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	<title>Archives des 2021-01-12 - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2021-01-12/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Fri, 12 Feb 2021 19:51:02 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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		<title>La Révolution tranquille ne visait pas à détruire, mais à bâtir</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/la-revolution-tranquille-ne-visait-pas-a-detruire-mais-a-batir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dimitrios Valkanas]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2021 14:09:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[administration]]></category>
		<category><![CDATA[anglais]]></category>
		<category><![CDATA[Droits linguistiques]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[Lysa Bélaïcha]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[minorités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une réponse à l’article «Quand “Speak white” resurgit en 2020».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/la-revolution-tranquille-ne-visait-pas-a-detruire-mais-a-batir/" data-wpel-link="internal">La Révolution tranquille ne visait pas à détruire, mais à bâtir</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 1<em>er</em> décembre dernier, <em>Le</em> <em>Délit </em>a publié <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/12/01/quand-speak-white-resurgit-en-2020/" data-wpel-link="internal">un </a><a href="https://www.delitfrancais.com/2020/12/01/quand-speak-white-resurgit-en-2020/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">article</a> dans lequel une étudiante allophone, qui a fait la majeure partie de son éducation en français, se plaignait de la difficulté que plusieurs étudiants francophones éprouvent à s’adapter à une institution anglophone comme McGill. L’étudiante en question, Lysa Bélaïcha, a perçu cette difficulté comme une discrimination de la part de l’Université envers les francophones, qu’elle a comparée à la situation des Canadiens français avant la Révolution tranquille. Même si je sympathise avec sa situation, je dois constater que son interprétation ne reflète pas la réalité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une mauvaise représentation des politiques linguistiques de l’Université</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autrice commence son article en se disant déçue que McGill ne soit pas aussi accessible à une allophone francotrope qu’elle l’aurait cru. Elle explique qu’en arrivant à l’Université, elle ne pouvait ni faire ses lectures ni comprendre les paroles de ses professeurs, car elles étaient en anglais. Cependant, le site de McGill destiné aux aspirants étudiants <a href="https://www.mcgill.ca/firstyear/undergraduate/your-first-year/first-year-programs/francophone" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">énonce </a><a href="https://www.mcgill.ca/firstyear/undergraduate/your-first-year/first-year-programs/francophone" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">clairement</a>: «Bien qu’il soit nécessaire de bien comprendre l’anglais pour étudier à McGill, il n’est pas essentiel d’être parfaitement bilingue pour bien réussir». Comment une personne qui ne peut comprendre l’anglais, de surcroît à un niveau universitaire, pourrait-elle satisfaire cet énoncé? Et pourquoi une telle personne choisirait-elle d’étudier dans une université dont la langue d’instruction lui est incompréhensible?</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, ce même site mentionne que des cours d’anglais subventionnés sont disponibles aux étudiants francophones dès leur admission à l’Université. Si une personne qui ne comprend pas la langue d’instruction d’une université a l’option de l’apprendre gratuitement, peut-elle vraiment se plaindre d’être exclue? Si elle refuse de le faire, est-ce que sa difficulté à s’y adapter est vraiment imputable à l’université? En tout respect, je pense que non. On se dit souvent que les institutions doivent s’adapter aux personnes qui les constituent, ce qui est à mon sens tout à fait raisonnable. Mais il est également vrai que les individus ont un devoir de s’adapter aux institutions auxquels ils se joignent.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Pourquoi une personne qui ne peut comprendre l’anglais choisirait elle d’étudier dans une université dont la langue d’instruction lui est incompréhensible? »</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le site <a href="https://www.mcgill.ca/students/srr/academicrights/course/french" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">énonce plus loin la politique de bilinguisme</a> de McGill, qui donne aux étudiants le droit de faire tous leurs travaux en français. Mme Bélaïcha affirme aussi  cette politique accorde également aux étudiants un droit «rarement mentionné», soit celui d’intervenir en français en classe, <a href="https://www.mcgill.ca/secretariat/files/secretariat/PolicyuseofFrench-fr.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">mais cela n’est pas mentionné dans les règlements de l’Université</a>. En fait, je crois que l’Université est plus accueillante, mais moins bilingue, que l’autrice l’affirme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une mécompréhension des buts de la Révolution tranquille</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mme Bélaïcha considère qu’il est discriminatoire que les étudiants anglophones soient plus à l’aise que leurs homologues francophones dans une université anglophone. Étant donné que toute distinction ou différence ne constitue pas une discrimination, je ne comprends pas comment des francophones unilingues pourraient réussir aussi facilement que les francophones bilingues ou les anglophones à McGill, à moins que cette université soit francisée. Néanmoins, une telle francisation mettrait fin à l’institution et à sa culture académique. Je ne pense pas que l’on doit expliquer pourquoi la langue est inextricablement liée à la culture, surtout dans un contexte québécois. Évidemment, la francisation de McGill la divorcerait de toute son histoire et des pratiques qui l’ont conduite au statut prééminent dont elle jouit aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mme Bélaïcha prétend que la difficulté d’adaptation de certains francophones à McGill «reproduit exactement ce que la Révolution tranquille a tenté d’effacer» en rendant le succès des francophones plus difficile que celui des anglophones. Ainsi, elle compare cette situation à la discrimination que les Canadiens français, peuple conquis et réduit au statut de <a href="http://www.tlfq.ulaval.ca/chronique/2_porteur.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">porteurs d’eau</a> dans leur propre pays, ont dû subir avant la Révolution tranquille. En tout respect, je ne vois pas en quoi cette comparaison est raisonnable. Je ne suis ni francophone ni Québécois de souche, tout comme l’autrice. Toutefois, de ce que j’ai lu et compris de la Grande Noirceur, les problèmes des Canadiens français ne se résumaient pas en une plus grande difficulté à réussir dans une institution anglophone que leurs compatriotes anglophones; il s’agissait plutôt d’un manque total d’accès à de telles institutions, principalement en raison de l’inexistence d’institutions francophones comparables ou de l’exclusivité de ces dernières.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif de la Révolution tranquille n’était pas de déboulonner les institutions anglophones, mais de permettre aux Québécois de se doter de leurs propres institutions comme peuple mature et émancipé. Cette révolution visait à libérer les Québécois de la tutelle d’une petite élite fermée qui dirigeait le Québec <a href="https://www.vqronline.org/essay/french-canada-modern-feudal-state" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">comme un fief</a>, en gardant son peuple ignorant et isolé. C’est pour cette raison que, à la suite des émeutes du mouvement McGill français, le gouvernement a choisi d’accélérer la création des «Universités du Québec», particulièrement l’UQAM, au lieu d’abolir (ou de «franciser») McGill. Une telle abolition aurait tout simplement privé la province d’une des meilleures universités au monde, sans évidemment faire quoi que ce soit pour améliorer la situation éducative de la classe ouvrière francophone.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif de la Révolution tranquille n’était pas d’enfermer les Québécois dans un cocon linguistique. Cet isolationnisme est exactement ce que ses intellectuels avaient dénoncé dans <em>Cité Libre</em>, où l’un d’entre eux <a href="http://classiques.uqac.ca/contemporains/trudeau_pierre_elliott/nouvelle_trahison_des_clercs/trahison_texte.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a écrit en 1962</a>: «L’ère des frontières linguistiques est finie, au moins en ce qui concerne la science et la culture; et si les clercs québécois refusent de maîtriser une autre langue que la leur, s’ils n’avouent de fidélité qu’à la nation, ils peuvent renoncer pour toujours à circuler dans l’orbite des élites intellectuelles du monde» (Pierre Elliott Trudeau, «La nouvelle trahison des clercs»).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le vrai défi d’une génération étudiante postrévolutionnaire tranquille</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À mon humble avis, au lieu de s’attaquer au fait que McGill est anglophone, les étudiants qui se disent exclus devraient profiter de l’éducation qu’une université anglophone de calibre internationale leur offre. Ainsi, ils pourraient utiliser les connaissances qu’ils y gagneront pour faire avancer leur nation dans les forums internationaux culturels, scientifiques, économiques et politiques. Ceci donnerait au Québec l’aise nécessaire pour se tenir debout dans le monde. Cette démarche passe par nous, les jeunes, et l’on n’y arrivera pas en réanimant les vieilles batailles linguistiques et ethniques. Certes, il y a plusieurs réformes que l’on pourrait effectuer pour améliorer l’intégration des étudiants francophones; mais prétendre que l’absence de ces mesures additionnelles est une discrimination comparable à celles subies durant la Grande Noirceur est injuste. Il s’agit d’une proposition inflammatoire, diviseuse et contre-productive.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nos jours, Montréal dispose de deux universités francophones qui sont ouvertes à tout étudiant qui n’est pas à l’aise dans un milieu anglophone. En revanche, je ne recommanderais pas à ces étudiants de s’y transférer. Comme Mme Bélaïcha l’a justement admis, McGill est considérée comme <a href="https://www.timeshighereducation.com/student/best-universities/best-universities-canada" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la meilleure université au Québec</a>; ce statut est inextricablement lié à sa culture institutionnelle unique, dont fait partie la langue anglaise, tout comme la culture du Québec est inextricablement liée à la langue de Molière. Dans un monde où l’anglais est inéluctable, j’inviterais plutôt mes collègues à prendre le courage de se familiariser avec lui. Comme on l’a vu il y a soixante ans, le modèle de l’isolement ne fonctionne pas, surtout pour ceux qui visent le plus haut possible, comme l’autrice.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/la-revolution-tranquille-ne-visait-pas-a-detruire-mais-a-batir/" data-wpel-link="internal">La Révolution tranquille ne visait pas à détruire, mais à bâtir</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Un répit égoïste</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/un-repit-egoiste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sandrine Khuon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2021 14:08:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[Mesures sanitaires]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[temps des fêtes]]></category>
		<category><![CDATA[tourisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Est-ce bien responsable de voyager pour le plaisir au beau milieu d’une pandémie?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/un-repit-egoiste/" data-wpel-link="internal">Un répit égoïste</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Durant le temps des fêtes, des milliers de Québécois·es se sont envolé·e·s vers le sud, majoritairement au Mexique, afin de s’évader pour quelques jours de cette vie anxiogène et ennuyante qu’impose la pandémie. C’est vrai que c’est tentant: qui n’aurait pas envie d’une petite semaine au chaud, sur la plage, à se faire servir des boissons? Sauf que nous sommes confiné·e·s depuis des mois, soit pour notre propre santé, pour celle d’un proche ou, plus simplement, pour la santé collective. Les petites et moyennes entreprises, les restaurants et les artistes perdent leurs revenus, les étudiant·e·s crient à l’aide et les infirmier·ère·s sont à bout de souffle. Alors que tant de personnes sont restées seules durant les Fêtes afin de respecter les mesures sanitaires et d’assurer la sécurité de tous et toutes, pourquoi d’autres ne peuvent se retenir de voyager, ne serait-ce que pour un hiver? Pourquoi ne pas faire le dur sacrifice de rester à la maison cette année, afin d’endiguer la propagation de ce virus mortel et ravageur?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 27 novembre dernier, le Mexique a enregistré son <a href="https://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/2020-11-27/mexique/record-quotidien-de-contaminations-a-la-covid-19.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">nouveau record</a> de contaminations quotidiennes avec 12 081 cas détectés cette journée-là. À Mexico, le taux de mortalité lié à la COVID-19 est trois fois plus élevé que la moyenne mondiale. En effet, dans le reste du monde, en moyenne quatre personnes infectées sur 100 en meurent. À Mexico, ce sont douze personnes sur 100 qui décèdent des suites du virus. Selon Julie-Anne Boudreau, professeure à l’Institut national de recherche scientifique, ce taux anormalement élevé est dû aux nombreux <a href="https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/le-15-18/segments/entrevue/207182/mexique-pandemie-coronavirus-maladie" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">problèmes de santé</a> qui touchent la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Canada a un total de cas plus élevé que le Mexique, mais le Mexique a un taux de mortalité beaucoup <a href="https://www.bnc.ca/content/dam/bnc/fr/taux-et-analyses/analyse-economique/covid19-suivi-quotidien.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plus élevé</a> que le Canada. Qui plus est, le Québec est la province canadienne <a href="https://www.bnc.ca/content/dam/bnc/fr/taux-et-analyses/analyse-economique/covid19-suivi-quotidien.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">la plus touchée</a> par le virus; sachant cela, pourquoi des Québécois·e·s se donnent-ils le droit de partir séjourner dans ce pays de manière si irresponsable?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tourisme ayant un rôle central dans <a href="https://www.mexique-voyages.com/informations/economie" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’écono</a><a href="https://www.mexique-voyages.com/informations/economie" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">mie mexicaine</a>, le gouvernement a décidé d’ouvrir ses frontières. Ce sont donc les employé·e·s de services des hôtels et restaurants qui se mettent gravement à risque afin de servir les touristes entêté·e·s, sans mentionner le personnel soignant du pays qui sera laissé dans un fouillis total à la fin des vacances en janvier ainsi que les personnes vulnérables ayant maintenant énormément plus de chances de contamination.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, beaucoup d’étudiant·e·s ont pris l’avion, mais ce, majoritairement à des fins pratiques: la plupart sont retourné·e·s dans leurs pays d’origine durant la fermeture des universités afin de voir leur famille et leurs proches. Aussi, ce n’est pas tant à eux que s’adresse cette reproche, mais plutôt aux jeunes adultes souhaitant simplement pouvoir faire la fête et «vivre normalement». Ce sont eux qui ont davantage attiré l’attention du public. En effet, plusieurs <em>stories</em> d’influenceur·euse·s québécois·es sur Instagram, tels que Karl Sabourin, Milaydie, Noémy Petit et Emy-Jade Greaves, témoignent du manque de distanciation physique et du non-port du masque. Les mesures sanitaires étant différentes d’un pays à l’autre, les voyageur·euse·s mettent non seulement les résident·e·s du pays visité à risque, mais aussi les Québécois·es qui sont solidairement resté·e·s à la maison depuis presque un an maintenant.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À mon sens, il est important de parler de ce qui se passe en ce moment, car il s’agit réellement de privilège blanc. En effet, décider de partir se détendre parce que nous en avons la capacité économique, parce que notre système de santé est fonctionnel et parce que nous avons les ressources pour nous confiner à notre retour, le tout sans prendre en considération l’impact de nos actions dans l’autre pays, est totalement inconscient et égoïste. Aller séjourner, souvent sans précautions, mettant à risque les résident·e·s et les employé·e·s de services qui n’ont pas d’autres options que de travailler, reflète la tendance coloniale de l’Occident.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mal est déjà fait, mais puissions-nous, en 2021, penser davantage aux répercussions de nos actions ainsi qu’être plus empathiques et altruistes. Si nous voulons sortir de ce calvaire un jour, il faudra remettre en question nos responsabilités et privilèges dans le contexte de cette pandémie.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pouvoirs et limites d’un gouvernement démocratique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/pouvoirs-et-limites-dun-gouvernement-democratique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guélan Zaour]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2021 14:08:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[conservatisme]]></category>
		<category><![CDATA[coronavirus]]></category>
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		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[politique française]]></category>
		<category><![CDATA[Politique internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=40392</guid>

					<description><![CDATA[<p>Réflexions sur l’engagement de l'État en période de crise.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/pouvoirs-et-limites-dun-gouvernement-democratique/" data-wpel-link="internal">Pouvoirs et limites d’un gouvernement démocratique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L’année 2020 fut<strong> </strong>celle de toutes les surprises. Effrayée par une pandémie angoissante, la Terre tout entière était en état d’alerte permanent, essayant à tout prix d’endiguer la maladie. Tandis que la plupart des pays se sont donné la priorité d’enrayer l’épidémie, d’autres ont préféré garantir les libertés individuelles et leur santé économique. Bien entendu, chacune de ces visions a ses défenseurs et ses opposants. Privilégier la santé physique d’une population au prix d’une suspension des libertés individuelles et de l’activité économique ne sera pas sans conséquence pour le futur. D’ailleurs, les effets sanitaires positifs dans la lutte contre le virus seront contrebalancés par une augmentation inquiétante du nombre d’états dépressifs. C’est le cas en France,<strong> </strong>où <a href="https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-les-francais-de-plus-en-plus-touches-par-la-depression_4189535.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ce nombre a doublé</a> entre fin septembre et début novembre, pour atteindre 20% de la population le 20 novembre <span class="has-inline-color has-noir-color">dernier</span>. Privilégier la santé économique d’un pays pourrait également<strong> </strong>avoir des conséquences indésirables sur la population, bien plus exposée au virus, et donc au risque de se faire contaminer, hospitaliser, voire de mourir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les réactions sont si virulentes face à un Donald Trump trop inactif, ou face à un Emmanuel Macron trop restrictif, c’est peut-être parce qu’une question reste sans réponse: jusqu’où les pouvoirs du gouvernement peuvent-ils s’étendre et avec quelle légitimité ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Légitimité gouvernementale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour prendre des mesures aussi restrictives que celles ayant permis de lutter contre la pandémie de COVID-19, un gouvernement doit être doté d’une légitimité que seul le peuple peut lui conférer. Autrement, ses politiques risquent d’être violemment contestées et peu respectées.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gouvernements fragiles de par leurs résultats électoraux ont du mal à imposer leur autorité. C’est le cas de plusieurs dirigeants. Au Canada, le parti de Justin Trudeau a obtenu moins de voix que le Parti conservateur aux élections fédérales de 2019. Aux États-Unis, la légitimité de Donald Trump n’est pas reconnue par une grande partie de l’électorat démocrate, qui considère comme injuste sa victoire face à Hillary Clinton.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les manifestations aux allures parfois insurrectionnelles des gilets jaunes à partir du mois de novembre 2018 sont l’illustration de la faiblesse des gouvernements peu légitimes. Initialement mobilisés contre l’augmentation des prix du carburant, les gilets jaunes ont à plusieurs reprises mis en cause avec violence les institutions françaises (incendie de la préfecture du Puy-en-Velay, évacuation du porte-parole du gouvernement à la suite de la destruction du portail de son hôtel…). Des mesures difficiles prises par un gouvernement peu populaire peuvent avoir ce genre de conséquences et mettre en danger les institutions démocratiques d’un pays.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>On ne peut pas être en faveur d’un gros gouvernement, de grosses taxes et d’une grosse bureaucratie et en même temps en faveur du peuple</em>»</p><cite>Ronald Reagan</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, messieurs Trudeau, Trump et Macron sont des chefs d’État légitimes. Mais leur champ d’action reste limité, puisqu’une réforme de grande ampleur ou des mesures impopulaires pourraient fragiliser un soutien citoyen déjà précaire. C’est ce qu’a démontré le mouvement des gilets jaunes en France ou les manifestations contre Donald Trump aux États-Unis en réaction au décret restreignant l’immigration en provenance de sept «régions exposées au terrorisme». Ces remises en question de plus en plus récurrentes de la légitimité des gouvernements posent une question essentielle: si les questions de légitimité de l’autorité publique créent tant de tensions au sein des peuples, n’est-ce pas car la place du gouvernement est trop grande dans les sociétés occidentales? Peut-on finalement résumer cette problématique à cette réflexion de Ronald Reagan: «<em>On ne peut pas être en faveur d’un gros gouvernement, de grosses taxes et d’une grosse bureaucratie et en même temps en faveur du peuple</em>»? («<em>You can’t be for big government, big taxes, and big bureaucracy and still be for the little guy</em>») </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Limitation des pouvoirs gouvernementaux</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie n’est pas un régime pouvant satisfaire le peuple dans son entièreté. Le gouvernement ne peut donc <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">pas</span> avoir des pouvoirs dépassant la légitimité que les urnes lui ont donnée. Il est ainsi nécessaire de créer les conditions d’une stabilité politique et sociale durable, en ne donnant pas à une autorité centrale des compétences excédant leur représentativité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour arriver à cette fin, un système fédéral peut permettre de diviser les compétences gouvernementales en plusieurs administrations plus locales. Les États-Unis sont un bon exemple. Un fossé culturel, religieux et social divise certains États. Pour prendre un exemple flagrant, tout oppose les États du Wyoming et du Massachusetts. Le premier est largement républicain (Donald Trump a remporté l’État avec 70% des voix en 2020), majoritairement protestant et rural. Le second est largement<strong> </strong>démocrate (Joe Biden a remporté l’État avec 66% des voix en 2020), majoritairement catholique et très urbanisé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un régime dont le pouvoir serait centralisé et concentré à Washington manquerait inévitablement à bien desservir l’un ou l’autre de ces États, selon la couleur politique du Congrès et de la Maison-Blanche. Cela pourrait mener à des affrontements violents, menaçant gravement les conditions de vie des Américains. Or, le système fédéral actuel des États-Unis, parfois frustrant pour les présidents réformateurs, permet à chaque État d’obtenir une satisfaction politique, quel que soit le résultat des élections au niveau national. En 2016, les habitants de la très démocrate ville de New York étaient certainement déçus du résultat de l’élection présidentielle. Néanmoins, ils pouvaient se rassurer, puisque le gouverneur et la législature de l’État sont restés entre les mains du Parti démocrate.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Créer les conditions d’une démocratie moins clivante passe également par un transfert des pouvoirs gouvernementaux aux citoyens. Un État trop imposant perd en efficacité. L’exemple parfait de cette lourdeur étatique est celui de la France. En 2018, Emmanuel Macron a annoncé la suppression de 25 «mini-taxes» (sur un total de 190), dont le coût de collecte était si élevé qu’il rendait les taxes en question peu intéressantes pour le budget de l’État. Ces taxes multiples notamment présentes en France proviennent d’une volonté grandissante d’interventionnisme, en particulier dans la lutte contre la pauvreté.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Lorsque l’État se donne trop de missions, il devient un obstacle qui sépare la solution (le peuple) des maux»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette redistribution des richesses par l’impôt, censée réduire les inégalités, ne fait que créer un État de plus en plus massif et endetté, qui ne remplit pas ses missions. Dans la plupart des pays occidentaux comme le Royaume-Uni, la France ou les États-Unis, le taux de pauvreté a tendance <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/2408282#:~:text=Lecture%20%3A%20en%202018%2C%20au%20seuil,r%C3%A9f%C3%A9rence%20n&#039;est%20pas%20%C3%A9tudiante" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">à stagner</a> depuis les années 2000 malgré un taux important de prélèvements obligatoires. En France, les recettes fiscales représentaient 41% du PIB en 1990, puis 43% en 2000, pour finalement atteindre plus de 45% en 2019. Les dépenses publiques ont également augmenté, passant de 50% du PIB en 1990 à 57% en 2019. De son côté, le taux de pauvreté stagne, passant de 14% en 1990 à 15% en 2018 (seuil à 60%).</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreuses dépenses étatiques peuvent donc être considérées inutiles. Leur efficacité étant faible, il serait plus judicieux de supprimer des missions gouvernementales, permettant ainsi aux citoyens d’améliorer leur pouvoir d’achat en allégeant la pression fiscale exercée sur eux. Ils pourraient donc consommer plus ou investir, offrant à la société tout entière une opportunité de s’enrichir et de s’attaquer aux problèmes de la pauvreté et du chômage. Lorsque l’État se donne trop de missions, il devient un obstacle qui sépare la solution (le peuple) des maux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un gouvernement faible en temps de crise</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 21<em>e</em> siècle impose au monde de nombreuses crises: le dérèglement climatique, une baisse de confiance croissante envers les élites politiques et désormais une crise sanitaire. La première réaction des gouvernements face à ces crises a été d’augmenter la place de l’État dans la société. Par exemple, l’État français<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>crée de nouvelles méthodes de prise de décision pour faire face à la crise démocratique (<a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/04/08/le-bilan-du-grand-debat-en-six-questions_5447417_823448.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Grand D</a><a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/04/08/le-bilan-du-grand-debat-en-six-questions_5447417_823448.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">é</a><a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/04/08/le-bilan-du-grand-debat-en-six-questions_5447417_823448.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bat</a> à la suite de la crise des gilets jaunes, Convention citoyenne au sujet du climat et tirage au sort de 35 citoyens pour entendre l’avis des Français sur la stratégie vaccinale du gouvernement). Des méthodes coûteuses, peu efficaces et largement symboliques. Il multiplie et augmente les taxes et les réglementations pour faire face à la crise climatique (comme la taxe carbone prônée par les partis écologistes, qui va d’ailleurs bientôt être triplée en Norvège, ou l’augmentation régulière de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) en France). Il met en place des plans d’investissements publics massifs pour permettre à l’économie de se relancer après la crise sanitaire.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est aux citoyens de se saisir des crises et de participer, par leurs actions individuelles, à une mobilisation collective de la société qui, sans contrainte gouvernementale, pourra s’épanouir à nouveau»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Nous pourrions penser qu’en ces temps difficiles, l’étatisme est la seule solution aux maux qui gangrènent le monde. Pourtant, jamais les États occidentaux n’ont été si critiqués du fait de leurs actions (confinements mal adaptés aux spécificités territoriales, restrictions trop importantes des libertés publiques…) ou de leur inaction (manque d’investissements publics dans les énergies renouvelables, trop peu d’actions pour lutter contre la pauvreté…). En temps de crise, l’État doit justement desserrer son emprise sur la société. Reporter ou annuler les cotisations payées par les entreprises a par exemple été une solution privilégiée en Allemagne et en France. L’État expose ainsi sa nature: la pression fiscale exercée sur les entreprises par de nombreux États-providence pénalise la société plus qu’elle ne la sert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au sujet de la crise climatique, beaucoup réclament de l’État investissements, taxes, réglementations et contraintes. L’intention est bonne, mais inefficace. Des investissements publics massifs dans le secteur de l’énergie nécessitent des années de travail. Ils ne peuvent donc pas survivre à l’instabilité des échéances électorales, pouvant mener au pouvoir un parti radicalement opposé à ces investissements. Enfin, la volonté louable de réglementer l’économie et d’ajouter des contraintes à la vie de la population se heurte au potentiel refus de cette dernière de respecter les nouvelles normes. C’est pourquoi l’État n’a en réalité pas sa place dans la lutte contre le dérèglement climatique. C’est aux citoyens de se saisir des crises et de participer, par leurs actions individuelles, à une mobilisation collective de la société qui, sans contrainte gouvernementale, pourra s’épanouir à nouveau.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vers une nouvelle révolution conservatrice?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les années 1980 ont été marquées par l’avènement de politiques résolument conservatrices, représentées particulièrement aux États-Unis par la présidence de Ronald Reagan (1981–1989) et au Royaume-Uni par le mandat de Margaret Thatcher (1979–1990). Elles ont aussi été représentées au Canada et au Japon par les premiers ministres Brian Mulroney et Yasuhiro Nakasone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leurs politiques économiquement libérales et culturellement traditionalistes ont bouleversé le conservatisme et redonné à cette pensée une énergie qu’elle avait perdue. Aujourd’hui, le conservatisme renaît en Occident après une période de résolution face au progressisme et à la mondialisation, sous une forme bien différente.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le trumpisme américain est très dépensier, prônant d’importantes baisses d’impôts. <span class="has-inline-color has-noir-color">Les</span> <em>Tax Cuts and Jobs Act </em>de Donald Trump, qui a baissé de 14 points l’impôt sur les sociétés et les impôts des ménages les plus aisés pour garantir aux États-Unis une importante croissance sur le très court terme, en est le meilleur exemple. Le conservatisme français est en plein essor, divisé entre la ligne libérale de Marion Maréchal, la ligne plus étatiste de Marine Le Pen et la ligne identitaire d’Éric Zemmour. En Hongrie, en Pologne ou encore au Brésil, le conservatisme est au pouvoir, sous des formes multiples (libéralisme économique au Brésil, défense de valeurs culturelles chrétiennes en Hongrie, politique étrangère atlantiste en Pologne…).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Italie et en France, les partis conservateurs (Ligue du Nord et Rassemblement national) sont aux portes du pouvoir, prêts à projeter le monde dans une toute nouvelle révolution conservatrice, radicalement différente de celles des années 1980: pour eux, l’État n’est plus un mal, il est un outil. La Chine est pour eux la remplaçante de l’URSS dans une nouvelle Guerre froide engageant l’Occident. L’identité, la culture et l’immigration sont des sujets bien plus centraux dans ce tout nouveau conservatisme, dont l’expansion ne semble faire que débuter. La défaite électoralement satisfaisante de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine du 3 novembre 2020 ne semble pas l’avoir arrêté.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/pouvoirs-et-limites-dun-gouvernement-democratique/" data-wpel-link="internal">Pouvoirs et limites d’un gouvernement démocratique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Messages politiques de l’AÉUM</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/messages-politiques-de-laeum/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vincent Copti]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2021 14:07:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[conseil législatif]]></category>
		<category><![CDATA[Messages politiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après plusieurs controverses, le conseil législatif encadre les messages politiques de l’association étudiante.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Au cours du semestre d’automne 2020, l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) a publié plusieurs messages à dimension politique, dont deux traitant de solidarité internationale. Ces derniers, abordant respectivement la situation à <a href="https://mailchi.mp/ssmu.ca/statement-to-save12hkyouths?e=5183953926" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Hong</a><a href="https://mailchi.mp/ssmu.ca/statement-to-save12hkyouths?e=5183953926" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> Kong</a> et la guerre entre l<a href="https://www.facebook.com/SSMUAEUM/posts/3306458242724182" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">’Arménie</a> et l’Azerbaïdjan, ont chacun suscité la controverse. À la suite de ces évènements, Brooklyn Frizzle, vice-président·e aux Affaires universitaires, a proposé deux motions pour encadrer les messages politiques de l’AÉUM lors du conseil législatif du 3 décembre dernier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://ssmu.ca/wp-content/uploads/2020/12/Motion-Regarding-the-Release-of-Statements-and-Official-Communications-2020-12-03-APPROVED.pdf?x21981" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">première</a> motion, adoptée à treize voix contre six, stipule que le comité exécutif devra obtenir l’accord du conseil législatif avant de publier un message politique ou de signer une pétition ou une lettre ouverte au nom de l’AÉUM. La <a href="https://ssmu.ca/wp-content/uploads/2020/12/Motion-Regarding-the-Clarification-of-an-International-Political-Position-2020-12-03-APPROVED.pdf?x21981" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">seconde</a> motion concerne spécifiquement les communications de solidarité internationale et établit treize principes, ayant trait notamment à la démocratie et aux droits humains, au nom desquels l’association étudiante pourrait émettre des messages de solidarité internationale. Brooklyn Frizzle a expliqué que ces principes ont été établis à partir des documents de gouvernance de l’association, des positions que la société a prises par le passé et des positions d’organisations internationales «progressistes». Cette motion a été le centre de plus de quatre heures de questions et de débats au sein du conseil.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">N’ayant pas fait campagne sur des positions politiques, plusieurs conseiller·ère·s ont fait valoir qu’il·elle·s ne pouvaient ratifier une telle liste de principes sans consulter au préalable leur électorat. Pour le conseiller Gundermann, cette motion est une tentative de positionner l’AÉUM sur le spectre politique. Comme lui, d’autres conseiller·ère·s se sont demandé si l’AÉUM devrait continuer à publier des messages politiques. Le représentant du caucus du sénat Darshan Daryanani a aussi rappelé que l’AÉUM avait reçu une <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/12/01/pourquoi-mcgill-prefere-t-elle-que-son-association-etudiante-ne-parle-pas-de-hong-kong/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">pétition</a> signée par 630 membres de la communauté est-asiatique. Les signataires disaient avoir subi des expériences de racisme à la suite de la publication par l’association étudiante du message en soutien à 12 jeunes Hongkongais. Le représentant a demandé si cette motion ne serait pas une source de division supplémentaire au sein de la communauté mcgilloise.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Il serait préférable d’avoir des principes desquels dériver les positions de l’AÉUM, plutôt que de s’aligner sur la volonté de la majorité des étudiants&nbsp;»</p><cite>Maheen Akter, vice-présidente à la vie étudiante</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Brooklyn Frizzle, ne pas ratifier une telle motion consisterait à fuir les responsabilités politiques de l’AÉUM. Selon iel, il en relève de la responsabilité des conseiller·ère·s et des exécutant·e·s de l’association d’être des chef·fe·s de file en matière de justice sociale et de droits humains, et l’AÉUM devrait être une association progressiste servant d’abord et avant tout les groupes marginalisés. La vice-présidente à la vie étudiante Maheen Akter a ajouté qu’il serait préférable d’avoir des principes desquels dériver les positions de l’AÉUM, plutôt que de s’aligner sur la volonté de la majorité des étudiant·e·s.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La proposition la plus controversée de la motion concernait le caractère anticapitaliste de l’association étudiante. Aux yeux de Brooklyn Frizzle, l’AÉUM serait une organisation anticapitaliste de par ses précédentes prises de positions, les services qu’elle offre et les organisations anticapitalistes avec lesquelles elle collabore. À l’inverse, pour le conseiller Reed, cette caractérisation serait hypocrite de la part de l’association, l’AÉUM disposant elle-même de fonds d’investissements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, la motion a été amendée pour retirer les références à la démilitarisation, à l’anticapitalisme, aux frontières ouvertes et au démantèlement des classes sociales. La Charte québécoise des droits et libertés de la personne a aussi été ajoutée comme référence en matière de droits humains, aux côtés de la Charte canadienne des droits et libertés et de la Déclaration universelle des droits humains. La motion ainsi amendée a été adoptée à 18 voix contre 2.</p>
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		<title>Le délire de la biographie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/le-delire-de-la-biographie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marco-Antonio Hauwert Rueda]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2021 14:07:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[biographie]]></category>
		<category><![CDATA[écrire]]></category>
		<category><![CDATA[écrit]]></category>
		<category><![CDATA[éphémère]]></category>
		<category><![CDATA[immortaliser]]></category>
		<category><![CDATA[immortalité]]></category>
		<category><![CDATA[Nora]]></category>
		<category><![CDATA[oubli]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[socrate]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Critique de la peur contemporaine de l'oubli.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/le-delire-de-la-biographie/" data-wpel-link="internal">Le délire de la biographie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Des rides se dessinent autour de mes yeux, mes jambes peinent chaque jour davantage à me soutenir, ma voix commence à se briser et, alors que je sens mon dernier souffle approcher, je ne pense plus qu’à une chose: comment puis-je vaincre la mort et être immortel? Je ne peux accepter le caractère éphémère de la vie, je ne peux accepter l’oubli, car la vraie mort, c’est être oublié. Dans une ultime tentative d’immortalité, ma main tremblante, qui tente de suivre mon esprit usé, se saisit d’une plume. Je trempe cette plume dans une flaque d’encre noire et imprègne dans le bois d’une feuille blanche les mots qui me viennent à l’esprit. Cette plume, je l’espère, sauvera à l’éternité le témoignage d’une vie que la seule mémoire ne saurait pas sauver.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’historien Pierre Nora l’avait décrit il y a quarante ans, notre socié<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">té occidentale vit</span> dans un désir obsessif d’immortaliser l’existence. L’oubli nous hante profondément et notre réponse à cette peur est l’artificialisation de la mémoire par le moyen de l’écriture. Nous avons l’impression que les personnes seules ne peuvent pas assurer notre immortalité, et nous cherchons donc à laisser une trace artificielle de nous sur le livre de l’Histoire. Peu de choses sont aussi représentatives de notre société contemporaine, selon Nora, que l’entreposage de notre existence dans des biographies, des archives et des banques de données. Mais cette attitude face à l’oubli est absurde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aux racines de l’écrit</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">Le premier mot de la littérature occidentale est «colère» (<em>menin</em>, en grec). Ainsi commence la fameuse <em>Iliade</em> d’Homère, dont la date d’origine est inconnue. Ce mot me paraît très approprié, étant donné que la naissance du récit écrit en a contrarié plus d’un. L’un des premiers sceptiques du texte écrit était Socrate, qui n’a d’ailleurs écrit aucun livre. Dans l’un des dialogues socratiques, Platon (l’élève de Socrate) relate une discussion entre son maître et Phèdre près des murailles d’Athènes. «Vous croiriez, à les entendre, qu’ils sont bien savants», expliquait Socrate à propos des livres, «mais questionnez-les sur quelqu’une des choses qu’ils contiennent, ils vous feront toujours la même réponse».<strong> </strong>L’écrit ne peut pas se défendre sans que «son père vienne à son secours» car il ne comprend pas véritablement ce qu’il dit. L’écrit ne peut ni s’expliciter, ni répondre aux questions. Pour cette raison, Socrate craignait que les livres n’empêchent l’effort de la vraie réflexion, soit de la construction flexible et progressive d’idées. </span></p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Notre société occidentale vit dans un désir obsessif d’immortaliser l’existence»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les résistances initiales, l’essor de la parole écrite s’est avéré inévitable en Occident. Il n’a fallu qu’un siècle après la mort de Socrate pour que Ptolémée, successeur d’Alexandre le Grand, roi de Macédoine, ordonne la construction de la bibliothèque d’Alexandrie. Son ambition, inégalée dans l’histoire de l’humanité, était de réunir tous les livres du monde sous le même toit. L’esprit de la bibliothèque rappelle les ambitions d’Alexandre. Des sociétés qui se connaissent ne sont pas des sociétés qui se battent, croyait le roi macédonien, dont le projet était avant tout de bâtir la paix de façon durable. Mais bien plus que d’un universalisme politique, je pense que ce projet témoigne en fait de la peur intense qu’éprouvaient Alexandre et ses successeurs vis-à-vis l’oubli.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La bibliothèque d’Alexandrie fut détruite au fil de la succession de dynasties qui considérèrent son contenu comme offensant, voire dangereux. Contrairement aux livres de la bibliothèque, cependant, la peur de l’oubli qui l’engendra n’a pas disparu. Depuis le vingtième siècle, explique Nora, cette peur de l’oubli ne fait qu’accroître. Selon lui, cette tendance se manifeste de trois manières: la mémoire-archive, la mémoire-devoir et la mémoire-distance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par mémoire-archive, Nora fait allusion au fait que nous vénérons aujourd’hui l’archive, la «trace», avec une «estime superstitieuse», comme si ce géant «dossier de documents infinis allait être appelé à fournir quelque preuve à qui sait quel tribunal de l’histoire». La mémoire-devoir, d’autre part, se réfère au fait que la mémoire n’est plus une pratique sociale implicite; elle est devenue une contrainte individuelle explicite, comme si chaque individu avait le devoir de connaître son arbre généalogique par cœur. Par mémoire-distance, finalement, Nora explique que nous voulons pousser notre mémoire aussi loin dans le passé que possible. D’une certaine façon, c’est ce que fait cet article en allant aux racines de la littérature occidentale.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/MICHELANGELO_art-painting-285919-e1545342136478-2-1000x500.jpg" alt class="wp-image-40417" width="793" height="397" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/MICHELANGELO_art-painting-285919-e1545342136478-2-1000x500.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/MICHELANGELO_art-painting-285919-e1545342136478-2-330x165.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/MICHELANGELO_art-painting-285919-e1545342136478-2-768x384.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/MICHELANGELO_art-painting-285919-e1545342136478-2-1536x768.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/MICHELANGELO_art-painting-285919-e1545342136478-2-2048x1024.jpg 2048w" sizes="(max-width: 793px) 100vw, 793px"><figcaption><span class="media-credit">Michel-Ange, plafond de la chapelle Sixtine</span></figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’immortalité de la personne</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">Cette peur de l’oubli est-elle réellement justifiée? Pour répondre à cette question, il nous faut comprendre que cette angoisse de l’oubli est en fait de même nature que l’angoisse de la solitude. Pourquoi ressentons-nous de l’angoisse face à la solitude? Bien qu’elle n’implique aucun dommage physique, la douleur semble bien réelle – même les criminels les plus tenaces craquent après quelques jours de confinement solitaire. En isolement, c’est comme si notre existence même était en jeu. Selon Lisa Guenther, elle l’est véritablement.<strong> </strong>Pensons‑y: quel sens notre existence aurait-elle si nous étions totalement seuls sur Terre depuis le moment de notre naissance? Sans ancêtres, sans descendants, sans compagnons, que serions-nous de plus qu’une anomalie insignifiante de la nature? Peu importe ce que nous décidions de faire de cette existence solitaire, nous saurions bien que nos actions n’auraient aucune signification et que la mort nous condamnerait à l’oubli éternel, comme si nous n’avions jamais existé.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">C’est exactement pour cette raison que nous avons besoin d’autrui pour exister. «<em>Nous n’existons pas en tant qu’individus isolés</em>», selon Guenther. Une existence humaine est témoignée ou elle n’est pas. C’est la trace de nous-mêmes que nous laissons dans les autres qui rend notre existence véritable. À chaque conversation, à chaque interaction, à chaque regard que nous croisons avec les autres, nous imprégnons une partie de nous-mêmes sur eux. Cette imprégnation confirme la véracité de notre existence. «<em>Chaque fois que j’entends un son et que je vois quelqu’un regarder vers l’origine de ce son</em>»,<strong> </strong>explique Guenther, «<em>je reçois une confirmation implicite que ce que j’ai entendu était quelque chose de réel, que ce n’était pas seulement mon imagination qui me jouait des tours</em>». En intégrant leur interaction avec nous dans leur être, les autres <em>deviennent</em> ainsi une partie de nous. Et une fois qu’ils deviennent nous (même si ce n’est que partiellement), ils imprègnent à leur tour cette partie de nous dans quelqu’un d’autre. De cette façon, notre être est transmis à l’infini à travers l’humanité. La transmission implicite de la mémoire humaine assure l’immortalité de notre personne. Voilà une raison puissante de ne pas craindre la mort ni l’oubli, puisque nous vivons dans la mémoire d’autrui à jamais.</span></p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Nous n’existons pas en tant qu’individus isolés»</p><cite>Lisa Guenther</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">L’angoisse de l’oubli et l’angoisse de la solitude ont donc la même nature. Toutes deux représentent la peur de ne pas exister, la peur la plus profonde qui soit. Toutes deux émanent d’un instinct social inné que nous avons en tant qu’humains. Mais en société, toutes deux ne sont pas justifiées. En société, nous ne disparaissons jamais puisque nous sommes témoignés, et nos témoins sont témoignés à leur tour. Une fois que nous comprenons cela, nous n’avons plus de raison de craindre l’oubli, plus de raison non plus de nous obséder à archiver notre vie, puisque celle-ci est archivée implicitement de toute façon. En somme, l’obsession moderne avec la biographie est infondée. Nous n’avons pas besoin de l’écrit pour être immortels.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Erratum: Dans la version initiale de cet article, il était écrit qu’Alexandre le Grand avait «ordonné» la construction de la bibliothèque. Or, dans les faits, c’est son successeur Ptolémée qui l’a ordonné en 288 a. C. Alexandre est décédé en 323 a. C. – 12 janvier 2021.</em></p>
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		<title>Calendrier culturel</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/calendrier-culturel-8/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elissa Kayal]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2021 14:06:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
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		<category><![CDATA[janvier 2021]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quelques événements culturels auxquels vous pouvez assister dans le confort de votre salon.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La section Culture vous propose ces cinq événements artistiques et vous invite à encourager la culture dans cette période difficile. Les événements seront disponibles entre janvier et mars sur vos plateformes numériques préférées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Danse : <a href="https://tangentedanse.ca/evenement/charo-foo-tai-wei-winnie-ho/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Tangente</a>.<br>Musique: <a href="https://www.facebook.com/igloofest/?ref=page_internal" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Igloofest</a>.<br>Théâtre: <a href="https://lalicorne.tuxedobillet.com/main/fairfly-pour-emporter" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">La Licorne</a>.<br>Documentaire: <a href="https://www.tenk.ca/fr/d/vues-d-ici/les-tortues-ne-meurent-pas-de-vieillesse" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Tënk</a>.<br>Exposition: <a href="https://www.musee-mccord.qc.ca/fr/activites/visite-virtuelle-dior/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Musée McCord</a>.</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Accoucher d’une culture en marchant</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/accoucher-dune-culture-en-marchant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Céré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2021 14:06:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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		<category><![CDATA[film]]></category>
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		<category><![CDATA[joséphine bacon]]></category>
		<category><![CDATA[kim o&#039;bomsawin]]></category>
		<category><![CDATA[terre innue]]></category>
		<category><![CDATA[un thé dans la toundra]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un retour sur l’ouvrage de Kim O’Bomsawin et de Joséphine Bacon.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/accoucher-dune-culture-en-marchant/" data-wpel-link="internal">Accoucher d’une culture en marchant</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em style="user-select: auto;">Je m’appelle humain</em> (2020) est un documentaire de Kim O’Bomsawin faisant le portrait de l’incontournable femme de lettres innue Joséphine Bacon. Le projet de la réalisatrice abénakise est de mettre de l’avant les cultures des Peuples autochtones afin que les prochaines générations ne les perdent pas et puissent se les réapproprier. <em style="user-select: auto;">Je m’appelle humain, </em>gagnant de plusieurs prix prestigieux, dont les prix du meilleur documentaire canadien aux festivals du film de Vancouver et de Calgary, fait partie de ce projet d’envergure. Contemplatif et poétique, le film retrace les moments épars d’un passé à la fois historique et biographique, puisant dans des archives visuelles et sonores inédites et évoquant, plus implicitement parfois, la douleur d’une identité extirpée. La poésie de la toundra, la force de l’image et l’humanité de Joséphine Bacon font de ce documentaire une célébration puissante de l’identité innue. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-left is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« J’ai usé ma vie sur l’asphalte&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<em style="user-select: auto;">« Ninanutan nitinniun ka pitshikatet meshkanat</em></p><p>Des mots me viennent&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; &nbsp;  &nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp;<em style="user-select: auto;">Aimuna nipeten »&nbsp;</em></p><p>Dans une langue qui n’est pas la mienne »&nbsp;</p><cite>Joséphine Bacon</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le mot <em style="user-select: auto;">poésie </em>n’existe pas en innu-aimun. Pourtant, cela n’empêchera pas le public de se laisser transporter par la sensibilité et la littérature du film, qui puise sa force dans un équilibre impressionnant entre l’identitaire et l’universel. La définition de la poésie pour Joséphine Bacon est celle des moments intimes, du silence, de la simplicité — de celui qui s’arrête pour regarder. « On était poète juste à vivre en harmonie avec l’eau, avec la terre… Dans leur silence, c’étaient de grands poètes », dit-elle de ses ancêtres dès la scène d’ouverture. Le documentaire incarne cette vision poétique avec ses nombreuses scènes sans paroles, où le paysage et la nature parlent d’eux-mêmes. S’emmêlent de temps en temps à ces images des séquences de vers récités par Joséphine Bacon, un mélange mélodieux de français et d’innu-aimun. Ainsi, la puissance de ses mots se reflète dans la toundra elle-même, espace vaste d’apparence simple qui regorge cependant d’une vie émouvante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La forme du documentaire vient habilement se fondre à son propos. Elle met en lumière, dans sa cinématographie, une dualité entre l’horizontalité et la verticalité. En effet, Joséphine Bacon, sous la direction de Kim O’Bomsawin, guide l’auditoire à travers l’horizontalité de la toundra en nous laissant voir des paysages sublimes et en s’attardant à l’importance du regard vers l’horizon. La poétesse y contraste la verticalité des gratte-ciels en faisant part de ses expériences de jeunesse où elle errait dans la ville.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Je n’ai pas la démarche féline &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; « <em style="user-select: auto;">Apu tapue utshimashkueupaniuian pemuteiani</em></p><p>J’ai le dos des femmes ancêtres &nbsp; &nbsp;     <em style="user-select: auto;">Anikashkau nishpishkun miam tshiashishkueu</em></p><p>Les jambes arquées&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;     <em style="user-select: auto;">Nuatshikaten</em></p><p>De celles qui ont partagé &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <em style="user-select: auto;">Miam ishkueu ka pakatat</em></p><p>De celles qui accouchent &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <em style="user-select: auto;">Miam ishkueu ka peshuat auassa pemuteti</em> » </p><p>En marchant »</p><cite>Joséphine Bacon</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le choc que provoque la comparaison entre l’itinérance associée à la ville verticale et le nomadisme intrinsèque à l’horizontalité de la nature est poignant pour l’auditoire. Kim O’Bomsawin semble vouloir véhiculer que la verticalité de la modernité — et tout ce qui en découle — est en train de camoufler, voire tuer, l’horizon ; en ce sens qu’elle tue non seulement la nature, mais aussi l’espoir d’un futur. La voix poétique de Joséphine Bacon vient alors agir comme un contrepouvoir à cette modernité destructrice en y opposant une résilience immortelle, un désir de vouloir protéger ce qui lui est cher : la langue, l’identité et l’histoire de sa nation.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-style-default"><img decoding="async" width="667" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/Je-mappelle-humain-image-2-1-667x1000.jpg" alt class="wp-image-40415" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/Je-mappelle-humain-image-2-1-667x1000.jpg 667w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/Je-mappelle-humain-image-2-1-330x495.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/Je-mappelle-humain-image-2-1-768x1152.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/Je-mappelle-humain-image-2-1-1024x1536.jpg 1024w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/Je-mappelle-humain-image-2-1-600x900.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/Je-mappelle-humain-image-2-1.jpg 1154w" sizes="(max-width: 667px) 100vw, 667px"><figcaption><span class="media-credit">Maison 4:3</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le primat accordé à la langue dans le documentaire de Kim O’Bomsawin traduit la nécessité pour une nation de pouvoir raconter sa propre histoire afin qu’elle ne sombre pas dans l’oubli. La réalisatrice le donne brillamment à voir lorsqu’elle fait entendre à la poétesse de vieux enregistrements où l’on peut écouter celle-ci s’entretenir en innu-aimun avec des aînés de sa nation. La poétesse, également traductrice, accorde elle aussi une importance primordiale à l’innu-aimun, une langue dont le nom signifie, d’ailleurs, « être humain ». Les archives sonores des aînés démontrent la fragilité de la tradition orale et l’entreprise salvatrice qu’était celle de la protéger en essayant de la rendre accessible par le biais de la traduction et de l’enregistrement. Ces archives témoignent aussi d’une volonté d’assurer à l’innu-aimun une certaine pérennité. Cette entreprise est, d’ailleurs, toujours d’actualité, car malgré qu’il y a eu des efforts considérables déployés de manière fructueuse afin de protéger cette langue, un risque constant qu’elle soit oubliée persiste.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Cette nuit je cherche des mots &nbsp; &nbsp; &nbsp; <em>&nbsp;« Tipishkau aimunissa ninanatuapaten</em></p><p>Des mots qui sonnent musique &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;  <em>Aimunissa e minutakuaki</em></p><p>Des mots qui peignent couleur &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <em>&nbsp;Aimunissa unashinataikan e takuak</em></p><p>Des mots qui hurlent silence &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <em>&nbsp;&nbsp;Aimunissa e tepuemakak</em>i</p><p>Des mots sans dimension »&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <em>&nbsp;Aimunissa nutim ka issishuemakaki »</em></p><cite>Joséphine Bacon</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">À travers le documentaire, on comprend que la poétesse se sert de ses mots et de sa poésie pour non seulement tenter de réactualiser et de redécouvrir sa propre culture, mais également pour la conserver et la protéger. En un mot, c’est un travail d’anthropologie et d’histoire linguistique qu’elle entreprend à chaque recueil qu’elle écrit et à chaque mot qu’elle redécouvre. Dans un certain sens, Joséphine Bacon incarne une archéologue de la langue innue. À plusieurs moments dans le documentaire, Bacon s’étonne à la découverte d’un mot innu prononcé par l’une de ses amies. Le public<strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-grisfonce-color" style="user-select: auto;"> </span></strong>est alors confronté à un constat alarmant : si une femme de lettres du calibre de Joséphine Bacon oublie ou ignore comment se disent certaines choses dans sa langue, qu’en est-il des autres membres de sa nation? Pour eux, le langage ancestral et, par extension, leur culture paraissent encore plus hors d’atteinte. La tâche faramineuse entreprise par la poétesse et la réalisatrice de redécouvrir cette langue, ces mots rares, parfois perdus, et de les graver dans l’espace poétique et cinématographique est alors d’autant plus essentielle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le documentaire s’attarde donc à la résilience et au combat de chaque instant, nécessaires afin de lutter contre l’assimilation culturelle et identitaire. Cette résistance est seulement possible par la valorisation des savoir-faire anciens et le retour aux sources de ce qu’est un humain. Pour Joséphine Bacon, ce retour passe par la reconquête de la toundra et de l’histoire spirituelle ancestrale qu’elle renferme en ses secrets, car les histoires que lui racontaient les aînés de sa nation étaient empreintes d’une richesse spirituelle immense. Les références qu’effectue O’Bomsawin à Papakassik, le maître des caribous, sont omniprésentes dans le documentaire et accentuent ce désir de renouer avec une spiritualité presque perdue dans la toundra.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« L’identité sommeille&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<em>« Apu nanitam nishtuapamitishuian</em></p><p>Un désir d’espaces&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <em>Nipa minueniten taian e mishitueiat</em></p><p>Se bat dans la mémoire&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<em>&nbsp;Apu tshekuan ui uni-tshissitutaman</em></p><p>La réponse se dessine &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <em>Mishau tipatshimun nuapishtikuaneunit</em></p><p>Sur mes cheveux gris » &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<em>Nititshia nuitamakun anite uet utik »</em></p><cite>Joséphine Bacon</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’identité perdue et graduellement retrouvée se manifeste à travers plusieurs motifs qui habitent l’œuvre de Joséphine Bacon : l’espace, les rêves et les mythes. Le documentaire en témoigne, présentant la poétesse qui marche la toundra, Montréal et sa terre ancestrale. En marchant Montréal, Joséphine Bacon s’émerveille, avec un petit pincement au cœur, des choses qui changent, comme la toponymie, et des choses qui restent toujours les mêmes, comme le sentiment vertigineux de la verticalité urbaine et l’aliénation ressentie en y déambulant. Elle se remémore un passé vécu, mais aussi un passé lointain, plus grand qu’elle-même. Parlant de ses années d’itinérance, elle dit : « On marchait Montréal comme nos pères et nos grands-pères [marchaient la toundra]. On survivait. » La marche tangible cède donc la place à une marche intemporelle, presque existentielle, où les lieux et les époques se superposent. Le concept d’identité ne peut donc être séparé de celui de l’espace, où l’identité s’épanouit — quand cela lui est permis. L’espace crée le souvenir, le garde, l’augmente, le superpose et le transforme finalement en un récit intérieur vivant. L’espace transformé, c’est le rêve.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Je ne me souviens pas toujours &nbsp;&nbsp;&nbsp;« <em>Apu nanitam ntshissentitam</em></p><p>d’où je viens &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <em>ananite uetuteian</em></p><p>dans mon sommeil, &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <em>muku peuamuiani</em></p><p>mes rêves me rappellent &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <em>nuitamakun</em></p><p>qui je suis&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <em>&nbsp;&nbsp;</em></p><p>jamais mes origines&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;      &nbsp;&nbsp;e innuian kie eka nita</em></p><p>ne me quitteront »<em>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;      tshe nakatikuian</em> »</p><cite>Joséphine Bacon</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le rêve est primordial pour la construction d’une identité volée, car le rêve fait fonction de voyage. Quand Joséphine Bacon attend l<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong>’autobus sur la rue Bélanger, elle ferme les yeux et se fait transporter en d’autres lieux. En un clin d’œil, l’arrêt d’autobus <strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong>fait place à la rivière, où elle voit les aînés assis face à la mer. « Eux seuls voient ce qu’ils regardent », écrit-elle. Le rêve fait aussi fonction de liaison ; il permet une compréhension plus profonde de la réalité et une connexion avec le monde. Quand Joséphine Bacon regarde le caribou chassé, mort à ses pieds, elle le remercie et prie : « Je vais t’attendre dans mes rêves pour que je puisse mieux t’entendre et te voir ». Toutefois, au-delà du rêve, la culture se transmet naturellement par les aînés, dont le rôle intergénérationnel est de véhiculer et de faire vivre les histoires. Ainsi, c’est grâce aux aînés que la notion de mythe, au sens de discours explicatif des origines et de la vie, est possible. C’est pour cette raison que les plus vieux de la communauté sont si aimés, respectés et écoutés ; leur valorisation par les plus jeunes est profondément touchante. « Tu as besoin d’eux », dit la poétesse, « pour qu’ils te racontent le début du monde. » </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Je porte ma grand-mère sur le dos &nbsp; &nbsp; &nbsp; « <em>Pushakan nakatuenitam ͧ kutuannu</em></p><p>Mes genoux ploient&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <em>nuiutimau nukum</em></p><p>Sous tant de sagesse » &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <em>nitshikuma nipashkupanua</em> »</p><cite>Joséphine Bacon </cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Nous l’avons vu sans l’ombre d’un doute : Joséphine Bacon, par sa poésie et sa forte présence dans les milieux culturels québécois et canadien, contribue à protéger et à mettre de l’avant les cultures <strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong>des Peuples autochtones. Il est également possible de contribuer, par le biais du fonds <em>Joséphine Bacon</em>, à un programme qui permettrait à un·e jeune adolescent·e issu·e des Nations autochtones d’effectuer, grâce à vos dons, une immersion en territoire ancestral innu pour lui permettre une réappropriation de sa culture lors d’un voyage initiatique de sept jours. Vous pouvez visiter cette <a href="https://www.gofundme.com/f/fonds-josephine-bacon" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plateforme</a> en ligne pour plus d’informations ou pour faire un don.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Empreintes du reflet</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/empreintes-du-reflet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Potvin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2021 14:05:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[poème]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=40264</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a plus d’endroits qui restent<br>pour respirer le plein air<br>faire entrer en intermission<br>les bouffées dans mes poumons<br>souvent trop serrés à trop penser<br>tout le temps<br>trop souvent<br>je me dis<br>devant un miroir</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai sorti la balance<br>regardé les chiffres monter<br>mes bourrelets pressés<br>exponentiels<br>la dureté de la repousse de mes poils<br>sur mes bras<br>des jambes<br>la traîne sur mon ventre<br>le bas de mon dos<br>la jonction entre les cuisses<br>est la pire incapable<br>à contrôler<br>jamais rasée à blanc<br>comme souhaitée</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur ma poitrine<br>j’ai créé une erreur<br>gonflée rose<br>elle dégoûte<br>mêlée à l’eau<br>de pluie salée<br>elle brûlera plus tard<br>comme ma tête<br>qui mélange<br>les chiffres<br>et les lettres</p>



<p class="wp-block-paragraph">Polyphonie fouettée<br>inutilement dans la constance</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mes mots ne connaissent rien<br>face à la glace<br>ils deviennent monstres<br>naturellement intemporels<br>mes genoux fléchissent<br>contre les débalancements de la force<br>quittant mes ongles<br>couteaux de calme<br>reflets de mes vices</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me perds<br>dans le trou noir<br>de mes pupilles<br>les lumières<br>ne sont plus<br>étoiles<br>je vois partout<br>des taches de<br>Jupiter</p>



<p class="wp-block-paragraph">je sais qu’une main<br>caressait ma peau dans le moment<br>contre mes hanches<br>la seule force<br>qui me fait tenir encore debout</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais je ne sais pas<br>si elle me tiendra encore<br>si je m’écroule<br>sous le poids<br>des fils</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Retour sur le référendum chilien</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/retour-sur-le-referendum-chilien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vincent Morreale]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2021 14:05:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[2020]]></category>
		<category><![CDATA[chili]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[référendum]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=40362</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec Chili s’est réveillé Montréal.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/retour-sur-le-referendum-chilien/" data-wpel-link="internal">Retour sur le référendum chilien</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Chili s’est réveillé Montréal (CSRM) est un collectif créé lors des premières manifestations montréalaises en appui au Chili, pays traversé par une crise sociale depuis octobre 2019. CSRM se décrit comme un groupe non-violent, inclusif, pluraliste et non-partisan engagé pour le respect des droits humains au Chili comme ailleurs. <em>Le Délit</em> s’est entretenu avec le groupe à la suite du référendum chilien du 25 octobre 2020.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Délit</em> (LD):</strong> <strong>&nbsp;</strong><em>Pouvez-vous décrire ce pour quoi vous militez?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chili s’est réveillé Montréal (CSRM): </strong>Le 14 octobre 2019, la décision du gouvernement chilien de Sebastián Piñera d’<a href="https://www.lefigaro.fr/conjoncture/chili-a-l-origine-de-la-crise-des-tickets-de-metro-et-de-profondes-inegalites-20191021" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">augmenter</a> le prix de passage du métro à Santiago a été la goutte qui a fait déborder le vase. Cela fait 30 ans que l’État chilien vend le pays à de riches hommes d’affaires et à des compagnies étrangères pour atteindre une croissance économique profitant aux mieux nanti·e·s, au détriment de la majorité de la population.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pensions de vieillesse sont une vraie blague au Chili. Le salaire minimum équivaut à 540 dollars canadiens par mois, l’éducation universitaire est plus chère qu’au Québec et l’État a peu fait pour les immigrant·e·s. Sans compter que les peuples autochtones du Chili sont constamment victimes de discrimination et que l’homophobie, le classisme et la violence faite aux femmes sont loin d’être éradiqués faute de législation, de mesures de prévention et de prise en charge. Depuis une dizaine d’années, plusieurs cas graves de corruption ont fait les manchettes, et les fraudeur·se·s n’ont pas souvent été véritablement puni·e·s. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/Marche-femme-Kathy-Laura-Evelyn-Andrea-1000x667.jpg" alt class="wp-image-40338" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/Marche-femme-Kathy-Laura-Evelyn-Andrea-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/Marche-femme-Kathy-Laura-Evelyn-Andrea-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/Marche-femme-Kathy-Laura-Evelyn-Andrea-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/Marche-femme-Kathy-Laura-Evelyn-Andrea-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/Marche-femme-Kathy-Laura-Evelyn-Andrea-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/Marche-femme-Kathy-Laura-Evelyn-Andrea-930x620.jpg 930w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/Marche-femme-Kathy-Laura-Evelyn-Andrea.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/chilisestreveillemtl/?media=1" data-wpel-link="internal">Chili s’est réveillé Montréal</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">À partir du 18 octobre 2019, des milliers de Chilien·ne·s ont pris la rue lors de marches pacifiques pour revendiquer leurs droits et exiger la rédaction d’une nouvelle constitution qui remplacerait l’actuelle, un héritage de la dictature.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’État chilien s’est chargé d’éteindre ce mouvement en décrétant l’état d’urgence, ce qui lui a permis de déployer l’armée dans les rues, d’imposer un couvre-feu et de donner un feu vert à la répression policière. Le tout s’est fait avec la complicité des médias, qui ont cherché à passer sous silence les revendications du peuple en présentant les activistes comme des terroristes et des délinquant·e·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le peuple chilien n’a obtenu pour seule réponse qu’une répression plus brutale que tout ce qu’a connu le pays depuis l’époque de Pinochet, une dictature déguisée en démocratie»</p></blockquote>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Bien qu’un référendum ait eu lieu le 25 octobre dernier afin de décider de l’avenir de la constitution de l’ère d’Augusto Pinochet, il est évident que le gouvernement chilien n’a aucune intention de répondre aux demandes du peuple, car tout changement au modèle actuel mettrait en péril les bénéfices que retirent le gouvernement et ses acolytes de leurs abus contre la classe ouvrière. Le peuple chilien n’a obtenu pour seule réponse qu’une répression plus brutale que tout ce qu’a connu le pays depuis l’époque de Pinochet, une dictature déguisée en démocratie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD: </strong><em>Vous prenez action dans les rues de Montréal, notamment devant le consulat chilien. Tentez-vous de sensibiliser la population non chilienne à votre cause ou les membres de votre communauté?&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>CSRM:</strong> Notre mandat est de diffuser l’information et de contrer le silence complice des médias traditionnels et du gouvernement qui, ni au Chili ni au Canada, ne rapportent la réalité de la situation chilienne. Nous considérons qu’il est de notre devoir de bien informer tant nos compatriotes que les Québécois·es et Canadien·ne·s, ces dernier·ère·s nous ayant toujours offert un appui solidaire. En tant que Chilien·ne·s à l’étranger, nous solidarisons avec les demandes de notre peuple et continuerons à dénoncer les violations des droits humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD: </strong><em>Pouvez-vous nous parler des différents efforts que vous déployez pour servir votre cause et de leur efficacité?&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>CSRM:</strong> Nos activités les plus connues sont nos manifestations, au moyen desquelles nous démontrons notre appui aux revendications de notre peuple et informons en même temps la population. Avant le confinement, nous organisions des conférences, toujours dans le but de donner le vrai pouls de la situation au Chili, ou encore des soupers à saveur «culturelle-politique» pour joindre l’utile à l’agréable.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le confinement, nous avons décidé d’aider notre peuple durement affecté par la pandémie et par le manque d’aide gouvernementale concrète aux plus démunis. Nous effectuons des levées de fonds pour appuyer les soupes populaires qu’on compte par centaines alors que la faim, fléau connu à l’époque de Pinochet, est réapparue partout à travers le Chili.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD:</strong><em> Le 25 octobre 2020 a eu lieu un référendum sur le changement de constitution au Chili. Comment votre organisme a‑t-il contribué à la tenue de ce scrutin pour la population chilienne de Montréal?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>CSRM: </strong>Moins de deux semaines avant la tenue du référendum,&nbsp; nous avons appris que le gouvernement du Québec refusait d’autoriser la tenue du vote à Montréal, car l’endroit retenu par le consulat chilien ne respectait pas les exigences sanitaires québécoises.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre collectif s’est mobilisé et, après de nombreuses recherches et&nbsp;communications avec différents membres de la communauté chilienne à Montréal, deux lieux répondant aux critères sanitaires ont été identifiés. Dans les jours qui ont suivi, plusieurs membres des communautés chilienne et québécoise œuvrant dans les sphères politiques ont mis en commun leurs efforts afin de faire avancer le dossier. Quatre jours avant le référendum, nous avons été soulagé·e·s d’apprendre que le vote aurait finalement lieu à Montréal le 25 octobre 2020. Après un an de travail ardu de la part de notre collectif, nous avons été très satisfait·e·s de transmettre en direct le résultat du référendum: une très forte <a href="https://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/2020-10-25/les-chiliens-ont-vote-en-faveur-d-une-nouvelle-constitution.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">majorité</a> en faveur d’une nouvelle constitution pour le Chili.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD:</strong> <em>Qu’attendez-vous pour le Chili après cette victoire du «Oui» lors du référendum?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>CSRM:</strong> La rédaction d’une nouvelle constitution passe par l’élection des candidat·e·s qui formeront la convention constitutionnelle. Nous souhaitons, dans un premier temps, que celle-ci soit représentative de toutes les sphères de la société chilienne. Le processus électoral doit permettre la participation d’une grande partie des citoyen·ne·s, ce qui n’est pas le cas présentement en raison de la réglementation des candidatures. Nous avons besoin d’une convention constitutionnelle qui soutienne la volonté populaire et le droit légitime de la population de faire connaître sa vision politique afin de construire un Chili où tous·tes naissent, grandissent, vieillissent et meurent dans la dignité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nos yeux, la nouvelle constitution chilienne doit être le résultat d’un projet démocratique et doit être rédigée dans le respect des droits humains de tous·tes les habitant·e·s du Chili.&nbsp;Elle devra également faire prévaloir l’intérêt du bien public sur le bien privé et accorder une place prioritaire aux questions de l’environnement et des richesses naturelles du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em style="user-select: auto;">La population chilienne se rendra de nouveau aux urnes en </em><a style="user-select: auto;" href="https://lenouvelliste.com/article/224842/une-immersion-dans-le-processus-de-changement-constitutionnel-au-chili" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"><em style="user-select: auto;">avril</em></a><em style="user-select: auto;"> 2021 afin d’élire les membres de la convention constitutionnelle.&nbsp;</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/retour-sur-le-referendum-chilien/" data-wpel-link="internal">Retour sur le référendum chilien</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La tête dans les nuages</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/la-tete-dans-les-nuages/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eda Montalieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2021 14:05:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[création visuelle]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[marleen provençal]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=40265</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Je décide de me poser un instant pour contempler le ciel. Là, sur un coin d’azur entre&nbsp;deux nuages, fleurissent des ébauches volatiles. Une nuée de papillons échappée d’un songe bouscule les vapeurs célestes pour dessiner les contours délicats d’une nébuleuse à rêves. Dans la douceur d’un imaginaire empreint d’innocence, illusions&nbsp;ambrées et cauchemars violacés sur éclats d’améthyste s’épanouissent dans l’écume veloutée des cieux. Les multiples facettes de ma songerie délicieuse se développent avec légèreté lorsque des milliers de battements d’ailes répandent les fantaisies d’une inspiration momentanée. Revenue de mon échappée délirante, je m’aperçois que j’avais, une fois de plus, la tête dans les nuages.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-grisfonce-color" style="user-select: auto;">La toile est disponible dans la galerie <a style="user-select: auto;" href="https://www.aucadreduvillage.com/product-page/la-t%C3%AAte-dans-les-nuages-proven%C3%A7al" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Au Cadre du Village.</a></span></em> </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Des nouvelles du Nouveau Vic</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/12/des-nouvelles-du-nouveau-vic/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2021 14:04:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Mont-Royal]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=40339</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’administration mcgilloise fait le point sur l’avenir de l’ancien Hôpital Royal Victoria. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Les 16 et 19 novembre dernier, l’administration de l’Université McGill a convié les médias étudiants à des conférences de presse au sujet du <a href="https://newvic.mcgill.ca/fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">projet</a> du Nouveau Vic. Les journalistes du <em>Bull &amp; Bear</em>, du <em>Délit </em>et du <em>Tribune </em>ont pu poser leurs questions au Pr Bruce Lennox (doyen de la Faculté des sciences et responsable académique du projet du Nouveau Vic) et à Carole Graveline (directrice des Relations communautaires).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Interdisciplinarité et développement durable</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Géré par la Société québécoise des infrastructures (SQI), le complexe de l’ancien Hôpital Royal Victoria, inauguré en 1893, est vacant depuis 2015. Une partie de ce vaste site de 13 hectares a été confiée à l’Université McGill, qui compte en revitaliser l’espace et y redonner une vocation en y créant un pôle de recherche et d’enseignement axé sur deux piliers : les systèmes de développement durable et les politiques publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nouveau complexe mcgillois, dont l’inauguration devrait avoir lieu en 2028, privilégie une approche interdisciplinaire et innovatrice pour l’enseignement, l’apprentissage et la recherche qui y prendront place. Le doyen Lennox a souligné le large éventail de domaines desquels seront issu·e·s les professeur·e·s, étudiant·e·s et chercheur·se·s qui y évolueront : sciences, géographie, ingénierie, économie, sociologie, etc. Toutes leurs activités seront néanmoins associées au thème central du projet du Nouveau Vic : la durabilité. Selon le doyen Lennox, le nouveau complexe sera une excellente opportunité pour des étudiant·e·s de différentes disciplines de travailler ensemble, « coude à coude », afin de résoudre les mêmes problèmes, créant ainsi une nouvelle communauté de savoirs partagés.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La durabilité se situe au cœur du projet du Nouveau Vic tant sur la forme que sur le fond. Selon le doyen Lennox, non seulement sera-t-elle centrale aux activités de recherche et d’enseignement, mais le nouveau complexe sera également construit en accordant une importance primordiale aux principes du développement durable. En effet, le projet mcgillois ciblera des certifications <a href="https://www.cagbc.org/CBDCA/LEED/CBDCaSiteWeb/Programmes/LEED/__LEED.aspx?hkey=c68f5c71-25aa-4be0-9145-0d2b7923a1ac" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">LEED</a> « or » et <a href="https://www.wellcertified.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">WELL</a>, reconnaissant respectivement un souci de la lutte contre les changements climatiques et un respect des principes de santé et de sécurité.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Nous passons de la parole aux actes dans la manière dont nous construisons ce bâtiment »</p><cite>Pr Bruce Lennox</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Délit</em> a interrogé le doyen Lennox sur la conciliation entre la volonté affirmée par l’administration universitaire de s’engager dans la voie du développement durable et le refus persistant de l’Université McGill de se désinvestir du secteur des énergies fossiles. Dans sa réponse, le doyen Lennox a affirmé qu’il ne voyait aucune contradiction entre ces deux éléments. Il a affirmé que McGill, en s’engageant à explorer et à exploiter de nouvelles sources d’énergie avec le projet du Nouveau Vic – dont 200 puits géothermiques qui seront développés sur le site – faisait un investissement cohérent avec les attentes environnementales en s’engageant à réduire son utilisation d’énergies fossiles. « Nous passons de la parole aux actes dans la manière dont nous construisons ce bâtiment », a‑t-il affirmé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Collaboration et consultation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le doyen Lennox a souligné l’importance de la collaboration et de la consultation dans le cadre du développement du projet du Nouveau Vic. Étant un élément phare de la topographie du Mont-Royal et situé dans un endroit emblématique et central de Montréal, ce site déclaré patrimonial par le gouvernement du Québec revêt une grande importance pour de nombreux acteurs extérieurs à la communauté mcgilloise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, le doyen Lennox a fait état de rencontres et de communications régulières entre l’Université McGill et des acteurs tels que les Amis de la montagne, la Ville de Montréal, le Ministère de la Culture et des Communications du Québec, le Ministère de l’Enseignement supérieur et la SQI. Des consultations publiques organisées par l’administration montréalaise devraient avoir lieu au printemps prochain au sujet de l’ensemble du site de l’ancien Hôpital Royal Victoria, dont le projet mcgillois du Nouveau Vic n’est qu’un volet. Le doyen Lennox a été questionné sur comment l’Université McGill comptait accorder son projet avec la création, dans un pavillon non-mcgillois du site, d’un premier <a style="user-select: auto;" href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1748666/montreal-refuge-alcool-sans-abris-royal-victoria" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">refuge</a> avec consommation d’alcool pour les personnes en situation d’itinérance. Dans sa réponse, il a affirmé que bien que l’Université McGill souhaite des relations harmonieuses avec et appuie ce projet visant à soutenir ces membres de la communauté montréalaise, cet enjeu se situe au-delà de son champ de juridiction et elle ne peut contribuer à ce projet. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La rétroaction de la communauté universitaire mcgilloise est également un élément-clé du développement du projet du Nouveau Vic, aux dires du doyen Lennox. Il a notamment fait état d’assemblées publiques au sein de l’Université en septembre 2019 et de rencontres avec des leaders des groupes étudiants au cours de l’automne 2020. Des séances d’information avec différents secteurs universitaires auraient également été planifiées pour les semaines suivant les conférences de presse des 16 et 19 novembre 2020. Le doyen Lennox a d’autre part souligné la multiplicité des groupes de travail – ils sont au nombre de 13 – dédiés au projet du Nouveau Vic. Il a aussi affirmé l’importance des médias étudiants afin d’informer la communauté universitaire de l’évolution du projet, réitérant son intention de donner des mises à jour régulières à la presse étudiante.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Revalorisation patrimoniale et environnementale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui a trait à l’architecture du projet du Nouveau Vic, le doyen Lennox a souligné la nécessité de simultanément préserver et renouveler cet énorme espace – une taille équivalente à celle de deux pavillons Stewart des sciences biologiques – dont les plus vieux éléments remontent au 19<em style="user-select: auto;">e </em>siècle. Tout en y construisant des laboratoires à la fine pointe de la technologie,&nbsp;McGill souhaite agencer cette modernité avec la valeur patrimoniale du site et avec sa proximité au Mont-Royal. Il sera question, notamment, d’y installer des toits verts, de maximiser la lumière naturelle et de permettre l’accès à la montagne grâce à un immense escalier extérieur. L’ancienneté du site et le fait qu’il soit situé sur les flancs de la montagne posent des défis quant à l’accessibilité universelle<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>du projet du Nouveau Vic, mais le doyen Lennox a témoigné de sa confiance envers les firmes d’architecture chargées du projet, ces dernières ayant conçu des bâtiments universitaires à travers l’Amérique du Nord.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, le doyen Lennox a affirmé à de nombreuses reprises l’importance de créer des espaces informels au sein de ce nouveau complexe, permettant le travail et les rencontres entre étudiant·e·s. Cet objectif serait atteint grâce à la conception d’une aire centrale et ouverte favorable non seulement à l’étude, mais également aux discussions, aux échanges et à la détente.</p>
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		<title>Ne crachez pas sur les complotistes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/11/__trashed/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2021 02:58:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[complotisme]]></category>
		<category><![CDATA[conspiration]]></category>
		<category><![CDATA[conspirationnisme]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[exclusion sociale]]></category>
		<category><![CDATA[médias sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[méritocratie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=40521</guid>

					<description><![CDATA[<p>La prolifération des théories du complot est le résultat de l’échec du modèle méritocratique. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Pendant que nous nous préoccupons de ce virus qui n’en finit pas de bouleverser nos existences, une autre épidémie, peut-être beaucoup plus dangereuse, se propage dans notre société démocratique. Partout dans le monde, de plus en plus de théories conspirationnistes sont véhiculées sur les réseaux sociaux par des gens qui ne font plus confiance aux médias traditionnels; ces individus évoluent dans un univers complètement séparé du reste de la population. Assistant depuis quatre ans aux dérives qui ont cours chez nos voisins du Sud, on aime à penser que le Québec est à l’abri. Ce n’est désormais plus le cas, si ce le fut par le passé. Ceux et celles que les médias québécois ont désigné par le terme «antimasques» partagent généralement d’autres idéaux du même ordre: ces personnes sont souvent antisciences, antimédias, antiélites et, pour la plupart, adhèrent à des théories complotistes. La grande majorité des idées qui circulent dans cette mouvance sont des allégations pseudo-scientifiques et visiblement infondées pour quiconque est le moindrement informé·e. Elles sont souvent empreintes de haine, de racisme et de sexisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut continuer à lutter, le plus possible, contre la désinformation et contre l’intolérance. Toutefois, le mépris n’est pas une solution, mais plutôt une cause du phénomène conspirationniste. Le discours de ces personnes est marqué par un profond sentiment antiélite, ce qui explique probablement son succès. Ceux et celles qui deviennent complotistes ont trop souvent en commun de ne pas avoir eu d’éducation supérieure et d’occuper des emplois précaires et peu gratifiants. Ces gens n’ont que peu de moyens pour se faire entendre dans nos institutions politiques et médiatiques. Le milieu complotiste est donc, paradoxalement, un refuge de tolérance où leur prise de parole, aussi brouillonne et discordante soit-elle, est acceptée et encouragée. Dans une société méritocratique où les élites leur font sentir qu’ils et elles ont échoué, on peut comprendre leur tentation de se tourner vers un milieu où ils et elles sont valorisé·e·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«S’attend-on à voir des complotistes accepter la critique, quand le faire signifie renier leur amour-propre en donnant raison à ceux et celles qui les qualifient d’idiot·e·s, d’incapables et de nuisances?»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour s’attaquer au complotisme, chacun et chacune y va de sa petite farce. Les moqueries fusent de toutes parts, depuis les plus hautes sphères de l’appareil public jusqu’aux commentaires sous les publications sur les médias sociaux. L’intention est sans doute d’unir la population contre ce courant de pensée, mais le résultat obtenu n’est pas celui désiré. S’attend-on à voir des complotistes accepter la critique, quand le faire signifie renier leur amour-propre en donnant raison à ceux et celles qui les qualifient d’idiot·e·s, d’incapables et de nuisances? Tout ce mépris dirigé contre cette marge croissante de la société québécoise a en réalité l’effet inverse de celui désiré: plutôt que de faire valoir l’absence de fondements rationnels de l’univers conspirationniste, il lui donne sa légitimité en confirmant à ses adhérent·e·s que le reste du Québec les rejette.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chacun et chacune a ses raisons de se moquer. Nous connaissons tous et toutes quelqu’un qui a perdu un proche durant cette pandémie exacerbée par les manquements au respect des consignes sanitaires. D’autres sont des victimes collatérales des idées discriminatoires véhiculées par les mouvements complotistes. Si on s’en tient à ces facteurs comme éléments de légitimité et que l’on accepte de se moquer lorsque c’est «justifié», on tombe dans un cycle vicieux dont l’issue est imprévisible, mais certainement catastrophique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après les événements de la semaine dernière au Capitole des États-Unis, directement liés au complotisme et qui pourraient un jour se produire au Québec, l’heure n’est plus à la mesquinerie. La véritable cause de ce phénomène n’est pas la «faillite morale» des gens qui l’incarnent. La question du conspirationnisme en soulève une plus grande, celle de l’exclusion sociale et de l’élitisme qui caractérisent notre société méritocratique. Ce n’est pas en perpétuant ces rapports de pouvoir par la condescendance que l’on va y mettre un terme.</p>
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