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	<title>Tess Guillou - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Entre-temps (1)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/09/entre-temps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tess Guillou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Feb 2026 23:01:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Roman feuilleton]]></category>
		<category><![CDATA[création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[roman feuilleeton]]></category>
		<category><![CDATA[roman feuilleton]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre-temps est une tentative de remettre le roman-feuilleton à l’ordre du jour. Ici revisité sous la forme d’un cadavre exquis, chaque participant·e continue le texte de la semaine précédente sur le thème de l’attente. L’entre-temps est un entre-soi, un entre-tous, le moment où nos pensées nous appartiennent et nous échappent tout à la fois. Et&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/09/entre-temps/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Entre-temps (1)</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Entre-temps est une tentative de remettre le roman-feuilleton à l’ordre du jour. Ici revisité sous la forme d’un cadavre exquis, chaque participant·e continue le texte de la semaine précédente sur le thème de l’attente. L’entre-temps est un entre-soi, un entre-tous, le moment où nos pensées nous appartiennent et nous échappent tout à la fois. Et si le but d’un roman-feuilleton est de mettre en place une action et des péripéties, nous avons cherché à le détourner de ses prérogatives pour suivre non pas un cours d’actions, mais un flot de pensées.</em></p>



<p>Les secondes se mélangent sur ma peau.&nbsp;<br>Je ne peux pas les compter, pas les saisir<br>                                                                         Elles fuient hors de mes paumes.&nbsp;<br>J’aimerais sortir mon téléphone mais il me reste 15&nbsp;% de batterie. J’en ai besoin pour appeler ma mère quand je sortirai d’ici.<br>Sortir.<br>Perdre mon esprit dans le bruit ambiant.</p>



<p>Un seul bruit dans cette salle d’attente : la respiration de la personne assise à côté de moi. Inconsciemment, j’inspire quand iel inspire, j’expire quand.…<br>BON EXPIRE MAINTENANT! Je n’ai plus d’air!<br>Iel doit être pro en apnée, ce n’est pas possible autrement.</p>



<p>Ma jambe se lève et s’abaisse sur le rythme de Miley Cyrus, suit le battement de <em>Nothing Breaks Like a Heart. </em>J’ai écouté cette chanson dans le bus, elle me colle aux oreilles, à la langue. Mes lèvres bougent, dessinent les paroles, mais l’air demeure silencieux. Je n’oserais pas chanter, briser la lourdeur du temps. Je n’ose même pas me moucher. Il faudrait ouvrir mon sac, éviter de faire tinter mes clés, ne pas froisser les pages de mes cahiers, me saisir du paquet, l’ouvrir, déplier le tissu…<br>                                                                             Déchirer la toile du son.<br>Je m’ennuie.<br>C’est fou, j’avais presque oublié ce que ça faisait de caresser le temps, de l’embrasser. De goûter les minutes âcres, les quarts d’heure sirupeux, les demi-heures aux essences de langueur.</p>



<p>Lent<br>            tout est lent<br>                                     mais le rythme du <em>tout </em>m’échappe.&nbsp;<br>Je vis dans la vitesse, par la vitesse.</p>



<p>J’ai besoin de faire tourner mon linge, j’ai oublié le tofu je dois retourner faire les courses. Est-ce que je dois aller à l’hôpital voir ma voisine qui est tombée dans les escaliers? Est-ce que ça se fait? Est-ce que je dois lui apporter un cadeau? Des plantes? Du chocolat? Un guide pour apprendre à danser sans se retrouver les quatre fers en l’air sur le parquet?<br>Je pourrais lui donner des cours de salsa quand elle sera rétablie.<br>D’ailleurs, il faudrait que j’organise le prochain meeting de l’association, voir si Cam peut accueillir les danseurs, si Pam est rentré de vacances, si…<br>                                                     Tiens, j’ai des fourmis dans le pied, j’essaie de l’agiter, de droite à gauche, de gauche à droite de…<br>C’est horrible!<br>La pire sensation du monde… même se faire larguer n’est pas aussi désagréable. Ça picote dans tout le corps, ça donne envie de se lever, de partir<br>                                                       loin.<br>                                                       Là où le corps n’est plus, là où on ne sent plus.&nbsp;</p>



<p>Employer un membre engourdi c’est comme lui ré-apprendre à vivre. Parce que visiblement, on peut oublier.</p>



<p>Une porte s’ouvre, je tends l’oreille.&nbsp;<br>                                   rien.<br>Rien ne bouge dans cet univers de beige lisse où nous ne sommes que deux, mais finalement qu’un puisque nous ne parlons pas.</p>



<p>Je n’existe pas, pour la personne à côté de moi.<br>Je suis invisible, iel ne sait pas mon nom, mon âge, si j’ai un travail, un mari ou une femme, si je vais à la messe le dimanche…<br>Notre existence se limite à deux regards qui se croisent.<br>Les nôtres ne se sont même pas effleurés.<br>Iel est sur son cellulaire.<br>Son pouce glisse sur l’écran à rythme régulier.&nbsp;<br>Toutes les cinq secondes, environ.<br>                    Parfois, iel s’arrête, en suspens.<br>                   Quelque chose a dû l’intéresser. <br>Est-ce qu’iel est sur Insta? Sur TikTok?<br>Est-ce qu’iel est en train d’utiliser toutes ses données mobiles? J’espère qu’iel a un abonnement illimité.<br>Tiens, faudrait que j’appelle Fido.</p>
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		<title>Lancement de la 23e édition de la revue Lieu Commun</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/01/29/lancement-de-la-23e-edition-de-la-revue-lieu-commun/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tess Guillou]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jan 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[lancement]]></category>
		<category><![CDATA[Lieu commun]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[revue]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rendez-vous au pied de la lettre.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Éditer c’est rendre les mots tangibles. C’est rendre accessible l’histoire qui ne vit que par son auteur, pour son auteur. Éditer, c’est partager. C’est pourquoi Lieu Commun nous a offert un moment d’échange lors du lancement de son 23e numéro, celui de l’automne 2024. </p>



<p><strong>Revue mcgilloise depuis 2012 </strong></p>



<p>Lieu Commun est l’unique revue littéraire francophone de l’Université McGill, qui réalise chaque semestre un appel de textes. Ce dernier se base sur un thème : une expression de la langue française, telle que « l’ombre au tableau » de l’édition d’hiver 2024, que l’équipe éditoriale vous invite à déconstruire, à réinventer. Pour montrer que les mots ne sont pas figés, pour titiller votre réflexion, votre imagination. Si la revue prend racine à l’Université McGill, les soumissions sont toutefois ouvertes à tous.</p>



<p><strong>Synonyme de partage </strong></p>



<p>Tenu à la librairie N’était-ce-pas l’été, dans le quartier de la Petite Italie, le lancement a permis la rencontre entre auteur·rice·s, éditeur·rice·s et lecteur·rice·s. La soirée s’est ainsi ouverte sur les mots d’Alexandra Girlovan, éditrice et coordinatrice de la revue, accompagnée des autres membres du comité éditorial : Océane Nzeyimana, César Al-Zawahra, Irina Kjelsen, Julie Nicomette, Naomi Degueldre et moi-même. Puis, les auteur·rice·s présent·e·s ont eu l’occasion de lire leur texte édité, plongeant l’auditoire dans un moment suspendu où seuls les mots comptent. Le cadre propice à la découverte a permis un moment « inspirant », comme le souligne Robin Cros, un étudiant présent pour l’occasion, créant un véritable écrin de bienveillance. Certaines phrases ont marqué les esprits, des images ont provoqué des conversations sur le rôle de l’écriture et son importance. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Pour montrer que les mots ne sont pas figés, pour titiller votre réflexion, votre imagination »</p>
</blockquote>



<p>Immergés au milieu des livres, dans une ambiance chaleureuse et conviviale, tous ont eu l’opportunité, l’espace de quelques heures, de pousser la porte de l’univers littéraire. C’est par ailleurs ce que m’a souligné Franck Menelik, étudiant de HEC : « Les lectures ont touché des cordes sensibles en moi […] c’est toujours si agréable de réaliser qu’on n’est pas le seul à écrire. C’est, sans aucun doute, une communauté qui rapproche et qui crée des liens. »</p>



<p>Chacun a ainsi pu repartir avec un exemplaire de la revue. Cet exemplaire gratuit restera une part tangible de cette parenthèse hors du temps, un souvenir des mots échangés, des rêves évoqués et des conversations inachevées qui se poursuivent à l’extérieur. Le lancement s’est terminé sur l’annonce du thème pour l’édition d’hiver 2025 : « La mer à boire», de l’expression « ce n’est pas la mer à boire ». Si, originalement, cette formule s’emploie pour dédramatiser une situation, libre à vous de la déjouer, de la défaire. Libre à vous de penser différemment. Et c’est par ailleurs ce que comptent faire plusieurs personnes interrogées lors du lancement ; leurs esprits fourmillent déjà d’idées. Alors, si l’inspiration vous vient, si les mots coulent de source, si vous rêvez de tenter une nouvelle aventure, n’hésitez plus et écrivez. Soumettez votre texte. Qu’il soit retenu ou non, vous aurez parcouru la plus grande partie du chemin en acceptant de vous livrer sur le papier ; en cherchant à voir plus loin que ce que les thèmes peuvent signifier.</p>
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		<item>
		<title>Cygnus : une pièce d’improvisation et d’émotions</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/11/13/cygnus-une-piece-dimprovisation-et-demotions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tess Guillou]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Nov 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[cygnus]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’imprévu au service du théâtre.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Improviser, c’est laisser l’imagination prendre le dessus. Laisser le théâtre ne faire qu’un avec votre corps, vos gestes, votre voix. Il s’agit d’un art à part entière, d’une prouesse des plus techniques, de sauter à pieds joints dans l’inconnu et d’entraîner avec nous acteurs et spectateurs. C’est ce qu’ont remarquablement réussi à faire les comédiens de <em>Cygnus</em>, en nous livrant une prestation inédite et émouvante.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« La seule limite est celle que l’on s’impose. Cette dynamique imprévisible, loin de fragiliser la pièce, en est<br>le moteur-même »</p>
</blockquote>



<p>Assis autour d’un cercle lumineux à l’allure futuriste, affublés de costumes semblables, les comédiens ont pour tâche de créer chaque soir une nouvelle pièce. Une nouvelle trame, de nouveaux personnages, sans le moindre décor sur lequel s’appuyer. Tout passe par le langage corporel de deux comédiens, qui donnent chacun vie à un personnage qui leur est propre. Ils lui confèrent ainsi avec brio, des mimiques, des intonations, une identité sur l’instant, sans avoir le temps de réfléchir aux possibles développements. L’évolution de leur personnage est imprévisible. L’ensemble s’articule ensuite au fil des interactions entre les deux acteurs. Ces interactions sont d’abord dictées par un cercle, dont le changement de lumière désigne les comédiens devant entrer en scène. Nul ne sait à l’avance qui jouera avec qui, qui sera qui. L’incertitude règne. Si l’improvisation peut laisser place à des incohérences, des moments de flottements, des silences que l’on n’ose briser, le doute est bien vite remplacé par la force des dialogues qui en découlent. Certes, il arrive que les comédiens s’interrompent entre eux, ou que certains personnages ne soient pas parfaitement impliqués dans l’intrigue. Mais c’est aussi cela qui confère son charme à la pièce, et qui lui octroie des intrigues secondaires. Tout se joue dans la spontanéité et l’écoute de l’autre. Les acteurs réagissent du tac au tac, tissent une trame à la fois comique et poignante, créant des situations rocambolesques. Des moments de tension et de légèreté se succèdent, que ce soit le meurtre involontaire d’un chien par intoxication aux cacahuètes, en passant par des conflits familiaux, amoureux, jusqu’à la mise en scène de violences conjugales. La seule limite est celle que l’on s’impose. Cette dynamique imprévisible, loin de fragiliser la pièce, en est le moteur-même. On assiste à des scènes du quotidien, à des aventures surprenantes dont l’authenticité est marquante. Ce qui m’a d’autant plus frappée, c’est la détermination des comédiens à rester dans la peau de leurs personnages, même hors du cercle où se déroulait l’action. Chaque entrée en scène, chaque sortie, chaque séance détenait le même impact.</p>



<p>Après un temps où les comédiens entrent et sortent du cercle à leur guise, sans plus être appelés par les signaux lumineux du cercle, la pièce s’achève sur une brève conclusion. Celle-ci repose sur la parole d’un personnage, choisi au hasard. Cette fin des plus inattendues permet une résolution instinctive, et suscite une surprise totale chez le spectateur. En l’espace de quelques secondes, l’acteur doit réfléchir à la touche finale qu’il désire apporter à la pièce, une tâche capitale, d’autant plus que souvent, c’est la fin qui marque les esprits. En ce qui me concerne, je me souviendrai longtemps de la liste de conseils pour s’occuper d’un chien sur laquelle s’est clôturée la représentation.</p>



<p>Nul ne sait l’issue de la pièce avant qu’elle ne se joue. Quelle intrigue, quels personnages rencontrerez-vous? Personne ne le sait. Plongez dans le mystère de l’improvisation et laissez vous emporter par le jeu et l’intelligence de ces huit acteurs à l’imagination sans pareille. Restez suspendus aux lèvres des comédiens qui sauront, à coup sûr, vous surprendre.</p>



<p>Cygnus <em>se tient du 7 au 16 novembre au Théâtre Rouge du conservatoire d’art dramatique de Montréal.</em></p>
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		<title>Peau d’âne : une adaptation extravagante</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/10/09/peau-dane-une-adaptation-extravagante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tess Guillou]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Oct 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une aventure abracadabrante au cœur de la pièce de théâtre.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Porteurs de magie et de morale, les contes de fées ont bercé notre enfance. Pourtant, sous une lentille contemporaine, ils peuvent être controversés et véhiculer une image dégradante de la femme ou des relations amoureuses stéréotypées. En effet, n’est-ce pas dans <em>Peau d’âne</em> que le prince tombe éperdument amoureux de la princesse déguisée, car elle lui a cuisiné le meilleur gâteau qu’il n’ait jamais goûté? C’est donc dans l’optique de rétablir une image féminine, autrefois moulée dans les convictions patriarchales, et de porter un message féministe fort que la pièce <em>Peau d’âne</em> a été mise en scène par Sophie Cadieux et Félix-Antoine Boutin. </p>



<p>Adaptée au théâtre Denise-Pelletier, la pièce prend vie avec deux comédiens : Eric Bernier, une bonne fée marraine des plus extravagantes et farfelues, aux convictions marquées et aux costumes des plus fantasques, et Sophie Cadieux, qui interprète une Peau d’âne aussi désopilante que naïve. Cadieux incarne une enfant seule et perdue qui devra apprendre à se battre pour ses droits, pour son futur, pour son indépendance.</p>



<p>Contrairement au conte classique, ici, pas de père tangible, pas de prince volant à la rescousse d’une demoiselle en détresse. En effet, le roi n’est nul autre qu’un tourne-disque immense, à l’aura menaçante sous les lumières et les sons lugubres. Ce choix, audacieux et perturbant, tend à déstabiliser le spectateur, mais permet surtout de mettre en lumière le côté inhumain de ce personnage.</p>



<p>Mais qu’en est-il du prince? De l’histoire originale? Soyez sans crainte, l’ânesse est toujours présente, la ruse pour échapper au mariage également. Or, l’unique évocation de l’amour entre le prince et la princesse surgit dans les paroles de la bonne fée, sous forme d’une leçon empreinte de dérision à l’égard du conte original, offerte comme un contre-exemple à la jeune fille ; Peau d’âne devient sa propre héroïne, sa propre sauveuse. Figure de courage et de résilience, elle apprend à combattre ses démons, son passé, ou encore l’amour, que ce dernier soit en lien avec l’inceste – dont elle a été victime – ou en lien avec ce sentiment que la bonne fée qualifie de « mièvre ». De plus, ce dernier apparaît comme un antagoniste débilitant, mettant à mal l’indépendance féminine. Le tabou de l’inceste, qui occupe une place insidieuse dans la version de Charles Perrault, est nommé clairement, distinctement dans la pièce. Si cela peut choquer l’auditoire, ce qui le touche davantage est l’ignorance de Peau d’âne, qui semble ne rien savoir de ce terme.</p>



<p>S’il est vrai que le rire est une forme de lutte, un moyen de combattre les injustices et les traumatismes, il vient ici freiner l’expression sincère de sentiments. En effet, la pièce fluctue constamment entre le comique et le ridicule, frôlant trop souvent l’absurde et le burlesque, au détriment d’une dimension plus réflective, qui aurait méritée sa place au sein de cette adaptation. À mon sens, c’est l’authenticité qui s’avère clé pour transmettre un message. Les couches de costumes, les voix criardes, les gestes surjoués, les lumières trop vives créent une atmosphère effervescente, moins propice à l’épanchement et au partage d’émotions. </p>



<p><em>Peau d’âne </em>demeure toutefois une revisite intrigante et audacieuse aux choix artistiques percutants. Que ce soit par les changements de costumes à même la scène, ou alors les « dialogues » entre l’ânesse et le personnage Peau d’âne (qui ne sont en vérité qu’un dialogue entre la princesse et une autre version d’elle-même), la pièce pousse notre imagination dans ses retranche- ments, en proposant une version tout à fait inédite d’un conte familier de tous. Une mise en garde cependant : cette interprétation du conte de Perrault n’est décidément pas adaptée à un jeune public, ni aux férus de contes plus traditionnels.</p>



<p>Ainsi, si vous rêvez d’une plongée dans l’absurde en l’espace d’une soirée, rendez-vous au théâtre Denise-Pelletier : une salle à l’allure féérique qui vous entraîne dans un autre monde. Prenez un instant pour regarder les dorures, les moulures, installez-vous confortablement dans les fauteuils capitonnés de rouge et laissez-vous porter par la magie du théâtre. </p>



<p>Peau d’âne <em>est présentée au Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 19 octobre 2024.</em></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ôde à la créativité en milieu académique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/10/02/ode-a-la-creativite-en-milieu-academique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tess Guillou]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Oct 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Building 21]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[créativité]]></category>
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		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec le Building 21, incubateur d’idées créatives.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Parfois nos idées nous paraissent « trop ». Trop grandes. Trop abstraites. Trop étranges. Elles ne rentrent pas dans les normes universitaires. Et face aux défis qui nous attendent, nous devons justement apprendre à nous défaire de ces cadres. Alors, en 2017, le professeur Ollivier Dyens a mis en place une initiative : il codirige avec Anita Palmar le Building 21. Cette organisation extérieure à McGill offre un cadre à tous ces étudiants désireux de s’impliquer dans la communauté et prêts à partager un projet personnel qu’ils souhaiteraient pouvoir réaliser. Son but? Donner aux étudiants les clés pour sortir des sentiers battus, de manière à « enrichir notre parcours intellectuel », comme le souligne le codirecteur. Ce dernier m’a en effet confié s’être penché sur les questions suivantes : l’université est-elle assez créative pour le siècle qui nous attend? Pour ceux encore à venir? L’éducation permettra-t-elle d’obtenir des outils de résolution efficaces face aux problèmes qui nous attendent? Sa réponse fut sans appel : non. </p>



<p><strong>Des idées inspirées par Google et MIT </strong></p>



<p>Ollivier Dyens s’est inspiré de deux modèles américains. D’une part, Google X, un laboratoire créatif de la multinationale, qui concrétise des idées ambitieuses et invraisemblables en projets technologiques réalisables. D’autre part, Building Twenty-One, au Massachussets Institute of Technology (MIT), fait office d’incubateur d’idées dont est sorti pas moins de neuf prix Nobel. Ainsi, Ollivier Dyens a fondé le Building 21, situé au 651 Sherbrooke Ouest, un bâtiment souvent méconnu de la communauté étudiante, qui offre pourtant des ressources créatives, de partage et d’imagination collective. Ce bâtiment à la porte verte accueille de nouveau les étudiants, après avoir été momentanément fermé lors des vacances d’été. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Cette organisation extérieure à McGill offre un cadre à tous ces étudiants désireux de s’impliquer dans la communauté et prêts à partager un projet personnel qu’ils souhaiteraient pouvoir réaliser »</p>
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<p><strong>Pluridisciplinarité et humilité </strong></p>



<p>Le Building 21 accueille cette semaine sa première <em>lighting session</em> : un cercle de discussion au cours duquel chacun des étudiants présents parle de son projet ; on peut penser par exemple au projet de Rebecah Kaplun et de sa recherche sur ce qu’est la sagesse. Ils conversent pendant deux heures sur leurs idées, leurs doutes et leurs réussites. Ils partagent leur point de vue sur les projets des autres et reçoivent des pistes de réflexion sur le leur, qu’il soit artistique, axé sur la science, la sociologie, la phénoménologie ou encore pluridisciplinaire. Deux étudiants ont par exemple centré leur recherche sur la formule mathématique du sublime. </p>



<p>Le professeur Dyens explique que nous sommes façonnés par notre éducation, on pense comme on a été formé à « penser ». Il peut nous arriver de manquer d’opportunités nouvelles d’exploration, comme les études académiques peuvent porter les étudiants à une réflexion scientifique uniforme. Le Building 21 aspire à ne pas laisser les étudiants manquer de pistes jusqu’alors inexplorées et invisibles. Ainsi, outre les <em>lighting sessions</em>, le Building 21 propose de nombreux ateliers tel que le <em>catlab</em>, mêlant poterie et art numérique. Selon le codirecteur, la pluridisciplinarité et le partage enseignent l’humilité. En effet, les étudiants sont constamment en contact avec des personnes aux compétences et connaissances variées. De ce fait, il y existe toujours quelqu’un « plus » informé qu’eux, de plus compétent concernant un domaine particulier. L’humilité se trouve alors dans l’acte d’avouer que l’on est ignorant sur tel ou tel sujet, d’oser demander, d’oser se tromper. </p>



<p>Building 21 s’axe également sur « l’exploration libre des idées », notamment à travers un atelier qui se tient ce lundi 30 octobre intitulé : « discussion sur des sujets inhabituels ». Chaque idée mérite d’être réfléchie, chaque question mérite d’être posée et débattue. Par exemple : la sirène est-elle un mammifère ou un poisson? Malgré l’apparente étrangeté de cette question, elle nous amène à réfléchir quant à notre perception du monde et la façon dont nous le catégorisons. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Les étudiants partagent leur point de vue sur les projets des autres et reçoivent des pistes de réflexion sur le leur, qu’il soit artistique, axé sur la science, la sociologie, la phénoménologie ou pluridisciplinaire »</p>
</blockquote>



<p><strong>Ancrer son imaginaire dans des rencontres</strong></p>



<p>Le Building 21 offre des moments de rencontres avec des invités de tous les horizons, dont la politique, avec notamment une rencontre avec le délégué général du Québec, qui y a expliqué comment faire son entrée en diplomatie. Un des seuls résultats escomptés au Building 21 est un changement d’état d’esprit, de façon de penser. Dans ce lieu où les notes et l’obligation de fournir des résultats concrets et tangibles sont abolies, la seule attente véritable est l’apprentissage : l’apprentissage de soi-même, d’autrui, du monde qui nous entoure et du monde tel qu’il pourrait être. </p>



<p><strong>Collectifs étudiants : collaboration et engagement</strong></p>



<p>Des collectifs étudiants sont également présents au Building 21 et tendent à s’y impliquer davantage. C’est notamment le cas de la Collation, le collectif de poésie francophone de McGill. Il est important de souligner que les membres des collectifs étudiants doivent s’impliquer dans la communauté du Building 21. C’est-à-dire participer à des <em>lighting sessions</em> une fois par semaine, entre autres. Un exemple de collaboration créative réalisée au Building 21 a été la traduction musicale et numérique d’un poème écrit dans le cadre d’un atelier de la Collation. Comme me l’indique André, coordinateur de la Collation, le Building 21 permet d’appuyer les collectifs à qui l’Université offre moins de soutien, en leur offrant de nouvelles opportunités, ainsi que la création d’un véritable réseau.</p>



<p><strong>Bourses et soutien</strong></p>



<p>Afin d’encourager les étudiants, le Building 21 a mis en place en 2018 la bourse BLUE (<em>Beautiful Limitless Unconstrained Exploration</em>, Belle Exploration Illimitée et Sans contraintes, <em>tdlr</em>). À hauteur de 3 000 dollars canadiens, elle est accordée aux étudiants montrant un fort engagement dans la communauté afin qu’ils puissent aller jusqu’au bout de leur processus de réflexion et de réalisation de leur projet sans contraintes financières. Cette dernière est ouverte à tous les étudiants membres du Building 21, peu importe leur nationalité. </p>



<p><strong>Un objectif d’expansion du projet</strong></p>



<p>Les codirecteurs du Building 21 partagent des objectifs d’expansion, sans compromettre l’échelle humaine de la communauté. Ils souhaitent ainsi en préserver l’essence : l’attention personnelle qui est intimement liée au nombre restreint d’étudiants. L’idée est de multiplier le principe du Building 21 dans le monde, en conservant ses valeurs tout en l’adaptant aux conditions et aux préoccupations locales, et prévoir par la suite des mises en relation entre les diverses institutions. Des échanges entre universités sont également envisagés, notamment avec l’Université Catholique de Lille, avec qui le codirecteur est actuellement en contact. Chaque pays apporte en effet sa façon de percevoir le monde. En créant des échanges entre des instituts créatifs, c’est une collectivité qui se mettra en marche vers des solutions aux enjeux politiques, sociaux, économiques ou encore écologiques. L’objectif du Building 21 est de permettre aux étudiants de partager leurs connaissances, d’apprendre d’autres cultures. De ce fait, en rencontrant, en débattant, en acceptant l’inconnu, ils n’affrontent pas l’incertitude de l’avenir mais seront capables de le créer.</p>



<p><strong>Un appel à la créativité</strong> </p>



<p>Cette semaine, des ateliers et événements ouverts à tous invitent chacun à découvrir ce « laboratoire inversé », qualifié de « <em>home away from home </em>» (second chez-soi, <em>tdlr</em>) par le Professeur Dyens. Si cela vous intéresse, passez la porte verte, laissez vos souliers à l’entrée et trouvez votre place dans cet espace d’innovation.</p>



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		<title>Cordes : trois frères, trois inconnus, un absent</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/09/18/cordes-trois-freres-trois-inconnus-un-absent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tess Guillou]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Sep 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[frères]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=55866</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une traversée au fil des liens familiaux.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Présentée au Théâtre de La Licorne depuis le 9 septembre, la pièce de théâtre <em>Cordes</em> nous dépeint l’histoire de trois frères, qui s’embarquent dans un voyage des plus tumultueux. Avec l’insistance de leur père, voltigeur connu qu’ils n’ont plus revu depuis leur enfance, ils se rendent à son dernier numéro : une traversée sur un fil tendu entre deux tours. </p>



<p>On y retrouve Peter, l’aîné cherchant à se défaire du modèle paternel et à se construire une vie stable et Paul, bavard farfelu souffrant de son statut d’enfant du milieu. Enfin, Prince, le petit dernier à l’allure décontractée, est en couple avec la mystérieuse Andrea — au grand dam de son frère aîné. Leur périple s’annonce dès lors chaotique. C’est sans compter quelques secrets, une once de rancœur, une pointe de jalousie et une bonne dose de retenue.</p>



<p><em>Cordes.</em> Un nom évocateur pour une pièce qui traite des liens familiaux, ces liens qui se tordent, se distendent, s’entremêlent, et parfois, se rompent. Ces liens dont nous sommes tous les détenteurs, à l’image de Peter, Paul et Prince. Des garçons qui ont grandi en l’absence de leur père, des hommes qui se sont forgés en l’absence de leurs frères. Des personnages hauts en couleurs, poignants, uniques, vulnérables.</p>



<p>Car derrière leur carapace, leurs tics et leurs mimiques se cachent des émotions profondes, des doutes, des regrets, des peurs. Des blessures qui demeurent et qu’ils croient nécessaire de dissimuler. Des blessures illustrées par des instants suspendus, où se croisent français et espagnol, souvenirs d’enfance et traumatismes, des monologues hors du temps dont la metteure en scène est à l’origine.</p>



<p>Cet ajout ingénieux nous plonge dans l’univers intérieur de chaque personnage, les dévoilant petit à petit et; nous rapprochant d’eux. Car oui, cette pièce est à la fois une traduction et une adaptation, qui conserve certaines répliques en espagnol, nous permettant de mieux comprendre les origines des personnages, de rendre les émotions plus authentiques. Comme me l’a si bien témoigné la metteure en scène Margarita Herrera Dominguez, ce mélange linguistique nous permet de « sortir de l’exotisme de l’Amérique latine », en abordant des thèmes qui nous touchent tous et dont pourtant, il n’est pas simple de discuter. Des thèmes actuels, issus du « plus profond des quartiers », tel que me l’a confié Victor Cuéllar, l’acteur jouant Prince. Comment oser dire à son père qu’il ne nous « voit pas »? Comment exprimer le manque, cette impression de ne pas être « assez »? Comment supporter le poids, la certitude de ne jamais parvenir à ressembler à ceux qui sont nos modèles? Comment se relever, sans toujours avoir un filet de sécurité?</p>



<p>Avec un décor composé uniquement de blocs et de murs portatifs se dessine sous nos yeux une scène de vie, plus vraie que nature, où chaque détail a son importance. Chaque parole, quand bien même elle semble n’être présente que pour combler le vide, a un poids. Un sens. Cette profusion de détails peut cependant tendre à déstabiliser l’auditoire, à l’éloigner de l’essence même du texte, et des émotions qu’il cherche à traduire.</p>



<p>Parfois, la simplicité permet de mieux transmettre les sentiments, d’apporter une touche de profondeur supplémentaire. Certes, la pièce ne manque pas en émotions, mais les jeux de lumière, de voix et de sons ne doivent pas être au détriment du texte, ni du fil narratif. En effet, en discutant avec des membres de l’audience, certains m’ont avoué avoir perçu une perte de celui-ci à certains moments, ce qui ne fut toutefois pas mon cas.</p>



<p>Entre hilarité et sensibilité, <em>Cordes</em> nous plonge, l’espace d’une soirée, dans une réalité que l’on préfère parfois oublier. Car là réside toute la magie du théâtre : transmettre une vérité par la fiction. Si je peux me permettre de vous conseiller une seule chose : ne partez pas trop vite. Car c’est là que l’on fait les rencontres les plus intéressantes, que l’on s’interroge, que l’on apprend. Alors, prenez le temps et restez un peu plus longtemps dans cette atmosphère chaleureuse et familiale avant de retrouver votre quotidien.</p>



<p><em>La pièce Cordes sera représentée au Théâtre de La Licorne jusqu’au 2 octobre 2024.</em></p>
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