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	<title>Archives des Militante - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 29 Nov 2023 13:33:35 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Un monde bâti par les hommes, pour les hommes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/11/29/un-monde-bati-par-les-hommes-pour-les-hommes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anouchka Debionne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Nov 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Militante]]></category>
		<category><![CDATA[finance]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=53796</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Oser » être femme dans une industrie financière.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/11/29/un-monde-bati-par-les-hommes-pour-les-hommes/" data-wpel-link="internal">Un monde bâti par les hommes, pour les hommes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Selon <a href="https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/89-503-x/2015001/article/14694-fra.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Statistiques Canada</a>, « Au début des années 1950, environ un quart des femmes de 25 à 54 ans étaient actives dans le monde du travail, tandis que presque <em>tous les hommes </em>du même groupe d’âge étaient actifs au cours de la même période. »</p>



<p>Cette observation met en contexte la disparité des genres dans les milieux bureaucratiques comme la finance. L’histoire relatée par la culture médiatique ne se souvient pas des femmes occupant des postes de cadre – mais met plutôt de l’avant celles étant secrétaires. Bien qu’aujourd’hui beaucoup croient ces disparités disparues, les expériences féminines singulières montrent bien souvent le contraire. La situation des femmes dans le monde du travail s’est améliorée ces dernières années, c’est certain, mais elle est encore loin d’être optimale. Pour mieux comprendre les difficultés auxquelles les femmes font face aujourd’hui dans des milieux professionnels majoritairement masculins, j’ai interrogé Marine*, une analyste de marché boursier, fraîchement diplômée de cinq années d’études dans le domaine. Elle nous partage son expérience dans un fonds de placement au Québec, un milieu dominé par une écrasante majorité d’hommes. Dans son équipe d’analyse de marché boursier composée de quinze personnes, les femmes ne sont que trois. Nous parlons notamment de son rapport à la compétition en finance, son syndrome de l’imposteur, et ses aspirations pour le futur.</p>



<p><strong>Anouchka Debionne (AD) </strong>: <em>As-tu l’impression qu’il y a moins de femmes dans le milieu de la finance car celles-ci sont peu représentées dans les médias et autres?</em></p>



<p><strong>Marine (M) </strong>: Oui. En grandissant, je n’ai pas vu de femmes occuper de grands postes de cadres à la télévision. Les médias sont un miroir de la réalité, et les ambitions de chacun s’inspirent grandement de ce à quoi nous sommes exposés. Les représentations masculines stéréotypées des personnages occupant de hauts postes dans le monde de la finance dans les séries, films et livres peuvent impacter l’ambition de certaines. Le <em>Loup de Wall Street </em>en est un bon exemple : c’est l’histoire d’un homme qui a réussi à gagner toutes les gloires – titres, réputation, argent – en étant un as du marché boursier. Cette quête du succès s’accompagne d’une pression, compétition et obsession pour la finance que je peux observer chez une majorité d’hommes dans mon industrie, mais pas chez les femmes. Les femmes, elles, se sentent moins à leur place puisqu’elles ont l’impression d’être dans des milieux inventés par l’homme et pour l’homme. Si le monde de la finance était d’inspiration plus féminine, il ne serait sûrement pas autant empreint de cet esprit compétitif parfois déraisonné. Je veux simplement donner le meilleur de moi-même, et c’est en discutant avec mes collègues femmes que je me suis aperçue que c’est un sentiment partagé.</p>



<p><strong>AD </strong>: <em>Qu’est-ce qui, en tant que femme, te fait parfois sentir en marge de tes collègues hommes?</em></p>



<p><strong>M </strong>: Je pense qu’on diverge sur la place que prend la compétition dans notre travail. Je suis carriériste, mais le titre et le salaire ne sont pas ce qui vont me faire rester dans la finance. Mon ambition est axée sur le rendement, bien sûr, mais aussi sur les impacts des investissements que je supervise. Je suis intéressée par la géopolitique qui influence les chiffres. La simple compétition pour avoir les meilleurs chiffres ne me motive pas.<br></p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Si le monde de la finance était d’inspiration plus féminine, il ne serait sûrement pas autant empreint de cet esprit compétitif parfois déraisonné » </p>
<cite>Marine*</cite></blockquote>



<p>Je me rends aussi compte de la différence que prend ce travail dans ma vie quand je me compare à mes collègues. Lors des pauses dîner, une séparation des tables va naturellement se former entre les femmes et les hommes. Ils continuent à parler de finance entre leurs bouchées alors que nous n’hésitons pas à quitter cet univers le temps d’une heure pour souffler et apprendre à mieux se connaître. Si les hommes ont souvent tendance à se définir par leur travail, personnellement, mon travail ne me définit pas. Je n’en suis pas moins passionnée pour autant, mais la compétition et la quête du plus ne me motivent pas.</p>



<p><strong>AD </strong>: <em>Souffres-tu parfois du syndrôme de l’imposteur, et si oui, as-tu l’impression qu’il soit lié à ton identité de femme?</em></p>



<p><strong>M </strong>: C’est important pour moi d’être stimulée au travail, et c’est ce qui m’a conduit à poursuivre une carrière en finance. L’intensité de mes collègues et de certains amis hommes dans le milieu m’ont fait douter de ma place. C’est après avoir discuté avec mes collègues femmes que j’ai pu relativiser : elles me disaient aussi que leur métier ne les définissait pas et qu’elles avaient des aspirations et d’autres projets la fin de semaine par exemple. Le syndrome de l’imposteur est probablement accentué par les différences physiologiques que l’on a avec les hommes, qui peuvent jouer en notre défaveur et nous empêcher d’être nous-mêmes. Par exemple, il faut faire attention à ce que notre voix ne soit pas trop aiguë, si on veut se faire entendre. Il faut qu’on se montre plus ferme que l’on a l’habitude de l’être. On ne peut pas juste être sensible, être sympa, rigoler, parler d’autre chose que la finance parce que ce sera reçu comme n’étant pas vraiment à ses affaires, trop sensible. Incarner un personnage dans son quotidien alimente l’impression de ne pas être assez. Cela demande de l’énergie. À l’inverse, un homme se sentirait naturellement à sa place, il n’hésiterait pas à plus participer et communiquer, ce qui jouerait en sa faveur.</p>



<p>Je pense que l’insécurité vient du manque de représentation. C’est prometteur de voir que de plus en plus de femmes s’affirment dans leur travail, et cela aidera les jeunes filles qui veulent se lancer en finance à moins de se remettre en question.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Si les hommes ont souvent tendance à se définir par leur travail, personnellement, mon travail ne me définit&nbsp;pas&nbsp;»</p>
<cite>Marine *</cite></blockquote>



<p><strong>AD </strong>: <em>Qu’est-ce qui t’as aidé à t’intégrer?</em></p>



<p><strong>M</strong>: Il y a un soutien entre les femmes dans ce milieu sans lequel je serai probablement déjà partie! J’ai eu pour mentore une femme, et cela a grandement facilité mon intégration dans le milieu : elle expliquait d’une façon qui me convenait et je pouvais lui partager mes questions sans gêne.</p>



<p>Mon entreprise offre aussi parfois des conférences pour les femmes, qui nous invite à examiner nos doutes comme des signes du syndrome de l’imposteur et à apprendre à les surmonter. Il m’est arrivé qu’une conférencière m’inspire à demander plus de retours sur ma performance à mon employeur, et à lui partager que j’aspirais à avoir le poste que j’occupe maintenant.</p>



<p>*Nom fictif</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/11/29/un-monde-bati-par-les-hommes-pour-les-hommes/" data-wpel-link="internal">Un monde bâti par les hommes, pour les hommes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Petit guide du voyage solitaire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/11/22/petit-guide-du-voyage-solitaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Nov 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Militante]]></category>
		<category><![CDATA[Femme(s)]]></category>
		<category><![CDATA[guide]]></category>
		<category><![CDATA[voyage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=53510</guid>

					<description><![CDATA[<p>S’évader seule pour mieux se retrouver.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">En tant que femmes, l’espace public est souvent vécu comme un lieu menaçant. Même les endroits qui nous sont les plus familiers deviennent inquiétants une fois la nuit tombée. Nous ne pouvons pas pour autant rester confinées dans notre sphère privée, dans les endroits sécuritaires, tandis que la possibilité de mobilité procure probablement le plus grand sentiment de liberté. Et cette liberté n’est que partielle lorsqu’elle n’existe qu’en compagnie d’un homme. Avons-nous vraiment toujours besoin de cette présence pour être en sécurité?</p>



<p>Alors que la solitude dans l’immensité de notre monde est bien plus dangereuse lorsqu’elle est conjuguée au féminin, partir s’aventurer à l’extérieur, armée de notre courage seulement, peut permettre de se réapproprier ce monde, qui est aussi le nôtre. Voyager seule, tout simplement. Voyager seule pour faire tomber les barrières mentales, celles qui nous font craindre l’espace public, celles qui nous empêchent de surpasser nos peurs de l’inconnu, celles qui nous font croire que nous ne nous suffisons pas. Voyager seule pour se retrouver avec ses pensées, mais aussi avec les inconnues qui croisent nos routes. Se retrouver pour développer sa créativité et apprécier ses émotions, les laisser s’étendre partout, sans la peur qu’elles ne dérangent qui que ce soit. Parce que je crois que la peur ne devrait pas nous empêcher de nous évader, voici un petit guide de voyage solitaire au féminin, avec des idées de destinations sécuritaires, des musiques à écouter et des livres à emporter…</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Voyager seule pour faire tomber les barrières mentales, celles qui nous font craindre l’espace public, celles qui nous empêchent de surpasser nos peurs de l’inconnu, celles qui nous font croire que nous ne nous suffisons pas » </p>
</blockquote>



<p>La liste des destinations les plus sûres que je vais vous partager a été établie par le cabinet <em>New World Wealth </em>et partagée par le journal français <em>Elle</em>. Ils précisent ainsi que plusieurs critères telles que les violences faites aux femmes (viols, agressions et même esclavage) dans les pays ont été pris en compte. L’étude montre néanmoins également que seuls 58 des 195 pays ont des statistiques fiables sur la criminalité.</p>



<p>Pour finir, j’aimerai vous conseiller le blog de l’agence <em>Les voyageuses du Québec</em>, qui donne d’autres idées de destinations sûres, accompagnées de nombreuses informations (budget, idées pour s’héberger et se déplacer sur place…) Si vous ne vous sentez pas encore prêtes pour le voyage solitaire, <em>Les voyageuses du Québec </em>organise des voyages uniquement entre femmes dans un large panel de destinations.</p>



<p>Alors, lancez-vous! Le courage des féministes qui ont parcouru les routes pour s’émanciper vous accompagne. Et surtout, n’oubliez pas de voyager en respectant l’environnement, et pour ça, il n’y a rien de tel que la marche, le train, le vélo ou les transports en commun. C’est d’autant plus important que cela nous permet de nous rendre compte du chemin parcouru, et d’expérimenter une certaine difficulté, qui à elle seule peut nous faire prendre soin de nos voyages. Parcourir des milliers de kilomètres en quelques heures n’a rien de normal, rendons-nous compte des espaces pour apprendre à les respecter. Je vous conseillerai aussi d’écrire. Voyager seule, cela fait réfléchir, et écrire permet à la fois d’apaiser, de comprendre et de garder une trace de nos pérégrinations mentales. Allez, laissez votre corps et votre imagination divaguer!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="1489" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Guide_Voyage_-1200x1489.jpg" alt class="wp-image-53773" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Guide_Voyage_-1200x1489.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Guide_Voyage_-650x807.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Guide_Voyage_-150x186.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Guide_Voyage_-768x953.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Guide_Voyage_-1238x1536.jpg 1238w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Guide_Voyage_.jpg 1609w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/marie-prince/?media=1" data-wpel-link="internal">Marie Prince</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>Les victimes invisibles des conflits armés</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/10/25/victimes-invisibles-des-conflits-armes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Oct 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Militante]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=52989</guid>

					<description><![CDATA[<p>Opinion : les violences contre les femmes et les filles en temps de guerre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/10/25/victimes-invisibles-des-conflits-armes/" data-wpel-link="internal">Les victimes invisibles des conflits armés</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Avertissement : cet article traite</em> <em>des sujets du viol et des violences</em> sexuelles. </p>



<p class="has-drop-cap">Depuis le 7 octobre dernier, les idéologies se fracassent et le monde se polarise. Depuis le 7 octobre, les dirigeant·e·s du monde choisissent leur camp, Hamas ou gouvernement israélien, ils condamnent les violences, s’accusent ou s’allient. Et, quand seulement <a href="https://www.unwomen.org/fr/what-we-do/leadership-and-political-participation/facts-and-figures#_edn1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">26 pays sur 195</a> dans le monde ont pour chefs d’État une femme, il n’est pas étonnant que les figures du conflit soient masculines. Les chefs d’État des grandes puissances occidentales telles que les États-Unis ou la France, les <a href="https://www.bbc.com/afrique/articles/cx0eww4z7zzo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">principaux pays du Moyen-Orient impliqués dans le conflit</a> comme l’Égypte ou l’Iran, et bien sûr les protagonistes du conflit, le gouvernement de Netanyahou et les dirigeants du Hamas, sont des hommes. Ce sont les visages de ces dirigeants que l’on voit défiler dans les médias, des visages qui animent un conflit au sein duquel les femmes ont été oubliées.</p>



<p>Tandis que les femmes jouent un <a href="https://www.international.gc.ca/world-monde/issues_development-enjeux_developpement/gender_equality-egalite_des_genres/women_peace_security-femmes_paix_securite.aspx?lang=fra" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rôle majeur</a> dans la préservation de la paix et des communautés locales, qu’elles sont <a href="https://www.un.org/french/womenwatch/followup/beijing5/session/fiche5.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">les premières victimes des conflits armés</a> (en raison de leur statut au sein de la société et de leur sexe), elles sont encore <a href="https://www.humanrightspulse.com/mastercontentblog/shifting-the-power-the-role-of-women-in-conflict-resolution-and-peacekeeping" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sous représentées et majoritairement exclues</a> des résolutions de conflits, des médiations, des négociations et de la signature des traités de paix. La violence des combats est historiquement masculine, et les corps des femmes deviennent des « <a href="https://www.un.org/fr/chronicle/article/les-conflits-armes-et-le-femmes-la-resolution-1325-du-conseil-de-securite-dix-ans-dexistence" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">champs de bataille</a> », selon Rachel Mayanja, conseillère spéciale du secrétaire général des Nations unies pour la parité des sexes et la promotion de la femme. Ce n’est qu’en 2000 que l’Organisation des Nations unies (ONU) rédige une résolution qui reconnaît l’impact exacerbé des conflits armés sur les civils, en particulier les femmes et les filles, et réaffirme l’importance indéniable de leur rôle dans la préservation de la paix et les résolutions de conflits. L’ONU rédige alors la <a href="https://www.un.org/womenwatch/ods/S-RES-1325(2000)-F.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">résolution 1325</a>, qui vise à garantir la protection et la pleine participation des femmes aux accords de paix. Bien que des <a href="https://www.un.org/fr/chronicle/article/les-conflits-armes-et-le-femmes-la-resolution-1325-du-conseil-de-securite-dix-ans-dexistence" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">progrès aient été faits</a>, encore aujourd’hui, les horreurs de guerre qui touchent les civils, au Proche-Orient et en Ukraine par exemple, maltraitent doublement les corps des femmes et des filles.</p>



<p><strong>Violences au Proche-Orient</strong></p>



<p>La violence s’abat sur les israélien·ne·s et palestinien·ne·s depuis le 7 octobre dernier. Des femmes, des hommes et des enfants sont assassiné·e·s et torturé·e·s. Les femmes et les filles sont également victimes de violences sexuelles et de viols, des actes qui en plus d’être la cause de polytraumatismes individuels, ont des conséquences terribles à long terme sur les populations. Lors de son opération « Déluge d’Al-Aqsa », lancée le 7 octobre depuis la bande de Gaza par le Hamas, de nombreux·ses isréalien·ne·s sont pris·e·s en otages, dont de nombreuses femmes et des enfants, notamment lors de l’attaque de la <em><a href="https://www.washingtonpost.com/world/2023/10/08/israel-festival-attack-gaza-militants/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rave party</a></em>. Le Hamas publie ensuite des <a href="https://www.europe1.fr/international/le-hamas-utilise-les-telephones-des-otages-pour-diffuser-les-videos-de-leur-assassinat-ou-enlevement-4208349" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">images horrifiantes</a> des enlèvements et des assassinats des femmes retenues en otages, dur rappel que cette guerre en est aussi une d’images. Les violences envers les femmes ont longtemps été utilisées comme arme de guerre, pour <a href="https://madame.lefigaro.fr/societe/actu/attaque-du-hamas-si-les-violences-a-l-egard-des-femmes-nous-interpellent-davantage-c-est-qu-elles-sont-faites-a-dessein-20231009" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">humilier l’adversaire</a>. En filmant ses victimes, le Hamas matérialise le pouvoir qu’il tente d’avoir sur la population israélienne, dans un contexte où les femmes incarnent une certaine vulnérabilité aux yeux de toutes les sociétés et cultures historiquement patriarcales.</p>



<p>Le 9 octobre, en réponse aux attaques du Hamas contre Israël, le gouvernement de Netanyahou annonce un « <a href="https://www.reuters.com/article/israel-palestiniens-gaza-blocus-idFRL8N3BI5G3" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">siège complet</a> » de la bande de Gaza, soit un blocus sur les entrées de nourriture, de carburant et d’eau, et la fermeture de tous les points de passage. La bande de Gaza était déjà assujettie à un blocus partiel depuis 2007. Ce siège empêche ainsi l’aide humanitaire de venir en aide à la population locale, et réduit considérablement les capacités des hôpitaux. L’ONU Femmes, qui vient en aide aux femmes et filles de Gaza depuis 1997, a publié un<a href="https://www.unwomen.org/en/digital-library/publications/2023/10/un-women-rapid-assessment-and-humanitarian-response-in-the-occupied-palestinian-territory" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> rapport</a> selon lequel la crise mène à « <em>des risques et degrés plus élevés de violences envers les femmes et les filles </em>, <em>des pertes de terres et de logements</em> <em>qui impactent plus sévèrement les foyers dirigés par des femmes (notamment en raison de lois en Palestine qui imposent aux femmes</em> <em>d’être sous la protection et la tutelle des hommes </em>(<em>tdlr</em>) ». Il y aurait également des « <em>risques plus élevés d’exploitation sexuelle, de trafic de personnes et de mariages forcés </em>».</p>



<p>Les femmes âgées, particulièrement celles vivant avec un handicap, feront face au degré de violence et de négligence le plus élevé. Les structures sociales et économiques palestiniennes et israéliennes aggravent les conséquences du conflit pour les femmes, notamment les femmes déplacées. L’ONU Femmes révèle également le 20 octobre 2023 que <a href="https://www.unwomen.org/en/news-stories/feature-story/2023/10/facts-and-figures-women-and-girls-during-the-war-in-gaza" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">50 000 femmes</a> situées dans la bande de Gaza sont enceintes, dont 5 522 qui devraient mettre au monde leur enfant dans le mois qui vient.</p>



<p>Malgré les condamnations des organisations internationales, les violences envers les femmes dans les conflits armés de nos jours sont particulières et renforcent leur vulnérabilité face au conflit, même lorsqu’elles ne sont pas le produit de stratégies de guerre.</p>



<p><strong>Le viol comme arme de guerre</strong> </p>



<p>Les viols massifs en temps de guerre ne sont pas seulement les conséquences des barbaries et cruautés des soldats plongés dans la violence ; ils constituent également une stratégie de guerre délibérée pour inciter la population ennemie à se soumettre. Ces atrocités, qui brisent silencieusement les populations féminines, constituent un « <a href="https://www.unwomen.org/sites/default/files/Headquarters/Media/Publications/UNIFEM/EVAWkit_06_Factsheet_ConflictAndPostConflict_fr.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">secret </a>» de l’histoire qui touche toutes les cultures. Margot Wallström, représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies chargée de la violence sexuelle en situation de conflit entre 2010 et 2012, <a href="https://www.unwomen.org/sites/default/files/Headquarters/Media/Publications/UNIFEM/EVAWkit_06_Factsheet_ConflictAndPostConflict_fr.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">avait justement dénoncé</a> que « le viol n’a pas de culture, il n’y a que des cultures de l’impunité ». Pramila Patten, qui occupe la même position que Margot Wallström en 2023, affirme dans un <a href="https://www.arte.tv/fr/videos/113219-002-A/les-violences-faites-aux-femmes-comme-arme-de-guerre/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">documentaire Arte</a> que les chiffres référençant les violences sexuelles et les viols ne reflètent jamais la réalité, car il s’agit d’un des crimes les plus silencieux, auquel la communauté internationale ne prête pas assez attention, et qui reste ainsi, dans la majorité des cas, impuni. Les viols systématiques des femmes et des filles furent notamment perpétrés en Bosnie, au Congo, en Syrie, en Irak, au Nigeria et en Ukraine.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Le viol n’a pas de culture, il n’y a que des cultures de l’impunité »</p>
<cite>Margot Wallström, représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies</cite></blockquote>



<p>En 1949, le viol comme stratégie de guerre est reconnu et condamné pour la première fois dans la <a href="https://violences-sexuelles.ifjd.org/droit-international/femmes-en-temps-de-conflit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Convention de Genève</a>, sans pour autant qu’un plan d’action pour lutter contre l’horreur soit mis en place. La première condamnation concrète remonte à 1994 lorsque la Cour Pénale Internationale, qui reconnaît le viol comme crime de guerre, juge le génocide rwandais, et parle de « <a href="https://www.un.org/fr/preventgenocide/rwanda/supporting-survivors.shtml" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">viols systématiques</a> ». Des centaines de milliers de femmes avaient alors été victimes de viols et les conséquences dévastatrices de ces horreurs sont difficiles à quantifier. Néanmoins, cette arme de guerre des plus inhumaines ne s’est pas arrêtée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Les mots pleins d’humanité et de raison n’ont aucun pouvoir face à la violence brutale des armes, tant que l’impunité perdure et que les violences demeurent invisibilisées »</p>
</blockquote>



<p>À partir de 2009, au Nigeria, <a href="https://www.usip.org/sites/default/files/SR308.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Boko Haram</a>, une secte djihadiste armée, capture des milliers de femmes qui deviennent des esclaves sexuelles, sont mariées de force et soumises à des violences extrêmes. Puis, après avoir libéré de nombreuses femmes, l’armée nigérienne les soumet, à partir de 2013, à des avortements forcés, considérant les enfants des viols de Boko Haram comme de <a href="https://www.arte.tv/fr/videos/113219-002-A/les-violences-faites-aux-femmes-comme-arme-de-guerre/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">potentiels futurs terroristes</a>. Les femmes et filles nigériennes se sont ainsi retrouvées piégées entre des violences sexuelles systématiques, infligées par des groupes ennemis aux idéologies patriarcales pourtant sœurs.</p>



<p>Aujourd’hui, en Ukraine, <a href="https://www.lapresse.ca/international/chroniques/2023-05-17/en-ukraine-le-viol-comme-arme-de-guerre.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">de nombreux témoignages</a>, tout aussi glaçants les uns que les autres, commencent à dénoncer les violences sexuelles et viols que les femmes ukrainiennes subissent. Comme le révèlent certains récits, il pourrait aussi s’agir de violences systématiques.</p>



<p>Le féminisme devient une préoccupation moindre en temps de guerre, quand les populations tentent avant tout de survivre. Le combat féministe est alors souvent annihilé. La cruauté humaine, exacerbée en temps de guerre, laisse libre court à la domination physique masculine. Les mots pleins d’humanité et de raison n’ont aucun pouvoir face à la violence brutale des armes, tant que l’impunité perdure et que les violences demeurent invisibilisées. Le corps des femmes ne peut pas toujours être le déversoir de la haine, et tandis que l’on s’arrache à justifier les actes des uns et des autres ; ce sont toujours les civils, les femmes, les enfants et les classes sociales défavorisées qui en subissent les conséquences à long terme.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/10/25/victimes-invisibles-des-conflits-armes/" data-wpel-link="internal">Les victimes invisibles des conflits armés</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Le test de Bechdel : à double tranchant</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/10/04/le-test-de-bechdel-a-double-tranchant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Oct 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Militante]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Critique d’une approche féministe du cinéma pas assez ambitieuse.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/10/04/le-test-de-bechdel-a-double-tranchant/" data-wpel-link="internal">Le test de Bechdel : à double tranchant</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">G<em>ravité</em>, un film d’Alfonso Cuarón sorti en 2013, met en scène Sandra Bullock dans le rôle de Ryan Stone, docteure et experte en ingénierie médicale. Son personnage est un bon exemple d’un premier rôle féminin fort, placé au centre de l’histoire, en tant que personne complète et non définie par ses relations avec d’autres personnages. Pourtant, ce film ne passe pas le fameux test de Bechdel, considéré par plusieurs comme la référence pour évaluer la place des personnages féminins dans un film. Le test ne serait-il donc pas applicable pour tous les films? En fait, le problème principal avec ce test est qu’il s’agit d’un outil quantitatif et non qualitatif, de sorte qu’il ne peut pas être utilisé comme seule mesure des valeurs féministes d’un film.</p>



<p><strong>L’origine du test de Bechdel</strong></p>



<p>Ce test a été officiellement créé en 1985 par Alison Bechdel, une dessinatrice américaine, mais c’est à Liz Wallace qu’elle attribue l’idée. Ce test a pris forme dans la bande dessinée intitulée <em>Dykes to watch out for</em>. Dans une planche intitulée « La règle », deux personnages (deux femmes) veulent aller voir un film au cinéma. Une des deux explique à l’autre que pour qu’elle puisse voir un film, ce dernier doit respecter trois critères, ce qu’elle appelle sa « règle », dont les exigences sont les suivante : « [Le film] doit comporter au moins deux femmes, [qui] se parlent et [qui doivent parler] d’autre chose que d’un homme. » Liz Wallace s’est inspirée de l’essai <em>Une Chambre à Soi </em>de Virginia Woolf, dans lequel l’autrice fait la déclaration suivante : « <em>Toutes ces relations entre femmes, […] sont trop simples… Il était étrange de penser que toutes les grandes femmes de fiction étaient, jusqu’à l’époque de Jane Austen, non seulement vues par l’autre sexe, mais vues uniquement par rapport à l’autre sexe. (tdlr) </em>»</p>



<p>Depuis la publication de « La règle », le test a été adopté et popularisé par le public. Selon le dictionnaire Merriam-Webster, il est utilisé comme manière « d’évaluer une œuvre de fiction (comme un film) sur la base de l’inclusion et de la représentation de personnages féminins ». Certains cinémas suédois utilisent même maintenant des autocollants « Approuvé par le test Bechdel-Wallace » pour identifier les films qui respectent ces critères.</p>



<p><strong>À utiliser avec parcimonie</strong></p>



<p>Le test de Bechdel ne porte pas sur la complexité des personnages féminins, mais plutôt sur la représentation des femmes à l’écran. Il s’agit d’un test quantitatif utilisé à tort comme un test qualitatif ; c’est pourquoi il ne devrait pas servir de référence pour déterminer si un film est en accord avec la pensée féministe ou non. La confusion dans l’interprétation du test est née de ses différentes applications, conduisant à l’idée fausse que si un film ne comporte pas deux personnages féminins qui portent un nom et qui parlent entre elles d’autre chose que d’un homme, il n’est pas féministe. Ou, de la même façon, que s’il contient tous ces éléments, il est automatiquement féministe. Un <a href="https://youtu.be/LsNHAeRZQL4" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">épisode de la série télévisée <em>Rick et Morty</em></a><em> </em>a parodié la règle de Wallace afin de montrer que son respect n’est pas automatiquement synonyme de féminisme. Dans l’épisode, deux personnages féminins, une mère et une fille, parlent d’une manière qui semble forcée de sujets stéréotypés, tels que le thé et les menstruations, pour les ridiculiser. Même si l’épisode de <em>Rick et Morty </em>réussi le test, les femmes du scénario ne sont pas du tout représentées comme complexes et les personnages ne sont pas recherchés, approfondis, ce qui est l’essence même de la représentation féminine. Cet exemple, ainsi que bien d’autres, montre que le critère du sujet de conversation est trop binaire. Encore une fois, la femme est d’une certaine manière définie à travers et en relation avec l’homme. Une conversation entre femmes peut être féministe même si le sujet en est un homme. Il est donc important de se pencher sur le contexte du film, et non pas seulement sur un vague sujet de conversation.</p>



<p><strong>Le féminisme est l’affaire de tous</strong></p>



<p>Le féminisme est la défense et la promotion des droits des femmes, visant à l’égalité des sexes. Tout le monde doit y participer pour qu’il y ait un impact concret, et tout le monde peut bénéficier de ses avancées, entre autres parce que les hommes sont eux aussi touchés par les stéréotypes de genre. Contrairement à ce que plusieurs pourraient penser, le féminisme n’est donc pas seulement l’affaire des femmes. Syed Ali Fathima, du département de recherche en anglais de l’American College de Madurai, explique une <a href="http://tlhjournal.com/uploads/products/8.a-syed-ali-fathima-article.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mauvaise interprétation</a> très répandue du terme: «&nbsp;<em>La peur du mot en “F” est réelle. Dans une société ancrée dans un système supporté par des valeurs patriarcales, les mots “féminisme” et “féministe” peuvent avoir une connotation négative. Cela est dû</em> <em>à la perception populaire selon laquelle les féministes sont une espèce qui déteste les hommes.</em>&nbsp;» Finalement, le test de Bechdel ne peut indiquer si un film présente une vision féministe ou pas, car les problèmes de représentation ne sont pas liés au manque de personnages féminins, et les relations hommes/femmes doivent toujours être exploitées par les réalisateurs. Elles doivent néanmoins être réinventées. Il est du devoir des réalisateurs de questionner leur regard sur ces personnages féminins, car c’est plutôt la manière dont elles sont filmées qui devrait être revisitée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Contrairement à ce que plusieurs pourraient penser, le féminisme n’est donc pas seulement l’affaire des femmes »</p>
</blockquote>



<p><strong>La représentation des femmes dans les médias</strong></p>



<p>Le test de Bechdel n’est pas la solution aux enjeux féministes dans le monde du cinéma et de la télévision. Il a néanmoins engagé une conversation nécessaire sur la représentation des femmes dans les médias, pour que les personnages féminins soient plus complexes, pour que leur psychologie, leurs émotions, leur bagage culturel et leur relation au monde soient exploités avec justesse par les réalisateurs. Le monde du cinéma doit avant tout apprendre à s’interroger sur sa façon de représenter ce qu’il croit connaître.</p>



<p>De la même façon, la critique et l’audience doivent former leur esprit critique, remettre en question les théories critiques passées et réfléchir à l’impact des préjugés entretenus. L’effet <em>CSI : Les Experts</em>, qui désigne l’augmentation soudaine du nombre de personnes s’orientant vers des professions liées aux enquêtes criminelles, depuis la diffusion de la série télévisée populaire éponyme, montre l’impact des médias sur la réalité humaine. Un phénomène similaire a été observé avec la sortie du film <em>Rebelle (Brave) </em>de Disney et Pixar, qui a engendré une augmentation impressionnante de la pratique du tir à l’arc par les jeunes filles.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Le monde du cinéma doit avant tout apprendre à s’interroger sur sa façon de représenter ce qu’il croit connaître »</p>
</blockquote>



<p>Chaque jour, les films et les séries télévisées façonnent la manière dont la société regarde les femmes et comment ces dernières construisent leur image d’elles-mêmes. Il est donc important que les personnages féminins à l’écran soient façonnés par des regards qui se questionnent et qui cherchent à composer des personnages entiers pouvant inspirer les spectatrices, ce que le test de Bechdel ne permet ni de mesurer, ni d’encourager.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/10/04/le-test-de-bechdel-a-double-tranchant/" data-wpel-link="internal">Le test de Bechdel : à double tranchant</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Les femmes écrivent, qu’on le veuille ou non</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/09/20/les-femmes-ecrivent-quon-le-veuille-ou-non/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camille Matuszyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Sep 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Militante]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Feminin]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur l’histoire littéraire des femmes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Comme le rappelle la plateforme <em>Gallica </em>de la<a href="https://gallica.bnf.fr/blog/07032023/feministes-avant-lheure?mode=desktop" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> Bibliothèque nationale de France (BnF)</a>, lorsqu’« elles [les écrivaines, <em>ndlr</em>] n’ont pas été complètement invisibilisées par les institutions littéraires, elles sont souvent décrites dans les dictionnaires et les manuels comme la muse, le prête-nom, la femme, la fille ou l’héritière intellectuelle d’un écrivain ». Les autrices sont-elles alors réellement absentes de notre histoire et culture littéraire? Pourquoi les livres édités et lus, ayant été rédigés par des femmes sont-ils si rares? Comment ont-elles été évincées de l’histoire?</p>



<p><strong>Les écrivaines disparues</strong></p>



<p>Contrairement à ce que notre éducation et l’histoire tendent à nous apprendre, les femmes ont rédigé une grande quantité d’œuvres au cours de l’histoire. Et si on se souvient en général d’écrivaines d’époques récentes comme Jane Austen, elles écrivent en réalité depuis bien plus longtemps. Parmi elles, on compte Sappho, poétesse majeure de l’Antiquité, connue pour ses textes sur son attirance envers les femmes ; Marie de France au Moyen Âge, qui est la première femme en Occident à avoir écrit en langue vernaculaire plutôt qu’en latin ; ou encore Germaine de Staël au 17<em>e </em>siècle, auteure d’essais philosophiques et de romans tels que <em>Delphine </em>et <em>Corinne ou l’Italie</em>. Néanmoins, aussi novatrices et qualitatives que soient leurs œuvres, elles sont nettement moins lues que celles des hommes et, en général, oubliées par la plupart d’entre nous. Pour ce qui est des siècles antérieurs, il est difficile d’évaluer le pourcentage d’œuvres d’écrivaines qui étaient lues par tous, en particulier avant l’invention de l’imprimerie en 1453. Toutefois, les exemples de discrimination lourde auxquelles elles faisaient face nous laissent imaginer les difficultés auxquelles les femmes étaient confrontées.</p>



<p>Au 19<em>e </em>siècle, en Irlande, l’écrivaine Frances Hoey publie secrètement ses romans en utilisant, avec son accord, le nom de Edmund Yates, un écrivain et journaliste populaire de l’époque, afin d’avoir plus de chance d’être lue. Quelques années plus tard, alors que des interrogations concernant l’auctorialité des œuvres apparaissent, l’un des éditeurs publie une accusation contre les deux auteurs pour avoir menti à la maison d’édition. Il leur reprochait avoir permis à Frances Hoey de signer un contrat d’un montant supérieur à ce qu’elle aurait pu recevoir en signant avec son propre nom, celui d’une femme. Plus récemment, <a href="https://www.cairn.info/revue-idees-economiques-et-sociales-2016-4-page-24.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une étude</a> sur la place des femmes en littérature, réalisée en 2016, révèle que dans les manuels scolaires, sur 13 192 occurrences de noms non fictifs, seuls 6,1% sont ceux de femmes, et 3,7% ceux d’autrices. Durant les siècles précédents, les écrivaines n’ignorent pas cette invisibilisation, et les choix qu’elles font pour y remédier ne font que renforcer l’essence même du problème. En effet, certaines écrivaines font alors le choix de signer leurs œuvres avec un nom masculin, afin d’augmenter leurs chances d’être publiées et lues. Parmi les plus connues, Mary Ann, romancière anglaise du 19<em>e </em>siècle, a utilisé le surnom George Eliot ; l’écrivaine française Amantine Aurore Lucile Dupin était publiée sous le pseudonyme de George Sand ; et Elsa Triolet, femme de lettres française, sous le nom de Laurent Daniel. Bien que les deux dernières soient régulièrement citées comme amante ou muse d’Alfred de Musset et de Louis Aragon, elles étaient avant tout les autrices talentueuses d’un nombre très importants de romans, nouvelles, pièces de théâtre, ainsi que de nombreuses traductions.</p>



<p>Si ces femmes tentent de contourner les pratiques discriminantes établies afin d’être lues, c’est parfois plus compliqué pour d’autres, notamment en raison des mécanismes de consécration qui les empêchent d’accéder à une éducation équivalente à celle des hommes. Pendant de nombreux siècles, l’instruction est différenciée entre les hommes et les femmes, alors ces dernières doivent apprendre à lire et écrire de manière autodidacte. Malgré les moqueries autour de leur calligraphie, les écrivaines s’entraident et finissent même, à partir du 17<em>e</em> siècle, par dominer le genre épistolaire. Parmi les plus grandes épistolières, on retrouve Madame de La Fayette et Madame de Sévigné, toutes deux à l’origine d’un immense réseau de lettres. Plus tôt dans l’histoire littéraire, on trouve les pionnières Christine de Pizan et Hélisenne de Crenne, dont l’œuvre épistolière est moins importante que leur œuvre romanesque, mais demeure tout de même notable.</p>



<p>Petit à petit, les femmes prennent de l’importance en littérature et se servent dès lors de leur visibilité grandissante, notamment pour combattre les inégalités entre les sexes. Au cours des siècles, on retiendra par exemple Mary Wollstonecraft, philosophe féministe du 18<em>e </em>siècle, Virginia Woolf, écrivaine militante pour l’éducation des femmes et leur place par rapport aux hommes dans la société victorienne du 19<em>e </em>siècle, ou encore Simone de Beauvoir, considérée comme une figure majeure du féminisme à partir du 20<em>e </em>siècle, grâce à son œuvre <em>Le Deuxième Sexe</em>, qui revient sur les origines culturelles, historiques et biologiques des inégalités entre les hommes et les femmes. Ces femmes, parmi tant d’autres, se battent pour la cause féminine à travers leurs œuvres et, à leur échelle, ont permis une avancée dans le combat pour le droit des femmes.</p>



<p><strong>Et aujourd’hui?</strong></p>



<p>Même si depuis les premières écrivaines et les premiers récits féministes, les droits des femmes ont beaucoup évolué, permettant une diffusion plus importante des écrits et de la parole des femmes en littérature, on peut difficilement affirmer avoir atteint l’égalité. Dans une <a href="https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/11/03/les-prix-litteraires-francais-sont-ils-sexistes_4802462_4355770.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">enquête</a> réalisée en 2017, <em>Le Monde </em>revient sur les chiffres des prix littéraires français et révèle les inégalités dans la quantité de lauréates féminines dans une très grande majorité de prix, mais aussi dans la formation des jurys. Le prix Goncourt, le plus ancien et l’un des plus prestigieux prix littéraires français, n’a récompensé que <a href="https://www.academiegoncourt.com/tous-les-laureats-prix-goncourt" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">12 femmes sur les 119 prix décernés depuis 1903</a>. Le prix est d’ailleurs à l’origine discriminatoire car il a été fondé par Edmond de Goncourt, en vue de récompenser un auteur masculin uniquement. La première femme primée sera Elsa Triolet, et cela n’arrivera qu’en 1944. Quant à la composition des jurys de prix, celle du Goncourt, mais aussi du Renaudot et du Médicis, pour ne citer que ceux-là, est majoritairement masculine, à l’exception des prix Fémina et Elle, dont le jury est constitué uniquement de femmes. En 1904, des collaboratrices du magazine <em>La Vie heureuse </em>jugeant le Goncourt misogyne créent le prix Fémina qui sera, et demeure à ce jour, composé d’un jury exclusivement féminin. </p>



<p>D’un point de vue international, le prix Nobel de littérature ne fait pas exception en termes d’inégalités. Même si depuis les années 90, de plus en plus de femmes deviennent lauréates du prix, le pourcentage d’autrices récompensées ne dépasse pas les 30% par décennie. Au Québec, <a href="https://www.uneq.qc.ca/2019/11/22/egalite-hommes-femmes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une étude de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois</a> (UNEQ) nous dévoile que les prix littéraires ont été décernés de manière presque égale au cours de la période d’enquête, mais que les inégalités demeurent dans les montants des récompenses monétaires associés aux prix. En effet, les hommes sont récompensés par des sommes moyennant 10 966,67$, tandis que les femmes reçoivent en moyenne 4 691,37$, c’est-à-dire moins de la moitié de ce que remportent les hommes. Selon les statistiques que présente l’UNEQ dans son étude, les neufs éditeurs sondés ont reçu autant, voire plus de manuscrits écrits par des femmes, mais la disparité persiste dans la quantité publiée. Dans sa conclusion, l’UNEQ explique que les préjugés dévalorisant les femmes se révèlent notamment à l’étape de sélection et de publication des œuvres.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Même si depuis les premières écrivaines et les premiers récits féministes les droits des femmes ont beaucoup évolué, […] on peut difficilement affirmer avoir atteint l’égalité »</p>
</blockquote>



<p><br><strong>Qu’en retenir?</strong></p>



<p>Le monde littéraire est encore très marqué par les inégalités entre les femmes et les hommes sur de nombreux points. Les femmes doivent toujours vivre le même combat que leurs consoeurs des siècles précédents, mais il est désormais clair qu’il n’est pas vain. Auparavant totalement absentes des cercles de lettrés, elles sont désormais un pourcentage bien plus important du domaine littéraire, représentant plus de <a href="https://publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr/eesr/FR/T173/la_parite_dans_l_enseignement_superieur/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">70% de la part étudiante en études littéraires en France en 2021</a>. Même si, comme nous l’avons vu, elles sont moins primées que leurs homologues masculins, la tendance est à l’égalité. Par exemple, au cours des dix dernières années, le prix Nobel de littérature a récompensé autant d’hommes que de femmes. Ce retour sur l’histoire littéraire féminine nous permet de porter un regard sur l’évolution qu’a observée la condition des femmes de lettres, tout en s’en inspirant pour poursuivre le combat entamé il y a déjà bien longtemps.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/09/20/les-femmes-ecrivent-quon-le-veuille-ou-non/" data-wpel-link="internal">Les femmes écrivent, qu’on le veuille ou non</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La lanceuse d’alerte américaine Reality</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/09/13/la-lanceuse-dalerte-americaine-reality/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Sep 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Militante]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Elections présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[femme americaine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51954</guid>

					<description><![CDATA[<p>Portrait : Reality Winner ou l’Américaine qui contra le gouvernement américain.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/09/13/la-lanceuse-dalerte-americaine-reality/" data-wpel-link="internal">La lanceuse d’alerte américaine Reality</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans ma volonté de donner une plus grande visibilité aux films réalisés par des femmes, en réponse aux barrières financières et sociales encore trop importantes auxquelles celles-ci sont soumises, je suis allée voir le premier film de Tina Satter, sorti au moi d’août : <em>Reality</em>. Le film s’inscrit d’une façon quelque peu déroutante dans la réalité, étant entièrement basé sur l’enregistrement d’une heure et vingt minutes de l’interrogatoire d’une Américaine des plus normales, nommée Reality. Le titre réfère à l’histoire de cette femme ayant réellement existé, et qui s’est vue interrogée par le Bureau fédéral d’enquête américain (FBI), le samedi 3 juin 2017, avant de voir sa maison être fouillée de fond en comble. Tout semble anodin : elle possède des animaux de compagnie, habite dans un petit pavillon, donne des cours de yoga, et les agents du FBI s’assurent sans aucune agressivité de son confort. Néanmoins, ils sont là pour l’interroger.</p>



<p><strong>Qui est Reality?</strong></p>



<p>Reality Winner ne donne pas seulement des cours de yoga, comme on le découvre au fil de l’interrogatoire. À 25 ans, elle est vétérante de l’US Air Force et est maintenant linguiste pratiquant le farsi et le pachto (langues parlées notamment en Iran et au Pakistan). Elle travaille ainsi pour <em>Pluribus International Corporation</em>, une entreprise sous-traitante pour l’Agence Nationale de Sécurité (NSA) américaine. Tandis que les intentions des agents semblent des plus honnêtes, ils finissent tout de même par lui soutirer plusieurs informations cruciales. Le travail qu’elle occupe lui donne accès à des documents classés « <em>secret défense </em>», un sujet qui semble particulièrement les intéresser. La fiction n’a parfois rien besoin d’inventer, la réalité étant si surprenante. En un peu plus d’une heure, sans une once d’hostilité, les deux agents parviennent à faire avouer à Reality ce pourquoi elle sera ensuite arrêtée. Elle a imprimé et sorti de son lieu de travail de façon illégale un rapport qu’elle a volontairement recherché, pour ensuite l’envoyer aux reporters du journal <em>The Intercept</em>, risquant ainsi sa carrière, mais s’exposant surtout à de lourdes répercussions légales, parfaitement consciente des conséquences qui pouvaient s’ensuivre.</p>



<p class="has-text-align-center">« Tout semble anodin : elle possède des animaux de compagnie, habite dans un petit pavillon, donne des cours de yoga, et les agents du FBI s’assurent sans aucune agressivité de son confort. Néanmoins, ils sont là pour l’interroger »</p>



<p class="has-text-align-left"><strong>2017 : les enquêtes sur l’élection de Trump</strong></p>



<p>En 2017, les journalistes américain·e·s délibèrent sur les plateaux télévisés au sujet d’enquêtes inachevées, lancées notamment <a href="https://www.reuters.com/article/usa-trump-russie-idFRKBN1CZ0DM-OFRTP" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">par le procureur Robert Mueller</a>. Des doutes autour des élections présidentielles de 2016 naissent dans une société américaine qui se polarise : la démocratie est remise en question. L’élection du président américain Donald Trump aurait été truquée (présumément en sa faveur) en raison d’une supposée ingérence russe. Donald Trump a d’ailleurs tenté de réutiliser cet argumentaire en son avantage, ce qui est relativement très contradictoire.</p>



<p>Dans ce contexte, Reality Winner vit une terrible frustration : elle a accès à des documents qui pourraient fournir des réponses, des réponses qu’elle estime essentielles pour ses compatriotes américains. Alors, elle fait ce que notre conscience nous pousse irrépressiblement à faire face à une réalité légale nationale injuste : elle devient hors-la-loi au nom de la justice américaine. Les documents confidentiels qu’elle envoie à <em>The Intercept </em>attestaient de l’ingérence russe dans l’élection de Donald Trump en 2016. Plus précisément, ils prouvaient la tentative de pirates informatiques russes de contrefaire un fournisseur de machines de votes. Des informations essentielles, qui pouvaient remettre en question la valeur de la démocratie américaine, des informations auxquelles le public n’aurait pas eu accès sans l’action courageuse d’une individue, qui sacrifia sa liberté pour demeurer fidèle à ses idéaux. Le geste posé par Reality la condamne à cinq ans et trois mois de prison en 2018. Ce faisant, elle devient la première personne inculpée au motif de l’<em>Espionnage Act </em>de 1917. Les nombreuses pétitions et la demande de grâce au Président n’auront servi à rien, mais elle est libérée de façon anticipée pour <a href="https://www.nytimes.com/2021/06/14/us/politics/reality-winner-is-released.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bonne conduite en 2021.</a> Elle demeure néanmoins en centre de réinsertion pendant un moment.</p>



<p class="has-text-align-center">« Des informations essentielles, qui pouvaient remettre en question la nature de la démocratie américaine, des informations auxquelles le public n’aurait pas eu accès sans l’action courageuse d’une individue, qui sacrifia sa liberté pour demeurer fidèle à ses idéaux »</p>



<p><strong>Une femme contre l’état américain</strong></p>



<p>Le film de Tina Satter ne se contente pas de relayer l’histoire trop peu connue d’une femme qui s’est sacrifiée au nom de la vérité, il révéle également une réalité plus subtile. L’art permet d’exposer une vision, un parti pris, dans le cas du documentaire, ou ici du <em>docudrama</em>. La réalisatrice utilise des effets stylistiques pour révéler la perversité des méthodes utilisées par le FBI, qui prennent Reality au dépourvu et manipulent ses réponses jusqu’à ce qu’elle offre une confession. Les agents empruntent des airs dignes de confiance, pour finalement imposer leur domination et lui faire comprendre qu’elle n’a en réalité aucun pouvoir sur la situation, qu’ils savent déjà tout. Ils veulent simplement comprendre la motivation derrière ses actes. Du moins c’est ce qu’ils prétendent.</p>



<p>Les contre-plongées de la caméra, les ralentis et les gros plans explicitent également la position dans laquelle Reality se trouve vraiment. Elle est une femme, seule, plutôt petite, incertaine, face à deux hommes imposants physiquement, sûrs d’eux et armés. Elle est une individue sans pouvoir dans la société américaine, une femme manipulée par deux hommes qui la dominent en tout point. Sa vulnérabilité semble irréelle. Était-elle donc vouée à perdre en dévoilant ces documents? Rien ne pouvait apparemment la protéger.</p>



<p>Ce film et cette histoire m’ont menée à me poser de nombreuses questions. Les individu·e·s peuvent-ils·elles jamais contrer un État ou une institution sans le soutien de la population? Et si c’est le cas, n’est-il alors pas le rôle des journalistes, des artistes et des médias, que de révéler leur histoire au public? Les reporters de <em>The Intercept </em>n’auraient-ils·elles pas dû faire plus pour protéger Reality ou pour mieux relayer sa version des faits? Ont-ils·elles aussi été victimes de pression gouvernementales? Et n’est-ce pas la responsabilité de la population, notre responsabilité, que de se battre pour la protection des lanceurs et lanceuses d’alerte? En ce qui me concerne, c’est pour cela que j’écris cet article, car maintenant que je connais l’histoire de Reality, il me semble qu’il est de mon devoir de la diffuser à mon échelle.</p>



<p><br></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/09/13/la-lanceuse-dalerte-americaine-reality/" data-wpel-link="internal">La lanceuse d’alerte américaine Reality</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Renforcer l’excellence : l’impact de la Coupe du monde féminine</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/08/30/renforcer-lexcellence-limpact-de-la-coupe-du-monde-feminine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Layla Lamrani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Aug 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Militante]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Coupe du monde]]></category>
		<category><![CDATA[soccer]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une nouvelle ère pour le soccer féminin?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Cet été a eu lieu la neuvième édition de la Coupe du monde féminine de soccer en Australie et en Nouvelle-Zélande. Trente-deux équipes se sont qualifiées, dont quatre nations africaines : le Maroc, le Nigéria, la Zambie et l’Afrique du Sud, une première pour le continent. Ce tournoi, qui a pris place du 20 juillet au 20 août, a marqué un véritable tournant pour le soccer féminin avec un record de 1.5 milliard de visionnements sur toute sa durée. La finale, qui a eu lieu devant une foule impressionnante de <a href="https://ici.radio-canada.ca/sports/2004539/soccer-coupe-monde-feminine-espagne-angleterre" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">75 000 personnes</a>, s’est conclue par une victoire surprise de l’équipe espagnole face aux championnes en titre de l’Euro 2022, les <em>Lionesses </em>du Royaume-Uni.</p>



<p>L’Australie et la Nouvelle-Zélande, deux pays où le soccer n’est pas un élément culturel central, ont été des organisateurs plus qu’accueillants. Le climat était explosif : stades remplis à craquer, <a href="https://www.lemonde.fr/sport/article/2023/08/18/coupe-du-monde-feminine-l-australie-s-est-prise-de-passion-pour-son-mondial-et-ses-matildas_6185851_3242.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">défilés de foules portant des maillots à l’effigie des <em>Matildas </em>de l’Australie</a>, et des spectateurs venus de partout dans le monde afin de soutenir les différentes nations. L’accueil chaleureux du public durant le mois de compétition a été reçu avec joie, mais aussi avec surprise, par les équipes participantes.</p>



<p>Les joueuses font face à de nombreux obstacles dans leur carrière, tels que le manque de financement, le sexisme et l’inégalité salariale, particulièrement exacerbés dans le monde du soccer. En effet, la Coupe du monde masculine, un événement central de ce sport, a une portée internationale bien supérieure et apporte aux joueurs de nombreuses opportunités. Des occasions auxquelles les joueuses n’ont souvent pas accès, dû à un manque d’intérêt du public ainsi qu’à une absence de financement qui les empêchent d’atteindre leur plein potentiel au sein de leur carrière professionnelle.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/08/FootFeminin2-1000x750.jpg" alt class="wp-image-51877" style="width:711px;height:533px" width="711" height="533" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/08/FootFeminin2-1000x750.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/08/FootFeminin2-330x247.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/08/FootFeminin2-768x576.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/08/FootFeminin2-1536x1151.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/08/FootFeminin2-2048x1535.jpg 2048w" sizes="(max-width: 711px) 100vw, 711px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/c-veysset/?media=1" data-wpel-link="internal">Clément Veysset</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
</div>


<p><strong>Un tournant dans le soccer féminin</strong></p>



<p>Concernant la Coupe du monde féminine 2023, elle nous apprend beaucoup sur la condition féminine dans un sport historiquement et culturellement dominé par les hommes. Cette fois-ci, le tournoi international a donné lieu à des parcours de joueuses inspirants, des progrès importants pour les équipes féminines souvent sous-estimées et sous-financées. C’est le cas de l’équipe féminine du Maroc, qui pour sa première participation à une compétition mondiale, s’est rendue en <a href="https://www.lemonde.fr/sport/article/2023/08/08/coupe-du-monde-2023-comment-le-maroc-a-mene-sa-revolution-du-football-feminin_6184764_3242.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">huitième de finale</a>, et a de ce fait éliminé l’Allemagne, favorite de ce tournoi. La joueuse Nouhaila Benzima, membre de l’équipe du Maroc, a elle aussi marqué l’histoire en <a href="https://www.lequipe.fr/Football/Actualites/La-marocaine-nouhaila-benzina-premiere-joueuse-voilee-a-disputer-une-coupe-du-monde/1411016" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">participant à ce mondial tout en portant le hijab</a>. Elle a transmis le message fort que le hijab n’a plus raison d’être une barrière dans le monde professionnel et sportif. Considérant la portée de ce tournoi à l’international, son geste a été vu comme un signe d’espoir pour les jeunes filles voilées intéressées par le soccer, ainsi que pour toutes les femmes voilées. De son côté, dans un parcours similaire à celui de l’équipe marocaine, la Jamaïque a impressionné l’audience en étant le premier pays des Caraïbes à se qualifier pour la Coupe du monde, ainsi qu’en progressant jusqu’en huitième de finale.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Elle a porté le message fort que le hijab n’a plus raison d’être une barrière dans le monde professionnel et sportif»</p>
</blockquote>



<p>Ce tournoi a donc permis de sensibiliser le public à la lutte des équipes nationales féminines pour plus d’équité salariale, un combat qui a pris une certaine ampleur dans les médias au cours des dernières années. En effet, les joueuses ont dénoncé les difficultés d’obtenir un salaire adéquat, et représentatif de leurs efforts, une intervention soutenue par leurs fédérations respectives.</p>



<p>L’exemple le plus médiatisé est certainement <a href="https://www.ledevoir.com/sports/712575/us-soccer-confirme-la-parite-salariale-de-ses-equipes-nationales-masculine-et-feminine" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la lutte acharnée de l’équipe des États-Unis pour l’équité salariale</a>, et ce, depuis 2016. La justice américaine a finalement tranché en leur faveur, et les joueuses ont pu bénéficier d’une compensation financière de près de 22 millions de dollars. De plus, il existe maintenant une obligation légale d’égalité salariale entre les équipes féminine et masculine américaines. En 2023, la <em>FIFA </em>(Fédération International de Football Association) a imposé un salaire minimal de <a href="https://www.rts.ch/sport/football/14086244-fifa-mondial-feminin-2023-chaque-joueuse-percevra-au-moins-30000-dollars.html#:~:text=%C3%A0%2020%3A55-,FIFA%20Mondial%20f%C3%A9minin%202023%3A%20chaque%20joueuse,au%20moins%2030&#039;000%20dollars&amp;text=Les%20736%20participantes%20au%20Mondial,FIFPro%2C%20a%20annonc%C3%A9%20la%20FIFA." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">30 000$ pour l’ensemble des joueuses</a> prenant part au mondial. De plus, le prix monétaire offert aux équipes féminines du tournoi a quadruplé depuis 2019, jusqu’à atteindre les <a href="https://www.tvasports.ca/2023/08/18/foot-feminin-le-mondial-a-genere-plus-de-570-millions-de-dollars" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">152 millions de dollars</a>. Cette évolution importante de la condition salariale des joueuses est à souligner, mais se trouve encore loin du montant de <a href="https://www.forbes.com/sites/kimelsesser/2023/07/20/womens-world-cup-pay-nearly-quadruples-to-110-million-but-still-only-a-quarter-of-mens/?sh=1b1f79942375" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">440 millions de dollars</a> alloué à la Coupe du monde masculine. Ces avancées à l’échelle internationale s’avèrent un bond considérable pour la condition féminine dans le sport et sont à l’image de l’engouement exceptionnel qui entoura la Coupe du monde féminine de cet été. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Ces avancées à l’échelle internationale s’avèrent un bond considérable pour la condition féminine dans le sport et sont à l’image de l’engouement exceptionnel qui entoura la Coupe du monde féminine de cet été »</p>
</blockquote>



<p>La crédibilité et l’intérêt grandissant accordé au sport féminin ces dernières années ont permis de faire pression sur les fédérations sportives, améliorant ainsi les conditions de travail des joueuses et celles de nombreuses installations sportives. Le club de soccer CF Montréal, par exemple, a mis en place en 2023 un <a href="https://www.cfmontreal.com/nouvelles/bmo-et-le-cf-montreal-lancent-un-programme-feminin-a-l-academie-du-club" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">programme féminin de soccer</a>, qui a pour but d’encadrer davantage les jeunes femmes investies dans ce sport, afin de faciliter l’équilibre avec leurs études et d’offrir davantage d’opportunités vers l’équipe nationale canadienne ou les clubs professionnels. Tout ce progrès autour du développement des équipes féminines et de la lutte pour l’égalité salariale des joueuses a mené à une Coupe du Monde fascinante. Un mondial rassemblant plus d’équipes qu’avant, avec un niveau technique et tactique élevé, produisant des matchs serrés aux résultats surprenants, alors que le succès inattendu de certaines équipes entraînait une curiosité nouvelle de la part des spectateurs pour le soccer féminin.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/08/coupedumonde-750x1000.png" alt class="wp-image-51878" style="width:565px;height:753px" width="565" height="753" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/08/coupedumonde-750x1000.png 750w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/08/coupedumonde-330x440.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/08/coupedumonde-768x1025.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/08/coupedumonde-1151x1536.png 1151w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/08/coupedumonde-1535x2048.png 1535w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/08/coupedumonde.png 2048w" sizes="(max-width: 565px) 100vw, 565px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/j-le/?media=1" data-wpel-link="internal">Jade Lê</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
</div>


<p><strong>Encore un long chemin pour le soccer féminin</strong></p>



<p>Même si cette Coupe du monde féminine a engendré d’importants progrès en matière d’équité salariale et d’intérêt de la part du public, des inégalités profondes persistent. L’équipe jamaïcaine, qui s’est rendue en huitième de finale pour la première fois de son histoire, a dû assumer une part du coût de sa participation au mondial en organisant une <a href="https://fr.africanews.com/2023/07/05/football-une-cagnotte-en-ligne-pour-aider-les-jamaicaines-au-mondial/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">levée de fonds</a> sur la plateforme <em>Gofundme</em>, ce qui a grandement ému la sphère publique. Et il ne s’agit pas d’un cas isolé. En effet, en raison du faible salaire alloué, plusieurs joueuses des équipes américaines et australiennes se voient contraintes de recourir à des <a href="https://www.liberation.fr/idees-et-debats/editorial/mondial-2023-linjustice-flagrante-des-competitions-feminines-de-foot-20230719_VXLSKKDDJNCG3F6R7P27APJRD4/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">congés sans solde</a> à leur employeur secondaire en vue de subvenir à leurs besoins.</p>



<p>Difficile d’imaginer une réalité où les joueuses féminines doivent lutter pour maintenir leur santé physique et mentale, tout en assumant les frais de leur propre participation à un tournoi international, qui génère pourtant des profits monstrueux. Malgré les avancées notables de la part des fédérations, il est important de souligner la négligence de ces dernières concernant le développement des équipes féminines. L’équipe marocaine n’a pu débuter son processus de développement professionnel qu’en <a href="https://www.lemonde.fr/sport/article/2023/08/08/coupe-du-monde-2023-comment-le-maroc-a-mene-sa-revolution-du-football-feminin_6184764_3242.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2014</a>, le Maroc étant un pays où le sport féminin demeure mal vu par certains.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Difficile d’imaginer une réalité où les joueuses féminines doivent lutter pour maintenir leur santé physique et mentale, tout en assumant les frais de leur propre participation à un tournoi international, qui génère pourtant des profits monstrueux »</p>
</blockquote>



<p>Nous pouvons également aborder <a href="https://ici.radio-canada.ca/sports/1918260/rebellion-selection-feminine-espagne#:~:text=Selon%20la%20presse%2C%20les%2015,Mariona%20Caldentey%20et%20Patri%20Guijarro." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la lutte opposant l’équipe espagnole, championne de ce mondial et sa propre fédération sportive</a>. En effet, plus d’une quinzaine de joueuses ont été exclues du tournoi, dont les stars Sandra Paños et Mapi León, en raison d’un conflit datant de l’Euro 2022 où les joueuses avaient réclamé un changement systémique de la direction de la fédération. Cette demande a provoqué l’exclusion au mondial des 15 joueuses espagnoles ayant été mêlées à ce conflit politique par l’entraîneur Jorje Vilda.</p>



<p>Le sexisme est omniprésent dans le sport, et ce mondial en est la preuve : des spectateurs du monde entier ont dénoncé le scandale sexiste de la cérémonie de la finale de la Coupe, durant laquelle <a href="https://ici.radio-canada.ca/sports/2006067/soccer-espagnoles-refus-jouer-luis-rubiales" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le président de la RFEF a embrassé sur la bouche une joueuse espagnole</a>, Jennie Hermoso. Celle-ci a plus tard admis qu’elle <a href="https://www.lapresse.ca/sports/soccer/2023-08-26/baiser-force/le-president-de-la-federation-espagnole-suspendu-par-la-fifa.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">s’était sentie « vulnérable et victime d’une agression »</a> de la part du président. Ce geste a semé l’émoi en Espagne, le peuple espagnol réclamant même la démission du président, Luis Rubiales. Quelle ironie de voir à la fois tant de progrès pour la condition féminine dans le sport côtoyer une agression sexuelle banalisée par de nombreux dirigeants, qui excusent ce geste au nom des « émotions » et de la « fierté ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Quelle ironie de voir à la fois tant de progrès pour la condition féminine dans le sport côtoyer une agression sexuelle banalisée par de nombreux dirigeants, qui excusent ce geste au nom des ‘‘émotions’’ et de la ‘‘fierté’’ »</p>
</blockquote>



<p><strong>Un momentum à conserver</strong></p>



<p>Cette Coupe du monde a permis de mettre en valeur le niveau technique des joueuses et l’intérêt nouveau pour le soccer féminin, qui va offrir aux joueuses de nombreuses opportunités. Néanmoins, il est essentiel de garder à l’esprit les obstacles concernant l’équité salariale et le sexisme, qui freinent encore beaucoup les femmes dans leur carrière sportive. De plus, le momentum de soutien face au soccer féminin reste inédit. Reste à espérer que d’ici la prochaine Coupe du monde en 2027, la condition féminine au sein du sport n’aura cessé de progresser, et que les joueuses professionnelles n’auront plus à naviguer une carrière sportive en étant sous-estimées et sous-payées.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/08/30/renforcer-lexcellence-limpact-de-la-coupe-du-monde-feminine/" data-wpel-link="internal">Renforcer l’excellence : l’impact de la Coupe du monde féminine</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Quand féminisme et handicap s’entremêlent</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/03/15/quand-feminisme-et-handicap-sentremelent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Mar 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Militante]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[handicap]]></category>
		<category><![CDATA[intersectionnalité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51195</guid>

					<description><![CDATA[<p>Portrait : le féminisme intersectionnel est un prisme d’analyse.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/03/15/quand-feminisme-et-handicap-sentremelent/" data-wpel-link="internal">Quand féminisme et handicap s’entremêlent</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Martine Biron, ministre de la Condition féminine, et son parti, la Coalition avenir Québec (CAQ), n’ont pas soutenu la motion proposée par la députée solidaire Ruba Ghazal en vue de la journée internationale des droits des femmes du 8 mars. Le parti ne serait pas en accord avec la vision intersectionnelle du féminisme mentionnée dans la motion de la députée de Québec Solidaire. Martine Biron a ainsi bloqué la possibilité pour l’Assemblée Nationale de débattre d’une motion qui visait à « défendre les droits de toutes les femmes au Québec ». Je n’invente rien, le cabinet de Mme Biron a soumis au journal&nbsp;<em>Le Devoir&nbsp;</em>une déclaration affirmant « ce n’est pas notre vision du féminisme », sans apporter plus de détails. Des désaccords, dans le féminisme, il en existe beaucoup, et ceux-ci nourrissent un débat nécessaire à la progression de cette lutte sociale. Mais peut-on vraiment être en désaccord avec le féminisme intersectionnel? N’est-ce pas, plus qu’une opinion, une analyse de la façon dont les identités s’entremêlent inévitablement? La CAQ est possiblement en désaccord avec ce que l’intersectionnalité implique : aider plus intensivement les groupes les plus marginalisés et s’affranchir du féminisme blanc. Pourtant, la CAQ se doit forcément de soutenir le féminisme intersectionnel, car, comme nous allons le voir, celui-ci explique des réalités sur lesquelles le parti ne peut fermer les yeux.</p>



<p><strong>Parler d’elles</strong></p>



<p>Cet été, après un stage avec l’Association féministe Choisir la cause des femmes, je me suis intéressée au sujet du féminisme intersectionnel comme prisme d’analyse des discriminations fortes subies par les femmes vivant avec un handicap dans le monde. Je trouvais que dans ce cas particulièrement, l’importance de considérer la notion d’intersectionnalité se manifestait. L’application de cette «vision du féminisme», comme désignée par<br>le cabinet de Mme Biron, au cas des femmes vivant avec un handicap, est une preuve que la considération de l’intersectionnalité ne peut relever de l’opinion.</p>



<p>La notion d’intersectionnalité fut introduite pour la première fois par la militante et avocate Kimberlé Crenshaw, dans son article renommé&nbsp;<em>Démarginaliser l’intersection de la race et du genre : Une critique féministe noire de la doctrine de l’antidiscrimination (tdlr)</em>. Cette notion est ainsi indissociable de son contexte politique. Elle apparut en opposition à la vision répandue et écrasante d’un féminisme blanc dont certaines racines étaient celles du colonialisme. Crenshaw a forgé un féminisme plus réaliste, plus moderne, et surtout plus révolutionnaire, qui luttait pour toutes les femmes, en prenant en compte leurs identités singulières. Il y a de l’intersectionnalité dans le féminisme parce que notre identité est multiple. En quelque sorte, nous cumulons des « couches » d’identités qui compliquent ou facilitent notre rapport aux autres en société. Les stéréotypes misogynes et capacitistes ont tendance à s’entrecroiser. La fiction misogyne populaire a fantasmé les femmes vivant avec un handicap comme des victimes parfaites. Du côté du cinéma, les films&nbsp;<em>Kill Bill&nbsp;</em>de Quentin Tarantino ou&nbsp;<em>Parle avec elle&nbsp;</em>de Pedro Almodovar représentent des femmes immobilisées par un handicap à la merci d’agresseurs pour qui l’occasion semble rêvée. Dans son article «&nbsp;<em>Aborder le classisme, le capacitisme et l’hétérosexisme dans la formation des conseillers&nbsp;</em>» datant de 2008, Laura Smith explique que le capacitisme, un mot utilisé depuis moins de 30 ans, est «&nbsp;<em>une forme de discrimination ou de préjugés à l’égard d’individus présentant des déficiences physiques, mentales ou</em> <em>développementales caractérisée par la conviction que ces individus doivent être réparés ou ne peuvent pas fonctionner comme des membres à part entière de la société&nbsp;</em>». Pour les femmes vivant avec un handicap, les discriminations qui en résultent s’associent aux discriminations sexistes, amplifiant leurs effets d’une façon surprenante. Cela s’explique en partie par le fait que les femmes sont déjà biologiquement considérées comme des humains « handicapés », à qui il manquerait quelque chose. Simone de Beauvoir, dans&nbsp;<em>Le Deuxième Sexe,&nbsp;</em>explique qu’il leur manque le phallus, ce membre tout puissant qui les a privées à travers les siècles et les cultures de la force et de l’honneur nécessaires à l’acquisition de droits fondamentaux et d’une dignité. Les femmes et les personnes vivant avec un handicap se retrouvent bien souvent infantilisées.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Crenshaw a forgé un féminisme plus réaliste, plus moderne, et surtout plus révolutionnaire, qui luttait pour toutes les femmes, en prenant en compte leurs identités singulières »</p>
</blockquote>



<p><strong>Hypersexualisées ou désexualisées</strong></p>



<p>Les femmes vivant avec un handicap sont plus victimes de violences sexuelles, de violences conjugales et d’abus en tout genre, de la part de leur entourage, mais aussi du personnel soignant qui les aide au quotidien. Une étude menée en 1991 à Toronto par le&nbsp;<em>Réseau des Femmes Handicapées,&nbsp;</em>a révélé que 70% des femmes vivant avec une large variété d’handicaps ont fait l’expérience d’un abus sexuel au moins une fois dans leur vie. Cette population fait face à deux enjeux, qui rendent plus difficile la sortie des cycles de violence : la dépendance à un autre humain qui a tendance à s’installer contre le gré des personnes concernées, et le manque d’information et d’éducation adaptées. Par exemple, les chercheurs du&nbsp;<em>Centre national de ressources en ligne sur la violence à l’égard des femmes&nbsp;</em>ont démontré que les femmes souffrant de déficiences intellectuelles courent un risque particulièrement élevé d’être victimes de violences sexuelles. Elles sont perçues comme des personnes qui ne dénonceraient pas leurs agresseurs ou qui ne seraient pas crues même si elles le faisaient.</p>



<p><strong>Éducation</strong></p>



<p>Les femmes doivent encore se battre dans de nombreux pays pour avoir le droit de s’asseoir dans<br>une salle de classe. De la même façon, les personnes handicapées sont majoritairement exclues des systèmes d’éducation traditionnels. Selon&nbsp;<em>Femmes vivant avec un handicap International, (Women Enabled International</em>) 90% des enfants vivant avec un handicap dans les pays en développement ne vont pas à l’école. Les femmes vivant avec un handicap ne reçoivent pas les enseignements nécessaires pour pouvoir s’émanciper, que ce soit économiquement ou socialement. </p>



<p>L’éducation sexuelle, souvent inadaptée et peu répandue, est d’autant plus rarement accessible aux femmes vivant avec un handicap. Plusieurs études suggèrent que le manque d’éducation sexuelle adapté pour les femmes vivant avec un handicap est l’une des raisons pour lesquelles elles considèrent souvent leurs abus comme « normaux », en particulier dans des contextes de violence entre partenaires intimes.</p>



<p>De nombreuses questions autour de la notion de consentement se posent. Les femmes physiquement immobilisées doivent pouvoir poser les limites de leur consentement, pour l’hygiène intime par exemple. Les femmes vivant avec un handicap mental doivent avoir la possibilité de saisir et de communiquer les subtilités du consentement, pour limiter les abus. Le consentement dans le cadre de la vie avec un handicap prend en effet un autre sens, une importance différente et renforcée. Les femmes vivant avec un handicap entrent souvent dans des relations de dépendance avec ceux qui les aident au quotidien. Il est alors plus difficile pour elles de reporter les abus. Une étude faite en Andalousie en 2018 avait recueilli des témoignages de femmes victimes de violence conjugale, qui expliquaient comment leurs conjoints utilisaient leur handicap pour les soumettre à leur volonté ou les menacer. Par exemple, une femme malvoyante décrivait comment son partenaire lui prenait ses lunettes pour qu’elle ne puisse pas quitter la maison. Finalement, la société patriarcale a souvent tendance à valider l’existence des femmes par le jugement de leur physique et de leur bienséance. Il est alors plus difficile pour les femmes de se faire valoir lorsqu’elles ne rentrent pas dans les codes misogynes de « la femme ». « La femme », cette femme imaginaire, qui n’existe dans aucune galaxie.</p>



<p><strong>La Femme</strong></p>



<p>Oui, il n’y a pas de féminisme sans intersectionnalité, parce que « la femme » n’existe pas. Vous verrez qu’aucun corps, aucun esprit ne peut s’adapter aux carcans écrasants et oppressants des définitions qui furent données à « la femme » à travers les millénaires, les cultures, les religions, les politiques ou les arts. Nous partageons une histoire, une expérience de la vie, alors il faut nous serrer les coudes. Pour cela, à long terme, seule l’écoute comptera.</p>
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		<title>Madeleine Parent : Féminisme et lutte sociale</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/02/22/madeleine-parent-feminisme-et-lutte-sociale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Feb 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Militante]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Madeleine Parent]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Portrait : Une féministe et syndicaliste québécoise.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Madeleine Parent est une figure du féminisme et du syndicalisme québécois, dont les luttes pour l’égalité questionnent encore aujourd’hui sur l’intersectionnalité des luttes. Ancienne étudiante de l’Université McGill, Madeleine Parent défend un féminisme spécifique au Québec : sa naissance est intimement liée aux mouvements de luttes sociales qui sont apparus au 20<em>ème</em> siècle. Les années 1960 voient alors apparaître une dissociation des luttes : les féministes commencent à revendiquer les droits de toutes les femmes seulement. Quel paradoxe a alors mené les mouvements féministes à se différencier des autres mouvements de lutte sociale? Madeleine Parent exprime-t-elle ce lien difficile à ignorer entre égalité des classes et égalité des genres? Lutter pour l’égalité, est-ce lutter pour tout le monde?</p>



<p><strong>Une vie</strong></p>



<p>Madeleine Parent a lutté pour l’égalité des classes et des genres, sans jamais réellement associer ces luttes. Au cours de sa vie, elle milite au sein d’organisations ouvrières, dont les Ouvriers Unis du Textile d’Amérique (OUTA), tout en participant à des grèves. Elle est arrêtée car elle est accusée d’être une communiste russe. En parallèle, elle vit son évolution féministe. Peu après l’université, elle rencontre l’organisatrice syndicale Léa Roback aux côtés de qui elle milite pour le suffrage féminin au Québec. Après 1955, pendant son exil à Ottawa, elle est membre fondatrice du Comité d’action pour le statut de la femme (NAC), au sein duquel elle représente le Québec et défend les droits des femmes autochtones et lutte pour l’égalité salariale.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;Les mouvements féministes et syndicalistes, à la recherche de justice sociale, ne défendent pourtant pas tout à fait les mêmes intérêts&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p><strong>Le visage des inégalités</strong></p>



<p>Fondamentalement, lutte ouvrière et lutte féministe à ce moment revendiquaient se battre pour une même valeur&nbsp;: l’égalité. Au Québec particulièrement, les mouvements féministes nés dans les années 60 tels que la Fédération des femmes du Québec (FFQ) ou le Front de libération des femmes (FLF) s’inscrivent dans un fort désir de l’époque de développer le tissu associatif québécois et de faire vivre la démocratie. Les mouvements féministes et syndicalistes, à la recherche de justice sociale, ne défendent pourtant pas tout à fait les mêmes intérêts. Les luttes se rejoignent et s’entremêlent, mais tandis que les conséquences des inégalités et des discriminations semblent se ressembler, il est important de considérer les différences de contextes. De nombreuses féministes au Québec considéraient que les discriminations sexistes perduraient à cause de l’ignorance des autorités politiques du caractère inégalitaire de la société. Tandis que les injustices sociales sont déterminées par la structure capitaliste de la société, avec une hiérarchie pyramidale au bas de laquelle les classes les moins aisées sont victimes du système, le patriarcat a une structure bien différente. Il ne s’agit pas d’une hiérarchie pyramidale, mais de seulement deux groupes, un dominant et un dominé, et les discriminations se retrouvent dans toutes les sphères où ces deux groupes sont présents. Ainsi, si Madeleine Parent recherchait l’égalité des différents groupes opprimés, ses revendications n’étaient pas les mêmes en fonction des groupes qu’elle défendait. L’intersectionnalité est une notion centrale qu’il faut absolument prendre en compte pour toutes les luttes, mais il est également important de reconnaître que toutes les discriminations contre lesquelles Madeleine Parent luttait étaient implantées dans des contextes bien différents. Nous n’atteignons pas tous·tes l’égalité et la liberté en empruntant le même escalier.</p>
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