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	<title>Natacha Papieau - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>COP15 : Bon COP, Bad COP?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/01/11/cop15-bon-cop-bad-cop/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Natacha Papieau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jan 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[COP15]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un accord «historique» qui déçoit tout de même.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/01/11/cop15-bon-cop-bad-cop/" data-wpel-link="internal">COP15 : Bon COP, Bad COP?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">En décembre dernier, tous les yeux étaient rivés sur notre métropole qui a accueilli un <a href="https://www.cbd.int/doc/c/dae1/84c2/01b2db1667ce65086e30389a/cop-15-inf-02-en.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">nombre record</a> de délégué·e·s pour une Convention sur la diversité biologique (CBD) des Nations Unies. D’abord prévue à Kunming en Chine mais reportée en raison de restrictions sanitaires, la deuxième partie de la 15<em>e&nbsp;</em>Conférence des parties sur la biodiversité, la COP15, a permis l’adoption d’un nouveau cadre sur la protection de la biodiversité. L’accord Kunming-Montréal présente quatre objectifs et 23 cibles, ainsi qu’une série de documents connexes quant à leur mise en œuvre et au suivi des progrès réalisés.</p>



<p>Dans son <a href="https://ipbes.net/global-assessment" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">rapport</a> sur la biodiversité et les services écosystémiques, l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) indique que 85% des zones humides, 75% de la surface terrestre et 66% des environnements marins sont considérablement altérés ou perdus. Une <a href="https://portfolio.earth/wp-content/uploads/2021/01/Bankrolling-Extinction-Report.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">part importante</a> de la perte de biodiversité est due à des pratiques commerciales non durables financées par des banques et des investisseurs et est alimentée par une demande croissante de la production mondiale. Il faut rappeler qu’une grande partie de notre économie repose sur les ressources naturelles : plus de <a href="https://www3.weforum.org/docs/WEF_New_Nature_Economy_Report_2020.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">44 000 milliards de dollars</a> de création de valeur économique annuelle, soit plus de la moitié du PIB mondial, dépendent des services fournis par la nature. Les parties devaient donc proposer des cibles à la hauteur de ces enjeux.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« La cible de 30% de protection d’ici 2030 au niveau mondial est la principale raison de célébrer l’accord Kunming-Montréal, même s’il n’est pas parfait »</p>
</blockquote>



<p>Malgré ses failles, le <a href="https://www.cbd.int/article/cop15-cbd-press-release-final-19dec2022" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">cadre adopté</a> contient des éléments concrets comme la protection et la gestion effective d’au moins 30% des terres et des océans d’ici 2030, le fameux 30x30, un objectif de restauration de 30% des écosystèmes dégradés ainsi que la réduction des subventions gouvernementales néfastes de 500 milliards de dollars par an. L’accord conclu respecte aussi les droits et savoirs des peuples autochtones, octroie la participation «<em>pleine et entière</em>» des femmes dans les prises de décisions liées à la biodiversité et exige de rapporter l’impact du secteur privé sur la biodiversité.</p>



<p>Avec ce nouveau cadre mondial, les parties reconnaissent qu’il est urgent de freiner la destruction des écosystèmes et d’inverser le déclin de la biodiversité. En effet, le <a href="https://www3.weforum.org/docs/WEF_New_Nature_Economy_Report_2020.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">taux d’extinction</a> actuel est des dizaines à des centaines de fois supérieur à la moyenne des 10 derniers millions d’années – et il s’accélère. Toutefois, les parties ont-elles su répondre à l’ampleur du défi et faire preuve d’une réelle ambition pour la prochaine décennie?</p>



<p><strong>Des négociations longues et ardues</strong></p>



<p>Le cadre sur la biodiversité a fait l’objet de multiples rencontres. En juin dernier, le cadre brouillon avait <a href="https://ici.radio-canada.ca/recit-numerique/5002/cop15-mots-avenir-biodiversite-crochets?utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter&amp;fbclid=IwAR29wx4F-GIr_M0c-LpgqCrFaSvAv4yWYFXbONsQwoFKwvO0AdztRuHnjO4" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plus de 1800 crochets</a>, c’est-à-dire des mots ou phrases qui ne font pas l’objet d’un consensus auprès des parties. Plusieurs séances de travail ont permis de simplifier le texte et de réduire ce chiffre à un peu plus de 900 avant le début de la COP15 à Montréal. Cela dit, cela représentait encore 80% du texte sujet à débat. Trois jours avant la fin des négociations, il restait encore plus de 700 crochets sur lesquels s’entendre. Ce manque d’ambition et de volonté de la part des délégué·e·s a été <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2022-12-16/cop15-sur-la-biodiversite/des-jeunes-pressent-les-pays-de-surmonter-leurs-desaccords.php?utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=linkedin&amp;fbclid=IwAR1QevK_i_cocq3XaNqHdC9Jn_i8ywTdfF0sbNaQCtTQzgi7X2FYqOA7DZU" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dénoncé</a> par le G<em>lobal Youth Diversity Network&nbsp;</em>lors d’une action éclair en face d’une salle de négoces.</p>



<p>Plusieurs pays en développement, à l’initiative du Brésil, ont aussi quitté la rencontre dédiée au financement du cadre mondial. Ils exigeaient que les pays du Nord Global investissent de façon plus significative afin de donner au Sud les moyens de financer les initiatives de protection et de verdissement de leur économie à hauteur d’au moins <a href="https://www.reuters.com/business/environment/china-urges-action-ministers-meet-un-nature-summit-2022-12-15/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">100 milliards</a> de dollars par an. Selon eux, le Nord a presque fait dérailler l’accord en refusant de considérer les demandes et propositions du Sud, alors que les pays développés jouent un rôle éminent dans la crise de la biodiversité et ont des moyens plus élevés pour y pallier.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">«Les dynamiques de pouvoir Nord-Sud continuent de diviser alors que chaque État tente de défendre ses intérêts personnels»</p>
</blockquote>



<p>Pour d’autres délégations, <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2022-12-14/cop15-sur-la-biodiversite/le-bresil-ne-negocie-pas-de-bonne-foi-deplore-le-ministre-guilbeault.php?fbclid=IwAR2fL0JrKTazCpnQ0NG0JvAR1uO358dPBqfweRpZiYE6Y6lPXlMZwXvz2wk" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">comme celle du Canada</a>, ce seraient plutôt les négociateurs·rices du Brésil<br>qui ont fait preuve de mauvaise foi. Plusieurs les accusent de représenter les intérêts du président sortant, Jair Bolsonaro. Pourtant, le président élu, Luiz Inácio Lula da Silva, soutient la demande de financement plus élevé dans une <a href="https://www.theguardian.com/environment/2022/dec/15/cop15-lula-calls-on-rich-nations-to-give-more-to-protect-earth-ecosystems-aoe" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">lettre</a> adressée au Secrétariat de la CBD. Ici, comme pour d’autres sujets de négociations, les dynamiques de pouvoir Nord-Sud continuent de diviser alors que chaque État tente de défendre ses intérêts personnels.</p>



<p>La COP15 a tout de même pu démontrer qu’il pouvait y avoir une saine collaboration entre des pays dont les intérêts sont très différents sur la scène internationale, comme le Canada et la Chine. Cela montre que des canaux de communication ouverts peuvent permettre d’élever l’ambition générale face aux défis actuels tels que la protection de la biodiversité. Certain·e·s diront toutefois que plusieurs pays n’ont pas été entendus : la République Démocratique du Congo <a href="https://enb.iisd.org/un-biodiversity-conference-oewg5-cbd-cop15-daily-report-18dec2022" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">avait émis des réserves</a> lors de la séance à huis clos sur l’adoption du cadre, mais en l’absence d’objection formelle, la série d’accords a été approuvée par voie de consensus.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">«Le précédent cadre adopté à Aichi en 2010 était venu à échéance en 2020, et aucune de ses cibles n’avait été atteinte. Avec des objectifs «peu chiffrés» et sans indicateurs standardisés, il était difficile d’encourager les efforts de protection et d’en suivre les progrès»</p>
</blockquote>



<p><strong>Quels engagements pour les gouvernements?</strong></p>



<p>La cible de 30% de protection d’ici 2030 au niveau mondial est la principale raison de célébrer l’accord Kunming-Montréal, même s’il n’est pas parfait. Si la France a <a href="https://www.ecologie.gouv.fr/aires-protegees-en-france#:~:text=En%20France%20m%C3%A9tropolitaine%20et%20dans,maritimes%20sous%20juridiction%20et%20souverainet%C3%A9." target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">déjà atteint</a> cette cible, la grande majorité des pays en sont très loin. Par exemple, le Canada a encore du chemin à faire : seuls 13,5% de la zone terrestre et 13,9% de la zone marine sont protégés <a href="https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/reserves-nationales-faune/base-donnees-aires-protegees-conservation.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">à travers le pays</a>. Il reste à déterminer quelles seront les actions concrètes du fédéral quant à sa mise en œuvre et dans quelle mesure les communautés locales seront impliquées. Le suivi et la surveillance des progrès (ou détériorations) seront clés, et la société civile jouera un rôle primordial pour s’assurer que le tout soit réalisé de façon éthique et respectueuse.</p>



<p>Le précédent cadre adopté à Aichi en 2010 était venu à terme en 2020, et aucune de ses cibles n’avait été atteinte. Avec <a href="https://ici.radio-canada.ca/recit-numerique/5002/cop15-mots-avenir-biodiversite-crochets?utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter&amp;fbclid=IwAR29wx4F-GIr_M0c-LpgqCrFaSvAv4yWYFXbONsQwoFKwvO0AdztRuHnjO4" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">des objectifs « peu chiffrés »</a> et sans indicateurs standardisés, il était difficile d’encourager les efforts de protection et d’en suivre les progrès. Le <a href="https://www.cbd.int/article/cop15-cbd-press-release-final-19dec2022?fbclid=IwAR2S7oQR2mc0JpwOkSJtmg-IoXqS6Xj8oYy1oCLWbs-DzXlShcgFizokL4M" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">nouveau cadre</a> a tout de même moins d’objectifs chiffrés que souhaité initialement : «&nbsp;<em>réduire progressivement&nbsp;</em>» ou «&nbsp;<em>augmenter significativement&nbsp;</em>» telle ou telle pratique, c’est bien beau, mais comment déterminer ce qui est significatif ou progressif ? C’est une déception de voir les mêmes erreurs, responsables en partie de l’échec du précédent cadre, se reproduire. Heureusement, ce n’est pas le cas de tous les objectifs, mais d’une certaine manière, mettre des chiffres peut aussi amener son lot de questions : si l’on protège ou régule les pratiques de 30%, que se passe-t-il avec les 70% restants?</p>



<p>Parmi les annonces phares, le Secrétariat de la CBD a mandaté le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) d’établir un nouveau fonds pour soutenir la mise en place du cadre mondial. On y prévoit aussi la mobilisation, d’ici 2030, d’au moins <a href="https://www.cbd.int/article/cop15-cbd-press-release-final-19dec2022?fbclid=IwAR2S7oQR2mc0JpwOkSJtmg-IoXqS6Xj8oYy1oCLWbs-DzXlShcgFizokL4M" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">200 milliards</a> de dollars par an en financement lié à la biodiversité, provenant tant du secteur public que du secteur privé. En effet, l’objectif de protection de 30% des territoires terrestres et marins d’ici 2030 engendrerait des <a href="https://www.cbd.int/doc/c/d6df/7cc2/0fe75538dc7109ed9d866c9f/sbi-03-inf-47-en.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">coûts astronomiques</a> qui ne pourraient être uniquement soutenus par les gouvernements. Toujours est-il que ces 200 millions restent nettement insuffisants pour combler le déficit de financement actuel de la biodiversité, évalué à <a href="https://www.cbd.int/article/cop15-cbd-press-release-final-19dec2022?fbclid=IwAR2S7oQR2mc0JpwOkSJtmg-IoXqS6Xj8oYy1oCLWbs-DzXlShcgFizokL4M" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">700 milliards</a> de dollars par an.</p>



<p>Sur le plan des actions gouvernementales, la <a href="https://www.cbd.int/article/cop15-cbd-press-release-final-19dec2022?fbclid=IwAR2S7oQR2mc0JpwOkSJtmg-IoXqS6Xj8oYy1oCLWbs-DzXlShcgFizokL4M" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">cible 18</a> consiste à «&nbsp;<em>éliminer, supprimer progressivement ou réformer les incitatifs, y compris les subventions nuisibles à la biodiversité […] en les réduisant substantiellement et progressivement d’au moins 500 milliards de dollars américains par an d’ici 2030&nbsp;</em>(<em>tldr</em>) ». Actuellement, plus de <a href="https://www.businessfornature.org/news/subsidy-reform" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">1800 milliards de dollars</a> d’argent public sont octroyés chaque année en subventions pour des pratiques néfastes pour la biodiversité. La plus grande portion est accordée à l’industrie pétrolière, suivie de près par le secteur agricole. Le libellé traitant explicitement des subventions de pratiques non durables accordées à l’agriculture et à la pêche a toutefois été <a href="https://www.reuters.com/business/environment/cop15-nature-summit-snag-money-matters-30-conservation-goal-2022-12-15/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">supprimé</a>. Pourtant, ces deux secteurs font partie des <a href="https://ipbes.net/global-assessment" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">principaux moteurs</a> de la perte de biodiversité dans le monde. Où est donc passée l’ambition des gouvernements?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">«Si près de la moitié des entreprises ont pris des engagements pour la nature, seulement un tiers d’entre elles ont mis en place des mesures pour les respecter au cours de la dernière année »</p>
</blockquote>



<p><strong>Les entreprises font leur entrée officielle à la COP15</strong> </p>



<p>Constat similaire du côté du milieu des affaires. En 2019, les institutions financières ont investi plus de <a href="https://portfolio.earth/wp-content/uploads/2021/01/Bankrolling-Extinction-Report.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">2600 milliards</a> de dollars dans des secteurs responsables de la destruction des écosystèmes. Les investissements dans les industries pétrolière, minière, forestière et agricole – des industries de plusieurs milliards de dollars – encouragent ces dernières à accroître leurs propres activités, au détriment des écosystèmes, de la biodiversité et des populations locales. Si ces industries continuent d’être financées par le public et le privé, sans conditions et sans transparence, elles ne changeront pas leurs pratiques et comportements destructeurs. Leur présence à la COP15 est <a href="https://www.foei.org/publication/corporate-capture-nature-of-business-report/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">vivement critiquée</a>, et avec raison, considérant leur responsabilité dans la crise de la biodiversité et leur lobbying agressif pour apporter de fausses solutions.</p>



<p>Les entreprises et institutions financières se disent malgré tout prêtes à favoriser les initiatives avec des retombées positives pour la nature. Une <a href="https://www.cbd.int/article/cop15-finance-and-biodiversity-day" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">journée dédiée</a> à la réconciliation de la finance et de la biodiversité a abouti à un <a href="https://prod.drupal.www.infra.cbd.int/sites/default/files/2022-12/PlanForAction-FinanceDay-COP15%28rev1-1%29.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plan d’action</a> pour aligner les investissements au cadre mondial et transformer le paysage financier en un espace plus inclusif et bénéfique aux initiatives qui protègent et régénèrent les écosystèmes dégradés. <a href="https://www.unepfi.org/themes/ecosystems/cop15statement/?fbclid=IwAR3yuV1cO-r3-8IemUPkhrmbgFHeL2tfTqj5XTxvRWjGsxFJKPVIh28yZ6U" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">150 institutions financières</a> appelaient d’ailleurs les parties présentes à la COP15 à adopter un cadre ambitieux qui établirait un mandat clair pour l’alignement des flux financiers avec la préservation de la biodiversité mondiale. </p>



<p>Ces institutions demandaient aussi des <a href="https://www.ifrs.org/news-and-events/news/2022/12/issb-describes-the-concept-of-sustainability/?fbclid=IwAR0PBIXrVkI1mWubyLZG18vZdvCKeC7qkWyNPsuuy0leuX8Wu22ac_3zBdk" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">lignes claires</a> quant à l’évaluation et à la divulgation des impacts et dépendances liés à la nature pour passer d’un paysage de divulgation actuellement fragmenté vers un langage commun mondial de divulgation financière liée à la durabilité. Cependant, les parties ont retiré le caractère «obligatoire» des exigences de divulgation pour les grandes entreprises et multinationales dans la cible 15. C’est une opportunité manquée, dont les conséquences ne sauraient être correctement mesurées. En effet, <a href="https://www.weforum.org/agenda/2022/12/what-governments-must-agree-at-biodiversity-cop15-to-accelerate-business-action-on-nature/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">si près de la moitié</a> des entreprises ont pris des engagements pour la nature, seulement un tiers d’entre elles ont mis en place des mesures pour les respecter au cours de la dernière année. </p>



<p><strong>Une reconnaissance mais pas de protection pour les communautés autochtones</strong></p>



<p>Les COP accordent <a href="https://unfccc.int/about-us/unfccc-archives/the-unfccc-archival-exhibition/unfccc-story-civil-society" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">de plus en plus</a> de place à la société civile, particulièrement aux groupes de femmes, aux groupes de jeunes, ainsi qu’aux communautés locales et autochtones, qui peuvent assister aux plénières. Même en dehors des négociations formelles, leur participation est une opportunité d’échanger sur leurs expériences avec d’autres groupes, de s’entretenir avec les délégué·e·s, et d’augmenter leur visibilité et leur traction <a href="https://www.quebecscience.qc.ca/sciences/cop-15-autochtones-veulent-etre-entendus/?doing_wp_cron=1671275270.3453850746154785156250&amp;fbclid=IwAR1jPewyMtUL0Rncky7g89BEilYQJXKwAF51BpLff9wpdOU1Y4i2uvwx1_M" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">auprès des décideurs·euses</a>.</p>



<p>Tout au long des <a href="https://www.cbd.int/article/cop15-cbd-press-release-final-19dec2022?fbclid=IwAR2S7oQR2mc0JpwOkSJtmg-IoXqS6Xj8oYy1oCLWbs-DzXlShcgFizokL4M" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">documents approuvés</a>, est soulignée la nécessité de favoriser les contributions pleines et efficaces des femmes, des jeunes, des organisations de la société civile, et particulièrement des peuples autochtones et des communautés locales. Considérant que les terres habitées par les peuples autochtones contiennent <a href="https://www.iisd.org/system/files/2022-04/still-one-earth-Indigenous-Peoples.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">80%</a> de la biodiversité mondiale restante, les droits et savoirs des communautés locales et autochtones doivent être au centre des considérations et des efforts de protection.</p>



<p>Malheureusement, ici comme ailleurs, la protection des droits autochtones laisse à désirer, et plusieurs demandes des communautés <a href="https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1942392/biodiversite-montreal-onu-entente" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">n’ont pas été retenues</a> dans l’accord final. Si l’objectif du 30x30 a réussi à s’imposer, il a été <a href="https://www.greenpeace.org/canada/fr/communique-de-presse/55922/la-cop15-reconnait-la-contribution-des-peuples-autochtones-a-la-protection-de-la-biodiversite-mais-ne-desamorce-pas-la-menace-dextinction-de-masse/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dépouillé des critères</a> qui auraient exclu les activités nuisibles au sein des zones protégées. Les communautés autochtones sont <a href="https://www.iisd.org/articles/deep-dive/indigenous-peoples-defending-environment-all" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plus à risque</a> d’en faire les frais : accaparements de terres, perturbation des pratiques traditionnelles, déplacement des communautés, la liste est longue.</p>



<p>La violation des territoires autochtones se produit notamment en Amérique latine. Les <a href="https://www.dplf.org/sites/default/files/report_canadian_mining_executive_summary.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">compagnies minières canadiennes</a>, qui représentent 50% à 70% des activités du secteur de la région, sont responsables de multiples violations envers les communautés locales en plus de la destruction environnementale, comme l’acquisition frauduleuse des terres, le déplacement forcé des communautés, les morts violentes des opposant·e·s aux projets, et l’absence de consentement préalable, libre et éclairé des communautés. Des militant·e·s vont jusqu’à <a href="https://www.journaldemontreal.com/2022/12/09/cop15-des-militants-manifestent-contre-une-mine-canadienne-qui-menace-lamazonie" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">se déplacer</a> au Canada pour dénoncer ces actes illégaux et tentatives d’intimidation. La violence envers les défenseur·e·s du territoire, particulièrement les membres des peuples autochtones, révèle également la vulnérabilité des communautés aux expulsions en raison de l’absence de protection adéquate dans la législation nationale.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="750" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Papineau_Dinanam-Tuxa-oui-750x1000.jpg" alt class="wp-image-50397" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Papineau_Dinanam-Tuxa-oui-750x1000.jpg 750w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Papineau_Dinanam-Tuxa-oui-330x440.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Papineau_Dinanam-Tuxa-oui-768x1024.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Papineau_Dinanam-Tuxa-oui-1152x1536.jpg 1152w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Papineau_Dinanam-Tuxa-oui-1536x2048.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Papineau_Dinanam-Tuxa-oui-scaled.jpg 1920w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px"><figcaption><span class="media-credit">Natacha Papieau</span></figcaption></figure>



<p>Compte tenu de la longue et sombre histoire de l’exploitation minière canadienne, on pourrait s’attendre à ce que le Canada respecte pleinement ses obligations internationales en matière de droits de la personne. Mais comment demander le respect des droits autochtones à l’international quand le pays ne les respecte même pas au sein de ses frontières? Rappelons que si le Canada <a href="https://www.newswire.ca/fr/news-releases/le-gouvernement-du-canada-soutient-la-conservation-de-la-nature-par-les-gardiens-autochtones-avec-un-fonds-de-30-millions-de-dollars-835762802.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">reconnaît</a> le rôle primordial des gardiens autochtones, notamment avec le <a href="https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/patrimoine-naturel/fonds.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Fonds de la nature</a>, et investit dans les <a href="https://www.canada.ca/en/environment-climate-change/news/2022/12/government-of-canada-invests-in-indigenous-led-natural-climate-solutions-across-the-country.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">initiatives autochtones de conservation</a>, il continue d’autoriser et financer des projets destructeurs comme des oléoducs sans même consulter ou obtenir l’accord des communautés.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">«Quand on est sorti·e·s du bâtiment, on s’est fait harceler et intimider par une vingtaine de policiers·ères»</p>
<cite>Ashley Torres, jeune militante et coordonnatrice au Muskrat Collective</cite></blockquote>



<p>Des jeunes délégué·e·s autochtones <a href="https://www.instagram.com/reel/Cl32eagD7Hi/?igshid=NTFlZDUzZmM%3D&amp;fbclid=IwAR3wUL2GA4unw2dnLIM56z5O7ak7pISvFYSEDShNYOMKBNhOV1GAcdxa4ko" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ont d’ailleurs interrompu</a> la déclaration de Justin Trudeau, lors de la cérémonie d’ouverture de la COP15, en jouant du tambour et en chantant pour dénoncer le double discours du Canada. Trudeau les a alors remerciés pour leur intervention et a déclaré que «&nbsp;<em>le Canada est aussi en faveur de la libre expression&nbsp;</em>(<em>tdlr</em>) ». Pourtant, Ashley Torres, qui a participé à l’interruption du discours et qui est coordonnatrice au Muskrat Collective rassemblant des jeunes militant·e·s autochtones, noir·e·s et de couleur, racontait au Délit que «quand on est sorti·e·s du bâtiment, on s’est fait harceler et intimider par une vingtaine de policiers·ères». Les jeunes délégué·e·s ont même été <a href="https://www.instagram.com/p/Cl9Spq8JBi7/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">détenu·e·s temporairement</a> avant d’être suivi·e·s, sans motif, jusqu’à leur lieu de résidence par des membres du corps policier.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Benoit Charette déclarait durant la COP15 ne pas rejeter la possibilité d’empiéter sur le territoire d’espèces menacées pour les projets de développement »</p>
</blockquote>



<p><strong>Le Québec fait piètre figure</strong></p>



<p>Si les annonces du fédéral rendent un constat plus mitigé sur sa performance, le Québec a lamentablement échoué au test de la COP15. Seules la <a href="https://cmm.qc.ca/communiques/protection-des-milieux-naturels-la-cmm-sengage-a-atteindre-30-en-2030/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Communauté métropolitaine de Montréal</a> (CMM) et la <a href="https://montreal.ca/articles/engagement-de-montreal-un-appel-lance-aux-villes-du-monde-pour-la-cop15-39529" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Ville de Montréal</a> ont affiché et démontré de l’ambition avec des actions concrètes pour les prochaines années. Bien qu’aucun autre animal n’ait reçu autant d’attention que le caribou durant la COP15, <a href="https://www.ledevoir.com/environnement/774543/cop15-les-innus-denoncent-l-absence-d-annonces-pour-le-caribou-a-la-cop15" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">aucune annonce</a> n’a été faite par rapport à sa protection par le gouvernement québécois. Les demandes répétées des communautés autochtones n’ont toujours pas trouvé écho au gouvernement. Pourtant, la création d’une aire protégée autochtone <a href="https://www.newswire.ca/fr/news-releases/ensemble-vers-une-aire-protegee-autochtone-au-pipmuakan-le-conseil-des-innus-de-pessamit-devoile-son-projet-au-public-888755970.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">avait été proposée</a> en 2020 par le Conseil des Innus de Pessamit, puis <a href="https://mffp.gouv.qc.ca/documents/faune/especes/RA_Commission-independante-caribous-forestiers-montagnards.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">appuyée</a> cet été par la Commission indépendante sur le caribou forestier mise sur pied par le gouvernement Legault lui-même.</p>



<p>En l’absence de gestes significatifs ou d’une entente avec le Québec sur la protection des espèces en péril, le gouvernement fédéral avait menacé, en avril dernier, d’<a href="https://snapquebec.org/filet-de-securite-enfin-utilise-pour-proteger-le-caribou-forestier/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">imposer un décret</a> pour protéger les dernières forêts qui subsistent dans le but d’assurer la survie du caribou. La situation du caribou, classifié comme espèce menacée depuis 2005, est d’autant plus inquiétante au Québec que certaines populations font face à un <a href="https://mffp.gouv.qc.ca/documents/faune/especes/RA_Commission-independante-caribous-forestiers-montagnards.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">risque d’extinction</a>. Son déclin devrait nous envoyer le signal d’alarme que la foresterie québécoise actuelle ne permet pas de maintenir la biodiversité d’origine de nos forêts boréales. Mais le Québec ne bronche pas.</p>



<p>La Presse révélait par ailleurs que le gouvernement ignore encore <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2022-12-22/quebec-ignore-des-especes-en-peril-et-cache-des-recommandations.php?utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=linkedin&amp;fbclid=IwAR0OtboW6vvr3hoFB2ZqFuxzwDN8rRo9pmu9XQj9Ee0AjHjkRvQntcVMyZE" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">11 recommandations</a> de ses scientifiques et manque de transparence en matière de protection des espèces animales. Même lorsqu’il reconnaît le territoire d’espèces menacées, le Québec n’a que faire de le protéger – et pas juste celui du caribou. Le <a href="https://www.ledevoir.com/environnement/774280/benoit-charette-au-un-droit-d-empieter-sur-l-habitat-d-especes-menacees-que-quebec-souhaite-conserver?utm_medium=Social&amp;utm_campaign=Autopost&amp;utm_source=Facebook&amp;fbclid=IwAR0Z6CdoCMRWiaBVGMn-zC-1j0A6LGcsTu0_0JAPF5q5NuAm3b6Q29UBKAM#Echobox=1670822133" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ministre de l’Environnement</a>, Benoit Charette, déclarait durant la COP15 ne pas rejeter la possibilité d’empiéter sur ces territoires pour les projets de développement jugés intéressants et pertinents. L’entêtement du gouvernement québécois à passer ses projets sans égard pour l’environnement et à rejeter les initiatives constructives proposées met en péril non seulement l’atteinte de ses objectifs, mais aussi la crédibilité du Québec tout entier comme chef de file concernant l’environnement.&nbsp;</p>



<p><strong>Un cadre qu’il reste à mettre en place et à respecter</strong></p>



<p>L’accord Kunming-Montréal est un accord historique visant à protéger la biodiversité au niveau mondial. Il pourrait contribuer grandement à réduire les émissions de carbone, à atténuer les changements climatiques et à offrir aux pays en développement la possibilité de construire des économies vertes axées sur la maximisation de l’utilisation durable des ressources naturelles par leur conservation. Néanmoins, plusieurs questions et critiques demeurent quant au rôle des communautés autochtones, au financement global relativement faible, ainsi qu’au suivi et à la responsabilité pour mettre en place les étapes clés qui mèneront vers l’atteinte des objectifs fixés.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">«La mobilisation continue de la société civile demeure essentielle pour maintenir la pression sur les instances décisionnelles »</p>
</blockquote>



<p>Si des engagements positifs ont été annoncés par les parties, il ne faut pas oublier le problème de fond: nous pensons être détaché·e·s et indépendant·e·s de la nature alors que nous en faisons partie. L’ambition des gouvernements et des entreprises n’est que le reflet de notre propre manque de vision. La population doit continuer à s’éduquer sur les enjeux environnementaux tels que l’écoblanchiment et le nature-positive pour assurer des avancées significatives.</p>



<p>La mobilisation continue de la société civile demeure essentielle pour maintenir la pression sur les instances décisionnelles, tant en matière d’environnement qu’en droit autochtone.</p>



<p><em>La prochaine Conférences des parties sur la biodiversité se tiendra en Türkiye en 2024.&nbsp;</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/01/11/cop15-bon-cop-bad-cop/" data-wpel-link="internal">COP15 : Bon COP, Bad COP?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Le MTELUS fête ses cinq ans</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/16/le-mtelus-fete-ses-cinq-ans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Natacha Papieau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[concerts]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[MTELUS]]></category>
		<category><![CDATA[spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=49927</guid>

					<description><![CDATA[<p>TELUS offrait pour l’occasion un spectacle gratuit.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/16/le-mtelus-fete-ses-cinq-ans/" data-wpel-link="internal">Le MTELUS fête ses cinq ans</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 3 novembre dernier, TELUS offrait un spectacle d’anniversaire <a href="https://www.globenewswire.com/news-release/2022/10/25/2540968/0/fr/Ariane-Moffatt-Valaire-FouKi-Naomi-Les-Louanges-Mike-Clay-et-Marilyne-L%C3%A9onard-TELUS-offre-un-spectacle-gratuit-pour-f%C3%AAter-les-cinq-ans-du-MTELUS.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">gratuit</a> afin de célébrer les 5 ans d’existence du MTELUS, résultat de son <a href="https://www.telus.com/fr/about/news-and-events/media-releases/new-20chapter-begins-in-the-great-history-of-legendary-concert-venue" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">partenariat</a> avec L’Équipe Spectra. La salle de spectacle, située sur la rue Sainte-Catherine, affichait complet avec au programme les artistes Ariane Moffatt, Valaire, FouKi, Naomi, Les Louanges, Mike Clay et Marilyne Léonard. Le spectacle a permis d’amasser <a href="https://www.facebook.com/TELUSfr/posts/pfbid0MmXMC79g9nyQGjCbbvaJL6o1xm3tcd9mgsrA97UtragWVibiSpXMTqQ6S8rZHGAvl" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">10 000$</a> au profit de LOVE Québec, un organisme montréalais qui aide des jeunes à développer leur intelligence émotionnelle et surmonter leurs défis personnels.</p>



<p><strong>Des prestations hautes en couleur</strong></p>



<p>À la suite d’une prestation captivante de Marilyne Léonard en première partie, le spectacle a débuté avec Valaire, un groupe de musique aux influences électro-jazz-hip-hop-rock originaire de Sherbrooke. En plus de présenter ses compositions originales, Valaire a accompagné les artistes invité·e·s tout au long de la soirée. Mike Clay a interprété plusieurs succès de son groupe, Clay and Friends, tels que <em>CNQDL</em> et <em>OMG</em>.</p>



<p>Le chanteur est allé au plus près de ses fans en se laissant porter par la foule sur les airs de <em>Bouge ton thang</em>. Il a eu l’occasion de revenir sur scène plus tard dans la soirée aux côtés d’Ariane Moffatt pour chanter <em>Sunshine</em>. Entre chaque artiste, Luis Clavis (membre de Valaire et animateur improvisé) laissait le public survolté deviner le nom du·de la prochain·e invité·e à monter sur scène à l’aide de jeux de mots et de phrases inusitées. Parmis les invité·e·s, Les Louanges a interprété <em>Chaussée</em> et <em>Pigeons</em>, et FouKi, son single <em>Ciel</em> ainsi que <em>Copilote</em> et <em>Gayé</em>. Ces artistes ont eu l’occasion de présenter leurs chansons et d’enflammer la scène. </p>



<p>Toutes les générations présentes au MTELUS ont eu droit à un spectacle endiablé. Ariane Moffatt a ainsi réjoui ses fans en interprétant <em>Point de mire</em>, grand succès de son premier album solo <em>Aquanaute</em> sorti en 2002 et certifié disque de platine au Québec. Preuve que sa musique est indémodable : ce printemps, elle a lancé <em>Aquanaute 2022</em> en compagnie de jeunes artistes qui revisitent son album mythique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Toutes les générations présentes au MTELUS ont eu droit à un spectacle endiablé»</p></blockquote>



<p><strong>Un anniversaire qui fait écho à son histoire</strong></p>



<p>Le spectacle gratuit offert par Telus n’est pas une nouveauté pour l’établissement. Cinq ans plus tôt, un spectacle gratuit avait lieu, cette fois-ci pour inaugurer le tout nouveau MTELUS. L’établissement avait alors été complètement rénové afin de procurer une nouvelle acoustique et une nouvelle ambiance modernisée à ses spectateur·rice·s. Certains éléments emblématiques du «Métropolis» (ancien nom du MTELUS) ont toutefois été conservés et mis en valeur : les arches du hall d’entrée et de la scène, les moulures, les colonnes, l’architecture. </p>



<p>Cependant le Métropolis n’est pas le seul prédécesseur du MTELUS. Construit en <a href="https://mtelus.com/fr/historique" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">1884</a>, le bâtiment sert de théâtre d’été dès l’année suivante, avant d’être rebaptisé le «Théâtre français » en 1893. Entre 1923 et 1981, le théatre est reconverti en cinéma puis de nouveau en théâtre avant de faire office de cinéma érotique. Après six ans de fermeture, le Métropolis voit le jour jusqu’à son acquisition par l’Équipe Spectra en 1997 qui, depuis lors, perpétue la mission artistique de l’établissement.</p>



<p>Pour connaître les prochains spectacles du MTELUS, visitez <a href="https://mtelus.com/fr." target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">https://mtelus.com/fr.</a> </p>
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		<title>Dix ans plus tard</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/dix-ans-plus-tard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Natacha Papieau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[2012]]></category>
		<category><![CDATA[droits de scolarité]]></category>
		<category><![CDATA[manifestations]]></category>
		<category><![CDATA[Printemps érable]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=48113</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le printemps érable raconté par ceux et celles qui l’ont vécu.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/dix-ans-plus-tard/" data-wpel-link="internal">Dix ans plus tard</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dix ans plus tard, le Québec se souvient et le souffle du printemps érable se fait de nouveau sentir. Alors que de nombreuses associations étudiantes ont voté des grèves cette semaine pour la gratuité scolaire et la justice climatique en commémoration de la plus grande manifestation du printemps érable qui comptait, le 22 mars 2012, entre 100 000 et 200 000 participant·e·s, <em>Le Délit</em> vous raconte la crise étudiante à travers les témoignages de ceux·lles qui l’ont vécue, de près ou de loin.</p>



<p>→ En complément&nbsp;: <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/chronologie-du-printemps-erable/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Chronologie du printemps érable</a></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Il y a bientôt 10 ans jour pour jour, alors que le printemps érable battait son plein, mon école secondaire votait une grève de trois jours à majorité de 91% en soutien au mouvement étudiant. Cela faisait plusieurs semaines que j’arborais fièrement le carré rouge, du haut de mes 13 ans, comme nombre de mes collègues de classe. Nous envisagions déjà notre arrivée sur les bancs d’universités qui allait se faire, pour certain·e·s, plus vieux·illes, quelques années plus tard, et nous avions compris l’importance de nous battre contre la hausse des droits de scolarité. Il en allait de l’avenir de notre éducation. Durant ces trois jours de grève, autour du 22 avril 2012, nous étions des centaines à nous lever à 5h30 et à nous diriger vers les lignes de piquetage, peinture rouge au visage. Toute la matinée durant, nous gardions vaillamment les portes de notre école, avant de nous diriger au centre-ville afin de participer aux manifestations en après-midi. 10 ans plus tard, les souvenirs de ce printemps mouvementé et le son des casseroles sont encore gravés dans ma mémoire»</p><cite>Aymeric L. Tardif, Éditeur Société (Opinion)</cite></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-left is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>&nbsp;«Le printemps érable était super inspirant pour moi. J’étais encore au primaire à l’époque. Je voyais le mouvement des casseroles et je me disais : « Moi aussi, je veux faire du bruit ». C’est peut-être ça, dans le fond, qui m’a encouragée à m’impliquer dans la mobilisation étudiante pour la justice climatique. Les manifs, c’est bien sûr des revendications, mais c’est aussi toute une ambiance. Crier à l’unisson, être en ligne de front, marcher aux côtés de milliers de personnes, c’est assez indescriptible comme sentiment. Tout autour de toi, c’est effervescent, uni et beau. Tu deviens émotionnelle assez rapidement. 2012, c’était aussi ça, et il·elle·s nous ont montré le chemin. Je me souviens d’avoir découpé des ronds verts dans les locaux de Greenpeace en préparation à la manif du 27 septembre 2019, et je me dis que ce ne devait pas être si différent de découper des carrés rouges! Je le vois un peu comme l’héritage du printemps érable pour les jeunes d’aujourd’hui et sur les générations à venir. Une sorte d’appel à la mobilisation, à la défense de nos droits collectifs, à un monde plus inclusif»</p><cite>Natacha Papieau, Coordonnatrice de la correction</cite></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Dans ma banlieue de la Rive-Sud, le printemps érable se faisait moins remarquer : le bruit des casseroles et des grosses manifestations de Montréal ne se rendait pas jusqu’à nous. Ce qui n’est pas pour dire qu’on ne vivait le mouvement qu’à travers la télévision. Pour moi, le printemps érable, c’était des débats échauffés à table entre mon frère, à l’époque étudiant à l’université, et mes parents, qui soutenaient le mouvement, mais s’inquiétaient de l’intransigeance de certains groupes étudiants; c’était aller en famille dans une manifestation dans notre ville rassemblant une cinquantaine de personnes; c’était voir dans <em>Le Devoir</em> une photo de mon frère en train de se faire arrêter; c’était mettre un carré rouge sur mon sac d’école. C’était aussi convaincre une amie de sortir dans la rue taper sur des casseroles, seulement nous deux; par conviction, mais aussi pour le sentiment de contribuer à un mouvement plus grand, même s’il était bien loin de nous»</p><cite>Louise Toutée, Éditrice Société (Enquête)</cite></blockquote>



<p><strong>Les coulisses du mouvement</strong></p>



<p>Le succès de la grève de 2012 a ce qu’il faut pour redonner confiance aux mouvements de contestations étudiants. Cela peut cependant mener à oublier les nombreuses grèves au Québec, étudiantes ou non, qui n’aboutissent à aucun gain concret. On peut penser notamment à la grève du printemps 2015, ou même aux grèves plus récentes pour la justice climatique. Quel a donc été le secret de la grève de 2012?</p>



<p>Pour Martine Desjardins et Joël Pedneault, les raisons de ce succès se trouvent en partie dans une préparation solide qui s’est échelonnée sur les années précédant la grève. «&nbsp;On parle beaucoup de 2012, mais ça a quand même commencé plus tôt », explique Martine Desjardins. Au cours des années précédentes, la FEUQ avait déjà réalisé une étude sur les conditions de vie étudiante à travers les universités, en passant en entrevue des étudiant·e·s de plusieurs&nbsp;universités, tous niveaux d’études confondus. « On a réalisé que ce n’était pas vraiment rose&nbsp;: les étudiants s’endettaient plus que la moyenne canadienne, ils travaillaient plus aussi – 19 heures par semaine, ça n’a aucun sens. Dans ces conditions, on voyait mal comment ils pouvaient faire face à une hausse de 75%. » Le spectre d’une hausse des frais de scolarité planait sur le milieu étudiant bien avant l’annonce officielle du gouvernement en 2011. Joël Pedneault se rappelle une tentative de grève à l’automne 2007 : le gouvernement Charest avait à l’époque annoncé un dégel des frais de scolarité pour une augmentation de 50$ par session pendant cinq ans. Cela soulevait une question évidente&nbsp;: qu’allait faire le gouvernement en 2012, à la fin de la période de cinq ans? « On se doutait bien qu’il n’allait pas regeler les frais de scolarité, raconte Joël. Ça a fait en sorte qu’en 2007, on savait déjà qu’en 2012, il y aurait probablement un autre conflit, une occasion de mettre de la pression sur le gouvernement. Ça nous a donné du temps. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;On parle beaucoup de 2012, mais ça a quand même commencé plus tôt »</p><cite>Martine Desjardins, présidente de la FEUQ en 2012</cite></blockquote>



<p>Ce temps de préparation, les associations l’ont utilisé pour faire tout le travail préalable nécessaire à une mobilisation : faire connaître les associations ; dénicher des leaders étudiant·e·s en regardant au-delà des milieux traditionnels, comme dans les équipes sportives; organiser de petites grèves d’une demi-journée ou d’une journée. «L’idée, c’était de tester nos assemblées générales, de voir quels étaient les bons arguments, les bonnes questions et les bonnes réponses qu’il fallait proposer&nbsp;», explique Martine Desjardins. En effet, il était crucial pour le mouvement étudiant d’adapter le discours aux différents milieux. La mobilisation de l’Association étudiante des cycles supérieurs de l’Université McGill (AÉCSUM), qui était affiliée à la FEUQ, en était un bon exemple. «Encore aujourd’hui, je pense, traiter l’éducation comme un bien commun est quelque chose qui n’est pas très bien compris du côté anglophone. Il fallait donc y aller avec l’enjeu de l’endettement et parler d’accessibilité aux études, et là ça répondait », raconte Martine Desjardins. Finalement, plusieurs actions symboliques ont été organisées pour faire connaître l’enjeu de la hausse des frais de scolarité. À Concordia, une association avait lâché dans un hall de neuf étages <a href="https://thelinknewspaper.ca/article/1000-red-balloons-floating-in-the-hall-building" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">1000 ballons</a> qui avaient flotté jusqu’en haut, pour représenter la hausse des frais. « Ça avait enragé les gens de la sécurité là-bas », se rappelle Martine Desjardins.</p>



<p>Cette planification s’est révélée&nbsp;encore plus précieuse alors que la grève étudiante se mettait en branle. Pour Joël Pedneault, une des raisons du succès de la grève est l’approche méthodique de la mobilisation, approche qui avait pour but d’éviter des moments de démobilisation – comme un gros cégep qui aurait voté contre la grève et qui aurait brisé le momentum. « Il y avait tout le temps un genre de système de calcul, de paliers&nbsp;; c’était cybernétique leur affaire.&nbsp;» Le plan de la FEUQ, explique Martine Desjardins, était de s’assurer d’avoir le plus de facultés en grève le 22 mars. «&nbsp;Il fallait cibler à quel moment les gens partaient en grève. Ceux qui étaient les plus réticents, il fallait les prendre à la fin, pour avoir la force du nombre, raconte-t-elle. L’idée était de préparer le terrain de façon assez cartésienne. Il n’y avait pas grand-chose qui était laissé au hasard. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«On a <em>rebrandé</em> toutes les affaires pour éviter qu’on soit pris dans nos discours idéologiques, parce qu’on ne s’en serait pas sorti autrement»</p><cite>Martine Desjardins, présidente de la FEUQ en 2012</cite></blockquote>



<p>Au-delà de la planification, un des éléments clés, selon Martine Desjardins, a été le pragmatisme du mouvement, qui avait un objectif clair et réaliste. Selon elle, c’est ce qui a manqué au mouvement du printemps 2015, dont les demandes étaient nombreuses et éparpillées. « En 2012, rappelle-t-elle, chacune des associations avait des positions sur la gratuité scolaire, le gel des frais, les indexations&nbsp;; mais elles ont toutes laissé tomber leur positionnement idéologique pour être juste contre la hausse. » Cette alliance entre différentes associations étudiantes n’allait pourtant pas de soi. L’ASSÉ, mouvement à l’origine de la CLASSE, s’était formé en 2005 « pour tuer la FEUQ&nbsp;», qu’elle considérait traître du mouvement étudiant en négociant avec le gouvernement sur l’enjeu des aides financières aux études. Il a donc fallu unifier ces associations aux visions totalement différentes. « Aucun groupe étudiant ne tenait de discours sur la gratuité scolaire, explique Martine Desjardins. C’était un choix réfléchi et stratégique&nbsp;; c’est la même raison pour laquelle on a <em>rebrandé</em> toutes les affaires pour éviter qu’on soit pris dans nos discours idéologiques, parce qu’on ne s’en serait pas sorti autrement.&nbsp;»</p>



<p>Pour Joël Pedneault, le succès de la grève s’explique aussi par le <em>timing</em> de celle-ci, tout autant sur le plan du contexte québécois que du contexte global. « On sentait que la soupe était chaude, que le peuple était prêt à ça. Il y avait comme un genre d’“écoeurantite” par rapport à ce gouvernement libéral. » D’une manière plus large, il juge que la grève des carrés rouges s’inscrivait dans un mouvement mondial. « C’était un peu l’aboutissement d’un cycle, du mouvement altermondialiste, avec la mobilisation de 1999 à Seattle, puis contre la zone de libre-échange des Amériques en 2001, explique-t-il. Ça a fait en sorte qu’il y avait une génération de gens qui, en 2012, avaient à peu près l’âge que j’ai aujourd’hui et qui étaient en mesure de transmettre des connaissances militantes ainsi que l’énergie et la détermination nécessaires à des gens plus jeunes.&nbsp;»&nbsp;</p>



<p><strong>Que reste-t-il du printemps érable?</strong></p>



<p>Pour David Deault-Picard, le fait&nbsp;qu’on n’entende plus parler de hausse de frais de scolarité depuis 10 ans est sans doute la plus grande victoire du mouvement de 2012. «Pour moi, affirme-t-il, c’est le signe qu’on a peut-être un certain consensus autour de ça. Je ne pense pas que l’éducation sera un jour gratuite, mais on a tout de même gardé des frais de scolarité bas dans le contexte nord-américain. En soi, le fait qu’on n’en parle pas, c’est une bonne nouvelle. »</p>



<p>À la suite de l’élection du gouvernement péquiste de Pauline Marois, une entente relative aux droits de scolarité est rendue début 2013 à l’occasion du Sommet de l’enseignement supérieur. Cette entente, toujours en vigueur, prévoit une indexation annuelle des droits de scolarité des résident·e·s du Québec en fonction de la croissance du revenu disponible des ménages par habitant·e. Selon un <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/education/publications-adm/enseignement-superieur/organismes-lies/CCAFE/CCAFE_avis-droits-sco-univ.pdf?1636474517" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">rapport</a> gouvernemental du Comité consultatif sur l’accessibilité financière aux études, l’augmentation des droits de scolarité des résident·e·s du Québec a été de 25,71% sur neuf ans, soit une hausse totale de 557,40$ pour 30 crédits universitaires.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« On sentait que la soupe était chaude, que le peuple était prêt à ça. Il y avait comme un genre d’“écoeurantite” par rapport à ce gouvernement libéral »&nbsp;</p><cite>Joël Pedneault, vice-président de l’AÉUM en 2012</cite></blockquote>



<p>En moyenne, l’indexation des droits de scolarité en fonction des revenus des Québécois·es représente une hausse d’environ 2,3% par année, alors que l’inflation subit une augmentation d’environ 1,5% par an. Si on ajoute les frais afférents relatifs notamment aux services étudiants, les étudiant·e·s du Québec paient 875$ de plus aujourd’hui qu’en 2013 pour 30 crédits universitaires, comme le rapportait récemment Francis Vailles dans <em><a href="https://www.lapresse.ca/affaires/chroniques/2022-02-14/le-printemps-erable-dix-ans-plus-tard/le-gagnant-partie-nulle.php#:~:text=Tout%20compte%20fait%2C%20depuis%20le,des%20prix%20%C3%A0%20la%20consommation." target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">La Presse</a></em>. Cela peut paraître beaucoup, mais la facture aurait été largement plus salée sans la victoire du mouvement étudiant. En effet, toujours selon le même article de <em>La Presse</em>, les droits de scolarité auraient subi une hausse de 2&nbsp;300$ sur 10 ans en incluant les frais afférents si la hausse libérale avait été adoptée. Sans le printemps érable, les étudiant·e·s québécois·e·s paieraient donc aujourd’hui 1425$ de plus par année pour aller à l’université.</p>



<p>Pour David Deault-Picard, le printemps érable a montré à quel point les mouvements étudiants peuvent avoir de réels impacts dans la société. « À un moment donné, on a commencé à dire que la jeunesse d’aujourd’hui était plus individualiste qu’autrefois. Je crois qu’on a su prouver le contraire avec ce mouvement-là, affirme-t-il. Ultimement, ça a démontré que la démocratie, ce n’est pas juste de voter une fois aux quatre ans, elle peut être plus vivante que ça. »</p>



<p><strong>Les associations étudiantes</strong></p>



<p>Les événements de 2012, bien qu’ayant donné une visibilité sans précédent aux associations étudiantes, n’ont pas eu que des retombées positives sur ces dernières. Parmi les trois principales organisations, seule la FECQ, représentant des étudiant·e·s du cégep, a survécu à 2012. La FEUQ, elle, a été dissoute en 2015, et l’ASSÉ, qui avait créé le collectif la CLASSE, a cessé d’exister en 2019; même la TaCEQ, dont faisait partie l’AÉUM, s’est dissoute en 2014. Selon Martine Desjardins, l’échelle du mouvement de 2012 a peut-être été à double tranchant. « C’est difficile de revenir de ça, parce que ça a épuisé beaucoup de monde, physiquement, mentalement et monétairement aussi. » Selon elle, certaines personnes ont par la suite romantisé la grève, en oubliant les côtés négatifs qu’elle comportait au jour le jour, mais aussi à l’échelle des organisations. « Je pense qu’il y a encore des gens qui s’en vont dans les associations en espérant qu’il y ait quelque chose qui bouge, qu’il y ait des actions, puis ils sont déçus que ce soit en fait du travail de base, comme représenter les étudiants sur les différents comités, conseils académiques, etc. Ils doivent être un peu désillusionnés par cette réalité. » Le bilan de la grève a surtout créé un précédent préoccupant, non seulement pour les associations étudiantes, mais aussi pour les associations syndicales. Martine Desjardins affirme se souvenir d’avoir discuté avec des président·e·s de grandes centrales syndicales, comme la CSN, la FTC ou encore la CSQ. « Ils me disaient : “Ça va être difficile pour nous, on s’en va en négociation de convention collective. Si vous (les associations étudiantes, <em>ndlr</em>) vous écrasez après sept mois, et que ça a dû être réglé par des élections, qu’est-ce qui nous reste? Si une grève de sept mois, ce n’est pas assez pour faire reculer le gouvernement, qu’est-ce qui va rester pour les syndicats par la suite?” »</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Les étudiants s’endettaient plus que la moyenne canadienne, ils travaillaient plus aussi – 19 heures par semaine, ça n’a aucun sens. Dans ces conditions, on voyait mal comment ils pouvaient faire face à une hausse de 75% »</p><cite>Martine Desjardins, présidente de la FEUQ en 2012</cite></blockquote>



<p>Martine Desjardins ne regrette pas pour autant les choix de 2012, et affirme ne pas être particulièrement triste que la FEUQ se soit éteinte. « Quand on s’est rencontré en mai 2011 pour planifier ce qui s’en venait, on s’était dit qu’on était prêts à tuer l’organisation pour atteindre nos objectifs. » La FEUQ ne s’est par conséquent pas mise de l’avant durant les événements : elle a enlevé son logo des pancartes lors des manifestations et n’a pas fait de <em>branding</em> – contrairement à la CLASSE. Martine Desjardins ne pense pas non plus que les associations étudiantes sont aujourd’hui moins bien placées qu’elles ne l’étaient en 2012. «&nbsp;La grande différence avec ce qu’on a vécu en 2012, c’est qu’il y a quand même un respect de la part des gouvernements pour les associations étudiantes. » Dans le cadre de la gestion de la pandémie, note-t-elle, la ministre McCann parlait avec les associations nationales – ce qui, selon l’ex-leader étudiante, n’aurait jamais pu se produire sans le printemps érable. « Les gens ont vu jusqu’où ça menait, le mépris. »</p>



<p><strong>La répression policière du côté des tribunaux</strong></p>



<p>Plusieurs manifestant·e·s victimes d’arrestations arbitraires lors de manifestations en 2012 ont par la suite pris la voie des tribunaux pour obtenir des dédommagements. En 2017, par exemple, un juge a condamné la Ville de Montréal a verser 175 000$ à un manifestant blessé à l’œil par un fragment d’une grenade assourdissante lors d’une manifestation. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n’utilise plus ce type de grenade dans le but de réprimer des manifestations.</p>



<p>Le 28 mai 2012, à Québec, les participant·e·s d’une manifestation nocturne se font encercler par des policiers du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) et se font arrêter massivement en vertu de l’article 500.1 du Code de la sécurité routière (déclaré inconstitutionnel en 2015), qui interdisait aux manifestants·e·s d’occuper la chaussée de manière à y entraver la circulation. 84 personnes sont menottées à l’aide de bandes de plastique et sont ensuite déplacées à bord d’autobus qui quittent dans diverses directions. À la suite de ces événements, l’un des manifestants intente une poursuite contre la Ville de Québec et la Cour déclare que ses droits de nature constitutionnelle ont été violés. 4 000$ lui sont octroyés en guise de dédommagement.</p>



<p>Les manifestant·e·s ayant participé à la manifestation du 28 mai, ainsi que d’autres autour de cette date, n’ont jamais été appelés en cour, malgré qu’il·elle·s s’étaient vu remettre des constats d’infraction. Même s’il·elle·s n’ont jamais été déclaré·e·s coupables, ces dernier·ère·s ont lancé une action collective contre la Ville de Québec. En entrevue avec <em>Le Délit</em>, Me Enrico Théberge, l’un·e des avocat·e·s au dossier, explique que les manifestant·e·s cherchaient à savoir s’il·elle·s avaient réellement commis des actions illégales. Selon Me Florence Boucher-Cossette, une collègue de Me Théberge, l’essence de l’action collective était de faire valoir que les actions des policier·ère·s qui ont procédé à l’arrestation et à la détention des manifestant·e·s étaient illégales, car ils avaient bafoué leurs droits constitutionnels. L’ennui, c’est que, selon la Loi sur les cités et villes, on dispose de six mois après un événement préjudiciable pour poursuivre une ville. Une fois ce délai de prescription écoulé, on n’a plus aucun recours. Or, l’action collective a été lancée des années après les manifestations. Me Gabriel Michaud-Brière, qui travaille aussi sur l’action collective, explique que le succès de cette dernière dépend du succès de l’argument des avocat·e·s selon lequel le délai de prescription aurait en fait été suspendu ou, subsidiairement, qu’il est inconstitutionnel. Le procès a eu lieu en 2019 et la décision se fait toujours attendre.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Quand ce sont des étudiant·e·s qui manifestent de manière pacifique, on les arrête, car il·elle·s sont faciles à gérer. Par contre, quand il s’agit de larges foules lors des manifestations contre les mesures sanitaires, il n’y a pas d’arrestations de masse. C’est inquiétant »</p><cite>Me Enrico Théberge, avocat de manifestant·e·s</cite></blockquote>



<p>Toutefois, les avocat·e·s sont optimistes. « J’ai rarement été autant convaincue d’une cause que j’ai plaidée », affirme Me Boucher-Cossette. Elle croit cependant que les actions collectives ne sont pas de réels moteurs de changement&nbsp;: « C’est tellement lent et complexe. On parle d’événements qui se sont passés il y a 10 ans et on n’a toujours pas de réponse. » Me Michaud-Brière précise que peu importe le résultat, l’affaire a de bonnes chances de se retrouver devant la Cour d’appel du Québec et même devant la Cour suprême, ce qui veut dire qu’on ne risque pas d’avoir de réponse définitive avant plusieurs années.</p>



<p>En 2014, le rapport de la Commission spéciale d’examen des événements du printemps 2012 blâme le gouvernement Charest et la police pour leur gestion de la crise étudiante. Le rapport critique notamment les stratégies d’encerclement et d’arrestations de masse. Malgré cela, Me Boucher Cossette ne croit pas que beaucoup de choses ont changé dans les corps policiers. Pour Me Théberge, il semble y avoir un double standard : « Quand ce sont des étudiant·e·s qui manifestent de manière pacifique, on les arrête, car il·elle·s sont faciles à gérer. Par contre, quand il s’agit de larges foules comme on a vu à Ottawa et à Québec lors des manifestations contre les mesures sanitaires, il n’y a pas d’arrestations de masse. C’est inquiétant ».</p>



<p><strong>Aller de l’avant</strong></p>



<p>Aujourd’hui, l’héritage du mouvement des carrés rouges est toujours d’actualité, et pas seulement en raison des nombreux articles d’anniversaire sortis ce printemps dans les médias. Gabriel Nadeau-Dubois, que le printemps érable avait catapulté dans l’œil du public, est aujourd’hui solidement campé comme chef du deuxième groupe d’opposition et tentera de se faire élire comme premier ministre en automne prochain. D’un autre côté, Jean Charest effectue un retour en politique exactement 10 ans après avoir perdu le pouvoir, montrant que les conséquences du mouvement des carrés rouges ne sont pas permanentes.</p>



<p>Au-delà des personnalités médiatiques, l’influence du printemps érable se fait toujours sentir dans les mobilisations populaires, étudiantes ou non. Lors des grèves étudiantes et des manifestations pour la justice climatique, dont la plus importante a eu lieu le 27 septembre 2019, les sympathisant·e·s arboraient un cercle vert en feutre pour montrer leur soutien au mouvement, rappelant le carré rouge. Plus localement, l’occupation du bâtiment des arts par Désinvestissement McGill a choisi comme symbole un cercle rouge, mélange des symboles des luttes contre la hausse et de celles pour l’environnement. Le 22 mars, une manifestation pour la gratuité scolaire était aussi prévue à Montréal, à la date symbolique de la plus grande manifestation du printemps 2012.</p>



<p>10 ans plus tard, le défi pour les militant·e·s étudiant·e·s n’est pas seulement de préserver les acquis de 2012, mais aussi de sortir de l’ombre laissée par le mouvement. « Il faut réinventer la manière de se mobiliser », affirme Joël Pedneault, alors qu’on lui demande s’il a des conseils pour les nouvelles générations d’associations étudiantes. « Se dire qu’il faut essayer de reproduire 2012, je ne suis pas sûr que ça fonctionnerait. On est probablement au début d’un nouveau cycle, qui va réinventer ses propres manières de faire. » Pour Martine, il est aussi important de ne pas idéaliser le mouvement de 2012 et de ne pas voir la grève comme seul moteur de changements sociaux. Elle devrait plutôt être le dernier recours après l’échec des négociations et de toutes les autres méthodes. Et surtout, il faut encore et toujours planifier, et avoir des objectifs atteignables. « Ce n’est pas un discours qui est très amusant à entendre quand on a 20 ans », concède en riant celle qui, alors étudiante au doctorat, était déjà trentenaire durant le printemps érable. « Si à 20 ans on n’est pas un peu idéaliste, c’est un peu triste rendu à 40. »</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Chronologie du printemps érable</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/chronologie-du-printemps-erable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Natacha Papieau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=48078</guid>

					<description><![CDATA[<p>Complément de notre dossier « 10 ans plus tard ».</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 11 mars 2011, le ministre des Finances du Québec Raymond Bachand, membre du cabinet du gouvernement libéral de Jean Charest, dépose son budget annuel et annonce une augmentation des frais de scolarité de 325$ par année jusqu’en 2017. Résultat&nbsp;: les frais devaient pratiquement doubler en seulement cinq ans. Dès novembre 2011, les étudiant·e·s se mobilisent à travers la province. L’Université McGill suit le mouvement…</p>



<p>→ Voir le dossier principal&nbsp;: <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/dix-ans-plus-tard/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Dix ans plus tard</a></p>



<p><strong>10 novembre 2011 : Occupation du Pavillon James et répression policière sur le campus</strong></p>



<p>Des étudiant·e·s de McGill manifestent devant le bureau du premier ministre du Québec, devant le portail Roddick. Au même moment, 14 étudiant·e·s entrent dans le Pavillon James, siège de l’administration de l’Université, et occupent le bureau de la principale. Une foule d’environ 200 personnes se rassemble en soutien autour du bâtiment. Peu de temps après, plus d’une centaine de policier·ère·s anti-émeutes arrivent sur le campus et <a href="https://www.mcgilldaily.com/2011/11/mcgill-students-violently-forced-off-campus/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dispersent</a> violemment la foule et les témoins à l’aide de coups de bâtons, de gaz lacrymogènes et de poivre de cayenne.</p>



<p><strong>7 février 2012 : Deuxième occupation du Pavillon James</strong></p>



<p>Les élèves du collège de Salaberry-de-Valleyfield sont les premier·ère·s à se prononcer en faveur d’une grève générale illimitée, par une majorité de seulement 12 voix. Le même jour, des <a href="https://www.mcgilldaily.com/2012/02/20-students-occupy-mendelsons-office/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dizaines</a> d’étudiant·e·s mcgillois·es occupent de nouveau le sixième étage du Pavillon James. Cette fois-ci, l’occupation s’étend sur <a href="https://reporter.mcgill.ca/protest-shuts-james-admin/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">cinq</a> jours et est relative à un enjeu plus local : le refus de l’administration de reconnaître le résultat d’un référendum sur la survie de QPIRG McGill (<em>Quebec Public Interest Research Group at McGill</em>) et de la radio étudiante CKUT.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ils fermaient l’électricité pour que les gens aient froid»</p><cite>Joël Pedneault, vice-président de l’AÉUM en 2012</cite></blockquote>



<p>Joël Pedneault, vice-président externe de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) en 2012, se souvient des événements. « Les occupations ont vraiment été <em>hard</em>, confie-t-il au <em>Délit</em>. Ils fermaient l’électricité pour que les gens aient froid. » Selon lui, on peut voir dans cette tactique d’occupation l’influence des mouvements étudiants américains, qui se sont fait connaître à McGill par l’engagement d’étudiant·e·s internationaux·les. Des occupations similaires avaient notamment été organisées en Californie quelques années plus tôt pour contester une hausse fulgurante des frais de scolarité.</p>



<p><strong>Mars 2012 : Votes de grève à Concordia et McGill</strong></p>



<p>Le <a href="https://theconcordian.com/2012/03/conu-kicks-off-strike-with-a-protest/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">7 mars</a>, les étudiant·e·s de l’Université Concordia se prononcent en faveur d’une grève et descendent dans les rues. Des pamphlets traduits en anglais, notamment grâce aux efforts de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) et aux initiatives «<em>grassroots</em>» de l’Union des étudiants et étudiantes de Concordia (CSU), sont distribués sur le campus.</p>



<p>Dans le courant du mois, de plus en plus d’associations étudiantes votent en faveur de jours de grève et d’une grève illimitée. À McGill, des membres de la Faculté des Arts, avec l’aide de Joël Pedneault, organisent une assemblée générale pour effectuer un vote de grève. « C’est devenu tout simplement chaotique, se rappelle-t-il. Les plus grands locaux du campus peuvent accueillir environ 800 personnes, mais des milliers de personnes se sont pointées à la porte du Centre universitaire. » Une file d’attente commençant devant le bâtiment s’étirait jusqu’au bâtiment de génie.</p>



<p>En urgence, on réserve toutes les grandes salles disponibles. Au final, près de 2 000 étudiant·e·s étaient dispersé·e·s dans différents bâtiments du campus, dont Leacock 132 et la salle de bal. Afin de procéder à un vote, des outils comme la visioconférence ont été utilisés. Finalement, la foule a voté non, de façon claire, à la grève pour la Faculté des Arts.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«[D]es milliers de personnes se sont pointées à la porte du Centre universitaire»</p><cite>Joël Pedneault, vice-président de l’AÉUM en 2012</cite></blockquote>



<p>Cet échec, loin de démoraliser les associations étudiantes, a plutôt encouragé ses membres à tenir des votes à plus petite échelle. Plusieurs programmes ont ainsi voté des <a href="https://ssmu.ca/blog/2012/03/student-strike-faq/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">grèves</a> d’un à trois jours, comme l’École de musique ou l’Association étudiante du campus de McDonald (AÉCM) ; certains ont même voté pour une grève illimitée, comme l’École de travail social ou le Département de géographie. Néanmoins, les votes de grève ont connu aussi de nombreux échecs, comme dans la Faculté de droit, d’architecture et de médecine.</p>



<p>Selon Joël Pedneault, il y avait quand même un bon niveau d’hostilité à l’échelle du campus. Le mouvement des carrés verts, qu’il décrit comme une affaire « assez québéco-québécoise&nbsp;», n’était pas présent sur le campus. Toutefois, un mouvement des gens de droite, affiliés aux partis conservateurs canadien – qui venait d’être réélu en 2011 – et ontarien, mettaient leur coordination et leur expérience politique au service du camp anti-grève : « On était la seule université où on avait carrément des gens du parti conservateur qui étaient contre nous ».&nbsp; Plusieurs personnes n’étaient par ailleurs pas antipathiques à la cause des carrés rouges, mais leur situation précaire – de par leur statut légal, dépendant d’un visa étudiant, ou de leur situation financière&nbsp;– les amenait à voter contre la grève. Il y avait finalement une déconnexion qui régnait dans certains cercles du campus : Joël Pedneault cite notamment un professeur de sociologie qui, vers la fin du printemps, alors que les manifestations dans les rues étaient impossibles à ignorer, avait demandé à l’un de ses collègues ce que signifiait le carré rouge que celui-ci portait.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« On était la seule université où on avait carrément des gens du parti conservateur qui étaient contre nous »</p><cite>Joël Pedneault, vice-président de l’AÉUM en 2012</cite></blockquote>



<p>Il y avait malgré tout une diversité au sein des personnes mobilisés pour la grève : francophones, anglophones, étudiant·e·s internationaux·les. McGill et Concordia ont fait l’effort d’inclure tous·tes les étudiant·e·s dans la mobilisation pour faire en sorte que la lutte relative aux frais de scolarité ne se limite pas au contexte québécois, mais revendique aussi des gains à l’international. « On a essayé de tirer le mouvement étudiant vers cette analyse-là aussi, alors que ça aurait pu rester très “il faut que les gens du Québec qui paient des taxes aient accès à l’éducation sans frais de scolarité”.&nbsp;»&nbsp; Joël Pedneault remarque par ailleurs que parmi les gens impliqués, une majorité provenait bien sûr du Québec, mais certaines personnes étaient aussi issues des États-Unis, ayant eu vent d’autres causes ailleurs dans le monde. C’était une rencontre entre plusieurs interprétations qui se mélangeaient et qui s’opposaient à un « gouvernement néolibéral qui voulait faire en sorte que la vie soit chère, qui voulait privatiser».</p>



<p><strong>22 mars 2012 : Manifestation monstre dans les rues de Montréal</strong></p>



<p>Le 22 mars, entre 100 000 et 200 000 personnes sillonnent les rues de Montréal, de la Place du Canada vers le Vieux-Montréal. En entrevue avec <em>Le Délit</em>, Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) en 2012, décrit cette journée chaude et ensoleillée comme un moment marquant de la mobilisation : « C’est comme si la météo s’était mise dans l’idée qu’il fallait que tout soit parfait – il devait bien faire 20 degrés à l’extérieur! »</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« J’ai un souvenir assez vif de ce moment-là (du 22 mars), un moment rempli d’espoir et de fierté. On avait l’espoir que le gouvernement allait entendre la voix de la rue. Sa réponse a été : “Il n’y a pas eu de grabuge. Bravo” »</p><cite>Martine Desjardins, présidente de la FEUQ en 2012</cite></blockquote>



<p>David Deault-Picard, manifestant, alors étudiant de troisième année à l’Université de Montréal, se rappelle avec émotion de la mobilisation&nbsp;: « Pour un étudiant en science politique, c’est quand même le rêve suprême de vivre un moment politique, de faire partie de quelque chose de plus grand que soi ». Le nombre d’étudiant·e·s réuni·e·s cette journée-là était impressionnant. Même à la fin du parcours, Martine Desjardins continuait de voir des gens arriver : « Pour le discours que j’ai dû donner à la fin – on était en bas de la place Jacques-Cartier, je voyais juste des gens; il n’y avait plus de pavé nulle part. Ça n’arrêtait pas d’arriver, c’était assez fascinant. »</p>



<p><strong>Avril : Ne te démobilise pas d’un fil</strong></p>



<p>Après l’adrénaline et la mobilisation du 22 mars, le plus gros défi est de maintenir le moral des troupes, alors que les étudiant·e·s commencent à voir des impacts sur leurs études. « On commençait tranquillement à prévoir qu’on allait perdre énormément de votes de grève alors que le gouvernement refusait toujours de nous rencontrer. Je dois dire que ç’a été un moment où on s’est dit : “Ça y est, c’est terminé.” »</p>



<p>Parallèlement, les demandes d’injonctions d’étudiant·e·s qui souhaitent retourner en classe malgré la grève commencent à fuser de toute part. <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1864934/etudiants-manifestation-greve-politique-archives" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">25 injonctions</a> auraient été demandées aux tribunaux durant le conflit. Les injonctions à l’Université de Montréal se reflétaient particulièrement sur les campus selon David Deault-Picard. Il se souvient d’« avoir vu des chargés de cours qui avaient des agents de sécurité pour s’assurer qu’ils dépasseraient la ligne de piquetage et iraient donner leur cours ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«On commençait tranquillement à prévoir qu’on allait perdre énormément de votes de grève alors que le gouvernement refusait toujours de nous rencontrer. Je dois dire que ç’a été un moment où on s’est dit : “Ça y est, c’est terminé”»</p><cite>Martine Desjardins, présidente de la FEUQ en 2012</cite></blockquote>



<p>Le 20 avril, lors d’un discours au Salon Plan Nord, Jean Charest blague sur les manifestations. En faisant référence aux manifestant·e·s, il <a href="https://www.youtube.com/watch?v=xcVMe5HLF_Q&amp;ab_channel=Radio-CanadaInfo" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">déclare</a> : « On pourrait leur offrir un emploi… dans le Nord, autant que possible. » La pilule ne passe pas auprès des étudiant·e·s : les votes de grève sont maintenus et la mobilisation continue. Martine Desjardins remercie presque le premier ministre de l’époque : « Le gouvernement nous a donné une boîte de secours en se moquant des étudiants de la sorte. Le mépris gouvernemental nous a beaucoup aidés à remobiliser les campus ». </p>



<p>Quatre jours plus tard, les manifestations de nuit commencent, en marge de la stratégie des grandes associations étudiantes. Ces rassemblements se déroulaient tous les soirs, une initiative «<em>grassroots</em>» que la CLASSE et la FEUQ ne contrôlaient pas, souligne Martine Desjardins. Le souvenir de ces manifestations est particulièrement poignant pour Joël Pedneault. « On était quand même toutes les nuits à manifester, vraiment toutes les nuits, des manifs de 20 000 personnes ou plus. »</p>



<p><strong>4 mai 2012 : De violents affrontements à Victoriaville marquent l’esprit des Québécois·es</strong></p>



<p>À Victoriaville, une manifestation à l’occasion du Congrès du Parti libéral tourne à l’affrontement et à l’émeute. Des manifestant·e·s sont blessé·e·s : blessures aux yeux, commotions cérébrales, fractures de la mâchoire. Un policier de la Sûreté du Québec est <a href="https://www.journaldemontreal.com/2018/04/17/emeute-de-victoriaville-en-2012-35-jours-de-suspension-pour-un-policier-de-la-sq" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">suspendu</a> pendant plus d’un mois. Les événements de Victoriaville font aussi échos à de précédents incidents, notamment où un étudiant a <a href="https://liguedesdroits.ca/5421/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">perdu l’usage d’un œil</a> après qu’une grenade assourdissante lui ait explosé au visage.</p>



<p>En entrevue avec <em>Le Délit</em>, Joël Pedneault raconte ces événements comme un des moments les plus épeurants : « On s’est fait vraiment taper dessus. Ils larguaient des lacrymogènes sur la foule avec les hélicoptères qui volaient bas pour pousser les gaz vers la foule, c’était militaire. Il y a des moments comme ça où j’ai craint pour ma sécurité. J’ai perdu mes lunettes dans cette manif-là, à cause d’un lacrymo qui m’a explosé aux pieds, parce qu’ils en larguaient tellement ». Ce n’était pourtant pas sa première manifestation où le corps policier présent a utilisé des moyens non ciblés pour disperser la foule. Cette fois-ci, cependant, la Sûreté du Québec – qui était « vachement plus brutale » que le Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) selon lui – est appelée pour maintenir la paix. « C’est sûr qu’après ça, on finit par craindre la police, quand même. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;[Les corps policiers] larguaient des lacrymogènes sur la foule avec les hélicoptères qui volaient bas pour pousser les gaz vers la foule, c’était militaire&nbsp;»&nbsp;</p><cite>Joël Pedneault, vice-président de l’AÉUM en 2012</cite></blockquote>



<p>Bien que les événements de Victoriaville soient exceptionnels, l’utilisation de la force par les corps de police est chose commune dans les autres manifestations de la province. Même s’il dit avoir toujours su quitter avant que la répression policière ne commence, David Deault-Picard se rappelle avoir vu « des scènes un peu traumatisantes» liées à&nbsp;l’utilisation de la force. « Je respecte beaucoup les individus derrière, mais ça, l’utilisation de la violence, c’est quand même quelque chose qu’on ne voit pas souvent au Québec. » Même son de cloche du côté de Joël Pedneault : « C’est choquant, ça fait peur pour la démocratie de se faire encercler par la police». Il se rappelle très clairement avoir été menotté, mis dans un bus, amené dans l’est de la ville, puis mis à la rue à deux heures du matin. « Ça serait faux de dire qu’on s’y habitue.» Un groupe d’avocats en entretien avec <em>Le Délit</em> confirme aussi ce type d’expériences chez les manifestant·e·s dans la Ville de Québec : « Ils avaient été privés de leur liberté, menottés, transportés en autobus en pleine nuit, puis ils ont été relocalisés avant d’être relâchés ».</p>



<p><strong>18 mai 2012: Adoption de la Loi 78</strong></p>



<p>Pour calmer les manifestations, une loi spéciale est adoptée par le gouvernement Charest : les organisateur·rice·s de manifestations doivent désormais divulguer leur itinéraire aux policier·ère·s et ne peuvent bloquer l’accès aux cégeps et universités. Des amendes importantes sont données à tout·e contrevenant·e.</p>



<p>Pour Martine Desjardins, l’adoption de la Loi 78 a été l’un des moments les moins porteurs d’espoir : « On était à l’Assemblée nationale, au Salon bleu, quand ça a été voté. Les gens pleuraient autour de moi. On se demandait si le mouvement allait se poursuivre. On avait l’impression que tout était fini ». Pour David Deault-Picard, l’adoption de la loi spéciale a été le coup le plus dur qu’il ait eu à encaisser durant le mouvement. « C’était quand même la première fois que je vivais la coercition de l’État », raconte-t-il. Il est convaincu que la judiciarisation n’est pas la bonne façon de gérer un conflit politique. « On mettait en conflit le droit individuel d’accéder à ta salle de classe avec le droit collectif d’avoir accès à l’éducation. Il y avait une certaine lâcheté, je pense, dans cette façon de faire. »</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="727" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/01/Grève-1000x727.jpg" alt="grève-d'éducation" class="wp-image-46961" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/01/Grève-1000x727.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/01/Grève-330x240.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/01/Grève-768x558.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/01/Grève-1536x1117.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/01/Grève-2048x1489.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gontieralexandre/?media=1" data-wpel-link="internal">Alexandre Gontier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Les casseroles ont alors commencé à se faire entendre en protestation contre la loi spéciale et sont devenues le symbole du mouvement populaire. Pour Joël Pedneault, c’est à ce moment que les gens ont réalisé que la grève était en train de donner les résultats escomptés. « Quand le mouvement s’est rendu là, on sentait qu’on était vraiment en train de faire du chemin, que notre petite grève qui portait sur des frais de scolarité était devenue le mouvement de masse qu’on avait prévu. »</p>



<p><strong>4 septembre 2012 : Pauline Marois, cheffe du Parti Québécois, est élue première ministre</strong></p>



<p>Les élections déclenchées le 1<em>er</em> août 2012 par Jean Charest, dans l’espoir de mettre fin à la crise et d’être réélu, ont vu Pauline Marois, cheffe du Parti Québécois, accéder au poste de première ministre. Rapidement, cette dernière annule la hausse des droits de scolarité et abroge la loi 78. Pour David Deault-Picard, l’élection du Parti Québécois était la dernière chance du mouvement étudiant : « Honnêtement, si le PQ n’avait pas gagné, je ne suis pas sûr qu’il y aurait finalement eu le résultat qu’on connaît ».</p>



<p>L’un des député·e·s élu·e·s au sein du gouvernement minoritaire de Pauline Marois de 2012 à 2014 est Léo Bureau-Blouin, leader étudiant et président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) durant le printemps érable. Ce dernier qui, à 20 ans, est devenu le plus jeune parlementaire de l’histoire du Québec, a affirmé dans un courriel envoyé au <em>Délit</em> « garder un souvenir extrêmement positif des événements du printemps 2012, qui ont eu une grande influence sur [sa] trajectoire de vie, tant personnelle que professionnelle ».&nbsp;</p>



<p>Jean Charest et Line Beauchamp, quant à eux·lles, ont décliné nos demandes d’entrevue.</p>
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		<title>COVID-19 : variant omicron, nouvelle source d’inquiétude</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/covid-19-variant-omicron-nouvelle-source-dinquietude/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Natacha Papieau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Dec 2021 02:36:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tout ce qu’il faut savoir sur le nouveau variant.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 24 novembre dernier, le premier cas d’un nouveau variant du coronavirus, B.1.1.529, était rapporté à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) par l’Afrique du Sud. À peine deux jours plus tard, le 26 novembre, le variant était nommé selon la 15<em>e</em> lettre de l’alphabet grec, Omicron. Voici un petit résumé de ce que nous savons sur ce variant qui préoccupe l’OMS et bien des pays.</p>



<p><strong>Connaît-on le patient zéro?</strong></p>



<p>Le premier cas confirmé du variant proviendrait d’un spécimen du virus récolté <a href="https://www.who.int/news/item/26-11-2021-classification-of-omicron-(b.1.1.529)-sars-cov-2-variant-of-concern" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">le 9 novembre 2021</a>. Il faut dire qu’au cours des dernières semaines, la situation épidémiologique en Afrique du Sud a été caractérisée par plusieurs pics dans le nombre de cas, dont le dernier est largement attribué au variant Delta. Ce n’est que fin novembre que le constat d’un nouveau variant est tombé.&nbsp;</p>



<p>Comment se compare Omicron aux autres variants connus?</p>



<p>Peu de choses sont établies sur la transmissibilité ou la virulence du variant Omicron. Toutefois, l’OMS a classé le variant comme étant « préoccupant », la <a href="https://www.bbc.com/afrique/monde-59443629?fbclid=IwAR0DMaVoc9pj1KMlgSpMMbhpWa0nOnLRtkQ2FbICHdocf_6iFSAwo2jibHE" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">catégorie d’alerte</a> la plus élevée. De plus, elle indique que le risque de réinfection pourrait être plus important avec Omicron qu’avec les autres variants.</p>



<p><strong>Deux doses de vaccin sont-elles&nbsp;suffisantes pour nous en protéger?</strong></p>



<p>Certains scientifiques ne s’attendent pas à ce que le variant soit complètement différent du coronavirus contre lequel les vaccins ont été créés ; par contre, d’autres s’inquiètent du nombre extrêmement élevé de mutations. <a href="https://www.cnn.com/2021/11/26/health/omicron-variant-what-we-know/index.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Plusieurs compagnies pharmaceutiques</a> ont d’ailleurs commencé à tester l’efficacité de leur vaccin contre le nouveau variant, ainsi que la possibilité d’une troisième dose en guise de protection additionnelle. Il faudra cependant attendre quelques semaines pour connaître les résultats des premières études sur la question.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Québec ferait une annonce sur les nouvelles mesures sanitaires la semaine prochaine, vers le 6&nbsp;décembre»</p></blockquote>



<p><strong>Quels sont les pays touchés par le variant Omicron?</strong></p>



<p>Le <a href="https://www.tvanouvelles.ca/2021/11/28/deux-premiers-cas-du-variant-omicron-au-canada" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Canada</a>, les <a href="https://www.ctvnews.ca/health/coronavirus/more-omicron-cases-pop-up-as-world-rushes-to-learn-more-1.5684551" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Pays-Bas</a>, l’Australie,&nbsp;la <a href="https://www.theguardian.com/world/2021/nov/27/two-cases-of-omicron-covid-variant-identified-in-uk" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Grande-Bretagne</a>, la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, le Danemark, l’Afrique du Sud, le Botswana, Hong Kong et Israël ont <a href="https://www.lapresse.ca/covid-19/2021-11-28/le-variant-omicron-est-arrive-au-canada.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">déjà confirmé</a> des cas du variant au sein de leur population. L’Afrique du Sud reste toutefois le pays le plus touché pour le moment.</p>



<p><strong>En tant qu’étudiant international, serais-je en mesure de revenir au Canada après les vacances d’hiver?</strong></p>



<p>Pour limiter l’entrée du variant Omicron au Canada, <a href="https://ici.radio-canada.ca/info/videos/media-8534748/variant-omicron-ottawa-impose-mesures" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Ottawa</a> a annoncé une série de mesures. Par exemple, les citoyens étrangers en provenance de l’Afrique du Sud et des pays voisins (Mozambique, Botswana, Zimbabwe, Lesotho, Eswatini, Namibie) sont interdits d’entrée, tandis que les Canadiens et résidents permanents arrivant de ces pays doivent se soumettre à un test de dépistage et s’isoler préventivement.&nbsp;</p>



<p>Au moment où cet article a été écrit, rien n’était décidé pour les voyageurs des autres pays. Cependant, l’Europe est actuellement touchée par une cinquième vague, poussant plusieurs pays européens à imposer de nouveau certaines restrictions. De plus, le vendredi 26 novembre, la gouverneure de l’État de New York a déclaré l’<a href="https://www.nytimes.com/live/2021/11/27/world/covid-omicron-variant-news#new-york-governor-declares-a-state-of-emergency-in-anticipation-of-new-coronavirus-surge" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">état d’urgence</a> en raison de la hausse des cas de COVID-19 et de la menace posée par le variant Omicron. Lundi, le <a href="https://www.ledevoir.com/societe/sante/650595/omicron-reunion-d-urgence-des-ministres-du-g7-a-londres" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Royaume-Uni</a> a aussi annoncé une réunion d’urgence avec les ministres de la Santé des pays du G7 pour discuter de l’évolution de la situation liée à ce nouveau variant.</p>
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		<title>Congrès de QS : À nous demain</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/23/congres-de-qs-a-nous-demain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Natacha Papieau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Nov 2021 17:01:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Clay and Friends]]></category>
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		<category><![CDATA[Québec Solidaire]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacle]]></category>
		<category><![CDATA[Valence]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le parti célèbre en discours politiques et performances musicales.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/23/congres-de-qs-a-nous-demain/" data-wpel-link="internal">Congrès de QS : À nous demain</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le samedi 20 novembre dernier, Québec solidaire ouvrait son congrès au public avec un événement festif au Gesù qui affichait salle comble. Cette soirée de discours politiques et<br>de performances musicales, intitulée « À nous demain », était le plus grand rassemblement solidaire depuis 2018. Les deux porte-paroles, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, se sont adressé·e·s aux 400 personnes présentes sur place ainsi qu’aux 300 personnes se joignant à la soirée à partir de leurs écrans entre les prestations de Valence, Clay and Friends et Klô Pelgag.</p>



<p><strong>La culture à l’honneur</strong></p>



<p>L’événement se déroulait sous le thème de la célébration. Valence a ouvert la soirée en interprétant « <em>La vie attend pas </em>» et « <em>Rosier </em>». Le public, debout, dansait sur la musique pop-rock. Il n’en fallait pas moins pour mettre le feu à la salle et donner un ton festif à la soirée. « On avait envie de se faire du bien » a expliqué Manon Massé, interviewée par <em>Le Délit</em>. Le reste du congrès de Québec solidaire – qui avait comme objectif d’élire des membres de l’exécutif et de prendre des décisions quant à sa plateforme électorale – se déroulait en ligne. Mais après de longs mois de pandémie, il semblait important, pour Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, d’avoir une occasion de se rassembler et célébrer en personne. « Ç’a été au-delà de nos espérances », a commenté la co-porte-parole par rapport au déroulement de la soirée.</p>



<p>Dès son entrée sur scène, Manon Massé a tenu à souligner la présence et la contribution de Xavier Watso, professeur de théâtre au secondaire et militant autochtone, qui animait la soirée. Après une reconnaissance de territoire, le créateur de contenu parrainé par TikTok Canada a enseigné au public quelques mots en abénaquis : « bonjour » (<em>Kwaï</em>), « merci » (<em>Wliwni</em>, prononcé « olé-oné »), « oui », « non » ainsi que les chiffres de un à cinq. Ce petit cours d’introduction à cette langue autochtone a été salué par la co-porte-parole avec les autres initiatives de jeunes leaders autochtones qui « nous tirent par l’avant et nous indiquent le chemin ».</p>



<p><strong>S’attaquer aux inégalités</strong></p>



<p>Dans son discours, la députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques n’a pas manqué d’écorcher le premier ministre François Legault. S’adressant à sa base électorale, elle a remis en question l’intérêt de sans cesse comparer l’écart de richesse entre le Québec et l’Ontario alors que les écarts de richesse au sein même de notre province sont, selon elle, bien plus inquiétants. On se rappellera <meta charset="utf-8">d’ailleurs l’échange houleux entre le premier ministre et Gabriel Nadeau- Dubois à ce sujet à l’Assemblée nationale le 15 septembre dernier, dérivé d’une confrontation entre leur supposée incarnation respective de Duplessis et du « <em>wokisme </em>», et ayant nécessité l’intervention du président de l’Assemblée à plus d’une reprise. Manon Massé a aussi attaqué François Legault quant à sa récente annonce sur la création d’un comité d’experts sur le développement du hockey au Québec. Plutôt que se concentrer à créer des champions, a‑t-elle fait valoir, le gouvernement devrait penser à monsieur et madame Tout-le-Monde, parce qu’en réalité, « on est en train de créer des champions de <em>burnout </em>et de dépression ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«On est en train de créer des champions de <em>burnout </em>et de dépression»</p><cite><meta charset="utf-8"><em>Manon Massé sur les politiques de François Legault</em></cite></blockquote>



<p>Les autres partis d’opposition ont, eux aussi, été la cible des critiques de Manon Massé. Soulignant leur manque de cohérence, elle a rappelé les périodes d’austérité et de coupures masquées par la formule de « rigueur budgétaire » imposée sous les règnes libéraux et péquistes. Pour la co-porte-parole, il faut réinvestir sans attendre dans nos services, dans notre système de santé, dans nos écoles – un discours aujourd’hui partagé par les autres partis d’opposition mais qui était déjà présent aux balbutiements de Québec solidaire, a‑t-elle rappelé.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Quand Gab et Manon parlent, je me sens Québécois»</p><cite><meta charset="utf-8"><p> <em>Mike Clay, du groupe<br>Clay and Friends</em></p></cite></blockquote>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="750" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/2manon-750x1000.jpg" alt class="wp-image-45669" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/2manon-750x1000.jpg 750w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/2manon-330x440.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/2manon-768x1024.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/2manon-1152x1536.jpg 1152w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/2manon-1536x2048.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/2manon-scaled.jpg 1920w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px"><figcaption><span class="media-credit">Natacha Papieau</span></figcaption></figure>



<p>Sous les cris de la foule scandant son nom, Manon Massé a alors fait place au deuxième groupe musical de la soirée, Clay and Friends, qui a interprété quelques-uns de ses succès, tels que « <em>OMG</em> », « Gainsbourg », « <em>Name on it </em>» et « Bouge ton thang ». C’est en changeant certaines paroles de « <em>Going up the Coast </em>» que le groupe de <em>música popular </em>de Verdun a conclu sa prestation. Il a notamment invité le public à transformer les « <em>nanana </em>» en « <em>non-non-non </em>», critiquant le « non-sens politique » auquel les Québécois et Québécoises sont confronté·e·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le troisième lien, c’est [aussi le] symbole d’une vision rétrograde du Québec où le béton passe avant l’avenir» </p><cite><meta charset="utf-8"><p><em>Gabriel Nadeau-Dubois</em></p></cite></blockquote>



<p><strong>L’environnement, un projet de société</strong></p>



<p>Suivait le discours de Gabriel Nadeau-Dubois, nouvellement chef parlementaire du parti à l’Assemblée nationale. Accueilli par un tonnerre d’applaudissements, le co-porte-parole a commencé en parlant du Québec de ses grands-parents : un Québec qui s’est donné les moyens de sortir de la Grande Noirceur, un Québec avec une vision d’avenir, passant de province à « État » et, pourquoi pas, à un pays. Pour Gabriel Nadeau-Dubois, l’environnement est le projet de société du Québec d’aujourd’hui. Critiquant au passage le troisième lien, il ne s’est pas gêné pour qualifier le projet routier de « symbole d’une vision rétrograde du Québec où le béton passe avant l’avenir ». Gabriel Nadeau-Dubois a aussi parlé de l’identité québécoise et de la nécessité de résoudre les problèmes de la langue sans blâmer les immigrant·e·s. Le chanteur et auteur du groupe Clay and Friends, Mike Clay, avait d’ailleurs témoigné plus tôt dans la soirée « qu’il se sent Québécois » en écoutant les député·e·s de Québec solidaire, malgré ses origines immigrantes.</p>



<p>Le député de Gouin s’est par la suite adressé aux électeurs et électrices encore hésitant·e·s. Aux personnes présente au Gesù et à la maison, il a demandé : « Qu’est-ce qui compte vraiment? » Gabriel Nadeau-Dubois, qui sera bientôt père, a saisi l’occasion pour inviter les gens à se battre avec Québec solidaire pour pouvoir dire à leurs enfants avoir été à la hauteur de la crise climatique et avoir bâti des systèmes d’éducation et de santé dignes de fierté.</p>



<p>Son discours reflétait la volonté du parti d’élargir sa base électorale. Interrogée à ce sujet par <em>Le Délit</em>, Manon Massé explique viser les populations plus âgées. « Notre force, à Gabriel et moi, va être notre force aussi dans la population québécoise : faire des liens entre les différentes générations. » Dans son discours, la co-porte-parole avait notamment donné une mission aux jeunes présent·e·s dans la salle, celui d’aller parler à leurs parents et de leur dire: « L’avenir, c’est à moi, et moi je veux que tu votes Québec solidaire. »</p>



<p>Toute la soirée, Gabriel Nadeau-Dubois a martelé que le Québec est capable de gérer ses crises – logement, santé, climat, etc. – et que « l’heure du changement a sonné ». Klô Pelgag, dernière artiste invitée, a terminé en ajoutant que l’esprit rêveur de Québec solidaire, qui lui est souvent reproché, est en fait une grande qualité. Avec Manon Massé parlant d’espoir et Gabriel Nadeau-Dubois abordant les changements passés et à venir, un message scandé passionnément par la foule résonnait dans la salle en fin de soirée : « Un peuple uni jamais ne sera vaincu. »</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="750" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/2gnd-750x1000.jpg" alt class="wp-image-45667" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/2gnd-750x1000.jpg 750w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/2gnd-330x440.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/2gnd-768x1024.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/2gnd-1152x1536.jpg 1152w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/2gnd-1536x2048.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/2gnd-scaled.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px"><figcaption><span class="media-credit">Natacha Papieau</span></figcaption></figure>
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