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	<title>Pierre Gugenheim - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Warda, de Québec à Babylone</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/01/23/warda-de-quebec-a-babylone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Gugenheim]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jan 2018 21:36:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Foucault]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre prospero]]></category>
		<category><![CDATA[Warda]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Théâtre Prospero vous propose la Mille-deuxième Nuit.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">À&nbsp;</span>peine assis sur les gradins du Théâtre Prospero, l’écrivaine Anneleen Van Der Bruggen, auteure fictive née irlandaise, nous envoie un monologue en flamand et disserte de la vie en fumant ses cigarettes. À deux mètres à peine du premier rang, on peut dire que ce premier personnage nous cueille à froid. Der Bruggen finit par avoir pitié de nous et s’essaie à l’anglais, puis au français. Multilingue, la pièce nous fait aussi voyager: Bagdad-Paris-Londres-Anvers-Québec en 1h30. «Warda» est une production belgo-québécoise, née de l’association de l’auteur Sébastien Harrisson et du metteur en scène Michael Delaunoy. Réunissant respectivement le directeur de la salle «Le Rideau de Bruxelles» et celui de la compagnie de théâtre <i>Les Deux Mondes</i>, le duo se montre humble par rapport au travail de longue haleine qu’a été «Warda». Ils reconnaissent en effet la pièce, son scénario et sa scénographie comme issus d’une création collective, portée par de puissants interprètes.</p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>Foucault avec un air mondain</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Le spectacle transpose le spectateur à travers le globe, avec un décor minimaliste et efficace, où chaque personnage est doté d’une identité instable. Le seul centre de gravité semble être Jasmin, un jeune businessman québécois constamment en voyage d’affaire. Traversant la vie avec son air de <i>«shark</i>» et ses costumes Oxford, Jasmin fait la rencontre à Londres de Hadi et de son tapis antique. Dès lors, le mystérieux mot «Warda» poursuit l’homme d’affaires à travers ses voyages. La pièce, cousue de cent fils rouges, va alors s’articuler autour de sa quête, autant familiale que spirituelle. Pour comprendre la puissance humoristique de la pièce, on pourrait citer la présence du double-personnage Lilie-Michel Foucault, étudiante en philosophie à la Sorbonne puis incarnation du philosophe français. Donnant un physique attrayant à l’austère académicien, la pièce va aussi servir de porte-voix à son idée de «l’hétérotopie». Dans <i>Des espaces autres</i>, Foucault évoquait en ce terme les espaces concrets qui hébergent l’imagination comme le théâtre par exemple.</span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>Conte d’enfants, histoire d’adultes</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Traitant avec un même humour ravageur les poncifs de Foucault, les tragédies familiales ou le terrorisme —en se rappelant que la pièce avait été écrite en plein contexte des attentats du 13 novembre à Paris et du 22 mars à Bruxelles—, «Warda» ne laisse pas de répit à ses spectateurs. <i>Warda</i>, «rose» en arabe, héroïne de contes babyloniens, motif du tapis qui obsède Jasmin. La création originale de Harrisson et Delaunoy ne se représente qu’une petite vingtaine de soirs au Prospero, on vous la recommande. À priori, c’est le meilleur rapport qualité-prix pour un vol Montréal-Bagdad.</span></p>
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		<title>Clowneries théâtrales</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/10/24/clowneries-theatrales/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Gugenheim]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Oct 2016 01:35:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un rythme effréné, le Players theater donne vie à la pièce 39 steps. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">D</span><span class="s1">u 19 au 28 octobre 2016, le Players Theater nous présente la pièce <i>39 steps</i>, composée d’un quatuor plein de surprise. L’adaptation du polar éponyme de John Buchan (1915), sous la direction d’Oscar Lecuyer, est animée — c’est le moins que l’on puisse dire — par Thomas Phipps, Jocelyn Wiesmann, Frédérique Blanchard et Ben Meyer-Goodman. À vrai dire «interprétation (très) libre» conviendrait mieux à ce pastiche d’espionnage de l’Amérique du Nord à l’Écosse, à ces une heure et demi d’absurdité et d’accents résonnant bien faux. La large équipe impliquée en coulisse aide à la création de ce microcosme policier bidon, dont on désespère de ne pas trouver d’équivalent francophone (vous avez dit Hubert Bonisseur de La Bath?). </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Alfred se retourne dans sa tombe</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Histoire d’amour, trahison, péripéties, course-poursuite et danger de mort, le quatuor pousse les clichés jusqu’au grinçant, sur fond de musique jazz d’ascenseur. Si l’on est forcé de reconnaître l’impressionnant travail fait par la large équipe en coulisse, on ne peut qu’admirer l’énergie des acteurs. Ceux-ci ont </span><span class="s3">réussi à parfaitement s’approprier l’espace du Players Theater (la «boîte noire») et y évoluent avec une grande aisance. Une mention particulière doit être faite à Meyer-Goodman et Blanchard, se répondant dans un concours de celui qui incarnera le plus de personnages hauts en couleur, de mimiques, de voix contrefaites. Ce dernier nous avoue d’ailleurs, après la représentation, qu’il aurait aimé jouer une dizaine de rôles supplémentaires, histoire de bien achever sa crise cardiaque et notre crise d’épilepsie. Coup de poignard permanent à l’œuvre de Hitchcock, la traîtresse pièce joue les francs-tireurs en livrant une relative cohérence, un rythme d’enfer et une certaine fraîcheur. C’est d’ailleurs le thème récurrent au Players Theater, et qui se reflète dans ce casting d’acteurs que l’on a pu notamment retrouver au <i>Directors’ Festival</i>: la proximité avec le public, la réinvention de l’espace utilisable, du réalisme, avec toujours une frontière ténue entre l’histoire construite et la «<i>private joke</i>». On retrouve donc dans <i>39 Steps</i> ce qui fait les avantages et défauts du théâtre amateur. </span></p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>Le théâtre jeune</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s3"><i>39 Steps </i>est puissamment original, et relève bien le défi central du théâtre amateur: rapprocher les jeunes de cet art classique, ne pas ennuyer avec des messages et symboliques alambiqués; en un mot rester les pieds sur terre tout en innovant profondément. </span></p>
<p class="p5"><span class="s3">La pièce brise clairement le quatrième mur, dans le pur jus d’un humour anglais grotesque. En ce sens, elle tombe également parfois dans l’excès. Une partie «ventre mou» alourdit un peu la pièce vers son milieu, et la représentation intimiste parfois relève plutôt de la blague entre amis. <i>39 steps</i> s’apparente à un spectacle de clowns bien surprenant, qui ne vise pas à développer une grande morale, ni même une histoire très structurée. <i>Le Délit</i> y retournera pour s’en faire une idée plus claire, vous venez avec nous? «Je vous en servirai un </span><span class="s5">ramequin, vous vous en ferez une idée». Vive le théâtre mcgillois!&nbsp;</span></p>
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		<title>De l’humanité chez les monstres</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/10/18/de-lhumanite-chez-les-monstres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Gugenheim]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Oct 2016 14:12:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La pièce Terminus nous fait visiter les recoins sombres de l’âme humaine.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><i>T</i></span><span class="s1"><i><span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span>e</i></span><i>rminus</i> est la dernière création de la compagnie La Manufacture, présentée au café-théâtre de la Licorne. Inspirée par le texte éponyme de Mark O’ Rowe, elle nous transporte dans le cadre industriel de Dublin et le sombre extraordinaire de ses environs. Michel Monty nous livre ici une pièce puissante, de celles qui nous mettent une claque et dont la marque reste. Il y dirige Martine Francke, Alice Pascual et Mani Soleymalou, un trio au langage fleuri qui illumine de sa verve la comédie noire. Insultes, argot et poésie nous dépeignent une «violence esthétique» qui ne finit jamais aseptisée, un bousculement des sens qui dépasse largement les 1h45 du spectacle et ses quatre murs.</p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>L’abécédaire du glauque</b></span></p>
<p class="p5">Une femme ayant la quarantaine, à la vie ratée, une jeune dépressive et un psychopathe façon «loup solitaire», ou A, B, et C — pour bien finir de les réifier — sont trois «enfants seuls».<i> Terminus</i> est la dernière station de ces vies monotones marquées par un grand gouffre affectif. C’est en fait l’Autre qui pose problème chez eux, par son manque de compassion ou son hostilité. Corrosive de par son originalité, la pièce surprend par son grand respect des règles classiques de l’unité théâtrale: en 24 heures ces personnages confrontés au glauque et à l’ultra-violence, à la mort et à l’extraordinaire, vont s’entrecroiser à un rythme infernal. Femmes esseulées, faux amis, masse passive, âme damnée, anges de la mort, l’univers onirique et symbolique de Rowe crée bien des rencontres dans la journée décisive de ces trois <i>freaks</i> que la dureté du monde extérieur a trop bousculé mais qui restent très humains dans leur travers. Par-delà le Bien et le Mal, <i>Terminus</i> nous inculque la vertu de trouver du beau dans le lugubre et de poursuivre des «croisades inutiles». A, B et C se réincarnent en Cyrano de Bergerac en puissance, parce que «c’est bien plus beau lorsque c’est inutile».</p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Réconcilier les contradictions</b></span></p>
<p class="p5">Du réalisme urbain froid au fantastique tiré par les cheveux, de la poésie dans le sordide, du rire dans la violence insoutenable, et des monstres bien humains: voici ce que nous offre la pièce. La dernière contradiction de <i>Terminus </i>est certainement d’être, dans son originalité immense, la quintessence de la scène montréalaise: un théâtre très contemporain et vivant, profondément engagé sur des thématiques sociales et qui vise à bien plus que divertir son spectateur. <i>Terminus</i> est l’histoire de trois enfants seuls d’Oxmo Puccino, «le cœur meurtri, meurtrière est leur jalousie — l’enfant seul se méfie de tout le monde, pas par choix, par dépit — pense qu’en guise d’ami son ombre lui suffit». Ce sont des marginaux bourrés de travers dans lesquels nous pouvons tous nous reconnaître; les sept péchés capitaux à qui on donnerait l’absolution. Ce sont Garcin, Inès et Estelle du <i>Huis Clos</i> de Sartre, mais qui ont poussé la porte en se réconciliant avec eux-mêmes et autrui.</p>
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