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	<title>Archives des Prose d&#039;idée - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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	<item>
		<title>Résistance faustienne</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/01/16/resistance-faustienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Simon Tardif]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jan 2018 19:23:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Faust]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[résistance]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quelques mots contre l’économisme qui vaudront bien des regards douteux.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">I</span><span class="s1">nutile de vous cacher que lorsqu’il est question de résistance, mon idée de la chose tourne souvent autour de René Char ou bien de Thoreau. Le premier est célèbre pour sa poésie et ses combats dans la Résistance française, tandis que le second l’est pour sa vision politique et sa prise de parole en faveur de John Brown. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">À celle ou celui qui serait tenté·e de définir plus spécifiquement sa conception de la résistance, il conviendrait d’abord de cesser de voir la résistance comme ayant le dos large. Affublée des pensées les plus prudhommesques, il m’apparait évident que la résistance de notre époque a perdu ses lettres de noblesse. D’une part, puisque son antagoniste est plus puissant que jamais, et d’autre part puisqu’à partir de la puissance de ce dernier a surgit le désir de combats illusoires. De nos jours, on ne combat plus Polyphème à la manière ingénieuse d’un Ulysse, mais on s’attaque plutôt, avec une stupidité assez sévère, à son ombre. Il y a de quoi se révolter de nos aptitudes à la résistance. C’est peu dire qu’il est dorénavant de circonstance d’éduquer à vétiller. </span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Leçon d’idéologie</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Alain avait raison de dire que Marc Aurèle et Épictète étaient de formidables indociles. Ils enseignent sur une sorte d’insoumission d’esprit qui n’est naguère plus monnaie courante. Comme Alain le disait: «avant d’apprendre à dire non, il faut apprendre à penser non». Autrement dit, avant même qu’il n’y ait action dans le politique, le premier de tous les<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>actes d’insoumission se déroule dans notre tête. À cet égard, nous pouvons nous demander s’il est même encore possible de penser «non». Les noms de celles et ceux qui nous ont enseigné que nos esprits seraient assiégés par l’idéologie baignent dans les oubliettes de la pensée populaire.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">« L’économisme, ennemi de la nuance et des complexités, ramène une bonne humeur nihiliste au plus payant des singuliers »</span></p>
</blockquote>
<p class="p3"><span class="s1">Résister à l’idéologie, voilà une lutte qui s’accapare bien des victimes. À une heure où sérieusement se battre contre le système a de réelles conséquences sur toute une vie, peu se jettent à l’eau. On ne pourrait s’attendre à quelque chose de plus humain puisque les risques d’une plongée ont les allures de tragédies au goût des Grecs. Autant dire que pour celui qui ferait le saut, ce n’est pas la baignoire qui l’attendrait, mais pis encore une mer mouvementée. Ainsi, certaines personnes règlent différemment leur existence; sans se faire payer pour l’excellence de leur conformité, elles doivent au contraire débourser en dollars et autres commodités sociales la valeur de leur liberté. Renonçant à l’argent et aux prestiges prépondérants, elles payent lourdement le prix de ne pas accepter l’ordre immoral des choses. Être un avocat ou ne pas être, <i>to be or not to be</i>, c’est là la question. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Mais alors, quand peut-on tracer la ligne entre ce qui tient de l’ordre moral nécessaire à une société et l’esclavagisme d’une décadence comme nulle autre? Le paysage politique de notre époque, sans tracer de ligne, fonde un nouvel univers où les frontières n’ont plus de sens pour l’idéologie. Au sein de cette espèce de politique quantique, un peu comme si l’idéologie avait dorénavant la prétention d’être un paradigme scientifique et qu’elle défiait le réel à la manière de sa physique correspondante, l’économie de l’existence<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>— ou devrait-on parler d’économisme — nous formule les aspirations et les lendemains de nos sociétés. Loin du temps où elles étaient plurielles, l’économisme, ennemi de la nuance et des complexités, ramène une bonne humeur nihiliste au plus payant des singuliers. Le «je», n’étant malheureusement plus un&nbsp; «nous», guide nos pas vers la sauce du moment. Avant, nous allions au théâtre, à présent j’existe pour me travestir en un spectacle. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Corollairement, on pourrait s’attendre à l’objection d’une quelconque humanité pour qui l’existence importe encore, mais alors que la maladie qui ronge<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>notre société<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>«spectacliste» devrait soulever en nous le dégoût le plus terrible, l’économisme a su nous trouver un produit miraculeux: si nous ne pouvons consciemment vivre dans un monde terrible, autant réserver notre existence au rêve.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span>«Quelle idée exquise!», voilà les mots que les automates du <i>marketing</i> s’évertuent quotidiennement à cracher à nos visages. Et comme on peut s’y attendre, plusieurs se montrent intéressés. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Dans ce mouvement rétrograde de l’homme, pour reprendre d’une autre manière le magistral concept de Bergson, les théâtres sont devenus dans le langage courant les cinémas, et dès lors <i>Calligula</i> est devenue&nbsp;<i>Le Dictateur</i> (2012). Résister, au sens noble, à l’économisme, c’est se déclarer de la pensée humiliée, pour reprendre les mots de Camus. Face à la supposée rationalité de l’économisme, notre résistance porte pour le grand nombre toutes les allures d’un manque de logique, voire le poids d’une utopie grotesque.</span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Résistance à la manière faustienne</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ceci étant dit, il nous faut comprendre que bien que loin de notre réalité quotidienne, nous ne pouvons nous réfugier dans nos rêves; les voilà depuis longtemps colonisés et il nous est collectivement impossible de nous en défaire, malgré toute la volonté singulière qui peut bien nous animer individuellement. Dès lors, dois-je penser que la résistance doit justement se comprendre au sens collectif, seule issue possible à notre drame. Vouloir me soustraire au drame de l’économisme, c’est nécessairement penser à plusieurs avec une certaine aptitude à l’holisme. Un peu à la manière de Deleuze qui rêvait d’œuvres qui n’auraient plus d’auteurs mais seraient devenues des espèces de communautés intellectuelles, notre méthode devra permettre de penser collectivement, à plusieurs pour le dire vraiment, les conditions d’une nouvelle économie de l’homme. Pour résister, il nous faudra un peu de cette révolte faustienne qui,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>bravant le blasphème face à Dieu, s’élève en un mythe de grandiosité. Nous devons repenser l’humain en terme d’entéléchie, c’est-à-dire par sa tendance au perfectionnement de tout son être.&nbsp;</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">« Les théâtres sont devenus dans le langage courant les cinémas, et dès lors, <i>Calligula</i> est devenue <i>Le Dictateur</i> (2012) »</span></p>
</blockquote>
<p class="p3"><span class="s1">Comment songer à la résistance, alors que paradoxalement les conditions visibles de résistance peuvent bien être les graines que l’économisme a malignement posées. Je ne crois pas que cette question ait une réponse définitive, mais il m’apparaît qu’elle appelle certainement à une radicalité qui ouvrirait l’espace nécessaire à une nouvelle approche de l’humain, par ou pour lui-même. Malgré ce que peuvent en penser nos larbins universitaires, pour qui le monde n’a de tangibilité que dans une bibliothèque, les mots d’un Michel Onfray du dernier siècle et plus particulièrement sa <i>Politique du rebelle</i>, livre au sein duquel la figure du rebelle s’exemplifie admirablement, sont d’illustres exemples des possibilités d’existence qui peuvent immerger de notre insoumission. Pour autant qu’on la veuille, cette insoumission. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Alors que l’on connait Faust pour sa démission volontaire pour les plaisirs du monde, nous sommes en droit de nous dire qu’il est possible de recommencer à dire «Oui» à autre chose. À la dernière page du premier <i>Faust</i> de Goethe, le docteur Faust est entraîné par le démon Méphistophélès à sa suite. Ce n’est bien entendu pas la fin. Cette idée selon laquelle notre adhésion mondiale à l’idéologie, volontaire ou non, marquerait une quelconque fin de l’Histoire m’apparaît comme profondément ridicule. Alors que Marguerite se voit sauvée, au même moment où Faust s’enfonce, s’augure la perspective de quelque chose d’autre; on peut présumer, à tort ou à raison, qu’une autre vie est possible. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Cette sortie doit cependant se conduire dans l’intention réelle de quelque chose. Il n’est pas possible de vouloir n’y tremper qu’un pied. Lorsqu’on pense, avec très peu d’effort il faut le dire, à tous ces tenants d’un capitalisme vert, pour qui le développement peut être durable, on est en droit de ce dire qu’à travers tous ces beaux oxymores que la situation demeure la même; le capitalisme ne sera vert que publiquement et le développement ne sera inlassablement que ce qu’il est lui-même. Autant dire que la seule chose qui sera durable sera notre croyance dans la croissance. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Je crois que René Char avait bien raison de dire que «l’impossible nous ne l’atteignons pas, il nous sert de lanterne». </span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Décadence du progressisme moral</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/09/30/decadence-du-progressisme-moral/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Simon Tardif]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Sep 2017 19:53:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[moralité]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Constat et proposition entourant l’un des problèmes de notre temps.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nul doute que chaque époque et société rencontre son lot de misères et de problèmes. Certaines d’entre elles ont admirablement su contenir, voire rediriger, les forces destructrices de leur temps. La clef d’un tel génie a néanmoins toujours résidé dans un constat. Aujourd’hui, il ne faut plus être un Hegel pour aisément le comprendre: le constat passe par le ruminement des choses. Or, à l’opposé, ne semble-t-il pas dangereux de vivre au sein d’un monde qui n’a d’autre besogne que l’anxiété du présent? Si l’on éprouvait la volonté de transgresser cette doxa, quels pourraient être les objets de notre propre introspection?</p>
<p>L’esprit de notre temps ne se résume pas en un objet, mais force est de constater que depuis un certain nombre d’années se profile le visage d’une nouvelle moralité: le progressisme moral. Que cette dernière soit portée par des membres de communautés oppréssées, nos canoniques guerriers de la justice sociale, des intérêts politiques ou par le repentir, elle occupe dorénavant une place majeure au sein de la conversation démocratique. Pour une part de la société civile, les injustices observées ou vécues ont atteint une sévérité telle qu’elles ne peuvent plus être tolérées. Comme toute morale, la leur porte en elle l’idéal d’une certaine forme de justice. En ce sens, si l’on considère cette idée de la justice enfreinte, qui donc pourrait s’objecter à son rétablissement? N’est-il pas déplorable qu’une si grande masse de gens en soit à un stade où le cynisme indique le ton des choses, où la souffrance et l’exclusion sont la routine?</p>
<p><strong>Constat d’une décadence</strong></p>
<p>J’estime qu’une bonne part des luttes liée à cette justice sont légitimes. Le règne du masculin doit mourir; le racisme systémique jeté dans les manuels d’histoire pour ne plus jamais en sortir. Les exemples sont nombreux. Tout cela est souhaitable et il est de notre tâche d’y consacrer nos efforts. Nonobstant cette quête, il me semble que certaines de ces luttes, à travers certains de leurs militants, ont pris des tournures&nbsp;déliquescentes, et c’est là l’objet de notre problème; ce qui était auparavant solide s’est transformé en une mare où il n’est que trop aisé de sombrer. Au sein de certains groupes militants, la concurrence à la pureté mène souvent à un climat de peur où le blasphème mène à l’expulsion. Il s’agit d’une peur rapportée par un nombre significatif de militants; il n’est en effet pas rare que cette course à la pureté mène à une autocensure, voire à la critique et au rejet. Du moment où l’on n’est pas considérés comme les patrons de la Vertu, de simples bévues, des mots sans intention pernicieuse et voilà que nous rencontrerions promptement le rejet social. Il s’agit d’une célérité dont on se passerait bien. D’autant plus, les impératifs du progressisme moral sont absurdes; ils ne mettent pas l’accent sur la dignité des communautés discriminées, mais au contraire sur l’éternelle victimisation de celles-ci. Il semble farfelu de considérer que l’on puisse être «<em>empowered</em>» à être constamment accablé de la divine vertu de la fragilité. D’autant plus que cette fiction est tout à fait néfaste du point de vue de l’économie des pulsions. Le principe de la morale a toujours été d’opérer une économie des pulsions existentielles; à travers des règles et un cadre précis, elle vise à faire l’économie de nos questions angoissantes. Ainsi, une morale «efficace» affichera un solde positif quant à ce qu’elle permet d’économiser en terme de pulsions.&nbsp;&nbsp;Au contraire, l’énergie demandée au maintien des règles du progressisme moral manque cruellement la cible et ruine totalement les bienfaits que leur reconnaissance légitime devrait apporter.</p>
<blockquote><p>« C’est toute une épistémologie et une métaphysique de la victimisation qui a vu le jour »</p></blockquote>
<p>Cette quête éternelle de la pureté morale et ses effets ne représentent pas à elles-mêmes toute la décadence qui sous-entend leur morale. Un certain nombre de ces croyants sont comme les tarentules de Nietzsche qui veulent que tous les hommes soient leurs égaux et cherchent à détruire tous ceux qui les surpassent: «C’est précisément ce que nous [les tarentules] appelons justice, quand le monde se remplit des orages de notre vengeance. […] Nous voulons exercer notre vengeance sur tous ceux qui ne sont pas à notre mesure et les couvrir de nos outrages.» La volonté d’égalité en tous les domaines, les tarentules nomment cela la Vertu.</p>
<p>Véritablement, c’est toute une épistémologie et une métaphysique de la victimisation qui a vu le jour. C’est, je le crois, le caractère le plus insensé de toute leur entreprise: les saints protecteurs du progressisme moral rivalisent avec le réel d’une manière qui défie même toutes les possibilités d’entendement que l’on peut en avoir. La nature humaine n’est plus tragique; tragique parce qu’il faut inventer à partir d’elle. Non, maintenant, elle est tragique parce qu’il faudrait y substituer une virtualité. Toutes les actions doivent être concentrées autour de cette forme du Bien. Qu’arrivera-t-il le jour où la Justice de tous les discriminés se sera abattue sur terre? Il est déjà de circonstance d’être vif face au péché, impitoyable face à la désobéissance. Pour cette raison, je n’oublie pas les mots de René Char: «Je vois l’homme perdu de perversions politiques, confondant action et expiation, nommant conquête son anéantissement.»&nbsp;&nbsp;Ces mots sont ceux d’un homme&nbsp;de la Résistance. Bien avant que l’Occupation ait pris fin, Char avait eu le discernement de pressentir les «nouveaux naufrageurs», ceux qui noyés sous la sainte auréole des luttes, auraient le vice comme gouvernance.</p>
<p><strong>L’éducation est une panacée</strong></p>
<p>Aussi réconfortante que puisse être notre idée de la justice et salvatrice celle de notre morale, une bonne dose de scepticisme s’avère bien souvent le meilleur remède à notre caractère vindicatif. La plupart des enseignements en la matière peuvent remonter jusqu’aux présocratiques et il est trop rare de s’en souvenir. L’histoire de l’humanité regorge d’intempestifs ayant sans cesse répété que l’éducation était une panacée à bien des égards. L’injustice et l’intolérance ne demandent évidemment que cela: une éducation.</p>
<blockquote><p>« Il semble exister une causalité probante entre la radicalisation des ignares modérés et les inquisitions des prêtres de la morale progressissante »</p></blockquote>
<p>Considérons la chose autrement: quel fut le succès des manœuvres légitimant excommunions et moralisation? Fort certainement, peut-on le dire, contre-productif. Ajoutons à cela qu’il semble impossible à un grand nombre de militants d’actualiser les répercussions de leurs manœuvres, réconfortant ainsi indéfiniment la rhétorique de leurs opposants, voire de leurs oppresseurs. Les Jordan Peterson de ce monde et les partisans de l’<em>Alt-right</em>&nbsp;ont grandement tiré profit de la chose. Il semble en ce sens exister une causalité probante entre la radicalisation des ignares modérés et les inquisitions des prêtres de la morale progressissante. Pourtant, ne leur a‑t-on jamais rétorqué que l’enseignement de la vertu est avant tout celui de la démonstration? Il en est de même pour les vices, si cela peut éclairer quelques bonnes âmes.</p>
<p>Il fut un temps où il était abondamment cru qu’avec notre justice dorénavant apportée sur terre, on ferait tomber nos empires de misères, que notre combat ouvrirait un monde où «la terre se [couvrirait] enfin d’innocents». Il est beau de se battre pour quelque chose, cela est bien vrai. D’autant plus que les luttes dessinent peu à peu les contours de l’action collective, de la camaraderie. Ne délaissant pas cela, ne serait-il pas plus agréable de dépenser une telle énergie différemment? Comment explique-t-on le parcours introspectif et gigantesque d’un homme comme Martin Luther King si ce n’est par une résilience portée par un rêve plus grand? À cet égard, les stoïciens croyaient que plus que ce qui nous détermine, l’enjeu central de toute notre vie tenait en la manière dont notre énergie pouvait être dirigée vers nous-mêmes et ce que l’on veut accomplir. Agir au lieu de réagir. Au lieu de s’épuiser à l’art de la critique et en misant sur une autre direction, on planterait des arbres par millions et on nettoierait les plages du monde. Les fruits de ces arbres produiraient des esprits plus éclairés, et la beauté des nouvelles plages, la perspective d’un monde magnifique. C’est là tout le génie de Nietzsche, du stoïcisme et de quelques âmes éparses: la création d’un autre type de société ne passe pas par un renversement vindicatif, mais avant tout par un autre monde à l’intérieur de nous-même; un royaume où se dessinent nos propres valeurs.</p>
<p>&nbsp;</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Il faut soigner notre emploi de la langue française.</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/04/07/il-faut-soigner-notre-emploi-de-la-langue-francaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marc-Antoine Gervais]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Apr 2017 18:43:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que la grammaire prescriptive cherche à garder un registre de langue stricte et codifié, la grammaire descriptive évolue en fonction de la manière dont les individus utilisent la langue. Quelle est la version la plus légitime? Le Délit vous expose deux perspectives différentes sur la question. La langue française constitue un élément incontournable de&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2017/04/07/il-faut-soigner-notre-emploi-de-la-langue-francaise/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Il faut soigner notre emploi de la langue française.</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Alors que la grammaire prescriptive cherche à garder un registre de langue stricte et codifié, la grammaire descriptive évolue en fonction de la manière dont les individus utilisent la langue. Quelle est la version la plus légitime? <i>Le Délit</i> vous expose deux perspectives différentes sur la question.</p>
<hr>
<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">a langue française constitue un élément incontournable de la culture québécoise. La <i>Charte de la langue française</i> reflète les efforts mis de l’avant pour la protéger contre son voisin hégémonique: l’anglais. Pourtant, bien peu de mesures sont prises pour maintenir et, <i>a fortiori</i>, pour rehausser la qualité d’expression des Québécois en français. Les anglicismes sémantiques et les barbarismes abondent, mais l’opinion populaire tend vers l’indifférence sur cette question. À terme, la société pâtira de cette indolence, car la Charte n’offre qu’une protection très lacunaire relativement à la qualité de la langue. Elle peut faire obstacle à l’évolution inopportune de la langue française à laquelle on assiste. Le raffinement de l’expression doit non seulement être défendu, mais également encouragé. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Dany-Robert Dufour, dans <i>Le Divin Marché</i>, expose le rôle prépondérant du libéralisme dans les valeurs actuelles de notre société. Cette doctrine s’étend cependant bien au-delà de l’économie et de la politique: le concept de marché est aujourd’hui appliqué à la langue, tantôt consciemment, tantôt aveuglément.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Pour Pierre Bourdieu, le langage se réduit à un «marché linguistique» dont la recherche de profit se justifie par l’appétit de la distinction sociale (<i>Le Divin Marché</i>, p. 250). Les conséquences sont lourdes: la langue et la culture, dans leur quête d’esthétique, deviennent alors futiles; le raffinement des auteurs ne saurait que témoigner de leur ambition de se distinguer par rapport à la masse. La frivolité suggérée de la littérature donne à penser que la langue française n’est qu’un outil de communication, et que toute tentative d’élévation relève d’une mentalité bourgeoise. Dufour résume bien la situation: «Ce qu’il faut désormais, c’est défendre l’ignorance. C’est la meilleure façon d’ignorer les «chichis» [de la langue française].» (<i>Le Divin Marché</i>, p. 252) Les chichis correspondent ici à la recherche d’élégance, une élégance vaine aux yeux de ceux qui conçoivent la langue tel un marché. La novlangue française, qui est définie par Dufour comme «une manière de parler destinée à rendre impossible l’apparition de toute pensée» (<i>Le Divin Marché</i>, p. 254), découle directement de la défense de l’ignorance. Elle mène à la décadence du français, qu’elle remplace petit à petit au sein du peuple. Elle séduit les locuteurs, car elle s’apparie harmonieusement avec la démocratie de marché, ce concept mis sur un piédestal par les libéraux. En somme, le libéralisme est si profondément ancré dans nos mœurs qu’il s’est infiltré là où il n’a pas lieu d’être: la langue. Les répercussions de la novlangue, fière représentante du laisser-faire typiquement libéral, sont lourdes.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">D’abord, le pragmatisme prime: la limpidité est de rigueur dans son discours, alors que la place qu’occupe l’interprétation est nulle. Il faut être compris rapidement, dissiper toute incertitude, être si direct que son interlocuteur n’ait point besoin de réfléchir. La clarté excessive a pour effet d’appauvrir la langue, car la compréhension ne doit requérir aucun effort. Il faut s’en tenir à un vocabulaire et à une syntaxe simples; tout écart à la convenance établie par la novlangue est mal perçu. La médiocrité règne, comme l’élévation est réprimée. Il s’agit d’un milieu hostile à la création littéraire et artistique: le raffinement, synonyme de bourgeoisie méprisable, est tari par notre société où la novlangue domine. La littérature, par opposition, fait appel à des images transcendantes qui requièrent l’union de la réflexion et de la pensée critique du lecteur. C’est donc dire que la littérature peut obvier à la prolifération de la novlangue, mais cela nécessite, d’une part, la maîtrise de la langue française et, d’autre part, un environnement propice pour «assurer aux aptitudes de chacun tout le développement dont elles sont susceptibles.» (<i>Le Divin Marché</i>, p. 262)</span></p>
<blockquote>
<p class="p3">La novlangue, ayant envahi le système d’éducation, mène à la «médiocrisation» de l’expression des locuteurs</p>
</blockquote>
<p class="p3"><span class="s1">En outre, la novlangue, ayant envahi le système d’éducation, mène à la «médiocrisation» de l’expression des locuteurs. Les enseignants sont complaisants à l’égard des élèves qui s’expriment en évitant de soigner leur emploi de la langue française. «Si l’école est en faillite, la langue […] tombera irrémédiablement en décadence.» (<i>Le Divin Marché</i>, p. 243)<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>La défense de l’ignorance étant devenue légitime, la novlangue de la démocratie de marché se développe: toute forme d’expression se vaut. L’importance de la langue réside alors uniquement dans le fait de communiquer, et il s’ensuit nécessairement une égalisation dans la perception de la qualité de la langue française. Ce nivellement étouffe l’ambition des élèves de se dépasser, et change leur attitude lorsqu’ils achoppent sur des textes de plus grande complexité.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Un nouveau réflexe s’est développé face à l’impuissance provoquée par l’incompréhension: c’est l’auteur qui est en cause, à lui de faire preuve de plus de clarté! L’ignorance est légitime; pas question de se questionner sur ses propres habiletés! Plutôt que de tirer profit de leurs lumières, les étudiants ont tendance à condamner les textes insuffisamment référentiels et pragmatiques à leurs yeux. Le rejet du raffinement étant partagé par la majorité, il se forme des «troupeaux ego-grégaires» (<i>Le Divin Marché</i>, p. 288). La novlangue, trop fruste, ne permet pas de se distinguer foncièrement de la masse. Conséquemment, toute tentative de se démarquer se fait horizontalement: «plus chacun est soi-même, mieux tout le monde est pareil.» (<i>Le Divin Marché</i>, p. 290) La liberté employée sans encadrement aboutit ainsi à des styles dont la variété est factice: les différences ne font, au fond, pas de différence. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">En contraste, l’enseignement qui contraint l’élève à utiliser un vocabulaire approprié et à s’exprimer adroitement produit l’effet inverse. L’étudiant acquiert ainsi des outils qui lui permettent de s’élever, de se distinguer verticalement de ses semblables, bref de <i>mieux</i> jouir de sa liberté. La propagation de la novlangue élimine la beauté du français et le réduit à un simple moyen de communication à partir duquel aucune culture ne peut prospérer.</span><span class="s2">&nbsp;</span></p>
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		<title>Un fédéralisme européen?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/04/07/un-federalisme-europeen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Mamelonet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Apr 2017 13:43:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La relation politique entre le Québec et le Canada est ambiguë.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L’</span><span class="s1">histoire du Québec est profondément lié à la recherche d’une reconnaissance: depuis la conquête de la Nouvelle-France en 1763 par les Canadiens anglophones, suite à la bataille des plaines d’Abraham, il n’a cessé d’être question pour les «canadiens français» — aujourd’hui québécois — de faire valoir leurs droits et leur culture. Cependant, la seule province francophone étant le Québec, il a toujours été difficile de faire entendre la voix québécoise. Celle-ci, a toujours couru le risque d’être submergée par celle des anglophones, ces derniers voulant davantage servir leurs propres intérêts. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Cependant, à partir de 1960, les choses changent au Québec et le contexte dans lequel s’inscrit la Confédération canadienne est transformé. Le Québec n’est plus une province composée de canadiens français pauvres, catholiques et cultivant la terre; dans les années 1960 commence la Révolution tranquille: après le «baby boom», la population francophone grandit. L’ouverture de l’Université de Montréal et de l’UQAM permet la formation d’une élite intellectuelle francophone : 70% de la population québécoise est désormais urbaine. Par conséquence, en parallèle à cet essor démographique urbain et culturel, nait une nouvelle idéologie populaire: celle du développement. Le Québec — après avoir longtemps réclamé son indépendance — désire le respect et la conservation de sa culture singulière. Cette idéologie est un nationalisme considéré comme modéré. Conscient de son histoire, le Québec, tient à ses origines et à sa culture pour laquelle il s’est tellement battu. Néanmoins, le Québec tient à son ouverture d’esprit et est partisan de l’interculturalisme. Les québécois pensent que la préservation de la culture ne doit pas entraver le développement économique et l’accomplissement du rayonnement québécois. Depuis les années 60, le Québec a pris conscience de sa valeur, de ses capacités, et ne veut en aucun cas régresser vers un conservatisme rural catholique. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Par contre, comme le Québec est une province ayant une culture minoritaire au sein de la fédération, le gouvernement fédéral canadien pourrait aller à l’encontre des intérêts des québécois. Ainsi, le premier ministre du Québec, en 1980, a tenu à demander à ce dernier l’octroi de droits en raison de son statut particulier. Le Québec veut pouvoir faire ses lois, percevoir ses impôts, établir ses relations extérieures (avec l’immigration, par exemple), tout en maintenant une association économique comprenant l’utilisation de la même monnaie que le Canada.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La Révolution tranquille a permis au Québec de s’affirmer en tant que nation et culture. Contrairement au reste du Canada, qui perçoit le fédéralisme à la manière de Pierre Elliott Trudeau ou MacDonald, les Québécois conçoivent le fédéralisme à la manière de l’Union Européenne: ce n’est rien d’autre qu’une entente entre gouvernements et cultures fortes dans un but de développement économique.&nbsp;</span></p>
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		<title>Du français du roy au français québécois</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/04/07/du-francais-du-roy-au-francais-quebecois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Hortense Chauvin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Apr 2017 13:40:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=28416</guid>

					<description><![CDATA[<p>Petite histoire de la langue française au Québec.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p2"><span class="s1">C’</span><span class="s1">est à l’époque de la colonisation française, de 1608 à 1763, que le français s’est développé au Québec. Alors que subsistaient en France de nombreux patois, au Québec le français est rapidement devenu un vecteur d’unification de la population. Langue des «filles du Roy», des orphelines spécialement envoyées pour peupler la colonie, mais aussi de l’administration, des tribunaux, et de l’éducation, le français s’est rapidement répandu dans la vallée du Saint-Laurent, comme en témoignent les voyageurs de l’époque. Bien que similaire à la langue parlée à la Cour de France, le français québécois a cependant connu sa propre évolution, influencé par les langues amérindiennes, puis l’anglais à la suite de la guerre de Sept Ans. En France, le français de la bourgeoisie est préféré au «français du Roy» à partir de la révolution, ce qui explique les évolutions linguistiques distinctes du Québec et de la France.&nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">La situation du français au Québec a radicalement changé une fois la province devenue colonie britannique, à partir de 1763. L’élite économique et politique parlait désormais anglais, au détriment du français, qui perdit donc sa place centrale dans l’espace public. <span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; </span>À cette époque, il n’est pas rare pour les Québécois parlant français en public d’être sommés de parler anglais. L’insulte «<i>Speak white</i>» (parle blanc, <i>ndlr</i>), qui a d’ailleurs inspiré un poème militant du même nom de Michèle Lalonde, illustre cette dépréciation du français. Quant à l’élite québécoise, elle dénigre progressivement la prononciation québécoise à partir du milieu du 19<i>e</i> siècle, lui préférant la prononciation parisienne. Dès sa création en 1936, Radio-Canada diffusait ainsi des programmes parlés dans une langue axée sur le français de France. Ce n’est que dans les années 1970, sous l’impulsion de la révolution tranquille, que la radio a changé sa politique, alors que le français québécois commençait à occuper une place plus importante dans l’espace public.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp;</span></span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Révolution francophile&nbsp;</b></span></p>
<p class="p4"><span class="s1">La révolution tranquille, au début des années 1960, a en effet radicalement changé la place du français au Québec. C’est une période de renouveau, à la fois sur le plan économique, culturel, et politique. Le nationalisme québécois se développe, et le français s’affirme.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Avec la progression socio-économique des francophones, le rapport de la population au français québécois se métamorphose. La publication de la pièce <i>Les belles-sœurs</i> de Michel Tremblay en 1968, une des premières œuvres québécoises écrites en joual, français populaire teinté d’anglicismes, témoigne de ce changement de perception de la langue. «[Ce mouvement] a eu pour effet de nous forcer à réfléchir à notre rapport à la langue et à notre identité: sommes-nous fiers d’être Québécois? Sommes-nous fiers d’être distincts des Français? Est-ce normal que notre français soit différent de celui qu’on parle en France? […] Ce fut un exercice collectif d’interrogation et de prises de position qui a permis de s’approprier le français, avec ses particularités et son américanité propres», expliquait ainsi Chantal Bouchard, linguiste et professeure au Département de langue et de littérature françaises de McGill, dans un entretien avec la revue <i>Relations</i>. </span></p>
<p class="p4">Cette transformation de la perception du parler québécois a été suivie par l’adoption de lois promouvant l’usage du français au Québec. En 1977, année de création du <i>Délit</i>, le gouvernement péquiste de René Lévesque fit adopter la Charte de la langue française, plus connue sous le nom de «Loi 101», définissant le français comme seule langue officielle du travail, de l’administration, du commerce et de l’éducation des immigrants. Aujourd’hui amendée, la «loi 101» conserve cependant sa mission de protection du français dans l’espace public, tout comme le <i>Délit</i> conserve sa mission de promotion du français dans l’espace mcgillois.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;&nbsp;</span></p>
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		<title>Le Grand style</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/03/14/le-grand-style/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Simon Tardif]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Mar 2017 15:09:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le chemin d’une esthétique de la grandiloquence sur les traces de Nietzsche et Debord.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">D</span><span class="s1">e manière répétée, il nous arrive d’être confronté à des œuvres artistiques belles et choquantes. Plus récemment, nombre de Québécois ont eu l’occasion d’assister à l’exposition du Musée des beaux-arts de Montréal concernant Mapplethorpe. Aussi, en de tels moments, nous faisons-nous inexorablement réclamer de bien laborieux commentaires. Pour ma part, je n’ai jamais su quoi en dire. À la source de ce malaise: l’esthétique postmoderniste.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Généalogie d’un constat</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Les questionnements concernant la beauté – et plus largement l’esthétique – ont toujours intrigué. Que ceux-ci soient de l’ordre de la subjectivité ou de l’impénétrabilité présupposée de l’Art, il m’apparaît qu’un tel sujet n’a jamais été accompagné par rien d’autre qu’une puissante et profonde passion. Nous tous et toutes sommes au centre de cette passion. L’Art est humain autant que les mers appartiennent aux océans.&nbsp;</span></p>
<p class="p6"><span class="s1">En l’espace de quelques siècles, l’Art s’est métamorphosé en une succession rapide et souvent brusque de courants et d’expressions. Or, il m’apparaît que la démarche artistique et le fruit de cette dernière – ces deux choses que l’on nomme l’Art – n’ont hélas pas fait, depuis le Classicisme, grand cas de ce qui s’est fait chez les Grecs durant l’Antiquité. D’autant que, si l’on doit bien retenir quelque chose de la grande marche artistique de notre époque, c’est son relativisme décloisonnant. Partout autour de nous, l’Art semble se transformer en produit culturel consumériste et se retrouve conséquemment soumis à une logique marchande qui n’avance immanquablement plus les mêmes critères qu’auparavant. Mais alors, comment peut-on reconnaître le beau et qui peut donc s’en déclarer garant? Devant une telle question, Nietzsche, et plus tard Debord, ont pour nous une réponse fort intrigante: le <i>Grand style</i>.</span></p>
<blockquote>
<p class="p6">Mais alors, comment peut-on reconnaître le beau et qui peut donc s’en déclarer garant?</p>
</blockquote>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Le Grand style</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Avant d’en venir aux implications du Grand style définissons-en les caractéristiques. D’abord théorisé chez Nietzsche, ce concept porte tant sur la conduite que la source de l’Art. À ne point en douter, nous en sommes la source. Le Grand style est intime et personnel, et antérieur à toute autre considération. À en croire Nietzsche, ce concept se veut l’unification de la négation de «ce qui est», ainsi que l’action à l’origine de la création artistique. D’entrée de jeu, il avance la chose de la manière suivante: «Supposez qu’un homme vive autant dans l’amour des arts plastiques ou de la musique, qu’il est entraîné par l’esprit de la science […]. Il ne lui reste qu’à faire de lui-même un édifice de culture si vaste qu’il soit possible à ces deux puissances d’y habiter […]» (1878). Pour ainsi dire, le Grand style est à la fois une manière de vivre et une manière de créer. Ces deux éléments sont inséparables. Vincent Kaufmann mentionne à cet effet que «le grand art, le grand style procèdent d’un art de vivre […]» (Kaufmann: 2001). Même chose chez Debord où le style relève de l’expérience et de la mémoire des uns. Ainsi peut-on dire, le Grand style semble être une manière de vivre en accord avec une nature humaine déliée qui permet de donner naissance à la beauté grâce à l’art.</span></p>
<p class="p6"><span class="s1">À l’opposé du Grand style se trouve le déchirement des passions. Nietzsche exemplifie d’ailleurs ce point par l’opposition entre les courants romantiques et classiques. Alors que les classiques incarnent la vie et les forces qui l’habitent, les romantiques ne font qu’épuiser toute leur énergie vitale face à de vils déchirements intérieurs. Alors que pour Nietzsche, la souffrance peut être la source de grands exploits, chez les romantiques elle domine tout l’espace. Elle est à l’origine de l’action artistique et s’articule comme sa sombre finalité.</span></p>
<blockquote>
<p class="p6">L’Art est humain autant que les mers appartiennent aux océans.</p>
</blockquote>
<p class="p8"><span class="s1"><i>In girum imus nocte et consumimur igni</i></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Le Grand style pourrait être symbolisé par l’attitude des stoïques face à l’histoire. Debord nomme notamment l’un de ses films <i>In girum imus nocte et consumimur igni</i>, ce qui signifie: «Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu». Ce titre est d’une part puissant, mais aussi le tenant d’une vérité quant à ce que nous sommes. C’est à cet égard que, sous le signe de l’acceptation de soi, s’organise cette facette de la création. Le Grand style nécessite une acception de la vie qui ne peut être accomplie que sous la présence d’une volonté de vie, de puissance. En cela, il ne peut exister que chez des personnes dont la tyrannie fait force de loi en leur sein. Il faut assurément être tyrannique afin de contrôler qui nous sommes. Nietzsche ajoute d’ailleurs que «Maîtriser le chaos que l’on est: contraindre son chaos à devenir ordre; devenir nécessité dans la forme: […] devenir loi: c’est la grande ambition.» (Blondel: 1986) Le premier jet d’un sonnet n’est au mieux que le chaos des pensées d’un quidam; ce qui ne s’organise pas comme un ensemble n’a aucune vie. Ainsi, ce n’est que grâce à l’acharnement édifié de la volonté que les uns seront en mesure de produire quelque chose de grand.</span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Cette grande ambition doit cependant nous initier à la plénitude: «Le Grand style présuppose que l’on regarde d’en haut, ce qui implique l’existence d’un point d’observation élevé et d’une personne capable de se situer en ce point, de se poser en ordonnateur et en législateur» (Magris: 2003). C’est notamment un tel désir qui a marqué l’œuvre complète de Debord. Pour penser et donner forme écrite au spectacle, il lui fallait se poser en contre-haut du système. L’artiste qui désire produire de l’Art est corollairement condamné à se faire prophète et à vivre du haut de son observatoire. Hélas, l’Art n’est en ce sens pas tourné vers les étoiles et le rêve, mais au contraire tourné vers notre monde et ses réalités. Autrement, il ne serait pas possible d’envisager le monde avec insécabilité. Pour ainsi dire, la grandeur d’une œuvre est intimement liée à la grandeur du vécu de son créateur. Il s’agirait de l’unique moyen d’incarner cette puissance dont nous condenserions le feu. Il est alors question de la matérialité directe de notre volonté de puissance. Debord expose par ailleurs son contraire par la domination du spectaculaire sur l’Art de son temps : «Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre personnes, médiatisé par des images» (Debord: 1967). </span></p>
<p class="p6">Qu’est donc l’Art mais alors? N’est finalement Art que ce qui exprime la vie. La vie, non pas au sens de continuum de notre existence, mais plutôt au sens de l’exercice de notre corps. Le Grand style en est la manière. Chacun des tracés ou des accords d’une œuvre se doit d’être l’articulation d’un corps. Il importe que les notes du chansonnier concré<span class="s1">tisent la lourde et profonde respiration qu’il se peine à éprouver; que le balancement subtil d’une main ordonne le coup de pinceau du peintre. À l’instar, la danse est l’une des disciplines artistiques étant la plus portée, de par sa nature, sur la vie. </span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Si l’on puit conclure, il apparaît que le Grand style, tant chez Nietzsche que chez Debord, tente de répondre à un profond malaise: la décadence d’une culture qui n’a plus aucun sens. Si l’on devait ne retenir qu’une chose du Grand style, c’est qu’il se veut la posture la plus humaine qu’il soit. Une posture humaine, trop humaine.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;&nbsp;</span></span></p>
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		<item>
		<title>«IN OUR BODY WE TRUST!»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/02/19/in-our-body-we-trust/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Mamelonet]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Feb 2017 22:02:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=27788</guid>

					<description><![CDATA[<p>La religion nous a dépossédé de notre corps sans fondements valables. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>De toutes les nations et cultures dont il nous a été possible d’examiner la trace, nous avons pu observer qu’elles avaient toutes une spiritualité qui leur était propre. Il semble que la religion – c’est à dire la croyance en une explication plus ou moins mystique de la vie – soit inhérente à l’Homme. De tous temps, l’Humanité a voulu donner un sens et une fonction aux choses du monde. Il n’est donc pas une grande surprise de voir la religion donner son avis sur la sphère sexuelle. En effet, la sexualité fait partie intégrante de la vie humaine: nous sommes le fruit d’un rapport entre deux personnes, et avons des pulsions sexuelles influencées par nos hormones tout au long de notre vie appelée «libido». Les religions du monde ont eu un avis très nuancé voire contradictoire entre elles. Certaines sont «sex positive» c’est-à-dire qu’elles considèrent la sexualité comme spirituelle voire divine. D’autres sont «sex negative» et perçoivent le rapport sexuel comme néfaste, immoral voire satanique. Or, quand on sait à quel point la religion influence les sociétés, et structure la manière avec laquelle nous concevons nos actes, la religion devrait-elle avoir son mot à dire sur notre sexualité? Et surtout, son avis est-il encore pertinent&nbsp;de nos jours?<br>
Selon moi, la religion ne saurait être une source d’information pertinente concernant la sexualité car basée sur des connaissances archaïques de la médecine et un regard historiquement politisé. Le rapport sexuel n’a, en définitive, aucun lien avec une quelconque morale.</p>
<p><strong>Un acte naturel perversifié</strong></p>
<p>Les religions étant reconnues pour structurer la manière dont nous concevons le monde, la plupart d’entre-elles ont donné une fonction bien précise à l’activité sexuelle: la reproduction, l’expression d’un amour. Les rapports sexuels ayant lieu dans un autre contexte que ces derniers sont considérés comme déviants et immoraux. (1) Selon ces critères donc, la masturbation serait une activité impure: or, elle semble être une inclination naturelle pour l’homme comme pour la femme de vouloir se faire plaisir: en effet, beaucoup d’enfants – si ce n’est tous – se sont déjà caressés, pour la simple et bonne raison que cela procure un sentiment de plaisir: «<em>When I was a little girl, my mother caught me masturbating. She told me that it was a terrible thing and if she ever caught me again, she would take me to the hospital. This really confused me that was a time I could be by myself and feel relaxed. I didn’t understand what was so bad about it</em>» (2). Pourquoi faire une montagne de cet acte si naturel et instinctif? Pourquoi inscrire le concept de moralité sur un acte sexuel qui fait partie de l’homme? Nous ne définissons pas l’action de boire de l’eau ni l’acte de manger comme moral ou immoral. Alors pourquoi est ce que l’acte sexuel serait considéré différemment?</p>
<p><strong>L’instrumentalisation politique de la religion</strong></p>
<p>En faisant quelques recherches, le lien entre la sexualité et le politique me parut évident: si l’homosexualité est rejetée, mais aussi que l’adultère est condamné, ce n’est pas – à l’origine- pour de profondes convictions morales. En créant le moralisme (3) par la répression sociale (comme avec l’exemple de cette jeune fille prise en flagrant délit par sa mère entrain de se masturber), nous contrôlons la sexualité d’une société toute entière, c’est à dire le jardin le plus secret d’une population. Pour quelles raisons? «<em>Female sexuality could lead to the birth of a child (…) once men understood their role in the reproductive process, they sought lo lay claim to their own offspring. The only way a man could be certain that a boy was his son was to regulate the sexuality of women</em>» (4).<br>
Également, la sexualité fait peur car est perçue comme étant «<em>the greatest irrational force of life</em>» (5). Alors, la religion a tenté de mettre de l’ordre dans ce tourbillon d’émotions prodigué par la sexualité car le seul moyen de s’assurer qu’un acte ne sera pas posé par autrui est de créer une épée de Damoclès. La religion est en définitive le moyen de contrôler les actes les plus intimes d’autrui par la peur. Elle est un puissant outil politique.</p>
<p>Mais la religion n’est pas scientifique, et par son manque de connaissances mais aussi par stratégie politique, elle a classé l’activité sexuelle au regard de la morale. Or, la médecine nous apprend que la sexualité est un acte naturel voire très sain pour le corps humain et est recommandé.</p>
<p>Ainsi, La seule morale que nous pouvons attribuer aux rapports sexuels est selon moi la même que lors de nos rapports quotidiens avec autrui: suis-je respectueux de l’autre? Est-il consentant&nbsp;?<br>
Alors, en tant qu’être humain et femme, je me sers de cet article pour dire au monde: redevenons propriétaire de notre corps, dans toute son intégralité!</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>(1) Plain Sex, Goldman, mycourses</p>
<p>(2) Sex and Religion, chapter 1, Zuckerman and Manning</p>
<p>(3) Sex and Christianity, Charles Taylor</p>
<p>(4) Sex and Religion, chapter 1, Zuckerman and Manning</p>
<p>(5) Sex and Religion, chapter 1, Zuckerman and Manning</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/02/19/in-our-body-we-trust/" data-wpel-link="internal">«IN OUR BODY WE TRUST!»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Chroniques d’une étoile de mer</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/02/14/chroniques-dune-etoile-de-mer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tha Beggar]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Feb 2017 14:13:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=27704</guid>

					<description><![CDATA[<p>Faire descendre le Sexe de son piédestal  </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">P</span><span class="s1">our des raisons liées à ma réputation et aux déjà – trop – grand nombre de mes articles portant sur ce marronnier qu’est le sexe, j’écrirai sous mon nom officiel de rappeuse. Bien plus que mon identité, mon propos sera transparent et direct: notre société nous survend le sexe. Nous sommes aujourd’hui victimes d’une pression sociale qui nous pousse publiquement à convaincre notre auditoire, et souvent nous-même, que l’acte sexuel est toujours pour nous une chose extraordinaire. Libérons-nous de ce mensonge collectif, de ce diktat de la baise, et avouons-nous, mes sœurs et mes frères, que le sexe peut être sympathique, parfois phénoménal mais, ma foi, aussi fatiguant et souvent décevant. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Les vierges trompées</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Cher lecteur, pour mieux défendre mon argument, je suivrai les conseils des plus grands princes de la rhétoriques (Castiglione si tu m’entends, cœur sur toi) et </span>je l’illustrerai avec un conte personnel: il y a deux printemps, lors d’un après-midi de procrastination intense, dans un quartier «qui monte» d’Amsterdam, je m’attelais à répondre à des dizaines de tests <i>Buzzfeed</i>, car quelqu’un m’avait dit «connais-toi toi-même». L’un de ces tests proposait de deviner l’âge de ma «perte de virginité» à partir de mes goûts musicaux. Ambitieux quand on connait mon amour pour Britney. Réponse C «<i>Groovy</i>», réponse A «<i>When I’m drunk</i>», réponse D<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>«Timberlake»… Dernière question: «Préfèreriez-vous vivre à jamais sans musique ou sans sexe?». Coup d’œil de ma colocataire sur mon écran d’ordinateur. Pression sociale. J’ai répondu ne pas pouvoir me passer de sexe. Mensonge sous influence extérieure. Buzzfeed m’a alors annoncé que j’étais «encore vierge». Malheureusement, à l’époque déjà, mon prix en chameaux avait bien baissé niveau «pureté immaculée»; ou, pour reprendre l’euphémisme de mon futur biographe, j’avais déjà «collectionné les amants». Mais <i>BuzzFeed</i> soulevait un point intéressant: décider de plaquer la chanson française, le gros son de club, le Barry White du matin et la musique d’ascenseur pour les paris à l’orgasme, c’est penser comme une vierge idéaliste…Une vierge qui ne sait pas encore.</p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Plutôt «Netflix» que «<i>and chill</i>»</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Ceci n’est pas la chronique d’une mal baisée, mais bien d’une honnête femme. Je ne viens pas ici vous écrire un pamphlet engagé pour l’abolition de vos vies sexuelles. Ça n’arrivera pas, vous êtes des animaux, vous continuerez à vous monter dessus. Ça n’arrivera pas, nous sommes des amoureux, nous continuerons à faire déraper notre tendresse. Ça n’arrivera pas, pour le bien de l’espèce. Ce que je souhaite juste c’est mettre en lumière cette pression sociale qui nous pousse à crier à tue-tête que le sexe «c’est quand même la chose la plus cool du monde <i>omg</i>» (malhonnêteté suprême pour quiconque a déjà gouté une poutine goût <i>mac&amp;cheese</i>). Dans notre monde de performance, la sexualité est devenue un critère de reconnaissance sociale qui nous entraîne à mentir pour ne pas paraître moins érotiques que nos pairs, et qui nous force à couiner faussement pour ne pas sembler frigide au lit. Les rapports sexuels peuvent évidemment être une source de jouissance considérable et aux effets parfois mystiques, je vous l’admets avec plaisir, on ne s’est pas foutu de vous à ce point-là non plus… Cependant, placer le plaisir sexuel au plus haut point du panthéon des passions humaines tend à le transformer en un graal inatteignable, en une utopie éreintante. </span></p>
<p class="p6"><span class="s1">À s’essouffler insatiablement pour l’atteindre on omet de se satisfaire du chemin qui y mène. Philosophique n’est-ce pas? Comme me l’a dit un de mes vieux amis, dans un élan de sagesse entre son sixième et son septième litre de bière, «c’est du sexe, c’est fun, c’est tout, <i>enjoy it and don’t take it too seriously</i>». Alors, avouons-le-nous, il n’y avait pas de quoi en faire une édition spéciale.&nbsp;</span></p>
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		<title>Gulîstan, terre de roses: le schème de l’anarchie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/02/12/gulistan-terre-de-roses-le-scheme-de-lanarchie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dardan Isufi]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Feb 2017 03:11:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il existe des terres dépeuplées, des peuples dépouillés, mais surtout un combat de l’infimité pour la liberté. Dans son film Gulîstan, terre de roses, l’œil aguerri de la talentueuse Zaynê Akyol nous introduit au combat quotidien d’un groupe de guérilleras qui ont pris les armes pour lutter au sein du Parti des travailleurs du Kurdistan,&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2017/02/12/gulistan-terre-de-roses-le-scheme-de-lanarchie/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Gulîstan, terre de roses: le schème de l’anarchie</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il existe des terres dépeuplées, des peuples dépouillés, mais surtout un combat de l’infimité pour la liberté. Dans son film <strong><em>Gulîstan, terre de roses</em></strong>, l’œil aguerri de la talentueuse Zaynê Akyol nous introduit au combat quotidien d’un groupe de guérilleras qui ont pris les armes pour lutter au sein du Parti des travailleurs du Kurdistan, ci-après <em>PKK</em>. En plus de défendre le territoire kurde en Irak et en Syrie, elles luttent contre le groupe armé État islamique, tout en incarnant un idéal révolutionnaire axé sur l’émancipation des femmes.</p>
<p><strong>Le courage des femmes kurdes</strong></p>
<p>Les premières projections publiques ont suscité beaucoup d’engouement, notamment au Cinéma du Parc. Afin d’agrémenter l’expérience, la réalisatrice est venue échanger avec la salle comble qui était visiblement fascinée par ce voyage au cœur du Kurdistan.</p>
<p>À travers ces chemins jonchés de gravats et de carcasses d’infrastructures abattues, le film intimiste ouvre un dialogue unique entre ces femmes et l’auditoire. Dans les montagnes du Kurdistan, les combattantes nous révèlent leurs aspirations, leurs idéaux, leurs vies.</p>
<p><em>Gulîstan</em> se traduit par «terre de roses» en kurde, le nom poétique du Kurdistan, qui est aussi le prénom de la sœur de Rojen, une des combattantes. Elle confie trouver sa place dans ce combat pour défendre la survie du peuple kurde, dispersé en Turquie (20 millions), au nord de la Syrie (2 millions), de l’Iraq (6 millions) et dans plusieurs régions iraniennes (8 millions).</p>
<p>À travers les séquences du film, Sozdar, la doyenne de l’unité, exprime ses sentiments distingués quant à la lutte pour développer une société antiétatique et anticapitaliste basée sur le confédéralisme démocratique.</p>
<p>Même si le film n’agit pas comme canalisateur des fantasmes géopolitiques, son entreprise ambitieuse s’inscrit comme un gage d’espoir pour un avenir affranchi et inspiré par l’idéal révolutionnaire.</p>
<p>Depuis la réalisation du film, Zaynê Akyol a confié que plus de la moitié des jeunes femmes exposées sont aujourd’hui décédées.</p>
<p><strong>Un modèle singulier et inspirant</strong></p>
<p>Fondé en 1978, le <em>PKK</em> œuvre pour l’autodétermination des différents peuples du Kurdistan à disposer de leurs terres tout en valorisant le féminisme, la démocratie directe, l’économie sociale, l’écologie ainsi que le pluralisme ethnique, linguistique et religieux. Composé à 40% de femmes, le <em>PKK</em> est un parti révolutionnaire du champ de la gauche opposé à toute forme d’assujettissement. Ses branches armées ne le sont qu’à des fins défensives pour préserver la sécurité des kurdes. Le modèle que propose le <em>PKK</em> s’approche étrangement de la théorie politique anarchiste dans laquelle la conscience publique et privée, formée par le développement de la science de l’éducation, suffit seule au maintien de l’ordre et à la garantie de toutes les libertés.</p>
<p>Alors que le Canada, au même titre que d’autres entités, se porte complice de la répression politique des kurdes, plusieurs groupes agissent pour exiger un soutien élargi de la Communauté internationale. Peu avant la projection, des militants de Rojava solidarité Montréal sont venus distribuer des tracts pour supporter le <em>PKK</em>.</p>
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		<title>En vers et contre toutes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/27543/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Adélaïde Marre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Feb 2017 14:42:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Y a-t-il réellement une place pour la femme dans le rap français?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">S</span>ouvent critiqué, le rap français traîne une mauvaise réputation de genre musical violent et profondément sexiste. Les rares femmes qui s’y essayent doivent faire face à bien plus d’obstacles que leurs homologues masculins, et peinent à trouver le succès, tandis que celles qui l’écoutent sont traitées d’antiféministes. Pourtant, la femme est au centre de ce courant musical.</p>
<p class="p2"><span class="s2"><b>Des paroles empreintes de misogynie</b></span></p>
<p class="p1">Depuis son émergence en France, au milieu des années 80, le rap s’est présenté comme un genre musi- cal violent, au langage cru et au vocabulaire particulièrement sexiste. La majorité des textes parlent de femmes, plus souvent pour les humilier et les sexualiser que pour les encenser. En 2006, le rappeur Orelsan fait scandale avec son titre <i>Sale Pute </i>dans lequel il déclame le réquisitoire d’un homme contre sa petite amie infidèle. Les paroles choquent le grand public et plusieurs associations féministes qui l’attaquent en justice pour incitation à la violence envers les femmes (Orelsan chante entre autres «<i>J’te déteste, j’veux que tu crèves lentement</i>», «<i>On verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée</i>»). Cependant, après avoir été condamné en première instance, il est relaxé par la Cour d’Appel, qui se justifie en considérant que « le rap est par nature un mode d’expression brutal, provocateur, vulgaire, voire violent puisqu’il se veut le reflet d’une génération désabusée et révoltée ». C’est donc la liberté de création de l’artiste qui a été retenue, après qu’il se soit lui-même défendu en proclamant son droit à se mettre en scène.</p>
<p class="p1">Cependant, il s’agissait plutôt d’un cas isolé, puisque les rappeurs sont très rarement incriminés pour leurs textes, qui n’en sont pas moins sexistes. Cela s’exprime aussi dans les clips accompagnant les morceaux misogynes, où les femmes sont dénudées et lascives, souvent privées de parole et soumises aux hommes mis en scène. Elles deviennent le symbole de la réussite sociale du rappeur, au même titre que ses voitures de sport et ses vêtements griffés, et sont ainsi réduites à de simples objets.</p>
<p class="p1">Pourtant, on remarque une dichoto- mie persistante entre la figure maternelle, honorable et intouchable, et celle de la femme-objet, bafouée et insultée. La mère est celle qui s’est battue pour ses enfants, qui s’oppose au père souvent absent, qui a toujours été respectable et qui mérite ainsi qu’on la place sur un piédestal. L’ode à la mère est un thème récurrent dans le rap français,&nbsp;d’Oxmo Puccino avec son <i>Mama Lova </i>à Sniper avec <i>Sans Repères</i>, en passant par IAM avec <i>Une femme seule</i>. Or, ces mêmes artistes passent d’un extrême à l’autre en avilissant toutes les autres femmes. Ce sont celles qu’ils croisent dans la rue, et qui n’existent pas au delà de leur fonction d’objet sexuel; ils peuvent donc l’insulter aussi facilement qu’ils glorifient leur mère, cultivant ainsi une ambiguïté propre au rap. À l’exception de celle qui l’a élevé, aucune femme n’est assez respectable pour le rappeur, et c’est ce qui justifie les propos sexistes qu’il tient dans ses morceaux.</p>
<blockquote>
<p class="p1">«On remarque une dichotomie persistante entre la figure maternelle, honorable et intouchable, et celle de la femme-objet, bafouée et insultée»</p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s2"><b>Un milieu fondamentalement masculin</b></span></p>
<p class="p1">Il ne fait aucun doute que le rap est un genre à essence typiquement masculine. À l’origine, son&nbsp;public était composé exclusivement de jeunes hommes, issus de classes populaires et habitant des zones urbaines. Aujourd’hui, il s’est progressivement diversifié, pour atteindre les classes moyennes et supérieures, mais aussi, dans une moindre mesure, les femmes. Le rap s’est démocratisé, et commercialisé, avec le succès de jeunes rappeurs dont les paroles, moins violentes, touchent un plus large public. En 2015, avec la sortie de son premier album solo <i>Feu</i>, Nekfeu est devenu l’artiste français le plus écouté de l’année. Son essor fulgurant s’accompagne d’une diversification de son public, et sa popularité explose auprès des filles, souvent jeunes, de classes sociales très éclectiques. Néanmoins, cette soudaine notoriété a été associée à son image de «beau gosse», plus sage et faussement intellectuel (qu’il&nbsp;<span class="s3">rejette lui-même), plutôt qu’à son style novateur.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1">Le rap s’est démocratisé, et commercialisé, avec le succès de jeunes rappeurs dont les paroles, moins violentes, touchent un plus large public</p>
</blockquote>
<p class="p1">Cependant, si le public du rap se diversifie, ses artistes restent en très grande majorité des hommes. Cela s’explique par l’évolution du genre musical depuis sonâge d’or, dans les années 90. Des textes travaillés, répercutant les maux de la jeunesse désenchantée des quartiers populaires, le rap est passé à des paroles beaucoup plus crues, et des voix corrigées à l’<i>autotune</i>, le tout dans un univers verrouillé par la testostérone, dans lequel les femmes ont donc beaucoup plus de mal à s’exprimer. Dans les années 2000, des artistes comme Diam’s et Lady Laistee ont su s’imposer à une époque où on prêtait une plus grande attention à la rigueur artistique. Leur succès n’a pas été exempt de critiques et d’attaques sexistes, mais leur talent a été reconnu et leur a permis d’atteindre une notoriété inégalée par des rappeuses depuis.</p>
<p class="p1">Aujourd’hui, le rap français est influencé par son pendant américain, qui chérit le <i>bling-bling</i>, et encourage l’hyper-sexualisation des femmes, si bien qu’un clivage s’est créé avec les rares artistes féminines. D’un côté, à l’image de leurs homologues américaines, certaines femmes choisissent d’imiter les codes masculins pour reproduire un rap «viril», en abordant des thèmes comme la sexualité libérée ou les armes. Parmi elles, Shay, la «jolie garce», protégée de Booba, totalise plusieurs millions de vues sur YouTube. À l’opposé, des rappeuses «dissidentes» choisissent des textes poétiques, pour dénoncer la violence du système, le racisme, ou encore les violences policières, à milles lieues des thèmes matérialistes adoptés par les premières. Casey, ou Keny Arkana, font partie de cette catégorie d’artistes, souvent indépendantes, qui, si elles atteignent une certaine notoriété, sont très peu commercialisées et touchent un public déjà ciblé.</p>
<p class="p2"><span class="s2"><b>Le rap comme miroir de la société et de ses clichés</b></span></p>
<p class="p1">Finalement, le rap répercutant les stéréotypes culturels négatifs, il devient un moyen d’expression reflétant les clichés sexistes ordinaires observés au quotidien. Ainsi, s’il est souvent profondément misogyne, c’est bien parce que cette misogynie est acceptée et banalisée dans notre société. Logiquement, c’est le rap qui évoluera avec la société, et non l’inverse. La route est encore longue avant que les femmes ne trouvent une place légitime dans ce milieu encore majoritairement hyper virilisé, où les producteurs (et le public) voient la femme avant l’artiste, ce qui pose un cruel problème de crédibilité.</p>
<p class="p1">
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		<title>Célébrer le Québec</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/06/24/celebrer-le-quebec/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[David Leroux]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jun 2016 13:44:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=25381</guid>

					<description><![CDATA[<p>Je suis Québec mort ou vivant!</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On dit de plus en plus souvent que la nation est une idée dépassée et que l’heure est au village global. Que ce village serait une célébration de toutes les cultures et qu’il était un antidote à l’enfermement des peuples et au repli identitaire. On consent, tous partis confondus, à la dénationalisation des états et à la déprimante uniformisation des cultures qui s’en suit au nom de rutilants idéaux de paix et d’amour. Aujourd’hui et demain, pourtant, partout au Québec, nous célébrerons volontiers la Fête Nationale des Québécois. Les villes et les villages ont tous organisé une fête sur leur plus belle place publique en l’honneur du Québec.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>On a longtemps reproché aux souverainistes de s’être appropriés le drapeau du Québec et la Fête Nationale, d’en avoir fait des symboles politiquement connotés qui exacerbaient les tensions politiques au lieu de faire place à une célébration comme une autre. On se demande bien toutefois par quel miracle la fête d’une nation dont le noyau culturel dur, francophone, a longtemps voulu prendre en main sa destinée politique en accédant à l’indépendance et se l’est vue refusée par la quasi-totalité des autres citoyens, anglophones et allophones<a href="#_ftn1" name="_ftnref1"><sup><sup>[1]</sup></sup></a>, pourrait être dénuée de tout sens politique. Il convient de remarquer, à cet égard, comment s’exprime ce Québec qu’on accuse aujourd’hui de vouloir se replier sur lui-même lorsqu’il ose encore parler de son indépendance politique</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La Fête Nationale n’est pas la fête de l’exclusion et de l’amertume. J’invite d’ailleurs chaudement tous ceux qui se méfient du Québec en tant que nation à assister aux célébrations de notre fête nationale, et si possible de le faire hors des grands événements de Québec et de Montréal. La vraie Saint-Jean-Baptiste, vous la trouverez en région, dans nos villes et villages. Vous n’y entendrez pas nécessairement les vedettes mondialisées et commercialement approuvées, mais vous allez voir ce qu’est le Québec. Vous n’y verrez pas de feux d’artifices à gros budget. Avec un peu de chance, toutefois, vous passerez une soirée inoubliable. Vous serez assis dans l’herbe, loin de la ville. L’air frais arrivera plus tôt, avec le coucher du soleil. Il y aura des artistes locaux qui viendront sur scène, sans doute. Vous entendrez ce que le Québec a fait de mieux comme musique, vous sentirez dans chaque couplet cet enthousiasme simple et émouvant qui nous habitait en tant que peuple dans les années 1970, avant que deux fois nos espoirs ne soient cassés, avant que le cynisme et la résignation ne s’empare de nous. Vous n’y verrez pas de tension. Vous y verrez des centaines de «&nbsp;gens du pays&nbsp;» chanter du Robert Charlebois, du Beau Dommage, du <em>Harmonium</em> et si vous êtes chanceux, quelqu’un chantera une de nos plus belles chansons, «Le plus beau voyage» de Claude Gauthier, un grand parolier d’ici qui portait son pays au plus profond de son cœur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><em>J’ai refait le plus beau voyage</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>De mon enfance à aujourd’hui</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Sans un adieu, sans un bagage,</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Sans un regret ou nostalgie</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>J’ai revu mes appartenances,</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Mes trente-trois ans et la vie</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Et c’est de toutes mes partances</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Le plus heureux flash de ma vie!</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Je suis de lacs et de rivières</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Je suis de gibier, de poissons</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Je suis de roches et de poussières</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Je ne suis pas des grandes moissons</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Je suis de sucre et d’eau d’érable</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>De Pater Noster, de Credo</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Je suis de dix enfants à </em><em>table</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Je suis de janvier sous zéro</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Je suis d’Amérique et de France</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Je suis de chômage et d’exil</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Je suis d’octobre et d’espérance</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Je suis une race en péril</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Je suis prévu pour l’an deux mille</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Je suis notre libération</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Comme des millions de gens fragiles</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>À des promesses d’élection</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Je suis l’énergie qui s’empile</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>D’Ungava à </em><em>Manicouagan</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Je suis Québec mort ou vivant!</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1"><sup><sup>[1]</sup></sup></a> Voir à ce sujet le travail de Pierre Drouilly «&nbsp;Le référendum de 1995 : une analyse des résultats&nbsp;» disponible sur le site des Presses de l’Université de Montréal au [http://www.pum.umontreal.ca/apqc/95_96/drouilly/drouilly.htm]</p>
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