<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Grand Navigateur - Le Délit</title>
	<atom:link href="https://www.delitfrancais.com/category/societe/grand-navigateur/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.delitfrancais.com/category/societe/grand-navigateur/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sun, 22 Jan 2017 18:24:01 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>Mieux vaut en rire qu’en pleurer</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/01/17/mieux-vaut-en-rire-quen-pleurer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sara Fossat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Jan 2017 14:52:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Grand Navigateur]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=27163</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les memes: outils culturels de communication ou réel symbole d’un mal-être générationnel?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/01/17/mieux-vaut-en-rire-quen-pleurer/" data-wpel-link="internal">Mieux vaut en rire qu’en pleurer</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">I</span><span class="s1">l y a quelques semaines un compte de<i> memes</i> mcgillois «@spicymartletmemes» a fait son apparition sur la plateforme Instagram. Il y diffuse publiquement du contenu original et humoristique via un assemblage d’images et de textes sur la thématique de l’université. On y retrouve par exemple des photographies de Suzanne Fortier tout sourire, avec juste en dessous une mention de la date à laquelle sont publiées les notes des partiels sur <i>MyCourses</i>. Mais il y a aussi d’autres références moins légères soulignant la détresse de certains étudiants. Une de leurs publications reprend le <i>meme</i> assez répandu des «bingo de la dépression», ici sur le thème des examens, alors intitulé «le bingo des finals». Ce type de <i>meme</i> est sur le modèle des cases d’un bingo mais contenant des références à des expériences liées au problème de santé mentale: si on coches toutes les cases, on gagne le bingo. Ici, il inclut des cases comme «pleurer dans un endroit public» ou des références à la détresse: « menacer de <i>dropout</i> ».</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Le contenu de ce compte est donc essentiellement ce que la génération Y ou Z, les <i>millennials</i> désignent comme des <i>memes</i>. Malgré leur grande variété, l’objet de cet article sera plus précisément ces mèmes que l’on peut désigner comme objectivement tristes.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Des <i>memes </i>qui ne sont pas tous les mêmes </b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Les <i>memes </i>sont originellement des versions «culturelles» d’un pan de l’ADN. Le biologiste Richard Dawkins institua d’ailleurs ce terme en 1976 comme une idée, un comportement ou un style qui se répand de personne en personne, au sein d’une culture.</span><span class="s1">Toute image peut, à peu près être un <i>meme</i>, puisqu’il s’agit avant tout de créer du contenu sur la base d’une culture, d’un ton, d’un humour ou d’un savoir en particulier.&nbsp;</span><span class="s1">Ils sont plus précisément l’utilisation de tendances célèbres sur Internet dans le but d’exprimer une sorte d’affect, par le bais d’une photo, d’un tweet, ou de nouvelles.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">C’est particulièrement le moyen des dits individus de la génération de ceux entre 18 et 25 ans de se réapproprier les normes et codes de la culture populaire. Ils les adaptent ainsi à leurs formes d’expression sur les différentes plateformes d’Internet.&nbsp;</span><span class="s1">Un peu à la manière d’un journal intime d’un autre temps, les <i>memes</i> laissent une trace des préoccupations de cette génération.&nbsp;</span><span class="s1">Les<i> memes</i> circulent ainsi sur Twitter, Facebook, Instagram, Reddit: partout où cette génération est en contact et peut se permettre l’utilisation de médias visuels.&nbsp;</span><span class="s1">Cependant le principe de la création d’un <i>meme</i> et de son existence est qu’il fera écho aux préoccupations d’amis, de connaissances, de <i>followers</i>, et qu’il sera ainsi partagé: personne ne fait des <i>memes</i> pour soi-même. Par nature, ceux-ci sont en compétition au sein de notre fil d’actualité pour notre attention. On ne retient souvent que ceux qui nous évoque quelquechose de particulier et auxquels l’on peut s’identifier.</span></p>
<blockquote>
<p class="p3">personne ne fait des <i>memes</i> pour soi-même.</p>
</blockquote>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Le stress, sujet de prédilection</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Les sujets des <i>memes</i> peuvent donc différer. On voit cependant à travers l’exemple de ce compte mcgillois, ou plus largement des grands comptes de diffusion de contenus possédant des millions d’abonnés sur Facebook, que les sujets du stress, de la dépression et la négativité en général sont devenus des sujets dominants dans les <i>memes</i>. Ils témoignent d’une détresse collective, particulière, personnelle ou impersonnelle — estudiantine par exemple.&nbsp;</span><span class="s1">Nous sommes dans une décennie, et venons de passer une année particulièrement difficile au niveau politique, social, médiatique et culturel, générant un sentiment d’impuissance et d’incertitude. Des nouvelles que l’on ne peut éviter considérant l’hyper connectivité ambiante, et pour cette génération en particulier. </span><span class="s1">Les <i>memes</i> se nourrissent de toutes ces sources: ils produisent donc des sujets qui reflètent le mal-être ambiant. Mais pourquoi tout un chacun peut-il s’y identifier de manière aussi intense et partager, répandre, ainsi, ces <i>memes </i>aussi négatifs et tristes plutôt que d’autres positifs?</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Une explication anthropologique</b></span></p>
<p class="p3">Chris Chesher, professeur en cultures digitales à l’Université de Sydney, explique la place de ces mèmes dans la société comme étant une répétition du concept du <i>punctum</i>, au sens du sociologue Roland Barthes. Dans ses propres mots «Le <i>punctum</i> d’une photo est ce hasard qui me <i>point</i> (mais aussi me meurtrit, me poigne)» explique-t-il dans La <i>Chambre Claire</i> en 1980.</p>
<blockquote>
<p class="p3">Les sujets potentiellement à l’origine de ce stress pour chacun sont extériorisés et exprimés sur les réseaux sociaux via les <i>memes</i>.</p>
</blockquote>
<p class="p3">Les <i>memes</i> ne sont évidemment pas tous des photos, mais se rapportent toujours à quelque chose de visuel. C’est cela qui touche le spectateur en son cœur en lui présentant des expériences communes, des situations quotidiennes que la plupart d’entre nous affrontent dépendamment de la communauté à laquelle ils appartiennent. Par exemple, pour des étudiants mcgillois, ce seront les 3 examens finaux en deux jours, ou des exigences de <i>GPA</i> impossibles à atteindre.&nbsp;<span class="s1">Un <i>meme</i> révèle en fait quelque chose que des individus peuvent déjà avoir ressenti sans pouvoir véritablement l’articuler. De c ette manière, ils s’y identifient et cherchent à ce que d’autres fassent de même.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ainsi les sujets potentiellement à l’origine de ce stress pour chacun sont extériorisés et exprimés sur les réseaux sociaux via les <i>memes</i>. Ce processus s’applique à tout un chacun, mais aussi aux célébrités qui assument publiquement d’annuler leurs tournées, ou présences publiques pour raison de santé mentale et non plus simple «fatigue»: c’est en définitive aussi un processus de vulgarisation de ce sujet tabou.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Un mode d’expression au bilan finalement positif ou plus mitigé?</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s3">En rapport avec le stress et la dépression, cela peut d’abord être un moyen d’identifier, puis d’exprimer et d’extérioriser pour soi-même ce qui cause ces expériences. Faire sortir au grand jour, publiquement et avec l’aussi grande audience que chacun peut avoir sur les réseaux sociaux, ce qui a besoin de l’être. Pouvoir s’exprimer sur le stress dont on est atteint est une bonne chose. Se reconnaître dans ces <i>memes</i>-là est-il cependant inquiétant et doit-il être un sujet de préoccupation pour sa propre santé mentale?</span></p>
<p class="p3"><span class="s3">Toutes les maladies et problèmes de santé mentale ne peuvent évidemment être analysés aussi simplement que par une réduction à de simples <i>memes</i>. Cependant, il faut considérer avec précaution l’utilisation aussi simpliste et fréquente de ce média: la vulgarisation est positive mais aussi souvent ironique, suivie de <i>lol</i> ou d’émoticônes rieurs.&nbsp;</span><span class="s3">Le ton et le format viennent aussi souvent de la frustration, et cela peut avoir un impact différent selon les personnes visées. </span><span class="s4">Appliquer l’ironie à soi-même, est-ce vraiment au bénéfice de ces troubles? Pourrait-on alors attribuer à Internet en général le titre de catalyseur de soutien social moral via ces <i>memes</i>?&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/01/17/mieux-vaut-en-rire-quen-pleurer/" data-wpel-link="internal">Mieux vaut en rire qu’en pleurer</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les vices du militantisme virtuel</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/11/01/les-vices-du-militantisme-virtuel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sarah Herlaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Nov 2016 13:51:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Grand Navigateur]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=26482</guid>

					<description><![CDATA[<p>Grande visibilité ne rime pas forcément avec grand changement.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/11/01/les-vices-du-militantisme-virtuel/" data-wpel-link="internal">Les vices du militantisme virtuel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">e militantisme, ou promotion d’un engagement politique, a trouvé sa place en ligne. Du bouche-à-oreille, à la radio, à la télévision et jusqu’à Internet, la raison de ces changements de territoire demeure la même: la volonté de toucher le plus grand nombre. Quoi de plus efficace que <i>Facebook</i>? Avec 1,49 milliard d’utilisateurs réguliers, le réseau social est en route vers l’universalité.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">L’activisme se développe sous toutes les formes et pour toutes les causes. Groupes dédiés à un parti politique, des vidéos <i>YouTube</i> partagées, des images choquantes et articles engagés<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>envahissent nos fils d’actualité. Que faut-il en retenir? </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Il est difficile de départager le «bon» du «mauvais» activisme. Pour beaucoup, la liberté d’expression devrait être reine, même dans un monde où la peur grandissante des uns se traduit en haine violente de l’Autre.</span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Une propagation exponentielle</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">De <i>Black Lives Matter</i> à Beyoncé qui a «brisé Internet» avec sa performance revendicatrice lors du Super Bowl 2016, de nombreux mouvements politiques ont été découverts majoritairement grâce à <i>Facebook</i>. L’organisation de manifestations en Pologne pour le droit à l’avortement a pris de l’ampleur<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>au moyen du développement d’un mouvement international sur <i>Facebook</i> en soutien à ces femmes réclamant le pouvoir sur leurs corps.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Sans <i>Facebook</i>, et sans l’influence démesurée des réseaux sociaux, tous ces mouvements, et une kyrielle d’autres, auraient sûrement été mort-nés. </span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Le revers de la médaille</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Cependant, cette visibilité accrue des mouvements sociaux sur internet est à double-tranchant. </span></p>
<p class="p3"><span class="s3">Le premier revers de la médaille, c’est que les groupes célébrant l’Humanisme, l’acceptation de l’Autre, ou même la protection des bébés phoques ne se développent pas seuls. Le succès inattendu de la campagne de Donald Trump, l’apparition de groupes racistes, misogynes, ou même néo-nazis sur <i>Facebook</i>, sont des conséquences du développement de l’activisme. De plus, ils donnent un outil de rassemblement à des individus qui auraient pu demeurer isolés de la validation de quelconque groupe haineux pour le restant de leur vie. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">D’autre part, quand on sait que seulement 7% de la population africaine et 5% de celle d’Asie du Sud est active sur <i>Facebook</i>, l’idée du militantisme contre la pauvreté, la faim dans le monde devient assez paradoxale. Oui, il est important de sensibiliser les masses à ce qui se passe dans le monde. Il serait néanmoins plus légitime de demander aux principaux intéressés quelle image d’eux ils souhaitent voir diffusée, comme le mentionne Mallence Bart-Williams dans son Ted Talk au Berlin Salon.</span></p>
<p class="p5"><span class="s4"><b>La contre-productivité des bonnes intentions</b></span></p>
<p class="p3">Enfin, le militantisme sur les réseaux sociaux se traduit trop souvent en <i>slacktivism</i><span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>(militantisme paresseux, <i>ndlr</i>). Le très récent déferlement de <i>check-in</i> dans la réserve autochtone de Standing Rock, dans l’état du Dakota aux États-Unis, est une de ces manières de manifester son militantisme en un clic. Ces <i>check-in</i> tiennent lieu de marque d’opposition à l’établissement d’un gazoduc au sein de la réserve. La cause est importante, et les <i>check-in</i> permettent à une plus grande audience d’être informée et sensibilisée sur les événements dans la réserve, tout en affirmant leur opposition à leur tour. Toutefois, l’impact concret de ce type de militantisme demeure faible. Entre satisfaire sa conscience personnelle et agir de manière efficace, il y a un monde. C’est par les actes que le changement est initié, et comme le disait Mahatma Gandhi, «<i>Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde</i>». Le militantisme sur les réseaux sociaux, s’il est utile dans une certaine mesure, est loin d’être suffisant, et peut même décrédibiliser la cause qu’il promeut. Il la réduit à un élément banal dans le flot d’informations qui inonde notre fil d’actualités <i>Facebook</i>. Peut-être faut-il mieux choisir ses combats et investir son temps et son énergie pour provoquer ce changement: la conscience collective est un premier pas, mais il reste à la traduire en faits.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/11/01/les-vices-du-militantisme-virtuel/" data-wpel-link="internal">Les vices du militantisme virtuel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La virocratie, la gouvernance à la Trudeau</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/10/18/la-virocratie-la-gouvernance-a-la-trudeau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ronny Al-Nosir]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Oct 2016 13:40:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Grand Navigateur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[politique nationale]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=26219</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entre marque et homme d’état, Trudeau gouverne autrement.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/10/18/la-virocratie-la-gouvernance-a-la-trudeau/" data-wpel-link="internal">La virocratie, la gouvernance à la Trudeau</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">e 8 septembre dernier, sur le site de la plateforme médiatique américaine <i>Bloomberg</i>, paraissait un article intitulé <i>Why Trudeau is like Trump</i> (<b><i>Pourquoi Trudeau est-il comme Trump</i></b>, <i>ndlr</i>). Certes, cette comparaison est à première vue absolument ridicule, du moins du point de vue politique mais elle mérite une réflexion plus profonde. Alors que l’un de ces hommes, toujours candidat à la présidence américaine, prône le protectionnisme, la fermeture des frontières et tient des propos jugés racistes, l’autre va dans un sens contraire. Cependant, Bloomberg ne comparait non pas le contenu proposé par les deux politiciens, mais plutôt le contenant. Car s’il y a quelque chose que tous deux ont réussi à faire, c’est se transformer en véritable marque de commerce. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Trudeau, monsieur tout le monde</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Depuis son entrée en fonction, Justin Trudeau est considéré par plusieurs comme un nouveau visage politique pour le Canada. Jeune, athlétique et <i>geek</i>, il sait comment parler à la génération Y, aussi connu sous le nom des milléniaux. Un jeune politicien qui tient au gens, qui est un père de famille, et qui utilise les mêmes technologies que tout le monde. Il fait de la boxe, il aime <i>Star Wars</i>, et prend des photos avec des pandas. Ce qui reçoit le plus d’attention dans les médias, autant nationaux qu’internationaux, n’est pas sa progression politique, mais son dernier <i>selfie</i>, les vidéos humoristiques de <i>Buzzfeed</i> le mettant en scène et ses séjours dans la nature torse nu. Trudeau pratique une nouvelle forme de gouvernance: la virocratie. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>À l’ère de la virocratie</b></span></p>
<p class="p6">Telle que définie par Stephen Marche, l’auteur de l’article du site <i>Bloomberg</i>, la «virocratie» est tout simplement la gouvernance par les médias sociaux. On se sert de cette plateforme qui permet de façonner l’image d’une personne pour attirer la population. Étroitement liée à cette virocratie est la technocratie, ou l’utilisation de spécialistes techniques dans la prise de décision. Dans le cas de Trudeau, il est juste de dire qu’il a su composer une équipe de technocrates sans égal. Sur ses flancs droits et gauches, on retrouve Gerry Butts et Katie Telford, respectivement secrétaire principal du Premier ministre et cheffe de cabinet. Le premier, meilleur ami du Premier ministre depuis leurs jours à McGill, est le cerveau de la plateforme libérale. Ancien conseiller politique du premier ministre ontarien Dalton McGuinty, il a commencé à penser à la stratégie électorale que Trudeau devait adopter dès 2012. Telford, tant qu’à elle, est une experte des chiffres, des statistiques, et<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>de la collecte de données. À ce duo, on ajoute la directrice des communications Kate Purchase est en charge de l’image du Premier ministre. Outre ces trois présences notoires, de nombreux conseillers tels que Mathieu Bouchard et Cyrus Reporter, des esprits politiques aiguisés, appuient Trudeau. L’habilité de ces experts, combinée à une stratégie Internet d’une grande efficacité, semble être la clé du succès de Trudeau.</p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>L’intelligence politique de Trudeau</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Pierre Elliott Trudeau, défunt père de l’actuel Premier ministre, est reconnu autant par ses opposants que ses admirateurs comme étant une personne avec l’un des esprits politiques les plus aiguisés de l’histoire canadienne. Intellectuel formé à Harvard, Sciences Po et à la prestigieuse <i>London School of Economics</i>, Trudeau père était un véritable académique. Des souliers difficiles à remplir pour son fils Justin, selon certains. Cependant, même s’il n’a pas la formation ou la connaissance théorique de son père, le fils remplit son rôle en utilisant d’autres atouts. Et il le fait très habilement. Ce qu’il a compris, c’est que ce que l’on croit être la bonne action n’est pas toujours populaire aux yeux du public. Selon Marche, Justin Trudeau a déjà demandé conseil à un ancien confident économique de Stephen Harper. En parlant à ce conseiller, il lui a dit de lui laisser la responsabilité du côté politique, et de seulement lui dire ce qu’il croyait être la bonne façon de procéder avec les régimes de pension.</span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Cette réponse au conseiller reflète bien la façon dont Trudeau gouverne. Ceux qui disent que cela révèle un manque de contenu chez Trudeau passent à côté de la plaque. Au contraire, il a des objectifs pour son gouvernement. Cependant, plutôt que de tenter de tout gérer par lui-même au quotidien, il a une équipe d’experts pour s’occuper des spécificités, et des conseillers pour l’aider dans les décisions politiques plus difficiles. Quant à lui, il s’est bien outillé pour jouer un rôle crucial: celui de porte-parole en chef du gouvernement. Chaque clic, chaque vidéo virale, chaque<i> tweet</i> sont une façon de démontrer à la population que leur premier ministre est un homme qui leur ressemble. La semaine dernière, sur les médias sociaux, Trudeau a 2.12 millions d’abonnés Twitter, plus de 3 millions d’abonnés Facebook, et 718 000 abonnés Instagram. Également, <i>La Presse</i> révélait que le premier ministre donnait en moyenne une entrevue tous les 2.6 jours. Ainsi, alors qu’il se construit du capital politique en se rapprochant de la population canadienne, les experts font leur travail. Ils s’assurent que la vision du premier ministre devienne réalité. </span></p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>La virocratie: danger ou </b></span><span class="s4"><b>bouclier?</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s5">Pendant ce temps, chez nos voisins du Sud, un candidat à la présidence fait une toute autre utilisation des médias sociaux. Donald Trump se sert de cet outil pour semer un message de peur et de division, et c’est le cynisme qui règne sur les réseaux sociaux. En contraste, au Canada, il y a la politique façon Trudeau: sur chacune de ses tribunes, qu’elle soit médiatique, digitale ou au face-à-face, on diffuse la marque, le message de la politique positive. Il répète «qu’un Canadien est un Canadien est un Canadien», que le Canada est fort «non pas en dépit de ses différences, mais bien grâce à elles» et que «mieux est toujours possible». Ceci est le côté positif de la virocratie. Il y a cependant un côté plus contrasté, selon Marche. Il la qualifie de système plutôt non-démocratique et utopique. Il dit que les enjeux ne sont pas débattus, car l’emphase est sur l’image. Ceci est une préoccupation valable, mais ce gouvernement a aussi effectué un grand nombre de consultations publiques, redoré l’image du Canada à l’international et maintient le support d’une majorité de la population plus d’un an après son élection. </span></p>
<p class="p6"><span class="s5">Il semblerait donc que l’approche fonctionne. Seul le temps nous dira si cette stratégie est durable.&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/10/18/la-virocratie-la-gouvernance-a-la-trudeau/" data-wpel-link="internal">La virocratie, la gouvernance à la Trudeau</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>«Tu fais une vidéo? Bravo»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/10/04/tu-fais-une-video-bravo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ikram Mecheri]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2016 13:48:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Grand Navigateur]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=26094</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le droit à l’oubli sur internet, un outil pour lutter contre la violence du web. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/10/04/tu-fais-une-video-bravo/" data-wpel-link="internal">«Tu fais une vidéo? Bravo»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">T</span><span class="s1">iziana Cantone, une jeune italienne de 31 ans s’est récemment donnée la mort, après qu’une vidéo intime d’elle soit devenue virale sur le web. Revenons quelques temps en arrière. Publiée par des individus proches de son ex-compagnon, ladite vidéo est ensuite partagée — sans le consentement de la principale concernée — puis visionnée des millions de fois à travers le globe. Les médias italiens n’ont alors aucune pitié: «<i>N’est-ce qu’une campagne promotionnelle d’une nouvelle star porno?</i>» demande l’un, «<i>Pourquoi s’est-elle filmée cette idiote, elle n’avait qu’à garder cette vidéo secrète</i>» martèle l’autre. La jeune femme, elle, vit un cauchemar. Sa photo est partout dans les médias et les plateaux de télévision ne parlent que d’elle. Sa vie se transforme en enfer, au point qu’elle ne peut plus sortir de chez elle sans se faire harceler ou pointer du doigt. Certains iront même jusqu’à lui cracher au visage. Incapable de vivre dans cette horreur, Cantone démissionne de son emploi et déménage chez l’une de ses tantes pour obtenir un peu de répit. Comble du malheur, la justice italienne lui impose alors une amende de plus de 20 000 euros (environ 30 000 dollars canadiens) pour avoir «tourné» des vidéos allant à l’encontre des mœurs publiques. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Consentement à deux vitesses</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Selon les différents médias qui ont enquêté sur cette triste histoire, Cantone aurait envoyé les vidéos de ses ébats à son ex-copain et quelques connaissances intimes afin de rendre jaloux ce dernier. Dans l’une de ces vidéos, la jeune femme regarde vers la caméra et déclare: «<i>Tu fais une vidéo? Bravo</i>». Consentante au moment du tournage de cette vidéo intime, la jeune italienne a ensuite vu sa vie se transformer en enfer lorsque cette vidéo s’est retrouvée sur des sites pornographiques, puis dans les médias locaux. Cette phrase fut reprise dans de nombreuses vidéos satiriques, mais aussi sur des chandails, autocollants et autres&nbsp;matériaux promotionnels qui n’étaient aucunement reliés à Cantone. Selon les médias italiens, l’effronterie de la jeune femme sur les vidéos a choqué de nombreux citoyens, comme si cette désinvolture pouvait justifier la violation de sa vie privée et la cyber-intimidation dont elle fut victime. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b><i>Facebook</i>, <i>Google</i>, complices? </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Par le biais de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), les résidents des États membres de l’UE peuvent depuis mai 2014 exiger de la part des responsables de traitements de données tel que <i>Google</i> la suppression de liens vers des données considérés comme étant «inadéquates, non pertinentes ou excessives au regard des finalités du traitement et du temps qui s’est écoulé.» À travers ce jugement, les individus peuvent donc demander que le matériel qui porte atteinte à leur réputation soit «caché» du web. Surnommé le droit à l’oubli, celui-ci peut cependant porter atteinte à la liberté d’expression et d’information. De nombreux organismes tel que la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) ou même <i>Google</i> et <i>Facebook</i> dénoncent ce droit. Selon eux, le droit à l’oubli constitue une «menace» à la liberté de presse car certaines informations véridiques, mais négatives, pourraient alors être retirées, ce qui diminuerait l’accès à une information juste et légale. Dans sa pénible descente en enfer, Cantone a donc demandé à cette même justice italienne de retirer la vidéo des Internets et de la bloquer dans les moteurs de recherches. <span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; </span></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Après des mois d’attentes, la jeune italienne est finalement parvenue à faire plier les géants numériques. Toutefois, les délais judiciaires étant extrêmement longs — des mois — le mal était déjà fait; à peu près tout le monde en Italie avait entendu parler de cette vidéo ou de la jeune Tiziana. La situation vire alors au psychodrame médiatique, où les journalistes et les politiciens s’improvisent en experts puritains. Entre temps, les hommes qui se trouvaient dans les vidéos avec la jeune femme ne furent nullement inquiétés, démontrant par la même occasion le cruel double standard de la violence du web.</span></p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>L’explosion du «<i>revenge porn</i>» </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s5">Conséquence inévitable de la surutilisation des réseaux sociaux, le phénomène du «<i>revenge porn</i>» semble prendre une ampleur inquiétante. Pour rendre son partenaire jaloux, prouver son «nouveau» bonheur ou même humilier un ancien amant, ce geste est souvent effectué dans des moments de colère, d’émotion ou même de tristesse, ce qui peut affecter considérablement le jugement de l’individu. Toutefois, ces moments de manque de clairvoyance ne peuvent justifier les violences qui suivent souvent de tels événement. Pour les femmes à travers le monde, filmer ou photographier ses relations intimes peut être synonyme de danger. Le fardeau retombe rarement sur l’homme.</span></p>
<p class="p5"><span class="s5">La notion du consentement ne doit pas s’arrêter aux moments intimes, elle doit aussi s’appliquer à la diffusion de tout contenu conséquent tel que les <i>nudes</i> ou les vidéos. Toutefois, une fois que ce type de contenu se retrouve sur le net, il existe très peu ou aucun recours pour en arrêter la diffusion. Présentement, au Canada, le droit à l’oubli sur Internet n’existe pas. Ainsi, si un individu dévoile des photos intimes sur la toile, il se retrouvera démuni s’il veut corriger le tir. Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada a lancé une consultation et une demande d’articles sur le thème de la réputation en ligne en janvier 2016. Les conclusions de ce rapport devraient alors servir à l’ébauche d’un nouveau projet de loi dans l’optique de combler les lacunes du système judiciaire. Le plus grand enjeu sera de trouver le juste milieu entre la protection de la réputation en ligne et la liberté de presse. </span></p>
<p class="p5"><span class="s5">L’histoire de Tiziana rappelle tristement celle d’Amanda Todd, cette canadienne de quinze ans qui s’est enlevée la vie en 2012 après qu’un individu eût également partagé une photo d’elle sur le net. Bien que les deux situations comportent de nombreuses différences, le constat est malheureusement similaire: la violence du web affecte disproportionnellement les femmes. Le manque de recours juridique et de soutien moral est d’autant plus qu’inquiétant dans de telles situations. Les femmes se retrouvent humiliées, elles culpabilisent, ne savent pas à qui demander de l’aide et se retrouvent seules face à leur sort, forcées de subir. Il est temps que la situation change.&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/10/04/tu-fais-une-video-bravo/" data-wpel-link="internal">«Tu fais une vidéo? Bravo»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’intranet le plus censuré au monde</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/09/27/lintranet-le-plus-censure-au-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lisa Marrache]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Sep 2016 13:27:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Grand Navigateur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=25902</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un accroc informatique dévoile l’étendue de la censure en Corée du Nord.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/09/27/lintranet-le-plus-censure-au-monde/" data-wpel-link="internal">L’intranet le plus censuré au monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">B</span><span class="s1">ienvenue en Corée du Nord, pays abritant environs 25 millions d’habitants mais dont seulement deux millions ont un accès régulier à l’internet. Pays ayant un seul intranet — différent de l’internet, le réseau public mondial — établi en 2000 et appelé <i>Kwangmyong.</i> Pays disposant de 28 sites accessibles au public par rapport aux 1,3 milliards de sites existants dans le monde. Pays ayant un mode de censure abusif et strict. Les seules personnes connaissant Internet tel que <i>nous</i> le connaissons? Kim Jong-Un, «leader suprême» et dictateur depuis 2011, et une dizaine de membre de l’élite coréenne, tous reliés au despote d’une manière ou d’une autre.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1000px">
			<img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-25903" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/coreeduNord-1000x719.jpg" alt="coreedunord" width="1000" height="719" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/coreeduNord-1000x719.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/coreeduNord-330x237.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/coreeduNord-768x552.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/coreeduNord-850x611.jpg 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/coreeduNord.jpg 1904w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/mahaut-engerant/?media=1" data-wpel-link="internal">Mahaut Engérant</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p4"><span class="s2"><b>Accès impossible </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">En plus de censurer son net de manière extrême, la Corée du Nord fait tout pour rendre la connexion à <i>Kwangmyong</i> impossible à ses citoyens. Le pourcentage de la population ayant un ordinateur étant extrêmement faible — il faut avoir une autorisation officielle et beaucoup d’argent pour détenir une telle machine — la façon la plus courante de «surfer» sur le net est de se rendre dans des cybercafés ou il faut payer pour sa connexion au web.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Celle-ci est connue pour être anormalement lente et excessivement chère. Pour une heure de connexion, il est nécessaire de débourser en moyenne six euros soit un cinquième du salaire mensuel moyen en Corée du Nord. Autant dire qu’il est inconcevable pour la plupart de la population de se permettre un tel luxe.</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Le but de cette quasi-impossibilité d’accéder à un web ultra-contrôlé? Éliminer la liberté d’expression et implémenter un phénomène de désinformation. Ainsi, l’État contrôle la population et renforce la propagande vantant ses mérites. Ce qui permet donc un endoctrinement complet de la nation entière. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>La découverte d’un réseau famélique</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Une récente erreur informatique a été commise conduisant à la fuite des noms des 28 sites auxquelles les nord-coréens ont accès à travers <i>Kwangmyong</i>. Alors que ces sites ne sont normalement pas accessibles depuis l’extérieur du pays, leurs adresses DNS ont été révélées, permettant à n’importe qui de se connecter à ces sites. On y trouve des sites coréens d’information, de recettes, de cours éducatifs, des formes rudimentaires d’email…Parmi les 28 sites, 11 tournent autour du Kim-Jong-Un et font son éloge tout en vantant les mérites de son régime. Alors que beaucoup de sites sont instables et toujours inaccessibles pour le moment, cette brèche du système nord-coréen donne un aperçu de l’intranet dans l’un des pays les plus répressifs du monde. Des captures d’écrans, permettant de se faire une idée de ce à quoi ressemblent ces sites, sont disponibles partout sur Internet et choquent les internautes de part le monde… Cette erreur informatique confirme l’horreur du régime autoritaire mis en place en Corée du Nord et nous pousse à mieux apprécier l’ampleur de notre liberté.&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/09/27/lintranet-le-plus-censure-au-monde/" data-wpel-link="internal">L’intranet le plus censuré au monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>De l’usage de l’infotainment</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/09/20/de-lusage-de-linfotainment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sara Fossat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Sep 2016 13:56:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Grand Navigateur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=25790</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comment l’infotainment bénéficie à Donald Trump. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/09/20/de-lusage-de-linfotainment/" data-wpel-link="internal">De l’usage de l’infotainment</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span class="s1">L</span><span class="s1">a semaine passée, le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine et puissant homme d’affaires Donald Trump était l’invité de l’émission «<i>The Late Night Show</i>» sur la chaîne américaine <i>NBC</i>. Cette émission populaire existe depuis 2009 et est construite sur le modèle d’un club comédie, mêlant des séquences humoristiques avec d’autres parties d’entretiens plus sérieux. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Elle constitue la version originale de ce qui se développe de plus en plus dans le journalisme, «l’<i>info-tainment</i>», terme anglais décrivant la combinaison entre <i>information</i> et <i>entertainment</i> (<i>divertissement</i>, <i>ndlr</i>). L’animateur et humoriste Jimmy Fallon y accueille souvent tous types d’invités importants dans la culture populaire américaine, parmi eux acteurs, chanteurs et personnalités publiques. Barack Obama fut<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>par exemple l’invité de l’émission, lors de sa campagne présidentielle en 2012.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Le fait que Donald Trump, candidat controversé pour ses propos racistes — entre autres — ait été invité pour une quinzaine de minutes dans cette émission, n’est donc pas le problème majeur. Ce qui interpelle est, au-delà de l’émission, la répercussion qu’une séquence extraite a eue: on peut y voir l’animateur Jimmy Fallon demander au candidat républicain, qui culmine à 43%<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>dans les sondages, «<i>est-ce que je peux jouer avec vos cheveux?</i>». S’en suit un acquiescement de Trump, qui voit sa tignasse d’un jaunâtre douteux — dont il n’a de cesse de vouloir prouver l’authenticité — bien ébouriffée. La vidéo est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1000px">
			<img decoding="async" class="size-large wp-image-25791" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/S-Trump-1000x859.jpg" alt="s-trump" width="1000" height="859" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/S-Trump-1000x859.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/S-Trump-330x283.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/S-Trump-768x660.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/S-Trump-850x730.jpg 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/S-Trump.jpg 1763w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/mahaut-engerant/?media=1" data-wpel-link="internal">Mahaut Engérant</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p5"><span class="s1"><b>Le choix de <i>l’infotainment</i> </b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ce passage, et le fait qu’il devienne viral, dérangent pour plusieurs raisons.&nbsp;</span><span class="s1">En dehors du fait que Donald Trump ait quinze minutes de temps de libre parole à une heure de grande écoute sur la télévision nationale, la vidéo qui circule sur internet lui donne encore plus de visibilité. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Pourquoi? Parce que l’<i>infotainment</i> est la nouvelle manière de consommer de l’information et de rester à l’affut de l’actualité,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; </span>puisque c’est un format qui permet de s’informer et de se divertir en même temps, et ce, sans sentir le poids de l’information sérieuse. Quand nous consommons de l’<i>infotainement</i>, nous sommes plus disposés à écouter et enregistrer le contenu du fait d’une certaine notion de plaisir, à l’inverse de la contrainte.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">L’<i>infotainment</i> et ses séquences drôles — qui sont génératrices de vidéos virales — font partie de la stratégie de communication de Donald Trump. Son équipe savait probablement qu’il se passerait quelque chose de décalé, qui permettrait de dévoiler une facette sympathique du candidat. Là encore, la diffusion de ses idées est effectuée dans un format qui libère du «temps de cerveau disponible».</span></p>
<p class="p7"><span class="s2"><b>Un usage sournois du format</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Mêlées à ces séquences drôles, Trump distille encore ses idées racistes, conservatrices populistes et démagogiques.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Deux exemples aident à comprendre cela au fil de l’émission. Le présentateur lui demande d’abord comment il compte aider l’économie, et ce d’une manière que l’on pourrait qualifier d’insolite.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>C’est en effet lors d’une séquence humoristique, présentée comme une entrevue entre le président et lui-même devant un miroir. L’animateur, déguisé tel Donald Trump, est face à ce dernier et s’amuse à le mimer. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Trump débite sans broncher une réponse hallucinante de vide: «<i>je suis vraiment riche vous savez, je sais comment faire marcher un business, notre pays se portera bien mieux avec moi.</i>» Au-delà de la plaisanterie, ses déclarations sensiblement inquiétantes sont alors secondées d’applaudissements et de rires du public.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Mais allant encore plus loin, lors de la séquence plus sérieuse de l’entrevue, il réitère son idée choquante de ne plus laisser les personnes de confession musulmane entrer dans le pays, et s’auto-justifie par un début d’applaudissement d’une personne du public. Il continue alors son raisonnement, exposant un lien douteux entre la communauté musulmane et les attentats qui se sont produits cette année — sans jamais prononcer le nom de l’organisation terroriste État islamique — qui est pourtant le vrai problème.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1000px">
			<img decoding="async" class="size-large wp-image-25795" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/S-DonaldTrump2-1000x709.jpg" alt="s-donaldtrump2" width="1000" height="709" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/S-DonaldTrump2-1000x709.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/S-DonaldTrump2-768x545.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/mahaut-engerant/?media=1" data-wpel-link="internal">Mahaut Engérant</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p7"><span class="s2"><b>Responsabilité journalistique et éthique politique</b></span></p>
<p class="p3">Au-delà de ces propos, le plus choquant est la troublante position de l’hôte et humoriste Fallon, qui le conforte dans ses positions tout au long de l’entretien. Il ne lui envoie que de rares piques, ce qu’il est pourtant censé faire lorsqu’il reçoit un invité, puisqu’il s’agit du format de son émission. Là semble être le vrai problème: l’animateur met Trump au même niveau que les autres candidats, en faisant de lui un candidat normal — alors que tout est sauf normal à propos de Trump. Il s’avoue lui-même être un candidat-surprise, déclarant ce soir-là «<i>oui, je pense qu’Hillary Clinton va sûrement gagner</i>».</p>
<p class="p3">Comment quelqu’un qui tient des propos à la limite de la légalité peut-il être placé au même plan que les autres candidats par un animateur aussi populaire? Se pose donc la question de l’indépendance des médias, qui est sous-jacente à la responsabilité journalistique et l’éthique politique de l’hôte: comment une telle émission peut-elle se permettre de tels écarts quand elle constitue l’un des principaux promoteurs de la culture populaire? Comment l’hôte, étant nécessairement conscient de cette réalité, peut-il être à ce point bienveillant avec le candidat?</p>
<p class="p3">L’<i>infotainment</i> n’est toutefois pas toujours problématique: lorsque bon usage en est fait, il peut permettre d’alerter le grand public sur une situation peu mise en avant par les médias traditionnels. Cependant, Jimmy Fallon, en invitant Trump et en lui permettant cette exposition particulière, confère à ce dernier un consentement général. Même si son passage dans l’émission ne lui a (heureusement) pas permis de bondir dans les sondages, cette décision de Jimmy Fallon marque un pas pour la candidature de Donald Trump et porte un coup à l’éthique journalistique des médias de masse américains.</p>
<p class="p3">Il est aussi intéressant de constater qu’à peu près au même moment en France, un évènement sensiblement similaire s’est produit. Le même type d’émission d’<i>infotainment</i> était à l’œuvre dans <i>Le Petit Journal</i> — émission de Canal Plus à l’image des émissions québécoises telles que <i>Dan Late show</i>, et <i>Tout le monde en parle</i>. Le nouvel animateur Cyrille Eldin, également un humoriste-journaliste-intervieweur, s’est permis de recevoir le numéro deux du parti d’extrême droite le Front National, Florian Philippot. Il a usé de la même complaisance tout en plaisantant avec une personnalité politique qui tient des propos inquiétants à la limite de la tolérance.</p>
<p class="p3">Les humoristes ont-ils donc leur place dans le paysage journalistique? Ils ont la conscience de pouvoir toucher une audience particulière grâce à leur format si distinctif: il serait temps pour eux d’adopter une certaine conscience politique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/09/20/de-lusage-de-linfotainment/" data-wpel-link="internal">De l’usage de l’infotainment</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>De la réalité virtuelle au monde réel</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/09/13/de-la-realite-virtuelle-au-monde-reel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sara Fossat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Sep 2016 18:06:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Grand Navigateur]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=25592</guid>

					<description><![CDATA[<p>L' «Airspace»: ou comment Kim Kardashian change un peu plus notre mode de vie. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/09/13/de-la-realite-virtuelle-au-monde-reel/" data-wpel-link="internal">De la réalité virtuelle au monde réel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1000px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-25593 size-large" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/KimK-1000x747.jpg" alt="kimk" width="1000" height="747" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/KimK-1000x747.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/KimK-330x246.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/KimK-768x574.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/09/KimK-850x635.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/mahaut-engerant/?media=1" data-wpel-link="internal">Mahaut Engérant</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">a semaine passée, Kim Kardashian, une des personnalités de téléréalité les plus influentes de notre ère, publiait une photo parmi tant d’autres sur son compte<b> </b><i>Instagram</i>. On peut la voir dans une de ses poses habituelles, allongée sur un canapé dans un beau <i>penthouse</i> new-yorkais. Le plus important dans cette publication n’est cependant ni la pose, ni la photo. Il s’agit de la légende qui signale:<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>«<i>tout juste arrivés dans notre </i>penthouse<i> à NYC. Merci @airbnb de nous offrir notre maison&nbsp;loin de notre maison.</i>» </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Cette publication est probablement le fruit d’une collaboration entre la plateforme communautaire de location de logements de particuliers à travers le monde, et la star des réseaux sociaux. Le slogan d’<i>Airbnb</i> <i>«</i>Bienvenue à la maison<i>»</i> prend ici tout son sens. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">L’entreprise exhibe en effet fièrement dans ses actions publicitaires le caractère authentique que les voyageurs peuvent trouver en utilisant les services de la plateforme plutôt qu’en se rendant dans un hôtel. C’est donc une expérience de voyage complète et dépaysante qui est ici promue, alors que le voyageur est tel un invité chez l’hôte, puisque il peut profiter des mêmes endroits insolites que les riverains, entre cafés et restaurants… Toutefois cette authenticité <i>made in</i><span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span><i>Airbnb</i> peut être remise en question.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Tous et chacun peuvent d’ailleurs en avoir fait l’expérience et constater que dans de nombreux intérieurs d’appartements loués à travers le monde se retrouvent les mêmes designs, les mêmes matières, derrière une façade originale. Des murs clairs, du bois brut, des tapis à motifs, des sols dépouillés, des étagères ouvertes: un style scandinave neutre «industriel et milieu de siècle sans que ça n’ait l’air encombre et vieux» comme le décrit Natacha Folens, décoratrice d’intérieur et consultante pour <i>Airbnb</i>. Du minimalisme dans toutes les facettes de l’aménagement intérieur mais aussi de l’aménagement urbain.</span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>De la technologie au monde réel</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ce phénomène a un nom, et ne s’applique pas uniquement à<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Airbnb</i>: l’<i>Airspace</i>.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Un concept expliqué par le journaliste de <i>The Verge</i>, Kyle Chayka dans <i>Welcome to the airspace</i>. L’<i>Airspace</i> est le modelage de l’espace physique par la technologie. Autrement dit, c’est la nouvelle géographie créée par la technologie, ou comment des applications telles qu’<i>Airbnb</i> et <i>Instagram</i> produisent une harmonisation des goûts. Les réseaux sociaux en général et les applications mobiles plus particulièrement, ont depuis quelque temps déjà modifié nos habitudes sur Internet, via plus de services et de ressources. Cependant ils commencent maintenant à avoir une influence sur notre monde physique et nos comportements. Quelques exemples que Kyle Chayka donne dans son article aident à comprendre le concept: <i>Waze</i>, l’application pour éviter les embouteillages, redirige les automobilistes sur de nouvelles routes, dans des quartiers où aucune voiture ne passait alors.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Airbnb</i> envoie des touristes internationaux dans des quartiers on ne peut plus résidentiels, et <i>Instagram</i> convertit de tels comportements en mode de vie. <i>Instagram</i> et <i>Facebook</i> sont en effet les nouveaux panneaux publicitaires de notre mode de vie. Sur <i>Facebook</i>, plus de 1,6 millards de personnes évoluent dans le même espace virtuel constitué de leur fil d’actualité et sont atteintes par les mêmes publications; encore plus avec la grandissante ambition de <i>Facebook</i> et <i>Instagram</i> d’incorporer des publications «sponsorisés» à celles de nos amis virtuels. Le fait que ces applications soient maintenant ce qui nous apporte un lien émotionnel et social leur donne justement tout ce pouvoir de créer et modeler l’A<i>irspace</i>.</span></p>
<p class="p3"><span class="s3">Kim Kardashian partage donc sa belle photo de l’appartement parfait, comme tant d’autres célébrités et blogueurs influents, et touche un large public, plutôt diver. Ses abonnés reçoivent ce flux d’inspiration parmi tant d’autres dans leur fil d’actualité et s’en inspirent évidemment aux quatre coins du monde, reproduisant cet esthétique homogénéisé.</span></p>
<p class="p3"><span class="s3">Les sensibilités changent, dans un mouvement qui s’éloigne de la différence pour se rapprocher de la similitude. Ces nouvelles sensibilités esthétiques et culturelles se développent et touchent de nouvelles cibles à travers les médias sociaux, où tout un chacun agit comme une «Kim Kardashian» à son échelle, et peut prendre la même photo du même cappuccino crémeux sur une table de bois vintage avec la même lumière faussement industrielle.</span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>L’<i>Airspace</i>, est-ce si grave que ça?</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s4">Il semble que oui, et pour plusieurs raisons. D’un côté cette uniformité transcendant les distances permet à ceux qui changent d’endroit si souvent de voyager sans frustration ou désagrément, d’être partout dans le monde, dans la même ambiance rassurante, sans avoir à faire l’effort de s’acclimater. Cette situation bénéficie certes à une partie de la population aisée, comme les hommes et femmes d’affaires qui ne voyagent pas dans le but de trouver un certain dépaysement. On ne peut pas en dire autant des voyageurs de classe moyenne: ils se retrouvent avec ce style <i>Airbnb</i> international qui appartient plus à un espace générique, se cachant derrière une façade faussement authentique. Cependant, au delà du problème de l’authenticité et de la recherche de dépaysement avortée, des problèmes psychologiques et sociaux accompagnent le phénomène. La dépersonnalisation dans le sens psychologique du terme est inévitable quand on constate que tous les goûts sont les mêmes, et mènent à une perte du sens de l’identité personnelle: quels seraient véritablement les goûts des personnes qui partagent tous la même photo du même café s’ils avaient accès à des influences diverses et non filtrées? L’<i>Airspace</i>, socialement parlant, est contre la différence: il va à contre-courant de ce phénomène qui permet le contact humain. Être dans la même situation de confort partout nous encourage à rejeter l’échange avec de nouvelles personnes et à ne pas être curieux dans de nouveaux lieux.</span></p>
<p class="p3"><span class="s4">Ceux qui sont financièrement capables de voyager et de diffuser cette idée de l’esthétique et de la culture sont souvent des personnes privilégiées, issues de différents endroits du monde où la culture occidentale est ancrée. L’<i>Airspace</i> exclut donc tous les pays qui n’ont pas cette culture, en répandant la culture occidentale, bien que de nombreux voyageurs se rendent en fait dans ces pays pour prétendument découvrir ces cultures.</span></p>
<p class="p5"><span class="s5"><b>Au-delà de l’<i>Airspace</i> </b></span></p>
<p class="p3">L’<i>Airspace</i> n’est pas un phénomène nouveau, il s’agit d’un processus commencé dans les années 80 avec les débuts de la mondialisation, et qui s’est par la suite intensifié avec la naissance d’Internet. L’effet que peuvent avoir de telles plateformes virtuelles est intéressant, mais doit-il modifier notre géographie et homogénéiser toutes nos cultures, nous empêchant de nous ouvrir et de partir à la découverte des autres, ailleurs? Il ne nous reste plus qu’à aller à contre-courant de ce phénomène, à continuer de voyager, et de rester curieux, en usant de ces plateformes de la bonne manière.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/09/13/de-la-realite-virtuelle-au-monde-reel/" data-wpel-link="internal">De la réalité virtuelle au monde réel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
