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	<title>Archives des 2021-02-09 - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2021-02-09/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sat, 13 Feb 2021 16:35:44 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Ça concerne aussi l’administration de McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/ca-concerne-aussi-ladministration-de-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mélina Nantel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Feb 2021 13:52:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[administration mcgill]]></category>
		<category><![CDATA[dénonciation]]></category>
		<category><![CDATA[it takes all of us]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[violence sexuelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l’automne 2019, McGill mettait en place un programme éducatif obligatoire sur le consentement. «Ça nous concerne toutes et tous» (It takes all of us, en anglais) s’inscrivait dans un effort de l’administration, confrontée à un flot de dénonciations de violences sexuelles survenues sur le campus, et faisait également suite à l’adoption du projet de&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/ca-concerne-aussi-ladministration-de-mcgill/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Ça concerne aussi l’administration de McGill</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/ca-concerne-aussi-ladministration-de-mcgill/" data-wpel-link="internal">Ça concerne aussi l’administration de McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">À l’automne 2019, McGill mettait en place un programme éducatif obligatoire sur le consentement. «<a href="https://www.mcgill.ca/sv-education/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Ça nous concerne toutes et tous</a>» (<em>It takes all of us</em>, en anglais) s’inscrivait dans un effort de l’administration, confrontée à un flot de dénonciations de violences sexuelles survenues sur le campus, et faisait également suite à l’adoption du projet de <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-151-41-1.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">loi 151</a>, qui visait à «prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Tandis que les violences sexuelles continuent de faire des ravages sur le campus, le soutien promis par McGill aux victimes laisse dangereusement place à un professionnalisme de façade»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Si le programme obligatoire a servi à éduquer la communauté mcgilloise sur la violence sexuelle, l’Université s’est rapidement complue dans cet effort de sensibilisation. Plusieurs médias étudiants en avaient brossé un portrait critique (voir les articles du <a style="user-select: auto;" href="http://www.mcgilltribune.com/opinion/it-takes-all-of-us-especially-mcgill-01102019/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"><em style="user-select: auto;">Tribune</em></a> et du <a style="user-select: auto;" href="https://www.mcgilldaily.com/2019/10/it-takes-all-of-us-is-not-enough/#close-modal" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"><em style="user-select: auto;">Daily</em></a>), mais aucun changement majeur n’a été opéré. Près d’un an et demi après la mise en place du programme, l’administration mcgilloise n’a toujours pas ajusté son agenda. Tandis que les violences sexuelles continuent de faire des ravages sur le campus, le soutien promis par McGill aux victimes laisse dangereusement place à un professionnalisme de façade.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 14 décembre dernier, une <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/un-etudiant-de-mcgill-vise-par-des-allegations-de-violence-sexuelle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">pétition</a> récoltait plus de 50 000 signatures. Un étudiant mcgillois de première année y était accusé de chefs d’agression sexuelle, qui auraient été commis sur le campus et dans les résidences universitaires. La pétition réclamait à l’administration mcgilloise d’agir afin de « rétablir la confiance et la sécurité des jeunes femmes et des gens dans les résidences ». Le lendemain, McGill affirmait dans un <a href="https://www.mcgill.ca/newsroom/article/sexual-violence-support-soutien-en-matiere-de-violence-sexuelle" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">communiqué</a> qu’une investigation serait lancée. Depuis, la communauté mcgilloise est sans nouvelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon sa <a href="https://www.mcgill.ca/secretariat/files/secretariat/policy_against_sexual_violence.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">politique</a> contre la violence sexuelle, l’Université dispose de 90 jours pour mener et compléter une investigation d’une plainte formelle. Si la diligence doit prôner, la lourdeur administrative ne devrait en aucun cas mener à des délais déraisonnables qui ne font qu’augmenter l’anxiété et l’inconfort des présumées victimes; à ce jour, l’étudiant sous investigation est encore en mesure d’assister aux <a href="https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/mcgill-sexual-misconduct-petition-1.5877854" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">cours en ligne</a>. L’échec du système judiciaire à offrir un soutien efficace et adéquat aux victimes n’est plus à prouver;&nbsp;la présomption d’innocence, un concept de justice pourtant fondamental, dévoile un consternant <a href="https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/les-faits-dabord/segments/panel/193450/vague-denonciations-harcelement-sexuel-victimes-presomption-innocence-justice" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">double tranchant</a> lorsque brandie dans des affaires de violence sexuelle. McGill a une responsabilité d’agir. Dans son effort de sensibilisation de la communauté étudiante, l’Université doit être elle-même sensible à la lourdeur procédurale dont la charge et l’impact reposent encore trop souvent sur les épaules des victimes.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«[…] dans la lutte contre les violences sexuelles, la communauté étudiante ne peut pas faire cavalier seul. Si la rigueur exigée par le processus légal d’une plainte peut occasionner des délais, l’administration mcgilloise se doit néanmoins d’être plus réactive et surtout, responsable, dans son traitement des dossiers sur les violences sexuelles» </p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">McGill bénéficie de services gérés par les étudiant·e·s qui font un travail de sensibilisation important au sein de la communauté étudiante. C’est le cas notamment du Centre d’intervention en matière d’agression sexuelle de l’Association étudiante de l’Université McGill (<a href="http://www.sacomss.org/wp/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">SACOMSS</a>), qui organisait la semaine dernière la Semaine de Sensibilisation sur la violence sexuelle. Mais dans la lutte contre les violences sexuelles, la communauté étudiante ne peut pas faire cavalier seul. Si la rigueur exigée par le processus légal d’une plainte peut occasionner des délais, l’administration mcgilloise se doit néanmoins d’être plus réactive et surtout, responsable, dans son traitement des dossiers sur les violences sexuelles. McGill doit être plus transparente et communiquer davantage avec la communauté étudiante. Autrement, comment pouvons-nous croire que <em>ça nous concerne toutes et tous</em>?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelques ressources:&nbsp;</strong></p>



<ul class="wp-block-list"><li><a href="http://sacomss.org/wp/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Centre d’intervention en matière d’agression sexuelle de l’Association étudiante de l’Université McGill (SACOMSS)</a></li><li><a href="http://mcgill.ca/osvrse/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Bureau d’intervention, de prévention et d’éducation en matière de violence sexuelle</a></li><li><a href="http://cvasm.org" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal</a></li></ul>
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			</item>
		<item>
		<title>Le feu que libère la création</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/le-feu-que-libere-la-creation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Léonard Smith]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Feb 2021 13:51:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Art pictural]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La représentation cinématographique de l'art pictural dans le «Portrait de la jeune fille en feu».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/le-feu-que-libere-la-creation/" data-wpel-link="internal">Le feu que libère la création</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Portrait de la jeune fille en feu </em>(2019), le dernier long-métrage de Céline Sciamma, met en scène la peintre Marianne, chargée du portrait d’une fille d’aristocrate promise au mariage d’un <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">M</span>ilanais. La principale concernée, Héloïse, s’oppose à cette union non désirée en refusant de poser en tant que modèle. C’est donc sa mère qui régit une entente<strong><span class="has-inline-color has-societe-color"></span></strong> selon laquelle Marianne devra peindre sa fille à son insu, avec la seule aide de quelques esquisses et de sa mémoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quoique la proposition initiale puisse paraître conventionnelle, il en va autrement lorsqu’on est confronté à la richesse des dialogues de Sciamma, qui lui ont valu le prix du meilleur scénario à Cannes<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong>. Plusieurs répliques gardent leur apparence naturelle tout en interrogeant profondément l’impossibilité d’émancipation chez les femmes et l’identité créatrice. Les répliques sont ponctuées par un jeu de regards communicatifs entre Adèle Haenel et Noémie Merlant, qui dévoilent à l’écran une impressionnante construction intérieure de <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">leurs personnages respectifs</span>. En outre, la cinématographie picturale ne peut être séparée de son intrigue, ni absolument ancienne ni absolument contemporaine, mais tout à fait intemporelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un portait d’époque idéal</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em style="user-select: auto;">Portrait de la jeune fille en feu</em> se déroule au terme de l’Ancien Régime, dix-neuf ans avant la Révolution française. À l’exception du début et de la fin du film, l’action se concentre sur une île bretonne où l’immensité naturelle prime sur la civilisation. C’est précisément ce lieu isolé, à l’extérieur des mœurs et des conventions de l’époque, qui rend possible l’évolution de la relation qu’entretiennent Marianne et Héloïse. La réalisatrice explique dans une entrevue accordée à <a style="user-select: auto;" href="https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/celine-sciamma-portrait-dune-realisatrice-en-feu" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">France Culture</a><strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-edito-color" style="user-select: auto;"> </span></strong>que son film montre ce « qui est possible à partir du moment où on est hors du protocole, hors des mondanités ». Les deux protagonistes jouissent d’une liberté insulaire qui les affranchit momentanément d’un carcan social assujétissant, rappelant la poétesse de la Grèce antique Sappho, qui avouait son amour mal vu à l’époque pour d’autres femmes. L’œuvre cinématographique de Sciamma montre pour sa part comment devient possible un amour lesbien dès lors que la contrainte sociale relâche son emprise sur les femmes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-societe-color" style="user-select: auto;">«</span></strong>Se retrouver entre femmes, loin du regard des hommes, était donc le seul moyen de reprendre le contrôle de leur propre corps<strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-societe-color" style="user-select: auto;">»</span></strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que <em style="user-select: auto;"><em style="user-select: auto;">Portrait de la jeune fille en feu</em></em> s’inscrive durant le<strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-edito-color" style="user-select: auto;"> </span></strong>siècle des Lumières, ne serait-ce que dans la reconstitution des costumes et lors des dernières scènes du film, sa vision de l’époque est sciemment idéalisée plutôt qu’historique. Les hiérarchies de pouvoir, inhérentes à la société française de l’époque, sont détrônées par une sororité circonscrite à l’île. Cela donne lieu à une très touchante scène où Marianne et Héloïse veillent sur la servante Sophie alors qu’elle se fait avorter. Grâce à la présence d’un enfant qui touche le visage de Sophie, la mort cohabite avec le début d’une vie, insufflant un caractère paisible à une situation pourtant douloureuse. C’est aussi un acte de profonde désobéissance, bien que pratiqué en secret, puisque l’enfantement demeurait l’une des responsabilités auxquelles les femmes devaient se soumettre. Se retrouver entre femmes, loin du regard des hommes, était donc le seul moyen de reprendre le contrôle de leur propre corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Antérieurement à l’entrée en vigueur du Code napoléonien, qui réduit la gent féminine au rôle de mère en l’empêchant d’exercer toute profession, plusieurs femmes œuvraient<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"> </span></strong>en peinture, dont <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_Vig%C3%A9e_Le_Brun" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Elisabeth Vigée Le Brun</a><strong><span class="has-inline-color has-societe-color"> </span></strong>pour ne nommer qu’elle. Dans <em><em><em>Portrait de la jeune fille en feu</em></em></em>, le personnage de Marianne fait en quelque sorte figure de modèle de toutes ces artistes peintres, afin de rétablir la juste représentation d’un moment effacé, mais charnière de leur histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le regard artistique épris de son sujet</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est qu’au moment où Marianne lui fait part de la véritable raison de sa présence qu’Héloïse se montre ouverte à poser. Une honnêteté mutuelle leur permet de se montrer plus vulnérables l’une envers l’autre. Ce changement relationnel transparaît dans l’évolution du tableau d’origine à celui qui sera livré au futur époux ; du premier se dégage un néoclassicisme emprunté, alors que du second émane la complexité intérieure d’Héloïse. Pour Marianne, la connaissance intime de son sujet artistique plutôt que comme objet de représentation s’avère nécessaire pour créer une œuvre à la sensibilité nouvelle et unique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-societe-color" style="user-select: auto;">«</span></strong><em><em>Portrait de la jeune fille en feu</em></em> propose plutôt une vision de l’art pictural où les échanges entre l’artiste et son sujet modifient directement la création en elle-même<strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-societe-color" style="user-select: auto;">»</span></strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Durant une séance de peinture du deuxième portrait, Héloïse déclare « Nous sommes à la même place » à l’endroit de Marianne. Céline Sciamma parvient ici à brouiller la frontière entre le moi et l’autre, entre l’artiste et son sujet. « Si vous me regardez, qui je regarde, moi ? », lance plus loin la muse, suggérant qu’elle participe activement au processus créatif pour mieux déconstruire le mythe de l’inspiration unique au peintre. <em><em><em>Portrait de la jeune fille en feu</em></em></em> propose plutôt une vision de l’art pictural où les échanges entre l’artiste et son sujet modifient directement la création en elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une peinture en mouvement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La cinématographie de <em>Portrait de la jeune fille en feu</em> entre en dialogue avec l’art pictural. Plusieurs plans se réapproprient une esthétique propre aux différentes époques que traverse la peinture. D’abord, Marianne est souvent présentée dans des endroits sombres à la seule lumière du feu, créant des clairs-obscurs semblables à ceux de Caravage, qui témoignent de l’instabilité dans sa recherche artistique. En contraste, le premier portrait d’Héloïse baigne dans une lumière diffuse, et son expression neutre tout autant que ses pommettes rosées reflètent particulièrement les goûts néoclassiques. La silhouette d’Héloïse contemplant le déchaînement de la mer relève d’un rapport romantique à la nature. Puis, il y a également une volonté de montrer objectivement certains faits tels qu’ils se présentent à l’écran. La mise en lumière de l’avortement de Sophie, en plus d’évoquer certains éléments picturaux propres au réalisme, accentue l’empathie que peuvent ressentir les spectateurs vis-à-vis la condition des femmes, plus précisément l’écart entre leur désir d’émancipation et ce qui était attendu d’elles.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong><span class="has-inline-color has-societe-color">«</span></strong>L’émancipation du désir féminin, qui occupe une place centrale dans la fiction, peut aussi trouver écho chez les spectateurs comme moyen de cultiver leur propre indépendance<strong><span class="has-inline-color has-societe-color">»</span></strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne faut pas perdre de vue que le film, sorti en 2019, a porté<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong> des choix de direction photographique qui doivent être distingués du contexte socio-historique qu’il représente. On ne pourrait non plus réduire sa cinématographie à ces derniers exemples, qui ne font valoir qu’une partie de son ingénieuse recherche picturale. <em>Portrait de la jeune fille en feu</em>, en proposant un récit du 18<em>e</em> siècle à la résonance tout à fait moderne, célèbre l’appréhension lente de l’amour plutôt que son apparition subite. L’émancipation du désir féminin, qui occupe une place centrale dans la fiction, peut aussi trouver écho chez les spectateurs et spectatrices<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong> comme moyen de cultiver leur propre indépendance.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/le-feu-que-libere-la-creation/" data-wpel-link="internal">Le feu que libère la création</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Un nouveau rival au Dave’s store</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/couche-tard-connecte-ombre-a-daves-store-depanneur-historique-faculte-de-gestion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vincent Copti]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Feb 2021 13:50:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Innovations]]></category>
		<category><![CDATA[Compétition]]></category>
		<category><![CDATA[couche-tard]]></category>
		<category><![CDATA[Désautels]]></category>
		<category><![CDATA[École Bensadoun de commerce au détail]]></category>
		<category><![CDATA[Faculté de gestion]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
		<category><![CDATA[université mcgill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le magasin connecté Couche-Tard pourrait faire de l’ombre au dépanneur historique de la Faculté de gestion.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/couche-tard-connecte-ombre-a-daves-store-depanneur-historique-faculte-de-gestion/" data-wpel-link="internal">Un nouveau rival au Dave’s store</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Il y a un peu moins d’un mois, un magasin Couche-Tard un peu particulier a ouvert ses portes sur le campus de l’Université McGill. Il s’agit de la première succursale sans contact au Canada et du premier magasin de ce type au monde à également être un laboratoire de recherche universitaire. En effet, en plus de pouvoir entrer et sortir sans passer par la caisse, les client·e·s participent automatiquement aux diverses recherches que l’École Bensadoun de commerce au détail souhaite mener au moyen du dépanneur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Centre de recherche</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Université McGill loue à Couche-Tard un espace à l’intérieur du pavillon Bronfman. En échange, le dépanneur rend accessibles les données issues de la vente de ses produits aux étudiant·e·s et chercheur·se·s des Facultés de gestion et de génie. Bien que le magasin opère actuellement à régime réduit en raison des restrictions sanitaires, plusieurs projets de recherche sont déjà prévus selon le professeur James Clark, codirecteur du laboratoire d’innovation en commerce au détail. Interrogé par <em style="user-select: auto;">Le Délit</em>, Pr Clark a notamment mentionné un projet visant à favoriser de plus saines habitudes alimentaires à travers l’apprentissage automatique (<em style="user-select: auto;">machine learning</em>) ainsi qu’une étude visant à améliorer la prédiction de la demande. Zahoor Chughtai, gestionnaire des opérations et des projets du laboratoire, a affirmé au <em style="user-select: auto;">Délit</em> que les possibilités de recherche et d’apprentissage découlant du magasin connecté se développeront progressivement au cours des prochaines années et devraient s’étendre à l’ensemble des facultés mcgilloises.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/DSC00553-1000x667.jpg" alt class="wp-image-41353" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/DSC00553-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/DSC00553-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/DSC00553-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/DSC00553-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/DSC00553-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/DSC00553-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/DSC00553-930x620.jpg 930w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/vincent-copti/?media=1" data-wpel-link="internal">Vincent Copti</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Inquiétudes au sein de la communauté étudiante</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit de ces opportunités académiques et du fait que le magasin permettra aux étudiant·e·s de se procurer nourriture et boissons 24 heures sur 24, l’arrivée du dépanneur suscite quelques inquiétudes. Interrogé par <em>Le Délit</em>, Jonathan Gurvey, président de l’Association des étudiants et étudiantes en administration (<em>Management Undergraduate Society</em>), s’inquiète principalement de la concurrence avec le dépanneur historique du pavillon Bronfman: le magasin de Dave (<em>Dave’s store)</em>. Selon lui, ce dépanneur à but non lucratif géré par les étudiant·e·s ne peut pas compétitionner avec Couche-Tard qui est «plus pratique et affiche des prix moins élevés».&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Quand Bento Sushi et Quesada ont fermé pour laisser place au laboratoire de commerce du détail, les étudiant·e·s ont perdu des choix de nourriture fraîche et saine»</p><cite>Jonathan Gurvey, président de l’Association des étudiants et étudiantes en administration</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Une des options étudiées par l’association étudiante pour permettre la survie du magasin de Dave est d’y offrir des plats frais et sains aux étudiant·e·s. Jonathan Gurvey a aussi parlé d’y vendre des fournitures scolaires et peut-être même d’y commercialiser une ligne de vêtements affiliée à la Faculté de gestion. Selon lui, le magasin de Dave est un pilier de l’écosystème socioculturel de la Faculté en plus de fournir des emplois à une douzaine d’étudiant·e·s par année.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/couche-tard-connecte-ombre-a-daves-store-depanneur-historique-faculte-de-gestion/" data-wpel-link="internal">Un nouveau rival au Dave’s store</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Face à face avec l’Histoire: Haïti au Québec (1ère partie)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/face-a-face-avec-lhistoire-haiti-au-quebec-1ere-partie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laura Doyle Péan]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Feb 2021 13:50:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Diaspora haïtienne]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En l’honneur du Mois de l’Histoire des Noir·e·s, Amélia, Bianca et Laura vous présentent l’histoire de la diaspora haïtienne au Québec. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/face-a-face-avec-lhistoire-haiti-au-quebec-1ere-partie/" data-wpel-link="internal">Face à face avec l’Histoire: Haïti au Québec (1ère partie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L’influence d’Haïti au Québec et à Montréal est indéniable. Il suffit pour s’en apercevoir de porter un regard sur les nombreux symboles qui sillonnent la culture québécoise. Regardons le parc Toussaint-Louverture qui rappelle un personnage historique important pour la communauté haïtienne, mais également pour l’Histoire. Écoutons le créole qui s’immisce dans le joual québécois : <em>bagay, lakay, patnais.</em> Et maintenant, découvrons l’origine de ces ancrages de la culture haïtienne dans le paysage québécois.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Première vague: dictature et exil politique (1960–1970)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire de l’immigration haïtienne au Québec débute avec l’instauration du duvaliérisme en Haïti. Voulant mettre fin au règne des «&nbsp;Mulâtres&nbsp;», François Duvalier, surnommé «&nbsp;Papa Doc&nbsp;», accède à la présidence de la République lors des élections de 1957, candidat choyé par l’armé. Dès son entré en poste, il amende la Constitution haÏtienne et s’auto-proclame président à vie. Il instaure dès lors un régime autoritaire à l’aide de sa propre&nbsp;Gestapo, les «&nbsp;tontons macoutes&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est donc ce contexte politique très répressif que fuient, au début des années 1960, les quelques milliers d’Haïtien·ne·s qui arrivent au Québec en tant que réfugié·e·s politiques. Cette première vague d’immigration, aussi appelée «l’exode des cerveaux», est principalement composée de professionnel·le·s, d’enseignant·e·s, de médecins, d’avocat·e·s et d’infirmier·ère·s. Leur immigration est facilitée par des réformes apportées au système d’immigration au Canada: en 1962, la discrimination raciale, qui était alors l’une des caractéristiques principales de sélection des immigrations, <a href="https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/politique-dimmigration-1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a été éliminé</a> par le gouvernement fédéral.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces nouveaux·elles arrivant·e·s s’installent en grande majorité dans la métropole montréalaise, situation qu’ils·elles croient temporaire, ne se doutant pas que la dictature durera plus d’une trentaine d’années. De profonds changements sont alors en train de s’opérer dans la société québécoise, alors en pleine Révolution tranquille. Le besoin de main d’œuvre spécialisée est fort à cette époque où les systèmes de santé et d’éducation sont en pleine transformation. Ces services étaient jusqu’alors contrôlés par l’Église. Étant francophones, ces Haïtien·ne·s intègrent rapidement le marché de l’emploi, leurs diplômes et leurs compétences étant reconnus sans difficulté. La perte inestimable de ces intellectuel·le·s pour Haïti marque un gain important pour la société québécoise. Avec la création du Ministère de l’Éducation et d’institutions d’enseignement laïques, bon nombre d’enseignant·e·s haïtien·ne·s participent <a href="https://carrefour-education.qc.ca/sites/default/files/Fichier-Texte/histoire-des-noirs_version-finale_web.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">activement à la scolarisation</a> des Québécois·e·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est en 1966, au courant de la première vague, qu’est arrivé mon grand-père, Maurice Péan, bientôt suivi par sa femme, Irène François, et leurs enfants. Fonctionnaire auprès du gouvernement Magloire, avant la prise de pouvoir par les Duvaliers, et fervent opposant du régime, il fait partie de ces intellectuel·le·s qui, menacé·e·s par les tontons macoutes, ont dû fuir le pays. Après un détour par les États-Unis, il s’est installé à Jonquière, où il a enseigné pendant le reste de sa vie, tout en entretenant le rêve (vain) de retourner s’établir en Haïti un jour»</p><cite>Laura Doyle Péan</cite></blockquote>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Dans les années qui suivent le début de la dictature en Haïti, François Duvalier se proclame président à vie et assure la succession de la présidence à sa famille. En 1971, à l’âge de 19 ans, Jean-Claude Duvalier prend le pouvoir&nbsp;à la suite du décès de son père. «Baby Doc» effectue quelques changements par rapport au régime précédent, mais l’insécurité et la violence prévalent tout de même.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/IMG_20200429_121942-1000x750.jpg" alt class="wp-image-41909" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/IMG_20200429_121942-1000x750.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/IMG_20200429_121942-330x248.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/IMG_20200429_121942-768x576.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/IMG_20200429_121942-1536x1152.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/IMG_20200429_121942-2048x1536.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit">Laura Doyle Péan</span> Située dans le quartier Petite-Bourgogne, sur la rue Dominion, cette murale en créole n’est qu’un des nombreux signes de la présence haïtienne à Tiohtià :ke (sur l’île de Montréal).</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Seconde vague: instabilité et quête d’un meilleur avenir (À partir des années 1970)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Poussé par une recrudescence de la violence, une deuxième vague d’Haitien·ne·s quittent le pays. Cette nouvelle vague se distingue de la première par sa composition. Ce sont principalement des ouvrier·ère·s, moins scolarisé·e·s et moins qualifié·e·s, qui viennent s’installer et combler les besoins de main-d’œuvre dans les secteurs de la manufacture et des services.&nbsp;Ils·elles vont devoir affronter de nombreux défis.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est au début de la seconde vague que mon grand-père, Nicrèle Charles, arrive seul à Montréal à la recherche d’un avenir meilleur pour sa famille. Il travaille alors dans l’industrie du textile et de la broderie. Sa famille le rejoindra graduellement au cours des années qui suivent; ma mère arrivera à Montréal en 1978»</p><cite>Amélia Souffrant</cite></blockquote>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Ces nouveaux·elles arrivant·e·s subiront une intégration plus difficile que celle de la première vague. Étant peu qualifié·e·s, ils·elles reçoivent de faibles salaires et travaillent de longues heures souvent sans sécurité d’emploi. La discrimination raciale dans un marché du travail déjà exigeant dresse d’autres obstacles à l’intégration de ces immigrant·e·s. Les traitements discriminatoires dont sont victimes les Haïtien·ne·s au sein de l’industrie du taxi sont&nbsp;dénoncés dans le rapport d’enquête de la Commission des droits de la personne et mènent d’ailleurs à la création du <a href="https://ville.montreal.qc.ca/memoiresdesmontrealais/taxi-crises-et-racisme-dans-les-annees-1980" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Bureau du taxi en 1987</a>. Au cours de cette deuxième vague, des organisations voient le jour afin de lutter contre les injustices que subissent les Haïtien·ne·s, facilitant ainsi leur intégration. C’est ainsi que sont fondés La Maison d’Haïti et le Bureau de la communauté haïtienne de Montréal (BCHM) en 1972. Ils offrent, entre autres, <a href="https://ville.montreal.qc.ca/memoiresdesmontrealais/la-maison-dhaiti-45-ans-dhistoire" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">des services</a> d’accueil, d’accompagnement et d’interprétation. La communauté doit faire face à <a href="http://www.mhaiti.org/media/communaute-haitienne" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">de nombreux défis</a>: «précarité de statut, pauvreté, fragilisation des familles, taux élevé de monoparentalité, décrochage scolaire, violence, délinquance, etc.»</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">«Vous croyez que c’est simple,<br>quand on vient d’un pays d’été<br>où tout le monde est noir,<br>de se réveiller dans un pays d’hiver<br>où tout le monde est blanc»</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Dany Laferrière, <em>Chronique de la dérive douce</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce sujet, l’une des première mobilisations de la communauté haïtienne et de la Ligue des droits de l’homme permettra la régularisation de plusieurs sans papiers qui ont vu leur visa de touriste expirer. En 1973, à la suite de la décision du gouvernement fédéral de retirer la possibilité de demander le statu de résident permanant, c’est entre 25 000 et 30 000 immigrant·e·s qui sont menacé·e·s d’expulsion. Cette situation soulève l’indignation au Québec auprès de la société civile et du gouvernement québécois qui font pression auprès du gouvernement fédéral. Sommé de répondre à ce problème, celui-ci adopte plusieurs mesures, dont l’<a href="https://www.erudit.org/fr/revues/haf/1996-v50-n2-haf2369/305507ar.pdf?fbclid=IwAR3s2SMTvKDL0Im1pXEvSVXY8BqYJYeOMFp8jrlzcGGEM9CSmeu0dI_Uowg" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Opération Mon Pays</a> qui permettra aux Haïtien·ne·s de réguler leur statut. Puis, de plus en plus de législations en matière d’immigration favorisent la réunification des familles, ce qui accordera un plus grand capital social à ces immigrant·e·s de la deuxième vague.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1986, la dictature des Duvaliers tombe finalement. La chute du régime ne marque pas pour autant la fin de l’instabilité politique et de l’insécurité dans un pays fragilisé par les sanctions économiques imposées par des puissances coloniales, notamment la <a href="https://lenouvelliste.com/article/211786/dette-de-lindependance-28-milliards-de-dollars-a-rembourser-par-la-france-a-haiti" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dette d’Indépendance</a>, équivalente à 28 milliards de dollars, que la France lui avait imposé en 1825.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Canada continue donc d’attirer des immigrant·e·s. Ils·elles sont toujours en quête d’un meilleur avenir et ne prévoient pas nécessairement rentrer en Haïti, contrairement aux immigrant·e·s de la première vague. À partir des années 1990, l’immigration haïtienne sera principalement composée de travailleur·se·s qualifié·e·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ma famille et moi sommes arrivées en 2002. À l’époque, ma mère travaillait comme pharmacienne en Haïti. Elle a été «&nbsp;recrutée&nbsp;» pendant son travail par une agente d’Immigration Canada. Elle a dit à ma mère que le Canada était à la recherche de personnes comme elles, qualifiées et avec une famille afin de venir s’installer dans leur pays. En l’espace de quelques jours, mes parents ont pris la décision de s’installer à Montréal avec la certitude qu’ils pourraient ainsi offrir un meilleur avenir à leurs enfants»</p><cite>Bianca Annie Marcelin</cite></blockquote>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">C’est dans un contexte de grande fragilité sociale que survient le séisme du 12 janvier 2010 à Port-au-Prince. <a href="https://www.lapresse.ca/international/dossiers/seisme-en-haiti/201004/22/01-4273229-haiti-le-seisme-a-fait-entre-250-000-et-300-000-morts.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Le séisme</a> de magnitude 7.0 emporte plus de 250 000 personnes et en blesse 300 000 autres. Cette terrible catastrophe amène une autre vague d’immigrant·e·s qui bénéficieront du programme de parrainage du Canada ainsi que d’autres mesures facilitant leur immigration. Entre 2010 et 2015, environ 5 500 personnes arrivent au Canada via des programmes spéciaux créés par les gouvernements québécois et canadiens. En 2016, on dénombre près de 143 165 personnes issues de la communauté haïtienne vivant au Québec, province qui accueille près de 90% de cette <a href="https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2016/dp-pd/dt-td/Rp-fra.cfm?APATH=3&amp;DETAIL=0&amp;DIM=0&amp;FL=A&amp;FREE=0&amp;GC=0&amp;GID=0&amp;GK=0&amp;GRP=1&amp;LANG=F&amp;PID=112450&amp;PRID=10&amp;PTYPE=109445&amp;S=0&amp;SHOWALL=0&amp;SUB=0&amp;THEME=120&amp;Temporal=2011&amp;VID=0&amp;VNAMEE=&amp;VNAMEF=" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">communauté au Canada</a>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs de ces personnes, de même que des travailleurs et travailleuses d’autres origines, demeurent dans une situation d’immigration précaire, attendant une décision quant à leur demande d’asile ou demeurant au pays sans statut. Cette situation a été exacerbée par la pandémie et la présence policière accrue. Le programme spécial mis en place en décembre 2020 pour permettre aux demandeuses et demandeurs d’asile ayant prodigué des soins directs aux patient·e·s durant la première vague de la pandémie de régulariser leur statut <a href="https://journalmetro.com/actualites/montreal/2594582/distribution-soupe-joumou-pour-travailleurs-essentiels-immigrants/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a été</a> dénoncé par plusieurs organismes, dont la Maison d’Haïti et le BCHM, comme étant trop limité. Au début de la pandémie, ces deux groupes s’étaient joints à environ 150 organismes membres de la Table de concertation au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) pour appeler le gouvernement fédéral à régulariser toutes les personnes sans-statut vivant au Canada, et des mobilisations à cet effet continuent encore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette plus récente contribution indispensable à la bonne gestion de la pandémie démontre à nouveau l’inestimable apport des communautés haïtiennes à la société québécoise.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/face-a-face-avec-lhistoire-haiti-au-quebec-1ere-partie/" data-wpel-link="internal">Face à face avec l’Histoire: Haïti au Québec (1ère partie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Réflexions sur la sagesse</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/reflexions-sur-la-sagesse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anna Mouland]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Feb 2021 13:49:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Anna Mouland]]></category>
		<category><![CDATA[chevalier de la foi]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[sage]]></category>
		<category><![CDATA[sagesse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les nuances de la sagesse.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Lorsque l’on étudie la philosophie, il y a généralement une implication que notre apprentissage est enraciné dans la sagesse et que les étudiant·e·s de philosophie en deviendront plus sages. Mais cette idée est fondée sur une conception erronée de la sagesse. Les sages sont ceux et celles qui mordent dans la vie, et non pas ceux et celles qui mènent une vie d’ermite. Devenir sage est une tâche ardue qui nécessite un grand effort de la part de l’individu. La sagesse n’est donc pas une garantie de la vie,<span class="has-inline-color has-grisfonce-color"> ni même de la vie longue</span>. Comme l’a dit Socrate: «Je ne peux rien apprendre à personne, je ne peux que les faire réfléchir.»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le silence de la sagesse</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La sagesse est difficile, peut-être même impossible, à définir. Dans <em>Ainsi parlait Zarathustra</em>, Nietzsche tente d’en effleurer la surface: «Courageux, insoucieux, moqueur, violent — ainsi nous veut la sagesse: elle est femme et ne peut aimer qu’un guerrier.» Par contre, il semble manquer à cette définition de la sagesse une richesse et un silence nécessaires à celle-ci.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La personne sage est généralement réservée et à l’écoute; ceci n’indique pas qu’elle ne parle point, mais plutôt qu’elle est passionnée par la vie d’une telle façon qu’elle considère sérieusement les idées et points de vue des autres. Cette tendance qu’ont les sages à être judicieux et réservés peut d’ailleurs s’appliquer à tous les domaines de la vie. Par exemple, les couples qui affichent le moins leur relation sur les réseaux sociaux sont statistiquement les plus <a href="https://www.insider.com/happy-couples-post-less-about-their-relationships-on-social-media-2016-9" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">heureux</a>. Il en va de même avec la confiance: si l’on emprunte les enseignements des stoïques, les personnes les plus confiantes sont celles qui parlent le moins. Ces exemples, lorsqu’ils sont extrapolés au concept plus large de la sagesse, démontrent en général le caractère réservé, presque silencieux de celle-ci.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les sages sont ceux et celles qui mordent dans la vie, et non pas ceux et celles qui mènent une vie d’ermite»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Avoir le courage d’être silencieux, d’être un étranger dans la foule, et de ne pas ressentir le besoin de laisser une marque physique dans ce monde, voilà la véritable sagesse. Être sage, c’est exister avec la réalisation que nous n’avons aucune importance mais que, simultanément, nous sommes tout ce qui compte. Voici la philosophie <a href="https://mecaniqueuniverselle.net/textes-philosophiques/confucius-2.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">mise en avant</a> par le maître chinois Confucius, et mise en évidence le plus clairement par la figure du moine dans différentes religions.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les idoles décevantes de la philosophie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup de philosophes ont vécu une vie immorale. Par exemple, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir ont constitué un duo intellectuellement séduisant, mais <a style="user-select: auto;" href="https://www.newyorker.com/magazine/2005/09/26/stand-by-your-man" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ont utilisé</a> ce pouvoir pour <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">s’</span>attirer une pléthore d’amantes adolescentes. Ils s’en moquaient d’ailleurs dans leurs correspondances, se vantant l’un à l’autre de leurs mensonges. Jean-Jacques Rousseau, par ailleurs, <a style="user-select: auto;" href="https://plato.stanford.edu/entries/rousseau/#Life" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a abandonné</a> ses cinq enfants, ce qui constitua<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">it effectivement pour eux·elles u</span>ne condamnation à mort dans la France du 18<em style="user-select: auto;">e</em> siècle. Rousseau est aussi l’auteur de plusieurs éc<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">rits qui ont connu un grand succès portant sur l’éducation des enfants</span>, dont <em style="user-select: auto;">Émile, ou De l’éducation</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe beaucoup de cas de philosophes connu·e·s qui ont mené des vies douteuses. Cependant, leurs travaux ont profondément marqué la philosophie et la culture. Alors, où sont les écrits des philosophes qui ont été de bon caractère moral dan<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">s leur vie privée </span>et qui ont mis en pratique la philosophie pour cultiver leur vie? Ces philosophes ne ressentent pas l’envie de dicter aux autres comment vivre ou de produire des manifestes éthiques. Ils·elles n’essayent pas d’influencer ce qu’ils·elles ne contrôlent pas – soit la vie des autres –, et sont plutôt concerné·e·s par leur propre engagement dans la vie. C’est ainsi qu’agit le «chevalier de la Foi» de Kierkegaard, présenté dans <em>Crainte et Tremblement</em>. Ce personnage est irremarquable, mais il s’adonne à la vie avec grâce. Il reconnaît que la façon dont il mène sa vie est le produit d’un travail ardu de sa part, et que les autres doivent suivre ce chemin par eux-mêmes pour atteindre la sagesse, et la joie que celle-ci apporte. Un jour, en rentrant du travail, par exemple, le chevalier de la Foi raconte à son ami à quel point il est impatient de goûter le souper que prépare sa femme à la maison. Arrivé chez lui, cependant, il s’avère que sa femme n’a pas préparé de souper. Le chevalier de la Foi ne perd pas sa bonne humeur à la suite de cette nouvelle; il accepte – et adore – les faits de la vie et ne se laisse pas affecter par ce qu’il ne peut pas changer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les sages ne ressentent pas l’envie de dicter aux autres comment vivre ou de produire des manifestes éthiques»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Devenir plus sage</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les êtres humains vivent environ 72 ans. Il est cependant plus que probable que cela ne soit pas l’âge requis à la personne moyenne pour devenir véritablement sage. Pour devenir sage, il faudrait nous pousser le plus possible à optimiser notre expérience humaine dans les contraintes de notre vie, même si, tout comme dans le cas du chevalier de la Foi, cela peut se produire dans les situations les plus banales. La sagesse requiert en premier lieu une humilité et une acceptation de son sort, selon Kierkegaard. Il y a eu, a, et aura toujours des individus qui nous ressemblent, qui pensent comme nous, qui ressentent les mêmes émotions que nous. Ainsi, peu importe ce qui nous arrive après la mort, les expériences qui ont rendu notre vie remarquable ne nous sont pas exclusives; elles continuent de répandre la richesse dans la vie des autres. Tout ce que nous ressentons sera ressenti par des milliers d’individus à venir. Il y a une unité entre êtres humains dans cette sagesse. Il s’agit donc d’accepter sa propre mauvaise foi et, ainsi, celle des autres; se pardonner ses erreurs et, ainsi, pardonner ces mêmes erreurs pour toute autre personne pouvant les commettre. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des meilleures façons de devenir sage serait d’écouter les conseils des plus sages. Beaucoup d’adultes, après le décès de leurs parents, regrettent la façon dont ils les ont traités, surtout pendant leur jeunesse. La jeune personne devrait donc faire l’effort d’assurer un rapport jovial avec ses parents. Même si les jeunes peuvent parfois manquer d’humilité face aux enseignements de leurs ancêtres, ils devraient avoir confiance en la sagesse de leurs aîné·e·s et intégrer leurs leçons dans leur vie, même s’ils ne les comprennent pas encore. De la même façon que le chevalier de la Foi s’abandonne à Dieu dans l’histoire d’Abraham, nous devons nous-mêmes parfois nous abandonner à ce que nous ne comprenons pas et avoir foi en nos aîné·e·s. Cela car la sagesse, c’est enfin avoir l’humilité d’accepter son ignorance.</p>
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		<title>Retour progressif sur le campus</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/retour-progressif-sur-le-campus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Feb 2021 13:48:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[études]]></category>
		<category><![CDATA[masque]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Mesures sanitaires]]></category>
		<category><![CDATA[pandémie]]></category>
		<category><![CDATA[présentiel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Université McGill bonifie son offre de services en présentiel. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/retour-progressif-sur-le-campus/" data-wpel-link="internal">Retour progressif sur le campus</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L’Université McGill a informé les membres de sa communauté de la mise en oeuvre, dès le lundi 8 février, de certaines «activités d’enseignement en présentiel améliorées», communément appelées les activités de <a href="https://www.mcgill.ca/coronavirus/fr/article/hiver-2021-deux-niveaux-dactivites-denseignement" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">niveau 2</a> . Cette annonce faisait suite au point de presse du premier ministre<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>François Legault qui, le mardi 2 février dernier, partageait son intention de voir les établissements d’enseignement supérieur offrir davantage d’activités d’enseignement en personne à leurs étudiant·e·s. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une valeur ajoutée à l’expérience académique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les activités de niveau 2 ne seront pas obligatoires: aucun·e étudiant·e ne sera tenu·e de se rendre sur le campus. En conférence de presse avec les médias mcgillois, le vice-principal exécutif adjoint (enseignement et programmes d’études) Christopher Buddle a affirmé que les activités nouvellement autorisées – qui pourraient entre autres inclure des séminaires, des séances de tutorat, des conférences et possiblement certains cours magistraux ou activités en laboratoire – se voulaient plutôt une «valeur ajoutée» pour les étudiant·e·s qui pâtiraient de leur isolement prolongé et qui désireraient être présent·e·s sur le campus de façon sécuritaire. Il est à noter que les activités nouvellement permises sont restreintes à l’enseignement et aux services étudiants: bien que des opportunités de travail d’équipe ou d’étude en petits groupes puissent être autorisées, les rassemblements de clubs étudiants, par exemple, demeurent strictement interdits.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que les nouvelles pratiques permises par le passage au niveau 2 varient d’un programme d’études à l’autre, Pr Buddle a affirmé que chaque faculté offrira des opportunités d’apprentissage en présentiel bonifiées. Ces diverses mesures ne se déploieront cependant pas toutes au même rythme, et les facultés devraient communiquer directement avec leurs étudiant·e·s – si cela n’a pas déjà été fait – pour leur détailler les activités qui seront offertes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La demande et la sécurité au coeur des préoccupations</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier vice-principal exécutif adjoint (études et vie étudiante) Fabrice Labeau a tenu à souligner l’importance de la demande étudiante, que l’Université tentera d’évaluer afin de mieux adapter son offre de services et d’opportunités d’apprentissage. À titre d’exemple, Pr Labeau a cité la faible demande pour la prestation en présentiel de soins de santé mentale au Pôle bien-être étudiant (<em>Student Wellness Hub</em>), laissant entendre que ces services demeureront vraisemblablement offerts à distance. Bien que les facultés mcgilloises devraient communiquer prochainement avec leurs étudiant·e·s afin d’évaluer leur appréciation des activités présentielles offertes, Pr Labeau a encouragé les membres de la communauté étudiante à continuer de contacter les services étudiants pour leur partager leurs avis et suggestions.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Même si un individu positif à la COVID-19 se présentait sur le campus – ce qui s’est déjà produit –, les autres membres de la communauté mcgilloise seraient protégé·e·s adéquatement, aux dires de Pr Labeau»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pr Buddle et Pr Labeau ont également tenu à rassurer la communauté universitaire quant à l’efficacité des mesures de sécurité encadrant les activités qui seront permises sur le campus. L’Université a choisi une «organisation conceptuellement sécuritaire» (<em>safe by design</em>): les activités d’enseignement seraient organisées de manière à ce que même si un individu positif à la COVID-19 se présentait sur le campus – ce qui s’est déjà produit –, les autres membres de la communauté mcgilloise seraient protégé·e·s adéquatement, aux dires de Pr Labeau. Ce dernier a d’ailleurs souligné que l’Université n’avait eu aucune transmission communautaire durant les activités essentielles de niveau 1 en vigueur depuis plusieurs mois, les seules infections mcgilloises ayant été le résultat de rassemblements interdits dans les résidences étudiantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">→ Voir aussi : <em><a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/01/mesures-sanitaires-mcgill-expulse-des-etudiant·e·s-de-leurs-residences-avec-moins-de-24h-de-preavis/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Des étudiant·e·s expulsé<em>·e·</em>s de leurs résidences pour non-respect des mesures sanitaires</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le port du masque procédural obligatoire</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">En même temps que l’entrée en vigueur des activités d’enseignement en présentiel améliorées, l’Université McGill <a href="https://www.mcgill.ca/coronavirus/resources/health-guidelines#masks" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">exigera</a> désormais le port du masque procédural dans les espaces intérieurs partagés, interdisant par cette mesure le couvre-visage personnel auparavant toléré. Ainsi, dès le 8 février, des masques procéduraux devraient être offerts aux membres de la communauté mcgilloise dans les bulles d’étude, les bulles d’enseignement, les résidences étudiantes et à plusieurs points de distribution sur les campus du centre-ville et Macdonald.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="400" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Retour-a-McGill-infographie-finale-400x1000.jpg" alt class="wp-image-41753" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Retour-a-McGill-infographie-finale-400x1000.jpg 400w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Retour-a-McGill-infographie-finale-200x500.jpg 200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Retour-a-McGill-infographie-finale-768x1920.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Retour-a-McGill-infographie-finale-614x1536.jpg 614w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Retour-a-McGill-infographie-finale.jpg 800w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gabriellegenest/?media=1" data-wpel-link="internal">Gabrielle Genest</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
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		<title>Les conditions d’habitation étudiante ignorées</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/les-conditions-dhabitation-etudiante-ignorees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Feb 2021 13:47:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Concordia]]></category>
		<category><![CDATA[dette étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[logements étudiants]]></category>
		<category><![CDATA[PHARE 2021]]></category>
		<category><![CDATA[UTILE]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=41759</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le sondage PHARE 2021 jettera la lumière sur la précarité d’habitation en milieu universitaire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/les-conditions-dhabitation-etudiante-ignorees/" data-wpel-link="internal">Les conditions d’habitation étudiante ignorées</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 25 janvier dernier, l’Unité de travail pour l’implantation de logement étudiant (<a href="http://utile.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">UTILE</a>) a lancé un sondage pancanadien sur les conditions d’habitation des étudiantes et étudiants: la Prospection des habitudes et aspirations résidentielles étudiantes 2021 (PHARE 2021). L’objectif de cette enquête est de mesurer les effets de la pandémie sur les conditions d’habitation étudiantes et ainsi combler les «limites méthodologiques» de Statistique Canada, qui mèneraient à l’exclusion de la communauté étudiante universitaire de ses données.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le marché privé: un risque&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’UTILE est un organisme à but non lucratif qui vise à diminuer la précarité résidentielle étudiante. Les personnes consacrant plus de 30% de leur revenu net à leurs frais résidentiels sont considérées comme vivant en précarité résidentielle; plus de 50%, en précarité résidentielle sévère. Selon ces standards établis par Statistique Canada, l’UTILE estimait en 2017 qu’environ 20% des étudiants et étudiantes universitaires sur le marché locatif privé étaient en situation de précarité résidentielle, en prenant en compte le support financier familial et les bourses d’études. Selon Laurent Levesque, cofondateur et directeur général de l’UTILE, la précarité de logement est une cause d’endettement pour la communauté étudiante et limite ses moyens qui pourraient lui servir à <span class="has-inline-color has-actu-color"></span>combler ses autres besoins, comme l’alimentation, les loisirs et l’épanouissement personnel. Il a aussi mentionné au <em>Délit</em> la possibilité que cette situation puisse affecter négativement leurs résultats scolaires.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«[…] l’UTILE estimait en 2017 qu’environ 20% des étudiants et étudiantes universitaires sur le marché locatif privé étaient en situation de précarité résidentielle, en prenant en compte le support financier familial et les bourses d’études»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le manque de logements étudiants en force plusieurs à se déplacer vers le marché locatif privé, ce qui les mettrait en situation vulnérable, a affirmé le directeur-général de l’organisme. Non seulement les loyers de ces logements sont-ils plus élevés que ceux des résidences étudiantes, mais ils augmentent rapidement en raison du marché environnant. En 2017, l’UTILE estimait que 60% des étudiants et étudiantes du Québec habitaient sur le marché locatif privé. Cette réalité, la communauté de l’Université McGill la connaît bien, a souligné Laurent Levesque: on y trouve la plus haute proportion d’étudiantes et étudiants vivant dans des logements loués au privé et la population étudiante mcgilloise paierait les loyers les plus chers au Québec. L’UTILE se consacre à l’établissement de logements dédiés à la communauté étudiante afin d’offrir une alternative à ce marché privé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">→ Voir aussi : <em><a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/24/les-finances-etudiantes-a-risque/" data-wpel-link="internal">Les finances étudiantes à risque</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un double objectif: développement et financement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers le monde, de nombreux projets de logements étudiants nés pour ces raisons ont inspiré l’UTILE dans ses démarches. <a style="user-select: auto;" href="http://www.woko.ch/en/static/page" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">WOKO</a>, une coopérative suisse citée en exemple par l’UTILE, offre 3500 logements étudiants à travers la ville de Zurich. En 2019, l’UTILE a lancé la construction de la <a style="user-select: auto;" href="https://notedesbois.coop/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Note des bois</a>, qui offre 90 logements étudiants de divers formats en partenariat avec l’Union des étudiants et étudiantes de Concordia. Situé près du campus du centre-ville, le bâtiment a pour vocation d’offrir des logements de bonne qualité à plus bas coûts<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong> que ceux du marché locatif privé. Outre développer des logements étudiants, l’UTILE veut pousser les gouvernements provincial et fédéral à financer davantage les projets de logements étudiants. L’insuffisance du financement actuel serait entre autres attribuable aux limites méthodologiques de Statistique Canada dans son évaluation de la précarité de logement. Par exemple, les étudiants et étudiantes universitaires qui rentrent vivre chez leurs parents deux mois par année sont considérés comme habitant à temps plein au domicile familial par l’organisme fédéral. Ce dernier ne considère pas que la communauté étudiante ait des «besoins impérieux de logement», car le fait d’être aux études est considéré comme un état de précarité temporaire. Pour Laurent Levesque, ces déterminations de Statistique Canada sont en partie infondées, car le besoin en logements étudiants est bel et bien «réel» et les conséquences de cette pénurie sont multiples pour les populations étudiantes concernées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats du sondage PHARE 2021 seront rendus publics à l’automne.<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"></span></strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/les-conditions-dhabitation-etudiante-ignorees/" data-wpel-link="internal">Les conditions d’habitation étudiante ignorées</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Ces phares que l’on n’entretient plus</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/ces-phares-que-lon-nentretient-plus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Céré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Feb 2021 13:47:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[l&#039;Écrou]]></category>
		<category><![CDATA[littérature québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[Maison d&#039;édition]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[réflexion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réflexion sur l’annonce de la fermeture progressive de l’Écrou.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/ces-phares-que-lon-nentretient-plus/" data-wpel-link="internal">Ces phares que l’on n’entretient plus</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Il y a quelques années, j’ai participé à la tentative du <em style="user-select: auto;">plus long micro ouvert de l’histoire</em><strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-societe-color" style="user-select: auto;"> </span></strong>organisé par Carl Bessette, l’un des fondateurs de la maison d’édition<a style="user-select: auto;" href="https://www.lecrou.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em style="user-select: auto;"> </em></a><em style="user-select: auto;"><a style="user-select: auto;" href="https://www.lecrou.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’Écrou</a></em> (fondée en 2009), qui annonçait, la semaine dernière, sa fermeture progressive après avoir réussi pendant plus d’une dizaine d’années à entretenir le feu poétique mordant d’une nouvelle vague d’artistes émergents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce micro ouvert, pourtant ludique, m’apparaissait comme quelque chose de nécessaire. Rassurant. Il y avait de la bienveillance dans ce bar, dans ces enchaînements de poèmes, de paroles. C’était une démonstration répétitive et constante de l’acte de résistance poétique. Une façon de dire : la poésie va bien. Elle est là. Elle compte bien rester, mais c’est à nous de l’entretenir, par l’enchaînement constant de nos voix. Une manière de dire : tant qu’il y aura un souffle. J’ai expérimenté ce même souffle, plus tard, quand je me suis intéressé aux poètes et poétesses publiés chez l’Écrou. Ces artistes représentaient la raison d’exister de l’Écrou. Un contre-courant. C’est cet intérêt qui permet l’entretien d’une respiration stable. C’est aussi cet intérêt qui faisait en sorte que l’Écrou pouvait se maintenir à flot. Maintenir son cap. La résistance. Être autonomes en se faisant un point d’honneur à refuser les subventions. L’art se déploie dans cette autonomie causée par cet entretien collectif désiré. Non pas dans une performance. Non pas dans une course effrénée aux subventions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème réside dans l’absence de cet entretien. C’est que la poésie est un phare aménagé par nos voix. Et nos voix s’essoufflent. Elles préfèrent errer. Crier au travail, crier des idéologies, crier un semblant de concret qui ne l’est pas, hurler contre un trafic qui mène, en bout de course, au feu rouge. La poésie est dans le murmure. Un contrepouvoir à ce cri absurde qui harcèle l’espace langagier et qui est la cause première de l’essoufflement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong><span class="has-inline-color has-societe-color">«</span></strong>Les subventions reflètent notre propre échec collectif à reconnaître l’utilité fondamentale de l’art et à l’entretenir<strong><span class="has-inline-color has-societe-color">»</span></strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ce souffle, c’était l’Écrou. Une maison d’édition qui abritait ces murmures, ces contrepouvoirs. Une maison qui a protégé les voix hors normes de tant d’artistes méconnus: Maude Veilleux, Fernand Durepos, Emmanuelle Riendeau, <a style="user-select: auto;" href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/15/des-contrastes-dans-le-noir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Frédéric Dumont</a>, pour ne nommer que ceux-là. La maison avait comme principe de ne pas demander de subventions gouvernementales. C’est un principe auquel j’adhère. Car si alléchantes soient-elles, les subventions incarnent intrinsèquement le manque d’intérêt. C’est comme si on prêtait une somme d’argent à une municipalité pour la construction d’une patinoire en sachant très bien qu’il n’y aura que trois personnes du quartier qui la fouleront le temps venu. Peu importe la somme d’argent investie pour l’agrandissement de la patinoire ou son embellissement, cela ne règle pas le problème des patineurs. Cependant, ce n’est pas de patin dont on parle mais d’art, ce qui ajoute à la tristesse de la chose. Loin de moi l’idée de parler en mal des subventions, ce n’est pas du tout mon but, car elles sont absolument nécessaires pour ceux qui ne pourraient vivre sans. Mais elles ne devraient pas l’être. J’essaie seulement de définir pourquoi elles le sont et ce que le besoin de subventions vient dire de nous : les subventions reflètent notre propre échec collectif à reconnaître l’utilité fondamentale de l’art et à l’entretenir. Car de toute façon, le gouvernement, en accordant chaque année des sommes risibles aux artistes, prouve que lui-même ne considère pas l’art comme fondamental. Tout cela prouve que le problème est ailleurs, qu’il vient de nous. On ne peut pas rejeter le blâme éternellement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong><span class="has-inline-color has-societe-color">«</span></strong>Ils sont les lanceurs d’alertes d’une situation plus grave : la régression de l’intérêt pour l’art dans la sphère publique<strong><span class="has-inline-color has-societe-color">»</span></strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Vous connaissez sans doute l’histoire du canari dans la mine. On faisait descendre un canari avec les mineurs et si le canari mourait asphyxié, les mineurs savaient alors qu’ils allaient, à leur tour, manquer d’air. L’Écrou est ce canari. Elle est celle qui lance l’alerte d’une situation plus grave : la régression de l’intérêt pour l’art dans la sphère publique. Et toutes les subventions du monde ne changeront pas ce fait. Sa<strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-societe-color" style="user-select: auto;"> </span></strong>fermeture, c’est avant tout l’échec de la communauté littéraire et de la population générale qui ont laissé le canari mourir. Et même si la pandémie est un facteur indéniable derrière cette perte, elle reste une excuse facile qui, dans ce cas, nous déresponsabilise de notre échec plus qu’elle ne l’explique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La crainte qui m’habite est que ces autres oiseaux dont les subventions emplâtrent les poumons pour permettre leur souffle se sentent trop en sécurité pour agir, résister, s’adapter, pour innover et raviver l’intérêt des gens pour leur forme d’art. La crainte, c’est aussi qu’il manque constamment de temps pour s’adapter à une société qui récompense la vitesse, mais que la vitesse récompense de moins en moins. La crainte, c’est que les phares s’écroulent, que les canaris meurent et qu’il ne nous reste qu’une société rapide-hurlante qui tronquerait la lumière et les murmures.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/ces-phares-que-lon-nentretient-plus/" data-wpel-link="internal">Ces phares que l’on n’entretient plus</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le privilège de l’entre-deux</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/le-privilege-de-lentre-deux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Céré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Feb 2021 13:46:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue]]></category>
		<category><![CDATA[Fusibles]]></category>
		<category><![CDATA[Geneviève Blais]]></category>
		<category><![CDATA[Hector Ruiz]]></category>
		<category><![CDATA[littérature québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Racines et fictions]]></category>
		<category><![CDATA[Recueil de poésie]]></category>
		<category><![CDATA[réflexion]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=41697</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entretien avec Geneviève Blais et Hector Ruiz sur la notion de double performance.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/le-privilege-de-lentre-deux/" data-wpel-link="internal">Le privilège de l’entre-deux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Le Délit</em> s’est entretenu avec la poétesse Geneviève Blais et le poète Hector Ruiz sur des questions qui touchent au processus artistique général et au processus qui a enfanté leurs plus récents recueils, respectivement: <em>Fusibles</em> (Poètes de brousse) et <em>Racines et fictions </em>(Éditions du Noroît). Ils enseignent tous les deux la littérature au collège Montmorency et ont publié de nombreux recueils pendant ce temps. Nous les avons questionnés sur leur rapport à l’enseignement, notamment sur la notion de double performance avec laquelle l’écrivain doit jongler: le travail et son idée de performance <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">viennent-ils </span>nuire à la production artistique, qui, elle aussi, <strong><span class="has-inline-color has-actu-color"></span></strong>nécessite un travail de longue haleine? </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Délit (LD):</strong> <em>Geneviève, ton</em><strong> </strong><em>recueil </em>Fusibles <em>est inspiré d’un fait divers macabre, </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Papin" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>l’affaire</em></a><em> des sœurs Papin. Sous quel angle ou avec quelle intention cette affaire est-elle traitée? Est-ce par la mise en lumière de la construction sociale, les relations problématiques entre mères et filles, la psychose lacanienne causée par les traumatismes passés? Ou encore quelque chose de tout autre? </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong style="user-select: auto;">Geneviève Blais (GB): </strong>Je me suis tout d’abord intéressée de façon personnelle au <em style="user-select: auto;">ravage</em>, tel que le définit Lacan, mais aussi à comment ce concept a été repris et pensé, entre autres, par des psychanalystes contemporains. Je ne voudrais pas travestir trop, être à côté, mais disons que le ravage est un passage qui s’opère entre une mère et sa fille, un genre de rapt de la fille envers la mère qui lui permet, par la suite, de s’affranchir de celle-ci en la «détruisant» symboliquement. Selon Alexandre Lévy, «Lacan s’attarde sur<strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-actu-color" style="user-select: auto;"> </span></strong>cette dimension du ravage dans le lien mère-fille, où ce<strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-actu-color" style="user-select: auto;"></span> </strong>ravage est à la mesure de l’attente de la fille vis-à-vis de sa mère d’une certaine «&nbsp;substance&nbsp;» en tant que femme, c’est-à-dire de l’attente d’une certaine essence de la féminité – telle une sorte de «&nbsp;modèle essentiel&nbsp;» – qui ne peut précisément être envisagée.» </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est le gluant de cette histoire qui rencontre mon gluant à moi. La sororité, le double, l’inceste, le rapport à la mère (réel et symbolique), le passage à l’acte»</p><cite>Geneviève Blais</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai donc beaucoup lu à ce sujet. Il y avait là quelque chose de particulièrement attirant, des échos, un dialogue, une forme de violence qui résonnait, j’allais en fin de compte à la rencontre de quelque chose en moi à travers ces écrits théoriques. Et puis, un jour, je suis tombée sur <em>Entre mère et fille: un ravage </em>de Marie-Magdeleine Lessana. Quand je suis arrivée au chapitre des sœurs Papin, que je ne connaissais pas par ailleurs, j’ai été littéralement happée. J’avais peur d’avancer dans le récit.&nbsp; Je suis donc entrée dans cette histoire par le corps: elle m’effrayait et m’attirait. Une chose est certaine, c’est que le passage à l’acte est quelque chose qui<strong> </strong>me questionne depuis longtemps: comment est-il possible de franchir cette fine ligne ? Qu’est-ce qui (re)tient alors? Qu’est-ce qui pousse alors? </p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="668" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/G.Blais_.couleur-1000x668.jpeg" alt class="wp-image-41704" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/G.Blais_.couleur-1000x668.jpeg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/G.Blais_.couleur-330x220.jpeg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/G.Blais_.couleur-768x513.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/G.Blais_.couleur-930x620.jpeg 930w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/G.Blais_.couleur.jpeg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/fortiercorinne/?media=1" data-wpel-link="internal">Corinne Fortier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">En même temps, je me suis beaucoup posé de questions sur ma propre fascination. Pourquoi est-ce-que je suis si attirée par le monstrueux, quel est ce côté voyeur? Je pourrais bien vous dire que c’est le rapport de classe qui me révoltait – comme Sartre et Beauvoir en ont parlé. Mais non, c’est le gluant de cette histoire qui rencontre mon gluant à moi. La sororité, le double, l’inceste, le rapport à la mère (réel et symbolique), le passage à l’acte. Et l’œil. Cet œil laissé dans l’escalier. La première chose trouvée par les policiers sur la scène du crime. L’œil. Le regard. Le regard de la mère (réel et symbolique, toujours). Puis, ce qu’on fait dans l’obscurité qu’on ne ferait pas à la clarté franche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout ce que tu nommes dans ta question est juste et se retrouve dans cette histoire, dans cet aller-retour entre mon univers et le fait divers. Mais dans l’écriture même, dans le processus de création, je ne pourrais pas dire que c’était conscient. Louise Dupré, qui était ma prof à l’université, m’a dit un jour: «Vous savez, on n’écrit pas ce qu’on veut mais ce qu’on peut.» Pour moi, c’est exactement ça. C’est une rencontre, un dialogue que je ne maîtrise pas.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="nv-iframe-embed"><iframe loading="lazy" title="Le poème «Fusibles» de Geneviève Blais, lu par Sylvie Drapeau" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/xdtyONkgIZo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD:</strong> <em>Dans ta réponse, on peut percevoir que le processus de création prend un temps de recherche considérable. Crois-tu que ce processus artistique de recherche est entaché par les attentes de la société capitaliste envers ses artistes? Quel est le futur de l’artiste dans une telle société si le temps que l’on consacre au processus de recherche et d’écriture est diminué de manière forcée par ces mécanismes sociaux?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>GB:</strong> Je crois en effet que le processus peut être entaché (notamment si l’on parle de cinéma ou de séries télé à gros budgets qui n’ont pas beaucoup de temps de tournage), mais je n’aborderai ici que ma pratique de la poésie (c’est la réalité que je connais). En ce qui me concerne, je ne sens pas d’attentes ou très peu. Le livre se fait ou non. Je prends le temps qu’il faut. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je pense que la création est un acte de résistance. Je crois aussi que les mouvements fluctuent et que les créateurs ont su et sauront <em>faire avec</em>. J’ai une profonde confiance en la force de création»</p><cite>Geneviève Blais</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les explorations diverses alimentent ma création littéraire, mais aussi tout ce que je suis et porte; ça va bien au-delà de la finitude d’un livre. Mais c’est vrai que «perdre du temps», ce n’est pas très payant au sens capitaliste. Ces explorations/recherches sont des détours et, au final, pour parler la langue capitaliste: je <em style="user-select: auto;">consomme</em> beaucoup plus que ce que je <em style="user-select: auto;">livre</em>. Je veux dire que toutes mes recherches sont un flot qui me permet de dialoguer, certes, mais j’ai l’impression que j’absorbe, que je vampirise même et que je ne redonne qu’une toute petite parcelle de ce que j’ai capté et englouti via ces recherches.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela dit, il est évident que pour plusieurs, le mode de vie dans lequel nous vivons achoppe ce processus de recherche; comme il est évident qu’écrire avec une bourse d’écriture est tout à fait différent qu’écrire en travaillant! Je pense que la création est un acte de résistance. Je crois aussi que les mouvements fluctuent et que les créateurs ont su et sauront <em>faire avec</em>. J’ai une profonde confiance en la force de création. C’est très difficile pour moi de répondre à cette question… j’ai l’impression de manquer d’ancrage dans la réalité et d’être naïve. Est-ce romantique que de penser que malgré les baillons multiples et divers,<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"> </span></strong>la parole cherche à s’immiscer à travers les brèches? Et même de se dire que, parfois, elle explose justement à cause de ces mêmes exigences? Probablement. N’en demeure pas moins que si je veux être honnête, je sens une force certaine dans cet acte de résistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD: </strong><em>Penses-tu</em><strong> </strong><em>qu’un auteur ou une autrice qui travaillerait, pour gagner sa vie, dans un milieu qui n’est pas en lien avec la littérature se verrait davantage affecté•e par ce concept de double performance? Car, toujours en lien avec l’idée de recherches externe et interne, celui ou celle-ci serait distrait•e de ses réflexions littéraires par des attentes sociales et économiques auxquelles il se doit de participer.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>GB</strong>: Ouch. Il y a tellement de réponses possibles. Je pense à tous ces auteurs et<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"> </span></strong>autrices prolifiques, mais dont la situation financière était/est fragile, et il y en a beaucoup! C’est pour ça que, pour moi, c’est une question de résistance. Un acte de résistance. De la même façon, si l’on poursuit ces processus malgré le fait qu’on ait<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"></span></strong> un bon salaire, de bonnes conditions, il faut quand même bien toujours se risquer à faire plein de détours, à sentir qu’on est vain, qu’on est autre et plusieurs, accepter de se perdre. J’ai l’impression que,<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"> </span></strong>pour moi, les contraintes sont davantage intérieures.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Parfois, l’acte de résistance ne suffit pas ou, du moins, ne peut plus se faire. La fermeture de la maison d’édition L’Écrou, la semaine dernière, met en lumière que cette résistance a de plus en plus de mal à se frayer un chemin entre les brèches du système capitaliste.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Voir aussi l’article</strong> : <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/ces-phares-que-lon-nentretient-plus/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Ces phares</a> que l’on n’entretient plus</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-noir-background-color has-noir-color is-style-dots">



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/DSC_0156-2_fix-1000x667.jpg" alt class="wp-image-41748" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/DSC_0156-2_fix-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/DSC_0156-2_fix-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/DSC_0156-2_fix-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/DSC_0156-2_fix-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/DSC_0156-2_fix-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/DSC_0156-2_fix-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/DSC_0156-2_fix-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit">Gracieuseté de Hector Ruiz</span></figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Quant à Hector Ruiz, il considère que l’entre-deux de l’écrivain et du professeur exprime avant tout une posture d’ouverture. Cette position, qui n’est certainement pas des plus faciles, est la plus fertile à ses yeux. <strong><span class="has-inline-color has-actu-color"></span></strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD</strong>: <em>Hector, </em><strong> </strong><em>ton dernier recueil, </em>Racines et Fictions<em>, se déploie dans un entre-deux, à la fois temporel, spatial et identitaire, où le sujet hésite entre existence et absence. Tu as écrit : « En marge de toi-même / dans l’espace public de la feuille / tu accroches la clé au clou / mets le tablier ». On sent une certaine appréhension ou même une moquerie de cet espace public. Ce point de tension découle-t-il de ta vision de la littérature et de l’écrivain? Cette vision a‑t-elle évolué depuis que tu as</em><strong> </strong><em>commencé à écrire?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Hector Ruiz (HR)</strong>: Tout d’abord, l’entre-deux est quelque chose qui, personnellement, m’intéresse beaucoup. Avec les années, je crois que l’entre-deux est ce qui convient le mieux à ma posture d’écrivain. Ça me permet d’être <em>et </em>ceci <em>et </em>cela, d’écrire des poèmes en vers et des poèmes en prose. On pourrait croire que c’est de l’évitement, mais c’est plutôt, au contraire, une posture d’ouverture, une posture qui accueille le plus d’horizons possible. Cette question-là d’entre-deux me plaît beaucoup.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par rapport au poème que tu cites, d’une manière plus ou moins subtile je parle d’une espèce d’art poétique. Cet art poétique est ouvert à l’espace public, à l’autre et à la différence. Ça me nourrit énormément. L’autre a beaucoup de choses à m’apprendre.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’écriture est un exercice de liberté, elle a tous les droits. Elle est guidée par un souffle intérieur et moi, mon travail est d’écouter ce souffle et de l’accompagner jusqu’au bout»</p><cite>Hector Ruiz</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Mais en même temps, quand arrive le moment de mettre le tablier et de s’installer à sa table de travail, c’est un autre jeu. Ici, pas le choix de mettre à distance l’espace <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">public </span>et l’autre. Ce qui est bon pour moi comme individu n’est pas nécessairement bon pour le poème. Le travail d’écriture doit être critique et <em>peut </em>être critique de ce qui se passe à l’extérieur. Dans l’écriture, j’ai l’impression qu’il y a deux temps: le temps où je suis dehors à marcher et à accueillir le monde, et l’autre temps où je suis en train d’écrire. Au moment où j’écris, l’écriture est libre de prendre ce qu’elle veut du dehors, quitte à s’en moquer. L’écriture est un exercice de liberté, elle a tous les droits. Elle est guidée par un souffle intérieur et moi, mon travail est d’écouter ce souffle et de l’accompagner jusqu’au bout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette posture de l’entre-deux doit accepter que tu dois toujours te réactualiser et te remettre en question. La littérature est un travail qui demande du temps, de la lenteur, parce qu’il faut lire et réfléchir à ce qu’on lit. Lire<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">, </span>ça prend du temps. C’est aussi un travail qui est peu payant. Les écrivains sont vraiment pauvres. C’est un travail qui semble inutile pour plusieurs. Dans une société comme la nôtre, je trouve qu’on a beaucoup de travail à faire. Je me demande parfois: comment ça se fait que des personnes trouvent l’art inutile?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD</strong>: <em>S’il est vrai que l’écriture et la lecture sont des espaces hors temps, des espaces de contemplation et de lenteur, cet espace-temps créatif se heurte-t-il parfois à la rapidité et à la productivité attendues dans la « vraie » vie?&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>HR</strong>: Oui, définitivement. En même temps, c’est pas tout mauvais. Le seul aspect positif de la pandémie est qu’on a été obligé de s’enfermer dans la maison et qu’on a arrêté d’être productif. Un artiste ne peut pas brusquer l’œuvre. Si un artiste brusque l’œuvre, ça va se revirer contre lui. Il peut travailler beaucoup, mais l’œuvre va arriver à maturité quand ce sera son temps. Quant à moi, ce n’est pas l’artiste qui décide quand elle est finie, c’est l’œuvre qui le décide. L’artiste doit être à l’écoute de l’œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut le dire, on le voit bien aujourd’hui et depuis toujours, la question du succès et la volonté de réussir font partie du processus de l’artiste. Il y a un aspect important dans cette volonté: ça nous pousse à nous dépasser, à ne pas faire la même chose, à aller ailleurs, mais elle est très dangereuse parce qu’elle peut aussi transformer l’individu en monstre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En même temps, bien que la communauté poétique soit en train de s’agrandir, elle demeure minoritaire. Je ne peux pas m’empêcher de porter un regard à son grand frère, le roman<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"></span></strong>. Un recueil de poésie qui fait un premier tirage de 500 exemplaires, c’est énorme. Mais quand on sait qu’un premier roman fait un tirage de 3000, ça m’étonne beaucoup. Il y a un intérêt pour la lecture et la culture, mais pourquoi <s><strong><span class="has-inline-color has-actu-color"></span></strong></s>ne se rend<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">-il</span> pas à la poésie? Est-ce parce que le roman est plus divertissant? La poésie, trop complexe? Il&nbsp; y a certainement un renouveau pour la poésie au Québec, on le voit. Mais j’ai bien hâte de voir la deuxième phase. Certains collègues du cégep et moi, on se dit : là, ça suffit l’introduction à la poésie! Il faut entrer maintenant, pour reprendre Roland Giguère, à l’âge de la parole. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est vrai qu’il y a quelque chose dans l’écriture et l’enseignement qui te garde vrai, authentique. C’est fort d’échanger autour d’une œuvre avec un groupe. On n’a pas le choix d’être là. Ça demande une présence véritable»</p><cite>Hector Ruiz</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD:</strong><em> Tu enseignes</em><strong> </strong><em>au Collège Montmorency depuis une quinzaine d’années – années durant lesquelles tu as également écrit et publié quatre recueils de poésie et un essai. Qu’est-ce que tu as</em><strong> </strong><em>gagné ou perdu de cette double performance?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>HR</strong>: Dans l’idéal, mon travail resterait de lire, d’écrire et d’échanger avec d’autres littéraires. Mais en même temps, le cégep me permet<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"></span></strong> de lire et d’échanger avec mes étudiants. Ça ralentit le processus de création, oui, mais parfois, c’est intéressant d’être interrompu et de devoir y revenir plus tard avec un recul. Enseigner me permet de retenir mon contact avec l’écriture en attendant d’avoir un temps de qualité pour me concentrer sur mon travail.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est vrai qu’il y a quelque chose dans l’écriture et l’enseignement qui te garde vrai, authentique. C’est fort d’échanger autour d’une œuvre avec un groupe. On n’a pas le choix d’être là. Ça demande une présence véritable. Tu ne peux pas faire semblant, même chose quand tu écris. Écrire, c’est écouter, et tu veux écouter la voix la plus juste possible. Je pense qu’il y a d’autres métiers qui peuvent permettre ce <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">va-et-vient<span class="has-inline-color has-actu-color"></span> e</span>ntre l’écriture et comment gagner sa vie – peut-être le bibliothécaire et le libraire. Moi, personnellement, j’ai besoin de me sentir en sécurité pour me concentrer sur l’écriture. Comment aller à la table de travail quand tu vis dans la précarité? Je me considère chanceux et privilégié de pouvoir être enseignant et écrivain. Mais parfois, c’est difficile, tu veux tout donner à l’écriture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une autre vie, si je n’étais pas enseignant, j’aimerais entraîner une équipe de soccer. C’est quand même proche parce que ce sont des passions. Ça te prend toute la tête, tout le corps. Mais je ne sais pas si un travail pourrait remplacer l’écriture.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD</strong>: <em>Où te positionnes-tu par rapport à l’autofiction?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>HR</strong>: Je suis là aujourd’hui à accepter certaines choses. J’ai toujours eu l’idée que j’allais ennuyer l’autre avec mes histoires d’immigration. J’avais peur de tomber dans cet aspect pathétique de la lamentation. Je pense que je n’avais pas non plus assez de métier pour aborder ce sujet. Ceci a fait que je me consacrais <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">à </span>des projets de déambulation ou de type «engagement». À un moment donné, à travers ça, il y avait un souvenir qui émergeait et je n’avais le choix que de travailler avec ça.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En vieillissant et avec le travail de mon éditeur, j’ai compris que je ne peux pas toujours fuir mon passé. Je dois travailler avec maintenant. Ici aussi, la notion de l’entre-deux resurgit. Il faut conjuguer maintenant l’entre-deux de la mythologie, qui est sociale et collective, et de ma mythologie personnelle: ma mémoire et mon histoire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/le-privilege-de-lentre-deux/" data-wpel-link="internal">Le privilège de l’entre-deux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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