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	<title>Archives des 2022-03-16 - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 16 Mar 2022 21:39:33 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Quand le privé naît du public</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/quand-le-prive-nait-du-public/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Ji]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[collectif]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
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		<category><![CDATA[religion]]></category>
		<category><![CDATA[Sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre prospero]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Théâtre Prospero présente Notre petite mort, une réflexion sur l’infertilité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/quand-le-prive-nait-du-public/" data-wpel-link="internal">Quand le privé naît du public</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Du 1<em>er</em> mars au 19 mars, le Théâtre Prospero présente <a href="https://theatreprospero.com/programmation/pieces/notre-petite-mort" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"><em>Notre petite mort</em></a>, pièce écrite par la finissante du Conservatoire d’art dramatique Émilie Lajoie. <em>Notre petite mort</em> réunit les interprètes Émilie Lajoie, Sylvie Potvin et Simon Rousseau autour d’un texte sensible mêlant gravité et humour, tout en explorant la relation difficile entre l’infertilité et le désir d’enfanter, un sujet que l’autrice présente, dans le programme, comme peu exploré par les arts scéniques bien qu’un couple sur cinq <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">soit aux prises avec</mark> des difficultés à concevoir un enfant. Après une première lecture en 2019 et deux reports en raison de la pandémie, la pièce est présentée pour la première fois dans une mise en scène de Sophie Cadieux et un décor intimiste recréant une chambre à coucher.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’illusion derrière l’accomplissement</strong></p>



<p class="has-grisfonce-color has-text-color wp-block-paragraph">À travers le désir de Pascale et Martin d’avoir un enfant, la figure de la mère représentée par <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">M</mark>adame Rivest semble être à la recherche d’un accomplissement maternel double, objectif pouvant notamment être atteint en devenant la figure de la «double-mère», <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">c’est-à-dire</mark> la grand-mère. Cependant, <em>Notre petite mort</em> met en évidence que «l’accomplissement» à travers la maternité et la double-maternité ne relève pas d’une réelle responsabilité de la part des personnes désirant devenir mère; autant Madame Rivest ne peut pas contraindre Pascale et Martin à donner vie, autant Pascale n’a pas de pouvoir sur la fertilité ou l’infertilité de son système reproducteur. Confrontées à cette absence de pouvoir, les attentes morales et sociétales parfois projetées sur l’accomplissement maternel sont ainsi adroitement déconstruites, et l’idée qu’avoir un enfant relève d’un certain «devoir» de la part du couple perd son sens. L’exploration du «vide» ressenti par Pascale à la suite de l’annonce de son impossibilité à concevoir un enfant – vide comblé notamment par la répétition d’une liste de désagréments qu’elle évite et des passe-temps qu’elle peut continuer en l’absence d’enfants – se fait aussi avec beaucoup de nuance. En effet, cette exploration contribue à souligner l’isolement que les attentes <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">externes envers le fait </mark>de mettre au monde un enfant finissent par causer à celles et ceux qui ne se conforment pas ou qui ne peuvent se conformer à l’image de l’unité familiale normalisée. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La figure de la mère représentée par <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">M</mark>adame Rivest semble être à la recherche d’un accomplissement maternel double, objectif pouvant notamment être atteint en devenant la figure de la “double-mère”, la grand-mère»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Derrière le rideau scénique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le regard extérieur du public incarne dans une certaine mesure les attentes sociétales auxquelles sont soumis les personnages, de par la présence d’un rideau transparent qui isole l’auditoire de la scène. Ce voile scénique matérialise et renforce la présence du quatrième mur: les échanges intimes entre Pascale et Martin demeurent circonscrits à la chambre où le couple tente de concevoir un enfant. Le public, se sentant d’abord protégé de l’autre côté du rideau, ne peut se départir de l’impression d’être immergé dans le quotidien intime du couple qu’il observe. Il demeure ainsi concerné par la réalité de l’infertilité féminine trop souvent invisibilisée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Pascale est confrontée à l’accomplissement maternel sur les réseaux sociaux, lesquels agissent comme de véritables écrans de fumée en vouant une place quasi-exclusive à la gratification permise par l’enfantement et en masquant le rapport possiblement déceptif des femmes à l’égard d’un enfant qui ne viendra jamais»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Sans se sentir épié dans l’intimité de leur chambre, le couple ressent le poids des attentes sociétales de plus en plus insistantes vis-à-vis de l’enfantement. Pascale est confrontée à l’accomplissement maternel sur les réseaux sociaux, lesquels agissent comme de véritables écrans de fumée en vouant une place quasi-exclusive à la gratification permise par l’enfantement et en masquant le rapport possiblement déceptif des femmes à l’égard d’un enfant qui ne viendra jamais. La mère de Martin vient aussi s’immiscer dans la vie du couple pour s’enquérir de l’avancement de la conception de leur enfant. Elle donne l’impression de s’inviter chez eux en déposant une nappe de pique-nique sur le lit et en venant aborder la possibilité d’adopter un enfant chinois autour de la dégustation de plats asiatiques. On sent bien que c’est l’impossibilité d’avoir un petit-enfant biologique qui pousse <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">M</mark>adame Rivest à évoquer un enfant étranger, réitérant le débordement systématique du monde extérieur dans la vie privée. La mère de Martin va même jusqu’à faire des tresses à sa belle-fille malgré sa réticence, au moment où celle-ci renoue avec des objets d’enfance trouvés dans une boîte, comme si elle tentait d’adopter sa belle-fille et de la faire sienne. Pascale continue pour sa part de vouvoyer <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">M</mark>adame Rivest, préservant une certaine pudeur envers sa belle-mère et refusant de se prêter à son délire fantasmagorique la destinant à prendre le rôle de petite-fille.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sacralisation de l’enfantement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En rappelant à maintes reprises à Martin et à Pascale que les récentes funérailles de leur voisine étaient sans intérêt et manquaient d’invité·e·s puisque cette dernière n’avait pas d’enfants, Madame Rivest insinue ainsi au couple que ne pas donner vie peut résulter en une perte de sens individuel, l’idée de «poursuivre la lignée» n’étant pas comblée après la mort. Du côté de Pascale, la sacralisation de la maternité semble se traduire par une volonté de se déguiser en Sainte Vierge en prenant au sérieux les jeux de rôle sexuels, qui sont le plus souvent dévalorisés pour leur superficialité. Si ce déguisement s’inscrit dans un rapport très religieux à la procréation comme accomplissement ultime de la vie, il s’en détourne en n’associant plus exclusivement les plaisirs corporels au péché. La réaction amusée de Martin tourne au ridicule le costume qui lui donne l’impression de ne plus être en présence de sa conjointe, mais plutôt devant la figure abstraite de la «mère universelle», devenant absurde lorsqu’elle est incarnée par un corps.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’évocation de la religiosité autour de la procréation se poursuit notamment à travers la «sacralisation» accordée à l’idée de devoir se reproduire afin de donner un sens à sa vie. En effet, le titre <em>Notre petite mort</em> peut évoquer les multiples entités impliquées – voire qui cherchent à s’incruster – dans le deuil de la parentalité auquel font face Pascale et Martin: «notre» peut renvoyer tant au couple qu’à l’entourage de ce dernier. Souligner les attentes collectives envers le devoir de donner vie permet alors d’explorer leurs conséquences perverses quant à la recherche du sens individuelle de toute une vie, laquelle devient contrainte par une pression sociale omniprésente.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le titre <em>Notre petite mort</em> peut évoquer les multiples entités impliquées – voire qui cherchent à s’incruster – dans le deuil de la parentalité auquel font face Pascale et Martin: «notre» peut renvoyer tant au couple qu’à l’entourage de ce dernier»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En filigrane de la pièce se pose aussi la question des responsabilités morales autour de l’enfantement dans un contexte social où l’humanité semble se diriger vers le bord du gouffre; quel sens le fait de donner vie prend-il dans ce contexte? En évoquant le sujet sans offrir de réponses, <em>Notre petite mort</em> souligne à la fois l’omniprésence de cette question existentielle dans nos vies et la réflexion sur un autre aspect de la maternité où la décision individuelle d’enfanter peut s’inscrire dans un questionnement collectif.&nbsp;</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Quand faut-il se boucher les oreilles?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/quand-faut-il-se-boucher-les-oreilles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Argumentation]]></category>
		<category><![CDATA[débat]]></category>
		<category><![CDATA[débats]]></category>
		<category><![CDATA[Fermeture d&#039;esprit]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[information]]></category>
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		<category><![CDATA[Platiste]]></category>
		<category><![CDATA[russie]]></category>
		<category><![CDATA[ukraine]]></category>
		<category><![CDATA[Vladimir Poutine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=47748</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cesser le dialogue est parfois nécessaire à la progression.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">La plupart des conflits à grande échelle, quelle que soit leur nature, impliquent une guerre de l’information. Les belligérants cherchent entre autres à manipuler l’opinion et la pression publique en présentant des «preuves»<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-societe-color"></mark></strong> qui confirment leur thèse et réfutent celle de leur opposant. L’invasion de l’Ukraine par la Russie est un exemple de premier ordre: Vladimir Poutine insiste qu’il souhaite dénazifier l’Ukraine, tandis que l’Ukraine se défend d’être nazie et crie à l’injustice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, les affirmations du camp pro-russe sont si grotesques que la vérité semble bel et bien rangée d’un seul côté. Ainsi, quand certains mentionnent le régiment ukrainien néo-nazi Azov, les membres du public considèrent que ces propos sont soit faux, soit insuffisants pour justifier le conflit, car celui-ci semble injustifiable. Pourtant, rejeter une preuve car on croit que ce qu’elle cherche à démontrer est impossible constitue un raisonnement circulaire et fallacieux. Faut-il en conclure que l’on fait preuve de fermeture d’esprit en refusant de considérer certains arguments? Strictement parlant, je suis d’avis que oui. Toutefois, dans certains contextes, la fermeture d’esprit est au pire meilleure que les alternatives, et au mieux une vertu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le coût de la réflexion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1997, une machine a défait pour la première fois un grand maître des échecs dans un tournoi. Cette victoire est attribuable à la vitesse impressionnante à laquelle Deep Blue, la machine en question, était capable d’analyser les différentes options de stratégies et de choisir celle qu’elle estimait la meilleure. Elle n’était toutefois pas infaillible: malgré son succès, Deep Blue était limitée par sa quantité de ressources computationnelles. Chaque comparaison a un coût informatique, et le budget de la machine n’était pas infini. Ainsi, Deep Blue ne pouvait pas évaluer parfaitement chacun de ses coups, mais elle réussissait à mieux les estimer que son adversaire. Cela en dit long sur les limites cognitives de l’être humain qui ne dispose pas d’une intelligence aussi analytique que celle de la machine.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Rejeter une preuve car on croit que ce qu’elle cherche à démontrer est impossible constitue un raisonnement circulaire et fallacieux. Toutefois, dans certains contextes, la fermeture d’esprit est au pire meilleure que les alternatives, et au mieux une vertu»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Tout comme Deep Blue, notre temps et notre énergie sont précieux. On n’affirme jamais quoi que ce soit avec une certitude absolue. On pourrait passer des centaines d’heures à évaluer les arguments des partisans de la théorie de la Terre plate et on pourrait lire des centaines d’ouvrages sur les origines supposément extraterrestres de certains monuments historiques. Ce faisant, on s’assurerait que l’on n’a pas rejeté leurs prétentions sans une analyse approfondie. Malheureusement, peu – voire aucun – d’entre nous ne disposent d’autant de temps à consacrer à ces questions. Il serait pourtant absurde de suspendre notre jugement sur la forme de la Terre ou sur les prouesses des civilisations antiques sous prétexte que l’on n’a pas d’abord considéré de manière diligente tous les points de vue sur le sujet. Un excès de scepticisme nous priverait de notre compréhension du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces exemples démontrent également que nous faisons déjà preuve d’une certaine résilience dans nos croyances. En effet, la majorité des personnes croient que la Terre est ronde même si elles n’ont pas nécessairement la capacité de le démontrer et même si les platistes sont généralement plus informés sur le débat. Les platistes présentent souvent des arguments et des éléments de preuve que<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-actu-color"></mark></strong> les non-platistes n’ont jamais entendus. Malgré leur incapacité à répondre en raison de leur manque de connaissances, ces derniers persistent généralement dans leur opinion. Ils affirment entre autres que les scientifiques ont atteint un consensus et que l’humain est allé dans l’espace pour constater la rotondité de la Terre par lui-même. Ce sont des arguments d’autorité: «Je n’ai pas la réponse, mais d’autres personnes que je juge crédibles disent l’avoir et j’ai confiance en elles.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La majorité des personnes croient que la Terre est ronde même si elles n’ont pas nécessairement la capacité de le démontrer et même si les platistes sont généralement plus informés sur le débat»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">D’un point de vue logique, ce raisonnement est fallacieux. Toutefois, force est de constater qu’il est nécessaire au maintien de la société: autrement, le camp des platistes serait bien plus populaire qu’il ne l’est aujourd’hui. Ce raisonnement est aussi essentiel à l’individu, car réévaluer une affirmation aussi communément admise peut conduire à une immense remise en question: des amis scientifiques pourraient être des acteurs payés par l’État, le système d’éducation endoctrine peut-être les enfants et les gouvernements pourraient être tous corrompus par les milliards de dollars consacrés aux programmes spatiaux. L’individu deviendrait alors incapable d’agir dans de nombreuses sphères de sa vie en attendant de trouver la réponse définitive à la question. Dans ces contextes, la fermeture d’esprit se montre donc supérieure à ses alternatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une vertu politique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’utilité de la fermeture d’esprit s’étend aussi dans le domaine des jugements de valeur et des jugements politiques. Un gouvernement qui remettrait en question ses projets de loi à chaque critique n’arriverait pas à implanter quoi que ce soit. De même, un électeur doit éventuellement conclure sa réflexion avant de voter, malgré l’immense variété des enjeux à évaluer. Sans aller jusqu’à l’incapacité d’agir, l’indécision «bénigne» est un vice car elle ralentit tous les processus. La fermeture d’esprit serait donc comparable aux vertus de décision et de résolution. Un gouvernement décisif, lorsqu’il choisit d’aller de l’avant, se laisse difficilement convaincre de faire marche arrière.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Dans [certains] contextes, la fermeture d’esprit se montre donc supérieure à ses alternatives»</p></blockquote>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Il ne s’agit toutefois pas toujours d’une bonne chose. Par exemple, le gouvernement de la CAQ a dépensé énormément d’énergie à défendre l’extravagant et infondé projet du troisième lien Québec-Lévis. Malgré les critiques en bloc des experts de la province, il a fallu attendre de nombreuses années pour que le gouvernement semble se rendre compte de l’énormité du projet et esquisse <a href="https://www.journaldequebec.com/2021/10/26/3e-lien-en-basse-ville-quebec-recule-et-revise-son-trace" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un pas en arrière</a>. La ténacité mal avisée prend donc la forme de l’entêtement. Quand doit-on faire preuve de flexibilité et quand doit-on mettre son pied à terre? Chaque situation est unique et chaque personne l’est aussi. Il est tout de même possible d’arriver à quelques lignes directrices pour employer la fermeture d’esprit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les débats répétés sur des enjeux qui nous tiennent à cœur sont un bon point de départ. Les véganes expérimentés savent que les débats sur l’éthique animale sont souvent répétés lors de grands repas. Il est alors naturel de ne pas se remettre en question pour le plaisir des détraqueurs. Dans d’autres cas, des positions sont refusées sur la base de valeurs humaines fondamentales. N’importe qui pourrait sans problème faire la sourde oreille à un apologiste de l’esclavage. Enfin, certaines sources peuvent tout simplement être ignorées. C’est le cas de Vladimir Poutine, dont les affirmations devraient être rejetées en raison de son bilan de menteur invétéré. Cela ne signifie pas qu’il ne dit rien de vrai. Toutefois, ses propos ne sont pas des éléments de preuve admissibles.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les affirmations de Vladimir Poutine devraient être rejetées en raison de son bilan de menteur invétéré»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La fermeture d’esprit peut donc être une vertu dans des contextes de débat public. À l’ère de la division antivax/provax empirée par un mépris de l’autre, je ne veux pas prôner l’idée de se boucher les oreilles. J’invite plutôt à constater que nous ne sommes pas toujours aussi ouverts qu’on le prétend, souvent pour de bonnes raisons. Cela ne nous empêche pas de respecter la dignité d’autrui et de se remettre en question à intervalles raisonnables.<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-actu-color"></mark></strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/quand-faut-il-se-boucher-les-oreilles/" data-wpel-link="internal">Quand faut-il se boucher les oreilles?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Penser la poésie hors du quotidien</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/penser-la-poesie-hors-du-quotidien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Madeline Tessier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[écrivaine]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[les vagues]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[une chambre à soi]]></category>
		<category><![CDATA[Virginia Woolf]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=47791</guid>

					<description><![CDATA[<p>La réflexion sur la littérature chez Virginia Woolf.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/penser-la-poesie-hors-du-quotidien/" data-wpel-link="internal">Penser la poésie hors du quotidien</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Dans son <em>Orlando</em>, Virginia Woolf écrivait: «La vie est un rêve, c’est le réveil qui nous tue.» Écrits en 1928, les mots de ce roman semblent laisser leurs traces sur les textes woolfiens, essayistiques et poétiques, qui succèdent sa parution. On en retrouve les échos dans <em>Une chambre à soi </em>(1929), essai féministe, mais aussi dans <em>Les Vagues</em> (1931), roman polyphonique qui suit l’évolution de six ami·e·s, de l’enfance jusqu’à la vieillesse. Dans ces ouvrages, l’autrice constate, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">à la fois</mark> de manière très concrète et plus métaphorique, les bienfaits de la solitude sur l’écriture ainsi que sur l’authenticité. Si «la vie est un rêve» et que le réveil «tue», le rêve devient cet espace où l’on pénètre seul·e, où l’on peut se séparer du monde extérieur et exister sans jugement. Le «réveil», au contraire, nous tue en ce qu’il nous ramène vers le réel, nous forçant à considérer le regard que l’on pose sur nous. Le rêve, dans <em>Une chambre à soi</em>, c’est ce lieu où la femme pourrait écrire sans distractions. Dans <em>Les Vagues</em>, ce sont les images poétiques qui permettent à Rhoda ou à Louis de s’évader d’une réalité trop prosaïque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Une chambre à soi </em>est d’abord un essai qui rassemble les propos que Virginia Woolf proclame lors d’une conférence donnée en mai 1928 au Newnham College de l’Université Cambridge. Comme elle le rappelle dans l’incipit de son texte, on lui avait «demandé de parler des femmes et du roman». Divisé en six grands chapitres, <em>Une chambre à soi </em>mélange des éléments du réel et de la fiction afin de montrer comment les femmes, dont le corps et la pensée sont toujours accaparées par le monde extérieur, ont été privées des conditions nécessaires au travail d’écrivain.&nbsp;&nbsp;Dès les premières pages de son essai, Woolf constate que les femmes, contrairement aux hommes, sont constamment réduites à leur condition féminine. Si l’homme peut être professeur ou étudiant, la femme ne peut qu’être <em>femme</em>. L’ouvrage se penche sur le discours que tiennent les hommes sur le sexe féminin. L’autrice y remarque que plusieurs «savants» minimisent la femme dans leurs écrits afin de faire valoir la supériorité masculine.&nbsp;Les&nbsp; hommes accordent à la gente féminine une «fonction protégée»: ils la voient comme incapable des mêmes prouesses et du même courage qu’eux. Woolf réclame alors que l’on donne aux deux sexes les mêmes opportunités.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Divisé en six grands chapitres, <em>Une chambre à soi </em>mélange des éléments du réel et de la fiction afin de montrer comment les femmes, dont le corps et la pensée sont toujours accaparées par le monde extérieur, ont été privées des conditions nécessaires au travail d’écrivain»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Or, même des écrivaines telles que Jane Austen, les sœurs Brontë ou bien George Eliot n’ont pas eu les mêmes chances que leurs homologues masculins. «Si une femme écrivait [au 19e siècle], elle écrivait dans le salon commun. Et sans cesse on interrompait son travail» écrit Woolf.&nbsp; Il n’est donc pas étonnant que, plongées comme elles l’étaient dans la sphère domestique, leurs romans portent sur «l’analyse des émotions» plutôt que sur la guerre ou l’aventure. Et l’autrice estime que c’est toujours à travers cette lentille de l’intime qu’écrivent encore les autrices de son temps. Pour que les jeunes écrivaines créent d’autres types de textes, elles doivent cesser d’être influencées par le jugement extérieur. C’est pour cette raison que Woolf insiste sur l’importance d’un lieu à elle et d’un peu d’argent. Ces éléments accordent l’indépendance et rendent possible le décloisonnement de l’écriture. <em>Une chambre à soi </em>nous encourage à ne plus taire la poésie qui se cache en nous toutes. L’ouvrage nous invite enfin à rendre hommage aux poétesses qui n’ont jamais pu s’exprimer en prenant nous-même la parole.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>Les Vagues</em>, Woolf s’éloigne de l’écriture essayistique pour replonger dans le monde du romanesque. Son roman donne à lire l’histoire de Rhoda Jinny, Suzanne, Neville, Louis et Bernard, six ami·e·s dont on suivra l’évolution de la jeunesse jusqu’à la vieillesse. Cette progression de leur existence est d’ailleurs figurée dans le texte par les passages en italiques où une voix narrative «autre» note la progression du soleil dans le ciel. Ces passages, plus poétiques, permettent d’introduire les nouveaux chapitres de l’histoire, mais aussi ceux de la vie des personnages. Le reste du récit s’articule toutefois autour de monologues qui nous donnent un accès privilégié à l’intimité des protagonistes qui nous découvrent, en prenant la parole, le déclin de leurs ambitions.&nbsp;Ce que nous donne à lire <em>Les Vagues </em>n’est pas un récit calme et paisible. Au contraire, le roman de Woolf est brutal: il met à nu la désillusion et la nostalgie qui accompagnent la vieillesse.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message que traduit <em>Une chambre à soi </em>est évidemment tout autre. L’essai est déjà beaucoup plus ancré dans le réel. Cet ancrage est d’autant plus nécessaire qu’il sert à défendre une <em>véritable</em> liberté pour les écrivaines. Mais cet aspect du texte ne l’empêche pas pour autant de converger avec <em>Les Vagues</em>. Si ces deux œuvres woolfiennes se rejoignent, c’est bien à travers la pensée littéraire particulière qu’elles partagent avec le lectorat. Tout s’y passe comme si Woolf croyait que, pour créer un récit authentique, l’écrivain·e devrait pouvoir se soustraire du rythme quotidien; comme si les meilleures œuvres se constituaient à l’extérieur du monde social, presque dans la solitude.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ce que nous donne à lire <em>Les Vagues </em>n’est pas un récit calme et paisible. Au contraire, le roman de Woolf est brutal : il met à nu la désillusion et la nostalgie qui accompagnent la vieillesse»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce que je retiens, entre autres, de ce passage d’<em>Une chambre à soi</em>: «Le sexe d’un romancier mettrait-il obstacle à l’intégrité que je considère comme l’épine dorsale d’un écrivain?» Le genre semble demeurer, même dans notre monde actuel, un repère social qui continue de nous enfermer dans des cases contraignantes. Si une écrivaine ne peut être intègre et authentique, comment peut-elle écrire de la «bonne» poésie? Le seul moyen d’atteindre cet objectif semble être de posséder un lieu qui échappe aux contraintes quotidiennes et où l’on est libre d’explorer sa pensée dans la solitude. Cette solitude, notons-le, ne vise pas un renfermement sur soi. Au contraire, il s’agit plutôt d’un moyen de s’explorer soi-même afin d’acquérir une certaine confiance en nos opinions, de découvrir tout le potentiel et la beauté d’une poésie qui est irrévocablement nôtre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ses personnages, <em>Les Vagues </em>réitère la leçon que Woolf nous enseigne dans son essai: tout·e écrivain·e qui tente de plaire à autrui ne peut qu’échouer et produire des textes qui ne lui ressemblent pas. Bernard lui-même en est conscient: «Une phrase bien construite me semble néanmoins posséder son existence indépendante. Et je me rends bien compte que les meilleures phrases sont probablement fabriquées dans la solitude». <em>Les Vagues</em> n’est pas un roman que l’on pourrait décrire comme «facile». Son écriture est beaucoup moins accessible que ne l’est celle d’<em>Une chambre à soi</em>. On y retrouve ce courant de conscience dont l’exploration caractérise fortement les textes romanesques woolfiens, mais qui peut alourdir la lecture. Il s’agit néanmoins d’une œuvre des plus magnifiques. Sa poésie et ses images nous bercent et nous enveloppent. Si aucune revendication féministe n’est clairement défendue dans <em>Les Vagues</em>, on ne peut que voir dans la maîtrise du langage que possède Woolf une manière de contredire les critiques misogynes qui croiraient en la bassesse des voix féminines. Entre les lignes de son roman, on a l’impression de pouvoir lire: voyez comment une femme peut écrire si vous lui en laissez seulement la chance.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/penser-la-poesie-hors-du-quotidien/" data-wpel-link="internal">Penser la poésie hors du quotidien</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Occupation du pavillon des Arts par Désinvestissement McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/occupation-du-pavillon-des-arts-par-desinvestissement-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Félix A. Vincent]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratisons McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Democratize McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Désinvestissement]]></category>
		<category><![CDATA[Désinvestissement McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Divest McGill]]></category>
		<category><![CDATA[occupation]]></category>
		<category><![CDATA[occupons mcgill]]></category>
		<category><![CDATA[occupy]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le mouvement préfigure une université démocratique, égalitaire et environnementale.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Depuis le 7 mars dernier, le mouvement Désinvestissement McGill (<em>Divest McGill)</em> a commencé son occupation du vestibule du bâtiment McCall-McBain pour faire pression sur l’Université McGill afin de désinvestir des énergies fossiles. L’occupation ralliait également les autres groupes de la coalition Démocratisation McGill, qui vise à inclure le personnel, le professorat et le corps étudiant dans la prise de décision de l’Université. Cette coalition est formée de différents groupes et organisations du campus, notamment Désinvestissement McGill, Désinvestissement pour les droits de la personne (<em>Divest for Human Rights, </em>DHR) et les Étudiant·e·s de McGill en solidarité pour les droits humains palestiniens (<em>Students for Palestinian Human Rights</em>, SPHR). Les participant·e·s de l’occupation avaient installé leurs tentes et tenaient une rotation pour assurer une présence permanente. Deux tables étaient installées à l’entrée du pavillon des Arts avec des pamphlets et de la nourriture disponible pour tous·tes. Toute la semaine, le mouvement a occupé le hall sans nuire aux activités courantes d’instruction. Le 12 mars dernier, un bruit&nbsp;perçant a retenti dans les hauts-parleurs du bâtiment à haut volume pour une période d’au mois une heure, potentiellement dans une tentative d’intimider les occupant·e·s. Des membres de Désinvestissement McGill ont alors négocié avec des membres du personnel du bâtiment pour que le son soit coupé, et l’occupation a continué.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/table-bouffe-1000x667.jpg" alt class="wp-image-47885" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/table-bouffe-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/table-bouffe-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/table-bouffe-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/table-bouffe-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/table-bouffe-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/table-bouffe-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/table-bouffe-930x620.jpg 930w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix A. Vincent</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le mouvement dénonce la structure de direction de l’Université qui n’inclut pas le personnel, le professorat et la population étudiante. Le Conseil des gouverneurs est l’entité qui prend les décisions finales sur le Fond de dotation de McGill (<em>McGill Endowment Fund</em>), la gestion du personnel ainsi que les finances de l’Université et de ses propriétés. Le Conseil des gouverneurs est formé de membres de la direction de la Banque de Montréal (BMO), de Power Corporation du Canada, de la Banque nationale du Canada, de Metro Inc, de la Banque HSBC Canada et de Redbourne Properties Inc. Selon Désinvestissement McGill, la composition du Conseil des gouverneurs expliquerait pourquoi l’Université maintient ses investissements d’environ 50 <a href="https://mcgillinvests.in/#" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">millions</a> de dollars dans le secteur des énergies fossiles.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/escalier-1000x667.jpg" alt class="wp-image-47883" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/escalier-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/escalier-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/escalier-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/escalier-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/escalier-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/escalier-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/escalier-930x620.jpg 930w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix A. Vincent</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/community-control-1000x667.jpg" alt class="wp-image-47878" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/community-control-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/community-control-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/community-control-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/community-control-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/community-control-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/community-control-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/community-control-930x620.jpg 930w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix A. Vincent</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’Université étant une entreprise dirigée de la sorte, le Conseil des gouverneurs répond donc à des incitatifs financiers et commerciaux. «Sous ce modèle inflexible, les étudiant·e·s, le personnel et le corps professoral souffrent d’épuisement et de problèmes de santé mentale», lit-on dans le <a href="https://www.divestmcgill.ca/occupymcgill" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">manifeste</a> de Désinvestissement McGill.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/democratie-directe-1000x667.jpg" alt class="wp-image-47881" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/democratie-directe-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/democratie-directe-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/democratie-directe-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/democratie-directe-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/democratie-directe-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/democratie-directe-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/democratie-directe-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix A. Vincent</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Durant la semaine d’occupation, les organisateur·rice·s du mouvement avaient planifié plusieurs activités d’éducation populaire et de discussion. Plusieurs sujets y étaient abordés, notamment le lien entre les intérêts financiers et la crise climatique, la gestion de l’Université par démocratie directe comme alternative aux problèmes actuels et le mouvement des grèves étudiantes de 2012. L’occupation est aussi un moyen de se tenir en solidarité avec plusieurs organisations qui s’opposent à la direction de McGill, comme le Syndicat des employé·e·s occasionnel·le·s de l’Université McGill (<a href="https://www.amusemcgill.ca/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">SÉOUM</a>) et les Mères Mohawk.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/decolonisation-1000x667.jpg" alt class="wp-image-47879" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/decolonisation-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/decolonisation-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/decolonisation-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/decolonisation-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/decolonisation-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/decolonisation-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/decolonisation-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix A. Vincent</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">«<em>Nous ne faisons pas de demandes à l’Université. Nous essayons de construire nous-mêmes un mouvement qui peut réaliser la démocratisation</em>», a<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-edito-color"> </mark></strong>expliqué Leeroy (nom fictif) au <em>Délit</em>. «<em>Les mouvements étudiants sont une manière d’obtenir la démocratisation sans la demander à qui que ce soit. D’autre part, nous pouvons lancer des grèves, des grèves générales. Nous pourrions en faire plus pour mobiliser la base,&nbsp;pour que nos actions prennent de l’ampleur, et finalement l’administration aurait probablement assez peur de nous et pourrait nous offrir des concessions</em>», a ajouté l’occupant·e.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/visage-flous-1000x667.jpg" alt class="wp-image-47886" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/visage-flous-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/visage-flous-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/visage-flous-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/visage-flous-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/visage-flous-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/visage-flous-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/03/visage-flous-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix A. Vincent</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">«On accepte vraiment toute contribution, que ce soit de venir sur place une petite heure, de partager notre occupation sur les réseaux sociaux, ou bien de dormir. Il n’y a pas de mauvaise implication. Le but, c’est vraiment de créer un sentiment de communauté», a expliqué Luna (nom fictif).<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-societe-color"></mark></strong></p>
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		<title>Une Troisième Guerre mondiale?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/une-troisieme-guerre-mondiale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse politique]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[relations internationales]]></category>
		<category><![CDATA[russie]]></category>
		<category><![CDATA[ukraine]]></category>
		<category><![CDATA[Vladimir Poutine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=47753</guid>

					<description><![CDATA[<p>Table ronde d’expert·e·s: comprendre l’invasion de l’Ukraine par la Russie. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Des civils tués et exilés, de nombreuses villes bombardées et assiégées, des sanctions économiques dévastatrices imposées et de la désinformation omniprésente: la guerre en Ukraine perdure maintenant depuis plus de trois semaines. Le conflit déclenché le 24 février par le président russe Vladimir Poutine a jeté une ombre non seulement sur l’Europe<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-culture-color">,</mark></strong> mais aussi sur la scène internationale.&nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 9 mars dernier, une table ronde virtuelle a eu lieu afin de discuter des enjeux historiques, économiques, politiques et informationnels que la guerre en Ukraine rassemble. Le panel était composé de six expert·e·s, dont quatre professeur·e·s de l’Université McGill, une professeure de l’Université de Montréal et un professeur de l’École d’économie de Kyiv. La table ronde était parrainée par le Département de sciences politiques de l’Université McGill, le Département d’Histoire et d’Études classiques de l’Université McGill et le <a href="http://bearnetwork.ca" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Réseau BEAR</a> (<em>BEAR Network</em>). «<em>Between the EU and Russia</em>» regroupe 11 universités de six pays différents ainsi que 26 chercheur·euse·s, est un organisme qui vise à examiner les relations entre l’Union Européenne et la Russie. Le réseau cherche aussi à comprendre le rôle des minorités ethniques régionales au sein de l’Europe de l’Est. Juliet Johnson – professeure de science politique à McGill et co-directrice du Réseau BEAR – a modéré la table ronde.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Poutine avait le choix d’envahir ou pas</em>»</p><cite>Maria Popova, professeure de science politique à l’Université McGill</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Perspective de Kyiv&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tymofii Brik, chercheur à l’École d’économie de Kyiv et résident de la capitale ukrainienne, a entamé la discussion en partageant son expérience personnelle de la guerre. «<em>Le personnel et les étudiants de l’École aident comme ils peuvent</em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">:</mark><em> en envoyant des fournitures médicales à ceux et celles en première ligne ou en aidant des personnes âgées qui vivent seules en achetant leur épicerie</em>», témoigne-t-il. Le Kyivien a expliqué que certain·e·s de ses collègues et de ses ancien·ne·s étudiant·e·s sont en train de combattre les troupes russes au nord de la ville. Brik a également souligné qu’il était chanceux que Kyiv – même si visée par des bombardements russes – soit une ville bien protégée. Cependant, il décrit le manque de sécurité en ville, sécurité minée par des groupes de saboteur·se·s russes infiltré·e·s dont le but est de désigner les endroits à bombarder.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«L’empire soviétique de Poutine» et le Donbass en 2014&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorenz Lüthi, professeur d’histoire à l’Université McGill et expert de la Guerre froide, a mis de l’avant la nature historique de la crise. L’invasion de l’Ukraine déclenchée par le président russe s’inscrit dans la continuité de la Guerre froide : «<em>Poutine cherche avant tout à reconstruire l’empire soviétique</em>», a affirmé <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">le Pr </mark>Lüthi. En effet, la Russie de Vladimir Poutine renie l’histoire de l’Ukraine tout en justifiant son «<em>opération militaire spéciale</em>» par l’objectif de «<em><a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1867818/nazi-ukraine-propagande-russe-azov-poutine" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dénazifier</a> et démilitariser l’Ukraine</em>». Le Pr Lüthi affirme que depuis la Seconde Guerre mondiale, la Russie emploie un discours soi-disant «anti-fasciste», en dressant de longues listes de personnes dites ennemies de l’État. Par la suite, le Pr Lüthi a comparé les offensives russes en Ukraine à l’annexion de la Pologne en septembre 1939 par l’Allemagne – élément déclencheur de la Seconde Guerre mondiale. Le professeur a conclu sa présentation en qualifiant la Russie de «<em>spoiler state</em>», c’est-à-dire un État qui tente de déstabiliser l’ordre libéral. La Russie, un «<em>pouvoir intermédiaire</em>» qui détient l’arme nucléaire, faisant office d’outil dissuasif, cherche à devenir une superpuissance en annexant l’Ukraine.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Poutine cherche avant tout à reconstruire l’empire soviétique</em>»</p><cite>Lorenz Lüthi, professeur d’histoire à l’Université McGill</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Après cela, Magdalena Dembinska, professeure en science politique à l’Université de Montréal, a pris la parole pour rappeler les objectifs du Kremlin dans la région du Donbass. Le Donbass est une région à l’est de l’Ukraine à majorité russophone qui est le théâtre de conflits entre séparatistes prorusses et le gouvernement ukrainien depuis 2014. La Pre Dembinska a affirmé que Poutine profite de cette région déstabilisée pour mettre la pression sur Kyiv : «<em>Le contrôle du Donbass représente le contrôle de l’Ukraine.</em>» C’est pourquoi le 22 février dernier, deux jours avant l’invasion russe, Vladimir Poutine <a href="https://www.ledevoir.com/monde/677418/le-kremlin-refroidit-l-espoir-d-un-sommet-poutine-biden-sur-l-ukraine" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a reconnu</a> l’indépendance de l’entièreté du Donbass.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La désinformation pro-Kremlin et les sanctions économiques&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aaron Erlich, professeur de sciences politiques à McGill, a parlé des enjeux informationnels de la guerre en Ukraine. Pr Erlich a cité une <a href="https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/19401612211045221" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">étude</a> de 2019 qu’il a co-réalisée sur la désinformation en Ukraine pour conclure que «<em>les Ukrainien·ne·s ont fait preuve d’une résilience remarquable face à la désinformation</em>» et qu’il·elle·s peuvent facilement détecter la propagande pro-Kremlin sur les réseaux sociaux. En Russie, Erlich soulève que l’objectif informationnel de l’État est de réprimer toute circulation d’information avec un contrôle strict des réseaux sociaux sur le langage utilisé. Par exemple, si l’invasion est qualifiée de «guerre», un individu peut être sujet à 15 ans en prison. Pr Erlich a aussi cité une <a href="https://www.propublica.org/article/in-the-ukraine-conflict-fake-fact-checks-are-being-used-to-spread-disinformation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">enquête</a> du journal Propublica qui avait enquêté sur les faux organismes de vérification des faits publiés sur les réseaux sociaux russes. Le professeur a conclu en comparant la stratégie russe d’information et de propagande à celle de la Chine. Pendant la foire aux questions, le Pr Tymofii Brik a assuré qu’il vérifiait méthodiquement si une information reçue était vraie ou fausse.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, la professeure d’histoire moderne russe à McGill, Kristy Ironside, a discuté des enjeux économiques de la guerre. Tout d’abord, il y a eu des sanctions économiques venant des pays occidentaux contre la Russie. Selon la Pre Ironside, ces sanctions punitives ont eu des <a href="https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2022-03-02/guerre-en-ukraine/face-aux-sanctions-l-economie-russe-tente-de-survivre.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">effets importants</a> sur l’économie russe. La Russie – endettée depuis l’annexion de la Crimée de 2014 – est qualifiée comme étant «<em>au bord du précipice</em>» par la Pre Ironside. Par exemple, elle a souligné le chômage massif dans les secteurs financiers. Avec les prix qui augmentent de façon significative, la Pre<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-edito-color"> </mark></strong>Ironside a spéculé que la Russie pourrait nationaliser certains produits tels que le sarrasin. Par ailleurs, plusieurs compagnies<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-edito-color"> </mark>comme McDonald’s ont mis leurs opérations sur pause <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">en Russie</mark> – une décision qui a entraîné une augmentation du taux de chômage.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Le personnel et les étudiants de l’École aident comme ils peuvent: en envoyant des fournitures médicales à ceux et celles en première ligne ou en aidant des personnes âgées qui vivent seules en achetant leur épicerie</em>»</p><cite>Tymofii Brik, professeur à l’École d’économie de Kyiv </cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Ukraine: membre de l’Union Européenne?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-edito-color"></mark></strong>Maria Popova, professeure de science politique à McGill et titulaire de la Chaire Jeanne Monnet, a soutenu que l’Ukraine méritait d’être acceptée comme membre officiel de l’Union européenne (UE). <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">Pre</mark> Popova a souligné l’héroïsme du président ukrainien Volodymyr Zelensky ainsi que la maturité politique de l’Ukraine en tant que pays libéral et démocratique. «<em>L’Ukraine est en avance par rapport à d’autres pays de l’Union Européenne vis-à-vis des réformes judiciaires mises en place</em>», a‑t-elle expliqué. Toutefois, le 10 mars dernier, les chefs d’État et de gouvernement de l’UE <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1868228/ue-memrbe-ukraine-procedure-speciale-guerre" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ont refusé</a> l’adhésion rapide de l’Ukraine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la présentation de la Pre Popova, une trentaine de minutes a été consacrée aux questions. Parmi elles figurait une question sur le réalisme comme prisme d’analyse: ce courant de pensée permet<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">-il</mark><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-culture-color"> </mark></strong>de saisir les enjeux politiques de la crise<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">?</mark> L’analyse réaliste de la crise – soutenue par le politologue John Mearsheimer – jette le blâme de la crise sur les pays occidentaux de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et «<em>leur politique expansionniste</em>». Le réalisme rejette et ignore «<em>le rôle de la Russie dans le conflit</em>». Comme l’explique Maria Popova, «<em>Poutine avait le choix d’envahir ou pas</em>».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant aux rumeurs d’une Troisième Guerre mondiale: selon un <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1866658/conflit-ukraine-perception-impact-canada-3e-guerre-aide-armee" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">sondage</a> réalisé par la firme Léger, 89% des Canadien·ne·s se disent être préoccupé·e·s par le conflit. Alors que la Russie et l’Ukraine ont entamé une nouvelle session de <a href="http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1868705/ukraine-russie-guerre-diplomatie" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">négociations</a> le 14 mars dernier, les bombardements aériens <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1868661/jour-18-guerre-ukraine-bombardement-russe-pression-kiev" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">persistent</a>  toujours autour de Kyiv. </p>
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		<title>Ta peau papier de soie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/ta-peau-papier-de-soie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Florence Lavoie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[antiquité]]></category>
		<category><![CDATA[lesbienne]]></category>
		<category><![CDATA[LGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Quat sous]]></category>
		<category><![CDATA[saphisme]]></category>
		<category><![CDATA[sappho]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sappho au Théâtre de Quat'Sous.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">À travers la parole de cinq femmes de tous âges surgit celle de Sappho, poétesse antique originaire de l’île de Lesbos, dont l’œuvre ne nous est parvenue que par quelques fragments. Sappho: la Lesbienne, à la fois celle qui vient de Lesbos et celle qui aime les femmes. Celle qui trouble l’ordre patriarcal de son temps – et du nôtre. Cinq personnages, cinq femmes&nbsp;lesbiennes: Sacha, Chloé, Ariane, Joris et Denise, dans ce texte de Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent, respectivement interprétées par Nathalie Claude, Katia Lévesque, Florence Blain Mbaye, Alix Mouysset et Muriel Dutil. Leurs chemins se croisent chez Denise, dont la maison – on la nomme Maison des Muses, on pense un gynécée grec – fait office depuis des décennies de lieu d’échange et de création. Lieu de refuge, d’amitié: les femmes qui y ont passé sont nombreuses, se sont nourries les unes les autres, en orbite autour de l’œuvre de Sappho et de Denise, la Sappho de Montréal. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Denise travaille sur un <em>scrapbooking </em>qui raconte la vie de la poétesse. On en trouve des échos à travers l’histoire, des traces laissées par une femme qui ne se laisse pas oublier, non sans peine: beaucoup de ses poèmes ont été brûlés. C’est que Sappho dérange. Denise veut restituer son héritage, lui donner sa juste place. La pièce est alors entrecoupée de bribes de la vie de Sappho – son enfance, son œuvre, son legs –, narrées par les personnages et appuyées par des images rétroprojetées.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Sappho</em>, c’est la célébration de l’amour entre femmes; du corps libéré du regard mâle, avec son langage et son carcan; de la jouissance; de la poésie»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les murs perdent leur tapisserie et l’endroit s’étiole, mais l’ambiance est douce, toute en pastels et en couleurs terreuses – il faut protéger l’héritage de Denise en plus de celui de Sappho. C’est un chez-soi où naît et fleurit la <em>philia</em>, à la frontière entre amitié et amour, car chez Denise, les femmes se serrent les coudes et l’amitié est lieu de combat. L’homme est loin de la maison de Denise. Les dynamiques qui circulent entre ces mères, filles, amantes et amies fleurissent en marge du patriarcat. Ce n’est plus la femme, ce sont les femmes, toutes à la fois, plurielles, dans toute leur poésie. Les femmes, désessentialisées – elles ne sont plus une idée, elles prennent corps, prennent langage. Car il s’agit bien du langage féminin dont il est question, celui à inventer, loin du langage construit par et pour les hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sappho</em>, c’est la célébration de l’amour entre femmes; du corps libéré du regard mâle, avec son langage et son carcan; de la jouissance; de la poésie. À ceux qui conquièrent, qui percent les glaces, je dis: taisez-vous, laissez-nous danser.</p>
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		<title>Nouveau regard sur l’écriture d’Émile Ollivier&#160;</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/nouveau-regard-sur-lecriture-demile-ollivier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ophélie Proulx-Giraldeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[étrangeté]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[littérature francophone]]></category>
		<category><![CDATA[littérature québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[merveilleux]]></category>
		<category><![CDATA[mystère]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mère-Solitude : un roman où la singularité de l’enquête déjoue le lecteur.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Emile Ollivier (1940–2002) est un écrivain méconnu du public québécois. Issu de la diaspora haïtienne, il a principalement été retenu pour la qualité «migrante» de son œuvre. C’est donc surtout dans une perspective biographique, thématique et identitaire que la critique s’est penchée sur son œuvre. L’écriture d’Ollivier renferme cependant une complexité formelle déroutante qui mérite une attention particulière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son roman <em>Mère-Solitude,</em> Ollivier s’inspire de la structure de l’enquête traditionnelle (énigme, enquêteur, témoins, dévoilement) pour mettre en lumière la quête identitaire de Narcès Morelli, dernier descendant d’une famille dont les origines remontent à l’époque coloniale de Trou-Bordet – ville où se déroule l’action de <em>Mère-Solitude</em> et ancien nom de Port-au-Prince. Dans les premières pages du roman, Narcès s’interroge sur les événements qui ont mené à la mort de sa mère, Noémie Morelli. S’il se souvient bien du jour où elle a été pendue sur la place publique, les circonstances ayant mené à cette fin tragique demeurent nébuleuses. C’est ainsi qu’il implore Absalon Langommier, domestique des Morelli, de lever le voile sur la mort de sa mère. Aussitôt, le témoignage d’Absalon ouvre la porte à une forêt de souvenirs qui enchevêtrent le destin de Narcès à celui de son pays: «Toute mort évoque d’autres morts.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Aussitôt, le témoignage d’Absalon ouvre la porte à une forêt de souvenirs qui enchevêtrent le destin de Narcès à celui de son pays: “Toute mort évoque d’autres morts”»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Si le lecteur s’attend à retrouver les paramètres habituels du récit d’enquête, c’est-à-dire une énigme qui s’éclaircit peu à peu grâce au travail d’un enquêteur, il se voit plutôt dérouté par une accumulation de mystères qui ne font qu’opacifier le récit. Ici, ce n’est plus le crime ou le coupable qui intéresse Ollivier, ce sont plutôt les marges de l’enquête qui sont au centre de son récit. Dans un style à la croisée des chemins entre le baroque (soucis du détail, extravagances, démesure et ostentation), le nouveau roman (intérêt pour la déconstruction de la forme) et le réalisme merveilleux (esthétique caribéenne où le merveilleux, l’occulte et l’étrange interviennent dans un univers réaliste), Ollivier propose une enquête qui implique à la fois ses personnages et son lecteur. D’un côté, à travers des témoignages où s’entremêlent vaudou, légendes et rumeurs, le protagoniste-enquêteur Narcès devra tenter de percer le mystère de ses origines familiales. D’un autre côté, le lecteur devra lui aussi s’investir du rôle d’enquêteur pour décoder un texte où les ellipses, les oscillations narratives et les récits enchâssés ne font que complexifier sa lecture.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Si le lecteur s’attend à retrouver les paramètres habituels du récit d’enquête, c’est-à-dire une énigme qui s’éclaircit peu à peu grâce au travail d’un enquêteur, il se voit plutôt dérouté par une accumulation de mystères qui ne font qu’opacifier le récit»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ne serait-ce que pour savourer le sentiment d’être complètement déjoué par le texte ou pour découvrir un univers qui tente d’élargir notre perception du réel, il faut s’y arrêter. <br></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/nouveau-regard-sur-lecriture-demile-ollivier/" data-wpel-link="internal">Nouveau regard sur l’écriture d’Émile Ollivier&nbsp;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La parité dans le journalisme? Et au Délit?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/la-parite-dans-le-journalisme-et-au-delit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louise Toutée]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[égalité]]></category>
		<category><![CDATA[égalité des sexes]]></category>
		<category><![CDATA[équité]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[inégalité]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme étudiant]]></category>
		<category><![CDATA[Journée internationale des droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Le délit]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[minorités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=47743</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les inégalités de genres sont toujours probantes dans les médias.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/la-parite-dans-le-journalisme-et-au-delit/" data-wpel-link="internal">La parité dans le journalisme? Et au Délit?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">La Journée internationale des droits des femmes, qui se déroulait le 8 mars, est l’occasion pour nombre d’organisations œuvrant dans divers domaines de s’interroger sur la présence des femmes dans leurs rangs, mettre en lumière des inégalités persistantes ou, au contraire, célébrer une représentation paritaire. Le monde du journalisme n’y fait pas exception: plusieurs ont saisi cette occasion pour souligner la place disproportionnée qu’occupent toujours les hommes dans les médias, que ce soit en tant que journalistes ou en tant que sujets couverts par les médias d’information. En effet, le Projet mondial de monitorage des médias <a href="https://whomakesthenews.org/wp-content/uploads/2021/08/GMMP-2020.Highlights.fre_.FINAL_.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">rapportait en 2020</a> que le pourcentage de sources et de sujets<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-societe-color"> </mark></strong>féminins à la radio, dans les journaux et à la télévision s’élevait à seulement 25%. De plus, seuls 40% des reportages étaient réalisés par des femmes. Notre propre journal, <em>Le Délit</em>, échappe à première vue à cette tendance: notre conseil de rédaction est pratiquement paritaire, et nous publions dans nos pages un mélange apparemment équilibré de textes écrits par des femmes et des hommes. Mais que découvre-t-on lorsque l’on pousse l’analyse un peu plus loin?</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Dans la section Opinion du <em>Délit</em>, environ 80% des articles dans les deux dernières années ont été écrit par des hommes, et aucun texte écrit par une femme n’a été publié depuis plus d’un an»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">C’est en s’intéressant à la différence entre les différentes sections du <em>Délit</em> que des inégalités préoccupantes se révèlent. Dans la section Philosophie, environ 70% des articles ont été écrits par des hommes depuis la création de la section – proportion qui perd quelques points lorsque l’on exclut les contributions des éditeur·rice·s de la section (dont deux sur trois étaient des hommes). De façon similaire, environ 80% des articles dans la section Opinion ont été écrit par des hommes lors des deux dernières années. De plus, aucun texte écrit par une femme n’y a été publié depuis plus d’un an. Dans les articles écrits par des femmes, une portion non négligeable porte sur des thèmes genrés comme le féminisme, la place des femmes dans l’histoire, l’équité menstruelle ou les agressions sexuelles. Ainsi, bien peu de femmes écrivent sur les thèmes autrement dominants au sein de la section Opinion comme la politique, l’histoire, l’environnement ou le droit. Dans la section Actualités, le constat est similaire: environ les deux-tiers des articles des deux dernières années ont été écrits par des hommes – bien que ce chiffre soit encore une fois fortement influencé par le genre des éditeur·rice·s, qui écrivent beaucoup de ces articles. Un tout autre portrait se dessine dans la section Culture: les articles écrits par des femmes (dans les deux dernières années) y sont en faible majorité (environ 55%), et les proportions deviennent pratiquement égales en excluant les articles des éditeur·rice·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«En 2020, à l’échelle mondiale,&nbsp;seuls 20% du contenu médiatique relatif à la politique avait pour sujet ou comme source une femme»</p><cite>Projet mondial de monitorage des médias</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tendance est loin d’être exclusive au <em>Délit</em>. Un <a href="https://womensmediacenter.com/assets/site/reports/2014-statistics/2e85f9517dc2bf164e_htm62xgan.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">rapport</a> de 2014 traitant de la parité médiatique aux États-Unis rédigé par le<em> Women’s Media Center </em>(WMC) (Centre médiatique pour les femmes) révélait que les femmes, bien que minoritaires dans tous les domaines de journalisme, étaient plus nombreuses à écrire en culture, santé et mode de vie, alors que leur présence était nettement inférieure dans les sujets liés à la politique, la justice et l’économie. Par exemple, seuls<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-edito-color"> </mark></strong>32% de la couverture relative à la politique internationale était faite par des femmes, alors que ce chiffre s’élevait à 49% en culture. À l’échelle mondiale, les chiffres du rapport du Projet mondial de monitorage des médias datant de 2020 et mentionné précédemment sont encore plus alarmants. Seuls 20% du contenu médiatique relatif à la politique avait pour sujet ou comme source une femme. L’opinion est un domaine où cette inégalité est également très saillante. Comme l’affirme le rapport du WMC qui s’est concentré sur certains grands médias américains, les chroniqueurs étaient plus nombreux dans une proportion de deux contre une au<em> Wall Street Journal</em>, de plus de trois contre une au <em>Washington Post</em> et de cinq contre une au <em>New York Times</em>. Pour ce qui est de la philosophie, bien que ce sujet soit moins présent dans les médias traditionnels, les chiffres du <em>Délit</em> reflètent encore une fois une réalité plus large: selon <a href="https://www.princeton.edu/~sjleslie/expectations%20of%20brilliance.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une étude</a> de 2011, seulement 31% des doctorant·e·s en philosophie aux États-Unis étaient des femmes, faisant de la philosophie (pour cette mesure) le champ académique le moins paritaire, sciences naturelles et humaines confondues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les médias, dont <em>Le Délit</em>, doivent mettre la main à la pâte pour augmenter la présence de femmes dans les rangs de leurs contributeur·rice·s ainsi que la présence de voix féminines dans leur contenu journalistique, en particulier dans les sujets dominés par les hommes. Les journalistes peuvent par exemple tenter de diversifier les sources citées dans leurs articles en faisant un effort conscient pour privilégier les voix féminines lorsque vient le temps d’interroger des expert·e·s. Il est également important de comptabiliser le nombre d’articles écrits par des femmes ou mettant de l’avant des femmes afin de déceler de possibles débalancements. Depuis 2017, à travers le <em>50:50 Project</em>, des journalistes et des producteur·rice·s de la BBC (British Broadcasting Corporation) s’attaquent à ce problème en contrôlant méticuleusement les personnes qu’il·elle·s mettent devant la caméra, dans le but d’atteindre une représentation des sexes paritaire chaque mois. Les <a href="https://hbr.org/2019/06/tackling-the-underrepresentation-of-women-in-media" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">résultats</a> impressionnants démontrent qu’une recherche active de contributrices peut faire la différence: 74% des 500 émissions et équipes participantes mettaient de l’avant autant d’intervenantes que d’intervenants, deux ans après le début du programme.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Le Délit</em> encourage vivement toutes les femmes et les autres membres de communautés sous-représentées dans les médias à contribuer dans ses pages»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, les pistes de solutions commencent souvent par une prise de conscience de la part des employé·e·s de médias d’information et par le fait de porter une attention particulière à l’enjeu de la parité. Cet enjeu se présente évidemment de façon différente dans les médias étudiants, où nos ressources, notamment en termes de bassin de contributeur·rice·s potentiel·le·s, sont plus limitées. Néanmoins, il demeure qu’un effort ciblé en ce qui concerne la parité pourrait contribuer à réduire ces inégalités dans le futur. <em>Le Délit</em> poursuit cet objectif et encourage vivement toutes les femmes et les autres membres de communautés sous-représentées dans les médias à contribuer dans ses pages, au sein desquelles nous espérons que vous trouverez un porte-voix.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/la-parite-dans-le-journalisme-et-au-delit/" data-wpel-link="internal">La parité dans le journalisme? Et au Délit?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>«Rien n’est réel que je ne l’écrive»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/rien-nest-reel-que-je-ne-lecrive/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anna Klein]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits de philosophe]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[réel]]></category>
		<category><![CDATA[Virginia Woolf]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=47729</guid>

					<description><![CDATA[<p>Portrait de Virginia Woolf, icône de la lutte pour l'égalité des sexes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/rien-nest-reel-que-je-ne-lecrive/" data-wpel-link="internal">«Rien n’est réel que je ne l’écrive»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Virginia Woolf est l’une des figures féministes les plus importantes de l’histoire. Élevée dans une famille cultivée de la société victorienne, elle connaît dès le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">plus</mark> jeune âge l’exclusion des femmes dans la société lorsque son père, diplômé de l’Université de Cambridge, ne lui offre pas l’entrée dans cette prestigieuse école. Il lui laisse cependant un accès illimité à la bibliothèque familiale, où elle passe beaucoup de temps à lire et à développer son talent pour les lettres. Son œuvre ne se fixera sur aucun genre: elle écrira des essais, des romans, des nouvelles et du théâtre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1929, l’écrivaine publie son premier essai que l’on dirait féministe, <em>Une Chambre à soi</em>. Récemment retraduit par <em>Une pièce à soi </em>(ce nouveau titre permet de transcender l’assimilation traditionnelle des femmes à la sphère domestique), l’ouvrage relate une enquête semi-fictive teintée d’ironie où la narratrice arpente les bibliothèques à la recherche de livres consacrés aux femmes. Si elle trouve que beaucoup de livres sont dédiés aux femmes, quasiment tous sont écrits par des hommes. La narratrice s’interroge alors: pourquoi n’y a‑t-il pas davantage de femmes écrivaines? Écartant immédiatement le point de vue essentialiste, qui supposerait une différence naturelle entre les qualités d’écriture des hommes et celles des femmes, Woolf apporte une réponse matérialiste à la question: les racines de l’oppression des femmes se trouvent dans leurs conditions économiques subalternes. Selon l’autrice, une femme qui écrit a besoin d’un lieu où se retrouver seule et d’une quantité suffisante d’argent pour s’assurer une certaine autonomie. Or, au début du 20<em>e</em> siècle, très peu de femmes britanniques disposent de ces deux éléments indispensables – par exemple, ce n’est qu’en 1965 qu’elles obtiennent le droit de posséder un compte bancaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Une femme qui écrit a besoin d’un lieu où se retrouver seule et d’une quantité suffisante d’argent pour s’assurer une certaine autonomie»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Au début du 20<em>e</em> siècle, sous l’ère édouardienne, le puritanisme victorien se dissipe: les femmes ont davantage accès à l’emploi et sont plus actives. Les femmes qui écrivent commencent à montrer qu’elles peuvent gagner leur vie. Pour Woolf, la femme moderne qui souhaite s’émanciper ne devrait pas continuer à écrire avec la rigidité d’une autrice du passé. Au contraire, rompre avec la tradition d’un monde littéraire dominé par les hommes nécessite de briser les phrases un peu trop agréables, rassurantes ou poétiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puisque son œuvre n’est pas toujours facile à lire, Woolf a besoin de lecteurs et lectrices suffisamment motivées. L’écrivaine tient plusieurs conférences dans des usines afin de rencontrer les ouvrières et de les convaincre qu’il est indispensable d’étudier et de lire. Woolf assume le fait qu’il relève de son intérêt personnel en tant qu’autrice que tout le monde sache lire et écrire mais, par-dessus tout, elle est certaine que la démocratie exige que le peuple soit éduqué. C’est d’ailleurs une des convictions du <em>Bloomsbury Group</em>, cercle composé d’écrivains, d’intellectuels, de philosophes et de peintres que Virginia Woolf fonde avec sa sœur Vanessa Bell et son frère Thoby Stephen. Se retrouvant au cœur de l’effervescence intellectuelle de l’époque, le <em>Bloomsbury Group</em> prône la liberté de parole, le non-conformisme, la critique du pouvoir établi et l’égalité entre les femmes et les hommes. Dans le recueil d’articles <em>Les livres tiennent tout seuls sur leurs pieds</em>, Woolf montre, à travers un chapitre intitulé «L’artiste et la politique», la nécessité pour les artistes de prendre des positions politiques. Selon elle, l’art n’existe pas en dehors de la politique car l’artiste fait partie de la société.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La femme moderne qui souhaite s’émanciper ne devrait pas continuer à écrire avec la rigidité d’une autrice du passé»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Woolf croit à l’efficacité des mots. À la manière du psychiatre et psychanalyste Jacques Lacan pour qui «un fait n’existe que d’être dit», l’écrivaine confie dans le journal intime qu’elle tient depuis l’âge de 15 ans: «Je suis faite de telle sorte que rien n’est réel que je ne l’écrive». Woolf emploie le «courant de conscience», une technique d’écriture qui vise à retranscrire sans interruption le processus de la pensée. Elle couche sur le papier ses impressions, ses sentiments et ses sensations pour leur donner une réalité, et surtout pour que celle-ci lui soit plus douce et supportable. C’est notamment à travers l’écriture de son roman <em>La Promenade au phare</em> (1927) qu’elle parvient à apaiser la douleur du deuil de sa mère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">→ Voir aussi: <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/le-delire-de-la-biographie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Le délire de la biographie</a> </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’œuvre de Woolf s’inscrit dans la littérature féministe comme une œuvre visionnaire et intemporelle. À chaque grande vague féministe, Woolf se retrouve à nouveau sous le feu des projecteurs. Dans <em>Une Pièce à soi</em>, par exemple, l’écrivaine fait preuve d’une très grande audace vis-à-vis des hommes. Elle y illustre la vanité de certains d’entre eux à travers le récit d’un homme expliquant à une femme le livre dont elle est elle-même l’autrice – une attitude aujourd’hui connue sous le nom de mecsplication (ou <em>mansplaining</em>) et souvent dénoncée par les féministes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Woolf est résolument en avance sur son temps. Ses textes ainsi que sa biographie témoignent de la difficulté qu’elle éprouve à vivre en harmonie avec son époque. Elle met fin à ses jours en 1941, alors qu’elle est tiraillée à la fois par la crainte d’un retour de sa maladie mentale et par les raids aériens de l’armée allemande qui survolent l’Angleterre et hantent son esprit. Aujourd’hui, la personnalité complexe de Woolf reste un objet de fascination, comme en témoigne le nombre incalculable de romans, de pièces de théâtre et de films qui mettent en scène sa vie.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/rien-nest-reel-que-je-ne-lecrive/" data-wpel-link="internal">«Rien n’est réel que je ne l’écrive»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Une course serrée à l’AÉUM</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/15/une-course-serree-a-laeum/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marco-Antonio Hauwert Rueda]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Mar 2022 13:05:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse politique]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[Campagne électorale]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[elections ssmu]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Politique étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[président]]></category>
		<category><![CDATA[SSMU]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=47758</guid>

					<description><![CDATA[<p>Portrait des candidat·e·s à la présidence de l'AÉUM.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/15/une-course-serree-a-laeum/" data-wpel-link="internal">Une course serrée à l’AÉUM</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Les élections de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) pour l’année 2022–2023 <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">ont commencé le lundi 14 mars dernier</mark> et la course à la présidence a l’air <a href="https://elections.ssmu.ca/past-elections/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plus contestée</a> qu’elle ne l’a été dans les dernières années. Les candidat·e·s sont Bryan Buraga, Julian Guidote et Risann Wright, trois personnes avec une grande expérience au sein de l’AÉUM qui promettent de transformer l’Association pour la rendre plus représentative, plus accessible, plus transparente – en somme, plus fonctionnelle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le·a futur·e président·e se verra dans une <a href="https://ssmu.ca/a-propos/organigramme/?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">position unique</a> pour mettre en œuvre ces ambitions, puisqu’il·elle se chargera d’établir la vision de l’Association à travers son implication dans tous les portfolios de l’équipe exécutive et dans toutes les instances gouvernantes de l’Université. Qui sont donc les trois candidat·e·s postulant pour la présidence cette année? <em>Le Délit</em> s’est entretenu en longueur avec chacun·e d’entre eux·lles afin de pouvoir dresser un tableau de leurs compétences, de leurs expériences et de leurs aspirations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">→ Voir aussi: <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/14/le-debat-des-candidats-de-laeum/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Le débat des candidat·e·s</a> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qui sont les candidat·e·s?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’est-ce qui pousse une personne à postuler pour le poste de président·e? La question est pertinente, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">d’autant plus</mark> que les trois candidat·e·s avaient déjà de multiples positions et responsabilités avant de se présenter.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Risann Wright a occupé de nombreuses fonctions au sein de l’AÉUM depuis son entrée à McGill en 2019. Elle a dirigé plusieurs comités de l’Association, ayant été commissaire aux Affaires noires, commissaire aux Affaires externes, commissaire à la Défense des intérêts des étudiant·e·s et s’étant <a href="http://9b6f09aa.websites.looka.com/copy-of-home" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">impliquée</a> dans d’autres comités en tant que membre. De plus, elle a été sénatrice à la Faculté des Arts, vice-présidente du Réseau des étudiant·e·s noir·e·s (<em>Black Students” Network</em>, BSN) ainsi qu’exécutante au <em>McGill Policy Association </em>(MPA).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Risann est la femme aux mille et une responsabilités. Pourquoi alors abandonner ces autres postes – ou, du moins, une partie de ceux-ci – et tenter de devenir présidente de l’AÉUM? «<em>Je me suis présentée aux élections parce que c’était nécessaire</em>», affirme-t-elle. «<em>Des changements sont nécessaires, surtout en vue des problèmes structurels et systémiques qui sévissent. J’ai l’expérience unique et les outils pour effectuer ces changements</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bryan Buraga, de son côté, ne manque pas non plus d’expérience au sein de l’Association. Il avait déjà occupé le poste de président pendant l’année 2019–2020, l’année d’arrivée de Risann à McGill. Il a aussi occupé les postes de représentant du caucus du Sénat et de représentant étudiant au sein du Conseil judiciaire de l’AÉUM. Bryan veut miser sur son expérience institutionnelle pour convaincre les étudiant<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">·e·s</mark> de l’élire. «<em>Étant donné mon expérience et mes connaissances, je saurais exactement où pincer la Constitution et les Règlements internes</em> [pour] <em>rendre l’AÉUM plus démocratique</em>». Le candidat <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/02/09/entrevue-avec-bryan-buraga-sur-linitiative-de-democratisation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">considère</a> la structure actuelle de l’Association comme «<em>très oligarchique</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un an après sa sortie du poste de président en 2020, Bryan a commencé à militer pour l’Initiative de démocratisation de l’union étudiante de McGill, qui a été approuvée au référendum étudiant avec 78% des voix (l’élection avait un <a href="https://elections.ssmu.ca/wp-content/uploads/2021/11/Fall-Referendum-2021-Results.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">taux de participation</a> de 19,5%, dont près de 40% se sont abstenu·e·s sur la question). L’Initiative a pour but de décentraliser et d’égaliser l’AÉUM et l’ensemble des associations étudiantes mcgilloises. «<em>Dernièrement, j’ai ressenti un sentiment de responsabilité d’utiliser les compétences et connaissances que j’ai acquises pour revenir et régler les problèmes structurels de l’AÉUM</em>», explique-t-il.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">→ Voir aussi: <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/02/09/entrevue-avec-bryan-buraga-sur-linitiative-de-democratisation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Bryan Buraga sur l’Initiative de démocratisation</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Julian Guidote, quant à lui, a probablement le parcours le plus atypique des trois candidat·e·s. Il a dédié la totalité de son premier diplôme (il est actuellement dans sa première année de droit) à McGill à s’impliquer dans des organisations traitant de santé mentale. Il a été coprésident de LGBTQ+ <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">au cégep de</mark> Marianopolis, président du syndicat Jeunesse J’écoute et, à l’AÉUM, a agi comme coordonnateur du Plaidoyer pour la santé mentale.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi ce saut soudain à la politique étudiante? Julian dit avoir «vu un besoin de mettre de côté l’idée de la politique et de mettre de l’avant l’idée de prendre soin de soi, de prendre soin de nos proches». Il considère que son parcours l’a naturellement mené à postuler maintenant; il pense se trouver dans une position unique pour offrir l’opportunité aux étudiant·e·s de se rassembler après l’isolement de la pandémie et de tisser des liens entre eux<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">·lles</mark>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Combattre les défauts systémiques</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les principaux thèmes abordés par les candidat·e·s se retrouve l’idée que la structure de l’AÉUM est inéquitable. Comme le dit Bryan, «<em>les structures de l’AÉUM ont une tendance à privilégier les plus aisés de la société: les hommes blancs, cisgenres, hétérosexuels et non-racisés, généralement</em>». Par conséquent, poursuit-il, «<em>ces structures tendent à maintenir et perpétuer certains systèmes d’oppression que nous avons vu si clairement cette année</em>». Le candidat fait référence aux allégations de discrimination sexiste au sein de l’Association qui ont été véhiculées par la presse étudiante cette dernière année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">→ Voir aussi: <a href="https://www.mcgilldaily.com/2021/09/sexism-and-silence-in-ssmu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"><em>The McGill Daily</em>: Sexism and Silence in SSMU</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Risann pense aussi qu’il est «<em>inacceptable que les femmes qui travaillent</em> <em>à l’AÉUM</em> <em>ne se sentent pas en sécurité</em>». Elle a d’ailleurs plusieurs propositions spécifiques pour promouvoir l’équité au sein de l’AÉUM. Tout d’abord, elle prévoit réviser les politiques de l’Association, notamment en ce qui a trait aux processus de plainte, pour s’assurer «<em>qu’ils soient plus accessibles</em>» et «<em>qu’il n’y ait pas de conflit d’intérêts</em>». Ensuite, elle aimerait renforcer les positions de coordonnateur·rice·s anti-violence de l’AÉUM, en y plaçant des travailleur·euse·s à temps partiel plutôt que du personnel occasionnel, comme c’est le cas actuellement. Elle aimerait aussi élaborer un «<em>plan d’inclusion, de diversité et d’équité</em>» à long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout au long de l’entrevue, Risann a mis l’accent sur l’importance d’effectuer des consultations pour toutes les décisions qu’elle propose. «<em>Tout mon programme</em> <em>est sujet à changement</em>», affirme-t-elle. Tout comme elle, Julian insiste pour que «la priorité [soit] toujours donnée à l’écoute». «Nous avons vu beaucoup de règles centrées sur la protection des étudiants et le maintien de leur sécurité, et nous avons vu beaucoup d’améliorations à cet égard», applaudit-il. Le candidat propose de continuer cet effort en mettant l’accent sur la santé mentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Démocratiser l’Association</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les trois candidat·e·s sont d’accord sur le fait que le conseil d’administration de l’AÉUM n’a pas convenablement répondu aux plaintes des personnes les plus défavorisées. Au cœur de ces défaillances, prétendent-il·elle·s, seraient la structure et les pratiques insuffisamment démocratiques de l’Association. D’après Bryan, «<em>il y a un certain esprit conservateur qui accompagne le fait de siéger au conseil d’administration: vous faites tout ce qu’il faut pour protéger l’institution, et cela vous rend réticent à prendre des mesures fortes lorsque celles-ci sont nécessaires</em>».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bryan se présente comme <em>le</em> candidat de la démocratisation. Il propose de restructurer l’AÉUM afin de «<em>réduire la hiérarchie et </em>[de] <em>répartir le pouvoir autant que possible</em>». Plus précisément, il veut remplacer le système de décision actuel par un système d’assemblées générales mensuelles ou bi-mensuelles, où les étudiant·e·s peuvent influencer directement les mandats des exécutant·e·s. «<em>Au lieu d’avoir des exécutant·e·s qui travaillent 40 heures par semaine, on diviserait les portfolios des positions exécutives dans plusieurs emplois à temps partiel où les gens ne travailleraient que 15 heures par semaine.</em>» Cela permettrait à davantage d’étudiant·e·s de participer à la gouvernance étudiante tout en établissant un modèle de prise de décision plus collectif, selon lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Questionné pour savoir si ce serait réaliste d’espérer qu’autant d’étudiant·e·s veuillent participer à la gouvernance étudiante, le candidat pense que ce serait en effet possible, mais seulement à plus long terme et avec une mobilisation massive. «<em>Le fait que les étudiant·e·s s’expriment sur leur faible engagement et sur le fait qu’ils ne se sentent pas représentés montre que les gens se soucient de l’AÉUM. C’est juste qu’il·elle·s ne veulent pas perdre leur temps et leurs efforts à mettre leurs ressources et leur énergie dans un système sur lequel ils sentent fondamentalement n’avoir aucun contrôle.</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous·tes les candidat·e·s conviennent que la priorité devrait être la protection de valeurs justes et démocratiques, au-delà même des intérêts corporatifs des exécutant·e·s. Sinon, «<em>les implications à long-terme sont la perte de confiance et l’apparence de corruption</em>», comme ce serait actuellement le cas selon Bryan.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Risann, en effet, les étudiant·e·s «<em>ne se sentent pas représenté·e·s par leur association étudiante</em>». Pour y remédier, elle propose de créer une plateforme virtuelle centralisée où les étudiant·e·s peuvent voir toutes les initiatives de l’AÉUM et les commenter. Cela permettrait aux étudiant·e·s de se sentir plus entendu·e·s et à l’Association d’obtenir plus de rétroaction<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-actu-color"> </mark></strong>de la part du corps étudiant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Julian pense aussi que les déclarations politiques de l’Association manquent parfois de consultation. «Il est important de faire connaître ses valeurs et il est correct de les exprimer dans des temps qui sont appropriés et qui répondent aux réalités du jour, mais chaque déclaration devrait être précédée et suivie par l’écoute active et l’invitation aux opinions des étudiant<em>·</em>e<em>·</em>s.»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">→ Voir aussi: <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/12/01/pourquoi-mcgill-prefere-t-elle-que-son-association-etudiante-ne-parle-pas-de-hong-kong/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">L’AÉUM se prononce sur les tensions entre Hong Kong la Chine</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une AÉUM plus proche</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Julian veut que l’AÉUM s’implique dans des projets dont les étudiant·e·s peuvent véritablement profiter. Il propose par exemple de créer une «fête des rues» sur la rue McTavish pour «célébrer les étudiant<em>·</em>e<em>·</em>s de l’Université». Il dit avoir réalisé que l’AÉUM est dans une «position unique» – du fait de sa taille – pour créer des projets qu’aucune autre organisation ne peut mettre en œuvre. «C’est pour ça que mes projets sont si ambitieux», affirme-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec chaque projet, le candidat a établi une liste tentative d’organisations pouvant potentiellement aider à la mise en place. Pour la fête des rues, il a pensé que les partenaires de l’Association qui organisent déjà le marché alimentaire sur la rue McTavish pourraient se charger de réserver la rue, que les organisateur·rice·s de Frosh pourraient offrir du personnel et que plusieurs <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">commanditaires</mark> pourraient fournir l’équipement et la nourriture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Risann veut elle aussi mettre en place des services dont les étudiant·e·s veulent véritablement faire usage. Elle propose la création d’un programme d’épicerie «<em>payez ce que vous pouvez</em>» pour alléger la charge financière des étudiant·e·s en difficulté. Même si elle dit vouloir éviter une demande d’ajout de frais à cet effet au référendum de l’AÉUM, elle admet ne pas être certaine que l’Université ni l’Association puissent financer le programme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bryan, de son côté, veut créer un syndicat des locataires de McGill. «<em>80% des étudiant·e·s sont des locataires, soit 32 000 personnes. En <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">se</mark> syndiquant, on pourrait partager nos connaissances et être en mesure de lutter contre les loyers élevés, les propriétaires.</em>» Il estime que les connaissances sont déjà là puisque l’AÉUM dispose d’un comité de Logements abordables; il s’agirait donc de «<em>se concentrer sur la sensibilisation et l’organisation</em>» avant d’en faire un service officiel de l’AÉUM ou encore un groupe étudiant indépendant – comme la <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">C</mark>linique d’information <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">juridique</mark>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’importance de la francophonie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les trois candidat·e·s sont aussi d’accord quant à la nécessité que l’AÉUM remplisse son mandat et serve ses étudiant·e·s francophones. Les candidat·e·s applaudissent les progrès récents en termes d’accessibilité francophone de l’AÉUM – l’Association dispose désormais d’une traductrice à temps plein – mais il·elle·s déplorent la lenteur d’exécution. C’est le cas de Julian, qui s’est montré visiblement déçu que tous les documents de l’AÉUM ne soient pas disponibles en français. Julian est le seul des trois candidat·e·s à s’être entretenu en français avec <em>Le Délit</em>. Par ailleurs, la Commission des Affaires francophones a officiellement soutenu sa candidature pour la présidence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour aborder le problème de la francisation de l’Association, Risann considère qu’il faudrait commencer à «<em>traiter la communauté francophone comme la minorité qu’elle est</em>». Selon elle, «<em>c’est une question d’équité</em>». Bryan, quant à lui, met l’accent sur l’importance de donner autant de ressources que possible à la Commission des Affaires francophones. «<em>Il·elle·s connaissent mieux que personne les intérêts des étudiant·e·s francophones</em>», explique-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Place au vote</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’élection pour le poste de président·e de l’AÉUM se présente donc hautement compétitive cette année. Bryan Buraga, le candidat de la démocratisation, Julian Guidote, le candidat de la santé mentale ou Risann Wright, la candidate de l’équité? Les étudiant<em>·</em>e<em>·</em>s de premier cycle de l’Université McGill ont du lundi 14 au vendredi 18 pour faire leur choix. Les résultats seront annoncés après 18h, ce vendredi.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/15/une-course-serree-a-laeum/" data-wpel-link="internal">Une course serrée à l’AÉUM</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Le débat des candidats de l’AÉUM</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/14/le-debat-des-candidats-de-laeum/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thomas Fridmann]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Mar 2022 22:11:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Plusieurs candidats ont présenté leurs idées pour les différents postes exécutifs de l’AÉUM.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 9 mars dernier, l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) a tenu un débat virtuel entre les candidats aux positions exécutives pour l’année 2022–2023. Les candidats ont eu l’occasion de présenter leur plateforme électorale en vue des élections qui se tiendront <a href="https://elections.ssmu.ca/upcoming-election/winter-2022-referendum-executive-elections-polling-period/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">du 14 au 18 mars</a>. Le débat est disponible sur <a href="https://www.youtube.com/watch?v=pG2jiSry2fg&amp;list=WL&amp;index=188" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Youtube</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les six postes en jeu, la moitié ont vu un seul candidat se présenter, alors que le poste convoité de président en a vu trois. Le «débat» a plutôt eu l’allure d’une foire aux questions; les candidats ont notamment pu répondre aux questions du public et de l’exécutant en poste. Les discussions ont surtout traité de la santé mentale des étudiants, de l’accessibilité aux ressources de l’AÉUM, de la transparence de l’Association, ainsi que des allégations d’abus de pouvoir de la part des exécutants. <em>Le Délit </em>a aussi contacté les différents candidats afin d’obtenir davantage d’informations vis-à-vis leur position sur le bilinguisme. En voici le compte rendu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">→ Voir aussi: <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/15/une-course-serree-a-laeum/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">La course à la présidence de l’AÉUM</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Plusieurs candidatures incontestées</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En suivant la <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/02/25/elections-a-laeum/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">tendance</a> des dernières années, plusieurs postes exécutifs n’ont reçu qu’une candidature. D’abord, Marco Pizarro s’est présenté pour le poste de vice-président aux Finances. Le v.-p. aux Finances est tenu d’assurer la stabilité administrative de l’AÉUM, en se chargeant, entre autres, de préparer les budgets de l’Association – dépassant les <a href="https://ssmu.ca/wp-content/uploads/2019/11/SSMU-Budget-Presentation-2019-2020.pdf?x21981" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">trois millions de dollars</a> en 2019–2020. Pizarro a notamment fait part de son expérience passée dans des rôles similaires – comme <a href="https://elections.ssmu.ca/winter-2022-executive-candidate-list-and-pensketches/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">trésorier</a> de camps de vacances lorsqu’il étudiait en France. Il a aussi mis l’accent sur la nécessité de rendre les processus financiers de l’AÉUM plus transparents.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, Kerry Yang a été la seule à présenter sa candidature pour le poste de vice-présidente<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-actu-color"> </mark></strong>aux Affaires universitaires. Si elle est élue, elle jouera le rôle de défenseuse des droits de la communauté étudiante vis-à-vis des autres instances de la gouvernance universitaire. En vue de cette responsabilité, Yang a souligné l’importance de la force collective des étudiants avant de reconnaître l’intérêt de garder les étudiants motivés quant aux enjeux abordés par l’AÉUM. Elle a aussi proposer de redonner la possibilité aux étudiants ayant bien performé dans des cours S/U d’obtenir une note.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, pour le poste de vice-présidente aux Affaires externes, la seule candidature soumise a été celle de Val Mansy. Le v.-p. aux Affaires externes se charge de coordonner les activités de l’Association et des divers groupes étudiants, organisations communautaires et syndicats ouvriers du campus. Durant la soirée, Mansy a mis la priorité sur la facilitation d’accès aux ressources de l’AÉUM pour les différentes communautés étudiantes. Elle mise sur la construction de liens solidaires avec les autres associations étudiantes universitaires de Montréal, sans donner davantage de détails.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un champ contesté pour les Affaires internes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le rôle de v.-p. aux Affaires internes, dont la responsabilité principale est de coordonner les communications de l’AÉUM et de planifier des événements sociaux, trois candidates se sont présentées. Jaz Kaur, étudiante de troisième année en sociologie et en psychologie, a insisté sur les enjeux d’accessibilité au sein de l’AÉUM, relevant au passage le travail qu’il restait à faire pour promouvoir le bilinguisme<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-edito-color"> </mark></strong>dans les différents services étudiants. Ananya Seth, l’actuelle co-présidente de l’Association des étudiants indiens de McGill (<em>Indian Students Association</em>, ISA), a quant à elle fait ressortir la nécessité d’améliorer<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-edito-color"> </mark></strong>les communications entre l’AÉUM et les étudiants à travers les réseaux sociaux, sans préciser les problèmes concrets rencontrés. Elle a souligné le manque de représentation des étudiants internationaux à l’AÉUM. La troisième candidate, Cat Williams, étudiante en psychologie, a dit vouloir donner davantage d’opportunités de travail et de stages aux étudiants à travers l’AÉUM, tout en encourageant une plus grande implication au sein-même de l’Association. Elle a également suggéré la création d’une nouvelle application mobile afin de faciliter les échanges entre les exécutants de l’AÉUM et les étudiants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque questionnées sur leurs intentions vis-à-vis de la communauté francophone à McGill, les trois candidates ont, dans l’ensemble, mis l’accent sur un meilleur apprentissage du français pour les anglophones. Kaur a ainsi suggéré un système de mentorat afin de jumeler étudiants francophones et anglophones, dans le but de faciliter l’apprentissage du français pour les anglophones. De son côté, Seth a<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-edito-color"> </mark></strong>proposé un programme de mentorat, tout en donnant davantage d’importance à l’apprentissage du français – au moyen de cours de langue – afin de mieux communiquer dans le milieu francophone montréalais. Williams a prôné des moyens plus «&nbsp;détendus&nbsp;» – sans donner d’exemples – pour les étudiants anglophones de s’impliquer dans les cultures francophones et québécoise. Les trois candidates ont insisté sur l’importance du bilinguisme dans l’AÉUM.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel futur pour la vie étudiante?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre poste disputé a été celui de v.-p. à la Vie étudiante, chargé de mener les relations entre l’AÉUM et les clubs, services et groupes étudiants de l’Université. Le v.-p. à la Vie étudiante se doit aussi d’aborder plusieurs problèmes concernant les étudiants tels que la santé mentale et l’accès aux services.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première candidate, Hassanatou Koulibaly, a manifesté son désir de «<em>revigorer la vie étudiante</em>» et de «<em>prioriser une approche active en ce qui concerne la santé mentale dans les classes</em>». Elle souhaite également utiliser les avantages offerts par les ressources technologiques pour l’organisation d’événements parascolaires, tout en facilitant l’accès à des espaces universitaires pour organiser des activités en personne.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième candidate, Olivia Bornyi, s’est elle aussi dite prête à «<em>prioriser l’accès aux services de santé mentale</em>» en rétablissant une «<em>relation positive et productive entre les membres de l’AÉUM et ses exécutants</em>». Elle a insisté sur l’importance d’atteindre tous les étudiants mcgillois, peu importe leur langue.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à la question d’exiger que les exécutants de l’AÉUM soient bilingues, brièvement abordée durant le débat, les deux candidates se sont dites d’accord pour ne pas le rendre obligatoire. Koulibaly a relevé le besoin des membres exécutifs «<em>d’être représentatifs […] et conscients des langues parlées par les étudiants</em>». Bornyi, quant à elle, a mentionné la nécessité  «<em>d’utiliser davantage la langue française durant les rencontres et dans les méthodes de publication et de communication de l’AÉUM</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La course à la présidence</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dernier poste présenté pendant l’événement a été celui de président de l’AÉUM. Ce dernier est le dirigeant principal de l’Association et se charge d’assister tous les autres portefeuilles. Trois candidats se sont relayés la parole afin de présenter leur plateforme électorale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Julian Guidote, actuel coordonnateur du Plaidoyer à la Santé mentale de l’AÉUM, a notamment proposé la mise en place d’une transcription en français des réunions de l’AÉUM, dans une optique d’accessibilité. Il s’est d’ailleurs efforcé de répondre à la plupart des questions en français et en anglais.&nbsp;De plus, la Commission des Affaires Francophones (CAF) a décidé de <a href="https://www.facebook.com/cafssmu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">soutenir</a> sa candidature. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième candidate, Risann Wright, qui a occupé plusieurs rôles au sein de l’AÉUM allant de sénatrice de la Faculté des arts à commissaire aux Affaires noires, s’est plutôt concentrée sur l’amélioration de la transparence de l’AÉUM et la protection des étudiants vulnérables au moyen d’accommodements. Par ailleurs, elle a proposé d’allouer davantage de ressources au Bureau de soutien aux étudiants en situation de handicap de McGill.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dernier candidat, président de l’AÉUM entre 2019 et 2020, Bryan Buraga, a de son côté mis l’accent sur le besoin des étudiants de rester soudés et de poser des gestes collectifs afin d’obtenir des changements concrets de la part de McGill. Son dicton préféré<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-edito-color"> </mark></strong>: l’AÉUM devrait «<em>arrêter les conneries</em>» et servir ses étudiants convenablement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">→ Pour une liste plus détaillée des candidats et de leurs plateformes, consultez <a href="https://elections.ssmu.ca/winter-2022-executive-candidate-list-and-pensketches/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ce lien</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats des élections seront annoncés le vendredi 18 mars à 18h.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/14/le-debat-des-candidats-de-laeum/" data-wpel-link="internal">Le débat des candidats de l’AÉUM</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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