Margot Hutton – Le Délit https://www.delitfrancais.com Le seul journal francophone de l'Université McGill Sun, 19 May 2019 02:56:30 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.10 Ici et maintenant avec Bachelard https://www.delitfrancais.com/2018/11/06/ici-et-maintenant-avec-bachelard/ https://www.delitfrancais.com/2018/11/06/ici-et-maintenant-avec-bachelard/#respond Tue, 06 Nov 2018 23:18:12 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=32399 Le monde tel que conçu par l’Homme est régi par deux instances inébranlables : l’espace et le temps. Alors que la première va de soi dans la compréhension que nous en avons, la seconde est plus volatile. Par exemple, il y a des conceptions du temps assez conventionnelles, ayant recours à des unités. Ces dernières se basent toutes sur un temps linéaire et spatialisé. Bachelard suggère autre chose, une conception découlant du moment présent. Il est donc ici question de comprendre en quoi l’instant rend le temps intéressant selon ce philosophe.

Poser les bases

Dès les premières lignes de son essai intitulé L’Intuition de l’instant, Bachelard livre la thèse selon laquelle « le temps est une réalité resserrée sur l’instant suspendue entre deux néants ». Autrement dit, tout ce qui est réel existe dans l’instant présent. Autour, il n’y a rien de concret. Le passé n’est plus, et le futur n’est pas encore.

Bachelard démontre cette idée en opposant deux thèses.  D’abord celle de Bergson, qui, lui, prône la continuité : « entre le passé et l’avenir on suit une évolution qui dans son succès général paraît continue ». Il s’agit du concept bergsonien de la « durée ». Ensuite, celle de son ami Roupnel, pour qui « c’est l’instant qui en se renouvelant reporte l’être à la liberté ou à la chance initiale du devenir ». C’est dans l’instant que l’on fait les choix qui nous définissent. Où est-ce que l’instant nous mènera ? On n’en sait rien. L’idée est ici de montrer qu’il n’y a que de l’instant présent dont on peut être certains.

Le temps ne dure qu’en inventant

C’est ainsi que le temps peut devenir intéressant. On n’est certain que de ce que l’on vit présentement. Actuellement, je suis en train d’écrire un article, c’est certain. Mais qu’est-ce qui me dit que ça sera toujours le cas dans dix minutes, une heure, ou demain? « Le temps réel n’existe que dans l’instant isolé », le reste demeure incertain et complètement ouvert. Il est même impossible de prévoir ce qui arrivera ensuite, alors que ce qui vient de se passer n’existe déjà plus.

Ce n’est pas pour autant qu’il n’y a pas de fil conducteur. « Le passé laisse une trace dans la matière, il met donc un reflet dans le présent, il est donc toujours matériellement vivant ». En d’autres termes, l’instant ne pourrait exister sans ce qui est arrivé juste avant. Le présent dépend des actions d’avant. Si je n’avais pas écrit le paragraphe précédent avant de rédiger celui-ci, qui me dit que le propos tenu sera identique? Cela revient à nous rappeler que bien que constitués d’un passé, tout ce qui existe pour nous est « présent ». Qu’est-ce à dire de notre rapport au monde? Probablement qu’il est possible de l’envisager plus sereinement, de voir dans chacun de nos « instants » le signe d’une nouveauté sans cesse renouvelée. Peut-être est-ce par-là que passe notre capacité à sans cesse nous étonner, et de là la fontaine du bonheur face au quotidien.

Par ailleurs, cette interdépendance entre l’instant et ce qui le précède est aussi liée au progrès. L’amélioration va de pair avec l’avancement dans le temps, ou selon les propos tenus par Bachelard, « ne disons pas que l’acte est permanent : il est sans cesse accru de la précision de ses origines et de ses effets ». Chaque instant qui passe constitue un enrichissement pour celui qui le précède et ce procédé se retrouve dans les simples habitudes. À travers le progrès, nous nous rendons compte qu’il y a un avancement, car les instants ne sont pas identiques. C’est ainsi que le temps s’écoule. Chaque instant est unique, et c’est également en cela que le temps est intéressant. L’« instant » de Bachelard est un outil pour mieux habiter le temps.

Suggestions de Bachelard :

Le Nouvel Esprit scientifique (1934)

La Psychanalyse du feu (1938)

La Flamme d’une chandelle (1961)

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La fin d’une ère à Équiterre https://www.delitfrancais.com/2018/10/30/la-fin-dune-ere-a-equiterre/ https://www.delitfrancais.com/2018/10/30/la-fin-dune-ere-a-equiterre/#respond Tue, 30 Oct 2018 13:56:48 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=32235 Le 12 octobre dernier, le cofondateur, senior director et porte-parole d’Équiterre Steven Guilbeault a remis sa démission. Le Québécois a fondé l’organisme avec Sidney Ribaux et plusieurs autres collaborateur·rice·s. Militant de la lutte environnementale, Guilbeault est connu pour ses actions spectaculaires pour la cause. Par exemple, en tant que membre de Greenpeace Canada, il a escaladé la tour CN à Toronto en 2001 pour dénoncer les politiques environnementales du Canada et des États-Unis. 

En 2009, le militant est identifié comme l’un des cinquante acteurs mondiaux du développement durable par Le Monde. L’Université de Montréal lui remet la Médaille de l’Université en 2012 pour son parcours professionnel. Cette distinction a notamment été accordée à l’acteur Christopher Reeve et au pianiste Oliver Jones. La notoriété de Guilbeault l’a amené à se faire courtiser par des partis politiques. Il a déclaré ne pas rejeter l’éventualité de se présenter lors d’une élection, que ce soit au niveau fédéral, provincial ou municipal.

Maintenir le cap

Les membres du mouvement ne se sont pas égaré·e·s suite à la démission d’un de leurs directeurs. Sidney Ribaux, devenu directeur principal en 1998 de l’organisation qu’il a cofondé, a maintenu le cap, et n’a pas perdu de temps. Le 16 octobre dernier, il envoyait une lettre ouverte à la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, dans le but d’accélérer l’interdiction envisagée des pesticides « tueurs d’abeilles » (les néonicotinoïdes). Selon Guilbeault, un délai d’un an serait suffisant pour les agriculteurs puissent trouver un autre pesticide. La décision canadienne, qui ne devrait pas être prise avant 2020, signifierait la mise en place de l’interdiction trois à cinq ans après le cas échéant. Sidney Ribaux est aussi l’un des six membres d’un bureau de projet pour la création de la ligne rose, formé par la mairesse Valérie Plante le 22 octobre, comme promis dans sa campagne. Il est dans ce comité le seul représentant d’une organisation de lutte pour l’environnement. 

Qu’est-ce qu’Équiterre?

Fondé en 1993, le groupe s’appelait à l’origine l’Action pour la solidarité, l’équité, l’environnement et le développement (ASEED). En 1995, le groupe obtient le statut d’organisme à but non lucratif, puis prend le nom d’Équiterre en 1998. Le groupe compte à ce jour 22 000 membres, ce qui en fait l’organisme environnemental le plus influent au Québec. Le groupe souhaite inciter citoyen·ne·s, organisations et gouvernements à aller vers la voie solidaire et équitable par des choix écologiques. Ainsi, Équiterre mène diverses campagnes de sensibilisation et actions de mobilisation citoyenne. Entre autres, en août dernier, les membres ont présenté un rapport en collaboration avec Trajectoire Québec qui fait la promotion du transport collectif dans la province. Sont cités douze projets qui permettraient d’aider la Politique de mobilité durable du Québec à atteindre ses objectifs d’ici 2030.

Le départ du pilier Steven Guilbeault n’a donc pas affecté la direction prise par l’association, qui continue de plaider pour les différentes causes environnementales. Sidney Ribaux connaissait déjà très bien l’association de par son ancienneté. Cela lui a permis de continuer ce que son ancien collègue avait entamé sans changer l’image d’Équiterre.

Erratum: Une précédente version de l’article indiquait que M. Steven Guilbeault était directeur principal d’Équiterre et que M. Sidney Ribaux en était directeur adjoint. Le Délit regrette cette erreur. 

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Divest McGill: et maintenant? https://www.delitfrancais.com/2018/10/23/divest-mcgill-et-maintenant/ https://www.delitfrancais.com/2018/10/23/divest-mcgill-et-maintenant/#respond Tue, 23 Oct 2018 13:27:53 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=32102

Si le sentiment d’urgence face au choc climatique se fait ressentir plus intensément de nos jours qu’à n’importe quel autre moment auparavant, l’idée de faire des choix responsables face à l’environnement ne semble plus nouvelle. Que ces choix soient d’envergure restreinte, et concernent l’action individuelle, ou beaucoup plus large, se plaçant sur une échelle institutionnelle, les conversations les concernant semblent maintenant être inscrites dans notre quotidien.

La possibilité pour McGill de prendre la décision de retirer tous ses investissements dans les compagnies dont l’activité primaire constitue l’extraction, la distribution, ou la vente d’énergies fossiles, n’a non plus rien de nouveau ; le mouvement étudiant Divest McGill tente de faire pression sur cette décision depuis 2012. Mais aujourd’hui, la tâche reste inaccomplie.

Le Sénat qui s’en mêle

En septembre 2018, le Sénat prenait position sur la question de manière inédite ; il n’est normalement pas d’usage pour ce corps politique d’exprimer une opinion, voire d’influencer une décision autre qu’académique. Mais certains sénateurs se sont sentis obligés d’intervenir ; parmi eux, Gregory Matthew Mikkelson, professeur spécialisé en philosophie environnementale. C’est ce dernier qui est à l’origine de la motion du Sénat d’informer le Conseil des gouverneurs, en charge de la décision, que celui-ci favorise, en principe, le désinvestissement des énergies fossiles. Cette motion a été adoptée à la grande majorité ; elle a pourtant été lourdement critiquée, notamment par le vice-principal exécutif et vice-principal aux études, le professeur Christopher Manfredi, la définissant comme une « grave erreur de gouvernance ».

Toutefois, plusieurs autres sénateur·rice·s, professeur·e·s ou étudiant·e·s, tel que Bryan Buraga, sénateur de la faculté d’Arts et Sciences, ont convaincu l’assemblée qu’exprimer un point de vue sur une décision affectant la communauté mcgilloise entière était un droit, voire un devoir du Sénat.

La décision de nouveau reportée

Dans un récent communiqué aux étudiant·e·s, la Principale Suzanne Fortier a offert un compte-rendu des discussions qui ont eu lieu lors de la dernière réunion du Conseil des gouverneurs. Cette dernière explique avoir informé le conseil, auquel revient la décision finale de désinvestir, de la récente prise de position du Sénat, et rapporte que celui-ci « a accepté de présenter la position du Sénat au Comité consultatif chargé des questions de responsabilité sociale » (CCRS, ou CAMSR, abrégé en anglais, ndlr).

Ainsi, aucun vote n’a été effectué, et la décision est de nouveau reportée à la fin du mois d’octobre, lors de la prochaine réunion du comité. Selon un article du McGill Tribune, cette décision a été influencée par la présidente du conseil, Ram Panda, expliquant « qu’il serait irresponsable de la part du conseil de décider, étant donné qu’il est du rôle du comité consultatif chargé des questions de responsabilité sociale de donner des conseils» sur ses investissements financiers éthiquement ambigus.

La situation semble ainsi toujours stagner, mais peut-être pas pour longtemps ; une nouvelle manifestation de Divest McGill s’est organisée le 22 octobre dernier, à l’occasion de la réunion du CCRS, devant le bâtiment d’administration James. Le comité a déjà découragé la décision de désinvestir deux fois auparavant, en 2012 et en 2016. Il reste maintenant à voir si McGill refusera d’agir pour la troisième fois. Les membres de Divest McGill ont mis en évidence la nécessité de désinvestir des énergies fossiles et de se trouver «du bon côté de l’histoire».

La décision au CCRS

Une des membres de Divest McGill a ajouté que McGill a beau être très engagé sur la durabilité en apparence, l’administration n’a pas cessé d’investir plusieurs millions de dollars dans les énergies fossiles. Une étudiante, Violette, explique qu’elle considère l’environnement comme « le sujet le plus urgent » car « si on ne résout pas ce problème on aura pas la chance de résoudre les autres ». Une membre de Divest McGill, Morgen Bertheussen, déclare que « ça fait six ans que nous sommes ici et ça fait six ans que rien n’est fait. » et elle ajoute que si McGill avait fait le choix de désinvestir quatre ans auparavant, « il y aurait déjà eu retour sur investissement ».

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Les professeur·e·s joignent leurs voix https://www.delitfrancais.com/2018/04/16/les-professeur%c2%b7e%c2%b7s-joignent-leurs-voix/ Mon, 16 Apr 2018 21:59:35 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31215 148 professeur·e·s de McGill ont signé une lettre ouverte envoyée à l’administration mcgilloise ce lundi. Cette lettre fait écho à celle envoyée mercredi dernier par l’Association des étudiant·e·s de l’Université McGill (AÉUM ou SSMU en anglais, ndlr) en soutenant la demande de l’Association étudiante de la mise en place d’une enquête indépendante sur le processus de gestion des plaintes pour harcèlement et violence sexuelle au sein de la Faculté des Arts. La lettre demande également que McGill «reconnaisse publiquement le fait que ce problème affecte toute la communauté de McGill et l’Université». Dans la lettre, les professeur·e·s signataires indiquent également que «cela serait un manquement à notre devoir de ne pas unir nos voix à celles des étudiant·e·s».

L’union fait la force

La lettre ouverte de l’AÉUM avait été envoyée le 4 avril dernier à l’administration visant à dénoncer le comportement abusif de certains professeurs de la faculté des Arts, et demandant une enquête indépendante sur le processus de gestion des plaintes. Une conférence de presse a eu lieu le lendemain lors de laquelle les enjeux de cette lettre ont pu être mis à plat. Or, depuis, l’administration n’a pas donné de réponse jugée suffisante et n’a pas témoigné d’une réelle volonté d’agir face aux allégations citées dans la lettre, selon l’AÉUM.

Mercredi 11 avril dernier, plus de 500 étudiant·e·s des Universités McGill et Concordia se sont réuni·e·s devant le bâtiment James de l’administration mcgilloise, dans le but de pousser l’administration à prendre des mesures concrètes. Des étudiant·e·s ont également pris la parole, afin de témoigner de leur expérience, ou dénoncer les supposés professeurs et appeler à prendre des mesures pour remédier à la situation.

Connor Spencer, vice-présidente (v.-p., ndlr) aux Affaires externes de l’AÉUM ouvrit le bal en rappelant qu’elle n’était en rien leader de ce mouvement, que c’était plutôt la volonté étudiante qui s’exprimait ainsi. Elle a ensuite demandé aux personnes présentes de lever la main s’ils avaient entendu dire qu’un de leur professeur avait un comportement déviant ou s’ils avaient été témoins d’un tel comportement. La majorité de la foule leva la main, suggérant ainsi l’ampleur du phénomène.

Ultimatum

Durant le rassemblement, Connor Spencer a envoyé un ultimatum à l’administration mcgilloise, les sommant de reconnaître publiquement le problème et d’annoncer la mise en place d’une enquête indépendante avant la fin de la journée de lundi 16 avril.

Passé ce délai, une lettre sera envoyée à la ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur Hélène David lui demandant de lancer elle-même une enquête indépendante en vertu de la Loi visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur (loi 151).

 

D’autres détails suivront.

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Un accident bien calculé https://www.delitfrancais.com/2018/04/13/un-accident-bien-calcule/ Fri, 13 Apr 2018 22:01:26 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31209 Du 28 mars au 1er avril, le Théâtre Mainline s’est vu secoué d’un horrible événement: la mort de Lucie. Ses proches, mais aussi ses fans sont sous le choc. Après des jours de teasing, le public se demande donc: mais qui a tué Lucie? Il s’agit d’une enquête signée Franc-Jeu, avec une mise en scène presque millimétrée, alliant art dramatique au premier plan, des toiles pour agrémenter le décor, mis en avant par les jeux de lumière, et même un peu de musique.

 Suspense et tourments

Il n’y a pas de doute, dès le début de la pièce, le spectateur est transporté dans un univers qui s’approche du polar. Tous les éléments sont présents: la mort brutale d’une célébrité, un enquêteur désabusé, une journaliste assez extravagante. Sauf que toute l’intrigue de la pièce se base sur un imprévu: le meurtre n’était pas prémédité. Ainsi, le public assiste pendant une heure et demie à la chute de Philippe, hanté par le souvenir de sa compagne, tourmenté par son entourage, et qui finit par craquer.

Les différentes réactions des personnages face à la mort de Lucie sont frappantes. Chacun a sa manière de faire son deuil, car tous n’entretenaient pas le même rapport avec Lucie au départ. Autant sa famille et ses proches sont particulièrement touchés, autant l’enquêteur et la journaliste ont un regard différent, moins sensible. C ’est donc selon ces différentes afflictions que l’intrigue évolue.

Un autre aspect intéressant de la pièce repose sur les relations que les différents personnages entretiennent entre eux: l’enquêteur ne se comporte pas avec Mona, la journaliste, comme il se comporte avec Philippe, qui vient de perdre sa compagne.

Déconstruction humaine

Ce drame permet également de mettre à jour des aspects difficiles du quotidien de chacun. Lors de la mort de Lucie, les médias sont omniprésents: Lise, sa mère, préfère exprimer son deuil sur ces plateformes  qu’avec la sympathie de son mari, Marcel, ou même la page Facebook de Lucie qui continue de hanter Philippe. Impossible de le nier: les médias sont tout le temps là, et ils continuent d’avoir un impact même dans la mort. Toute la situation prend des proportions énormes, comme lorsque la messe d’enterrement est diffusée en direct pour les fans de Lucie qui ne peuvent pas y assister. Au final, cette médiatisation joue un rôle indéniable dans la descente aux enfers de Philippe, et les terribles conséquences qu’elle entraîne.

L’envers du décor

Franc-Jeu, c’est aussi bien plus que du théâtre. La mise en scène de la pièce ne s’arrête pas au jeu d’acteur. Sur un mur du décor, un changement de tableau permet de comprendre que le lieu change, de manière simple et efficace. Ceux-ci ont d’ailleurs pour la plupart été peints à la main, spécialement pour cette pièce.  À cela sont rajoutés les éclairages qui permettent de jouer avec l’ambiance. Cela va de la lampe vacillante aux vitraux d’une église, tout en passant par les gyrophares d’une voiture de police. Ces éléments permettent d’apporter une autre dimension à la scène, dimension qui est dans une certaine mesure devenue l’empreinte que Franc-Jeu laisse sur le monde du théâtre étudiant francophone.

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Monde francophone https://www.delitfrancais.com/2018/04/10/monde-francophone-13/ https://www.delitfrancais.com/2018/04/10/monde-francophone-13/#respond Tue, 10 Apr 2018 17:15:38 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31149 Septembre 2017 – Antilles

L’ouragan Irma a dévasté les Antilles françaises, principalement Saint-Martin et Saint-Barthélémy. De nombreux voyageur·se·s canadien·ne·s se sont également retrouvé·e·s coincé·e·s dans la zone, les transports étant difficiles. Il reste beaucoup de travaux à faire encore aujourd’hui avant que les îles ne puissent s’en remettre.

Novembre 2017 – Côte d’Ivoire

De nombreux·ses Ivorien·ne·s candidat·e·s à l’immigration européenne ont été rapatrié·e·s chez eux·elles, après avoir vécu l’horreur en Libye. Depuis, beaucoup d’autres se sont retrouvé·e·s dans la même situation. De nombreux médias occidentaux ont pointé du doigt l’esclavage des Noirs libyens, une réalité bien ancrée dans ce pays.

Février 2018 – Haïti

L’ONG Oxfam est accusée d’avoir employé des prostituées haïtiennes à ses frais lors de la mission humanitaire faisant suite au séisme de 2010. Le gouvernement a décidé de suspendre les activités de l’ONG britannique dans le pays, voire même de l’expulser définitivement.

Mars 2018 – Mayotte

Mayotte a été en proie à une paralysie générale mise en place par ses habitant·e·s, visant à dénoncer l’insécurité. Pendant de longues semaines, des barricades ont été mises en place et de nombreuses manifestations organisées. Cependant, les mesures proposées par le gouvernement français n’ont pas été considérées comme satisfaisantes pour les mahorais·es, qui réclament des mesures plus strictes concernant l’immigration notamment.

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La tarification du carbone: Une entrevue avec Brendan Frank https://www.delitfrancais.com/2018/04/04/la-tarification-du-carbone-une-entrevue-avec-brendan-frank/ Wed, 04 Apr 2018 19:49:06 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31090 Le rapport de la Commission de l’écofiscalité du Canada visait principalement à montrer comment la tarification du carbone fonctionne, et donne des exemples de situations où ce processus s’est montré efficace, en utilisant l’exemple de la taxe sur le carbone implantée en Colombie-Britannique en 2008, mais aussi l’exemple de la Californie et du Royaume-Uni. Ces études de cas sont illustrées par des graphiques, ce qui rend l’accès au rapport plus facile. De plus, en ce qui concerne la partie expliquant pourquoi la tarification du carbone fonctionne, les auteur·e·s ont utilisé des mises en situation simples, comme par exemple comment les prix du carbone ont un effet sur nos choix lorsque nous achetons une automobile, et donnent les caractéristiques des différents véhicules en les liant à la question principale du rapport. Ensuite, il est question de comprendre comment la tarification du carbone fonctionne. Sont aussi présenté·e·s différent·e·s défenseur·e·s de la cause, pour montrer que le soutien est plus fort que ce que l’on peut penser.  La suite du rapport vise à expliquer le processus d’implémentation de ces politiques, et se termine sur des recommandations de la part des auteur·e·s du rapport. Si vous souhaitez en savoir plus, rendez-vous sur le site de la Commission de l’écofiscalité du Canada afin de consulter le rapport.

Commission de l'écofiscalité du Canada

Commission de l’écofiscalité du Canada

Analyste de recherche à la Commission de l’écofiscalité du Canada, présidée par Christopher Ragan, professeur de l’Université McGill, Brendan Frank est également coauteur du rapport intitulé «Nettoyer l’air : Comment la tarification du carbone aide le Canada à combattre le réchauffement climatique». La Commission vise principalement à allier prospérité économique et environnementale. L’entrevue portait sur les enjeux liés à la tarification du carbone au Canada.

Le Délit (LD): Pour commencer, parlez-nous un peu de vous. Pourquoi avez-vous choisi de vous impliquer dans la Commission, et plus particulièrement de travailler sur ce rapport ?

Brendan Frank (BF): Je suis inquiet à propos du réchauffement climatique, et j’ai passé la plupart de ma carrière à étudier et à travailler pour aider le monde et plus particulièrement le Canada à éviter les impacts du réchauffement climatique. Si nous voulons éviter les pires conséquences, il est indispensable de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ce rapport que nous publions est axé sur la tarification du carbone, et explique pourquoi c’est la meilleure manière de réduire nos émissions.

LD: Que souhaitez-vous accomplir à travers ce rapport ? Quel type de personnes est visé par ce rapport ?

BF: Nous avons beaucoup travaillé sur les détails de la tarification du carbone. Mais en s’attardant sur ceux-ci, il est facile de perdre de vue l’objectif central, qui est de montrer l’efficacité de la tarification du carbone pour réduire les émissions. Nous avons voulu produire un rapport qui mettait en avant les principaux enjeux de cette question, pour éviter un groupement d’informations trop denses et confuses. C’est moins pour les hommes politiques, et plus pour les personnes qui sont intéressé·e·s par la question de la tarification du carbone, mais qui ne savent pas par où commencer.

LD: En ce qui concerne la seconde recommandation de ce rapport (les responsables politiques et les analystes devraient essayer de mieux communiquer les réalités de la tarification du carbone), pensez-vous que cela devrait se faire à petite échelle ?

BF: C’est aux personnes qui travaillent dans le domaine que revient la responsabilité de communiquer les objectifs plus larges de la tarification du carbone. C’est très facile de se perdre dans les détails. Les avis favorables à la tarification du carbone augmentent au Canada, mais ce n’est pas encore du solide. Il y a encore beaucoup de personnes qui pensent que les comportements ne changeront pas, et que cette tarification aura un impact négatif sur l’économie canadienne. Nous avons besoin de personnes qui travaillent sur cette question quotidiennement pour communiquer ces idéaux.

LD: Pourquoi est-ce que la tarification du carbone est importante à l’heure actuelle ?

BF: C’est important de faire son possible pour éviter les impacts les plus lourds du réchauffement climatique. Le plus longtemps nous attendons pour agir, le pire les conséquences seront. Je me souviens avoir entendu parler du réchauffement climatique lorsque j’étais un enfant, et je me rappelle qu’on en parlait comme étant un problème éloigné dans le futur. Mais la vérité, c’est que le réchauffement climatique est déjà là, et nous en ressentons déjà les impacts. La tarification du carbone est l’outil le plus efficace et le moins cher pour réduire les émissions, même s’il y a différentes manières d’y parvenir.

LD: Pensez-vous qu’il y a encore moyen d’arrêter le réchauffement climatique et de sauver l’environnement ?

BF: Il est impossible d’éviter tous les impacts du réchauffement climatique, puisque le climat est déjà en train d’évoluer. Et plus nous attendons pour agir, plus ce changement sera important. Si nous n’agissons pas maintenant, les dommages pourraient être catastrophiques. Le but de la tarification du carbone est donc de réduire le plus possible les impacts du réchauffement climatique. Le climat a toujours évolué, mais ces derniers siècles, l’investissement humain a fait pencher la balance, et le processus s’est accéléré. Nous voulons réduire les impacts que nous avons sur le climat.

LD: Avez-vous des conseils à donner à un·e étudiant·e qui souhaiterait agir pour réduire le réchauffement climatique ?

BF: Au niveau individuel, il est possible de préconiser les politiques intelligentes pour réduire les émissions. Il y a des gestes comme moins utiliser la voiture, baisser le chauffage, acheter un vélo qui peuvent réduire nos émissions sur une base quotidienne. La tarification du carbone n’est pas nécessaire pour cela, puisqu’il s’agit d’une motivation économique qui concerne tout le monde. Cela envoie un signal clair, et s’applique à tout le monde. C’est une chose de vouloir soi-même faire changer les choses, mais la lutte contre le réchauffement climatique est une action collective, où tout le monde doit agir.

 

Cette entrevue a été traduite de l’anglais.

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La charge sociale de nos réseaux https://www.delitfrancais.com/2018/03/27/la-charge-sociale-de-nos-reseaux/ https://www.delitfrancais.com/2018/03/27/la-charge-sociale-de-nos-reseaux/#respond Tue, 27 Mar 2018 18:49:26 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31014

Alors que les réseaux sociaux se retrouvent secoués par un scandale à propos de Facebook et Cambridge Analytica, la question de la confidentialité sur le web est plus que jamais de mise. Sommes-nous responsables des informations que nous fournissons aux divers réseaux sociaux auxquels nous sommes inscrits, ou bien est-ce ces derniers qui en sont responsables?

Partager malgré soi

Lorsque l’on navigue sur Facebook, nous avons la possibilité de mieux protéger nos données en allant dans l’onglet paramètres, pour ensuite réguler l’accès des diverses applications connectées à Facebook et à ses données. En effet, Facebook n’est pas le seul à avoir accès aux données fournies par ses utilisateurs. Lorsque ces applications sont connectées au réseau social, elles ont la possibilité de récupérer toutes les données que Facebook possède sur un utilisateur. Cependant, lorsque nous supprimons les liens entre Facebook et ces applications, rien ne nous dit que les applications suppriment ces données. Par ailleurs, ces données restent toujours sur le réseau, ce qui est au cœur de tous les problèmes. Finalement, nous ne sommes pas plus protégés qu’auparavant.

« Facebook avait encore beaucoup d’efforts à faire en matière de transparence »

De plus, même si nous supprimons nos données de Facebook ou de toutes les applications et réseaux auxquels nous sommes connecté·e·s —en effaçant toutes les informations s’y trouvant ou en supprimant totalement les applications—rien ne garantit que ces données disparaîtront à tout jamais. Une fois que quelque chose atterrit sur le web, il a une fâcheuse tendance à y rester à tout jamais, peu importe ce que nous faisons pour nous en débarrasser. Oui, il y aura toujours un serveur quelque part sur la planète pour conserver cette photo compromettante de vous lors d’une de ces soirées de débauche typique de vos années universitaires.

Informations mises à risque

Il ne reste plus qu’à savoir à qui revient la responsabilité de toutes ces données une fois que celles-ci sont lâchées sur la toile. La récente polémique à laquelle l’entreprise de Mark Zuckerberg a dû faire face la semaine dernière a permis de montrer que Facebook avait encore beaucoup d’efforts à faire en matière de transparence face à ses utilisateur·rice·s. Il est bien beau de faire confiance à un réseau social en lui fournissant ses informations, mais en échange, il serait intéressant de savoir ce que fait ce réseau avec les informations qu’on lui fournit. Qui aurait pu se douter un instant que nos mentions «J’aime» sur Facebook pouvaient être utilisées afin de réaliser des profilages? C’est pourtant la conclusion que nous pouvons tirer de l’affaire de Cambridge Analytica. Tout d’abord, un simple test de personnalité était envoyé à certain·e·s utilisateur·rice·s, avec une rémunération en échange de la complétion de ce test. Cela a donc permis à la firme londonienne d’acquérir certaines données personnelles de ces internautes, mais également de leurs ami·e·s (c’est-à-dire toutes les personnes avec qui il·elle·s étaient connecté·e·s sur Facebook). Ensuite, en regardant les centres d’intérêt de ces utilisateur·rice·s, l’entreprise a pu définir leur personnalité de manière très précise, pour ensuite s’assurer que des publicités ciblées visant à influencer leur comportement apparaissent dans leur fil d’actualité. Il s’agit tout simplement d’une forme de désinformation.

À McGill

Si l’on aime, par exemple, la page Spotted: McGill University, il y a de fortes chances que l’on étudie à cette université. Si l’on suit en parallèle les activités de la page Facebook du Délit, l’algorithme de Facebook est presque assuré que nous sommes des étudiant·e·s francophones, et si on aime régulièrement le contenu de cette page, alors Facebook sait que l’on est plutôt impliqué·e au sein du journal.

C’est ce genre d’information qui a choqué les utilisateur·rice·s lorsque le scandale a éclaté au grand jour. Que Facebook permette à des entreprises d’infiltrer son réseau via des applications est une chose, mais la facilité avec laquelle une entreprise peut dresser le profil d’une personne grâce aux données récoltées —et ensuite, tenter d’influencer ses décisions grâce à des stratégies mises en place avec les données acquises— en est une autre.

Couper les ponts

D’un côté, les internautes ont également une part indéniable de responsabilité en ce qui concerne leurs données, puisque ce sont eux qui font le choix de les donner au réseau social dans un premier temps. Dans ce cas, c’est à nous de prendre les précautions nécessaires, et de s’informer des différents usages que Facebook peut avoir des données que nous lui fournissons. Car même si le réseau social s’engage à protéger la confidentialité des données de ses utilisateur·rice·s, ces dernier·ère·s se doivent de prendre connaissance des implications que ce contrat avec Facebook engendre. Faut-il donc s’attendre au pire dès que l’on fait quelque action sur le réseau social et considérer que ce genre de scandale fait partie intégrante du contrat? Le véritable danger de la circulation des données est de se faire influencer. Lorsque les entreprises acquièrent ces données par le biais d’applications, comme Cambridge Analytica l’a fait, cela s’apparente à de l’espionnage. Plus un individu fournit d’informations à l’application, le mieux l’entreprise sera en mesure d’influencer les décisions prises par cet individu grâce à la désinformation ciblée. Actuellement, de plus en plus de personnes font le choix de quitter Facebook. C’est une manière de s’indigner contre le manque de transparence du géant du web face aux utilisations des données de ses utilisateur·rice·s.

Le mal est fait

Néanmoins, le mal est déjà fait, puisqu’une fois que les données de chacun se retrouvent sur le Net, elles y sont à tout jamais. La visée de cet acte est donc principalement dénonciatrice. Ainsi, peut-être que Facebook cherchera de manière plus efficace de boucher ses fuites et de faire plus attention. Sauf qu’à l’heure actuelle, il est difficile de vivre sans les réseaux sociaux. Par exemple, à l’université, nous utilisons Facebook comme un outil de travail. Cela rend la communication plus simple, puisque pratiquement tout le monde y est inscrit. Ainsi, si l’on a besoin de récupérer les notes d’un cours

« D’un côté, les internautes ont également une part indéniable de responsabilité »

parce que l’on était absent, une publication sur le groupe du cours et le tour est joué. Et en ce qui concerne la communication au travail, il est toujours utile d’avoir une conversation de groupe afin de rester à jour sur les diverses informations. Il revient donc à Facebook et aux autres réseaux de faire leur travail, et de prévenir les utilisateurs des dangers qui grouillent sur la toile.

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Monde francophone https://www.delitfrancais.com/2018/03/27/monde-francophone-12/ https://www.delitfrancais.com/2018/03/27/monde-francophone-12/#respond Tue, 27 Mar 2018 17:53:24 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=30994 Afrique francophone 

CÔTE D’IVOIRE –L’opposition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS) a appelé à un rassemblement ce jeudi 22 mars contre la Commission électorale indépendante, qui selon eux, était déséquilibrée, et pour s’opposer aux élections sénatoriales du samedi 24 mars. Après plusieurs dispersions des manifestants à coup de gaz lacrymogènes, les forces de l’ordre ont finalement pu empêcher ce rassemblement d’avoir lieu. Les sénatoriales ont donc bien eu lieu, avec pour résultat une écrasante victoire du parti de droite: le Rassemblement des houphouëtistes

MAYOTTE – Depuis le 20 février, l’île est en proie à une grève générale liée au mouvement qui dénonce l’insécurité. Celle-ci vise à inciter la France métropolitaine à prendre les mesures nécessaires afin de régler ce problème. Les élus ont annoncé la réouverture des services publics ce dimanche 25 mars. Malgré l’accord de principe conclu le mardi 13 mars avec la ministre française des Outre-Mer, les mahorais ont continué leur mouvement, jugeant les mesures du gouvernement insuffisantes.

Europe francophone 

BELGIQUE – Ce sont quelques 3 000 à 4 000 personnes qui ont pris part à une manifestation contre le racisme, la discrimination, la haine, les inégalités et l’agressivité à Bruxelles ce samedi 24 mars. Les manifestant·e·s revendiquaient un meilleur accueil des réfugié·e·s, afin de favoriser leur intégration et la régularisation de tous les sans-papiers.

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Dernier Conseil législatif à Shatner https://www.delitfrancais.com/2018/03/21/dernier-conseil-legislatif-a-shatner/ https://www.delitfrancais.com/2018/03/21/dernier-conseil-legislatif-a-shatner/#respond Wed, 21 Mar 2018 19:45:06 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=30927 C’est dans une salle plus remplie qu’à l’accoutumée que les exécutifs de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM, SSMU en anglais, ndlr) se sont retrouvé·e·s pour leur Conseil législatif. À l’ordre du jour, il y avait une motion à propos des politiques d’implémentation d’une semaine de lecture au semestre d’automne, une motion en rapport avec le comité spécial sur l’antisémitisme du comité d’administration et du Conseil législatif de l’AÉUM, ainsi qu’une présentation sur le projet Fiat Lux.

Long débat sur l’antisémitisme

Au début de la séance, une motion a été passée afin que le comité spécial sur l’antisémitisme puisse présenter son travail avant que la motion ne soit discutée, dans un souci de compréhension. Composé de membres des divers regroupements juifs sur le campus, ce comité a pour but d’établir une définition compréhensive et fonctionnelle de l’antisémitisme et ensuite de l’implanter sur le campus. Pour cela, il serait nécessaire de renouveler le comité pour l’année scolaire à venir. Les exécutifs de l’AÉUM seraient directement impliqué·e·s dans ce projet, puisque le vice-président (v.-p, ndlr) aux Affaires universitaires aurait pour rôle de plaider auprès de l’administration pour des recommandations, telles que l’inclusion de l’antisémitisme dans les ateliers sur les «Race Projects», mais aussi d’avoir une session d’entraînement obligatoire des exécutifs de l’AÉUM sur la question.

La motion suscita beaucoup d’interrogations, notamment de la part de la représentante de la Faculté d’ingénierie Vivian Campbell, qui demanda quelle était la nécessité d’adresser la motion maintenant. En effet, ayant été soumise moins de 48 heures avant le Conseil, il était nécessaire d’avoir un vote avec deux tiers de la majorité en faveur pour qu’elle soit portée. L’une des membres du comité spécial sur l’antisémitisme a précisé que les vacances de Pâques juives coïncidaient avec les dates des prochains conseils, empêchant les représentant·e·s du comité d’y assister. Après de longues discussions, la motion fut finalement adoptée.

Semaine de lecture

La motion en rapport avec la politique de mise en place d’une semaine de relâche au semestre d’automne impliquait que l’AÉUM soutienne la campagne pour son implémentation. Cette politique doit s’étendre sur cinq ans, et pourra être renouvelée. Un représentant de la campagne en faveur de son implémentation a également souligné l’importance de soumettre cette question au référendum. En effet, puisque les étudiant·e·s seraient directement amené·e·s à s’exprimer sur la question, l’image de la volonté étudiante d’obtenir cette semaine de relâche serait plus forte, et l’université serait plus encline à prendre des mesures favorables.

Que la lumière soit

La présentation du projet de rénovation de la bibliothèque McLennan et Redpath, Fiat Lux, a donc permis d’éclairer les aspects qui semblaient obscurs autour du projet. La bibliothèque restera bien ouverte pendant les travaux, mais certaines parcelles seront inaccessibles par moment. Les arrangements viseront aussi à faciliter l’accès à la bibliothèque pour tout·e·s les étudiant·e·s. Si tout se passe comme prévu, l’ensemble de la structure devrait être rénové d’ici cinq ou six ans. Les travaux débuteront par la création d’un centre de stockage des livres, qui devrait accueillir des ouvrages de toutes les bibliothèques du campus. 

La présentation du comité sur l’équité, qui est une portion sous l’AÉUM a permis de comprendre l’importance de leur rôle au sein de la communauté étudiante. Il aide à la résolution des problèmes liés à l’équité dans différentes associations mcgilloises, en plus d’arbitrer les dialogues de plusieurs comités, dont celui sur l’antisémitisme.

Aussi, lors de la période des annonces, la v.-p. Affaires externes a souligné que le 15 mars est la journée contre les violences policières, et a rappelé les noms de tou·te·s les montréalais·e·s ayant perdu la vie de manière injuste dans ces violences.

Le prochain Conseil législatif se déroulera dans la salle 623 du bâtiment McConnell.

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Élections AÉUM : v.-p. Finances https://www.delitfrancais.com/2018/03/17/elections-aeum-v-p-finances/ Sat, 17 Mar 2018 22:21:28 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=30833 Le vice-président (v.-p) Finances s’assure de la stabilité administrative et à long terme de l’Association des étudiant·e·s en premier cycle de l’Université McGill (AÉUM ou SSMU en anglais, ndlr). Il s’occupe également de la préparation du budget annuel, de la gestion des ressources humaines ainsi que des régimes d’assurance.

En troisième année en finance et en analyse d’affaires, Jun Wang s’implique également dans différents clubs de la Faculté de Gestion Desautels, notamment dans le Desautels Women In Business. Il est également impliqué dans divers comités en lien avec la finance. Sa campagne est principalement axée sur la communication et la transparence des fonds de l’AÉUM, ainsi que sur la restructuration de ces fonds.

Le Délit (LD) : Pourquoi as-tu décidé de de présenter au poste de v.-p. Finances?

Jun Wang (JW) :  J’ai toujours voulu être impliqué avec l’AÉUM, mais auparavant je ne me sentait pas prêt. J’avais besoin de plus d’expérience, que cela soit dans mes cours, ou en aidant mes ami·e·s étant à des postes exécutifs, tout en ayant une compréhension de l’AÉUM en tant qu’étudiant.

LD : Pourquoi serais-tu un bon v.-p. Finances ?

JW : Je ne pense pas que la finance soit uniquement une question de mathématiques, car la communication y est très importante. Il faut savoir expliquer ce que signifient tous ces chiffres à l’ensemble du corps mcgillois. C’est là que réside la responsabilité du vice-président Finances. J’ai de l’expérience par rapport à ça, et je pense qu’avec ma plateforme, [je pourrai] créer de bons modèles structurels et avoir des rencontres intensives avec les membres des services et les exécutifs des clubs afin de faire en sorte que tout le monde soit «sur la même page». Il est nécessaire de comprendre ce que les gens souhaitent et de le communiquer dans le but de leur donner. Je ne pense pas être en campagne pour une position, mais pour être fonctionnaire. Il est nécessaire de représenter les besoins des étudiant·e·s avec une restructuration financière afin que chacun puisse comprendre ce qu’il se passe, ce qui créera une AÉUM plus efficace.

LD : Que penses-tu du manque d’intérêt des mcgillois pour la politique étudiante ?

JW : Ce niveau d’apathie me dérange un peu pour être honnête. Ce désengagement envers l’AÉUM montre aussi que les étudiant·e·s ne font plus confiance à la communauté. Je pense que l’AÉUM fait un bon travail pour tout ce qui touche aux opérations internes. Mais beaucoup de gens perçoivent l’Association comme étant composée d’un ensemble d’individus agissant chacun de leur côté, sans révéler ce qui a besoin d’être fait. Les gens ont besoin d’un réseau plus transparent et plus collaboratif. Le fait d’avoir tout le monde «sur la même page» permettrait de comprendre exactement ce qui se passe. Ainsi, la collaboration sera renforcée, et cela permettra de créer un meilleur sens de l’engagement.

LD : Quel aspect du poste de v.-p. Finances trouves-tu le plus important ?

JW : Je pense que le v.-p. Finances joue un rôle politique, mais je ne pense pas qu’il faille autant insister dessus que pour les autres. Il est là pour aider les politiques à atteindre leurs décisions finales. Il est là pour faire en sorte qu’il y ait les ressources nécessaires pour réaliser tous les objectifs de l’AÉUM. Je ne pense pas avoir mon mot à dire en tant que v.-p. Finances sur quels aspects du budget couper ou non, car c’est aux étudiant·e·s de décider de cela, vu que ce sont eux qui sont concernés, et je donnerai ensuite mon avis professionnel, pour voir ce qui peut fonctionner ou non, ce qui peut être financé ou non. La politique devrait rester de côté et la finance doit rester neutre, à moins que la communauté ne demande mon engagement.

LD : Quel sera ton plus grand défi à ce poste selon toi ?

JW : Simplement de mettre ma plateforme en place. Je pense qu’il y a beaucoup de choses que je veux changer, mais ça ne se fera pas du jour au lendemain. Par exemple, que le portfolio d’investissement devienne plus responsable socialement demande un gros investissement pour le changer. Il faut que les gens comprennent les implications de la responsabilité sociale et le mandat de l’AÉUM afin de voir dans quoi faut-il investir, et faire en sorte que les gens soient là pour supporter les coûts à court terme pour que le portfolio puisse fonctionner sur le long terme. Faire en sorte que ce que je fais devienne réalité sera un grand défi, d’autant plus qu’il faudra que je prenne en compte les opinions d’autres gens pour créer un équilibre.

Cette entrevue a été traduite de l’anglais.

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Élections AÉUM : v.-p. Externe https://www.delitfrancais.com/2018/03/17/elections-aeum-v-p-externe/ https://www.delitfrancais.com/2018/03/17/elections-aeum-v-p-externe/#respond Sat, 17 Mar 2018 21:22:55 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=30804 Étudiante en quatrième année en Études islamiques avec une mineure en Études juives, Marina Cupido est l’unique candidate au poste de vice-présidente (v-p., ndlr) aux Affaires externes de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM, SSMU en anglais, ndlr). Le rôle de v.-p. externe est de coordonner les relations de l’AÉUM avec différentes associations sur et hors campus.  Sa campagne s’inscrit dans la continuité des travaux accomplis par Connor Spencer, actuelle tenante du poste. Elle souhaite notamment intégrer l’AÉUM à une fédération provinciale, mais aussi à renforcer les liens avec la communauté Milton-Parc, travailler en partenariat avec les universités québécoises contre les stages non rémunérés, améliorer la transparence de l’AÉUM ainsi que les représentations francophones et autochtones sur le campus.

Le Délit (LD): Pourquoi as-tu décidé de te présenter pour être v.-p. Externe?

Marina Cupido (MC): Depuis que je suis à McGill, je me suis impliquée dans le journalisme étudiant avec le McGill Daily. Cela m’a permis de réaliser à quel point l’AÉUM est importante. Cependant, il y a beaucoup de cynisme sur cette question, car beaucoup d’étudiants ne comprennent pas ça, et il y a beaucoup de frustration. Après avoir observé quatre générations d’exécutifs, quatre années de scandales, je me suis dit que j’avais une assez bonne idée de ce qu’impliquait la position de v.-p. Externe.

LD: Pourquoi est-ce que tu ferais une bonne v.-p. Externe?

MC: J’ai une très bonne connaissance du fonctionnement de l’AÉUM, mais aussi de la façon dont l’exécutif et les représentants des facultés ont un impact sur les étudiants, et sur les impacts de leurs décisions. J’ai une bonne mémoire institutionnelle, ce qui est important. J’ai un bon sens d’où on vient, et d’où on va comme société. J’ai observé de très près plusieurs v.-p. Externe et j’ai donc une très bonne connaissance de cette position.

LD: Que penses-tu du manque d’intérêt pour la politique étudiante de la part des étudiants à McGill?

MC: Je pense que l’article du Tribune sur le sujet résume très bien la situation. La thèse de l’auteur c’est que, d’une part les étudiants n’ont pas le sentiment que leur vote va faire un changement, et d’autre part, ils n’ont pas l’impression que l’AÉUM est une institution efficace qui peut avoir un impact important. Je suis d’accord avec cette analyse, et je pense que les gens doivent prendre connaissance de tous les impacts du SSMU. Mais il faut faire un effort pour communiquer avec eux afin de connaître leurs besoins. Beaucoup d’étudiants prennent conscience de l’existence de l’AÉUM quand les polémiques éclatent, ce qui ne donne pas une bonne réputation. Alors les gens en ont marre.

LD: Comment penses-tu qu’il serait possible de rehausser l’intérêt pour la politique étudiante?

MC: Quand les représentants s’engagent dans ces débats politiques, il faut être honnête et entreprendre ces débats de bonne foi. Au lieu d’essayer de manœuvrer, il faut être ouvert et honnête, et entreprendre ces débats dans l’optique d’améliorer les choses. Cette année, au lieu d’avancer, l’AÉUM est devenue ce champ de bataille politique bizarre. Au lieu d’essayer de résoudre les problèmes, ils ont les mêmes combats encore et encore. Les représentants doivent être consciencieux, et savoir mettre de côté leur agenda et faire avancer les choses, ce qui en principe est facile à dire.

LD: Quel aspect du poste de v.-p. Externe trouves-tu le plus important?

MC: Je crois que l’accessibilité est très importante. Il y a premièrement l’accessibilité financière. Le v.-p. Externe doit travailler avec les unions pour appuyer les luttes pour la rémunération du travail étudiant sur le campus, mais aussi travailler avec les unions provinciales pour faire bouger les choses au niveau du gouvernement. Un des aspects de ma plateforme est concentré sur les stages non rémunérés, ce qui touche l’accessibilité financière. Beaucoup des campagnes politiques que le v.-p. Externe ont affaire avec l’accessibilité, comme celle contre l’austérité, tout le travail au niveau de la violence sexuelle sur le campus, mais aussi les affaires autochtones. Le campus de McGill est souvent inaccessible et , il y a beaucoup de travail à faire par rapport à ça, et aussi par rapport aux étudiants francophones.

LD: Quel sera ton plus grand défi à ce poste selon toi?

MC: Ça sera de convaincre les gens que la position de v.-p. Externe est nécessaire. Il y a des gens à McGill [pour qui] la tâche principale du SSMU [est d’organiser] des fêtes, ce qui se fait, mais même lorsque l’on se centre sur des évènements non politiques, il y a toujours de la politique qui rentre. Le plus grand défi est donc de communiquer cela, et de susciter un intérêt auprès des mcgillois, dans le mouvement étudiant et plus largement dans la Province. J’ai déjà discuté avec Connor [Spencer] pour voir ce qu’elle a fait et ce qu’elle n’a pas fait, et c’est une conversation qui doit continuer.

Cette entrevue a été réalisée en français.

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La course à la présidence – Tre Mansdoerfer https://www.delitfrancais.com/2018/03/17/la-course-a-la-presidence/ https://www.delitfrancais.com/2018/03/17/la-course-a-la-presidence/#respond Sat, 17 Mar 2018 21:21:10 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=30802 Le rôle du Président est de diriger et d’établir la vision d’ensemble de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM, SSMU en anglais, ndlr). Originaire du New Jersey, Tre est actuellement étudiant de troisième année en génie électrique. Il souhaite principalement intégrer davantage la communauté étudiante dans l’AÉUM ainsi que d’augmenter la représentation de chaque faculté au sein de l’Association.

Le Délit (LD): Pourquoi as-tu décidé de te présenter au poste de président de l’AÉUM?

Tre Mansdoerfer (TM): Je pense que cela correspond très bien aux compétences que j’ai pu acquérir lors de ma scolarité à McGill. J’ai eu l’opportunité d’être président de McConnell Hall lors de ma première année, mais aussi d’être représentant de l’AÉUM et sénateur pour la Faculté de génie lors de ma deuxième et troisième année, donc je pense avoir une bonne compréhension de l’AÉUM, ce qui est important pour le rôle de président. Je me suis impliqué dans divers comités sous les portfolios des Affaires externes, mais aussi pour la Vie étudiante, et en étant sénateur, j’ai pu découvrir beaucoup d’aspects du portfolio des Affaires Internes. Je pense qu’il est très important que le président soit au courant et comprenne ce qu’il se passe au sein des divers portfolios de l’AÉUM.

LD: Pourquoi ferais-tu un bon président?

TM: Parce que j’ai vu beaucoup de choses se passer ces trois dernières années, et j’ai envie de faire changer les choses. Aussi, je me sens très à l’aise lorsqu’il s’agit de collaborer avec des gens, et j’ai de fortes qualités en gestion et en leadership d’équipe. Je pense que chaque équipe avec qui j’ai eu l’occasion de travailler a apprécié travailler avec moi, et je pense être en mesure d’atteindre différents groupes de personnes, peu importe la faculté dans laquelle ils sont, et faire en sorte qu’ils travaillent avec moi. Ce n’était pas forcément le cas de certains candidats des années précédentes, qui avaient tendance à s’isoler. Je pense être capable de me fondre dans la masse du corps étudiant, et je pense que c’est important pour être président.

LD: Que penses-tu du manque d’intérêt pour la politique étudiante de la part des étudiant·e·s à McGill?

TM: Je pense que c’est extrêmement justifié en ce moment. Étant un étudiant en troisième année et ayant vu l’AÉUM, particulièrement ces deux dernières années, être évacuée par ceux·celles qui y étaient impliqué·e·s, tous ces horribles scandales, je pense que ce désengagement est justifié. Je pense qu’il est important que nous essayions de régler nos problèmes de relations publiques et de rehausser l’intérêt étudiant pour l’AÉUM, car je pense que l’Association a beaucoup à offrir si vous avez un bon leadership et une équipe forte. Il s’agit de faire la meilleure chose possible pour le corps étudiant, et il serait également nécessaire d’éviter tous ces scandales et problèmes qui ont terni l’image de l’AÉUM ces dernières années.

LD: Comment penses-tu qu’il serait possible de rehausser l’intérêt pour la politique étudiante?

TM: Il faudrait que les exécutifs interviennent de faculté en faculté pour se présenter et montrer une volonté de travailler ensemble afin que chaque membre du comité exécutif soit impliqué au niveau des facultés. Il s’agit de rendre l’exécutif de l’AÉUM accessible et de lui donner une certaine prestance auprès du corps étudiant, et pas nécessairement enfermé dans le bâtiment Shatner, car je pense que ça a été un problème ces trois dernières années. On ne voit pas l’exécutif de l’AÉUM comme des personnes, mais juste comme l’AÉUM. Cela doit cesser si l’on veut que les étudiant·e·s soient plus engagé·e·s. Il est aussi nécessaire d’établir une conversation pour savoir ce que les étudiant·e·s souhaitent en général pour être sûr de répondre à leurs besoins.

LD: Quel est l’aspect du poste de président que tu trouves le plus important?

TM: Les relations avec les facultés. C’est quelque chose qui a été grossièrement ignoré ces dernières années. Je me suis renseigné sur l’histoire de l’AÉUM afin de comprendre les différents enjeux. Approximativement deux tiers des facultés ne sont pas engagées dans les activités de l’AÉUM sur une base régulière, ce qui est inacceptable selon moi. Pour avoir une gouvernance étudiante forte, il est nécessaire de s’engager dans les différents aspects de la culture mcgilloise. Chaque faculté a beaucoup à apporter en s’engageant dans la politique étudiante. L’inclusion de ces différentes perspectives est nécessaire pour que les étudiant·e·s voient l’AÉUM comme une organisation qui a de la valeur.

LD: Quel sera ton plus grand défi à ce poste selon toi?

TM: Le plus grand défi sera celui de la gestion du temps. C’est vraiment difficile de décider sur quoi concentrer son temps, et d’équilibrer les différentes tâches. Tu veux être sûr de faire ce que tu veux réaliser, mais il faut aussi bien le faire et ne pas y mettre que le strict minimum. Cela n’a pas été fait avec le processus d’hygiène féminine (distribution de produits d’hygiène féminine gratuitement dans les toilettes de l’université, ndlr), qui n’a pas encore vraiment été mis en place alors que les personnes l’ayant mis sur la table y semblaient dévouées. Étant président, j’aimerai m’y dévouer afin qu’il puisse être entièrement achevé, ce qui n’est clairement pas le cas aujourd’hui, alors que cela fait un an et demi que ce projet a vu le jour. Faire en sorte d’allouer son temps efficacement à chaque tâche et de les finir est quelque chose de primordial.

Cette entrevue a été traduite de l’anglais.

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Un budget autour de l’autodétermination et la science https://www.delitfrancais.com/2018/03/03/un-budget-autour-de-lautodetermination-et-a-la-science/ Sat, 03 Mar 2018 19:40:40 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=30777 Le budget prévu par le gouvernement fédéral pour 2018-2019 s’inscrit dans la continuité des deux précédents du gouvernement Trudeau. Il a été présenté mardi 27 février par Bill Morneau, ministre des Finances.

Les libéraux se sont engagés à améliorer la qualité de vie des autochtones, avec 4,1 milliards de dollars prévus à cet effet, mais aussi à assurer leur autodétermination –613 millions de dollars y seront consacrés, afin de tenter d’éliminer leur statut de citoyen·ne·s, et de leur donner plus d’autonomie politique. En ce qui concerne ces premières mesures, l’accent sera mis principalement sur l’accès à la santé, au logement, et à l’eau potable.

C’est aussi 3,8 milliards de dollars au cours des cinq années à suivre qui seront consacrés à la science et à la recherche, dans le but d’affirmer la place du Canada au sein de la communauté scientifique mondiale, ce qui représente une somme assez conséquente. De plus, le gouvernement n’est pas resté indifférent face à la crise des opioïdes; 231 millions de dollars pour les cinq ans à venir seront alloués afin de pallier cette crise, notamment en équipant les agents frontaliers afin qu’ils puissent intercepter le fentanyl entre autres drogues avant qu’elles ne soit mise en circulation sur le territoire Canadien.

Cependant, la Coalition pour la culture et les médias et la Fédération nationale des communications (FNC, ndlr) estiment que les prévisions d’Ottawa, à savoir 10 millions de dollars par an pour des médias locaux dans des régions mal desservies restent bien loin des besoins réels, ce qui pourrait fragiliser encore certains médias plus vulnérables.

En ce qui concerne la situation dans son ensemble, le déficit est de 18,1 milliards de dollars pour cette année. Cependant, Bill Morneau vise une optimiste réduction , dans le but de réduire le déficit de 5,8 milliards de dollars d’ici 2022. Il est important de mentionner que la totalité de la dette canadienne, s’élevant à 651,5 milliards de dollars, représente plus de 30% du PIB. Le Canada est le 16pays le plus endetté au monde, bien plus que son voisin américain. Cette dette a d’ailleurs été considérablement accrue au cours de ces 30 dernières années. Auparavant, les dépenses d’immobilisation étaient les principales causes de la dette, mais cela a été étendu après les années 1970.

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La justice et les autochtones https://www.delitfrancais.com/2018/02/27/la-justice-et-les-autochtones/ https://www.delitfrancais.com/2018/02/27/la-justice-et-les-autochtones/#respond Tue, 27 Feb 2018 20:57:42 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=30699

Ce samedi 24 février avait lieu une vigile au square Cabot à Montréal en réaction au verdict du procès de Raymond Cormier pour le meurtre sans préméditation de Tina Fontaine, en 2014. Le corps de la jeune fille de 15 ans, venant de la Première nation de Sagkeeng au nord-est de Winnipeg, avait été retrouvé dans la rivière Rouge dans une couverture lestée de pierres. L’individu initialement accusé, Raymond Cormier, a été déclaré non-coupable ce vendredi 23 février par manque de preuves.

«Justice pour Tina»

Le rassemblement était organisé conjointement par le Foyer pour femmes autochtones de Montréal et le professeur de méditation Dexter X. L’évènement, nommé Justice pour Tina sur Facebook, rassemblait plus d’une centaine de personnes. Parmi les intervenants s’étant exprimés se trouvaient notamment Ellen Gabriel, militante de Kanehsatà:ke, Nakuset, directrice générale du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec, Norman Achneepineskum, artiste Anishinabe ainsi que Clifton Ariwakehte Nicholas, cinéaste et militant de Kanehsatà:ke. Les Buffalo Hat singers, groupe contemporain de tambours pow- wow, ont également offert une performance musicale. «Le but de cet évènement était d’honorer la mémoire de Tina Fontaine, mais égale- ment de soutenir l’appel à la justice faite par sa famille», a expliqué Dexter X au Délit. L’intervenant, professeur de méditation, a également décrié le système canadien actuel. «Il semble y avoir des lois différentes pour différentes catégories d’individus. Cela est clairement le résultat du racisme. Les juges, les avocats et les policiers ne sont pas éduqués sur l’histoire coloniale du Canada et c’est l’histoire d’un génocide», a-t-il dit. Plusieurs manifestant·e·s portaient des pancartes où il était possible de lire divers messages: «Canada failed Tina Fontaine» (Le Canada a laissé tomber Tina Fontaine, ndlr), «Love for Tina» (Amour pour Tina, ndlr) et aussi «Justice for Tina Fontaine + Colten Boushie» (Justice pour Tina Fontaine + Colten Boushie, ndlr).

Des preuves faibles

Lors du procès, la Couronne n’a pas présenté de preuves médicolégales ni de témoins oculaires, mais plutôt des preuves circonstancielles de témoins ayant vu Tina Fontaine et Raymond Cormier ensemble quelques jours avant la découverte du corps de la jeune autochtone. Parmi les autres preuves présentées au procès se trouvaient des enregistrements de Raymond Cormier où celui-ci aurait, selon la Couronne, émis des aveux de culpabilité pour la mort de Tina Fontaine. La défense a contesté la légitimité des enregistrements, plaidant que ceux-ci étaient très peu audibles. Notons que la cause du décès n’a pas été identifiée avec certitude par l’expertise médicolégale.

Le verdict de non-culpabilité, délivré par un jury composé de sept femmes et quatre hommes, a déclenché une multitude de réactions vives à travers le pays. De nombreuses manifestations ont été organisées, notamment à Vancouver, Ottawa, Winnipeg, Halifax et Montréal. Des voix se sont élevées au pays pour dénoncer ce qu’elles appellent «l’échec du système de justice canadien», entre autres celles de leaders autochtones au Manitoba. «Le Service à la Famille du Manitoba, […] la Police de Winnipeg [et] la société canadienne ont laissé tomber Tina Fontaine» a déclaré Kevin Hart, chef régional du Manitoba pour l’Assemblée des Premières nations selon une information de Radio- Canada Manitoba.

Perry Bellegarde, chef de l’Assemblée des Premières Nations, a également déploré qu’«encore une fois, la justice n’a pas été servie dans une salle d’audience pour un individu issu des Premières Nations», sur son compte Twitter.

L’affaire Colten Boushie

Plus tôt ce mois-ci avait lieu le procès Colten Boushie, où le jeune homme de 22 ans de la Première nation de Red Pheasant, avait été tué par balle en août 2016 par Gerald Stanley, 56 ans. Colten Boushie était présent sur le terrain de Gerard Stanley en compagnie de quatre autres jeunes dans le but de chercher de l’assistance suite à une crevaison de pneu. C’est sur sa propriété que Gerard Stanley a tiré trois coups de feu avec un pistolet dont un en direction de Colten Boushie, qui l’a atteint mortellement à la tête. La défense a plaidé pour un accident causé par le malfonctionnement de l’arme, mais des experts en balistique appelés par la Couronne ont indiqué que l’arme semblait fonctionner normalement.

Stanley a été acquitté en février de meurtre au second degré, reconnu non-coupable par les 12 membres du jury — tous de race blanche — de la Cour du Banc de la Reine à Battleford, au Saskatchewan. Notons que des potentiels jurés d’apparence autochtone ont été rejetés par les avocats de la défense grâce à leur pouvoir de récusation péremptoire. Une vague de sympathie envers la famille de Colten a suivi le verdict, et de nombreuses manifestations ont eu lieu pour dénoncer les problèmes de discrimination au sein du système judiciaire canadien et réclamer justice pour la famille. Tout comme pour le cas de Tina Fontaine, de nombreuses manifestations avaient eu lieu partout à travers le pays pour dénoncer le verdict et offrir un soutien aux proches des victimes.

« Le verdict de non-culpabilité, délivré par un jury composé de sept femmes et quatre hommes, a déclenché une multitude de réactions vives à travers le pays »

Politique et justice

Ces deux affaires ont également eu des retentissements du côté de la classe politique. Plusieurs chefs de partis fédéraux se sont exprimés sur les verdicts. Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, avait déclaré sur son compte Twitter que «[Tina Fontaine] a été brutalement assassinée» et que «le système l’a laissé tomber à chacune des étapes, même dans la recherche de la justice». Aussi, le premier ministre Justin Trudeau avait exprimé son soutien à la famille Boushie tandis que la ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould avait écrit sur Twitter que «nous pouvons et devons faire mieux». En entrevue à CTV, la ministre avait également rajouté qu’«il n’y avait pas de place dans le système de justice pour le racisme, la discrimination et les biais de toute sorte» comme rapporté par Le Devoir. L’Association du Barreau canadien avait dénoncé ces commentaires qu’elle qualifie de politiques, soulignant que ceux- ci pouvaient donner l’idée que les verdicts étaient fautifs.

Par rapport à l’attitude des politiciens, Dexter X s’exprime en disant craindre que les paroles ne soient pas suivies d’actions. «L’attitude du gouvernement actuel est différente de celle du gouvernement précédent […] mais les citoyens doivent mettre de la pression sur les politiciens, car ceux-ci sont souvent sensibles à l’argent, au pouvoir et à la menace d’une élection perdue.» Rejoint par Le Délit, Alain-Guy Tachou-Sipowo, chargé de cours dans la Faculté de droit de l’Université McGill, explique que le système judiciaire canadien a souvent été remis en cause par la façon dont les cas étaient traités. «C’est une volonté canadienne de ne pas assimiler les systèmes des nations autochtones, mais ceux-ci n’ont pas nécessaire- ment la souveraineté internationale. […] Cela pose des questions sur la légitimité de ce droit particulier qui, néanmoins, s’insère dans le grand cadre juridique tracé par le Canada.» Questionné à savoir si les verdicts auraient pu être différents si les victimes n’avaient pas été autochtones, Alain-Guy Tachou-Sipowo répond par l’affirmative: «Possiblement, ça aurait été différent parce que [les cas] auraient été régis par des règles différentes.»

Cet article a été modifié le 02/03/2018. L’expression «assassin présumé» a été remplacée par«personne initialement accusée», dans un souci de précision par rapport à la signification juridique de ces termes. Le Délit regrette cette erreur.

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Désaccord lors des élections https://www.delitfrancais.com/2018/02/27/desaccord-lors-des-elections/ https://www.delitfrancais.com/2018/02/27/desaccord-lors-des-elections/#respond Tue, 27 Feb 2018 19:14:01 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=30684

Comme tous les quinze jours, le Conseil législatif de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM, ou SSMU en anglais, ndlr) s’est réuni. Beaucoup d’éléments ont été ajoutés à l’ordre du jour initial, notamment une revue du budget par Esteban Herpin, vice-président (v.-p) aux Finances, ainsi que diverses motions. À l’ordre du jour, des motions en rapport avec des frais liés à l’AÉUM: ceux liés au Centre Universitaire, aux fonds des clubs, mais aussi sur l’augmentation des frais du Black Student Network (BSN, ndlr). C’est toutefois la motion sur la modification des régulations internes des élections et référenda qui fit durer le débat.

Désaccords et incertitudes

Ajoutée à l’agenda en début de réunion, la motion sur la modification des régulations internes sur les élections et référenda fut l’épicentre du débat. Il y eut beaucoup d’interrogations sur le fait qu’elle soit ajoutée à la dernière minute. Même s’il fut reconnu que les élections imminentes de l’AÉUM (qui ont lieu au même moment que celles de certaines facultés) justifiaient l’importance de cette motion, de nombreux·ses représentant·e·s ont déploré le fait qu’ils·elles n’avaient pas eu la possibilité de faire des recherches sur ses différents aspects. Une mention fut donc proposée pour faire passer cette motion en dernier. L’AÉUM fit venir un représentant de Elections SSMU afin de répondre aux questions des différent·e·s représentant·e·s pour clarifier la motion. Le vote fut appelé alors que le débat s’éternisait, et au final, la motion échoua à passer.

Bicentenaire et BSN

L’autre moment clé de ce conseil fut la présentation de Gérard Cadet, directeur du bicentenaire de l’Université McGill. Il a présenté les différentes options envisageables pour cette célébration qui se déroulera à partir du Homecoming de 2020 jusqu’en décembre 2021. Il s’agit d’un évènement qui vise à communiquer avec les différents groupes de la communauté mcgilloise afin de créer une vision commune de l’Université. Beaucoup de questions furent posées, notamment concernant les priorités d’un tel évènement. Ce dernier représenterait en effet un budget colossal tandis que certains services à McGill manquent encore de soutien, notamment en ce qui concerne la santé mentale et les ressources académiques. Le directeur a assuré que «tous les fonds ne viendraient pas nécessairement de l’université», et que des financements extérieurs, comme des sponsors, seraient programmés.

Ensuite, ce fut au tour d’Andreann Asibey, présidente du BSN, de prendre la parole. Elle présentait une motion visant à augmenter les frais que les étudiants versent à ce club chaque semestre. De 0,40 dollars pour les étudiants à temps plein, ils passeraient à 1 dollar. L’intervention de la présidente avait pour but d’expliquer l’importance de l’utilisation de ces frais en plus de l’importance du club au sein de la communauté mcgilloise. La motion fut ensuite présentée, elle passa avec succès.

Jemark Earle, v.-p. à la Vie étudiante, précisa que la fermeture anticipée du Players’ Theatre avait été faite pour des raisons de sécurité

Rapports des exécutifs

Lors de son rapport, Jemark Earle, v.-p. à la Vie étudiante, précisa que la fermeture anticipée du Players’ Theatre avait été faite pour des raisons de sécurité. Connor Spencer, v.-p. aux Affaires externes, annonça sa participation au Congrès de l’Union étudiante du Québec (UEQ, ndlr) qui se déroula les 24 et 25 février. Pour conclure, Maya Koparkar, v.-p. aux Affaires internes, insista sur l’importance d’établir des rapports sur les mandats exécutifs, à cause d’un manque flagrant de mémoire institutionnelle pour son portfolio.

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Aux portes de l’information https://www.delitfrancais.com/2018/02/20/aux-portes-de-linformation/ https://www.delitfrancais.com/2018/02/20/aux-portes-de-linformation/#respond Tue, 20 Feb 2018 16:46:32 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=30606 Puisque le mandat de Suzanne Legault, commissaire à l’information sortante, tirait à sa fin, il était nécessaire pour Justin Trudeau de nommer un·e successeur·e. Fin 2017, elle avait été renommée sur base intérimaire pour donner au gouvernement le temps de trouver quelqu’un pour reprendre son rôle. Le premier ministre a donc proposé le nom de Caroline Maynard ce mercredi 14 février pour devenir la nouvelle commissionnaire à l’information.

Diffuser l’information

Créé en 1983 avec la loi sur l’accès à l’information, le rôle du commissaire à l’information, qui est un·e agent·e du Parlement indépendant·e, est d’assurer la transparence du gouvernement. C’est-à-dire de veiller au respect de cette loi en veillant à ce que le gouvernement rende l’information plus accessible.  Dans un communiqué, Justin Trudeau déclare que «grâce à sa vaste expérience juridique et à son expérience de leadership, Caroline Maynard serait une excellente commissaire à l’information». Avant d’entrer en fonction, la nomination de Caroline Maynard devra toutefois être approuvée par la Chambre des Communes ainsi que par le Sénat.  Le premier ministre avait à l’origine promis d’augmenter la transparence et l’ouverture à l’intérieur du gouvernement, mais il semblerait que cette promesse ait été écartée des priorités gouvernementales.

En effet, Suzanne Legault déplorait que le projet de loi C-58, visant à modifier la Loi sur l’accès à l’information, la Loi sur la protection des renseignements personnels et d’autres lois en conséquence, feraient plutôt reculer le droit à l’information des Canadiens, lors de sa première lecture en juin 2017. Les prévisions laissaient de côté plusieurs institutions, comme les cabinets ministériels (celui du premier ministre inclus), et les administrations appuyant les tribunaux et le Parlement. Le projet fut par la suite amendé, et adopté par la Chambre des Communes le 6 décembre dernier.

Auparavant, la lenteur et la complexité de la procédure rendaient les ministres moins enclins à diffuser l’information. Il était nécessaire de réformer cette loi, car celle-ci était désuète d’après la commissaire à l’information sortante, c’est-à-dire que la loi ne représente plus les relations que le gouvernement entretient avec ses citoyen·ne·s.

Changement symbolique

Selon Alain-Guy Sipowo, docteur en droit et professeur de droit et de politique canadienne à l’Université McGill, «cette nomination était attendue depuis un moment déjà». En effet, Caroline Maynard, tout comme Suzanne Legault, est avocate, et travaillait au gouvernement bien avant sa nomination. Puisque «la capacité  d’influencer les politiques gouvernementales dépend toujours du caractère de la personne nominé·e», la nouvelle commissaire ne représentera probablement pas de changement majeur, compte tenu de son parcours presque identique à celui de sa prédécesseure, selon le professeur.

Ayant agi comme directrice générale des Opérations et avocate générale au sein du Comité pendant onze ans, Caroline Maynard était également présidente et chef de la direction par intérim du Comité externe d’examen des griefs militaires depuis janvier 2017. Au total, sa carrière au gouvernement s’étend sur plus de 20 ans.

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Travaux du bâtiment Shatner: ce qu’il faut savoir https://www.delitfrancais.com/2018/02/20/travaux-du-batiment-shatner-ce-quil-faut-savoir/ https://www.delitfrancais.com/2018/02/20/travaux-du-batiment-shatner-ce-quil-faut-savoir/#respond Tue, 20 Feb 2018 16:16:23 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=30583 MARS 2018

Fermeture du bâtiment en prévision des travaux.

AOÛT – SEPT. 2018

Fin des travaux et remise en service des étages SS1 et SS2.

3 – 4 mois

Temps de fabrication et de mise en place des nouveaux équipements électriques.

Automne 2018

Fin des travaux et remise en service du 1er étage.

Hiver 2019

Fin des travaux.

Club Funds – Campus Life Funds

Certains clubs universitaires fonctionnent en louant des salles. La fermeture du bâtiment Shatner réduisant le nombre d’espace disponibles, une motion a été passée pour amender la régulation des deux fonds pour ces organismes. De cette manière, ils pourront louer des salles sans dépasser leur budget.

2075 Robert Bourrassa

Clinique d’informations légales, la télévision étudiante de McGill, l’association des Étudiants Musulmans, Le Délit, McGill Daily, Tribune, SAMCOSS, SMUK office.

3471 Peel

Le lieu reste à confirmer, mais tous les autres services du bâtiment Shatner se retrouveront là.

Nouvelle Résidence

Salle de prière de l’association des étudiants musulmans.

Lieu non déterminé

Flatbike, Midnignt Kitchen, AUC, MC sont les seuls services encore dans l’incertitude face à leur sort.

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Pas d’antisémitisme le 23 octobre https://www.delitfrancais.com/2018/02/13/pas-dantisemitisme-le-23-octobre/ https://www.delitfrancais.com/2018/02/13/pas-dantisemitisme-le-23-octobre/#respond Tue, 13 Feb 2018 20:43:39 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=30436 Le rapport d’enquête quant aux allégations d’antisémitisme à McGill a été rendu public ce mardi 6 février 2018. La principale Suzanne Fortier avait mandaté Spencer Boudreau —professeur en sciences de l’éducation à la retraite et ancien protecteur des étudiants— de «procéder à une identification et à une évaluation approfondies des événements survenus le 23 octobre 2017 afin de corroborer ou d’infirmer les allégations d’antisémitisme».

Rappelons que ce jour là, une motion avait été votée lors de l’Assemblée générale d’automne de l’AÉUM (Association étudiante de l’Université McGill, ndlr), pour élire les membres de son Comité d’administration séparément, et non collectivement, comme le prévoit la constitution de l’AÉUM. Trois candidats n’avaient pas été élus, dont Noah Lew, qui a, dans une publication Facebook, soutenu que sa candidature avait été rejetée parce que «je suis juif et parce que j’ai été affilié à des organisations juives».

Conclusions

Les conclusions principales de ce rapport indiquent que les faits étudiés par M. Boudreau «ne corroborent pas la notion selon laquelle le vote a été motivé par l’antisémitisme». Toutefois, le rapport précise que «l’affiliation de monsieur Lew à des organisations juives manifestement favorables à l’État d’Israël, de même que son soutien à l’égard de la décision du Conseil judiciaire de l’AÉUM quant à l’illégitimité du soutien du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions, ndlr)» avait en effet conduit à sa non-élection au sein du Conseil d’administration. Pour mener son enquête, Boudreau affirme avoir mené 38 entrevues et visionné plusieurs fois l’Assemblée générale du 23 octobre. Questionnée par Le Délit sur le délai de publication du rapport (celui-ci ayant été déposé à la principale le 15 décembre dernier), l’administration a répondu dans un courriel que l’«emploi du temps [de la principale] ne permettait pas la diffusion du rapport, et c’est pourquoi il a été publié au début de février». Suzanne Fortier a également précisé qu’elle ne voulait pas rendre le rapport public peu avant le congé des fêtes «alors que plusieurs membres de notre communauté étaient absents».

Réactions mitigées

Le 7 février, soit le lendemain de la publication du rapport, un regroupement de cinq associations juives sur le campus (Am Mcgill, Chabad at McGill, Hillel McGill, Jewish Learning Initiative on Campus at greater Montreal et McGill Jewish Studies Students’ Association) ont affirmé dans une publication commune sur Facebook être «profondément déçues par le rapport». Elles avancent que le rapport comporte des inexactitudes factuelles, notamment quant à la date de publication d’un poste Facebook du groupe Democratize SSMU, qui contenait des propos antisémites. Ce dernier, créé sur Facebook, s’oppose à la décision de l’AÉUM déclarant l’appui au mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions, ndlr) comme étant anticonstitutionnelle. La publication de Democratize SSMU comportait aussi des allégations de corruption au sein de l’AÉUM.

Les organisations juives critiquent également la définition d’«antisémitisme» utilisée par le professeur Boudreau. En effet, ce dernier utilise, pour la version française du rapport, une définition du Grand Robert qui décrit l’antisémitisme comme étant une «doctrine d’inspiration raciste dirigée contre les Juifs». Notons cependant que les versions anglaise et française n’utilisent pas la même définition d’antisémitisme, la version anglaise utilisant plutôt la définition du dictionnaire Merriam-Webster: «hostility toward or discrimination against Jews as a religious, ethnic, or racial group» (hostilité envers ou discrimination contre les Juifs en tant que groupe religieux, ethnique ou racial, en français, ndlr). Cette dernière, selon ces organisations, omet «la complexité de cette forme de discrimination et exclut d’importantes catégories historiques d’actions et métaphores antisémites».

Contacté par Le Délit, Noah Lew n’a pas souhaité s’exprimer. Toutefois, dans un article du Montreal Gazette paru le vendredi 9 février, M. Lew affirme avoir été  «faché» par le rapport, mais que les clarifications de Boudreau sur l’utilisation des termes antisémites par Democratize SSMU l’ont conforté dans son idée selon laquelle la lutte contre l’antisémitisme n’est pas terminée. Également contactée par Le Délit, la présidente de l’AÉUM, Muna Tojiboeva, a déclaré qu’«à la suite de considérations, [elle] n’[a] pas de commentaires». Rappelons que la présidente avait déclaré à Global News le 27 octobre dernier que le résultat du vote de l’Assemblée générale n’«[était] pas quelque chose auquel [elle] ne [s]’attendait pas car [elle] avait vraiment vu des gens se mobiliser».

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Pas de fusion à l’horizon https://www.delitfrancais.com/2018/02/06/pas-de-fusion-a-lhorizon/ https://www.delitfrancais.com/2018/02/06/pas-de-fusion-a-lhorizon/#respond Tue, 06 Feb 2018 19:32:28 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=30340 Comme chaque année, le Syndicat des employé·e·s occasionnel·le·s de l’Université McGill (SEOUM ou AMUSE en anglais,  ndlr) organisait sa réunion annuelle pour faire le point et mettre en place les directives pour l’année à venir.

Rien de surprenant

La réunion a débuté par une présentation du rapport de chaque membre de l’exécutif du SEOUM. Ensuite, le conseil des représentants a fait de même en abordant les tensions avec le Syndicat certifié non-académique de l’Université McGill (SCNAUM ou MUNACA en anglais, ndlr). Alors que la potentielle fusion des deux syndicats avait été bien accueillie lors de la réunion de l’année dernière, SCNAUM avait fait preuve d’une attitude qui avait refroidi le SEOUM, ce qui a empêché les deux associations d’organiser certains évènements en commun. La fusion prévue depuis 2012 avec la SEOUM n’a donc pas eu lieu et il n’en est plus question à l’heure actuelle. Les relations entre les deux syndicats se sont tendues au cours de cette dernière année et les différences étaient trop importantes pour permettre une bonne entente.

Selon Imane Ait, trésorière de SEOUM, une telle fusion rendrait bien sur papier, mais n’accorderait pas à SEOUM la même flexibilité que celle qu’ils ont à l’heure actuelle puisque le SCNAUM possède des règles plus strictes. La motion pour abandonner la fusion est donc passée. Cependant, il sera possible à l’avenir de reconsidérer une telle opportunité.

Il s’agit de la motion qui suscita le plus de questions lors de la réunion, les autres ayant été adoptées sans trop de difficultés. Parmi elles, la plus importante motion fut celle en rapport avec la politique de non-oppression. Puisque le règlement du SEOUM ne possédait de clause sur le sujet, il était plus que nécessaire de l’introduire. D’ailleurs, les règlements furent également modifiés, car les derniers changements remontaient à 2014 alors que, selon des membres des modifications annuelles seraient nécessaires.

Côté financements

Le budget du syndicat reste pour la plus grande partie inchangé par rapport à l’an dernier, sauf en ce qui concerne les dépenses administratives. En effet, ce qui est lié à la comptabilité a été déplacé vers les traitements du salaire. Par ailleurs, le budget a été réajusté de manière à mieux refléter les dépenses réelles. L’année passée, le budget était calculé à l’aide de prévisions mathématiques et de larges estimations alors que les considérations des employés sur l’utilisation de ce budget sont à présent mises en avant.

Le syndicat compte également mettre l’accent sur l’accès à leur site et à leurs écrits aux francophones. Pour cela, 300 USD du budget de sensibilisation et communication ont été déplacés vers la traduction. Les lois de SEOUM ayant prévu le recrutement d’un traducteur, il était donc nécessaire de prévoir un budget afin d’en nommer un. 

À la fin de la réunion, Heather Holdsworth, agente des relations de travail, s’est dite satisfaite de l’augmentation du nombre de personnes s’impliquant au sein du syndicat, car cela a permis d’avoir des élections compétitives. De plus, il n’y a pas eu de problème pour atteindre le quorum.

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