Léo Richard – Le Délit https://www.delitfrancais.com Le seul journal francophone de l'Université McGill Sun, 20 Jan 2019 21:11:09 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.9 «Vous ne nous détruirez pas» https://www.delitfrancais.com/2015/01/13/vous-ne-nous-detruirez-pas-2/ https://www.delitfrancais.com/2015/01/13/vous-ne-nous-detruirez-pas-2/#respond Tue, 13 Jan 2015 18:50:04 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=22047 Malgré l’attaque du 7 janvier contre Charlie Hebdo, quelque chose me rassure et me réconforte: la France, que l’on disait molle, peu solidaire, perdue, semble s’être rassemblée pour porter un message que nous, citoyens des démocraties occidentales, devons continuer à porter, sans avoir peur. Ce message a déjà été prononcé en 2011, après l’attentat d’Oslo et le massacre d’Utoya, par Jens Stoltenberg, alors premier ministre norvégien: «J’ai un message pour celui qui nous a attaqués et pour ceux qui sont derrière tout ça: vous ne nous détruirez pas. Vous ne détruirez pas la démocratie et notre travail pour rendre le monde meilleur. […] Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance».

Les premières réactions aussi bien de la part du président de la République que de la population française semblent aller dans ce sens. En effet, François Hollande a tout de suite rappelé que «ce n’est pas en nous divisant, en stigmatisant une religion, en cédant à la peur que nous nous protégerons, c’est en défendant fermement nos règles communes, la laïcité, l’ordre républicain, la sécurité des personnes, la dignité de la femme». De plus, les valeurs principales transmises par les manifestations de personnes sont celles de la liberté d’expression et du refus de la peur.

Ces appels à la liberté d’expression sont les bienvenus dans un pays qui a souffert de «l’affaire Dieudonné» il y a un an, presque jour pour jour. N’oublions pas que la France, c’est aussi la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et son Article 11: «La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi». Continuons à défendre ces valeurs, les libertés fondamentales et en particulier la liberté d’opinion, d’expression de pensée. N’oublions pas qu’il faut la défendre, non seulement contre les terroristes qui ont cru faire taire les dessinateurs des caricatures de Mahomet, mais aussi contre toute personne qui oblige quelqu’un à taire son opinion.

N’oublions pas que l’Université McGill est classée parmi les pires universités sur le plan de la liberté d’expression et que l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM) est aussi classée dans le top 10 des associations étudiantes contre la liberté d’expression. Rien qu’au semestre dernier, l’AÉUM s’était attiré les foudres de certains étudiants, car l’association étudiante avait refusé de donner la parole aux personnes qui ont des vues divergentes, tout en appuyant la création d’espaces sécuritaires (safe space) sur le campus, alors que certains étudiants de McGill avaient interrompu le déroulement d’une conférence pro-vie en 2009. Charb, Cabu, Honoré, Tignous et Wolinski sont morts. Honorons-les en faisant des blagues sur les prêtres pédophiles, Mahomet, les homosexuels, les beaufs, les pauvres, les handicapés…

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ÉCO prend son envol face aux pétrolières. https://www.delitfrancais.com/2014/11/11/eco-prend-son-envol-face-aux-petrolieres/ https://www.delitfrancais.com/2014/11/11/eco-prend-son-envol-face-aux-petrolieres/#respond Tue, 11 Nov 2014 06:59:11 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21828 Fin octobre 2014, une nouvelle coalition d’associations étudiantes a pris forme sous le nom d’Étudiant(e)s Contre les Oléoducs (ÉCO). Le co-porte-parole d’ÉCO et vice-président du Concordia Student Union (CSU), Anthony Garougalis-Auger, voit ÉCO comme une coalition visant à mobiliser «le plus grand mouvement étudiant d’Amérique du Nord derrière une seule bannière» et contre l’industrie des sables bitumeux en pétrole acheminé au Québec mais destiné à l’exportation.

Un mois après sa création, ÉCO revendique plus de 70 000 étudiants représentés à travers le Québec. La Coalition appelle à des actions non violentes pour mettre un frein aux projets d’oléoducs et d’extraction des ressources, dont une manifestation le 15 novembre «contre les projets pétroliers et le Plan Nord». Amina Moustaqim-Barrette, vice-présidente aux affaires externes de l’AÉUM et membre de Divest McGill, a affirmé que si Divest McGill n’est pas admissible comme membre de la coalition étant donné son statut de «campagne», le groupe étudiant a néanmoins tenu à apporter son soutien par rapport à la «Motion portant sur l’action sur les changements climatiques» approuvée le 22 octobre dernier par l’AÉUM et qui vise à ce que cette dernière se joigne à la coalition ÉCO. 

Elle a aussi ajouté que l’AÉUM et Divest McGill participeront à la manifestation du 15 novembre, étant donné la forte opposition des étudiants aux projets d’oléoducs et le fait que le but ultime de Divest McGill est de se désinvestir des énergies fossiles. 

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Printemps 2015 contre l’austérité https://www.delitfrancais.com/2014/10/21/printemps-2015-contre-lausterite/ https://www.delitfrancais.com/2014/10/21/printemps-2015-contre-lausterite/#respond Tue, 21 Oct 2014 08:30:51 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=21554 C’est au Centre Saint-Pierre, dans le quartier du Village, que se sont retrouvés syndicats et étudiants luttant contre l’austérité et pour les droits syndicaux, le jeudi 9 octobre 2014. Ils se sont réunis sous une même bannière: le Comité Printemps 2015. Le rendez-vous a été donné à 19 heures dans une grande bâtisse de la rue Panet. Une cinquantaine d’étudiants (la plupart en science politique) sont présents. Il y a aussi une poignée de personnes sans emploi plus âgées, le Comité Printemps 2015 ayant pour but de ne pas être une organisation strictement étudiante. Ce comité est organisé depuis la réunion du premier Comité Printemps 2015 qui a été lui-même organisé à la suite des mandats adoptés par l’Association Facultaire Étudiante des Sciences Humaines de l’UQAM (AFESH) et l’Association Facultaire Étudiante de Science Politique et Droit de l’UQAM (AFESPED). Cependant, la très grande majorité des participants a bien précisé venir à titre personnel même s’ils font partie de multiples associations étudiantes ou syndicats. L’événement Facebook décrit l’initiative comme «une réunion destinée à l’organisation et à la planification des activités de l’ensemble du Printemps 2015, elle permet des discussions élargies et la coordination des comités locaux».

Après le premier point à l’ordre du jour où chaque participant à la conférence est invité à décliner son identité, les modérateurs passent à un «état des lieux» au niveau syndical et au niveau des mobilisations contre l’austérité dans la région montréalaise. La plupart des interventions portent sur les suppressions de chargés de cours, ce qui a pour conséquence de réduire l’offre de cours (qui touche surtout les sciences sociales) mais aussi leur qualité. Une membre de l’Association of Graduate Students Employed at McGill (AGSEM) intervient: elle rappelle tout d’abord la coupe de cent chargés de cours l’année dernière. Elle souligne en particulier que l’AGSEM a revendiqué une augmentation de postes et d’heures d’enseignements par individu. Les syndicats d’auxiliaires étudiants ont été en grève deux fois et ont réussi à obtenir des concessions de la part de l’administration. Elle annonce donc une grève probable le semestre prochain. Les principales conclusions de la réunion concernent le rôle et le fonctionnement du Comité Printemps 2015 ainsi qu’un objectif qui est de «s’organiser et se donner les moyens de s’organiser».

Ras-le-bol

Le Comité Printemps 2015 souhaite le lancement d’une campagne contre l’austérité qui s’articule autour de deux axes: le premier concerne la lutte contre l’austérité en santé, en éducation et dans les services sociaux. Le deuxième concerne les droits syndicaux (lutte contre la réouverture des conventions collectives, l’attaque contre les régimes de retraites et contre les lois spéciales). Il souhaite entre autres que le discours de la campagne pose le problème de l’austérité, «non pas comme une fatalité mais bien comme un projet idéologique de démantèlement des services publics». Enfin, le comité souhaite que ces revendications soient posées comme un ultimatum au projet d’austérité et comme une menace d’une grève reconductible en 2015.

Cette réunion semble s’inscrire dans une tendance assez large d’un ras-le-bol à l’égard des compressions budgétaires qui touchent les universités québécoises. Jean-François Nadeau, journaliste au Devoir, parle de «coups de marteau déguisés en politique publique» dans un article datant du 6 octobre. Le 15 octobre 2014, le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Jonathan Bouchard, a dénoncé la nouvelle série de compressions dans les budgets 2014-2015 en cours dans les universités qui seraient victimes des choix du gouvernement libéral dans un communiqué de presse. Le même jour, la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) réclame la levée des compressions et du gel des effectifs pour «éviter un désastre assuré». Cette dernière souligne que les mesures d’austérité contre les universités mettent en péril la viabilité et la qualité des programmes universitaires, entrainant une réduction de l’encadrement pédagogique ainsi qu’une suppression de cours et de services aux étudiants.

Cette levée de boucliers contre les coupures dans les universités (allant jusqu’à 172 millions de dollars selon M. Bouchard) s’inscrit donc dans un mouvement général d’opposition contre les mesures d’austérité dans les milieux syndicaux. Beaucoup d’étudiants présents à la réunion du 9 octobre ont prévu de se rendre à la manifestation contre les mesures d’austérité du 31 octobre prochain lancée par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics. Le Comité Printemps 2015 confirme à ce jour la venue de plus de 14 000 participants sur son site Internet. La mobilisation semble être forte du côté des syndicats et, comme l’indique le nom de leur comité, ils n’hésiteront pas à lancer un nouveau «Printemps» de manifestations en cas de poursuite de la politique actuelle par le gouvernement.

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Bar homophobe dans le Village? https://www.delitfrancais.com/2014/09/09/bar-homophobe-dans-le-village/ https://www.delitfrancais.com/2014/09/09/bar-homophobe-dans-le-village/#respond Tue, 09 Sep 2014 14:38:13 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=20977 Un videur du  bar Le Saint Sulpice du Quartier Latin a décidé d’expulser deux étudiants de l’UdeM qui s’embrassaient dans la cage d’escalier du bar, le vendredi 29 août. L’incident, qui a eu lieu lors d’une soirée organisée par l’association des étudiantes et étudiants en médecine de l’UdeM (AÉÉMUM), a causé une vive réaction de la part de la Fédération des Associations Étudiantes du Campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM). Depuis, Maurice Bourassa, propriétaire du Saint-Sulpice, s’est expliqué devant la presse et l’ «affaire» semble être close. Cependant, cette expulsion a éveillé les esprits et continue d’interroger la communauté étudiante.

Un des deux individus impliqués est Gabriel Dion, étudiant en médecine. De l’aveu même de l’étudiant à Radio-Canada, «il y a avait eu beaucoup d’alcool toute la journée» et il était «bien éméché» lors de cette soirée. «Ne voulant pas déranger», il a décidé de s’isoler dans une cage d’escalier, bientôt rejoint par le deuxième étudiant. 

Selon le propriétaire du bar, les deux jeunes hommes étaient étendus «dans une position horizontale» dans la cage d’escalier de secours. M. Bourassa semble mettre en avant le «comportement inadéquat» qui a été synonyme d’expulsion du bar pour les deux jeunes étudiants. Selon lui, des couples hétérosexuels ont aussi été mis à la porte du bar pour des comportements similaires et l’expulsion de l’étudiant en médecine n’a rien à voir avec son orientation sexuelle. On peut penser que le fait que les deux jeunes hommes se soient trouvés dans une cage d’escalier de secours semble avoir été un motif aggravant, puisque cela pose un problème de sécurité.

La  FAÉCUM a répondu à cette expulsion par la voix de son secrétaire général, Vincent Fournier Gosselin, qui a déclaré que «ce comportement homophobe est tout simplement inacceptable». L’association étudiante a tout de suite apporté son soutien à Gabriel Dion. Lors d’une entrevue avec Radio-Canada, Vincent Fournier Gosselin déplore l’expulsion assez «cavalière» des agents de sécurité ainsi que les «commentaires déplacés» de ces derniers. Ce sont ces indices qui ont mis la puce à l’oreille de la FAÉCUM. Cette dernière a alors réagit rapidement  par le biais des médias et a exigé des excuses et des explications de la part du bar Le Saint-Sulpice. 

Toujours sur Radio-Canada, le secrétaire général indique que c’est le premier incident du genre dont il entend parler. Il rappelle que la FAÉCUM travaille de concert avec l’UdeM pour faire en sorte que les événements qui se passent dans le campus et autour du campus soient organisés de manière sécuritaire et agréable.

Le gérant s’est excusé publiquement et a réaffirmé que Le Saint Sulpice est ouvert à toutes les orientations sexuelles. La FAÉCUM s’est dite satisfaite de la réponse du bar. Néanmoins, il est à noter que c’est le deuxième cas de «portier homophobe» au Québec après qu’un incident similaire a eu lieu au Boudoir Lounge le 10 août dernier. 

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