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	<title>Archives des 2025-10-01 - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sat, 11 Oct 2025 16:00:35 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Pizza fraîche sur le campus!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/pizza-fraiche-sur-le-campus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Milan McCarthy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À table]]></category>
		<category><![CDATA[Omnivore]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[pizza]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après 16 ans, le Subway du pavillon des arts laisse sa place.</p>
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<p></p>



<p class="has-drop-cap">Le pavillon des arts McCall MacBain a un nouveau locataire. Depuis début septembre, en bas des escaliers menant au sous-sol, l’habituel Subway n’est plus en vue. Le parfum familier, presque chimique, de ces sandwichs synthétiques est désormais remplacé par les odeurs de pâtes à pizza fraîchement cuites, de fromage fondu et de salami croustillant. Un nouveau restaurant, Pan Américan Pizza, vient d’ouvrir ses portes ce semestre! Offrant des « pan pizzas », style « Détroit » à taille individuelle de 6 pouces, ce nouveau restaurant propose un menu aux prix abordables avec des ingrédients frais et savoureux.</p>



<p>Avant l’heure de pointe du dîner, on y trouve une vingtaine de pizzas étalées sur le comptoir : une première rangée inspirée par la soupe à l’oignon gratinée, une autre au poulet barbecue. Les divers régimes alimentaires sont aussi pris en compte – leur pepperoni halal et la « champignons magiques », une option à base de plantes, sont appréciés de tous. </p>



<p>Chaque pizza est réchauffée à la commande dans un four à pizza, minimisant le temps d’attente sans sacrifier le goût frais. Pour les étudiants, la meilleure offre reste la formule du « Big Red » (composée de tomates, d’origan et d’un peu d’ail), accompagnée d’une canette de Seltzer pour un total de seulement 8 $. Pour les autres saveurs, vous pouvez ajouter une salade d’accompagnement et un Seltzer pour 5 $ de plus.</p>



<p><strong>Les paroles du chef</strong></p>



<p>Cette semaine, Le Délit a rencontré Danny St Pierre, chef entrepreneur chevronné et fondateur de Pan Américan Pizza. Son intérêt pour le projet a commencé en 2020, lorsque son précédent restaurant, alors dans un hôtel, dut subir les conséquences du confinement. « Pendant la pandémie, j’ai écouté beaucoup d’émissions Web sur la pizza, parce que je m’ennuyais », me dit-il. Lancé au départ pour s’amuser avec des plats de cuisson achetés au Dollarama, le projet a évolué lorsque le chef St Pierre a vendu ses créations en ligne via une boutique éphémère. Aujourd’hui, cette initiative a pris son essor : l’entreprise compte maintenant deux restaurants à Montréal, le premier ayant été ouvert en 2023 au MileEx.</p>



<p>Mais qu’est-ce qu’une « pan pizza »? Danny St Pierre nous a expliqué que ses pizzas sont inspirées de celles du sud de l’Italie, dont la focaccia barese. À terme, ce style s’est transformé et s’est répandu à Detroit, où un flot de migrants italiens est venu à la quête de travail à la fin du 19<em>e</em> siècle. Contrairement aux pizzas traditionnelles, la pâte des pan pizzas est beaucoup plus épaisse et aérée : « Ce qu’on fait ressemble davantage à un produit de boulangerie. C’est comme si l’on avait un restaurant de focaccia », poursuit St Pierre, « Nos pâtes sont faites ici chaque matin ». Le résultat est alléchant : une pâte bien épaisse, mais pas lourde ; croustillante et moelleuse en même temps.</p>



<p>Prochainement, Danny St Pierre aimerait proposer plus de choix et étendre ses horaires d’ouverture, en ajoutant notamment des formules pour le déjeuner. Du café, des muffins et des brioches sont entre autres prévus. De plus, une machine à café freddos (du café glacé avec une mousse de lait effet « guimauve » dessus) devrait être en marche bientôt. Les étudiants et professeurs sont gâtés.</p>
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		<title>Un pain simple à l’histoire bien complexe</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/un-pain-simple-a-lhistoire-bien-complexe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Milan McCarthy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mets épluchés]]></category>
		<category><![CDATA[Omnivore]]></category>
		<category><![CDATA[pain]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Apprenons à préparer la banique à la Maison des peuples autochtones.</p>
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<p></p>



<p class="has-drop-cap">À l’occasion des Semaines de sensibilisation aux cultures autochtones, un atelier de cuisine a été offert dans la Maison des peuples autochtones sur le campus de l’Université McGill. Mené par Marlowe Dubois, conseiller aux étudiants autochtones à McGill, l’atelier a été une initiation pédagogique à l’un des plats de base de la culture autochtone : la banique. Il s’agit d’un pain simple, inspiré à l’origine de recettes européennes et qui s’est ensuite forgé une identité distincte auprès des communautés autochtones. Son histoire est marquée par sa transformation culturelle : d’abord liée au déplacement forcé et aux rations alimentaires, elle a peu à peu acquis un rôle significatif.</p>



<p>Pour beaucoup de communautés autochtones, le 19<em>e</em> siècle a été marqué par un changement drastique des habitudes alimentaires. Alors qu’elles ont été confinées dans des réserves aux terres infertiles et inconnues, les aliments de base traditionnels ont été remplacés par des rations alimentaires fournies par le gouvernement. Ces rations se limitaient à des aliments de base et peu équilibrés (dont la farine, le saindoux et la viande ultra-transformée comme le Spam) exacerbant l’insécurité alimentaire au sein des communautés. C’est durant cette période trouble que sont apparues les premières formes de banique. Avec une base de farine, d’eau et de gras, la banique a pu être préparée avec les rations limitées. « <em>La nourriture est le résultat de ce qui est à votre disposition (tdlr)</em> », nous rappelle M. Dubois. Avec le temps, la banique s’est transmise de parents à enfants, devenant un plat familial avec des variétés spécifiques aux communautés. Sa saveur simple fait de la banique un pain polyvalent, qui peut accompagner une variété de plats différents, ce qui a donné naissance à des idées telles que le « burgerbanique » ou les « tacos-banique ».</p>



<p><strong>Retour en cuisine</strong></p>



<p>Sur l’îlot central de la cuisine, M. Dubois commence à combiner les ingrédients : la farine, le gras du bacon, l’eau, un peu de sel, de bicarbonate de soude, et de sucre. Normalement, il utilise de la levure naturelle, mais à cause du temps limité (cela aurait exigé le temps de lever), la levure chimique va suffire. Une fois les ingrédients bien intégrés, c’est l’heure du malaxage. Pendant une quinzaine de minutes, les mains de M. Dubois travaillent sur la pâte alors qu’elle commence à prendre forme. Une fois que la pâte peut être étirée au point d’être translucide (le window pane test), elle est prête.</p>



<p>De là, deux méthodes de cuisson sont les plus courantes. Premièrement, on peut placer la banique dans un four bien chaud (autour de 400 degrés Fahrenheit) pour la cuire comme un pain traditionnel. Au bout de 20 minutes, une fois que la croûte a bruni, on la retire du four pour éviter qu’elle se dessèche. Une autre méthode courante consiste à frire la banique, ce qui rappelle un beignet plat ou une queue de castor. La méthode de préparation est pareille, sauf que la friture donne à la banique une texture bien plus croustillante. C’est excellent lorsqu’on la trempe dans de la confiture de baies réchauffée! </p>



<p>La perception de la banique a beaucoup évolué depuis ses origines. Ce qui a commencé malheureusement comme une conséquence du colonialisme est aujourd’hui ancré dans la culture autochtone, indispensable pendant les pow-wow et diverses fêtes à travers le continent. « <em>Avec le temps, parce que ça fait quelques centaines d’années et que les gens ont grandi avec ça, c’est devenu moins un aliment de base à cause de la nécessité et plus un aliment de base à cause des liens familiaux</em> », conclut M. Dubois.</p>
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		<title>Une mélodie pour se retrouver</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/une-melodie-pour-se-retrouver/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58837</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour sur la projection de <em>Dernière chanson pour toi</em>.</p>
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<p class="has-drop-cap">Si vous pouviez voyager à n’importe quel moment de votre vie, lequel choisiriez-vous? Avec sa fantaisie romantique, <em>Dernière chanson pour toi</em> (<em>tdlr</em>) (titre original : <em>久别重逢</em>), le scénariste hongkongais Jill Leung marque sa transition vers la réalisation, poursuivant l’exploration du choix et la réconciliation avec soi.</p>



<p><strong>Une œuvre clichée?</strong></p>



<p>Tout commence avec So Sing-wah (Ekin Cheng), un compositeur dans la quarantaine dont la carrière est au point mort, hospitalisé en raison d’une tentative de suicide. Il trouve alors son amour d’enfance, Ha Man-huen (Cecilia Choi), après une vingtaine d’années de séparation, mais celle-ci décède peu après leurs retrouvailles. À la suite des funérailles, une jeune femme, Summer (Natalie Hsu), qui se présente comme la fille de Ha, invite So à accomplir le dernier souhait de sa mère avec elle : disperser ses cendres dans la mer du Japon.</p>



<p>Tout au long du film, on assiste à une double narration qui jongle entre le passé, au début de l’histoire entre So et Ha, et le présent. Sur le plan de l’intrigue, rien de surprenant : un enchaînement des plus classiques. Et pourtant, il serait injuste de caractériser le film d’ordinaire. Car une bonne histoire ne tient pas seulement à ce qu’elle raconte, mais à la manière dont elle s’articule.</p>



<p>« Et pourtant, il serait injuste de caractériser le film d’ordinaire. Car une bonne histoire ne tient pas seulement à ce qu’elle raconte, mais à la manière dont elle s’articule »</p>



<p><strong>L’esthétique au service de l’émotion</strong></p>



<p>Dernière chanson pour toi est visuellement très parlant. Jill Leung privilégie un tournage en décor réel, dans la grande ville de Hong Kong comme dans les ruelles de Shikoku, donnant au film une authenticité qui contraste avec le récit romancé. De plus, comme la majorité des scènes sont filmées à l’extérieur, le tournage dépend grandement de la météo. Le succès se cache dans les détails : qu’il fasse soleil ou qu’il pleuve, le temps complémente parfaitement les sentiments des personnages. </p>



<p>À cette atmosphère soignée s’ajoute un jeu d’acteur d’une justesse remarquable. Les interactions entre Summer et So Sing-wah rappellent par moments Mathilda et Léon dans <em>Le professionnel </em>(1994), où se déploie une relation tendre et parfois ambigüe entre une fillette et un homme marqué par la solitude. Natalie Hsu a même été nommée pour le prix de la meilleure actrice dans le cadre des 43<em>e</em> Hong Kong Film Awards en avril 2025 pour le rôle de Summer.</p>



<p>D’autre part, comme le titre l’indique, l’œuvre trouve sa résonance la plus intime dans la chanson et la musique. So Sing-wah, qui n’arrive plus à composer depuis des années, se confronte à son vide intérieur ; à force de chercher à plaire au public, il a perdu la passion qui l’animait à jouer. À travers le voyage avec Summer, lui rappelant fortement Ha Man-huen qui l’a toujours encouragé, il retrouve peu à peu son aspiration. À l’approche de la fin, Leung joue avec une juxtaposition du temps, où So adulte rencontre son double plus jeune. Ensemble, ils complètent une mélodie inachevée depuis longtemps. La chanson finale, entonnée en duo, scelle cette réconciliation interne : « Regarde-moi encore une fois, vois mon angoisse… Regarde-moi encore une fois, joue une nouvelle mélodie. »</p>



<p>Somme toute, <em>Dernière chanson pour toi</em> est une œuvre qui, sous le couvert d’une romance, explore les obstacles dressés sur le chemin du rêve et de la passion. Malgré la simplicité de l’intrigue, je suis sortie de la salle le cœur serré et les larmes à peine séchées. Derrière moi, la mélodie résonnait encore dans la salle avec le générique de fin. Une dernière chanson qui, bien au-delà de l’écran, continue de perdurer.</p>
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		<item>
		<title>ONU : la reconnaissance de l’État de Palestine divise</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/onu-la-reconnaissance-de-letat-de-palestine-divise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Timotée Allouch-Chantepie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[l'État de Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[ONU]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La décision du Canada suscite de vives réactions au pays et à l'international.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans une lettre livrée au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/07/25/emmanuel-macron-se-resout-a-reconnaitre-l-etat-de-palestine-devant-l-impasse-diplomatique-et-le-desastre-humanitaire-a-gaza_6623627_3210.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Emmanuel Macron annonçait le 24 juillet</a> son intention de reconnaître l’État de Palestine à l’Assemblée générale de l’ONU à New York. Ce geste, avant tout symbolique, a ensuite été imité par neuf États occidentaux&nbsp;–&nbsp;dont <a href="https://www.wsj.com/world/middle-east/in-historic-shift-u-k-australia-and-canada-recognize-a-palestinian-state-83598a66" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le Canada, l’Australie et le Royaume-Uni</a> – à la suite de <a href="https://www.rts.ch/info/monde/2025/article/l-onu-relance-le-debat-sur-la-solution-a-deux-etats-pour-israel-et-palestine-28954140.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la conférence sur la question palestinienne</a>, initiative conjointement présidée par la France et l’Arabie saoudite à l’ONU les 28 et 29 juillet 2025.</p>



<p>Les officialisations de ces multiples reconnaissances de l’État de Palestine ont eu lieu les 21 et 22 septembre, à l’occasion du sommet sur la question palestinienne lors de la <a href="https://news.un.org/fr/story/2025/09/1157538" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">80<em>e </em>session de l’Assemblée générale de l’ONU</a>. Emmanuel Macron a ouvert la session en <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2194157/france-reconnaissance-etat-palestine-onu" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">procédant à la reconnaissance de l’État de Palestine</a>, devant les délégations du monde entier qui comptait deux absences notables : Israël et les États-Unis. S’en est suivi le discours du premier ministre du Canada, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=aK7QOO21zPo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Mark Carney, qui a à son tour reconnu l’État de Palestine</a> : « <em>Le Canada reconnaît l’État de Palestine et offre de travailler en partenariat afin de porter la promesse d’un avenir pacifique pour l’État de Palestine et l’État d’Israël </em>(<em>tdlr</em>). »</p>



<p><strong>Les réactions de la communauté internationale</strong></p>



<p>Le tonnerre d’applaudissements qui a résonné dans la salle, en réponse aux divers discours de soutien envers la Palestine, n’a pourtant pas effacé les tensions marquant cette session de l’Assemblée générale. Celles-ci ont atteint leur sommet à l’apparition de Benjamin Netanyahu à la tribune de l’assemblée, lorsqu’une foule de <a href="https://www.ynetnews.com/article/hjclt2r3eg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">77 délégations ont quitté la salle en guise de protestation</a>.</p>



<p>Le discours du premier ministre d’Israël a <a href="https://www.reuters.com/world/middle-east/netanyahu-outlines-israeli-victories-over-hamas-iran-un-speech-2025-09-26/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vivement condamné les multiples reconnaissances de l’État de Palestine</a>. « <em>C’est une marque de honte </em>», a‑t-il déclaré, « <em>Vous savez quel message ceux qui ont reconnu l’État palestinien cette semaine ont envoyé aux Palestiniens? Tuez des Juifs et vous en serez récompensés </em>».</p>



<p>Interrogé à ce sujet, Rex Brynen, professeur de science politique à McGill spécialisé dans les conflits du Moyen-Orient, réfute cette conclusion. Il précise que « <em>le Canada a explicitement identifié l’Autorité palestinienne dans sa reconnaissance. Alors à bien des égards, la réaction d’Israël a en quelque sorte donné raison au gouvernement canadien </em>». Pourtant, cette interprétation n’est pas partagée par tous au Canada.</p>



<p><strong>À la maison, une réaction pas moins clivante</strong></p>



<p>Si <a href="https://www.ctvnews.ca/canada/article/majority-of-canadians-support-palestine-recognition-even-if-trump-objects-amid-trade-dispute-survey/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une majorité de la population canadienne est favorable à la reconnaissance de l’État de Palestine</a>, plusieurs la déplorent. Interrogé à ce sujet, le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA) a communiqué que « cette décision encourage le Hamas, sape les efforts de paix, prolonge les souffrances des Palestiniens sous le régime du Hamas et alimente l’incitation mondiale à la haine contre le peuple juif ». Les préoccupations internationales sont alors associées à la crainte de l’augmentation de l’antisémitisme au Canada. Sur ce point, la CIJA affirme que « depuis que le gouvernement a annoncé en juillet son intention de reconnaître l’État palestinien, les crimes haineux anti-juifs ont augmenté dans le pays » ; illustration des tensions qui traversent la société canadienne autour de la question palestinienne.</p>



<p>Si les reconnaissances de la Palestine sont tout d’abord un geste symbolique, elles ne sont tout de même pas anodines. Selon Brynen, « <em>cela exprime l’idée que le gouvernement israélien actuel tente de rendre impossible l’autodétermination palestinienne et que les États occidentaux n’apprécient pas cela </em>». On y voit donc une volonté de ces derniers d’agir comme frein au moteur expansionniste d’Israël, jouant le rôle de contre-pouvoir pour nuancer un soutien américain quasi inconditionnel. Pour Brynen, ce changement de politique internationale transmet que « <em>plus Israël parle d’annexion, plus il y aura une certaine résistance de la part des principaux pays occidentaux </em>».</p>



<p>Symbole politique controversé, la reconnaissance de l’État de Palestine par plusieurs puissances occidentales envoie alors un message d’avertissement envers Israël.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/onu-la-reconnaissance-de-letat-de-palestine-divise/" data-wpel-link="internal">ONU : la reconnaissance de l’État de Palestine divise</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La politique des symboles: entre identités et controverses</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/la-politique-des-symboles-entre-identites-et-controverses/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marius Grieb]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[politique des symboles]]></category>
		<category><![CDATA[reconnaissance]]></category>
		<category><![CDATA[symbole]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58756</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une activité superficielle ou transformatrice?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Au moment d’écrire ces lignes, je me trouve devant le consulat italien, un bâtiment facilement reconnaissable grâce aux deux drapeaux plantés devant sa façade : l’un italien et l’autre de l’Union européenne (UE). Au premier regard, ces symboles nous paraissent anodins. Après tout, cela fait plus d’un siècle que Garibaldi a réuni les cités-États d’autrefois, et plus de trente ans que l’Italie fait partie de l’UE. On peut donc en déduire que, dans le contexte canadien, ces symboles ne posent aucun danger à l’unité nationale et constituent au contraire le témoignage d’une amitié durable entre l’Europe et le Canada.</p>



<p>Pourtant, si j’osais transporter ce même drapeau européen en Russie, il me paraît peu probable que j’en sorte indemne : au mieux victime de harcèlement, au pire exposé à une forme de violence étatique ou populaire.</p>



<p>Comment expliquer cette variance dramatique d’interprétation et de réponse émotionnelle à de simples symboles? Je vous propose, dans cette enquête, de vous pencher sur cette question à travers une analyse du rôle du symbole dans nos sociétés contemporaines et une critique du militantisme symbolique.</p>



<p><strong>Marqueur de l’identité</strong></p>



<p>La sémiologie est l’étude des symboles. Cette pratique quasi scientifique a été fondée par des penseurs célèbres, tels que Ferdinand de Saussure et Roland Barthes, qui expliquent que la fonction du symbole est de mettre en relation le signifiant (image, mot) avec le signifié (idée, concept). En partant de cette conception de celui-ci, nous pouvons comprendre son importance et son ubiquité. Il suffit de penser au pictogramme d’homme et de femme à l’entrée des toilettes : ce simple symbole nous réfère au concept du genre, et nous indique même si nous sommes autorisés à entrer aux toilettes ou non.</p>



<p>Mais les symboles ne sont pas toujours aussi futiles. Bien au contraire, ces derniers sont souvent au cœur de polémiques et de conflits en raison du rôle qu’ils jouent sur l’identité. Comme le résume Juliet Johnson, professeure de science politique à McGill, les symboles sont « <em>une manière abrégée pour les personnes de s’identifier entre elles et auprès du reste du monde </em>(<em>tdlr</em>) ».</p>



<p>On pourrait alors déduire que plus un groupe s’élargit , plus il devient difficile de former une identité commune et uniforme. Or, cette rationalité intuitive ne prend pas en compte la fonction cohésive du symbole. Son caractère « <em>non-spécifique </em>» et « <em>facilement reconnaissable </em>» lui donne le pouvoir de maintenir l’unité d’un groupe ou, dans certains cas, de fragmenter ce même groupe en plusieurs identités distinctes . Cette capacité accorde au symbole un prestige incontestable, le situant au centre des débats sociaux et facilitant donc son entrée dans la sphère politique.</p>



<p><strong>Crucifix à l’Assemblée de Québec : un symbole qui dérange</strong></p>



<p>Les expressions issues du milieu clérical nous le démontrent mieux que la statistique quelconque : la culture québécoise est hautement influencée par la religion catholique. Cependant, il est important de souligner que cette influence ne se traduit pas dans la sphère politique en raison de la laïcité d’État. C’est dans ce contexte d’ambiguïté que, perchée discrètement dans le coin de la salle du conseil de la ville de Québec, une figure du Christ sur la croix suscite un degré d’attention qui pourrait, au premier abord, nous surprendre.</p>



<p>Toutefois, en vue de notre analyse révélant la valeur disproportionnée des symboles, cette polémique à la fois sociale et politique nous paraît quasiment inévitable. Pour comprendre les enjeux de ce débat, quant à la validité de la présence d’un symbole religieux dans un lieu public, il suffit de disséquer le symbole en question tout en prenant en compte les dimensions constitutives de son contexte.</p>



<p>Jésus-Christ est le messie et martyr du christianisme, une religion qui a donné lieu à une mythologie complexe et étroitement liée avec la société et les institutions politiques. Cependant, ayant assimilé la laïcité comme principe social, le gouvernement de la ville de Québec se retrouve maintenant déchiré entre conservatisme et libéralisme.</p>



<p>Au centre de cette fissure s’illustre un conflit entre deux symboles, la Constitution et le Christ. Cet affrontement symbolique est le microcosme d’un débat identitaire, opposant différentes conceptions de l’identité québécoise. Ces dernières sont guidées par le vécu individuel, mais aussi par les mouvements politiques et les médias, qui reprennent les symboles et leur accordent de nouvelles significations. C’est pour cela que Jésus, qui, dans son temps, aurait été considéré comme un révolutionnaire, devient dans l’époque moderne associé à des tendances conservatrices.</p>



<p>Comme nous pouvons donc le déduire, la signification des symboles est dynamique. Professeure Johnson nous aide à comprendre : « <em>Un symbole peut passer du banal au très évocateur selon un moment politique particulier et selon qui en fait l’usage. </em>»</p>



<p>Mais d’autres instances de ce phénomène existent. Prenons par exemple le mouvement <em>Make America Great</em> <em>Again </em>; la référence que fait ce slogan à une ancienne <em>Grande Amérique </em>est simplement une appropriation et une réinterprétation de l’histoire des États-Unis. En dépit de sa croissance économique fulgurante, l’Amérique du 20<em>e </em>siècle était loin d’être un environnement accueillant pour les minorités raciales et les gens les plus pauvres. La <em>Grande Amérique </em>à laquelle Trump se réfère n’est pas celle de Martin Luther King ou de Franklin D. Roosevelt, mais plutôt celle de Richard Nixon et de Ronald Reagan.</p>



<p><strong>Reconnaissance symbolique : un combat utile?</strong></p>



<p>Marginalisées par la société, les communautés autochtones du Canada refusent désormais de laisser oublier le tort qui leur a été fait. Soutenues par d’autres groupes sociaux et, dans certains cas, par des instances gouvernementales, elles exercent une pression considérable sur les gouvernements fédéraux et municipaux pour obtenir gain de cause. Ces communautés militent pour l’institutionnalisation de nombreux symboles, tels que la reconnaissance de l’appartenance du territoire à leurs ancêtres ou encore la commémoration de figures et d’événements historiques de leur culture.</p>



<p>Cependant, cette forme de militantisme – œuvrant à des fins symboliques – est souvent caractérisée comme superficielle, n’aboutissant pas toujours à des changements tangibles pour les communautés autochtones. Cette réalité nous amène à nous poser la question : est-ce que ce militantisme symbolique est une stratégie efficace qui mène à l’intégration progressive des autochtones, ou n’est-il qu’une distorsion mise en œuvre pour canaliser la frustration et le mécontentement ressentis par ces communautés?</p>



<p>Professeure Johnson répond : « <em>C’est là la promesse et le danger du changement symbolique et du capital symbolique. Il inscrit dans l’espace public qu’un tort a été commis dans le passé, que les nations autochtones sont toujours présentes et ont des droits, et que l’État canadien a la responsabilité de les reconnaître et de les intégrer. En même temps, si cela devient un remplacement à toute action concrète, alors il y a un problème. Si les responsables gouvernementaux peuvent dire : “</em>Nous avons fait notre reconnaissance de territoire, tout est réglé<em>”, alors l’acte symbolique devient, en un sens, simplement un autre acte de colonialisme. </em>»</p>



<p>Elle poursuit en précisant : « <em>Le symbolisme n’a d’importance que s’il est accompagné d’action ; s’il est utilisé comme substitut à un changement matériel, il devient vide. Les symboles rappellent aux gens une réalité, représentent quelque chose, mais, si l’on conserve le symbole sans rien derrière, il devient une parodie de lui-même</em>. »</p>



<p><strong>Palestine : un État reconnu, un peuple en voie d’éradication</strong></p>



<p>Il aura fallu près de 1 000 jours et plus de <a href="https://www.aljazeera.com/news/2025/3/18/gaza-tracker" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">65 000 morts</a> pour que l’État palestinien soit reconnu par une partie influente de la communauté internationale. Ce rituel d’intégration a eu lieu au siège des Nations Unies à New York, le 23 septembre, sans qu’aucun membre de la délégation palestinienne ne soit présent – <a href="https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20250830-onu-paris-denonce-refus-americain-octroi-visas-responsables-palestiniens" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’entrée aux États-Unis leur ayant été refusée par le gouvernement américain</a>. Le jour suivant, <a href="https://www.aljazeera.com/news/liveblog/2025/9/24/live-israel-kills-dozens-of-palestinians-in-attacks-on-war-devastated-gaza" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">85 Palestiniens ont été tuée par l’armée israélienne à Gaza</a>.</p>



<p>Alors qu’ils proclament soutenir une solution à deux États, la France et le Canada sont continuellement accusés de livrer des armes à Israël dans un contexte où l’armée perpétue ce que l’ONU décrit comme un génocide.</p>



<p>Daniel Douek, professeur de science politique à McGill, nous aide à élucider ce paradoxe en expliquant que la politique étrangère de ces États est complexe et motivée par plusieurs facteurs. De son point de vue, la reconnaissance de l’État palestinien est un symbole qui cherche à communiquer trois significations, par ordre d’importance : premièrement, à signaler un rejet de l’unilatéralisme belliqueux de Donald Trump (tarifs, délaissement de l’Ukraine, et bien d’autres) ; deuxièmement, à souligner à leurs constituants domestiques que leur gouvernement s’implique dans la résolution d’un conflit qui suscite beaucoup d’émotion ; et seulement troisièmement, dans l’objectif de mettre fin à une guerre sanglante et protéger la vie des civils palestiniens.</p>



<p>Cette analyse nous aide à nuancer les choix symboliques des acteurs internationaux vis-à-vis de la guerre à Gaza. Dépourvus de la capacité d’agir pour empêcher la prolongation de ces atrocités, ces actes symboliques marquent néanmoins le franchissement d’une étape et constituent l’accomplissement d’une condition préalable dans la quête d’une paix durable au conflit israélo-palestinien.</p>



<p><strong>Le symbole et le passage à l’acte</strong></p>



<p>En somme, les symboles en société ne sont pas des éléments décoratifs, mais plutôt des miroirs qui reflètent les tensions, les valeurs et les identités collectives. Dynamiques et adaptables, ils peuvent servir à signaler une conformité ou une résistance, un changement tangible de politique ou un vide sémantique. Cela peut nous paraître ironique, mais, en fin de compte, l’utilité et l’importance des symboles sont entièrement définies par les actions qui les précèdent et celles qui les suivent.<br></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/la-politique-des-symboles-entre-identites-et-controverses/" data-wpel-link="internal">La politique des symboles: entre identités et controverses</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Montréal en fusion</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/montreal-en-fusion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mets épluchés]]></category>
		<category><![CDATA[Omnivore]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[gastronomie]]></category>
		<category><![CDATA[influence]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[plats]]></category>
		<category><![CDATA[soft power]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment les plats du monde arrivent-ils dans nos assiettes?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Lors de ma première conférence de sciences politiques, l’assistante d’enseignement a demandé à chacun de se présenter. « Dites-nous aussi quel est votre plat préféré! », a‑t-elle ajouté avec un grand sourire. Parmi les étudiants, beaucoup affirmaient apprécier les pâtes, les pizzas, mais aussi les sushis, le pad thaï, ou encore les shawarmas. Ces plats venus des quatre coins du monde sont aujourd’hui familiers à Montréal, même pour ceux qui n’ont jamais voyagé dans le pays duquel ces spécialités proviennent. Mais alors, comment expliquer leur popularité au Canada?</p>



<p><strong>Colonisation et migrations</strong></p>



<p>Le Royaume-Uni a la réputation d’être une nation à la cuisine fade, au point où l’on entend souvent : « Pour bien manger, il faut se régaler de la nourriture d’un des pays qu’ils ont colonisés! » L’immigration de travailleurs en provenance des colonies était un modèle économique préconisé par le système impérial. Des travailleurs venant d’Inde ou du Pakistan pouvaient venir combler à des prix compétitifs le manque de main-d’œuvre au Royaume-Uni. Cette mobilité a fortement contribué à diffuser ces traditions culinaires, et les adapter pour plaire à un public occidental. Prenons le <em>tikka masala</em>,<em> </em>par exemple : du poulet mariné dans des épices et des herbes, puis grillé à la braise jusqu’à en devenir légèrement fumé et tendre. Enfin, le tout est mijoté dans une sauce <em>masala </em>à base d’oignons, de tomates et de crème. C’est un plat classique, que l’on trouve dans presque tous les restaurants indiens de Montréal. C’est aussi l’exemple d’une cuisine fusion, puisque c’est en réalité un immigré pakistanais de Glasgow qui en est à l’origine. Alors qu’il servait un poulet <em>tikka </em>– plat traditionnel du nord de l’Inde – un client se plaint que la viande est trop sèche. Le cuisinier a alors l’idée d’ajouter une sauce à base de crème : un coup de génie – et un coup de foudre immédiat pour les Britanniques. En peu de temps, ce plat est devenu l’une des expériences phares de la gastronomie indienne en Occident, au point qu’on en oublie parfois ses origines.</p>



<p>À Montréal, l’immigration a donné naissance à des quartiers où les communautés se retrouvent, favorisant l’établissement de nombreux restaurants traditionnels ; <a href="https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2021/as-sa/fogs-spg/Page.cfm?lang=F&amp;topic=9&amp;dguid=2021A00052466023" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">en 2021, environ 33,5 % de la population de Montréal était issue de l’immigration</a>.</p>



<p>Par exemple, le Quartier chinois de Montréal a été établi progressivement à partir des années 1870, lorsque des travailleurs chinois sont arrivés de Colombie-Britannique pour échapper aux mesures discriminatoires. Plus tard, pendant la guerre froide, le quartier a également accueilli un grand nombre de réfugiés vietnamiens. Il constitue aujourd’hui une enclave culturelle, où la plupart des commerces se spécialisent dans l’alimentation et la gastronomie asiatique.</p>



<p><strong>La cuisine fusion à Montréal</strong></p>



<p>La cuisine fusion se développe rapidement à Montréal, et valorise l’initiative et la volonté des immigrants de promouvoir la culture de leur pays d’origine à travers la nourriture. La chaîne de restaurants <em>Thaï Express </em>illustre parfaitement ce mélange. Créé en 1999 à Montréal par quatre sœurs venant d’Asie du Sud-Est, le projet avait pour objectif de « rendre la cuisine thaïe authentique accessible partout ». Aujourd’hui, <em>Thaï Express </em>connaît un succès mondial, avec plus de 300 succursales dans le monde entier. Malgré son internationalisation, il reste encore un favori des locaux : en 2021, <em>Thaï Express </em>était le <a href="https://www.journaldemontreal.com/2021/07/05/le-barometre-des-restaurants-rapides-preferes-des-quebecois" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">septième restaurant de service rapide favori des Montréalais</a>. L’enseigne doit aussi son succès à son accessibilité : selon le site officiel, <em>Thaï Express </em>« a révolutionné le marché canadien » en introduisant le « premier concept de restauration rapide thaïlandaise ». En plus « d’adapter ses recettes », la multinationale ajuste également sa chaîne logistique pour répondre aux attentes et au fonctionnement du marché nord-américain.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« La cuisine fusion se développe rapidement à Montréal, et valorise l’initiative et la volonté des immigrants de promouvoir la culture de leur pays d’origine à travers la nourriture »</p>
</blockquote>



<p>Le restaurant Poulet Rouge s’inscrit également dans cette démarche de cuisine fusion. Il illustre comment les influences méditerranéennes, présentes à Montréal grâce à une importante population d’origine maghrébine (<a href="https://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=6897,67885704&amp;_dad=portal&amp;_schema=PORTAL" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de 12 % de la population de Montréal en 2021</a>), peuvent être adaptées aux goûts locaux. Au <a href="https://poulet-rouge.ca/quebec-menu" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">menu</a>, on retrouve par exemple des marinades saveurs « BBQ sucré » ou encore le bol « Rouge poutine », des recettes d’inspiration québécoises. Cette approche contribue ainsi à sa popularité croissante à travers le Québec et le Canada.</p>



<p><strong><em>Soft power </em></strong><strong>gastronomique</strong></p>



<p>Le rayonnement de certaines cuisines est souvent lié au pays concerné, parfois même par le biais du gouvernement. C’est notamment <a href="https://www.nytimes.com/2022/10/12/t-magazine/korean-food-national-royal-cuisine.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le cas de la Corée du Sud</a>, dont l’exécutif a entamé en 2007 un programme officiel de promotion de la gastronomie coréenne, dans le but de créer une « <em>image de marque nationale </em>(<em>tdlr</em>) » et dont un des objectifs est de quadrupler le nombre de restaurants coréens à l’étranger.</p>



<p>Le Japon dispose d’une ambition similaire, motivée par un désir de faire oublier son rôle lors de la Seconde Guerre mondiale et de rebâtir son image à l’international. Contrairement à la Corée du Sud, le Japon n’utilise pas directement sa gastronomie comme vecteur d’influence, mais sa culture populaire – animé, manga, jeux vidéo. Cette stratégie a tout de même un impact sur la perception de la gastronomie japonaise à l’étranger, car les médias exportés suscitent la curiosité des jeunes pour la culture japonaise – et donc aussi sa cuisine. Les sushis sont l’un des premiers plats qui viennent à l’esprit, car très appréciés. Parmi les restaurants-minute préférés des Montréalais, Sushi Shop et Yuzu Sushi font tous deux le top 20.</p>



<p><strong>Réseaux sociaux et influenceurs</strong></p>



<p>Les réseaux sociaux transforment la nourriture en tendance mondiale. Il existe un influx massif de contenus circulant sur le Web concernant et influençant notre alimentation : presque <a href="https://d.docs.live.net/be22624ad62bc7e0/Documents/Le%20Delit/omnivore/d&#039;un%20quart%20des%20publicités%20télévisées" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un quart des publicités télévisées</a> touchent le sujet. C’est sans oublier l’exposition aux influenceurs sur les réseaux sociaux, qui oriente directement les choix de consommation. Prendre une photo d’un plat pour la partager sur les réseaux est devenu un réflexe pour beaucoup. Dans un marché mondialisé, TikTok, YouTube et Instagram créent un environnement où la nourriture devient virale, transformant certains plats en tendances globales.</p>



<p>C’est notamment le cas du thé aux perles, ou <em>boba</em>, création taïwanaise qui a explosé en popularité ces dernières années. Une employée de la chaîne Kung Fu Tea en résume la raison en quelques mots : « Ce sont les réseaux sociaux. » Le thé aux perles a en effet l’avantage d’être très photogénique : grandes tasses transparentes, nuages de lait et multitude de perles flottant dans un liquide aux couleurs en dégradé.</p>



<p>L’évolution du magasin montréalais <a href="https://l2bubbletea.com/fr/about" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">L2</a> permet une analyse pertinente de la popularité croissante du thé aux perles à l’échelle locale. Fondé en 2003 dans le quartier chinois, L2 reste pendant une décennie une petite boutique s’adressant principalement à la communauté asiatique de Montréal. En 2016, le magasin amorce son expansion et ouvre deux nouveaux magasins, et en 2018 lance son programme de franchisage. C’est aussi cette année-là que l’on remarque l’arrivée de la chaîne internationale Presotea à Montréal, suivie de Meet Fresh et The Alley l’année suivante. Les succursales de L2 continuent de s’étendre jusqu’à en compter vingt au Québec en 2023. Avec l’arrivée de concurrents, chaque magasin cherche à se démarquer et à plaire au public québécois, que ce soit en modifiant ces thés ou en promettant des produits frais et locaux.</p>



<p><strong>Un succès inégalement réparti</strong></p>



<p>La cuisine voyage, et devient, partout où elle s’installe, un reflet des goûts et coutumes locales. Cependant, on ne peut pas dire que toutes les cuisines bénéficient du même succès. Si beaucoup connaissent les spécialités sud et est-asiatiques, peut-on dire de même de la gastronomie ouzbèke? Ou encore philippine? Cela peut s’expliquer à la fois par les stéréotypes associés au pays et à sa culture qui <a href="https://arxiv.org/pdf/2307.10826" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">influencent les attitudes vis-à-vis de la gastronomie</a>, ou bien par l’absence de valorisation nationale ou de stratégie de promotion. Myke Sarthou, chef cuisinier, <a href="https://interaksyon.philstar.com/trends-spotlights/2019/03/20/146043/several-reasons-why-filipino-cuisine-is-among-least-preferred-worldwide/amp/?utm_source=chatgpt.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">s’exprime au sujet de la cuisine philippine</a> et explique : « <em>Pour que la gastronomie rayonne à l’international, il faut qu’elle soit appuyée par un secteur agricole puissant, ce qui n’est pas le cas ici</em>. » La restauratrice Nicole Ponseca justifie aussi cela par l’impact dévastateur de la colonisation, qui a dévalorisé la culture et cuisine locale, amenant la population à intérioriser ce sentiment de honte.</p>



<p>La culture culinaire montréalaise raconte l’histoire de voyages, de rencontres et d’adaptations. Mais, malgré le succès fulgurant de certains plats, beaucoup d’autres restent encore dans l’ombre, inconnus du grand public. Il ne tient qu’aux curieux et aux gourmands d’aller les découvrir.</p>
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		<title>Survivre à la fin du monde</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/survivre-a-la-fin-du-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elie Nguyen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[espoir]]></category>
		<category><![CDATA[essai]]></category>
		<category><![CDATA[essayiste]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<category><![CDATA[Lux]]></category>
		<category><![CDATA[Une brève histoire de l'espoir]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58762</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec Mathieu Bélisle, auteur d’<em>Une brève histoire de l’espoir</em>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Au fil du temps, plusieurs penseurs se sont penchés sur l’effondrement, le manque, le malheur. Mais que dire de l’espoir, cette force qui soulève sans bruit? Dans son dernier ouvrage, <em>Une brève histoire de l’espoir</em>, l’essayiste Mathieu Bélisle s’empare de cette question en traversant l’histoire des civilisations, des religions et des imaginaires collectifs. Nous avons eu la chance de le rencontrer pour comprendre ce qui, selon lui, continue à tenir le monde debout.</p>



<p><strong>Le Délit (LD) </strong>: <em>Nous avons souvent délaissé l’espoir au profit de thèmes plus rationnels ou critiques. Pourquoi est-ce si important, selon vous, de réhabiliter l’espoir, et particulièrement aujourd’hui?</em></p>



<p><strong>Mathieu Bélisle (MB) </strong>: Parce que tout le monde va mal. Il y a une crise de l’avenir et une perte d’élan. Aujourd’hui, on dirait qu’on peut très facilement raconter des dystopies. On peut en produire presque à volonté, mais on n’arrive plus à penser le meilleur. On est éduqués aussi à penser à ce qui manque, à ce qui fait défaut. Pour moi, c’était vraiment la volonté de donner confiance aux plus jeunes, à mes étudiants, à mes filles, aux garçons. À tout le monde qui m’a poussé à me pencher sur la question. Des fois, on a tendance à penser qu’on vit dans la pire époque. Évidemment, aujourd’hui, on ne dirait pas cela sur le plan technologique, parce qu’on a des avantages. Mais, sur le plan politique, sur celui de notre rapport au temps et peut-être aussi de la pression sociale, on ne se rend pas compte que ça n’a jamais été évident. Il faut croire au futur, parce que, si on n’y croit pas, on devrait arrêter tout de suite. Si on ne le fait pas, c’est qu’au fond, il y a quelque chose en nous qui nous dit que le monde va continuer malgré tout. C’est ce quelque chose en nous que je voulais chercher, et je me suis rendu compte que, souvent, nous les intellectuels, avons de la difficulté à penser ce qui est proche de la vie. On a beaucoup plus de facilité à penser à ce qui nous place en porte-à-faux, en recul.</p>



<p><strong>LD </strong><em>: Il y semble y avoir un retour aux valeurs traditionnelles et à la religion ces dernières années, et en particulier aux États-Unis. Ce phénomène serait-il pour plusieurs personnes un moyen de se rassurer, en « revenant à la norme »? En se rapprochant de la religion, notamment.</em></p>



<p><strong>MB </strong>: C’est intéressant parce qu’on voit que ça fait plus de 2 000 ans qu’on est dans le milieu religieux, et il continue d’y avoir des retours impressionnants. Dans le cas des États-Unis, j’ai l’impression que c’est un pays très étrange parce que c’est le plus riche, le plus puissant, où beaucoup de gens veulent encore aller. Et, paradoxalement, c’est là où on ressent le plus l’approche de la fin. Ce retour religieux, actuellement, je le sens donc beaucoup comme marqué par une sorte de mentalité d’assiégé. Il y a aussi une démission, je trouve, dans le sens où c’est comme si l’on se repliait dans la religion et que l’on attendait véritablement la fin. Le monde va trop mal, tout va trop mal. C’est comme le dernier recours. Donc, ce n’est pas une religion qui est tournée vers la vie, malheureusement. Au fond, c’est presque une manière de se détacher du monde.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Plus je remontais loin en arrière, plus je me rendais compte qu’en fait, je trouvais les clés pour que le monde continue. Parce que la fin, on l’a vécue plein de fois »</p>



<p class="has-text-align-center"><sub>Mathieu Bélisle, auteur d’<em>Une brève histoire de l’espoir</em></sub></p>
</blockquote>



<p><strong>LD </strong>: <em>Vous parlez dans votre livre des ultra-riches qui se préparent à la fin du monde. Serait-ce parce qu’ils ont les moyens d’abandonner l’espoir, les moyens financiers et technologiques de chercher d’autres alternatives à notre monde si ce dernier s’effondre, alors que la majorité de la population n’a pas cette chance? Tout ce qu’ils ont, c’est justement l’espoir.</em></p>



<p><strong>MB</strong> : Il y a un moment où j’ai constaté que la dépression était un phénomène particulièrement prévalent dans les sociétés riches. Je ne veux pas dire que, dans les sociétés pauvres, il n’y a pas de problèmes de santé mentale. Mais peut-être qu’à un moment, on a déjà tout. Tout est planifié, tout est prévu. Donc l’espoir devient inutile ou, en tout cas, on ne le sent pas. Curieusement, c’est ça qui nous rend déprimés. Pour revenir aux ultra-riches, je me suis rendu compte que ces gens-là pratiquent l’espoir à une échelle tellement individuelle, tellement individualiste, qu’en fait, eux, ça ne les relie pas aux autres. Ils ont misé sur leur ambition, leurs affaires et leurs projets, puis ils sont devenus très riches. À un moment donné, ils ont découvert qu’ils étaient en réalité seuls et que tous leurs pouvoirs, leurs ambitions et leurs succès s’étaient peut-être faits au détriment du bien commun. Et à ce moment-là, que leur reste-t-il? Ils se sont détachés. C’est un groupe où il y a énormément de désir individuel, mais pas de désir collectif. Je trouve que l’espoir est une vertu qui nous relie.</p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Peut-on réellement espérer sans quelqu’un sur qui s’appuyer?</em></p>



<p><strong>MB </strong>: Je pense que même seuls, l’espoir nous relie à ce que j’appelle une communauté imaginable, une communauté d’absents. L’espoir, d’abord, c’est ce qui relie le passé et l’avenir, qui nous met dans un mouvement qui va du passé vers l’avenir, à l’inverse de la nostalgie qui va de l’avenir au passé, voulant empêcher le mouvement. Je dirais que oui, mais que même dans la solitude, on communie malgré tout avec d’autres absents. On communie avec un auteur, on communie avec un philosophe, on communie avec une idée, aussi, qui nous rattache au monde.</p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Que devrait-on retenir du passé pour nourrir notre espoir en l’avenir?</em></p>



<p><strong>MB </strong>: Je pense que ce qu’il faut retenir, c’est l’extraordinaire vitalité des humains, leur ingéniosité. C’est aussi leur capacité à se donner des raisons de continuer. Cela dit, je ne me place pas dans une position de supériorité par rapport au passé. J’ai l’image que le passé nous donne toute cette accumulation, qui crée une sorte de promontoire sur lequel on peut se placer, devenir comme les nains juchés sur l’épaule des géants. Il y a des chemins qu’on a empruntés, puis à un moment, on est arrivé à un cul-de-sac. Il a fallu trouver de nouveaux motifs pour poursuivre l’aventure. Cette quête-là m’impressionne.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Je trouve que l’espoir est une vertu qui nous relie »<br><sub>Mathieu Bélisle, auteur d’Une brève histoire de l’espoir</sub></p>
</blockquote>



<p><strong>LD </strong>: <em>Est-ce qu’écrire ce livre vous a redonné espoir dans le monde ou vous a plutôt découragé?</em></p>



<p><strong>MB </strong>: Ça m’a donné espoir. Je crois que ça m’a vraiment apaisé. Je ne suis pas naïf, mais ça m’a apaisé parce que je me suis rendu compte que le pire n’est pas certain, que les humains ont aussi plus de résilience qu’on pense. Ce dont je voulais me rappeler, c’est qu’on est dans une époque où ce qui domine beaucoup, ce sont les discours que j’appellerais déclinistes ou crépusculaires. On est toujours dans l’image qu’il est « minuit moins une ». Ces discours sont là pour nous secouer, mais je ne pense pas qu’ils aient cet effet-là. Je pense qu’ils nous poussent plutôt à une sorte d”« aquabonisme » [de la question « à quoi bon? », <em>ndlr</em>]. Dès lors, on n’est pas en train de s’occuper du monde et ça commence par ce qui est proche de nous. Je sais qu’on aime toujours penser à des grandes révolutions à l’échelle planétaire, mais en fait, ça se passe dans le monde qu’on habite. Si le monde continue, ça veut dire qu’il faut recommencer à penser à long terme aussi. On est pris dans une boucle, une spirale que j’appellerais présentiste : avec les informations en continu, et les réseaux sociaux accélérateurs et propagateurs de mauvaises nouvelles, on est peut-être dans un rapport avec un présent bouché ou qui tourne sur lui-même, allant de catastrophe en catastrophe. On s’alimente six heures, huit heures par jour du discours en continu sur le monde. Il n’y a aucun moyen d’espérer parce qu’on est pris dans une immédiateté qui, en fait, nous rend absent au vrai monde ; on est dans sa projection, dans sa représentation. Les nouvelles en continu provoquent un découragement tout aussi continu. Mon idée, c’est de dire qu’il faut prendre un pas de recul. Pas nier ce qui se passe, évidemment. Mais il y a un moment où on en sait tellement qu’on ne fait que mesurer notre impuissance quotidiennement. Prendre un pas de recul, puis écrire l’histoire de l’espoir, c’était pour moi retrouver cette longue perspective. Et curieusement, plus je remontais loin en arrière, plus je me rendais compte qu’en fait, je trouvais les clés pour que le monde continue. Parce que la fin, on l’a vécue plein de fois.</p>
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		<title>Mommyfier le passé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/mommyfier-le-passe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[l'ACTIVITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[mommy]]></category>
		<category><![CDATA[Rap]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre de création]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Critique de <em>Mommy</em>, le retour d’Olivier Choinière.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La pièce <em>Mommy, le retour </em>d’Olivier Choinière est une création du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et de la compagnie de théâtre de création L’ACTIVITÉ. La <a href="https://theatredaujourdhui.qc.ca/spectacles/mommy-le-retour#l-activite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mission</a> de la pièce : « bousculer le théâtre ». Un objectif indéniablement atteint.</p>



<p>À travers la pièce, on suit Mommy, une grand-mère qui revient d’entre les morts pour rendre au Québec contemporain sa gloire d’antan. Elle dévore les humains qui se trouvent sur son passage et forme rapidement sa petite armée de morts-vivants. À ce synopsis déjà peu conventionnel s’ajoutent plusieurs éléments surprenants : chansons du siècle dernier réinterprétées en rap, interactions avec le public, transformation de Jésus en DJ… La pièce devient rapidement une sorte de comédie musicale aux allures d’horreur.</p>



<p>Malgré l’ambiance comique qui règne, le message est on ne peut plus sérieux. Choinière dénonce l’extrémisme, la montée en popularité de l’autoritarisme, ainsi que les faux pas de nos gouvernements, aussi bien provinciaux que fédéraux. Dès le début de la pièce, Fée Clochette (Édith Paquet) et le maître de cérémonie (Félix Beaulieu-Duchesneau) nous avertissent qu’il n’y aura pas de vidéos dans cette présentation, faute de budget. Quelques minutes plus tard, c’est le préposé aux bénéficiaires (Lyndz Dantiste) qui nous parle des Centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), ces mouroirs où nos aînés font des plaies de lit. Enfin, une influenceuse écologique dénonce les conditions lamentables des écoles publiques et les salaires trop bas des enseignants.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Les spectateurs sont plongés dans un monde complètement déjanté où Mommy règne en maître et dévore ses ennemis »</p>
</blockquote>



<p>Les personnages critiquent à la fois la droite et la gauche politique dans toutes leurs caractéristiques les plus extrêmes. Des masques représentant entre autres François Legault, Geneviève Guilbault, Gabriel Nadeau-Dubois et Pierre Poilievre sont portés par les acteurs qui font du <em>lip-sync </em>sur des extraits de leurs discours politiques. Les acteurs sont talentueux et semblent avoir un vrai plaisir à être sur scène, mais plus la pièce avance, plus la confusion s’installe. L’allégorie devient plus difficile à suivre, les thèmes sont nombreux, on ne sait plus très bien ce qu’essaient de dénoncer les personnages. On tombe dans une sorte de creux avant la scène finale absolument éblouissante, qui se déroule sur la table de « DJésus » reproduisant le dernier repas de Jésus avec ses apôtres.</p>



<p>Si le message politique se brouille quelque peu, la mise en scène, elle, est époustouflante. Une immense croix, où on lit le nom de Mommy, se dresse derrière la table de DJésus. Cette dernière est ornée d’une multitude de chandelles et de victuailles, dominant la scène par sa hauteur vertigineuse. En bas, un rideau de plastique que les acteurs tirent et replacent crée trois autres pièces, d’où sortent toujours de nouveaux personnages, comme l’hystérectomie ou la plaie de lit. L’arrière de la scène, couvert de grilles pour créer un drainage, permet l’usage abondant de faux sang. Les côtés de la salle, en quelque sorte les coulisses, sont même inclus dans la mise en scène. Sur de longs comptoirs trônent les accessoires qui sont utilisés tout au long de la pièce.</p>



<p>Cette pièce de théâtre bouscule toutes les attentes. Pendant une heure quarante, les spectateurs sont plongés dans un monde complètement déjanté où Mommy règne en maître et dévore ses ennemis. On alterne entre critique de l’immigration, prix de la laitue et la fabrique de miel des hippies. Un incontournable pour les désireux de réflexion et, surtout, de surprise.</p>
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		<title>« Ce n’est pas Poly de nous faire payer plus! »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/ce-nest-pas-poly-de-nous-faire-payer-plus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Pelouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[grève]]></category>
		<category><![CDATA[polytechnique]]></category>
		<category><![CDATA[stage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58789</guid>

					<description><![CDATA[<p>Journée de grève historique à Polytechnique.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Vendredi 26 septembre, 9h45. Aux quatre entrées de l’Université Polytechnique se font entendre le son des enceintes vrombissantes des étudiants. En approchant de plus près, on aperçoit des dizaines de futurs ingénieurs déjà installés, dans une ambiance solidaire, mais festive. Chaises, tables, pancartes, nourriture… tout est prévu, depuis six heures du matin, pour leur permettre de rester la journée entière devant les portes ; il n’y aura pas cours aujourd’hui.</p>



<p><strong>« Je ne suis pas un portefeuille » </strong></p>



<p>Cela fait presque un mois que le corps étudiant proteste face à une <a href="https://www.polymtl.ca/salle-de-presse/communiques/precisions-de-polytechnique-montreal-sur-le-retrait-progressif-de-la-bourse-compensatoire-liee-aux" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mesure du conseil d’administration</a> visant au « retrait progressif de la bourse compensatoire liée aux crédits de stages obligatoires ». Polytechnique impose en effet un stage à tous ses étudiants, qui n’est « pas imposé par le Bureau canadien d’agrément des programmes de génie », comme le rappelle Gabriel Comby, président de l’Association étudiante de Polytechnique (AEP). En 2013, ce stage est passé de 3 à 9 crédits, augmentant largement les <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/education/918915/etudiants-polytechnique-montreal-preparent-greve-deux-jours" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">frais d’étude associés</a> (de 704 $ à 1 275 $ pour les étudiants québécois, et de 1 345 $ à 3 201 $ pour les Canadiens non-québécois, Français et Belges francophones). Pour pallier cette augmentation, l’Université a mis en place une bourse compensatoire, qu’elle prévoit maintenant retirer progressivement sur une période de deux ans.</p>



<p>Les polytechniciens craignent que cette réforme ne les mette en forte difficulté financière. Gabriel Comby affirme : « La population étudiante n’est pas un portefeuille, elle n’a pas des ressources infinies ; il y a beaucoup d’insécurité alimentaire, de difficultés à payer les loyers… Les étudiants en arrachent et ne peuvent pas payer ces frais supplémentaires. » Anaïs, étudiante française en année préparatoire, a confié ses inquiétudes au <em>Délit</em> : « J’avais déjà prévu tout mon budget, avec la bourse. Cette réforme nous met en difficulté, moi et mes parents qui m’assurent derrière. »</p>



<p><strong>Retour sur les négociations </strong></p>



<p>L’administration n’a pas manqué de réagir à la mobilisation étudiante. D’après Pierre Langlois, directeur des affaires académiques et de l’expérience étudiante de Polytechnique, « [l’Université, <em>ndlr</em>] a fait énormément de <a href="https://www.polymtl.ca/salle-de-presse/communiques/precisions-de-polytechnique-montreal-sur-le-retrait-progressif-de-la-bourse-compensatoire-liee-aux" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">concessions</a> : rendre la réforme graduelle, maintenir la bourse sur les deuxième et troisièmes stages dans les programmes où ils sont obligatoires, ramener le montant payé par les étudiants internationaux à celui des canadiens non-québécois… ». Langlois explique que la mesure « a pour but de dégager des fonds, et d’améliorer l’expérience étudiante avec des projets structurants. On veut également réaligner les revenus [de Polytechnique] avec la réalité des coûts de la formation d’ingénieur. Personne n’aime voir sa facture augmenter ; c’est normal et compréhensible. Mais c’est une augmentation d’environ 4 % pour les étudiants québécois, qui doit être mise en perspective avec les très grands revenus que peuvent apporter les stages, allant parfois jusqu’à vingt mille dollars au total ». </p>



<p>La dernière tentative de négociation date du mercredi 24 septembre. Le conseil d’administration a alors proposé de repousser le retrait de la bourse aux futurs étudiants de Polytechnique, à condition que la grève soit annulée. Le soir même, l’AEP a décidé d’annuler la journée de grève initialement prévue jeudi sans explications, provoquant la <a href="https://www.instagram.com/p/DPAUZh1ElNw/?img_index=1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">colère de nombreux étudiants</a> sur les réseaux sociaux. Gabriel Comby l’explique : « On a obtenu l’autorisation de diffuser la proposition qu’à 13h11 jeudi. On a pris la décision de négocier pour voir ce que l’administration était prête à faire en gardant la menace de faire la grève vendredi. On sait que certaines personnes ont pu se sentir abandonnées et on s’en excuse sincèrement. » </p>



<p>Soumise au vote <a href="https://www.instagram.com/p/DPCTxyNicDN/?img_index=6" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">jeudi après-midi</a> par l’AEP, la communauté étudiante a décidé, <a href="https://www.instagram.com/p/DPCpnUzjQ3Y/?img_index=2" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">à 70,25 % sur presque 2 500 votants</a>, de soutenir la grève de vendredi. « Le <em>deal</em> proposé ne protège pas les étudiants de la mesure et de la précarité qui l’accompagne », selon Comby. En effet, la proposition ne couvre ni les futurs étudiants de Polytechnique ni les actuels étudiants en classe préparatoire. Camille Monnier, directrice du Comité étudiant à l’année préparatoire, l’explique : « les “prépas” n’ont pas commencé le baccalauréat. Nous ne serons pas concernés par la bourse et allons devoir payer plein pot les frais de stage. »</p>



<p>D’après Comby, le message de la grève est très clair : « Il faut plus protéger les étudiants de la mesure, voire même l’annuler entièrement.» Une ligne tenue depuis le début du mois, et jugée « très dure » par Langlois, encore prêt à la négociation : « Les discussions sont prêtes à être poussées. » « Sans engager personne », il a également précisé que « tout était sur la table », refusant de définitivement condamner la proposition de mercredi, comme initialement prévu. Les étudiants de Polytechnique, de leur côté, restent mobilisés ; suite à la journée de vendredi, ils ont décidé de <a href="https://www.instagram.com/p/DPKRF6jEhaf/?img_index=1&amp;igsh=ZXdjN25xbjJna2hq" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">reconduire la grève</a> le lundi 29 septembre à 64,80 % (2 835 votes). « Si les étudiants souhaitent faire la grève lundi, je serai là. Je pense qu’il faut se mobiliser plusieurs fois pour être pris au sérieux », nous expliquait alors Patricia, étudiante en cinquième année.</p>
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		<title>McGill demande une injonction permanente pour bannir les manifestations de son campus</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/mcgill-demande-une-injonction-permanente-pour-bannir-les-manifestations-de-son-campus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eugénie St-Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[bannir]]></category>
		<category><![CDATA[manifestations]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Syndicats et associations étudiantes dénoncent une atteinte aux droits collectifs.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/mcgill-demande-une-injonction-permanente-pour-bannir-les-manifestations-de-son-campus/" data-wpel-link="internal">McGill demande une injonction permanente pour bannir les manifestations de son campus</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:italic;font-weight:500">[Mise à jour du 01/10/25 à 00:24]&nbsp;La demande d’injonction mentionnée dans cet article a finalement été refusée par la Cour supérieure du Québec, le 30 septembre 2025 en fin d’après-midi. Cet article a été rédigé et mis en page un jour avant cette décision.&nbsp;</p>



<p></p>



<p class="has-drop-cap">À l’approche du 7 octobre, un bras de fer juridique s’engage entre l’Université McGill et une partie de sa communauté. L’Université a en effet demandé, devant la Cour supérieure du Québec, une <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/education/2025-09-18/les-syndicats-inquiets/mcgill-veut-limiter-les-manifestations-sur-son-campus.php?utm_campaign=internal+share&amp;utm_content=ulink&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=lpp&amp;redirectedFrom=https%253A%252F%252Fplus.lapresse.ca%252Fscreens%252Fbc5997e3-0412-4924-b53c-8023119a7a3e__7C___0.html%253Futm_campaign%253Dinternal%252520share%2526utm_content%253Dulink%2526utm_medium%253Dreferral%2526utm_source%253Dlpp" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">injonction visant à bannir les manifestations</a> sur son campus de manière permanente. Si la Cour venait à l’approuver, l’injonction empêcherait tout rassemblement jugé perturbateur, interdisant aux manifestants de <a href="https://www.montrealgazette.com/news/article1182801.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bloquer l’accès aux bâtiments et aux chemins</a> de McGill, de produire « un bruit excessif » dans un rayon de cinq mètres d’un édifice, ou encore d’« intimider » le corps étudiant. </p>



<p>Cette demande survient après une série de mobilisations pro-Palestine menées par le collectif des Étudiants pour l’honneur et la résistance de la Palestine (<em>Students for Palestinian Honour and Resistance</em> ou SPHR) depuis 2023. Bien que seul SPHR soit officiellement visé par la procédure judiciaire, l’impact potentiel de l’injonction est néanmoins plus large. En pratique, toute personne affiliée à McGill – étudiant, professeur, employé – et ayant connaissance de l’injonction se verrait contrainte de s’y conformer. Plusieurs syndicats et associations étudiantes ont <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/education/2025-09-18/les-syndicats-inquiets/mcgill-veut-limiter-les-manifestations-sur-son-campus.php?utm_campaign=internal+share&amp;utm_content=ulink&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=lpp&amp;redirectedFrom=https%253A%252F%252Fplus.lapresse.ca%252Fscreens%252Fbc5997e3-0412-4924-b53c-8023119a7a3e__7C___0.html%253Futm_campaign%253Dinternal%252520share%2526utm_content%253Dulink%2526utm_medium%253Dreferral%2526utm_source%253Dlpp" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">témoigné devant le tribunal</a> les 18 et 19 septembre pour exprimer leurs préoccupations. </p>



<p><strong>L’administration invoque un climat d’insécurité </strong></p>



<p>Ce n’est pas la première fois que l’Université McGill a recours à ce mécanisme légal. Elle avait déjà obtenu deux injonctions temporaires : une de dix jours en <a href="https://www.mcgill.ca/newsroom/article/campus-updates/injunction-protect-mcgills-academic-mission" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">octobre 2024</a>, puis une autre en <a href="https://www.mcgill.ca/president/article/communications-messages-community/injunction-granted-protect-mcgills-academic-activities" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">avril 2025</a>. La particularité de la requête actuelle tient à l’absence de limite temporelle. Si elle était accordée, l’injonction pourrait s’appliquer <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/education/2025-09-18/les-syndicats-inquiets/mcgill-veut-limiter-les-manifestations-sur-son-campus.php?utm_campaign=internal+share&amp;utm_content=ulink&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=lpp&amp;redirectedFrom=https%253A%252F%252Fplus.lapresse.ca%252Fscreens%252Fbc5997e3-0412-4924-b53c-8023119a7a3e__7C___0.html%253Futm_campaign%253Dinternal%252520share%2526utm_content%253Dulink%2526utm_medium%253Dreferral%2526utm_source%253Dlpp" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">indéfiniment</a>, avec des répercussions durables sur la vie du campus. </p>



<p>Dans sa demande d’injonction, l’administration mcgilloise dépeint un campus en proie à un « <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/education/2025-09-18/les-syndicats-inquiets/mcgill-veut-limiter-les-manifestations-sur-son-campus.php?utm_campaign=internal+share&amp;utm_content=ulink&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=lpp&amp;redirectedFrom=https%253A%252F%252Fplus.lapresse.ca%252Fscreens%252Fbc5997e3-0412-4924-b53c-8023119a7a3e__7C___0.html%253Futm_campaign%253Dinternal%252520share%2526utm_content%253Dulink%2526utm_medium%253Dreferral%2526utm_source%253Dlpp" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">climat d’insécurité</a> ». Selon l’Université, les manifestations de SPHR perturbent non seulement le déroulement normal des cours, mais créent également un environnement où certains membres de la communauté se sentent menacés. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/09/P1130490-1200x800.jpeg" alt class="wp-image-58800" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/09/P1130490-1200x800.jpeg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/09/P1130490-650x433.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/09/P1130490-150x100.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/09/P1130490-768x512.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/09/P1130490-1536x1024.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/09/P1130490-2048x1366.jpeg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/09/P1130490-930x620.jpeg 930w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/toscaneralaimongo/?media=1" data-wpel-link="internal">Toscane Ralaimongo</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>Les syndicats en colère </strong></p>



<p>« C’est comme s’attaquer à une mouche avec une bombe nucléaire », déplore Catherine Leclerc, professeure au Département des littératures de langue française et présidente de l’Association mcgilloise des professeur·e·s de la faculté des arts. À ses yeux, la démarche de McGill est disproportionnée : « Une injonction ne va pas protéger l’Université des tensions extérieures ; par contre, elle va certainement empêcher plein de gens de militer, de faire valoir leurs droits, et de faire la grève. » </p>



<p>Leclerc souligne que le syndicat des professeurs est actuellement à la veille d’ouvrir des négociations pour une nouvelle convention collective avec l’administration. Or, la professeure rappelle que le droit de grève constitue l’outil de pression principal dans ce type de processus. « L’administration mcgilloise nous dit qu’on s’inquiète pour rien. Mais on sait que l’administration a aussi contesté la mise au monde des syndicats à toutes les étapes – on n’a pas vraiment confiance envers leur utilisation de l’injonction », affirme-t-elle. </p>



<p>Elle s’inquiète également du caractère flou de la mesure. Dans la requête déposée par McGill, le fait qu’un événement soit qualifié de manifestation dépend de l’impression d’« intimidation » par des étudiants. Or, fait-elle remarquer, « la difficulté, c’est que l’intimidation est vraiment liée à la perception individuelle ». Ainsi, il suffirait qu’un étudiant se sente intimidé pour qu’un rassemblement tombe sous le coup de l’injonction – même si aucune intimidation n’a eu lieu au sens légal. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« C’est comme s’attaquer à une mouche avec une bombe nucléaire » </p>



<p>Catherine Leclerc, présidente de l’Association des professeur·e·s de la Faculté des arts</p>
</blockquote>



<p>Dallas Jokic, président de l’Association des étudiant·e·s diplômé·e·s employé·e·s de McGill (AÉÉDEM), partage cette inquiétude. Pour lui aussi, les critères retenus sont trop vagues pour que les syndicats puissent organiser leurs actions en toute confiance. « <em>Nous étions immédiatement inquiets lorsque nous avons entendu parler de l’injonction</em> (<em>tdlr</em>) », explique-t-il. Il ajoute : « <em>Je pense que McGill utilise le cas spécifique de SPHR comme un moyen pratique de limiter complètement les manifestations sur son campus. </em>» Après plusieurs années marquées par des tensions sociales, l’Université chercherait, d’après Jokic, à profiter de l’occasion pour réduire la contestation sur son campus. </p>



<p><strong>« Réduire les étudiants au silence » </strong></p>



<p><em>Israel on Campus</em> et <em>Hillel McGill</em> n’ayant pas donné suite à notre demande d’entrevue, <em>Le Délit</em> s’est entretenu avec Taya, étudiante juive et israélienne. Elle admet que les dernières années ont été difficiles pour les étudiants juifs sur le campus : «<em> L’année dernière, je sais que moi-même et d’autres étudiants juifs ne nous sentions pas en sécurité lorsqu’il y avait des manifestations sur le campus, simplement parce qu’elles avaient tendance à devenir violentes. Il y avait de toute évidence des personnes aux opinions plus extrêmes qui ciblaient les étudiants juifs.</em> » L’étudiante nuance toutefois : « <em>Je ne pense pas que la majorité des manifestants aient eu l’intention de mettre les autres étudiants en danger. </em>» </p>



<p>Si elle reconnaît qu’une interdiction des manifestations pourrait réduire les tensions, elle estime que ce n’est pas la bonne solution pour autant : « <em>Est-ce que je me sentirais plus en sécurité en tant qu’étudiante juive s’il n’y avait aucune manifestation? Probablement. Mais je ne pense pas que McGill devrait être autorisée à réduire au silence quiconque en raison de ses opinions politiques.</em> » </p>



<p><strong>Associations pro-palestiniennes en état d’alerte </strong></p>



<p>Les associations pro-palestiniennes ont quant à elles une position plus tranchée sur la démarche de McGill. Un membre de<em> Independent Jewish Voices</em> (IJV) – un groupe d’activistes proche du collectif SPHR depuis 2023 – ayant requis l’anonymat confie : « <em>Nous sommes extrêmement en colère. Cela fait longtemps que nous le sommes. McGill a adopté une position déplorable à l’égard des droits des étudiants et de la liberté d’expression. </em>» </p>



<p>Selon elle, cela n’est d’ailleurs pas la première fois que McGill essaie de réduire au silence les voix dissidentes. « <em>Nous avons vu McGill tenter à maintes reprises de faire taire les étudiants au cours des deux dernières années, mais ses tentatives échouent à chaque fois. Je pense que McGill ne l’a pas encore compris, mais que ça ne saurait tarder </em>», affirme-t-elle. Le membre cite un appui évident de la part du corps étudiant et de la communauté montréalaise. « <em>Independent Jewish Voices continue de soutenir SPHR dans sa lutte pour faire entendre la voix des Palestiniens sur le campus et condamner le génocide</em> ». Le collectif SPHR, quant à lui, n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue. </p>



<p>La décision de la Cour supérieure, qui sera annoncée au courant de la semaine, pourrait redéfinir de manière permanente la relation entre l’administration, les étudiants et les employés de l’Université McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/mcgill-demande-une-injonction-permanente-pour-bannir-les-manifestations-de-son-campus/" data-wpel-link="internal">McGill demande une injonction permanente pour bannir les manifestations de son campus</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>McGill veut vous réduire au silence</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/mcgill-veut-vous-reduire-au-silence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[droit de manifester]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58802</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’agonie préméditée du droit de manifester à McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/mcgill-veut-vous-reduire-au-silence/" data-wpel-link="internal">McGill veut vous réduire au silence</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:italic;font-weight:500">[Mise à jour du 01/10/25 à 00:20]&nbsp;La demande d’injonction mentionnée dans cet article a finalement été refusée par la Cour supérieure du Québec, le 30 septembre 2025 en fin d’après-midi. Cet article a été rédigé et mis en page un jour avant cette décision.&nbsp;</p>



<p class="has-drop-cap"><em>Par simple coïncidence spatiale, vous avez le malheur de jeter votre dévolu sur cet article, qui suit une excellente explication des faits entourant l’injonction demandée par McGill pour se débarrasser des manifestants sur son campus. Une explication mesurée et impartiale, une analyse réfléchie d’un enjeu crucial pour tout étudiant de McGill. Un fier exemple de neutralité institutionnelle. Rien de tout ça ici, je vous en assure. </em></p>



<p>Il y a à peine une semaine, je m’échinais à écrire une tirade enflammée contre la censure politique et les bourreaux de nos libertés individuelles. Je condamnais Trump, Netanyahou et tous les autres tyrans qui font de la sphère publique le canevas de leurs fabrications immondes. De leurs mensonges. De leurs abus. De leurs crimes. Un article braqué sur une réalité lointaine, sur des despotes qui sont heureusement tenus loin de moi (pour l’instant) par les frontières rassurantes de ce satané Canada. Un article essentiellement sans intérêt général ; une page de défoulement, de catharsis, de gestion de la colère. </p>



<p>Le sujet d’aujourd’hui? J’y arrive ; ça me démange. Et en plus, c’est pertinent, pour faire changement. </p>



<p>En me concentrant sur une condamnation justifiée des dérives à l’international, j’en suis presque venu à omettre l’attaque vicieuse des libertés individuelles qui se produit au sein de l’Université McGill. Il y a de cela quelques semaines, elle a déposé, dans sa grande sagesse, une demande d’injonction visant à interdire les manifestations sur son campus pour une durée indéterminée, citant une crainte de la montée d’incidents violents à l’approche du 7 octobre. </p>



<p>Si l’on fait abstraction de l’écœurante langue de bois administrative si chère à notre institution autocratique, on comprend qu’elle recherche avant tout un prétexte pour empêcher toute démonstration subséquente pouvant altérer le déroulement voulu de ses activités. On comprend qu’elle instrumentalise malhabilement un événement tragique pour limiter les libertés individuelles de ses étudiants. Franchement, c’est dégueulasse.</p>



<p>C’est presque hilarant de voir les bonzes de l’administration pleurnicher devant les tribunaux et s’épancher sur les supposés dangers imminents qui planent sur les précieux bâtiments de McGill. Presque. Le rire vire au rictus quand on réalise que nos droits sont entre les mains de quelques fonctionnaires peureux et malléables. Des employés obéissants, à la solde d’intérêts bien plus importants que ceux des misérables étudiants, qui sont supposément le cœur de l’identité mcgilloise. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Mais les pires des injustices, parmi lesquelles le génocide à Gaza fait office d’apex de la souffrance télédiffusée, ne méritent-elles pas que l’on s’époumone pour elles? »</p>
</blockquote>



<p>Sachant qu’il est impossible d’être volontairement aussi idiot (quoi que, cela s’est déjà vu), il faut se demander quelles sont les visées réelles de l’administration. Que veut-elle accomplir en suspendant les droits des étudiants? Pense-t-elle que son recours à une sorte de stalinisme éhonté va faire rentrer dans le rang les plus dissidents de ses étudiants? Franchement! Réfléchissez un peu! Les étudiants sont avant tout des humains, et les humains ont des droits inaliénables, fondamentaux. Parmi ceux-ci, le droit de manifester figure comme une extension directe du droit à la liberté d’expression, complète- ment bafoué par McGill, qui décrète que ses intérêts priment sur ceux de la collectivité. </p>



<p>Ses réels intérêts, ils sont nébuleux, mais surtout, ils nous sont complètement dissimulés. On nous répétera, par le biais de courriels soigneusement polis, que toute cette charade judiciaire n’a comme seul objectif la protection des étudiants. Leur sécurité. Piètre subterfuge. </p>



<p>Tout ce qu’elle veut vraiment, cette Université, c’est vous aseptiser. Vous endormir. Vous faire perdre de vue l’ampleur des enjeux que vous défendez. Elle veut vous faire croire qu’en vous exprimant, vous vous placez dans une situation dangereuse. Qu’en vivant dans un milieu qui s’exprime librement, une épée de Damoclès vous pend juste au-dessus du nez. On dirait qu’il faut absolument que vous deveniez de bons rouages dociles d’un monde qui vous gave de platitudes dégoûtantes jusqu’à vous en faire oublier votre raison d’être. Dans un milieu qui se devrait d’incarner le savoir et la liberté de pensée, vous vous retrouvez enchaînés aux mêmes intérêts qui gouvernent réellement l’administration de l’Université. </p>



<p>Mais nous avons su montrer, nous, les jeunes, les universitaires, que nous résistions aux maintes tentatives des détenteurs du pouvoir de nous faire taire. La lutte contre la guerre du Vietnam, l’apartheid en Afrique du Sud… et maintenant le combat contre les innombrables crimes d’Israël à l’égard du peuple palestinien. Et tant d’autres… Il y a autant de luttes qu’il y a d’injustices. </p>



<p>Mais évidemment, on utilise quelques événements violents isolés pour qualifier tout un mouvement. Pour délégitimiser tout un combat. On prend une décision en prétendant assurer la sécurité collective, mais dont les ramifications perverses et préméditées sont révulsantes. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Et si on m’enlève ce droit, eh bien je le ferai pareil! Et j’en souffrirai les conséquences, qui seront autrement moins importantes que le sentiment d’avoir abandonné mes convictions pour me conformer à une injustice »</p>
</blockquote>



<p>Tous les syndicats, les groupes militants ; toutes les causes humanitaires qui trouvent dans le milieu universitaire leurs plus ardents défenseurs se verraient muselées. On les contraint à l’effacement de la place publique si elles sont jugées intimidantes ou bien si elles font trop de vacarme. Mais les pires des injustices, parmi lesquelles le génocide à Gaza fait office d’apex de la souffrance télédiffusée, ne méritent-elles pas que l’on s’époumone pour elles? Je ne crois pas être moralisateur lorsque je vous réitère l’importance de l’action citoyenne pour dévier, ne serait-ce qu’un instant, l’attention des décideurs publics vers une réalité autre que celle de la ploutocratie qui nous gouverne. </p>



<p>Si vous suivez à peu près le fil de cet article, vous comprendrez que mes récriminations s’orientent autour de quelques problématiques majeures de la démarche de McGill. Entre autres, son hypocrisie et son totalitarisme inquiétant m’enragent profondément. Et vous pouvez penser que j’exagère. Vous avez le droit de croire que j’en fais trop, que mes images sont caricaturales, inexactes, dithyrambiques. Mais franchement! On parle quand même de votre liberté d’expression, votre liberté de manifester, votre liberté d’exister et d’être en désaccord avec le système que vous subissez. </p>



<p>Et pourquoi ne pas manifester en dehors des murs, me direz-vous? Quelle question! Déjà, McGill est souvent visée directement par certaines manifestations (notamment, les syndicats) et est donc le seul lieu pertinent pour la tenue de telles démonstrations. Mais aussi, parce qu’on doit avoir le droit de se faire entendre où on le souhaite. Parce que nul ne peut nous contraindre à nous confiner, à nous cacher pour faire entendre nos volontés. C’est là que se trace la ligne entre la soumission et la liberté. </p>



<p>Et puis, si moi, égoïste comme je pourrais décider de l’être, je veux protester contre le fait que McGill crache sur la fragile francophonie qui l’habite? Si je veux crier haut et fort, pacifiquement, que je trouve que l’AÉUM n’est qu’un gaspillage inefficace de nos ressources financières et administratives? J’ai le droit de le faire! Et si on m’enlève ce droit, eh bien je le ferai pareil! Et j’en souffrirai les conséquences, qui seront autrement moins importantes que le sentiment d’avoir abandonné mes convictions pour me conformer à une injustice.</p>



<p>Alors, syndiqués de McGill, manifestants pacifiques pour la Palestine, étudiants en médecine : plaignez-vous! Vous aurez toujours votre place au sein des pages du <em>Délit</em>, je vous le promets. Ne donnez pas raison à une administration qui vous caractérise comme violents et impertinents. Mais ne voyez aucunement en cet article un appel à la violence, politique ou civile : je me répète peut-être, mais j’en appelle à votre liberté. Ne laissez pas quelques pantins décider de vos droits et forcer votre silence. Car votre dissension n’affaiblit pas la cohésion de l’Université : elle la renforce. Elle donne tout son sens à ce milieu se devant d’être le terreau fertile de la pensée critique, mais dont la mission est gangrénée par quelques bien-pensants serviles. </p>



<p>Votre désir de justice sociale, humanitaire, écologique, féministe… il n’est que l’expression de votre liberté. Et votre liberté, personne ne pourra jamais vous l’enlever. Sauf si vous les laissez le faire. </p>



<p>Ne laissez pas McGill vous faire taire!</p>
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		<title>Ce soir l’amour est dans tes yeux</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/ce-soir-lamour-est-dans-tes-yeux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Loïc Arseneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Demain l'amour]]></category>
		<category><![CDATA[Lion d'or]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58808</guid>

					<description><![CDATA[<p>Soirée d’ouverture du Festival international de la littérature 2025.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">C’est au Lion d’Or, cabaret style Art déco miraculeusement préservé de la démolition, qu’a eu lieu la soirée d’ouverture du Festival international de la littérature 2025 (FIL pour les intimes). Le spectacle intitulé <em>Demain l’amour</em> se présente comme un <em>happening</em> poétique et musical, une célébration de ce qui continue de nous unir en ces temps incertains et une lettre d’amour aux poètes et chansonnier·ère·s québécois·e·s. Mon ami Euniden et moi ne savons trop à quoi nous attendre. Nous étudions tous deux la littérature, mais nous nous avouons mutuellement que, la poésie, « c’est pas trop notre truc ». Par hasard, je tombe sur une de mes professeures du cégep (qui est aussi, je l’apprends ce soir-là, une ancienne rédactrice en chef du <em>Délit</em>). Nous échangeons jusqu’à ce que le tournage interrompe notre conversation. </p>



<p>Rien n’aurait pu nous préparer à ce que nous avons vécu ce soir-là. Ni une connaissance pointue de la poésie québécoise ni de la chanson québécoise ni de la musique ni de la performance poétique. Pendant une heure et demie, les artistes enchaînent les textes, les superposant même, parfois, avec une aisance et une ferveur qui crèvent les yeux. Les compositions des années 60 côtoient des textes contemporains inédits : Paré-Poirier, Leclerc, Vigneault, Gill, Daoust, Miron, Beauchamp… tous sont conviés à la fête. Il y a cinq voix sur scène. Elkahna Talbi, alias Queen K, met en chant un poème. En complément, le duo Célia Gouin-Arsenault et Flavie Melançon ose une déclamation extrêmement sensible de « La Vie, l’Amour, la Mort » de Félix Leclerc. À son tour, Mathieu Gosselin nous fait cadeau d’une lecture épique de <em>Regards et jeux dans l’espace</em> de Saint-Denys Garneau. Ce sont Ca- mille Paré-Poirier et Mattis Savard-Verhoeven qui complètent cette fabuleuse équipe d’interprètes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Pendant une heure et demie, les artistes enchaînent les textes, les superposant même, parfois, avec une aisance et une ferveur qui crèvent les yeux »</p>
</blockquote>



<p>Du côté musical, tout au long du spectacle, la chanteuse Flavie est épaulée par le duo folk CORAIL (Julien Comptour et Philippe Noël) et Thomas Bruneau Faubert. L’accompagnement musical, souvent sous forme de percussion, transforme la simple lecture expressive en véritable expérience théâtrale. </p>



<p>Le spectacle se conclut par un extrait du <em>Journal</em> de Marie Uguay, dans lequel elle exprime l’amour immense qu’elle ressent pour ses ami·e·s. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« L’accompagnement musical, souvent sous forme de percussion, transforme la simple lecture expressive en véritable expérience théâtrale »</p>
</blockquote>



<p>Euniden et moi sortons de ce spectacle bouleversés, gonflés d’amour pour le Québec, pour notre langue, pour notre poésie. Nous ne pouvons arrêter de parler de ce que nous venons de vivre. J’épluche la programmation du FIL : cabarets, spectacles, performances et rencontres littéraires tous les jours jusqu’au 4 octobre 2025. Mon ami rit un peu de mon engouement zélé. Je crois qu’il voit qu’en feuilletant la brochure, en imaginant toutes ces rencontres artistiques potentielles, c’est carrément de l’amour que j’ai dans les yeux.</p>
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		<title>Les rhinocéros font ravage sur la scène</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/les-rhinoceros-font-ravage-sur-la-scene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louane Biquin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Ionesco]]></category>
		<category><![CDATA[Milot]]></category>
		<category><![CDATA[Rhinocéros]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58820</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une critique de <em/>Rhinocéros</em> d’Eugène Ionesco, mis en scène par Marie-Ève Milot.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/les-rhinoceros-font-ravage-sur-la-scene/" data-wpel-link="internal">Les rhinocéros font ravage sur la scène</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Lorsque les lumières s’éteignent dans le théâtre Denise Pelletier, un voyage vers le monde absurde d’Eugène Ionesco commence. La mise en scène de Marie-Ève Milot saisit immédiatement l’attention du public à travers des extraits vidéo mettant en scène des rhinocéros et leurs instincts primaires. Quel lien entre un rhinocéros et la montée des régimes totalitaires, sinon la violence et l’instinct cru de cet animal? Il n’y a peut-être aucune réponse, et ce dialogue inepte entre le public et l’œuvre est justement ce qui témoigne du génie d’Ionesco et de Milot. </p>



<p>La pièce, fondée sur l’humour, réussit avec brio à arracher un rire amer au public malgré la contemporanéité menaçante de la satire d’un régime totalitaire. Après les trois rappels des interprètes sur scène lors de la première, témoignant du succès immédiat de <em>Rhinocéros</em>, le public ressort le cœur lourd, se posant des questions difficiles, mais fondamentales. Seules les pièces de théâtre les plus réussies parviennent à occuper l’esprit des spectateurs pendant plusieurs heures et à ouvrir la porte à des conversations aux arguments sans fin.</p>



<p>Le décor, malgré sa simplicité et son allure dystopique, est réfléchi ; il devient de plus en plus opprimant avec les murs qui se resserrent, formant éventuellement un enclos sans issue, alors que la rhinocérite, cette maladie qui transforme les humains en de violents rhinocéros, se propage. La mise en scène de Milot cherche à mettre à profit chaque seconde du spectacle, qui n’a pas d’entracte. Même entre les scènes, lors des changements de décor, chaque action des comédiens a une intention artistique et théâtrale. Christophe Payeur, qui occupe le rôle de Bérenger, livre une performance stupéfiante qui laisse le public sans voix. Son interprétation du monologue final et des implications éthiques de son rôle font honneur au personnage que Ionesco avait imaginé et ne laisse rien à désirer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Entre les comportements immoraux de certains et leurs répliques adaptées au contexte québécois actuel, la pièce de théâtre vient réveiller chez le spectateur un humour noir propre au 21e siècle »</p>
</blockquote>



<p>L’intermédialité de la représentation, mêlant le texte de 1959 à une bande son originale, des jeux de lumière et des effets visuels, dynamise le monument du théâtre de l’absurde qu’est <em>Rhinocéros</em> et le rend d’autant plus pertinent pour le spectateur contemporain. Entre les comportements immoraux de certains et leurs répliques adaptées au contexte québécois actuel, la pièce de théâtre vient réveiller chez le spectateur un humour noir propre au 21<em>e</em> siècle. </p>



<p>Lorsque la société n’a plus de sens, l’art apporte un certain réconfort aux citoyens à travers des mondes qui n’ont ni queue ni tête. L’absurdité totale de la pièce de Ionesco – le comportement des personnages pleins de contradictions, leurs répliques, leurs valeurs et leur morale, leur façon de se jeter la tête la première dans la gueule des rhinocéros – crée une ambiance cynique et pince-sans-rire qui est garantie de gagner le cœur du public. À travers ces personnages qui attirent l’attention et sa mise en scène sans pudeur, Marie-Ève Milot a réussi à redynamiser avec talent la pièce d’Eugène Ionesco, lui faisant hommage et rappelant au public la réalité toujours aussi tangible de la menace de la propagande et du fascisme.</p>
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		<item>
		<title>L’Europe face aux provocations russes : l’imminence d’un conflit armé?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/leurope-face-aux-provocationsrusses-limminence-dun-conflit-arme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Matthieu Juge]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58828</guid>

					<description><![CDATA[<p>Deux experts livrent leurs analyses.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/leurope-face-aux-provocationsrusses-limminence-dun-conflit-arme/" data-wpel-link="internal">L’Europe face aux provocations russes : l’imminence d’un conflit armé?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Depuis le début de ce mois de septembre, la Russie a multiplié ses manœuvres de déstabilisation envers l’Europe. Le 1<em>er</em> septembre, l’avion de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a été la cible d’un brouillage GPS alors qu’elle se rendait en Bulgarie. Les soupçons se sont alors tournés vers la Russie. Le 10 septembre, une vingtaine de drones russes ont survolé la Pologne, obligeant les forces polonaises et l’OTAN à les abattre, une première au-dessus du territoire de l’Alliance. Puis, le 19 septembre, trois avions de chasse russes MiG-31 sont entrés illégalement dans l’espace aérien estonien pendant une dizaine de minutes. Enfin, des infrastructures clés du Danemark, comme des aéroports et des bases militaires, ont été récemment survolées par des drones d’origine inconnue. Les soupçons se tournent une fois de plus vers la Russie, alors que Copenhague s’apprête à accueillir un sommet européen les 1<em>er</em> et 2 octobre.</p>



<p>Pour répondre aux nombreuses interrogations que soulèvent ces incidents, Le Délit s’est entretenu avec deux spécialistes : Julian Spencer-Churchill, professeur associé de science politique à Concordia, et Juliet Johnson, professeure de science politique à McGill. Leurs diagnostics convergent : ces récentes incursions visent à sonder la cohésion de l’OTAN. Johnson évoque des « provocations destinées à vérifier si l’OTAN est encore signifiante (tdlr) » et si ses membres « feront réellement front » avec une réponse collective.</p>



<p><strong>Les prises de décision au Kremlin</strong></p>



<p>Le professeur Spencer-Churchill estime que « Poutine n’est pas à l’origine de certaines de ces opérations. La décision se serait prise à des niveaux intermédiaires de l’appareil militaire russe ». Selon lui, l’objectif est de mesurer la réaction alliée, en particulier dans la zone des pays baltes, tout en permettant à Moscou de projeter sa puissance en jouant sur l’ambiguïté de la ligne rouge.</p>



<p>Pourquoi persister dans une voie qui a déjà coûté cher au Kremlin? La professeure Johnson attribue ces gestes à une évaluation erronée persistante depuis 2022 : « L’invasion a revitalisé l’Union européenne, étendu l’OTAN (Finlande, Suède), isolé et appauvri la Russie, et retourné l’opinion ukrainienne. » Elle explique ces erreurs de jugement par un système de décision fermé, centré sur un petit noyau de dirigeants où la logique néo-impériale prime.</p>



<p><strong>La sécurité européenne</strong></p>



<p>Selon le rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), tous les pays européens ont augmenté leurs dépenses militaires en 2024. Johnson voit dans cette tendance une réaction à la menace russe couplée à l’incertitude de la protection des intérêts européens par les États-Unis. Spencer Churchill explique quant à lui que cette remilitarisation « reste avant tout capacitaire » (production, entretien, réserves) et «&nbsp;politique&nbsp;». En somme, il ne faut pas s’attendre à un bond immédiat du nombre de chars et d’avions opérationnels dans l’arsenal européen.</p>



<p>Pour Johnson, la militarisation européenne ne dégradera pas la situation vis-à-vis de Moscou : « Ce n’est pas une Russie se sentant menacée, mais un gouvernement agressif et néo-impérial. Si l’on cède, il pousse, si l’on tient ferme, il s’ajuste. » Spencer Churchill insiste sur l’intention russe de « tester les failles de l’OTAN » et « la résilience des pays en première ligne ».</p>



<p><strong>Volte-face américaine</strong></p>



<p>En marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, Donald Trump a annoncé être en faveur de la destruction d’avions russes en cas de nouvelles violations de l’espace aérien. Cet énième revirement brouille toute lisibilité stratégique ; le professeur Spencer Churchill y voit une logique électoraliste : surprendre, contredire les attentes, montrer que nul n’est en mesure de commanditer ou de prédire la politique étrangère américaine – cela plaît à une partie de son électorat.</p>



<p><strong>L’Europe, à l’aube d’un conflit armé avec la Russie?</strong></p>



<p>Interrogés sur le risque d’un affrontement armé direct avec Moscou d’ici cinq à dix ans, les deux spécialistes restent prudents. Pour Spencer Churchill, le scénario est possible, avec tout de même plusieurs interrogations : intensité des combats, recours éventuel au nucléaire, volonté des jeunes soldats russes de continuer à se battre. Johnson juge l’option « stratégiquement aberrante, mais non impossible ». Si la guerre n’est pas inévitable, la paix, elle, n’est plus garantie. Et c’est peut-être là le plus grand défi posé à l’Europe. </p>



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