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	<title>Archives des Roman feuilleton - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Thu, 26 Feb 2026 22:14:36 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Entre-temps (3)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/entre-temps-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alix Maksymjuk]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Roman feuilleton]]></category>
		<category><![CDATA[entre-temps]]></category>
		<category><![CDATA[roman feuilleton]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est éternel. Je passe devant des personnes côte à côte, qui attendent. En série, des couples d’inconnus assis. Parfois, l’un regarde subtilement ce que l’autre fait sur son téléphone. Je défile devant des miroirs qui renvoient à ces duos immobiles, muets. Les salles d’attente ont démarré cette mode d’entre-temps, on obéit à des numéros sur&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/entre-temps-2/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Entre-temps (3)</span></a></p>
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<p class="has-drop-cap">C’est éternel.</p>



<p>Je passe devant des personnes côte à côte, qui attendent. En série, des couples d’inconnus assis. Parfois, l’un regarde subtilement ce que l’autre fait sur son téléphone. Je défile devant des miroirs qui renvoient à ces duos immobiles, muets.</p>



<p>Les salles d’attente ont démarré cette mode d’entre-temps, on obéit à des numéros sur une TV et au bruit blanc d’un calorifère minimaliste dans un lieu dessiné à la mine, ses pourtours à peine effacés, motifs de rognures de gomme à effacer aux plafonds. Ici, on obéit à des mots vides et à des chiffres à peine moins pâles.</p>



<p>C’est blanc. C’est toujours blanc. C’est toujours Cloud Dancer, couleur de l’année Pantone. C’est un nuage invisible qui fait craquer les murs de ces sons qui semblent toujours sourds aux autres. Des surligneurs tombent, des fils d’écouteurs se mêlent, un rire pour quatre soupirs. Celleux qui dansent en haut, avec les fils électriques, dans nos bouches d’aération.</p>



<p>Sur un escabeau, un électricien enlève un carré du faux plafond. S’évade de notre réalité dortoir. Ça fait de la philosophie sans s’en rendre compte, ça plombe le quatrième mur et ça se met la tête dans les débris. Je ne connais rien aux débris, je connais juste des mots vides et des chiffres écrits avec deux-trois traits d’unions. Je connais juste les mots pour croquer rapidement ce danseur de nuages dans ma tête, l’une de ces personnes qui réparent nos Clouds pis nos PowerPoints croches qui disparaissent cent-quarante-huit fois par heure à cause du mauvais câble mal installé. L’odeur de la craie a disparu, diffuse, la couleur est restée et s’est installée, souveraine, dans nos carreaux au plafond et nos carrés de tête.</p>



<p>Ça fait deux minutes ou deux heures que je marche, un grain rocheux dans la botte glisse entre deux orteils, puis s’élance au bout avant de ma semelle. Il revient se faufiler là où la plante de mon pied ne touche pas à la botte, voûte immense pour ce voyageur minuscule.</p>



<p>Disparaitre cent-quarante-huit fois, j’exagère. Disparaitre cent-quarante-huit fois dans sa tête, peut-être. Disparaitre dans hier, la dernière série sur Netflix, les acteurs mauvais, déjà un de cancellé, la saison tant attendue cancellée pour d’autres raisons, des raisons de budget, du budget que j’ai pour du café cheap that’s it, disparaitre dans demain, le repas, la facture de chauffage, rembourser l’hypothèque, l’acteur cancel dans son appart blanc repeint en Cloud Dancer, voyage dans une couleur vide au mètre carré, repartagé cent-quarante-huit fois. Aimer les mots vides. Le grain dans ma botte hurle un peu. Celleux qui dansent sous les voûtes dans nos bottes, la tête dans le plafond, anonymes, pas de mugshot sociale pour les emprisonner dans des tasses blanches custom.</p>



<p>Acheter du café. Espérer qu’il en reste au salon. Une tasse propre blanche aux fissures Cloud Dancer. Répéter le motif gris du plafond dans sa tête, puis dans la plus grande veine rosée des yeux. Penser aux maladies oculaires et pincer les yeux jusqu’à voir des étoiles de dégoût.</p>
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		<title>Entre-temps (2)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/19/roman-feuilleton/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cassandre Pelletier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Feb 2026 18:01:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Roman feuilleton]]></category>
		<category><![CDATA[roman feuilleton]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Je fais glisser mon pouce de droite à gauche sur mon téléphone. La personne à côté de moi me regarde. Ses yeux tentent subtilement d’apercevoir ce que je fais. Si je la laissais faire, elle ne verrait pas grand-chose. Alors, je préfère m’inventer la vie de quelqu’un d’occupé, de mystérieux. Je pourrais lire sur la&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/19/roman-feuilleton/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Entre-temps (2)</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Je fais glisser mon pouce de droite à gauche sur mon téléphone. La personne à côté de moi me regarde. Ses yeux tentent subtilement d’apercevoir ce que je fais. Si je la laissais faire, elle ne verrait pas grand-chose. Alors, je préfère m’inventer la vie de quelqu’un d’occupé, de mystérieux. Je pourrais lire sur la guerre, écrire des messages inspirants et sensationnels sur comment aller mieux en tant que société, comment changer quelque chose. Je pourrais, mais non.</p>



<p>J’attends. </p>



<p>Au pire, elle pourrait croire que je suis accro à mon téléphone, que je passe mes journées sur Instagram. Je préfère encore qu’elle imagine ça plutôt que ce que je fais réellement : rien du tout. Faire semblant de faire quelque chose, c’est long. Long longtemps. Elle quitte enfin la salle. Je dépose mon téléphone et je fixe les carreaux du mur. Il faut les compter, un par un, me dis-je. Je crée des codes de couleurs. Il y a 900 carreaux. Si chaque jour passé ici devait être peint de gris, il en resterait encore 148 de blancs. Je m’imagine me lever, un grand marteau dans la main, fissurer les carreaux un par un. Voir les éclats voler en silence, la poussière partout. Peut-être qu’à ce moment-là, la porte du bureau s’ouvrirait. Peut-être qu’on me verrait, juste un peu. Je ne sais pas si j’ai attendu trop longtemps pour que ça arrive encore. </p>



<p>Quelqu’un passe devant moi. Je ne le regarde pas. Il ne sait pas que j’existe. C’est simple. J’ai découvert ça ici : on devient invisible dès qu’on baisse les yeux assez longtemps. Cette personne pourrait s’asseoir à côté de moi, me parler quelques minutes. On se raconterait nos histoires pleines de mensonges. Je lui expliquerais pourquoi je suis ici. Je lui expliquerais pourquoi je veux partir. Elle me demanderait où ; je lui dirais que je ne sais pas. Elle s’inquiéterait, voudrait m’aider, mais quand elle comprendrait qu’elle n’a pas le pouvoir magique de faire arrêter l’attente, quand on lui proposerait de partir avant moi, elle se lèverait. Elle oublierait mon visage aussitôt. </p>



<p>Je retourne à faire défiler ma page d’accueil, mécaniquement. Les petits carreaux d’applications deviennent ceux du mur. Je les supprime un par un. Un jour à la fois. Mes jambes se balancent sur la chaise de plastique. Je frappe une petite roche, sûrement tombée des bottes de la personne d’avant. Si je la frappe assez fort, peut-être que les carreaux finiraient par se fissurer. </p>



<p>Il y en a beaucoup, des comme moi : des gens qui restent toujours près du vide sans jamais l’atteindre. Des numbers. On compte tout, mais on ne compte sur rien pour nous sauver. </p>



<p>La porte s’ouvre et se referme. Je m’endors paisiblement, les yeux ouverts.</p>
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		<title>Entre-temps (1)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/09/entre-temps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tess Guillou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Feb 2026 23:01:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Roman feuilleton]]></category>
		<category><![CDATA[création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[roman feuilleeton]]></category>
		<category><![CDATA[roman feuilleton]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre-temps est une tentative de remettre le roman-feuilleton à l’ordre du jour. Ici revisité sous la forme d’un cadavre exquis, chaque participant·e continue le texte de la semaine précédente sur le thème de l’attente. L’entre-temps est un entre-soi, un entre-tous, le moment où nos pensées nous appartiennent et nous échappent tout à la fois. Et&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/09/entre-temps/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Entre-temps (1)</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Entre-temps est une tentative de remettre le roman-feuilleton à l’ordre du jour. Ici revisité sous la forme d’un cadavre exquis, chaque participant·e continue le texte de la semaine précédente sur le thème de l’attente. L’entre-temps est un entre-soi, un entre-tous, le moment où nos pensées nous appartiennent et nous échappent tout à la fois. Et si le but d’un roman-feuilleton est de mettre en place une action et des péripéties, nous avons cherché à le détourner de ses prérogatives pour suivre non pas un cours d’actions, mais un flot de pensées.</em></p>



<p>Les secondes se mélangent sur ma peau.&nbsp;<br>Je ne peux pas les compter, pas les saisir<br>                                                                         Elles fuient hors de mes paumes.&nbsp;<br>J’aimerais sortir mon téléphone mais il me reste 15&nbsp;% de batterie. J’en ai besoin pour appeler ma mère quand je sortirai d’ici.<br>Sortir.<br>Perdre mon esprit dans le bruit ambiant.</p>



<p>Un seul bruit dans cette salle d’attente : la respiration de la personne assise à côté de moi. Inconsciemment, j’inspire quand iel inspire, j’expire quand.…<br>BON EXPIRE MAINTENANT! Je n’ai plus d’air!<br>Iel doit être pro en apnée, ce n’est pas possible autrement.</p>



<p>Ma jambe se lève et s’abaisse sur le rythme de Miley Cyrus, suit le battement de <em>Nothing Breaks Like a Heart. </em>J’ai écouté cette chanson dans le bus, elle me colle aux oreilles, à la langue. Mes lèvres bougent, dessinent les paroles, mais l’air demeure silencieux. Je n’oserais pas chanter, briser la lourdeur du temps. Je n’ose même pas me moucher. Il faudrait ouvrir mon sac, éviter de faire tinter mes clés, ne pas froisser les pages de mes cahiers, me saisir du paquet, l’ouvrir, déplier le tissu…<br>                                                                             Déchirer la toile du son.<br>Je m’ennuie.<br>C’est fou, j’avais presque oublié ce que ça faisait de caresser le temps, de l’embrasser. De goûter les minutes âcres, les quarts d’heure sirupeux, les demi-heures aux essences de langueur.</p>



<p>Lent<br>            tout est lent<br>                                     mais le rythme du <em>tout </em>m’échappe.&nbsp;<br>Je vis dans la vitesse, par la vitesse.</p>



<p>J’ai besoin de faire tourner mon linge, j’ai oublié le tofu je dois retourner faire les courses. Est-ce que je dois aller à l’hôpital voir ma voisine qui est tombée dans les escaliers? Est-ce que ça se fait? Est-ce que je dois lui apporter un cadeau? Des plantes? Du chocolat? Un guide pour apprendre à danser sans se retrouver les quatre fers en l’air sur le parquet?<br>Je pourrais lui donner des cours de salsa quand elle sera rétablie.<br>D’ailleurs, il faudrait que j’organise le prochain meeting de l’association, voir si Cam peut accueillir les danseurs, si Pam est rentré de vacances, si…<br>                                                     Tiens, j’ai des fourmis dans le pied, j’essaie de l’agiter, de droite à gauche, de gauche à droite de…<br>C’est horrible!<br>La pire sensation du monde… même se faire larguer n’est pas aussi désagréable. Ça picote dans tout le corps, ça donne envie de se lever, de partir<br>                                                       loin.<br>                                                       Là où le corps n’est plus, là où on ne sent plus.&nbsp;</p>



<p>Employer un membre engourdi c’est comme lui ré-apprendre à vivre. Parce que visiblement, on peut oublier.</p>



<p>Une porte s’ouvre, je tends l’oreille.&nbsp;<br>                                   rien.<br>Rien ne bouge dans cet univers de beige lisse où nous ne sommes que deux, mais finalement qu’un puisque nous ne parlons pas.</p>



<p>Je n’existe pas, pour la personne à côté de moi.<br>Je suis invisible, iel ne sait pas mon nom, mon âge, si j’ai un travail, un mari ou une femme, si je vais à la messe le dimanche…<br>Notre existence se limite à deux regards qui se croisent.<br>Les nôtres ne se sont même pas effleurés.<br>Iel est sur son cellulaire.<br>Son pouce glisse sur l’écran à rythme régulier.&nbsp;<br>Toutes les cinq secondes, environ.<br>                    Parfois, iel s’arrête, en suspens.<br>                   Quelque chose a dû l’intéresser. <br>Est-ce qu’iel est sur Insta? Sur TikTok?<br>Est-ce qu’iel est en train d’utiliser toutes ses données mobiles? J’espère qu’iel a un abonnement illimité.<br>Tiens, faudrait que j’appelle Fido.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/09/entre-temps/" data-wpel-link="internal">Entre-temps (1)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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