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	<title>Antoine Sorin - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Renaud presque mort, le punk toujours pas</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/26/renaud-presque-mort-le-punk-toujours-pas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Sorin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Jan 2021 13:45:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson française]]></category>
		<category><![CDATA[maison de disques]]></category>
		<category><![CDATA[Pogo Car Crash Control]]></category>
		<category><![CDATA[punk]]></category>
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		<category><![CDATA[Slam Disques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«Mon beauf'», repris par Pogo Car Crash Control chez Slam Disques. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/26/renaud-presque-mort-le-punk-toujours-pas/" data-wpel-link="internal">Renaud presque mort, le punk toujours pas</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Santiagues, punk<em> hardcore</em> et compilation indépendante. Jeans à pattes d’éléphant, blondinets et <em>underground</em> montréalais. Si vous ne voyez pas le rapport, c’est a priori normal: pas évident d’imaginer une chanson de Renaud beuglée par les punks de <a href="https://open.spotify.com/artist/5wPxorJlp9dg5u4l3L3ITD" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Pogo Car Crash Control</a>, encore moins sur un <a href="http://www.slamdisques.com/slamdisques/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"><em>label</em> québécois</a>. Mais alors<span class="has-inline-color has-noir-color">,</span> que s’est-il passé ? Eh bien, il semblerait qu’une curieuse fusion culturelle ait été opérée, une mixture peu rassurante concoctée dans une grosse marmite un peu sale, dont la valeur gustative pourrait paraître incertaine. Et pourtant — il faut l’admettre — on a affaire à du bon bouillon, du très bon bouillon. </p>



<p>Reprenons les choses dans l’ordre. <em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=yZsjbbKTEIE" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Mon beauf’</a></em><strong><span class="has-inline-color has-societe-color"> </span><span class="has-inline-color has-societe-color"></span></strong>sort pour la première fois sur<em> Le retour de Gérard Lambert</em>,<em> </em>cinquième album studio de Renaud, qui paraît au début de la décennie du démon, les années<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">&nbsp;1980</span>, apogée de <em>Partenaire particulier</em> et du télé-achat. Sombre époque, mais au moins, Renaud détestait la police. Il avait un blouson en cuir bien court, un bandana, et une mobylette. Il était antimilitariste, antisystème et anarchiste sur les bords: une sorte de rockeur loubard, punk sans l’être. Noyé dans la fumée avec Gainsbourg et ses copains de <em>Charlie Hebdo, </em>il refaisait le monde sur le plateau de <em>Droit de Réponse</em>, évoluant d’un torrent éthylique à l’autre avec l’aisance d’un saumon d’Alaska, brillant d’authenticité et de fougue<em>. </em>Mais les années — et quelques citernes de <em>Ricard</em> — ont ravi à Renaud sa prime jeunesse. Ex-lanceur de pavés, il a appris à aimer les policiers comme ses frères. Loin derrière lui les années de révolte, il s’est mis à flirter avec la droite, troquant ainsi ses véhémences utopistes pour quelques fossiles. Poivrot oublié au comptoir d’un pub interlope, Renaud n’était plus le scintillant poisson de <em>Laisse béton</em>, mais bel et bien un rorqual tristement échoué au coin du bar.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Le résultat est bluffant: une sorte de mutation radioactive, une interprétation pop-punk d’un morceau marqué par les synthétiseurs et la lumière fuchsia, une décharge d’énergie synaptique qui — étrangement — fonctionne à merveille</p></blockquote>



<p>Mais le 18 décembre 2020 — et c’est là le sujet de notre discussion — le chanteur est soudainement tiré de sa torpeur par des nécromanciens blonds un peu criards.<em> </em>Pogo Car Crash Control<em>,</em> quatuor sous adrénaline et relève du punk bleu-blanc-rouge, injecte une copieuse dose de brutalité à la chanson de<em> </em>Renaud. Le groupe balance le tout vulgairement sur le 13<em>e</em> morceau de <em><a href="https://slamdisqueslabel.bandcamp.com/album/zoo-5-2" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ZOO&nbsp;5</a>, </em>cinquième édition no<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">ë</span>lesque de la compilation de reprises punk rock signée Slam Disques. Le résultat est bluffant: une sorte de mutation radioactive, une interprétation pop-punk d’un morceau marqué par les synthétiseurs et la lumière fuchsia, une décharge d’énergie synaptique qui — étrangement — fonctionne à merveille. «Il lui a fait quatre gosses, pour toucher les allocs, lui fait l’coup d’la nuit d’noces dès qu’elle est plus en cloque». Olivier Pernot, chanteur et guitariste du groupe, dégueule le portrait du<em> Beauf’</em> à la <em>Cabu </em>sur son auditoire: toutes les frustrations les plus profondes sont exorcisées, sauf peut-être celle de ne pas pouvoir se retrouver au milieu d’un <em>mosh-pit</em>, pinte à la main et prêt à se faire disloquer la clavicule. Pour faire une comparaison hasardeuse, on a affaire à quelque chose qui pourrait presque s’apparenter à un morceau de Blink&nbsp;182 ou de Sum&nbsp;41, si ces groupes chantaient en français, et surtout s’ils avaient un jour été en capacité d’écrire de la bonne musique. Les riffs en <em>palm-mute</em> (technique où l’on place la paume de la main sur les cordes de la guitare tout en jouant) donnent envie d’aller skater avec une casquette à l’envers, le format est raccourci d’un couplet pour plus d’efficacité — pas le temps de tergiverser — et la production offre un son massif couplé à la puissance d’une prestation en direct qui — si poussé à fond — vous assurera une dispute avec votre mère. Mention spéciale aux effets de phase sur les guitares<span class="has-inline-color has-noir-color">,</span> qui permettent au morceau de conserver subtilement une part de son essence des années&nbsp;80 sans tomber dans le grotesque. Le morceau est ludique, agressif, punk et diablement bien interprété: tous les qualificatifs nécessaires pour assurer son insertion sans accroc à la scène québécoise, réputée déjantée et populaire. </p>



<p>Alors<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">, </span>que viennent faire Pogo Car Crash Control au Canada? Slam Disques<em> </em>est né en 2002 de l’initiative de Jessy Fuchs, ex-bassiste du groupe de punk rock québécois <em>eXterio</em>. Basé à Verdun (Québec), il met un point d’honneur à promouvoir le rock francophone avec des accompagnements à 360 degrés pour les formations locales, le tout dans le respect d’une éthique 100 % DIY (<em>do it yourself</em>). De la direction artistique à la production, des relations de presse à la réservation en passant par le ménage dans les locaux, la petite équipe composée de Jessy Fuchs, Jo-Anick Lafrance-Bolduc, Geneviève Sirois, Karl Meury, Sébastien Gagné et Charles-Étienne de Villers gère l’intégralité des opérations dans un profond esprit de débrouillardise propre à la scène qu’elle défend. Slam Disques s’impose aujourd’hui avec 40 000 albums vendus, 10 millions d’écoutes en ligne par an, 160 clips produits pour les groupes et plus de 800 concerts: un franc succès dont le Québec peut être fier.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Slam Disques s’impose aujourd’hui avec 40 000 albums vendus, 10 millions d’écoutes en ligne par an, 160 clips produits pour les groupes et plus de 800 concerts: un franc succès dont le Québec peut être fier</p></blockquote>



<p>D’ailleurs, Pogo Car Crash Control n’est pas le seul groupe français à être produit par les agitateurs de Slam Disques et de sa contrepartie <em>Hell for breakfast</em>: non-moins punk, <em>Guerilla Poubelle</em> a également signé chez le <em>label</em> québécois<span class="has-inline-color has-noir-color">,</span> et les deux groupes devaient même passer à Montréal pour deux concerts en avril dernier, le premier dans un lieu autogéré d’Hochelaga dont l’adresse et le nom resteront tus (« <em>ask a punk », </em>comme dit l’adage), et le second<span class="has-inline-color has-noir-color">,</span> le même jour à <em>Turbo Haüs</em>, mythique bar-concert sur Saint-Denis géré entre autres par<em> Sergio</em>, ex-bassiste de<em> Trigger effect</em>. Eh oui, le Canada, pour les groupes français, c’est un peu la terre sainte, et c’est encore plus vrai quand on parle de musique musclée. Plus précisément, au Québec, les jeunes formations hexagonales peuvent conjointement profiter du frisson de la tournée internationale, de la francophonie de la province, et surtout, d’une scène indépendante extrêmement développée. <em>Les guenilles, BIRMANI, Oktoplut </em>et<em> Valérie Vaughn </em>font partie de cet <em>underground</em> montréalais survolté, sans oublier bien sûr <em>Fuck Toute</em>, le groupe de hardcore des ex-<em>Guenilles</em>, véritable dynamite auditive également signée chez Slam Disques dont le deuxième album est en production pour mars. Pour patienter, leur désopilante reprise du morceau de trois secondes <em>You suffer</em> de <em>Napalm Death </em>est sur <em>ZOO&nbsp;5</em>. Vous voyez? C’est ça le bonheur d’une scène soudée: tout est lié.</p>



<p>Dans l’attente de pouvoir aller mettre le feu dans ce qu’il restera des salles montréalaises, je vous invite à aller jeter une oreille à ces quelques reprises, à soutenir financièrement vos artistes locaux si le cœur vous en dit et, surtout, à vous tenir prêt pour la fin de cette crise qui affecte le milieu culturel musical: la scène aura besoin de vous plus que jamais. Enfin, n’oubliez surtout pas: une reprise punk de Renaud sur un label québécois, c’est tout à fait possible et ça défonce des murs à coups de pelle, bien plus que Céline Dion, c’est certain.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/26/renaud-presque-mort-le-punk-toujours-pas/" data-wpel-link="internal">Renaud presque mort, le punk toujours pas</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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