, je me revois, à l’âge de sept ans, découvrir Montréal, apprendre le français et, peu à peu, aimer le Québec.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/les-gens-du-pays-viennent-aussi-dailleurs/" data-wpel-link="internal">Les gens du pays viennent aussi d’ailleurs</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Mémoire et réconciliation : le Vatican remet 62 objets d’art aux autochtones du Canada</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/memoire-et-reconciliation-le-vatican-remet-62-objets-dart-aux-autochtones-du-canada/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Aurélien Quéméner]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[En bref]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire et réconciliation]]></category>
		<category><![CDATA[objets d'art]]></category>
		<category><![CDATA[vatican]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette semaine, le Musée du Vatican a remis 62 objets d’art à la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), qui sera ensuite chargée de les transmettre aux peuples autochtones. Un geste, officialisé par le pape Léon XIV, qui témoigne d’une recherche de pardon et de réconciliation entre l’Église catholique et les survivants autochtones des&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/memoire-et-reconciliation-le-vatican-remet-62-objets-dart-aux-autochtones-du-canada/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Mémoire et réconciliation : le Vatican remet 62 objets d’art aux autochtones du Canada</span></a></p>
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<p class="has-drop-cap">Cette semaine, le Musée du Vatican <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/national/2025-11-15/le-vatican-remet-des-objets-d-art-autochtones-au-canada.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a remis 62 objets d’art</a> à la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), qui sera ensuite chargée de les transmettre aux peuples autochtones. Un geste, officialisé par le pape Léon XIV, qui témoigne d’une recherche de pardon et de réconciliation entre l’Église catholique et les survivants autochtones des pensionnats canadiens. Dans un communiqué, la CECC a déclaré que « le Pape Léon XIV a voulu que ce don soit un signe concret de dialogue, de respect et de fraternité ».</p>



<p>Les pensionnats ont été actifs entre 1831 et 1996, jusqu’à la fermeture du dernier établissement en Saskatchewan. Administrés pour les deux tiers d’entre eux par l’Église, <a href="https://nctr.ca/education-fr/ressources-pedagogiques/histoire-des-pensionnats-indiens/?lang=fr" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de 150 000 enfants</a> des Premières Nations, du peuple inuit et de la Nation métisse y ont été envoyés. Ils avaient pour « intention explicite d’arracher [les, <em>ndlr</em>] enfants de leurs familles et de leurs cultures » afin de les convertir de force au christianisme, selon le Centre pour la vérité et la réconciliation de l’Université du Manitoba. Ce n’est qu’en 2008 que le premier ministre de l’époque, Stephen Harper, a présenté des excuses officielles aux communautés autochtones au nom du Canada.</p>



<p>Selon le <a href="https://www.cecc.ca/annonce/don-dartefacts-autochtones-par-le-pape-leon-xiv-a-la-cecc/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">communiqué de la CECC</a> et du Saint-Siège, les objets d’art faisaient partie du patrimoine autochtone exposé lors d’une exposition universelle tenue au Vatican en 1925. Ils incluaient entre autres un kayak inuit, des massues, des masques ainsi qu’une coiffe. Ces objets étaient depuis restés dans les collections ethnographiques du musée.</p>



<p>Lors d’une visite au Canada en 2022, le défunt pape François avait déjà entamé le processus de réconciliation entre l’Église et les nations autochtones. Sur le site de l’ancien pensionnat de Maskwacis, près d’Edmonton en Alberta, il avait « <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/national/2022-07-25/visite-du-pape-au-canada/je-demande-humblement-pardon.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">demandé humblement pardon</a> pour le mal commis par de nombreux chrétiens contre les peuples autochtones ». Il avait également déclaré que « les politiques d’assimilation et d’affranchissement, comprenant également le système des pensionnats, ont été dévastatrices pour les habitants de ces terres ». Reste à savoir si ce geste sera jugé suffisant pour panser le traumatisme historique porté par les communautés autochtones.</p>
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		<title>« Ils changent les règles du jeu en pleine partie »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/ils-changent-les-regles-du-jeu-en-pleine-partie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Pelouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Programme de l'expérience québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[restriction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Portraits : ces immigrants en colère face à l’arrêt du PEQ.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Un nouvel épisode dans les mesures de restriction de l’immigration au Québec. Le 19 novembre, le gouvernement provincial a officiellement mis fin au <a href="https://www.quebec.ca/immigration/permanente/travailleurs-qualifies/programme-experience-quebecoise" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Programme de l’expérience québécoise</a> (PEQ), après sa suspension en octobre 2024. Ce programme permettait aux étudiants étrangers diplômés au Québec et aux travailleurs étrangers temporaires de demander un Certificat de sélection du Québec (CSQ) afin de s’établir de manière permanente dans la province québécoise. </p>



<p>Le lundi 17 novembre, des centaines de personnes, dont notamment des immigrants frappés par cette mesure, ont participé à une manifestation dans le centre-ville. Partant de l’édifice du ministère de l’Immigration jusqu’au bureau du premier ministre québécois à Montréal, les manifestants demandaient principalement l’amendement de la <a href="https://www.ccmm-csn.qc.ca/evenements/manifestation-contre-la-fin-du-peq/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">« clause grand-père »</a>, qui permettrait à ceux déjà présents au Québec d’accéder à la résidence permanente. <em>Le Délit </em>est parti à leur rencontre, et vous présente les portraits d’hommes et de femmes qui pourraient être contraints de quitter le Québec dans les prochains mois. </p>



<p><strong>Karim </strong></p>



<p>Il est directeur adjoint dans une épicerie. Lui et sa conjointe sont arrivés de France il y a cinq ans, « dans l’espoir d’obtenir la résidence permanente via le PEQ ». Sur quelques minutes d’entrevue, le terme d’« espoir » revient d’ailleurs beaucoup dans ses paroles. Il m’explique son parcours : « Reprendre les études passé 40 ans n’était pas forcément dans nos plans, mais nous l’avons quand même fait pour rentrer dans les critères d’admissibilité. » Il est calme, mais ses paroles démontrent son ressentiment face à la décision du gouvernement Legault : « Ils viennent de changer les règles du jeu en pleine partie. » Comme beaucoup, Karim milite pour l’aménagement de la clause grand-père, sans laquelle il « serait logé à la même enseigne que ceux qui sont encore dans leur pays d’origine et ont espoir de venir au Québec » . « Il n’y aurait plus d’espoir du tout », conclut-il. </p>



<p><strong>Delphine et Yuto </strong></p>



<p>Ils ont tous deux immigré de Chine pour le Québec il y a un an, et se sont rencontrés en cours de français. Delphine m’explique qu’elle apprend la langue depuis un an, en parallèle de sa formation en technologie de l’information, mais qu’elle est plus à l’aise de me parler en anglais. Yuto est arrivé ici pour rejoindre ses enfants qui ont fait leurs études en Colombie-Britannique ; Delphine, pour sa fille graduée de McGill et pour trouver une « <em>nouvelle vie</em> (<em>tdlr</em>) ». Le PEQ représentait pour eux l’opportunité principale de rejoindre leurs proches : « Nous sommes assez âgés, et ne correspondons pas aux autres types de visa », m’explique Delphine. Yuto est moins bavard, mais il arbore fièrement sa pancarte : « <em>Les étudiants et les travailleurs ne sont ni des fusibles ni des boucs émissaires! </em>»</p>



<p><strong>Sofiane, Lounis et Areski </strong></p>



<p>Chez ces trois jeunes hommes, arrivés d’Algérie grâce au PEQ, c’est l’inquiétude qui domine. Après des études au Québec en administration des affaires, et deux ans d’expérience professionnelle, la décision du gouvernement pourrait bouleverser leur projet de vie : « Nous sommes tous stressés. Notre permis de travail expire dans dix mois. On ne sait pas où notre avenir va nous mener », m’expliquent Lounis et Areski. Pour Sofiane, la clause grand-père est avant tout une question de « respect » : « Il n’est pas normal d’annuler ce programme pour des gens qui sont venus payer des universités onéreuses, et qui ont déjà deux ans d’expérience dans un domaine qualifié. » Lounis insiste sur cette question du coût : « Certains d’entre nous ont vendu tous leurs biens chez eux, pour investir dans leur avenir ici. » Sofiane conclut en me répétant les mots inscrits sur sa pancarte : « Nous ne sommes pas de passage, nous faisons déjà partie du Québec! »</p>
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		<title>Nouvel épisode de grève propalestinienne à McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/nouvel-episode-de-greve-propalestinienne-a-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eugénie St-Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[grève]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[propalestinienne]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre action militante, répression sécuritaire et doutes du corps étudiant.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Entre le 17 et le 21 novembre, vingt départements de l’Université McGill ont déclenché une grève en soutien à la cause palestinienne. Ces départements, parmi lesquels ceux de philosophie, de physique, d’anthropologie et d’informatique, réclament notamment que l’administration mcgilloise retire ses investissements des compagnies jugées «&nbsp;complices du génocide », et qu’elle coupe les liens académiques qu’elle entretient avec des universités israéliennes. Sur le campus, la semaine a été marquée par des confrontations répétées entre manifestants, sécurité et membres de la communauté étudiante, ébranlée par la présence accrue des agents.</p>



<p><strong>Des incidents entre la sécurité et les manifestants</strong></p>



<p>Le mercredi 19 novembre, à 16h, une quinzaine de manifestants se sont présentés au cours de PHIL 242 dans la salle S1‑3 du bâtiment Stewart Biology afin de faire appliquer la grève votée par le département de philosophie. Belicia, étudiante dans le cours, raconte&nbsp;: « <em>Je pense que les agents avaient entendu dire que des manifestants arrivaient, car ils ont commencé à barricader les portes. Un groupe de manifestants est arrivé juste après cela. Certains distribuaient des tracts ; ils ne dérangeaient pas, et voulaient simplement nous en dire plus sur la grève. Puis, d’autres manifestants sont arrivés, et les agents de sécurité ont commencé à les escorter dehors en se tenant par les bras et en les poussant avec leurs corps.</em> (<em>tdlr</em>) »</p>



<p>Selon Olivier*, étudiant gréviste qui manifestait à la porte, « la sécurité est arrivée en trombe, au moins une vingtaine. Ils nous ont poussés physiquement – ils utilisent une tactique où ils nous poussent sans les mains, en groupe ». L’étudiant déplore ces méthodes : « La sécurité nous poursuit partout avec des caméras, c’est comme si on était des criminels. Ça nous fait extrêmement peur. Tout ce qu’on fait, c’est exprimer notre opinion ; c’est notre droit. »</p>



<p>La sécurité est intervenue contre l’avis de la professeure de PHIL 242, Marguerite Deslauriers, qui avait pourtant autorisé les manifestants à entrer dans son cours. Selon elle, « <em>les efforts déployés par l’Université pour empêcher les perturbations dans les cours ont été plus perturbateurs que les grévistes eux-mêmes</em> ».&nbsp;</p>



<p>Tout au long de la semaine, des scènes similaires se sont répétées à travers le campus. Sur le compte Instagram anonyme <a href="https://www.instagram.com/shutitdownstrikes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">@shutitdownstrikes</a>, des vidéos – dont <em>Le Délit</em> n’a pas pu confirmer l’authenticité – montrent des confrontations houleuses entre les grévistes et la sécurité. Le collectif prétend <a href="https://docs.google.com/document/d/e/2PACX-1vTaVJLSdDhXtNEcsjwHWDP6o1RpMnupgJIiS1abYOuvmCnEyYi8pfcLXV8_qS-soOgokXq_nEMoItFo/pub" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dans un communiqué</a> que certains de leurs membres auraient été «&nbsp;<em>sortis des salles de classe en se faisant tenir par les quatre membres, serrés entre les agents au point d’avoir du mal à respirer, puis suivis hors du campus</em> ». Selon le même communiqué, « <em>même lorsque les professeurs ont explicitement autorisé les grévistes à faire des annonces en classe ou demandé à la sécurité de McGill de cesser de toucher et de filmer leurs étudiants, la sécurité a refusé d’obtempérer </em>».</p>



<p><strong>Un corps étudiant divisé</strong></p>



<p>Si certains étudiants ont participé activement à la grève, le mouvement ne fait toutefois pas l’unanimité sur le campus. De nombreux étudiants sont allés en cours en dépit de la grève, dans tous les départements. Pour Olivier, la participation aux cours constitue cependant une transgression majeure : « Aller en cours quand une grève a été votée, c’est aller à l’encontre de la démocratie étudiante. »</p>



<p>Justine*, étudiante en sciences politiques, rapporte quant à elle avoir été profondément secouée par un incident dans son cours de ANTH 358 le lundi 17 novembre. Selon elle, des manifestants sont entrés en salle et y sont restés environ trente minutes pour persuader les étudiants de quitter le cours. Elle rapporte que certains étudiants ont été poussés aux larmes par les discours des étudiants manifestants, qui leur affirmaient que «&nbsp;<em>rester assis revenait à soutenir un génocide</em> ».</p>



<p>En réponse à ces perturbations, l’administration de l’Université a imposé la présentation de cartes étudiantes pour entrer dans les bâtiments du campus le vendredi 21 novembre. Dans un courriel envoyé au <em>Délit</em>, elle affirme « demeurer résolue à défendre la liberté d’expression et le droit à la protestation pacifique, tout en veillant à la sécurité de l’ensemble des membres de sa communauté et à la protection du droit des étudiants d’apprendre&nbsp;». Elle ajoute que « lorsque des groupes manifestent sur le campus, le personnel de sécurité est présent pour rappeler aux participants que le vandalisme, la violence et l’obstruction des salles de cours ne sont pas tolérés, et que le respect du Code de conduite de l’étudiant ainsi que des procédures disciplinaires est obligatoire pour éviter des sanctions&nbsp;».</p>



<p>*Noms fictifs par volonté d’anonymat.</p>
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		<title>L’article qui fait comprendre le Oui</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/larticle-qui-fait-comprendre-le-oui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[indépendance]]></category>
		<category><![CDATA[Indépendantiste]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[revendications]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59426</guid>

					<description><![CDATA[<p>Raconter le Québec à ceux qui ne le connaissent pas.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Lorsque j’ai proposé pour une énième fois de faire du Québec et de l’indépendance le sujet de ma chronique hebdomadaire, on m’a demandé en quoi cette dernière saurait être différente des autres. Un questionnement louable. Bien que je ne crois pas avoir été trop redondant au cours de la dernière année, j’ai été particulièrement borné. C’est peut-être le mot qui décrit le mieux mon passage au </em>Délit<em>, qui s’achève par l’écriture de cet article. Je propose donc à l’équipe éditoriale (et, bien sûr, nos lecteurs) une manière différente de raconter ce qui pour moi, est une vérité inéluctable, l’avènement inévitable du peuple québécois : son indépendance. </em></p>



<p><em>Au revoir, Vincent et Layla, vous manquerez terriblement à mes élans révolutionnaires.</em></p>



<p><strong>Indépendantiste, pas séparatiste </strong></p>



<p>Il y a un besoin, dans la lutte pour la libération du peuple québécois, de corriger certaines bavures étymologiques qui banalisent l’objectif qu’il poursuit depuis la réalisation de son identité distincte. Il n’est pas simplement question de se séparer chirurgicalement, mécaniquement, de l’appareil coercitif canadien, mais plutôt de s’en affranchir. Nuance. Car le désir d’indépendance n’est pas un caprice. Il n’émane pas forcément d’une détestation profonde du Canada et des autres provinces qui le composent : il est le résultat de l’amour profond que les Québécois éprouvent pour qui ils sont. Mais surtout, d’un besoin de continuer à exister. </p>



<p>Le Québec d’aujourd’hui n’est pas la Nouvelle-France d’antan, massacrée en 1760 par l’Empire britannique de Georges III. Ni le Bas-Canada des héroïques Patriotes, dont les révoltes ont été réprimées dans le sang et l’exil par la reine Victoria. Mais il en garde les cicatrices, les marques indélébiles d’une domination impériale prônant son effacement total et la destruction de son identité par l’assimilation la plus pernicieuse. </p>



<p>L’histoire de ce qu’est devenu le Québec est criblée d’efforts inlassables pour qu’il disparaisse. </p>



<p><strong>Les revendications d’un peuple</strong></p>



<p>Le démantèlement progressif de l’Empire britannique aura permis au Québec de se doter d’une démocratie parlementaire et d’acquérir davantage de compétences quant à sa gouvernance. Mais le pouvoir décisionnaire central est toujours demeuré dans les mains d’Ottawa, gouvernant pour les intérêts des Canadiens – ces derniers s’opposant bien souvent aux intérêts des Québécois. L’avènement d’un réel nationalisme indépendantiste québécois est d’ailleurs le fruit d’une frustration s’étendant sur des décennies de dédain pour les requêtes provinciales. </p>



<p>À tous ceux qui attribuent ce désir de liberté à un idéal exclusionnaire, il faudrait expliquer l’histoire socio-économique de l’écrasante majorité francophone du Québec. Un peuple appauvri par le capitalisme dégoûtant des élites anglo-saxonnes, relégué au rang de main-d’œuvre servile pour les industrialistes. Condamnés à travailler dans les usines pour un salaire de crève-faim, insultés, intimidés, réprimés dans leurs revendications : les Québécois s’avilissent pour survivre. </p>



<p>Malgré des gouvernements formés par une majorité de francophones devant, de prime abord, avoir les intérêts de leur population à cœur, le Québec demeure une chasse gardée du patronat et du milieu des affaires au sein duquel tout se fait en anglais. Il faut travailler en anglais, obéir en anglais, fermer sa gueule en anglais. <em>Speak white goddamnit!</em> Il ne faut donc pas s’étonner qu’à cause de Durham, Molson et Hershorn (et j’en passe!), les Québécois conspuent cette langue qui n’a été utilisée que pour les convaincre de leur petitesse. </p>



<p>Des quelques francophones qui accèdent à un statut supérieur à celui de galériens du régime, certains se métamorphosent en valets du pouvoir, persuadés de la justesse du système qui a fait leur confort. Les Trudeau, Pelletier et Marchand de ce monde, des néo-aristocrates pour qui le sort du peuple québécois devient subalterne à l’obtention du contrôle ultime sur celui-ci. </p>



<p>Dans le Québec des années 60, le peuple se mobilise pour acquérir son indépendance, à laquelle il souhaite pour la première fois parvenir de manière démocratique. Naissent entre autres le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), le Mouvement souveraineté-association (MSA) et le Parti québécois (PQ), des initiatives visant à octroyer au Québec sa souveraineté et sa liberté. Après quelques siècles interminables d’oppression et de désillusion collective quant à la volonté réelle d’Ottawa, la province veut enfin asseoir son statut de nation et contrôler son sort économique. </p>



<p>C’est d’ailleurs le point focal de l’argumentation indépendantiste. Oui, il fallait protéger la langue française et rapatrier les compétences fédérales. Il le faut encore, d’ailleurs. Mais surtout, il fallait que la majorité francophone québécoise parvienne enfin à gouverner sur tous les paliers et que cesse sa servitude aux intérêts voraces d’un reliquat de l’Empire britannique. Le projet n’a jamais été motivé par une haine pure de l’anglais, ni même d’aucune autre langue : il est simplement porté par les opprimés, dont l’idiome unificateur est le français.</p>



<p><strong>Gouverner par la peur </strong></p>



<p>Quand suffisamment de Québécois se sont sentis appelés par un projet social-démocrate voulant les affranchir, il ne restait pour le <em>Quebec Liberal Party</em> qu’une seule solution pour assurer sa pertinence dans l’esprit meurtri du peuple. La peur. Le <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/287902/les-40-ans-du-coup-de-la-brink-s-les-liberaux-federaux-sont-coupables?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">coup de la Brinks</a>, les menaces de fin abrupte des relations commerciales avec le Canada, le retrait des pensions de vieillesse : toutes les tactiques les plus sales ont été utilisées pour faire de la souveraineté un projet en tous points similaire à un suicide collectif. </p>



<p>Le Canada, auquel aucune réelle identité nationale ne peut vraiment être attribuée, voulait garder en sa confédération une nation distincte par cupidité, pour continuer à y extraire les richesses intarissables qu’elle abritait. Qu’elle abrite toujours. Un Québec libre serait la nation ayant obtenu son indépendance la plus riche, la plus éduquée… la mieux outillée pour tenir tête au système anarchique international. </p>



<p>On ne peut blâmer les Québécois pour leur refus (bien que 60 % des francophones aient voté Oui au premier référendum de 1980) : la peur était justifiable. Se jeter dans l’inconnu, c’est terrifiant. Outre jouer à merveille son rôle d’épouvantail, le gouvernement fédéral avait fait moult promesses aux Québécois : réformes constitutionnelles, aménagements et concessions étaient au programme advenant la défaite du Oui. La suite est tristement célèbre, ponctuée de <a href="https://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/canada-const-2.5-reformes.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">débâcles constitutionnelles à Meech puis Charlottetown</a>, et de promesses dans le vent dont les Québécois n’ont jamais pu être les bénéficiaires. </p>



<p>En 1995, tout était aligné pour enfin permettre au Québec d’accéder à son indépendance. Chrétien, fidèle laquais de Trudeau, opte encore pour la peur et les tactiques électorales déloyales dont Ottawa a le secret. Les francophones se rangent en nombre encore plus grand pour le Oui, mais le mal est fait, et l’argent illégalement dépensé par Ottawa fait son œuvre. Une deuxième défaite in extremis, dont la souffrance culminera à une déclaration avinée malhabile de Jacques Parizeau sur l’argent et le vote « ethnique ». Malgré l’historique indubitablement inclusif et progressiste du projet indépendantiste, ses détracteurs en profiteront pour lui coller une visée raciste et xénophobe. Un opportunisme dégueulasse. Le clou dans le cercueil tant espéré par les fédéralistes et autres défenseurs avides d’un statu quo qui n’est en fait qu’un lent déclin du Québec vers sa disparition. </p>



<p><strong>Pour que le prochain soit le dernier </strong></p>



<p>L’indépendance n’est pas la chasse aux anglophones. L’indépendance n’est pas un rejet des minorités, qui enrichissent par leur seule présence l’identité québécoise. L’indépendance, c’est la seule manière pour le peuple québécois de pérenniser son existence, de garder sa langue en vie et de s’affirmer pleinement comme ce qu’il est déjà depuis bien longtemps. C’est la seule façon pour un peuple de s’affirmer sur les plans culturels, politiques et économiques, nous disait René Lévesque. Les années qui passent ne font que lui donner raison. </p>



<p>Peut-être qu’en échange de quelques brownies, le moins qu’Honorable Pablo comprendra qu’effrayer les gens en parlant de référendum (en anglais!) est une stratégie d’un autre siècle. Contrairement à l’idéal de libération des Québécois, qui gagne en pertinence au fil des années et des affronts de notre système à deux vitesses. Car l’indépendance et la liberté ne sont pas des concepts archaïques : ils sont le fondement de la nature humaine, l’aboutissement logique de notre être. </p>



<p>L’indépendance est inévitable. </p>



<p>Vive le Québec libre!</p>
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		<title>Parler pour ne pas perdre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/parler-pour-ne-pas-perdre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marius Grieb]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[récits autochtones]]></category>
		<category><![CDATA[relationnalité]]></category>
		<category><![CDATA[transmission orale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La transmission orale des récits autochtones.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Les récits sont des histoires que les humains se transmettent entre eux, des hommages à leur passé et leur futur commun. En famille, blottis autour d’un feu de bois, il est agréable de se laisser porter par les récits qui nous sont racontés. Dans un contexte de chaleur et de convivialité, la passion du narrateur se transmet à travers ses gestes et son vocabulaire, des éléments rhétoriques qui altèrent profondément le sens de ses histoires. </p>



<p>Pour beaucoup de peuples autochtones du Canada, cette tradition orale est au cœur d’un rituel social complexe et unifiant.<em> Le Délit</em> s’est entretenu avec la professeure en études autochtones à McGill et historienne orale de la communauté de Kahnawà:ke, Dre Wahéhshon Shiann Whitebean, pour nous aider à discerner les nuances et l’envergure de ces pratiques traditionnelles. Elle explique que « <em>les systèmes de savoir autochtone sont holistiques : on ne peut pas séparer une histoire d’une cérémonie, de la famille ou de la terre. Ces systèmes de connaissance sont ancrés dans le territoire, liés à la terre, et intégrés comme un écosystème à part entière.</em> (<em>tdlr</em>) » </p>



<p>Interreliées et interdépendantes, la vie sociale et la vie culturelle produisent ensemble des codes informels au sein des rituels, tissant ainsi des liens d’appartenance entre les différentes personnes de la communauté. Professeure Whitebean nous rappelle que « <em>l’art de raconter est puissant, parce qu’il constitue une magnifique manière de se souvenir. C’est quelque chose de dynamique, une expérience sensorielle et émotionnelle très profonde. Cela est renforcé par l’art et le chant : par exemple, on entend l’histoire de la Création, celle des Femmes ciel qui tombe. Puis, lors des cérémonies, on commence avec la danse du Créateur, puis la danse des Femmes, qu’on fait en trainant nos pieds. On dit que lorsque nous dansons ainsi, c’est comme quand la Femme ciel a massé la terre sur le dos de la Tortue </em>». Cet exemple montre qu’une fois internalisés, les protocoles deviennent partie intégrante des rituels. En effet, ils inscrivent dans une symphonie de gestes, de paroles et de musique qui amplifie à la fois la portée du message et la cohésion du groupe.</p>



<p><strong>La relationnalité : une idéologie et un moyen de vivre </strong></p>



<p>C’est donc à travers une interprétation relationnelle qu’on peut saisir la richesse et la résilience des communautés autochtones. Cette vision du monde se fonde sur les relations : une perception des liens inextricables entre hommes, objets, histoires, symboles et éléments naturels. Dans le champ de la tradition orale, la relationnalité s’exprime par l’incorporation de plusieurs médiums sensoriels, comme la musique, la danse, et les images, aboutissant à une harmonie de fond et de forme. Sur le plan social, elle se manifeste dans le rapport entre l’être humain et la nature, ancré dans une conception d’interdépendance qui se traduit par une pratique de protection et de régénération de l’environnement. </p>



<p>En opposition explicite avec l’individualisme occidental, cette vision relationnelle a été mise à l’épreuve par les logiques coloniales et extractivistes. Profondément ravagées par la dépossession de leurs terres et par les violences assimilationnistes, beaucoup de communautés autochtones ont vu leurs systèmes de savoirs et leurs modes de vie menacés. Cependant, malgré les séquelles subies, ces systèmes de savoirs restent intacts et continuent à s’adapter avec leurs fondements relationnels. C’est dans cet esprit de continuité et de flexibilité que la Dre Whitebean emploie une allégorie enracinée dans sa culture haudenosaunee : «<em> Dans la maison longue, on parle toujours d’ajouter aux chevrons. Nos ancêtres nous ont appris que le savoir doit être adaptable et fluide, car, lorsque l’on vit en relation étroite avec la terre, les choses évoluent. On peut alors ajouter aux chevrons, ajouter à la loi, intégrer de nouveaux éléments pour soutenir les générations futures. Nous sommes un peuple tourné vers l’avenir. Nous ne vivons jamais seulement pour nous-mêmes, dans le présent.</em> »</p>
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		<title>L’art de raconter</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/lart-de-raconter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Mathieu Bélisle]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[salon du livre]]></category>
		<category><![CDATA[Yasmina Khadra]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur le Salon du livre de Montréal.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le Salon du livre de Montréal est le plus grand événement littéraire francophone du continent américain. Chaque année, ce véritable paradis pour les lecteurs rassemble des auteurs et des maisons d’édition de divers genres littéraires. Le Salon plaît aux petits comme aux grands, avec ses contes lus sous une tente et ses conférences sur plusieurs enjeux d’actualité littéraire. Des aires de lecture, meublées de fauteuils, permettent aux visiteurs de prendre une pause des activités et des files de dédicaces pour se plonger dans leurs nouveaux achats livresques. La thématique du Salon pour l’édition 2025 était le « (Ré)enchantement », visant à explorer comment les mots et l’art de raconter peuvent façonner notre vision du monde et redonner espoir en des temps incertains, et permettant à tous de retrouver l’enchantement de la lecture. </p>



<p><strong>Le bonheur des choses simples </strong></p>



<p>Ce samedi matin, deux auteurs se retrouvent à l’Agora, l’endroit qui accueille les conférences. Rodney Saint-Éloi, poète et écrivain fondateur de la maison d’édition Mémoire d’encrier, s’entretient avec Mathieu Bélisle, essayiste, éditeur et professeur de littérature au Collège Jean-de-Brébeuf. Tous deux ont publié cette année un livre sur l’espoir : Saint-Éloi avec <em>Fais du feu</em>, un recueil de poésie, et Bélisle avec l’essai <em>Une brève histoire de l’espoir</em>.</p>



<p>« C’est si simple, les choses simples », cite Mathieu Bélisle, le recueil de poésie de Rodney Saint-Éloi sous les yeux. Mais de quoi parle-t-on, lorsqu’on fait allusion aux « choses simples »? Les deux auteurs s’attaquent à cette question, d’apparence anodine, mais pourtant si complexe. Le chant des oiseaux, le bruit d’un ruisseau, la chaleur du soleil sur notre peau… Pourtant, ce n’est pas tout. Il y a les arbres, la terre. Le feu, celui qui nous permet de faire du thé ou du café chaque matin, mais aussi le feu qui brûle en nous, le feu de la passion, de l’amour de la vie, le feu de l’espoir. Cette confiance que nous avons envers les choses qui nous semblent acquises : l’eau, la nourriture, un lendemain. Rodney Saint-Éloi se rappelle ceux qui, dans son Haïti natal, pouvaient marcher jusqu’à sept kilomètres pour un peu d’eau. « Aujourd’hui, on nous a appris à gérer la surabondance ». Le poète déplore le manque d’appréciation pour les petites choses de la vie. Il s’agit, selon lui, de la clé du bonheur : « Dans ma cosmogonie, dans ma culture, il y a toujours deux côtés. Un décès amène une naissance. C’est notre tâche en tant qu’individu de reconstruire ce qui est mort. » </p>



<p><strong>L’espoir pour retrouver l’enchantement </strong></p>



<p>Mathieu Bélisle renchérit que nous sommes forts d’espoir personnel, individuel, mais pauvres en espoir collectif : « Si vous allez dans le rayon “bien-être” en librairie, on vous vend des livres pour vous, pour la personne que vous êtes. On ne vend pas de livres sur le bien-être du monde. » Cet espoir, en demeurant individuel, trahit l’humanité. L’essayiste rappelle l’ironie du sort de la planète : ce sont les millionnaires qui ont le plus de pouvoir sur le futur, mais, étrangement, ils ne croient pas au futur de notre planète, de notre société. Plusieurs se construisent des <em>bunkers</em> en cas d’apocalypse, presque convaincus que le pire est à venir, tandis que la population est laissée à elle-même. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="2000" height="1333" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-2000x1333.jpeg" alt class="wp-image-59439" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-2000x1333.jpeg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-650x433.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-150x100.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-768x512.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-1536x1024.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-2048x1365.jpeg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-1200x800.jpeg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-930x620.jpeg 930w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/eliejuliette/?media=1" data-wpel-link="internal">Juliette Elie</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>La désensibilisation aux horreurs de notre siècle </strong></p>



<p>Dans notre quête d’espoir individuel, nous oublions aussi la compassion pour autrui. Bombardés presque continuellement de mauvaises nouvelles dès que nous ouvrons la télévision ou notre téléphone, nous sommes désensibilisés aux atrocités qui ont lieu dans le monde. « Deux cents morts dans un pays, un attentat terroriste dans un autre… Ces mots sont devenus habituels, déplore Saint-Éloi. On oublie que ce n’est pas une ville qui est bombardée, mais des humains. Des enfants, des arbres, la Terre ». Avec ces nouvelles en continu, il est difficile de voir comment la situation pourrait s’améliorer, mais le poète rappelle que les bonnes actions à une petite échelle sont les plus fortes. « Tous les jours, il faut avoir une petite bonté pour soi-même et pour les autres. Le monde est à nous ». En regagnant espoir, en ayant confiance en un lendemain, nous pouvons créer une nouvelle histoire, une histoire de compassion, de douceur, racontant la beauté du monde. </p>



<p><strong>« J’écris parce que j’ai du talent » </strong></p>



<p>En après-midi, l’Agora est remplie. Tous les sièges sont pris, les gradins sont pleins, cinq ou six rangées de spectateurs debout s’étirent le cou pour apercevoir l’auteur en conférence. Tout le monde attend avec impatience l’arrivée de Yasmina Khadra. L’auteur algérien, dont la dernière visite dans notre province remontait à 2019 au Salon du livre de Québec, est accueilli chaleureusement.</p>



<p>« En Occident, vous aimez dire que l’écriture est une thérapie, qu’elle aide à exorciser les démons. L’écriture, ce n’est pas une thérapie. J’écris parce que j’ai du talent », déclare l’auteur. Sa franchise est rafraîchissante. Sans fausse modestie, il explique que ses enseignants de français l’ont poussé à parfaire son vocabulaire, sa grammaire. Khadra explique qu’il a réédité <em>Morituri</em>, le roman qui a démarré son succès. « Je ne me souviens pas d’avoir écrit <em>Morituri</em>. Ma femme m’a dit que j’étais devenu insomniaque, que j’écrivais tout le temps. Il y avait des maladresses, des choses que je n’aimais pas ». Dominic Tardif, l’animateur de ce grand entretien, demande à Yasmina Khadra s’il est inquiet lorsqu’il publie un nouveau livre : « J’ai confiance en ce que je fais. Mais je ne sais jamais comment le public va réagir. Parfois les lecteurs adorent, parfois ils vous critiquent et vous détruisent. Pour la réédition de Morituri, ça n’a pas suscité de réactions ». </p>



<p><strong>L’importance des mots </strong></p>



<p>L’animateur poursuit en posant des questions à l’auteur sur son expérience dans l’armée en Algérie. Les horreurs quotidiennes, la violence, l’attentat terroriste dont il a été témoin. Tout cela façonne la perception de la vie de l’auteur. Khadra aborde <em>L’Attentat</em>, son roman à succès publié en 2005 et parlant du conflit israélo-palestinien. « Beaucoup de gens trouvent que <em>L’Attentat</em> est horrible. Tout ce qui a lieu à Gaza en ce moment est mille fois pire. C’est un génocide contre les Palestiniens ». Une vague d’applaudissements s’élève à la suite du commentaire de l’auteur. « Certains politiciens évitent d’utiliser le mot “génocide” pour parler du conflit. Pourquoi l’utilisez-vous? » demande l’animateur. « Parce qu’il faut dire les choses comme elles sont, répond simplement Khadra. Aujourd’hui, les gens ont peur des mots. Il faut dire la vérité ». Yasmina Khadra révèle que, depuis 2018, il travaille sur un manuscrit abordant le conflit israélo-palestinien. « Je l’ai suggéré à beaucoup d’éditeurs et personne n’en a voulu. On me disait : “Pas celui-là.” Et puis quelqu’un s’y est intéressé. Une femme. Le 5 mars 2026, ce sera la sortie de ce roman. Et je vous avertis, <em>L’Attentat</em>, ce n’est rien à côté de ce livre ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Aujourd’hui, les gens ont peur des mots. Il faut dire la vérité »</p>



<p>Yasmina Khadra, écrivain</p>
</blockquote>



<p><strong>La magie du Salon</strong> </p>



<p>Après des applaudissements à tout rompre, la foule se disperse et retourne vers les kiosques des maisons d’édition et les tables de dédicace. Patrick Sénécal, dont les admirateurs font la file plus de 15 minutes à l’avance, India Desjardins avec une file d’attente spectaculaire, Dany Laferrière dans un kiosque à l’image de la réédition – illustrée de sa propre main – de son roman <em>Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer</em>. La centenaire Janette Bertrand est présente et signe avec amour les romans que lui tendent ses lecteurs. Tout le monde a des étoiles dans les yeux en voyant la signature de son auteur chouchou, même la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, qui demande à Alexandra Diaz de dédicacer son livre de recettes. Une fois de plus, le Salon du livre de Montréal remplit sa mission. 106 000 visiteurs sont unis par les mots, la force des récits, et le pouvoir de raconter.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/lart-de-raconter/" data-wpel-link="internal">L’art de raconter</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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